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Le 1er Décembre 2008

Rédacteur : C.Agron

BETON ARME
BAEL 91 modifié 99
Version Française V3
Sommaire

1. Rappels

1.1 – Unités
1.2 – Contraintes, déformations, domaine élastique
1.3 – Convention de signe, charges, torseur des charges
1.4 – Notion d’états-limite, actions, sollicitations

2. Calcul des éléments en Béton armé

2.1 – Constituants du béton armé


2.2 – Comportement du béton armé, domaine d’application
du BAEL
2.3 – Contraintes
2.4 – Aciers et TS
2.5 – Les cinq catégories de ciment
2.6 – L’adhérence acier-béton, longueur de scellement
2,7 – Dispositions constructives diverses
2.8 – Dimensionnement des sections en flexion simple
2.9 – Calcul des poteaux
2.10 – Calcul des tirants
2.11 – Calcul des semelles
2.12 – Déformations des éléments fléchis
2.13 – Poutres et planchers continus

3. Le Comportement du béton

3.1 – Le béton
3.2 – La prise du béton
3.3 – Quatre pathologies du béton armé
3.4 – Perméabilité et étanchéité du béton, cycle gel-dégel
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3.5 – Comment obtenir un BA étanche ?
3.6 – Le Retrait
3.7 – Tolérances
3.8 – Temps de prise du BA en fonction de sa température

4. Dallage

4.1 – Désordres causés par le tassement différentiel du


remblai sous dallage
4.2 – Désordres causés par le retrait
4.3 – La cure

5. Notations

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1. RAPPELS
1.1 - UNITES

1.1.1 - Force

1N correspond à une masse de 0,1 kg dans un champ de pesanteur de g 


g = 9,81 m/s²
1daN correspond à une masse de 1kg
1kN correspond à une masse de 100 kg
1MNm correspond à un moment de 106 N x m

1.1.2 – Pression et contraintes

Pa = 1N / m² 1 MPa = 100 N/cm² = 10 kgf/cm² = 10 bar 250 bar = 25 MPa


1 MPa = 1 N / mm²

Téra 10 12 T
Giga 10 9 G
Méga 10 6 M
Kilo 10 3 k
Déca 10 da
Milli 10 -3 m
Micro 10 -6 μ
Nano 10 -12 n

1.1.3 – Masse volumique, poids volumique


Masse volumique :m en kg/ m3
V
ex :  w(eau) = 1000 kg/m3 = 1 kg/dm3 = 1kg /litre

Poids volumique :mg en N/ m3


V
ex :  w = 1000 kg / m3 x 10 m / s² = 10.000 N/ m3 = 10kN/ m3

1.2 – CONTRAINTES, DEFORMATIONS, DOMAINE ELASTIQUE


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1.2.1 – Contraintes de compression et de traction

F = F
 S

E = module d'Young
  Coefficient de Poisson

  =  

 =  Avec 0,3
F Es (acier) = 200 000 MPa
Eb (béton) = 27 000 MPa

1.2.2 – Contrainte de cisaillement

= F
S
Avec S : section
soumise au
cisaillement (aire
hachurée)

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F
G = module de
 cisaillement =
contrainte qui
produit un
cisaillement de 1 rd
E
G = 

F
2 (1 +)
1.2.3 – Domaine élastique, énergie de déformation

W = ½. = ½.² (en joule)

Domaine élastique

Domaine plastique

Contrainte
maxi

Rupture
Contrainte 

Aire W = ½ 

Déformation 

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Domaine élastique Domaine plastique

Contrainte
garantie fe

Rupture

10 0/00 100 0/00 Allongement 

Diagramme déformations – contraintes des aciers

1.2.4 – Fibres tendues, fibres comprimées, fibre neutre

1.2.4.1 – Notions de poutre et de sections

y Forces à
gauche de S

R F

x = AN

Section S
z

1.2.4.2 – Fibres comprimées et tendues


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Fibre comprimée : L - L

G : Centre de Gravité

z
x Fibre neutre : L

Fibre tendue : L + L

La contrainte normale dans la section droite à la distance y de l’axe neutre est


donnée par :

σ( x) = M .y + N
Izz’ S

avec Izz’ : Moment quadratique d’inertie de la section S par rapport à l’axe ZZ’

ymax h/2
Izz’ = ∫ymin y² ds = [ 1/3 by ] –h/2 pour une section rectangulaire
3

S’il n’y a pas de forces parallèles à l’axe neutre (flexion simple), le long de la
fibre neutre la contrainte à la distance y du Centre de gravité G de la section S
est :

σ = M .y
Izz’

avec Izz’ : Moment quadratique d’inertie de la section S par rapport à l’axe ZZ’

Si la section est rectangulaire de hauteur h et de largeur b, la contrainte maxi se


trouve sur les fibres extrêmes de la poutre :

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M h bh 3 6M
σ max =  .  avec I =  → σ max =  compression en haut
I 2 12 bh²

Exercice : σ max ? à 5 m de l’appui de gauche si h = 0,40 m b= 0,20 m

10 KN

5m

10 m

Réaction = 5 KN, Moment à 5 m de l’appui de gauche = 25 KNm

σ max = 6x 25 / 0,20 x 0,40² = 0,48 MPa

1.3 – CONVENTION DE SIGNE, CHARGES, TORSEUR DES


CHARGES

1.3.1 – Convention de signe

Les éléments de réduction des forces extérieures à gauche de la section S d’une


poutre constituent le torseur des forces extérieures à gauche de S.

Ce torseur est constitué d’une résultante V, appelée effort tranchant et d’un


moment M.

 M > 0 s’il fait tourner la section S dans le sens des aiguilles d’une montre
(fibre supérieure comprimée, fibre inférieure tendue).

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 Les forces verticales (charges et réactions d’appui) sont positives si elles
descendent.
 Les forces normales à la section S sont positives si elles compriment la
section (Les contraintes de compression sont positives)

Y
Z’

F>0 M>0

x
G

1.3.2 – Torseur des éléments de réduction

Au centre de gravité G de la section S, le torseur des forces à gauche de S est


égal à la somme des charges (forces et moments) à gauche de S :

Effort tranchant à gauche de S : Vg = RA - F


Moment à gauche de S : Mg = RA.x – F . x’

Au centre de gravité G de la section S, le torseur des forces à droite de S est égal


et opposé au torseur à gauche de S :

Effort tranchant à droite de S : Vd = - Vg = - RA + F


Moment à droite de S : Md = - Mg = - RA.x + F . x’

x’
y

RA F section S RB


x
∆ G ∆
z x
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A B

1.3.3 – Exemples

RA RB

F = 6 kN F’ = 2 kN
p= 1 kN/m

x
∆ ∆
z 1m 3m 1m 1m

A C B D

1.3.3.1 - Réactions

RA + RB +6 + 2 = 0 d’où : RA + RB = - 8 kN
En B le moment est : |RA | x 4 - 6 x 3 + 2 x1 = 0
D’où : RA = - 4 kN et RB = - 4 kN

1.3.3.2 - Effort tranchant

VAC = RA = - 4 kN
VCB = - 4kN+ 6 kN = 2 kN
VBD = 2 - 4 + ∫4 dx = x- 6 soit de – 2kN à 0 kN
(VBD = VCB – réaction + charge répartie)

V (KN)

2 kN

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-2kN
- 4 kN

1.3.3.3 - Moment de flexion

Soit 2 sections distantes de dx :

M(x) M(x) + M(x) . dx


x
V(x)

V(x) + V(x) . dx
x

V(x) .dx = M(x) – {M(x) + M(x). dx} d’où :


x
V(x) = - dM(x)
dx

On intègre l’effort tranchant en mesurant les aires sous-tendues et en changeant


leurs signes.
Si V est constant, M varie linéairement, si V varie linéairement, M est
parabolique. M est une fonction continue.

M(x)
+4 kNm

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-2kNm

Autre exemple :

+ 700 - 300 R?

MR?

10 10

+700 -300 + MR = 0 d’où MR = - 400 et R = 0

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1.4 – NOTION D’ETATS-LIMITES, ACTIONS, SOLLICITATIONS

1.4.1 – Définition des états-limites

Un état-limite est un état dans lequel se trouve une structure. Si cet état est
dépassé dans le sens défavorable cette structure ne répond plus aux fonctions
pour lesquelles elle est conçue.

1.4.2 - ELS : états limites de service

Ils sont définis compte tenu des conditions d’exploitation ou de durabilité. Si cet
état est dépassé, la structure n’est plus exploitée de façon satisfaisante :
1. Etats limites de déformation
2. Etats limites d’ouverture des fissures

1.4.3 - ELU : états limites ultimes

Ils correspondent à la limite :


1. Soit de l’équilibre statique
2. Soit de la résistance de l’un des matériaux
3. Soit de la stabilité de forme

1.4.4 – Les actions

C’est l’ensemble des charges appliquées à la structure :


1. Forces
2. Couples
3. Retrait
4. Variations de températures
5. Tassements
6. Etc.

1.4.5 – Les actions permanentes (G)

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Elles sont appliquées pendant la durée de vie de la structure :
1. Poids propre
2. Charges d’équipements fixes
3. Poussées des terres de l’eau
4. Etc.

1.4.6 – Les actions variables (Qi, avec i = 1 à n)

Elles sont appliquées pendant un temps court et varient dans le temps:


1. Charges d’exploitation
2. Charges d’équipements mobiles (circulation des chariots élévateurs, des
véhicules etc.)
3. Actions climatiques
4. Actions du vent, de la neige, de la température.
5. Les actions appliquées en cours d’exécution
6. Etc.

1.4.7 – Les actions accidentelles (FA)

Elles ne sont à considérer que si les documents du marché les mentionnent


1. Séismes
2. Incendie
3. Chocs
4. Etc.

1.4.8 – Les sollicitations

Elles sont calculées en chaque point de la structure à partir des actions qui
s’exercent sur elle en utilisant la RDM.
Le règlement (BAEL 91 modifié 99) impose que les sollicitations de calcul
soient calculées à partir des actions appliquées à la structure affectées de
coefficients particuliers selon le type de l’action et selon que l’on justifie la
structure à l’ELS ou à l’ELU. Cela conduit à des combinaisons d’actions.

En résumé : SOLLICITATIONS = COEF de Sécurité x ACTIONS

Pour effectuer ces combinaisons les actions sont classées en 4 catégories :

1. Gmax : ensemble des actions permanentes défavorables


2. Gmin : ensemble des actions permanentes favorables
3. Q1 : actions variables de base (action la plus fréquente ou la plus élevée)
4. Qi (i > 1) : actions variables d’accompagnement

1.4.9 - Exemples
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 Supposons une toiture terrasse susceptible de recevoir 1,5 m de
neige (charge SN):

1er cas : terrasse accessible au public : soit P la charge. On aura soit la


neige soit du public, mais pas les 2 charges en même temps.
Q1 = SN ou P, Q2 = 0

2éme cas : terrasse utilisable en parking : soit P la charge. On aura de la


neige sur les voitures.
Q1 = max (SN ; P), et Q2 = min (SN ; P),

 Mur de soutènement de poids W avec une poussée des terres PO

PO :
Poussée
des terres

Pt : poids des
terres

dA

Point A
dW
W : Poids du mur

dt

Forces favorables à l’équilibre (Gmin, origine le terrain) : W et Pt


Forces défavorables à l’équilibre (Gmax, origine le terrain): Po
Compte tenu des coefficients sur Gmax : 1,35 et sur Gmin : 1 (voir plus
loin), L’ELU de stabilité sera à vérifier dans les 2 cas :

1. Avec Gmax :
dw x (1xW) + dt x (1,35 x Pt) > dA x (1,35 x Po)
Nota : Po et Pt ont même “origine” donc ils ont le même coefficient

2. Avec Gmin :
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dw x (1xW) + dt x (1 x Pt) > dA x (1 x Po)

1.4.10 –Combinaisons de calcul

1.4.10.1 - Pour les justifications aux ELU

 Combinaisons fondamentales (absence de situations accidentelles) :

1,35Gmax + Gmin +  q1 Q1 +  oi Qi


Avec :
 q1 = 1,5 dans les cas courants
 q1 = 1,35 pour la température, les bâtiments agricoles à faible densité
d’occupation humaine
 oi = coefficient fixé par les textes en vigueur (annexe D du BAEL)

Nota : en général : 1,35Gmax + 1,5 Q1

 Combinaisons accidentelles :

Gmax + Gmin + FA   Q1 +  i Qi


Avec :
FA = valeur nominale de l’action accidentelle
  Q 1 = valeur fréquente d’une action variable
  Q i = valeur quasi-permanente d’une action variable

1.4.10.2 - Pour les justifications aux ELS

 Combinaisons fondamentales :

Gmax + Gmin + Q1 +  oi Qi


Avec :
 oi = coefficient fixé par les textes en vigueur (annexe D du BAEL)

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Nota : en général : Gmax + Q1

1.4.11 – Les Calculs de BA

Les calculs sont effectués en vérifiant que les contraintes générées par les
combinaisons de charges, dans les éléments calculés, sont inférieures aux
contraintes admises aux ELS et ELU.

L’ouvrage risque de ne plus fonctionner


ouvrage sûr normalement : déformations excessives risque de rupture
____________ ________________________________________________________
 
ELS ELU danger croissant

1.4.12 – Charges particulières, valeurs de  pour certaines actions

1.4.12.1 – Dégression verticale pour des bâtiments courants

 Soit S0 la surcharge appliquée au toit


 Soit Si la surcharge appliquée à l’étage numéro i
 Soit Σi la surcharge totale à considérer au dessous du plancher de l’étage i

S0

Σ 0 = S0 S1

Σ1 = S0 + S1 S2

Σ2 = S0 + 0,95 (S1+S2) S3

Σ3= S0 + 0,90 (S1+ S2 +S3) S4

Σ4 = S0 + 0,85 (S1+ S2+ S3+ S4)

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Sn
3+n
Σn = S0 + ------ Σ Si pour n> 5
2n

1.4.12.2 – Coefficient  pour les actions climatiques

Nature de la charge      


Vent 0,77 0,20 0
Neige altitude < 500 m 0,77 0,15 0
Neige altitude > 500 m 0,77 0,30 0,10
Variation uniforme de 0,60 0,50 0
température

1.4.12.3 – Combinaison d’actions dans les cas courants

Il est rappelé que toutes les combinaisons mentionnées ne sont pas à considérer
simultanément. Seules sont à étudier celles qui apparaissent les plus agressives.
Dans le tableau l’indication « ou » indique qu’il faut faire un choix.

Avec :
G = charges permanentes
QB = charges d’exploitation
W = vent
Sn = neige
T = variations de température

1. Pour la vérification des états-limite ultimes de résistance (ELU)

Actions Actions variables


permanentes
1,35 Gmax + G min de base : D’accompagnement : D’accompagnement :
 q1 . Q1   Q 2 (1)   Q 3 (2)
1,35 Gmax ou G min 1,5 QB 0 ou W ou Sn 0 ou 0,8 T
ou W + Sn
1,35 Gmax ou G min 1,5 W 0 ou   QB ou 0 ou 0,8 T

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Sn
ou   QB + Sn
1,35 Gmax ou G min 1,5 Sn 0 ou   QB ou 0 ou 0,8 T
W
ou   Q B + W
(1) :  est égal à 0,77 (1,33 x 0,77 = 1) dans les cas courants et égal à 1 dans
certains cas spécifiques.
(2) : Les effets de la température ne sont généralement pas pris en compte, s’ils
doivent intervenir en tant qu’action de base, ils sont introduits avec un
coefficient de 1,35

2. Pour la vérification des états-limite de service (ELS)

Actions permanentes Actions variables


Gmax + G min de base : Q1 D’accompagnement :   Q 2
(1) (2)
G QB 0 ou 0,77 W ou 0,77 Sn
G W 0 ou  QB
G Sn 0 ou  QB
(1) : Lorsqu’il y a lieu d’introduire la température en tant qu’action de base, elle
intervient avec sa valeur nominale
(2) :  est égal à 0,77 (1,33 x 0,77 = 1) dans les cas courants et égal à 1 dans
certains cas spécifiques.
Les effets dus à la température peuvent être négligés sous réserve de
respecter certaines dispositions constructives relatives aux distances entre
joints, à la flexibilité des appuis et aux pourcentages minimaux
d’armatures.
Par exemple, en France, il est recommandé de prévoir des joints de
dilatation entre 25 m et 50 m. Au dessus de 50 m il faut prévoir des
armatures de reprise des efforts de traction causés par la dilatation de la
structure.

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2. CALCUL DES ELEMENTS EN BETON ARME

2.1 – CONSTITUANTS DU BETON ARME

1. Du sable, grain < 2 mm, environ 400 litres /m3


2. Des graviers 5/15 mm et 15/25 mm, environ 800 litres /m3
3. Du ciment, environ 350 kg/m3
4. De l’eau, environ 175 litres /m3
5. Des armatures en acier (qqfois en fibre de carbone)

2.2 - COMPORTEMENT DU BETON ARME, DOMAINE


D’APPLICATION DU BAEL

2.2.1 - Zone élastique : Loi de Hooke :  = E. avec = L/L

Module d’élasticité de Young (E) :


a. Acier = Es = 200 000 MPa
b. Béton = Eb = 27 000 MPa
c. Note : béton à l’ELS = 13 333 MPa (valeur forfaitaire = 1/15 de Es).
Cette valeur tient compte de la contraction longitudinale élastique et de
l’élongation causée par le fluage.

Coefficient de poisson (nu) :  = Contraction transversale = lo/ lo ~ 0,3


allongement axial L / L

Coefficient de poisson normalisé pour le béton ~ 0,2

2.2.2 - Équivalence béton / acier


 b= F / Sb et  s = F / Ss : les surfaces sont dans le rapport des contraintes.
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Si les allongements sont égaux pour l’acier et le béton,
alors : Sb / Ss = Es / Eb ~ 8 à 10

Par convention : n = Es / Eb = 15 c'est-à-dire que Sb = 15 x Ss (la


surface du béton dans un élément est équivalente à quinze fois la surface
des armatures)

2.2.3 - Coefficient de dilatation thermique du BA :

1 / 100.000 par mètre et par °C

Poutre de 10 m si 10° C : L = 10* 10/ 100.000 = 1/1000 m = 1 mm


Dalle de 20 m si  40° C : L = 20* 40/ 100.000 = 8/1000 m = 8 mm

2.2.4 – Fluage du béton

Sous chargement constant, la déformation du béton augmente


continuellement avec le temps. Ces déformations peuvent représenter 2
fois les déformations instantanées (flèches sous charge).

2.2.5 – Retrait

Après coulage, une pièce de béton conservée à l’air tend à se raccourcir.


Ceci est dû à l’évaporation de l’eau non liée avec le ciment et peut
entraîner des déformations de l’ordre de 1,5 à 5 dix-millièmes. Le retrait
commence dès le premier jour de vie d’une pièce et on observe 80 % du
retrait au bout de 2 ans.

2.2.6 – Domaine d’application du BAEL

1. Dosage en ciment au moins égal à 300 kg/m3


2. Constructions courantes ayant une charge d’exploitation Q modérée :
Q < 2G ou Q < 5 kN/m² avec G = charge permanente
3. Constructions industrielles à charge d’exploitation relativement
élevées : Q > 2G ou > 5 kN/m²
4. Ne sont pas concernées les constructions en béton de résistance
caractéristique supérieure à 80 MPa, ou des éléments soumis à des
températures s’écartant de celles qui résultent des seules influences
climatiques (fours par exemple)

2.3 - CONTRAINTES

 bc = contrainte du béton comprimé

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 st = contrainte des aciers tendus
 sc = contrainte des aciers comprimés
 = contrainte d’adhérence

2.3.1 - Résistances caractéristiques des bétons

2.3.1.1 - f cj = résistance caractéristique à la compression du béton à j jours.


On utilise le plus souvent la résistance du béton à la compression à 28 jours :

fc28, par exemple : fc28 = 25 MPa ~ 90% fc final

1. Pour les résistances f c28 ≤ 40 MPa :


 f cj = j. f c28 si j ≤ 60 jours
4,76 + 0,83j
 f cj = 1,1. f c28 si j > 60 jours

2. Pour les résistances f c28 > 40 MPa :


 f cj = j. f c28 si j ≤ 28 jours
1,40 + 0,95j
 f cj = f c28 si j > 28 jours

2.3.1.2 - f t j= résistance caractéristique à la traction du béton à j jours


(obtenue par essais)

1. En première approximation : Contrainte béton traction : f tj # 0,1 x f cj


soit si f c28 = 25 MPa, f t28 = 2,5 MPa

2. f tj = 0,6 + 0,06 fcj si f c28 ≤ 60 MPa


3. f tj = 0,275 fcj 2/3 si f c28 > 60 MPa

2.3.1.3 - Contrainte béton d’adhérence : = 0,6 ² * f t j


Avec = 1,5 pour HA
 = 1,0 pour acier doux
Soit si f c28 = 25 MPa,  c28 = 3,5 MPa si HA

2.3.2 - Diagramme contraintes déformations du béton en compression.

2.3.2.1 - Modèle de calcul à l’ELS

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Les déformations pour atteindre l’ELS sont faibles,
on suppose que le béton reste dans le domaine élastique.
La résistance mécanique du béton tendu est négligée.
On adopte la valeur Eb = 13 333 MPa

2.3.2.2 - Modèle de calcul à l’ELU

Le comportement du béton est modélisé par la loi parabole rectangle


sur le diagramme contraintes-déformation (voir ci-dessous), on tient
compte d’une partie du domaine plastique.
En compression pure, le diagramme est constitué par la partie
parabolique du graphe ci-dessous, les déformations sont limitées à
2‰
En compression avec flexion (ou induite par une flexion) le
diagramme utilisé est dit « parabole rectangle », les déformations
sont limitées à 3,5 ‰

 bc

fbu

Pente Eb= 13 333 Mpa

0 2 0/00 3,5 0/00  bc

ELU : Compression pure

ELU : flexion

 si 0 ≤  bc ≤ 20/00 :  bc = 0,25 fbu 103  bc (4 – 103.  bc),


 si  bc = 20/00 :  bc = fbu
 si 20/00 ≤  bc ≤ 3,50/00 :  bc = fbu

fbu est la résistance de calcul du béton à la compression aux ELU vaut :


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0,85 fcj
fbu = ---------------------
  b

fcj = La résistance caractéristique requise en compression à j jours du béton


 b = 1,5 pour les combinaisons fondamentales
 b = 1,15 pour les combinaisons accidentelles
 = 1 lorsque la durée d'application de la combinaison d'actions est supérieure à
24 h
 = 0,9 lorsque la durée d'application de la combinaison d'actions est comprise
entre 1 et 24 h
 = 0,85 lorsque la durée d'application de la combinaison d'actions est inférieure
à1h

0,85 fc28
Dans les cas usuels : fbu = ----------------- = 0,57 fc28


Si fc28 = 25 MPa , fbu = 14,25 MPa


Si fc28 = 30 MPa , fbu = 17,10 MPa

2.3.3 - Résistances caractéristiques des aciers

2.3.3.1 – Limite d’élasticité garantie f e

A. Limite d’élasticité garantie : f e = 500 MPa = 5000 kg/ cm² pour acier HA
écrouis. Allongement à la rupture : 12%
B. Limite d’élasticité garantie : f e = 400 MPa = 4000 kg/ cm² pour acier HA
allongement à la rupture : 14%
C. Limite d’élasticité garantie : f e = 125 ou 235 MPa pour acier doux.
Allongement à la rupture : 22 %
D. Diagramme contraintes déformations (  s /  s ), allongement limite = 10 0/00

2.3.3.2 – Modèle de calcul à l’ELS

Comme le béton, à l’ELS les aciers travaillent dans le domaine élastique.

