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La morale universelle ou Les

devoirs de l'homme fondés


sur sa nature ([Reprod.])

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France


Holbach, Paul Henri Dietrich (1723-1789 ; baron d'). La morale
universelle ou Les devoirs de l'homme fondés sur sa nature
([Reprod.]). 1776.

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MORALE
1 L A

ï7~7r~A~~LLE,
0 U
Z~ Df~07R~ DE i~O~JMX
FONDÉS SUR SA NATURE.

N~M~ ~<M «t<!t~M <~ A<Mtf f<t~M <t'/<m~ t<<W<'

~</< <<w eft t~< ~<~w~ /<MM<<Am


M~OHM.
StNMA M VÏTA MATA CAP. VÎH ÏM*.

T 0 M E P R E M E R.
T~OM< ~< Lt Moy4~. Il~1.Il .1

~jM ~TS~
<~Ê m
Che~ MARC MÏCHEL

JM. D~LJ~~
P R É F C E.
Y~uoiQUB
fe
deputs
cles l'efprit
Ma
~rand nombre de
ne-
<ott occupé de !a .Mo-
fale cette fclence, !a plus dtg~n~ d'IatéreMCf
les hommes, ne ~emb~e pas ayotf ~jut tou~
les progrès que Fptt àvoit lieu d'attendre y ~e$
princtpes tpat encore Sujets $ det disputes
& les pMo~bphes pot été, de tout tea~ps, peu
d'accord ~ur !es foodetnent~ ~ue ïpa devoijE
leur donner. Entre Ïes maïn~ de !a pîupaK
des fages <te Ï'aat~uité ~a pbitc'~bp~e <!9p-
jraÏe, 6nt€ ~our éciau-er égatement ~con~M~
de tous les hommes e~ deve~ tp~mM~
ment ab~nuM my~ne~è
oui lui c& comnamae. avec touM~Ïet <MM)MËS
aé~t~
~ces. hHmatne< e~e ~jmA~~
Ifl ,1',
31.;

K 'atpo~Mr ~)M~~eux. ~m~


hypotheÏM a vafïéet de. <aat' 4~ pB~
anc~ea< mod~rnet, quty tMen Io!a <<&c~~
t) Mora!e de ia ~epdre p~pM~e J~~
~Mt qM t'enveIoppeT d< téae~fM ~M8:~
pOMK que t'élude, ta ~tut ttmp~HMa~ ~o~
~omme, M <tevim ~fejt~ue i~!K~ ?
v
foin qu'on prit de ? rendre impénétrab~
Par une fbibleHe commune presque à tous les
premiers (avant?, Us donnèrent à leurs leçons
un ton d'intpir<u:ion de my~ere dans la
vue de les rendre plus refpe&ables au vulgaire
étonné.
L'ANTïQuirÉ ne nous montre aucun fyf-
tême de Morale bien lié elle ne nous offre
dans les écn~s de la plupart des philofbphes
que des mots vagues, dépourvus de défini-
tions exaaes, des principes détachés &L fou-
vent contradictoires nous n'y trouvons qu'un
petit nombre de maximes, très belles & très-
vraies quelquefois mais Hblées, & qui ne
concourent point à former un ensemble, un
corps de do&rine capable de Servit de régie
conAante dans la conduite de la vie.
PvTHA&oiŒ qui le premier pdt îe no~a
de pt~Me ou d'ami /~<a~ pMi~t
iet comtO&ïhaces my<Mrieu<e< cnez !c< ptê-
tfet de l'Eg~M, de l'AOyrie, de HadoRaw
~ous n'axrOBt de lui que quelques p~cepte$
~b<cuf<, ou plutôt des é~i~nMs ~ecueiWt
pw &t dMciptes, dont Ï! ierok btea di<Ecite
de K~nef un ensemble. Socrate, que i*oa
tegaede c~mme le pere de la Morale, la 8t~
dit-oo, descendre du ciel pour éclairer les.
hommes; mmie fes principea, tek qu'ils oo'u&
<bnt pfe(eotés par Xénc~hon & Platon
"di~c~s, quo~qu'Otnés des charmes d'une
~toqaence po~ue n~on~ent t'eïptit ~e
des notions embfpuiUées,~es~é€tS peu artè-
res accompagnas des e!a<M d'une imagi-
nation brillante peu capable de nous fournir
~ne ïn~ruc~ion MeiHe.
LE ~oïci~me, par fes vértus fanatiques Se
bronches ) ne rendit la ~ftu nuitemeNt at-
trayante pour tes hontmes pMfe~ioM
impo~ibles qu'ïi ejXtsea ne ~UMot ~e
&ge qu'un éMe de raifon. TonM MotaÏs qui
du
prétendra tirer ï hon~nte de <a ~he~e, féievet
au defïus de J{a natXM qui ~ui dira de ne
point feotir, d~tf€Md~~Ot~f~p!aiura!:
ia douleur, de ~e teadte <mpa<Ebi'e ibrct
~ie rat~bnnenMn~, de <:<Mer d'être ua:hOin!nM~
pourra bien êtce adm~e par d~ ~dmuM-
tes, mais ne e~VModta tBnMus à de< ~ttM
que QtaMtB a ~it ~b~s ~C m~pïts .de
de~fs. Les ~<CMes <d<n~M .to~QMts Mae
MofaÏe aM&e~ t~vefeet cw~fpMsb.~eL
~m Us tes ~8~$ot comment thotm~Mt
eafes & d~M~; ~~< ~.M pMt~a<
'tna<s.
St !a Moraïe d~pMHfe
nous e~ Tep~(entBe j~r~~et&ieM, qut
l'accuC~t d'avoM- !â~é !a beMe à.toMe<ie<
payons, eïte ae fut onUemeot.p~pteè fégïm
la coodnite de rito~me mais R, eMnme &<
partifans le ~ntteneeot, cette Morale mvMt
,rhoatCM & la v$~ pfe&ntée ~ous i«a~M
de p~i~r,de ~trc, de yo~p~, elle e~
vraie etie c'a rien à redouter des imputa-
tions de fes ennemis eUe ne pcdhe que pouf
se s'être pas MMennment expliquée,
QUELLE Morale pouvoit-on fonder tur ie$
principes outrés & bizarres des cyniques~
qui ~embloieat ne s'être propose que de s'ann-
yer les regards du vu!gsiré par leu? impudence
choquante Se leur <'nguiarité ? La Science det
BaœuM ne devoit pas faire de grands progrès
~dans récoie d'un Pyrrhon &C de tes Mateur~
~ont le principe étoic de douter des vérités les
mieux demosîrées eHe ne pouvok ~ue §*cb~
curcir, devenir très incertaine 8t tr&s-vsg~
~ans Ari&ote, dont les disciples à rbree d$
~t&m&ioss S<L de Subtilités paroiSbient avo~
~mé pro~eî d'embmuiHer les vérités
plus Ënaples &. ïes~us daires. Cepeaéaot
~o&nse é$ ca~ ~?~e~?Mo<ophes, &i~~
~a~ tOMpt de guide à ?Éurope, etMpêcita
~c~Ht vrats pr~dpes de toute phM~-
p~M~ MBf ï'e~fit ~amaic eachaîaé fbas
jeog ~tne sa-a~ti~ tyfsnsique que ï'eB
de sÊ~~fceaaaaê Chea! ïeË
.&o~a~ast, la ~~faie ae fut qu*ua jeu d'e~?~
ss sssss de &~t~es de pièges dans ie~<
6!t pïeSpte iaïpoŒMe de déméïer !a vé~.
CES té&~oas que tout con6~me peu ~eét
t!ous &ite ~ON~ ce ~ue !'<MR doit penser du
jjBgé~M voodïoit ~aM ce~e nous mettfe
p!
ee
adoration devant la <ageCe ancienne ain~
que de celui qui fa perfuade qu'en Mora!~
to~t e~ dit. On trouvera que les aadeas phi*
~(bphes ~'ont point eu des idées Meo nettes
(ur tes vrajtS principes de ~ette (cteaoe; <*ti$
les ont quetquefoM apperçu< ils les oat ~b~
ye<M perdus de ~e, n'en ont pM<qa<)anaa!t
tiré les con~uwes les p~< iMaaaédiatet.
Quant à ceux qw pe&&at ~i!~ se ?e~e
neo & d~e fur la Morate, aous fercyaM po~'
voir leur montrer que ju<qM'ip ï'op n'a tait <p«
rairembler tes matériaux propM~ <~$ro~
~n édi&ce, ~M te!! nteditattoat ra<~mbtée$
des hommes p~n~, H~~ur ~~duire it &
perfe~ion: les anciens nous QB~ ~urai Mae
grande partie de ces tpate~aux; qoetque~
toodemes y ont, ~epu~ ampteme~t con-
tribué ~a po~Hté, pro&tant, & ~M t~-
~Mres, 4e< ~M« de<es ptédéc~HMt
m8i,
main à 1 graod~N'r~le.
cceeCAa4 ram,
pourra petite, awc ~e temps, ta 4Mo!MW
~wage. Le ~M~~ ~a~l
d'Epheie fat con~h~ aax dépe~ t~u* !e$j
Mis peup!es ~e Ï'ASe !e ~emp~e ~e ia
geSe doit t~evef par tes travaM< €oaM~ua~\
de tous les êtres pea~aots.
EN généra!, on peut dire que les premier
e~rts de la phito~phte, faute de peiactpe$
~rs, ne produisent que des etreutt enMe?
tnêiées de quelques vérités. L'e~prït&btKde*
Grec< tes éloigna de ta Cmptidté it~
gïnaticMr
*<
porta hcs choses
< « à l'extrême la pnï~
lo~ophie ne dfvinc couvent pour eux qu'une
eharlatanene pure, que chacun fit va!oir de
ibn mieux rameur-propre de tout chef de
~cce lui fit croire qu'H avoit ~ul rencontré !a
venté, tandis que toutes tes ~e~es s'en écar-
toient éga!emcnr par des routes directes
ces prétendus &g€s De <e~nbb!ent fe propo~f
~our rordi~re que de <e cohtred~e, de
~éc~er, de te cotnbattre/ de s'embarratte~
Mciproquemcnt par de$ ~bpM~M & dei
chicanes mter~ihables. La ~aine pMio~phtCy
~ncérement occupée de la recheyche de ce
<;m eft utile & vrai, ne doit point être ot~
n'ee, ni prop~ef des~ choies impraticabie~
<? iBint~!tgtb!es e!~ doit <€ mettre en garde
Zc cohrre !'enthou<!a<~e~ & co<ttr~ une va-
pite pûér;)e, Se contre i'e~r~ cûntrad~
tton tôu~ot~ de b<~në &; a~e~ ~e<m$m~
tDU)<Mr< ~nae, ene né ~oir&î~re
~~N éotai~e par t'ex~rience qoï <eù~ R<~
~ootfe les o~eM ~s qM'~ <bn't e~ d~t
acce~rejf ~vêrtté de toutes les tttatns qu! ?
pM~Mnt, & rejeter I~r~ ~re~;
de quoique autorité que Ton VettiB~ ie* a~
~ayor.
1ûyër.
LËS~Ïo<ophes de~an~K~té~mb!r

core a~o!r io~vent i dëfTein enveïo~~e


do&rtne de nuages: !a plupart d'entre.
pouf rendre plus inacee~~ m va~aire $
~Rt eu une double Joci!rMe, j'une publique &.
l'autre particulière qu'il ef<: dimcile de diâint-
guer da M leurs écrks, ~rtoutapr~s~qu*u&
grand nombre de 6ecles en a fait perdre la
cle~ La philofophie, pour être utile daa< tout
les âges & à tous lef hommes, doit être
e
franche &e fincere; celle qui ne~iata~UgibIe
que pour un temps ou à quelques initiés,9
devient une énigme inexplicable pour la po~-
térhé.
Ai N s: ne fuivons pas en aveugles les idées
~es anciens n'adoptons leurs principes oa
leurs opinions qu'autant que l'examen les
montrera évident, lumineux, coa~fbrmes
h nature, à l'expérience, à rutUité contante
des hommes de tous les Ëecle!; proâ~oM
avec reconaoit!aBce d'une toule de naaximee
~age~ &L vraies que les philo&phes les plue
célèbres de l'antiquité nou< ont ~buveat ïraa~-
<n:~es avec une ~bule d'erreuts di~!ngM~o~
les s~ ie peut, celles que reathou-,
&afme a produites. Suivons SocraM, quaa4 il
nous recommande de noMF eo~~o~ ooM-
m~M; écoutons Pytaagore & Platon, quaa~
ils nous donnent des préceptes MtelUgib~s
recevons les conseils de Zenon, quand nOtUt
les trouvons conformes à la nature de l'hom-
me doutons avec Pyrrhon des cbo~s dont
ju<qu'id les principes n'ont pas été M~MB-
NMat dévejbppés employons la ~tilit~
<TAr!~ote pour démêter le vrai, fi bavent
confondu avec le faux. Dès que l'erreur e~
mani fe~e, que l'autonté de ces noms refpec-
tés ne nous en impô~ p!u~.
EN traçant de la Morale, nenous enfonçons
point dans les' abymes d'une m~taphyuqu~
;(ubti!e pu d~une dmiec~ique tort~eu~e les
yesies ~e$ t<t<BOM étant fautes pouf tous, doi-
vent être jBmpies~ c!s:res, démcaêrst~es,
à la portée de tous; les principes fur lefquèlt
~os devoirs te fondent ddtvent être fi frap-
pants <ï généraux, que chacun puîné s'en
convaincre en tirer tes confequences re-
latives à ~es befbins 8~ au rang qù'H occupe
dans la fbdété.
Ï~E~ aotions obteures, abûraites com~
pliquées, des autorités itbuvënt fuipec~es, un
taaaàMhe ëxa!té ne peuvent éclairer ni guider
~uremen~ Pour que !a Morate &!t ~~eaM~~
taMt rendre raifon à TboBMnë des préceptM
cu'on !uÏ donné; H faut tui faire fentu' les
motifs prefïa~ qui doivent le porter à !et
&!vre; il ~ut tui &ire conoo!tM en quot4<
~~t conSÛe il faut ta ïu! faire a!mer, en
~oaitrant c<M!<B< la fb~Mc du bonheur. L'en-
~ouMM Bc !*a~torité, t'ih ont quelque utï-
?0, t)è ~a< ~M~ qu'à gouverner <~e!~
temps des peupÏes tgnorants ~ns expé-
~encë, dont t'efpnt n'6& point eneo~e âttS"
Bt~meotexetcé.
&t.
t
ETONNER les hommes pour les perhNioer,>
dérouter l'e(pri: humain par des émgmes,t
1 éblouir par des merveilles telle fut commu-
nément ia méthode des premier: &ges qu~
s'occupèrent de nntb-uction du goaveree-
meat des nations groNieres mats ces pre-
miers ~egiûateurs eurent recours au ~uroatof~
pour ies foumettre aux régies qu'i!: v~urent
leur prescrire; s~ls ~e Servirent, pour 4<MCoa<-
duire, de Fenthou~aÛMe, qui ne faï~ooe
~uere, &. du merveilleux qui fait phM d'im-
prefion fur le vulgaire que ie< meiMeurs rai-
ibnoements, ces moyens Be font plus de ~ai-
fbn quand il s'agit de~ parier è des peuples
.moins fauvages &L forcis de l'enfance. L'hom-
me, devenu plus rai~anable, doit être con-
duit par la rai~m les philosophes doivent le
rappeller à fa propre nature la fonction des
iiegMIateun eft de rtnvtter de l'obligef à la
cuivre.
LES moraU~es mod~nes
1
t~buvent
entraînés par l'aucotité ~macieaS) QM trop
âdellemeat (itt~iL leurs traces ) fans & mettre
fort. en peine de te frayer des routes oouveMes
pour découvrir la vérité la plupart d'entre
eux, faute d'examiner l'homme avec aSez
d'attcation, ne l'ont point vu tel qu'il e~ i!$
ont cru comme quelques anciens qu'il rece*
~t de la aatare, des idées qu'ils ont appe~
Mes MM~M à l'aide desquelles il )ug<ott ~ï?
cernent 8( du bien & du ma! ils ont regarde
la raifbn la vertu, la ~u<hce la bienveil-
lance, la pitié comme des qualités edentiet*
temenr inhérentes à la nature humaine <eton
eux, cette nature a gravé dans tous les cœuM
les vérités primitives, ï'amour du bien la
haine du mat moral dont l'homme jugeoit
fainement à l'aide d'un moral
dire, d'une quaMte occutte d'un certain
~u~ qu'il apporte en nai~an:, &. qui le met
o'
c*eA à"

à portée de prononcer avec certitude fur le


mérire ou le démérite des actions. En VMa !w
profond Locke ~-tH prouvé que ïe< ïdéM
m~Mt n'étoient que des chimères ces mofa*
liftes pertinent dans leur préjugé ils veulent
croire, ou perfuader, que i*homme, mém<
fans ~voir (eati le bien ou !e mat qui ré~!tt
des actions, ~H* capable de décider S eM<M
font bonnes ou ~suvai~M. Nous ferons voif~
d'après des philosophes plus écîairés que
l'homme ne pottede en venant au monde, que
la faculté de fentir, & que fa façon de fentif
eft le vrai criMftu~, ou la feule reg!e de <ea
jugements, ou de <es fentiments moraux <M~
les acHon~ ou fur les cau<{es qui Ce font <entÏf
à lui vérité fi pa!pab!e, qu'il e~ bien <ufpM-
nant qu'il y ait des hommes à qui Fon <b~
encore réduit à h prouver. Enfin, nous ferons
voir que les !o!~t ou les reg!es que t~on fappo~c
~crt~ ~~r nature ~<ïM tous fM cQ~r~, n~
~ënt que des fuites néceCa~res 4e <a ~<w1
dont îe$ hommes &ot confbrsRés par ia oa-

ont été cel:~éec. Le ~ai ~&éme de o<~ d


Mre, êc de !a maB~efe dont leurs di(po6non$
~o!M doit êtfe €ciui qui fé&!te die notre pfo*~
pM nature e~a~Babteœeat m~dt6~
D'A~~R~ d'ap<è< Cadwofth, OM &)adé
Morale ~M, ~MVt~MMt~
& tHMMMM~, ~ÏS Ont ~pp0~ ~Sté-
aeMre< à rhomaM M tota~aMat todépea-
ttaaMt de h!i. D'oô i'oo wo~ ~Ns o'OBt &<t
ape téz~f de~abân~MM p~~M~) q~'tts Mt
a~poS de~ tno<ËSeatïoa< o~ ~u~Hté~ Mté-,
Mt~MW MX êsres CN âqets ~~ept~btes de !e<
~ecewoMr, & de$ Mppoft~ indépendants d@~
t~et eiKMte~e!< ï!< p~~M. &b6&ef. Ce~
pendant, <! MM~e eâ !~M~ dM &omme~
~iMt t& ~€<ét~, eM~ M pe~c ~te coe~tâe~
~ee !)M ho~a~, <c & ~oadiM les Mp~
pMtt ~ai ~éta~M~MM ewN'e eMï. Ua~ MoMie,
~Mét!e~e à P~~e~ éM itM!t<Mf & de' teuf~
Otppo~ e$ 'i~M-'Mox~' aét!~ae, 4m< chi-
a~eiw wMHtMc. ? Be j~wt y a~o~ MgtM,
?! <te~Kt, Mppofts Mtf~ <tM êtMa ~uï
O~HN~eat ~e dans ïet rég~B~ imagMairM.
J~o~t o~ padeMtït poMt îc< de la Morale
<e~~&, d~ae Pob~t étaet <~ condtMre
B~&j~t p<M- VMea &faaK~eMes, 0~ M-
<~M~ ~M & mafctw dro~ de
~~& Mou~ a~ptétemaoNt pt~ofer dac3 cet
ouvrage que les principes d'une Morale hu'
Maine & fbciale, convenable aM monde ou
nous vivons, dans lequel la raison &L l'expé-
fience fu~Cent pour guider vers félicité
présente que ~e propofent des êtres vivant.
en (beiété les motifs que cette Morale expo~
jtbnt purement humains, c'eA à-dire uoiq~e-
ment fond~ fur ta nature de l'homme, te!
qu'elle & moatre a nos yeux, ab~ra~ipa fa~
des opiaioas qui divisât te genre huaMïa,
auxquelles une Morale faite également poH<r
tous les habitants de la terre, ne doit point,
s'arrêter. On eft homme avaat que devoir a<t~
religion, quelque religion qu'<~ adopte~
& Morale doit être la même que $eHe que
nature prêtent à tous les bom<nes, &ns qttot
~Me &roit de~ru~ive pour la C~ciété.
LES philosophes, en e~et, ont et~ ~m
~t~
encore partages fur la aa~re de }'h<Mnn[!~
~tr te principe de tes opérations
~ant viables que cachées les uns, je'ei~ ?.
plus grand nombre, prétendent qMej~$ p$a~
Ces volontés, Ces avions n~<(o)veM
point être ~attribuées à <bn co~ps, qui n'eâ
qu'un BMemblage d'orgases mat~els~ïnea~
pables~ penser & d'agir, s'ils n'~to~tte-
mué~~at une âme, ou par un agen~ ~MtMe~
drogué de ce corps, qui lemr &ft 4'eawe~
~oppe ou d'ia~unaent. D'autres, aMHS <? ptu$
pe~t nombre rejettent rezi&eace ~e ce <n~
ieur invlub!e &L croient que l'organisation
humaine funit pour opérer tes ac~es, pour
produire les penses, les facultés, les mouve-
ments dont l'homme eft Susceptible.
Novs ne nous arrêterons point a difcuter
ces féatiments divers pour Savoir ce que
l'homme doit faire dans la Société, il n'e&
pas befoin de remonter fi haut. A~6 nous
D'examioeroM nr la caufe Secrète qui peut
tenMer le corps, ni les reflbrts invinbles doct
ce corps e~ tompofé nous laiubns ces Ki-
cherches à la métaphyfique & a l'anatomte.
Pour découvrir les principes de la Morale,9
contentons-nous de (avoir que l'homme agit,
que fa ïaçon d'agir eft en génétal la même
dans tous le< individus de fon espèce, non-
<<b<tant te< attMCM qui les dl~fenc!ent. La
facon d'être & d'agir, commune à tous h~
hommes, e& amex connue, pour pouvoir en
~édmre avec eeriaNde la mani:ere dom~
doivent ie condaue dan< la foote ~e la vie.
L'homme eÊ un être feaCMe à qnelqoe OM~e
que fa &aSB4Bté foit eue, cette qualité fende
eMentMilement eo lui <t fatBt pour lui Me
connoïtre, Bt ce qu'il & doit à M-mênM, êc
ce qu'tl d6!t aM êtres av~ec le~qoeit ~bn aenin
de vivre fur la terre.
LE$ va~étét presque in&Btet, que t*o&
teaMtqM eatre les MlvMtM dont t'e~pece
htMnaïae <<& compose, n'eMpêchea< pm
~u'uae même Morale ne leur convienne
tous ils t'accordent tous au fond, oK:e~*eA
que dan~ ta fbt~ne qu'iis vaneat tous deSrent
d'être heureux, tnait ils M pcuweot i'êtfe ~e
noc<pe fa~oo. S*tl & crouvott des jM<nme~
<eUen<eM coafiM~As, y que ie< pnocipe~ de ~r
Morate ~e ~uNeot teuf con~Mf, cène Ma-
.raie n'en<efOK pas mo)M ~e~atoe; N~md~
~n cooduM amplement j~u'eïie n'e& pat~aitp
pour des être< coa~ués dta~Htn~BMt d~
tous les Battes < li
Dem~e potot~ patate
pouf les montres ON poMr tes îa~aiSw iz
MoMt!e upi~r&He c'e~ ~Mte ~e ~Qf
êtMS jtu&epttbies de tm<oa $C bteo o~s!
~atK ceux-ci Ïa na~~e ne «rie po~t~ M

Ar~t.
~gtt que de b~o ob~twer, ~oot ~a
~tf< ~M ~<e< M~Bt~~ qu't~ d<0t~0t
~E B~ fM
~~é
CON ~< $Ci te~~d'~a~~
a!.tMe~M~
e~N~~Mr)~
rè<a<<!n~ .e&
.à.d!M,~ ~n~tne
;M~ ~e ~o~<~ ~ia a~t ~aB~t
~OMM~out eatter ~e& é~
~~t ~a t~o~e ~i apps~~t ~e~~<
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iee< ~~oM,%aMHt~~ eo~ W p~M~o~
~~be~r .eo 4H<PMee -~?~0.
que MMM pféfentoos, ~n~ee~M~
MMe dM é~tM~ ~e Mtomn~e da~s de
<? moad~ qtM~ue ~Bt!nMot~ue t'~M~~
~M ~tnnae ~a &tt & :vea~ ~~tt
cette ame foit immortel ou taon, les dwvoirw
de la vie fociale feront toujours ies même:,
&L pour les démêler, il ~umra de Savoir que
Phomme e~ fufceptible d'éprouver du plaifir
& de la douleur&: qu'il vit avec des ét~eB
qui fentent comme tui, dont il e& obttgé de
mériter la btenveiMance pouf obtenir ce qm
lui pMt, pour écaMer ce qui peut lui dé-
plaire.
QUELQUE~ ipecutattMM qu'ott adopte
quelque degré que fon poète le ~eptici~ne
Se rincreduiïté y jasait, fon e& de bonne
foi, Foa ne pourra ïatre iMt~Soo au point
de douter de la pr<op~ exigence $C de ceMe
d'êtres qui noafs (TetBMNMent~doM aows <<M&-
mes ~n<oufés, fur tejtquets MM ~a!&iojn< in-
~ucnt, &L qui féa~Sent fur Bou<, ~oa h
mantere dont ils <bat aBe<8ét pm NM pMpM<
âcMoM. EN un mot, ~n M dûtKefa )<n<~
qM'M ne ~bCa:e des Mp~tM ateeaaiMt e<Kfe
les hommet vivant ea (bctété qa'M<

hear~éc~M~ae.
Sï '.t,
coaw!bMeat à ~ur b~a*é<M eo têMf ~nat-

q~~ua~BM~A~M~ie 4~M~
Berdttey, ce Ïcep<~que ~ttttHwgMt q~?<é-
teadoh qui! ~ex~oit nea de jfétft èoM 4t
nous, & que tous tes ~bje« que la MM<e
pFétente à l'homme ne font que dans fon
imagination, dans fon propre cerveau cette
hyporhe~ ~Me b~atM ~'exdtM~t pM
la 1Morale, fi comme ce philosophe le <u~-
po<e j tout ce que nous voyons dans le monde
o'e& qu'une HiuSdn~ un. fève continuet. En
Auvant les préceptes de ta Morale, les hom-
Me~e pcocure~oot au Bsoint des rêves Suivis,
Wg~h~es; utiles à ~rMpos, conformes à
je~ bieo-êMe durant !e tempt de leur fom-
a<eïi en ce monde, Bt les tndividus qui téve-
font ne & troubleront point les uns le< aaore<
jpafde< ~onge< ~uee~et.
JE ~o~t, dit un tHu~re moderne,. ~M*
jtt iw< j~ï/
~rtM, <:ontntf t~ 4 ~e
awa~M ( i ). Les notions pttmitivM
~e la Morate ce peuvent être aucune~e~t
toote&ées e!~ M&st pou? en déd~e
d, .'homme
devons de
<ous les devoirs
,.oUI ~homme locial tic.
~f
<oc!a!,
êxer !a rpute qui doit te cocdmfe a~ booheMf
~Mt ta vie pfé~Me daat iM d~tN~ éMM~
de~!a !t pia<~t 4~'
~B~~ t'j~M~Ot MMB
~~<
ê~
~e~n'.e~ce.
~C~~ p!o~ Jy&~me ~ue c~t ~n~<
~t~eï
~ejtce&nter n'attaque aucuoemeot aï ~et~t-
~$~ !Ë$ ~pi~MOB% <e~~u~<
~at.de
~M~SireaM peuptet de ta M~ej; n ~)~po&
~Me~t
moar~er aux..hom:me<
de ~tque Mitgioa~~
pays ùH

JM~ ~~t~ < ~w~ a~A~


~OtMt,
~bient, les moyens que la nature leur fournit
pour obtenir le bien être qu'elle les oblige de
defirer, &( de leur indiquer les motifs naturels
faits pour les exciter; foit à faire le bien, foit
à fuir le mat* En un met je le répète une
Morale humaine n'a pour objet que la con-
duite des hommes en ce monde elle lai(!e à
la théologie le foin de les conduire à l'autre
vie. Les religions des peuples varient dans les
différentes contrées de notre giobe mais ie<
intérêts, tes devoirs, les vertus, le bien-être
font les mêmes pour tous ceux qui l'nabi-~
tent.
QUELQUES (âges de t'antiquïte ont pre~
tendu que la phito~bphie n'étoit que m~-
t~ion la mort (i); mais des idées ptm
conformes à nos intérêts, & moins lugubres
nous feront définir la philosophie la m~it«t-
tion de la vie. L'art de mourir n'a pas be~oM
d'être appris l'art de bien vivre intére<!e bien
plus des êtres inteitigents, & devroit occuper
toutes leurs penfées en ce monde. Quiconque
aura bien médité fes devoirs, les aura Rdet-'
lement pranqués, )ouM'a d'un bonheur vériM<'
bte durant fa vie, &L la quittera fans crainM'
6c (ans remords. La vie dit Montaigne~ n'e~

