Vous êtes sur la page 1sur 198

�USINE

Le supply chain
management
>>EN 37 FICHES-OUTILS<�
Ln
111
=>
•••••••m

1
1 1
111 /

1-
Ln
Tout le catalogue sur
www.dunod.com

ÉDITEUR DE SAVOIRS

Le pictogromme qui figure ci-contre d'enseig nement supérieur, provoquont une


mérite une explicotion. Son objet est boisse brutale des ochats de livres et de

®
d' olerter le lecteur sur Io menace que revues, au point que Io possibilité même pour
représente pour l'avenir de l'écrit, �---- les auteurs de créer des œuvres
particulièrement dans le domaine DANGER nouvelles et de les foire éditer cor-
de l'édition technique et universi- rectement est aujourd'hui menacée.
taire, le développement massif du Nous rappelons donc que toute
photocopillage. reproduc�on, partielle ou totale,
Le Code de Io propriété intellec- de la présente publication est
tuelle du 1er juillet 1992 interdit LE Pl«JIOCCff.l.AGE interdite sans autorisation de
en effet expressément la photoco- TUE LE LIVRE l'auteur, de son éditeur ou du
pie o usage collectif sans ovtori- Centre fronçais d'exploitation dv
sation des ayants droit. Or, cette pratique droit de copie (CFC, 20, rue des
s'est généralisée dans les établissements Grands-Augustins, 75006 Parisl.

© Dunod, Paris, 2012


ISBN 978-2-10-070809-3

Le Code d e Io propriété intellectuelle n'autorisant, aux termes d e l'article


L. 122-5, 2° et 3° a}, d'une part, que les «copies ou reproductions strictement
réservées à l'usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective»
et, d'autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d'exemple et
.....,
..c d'illustration, « toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite
Cl sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est
·;:::
>­ illicite » (art. L. 1224).
a.
0
Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constitue­
u rait donc une contrefaçon sanctionnée par les ar ticles L. 3352 - et suivants du
Code de la propriété intellectuelle.
Remerciements

Cet ouvrage est le fruit d'une coopération privilégiée et dans la d u ré e avec un nombre
important d'entreprises, en particulier dans le cadre de missions de conseil et de pro­
grammes de formation continue. Nous ne les citerons pour éviter le risque d'un oubli
mais elles illustrent d e manière très professionnelle dans des secteurs industriels et
d e distribution variés leur engagement de progrès dans la Supply Chain. Nous remer­
cions ici très chaleureusement leurs d irigeants, leurs responsables Supply Chain et
logistiques et les responsables des universités d'entreprises et de programmes d e
formation dédiés aux fonctions Supply Chai n, Opérations et Logistiques qui nous ont
fait et nous font confiance.
Nous remercions aussi nos jeunes étudiants dans les institutions académiques dans
lesque l l es nous intervenons et qui par leur degré d'exigence et leur curiosité sti­
mulent notre propre dynamique.
Les auteurs par leur profil hybride incarnent l e lien entre les pratiques développées
au sein de ces entreprises sur des périmètres étendus et ce, à tous les niveaux de
l'organisation et la conceptualisation de démarches qui ont prouvé leur efficacité à
créer de la performance.
Le Supply Chain Management est désormais reconnu comme un domaine de création
de valeur riche d'opportunités. Nous avons conçu cet ouvrage pour aider tout acteur
impliqué dans cette d émarche vertueuse à concevoir mais aussi à implémenter des
solutions adaptées à son contexte d'entreprise. Cette double approche permet les
transformations attendues.
Notre conviction profonde est que conseiller et former sont les mêmes facettes d'une
responsabilité managériale que tout un chacun se doit d e faire vivre. Ce livre a voca­
tion à vous faire partager cette posture.
Nos derniers remerciements sont destinés à nos familles respectives qui nous sou­
tiennent sans faille dans nos vies professionnelles, dont la commu nauté Supply Chain
et Logistique con naît le niveau d'implication.

"O
0
c
::J
0
'<j"
.-i
0
N
@
.......
..c
Ol
"i:
>-
0.
0
u

-5-
Avant-propos

La fonction Supply Chain s'est très fortement professionnal isée au cours de la der­
nière décennie et tout montre q u e la prochaine décennie ne fera que renforcer le rôle
et la contribution des acteurs de cette fonction au sein des entreprises. Cette montée
en puissance est liée a u x enjeux portés par la fonction tant au niveau de la création
de valeur générée a u niveau des clients et des marchés que celle intéressant les
actionnaires. Dès lors les objectifs confiés par les Directions générales aux patrons
Supply Chain sont de plus e n plus exigeants année après année.

Pour atteindre ces objectifs, l'amélioration de la performance globale de la Supply


Chain et l'atteinte de l'excellence de la Supply Chain passent par la capacité à maîtri­
ser la palette des outils qui sont aujourd' hui à la disposition des professionnels de la
Supply Chain. C'est l'objet de cet ouvrage que de présenter l'ensemble de ces outils et
leurs conditions d'utilisation.

Nous sommes entrés dans l'ère de la «juste va l e u r »et notre approche est réelle­
ment sélective. li s'agit de mobiliser les outils pertinents pour une situation donnée et
c'est pourquoi il faut d'abord bien appréhender l e contexte au sein duquel ces outils
peuvent être utiles. La palette des outils à la disposition du Supply Chain Manager est
vaste et il est essentiel de prioriser. C'est pourquoi nous avons lié leur util isation à
l'objectif d'accroissement de performance de la Supply Chain en lien avec les objectifs
business, ce qui constitue le fond du dossier 1.

La Supply Chain met en œuvre et utilise de nom breuses ressources. Par conséquent,
anticiper leur dimensionnement et les piloter est crucial pour répondre aux besoins
des marchés et ce, dans une logique d'optimisation économique et de respect de
l'environnement. Le dossier 2 est centré sur la planification tactique des ressources
et des moyens.

Si les deux premiers dossiers sont centrés sur la conception et la planification, la


performance de la Supply Chain s'apprécie au moment de l'exécution des opérations
et de la délivrance du service sur des volumes de transaction souvent considérables.
Au-delà du respect des cahiers des charges service, l e 0 accident et la productivité
maximale des ressources humaines et techniques sont des enjeux essentiels. C'est
"O
0 l'objet du dossier 3 qui constitue l'atteinte et le maintien de l'excellence opération­
c
::J
0 nelle dans les opérations logistiques.
'<j"
.-i
0
N
@
.......
..c
Ol
'i:
>-
0.
0
u

-
6 -
L A BOÎTE À O U T I L S P R AT I Q U E D U S U P P LY C H A I N M A N A G E M E N T

L'a mélioration continue est un enjeu important pour s'assurer du bon alignement des
pratiques Supply Chain avec les enjeux qui l u i sont confiés. La définition des niveaux
cibles de performance doit s'appuyer sur u n diagnostic pour évaluer les composantes
des business modèles Supply Chain e n place et évaluer les montées e n puissance de
certaines dimensions. Le dossier 4 fournit des outils pour structurer et déployer ces
diag nostics sur les composantes clés mais aussi pour capitaliser sur les mét hodo­
logies et développer de véritables bases de connaissance.

"O
0
c
::J
0
'<j"
.-i
0
N
@
.......
..c
Ol
'i:
>-
0.
0
u

-7-
Sommaire
Remerciements . . . . . . .. . . . . .. . . . . .
. . .. .... .. .... .. . .. ....... .... .. .. . .. ....... .... .. .... ....... .. . .. .. . .. .... . .. . .. . 5
Avant-propos .......................................................................................................... 6

Dossier 1 Définir et mesurer la performance globale


de la Supply Chain ............................................................................. 12
Outil 1 Service Level Agreement (SLA) 16
..................................................

Outil 2 Fiabilité : On Ti me l n Full (OTIF) 24


.................................................

Outil 3 Réactivité : Lead time .. . . . . . .. . . .. . . .. . .. . . . 28


. .. .... ....... .. . . ....... .... . .. . . .... . . .. .

Outil 4 Fiabilité des prévisions des ventes 34


...........................................

Outil 5 Cash to Cash Cycle Ti me 38


.............................................................

Outil 6 Stock 40
.................................................................................................

Outil 7 Utilisation des ressources critiques 48


..........................................

Outil 8 Coût global de la Supply Chain . .. . . . . . .. . . .. . .. . . .. .. . . 52


. . . .. . .. .. . . .. . . . . .. . . . ..

Outil 9 Impact de la Supply Chain sur l'environnement.. 56 ..................

Dossier 2 Maîtriser la planification de la Supply Chain ....... 62


Outil 10 Prévision de la demande 64
.............................................................

Outil 11 Sales & Operations Planning (S&OP) Plan industriel -

& commercial (P/C) . . . . . . . . . .. . . . . . . . 70


.... .. .... .. . .. ....... .... .. .. . .. ....... .... .. .... . .. .

Outil 12 Phase ln/Phase Out .. . . . .. . . .. . . . .


.. . . . . . . 76
. .... .. . . ....... .... . .. . .. ....... .... .. .... . .. ..

Outil 13 Distribution Requirement Planning (ORP) 78 ................................

Outil 14 Vendor Managed lnventory ( VM/) Gestion partagée -

des approvisionnements (GPA) 80


..................................................

Outil 1 5 Master Production Scheduling (MPS) Plan directeur -

de production (POP) 82
.....................................................................

Outil 16 Material Requirement Planning (MRP) Calcul -

des besoins nets (CBN) 88


................................................................

Outil 17 Transportation Management System (TMS) ........................... 92


Outil 18 Warehouse Management System (WMS) ................................. 98

Dossier 3 Maîtriser l'exécution de la Supply Chain ............... 102

"O Outil Ordonnancement centra lisé


19 106
.......................................................

0 Outil Gestion locale des files d'attente


20 110
c ...............................................

::J Outil Gestion en flux tiré (Kan ban)


21 112
0 .....................................................

'<j' Outil Productivité des ressources logistiques


22 116 ..................................

.-i
0 Outil Sécurité . . . . . . . . . .
23 . .. . . . . .. . . . . 122
.. .... .. .... .. . .. .. .... ....... .. . .. ....... .... .. .. . .. .... .... .......

N
Outil Coûts de transport cible
24 126
.............................................................

@
....... Outil Coûts de transport (FAP, Freight Audit & Pa ym e nt) ............ 132
25
..c
Ol Outil 26 Appel d'offres logistique 136
.............................................................

'i:
>- Outil 27 Négociation des contrats avec les prestataires
0.
0 logistiques 140
.......................................................................................
u

- 8 -
L A BOÎTE À O U T I L S P R AT I Q U E D U S U P P LY C H A I N M A N A G E M E N T

Outil 28 Transportation Management System (TMS) .......................... 144


Outil 29 Warehouse Management System (WMS) ................................ 148

Dossier 4 Diagnostiquer et améliorer la performance


de la Supply Chain .......................................................................... 152
Outil 30 Méthode de résolution de problème ....................................... 156
Outil 31 Value Stream Mapping ................................................................ 160
Outil 32 Analyses ABC ................................................................................. 164
Outil 33 Standard de stock ......................................................................... 170
Outil 34 Grille audit/Pyramide de maturité des bonnes
pratiques ......................................................................................... 174
Outil 35 Grilles audit de compétences .................................................... 180
Outil 36 Système d'amélioration continue d'entreprise ...................... 184
Outil 37 Modéliser un problème logistique/Supply Chain .................. 188

Acronymes et équivalents Français/Anglais .............................................. 196


Glossaire ........................................................................................................... 198

"O
0
c
::J
0
'<j'
.-i
0
N
@
.......
..c
Ol
'i:
>-
0.
0
u

- 9 -
La boîte à outils,
Mode d'emploi

Les outils sont


classés par dossier

DOSSIER DOSSIER

2 2
ctk1sions esSf'l'ltle!SH qu• S<N'1 prrws dans le cadn Ot œ prOCl"SSUl!I dol�nt prendre
err COf\Mdffation &e teu ck- controllntnqlQbales. Vn dt-s pi'OCl!"SSU'i �lm souvt-nl
m.tt tr�•itlê. sous·nt� l'i lornwisf �le processu s Phot)(' tri Phr..e O ut Coutil 12)
QI.li con<:erne ''inhodudion des nouvtault produits et 1'61�1on dn rflêf�cn
arti<:lfl qut M 54' Y.ndtnt plus. les en trepri ws lnl'lO"lfllts sous .., l)fession Wnf­
llQUf du markt.otk'IQ i1'troduisHlt � nouorNUx proOURs QuicompW!-111..,nl la �fion
de � Supply Chain .à tous � ntvNux. La r.illOl'lolliwl:t<>n de!. QcWTlmt'S bl foui au�
ll'JIOO(t..-.lt pour smo&if•tf l'Hok>ilat•on de loi Suppfy Ch.fin.
Ctttt demande��.itlff à 1a ma.lie rittr"enct sur un hOriZon OIU$ court.� oPf­
ratlOl\l'let cen � œ rcmtre 0t Il wmaintsJ par ..- procesws dt' prfvi'$IOl'I MVlflltt/
expédition. Ces pr� pwmettenl de camp� if bedtloQ fdfmande non sef'fte)
pcvr aU&nt" une vfsllilf l wnl$o)ntt ..... proc� dep&anif1C41Uor1 opb-atWJnnellt. �
� en reYUt .. proce\SU1 œ planif1wbon QUI prfwtont If'\ opfrat� :

OUt
·
If' processus ORP !outil 13) dHt..W à pllnlflef lts rhpprov•sionnements néc:H
�ei dar\s le rfwau de dtslrlbut1on .

P
atteindfe un rwut niveau dt perlo/tl'WlnC• pour la SUpply Chain sek:ln les ie processus \l'Mt (Olrtd 14) QUI permet de routiniser et d'encadrtt le5 fit.lx de
d1ntrtnts trllikes Oioflt'll-s d.\ns � douM-r 1 un dn MP«U. majt'Urs est lie rNppcovt\ionl'K'mcnt rt't}uhtrs cntrr 1.111 lovr� et� cle1\I :
oaranfll" 6t INW\ÏN� Df'tfNl"ltnlf l'�udibtf> fl\trf> la <Nr9t OINrfe p.ar la 1« proceuus MPS 1out il 151 germettant dl: pl11110cr leS �ntitn d PfOdurv PQ<Jt
�� � ln capacttk Of la Supply Ch.tl"- Qdfardlr r�nl V'l\•à-vtS du diMI;
Cet l<Quilibrt est réali� '* \in � de: proces\tJS dt plM'I ne.tian spktfoqoes � j)l'oc.ts:s.uS MRP Coutil 16} oet"mett.tnl de plaod1tt 5es OfClfft dt PtOduc.tlon et
wlon l'hOr•.ton et le nivea"' dtdfl1'ilreq.1tdn. CesptOC� lor>ctionrlenl �manitre crapgrov�t PCMM" tHPf<lef les Qwnl.•IM • prochnre du MPS.
top oown tt s'1rnbr1Qutnt lei um dans les a ut rr.; wlon IM'1e loQIQue eaenhQi.». Les Au-ctetà du ptOCM5US de plGn ncatioo ntlrarcW tt'I Qt;"t'XPOW Ct-OfSSU','\Jr't œttatn
1�1.ats du proc.ssvs dfo mVNu 1 wnt ctft.-114s par i. t'llVNU 2 "" motMttsant des nombre de.' DfCKf!'4',.WSC�-� �

LES OUTILS
lntormattOnS plus dit• B"1; tt phn prochM dt> ce ql.if' wra la''*' dU bnoif'I dltnt lout â fa•t ei.sentiels. (n D1rt.::ulief" nous
La dff1n1Uon � hOfizon� de pi.tnmutio n e'SI Mrktetneflt fond.tmentale. Ouf> l'on .wons ponf not,. attention sur tt-s llfoeti
soit 1t.1 'livNl.I lac:I� OIJ OPCH.tioMel, J'horllon est: dtlin1Pifleôtl•1•li11\iw'" sus Ot plan lficaOori 0e1 traruporls CTMS.
Qt\IVr• oe dfoc� port.nt sur ltS oq.ts its plus: cr1tiqws (tourntsW\ll'S. compc,. outil m et cM!S opfratlons dfl m.ll'Wlenhon ·--64
sants. matltrH. opHat'°"s t�hnlqurs...)_ n PNf 1"ao r à "tw11on tactique du dft.11 et cfenlr� <WMS. oul11181. Ces pro­ Sales & Operatlons Plan nl nq (S&OP) - Plan
d"approv.�t dC' Cef'tdtll<'S Olatières prcmièfM ou composants ou du dQl.11 dt Ces1UI comoieterit de ffW!iète trts utile i. indusirit>I & commercial (PICJ-... ········--·-··-·-··10
mob hwlion de ttsSOurc� Co6PfC:1letifes comp�.tifes.. etc\ rhafuon optratll)l'lnrl S&OP cz...i f'St tn prfl?l'er Utti or�lt �s
Of d&IS ltchtl•Qutl mcompreulbl tS lies au proceu dt produdiOtL 1;; Pha� ln/Phast> Ou t -····---·- ················--···---16
e capaciti!. irldus trltllH t'l les btsœl' �

ron tact1 Qi.1t "" Qlfnftal dt r0tdtt'0e l8 mois> à une m-. COMOhdtt tlarnile pro·
lt procf!.SUS Sites & ()peff;!IOl'\S Plannmq <s&OP. outd 11) Qarillt•t l'IQU1bbrt à1 l'IOn­ appr'�s..lts Ottachentlap&ant­
lier d'ul'lt part les ressourœs de transoort 14 Vtmtlor MMJagetl lnventory {VMI) - GestlOfl
duil S* #IOb.) dt monittt qlobale pour uoe èJdMtt. � � f:'I Cllimtntf par par déflnfUM r t .-Scooteuses. C!t «a c«Ulnes partaq� des approv.sionnements {GPA>----BO
un prQCe5.su) de prtvo.on œ w defNndt> <oc.itil 10l qui a a. mfme maille owu� 1c11 ptrlode\ dt l'année en dêf1c1I df UrPiKltf
Ot'rrinde l)l'fvtsionne flt dK marc.._ Ot ractivJt,_ U dllln.tion de ia rnttllt Cf•é­ <oéti oat t"StJyatt>. 0t taif• i.s tJoros cnooi 15 Masler Procrnction Scl'leaulinq (MPS> -
oation MS; proctutts sous torrM de t""'61ir.s s&OP Hf lmt>Ot1bl\W car tllfo condtltoMt eri tHMes Gt' modes dt transpon et d'QPlt· Plan directeur de prodlJctîon (POP).--·-···-·--82
11 ONUnencf des proce�Std oe planUkaflon et lel.lr ulllitt. la plus ou motns qtande' "'ser � pott�ullft'> � 1ran!rl)Ofle1.n M 16 Ma'!tt"ial Requireme nl Plandr.Q {Mf?P) -
l.dm" Oe 1 1 mise en œuvre de ces l)l'Ot.nst.s et ltur li.dMl1tit. d'.k!Ue �I tt'$ up.teft� dt 1.lotkac)t t'l Cacul des bt'�ns nets <CBN)•..........-·--·-···-··-···- 88
l� proce-sSU1 tact1ql;M iont londamitnraltrnt1lt dn prOU"HU5 coflabora11fi, Ct'll lts 1l"IO\'tn5 de m1nutenUori ahn d"lnt•ciott
17 T�nsportation Man&Qimienl System (TMSl ·---······92
sionttie QI.If ltur botlM Hlc ution et te ur PHlotmanc. d� oe la qua11tt! de lts stOCkaQt'S dt ct4bord ak>N Q.... CH °*
rimplcebon des part1e1 prenanl.H Dans une enlrtpt•sto lnchnlr"ne et COl'Nl'Wlf'ciaie. r1it� O'entrtPQSaQf' sont tt p1us souvent
ouasltnent toutes lts foncuons dk dOh'ent Plrtx:i� ai proceuus S&OP c... les sous-tratlées.

62 63

Un menu déroulant
"O
0 des outils
c L'intérêt de la thématique
:::J
0 vu par un expert
'<:!"
.-i
0
N
@
.....
..c
Ol
ï::::

a.
0
u
L A BOÎTE À O U TILS P R AT I Q U E D U S U P P LY C H A I N M A N A G E M E N T

OUTIL Distribution Requirement Planning OUTIL


(DRP)
Pourquoi l'utiliser 7 <t.Dt 'W�'*'"'""�*'­
p� dsV thtto.AiOr\

\
La représentation U$ Dt l'LAN nCAttON DE LA D $Tii BUTION
0
'
"
0.:--.•,.,,. --et\�'XAft tJft� •l CottMRs
ITS DANS UN RtstAU l.DGIST Q\I[ COMPLl:xt aotll'lf';N•�.,,.�
visuelle de l 'outil "*',.,.."'•�t"•endllf'tlh
) ��Nl '"'°"ft�tl
Ott _.�\\ __...,, 6r t.11 •·•r-.i...,,
·�-�..�--� f!W\l'.!<•'tvr. 'Pl�.,. ftf'lll" dt
""�lCCM"tWf .... ""�"' dt\lt� ...U:t1'°"'4'1i��
.
.,. .... 11 ...... .. dftlt_ , ..... �,...,,_tJf�I(•
Contn1•
t<:W'......,"'�-..�··ftlOi"" Une signalétique
,. ON ttH� Il' t� Ci! Ill dt ,ffootM
le Ol'�1 OllO "' "'Mtf lerlOA If
,....... ,.�, ""-'... CotnoOrl• .-.:�
��...._,..,.,.,..tOI\.,_,
lo:Jf'IQ.ll'Of'K�....'°"''.atl'ft��
...
claire
,.,...,.,,ôt.OC.llilOtOff�Ol"*'rt .,.... � t11 '°""'
""poi:i..11h ·�- tller'tt es.nt
"" .... &rh tW1 •....,. ,...,..,h.
l• �"°'-n.M.4 OI" nt "°• � tt Jiii(' ft
141irwftlt,.......,<Â<lfl�ft)f�ir­
"""" .. "•100f�lttM�fft·H
'°"'(ftff�l(lil'I··�
-· ...

--·­
,.� ........ �
.. Comment l'utiliser ?
Les apports
-
,,.....�... twttc...
..
de l'outil
Ot'""" '"""' �.. "'•""" dn
,_,,.,., Ott'7W...
') .. (� �. IOVU' 6":!1
�ICt'!�At-ctt•�t

t) l'JIQlfC!l'\flfMllilo"�tc,,..._.DOroit
>,.. ll!'KlOf'\. tT.iMODJ\ t.t-Ml

' '"�,.,. .. .
!
[nrfwN
l•C>Y'�... �J.���t� .... ""'"'""""'
. Ot'!WIC"t,,...M!Mt�... � ...'°"..,

,.,.
t>Ï ;':: ':, ':::..
....... ,�f'�l/OOl�t
f'JttlM $ \1 dittmt.r�;,.. ll't\I!"t .aJ ltl...... thI'\ ff'fla.I M
•''- ''°"� AOvl C6lll dttl'NM lte't. prcm�' � ..... �
-: r,_�
IOt""'...-.i°" 111\.,_"WK\I 11110foi'.lt�ev�""''°'"'°'

JllllarJIW � ..... -�M-����MWtl'ft


�·
.. r4<•u•n«�"iho"t

,,
>ta#t••rfCllOtCJlft�..t.

-
............. � .. d���itoorô<••� l Uiojl':l•f"Clllt•• ..... ..
""'
.. .. .....

SoP'ltkttlOt,...,.fl' irltgir"""'°"o.i..�--*'� J �':�;�.'=�""":. .....


] ••Oft--1Gt�
'""won ID��""'.., tt� PM.Wl m....u flC«* .... "'"'"" t"""·· °"' .... .....,
Mft,...,.. ftllto��� ..... Ufl.�0. L. Jl'�iot ......... ...
,�,
...,
...... . ·�'""""�-·

·l'i·

L'outil
en synthèse

OUTIL Grille audit/Pyramide de maturité des


bonne rir..+iquec:

APPROFONOISSEMtNl Matrices de scorinQ

OllK NLfkft Of �,,. ,_,,,.. mrv. ·n


Avec
... '°"' dkW1. .afNnltl ., .......
'* t'MmO (lf'I ICW't '°""""'dll'tt't\i"'C

OCKlllrS Ill' Nr••f «ift'W'I'» If' �-. des exemples


tHNllC""'.,..,..
commentés

-· -· -·
...... ,OHN#f -- ·--
w..r .....t.- .. ..-... .
��--=-
..... S....0-W�"-'
-
..... _
..

Un approfondissement -- 107� ..... ·--


-- - -
...

"O pour être plus


-�w..., �..,,........
...,,.,__p..,..
--·
0
...
...� ...
c opérationnel 111l1•Mtnllw. •tM�OtOt-C'_...,,._., •flttf((��o., ·,.-.f9 � ....
:J
-
............ ......
.
. ·-- ....... .
_ :l'�l<-'fftlh.,.... � """ ""'1""""' �o .. ., Ofl(f'iWI
0 _.._ ,.,...�.a. _........ )lnPttl'Jl�ta.�i��
.. .ot'dOf Wfl.,, ··�Jlt IUM'ltU �
�'.l'in,
.. ��.,..., ....,..,.,. °""""
'<j" ""°" �- •fl':f""' Pl\'\- �IOM �nqff\&Oll:

., <f'ftf """"""""' �\ Qo�


M """'lrtt'IO °" "'"'ff) ft ... ..,. 'l"Xat<t'I )LHllfOO'Afl'll'llllf'l�1"'11�V.,.,t·

t
....,i•wl'IQOOr.a.."1'Wlfi•tt�eM
0 mtotJ.ft U'\ !�C)..lf'l 411',.. � "'X.WOft�� ... tol.lfO'\\lf(,...
N f'llQllMJOUl'.)�illop!"t.M�Oit\

@ 1;��� -=::=�
CCluOlln�Clrtflt. flH'.cvT""�°*"'-�
(1'1pt'OOl'�conc-�

t dt...,_
··�°"�'�� in_.....d��Chltr,
.....
1
'-'""�*'�� ..,·�- � ....,Ce»�� ...... ...xtf'!lf ..
qffiO'�tu• ....·�· • "" "'"'_...... ., brM.ti!Kll'

J:: •Nur1tlkiitltfl1"tP'W'�lkftfl't' <omoat!f' flÜl\lll)Nat COUlllN' l!f'°NI ....... .. . ....


, ;Mf.(n�tll'"�
Ol Sllr �""6•C•�wll "' ..., f ,
...
fflf•iOlrN'f'ftOl\�ilt ....... COit
dt�Wf�l("""Ml .. 0!9't0t
6!!'firu,.•po.10fpl(lrtf•�tktMQY
.. ""'""••iltfliOMiDnil�t .
. .... Chi.....,f.k.,..�!ilf..n.•
ï:::: ...,. \lflt1�� .. t11""°'°"fi\• .,. 4'ficW Ot �Of' ..... MM dit't
Ol.toill°""'"' ....
�CIO'>#iirlJI.,..
Or.At Low(-.i.., ocv dlll a..lln
• "' ft�4'"1n ......._
�ft�ft�
. .. °" �

>­ �d .. ...,. .. zi'MCI\..,.� 911)1,..,......._ c..


r .i•- •'l'SP'f(ll'tfCMtr�(��"""f"'lrl
a. �... l"f'orl,fçf"llJ� ......r.t J '°"''""""'".,,.......,ik�
0
u

-l79-
DOSS I E R

L
e Supply Chain Manager occupe désormais dans les entreprises une place
reconnue et dans les organisations les plus avancées un positionnement au
plus haut niveau a u sein des organes de gouvernance et de décision. Cette
place est sans aucun doute le résultat des enjeux portés par la fonction Supply Chain
dont les Directions Générales ont parfaitement pris conscience, mais aussi par une
extension de son périmètre sous l'influence de facteurs macro-socio-économiques
au titre de la globalisation, de l'accroissement du coût des ressources énergétiques,
de la prise en compte des problématiques environnementales o u encore des consé­
quences d'une production industrielle ou de transports non maîtrisées présentant
des risques potentiels majeurs sur les populations.

Le Supply Chain Management peut donc participer potentiellement à un champ


étendu contribuant à la performance de l'entreprise. La notion de performance doit
être impérativement précisée par les objectifs poursuivis. Notre conviction est q u e
l a fonction S u p p l y Chain est p l u s q u e toute autre fonction au service d e s objectifs
business de l'entreprise. Les origines du Supply Chain Management à travers la
logistique militaire, fonction historique d'intendance des forces armées, rappellent
"'O
0 ce positionnement de soutien des activités principales de la chaîne de valeur. Dès
c:
::i
0 lors il est essentiel e n premier lieu que le Supply Chain Manager ait sa lettre de
v
..-! mission précisant la priorisation de ses Objectifs parmi a priori les 5 objectifs pos­
0 sibles suivants.
N
@ Le service : le niveau de service est formalisé par les cahiers des charges service
.....
.r: ou SLA (Service Level Agreement/outil 1) qui constitue contractuellement une pro­
en
ï::: messe aux clients. C'est l'inducteur essentiel de tout système Supply Chain et la créa­

a. tion de valeur la plus visible et potentiellement perçue par les clients. Le respect du
0
u Order-to-Delivery lead time, la fiabilité de l'exécution des opérations, la disponibilité

12
DOSS I E R
des produits, la fréquence de livraison, la flexibilité des quantités l ivrées, la réac­
tivité (outil 3), les conditions de livraison, les embal lages et la taille des condition­
nements, l e VMI (Vendor Managed lnventory), la traçabilité des comma ndes et des
produits sont parmi les éléments de service comme perçus par les clients comme
essentiels.

Les coûts opérationnels (Opex) : les coûts strictement logistiques représentent


e n moyenne près de 8,5 % du ch iffre d'affaires et les composantes de coûts les
plus importantes sont le transport, le coût financier du stock et la manutention­
entreposage. Dans une approche end-to-end d'une Supply Chain étendue, la prise
e n compte des coûts de sourcing, des opérations industrielles et du recyclage des
produits en fin de vie fait monter l'enjeu des coûts à des valeurs de 20 à 40 %
selon les secteurs industriels. U n enjeu i m portant est de pouvoir mesurer le coût
sur l'ensemble de la Supply Chain ce qui suppose une réelle transversalité des sys­
tèmes d'information permettant de tracer les opérations élémentaires et les coûts
associés. Le coût de la Supply Chain doit être appréhendé de manière globale ce
q u i est développé dans le cadre de l'outil 8.

Les stocks (actif cyclique/Working Capital) : i l s pèsent lourds e n termes de besoin


de trésorerie et représentent des coûts importants. De plus, un stock n'est pas tou­
jours une réponse satisfaisante en termes de disponibilité des produits et plus leur
niveau est élevé plus l'écoulement des produits dans la Supply Chain est long. Or,
accélérer les flux pour rapprocher la demande ( D e m a nd Side) des sources de pro­
duit (Supply Side) est un enjeu essentiel pour répondre au mieux aux besoins des
c l ients. Par conséquent la rotation des stocks représente un enjeu essentiel. Les
outils 5 et 6 traitent de ces enjeux liés a u x stocks.

Les actifs (Capex) : la Supply Chain s'appuie sur des actifs lourds tant au niveau
des infrastructures que des su perstructures. Les capitaux e m ployés pour les acti­
vités industrielles (usines) et logistiques (entrepôts, plateformes de distribution,
flottes de camions, installations portuaires, ferroviaires ... ) financent des actifs dont
la rentabilité intéresse au premier chef les actionnaires et les investisseurs. S i la
production industrielle est bien perçue comme créatrice de valeur ajoutée, il n'en
est pas de même pour les opérations logistiques. Le dimensionnement au plus juste
de ces actifs et l'optimisation des capacités installées constituent des enjeux essen­
tiels surtout quand l'instabilité économique prédomine. C'est pourquoi l'anticipation
et la planification de la demande est essentielle pour défi n i r les capacités des outils
industriels et logistiques et aussi pour dimensionner les stocks saisonniers et de
sécurité. L'outil 4 est consacré à la fiabilité des prévisions de la demande alors que
"'O
0 l'outil 7 traite des ressources critiques.
c:
::i
0 Le respect environnemental : c o m m e l e montre l'outil 9, les entreprises les
v p l u s avancées et surtout les p l u s res ponsables ont b i e n pris conscie nce de
..-!
0 l ' i mpact d e l e u rs opérations industriel les et logistiques sur l'e nviro n n e m e nt a u
N
@ sens l a rge : p o l l ution d e l 'a i r, p o l l u t i o n sonore, détérioration voire transforma­
.....
.r: t i o n du paysage, épuisement des énergies fossiles... Ces entreprises ont i ntégré
en dans l e u rs objectifs stratégiques des c h a rtes HSE (Hyg iène Sécurité Environne­
ï:::
>­ m e nt) dont e l l es font dans certa i n s cas une priorité a bsolue d a n s une l o g i q u e
a.
0
u de l o ng terme.

13
DOSS I E R

ROI/ROCE Satisfaction client

CO ÛTS

Actif circulant Compte d'exploitation

Ressources énergét1ques
t mission C02

Ce sont ces 5 axes qui constituent les contributions possibles du Supply Cha i n Mana­
ger aux objectifs de l'entreprise. Défi n i r la performance de la Supply Chain consiste
donc à suivre les étapes suivantes :
identifier e t sélectionner les axes contributeurs à la stratégie de l'entreprise ;
prioriser ces axes retenus ;
définir les trade-off entre ces axes c'est-à-dire les jeux de compromis et d'équilibre
entre ces objectifs qui par défi nition sont a n tagonistes (par exemple : service vs coût,
stock vs actifs, service vs environnement...). L'obtention des optimaux économiques
s'appuiera sur une modélisation des fonctions de service et de coûts ;
• choisir les indicateurs de mesure perti nents pour chaque axe contributeur ;

définir les Objectifs à atteindre en s'appuyant éventuellement sur un benchmark


ou un référentiel ;
• formaliser la feuille de route.
-0
0
Une fois les Objectifs de performance fixés en nature, il s'agit d'en définir les niveaux
c
::J
quantitatifs.
0
v
..-1
0
N
(U)
Une fois la nature de la performance définie, le choix des indicateurs permettant de
..c
......

Ol
·c
la mesurer est critique. Nous recommandons plus particulièrement de :

a.
8

14
DOSS I E R
Défi nir un indicateur de service en tenant compte expressément de la valeur
perçue par les clients à travers cet indicateur. Par exemple, l'OT I F explicité ulté­
rieurement dans ce dossier (outil 2) peut être calculé de multiples façons :
- au global en volume,
- à la ligne de commande,
- à la commande.
Seule l 'approche consistant à interroger les clients (Voice of Customer) pour
répondre à leurs attentes est à retenir et permettra de réellement mesurer la per­
formance. Si les clients acceptent la pratique de livraisons rompues en fonction
de la disponibilité des produits, l'utilisation de la mesure de l'OTIF à la ligne de
commande sera suffisante. Dans le cas contraire la mesure à la commande beau­
coup plus sévère sera nécessai re.
Bien mesurer l'impact du choix des paramètres de mesure Supply Chain sur les
pratiques quotidiennes des acteurs directs (les professionnels de la Supply Chain) et
indirects (les fonctions contributrices à la performance de la Supply Chain par leurs
décisions telles que les acheteurs et les commerciaux). Par exemple le choix du taux
de possession des stocks est une décision majeure par ses impacts sur :
- les pratiques d'achat et d'approvisionnement : un taux bas favorisera la spécula­
tion de manière volontariste alors qu'un taux élevé sens i b i l isera à réduire la taille
des lots commandés et à privilégier les sourci ngs de proximité ;
- l'empreinte des réseaux logistiques : un taux élevé conduira à rechercher la cen­
tralisation des stocks en particulier pour les produits à valeur élevée ;
- les choix technologiques de production : un taux élevé favorisera des petites
tailles de lot et donc la recherche d'une plus grande flexibilité indust rielle pour
limiter les changements d'outils et accroître la flexibilité.
Les Supply Chain managers ont d'une certaine manière de la chance : ils peuvent
appuyer leur management par un niveau de quantification élevée et c'est sans
aucun doute un gage de rassurance mais
aussi de facilitation de la communication
avec en particulier les financiers. Cepen­ S OUTI S
dant il ne faut pas sous-estimer deux élé­
ments clés sous-jacents à la performance 1 Service Level Agreement (SLA) 16
.....................................

de toute Supply Chain : la confiance et la 2 Fiabilité : On Time l n Full (OTIF) .................................... 24


discipline. Définir de manière pertinente les
3 Réactivité : Lead time . .. .... .. .... .. . .. .. .... ....... .. . .. ... 28
. . . . . . . . . . . . . .
objectifs de performance et les indicateurs
"'C
0 associés et mesurer de manière rigoureuse 4 Fiabilité des prévisions des ventes...............................34
c:
:J les résultats o btenus sont les bases de
Cl 5 Cash to Cash Cycle Time 38
................................................

v toute démarche professionnelle en Supply


..-t
0 Chain Management. 6 Stock 40
...................................................................................

N
u 7 Utilisation des ressources critiques ............................ 48
......
..s::
Cl 8 Coût global de la Supply Chain ..................................... 52
'L:

a. 9 Impact de la Supply Chain sur l'environnement ...... 56
0
u

15
Service Level Agreement (S LA)

� CONTRACTUALISATION DES OBJECTI FS DE PERFORMANCE �


f DE LA S U PPLY C H A I N AVEC LES CLI ENTS \

Principales clauses d'un contrat de service

- Objectifs et résultats attendus (respect et amélioration de l'OTIF, du eut off, de la qualité des
prévisions des ventes, réduction des coûts de transport, baisse des stocks, ... )
- Présentation du contexte clients et produits
- Présentation des principaux flux et des processus logistiques et Supply Chain en place
- Définition des KPls
- Définition du périmètre d'intervention et de la prestation
- Définition des rôles et des responsabilités pour les différentes activités
- Définition des données échangées (données nécessaires à la mesure des progrès accomplis,
données échangées de manière routinière versus données partagées de manière exception­
nelle, codification des données, fréquence des mises à jour, temps de réponse et de récupéra­
tion des données)
- Modalités d'implication et d'engagement des ressources des deux parties prenantes
- Modalités de résolution des problèmes
- Résolution des litiges potentiels
- Formalisation des pénalités en cas de non atteinte du service, des règles d'incitation en cas
de progrès et des règles éventuelles de partage des gains obtenus

En résumé
Le SLA est au cœur de tout dispositif Supply Chain cette dernière ayant
vocation à produire du service pour le compte de clients internes ou
externes.
Le SLA définit et formalise les attentes de service dans une logique
d'engagement et d'évaluation. Son élaboration est une opportunité pri­
vilégiée d'écouter la voix des clients (Voice of Customers) et d'étudier
"O les solutions proposées par les concu rrents.
0
c Le SLA est un input strictement fondamental de toute solution Supply
:J
0 Chain en définissant les exigences de service et en induisant le type de
'<j" solutions techniques à mettre en place pour produire ce service.
......
0
N Le SLA peut avoir une valeur contractuelle avec des pénalités asso­
@ ciées.
....... Dans les organisations Supply Chain avancées, une segmentation des
..c
O'l
·;:::: fournisseurs. des produits et des clients peut conduire à définir des
>-
0. SLA spécifiques en fonction du profil de ces 3 dimensions. Cette appro­
0
u che permet un réel Trade-off Service/Coût.

- 16 -

1
D O S S I E R 1 D É F I N I R ET M E S U R E R L A P E R F O R M A N C E G L O B A L E DE LA S U P P LY C H A I N

P o u rq u oi l'u tilise r ? seconde transparente pour se benchmarker


contre la concurrence.
Objectifs
4. Segmenter les cl ients, les produits et les
> Définir le vrai niveau de valeur en termes canaux de distribution pour lesquels les
de service attendu par les clients c'est­ attentes de service seront différentes.
à-dire celui qui répond à leurs attentes.
5. Identifier les bons critères de segmenta­
> Formaliser l'engagement de service d'une tion puis constituer les familles logistiques
entreprise vis-à-vis de son client dans une et Supply Chain homogènes en termes de
logique quasi-contractuelle conduisant en niveau de service.
cas de contre-performance à des pénalités.
6. Évaluer les besoins de service par famille
> Vérifier l'adéquation de la valeur délivrée logistique et formaliser la carte de services.
par le service et la perception évaluée par
7. Formaliser ces besoins en choisissant
les clients.
les bons indicateurs et donner des valeurs
> Définir les indicateurs de mesure du ser­ objectifs.
vice rendu et mesurer les écarts par rap­
port à la promesse. Méthodologie et conseils
> L'élaboration des familles logistiques et
Contexte
Supply Chain de service est une démarche
Le Service Level Agreement (ou cahier des
qui s'appuie à la fois sur des analyses
charges service cl ient) est un moyen de
détaillées (segmentation) mais aussi sur
valorisation de la relation client basée sur
l'expérience et la connaissance des clients
le service rendu. C'est également u n élé­
et des produits pour identifier les bons
ment de différenciation essentiel dans un
regroupements.
contexte de banalisation des produits, de
> C'est une démarche itérative qui doit
commoditisation des offres (pression sur
aboutir au maximum à une dizaine de
les prix) et de réglementation qui encadre
familles de service.
les relations transactionnelles.
> Il faut considérer le SLA comme une
Les SLA ne sont pas limités aux relations
variable d'ajustement qui fait partie de
avec les clients mais aussi avec les fournis­
la relation contractuelle avec les clients.
seurs et les clients internes dans le cas de
Ajustement signifie qu'en fonction d'un
processus de production fragmentés.
.-::: niveau de service donné, le coût de ce ser­

"tl
c
,,-.....
vice sera variable. la notion de modularité
<(
i Comment l ' u tiliser ? du service et du coût associé est impor­ _J
(./)
"'
'"'
tante et se justifie par les conséquences ..._,

......
·�.B Étapes économiques des niveaux de service. c
:l
"' 1. Formaliser une enquête déployée sous > Il est plus que jamais essentiel de définir la
Q)
"O c E
0 0 juste valeur produite par la Supply Chain. Q)
c c forme d'interviews couvrant les attentes en Q)
:J c !.....
0 ._g
matière de service et les positions acquises O'
u
'<j"
...... ..g par les concurrents . <(
0 8 Q)
N c.. 2. Définir les échantillons pour déployer et
� >
Q)
@ � appliquer l'enquête et ce, dans une logique
....... :l
de segmentation cl ients, canaux de distri­
_J
..c � (])
O'l
·;:::: ..:,0 bution, produits, pays. u
>-
0. § 3. Adresser cette enquête en 2 parties : la
>
!.....
0 Cl Q)
u @ première aveugle pour éviter tout biais et la (./)

- 17 - SUITE OUTIL -+
_ Q U __T I L
Service Level Ag reement (S LA)

• L'élaboration des SLA permet de • I l est essentiel d'appréhender la


concevoir une segmentation des démarche d'élaboration du SLA
clients et des produits propres à la comme un processus col laboratif
fonction Supply Chain. associant étroitement la force
• Le SLA est le point d'entrée de choix commerciale, le marketing et bien
et de conception des solutions tech­ évidemment les clients. Ce proces­
niques Supply Chain et logistiques. Le sus a une valeur « éducative » des
trade-off entre service et coût n'est différentes parties prenantes.
possible qu'à partir de SLA formalisés • I l est important d'avoir une approche
et de fonctions de coût modélisées. équilibrée entre analyse/modélisation
Au-delà de la force de l'engagement, et pragmatisme basée sur l'expé­
le SLA permet de déboucher sur une rience.
valorisation économique du service. • Ne pas hésiter à faire des regroupe­
• La démarche SLA permet d'éviter tout ments pour simplifier la carte des
sur-service par définition très coû­ services puis à segmenter plus fine­
teux et tout sous-service ne répon­ ment ultérieurement.
dant pas aux attentes des clients et
se traduisant à terme par des pertes
de part de marché.

"O
0
c
:J
0
'<j"
......
0
N
@
.......
..c
O'l
·;::::
>-
0.
0
u

- 18 -
D O S S I E R 1 D É F I N I R ET M E S U R E R L A P E R F O R M A N C E G L O B A L E D E LA S U P P LY C H A I N

I LLUSTRATIONS d e l a d éfi n i t i o n d'offres d e services


segme ntées : exe m p l e 1

Dans cette entreprise manufacturière qui gence très élevé, la constitution des chaînes
fabrique et vend des produits ophtalmiques a eu pour double conséquence une pression
à destination des opticiens organisés soit sur les prix d'achat des produits et la néces­
sous forme de chaînes soit indépendants, la sité de concevoir des solutions spécifiques
qualité du service est essentielle non seule­ adaptées aux stratégies marketing, commer­
ment pour se démarquer de la concurrence ciales et merchandising de ces chaînes.
mais surtout pour répondre à un besoin Dès lors il a fa llu :
des clients. Fournir un service de qualité > Instaurer une véritable démarche de
est essentiel et d'ordre 1. Après une période t rade-off entre le service et le coût selon
historique marquée par la production d'un le schéma su ivant dans une logique d'opti­
service unique quel que soit le type de client misation des coûts :
et de produit positionné sur un niveau d'exi-

Trade-Off
! '

SERVICE CLI ENT M I N I M ISATION DU COUT


ATTENDU
( ) LOGISTIQUE

· Fiabilité du délai de livraison · Opérations logistiques (production, transport,


Disponibilité des produits entreposage, manutention, pick and pack,
· Fréquence de livraison étiquetage, opérations de post·manufacturing,. ..)
·

· eut off de commande - Possession des stocks


· Service à valeur ajoutée · Systèmes d'information

.-::
;o;
"C ,,.....
c::i > Définir une gamme de services pouvant - la gestion des approvisionnements d'autres <(
� répondre à des préoccupations business produits dans un objectif de consolidation _J
U')
,� des clients en fonction de leur straté­
'-"

.:!l
des livraisons sur les points de vente, -+-'

B:i gie commerciale. Car plus que le prix de - la conception de solutions logistiques dif­ c
(lJ
"'
c:
produits qui certes est important, c'est le férenciées selon les quantités livrées et E
0
c: profil des clients qui induit des besoins par- le type de production sur stock ou à la (lJ
c: (lJ
O'
!.....
0 ticuliers en termes de solutions. Parmi ces commande,
·.i::
u
:l services ont été proposés : - l'optimisation du réseau de sourcing, <(
"C
8 (lJ
c.. - la gestion des stocks à distance et donc - la mise en place de prévisions collabora-
� >
(lJ
leur optimisation en mettant en place tives via des systèmes web,
...... - la mise en place d'un véritable proces­
_J
..c des solutions VMI (Vendor Managed <lJ
Cl 1
sus S&OP (Sa/es and Operations Plan­ u
·;::: -a lnventory),
>­ 0
§ - la contribution à l'optimisation d u réseau ning).
>
0
a. !.....
0 (lJ
u 19 logistique du client, U')

-
19 -
SUITE O UT I L -t
_ Q U __T I L
Service Level Ag reement (S LA)

ILLUSTRATIONS d e l a d éfinit i o n d 'offres de serv ices


segmentées : exem p l e 2

Dans cette autre entreprise présente dans > la fiabilité des prévisions sur la période
la métallurgie lourde et produisant des de consommation et le niveau de visibilité
tubes premium pour différentes industries, sur les besoins ;
le service n'a jamais été une priorité bien > le niveau de connaissance des besoins
que la relation client soit unique car les pro­ des clients et la qualité de la relation ;
duits fabriqués sur commandes répondent > le délai souhaité ;
toujours à des spécificités d'utilisation bien > le nombre de références articles ;
particulières. Historiquement ce qui était
> le type de produits, leur niveau de tech­
d'ordre 1 en lien avec les 5 objectifs contri­
nicité et le risque d'obsolescence ;
buteurs du Supply Chain Management au
> la fréquence d'utilisation des produits
business tels qu'évoqués dans l'introduction
par les clients et le processus de produc­
de ce dossier consacré à la performance de
tion associé soit MTO (Make-to-Order) soit
la Supply Chain, c'était et c'est toujours l'op­
MTS (Make-to-Stock).
timisation des capacités investies eu égard
au caractère très capitalistique de cette En fonction de la typologie de ces besoins,
industrie. Le positionnement premium de une carte des offres logistiques a été bâtie
cet acteur lui avait permis jusqu'à encore et formalisée en combinant des services :
récemment à ne pas porter une attention > standards/basiques à la commande ;
significative ni à la valeur générée par le > une offre dans le cas de commandes
service, ni aux stocks et ni aux coûts logis­ avec peu de références et un haut niveau
tiques dont les coûts de transport malgré les d'exigence en matière de réactivité ;
volumes considérables transportés entre les > le développement de stocks communs de
continents. Or l'environnement économique produits standards pour un pool de clients
plus difficile des secteurs industriels clients permettant des délais courts et des prix de
et l'arrivée sur le marché de concurrents vente compétitifs ;
en particulier chinois et russes ont conduit > la mise en place de prévisions collabora­
l'entreprise à identifier le service comme un tives et de plans de production et de sour­
élément différenciateur. cing associés ;
Une enquête auprès des principaux commer­ > la proposition de VMI comme dans le cas
ciaux au niveau mondial a révélé au-delà de précédent voire de VOi ( Vendor Owned
"O la faiblesse du service proposé aux clients lnventory).
0 une véritable opportunité pour se montrer
c Cet exemple montre que même dans les
:J
0 plus sensible face à eux en termes de service secteurs industriels capitalistiques comme
'<j" et plus agressif vis-à-vis de la concurrence. la métallurgie, le ciment ou les matériaux
......
0 Différentes offres de service ont été défi­ de construction ou dans des secteurs où
N
@ nies et proposées aux cl ients en s'appuyant les produits ont tendance à devenir des
....... sur une analyse des facteurs suivants et ce, commodités, le service a désormais été
..c
O'l dans les différentes zones mondiales :
·;:::: identifié comme un levier de création de
>- > la taille des commandes et leur caractère
0. valeur et de différenciation perçue par les
0
u récurrent ou spot ; clients.