2.3.3.3 – Modèle de calcul à l’ELU

Les aciers travaillent dans le domaine élastique et dans une partie


du domaine plastique.
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La contrainte limite de calcul d’élasticité garantie fsu à l’ELU est définie par :

fe
fsu = ----
 s
s = 1,15 cas général
s = 1 combinaison accidentelles

fe
Dans les cas usuels : fsu = --------- = 0,87 fe


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s
fe

fsu

-10 0/00  se

 se = fsu / Es
s
 st = 0
10 /00

fsu Pente Es = 200 000 Mpa


Domaine élastique

Cas général  s = 1,15:


Si fe = 500 MPa alors fsu = 435 MPa
Si fe = 400 MPa alors fsu = 348 MPa
Si fe = 500 MPa alors  se = fsu/Es = 2,17 0/00
Si fe = 400 MPa alors  se = fsu/Es = 1,74 0/00
Rappel : allongement à la rupture de 12 à 14 % pour les aciers HA, 22 % pour
les aciers doux

2.4 - ACIERS ET TS

2.4.1 – Aciers : Livrés en 6 m ou 12 m

ACIERS  en
HA mm 8 10 12 14 16 20 25 32 40
RONDS  en
LISSES mm 6 10 12 14 16 18 20 22 25 30 32 35 40
SECTIONS S en
HA cm² 0,28 0,50 0,79 1,13 1,54 2,01 3,14 4,91 8,04 12,57

Nota : les aciers doux (ronds lisses) ne sont utilisés que pour façonner des
crochets de levage
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2.4.2 – TS :

Livrés en panneaux 5m x 2,4 m, Allongement à la rupture : 8%, f e = 500 MPa

2.5 – LES CINQ CATEGORIES DE CIMENTS (norme NF-EN-197-1-2000)

Tableau 1 : composants des ciments normalisés

Clinker Laitier de Fumées Pouzzolane Cendres


Type nom Code Code
en % ht de silice siliceuses
principal actuel 1981 fourneau
CEM I Portland pur CEM I CPA 95-100
CEM II Portland CEM II / A CPJ 80-94 6-20
composé
CEM II Portland CEM II / B CPJ 65-79 21-35
composé
CEM III Ciment de CEM III/A CHF 35-64 36-65
hauts
fourneaux
CEM III Idem CEM III /B CHF 20-34 66-80
CEM III Idem CEM III/C CLK 5-19 81-95
CEM IV Ciment CEM IV/ A CPZ 65-90 10- 35
pouzzolanique

CEM IV Idem CEM IV/ B CPZ 45-64 36-55

CEM V Ciment de CEM V / A CLC 40-64 18-30 18-30


laitier et aux
cendres
volantes

2.5.1 – Les constituants du ciment

1. Clinker : le produit qui s’hydrate : 70% calcaire et 25% argile, constituants


broyés et chauffés à 1450 ° C.
Le clinker est constitué de :
 Silicate tricalcique C3S et silicate bicalcique C2S
 Aluminate tricalcique C3A et aluminoferrite tétracalcique C4AF
 Gypse : Sulfate de calcium (CaSO4)
En utilisant la notation cimentière : C = chaux (CaO)
A = alumine (Al2O3 )
S = silice (SiO2 )
F = oxyde ferrique ( Fe2O3)
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2. Gypse (CaSO4) pour retarder la prise du ciment.

3. Additions minérales : assurent la stabilité à l’air du ciment et diminuent le


coût et les performances du ciment par rapport au ciment portland. Ces
additions sont constituées de :
a. Fillers. Farine de roches calcaires ou siliceuses, dont le rôle est
celui de charge.
b. Laitier de haut fourneau. Le minerai de fer contient des minéraux
voisins de ceux du clinker. La fusion du minerai de fer provoque la
séparation gravitaire de la fonte et d’un résidu surnageant, le laitier.
Ce laitier après broyage a les propriétés d’un liant hydraulique. La
pâte de ciment au laitier présente une moindre quantité de chaux par
rapport à celle issue de l’hydratation du ciment Portland seul. C’est
pourquoi les ciments aux laitiers sont indiqués pour les bétons
soumis à des ambiances agressives.
c. Fumée de silice : De taille ultra fines elles contiennent plus de 90%
de silice amorphe. Elles se placent dans les interstices des grains de
ciment, diminuant ainsi la demande en eau de gâchage. Elles sont
surtout utilisées pour les bétons HR.
d. Cendres volantes silico-alumineuses. Elles sont issues des filtres
des centrales qui brûlent du charbon. La silice (30 à 50 %) en
combinaison avec la chaux issue de l’hydratation du clinker forme
des silicates de chaux hydratés (réaction pouzzolanique). Cette
réaction est lente : à 20°C elle n’est pas sensible avant 7 jours.
L’effet de ces cendres est bénéfique car :
1. On diminue la quantité de chaux résiduelle, talon d’Achille du
béton durci en tant que partie soluble à l’eau.
2. On augmente la proportion d’hydrates, donc la résistance
mécanique.
3. On réduit la perméabilité du béton.

2.5.2 - Trois classes de ciment

Elles sont définies par la résistance d’une éprouvette de mortier à 28 jours :


Classe 32,5 soit 32,5 MPa = 325 bars
Classe 42,5 soit 425 bars
Classe 52,5 soit 525 bars
Si on ajoute R : CEM I 42,5 R = Prise rapide à 2 jours pour décoffrage accéléré.

Nota : Éviter la classe 32,5 par temps froid (dégagement exothermique faible)

Tableau 2 : Utilisation des différents types de ciment

Béton Armé V3-oldw Page 28/153


Type ciment Classes Pour
Béton temps froid, 42,5 Béton courant
bonne résistance aux CEM I 52,5 Béton HR
sels de déverglaçage
32,5 Béton courant, béton
Béton courant CEM II pour fondations.
42,5 Béton HR
32,5 Tx en grande masse, en
Béton milieux milieux agressifs,
agressifs, CEM III 42,5 Tx en milieux agressifs,
lutte contre l’alcali pieux, fondations
réaction (CEM III/C) 52,5 Tx haute performance,
Tx souterrains
Béton milieux CEM V 48 Tx en mer, agricoles,
agressifs, à faible nucléaires, éléments
chaleur de prise épais > 50 cm, diminue
le retrait

2.6 – L’ADHERENCE ACIER – BETON, LONGUEUR DE


SCELLEMENT

2.6.1 – Adhérence Acier-béton

L’action du béton sur une barre peut être remplacée par une contrainte normale
(serrage) et une contrainte tangentielle  s (contrainte d’adhérence). On suppose
que cette contrainte est constante le long de la barre.



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A
B Fext
 s

L’équilibre selon l’axe x de la barre :


xB
Fext = ∫  s p dx =  s pLAB =  s πLAB avec p = π
xA

2.6.2 – Longueur de scellement droit ls

On définit la longueur de scellement droit ls comme la longueur qui permet


d’obtenir un ancrage pour lequel le glissement a lieu au moment ou le scellement
de la barre entre dans le domaine plastique, on a :

Fext = AS fe au moment ou la barre commence à glisser.

En notant que LAB = ls p = π et As = π²


4
On obtient :
ls = fe
4 s
Les calculs sont réalisés à l’ELU et la valeur de s est donné de façon forfaitaire
par :
 su = 0,6  s² ftj

Avec : su = contrainte d’adhérence pour le calcul à l’ELU


Le coefficient de scellement droit  s vaut 1 pour les ronds lisses et 1,5 pour les
aciers HA. La longueur de scellement droit dépend donc de la qualité du béton
(via ftj) et du type d’acier (via fe et  s).

Le BAEL propose d’adopter les valeurs forfaitaires suivantes :

ls = 40  pour un HA feE400
ls = 50  pour un HA feE500 ou ronds lisses

Pour un calcul plus précis (HA) :

Fcj 16 18 20 25 30 35 40 45 50 55 60
Béton Armé V3-oldw Page 30/153
(MPa)
Fe E 400 ls/ = 47,5 44,1 41 35 31 27 25 22 21 19 18
Fe E 500 ls/ = 59,4 55,1 51 44 39 34 31 28 26 24 22

Chaque barre d’un paquet doit être ancrée individuellement.

2.6.3 – Ancrage courbe

Par manque de place, comme sur les appuis de rives par exemple, on est obligé
d’avoir recourt à des ancrages courbes afin de diminuer la longueur de
scellement. Le BAEL propose d’adopter le crochet normal à 180 ° de longueur
d’encombrement de l’ancrage la = 0,4 ls pour les aciers HA et 0,6 ls pour les
ronds lisses.

2 R = 3  barres lisses
R = 5,5  barres HA

0,6 ls ou 0,4 ls

2.6.4 – Recouvrement des barres

ls

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2 ls

2.7 – DISPOSITIONS CONSTRUCTIVES DIVERSES

2.7.1 Poussée au vide

Les armatures tendues poussent le béton, il y a risque d’éclatement du parement

Danger !

ls

OK

NON !!

OK

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OK

2.7.2 - Enrobage

Afin d’éviter des problèmes de corrosion les enrobages des aciers doivent
respecter les valeurs suivantes :

 5 cm pour les ouvrages exposés à la mer, aux embruns ou aux


atmosphères très agressives (industrie chimiques).
 3 cm pour les parois soumises à des actions agressives ou à des
intempéries ou des condensations
 1 cm pour les parois situées dans un local clos et couvert non exposées
aux condensations.

Enrobage

Afin de laisser passer l’aiguille vibrante, l’espacement des aciers doit être d’au
moins 5 cm

2.7.3 – Bétonnage correct

Aciers longitudinaux pour les dalles et voiles d’épaisseur h, on limite le diamètre


des aciers à :

 ≤ h /10

Béton Armé V3-oldw Page 33/153


Aciers transversaux pour les poutres de hauteur h et de largeur de l’âme b0, on
limite le diamètre des aciers à :

 ≤ min ( h ,  longitudinaux, b0 )
35 10

2.8 – DIMENSIONNEMENT DES SECTIONS EN FLEXION SIMPLE

2.8.1 - Domaine d’application

Un élément est soumis à la flexion simple si les sollicitations se réduisent à un


moment fléchissant M (le long de l’axe z) et un effort tranchant V (parallèle à
l’axe y). Si l’effort normal N (parallèle à l’axe x) n’est pas nul, alors on parle de
flexion composée. En BA on distingue l’action du moment fléchissant qui
conduit au dimensionnement des aciers longitudinaux de l’action de l’effort
tranchant qui concerne le dimensionnement des aciers transversaux (cadres,
épingles ou étriers). Ces deux calculs sont menés séparément.

Pour les poutres isostatiques le calcul de M et V est simple et il est conduit en


utilisant les méthodes de la RDM. Pour les poutres continues le BAEL propose
deux méthodes qui permettent d’évaluer les sollicitations M et V (voir plus loin).

Ce qui suit est limité au calcul des sections rectangulaires sans aciers comprimé.
Pour les sections en T ce rapporter aux nombreux cours de BA.
S’il est nécessaire de placer des aciers comprimés dans une section de poutre en
BA c’est que cette section est mal dimensionnée. Pour des raisons économiques
et de fonctionnement il est préférable alors de modifier la section.

2.8.2 – Flexion simple à l’ELU

2.8.2.1 - Hypothèses

1. Les sections planes restent planes


2. Il n’y a pas de glissement acier/béton
3. Le béton tendu est négligé
4. Les combinaisons d’action dans les cas courant : 1,35 G + 1,5 Q
Exemple : Mu = 1,35 MG + 1,5 MQ
Vu = 1,35 VG + 1,5 VQ

Béton Armé V3-oldw Page 34/153


5. L’aire des aciers n’est pas déduite de celle du béton
6. L’aire des aciers est concentrée en son centre de gravité
7. Le comportement des aciers est défini par le diagramme contrainte
déformation ci-dessous, la contrainte (traction et compression)  s des
aciers étant de :

  s = fsu si  se ≤  s ≤ 10 ‰ avec fsu = fe/ s = fe/1,15 (cas


courant), sinon combinaisons accidentelles : fsu = fe
  s = Es. s si  s <  se avec  s < fsu

s

fsu = fe/  s

-10 0/00  se

 se = fsu / Es  st = 10 0/00 s

Pente Es = 200 000 Mpa


fsu Domaine élastique

8. Pour le comportement du béton, on adoptera le diagramme rectangle


simplifié ci-après, où la contrainte de calcul à l’ELU du béton comprimé
est donné par :

0,85 fcj
fbu = 
  b

Avec :
fbu = Contrainte limite de calcul à l’ELU du béton comprimé
fcj = Résistance caractéristique requise en compression à j jours du béton
 b = 1,5 pour les combinaisons fondamentales
 b = 1,15 pour les combinaisons accidentelles
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 =1 lorsque la durée d'application de la combinaison d'actions est
supérieure à 24 h
 = 0,9 lorsque la durée d'application de la combinaison d'actions est comprise
entre 1 et 24 h
 = 0,85 lorsque la durée d'application de la combinaison d'actions est inférieure
à1h

Béton Armé V3-oldw Page 36/153


Pivot B
 bmax = 3,5.10-3

0,8.yu
 b = 2.10-3 fbu

yu
A.N
h

As

 st 
b

Pivot A

Déformations Contraintes

fbu = Contrainte limite de calcul à l’ELU du béton comprimé


As = aire des aciers tendus
yu  u.d
Si b = 2.10-3 u = 2. 10-3 / (10 + 2).10-3 = 1/6 = 0,167
Si b = 3,5.10-3 u = 3,5. 10-3 / (10 + 3,5).10-3 = 0,259
Définition des diagrammes contraintes - déformation parabole -
rectangle et rectangulaire simplifié dans la section de béton
comprimé

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2.8.2.2 - Notations
Pour les calculs aux ELU, les notations sont (voir figure ci-dessous) :

1. b et h, largeur et hauteur de la section de béton


2. As = aire des aciers tendus, dont le centre de gravité est à d de la fibre la
plus comprimée.
3. yu est la position de l’axe neutre par rapport à fibre la plus comprimée.
yu =  u.d
4.  st = contrainte de calcul des aciers ≤ fsu

Pivot B
fbu
 bmax = 3,5.10-3

0,8.yu
0,4.yu

Z = (d-0,4.yu )
Nb=
yu 0,8.b.yu.fbu

0,6.yu
A.N x
d-yu
h

As

 st Ns =
 st  As st
b

Pivot A

Déformations Contraintes Forces

Notations utilisées pour les calculs de flexion simple à l’ELU

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2.8.2.3 – Droites de déformation - Pivots

On suppose qu’un point de la droite de déformation dans la section est fixé. Ce


point s’appelle le pivot.
Soit il correspond à la déformation limite de traction dans les aciers :
 st C'est le pivot A

Soit il correspond à la déformation limite de compression du béton :


 bmax = 3,5.10-3 C’est le pivot B

Le bon fonctionnement de la section de BA se situe aux alentours de la droite


AB, car les matériaux - acier et béton- travaillent au mieux.

 bmax = 3,5.10-3  bmax = 3,5.10-3  bmax = 3,5.10-3


b = 0

B B B
yu

 u.d
d(1- u)
d-yu
d

A A A
B B

 st   st   se   s

yu = 0 yu = 0,259d yu = 0,617d yu = d
u = 0  u = 0,259  u = 0,617 u = 1
u = 0  u = 0,186  u = 0,371  Rb = 0,480
 st = fsu  st < fsu  st = 0
 st = fsu
 st = Es . se Section
Section
entièrement si acier HA comprimée
tendue fe E 500,
 s = 1,15

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2.8.2.4 – Equations d’équilibre

L’équilibre de la section vis-à-vis de M u et de Nu (Moment fléchissant ultime et


effort normal ultime) conduit aux 2 équations :

1. Selon N : Nu = Nb - Ns = 0,8.b.yu.fbu – As. st = 0


2. Selon M :
I. Mu = 0,8.b.yu.fbu .(d - 0,4. yu) par rapport aux aciers
II. Mu = As. st .(d - 0,4. yu) par rapport au béton comprimé
III. Mu = 0,8.b.yu.fbu .0,6. yu + As. st (d-yu) par rapport à l’AN

Les équations 2.I, 2.II, 2.III sont en fait la même équation. Nous avons donc 2
équations d’équilibre.

2.8.2.5 – Compatibilité des déformations

L’hypothèse de continuité des déformations dans la section (pas de glissement


des aciers par rapport au béton) conduit à l’équation suivante :

 bmax  st
-------- = --------
yu d - yu

D’où, si la droite de déformation passe par le pivot A, la déformation maximale


du béton comprimé vaut :
yu
 bmax = ------ x 10‰
d - yu

Et si la droite de déformation passe par le pivot B, la déformation des aciers


vaut :

d - yu
 st = ------- x 3,5 ‰
yu

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2.8.2.6 – A- dimensionnement : on définit les quantités adimensionnées
suivantes :

1.  u = yu /d : Hauteur réduite

Mu Mu
2.  u =  : Moment ultime réduit = -------------
bd²fbu bd dfbu

D’après l’équation d’équilibre 2.I :

 u = 0,8 .  u (1 – 0,4 u)

u est solution de l’équation du 2éme degré précédente :



 u = 1,25 ( 1 - 1-2 u )

On définit :

3,5 ‰
 limite =  et limite = 0,8 .  limite (1 – 0,4 limite)
3,5 ‰ +  se

Rappel :  se = fsu / Es avec Es = 200 000 MPa

Béton Armé V3-oldw Page 41/153


 bmax = 3,5.10-3
Pivot B : le béton
travaille au mieux
 u.d
 limite. d
d

 se ≤  s ≤  st
l'acier  se
travaille au
mieux :
 st = fsu  st 

 u = 0,259
 u = 0,186  limite
 limite

Les valeurs  limite , qui dépendent de la nuance des armatures, sont données dans
le tableau ci-dessous :

Combinaisons durables ou Combinaisons accidentelles


transitoires s = 1,15  s = 1
Nuance fsu =  se  limite  limite fsu =  se  limite  limite
fe (MPa) fe/ s ‰ fe/ s ‰
(MPa (MPa)
)
Fe E 235 204 1,022 0,774 0,425 235 1,175 0,749 0,418
Fe E 400 348 1,739 0,668 0,391 400 2,000 0,636 0,379
Fe E 500 435 2,174 0,617 0,371 500 2,500 0,583 0,358

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2.8.2.7 - Calcul des sections d’acier tendu : on suppose que les dimensions b et
h de la poutre sont connues

1. Valeur minimale fixée réglementairement :


La section As d’armatures tendues est au moins égale à la règle du
millième et à la condition de non fragilité :

 Règle du millième : As ≥ bh
1000

 Condition de non fragilité : As ≥ 0,23.b.d.ft28 / fe


Principe (section rectangulaire) :
Moment maxi de traction des aciers tendus : As.fe .0,9d
Moment maxi de traction du béton dans la zone tendue considérée
comme non armée : M = ft28 x ½ h / I = ft28 x ½ h / (bh3/12)

Avec h = 0,9 d, on obtient :

As.fe ≥ b.d. ft28 = 0,23 b.d. ft28


0,9x 4

 D’où : As ≥ Max {bh/1000 ; 0,23bd ft28/ fe }

2. Calcul :

Les inconnues sont As, st, d et yu


Afin d’éliminer une inconnue, on fait l’hypothèse complémentaire
d # 0,9 h.
On calcule  u puis  u.

2.1 - Si 0,186 ≤  u ≤  limite →  st = fsu car  se≤ s ≤ 10 ‰

D’après l’équation 1 : 0,8.b.yu.fbu – As. st = 0 , avec yu = ud


La section d’acier tendus est égale à :

0,8.b. u.d .fbu


As = 
fsu

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2.2 Si  u < 0,186 →  st = fsu  s = 10 ‰ et  bc < 3,5 ‰

On utilise la même méthode qu’en 2.1 ci-dessus bien que le diagramme


des contraintes dans le béton ne soit plus exactement le diagramme
« rectangle simplifié ». L’erreur de section des aciers tendus est inférieure
à 2 %.

2.3 - Si  u < 0,104 →  bc fbu et  bc < 2 ‰

Le béton est mal utilisé, et on peut choisir une section de dimension plus
faible.

2.4 - Si  u >  limite →  st ≤ fsu  s ≤ 2,17 ‰  et  bc = 3,5 ‰

Les aciers tendus travaillent insuffisamment, le béton travaille à son


maximum (on est au pivot B). On peut ajouter des aciers comprimés s’il
n’est pas possible de modifier la section de la poutre.

A’s y
d’

A.N
h

As

Les deux équations d’équilibre (cf. § 2.8.2.4) s’écrivent :

Selon N : Nu = Nb + N’s- Ns = 0,8.b.yu.fbu + (A’s – As). st = 0


Selon M : Mu = 0,8.b.yu.fbu .0,6. yu + As. st (d - yu) + A’s (d - d’)
par rapport à l’AN

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Ces équations sont insuffisantes pour calculer u, As, A’s. La solution
généralement choisie est de prendre une section totale A s + A’s très proche
du minimum, ce qui consiste à prendre  u =  limite et =  limite
Alors  st =  sc = fsu

On obtient pour Fe E 400 :

Mu – 0,391 .b.d².fbu b.d. fbu


A’s = et As = A's +
348 (d - d') 651

On obtient pour Fe E 500 :

Mu – 0,371 .b.d².fbu b.d. fbu


A’s = et As = A's +
435 (d - d') 881

Le règlement impose :

 Cadres tous les 15 cm au maxi pour éviter le flambement des aciers


comprimés
 La part du moment de flexion équilibré par les aciers comprimés doit
être inférieure à 40 % du moment total, soit :
 sc . A’s.(d-d’) < 0,4 Mu

Condition vérifiée si  u < 0,667


Si la Condition  u < 0,667 n’est pas vérifiée il est judicieux
d’augmenter la section de la poutre pour revenir sous 0,667.