(t) :HM ~<f«« ~f«. f<w~M~M ~<f~


CïCtiLO.Tuscut.. I. C. }o,)t.
t.
<<e /M ni un bien
bien & du m<ï~
ni «M mal
un M~f ~4 7~la p~c~
c'eft n7~
) /<~on que vous la leur faites.
mon avii c~/Ï vivre /~M~u/<men< 6f
qui fait r~u~Kïtne
non le mourir ~M~u/cment,
~ic~. Une vie ornée de vertus e~ néce~sn-
cernent heureufe & nous conduit tranquille-
ment vers un terme, où nul homme ne pourra
~e repentir d'avoir fuivi la route que ~a nature
lui a tracée. Une Morale conforme à la na-
ture, ne peut jamais déplaire à Fêtre que Fon
tévete comme l'auteur de cette nature.
L'HOMME ett par-tout un être <en~b!e~y
€'e~-à-d!re Susceptible d'aimer le plaifir 8~
de craindre la douleur dans toute Société il
cH entouré d'êtres fenfibles qui comme lui
chefchcnt le plairir & craignent la douleur
ceux-ci ne contribuert au bien-être de leurs
&mMables~ que br~qu'on les y détermine par
te plaifir qu'on leur procure ils refufent d~
contribuer dès qu'on leur fait du ma!. Voïïâ
les principes fur lefquels on peut fonder N)~
Morale univcrteHe ou commune à <o<M te'<
individus de Fe~pece humaine. C'e~ pour mé-
connohre cet princip'? inconte~abîes que lea
hommes <e rendent Couvent fi malheureux,1
que bien des ~ages ont cru que la félicité étoU
pour toujours bannie de leur Séjour.
N'ADOPTONS point ces idées a<Higeantes 1
croyons fermement que l'homme eft fait pou)
être he~MM: ne lui conférons point de re-
foncer à la vie fociale fous prétexte de &
Sbuihaire aux pconvénientt dont elle eft fou-
vent accompagnée montrons-lui qu'ils font
balancés par des avantages ineSHmables. Let
vices, les crimes, les défauts dont la Société
eft tourmentée, font des fuites de l'ignoran-
ce, de l'inexpérience & des préjugés dont !e<
peuples font encore les victime!, parce que
bien des caufes <e font coïttinuellesaes: opp€~
fées au développement de leur ra~n. L<t
Morale, aintï que la plupart des connoiaan-
ju~u'à j)ré~ent fi im-'
ces humaines, n'a été
parfaite &c fi ténébreuse que parce qu'eHe
n'a pas M~amment consulté rexpéfience
Bc que Couvent elle a follement contrarié Ïà
hature qu'elle auroit dû prendre in~Sam'-
ment pour guide. Les moeurs des hommes
font corrompues, parce que €eux~auTO!eBt
dû les conduire au bonheur en !pnr rai&nt
ob~rver les devoirs de la Morale, faute de
connoître leurs propres intérêt, ont cru qu'!t
faHoit que les hommes fuSeat aveuglet &:
déraisonnables~ afin de les mieux dompter,
& de les tenir dans les fers. Si la Morale fut
incapable de contenir les peuples, c'eft que
les puiuances de la terre ne lui ont jamais
prêté le recours des récompenfes Se des pet-
mes dont elles étoient dépoSnaires.
Des gou-
vernements injuftes ont redouté la vraie Mo-
rale des gouvernemeots négligents ront re~
R
–JJL~ comme
gardée «~M~ une fcience
~!pnr<* ~f
de nnfe
pure toeCUtâ''
Spécula~
tino
tion, dont ta pratique étoit totalement indif-
férente à la proscrite des empires ils n'ont
Senti qu'eUe feule pouvoit être la bsSe de
pas
la félicité p blique &L particulière, que
fans elle les états les plus pu:nants en appa-
rence marchoient à leur ruine.
AINSI n'admettons pas les principes inSen-
fés d'un philosophe célèbre par Ces paradoxes,s
qui s'eA mis à la terture pour nous prouvet
pyo~<
que ~M vices partMM~e~ tournoient au
,de ~/bct~ ( 3 ) moins que cet auteur n'ait
voulu, par une ~adre ingénieu&, prouver à
fes concitoyens rimpou'Ibilité de concilier les
défordonnée
vertus fociales avec la panton
pour les richeffes Se le luxe dont le propre
eâ de les anéantir totalement. Nous dirons,
au contraire, que les vices des particuliers
Muent toujours d'une façon plus ou moins
iâcheuSe fur le bien-être des nations. Les
vices épidémiques leur caufent fouvent ~es
ttanSporis &C des délires dont elles font têt

(}) MMtdevU!e dans la des «&<K~ Il e0:


tr~prob~Me que cet autear ingénieux s'e~ propo~ d<n<
Jfbn ouvrage de faire voir qu'il falloit totalement te<
nonccf anx bonnes moeurs dans un pays, tel que le <!fn,
où toutes tes vues da gouveroetnent & des particuliers
ient tournées vers les dche~es. Voyea. f< ~w
~c<
– ~–
bu tard les v'tBimes. Les vices des individus
détruisent le bonheur des familles, &L c'eft
l'auemblage des familles qui forme les na-
tions. L'a~ivité prétendue que les vices don-
celle
nent aux hommes, e~ la même que ou
que la Hevre produit en eux les pays
le luxe domine renemblent à des malades
inconfidérés, chez qui les aliments dont ils'
fe furchargent Ce converîin'ent en poifon. Les
ncheHes ) en s'accumulant de plus en plus
chez un peuple ne fervent qu'à le rendre de
jour en jour plus vicieux S~ plus m~rabie.
ON nous dira, peut être, qu'i! eft indt<te-
rent au gouvernement, pourvu qu'il foit riche
& puiffant, de s'occuper des mceurs des hom-
tnes mais nous répondrons que ces mœur<
intérenent tous les citoyens, auxquels il n'e~
point indin~M)tt!t que leurs concitoyens foient
honnêtes gens ou frippons puitqu'ils act à
vivre avec eux nous dirons de plus qu'un
~tat pour être aori~nt &c puiRant, a plus
be(bin de vertus que de richeSee, en&a, nous
dirons qu'il eft bien plus impoftant pour une
j~ation d'être heoreute que d'avoir de grands
tréfors S~ de grandes forces dont à tout
moment elle (croit tentée d'abufer. L'opu-
lence & la pui~ance d'une nation que l'on
félicité,
a mal-à-propos confondues avec <a proche
jtbnt couvent pour elle des occafions
w
~s de de&ruc~OB. °
AtNS! les vices 8c les payons des pardcu~
ïiers ne font jamais utiles à l'état ils peuvent
bien l'être pour tes décotes, les tyrans Se
leurs Suppôts, qui Se fervent des vices de
leurs Sujets pour les divifer d'intérêt Se
les Subjuguer les uns par les autres fi <e~:
l'utilité de ces perfonnages que l'auteur dont
jaous parlons avoit en vue, il a confondu Fin-
teret d'une nation avec celui de ~es plus cruels
ennemis. Au re~e, tout notre ouvrage prelea-
:era dans chaque ligne une réfuiaMon de ce
~y~ême téméraire & fera voir les consé-
quences funeftes de la tyrannie ou de la négli-
gence de ceux qui devroient régler les mœurs
des hommes.
PAR une fuite de la même perveruts ou de
Ja même indin~rence, l'éducation fut par'iout
négligée, ou celle que FoM donnée fut nulle-
ment capable de former des êtres tociablès bu
vertueux. En~n au,~io de la dï<npatioa Ce
des plaifirs trivoles/lâ~ Morale, trop (erleu~
trop incommode pour des et:es vicieux
tégers ne fut point éludée chacun cpïx-
teata de quelques notioos <upernciell< chacun
~rut en &voiF anex pour & condutre daas le
monde. Très-peu de gens <e <bnt donné la
peine de i~iur ta chaîne des principes des
motifs, faite pour régler leurs avions à chaque
pas. Tout le monde prétend être bon juge
j?B ~orale tandis qu'il n'c~ rien ~e plu~
S~M que des hommes qui en aient les idée<
les plus Cmples tout le monde dans la théorie
~recoajnoît (on utilité, mais peu de gens s'em-
barrailes: de j~a mettre en pratique.; chacun
du bout des levres rend hommage à ïa venu,
prefque personne ne Ce i'e~ bien définie.t
Chacun nous parte de ia raison, & rien de
moins ordinaire que des êtres qui la cultivent
Enna, dans cette ~bule immense de traltét de
Morale dont Funivers eft inondé on trouve
<rarem@nt des vues capables d'éclairer l'botnme
~f Ces devoirs,
D'UN autre côté, un pféjugé tres-univet~ei
perfuade, noo-&utemeBï que les anciens ont
tout dit, mais encore que les moeurs antiques
wa~ient bien mieux que celles qu'ils votent
tégner de leur temps. Bien des gens &mb!~t
$dmettM la fable de f<~e ~or, ou dn moins
tTmagiaeM que ~B< peuples dans t~M' ongip~
éM~MH & pÏu$ vermeux &: piu$ heu~etot
q~M
ÏeMf p~&éirité. La moiadM féRexiM &t têt
~aa~:$ Mu p<)w déaruMe aae
p~Mi~e ~Moa. ~$ M<~< 0'oot été d'abord
eue nt
&nt 4~ hemceux, M 6ges, ni
hotde< ~Hva~M, & vraMMM <ocMb
<k< &uva~M ae
a~ ai heureux, v~~t
ai (a,es, ai .roda-
bks. S'ils ont été exenapa de miite ba~îa$
eoSM~ depui$ par le luxe & par !et wice~
ea~codre Ms ont été reroce$, cru~is
~M~s, twbukots, totalement étraage~auw
~MBe~ de ~aité de l'humante. Si k$
premiers temps de Rome nous montrent danx
?< Curius les Cincinnatus, des exempte*
de trugaiité ils nous font voir dans tous ie<
Romains une ambition injufte, pernde, inhu.
maine, qui ne doit pas prévenir en faveur de
leur Morale. Dans la république de Sparte a
dont on nous vante (I Couvent les vertus, tout
homme de bien ne peut voir qu'une troupe de
brigands très. aubères Se très-méchants.
L'ANTïQUiTÉ nous montre des peuple:
guerriers, des peuples très-puiHants; mais
~Ue ne nous mpntre pas des peuples fages 8~
vertueux. N'en foyons point étonné$ ) les
mœurs des nations ~bnt toujours ïe fruit dee
idéM que !eur infpirent ceux qui les gouver.
ment. La vraie Morale eut à combattre en
tout temps les préjugés enracines dans Pe<pri<
des peuple. des ophions & des ufa~es que
temps avoit rendu ~crés, ~r.tout les t~
~étêM de ceux qui ta~ient mouvott t$ m~
eMne poïitMue. QueHe Morate qoeM~
verttM réeHes pouvoieM avoir des
romains
~ïttOM m~irott, dès la plus tendre e~nce~
~B a~MM!~exce<Sf poor !a patrie, propre te<
~w<e !n;~es envers tous les peuptes de
terre? UB phiiotbphe qui dans ~ome e~
yocomn~ndé les vertus Mêlâtes, eût!! et~
&vofaMMBtMt écouté par un tenat pervers ~ont
Matérèt vonton que le peuple fût tou~urs e~
!MtMe, a&; ie dompter pim fatcUemen~,
Be le rendre plus Soumis à tes décrets?t On
Feût admiré, peut-être comme un dncou.
Ces maxi~
reur éloquent mais on eût regardé
mes comme contraires aux intérêts de l'état,
Un homme vraiment fenfible équitable S~
vertueux, eût pafïé dans Rome pour un très.
mauvais citoyen.
L! vrais principes de la Morale paroinent
en effet heurter de front des notions, des cou*
tumes des intitulions vifiblement oppoieea
à la ibciabithé, que l'on voit établies chez pref-
que tous les peuples en développant à
leurs
yeux les regles de l'équité, les fondements
de
tautorité, les droits des citoyen:, quel eft le,
gouvernement qui ne foupçonne au~-tôt.que
l'on fait la critique de fa conduite, & quf~ ron
veut attaquer fon pouvoir ? La politique
c'ayaat été autrefois, n'étant encore pour
l'ordinaire que l'art ~tal d'aveugler les peu-
ples & de les mettre en ~ervïtude <c C)Mt
presque toujours iatéreSee <uppftmef les
lumières & à féduhre ïa raHba au ~Ïence.
En6a la vraie Morale trouva des contradic-
teurs opiniâtres dans l'ignorance ïa pu~lÏaBt-
mité, rinertie des citoyens mêmes qui auroient
je plus befoin qu'elle modérât les payons de
ceux dont à tout moment ils éprouvent !et
tigueurs.
CES obâacles ne ~bat pas faits pour rebuter
~et âmes t~i brûleot~ un defir ËBCefc d'être
utiles au genre humain, Se qui font échauf*
fées de l'amour de la vertu. La Morale eft
la vraie fcience de l'homme, la plus impor-
tante pour lui, la plus digne d'occuper un
être vraiment fociable. C'eit à la Morale qu'il
appartient de mûrir Fefprit humain, de rendre
rhomme raifbnnab!e, de le dégager des ban-
de tettes de l'enfance, de lui apprendre à mar-
cher d'un pas ferme vers les objets vraiment
defirables pour des êtres intelhge~M. Les ta~
lents réunis des hommes qui penfeot, de-
vroient enfin confpirer à faire conno!tre, &C
aux peuples &L à leurs chefs leurs véritables
intérêts, afin de les détromper de tant de
frivolités, de tant de vains jouets de tant de
payons aveugles qui caufent leurs mi&ret,
ANez &c trop long-temps les talents n'QBt
qu'à flatter ba~emeat la grandeur, & pfc~a~)~
les erreurs, à fomenter des vices, à ~a.tr.nM~
reBoui des hommes t'écrit & le ~OM de-
vroient enâa s'occuper de leur in~r~too
de leur félicité. EA-i! un objet plus di~M de
cotre curiofité, que la &tence debteo w~e ~t
de Ce rendre heureux 1
LA Morale eft la fcience du boobettf eM~
e~ utile & néceSaire à tous les habita&M d~
la terre elle e~ utile aux nations aux fou-
verains, aux citoyens, aux grands <Bt !Mt~
petits, aux riches Se aux pauvres, aux parents
& aux enfants, aux maître~ aux e~ctave~
t~u'eMe tnvitt également à chercher leur bien-
être. Sans elle comme on le prouvera la
politique n'eA qu'un brigandage fait pour
anéantir les mœurs des peuples fans elle le
genre humain eft perpétuellementtroublé par
l'ambition des rois fans elle une (bciété ne
Miïemble que des ennemis toujours prêts à fe
nuire fans elle les familles en discorde ne
font que rapprocher d@s malheureux qui ~e
touron~ntent journellement par leurs caprices
& leurs humeurs incommodes fans elle enfin,
chaque homme e~ à tout moment le jouet Se
la victime des vices &e des excès auxquels fon
imprudence le livre.
EN un mot, la Morale eft faite pour régler
le de~in de l'univers elle embraffe les intércts
de toute la race humaine elle a droit de com-
mander à tous les peuples, à tous les rois, à
tous les citoyens &. Ces décret ne font jamais
iBap~oémeat violés. La poittt~ co<naM o*
verra bientôt, n'eit que la Morale appliquée
à h <:M<e!!vatMB de~ ~tat< la n'eH:
q~ la Morale Madue (ac~e par les loue. Le
droit ~e< n'e~ que la Morale appliquée
la conduite des nations entre elles. Le
Jr<M< ~t nature n'eA que l'aCemblage des
repiss de la Morale puifées dans la nature
de l'homme. C'eû donc à ju~e titre que l'on
peut appeller cette <cience Mn~r/e~ pui~
aae ~bn va~c empire comprend toutes iM
actions de l'homme dans toutes les pondent
de la vie.
QUE les hommes qui méditeat, cherchent
donc à dégager cette fcience importante des
nuages dont depuis tant de fiecles on n'a fait
qwe l'entourer que fes principes,
~igneu~e-
ment discutés, prennent enfin ce degré de cer-
titude propre à convaincre les efprits. Qu'uni-
quement guidée par l'expérience, elle n'aSecte
plus le langage de lallégorie qu'elle ne
rende plus du haut de l'empyrée des oracles
ambigus qu'elle renonce aux rêveries du pla-
tonifme qu'eUe quitte le ton rebutant du
~oïci~me qu'eUe abjure les Singularités dM
cynisme qu'elle ~e dégage des labyrinthes de
Fan~otélifme enfin toujours guidée par la
bonne foi &L la droiture qu'elle parle avec
franchife & Simplicité qu'elle n'étoane ph~
par des paradoxes & qu'elle mag~t de
charlatanefie dont des hommes vams trom*
peurs Font tant de fois revêtue.
PouR être utile, je le répète, la Morale
doit être fimple Ce vraie il faut qu'eMe s'ex-
pMque clairement elle ne cherchera point
à éblouir par de vains ornements qui trop fou-
vent dénguren: la vérité elle ne promettra pa<
tïn/oM~r~ bien idéal, attaché à une apathie
infociable, à une mitanthrople dangereute, à
une Nombre mélancolie; elle ne conteillerapa<
aux hommes de s'éloigner les uns des autres ou
~e fe haïr eux-mêmes elle ne les rebutera
point par des préceptes aubères, par des con-
seils impraticables, par des perfections inac-
ce(nbles elle ne leur prefcrira jamais des
vertus contraires à leur nature elle les convo-
lera de leurs peines, & leur dira d'en espérer la
fin, Se d'en chercher les remèdes elle leur
commandera d'être hommes, de réfléchir, de
confulter leur raifon qui toujours les rendra
juftes, humains, bienfaitanis, fociables; qui
leur apprendra en quoi confifle leur bien être
réelle qui leur permettra les ptaiurs hon-
nêtes qui leur indiquera les moyens légiti-
mes de s'affurer un bonheur folide durant une
vjte exempte de honte &L de remords.
TEL eit le but auquel on s'e~ efforcé de
contribuer dans cet ouvrage, où l'on e~aie
de développer la nature de l'homme moral,
fa tendance invariable les defirs ou les paCiOM
qui le remuent; les principes de la vie fociale
les vertus qui maintiennent, & les vices qui
troublent fon harmonïe., Dans la premiere
partie, l'on a tâché de donner des déninitions
amples, Se d'expofer clairement les principes
de la jfcience des mœurs. Dans la feconde
partie, on appliquera les principes établis dans
la premiere à tous les états de la vie- Au risque
de paroître di~rs, on s'eft permis de rappeller
& d'appliquer plus d'une fois les mêmes prin-
cipes afin de les rendre toujours pré(ems à
ceux des teneurs qui n'en auroient pas ~a!tï
l'enfemble. Une Morale é!émentaire demande
que l'on facrifie la brièveté, au defir de la
mettre à la portée de tout le monde. Le<
ouvrages ferrés & précis plus agréables,9
fans doute, aux personnes édaM-ées, ne font
pas toujours utiles à celles qui chefchent à
s'in~ruire Peuvent on fe rend obfcuir en vou-
lant être trop court.
ENFIN pour joindre l'autorité au ra!~bt<-
nement, l'on a cru devoir enrichir cet ou-
vrage de penfees remarquables, & de maxi-
mes utiles, tirées des anciens &: des moder-
nes, dans la vue de former une efpece
de concordance capable de fortifier c~ca~t
des c~a~o~~u/nte moral que l'on a Mnt~
d'établir,
MORALE
L~V7~A~.LZ~.
SECTION PREMIERE.
Principes g~MMï~, 6- ~~OM.
Pour êcre univerfelle la Morale doit être
conforme à la nature de l'homme en gcnéra!~
c'e~-àdire, fondée fur fon e~'ence, fur lesf
propriétés Se quathés que l'on trouve constam-
ment dans tous les êtres de fon efpece, & par
lefquelles on le distingue des autres animaux.
D'où l'on voit que la Morale fuppofe la fcience
~e la nature humaine.
Toute Science ne peut être que le fruit de
l'expéhetice. Savoir une chofe c'eft avoir
éprouvé ies e~ets qu'elle produit,t
la maniere
dont elle agit, les différents points de vue
<ous lefquels on peut t'envisager. La fcience
des mœurs, pour être ~re, ne doit être qu'une
~uite d'expériences conitanies, réitérées, in-
variables, qui feules peuvent fournir une
connoinance vraie des rapports ~ubCHantt
.entre les êtres de j'e(pece humaine.
Les rapports fubfiftants entre les hommes
font les différentes manieifes dont ils agifÏenE
les uns fur les autres, ou dont ils in~uent fur
leur bien-être réciproque.
Les~o~ de la Morale (ont les moyens
qu'un être mtei!tgent &L fufceptible <~expé-
tience, doit prendre pour obtenif ie bonheur
vers lequel Ca nature ie force de tendre fans
ceue. Marcher, ett un devoir pour qui veut
~te tranfporter d'un endroit dans
un autre;
être utile eft un devoir pour qui veut meM"
ter ra~dioa ,&. i c~Hme de fes Scmblabie&
t'ab~eoir
~abtienir de faire du mal, eft un devoir peut
qui craint de s'attirer la haine &C le re<!enci-
mentdeceux qu'il fait pouvoir contribuera
ion propre bonheur. En un mot, le devoir
eft la convenance des moyens avec la 6n qu'on
~e propose la ~ageue conutte à proportion-
ner ces moyens à cette fin, c'eM-à-dire, à les
employer utilement pour obtenir la félicité
que l'homme eft fait pour defirer.
L'obligation morale eft la néceHité de taire
ou d'éviter de certaines actions, en vue du
bien-être que nous cherchons dans la vie So-
ciale. Celui qui veut la fin, doit vouloir les
moyens tout être qui defire de fe rendre
heureux, eft obligé de inivre la route la plus
propre à le conduire au bonheur, 8e de s'é-
loigner de celle qui l'écarte de fbn but p ~bu~
peine d'être malheureux. La connoiCance et
cette route ou de ces moyens @A le trait de
l'expérience, qui feule peut nous faite con-
noître & le but que nous devons nom pro-
poier, Se les voies les plas ~res pour y pa~-
veairA,¡
Les liens qui umuent les hommes le< u~s
aux autres ne font que les obligations & les
devoirs auxquels ils font Soumis, d'après les
rapports qui ~ub~ent enireux. Ces obliga-
tions ou devoirs font les conditions fans le~
quelles ils ne peuvent fe rendre réciproque-
ment heureux. Tels font les liens qui uniu'ect
tes peres et les enfants, les fouverains
les ~ets, la ~ociéfé avec fes membres, &:c.
Ces principes ~um~ent pour nous convain-
cre que i'homme n'apporte point en naiffant
la conno~ance des devoirs de ia Morale &
que rien n'eâ p!us chimérique que l'opinioa
de ceux qui attribuent à l'homme des (enn.
ments morau~ innés. Les ~dées qu'i! a du bien
& du mal, du plaifir 8~ de la douleur de
t'ordre Ce du désordre, des objets qu'il doit
chercher ou fuir defirer ou craindre, ne
peuvent être que des fuites de fes expérien-
fes & i! ne peut compter fur fes expérien-
eesq~eIor~M'eUes font confiantes, réaférée~,
accompagnées de jugement, de réflexion 8C
~te raison.
L'homnnw rapporte en venant au monde
~e la îacuïté de Sentir & de fa ~en~ïbilité,
~écoutent toutes les facultés que !'on nomme
~M~e~M< Dire que nous avons des idées
morates anterieuies à l'expérience du pien ou
~du mal que les objets font éprouver, c'e~:
dire que nous connoifrons les caufes ~aa<
avoir fenu leurs effets.
CHAPITRE IL
De f&<MmM Ëf ~e Min~
i-~ H o M
êtfe &B<!bIe, inteHïgea~
M E e& un
rai~caoabte <octaMe, qui, dans tous les in~
taats de fa dutée cherche, ~ns intenup-
ttoa, à <e c~n<€rvef, & à rendre fou eni~:
teoce agréable.
QueMe que ~Mt la vaneté pfOtHg!ea& a~
foa tTOuve daes te: ïadivtdm de l'espèce ha-
tname, ils OM une nature comaauBe qm ae:
& détReat jamais. H n'eit point d'homme qui
oe & propok <~que bien ~ans toaa !e< mo-
tee~tde M v~, M B'eB eâpotot qai, pajr ie<
m~yetM ~u'H ~pp< les p~ pf<~MSy
e~eche à p~ocsref le boatMM,
6s à &
gwfa~ de ta peine. NoM iMm$ tMa~poe~
~ve~, le b<Ky &L te< moyeM,
pa~ee ~e aoea ma<MpKMM d'expéneocea,
&? parce que a'OQa ae ~mmet pas ea état des
&?€ M&ge de celles que nous avoM p'i M"
cueiHtt. L'igoofaoce& renreur font les waiet
caures des egafemeBM des homaïes des
ma~ws qu'ils s'agréât.
Pour ae s'être pas foncé des idées vraies
~e la BatBfe de rhocome~ beaMCcup de mo~
~-<
faites fe font trompés dans leurs ~y~êmes fur
la Morale nous ont donné des romaM
&C des fables au lieu de l'hiftoire de l'homme;
le mot nctur< fut communément pour eux un
terme vague auquel le plus fouvent, ils ne
furent pas attacher de ~ens bien déterminé.
Cependant la Morale ét~-nt la fcience de
Ï*homme, il eft important de commencet par
t'en faire des idées véritables, ~ans quoi l'on
jferoit en danger de s'égarer tout moment.
Mais pour connoître l'homme, il ne faut pas,
'< comme il eft arrivé trop couvent, à
l'aide
d'âne méiaphy~que incertaine & tromper)
rechercher les reflorts cachés qui le remuer
it <umt de confidérer l'homme tel qu'il
présente à notre vue, tel qu'il agit couram-
ment ~cus nos yeux, & d'examiner les qua"
tKés Se les propriétés qui (e trouvent wi~He'
ment & couramment en lusL
Y Cela pofe? nous appellerons ~M~
t'homme, ra~embla~e des propriétés & q~
JMés qui le conAnuent ce qu'il e~, qmtE~
MBéfCRtes à fon efpece, qui la di~tBgo~~
~attires efpeces d'animaux, ou qui 1~! ~$
comnounes avec elles. Saas remonter péM*
Mement par la pensée ~H~u'aux principes tt~
viables auxquels font dtts le ~enumesi & ta
~pen~ce, il fumt en Morale de {avoir queiom
homme cent, pente agit, & cherche le
bien-être dao; tous les m~a~s de fa durée
~oita les qualités 8c les propriétés qui con~H-
tuent la nature humaine, Se que l'on trouve
eonfiammentdans tous les individus de notre
efpece il n'e~ pas besoin d'en ravoir davan-
tage pour découvrir la conduite que tout
homme doit tenir pour atteindre le but qu'il
jfe propose.

