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Synthèse

Méthodes analytiques de détermination


des mycotoxines dans les produits agricoles :
une revue

Bart Huybrechts Résumé


Emmanuel Kossi Tangni En raison de la présence inévitable des mycotoxines dans les produits agricoles et de leurs
Philippe Debongnie toxicités potentielles pour l’homme et les animaux, il s’avère impératif qu’elles soient
Jorina Geys détectées et éliminées de la chaı̂ne alimentaire. Cette revue discute des méthodes
Alfons Callebaut analytiques conventionnelles et émergentes reposant sur les avancées technologiques
Centre d'etude et de recherches récentes dans l’analyse de mycotoxines. Bien que la plupart des méthodes analytiques
v
et
erinaires et agrochimiques officielles soient chromatographiques (avec détecteur ultraviolet ou fluorescence), des
(CODA-CERVA) stratégies alternatives comme les méthodes immunochimiques et le recours à la
Direction operationnelle s
ecurit
e chimique chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse ont connu une percée
de la chaîne alimentaire importante sur le marché et sont de plus en plus utilisées de par la relative simplicité de
Unit
e toxines et substances naturelles
l’extraction et la multidétection des mycotoxines avec une sensibilité plus élevée. Le défi
Leuvensesteenweg 17
3080 Tervuren des technologies naissantes est de démontrer des avantages par rapport aux méthodes
Belgique conventionnelles souvent utilisées comme méthodes officielles.
<bahuy@coda-cerva.be>
<emtan@coda-cerva.be> Mots clés : chromatographie ; criblage ; méthodes analytiques ; mycotoxines ; produits
<phdeb@coda-cerva.be> agricoles.
<jogey@coda-cerva.be>
<alcal@coda-cerva.be> Thèmes : méthodes et outils ; pathologie ; productions végétales ; qualité et sécurité des
produits.

Abstract
A review of analytical methods for determining mycotoxins in agricultural products
Due to their unavoidable presence in agricultural products and their potential risk for
human and animal health, it is imperative that mycotoxins be detected and removed from
the food chain. This review reports both established conventional and emerging methods
based on recent advances in mycotoxin analyses. Although most official detection
methods are chromatographic (coupled with an ultraviolet or fluorescence detector),
alternative strategies such as immunochemical methods and liquid chromatography
coupled with mass spectrometry have seen a major breakthrough on the commercial
market. They comport the advantages of making simple extraction possible along with
high sensitivity multidetection. Emerging technologies are of potential application in the
analysis of mycotoxins and may demonstrate advantages over the more conventional and
well established techniques used as official analytical methods.
Key words: agricultural products; analytical method; chromatography; mycotoxins;
screening.
Subjects: pathology; product qualty and security; tools and methods; vegetal productions.
doi: 10.1684/agr.2013.0616

Pour citer cet article : Huybrechts B, Tangni EK, Debongnie P, Geys J, Callebaut A, 2013. Méthodes
analytiques de détermination des mycotoxines dans les produits agricoles : une revue. Cah Agric
22 : 202-15. doi : 10.1684/agr.2013.0616
Tirés à part : E.K. Tangni

202 Cah Agric, vol. 22, n8 3, mai-juin 2013


L
es mycotoxines sont des méta- nes, l’ochratoxine A, la patuline et les sont généralement extraites d’échantil-
bolites secondaires de champi- mycotoxines de Fusarium telles que le lons moulus (cas des solides), soumis à
gnons microscopiques qui déoxynivalénol, zéaralénone et fumo- une agitation ou trituration par homo-
peuvent se développer sur la plante nisines dans les aliments destinés à la généiseur disperseur ultraturrax après
au champ ou en cours de récolte, consommation humaine et animale. Les ajout de solvants organiques polaires ou
transport ou stockage. Ces toxines se limites pour les toxines T2 et HT2 sont apolaires purs ou en mélange (eau,
trouvent à l’état de contaminants actuellement à l’étude. Il s’avère donc acétonitrile, méthanol, éthanol, chloro-
naturels de nombreuses denrées végé- nécessaire de veiller à l’occurrence des forme, acétate d’éthyle, dichloromé-
tales, notamment les céréales mais aussi mycotoxines dans les denrées alimen- thane) (Langseth et Rundberget,
les fruits, noix, amandes, graines, four- taires. Des efforts sont déployés par les 1998 ; Krska et Josephs, 2001). La
rages ainsi que les aliments composés analystes pour développer et valider les tendance de ces dernières années pour
ou manufacturés provenant de ces méthodes et fiabiliser les résultats la préparation d’échantillons réside
matières premières et destinés à l’ali- analytiques puisque d’importantes dans la minimisation de l’utilisation de
mentation humaine ou animale. En décisions de retrait ou d’interdiction solvants, particulièrement les solvants
conséquence, les produits tels que les d’utilisation de matières premières ou chlorés et ceux qui sont nocifs à l’envi-
œufs, lait, abats (reins, foie) provenant de denrées alimentaires peuvent repo- ronnement et à la santé. Aussi, la
d’animaux préalablement exposés sont ser sur ces résultats. La présente revue miniaturisation des procédures analyti-
aussi contaminés par les mycotoxines. vise à présenter la situation des métho- ques est-elle envisagée de manière à
La production de ces molécules est des analytiques conventionnelles et réduire à une plus petite dimension la
directement liée au développement émergentes incluant les techniques de prise d’échantillon et les solvants tout en
fongique et peut grandement varier en dépistage rapide des mycotoxines dans maintenant l’efficacité de l’approche
fonction des paramètres environne- les matrices agricoles. Un accent parti- analytique. La purification de l’extrait
mentaux qui influent sur la croissance culier est mis sur l’importance que revêt est souvent une étape inévitable dans
fongique. Les mycotoxines les plus la préparation des échantillons et sur les l’analyse des mycotoxines. Elle repose
connues sont les aflatoxines, déoxyni- pièges que présente l’analyse de myco- sur les techniques d’extraction liquide-
valénol, ochratoxine A, fumonisines, toxine. liquide (LLE), sur l’utilisation des colon-
zéaralénone, patuline, toxines T2 et nes à phase solide (solid-phase extrac-
HT2. D’autres mycotoxines moins fré- tion [SPE]) ou des colonnes
quemment détectées, selon les produits Approches d’immunoaffinité (immuno-affinity
agricoles, sont les nivalénol, monilifor- column [IAC]).
mine, citrinine, acide pénicillique, analytiques
roquefortine, acide mycophénolique, Extraction liquide-liquide
stérigmatocystine, acide cyclopiazo- Pour l’analyse des mycotoxines habi-
nique, verruculogène, griséofulvine, tuellement présentes à l’état de traces, il Cette vieille technique reste encore
citréoviridine, gliotoxine, monacoline existe une panoplie de méthodes utilisée pour la préparation d’échantil-
ou mévinoline, sporidesmines, satrato- catégorisées en deux groupes : les lons à l’aide de solvants comme
xines, enniatines, beauvéricine, les méthodes rapides de criblages comme l’acétonitrile, le chloroforme, le métha-
alcaloı̈des d’ergot, etc. Leur diversité les méthodes immunologiques et la nol, l’acétate éthylique, etc. Elle
structurale se traduit par une grande chromatographie sur couche mince s’applique aussi bien aux échantillons
variété de mécanismes d’actions et (CCM) et les méthodes quantitatives liquides que solides. Pour ces derniers,
d’effets toxiques aigus et surtout chro- comme les chromatographies liquides une préétape d’extraction est néces-
niques sur la santé animale et humaine ou gazeuses (HPLC et GC), basées saire. Différents modes peuvent être
(Sweeney et Dobson, 1998). En plus des essentiellement sur la séparation chro- utilisés, comme l’extraction conven-
effets néfastes sur la santé, la contami- matographique des molécules puis leur tionnelle de Soxhlet ou l’extraction
nation inévitable par les mycotoxines détection par fluorimétrie ou spectro- ultrasonique. Les composés thermi-
occasionne d’importantes pertes éco- métrie. Avant leur quantification, les quement moins stables présentent un
nomiques. Pour la Hongrie, les pertes mycotoxines présentes dans les pro- inconvénient quant à l’utilisation de
directes et indirectes occasionnées par duits agricoles sont d’abord extraites et Soxhlet. Des techniques plus récentes
la contamination du blé en 1998 sont parfois purifiées avant d’être détectées. incluent l’extraction par fluide super-
estimées à 100 millions d’euros critique (SFE), l’extraction par liquide
(Milićević et al., 2009). Selon l’Organisa- pressurisée (PLE), également connue
tion des Nations unies pour l’alimenta- Préparation sous le nom d’extraction par solvant
tion et l’agriculture (FAO), plus de 25 % accélérée (ASE) et l’extraction assistée
de la production agricole mondiale d'échantillons par micro-ondes (MAE). Elles exigent
est contaminée par des mycotoxines moins de solvant et présentent habi-
(FAO, 2003). Face à cette situation, la et préconcentrations tuellement une meilleure efficacité
plupart des pays ont adopté des règle- d’extraction (en termes de rendement).
ments pour limiter les risques pour L’une des étapes cruciales pour la
l’alimentation animale et humaine. En détermination qualitative ou quantita- Extraction en phase solide
Europe, les règlements de la Commis- tive de différentes mycotoxines est la
sion européenne (CE 1881/2006, 1126/ préparation d’échantillons et la précon- Pour les trichothécènes, les principa-
2007, 105/2010) couvrent les aflatoxi- centration d’analytes. Les mycotoxines les colonnes utilisées pour la