2.8.2.8 - Exemple

1. Données : b = 30 cm, h = 50 cm, fc28 = 30 MPa, Mu = 0,248 MNm, Fe E


500

2. Calcul : d = 0,9x50 = 45 cm, fbu = (0,85/1,5) x 30 = 17 MPa ,


limite = 0,371 (cf. Tableau page 40)
u = 0,248 / (0,3x0,45² x 17) = 0,24,
u < limite : il n’y a pas d’acier comprimé et st = fsu = 435 MPa
u = 1,25 x ( 1 - √1 -2x0,24) = 0,35
As = (0,8 x 0,30 x 0,35 x 0,45 x 17)/ 435 = 0,00148 m² = 15 cm²

3. Même exercice avec Mu = 0,455 MNm et Fe E 400

Béton Armé V3-oldw Page 45/153


limite = 0,391 (cf. Tableau page 40)
u = 0,455 / (0,3x0,45² x 17) = 0,44,
u > limite : Si on peut on modifie la section de la poutre
soit h = 0,9 d
On a : u = 0,455 / (0,3 x d² x 17) < 0,391, ce qui donne d donc h
On trouve d = 48 cm donc h = 54 cm

2.8.2.9 - Calcul des sections d’acier tendu : les dimensions b et h de la poutre


ne sont pas connues

En général une des deux dimensions est imposée par l’architecture (h par une
hauteur de dégagement, b par les dimensions des poteaux). L’autre dimension est
alors choisie en respectant les proportions usuelles : h = 2 à 2,5 fois b.
On calcule alors le moment réduit qui doit être compris entre 0,104 et limite
Le dimensionnement des armatures devra tenir compte de l’ELS et des efforts
tranchants (voir ci-après).

2.8.3 – Flexion simple à l’ELS

Béton Armé V3-oldw Page 46/153


2.8.3.1 - Hypothèses

L’ELS est dimensionnant par rapport à l’ELU lorsque la fissuration est


considérée comme très préjudiciable (FTP) et parfois lorsqu’elle est
préjudiciable (FP). Dans ce dernier cas on dimensionnera à l’ELU et on vérifiera
que la section d’acier est suffisante pour l’ELS. En FTP il faut faire le calcul de
la section d’acier directement à l’ELS.

1. Les sections planes restent planes


2. Il n’y a pas de glissement acier/béton
3. Le béton et l’acier sont considérés comme des matériaux élastiques (ils
travaillent dans le domaine élastique)
4. Le béton tendu est négligé
5. Les combinaisons d’action dans les cas courant : G + Q
Exemple : Mser = MG + MQ
Et Vser = VG + VQ
6. Equivalence acier béton (coefficient = 15)
7. L’aire des aciers est concentrée en son centre de gravité
8. Contrainte limite de compression du béton :

 bc = 0,6.fcj

9. Contrainte limite de traction de l’acier (ouverture des fissures) :

9.1 - Si fissuration peu préjudiciable :  st = f e

9.2 - Si fissuration préjudiciable :


 st =  = min {2/3.f e; Max (1/2.f e ; 110 .  f tj)} avec xi

9.3 - Si fissuration très préjudiciable :  st = 0,8 . 

Avec
HA > 6 mm HA < 6mm ronds lisses
éta) 1,6 1,3 1

9.4 - Calcul du coefficient k tel que :  st = k . fe dans les cas FP et FTP

Béton Armé V3-oldw Page 47/153


Calcul du coefficient k tel que  st = k fe
 st = min { 2/3.f e; max (0,5. f e ; 110.  f tj )} ELS
 si  HA > 6 mm 1,6
fe (MPa) 500 500 500 500 500 400 400 400 400 400
fc28 (MPa) 25 30 35 40 45 25 30 35 40 45
ft28 (MPa) 2,1 2,4 2,7 3 3,3 2,1 2,4 2,7 3 3,3
a = 110.(    ft28  201,63 215,56 228,63 241,00 252,76 201,63 215,56 228,63 241,00 252,76
a/fe 0,40 0,43 0,46 0,48 0,51 0,50 0,54 0,57 0,60 0,63
max ( 0,5fe; a/fe) 50% 50% 50% 50% 51% 50% 54% 57% 60% 63%
min(2/3fe; max) 50% 50% 50% 50% 51% 50% 54% 57% 60% 63%
coef. k si FP 50% 50% 50% 50% 51% 50% 54% 57% 60% 63%

Coef. k si FTP 40% 40% 40% 40% 40% 40% 43% 46% 48% 51%
(0,8 fois coef. de
la ligne ci-
dessus)

2.8.3.2 – Résumé des contraintes admissibles acier et béton dans les cas courant

Béton Acier
garantiecompressionContrainte

garantieContrainte
Contrainte Contrainte Contrainte Contrainte
limite limite limite limite
Compression traction traction traction

f c28 fe Si fe = 500 Si fe = 400


Combinaisons ELU fbu = f t28 = fsu = fsu =
fondamentales 0,57. f c28 0,6 + 0,06. f c28 0,87. fe 0,87. fe
Combinaisons ELU fbu = 0,74 f t28 = fsu = fsu =
accidentelles . f c28 0,6 + 0,06. f c28 0,87. fe 0,87. fe
Fissurat. Non ELS  bc = 0,60 f t28 =  st =  st = 1,00
préjudiciable 0,6 + 0,06. f c28
. f c28 1,00 . fe . fe
Fissurat. ELS  bc = 0,60 f t28 =  st =  st =
préjudiciable 0,6 + 0,06. f c28
. f c28 0,50 . fe 0,50 à
0,63. fe
Fissurat. Très ELS  bc = 0,60 f t28 =  st =  st =
préjudiciable
Béton Armé V3-oldw Page 48/153
. f c28 0,6 + 0,06. f c28 0,40 . fe 0,40 à
0,51. fe

2.8.3.3 - Notations

Pour les calculs aux ELS, les notations sont (voir figure ci-dessous) :

1. b et h, largeur et hauteur de la section de béton


2. As = aire des aciers tendus, dont le centre de gravité est à d de la fibre la plus
comprimée.
3. y1 est la position de l’axe neutre par rapport à fibre la plus comprimée.
4. st = Es st est la contrainte de calcul des aciers, définie à partir du module
d’Young de l’acier et de la déformation des aciers. st ≤  st
5. bcmax = E bbcmax est la contrainte de calcul du béton comprimé, définie à
partir du module d’Young du béton et de la déformation maximale du béton
comprimé.  bcmax ≤  bc

Triangle
 bcmax  bcmax

Y1/3

Z = (d-y1/3 )
Nbc
y1
d-y1

A.N
h

As

 st/n Nst
 st
b
Déformations Contraintes Forces

Notations utilisées pour les calculs de flexion simple à l’ELS

Béton Armé V3-oldw Page 49/153


2.8.3.4 – Equations d’équilibre

L’équilibre de la section vis-à-vis de Mser et de Nser (Moment fléchissant et


effort normal de service) conduit aux 2 équations :

1. Selon N : Nser = ½.b.y1. bcmax – As. st = 0


2. Selon M :
IV. Mser = ½.b.y1. bcmax.(d - y1 /3) par rapport aux aciers
V. Mser = As. st .(d - y1 /3) par rapport au béton comprimé
VI. Mser = 1/3.b.y12.  bcmax + As. st (d-y1) par rapport à l’AN

Ces 3 expressions du moment fléchissant en 3 points différents de la section sont


identiques puisque l’effort normal est nul (flexion simple)

2.8.3.5 – Compatibilité des déformations

L’hypothèse de continuité des déformations dans la section (pas de glissement


des aciers par rapport au béton) conduit à l’équation suivante :

 bcmax  st
-------- = -------
y1 d - y1

L’acier et le béton ayant un comportement élastique, on en déduit une relation


entre les contraintes :
 bcmax  st
-------- = ------------
y1 n(d - y1)

2.8.3.6 – Contraintes limites dans les matériaux

L’ELS consiste à vérifier que les contraintes maximales dans la section la plus
sollicitée restent inferieures à des valeurs limites fixées réglementairement. On
distingue :

1. L’ELS de compression du béton : bcmax ≤  bc = 0,6.fcj

2. L’ELS d’ouverture de fissures : st ≤  st


Béton Armé V3-oldw Page 50/153
2.8.3.7 – Vérification d’une section rectangulaire à l’ELS, la section ayant été
dimensionnée à l’ELU.

1. Données : Mser, As, b, h, d, fcj, fe


2. Inconnues : y1, bcmax,  st
3. Résolution :

 Moment d’inertie I de la section :


On néglige le béton tendu, les armatures sont remplacées par une
section de béton équivalente égale à n = 15 fois la section des aciers,
soit :
y1

AN

G
d

AS

On calcule l’ordonnée YG du centre de gravité G, qui est nulle, soit

YG = b.y1 .(y1/2) - n.As. (d-y1) = 0

D’où y1 est solution de l’équation : by1² + 30.As.y1 – 30. As.d = 0

Et I = 1/3 . b.y13 + n.As (d-y1)²

 On vérifie que :

 bcmax = Mser . y1 ≤ 0,6.fcj


I
 st = n Mser . ( d - y1) ≤ st
Béton Armé V3-oldw Page 51/153
I

 Exemple : vérification du calcul à l’ELU § 2.8.2.8

Données :
b = 30 cm, h = 50 cm, fc28 = 30 MPa, Mu = 0,248 MNm, Fe E 500,
d = 45 cm, fbu = 17 MPa, fsu = 435 MPa, As = 15 cm², Mser = 0,174
MNm, fissuration préjudiciable : FP

calcul :
st = 0,5 x fe = 250 MPa, bc = 0,6 * 30 = 18 MPa
y1 solution de :
by1² + 30.As.y1 – 30. As.d = 30.y²1 + 30.15 y1 – 30.15.45 = 0

y²1 + 15 y1 – 675 = 0 → y1 = 19,5 cm

I = 1/3 . b.y13 + n.As (d-y1)² = 10. 19,53 +225.25,5 2 → I= 220 400 cm4

 bcmax = Mser . y1 = 0,174 x 0,195 = 15,4 MPa < 18 MPa → OK


I 220400 x 10-8

 st = n Mser . ( d-y1) = 267 MPa > 250 MPa → NON OK


I

Il faut redimensionner les aciers en augmentant As (cf. 2.8.3.9)


2.8.3.8 – Dimensionnement d’une section rectangulaire à l’ELS

1. Données : Mser, b, h, fcj, fe


2. Inconnues : As, y1, bcmax , st , d
3. Résolution :
 d # 0,9.h

  st =  st

 On calcule : M’ser = 0,5.b.y1lim. bc.(d - y1lim /3)


Avec :
 bc  st /n
 = 
y1lim d - y1lim

d’où :
Béton Armé V3-oldw Page 52/153
n.  bc
y1lim = d 
n.  bc +  st

si Mser > M’ser : STOP ! Augmenter b et / ou h ou placer des aciers


comprimés (mauvais)

si Mser ≤ M’ser continuer,

y1 n.Mser
 On pose  = , on calcule ser = 
d bd²st

  est solution de : - 6ser (

Mser
 section d'acier : As = 
 st . d( 1 - 

4. Comparaison As à l’ELU et As à l’ELS :

Mser Mu
  ser =  u = 
bd² st / n bd²fbu

0,8.b. u.d .fbu


 As =  , en remplaçant le numérateur on
obtient :
fsu

Mu
 As = 
fsu . d( 1 – 0,4

2.8.3.9 - Redimensionnement des sections lorsque la condition de fissuration


n’est pas assurée.

 Si la conditionst ≤ st n’est pas remplie, il faut recalculer As en


admettant que ces armatures travaillent au maximum possible, c'est-
à-dire à la contrainte de service st →  st =  st

Béton Armé V3-oldw Page 53/153


Les équations d’équilibre s’écrivent alors :

 ½.b.y1.bc= As.st équation selon N


 Mser = ½.b.y1.bc.(d - y1 /3)
 Il y a 3 inconnues : y1,bc , As
 Le diagramme des contraintes donne :

 bc

Z = (d-y1/3 )
Nbc
y1/3
y1 d

A.N
h

As

 st/n Nst

b
  st  bc 
 bc = ------- . ------- ou ------ = --------------
1- n st 15 ( 1-  )

 On obtient à partir de ces équations (équation 1) :

 st - 3 st  2 - 6 n.Mser+6 n.Mser = 0


bd² bd²

 On calcule u = 30 Mser , puis = 1 + u et cos =   d'ou 


bd² st

 L'équation 1 devient l’équation 2 :  /3-  2 - u+u = 0 dont la


solution intéressante ( compris entre 0 et 1) est :

 = 1 + 2 ½ cos ( 240 ° +degrés


 = 1 + 2 ½ cos ( 4/3 +radians

Béton Armé V3-oldw Page 54/153


 On calcule alors :
  st
 bc = --------- x -------- on vérifie  bc ≤ 0,6 fcj
1- n

 On obtient As par l’équation : ½.b.y1. bc= As. st ,


avec y1 = d, et  bc /  st =  / {15 (1-)}

.b.d. bc ² b.d
Soit As = --------------- = ----------------------
2 . st 30 ( 1 – )

 Lorsque u est petit par rapport à 1 ( u < 0,1) on peut utiliser la formule
approchée :

b.d √u
As = ------- . u ( 1 + ---- )
30 3

 Exemple : redimensionnement des aciers dans l’exemple du § 2.8.3.7

Données :
b = 30 cm, h = 50 cm, fc28 = 30 MPa, Mu = 0,248 MNm, Fe E 500,
d = 45 cm, fbu = 17 MPa, fsu = 435 MPa, As = 15 cm², Mser = 0,174
MNm, FP, st = 250 Mpa

Calcul du redimensionnement de AS :
 u = 30 Mser 
 30 x 0,174= 0,346
bd²st 0,3 x 0,45² x 250
  = 1,346 cos  =  = 0,641 :  = 0,874 rd
 = 1 + 2 x √1,346. cos (4,189 + 0 ,874/3
 = 1 + 2,32 x Cos (4,48) = 1 – 0,534
 = 0,466

0,466 250
 bc = --------------x ------ = 14,8 MPa < bc (18 MPa)
1 – 0,466 15

² b.d 0,466² x 30 x 45


 Soit As = --------------- = ------------------- = 18,3 cm²
30 .(1 – ) 30 x (1-0,466)

Béton Armé V3-oldw Page 55/153


2.8.3.10 - Redimensionnement des sections lorsque la condition de
compression du béton n’est pas assurée.

 Redimensionnement de la section de béton


Pour aboutir à la section de béton optimale, on fait travailler les deux
matériaux à leurs limitesst pour l’acier et bc = 0,6 fcj pour le béton
La position de l’axe neutre est donné par :

bc 0,6 fcj fcj


--------- = ---------- = --------- soit = -----------
st /n st /15 1- fcj st

Les valeurs de sont données dans le tableau ci-dessous.

Fe E 400 FeE 500


fc28 FP FTP
( MPa) FP FTP  ≥ 6 mm  < 6 mm  ≥ 6 mm  < 6 mm
 = 1,6  = 1,3  = 1,6  = 1,3
16 0,4186 0 ,4737 0 ,3655 0 ,3655 0 , 4186 0 ,4186
18 0,4475 0 ,5031 0 ,3932 0 ,3932 0 ,4475 0 ,4475
20 0 ,4737 0 ,5294 0 ,4186 0 ,4186 0 ,4737 0 ,4737
25 0 ,5274 0 ,5824 0 ,4737 0 ,4737 0 ,5294 0 ,5294
30 0 ,5561 0 ,6102 0 ,5192 0 ,5192 0 ,5745 0 ,5745
40 0 ,5990 0 ,6512 0 ,5902 0 ,5902 0 ,6429 0 ,6429
50 0 ,6303 0 ,6806 0 ,6303 0 ,6429 0 ,6806 0 ,6923
60 0 ,6694 0 ,7168 0 ,6544 0 ,6775 0 ,7030 0 ,7242

L’équilibre de la section s’écrit :

 Mser = ½.b.y1. bc.(d - y1 /3) = ½.b..d. bc.(d - .d /3)

Soit Mser = 0,1..(3 - ). bd².fcj

 On obtient une équation qui permet de déterminer b ou d ou les 2


dimensions :

10. Mser 0,3 bd fcj


bd² = --------------- la section d’armature tendue vaut : As = ---------------
(3-) fcj  st

Béton Armé V3-oldw Page 56/153


2.8.3.11 - Introduction d’armatures comprimées

A’s
 bc

d’
y
 sc / n

A.N
h

As d
 st / n

 On connait les dimensions de la section de béton. Le moment repris


par le béton comprimé, sans les armatures, prend la valeur calculée ci-
dessous :

Mbc = 0,1 ( 3-) bd² fcj (cf. équation du § 2.8.3.10)

En faisant travailler les deux matériaux au maximum de leurs


possibilités (pour  cf. tableau du § 2.8.3.10) :

 fcj
= -----------
fcj st

Les armatures comprimées doivent reprendre M’s = Mser – Mbc, les


armatures comprimées auront donc une section A’s correspondant à une
contrainte ’s (cf. tableau ci-dessous) :

Béton Armé V3-oldw Page 57/153


M’s’s/ n y – d’ d’
A’s = -------------- et ------------ = ---------- = 1 - 
’s (d-d’)  bc y d

soit ’s = 15 x 0,6 fcj ( 1 – d’/d)

 Ce qui donne :

1. équation 1’s = 9 fcj (1 – d’/d)

Mser – 0,1  (3-) bd² fcj


2. équation 2 : A’s = ------------------------------
’s (d-d’)

A’s ’s + 0,3  bd fcj


3. équation 3 : As = ------------------------------
s

d’
Tableau redimensionnement à l’ELS: ’s = 9 fcj 1 -  en MPa
d
en prenant d’ = h – d = 0,1 h, donc d = 9 d’

Fe E 400 FeE 500


fc28 FP FTP
( MPa) FP FTP  ≥ 6 mm  < 6 mm  ≥ 6 mm  < 6 mm
 = 1,6  = 1,3  = 1,6  = 1,3
16 106 110 100 100 106 106
18 122 126 116 116 122 122
20 138 142 132 132 138 138
25 178 182 172 172 178 178
30 216 221 212 212 218 218
40 293 299 292 292 298 298
50 371 377 371 372 377 378
60 450 456 448 451 455 457

Béton Armé V3-oldw Page 58/153


2.8.3.12 – Exercices, poutre rectangulaire à l’ELS
Vérification à l’ELS dans le cas FPP, FP et FTP

Dimensions Sollicitations Aciers et contraintes


nom valeur Unités nom valeur Unités nom valeur Unités
b 25 cm Nser 0 A’s 2,26 cm²
h 50 cm Nu 0 As 6,03 cm²
d 45 cm Mser 48 kNm
d’ 5 cm Mu 67 kNm fc28 30 MPa
Portée 5 m fe 500 MPa
L
1. FPP
bc = 0,6 x 30 = 18 MPa
 st = f e
Equation aux moments statiques :
b.y²1 - n.As. (d-y1) + nA’s.(y1 – d’) = 0
2
D’où la position de l’axe neutre (en résolvant en y1) : y1 = 14,1 cm

Le moment d’inertie de la section réduite homogénéisée par rapport au béton :


I = 1 . b.y13 + n.As (d-y1)² + n A’s .(y1 – d’)² = 0
3
D’où I = 112 530 cm 4
Mser
La valeur maxi de compression du béton :  bc = ------- . y1 = 6 MPa < 18 MPa
I

2. FP
bc = 0,6 x 30 = 18 MPa
 st = 0,5. f e = 250 MPa

Mser
La valeur maxi de compression du béton :  bc = ------- . y1 = 6 MPa < 18 MPa
I

n.Mser 15 x 48
La valeur maxi de l’acier:  st = ------- . (d-y1) = ---------- x (0,45 – 0,141)
I 112530

= 197,7 MPa < 250 MPa

Béton Armé V3-oldw Page 59/153


3. FTP
bc = 0,6 x 30 = 18 MPa
 st = 0,4. f e = 200 MPa

La valeur maxi de compression du béton :  bc = 6 MPa < 18 MPa

La valeur maxi de l’acier:  st = 197,7 MPa < 200 MPa

2.8.4 - Sollicitations d’effort tranchant

Les phénomènes de fissuration et de déformation dus à l’effort tranchant étant


moindre à l’ELS qu’à l’ELU, seul l’état ultime est vérifié.
Au début du chargement d’une poutre le béton n’est pas fissuré. Lorsque le
chargement augmente, il apparait des fissures de traction ; l’équilibre interne est
modifié et il évolue en fonction de la fissuration.