- 20 -
D O S S I E R 1 D É F I N I R ET M E S U R E R L A P E R F O R M A N C E G L O B A L E D E LA S U P P LY C H A I N

I LLUSTRATION d e l a d é m a rche d ' é l a b o ration


d ' u n e c a rte d e service basée
sur p l u s i e u rs S LA

Au-delà de la différenciation des offres de > Des paramètres techniques tels que
service, l'élément clé sous-jacent évoqué le nombre et les fonctionnalités de sites
dans ce qui précède et que nous allons logistiques sont pris en compte ;
approfondir dans cet exemple de distribu­ > Les données de sortie prennent la forme
tion de pièces de rechange automobile est d'un modèle reliant la qualité de service
celui du trade-off c'est-à-dire de la rela­ comme variable explicative et le niveau
tion entre la qualité de service visée et le des coûts comme résultat induit.
niveau des coûts consécutif au service pro­ Dans l'exemple ci-dessous, deux business
duit. C'est une véritable démarche d'opti­ modèles ont été testés : le premier (courbe
misation soutenue par une modélisation noire) prend en compte un modèle de dis­
(cf. dossier 4) qui doit être entreprise. tribution soutenu par des sites de stock­
Le schéma su ivant explicite le lien essen­ age alors que le second (courbe violette)
tiel entre service et coût selon un lien non s'appuie sur un réseau logistique multi­
linéaire : niveau combinant un stock national et des
> La qualité de service, ici l'OTIF, attendue, plates-formes de cross-dock en aval asso­
les prévisions de volume exprimées en chif­ cié à une répartition des articles en fonc­
fres d 'affaires et les coûts logistiques uni­ tion de leur rotation.
taires constituent les données d'entrée ;

Données d'entrée :
Bu ge logistique
actuel et cible

.-:: Chiffre d'affaires


;o;
"C ,,.-....
c::i <(
"' Qualité de service
_J
"' 6.40%
Business

"'
U')
'"' j - - Modèle 1 ,.
'-"
6,20%
.:!.!
B:i -;;; 6 00% _ - Business
Modèle 2
/ 4--'
c
::; (lJ
"'

/
QI

"'O0 .':! 5,80%


Paramètres techniques faisant varier la qualité
c:0
-------
E
c c: de service :
� 5,60% ----
(lJ
"-
::J c:0 Ex : Nombre de sites logistiques
0
/ (lJ
0 ·.i:u:: � 5.40% 0'
<:::J �
-
'<j" :i 8 5,20% <(
.-i "C
0 8 5,00% (lJ
N c..
� 40% 50% 60% 70% 80% 90% 100°10: >
Qualité de service
@ �
:i
(lJ
...... '
_J
..c: � <lJ
Cl 1 ·-------------------------------------------------------�
u
·;:: "C0
>- c::i >
a. "­
0 0 Q)
u (Q) U')

- 21 - SUITE O UT I L -t
Service Level Agreement (S LA)

Dans cette société d e distribution, les bien réfléchir avant de s'engager dans
coûts logistiques des sites logistiques et une offre de service supérieure auprès
des points de vente (transport. manuten­ de ses clients ;
tion, stock, préparation de commande) ont > L'impact des volumes sur le profil des
été ramenés au chiffre d'affaires qui est amortissements des infrastructures logis­
une donnée partagée au niveau des prin­ tiques : la courbe noire bénéficie non
cipales fonctions. Cette approche a aussi seulement d'un business modèle logistique
permis de valoriser et de mettre e n évi­ différent mais aussi d'un chiffre d'affaires
dence les gains associés au passage d'un plus élevé. Le budget logistique est pro­
business modèle donné à u n autre dont les portionnellement moins important, ce qui
gains sur achat auprès des fournisseurs donne une courbe plus basse ;
mais aussi de modéliser la croissance d u > Le type d'organisation est essentiel : la
chiffre d'affaires. situation cible ne suit pas la même loi de
L'ana lyse des résultats montre que : comportement que la situation actuelle,
> Le coût de la qualité de service : plus ceci est lié à un changement d'organisa­
la pente de la courbe augmente, plus le tion : relocalisation des stocks, redéfi nition
point supplémentaire de qualité de ser­ du schéma des flux, amélioration des sys­
vice coûte cher. 11 est donc essentiel de tèmes d'information, partenariat avec les
fournisseurs ...

Augmentation significative de la qualité de service


sans augmentation deS coOts logistiques
Organisation
actuelle
6,40%
____ Business
Modèle 1
6,20% Business
Modèle 2
__


u 6,00%
......

� 5,80%
"'

0
"O rr
c :;:;
"'

0
::J
� 5,60%
1 PFR
"'
'<j" ....

u 5,40%
<::J
.-i 0
0
N
@ 5,20%
2 PFR
..c:
......

Cl 1 PFR
Organisation

5,00%
future possible
·;:::
a.
>- 40% 50 % 60 % 70% 80 % 90% 100%
0 Qualité d e se rvice
u

- 22 -
D O S S I E R 1 D É F I N I R ET M E S U R E R L A P E R F O R M A N C E G L O B A L E DE LA S U P P LY C H A I N

E n synthèse, le SLA est l a figure impo­ > Quelle est la nature des opérations cou­
sée incontournable de la conception de vertes par les sites qui ont la possibilité
toute solution Supply Chain a u sens large. d'intégrer sur u n même lieu des fonction­
L'écoute des clients est la seule approche nalités de plus en plus étendues en combi­
qui permet de prendre en compte leurs nant les types d'opérations ?
besoins et de formuler des réponses aux > Quel est le niveau de flexibilité des solu­
questions su ivantes essentielles et struc­ tions ainsi conçues et déployées et la capa­
turantes : cité à les faire évoluer voire à en modifier
> Quelles localisations géographiques pour complètement la nature (niveau d'agilité) ?
les opérations industrielles (fabrication Comme on le comprend à travers ces ques­
des produits) et logistiques (production d u tions, quelle que soit la solution Supply Chain
service) tout au long d e la chaîne d e valeur qui intègre les composantes industrielles et
par rapport a u x lieux de consommation ? logistiques, en aucun cas la proximité avec
> Quelle est la répartition idéale de la les clients ne pourra être occultée et le SLA
valeur ajoutée le long de cette chaîne dans est la meilleure approche pour nourrir ce
une logique économique (part relative des lien. Le responsable Supply Chain en tant
coûts et approche du coût complet bout que « propriétaire » des services ajoutés
en bout), financière (niveau des stocks) et au produit se doit de conserver et de faire
fiscale (imposition relative en fonction des vivre cette proximité.
lieux) ?
> Quelle est la politique make or buy de ces
opérations ?

.-:::

"tl ,,.....
c:: <(
:::i _J
"'
tî (./)
"'
'"' ......
..._,

·�.B c
:::i"' Q)
"O c::0 E
0 Q)
c c:: Q)
:J c:: !......
0 ·.c0 O'
:::i
u
'<j'
...... "tl0 <(
0 ...
N c.. Q)
� >
@ � Q)
.......
:::i _J
..c � Q)
O'l 1
u
·;:::: "tl
>- 0
c:: >
o. :::i !......
0 Cl Q)
u @ (./)

- 23 -
Fiab i l it é : On Time l n Fu l l (OT I F)

r- MESURE DE LA F I A B I LITÉ DES L IVRAISONS RÉALISÉES �


( PAR RAPPORT AUX CON DITIONS DE RÉFÉRENCES \

= Nombre de commandes livrées conformes


OTIF
Nombre total de commandes livrées

Réalisé


1

Réactivité perçue Capacité de la SC à tenir


par le client Produit engagement
Date
Quantité
'
Lieu '
''
'
'

Capacité de réponse
de la SC

En résumé
L'OTIF (« On Time ln Full ») est l'indicateur qui mesure la capacité de
la Supply Chain à délivrer les commandes des clients conformément
aux conditions de références qui ont été définies.
Sur une période de référence, on compare pour chacune des
commandes la réalisation de ces conditions et on calcule le pourcen­
tage de ces commandes respectant ces conditions de référence pour
un cl ient ou un marché donnée.
Cette conformité recouvre a min ima : le produit. la date, la qua ntité et
......
..c le lieu de livraison (« commandes livrées complètes à temps ») mais
Cl
·;::: elle peut recouvrir d'autres notions comme la facturation, la docu­

a.
0
mentation, l'installation ... Cette notion de conformité encore appelée
u « Perfect Order » est à définir en fonction des attentes du marché.

- 24 -
D O S S I E R 1 D É F I N I R ET M E S U R E R L A P E R F O R M A N C E G L O B A L E DE LA S U P P LY C H A I N

Pourq u o i l'uti l iser ? mité en fonction de l'écart par rapport à


Objectifs la référence (une commande livrée avec 1
jour de retard sera évaluée à 75 %).
> Mesurer la capacité de la Supply Chain à
4. Définition du périmètre de commandes
pourvoir s'engager et répondre à ses dif­
concernées par l'OTIF (dénominateur) : inté­
férents cl ients.
gration des commandes bloquées en crédit ou
> Cet indicateur est stratégique pour main­
hors offre (code article fermé) par exemple.
tenir et capter des parts de marché : il est
possible d'établir une corrélation entre Méthodologie et conseils
l'OTIF et le gain ou la perte de chiffre d'af­ > La définition précise de l'OTIF nécessite
faires pour chaque segment cl ient. de partir des attentes des clients. Pour cette
Contexte raison l'OTIF est mesuré par client ou par
segment client (il doit être mesuré pour cha­
L'OTI F est l'indicateur fondamental qui
cune des familles commerciales du S&OP).
mesure l'efficacité client d'une Supply
> Un OTI F de 100 % est très coûteux et
Chain en terme de fiabilité. C'est un indi­
n'est pas nécessairement attendu : il s'agit
cateur composite dont i l est essentiel de
de bien définir les objectifs d'OTIF pour
bien mesurer les composantes qui font
chacun des segments client et produits
l'objet de l'évaluation de performance. Sa
concernés (cf. outil précédent).
responsabilité est partagée entre la Supply
> La fréquence de calcul et de suivi de
Chain, les commerciaux et les industriels.
l'OTIF doit devenir de plus en plus élevée :
Com ment l ' u t i l iser ? d'un suivi traditionnel en fin de mois, on
passe progressivement à un suivi hebdoma­
Étapes daire puis quotidien afin de mieux expliquer
Derrière l'apparente simplicité de l'indi­ les causes et de réagir à boucle courte.
cateur, la définition précise de l'OTIF
est complexe et change foncièrement la
valeur de l'OTIF :
• Un indicateur factuel d'efficacité de la Supply
1. Définition de la date de référence : date
Chain en volume (on ne regarde pas seulement
initiale demandée par le client (appelé
les problèmes survenus sur une commande
OTIF-R pour Request, dans ce cas, cer-
récente mais sur la globalité des commandes
� taines demandes où le lead time demandé
pour un marché ou un client donné).
"tl ....-...
n'est pas contractuel peuvent être exclues LL...
§ • Orientation vers le client de la Supply Chain et I­
'Ri du calcul de l'OTIF) ou date d'engagement
:� par la Supply Chain (appelé OTIF-P pour
non pas vers les objectifs internes de la fonction
Supply Chain .
o
_..

.B Promise). Si le client est amené à changer :::J


:l LL...
� ces dates, la référence est remplacée par
c
"O
0
c g cette nouvelle date.
:J c L'OT I F n'est pas nécessairement corrélé avec la (])
0 ·.§ 2. Définition de la maille de mesure : mesure E
satisfaction du client. Par exemple :
'<j"
...... -5 par ligne de commande ou pour l'ensemble l­
0 8 • u ne date de référence basée sur la date d'enga­
N � d'une commande du client. Dans ce dernier e
gement peut masquer une insatisfaction du client 0
cas des pondérations peuvent être réalisée
@
...... .; sur le lead time de l'entreprise ;
..c � en fonction des volumes de la commande.
O'l 1 • une gestion par ligne de commande peut mas­
·;:::: -g 3. Définition de tolérance de conformité
..0
6c
>- quer l'insatisfaction du client de ne pas être livré
0. pour les dates et les quantités (livraison ru
0 de sa commande complète.
u @ à +/- 24h) ou d'une graduation de confor- LL...

- 25 - SUITE O U T I L -+
Fia bilit é : O n Time l n Fu l l (OT I F)

EXEM PLES d e c a l c u l s d'OT I F s u ivant les règles


d e conform ités définies

Exemple 1 : C a s d'une gestion u n cl ient donné. L'OTIF-R (par rapport à la


par ligne de commandes date demandée par le client) est de 33 %
et l'OTIF-P (par rapport à la date d'engage­
Sur la période de calcul de l'OTIF (1 jour),
ment de la Supply Chain) est de 66 %.
3 lignes de commandes ont été passées par

Référence Réalisation OTIF


Date de
Date Date de
Produit livraison Quantité Produit Quantité OTIF-R OTIF-P
(%) (%)
livraison livraison
demandé Demandée Demandée livré livrée
promise réalisée
client

XXX 06/12 12 06/12 XX 06/12


l fl 1
100
o/o
100
o/o

YVY 06/12 8 07/12 YVY 07/12 8 BI 1 100%

zzz 06/12 5 07/12 YVY 07/12 4


BB
33% 66%

Exemple 2 : Cas d'une gestion conformément à l'engagement de l a Supply


à la commande Chain donc : OTIF-R = OTIF-P = O.
N.B. : Certains modes de calcul de l'OTIF
Dans le même cas de figure que précé­
prennent en compte les quantités livrées
demment, la commande totale du client.
et pondèrent le calcul par les quantités
comprenant 3 lignes n'a pas été livrée ni
livrées.
conformément à la demande du client ni

......
..c
Cl
·;:::

a.
0
u

- 26 -
D O S S I E R 1 D É F I N I R ET M E S U R E R L A P E R F O R M A N C E G L O B A L E D E LA S U P P LY C H A I N

Exemple 3 : Cas d'une gestion par


ligne de commandes avec une tolé­
rance sur les délais de livraison de
1 jour (tolérance contractualisée
dans le cadre de SLA)

Parmi les 3 lignes de commandes passées


par le client. 2 ont été livrées conformé­
ment aux conditions contractuelles donc :
OTIF-R = OTIF-P = 6% pour cette période.

Référence Réalisation OTIF


Date de
Date Date d e
Produit livraison Quantité Produit Quantité OTIF-R OTIF-P
(%) (%)
livraison livraison
demandé Demandée Demandée livré livrée
promise réalisée
client

XXX 06/12 12 06/12 XX 06/12 12 l li 1


100 % 100%

YVY 06/12 8 07/12 YVY 07/12 8 JJ 1


1 100% 100 %

zzz 06/12 5 07/12 YVY 07/12 4


GG
66% 66%

N.B. : Si une tolérance avait été contractua-


.-:: lisée sur les quantités livrées, le calcul de
;o;
"C l'OTIF serait encore différent. ,,.-.._

c::i l.J....
"' 1--
"'

"' '-'
0
'"'
.:!.!
B:i ::J.
"' l.J...
"O0 c:0 c
c c:
::J c:0 a;
0 ·.i:u::
:i
E
1--
'<j" "C
...-i
0 8
N c.. c
� 0
@ �
......
:i
..c: 'G.>
......

Cl 1
·;:: "C0
>- c::i ..Cl
a. ro
0 0
u (Q) l.J....

- 27 -
Réactivité : Lead t i me

MESURE DE LA RAPIDITÉ DE LA SUPPLY CHAIN


( À RÉPONDRE À U N BESOIN CLIENT

- Traitement de la r1
Planning ·- 1 commande client
,_ Création
1 commande
=
1

3j 1j
QI
E
i=
"C
tU
Client QI
...J

Production/ Préparation/
Approvisionnement Expéditions Transport
Assemblage Livraison
commande
Stock MP Stock PF
20 j 15 j 5j 10 j 1j 1j

Lead time perçu par le client = 3 jours

Lead time de mise à disposition du produit = 56 jours


(Temps traitement commande + planning + approvisionnement + stock matières premières
+ production/assemblage + stock produits finis + Préparation/expédition + Transport)

En résumé
Le lead time est le temps total calendaire mis entre la création d'une
commande par le client et sa livraison a u client.
Le lead time perçu par le client résulte d'une politique de stock de
produits finis, de semis finis ou de matières premières permettant
......
..c de « protéger » le client de ce lead time .
Cl
·;::: Le lead time le meilleur indicateur pour évaluer la performance globale

a. d'une Supply Chain car il met en évidence l'écart entre les capacités
0
u de la Supply Chain et les exigences des clients.

- 28 -
D O S S I E R 1 D É F I N I R ET M E S U R E R L A P E R F O R M A N C E G L O B A L E DE LA S U P P LY C H A I N

Pourq u o i l'uti l iser ? 6. Temps de production : temps de démar­


rage/changement + temps de production
Objectifs du lot entier (seul le temps de production
Le lead time est un indicateur fondamental le plus long est considéré) ;
de la performance d'une Supply Chain : i l 7. Temps de préparation de la commande
mesure bien sur l a capacité d e l'entreprise et de transport jusqu'au lieu de livraison
à servir son marché dans les délais atten­ client.
dus par celui-ci mais c'est aussi un indi­
cateur global de l'efficience de la Supply Méthodologie et conseils
Chain.
Deux types de lead time sont à distin­
Au plus le lead time est grand, au plus le guer :
niveau de ressources (et donc de coût) à
> Le lead time commercial perçu par le
mettre en œuvre pour servir le client est
client grâce à la mise en place de stock de
important (stock, capacité, indirect).
produits finis, semi-finis ou matières pre­
Contexte mières à des points précis par la Supply
Chain (stock de découplage). Ce lead time
Le lead time mesure la réactivité d'une
est variable en fonction du couple client/
supply Chain. C'est u n indicateur majeur
produit conformément à la stratégie com­
de mesure de la performance d'une
merciale et doit répondre en fonction
Supply Chain. I l est sous la responsabilité
des besoins des clients à leurs attentes.
du Supply Chain Manager, ses différentes
Par exemple, du point de vue de l'optimi­
composantes étant réparties entre les
sation du niveau des stocks, une politique
fonctions achats, logistique, production et
de production à la commande (« make to
administration des ventes.
order ») est privilégiée si le délai induit
reste acceptable pour le client. L'entre­
prise aura tout intérêt à la promouvoir
Com ment l ' u t i l iser ?
auprès de ses clients pour les produits
Étapes commandés de façon irrégulière et avec
Il s'agit d'évaluer en temps calendaire cha­ de petits volumes.
cune des composantes entrant dans le cal­ > Le lead time réel de mise à disposition
..:: cul du lead time : du produit. c'est-à-dire le délai de l'ensem­
� ble des activités à réaliser sans stock déjà
"tl 1. Temps admin istratifs de gestion de la
c::
:::i commande du client : entrée de la commande constitué sur la Supply Chain. Ce lead time
'Rl est fonction des produits.
"'
'"'
dans le système, éventuellement phase de
·�
.B
conception à la commande ; Le ratio entre ces deux lead time mesure
a;
:::i"' 2. Temps de conception à la commande la capacité de la Supply Chain à répondre
"O0 c::
aux attentes de son marché en termes de
c:J 0
c:: (éventuellement nécessaires) ; E
c:: réactivité (dans l'exemple ci-dessus, le lead
0 3. Temps de planification de la commande ; "O
0

CU
·.c
'<j' u
:::i time de 3 jours offert au client est supporté
"tl 4. Temps d'approvisionnement des matières a;
_J
......
0 8 par un lead time total de 56 jours, ce qui
N c.. premières et composants pour réaliser la
� nécessite la mise en place d'un stock).
@ � commande (seul le temps d'approvisionne-
......cO'l...
:::i

>
� ment le plus long est considéré) ;
1
·;:::>-: "tl
o 5. Temps passé en stock par les compo-
0.. § sants de la commande (matières premières/
Cl
u0 @ composants, semi-finis, produits finis) ;

- 29 - SUITE O U T I L ....
_ Q U __T I L
Réactivité : Lead t i me

• Un indicateur intégré mesurant l'effi­ • Ne pas se focaliser uniquement


cacité et l'efficience de la Supply sur le temps de production : celui­
Chain. Cet indicateur qui n'est pas à ci ne représente en général que
proprement parler un indicateur de quelques % du lead time total.
résultat pour la Supply Chain (KPI) • Dans un premier temps, on peut raison­
permet de comprendre les causes de ner par grandes familles de produits
non-performance. homogènes (utilisation homogène des
• La réduction du lead time se traduit ressources de la Supply Chain) pour
par des améliorations en terme de mesurer et améliorer le Lead Time.
niveau de stock, de qualité et de • Ne pas se perdre dans le calcul pré­
coûts (indirects notamment). cis de chacune des composantes :
• Le lead time réel de mise à disposition l 'objectif est de focaliser sur la
du produit est l'horizon minimum à composante la plus longue pour lan­
utiliser pour les plans opérationnels cer des actions de progrès.
(Plan Directeur de Production/MPS,
Calcul des Besoins Nets/MRP). Voir
aussi les outils 15 et 16.

"O
0
c
:J
0
'<j"
......
0
N
@
.......
..c
O'l
·;::::
>-
0.
0
u

- 30 -
D O S S I E R 1 D É F I N I R ET M E S U R E R L A P E R F O R M A N C E G L O B A L E D E LA S U P P LY C H A I N

CAS D'APPLICATION d e m e s u re d u Lead T i m e

Adapté des travaux de Rajan Suri sur le stock est constitué avant les étapes de
Quick Response Manufacturing (QRM) conditionnement et d'expédition.
Considérons le produit phare d'une usine > Le service client est en mesure de trai­
(appelé dans la suite « PF »). Ce produit est ter les commandes client dans un délai
vendu à un volume de 20 unités par jour. d'environ 1 jour. À l'issue de ce traitement
L'usine travaille 7 jours par semaine. un ordre de prélèvement dans le stock de
Le cl ient a une attente d'un délai maxi­ produits finis est réalisé.
mum entre sa commande et sa livraison de > La préparation et l'expédition de la com­
5 jours calendaires. Dans le cas contraire mande prennent en moyenne 2 jours.
l'entreprise n'est plus dans le marché et le > Le délai de transport jusqu'au point de
client s'oriente vers u n autre fournisseur. livraison client est d'environ 2 jours.
> Cette famille de produit nécessitant u n

[ ]�
long lead time d e mise à disposition, u n

Commande
Service client

-·�--�
- -

1j Client


Préparation Transport

llJ

.:!!
'"'

B:::l 2j 2j
"' (].)
c
0
c Les attentes d u client sont théoriquement E
c Ce Lead Time correspond à la durée néces­
._g
u
respectées mais de nombreuses ruptures saire pour mettre le produit fini en stock :
..@ de stock existent. Le stock de PF est > partir d'un ordre de réapprovisionne­
8
� dimensionné sur la base de prévision sur ment ;
c..

� u n horizon au moins égal au lead time de > sans stocks (produits finis ou semi-finis)
:::l
......
..c � réapprovisionnement du stock de produits déjà constitués. >
Cl 1
·;::: "'O0
finis. Ce délai étant important (et assez peu

§
0
a. maîtrisé), l'usine décide de comprendre ce
0
u 19 délai pour le réduire.

- 31 - S U ITE O UT I L -+
Réactivité : Lead t i me

Calcul de la durée des activités 3. une activité de production d'un compo·


à réaliser sant C2, conduisant un stock intermédiaire
de semi-finis SF2 (1 PF est composé de
Les différentes opérations à réaliser pour 1 composant C2) ;
mettre le produit en stock sont les sui­ 4. une activité d'assemblage des compo­
vantes : sants.
1. une activité de planification des ordres N.B. : Pour des raisons de simplification,
de production et d'approvisionnement ; l'approvisionnement des matières pre­
2. une activité de production d'un compo­ mières pour réaliser les composants ne
sant C1, conduisant un stock intermédiaire sont pas pris en compte dans le calcul du
de semi-finis SF1 (1 PF est composé de lead time (on considère ce stock comme
5 composants C1) ; étant disponible).

r Planning +--- Service client

lj

Appro Production
1

�>
hors scope 1 composant 1
+
SF1
500 Préparation Transport
Assemblage
unités
PF 2j 2j
Production 220 unités
composant 2

SF2
60 unités

Le délai de réalisation de chacune des acti­ N.B. : Le temps à valeur ajoutée (identi­
vités correspond à la somme des quatre fié par le Lean management) correspond
types de temps su ivants : seulement au temps de mise en route et du
- temps d'attente devant après cette acti­ temps opératoire pour faire 1 unité.
vité ;
- temps de mise en route de l'activité ;
Calcul de la durée passée en stock
- temps opératoire pour l'ensemble du lot
(l'activité ne redevient disponible pour Il convient d'ajouter dans le lead time total
une autre pièce qu'à la fin du lot) ; le temps passé par chacune des pièces en
- temps de transfert ou de manutention. stock. Ce temps s'évalue de façon simple
Ces temps peuvent être mesurés ou extraits par la loi de Little : Temps moyen passé en
...... stock = stock moyen/débit.
..c du système MRP (cf. outil 16) en prenant la
Cl
·;::: date d'entrée en stock aval moins la date

a. de sortie du stock amont.
0
u

- 32 -
D O S S I E R 1 D É F I N I R ET M E S U R E R L A P E R F O R M A N C E G L O B A L E D E LA S U P P LY C H A I N

Le stock moyen possédé est évalué par - Pour les PF, le stock moyen est évalué à
un rapport issu du MRP ou par un simple 220 unités : donc le temps passé en stock
comptage terrain. est égal à 220/20 = 11 jours.
- Pour les SF1, le stock moyen est évalué à
500 unités : donc le temps passé en stock
Calcul du délai
est égal à 500/(5x20) = 5 jours (en effet
de réapprovisionnement
le débit de sortie du PF étant de 20 unités
par jour, le débit du SF1 est 5 fois supé­ Le calcul des délais de réalisation des acti­
rieur (rappel : 1 PF comprend 5 SF1). vités ainsi que du temps passé en stock est
- Pour les SF2, le stock moyen est évalué à résumé sur la figure ci-dessous.
60 unités : donc le temps passé en stock Le délai de réapprovisionnement du pro­
est égal à 60/20 = 3 jours. duit en stock est donc de : 2 + 15 + 5 +
2 + 11 = 35 jours

Co mmande
·-

n
Planning - Service client
Client
2) 1J

L.
Production

J
composant 1
SF 1
15 j 5j Assemblage Préparation Transport

PF
1 Production 2j 11 j 2j 2j
- � composant 2

SF 2
5j
3j


,� N.B. :
On considère le délai le plus long le lead time client de 5 jours est supporté
.:!.!
B:::l nécessaire au réapprovisionnement et on par un processus de 40 jours, soit un ratio
"' ne prend pas en compte le délai de produc­ de couverture par le stock de PF de plus de (].)
c
0
c tion du composant 2 plus court que celui 12 fois ce délai. E
c
0
·.i:: du composant 1 Ce lead time est celui qu'il convient de
u
:::l
ü Le lead time total LT de mise à disposition paramétrer dans le processus de planifica­
8
c.. du PF au client est la somme des lead time tion MRP (cf. outil 16) afin d'anticiper les

� de la commande client à sa livraison chez ordres de fabrication et les ordres d'appro­
le client : LT = 1 + 2 + 15 + 5 + 2 + 11 + 2 +
:::l
......
>
..c � visionnement pour garantir la disponibilité
Cl 1
·;::: ü 2 = 40 jours du stock de PF.
0

§ Ce lead time de 40 jours est à comparer au
0
a.
0
u 19 lead time de 5 jours attendu par le client :

- 33 -
Fia bilité des prévisions des ventes

S)\
M E S U R E DE LA QUALITÉ D E S PRÉV I S I O N S RÉALISÉES
(EN VUE D'UNE PLA N I F I CATION I N DUSTRIELLE (MAPE/BI A I

Jan. Ffv. Mars Avrll Mal Juin Jull. AoOt Sept. Oct. Nov. Dfc. Somme

100 100 100 100 100 100 100 100 100 100 100 100 1 200
Prévision
-
Réel 120 80 120 85 135 85 120 80 120 125 135 115 1 320

Ecart -20 20 -20 15 -35 15 -20 20 -20 -25 -35 -15 (-120)
r�
-20 0 -20 -5 -40 -25 -45 -25 -45 -70 -105 -120
Ecart
cumulé
-� -- -�
30
1D Gaps
20
-
10 - -

- -

0
Jan Fév Mars Avril Mal Juin Juillet Août Sept Oct Nov Déc
-10 - >----- 1--- -
-

-20 -
Biais = - 9 %
- 30
� L__-
-4 0

En résumé
Assurer un niveau satisfaisant de fiabilité des prévisions est un objectif
essentiel pour tout Supply Chain Manager qui doit anticiper la mobi li­
sation de moyens et de ressources coûteux.
La mesure de la fiabilité à partir du biais a pour objectif de vérifier la
qualité du processus de prévision qui dépend du choix des paramètres
(horizon, maille, période) de la prévision, de celle des données, d u
"O processus impliquant une série d'acteurs e t des méthodes de modé­
0 lisation et de calcul.
c
:J
0 I l existe plusieurs méthodes d'évaluation de la fiabilité d'une prévision et
......
'<j" le choix de la méthode appropriée doit être fait en fonction de sa prati­
0 cité d'utilisation tant au niveau des calculs que de son exploitation.
N
@ Cette mesure doit être util isée dans un double souci technique et
....... managérial.
..c
O'l
·;:::: Le niveau de fiabilité dépend de l'horizon sur lequel la prévision est
>-
0. faite. Cet horizon est fonction des décisions qui doivent être prises au
0
u niveau tactique pour les ressources mobilisées.

- 34 -
D O S S I E R 1 D É F I N I R ET M E S U R E R L A P E R F O R M A N C E G L O B A L E DE LA S U P P LY C H A I N

Pourq u o i l'uti l iser ? cas d'un cumul des écarts entre demande
réelle et prévision une erreur systématique.
Objectifs L'existence d'un biais révèle que la prévision
> S'assurer de la qualité et de fiabilité des moyenne a été mauvaise. Le biais est une
prévisions de la demande. mesure d'erreur systématique dans laquelle
> Identifier et sélectionner les paramètres la prévision est soit systématiquement au
pertinents de contrôle du processus de dessus ou en dessous de la demande réelle.
prévision. 5. Trava il ler l'ensemble du processus de
> É liminer les biais observés est une priorité. prévision pour éliminer tout biais.
> Lier le choix de ces paramètres de contrôle 6. Benchmarker la fiabilité de ses prévi­
à un objectif de performance managériale. sions en utilisant le ratio su ivant :
L Pn - L IDn - Pnl
Contexte O/o = ---�-�
L Pn
Le processus de planification de la demande
et de manière plus élargie le processus S&OP Un ratio de 80 % fait partie des meil leures
s'appuient sur des prévisions des ventes. pratiques observées en industrie et en dis­
C'est un exercice qui est a priori systématique tribution.
y compris pour les produits gérés en Make To 7. Mettre sous contrôle le système de pré­
Order. On peut en revanche s'affranchir dans vision en mettant en place l'indicateur de
certains cas de faire des prévisions en particu­ traçabilité suivant :

, ·
lier pour les produits à faible volume (rotation) L (On - Pn)
en ven 1 es t < 3
r·1an t qu "/
et à faible sortie de stock (nombre de picks) MAD
car leur niveau de fiabilité sera médiocre au
regard de l'investissement en systèmes.
Méthodologie et conseils
> En préalable au calcul des indicateurs
Com ment l ' u t i l iser ? de contrôle de fiabilité d'une prévision
le choix préalable des éléments suivants
Étapes s'impose et conditionnera le choix de la
1. Calculer sur des séries chronologiques méthode de prévision :
comprenant N observations le MAD (Mean - le niveau d'agrégation des articles auquel V)
.-::: (])
� Absolute Deviation) : la prévision s'applique : une prévision .......,
"tl c
c:::::i L I Dn - Pnl est meilleure à un niveau supérieur de (])
tî"' MAD= >
N consolidation mais il faut des groupes
"' V)
'"' homogènes en termes de comportement (])
·�.B 2. Déceler des erreurs aléatoires des pré­ -0
de consommation ; V)
:::i"' visions à partir de l'analyse du MAD qui c
"O0 c::0 est une mesure simpl ifiée (plus simple que
- l'unité de consommation sachant que les
0
c c:: unités monétaires propres aux budgets V)
:J c:: l'écart type) de la variabilité des écarts entre
0 ·.c0 ne peuvent convenir ; >
"tl:::i0
'<j' u la demande réelle On et la prévision Pn. '(])
...... - l'unité de temps de la période de prévi­ Q.
!.....

0 ... 3. Calculer le biais sur ces mêmes séries


N c.. sion : une unité trop grossière peut lis­ V)
� chronologiques : (])

:::i
@ ser certaines variations importantes à -0
....... . . L (Dn - Pn)
..c �
1 81a1s= ---­ prendre en compte ; '(])
.......,
O'l L Dn
·;:::: "tl0 - l'horizon de prévision et le nombre de
>- c:: ..0
o. :::i 4. Analyser le biais qui est une mesure
Cl
périodes de temps sur lesquelles la prévi­ ru
0
u @ de l'erreur cumulée et qui révèle dans le sion s'applique : cet horizon est fonction l.J....

- 35 - SUITE O U T I L � -+
-' Q U __T I L
Fia bilité des prévisions des ventes

d e q u i e t pour quel objectif cette prévi­ > Une erreur de prévision est la différence
sion est util isée. Le choix de l'horizon entre la demande réelle et la demande
est fonction des délais critiques opéra­ prévisionnelle.
tionnels comme par exemple l'approvi­
sionnement des matières premières, les A p p rofond issement
délais incompressibles de production.
> Une prévision consiste à émettre une Le graphe suivant donne un aperçu d e la
valeur centrale estimée et un indicateur fiabilité observée des prévisions des ventes
de dispersion. dans différents secteurs industriels :

Taux de fiabilité des prévisions de ventes


83%

81% 81%

79%
78%
77%
76%

Distribution Mobilité Santé Agroalimentaire Produits de Bâtiment Autres industries


grande
consommation

Illustration sectorielle de fiabilité des prévisions

• La fiabilité des prévisions est un élé­ Bien se mettre d'accord sur les défini­
ment essentiel pour l'optimisation tions :
des systèmes industriels et logis­ • Plan de la demande : prévision issue

tiques en particulier pour l'objectif des informations collectées et traitées


de rentabilité des capacités inves­ en local et en central. Cette prévision
ties et la minimisation des stocks non contrainte est utilisée en entrée
"O sur l'ensemble de la chaîne. du processus S&OP.
0
c • Quel que soit le lead time de la • Plan de vente : prévision retenue en
:J
0 Supply Chain les prévisions sont prenant en compte les contraintes
'<j" nécessaires pour identifier des ten­ logistiques et industrielles. C'est
0
......

N dances utiles au dimensionnement ce plan qui est l'un des principaux


@ des capacités mais aussi révéler résultats du processus S&OP. À hori­
....... des comportements anormaux de
..c zon annuel et à maille mensuelle, ce
O'l
·;:::: la demande à partir de l'analyse des plan de vente correspond au budget
>-
0. séries chronologiques. commercial.
0
u

- 36 -
D O S S I E R 1 D É F I N I R ET M E S U R E R L A P E R F O R M A N C E G L O B A L E D E LA S U P P LY C H A I N

CAS : éva l u ation d e fiabi lité d e s prévisions

Dans cet exemple, o n constate que pour la plan annuel malgré des changements
série X la MAD est plus faible mais que le environnementaux drastiques ou encore
biais est non nul alors que pour la série Y pour faire face à une tendance de la
malgré une MAD élevée, le biais est nul. production à sous-produire a des consé­
Le biais est u n indicateur plus souvent uti­ quences très négatives sur le niveau
lisé car plus tactique alors que la MAD est des stocks voire sur l'accroissement de
plus opérationnelle. É liminer le biais est capacité comme réponse aux difficultés
une priorité car cela correspond au type d'approvisionner ;
d'erreurs de prévisions ayant l'impact le - Une sous-estimation des prévisions par
plus négatif. En effet : exemple pour réduire les stocks ou jouer
- Une surestimation systématique des avec la capacité industrielle disponible
prévisions pour assurer par exemple u n peut conduire à des retards de livraison
meilleur niveau d e service, réaliser l e et à des niveaux de service non atteints.

Jan. Fév. Mars Avril Mai


Biais X
Prévision 100 105 110 115 120
Biais = L (Dn -Pn) Demande réelle 105 108 119 118 125
I. Dn D-P 5 3 9 3 5 MAD = 5
L (Dn - Pn) +5 +8 +17 +20 +25 BIAS = 4%
BIAS/MAD
y
Variabilité Prévision 100 100 100 100 100
Demande réelle 90 120 85 115 90
D-P 10 20 15 15 10 MAD = 14
V)
.-:: L (Dn - Pn) -10 +10 -5 +10 0 BIAS = 0% Q)
BIAS/MAD 0
;o; 4-'
"C c
c::i Q)
"' >
"'

"' V)
'"' Q)
.:!.! -0
B:i V)
"' I l est calculé au niveau de la famille S&OP c
"'O
0 c:0 Dans certains cas, on peut compléter les 0
c c: ana lyses précédentes par le calcul de l'ad­ une fois par mois. Dans le secteur automo­ (,/)
::J c:
0 0
·.i::: hérence du plan de la demande qui est une bile où nous l'avons vu appliqué et dans >
'<j"
u
:i
'Q)
.-i "C solution intermédiaire entre le biais et la lequel la recherche de la qualité totale est L-
o..
0 8
N c.. MAD selon la formule suivante : la règle, l'approche est la zéro tolérance V)
� Q)
� concernant un éventuel écart. -0
@
......
:i
..c: � Respect du plan Prévu - !Prévu - Réel!
Si le réel est deux fois plus important que 'Q)
Cl 1 4-'

·;:: "C0 de la demande la prévision, cet indicateur devient néga­


>- c::i Prévu ..Cl
a. exprimé en % tif et par convention il est ramené à une ro
0 0
u (Q) valeur nul le. Li._

- 37 -
Cas h to Cash Cycle Time

P I LOTER LES ACTIFS CIRCULANTS N ÉCESSAIRES


( À LA S U PPLY CHAIN

Délai d e
paiement Cash to cash cycle tlme
fournisseur

Nombre de jours de stocks


Délai de
recouvrement
client
Approvision· Production
(Semi-finis & Produits Finis)
Distribution
nement

Temps de cycle SC

CCCT = Nombre de jours de stock + Nombre de jours de créances clients


- Nombre de jours de dettes fournisseurs

En résumé
...... Le Cash to Cash Cycle Time (CCCT) mesure le délai moyen pour conver·
..c
Cl
·;::: tir à t ravers la Supply Chain un € dépensé pour l'achat des matières

a. premières en € recouvré du client (temps nécessaire pour rentabiliser
0
u un € investi par l'entreprise).

- 38 -
D O S S I E R 1 D É F I N I R ET M E S U R E R L A P E R F O R M A N C E G L O B A L E DE LA S U P P LY C H A I N

Pourq u o i l'uti l iser ? Méthodologie et conseils


Le cash to cash cycle time est en général
Objectifs
calculé tous les mois en faisant la moyenne
> Évaluer la capacité de la Supply Chain à
des 3 derniers mois pour lisser les « ner­
optimiser le Working Capital de l'entreprise vosités » (il peut également être calculé
(Plus le temps de ce cycle est long et plus de manière prévisionnelle : calcul sur les
2 mois passés + mois à venir).
l'entreprise aura besoin d'actifs circulants).
> S i une entreprise présente un cycle
d'exploitation négatif, c'est que celle-ci se
fait payer par ses clients avant de payer
ses fournisseurs.

Contexte
Le cash to cash cycle time est un indi­
cateur avancé mesurant la performance
globale de la Supply Chain au niveau de
l'efficacité des actifs.
Dans certaines entreprises, le Supply Chain
manager n'est pas seulement en charge de
respecter la promesse en matière d'Order­
to-Delivery mais peut aussi être respon­
sable du recouvrement des créances
• U n indicateur unique et assez simple mesurant
clients. La fonction Customer Service rem­
le besoin total d'actif circulant de l'entreprise.
plit ce rôle en s'assurant avec les respon­
• Cet indicateur est à coordonner avec les 3 autres
sables du crédit client qu'une livraison ne
indicateurs de temps de cycle de l'entreprise :
puisse avoir lieu si la créance relative à la
le temps de cycle de la Supply Chain (délai
livraison précédente n'a pas été payée.
moyen d'approvisionnement, production & dis­
tribution), le Time to Market et le cycle de vie
des produits.
Com ment l ' u t i l iser ?
.-:::

"tl
c:::::i
Étapes
tî"' 1. Segmenter les produits et les canaux de Il existe une forte variation de cet indicateur
"'

'"' distribution pour lesquels le CCCT est cal- entre les entreprises : il dépend fortement du
·�.B culé, a;
secteur (relation avec les clients et les fournis­
:::i"' E
"O 2. Évaluer le nombre de jours de stocks seurs) et du type de production.
0 c::0 l­
c c:: par le rapport entre la valeur du stock et • Un i n di ca teur de CCCT performant recouvre a;
:J c::
0 ·.c0u COGS par jour (Cost of Good So/d = coût 2 réalités différentes : u
"tl:::i0 des ventes),
>
"<j'
...... - un délai de paiement fournisseurs très élevé : u
0 ... ..c.
N c.. 3. Évaluer le nombre de jours de créances situation non pérenne faisant porter les (/)

� clients par le rapport entre la valeur des contraintes par les fournisseurs ; <O
:::i
@
......
u
� créances et le chiffre d'affaires par jour. - un équilibre des délais de paiement et de 0
......
..c
O'l 1
recouvrement et u n niveau de stock faible :
..c.
·;:::: "tl0 4. Évaluer le nombre de jours de dettes
>- c:: (/)
o. :::i fournisseurs par le rapport entre la Valeur situation de compétitivité.
0 Cl <O
u @ des dettes et le coût d'achats par jour. u

- 39 -
Stock

M ESURE DU STOCK DE MAT I ÈRES PREMIÈRES, D'ENCOURS �



( ET DE PRODUITS F I N I S DAN S LA SUPPLY CHAIN \
(VALORISAT I ON, COUVERTURE/ROTATION). COMPOSANTES
DU STOCK (OUTIL, CAMPAGNE, SÉCURITÉ ... )

Causes majeures de génération de stock

Pour réduire les risques


• (production, achat, consommation)

Pour optimiser des coûts


• (lots de production)

• Quand l'anticipation est nécessaire

• Pour transporter

• Pour des contraintes de production

En résumé
Les stocks représentent un enjeu considérable pour les entreprises et
dont la responsabilité est portée par les Supply Chain Managers.
Un des premiers enjeux liés aux stocks est d'assurer la fiabilité de
leur mesure et de leur suivi. Le niveau d'OTIF réalisé en dépend entre
autres.
Un stock est toujours la conséquence d'une règle de gestion, d'une
contrainte organisationnelle et de multiples inducteurs possibles. En
...... faire la cartographie et l'analyse est essentiel.
..c
Cl
·;::: La catégorisation des articles gérés en stock selon des critères de

a. segmentation pertinents est une des clés essentielles de la gestion
0
u optimale des stocks.

- 40 -
D O S S I E R 1 D É F I N I R ET M E S U R E R L A P E R F O R M A N C E G L O B A L E DE LA S U P P LY C H A I N

Pourq u o i l'uti l iser ? 3. Analyser les causes d'écart possibles et


les prioriser selon leur sévérité.
Objectifs 4. Formaliser une feuille de route pour
> Précéder toute action de réduction des sto­ atteindre la cible de fiabilité pour les SKU
cks par une mesure fiable de leur niveau. non conformes et mettre en place des sys­
> Développer la confiance des acteurs de tèmes de fiabilisation de suivi des stocks.
la Supply Chain dans la qualité des don­ 5. Mesurer les progrès dans la fiabilisation
nées et éviter des écarts entre les stocks du suivi des stocks.
physiques et les données dans les sys­ 6. Ne pas hésiter à mener des actions de
tèmes d'information. rationalisation du portefeuille de produits
> Évaluer et prioriser les enjeux. pour éliminer les références sans valeur
> Identifier les actions de réduction ou commerciale.
d'optimisation des stocks en fonction de 7. Construire les catégories de stocks :
la nature de ceux-ci. - d'abord par nature : matières premières
achetées, semi-finis, produits finis indus­
Contexte triels ou de distribution, produits de
Considérés historiquement comme une négoce, pièces de rechange, consom­
richesse à l'instar des actifs patrimoniaux, mables, emballages récupérables, sup­
ils sont perçus aujourd'hui comme une ports de manutention ... et évaluer les
contre-valeur voire une contre-performance grandes masses financières concernées
révélant en particulier un manque de flexi­ - puis par classe de gestion : sécurité, outil,
bilité et de réactivité industrielle et logis­ saisonnier, obsolète, stratégique, spécu­
tique, un niveau de qualité de certains latif, réglementaire, etc. en identifiant
processus (prévision, planification) ou de règles et paramètres de gestion sous­
certaines opérations (manutention, trans­ jacents.
port) médiocre. 8. Analyser ces catégories sur des cri­
L'éradication totale des stocks n'est cer­ tères de rotation, de valeur, de criticité en
tainement pas un objectif souhaitable dans cas de rupture, de variabil ité de consom­
une logique de trade-off mais un travail mation ...
rigoureux et systématique d'élimination des 9. Une fois les stocks sous contrôle,
..::: causes racines des stocks est nécessaire. construire les classes de gestion aux­

"tl quelles s'appliqueront des modèles de ges­
c::
:::i tion appropriés.
"Ri
,� Com ment l'uti liser ?
.B�:::i
· Méthodologie et conseils
"O "'
c::
Étapes > Avant de vouloir réduire ou éliminer un
0 0
c c:: 1. Faire comprendre pourquoi la fiabilité de stock il est incontournable de le mesurer
:J c::
0
0 la connaissance des stocks sur l'ensemble de manière fiable en volume.
:::i
·.c
u
'<j" "tl de la Supply Chain est un enjeu important. > Pour sensibiliser les dirigeants de l'entre­
0
......
8
N c..