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purification des extraits sont les Des phases stationnaires reposant sur ries importantes : celles qui peuvent
colonnes MycoSep, SPE silice et SPE le principe des polymères à empreinte être conduites avec une formation
Florisil (Omurtag et Yazicioglu, 2001 ; moléculaire (MIP) émergent actuelle- minimale dans les laboratoires (analy-
Mateo et al., 2001). Elles contiennent ment, leur sélectivité est équivalente à ses de dépistage rapide) et celles qui
différents adsorbants comme le char- celle des IAC à anticorps polyclonaux. doivent être conduites par un person-
bon, la célite et une résine échangeuse Un intérêt croissant est observé et nel qualifié de laboratoires d’analyses.
ionique (Langseth et Rundberget, découle de leurs faibles coûts, d’une
1998). Les colonnes MycoSep sont préparation facile, d’une stabilité chi-
les plus utilisées et les plus disponibles mique élevée et d’une longue durée Méthodes
dans le commerce, capables d’élimi- de conservation. Les MIP sont les
ner rapidement des extraits crus, les
interférences provenant des matrices.
polymères réticulés synthétisés par la
réaction d’un monomère et d’un
de dépistage rapide
Les composés interférents adhèrent éditeur absolu en présence de l’ana- (criblage)
aux adsorbants de la colonne et lyte concerné. Après polymérisation,
laissent passer ainsi l’extrait purifié l’analyte est éliminé quittant les
par un fritté. Ces colonnes permettent emplacements d’identification spécifi- Eu égard aux diversités d’échantillons,
la purification simultanée et rapide de ques à l’intérieur des polymères (Ali à leur grand nombre, aussi bien qu’à la
plusieurs types de mycotoxines. et al., 2010). diversité chimique et l’occurrence
Des colonnes d’immunoaffinité (IAC) simultanée des mycotoxines dans les
basées sur des anticorps sont égale- échantillons, un besoin de méthodes
ment utilisées (Cahill et al., 1999 ; rapides de multi-analytes adaptées aux
Autres alternatives diverses matrices s’avère nécessaire.
Pascale et al., 2003). Elles constituent
un alternatif plus spécifique de purifi- Comme alternative à l’utilisation des Ces méthodes devraient être assez
cation des mycotoxines à l’aide d’anti- SPE, la micro-extraction en phase sensibles pour détecter les mycotoxi-
corps de mycotoxines fixés sur une solide (solid phase microextraction nes au-dessous des limites légalement
surface, le tout conditionné dans une [SPME]) est rapportée et repose sur imposées.
colonne. L’extrait dilué est appliqué à la l’utilisation des fibres enduites de dif-
colonne. Les toxines adhèrent aux férentes phases stationnaires sur les- Méthodes immunochimiques
anticorps et la majeure partie de quelles les analytes provenant d’extraits
l’extrait potentiellement non ciblée liquides ou gazeux sont adsorbés. La Les tests immunochimiques sont basés
est éliminée par une étape de lavage. désorption peut être effectuée thermi- sur les interactions entre les anticorps et
La toxine est alors éluée en perturbant quement en combinaison avec l’ana- les antigènes que constituent les myco-
le complexe anticorps-mycotoxine par lyse par chromatographie gazeuse ou toxines. Les anticorps doivent être
sa dénaturation à l’aide d’un solvant. La avec différents solvants suivis d’analyse fortement spécifiques pour identifier
spécificité des anticorps fournit des par HPLC, comme c’est le cas avec les composés structurellement très
extraits plus propres comparés à l’ochratoxine A, l’acide cylopiazonique différents. Les analyses immunochimi-
d’autres méthodes de purification et et l’acide mycophénolique (Cigic et ques telles que l’enzyme linked immu-
confère bonne précision, exactitude et Prosen, 2009). nosorbent assay (ELISA) sont devenues
sensibilité aux méthodes analytiques. L’extraction par dialyse diphasique très populaires dans le criblage de
Les colonnes disponibles dans le pour la détermination de patuline et mycotoxines (Zheng et al., 2006).
commerce sont dédiées aux analyses l’utilisation de colonnes capillaires de Plusieurs études ont développé et
des aflatoxines, de l’ochratoxine A, des silice fondue comme piège de la toxine utilisé les méthodes immunochimiques
fumonisines, zéaralénone, déoxyniva- T2 d’extraits aqueux ont été aussi pour l’analyse des trichothécènes,
lénol, toxines T2/HT-2. Toutefois, l’IAC rapportées, de même que la purifica- l’ochratoxine A, la zéaralénone et la
n’est pas entièrement sélective vis-à-vis tion d’extraits avec l’addition de pro- fumonisine B1 dans les céréales (De
des analogues de mycotoxines duits chimiques spécifiques, comme Saeger et van Peteghem, 1999 ; Krska et
(3AcDON, 15AcDON) ou d’autres l’acétate de zinc, le carbonate d’hydro- Josephs, 2001). Généralement, l’ELISA
métabolites comme le déepoxyDON gène et le polyéthylène glycol (PEG), n’exige pas de procédures de net-
(Valenta et Danicke, 2005). Le pro- l’hydroxy-acétate de plomb. La plupart toyage des extraits contenant la myco-
blème principal concernant la purifica- du temps, ces techniques visent à toxine qui est directement analysée. En
tion par IAC réside dans une éventuelle précipiter certaines substances de dépit de leur manque d’exactitude aux
dénaturation des anticorps en présence matrice, comme les acides gras. La concentrations très basses et des fixa-
même de basses concentrations de majorité de ces procédures a été décrite tions de concentrations maximales au-
solvants organiques, ce qui augmente pour la détermination de l’ochratoxine delà desquelles une confirmation chro-
les dépenses. Une forte dilution de A dans différentes matrices. matographique est nécessaire, l’ELISA
l’extrait peut permettre de surmonter ce Le choix d’une méthode analytique fournit des analyses rapides et peu
problème, bien qu’elle puisse causer appropriée dépend de son usage, de coûteuses lors des criblages. Cepen-
une perte de sensibilité. La capacité facteurs tels que sa rapidité, sa sensi- dant, l’interférence de matrice ou la
d’IAC peut également constituer un bilité, son exactitude, du niveau de présence des mycotoxines structurel-
facteur limitant son utilisation dans une compétence exigée pour l’analyse et lement connexes (réactions croisées)
méthode préparative et même analy- du coût. Les méthodes se rangent peut interférer dans la liaison du
tique (pour les fortes concentrations). fondamentalement dans deux catégo- conjugué et de l’anticorps (Tangni