CHAPITRE II L
De /e/t/t~t~ ~~M~f~ MH<f~e?M<M<f.
JL~ANS
rhomme, am(!que dans tous ie<
animaux, la (enubï!né e~ une di~poSttoa
M~feUe qu! fmt ~t e& agréablemeat ou
~é~agféabïement rcnuté par les ~b~ett qat
agt~eai ~M' !ui, ou avec le~ueis n a que~e~
rapports. Cette facuh~ dépend de ta anoure
du corpe humano, de ~bn ofgafn~atton psurtt-
cuttere, des &M dont t! e~ pourvu. Cette
~gact~tioa fead l'homme ~u&epttbie de
Meevotf dc< impreiffions dufabtes ou pa~a-
~ere< de !a part de< objetsdont ~< <cnt &o<
<rappe< Ces ~€M Cent ta vue, !e toucher ïe
goût, l'odorat & i'oute. Les tmprefBoM que
t'homnae reçott par ces ditférentes voies ~o&t
des t~pot~a~, des mouvements des chaa<
gea~ûM op~fé~ M lui-même dont U a
<wt/cMnc<; ceue~ci n'eâ que la connoiuaoc~
tcnme des changements ou des en~cts que
les objets qui le remuent produisent dans
ja machine. Ces e~eis <e nomment ~n/a-r
<MM ou perceptions parce que, éprouvés
par <es <ens, ils lui font appercevoir que ie<
objets agiuent fur tui.
Les fenfations font naître des idées, c'e~-
à-dtre, des images des traces des impre~
jRons que nos <ens ont reçues le Sentiment
continué ou renouveité des ~mpremoasou des
~dées qui <e font tracées en nous, fe nomme
pcn~e. La faculté de contempler ces idées
imprimées ou tracées au dedans de nous~
inémes par les objets qui ont agi fur nos <ens,
je nomme r~Ï~cto~. La tacuÏté de nous re~
yfé&oter de nouveau les idées ou les tma~e<
que nos ~eas nous ont apportées, lors <néB~
qoe les objets qui les ont produites ~Mt ab~
&nts & nomme m~no<f<. L'on appeMe j~
~<MM~< la comparaitba des objets qui <toas re,
iBNent ou qui nous oct M mués, des idées
~H't!s produt&nt ou qu'tïs cet produMes e~
M~t, des e~cts que aoos &ntoas ou qo~
jMM avons CEMis. L'e/pM< eâ ta &cNhé
comparer avec promptitude les fa~OM doit
caches <t des effets. L'HM~ ~a
~ohé de nous représenter avec force tes !aM~
<;es, tes idées ou tes eneis que tes objets on<
6ut aaÏMe en oou~ L'inteMi~ace~ b ~M~~
<b prévoyance, la prudence, l'adreu'e & î'in-
<duârie ne font que les fuites de nos façons
de fentir.
Tous les animaux donnent évtden~ent de<
~gnes plus
ou moins marqués de feaf)biUté
de même que l'homme nous les voyons af-
<fec~és par les objets qui a~itÏcnt fur eux;
nous les voyons chercher avec ardeur ce qui
<:& utUe à leur con~rvaEion, ce qu; e~ pso??~
à tattsfaire leurs befoins, ce qui eft capable
de leur procurer du bien être nous voyoM
qu'ils fuient les objets dont ils ont éprouva
des ~en~ations douloureu~M nous trouvent
en eux des re~exions de 13 m~motre, de 1~
prévoyance, de la fagacité enfin, ton: noH~
prouve qu'ils ont quelquefois dans leurs or-
ganes une &aefïc (upérteuM à celle de l'hom'
tne. Ce que nous appelions M~~Z dans les
animaux, e& la faculté de & ptocurer lef
moyens de ûtM~Mfe des beC~ns il reitembi~
beaucoup à ce que l'on nomme ~Mf~n~e
fa~/bn /<ï~<Mt~ dant l'homme. Beaucoup
d'honannes, pat teuf cond<KtM, donnent 6
peu de ugnes d'tntelh~Me & de t~~bn qu~
leurs facultés intelle~uelles ~eaabijeat <cn a~
deffous de ce qu'on nomme i'in~tnR de$
tes. ïl c~ des hommes qui diReMjU bien plu<
d'autres hommes, que l'homme en généca~
ne dt~ere de la brute. L'enfant qui vient de
pa~Te a motM .d'induré & de re~oMcet
que les animaux les plus dépourvus de ruitbn.*
tout homme qui Se livre inconndérément
à la débauche, à l'intempérance, à l'ivro-
gnerie, à !a coiere, à la vengeance Ce mon-
tre t il réellement Supérieur aux bêtes ?
L'homme differe des autres animaux
&. Se montre Supérieur à eux par fon acti-
vité, par l'énergie de fes facultés, par la
force de ~a mémoire, par la multiplicité de
fes expériences par fon induftrie qui le
mettent à portée de Satisfaire avec plus de
facilité Ces besoins en un mot, i'homme, à
force d'expériences 8c de réflexions, non-
feu!ement éprouve les Sensations présentes,
mais encore Ce rappelle les Sensations pannes,
&C prévoit les fenfations futures une fagacité
fupérieure le met en état de faire contribuer
la nature entière à Son propre bonheur. Mais
ces facultés demawdent à être développées,
fans cela il demeureroit dans ~n abrutiSïement
peu din~rent de celui des bêtes en naiS!aat it
apporte des difpofitionsnaturelles qui, bien ou
mal cultivées,le rendent nufbnnableou infenfé,
bon ou méchant, prudeat ou inconsidéré,t
capahie ou incapable de réAexion & de juge-
menf, expérimenté ou ignorant.
D'un autre côté, quoique tous les hommes
en généra! pafoiSÏent conformés de la même
manière, Se Sujets aux mêmes payons, cepen-
<taat la SenSïbiuté n'eSl: pas la même dans ~OM
les individus dont le genre humain eft com~Ir
po~. Cette <enfibi!ité eft ptus ou moins vi~o
fuivant le plus ou le moins de finette Se do
mobiuté dont ia nature a doué leurs organes;
fuivant la quatre des fluides Se des folides
dont leur machine e~ composée, d'où dé-
coule la variété de leurs tempéraments Se
de leurs facultés.
Le tempérament n'e~ que la façon d'être
particuliere à chaque individu de i'e~pece hu-
maine elle ré~the de i'organifation ou de la
conformation qui lui eft propre: par une (uite
de ce tempérament parmi les hommes, les
uns font plus fenCh!es que les autres, c'eft-
à-dire, plus <ufceptib!es d'être promptement
remués par les objets qui frappent leurs fcns
les uns ont de la vigueur, de l'efprit, <~
l'imagination des pâmons vives, de l'en-
thoufiafme de l'impétuonté tandis que
d'autres font foibles lâches cupides, paref.
feux tanguiCants les uns ont une mémoire
heureuse jugement <a!n, font capables
e un
d'expérience de ré~exion, de raison de
prudence, de prévoyance, tandis que d'autres
Semblent totalement privés de ces iacu!tés.
Les uns font di~po~es à la gaieté, remuants,
inquiets, di~pés les autres font poj~s, mé!an-3
coliques, (érieux, recueillis en eux-mêmes, &c.
En un mot les différents degrés de <enH-
tttiité produifent cette diverfité merveilleufe
4 MORA Vlf
LIE caractères, les pea3
que nous voyons entre les
chants Se les geûts des hommes; cette qua~
Mté les di~ingue autant que les traits de leurs
vifages. Les hommes ne digèrent entr'eux qnae
parcs qu'ils ne tentent pas précisément de la
même maniere dès-lors ils ne peuvent avoit
précijfëment les mêmes fenfations les mêmes
idées, les mêmes inclinations, les même$
optotons des cho~s, ni par ccs~equea: ~s::
la même conduite dans la vie.

CHAPITRE IV.
Pu plaifir fi de lu ~OH~Mf ~M bonheur.
J~) ONOBSTANT
les nuances in&ues qui di~
tinguent les hommes, de façon qu'il a'ea e~
pas deux qui foient exa~ement <etnM<tMe<
ils ont un point générai fur lequel tout font
d'accord c'e~ l'amour du plaifir, &. la
9
crainte de la douleur. Dans la même famille
de p!ante:, il n'en eft pas qm (oient figou~
feulement les mêmes e il n'e& pas deux
feuilles fur un arbre qui ne montrent des <M.
ferences à l'ccM observateur; &. cependant
çes plantes, ces arbres, ces femUes <bo<
de la même espèce, &L tirent éga!emeat !eur<
fuc s nourriciers de la terre & des eaux. Pta~
~es dans un fol convenablement préparé,i
échauffées par les rayons d'un Soleil favora~
ble foigneufement arrogées ces plantes
s'animent, végètent, s'élèvent Se préfenten~
à nos yeux les marques d'une forte de gaieté;
au contraire, fi eH~s (e trouvent dans un;
terrein aride, elles taoguitïent, elles paroi~

que ïbin
Aue qu'on ~s
r.ol'n IIli'no.
~er(4).
J_
~ent ~buHfrir, Ce fanent & <e détrui~nt,que!.
irr "1-
r- ~bit donné pour tes cu~

Parmi les imprenions ou &n(ations que

(4) L'ingeniea' auteur do livre de /'B/~tf croit qma


l'éducation ou la modtftcation fantt pour faire des
gommes ce que l'on veut ce philofophe célèbre ne fem-
ble pas avoir fait attention q'te la nature ne fournit
pas un fujet idoine, il e~ impo<t!b!e de le bien modi~ef.
C'eA co vaio qu'on ~(nejroit ~t un roc ainn que daM
pu terreia trop aquatique. Nous aurons occafion, de re-
tenir fxr cette que<Hoo totfque nous parlerons de i'édu-
cation. r~.<f~<M V, fA. }, 77. P!utarquedit,
i
Suivant ta tfadu~ion d'Amiot <* L<matUfefan< do&f!
« ne & nourrHure e~ une eh$<< tvew~; do~rin< fans
M natute
eu: dét<t~ueu~ t ï*<'ftge, Cans les deux pre-
M
tpiere<, e~ cho~ imparM~e. Ne p!u< ne moins qu'au
!abourage il faut premièrement que la terre foit
M
bonne fecondement, que le laboureur foit homme
M
entendu & tiercement que la femence fbitchoiue Se
M
élue. Ain6 la nature repréfente la terre le maître qui,
enseigne te~emble au !aboureur; &!e< en~etgnementt
t*& exempt reviennent a la femence. P/Mf.
MM~ ~~«~M~fr~ ~j f~/4~ pag. t~ B. tom.
PMt Paris 1~1~.
<
~T 1
l'homme < < ~~––-–
reçoit des objets qui le frappent~
les unes, par leur conformité avec la nature
de fa machine ) lui ptaifent; &L d'aigres, par
!e trouble & le dérangement qu'elles y por-
tent, lui déplaiSent. En conséquence il ap-
prouve les unes, il Souhaite qu'elles conti-
nuent ou fe re nouvellent en lui, tandis qu'it
désapprouve les autres~ Se defire qu'elles dif-
parohïenr. D'après la façon agréable ou fâ-
cheuSe dont nos Sens font remués, nous ai-
mons Se nous haiSïbns les objets nous les
defirons ou nous les craignons nous les cher-
chons ou nous tâchoos d'en écarter les in-
fluences.
Aimer un objet, c'eA fouhaitcr fa préSen=
ce c'eft defirer qu'il continue à produire
fur nos Sens des impreSïions convenables à
notre être c'eH: vouloir le poSteder, afin
d'être Souvent à portée d'éprouver Ses e~ett
agréables. Haïr un objet, c'eSt denrer Sba
abfence afin de voir terminer l'impreS!ioa
pénible qu'il produit fur nos fens. Nous ai-
mons un ami, parce que fa préSence, <a
converfation fes qualités cfUmables nous
caufent du plaifir nous defirons de ne jint
rencontrer un ennemi parce que (a préSeace
nous gêne.
Toute SenSatioa ou tout mouvement agréa-
ble qui s'excite en nous-mêmes, &C dont nous
délirons la durée, fe nommme ~n, p~r:
& l'objet qui produit cette impreffion en nous1
Jte nomme bon, utile agréable. Toute ~en-
~ation dont nous devons la 6p parce qu'elle
jnous trouble Se dérange l'ordre de notre ma-
chine, s'appelle mal ou ~oM~Mr; l'objet
t~ui l'excite fe nomme m~M~m, nM~I~e, mc-
c~nt, défagréable. Le plaiur durable &. con"
tinué Ce nomme bonheur ~ten etr<' y ~~ctte
la douleur continuée fe nomme m~eur~y
infortune. Le bonheur eft donc un état d'ac-
quieifcement continué aux façorhs de Sentir &6
d'exiger que nous trouvons agréables ou con-
formes à notre être.
L'homme, par fa nature, doit aimer né"
cenairement le plaifir, oc haïr la douleur,
parce que l'un e~ convenable à fon être y
c'e~ à-dire, à fon organisation, a ffbntena-
pérameat, à l'ordre néceuatre à fa confer-
vation la douleur au contraire dérange l'or-
dre de la machine humaine, empêche fes
organes de remplir leurs fonaions, nuit à <a
confervation..
L'ordre eâ, en généra!, la façon d'être
par laquelle toutes les parties d'un tout con~
pirent fans obftacles, à procurer la fin que fa
nature lui propose. L'ordre, dans la machine
humaine, eft cette façon d'être qui fait ~ue
toutes les parties de fon corps concourent à
fa confervation Se au bien-être de l'cn(emb!e.
L'of~g moral on Social, eft cet heureux coa*
cours des avions &<. des volontés humaines
d'où réSuttent la confervation Se !e bonheurd~
la Société. Le défordre eft tout dérangement
de l'ordre, ou tout ce qui nuit au bien être
de t'homme ou de la Sociétés
Le plaifir n'eSt un bien qu'autant qu'il e$
conforme à l'ordre dès qu'il produit du dé-
fordre, foit immédiatement, <bit par Ces
conséquences, ce p!ai6f e~ un mal réet, va
que la confervation de t'homme S~ ~bn bon"
heuf durable font des biens plus defirables
que des plaifirs paffagers qui ~etoient fuivis de
peines. Au moment où trempe de Sueur, uïi
homme boit avec ardeur une eau giacée, il
éprouve, fans doute un plaifir très-vif, mais
il peut être fuivi d'une maladie terminée par
la mort.
Le plaifir ceffe d'être un bien pour devenir
un mal, dès qu'il produit en nous, foit furle
champ, foit par la fuite des c~ets nuiÛ-
btes notre conServation, &. contraires A
notre bien être permanent.
D'un autre côté, la douleur peut devenir
un bien préférable au ptaiiir même, ior~
qu'eUe tend à nous conServer, & à nous pro-
curer des avantages contants. Un convalef-
cent fouffre patiemment les aigui!!ons de la
faim, & s'abftient des aliments qui flatteroient
pauagéremcnt fon palais en vue de recou-
vrer la ~anté, qu'il envifage comme un bon-
neur plus deurahte que 'le p{ai~Ir fughif de
Mntectef fba appétir.
L'expérience ~ute peut nous appreadre à
diâinguer tes ptaiiirs au~queta on peat ti-
'vrer ~aas crainte ou qu'on doit préférer.. de
ceux qui peuvent ~otf pour noos de coni@-
qucnce~ daa~ere~t. Quoique ramour d~
ptai~F&n e~:M~@mea!: inhérent à I~homm~
ti doit êtF< <~o?~nsé à rsmouf de
œa~rvation~ pfu-
pra &~ aud@~r d'un bien-être
durable, qu'il proposa chaque in~anc:
ill veut êcre heureux, font concourt à lui
prouver que pour parvenir à cette nn il doit
meMM du c&oix daaa &s p!a'<irs, sn ufer
avec mod~ratioa, rejeter comme 7des maus
ceux qui feront Suivis de peines &t préféref
des douleurs ntOtnentaaees, tor relies
lui
peu-
vent procurer u~ b~nàeaf p~a ~iid$ Se
phM gNad.
C~ po~ les pbt~ doivent être dt~in-
~tésyd~pfès ieur Mu~aee, le bonheur d<?s
hommes.. Le&~ï~i?!~ )~.
ggu~
peM~mee nous na~aere coa~mes à !a con~r-
~aNoa de rhoMme, & iacapaMes de lui
fer (ie îa douleur. Le? p~~ ~o~peH~ eau. ~a:
ceux quiy k ~artaHt que~ues iaftanrs, ~ni~
&nc pa~ lui cau~r des
maux durables. Les
ptai&~ mi&nnab!es &~t ceux qui conviennent
à M<ï être ~~epnbie de di~in~uer rurHe du
mMM~ réei de l'apparent. Les piaiiirs
honnêtes font ceux qui ne font pas ~uivn d~
regrets, de honte &( de remords. Les piat~M
déshonnêtes font ceux dont nous commet
forcés de rougir, parce qu'ils nous rendent
méphfabtes à nous-mêmes S< aux autres; le
ptaiHr riaic toujours par tourmenter quand
it n'e~ pas conforme à nos deveir~, Les ptsn-
iirs ieginmes <bnt ceux qui font approuvet par
les é:rea avec qnt aons ~bmme~ en ~fetefé~
Les platura titi-cites font ceux qui nous ~m
défendus par ta lot, Sec.
Les pta~trs ou ~enfanoM 2gr?abtea ~ut
font immédiatement ienur à nos ofgatKM~
s'appeUent p!ai{!rs p~v/t~u~. Quoiqu'il pro*
curent à t'hammc une îa~on d'être aut! ap-
prouve, i,is ne peuvent long-tempa durer ~an<
eau~cr rartOtbhtïemeRE décès mêmes organes,
dosE ia force eâ nature~ement in~Mé<; a~â
ïe<t mêmca ptai~rs Rnt~ent par no~s ~a~gnet~
fi He~s ae mettoM entfetM d<~ tn~tvat~
pertHMtent aux ~ens de ~s repoïe? o~t <~ t~
pt~adre des forces. La vue d'un e~etéc~tasM:
nous pMs d'ab~r~~ maM rmn par b~M tM$
t~t pta~ri tes v~
yeux t~and th &'y a~ète"t trop ~s~ ~mp~
~bne €o~'nw@SM~
~smomsduyab~S) pafcequ'tis ~od~~MÏM
~eco~~s tes phM vK~ie&tes ta m~JMac ~tt-
matn~; d'où ti iun ~u'un h~~fR~ ~$ <~0tt
en être économe, en vue de & propre, @o<a-
ieïvano~ On vot!: ~cf ia ~ue ~mp~a~e:,
h motieranon, t'ab~ineice de quelqu-s pÏat-
hu~atoe.
L'hoinme, de
6fa font des vertus fbndéet fuf ta! nature
p!uneur§ ~n<, at
be~btn que <e< <en< fbteat alternativement
<cxercé< <an< cela !t tombe bi<6Môt dans tat
langueur & fenBui. D'eu tt ~utt que ïa oatufe
de l'homme cxtge qu'il ~af!e~pta:~ L'en-
ttut e~ !a fa~gM de nos ~ea< Mmuéi par des
~en~atidru unt~brmes.
Les p!a!ttr% q~e !'on nomme Mt<M<eÏM~
<bnt ceux que nous éproovont au dedans de
nous-mêmes ou qut (ont pfôdutM pat Ïa pes-
fée ou ïa costempbt~ des ~dee< que ao<
~ens nous onE fbarnie<t, par ht naémoife, pat
te agencent, par t'e~pfK, paft'tmagtnaKoa.
Tettea font !e< ~out~aocet vafiee< que pfoco~
MM Ï éttïde, ta médttSMMw, les <c<eac<!< ces
~tet de pïaï~ft ~bM pféféfaM~t atm p~â~
]~h~Sqoe< pa~ce q~te nom p~éeM ea
<MM~-mê!<M< te< ca~~ €apa~~ de te< exd<.
ta o~ de MtM~veHef ea B~M à ~otoBte.
~of~e Ïe~BM de ~htâotfe a gyavé daM
ta mémotfe, des ~!M cune~x, a~éaMet msé-
ye~ants es pafeootramf ces <atM~ en te< coa-
teatptaat att dedaoa de ïut <ne<M~ t'~aMMt
de t~Kfea épfosve as pta~f asajk~e,
~tpéft~f à celui d'Mt curïeMt dost ïe< yeaot
coa~dMetM te< tab~aMt fa~eaïbte~ dao< MM
vaûe saÏM~ t~MMtM pttHoibphtc a tatt
cp~np~~ < rapport, <<< vahét~,
fes payons tes de6f< le phiio~bph~, ea
oédtMM~ jcm! ds cooMM~ia~a des ma-
Mfta~ 4w ~t" s'~ or~~ E~n, hQ<nnfï<
w~ntM~ ~< <Maa< ~e ~HTa~me du btea
&it a~ antM$, a<$a~~abi€-
BM~t tTd~e 4'« Mn<
P'aiM~ ~$ p~a?~ ~Mit<aMe~ les
)ou!~anc« qu'ils nom pr~M~m, ~t
ptu*
<ou< e~~ <~ depMnt les avaw-
MtgM M~T~f$ M~ ~che~M ~4
~aa<i« p~~tM~, te$ d~W~ t <~dn,a
la ~vew, ~e ia fo~nM a<~< <( taytt
iûo N<M~ ~!i~ M~~w< <n état <~
j~uw des pta~M ~c~ ow< peftOM 6wc~
ao <aM de a~w )~~e<, ~<w< t$<
p~ a<
~aMW p~ve~ P<M~< <M~M
d~ nMt)~$ ~a~M
~$v<t~H~~ <o<at da~ tM~M asa~t~,
~r *'y

p~M Bet~ ~mp~~hef )o~ d~ ~tt~


~<~i~tMi~< & <~ (~ ~i-
<M)~

t~W~t'~nM, p~~tK~t Q<M ~MtM$.

a~MM oo a~M~W~Ot 6c<~ W* a~t~


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A~$~ <BM~'Ma p~mr
ratm~, a~ M
po~W ~o opt~a~ a~~ ea d~
4&~ <~ dw 6~
~a~<~ a<~ab~<, ~s d<<p~t~M <<wabïe$
~i ~4$ot tt<t-
bttueHtnMOt wn ïm, fur ~uetiM oo pMt
compMf parce qu'eHea M peuvent lui étM
)
entevee< que par des acctdenM p<u commuât
daM ia vie.

CHAPITRE V.
D<$ p~MM )~< <~M ~< ~~OMM<
I~Et
pa~oo<, dans l'homme) font de<
mouvement! plus ou moins vi(< d'antouf pout
les objets qu'ti croM pfopM< lui (bufittr des
impreatoat) des ~o&tion<, des tdée< agtéa'
b!e< ou bien 6~ &?< d~ mouv~nenM de
haine pouf les o~jett qu'il uouve ou qt!'<i
~uppo~s c&pab~t de t'a~~e~ d'une fa~oa
doutoH~eu~e. Tome< iet p~~oM <e tédui~ot
à de~fer quetqHe JMeo, <iqu<t pt~ût) quet-
que bonheur ~et OM faux; & à era~dfe &
fuif ~etque n)at, &~ ~fttaM~ ~ctt tma~~
na~e. L~ de~ ~< des mo~tem~nM d~a*
moût pour un bien ~M<$Mo ou Rtppe~, que
roo ne pcMe pM. L'enfance eâ i'amoM
d'un bien que ron attend, maM dont oo n'a
pas encore !a jom~aace. La co!<fe e~ une
hatae ~ubtte pour un objet que t'en croit nui-
nb!e, &.c.
Rien n'e(!: donc p~M naturel à rhomme
que d'avoir des pauloM dei de6r< cet
mouvements d'attraction qu'il éprouve peut
certains objeu~ & de répu!fion pour d'autres
font dus à t'anatogte ou à la difcordance qui
<e trouve entre fes organes oc les chofes qu'il
aime ou qu'il hait. La plupart des enfantt
aiment avec paHion le iait ) !e< fruits dou~t,t
les aliments <ueré<, Ce d~îe~ent les cho~
ameres parce que !e< premieres <ubMance<
produisent
l' fur w bu%,
l' ïes houppes serveurs de 'sur
palait des (en<ation< qui leur p!aifent, tandis
~uë l'amertume y excite de< mouvements dé"
<agréab!e<
Les ~oïciea<, &e beaucoup d'autres mo~
ia!i&es comme eux oat pri* tes pa~oM
pour des m~~d~ ~m~, qu'il falloit toia''
lement déraciner mais les pa~om des
hommes ne font pas plus des maladies qae la
faim, qui leur eft naturelle, qui les follicite
à <e nourrir, qui leur fait deurer les athnenu
les plus conformer & leurs goût<, qui îe<
avertit d'un besoin de leur machine qu'ils
doivent fatisfaire << veulent fe conferver.
De ce que bien des hommes <e ~rchar~ent
l'eflomac d'atimenK nuiub!e< à la <anté, l'on
ne peut pas en conclure que la faim <bit une
ma!adie,e ni que le defir de la ~ati~raire <bit
Mâmabie)1 &L ne doive point 6tre écouté.
Une philofophie fanatique ettcau~e qu'en Mo-
re!~ les hommes n'ont prévue jamais pu
coc~eoir de rien.
Pour peu que l'on veuille réttechtr, on re-
connohra que les paitions en eUe<-meme<,9
mauvattet, elles ne
ne font ni bonnes, Mt fait.
reviennent :e:ks que par l'ufage qu'on en
Tout homme étant M avec des befoins rtea
de plus naturel en lui que le defir d< te< <anf'
faire (u~cepnb~ de Sentir le p!ai<!f la
douteur, tten de plus naturel que d'aimer fut
& de haïr l'autre. D'où h fuit que les paient
&( les dédis <bnt e~entieis à t'homme,
~nhe-
(on être,
rents a nature, inféparables de
péceftaire< à (a contervatton. Un être ~n~bte
qui haïroit le plailir, qui fuiroit te bien-étre
qui defireroit le tnat, enHn, qui n'auroit aucuns
befoins, ne ~eron plus un homme; incapa-
bh de (e con~rver tui Même, M ~erott tOta-
lement inuttk aux autres.
L'on appelle ~~n tout ce qui eft utile
ou néce<!aire, <bn à la
con~vadon, (bit a la
félicité de l'homme. Le< betb'M que Foa
M<M~, font de <e oourfif, de <<
nomme
vêtir ce de <e gMMttf de< iojutet de l'air, de
<e propager. Les be(bin< de tou< les hommes
font les meme< ne varient que par te<
fec <u<Nt à
moyens de les fatisfaire. Du pain
l'homme pauvre pour appaifer le befoin de
la ~<m it faut à l'homme opulent uae table
~bmptueu~e, couverte des mets les plus raret,
fur-tout <a va.
pour contenter fon appétit,
9~ qui, pour hi,s eft dewaue aue un be~Ma
t
D~
bien plus prenant que la faim, parce
que
fon imagination lui repféiente habitue He-
ment le fafie comme un bien néce~aire à (a
~éhctté. La peau des bêtes ~umt
pour vêtir
un fauvage au heu que l'habitant d'un pay<
o<:t regn~ le luxe fe
trouve malheureux, &
Tougit ior~u'it n'a pas des habitt magninque~,
<tan< iefquett fon imagination lui
montre le
moyen de doaMf aux autM~ use grssde idée
<ie foi.
C'eft am~ que l'imagination, l'habitude,
les conventions, les préjugés nous font une
tHuhitude de be~in< <;ui nous é!otgnent de
notre nature nous xout: t<rouvons fbtt a pïain'
dre iof~que aoM <bnHMe< ~ors d'état de !es
<ati<faMT. Rien de plus important
que de
bofnef ~e~ be~bint, afin de pouvoif ie$ con.
<eMei' ~aM peint. N0$ befoins tHMare~ ~bnt
en pB(M ooonbfe bomét; au Jtieu ~M !e<
~~ia< c~éé< p~TimasinM~ font ~~eMe<
~as nombre. Plus les h<MMt!M< ~Ht de
~biot, plus il leur eft dM?dte de ~e rendre
jteweMK. La <eiicKé coa~~e dans i'M~~
~e nos befoins avec te p~uvo~ de les &M~
???.
~P
Ne~ ~OB< ~t p~ hwHt que te< d~feats
de~tde &af!biMté dans !e< homme<4tcien(
c<u~e< ~e la ~ef~tté p~digieu~e
que r~a
yemafqNMt~~eux; c'e~ de la même
q~ part la ~M~ de ie~ paa;ea<de iewt
appétits leur, b~b<n<, de te~rs goÛK, der
aooénM. de ïeuM <k<
volontés qui les font agir. St~vaot ï'orgaotfa-
tion pantcuhere chaq~ homme, <o! consti-
tue en ie re~péRtment, ~bo Pagination
fes besoins mêoM font v~ét. Quot~ue tOMt
les hommes Me~t be~<n ~e <K)wntUft, les
mêmes aliments ne leur pimïcnt pORK à M~t
!'e&omac de i'Ha e« c~etMnde u~ plus gr~de
<~u<nïtté que celui <Fun autre; oeMK qm reu~
titrent aux OM, ne conviennent point aux au-
tres, 8c leur cmj<e<K~ou~en< des maladies &-
cheufes.
C'e~ de là ~oe t~btte cette ~amde vane~é
que l'on peut femar~et dMt fes p~Eea<
elles diHPeï~ won-iteumnem pour ie< ob~tt
vers te<queï< edtu & p<MWM, maM encwe
pour ta &)Me ? la dwee. TouMt le< pa«tOM
<bm excitées pat te< bw<o!<t< de. hommM ¡
ce< ~e<btM font d~, foit au te!epe~~meM s
~H è rhntgMat!aa~ ~t & r~bi~d~ ~!t à
t'exe~ph~ &t< A i'édoomoa d'~t M &tt
qu'~ ae ~bM ~M <e< <Hê~M dMM tont ~M
étfe! de aotre e~ce; Mea pta~ ~M &*
~M à vaMef daa< MtenM MMdo. Te<M te<
hommes éproweot la foif eu te beCMB de
b<Mre aux a<M ) de i'eao MSt ptMt i'appaMe~
d'autres dedM~deat do v<a, ~vMd e~~Mre
pour rammef leur e&omac; d'aMfet~ acceo*
Mmé< à la dêlKaeea~, OM be~ha de v;o$ dé*
Rcteux; ea&t 4e< meMieu~ v~s x~pM~eat à
quelques perfonnes malades ou dégoûtées. Le
befoin ou le defir de boire font bien plus
forts dans un homme que l'exercice a vio-
lemment échsuiïe, que dans le même homme
qui s'eft tenu tranquille. Un homme dont
l'imagination vive lui peint fortement les p!ai-
~!rs de l'amour attachés à un objet, fe <eat
tourmenté par des defirs plus violents ou des
paffions plus fortes, que celui dont l'imagina-
tion e~ plus pai~tbte. Un amant bien épris des
charmes de fa maître~, que fon imagination
lui exagère, éprouve une paffion naturelle
excitée par un befoin que cette imagination
redouble à tout moment.
Ainu tes befoins dans les hommes font des
chofes qu'ils trouvent véritabiement, ou qu'ils
fuppofent fauffement néceifTaires leur con-
servation, à leurs plai~rs, à leur bien être.
Les befoins ~atMre~ font, comme on vient
de le dire, les chofes que notre nature a
rendu nécefïatrcs au maihtien de notre être
dans une exigence heurcufe. Les befoins tm<t-
~matrM ~bnt ceux qu'une imagination, fbuvent
déréglée, nous peint très-faunement comme
indifpenfables à notre ~eticité. Une imagi-
pation, perpétuellement eutlammée par les
exemples; les opinions, les habitudes que
cous trouvons établies dans la Société, nous
rendent efclaves d'une foule de befoins dont
~ous hommes tourmentés ~acs ceCe Se nous
mettent dans la dépendance de ceux qui peu-
vent tes fatisfaire.
Pour être heureux &C libre, il faudroit
n'éprouver que ies befoins que l'on peut fati~-
faire par ~bi même S( fans trop de peines;r
des befoins immenfes demandent des travaux
Se des fecours multipliés, Peuvent très inutiles;
dès lors ces befoins nous rendent fi malheu-
j'eu)(, que bien des gens ont cru que, pour
les empêcher de s'accroître, l'homme de-
yoit combattre de toute fa force tes besoins,
même les plus naturels, vivrè en fauvage
ou en anachorète, fe priver de toute
nourri-
ture agréable. <e faire du mal, fe vouer au
célibat, &c.
Cette morale outrée n'ett point faite pour
les hommes; une morale plus fage leur dit
de contenter leurs befoins naturels d'une
façon qui ne foit nuifible, ni pour eux-
mêmes, ni pour les autres; de circontcrtre
ces befoins afin de n'être point malheu-
reux, faute de pouvoir les fatisfaire; de pren-
dre garde de les multiplier, parce qu'ils les
entraîneroient dan& le vice ou le crime. Nos
besoins rbn: nahre nos denrs; en diminuant
les premiers, les dctirs diminuent ou ditpâ-
roiffent. Tant d'hommes ne font malheureux
méchants, que parce qu'ils Ce font des be-
foins qui rendent leurs detirs indomptables. Le
bonheur condâe à ce defirer que ce qu'on peut
pbtenir.
CHAPITRE Vî.
De ft~~t, ou <<C rAMOM/' de
J~tos deBr~, exdté< par de< bcÏMs féeh
Ou irhafginatMs, cc'H~tCfet)t ~~t; par o&
T&n dé<ae ~a gé~e~ ~te ~hs~uc homme
<buha!te, paffce q~H ttrd~ ut!it ou nécè~
~aî~e & ~hpropfe Mttï-êtv~; en ua Mot, Fob-
jet daffs là )dttffH!nc6 d~t)<;t ehacuh fah con-
<er fbn ph<ût' ou ~M bûntreu! Lettrée du
vohtpiaeux d~s !a ~iHaTce <}e$ p~a?~'s
des Cens l'avare a placé le Hen daM !K po~
Ï<on de tes ~rê<brs ~e ~ueurx attache !e
~us gfatîd intérêt à ~irè utt vahï calage
ïe's fîcheNc< PambMe~x, d~ht ~imagiHanott
s'aï~naë p~ar t'i~ ~'e~rett ?& e~pi~e fur
H~atït~~ hommes, ~e
jou~~ce d\!n gfa~d pouvôîf;
~n 'M~é~t da~
!îtMt de
fhoHhme de tettftfs con<e merhef !at
~bt~e; en~t!, Ï'iBfévet de !'homme de b!ea
~oi~~e à ~tie ~îmer BtL ch~h- de ?<
<M)!abtes. Quand t~ dh ~ue les mtéfêts de<
h~ta~hes Ïbnt vatiés, oa !ndi~ue Ïïmpte~e~t
~ue !e~~'ût~
léu~ts be<Mn~,nt ~'unt
& !eufs $oÛR n<: ~nt pas
~s pa~NS
ttr~ts
teuM de~rs, ~ears a ~ta
~~as tes tMêmes, ou
qu'ils attachetn: ï'~dee de Mea~tfe à de~ obiéts
NivoM.
t! e~ donc
< indubitable t
t<9 que tous te< t!nd!vÏ-
dwt de !'e(pece humaine n'agir nt & ne peu*
vent agir qoe par tnté~êc. Le mot M<
i*-wt'

ain<!
que le mot pa~on, ne pféfeoM à t'e~ftt qu~
famouf d'un bien, le de6f d~ ~éheu~ o~
ne peut donc borner tes h~tHtHe< d'être !nté-
fe~< ( ce qui f~n?Se ~o<r de< be~~ et
des payons ), que iof~u't!< ont d« ièt$*
fê~, ,¡Æ--
ièrée des pa~oM~ des des b-wfbiîte'~ÊM~
b~M§ n..üÍhlltl. rait
!!o's
pottf e~x-mêmet, ~oit ~r ~tet t)W~ë
hs !htéfêM deïqtre~ îe< ~u)~ a<e ~e~de~
pas.
e~eâ d'ap~e~ teuM intérêt. !M hommes
<bnt bôh< & ~é~anw. En fa~nt !e bien,
y
tOtUt~e en ~t&nt te mat, noM a~~M teM*
}ouM en vue d'un ~~htage que M~ ctd~t
~evoifféâ~ef~ n<Mrê<:oaddf!U!d%e de