2. Mettre en place un système de mesure prise il est essentiel d'évaluer les stocks :
� de la fiabilité des stocks définie dans l'inter-
:::i
@ - en valeur : plusieurs méthodes d'origine
......
..c � valle 98 %-102 % et suivre l'indicateur de comptables répondant aux normes en
O'l 1
·;:::: -g fiabilité comme le pourcentage du nombre vigueur sont possibles : coût moyen pon­ �
>- u
0. § de SKU dans cet intervalle sur le nombre déré, FIFO, LIFO, coût de remplacement, 0
0 Cl ......
u @ total de SKU. coût standard ; (./)

- 41 - SUITE O U T I L . ...
Stock
- en coût de détention : C H = O x Vu x H ·

formule dans laquelle :


- 0 est la quantité moyenne en stock sur
la période de calcul, • La qualité de la connaissance
d'un stock participe à renforcer la
- Vu est la valeur unitaire du produit
selon la méthode comptable retenue, confiance entre les acteurs internes
- H l e taux de possession prenant en et externes de la Supply Chain. En
compte les dimensions physique, finan­ tant que prérequis elle participe
cière, d'obsolescence et de démarque. pleinement à l'excellence.
• La diversité des référentiels arti­
> De nombreux critères de segmentation
et de classification existent. La nature des cles ne peut s'appréhender qu'en
produits est une première approche qui regroupant des produits au sein de
doit être complétée par des critères de catégories auxquelles s'applique­
gestion tels que : ront des règles de gestion et des
- La valeur des produits valeurs de paramètre homogènes.
- La rotation (Fast Movers vs Slow Movers)
qui permet de définir des fréquences et
des circuits d'approvisionnement adap­
tés. La couverture ou la rotation des • Il faut privilégier les approches
stocks sont calculées à partir du CGOS ABC à tous les niveaux : ana lyse,
(cf. outil 8) : déploiement, progrès continu ce
- Rotation (turn) = cost of goods sold/ qui permet d'identifier et de se
stock focaliser sur les enjeux majeurs
- Couverture moyenne = 365/Turn • Le choix de la méthode de valori­
- La criticité liée à la rupture et le profil sation du stock n'est pas un enjeu
de consommation pour dimensionner les majeur du point de vue du SCM et
stocks de sécurité ad hoc doit se faire en concertation avec
- Le caractère régulier des flux entrants et les règles comptables en vigueur
sortants ou au contraire saisonnier de l'ap­ dans l'entreprise. En revanche le
provisionnement des matières premières choix du facteur H (taux de déten­
et/ou de la demande des produits finis tion du stock) est essentiel car il
> Distinguer dans l'analyse de la taille d'un induit des comportements plus
stock les causes : ou moins vertueux en matière de
- Subies : mauvaise qualité des opérations réduction des coûts des stocks.
et des données, aléas .. .
C'est une décision qui doit impli­
- Voulues : optimisation charge-capacité, quer la Direction Générale pour
atteinte d'un OTIF donné ... s'assurer que les règles de gestion
des stocks et les efforts appor­
tés à leur optimisation créent la
valeur attendue •

.......

'i:en

a.
u0

- 42 -
D O S S I E R 1 D É F I N I R ET M E S U R E R L A P E R F O R M A N C E G L O B A L E DE LA S U P P LY C H A I N

I LLUSTRATION s u r l e s o u t i l s fon d a m entaux


d e l a gestion des stocks

1. Classification ABC appliquée au critère valeur :

Nombre Valeur cumulé


Catégorie cumulé du stock (en
d'articles K€ )

A 1 300 1 950

B 3 300 2 270

c 6 000 2 570

.-:::

"tl
c:::::i
tî"'
"'
'"'
·�.B
:::i"'
"O0 c::0
c c::
:J c::
0 ·.c0 Cumul des valeurs
"tl:::i0
u
'<j'
......
0 ...
N c..
� 21,7 % 55% 100%

:::i
@
....... Cumul du nombre d'articles (SKU)
..c �
O'l 1
·;:::: "tl0 �
>- c:: u
o. :::i
Cl
0
......
0
u @ (./)

- 43 - SUITE O U T I L • �
_Q U __T I L

Stock

2. Gestion d e réapprovisionnement par point quantité fixe correspondant à des quanti­


de commande : cette méthode qui déclen­ tés économiques et par conséquent de limi­
che le réassort des articles gérés en stock ter le stock moyen sur une période longue.
à partir d'un seuil de commande intégrant En revanche, elle nécessite une traçabilité
un niveau de sécurité pour faire aux aléas du stock en temps réel et un inventaire per­
pendant le délai de réapprovisionnement a manent ce qui ne peut s'envisager sans un
le gros avantage d'être réactive en fonction système d'information adéquat assurant le
des besoins, de placer des commandes à suivi des stocks et des mouvements.

Date Entrées Sorties Stock Commandes


02-mar 85
03-mar 5 80
04-mar 8 72
06-mar 10 62
08-mar 2 60
Quantité à commander :
09-mar 15 45 200
200 Point de
12-mar 10 35
Point de commande : 14-mar 7 28 commande atteint
50 16-mar 6 22
17-mar 6 16
18-mar 200 216
20-mar 11 205

e---+----< Réception de
commande
205
200 ... ....... ....... .

� 150 ... ·······-····················· ·······-····-···

ë L____r�D�é�la�i�d�'o�b�te-n�ti�o-n--,__�
. 8"0
CO

100 72
:::J
0 .. ·· ··························· · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · . . .............. .

85 62

45 22
28 16 35
0 +--+--+----<-+--+__..,1---+--+-1--+-+---1
02-mar 04-mar 06-mar 08-mar 10-mar 12-mar 14-mar 16-mar 18-mar 20-mar
Temps

"O
!-+- Niveau de stock - - - - - Point de commande
0
c
:J
0
......
'<j"
0
N
@
.......
..c
O'l
·;::::
>-
0.
0
u

- 44 -
D O S S I E R 1 D É F I N I R ET M E S U R E R L A P E R F O R M A N C E G L O B A L E DE LA S U P P LY C H A I N

3. Gestion des réapprovisionnements à du stock au moment du contrôle de niveau,


recomplètement périodique : cette méthode ce stock sera recomplété et le stock de
plus simple que la précédente ne nécessi­ sécurité devra couvrir les aléas non pas
tant qu'un suivi périodique du niveau des seulement sur la période de réapprovision­
stocks génère en revanche en moyenne nement mais sur l'ensemble de la période
plus de stock car, quel que soit le niveau entre deux approvisionnements successifs.
Périodicité : 2 semaines

Niveau de
recomplètement : 300

Date Entrées Sorties Stock Commandes


02-mar 85
03-mar 5 80
04-mar 8 72
06-mar 10 62
08-mar 2 60
09-mar 15 45 255
12-mar 10 35
14-mar 7 28
16-mar 6 22
17-mar 6 16
18-mar 255 271
20-mar 11 260
22-mar 14 246
23-mar 12 234 66
25-mar 15 219
26-mar 9 210
28-mar 12 198
31-mar 66 264

300
271
Réception quantité
264
commandée
(0 = NR Stock P1)
-
250
.-:::

"tl
c:::::i
tî"'
198
•Cl) �
"'

·�.B :;::;
:::i � 150 +-������-+��___,
::::J
"O0 "'
c::0
0

c c::
0
:J c::
·.c0 100 +-������-r�---;:P�é�ri�od�e�f�ix�e.__�l--��--l
:::i
u
'<j'
...... "tl0 85
0 ...
N c..


:::i
@
....... 16
..c � 22
O'l 1 0 +-f--l-+-+--+--+-+-+-f--l-+-+--+-+-f--11-+-+-t--l-+-+---+-I
·;:::: "tl0 02-mar 05-mar 08 mar 11-mar 14-mar 17-mar 20-mar -mar 26-mar 29-mar

>- c:: u
o. :::i
Cl Temps 0
......
0
u @ (./)
1--+-- Niveau de stock - - - - - N iveau de recomplètement

- 45 -
Stock

4. L e stock optimal requis comprend 5 com­


posantes que sont liées aux contraintes
industrielles et aux objectifs de service. Il
est possible de modéliser l'impact écono­
mique des indicateurs de stocks :

Stock out 1 ind strie


Cl Basé sur les paramètres techniques
et économiques industriels

Stock d'ant1c1pat1on
Basé sur l'écart entre le niveau des
cz
ventes et /es ressources maximales

Niveau
de production
� Changer un paramètre peut avoir des
c onséqu e nces
significatives sur le niveau de
Stock de transit moyen
r � ---:s�
to�ciki m
o ptiim al;-- �
de stock
optimal C3
l52 �
���� ����
Basé sur /es fréquences d'expédition et
/es délais de transport

Conséquences
Exemple de
Paramètres sur un stock de
Stock de sécurité pour couvrir les changements
40 jo urs
C4 erreurs des prévisions des ventes
Objectif de +18 jours
niveau de 75% + 95 %
Basé sur un objectif d'OTIF et un taux
+45 %
service
d'erreurs

CS
Stock de sécurité pour couvrir la
var abilité industrielle
rr
E e ur d e
prévision
40% + 30%
-9 jours
-22%
N o m br e -5 j o urs
Basé sur /e taux de disponibilité des
40 + 30
d'entrepôts 12 %
produits et /es variations de production
aléatoires -

......
..c
Cl
·;:::

a.
0
u

- 46 -
D O S S I E R 1 D É F I N I R ET M E S U R E R L A P E R F O R M A N C E G L O B A L E D E LA S U P P LY C H A I N

I LLUSTRATION d e l'a p p l ication d e s o u t i l s d e ges­


t i o n de base à u n environnement
S u p ply Chain c o m p lexe

La complexité en Supply Chain s'apprécie entrant dans un processus de prévision et de


en particulier par le nombre d'articles du se concentrer sur les références qui génèrent
portefeuille commercial. Dans l'exemple ci­ l'essentiel de l'activité à hauteur de 95 %.
dessous d'une entreprise offrant ses produits - Les stocks de sécurité sont dimensionnés
très diversifiés dans une logique BtoB vers sur les données historiques et non plus
des clients issus de secteurs industriels et sur les prévisions ce qui permet d'élimi­
de distribution très variés, la catégorisation ner une double erreur potentielle.
est une obligation permettant de simplifier - Les stocks de sécurité sont éliminés pour les
et de rationaliser. Mais cette catégorisation références E pour limiter les risques d'obso­
s'est accompagnée d'une rationalisation lescence et permettre un renouvellement des
préalable du portefeuille de produits qui a gammes plus rapides et efficaces. Le point
permis de diviser par 2,7 le nombre de réfé­ de commande est donc positionné à O.
rences articles en 4 ans à partir d'un réfé­ - Des classes complémentaires de produits
rentiel articles initial de 50 000 SKU. qui n'entrent pas dans un mécanisme de
Dans ce cas, les 2 critères qui ont été uti­ réassort classique ont été introduites en
lisés pour effectuer une double classifica­ ce qui concerne les nouveaux produits,
tion Pareto sont : les promotions, les produits en déstoc­
- Le nombre de lignes de commandes qui kage et les produits faisant l'objet de
permettent de prendre en compte la sta­ commandes spéciales.
bilité ou non de la demande, un nombre - Pour les références A, B et C, les stocks
faible rendant l'exercice de la prévision de sécurité, les tailles des lots réappro­
très aléatoire et difficile ; visionnés et les points de commande
- La valeur des produits. ont fait l'objet d'une normalisation en
Le résultat de cette classification figure termes de calcul.
.-:: Ces décisions sont courageuses au plan
;o; dans le tableau ci-dessous :
"C
c::i managérial et elle nécessite la pleine adhé­
"'
Nombre de lignes de commande
"' 50% 30% 15% 4% 1%

sion du top management car ne plus faire
"'
'"' c de prévisions pour 50 % des références et
.:!.! A B D E
B:i ê 50% A A A = A AB=A AC=B AD=B AE=C mettre les stocks de sécurité à 0 sont des
"' ::::i
30% B BA=A BB=B BC=B BD=C BE=D décisions qui peuvent être perçues comme
"'O
'-- 1 5 % c
w
0 c:0 �

CA=B CB=B CC=C CD=D CE=D


c c: potentiellement ayant un impact négatif
-5!! 4%
:::J
::J c: D DA=B DB=C DC=D D D = D DE=E
0
0
1% E sur le niveau de service. Mais sous la pres­
<tJ
·.i::: > EA=C EB=D EC=D
u
'<j" :i sion de l'environnement économique les
.-i "C
0 8 En termes de gestion des stocks, les consé- différents acteurs de la chaîne de valeur
N c..

� quences importantes sont les suivantes : prennent conscience que la rationalisation
@
......
:i
..c: � - Les classes D & E qui ne représentent que et la simplification sont des leviers impor­
Cl 1
·;:: "C0 5 % du business ne font plus l'objet de pré­ tant de leur propre pérennité. �
>- c::i u
a. visions des ventes. Cette décision permet de 0
0 0 4--'
u (Q) réduire de 50 % le nombre de références t/)

- 47 -
U t i l isation des ressou rces crit iq ues

O PT I M I S ER L E S E RVICE CLI ENT ET LA RENTABILITÉ


DES I NVEST I SSEMENTS

Retard client
Délai d e mise à
significatif
disposition du
produit

Sous-utilisation des
ressources impactant
la rentabilité
Zone d'utilisation
optimale

Utilisation de la
ressource
100%

En résumé
L'utilisation d'une ressource se définit de façon simple par la part du
temps où elle n'est pas inactive.
On mesure l'utilisation par le ratio sur une période de temps entre la
charge de travail moyenne générée par la réalisation de la demande
et la capacité moyenne de la ressource.
L'utilisation est mesurée aussi bien pour des ressources techniques
(équipement. machine ... ) que des ressources humaines (compé­
tences ... ) pour les ressources les plus critiques (chère et/ou rare)
Un équilibre est à définir entre l'utilisation des ressources critiques
......
..c et le délai souhaité : plus la ressource est chargée, plus les files d'at­
Cl
·;::: tente généreront de long délai de mise à disposition. À l'inverse, une

a. utilisation minimum est à garantir pour rentabiliser l'investissement
0
u réalisé ...

- 48 -
D O S S I E R 1 D É F I N I R ET M E S U R E R L A P E R F O R M A N C E G L O B A L E DE LA S U P P LY C H A I N

P o u rq uo i l ' u t i l iser ? Traduire une production en unité en temps


d'utilisation de la ressource pour chaque
Objectifs produit ou famille de produit homogène.
> Rechercher l'utilisation optimale des res­ 4. Mettre en place un suivi régulier de
sources critiques de l'entreprise (le plus l'utilisation des principales ressources cri­
souvent rares et chères). tiques (via les processus PIC/S&OP et Plan
> Capacité à répondre à la demande du mar­ Directeur de Production/MPS).
ché (trop forte utilisation empêche la livrai­ 5. Définir un objectif d'utilisation optimal
son des clients dans les délais convenus). des ressources critiques en fonction des
> Rentabilité de l'entreprise (une trop fai­ délais de mise à disposition et de la varia­
ble utilisation génère des coûts inutiles). bilité de la demande et de la ressource.

Contexte Méthodologie et conseils


L'utilisation est l'indicateur clé utilisé par Exprimer la capacité et la demande en
la Supply Chain pour évaluer la faisabilité unité de temps est plus représentatif qu'en
de réalisation d'une demande dans une unité de volume pour prendre en compte
période. l'hétérogénéité de la demande qui passe
sur une ressource (charge différente en
fonction des produits).
C o m ment l ' u t i liser ? L'utilisation d'une ressource ne peut être
égale à 100 % mais doit être strictement
Étapes inférieure à 100 % pour respecter les
1. Définir de façon empirique les res­ délais de mise à disposition.
sources ayant les plus fortes utilisations En fonction de l'horizon regardé, l'objec­
sur une période de temps significative (> à tif d'utilisation pourra être différent : on
un mois en général), appelées goulots ou pourra par exemple accepter une utili­
bottlenecks. sation à 6 mois proche de 100 % pour une
En première approche, ce sont les res­ demande volatile (« surbooking »).
sources ayant les temps de cycle longs,
des pourcentages de temps de produc-
..::: tion élevé et/ou avec des stocks en amont

"tl élevés.
c::
:::i .......,
2. Définir la capacité moyenne des res-
"Rl

u
,:il sources critiques le temps disponible V')
·� pour produire des pièces bonnes sur une Q)
u
"O � période. 1-
:::::i
c::
0 0
c § Le temps de pannes ou d'arrêt program- V')
:J c:: V')
0 ·.c0 més comme les entretiens préventifs ou Q)
u I-
'<j" :::i les changements de série ou de production
"tl V')
0
......
8 Q)
N c.. non conforme sont retranchés du temps -0


@ d'ouverture de la ressource (application c
.......
..c � du TRS/OEE). 0
.+-J
O'l 1
3. Définir les règles de charge de l'ensemble ro
·;:::: "tl
0 V')
>-
0. § de la demande passant sur les ressources
0 Cl
u @ critiques.

- 49 - SUITE O U T I L �
_ Q U __T I L
U t i l isation des ressou rces critiques

• Maintenir l e niveau d'utilisation opti­ • Ne pas globaliser les ressources mais


mum des ressources critiques pour sélectionner les ressources les plus
minimiser les backorders coûteux en critiques pour calculer l'utilisation.
termes d'image client et de coûts des • L'utilisation doit être régulièrement
opérations (replanification, change­ suivie et la liste des ressources cri­
ment, transport...). tiques challengée : L'utilisation varie
• Anticiper les besoins d'investisse­ avec la demande et l'évolution des
ment et définir les actions de réduc­ capacités (une capacité n'est pas fixe).
tion de l'utilisation : réduction de la Une ressource peut devenir critique.
variabilité de la demande, réduction • L'acceptation d'un optimum d'utili­
de la complexité de la gamme, réduc­ sation qui n'est pas 100 % (ou au­
tion de la variabilité de la ressource delà !) est difficile à accepter par le
(panne, etc.). management ou la finance. Un test
sur une ressource permet d'ancrer
l'idée d'une optimalisation de l'utili­
sation des ressources.

"O
0
c
:J
0
'<j"
0
......

N
@
.......
..c
O'l
·;::::
>-
0.
0
u

- 50 -
D O S S I E R 1 D É F I N I R ET M E S U R E R L A P E R F O R M A N C E G L O B A L E DE LA S U P P LY C H A I N

APPROFONDISSEMENT : Relation ent re l e d é l a i et


l ' u t i l isation d'une ressou rce

La réactivité de la Supply Chain et l'utili­ On peut tirer plusieurs conséquences (pas


sation des ressources critiques sont en fait toujours intuitives) de cette dernière équa­
les 2 facettes d'une même réalité. tion :
On peut se rendre compte de ce phéno­ > la variabilité dégrade toujours la perfor­
mène dans la vie courante lorsque nous mance d'un système ;
sommes dans un bouchon lié au trafic : > la seule façon d'avoir une forte utilisation
plus le trafic est dense (c'est-à-dire plus la des moyens sans allonger les délais est de
route est utilisée), plus le temps de traver­ réduire la variabilité. La réduction de l'uti­
sée (donc le lead time) est long. lisation a un impact plus important sur le
Dans le cas extrême où la route est utilisée délai que la réduction de la variabilité mais
à 100 %, c'est-à-dire quand les voitures sont c'est souvent trop coûteux (cela peut être
par choc contre pare-chocs, le trafic est arrêté utilisé en première étape) ;
et le lead time est donc infini. La seule façon > une forte variabilité sera d'autant plus
pour les voitures de rouler pare-chocs contre grave au process ayant une forte utili­
pare-chocs est de rouler à la même vitesse, sation (goulot ou bottleneck).
toute variation entraîne un ralentissement. Exemple : Si on considère une ressource
En utilisant la théorie des files d'attente, on ayant une utilisation de 90 % :
peut monter que le lead time d'une ressource > pour une faible variabilité : le délai d'at­
s'exprime en fonction de l'équation suivante tente est de l'ordre de 2 fois le temps moyen
(équation de Polloczek-Khintchine) : de production de la ressource (T) ;
> pour une variabilité moyenne : le délai
Lead time = V X u X (1 + n
d'attente est de l'ordre de 9 fois ce temps
Dans laquelle : de production ;
> V est un facteur dépendant de la varia­ > pour une forte variabilité : ce délai d'attente
.-:::
bilité : passe à 36 fois le temps de production .
� - de la demande : variabilité du temps entre
"tl
c:: 5o ����
:::i l'arrivée des entités dans le process ; .......,

45 l­
"Ri - de la ressource : variabilité du temps u
"'
40 V')
:� entre l'entrée de l'entité dans le proces-
35 Q)
u
�"' sus et sa sortie (cela inclut les pertes 30
1-
"O
·-
"' , :::::i
0 c::
0
comme les pannes, les temps de chan­ � 25 I 0
c
:J
c::
gement, les tailles de lot...). V')
c:: 20 V')
0 0
·.c
> U est un facteur dépendant de façon
faible variabilité Q)
u 15 I-
'<j" :::i
"tl exponentielle de l'utilisation u de la res­ V')
0
......
10
8 Q)
N c..
� source (U = u/(1 - u)) ; 5 -0
@ �
> T est le temps moyen de production de
o l--....-....�
.. �:=::�::::::::
: :::_�
_ __J c
....... :::i 0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9 1 0
..c
O'l

1 la ressource. Utilisation .+-J
ro
·;:::: "tl
0 V')
>- c::
0. :::i
0 Cl
u @

- 51 -
Coût g loba l de l a Supply Chain

MESURER LE COÛT D E L'ENSEMBLE DES ACTIVITÉS


PERM ETTANT LA LIVRAISON DES PRODU ITS
ET SERVICES AUX CLI ENTS

Transport

Entreposage

Approvisionnement

Distribution
Inter sites

Retour client
+

Logistique
Interne

Mat iè res
Premières

En Cours de
Production

+

• Produits finis
Frais Financiers
Stocks

Administratif/
Informatique

En résumé
Le coût global de la Supply Chain est la somme des coûts de transport
...... inbound et outbound, d'entreposage, de logistique interne, des frais
..c
Cl financiers liés au stock et des frais administratifs et informatiques.
·;:::
>­ Dans une approche de coût complet. le coût de production est intégré.
a.
0
u Ce coût est généralement ramené en % du chiffre d'affaires net.

- 52 -
D O S S I E R 1 D É F I N I R ET M E S U R E R L A P E R F O R M A N C E G L O B A L E DE LA S U P P LY C H A I N

Pourq u o i l'uti l iser ? des coûts et donc les causes racines de ces
coûts.
Objectifs 7. Utiliser ces analyses non seulement pour
> Évaluer les coûts du schéma logistique prendre des décisions de maintien ou non
au regard du chiffre d'affaires généré. des produits dans le portefeuille de l'entre­
> Ce coût est généralement analysé par prise mais aussi surtout pour :
grands segments produit/client pour évaluer - imaginer de nouvelles solutions généra­
la rentabilité des produits et des marchés. trices d'économies,
- segmenter les solutions Supply Chain
Contexte par exemple en différenciant des solu­
Le coût global de la Supply Chain prend en tions Law Cast versus des solutions
compte toutes les sources de coûts pour Premium.
mettre à disposition les produits et service
aux clients. Méthodologie et conseils
> Une première estimation peut être réa­
lisée sans avoir le détail analytique des
Com ment l'uti liser ? coûts.
> Il faut segmenter les coûts par grandes
Étapes familles de produit.
1. Évaluer les coûts de transport relatifs > Le coût des ventes (Cast of Good Sold -
aux livraisons client mais aussi aux retours, CGOS) est un autre indicateur fréquem­
aux transferts intersites et aux approvision­ ment utilisé. Il est complémentaire du coût
nements des matières premières. Ce coût total de la Supply Chain
représente en général plus de la moitié du I l évalue le coût total de total de produc­
coût global de la Supply Chain. tion d'un produit vendu :
2. Évaluer le coût d'entreposage des sto­ > Coûts directs : Matière et main-d'œuvre
cks des matières premières (et des produits > Coût indirect (frais généraux)
finis et de semis finis si c'est le cas) en pre­ Pour une période donnée :
nant en compte les coûts de manutention
(engins, main-d'œuvre, maintenance ... ). CGOS = Coût des stocks début période
+ achats matière pendant la période
..::: 3. Évaluer le coût de la logistique interne

"tl + coût de production pendant la période
c:::::i (chariot, main-d'œuvre, maintenance ... ). c
- coût des stocks à la fin de la période
4. Évaluer les frais financiers liés aux ru
'Rl ..c
"'
'"' stocks (assurance, obsolescence). u
·
.B�:::i 5. Évaluer les coûts de traitement admi­ >
o..
"O "'
c::
nistratifs de la Supply Chain (personnel de o..
0 0 :::l
c c:: planification, informatique ... ) . l/)
:J c::
0 0
·.c
u
6. Identifier au-delà de la mesure des coûts ru
'<j­ .; les inducteurs des coûts. Par exemple pour
.-l Q)
0 8
les coûts de transport : les volumes trans­ -0

N c..

� portés, le délai de livraison, les fréquences ru


@ :::i ..0
...... � de livraison, le taux de rotation des pro- 0
..c
O'l 1 O'
......
·;:::: "tl
0
duits ... pour faire prendre conscience de
>- <:::l
0. § l'impact de ces inducteurs sur le niveau
0 Cl 0
u u

SUITE O U T I L ....
.
- 53 - .
_ Q U __T I L


Coût g loba l de l a Supply Chain

• Une prise en compte de l'ensemble • L'implication de la direction finan­


des coûts associés à la Supply Chain cière est essentielle de sorte que
permet de mettre sous contrôle les les standards de coût soient appli­
évolutions de coûts pour déceler tout qués selon la doctrine comptable en
dérapage et prendre les mesures vigueur et que les analyses soient
correctives. faites dans une logique à la fois
• Une vision exhaustive du coût de technique de nature Supply Chain
revient d'une famille produit et mais aussi business (gestion de por­
mener une analyse de rentabilité tefeuille de produits).
prenant en compte le coût complet.
• Détecter l'intérêt de segmenter les
solutions logistiques et Supply Chain
pour répondre aux objectifs spéci­
fiques de coût en différenciant par
exemple des solutions pour les pro­
duits Low Cost versus les produits
Premium.

"O
0
c
:J
0
'<j"
0
......

N
@
.......
..c
O'l
·;::::
>-
0.
0
u

- 54 -
D O S S I E R 1 D É F I N I R ET M E S U R E R L A P E R F O R M A N C E G L O B A L E D E LA S U P P LY C H A I N

ORDRE d e gra n d e u r d u coût g l obal d e l a S u p p l y C h a i n

O n admet généralement que l e coût global Les différences entre le coût moyen d'un
moyen de la Supply Chain est de l'ordre de secteur à un autre sont le plus souvent
10 % du CA net tous secteurs confondus moins importantes qu'entre les entreprises
Cela doit rester un ordre de grandeur qui matures et les entreprises non matures
doit tenir compte de la maturité et du sec­ (cela tient presque de la tautologie !).
teur d'activité. En particulier la complexité Notez bien que ce coût n'englobe pas les sur­
de la Supply Chain a un impact majeur coûts des défaillances : pénalité de retard de
(croisement en première approche entre le livraison (pouvant atteindre jusque 25 % de
nombre de références actives et le nombre la valeur de la commande) ou perte de pro­
de client). ductivité tout au long de la Supply Chain.
û t__l o_al__e la__u_
p_
p_ h a_ et_
1 6 % �������-C_
o_ g_ b_ d� S_ l y_C
__ n_
i_(0
_�
!1o C_ n_
A__ )���������
14 %
12 %
10%
8%
6%
4% 4%
2%
0%
Commerce Mobilité Santé Beauté Agroalimentaire Produits de Grande Bâtiment
• Moyenne TOP Consommation

De la même façon globale, les différentes augmentation (pris du pétrole oblige) ;


composantes du coût de la Supply Chain - les frais financiers liés à la possession
se répartissent en moyenne de la façon du stock sont de l'ordre de 10 % (En
suivante : moyenne 25 % par an de la valeur comp­
.-:: - le transport représente plus de la moitié table du stock).
;o;
"C du coût global de la Supply Chain et est en
c::i c

"'"' ro
.c
"' . . t rat'f1 3o
'"' 1c
Ad minis Informatique
u
.:!.!
o,... .. _
6%

B:i Frais financiers stocks _ _ >


"' 11% Q.
"'O
0 c:0 Q.
c c: '.:)
::J c: (/)
0
0 ·.i:::
u
ro
'<j" :i
.-i "C Q)
0 8
c.. "O
N �
Entreposage


15% ro
@
...... :i ..D
..c: � 0
Cl
"C0
1 O'
·;::: 4-'
>- c::i <'.:)
a.
0 0 Logistique interne
11% 0
u (Q) u

- 55 -
I m pa ct de l a Supply Chain
s u r l 'envi ronnement

(--- TC02, RAI SONNEMENT S U R L E CYCLE PRODUIT

• Stratégie logistique
verte dans une logique
Approche DD de Supply Chain
formalisée et étendue
intégrée dans le
système logistique
appliquant les
règlementations

Aucune
préoccupation DD
dans les chaînes
logistiques
Les 4 niveaux de maturité de la logistique verte
et du développement durable (DD) logistique

En résumé
La démarche Supply Chain est intrinsèquement « verte » et respectueuse
de l'environnement car l'optimisation a pour objectif clé de minimiser la
mobilisation et la consommation des ressources pour produire le juste
niveau de service. Toute Supply Chain est donc vertueuse au plan du
développement durable et il n'y a pas de contradiction entre des objec­
tifs de baisse des coûts énergétiques, d'accroissement de la productivité
et de services apportés aux clients, et le respect de l'environnement.
Au-delà de cette approche traditionnelle, il existe néanmoins des solu­
tions complémentaires qui doivent être identifiées par une veille active
et des projets pilotes pour tester ces innovations.
Réduire l'empreinte environnementale d'un produit tout au long de son
...... cycle de vie n'est pas seulement une contrainte d'origine réglementaire
..c
Cl
·;::: mais une véritable opportunité pour acquérir un avantage concurren­

a. tiel et développer une image positive vis-à-vis de toutes les parties
0
u prenantes internes et externes à l'entreprise.

- 56 -
D O S S I E R 1 D É F I N I R ET M E S U R E R L A P E R F O R M A N C E G L O B A L E DE LA S U P P LY C H A I N

Pourq u o i l'uti l iser ? > les emballages,


> les transports,
Objectifs > les manutentions,
> Introduire une 5e dimension dans la > les infrastructures immobilières,
conception d'une chaîne logistique opti­ > le recyclage des produits en fin de vie.
misée au-delà du niveau de service visé,
de la baisse des coûts d'exploitation et des
niveau x de stocks et de la maîtrise des C o m ment l'uti l i ser ?
investissements en capacité.
> Placer ces initiatives au sein d'un pro­ Étapes
gramme plus large de responsabilité sociale 1. Identifier au sein de ses chaînes logis­
de l'entreprise (RSE) et par conséquent faire tiques les domaines générateurs d'impacts
de cette 5e dimension un enjeu d'entreprise néfastes sur l'environnement.
partagé par tous au même titre par exem­ 2. Prendre en compte l'ensemble du cycle
ple que la sécurité qui n'est pas négociable de vie des produits.
en termes de meilleure pratique. 3. Identifier les sources de ces éléments
> Contribuer aux objectifs du Ministère de dont l'empreinte carbone.
l'Écologie, du Développement Durable, des 4. Modéliser et quantifier les effets en éla­
Transports et du Logement, la logistique borant le bilan carbone des différentes
ayant été identifiée parmi 18 filières priori­ activités logistiques en utilisant éventuel­
taires retenues, pour lutter contre le chan­ lement les outils mis à disposition par des
gement climatique. associations professionnelles (EcoTranslT
World proposé par l'UIC, éco-calculateur
Contexte proposé par VNF...).
5. Identifier les leviers de réduction des effets
c
La logistique est une discipline de compro­ �

mis (trade-off) et l'arbitrage entre le niveau néfastes y compris le changement de fournis­ (])
des stocks, l'importance des investisse­ seurs et la reconception des produits. E
(])
ments dans les infrastructures de trans­ 6. Évaluer et quantifier les effets positifs c
c
port et la réduction des coûts de transport des leviers mobilisés. 0
1-
a conduit à utiliser des moyens de trans- 7. Définir le niveau d'engagement et de lea­ >
..::: dership que l'entreprise décide d'exercer c
� port énergivores et polluants. �(])
� Une véritable approche d'une logistique dans le développement durable logistique.
:::i 1-
:::::::l
'Rl « Développement Durable » met en avant 8. Formaliser un véritable business plan en
V)
•:il les 3 piliers classiques : économique, social quantifiant les objectifs cibles . c
·� et environnemental. 9. Mettre en place des programmes de ro
.B:::i .r::.
"O "' Le renchérissement inexorable des res­ sensibilisation pour les parties prenantes u
0 c::0
c c:: sources énergétiques, la pression des externes (packager des offres commerciales >
:J c::0 o..
0 ·.cu réglementations nationales et interna­ pour les clients intégrant cette dimension). o..
:::i :::::::l
1'.l
'<j­ tionales et la prise de conscience citoyenne 10. Mettre en place un plan de communi­
.-l li)
0 8 cation interne et externe pour générer et
du maintien durable de notre espace de vie ro

N c..

@ � sont autant de raisons qui poussent à agir assurer l'engagement dans la durée. (])
-0
:::i
....... � dans la mise en œuvre de solutions respec-
..c �
O'l Méthodologie et conseils u
·;:::: ..:,0 tueuses de l'environnement. Et ce, d'autant ro
>- c:: que la logistique a un impact sur l'environ- o..
0. :::i > Avoir une connaissance étendue et à jour
0 Cl E
u @ nement via : en menant une veille adéquate des législa-

- 57 - SUITE O U T I L . ...
I m pa ct de l a Supply Chain
s u r l 'envi ron nement

tians et des meilleures pratiques (référen­


tiels environnementau x (HQE, BREEAM),
chartes environnementales (Afilog), stan­
dards internationaux) en vigueur et à venir
auprès des organisations professionnelles
ad hoc.
> Ne pas se limiter aux domaines dont on
a la responsabilité directe et entière mais
aussi ceux qui sont en interdépendance via
les opérations de sous-traitance ou d'achat.
> Être exhaustif dans l'identification poten­ • Cette approche développement
tielle des leviers de réduction des effets durable associe des composantes
négatifs : économiques, sociétales et envi­
- nature des équipements (matériels ro u ­ ronnementales qui soutiennent la
lants et de manutention) et des maté­ création de valeur vis-à-vis des par­
riau x utilisés dans la construction des ties prenantes internes et externes
infrastructures logistiques (énergie posi­ de l'entreprise. Elle doit donc être
tive, récupération eaux de pluie, recy­ valorisée aux plans marketing et
clage des consommables ... ) ; de la communication interne et
- sources d'énergies utilisées ; externe.
- formation et évaluation des opérateurs • La logistique est fondamenta­
(green attitude par exemple au niveau de lement une discipline se jouant
la conduite) et engagement des parties des contraintes en quelque sorte
prenantes (fournisseurs, salariés, clients) ; via le processus d'optimisation.
- optimisation des réseaux logistiques et La variable environnementale doit
empreinte géographique ; être perçue comme une opportu­
- choix des modes et des modalités de nité au sens large de la valeur qui
transport ; lui est attachée.
- planification de la Supply Chain dans une
logique étendue ;
- conception de plans de transport inté­
grant les flux retours et limitant les • La notion de priorisation est impor­
retours à vide ; tante pour éviter de poursuivre trop
- conception innovante des produits et des d'objectifs et n'aboutir à aucun
"O emballages (limitation des quantités de résultat tangible.
0

c déchets, optimisation des transports, etc.) La mise en œuvre d'une Supply
::J
0 sur l'ensemble du cycle de vie du p rodu it.
Chain verte ne peut donner des
'<t > Mettre en place une méthodologie de
.--1 résultats probants sans développer
0 calcul du bilan carbone qui soit transpa­
N des processus collaboratifs trans­
@ rente pour être communiquée au niveau versaux associant les parties pre­
...... des impacts positifs obtenus .
_c nantes en les motivant par une
O'I > Bien distinguer la phase de conception
·;:: mesure de résultats et en leur
>­ des chaînes logistiques vertes de celle
a. procurant des incitations.
0
u d'exécution des opérations.

- 58 -
D O S S I E R 1 D É F I N I R ET M E S U R E R L A P E R F O R M A N C E G L O B A L E D E LA S U P P LY C H A I N

CAS : I l l ustra t i o n d ' u n e d é m a rc h e d 'opti m isation


aya nt des conséqu ences positives e n m a ti è res
envi ron n e mentales

La composante économique du développe­ - Le business modèle logistique 2 voit une


ment durable est celle qui permet de créer évolution importante par la création de
un lien immédiat entre objectif de baisse sites logistiques du type plate-forme avec
des coûts logistiques et contribution au stock a minima contrôlés par les distri­
respect de l'environnement. buteurs voire opérés par eux-mêmes. La
Pour ce distributeur de produits alimentaires logique de ces sites résolument orientés
et de produits de grande consommation dans vers la distribution des points de vente
ses magasins de type supermarchés, l'objec­ permet une consolidation des appro­
tif est d'abord celui de l'OTIF magasin pour visionnements de l'ensemble des four­
limiter les ruptures en linéaire synonymes de nisseurs contribuant à l'assortiment
perte de chiffres d'affaires et d'érosion dans des points de vente. Dès lors le coût de
la durée de la part de marché et celui de la transport aval représentant la part la
baisse des coûts pour contribuer à baisser les plus importante des coûts logistiques est
prix de vente des produits en linéaire. optimisé par la massification des flux et
Le schéma suivant illustre les 3 business un gain complémentaire est possible au
modèles logistiques que l'on peut imaginer niveau de la préparation de comman­
pour assurer l'approvisionnement de ces des pour augmenter la productivité de
produits depuis les usines de production la manutention des mises en rayon des �

produits. Ce modèle constitue donc un c


des fournisseurs jusqu'au point de vente : Q)
- Le business modèle logistique 1 est maîtrisé progrès par une optimisation supérieure E
des moyens de transports pour un niveau Q)
traditionnellement par chacun des fournis­ c
de service identique. c
seurs qui livrent les points de vente auto­ 0
1.-
nomes dans leur passation de commande ; >
.-::
c
;o; Business modèle 1 Business modèle 2 Busi ness modèle 3 Q)
"C
c::i 1.­

"'
:::J
"'

Vl
"'
'"' c
.:!.!
B:i CU
..c
"' u
"'O c:0 Entrepôt
0 >­
c c: amont
::J c: Cl.
0 0
·.i::: l î Cl.
'<j"
u
:i
"C Plate-forme
:::J
.-i Plate­
(f)
0 8 forme aval
N c.. CU

� Q)
@
......
:i <:J
..c: � �
1 Point de vente Point de vente
Cl
·;:: "C0 u
>- c::i CU
a. Contrôlé par le Cl.
u
0 0
(Q)
distributeur E

- 59 - SUITE O UT I L • -+
I m pa ct de l a Supply Chain
s u r l 'envi ronnement

- Le modèle business logistique 3 constitue - limiter les stocks par le maintien de fré-
une innovation de rupture en dotant le quences élevées.
distributeur d'une double logistique : une Mais la valeur ajoutée de ce modèle est fon­
logistique amont orientée vers la collecte damentalement liée au transport de longue
des produits en provenance des fournis­ distance entre bassin géographique des
seurs et une logistique aval destinée à fournisseurs et celui des points de vente. À
assurer la distribution des produits dans partir d'un découpage régional optimal, les
les points de vente. Ces organisations moyens de transport lourds utilisés pour
logistiques articulées autour de centres amener les produits de l'amont vers l'aval
logistiques de collecte, de massification peuvent être utilisés pour ramener des pro­
et de stockage de masse en amont situés duits de l'aval, cette fois considéré comme
dans les bassins fournisseurs et de cross­ bassin de fournisseurs vers les points de
dock en aval situés dans les bassins de vente de la région amont. Cette moda­
consommation poursuivent clairement lité évite les retours à vide des moyens
un objectif d'optimisation des transports de transport qui est le facteur explicatif
qui se traduisent par des solutions per­ majeur des coûts de transport.
mettant de : Le schéma suivant fournit des détails sur
- mieux remplir les camions ; les fonctions des centres de massification
- réduire le nombre de kilomètres parcourus ; amont :

Business modèle 2 Business modèle 3

Fournisseur Fournisseur

l
Fonctions du centre de­

Fonctions de la plate­
forme régionale :
- stockage tous produits
1- en recte
massification :
- cross-docking des
produits massifiés
- massification des flux
massification ·�---+ • intersites vers les
secs et cross-docking entrepôts régionaux du
Plateforme régionale produits frais distributeur

j
Plateforme régionale - préparation commande
magasins
Plateforme régionale - livraison magasins Fonctions de la plateforme
régionale :
- stockage tous produits
secs cross-docking
Plateforme régionale� produits frais
Plateforme régionale - préparation commande
. . magasins
Plateforme reg1onale - livraison magasins

Dans ce modèle, les fournisseurs livrent directement Dans ce modèle de ruptu re, les fournisseurs éligibles
toutes les plateformes régionales. livreront le centre de massification le plus proche de
leur site d'expédition. Sur ce centre de massification,
les f l u x sont massifiés vers les entrepôts régionaux.

...... Pour bien comprendre la valeur ajoutée sion géographique. La carte de France sui­
..c
Cl
·;::: environnementale du business modèle 3 vante montre un schéma de flux équilibré

a. au-delà de son bénéfice économique, il est entre 7 régions mutuellement exporta­
0
u essentiel de prendre en compte la dimen- trices et importatrices.

- 60 -
D O S S I E R 1 D É F I N I R ET M E S U R E R L A P E R F O R M A N C E G L O B A L E D E LA S U P P LY C H A I N

p
��y
A
� �
c
Q)
E
Q)
Le recours à des modélisations et à des c
c
solveurs mathématiques est nécessaire 0
1....

pour concevoir cette cartographie et assu­ >


c
� rer des flux équilibrés allers et retours Q)
� entre les différentes régions selon éven- 1....
:i
� tuellement des liaisons triangulaires. Au :::J
� Vl
,� plan opérationnel, l'utilisation d'un TMS c
.:!.!
B:i (Transportation Management System, cf. CU
..c
"'
c0
dossier 3) est utile voire nécessaire. La u
c carte suivante montre que le même site >-
c0 Cl..
·.i:u: logistique dans une région donnée joue Cl..
ü
:l à la fois le rôle de site logistique amont :::J
8 (f)
c.. centre de massification et de plateforme CU


cross-dock aval : Q)
...... :l <:J
..c �
Cl 1 �
u
·;::: ü0
>­ c:l CU
a. Cl..
u
0 0
(Q)
E

- 61 -
DOSS I E R

P
our atteindre u n haut niveau d e performance pour la Supply Chain selon les
différents critères définis dans le dossier 1, u n des aspects majeurs est de
garantir de manière permanente l'équilibre entre la charge générée par la
demande et les capacités d e la Supply Chain.
Cet équilibre est réalisé par un ensemble d e processus d e planification spécifiques
selon l'horizon e t le niveau d e détail regardés. Ces processus fonctionnent d e manière
top down et s'imbriquent les uns dans les autres selon une logique identique. Les
résultats du processus de niveau 1 sont détaillés par le niveau 2 e n mobi lisant des
informations plus détai l lées et plus proches d e ce que sera la réalité du besoin c l ient.
La définition des horizons d e pla nification est strictement fondamentale. Que l'on
soit au niveau tactique ou opérationnel, l'horizon est défini par l e délai à la mise en
œuvre de décisions portant sur les objets les plus critiques (fo u rn i sseurs, compo­
sants, matières, opérations techniques ... ). Il peut s'agir à l'horizon tactique du délai
d'approvisionnement d e certaines matières premières ou composants ou du délai de
mobilisation de ressources capacitaires complémentaires, et à l'horizon opérationnel
de délais techn iques incompressibles liés au process d e production.
Le processus Sales & Operations Planning (S&OP, outil 11) garantit l'équi l ibre à l'hori­
zon tactique (en général de l'ordre de 18 mois) à une maille consolidée (famille pro­
duit par mois) de manière g lobale pour une activité. Ce processus est a l imenté par
"'O u n processus d e prévision d e la demande (outil 10) qui à la même maille pla nifie la
0
c:
::i demande prévisionne l l e des marchés d e l'activité. La définition de la maille d'agré­
0
v
gation des produits sous forme de fami lles S&OP est importante car e l l e conditionne
..-!
0 la pertinence des processus de pla nification et leur utilité, la plus ou moins grande
N
fac i lité d e la mise en œuvre d e ces processus et leur fiabil ité.
@
..... Les processus tactiques sont fondamenta lement des processus collaboratifs. Cela
.r:
en signifie que leur bonne exécution e t leur performance dépendent de la qualité de
ï:::
>­ l'implication des parties prenantes. Dans une entreprise indust rielle e t commerciale,
a.
0
u quasiment toutes les fonctions clés doivent participer au processus S&OP car les

62
DOSS I E R
décisions essentiel les qui sont prises dans le cadre de ce processus doivent prendre
en considération le jeu de contraintes g lobales. Un des processus essentiels souvent
mal travaillé, sous-estimé et formalisé est le processus Phase ln Phase Out (outil 12)
qui concerne l'i ntroduction des nouveaux produits et l'éliminatio n des références
a rticles qui ne se vendent plus. Les entreprises i n n ovantes sous la pression béné­
fique du marketing introduisent des nouveaux produits qui complexifient la gestion
de la Supply Chain à tous les niveaux. La rationalisation des gammes est tout aussi
importante pour simplifier l'ex ploitation de la Supply Chain.
Cette demande est détaillée à la maille référence sur un horizon plus court, l'horizon opé­
rationnel (en général de l'ordre de 12 semaines) par le processus de prévision de vente/
expédition. Ces prévisions permettent de compléter le backlog (demande non servie)
pour assurer une visibilité suffisante aux processus de planification opérationnelle. Nous
passons en revue 4 processus de planification qui préparent les opérations :
le processus DRP (outil 13) destiné à planifier les réapprovisionnements néces­
saires dans le réseau de distribution ;
le processus VMI (outil 14) qui permet de routin iser et d'encadrer les flux de
réapprovisionnement réguliers entre un fournisseur et son client ;
le processus M P S (outil 15) permettant de planifier les quantités à produire pour
garantir l'engagement vis-à-vis du client ;
le processus M R P (outil 16) permettant de planifier les o rdres de production et
d'approvisionnement pour respecter les quantités à produire du M PS.
Au-delà du processus de planification hiérarchisé tel qu'exposé ci-dessus, un certain
nombre de processus complémentaires sont
tout à fait essentiels. En particulier nous r
avons porté notre attention sur les proces-
sus de pla nification des transports (TMS,
L E S O U T I LS
outil 17) et des opérations de manutention 10 Prévision de la demande ............................................... 64
et d'entreposage (WMS, outil 18). Ces pro­ 11 Sales & Operations Planning (S&OP) - Plan
cessus complètent de manière très utile le industriel & commercial (P/C) ........................................ 70
S&OP qui est en premier lieu orienté vers
12 Phase ln/Phase Out ......................................................... 76
les capacités industrielles et les besoins en
a pprovisionnements. Ils s'attachent à plani- 13 Distribution Requirement Planning (DRP) .. .. . . .. . . 78 . . . .. . . .

fier d'une part les ressources de transport


14 Vendor Managed lnventory (VMI) - Gestion
par définition très coûteuses et en certaines
"'C
partagée des approvisionnements (GPA) .................. 80
0 périodes de l'année en déficit de capacité
c: 15 Master Production Scheduling (MPS) -
:J (période estivale), de faire les bons choix
Cl Plan directeur de production (PDP) . .. . .. . .. .. . . .. . 82
v en termes de modes de transport et d'opti­ . . . . . . . .. . . ..

