Vous êtes sur la page 1sur 4
L'antiquité classique Howard M. Teeple, The Mosaic Eschatological Prophet C. Spicq Citer ce document /

Citer ce document / Cite this document :

Spicq C. Howard M. Teeple, The Mosaic Eschatological Prophet. In: L'antiquité classique, Tome 27, fasc. 1, 1958. pp. 271-

273;

Document généré le 24/01/2017

271- 273 ; http://www.persee.fr/doc/antiq_0770-2817_1958_num_27_1_3344_t1_0271_0000_3 Document généré le 24/01/2017

COMPTES RENDUS

271

Ceci renverse bien des préjugés sur la nature du Ver Sacrum et son importance réelle. On n'en admire que davantage l'ampleur de la documentation mise en œuvre ici et la finesse critique de l'auteur dans la confrontation judicieuse de textes souvent embrouillés. Franz De Ruyt.

Franz Joseph Dölger, ΙΧΘΥΣ. V. Band. Die in der frühchristlichen Plastik, Malerei und Kleinkunst. 9. und 10. (Schluss-)Lieferung. Münster en Westph., Aschen-

dorff, 1943. Fotomechanischer Nachdruck, 1957. 1 vol. in-8°,

xxiii pp.

Ces livraisons, qui terminent le tome V et dernier de l'ouvrage célèbre de F. J. Dölger, avaient été publiées par les soins de M. Th. Klauser, en mai 1944. En septembre de la même année, l'incendie de la maison d'édition détruisit tous les exemplaires qui n'avaient pas été envoyés aux souscripteurs allemands. Ces pages étaient donc pratiquement inconnues ; il faut remercier la maison Aschendorff et la Deutsche Forschungsgemeinschaft d'avoir compris la nécessité de compléter l'ouvrage monumental, commencé en 1909 et mené à son terme, à travers mille difficultés, trois ans après la mort de l'auteur. Il serait présomptueux de revenir sur les mérites d'une œuvre devenue classique, dont tous les historiens des origines chrétiennes ont reconnu la valeur, et qui restera, pendant des générations, la base de toute recherche érudite. Les deux fascicules récemment réimprimés traitent des scènes de

pêche dans l'art sépulcral chrétien, du poisson dans l'ornementation

des édifices sacrés, des inscriptions et des pierres tombales. utile est la première partie du chapitre final, intitulée trop modestement « Vorarbeiten zu einem Katalog der altchristlichen mit dem Fisch ». L'auteur avait l'intention de publier un catalogue complet, qu'il n'a pu terminer ; l'éditeur n'a pas complété les listes achevées à la mort de Dölger. Mais, tel qu'il est, ce chapitre rendra d'immenses services, car il met en évidence les erreurs qui

les enumerations de Wilpert, de Becker et de dom Leclercq. A la fin du volume se trouvent la précieuse liste des citations scriptu- rairesjl'index et la table des matières et des illustrations pour le tome V. On ne saurait trop remercier tous ceux qui ont permis, près de ans après la publication du premier volume, l'achèvement

+

pp. 641-795. Prix : 15 DM.

de ce monumentum aere perennius.

Jacques Moreau.

Howard M. Teeple, The Mosaic Eschatological Prophet. Philadelphie, Society of Biblical Literature, 1957. 1 vol. in-8°, xiii-122 pp. (Journal of Biblical Literature. Series. Volume X.) Prix : 1,50 dollars. Sur la base de Deut. XVIII, 15 ou de II Rois, II, 11 (ascension d'Élie), le judaïsme post-exilique et le christianisme primitif ont cru à l'ap-

272

COMPTES RENDUS

parition d'un prophète mosaïque eschatologique, c'est-à-dire au retour de Moïse en personne, ou à la venue d'un « prophète semblable à lui », à la fin des temps. Mais les traditions sont tellement qu'il est malaisé de se faire une idée exacte de ce personnage, et surtout de préciser les traits fluents que lui prêtait tel ou tel cercle hellénistique ou palestinien, avant et après l'ère chrétienne. Aussi saura-t-on gré à H. M. T. d'avoir publié sa dissertation doctorale de l'Université de Chicago, consacrée à l'inventaire et au classement critique des textes relatifs à ce thème. Dans le judaïsme, l'identification du prophète se fait de deux différentes ; tantôt, il s'agit d'un personnage anonyme ; tantôt, d'un héros fameux. Puisque l'exode d'Egypte était pour les Rabbins le modèle et le prototype de la rédemption messianique, celle-ci sera conçue comme une reviviscence de l'époque mosaïque, et c'est donc Moïse lui-même, supposé monté au ciel (IV Esdr. XIV, 9 ; II Bar. LIX, 3-4) qui sera censé revenir à la fin des temps. « Tel le rédempteur, tel le dernier rédempteur » ne cesse-t-on de répéter.

A tout le moins, ce nouveau prophète devra-t-il ressembler à Moïse,

que ce soit Élie, Josué, le serviteur de Iahvé, Esdras, Jérémie, le Maître de Justice. Mais d'aucuns, se refusant à faire resurgir un ancêtre, n'envisagent comme prophète eschatologique qu'un homme, né parmi

les hommes et que Dieu choisira (/ Mac.