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et al., 2010), menant à des erreurs dans tion de mycotoxines. Il est envisa- 2007). Des tests compétitifs basés sur la
des mesures quantitatives des mycoto- geable d’utiliser les technologies SPR ont été récemment décrits pour la
xines. Les kits ELISA devraient être immunochimiques basées sur les anti- détermination de déoxynivalénol dans
habituellement utilisés en routine lors corps pour les détections multiples. La le blé, avec ou sans nettoyage d’extrait.
des criblages d’un grand nombre miniaturisation de ces méthodes Une bonne corrélation existe entre la
d’échantillons. Des analyses de confir- immunochimiques favorise également concentration de déoxynivalénol
mation par des méthodes plus robus- la fabrication de kits portatifs. mesurée avec ce biodétecteur et les
tes, par exemple la chromatographie Des « tigettes » immunochimiques méthodes de référence. Des ELISA
liquide sous haute pression avec la (lateral flow devices [LFD]) permettent basés sur les électrodes de screen-
purification par IAC ou avec la MS sont une détection rapide basée sur l’inter- printed carbon electrodes (SPCE) ont
exigées pour les niveaux de contami- action entre les anticorps spécifiques, été aussi utilisés pour la détermination
nation qui approchent les limites immobilisés sur une bande de mem- quantitative de l’ochratoxine A dans le
légales CE 1881/2006, 1126/2007, brane et des récepteurs anticorps blé. Les résultats confirmés par HPLC/
105/2010. Plusieurs kits d’ELISA ont coatés (latex ou colloı̈dal), qui réagis- IAC révèlent une bonne concordance
été développés et commercialisés pour sent avec l’analyte pour former un pour les échantillons de blé naturelle-
des analyses qualitatives, semi-quanti- complexe d’analyte-récepteur. Les LFD ment contaminés.
tatives ou quantitatives des mycotoxi- ont été développés et sont disponibles Récemment, les enzyme-linked apta-
nes par les sociétés Romerlabs, Neogen dans le commerce pour la détermina- mer assays (ELAA) basés sur les
Corporation, Charm, AOKIN, EuroPro- tion des aflatoxines, des fumonisines, molécules aptamères ont été utilisés
xima, R-Biopharm, Transia, LCtech, du déoxynivalénol, de l’ochratoxine A, pour une détection rapide de l’ochra-
TecnaLabs, Vicam, etc. Les méthodes des toxines T2 et HT2 dans les céréa- toxine A dans le vin. Les aptamères sont
immunochimiques peuvent créer des les, les produits céréaliers et le vin. Les des oligonucléotides (ADN ou ARN)
faux positifs qui entraı̂nent une sures- lecteurs de bande photométriques sélectionnés à partir d’une banque
timation des résultats. Les limites de portatifs permettent l’analyse quantita- aléatoire de séquences selon leur
détection sont en général élevées tive, semi-quantitative ou qualitative aptitude à reconnaı̂tre une cible. Ces
(Milićević et al., 2009). des concentrations de ces toxines aptamères présentent des affinités et
(Goryacheva et al., 2009). spécificités comparables à celles des
Le test enzyme-linked immuno filtra- anticorps pour des molécules variées
Chromatographie tion assay (ELIFA) est un outil jetable telles que les mycotoxines. Comparés
sur couche mince (après emploi) basé sur l’utilisation aux anticorps, ils ont l’avantage d’être
d’une membrane au travers de laquelle synthétisés chimiquement et ne néces-
La CCM permet une détection qualita- l’écoulement est dirigé parallèlement (à sitent pas l’utilisation d’animaux. Moins
tive et semi-quantitative des mycoto- l’opposé des LFD avec écoulement chers, ils peuvent être choisis de
xines. Elle a l’avantage d’être rapide et perpendiculaire), analogue à la CCM. manière spécifique contre les cibles
peut traiter plusieurs échantillons en Le procédé immunologique de polari- toxiques ou peu immunogènes. En
parallèle. Mais elle est peu sensible. La sation par fluorescence (fluorescence outre, la fonction des aptamères immo-
CCM a été la première technique polarisation immunoassay [FPIA]) est bilisés peut être facilement régénérée,
utilisée pour l’analyse des mycotoxi- une technique simple qui mesure des ce qui permet leur réutilisation. En
nes. Cette technique est simple et peu interactions entre un antigène en solu- raison de ces avantages, les aptamères
coûteuse mais fournit des résultats plus tion fluorescent marqué (marqueur, constituent une alternative plausible
fluctuants que les techniques chroma- traceur ou label) et un anticorps aux anticorps ou autres biorécepteurs
tographiques liquides et gazeuses. spécifique. Le marqueur peut être dans le développement des techniques
Néanmoins, la CCM reste encore radioactif dans le cas du test radio- analytiques (Barthelmebs et al., 2011).
d’application dans beaucoup de labo- immunodosage (rarement utilisé) ou
ratoires et la CCM haute performance une réaction composée chromogène
peut être utilisée comme méthode de ou fluorogénique. Les FPIA sont déve- Méthodes
criblage (Krska et Josephs, 2001). loppés pour la détermination rapide
Plusieurs auteurs, et notamment d’aflatoxines, zéaralénone, fumonisi- de séparation
Omurtag et Yazicioglu (2001), ont nes ou déoxynivalénol. À la différence
utilisé les techniques CCM pour l’ana- de la plupart des techniques déjà citées, et de quantification
lyse des mycotoxines dans les céréales. le test FPIA se développe en solution et
ne nécessite pas la fixation de l’anti- Les méthodes de chromatographie
corps ou de l’antigène à un support gazeuse couplée aux détecteurs à
Cas des technologies solide (Maragos, 2004). ionisation de flamme (flamme ioniza-
Des biodétecteurs immunochimiques tion detector [FID]), electron capture
immunochimiques qui utilisent la résonance plasmonique detector (ECD) et spectrométrie de
de surface (surface plasmon resonance masse (MS) étaient les méthodes les
émergentes [SPR]) ou des biocapteurs de surfaces plus couramment employées pour la
d’électrodes de carbone (screen-prin- détermination quantitative simultanée
La détection rapide de plusieurs toxi- ted carbon electrodes) ont été décrits des trichothécènes dans les céréales et
nes constitue un créneau porteur pour pour la détection des mycotoxines les produits dérivés. La chromatogra-
les nouvelles technologies de détec- dans les céréales (Prieto-Simon et al., phie gazeuse couplée à un détecteur

