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BLACK DIASPORA

Alcide- Christophe Bergmann


Jean-Dominique Burton
Claudia Comte
Préfète Duffaut
Athene Galiciadis
Rose Holzer
Jean Baptiste Jean Joseph
Christian Kathriner
Körner Union
Lherisson
Catherine Micheli
Mélodie Mousset
Guillaume Pilet
Nathalie Rebholz
Vanessa Safavi
Pierre Verger
Tsham Mateng

Exposition du 28 juin au 23 août 2008


Vernissage le 28 juin de 18h à 22h
L’espace Out of this World présente sa nouvelle exposition réunissant autour du thème de
l’Afrique des œuvres d’artistes contemporains, des pièces d’art primitif de la Galerie Nast de Paris, des
textiles africains de la collection de Niels Rebholz et des œuvres d’artistes haïtiens.

Aimé Césaire voulait créer un français antillais, un français noir. Un autre écrivain, Léon Laleau, se de-
mandait comment exprimer en français les mouvements de son cœur noir :

“Et ce désespoir à nul autre égal


D’apprivoiser, avec des mots de France,
Ce cœur qui m’est venu du Sénégal ?”
Léon Laleau, Trahison, 1931.

La diaspora se compose d’identités multiples et de double appartenance. En elle se joue des stratégies
d’appropriation et de survivance. En elle se mélangent des fragments de code, entre un là-bas référentiel
et un ici aliénant. Entre les deux, les cultures se recomposent. La diaspora est le lieu d’une séquence com-
plexe de déterritorialisation et de reterritorialisation. La présence de l’Afrique dans la diaspora noire est
réelle mais la possibilité d’un retour en Afrique est irréelle. La dispersion est permanente. Ainsi, c’est vers
une Afrique mythique que la diaspora noire se tourne. Une Afrique fabulée.

Cette exposition explore et invente cette fabulation de l’Afrique. Elle se déporte, au travers de multiples
interventions, dans une Afrique animiste, habitée de forces ancestrales où la nature est primordiale et
où le destin des hommes est déterminé par les lois immuables des éléments. Le vaudou, avec ses nom-
breux dieux et déesses, occupe ainsi une place privilégiée. Caution spirituelle de l’exposition, le vaudou se
décline sous de multiples formes.

Les photographies de Pierre Verger documentent minutieusement les divinités et les rituels vaudous tels
qu’ils sont pratiqués par les noirs africains et par la diaspora noire du Brésil. C’est une véritable ency-
clopédie du vaudou que Pierre Verger a constitué au fil de ses voyages, où les processions, les parures, les
temples, les gestes cérémoniels, les marques corporelles et les attributs liés à chaque divinité sont scrupu-
leusement répertoriés. Il trace ainsi les similitudes et les survivances entre les cultes auxquels il participe
en tant qu’initié, de part et d’autre de l’Atlantique. Dans ces histoires entrelacées, c’est la sienne même
qu’il incorpore, en s’insinuant jusqu’aux plus hautes sphères de l’initiation vaudou.

Dans la lignée de Pierre Verger, Jean-Dominique Burton convoque les divinités du vaudou originel des
Yoroubas au Bénin, par ses diptyques photographiques, mettant face à face les prêtres, prêtresses et
dignitaires vaudou avec leur autel où sont pratiqués les offrandes et les rituels dédiés à une divinité spéci-
fique.
Ces divinités et ces forces élémentaires sont encore plus directement invoquées par les artistes haïtiens
qui présentent ici leur travail. Ainsi le pouvoir de Mami Wata, sirène source de pouvoir, de fertilité et de
déchéance, est représenté par les drapeaux rituels de Dubreus Lherisson, avec ses attributs habituels ; le
serpent et le miroir. Jean Baptiste Jean Joseph compose lui aussi des drapeaux à la gloire des puissances
vaudous, en y incorporant des symboles ésotériques et tout un bestiaire fantastique.
Préfète Duffaut, peintre illuminé, présente une cosmogonie où la mer et l’eau sont omniprésentes,
générant les divinités et les forces qui gouvernent les hommes et les esprits.

La magie de ces puissances, leur secret et la fétichisation des objets exercent une fascination certaine sur
les artistes contemporains invités par la galerie. L’immanence des éléments naturels dans l’animisme et le
pouvoir conférés aux objets dans le culte vaudou donnent matière à de multiples détournements. Ainsi,
Christophe Bergmann torture une sculpture en bois à coup de couteaux dans la tête, rejouant les sorts et
les envoûtements lancés par les maîtres féticheurs traditionnels. Les Körner Union présentent des sortes
de silex en bois taillés et vernis, étrange témoignage ethnologique d’une activité inconnue ou d’un rituel
oublié.
Guillaume Pilet et Nathalie Rebholz en appellent à leurs dieux personnels dans les agencements de leurs
autels, convoquant des forces invisibles et les ancêtres à venir participer à l’exposition, à venir habiter les
lieux et à se sentir les bienvenus.

Cette exposition tente, à l’instar du travail de Vanessa Safavi, d’ouvrir le champ de l’art contemporain en
proposant une réflexion sur la fétichisation de l’œuvre d’art. Interculturel, aux confins de la philosophie,
de la mystique et de l’ethnologie, le travail de Vanessa Safavi joue sur le détournement d’objets à forte
connotation symbolique. Comme ce crâne de résine rappelant la prophétie maya des 13 crânes de cristal,
annonciation d’un bouleversement spirituel imminent.

Black Diaspora exprime ce besoin de sortir du champ de l’art contemporain, cette envie d’ouvrir les con-
sciences. Elle tente, en explorant ces différents renvois et liens entre l’art contemporain et l’Afrique, de
révéler une présence noire, une force spirituelle.
Cette présence est mythique, rêvée par les interventions de chaque artiste. Tandis que la diaspora noire
mêle et entrelace son histoire avec celle de l’occident, c’est l’Afrique ancestrale, intacte de toutes colonies,
qui vient résonner comme un écho dans cette fabulation.

Leo Ramseyer
Lobi féminine à double tête,
Burkina Faso
Vanessa Safavi,
“ALL OUR KIN”, 2008
Installation, médias mixtes
Psgne, appliqué
Congo (RDC)
Christian Kathriner
“Nautilus“
2008
Jean-Dominique Burton
“Affokpe Mahounon / Ogou“, 2007
Préfète Duffaut
“La toile d’araignée“
Pierre Verger,
“Yemanja“, 1946
Sâo Caetano (Salvador, Brésil)
Photo, 40x40 cm
Athenee Galiciadis,
“Amphora falls in love with a piece of paper“, 2008
Medias mixtes
Lhérisson
“La sirène“
Broderie
Espace Out Of This World
74 Av de Chillon
1820 Territet-Montreux
+41 21 963 45 60
info@ootw.ch

jeudi-samedi 14h-19h
ou sur rendez-vous

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