..-t
0 miser le portefeuille des transporteurs et 16 Material Requirement Plan ning (MRP) -
N
u
d'autre part les capacités de stockage et Calcul des besoins nets (CBN) ...................................... 88
....... les moyens de manutention afin d'anticiper
..s::
Cl
17 Transportation Management System ( TMS) .............. 92
'L:
les stockages de débord a lors que ces opé­
>­ rations d'entreposage sont le plus souvent 18 Warehouse Management System (WMS) 98
a. ...................

0
u sous-traitées.

63
Prévision de la demande

ANTICIPER L A DEMANDE SUR L E DÉLAI D E RÉACT I O N


DES OPÉRAT I O N S

Entrées Sorties
• Carnet de commandes, • Plan de la demande tactique
engagements contractuelles sur 12/18 mois glissant par
ou informations donnés par le familles commercial non
client (plan de la demande du contraint par la capacité des
client ou stock possédé par le opérations (= input S&OP/PIC)
client) • Plan de la demande
• Historique des ventes opérationnel sur l'horizon du
(internes et externes) lead time par référence produit
• Donées sur les marchés ( = input MPS/PDP)
(tendance, part de marché,
concurrence... ) ou cadrage
budgétaire (dans un premier
temps)

É vénements marketing et
commerciaux (promotions,
hausse de tarifs ... )
• Catalogue produit et plan
d'introduction et de retrait
des produits

En résumé
La prévision de la demande est le processus d'anticipation de la
demande future à réaliser par les opérations industrielles et logis­
tiques (production, approvisionnement, sous-traitance, transport ou
stockage).
Elle porte sur l'ensemble de la demande, les ventes bien sûr mais aussi
les échanges internes ou les essais par exemple.
Les prévisions se réalisent à deux niveaux : un niveau tactique par
grande famille commerciale sur un horizon permettant aux opérations
d'adapter leur capacité ou au marketing/vente d'influencer le marché
(en général 18 mois) ; et un niveau opérationnel par référence pro­
duit ou article directeur pour intégration dans le Master Production
Scheduling (MPS) sur un horizon plus court correspondant au lead time
...... total de mise à disposition d u produit.
..c
Cl
·;::: Il est nécessaire de bien différencier ces deux types de prévisions de

a. manière à li miter la prévision détaillée (par article) au strict minimum
0
u (horizon d u lead time de mise à disposition).

- 64 -
DOSS I E R 2 M A ÎT R I S E R LA P L A N I F I C A T I O N D E LA S U P P LY C H A I N

Pourq u o i l'uti l iser ? 4. Définir les modalités de recueil des évé­


nements commerciaux (augmentation de
Objectifs prix, promotion ...) et les règles d'i ntégra­
> Anticiper les décisions tactiques à pren­ tion dans l'h istorique.
dre dans le cadre du S&OP pour réaliser 5. Définir un indicateur de fiabilité des pré­
la stratégie de l'entreprise : augmentation visions réalisées et surtout un responsable
des capacités de production par des inves­ au niveau Marketing/vente.
tissements, recherche de nouvelles sour­
ces d'approvisionnement. constitution de Méthodologie et conseils
stock, arbitrage cl ient... La performance d'un processus de prévi­
> Déclencher les ordres de production, d'ap­ sion résulte moins du choix de la méthode
provisionnement, de sous-traitance néces­ statistique (définie la plus souvent par les
saire à la réalisation des commandes client logiciels) que de l'organisation du proces­
dans le lead time contractuel (lancement sus qui est caractérisé par les éléments
sur prévisions des approvisionnements clés suivants :
matières, de tout ou partie de la produc­ > Mesure régulière de la fiabilité des pré­
tion, voire de la mise en stock avancé... ) visions et responsa bilisation du marketing
et du commercial ;
Contexte
> Connaissance des événements et de
La prévision de la demande est le proces­
leurs impacts ;
sus d'entrée des processus de planification
> Validation et explication des prévisions
de la Supply Chain aussi bien au niveau
par les responsables Marketing/ventes lors
tactique (S&OP/PIC) qu'opérationnel (DRP
de la Demand Review du processus S&OP
ou MPS/PDP).
(cf. outil 11).
La prévision doit être remise à jour le plus
Com ment l ' u t i l iser ? souvent possible en fonction des nouveaux
événements mais ne doit pas remettre en
Étapes cause l'horizon figé de planification (en
1. Définir les horizons et les mailles néces­ général le mois pour le S&OP et le lead
saires de prévisions au niveau tactique time pour le DRP/MPS).
.-::: (maille : le mois, horizon : 1,5 fois le délai À terme, le budget peut être issu du plan

�:::i d'adaptation de la ressource la plus rigide) de la demande tactique, ce qui permet
"Rl et au niveau opérationnel (ma ille : la d'avoir un ch iffre unique pour l'entreprise
"'
'"' semaine ou le jour, horizon : lead time total et une remise à jour mensuelle de l 'atter­
·�
de mise à disposition du produit) . rissage budgétaire. (])
.B:::i -0
"O "' 2. Définir les familles commerciales : regrou­ c
0 c:: CU
E
0
c c:: pement de produits cohérents par rapport
:J c::
0 (])
0 ·.c au marché (en terme de comportement du -0
u
'<j" :::i
1'.l marché, de niveau de service Supply Chain CU
0
......
8
N c.. comme l'OTIF ou lead time).

(])
-0
@ � 3. Collecter l'historique de la demande, le
....... :::i c
..c � nettoyer des événements passés et défi- 0
O'l 1
nir une méthode statistique de projection V)
·;:::: i:i
0 >
>-
0. § des historiques (moyenne mobile, lissage '(])
0
o....
Cl !,_
u @ exponentiel. .. ).

- 65 - SUITE O U T I L • -+
_ Q U __T I L

Prévision de la dema nde

• Une vision à moyen terme de l'ac­ • Même si la Supply Chain prépare le


tivité de l'entreprise qui permet plan de la demande, celui-ci doit être
de « lisser » les décisions et d'évi­ revu, validé et porté par le Marke­
ter les réactions de « stop & go » ting et les ventes. Leur incentive sur
néfastes à l'utilisation optimale des la fiabilité globale de la prévision est
ressources. nécessaire.
• Les prévisions sont l'élément de dia­ • Au-delà des chiffres du plan de la
logue entre le marketing/commer­ demande, l'important est de bien par­
cial et les opérations et l'input des tager les hypothèses de construction
processus de planification. de ce plan et les risques associés.
• Dans un premier temps, dissocier la
prévision des objectifs commerciaux
pour instaurer un dialogue non biaisé
(sous estimation à moyen terme).

"O
0
c
:J
0
'<j"
0
......

N
@
.......
..c
O'l
·;::::
>-
0.
0
u

- 66 -
DOSS I E R 2 M A ÎT R I S E R LA P L A N I F I C A T I O N D E LA S U P P LY C H A I N

APPROFONDISSEMENT : princi p a l es méthodes


de calcul des prévisions

On distingue généralement deux types d e > Les méthodes Extrinsèques où la demande


méthodes d e prévisions : du produit est corrélée à l'activité d'un ou
> Les méthodes Qualitatives, le plus sou­ plusieurs autres secteurs (par exemple, la
vent utilisées pour les prévisions tactiques sidérurgie et l'automobile) ;
(consolidées) sont basées sur le jugement > Les méthodes Intrinsèques où la demande
et l'intuition du top management et des future du produit est corrélée aux ventes
experts ; réalisées sur ce produit dans le passé. Dans
> Les méthodes Quantitatives nécessaires le cas particulier des nouveaux produits,
pour l'élaboration des prévisions opéra­ on considère la demande de produits simi­
tionnelles (détaillées au niveau article). la ires ou l'introduction de la gamme précé­
En pratique, il est important de toujours dente (associés à des tests marchés).
compléter les méthodes quantitatives Le principe de base des méthodes Quanti­
(qui sont les analyses rationnelles de la tatives Intrinsèques est de modéliser l'histo­
demande) avec l'avis et la validation des rique des ventes du produit considéré selon
experts marketing et commerciaux. La ses 3 principales composantes : sa moyenne
meilleure méthode quantitative sera tou­ (M), sa tendance (T) et sa saisonnalité (5).
jours moins performante que la connais­ Les ventes s'expriment alors par :
sance des marchés et des clients. Ventes = s x (M + T)
Ces méthodes Quantitatives se divisent en
deux grandes catégories :

.-::: o. 01te d" te'ldanc



"tl Ventes d'un Pics de saisonnalité
Linec. re (y ax + J
c:::::i produit
(demande
tî"'
"'
client)
'"'
·�.B Demande réelle (])
:::i"' -0
"O0 c
c::0 CU
c
:J
c:: E
c:: (])
0 ·.c0
u Moyenne sur 4 .. �s -0
'<j'
......
:::i
"tl0 CU
0 ...
N c.. (])
� -0

:::i
@ c
....... 0
..c �
O'l 1 V)
·;:::: "tl0
>- c:: >
3
o. :::i Année Année Année Année
4
'(])
0 Cl 1 2
o....
!.,_
u @

- 67 - SUITE O U T I L • -+
...

_; Q U __T I L

Prévision de la dema nde

Lissage exponentiel tions récentes est important et plus le lis­


sage est réactif aux variations des ventes).
La méthode la plus fiable pour extrapoler la
En général on prend a =2/(N+1) avec N le
demande future sur la base d'un historique
nombre de périodes de l'historique influen­
de ventes présentant une tendance et une
çant les prévisions (a = 0 ,1 correspond à une
saisonnalité marquées est la méthode du
prise en compte des 19 dernières périodes
lissage exponentiel.
de l'historique).
Cette méthode présente le triple avantage Chacune des 3 composantes de l'historique
de :
est remise à jour séparément à chacune
> dévaloriser l'information avec l'âge (l'his­
des périodes en fonction du réalisé.
torique est d'autant plus important qu'il est
> Moyenne M : Mn = a (Rn/Sn·p) + (1 - a)
récent) ;
(Mn-1 + Tn-1 )
> réactualiser les paramètres de calcul à
> Tendance T : Tn = 13 (Mn - Mn) + (1 - 13)
chaque période (adaptation en fonction
Tn-1
des ventes effectivement réalisées à cha­
> Saisonnalité S : Sn = x (R/Mn) + (1 - y)
que période) ; s n·p
> condenser les informations relatives à
l'historique des ventes. a, 13, x sont les coefficients de lissage res­
Cette méthode repose sur un principe pectifs de la moyenne, de la tendance et de
simple : la saisonnalité.
La prévision de la nouvelle période ( Pn+l)
p est la période de saisonnalité (le plus sou­
est égale à la prévision de la période pré-
vent l'année).
cédente (Pn) plus un pourcentage (a) de Les composantes sont initialisées de la
l'erreur de prévision de la période précé­ façon suivante :
dente (Rn - Pn ). > Moyenne M = moyenne sur la période

Pn+1 = Pn + a (Rn - Pn ) = a Rn + (1 - a) Pn
précédente de saisonnalité ;
> Tendance T = O ;
Rn représente les ventes réalisées lors de
la période précédente. > Saisonnalité S = saisonnalités (R/moyenne)

a est le coefficient de lissage compris entre


de la période de saisonnalité précédente.
0 et 1. Il permet de pondérer l 'importance La prévision à la période n+h se calcule
des informations les plus récentes (plus il alors par :
est proche de 1, plus le poids des informa- Pn+h = (Mn + h x Tn) x S n+h-p

"O
0
c
:J
0
'<j"
......
0
N
@
.......
..c
O'l
·;::::
>-
0.
0
u

- 68 -
DOSS I E R 2 M A Î T R I S E R L A P L A N I F I C AT I O N D E L A S U P P LY C H A I N

Exemple d'application
cherche à estimer les ventes de juillet 2012.
On considère l'historique de vente d'un pro­
On prend comme coefficient de lissage : a =
duit suivant sur l'année 2011 et sur janvier
0,3 ; � = 0,1 ; X = 0,2.
2012. Le carnet de commande nous donne
une visibilité assez fiable jusque juin. On

2011 2012
Réalisé M T s Réalisé M T s Prévisions
Janvier 401,60 0.70 263,90 512,57 -5,88 0,67
Février 395,70 0,69 350,93
Mars 451,00 0.79 395,33
Avril 427,60 0.75 370,42
Mai 496,80 0,87 425,26
Juin 467,70 0,82 395,54
Juillet 352,30 0,62 294,32
Aout 182,10 0,32 150,26
septembre 522,20 0,91 425,51
Octobre 687,20 1,20 552,89
Novembre 1 080,30 1,89 858,05
Décembre 1 391,60 571,34 0,00 2,44 1 091,00
571,3
Moyenne mensuel le
2011

Les 3 composantes de janvier 2012 La prévision de jui ll et 2012 est donc (aux
s'expriment par : arrondis près) :
M = 0,3 X (263,9/0,7) + 0,7 X (571,3+0) = (Mjanvier 12 + 6 X rjanvier 1) s Juillet Il =
512,6 (la saisonnalité Sn-p est celle de (512,6 - 6 X 5,9) X 0,62 - 294
.-:::
� janvier 2011)
"tl
§ T = 0,1 X (512,6 - 571 ,3) + 0,9 X 0 = -5,9
°Rl"' 5 : 0,2 X (263,9/512,6) + 0,8 X 0,7 : 0,67
'"'
·� a;
.B
:l"' -0
"O c
0 c::0 CU
c
:J
c::
c::0
E
0 a;
·.cu -0
:l
......
'<j" "tl CU
0 8
N c..

a;
-0
@ � c
....... :l
..c � 0
O'l
"tl0
1 V)
·;:::: >
>- c:::l
0. 'aJ
0 Cl
o....
!,_
u @

- 69 -
Sales & Operations Planning (S&OP)
P l a n indu st riel & com m ercial (PIC)

PROCESSU S D É C I S I O N N E L D'A R BITRAGE DE LA DEMANDE


( ET DE LA CAPACI T É À L'H O R I ZON TACTI Q U E �

Entrées Sorties
• Carnet de commandes, • Plan de la demande tactique
engagements contractuelles sur 12/18 mois glissant par
ou informations donnés par le familles commercial non
client (plan de la demande du contraint par la capacité des
client ou stock possédé par le opérations (= input S&OP/PIC)
client) • Plan de la demande
• Historique des ventes opérationnel sur l'horizon du
(internes et externes) lead time par référence produit
• Donées sur les marchés ( = input MPS/PDP)
(tendance, part de marché,
concurrence ... ) ou cadrage
budgétaire (dans un premier
temps)

É vénements marketing et
commerciaux (promotions,
hausse de tarifs ... )
• Catalogue produit et plan
d'i ntroduction et de retrait
des produits

En résumé
Le Sa/es & Operations Planning (S&OP) est le processus de mise en
adéquation de la demande et des ressources d'une activité (Business
Unit) au niveau global.
L'horizon regardé est le plus souvent de l'ordre de 12 à 18 mois, mais
il est fonction du besoin d'anticipation des décisions d'ajustement des
capacités (à définir au cas par cas selon les ressources critiques)
Les ressources regardées sont les plus critiques pour l'activité, c'est­
......
..c à-dire les ressources les plus coûteuses (et donc normalement les plus
Cl
·;::: saturées) et à long délai d'adaptation.

a. La maille étudiée est globale : les plans sont consolidés en familles
0
u (produit ou cl ient) et à la maille mensuelle.

- 70 -
DOSS I E R 2 M A Î T R I S E R L A P L A N I F I C AT I O N D E L A S U P P LY C H A I N

Pourq u o i l'uti l iser ? Méthodologie et conseils


> S'assurer de l'exhaustivité de la demande
Objectifs
de l'activité (ventes pour l'ensemble des
> Anticiper les risques de déséquilibres sur les clients, ventes internes...).
prochains mois et prendre des décisions cor­
> S'assurer que la demande et les capaci­
rectives sur les ventes, les stocks, la produc­
tés sont bien exprimées indépendamment
tion ou les approvisionnements (constitution
(demande du marché non contrainte, capa­
de stock, achat d'équipements, recrutement,
cités disponibles déclarées).
arbitrage de la demande par client...).
> Ne pas chercher la précision dans le cal­
> Garantir l'engagement sur la faisabilité
cul de la charge ou la capacité (on cherche
de la demande.
à être globalement juste sur l'activité mais
> Alig ner l'ensemble des fonctions de l'ac­ on sera localement faux).
tivité (Marketing, R&D, Ventes, Industrie,
> La mise en place d'un processus récurrent
Finance) sur un unique objectif.
est la clé de la participation des acteurs et
Contexte de la réactivité par rapport aux évolutions
Le S&OP est le processus fondamental de la demande et de la capacité.
de cadrage de l'ensemble des plans de la > L'animation du rituel est réalisée par le
ro
Supply Chain (ventes, production, stock, Supply Chain Manager de l'activité qui pro­ u
1-

approvisionnement). Il permet de garantir la pose des scénarii d'équilibrage à l'ensem­ Q)


ble de l'équipe de direction de l'activité E
performance de la Supply Chain (OTIF, stock,
pour décision. E
coût global. ..) en anticipant les déséquilibres 0
> Il est indispensable que le manager res­ u
majeurs entre la charge et la capacité (les

déséquilibres majeurs ne pouvant être réso­ ponsable de l'entité soit le leader de la réu­
nion finale du processus S&OP au cours de Q)
lus sur un horizon court terme). 1-
.......,
la laquelle les décisions d'arbitrage sont (/)
Com ment l ' u t i l iser ? validées. Il s'agit du directeur général/CEO :::::::l
-0
de la Business Unit concernée ou au niveau c
Étapes
global de l'entreprise. c
Identifier les ressources les plus critiques ro
de l'activité qui dimensionnent le volume o...
de production de l'activité (équipement.
.-::: compétence, fournisseur, voire une capa­
� U ne maîtrise du business en anticipation par
�:::i

cité de stockage) et définir les règles de
l ' équipe de direction d'une activité.
déclaration de leur capacité. O'
"Rl • Une revue fréquente en fonction de l'évolution c
.� 1. Segmenter la demande en 10 à 1 5 familles
de la demande (à la différence du budget). c
2�
·
technologiques représentatives de la charge c
ro
"O � des ressources critiques identifiées.
0 c::
0
o...
c c:: 2. Définir les règles de calcul des plans Ce processus doit être porté par le manager (/)
:J c::

c
0 0
·.c charges et leur valorisation. business de l'activité, seul à pouvoir prendre 0
u
'<j" :::i
3. Mettre en place un rituel mensuel structuré .......,
1'.l des décisions structurantes d'équilibrage. ro
0
......
8
N
1-
c.. réunissant les principales fonctions de l'activité • Implication des représentants de la demande Q)

� (Marketing, R&D, Ventes, Industrie, Finance). o..
@ :::i
(marketing, commercial, R&D) au cycle comme 0
.......
..c � 4. Mettre en place l'articulation avec les porteur de la d em a n d e. �
O'l 1
·;:::: -g processus opérationnels de planification • Veiller à mainte n ir la focalisation du processus (/)
>-
0. 8 de la Supply Chain (ventes, plans de pro­
Q)
S&OP sur le moyen terme. ro
0
u @ duction, d'approvisionnement...). (./)

- 71 - SUITE O U T I L -+
Sales & Operations Planning (S&OP)
Plan indust riel & com mercia l (PIC)

APPROFONDISSEMENT : étapes du rituel mensuel S&OP

Une des clés de succès majeure de la per­ basée sur une analyse structurée, remise à
formance du processus S&OP est de mettre jour tous les mois.
en place une routine mensuelle avec les Ce rituel se compose généralement de cinq
principales fonctions impliquées. L'objectif étapes principales avec des responsabilités
de ce rituel est d'aboutir à des décisions identifiées.
d'équilibrage de la charge et de la capacité

Chaque mois

51 52 53 54

GRevue de la
demande

GPréparation Mkt/vente/R&D 8 Réunion ORéunion de


des données d'équilibrage décision
Pré-5&0P 5&0P
Supply Chain •Revu: des Supply Chain BU manager
capacités
critiques

1 ndustriel/ Achats

Revue de l a demande

La revue de la demande est la première du plan de la demande en sortie de cette


étape d u cycle dont l'objectif est de mettre étape incombe à la fonction marketing et
à jour et de valider le plan de la demande commerciale.
prévisionnelle sur les prochains mois par Il est important lors de cette étape de par­
grande famille commerciale. Même si la tir des besoins du marché et non des capa­
...... fonction Supply Chain est amenée à prépa­ cités disponibles : la demande ne doit pas
..c
Cl rer et animer cette étape, la responsabilité être contrainte a priori à ce stade.
·;:::

a.
0
u

- 72 -
DOSS I E R 2 M A Î T R I S E R LA P L A N I F I C AT I O N DE LA S U P P LY C H A I N

Entrées - Historiques de ventes & prévisions des marchés


- Événements commerciaux
- Plan des nouveaux p ro d uit s
- Budget et objectifs
- Données clients (S&OP client) et données économiques

Sorties - Explications des ventes réalisées et des indicateurs de performance (OTIF, fia-
bilité des prévisions)
- Hypothèses sur les tendances des marchés et sur l'impact des événements
commerciaux
- Plan mois par mois sur les 1 8 prochains mois de la demande des marchés
(non contraint par les capacités de l'activité) par grande famille commerciale
(marché/client)

Participants - Directeur Marketing/commercial (Responsable)


....-....
- Prévisionnistes
u
- Commerciaux marché
o...
- Chefs de nouveaux produits ..._.,

ro
u
1-
Revue des capacités critiques un exercice assez délicat. d'autant plus que Q)
ces ressources critiques peuvent évoluer E
La revue des capacités critiques a pour
dans le temps en fonction de l'évolution E
objectif de mettre à jour les capacités 0
de la demande. u
prévisionnelles des capacités critiques de �
Comme pou r la revue de la demande,
l'activité. Ces capacités sont soit des capa­ Q)
même si la fonction Supply Chain prépare
cités machines, des capacités d'approvi­ .......,
1-

et anime cette revue, les plans de capacité V)


sionnement des fournisseurs ou encore des :::::::l
sont sous la responsabilité des proprié­ "'O
compétences clés. c
taires de chacune des ressources critiques
La connaissance de ses ressources cri­ c
(Directeur Industriel, Directeur d'usine,
tiques, de leur capacité disponible (indé­ ro
Acheteur en charge d'un fournisseur cri­ o...
....-....
pendamment de la demande à réaliser) et
tique, voir Ressources Humaines en charge
des variables d'ajustement possibles sont o...
.-:::
d'une compétence critique). 0

"tl <.-6
c:::::i (./')
..._.,

tî"' O'
•Cl)"'
Entrées - Taux d'utilisation réalisé des ressources critiques et indicateurs de perfor­ c
·�.B mance (TRS, qualité) c
- É vénements impactant les capacités (ouverture, maintenance, sourcing ... ) c
:::i"' ro
"O0 c::0 Sorties - Explication de l'utilisation des capacités des ressources critiques vs capacité o...
c c:: démontrée et déclarée V)
:J c:: - Déclaration mois par mois sur les 1 8 prochains mois de la capacité des res­ c
0 ·.c0 0
.......,
u
'<j'
...... "tl:::i0 sources critiques (indépendamment de la demande) par grande famille tech­
...
0 nologique (type de produit/filière) ro
1-
N c.. Q)


Participants - Directeur Industriel et achat (Responsables pour leurs ressources) Q.
:::i - Responsables d'usines « critiques »
@
....... 0
..c �
O'l 1 - Acheteurs grand compte �
·;:::: "tl0 V)
>-
o.
c::
:::i
Q)
0 Cl ro
u @ (./')

- 73 - SUITE O U T I L �
_ Q U __T I L Sa les & Operations Planning (S&OP)
Plan ind ustriel & com mercial (PIC)

Réunion d'équil ibrage pré-S&OP sables commerciaux et des prioritaires de


ressources critiques concernés.
La réunion d'équil ibrage pré-S&OP a pour
Cette réunion encore assez peu pratiquée
objectif de mettre en évidence les dés­
est une réunion de travail multidisciplinaire
équilibres majeurs entre la charge et la
de résolution d'un problème de déséqui­
capacité des ressources critiques sur un
libre : elle permet de construire des scénarii
horizon moyen terme et d'identifier des
innovants et d'obtenir l'adhésion des diffé­
pistes d'équil ibrage entre l'augmentation
rentes fonctions sur les solutions.
des capacités (ponctuelle ou structurelle),
la sous-traitance, la constitution de stock
À l'issue de cette réunion, le Supply Chain
manager détaille et valorise les différents
ou l'arbitrage de la demande.
scénarii identifiés pour présentation lors e
Cette réunion est préparée et animée par
la réunion décisionnelle S&OP.
la Supply Chain en présence des respon-

Entrées - Plan de charge de la demande non contrainte


- Plan des capacités des ressources critiques
- Etat des stocks
- Objectifs de performance de la Supply Chain (OTIF, stock ...)

Sorties - Déséquilibres majeurs identifiés avec analyse de risque


- Plan d'actions pour les retours à l'équilibre non str u ctu rants
- Scénarii d'équilibrage avec recommandations de décisions pour les décisions
les plus structurantes (recrutement. arbitrage d'un client, investissement...)
- Projection des indicateurs de performance de la Supply Chain
>---
Partici p ants - Supply Chain Manager (Responsable)
- Commerciaux
- Responsables usines
- Acheteurs
- Chefs nouveaux produits
_____..___
_ _

Réunion de décision S&OP veau produit ou un arbitrage sur un faible


volume de vente peut se traduire à terme
La réunion de décision S&OP conclu le
par une perte de part de marché signifi­
cycle mensuel S&OP : cette réunion très
cative) ou sur l'interne (une augmentation
courte (2 h voire 1 h pour les cycles les plus
ponctuelle de l'intérim peut se traduire par
"O matu res) a pour objectif de décider des
0 une perte de qualité vs une augmentation
c scénarii d'équilibrage de la charge et de
:J de stock dégradant le working capital).
0 la capacité à moyen terme en fonction des
'<j" La décision appartient dans tous les cas
ventes à réaliser, des coûts à engager et
0
......
au responsable de l'activité couverte par
N plus généralement des risques encourus.
le S&OP et sa présence à la réunion est
@ Cette réunion est en réalité une ana lyse
....... donc indispensable .
..c de risque à moyen terme aussi bien sur les
O'l
·;:::: ventes (le retard d'introduction d'un nou-
>-
0.
0
u

- 74 -
D O SS I E R 2 M A Î T R I S E R L A P L A N I F I C A T I O N D E L A S U P PLY C H A I N

Entrées - Déséquilibres majeurs


- Scénarii d'équilibrage valorisés avec recommandation de décisions

Sorties - Plans de ventes, production, stock et approvisionnement validés pour


communication
- Plan d'actions pour équilibrage
- Performance prévisionnelle de la Supply Chain

Partici p ants - Manager de l'activité (Responsable)


- Supply Chain Manager (animateur)
- Directeur Fianncier
- Directeur Marketing/commercial
- Directeur Industriel
- Directeur des Achats

ro
u

Exemple d'agenda standard d'une réunion de décision S&OP en 1 heure (])
E
E
0
u
1. Décisions à prendre et revue du 2. Revue & analyse de la 3. Évo l ut i on de la demande globale �
plan d'action d u précédent S&OP performance réalisée annuelle (volume, CA, par de
marché) et mensualisation des
(])
18 prochains mois
5 mn 7 mn 7 mn

:· -�
... /."-
,, - - - - - - - -

.-::
;o;
"C
c::i
D 1 1- llllDh
--- - -

"' 4.
"'

Présentation des familles en déséq u i l i bres charge/capacité 5. Conclusion : Formalisation des O'
"' c
'"'
significatifs : constats, scénarios et décisions décisions prises et complément
.:!.! du plan d'action c
B:i 30 m n 10 m n c
"'
CU
"'O c:0 ?ii"'fM !il 2 '"Ml·fiEHi o._
0
c c: l/)
::J c:0 c
0 ·.i:u:: 0
'<j" :i
.-i "C +-'
CU
0 8
())

N c..


@
o..
...... 0
..c:
:i

Cl 1 t<l
·;:: "C0 Vl
>- c::i ())
a.
0 0 CU
u (Q) Vl

- 75 -
_Q U __T I L
Phase l n/Phase Out

r-- MANAGER LE CYCLE DE V I E DES PRODU ITS DE LEUR �


( I NTRODUCT I ON À LEUR RETRAIT DU MARCHÉ \

Vl
....Q)c:.
Q)
>
Vl
Q)
"C
Q) ....c:.
E Q) Q)
0
::::i
E
Q)
....c:. c:
u

Q) CO
> a. Vl c:
a. E Vl
0 Q) ....0 ....CO. '<V
u

> c u � Cl
Q) u

'<V CO
Cl ....J

Temps
...._
_ _ ____._t----"-
"' ---'-----'-----'-----t
....._
Retrait
Lancement

Coordinateur PIPO (Phase ln / Phase out)

Implication du coordinateur PIPO sur l'ensemble du cycle de vie d u produit

En résumé
Phase ln/PhaseOut (PI PO) est le processus de gestion des lancements
et des retraits des produits. I l est au service de l'innovation de l'entre­
"O prise qui est fréquemment le levier de génération des revenus futurs
0
c de l'entreprise. Il procure à la fois un avantage concurrentiel par la
:J
0 maîtrise voire la réduction du Time-to-Market des nouveaux produits
......
'<j" et gère de manière rigoureuse le risque d'obsolescence des produits
0
N en fin de vie et les impacts financiers négatifs.
@ Son objectif est de coordonner des activités réalisées par des dépar­
....... tements différents (Marketing, R&D, Supply Chain, Commercial) de
..c
O'l
·;:::: manière à garantir le service attendu par le client (date de mise à
>-
0. disposition, OTIF, délai de livraison) et optimiser les ressources néces­
0
u saires (notamment le niveau de stock).

- 76 -
DOSS I E R 2 M A Î T R I S E R L A P L A N I F I C AT I O N D E L A S U P P LY C H A I N

Pourq u o i l'uti l iser ? les hypothèses assoc1ees (prix, perfor­


Objectifs mance visée, part de marché estimée ... ) ;
> Lors de l'étape « Executive &OP », I l
> Rentabiliser l'investissement réalisé dans les
existe u n engagement collectif formalisé
projets de développement de nouveaux pro­
sur les dates, les volumes de ventes et les
duits en préparant leur introduction sur le mar­
stocks associés. Les nouveaux et anciens
ché (dimensionnement des moyens en relation
produits sont suivis comme une famille
avec les objectifs du marketing/commercial).
particulière dans la réunion S&OP (taux de
> Assurer une continuité de l 'offre com­
respect des dates de lancement avec bon
merciale et de la qualité de service au
stock, stocks inactifs liés au Phase Out).
client par la fiabilisation des lancements
3. Réalisation d'un retour d'expérience
commerciaux des nouveaux produits par
systématique réalisé sur les PIPO (compa­
respect des dates et de la performance
raison prévu/réalisé) pour améliorer les
Supply Chain en termes d'OTIF.
différentes étapes de ce processus.
> Optimiser les coûts de la Supply Chain en
termes de stock (juste dimensionnement
Méthodologie et conseils
pour l'introduction d'un nouveau produit
Une bonne pratique est que le chef de projet
et maîtrise des stocks liés aux retraits).
assure le rôle de coordinateur PIPO jusqu'au
Contexte retrait du produit dont il a la charge.
Ce processus est la partie du Supply Chain La première étape dans le processus S&OP
Management du processus plus large : est d'obtenir une évaluation globale des
« Product Lite Cycle Management » qui gère volumes, de la performance OTIF et du
les aspects techniques de la vie du produit. stock et des capacités nécessaires pour
Il s'agit ici d'anticiper les volumes de ventes assurer le lancement ou le retrait. Cela
aux différentes phases de la vie des produits. se traduit dans un premier temps par la
présence du Directeur Techn ique/R&D à la
Demand Review et à l'Executive S&OP.
Com ment l ' u t i l iser ?
Étapes
1. Identification d'un responsable unique
• Il permet d'intégrer des processus de développe­
.. chargé de coordonner les actions liées au
:::

"tl Phase ln des produits et à leur Phase Out :
ment des nouveaux produits et du processus de
c:: Supply Chain, traditionnellement travaillant en silo.
:::i > suivi du réalisé versus des objectifs
'Rl • Permet d'éviter un Phase Out mal géré et des
"' atteints (ventes, parts de marché captés,
'"' risques d'obsolescence représentant des risques
·� OTIF, stock .. ) et analyse des écarts ;
.B
:::i"' > cohérence des actions ; financiers lourds pouvant conduire à des décisions
"O c:: de retard de lancement des nouvelles gammes.
0 0 -1-1
c c:: > remontée des arbitrages nécessa ires aux :J
:J c::
0 0
·.c
décideurs. 0
'<j"
u
:::i 2. Intégration de la logique d'introduction Q)
"tl Nécessite d'avoir au préalable une bonne maturité V)
0
......
8 et de retrait des produits dans le cycle •
ro
N c..
� des processus de planification tactique (S&OP) et ..c
� mensuel S&OP : o...
@ :::i opérationnel (DRP/MPS) pour mettre en œuvre les -.....
......
� > Lors de l'étape de la Demand Review, les c
..c informations collectées et les décisions prises.
O'l
·;:::: ..:,0 estimations de volume de ventes réalisées • Nécessité de bien définir les incentives des diffé­
Q)
V)
>- ro
0. § par le Marketing sont partagées avec le rents acteurs mobilisés au cours de ce processus.
0 Cl ..c
u @ SCM (ou le prévisionniste s'il existe) avec o...

- 77 - SUITE O U T I L
Distribution Req u i rement P l a n n i ng
(DRP)

(DES PRODUITS DANS UN R É S EAU LOG I ST I Q U E COMPLEXE\


PROCESSUS D E PLA N I F I CATI O N DE LA DISTRIBUTION

Entrée • Horizon > Cumulative lead time Sortie


• Maille : Semaine/jour
Disponible à la vente (ATP)
Décisions du dernier S&OP
Besoins de réapprovisionnement
Demande totale par référence (produit x localisation x date)
expédiée (prévisions intégrant
le carnet de commande) sur Projection des stocks
tout l'horizon
Besoins en capacité
de transport
Stock disponible et quantités
en cours de réapprovisionnent Besoins en capacité
d'entreposage ou d'expédition
(main œuvre, surface,
équipements)

En résumé
Le Distribution Requirement Planning (DRP) est le processus de pla­
nification de la distribution des produits au travers d'un réseau de
distribution (tout point détenant des produits finis comme une plate­
forme logistique, un entrepôt, un dépôt avancé ou encore un point de
vente).
Il détermine les besoins de localisation des stocks tout en garantis­
sant que les sources d'approvisionnement pourront répondre à la
demande.
...... Son rôle est de remonter l'information de la demande locale desser­
..c
Cl
·;::: vie par des stockages avancés (éventuellement plusieurs niveaux)

a. au niveau d'un stockage consolidé puis au niveau de la production
0
u (usines).

- 78 -
DOSS I E R 2 M A Î T R I S E R L A P L A N I F I C AT I O N D E L A S U P P LY C H A I N

Pourq u o i l'uti l iser ? 4. Définir le rôle et les responsabilités du


planificateur de la distribution.
Objectifs
> Définir la juste allocation des stocks et Méthodologie et conseils
donc le juste besoin en réapprovisionnement > Bien définir les rôles et responsa bilités
pour servir la demande finale des clients. des différents acteurs de la distribution :
> Prendre en compte de manière dynamique plan ificateur, responsable de centres de
les évolutions à court terme en volume et distribution, administration des ventes.
en mix de la demande du client. > Bien dimensionner l'horizon de planifica­
tion du DRP au juste nécessa ire : au moins
Contexte le délai entre le temps total de réapprovi­
Le processus DRP est utilisé lorsque le sionnement. Cependant plus l'horizon est
réseau de distribution comporte plusieurs long, moins les données sont fiables et plus
niveaux de stockage permettant de mettre le traitement est lourd.
les produits à disposition des clients dans
u n délai très court (une jou rnée).
Le processus DRP est cadré par le PIC et
il alimente la planification et l'ordonnance­
ment des transports et des besoins en res­
sources de gestion de réception/stockage/
expédition.

Com ment l ' u t i l iser ?


Étapes
Définir de façon détaillée le schéma des
flux de distribution :
> le croisement produit - source - desti­
nation (nomenclature de distribution) ; • Le gros avantage du DRP par rapport aux
méthodes classiques de réapprovisionnement O'
.-:::
> les modes de transport utilisés ; c
sur point de commande est sa réactivité aux
� > les objectifs de fiabilité et de délai pour c
§ changements (méthode dynamique de plani­ c
les clients finaux. ro
fication). Tous les articles sont replanifiés au

'"'
1 . Définir les paramètres de planification du
moi ns 1 fois par semaine, voir 1 fois par jour
o...
......,

· réseau de distribution : c
.B:l dans le cas d'un fort besoin de réactivité. Q)
> taille de lot minimale d'approvisionne­
"O "'
c::
E
0 0 ment ou fréquence d'approvisionnement ; Q)
c c:: 1...
:J c::
> délai nécessaire (commande/livraison) ;
0 0 :::l
·.c
cr
......
'<j" � > fiabilité de l'approvisionnement. Q)
1'.l • Bien stabiliser le schéma de distribution avant
0 � 2. Mettre en place le processus de prévi- 0:::
N d'entrer dans une mise en œuvre d'un DRP. c
@ � sions sur le point de stockage final. • Le DRP doit s'i ntégrer dans les autres processus 0
......
..c � 3. Mettre en place le processus de piani- de planification : le S&OP en amont, le MPS en
O'l ..:, fication au niveau central ou au niveau
·;:::: 0
aval et les processus d'ordonnancement de la
>-
0. § local des points de stockage et le système logistique.
0
u � d'i nformation associé.

- 79 -
Vendor M a naged l nventory ( VM/)
Gest ion partagée
des approvision nements (GPA )

-- PROCESSU S D'APPROV I S I O N N EMENT DANS LEQUEL --


( LE FOU R N I S S E U R EST RESPONSABLE DU M A I N T I E N DES
STOCKS DE SON CLIENT À U N N IVEAU CONTRACTUALI S É
\

Prévision de consommation

'
Etat des stocks

'

Livraison

Fou rn isseur Cl ient

Le fournisseur est responsable de maintenir le niveau de stock du client pour répondre


à sa consommation

En résumé
Le Vendor Managed lnventory (VMI) est un mode collaboratif de
réapprovisionnement d'un cl ient par son fournisseur dans lequel le
fournisseur est responsable du maintien des stocks de son cl ient à un
...... niveau contractualisé .
..c
Cl
·;::: Le VMI n'est rien d'autre que le transfert à court terme de la res­

a. ponsabilité d'approvisionnement de l'entrepôt du distributeur vers le
0
u fournisseur.

- 80 -
DOSS I E R 2 M A Î T R I S E R L A P L A N I F I C AT I O N D E L A S U P P LY C H A I N

Pourq u o i l'uti l iser ? ce dernier cas, le stock sur le site client reste
propriété du fournisseur et la facturation est
Objectifs
faite sur la base de ce qui est consommé.
> Contribuer à la diminution globale d u
Dans le cas externe, le business plan doit
stock. Des réductions significatives d e plu­ être réalisé afin de partager les bénéfices
sieurs dizaines de % sont courantes. entre le fournisseur et le client.
> Éviter les effets dits « bullwip » d'amplifi­
cation de la demande en remontant l'amont
de la Supply Chain pour contrer les aléas
d'approvisionnement dû à un manque de
transparence sur les capacités des four­ • Pour le client, c'est l'amél ioration de sa perfor­
nisseurs. mance Supply Chain ; amélioration du taux de
(/)
service entrepôt-magasins (réduction des rup­ .......,
c
Contexte tures) ; optimisation des stocks nécessaires ; (j)
Le Vendor Managed lnventory (VMI) est transfert des coûts administratifs de gestion E
(j)
sans doute la première étape de la mise en des approvisionnements. c
c
place d'une Supply Chain collaborative. • Pour le fournisseur, c'est l'optimisation de Supply 0
C'est un des outils de la démarche EC R Chain : logistique (optimisation du transport et (/)
>
(Efficient Consumer Response). rationalisation des tournées - plus de camions 0
1.-
complets, moins de reliquats, moins de com­ 0..
o..
mandes exceptionnelles - ; optimisation de la <(
Com ment l ' u t i l iser ? préparation de commandes - moins de picking) ; (/)
(j)
production (adaptation des rythmes de produc­ "'O
Étapes (j)
tion : lissage de l'activité, respect des séries éco­
Contractualiser les objectifs de la démarche '<IJ
nomiques, meilleure anticipation de la production O'
entre le client et le fournisseur- ro
.......,
des promotions ; adaptation des niveaux de stock 1.­
1. Le client fixe les objectifs qu'il veut de sécurité) ; prévisions de ventes (gestion des <0
o..
atteindre en termes de niveau de stock et gammes - présence et poids des références par c
de taux de service. entrepôt - ; fiabilisation des plannings promo et 0
2. Le fournisseur prend à sa charge les appro­ d'introduction de nouveaux produits).
visionnements des stocks des produits qui se
.-::: trouvent dans l'entrepôt de son client.

"tl
c:::::i 3. Le fournisseur optimise les flux vers
tî"' son client en fonction de ses propres • Le VMI impose l'existence de système d'infor­
contraintes :
>
•Cl)
"'
mation robuste permettant au fournisseur de 1.-

·�.B 0
> Contraintes de production (séries écono­ maîtriser l'ensemble des données en temps .......,
c
:::i miques ... ), réel (mise à jour quotidienne). (j)
"O0 "'
c::0 >
c c:: > Contraintes de transport (camions • Le VMI nécessite des échanges de données plus c
:J c::
0 ·.c0 complets . . . ) . complexes que dans un processus standard de "'O
'<j' u
(j)
"tl:::i0 4. Le fournisseur pilote l'approvisionne­ commande : du client vers le fournisseur (prévi­ O'
0 ...
......

c.. sion de consommation, stock) ; du fournisseur vers ro


N ment des nouvelles références et des pro­ c

� le client (plan de livraison et avis d'expédition). ro
:::i
@ motions (si convenu dans le protocole).
L
.......
..c � • Les démarches VMI sont souvent limitées par la 1.-
O'l 1 0
·;:::: "tl0 Méthodologie et conseils qualité des prévisions données par le client et la "'O
>- c:: Le VMI peut être utilisé pour des relations capacité du fournisseur à interpréter les écarts. c
o. :::i
0 Cl (j)
u @ client/fournisseur internes ou externes. Dans >

- 81 -
Master Production Scheduling (MPS)
Plan directeur de production (POP)

/ PROCESSUS DE GESTION L'ACT I V I T É D'UN SITE I N D U ST R I E L �


( AU N I V EAU OPÉRAT I O N N EL \

Entrée • Horizon > Cumulative lead time Sortie


• Maille : Semaine/jour

Décisions du dernier S&OP Engagement de mise à disposition


du produit fini (quantité, date)
Demande totale (ferme &
prévisionnelle) par référence Disponible à l a vente (ATP)
expédiée (PF ou W I P)
Quantités à produire par référence
Exhaustivité sur l'ensemble de
expédiée (date de fin)

horizon du MPS
• Tous clients (internes/externes)
Projection des plans d'expédition
et de stocks, charge des poste
de charge
Capacité de production disponible
du goulot de l'usine sur l'horizon

En résumé
Le Master Production Scheduling (MPS) est le processus de mise en
adéquation des commandes clients (fermes ou prévisionnelles) et des
ressources d'un site de production :
• l'horizon de temps regardé est a minima le cumulative lead time,
c'est-à-dire le plus long délai total de production des produits (en
...... général 12 à 20 semaines) ;
..c
Cl • les ressources regardées sont le ou les goulots de l'usine ;
·;:::

a. • les plans sont à la maille de l'article vendu (ou à la famille d'articles
0
u vendus) et à la maille hebdomadaire, voire journal ière.

- 82 -
DOSS I E R 2 M A Î T R I S E R L A P L A N I F I C AT I O N D E L A S U P P LY C H A I N

Pourq u o i l'uti l iser ? Méthodologie et conseils


Définir u n horizon stable entre 1,25 et 1,5
Objectifs fois le cumulative lead time sous la res­
> Le MPS analyse la faisabilité du back­ ponsabilité du planificateur (ne peut être
log complété des prévisions : il permet modifié que manuellement par le plan ifica­
a insi l'engagement vis-à-vis du c l ient teur). Cet horizon est appelé Planning Time
d u site sur la date de livraison de la Fence (PTF).
commande.
> Le MPS définit en conséquence les volu­
mes de production à réaliser par article (ou
famille d'article) par semaine.

Contexte
,.....
Le MPS est le processus d'interface entre Q
a
le client et la production. Il permet d'un Q
....._,
côté de rationaliser l'engagement de mise
c
à disposition des produits vis-à-vis des 0
cl ients et de l'autre de définir les quanti­
tés à produire par référence. I l doit à ce
titre gérer un compromis entre la réacti­
vité demandée par le client et la stabilité
demandée par la production.

Com ment l ' u t i l iser ? • Faire le lien direct entre les commandes des
clients et les productions. 0

Étapes Intégrer dans la demande les prévisions et c
Définir les références à gérer dans le MPS : consommer celles-ci au fur et à mesure de ro
article vendu ou famille d'articles (articles o...
l'arrivée des commandes fermes (la demande
directeurs). totale est stable et conforme au S&OP).
.-::: 1. Définir le lead time total pour chacun des • Ce mécanisme permet d'avoir une vue en temps

�:::i articles (du point de découplage du flux jus- réel du disponible à la vente. O'
qu'au client). c
"Rl
"' 2. Définir les tailles de lot et les stocks de :::i
'"'
-0
.B�:::i
·
sécurité pour chacun des articles. Q)
..c.
"O "' 3. Définir le mécanisme de consommation • La mise en œuvre du MPS nécessite un outil infor­ u
0 c::
0 li)
c c:: des prévisions par les commandes. matique intégré à la gestion des commandes.
:J c:: c
0 0
·.c 4. Définir les critères de faisabilité du MPS • Le MPS doit rester dans le cadre défini par le 0
u
'<j" :::i
1'.l (comparaison à la capacité de la ressource S&OP lorsqu'on le consolide par famille tech­
.......
u
0
......
8 :::i
N c..

goulot du site ou retour d'une simulation nologique. -0
� MRP). Accompagner la mise en place de ce plan par u n 0
@
o...
• I-
:::i
....... � rituel hebdomadaire d e revue d u M P S avec les
..c 5. Définir le rituel hebdomadaire de revue
O'l 1
·;:::: -g des déséquilibres mis en évidence par le acteurs de l'ADV (Administration des Ventes),
>-
0. § MPS (participants, rôles, décisions) sur le de la production et des approvisionnements.
0 Cl
u @ modèle du rituel mensuel S&OP.

