Vous êtes sur la page 1sur 8

Décision d’investissement et de financement

Objectif de l’investissement : maintenir voire maximiser la rentabilité de l’entreprise sur une


longue période en gardant le risque dans des limites acceptables.

Une décision d’investissement :

 Engage l’entreprise sur plus de 2 ans


 Décision prise dans l’incertitude
 Décision prise par la direction générale pour les investissements lourds

On appelle cela une décision stratégique quand ces trois points sont respectés.

Les différents types d’investissements :

 Investissement de remplacement (d’équipements anciens par des plus récents, des plus performants) ou
investissement de productivité
 Investissement d’expansion (équipements supplémentaires) pour plus d’activités
 Investissement « stratégique » pour augmenter son pouvoir à l’intérieur du secteur (DAS)
 Investissement humain : formation et évolution de carrière

L’entreprise va devoir choisir entre plusieurs projets en regardant :

 La rentabilité prévisionnelle de chaque projet


 Le risque encouru

Quelle rentabilité ?

Charges Produits

Dotations aux amortissements Chiffre d’affaires


Bénéfice

 Un tiers des bénéfices va au Trésor Public pour une SARL.


 On majore donc les charges pour faire moins sortir d’argent.

La marge nette d’autofinancement

Produits

Charges Dotations aux amortissements Bénéfice brut

Marge nette d’autofinancement Impôts

Dividendes
Autofinancement net
versés
Autofinancement
de croissance
EGO 1 M. Gros
Quel risque ?
Le risque augmente au fur et à mesure « qu’on monte dans le bilan ».

Emplois Ressources

Valeurs immobilisées Capitaux propres

Valeurs d’exploitation (stock) Dettes à moyens et longs termes

Valeurs réalisables (compte Clients)


Dettes à courts termes
Valeurs disponibles

Plus on immobilise de l’argent, plus on prend le risque de ne pas le rentabiliser.

I. Les critères de choix de l’investissement


Exemple : On a deux projets pour lesquels les marges nettes d’autofinancement prévues sont :

1 2 3 4 5 Gains

Projet A
-100 000 0 250 000 350 000 350 000 850 000 – 500 000 = 350 000
Investissement : 500 000 €
Projet B
100 000 100 000 150 000 150 000 150 000 650 000 – 400 000 = 250 000
Investissement : 400 000 €

Une grande entreprise peut se permettre de privilégier le projet A. En revanche, une PME choisirait plutôt le projet B au
niveau des risques.

1. Le délai de récupération ou retour sur investissement


Définition : consiste à calculer en combien d’années et mois la somme des marges nettes
d’autofinancement permettra de rembourser l’investissement initial. On choisira le projet où le
retour est le plus rapide.

 Le projet A : délai de 4 ans


 Le projet B : délai de 3 ans et 4 mois.

Ce critère est privilégier par les PME car elles ont moins de moyens de financement et maîtrisent moins leur
environnement.

2. La valeur actualisée nette


Principe : l’actualisation se fonde sur la théorie des intérêts composés.

Exemple – Je décide de placer une valeur 𝑽𝑽𝟎𝟎 = 𝟏𝟏𝟏𝟏𝟏𝟏𝟏𝟏 € avec 𝒊𝒊 = 6 %/an

𝑽𝑽𝟏𝟏 𝑉𝑉0 + (𝑉𝑉0 + 𝑖𝑖) = 1000 + 60 = 1060

𝑽𝑽𝟐𝟐 𝑉𝑉1 + (1 + 𝑖𝑖) = 1060 + 63,60 = 1123,60 = 𝑉𝑉0 (1 + 𝑖𝑖)²

𝑽𝑽𝟑𝟑 𝑉𝑉2 + (1 + 𝑖𝑖) = 1123,60 + 67,42 = 1191,02 = 𝑉𝑉0 (1 + 𝑖𝑖)3

EGO 2 M. Gros
𝑉𝑉3 = 1191,02 est la valeur acquise par 𝑉𝑉0 = 1000 à 6 % /an. De manière générale, 𝑉𝑉𝑛𝑛 = 𝑉𝑉0 (1 + 𝑖𝑖)𝑛𝑛

On peut dire que 𝑉𝑉0 c’est la valeur actuelle de 𝑉𝑉3 à 6 %/an.