Après apparition des fissures de traction la valeur de la contrainte de cisaillement


du béton bcroit de 0 sur la fibre supérieure à un maximum au niveau de l’axe
neutre, puis dans la zone tendue, reste constante et égale à (cf.1.2.2) :

Vu
équation  b = ----------
b. Z

Avec b = largeur de l’âme, Vu l’effort tranchant à l’ELU dans la section et Z le


bras de levier (cf. dessin ci-dessous), Vu = 1,35 VG + 1,5 VQ
Z est inconnu, c’est la distance entre Nbc , effort normal dans le béton
comprimé ,et Ns, effort dans les aciers tendus

AN
Traction Fst 45° 

Bielle de Armature
béton Fissure si transversale
comprimé  béton >  béton tendue

Nota : armatures transversales = armatures d’âme

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d

b

L’effort
tranchant Vu0
est repris par
l’appui

St St St
Vu0

Nbc

Z A.N
 béton
Ns

45° 
Z(1+cotg)

Béton Armé V3-oldw Page 61/153


Si At = section d’un cadre (section totale des barres obliques), n est le nombre de
cadres coupés par la fissuration à 45 °, on a équation 1:

Z(1+cotg)
n = -------------------
St

En projetant l’équilibre des forces sur la verticale : équation 2

Fst Vu
 st = ------------- = ---------------------------
n. At Z .sin  (1+cotg) .At
St

Avec :

 st = contrainte de traction dans les armatures transversales


Fst = Effort dans les armatures transversales,
Vu = Fst . sin

2.8.4.1 – Contrainte tangente conventionnelle du béton

On ne connait pas Z, on le remplace par d, ce qui donne :


La contrainte conventionnelle, utilisée pour les calculs relatifs à l’effort
tranchant, est définie par :
Vu
Équation 3  u = -------- soit Vu =  u .b.d
b. d
Avec :
b = largeur de l’âme,
Vu l’effort tranchant à l’ELU dans la section et d ~ 0,9 h.
Et, par convention Z ~ 0,9 d :

A partir des équations 2 et 3 on obtient l’équation 4 :

At  u .b.d
 st = ---------------------- soit :
St Z .(sin  +cos )

At u
 st = ----------------------
b.St Z .(sin  +cos )
d
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At u
 st = ----------------------
b.St 0,9 .(sin  +cos )

At u
En écrivant  t =  on obtient  t = -------------------------
b.St 0,9 . st .(sin  +cos )

2.8.4.2 – Vérification des armatures d’âme à L’ELU

On doit avoir :  st ≤ fe / s

Le rapport de la section At sur l’espacement St des armatures transversales doit


vérifier l’inégalité (équation 5 ) :
Cette inégalité s’obtient à partir de l’équations 4, et de la considération
suivante : Les fissures, donc les bielles, sont inclinées à moins de 45°,
elles interceptent plus de cadres, on diminue donc « artificiellement »
 u en considérant  u – 0,3. f*tj .k à la place de  u

At  u – 0,3. f*tj .k
 t =  ≥ 
b.St 0,9 fe (cos + sin)
 s
Avec :

1. fe = limite d’élasticité garantie des armatures transversales


2.  t = pourcentage d’armature d’âme
3.  s = coefficient de sécurité partiel sur les armatures (en général  s = 1,15)
4. = angle d'inclinaison des armatures transversales ( = 90° si elles sont
droites)
5. f*tj = min (ftj ; 3,3 MPa)
6. ftj = résistance caractéristique du béton à la traction à j jours
7. k = 1 en flexion simple
8. k = 1 + 3  cm /fcj en flexion composée avec compression ( cm contrainte
moyenne de compression de la section totale de béton sous l’effort normal
de calcul)

Béton Armé V3-oldw Page 63/153


9. k = 1 - 10  tm /fcj en flexion composée avec traction ( tm contrainte
moyenne de traction de la section totale de béton sous l’effort normal de
calcul ; k devient négatif dès que  tm > 0,1 fcj)
10. cm et  tm se calculent conventionnellement sur la section de béton totale
supposée non fissurée et non armée
11.k = 0 si la fissuration est considérée très préjudiciable ou s’il y a une
reprise de bétonnage non traitée (valeur à prendre par précaution).
12.k ≤ 1 si la reprise de bétonnage est munie d’indentations dont la saillie
atteint au moins 5 mm

En flexion simple, on utilise souvent la formule simplifiée (armatures droites,


béton en traction négligé) : équation 6

At Vu Vu
----- ≥ ---------- = --------
st 0,9 d.fsu zbfsu

Soit : St < 0,9d.fsu.At / Vu

2.8.4.3 – Vérification du béton de l’âme à L’ELU

La contrainte tangente conventionnelle  u doit vérifier :

1 - Si les armatures sont droites :

 En FPP :  u ≤ Min (0,2. fcj / b ; 5MPa) équation 7


Avec
b = 1,5 pour les combinaisons fondamentales
b = 1,15 pour les combinaisons accidentelles

 En FP et FTP :  u ≤ Min (0,15. fcj / b ; 4MPa) équation 8

2 - Si les armatures sont inclinées de 45 ° (quelque soit la fissuration) :

  u ≤ Min ( 0,27. fcj / b ; 7MPa) équation 9

3 - Si les armatures sont inclinées de 45 ° ≤ ≤ 90 ° , il est loisible de


procéder à une interpolation linéaire pour fixer la valeur de  u

4 - Si les sections droites sont entièrement comprimées (poteaux)

Béton Armé V3-oldw Page 64/153


  u = Vu / bd ≤ Min ( 0,06. fcj / b ; 1,5MPa) équation 10

2.8.4.4 – Tableau des valeurs limites des contraintes tangentes ultimes umax
(MPa) avec  b = 1,5

Armatures droites Armatures à Pièces


Fissuration 45° toutes comprimées
fc28 non fissurations toutes fissurations
MPa Préjudiciable FP ou FTP
0,2. fcj / b ; 5MPa 0,15. fcj / b ; 4MPa 0,27. fcj / b ; 7MPa 0,06. fcj / b ; 1,5MPa)
16 2,13 1,60 2,88 0,64
18 2,40 1,80 3,24 0,72
20 2,67 2,00 3,60 0,80
25 3,33 2,50 4,50 1,00
30 4,00 3,00 5,40 1,20
40 5,00 4,00 7,00 1,50
50 5,00 4,00 7,00 1,50
60 5,00 4,00 7,00 1,50

2.8.4.5 – dispositions constructives

 L’Espacement des cours d’armatures transversales d’âme doit


vérifier (équation 11) :
At f e
st ≤ Min (0,9d ; 40 cm) et ------- ≥ 0,4 MPa
b.St

cette équation s’écrit ( équation 11 bis) :

 t . fe ≥ 0,4 MPa, soit  t ≥ 0,4 en ‰


fe

Où encore (équation 11 ter ) :

St ≤ At.fe/ 0,4.b

 Diamètre des aciers transversaux (équation 12) :

 t ≤ Min ( l ; h/35 ; b/10)

Avec  l diamètre minimal des armatures longitudinales tendues du


premier lit maintenues par des cadres
Béton Armé V3-oldw Page 65/153
 2 du 2éme lit
t

1

2.8.5 – Justification des sections d’appuis

2.8.5.1 - Appui de rive

1. Effort de traction dans l’armature inférieure :


On doit prolonger les armatures inferieures au-delà du bord de l’appui
et y ancrer une section d’armatures longitudinales suffisantes pour
équilibrer l’effort tranchant sur l’appui dont la réaction est Vu0

Soit : As ancrée ≥ Vu0 / fsu équation 13 Avec fsu = fe/ s

Nota : Si une force horizontale Hu est transmise par l’appui l’équation


13 devient : équation 13 bis

As ancrée ≥ (Vu0 + Hu )/ fsu

2. Ancrage des armatures inférieures :


On doit déterminer le type d’ancrage des armatures inférieures (droit
ou crochet). Pour cela, on calcule la longueur de l’ancrage nécessaire,
équation 14 :
Soit : l = Vu0 / (ns . .  su )

Ou ns est le nombre de barres ancrées. Si l ≤ a alors un ancrage droit


est suffisant, sinon il faut prévoir des crochets.

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Fc Surface de la bielle de compression
Hu à 45 °= b. a/√2

Ns

a 2 cm a 2 cm

Avec Fc = Vu0 √2 =  bc . a. b →  bc = 2. Vu0


√2 a.b
3. Dimension de l’appui
La contrainte de compression dans la bielle doit vérifier (équation 15):

2Vu0 fcj
 bc = -------- ≤ 0,8 ---------
a. b b

fc28
Soit généralement :  bc ≤ 0,8 -------
b

2.8.5.2 – Appui intermédiaire

1. Ancrage de la bielle d’appui


Il convient d’ancrer une section

V u + Mu
0,9d
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As ≥   équation 16
fsu

A vérifier de chaque coté de l’appui ; Mu en valeur algébrique.


Pour la contrainte de compression, il faut effectuer la même
vérification que pour un appui simple mais de chaque coté de l’appui
(Vu à gauche et à droite de l’appui)

2. Surface d’appui
Si Ru est la réaction totale de l’appui, Ru = |Vugauche| + |Vudroite |, il faut
vérifier (équation 17) :

Ru 1,3.fcj
 bc moyen = --------------------- ≤ -----------
Section d’appui b

2.8.6 – Répartition des armatures transversales– méthode de Caquot - :

Lorsque la travée de poutre étudiée comporte des charges concentrées, on


utilise une méthode, dite générale, pour évaluer la densité des cadres
(donc leur espacement) en fonction de la variation de l’effort tranchant ;
cette méthode, assez complexe, ne sera pas étudiée ici.
Dans le cas des travées de hauteur constante sans charges concentrées, on
utilise une méthode simplifiée forfaitaire : méthode de Caquot.

1. On calcule l’écartement St0 des armatures transversales à l’appui,


d’après l’équation 6 : St0 = zbfsuAt / Vu0 avec zb = 0,9 fsu

2. On place le 1er cadre à 0,5 St0 du nu d’appui. Dans tous les cas, il est
recommandé de prendre un espacement initial au moins égal à 7 cm

3. Puis on adopte, pour l’écartement des cadres suivants, en cm, la suite


des nombres (à partir de la valeur de St0 )

7 – 8 – 9 – 10 – 11 – 13 – 16 – 20 – 25 – 35 - 40

Chaque espacement étant répété n fois, avec n = nombre entier de


mètres (par excès) dans la demi-travée de la poutre ou dans la portée
totale de la console.

4. Exemple :
Poutre de 7,80 m de portée,
Béton Armé V3-oldw Page 68/153
Calcul de St0 = 10,5 cm à l’appui.
Premier cadre à 10,5/2 = 5 cm du nu de l’appui, on prend 7 cm
réglementaires,
l/2 de 7,8 m = 3,90 m on prend n = 4, soit :
4 de 10 cm
4 de 11 cm
4 de 13 cm
Etc.. jusqu'à approcher 3,90m

2.8.7 – Répartition des armatures transversales– méthode de Perchat - :

Dérivée de la méthode de Caquot, elle est un peu plus économique.


Le premier cadre est placé à 0,5 S t0 ; ensuite, on place n0 espacements 0,5
St0 , avec (équation 18) :
1 h
n0 ≥ ---- ----- - 1
2 St0

Puis n fois St1, St2 etc. les Sti étant pris dans la série précédente, avec n
= nombre de mètres (partie entière par excès) dans L’0, donné par la
formule (équation 19) :

H 0,5 k’

L 0 = 1 + L0 - ---- 1 - ---------------
2  u ( h/2)

Avec L0 demie portée de la poutre et k’ = 1 en l’absence de reprise de


bétonnage, sinon 0.

2.8.8 - Exemple

Une Poutre hyperstatique à deux travées de longueurs égales 5,4 m (entre nu


d’appui), repose sur 3 poteaux de section rectangulaire 30 x 40 cm. Elle supporte
une charge uniformément répartie G = 32 KN/m et d’exploitation Q = 64 KN /m

b = 30 cm, h = 60 cm, d = 0,9 x60 = 54 cm, fc28 = 30 MPa, fe E500, fsu = 500 /
1,15 = 435 MPa, fissuration préjudiciable, poutre coulée sans reprise de
bétonnage, enrobage = 3 cm

Il n’y a pas d’effort normal, les courbes obtenues pour les différents cas de
combinaisons de charges à considérer sont fournies ci-dessous : l’effort
tranchant Vu à l’ELU et le moment fléchissant Mu à l’ELU.
Le calcul en flexion simple a conduit aux armatures longitudinales suivantes :

Béton Armé V3-oldw Page 69/153


 Sur appui central : aciers tendus section théorique 30,4 cm² choix 4 HA 25
(19,64 cm²) et 4 HA 20 (12,56 cm²), pas d’aciers comprimés.
 Section en travée : aciers tendus section théorique 27,0 cm² choix 4 HA 25
et 4 HA 16 (8,04 cm²), pas d’aciers comprimés.

Questions :
 Vérifier le cisaillement du béton
 Les appuis
 Calculer les sections d’armature transversales

Béton Armé V3-oldw Page 70/153


EFFORT MOMENT
TRANCHANT FLECHISSANT
Travée Vu Travée Mu
en m en KN en m en KN.m
0 -327 0 0
0,5 -254,6 0,5 100
1 -182,2 1 170
1,5 -109,8 1,5 212,4
2 -37,4 2 226,6
2,5 35 2,5 212,5
3 107,4 3 170,1
3,5 179,8 3,5 99,4
4 252,2 4 0,4
4,5 324,6 4,5 -127
5 397 5 -282,5
5,4 455 5,4 -428

A. Vérification du Cisaillement du béton :


Appui droit le plus chargé :
Vu 0,455
Équation 3  u = -------- = ------------- = 2,81 MPa
b. d 0,3 x 0,54

La contrainte tangente admissible lue dans le tableau § 2.8.4.4, en FP, vaut :


Avec des armatures droites (  = 90°) : umax = 3MPa
Avec des armatures  = 45° : umax = 5,4MPa
On peut choisir l’une ou l’autre solution. On choisira des cadres à 90°
Pour mémoire , appui gauche le moins chargé : u = 2,81 x 327/455 = 2 MPa

B. Vérification des appuis :

Appui de rive,
1. armatures longitudinales (équation 13 bis) :

As ≥ (Vu0 + Hu )/ fsu = (0,327 + 0 ) / 435 = 7,5 cm² : vérifié

2. compression du béton :

Calcul de a : a = 40 cm (longueur du poteau) – 2x2 cm = 36 cm


Equation 15 :
Béton Armé V3-oldw Page 71/153
2Vu0 fcj
 bc = -------- ≤ 0,8 ---------
a. b b

soit :
fcj 30
Vu0 ≤ 0,4 a. b. ----- = 0,4 x 0,3 x 0,36 x ----- = 0,84 MN : vérifié
 b 1,5

Appui central,

En plus de l’effort tranchant Vu il y a un moment fléchissant Mu qui doit


être introduit lors de la vérification des armatures

a) armatures longitudinales (équation 16 ) :

V u + Mu
0,9d
As ≥   = (0,455 – 0,428/0,49 ) / 435 < 0 : vérifié
fsu

b) compression du béton :

a = 36 cm
fcj 30
Vu ≤ 0,4 a. b. ----- = 0,4 x 0,3 x 0,36 x ----- = 0,84 MN : vérifié
 b 1,5

c) contrainte moyenne de compression sur l’aire d’appui (équation 17) :

Ru 1,3.fcj
 bc moyen = --------------------- ≤ ----------- avec Ru = 2 Vu
Section d’appui b

2 x0,455 1,3 x 30
 bc moyen = -------------- = 7,6 MPa ≤ ----------- = 26 MPa : vérifié
0,3 x 0,4 1,5

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C. Armatures transversales :

Pourcentage d’armatures transversales, (équation 5) :

At  u – 0,3. f*tj .k
 t = ----- ≥ -----------------------------
b.St 0,9 fe (cos + sin)
 s

 f*tj = min (ftj ; 3,3 MPa) = 2,4 MPa


car f tj = 0,6 + 0,06 f cj si f c28 ≤ 60 MPa,
d’où : f tj = 0,6 + 0,06 x 30 = 2,4 MPa.
 k = 1 car FP, en flexion simple et sans reprise de bétonnage :
 0,3. f*tj .k = 0,72 MPa
 

L’équation devient :
At  u – 0,72  u – 0,72
 t = ----- ≥ -------------- = ------------
b.st 0,9 x 435 392

Section Appui gauche Appui droit


Vu (MN) 0,327 0,455
u 2,0 2,81
 u – 0,72 1,28 2,09
t 3,3‰ 5,3‰
 t min = 0,4 /fe 0,8‰ 0,8‰

Stmax = Min (0,9d ; 40 cm) = 40 cm


Equation 12 :
t ≤ Min (l ; h/35 ; b/10) = Min (25 ; 600/35 ; 300/10) = 16 mm

Choix des cadres :

Les lits d’armatures longitudinales comportant 4 barres, les cadres seront à


4 brins. On détermine les espacements initiaux en fonction du diamètre
des cadres.
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Section en travée

4 HA 10

4 H 16
4 HA 25

At 4. . ² 3,14 . ²
St (cm) = --------- = -------- = ------------
b. t 4 b. t 0,3 . t

Avec :  t sur appui à droite = 5,3‰ et à gauche = 3,3‰


On obtient  en mm :
à droite St (cm) = 0,20 ² , à gauche St (cm) = 0,32 ²

 en mm 6 8 10 12
St à droite cm 7,2 12,8 20,0 28,8
St à gauche cm 11,5 20,5 32,0 46,0

On choisira 4  10 qui permettent de réaliser des espacements corrects

Série : 7 – 8 – 9 – 10 – 11 – 13 – 16 – 20 – 25 – 35 - 40
Avec n = 5,4 m / 2 = 2,7 d’où n = 3 par excès

A droite :
1er espacement : 0,5 St0 = 12,8/2 # 7 cm (condition « au moins égal à 7
cm »)
2 éme espacements : n fois 13 cm
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3 éme espacements : n fois 16 cm etc ..

A gauche :
1er espacement : 0,5 St0 = 20,5/2 # 10 cm
2 éme espacements : n fois 20 cm
3 éme espacements : n fois 25 cm etc ..

A droite : espacements en cm 7 3x13 3x16 3x20 3x25 1x25


Longueur cumulée 7 46 94 154 229 254
A gauche : espacements en cm 10 3x20 3x25 3x35
Longueur cumulée 10 70 145 250

Soit un total de 2,54 + 2,50 m = 5,04 m, il reste un espacement au « centre » de


la poutre de 36 cm sans cadre.

2.8.9 – Arrêt des armatures principales : règle du décalage

Nbc
y
d

Ns

Section soumise à un moment de flexion

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45°

Nbc

Z
Ns

x-Z Z

Hypothèse : Fissuration à 45 °

L’effort de traction dans les armatures longitudinales est Nc = M(x) / Z


Lorsqu’il y a fissuration, l’équilibre dans la section d’abscisse x – Z est :

Ns = M(x) / Z

L’effort de traction est donc égal à celui qui existe dans la section d’abscisse x.

Il en résulte que l’effort de traction dans la membrure tendue à l’abscisse x.- Z


est déterminée en tenant compte du moment M (x) dans la section d’abscisse x.
On a d = 0,9h ; Z # 0,9 d # 0,8 h.
Pratiquement il suffit de décaler la courbe enveloppe des moments de flexion de
la valeur Z = 0,8 h parallèlement à l’axe longitudinal de la poutre, dans la
direction où le moment augmente en valeur absolue.
Ce qui revient à rallonger de 0,8 h les 2 cotés des aciers longitudinaux.
On procède à l’arrêt des armatures de façon symétrique et en commençant par
les barres les plus proches de l’axe neutre.

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Nbc

Z
Ns

Z 1er lit 2éme lit: arrêt en 1er

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2.9 – CALCUL DES POTEAUX

Un poteau est une poutre droite verticale soumise à une compression centrée (N
> 0, et Mz # 0). Les charges transmises au poteau ne sont jamais parfaitement
centrées, pour cette raison on introduit des armatures longitudinales calculées de
façon forfaitaire. Le risque de flambement des armatures conduit à placer des
armatures transversales.
La méthode forfaitaire exposée dans ce chapitre s’applique aux poteaux de
bâtiments courants supportant des poutres ou des planchers de sorte que l’on
puisse considérer que les poteaux n’équilibrent pas de moments fléchissant.
Cette méthode ne s’applique pas aux structures à portiques, les poteaux
équilibrent alors des moments de flexion et sont calculés par les méthodes de la
flexion composée.

2.9.1 – Longueur de flambement et élancement

L’élancement d’un poteau est = lf /i ou i =√ I/B est le rayon de giration du


poteau et lf sa longueur de flambement (B est la section en béton du poteau).

lf pour un poteau isolé pour un bâtiment à ossature BA :

l0

lf = 2l0 l0 l0 l0 / √2 l0 /2

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I4
Etage courant : I2
l02 > I3 et I4 > I3 alors
I3
lf = 0,70 l02

I2
Poteau sur
l01 fondation : I2 > I1
I1
alors lf = 0,70 l01

Si ces conditions
ne sont pas
remplies alors
lf = l0

lf pour un poteau dans un bâtiment contreventé par des voiles:

Le tableau ci-dessous donne les valeurs du moment quadratique minimal I min de


la section B, du rayon de giration i, ainsi que les valeurs du rapport de la
longueur de flambement sur la dimension caractéristique de la section pour des
valeurs d’élancement limitée à 70, et pour 3 formes classiques.

Section Imin (m4) B (m2) i (m)  < 70 si 


Carré a x a a4 a2 a lf /a < 20,2 lf √12
12 √12 a
Rectangle a3 b ab a lf /a < 20,2 lf √12
axb 12 √12 a
Rond D  D4  D2 D lf /D < 17,5 4 lf
64 4 4 D

Nota pour la compression simple centrée il est préférable de limiter  à 70

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2.9.2 - Sollicitations

Le calcul des poteaux est mené à l’état limite ultime.


L’unique combinaison d’actions est la suivantes : 1,35 G + 1,5 Q
On note A = section des aciers longitudinaux et B = section de béton

Lorsque l’étude statique des éléments supportés par les poteaux (poutres,
planchers etc.) permet de connaitre les réactions d’appui et les efforts normaux
supportés par les poteaux il n’y a pas d’autres calculs à effectuer.
Lorsque ce n’est pas le cas on évalue les charges supportées par chaque poteau
en supposant que la poutre continue supportée par la file de poteaux est
constituées de travées isostatiques indépendantes. Les charges ainsi obtenues
sont majorées forfaitairement de :

1. 15 % pour les poteaux centraux dans le cas de bâtiment à 3 travées


2. 10 % pour les poteaux intermédiaires voisins des poteaux de rive dans les
bâtiments à plus de 3 travées

Exercice :

Soit la poutre continue

q par m

3m 4m 4m 5m

Les poutres isostatiques associées: réactions

q par m

3m 4m 4m 5m

1,5 q 1,5 q+2q 2q+2q 2q + 2,5 q 2,5q

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Poutre continue : réactions

q par m

3m 4m 4m 5m

1,5 q 1,5 q+2q 2q+2q 2q + 2,5 q 2,5q


+ 10 % = 4q + 10 %
= 3,85q = 4,95q

2.9.3 – Dispositions constructives

2.9.3.1 – Armatures longitudinales

1. Il faut utiliser des aciers de nuance fe ≥ 330 MPa


2. L’aire A des armatures longitudinales doit être telle que A ≥ 4 cm² par
mètre de parement perpendiculaire aux armatures
3. 0,2 %.B ≤ A ≤ 5 %.B
4. Pour les sections rectangulaires a < b la distance maxi c de 2 barres
voisines doivent respecter : c ≤ min (a + 10 cm ; 40 cm)
5. Les armatures doivent être réparties le long des parois :
 Sections polygonales, au moins une barre à chaque angle
 Sections circulaires, au moins 6 barres régulièrement reparties.