- 83 -
SUITE O U T I L
_ Q U __T I L Master Production Scheduling (MPS)
Plan directeur de production (POP)

APPROFONDISSEMENT : Exemple de calcul & d'utilisation


du Master Production Scheduling
( M PS)

Considérons un produit fini PF, produit sur l'usine en terme de temps de production et
stock avec une prévision de consomma­ de flexibilité ainsi que le stock constitué.
tion de 40 unités par mois. Le délai de Le principe de ce calcul repose donc sur
réapprovisionnement de ce prod uit est de un netting par rapport au stock projeté du
1 semaine et la taille de lot minimum est produit et sur un décalage par rapport au
de 25 unités. temps de mise à disposition du produit.
Le MPS gérant une maille de temps hebdo­ Par exemple, si le stock possédé est de 36
madaire, la demande est répartie en pre­ unités, celui-ci permet de couvrir la demande
mière approche en 10 unités par semaine. jusqu'en semaine 4 où il devient négatif.
Une nouvelle production doit donc être mise
à disposition en début de semaine 4. Étant
Mécanique de base du MPS
donné le délai de réapprovisionnement, la
L'objectif du MPS est de calculer les quantités production doit commencer en S3 (la main­
et les dates de reproduction du produit pour d'œuvre et les composants nécessaires pour
satisfaire la demande du client de l'usine réaliser ces 25 unités devront donc être dis­
tout en prenant en compte les contraintes de ponibles début de semaine 3).

Unité 51 52 53 54 55 56 57 58

Prévisions
Commandes
Demande totale 10 10 10 10

©
Stock Projeté (36) 26 16 6
Production Fin 5

Production Début 25 -
"O
0
c
:J
0
'<j"
0 Consommation des prévisions ment fausse et le rythme des commandes
......

N par les commandes sera probablement différent.


@
....... La commande « réelle » de 7 unités pas­
..c Une des avantages du M PS est de mettre à
O'l sée en semaine 1 va venir consommer les
·;:::: jour son calcul en fonction des commandes
>- 10 unités « prévisionnelles » initiales.
0. réelles. La répartition de la qua ntité men­
0
u suelle de 40 en 1 0 par semaine est probable-

- 84 -
DOSS I E R 2 M A Î T R I S E R L A P L A N I F I C AT I O N D E L A S U P P LY C H A I N

Unité S1 S2 S3 S4 SS S6 S7 S8

G)
Prévisions 10 10 10 10 10 10 10

Commandes

Demande totale 10 10 10 10 10 10 10 10
Stock Projeté (36) 26 16 6 21 11 16 6
Production Fin 2S 2S
Production Début 2S 2S
,.....
o...
0
donc à la prévision initia le) est passée par o...
La demande totale reste constante après ....._,

réception des commandes cl ient et le stock le cl ient en semaine 3. c


0
projeté est conservé (stabilité des ordres Cette commande de 18 unités vient ......
hebdomadaires). consommer non seulement les 10 prévi­
u
:::J
Aucune commande n'est prise en semaine 2 sions en 53 mais aussi les 8 prévisions en "O
0
1-
et une commande de 18 unités (supérieure 52 qui n'ont pas été non consommées. o..
Cl>
"O
1-
:::J
Unité S1 S2 S3 S4 SS S6 S7 S8 Cl>
......
u
Cl>
1-
Prévisions 3 2 0 10 10 10 10 10
"O
Commandes 7 0 18 c
ro
o...
,.....
Demande totale 10 2 18 10 10 10 10 10
(./)
Stock Projeté (36) 26 24 6 21 11 16 6 o...
.-::: L

"tl 2S 2S
c:::::i Production Fin
....._,

O'
tî"' Production Début 2S 2S c
"'
'"' :::J
·�.B "O
Cl>
:::i"' ..c
"O0 c::0 u
(./)
c c:: De manière générale, la consommation Une commande de 28 unités est maintenant
:J c:: c
0 ·.c0
u
des prévisions est réalisée d'abord sur les passée par le client en semaine 4. Celle-ci 0
......
'<j'
...... "tl:::i0 périodes antérieures. consomme les 10 prévisions en 54, les 2 pré­ u
0 ... :::J
N c.. La demande totale est conservée sur les 3 visions en 52, les 3 prévisions en 51 mais éga­ "O
� 0
@ � premières semaines (30) mais son timing lement les 10 en 55 et + les 3 en 56. Cette
....... o...
1-
:::i
..c � est adapté en fonction de l'arrivée des commande de grande taille nécessite d'aller
O'l 1 1-

·;:::: "tl0 commandes. Les ordres de production sont consommer les prévisions dans le futur, ce qui Cl>
......
>-
o.
c::
:::i peut poser un problème de faisabilité pour les V)
Cl inchangés permettant une stabilité de la ro
0
u @ production. commandes à venir d'autres clients. L

- 85 - SUITE O U T I L �
Master Production Scheduling (MPS)
Plan Directeur de Production (POP)

Unité 51 52 53 54 55 56 57 58

Prévisions 0 0 0 0 0 7 10 10
Commandes 7 0 18 28

Demande totale 7 0 18 28 0 7 10 10

Stock Projeté (36) 29 29 11 8 8 10 6

Production Fin 25 25

Production Début 25 25

Les prévisions sont donc ainsi reportées mensuelle pour le produit fini PF est définie
de semaine en semaine si elles n'ont pas par le processus S&OP et le réalisé sur le
été consommées par les commandes. Mais mois précédent permet de calculer l'erreur
ce report n'est réalisé qu'à l'intérieur de la de prévision.
maille du S&OP : la demande mensuelle de Les prévisions par fam i l le issues des déci­
40 unités est issue du cadrage du proces­ sions S&OP sont à décliner en articles
sus S&OP. En fin de mois, les compteurs gérés par le MPS.
sont « remis à zéro ». la nouvelle demande

2. É clatement par semaine


Famille S&OP
400 par mois pour chaque article

50% Article X � WiMW±WWiMWjM


200 \z./ Prévisions 50 50 50 50
1. É clatement p ar
article cons tituant
la famille
40% Article Y
160 0 Prévisions 40 40 40 40

10% Article Z
40 p Prévisions 10 10 10 10

Disponible à la vente L'ATP est calculé sur la période entre


deux mises à disposition d'une produc­
Le MPS permet de défin i r la quantité pou­
tion en retranchant le stock projeté aux
vant encore être acceptée en commande
commandes fermes déjà enregistrées.
...... et ainsi de confirmer la disponibi l ité d'un É tant donné les commandes prises j u s­
..c
Cl produit au client. C'est la notion de Dispo­
·;::: qu'en semaine 3, i l reste 11 unités disponible
>­ nible à la vente ou Availab/e To Promise
a. pour couvrir les commandes jusque 54 où
0 (ATP).
u une nouvelle production est planifiée.

- 86 -
DOSS I E R 2 M A Î T R I S E R L A P L A N I F I C AT I O N D E L A S U P P LY C H A I N

Unité 51 52 53 54 55 56 57 58

Prévisions 3 2 0 10 10 10 10 10
Commandes 7 0 18
Demande totale 10 2 18 10 10 10 10 10
Stock Projeté (36) 26 24 6 21 11 16 6
Production Fin 25 25
ATP 11 25 25
,.....
o...
Lorsqu'il reçoit la commande de 28 unités préserver la disponibilité du produit pour les 0
pour la semaine 4, le responsable du MPS commandes à court terme. o...
....._,

peut s'engager sur sa faisabilité en consi- Si une commande complémentaire de 12 uni- c


0
......
dérant les 25 unités en 54 et 3 unités tés est maintenant reçue pour la semaine 6, le
complémentaires sur l'ATP restant de 51 à responsable du MPS ne peut s'engager sur sa u
:::J
54. Ce mode de consommation permet de réalisation (l'ATP restant étant de 8 unités). "'O
0
L
Q.
Unité Sl 52 53 54 55 56 57 58 Cl>
"'O
L
Prévisions 0 0 0 0 0 7 10 10 :::J
Cl>
......
Commandes 7 0 18 28 u
Cl>
L

Demande totale 7 0 18 28 0 7 10 10 "'O


c
Stock Projeté (36) 29 29 11 8 8 16 6 ro
o...
25 ,.....
Production Fin 25 (./)
o...
.-::: ATP 8 0 25 L

"tl ....._,

c:::::i O'
tî"' D'autres solutions d'équilibrage sont alors > étudier la possibilité de lisser la corn- c
"'
'"' à étudier par le responsable MPS. On peut mande de 28 unités pour 54 avec les clients :::J
·� imaginer par exemple de : "'O
.B concernés. Cl>
:::i"' ..c.
"O c::0 > étudier la faisabilité avec le responsable de Ces solutions dépendent de plusieurs cri- u
0 (./)
c c:: la production d'un avancement de la campa-
c
tères comme la flexibilité ou la charge de la
:J c:: 0
0 ·.cu gne prévue pour 57 ou d'une augmentation
0
production lors de ces périodes, de l'impor-
......
...... "tl:::i0 de la taille de la campagne prévue pour 54 ;
'<j" tance marketing du client concerné ou u
0 ... :::J
N c.. > étudier avec le client la possibilité d'une encore de la marge réalisée sur le produit. "'O
� 0
@ � livraison partielle de 8 unités en 56 et d u L a décision finale est prise lors du rituel heb- L
.......
:::i o...
..c � complément en 57 ; domadaire réunissant les responsables des
L
O'l 1 Cl>
"tl0 > étudier avec le client la possibilité d'une ......
·;:::: ventes, de la production et de la finance.
>- c:::::i V)
o.
0 Cl substitution du produit par un autre dispo- ro
u @ nible ; L

- 87 -
Material Requirement Planning (MRP)
Calcul des besoins nets (CBN)

� PLA N I F I E R LES BESOI N S DE PRODUCTION


(
---

ET D'APPROV I S IO N N E M E N T À L'H O R I ZO N OPÉRAT I O N N E L

Entrée • Horizon > Cumulative lead time Sortie


• Maille : Semaine/jour

Résultats du MPS

Données dynamiques
de planification
•Stock de semis finis, matières Echéancier de Quantités à
premières produire par article semi fini
•Ordres de production et (sur un équipement ou un
d'approvisionnement en cours groupement d'équipements)

Echéancier de Quantités à
Données statiques approvisionner par article
de planification : matière première
· Gammes
• Nomenclatures
• Tailles mini de lot de production
et d'approvisionnement
• Stock de sécurité pour semi finis
et matières premières

En résumé
Le Material Requirement Planning (MRP) est le processus de calcul des
besoins nets de production et d'approvisionnements nécessaires pour
répondre aux besoins définis par le MPS et compte tenu des encours,
du stock et des contraintes de productions (lot, délai) :
• l'horizon regardé est celui d u MPS : a minima le cumu lative lead time,
...... c'est-à-dire le plus long délai total de production des produits (en
..c
Cl général 12 à 20 semaines) ;
·;:::

a. • la maille est celle de l'article semi-fini ou celui de l'article approvi­
0
u sionné et à la maille du PDP (hebdomadaire ou journal ière).

- 88 -
DOSS I E R 2 M A Î T R I S E R L A P L A N I F I C AT I O N D E L A S U P P LY C H A I N

Pourq u o i l'uti l iser ? production d'une machine mais le niveau


généralement retenu est la cellule de pro­
Objectifs duction (ensemble d'équipements ayant un
> Pour définir l'échéancier des ordres de client interne ou externe bien identifié).
production et d'approvisionnements néces­
saires pour répondre aux besoins du MPS.
> Pour analyser la faisabilité fine du MPS
au niveau de chacun composant de pro­
duction et des composants approvisionnés
(simu lation).

Contexte
Le MRP est le processus d'interface entre
le MPS d'une part et la production (interne/
externe) et les fournisseurs d'autre part. I l
traduit l e besoin client e n ordres à réaliser.
• Anticiper et optimiser les ordres de production
et d'approvisionnement en fonction du besoin
d'une part, des encours (commandes, produc­ V)
Com ment l ' u t i l iser ? ......

tion, stock) et des contraintes de production (J)


z
Étapes (taille de lancement). V)
• Gérer une large variété de semi-finis. c
1. Définir les références à gérer dans le 0
MRP : articles non stables et chers (les V)
(J)
articles non critiques supports à la pro­ CO
duction peuvent être directement pilotés
V)
(J)
sur le terrain). • Le calcul du MRP repose sur un processus -0
2. Définir la fréquence de remise à jour des d'éclatement du produit vendu sur la base des ::::::l
u
ordres (le plus souvent hebdomadaire pour gammes et des nomenclatures : la fiabilité de ro
celle-ci doit être périodiquement vérifiée pour u
éviter la nervosité des plans). ,.....

3. Définir les gammes et nomenclatures assurer la validité du processus ; les niveaux Q


des nomenclatures seront à limiter autant que Q::
..::: relatives à ces articles pour chacun des �
faire se peut.
� produits gérés dans le MPS. O'
§ 4. Définir les tailles de lot et les stocks de • Le calcul du MRP est alimenté par le MPS et c

'"'
sécurité pour chacun des articles. donc par un mix de commandes fermes et de
prévisions à la maille article vendu. Plus le
c
c
ro
·�
.B cumulative lead time est grand par rapport à la o...
:l"' Méthodologie et conseils ......
"O
0 c::0 visibilité du carnet de commande, plus ces cal­ c
c c:: La maille « géographique » du calcul des culs seront donc instables. Une démarche fiable (J)
:J c::0 E
0 ·.cu ordres de production issu d u MRP peut de MRP doit donc s'accompagner de démarche (J)
'<j" :l varier en fonction du type de production et 1-
1'.l de réduction du lead time. ::::::l
0
......
8
N c..

des méthodes de planification des flux : • Bien distinguer le calcul du processus : les cr
(J)
@ �
:l
> dans une production en flux : on peut se résultats du calcul du MRP sont des propo­ 0::
.......
..c � contenter de l'ordre de tête et des compo- sitions d'ordres qui seront transformées en ro
O'l 1
(J)
i:i sants critiques à approvisionner ; ordres fermés par le planificateur avant lance­ 1-
·;::::
>- 0
c:::l
0. > dans une production discrète, on pourra ment pour exécution. ......
ro
0 Cl
u @ aller jusqu'à la planification des ordres de L

- 89 -
SUITE O U T I L . ...
_ Q U __T I L Material Requirement Planning (MRP)

Calcul des besoins nets (CSN)

APPROFONDISSEMENT : Exemple de calcul du Material


Req u i rement P l a n n i n g ( M R P)

Considérons le produit finis PF gérés dans La demande du composant C dépend des


le MPS. La demande de ce produit est liée campagnes de production de PF et des
aux besoins des clients et est dénommée autres produits qui en sont constitués. Cette
« indépendante ». demande est ainsi appelée « dépendante ».
Le MPS a calculé que pour répondre aux Si on considère que seul le produit PF
prévisions étant donné le stock possédé, contient le composant C, la demande
25 unités devront être mises à disposition dépendante de C est de 50 u n ités en 53
en 54 et 25 en 57. et de 50 unités en 56. É tant donné le stock
É tant donné le délai de production de disponible de 75 u n ités du composant C,
1 semaine, deux campagnes de production un réapprovisionnement est nécessaire
vont donc être lancées en 53 et en 56. pour mettre à disposition un nouveau lot
La nomenclature indique que ce pro­ en 56.
duit fini est constitué de 2 composants C Étant donné le délai de réapprovisionne­
qui sont approvisionnés sous u n délai de ment de 3 semaines, un ordre d'approvi­
3 semaines. sionnement est à lancer en semaine 3.

Article MPS Sl S2 S3 S4 SS S6 S7 SB

Demande
10 10 10 10 10 10 10 10
(indépendante)
PF
Stock Projeté
26 16 6 21 11 16 6
(36)
Production Fin 25 25

Production Début
® ®
X2

"O
0
c
:J
Taille minimum de lot : 100
Délai : 3 semaines
Stock sécurité : 0

Article MPS Sl S2
1
S3 S4 SS
1
S6 S7 SB
0 c
so so
Demande
'<j" (dépendante)
0
......

N Stock Projeté (7S) 7S 75 2S 25 25 7S 7S 7S


@ Production F i n 100
......
..c Production Début 100
O'l
·;::::
>-
o.
0
u

- 90 -
DOSS I E R 2 M A Î T R I S E R L A P L A N I F I C AT I O N D E L A S U P P LY C H A I N

Cette même logique s'applique s u r l'en­ 1 unité au niveau du PF peut se traduire


semble des composants de la nomencla­ par un ordre de réapprovisionnement de
ture du PF aux différents niveaux. Seuls 100 unités d'un composant.
les composants à forte valeur et à forte Enfin pour pouvoir fonctionner, le système
variabilité seront gérés dans la nomen­ MRP nécessite d'avoir la visibilité suffi­
clature pour avoir une vision précise de sante sur la demande au niveau du MPS
la consommation. Les autres composants pour pouvoir anticiper les ordres de pro­
pou rront être gérés selon un mode clas­ duction et d'approvisionnement. Pou servir
sique de réapprovisionnement du stock sur la demande de PF en 57, un ordre en 53
seuil. doit être anticipé dans l'exemple précé­
Le système MRP en cascadant le besoin dent alors que nous n'avons qu'un niveau
et en lançant des campagnes sur la base de nomenclature. Le MPS doit ainsi être le
d'une taille de lot minimum est à l'origine de plus souvent complété par des prévisions
l'effet « bullwip » qui amplifie la demande de manière à couvrir l'ensemble du lead ,,.....
z
de niveau en niveau. Une demande de time de mise à disposition des produits. CO
u
.._

V)
...,
Q)
c
V)
c
0
V)
Q)
...0
V)
Q)
-0

:::i
u
ru
u

.-:::

"tl
c:::::i O'
c
tî"' c
"' c
'"' ru
·�.B o...
:::i"' ...,
"O0 c::0 c
c c:: Q)
:J c:: E
0 ·.c0
u Q)
'<j'
...... "tl:::i0
1-

0 ... :::i
N c.. cr
� Q)
@ � 0::
.......
:::i
..c � ru
O'l 1
·;:::: "tl0 1-
Q)
>- c:: ...,
o. :::i ru
0 Cl
u @ L

- 91 -
Tra n s portat ion M anagement
System (T M S)

( �
PROCESSUS DE PLANI FICATION DES M OYENS
ET DES SOLUT I O N S DE TRANSPORT S O U S CONTRA I NTE
DU C A H I E R DES CHARGES SERVICE

Appel d'offre
Analyse de la valeur

Enchère inversée
Enjeux •

Réservation de capacité

_ --- -- - ----- - Réduction du panel fournisseur


1 0%
_ ..... •

Organisation et processus business


Consolidation des flux

Augmentation du taux de remplissage


Réduction des kilomètres à vide


Sélection des incoterms


90% •

Pré facturation
Respect des engagements de service

Suivi / É valuation des fournisseurs


- -----

Nature des enjeux couverts potentiellement par un TMS

En résumé
Les TMS représentent pour un Supply Chain Manager un outil de créa·
tion de valeur potentiel fort alors que les transports représentent sou·
vent le poste de coût le plus important dans u n P&L logistique.
Les TMS couvrent potentiellement un large spectre de fonctionnalités
depuis l'optimisation d'un plan de transport. la planification des res­
sources et le pilotage des moyens mis en œuvre, la gestion rationnelle
d u portefeuille de transporteurs, le suivi de l'exécution et le contrôle
des facturations. Il est essentiel d'identifier et de prioriser ses besoins
fonctionnels pour faire le bon choix de l'outil et concevoir les processus
internes et externes associés.
La diversité des solutions transport (modes et modalités) pour un char·
geur donné conduit à des spécifications de besoin souvent très parti·
culières, ce qui peut légitimer la mise en place d'un TMS !
Les TMS sont u n « must » pour les transporteurs qui ont vocation à gérer
des flottes de tracteurs, de remorques et des équipes de conducteurs
......
..c dans une logique d'optimisation des contenants en termes de remplis·
Cl
·;::: sage et de minimisation des distances parcourues.

a. Le choix des fonctionnalités dépend donc des objectifs poursuivis et
0
u du niveau de maturité de l'organisation utilisatrice du TMS.

- 92 -
DOSS I E R 2 M A Î T R I S E R L A P L A N I F I C AT I O N D E L A S U P P LY C H A I N

Pourq u o i l'uti l iser ? Il est essentiel de bien prendre en compte le


profil de l'acteur de la Supply Chain qui utili­
Objectifs sera le TMS. Rappelons que 3 fonctions sont
> Maximiser la valeur offerte par le transport potentiellement impliquées dans le choix d'un
en faisant de ces opérations nécessaires une TMS au-delà du responsable Supply Chain :
opportunité de création de valeur. > la fonction achat transport qui rédige les
> Mettre en œuvre le plan de transport contrats de transport. négocie les tarifs et
(réseau, différents types de flux et délais mène une veille sur les marchés transport ;
associés, modes et modalités). > la fonction Vendor Manager qui rédige les
> Planifier les capacités de transport en cahiers des charges techniques, les contrats
prenant en compte les contraintes régle­ service, mesure les performances réalisées et
mentaires. challenge les transporteurs au quotidien ;
> Prendre en compte la gestion des retours > la fonction Pilote de flux qui cherche à
et mettre en place des boucles de trans­ optimiser les flux au double niveau tac­
port régulières voire irrégulières. tique et opérationnel.
> La maîtrise des coûts de transport s'appré­
hende selon 3 axes complémentaires :
Contexte
- les leviers ayant un impact direct sur les
Les coûts de transport représentent en
coûts tels que la structure des tarifs, les
moyenne 50 % des coûts logistiques et il
taux de fret. la consolidation des flux ;
fait peu de doute que cette part ne ces­
- le sourcing et les termes contractuels ;
sera de progresser à l'avenir sous la pres­
- l'organisation de la fonction transport
sion du coût des ressources énergétiques.
et des fonctions associées telles que
Le coût salarial des chauffeurs et des assu­
mentionnées ci-dessus et les processus
rances accentuent ce phénomène de ren­
en place par exemple pour la mesure
chérissement du coût du transport. Dès
de la performance, la facturation et son
lors le transport devient un objet d'optimi­
contrôle.
sation essentiel au sein de la Supply Chain.
Le transport est un domaine propice aux
La différenciation des offres logistiques en
innovations technologiques pour permettre
termes de service apporté aux cl ients au
une création de valeur nouvelle ou com­ E
sein desquelles la ponctualité et la dispo- Q)...
.-::: plémentaire. Les TMS entrent dans cette ....
V)
� nibilité sont des éléments clés devient dif-
"tl catégorie. >
§ ficile à tenir du fait des réglementations t/)
.......
"Rj sur les temps de condu ite mais aussi sur la c
:� sécurité et de la tension sur les capacités
C o m ment l'uti l i ser ?
Q)
E
.B:l de transport routier en particulier dans les Q)
O'
"O � périodes de printemps et d'été. La réduc- ro
0
c
oc Étapes c
:J tion des capacités est le résultat de conso- ro
c
0 1. Formaliser les objectifs relatifs au TMS :
0 ·.c lidation dans le secteur des transports. La �
"tl:l
u
> construire les objectifs financiers ;
......
'<j" pression sur la baisse des stocks pour maxi­ c
0 8 > évaluer la performance achat ; 0
N c.. miser le cash disponible conduit à recher- .......
� ro
.......
> challenger le sourcing transport ;
@ �
:l
cher la plus grande synchronisation des
1.....
....... � > améliorer le plan transport ; 0
..c opérations de production, d'expédition, de
O'l 1
> identifier des sources de progrès ;
o..
·;:::: -g transport et de livraison. L'écoulement le V)
>- c
0. § plus fluide possible des produits dans les > contrôler la performance des transpor­ ro
0 Cl
teurs (service, coût. innovation...) . 1--
1.....
u @ chaînes logistiques est un enjeu important.

- 93 -
SUITE O U T I L
Tra n sportation Management
System ( T M S)

2. Identifier et impliquer toutes les parties


prenantes.
3. Formaliser le plan transport et caracté­ • Une adéquation optimale des opéra­
riser les solutions transport envisagées et tions à couvrir et des transporteurs
les modalités retenues. en charge de les exécuter dans le
4. É valuer la nature des relations dévelop­ cadre du plan de transport.
pées avec les transporteurs. • Une évaluation plus formelle du
5. Qualifier les risques liés au transport. lien entre le coût d'une solution
6. Identifier les fonctionnalités devant être de transport et son prix.
couvertes en fonction des objectifs de trans­ • Un TMS permet de mettre sous
port et du profil de l'acteur utilisateur. contrôle des domaines qui contri­
7. Formaliser la charte projet. buent à la baisse des coûts du
transport ou a minima dans un
Méthodologie et conseils environnement globalement haus­
> La maturité de la fonction transport d'un sier au maintien des coûts :
chargeur donné et sa posture par rapport à - La gestion des termes contrac­
l'activité transport (de l'achat pur de trans­ tuels au plan administratif qui
port à l'organisation de transport voire à intègre en particulier la bonne
son exécution) conditionnent fortement application des taux de fret
l'intérêt de faire appel ou non à un TMS. négociés et de clause pouvant
> Dans le cas d'une adoption d'un TMS, être complexes telle que la sur­
vérifier l'adéquation des fonctionnalités charge gasoil.
avec les objectifs poursuivis. - La définition des routes optimales
> Bien définir le périmètre du TMS. dans une logique de scénarisa­
tion en mettant en évidence pour
> Évaluer les éléments de complexité d'un
un niveau de service donné les
TMS : nombre, qualité et variabilité des
impacts financiers de bascule­
données, nombre des acteurs impliqués,
ment d'une route vers une autre
niveau des aléas.
tout en prenant en compte les
> Trouver des solutions pour l imiter la
différentes familles logistiques
complexité.
dont les livraisons urgentes
> Du fait de la fragmentation des acteurs
devant faire l'objet d'un traite­
impliqués dans les activités transport. la
ment voire d'une tarification
valeur ajoutée d'un TMS dépend de la qua­
particuliers. Cette conception du
"O lité de la collaboration entre les acteurs.
0 plan de transport doit se faire
c Il est essentiel de s'assurer de leur contri­
::J avec la constante préoccupation
0 bution.
de la consolidation des flux et
'<t
.--1 de la minimisation des retours
0
N à vide.
@
......
_c
O'I
·;::

a.
0
u

- 94 -
DOSS I E R 2 M A Î T R I S E R L A P L A N I F I C AT I O N D E L A S U P P LY C H A I N

- Le bon choix des modes et des aux 4 niveaux potentiels suivants :


modalités de transport entre des conception et optimisation des
solutions alternatives dans une plans de transport, pilotage des flux
logique d'innovation éventuelle­ de transport et des transporteurs
ment de rupture. mobil isés, exécution et suivi des
- La gestion optimale du porte­ opérations de transport, et enfin
feuille des transporteurs existants contrôle des transports réalisés et
en mettant l'accent sur le moins des transporteu rs.
disant pour évaluer les impacts • Il est essentiel de s'assurer du bon
économiques d'un choix se diri­ interfaçage du TMS en interne avec
geant vers cette catégorie et les en particulier le système ERP de
possibles impacts en termes de l'entreprise et éventuellement les
service. Une évaluation et une systèmes de planification avancés
classification des transporteurs voire d'optimisation mais aussi avec
en fournisseurs de 1•' rang, de 2"d les systèmes externes des différents
rang et de solutions de backup transporteurs.
sont très utiles. Cette approche • Dans le cadre du choix des transpor­
doit être complétée par la prise teurs, il est important de bien conser­
en compte de transporteurs alter­ ver la traçabilité des choix effectués
natifs vers lesquels une bascule en particu lier des transporteurs les
pou rra se faire le moment venu. moins disant qui n'auraient pas été
retenus et des raisons qui ont conduit
à ce choix.
• Établir un business case mettant
• Plus une nouvelle technologie telle en évidence l'investissement et le
que celle des TMS est adoptée tôt, coût d'implémentation d'un TMS
plus la différenciation est grande, et les économies générées. Pour
ce faire également il est important E
mais plus le risque et le coût aug­ a;...
qu'une baseline (c'est-à-dire un coût ....
mentent. V)
>
• Il existe une grande variété de de référence du transport) la plus t/)
solutions TMS sur le marché. Il est robuste possible soit établie à partir .......
c
essentiel de bien analyser les fonc­ de laquelle les économies réalisées a;
seront mesurées. E
tionnalités qui créeront de la valeur a;
"O O'
0 ro
c c
:J ro
0 �
'<j" c
0
......
0
N .......
ro
@ .......
1.....
....... 0
..c
O'l o..
·;:::: V)
>- c
0. ro
0 1.....
u 1-

- 95 - SUITE O U T I L
Transportation M anagement
System (T M S)

CAS · I l l u st ration des bénéfices atte n d u s p a r l a m i se


en place des fonct i o n n a l ités de pilotage
d'un TMS p o u r u n c h a rg e u r

Cette entreprise fabrique et expédie a u Le type de TMS implémenté permet d'ana­


niveau mondial des produits destinés à l'ali­ lyser le portefeuille des transporteurs selon
mentation humaine et devant être trans­ la part des achats transport qu'ils repré­
portés dans des conditions sanitaires et de sentent :
température très variables en fonction de
leur nature et devant répondre à un cahier Top 10 des transporteurs
des charges service également fonction des
attentes des clients industriels intégrant ces # 1 1====�==�====�==��12.)IOJO�
# 2 ��::::;:=:==::::== :: ===::====:::::::: :;:: ::::i
produits dans leurs propres produits finis. # 3 =====;;;;= ;;:;: ===oi 9. %
Quasiment tous les modes de transport #4 9.1 °
#5 9.0 0
sont concernés (route, air, mer) et traitent #6 8.1 %
un volume de plus de 50 000 tonnes par an #7 .3 %
pour un peu plus de 1 3 0 0 0 0 expéditions.
# 8 i=======;:==:::::=:;:
::: ::i 5.8 %
# 9 •-=•===­
La démarche de mise en œuvre d'un TMS # 101=�==;::::::1
s'est inscrite dans le cas présent dans une
démarche plus globale d'optimisation des I l permet également de concevoir et de
achats (global sourcing) touchant toutes suivre des indicateurs de mesure de la per­
les catégories d'achat. Les achats de trans­ formance en poursuivant des objectifs bien
port n'ont pas échappé à cet objectif de précis comme suit :
rationalisation.

. - -

· Analyse des coûts de transport selon


· Evaluer et faire évoluer le sourcing
différents angles (par fournisseur, par
· Identifier des économies
route, par carte délai, par mode de
Coût
· P lanifier stratégiquement le sourcing
livraison,...)

· Communication de la contribution du
· Par les prix
sourcing au top management
· Par l'optimisation des routes
· Suivi des cibles versus les économies
· Par l'évolution du délai et des
Économies
réalisées pour identifier les échecs
changements de mode
d'implémentation

· Transporteur utilisé versus transporteur · Suivi des transporteurs agréés et des


Conformité agréé prix pour identifier les échecs
· Prix contractualisé versus prix réel d'implémentation

· Respect des délais


......
· S'assurer que chaque prestataire
..c Performance
Cl · Absence de dommage
fournit le niveau de qualité requis
· Respect de la chaîne documentaire
·;::: livraison

a.
0
u

- 96 -
DOSS I E R 2 M A Î T R I S E R L A P L A N I F I C AT I O N D E L A S U P P LY C H A I N

L'analyse statistique des tranches d e tari­ des volumes qui constituent l'activité d'une
fication d u transport est également une tranche donnée. Cette analyse révèle en
démarche très importante pour s'assurer général des surprises en termes d'inco­
de la consistance de la tarification au niveau hérence dont la résolution est synonyme
des intervalles définissant les tranches et d'économies :

Distribution statistique des volumes exprimés


en tonnage et en nombre d'expéditions

140
43%
120
100
80
60 18%
40
8% 7% 8%
7%
20
0
Cl' Cl' Cl' Cl' Cl' Cl' Cl' Cl' Cl'

0 LJ) 0 0 0 0
-"' -"' -"' -"' -"' -"' -"' -"' -"'

01 � � LJ) LJ)


LJ) � 6 6
V

!fl
..
0
N rr> <t

0
Io Poids Expéditions

E
a;...
....
.-::: V)
� >
"tl
c::
:::i
t/)
En conclusion de cet exemple, il est utile de - tactique : optimisation des volumes, des

.......

rappeler que les fonctionnalités d'un TMS tranches de poids, choix des modes, ser­ c
'"'
a;
·� doivent s'appréhender selon 3 niveaux : vice ; E
.B:::i - exécution : préparation des négociations, a;
"' - stratégique : objectifs financiers et éco­ O'
"O c::0 ro
0 nomiques poursuivis, sourcing et sélec­ facturation, gestion des événements. c
c c::
:J c::0 tion des transporteurs ; ro
0 ·.cu �
'<j" :::i c
"tl
0
......
8 0
N c..
� .......
ro
@ �
:::i
.......
1.....
....... � 0
..c
O'l 1 o..
·;:::: "tl0 V)
>- c:: c
0. :::i ro
0 Cl 1.....
u @ 1--

- 97 -
Warehouse M a nagement System
( W M S)

_ PROCESSUS DE PLANIFICATI O N DES OPÉRAT I O N S


\
_ __

( DE MANUTENTION ET DE PRÉPARAT I O N DE COMMAN DES

Part des coûts par nature en


fonction du type d'entrepôt:
• Surface : 30 / 40 %
• É quipement de stockage: 0 / 6 %
• É quipement de manutentions: 3 / 6 % DMain d'oeuvre
DEngins / Manutention
• Convoyeur : 0 / 20 % DConsommables
• Système d'information : 3 / 8 % DBâtiment
D É nergie
D É quipement
• Management : 7 / 1 0 o/o
• Main d'oeuvre : 30 / 60% oTaxes
DAssurance
DCoûts indirects

Décomposition des coûts d'un site logistique et enjeux d'un WMS

En résumé
Tout site logistique est un lieu d'interface entre le Supply Side et le
Demand Side d'une chaîne logistique. C'est une entité opérationnelle
qui est donc soumise par nature à des lois d'approvisionnement et de
demande qui obéissent à leur propre logique.
Comme toute activité mobilisant des investissements (surfaces et équi­
pement de stockage et de manutention) et des ressources humaines,
la recherche de productivité de ces moyens est un enjeu incontour­
nable. Cela implique d'anticiper le niveau d'activité pour dimensionner
au mieux ces ressources et leur utilisation ce qui est particulièrement
utile dans le cas d'activités soumises à des variations saisonnières.
Ainsi l'équilibrage de la charge est une fonction primordiale de l'effica­
cité d'un site logistique et de son coût de revient. Le niveau tactique des
WMS et leur intégration dans les systèmes ERP permettant la valorisa­
tion financière de l'activité logistique répondent à ces préoccupations.
De plus la réglementation sur l'environnement et la recherche de
...... minimisation des consommations énergétiques conduisent à optimiser
..c
Cl
·;::: les déplacements des équipements de manutention par une concep­

a. tion optimale du zoning du site au niveau des zones de stockage et
0
u de travail.

- 98 -
DOSS I E R 2 M A Î T R I S E R L A P L A N I F I C AT I O N D E L A S U P P LY C H A I N

Pourq u o i l'uti l iser ? > organisation des zones de picking ;


> préparation de commande ;
Objectifs > colisage et préparation au chargement.
> Utiliser de manière optimale les res­
Les WMS se différencient par :
sources liées aux activités d'entreposage et
de manutention en anticipant les besoins :
> la gestion multi-site y compris les sites
déportés et multi-clients pour permettre la
su rfaces, équipements de stockage, main­
consolidation des flux et la mutualisation
d'œuvre et matériels roulants.
des ressources dans une logique d'optimi­
> Simuler l'utilisation des ressources en sation des ressources (dimension moderne
fonction de leur coût de mobilisation et
des WMS) ;
d'utilisation dans une logique de priorisa­
tion en fonction des niveaux de coût et de
> la gestion multilingue ;
> l'intégration d'un système de traçabilité,
criticité, le coût des ressources humaines
étant en Europe le coût le plus élevé. de radiofréquence, de RFID, de reconnais­
sance vocale.
> Minimiser les temps et les distances par­
courues.
> Optimiser l'allocation des produits aux
différentes zones de stockage pour opti­ C o m ment l'uti l i ser ?
miser les rotations des produits et limiter
les temps de déplacement des caristes. Étapes
1. Formaliser les objectifs des activités
Contexte d'entreposage au sein de la Supply Chain.
Un entrepôt ou plus généralement une 2. Identifier les fonctionnalités devant être
infrastructure logistique est d'abord un lieu couvertes en fonction de ces objectifs.
de production de commandes pour un client 3. Prendre en compte les spécificités des
et cette activité est la plus consommatrice familles logistiques construites à partir du
de ressources, une commande représentant profil des flux entrants et sortants et des
un assemblage de lignes de commande. La caractéristiques des produits ce qui est
réception des produits, leur mise en stock fondamentalement structurant.
et le suivi des inventaires constituent les 4. Prendre en compte les spécificités du
..::: activités complémentaires. C'est pourquoi bâtiment (taille, hauteur, zonage, différen­

"tl E
i:::::i nous pouvons rapprocher l'activité opéra­ ciation d'une réserve de stock versus une (])
.......,
tionnelle des sites logistiques des activités zone de picking) qui ont un impact évident (/)
"Rl >
"'
'"'
industrielles génératrices de valeur ajoutée. sur les règles de gestion de l'activité. V>
·� Ceci est d'autant plus vrai si des opérations 5. Modéliser les séquences d'activité (work­
.......,
c
.B (])
"O � de pré ou de post-manufacturing (kitting, flows) sous forme de flux génériques calés
0c E
g étiquetage, co-packing) trouvent leur place sur les familles logistiques. (])
O'
:J i::0 dans ces sites.
0 ·.cu 6. É valuer les volumes d'activité en jour CU
'<j" :::i Les fonctions de base d'un WMS sont c
"tl moyen d u mois moyen, en jour de pointe CU
0
......
8 communes et intègrent la gestion de : �
N c..

du mois moyen, en jour de pointe du mois
� > réception ; de pointe. (])
(/)
@
.......
:::i
> contrôle qualité ; :::::i
..c �1 7. Définir les niveaux de polyvalence du 0
O'l
"tl > mise en emplacement ; personnel pour permettre ou non d'absor­ .r:::.
·;::::
>- 0 (])
1.....
0.
0 8 > organisation des zones de stockage ber les pics entre réception, mise en stock CU
u @ (dimension historique des WMS) ; et préparation de commande. s

- 99 - SUITE OUTIL : -+
_ Q U __T I L Wa rehouse M a nagement System


(W M S)

8. Décider des logiques de gestion flexible


des capacités.
9. Bâtir des scénarios simulant l'activité en
fonction des hypothèses de volume et de
niveaux de stock et tester l'élasticité des
solutions. • Bien définir les fonctionnalités que
l'on veut couvrir aux 3 niveaux sui­
Méthodologie et conseils vants : planification et simulation ;
Il est important de distinguer : gestion des transactions depuis la
> la p lanification tactique sur un horizon à réception j usqu'à l'expédition ; ges­
minima budgétaire pour prendre en compte tion des données.
la saisonnalité des flux entrants et des flux • Un WMS ne peut fonctionner que

sortants qui induisent fortement le besoin de s'il s'appuie sur les informations
ressources et le recours à des surfaces de suivantes :
débords ou de la main-d'œuvre saisonnière ; - les engagements de service,
> la planification opérationnelle dont l'ho­ - l'historique des ventes, par pro-
rizon est lié au délai de mobilisation des duit, par client (notion du 20/80),
ressources : main-d'œuvre intérimaire. affrè­ - les lois d'approvisionnement et
tement des camions. de demande,
La valeur ajoutée du niveau de pilotage - les prévisions d'entrées, de sortie
tactique est d'intégrer dans l'outil WMS et de niveau de stock,
une capacité de simu lation de vagues ce - la structure type des commandes,
qui offre la possibilité de visualiser l'impact - les unités d'œuvre rendant compte
en terme de charge sur les différentes des activités clés du site,
zones de l'entrepôt. - les ressources disponibles et les
Ces simu lations doivent se faire en fonc­ éléments impactant la capacité
tion du coût relatif des ressources au sein de ces ressources,
du P&L du site logistique concerné (cf. - les caractéristiques physiques
ill ustration) et de leur criticité. des produits et leurs contraintes
d'emballage et de palettisation .
• Le choix d'un fournisseur de solu­

tions WMS doit s'appréhender à


partir des fonctionnalités couvertes
• Permet en fonction de la charge par cette solution, les références
"O estimée des flux entrants, des flux installées et les retours d'expé­
0
c sortants et des niveaux de stock rience, les secteurs industriels et de
:J
0 de simuler les besoins en capacité distribution couverts et la capacité
'<j"
et définir les scénarios de capa­ à intégrer ou à s'interfacer aux tech­
0
......

N cité fixe versus variable. nologies modernes de communica­


@ • Démarche qui favorise une gestion tion (RFID, radiofréquence, etc.).
• Même si cela est difficile, construire
.......
..c intégrée bout en bout des flux en
O'l
·;:::: partageant des données communes un business case pour évaluer le ROI
>-
0. aux différentes étapes du flux. de la mise en œuvre d'un WMS.
0
u

- 100 -
D O SS I E R 2 M A Î T R I S E R L A P L A N I F I C A T I O N D E L A S U P P LY C H A I N

Exemple d'application

Dans l'exemple suivant caractérisé par une an puis sur les 6 prochaines années à partir
forte saisonnalité sont représentées les d'évaluations prévisionnelles :
évolutions des ventes et des stocks sur un

Évolution annuelle (2011) Flux entrants/sortants (2011)


3000 �����- 2750
2800 t--����----:.0
2600 f--����1-�-=- 2500
2400 t--��---.11'-----'\.---��-:iJttl"��-1-��- 2250
2200 r---��--1-� ��---:�'----'tr----if-� �-
2000
2000 f--��'---� - � � �'---�
- ---4;����-
1800 i--���--=,--- --- ����t--� ��- 1750
1600 f--�---,#"'=-�--.31�����---..._-;::-7' 1500
1400 f--�--���������--��- 1250
1200 f--����-
1000 �������- 1000
- Flux sortant
Janv. Déc. Janv. Déc.
Ventes
Stocks (hyp 1) - Flux entrant
Stocks (hyp 2)

Au niveau annuel, il est déjà possible de site logistique (réception, stockage, prépa­
prendre en compte différentes hypothèses ration des commandes et activités annexes)
relatives à l'évolution des ventes et des sto­ en s'appuyant éventuellement sur la poly­
cks selon les objectifs de rotation par famille valence de ces ressources et les besoins en
de produits qui met en évidence l'existence capacité de stockage.
ou non de corrélation entre ventes et sto­ Mais cet horizon annuel est insuffisant
cks. Cette approche permet de montrer et un WMS au niveau tactique se doit de
,,-...,
également la plus ou moins grande synchro­ fournir une évaluation de ces ressources
nisation entre les flux entrants et les flux critiques sur un horizon pluriannuel. Dès U')
sortants. L'utilité de cette vision annuelle lors, une projection des volumes entrants, 2
est d'évaluer les besoins en personnels sortants et des stocks permettra d'antici­
s
"--'
.-::
;o; selon les grands domaines d'activité d'un
"C per les besoins en ressources : E
c::i (])
4--'

"'
Vl
"'

>
"'
Évolution entre 2011 et 2017
'"'
U')
.:!.! 4--'

B:i c
"'
(])
"'O c:0 E
0
c c: (])
::J c: (J\
0
0
·.i::: CO
u
:i c
'<j"
.-i "C CO
0 8 2
N c..
� Q)
@ � Vl
...... ::::::i
:i

..c: �1 0
Cl
"C0 ..c
·;:: Q)
>- c: L.
a. :i CO
0 0
u (Q) Janv. 2011 Déc. 2017 s

- 101 -
DOSS I E R

L
a performance Supply C h a i n se mesure au niveau de la q u a l ité des opéra­
tions logistiques et d e leur bonne exécution. Au-delà des processus de prévi­
sion et de planification qui permettent de d i mensionner les ressources et les
moyens, la capacité à délivrer au plan opérationnel la promesse formalisée dans les
cahiers des c h a rges service (SLA) est essentielle car c'est u n iquement à ce niveau
que se concrétisent tous les efforts faits en amont. La production opérationnelle
d u service est l'étape ultime d'une chaîne de décisions et d'actions amont qui
peuvent être mises à m a l s i l'exce llence opérationnelle n'est pas au rendez-vous.
La livraison dans les temps d'une commande et dans les conditions prévues est
l'opération finale seule visible et q u ' u n client perçoit comme créatrice de valeur.
La preuve ( P O D : Proof of Delivery) que cette l i v raison a respecté les engagements
de service est alors le déclencheur d e la facturation au client et qui valorise l'en­
semble d e la c h aîne de valeur amont. Le fait que dans certaines entreprises, le
responsable S u pp l y Chain ne soit pas seulement responsable du cycle Order-to­
Delivery c'est-à-dire en fait du processus SLA-to-POD mais intègre également le
recouvrement des créances clients dans u n cycle étendu Order-to-Cash exprime
parfaitement le rôle crucial que joue l a q u a l ité d e l'exécution des opérations dans
la production de va leur pour les c l ients.
Maîtriser l'excellence opérationnelle d e la Supply Chain est un enjeu rendu difficile
"'O
0 par plusieurs facteurs qui conduisent à mobiliser des solutions ad hoc :
c:
::i L'acteur h u m a i n est au cœur des dispositifs opérationnels des chaînes logistiques.
0
v Les niveaux de motivation, d'engagement, d'attention aux règles, de respect des pro­
..-!
0 cédu res sont des enjeux essentiels ;
N
La logistique est une activité d'économies d'échelle pour laquelle le volume est
@
..... recherché et dont la productivité a ses racines dans la répétition routinière d'opé­
.r:
en rations identiques. Maintenir dans ce contexte au niveau attendu d'excellence les
ï:::
>­ éléments précités est un défi majeur ;
a.
0
u

102
DOSS I E R
Dans un environnement économique difficile dans lesquels les flux sont plus
que jamais tendus, le niveau de réactivité et de flexibilité est élevé. Les opéra­
tions doivent faire preuve de capacités d'adaptation élevées pour faire face a u x
enjeux financiers de baisse des stocks, d'utilisation optimale d e s capacités investies
de manutention, de stockage et de transport et de baisse des coûts opérationnels
tout en satisfaisant aux exigences de service en particulier a u niveau du respect
des délais de livraison.
Les leviers que nous préconisons pour maîtriser les opérations Supply Chain ont
trait :
En premier lieu l'humain parce que l'excellence des opérations est fondamenta­
lement dépendante du comportement des acteurs et de leurs compétences techniques
et managériales (voir dossier 4 sur les outils d'évaluation). Cet axe de développement
des personnes doit se faire en associant étroitement les spécialistes métiers de la
Supply Chain et de la logistique et les professionnels des ressources huma ines.
- La formation continue non pas seulement en salle mais aussi par exemple sur
chaîne de préparation de commande en entrepôt destinée à tous les échelons de
la hiérarchie en utilisant des modules d e formation et d'autoévaluation à distance
ou sous forme didacticielle est un très bon moyen pour s'assurer d u bon niveau
d'appropriation des procédures, des conditions d'utilisation des systèmes d'infor­
mation et de leurs fonctionnal ités, des attitudes à adopter en cas d'événements
non standards. Le développement de modules e-learning à partir de situations
concrètes difficiles rencontrées sur le terrain et générant de la non-performance
opérationnelle est utile pour capitaliser et partager ces expériences.
- La formalisation d'objectifs, la définition des bonus, des éléments variables de rémuné­
ration, des incitations financières et des modalités de récompense individuelle ou col­
lective sont des leviers très utiles en lien avec les entretiens annuels d'évaluation.
Puis les méthodologies éprouvées depuis longtemps dans les systèmes de Lean
Production, de World Class Manufacturing (WCM). S'attaquer à l'élimination des
gaspillages et à l'éradication des opérations générant de la non-valeur ajoutée est
sans aucun doute une approche incontournable. Nous ne prétendons pas dans cet
ouvrage qui met par définition l'accent sur des outils ciblés couvrir l'ensemble de la
boîte à outils propres a u WCM et nous recommandons donc fortement le lecteur de
consulter les ouvrages ad hoc.
Deux dimensions nous semblent très vertueuses dans le cadre de la maîtrise de
l'excellence opérationnelle :
Le progrès continu et le mode projet. Attei ndre l'excellence opérationnelle est
"'O
0 un long chemin au cours duquel des transformations s'opèrent dans un véritable
c:
::i processus de changement. L'a mél ioration continue est un état d'esprit qui met en
0
v perspective dans le temps les efforts quotidiens. Faire mieux et différemment demain
..-!
0 qu'aujourd'hui permet d e casser la dimension routi nière q u i présente le danger de
N
l ' i m mobilisme qui conduit inéluctablement à la perte de compétitivité. Stimuler à
@
...... tous les niveaux hiérarchiques des propositions d'amél iorations permet de créer de
.r:
en la valeur pour les opérations futures. La mise en œuvre de méthodologies très for­
ï:::
>­ melles qu'il faut suivre et appliquer de manière très disciplinée renforce l'appropria­
a.
0 tion au niveau de chaque individu d e l'im portance de la responsabilité de son action
u

103
DOSS I E R
et de son i m p l ication. Ce sont de véritables parcours que vont emprunter les acteurs
de l'ensemble de la ligne hiérarchique :
- analyser les opérations pour comprendre les contrai ntes, les problèmes poten­
tiels ;
- définir des objectifs de performance pour chaque opération et définir u n stan­
dard associé ;
- mettre en place u n système de mesure des réalisations et d'enregistrement de
tous les événements non prévus ayant un impact sur la performance et un sys­
tème de reporting ;
- mettre en place un système d'analyse des anomalies et de résolution ;
- faire des propositions de résolution des anomalies mais aussi d'améliorations ;
- mettre en place les actions correctrices et d'améliorations ;
- dérouler à nouveau cette séquence u n e fois le standard défini initialement stabi-
lisé.
La double approche individuelle et col lective dans les phases d e définition d'objec­
tifs, d'exécution des opérations, d'évaluation des réalisations et de formalisation de
propositions d'améliorations. Ce point est essentiel car il est lié au-delà des aspects
techniques incontournables à la dimension managériale de la conduite du change­
ment.
Toutes ces solutions permettent de partager les savoirs et les savoir-fai re, de
permettre aux différents acteurs de la chaîne de commandement et d'exécution
logistique de s'auto-éva l uer, de définir leur propre plan de progression et enfin de
standardiser ces opérations dans les principaux domaines suivants : la sécurité, la
q u a l ité, la fiabilité, la productivité, l'environnement qui s'appliquent aussi bien par
exemple à :
- la réduction des temps opératoires pour accélérer les f l u x ;
- l'accroissement de productivité des opérations élémentaires de manutention ;
- la qualité des opérations pour éviter la casse ;
- les erreurs de picking et de rangement des produits ;
- l'optimisation des rangements des produits dans les sites logistiques pour l i m iter
l'utilisation de l'espace au sol et du volume de stockage ;
- la sécurité des opérations de chargement et de déchargement.
La définition des piliers (building blocks) de l'excellence opérationnelle doit se faire
en lien avec les objectifs business poursuivis et après une analyse des facteurs cri­

"'O tiques de la performance opérationnelle. Il n'est pas possible de mener tous les
0
c: cha ntiers de front et il est donc important de définir des priorités par des feuilles
::i
0 de route qui permettront d e dégager des résultats positifs et de sti m u l e r de manière
v vertueuse les efforts futurs pour atteindre les niveaux de performance supérieurs.
..-!
0
N Nous avons choisi dans ce dossier de porter notre attention sur :
@ la planification opérationnelle des activités logistiques en amont de leur exécu­
.....
.r: tion car la manière de préparer le travail de picking par exemple ou d e c h a rge­
en
ï::: ment des véhicules de transport est u n levier i m portant de productivité. Quelq ues

a. heures avant l'exécution, il est e n core possible d e trouver des zones d'optimi-
0
u

104
DOSS I E R
sation charge - capacité par exemple. C'est l'objet essentiel de cette planification
d e la préparation des commandes, d e la gestion des files d'attente et des tour­
nées de livraison d e défi n i r la m e i l l e u re affectation des ressources possibles sous
contrainte du cahier des c h a rges service. Les outils 19, 20, 21, 28 et 29 traitent
d e cet axe ;
l'excellence opérationnelle passe également par la productivité opérationnelle des
ressources ce q u i est l'objet de l'outil 22 ;
u n site logistique qui con naît zéro accident est u n site non seulement dont on peut
être fier au plan managérial mais aussi un site q u i révèle un état d'esprit respon­
sable et concentré à tous les instants sur la sécurité des personnes. Ce respect de
l'individu dans son intégrité physique est sans aucun doute un élément de confiance
essentiel pour solliciter a u p rès de ces personnes les efforts sur les autres piliers
qui concourent à l'excellence opérationnelle. L'outil 23 est focalisé sur la dimension
sécurité ;
le coût des opérations logistiques est une préoccupation essentielle. Le transport
comme cela a été rappelé représente la part la plus élevée des coûts logistiques et
c 'est pourquoi nous consacrons les outils 24 et 25 à la maîtrise des coûts de trans­
port tant au niveau de leur définition que dans le contrôle des facturations des
transporteu rs ;
le recours à la sous-traitance et aux prestataires logistiques est très développé.
Savoir formaliser son besoin sous la forme de cahiers des charges, déployer un
processus d'appel d'offres et mener les négociations avec les soumissionnaires fait
partie des savoir-faire professionnels essen-
tiels à maîtriser. Ce levier est l 'objet des r------­
outils 26 et 27.
L'ensemble de cette dynamique apprenante
L E S O U T I LS
a pour but de cultiver de manière durable 19 Ordonnancement centralisé ........................................ 106
dans le temps u n double esprit de discipline
20 Gestion locale des files d'attente ................................. 110
observée à tous les échelons de la chaîne
de commandement et d'initiative pour que 21 Gestion en flux tiré (Kanban) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 112
. .. . . .. . . . . .. .. . . .. . .

chaque personne devienne acteur respon­


22 Productivité des ressources logistiques ... . .
.. .... . ....... . 116
sable et contributeur de l'excellence opé­
rationnelle. 23 Sécurité ............................................................................. 122

24 Coûts de transport cible ............................................... 126

"O 25 Coûts de transport


0
c: (FAP : Freight Audit & Payment) . . . .. .. . . . . . .. . . .. . . . .. . . 132 . . . . . . . . .