; sectaires de Qumrân). Quelle que soit son identité, il est ou bien prophète-roi, rétablissant Israël comme nation indépendante, ou bien prophète-législateur édictant une nouvelle Torah. Il se peut que certains esprits lui aient attribué ces diverses fonctions, distinctes

dans les textes. Dans le Nouveau Testament, saint Matthieu présente Jésus, non

seulement comme Fils de Dieu et Christ, mais comme nouveau Moïse,

et souligne les parallèles entre la vie des deux chefs du peuple élu.

Le récit de la transfiguration dans saint Marc veut représenter Jésus comme le prophète messianique, transmettant un enseignement divin qui doit être écouté. Pour saint Etienne, Jésus est un prophète et un chef analogue à Moïse (Act. VII, 37). Saint Pierre est le seul à citer expressément Deut. XVIII, 15 et à identifier le prophète au Christ

(Act. Ill, 22).

on signale les différences entre les deux médiateurs, pour aboutir à l'affirmation catégorique de la supériorité du Christ sur son antitype

(Gai. III, 19-25 ; II Cor. III ; Hébr. III, 1-6 ; Jo. I, 17 ; VI, 31-33). Cependant, selon H. M. T., ces identifications auraient été faites par

la tradition, et Jésus ne se serait pas considéré comme «le type

IV, 46 ; XIV, 41 ;

Toutefois, à mesure que l'Église se sépare du judaïsme,

du prophète eschatologique » roi et législateur.

Il se savait

préparant la venue immédiate du Royaume de Dieu ; mais n'étant pas descendant de David (p. 119), il n'envisageait pas d'être prophète-roi. Ce ne serait qu'à la fin de sa vie, sous la pression de l'attente populaire, qu'il aurait accepté le titre de Christ. Ces dernières observations vont à rencontre des conclusions de J. Jeremías, Cl. Chavasse et de W. D. Davies (Matthew V,

COMPTES RENDUS

273

17-18, dans Mélanges bibliques A. Robert, Paris, 1957, pp. 428-456) ; d'ailleurs H. M. T. se fait une conception trop étroite du prophète, qui n'est pas seulement révélateur, mais intercesseur et médiateur. Même d'après Deut. XVIII, 15-22, le prophétisme dirige la vie d'Israël d'une

façon aussi normale que la royauté et le lévitisme. Ces réserves faites, on louera hautement l'auteur tant de son discernement des traditions que de l'ampleur de sa documentation, notamment de la lumière qu'il

a

jetée sur les textes de Qumrân replacés dans leur contexte Les biblistes auront maintes occasions de consulter ce recueil ;

il

leur sera indispensable pour l'exégèse de Mt. XVI, 14 ; Me. VI, 15.

C

Spicq,

O. P.

Sigfried J. De Laet, Archéologie en haar problemen. Standaard Boekhandel, 1957. 1 vol. in-8°, viii-168 pp., 3 figg. et 14 pli. Prix : 150 frs.

Traduction néerlandaise par Michel Oukhow, mais revue et par l'auteur, de l'ouvrage publié en 1954 dans la collection Latomus : L'archéologie et ses problèmes (cf. le compte rendu qu'en a publié ici M. Jacques Heurgon, Ant. Class. 23, 1954, pp. 556-558). Ce petit livre a connu d'ailleurs un vif succès, qu'attestent la traduction anglaise publiée en 1957 et les traductions danoise, espagnole et polonaise en préparation. L'actuelle mise au point, fruit d'expériences personnelles, autant que de l'enseignement théorique de l'archéologie préhistorique et gallo-romaine, constitue assurément un excellent manuel d'initiation aux exigences et aux méthodes les plus récentes d'une discipline qui répond si bien aux aspirations des générations actuelles dans la et l'étude de vestiges qui font toucher du doigt ce que Reinach déjà avait appelé « les archives du sol ». L'exposé est clair, précis, enthousiaste et non sans quelques touches de polémique, en ce qui concerne particulièrement la distinction qui s'impose entre les domaines respectifs de l'histoire de l'art, de et de l'histoire diplomatique. Aussi bien, toutes ces ne doivent-elles pas ensemble apporter leur contribution à l'édification toujours plus complète et plus nuancée de la vaste historique, reprise et remaniée par les générations successives d'érudits? C'est au service de la connaissance de l'homme et de ses manifestations spirituelles autant que matérielles à travers les siècles que l'archéologie doit se placer et cela justifie tout de même qu'on la maintienne dans le cadre des études philologiques et historiques, plutôt que de la transférer à la Faculté des sciences comme on le suggère ici, p. 4 même s'il lui faut recourir aux procédés des sciences exactes pour l'étude des couches de terrain, des traces laissées par l'oxydation ou des données de la géophysique. Le recours au est entré d'ailleurs dans les murs. Mais la complexité même des problèmes imposera nécessairement un travail d'équipe, où suivant les besoins de la recherche, une collaboration féconde

18