2.9.3.2 – Armatures transversales

1. Elles doivent entourer toutes les barres longitudinales de diamètre  l


≥ 20 mm.
2. Distance entre cadres au maxi 15 fois le diamètre  l
3.  t ≥  l / 3

2.9.4 – Justification des poteaux

1. Toute barre longitudinale de diamètre  l non maintenue par des armatures


transversales espacées d’au moins 15  l ne peut être prise en compte pour la
résistance.
2. Si ≥ 35, on ne prend en compte que les armatures qui augmentent
efficacement la rigidité dans le plan de flambement (aciers disposés dans le
grand coté dans les sections rectangulaires)

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2.9.5 – Évaluation forfaitaire de l’effort normal résistant

2.9.5.1 - En compression normale centrée le diagramme des déformations est :

  bc = 's = 2 ‰
 's =  s 2‰ contrainte des aciers pour une déformation de 2

  bc = fbu
0,85 fc28
 Avec fbu = ---------------------
  b
Avec :
fc28 = La résistance caractéristique requise en compression à 28 jours du
béton
 b = 1,5 pour les combinaisons fondamentales
 b = 1,15 pour les combinaisons accidentelles
 =1 lorsque la durée d'application de la combinaison d'actions est
supérieure à 24 h
 = 0,9 lorsque la durée d'application de la combinaison d'actions est
comprise entre 1 et 24 h
 = 0,85 lorsque la durée d'application de la combinaison d'actions est
inférieure à 1 h

Si Nrésth est la valeur théorique de l’effort normal résistant :

Nrésth = B fbu + A  s 2‰

2.9.5.2 - En fait le BAEL apportent des corrections à cette formule

 Pénalisation des poteaux de faible section en remplaçant B par Br :


Br = (a-2cm)(b-2cm)

 Les charges étant appliquées généralement après 90 jours, la


résistance du béton est majorée de 10 % :

0,85 fc28
fbu = -----------------
0,9  b

 On admet que  s 2‰ ~ 0,85.fe /  s


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4 On tient compte du fait que les effets du flambement sont plus
importants que le calcul ne le prévoit, en minorant l’effort normal
résistant par un coefficient de flambement  fonction de l’élancement


 Pour ≤

= 0,85 /avec ²

 Pour 50 ≤≤ 70

= 0,85 /avec 


 ²
1500

 Pour ≥ 70on ne peut pas utiliser la méthode forfaitaire

2.9.5.3 - Avec ces correctifs Nrésth devient Nu équation 1:

fc28 fe
Nu =  Br ------------ +A
.---- . b s

2.9.6 – Détermination des armatures longitudinales

B et Nu sont connus l’équation 1 donne (avec : 1/0,9 # 1,1):

.Nu – 1,1 . Br .fbc


A ≥ ------------------------
0,85 fe/ s

Assortie des vérifications du § 2.9.3.1

2.9.7 – Détermination complète de la section

Seul Nu est connu ; on cherche B et A, on utilise l’équation 1 en partant


d’hypothèses que l’on se donne.

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2.9.8 – Détermination des armatures transversales :

On utilise les règles forfaitaires du 2.9.3.2 après avoir déterminé les armatures
longitudinales.

2.9.9 - Exercice

Poteau 30 x 60 cm, Longueur de flambement 3,2 m, fc28 = 25 MPa, FeE400,


Nu = 1,65 MN (poteau 1) puis 2,15 MN (poteau 2) et 2,77 MN (poteau 3)

Calcul commun :

fbu = 14,2 MPa, fe/s = 348 MPa


Br = 0,28 x 0,58 = 0,1624 cm²
Lf . √12 / a = 3,2 x 3,464 / 0,3 = 36,95
1 + 0,2 ( 36,95/35)² = 1,223

Règles pour armatures longitudinales :

A ≥ 4 cm² x [2 x (0,3 + 0,6)] = 7,2 cm²


0,2 % x B = 3,6 cm²
0,5 % x B = 90 cm²

équation 1

 Nu – Br . 1,1 fbu 1,223 Nu – 0,1624 x 1,1 x 14,2


A ≥ ------------------------ = ----------------------------------------
0,85 fe / s 0,85 x 348

A ≥ (41 Nu – 86,5) 10 -4

Nu 1,65 2,15 2,77


A (calcul) <0 2,26 27,9
A (régles) 7,2 7,2 90
Choix 4 HA 14 + 2 HA 10 4 HA 14 + 2 HA 10 6 HA 25

Règles pour armatures transversales :


1. Poteau 1 et 2 : Φt ≥ Φl / 3 → Φt = 6 mm
Espacement = 15 Φl = 15 cm
2. Poteau 3 : Φt ≥ Φl / 3 → Φt = 8 mm
Espacement = 15 Φl = 37,5 cm

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2.10 – CALCUL DES TIRANTS

Un tirant est une poutre droite soumise à la traction simple centrée (N < 0
appliqué au centre de gravité de la section du tirant). Le béton tendu n’intervient
pas dans la résistance, les aciers sont placés de façon symétrique par rapport au
centre de traction. Il est préférable de réaliser des tirants en béton précontraint.

2.10.1 – Condition de résistance à L’ELU

L’ELU est atteint au pivot A, la contrainte dans les aciers est donc fsu = fe /  s.
La traction ultime étant Nu, on a :

Nu
As ≥ ------
fe /  s

2.10.2 – Condition de résistance à L’ELS

La contrainte dans les aciers est au maxi  st (cf. 2.8.3.1) .  st sera la


contrainte de calcul en considerant qu’un tirant travaille presque toujours en FP
ou FTP à cause des risques de corrosion. La traction de service étant Nser
On a :

Nser
As ≥ ---------
 st

2.10.3 – Condition de non fragilité

As fe ≥ B ftj

Avec :
B = section du béton tendu
B.ftj = effort dans le béton provoquant la fissuration du béton,
As.fe = effort dans les armatures.
En général on prend :
As fe ≥ B ft28

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2.10.4 – Formule générale de dimensionnement :

Nu Nser ft28
As ≥ Max ------ ; -------- ; B -----
fe /  s st fe

2.10.5 – Dispositions constructives

As ≥ 6 mm, valeur portée à 8 mm en cas de FTP

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2.11 – CALCUL DES SEMELLES

2.11.1 – Semelle rigide filante sous mur soumise à une charge verticale
centrée

Les calculs des semelles sont effectués aux ELU et ELS pour le
dimensionnement de la surface au sol. Le dimensionnement vis-à-vis de
leur comportement mécanique s’effectue à l’ELU.

P par ml

d h

e

c
Largeur B

1. h ≥ 15 cm
2. P charge verticale par ml transmise au sol (poids structure + poids propre
semelle)
3. Pu cette charge à l’ELU (1,35 NG + 1,5NQ), Pser à l’ELS (NG + NQ),
4.  sol la contrainte effectivement appliquée au sol
5.  ser la contrainte limite admissible du sol à l’ELS
6.  u la contrainte limite admissible du sol à l’ELU
7. Les contraintes appliquées au sol sont :
7.1 - sol non rocheux p (par ml) = P/B
7.2 – sol rocheux ou gros béton (puits) p = 2P/B

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2.11.1.1 - Dimensions

 Les 3 équations 1 :

Pser Pu B- b
B ≥ Max ------- ; ----- d ≥ -------- c ≥ 3 cm
 ser u 4

 L’Equation 2 :

6+ 6 cm
e ≥ Max 15 cm ; ou
12+ 6 cm

avec : 6+ 6 cm barres sans crochets,


12+ 6 cm barres avec crochets

2.11.1.2 – Détermination des armatures principales

1. On considère que les bielles de béton comprimées sont limitées par des
droites obliques passant par le point défini par :

B B-b
--- = ------
h0 d

Pu
2. La contrainte au sol est :  sol = -----------
B x 1m

3. La réaction dR exercée par le sol sur une tranche de 1 m est :


Pu
dR =  sol .(dx.1) = ------- dx
B
x Pu
dR se décompose en dF = dR ---- = ------- dx
h0 B.h0

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4. L’effort de traction F s’obtient en intégrant dF en x de 0 à x. Cet effort
parabolique est maximum au centre de la semelle. Si on intègre dF de 0 à
B/2, on obtient l’effort de traction dans les armatures au centre (x= 0 ) ;
équation 3 :

Pu . ( B-b)
F = --------------
8d

Pu

b/2
Point O

h0
dR d

e
dF

 sol
dx
x

B/2

5. Section d’armature A s

L’effort de traction (par mètre de semelle) dans les aciers à l’ELU est limité à
As .fsu, avec : fsu = fe/s , soit équation 4 :

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Pu . (B - b)
As = 
8d fsu
6. Longueur et mode d’ancrage
On calcule la longueur de scellement droit : ls = fe
4 s
Les calculs sont réalisés à l’ELU et la valeur de s est donné de façon forfaitaire
par :
 su = 0,6  s² ftj

Soit équation 5 :
 fe
ls = --- . 
4 0,6  s² ftj

Fc28 16 18 20 25 30 35 40 45 50 55 60
(MPa)
Fe E 400 ls/ = 47,5 44,1 41 35 31 27 25 22 21 19 18
Fe E 500 ls/ = 59,4 55,1 51 44 39 34 31 28 26 24 22

6.1 – Si ls > B/4


Toutes les barres doivent être prolongées jusqu’aux extrémités de la
semelle et comporter des ancrages courbes.

6.2 – Si B/8 < ls ≤ B/4


Toutes les barres doivent être prolongées jusqu’aux extrémités de la
semelle mais peuvent ne pas comporter des ancrages courbes.

6.3 Si ls ≤ B/8
Les barres ne comportent pas de crochets et on peut arrêter une barre sur
deux à 0,71 B ou alterner des barres de 0,86 B

Béton Armé V3-oldw Page 90/153


0,86 B 0,71B

Arrêt forfaitaire des barres lorsque Si ls ≤ B/8

2.11.1. 3 – Détermination des armatures secondaires (armatures de répartition)


placées perpendiculairement à B (équation 6) :

B
Ar = As . avec B en mètres
4

2.11.2 – Semelle rigide rectangulaire soumise à une charge verticale


centrée.

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P

da db
a
b
 e

a A

2.11.2.1 - Dimensions

1. a ≤ b dimensions du poteau et A ≤ B dimensions de la semelle


2. Dimensions de la semelle homothétiques aux dimensions du poteau :
A a
 = 
B b
3.  ser la contrainte limite admissible du sol à l’ELS
4.  u la contrainte limite admissible du sol à l’ELU
5. En posant :
P Pser Pu
---- = Max ------- ; ------
 ser u

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Avec contrainte admissible du sol

6. On obtient :

P b.P a.P
A.B ≥ ---- : B ≥ ------ ou A ≥ ------
a. b.

7. Les autres dimensions :

(B - b) ≤ (da et db) ≤ A - a
4

6+ 6 cm
e ≥ Max 15 cm ; ou
12+ 6 cm

avec : 6+ 6 cm barres sans crochets,


12+ 6 cm barres avec crochets

2.11.2.2 - Armatures
Pu . (A - a)
Aa = --------------
8da fsu

Pu . (B - b)
Ab = --------------
8db fsu

2.11.2.3 – Ancrage des barres

1. Si lsa ≤ A/4
Les barres dans le sens de la largeur n’ont pas besoin de crochets, sinon il
faut en placer

2. Si lsb ≤ B/4
Les barres dans le sens de la longueur n’ont pas besoin de crochets, sinon
il faut en placer.

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2.11.3 – Semelles rigides filantes sous mur – semelles rigides rectangulaires
sous poteau - soumises à un effort normal et à un moment de
flexion.

 Les semelles équilibrent un effort centré P et un moment de flexion M


rapporté au centre de gravité de la section du mur ou du poteau

 Ou un effort P excentré de e0, ce qui revient au cas précédent en prenant


M = P x e0

 Les armatures du mur ou du poteau doivent être munies de retours situés


dans le plan des armatures inferieures de la semelle.

2.11.3.1 – Diagramme des contraintes

Aucune traction du sol n’étant possible, la contrainte de contact sol/semelle est


une compression, le diagramme de répartition des contraintes sera un trapèze ou
un triangle sur la surface de contact sol/ semelle. On suppose la semelle
rectangulaire (A x B) .

Si la répartition est trapézoïdale, la contrainte varie de m à M (équation 7) :

e0 P e0 P
m = 1-6 ---- . ---- et  M = 1+6 ---- . ----
B AB B AB

Si e0 = B/6, alors m = 0, La contrainte commence à avoir une répartition


triangulaire on vérifie :
M x B
P = ------- . A.x et e0 + --- = -----
2 3 2
2P
Ce qui donne (équation 8) : M = -----------------
3A( B/2 - e0)

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P

e0

m

P M
B

e0
x/3

x
M

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2.11.3.2 – Contraintes admissibles du sol (ce qui permet de déterminer A et B)

1. Si e0 ≤ B/6 ; la contrainte située au 3/4 de la semelle coté de M doit être


inférieure à la contrainte admissible du sol  (équation 9) :

 m M e0 P
 4 1 + 3 -- . ---- ≤ 
4 B AB

2. Si e0 > B/6 ; la condition réglementaire de résistance est que l’équation 8


soit telle que :
  M ≤ 1,33  dans le cas général
  M ≤  si le moment est dû à un vent dominant agissant la majorité
du temps

Les relations précédentes permettent de déterminer les dimensions A et B de la


semelle. Ces relations sont à vérifier à l’ELU (avec Pu et  u) et à l’ELS avec
Pser et  ser)

2.11.3.3 – Armatures, conditions réglementaires générales :

1. La force résultante est dans le « noyau central » : e0 ≤ B/6

a) Si :
 m M
 M -  m ≤ ---------- soit e0 ≤ B/24
4

On utilise alors la méthode des bielles en considérant que la semelle reçoit


une contrainte uniforme  4
On remplace P par la charge fictive P’ :
e0
P’ = 1 + 3 ----- P
B
b) Si :
 m M
 M -  m > ---------- soit e0 > B/24
4

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Les armatures dans le sens B sont calculées pour équilibrer le moment M
qui s’applique dans la section S située à une distance 0,35 b de l’axe du
poteau du coté de la contrainte maximale.
Les armatures dans le sens A (sens SANS moment) sont calculées par la
méthode des bielles en considérant l’effort fictif

e0
P’ = 1 + 3 ----- P
B

Sous charge ultime M vaut (équation 10) :

M = B – 0,35.b 2 . 1+4 e0 +1,4 e0.b . Pu


2 B B2 2B

2. La force résultante est hors du « noyau central » : e0 > B/6


On procède comme ci-dessus en b) mais M vaut (équation 11) :

B/2 – 0,35 b 2 Pu
M = (4.B + 0,35.b – 9.e0 ) ---------------- . -----
B/2 – e0 27

2.11.3.4 – semelles continues sous mur :

1. Largeur de la semelle : on vérifie que (équations 12) :

 Si e0 ≤ B/6 :

e0 P
B ≥ 1 + 3 --- . ---
B 

 Si e0 > B/6 :

2P 1,33  cas général


-------------- ≤
3 B - e0  si vents dominants
2
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2. Armatures :

 Si e0 ≤ B/24, les armatures perpendiculaires au mur par unité de longueur


de la semelle :

Pu . (1 + 3 e0/ B) (B - b)
As = ------------------------------
8d fsu

Les armatures transversales : Ar = As . B avec B en m


4
 Si e0 > B/24, les armatures perpendiculaires au mur par unité de longueur
de la semelle :
M
As = --------
d.fsu
2.11.3.5 – Semelles rectangulaires sous poteau rectangulaire :

1. Largeur de la semelle (les dimensions a x b des poteaux sont connues) : on


vérifie que (équations 13) :

 Si e0 ≤ B/6 :

e0 P
AB ≥ 1 + 3 --- . ---
B 

 Si e0 > B/6 :

2P 1,33  cas général


---------------- ≤
3A B - e0  si vents dominants
2

2. Armatures :

 Si e0 ≤ B/24 :

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Pu . (1 + 3 e0/ B) (A - a)
Aa = ------------------------------
8da fsu

Pu . (1 + 3 e0/ B) (B - b)
Ab = ------------------------------
8db fsu

 Si e0 > B/24 :

M
Ab = -------
db.fsu

Pu . (1 + 3 e0/ B) (A - a)
Aa = ------------------------------
8da fsu

2.11.3.6 –Exercice : semelle filante sous mur

1. Données :

fc28 = 30 MPa,
Fe E 500, fsu = 435 MPa
ser = 0,32 MPa,
u = 0,47 MPa
Le moment n’est pas dû aux vents dominants.
Epaisseur du mur : 0,3 m
Efforts normal et Moments transmis par le mur :
Vu = 0,71 MN/m Mu = 0,03 MNm/m
Vser = 0,50 MN/m Mser =0,021 MNm/m

2. Calculs :

eoser = Mser / Vser = 0,021/ 0,5 = 0,042 m


eou = Mu / Vu = 0,03/ 0,71 = 0,423 m
Vser / ser = 0,5/0,32 > Vu / u = 0,71/0,47 :
le calcul de B est fait à l’ELS.
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Noyau central : 6 x 0,042 = 25 cm, B sera > 25cm donc eoser < B/6
Prenons B = 2 m pour commencer le calcul (équation12):

e0 Vser 0,042 0,5


B ≥ 1 + 3 --- . --- = 1 + 3 ------- . ----- = 1,66 m
B  ser32

Avec B = 1,7 m on obtient 1,68 m


Prenons 1,8 m pour prendre en compte le poids propre.

B– b 1,8 – 0,3
d ≥  =  = 0,375 m
 4 4
En prenant une hauteur de 45 cm le poids propre de la semelle est :
0,45 x 1,8 x 1 x 25 KN = 20 KN /m

Vser = 0,50 MN/m + 0,02 = 0,52 MN/m


eoser = Mser / Vser = 0,021/ 0,52 = 0,0404 m
et B ≥ 1,74 m
Armatures :
Vu = 0,71 + 1,35 x 0,02 = 0,737 MN/m
eou = Mu / Vu = 0,03/ 0,737 = 0,407 < B/24 = 0,075

Pu . (1 + 3 e0/ B) (B - b)
As = ------------------------------ = 8,27 cm² /m
8d fsu

Longueur de scellement ls / = 38,6 cm

Pour éviter d’utiliser des crochets il faut que ls= 38,6  ≤ B/4 = 450
D’où = 10 mm

Les armatures de répartition : 8,27 / 4 = 3,82 cm² /m

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2.12 – DEFORMATIONS DES ELEMENTS FLECHIS

On s’intéresse à l’ELS vis-à-vis des éléments fléchis. On vérifie que les flèches
de service restent inférieures aux flèches admissibles déterminées pour que
l’usage de la structure se fasse correctement (non fissuration des revêtements de
sol et des cloisons, bonne fermeture des menuiseries etc.)

2.12.1 - Valeurs limites des flèches

Pour les éléments reposant sur 2 appuis ou plus (poutres et dalles), les flèches
sont limitées à :

1. L / 500 si la portée L ≤ 5 m avec L = largeur de la travée


2. 0,005 m + L/1000 sinon ( ex : 0,005 m + 10 m/1000 = 1,5 cm)

La flèche et la portée sont en m

Pour les consoles :


1. L / 250 si la portée L ≤ 2 m

2.12.2 – Evaluation des flèches

2.12.2.1 - Influence de la fissuration

1. Avant fissuration, l’élément se comporte comme si son inertie était


constante sur toute sa longueur et valait celle de sa section totale (acier
+ béton) rendue homogène par rapport au béton en adoptant le
coefficient n = 15

a) Après fissuration son inertie est variable et elle se situe entre l’inertie
initiale non fissurée et l’inertie de la section dont le béton tendu est
négligée.

La flèche réelle f est donc comprise entre :


 La flèche fi de la section homogène non fissurée
 La flèche fv de la section complètement fissurée

On admet que la section commencera à fissurer dès lors que la fibre de


béton la plus tendue supportera une contrainte de traction ftj
correspondant à l’application du moment de fissuration Mf

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2.12.2.2 - Influence de la durée d’application des charges

Les déformations dues au fluage du béton sous chargement de longue durée étant
trois fois plus importantes que les déformations instantanées, il convient
d’évaluer la durée d’application des charges.
La flèche réelle se situe entre les 2 courbes ci-dessous :

f
Charges de longue
durée d’application

fv = 3fi Charges de courte


durée d’application

fi

Mf Chargement

Section non Section


fissurée fissurée

2.12.2.3 - Flèches pour la section fissurée

Le BAEL définit un moment d’inertie fictif (ou fissuré) :

I0
If = 1,1 -----------
1 + 
Avec
0,05.b.ft28
  i =  pour les déformations instantanées
(2b + 3 b0) . 
  v = 2/5. i pour les déformations de longue durée
Béton Armé V3-oldw Page 102/153
1,75 . ft28
  Max-

4. st + ft28
  s/b0d pourcentage des armatures tendues dans la nervure
 b0 = largeur de la nervure ou de la poutre
 b = largeur de la table de compression dans le cas d’une dalle
  st = Résistance caractéristique des aciers à l’ELS en MPa qui est
fonction de la fissuration :  st = fe si FPP, etc..
 I0 = moment d’inertie de la section non fissurée homogénéisée par rapport
au béton, calculé avec n = 15

2.12.3 – Calcul des flèches

On adoptera les expressions suivantes :

Mt.L²
f = ----------- pour les poutres et dalles
10.Eb.I

Mt.L²
f = ----------- pour les consoles
4.Eb.I

Avec :
 Eb = module d’Young du béton = Ebi = 11 000 (f c28 )1/3
et I = Ifi si la charge est de courte durée ou si la flèche est causée par
des charges instantanées,
 Eb = Ebv = Ebi /3
et I = Ifv si la charge est de longue durée
 Mt = moment de service (nous sommes à l’ELS) maximal en travée.

I0 I0
Ifi = 1,1 ----------- et Ifv = 1,1 -----------
1 +  i 1 +  v
Béton Armé V3-oldw Page 103/153
2.13 – POUTRES ET PLANCHERS CONTINUS

L’objectif de ce paragraphe est de présenter des méthodes de calcul des


sollicitations (Moment et Effort Tranchant) dans les poutres et planchers
continus adaptées au matériau béton armé. Ces méthodes remplacent en les
simplifiant les méthodes de la RDM comme la formule des 3 moments etc.