:J
0
v
26 Appel d'offres logistique ............................................... 136
..-t
0 27 Négociation des contrats avec les prestataires
N
u logistiques . .. .. . . .. . .. . . .. . . . . . . . . .. . . .. . .. . . 140
.......
. . . . .. . . . . .. . . .. .. . .. . .. .. . . .. . . . . .. .

..r::
Cl 28 Transportation Management System (TMS) . . . . 144
ï:
.. . .. .. .


a. 29 Warehouse Management System (WMS) ... . . . . .. . 148 . .. . .. . .
0
u

105
Ordonnancement centra l isé

r- �
PLA N I FI E R L'ORDRE DES PRODUCTIONS À RÉALISER
POUR RES PECTER LE CADRAGE DU MRP ET DU MPS

Sl S2
Jl

OF planifié

AU PLUS
TOT OP3
OP4

OPI
AU PLUS OP2
TARD OP3
OP4

Exemple d'ordonnancement de deux ordres par placement au plus tôt et au plus tard

"O
0
c
:J En résumé
0
'<j" L'ordonnancement centralisé est un processus de séquencement
0
......

N détaillé (heure par heure) des ordres de fabrication à réaliser par u n


@ atelier, u n e machine o u un poste de travail.
....... I l s 'appuie sur les résultats globaux des processus de planification
..c
O'l
·;:::: (MRP ou MPS) qui ont vérifié la faisabilité globale des ordres. Chaque
>-
0. ordre e st « cadré » par une date de fin et une date de début devant
0
u permettre la réalisation de l'article directeur du MPS dans les délais.

- 106 -
DOSS I E R 3 M A Î T R I S E R L ' E X É C U T I O N D E LA S U P PLY C H A I N

Pourq u o i l'uti l iser ? Méthodologie et conseils


Les règles de priorité entre les ordres doivent
Objectif être précisées dans la procédure de gestion
Définir le plan de travail détaillé de l'ate­ des ateliers, connues et appliquées par tous.
lier de manière à respecter les dates de Les ordres en retard peuvent ne pas appli­
livraisons des commandes et optimiser quer la règle de priorité normalement utilisée
l'utilisation des ressources (notamment le mais cela doit bien sur être une exception.
nombre de changement de séries). Dans la pratique, on ordonnancera le goulot
de l'usine et on calera ensuite l'ordonnance­
Contexte ment des autres ressources sur cette base de
C'est un type d'ordonnancement c lassique manière à optimiser l'utilisation du goulot.
« en flux poussé » qui consiste à détermi­
ner les dates de début et de fin de chacune
des opérations d'un ordre de fabrication.
C'est le service planning qui est en charge • Cette méthode est applicable quel que soit le type
de définir les ordres de production à réa­ de demande (instable, stable) ou le type de flux.
liser pour respecter le cadrage du MRP • Elle donne une visibilité à l'atelier et permet le
(Material Requirement Planning) et du MPS contrôle de la bonne réalisation du planning défini
(Master Production Scheduling). et de traiter les écarts.
• Cette méthode est à capacité finie : les ordres sont
placés sur les créneaux de production disponibles.
Com ment l'uti liser ?
Étapes
1. Définir de manière précise les temps opé­
ratoires des opérations de production en • Cette méthode ne peut être utilisée seule et
lien avec le Bureau d'études (gamme de nécessite en amont d'avoir vérifié l'équilibre glo­
produ ction). bal charge/capacité au niveau du MPS et du MRP
2. Définir les règles de priorité de charge­ au risque de ne pas pouvoir respecter les délais
ment des ordres. Les règles les plus cou- de mise à disposition souhaités par le client.
rantes sont : • Cette méthode repose sur le respect des temps
opératoires utilisé pour ordonnancer. En pratique,
..::: > date de fin la plus proche ;
� l'inévitable variation des temps opératoires réels
"tl > temps d'opération le plus long ;
c::
:::i par rapport au temps opératoires moyens de la
> marge résiduelle la plus faible (temps res­
'Rl gamme ainsi que les aléas décalent très vite le
"' tant avant la fin de l'ordre - temps opératoire)
'"' planning par rapport au réalisé. Cette méthode
.B�:::i
· > Marge résiduelle par opération la plus convient donc bien aux opérations automatisées
"O "' faible. (faible variabilité des temps opératoires) ou dans
c::
0 0
c c:: 3. Définir les règles de placement des ordres : le cas de ressources peu chargées.
:J c::
......
0 0
·.c > placement au plus tôt : placement de la • Le retard est la variable d'ajustement de cette c
u
'<j" :::i première opération dès qu'un créneau est a;
...... "tl méthode de planning : s'il n'y a plus de capacité dis­
0 8 E
N c..

disponible. ponible pour réaliser l'ordre, celui-ci est repoussé au a;
u
@ � > placement au plus tard : placement de la premier créneau disponible. Il est donc nécessaire de c
.......
�1
:::i
dernière opération le plus près possible de la CU
..c bien s'être assuré en amont (MRP ou MPS) de l'équi­ c
O'l
"tl date de fin définie par l a pla nifi ca tion (MRP libre charge/capacité au risque de voir les délais non c
·;::::
>-
0 0
0. § ou MPS) puis placement des opérations anté­ respectés et les stocks d'en-cours augmenter. -0
0 o !..__

u @ rieures par remontée dans le temps. 0

- 1 07 -
SUITE O U T I L . ...
Ordonnancement cent ra l isé

APPROFONDISSEMENT · Déta i l des règles


d'ordonna ncement centra l isé

Règles de chargement des ordres l'ordre dans lequel les ordres sont placés.
Les règles de chargement des ordres cor­ Les derniers ordres placés seront en effet
respondent à l'ordre dans lequel les ordres plus difficiles à positionner que les premiers
sont positionnés dans le planning d'ordon­ car les capacités seront déjà occupées !
nancement. L'ordre de chargement est donc à définir
La définition et le partage des règles de en fonction des objectifs d'utilisation des
chargement sont fondamentaux car le capacités et de respect des dates de mise
résultat de l'ordonnancement dépend de à disposition.

Règle Description Avantage Limite


Date de fin la Priorité aux ordres devant être ter- 1 Focalise sur la date de mise à Ne tient pas compte des
plus proche miné les plus tôt. disposition des ordres dans les temps de production néces-
délais du M R P. saires (applicable lorsque
les ordres ont des temps de

� -
production équivalents).

Temps d'opéra- Priorité aux longs temps de pro- Optimisation de l'utilisation des Peut conduire à des retards
tian le plus long duction. moyens de production (« place- de mise en disposition.

--1
ment des gros cailloux »).
f---- --
Marge résiduelle Priorité aux ordres ayant la marge Permet de bien respecter les Ne tient pas compte du
la plus faible la plus faible (temps restant avant
la fin de l'ordre - temps opéra-
taire).
1 dates de fin des ordres (charge-
ment des ordres avec le moins
de marge de manœuvre).
nombre des opérations res-
tantes.

Marge résiduelle Complément de la règle précé- Bon compromis entre le res- Calcul à réaliser et explica-
par opération la dente avec une prise en compte du pect des dates et l'utilisation tian à réaliser (règle non
plus faible nombre des opérations à réaliser des moyens. intuitive sur le terrain).

1
(division de la marge résiduelle par
le nombre d'opérations nécessaire).

Par exemple, si on considère les 3 OF sui­ rang de chargement de chacun des OF sera
vants pour une date du jour égale à 100 différent en fonction de la règle utilisée
(numéro du jour dans le calendrier), de

......
..c
Cl
·;:::

a.
0
u

- 108 -
DOSS I E R 3 M A Î T R I S E R L ' E X É C U T I O N D E LA S U P PLY C H A I N

Règles d e placement des ordres

Les règles de placement sont les méthodes


de placement d'un ordre sur le planning
d'ordonnancement.

Règle Description Avantage Limite


Au plus tôt La première opération de l'ordre est pla­ Privilégie l'occupation des res­ Date de fin de l'ordre
cée dès que la capacité est disponible. sources à très court terme en lais­ non fiabilisée.
Les autres opérations sont placées à la sant disponible la capacité future
suite dans le futur. pour d'autres ordres.

Au plus tard La dernière opération de l'ordre est « Réserve » la capacité à court Garantie le respect de
placée le plus près possible de la date terme pour les ordres de dernières la date de mise à dis­
de fin dès que la capacité est disponible. minutes ou les aléas de production. position de l'ordre.
Les autres opérations sont placées en Minimise les encours de production. Pas toujours faisable.
remontant dans le temps.

Par exemple, un même ordre de 2 semaines En pratique, on cherchera u n mix des deux
(composé de 4 opérations élémenta ires) méthodes en commençant par placer les
planifié dans le MRP avec une fin en ordres au plus tard puis au plus tôt quand
semaine 2 aura : ce n'est plus possible.
- une date de début en J1 et une date de fin Une fois les ordres placés, les dates plani­
en J9 par un placement au plus tôt ; fiées pour les opérations devront prendre
- une date de début en J6 et une date de fin en compte la capacité disponible. Un calcul
en J14 par un placement au plus tard. charge-capacité détaillé, appelé Capacity
(voir l'exemple d'ordonnancement en début Requirements Planning (CRP) est alors réa­
d'outil). lisé dans les outils d'ordonnancement
Le placement au plus tard est la méthode Le responsable Ordonnancement adaptera
.-::: la plus performante en termes d'utilisation alors la charge à la capacité réellement dis­

"tl des ressources et de respect des délais de ponible (ouverture & performance machine,
c:::::i
mise à disposition. Par contre, à la diffé­ compétences disponibles, composants dis­
"Rl
.:il rence du placement au plus tôt, il n'est pas ponibles ... ) par u n décalage des dates des
·� toujours possible : on peut se retrouver opérations, par un chevauchement de cer­
.B
:::i"' dans le cas d'un placement des opérations tains ordres ou acore par un découpage
"O c::0
0 antérieures dans le passé si le créneau de d'opérations.
c c::
:J c::0 temps n'est pas disponible. ......
0 ·.cu c
'<j" :::i
"tl a;
0
......
8 E
N c..
� a;
u
@ �
:::i c
....... �
CU
..c
1 c
O'l c
·;:::: "tl0
>- c:: 0
0. :::i -0
0 Cl !.._

u @ 0

- 1 09 -
_Q U __T I L
Gest ion loca le des files d 'attente

PRIORISER LES ORDRES EN FO NCTION


DES I N FORMAT I O N S LOCALES

Application de la règle du ratio critique

Lot en Somme des temps


Délai restant Ratio critique
Ilot attente opératoires

A -10 30 -0,33

B 20 25 0,8

c -15 6 -2,5

D 40 10 4

.. Le lot C est prioritaire sur l'ilot considéré

Exemple de gestion de lot en attente

"O
0
c
:J
0
En résumé
......
'<j"
0
N La gestion locale des files d'attente est une méthode de priorisation
@ en temps réel des ordres de travail en attente devant un poste de
.......
..c trava il. Cette méthode est une méthode réalisée sur le terrain par les
O'l
·;:::: opérateurs et permet ainsi de prendre les décisions de priorisation en
>-
0. fonction des conditions réelle de disponibilité des équipements, des
0
u compétences et des composants.

- 11 0 -
DOSS I E R 3 M A Î T R I S E R L ' E X É C U T I O N D E LA S U P PLY C H A I N

Pourq u o i l'uti l iser ? > la règle FIFO est la plus simple mais elle
ne prend pas en compte l'avancement de
Objectifs la production (statique).
Définir des priorités sur les lots en attente
devant un poste de travail de manière à
respecter la date de livraison du produit.

Contexte
Priorisation des ordres de trava il prise
localement au niveau d'une machine ou
d'un poste de travail devenu disponible.

Com ment l ' u t i l iser ?

Étapes
Définir les règles de priorités :
> FI FO : on sélectionne les ordres dans
l'ordre de leur arrivée au poste de travail.
> Temps opératoire le plus court : on
donne la priorité à l'ordre qui a le temps
opératoire le plus court sur le poste de tra­
vail considéré.
> Date de fin : ordre correspondant à la
date de mise à disposition la plus proche.
> Ratio critique : la priorité est donnée en
fonction du ratio entre le temps restant
pour achever le produit et le temps opé­
ratoire restant.

..::: Méthodologie et conseils



� Le choix d'une des règles de priorité ci- • Méthode simple et visuelle.
i contre dépend des objectifs recherchés, • Cette méthode est très robuste aux aléas et
.:il de la structure de la demande et de la aux écarts.
·�2 production et des informations à disposi-
"O � tion :
c::
0 -
c § > la règle de priorité sur le ratio critique
:J c:: V)
0 ._g est la plus intéressante s i on vise le respect Cette méthode est une méthode de priorisation (J)
"<j­
u

-0
.-l ..g du délai final. Elle permet de prendre en qui ne prend pas en compte les contraintes de (J)
0
N � compte les aléas de fabrication pour redé­ capacité (l'équilibre devant être traité en amont ru
� u
@ � finir les priorités et permet de rattraper les par les processus de planification). 0
0


....... � retards de production ;
..c Cette méthode ne considère qu'un poste de tra­ c
O'l 0
·;:::: ..:,0 > la règle d u temps opératoire le plus court vail isolé et ne tient pas compte de l'état des
>-
0. § maximise le nombre d'ordres terminés mais autres postes de travail de l'atelier.
0 Cl
u @ pénalise les ordres les plus longs ;

- 111 -
Gest ion en flux t i ré ( Ka n ban)

LANCER LA PRODUCTION EN FONCTION


DE LA CONSOMMATION DE L'AVAL

1 Retour du Kanban au poste amount


lorsque le lot est traité par le poste
aval

Poste de Transfert Poste de


travail travail
AMONT AVAL

1 Signal (Kanban)

Lot de pièces (conteneur)

En résumé
La gestion en flux tiré est une méthode de la ncement des ordres de
production sur une poste de travail en fonction de la consommation
réalisée par le poste de travail en aval : le travail sur u n poste n'est
lancé que sur demande de recomplètement du stock en attente sur le
poste de travail aval.
......
..c L'information sur la consommation du poste aval est transmise par
Cl
·;::: un signal. appelé « Kanban » qui peut être une information ou u n

a. document physique (Kanban = support d'information ou étiquette e n
0
u japonais). C e signal sert alors d'ordre d e fabrication.

- 112 -
DOSS I E R 3 M A Î T R I S E R L ' E X É C U T I O N D E LA S U P PLY C H A I N

Pourq u o i l'uti l iser ? 5. Créer le tableau d'ordonnancement de la


production du poste amont
Objectifs 6. Former les opérateurs au mode de fonc­
Définir les ordres de production à lancer tionnement en flux tiré.
sur un poste de travail de manière à :
> ne pas mettre en rupture le poste aval ; Méthodologie et conseils
> minimiser la surproduction et donc le Dans un premier temps, il faut dimension­
niveau d'en-cours entre les machines (si ner de manière large le nombre de Kanban
le poste aval cesse de consommer les piè­ pour le réduire progressivement.
ces d'une référence, le poste amont ne les La mise en place d'un kanban se traduit
reproduira pas). souvent dans un premier temps par une
diminution des ruptures et par une aug­
Contexte mentation des stocks ! Il est nécessaire de
La méthode KANBAN a été mise au point continuer à optimiser le nombre de Kanban
chez Toyota au Japon à partir de 1958 par en circulation pour réduire le stock.
O. Ohno. C'est une méthode de pilotage Si les conteneurs de pièces ne peuvent
des flux en atelier qui intervient une fois être stockés près des postes de travail et
le plan de production (MPS/PDP) réalisé. sont stockés dans une zone intermédiaire
Elle s'apparente à un système de recomplè­ (manque de place ou plusieurs postes aval
tement des stocks d'en-cours gérés phy­ consommateurs), un système de gestion à
siquement sur le terrain et basé sur la deux boucles sera nécessaire :
consommation réelle des pièces. > une boucle de transfert des pièces de la
zone de stockage au poste aval (gestion de
kanban de transfert) ;
Com ment l ' u t i l iser ? > une boucle de réapprovisionnement de
la zone de stockage par le poste amont
Étapes (gestion de kanban de production).
Choisir les produits à gérer en flux tiré :
produits stables avec peu de références.
1. Définir la boucle (ou les boucles) néces-
..::: saires entre postes avals et postes amonts.

"tl 2. Calculer le niveau de stock mini/maxi de
c::
:::i
pièces.
'Ri
,:il 3. Calculer le nombre de kanban néces-
·�
.B saires en fonction du besoin du poste aval,
:::i"'
"O c::
de la quantité économique de lancement et
0 0
c c:: du niveau d'en-cours.
:J c::
0 0
·.c 4. Créer les Kanban :
u
'<j" -5 > sous forme de support physique avec les
0
......
8
N c..

informations sur la désignation de la pièce,
� c
<L>
@ :::i
des lieux d'origine/destination, quantité
.......
..c � transférée (taille du conteneur) et la date c
O'l
..:,0 de fabrication ; 0
·;::::
>-

u
0.
0 8
@
> sous une forme visuelle (zone) ou signal
sonore ou lumineux.

- 113 - SUITE O U T I L
_ Q U __T I L
Gest ion en flux t i ré ( Ka n ba n)

• Méthode simple permettant de gérer • Dans la pratique, les conditions


l'ordonnancement sur le terrain par d'application d'un système de gestion
les opérateurs. en flux tiré sont assez restrictives et
• Favorise la responsabilisation des il faut bien veiller à les vérifier avant
opérateurs et donc l'amélioration la mise en place : références pro­
continue du système. duit standards avec une demande
• Optimisation du niveau de stock peu variable ; surcapacité du poste
d'en-cours entre les machines (par amont suffisante pour absorber les
rapport à une méthode de lance­ variations de consommation et de
ment classique). d'efficacité du poste amont (on cher­
chera pour cette raison des postes
de travail relativement fiables et des
consommations stables pour éviter
les surcapacités trop importantes) ;
fréquences de réapprovisionnent des
produits courtes (plusieurs par jour)
nécessitant une production réactive
(changement de série court).

"O
0
c
:J
0
'<j"
0
......

N
@
.......
..c
O'l
·;::::
>-
0.
0
u

- 1 14 -
DOSS I E R 3 M A Î T R I S E R L ' E X É C U T I O N D E LA S U P PLY C H A I N

APPROFONDISSEMENT Tab leau d'ordonnancement de


la production d u poste amont

Le tableau d'ordonnancement permet de ou telle référence, ici la référence B est la


piloter le lancement de la production sur plus urgente
le poste amont. Il est alimenté (par le bas) Une boucle Kanban est caractérisée par
par les cartes Kanban correspondant à des trois paramètres : le seuil d'alerte, le seuil
consommations du poste aval. de reproduction et le nombre de Kanban
en circulation.
Ref. A Ref. B Ref. C Ref. D
Si on note C la consommation moyenne
journalière du poste aval et L la taille du
[ J conteneur correspondant au Kanban.

[ J Seuil d'alerte SA
• ...
SA = C x Ln/L
1 [ J 1 [ J
où LT1 est le temps de mise à disposition

d'un containeur.
[ J 1 0 0
Seuil de reproduction SP
[ J [ J [ _J]
SP = C x LT/L
où LT est le temps de mise à disposition
d'un lot de containeurs.
Pour chacune des références, est indiqué :
- Un seuil d'alerte (flèche rouge) corres­
Nombre de Kanban N
.-:: pondant à un risque de rupture du poste
;o;
"C de travail aval. Tous les Kanban doivent N = C x LT1 (1 + X)/L
c:
.: être produits immédiatement (abandon où X est le facteur de sécurité à prendre en
� de la production en cours) ; compte en fonction de la modification des
.:!!
'"'
- Un seuil de reproduction (flèche verte) : délais ou de la demande, pertes de qualité,
B
� les Kanban correspondants doivent être pertes dues aux arrêts, problèmes de lot...
§ reproduits à la fin de la production en (en première approche, on peut prendre
c:
c:
0
cours. X = 10 % et diminuer progressivement sa
·.i::
u
:l Selon le niveau des cartes dans chaque valeur).
"C
8 colonne, on lancera la production de telle
c..
� c
......
(])
..c c
Cl 0
·;:::
>­ -1-J
a. Vl
0 (])
u l'.)

- 11 5 -
_ Q U I l._
L __ _____,; Prod uctivité des ressou rces
� logistiq ues

O PT I M I S E R LES TEMPS DE RÉCEPTION DES MARCHANDI SES


ET LES TEMPS DE PRÉPARATION DE COMMANDE \

CALCUL DU BESOIN EN PERSONNEL (hors Intérimaires, administration, services annexes), hypothèse activité maximale

Temps de trava i l effectif


1 365 mn lmlnutes/personneJ1our
1 Nb max pa le�s,i1 our 420

Temps Personnel Besoin Besoin


Type d'opérateur Flux Tota1 temps/jour Type équipement
opératoire nécessaire brut personnel équipement
D@charqement des véhicules Manutentionnaire 420pat 2,50 mn 1050,00 mn 2,88 3 3 Transpalette manuel
Contrôle réteptlon Manutentionnaire 420pal 1,62 mn 682,16 mn 1,87
Admission en stock Manutentionnaire 420pat 2,04 mn 856,80 mn 2,35 Transpalette électrique
Stocka e (entée) Palettlers (43, 7� Cariste 1B4pal 1,24 mn 228,22 mn 0,63
Chariot à fourches
Stockaqe (sortie) Pale ltlers(43,7%) Cariste 184pal 1,24 mn 228,22 mn 0,63
StockaQe- (entée) StockplllnQ(56,3� Cariste 236 pal 1,24 mn 293,42 mn 0,80
Chariot à fourches
Stockaae (sortie) Stockpilina (56,3%) C ariste 236 pal 1,24 mn 293,42 mn 0,80
Déplacement des palettes pour dlspatch Manutentionnaire 420pal 1,86 mn 781.20 mn 2,14 Transpalette électrlque
Dé olacement vers la zone de déta ll Cariste 420nat 1,59 mn 667,80 mn 1,83 Cha riot à fourches
Préparation des commandes ''dépôts'' �répara teur 22 commandes 6.26 mn 1 l7.72 mn O.lS
Transpalette électrlque
Préoaratlon des commandes "clients" Préo arateur 145 commandes 9,03 mn 1305,76 mn 358
'- Use pa lettes prépa rées en a tte nte d'expédition Manutentionnaire 420pal 1,86 mn 781,20 mn 2,14 Transpalette électrique
Cha rqement d'un vé hlcule Manutentionnaire 420pal 8,32 mn 3494,40 mn 9,57 10 10 Transpalette électrlaue

TOTAL PERSONNEL O lé Coat annuel/employé Coat total (EUR)


Manutentionnaires 21 22 867 480 214
Caristes 22 867 114337
Préparateurs de commande 22 867 68 602
Chels d'équipe 1 22 867 22 867
Personnel administratif (réception. bordereaux 1 22 867 22 867 Masse satar1a1e hors personnel Intérimaire, responsable de site, encadrement spécifique, entretien et
TOTAL 31 708 666 maintenance)

Tableau des activités, des temps associés, des fréquences et des évaluations de charge

En résumé
La maîtrise des coûts opérationnels d'exploitation constitue l'un des
enjeux clés de la performance d'une Supply Chain. Les coûts de manu­
tention représentent en moyenne 20 % des coûts logistiques d'une
entreprise dont près de 50 % concernent les frais de personnels.
Dès lors l'attention portée à la productivité des opérations logistiques
"O souvent considérées comme non créatrices de valeur ajoutée mais de
0
c coûts ajoutés et à l'amélioration du taux d'utilisation des ressources
:J
0 est essentielle.
'<j" Les approches industrielles d'analyse des opérations, de mesure des
0
......

N temps élémentaires, de modélisation des niveaux d'activités par type


@ de flux sont particulièrement adaptées. L'application de ces méthodes

..c est d'autant plus légitime que nombre d'opérations logistiques se
O'l
·;:::: déroulent dans des sites industriels et que dans de plus en plus de
>-
0.. sites logistiques prennent place des opérations de pré ou de post­
0
u manufacturing.

- 116 -

1
DOSS I E R 3 M A Î T R I S E R L ' E X É C U T I O N D E LA S U P PLY C H A I N

Pourq u o i l'uti l iser ? C o m ment l'uti l iser ?

Objectifs Étapes
> Optimiser le niveau et le coût des res­ 1 . Modéliser les flux, analyser la séquence
sources opérationnelles mobilisées sans des opérations logistiques élémentaires,
oublier les moyens immobilisés au niveau évaluer les temps unitaires et les fré­
des infrastructures et des équipements de quences d'occurrence.
stockage et de manutention. 2. Prendre en compte et évaluer les temps
> Accélérer le flux des produits pour limi­ non productifs (coefficient d'enchaîne­
ter les stocks d'encours et les mettre à dis­ ment des tâches, pause, absentéisme,
position des clients utilisateurs (matières congés payés ...) pour aboutir à une capa­
premières et composants pour les sites cité horaire journalière moyenne de travail
industriels, produits finis pour les clients . .. ). effectif par personne.
> Maintenir un niveau de productivité per­ 3. Collecter les données de volume rela­
mettant d'assurer le niveau de service tives aux flux en choisissant la bonne unité
visé. d'œuvre : palette, colis, UVC détail, ligne de
> Contribuer aux objectifs du dévelop­ commande.
pement durable en préservant les res­ 4. Consolider ces données à la journée, la
sources. semaine, le mois et calculer les moyennes
et écarts-types aux différents niveaux de
Contexte consolidation pour identifier les variations
d'activité sur une période de temps.
La pression sur les coûts, les ressources
5. Identifier le type de compétences en
énergétiques, les délais dans le cadre des
charge d'opérations données.
flux tendus conduisent à optimiser les opé­
rations de réception et d'expédition des 6. Évaluer les charges de travail par type
marchandises. La logistique, discipline de d'opérations et de compétences associées.
flux, se doit de trouver des solutions pour 7. Identifier les erreurs à l'origine de contre­
fluidifier la circulation des produits tout en flux ou de tâches répétées correctives. (/)
minimisant l'emploi des ressources. 8. Modéliser les besoins fixes et les besoins Cl>
:::l
La productivité des ressources logistiques variables. cr
� explique pour près de 50 % le niveau des 9. Identifier des leviers de flexibilité de
"tl
c:: coûts d'exploitation qui est le 1er poste la capacité (plages horaires, nombre
:::i
"Rl budgétaire d'un site logistique. Comparati- d'équipes et de postes, interim, heures (/)
"
vement aux activités industrielles, les sites supplémentaires, polyvalence des équipes, Cl>
'"' u
!,_
·�
.B logistiques génèrent une création d'emplois choix des équipements de manutention, :::l
:::i"' 0
"O c::
à l'hectare au moins 2 à 4 fois inférieurs de circulation et de stockage, organisation (/)
0 0
rationnelle des surfaces de travail : quais (/)
c c:: en nombre en fonction de la nature des Cl>
:J c:: !,_
0 0
activités. La préservation des ressources de réception et d'expédition, préparation à (/)
:::i
·.c
u

"tl
'<j" foncières doit aussi faire partie des préoc- l'expédition ... ) et scénariser ces leviers en Cl>
0
......
8 -0
N c..

cupations. fonction du plan de charge prévisionnel. 'Cl>
.......,
@ � C'est donc une approche globale de minimi- 10. Définir les cibles de productivité dans le >
:::i
....... �1 sation voire de suppression des pertes et cadre budgétaire annuel de manière volon­ .......,
..c u
O'l :::l
·;:::: -g de gains de productivité qui doit être appli- tariste et ce, de manière continue selon
>- -0
0. § quée dans une logique de Pareto écono­ l'approche Kaizen. 0
0 o !,_
u @ mique. o..

- 117 - SUITE O U T I L
_ Q U __T I L Prod uctivité des ressou rces
logistiq ues

11.Identifier selon une véritable World Class puient sur un ensemble d'approches analy­
Manufacturing et Lean Management toutes tiques et des outils méthodologiques dont
les opérations génératrices de gaspillage. certains sont présentés dans cet ouvrage :
12. Mettre en place les solutions très opé­ > le lean logistics permettant d'éviter les
rationnelles du type « 5S » et suivre les gaspillages et les pertes ;
résultats obtenus. > le Value Stream Mapping mettant en avant
l'analyse des processus et des flux ;
Méthodologie et conseils > la mesure des temps prédéterminés ;
> Appliquer une double méthode qui croise : > la gestion des flux par les contraintes ;
- une approche de terrain qui a pour but > le 6 sigma permettant de réduire la
de bien prendre en compte les spécifici­ diversité des opérations et d'assurer une
tés d'un site logistique donné au niveau stabilité dans l'exécution ;
de son organisation, de sa configuration, > la conception des zones de travail et des
du niveau de compétences du personnel zones de stockage pour améliorer la circu­
d'exploitation ; lation des marchandises et l'utilisation des
- une approche calculatoire basée sur des surfaces ;
standards de temps en fonction du type
> l'ergonomie et les conditions de travail ;
d'opérations couvertes en s'appuyant sur
> le management visuel participatif ;
des bases de données fournies par des
organisations telles que l'AFT-IFTIM ou > la Total Productivity Maintenance et les
le BTE. Techniques des Méthodes de Maintenance
> Analyser les listes de colisage et les com­
Industrielle appliquées aux équipements
mandes à expédier pour en comprendre les de manutention et de convoyage.
caractéristiques. Le schéma suivant illustre une bonne par­
> Ne pas oublier de prendre en compte les tie des outils et des méthodologies de la
opérations dites annexes qui créent de la liste précédente.
valeur ajoutée mais qui pénalisent l'écou­ > En tout premier lieu l'organisation spatiale
lement du flux (contrôle qualité, étique­ du site et des flux est basée sur une segmen­
tage, emballage ... ). tation logistique. Comme cela est rappelé,
> Bien prendre en compte les éléments 3 axes peuvent être utilisés pour concevoir
ergonomiques qui expliquent de manière une gestion optimisée des flux : le profil des
pertinente le niveau de productivité : fournisseurs, des produits ou des clients. Dans
notion d'effort physique (rythme, répétiti­ le cas présent d'un site logistique de type post­
vité, nature des charges, déplacement...), manufacturing dont la vocation est de procé­
"O ambiance sonore, visuelle et thermique. der à l'assemblage de produits finis à partir
0
c de sous-ensembles fabriqués par des fournis­
:J > Mettre en place une démarche de pro­
0 seurs de différentes natures, c'est le couple
'<j"
grès continu.
(fournisseurs, sous-ensembles) qui est utilisé
0
......

N pour construire les familles logistiques.


@ Conditions de m i se > Les fournisseurs sont différenciés en fonc­
....... tion de leur localisation : internationale,
..c
O'l en œuvre
·;:::: nationale ou locale car cela conditionne les
>-
0. Plusieurs domaines concourent à assurer volumes, les fréquences d'approvisionnement.
0
u un niveau de productivité optimale. Ils s'ap- les modes de chargement des contenants.

- 1 18 -
DOSS I E R 3 M A Î T R I S E R L ' E X É C U T I O N D E LA S U P PLY C H A I N

> Les sous-ensembles se différencient par - dédier des surfaces à la circulation pour
leur taille et leur mode de conditionne­ accélérer les flux non créateurs de valeur
ment. Cette dimension est essentielle car ajoutée et éventuellement les automa­
elle influence le type de manutention et le tiser en utilisant par exemple des AGV
coût induit au niveau de l'emploi des res­ (Automated Guided Vehicule).
sources logistiques. > La productivité des ressources est au
> Le zonage du site et le dimensionnement cœur de ce dispositif ainsi que la maximi­
des différentes zones sont définis en fonc­ sation de l'écoulement des flux. La recher­
tion de la nature des opérations à réaliser che de stocks bas conduit à une tension des
et des volumes concernés. Les principes flux depuis les sources d'approvisionnement
essentiels pour optimiser la productivité jusqu'à la dernière opération d'assemblage
sont les suivants : pour une expédition vers les clients finaux.
- distinguer et répartir les opérations de > Au-delà de l'application de l'outil fonda­
manière à maximiser la valeur ajoutée ; mental des familles logistiques, une attention
- positionner les opérations à faible valeur particulière a été portée sur la conception
ajoutée le plus en amont possible de la de solutions simples et robustes. Pour ce
ligne d'assemblage final ; faire, une analyse de la complexité et des
- minimiser les distances parcourues par risques est nécessaire. Dans le cas présent,
les personnes, les sous-ensembles et les la complexité est essentiellement liée au
éléments de conditionnement y compris type de fournisseur (éloignement, criticité
les emballages vides devant être recyclés des pièces approvisionnées, stabilité du ser­
ou réutilisés ; vice rendu, etc.) et au volume des pièces
(encombrement, conditionnement).

Fournisseurs Fournisseurs Fournisseurs


locaux nationaux overseas


.-::
..._.
(./')
;o;
"C QI
c::i 0
"'
"' Vl

"'
'"'
QJ
.:!.! u
:::::l
1-
B:i
"' 0
"'O c:0 (./')
0 (./')
c c: (])
::J c:0 1-
0 ·.i:u:: Vl
'<j" "C
:i QJ
.-i "O
0 8
N c.. 'CJ


..._.
@ >
...... =- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - :
:i
..c: � ..._.
u
Cl 1 Ligne d'assemblage �
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - --
·;:: "C0 �- - :::::l
>- c::i "O
a. 0
0 0
o...
I-
u (Q)

- 119 - SUITE O UT I L
P rod uctivité des ressou rces
l og i st iq ues

> Une étape ultérieure consiste à chal­ Le choix de solutions alternatives de manu­
lenger les éléments de complexité (choix tention conduit à des allées de circulation de
du sourcing, conception même du produit largeur variable qui permet d'évaluer l'im­
impactant le nombre et la forme des sous­ pact sur la productivité des surfaces selon
ensembles) pour agir sur la nature et le le ratio clé suivant : nombre palettes/m 2• Un
niveau des ressources mobilisées. premier arbitrage en termes de faisabilité
La productivité des ressources logistiques technique et économique prend place entre
dépend de l'interdépendance des briques l'investissement consenti en surfaces versus
opérationnelles qui constituent les solu­ celui en engins de stockage et de manuten­
tions intégrées. Dans le cas d'un site logis­ tion, car plus il est possible de gerber en hau­
tique soumis à des variations d'activité à teur élevée, plus on réduit les surfaces mais
tous les horizons de temps (quotidien, heb­ plus on fait appel à des engins de manuten-
domadaire, mensuel, annuel et plurian­
nuel), la conception, la qualification (choix
techniques) et le dimensionnement :
> des surfaces de réception, de stockage • Une approche systématique des
(accumulation versus mono-alvéolaire, modes opératoires, de leur fré­
dynamique versus statique), de circula­ quence, des volumes d'activité
tion, de préparation des commandes et concernés permet d'anticiper les
des expéditions ; besoins en qualité et en quantité
> des ressources humaines et des emplois des ressources humaines néces­
concernés ; saires pour maintenir le niveau
de service visé.
> et des engins de manutention (mât
• La modélisation de l'activité et des
rétractable, tri-directionnel, transstockeur) ;
besoins en ressources permet de
doivent être menés de manière itérative
préparer le budget d'exploitation.
pour aboutir à une solution opérationnelle
optimale. Cette solution doit en effet opti­
miser la répartition des coûts fixes et des
coûts variables et le niveau des investis­
sements. • Même si les entreprises cherchent
à standardiser leurs entités logis­
L'exemple suivant montre un plan de
tiques, les processus opération­
rackage initial classique mono-alvéolaire
nels, les systèmes d'information,
selon le schéma suivant :
les indicateurs de mesure de per­
formance, chaque site garde des
spécificités qui nécessitent une
1 longueur approche terrain.
• Il faut valider les temps élémen­
taires des référentiels par des
échantillons sur le terrain car la
......
..c nature et le profil des activités sont
Cl les lignes de stockage
·;::: une variable explicative essentielle
>­ (ou travées)
a. de la charge de travail.
0
u

- 12 0 -
DOSS I E R 3 M A Î T R I S E R L ' E X É C U T I O N D E LA S U P PLY C H A I N

tion coûteux e n investissement initial et en


maintenance productive :
Petit côté en façade d'allée Largeur d'allée
Nomb re
palettes/m2 1,4 1,6 1,8 2 2,8 3,5 4,5
1 0,50 0,48 0,45 0,43 0,37 0,33 0,28

H
3 1,50 1,43 1,36 1,30 1,11 0,98 0,85
pas de solution standardisée 4 2,00 1,90 1,82 1,74 1,48 1,31 1,13
a 5 2,50 2,38 2,27 2,17 1,85 1,64 1,41

t
u 6 3,00 2,86 2,73 2,61 2,22 1,97 1,69

e
7 3,50 3,33 3,18 3,04 2,59 2,30 1,97
9 4,50 4,29 4,09 3,91 3,33 2,95 2,54
u 11 5,50 5,24 5,00 4,78 4,07 3,61 3,10
13 6,50 6,19 5,91 5,65 4,81 4,26 3,66
15 7,50 7,14 6,82 6,52 5,56 4,92 4,23
18 9,00 8,57 8,18 7,83 6,67 5,90 5,07

Une fois les premières ébauches de sources humaines est faite selon le dispo­
zonage établies une évaluation des res- sitif suivant :

Nomb re
Nbre d'unités
Temps
d'œuvre/jour Nombre
unitaire Temps
Type Type de d'opérateurs d'opérateurs
Opération (en cmn total
d'opérateur matériel (Palette/jour (si pas de (Si
par unité (en mnJ
Commande/ transtockeur) transtockeurl
d'œuvre)
iour)

Déchargement
1 manutentionnaire 1 transpalette à main 282,00 250,00 705,00 1,93 1,93
d'un véhicule

Contrôle réception 1 manutentionnaire / 282,00 81,11 228,73 0,63 0.63

Approche zone de stockage 1 manutentionnaire 1 transpalette électrique 282,00 204,00 575,28 1,58 1,58

dépend de la
Mise en stock 1 cariste 282,00 124,20 350,24 0,96 0,00
solution envisagée

dépend de la
Sortie de stock 1 cariste 282,00 124,20 350,24 0,96 0,00
solution envisaaée
Mise directe palette en
1 manutentionnaire 1 transpalette électrique 214,00 186,00 398,04 1,09 1,09
attente expédition

Approvisionnement zone
1 cariste 1 chariot élévateur 68,00 159,00 108,12 0,30 0,30
détail

Préparation commandes
dépots 1 préparateur 1 transpalette électrique 22,00 626,00 137,72 0,38 0,38

(/)
Préparation commandes
1 préparateur 1 transpalette électrique 82,00 903,00 740,46 2,03 2,03 Q)
clients
:::l
Mise palettes préparées
1 manutentionnaire 1 transpalette électrique 104,00 186,00 193,44 0,53 0,53
cr
.-:::
en attente expédition

Chargement d'un
� 1 manutentionnaire 1 transpalette électrique 282,00 832,00 2346,24 6,43 6.43
"tl véhicule
c::
:::i Total 17 15

"'
tî (/)
"'
'"' Les impacts des choix de stockage et de
dont Manutentionnaire 12,2 12,2
Q)
u
1-
·�.B manutention sont évalués sur les diffé-
Cariste 2,2 0,3

:::l
:::i"' rentes catégories d'emplois logistiques et
Préparateur 2,4 2.4
0
"O0 c::0 (/)
c:: les contraintes de variation d'activité sont
avec Employés 10 9 (/)
c Q)
:J c::0 Intérimaires 7 6 !-
0 ·.c prises en compte en considérant le recours (/)
u
'<j' Q)
......
ainsi que Transpalette 2 2
:::i
"tl0 à la main d'œuvre intérimaire.
...
0
à main
-0
N c.. L'étape suivante est la valorisation financière Chariot élévateur
1 1
'<l>
� .......,
� des investissements et des coûts opération-
:::i
@ Transpalette
>
nels qui permettra d 'arbitrer sur le choix de
11 11

.......
électrique

..c � .......,
O'l 1 u
·;:::: "tl0 la solution retenue en ayant pris en compte :::l
>- c:: -0
o. :::i la question de la productivité des ressources 0
0 Cl L
u @ logistiques dans une logique globale. o._

- 121 -
Sécu rité

DÉFI N I R ET APPLIQUER LES STA N DARDS D E SÉCU RITÉ


DES PERSONNES DANS LES OPÉRAT I O N S
DE MANUTENTION ET DE STOCKAGE
\

Le chargement ou le déchargement ne seront effectués que si les consignes ci-dessous sont respectées :

Consignes de sécurité Cocher si OK


Prendre ses dispositions avant d'être positionné à quai
Port de chaussures de sécurité
Port du casque
Port de vêtement réfléchissant
Port de gants
Port du harnais et stop chute pour le bâchage ou le débâchage (à votre disposition)
Les accompagnants doivent rester dans la cabine
Equerres et sangles réglementaires en quantité suffisante
Camion reculé au maximum dans le fond du quai et véhicule immobilisé par calage
Ranger les planches dans la fosse sur les cotés droit et gauche du camion (sans
dépasser sur le chemin piéton)
Durant les opérations de chargement ou déchargement ne pas intervenir, rester à l'écart
de la zone de manœuvre du chariot, hors de portée de la charge utilisation des zones
refuges obligatoire
Utiliser les escabeaux ou les échelles pour monter dans les remorques (à votre
disposition)
Respect des règles de sécurité de l'établissement (voir consignes générales de sécurité au verso)

Le chargement ou le déchargement ne seront effectués que si les consignes ci-dessous sont respectées :
J'atteste avoir pris connaissance des consignes qui p récèdent
Transporteur :
Chauffeur : ...........................................
. . . . . . . . . . ................................ .

N° immatriculation : ........................... ................


Date: ...... ../. ./ ...........
Signature :
....... .

. . . . . . . . . . . . . •............................

Votre prise en charge ne débutera que lorsque vous aurez remis ce document signé au cariste qui vous sera affect.