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MS (GC/MS) offre l’avantage de la quelques méthodes d’analyse des une technique de confirmation des
confirmation de l’identité des pics trichothécènes par GC. mycotoxines. De nos jours, la chroma-
chromatographiques et peut être aussi La chromatographie liquide sous tographie liquide couplée à un spec-
utilisée pour détecter plusieurs myco- haute pression (HPLC) couplée aux tromètre de masse (LC-MS et surtout
toxines simultanément (Tanaka et al., détecteurs à ultraviolet (UV), à barrette LC-MS/MS) est de plus en plus utilisée
2000). Comme la plupart des myco- diode (photo diode array [PDA]) ou à pour quantifier plusieurs mycotoxines
toxines ne sont pas volatiles, la fluorescence (FD) est actuellement la ou métabolites associés (Razzazi-Fazeli
dérivation est une étape obligatoire technique de référence la plus cou- et al., 2002 ; Spanjer et al., 2008 ;
avant les analyses par GC (Langseth et ramment employée pour l’analyse des Monbaliu et al., 2010) car elle permet
Rundberget, 1998 ; Krska et al., 2001), mycotoxines des produits agricoles. une détection simultanée de plusieurs
ce qui complique davantage l’étape de Des réactifs spécifiques de dérivation composés. La LC-MS/MS peut quanti-
préparation des échantillons et aug- des mycotoxines non fluorescentes fier un ensemble de molécules conte-
mente le coût des analyses. Les ont été développés pour former les nues dans un échantillon, vu sa
trichothécènes doivent être normale- dérivés fluorescents. La détection par spécificité. Les différentes mycotoxines
ment dérivés afin d’atteindre la vola- fluorescence est la meilleure alterna- sont séparées sur une échelle de temps
tilité et la sensibilité voulue par tive face au manque de sensibilité de par leur élution différentielle, ce qui
l’analyse GC. Elle est donc réservée la détection UV. Grâce au couplage permet l’évaluation dans l’espace de
à l’étude de mycotoxines qui peuvent avec la fluorimétrie, elle peut atteindre l’ensemble des entités moléculaires
être volatilisées par dérivation comme des limites de détection très faibles (de présentes dans un échantillon
les trichothécènes principalement de l’ordre de 10 ng/kg). Elle est combinée (figure 1). La LC-MS/MS s’est également
type A. La dérivation des trichothécè- à une étape préalable de purification avérée être une technique puissante
nes est généralement basée sur celle (SPE, IAC). Le tableau 2 décrit quel- pour la détermination des mycotoxines
des groupements hydroxyles afin de ques méthodes d’analyse des tricho- masquées (par example déoxynivalé-
former des dérivés triméthylsilyl thécènes par HPLC. nol-glucoside) ou conjuguées à des
(TMS), trifluoroacétyl (TFA), penta- À côté de ces techniques chromato- substances plus polaires (par example
fluoropropionyl (PFP) ou hepta- graphiques traditionnelles, les analys- l’acide glucuronique) (Zöllner et
fluorobutyryl (HFB) (Langseth et tes ont recours à la MS qui s’est Mayer-Helm, 2006 ; Berthiller et al.,
Rundberget, 1998). Le tableau 1 décrit principalement développée comme 2009). Les toxines conjuguées ne sont

Tableau 1. Quelques méthodes utilisées pour l'analyse par chromatographie gazeuse des trichothécè-
nes dans les céréales.
Table 1. Some analytical methods used for determining trichothecenes in cereal by gas chromatography.

Toxines analysées Extraction Purification Dérivation Séparation, détection Références

NIV, DON, 3AcDON, ACN-eau Charbon/alumine HFBA GC-ECD Croteau


15AcDON, FusX, T2, et al. (1994)
HT2, DAS, SCT, VER

DON ACN-eau C18-alumine TMSI-TMCS GC-ECD Tacke et Casper


(1996)

NIV, DON, 3AcDON, ACN-eau MycoSep Sylon BTZ GC-ECD Weingaertner


15AcDON, FusX et al. (1997)

DON, NIV, DAS, T2, ACN-eau Florisil/C18 TFAA GC-ECD Radova


HT2, FusX ou MycoSep et al. (1998)

NIV, DON, 3AcDON, ACN-eau change


Florisil et e TFAA GC-MS Schollenberger
T2, HT2, 15AcDON, cationique et al. (1998)
FusX

NIV, DON, 3AcDON, ACN-eau MycoSep HFBA GC-ECD Walker et Meier


15AcDON (1998)

NIV, DON, 3AcDON, ACN-eau Florisil TMSI-TMCS- GC-MS Tanaka


FusX, T2, NEO, DAS, tate d'e
ace thyle et al. (2000)
ZEN
DAS : diacétoxyscirpénol ; SCT : scirpentriol ; VER : verrucarol ; ACN : acétonitrile ; NIV : nivalénol ; DON : déoxynivalénol ; 3AcDON : 3-acétyl DON ; 15AcDON :
15-acétyl DON ; FusX : fusarénone X ; T2 : toxine T2 ; HT2 : toxine HT2 ; NEO : néosolaniol ; ZEN : zéaralénone.