MMieé~M~ iTe~ ta ~<)'~


~~e~ dé< ~otHt~et ~é
~e~d~ ~Oe<îoé ~de~o~~Re~
trop <bdvént te~ Mte~ ~~M~;
~<
bien-être, ou rintéréc attacha & det ~~SM oa
d~ obje~ co~m~~ à ~t~ p~te bou-
ter, con~~e eë ~h t~H~ r~ciRMÏ

d~ ~~M~a~ha!~ ~aët
h'écottteM qae
pa~oas aveH~rMut ~oM~~
te~ pte~ ]~r M~ a~ tMM~
tiônd$~t~.
p~a'~o~te~MaM~~
'DM."Pff'A."ÓdWêlltl".
U.L~~Mt "patM. <mft.
t~~é~jo~
5c lRIis1lb.i. tM
~o <!?~ïM
quand etics ~bnt contraires au bien être de
ceux avec qui nous vivons; c'eH: à-dire, quand
e!!e< nous font tenir une conduite qui leur
e& incommode ou nui~bte les hommes
n'approuvent que ce qui leur e~ utile ain~
leur intérêt les force à blâmer, haïr &(. mé-
prise)' tout ce qui contrarie leur tendance au
j~nheur.
L'iMérêt eft tpttabtc & tégitime tor~qu'it
pour objet des chofes vraiment utiles &L à
oous'tnémes, aux autres. L'amour de la
vertu n'e~ que notre intérêt attaché à des ac-
tions avantageufes au genre humain. Si un in-
térêt folide eit le mobile de l'avare un mtéT
fêt plus noble anime l'être bienfaifant;Hveut
gagner ra~c~ion,reAime, la tendre<!e de
ceux qui (ont à portée de fentir les e~eM de
fa géhéroCté.
~c~f/bft M~t SgaMM ~acriReË Ma ob.
jet qui p!aît ou qu'on a~e, a um ob)et qtt~
l'oc aime plus fortement, ou qui piait da"
vantage. Un ami confent à ~acriner une pa~
tie ~~a fortune pouf <bn ami, parce
cet ami lui e~ p!u< chetqoehpoftion de<
bi~ qu'i! lui facri&e. ~'enthouCatmeeâta
pa~oo pouf uo objet que l'on envi~g<c H$~
qM<ne< portée iu~qu'a une (brte ~weSe
qui fait que l'homme lui facrifie. tout,jM<qu~
lunnême ooM< allons voir dans un moimeM
qM~ dae< ce ca<, c'ea: toujo~Jt ~M p~o~e
intérêt, c'e~ à lui même que l'hernie ?
ûtCfine.
A~ir~ans intérêt, ce iero~ sg'?<an< moti€t
UnêtremieHigent, c'e~àdire, qui fe pfo~
po& !e bien être & chaque infant de <a du-~
tée, e<: qui fait employer les moyens propre.
à le conduire -à ce but, he peut p« un <aC'
tant petdte de' fue (on intérêt pour que e~
intérêt foit louable il doit (eatir Êa-'
ture l'ayant placé dans h Société) <bn in<$r$t
wéritabie exige qu'il s'y rende uti~ agre~
ble, parce que les êtres dont il e~ entouré
<enuble<, amourfux do bien être, intérêts
comme lui; ne contribueront à (on bonheur
qu'en vue du bonheur qu'ii~ attendent~ !uL
D'où l'on voit que c'ett (ur t'inté~; que !a
M~rate doit fonder (btidement tout fes pré-
ceptes pour les rendre efHcac< EMe doit
prouver aux hommes que leur véritable iMé-
ret exige qu'ils s'atracnent la vertu, <an~
queUe Une peut y avoir pour euàde Me~ ~re
~urta terre.
Quetques pM!o<bphea ont ibodé Ïa Mora!e
fur une ~M~y<t~Ftc< mnée~ qu'Us ont cru i~
hérente t la nature humaine mais cette bten-
veillance ne peut être que l'eSet de l'expé-
rience de la rénexion, qui nous montrent
que tes autres hommes font utiles à nous-
mêmes, <bnt en état de contribuer a notre
pfopte bonheut. UoebieaveiUaace déMOté«e~
&c, €'e~dÏ~, de i~~uei~ H ne ~tut~~oM
de ÏaM~ de ceux <}uo nous t'i~
p~
pour neut,teadfe~~tt
ai Mt~~) ~t~
c~eatdépQuyvH de meM~ pM ue ~Sct
c~. C~<t ~t~ven~M à M ~èp< que
l'h~aMM HMM~~ <~ !a btw~aace a~ t~-
MW~ M ~< <*«~ ~a~ 4<M a~M e'eA ~~ite
<~< ê~wt ~M à lui ou bMto H
épt~* ~o~m<~ pe<uf ceux don: !< < tut-
~~e <H~f~MO~ ~t d~(p<~00< ~<tM )
ou <M<o, veu~ t'M~~ Mwe de ~~é~e
d< ~c~
On oou< d<~ peut ê~e <~ det pef~~t
deC~M~~i~
veMMM&'pou~Bt
~~nt~ef de la ~teayemaace à 4.B' tc~
<w~w< à d~ h<~MM~u'~
que d'~w
a'oat~coMW qu'~ ~~M~-
~a~. Mws ~Me Me~eM~n<~ n'~e
p<~ <e~~~o~t <<~ ~Me<~<~aM~.
ë
neM ~M<~
~u~gtt M w4~ M'at <~

M~&0~, O~~ie
téaM)~~
kt ~MOMM M
<
aux autfet. En&n, nou< prouverez ~~jtpu~
hiOttM~ ~ï fait d~ b~w ~<~< 'oujou~ ea
iu~~tpe ~c<~mpe~ <~
pMWW M
Tj9M(~ i<M pa~M, ÏM W~ 1~ V~M~
tés !e: ~ons de t'homme ~'oajE poa~ ob-
)etcon~ad<pae de jfatM~Mfe )'an~uy qu'U a
pouf tui a~e. Cet <OMf<<e~~ tM~~tAmé
parq~q~ mo~U~M~ coa~wd~ ~~à*.
~~tabie
propos par eux a~c un
n'e~, daM ~ï,que ïe d~f p~tnaae<Md<
& coa&fVM <~ p~Mf~ t~M! ~M&eec~
heuMu&. CpodaoMM~ t'hoo~~ t~e<ï~
t'aMBe lui <n~<n<, ~~y )d~~ hMB-
aM~a v~t
me pféteo~B que ceMe
B~tMe eorM~~M,
p~< p~M ~~t
M dt~ ~u'j~~ a~
~&~
~ûn ~ba ~p<re b~ êMe
p~M~pe d€< ~otM ~uonatoet e&
~~<B~
t~
bas, c*e& <ii<-e qu'tt e~ bas & ~~b~e ~tjre
ce

heaM~c.
r~M
MMtaM
à p~g~ ~o~
wa~s~'un t~od «M~ m<M~~i~bo~
dt~, <! nQM v~o~n~ e~r rho~~p ~L
~pw ~c~~t~~
que n~tj~! ~a
q~ pe ~M~fp~
l't'aîno~ ,qu'il I,a.. 'n'
~r~
qu'H ~pou~ ~~D~c
iH p~do!itn~ ~~B

4'Qf~M)M &tM P~ !)MO ~Q~MH~t~ M


<a~ }~
P~~
& ~ï)r, U wdt~M, b~B Ot
P~M
p<~ ~~<
dM
<~ 1m aft~e
4<~ ~t~ ~~a~
c<
de deirer le bten-être qu'il n'a pa<, ai de

atme~&~ret de<one~< <a~Mt


les t~~v~ fav~abie~ deËK~ dMp~
m
à CM~buet à c~~twad~n à p~'Mp~
ietici~.C'eA t~u~s e~ de M m~ QM'~
a det'a~Mp~ut~ autM$, $~0~
~e€<~
C'eft en vue du platnr que tont a norfe
cceuf~a préfence, les confei~, les connota-
tions (fut! ami, que nous ahïKMM cet amii
c'ei~ nous qui éprouvons tes cn~er~ agréable~
de fon commerce qui nous attachent à lui.'
C'eft en vue du plaifir qu'une ma!tre(!e pfo-
cure à fon imagination ou à fe~ ~eM, qu'un
amant aime cette maîtfe<!e au point mém~
~ue!quefots de <e ~acrinef poor elle. C'e~ e«
vue du pÏan!f qu~ne tendre mere éprouve €&
voyant tin enfant chefi, qu'eMe l'aime, qu'elle
lui prodigue fe~ foin< aux dépend mêmes de
fa tante &C de (a propre vïe c'e~ aous-
<h~me~ qu~e hoU! attrfons dans te< autres
~inn q~ë dans tousf !M ob~ett! auxqueh nou~
attachons notre amour. Ceâ tùi' même que
ram! chértt daM <bn ami, t'amant dans
t~tfoCe, ta mère daM fon en~ao~, ~<m-
bitieux dans lès honoeùn, ravafe d~ les
ficheue!, !'homme de Mett dans r~)R"ê!oo
de ~emMaMet, 8c, à <bn défaut dàM
le contentement intérieur que procure la
Vertu.
Si quelquefois l'amour de <oi ~emb!e n'avoir
aucune part à nos avions, c'ett qu'atoM le
cceuf (e troubte, t'enthoudatme renivre, il
ne rayonne, il ne calcule p!ut; 6e, dans le
désordre où rhomme (e trouve, îl eft capable
de <e <acri6er lui même à rob)et dont il
D'étoit épris que parce qu'il y trouvoit fa
félicite.
félicité. Voilà comme i~mitié
Il n_ **t uncere
F* a–.––<
quel-
~uefois été portée jufqu'à vouloir périt peut
un ami.
Nous nous attendtil!bns fur nous mêmet
tordue nous mêlons nos larmes à celles d'uA
malheureux; nous nous pleurons nous mêmes
!or(que nous pleurons fur les cendres d'uû
ob)et dans lequel nous n'avions placé notre
aSe~'on, que parce qu':ï nous procuîo't~s
grands p!ai(tM. EnBn c'e~ à l'amour de tt
gloire qui rc)aUîira fur tuï ou à ïs. crainte de
la honte qui retombera fur lui, que le hérot
t'immole dévoue dans les combats il
~e fait a!ors que ~acriReF & vie au de<!r
de
mériter la conudération la gloire, dont
l'idée allume fon imagination, ec !'étoUrdit
fur le danger ou bien il <? facriHe a la crainte
<k vivM déshonoré ce qui lui paroït !<!
comble de l'infortune. C'eft pour lui-même
que le guerrier veut de l'e~ime craint Il
honte c'ett donc par amour pour lui-même
qu'il Mpo(e <e$ jouM, qu'il brave la mort;
dans la chaleur de <bn imagination, il nt
<bnge pas que, s'il vient à périr, il ne re<
cueillera pas les fruits de cet honneur) dant
lequel il s'eû habitué à faire conCtter~bn bien-
être.
AinC ne blâmons point Tamour que tout
homme a pour lui-même ce fentiment e~
T' t t?
aature! &. néce~ïaire à fa confervation pfo*
pré, à ton utilité à cette de la fbciété. Un
homme qui fe haïroit lui-même, ou qui fe-
jroit indifférent fur ton propre bonheur, fe-
jroic un in(en~ peu dt~pofe à faire du bien à
.fes a~bcics. Un homme qui cefferoit de s'ai-
mer, ~eroit un malade à qui fa propre ~ie
devicndroit incommode, &( qui ne s'intércne-
yoit aucunement aux autres. Les mctancoti<
ques qui fe tuent, font des êtres de cette
trempe ainfi que tes fanatiques qui, devenus
les ennemis d'eux-mêmes, fc féparent de ta
Société, &. fe rendent inutiles au monde.
Néanmoins le folitaire &. Fanachorete ne font
pas exempts d'intérêt ou d'amour pour eux-
tnemes leur haine pour le monde, pour fe<
plaifirs Se pour les cho~s que les autres hom-
mes deurcnt, eft fondée fur i'cfpoir d'être un
jour plus heureux, en fe privant, durant leur
vie, des objets qui excitent les patRons des
autres d'où l'on voit que ce font eux-mêmes
qu'ils aiment, en fe rendant malheureux pour
MB temps.
Dans l'homme qui rê~echit, l'amour de
;jtbi cft toujours accompagné d'afïec~oo pour
les autres en aimant les êtres avec lef~ue!?
il a des rapports il ne fait que s'aimer ptus
.efficacement tui-même, puifqu'it aime les
~nfiruments de fa propre félicité. Celui, dit
~eneque ~m j'~f~c ~tCft fm <T!~h<, e~fj~
de tous les ~f~t (5). H dit eacoi'e atUeurs,9
qu'tf ~ut dpp~n~re 4 Flemme comment tt
~o:t s'aimer, car <f /<'rotî fou de douter ~n'~ ne
~<m~t lui-mime (6). Un étr~ (bdab!e ne
peut, en effet, s'aimer véritablement, qu'en
!ntére(ïant (es (emb!ab!cs à fon bonheur ce
qu'il ne peut e<Muer qu'en leur faisant épfou-

(~)~<«M<f~< eft, A«~ «<M~«w e~a~wt


t~.StNtC.tPtST.Vf,<M~M<f.
(6) A~~«~ ~</<~m~r*f<~<'w~ ~M<M<,
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<«~ ~f~ ~<
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Cf~W
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/t<«M
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~<r~/«<" dililit. CiCMO DB FjtNtBUtJ. 1!, cap. X!*
Arrien dit que <t~< <~ «~ <y M~<x
tt«~ Dtvinité, ~«~M~ ~'<tM««f de /e<. Voyez
AtmtBM.LtB CAP. xtx.C!<:<tonfcednno!t eecor~
« que toat nos defits & nM tvM~on<, ~oa pro~x dé
toute e(pece ont pour mobUe unique le ~!at6t o<t
M h douleur d'ou il fait que toutes !c<~ion! bonnet
& &: louables n'ont pour objet qu'une ~ie commode ?'
M heoreufe.
Voyez Ctcsx. Dt Ftt~ïtt~ L«.
t
Att~otetvo!ttre<"
cap. tt. Avant tous ces auteurs
bien combattu roptnioo de ceux qui de ~oo tempt,
comme auetqnM perfonnes Mpotd hui, re~ttdoteot
ramour de fo:, ou rinterêt, comme un principe igné.
b!e &: vicieux. Voyez ARtSTOTB, ETmCA, LtB ïï, cap. t.
D'oA l'on voit que ptuneurs phUofophe* dei~nnqnit~
ont très bien connu le vr*i mobile des~ionthMmât~
ne!, ou te vrai principe de toute morale, dent ils
~bnt écartés faute de lui avoir donné toute l'étendue
convenable.
v<r les bonnes difpoucions de fon cceur. C'e~
toujours pécher contre toi, que ~de violer les
devoirs qui nous lient aux autres.
A'n~ loin de former le projet infen~c
d'étendre dans le cœur de l'homme l'amour
etïentiet &L naturel qu'il a pour !ui même !a
Morale doit s'en fervir pour lui montrer l'in-
térêt qu'il a d'être bon humain, ifociable
jnde!e à ~es engagements loin de vouloir
anéantir les payons inhérentes à fa nature
e!!c ies dirigera vers la vertu, fans !aquel!e nul
homme fur la terre ne peut jamais jouir d'un
bonheur véritable. Cette Murale dira donc à
tout homme de s'aimer, &. lui indiquera les
vrais moyens de contenter ce befoin qui le
ramené à tout moment fur lui-même, en le
faifant partager à ceux qui l'environnent. Les
payons ainfi dirigées contribueront à fon
bien-être, foit quand il e~ ifbté, foit quand
il vit en (bciété elles le rendront intére<[!aat s
comme époux, comme père, comme ami
comme citoyen, comme fouverain, comme
fujet. Enfin fes paulons & fes intérêts
r
d'accord avec ceux de h Société le ren-
dront lui même heun'ux du bonheur des
autres.
Celui chez qui l'amour de ~bi étouffe toute
anfec~ion pour les autres, eft un être in~bcia-
ble, un infenfé qui ne voit pas que tout hom-
me vivant avec d'autres hommes~ eft dans
Ooc tmpontbthtc complète de travailler à fba
bonheur ~n< i'a~~ance des aurres. Toutes
nos paillon! aveugles, nos intérêts ma! en-
tendus, nos ~iC€§ B( nos défauts nou$ ~pa-
rent de !a <b<€t€; en mdt~ ~~ni nos atît~~e
contre nous ils en font des ennemis peu fa"
vorab!c< à nos d@~r<~ Tou< les méchants que
l'on detctte, v!vent comme s'ils client feu!s
dans !a Société !c ryran (luiopprime vit en
tremb!ant au m!eu de <on peup!e, qui !e
hMtt tt riche avare vit méprit comme UM
être inuntc; !'homme do~t !e c<pur ~!aeé ne
N'échaun~ pour pertfonne, n'a pas !ieu de s'at-
tendre qu'on t'iMéfe~c à !u!. En un mot, H
n'eft point en Morale de vérité plus dmre que
ce!!e qui prouve que t'honme en fbciété ne
peut <e rendre heureux fans ic <econfs de<
autres
CHAPITRE Vtt.
D< fMt~~ ~<~ p~OtM,
JH.UTA~QUS
compare !e$ pa~on$ aux wwoM,
&a< !e<~M~ un vanneau ne pcm point a~aa*'
cet. Rico o'e& donc plus inutile que de dé*
cb<ae<r contre te< p~on< ~eo de p!m ~<.
~~aMtcabIe que le projet de ie< detrutre. Le
mondée doit exposer !e< a~otages de
venu, les iocoowenieoH du vtce la ~kbe
~H tég~ateur eit d~ovuer. dtetére~ïer, d~
forcer même chacun pour <bo pmpre mtéjré~
de cooMtbaer a n~terêt geoéfa~ ~o~ru<fe~e<
homme*, c'e~ <ew mdtque~cequ~t<do<ve~
aimer ou craindre; c'e& exciter teuf~ pa$!oM
pow ïej! objets Mtt!e<; c'e& leur appfeo~e
tépUmef & & ne point ttr~or !e< deCM ~Ht
pourroient avo!r de< eSeM <uoe~e< ~btt p<MM
<BM-même<, ~ï pour !« MWtes. Eo oppo&ot
<tM paa!oa< à d'amtMt pa~OM, la Cfa<n<e
nmpéMo~ïé de< deSM defé~é<, la ha!ae
h cotete aux ac~oot Bu~ïMc~ des mtét~ta
tée!< & des totérêM 6<~f< && tnaagtaaïfet, ua
bteo-etre contact à de< <antatMe< du mo-
BMot oa pourfa Ce pfOtnettM de faire des
pa~oM ua u<age avantageux oa !eâ dirigera
ve~ M~ ~~ue, à ia~usHe, 4~M ia
~ctaïe. t'utHité particuliere
<p€!a!e, t'unHté chaoue hom~ne
MrncuHefe de chaque
fe trouve nece~atrement Héc. Voilà comme teâ
iotérèts divers peuvent être cotnbum avec
t'inicrêt généra!.
Uo homme dépourvu de pamoM ou de.
de~tM, loin d'être un homme parfait, comm~
quelques penseurs l'ont prétendu, <ero~ uo~
être inutile à !ut même & aux autret, &Ldè<M
)ort peu fait pour la vie Sociale. Un homtbe
qw ae <eroit ~u&eptibie hi d'amout, Bt 4c
haine, ni d'espérance, ni de craiate, ai de
plaifir, ni de douleur; en un mot, le &ge d~
~oïci~me feroit une maue inerte que Foa a$
pourroit nuUemeot mettre en a~ion (y)~ CoiB*
ment modiher, façonner, éïevef un entm~
qui, privé de pâmons,~'aûroit tucMn report,
& (eroit indifférent au phuËf & à ta douteufy
aux técompen~M aux châ~meeM q~'on tut
propoferoit ComaMBt eMiMr au bien de~
étres dépoui!!é< de, pa~oc< & d'intérêt~, 8~
pour te~ueb il o'exi~ poiat de moM& pfo~
pte~aïe' ~iM a~'Ï j~M poa<foit ~eow
teg~ateur d'une ~ié~ d'hoa~naet égaies
ment in&a6Me< à~&9HneMce< a ré-1i
compen<M, aux ticheSet Bt à !*indtgeace, a~
la gloire & à rignomioie ) a la louange a~
blâme 1.

~) Qa~~an, eatendMtpMtet <!« MMniatW~t~


<t~ t <~ T!~ «Mtt M ~MK~t t<M.
«Mt )~
B4
f? .<
.r aA
La fcience du politique K du moraHtte~
dont les vue. doivent être les même<, connue
à exciter, diriger régter les paient des
hommes de maniere à les faire conspirer à
leur bonheur mutuel. H n'en: aucune panton
} qui ue pui~e être tournée vers le bien de la
ibciété, & qui ne (bit néce(!aire à <oa main-
t!en, à <bn bonheur.
La pa<Bon de l'amour, fi juftement décriée
par&t ravages, eft l'effet d'un befoin naturel i'
elle eft néceuaire à la confervation de notre
efpece il ne s'agit donc que de régler l'amour
de manière à ne point nuire, ni à celui qui
t'éprouve, ni à l'être qui en eft t'objet, ni à
&Kiété.
La colere & !& haine, fi fbne~et quetque-
fois par leurs enet< terribles étant conte-
Bue< dans de ju<te< borne., font de$ pw<ËMM
Bti!e< & BéceuTairct pour éeartef de <MN$ ?
de la Société les cho&< capables de BH~
Laco!ere,t'indignatioa, ta haine <bM dew
mouvements !égitime< que ta Morale, la v~M,
t'amour du biea public d~veat exciief dao<
j<~ coMM hoanêtet conMe i'iatu~ce & ta mé-
chanceté.
j
La par!ion du pouvoir que !'oa BOMHM
ambition & que i'on eft fi (ouvent ii~eé
de dételer, eft un Sentiment naturet a
l'hoB~e, qui veut être à poftée de <a<M
~on~ibuef }e< autMt à & feUcité pMpM c~
Knttment ett unte à la fbctété, lorfqti'il porte
le citoyen à (e rendre digne de commander~
& d'exercer le pouvoir par les taieott qu'il
acquiert.
La pan~on de la gloire, que l'on regarde'
couvent comme une vaine rumée, n'eu que
le defir d'être estimé des autres homnMt
ce defir eft nécenaire à la <bciéte,dam t~
fein de laquelle it fait naître le courage
fentiment de l'honneur, la bienfai<an€e, !w
générosité, tous tes talents qui contribuent,
foit au bien être, foit aux ptai~M du gentre
humain.
Le defir des riche<!e< n'e~ que le defir de<
moyeo< de fubn~er commodément, &C d'en*
gager les autres à concourir a notre KHcité
particuliere. Cette pan~on, bien dMgée e&
h Source de t'induftrie, du MavaM~ de t'tc~
vîté oéce~ïaire à la vie ~bciate.
La crainte, ce <enHnWBt qui <buveat ~c
des tachet, des ame< b<u!e< Jtervites,e&
atite & néceOaire pour coateoir Muiet tey
pa<noM dont te< eO&M pourroient être
tatt à noM-mémet & aux autfet. La craintes
de nuire à notre coatervaiion propre à
notre bonheur durable, eft le frein naturet
de tout être qui s'aime véritabiement lai
crainte de déplaire aux autres eft !e Meo
de toute Société, !e principe de toute ver-
MB~y la crainte detd~timeBM en hn~
po~e Peuvent aux hommes les plus dérai~oa~
nables.
L'amour de nous-mêmes, que l'on nomme
orgM<~ ou ~mour-pro~, ot qui déptatt ier~
qu'il dé~nme les autres, eft un (entiment très-
louable, quand il nous fait craindre de ooM
avilir par des aaioDs baOet & digM' d~)
mépris.
L'eo~e, cette pa~oo <ï ~MHmuce S!. R vMe~
t'en~ublit quand, au lieu de nous ifatM tache"
ment haïr les grande hommes & !M gra~dt
talents, eUe nous porte & tes ~nMM~$ m~
fiter, comme eux, l'eftime de no$~~ac!-
toyens elle jîe chaage pou? ton eo emH!*<~a
louable.
AtaH a'ecoutons plus les vaines d~î~tna~
tioM d'une phtto<bphte qui fait coa<Mw !e
bonheur & ta ver~ dans la pr!wa<!oo ~ta~
des payons <C des de<!fs. QMe M"ca~
~~e~dacs les cceuf~ des pa<Koas utHe$, à
nous, Bc aux autres; qu'elle empêche ~t<Mf*'
M, ou qu'elle étouSe,.avec (btn, c~tiet dooe
itfe<uheroitdu mai pour nous & pour aoa
atMes; qu'eue excite t'a~~hé nec~CatM
la Société; qu'eUe comprime on bfi~ ~M~
~bKW dangereux; qu'elle dirïse te$ w~a~
particulieres vers le bien générât du MUt~
auquel le bien des membres e~ t~jowM a~
taché. Ennn, que le gouvernement d'aeao~
avec la Morate, jte &rve de$ paC5~M 4~
hommes pour les faire vouloir & agir fie !a
maniere la plus conforme à leur véritable in~
terét. L'homme de bien n'e~ pas celui qui
n'a poitM de panion:, c'ett cetui qui n'a que
tte< pa~ont conformes à (on bonheur
cont-
étres
tat qu'i~ ne peut ~parer de celui des fet~
faits pour concourir avec lui à fa propre
cité. ~a <ag<t~ ne nous dit pas de o'a4naet
~en, mai~ de n'aimer que ce qui e~ vrait~en~
digne d'atnour; de ne d~~rer~ue eeque noM
Nommée à portée d'obtenir; de oevouioirqae
qui e~ capable de nous tendre <btidement
ce
heureux. « Chaque homme, dit Cicéfon., de-
vroit Ce pf0po(er uniquement de faire que'r
M
qui e<t utito à tu~mème, devieaoe uti~.
?. ce
tom (X). »