Illustration de consignes de sécurité destinées aux chauffeurs chargeant des produits


dans un site logistique
"O
0
c
:J
0
'<j" En résumé
0
......

N La sécurité des personnes est un enjeu non négociable qui constitue


@ un prérequis à des niveaux supérieurs de la performance Supply Chain
....... tels que la productivité et la qualité .
..c
O'l
·;:::: Les accidents résultent très majoritairement de problèmes de compor·
>-
0. tements. L'éducation est donc au cœur de la démarche de progrès pour
0
u les questions de sécurité.

- 122 -
DOSS I E R 3 M A Î T R I S E R L ' E X É C U T I O N D E LA S U P PLY C H A I N

Pourq u o i l'uti l iser ? plus multiutilisateurs pour réaliser des éco­


nomies d'échelle nécessaires et optimiser
Objectifs les moyens, et multimodaux pour optimiser
> Obtenir le 0 % accident sur l'ensemble les transports sur les plans économique et
des opérations logistiques. du développement durable.
> Éduquer les acteurs internes et externes L'accroissement de l'interdépendance des
d'une entreprise donnée sur les questions acteurs des Supply Chain intégrées conduit
de sécurité pour agir sur leur comporte­ également à plus de vulnérabilité.
ment de tous les instants et dans toutes Les zones de risque au niveau des sites
les circonstances. logistiques sont principalement les sui­
> Faire connaître et respecter les régle­ vants en mettant en évidence les points
mentations en vigueur et en adoptant d'attention devant donner lieu à des solu­
une approche volontariste proactive pour tions de prévention :
les entreprises qui mettent la sécurité au > Les zones des quais de déchargement
cœur de leurs objectifs clés. et de déchargement (mise à quai et gui­
> Mettre en œuvre les solutions techniques dage des véhicules, conception des portes
pour prévenir les risques. et des quais, système de calage des véhi­
cules à quai, départ des véhicules, ram­
Contexte pes d'accès, circulation des piétons, état
du sol) ;
La mise sous pression des chaînes logis­
tiques en termes de productivité et de > Les zones de circulation des marchan­
raccourcissement des délais accroît les dises (largeur des allées, surfaces des
risques. La notion de routine liée à la répé­ zones de travail et de manutention, état du
tition de tâches logistiques est un facteur sol, respect des normes constructeurs des
aggravant vis-à-vis de la vigilance. Seule engins de manutention, respect des sens
l'observation de procédures strictes mises et des vitesses de circulation) ;
sous contrôle d'audit régulier permet de > Les zones de stockage (conformité des
faire progresser le niveau de sécurité. engins de levage avec la hauteur de stoc­
Les manutentions manuelles et les chutes kage, état du sol : résistance au poinçon­
de plain-pied représentent plus de 50 % nement, stabilité des gerbages de masse,
� des accidents mortels ou avec arrêt au sein conformité des plans de palettisation, pro­
"tl
des sites industriels et logistiques selon les cessus d'inventaire physique) ;
:::i
c::
> Les locaux techniques (zones dédiées
"Rl statistiques de la médecine du travail.
"'
'"' Les opérations logistiques sont caractéri­ avec règles de sécurité spécifiques) ;
·�
.B sées par un accroissement des fréquences, > La préparation de commande (éclairage
:::i"'
"O c:: une accélération de la rotation des stocks, pour éviter fatigue et erreurs, ergonomie
0 0
c c:: une fragmentation des commandes, une du prélèvement, circulation des flux de
:J c::
0
0 ·.c
u
augmentation du nombre de lignes de corn- marchandises et des personnes, proces­
'<j" :::i
"tl mandes par commande, un raccourcisse­ sus de préparation pour limiter les consé­
0
......
8
N c..

ment des délais entre la prise de commande quences négatives liées à la répétition des
@ � et la livraison et enfin la recherche de temps tâches) ;
:::i
....... �1 de manutention plus courts conduisant à > Les activités de conditionnement ou
..c
O'l
·;:::: -g des unités manutentionnées de plus en de dégroupage (bruit, poussière, odeurs,
>-
0. § plus lourdes. Les sites logistiques quant à ergonomie et définition de la tâche, des
0 Cl
u @ eux s'accroissent en taille, sont de plus en objectifs de productivité et des volumes

- 123 - SUITE O U T I L
_ Q U __T I L
Sécu rité

d'activité journaliers pour éviter les ris­ 3. Qualifier ces risques de manière très
ques musculo-squelettiques. allergiques. concrète c'est-à-dire expliquer ce qui risque
mécaniques) ; de se passer en cas de non-respect des pro­
> Les zones extérieures au bâtiment cédures de sécurité et estimer les consé­
(zones et sens de circulation des véhicules quences dangereuses en tant que gravité
de transport sur le site, aire de manœu­ des dommages potentiels et la probabilité
vre dédiées. opérations de stationnement. d'apparition (chute, écrasement, bascule­
parkings des véhicules légers. plans de ment, choc horizontal/vertical, effondre­
circulation). ment, électrisation/électrocution ... )
.

4. Catégoriser ces risques en créant


des familles de risques conduisant à des
C o m ment l 'u t i l iser ? problèmes de sécurité selon différents
axes tels que :
Étapes
- endogène versus exogène ;
1. Identifier les activités génératrices de - identifiable/discret versus continu ;
risques sécuritaires à travers la liste des
- corrélé versus isolé.
unités de travail :
5. Évaluer la criticité de ces risques et pro­
- stockage des produits dans les sites
poser des solutions de prévention et de
logistiques ;
réduction à l'exposition de ceux-ci (choix
- opérations de chargement et de déchar­
techniques, qualité des sols, protection
gement des véhicules ;
des zones dangereuses, éclairage, contrôle
- circulation des marchandises dans les sites
technique des matériels, calage ... ).
logistiques et préparation de commandes ;
6. H iérarchiser ces risques pour prioriser
- préparation des commandes ;
les plans d'action.
- transport de marchandises.
2. Identifier les déterminants de ces risques 7. Formaliser des règles de sécurité et les
et les zones dangereuses : consignes associées en précisant ce qui est
- éclairage ; laissé à l'appréciation de l'opérateur et qui
- signalisation et visualisation des consignes ; est strictement interdit. Mettre en place les
protocoles de sécurité formalisant le jeu
- qualification des opérateurs en fonction
des consignes au niveau des opérations,
de la tâche à réaliser ;
- équipement des personnes en fonction des comportements, des équipements de
des opérations à réaliser ; protection...
8. Construire les supports de communi­
- croisement de flux marchandises et de
"O circulation piétons ; cation et de visualisation, la formalisation
0 visuelle des consignes jouant un grand rôle
c - qualité de la dalle du site logistique ;
:J
0 - conditions ergonomiques des opérations ; dans la bonne observation de celles-ci.
'<j" - nature des produits ; 9. Planifier les opérations de communica­
0
......

N - nature des opérations logistiques ; tion et de formation.


@ - nature des solutions mécaniques, robo- 10. Définir le plan d'action selon le niveau de
....... maturité visé : réactif, préventif et proactif.
..c tiques ou mécatroniques en place de
O'l
·;:::: manutention et de stockage ; 11. Planifier les objectifs cibles en matière
>-
0. - modalités d'inspection, de vérification et de sécurité, mesurer les résultats et les
0
u d'entretien des engins. communiquer.

- 1 24 -
DOSS I E R 3 M A Î T R I S E R L ' E X É C U T I O N D E LA S U P PLY C H A I N

12. Mettre e n place des reportings d'occur­ > Les méthodes de quantification et de prio­
rence de problèmes de sécurité. risation sont nécessaires. L'analyse AMDEC
13. Définir et déployer des pilotes. est une méthode également très utile.
14. Mettre en place des processus d'auto­ > Prendre en compte la dimension sécu­
évaluation. ritaire lors des phases de conception des
15. Mettre en place les audits aléatoires solutions logistiques (infrastructures logis­
pour vérifier la bonne implémentation des tiques, processus opérationnels).
règles et des processus et tester la mise > Intégrer dans les fiches de poste les ris­
en situation. ques associés à un poste donné et pren­
dre en compte un système de points et de
Méthodologie et conseils bonus relatif à l'obtention des résultats.
> La gestion de la sécurité doit se référer > Mettre en place des réunions mensuelles
aux référentiels de normes et de standards d'analyse du réalisé et des plans de progrès.
internationaux globaux tels que ISO 31 000
et spécifiques à l a Santé et à la Sécurité au
travail OHSAS 1 8 001.
• La sensibilité à la sécurité passe par une éva­
> Il est très utile d'être en contact avec
luation des risques. Celle-ci doit être suivie
les interlocuteurs suivants : son assureur,
d'actions, intégrée dans une démarche collec­
les pompiers, les CRAM (Caisse régionale
tive notamment via les CHSCT et continue.
d'assurance-maladie), l'INRS (Institut natio­
• C'est pourquoi, la sécurité peut être efficace­
nal de recherche et de sécurité), les CGSS
ment formalisée comme l'un des piliers du World
(Caisse générale de sécurité sociale), etc.
Class Manufacturing, démarche fondamenta­
> L'observation des réglementations par
lement d'amélioration continue et constituer
branche industrielle doit être strictement une étape préalable essentielle de l'excellence
appliquée (par exemple : formations obli­ industrielle et logistique et ce, avant la fiabilité,
gatoires des conducteurs routiers de per­ la productivité et la qualité.
sonnes et des marchandises ; CACES :
certificat d'aptitude à la conduite en sécu-
..::: rité ; documents à bord des véhicules).

� > La sécurité c'est l'affaire de tous pour • L'analyse des flux circulatoires est un axe essen­
:::i assurer la sécurité de chacun. C'est pourquoi tiel d'analyse et de prévention des risques.
'Rl"' la formation et la communication sont des • S'assurer de la pertinence de la signalétique
'"'
·�.B leviers essentiels et ce, à tous les niveaux de qui doit valoriser les consignes de sécurité. Les
éléments clés sont : la simplicité, la visibilité,
"O � la hiérarchie sans exception car la dimension
l'homogénéité, l'uniformité et la continuité.
0
c g managériale de la sécurité est claire.
Pour assurer une prise de conscience opération­
:J > El le doit être diffusée à toutes les occasions

0 ._g nelle et des résultats probants, l'implication de
"<j­ � pour lui assurer une dimension incontour-
.-l 1'.l
la Direction Générale est nécessaire. La sécu­
0
N � nable, non négociable et omniprésente.
rité doit être présentée comme une valeur clé de

� > La combinaison des concepts et des
@ l'entreprise autour du respect des personnes.
.......
..c
� mises en pratique est la bonne approche .
Vérifier que toutes les personnes non employées
..:,

O'l Par exemple la recherche systématique
·;::::
>- 0 par l'entreprise mais étant amenées à être sur
0. § des causes des erreurs humaines est une
0 site ont reçu les consignes ad hoc.
u � approche efficace et nécessaire.

- 1 25 -
_Q U __T I L
Coûts de t ra n sport cible

MODÉLISER LES COÛTS ET ÉVALUER LES OFFRES


( D E PRIX DES TRANSPORT E U RS

Prix euros/100 kilos


Dest. 100/ 200/ 300/ 400/ 500/ 1000/ 2000/
200kq 300kq 400kq SOOkq 1000kq 2000kq 3000kq
24,62 24,62 22,65 22,65 19,70 19,70 19,70
2 19,00 19,00 17,48 17,48 15,20 15,20 15,20
3 21,81 21,81 20,06 20,06 17,45 17,45 17,45
4 80,61 80,61 74,16 74,16 64,49 64,49 64,49
61,25 61,25 56,35 56,35 49,00 49,00 49,00


5
6 45,67 45,67 42,02 42,02 36,54 36,54 36,54
7 38,90 38,90 35,79 35,79 31,12 31,12 31,12
8 19,00 19,00 17,48 17,48 15,20 15,20 15,20

Grille tarifaire de transport

En résumé
Les coûts de transport représentent un enjeu considérable. Un coût
de transport résulte de très nombreux facteurs endogènes maîtrisés
par le chargeur ou l'opérateur et exogènes dépendant de l'environ­
nement. Comprendre la nature et le jeu de ces facteurs est essentiel
car l'élaboration d'un prix juste procède d'une démarche analytique
sophistiquée.
Le transport, sauf cas exceptionnel de chargeurs de très grande taille
qui développent et gèrent leur propre flotte de véhicules, est sous­
traité. Dès lors il y a un risque pour le chargeur de perdre une connais­
sance et un savoir faire en matière de transport aussi bien sur les
dimensions marchés, économiques que techniques.
Il s'agit de développer une double compétence à la fois dans le domaine
des achats transports et dans la coordination des opérations de trans­
"O port aux niveaux de la planification et de l'exécution en mettant en
0
c place une tour de contrôle.
:J
0 Pour optimiser les coûts et aboutir à un prix de transport performant. il
......
'<j"
0
faut dépasser le cadre de la relation transactionnelle chargeur - trans­
N porteur. Un prix juste est le résultat d'un processus collaboratif et ité­
@ ratif entre ces deux acteurs. La mise en place d'un tel processus doit
....... s'accompagner d'une répartition claire des responsabilités mais aussi
..c
O'l des activités.
·;::::
>- La maîtrise des coûts passe par la professionnalisation de ces acteurs
0.
0
u et les innovations proposées.

- 1 26 -
DOSS I E R 3 M A Î T R I S E R L ' E X É C U T I O N D E LA S U P PLY C H A I N

Pourq u o i l'uti l iser ? dans l'ensemble du transport et concerne


essentiellement les entreprises maîtrisant
Objectifs parfaitement le métier de transporteur
> Comprendre comment un coût de trans­ en entretenant des flottes importantes et
port est structuré de manière analytique tirant de cet investissement un avantage
et intégrer les modèles de coût. concurrentiel.
> Identifier les inducteurs d'un coût de Le transport est un secteur d'activité extrê­
transport. mement fragmenté avec des acteurs de
> Comprendre comment un transporteur taille très variable. L'adéquation des solu­
élabore son prix de transport à partir d'un tions à un besoin donné est un élément
coût de revient. significatif de dimensionnement des coûts.
> Être capable de comparer les offres des
transporteurs dans le cadre d'appels d'offres. C o m ment l'uti l iser ?
> Comprendre qu'un prix n'est pas que le
résultat d'une négociation transactionnelle Étapes
mais d'un travail d'analyse en profondeur et 1. Mener une veille du marché en s'ap­
d'investigation conduisant à des solutions puyant sur les conférences, les rapports
innovantes génératrices d'économies. annuels, les publications des différentes
> Bénéficier de la spécialisation des trans­ organisations professionnelles nationales
porteurs pour trouver la solution optimale et internationales pour qualifier et évaluer
au besoin. l'offre de transport au niveau local, régio­
nal, national et international.
Contexte 2. Analyser les flux de transport pour
Les coûts de transport représentent la part mettre en évidence :
la plus importante des coûts logistiques. De > les caractéristiques des produits (poids,
plus l'impact environnemental est majeur et volume, contraintes de manutention, dan­
les réglementations en la matière très évolu­ gerosité ... ) ;
tives et potentiellement très contraignantes. > les volumes dans la bonne unité payante
Il ne faut pas appréhender le transport uni­ (poids, volume, mètre linéaire de plancher)
quement dans sa dimension « roulage » par mode de transport et par point de
� mais prendre en compte les opérations départ et point d'arrivée ;
c:: de préparation de chargement en amont,
"tl
> la nature des points de départ et d'arri­
:::i
"Rl de manutention lors du chargement et vée : internes, externes (fournisseurs,
:� du déchargement et à chaque arrêt (drop clients), fréquence et régularité ;
.B ou ouverture des portes) ainsi que le fac- > l'histogramme des volumes livrés par Q)
:::i"' ..0
"O c::
teur temps au niveau des attentes, dans tranche de volume (cf. illustration en page u
0 0
c c:: une double optique de productivité et de suivante). ......
:J c:: !.....
0 0
·.c respect des réglementations en vigueur. 3. Formaliser les besoins en matière de 0
'<j"
u
:::i o..
"tl Le transport est massivement sous-traité service (SLA) qui constituent l'une des V)
0
......
8 c
N c.. auprès

soit des commissionnaires de variables clés d'élaboration en s'appuyant ru
� transport qui organisent les solutions de
!.....

@ sur les familles logistiques (nature des ......

....... :::i
Q)
..c �1 transport soit directement par affrète- produits, quantités livrées, fréquences de -0
O'l V)
·;:::: "tl
0
ment auprès des opérateurs de transport. livraison, flexibilité des livraisons, accep­ ......
>- <:::l
0. § Le transport pour compte propre repré­ tation ou non des flux retours, etc.) et en
0 o 0
u @ sente une part en décroissance constante priorisant les objectifs de service. u

- 1 27 - SUITE O U T I L � -+
_ Q U __T I L
Coûts de t ra n sport cible

4. Évaluer l e caractère éventuellement rapides (faillites, fusions-acquisitions) et


« stratégique » du transport pour l'entre­ ce, à un niveau qui dépasse très fréquem­
prise en termes d'avantage concurrentiel. ment les frontières. Maintenir une veille par
5. Définir le type de modalité transport des appels d'offres réguliers est à recom­
adapté à la nature des flux et aux SLA : mander ;
transport pour compte propre, affrète­ > les chargeurs cherchent à réduire le
ment. location ... portefeuille de leurs transporteurs au
6. Formaliser à partir des éléments pré­ niveau de leur nombre. Dès lors le pro­
cédents son plan transport sous la forme cessus de sélection des quelques trans­
d'un cahier des charges en préformatant porteurs identifiés comme partenaires
le cadre de réponse des soumissionnaires doit s'appuyer sur des modèles d'évalua­
et lancer les consultations auprès des tion rigoureux.
transporteurs. Il faut porter son attention sur les trans­
7. Analyser les grilles tarifaires obtenues ports à enjeux potentiels élevés. Les prix
(cf. illustration en page suivante). des transports de charge complète (FTL,
8. Modéliser les prix et comparer les offres FCL) et sur de longues distances et lignes
pour un niveau donné de SLA (cf. illustra­ régulières sont plutôt transparents eu
tion en page suivante). Le modèle de prix de égard aux volumes et au nombre d'opé­
transport dépend de 2 paramètres : rateurs. En revanche, la messagerie et la
> la distance D (en km) ; courte distance correspondent souvent à
> la tranche de poids/volume/mètre liné­ des situations pour lesquelles les offres
aire de plancher ; sont moins nombreuses, moins bien orga­
> le coût est modélisé selon le modèle
nisées et avec des acteurs du fait de leur
l inéaire suivant : C = a x D + b. taille et de leurs moyens moins profession­
nels. Ces situations doivent faire l'objet
9. Prendre en compte la tranche de poids (cf.
d'une attention particulière.
illustration en page suivante). Soit les facteurs
a et b sont calculés tranche par tranche, soit Bien distinguer :
on les calcule pour la dernière tranche et on > les facteurs endogènes de service défi­
applique le facteur /.., comme suit : nis par le chargeur au niveau des SLA
C = /.., x (a x D + b) impliquant des solutions techniques spé­
cifiques ;
10. Analyser les modèles de coût obtenus
> les facteurs endogènes techniques d'un
par tranche et par mode en positionnant
moyen de transport donné générateurs
l'ensemble des soumissionnaires.
d'un coût donné (cf. i l lustration en page
"O 11. Identifier les recommandations en
0 suivante) et maîtrisés par le transporteur
c termes de transporteur pour une maille
:J grâce au niveau de professionnalisme de
0 géographique donnée ou pour une moda­
'<j" son organisation. Différencier coûts fixes
lité de transport donnée .
0 et coûts variables.
......

N Dans la phase d'élaboration du plan


@ Méthodologie et conseils
....... transport. il faut porter son attention de
..c Deux phénomènes sont à prendre en
O'l manière particulière sur les opportunités
·;:::: compte :
>- de prendre en compte les flux retours.
0. > les marchés des différents modes de trans­
0
u port connaissent des évolutions parfois très

- 1 28 -
DOSS I E R 3 M A Î T R I S E R L ' E X É C U T I O N D E L A S U P PLY C H A I N

Carburant . Composantes
• Prix au litre
Consommation du véhicule (impacté par l'âge, le

H
ype de véhicule et d'équipement)

Péage Nombre de kilomètres sur autoroutes



l
Coûts Pneus Nombre de pneus
variables . , .

Type de véhicule
Maintenance et reparat1o n •
N om b re

Nombre de conducteurs
Conducteur Salai ré
Législation

Législation, taxes et niveau des taux


Taxes. assurances
Type de marchandises transportées
--+--

l
Coût annuel de détention Règles comptables
Coûts fixes et de financement

Personnel

_J:
Frais généraux Communication
Systèmes d'information

Facteurs endogènes techniques et structure de coûts fixes et variables d'un camion

A p p rofo n d issement

Grille Affrètement
1 400 �------�
y = 0.960x + 150.1
R2 = 0.908

.-::
;o;
"C
c::i m
"'
a.
"' C'1

"' C'1
'"'
.:!.! <::J
+-"

B:i 0 Q)
"' u ..0
"'O c:0
0 u
c c: �
::J c:0 L
0 ·.i:u:: 0
'<j" :i o.
.-i "C V)
0 8 c
N c.. CU
� L
@ � 0 200 400 600 800 1 000 1 200 �
...... Q)
:i
..c: � Distance "O
Cl 1
·;:: "C0 V)
>- c::i �
a. Modélisation du tarif de transport pour une tranche de poids donnée <:J
0 0 0
u (Q) (ici camion complet/Fu// Truck Load) u

- 1 29 -
SUITE O UT I L � -t
Coûts de t ra nsport cible

Le coût d e transport payé par u n char­ donnée devra conduire à découper cette
geur aux transporteurs est aussi le résul­ tranche en deux pour affiner le tarif
tat d'une action sur l'ensemble des leviers appliqué à chacun des modes ;
suivants : - La distribution statistique des volumes
> La structure des tarifs et les taux prati· sur l'ensemble des tranches pour identi­
qués : comme nous l'avons vu précédem­ fier les tranches et les tarifs relatifs qui
ment. un tarif de transport dépend des doivent faire l'objet d'une attention toute
variables distance et poids. Dans un pro­ particulière. Concernant les tranches de
cessus d'audit continu des tarifs, il faut poids élevés (quart de camion, demi­
vérifier : camion et camion plein), les tarifs sont très
- Le bon découpage des tranches en transparents, le marché de l'offre et de la
étudiant la distribution statistique des demande étant très fluide. En revanche,
volumes expédiés et distribués au sein pour les tranches de petit volume, des
de chaque tranche. Par exemple, une dis­ écarts de tarification peuvent être très
tribution bimodale au sein d'une tranche importants ;

Tranches de tarif

Tarif

. •
-
11 21 31 321 331

Localisation
- 12 22 32 322 332

-
13 23 32 323 333
destination

195 295 395 3 295 3 395


Moyenne(l) Moyenne(2) Moyenne(3) Moyenne(32) Moyenne(33)

Moyenne(1) / Moyenne (2) Moyenne(3) Moyenne (32) Moyenne (33)


Moyenne(33) / Moyenne / Moyenne / Moyenne / Moyenne
(33) (33) (33) (33)

Prise en compte des tranches de poids

- La configuration des distances. Chaque les charges complètes et les longues dis­
entreprise a son propre plan de transport tances a l'avantage de simplifier le bench­
qui résulte de la double cartographie de mark et la facturation des transports.
ses points d'expédition et de ses points de > La formalisation contractuelle ; cette
livraison en fonction de la localisation géo­ approche est rendue nécessaire lorsque
graphique de ses clients. Là aussi ce sont les termes standards applicables aux dif­
les courtes distances qui doivent l'objet férents modes de transport doivent faire
d'une attention spécifique d'autant que l'objet d'une adaptation spécifique. En
......
..c l'offre peut être dans certaines régions l'absence d'éléments particuliers, il est
Cl
·;::: européennes plutôt rare ; recommandé de se l imiter à un cahier des

a. - En conséquence aux deux points précé­ charges clair et exhaustif émis par le don­
0
u dents, une tarification à l'euro par km pour neur d'ordre ;

- 1 30 -
DOSS I E R 3 M A Î T R I S E R L ' E X É C U T I O N D E LA S U P PLY C H A I N

> L'organisation d e l a fonction transport bonne application des tarifs négociés


chez le chargeur doit préciser les respon­ par les acheteurs via un processus très
sabilités relatives à : rigoureux de la facturation transport ;
- L'achat du transport ayant vocation à - L'analyse de la cartographie des flux et
mener une veille sur les marchés d'offre de l a performance des transports condui­
et formaliser les cahiers des charges ser­ sant à l a remise à plat régulière des flux
vant de base aux appels d'offres ; en matière d'empreinte logistique pou­
- La gestion o péra ti o nn e ll e des transpor­ vant éventuellement remettre en cause
teurs déclenchant les expéditions, éva­ le réseau logistique en termes de nombre
luant le niveau de service produit et la et de localisation des sites logistiques,

dans son domaine de savoir-faire


propre de sorte que chacun soit à
• La professionnalisation est un enjeu sa juste place.
important. Le transport ne bénéfi­ • Attribuer au sein du plan transport
cie pas d'une image historique de les lignes et les types de transport
grande transparence. La modélisa­ aux acteurs qui maîtrisent ces deux
tion des coûts et les approches ana­ dimensions. Un bon prix est le résul­
lytiques économiques contribuent tat d'un processus ouvert et maî­
à développer une image plus pro­ trisé d'offre et de demande.
fessionnelle du transport en ligne • Faire baisser les prix de transport est
avec les enjeux socio-économiques toujours possible mais il faut garder
de ce domaine d'activité majeure en tête le caractère essentiel du
au double niveau micro et macro­ niveau de service produit. Le trans­
économique. port aval de livraison en particulier
.-::: • La démarche analytique permet au
� est souvent le dernier maillon qui
"tl
c::
chargeur d'entrer dans la logique met le chargeur en contact avec son
:::i d'élaboration du prix indépendam­
"' client. La perception du service fourni

"'
'"'
ment des notions de marge et de par le chargeur est très exposée dans
·�.B négociation. les opérations de livraison. Bien défi­ ())
:::i"' ..0
"O0 c::0 nir les objectifs de service attendus u
c c:: par les clients, concevoir des solu­ ......
:J c:: !......
0 ·.c0
u
tions transports adaptées et choisir 0
o..
'<j'
......
:::i • Chargeurs et transporteurs doivent les transporteurs qui fourniront de V)
...
"tl0
0 jouer leurs rôles respectifs tout en c
N c.. manière régulière ce niveau de ser­ ru


!......
développant une relation plus inter­ vice attendu est incontournable pour
:::i
@ ......

....... active et collaborative. Cela requiert ())


..c �1 faire du transport non seulement un -0
O'l un équilibre entre plus de transpa­ V)..
·;:::: "tl0 domaine de maîtrise des coûts mais ....
>- c:: rence et la position de chaque acteur <:::l
o. :::i aussi de valeur générée.
0 Cl 0
u @ u

- 131 -
Coûts de t ra n s port ( FA P, Freiqht
Audit & Payment)

_ CONTRÔLER LES FACTURES DES TRANSPORTEURS


( DANS LE CADRE DE L'EXPLOITATION ET GÉRER L'INTERFACE
_

OPÉRAT I O N N ELLE ENTRE CHARGEUR ET TRANSPORT E U R

Economies
potentielles

Réduction stratégique
des coûts Consol1dat1on au niveau corporate

1-3%
Benchmark entre les Business Un1ts
Appel d'offres qroupe

,.
Réduction tactique
Gestion tactique du transport
Benchmark entre les sites, les pays
Metnodoloq1e transport
V1s1on budqeta1re

Taux de fret et
flux Double facturation
Mauvaise appl1cat1on des taux et des
2 - 4% cond1t1ons
Prise e n compte d'operat1ons non real1sees

Société prestataire
de service FAP

- +0,5%

Enjeux d'économies potentielles par la mise en place d'un FAP

En résumé
L'activité de transport est par définition compliquée par le nombre
d'opérateurs spécialisés auxquels l'entreprise fait appel, le nombre
d'opérations et de transactions et enfin par le nombre de données
générées par ces flux. Ce processus par définition très répétitif a voca­
tion d'être routinisé au maximum à condition qu'un système d'auto­
contrôle soit mis en place pour déceler les variances et déclencher
des alertes.
Certaines expéditions faisant l'objet de solutions transport particulières
doivent être bien mises en évidence pour faire l'objet d'une attention
spécifique et d'un traitement par exception et ne pas être considérée
comme aberrante par le système de contrôle.
De plus, l'évolution des tarifications et du marché d'offre de transport
......
..c rend cette activité très dynamique .
Cl
·;::: Le budget de transport représentant la part la plus importante des

a.
0
coûts logistiques, il est essentiel de mettre en place un système d'audit
u permanent et exhaustif des factures transport.

- 132 -
DOSS I E R 3 M A Î T R I S E R L ' E X É C U T I O N D E LA S U P PLY C H A I N

Pourq u o i l'uti l iser ? > les erreurs d'application des taux et des
conditions ;
Objectifs > des expéditions non justifiées.
> Maîtriser les coûts de transport et les 3. Entreprendre des actions de maîtrise et
objectifs de réduction des coûts. de réduction des coûts de transport en :
> Mettre sous contrôle la performance de > formalisant le processus de paiement
la Supply Chain. des factures transport et en mettant en
> Contrôler 100 % des factures à travers place la préfacturation ;
l'audit des taux et des expéditions. > consolidant les taux ;
> menant des appels d'offres et en collec­
Contexte
tant des données de benchmark ;
Les technologies de transmission et de > mettant en place une méthodologie
partage de l'information rendent possible transport pour rationaliser le portefeuille
une meilleure intégration des données de des transporteurs et le processus de
transport sur l'ensemble des chaînes logis­ négociation.
tiques.
4. Définir un plan d'amélioration de la
Le transport est un secteur très évolutif
démarche FAP.
du fait des fusions-acquisitions. FAP parti­
5. Étudier la possibilité de mise en sous­
cipe au choix des meilleures solutions de
traitance des activités à faible valeur ajou­
transport.
tée (opérations administratives).
6. Mettre en place des actions à forte

C o m m e nt l ' u t i l iser ? valeur ajoutée (planification et consolida­


tion des transports, sélection des trans­
Étapes porteurs, formalisation d'un package achat
1. Déployer les prérequis :
transport).
> définir le processus de capture des don­ Méthodologie et conseils
nées (EDI, Online Data Entry, reconnaissance
> Mettre en place une base de don­
optique, entrée manuelle des données) ;
nées centralisant toutes les informations
> définir les indicateurs de mesure ; relatives aux opérations de transport
.-::: > collecter les données nécessaires à l'im­ (contrats, taux, types d'expédition, codi­
� plémentation de la démarche FAP ; fication ...).
§
> formaliser un processus d'audit standard > Bien définir la répartition des tâches entre
�'"' applicable à l'ensemble des situations de le chargeur (services transport. achats,
·� transport (rapprochement des avis d'ex- logistique, finance et informatique), les
"O
] pédition et des factures, contrôle des transporteurs et éventuellement la société
0 § taux ...) ;
c c prestataire de service en charge du déploie­
:J c
> formaliser un processus d'identification
0 0
·.c ment du FAP.
u
'<j" :l
1'.l
et de traitement des exceptions ; > Communiquer auprès des transporteurs
......
0 8 > identifier les informations manquantes ;
N c.. les nouvelles règles et les nouveaux pro­

� > définir le processus de codification des cessus relatifs à la facturation, à la prise
:l
@
....... � données. en charge des marchandises et à la POO
..c
O'l
·;:::: ..:,0 2. Mettre en place un audit des taux et des (Proof of Delivery) . ......
>- <:::l
0. § expéditions pour identifier : > Développer un fichier des expéditions à
0 Cl 0
u @ > les doubles facturations ; partir de l'ERP, du TMS ou du WMS. u

- 133 - SUITE O U T I L
_ Q U __T I L Coûts de t ransport ( FA P, Freiqht
Audit & Payment)
> Le recours à une société de service exté­ résultats mesurables, il faut mettre en place
rieure pour soutenir le processus FAP peut un plan d'amélioration du FAP qui s'appuie
être utile pour : sur la mise en interface automatique des
- mettre en place les connexions EDI avec transferts de données entre le chargeur
les transporteurs ; et ses transporteurs ce qui nécessite une
- valider et intégrer les données. définition rigoureuse du format des don­
Dans la phase de déploiement il est impor­ nées échangées et une responsabilité par­
tant de mettre en place une réunion de tagée des actions d'amélioration :
projet hebdomadaire pour analyser les > le respect de l'application EDI, la fré­
résultats de l'audit, les types de problèmes quence de facturation pour le transpor­
constatés et proposer les actions correc­ teur ;
tives dont la validation et l'intégration des > la conformité des fichiers adressés par
taux, la résolution du problème d'alloca­ le chargeur avec des champs remplis en
tion des coûts, la cohérence des fichiers conformité avec les cahiers des charges
entre les différentes organisations et la techniques et la mise en évidence d'expé­
mise à jour des codes. ditions particulières en dehors des proces­
Au-delà de la phase de déploiement qui sus routiniers.
peut durer environ 5 mois pour obtenir des

"O
0
c
:J
0
'<j"
......
0
N
@
.......
..c
O'l
·;::::
>-
0.
0
u

- 134 -
DOSS I E R 3 M A Î T R I S E R L ' E X É C U T I O N D E LA S U P PLY C H A I N

- Les éléments spécifiés devant


être présents sur chaque facture
• U n processus FAP permet essentiel­ et les éléments permettant de
lement d'éviter les surpaiements, déclencher le paiement de la fac­
d'améliorer le choix des transpor­ ture dont la POD
teurs à moyen terme mais aussi à - Les informations spécifiques
court terme et d'éviter les dévia­ (incoterms, droits de douane, assu­
tions en fonction de l'évolution de la rance, etc.) pour les expéditions à
nature des flux, d'accroître le « value caractère international
for money » des achats de transport, - Liste des tarifs applicables et des
et enfin d'améliorer la performance conditions afférentes à leur bonne
du transport. application
• Comme tout processus opérationnel
• Ê tre en conformité avec les doc­
routinier, le FAP permet de se concen­ trines et les procédures financières
trer ex post sur les analyses d'écart et de l'entreprise.
les opérations exceptionnelles néces­
sitant une valeur ajoutée particulière
par les responsables logistiques et
Supply Chain. • La maîtrise de l'information et des
• La mise en place d'un processus FAP processus de transmission et de
permet également un benchmark partage est essentielle. Il faut donc
interne entre les différentes entités impliquer les bonnes compétences
de l'entreprise. informatiques pour s'assurer d'une
• La mise en place d'un FAP permet de exécution parfaitement sous contrôle
packager un outil pour les acheteurs du FAP.
de transport composé essentielle­ • Comme beaucoup de processus logis­
ment des rubriques suivantes et ce, tiques et Supply Chain, l'esprit coopé­
pour chaque transporteur : ratif doit être présent même si FAP
- Liste des transporteurs référencés est au cœur de transactions récur­
et natures des transports pouvant rentes et répétitives.
leur être confiées

"O
0
c
:J
0
'<j"
......
0
N
@
....... ())
..c -0
O'l V)
·;:::: ......
>- <:::l
0.
0 0
u u

- 135 -
_ OUTIL
Appel d 'offres logistique

FORMALISER LES CAH I ERS DES CHARGES ET M E N E R �



f U N PROCESSUS D'APPEL D'OFFRES E FFICACE \

r 1 Approche de l'objectif clé Poids Score


1.1 Degré de formalisation des leviers d'action
1.2 Analyse d'enjeux (prise en compte du trade-off logistique)
1.3 Expérience Benchmarking
1.4 Amélioration continue
1.5 Références en réduction des coûts

2 Compréhension du périmètre externalisé


2.1 Compréhension d'ensemble
2.2 Coordination amont (entrepôt)/aval (transport) prévue
2.3 Positionnement de l'Offre selon "niveaux Stratégique/Tactique/Opérationnel"

3 Approche partenariale
3.1 Attitude pro-active vis-à-vis du chargeur
3.2 Attitude par rapport au programme d'incentive
3.3 Pérennité de la tarification

4 Couverture Métier
4.1 Caractère modulaire de l'offre
4.2 Expérience de coordination et connaissance du marché transport
4.3 Expérience dans le secteur du chargeur

5 Couverture Géo!1_raphig_ue
5.1 Lignes exploitées sur le premier cercle de clients concernés
5.2 Lignes exploiteés sur le deuxième cercle
5.3 Lignes exploitées sur reste de l'Europe
5.4 Infrastructures

6 Développement de Services à Valeur Ajoutée


6.1 Couverture des services à valeur ajoutée
6.2 Partenariats avec sociétés complémentaires (SI, Conseil,...)

7 Cahier des Charges Services


7.1 Références Client
7.2 Système Suivi/Pilotage dynamique services clients
7.3 Garantie assurance et SAV (litiges)
- - - -----
8 Gestion de l'interface (Responsabilité & Transparence)
8.1 Information Track & Trace
8.2 Système de Facturation
8.3 Contrôle qualité et intégration des sous-traitants

Synthèse par Prestataire

Grille de scoring des réponses pour classer les soumissionnaires (extrait)


"O
0
c
:J En résumé
0
'<j" Se lancer dans un processus d'appel d'offres logistique est une
......
0 démarche très engageante pour un chargeur et son prestataire dans
N
@ le cadre d'une relation pluriannuelle.
....... Le formalisme et la rigueur de ce processus sont des garants de réussite.
..c
O'l
·;:::: L'implication organisée et itérative d'acteurs aux compétences variées
>-
0. participe également pleinement à construire la solution qui apportera
0
u la valeur escomptée.

- 1 36 -
DOSS I E R 3 M A Î T R I S E R L ' E X É C U T I O N D E LA S U P PLY C H A I N O U T I L_
Pourq u o i l'uti l iser ? > accroissement du service ;
> réduction des coûts opérationnels ;
Objectifs > baisse des stocks ;
> Appliquer une approche formelle garante > maîtrise de la qualité et sécurité des opé­
de sécurisation du résultat visé et des objec­ rations ;
tifs poursuivis à travers l'externalisation, > recherche d'une plus grande flexibilité de
> Comprendre l'importance d'un processus capacité.
interactif entre l'entreprise et les soumis­ 2. Définir la mission générale du pres­
sionnaires dans une logique d'évaluation tataire et les attentes en matière de pres­
progressive et en entonnoir pour éviter tations opérationnelles couvertes.
toute mauvaise surprise lors de la mise en
3. Donner des informations précises sur
œuvre opérationnelle du contrat.
les catégories de produits (familles logis­
> Mettre en évidence les points clés tiques avec analyses ABC multicritères), la
contractuels et la préparation du contrat. typologie des clients et leurs attentes res­
> Formaliser un cahier des charges inté­ pectives en matière de service, les carac­
grant les composantes de service, les élé­ téristiques des flux amont et aval (flux
ments techniques opérationnels et des directs, stockés ou en cross-dock) et leur
systèmes d'information, et mettant en évi­ cartographie.
dence les points clés des futures clauses 4. Fournir des informations sur les volumes
juridiques. prévisionnels en distinguant si possible : le
jour moyen du mois moyen, le jour moyen
Contexte du mois de pointe et le jour de pointe
Les chargeurs ont recours à des opéra­ du mois de pointe et ce, dans les unités
teurs logistiques auprès desquels ils sous­ d'œuvre adéquates.
traitent leurs activités logistiques. Il s'agit 5. Définir de manière très rigoureuse le
d'une tendance de fond qui a conduit à périmètre faisant l'objet de l'externalisation
la structuration et au développement du et les conditions d'accès au dossier (reprise
marché des prestataires logistiques. éventuelle de personnel, utilisation bâti­
La mise en œuvre d'un appel d'offres pro­ ments ou systèmes du chargeur, etc.).
cède soit d'une décision de rupture par 6. Formaliser les éléments du cahier des
.-::: rapport à une organisation internalisée charges .

"tl soit de la remise en question du contrat en
c:: 7. Proposer un format de réponse sous
:::i place avec un prestataire donné. Ces deux
"'
tî forme d'une grille en s'appuyant sur des élé­
"'
'"'
contextes sont différents et des précautions ments formels d'unités d'œuvre, de volume
·�.B spécifiques sont à prendre en compte et et de prix pour mettre tous les soumission­
:::i"' seront détaillées dans ce qui suit.
"O0 c::
naires au même niveau de contrainte de
......
0
c c:: réponse et faciliter le dépouillement et la V)
:J c:: O'
0 ·.c0u comparaison des offres techniques et tari­ 0
'<j'
......
:::i
"tl0 Com ment l ' u t i l iser ? faires.
...
V)
0
N c.. 8. Organiser des entretiens formels de <L>
1.....


'+­
Étapes
:::i
@ présentation des offres avec des agen­ '+-

.......
0
..c �1 1. Bien comprendre les motivations sous­ das préétablis pour rencontrer les équipes -0
O'l
·;:::: "tl0 jacentes à la décision de sous-traiter les commerciales et techniques des soumis­ <L>
>- c:: o..
o. :::i opérations logistiques et formaliser les sionnaires, éclaircir et approfondir cer­ o..
0 Cl
u @ objectifs : tains éléments de réponse, et aboutir à une <(

- 1 37 -
SUITE O U T I L • -+
_ Q U __T I L
Appel d 'offres log istique

short-list formalisée à partir d'une grille de Ces différentes fonctions devront être mobi­
scoring établie en fonction des objectifs lisées aux étapes clés du processus et appor­
recherchés par la sous-traitance des acti­ ter leur contribution.
vités concernées. Il faut également bien définir les termes
9. Une fois la short-list obtenue, en parallèle utilisés dans le cahier des charges et trou­
à l'approfondissement d'éléments opéra­ ver le bon équilibre entre :
tionnels pouvant s'appuyer sur la technique > une attitude trop inclusive, l'approche
du One Day Life (simulant de manière opé­ open book étant à réserver pour une phase
rationnelle les étapes clés des processus transitoire de démarrage, qui risque de
opérationnels), débuter la rédaction de cer­ générer des blocages ;
taines clauses ou au moins échanger sur > et pas assez de mise sous tension des
des éléments de nature juridique. soumissionnaires qui peut conduire à ne
10. Organiser des visites de sites des sou­ pas suffisamment vérifier la véracité opé­
missionnaires dans des configurations opé­ rationnelle et factuelle des éléments décla­
rationnelles comparables. rés dans les offres.
11. Rédiger avant la sélection finale du pres­ Il faut également trouver un équilibre entre
tataire une version préalable du contrat (le l'attention portée :
passage à la rédaction du contrat est souvent > aux opérations couvertes par le pres­
source de surprises et de déconvenues). tataire ;
> aux interfaces de toute nature entre le
Méthodologie et conseils chargeur et son prestataire.
Le marché des prestataires logistiques La structure du cahier des charges doit
a très fortement évolué au cours des 10 couvrir les 6 composantes de tout système
dernières années dans le sens d'une plus logistique :
grande professionnalisation via une spé­ > cahier des charges service (en particulier
cialisation sectorielle et fonctionnelle. Il tous les délais dans une logique de chrono­
est impératif de maintenir une veille sur gramme) ;
ce marché et d'identifier les acteurs poten­ > éléments d'organisation (interfaces orga­
tiels clés en fonction du type de presta­ nisationnelles entre chargeur et prestataire,
tion logistique recherché. Une démarche compétences clés identifiées, responsabili­
RFI (Request For Information) préalable à tés respectives, recours limité ou accepté à
un RFQ (Request For Quotation) peut être des sous-traitants du prestataire) ;
tout à fait utile dans cet objectif. > processus :
"O Il est important de révéler la logique - tactiques : planification de l'activité pour
0
c rationnelle sous-jacente à une décision anticiper les besoins en ressources, ges­
:J
0 d'externalisation et les objectifs poursui­ tion des stocks,
'<j" vis. En amont de la rédaction d'un cahier - opérationnels : contrôle des réceptions,
......
0 des charges support à un appel d'offres gestion des commandes, de la chaîne
N
@ logistique il faut bien mettre en évidence documentaire, des réclamations clients
....... les objectifs visés et impliquer les acteurs en mettant bien en évidence les règles
..c
O'l concernés : direction générale, financière, de gestion des priorités,
·;::::
>- des achats, commerciale, des systèmes - reporting au jour le jour, à la semaine,
0.
0 d'information et juridique.
u au mois et dans le cadre budgétaire et

- 13 8 -
DOSS I E R 3 M A Î T R I S E R L ' E X É C U T I O N D E LA S U P PLY C H A I N O U T I L_

processus d e progrès continu et d e réso­ > KPls (indicateurs de suivi des volumes, de
lution des problèmes ; la performance qui servent en particulier à
> systèmes d'information (cette compo­ établir la base de facturation de la presta­
sante doit faire l'objet éventuellement d'un tion avec la formule de prix associée).
cahier des charges spécifique sur les don­ Il n e faut pas sous-estimer le poids des acti­
nées échangées, l'interface des systèmes, vités annexes qui sont toujours difficiles à
l'utilisation des systèmes du prestataire ou chiffrer (étiquetage, contrôle qualité, kitting,
l'obligation pour ce dernier d'utiliser les gestion des retours, les consommables, etc.)
outils du chargeur) ; mais qui peuvent représenter des niveaux
> opérations physiques et procédures asso­ de facturation non négligeables.
ciées (y compris les éléments de sécurité) ;

clé ; perte de savoir-faire en interne ;


capacité à pouvoir revenir en arrière
• U n processus formel permet de et dénoncer l'engagement contrac­
respecter le planning d'un proces­ tuel ; risque social lié au transfert ;
sus d'appel d'offres et de tester de manque de contrôle sur la qualité
manière rigoureuse le lien entre de l'activité sous-traitée ; difficulté
objectifs poursuivis et solutions opé­ d'une réelle maîtrise des coûts ,
rationnelles apportées. dépendance croissante ; difficultés
• Il permet également une évaluation d'interfaçages des systèmes d'infor­
systématique et continue des risques mations.
liés au processus d'externalisation. • 4 profils différents de l'organisation
• Cette approche permet de prépa­ du soumissionnaire correspondent
rer au mieux la phase de rédaction au type de personnes impliquées aux
des contrats et des engagements étapes successives clés du proces­
contractuels. sus d'appel d'offres : le commercial,
le chef de projet technique opéra­
"O tionnel, le futur responsable opéra­
0 ......
c tionnel et le service juridique. Il est V)
:J O'
0 • Le passage d'une logistique inter­ important de tester la cohérence 0
'<j" nalisée à une logistique externalisée
...... entre ces différentes personnes qui V)
0
N n'est pas sans risque. Les principaux appartiennent souvent à des dépar­ <L>
1.....
'+­
@ risques à envisager sont les suivants : tements du prestataire logistique '+-
�o
.......
"O
..c tester la capacité du soumissionnaire qui n'ont pas les mêmes objectifs
O'l à mettre en œuvre la promesse for­
·;:::: voire sont organisés en silos. <L>
>- malisée dans l'offre écrite est un enjeu Q.
0. Q.
0
u <(

- 13 9 -
N égociation des cont rats avec
les prestata i res log istiq ues

I DENTI F I E R LES CLAUSES CLÉS


ET SAVO I R LES FORMALISER

Thème : Approche de l'objectif « -15% »

Critères - - -

1 + ++

Exhaustif, formalisé
Degré de Leviers en partie Quelques leviers
Leviers non (avec indicateurs
formalisation des identifiés et peu formalisés mais non
identifiés associés) et
leviers d'action formalisés hiérarchisés
hiérarchisé

Foca lisation mais Focalisation Focalisation


Pas de vision "décousue" ou structurée structurée et
Vision focalisée
focalisée partielle (axes et complète mais complète sur
limités) sur un seul axe tous les axes

Prise en compte
Recherche
Analyse d'enjeux Enjeux focalisés sur d'une approche Expérience forte du
d'optimisation par
(prise en compte du les coûts des unités différenciée en pilotage du trade-off
mutualisation des
trade-off logistique) d'oeuvre logistiques fonction des attentes service-coût
moyens
de service
1
Démarche de Démarche de Exhaustif, formalisé 1
Amélioration Pas de démarche de progrès continue progrès continue (avec indicateurs
continue progrès continue limitée à quelques étendue mais associés) et

1
leviers clés non exhaustive hiérarchisé

Participation à un Démarche interne


Démarche formalisée. !
groupe de benchmark mais limitée à des
Absence de systématique
Expérience
démarche alimentant le plan
Benchmarking mais sans outil indicateurs clés non

1 1
benchmarking marketing du
1
interne ad hoc systématiques
prestataire

Exemple de matrice d'évaluation des réponses à appel d'offres et de préparation


des clauses contractuelles

En résumé
"O
0
c La contractualisation est une étape essentielle de la formalisation de la
:J
0 relation entre un chargeur et son prestataire. En amont de la formali­
'<j" sation contractuelle il est utile d'évaluer les réponses des prestataires
......
0 en utilisant des matrices de scoring pour mettre en évidence les points
N
@ clés de la négociation contractuelle en lien avec l'objet et les objectifs
....... du contrat concerné .
..c
O'l
·;:::: La phase de contractualisation doit impérativement débuter avant la
>-
0. finalisation des négociations sur les aspects techniques. Il doit y avoir
0
u une période de chevauchement sur ces deux dimensions.