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Tableau 2. Description des méthodes habituellement utilisées pour l'analyse des mycotoxines
dans les céréales par chromatographie liquide.
Table 2. Analytical methods usually used for determining mycotoxins in cereal by HPLC.

Toxines Extraction Purification Phase mobile Séparation, Références


analysées détection

NIV, DON, 3AcDON, ACN-eau MycoSep ACN-eau HPLC-DAD Walker et Meier


15AcDON (1998)

NIV, DON, 3AcDON, ACN-eau MycoSep MeOH-eau LC-MS Berger et al.


15AcDON, FusX, T2, (1999)
HT2, DAS, NEO

DON ACN-eau IAC (DONTest) ACN-eau HPLC-UV Cahill et al.


(1999)

NIV, DON ACN-eau MycoSep ACN-MeOH-eau LC-MS Razzazi-Fazeli et al.


(APCI) (1999)

T2, HT2, NEO, DAS ACN-eau Florisil ACN-eau-acide HPLC-Fluo Jimenez et al.
tique
ace (2000)

T2, HT2 ACN-eau C18 MeOH-eau HPLC-UV Omurtag et Yazicioglu


(2001)

NIV, DON, 3AcDON, MeOH-eau Florisil ou silice ACN-eau-acide HPLC-UV-Fluo Mateo et al.
15AcDON ACN-eau MycoSep tique
ace (2001)

DON, T2 - - MeOH-eau LC-MS Moncur (2002)


(ESI)

T2, HT2, DAS, ACN-eau MycoSep tate


ACN-ace LC-MS Razzazi-Fazeli et al.
MAS, NEO, d'ammonium (APCI) (2002)
acetyl T2

T-2 MeOH-eau IAC (T-2Test) ACN-eau HPLC-Fluo Pascale et al.


(2003)

NIV, DON ACN-eau MycoSep MeOH-eau-acide LC-MS/MS Plattner et Maragos


tique
ace (APCI-ESI) (2003)

NIV, DON, ACN-eau MycoSep MeOH-eau HPLC-Fluo Dall'Asta et al.


3AcDON, 15AcDON, (2004)
FusX, T2, HT2,
DAS

OTA ACN-3 % SPE-SAX ACN-H3PO4 HPLC-Fluo Biancardi et Riberzani


CH3COOH (1996)

OTA thane-
Dichlorome Extraction ACN-eau-H3PO4 HPLC-Fluo Jorgensen et al.
EtOH-eau- H3PO4 liquide-liquide (1996)

OTA Chloroforme- IAC ACN-eau-acide HPLC-Fluo Solfrizzo et al.


H3PO4 tique
ace (1998)

OTA ACN-eau IAC ACN-eau-H3PO4 HPLC-Fluo Scudamore et


MacDonald (1998)

ZEN ACN IAC ACN-eau HPLC-Fluo Schuhmacher et al.


(1998)

ZEN ACN-eau IAC ACN-eau-MeOH HPLC-Fluo Visconti et Pascale


(1998)

Cah Agric, vol. 22, n8 3, mai-juin 2013 207


Tableau 2. (Suite )

Toxines Extraction Purification Phase mobile Séparation, Références


analysées détection

ZEN ACN-eau MycoSep 224 MeOH-eau HPLC-Fluo Silva et Vargas (2001)

FB1 et FB2 ACN-eau SAX ACN-eau-acide HPLC-Fluo Bennett et Richard


tique
ace (1994)

FB1 et FB2 ACN-MeOH-eau IAC MeOH-tampon HPLC-Fluo Visconti et al.


phosphate (2001)
Pour fumonisines, dérivatisant : O-phthaldialdéhyde (OPA), naphthalène-2,3 dicarboxyaldéhyde ou 6-aminoquinolyl N-hydroxysuccinimidyl carbamate.
MeOH : méthanol ; ACN : acétonitrile ; GC-MS : chromatographie en phase gazeuse couplée à un spectromètre de masse ; GC-FID : chromatographie en phase
gazeuse avec détection par ionisation de flamme ; HPLC-UV : chromatographie liquide à haute performance avec détection ultraviolette ; HPLC-Fluo :
chromatographie liquide à haute performance avec détection par fluorescence ; LC-MS/MS : chromatographie liquide couplée à un spectromètre de masse du type
triple quadrupole « en tandem ».

pas détectées par des méthodes analy- LC-MS/MS est pour le moment la Van Quekelberghe et al. (2003) ont
tiques habituelles mais sont capables technique la plus prometteuse en développé une méthode LC-MS/MS
de libérer leurs précurseurs toxiques analyse de mycotoxines. Néanmoins, pour la détermination simultanée de
(les toxines natives) après digestion. il faut dire que l’effet matrice est un 12 mycotoxines et métabolites (afla-
Les avantages de cette méthode rési- désavantage de cette technique, qui fait toxines B1, B2, G1 et G2, ochratoxine
dent aussi dans la relative simplicité de que le développement d’une méthode A, zéaralanone (ZEN), a-zéaralénol, b-
la préparation des échantillons des prend du temps et nécessite une zéaralénol, a-zéaralanol, b-zéaralanol
mycotoxines et dans son coût de plus certaine expertise. Le développement et DON) en utilisant une extraction
en plus abordable. Les limites de d’une méthode LC-MS/MS normalisée commune. La méthode LC-MS/MS
détection sont très basses (ng/kg). La n’a pas encore débuté. L’effet matrice développée par Cowles et al. (2003)
spécificité, la possibilité de quantifier ou interférence matricielle est dû au fait a permis la détermination simultanée
plusieurs mycotoxines en une fois, la que des composants inconnus influen- des aflatoxines B1, B2, G1 et G2,
sensibilité et la simplification de la cent l’ionisation des mycotoxines, ochratoxine A, zéaralénone, acide
préparation de l’échantillon font que la étape nécessaire pour la quantification. cyclopiazonique, stérigmatocystine,

Zea
BH_20110303_008 2 3 4 5 6 7 8 9 10 19 : MRM of 2
1
Channels ES +
TIC (Zea)
3.71e6
%

0 Time
1.35 1.40 1.45 1.50 1.55 1.60 1.65 1.70 1.75 1.80 1.85 1.90 1.95 2.00 2.05 2.10 2.15 2.20 2.25 2.30 2.35 2.40 2.45 2.50 2.55 2.60 2.65 2.70 2.75 2.80 2.85 2.90

Figure 1. Exemple de chromatogramme montrant la répartition spatiale des entités moléculaires présentes dans un échantillon.

