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Samedi 15 mars 2008 : RACING-METRO 23 - STADE MONTOIS 22

Pour les banlieusards : 2 Essais (de pénalité à la 5' et G.Goosen 43'), 2 transformations de J.Wisniewski, 3
pénalités de J.Wisniewski (1' - 21' - 49')

Pour les Landais : 3 essais (M.Lopez 33' - M.Giraud 39' - J.Suta 70'), 2 transformations de B.Arrayet (33' et 39'),
1 pénalité de B.Arrayet 23'

Pour avoir pris le Métro en pleine face dans les toutes


premières minutes de chaque mi-temps, les jaunes et noirs
laissent échapper une victoire pleinement à leur portée.
C'est en effet de la 1' à la 5' puis de la 41' à la 49' que la
multinationale basée à Colombes a marqué 20 de ses 23
points, profit initial suffisant pour résister ensuite à de
longues périodes de domination et d'initiatives montoises.
Sans ces deux entames catastrophiques, que serait-il advenu ?
Colombes fut glorieux, Colombes fait aujourd'hui peine à voir. C'est dans un stade fantômatique, devant une
chambrée peu fournie, que le deuxième plus gros prétendant à la montée reçoit ses adversaires. Clôtures
provisoires, pesage interdit, virages détruits, délimitation au fil de fer des deux zones de tribune : travailler avec
les agents des joueurs du Sud c'est bien, mais ne faudrait-il pas ici commencer par faire intervenir d'autres corps
de métier (le bâtiment, notamment) ? On sourit en pensant au débat sur la tribune de face à Guy Boniface, car à
Colombes la belle oubliée, on est loin, très loin des attentes du Top14 en termes d'infrastructures...

Première rame de Métro dès le coup d'envoi : Dhien prend bien le ballon mais glisse un peu en retombant, faute
montoise sur le regroupement, 3 points offerts à nos hôtes. Seconde rame sur les trois premières mêlées : Larson
légèrement touché sort quelques instants et est remplacé temporairement par Ormaéchéa, le temps de voir le
pack bleu et blanc éclater son homologue, ce qui provoque une déferlante offensive stoppée de justesse dans l'en-
but, le dernier porteur parisien étant opportunément retourné avant d'aplatir en terre landaise. Bobo, dont nous
avions regardé avec scepticisme l'échauffement un peu dilettante, en profite pour se blesser gravement, mais sur
la mêlée à 5 qui s'ensuit, le pack montois recule et se met à la faute. Essai de pénalité justifié. 10-0 en 5 minutes,
"machante limounade", on se dit que c'est parti pour une sombre défaite, façon Dax à Toulouse.

Et puis, non, en ce jour de Saint-Patrick, l'ire est subitement landaise, à partir d'avancées du pack au ras et d'une
belle initiative de George Harder. La colère du pack landais, commencée par une explication de gravures
immédiatement après la mêlée victorieuse des Parisiens, donne aux nôtres l'initiative sur le jeu. Seulement les
ballons tombent et Benat Arrayet ne gère pas toujours très bien son jeu au pied (alors qu'en face ça bombarde de
tous côtés), mais bon an mal an, la possession et l'occupation sont montoises. Une première singerie de Pichot
ramène les jaunes et noirs dans leur camp vers la 25', sans que ceux-ci aient pu concrétiser leurs intentions (deux
échecs d'Arrayet, dont une pénalité de 40 mètres en face, pour une seule réussite à la 23').
Alors que l'on pense que le Stade est peut-être en train de laisser passer sa chance, d'un coup c'est l'embellie et la
fin de première mi-temps est très productive, avec un 14-0 infligé aux Parisiens en quelques minutes : un essai
de Lopez qui se faufile au ras suite à une percée de Cler bien poursuivie par l'infatigable Lauga et par Giraud ; et
un essai de ce même Giraud qui vient contrer un dégagement parisien, récupère et file entre les perches. Cela
ressemble à un hold-up, mais bon an mal an ce score favorable à la mi-temps (17-13 pour le petit écureuil
landais) illustre assez bien la physionomie de la première moitié du match. Les supporters landais, plus
nombreux qu'on ne le croyait dans les premières minutes, affichent alors un sourire très éloquent et la tribune
résonne des vociférations enthousiastes de Roland Sonnes.