𝑉𝑉𝑛𝑛
𝑉𝑉0 =
(1 + 𝑖𝑖)𝑛𝑛
𝑛𝑛
marge nette d' autofinancemen𝑡𝑡𝑝𝑝 valeur résiduelle des équipements après impôts × 2⁄3
valeur actuelle nette = � + − 𝐼𝐼0
(1 + 𝑖𝑖)𝑝𝑝 (1 + 𝑖𝑖)𝑛𝑛
𝑝𝑝=1

Le choix de 𝒊𝒊 qui est le coefficient d’actualisation ?


Fondement : le vieil adage « un tiens vaut mieux que deux tu l’auras ». Il y a trois raisons à cela :

 Préférence psychologique pour la chose présente due à l’idée de risque → 6 %


 Possibilité de profiter (tirer un revenu) tout de suite → 4 % (taux d’intérêt bancaire)
 Érosion monétaire (inflation) → 2 %

On fait la somme des taux et par conséquent le taux 𝑖𝑖 va être de 12 %.

Remarque 1 : cette méthode nous oblige à choisir un peu arbitrairement le taux d’actualisation.

Définition : l’actualisation consiste à mesurer en valeur monétaire d’aujourd’hui les marges


d’autofinancement attendues en les minorant d’autant plus qu’elles sont lointaines.

Exemple
𝑣𝑣𝑣𝑣𝑣𝑣𝑣𝑣𝑣𝑣𝑣𝑣 𝑟𝑟é𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠
����� �� 𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖 𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖
516 000 532 670 550 000 568 000 586 670 5 000 × 2 × 2⁄3
𝑉𝑉𝐴𝐴𝐴𝐴 = + + + + + − ��
1 500 ��� ��
000 = 474 484,112
1,12 1,12² 1,123 1,124 1,125 (1,12)5
≈ 474 000 €

Remarque 2 : ce calcul intègre à la fois toute la rentabilité et la notion de risque.

3. Le taux de rentabilité interne (TRI)


𝑖𝑖 tel que :
𝑛𝑛
marge nette d' autofinancemen𝑡𝑡𝑝𝑝 valeur résiduelle des équipements après impôts × 2⁄3
� + − 𝐼𝐼0 = 0
(1 + 𝑖𝑖)𝑝𝑝 (1 + 𝑖𝑖)𝑛𝑛
𝑝𝑝=1

Principe : entre plusieurs projets, on sera tenté de choisir celui qui offre le TRI le plus élevé.

Exemple
𝑣𝑣𝑣𝑣𝑣𝑣𝑣𝑣𝑣𝑣𝑣𝑣 𝑟𝑟é𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠
����� �� 𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖 𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖
516 000 532 670 550 000 568 000 586 670 5 000 × 2 × 2⁄3
+ + + + + − ��
1 500 ��� ��
000 = 474 484,112
1,12 1,12² 1,123 1,124 1,125 (1,12)5

Projet 1 Projet 2 Projet 3


𝒊𝒊 = 𝟏𝟏𝟏𝟏 % 𝑖𝑖 = 14 % 𝑖𝑖 = 9 %

Toutefois, entre plusieurs projets au TRI jugé suffisant on peut être tenté celui qui a le délai de récupération le plus court.

EGO 3 M. Gros
Exercice – Cas SITRADEP
On doit choisir entre le projet A (partiellement étudié) et le projet B.

Projet B
1 2 3 4
Prix de vente 400 416 433 450
Quantités prévisionnelles 6000 6500 7000 7500
Chiffre d’affaires prévisionnel 2 400 000 2704000 3031000 3375000
Coût variable unitaire 300 315 331 347
Charges variables globales 1800000 2047500 2315250 2604656
Charges de structure 350000 350000 350000 350000
Charges totales
2150000 2397500 2665250 2954656
d’exploitation
Bénéfices avant impôts 250000 306500 365750 420344
Bénéfices après impôts 166667 204333 243833 280229
Marge nette
516667 554333 593833 630229
d’autofinancement

60 000 × 2/3
𝑉𝑉𝑉𝑉𝑁𝑁𝐴𝐴 = 2018000 + – 1600000 = 443420,723
1,124

2
516667 516667 593833 630229 30000 × 3
𝑉𝑉𝑉𝑉𝑁𝑁𝐵𝐵 = + + + + − 1400000 = 339131,58
1,12 1,122 1,123 1,124 1,124

On choisit alors le projet A.