Figure 1. Example of a chromatogram showing the spatial distribution of molecular entities present in a sample.
1 : DON ; 2 : AFLA G2 ; 3 : AFLA G1 ; 4 : AFLA B2 ; 5 : AFLA B1 ; 6 : FB1 ; 7 : HT2 ; 8 : FB2 ; 9 : T2 ; 10 : ZEN.

208 Cah Agric, vol. 22, n8 3, mai-juin 2013


fumonisines (FB1 et FB2). Sulyok et al. tique essentiellement dus à la diversité l’Association of Official Agricultural
(2007) ont développé une méthode de leurs structures chimiques, à leurs Chemists (AOAC) qui dispose actuel-
LC-MS pour la quantification de propriétés physico-chimiques asso- lement de 45 méthodes analytiques
87 analytes dans des aliments. ciées, à leur présence sous forme de pour la détermination des mycotoxines
traces dans la plupart des produits (FAO, 2003). Ces méthodes ont été
Autres technologies agricoles et aux substances parasites utilisées pour les études de validation
qui peuvent interférer avec les analytes interlaboratoires. En outre, l’Associa-
alternatives ciblés. L’exactitude d’une méthode tion française de normalisation, secteur
L’application de la spectroscopie infra- dépend donc de l’efficacité des mesu- agroalimentaire (Afnor), le Comité
rouge (Fourier transform mid-infrared res prises pour contourner ces pro- européen de normalisation (CEN) et
spectroscopy [FT-MIRS]) est une blèmes (Brera et al., 1998). Les analyses l’International Standard Organization
méthode de dépistage viable de détec- sont très souvent orientées vers les (ISO) ont procédé à la normalisation
tion de la présence de déoxynivalénol. mycotoxines libres. Aussi les métabo- de plusieurs méthodes d’analyse
La transmittance proche infrarouge lites (conjugués) et les produits de (tableau 4). Suite à un accord de
(near infrared transmittance [NIT]) transformation échappent-ils à ces reconnaissance mutuelle au niveau
est utilisée dans l’estimation rapide de analyses. Mais ces métabolites conju- européen, les normes publiées par le
la présence de déoxynivalénol dans des gués sont identifiés et montrent leur CEN (normes EN) doivent être reprises
grains entiers d’orge et de blé. Une capacité après ingestion à induire des par chaque État membre de l’Union
limitation importante des techniques effets physiologiques semblables à la européenne et toute norme nationale
spectroscopiques est leur dépendance molécule libre (Berthiller et al., 2009). existant dans le même champ d’analyse
élevée de la matrice et un manque de L’échantillonnage est une étape cède le pas devant une norme EN
matériel approprié de calibrage. Par importante qui précède les analyses publiée. Les normes ISO bénéficient
conséquent, cette méthode est plus de mycotoxines. Pour être sûr de d’une reconnaissance internationale
appropriée pour la surveillance rapide dépister une contamination d’un lot mais leur aboutissement est nécessai-
des matières premières que pour l’ana- pouvant parfois contenir des points rement plus long (consultation des
lyse des aliments complexes. Cepen- chauds (hot spots), il faut un plan experts au niveau mondial). Des règle-
dant, d’autres études seront nécessaires d’échantillonnage le plus représenta- ments ou des recommandations ont été
pour démontrer le vrai potentiel de la tif possible qui nécessite la multiplica- édictés au niveau national (références
spectroscopie infrarouge pour la déter- tion du nombre d’échantillons à nationales) puis européen (tableau 5),
mination des mycotoxines dans le grain prélever et donc l’augmentation du et des valeurs guides existent au niveau
(Cigic et Prosen, 2009). coût d’analyse. L’homogénéisation mondial pour fiabiliser les échanges
Davantage de progrès peuvent être des échantillons permet aussi de commerciaux des denrées alimentaires
envisagés en ce qui concerne les corriger l’hétérogénéité des lots de du point de vue de la sécurité sanitaire.
technologies de détection des champi- produits agricoles. Le procédé Les normes doivent permettre aux
gnons filamenteux par l’intermédiaire d’échantillonnage doit tenir compte professionnels de mettre sur le marché
de la détection des changements phy- des facteurs qu’il convient de maı̂triser des denrées alimentaires respectant la
siques occasionnés aux produits (cou- afin d’assurer la validité des résultats réglementation et aux autorités publi-
leur, fluorescence, aspects visuels ou d’essai et d’étalonnage. Le règlement ques de vérifier de façon équitable que
mesurés par la méthode infrarouge) ou CE no 401/2006 (EC, 2006) précise la les denrées commercialisées sont
des changements chimiques (compo- procédure d’échantillonnage pour les conformes aux réglementations. En
sés volatils mesurables par GC-MS, nez analyses officielles de détermination cas de non-conformités suspectées
électroniques ou méthodes optiques). des mycotoxines dans les produits (particulièrement pour des valeurs
En outre, la détection de l’ADN des alimentaires. autour des teneurs maximales auto-
champignons filamenteux est possible risées (CE, 2006 ; CE, 2007 ; CE, 2010),
par l’amplification génomique par poly- les résultats devraient être vérifiés par
merase chain reaction (PCR). une méthode analytique de confirma-
Le tableau 3 présente une comparai-
Méthodes tion. Mais, avant d’appliquer une
son synoptique des méthodes tradi- méthode analytique en routine, celle-
tionnelles et émergentes pour les
normalisées ci doit être validée conformément aux
modalités d’application de la directive
analyses des mycotoxines dans les
produits agricoles et alimentaires.
et règlementations 96/22/CE portant sur les performances
des méthodes d’analyse et l’interpréta-
Divers organismes de normalisation tion des résultats. La procédure clas-
ont vocation à sélectionner puis pro- sique de validation d’une méthode
Pièges possibles poser à la normalisation, c’est-à-dire à analytique prend en compte la linéa-
l’écriture sous un format standardisé, rité, la répétabilité, la reproductibilité,
dans les analyses des protocoles d’analyse qui ont reçu le la spécificité, le rendement, la limite de
consensus d’experts ou de spécialistes détection, la limite de quantification et
de mycotoxines du domaine. La fiabilité des données la robustesse (CE, 2002). Les laboratoi-
d’analyse de mycotoxines peut être res chargés du contrôle officiel doivent
Les analyses de mycotoxines posent améliorée au moyen des méthodes être accrédités conformément à la
plusieurs problèmes en chimie analy- d’analyse interlaboratoires validées par norme ISO 17025 (ISO, 1999).