Oui mais, dans ce type d'élection à deux tours, remporter la première mi-temps chez l'adversaire ne donne qu'une
victoire inutile et passagère, puisque c'est bien à la fin de la foire que l'on compte les bouses et qu'on voit partir
les bouseux.
Or l'entame du second acte est une fois de plus catastrophique pour les Montois. La mêlée, suite aux errements
initiaux, a été bien recalée, mais voilà que c'est la touche qui se dérègle... Trois lancers consécutifs perdus, un en-
avant dans nos 22 et ce diable de Pichot réussit à décaler Goosen pour un essai en coin, accordé de justesse,
transformé de justesse, et qui nous fera perdre de justesse...
Sur la lancée de cette troisième rame de Métro, les Racingmen, que l'on annonçait moribonds dans les airs,
continuent à régner sur la touche et Wisniewski, dont deux oreilles au moins semblent avoir été recousues à la
pause, ajoute 3 points. Si l'on ajoute le carton jaune infligé à Travini (Mynhardt est sorti à la pause), on voit que
le match tourne mal à ce moment-là...
Dans les tribunes, la cuadrilla montoise peste, tape du béret sur le sol, avale le papier alu qui entourait le
sandwich aux gréchets. Et puis, comme en première mi-temps, la Colombes redevient palombe. Le pack montois
pousse à nouveau, le jeu prend de l'ampleur et c'est fort justement que l'énormissime Suta, notre faux Fidjien,
aplatit en terre parisienne un ballon à suivre tapé par Arrayet. Notez que Suta, arrivé premier dans la course de
vitesse, venait également de sauver la patrie montoise en reprenant inextrémis un Parisien à un jet de pigne de
l'en-but. Un vrai super-héros, le José !
Transformation difficile ratée par Benat... On en pleure de frustration. Les dernières minutes sont éprouvantes ;
le ciel de la banlieue s'est assombri, la spectre de la défaite est apparu entre les tours à loyer modéré, et quand
Pichot refait le singe footbalistique, c'est carrément une ambiance "crépuscule des andouilles" qui s'installe.

Sur une dernière possession montoise, Lauga est pris dans la ligne, Pichot gère le dernier regroupement et voilà...
Dès le coup de sifflet final, notre brave pottolo Ormaéchéa enlace longuement le sapajou argentin au sol. C'est
beau la tendresse...

La déception l'emporte, bien sûr, même si le matin, on aurait accepté ce point de bonus défensif sans discuter. Ni
Agen, ni Toulon, ni le Métro, ni personne d'autre, n'a donné une leçon de rugby à notre "petite" équipe jaune et
noire. Celle-ci est bien assez grande pour perdre toute seule dès qu'elle flanche, même passagèrement, sur les
fondamentaux du rugby. Hier ce fut d'abord la mêlée, puis la touche, qui pénalisèrent les intentions de jeu
montoises. De plus les Montois ne choisirent pas toujours les ballons à jouer, faute de posséder une gare de
triage suffisamment régulière dans ces décisions (la charnière doit encore mûrir). Enfin quand notre excellent
buteur Arrayet s'est trompé de chaussures - ça arrive à tout le monde - trop de points sont laissés en route et c'est
le Métro qui file vers la station désirée. Quant aux Montois, s'ils sont évité les "Filles du Calvaire" promises au
début du match, ce ne fut pas non plus Stalingrad pour eux. Dommage car la victoire était si proche...

Côté parisien, le pack, même parfois boiteux, est usant et comporte une troisième ligne de grand niveau : Dieudé
a sorti un gros match et le géant Leo'o est un tracteur surpuissant. La bonne gestion de leurs temps forts (une
charnière expérimentée ça aide) et un bon jeu au pied ont suffi pour rivaliser avec les Montois mais le coup est
passé très près.

Bravo aux joueurs montois, qui ont une fois de plus rivalisé avec une "grosse" écurie et qui ont montré au public
(clairsemé mais connaisseur) de Colombes des qualités désormais reconnues. Le Métro n'a donc réalisé qu'une
opération incomplète en laissant à son adversaire le point de bonus défensif. Et maintenant, il va falloir
esclater Limoges.

Troisième mi-temps péchue...

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