II. La résolution du projet passe par :


1. Un plan d’investissement : la liste des besoins sur plusieurs années
Achats Ventes
Stockage MP Fabrication production Stockage PF

Besoin en fonds de roulement

2. Un plan de financement : montage financier qui permet de couvrir ces besoins.


(voir annexe)

EGO 4 M. Gros
TP gestion financière : tableau d’investissement, tableau de financement
Année 1 Année 2 Année 3

Reconstitution éventuelle du fonds de roulement net

Remboursement d’emprunts antérieurs 139 000 52 000 12 000

Investissements en immobilisations 410 000 500 000 460 000

Prises de participation

Investissements en services, frais de démarrage… 110 000

Accroissement annuel du fonds de roulement net 30 000 30 000 30 000

Besoin à couvrir par des capitaux permanents 689 700 582 000 502 000

Besoin à couvrir par des capitaux permanents 689 700 582 000 502 000
Moyens de financement propres 350 000 410 000 470 000
 Bénéfices distribués 110 000 110 000 110 000
 DAA 240 000 300 000 360 000
Insuffisances ou excédents annuels -339 700 -172 000 -32 000
Moyens extérieurs nécessaires
 Emprunt 300 000 280 000 150 000
 Remboursement emprunt -40 000 -90 000
Ressources financières nettes annuelles 300 000 240 000 60 000

Excédents annuels de capitaux permanents -39 700 68 000 28 000


Excédents cumulés en fin Trésorerie initiale :
60 300 128 300 156 300
d’année 100000
1. Le projet est-il intéressant ?

Le chiffre d’affaires augmenterait de plus de 25 %. Le bénéfice brut est de 731900 €. La marge est donc d’environ 19 %.

Remarques :
1. Le plan de financement couvre bien les besoins. La trésorerie est en progression sauf la première année.
2. Cette trésorerie est largement alimentée par l’emprunt, a-t-on besoin d’autant de cash ? Il faut donc compléter
l’étude par une étude de la trésorerie mensuelle de l’entreprise (pour vérifier que certains mois les découverts
ne sont pas trop importants).

III. Les sources de financement stables


1. Les fonds propres et quasi-fonds propres
 Le capital social apporté par le(s) (co)propriétaire(s)
o L’entreprise essaie de vendre des actions nouvelles
 Conditions favorables :
• Une confiance dans le climat boursier
• L’entreprise doit être rentable
• L’entreprise doit avoir une politique généreuse par rapport à ses actionnaires
• Une confiance dans la possibilité de revendre dans de bonnes conditions

EGO 5 M. Gros
Quelques fois pour inciter les investisseurs à acheter des actions nouvelles, on procède à une distribution d’actions
gratuites.

Avantages de l’augmentation du capital :



• Augmentation du capital qui n’est jamais remboursé :
o Financement stable dans la durée
• Augmente l’indépendance de l’entreprise par rapport au banquier
 Inconvénients :
• Augmentation du capital qui n’est jamais remboursé :
o Rémunération « ad vitam aeternam »
o Pas facile, surtout pour la PME non cotée en bourse
 L’autofinancement : le bénéfice qui reste dans l’entreprise + les dotations aux amortissements.
o Condition évidente : l’entreprise doit être (très) rentable
o Avantages :
 Financement autonome donc indépendant des banques
 Financement qui apparaît comme gratuit
o Inconvénients :
 Rarement suffisant, sauf pour financer des projets peu ambitieux
 Financement qui peut priver de bénéfices les actionnaires qui peuvent se lasser et revendre
leurs actions
• Baisse de la valeur marchande des titres → attention aux OPA et OPE
 Risque de rendre difficile une future augmentation de capital

OPA : Une offre publique d'achat (ou offre publique d'acquisition) sur des actions cotées en
bourse, est lancée par une entreprise ou par un groupe d'investisseurs, à un prix d'achat
déterminé, dans l'optique de prise de contrôle d'une (autre) entreprise.

Dans certains cas, le lancement d'une OPA est limité par la règlementation, en particulier lorsque
l'acheteur contrôle déjà directement ou indirectement sa cible (passage du seuil des 50% des
droits par exemple). Cette obligation a été instituée afin de protéger les autres actionnaires en
leur offrant une solution de sortie.

Le prix est naturellement presque toujours supérieur au cours de bourse avant le lancement de
l'opération, mais ce n'est pas obligatoire (en particulier pour les OPA imposées).

Certains investisseurs (ou spéculateurs) sont à la recherche des titres pouvant faire l'objet d'une
OPA, car c'est souvent l'occasion de faire une plus-value.