Cah Agric, vol. 22, n8 3, mai-juin 2013 209


Tableau 3. Avantages et inconvénients des méthodes traditionnelles et émergentes
de détection des mycotoxines dans les produits agricoles.
Table 3. Advantages and disadvantages of traditional and emerging methods for mycotoxin analysis.

Méthodes Avantages Inconvénients

Chromatographie gazeuse Analyses multimycotoxines Équipement très coûteux



Bonne sensibilite Necessite d'une expertise spe
ciale,
Automatisable (auto sampler) Necessite de de
rivation
Confirmation (de tecteur MS) Problèmes d'interfe rences matricielles
Courbe de calibration non lineaire,
Decalage des reponses drifting
siduels (carry-over) provenant
Effets re
chantillons pre
d'e  cedent
Reproductibilite variable
 pe
Re tabilite
 variable

Chromatographie liquide Bonne sensibilite Équipement très coûteux


sous haute pression Bonne selectivite
, cessite
Ne  d'une expertise spe ciale
 pe
Bonne re tabilite cessite
Ne  de derivation
Confirmation cessite la purification de l'e
Ne chantillon
Automatisable (auto sampler)
Courte duree d'analyse
Methodes officielles disponibles

Chromatographie liquide Analyses multimycotoxines Très coûteux


e à la spectrome
couple trie Bonne selectivite
 Necessite
 d'une expertise speciale,
de masse (LC/MS/MS) Bonne sensibilite  de
la sensibilite pendant de la technique
Confirmation d'ionisation
Pas de derivation Effet matrice
Courte duree d'analyse Standards internes necessaires
Automatisable (auto sampler)

Enzyme-linked immunosorbent Simple pre paration d'e


chantillon actions croise
Re es avec d'autres compose s
assay (ELISA) Équipements moins coûteux analogues
e
Sensibilite levee Problèmes d'interfe rences matricielles
Analyses simultane es d'e
chantillons  de faux positifs et/ou de faux
Possibilite
Utilisation pour criblage gatifs
ne
e de solvants organiques
Utilisation limite cessite
Ne  de confirmation par analyses LC

Tigettes Rapide Semi-quantitative (evaluation visuelle)


Lateral flow device/dipstick Pas de purification actions croise
Re es avec d'autres compose s
Pas d'equipement coûteux analogues
Facile à utiliser cessite
Ne  de validation pour des matrices
cifique
Pas de formation spe additionnelles
cessite
Ne  de confirmation par analyses LC

Fluorescence polarization Rapide actions croise


Re es avec d'autres
immunoassay Pas de purification compose s analogues
Methode valide
e pour DON dans le ble
 rences
Problème d'interfe
cessite
Ne  de confirmation
par analyses LC

Spectroscopie infrarouge (IR) Rapide Équipements coûteux


Mesures non destructives des analytes cessite
Ne  de validation de modèle
Pas d'extraction de calibration
Pas de purification Connaissance des me thodes statistiques
ration facile
Ope 
Faible sensibilite

Biodetecteurs Rapide actions croise


Re es avec d'autres
(Biosensors) Pas de purification composes analogues
cessite
Ne  de purification
pour ameliorer la sensibilite

 et repe
Reproductibilite tabilite
 variables

210 Cah Agric, vol. 22, n8 3, mai-juin 2013


Tableau 4. Méthodes officielles (CEN) de détermination de mycotoxines dans différentes matrices
alimentaires.
Table 4. Official EN methods for determining mycotoxins in food and feedstuffs.

Références Matrices Intitulés

EN 12955 : 1999 Produits alimentaires Dosage de l'aflatoxine B1 et de la somme des aflatoxines B1, B2,
G1 et G2 dans les cereales, les fruits à coque et les produits
rive
de  s - Me
thode de chromatographie en phase liquide haute
performance avec de rivation post-colonne et purification
en colonne d'immunoaffinite 

EN 14123 : 2007 Produits alimentaires Dosage de l'aflatoxine B1 et de la somme des aflatoxines B1, B2,
G1 et G2 dans les noisettes, les cacahuètes, les pistaches,
les figues et le paprika en poudre : methode par purification
sur colonne d'immunoaffinite  suivie d'une chromatographie liquide
à haute performance avec de rivation post-colonne

EN ISO 15141- 1 : 1998 Produits alimentaires Dosage de l'ochratoxine A dans les cere
ales et produits de
rive
s -
thode par chromatographie liquide à haute perfor-
Partie 1 : me
mance comprenant une e tape d'extraction par chromatographie
sur gel de silice

EN ISO 15141- 2 : 1998 Produits alimentaires Dosage de l'ochratoxine A dans les cere
ales et produits de
rive
s -
thode par chromatographie liquide haute performance
Partie 2 : me
comprenant une e tape d'extraction par une solution
de bicarbonate

EN 14133 : 2009 Produits alimentaires Dosage de l'ochratoxine A dans le vin et la bière - Methode
par purification sur colonne d'immunoaffinite  suivie d'une analyse
par chromatographie liquide haute performance

EN 14132 : 2009 Produits alimentaires  torre


Dosage de l'ochratoxine A dans l'orge et le cafe fie - Me
thode
par purification sur colonne d'immunoaffinite  suivie d'une analyse
par chromatographie liquide haute performance

EN 14177 : 2003 Produits alimentaires Determination de la teneur en patuline dans le jus de pommes
 et trouble et dans la compote de pommes - Me
clarifie thode
par chromatographie liquide haute performance avec purification
par partage liquide/liquide

EN 14352 : 2004 Produits alimentaires Dosage des fumonisines B1 et B2 dans des aliments à base
thode par chromatographie liquide haute performance
de maïs - Me
avec purification par colonne d'immunoaffinite

EN 15829 : 2010 Produits alimentaires Dosage de l'ochratoxine A dans les raisins de Corinthe, les raisins
secs, les raisins secs de Smyrne, les melanges de fruits secs
et les figues sèches. Me thode CLHP avec purification sur colonne
d'immunoaffinite  et de
tection par fluorescence

EN 15835 : 2010 Produits alimentaires re


Dosage de l'ochratoxine A dans les aliments à base de ce ales
pour nourrissons et jeunes enfants - Methode par chromatographie
liquide haute performance avec purification sur colonne
d'immunoaffinite  et de
tection par fluorescence

EN 15850 : 2010 Produits alimentaires Dosage de la ze arale


none dans la farine d'orge, de maïs et de ble
,
la polenta et les produits pour nourrissons et jeunes enfants
à base de ce re
ales. Methode par chromatographie liquide haute
performance avec purification sur colonne d'immunoaffinite 
tection par fluorescence
et de

EN 15851 : 2010 Produits alimentaires Dosage de l'aflatoxine B1 dans les produits pour nourrissons
et jeunes enfants à base de ce re
ales. Me
thode de chromato-
graphie liquide haute performance avec purification sur colonne
d'immunoaffinite  et de
tection par fluorescence