- 1 40 -
DOSS I E R 3 M A Î T R I S E R L ' E X É C U T I O N D E LA S U P PLY C H A I N

Pourq u o i l'uti l iser ? e. conformité par rapport aux règles en


vigueur chez le chargeur en termes par
Objectifs
exemple de sécurité et de charte envi­
> Savoir traduire les engagements opéra­ ronnementale ;
tionnels de performance et d'exécution en f. équipes mises en place : organisation,
clauses juridiques mobilisables par les per­ coordination des interfaces, fonctions et
sonnes compétentes le moment venu. compétences ;
> Intégrer au-delà des aspects opération­
g. modalités de réclamation ;
nels d'exécution du contrat de prestation
h. couverture des risques ;
des éléments liés aux responsabilités de
i. processus de facturation ;
chacune des parties.
j. indicateurs de mesure de performance ;
Contexte k. adhésion au système d'incentive en fonc-
Les entreprises ont souvent développé en tion du niveau de performance atteint.
soutien aux responsables opérationnels 2. Mettre en évidence au cours d'une
logistiques et Supply Chain des départe­ réunion interne les éléments critiques de
ments achats des prestations logistiques. la prestation attendue et les traduire sous
Ces départements ont pour objectif de forme de clauses contractuelles.
mener une veille sur les marchés amont 3. Avant la sélection finale du prestataire
(sourcing), d'identifier pour une pres­ rédiger une version préalable des princi­
tation donnée les cibles pertinentes en pales clauses critiques.
termes de prestataires et de mener les 4. Passer en revue les clauses essentielles
négociations au moment de l'élaboration telles que : ......
des contrats. (/)
> la définition des principaux termes utili­ O'
sés dans le contrat pour s'assurer de leur 0
bonne compréhension par les parties ; (/)
(J)
Com ment l'uti liser ? > les principes du contrat : exclusivité par
1.....

ru
marché géographique, transparence et ......
Étapes ru..
....
visibilité, objectifs clés poursuivis par le (/)
1. En lien avec l'outil précédent évaluer (J)
contrat ; 1.....
les réponses des prestataires soumission­ o..
> les rappels des motivations du chargeur ; (/)
..::: naires sur les axes principaux suivants : (J)
� > le périmètre couvert par le contrat ;
�:::i a. compréhension par le prestataire des u
> les implications respectives des deux par­ (J)
objectifs du RFQ (Request for Quotation) : >
'Ri ties dans les principales phases du projet : ru
"' l'illustration de la page précédente donne
'"'
·� - phase transitoire de conception, de (/)..
....
.B un exemple de grille de scoring dans le ru
:::i"' déploiement. de montée en puissance,
"O cadre d'un RFQ dont l'objectif essentiel 1.....
......
0 c::
0
était de réduire sur 2 ans les coûts de - phase régulière de progrès continu ; c
c c:: 0
:J c::
> la formule de calcul de prix et les condi­ u
0 0 transport de 15 % au niveau européen
·.c
u (/)
'<j' :::i
1'.l
en respectant les cahiers des charges tions de paiement (échéancier, formule de (J)
......
8 révision) ; "O
0
N c.. service ; c
� b. pertinence et robustesse des solutions

@ > l'assurance des marchandises ; 0
...... :::i ......
..c � proposées sur le périmètre couvert ; > la sécurité des personnes (observation ru
O'l 1
c. modèle de coût et de tarification proposé ; de la charte de sécurité en place chez le u
·;::::
>-
i:i
0 0
0. 8 d. traçabilité et reporting des opérations chargeur) et des marchandises ; O'
0 '<lJ
u @ réalisées ; > les limites de responsabilité ; z

- 141 -
SUITE O U T I L
_ Q U __T I L N égociation des cont rats avec
les prestata i res log istiq ues

> l'identification des cas d e force majeure ; > Les éléments auxquels il nous semble
> le programme d'incitation à un niveau important de porter toute son attention
de performance supérieur et les règles de sont les suivantes :
partage des gains ; - formule de prix compréhensible par tous,
> le principe d'escalade, de pénalités et de reflétant la nature de la prestation et
compensations associées ; s'appliquant sans équivoque
> les propriétés des données ; - propriétés des données et des dévelop­
> la confidentialité ; pements informatiques spécifiques ;
> l'énumération des causes de rupture du - progrès continu et répartition des gains ;
contrat. - processus d'escalade des pénalités en
5. Définir les rôles et responsabilités.
cas de service non rendu et d'aggrava­
tion de la performance ;
- assurance des marchandises et freinte
Méthodologie et conseils
éventuelle ;
> Dans la phase de négociation, les réu­ - dénonciation du contrat et rupture ;
nions doivent être préparées en formali­ - sortie normale du contrat.
sant les questions qui restent en suspens. > Être très clair sur les causes éventuelles
Des rôles peuvent être attribués pour tes­ de rupture et de sortie anticipée :
ter les soumissionnaires dans leur capa­ - objectif de réduction des coûts non
cité à faire face à différents types de atteint ;
situation et en particulier dans des situa­ - niveau de service dégradé ;
tions extrêmes de crise pour évaluer les - situation financière défaillante du pres-
solutions qui sont imaginées et les bac­ tataire ;
kups possibles. - changement de structure capitalistique
> Il est important que de manière séquen­ du prestataire ;
cée puis collective en particulier pour tester - tout événement ayant un impact com­
le jeu des interfaces, toutes les compétences mercial potentiel sur la performance
clés soient en ligne à savoir en particulier logistique attendue.
les équipes de conception et d'amélioration Avant la sélection finale du prestataire, il
continue, l'exploitation, la maintenance des est recommandé de tester auprès des sou­
équipements, l'informatique, le contrôle de missionnaires short-listés certaines clau­
gestion, le service client. ses en demandant une rédaction explicite
> Il faut trouver le bon équilibre entre la de celles-ci. La sélection finale doit donc
posture de livre ouvert et celle des boîtes se faire en associant critères techniques et
"O noires non transparentes car ni l'une ni juridiques.
0
c l'autre ne sont responsabilisantes. Elle doit se construire avec l'aide de juristes
:J
0 > Tenir un registre des événements passés et d'acheteurs dans le cadre d'une négocia­
'<j" ayant conduit à des problèmes juridiques.
...... tion cohérente avec l'esprit de la relation
0
N > Ne pas hésiter à imaginer le pire c'est­ telle que voulue par les responsables opé­
@ à-dire une rupture de contrat dans la phase rationnels.
.......
..c de déploiement de la solution (l'auteur de Un certain nombre de clauses doivent faire
O'l
·;:::: ces lignes a vécu cette expérience extrê­ l'objet d'une attention particulière en fonc­
>-
0. mement douloureuse et dommageable tion de la nature de la relation contrac­
0
u pour toutes les parties). tuelle.

- 142 -
DOSS I E R 3 M A Î T R I S E R L ' E X É C U T I O N D E LA S U P PLY C H A I N

trise des fondamentaux juridiques


est recommandé.
• Le contrat formalise a u plan juri­ • Il est également recommandé que
dique l'engagement réciproque des cette phase de transition se passe
parties. selon un processus en tuilage et non
• Ce contrat régule la relation et for­ de manière abrupte de sorte que la
malise la nature de celle-ci. dimension juridique soit « nourrie »
des aspects techniques et qu'avant la
sélection finale du prestataire retenu,
les soumissionnaires en phase finale
• Les spécialistes techniques des opé­ soient testés au niveau de certaines
rations logistiques et Supply Chain clauses critiques.
doivent laisser la place aux acheteurs • Il peut être facile de se perdre dans
pour mener les négociations et aux les arcanes juridiques. Il est de la
juristes pour élaborer le contrat. responsabilité conjointe des juristes
• Les juristes qui interviennent dans et des logisticiens de s'attacher
la traduction du contrat des charges aux objets critiques du contrat et
opérationnel en un contrat juridique d'y consacrer le temps et l'énergie
doivent avoir une expérience dans nécessaires, et de mettre en place
les domaines de la logistique. Le pas­ des clauses préformatées pour les ......
sage de la phase technique à la phase aspects plus classiques du contrat (/)
juridique est critique car il mobilise O'
concerné. 0
des compétences assez pointues de • Un contrat signé est l'aboutissement (/)
natures différentes entre lesquelles (])
d'un processus long qui a mobilisé 1.....

le dialogue n'est pas nécessairement beaucoup de ressources. Dès cette ru


......
naturel. C'est pourquoi le recours à étape il est important de mettre en ru..
....
des juristes habitués au contexte des (/)
œuvre une veille sur le marché et de (])
1.....
dossiers logistiques et à des profes­ se préparer à toute éventualité. o..
sionnels logistiques ayant une maî- (/)
(])
u
(])
>
ru
(/)..
....
ru
1.....
"O ......
0 c
c 0
:J u
0
(/)
'<j" (])
......
0 -0
N c
@ 0
......
....... ru
..c
O'l u
·;::::
>-
0
0. O'
0 '(])
u z

- 14 3 -
Transportation Management
System (T M S)

PROCESS U S D'EXÉCUTION OPÉRAT I O N N ELLE


\
___ ___

( DES TRANSPO RTS ET CONTRÔLE DE L'EXÉCUTION

.. . ., • • ili:VJ!i-
• • • •• •
Améliorer la
communication
il ...

• • ••
Améliorer la
planification
il ...... il ......

• • ••
Améliorer la
réactivité il ...... il ......
il • •
Améliorer la
visibilité
...... il ...... ......
Améliorer la
gestion ...... il ... ... ...... ... ••
administrative

Contribution potentielle d'un TMS aux opérations de transport

En résumé
La fonction de planification opérationnelle des TMS complète la pla­
nification tactique en prenant en compte des données réelles liées
aux commandes et aux livraisons. Elle est complétée par la fonction
d'exécution.
L'interfaçage du TMS aux autres outils informatiques de l'entreprise
et des acteurs externes coopérant au sein de la Supply Chain étendue
est un élément d'attention essentiel pour assurer la fluidité des infor­
mations et des opérations physiques.
Elle peut très utilement s'intégrer à la planification opérationnelle des
WMS pour assurer le maximum de synchronisation entre la préparation
de commande et les expéditions en fonction du plan de transport.
Parmi les enjeux relatifs à l'utilisation opérationnelle des TMS, le rac­
"O courcissement et le respect des délais, la maîtrise des temps de travail
0
c des chauffeurs, la massification des flux générateurs d'économies, sont
:J
0 sans aucun doute des objectifs visés.
'<j" Un TMS doit apporter de la réactivité et de l'agilité par rapport aux évé­
......
0
N nements exceptionnels présentant un risque potentiel sur le service pro­
@ mis aux clients, permettre d'identifier toute évolution dans les flux et de
....... contrôler toute dérive dans les coûts de transport, faciliter la connexion
..c
O'l
·;:::: entre tous les acteurs de la chaîne logistique et donc le développement
>-
0. des processus collaboratifs et enfin, stimuler toutes les optimisations
0
u possibles à maille fine et dans un laps de temps court.

- 144 -
DOSS I E R 3 M A Î T R I S E R L ' E X É C U T I O N D E LA S U P PLY C H A I N

Pourq u o i l'uti l iser ? > de faire face de manière réactive aux


événements aléatoires et plus générale­
Objectifs ment de maîtriser la qualité de l'exécution
> Traduire de manière opérationnelle les pour l imiter les erreurs de livraison.
décisions prises au niveau de la plani­
fication tactique en respectant le plan
transport et en choisissant la meilleure C o m ment l ' u t i l iser ?
solution.
> Optimiser les tournées et les capacités Étapes
de transport. 1. Identifier les fonctionnalités devant être
> Mettre les tarifs sous contrôle. couvertes en fonction des objectifs de trans­
> Contrôler l'exécution des transports en port et du profil de l'acteur utilisateur.
qualité de service et de coût. 2. Cartographier les processus routiniers
> Préparer les négociations avec les trans­ et identifier les cas spécifiques pour utili­
porteurs. ser le TMS dans sa fonction opérationnelle
> Fluidifier le lien entre préparation de selon un mode de gestion par exception.
commande, préparation au chargement 3. Prendre en compte l'écosystème infor­
et transport en intégrant ces activités au matique interne et externe et inventorier
niveau de la planification opérationnelle. les systèmes voués à être interfacés.
> Bénéficier des technologies web pour 4. Définir les données en entrée et en sor­
accroître la réactivité, appliquer le temps tie et plus spécifiquement les données qui
réel pour trouver la meilleure solution à seront nécessaires au contrôle de perfor­
une situation donnée. mance des acteurs.
5. Rédiger les cahiers des charges fonc­
Contexte tionnels, lancer l'appel d'offres et évaluer
La planification au plan tactique des acti­ les solutions en fonction de critères fonc­
vités de transport est essentielle car elle tionnels et techniques.
permet de présélectionner les transpor­ 6. Développer les interfaces.
teurs, de négocier les grilles tarifaires et
de définir le plan de transport mais elle Méthodologie et conseils E
Q)...
....
� doit être complétée par une planification Il faut distinguer les activités de planifica­ V)
>
�:::i opérationnelle pour prendre en compte tion opérationnelle des TMS telles que : t/)
"Rl des données plus fines et plus proches > la réception des commandes qui génère .......
c
.� de la réalité. Mobiliser les ressources adé­ les ordres de transport qui doivent compor­ Q)
·� quates de transport au bon moment est un E
.B ter toutes les informations nécessaires aux Q)
:::i"' O'
"O c::
enjeu clé pour assurer le niveau de service étapes suivantes de planification et d'exé­ ro
0 0 c
c c:: promis. cution (données client, point de livraison
:J c::
0
ro
0 ·.c
u
> Les TMS dans leur dimension opération­ et marchandises au niveau de la liste de �
'<j" :::i
1'.l nelle permettent : colisage) ; c
......
0 8 0
N c.. > d'assurer la communication entre l'en- > la plan ification opérationnelle des char­ .......
� ro
@ � semble des acteurs et la qualité des don- gements qui est une étape essentielle pour .......
:::i 1.....
....... � nées échangées ; 0
..c permettre la massification entre plusieurs
O'l 1 o..
·;:::: -g > de fournir de la visibilité sur le suivi des livraisons et générer des économies de V)
>- c
0. 6c:: commandes et le respect de la promesse transport en fonction des modes et des ro
0
1--
1.....
u @ client ; modalités de transport choisis ;

- 145 -
SUITE O U T I L : ....
_ Q U __T I L Transportation Management
System (T M S)

> la planification opérationnelle des livrai­ les enjeux relatifs à l'implémentation d'un
sons en prenant en compte les capacités TMS et les fonctionnalités associées.
de transport disponibles, les compétences Il faut faire le choix d'une solution dans une
des chauffeurs et le profil de la tournée ; logique d'intégration au sein de l'architec­
> la répartition des opérations entre les ture générale des systèmes d'information,
transporteurs qui conduit à affréter les et prendre en compte également les élé­
transporteurs disponibles les mieux placés ments clés des contrats de transport car ils
en coût et en service pour une tournée de seront déterminants dans les fonctionnali­
livraison donnée ; tés cibles clés et les données relatives.
> la conception du chargement et des
routes pour optimiser le taux de remplis­
sage des véhicules, la distance parcourue
et le nombre d'ouvertures de portes pour
décharger des quantités fractionnées en
prenant en compte les temps de charge­
ment / déchargement et les contraintes de • Les technologies web permettent
temps de conduite et d'ouverture horaire en particulier de mettre en place
des points de livraison clients ; des connexions automatiques avec
> mais aussi des activités d'exécution tel­ les transporteurs de plus petite
les que : taille qui n'ont pas les moyens
- le chargement et la livraison en collec­ d'utiliser les réseaux à valeur
tant les informations pertinentes ; ajoutée dédiés. Des appels d'offres
- la gestion des événements non prévus et peuvent être lancés de manière
leur traitement ; automatique et la combinaison
- la production des éléments permettant la web et email peut être mobili­
facturation du transport auprès du client sée pour gérer l'interface entre le
du chargeur par allocation du coût. la chargeur et le transporteur ce qui
préfacturation éventuelle du transpor­ permet de limiter les appels télé­
teur et la réconciliation lors du FAP ; phoniques coûteux, longs et non
- le contrôle des opérations exécutées à sans risque d'erreurs. Les prises
partir de l'analyse des indicateurs opéra­ de rendez-vous peuvent égale­
tionnels et donc la mise à jour des para­ ment être programmées selon les
mètres d'évaluation de la performance mêmes modalités. Des économies
de chaque transporteur. de 1 à 5 o/o du budget annuel de
"O Il est intéressant de privilégier les solutions transport peuvent être obtenues.
0
c
:J construites autour des technologies web • Une mise sous contrôle des opéra­
0
qui facilitent par définition les connexions tions de transport et des transpor­
'<j"
......
sur l'ensemble de la chaîne logistique en teurs en charge de les exécuter. Des
0
N automatisant les opérations. Rares sont solutions TMS développées dès leur
@ les TMS qui couvrent les 4 niveaux de conception sous environnement
.......
..c décision : stratégique, pilotage tactique, web permettent de tracer les opé­
O'l
·;:::: pilotage opérationnel et contrôle de l'exé­ rations à chaque étape de la chaîne
>-
0. cution. Il est donc important de bien définir logistique et en cas d'événement
0
u

- 146 -
DOSS I E R 3 M A Î T R I S E R L ' E X É C U T I O N D E LA S U P PLY C H A I N

pénalisant d e déclencher une infor­ par exemple des retards de livraison.


mation proactive ce qui, sans régler L'analyse des dépenses en transport
le problème, a néanmoins toujours par région, par type de client, par type
un impact positif auprès des clients d'offre de service ou de type de livrai­
concernés et de limiter la perception son est également très utile pour pré­
d'un niveau de service non maîtrisé. parer des décisions stratégiques et
Les personnes du Customer Service tactiques. Elle permet également de
peuvent être i nformées en temps réel remettre en cause ou de challenger
de tels problèmes et trouver des solu­ des business non profitables.
tions sans créer des perturbations • La mise en place d'un TMS s'inscrit
complémentaires aux responsables dans une démarche d'amélioration
du transport. continue.
• La focalisation sur les exceptions et
les événements et la maximisation
de la productivité sur les opérations
routinières. Les logisticiens et les • Bien définir les données pertinentes
responsables Supply Chain doivent et mettre leur qualité sous contrôle.
se concentrer sur des actions à Mettre en place un jeu de données
valeur ajoutée telles que concevoir statistiques simples à mettre en
des solutions nouvelles permettant forme et explicatives des niveaux de
d'accroître la performance, piloter coût.
les flux en anticipant les ressources • Dans le cadre du choix de la solution,
nécessaires sous contraintes, suivre bien mettre en avant une batterie de
l'exécution dans une logique d'excel­ critères fonctionnels, techniques et
lence et enfin se concentrer sur la commerciaux.
gestion d'événements planifiés (pro­ • Établir un business case pour avoir
motions, lancement nouveau pro­ une vision précise est une tâche dif­
duit, etc.) ou non prévus (demande E
ficile au vu des dépendances, des Q)...
.-::: aléatoire, désastre naturel, etc.). La ....
V)
� problèmes de coexistence et de
"tl
mise en place d'un TMS couvrant >
c:: compatibilité, mais c'est néanmoins t/)
.......
:::i
des fonctionnalités opérationnelles
"' une démarche à laquelle il faut s'atte­ c

"'
'"' permet sans aucun doute d'accroître ler dans une logique de simulation Q)
·�.B le niveau de routine sous contrôle E
même si elle n'est pas parfaite. Q)
:::i"' d'activités régulières et redon­ Un TMS est une solution informa­ O'
"O0 c::0 •
ro
c c:: dantes. tique qui doit donc en préalable c
:J c:: ro
0 ·.c0
u
• L'automatisation de la collecte des s'assurer des compétences des utili­ �
'<j'
......
:::i i nformations utiles au contrôle des sateurs, de la formalisation des pro­ c
...
"tl0
0
.......
0
N c.. opérations et au calcul des indica­ cessus et de son intégration dans
� ro
� teurs de performance. La mesure de l'architecture globale des systèmes .......
:::i
@
.......
1.....
� la performance est essentielle pour d'information. 0
..c
O'l 1 générer des idées et mettre en œuvre o..
·;:::: "tl0 V)
>- c:: des actions correctives pour éviter c
o. :::i ro
0 Cl
1-
1.....
u @

- 1 47 -
Warehouse M a nagement System
C W M Sl

� PROCESSUS D'EXÉCUTION DES OPÉRATIONS


( \
-- ___

DE MANUTENTION ET DE PRÉPARAT I O N DE COMMAN DES

Niveau 4
Controle performance, report1ng
r-:':.�
.... 1111111
Niveau 3
ERP + CRM + TMS (gestion des stocks, des
clients, des commdndes, de la facturation)

Niveau 2
WMS (local1sat1on des produits, su1v1 des
stocks, préparation des commandes)

Niveau 1
Contrôle des flux <automatismes de processJ

Niveau 0
Capteurs de données (fonctionnement des
procédés)

Positionnement WMS dans la cartographie CIM (Computer Integrated Manufacturing)

En résumé
La couche d'exécution opérationnelle d'un WMS est intercalée entre la
couche de planification et la gestion des données.
C'est une couche fondamentale car elle valorise les résultats et les
décisions prises au niveau de la planification et des simulations des
ressources dans un but économique et elle doit permettre de gérer les
données élémentaires dans une logique de qualité totale.
L'excellence opérationnelle dans les sites logistiques s'évalue non
seulement au niveau du respect des engagements clients mais aussi
de la qualité des données logistiques.
Les fonctionnalités possibles d'un WMS sont extrêmement nombreuses
et le choix de celles qui sont pertinentes doit se faire en fonction en
particulier des caractéristiques des fournisseurs, des produits, des pro­
......
..c fils de commandes, des contraintes de stockage, des règles de gestion
Cl
·;::: de stock et des objectifs de service et d'optimisation des ressources.

a. Le niveau de sophistication peut être élevé mais il doit être justifié par
0
u une création de valeur.

- 1 48 -
DOSS I E R 3 M A Î T R I S E R L ' E X É C U T I O N D E LA S U PPLY C H A I N

Pourq u o i l'uti l iser ? tionnels, telles que : gestion des contrôles,


gestion de zones spécifiques, gestion
Objectifs
de quarantaine, moyens spécifiques de
> Traduire de manière opérationnelle les déchargement, suivi des émissions de C0 2 ,
décisions prises au niveau de la planifica­ gestion des lots, des numéros de série,
tion tactique. règles de gestion des stocks, gestion des
> Assurer une mise en stock rapide au sens commandes urgentes, la définition des
de la disponibilité à la vente de produits en conditionnements, gestion documentaire
rupture de stock. associée à la traçabilité des produits (pro­
> Optimiser les temps de déplacement et duits dangereux, déchets, etc.), gestion
de préparation de commande. sous douane, gestion des prises de rendez­
> Assurer la traçabilité des produits pour vous avec les transporteurs.
une commande donnée. 3. Cartographier les processus routiniers
> Optimiser les livraisons en lien avec la et identifier les cas spécifiques.
prise de rendez-vous des transporteurs et 4. Prendre en compte l'écosystème infor­
cadencer de manière cohérente les vagues matique interne et externe et inventorier
de préparation de commande et les tour­ les systèmes voués à être interfacés.
nées de livraison en lien avec le TMS. 5. Définir les données en entrée et en sortie.
6. Rédiger les cahiers des charges fonc­
Contexte tionnels, lancer l'appel d'offres et évaluer
La qualité de l'exécution des opérations de les solutions en fonction de critères fonc­
stockage et de manutention est critique car tionnels et techniques.
elle conditionne la qualité de service liée aux 7. Développer et tester les interfaces homme/
commandes clients, elle participe à l'accélé­ système, homme/équipement, système/sys­
ration des flux et à la qualité des stocks. tème, système/équipement.
Beaucoup de décisions sont prises en fonction 8. Mettre en place une procédure de recette
de la connaissance du niveau des stocks à un des lots en distinguant rigoureusement
instant t et beaucoup de causes potentielles des tests de fonctionnalité, de capacité en
peuvent conduire à une méconnaissance de montée en charge et d'interfaçage.
ces stocks (démarque, erreur d'adressage,
..::: produits égarés, erreurs de saisie, etc.). La Méthodologie et conseils
� rigueur nécessaire aux différentes étapes des E
Les données logistiques sont évolutives et (])
§ opérations de manutention et de stockage .......,

impactées par de nombreux facteurs : réfé­ (/)


"Ri peut être utilement soutenue par un WMS. >
"'
'"' rentiel articles, typologie des commandes, V>
·� profil des clients, etc. Il est donc important
.......,
c
.B
:l"' (])
"O
0 c::0 Com ment l ' u t i l iser ? que le WMS retenu puisse tenir compte de E
c c:: ses évolutions et être capable de gérer des (])
:J c::0 O'
0 ·.i:u: Étapes modalités différentes par exemple de pré­ <O
'<j" c
......
.; 1. Prendre en compte les modalités de paration de commandes en parallèle. <O
0
N � réception des produits, de contrôle qualité, Il est important de prendre en compte le �
� (])
@ � de préparation de commande (au détail, à degré d'automatisation des systèmes instal­ (/)
...... :l :::::i
..c � la palette), de types de flux (produits sto- lés pour définir les interfaces avec les sys­ 0
O'l
..:,0 ckés versus produits cross-dockés). tèmes de pilotage des éléments mécanisés. .r:::.
·;:::: (])
>- c:::l 1.....
0. 2. Identifier les fonctionnalités devant être La solution WMS doit être une solution <O
0 Cl
u @ couvertes en fonction des objectifs opéra- ouverte et interfaçable avec : s

- 149 - SUITE O U T I L . ...


_ Q U __T I L Wa rehouse M a nagement System
(W M S)

> les ERP qui déversent les commandes et bonne appropriation des données. Le test
gèrent les données financières ; systématique des interfaces entre les lots
> les logiciels pouvant capter et restituer de mécaniques, génie civil, WMS et ressources
l'information de nombreux périphériques : humaines est essentiel. Il est fortement
- scanners, balances, recommandé d'impliquer aux différentes
- automates industriels, transstockeurs, phases du projet l'ensemble des acteurs.
- terminaux portables GSM, radio terminaux, Le tableau suivant donne une trame d'éva­
- imprimantes codes à barres, luation des besoins fonctionnels d'un WMS
- capacité à traiter la RFID. en fonction des objectifs de l'entreprise en
Et ce, de manière évolutive pour intégrer précisant quel est le niveau futur souhaité
dans le temps de nouvelles technologies. et nécessaire ou non :
Une phase de maquettage est impor­
tante pour représenter la solution via une

Processus Fonctlonallté
Opérations à valeur ajoutée (tri, contrôle qualité, nettoyage, ... )
Réception 11
Gestion de la quarantaine: blocage de produit en réception avec un déblocage automatique à la date
de fin de blocage

Moyens spécifiques de déchargement

Planification des rendez-vous

Attribution de quais
-
Estimation du personnel nécessaire pour le déchargement

Gestion des lots

Gestion des n° de série en entrée et en sortie de façon globale ou détaillée dans l'entrepôt

Suivi qualité fournisseurs


-
Demande de saisie automatique d'informations en réception prédéfinie par l'utilisateur (poids, quantité, ...) 1
Lecture SSCC ou autres unités logistiques
1
1
Contrôle Qualité en réception et actions associées aux résultats (blocage / déblocage par lot, par
série, par emplacem en t)
-
Réception retours (client, invendus, ... )

Mise en Sélection d'un emplacement basée sur des règles définies par l'utilisateur
-
emplacement Autoriser la modification de l'emplacement par l'opérateur
"O
0 Mise en emplacement et règles associées aux différentes unités de conditionnement
c
:J
0
'<j- Pour chacune des fonctionnalités, les données en entrée et sortie seront précisées .
......
0
N
Processus Fonctlonallté
@
....... Stockage Gestion segmentation du stock selon critères logiques (UM, N° lot, . . )/ gestion classe de stockage
..c
O'l Gestion des différents types de moyen de stockage (rack, masse, armoire, étagère, ... )
·;::::
>- Gestion des lots et blocage de lot avec blocage de l'expédition
0..
0
u Gestion des stocks d'alerte (DLUO)

- 1 50 -
DOSS I E R 3 M A Î T R I S E R L ' E X É C U T I O N D E LA S U P PLY C H A I N

Processus Fonctlonallté
Stockage Gestion systèmes automatiques de stockage
Contrôle des mouvements autorisés (magasin) et des transferts entre magasins

Préparation Gestion de tous types de commande (kanban, liste à servir, ... )

Gestion des commandes « urgentes »


Ordonnancement des commandes

Gestion des reliquats


Consolidation de commandes pour permettre le regroupement à la livraison
-
Gestion kitting avec intégration de la documentation commerciale
Préparation en couches uniformes/roll ou commande pré-al lotie
-
Expéditions Affrètement des transporteurs
Gestion des navettes
Ordonnancement des expéditions et gestion des quais et des rendez-vous permettant d'ordon-
nancer les préparations en fonctions des arrivées de camions
-
Contrôle des expéditions
-
Gestion de la prise de rendez-vous avec le client et enregistrement des modifications
Gestion étiquetage spécifique
-
Générer la documentation nécessaire aux clients, aux transporteurs (BL, liste de colisage, liste de
poids. produits dangereux. etc.)

Autres Gestion sous douane en reception origine de fabrication, N° déclaration, ...


(exemples non Cross dock
exhaustifs)
Prise en compte de contraintes de colisage (mono-produits, mono-lots)
Analyse ABC des stocks

• Au-delà des objectifs de la qualité du ser­ • Les économies en coût et les gains en qua­ E
vice (respect des délais, élimination des lité sont fonction de la situation de départ. (])...,
....
erreurs de préparation de commande, etc.) La mise en place d'un WMS peut générer (/)
>
et de la productivité des moyens, l'exactitude en fonction de la base line un enjeu de 10 à V>
.......,
des données logistiques et en particulier la 30 % du coût d'exploitation. c
(])
"O connaissance précise des stocks est un enjeu • La formation des utilisateurs est critique. E
0
c essentiel. Une solution WMS doit contribuer Une des solutions pour limiter les mauvaises (])
:J O'
0 à cet objectif. surprises lors de la mise en place d'un nou­ CU
c
'<j"
...... • Automatiser la production des indicateurs de veau WMS est de mener un « One Day Life » CU
0
N suivi de performance opérationnel le. qui permet de simuler avec tous les acteurs �
Efficacités du transport et des opérations logis­ concernés (cariste, chef de quai, prépara­ (])
@ • (/)
....... tiques sont de plus en plus interdépendantes. teur de commande ... ) le déploiement de la :::::i
..c 0
O'l Porter son attention sur l'interface du WMS et solution les interfaces homme/système et le .r:::.
·;:::: (])
>- l­
eu
0. du TMS opérationnels est porteur d'enjeu. déroulement opérationnel des processus.
0
u s

- 151 -
DOSS I E R

C
omme nous l'avons vu en particulier dans le dossier précédent, l'atteinte de
l'excellence en matière de performance de la Supply Chain ne peut s'appré­
hender sans une démarche de progrès continu.
Nous proposons dans ce dossier des outils que nous avons sélectionnés par leur fré­
quence élevée d'util isation et de valeur ajoutée et tout d'abord des outils basiques
et incontournables tels que la méthode de résolutions d e problèmes (outil 30), le
Value Stream Mapping qui permet d ' identifier les activités non génératrices de
va leur ajoutée et de privilégier les opérations créatrices de valeur et l'accélération
des flux (outil 31), les a n a l yses ABC qui permettent selon les critères de regrouper
au sein de fa m i l les Su pply C h a i n et logistiques des références articles, des four­
nisseurs, des c l ients et d ' é l a borer des solutions adaptées et c o m m u nes à chacune
d e ces familles dans u n double souci de création optimale de va leur et d e s i m p l i ­
fication (outil 32).
Cette démarche s'appuie sur les 6 composantes clés de tout modèle Supply
Chain :
La contribution d u S u pply C h a i n M a nagement a u x objectifs busi ness de l'entre­
"'O
0 prise. C'est à ce niveau q u e sont définies, comme nous l'avons a bordé dans le
c:
::i dossier 1, les priorités entre les 5 contributions potentielles que sont la valeur
0
v service, la baisse des coûts (apex), la réduction des stocks (wo r k i n g capital), l 'uti­
..-!
0 lisation optimale des capacités (capex) et enfin le développement d u r a b l e. De
N
facto, cette première composante est l ' i nd u cteur essentiel des 5 a u t res compo­
@ santes .
.....
.r:
en Les compétences des professionnels de l a logistique et du S u p ply C h a i n Mana­
ï:::
>­ gement a u sein de l'organ isation spécifique S u pply C h a i n et de l'org a nisation
a.
0 en général. La formal isation des missions, des objectifs, des périmètres d'action
u

1 52
DOSS I E R
et de respo n s a b i l ité et des feuil les de route constituent u n e d i mension essen­
tielle de cette composante. Le partage et la c o m m u n ication de ces éléments vien­
nent compléter les définitions. La première ressource m o b i l isée pour mettre e n
œuvre ces p l a n s d'action est h u m a i n e en mettant en avant l e s compétences tech­
n i q ues et m a n a g ériales. La description des e m p lois logistiques et Supply C h a i n
a u x différents e n d roits de l'organ isation e t l e s d i s positifs de motivation de tous
les acteurs font partie intégrante de cette seconde com posante. Nous consacrons
u n e place privilég iée à l'audit et à l a définition des compétences c i b l es a u niveau
d e l'outil 35.
La composante humaine et organisationnelle est essentielle. Elle explique en
g rande partie au-delà des processus, des systèmes et des solutions techniques,
le niveau de performance d'une Supply Chain. Le schéma suivant met en avant
l ' i m portance de la dimension managériale :

Management
Les structures de gestion des
ressources de l'entreprise

Pratiques Hommes

Les façons de faire,


de réaliser les tâches
(processus ou utilisation
des outils) Les compétences et les
comportements individuels
et collectifs

L'a n i m ation des personnes, la valorisation de leurs compétences et leur dévelop­


pement, la capitalisation des savoirs et des savoir-faire à travers des dispositifs de
-0
0 mise à disposition et de partage des pratiques, les bonnes bien sûr m a i s aussi les
c
::J retours d'expérience au sens large d u terme, sont des facteurs clés pour assurer
0
v une a m é l ioration continue de la performance Supply C h a i n .
..-1
0 L a conception des processus Supply C h a i n est dépendante d e s spécificités produits
N
et des processus de production. La conception simu ltanée des produits, des process
(U)
...... de production et des processus Supply Chain s u r l'ensemble d u cycle de vie des
.r:
Ol produits depuis l'approvisionnement des matières premières jusqu'aux opérations
·c
>­ de recyc lage des produits en fin de vie permet une optimisation d u coût g l obal. De
a.
8 la gestion sur stock à la gestion à la demande, il est possible de faire appel à une

1 53
DOSS I E R

gamme diversifiée de processus à partir desquels i l est recommandé de sélectionner


quelques processus génériques. S'il est important depuis la conception des cahiers
des charges services de différencier les offres et de concevoir des solutions ada ptées
à des familles Supply Chain, il ne faut pas pousser trop loin cette person nalisation
au risque de perdre en économies d'échelle et de générer des coûts prohibitifs.
Le nombre de données et l'im portance cruciale de la fiabilité des données utiles
à la bonne exécution des processus routiniers Supply Chain nécessitent le recours
a u x systèmes d ' i nformation ERP. Au-delà de ces transactions régulières, la prise de
décision sous jeu de contraintes multiples et priorisées devient complexe et l'uti li­
sation d'outils d'aide à la décision est très utile. L'outil 37 permet de faire le point
sur les différentes approches d'optimisation et de simulation à partir de la modéli­
sation des problèmes.
Les solutions opérationnelles contribuent de manière majeure à l'ensemble des
objectifs d u Supply Chain Management. Elles s'attachent à optimiser l'utilisation des
ressources d'exploitation et des capacités investies tout en cherchant à accélérer les
flux en lien avec la baisse des stocks. Là aussi la formalisation de flux physiques ou
de circuits génériques utilisés par des familles logistiques spécifiques est une bonne
approche pour accroître la performance.
Enfin, le système de mesure de la performance, de son contrôle et de son repor­
ting permet de définir les ind icateurs pertinents en ligne avec les objectifs poursui­
vis pour rendre compte du niveau de performance atteint.
La conception et la mise en œuvre de ces 6 composantes suivent une démarche
à la fois séquencée selon l'ord re exposé ci-dessus et de manière interactive et
itérative pour assurer u ne cohérence d'ensemble. On peut parler de cohérence
intrinsèque d'un modèle Supply C h a i n dont dépend le niveau de performance. U n e
démarche d e diag nostic d o i t s'attacher à vérifier cet a l ig nement généra l . Ces 6
com posantes ont vocation à faire l'objet d'audit et de diag nostic dans le d o u b l e
s e n s d'un contrôle d e la b o n n e a p p l ication d e s r è g l e s e t d e s procédures e t d e
l'évaluation des n i v e a u x d e maturité visés. C'est l'objet de l'outil 3 4 d'exposer
cette démarche d'éva l uation des maturités actuelle et future de la fonction Supply
C h a i n dans u n e entreprise d o n née. Le niveau d e maturité c i b l e dépend des objec­
tifs dédiés à la fonction Supply C h a i n et du contexte concurrentiel. L'a n a l yse des
écarts entre situation actuelle et maturité c i b l e est à l'origine des p l a n s de progrès
"'O
0 et d'accroissement de performance.
c:
::i
0 Doit-on parler de World Class Supply Chain ? Pourquoi pas mais à condition que
v
..-! tout u n c h a c u n garde présent à l'esprit qu'un niveau supérieur d e maturité dont
0
N le m a x i m u m peut s'énoncer en « Best in Class » doit être a l i g né avec les objec­
@ tifs stratégiques d'une entreprise d o n née et de son environnement concurrentiel.
.....
.r: Le niveau visé doit s'apprécier en va leur relative par rapport aux besoins clients
en
ï::: et aux offres concurrentielles, et non en va leur absolue qui consisterait à saturer

a. à 100 % tous les i n d icateurs de performance Supply Chain. Ce serait contraire à
0
u

154
DOSS I E R
l'objet même d u Supply Chain Management. Ce qui doit motiver le Supply Chain
M a nager, ce n'est pas la m a ximisation des indicateurs de performance mais la
constante prise en compte des besoins clients pour assurer un avantage durable
en faisant évoluer ce qui a de l a valeur telle que perçue par les c lients.
Les deux inducteurs clés q u i éclairent sur le niveau de maturité visé en dehors des
outils détaillés présentés dans ce dossier sont le niveau de complexité d'une Supply
Chain donnée et le niveau de performance visé. Comme le montre le schéma sui­
vant, on définit une première évaluation de la maturité visée en fonction du posi­
tionnement de l'entreprise d a n s l'un des q uatre q uadrants .


...... . Performance..
.. -
.
- -- ---.
·---- -- - -•••

.. -
·- •--

... .
- ••

--
...

. ,- "\
.. ..
\,
.,•'

. .. ..
,
'
,
,
'

.. .
,

..
' ,
' '

. . .. \ ,-
' -
-

- -
:
-

. . ....
-
..

' '
- .. -
'
- ....
-
..... ....
...........--· .... .. ......

- ��

/
.. - ----- .. -- �-- - - -- ...
-

\
-

i ··.. Complexité
- ---
.
��-

(
,
J \, \,
\, ..
......... . ..........
..
...
-' .......,
....
__
..
.... ______
..
\
I


Au-delà de la mise en œuvre de solutions génériques applicables à des familles logis­
tiques, une approche complémentaire pour maîtriser la performance Supply Chain
est de l'encadrer par des standards ou des
normes. C'est dans le domaine de la gestion
des stocks que prend place l'outil 33 dont L E S O U T I LS
l'objet est d'introduire la logique consistant
30 Méthode de résolution de problème . . 156
à définir des normes de stock pour facili­ ..... ............ .......

ter le respect des engagements des parties 31 Value Stream Mapping .................................................. 160
prenantes et simplifier l'exécution.
32 Analyses ABC 164 ..................................................................

L'amélioration de la performance Supply


Chain ne peut s'envisager sans une approche 33 Standard de stock . .. . . . . . .. . . . . . . . .. 170 . . .. . .. .. . . .... .... .. .... .... .. .. . ......

moderne de capitalisation des savoirs et 34 Grille audit/Pyramide de maturité


des savoir-faire aussi bien en interne qu'en des bonnes pratiques . . . . . . . . .. . .174 .. ... . . . . . . . . .. . .......... .... .... .. . ....

externe à l'entreprise. C'est pourquoi nous


consacrons un outil au knowledge manage­ 35 Grilles audit de compétences . . . . . . 180 . .... .. .. .... ............ .......

......

..c ment dans les domaines de la logistique et


Ol 36 Système d'amélioration continue d'entreprise 184 ........

·c du Supply Chain Management (outil 36).


>
a. 37 Modéliser un problème logistique/Supply Chain .... 188
8

1 55
M ét hode de résolution de problème

____ ANALYSE R LES DYSFONCT I O N N E M ENTS ---�


D E LA SUPPLY C H A I N POUR M ETTRE
E N ŒUVRE LES SOLU T I O N S LES PLU S ADAPTÉES

Série de mini-transformations couvrant


les différents sites/secteurs
(-10-12 semaines par vagues)
_/\_
E---- 4 - 8 s---')

Ancrer / Pérenniser

Démarche générique de résolution de problème

"'O
0
c
::J
0
'<j"
.-i
0
N
En résumé
@
...... Les méthodes de résolutions de problème sont des démarches struc­
..c:
Cl turées et outillées permettant de définir, de mettre en place et de
·;:::
>­ pérenniser des solutions d'amélioration de la performance de la Supply
a.
0
u Chain.

- 1 56 -
D O S S I E R 4 D I A G N O S T I Q U E R ET A M É L I O R E R L A P E R F O R M A N C E D E L A S U P P LY C H A I N

Pourq u o i l'uti l iser ?

Objectifs
Résoudre de manière définitive un pro­
blème complexe engendrant une perte de
performance de la Supply Chain.

Contexte
C'est une démarche d'amélioration ou de
progrès en rupture des processus Supply
Chain. Plusieurs solutions sont décrites dans
la littérature : les démarches Kaizen (réso­
lution d'un problème local), les démarches
PDCA ou DMAIC. Elles reprennent toutes
des étapes similaires.

Com ment l'uti liser ?


Étapes
Définir les objectifs recherchés par la
démarche et son périmètre.
1. Définir l'équipe et le planning.
2. Formaliser et modéliser la situation exis­
tante.
3. Analyser, le plus quantitativement pos­
sible les causes des problèmes.
4. Définir en groupe les solutions possibles
et choisir la plus adaptée (impact x mise
en œuvre). • Permet de structurer la démarche pour résoudre Q)
.-::: 5. Définir les actions nécessaires pour E
� le problème de manière définitive.
� mettre en œuvre la solution et la tester sur ..0
0
.: un périmètre pilote.
:1l

o..
"'
'"' 6. Définir les actions et l'organisation Q)
·� u
.B nécessaire pour généraliser les solutions. B i e n définir l'équipe qui participe à cette
:l"' •
c
"O
0 c:: démarche. 0

c
0
c::Méthodologie et conseils Bien cadrer la durée de la démarche, elle ne doit
:J c::
0
0 ·.i::Il est nécessaire de passer du temps sur les pas dépasser 6 mois sous peine de s'enliser.
u
'<j" :l
phases en amont de description du problème
...... 1'.l • La difficulté d'application de cette démarche
0 8
c.. et d'identification des causes, et ne pas aller en Supply Chain provient du champ d'applica­
N �
@ � trop vite à la solution sous peine de ne trai- tion : les problèmes constatés en opérationnel
...... :i
..c � ter que superficiellement le problème. ont des causes profondes pouvant remonter
O'l 1
·;:::: -g Un des outils clés de l'analyse des causes est au processus S&OP. Il est nécessaire de bien
>-
0. § l'AMDEC qui à partir des défaillances pos­ comprendre le problème et ses causes.
0 o
u @ sibles du processus, identifie les causes.

- 157 - SUITE O U T I L • -+
_ Q U __T I L
Mét hode de résol ution de problème

APPROFONDISSEMENT : Démarche d'excellence


opérationnelle en Supply Chain

Les démarches d'Excellence Opération­ En effet on peut noter plusieurs diffé­


nelle ont été décrites et éprouvées dans rences entre une approche classique et
les entreprises, notamment au travers des une approche de résolution de problème
démarches Lean & Six Sigma, mais essen­ en Supply Chain.
tiellement sur des processus d'exécution.
Il convient donc d'adapter ces éléments au
domaine des métiers de la Supply Chain.

Résolution de problème classique Résolution de problème en Supply Chain


1 flux ou 1 processus transactionnel identifié Plusieurs processus itératifs et corrélés

Physique Information

Performance unitaire SQDC Performance globale OTIF/stock/coût global SC

Délai Fiabilité 1

Relative indépendance par rapport au métier Connaissance du métier Supply Chain nécessaire
-

Population large Population limitée

Opérateur - Maîtrise Maîtrise - Management

Valeur ajoutée identifiable Valeur ajoutée difficilement identifiable

Résultats rapides (cycle court) Résultats 3-6 mois (période figée)

Un exemple de démarche de résolution de tences et du Système d'information. Une


problème dans la Supply Chain est pré­ autre différence concerne le renforcement
senté ci-après. Les différences notables de la phase d'accompagnement, les chan­
concernent notamment la recherche des gements étant plus lourds et plus longs à
causes de non-performance intégrant mettre en œuvre que dans une démarche
l'analyse de bonnes pratiques, des compé- classique.

"O
0
c
:J
0
'<j"
......
0
N
@
.......
..c
O'l
·;::::
>-
0.
0
u

- 1 58 -
D O S S I E R 4 D I A G N O S T I Q U E R ET A M É L I O R E R L A P E R F O R M A N C E D E L A S U P P LY C H A I N

· Périmètre
· Objectifs d'amélioration de la performance
· Ressources nécessaires
· Formations

· Analyse des KPI SC & indicateurs opérationnels


(Benchmarks, évolutions...)
· Déclinaison des KPI en indicateurs opérationnels

· Analyse de l'application des Bonnes Pratiques


· Système de management
· Bilan managérial / Analyse Rôles et Responsabilités
· Vérification des compétences
· Fonctionnalités du Système d'information
· Identification collective des leviers d'amélioration
· Évaluation des impacts sur la performance Supply Chain
• Priorisation et mise en chantiers