2.13.1 - Phénomène d’amortissement

Sous charge de longue durée le béton flue. C’est à dire qu’il continue à se
déformer au cours du temps même si la charge reste constante. Cette
déformation n’est pas négligeable puisqu’elle peut représenter jusqu’à 3 fois la
déformation instantanée, pour une charge constante en un temps très long.
Pour les poutres continues le fluage entraine que l’amortissement est beaucoup
plus rapide que pour une poutre élastique. On supposera donc que le moment sur
appui ne dépend que des charges supportées par les deux travées adjacentes de
l’appui considéré comme indiqué ci-dessous :

M RDM

M BA

Béton Armé V3-oldw Page 104/153


2.13.2 - Domaine d’application des méthodes propres au BA

Selon que les 4 conditions suivantes sont vérifiées ou pas, on appliquera


différentes méthodes.

a) La méthode s’applique aux constructions courantes, c'est-à-dire :


Q ≤ 2G ou Q ≤ 5kN/m² Q = charges d’exploitation, G = charges
permanentes.

b) Les moments d’inertie des sections transversales sont identiques le long de


la poutre

c) Les portées successives sont dans le rapport entre 0,8 et 1,25

d) La fissuration est peu préjudiciable FPP (éléments intérieurs aux bâtiments)

 Si a, b, c et d sont vérifiés, on appliquera la méthode forfaitaire


 Si a n’est pas vérifié (planchers à charge d’exploitation relativement
élevée) on appliquera la méthode de Caquot
 Si a est vérifié mais une ou plus des trois conditions b, c et d ne le sont pas
on appliquera la méthode de Caquot minorée

Pour des poutres de chemin de roulement (forte charge ponctuelle), pour


les poutres à forte différence d’inertie etc. on utilisera les méthodes
classiques de RDM

2.13.3 - Méthode forfaitaire : a, b, c et d sont vérifiés

2.13.3.1 – Détermination des moments

Les valeurs des moments, Mt en travée, sur appui Mw (à gauche) et Me (à droite)


doivent vérifier :

1. Mt ≥ Max { 1,05 Mo ; (1 + 0,3 ) M0 }- (Mw + Me )


2
2. Mt ≥ (1 + 0,3 ) M0 / 2 dans une travée intermédiaire
Mt ≥ (1,2 + 0,3 ) M0 / 2 dans une travée de rive

3. La valeur absolue de chaque moment sur appui intermédiaire doit être au


moins égale à :
Béton Armé V3-oldw Page 105/153
 0,6 M0 pour une poutre à 2 travées

 0,5 M0 pour les appuis voisins des appuis de rive d’une poutre à plus
de 2 travées.
 0,4 M0 pour les autres appuis intermédiaires d’une poutre à plus de
trois travées.
Avec :

 M0 la valeur du moment fléchissant maxi dans la travée de référence


(travée isostatique indépendante de même portée et supportant le même
chargement que la portée continue considérée). Par exemple pour une
charge q (KN /ml) M0 = qL² /8
  = Q / ( Q + G)

Deux travées :

0 0,6 max ( M01, M02) 0

(0,6 + 0,15 ) M01 (0,6 + 0,15 ) M02

Plus de deux travées :

0 0,5 max ( M01, M02) 0,4 max ( M02, M03)

(0,6 + 0,15 ) M01 (0,5 + 0,15 ) M02 (0,5 + 0,15 ) M03

Béton Armé V3-oldw Page 106/153


Lorsque, sur appui de rive, la poutre est solidaire d’un poteau ou d’une poutre, il
convient de disposer sur cet appui des aciers supérieurs pour équilibrer :
M a = - 0,15 M0

Dans la pratique, on calcule dans chaque travée le moment isostatique M 0 ; on


détermine pour chaque appui le coefficient (0,4, 0,5, 0,6) à appliquer, puis le
moment sur appui en multipliant par ce coefficient le plus grand des deux
moments M0 dans les travées encadrant cet appui. Enfin on calcule le moment en
travée Mt par application des conditions ci-dessus.

Exemple de calcul par la méthode forfaitaire


Poutre continue à 2 travées inégales qu = 8kN/m

6m 7,5m

A B C

Rapport BC/AB ≤ 1,25


qu = 1,35 G +1,5Q = 8kN/m
= 1 /3 → Max {1,05 ;1 + 0,3 = 1,10
1,2 + 0,3
Cas travée de rive : -------------- = 0,65
2
Moments isostatique M0 = qu . l²/8

M01 = 36 KNm

Béton Armé V3-oldw Page 107/153


M02 = 56,25 KNm
Moment sur appui B :
|MB| ≥ Max {0,60M01 ; 0,60 M02 }
|MB| ≥ 33,75 KNm
Moments en travées :
MA = M C = 0
MB
Mt + ------- ≥ 1,10 M0
2

MB
Mt + ------- ≥ 1,05 M0
2

1,2 + 0,3 
Mt ≥ ------------- . M0
2

On en tire :
Mt1 ≥ 23 400 Nm et Mt2 ≥ 45 000 Nm

2.13.3.2 - Détermination de l’effort tranchant

Sur une travée le moment varie paraboliquement, le maximum est à des


abscisses a de l’appui w et b de l’appui e, avec L = a + b, on a :

Mw + Mt = ka² et Me + Mt = kb², soit :

a b L
----------- = -------------- = ---------------------------
M w + Mt Me + Mt Mw + Mt + Me + Mt

D’ou les valeurs de a et b (équations 1) :

1
a = L 
Me + Mt
1 + 
Mw + Mt

Béton Armé V3-oldw Page 108/153


1
b = L 
Mw + Mt
1 + 
Me + Mt

Les propriétés des tangentes à une parabole conduisent aux valeurs suivantes de
l’effort tranchant à gauche et à droite de la travée :

Mw + Mt
Vw = - 2 
a

Me + Mt
Ve = 2 
b

Béton Armé V3-oldw Page 109/153


Vw

Ve

Mw
Me

Mt
a b

2.13.3.3 - Exercice

Une poutre continue à 4 travées ( de longueur 3, 4 , 5 et 4 m supportant des


charges uniformes G = 52 kN/m et Q = 60 kN/m.

Déterminer la courbe d’effort tranchant de cette poutre à l’ELS et L’ELU

 Calculs généraux:
1. à L’ELU : qu = 1,35 x 52 + 1,5x 60 = 160 kN/m
2. à L’ELS : qser = 52 +60 = 112 kN/m
3. = 60/ (60 + 52) = 0,536
Béton Armé V3-oldw Page 110/153
4. 1 + 0,3= 1,161
5. Max ( 1 + 0,3 ; 1,05) = Max (1,161 ; 1,05) = 1,161
6. qser / qu = 112 / 160 = 0,7
7. Intermédiaire : 1 + 0,3 = 0,58 rive : 1,2 + 0,3 = 0,68

2 2
 Moments de flexion à l’ELU :

Travée : 1 2 3 4
L (m) 3 4 5 4
M0 = qL²/8 (kNm) 180 320 500 320
Appui 1 2 3 4 5
Coef. forfaitaire 0 0,5 0,4 0,5 0
*MA (kNm) 0 160 200 250 0
**Mt 129 192 356 247
Mt rive ≥ 0,68 M0 122 218
Mt inter ≥ 0,58 M0 186 290
Mt résultats 129 192 356 247
* Sur appui 2 : MA = max { (0,5 x 180) ; 0,5 x 320)}
** En travée 2 : Mt = max {1,05 ; (1 + 0,3) M0 _ - (Mw+Me)/2
Mt = 1,161 x 320 _ - (160 + 200)/2 + 192

 Efforts tranchants à l’ELU :

Calcul, pour l’exemple l’effort tranchant dans la travée 2 :


Mw = 160 kNm, Me = 200 kNm, Mt = 192 kNm , L = 4 m
D’après les équations 1 :

1
a = 4 x = 1,95 m et b = 2,05 m
200 + 192
1 + 
160 + 192

Vw = - 2 (Mw + Mt ) / b = - 2 (160 + 192 ) / 1,95 = - 362 kN


Ve = 382 kN

Béton Armé V3-oldw Page 111/153


3m 4m 5m 4m

-455
-215 -362 -424

475
321
382

1,2 m 1,95 2,45 2,35

 Moments de flexion et efforts tranchants à l’ELS :

Les charges sont identiques dans les 4 travées. Il suffit donc de multiplier les
résultats du calcul à l’ELU par le coefficient qser / qu = 0,7. Par exemple le
moment MtELS à l’ELS dans la travée 3 vaut 356 x 0,7 = 249 kNm.

Si les charges sont différentes dans chaque travée il faut effectuer à l’ELS les
mêmes calculs que ceux effectués à l’ELU

2.13.4 - Méthode de Caquot applicable aux planchers à charge


d’exploitation relativement élevée

2.13.4.1 – Principe de la méthode

On calcule les moments de flexion selon la démarche suivante :

1. Le moment de flexion sur appui est fourni par une formule forfaitaire à partir
des charges appliquées sur les deux travées qui l’encadrent, en supposant
qu’il ne dépend que des charges appliquées sur ces deux travées.
2. Le moment de flexion dans une travée dépend des charges appliquées sur
cette travée et des moments aux deux appuis qui l’encadrent.

Le moment flexion en un point quelconque dépend donc des charges appliquées


sur trois travées consécutives. Comme il faut rechercher pour chaque grandeur la
valeur la plus défavorable, les combinaisons de charges à considérer à l’ELU
sont au nombre de 16 :

Béton Armé V3-oldw Page 112/153


 Les 3 travées chargées au maximum
 2 travées déchargées, une travée chargée (soit 3 possibilités)
 1 travée déchargée, 2 travées chargées (soit 3 possibilités)
 Les 3 travées déchargées
 La charge permanente G peut être défavorable (GMax) ou favorable (Gmin)

Ce nombre élevé de calculs nécessite l’usage de l’informatique. Nous donnerons


uniquement un exemple de calcul.

ae Pe

qe
qw

Appui i

Lw Le

Soit l’appui i d’une poutre entourée des appuis i-1 et i+1 (soit deux travées w et
e de longueurs respectives Lw et Le). Ces travées sont chargées suivant le dessin
ci-dessus.
On suppose que les inerties sont identiques.

2.13.4.2 – Moments sur appuis

A. On calcule les quantités suivantes :


 La longueur réduite de chaque travée L’ :
L’ = L pour une travée de rive
L’ = 0,8L pour une travée intermédiaire.
 Pour chaque force concentrée : x = a /L’ et k = x(x-1)(x-2)
2,125
B. Le moment sur appui, en valeur absolue, est la somme des trois moments
suivants :
 Mq dû aux charges réparties sur les deux travées.
 Mpw dû aux charges concentrées de la travée w.
 Mpe dû aux charges concentrées de la travée e.

Béton Armé V3-oldw Page 113/153


qw. L’w3 + qe. L’e3
Mq = ---------------------------
8,5 (L’w + L’e )

kw. Pw . L’w2
Mpw =  --------------------
L’w + L’e

ke. Pe . L’e2
Mpe =  --------------------
L’w + L’e

2.13.4.3 – Efforts tranchants

Soit Vw l’effort tranchant sur l’appui gauche de la travée i et Ve sur l’appui droit
de la travée i, on obtient :

Mw – Me q.L ai
Vw =  - -  Pi 1 - 
L 2 L

Ve = Vw + q.L +  Pi

Avec les Pi : charges concentrées appliquées sur la travée aux abscisses xi à


partir de l’appui gauche w.

2.13.4.4 – Moment de flexion maximale en travée

Le moment est maxi au point ou l’effort tranchant est nul, à l’abscisse x0 à partir
de l’appui de gauche w.

 La travée ne comporte pas de charges concentrée :

-Vw -Vw
x0 = =L
q Ve - Vw

Béton Armé V3-oldw Page 114/153


 La travée comporte des charges concentrées Pi. Il faut donc dessiner le
diagramme de l’effort tranchant pour déterminer x0.
Les valeurs successives de l’effort tranchant :

V1 = Vw + q.a1 – V’1 = V1 + P1
V2 = V’1 + q.a2 – V’2= V2 + P2
Etc..

Le moment maximal en travée vaut :

Mt = Mw – Vw.x0 – q.x0² -  Pi (x0-ai)


2
La sommation sur tous les ai < x0

2.13.4.5 – Poutre à inertie variable par travée

Soit l’appui i entouré des deux travées w et e de longueurs réelles Lw et Le et


d’inerties Iw et Ie ; les charges restant les mêmes que précédemment :

L’e Iw
On calcule : = x puis :
L’w Ie

qw. L’w2 + qe. L’e2


Mq = ---------------------------
8,5 (1 +  )

kw. Pw . L’w
Mpw =  --------------------
(1 +  )

ke. Pe . L’e
Mpe =  --------------------
(1 +  )
Le calcul des efforts tranchants et des moments en travée reste identique à
2.13.4.3 et 2.13.4.4

2.13.5 - Méthode de Caquot minorée (pour mémoire)


Béton Armé V3-oldw Page 115/153
3. COMPORTEMENT DU BETON

3.1 - LE BETON (cf. § 11 page 95 norme NF-EN 206-1)

3.1.1 – Quatre exemples de bétons

1. BPS C30/37 XC2 CL 0,4 S3 Dm 22,4 CEM III A 42,5 (fondations)

BPS : Béton à propriétés spécifiées (Béton prêt à l’emploi)


C30/37 : Classe de résistance à la compression cylindre /cube
XC2 : Classe d’exposition (ici fondations), voir tableau 1 page 48
norme EN 206
CL 0,4 : Classe de chlorure, voir tableau 10 page 68 norme EN 206
S3 : Classe de consistance (ici affaissement en mm de 100 à 150), S4
exceptionnel.
Dm 22,4 : Dimension maximale des granulats

2. BPS C40/50 XA3 CL 0,65 Dm 22,4 S3 CEM I 42,5 (dallage)


Dosage à 385 kg/m3
E/C = 0,45

3. BPS C35/45 XS3 CL 0,65 Dm 22,4 S3 CEM I 42,5 ( dallage)


Dosage à 350 kg/m3
E/C = 0,50

4. BPS C35/45 XS3 CL 0,65 Dm 22 à 32 S3 CEM III 42,5 (Radier et


voiles de réservoirs)
Dosage à 365 kg/m3
E/C < 0,45

3.1.2 - Classe de résistance

C8/10 C12/15 C16/20 C20/25 C25/30 C30/37 C35/45 C40/50


C45/55 C50/60 C55/67 C60/75 C70/85 C80/95 C90/105 C100/115

C8/10 :
8 = résistance sur cylindre en N/mm², Cyl. de 300 mm x 150mm
diamètre
10 = résistance sur cube en N/mm², cube de 150mm de coté

Béton Armé V3-oldw Page 116/153


3.1.3 - Dimension nominale maximale des granulats (Dm)

Dm 6 8 10 11 12 14 16 20 22 32 40 45 63

3.1.4 - Classe de consistance

L’Affaissement (slump) mesure la consistance du béton.

Classe Affaissement (slump) en


mm

S1 10 – 40

S2 50 – 90

S3 100 – 150
S4 160 – 210

S5 > 220

Béton Armé V3-oldw Page 117/153


3.1.5 - Les classes d’exposition du béton suivant la norme NF EN 206-1

Classes d’exposition Rapport Teneur mini Classe de Teneur


E/C maxi en liant résistance minimale
(1) équivalent en minimale en air
kg/m3 (2) (%)
X0 150
XC1 (et XC2) 0,65 260 C 20/25
XF1 (et XC3, XC4, 0,60 280 C 25/30
XD1)
XF2 0,55 300 C 25/30 4,0
XF3 0,55 315 C 30/37 4,0
XF4 0,45 340 C 30/37 4,0
XS1 et XS2 0,55 330 C 30/37
XS3 0,50 350 C 35/45
XD2 0,55 330 C 30/37
XD3 0,50 350 C 35/45
XA1 0,55 330 C 30/37
XA2 0,50 350 C 35/45
XA3 0,45 385 C 40/50

(1) E/C = eau efficace / ciment + k x additions, avec eau efficace = eau de
gâchage + eau apportée par les granulats. En général on prend eau /ciment
(2) Liant équivalent : quantité de ciment en kg /m 3 + k x quantité d’addition en
kg/m3, avec k coefficient de prise en compte de l’addition considérée, par
exemple k = 0,2 pour CEM I 32,5 (se reporter à la norme NF EN 206-1). S’il
n’y a pas d’addition de cendre volantes etc. Le rapport est celui du ciment
seul en kg/m3

Béton Armé V3-oldw Page 118/153


Corrosion induite par carbonatation
Béton protégé et environnement sec ou humide en permanence

Types d’ouvrages concernés X0 XC1 XC 2 XC 3 XC 4


assimilé assimilé assimilé
à XC 1 à XF 1 à XF 1
(2)
Béton non armé, aucun risque de corrosion X
Parois et plancher intérieurs à l'abri de X
l'humidité (habitations ou bureaux)
Parties des bâtiments à l'abri de la pluie, X
que ceux-ci soient clos ou non, à
l'exception des parties exposées à des
condensations importantes en durée et
fréquence (alors à classer en XC3)
Parties au contact de l'eau à long terme : X
fondations, bassins de piscine, réservoirs,
bassins décantation
Parties exposées à des condensations X
importantes en durée et fréquence : locaux
de piscine, buanderies, papeteries.
Parties extérieures non protégées de la X
pluie : façades, pignons, parties saillantes
et retours (1)

(1) : Un enduit n’est pas une protection suffisante


(2) : Les valeurs numériques pour XC 2 sont égales à XC 1 en France

Béton Armé V3-oldw Page 119/153


Corrosion induite par les chlorures
Eau de mer Chlorures autres que l’eau
de mer
Types d’ouvrages concernés XS 1 XS 2 XS 3 XD 1 XD 2 XD 3
assimilé assimilé
à XS 2 à XF 1

Structures non en contact avec l'eau de mer, X


mais situées à moins de 1 km des côtes
Structures marines immergées en permanence X
Structures marines en zone de marnage et/ou X
exposées aux embruns à moins de 100 m de la
côte
Surfaces modérément humides exposées à des X
chlorures transportés par voie aérienne
Piscines ou parties exposées aux eaux X
industrielles contenant des chlorures
Parties soumises à des projections fréquentes X
et contenant des chlorures en absence
d'étanchéité : dalles et rampes de parking
exposées aux agents de déverglaçage

Attaque gel / dégel Environnement


chimique agressif
Béton extérieur non protégé
Types d’ouvrages concernés XF 1 XF 2 XF XF XA XA XA 3
3 4 1 2
Parties soumises à un gel modéré et à un X
salage peu fréquent, voiles extérieurs non
protégés du gel/dégel
Parties soumises à un gel modéré et à un X
salage fréquent, pour une paroi en sous-face
ou verticale
Parties soumises à un gel sévère et à un X
salage peu fréquent
Parties soumises à un gel sévère et à un X
salage fréquent
Environnement à faible agressivité chimique X
Environnement d'agressivité chimique X
Béton Armé V3-oldw Page 120/153
modérée
Environnement à forte agressivité chimique X

3.2 – LA PRISE DU BETON

Le ciment est un liant dont les composés réagissent avec l’eau (réaction
d'hydratation).

1. Les produits d’hydratation, la pâte de ciment hydratée, collent les agrégats


entre eux, et collent les aciers aux agrégats.
2. La pâte de ciment hydratée contient des vides dits pores capillaires (10-8
m).
3. Ces vides sont remplis d’air ou de l’excédent d’eau de gâchage qui n’a
pas été utilisée pendant la réaction d’hydratation. La solution interstitielle
est basique (pH 12/13).
4. Les constituants du béton après la prise occupent un volume plus petit
qu’avant la prise. Cette contraction (le retrait) va entrainer une fissuration
du béton durci.

Composants du ciment CEM I avant et après prise

Ciment avant prise Ciment après prise


Minéraux Teneur constituants commentaires
dans
CEM I
silicate tricalcique 45-65 % Silicates Réaction très
C3S hydratés CSH exothermique. La
et 15-25% et Ca(OH)2 dissolution de la
silicate bicalcique (Portlandite) Portlandite dans les
C2S interstices du béton
génère un pH élevé
(avec l’aide des
alcalins) : d’où protection
des aciers
Aluminate < 15% Aluminates : Aluminates accélèrent la
tricalcique C3A C4AH12 prise et le durcissement
aluminoferrite < 10% Aluminoferrite Idem ci-dessus
tétracalcique C4AF hydratée et
Ca(OH)2
Gypse : sulfate de < 3% Sel de Candlot Retarde la prise qui sinon
calcium dit Ettringite serait immédiate. Mais à
(sulfo terme entraine un
Béton Armé V3-oldw Page 121/153
aluminate) gonflement du béton

3.2.1– Le béton immédiatement après prise

1. L’eau :
L’hydratation consomme une partie relativement faible de l’eau de
gâchage : 15 à 20 litres pour 100 kg de ciment, soit moins de la moitié
de l’eau incorporée dans un béton ordinaire. Pour un béton dosé à 350
kg/ m3 avec E/C = 0,5 soit 175 litres d’eau de gâchage, la réaction
d’hydratation consomme entre 30 et 40 % de cette eau. Cela signifie
que 70 à 60 % de l’eau est conservée dans le béton. Une partie de cette
eau libre, essentiellement l’eau proche de la peau du béton, va
s’évaporer et évacuer le béton lors du retrait plastique (ressuage).

2. La fissuration à la fin de la prise :


Le retrait plastique, (causé par l’évaporation en surface de l’eau non
liée), puis le retrait thermique (causé par le raccourcissement du béton à
la fin de la réaction exothermique) vont entrainer des microfissures.

3. Les attaques chimiques, la corrosion des armatures :

Ces attaques qui commencent après la prise, vont se poursuivre pendant


la vie du béton, ce sont :

 La dissolution du gaz carbonique de l’air dans les fissures en


présence de vapeur d’eau (carbonatation),
 La pénétration d’eau, d’oxygène, d’ions Cl – (chlorures de l’eau de
mer, sel de déverglaçage) et de sulfates externes (terrain gypseux)
dans les fissures.

Ces attaques ont pour conséquence la corrosion des armatures à


plus ou moins long terme, en effet :

 La Carbonatation diminue le pH. L’augmentation de l’acidité du


milieu aqueux dans les pores et les fissures diminue la protection
naturelle des armatures.
 La corrosion des aciers, réaction électrochimique, nécessite de l’eau,
de l’oxygène et des chlorures.
La corrosion ne peut pas avoir lieu dans un béton sec, c’est à dire à
une humidité relative de moins de 60%, puisque que le processus de
corrosion doit recycler de l’eau pour assurer sa poursuite. Elle ne
peut avoir lieu dans un béton complètement immergé dans l’eau,
Béton Armé V3-oldw Page 122/153
sauf si celle-ci contient de l’air car le processus de corrosion
consomme de l’oxygène. Une cellule de corrosion n'existe que
lorsqu’un potentiel électrochimique est présent. Ce potentiel peut
être généré de deux façons, soit par une différence dans la nature
des métaux, soit par une différence de concentration de certains ions
au voisinage de l’acier (cas des Cl-).