(<) ~t
U~~
«~f~ ~«~M< (?'
~~w~. «tM~
«M~M'f~. V. CK!<UM~
p)t optent., U<.
CHAPÏTRE VHL
D, la yo~ont~ & J<:i <OFM.
L A volonté e<i dans t'homme une diMC-
<<on, une tendance, une difpoutioa internet
donnée par le defir d'obtenir les ob~en dan<
lefquell il voit de t'agfémeot ou de l'utilitéi
ou par la crainte de ceux qu'il juge e~<ra:re<
fon bien-être. Cette d!rea!:onn'e~ déter-
minée que par t'idée d'un bien ou d'un mat~i
attachée à l'objet qui excite le defir ou ta
crainte FaMe~ion ou l'averfion. Notre vo-
lonté eft aonante, vague, indéterminée, tant
commet pas a<!uré< du b!ea oa
que nous ne
du mal qui peut té~utter de rob)et q~ iMM$
deSront. Alors ooUt hé6ton< nous nout
trouvons, pour ainfi dire, placés daM une
balance qui t'éteve s'abaiae ~hernative-
ment, tutqu'à ce qu'un nouveau poidt
faiTe pencher d'un coté. Ces poids qui déter-
minent la volonté de rhemme, font !e< :dée<
d'un intérêt, d'un bien-être, ou d'un plaint
plut grand, qui, comparées aux idée< du mai
d'un intérêt moins grand, fniHent nécef'
ou
faitement par nous entraîner, par décidef
voiooté, 'par nous diriger vers le but
notre
ou l'objet que nous jugeons le plus utHe pout
Bous mêmes.
Tant que nous ne connoinons pas ~um~am~
ment les qualités d'un objet, c'e& à-dire, <e<
effets utiles ou nuisibles, nous hommes dans
rincertitude nous nous tentons tantôt aKoret
tantôt réponses nous deitbéïOM. D~~
y<y fur un objet, c e~ alternativement
t'aMnef
pour les qualités utUes qu'on Cfo!t trouver e~
lut, Ce te haïr pouf les qua!!tés BWMtnet
qu'on lui <uppo(e. Déhbéfef fur fes a~tons,1)
c'cH peïer lesn~antages & tes dé&vantaget
qui peuvent en réfulter pouf <bL Lof<qu<
pous croyons être <urs des en~M de nos ac-
tions nous ne ba!an~ons p!us, n~tre vo~nté
ceCe d'être chancelante, nous <bmmes~ d~
gés ou déterminés dans notre choix par Hdé~
du bien-être attaché l'objet (urtequet noM<
éttOM !ocertains; nous agM!bM alors pom'
i'obMOtf ou t'éviter.
Les <t~MfM font !e< mouvemeaM organi-
ques produits par la votonté, détw<n!née par
l'ide du bien ou du mal qui réMde dans un ob*
jet. Toutes les avions d'un être qui cherche
le plaifir Se qui craint la douleur, tendent à
lui procurer la pone~on des objets qu'it croit
utiles ou à lui faire éviter ceux qu'il )ug~
nuinbies.
Un exemple peut fervir. à expliquer cette
théone. Au moment où la faim me pre~e $
mavue eft frappée par un fruit que ï'eUpe~
rience me fait connoître comme agtéabte 1
cette vue fait naître mon de~r ma volonté
eft dirigée ou déterminée Vet< cet objet je
ne balance point, parce que je <ui~ a<!uré de
~a bonté de ce ffuit en conséquence, ~'agit
ou je produis les mouvement~ néee~re<
pour me !e procurera mes pied< ~a~ancent~t
je m'approche de Marbre, retends !es brai
pour cueillir l'objet de mes deftft~aE, <an~
heftter, je !e porte à ma boucttè. ~ai< fi
j'tgnore la nature du fruit qui s'e~ o~ert S ma
vue, )'hé6te, je balance je !e c<~tf!dere, je
le Raire, je cherche à dernier ~e< quatitét t
je le goûte avec précaution. Quand le ré*
<u!tat de mon examen me rait conno!tre que
te fru~ eft mauvait ou peut me attire)
volonté, excise par !a faim~ eft âae<Ht~
tt
par ~crainM<Ïu danger; ~vo!<~é de me
conserver contre-balance atoM !b votonté <té
me procuref une fadsfaction pa~gere, je
?
m'ab~ienxde mangerce fruit, je rejette avec
dédain.
On bue l'on. b!âme !e< hommes pour
ieâ aaions qui partent de ïew volonté, parce
que leur votonté e~ <u<ceptib!e d'être dirigée
~u modmée d'une manière conforme au bieh
de la Société. Tour homme qui vit avec d'au-
tres homme:, e~ ccc(e devoir être habitué,
<aconné~ modifié de manière à ce voutoirque
ce qui peut plaire à fes anbciés, & à ne
point vouloir ce qui peut lui attirer leur re~
gentiment ou leur haine. D'un autre côté
l'homme qui cherche incenamment le bon-
heur ne doit vouloir que ce qui peut t'y con-
duire fûrement, & doit <u<pendre fes avions
jusqu'à ce que l'expérience &e l'examen hti
aient fait connoitre clairement ce qu'il eft
utile pour lui de vouloir & de faire. Tant
que nous ignorons la nature des objett, notre
intérêt nous ordonne de les confidérer avec
attention, afin de bien conno!tre s'its font
vraiment utiles ou nuifibles & <! les a~ion<
propres à nous !@s procHrer a€ font point <u-
jettes à des inconvénients. Un être raisonna-
ble eft celui qui, dans toutea fes actions, te
fert des moyens les plus <urs pour obtenir la
Ba qu'il <e propofe y & dont te< votoatés <bM
continuellementdirigées par la prudence Ma
té~emon.
CHAPtTRE t X.
De f<xp~Mn«.
JLjA
Morale, ainu que tout autre Science s
ne peut être ~btidement établie que fur i'expé-
rience. Toute fenfation tout moMwement
agréable ou fâcheux qui s'excite dans nos
ofsaae<, eft un fait par le ptaitMr ou la dou-
leur qui (e produifent en nous à t'oc@a6ood'Ma
objet qui nous remue nous nous formons
ridée de cet objet Mous nous in(t<ui(bn< de
~a nature par fes en~M~ur nou8-Meme<t "OM
acquérons l'expérience, que l'on peut dé&nif
la eo~~o~~et J<~ MM/<i par ~w< ~M
Ao~ntM. a )
L'homme e~ <u<ceptib!e d'expe<!e~~
c'e~ a-dire, il e~ par fa nature capabïe de
Sentir, de ~e retracer <M tentations à l'aide de
~a mémoire, de rétiéchir ou de revenir fur
les <en~atioM &c !e< idées qu'il a reçues, de !et
comparer entre eUes de connoitre par là
ce qu'il doit aimer ou craindre. L'expérience
ett la faculté de connoïtre les rapports ou la
maniere dont les êtres de la nature aginent
les uns fur les autres. En portant un charbon
ardent ~t de la poudre à canoa~ j'apprends que
<:etM
~tM p~udfe t'eo~ann~e a~c exp!o6on Bt
~'c!<e imprime un fcnttmcnt de doutettf <Mt
~oi <ï t'en approche de tmp prêt par ta )'ac-
~eM une expéneacc, S~ !'4dec de la poudre
J~pyé&mera cou)ouf$ à ma mc~o~e, accoma-
~gnée d'idammation,
.C..tJoée d'explohon &: de do.
d tO~aMn~aMon,d'exp!o6on doM*
bof.
La Morale, peur être <ure, ne dottétM
~aM Mfe d'expé~sce! ~es !$< d!<pe-
~o<Me~e!ïoet!et, ~< pa~toot, wotoaté<,
t
~M a~tOM des hotn~et teu~ e~BH. Avoir
de rexpéneace en Moraïe, c'e~ coao~Ïtie
a~ec certitude !« eattt ré~uhanM d$ ta con-
~M des hem'"e:. Famé d'exp~f~ee~ ua
éptaac commet une a~!oa qui dépb~ è ~o<t
pM<, ceiu! €t le cbât~ pa~ ta Ï'en~nt
~ptcod à ne pto* réttéfet la ~ênM aâ~y
& ~ce <tuë la mémbtM ta iui repfé&Me ~~a~-
)~aM€tM~iv4e<fuachâttm<a~ c'e~
~~M~d'uae.doNtot<
S tt~metB~ qu'à force n
d~éf~ccét ~M
~p~ét< qu't~
!<?
do4wea~
peuwht ce
!F ~~éuévtter:i'e!tpé~o€e&ute peotaoM
M~otMt vra~e nam~e de< <~)e<<, ceu~~M
~Mtt dev&ot décret ou €ta<adM~ te~àc~Mtw
<MMew ou nuMtbiM à n~u< mênMt & 'au<
P M~et <a~< expéftence & <am fé<Mon ron
& ~$!neufe dans une enfance perpétuité. Cf~,
Ë tMt Ara~e, ~M~t« M~~M~M, ~MgnwK$
S. ~n )B
/<M~M~<~W~,<M~M~
y~R<t~MMMW<(p~
L<< hOMatM~< à& MMBptV dtBW
hu~ <a~~B~ trop ~M~W <M6bMtt~
:~a6q~~ïatOMkww~BM<M~~w~<,tbB<~ue
&W~M <b &MK M~t~b~t <e tMB~M des
MéM VMM< ) de <e Mppe!~f eM~eencat tew

u" i"
iwq~w~MMMq~T~ eatM~wM, d. pféwotftM
e~« éM~~ <t<M t~MM t~QM pM~MMM
~o
<tMt.

~t,
M~Bp~TMMM <M~ aM~at
iea p81ÎD..
Mtt MMt-
~M~e~&acqaMé~ empédtMt dw )u~

"c
~ta~tnMt y MoaMMM <ataM~ y & M<~
t'Mp~Mwea XMtMt <? <wadwt. th hamo~
i~4t <~& 4M< <M CtM ~M M)tMM~~
M ~ot <~ ~M<M<mc, Ne ~M&dt~
a~t <x Mt<M, ~m AMh t~< p<~ irs n~
MM~ELhh~
pom pM~w i~w~Mt du
à <â
d'acqoéhfde t'Mpé~Baee, dwjf~MMaa
tWWN~~M~~MMB~M~M~tMMW~Cw~ m~M~Mf
d~~pwkt~M~WWMMt <M~ ~M~, t~~t~
pM~, ~M MM~Mt~ t~tp «tpMt~ B~~à
t~MMe~~ tM M~MtM éeaa~~ H)M~
MMOM <~ ~~y ~<i!MWt~«M Mtit

(~ V. HXMML At~t. E~MUW O~~KMAMC,


~A
h ~a~dott C(Mt<~eM à t etNMs
tude des experieoces. Bo6n te MtMtttw
pt~o~ h dt~ttoo. t'ttMoW déMMtoé
du ptaKtf amS Mea <!M t'~<t<H~
J'apatMe h ~p~té, Nfe~a< é~ ~t~-
~e< coatin~tt to ~top~tn~ ? ~~et
hamatnt, ~t: pèMt étM <~ << BhiK dd
l'~péf~oe~,
H ~MMtB~M~M )MÊ~ïeM tHt~M~
? ~KK dè< (~a<M< ~m$ dtt )~<B<M M
M~a pe~ 6<~< <Ëpè~ét~ MW~
Btte Mee né eM ~~r ~w dc)< <MM<M ê~
de Faft tes dîfpo6t4om pfopfet à ~gef &<<<$-
tMM de< cho(e<. Une nyam éb~aMe pat <tM
~Mfïûn v!~<Me n'e~e~~îe de <ta~ ~ïn~
parfahemeat
qu'ette fo~i~'e a~ë~f~l~t~~tde pt~i~~
te< cMa&e{€$ fécthafe
~u'eHe ~rnte a~ec ~cNtM & pfed~oh dè<
~u'eMe e~ fepû<ee.
KM &M ttOUt tfOmpBM OU <<0<~ <bBt de~
}a<tde!M,t~~ <~ié ~pt~
~p~~&@ce<a~n~~ ~M é~
«~ <a~« ~~t~B
Mat
ë~ èe~~
êt~gOeMMttt «?? ee ~thM é!~
dt ~M
det~ye~é~ôMe~
W~tMXs~ ~<~<~
Là pr~at~e ît~~f~a d*~ ?
M «~g~tè~i~ MêW~~M~M~
~expéfience, ~dee paf !z M~M~, <~t~
pMOd ~è~
ïe pM~ ~<t<«hM ~a pË~~
mewe fera tôt ou tam Mivi de ~egtett eo
de pe!ae<<
La prévoyance e& fondée <!tf t'eipéftence
qui m'M~gae que !e«nême< caufea d~veot
produire les mêmet e~M. Ce!aï qui a <end
l'amertume du fruitt <'eo aboient par !a
~uhe, ameodu qu'il pyévoh qu'il ptrodmmiten-
cofe fur lui ta atome &n(ation. Yo!!à cotnnM
i'expét~eBM, ~e jugemeat !a tnémotre ~et-
<ea< ~ho<naM à portée de pfeCeaur raveair,
€'eA-a d~, de voir d'avance te< enmque te<
~bjet< doe< U conaoît ta naMM opérefont ~u~
htL

CHAPITRE
P< X.

L'txP&RtENCB~ aecMtpagoée de< ct~Ma~


~oce<qat la rendent, ~M, noo< dtcMwe
~n~ n'eft que !a eon<bnn!té de< ~$-
:<~
~aeo~ que nous ponoM avec la nature des
c'~ & d!M~ avec !ea pMpnétét, t<n
<p~!K~, les e~eM immedtaMou étotgnét de<
~e$ ag'<~Bt, ou qm pavent ag~ ~f
~t~~ <~oe texpétieoc~ nM~ &k ou coMoïM
'u'p<'év<M~
Quapdje dtt qoe le (ee exdte de fa doM-
te~ ~d~Hae vétt!e jC'e&-à-d4fe~ je pM-
wonce pa ~ugenaent conforme à
& nature da
feu, fondé fur l'expérience contante de <ow
4es êtres fenfibles. Quand je di< que lintem-
pérance la débaucha détrui<ent la <fmté, je
dis une vérhé, je porte un jugement eoeCr~
par t'expénence joHfoa!jere, qui prouve qu'une
luite naturelle de ces vice. eft d'éBervef
corp<, & de causer tôt ou tard une ext~enct
miférable. Quand ~e dit que la vertu e~ attna~
ble, ;e juge d'une façon conforme à t'eupé"
rience contante de tous te< hab~aaH de
terre.
La vérité contre à voir !e< cho(et <eMe<
qu'elles font à leur attribuer les qua!né<
quet!e< pot!edentféeiie<nen<,à pfé~ow avec
certitude leurs e(tet< i)M)n< out rnauvaM, à
diftinguer ce qui eft utile, !oaaMe et d~-
~rab!e, de ce qut n'e& que chimérique 8C
apparent.
L'erreur eft le fruit d'etpér!ea@M m!)t
faites, de jugemenu ptéciptté* 1 de t'iaMpé*
rience toiate que Fon appeHe ignorance, da
déMre de l'imagination du ttoubte de eM
feM. En ua mot, t'erMur e~ roppoCtioa de
nos jugemenM avec la nature de< chofe~
Je <uis daas t'erreur torique je pente que
des plaifirs dé<honntte< peuvent procurer te
bonheur parce que l'expérience la té~
rlexioa, la prévoyance auroient a~ me c<M~
vaiucM sue CM phtUM, &uvi< de tcag~
pCKW WtC ~n~oat ~epn&bie ~MK de
~e$~ocHeyen<.
~e< p~e~get <pat de~ jugement de~~tue<
~<~f«Rce< (u~S~n~t. Le< !nd!vidu<, aM~
<~ <M ~~t~CMM, (pnt les <<up« d'unt <Me de
pf~u~ dangereux, qui tM ~Mept &B$ M<&
M~-4tte w~r< !equ<! U< €ioi<« <'<dM:m~
<Mt<r. Les eptawnt des peuptM te<t~ ~!<u-
~ow, ïeu~ u<egM te~M !oi<, <b<~WM 6
WM~M à i$ Mi~o <bot <tM ~r ~e<tp~-
~t«ee, 6M< CQB<Mf4< pt~ t*hahitude, & tn~P
~nett<nt <aa~ examen des pef$< aux <e&BM.
yoU~ comme ie< «<Mu~ ptu$ nu!6bte<, lei
~~e$ )e< phM ~u~ iM ceom<Ht< <M pt~
~épu~t phM $ppo~e< au bkp ~e$
~b<~é~, ~<a~u<~ ptu<~Ma« & pMpé-
<m~ pwo~ honuB~t.
PaM« de 'w tM che~ &m t~uf WH~
point de vue, te~ principe, de !a Mp~ta font
~nof~ de ta ptupa~ dM ho~mM. Mp~ie~
~oy<m$ guM~ pM dee pf~M~ ~eMf
par de< u&te< ta~~et, pw du op~a!cM
w

~aM~et, paf la tou~M aveugle dea< MRn


de les !MMpey, de tee e~p~chee de eoo'
~!t<e teuM mtérê~, 6t ~e oe~e~ q~'Me do~
wept e<t<~€f ou mépfttef ta yfa<e g!ottc te
,éritàble.
yef<tab!e I¥>a.eur,
t%oaaeur, le. le.'~!u< ev~
daYoiNIe<
lei dMMMM "1-:
dentt, !e$ vétttét !et ptu< &appa<!<ee <on<
Mta!e<Ma< ok<cuMM par une ~bute ~MeuM
<tm &fmeB< un bby~mt~e i'e~pft!a peine
A (e t!~
iea
Quelle Morale en e~et, que ceMe qM
foaderoit<ur<Mp~o~, ka~etMK~
~outumet couvent abonMaaMM ~Me !'oo vott
~tabHs cae~ d« ~te«!~ h M~3
Prévue par- tout la violence &ht ~MM Coa<U-
tuent des droitt.
Des iotéféM frivoles tendM< peuj~M
~nnt~M des MMt p~tM~ LIt~Hn~Mé~ tM
gue~«, M<, te< CMMtét~ M «h~Mt,9
~MptM, ~tMMtat&~M&~p~Ot~
c~Me< a~ yMK MM* <Mt<MW
~<en< CtviM~e~ Et Ne <h~ à Ja vow tt
co~dutte que la plupart des hoanaM tteno~tt
~ctre eus, dM ~c~tMM Mt <?<!
Mof~ o'~ott <ÊM«M pttact~ ~< < ~éM~
qu'une pu~ eMn~M ~é~
p~t~Meat Mn}qa«BMM du etpt~ M~
tateu~ & <M~cv~ttoBt~t i~maM~
C~ à tMté, ~ed~ r~p*~<M<
qu'il tppan~MM de }<!§<? les tMM<<M~ t<Mt
Mt~M~M, t<ar MCMM ~iMW )tM«N~
L'~nOMOt~ & f~M~ &B$ &W~M
mat a~M~ vMtt AB~~ ~4tM~M
mortels fur- la MMM de< ch~t w P<~
)ouf pt~eH~ à t~ <~tM~t
~naab~$~
H A P T JE X IL

De fdt/on.

E~ Mora!e,
de ls ~énté apptM~e
eftt la cpanoM&mce
conduite de
vie: c'e~ta ~cutti ded~M~ëf te bien dû
Mat l'utile du BOtCbte, ie< tOtéfêM réeh de~
~Me~M ~ppaMott, & de & coaduïfe ea co<t-
~quence.
QuMdoa d!tqaer&o~«<<~ B~M- j

~bn~<t~ on ne veut pomt auM entendte


JàquH a~potte eq naiMaot la conno!<!ance dé
~e qu4 tui e& avantageux ou nu!6bie on veut
~utemenr arquer qu'tt iôu!t de la tacutt~
<~ &n«f de dMMnguë~ ce~ui tm e& &vo-
Mbte de <e qui ht! e~ concave ~e ~M
doit a~met che~chef de ce qu'tt do;< ~1Ef
CMindfe; ce qu! prootte Mn bien du)~
Me, de .c~ qu~ ne procure ~u'un ptatMf pa~
M)~i~M
p'o~ $& &)fcé de conclure <tue ta M!-
<M dans t'homnte ne peut être que te 'fruit
M)MU~<te rexpéf!eoce, de bcoonot~ïaoce du
~ra;, 4~ !< te~e~on ce au! <uppo~e, comme
ea vo une orgao!<atton b!en coa~!tuée,
~e t~p~~e~ modefe Mae itN~BatK~
"T
r .<
fégtée, un cceur exempt de pan!on< mrbM-
lentes. C'c~ de cette heureuse & rare ~comb!-
naitbn de c!rcon~ance< que ré<u~ la rai<bo
éetatrée, faite pour guider les hommes dac~
la conduite de la vie. J~ dit Séneque~
~Mf /c~n~ ~M bien & du ~M~ qui porta r<~n<
<t/!tper/<rc?ton(to). ~` 1
L'homme dans fon ea&nce montMM<R
peu de rai<bn que !e~ brutes. Que d~jt
bien moins 'capable de t'aider lui-même que
ïa plupart des bêtes, <aM le <ecoun de ~M
parents il <eroit expose a périr, dè< !e mûme~t
de fa nai~nce ce a'e<t qu'à force d'e!tperi$a-
ces, qui & tracent plus ou moia< facHetneat
& durablement daM <a mémoire qu'i! ap-
prend à (e conterver, & conhoître !et obietf,
& dillinguer ceux qui lui p!ai<eat de ceux qtH
lui déplacent, ceux qui peuvent lui faire <~t
bien de ceux qui lui font nuiCbtet. L'ea~tat,
pôu<!e par le befoin de b ratnt, porte natMet-
iement à fa bouche tout ce qui~ton~~
la main s'il éprouve atpM par le <eM dM g~ft
une !mpremon agréable, ceMè expérience <M<Ht
pour qu'il attache l'idée de phtiHr à t'objet
qui a une fois fait nahre en lui des <en&tidnt
favorables dè<-tor< it aime cet objet, il te

ft fM)'/«)MM«Mf <MWtM)~ /<'MW~M ~<t-


( 0) 0~<<
<yM<M MwwttM~.SMM.tpMt.M, p< ~tt t
<e<a.t,<Mit.~)t~,
de6r<, il s'y habitue il tend les bra< pour
t'obtenir, il s'ir~te & pleure lorsqu'on le lui
re(u& au contraire M un objet a une fois
excité dam fa bouche une fenfation doutou-
reu<e ou défagréable, il apprend à le haïr <a
vue lui caute de !a fépugnance, parce qu'il <e
rappelle l'impre<on (acheuC: qu'il a éprouvée
on ne peut d~wnMaMr à le rendre &n<
t'a~tger.
Eo oat&at, t'o~tame n'e~ qu'une ntaue
tOeKe mais capable de &<Ktr. Ce n'eit que
peu à peu qu'il appMad à connoitre ce qu'M
doit annef ou cratndfe, ce qu'il doit vouloir
ou ae point vouloir les moyens qu'U ÛM<
employer pou obtenir ist cho&â qu'il detïfe,
& pour évtter ceMe~ qui peuvent lui nuire ce
tt'eit qu'avec Le te)B~ qu'H appMnd à & ntou-
woMr, à &ife u~e de <e$ BMmbfM, a ma~
chef, jt patier, à enpfhMew ~< paCoot a.
voloetés. Ea u< met, de& aM€ beaucoup de
lenteur que rhoaMne appMtd & agir ce
n'eA qu'en féitétaot des e<tpéHeoce<, que &<
pafeaM e fa oeu<nce, &< io&itu<euf< lui
aident à faire qu'il acquiers t'habitude ou
la <aci!ité de Ce remuer de t'énoncer, de
pattef, d'écrire, de penser cpn~nM les autKt
homme<(tt).
F ~ï t~ Le< tin6
«MeaM tndcM qoe les rehKMMM
moderoet, nom parlent de pcaptMMMeaatMgt~&<M,A
C HAPïT~E XH
~f !<~ <t<r~ïrw~M F~bM~~
En~E~, io~M Mowo&et, ~w~ppw~
~Uoa c'eft r*~M à ft~des Mp~MOCM;
e'e~ ~i cotna~uoiq~f eeUM q<M t'~a $ recueil-
Jt€< <bt même c'e~ tut t!Mn~n«tM td~,
les BOMO~ les <~MOO< ~B t'M )'~ 9
for-
<n~t<. L'c~pé~e~e <Mpén<uM, ou la MMb~
ptus exercée des parenM Bc d~ m<~nw< eâ
!e fondenaeM <MHMi de !~mptM! ou et i'a~
<0fke qu'ils e~efCMH <ut têt eo&ON CUM ~M-
o« ge-as. L< M~~& qwe foa mon!M dM< !t
&ctété aux ~tM<rd<, au* m~tâ~M,1, MX
<buv<Mnot, &tppo& M eux plus <t'«p~f~oce~r
~e nu~bn <6 <t< ~nt~rM que <hM< MtfM
homm«. Lt cpfMéMMM <~ l'M a pOMt t<$
&waaM, te<ptê<M< m<d<ctM, Btc. a'~
les
~M~ée qu<Af t'Mé~ et ~~n<a<ae ~$
oeï

<M'H< !gMfo!<M e<te<~M t'o&~e ~e ta ~M'e!<. OMeM


de Sictte Mfnbne cette tgt)<~t!M<MH jM~o~~t, ~i,
~eton to!, B'<vo!tnt q~e quetque< ~<<te~ ~Mtt & eMt-
muni<)oet teaft ideM. Gtrc!t!o de tt VeM dtt tt même
eho(e de que!qoe< peupMe< voiCaes M fec~te dM
~OtK da MKMt.
acqu'fe relativement aux objets dont ils re
9
font occupés. Le <fage n'e~ e~imabterq~
parce qu'il jouit d'une rai~fbn pi.us éclairée que
le vulgaire.
L'homme ne devient ce qu'il e~ qu'~
l'aide de (on expérience propre,ou de celle que
d'autres lui ~burmilent J'éducation parvient
à le modifier. D'une ma<!e qui ne fait, que
jtendf, d'une machine presque inanimée,
i'aide de la culture, il devient peu à peu ua
être expérimente qui connoît la vérité, tC
t
qoi, Suivant la façon dont fa matière première
a été modi~ée,1 montre par la <utte plus oa
.moins de rai<bn.
Dans l'enfance l'homme apprend, ?00' len-
tement à agir, mais encore à pec~r. No<
idéci, nos opinions nos anfe&ions nos paC'
itons, nos intérêts, les notions que Bousavoa$
du bien & du mal, de l'honneur ou de M
honte, du vice oc de la venu, aMM <batta-
fus par l'éducation d'abord, ensuite por
la Société fi ces idées <bnt vraies, con~met
l'expérience à la raison, nous deveoont
des êtres raisonnables, honnêtes vertueux
H ces idées (ont fautes, notre esprit <e rem-
plit d'erreurs de préjugés nous devenoo$
des animaux dérai~nnabtes, incapables de
procurer le bonheur, ~bit à hout-mêmes, <bit
aux autres.
C'eift encore dans l'enfance que~ous co~
fractom n<M nao<ntaes t)onne< ou fnauvam~ f
c'e~ dire, des ft~oM d'agtr utiles ou nu<Ë-
b!e< & nou< nrtêmct at: '<uîre<. L'u~, 9
ea généfa:, une d~~con dans ao< o~a*
a~cau~e par !a Cré~uenee des até'n« mouve
tnenti, d'où réMte !a factHt~ de !e< pfodu~.
L'enfant appfcnd avec afTex de pe~e tnaur-
dtef; ma~ à force d'exercer <e~ )mnb~, M eË
acqutett rhabitude, <I marche avec ~Mhé,e
M ~bu~fe quand on t'empêche de cou~f. OM<
ht tendfe enfance, !'homm@ ne pfoduh des
cr!~ ou des <ons ~oardcutc< mais peu à peu
langue exercée prononce des paro~t~ C<. &nit
par les rendre avec raptdhe.
N<M ;dée< eo Morale ne (ont donc <~ ~$
enfeM de l'habitude ()tt). LM noorrtces
~nfHtMteuM, !e< parenM ne cotnnMmh~MM
à !eur< éteve< que les notBont vra<e< ou ~au~w
dont th <o<!tCMx !M<meattnbu$ teuM not!oM
font con<brme< a rexpérteoce, cet e~v<$
Mht det tdce< vfa!et, c~~ra&ercnt dM
haMt<xt« coaveoaMe< S te«M ao~oa< <ba<
<a«~e<,tM ~eM qu'~ aMtoat abMMvét, dèa

(tt) ~<w~ di~ Mobhe< w~ ~« t<MM~~M)nt)~)Mt


~«M
<<Wt~~f<F.
Ot<t~<
i.M
~O~MM~. ~~<
'M~M~ <<«~~MM,M''it,
C~«~~ W fA~<
~r~
<
0' M~t~M f$~W-
ri
a,

<t«~<~tiMM<ht~
l'enfance dao< bcoupe de i'fMTMf &tèM
déranban~blet & méchatM.
Les optntOM des hotnaw a< <MK ~u< <
tabcis:soes vraies ou fau&M dM 'dé« qui ktM
JevttoocBt habttueiict fo)r<~ de & MMét~
<M< kuM c<w«ui<. S! dè< t'M~ta~ oe e~
tnoMfoit ~maN rtdét de veno ~M ~o~M< à
Hdét d< pht6f, d< boohM~ A~Kme
wéaéfMM 6 de< Menap~t ~atâM M dé<M<*
tOMat pM M<Hi<e CMM aaocB~oa 4M MéM t
B y tout heu de cy<MM ~'ua <~M< it&nMt
de ctHe nMoiMe, dewtea~Mtt M he~HM
bMB y Mo dxoyen e~ioMMe. L~d~M~ d~ &
pht< tendre ~uoeac rho~aat ~~è~
idÔM d< &< paMM, ON tM <M<M~ t't*'
MMeàteMdMÏ'Méed~botttMfè~pM~~
fa~Mt y t h nMaaace, M p~M)~, <â~
h<Bt 4<OBmmf ~Mw r~w « Mt <M iMm~<