OPE : Une offre publique d'échange sur des actions cotées en bourse est lancée par une société,
selon une proportion d'échange déterminée entre des actions de la société « cible » et celle qui
veut en prendre le contrôle.

Par exemple, 5 actions de la société cible donneront droit à 3 actions de la société offreuse en cas
d'acceptation de l'offre (cet exemple suppose que 3 actions de l'offreuse valent davantage en
bourse que 5 actions de la cible).

EGO 6 M. Gros
 Les quasi-fonds propres concernent surtout les PME qui ont du mal à trouver des actionnaires.
o Les comptes courants d’associés : argent prêté à l’entreprise par des associés qui possèdent au moins 5 %
du capital sur une période variable, l’associé n’ayant pas intérêt à mettre en péril la trésorerie de son
entreprise.
o Les prêts participatifs : prêt accordé à l’entreprise moyennant intérêt et/ou participation aux bénéfices
par un organisme acceptant d’être créancier de dernier rang.

I. L’emprunt qui se caractérise par :


 Un montant
 Une durée
 Un intérêt
 Des modalités de remboursement
 À long terme (supérieur à 7 ans)
o Accordé par des organismes financiers spécialisés
o Obtenu des particuliers (faire appel à l’épargne publique) sous forme d’un emprunt fractionné. Une
fraction correspond à une obligation.
 Réservé aux grandes entreprises cotées
• Capital social > 235 000 €
• 3 derniers exercices bénéficiaires
• Obligation d’informations du grand public
 Remarque : les obligataires sont des créanciers privilégiés
 À moyen terme (entre 2 et 7 ans) accordé par le système bancaire
 Avantages de l’emprunt :
o Facilité pour les entreprises jugées solvables c'est-à-dire peu endettées
o On emprunte sur la seule durée pendant laquelle on en a besoin
 Inconvénients :
o On augmente la dépendance de l’entreprise par rapport aux banques
o On augmente l’endettement
o Coûteux si les taux d’intérêts sont élevés
 À signaler pour la PME : système OSEO en France qui apporte
o Financement avec les banques
o Garantie (sur 40 à 70 % du financement)

OSEO est, en partie, un établissement public français (l'entreprise des entrepreneurs est sa
nouvelle signature) chargé de soutenir l'innovation et la croissance des petites et moyennes
entreprises - également appelé "banque publique des PME" et "agence de l'innovation" (sorte de
grand pôle financier public, créé depuis 2005) - pour favoriser entrepreneuriat, innovation,
compétitivité, maintien et création d'emplois grâce à la simplification de l'accès au financement
privé et public.

II. Le crédit-bail (ou location avec options d’achats ou leasing)


Définition : on fait acheter l’équipement dont on a besoin par un organisme financier dont on
sera locataire jusqu’à ce que soit on décide de racheter pour un montant convenu soit on rende
l’équipement soit on décide de continuer à louer.

 Avantages :
o Pas de problème de financement
o Grande souplesse

EGO 7 M. Gros
o Pas de modification du bilan
o Pas d’endettement
 Inconvénients :
o L’organisme financier prend tous les risques qu’il fait payer

IV. Choisir un mode de financement passe par un diagnostic financier de


l’entreprise
1. Du bilan comptable au bilan financier
 On évalue chaque poste en termes de valeur probable de revente
 On reclasse les postes :
o De l’actif en fonction du degré de liquidité croissante
 À plus de 6 mois → les valeurs immobilisées
 De 3 à 6 mois → les valeurs d’exploitation
 De 1 à 3 mois → les valeurs réalisables
 À moins de 1 mois → les valeurs disponibles
o Du passif en fonction du terme d’exigibilité
 À moins ou à 3 mois → dettes à court terme
 À plus de 3 mois → dettes à moyen et long terme

Exemple
Actif Montant
Valeurs immobilisées :
Fonds commercial 2 000 000
Immobilisations corporelles 3 000 000
Prêts supérieur à 1 an 40 000
Titres de participation 736 000
Dépôts et cautionnements 20 000
Clients douteux 30 000
Stock de sécurité ou stock outil 154 000
Valeurs d’exploitation :
Stock actif 1 346 000
Valeurs réalisables
Clients 380 000
Clients effets à recevoir 160 000
Autres débiteurs 90 000
Prêts à moins d’un an 150 000
Valeurs disponibles
Clients (effets à recevoir escomptables) 500 000
Titres de placement 190 000
Banque CCP Caisse 510 000
Régularisation Actif 20 000
Total Actif

EGO 8 M. Gros