 La corrosion des armatures fait éclater le béton d’enrobage, ce qui à


terme signifie la ruine de la construction.

3.2.2 - Conclusion : On peut dire que le « béton meurt par la peau »

Béton Armé V3-oldw Page 123/153


Fissure
d’évaporation de
Retrait plastique l’eau libre

Fissures de retrait
plastique

Béton avant prise Béton après prise


Grains de ciment
Eau non liée au ciment
Bulles d’air

Grains de sable Eau libre avec capillaire


d’eau
Gravillons

Eau

Acier

Fig. 1 : Prise du béton

Béton Armé V3-oldw Page 124/153


Fig.2 : Attaque par les chlorures de l’air marin et défaut d’enrobage
(béton de 1940)

3.2.3 – Evolution du béton dans le temps

Dans la masse, la réaction d’hydratation du ciment se poursuit dans le temps ce


qui améliore la résistance et diminue la quantité d’eau non liée.
Le retrait (retrait endogène) se poursuit pendant quelque temps suite à la
migration de l’eau non liée vers l’extérieur et à la réaction d’hydratation. Ce
retrait progressif génère donc une microfissuration interne.

3.3 – QUATRE PATHOLOGIES DU BETON ARME

3.3.1 - Carbonatation

Lors de l'hydratation du ciment, il y a formation d'hydroxyde de calcium, la


portlandite, Ca(OH)2, conférant à la pate de ciment un caractère fortement
basique (pH = 13). Les armatures obtiennent ainsi une protection naturelle
contre la corrosion.
La pénétration dans les pores du béton du gaz carbonique, CO2, présent dans
l’air, déclenche la formation de carbonate de calcium (acide faible), CaCO3,
conformément au processus suivant :
Béton Armé V3-oldw Page 125/153
1. Diffusion du CO2 dans le béton
2. Dissolution du CO2 dans l’eau des pores

3. Carbonatation: Ca(OH)2 + CO2  CaCO3 + H2O (avec CO2 sous


forme dissoute)

Le caractère basique du milieu, et de ce fait la protection naturelle contre la


rouille, est ainsi perdue (pH = 9,5 à 11). La diminution du pH va entrainer des
phénomènes de corrosion des aciers.

La rouille occupant 7 fois le volume de l’acier ; le béton éclate.


Il est donc important d'obtenir une structure homogène et compacte entre la
pâte de ciment et les granulats, ce qui permet la formation d'un front de
carbonatation uniforme, progressant avec un constant ralentissement. La couche
carbonatée (donc favorable à la corrosion des aciers), en l'espace de 50 ans, peut
ainsi être limitée à quelques millimètres, soit dans la zone d’enrobage des
armatures. A partir d’une distance de 25 à 30 mm à l’intérieur du béton il
n’y a plus d’échange gazeux grâce au dépôt de calcaire de la pâte du ciment. En
effet la carbonatation est à l’origine de cicatrisation de la fissuration au cours du
temps. Ce colmatage s’observe sur les fissures de petite taille. Les bétons
immergés ne carbonatent pas car il n’y a pas d’échanges gazeux.

Microfissures de retrait

Front de carbonatation CO² + eau


2 cm

Béton carbonaté pH < 10


5 cm

Béton non carbonaté pH > 12

Acier

Fig.3 : Carbonatation : coupe d’un ouvrage en béton armé, aciers non


corrodés

3.3.1.1 - Prévention

 Béton des classes XC1 à XC 4 (voir tableau de la norme EN 2006.1)


Béton Armé V3-oldw Page 126/153
 Béton compact et pauvre en pores (rapport E/C faible), dosage en
ciment suffisant, compactage uniforme, cure.

 Eviter les macro-fissures > 0,2mm (fissures de retrait et de tassement).

 Veiller à l’enrobage des aciers (cf. norme NF EN 206.1)

 Rappel (succinct) des enrobages :

o 5 cm pour les ouvrages exposés aux embruns, brouillards salins,


atmosphères très agressives.

o 3 cm pour les ouvrages exposés à des actions agressives, ou des


intempéries, ou des condensations.

o 2 cm pour les ouvrages situés dans des locaux couverts et clos


non exposés à des condensations.

 éventuellement rendre la surface du béton étanche (par application


d’une couche isolante type peinture, mais attention à la durée de vie
de cette couche).

3.3.2 - Attaque par les sulfates

Les sulfates, présents à l'état dissous dans certains granulats, sols et nappes
phréatiques (terrain gypseux), réagissent avec le ciment hydraté (composés
d'aluminates anhydres ou hydratées) pour former des cristaux d'un sel fortement
expansif : le sulfoaluminate (ettringite), qui entraîne le gonflement puis
l'éclatement du béton.
Il y a donc deux origines de l’attaque par les sulfates :
1. Interne, les ions sulfates proviennent des granulats, l’ettringite se
développe entre 10 et 20 ans après la construction de l’ouvrage.
2. Externe, les ions pénètrent par les fissures du béton, l’attaque
sulfatique progresse vers le cœur du béton. L’ettringite se développe
plus rapidement que ci-dessus.

3.3.2.1 - Prévention
 E/C max. 0,5
 teneur en ciment min. 350 kg/m3
 chaleur d'hydratation plutôt faible
 en cas d'emploi d'adjuvants, faire des essais préliminaires
 Dans le but de limiter la formation d'ettringite, on recourt à un ciment à
résistance élevée aux sulfates (par exemple CEM I 32,5 N HS).

Béton Armé V3-oldw Page 127/153


3.3.2.2 – Normes
Suivant la norme NF EN 197- 1

Ciment Classe de Resistance Classe de Resistance


entre 32,5 N et 42,5 N entre 42,5 N et 52,5 N
Teneur limite en SO 3 en % du poids du ciment
CEM I 4 4
CEM II 4 4
CEM IV 4 4
CEM V 4 4
CEM III/A & CEM 4
III/B
CEM III/C 

3.3.3 - Alcali-réaction

L'alcali-réaction est une réaction chimique entre certaines formes de silice et de


silicate, pouvant être présentes dans les granulats et les alcalins du béton (Na +,
K+, OH-). Elle correspond à une attaque du granulat par le milieu basique du
béton et provoque la formation d'un gel de réaction (silicate alcalin), dont
l'expansion engendre, sous certaines conditions, des gonflements.

En général les désordres apparaissent à des échéances variables de deux à dix


ans ou plus. La pathologie et les manifestations externes se signalent par un ou
plusieurs des symptômes suivants :

 Une fissuration,
 Un faïençage à mailles plus ou moins larges ou en étoile ou une
fissuration orientée suivant une direction fonction de la distribution
des armatures,
 Des exsudations blanches formées de calcite et parfois de gels
translucides,
 Des pustules ou cratères avec des éclatements localisés en forme de
petits cônes résultant de la réaction de gros granulats superficiels qui
sont visibles au fond des cratères d'éclatement
 Des mouvements et déformations,
Béton Armé V3-oldw Page 128/153
 Des colorations ou décolorations.

3.3.3.1 - Trois conditions nécessaires à l'existence de l'alcali-réaction sont :

 Une teneur élevée en alcalins dans la phase liquide interstitielle du


béton
 La présence de produits réactifs dans les granulats (minéraux réactifs)
 De l'eau ou un environnement humide.

3.3.3.2 – Prévention

La prévention de cette pathologie nécessite :

D'une part, de repérer les granulats potentiellement réactifs


(silice/silicates) et d'autre part d'établir une procédure de choix des
matériaux constitutifs du béton, de façon à éviter tout risque ultérieur. Les
matériaux réactifs comme les silices amorphes ou crypto cristallines, sont
les facteurs principaux qui interviennent dans les réactions. Ils sont
facilement identifiables au moyen de l'analyse chimique et
pétrographique. On les rencontre dans les roches et alluvions siliceuses,
dans les roches carbonatées (sous forme d'inclusions) et dans les roches
ou alluvions silicatées polyphasées.

D’autre part, d’utiliser des ciments à forte teneur en laitier. On notera


que le risque de réactivité est supérieur avec des ciments de la gamme
CEM I et CEM II. L'emploi de CEM III/C, pour d'autres raisons telles
que la résistance aux eaux agressives et la faible exothermie, est
recommandée.
Les cendres et les fumées de silice sont d'excellents moyens de
prévention.

Tableau n° 4 - Principales roches pouvant contenir des minéraux sensibles en milieu alcalin

Roches Minéraux sensibles en milieu alcalin

Béton Armé V3-oldw Page 129/153


M . Granites Quartz à réseau déformé, présentant une extinction
. Granodiorites ondulante. Minéraux feldspathiques altérés, joints
A de grains ouverts.
G
M . Rhyolites Présence de verres siliceux ou de verres basaltiques
A . Dacites plus ou moins dévitrifiés. Présence de tridynite, de
. Andésites cristobalite, d'opale.
T . Trachyandésites
I . Basaltes
Q
U . Obsidienne Verres riches en silice plus ou moins dévitrifiés,
. Tufs volcaniques souvent microfissurés
E . Rétinites
S

M
E . Gneiss Quartz à extinction ondulante.
T . Mica-schistes Micro quartz de seconde génération.
A Joints de grains ouverts, minéraux feldspathiques et
M micacés altérés.
O . Quartzites Quartz associés à un ciment quartzeux et opalin.
R . Cornéennes Présence de micro quartz de seconde génération.
P Présence de phyllosilicates. Présence de quartz à
H extinction ondulante ou de quartz microfissurés
I
Q
U
E
S

S . Grès Ciment siliceux mal cristallisé, joints de grains


. Quartzites élargis.
E
D . Grauwackes Minéraux phylliteux associés. Présence d'opale,
I . Siltites de quartz microcristallins.
M . Schistes quartzeux
E
. Chailles Présence de calcédoine, d'opale.
N . Silex
T
A . Calcaires Présence de silice de type opale en micro- nodules
I . Calcaires dolomitiques ou diffuse en réseau, associée ou non à des sulfures
. Dolomies sédimentaires et des phyllites.
R
E
S

3.3.4 - Attaque par les chlorures

Béton Armé V3-oldw Page 130/153


Les chlorures proviennent soit de l’air marin, soit des sels de déverglaçage. Dans
le cas de sels de déverglaçage à l’attaque du béton par les chlorures s’ajoute
l’effet gel/dégel qui amplifie l’action des chlorures.

3.3.4.1 - Action des ions chlorure sur le béton :

 les ions réagissent avec les hydrates de la pâte de ciment, ces ions,
acides, diminuent le pH du béton ce qui entraine une dépassivation,
voie une corrosion des armatures.
 Les ions atteignent, dans les fissures, les armatures. En présence d’eau
(eau non liée ou venue de l’extérieur par les fissures) et d’oxygène la
corrosion des aciers commence. La rouille formée fait éclater le béton
d’enrobage.

3.3.4.2 – Prévention :

 Béton XS2 à XS3 pour les chlorures d’origine eau de mer (voir tableau
de la norme EN 2006-1 en 7.6.5)
 Béton XD2 à XD3 pour les chlorures d’origine autre que l’eau de mer
(voir tableau de la norme EN 2006-1 en 4.8)
 E/C < 0,55
 Ciment : teneur minimale 350 kg / m 3 pour les ouvrages courants.
 Béton compact et homogène par une granularité continue.
 Soigner le compactage
 Respecter scrupuleusement l’enrobage
 Rappel (succinct) des enrobages :

o 5 cm pour les ouvrages exposés aux embruns, brouillards salins,


atmosphères très agressives.

o 3 cm pour les ouvrages exposés à des actions agressives, ou des


intempéries, ou des condensations.

o 2 cm pour les ouvrages situés dans des locaux couverts et clos non
exposés à des condensations.

3.3.4.3 – Normes

NF EN 206-1 : teneur limite en chlorures dans le béton armé 4%


du poids du ciment

Béton Armé V3-oldw Page 131/153


Fig. 4 : Attaque par les chlorures marins

3.4 - PERMEABILITE ET ETANCHEITE DU BETON, CYCLE GEL-


DEGEL

3.4.1 – Perméabilité et étanchéité

La perméabilité à l’eau du béton durci dépend de la porosité capillaire de la pâte


de ciment, qui à son tour est tributaire du rapport E/C ainsi que du vieillissement
du béton. Dans la pratique l’étanchéité du béton dépend largement des joints,
raccords et compactages imparfaits. Un béton étanche est un béton dont la
perméabilité est inferieure à la quantité d’eau évaporable par unité de la surface
exposée à l’air.
Avec un rapport E/C > 0,7 les vides capillaires du béton communiquent entre
eux et le béton n’est plus étanche.
Avec un rapport E/C < 0,5 le béton est considéré comme étanche.
L’ouverture admissible des fissures pour un béton étanche à l’eau est de 0,1 à 0,2
mm.
Béton Armé V3-oldw Page 132/153
Pour les autres bétons : 0,3 mm est admis

3.4.2 – Cycles gel-dégel

La porosité du béton peut être assimilée à une association de bulles et de tubes


(capillaires). Les bulles sont reliées entre elles par des capillaires. Quand la
porosité est connectée, le béton est alors poreux et perméable. Lorsque l’eau peut
se déplacer au travers des capillaires jusqu’à une bulle encore « libre » la glace
peut se former sans conséquences nuisible. Si au contraire la glace se forme
dans les capillaires, elle peut générer des contraintes qui peuvent créer une
fissure (volume de la glace = 1,09 fois le volume de l’eau).
L’expérience montre que si les capillaires ont une dimension inférieure à une
longueur appelée « L barre », alors le béton est non gélif.

Les dégradations se manifestent essentiellement sur les structures horizontales


(ponts, terrasses, balcons)

L’eau pénètre par l’ouverture de la fissure dans la face du béton

Capillaire trop long


par rapport à la
Extérieur

longueur
« Lbarre » : l’eau ne
peut atteindre la
bulle n° 2 elle gèle
dans le capillaire :
fissuration

L’eau 2
glacée
migre de Fissure
l’extérieur s L barre
vers la
bulle vide
et gèle

Fig.5 : Fissuration d'un béton soumis à des cycles de gel-dégel, sous l'impact de
la croissance de glace.

3.4.2.1 – Effets du cycle gel-dégel

Béton Armé V3-oldw Page 133/153


Dans les capillaires, la contraction et l'expansion causés par la formation
de glace et par la fusion de celle-ci par des sels de déverglaçage
développent d'importants efforts qui conduisent à l'écaillage en surface du
béton.  L’apparition de l'écaillage commence par de petites zones
localisées, qui par la suite peuvent se rejoindre, s'étendre et affecter de
grandes surfaces. Lors d'un écaillage léger, les gros granulats demeurent
enrobés dans la pâte. Pour l'écaillage modéré, la perte d'épaisseur du
mortier de surface peut aller de 10 à 15 mm et engendrer la dénudation des
granulats. Dans le cas d'un écaillage important, la surface est détruite sur
une grande épaisseur et elle est caractérisée par une dénudation et
occasionnellement par un arrachement des granulats.

3.4.2 .2 – Prévention

Elle consiste à réduire les capillaires et l’eau interstitielle qui n’a pas
participée à la prise du ciment

 Béton des classes XF1 à XF 4 (voir tableau de la norme EN 2006-1)


 Ciment CEM I et CEM III

 E/C < 0,5 car une perméabilité réduite et des capillaires de dimension
plus faible limitent la pénétration d'eau.
 Granulats non gélifs
 Ciment : teneur minimale 350 kg / m 3 pour les ouvrages courants.
 Classe de consistance S3, valeur d’affaissement au cône d’Abrams,
comprise entre 100 et 150 mm. La classe S4 (160 à 210 mm) est à
éviter car elle n’autorise pas une bonne ouvrabilité des bétons.
 Béton compact et homogène par une granularité continue. La teneur
des particules fines < 0,250 mm, y compris le ciment, doit être :

1. 475 kg/m 3 si Dmax de 14 mm


2. 450 kg/m 3 si Dmax de 22 mm
3. 400 kg/m 3 si Dmax de 32 mm

 Les bulles d'expansion générées par les entraineurs d'air réduisent


les forces dues au cycle gel-dégel.

3.5 – Comment obtenir un BA étanche, en particulier pour les ouvrages


tels que châteaux d’eau, réservoirs, bassins de décantation, etc. ?

 E/C < 0,45


 Ciment : teneur minimale 365 kg / m 3 pour les ouvrages courants.
 Classe de consistance S3, valeur d’affaissement au cône d’Abrams,
comprise entre 100 et 150 mm. La classe S4 (160 à 210 mm) est à
éviter car elle n’autorise pas une bonne ouvrabilité des bétons.

Béton Armé V3-oldw Page 134/153


 Réduire l’évaporation si temps chaud et sec. Les pertes d’eau
maximales se produisent entre 6 h et 24 h après le bétonnage (ces
pertes sont responsables du retrait « plastique », donc de la fissuration
immédiate lors de la prise).
 Couvrir avec des bâches plastiques ou pulvériser un produit de cure
 Décoffrer plus tard
 Utiliser un ciment à faible chaleur d’hydratation.
 Béton compact et homogène par une granularité continue. La teneur
des particules fines < 0,250 mm, y compris le ciment, doit être :
1. 475 kg/m 3 si Dmax de 14 mm
2. 450 kg/m 3 si Dmax de 22 mm
3. 400 kg/m 3 si Dmax de 32 mm
 Acier anti fissuration (fibres pour les dallages par exemple)
 Lors de la conception, la fissuration sera considérée comme très
préjudiciable (ce qui augmente les sections d’acier donc le coût), en
effet :

Suivant le BAEL, à l’ELS, la contrainte des aciers st doit être


inferieure à :
0,8 Min (2/3 fe ; Max (1/2fe ; 110 (ftj)1/2))
Soit st # 0,40 fe (pour fe = 500 MPa)
# 0,46 fe (pour fe = 400 MPa et Fc28 = 35 MPa)
Avec : fe = limite d’élasticité de l’acier
ftj = résistance caractéristique à la traction du béton à j jours
= 1,6 pour les HA diamètre > 6mm, 1,3 pour D < 6 mm
Pour mémoire si la fissuration est peu préjudiciable st # fe

 Assurer la compacité du béton par une vibration correcte :


1. descente au fond du coffrage puis remontée lente,
2. distance entre descentes : 8 à 10 fois le diamètre de l’aiguille
vibrante.
3. recouvrement de la couche en cours de coulage avec la couche
sous-jacente : 10 à 15 cm
4. La vibration doit être interrompue dès qu’une fine couche de
laitance apparaît en surface et que les grosses bulles d’air ne
remontent plus que sporadiquement

3.5.1 – Conclusion :

Un béton compact et de qualité, ayant une structure de pores bien fermée,


une teneur en ciment suffisante ( 350 kg/ m3) un rapport E/C maitrisé est
un gage de longévité d’un bâtiment.

Béton Armé V3-oldw Page 135/153


Fig.6 – Ségrégation d’un béton mal compacté. Faible enrobage. Les aciers
n’étant pas enrobés de pâte de ciment hydraté, ont été attaqué par les sels
marins véhiculés par l’air ambiant.

Béton Armé V3-oldw Page 136/153


3.6 – LE RETRAIT

Retrait final = retrait durant la prise + retrait durant le vieillissement du béton (2


ans environ)
Retrait à l’issue de la prise = 0,15 à 0,50 mm par mètre (dans les conditions
« moyenne »)
Retrait final = 0,15 à 0,80 mm par mètre (dans les conditions
« moyenne »)

3.6.1 – Les processus du retrait

Dès que le contact entre le ciment et l’eau s’effectue, des hydrates précipitent et
s’organisent en formant une structure dont la cohésion évolue progressivement.
L’action de l’eau pendant cette phase est fondamentale. Puis, il y a une
superposition de plusieurs phénomènes qui concourent tous vers une réduction
du volume apparent : c’est la contraction ou retrait, résultat de plusieurs
processus.

3.6.2 – Retrait durant la prise :

 Retrait plastique : Evaporation de l’eau de gâchage en cours de


prise
 Retrait thermique dû à l’abaissement de la température succédant
soit à l’échauffement occasionné par la chaleur d’hydratation du
ciment (réaction exothermique), soit à la variation thermique du
milieu extérieur.
 Tassement du béton frais (par gravité, par ségrégation et ressuage de
l’eau)

3.6.3 – Retrait après la prise

 Retrait endogène ou retrait de dessiccation : Réaction


d’hydratation du ciment (retrait endogène sans évaporation)
 Retrait hydraulique par départ d’eau après durcissement (aussi
appelé retrait de séchage) ;

C’est surtout la fissuration due aux effets de retrait empêché qui, en pratique,
constitue la conséquence la plus préoccupante pour la qualité et la durabilité des
bétons. Le tableau ci-après résume les risques de fissuration en fonction du type
de retrait.

Béton Armé V3-oldw Page 137/153


Tableau 5 – Risques de fissuration en fonction du type de retrait
Type de Risques de fissuration Efficacité de diverses mesures
retrait
Délai Types de Composition Cure Armatures
d’apparition fissures du béton
après
bétonnage
Retrait Avant ou superficielles faible Très Nulle
plastique pendant la élevée
prise
Retrait endogène : consommation d’eau du béton durant le durcissement –
retrait de dessiccation- ou séchage du béton durci,
Retrait hydraulique
A court Qq jours / qq Superficielles Très élevée Très Moyenne
terme semaines à traversantes élevée
A long Qq mois/ qq traversantes Très élevée élevée Très élevée
terme années
Retrait 2 h à 10 Superficielles élevée Très Moyenne
thermique jours à traversantes élevée

3.6.4 – Le retrait plastique

Le retrait en phase plastique du béton résulte d’un séchage rapide du


mélange non encore durci, principalement en surface, sous l’effet du vent
ou de l’ensoleillement. Cette dessiccation provoque une diminution de
volume considérable pouvant être jusqu’à 10 fois supérieure au retrait du
béton en phase de durcissement. Soit 0,15 à 4 mm/m (4 mm/m si le retrait
du béton n’est pas entravé par frictions sur le coffrage ou par fluage
plastique).