Cah Agric, vol. 22, n8 3, mai-juin 2013 211


Tableau 4. (Suite )

Références Matrices Intitulés

EN 15890 : 2010 Produits alimentaires Dosage de la patuline dans le jus de fruits et la compote de fruits
thode par chromatographie liquide
en alimentation infantile. Me
haute performance avec purification par partition liquide-liquide
tection ultraviolet
et extraction en phase solide et de

EN 15891 : 2010 Produits alimentaires Dosage du de oxynivale


nol dans les ce
 re
ales, les produits
re
ce aliers, et ce
re
ales pour de
jeuner en alimentation infantile.
Methode par chromatographie liquide haute performance avec
purification sur colonne d'immunoaffinite  et detection ultraviolet

CEN/TR 15298 : 2006 Produits alimentaires paration d'e


Pre chantillons gros volume pour l'analyse des myco-
toxines - Comparaison entre broyage à sec et broyage par voie
humide

BS EN 13585 : 2002 Produits alimentaires Dosage des fumonisines B1 et B2 dans le maïs - Methode
par chromatographie liquide haute performance avec purification
par extraction en phase solide

EN ISO 14675 : 2003 Lait e des tests


Lignes directrices pour une description normalise
immuno-enzymatiques – De termination de la teneur en aflatoxine
M1

EN ISO 14501 : 2007 Lait termination de la teneur en aflatoxine M1- Purification


De
par chromatographie d'immunoaffinite  et de
termination
par chromatographie en phase liquide à haute performance

EN ISO 17375 : 2006 Aliments des animaux Dosage de l'aflatoxine B1

EN 15792 : 2009 Aliments des animaux Dosage de la zearale


none dans les aliments des animaux -
Methode de chromatographie liquide haute performance avec
tection par fluorescence et purification sur colonne
de
d'immunoaffinite 

EN 15791 : 2009 Produits alimentaires Dosage du deoxynivale


nol dans les aliments pour animaux -
Methode de chromatographie liquide haute performance
tection UV et purification sur colonne d'immunoaffinite
avec de 
CEN : Comité européen de normalisation (norme EN).

Tableau 5. Teneurs maximales pour certaines mycotoxines dans des denrées alimentaires selon
les réglementations de la commission européenne (CE105/2010, 1126/2007, 1881/2006).
Table 5. Maximum residue levels for certain mycotoxins in food according to EU regulations (EC105/2010, 1126/2007,
1881/2006).

Mycotoxines Denrées alimentaires Teneurs maximales (mg/kg)

Aflatoxines B1 B1 + B2 + G1 + G2
che
Fruits se s et produits de
rive
s de leur transformation, 2 4
destines à la consommation humaine directe ou
à une utilisation comme ingre dients de denrees alimentaires
 re
Toutes les ce ales et tous les produits de
rive
s 2 4
re
des ce ales, y compris les produits de ce re
ales
s
transforme
Maïs destine à être soumis à un traitement de triage 5 10
ou à d'autres me thodes physiques avant consommation
humaine ou utilisation comme ingre dient de denrees
alimentaires

212 Cah Agric, vol. 22, n8 3, mai-juin 2013


Tableau 5. (Suite )

Mycotoxines Denrées alimentaires Teneurs maximales (mg/kg)

Arachides destine es à être soumises à un traitement 8 15


de tri ou à d'autres methodes physiques avant consom-
mation humaine ou utilisation comme ingre dients
de denrees alimentaires
rive
Arachides, fruits à coque et produits de s 2 4
s à la consommation
de leur transformation, destine
dients
humaine directe ou à une utilisation comme ingre
de denrees alimentaires
Ochratoxine A re
Ce ales brutes 5

Tous les produits derive


s de ce
re
ales brutes, y compris 3
re
les produits de ce ales transformes et les ce
re
ales
es à la consommation humaine directe
destine
Raisins secs (raisins de Corinthe, sultanines et autres 10
raisins secs)
Grains de cafe torre
fie
 et cafe torre
fie
 moulu, 5
à l'exception du cafe soluble
Épices 30 jusqu'au 30/06/2012
(CE 105/2010) 15 à partir du 1/07/2012

Patuline s reconstitue
Jus de fruits, jus de fruits concentre s 50
et nectars de fruits
es
Boissons spiritueuses, cidre et autres boissons fermente 50
produites à partir de pommes ou contenant du jus de pomme
Produits à base de morceaux de pomme, tels 25
que la compote de pommes et la pure e de pommes,
s à la consommation directe à l'exception
destine
des denrees alimentaires figurant aux points
Jus de pomme et produits à base de morceaux 10
de pomme, tels que la compote de pommes et la pure e
de pommes, destine s aux nourrissons et enfants
tiquete
en bas âge (16), et e s et vendus comme tels
Aliments pour be  be
s, autres que les pre
parations à base 10
 re
de ce ales, destine
s aux nourrissons
oxynivale
De nol re
Ce ales brutes autres que le ble
 dur, l'avoine et le maïs 1 250
 dur, avoine brut et maïs brut
Ble 1 750

Cere
ales destine
es à la consommation humaine directe, 750
re
farine de ce ales (y compris la farine de maïs, le maïs
moulu et le gruau de maïs)
Pain (y compris les petits produits de boulangerie), 500
re
pâtisseries, biscuits, collations aux ce ales et ce
 re
ales
pour petit dejeuner
arale
Ze none re
Ce ales brutes autres que le maïs 100

Maïs brut 200


re
Ce ales destine
es à la consommation humaine directe, farine 75
re
de ce ales, son en tant que produit final mis sur le marche

pour la consommation humaine directe et germe
Maïs destine à la consommation humaine directe, farine 200
de maïs, maïs moulu, gruau de maïs, germe de maïs
et huile de maïs raffinee

Cah Agric, vol. 22, n8 3, mai-juin 2013 213


Tableau 5. (Suite )

Mycotoxines Denrées alimentaires Teneurs maximales (mg/kg)

Pain (y compris les petits produits de boulangerie), 50


re
pâtisseries, biscuits, collations aux ce ales et ce
 re
ales
pour petit dejeuner, à l'exclusion des collations au maïs
et des cere
ales pour petit dejeuner à base de maïs
Fumonisines FB1 + FB2

Maïs brut 2 000

Farine de maïs, maïs moulu, gruau de maïs, germe 1 000


e
de maïs et huile de maïs raffine
s à la consommation
Aliments à base de maïs destine 400
humaine directe
parations à base de maïs et aliments pour be
Pre  be
s 200
s aux nourrissons et enfants en bas âge
destine

En conclusion, les technologies émer- minants 26 : 201-6. doi: 10.1080/ teneurs maximales pour certains contaminants
02652030802399034. dans les denrées alimentaires en ce qui concerne
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