MM!
9 M ado t
JLz MMbw
ÍDI8f des Ii.
a'~t ~efhttSeeét ~M~ttNé~
~«tpMMt~ « q~dt coa&~ht ûw «w<
oaBMiBO<re~M:ité.C~pTMtpp~erM~Ma
eah&cu~&M~~W~t~~a.
mef~,
m~,ê~ M<M«, &M ~M~<~HA!tf!~h
a~MfjMBt à a<t<M ~MMW& CM N~iN&
KtO! pMHtp~MMC < MP~t BTnr CM ~tht
n~aMc~ acqm& par r<MKioB &h~~M<.
D~M !e ptty&}oe, c<MM aoo$ j~tMMt p«
in~tt~X veM tey ob~en pfopfet à cao<er do
p!at5f à no: 6:M dans te morat, nou< épfou*
vont MB feotimem prompt d'eâtme, d~adm~
faden, d'âssoo? poor ÏM aRioM t<Hrtoeo<e<
Jk dTï&nreuf pootr !« aA<oa< cdmhteMet~
doct NOM CORBO~Bt Btt pMtB~f CMtp-d'ee~
la tendance & ta &a.
La pfOtBptitoé~awec b~eNe ee~ o~~ o<t
<e «~ m~at ~M~ce pa~I~ pet&Be~éeM-
<ée< & venoeû~, a ~cfo~ ptat~o~
monttMe:<j~B dMM&c~et~t~MB~
t'honnae qoî fappMM~ en oaMaet; cepea-
daat a e~ te ~t ~e t!a ~é<~x!ot, de FSaM~
<ude~ de 6~ <?&??€, qo~tB~t à ~fdSt now
~îi~~MoM «Ê<NMBe$, M~ÎBOM à<p~e
n!B«MfMt ~Of)P 6«M' <tft<MM)' a~E~< EtaM' hf
Monde~ comate da~tK wn~~ ~g)9a!<<w
rapt~Bde Me& ~Bf de~ <a<o~ &o<B-
me~~eË <«? &ca~ae!~B~ feMCSM~
eNee~oaBe daMh p~q~Mt ~M~~M~cet.
d~
AMp
a~~«!M~a~,
L'&BMMM' ta~ea~MW~
p~te-
ao<a! p«Ëa~
6«~~ faWt<M~
W <Mf
{e~Hr
eoBMHaBBateaC;~ N~t-a~; aMMut~
adtaS~ ~oe~~oeMt t~w ~aa~ OMNM
~atpt~~&gte~p~e~~
(~~M~~)~f~& ~~M~
t)MûM.&tM.f,M.B,va~
<~ans te< héfo~ !e< conquérantequ'etïe
proctanae de j~rand< hommes. H n'y a que
!a féCexion Se t'habhude qui nous appren-
nent à juger j[annen[ïent &L pfompMtneot en
Morate~ ou à ~nftt d*uo coup d'oeÏt faptde
tt< beautét tes di~fmM~< de< a~ioM hu-
ntaïne~.
Ce$ ~e~exioat oou< ibat ~nt!f rjmpOKM~
a'une boMe edu~ttoo eHe &u!e peut ~mef
4e< êtfe< raM<oBnaMe~ vefMenx par &abttude
opsbttM de Mndte ~MHx ~x
m~M
de coMnbue~ao bon~MX <~< aut
L~hbnat-
tpe ae dpït être' fegX~e CCMp~ M~e~ent
¡" 0,
Zt j'at~noaMe que bF~u~ pfettd t« vfm<
11rua. I"OP.
ntoyent dede.&r. pfocw~ ant~
dit!ïile~c-
~o ~ORbeuf,
~fat&BBab!e, ~ntdect, %B<~aat, ~'tt
~tXMfouteoppo~.
ÏJM p!<;S~ de !'$M~<Be ~o< MÏtb~~MM~
J<~M~ ~a~&tMe~ M ~PJ.
~~iM~~ t
&M
arc,~8Val~
{pt~a~a~
&?<,
.t' ik l' "a
"e,.
~M~~i~~n~~
IVHUC,

~a~
~v, d~
&<M <~)M
L~tRtM
v't~~ $~M~~
<te rhoa<~ ~t*~t
M~ ~M~~4e$ ~w~e~ N~tM!.I
~a<~ a~~ t'~ f ~M~
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1.
tMdé piM~ Mt~OB Be
~SM~-
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<7-
<NMM.
vew~ ~e <~e6M~ M ~t qMe qw ttM
vM<aMe< Mt!e. M pefd po!Bt de vue ce
~f ~c & M.a~Bme. ? ce <Mt <mx
êtres avec !e~ueis il v:t en <bctét~. Toute ta
vie d'un être retable doit être a€co<npago~~
une ancntton continuelle fur ttn mêote
fur iet
~I 3%. su:res.
Cil" '-ill-

C FI A P Ï T RE Xt î.
E~ ~ï eon~M~.
JL-~E!
expériences que nous f~~ïM, op~
nions vraies ou ~uCe< QHe !'o<ï aoM~oooe o~
que nous preocof, ~Q~bop)u<outno!o<t
~gMu~meM c~tttv~e,e !« hab<t<M~<
nous contf.~oM~ t'é&tcattoo eue &<n«Mnous ~ce-
tet~-
voM, dévebppeat <aoou<uo fo~
neuf 4e pïat~on de <buteur que o~mH~
<co~«H~. 60 ~t 4 définit lia connot~Mtce
e~eM que CM a~otM ptodm~s~ Ctf B<M<
ieatbbMM~f ~~tcoaMe-eo~M't~OtM-
MeoM'$'
PoHt
tM ~e de
meM mMat
p~t
<a~e ~e
d<~t v<eM de ~af!er
dence e~ une dt~o<înoo acqut~e
tf~ ~u
ï'
~'f.i-'
oa ~ee~ttot-
ot! ~0~
coo<-
que
~o~<~ <~e ms! de
a~ec
<noFaH~et !'o0< ~eg~dée comme <m ~otttnent
M~, c'eAà.<B~ ~<n~e t!RC~a!«eï~e-
te~M S ~re R~MK. Qua~d on vot~M <*e~
tendre en Morale, on fera forcé de convenir
que le coeur de l'homme n'e~t qu'une table
M~e, plus ou moins d~o~e à recevoir les
!mpren!ons que l'on peur y faire. « Les Ioh<
de la conscience, dit Montagne, que nous
croyons caïtre de la nature, aaMent de la
o coutume chacun ayant en vénération in-
? terne les opinions &L les mœurs approuvées
& reçues autour de lui y ne peut t'ea dc-
prendre <ao< remordt, ni t'y apptiquer fans
s appïaud~ment< M Phtarque avoit dit avant
lui w que !e< mœur< conditions <bnt qua-
? Hté: qui s'impriment par tong trait de
w temps & qui dir!! que les vertM morale.
<'acqH;erent aufn par accoutumaoce, à moa
w avis, il ne fourvoyera point (~4)."
Comment un homme qui n'auroit po!nt
des Mee< nettes de la )o~ice poorrot~S
r
tvohr ta con~cknce d'av<Mr fait une aûton M-
}uAe ? M faut avo~f app~ty ~t< paf notre
propre expérience, fait par celle qui nous
e~ communiquée, ie~ e~ett que !e< caa<M
peuvent produire fur nous pour )ogef de
à
ces caufes c'e~ dire pour <avo<f ? e!!e*
tous font favorables ou ooi6bte<. Il faut dew

(ï~) V. Effais de MoKtagut, tir. t. eh< <t ? ?


MaMnr<~e, <Mtt~ ft~w<M~ /<M~ ~~tr~ <e~~<.
<M<t«~t<Ma
&~g.
d'Amior. Vid. p!utatch. o~p. twm.
A. «Ht. cit, ttb. foy.
t, y.
expériences &C des ré~exions encore plus
tnu!f)p!iées,1 pour découvrir &C prévoir ïeâ
influences de notre conduite fur d'autres, on
pour pren'enîir <ë§ conséquence! couvent tre<"
éloignées.
Une conscience éclairée en' le guide de
l'homme moral elle ne peut être le fruit que
d'une grande expérience, d'une connoitÏance
parfaite de la vérité, d'une rai~bn euhivée
d'une éducation qui ait convenablement m~"
diné un tempérament, propre à recevoir t&
culture qu'on a pu lui donner. Une confcienc~
de cette trempe, !oin d'être dans t'homm~
J'effet d'un moral tnhérent <a Nature~
Join d'être commune à tous ies être: de notre
espèce eft inriniment rare St ne (e trouvd
que dans un petit nombre d'hommes cho!C<
bien né<, pourvus d'une imagination vtvt M
d'un cceur tre~~n~Me) Ce eooveBabtenMnC
modirté<
Pour pe~ que <*on regarde attto~~ de <b!
t'on reconnoitra ëe< vérttét oo t~uveta qu~
tré< peu de gens font à portée de faire !e<
expénence! les ré~exiorn nece<!a;r~ à !<
conduite de la vie. Trea peu de gens ont td
ça! me & le <ang froid qui rendent capaBte d<
pe<er de prévoir tes conséquences de ïeurf
acMon! enfin, la cenfcience de la plupart def
hommes e~ dépravée par les pfé~ugét, Ï<~
exemp!e$ !e< idée< ~u~e<, les in~IcuttOM
déraiSbanabies qu'ils reoconireat dans la i~
ciété.
Dans !e plus grand aombre des homme*
ow ne trouve qu'uae conScience <~ron~,
c'eS~
à-dire ) qui juge d'une façon peu conforme
la nature des choSes ou à la vérité cela vient
des opinions faMHes que l'on s'e~ formées OM
~ue l'on a fe~ue* des autres qui font ana<
cher l'idée de bien à des attions que l'on trou-
veroit très-nuiCb!es fi on les avoit pius mûre<
ment examinées. Beaucoup de gens font te
mai ccmmettcnt même des crimes en
~retede conscience,parce que leur conscience
eft iauS!e< par des préjugés.
M n'e~ point de vice qui ne perde ïa din~
mité de <e< tfatM, quand il e~ approuvé pat
la Société où noa. vivent; le crime tu~méme
~ennoblit par le nombre <C l'autorité cou<
pables. Péroné ae rougit de t'adhère ou
de la diHbtution des nroeuM, chez un pecptw
corrompu. Pe~btïne ne rougit d'être ba< la
cour. Le Soldât a'eSt pas h~nteu)! de Se< rapi~
nés & de Ses ibr~its il en fera même trophée
devant Se< camarades qu'il connoh diSpo~t &
faire comme lui. Pour peu qu'oo ouvre ie<
yeux, l'on trouve des hommes très-~juS~et y
Mes méchants, très.inhumaias, & qui pour-
Mat ae te reprochent ni teoM injumcet fré<
quente<< f qu'ils prennent Souvent pour de~
ac~ioM légitimes ou de< droits ai leurs
cruautés, qu'ils regardent comme les enfeM
d'un courage louable comme des devoirt.
Nous voyons des riches à qui leur confcience
ne dit rien pour avoir acquis une fortune
immense aux dépens de leurs concitoyens.
Les voyageurs nous montrent des <auvsge<
qui Ce croient obligés de faire mourir teuM
pères, !or(que la décrépitude les queleuf
a rendu
inut)!es. Nous trouvons des zélés
confcience, avcugté? par des idées fau~ea de
venu ~b!Hctte à Exterminer fans remords BC
f<ns pitié ceux qui n'ont pas les mêmes opi-
nions queux. En un mot, HeAdes nations
tellement viciées, que la confcience ne re-
proche rien à des hommes qui <e permettent
des rapines, des homicides, des dueh de<
adu!tcres, des réductions, &c., parce que cet
crimes ces vices font approuvé. ou tolérée
par l'opinion généra!e, ou ne font pM re-
primes par !e< loix dès-lors ctMCuo s'y Mvre
fans honte C~ tant remords. Ces excès ne font
évités que parqueïques homme< p!u«no<téré<,
plus timides, plus prudents que les SHKret.
La honte eft un Sentiment doutoureux eit-
ché en nous par l'idée du mépris que BO~M
gavons avoir encouru.
Le remords e~ ta crainte que produh en
cous Fidée, que nos aaions font capabtew de
~ous attirer la haine ou le renEenthneat de<
autres
~t
Le repenti eft une douleur tnterne a avo~
fait quelque chote dont nous envisageons tes
conique nces dé<agréabte< ou dangereuse*
pour nous mêmes.
Les nommer n'ont communément ni honte,
remords ni repentir des avions qu'ils
voient. autorifées par l'exemple tolérées ou
permit par les ioix, pratiquée: par le grand
eombre ces fentiments ne s'étcvent en eux
a~:on<
~M lorfqu'ils t'appe~otvent que ces
font univerfellement blaméea, ou peuvent
leur attirer des châtiments. Un Spartiate ne
you<;i<tbit pa< d'un tarcin ou d'un vol adroit
qu'il voyoit a;'tor'~ pa? !e< ioix de (on pays.
Un despote, continuellement applaudi par
les ftattcurt, n'a point de honte du mal qu'il
~aH & tes Sujets. Un traient oe rougit guere
~'uae <brtur<e acquit taju~ement fous l'auto-
nté du prinçe. Ua dueM~ M repent pa<
~'un aHa~nat qui rhonoM (bjuvent a~x ycu~
~e fes concitoyens. Ua fanatique <'app!audt(
ravaget des (fo~b~t que ~bo xete pfo?
duit dans la <bc;ete.
11 n'y a que de. fe~ex!on< pfOîbodet c~
<u:wte< (uf les fappwM !<nmuab!e< & les de.
voiM de la Morale qui puM!eot ec!a!ref le
~anCeteo~e,& nou< moM~ef ce que nom de-
V<MM BWitef ou <a;re, indépendamment de<
~odoM taune~ que nous tfouwont établies,
~a çoofç)ence e~ nuUc pu du 'nptM 0~9
fatttrèsfbtbiemeni, très-paitagérement en-
tendre dans les Sociétés trop nombreuSes o~
les hommes ne Sont point aHez remarqués,s
où les êtres tes pius méchants Ce perdent
dans la foule. Voi!~ pourquoi les grandes
villes deviennent communément les rendez.
vous des frippons qui s'y rendent des cam-
pagnes ou des provinces. Les remords font
bientôt évaporés, S~ la honte d'Sparoît dans
!e tumulte des payons dans le tourbillon
des plaifirs dans la di<Ttpation continuelle.
L'étourderie, la iégéreté, !a frivolité ren-
dent Couvent les hommes au~ï dangereux que
la méchanceté la plus noire. La constance
de l'homme léger ne lui reproche rien 3 ou
du moins fa voix eit bientôt étounfee chez
celui qui voltige fans ceOe, qui ne pefe riens
& qui jamais n'a l'attention nece<ïaire pour
prévoir les fuites de tes actions. Tout homme
qui ne réfléchit point n'a pas le temps de <e
juger. Dans les méchants connrmé* coupa
réitérés de la confcience prod~t~ent à b longue
un endurcinement, que la Morale e~ daM
rimpo~bilué de détruire.
La confcience ne parle qu'jt cenK qui ren-
trent en eux-mêmes, qui raiSbnnent leurs ac-
tions, &. dans lesquels une éducation conve-
cable a fait na!tre le defir, l'intérêt de plaire~1,
& la crainte habituelle de Se faire mépriser ou
haïr. Un ctrc ainu modifié devient capable
de fe juger; H Ce condamne quand iincom-
mis quelque a<~ion qu'it fait pouvoir altérer
les fentirnents qu'il voudroit con~ammcnt exci-
ter dan! ceux dont t'e~ime S{. la tondre~Te font
nécenaires fon btcn-étfe. i! éprouve de !a
honte des remords, du repentir, toutes les
fois qu'it a mal fai: il s'observe, il fe corrige,
par la crainte d'éprouver encore par la ~.ntp
ces Sentiments dcu'oureux. aui le forcent Sou-
vent à Ce déreîtcr !ui-tT)cme, parce quitte voit
alors des mcmes yeux qu'il e~ vn psr les autre;.
D'o~t l'on voit que la confciencc fuppofe
une imn~ination qui nous peigne, d'une faço~
vive & marquée les (entimcnts que nous ex-
citons dans les autres un homme fans ima-
gination ne ~c présente que peu o" point ces
impremons ou Sentiments il ne fe met point
en leur place. H eft très-difficile <!e faire un
homme de bien d'un ~up'de, à qu< Hrrog!-
nation ne dit rien, ainH que d'un it!'(eu<e
~ue cette imagination tient dans une ivreue
continue!!e.
Tout nous prouve donc que la confcicnce,
!oin d'être une qualité innée ou inhérente
À la nature humaine, ne peut être le fruit
~ue de l'expérience, de l'imagination guidée
par la raison de habitude de Ce replier fur
foi de l'attention fur Ces actions, de !a pré-
voyance de leurs influences fur les autret, de
teur féa~ion fur nous-mêmes.
La bonne confcience eft ta récompenSc de1
)a vertu elle confie dans l'atrurance que nos
avions doivent nous procurer les ap~!audine'
ment<, !'e<Ume; attachement des êtres avec
qui nous vivons. Nous avons droit d'être con-
tents de nous !or(que nous avons la ccni-
tudc que les autres en font, ou doivent en
être contents. Voilà ce qui confhtuc la vraie
béatitude !e repos de !a bonne conscience,
la tranqui!!ité de !'ame~ la félicité durablet
que l'homme denre fans cène &C vers la-
quelle la Morale doit le guider. Ce n'e~t que
dans une bonne confcience que conMe !e
ybu~r~ b~ft, ~rïM/~M~ c/ï c~pa~
procu~r.
CHAPITRE XÏV.
Dt:J t~M eo~jhe~~ NtOM~.

uaa
& coa~ajMs de !a aa-tïMW, !e ta~-
c~am M peut ~amms ~un' d'mt boojMM pM
~!af tn'otïde ( t$). Sea BicJBie~a, ~m p<M~'
M<~ ga~ami~taB pM coatt~ M-mé~M;
<iM$ !~s ~'o~M~cs ~MM <~K paM~o~s. M
iaM~Msc, a'ti'. eeaMe da-ns M~Mnat e'~
j~oua?' eiEi;ye.< !!e.s ~spco~hes ~'N'a~ ejma~cm'ac<t'
t)?oubiéc p<M !)g~ pe~Mi'ss s~su~s ~s !fbaas~
-~a'anon tut pté~NM. C'e.& &iaê ~a~ !fs~<
~j~t t~ ouie, M!~m<: évsiâé, eec~c wojw ?'<?!!)?'
&??' ~MXïiwe- ? <Mt~aM9xaw
~~s' ? ~eM es~ ~e~
€<ïMW

g~MiE' MMé <~ SM~ à W<!W~MCt ?


~~H~at'
j~~s jS~egx <~$ p~tsaïa.wMwaT ~Mt
sa~ëB c'n~ ? ~w te'a. a~~cs. d~ ~~Nt~
~'ii~ Ess.o:tïao& aMmy ~ès~pa~aa~m. at~M)~.
'€@ ~~a'e~ .aNa~sMNc <~ o~i~aa~M~ t
€m~ p~M~ S%!MW- <&Mét ~M'S' MM~M~"
<Mtw EB&s"&ïC!x" y <~m' Co'a) x d~~ <a&&~
~a~&" <~e.).M&-tséma's.<M~ <E~u~~ d~; ?? j~!M~

(:J~OV~~tSA~
chercher dans les tourmetM!! et MM t4
mor: un a~t.e contre k~ remofdt dbnc
Ust
~s ~ntOtcnc mcet~rnmenc agire- T@~ ~6
cerrtbit~ ct~rs du dë~~potf daos que~MC!!
êtres qu~ n~jrreu)- de tem': i'bfiatM mecdan~
!'i:-npunïance de fecot~~f ~MC @H~
me''nca.
On crotupefon: néanmotM ? t'oa CtQ.yo4
que conL(t-t@nK:c agit& d'UNe (saco<t ? p~~
~nce fur tous les coupabks< t.tt.< 0~ pM~
~Me rien a~x: e~nts
engp~dn tM pa~
qu'à ta dérobée à des ~crc< ~<~e< ~a~, ë~pé~
k'" 4e~ p~
p
e! ,à des êcr'u.
caic ent~ce''nent
la, d~rob(é~
ette 6s t'of~
éaNaiiw~t.
Aons e!j~ s'oppo~ watn'enMns a~w pen<:h'aNC$
de L'h~btmde celle ci devMac Mm be&tN tna.-
p~fkux qui M ad ~urd a &t coa.
Ne ~~M~ pas é.tQa.Ms ? MMM <~ ~6~ daMW
te tmoa~a eomm~CT'z'a'c ma~ ~aa y ~B~
pef~~eNB ju~u'aM combeao ~Mn <~9' wte<t
~e* ~t~ ~~e: ~~w<aM-na~M,
~s'~ht~~a~mc
«~~tMW
< ~M~.
o~t é~uw~ a~
t~ Mpa~'
a~.
~ne~ ~ueMesee'
< ËM~<
<!M~

c~~M~
MM~
a~MaMMW~
a<~
<M~

M'e~t'f~ ae~ &~ y a~w ~M~,


Nioa~~u~~em au ~paa~y aMM~ wa~EW~
<~MM'e' a~maa.e ~tt <~ <w a<MM~ n~
~M@e s.o<ja- a~e~g' d~
M~M~
fM.~ps o~'<m~. pour ~a' &<ï!ea a~M M~
a$~ w~~ .papa~s~ ? ~w i~w-a~
<e pfopo~ de ~e remettre bien avec tut fnéfM
afvcc les autres; t! t~ehe alors de banntf
ëe ton e~nc t<m ~a~ ~M~en<e< <~o~t ett
~fë~ Et <'e~fee ~ci~cet <te fe<pf!< de*
aM~re~ te<t ~pfe~M dé~~wb!e< q~
cc~d~fe a <? rïe'ce~nr'eM.eM y pfc~a~'e.
tt e~ des vtce<, des fautei de< Cftm«
mêtiRe <M fép~f~B. Uae ta~kf faire à
~e~n ~ép~e <N !.s< feM<t<~t j~M~,
ça éé~o''Ttnt<eaat~~M$ fa~OM géttéf~fe,
~?~ ~~s a c.tu~"f. La' tfe~~u!~
fép~fe e~'Me' du v~. UN<f <t)Mawan:Mftt <b-
~wmUe p~ut fe'p'afef les ~~f<M ~««t Ïa
tépm<MK''m ~a sMtM. E~w ~awqawt <c~
M't~Mt ~pcnW ~w'Mt ~~MMf
te~fmfNe-at pfoêm pw ??<' o~ew~~ L$ cae~f

< ~~t~
<~ ~!MmtM€ <e~fM.M~ ~p~.aomty <ewe$ t~ ~M<
<répwé aMt <~M t*MM~ c~MMMtaM

K~M ~e n~e- p<M~<a~' ~MW <MM~


<~ g~ey ~<JK)~e~ <a~wM~ <fM~af'
<? tl~ tMH'~aRé'H~t eMEWt~MW <~ <!< <aw<<
&M'<Me y & éam$ :?!??$- ~<ww~ é~ aM~
<~ <M~. leur a~E~M t~êi~e~ t<.tc~<M<t
<w~
M~~My ~e~ ~WMW«' <~
?? &'BMt~Mt!t< ~'t~' <~
tMêfMC,.
t~
pOW M'*
M~tNc q!M~, MM~
<~ !MépW~M<" attMt y~~ <~ t<MW
~tt e~ws~ em~-< &??'
e~t~ y <MW.
~ps~ ea~~a~M; ~o<~
de): a~iom ~u: !e&
<
ent cfueUement a~tgét*
U'nn alitre c6~e la fepafattû~ des <~)r<$
pafon tou~oHfS m~ntmem c<~e~ y ~n
vanne, tbtt à la eupK~!<c des bom~e~ EM~
~uppo~ woe g~adeMr d'orne no eo~s~
dont t« m~chatntt ~M un eha~~eMeRt
t
tot~ï, ne ~bnt ~efe ~spab~s. Votià p&M
tant de eoupabks )fepentet<! de ïeHf co~
duhe, parcyMEsot y têo~&c~f y '~s'i c~&
ttnt.raftmern à feparef !e mat doot tf< ~t
te< auteur. C~$ regrets ~ffu~MMX “ e~ ~a~
tumenta de ~n.t d~n ~tt
j~tce avof~s
t'~gnorance, ~btt au maR~e de ~oyce, ~n
la totbietTe des aiguttioM de t<!t e~ni~t@nee~
qui ne fourmenMfH paa afÏex po~c~u'on ch@~
chc à s'ef~ debafta~f tom-a-~M. La ptnp$n
des bonnes ~Haod ~$ &M j~a~ c&nâ<rnsé<
dans t@ vke te Cfta'K, pit~M ~f
vm à
t~ttor coa~e' e~x m~m~ & ~M'e
~bt~$
ttp~oebet, pMi~ à ehef&~
pfo~p~$ a ~tK~miT
Ïes fo't$
ae~
L~t
~'@H$ <
~m.~et d~m~t. tM'M~~y,. ~M~
~~a~
<û~M$
tmp~
p~.)!.W

g~~t~M.E BUTt ~.JiM@~ ?$~~3~$ ~f$.p~0~)$


~o~i' e~x' mêtfte'~ Pat se ~n.~ châ~t~e'~E d~
a.a'EM)'e ) e.Ê des. e~@s ~Mt. M ~ewgst
au~u~me~c & <@pa~f. C~~B~<ca.E t~~e &
u~ a~t ~d.$~ que le dt'~Me d$: ta ce~ye
&m p~c~ d~M H~ dn$! ? C~H9'm$a.!t ??. t~E~.a.~
t
tîO MOR~t E UM!VKR~LLE<
<nt
dont les p€nn'!e ma~
e!<t.<:< ont rendu tout «n peupte
tca ext.<:<
heureux pour de« Sectes, poufra't Il fe fe*
eonctMef avec tut-meme ? Cofnment ca!me<'
)ct yemofd) d'un conque~nt tof~ue <<Mt
~msgtoatt~jp vtcnt à lui faire entcndtre teit C~K
<e< Mttom d~t? Com~@n: appa~ef
m~t~fe
€on<fcteace d'un dont ÏM
coo~e<~
pef~dct ont an~an<! le bonheur de )f<'< coo"
CtMyetM? E~ U quelque moyen de fa~M MH"
tfef la pam datât le cœuf du juge, dont ngno*
rance ou !'tn<quhé ont ~t p~rff J'tmtoeeM~1
BnRo, comtTKn! ira~ufor re~r~t de celui qui
t'e~t engra~ de la fttb~anee du p~uv~e, da
)a ~uv@ &t de t'Mphehn 1
De< hon~mst de cette <f<sn~pe n'eo<eod@n<
cheï eM< e!~
gtteM le cri de la con~ience
$? pe~pétuetie~ent etou~e paî <e t~~Mtt~
a~a!fe$t de< p~~ft ~yuyantt~ du v~
<oat~ t de< app~~dt~TMe~tt <ef~~ t ?
~$? <e< con~tst~M pe~det d« ~p~eMM
<to~ v~ï~ pM ha~d !at
e<non~ aMand
~OMt
coottience ileve
€o~6:t€nce eM etix
eteve en <;u~<t leur
e~x <r~ quand !eu~
!<na~~brt ataf~tée ~t~ petnt !e< $~e«
~Êc% ~v@ot ~~paf~b~t de ~MM p$~
~EMM ) OB ta tf3~M~!t~ CCtMMM~éMteMt p~
fe~edet ~<t~te~ ~~pe~f! ?
~~e d~p~f t<M§ !ettf~ cfh~et r$M< <~ &
.s~e't p~M~t~~ t ette' Ïew ~wtt. !<$
M~yw~ d~ppa.t~f !« tM~et de «M< ~uo)
t~t~ <mb!t~ )' tew< e~p.dité ~w~ ~R$t'M~
cet ont tmmoes oes tor: tM ptus ~fanae
criminels fe croient lavés de icMft ~buttturet J
mais htcnt6t ils retomberont dans les Cf<me$
dont il ett fi factte décaftcr les femofd~
Voilà comment .ont contftbuc à ~buta~ef la
ton~cteoce de ceux donï ta conduKe tn~ue
de la façon ta plus crueHe <nf te b~o-e ?
<€< moenft d<!< nations.
La Mo)r<M fondée ~f la nature. ne oof-
<ede a~eu~e recette pou~ ~Héf~ Ie< pfaie~
tnv~t~r~ct de la con~jcnee de ceMX que t'ha<
bitude anfefnntit dant te crime tes yeux t<
fepenttf ~tftte ne peut rien fépatCf ette ne
croit pas que de vains ~egjrets ~m~eM pour
tfaoqmttKef te inecham qtï! pe<r<X~e dant ~et
tntquhe) ette te condamM <tt ge~mtf ~u~u'à
la moyt ~bm le fbue< d« ~u~~e< elle vent qu<
(es bte~rct ~M; cc~e<M po~M de ~ignef ette
veut qu'au défaut de< châtiment que la tyfaM!-
e~e M craint pomt de la pa~t des hot'nme~
$Me <e pan~e eUe rR~e. C'e~ une cfHimte~
CM tyah<<ba de e$ÏMW fetK~dt de ceux
~ut font te maiheMf de <et<e. Qu'Mn ept~tj~
veat, !t'M ce pe~ty «~$ toafmcftt$ de
honte, de la tëfMM y du m~pm d'eux-
MtefRet, ~u~M'à ce qu~it <a~en< ce~er tct
)t~fmnci ~n't~ ~bnt ectow. La ~eMte expta*
tïon que la Mofate pm<Ïe fournir aux <~nM<
we!<, c'c~ de ro~npfe avec le crime. C'< en
~i~as da tf~; ~andt bMR< a~x ho~fn~),
qu'on peut !eur faire ouhticr têt cinc!. (ju'oh
icur a fait éprouver e'cft en rcconttoitFant
j{es ~garementt, quon apprend s'en corri-
gcr c'c~ en t'occupant du bonhcuf de
~€<

<cmb!ab!e<, que l'on peut ifoutager la con-


~tcnce toutes te< fox qu'cHe reproche te<
jravagctt qu'un<: conduite chtDmcHe a pu cau-
ser. Une conscience, toujours ~ctctnc <an<

nuages, e~ une récompense qut M'appafttent


tju innocence. La con~ctcnce du méchant
~e peut lui montrer (~0 des ph«~ e~rayantct 2
la confcience du ~ctcux dcfut u~ lui montre
de< cicatrices la con~tence de homme de
bien ne !ut annonce qu'une (antc cor~ante<
Porter te< hommes à étabHr t'ordrc la paix
en eux mcmet par te contentement qu'itt
procurent aux autrc<, voi!~ le grand eb)e<
~He ta Morale doh <c proposer.
SECTION SECONDE.
JE~oM dc ~to~~c J~n~ l'état de nature ~f
~n~ ~ï~f /b~<:t€. Des t~t~/Mt~.

