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Comment construire un bilan fonctionnel ?

Un bilan fonctionnel est construit à partir d’un bilan comptable. Ce dernier fait l’objet de nombreux aménagements
et reclassements. Voici les principaux d’entre eux :
Reclassements du cycle « investissements »
Les immobilisations doivent être reprises à l’actif pour leur montant brut, c’est-à-dire hors amortissements et
dépréciations. Ces derniers, retranchés de l’actif, doivent figurer dans les capitaux propres au passif.
Pour celles qui sont financées par crédit-bail, la valeur d’origine (retranchée de la valeur résiduelle) doit être
identifiée et ajoutée dans les emplois stables, au même titre qu’une immobilisation possédée par l’entreprise. Le
cumul des amortissements pratiqués jusqu’à cette date doit être calculé et le montant porté dans les capitaux
propres des ressources stables. Les valeurs résiduelles doivent être inclues dans les dettes financières stables.
Les intérêts courus non échus sur prêts doivent être déduits des immobilisations financières et ajoutés à l’actif
circulant hors exploitation.
Reclassements du cycle « financements »
Tout d’abord, l’éventuel capital souscrit non appelé doivent venir diminuer le montant du capital tel qu’il figure dans
les ressources stables au passif (il est donc enlevé de l’actif). Les primes de remboursement des obligations (à
éliminer des régularisations d’actif) doivent être imputées en totalité sur les emprunts obligataires auxquels elles se
rapportent.
Comme évoqué ci-dessous, les cumuls d’amortissements pratiqués sur les immobilisations détenues ou prises en
crédit-bail doivent être ajoutés aux capitaux propres. Pour les immobilisations prises en crédit-bail, une dette
financière doit être inscrite dans les capitaux propres afin d’équilibrer l’inscription à l’actif du bien loué.
Seules les provisions pour risques non justifiées et qui se rapportent à du long terme doivent figurer en ressources
stables dans les capitaux propres (elles sont alors assimilées à des réserves occultes). Celles qui ne sont pas
justifiées doivent être reclassées en dettes d’exploitation ou en dettes hors exploitation selon leur nature.
Les comptes courants d’associés, lorsqu’ils sont bloqués, doivent être assimilés à des ressources stables et ainsi
figurer en capitaux propres. S’ils sont libres de remboursement à tout moment, ils demeurent des passifs circulants
(trésorerie passive).
Les intérêts courus non échus (ICNE) sur emprunts doivent être retirés du poste « emprunts et dettes financières
et assimilés » pour venir augmenter le poste « passifs hors exploitation ». Même chose concernant les découverts
bancaires qui doivent, quant à eux, être inscrits en trésorerie passive.
Reclassements des cycles « exploitation » et « hors exploitation »
Sont généralement considérées comme des créances d’exploitation les avances et acomptes versés sur
commandes, les charges constatées d’avance, la TVA déductible (ainsi que l’éventuel crédit de TVA) et les effets
escomptés non échus (le raisonnement inverse vaut aussi pour les dettes d’exploitation : avances et acomptes
reçus, dettes de TVA ou d’impôts et de taxes, et produits constatés d’avance). Le poste « autres créances » est,
dans la plupart des cas, assimilé à des créances hors exploitation.
Les dettes envers les fournisseurs d’immobilisations, les dettes d’impôts sur les bénéfices (IS notamment) ainsi
que les « autres dettes » sont considérées comme des dettes hors exploitation.
Par ailleurs, les dividendes à payer inclus dans les capitaux propres doivent être reclassés en « passif circulant
hors exploitation ».
Un traitement plus complexe est prévu pour les écarts de conversion :
 Écarts de conversion actif
 Diminution de créances : transférer en l’actif d’exploitation,
 Augmentation de dettes : à enlever de l’actif et à retrancher des dettes d’exploitation (afin de neutraliser la perte
latente de change).
 Écarts de conversion passif
 Augmentation de créances : à enlever du passif et à déduire de l’actif d’exploitation (afin de neutraliser le gain
latent de change),
 Diminution de dettes :transférer en dettes d’exploitation.
Reclassements du cycle « trésorerie »
Les valeurs mobilières de placement, si elles sont liquides (c’est-à-dire rapidement cessibles) doivent être
assimilées à de la trésorerie active.
Enfin, la contrepartie des effets escomptés non échus constitue de la trésorerie passive.
Conclusion : le bilan fonctionnel est un état qui permet d’analyser la structure financière d’une entreprise
et de calculer des ratios financiers. Il est assez facile à construire puisqu’il prend ses sources dans le bilan
comptable traditionnel.