Ce changement de volume est compensé au début pour une grande partie


par la déformabilité du béton frais. Durant la prise, le béton durcit
progressivement. Tant que la surface reste humide, aucune contrainte
capillaire ni aucune fissuration ne survient. En ce sens, le ressuage en soi
n’est pas la cause de la fissuration due au retrait en phase plastique et agit
même comme protection. Mais, lorsque la surface est entièrement séchée,
les fissures de retrait plastique apparaissent. Elles sont causées par les
contraintes de traction résultant du retrait, engendré par l’évaporation de
l’eau du béton frais encore trop peu résistant pour pouvoir s’y opposer.

Béton Armé V3-oldw Page 138/153


Retrait = 0, longueur L
Fissure

Evaporation Retrait = , longueur L-


de surface

Zone profonde ne subissant Zone subissant le retrait


pas le retrait plastique car plastique par évaporation de
pas d’évaporation possible l’eau de surface

Fig. 7 : Retrait plastique, traction de la peau dont la longueur est


réduite de 

3.6.4.1 - Prévention de la fissuration plastique

Cette fissuration peut être évitée moyennant les précautions suivantes :

 Par temps chaud : réduire la température du béton frais


 A la composition : éviter l’excès d’eau
 Avant la mise en place : humidifier, lorsque par leur nature ils peuvent
absorber de l’eau, les coffrages, fond de coffre ou autres aires en béton
(préfabrication)
 A la mise en place : par temps chaud, empêcher, par une isolation
appropriée, l’échauffement du béton suite à l’ensoleillement. Par temps
froid, éviter le contact d’un béton relativement chaud avec l’air frais
 Après la mise en place et dans tous les cas : protéger les surfaces
exposées par un produit de cure, membrane imperméable ou autre
procédé en réduisant, autant que le permet l’exécution, le délai entre la
coulée du béton et l’application de ces moyens de protection.
Le principe consiste donc à retenir l’eau dans le béton en empêchant
l’évaporation. Pour maintenir l’humidité, le béton est couvert d’une bâche
de plastique ou un produit de cure est appliqué par pulvérisation. Dans le
cas du béton coffré, le fait de garder les coffrages en place aide également
à maintenir l’humidité dans le béton. Néanmoins, il y a toujours lieu de
protéger la surface supérieure non coffrée. Après décoffrage, les bétons
doivent encore être protégés quelques jours en les couvrant d’une toile qui
sera maintenue humide voire d’un plastique.

Béton Armé V3-oldw Page 139/153


La protection du béton frais contre la dessiccation doit avoir lieu le plus
rapidement possible après la mise en œuvre du béton. La fig.8 montre les
pertes en eau que subissent des éprouvettes de béton (400 kg/m3 de
ciment CEM I 42,5 R - E/C = 0,48) exposées en laboratoire à 35°C et 40
% d’humidité relative et protégées ou non par un produit de cure. Les
pertes en eau maximales se produisent durant les 6, voire les 24
premières heures après leur fabrication.

Fig.8

Béton Armé V3-oldw Page 140/153


Fig. 8 : évolution de la perte d’eau d’éprouvettes de béton avec ou sans
produit de cure

La durée de la protection dépend d’un grand nombre de facteurs


(conditions climatiques, composition du béton, type de ciment..). Le
tableau ci-après donne les durées minimales recommandées en jours. Il ne
faut pas perdre de vue que la protection n’est pas seulement efficace
contre l’apparition des fissures durant les 6 premières heures, mais
également plus tard car c’est alors que se développe une bonne partie du
retrait après prise. Ce retrait, moindre quant à son ampleur, est toutefois
très dangereux quant à ses effets car il agit sur une matière déjà solidifiée,
mais encore trop peu résistante.

Tableau 6 – Recommandations concernant la durée de la cure

Durée minimale de la cure pour les applications courantes


Conditions ambiantes T ° à la Evolution de la résistance du béton (1)
surface
du béton
Rapide Moyenne Lente(3) Très
k > 0,5 (2) 0,15 à lente
0,3 à 0,5 0,3 k < 0,15
Bonnes : pas < 10° C 1 jour 2 jours 3 jours 4 jours
d’exposition directe au > 10° C 2 jours 4 jours 5 jours 6 jours
soleil et au vent,
humidité relative de
l’air > 80% (4)
Normales : < 10° C 2 jours 3 jours 4 jours 6 jours
Ensoleillement moyen > 10° C 4 jours 6 jours 8 jours 12 jours
et / ou, humidité
relative de l’air > 50%
Mauvaises : Fort < 10° C 3 jours 4 jours 7 jours 10 jours
ensoleillement et / ou > 10° C 5 jours 8 jours 10 jours 15 jours
vent fort et /ou,
humidité relative de
l’air < 50%

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(1) Evolution de la résistance moyenne à la compression à 2 jours (fcm2) et à 28
jours (fcm28) et à 20 ° C. k = fcm2 / fcm28
(2) Pour les bétons à base de ciment CEM I 42,5 l’évolution de la résistance à la
compression est en général « moyenne »
(3) Pour les bétons à base de ciment CEM V 32,5 ou 42,5 l’évolution de la
résistance à la compression est en général « lente ».
(4) Degré hygrométrique ou humidité relative « u ».
Pour un volume d’air donné, à la température T :

Pression de la vapeur d’eau à T Masse vapeur d’eau à T


u =  = 
Pression de vapeur saturante à T Masse maxi de vapeur d’eau à T

 u varie de 0 à 100 % (vapeur d’eau se transformant en eau liquide)


 Une baisse de température tend à augmenter l’hygrométrie car la
pression de vapeur saturante de l’air froid est inférieure à celle de l’air
chaud (ex : la rosée du matin).

3.6.5 – Le retrait thermique

L’hydratation du ciment s’accompagne d’un dégagement de chaleur. Cela


peut donner lieu à une augmentation considérable de la température du
béton. Celle-ci peut éventuellement aussi avoir lieu lors d’une variation
thermique du milieu extérieur (ensoleillement direct après décoffrage par
exemple). Dans la période de refroidissement ultérieure c’est-à-dire de
contraction, des fissures peuvent se produire lorsqu’un obstacle empêche
le retrait de l’élément. Il s’agit de fissuration par bridage des mouvements
d’ensemble. Une fissuration peut également avoir lieu par gradient
thermique. Celle-ci a lieu lorsque la température de la zone située en
bordure des surfaces d’échange (appelée « peau » du béton) diminue
beaucoup plus rapidement que celle au cœur de la structure, ce qui génère
un retrait nettement plus élevé en surface qu’au cœur. La peau du béton est
donc soumise à des contraintes de traction très importantes alors que le
cœur de la structure est en compression. Ce processus n’est, néanmoins,
en général, rencontré que dans les pièces massives (plus de 50 cm
d’épaisseur) et ne donne pas lieu à des fissures traversantes.

Le retrait thermique peut se calculer par la formule suivante :  = T


Avec : coefficient de dilatation thermique du béton
T = différence de température du matériau

A l’état durci, le coefficient  varie de 7 à 14.10-6 m par mètre et par °C.


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Il est fortement fonction du dosage et de la nature des granulats. Pour un
même T, le béton à base de gravillons roulés siliceux présentera un
retrait thermique de 33 % plus élevé que le béton à base de gravillons
concassés calcaire.
De plus, la résistance à la traction, donc au retrait, des bétons à base de
gravillons roulés est plus faible que celle des bétons à base de concassés
(chute de 20 % à 2 jours et de 31 % à 28 jours).

3.6.5.1- Prévention de la fissuration par retrait thermique, mesures


technologiques

 favoriser l’emploi de gravillons calcaire concassés


 Les types de ciment qui développent une faible chaleur d’hydratation
sont à favoriser pour les ouvrages de masses de plus de 50 cm
d’épaisseur. A teneur égale en ciment, ils font, en effet, chuter le pic de
température de 10 à 15 °C par rapport aux ciments ordinaires mais ce
développement lent de la chaleur d’hydratation freine le
développement des résistances mécaniques.
 Une moindre teneur en ciment – pour autant qu’elle soit compatible
avec les exigences de durabilité et de résistance – limitera également
l’augmentation de température.
 Adjuvants : La résistance est favorisée par un faible rapport E/C si
bien que l’usage de superplastifiant est toujours utile. Les retardateurs
de prise permettent, par temps chauds, de conserver la rhéologie du
béton frais plus longtemps et facilite ainsi la mise en place sans ajout
d’eau complémentaire. Ils ne font cependant que retarder le problème
dû à l’effet de la chaleur.
 Température du béton : durant le coulage par temps chaud limiter la
température du béton frais à maximum 25 °C.
 Armatures : Les armatures n’empêchent pas le béton de se fissurer
mais permettent de contrôler la fissuration. Ainsi, au lieu de quelques
fissures très ouvertes, de nombreuses petites fissures peuvent
apparaître, c’est-à-dire des fissures « fermées » qui ne compromettent
pas l’étanchéité de la structure. La quantité d’armatures et la bonne
répartition de celles-ci a toutefois une grande importance.
1. Le recours à de petits diamètres à forte adhérence est favorable ; en
effet, la fissuration fine et bien répartie résulte d’une grande surface
de contact acier-béton développée par les armatures.
2. Ce sont essentiellement les aciers horizontaux servant de répartition
qui sont sollicités par la fissuration.
3. Les armatures doivent être réparties en 2 nappes
4. Les armatures horizontales doivent se trouver entre les armatures
verticales et la surface extérieure la plus proche.

3.6.5.2 - Prévention de la fissuration par retrait thermique, mesures propres à la


Béton Armé V3-oldw Page 143/153
technique d’exécution
 Température ambiante : Tableau 6 : recommandations qui permettent
également de diminuer les retraits plastique et hydraulique du béton :

Hygrométrie De 5 à 20 ° C De 20 à 25 ° C De 25 à 30 ° C > 30 ° C
De 60 à 100 % Conditions normales de bétonnage Cure renforcée
De 50 à 60 % Conditions Cure renforcée Bétonnage à
normales de partir de 12 h +
bétonnage Cure renforcée

De 40 à 50 % Cure renforcée Bétonnage à Bétonnage à


partir de 12 h partir de 12 h +
Cure renforcée

< 40 % Cure renforcée Bétonnage à Pas de


partir de 12 h + bétonnage
Cure renforcée

Tableau 7 – Recommandations concernant la mise en œuvre du béton ainsi que


la cure en fonction des conditions ambiantes

 Refroidissement, en phase de durcissement, des structures en béton


de forte épaisseur : En faisant circuler de l’eau de refroidissement à
travers des tubes noyés dans le béton, les écarts de température ainsi
que les grands gradients de température dans la structure peuvent être
limités. Toutefois, l’application d’un procédé de refroidissement ne
peut se faire sans déterminer au préalable l’emplacement des tubes
dans la structure et l’intensité du refroidissement. Il convient par
ailleurs d’enregistrer et de contrôler l’évolution des températures.

 Coulage des murs aussi rapidement que possible après la mise en


place de la dalle (cf. figures 9 & 10) :
Ceci permettra de limiter des déformations différentielles du sol et du
mur. Il y a toutefois lieu de limiter la longueur des tronçons. Le risque
de fissuration est moindre sur un mur court que sur un mur long ; il est,
de plus, préférable de réduire les différences d’âge du béton entre
chacune des étapes de bétonnage de manière à réduire le plus possible
les effets néfastes du retrait différentiel entre étapes.

Béton Armé V3-oldw Page 144/153


2 4 3

Fig. 9 - Etapes de bétonnage, situation défavorable (risque élevé


de fissuration)

1. Lors du bétonnage de la phase 4, la température du béton 4 est plus


élevée que celle de la dalle 1 et des voiles 2 et 3.
2. Lors du durcissement du voile 4, sa température augmente ; celle
des bétons 1, 2 et 3 à peine, d’où dilatation du béton 4 entravée par
les bétons 1, 2 et 3. Etant donné que le voile 4 n’est pas encore très
rigide, ceci conduit à de faibles contraintes : pas de fissuration.
3. Lors du refroidissement du voile 4, celui-ci se rétracte, phénomène
empêché par les bétons 1, 2 et 3, d’où risque élevé de fissuration car
le module d’élasticité du béton 4 a augmenté, bien qu’étant encore
peu résistant en traction.

2 3 4

Fig. 10 - Etapes de bétonnage, situation favorable (risque faible de


fissuration)

 Décoffrage : Si le retrait thermique est très préjudiciable à l’ouvrage


concerné il faut prolonger la durée avant décoffrage pour protéger le
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béton de la dessiccation et donc du retrait. Dans ce cas il est conseillé
de garder le coffrage jusqu'à 5 jours.

3.6.6 – Le retrait endogène

L’hydratation du ciment se poursuit très largement après la prise, comme


en témoigne l’évolution des caractéristiques mécaniques du béton à long
terme. Or, l’hydratation consomme une partie relativement faible de l’eau
de gâchage : 15 à 20 litres pour 100 kg de ciment, soit moins de la moitié
de l’eau incorporée dans un béton ordinaire.

La poursuite de l’hydratation entraîne, dès le début de la prise, une


dessiccation au sein du matériau (il s’agit d’auto-dessiccation, pour la
distinguer de la dessiccation qui signifie séchage avec départ d’eau vers
l’extérieur), tout simplement parce que l’augmentation du volume de
matière solide est inférieure au volume de l’eau qui a été consommé dans
la réaction. Cette diminution du volume relatif entraîne donc une
déformation que l’on appelle retrait endogène.

Le retrait endogène (retrait mesuré en l’absence de tout échange d’eau


avec le milieu ambiant et corrigé des déformations d’origine thermique)
reste cependant faible mais peut être non négligeable lorsqu’il s’ajoute
aux autres formes de retrait. De plus, si ce retrait est empêché ou même
simplement gêné dès le début de la prise (support rigide continu, reprise
de bétonnage), il constitue souvent une composante non négligeable de la
fissuration précoce.

A noter également que la cinétique d’évolution du retrait endogène suit


assez fidèlement celle de l’évolution des résistances mécaniques : très
rapide dans les premiers jours, son avancement est de 80 à 90 % à 28
jours.

3.6.6.1 – Prévention : Il n’y a pas grand-chose à faire.

3.6.7 – Le retrait hydraulique

Le retrait hydraulique résulte du lent séchage du béton. Pour simplifier, on


désigne couramment par retrait hydraulique la diminution de volume du
béton observée au fur et à mesure de son séchage dans le temps.
Plus la quantité d’eau non liée s’évapore rapidement, plus le retrait du
béton est élevé et rapide. Ce processus de séchage et le retrait qui en
résulte est d’autant plus élevé et rapide que l’excès d’eau non liée est
important (E/C élevé) car la porosité et la perméabilité du béton
augmentent, ce qui accélère encore le phénomène.

Béton Armé V3-oldw Page 146/153


La valeur finale du retrait hydraulique se situe généralement entre 0,3 et
0,8 mm/m. Cette valeur dépend essentiellement de la quantité d’eau du
béton. Toute augmentation du dosage en eau entraîne une augmentation
relative deux fois plus grande de la valeur du retrait.

3.6.7.1 - Prévention de la fissuration par retrait hydraulique

Les mesures suivantes permettent d’éviter la fissuration due au retrait


hydraulique :

 Choisir une granularité du béton continue et un diamètre nominal du


granulat le plus élevé possible (de manière à minimiser la porosité du
mélange et à réduire le plus possible sa demande en eau)
 réduire à un niveau optimal le rapport E/C au moyen d’adjuvants
superplastifiants (en règle générale, E/C < 0,55)
 Prévoir des joints de retrait (dallages)
 Appliquer les mesures et les durées de cure recommandées ci-avant ;
 Prévoir une armature minimale suffisante et/ou des fibres métalliques
de manière à répartir la fissuration (l’apparition de multiples
microfissures est souvent moins préjudiciable que l’apparition de
fissures moins nombreuses et largement ouvertes).

3.7 - TOLERANCES

3.7.1 - Surfaces verticales

Type de commentaires Flèche maxi Flèche maxi


parement sous règle de sous règle de 2
20 cm m
C1 Aspect indifférent SO SO
C2 Béton recevant un enduit, 6 mm 15 mm
aspect rugueux
C3 Béton support de 2 mm 5 mm
revêtement mince ou pierre
collée, aspect lisse.

Béton Armé V3-oldw Page 147/153


C4 Effet architectural SO SO
recherché, béton restant
apparent

3.7.2 - Surfaces horizontales

Type commentaires Horizontalité Planéité

F1 Dalle recevant un 5 mm sous la Surface talochée


revêtement souple ou une règle de 2 m, lisse, pas de saillie
étanchéité, ou restant brute et 2 mm de supérieure à 1 mm
(dépôts, stockage). dénivellation.
L’enduit de débullage doit
être < 2,5 kg/m²
F2 Dalle recevant un 10 mm sous la Surface brute tirée
revêtement d’épaisseur règle de 2 m, à la règle, pas de
supérieure à 3 cm saillie supérieure à
(carrelage ou chape) 5 mm

3.8 – TEMPS DE PRISE DU BA EN FONCTION DE SA TEMPERATURE

température temps de prise en heures


°C début fin
0 15 h
7 10 h
15 5h
20 3 h 45 mn 6 h 15 mn
25 2 h 45 mn 5h
30 2h 3 h 45 mn
35 1 h 45 mn 3h

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4. DALLAGE

Pour des raisons économiques, les dallages sont souvent préférés aux dalles
portées sur des poutres transmettant les efforts aux fondations.

Les dallages présentent essentiellement 2 types de désordres :

1. Désordres causés par le tassement différentiel du remblai sous dallage.


2. Désordres causés par le retrait

4.1 - Désordres causés par le tassement différentiel du remblai sous dallage

4.1.1 - Prévention :

Il faut impérativement :
Béton Armé V3-oldw Page 149/153
 Décaper le terrain à faible portance ou susceptible de se modifier au
cours du temps (remblai organique, remblai hétérogène, remblai
compressible etc.)
 Remblayer avec un remblai inerte homogène.
 Compacter correctement ce remblai.
 Supprimer les éventuelles venues d’eau par un drainage périphérique.
 Claveter les parties du dallage pour les solidariser (fig.1).
 Respecter le DTU dallage et en particulier réaliser les joints de retrait,
de dilatation et de construction préconisés par ce DTU.

60 cm
h

h/2

Goujon en acier  de Joint souple Encoche TS


20 à 25 mm, libre à une
extrémité, scellée à
l’autre

Fig. 1 : Clavetages des joints de construction ou de dilatation d’un dallage


permettant de solidariser les parties de dallage

4.2 - Désordres causés par le retrait

4.2.1 – Les joints

Pour lutter contre le retrait, il est indispensable de fractionner le dallage


par des joints. Si les joints sont sciés il faut que le sciage intervienne
immédiatement après prise du béton pour éviter une fissuration
aléatoire par retrait plastique. Fissuration qu’il est impossible de
réparer.
NOTA : la fissuration de retrait est très rapide, elle intervient pendant la
prise, elle est irréversible et ne peut pas être réparée sans casser la partie
fissurée et la recouler.
Les joints sont classés en plusieurs catégories :
 Joints de retrait
 Joints de dilatation
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 Joints d’isolement
 Arrêts de coulage ou joint de construction (pouvant jouer le
rôle d’un des trois types de joints précédents)

Le DTU dallage prévoit qu’un panneau de dallage bordé par des joints
doit avoir au plus 7 m en diagonale. Cette dimension est un maximum.

Evaporation de Zone subissant le retrait plastique


surface Fissure par évaporation de l’eau de
surface

Sol de fondation
Zone profonde du dallage ne
subissant pas le retrait
plastique car pas
d’évaporation possible

Fig.2 : Retrait plastique d’un dallage : fissuration en absence de joints de


retraits

Zone subissant le retrait plastique


Joint de par évaporation de l’eau de
surface
¼h

1,5 mm
h

Sol de fondation Zone profonde du dallage ne


subissant pas le retrait
plastique car pas
d’évaporation possible

Fig.3 : Retrait plastique d’un dallage : les joints de retraits « remplacent les
fissures »

4.3 – La Cure

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Appliquer immédiatement après prise un film de cure. A défaut, surtout si le
temps est chaud et sec, ou très venteux et sec, humidifier abondamment la
surface du dallage. Protéger cette surface par une bâche.

5. NOTATIONS
5.1 - Majuscules romaines

As = Somme des aires des aciers tendus


A’s = Somme des aires des aciers comprimés
Eb = Module d’élasticité du béton
Es = Module d’élasticité de l’acier = 200 000 MPa
FP = Fissuration préjudiciable
FPP = Fissuration peu préjudiciable
FTP = Fissuration très préjudiciable
G= Les actions permanentes (Poids propre, Charges d’équipements fixes,
poussées des terres de l’eau etc.)
Q= Les actions variables dans le temps (charges d’exploitation,
d’équipements mobiles etc.)
Mu = Moment fléchissant de calcul à l’ELU
Mser = Moment fléchissant de calcul à l’ELS
Nu = Effort normal de calcul à l’ELU
Nser = Effort normal de calcul à l’ELS
Vu = Effort tranchant de calcul à l’ELU
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Vser = Effort tranchant de calcul à l’ELS

5.2 - Minuscules romaines

f cj = Résistance caractéristique à la compression du béton à j jours


fc28 = Résistance caractéristique à la compression du béton à 28 jours
f t j= Résistance caractéristique à la traction du béton à j jours
fe = Limite d’élasticité garantie de l’acier des armatures
fsu = Contrainte limite de calcul à L’ELU des aciers
fbu = Contrainte limite de calcul à l’ELU du béton comprimé
ls = longueur de scellement droit

5.3 - Minuscules grecs

u = Profondeur de l’axe neutre adimensionnée à l’ELU (appelée aussi


hauteur réduite)
st = 10‰ = Allongement maximum relatif des armatures tendues à l’ELU
se= Allongement maximum relatif des armatures tendues dans le domaine
élastique.
s = Allongement relatif des armatures tendues
bcmax = Raccourcissement maximum relatif du béton comprimé (3,5‰ à l’ELU)
bc = Raccourcissement relatif du béton comprimé
u = Moment ultime réduit à l’ELU
ser = Moment ultime réduit à l’ELS
bc = Contrainte limite de calcul à l’ELS du béton comprimé
bc = Contrainte du béton comprimé
st = Contrainte limite de calcul à L’ELS des aciers (sa valeur est fonction de
l’état de fissuration imposé par le cahier des charges)
st = Contrainte des aciers tendus
= Elancement des poteaux
 = Contrainte de cisaillement du béton
s = Contrainte d’adhérence du béton
su = Contrainte d’adhérence du béton pour le calcul à l’ELU

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