CHAPIT~E PRE M!E FL


D~tO~ ~<: f'/tO~t/tt~ t/b~ CM
~~U f~~f
~~M~
L'HOMME ~but deux
peut être con~d~e
~!ott de vue généraux comme ~eui, OM
comme vivant avec d'autres homme: avec
le~et$ H a des rapports. Le~ m~ral~et
pMt~phet ont appelé ~<ti na<M~ poC-
t~a d< t'homme t~,
c'~ à dire ~o< av~f
~fd a ~< fapporM ave€ i@$ @t~< de jtba
e~ect. Quotque t~tM~e M trouve pomt,
<?u du Mutas rarement,
dao~ cet état ab~ratt y
i<M'~t~ <€ trwve ~tït, dégagé de toute M*
~o avec <e< autres tocapnb!e d tnr!u€f ~f
eux par ~ea aatons, & d'éprouver les
e~tt
des leurs <t ne !at~ pas d'être ~umh à de<
d<t~~
<VW? eRv@r§ {ui-m~me.
iUi-nnc~HC.
eRV@r§ ~iaü-i'i'i~tli~.
f H
Irir
Le. devons, comme on l'a dit plus hauf~f
~oct les moyens néceHaires pour obtenir la
fin qu'on (e propose. L'homme ifblé, ou daM
Ï'état de nature. a fans doute une Un, qui
e~ de Ce conserver, &<. de rendre Con exigence
heureuse l'homme i(blc étant un être ~nti-
ble, c'cft a dire capable d'éprouver de<
pla~rs & des peines ~a nature le force d'ai-
mer les uns, Ce de craindre tes autres il a
des dehrs, des craintes des payons des,
volontés il peut agir, faire des expériences,
& quelque foibles que Soient les connotirao-
ces qu'il acquiert dans cet état d'abs..d<on, il
e~ à portée de recueillir affez d'expériences
your rester ta conduite dans j!a vie ~btitaire.
Un fauvage s'i! vivoit tout ~eut, ou un
homme que le naufrage auroit jeté dans une
i0e déserte, voulant (e conferver, font obliget
d'en prendre les moyens coof~quenttïKnt Ut
t'occuperont du foin de & nourrir ils met-,
tfont de la dinEerence entre les fruits doux
les fruits amer< que leur féjour produit il<
auront ~bio de s'abâenir des aliments qui
leur auront cauré des douleurs, des mala-
dies ils s'en tiendront à ceux que ~expe-
rience leur aura montrés comme incapables
de ~re~ à leur ~antc (bus peine: d'Mre puois
de leur imprudence, ils )r<fM<*ront à la ten-
tatioa de manger le? (hoft's qui, spr~~ lem
avotr~urm des ~cn~tiom! d~cdables suron)
profit quelque dérangement fâcheux dan<
leur machine.
On voit donc que l'homme, dans quelque
pohiion qu'il fe trouve, e~ Soumis à des de-
voirs, c'ett à-dire, te voit obligé de prendre
les vote: nécenaires pour obtenir le bien être
qu'il defire St pour écarter te mal que ~t
nature lui fait craindre.
Lorfqu'un homme vit tout <eu!, <es ac~iont
ne peuvent influer fur tes autres mai: c!te<
influent fur tut-méme un être (enubïe, intel-
ligent, raifonnable, ne peut (e perdre de vue
lors même qu'il n'a pas de témo<n< de (a con-
duite, il eft (on propre témoin il a la con-
science de fe faire du bien ou du mal il
éprouve des regrets des fCtnofdt, !or(<;u'H
<ait qu'il s'e~ attiré, par ~bn imprudence ,1
des maux qu'il auroit pu éviter, s'il eût con<"
fu!té l'expérience &L la raMon.
La confcience dans l'homme itbié, e~ ta
ccnnoiiïanceacquise par l'expérience de<e~et$
que <e< action! peuvent produire fur tui-même.
La consciences dans l'homme en <bc!été, eft,
comme on l'a dit ailleurs la connoUïance de<
effets que Ces a~ion!! doivent produire fur le<
autres, par contre coup fur lui.
La honte, dans l'homme i<bié eft le mé~
pris de lui-même excité par l'idée de <a dé-
raison 8~ de (a propre toib!ene le remords eft
en h)i!dée du châtiment que la nature réferve
à fa conduite infenfée. H 2.
En reMéchmant fur ce qui te paite en nom
lorsque nous hommes tout feuts, chacun peut
<e convaincre que l'homme ifblé eft forcé de
<e juger lui même,.de fe repentir de tes paf-
tions Se de tes actions inconfidérées, lor~
qu'elles ont pour lui des conséquences fâcheu-
ses de rougir de fes vices de tes foiblefïcs
en un mot, de fe condamner d'avoir manqué
à ce qu'il ~e dcvoit à lui-même. Quoique tout
feul un être intelligent doit aimer l'ordre,
& haïr le détordre, dont le théâtre Ce trouve
au dedans de lui il doit être inquiet toute<
les fois que tes inondions organiques font trou-
blées il doit éprouver des fentimenis de
crainte il fs dépite contre lui même quand
il tbupçoune que fes forces & facultés ne
font pas capables de lui fournir les biens qu'il
te propofe ou d'écarter les maux dont il eft
menacé. D'un autre côté l'homme feul s'ap"
plaudit, quand tout~ chet lui) <c paf!e dan<
l'ordre quand tes facultés le j{ervent à ~ba
gré quand (es forces, <bn adrciSe fbn in"
duftrie répondent à tes vues, ou le mettent
en état d'obtenir le bien-être &. de repouOer
les dangers qui pourroient ~e présenter.
Ces réflexions nous prouvent clairement
que l'homme, considéré comme i~olé ou, fi
l'on veut, dans l'état de nature, doit ette
raisonnable, con~iter l'expérience, fu~en*
dre les adions dont les e~st6 lui patoi~eat
!ncertains, fe réfuter aux plaifirs fuivis de
peines, réprimer fes payons désordonnées
truand bien même il feroit tout <eut au mon-
~e, cette fbiitude abfb!ue ne le difpenferoit
aucunement de vivre d'une façon conforme
à fa nature. Les qualités que l'on nomme
force prudence, modération, tempérance,
font au~ néceiTa'rcs à l'homme ~eu!, qu'à
l'homme en Société en rcru~ant de ~e fou-
mcMre à ces devoirs l'homme i~b!é s'ect
trouvera puni, il ~e verra tanguant 8( ma-
lade, il fera dans rincapacité de jouir de<
plaifirs qu'il defire il <c dégoûtera de fon
<rro, il n'aura qu'une exigence tacommode,
dont il fera forcé d'accufer fa propre rôtie;
vivant dans des inquiétudes continuelles, la
vie ne fera pour lui qu'un fardeau difficile à
Supporter.
Quoique t'état de nature ou de l'homme
totalement privé de rapports avec fes fem-
blables, toit purement idéal cependant cha"
cun de nous <e trouve âïuvent pour quelque
temps dans une <btitude complete durant
laquelle il n'a d'autre témoin que tu< même.
C'en: alors qu'it petit appliquer à fa conduite
les principes qui viennent d'étM potes ils lui
apprendront & fe fe~pec~er & Ce craindre, à
contenir fes pâmons, à ne point <e permettre
des a6tions dont il auroit Ueu de Ce Mpentir y
à ne pas même s'abandoNner à des pen~eet
M«*t~~Mtt*
M <
H
déshonnetes qui pourroient enflammer font
imagination en un mot, à s'abitenir de ce
qui pourroit l'obtiger de rougir, à Ces proT
fa foi-
pres yeux, de fon imprudence ou de
bleffe.

CHAPITRE IL
De la Ybcfc~ des devoirs de FAomfnc /bcM~

~Lj E n'e~
que par ab~ra~Hon que l'homme

jtbn efpece, Ce qu'on appelle t'


peut être envisagé dans un état de fbhtude
pu privé de tous rapports avec les êtres de
nature
~ron un état contraire à la nature, c'e~ àt
dire, oppofé à la tendance des facultés d<
t'homme, nuM~te a fa cQO~aOon, oppo~
au bien être qju'U eA de & nature de deCre*
con~amment. Tout homme e~ !e fruit d'un~
a~bciattoo <QfB<ée par ruo~n de ton pere
de (a ntere, &ns ie: ~eccurt de(que~ it n'eût
jamais pu conserver. Né dans la <octét~,1
entouré d'êtres utiles S& nôceÛ~re: à fa con.
~rvat!on, à Ces plaifirs, ton bonheur, H
feroit contre <a nature de vootoir renoncer
un état dont il éprouve à chaque in~axtt
be<b!n, & dont il ne pourroit fa pa~f &n$
~fendfc<na!~eurem:.
Quand on dit que 1 homme eft un être fa-
<'M~, on indique par là que fa nature, <es
befoins fes de~rs, fes habitudes l'obligent
de vivre en fbcicté avec des êtres fembla-
bles à lui, afin de fe garantir, par leurs
fecours des maux qu'il craint, &L de fe
procurer les biens nece~aires à (a propre fé"
!icité.
Une Société e~ !'an~emb!age de piufïeurs
~tres de l'espèce humaine, réunis dans
vue de travailler de concert à leur bonheur
mutue!. Toute Société fuppofe invariabte-
ment ce but il feroit contraire à la «ature
que des êtres, animés ~ans ce~e du deHr de
fe conferver &C de <e rendre heureux, &
Tapprochat!ent ou s'uni(!ent les uns aux au-
tres pour travailler à leur destruction ou
icur malheur réciproque. Des que deux êtres
t'attbcient, on doit conclure qu'ils ont besoin.
run de l'autre pour obtenir quelque bie&
qu'ils defirent en commun atn<! le bonheur
commun des aubcies e~ le but nécenaire de
toute Société compose d'êtres intelligents 8C
taifonnables.
Le genre humain, dans Con ensemble, n'ett
qu'une vaite Société compose de tous ïe$
êtres de l'espèce humaine. Les différentes na-
tions ne doivent être envi(agées que comme
des individus de cette (bciété genéraïe. Les
peuples divers que nom voyons fur notr~.
globe font des Sociétés particulières, ditUn-
guées des autres par les noms des pays qu'elles
habitent: fi elles avoient plus de raifon, au
lieu de fs combattre &: de (e détruire, elks
devraient confpirer à fe rendre réciproque-
ment heureufes. Dans chaque Nation une
cité ou une ville forme une fociété particuliere
compose d'un certain nombre de famiUes
de citoyens, intéreues également, &(. au bien.
être de cette affociation particulière, 8c à
confervation de la nation dont ils font par-
tie. Une famille eft une fbcieté plus particu-
liere encore, compofée d'un nombre plus ou
moins conlidérable d'individus, defcendus de
Ja même fbuchc, &C dittingues par le nom
de ceux qui ont une origine différente. Le
mariage eft une Société formée par l'homme
&C la femme pour travaitier à leurs besoins
& à leur bonheur mutuet. L'amitié eft une
aubciation de piuueurs hommes qui Ce, ju-
gent capables de contribuer à leur félicité ré-
ciproque. Les réunions durables ou panagere$
~e ceux quii s'affocient pour quelques entre,-
prifes, pour le commerce, &c., n'ont S~ n~
peuvent avoir pour but que de mettre leurs
forces en commun, afin de fe procurer de~
avantages commuas. quc~lu(ieurs indt-
En un mot, a~-tôt
vidus Ce raucmblent dans la vue dbbtenif
une Ro commune, ils forment une ~ciété<
Les aubciations des din~rents peuples SE
de leurs chefs fe nomment ~~c~ elles
objet leur défenfe leur conserva-
pnt pour
tion leurs infércts réciproques, enHn des
avantages que ïeuls ils ne pourroient ~e pro-

curer.
La connoiuance des devoirs de l'homme
lui-mcme le conduit directement à la
envers
découverte de ce qu'il doit à fes femblables,1,
fes afTocies. Quelle que ibit ia variété qui ie
les individus dont le genre hu-
trouve entre
main e~ compofé tous s'accordent, comme
pn a vu à chercher le phiur, à fuir la dou-
leur la moindre réflexion devroit donc ap-
prendre à chacun d'entre eux ce qu'il doit à
des êtres organifés conformés, fendes
iui, dont l'ani~ance, !'anFeaion, re(-
~omme
time, la bienvelHance font nécetTaires à
félicité dans tous les moments de fa
propre
Vie. Ainu chaque homme en (bciété devroit
<e dire à lui-même « je fuis homme, &C les
hommes qui m'entourent font des êtres
? comme moi. Je fuis fenSbIe, Se tout me
prouve que !es autres font, comme mot,
? Susceptibles de fentir le plaifir & la dou-
? leur je cherche t'un, & je crains l'autre
y donc des êtres Semb!ab!es à moi éprouvent
x les mêmes deMrs les mêmes craintes.
y Je hais ceux qui me font du mat, ou ~ut
M mettent des obUacles à mon bonheur;
» donc je deviens un objet désagréable pour
? tous ceux dont mes volontés ou mes ac'
» dons contrarient les fouhaits. J'aime ceux
? qui contribuent à ma propre félicité t
» j'e~ime ceux qui me procurent une exif-
tence agréable je fuis prêt à tout faire
» pour eux donc pour être chéri, c~imé,
» conudéré par des êtres qui me reuemblent,
M je dois contribuer à leur bien-être) à leur
utilité. »
C'eft fur des réflexions fi ump!es, fï natu~
MUes, que toute Morale doit ~e fonder. Que:
l'homme confidere ce qu'il e~, ce qu'il deu-
te, &: il trouvera que la nature lui indique
ce qu'il doit faire pour mériter î'aSedion
des autres, Se que cette nature le porte à la
venu.
CHAPITRE ï1

De la vertu en général.
LA
vertu, en généra!, eft une difpoution
ou volonté habituelle & permanente de con-
tribuer à !a ielicité conûanie des êtres avec
!e~;uels nous vivons en fociété. Cette ditpon-
tion ne peut être ~dément fondée que fur
t'expérience, la réflexion la vérité, à l'aide
defquelles nous connoinbns, nos vrais in-
térêts Il. les
terets, 8~ 1 intérêts Ain
mterets de ceux
uC avec qui
ceux a_vcc
ef%ll noue
qm nouS
avons des rapports. Sans expériences
vraies,
nous agirons au bâtard 8e fans règle, nous
confondons le bien le mal, nous pouvons
BuiM à nous-mêmes &~ aux autres, même
confine
en croyant faire du bien. La vertu ne
pas dans mouvements pa~agors qui nous
des
portent au bien, mais dans des difpofitions
~blides permanentes (ï). Procuref aux
hommes des plainrs frivoles &C paOagers,
mais bientôt (uivis de regrets ou de peines
durables, ce n'eA point être vertueux. Il n'y
~-–––––––––––––~––––*
(t) Je trouve dit Montagne, qu'i!y a bien à dire
«
entre les beautés <. faillies
yy~~o~ptehabu~ V~
de
~v.
l'ame, ou une réfolue
t~
a point devertu à favorifer les hommes da)~
leurs vices, leurs préjugés, leurs opinions
faunes, leurs penchants déréglés. La vertu
doit être éclairée &C fc propcfer le bien
durable des êtres de l'efpece humaine. La
vertu doit être aimée, parce qu'elle eft utile
à la fociété S(. à chacun de fes membres ce
qui elt vraiment utile, eft ce qui procure en
tout temps la plus grande fbmme de bon-
heur.
Cette difpoution que l'on nomme vertu
doit être habituelle ou permanente dans
l'homme. Un homme n'e~ point vertueux
pour avoir fait quelques a~iorns utiles aux au-~
tres hommes; il ne mérite cp nom que lors-
que l'habitude excite conflamment en lui
ramour des avions conformes au bien-être
des autres hommes, ou la haine de celles
qui peuvent leur nuire. Cène habitude, con-t
trachée de bonne heure s'identifie avec
l'homme de bien &c le di~pofe en tout
temps à faire ce qui eft avantageux, à s'abf.
tenir de ce qui peut être contraire à la félicité
des autres.
D'un autre côté, l'homme vertueux peut
être quelquefois trompé ou feduic par le pre-
,mier afpe<9: des chofes; mais, accoutumé S
réfléchir fur les conféquences de tes acMoos,
il eft bientôt retenu par la crainte des effets
qui) devenue habituelle en lu;, l'arrête
Ï'empêche de fe prêter à la réduction de<
payons & de l'imagination, dont il fait qu'tt
doit fe défier. Sans ceffer d'être vertueux~ un
homme peut defirer le p!ai(ir mais bientôt
la raifon le rappelle à fon devoir~ en lui mon-
trant les fuites des avions qu'il commettroit
pour l'obtenir. La vertu fuppofe de la ré-
flexion, de l'expérience, de la crainte, de la
modération. L'homme de bien e~ un homme
qui calcule qui combine avec ~ufto~e qui
s'obferve, qui craint de déplaire le méchant
eft un homme qui fe taiue entraîner, Se qui
ne raifonne point (a conduite. L'incertitude ~f
le vertige dit Juvéna!, furent toujours le M*
M~ere du méchant (t.).
C'eft donc avec raifon que Séneque -nous
dit que vertu c/~ un art qu'il faut appren-
dre (~). Elle eft évidemment le fruit, malheu-
Muiement trop rare, de l'expérience &( de
e
la réHexion. C'eit en Ce repliant fur foi que
l'on parvient à l'apprendre, à fe familiariser
avec elle, a fe l'identifier; c'e~ à force d'exer*
cice que l'on en contracte l'habitude c'eâ en
pefant les avantages qu'elle procure, en
vourant tes douceurs, en contemplant les fen"

(t) .M~<~ 'U~~< eft /~M< natura H«~«yM.


(s) D</f<a<~t <~ ~~«~ <~ ~<WM~ /<
SAT)ft<XJ[II,YïRS.~Ji~
ïimentsdeûrabtes~ qu'elle excite dans ceu~
qui en Sentent les influences, que l'on ap<
prend à l'aimer. Après en avoir connu !e mé-
rite & le prix, l'on fe trouve affez fort pour
renier à des intérêts futiles, à des plaifirs
méprifables, quand on les compare aux avan-
tages contants de la vertu.
Lorsqu'on dit que la vertu c/Ï /ct propre
reeompc~t/e, on indique que tout homme qui
la pratique eft fait pour jouir de la tendrene,t
de reftime, de taconnderation, de la g!oi-
re, en un mot, d'un bien-être nécefiaire-
ment attaché à une conduite conforme au
bien de la Société. Celui qui fait le bonheur
de ceux avec ielqueis ii a des rapports, ac-
quiert des droits fur leur ancec~ion Se fe met
en droit de s'etlimer, de s'applaudir de'
jouir des douceurs d'une bonne conscience
qui Couvent le dédommage de l'ingratitude
des hommes.
Quelques morales nous représentent Ïa
vertu comme pénible comme un Sacrince
continuel de nos intérêts les plus chefs
comme une haine implacable des plaifirs que
la nature nous porte à denrer, comme un
combat fatigant contre nos paffions Se nos
penchants !es plus doux mais ce n'eSt point
en devenant ~s t-nnemis de nous mêmes que
nous pourrons devenir des amis de la vertu.
Elle ne nous ordonne ~as de renoncer aux
plaifirs, elle nous dit de les choifir, K d'ea
ufer avec fagene elle ne nous défend pas de
jouir des bienfaits de la nature, mais elle
nous dit de ne pas nous y livrer en aveugles,
&L de ne point fonder fur eux notre bonheur

permanent elle ne nous commande pas le


factifice impo~bte de toutes nos pâmons,
elle nous prescrit de bien connoitre les ob-
jets que nous devons aimer, &C de leur
facrifier les payons inconudérées pour des
objets qui ne nous donneroient que des jouif-
fances momentanées Suivies de longs re-
grets.
En un mot, la vertu n'ed point contraire
aux penchants de notre nature; elle cft, comme
dit Cicéron, nature pcr/c~ionn~e (4.) elle
n'eft point auftere &C farouche; elle n'e~ point
un enthoufiafme fanatique; elle e~unedouce
habitude de trouver un plaifir confiant &C pur
dans l'ufage de notre raifon~ qui nous apprend
à goûter le bien-être que nous répandons fur
les autres.
Non, la vraie vertu ne'cpnMe pas dans
un renoncement tota! l'amour de foi, dans
un dégagement idéal de tout intérêt, dans un
mépris anec~é de ce que les hommes def!"

C'
(~ E~ <«ffW M<~</ ~~M</ ~f~M~ <~W M /<'
/M~WMW~Mr<t. CtMR.0, Dit

LtG(&.
1-tB. 1, CAP, 8.
rent elle connue à s'a'mer ~c-ritabtcment, à
placer fon intérêt dans des objet: louables, à
ne faire que les actions
defquciîes peuvent ré-
iu!ier i'e~ime i'~tïcc~tonja conudéranon la
gloire réeiïeS) a fe procurer, par des vokt
~rcs, ce que les hommes vexent ohichif
parles routes incertaines &. fauttes. E~-ce'
i'a~~ion de vos concitoyen:! que.vous cher-
chez ? C'e~ en leur raient du bien'que vous
pourrez la mériter. E~ ce la gloire qui fait
l'objet de vos vceux ? Elle ne peut être que
Je falaire de vos actions univerie!!ement uti-
les. ER-cc !c pouvoir que votre ambition de-
mande ? En e<t i! un, &C p!~s doux, plus
fur que ce!ui que vos bienfaits vous rcrqntt'
exercer fur vos femblables ? E~ ce !e conten-
tement intérieur que votre cœur denre ? Vous
êtes certain d'en joui!' par la vertu; elle
~eute vous donnera le ju~e droit de vous ap-
plaudir, quand même rinju~ka des homme.
vous priveroit des hommages que vous aurez
mérités.
Ainu ne croyons pas que la vertu ~b!t un
~tc~6ce cruel de tes intérêts perfonne ne
<onno!t mieux comment il faut s'aimer~ que
~homme qui !a pratique. Qu'e~'ce ea e~?t
que'l'on defire le pius dans ce monde, Cnoa
de <e faire chérir, e~imer, honorer, retpec-
Mr des autres, de leur donner Moe bonne
F*
opmioo de foi, de jouir couramment d'~ne
iattsmcnoQ
iansfacHon inténë~re que rien ne peut ravirt
La vertu fburh!t tous ces avanta~e~, e!!e eft
te plus fur moyeti de conquér!r les c<eur<, de
parvenir à la conMéranon d'aCqtï~r~ de ia
~upér!on[€, d'e~er~er (ur të< autre~Otnme~
un pbuvoir qu'ils approuvent. w
L'honneur véfïtabte e< cOfM<né o& verra,
le droit que ta vertu coo< donner i'etH~e de
nos ~entb!ab!es. Le naéntee~, es généra!,
~a~e~Mage des qua!ttés Nt!!es o~ touaMes, ou
auxquelles on attache du prix dans ta<bc!eté:
La fuper!oritê d'un homntt fur uh autre ne
peut être tbndéë que <ur !e< avantages plus

c'e~ à dire, recdntMïe pa~ccu~t~f~


marques dont ~!t jouir; î'aùt~ité~jgtt~

exercée, ne peutavdtf pourbafeqùe teMea


e~
~OB <eur fa{t éprouver. La vfa!e gbtre ne
peut être, aux yeux d'oH~tre raitonna~e, que
b reconaoiHance puNtque, t'adn~raKom
Bèrate, excitée par des actions ,dé~~ents,
~<N~<ons<M~ffeMement utifetM genre
Mmaîa.
teHe~â~~Mrêco~eB~(cSti~té;
pM ~a pM!pre «ttérét,~&~ déceraer à !a
ve~ Ldrtqu~veugïee par ignorance, eUe
Mîferu<e <bo' ~aire;~uand <es ïdée~~a'es
.la rendent tn~ennMe au Mérite quand
gouvernetnent, au tieu d'exciter !e< cttoyeM
~t'occuper du bien public, ou du bonheur
dost ils <bnt faits pour jouir en commuta,
T~ y Ir 1
ne c~ti~e ver~n que de la ~~e ou <~n
detfa~ ta; ~cie~ ne tafde p~i e~e punie
de <bjn ~oju~ice 4e fcd~. Les venut
~ccet~u~; F~fe, Fh~mq~ie <bc~ale, à
la ccmcof~e à ta pa,~x, d~to~~e~~ k~
liens de.la jfbciét~ Cs! ~~c~n~ pu ~c bïi~n~i.:
!e$ m~et! ~ti,cu~f$ ~M publier t'm~e-
f~t 8~nM les citpyem ~i~nt, t<;
monde d~cn~ rarea& combam con~-
nuç!s que Uvmt< te~ v~ k~ p~K~c!'
des ho~~e~
LaL veftu n'e~ ra~e~ qu~ paxçç <~e la
fpUe dM hpmn~e< p~ivQ t~t.(<~eo<
des t~ompen~s qu'e~ df~t de p~(e~
d<e. ~S~~ W~ iodtvidut
i~r~es à ~es e~eufs t~~co~o<M~
ieat te~s t ot<~ 'd~e< fau~
l'honneM,<~ 4~ b~~é~
yM~e~ ~f* ~m~g~ 4~ ~4
Ie~,Ct
C'e~ at!~
~vent au~ <;r~ p~t ~ut~~
ta P~~ ïWP~
de !a ~erre, Féquite e~ totalement tp)&<
nue, tpfQB ~e çon~bo4~ h
t~i~ te p?f!~e) ~90 ~&t~fa! n~
de !a y~te~e~ !a gïo~ ~d~
ai!Mo~% çp~te ~e ~en~e ~nR~)r ~e
d bonaeu~ à de~ a~'QM ~M~e~ orue~s t
t'id~ de~pCH<Mi~ ~o~we ~ee d~st<MM
c~iM ~dc< vanité:~ à des d~n~icas p~eptet
dont il M aucun bteo peut ~c~
Faute de raifon Se dp lumières, les hom-
mes, pour la plupart, ignorent ce que c~e<t
que la venu, & protUtuent <b<fnom re(pec*
table aux dt (pestions les plus contraires au
bonheur du genre humain. Des nations entie*
tes n'ont elles pas regardé comme la vertu
par excellence, la valeur guernere, cene qua-
Uté barbare qui met fi foulent t~ ctatioct~ en
iarmes ?i
Pour a<mer la vertu, il faut s'en former de<
idées véritables; il faut avoir médite {es ef*
fets il faut en conaoïtre ie$ avantages conf-
taats il faut avoir fenti ton infhienee nécef-
<aire fur le bonheut général des <bdétés &
fur le bonheur particulier des iadividutï. L'a-
mour de ia vertu !t'e& que t'amour de t'ordre~~t
de la concorde de la ~licite publique êC
privée. Il n'e& point de Société qui n'~t ~'e-
foin de Vertus pour fe conterver $C pour )otHt
de< MeofaiM de la nature il n~eA oontt de
&mïUe qui ne ïtOuve dao< i< vertu de la
douceur, de la consolation, de la roree it
n'e(t point d'individu qui n'ait le plus gtMdt
intérêt à éprouver les etfets de la vertu, & à
montrer des vertus aux autres. Sous quelque
point de vue qu'on tenvi&ge, l'idée de la
vertu e~ néceuairemeot liée à celle d'utilité,s
de bien-être, de contentement, de paix. Au
milieu de la Société la plus déraisonnable,
t'homme de bien, Peuvent ibrcé de gémif de
w
la fdépravation publique dont il e~ la victime r
fe confbleen rentrant en lui même, s'apptau*
dit de trouver dans fon cœur une joie pure f
un contentement fb!ide, le droit de préten-
dre à la tendreté & i'eihme de ceux fut
qui fon fort lui permet d'in~uer. VoHà ce qui
con~Utue le repos de la ~onn< confcicnce qui
n'ctl que rauurance de mériter Fanection
&C l'eitime des êtres avec qui l'on vit, &C
1
Fidée de fa propre fupénohté fur les mé-
chatMS que l'on voit tourmentés par leurs v~
ces, & les jouets contmueis de leurs tri~et
folies.
Ce qui vient d'être dit nous prouve que
l'homme vertueux peut feu! paueF pour
l'homme vraiment fociable, y c'e~-à-dire~pouc
un membM qui contribue de bonne foi au but
que tome fbeiété f<! propofe. Examinons
tjnainienMt en détaH les vertus ~octaies, ou
les difpoutioM que~ Fexpérience nous montre
comme les plus capables de faire pbteBir aux
nations, aMïu qu'aux citoyen~r une félicité
pernc~aMnse~
$
CHAPITRE IV.
De la Ju/j~c.
jLjA
Morale, à proprement parler, n'a
qu'une feule vertu à proposer aux hom-
mes (5). L'unique devoir de Fétre (bciabie,
c'e~ d'être jufte. La justice eft la vertu par
excellence; elle fert de bafe toutes les au-
tres. On peuf la définir une volonté pu une
ditponnon habituelle Se permanente de main-
tenir les hommes dans la jouuïance de leurs
droits, &: de faire pour eux tout ce que nous
voudrions qu'ils HCent pou~r nous-mêmes.
Les <~otM des hommes con~eNC dans
libre ufage de leurs volontés &c de ieuf~ fa~-
cuttés, pour fe procurer les objets aéceCa!-
tes à leur propre bonheur. Dans's t'état d~
nature, l'homme i~olé a ~rott de prendre
fous les moyens qu'it juge convenables pouf

i
(~ Sm~nt Pt~Mfque le phHofbphe Menedemat
pr~ttodott qu'il n'y avoit point de dttîétotee r~Ue entM
tiM vertus & qu'il n'ea ex~oit qu'une feule que t'oa
ee Ct!(btt que défigner fous des noms diveM n di~ic
que e etOtt tMjouM la même vertu que t'on tppettott
tMt&rtM~iec, tantôt prudence Mtt~t tempérée,
P~t, ~<~« ~~<
fe conferver &C fe procurer le bien-être; il
ne fait tort à perfbnne. Cèpendant on a vt(
que, même dans cet état, les droits de
l'homme font limités par la raifon, qui lui
prefcrit de ne faire de tes facultés qu'un ufage
conforme à fa conservation 8c à ton bon.
heur véritable. Nul homme, f<ns folie ou
~fans
un dérangement total de fa machine, ne
peut exercer le droit de fe nuire ou de fe dé-
truire tout être intelligent 6c raifonnable fe
doit donc la ju~ice à lui-même (es droits.
cet égard font Hxés par la nature ce ne <e-
yoitpasu~erde (es droits ou de fa liberté~
ce feroit en abu&r que de te nuire de plein
H
Srê.
Dans l'état de fociété, les droits des hom-
mes, ou la liberté d'agir (ont limités par la
juiUce, qujt leur montre qu'ils ne doivent agir
que d'une façon conforme au b!en-être de la
M'ciété, faite pour les infére<er, parce qu'ils
en font les membres. Tout homme vivant en
Société feroit injure, f! l'exercice de fes droitt
propres ou dé fa liberté nuifbit aux droits t
è la liberté, an bien-être de ceux avec lef~
quels il fe trouve atnbcié. AinC les droits de
l'homme en fbciéré connftent dans un ufage
de fa Hberté, conforme à la ju~ice qu'il doit
fes a<!bciés.
La ju~ice n'ôte poinr à l'homme la liberté
~o !a facutté de travailler à fon propre bo<~
heur elle l'empêche feulement d'exercer ce
pouvo'r d'une façon nuifible ani droits de
tous ceux que la Société doit maintenir. Cela
pofe, la liberté de l'homme dans ta vie
Ïbriale e~ te droit que ichaqae citoyen péut
exercer <ahs pohef pfppdke a Ïes afnbc!e~
Tout ufage du pouvoir qui n~ aux ëufrës
e~ injure & rïo~~e <~a~ue
homme, ne con(u!tant fouvent que tbh ih-
térêt propre, Ces payons, fes defirs déré-
~es, peut être injulfre & mëconnohre les
droits des autres ~e leur Taire du ~nai a m H,
i'oBuge d'ob-
pour le bien de tous, la Société
ferver la jufUce envers ~M a~bcies elle fegte
~a cooduite paur la rendre conforme à l'intérêt
né r~ t.
ce8e,n~r~
CèA pat tes f6~ ~ué la <bdete peut régïet
les avions dé <es n~ëmbrés, Ïes e~~chét
~e ? nuire réciproquement. Lés !bfx <bni tê~
contés dë ta Ïbde~é, ou re~es de coà-
auitc qû'eHë ~refcrtt a chacun dé fe$ nlën)-
bre&, pour oD!igerd'Ô~rv&r entre èù~
les devoirs ~e ta )u~!ce !eUf tmpbfe, on
pour les empêcher d6 ? irbuBie~r tè< un< <M
autres dans !'t)(a~ë de leurs drd~s!.
Les !onc font ju~es, quàna e~ei tnain-
tîehnëht chaque membre ~e la ~bcîétê dan!
iR:s droits quand ehes lé garahtiTïeht de
toute violence.; quahd elles procurent a
chacun h joui~ce de fa personne & des
tv"'< –"f ~«~~
Ï4
biens néce~ires à ~a pqnfcrvanon propre S~
à ~a féUcitp. Ce font là les objets que la fo-
c!été do!t an'urer e~a!emept à tous fes mem-
bres fon autorité fur eux n'a pour ba<e que
les avantages qu'elle leur procure cette au-
torisé e~ jufte quaod elle eft conforme au
but de la ~bctété, c'e~à.dire, quand elle
çontribue au bonheur qu'elle doit à Ces mem-
bres.

C H A P 1 T RE V.

De r~utont~.
JL'A~T 0 !H T É
efUe pouvoir dp régler té~
~c~ions des hommes. Toute Société, pout
ïe bien de <es membre~ do~t e~ercey
pouvoir fur en?: ~ans cela teurs pa<on~
discordantes, leurs volontés leurs capft-
~es injures, leurs intérêts divers troub!e-
Toient tout mpment, & ta tramante0-
puMique, !<. ta félicité particulière de~ ra-
<mi!!es des citoyens. Les hommet! vivent
en ~bci~é dans la vue de leirb~n être; cha.
~un ~'entfe eux
trouve dans ta vie ~bciaïe u~
~ecurité, des avantages, de! feçours,
p!ai(trs dont il ~eroit privé s'it vivott(epar~
con~qùemment chaque membre d'une fa~
t* ~t
~H!e, d'un corps, d'une anbciation quelcon.
que en force de dépendre détaxe tété général
Dépendre de quelqu'un c'ett avoir befoin
de lui pour fe conferver & fe rendre heu-
motif de
reux. Le befoin eft le principe & le
la vie fociale nous dépendons de ceux qui
nous procurent des biens que nous
irions
incapables d'obten~ par eux mêmes. L'auto?
rite des parents <~la dépendance des enfanta
ont pour princtpe le befoin continuel qu'ont
ces derniers de l'expérience, des conteUs
des (ecours, des bienfaits, de la proteaion
~ie leurs parents, pour obtenir des avantages
qu'ils font incapables de <e procurer. C'eft fur
les mêmes motifs que (e fonde rautorité de
la Société Se de fes ioix qui pour le bien
de tous doivent commander à tous. `
La diveruté & l'inégalité que la nature
mites entre les hommes, donnent une ~upério-.
fité natureUe à ceux qui ~urpaOent les autres
par les forces du corps, par les talents de
l'esprit, par une grande expérience, par une
rairon plus éclairée, par des vertus &C des
qualités utile: à la Société. Il eft ju~e que celui
qui (e trouve capable de faire jouir les autres
de grands biens <btt préféré à celu( qui ne
leur eft bon à rien. La nature ne (bumet les
gommes à d'autres hommes que par les be-
foins qu'elle leur donne &C qu'ils ne peuvent
&tisfalre fans leurs ~cours.
Toute Supériorité pour être }u~e doit
être fondée fur les avantages réels dont oa
fait jouir tes autres hommes. Voi!à les titres
tégitimes d6 la (buveraiheîé~ de la grandeur t
~es richenes, de la nob!e<Te, de toute espèce
de putuance ~oi!à la <burce ra!<onaabte de*
a!n~ions & des rangs divers qui s étabii<!ent
dans une <bcié~é. L'obéi(!aa€e Bc le fuberdi-
Bation conn~ent à foumettre <es avions à la
vobaté de ceux que refn juge capables de pro-
curer les biens que !'6n deï!re, ou d'en pfiver.
L'etpéraoce de qaè!qMC &ieh ou la crainte
de quelque n~aï~nties métMs de !'obéMïMce
du <u~et envers (?0 ~act, du rè~pe~ du ci-
toyen pour iM magt~rats, dé la déférence du
~eupte pour !es grande ) dé la depèddàoce où
tes pauvres fônt des ~c&é< & déi patita~tË
&c.
Maf~ fi !a~!<as apprête la pré~reoce ou
la ~upértorité q~e tes hènMf~ accordeM à
ceux qui font !ês plus û~ès àieur b~n-étré s
là juftice cèHe d~~prôuvér cétfe présence
àu~-tôt que cet hommes Supérieurs abusent
de leur autorité ~OOT nuire. La juMce <e
i&ommt ~Mttc parce ~ue, nonob~ant t'ihé-
ga!h~ naturelle des hommes elle veut qu'oa
fetpec~e éga!<mettt les droits de tous, & dé-
fend aux plus forts de <e prévaloir dé ÏéuM
forces contre les plus rbibles.
On voit d'après ces principes que la <b-
~ieté, ou ceux qu'elle a choifis pour annon?
ces Ces loix, exercent une autorité qui doit
être reconnue par tous ceux qui jouutent des
avantages de !a fociété. Si les !oix (ont ju~es,
c'eft-à-dire, conformes à t't~Hté générale
au bien des êtres an'ociés, elles les obligent
tous également, & punMïent très -ju~emën~
ceux qui tes vid!ent. ~unir quelqu'un, c'e0:!m
càufer da mat, c'ett le pr~er des avantagea
dont il jouinbtt, Se dont ii auroit conttou~
~c joutr, s'H eût ~uivï )ës règles de là ju~ice
indiquées par la prudence de!à Société.
DeËihéë à conserver lés droits des hom<
tnes, .~k. à les garantir de leurs payons mu-
tuetïës, la ici doit punir ceux qui te mon-
tent rebelles aux votoniés~Cgénéra!e<. ËHè
&eut pnvër du bien être, réprimer ceux
qui trouvent ~a félicité publique, ann de
<contentf par la crainte ceux que leurs payons
empêc&ent d'entendre la voix publique, Se
j~ui fefuïent dé ren&pÏif iës ehgagamenM du
~~e/oc~.
CHAPITRE VL
Du p<!c!<: focial
(~ E pa~e e~ la ~bmme des conditions tac:.
tes ou exprimées, fous lefquelles chaque mem-
bre d'une rociété s'engage envers les autres de
contribuer à leur bien-être, Se d'observer à
leur égard les devoirs de la juttice. En. un
mot, le pac~e focial eft la Somme des de-
voirs que la vie Sociale impote à ceux qui
vivent enfemble pour leur avantage .com-
mun.
En Ce réuniuant pour leur bonheur mutuel,
les hommes, par le but même qu'ils te pro-
po~ent, ~e trouvent évidemment enga~s Be
néce~tés de prendre la route capable de les y
conduire. Soit que ces engagements aient été
écrits, exprimés, publiés, ou non, ils <oot
toujours les mêmes il eft facile de les con-
npitre ils font indifpenfable oC Sacrés, ils
font fondés fur la néceHtté d'emp!oyer les
moyens propres àobtemr la fin qu'on ~e pro-
pose en vivant avec-dés hommes.
It (u<~t de vivre en ~bciét~ pour être obligé
de concourir au but de la (bciété, ou pour ~e
trouver engagé, même tans déclaration for-
MeË<, à ~rvir, ~uîvant ~eoM 8C
forces à fecourir, à d~~endre a~e~,
& fe~e~r~euY: dro!M, à é
c~n~b~n~ à
~aic~, à ~um6ttf<B at~ pto~e< t
ma~n~~ l'~rdfe ~c~~t ta ~oa~~Q
de
Bo
t~N~bte.
~sa~
<é~c~&<e~de' ~n
tU~~BM~ SC ~t~0~
fi
i~ Bdét~ <~< tode~

€o~ê~<ï~ey P~o~ge~, maÏMpa~<~


tro~~ B~
~g~~
JM~ ~:cs ceM qu~, ~tsec~e gatfMd~,
t'o~e j!ftempt~ ~dû~nt te< devoirs de
'1'

h vte~date.
Ba c~~e~~ d? ~gagea~~M tïS.
<afè~ ~dpf~ ehs~e <nefh~è se-
d!

j~
qa~ ~~oita â~~ ~!éé, ~'eâ à
p~re'M~tïe h~M~~ce M'M t~t t <B~
t'a~BoN ~c'a a{ p~ttr ~e, <pte &~f-
i~~ <M M ~B~ ~t~ ~yét ~M dM
éw~ &~ d<
p< ~:m~<j<A~
p~p~at,

ê~W
&
M~~

~~< ~<
jo~o~'
& <~

m~ce~
~?0%,

<~t' BM
M~
p<a<

d$ €$ d~;
M~a de
g~d~
& <o~té

~a bor, é~BM:-
<~$ & ptopfe cw~t~tba; eMc M ~f&:t
~ae MM)SM<At~f de$ étm MJt~M, ~inï~t
~at~<M pe~oj~~y doac tes pa~OM
roieot contït~et~ne~ en goefM avec te ~e~
pubH~
~'am~ut Coce~e de la p~tr;e pet~ étre~
dans les choyea<, qu~ e<!et <~< ~vaot<Me~
que t~t patrie tt~î p)rocu~e Hpe <o~e 6<~
)uÛ!ce, ou gouvernée par des tom ~MM
partta!e<, !pv!te M~ ~t~~re~f.
rec~
lice $ ~e<:ba~€e~ t têt
tent$(ur!e<tn!~f~~etomre<.
Par Fimpr~eHçe !a derai~o ~< pe~p~
~e <;epx qu! ïe~
~QBt
go~ve~nt,
~s <b~vet~~ ~!de! par dei !t~
~e~

des u<age< pervert, des optnto~ etrpo~et<


~an~O!~ ~~té
~n~
i
(,~pables"'¡Q'.D~ir ~f~lIfité
de, ~ré)M&~ €?pa~e<
des Pféjpgéf
pub!e. Eacha~ej~ par t~t~net o~ ~et
ha~nude< peu ra~pt~~t !« ,~P~
trouver ~aihepremet
~auva!~ cttpye~$~ pefp~<<
J~ r~p~~
M'ree puver~n~t o~ ~r<~p!~ M~
!n<~)Mpart~t~~<o~~j~~
r~<a!.
~e<

ta ~un:on
n~Tét ~~at, ~pe~~qt~ )~<
p~d~
~c~ ~eUe
w~;é,~
t~t: ~~em~
p~< to~ !~a~~
ai Dos ~~M~~ ~tf;.
pa~e ~iat.
to<M i<e$ ct~oye~
~e
~'< .~n5'¡
de
tou~ ~tne ya~M~~ 4 ~W~
da~ ta <!ece~~ 4'~ ~e~M~?:,
d<re, ~fon dao< ta d~oC~oo ~!m<Ue d~
M~pe~f tes droits de tes <ttnbta~!e~.
C'e~ dao< la bataaee de ~qMM <tM~ <!oa
deAt pe~f t~< ioa:, les coutuoaet, te< M~itM~
ttOM buoMiMa pOM dt~i~~et te l~n A<
BMi, i'Hote du atu6b!e Ae }u~e de i'tnju~
il &m d~ ~xpeMenee de b tM&& FaMte
de réA&e~ la bomnaet, pwf la phtp!~
te~rde~t co~nM )~e tow( ee qoe têt ÏQ~ OM
les u&stt ~rdoanoMt CM pe<nM«eM, & <~
Ra!K~ea$ CCM~aMtB~~ M ~n~ ~~jB<~e~
De ~tct~ prtBCtpe$ ~QCt faMs pour coe~*
dfe~ eb~cMfCtf, anéanti t~uMt tdéetd~
h jN~Uoe natMeïk.

<endeM, <e ooname <


Ce qoe les toix ou t« M~M d'an p<op~
pefmeMttM? & nomme ~M~, ce qM'i~ de-
Q! ~Mi eR ~iM
ou pwmMt par loi o~ paf fw~gw~ peNt ê<M
~uet<ï~e&~ Mè~~u&e. Cte$ j~à LMédeaM~
meM, le JbuRdM au ~e v~, atwe€ ~dfe~e
éto4t pwM~ CM ~~e; <aM etfe Mne a~Mt
)t~ $)!Mt «ta. L~)~amd~ réCMaM «MM
paMMe~aot e'e~ nawe au ~~dMhMMn~
qM d~ <«? ravir dM biens d~n< la ~e<M
doK é<~ ~M)~w~ Oame ~M ~MtoeB de
bf~M~ ~M ~Ne é~ R<MMM<$,
oe~M~MM Ae~x
a~oade, ~< du ~e~
huaMM~~ <evo~ le aaeMKM, h v~o~e~~ce~
e~eét coMf~ ~M auMet peup<M, w~et des
a&io<M aoa &HienMOt pefatt<e< ot~$
eaeww ttppmawéM, & io~ée< toaMM d~
vemM.
Ce n'e~ donc pas ta voiooté lovent de~a!-
~nnable d't~npeuple; ce ne <MH~pa< fes 'nté~
téM patticuliers ce ne ~bnt pas Ces Mx 6C
les usages qui rendent }u~e ceq~tM re& point
par fa nature il n'y a de ~atmett pAe que
ce qui eft conforme aux droits du geere hu-
ïnaM. La violence & la eonqMêM peuvent
é~e coBfbffmet aux iMerêM d'un peop~e am-
Mtïeux ceux qui contentent &< panton< peu-
veut être à &t yeux de< pe~nna~M e~ima~
bles et veftaeux, ~a!< un te! peuple a'e~
qu'un amas de matfaKeufsA d'a<ïant0<, pouf
quiconque a de~ tdee< <aïne~ du dro!t d€<
gen<, tn~btcnrtnent vsote par une nation en~
eemM de toutes ie< autrew. L'tntéfêt petma-
eeot de Iho~me <w générât, du genfe ha<
main, de la gfan<h ~cteté du monde, veut
qu'on peupte ~etïe les dfOtM d'ea auMe
peuple dewé~qoejt~êtgéaé~r~
toute <bc;ett
patfth~M veot que chacun
de< membî~ M<peae te< ~om de &<
a~bctet.'
Rtea ae pe~t d~en&f t€$ i~Mtnet d'étM
je~e~ !a ~ce néceaa~ È tOMt babt-
auMt de la <eMe <tk eH ta pt<ffe angutaiM
de toute a~bcta~o; &M eMe tl ne peut y
.avoir de <ocAé!~ &B but o'eA que de mettM
!e< hommet àtabn de teuM to)u<Hce< mu-
<ue!Ie<. Le gouwefoement Bc les Ïotx ne peu-
veo: avotf pour objet teginme que d'invMer
Se
K de forcer les citoyens à vivre ensemble
i~ion les regles de ia ju~ice. La politique né
peut être que les régies immuables de la ju~
tice fortifiées par les récompenses Bc le<
châtiments de la Société. Obliger les hommc~
à être juftes, c'e~ les obliger à être humaine
bienrai~anf!, pàinbte: (bciables c'e~ t€<
forcer à travaille, au bien être de leurs <em-
biabies~i a6n d'acquérir de ju~e< dfoiM à
l'a~ec~ioa à la biehveiKancé, à l'a~~ance
à t'e~ime à la prdtecHon de< autres.
Etre ju~e, c'e& remplir RdeUeatent rM de-
voirs que prescrit la vie Sociale ) c'ett Sentit
Finterêt que l'on < de mériter, de la part de
fes afïbciét, les <endmenM & Ie< di~pdntion~
que l'on reconnoh utiles à <bd propre bon~
heur, daM toutes !e~ po(ïtioo< o& l'on peut
~e trouver. La ju<tice apprend à t'homme à
réprimer <e< paient i parce qu'elle ~oi moo-
tte qu'en leur donnant ~n libre court, M de-'
chaïneroit contre lui la haine Ct ie< panSoM
des autres. La ju<Hcé &h que t'hom~e ob-
serve bonne foi dans ie< traitét, <ncdef~
~on amour-propre, ~e juge impartia!tnMBt
iûi-mente, ne ~'arroge que ce qui lui €& dû~
rend aux autres ce qu'ih peuvent exiger;
l'homme qui & juge ainû retient ie< (aiittet
de l'orgueil de la vanné, de l'envie, de !t
jaioMÛe qui produisent, à tout mdtMft<,
1,
tant de divitions ~r la
m M~ Mfn~Mw tMt *<* terre.
Mt< S'apprécier
~o~t~tc~.t~t
~b~-
Tom< ~< K.
<~
même, le mettre à & place dans la Société
montrer des égards, de la polMeHe de l'in-
dulgcoce à tous les hommes, témoigner de
la dé~ren~e, de la confidération, du re<pe&
& ceux qui jcuiuent de la Supériorité fuir nous
par les avantages qu'ils procurent à la (bciété
Npo~trer de la reconaoi~ance à ceux dont
nous recevons des bieniaitt, faire ou btea
$ux autres hommes pour mériter leur amour,
<oe font évidemment
que des actes de }u<Hce.
On ne peut trop infilter ~ur les avantages
que la ju&ice procure aux hommes, ni leur
trop répéter que cette vertu tumt pour lc<
rendre heureux (o), 8t que fon ab~eoce eft
la cauC: immédiate de tout le mal moraL
Faute de coonoitre les avantages de 1 équité
les gouvernements,t devinés à maintenir lat
juMce, dégénereM en detpoti~me ea ty-
tann!e. Pour avoir mécoaau les droits ~e ré-
qutté, les peuples, de tout tempe, ~W
<)étruitt les uns les autres par des gueyret &-
taies, dont l'objet fut commuoémeat l'am-
(<) Le juRe dit E~eM<, <& le <M! d< ~M< b<
M
t~aMHM qui pai~e vivte <M< <f<MtMe <f (Mu 4e<M<'
dte rt*)M~ au <KM<Mi<e <tâ «M~ourt ~o< la oraiBM
« <: <hMMt'tgtttttOB. < Jt~tM ~~t~~M~OKt~~)
~<t«' <j~ Wy«~«< <M««W ~S ~WMO~M ~~«~~«WMtfM
~~«r.
V<Mr~ PMB. Ï.AMT. M. V~. Jty. PC<tM. HMhMHt.
~t<i. X, $M. tM,
bition les prétentions injures, l'avidité de
quelques Souverains. Faute de Sentir les de-
voirs de Féquité, dans la plupart des nations
les pui~aats oppriment les fbib!es,9 & veu-
lent )ou!r, rexc!u(ion des autres c!toyen< s
des droits que la ju~ice a~gne à tous égale-
ment. C'e~ Pin~uAtce qui urantfofaae tant do
fois les peres de famUte, le< tpoux, !«
maïtfet, les riches 6c les 6'?*~) tytac$
déte~ab!e< qui, cependant, oat ie coûtai
de prétendre à J'ane~ïoB, & !a <o~mtdion
~ux hommages Hncere< de ceux qu*!ï< fendent
continuellement malheureux.
La juMce e& donc évidemment la ba~ dw
toutes te< verux, M tburce cpmmuBe d'o~
e~et <bht émanées !e centre où eMe< ~a-
nent te terminer. Cette vertu ren~fmt toutet
vemM mora!e< ou <bcia!e<. La probh~ na-
la bonne foi la fidélité t~umaché,
h b~eajM&nce, ta recoano!<taMe &c. a<
Met, comme nous le verront b~Botôt,
de<~di<po<!tioM rbndéet ~r ta iu~ce ou
pMt eMe< ee ~MM <a )u~M ÊBeaM~ ea-
~6~a< <om d<a~aM pWM de vue.
<~naadoo< aux homHM«;ue d'être jM~et,
bientôt it< auront toutes les euaMtét nece~
~tret, pour rendre la Société connammeat
<~e<bte & <bttunee. L'homme ](U&e peut
M e<M appeUé rêtre Sociable par CMe~
ïeace.
<~ r
CHAPITRE VI <.
De f'AuM~ntt~.
JLj*HUMANitÉ eft l'ane~ion
que nous de*
vons aux êtres de notre eOpece, comme
membres de la fociété uBÏvefMne, à qui, part
coafequeet) la juftice veut que nous mon-
tfions de la bieoveiUance $ & que nous don-
nions le< recourt que aou< exigeons Pour
jnous-même:* Avoir de l'humanité, cwmme
le nom même de cette venu l'indique, c'e~.
conaoître ce que tout homtM, M cette qua"
lité, doit a tous les etret de fon espèce c'e&
la vertu de l'homme pat e~eac~ ( 7 ).
Un être fennbîe qw* ain~e te platCt &qui
~!t la douteut) qu! deCre d'êtM ~ecountdaM,
fes Befbin~, qui s'aime tH~même~ BC veut
être a~mé des autres, pour peu qu'il ~e-
(7) ~oeqoe <H< la vefM eoeAitxé t'te<MMe~
que
(wr~«<'Mtf«M/<M<~). Ea t~:t tt BM< Lttia V<~«<,
dttqtMi pn & <~Mv~ celui de <MMvient <te Wf, <<: M(-
At~e aoe qMH~ttteottcttemeat ~epM~ t'honat~e ,êt
~Mttott <e tMdhtfe par ~w<«~ D'o~ t'en voit qMe

véntabit.
ie mot wt~t, & tad~neaMn< apptiqo~ ptt te< RoMtiO~
à la vtteut gMmeM, <toK dtte~tm~t cpj~~ &a
~e<
~hiue, reconnoïtra que les autres font.des
hommes comme lui, forment les même:
ont les mêmes besoins; cette analo"
vœux, qu'il
gie ou conformité lui montre l'intérêt
doit prendre à tout être ~bn Semblable, fes
devoirs envers lui, ce qu'il doit faire pour
fon bonheur, & les choses dont l'équité lui
ordonne de s'abtten~ir à fon égard.
La justice m'ordonne de montrer de la
bienveillance à tout homme qui <e prétente à
regards, parce que j'exige des tentimenM
mes lef-
de bonté des êtres plus inconnus, parmi
quels le fort peut me jeter. Le Chinois le
Maho~étan, te Tarare ont droit à ma juf.
tice, à mon affiftance à mon humanité,
j'exigerois leur
parce que, comme homme
&cours fi je me <rouyoAS mp~-mê<ne tfao~
planté daM leurs pays.
A;m; l'htHMntté, <bodée fbr réqutté, coa~
~amae ces antipathies nationales ces haine~
Mlig!eu(es, ces ptéjugésodieux qui arment le,
<ceuf de l'homme i~ <emblables elle coa-
~amne cette aneaion Marrée qui se fe porte
<m les hommes connus; elle protcrit
que le< membres,
.cette aSeaion exctuuve pour
d'ueé même société,9 pouf le< citoyens
~'une même nation, pour les membres duo
~ême corps; pour les adhérents d'une même
Me. L'homme vraiment humain Ce iu~ema~ eit
j~t pour sTntéteOef au bonheur do10%~
au '1
K
heur de tout être de (oa espèce. Une amé
vraiment grande embrane~ daM <bn afte&ion,
!e genre humain entier & deCreroit de voit
tou< les hommes heureux ( 8 ).
A.n6 n'écoutons point te< vaiot propos de
ceux qui prétendent qu'aimer tout les hommes
foit une cho(e imponible, & que l'amour du
genre humain, fi vanté par quelques <age<
t~ un prétexte pour a'aimer perfonne. Ai-
mer te< hommes, c'eA deHrer ïeurbies être~1
€'e~ avoir la volonté d'y contribuer autant
qu'il eft es nous. Avoir de l'humanité, c'e~
être habituellement di<po<e à montrer de la
bienveillance &c de l'équité à quiconque <«
bm A'
(<) Homere a bien exptim~ le ~adment de !'humta!<<
i
~tM t'0<iy<e il fait dire ptf Eaa~ Utyt!* tca
poiM
maître, dégoiM en pauvre moBttiMt: w iadiaMt,
il M Htt'ett qt«na
« pe<r<ni< de meprife: «o eMMgcf, <~ ao
tb)c& qm cehM oa
« m~me il fecon d*o$ ~o ét<t ptao
« vou< me Mfo!<!ex tedoit, e~t t'e& Japitec <~i MM
HaaoK, dit P~My~~de,
MttM~~
~<
« envoie l'mcMM & le pttavte. M r~~M~f W te
t~~ «M< ~<M<~ t~X< ~<M ~~<t~< ~<M"
~«~f~Mfrf. V~ye* PHeevun. CA~M. Cteeroa «[
Artien nous propoteét t'exempte de SoCt~e ~etqe'M
lui ayant demanda de quel ptyw il ëtoit, il répoadit
<<M)t<<<. Veye~ C~ct~Tu~cu~AM.LtB A<HHAM<t.tt. 1 t
e~. tX. ANKenia dit, etMt ptrmtfoiesr nMMte un ette Mi.
ttfoBMbte ? ('M~bte. quels qoe mt ~ine ot
mon pty< ie d!ni comme Aotonin que ie fuh
M Rome & ~e dtnt! comme homme que je <<~ 44
« <Ma<t. w 'VoyM A<!t0t«o. Li~ Vi, 4<~
trouve à portée d'avoir besoin de nous. ï! elt~
fans doute, dans nos a~s~ions, des degrés
fixés par la juftice nous devons plus d'amour
à nos parents, à nos amis, à nos cooci"
toyens, à la Société dont nous (bmmes les
membres, à ceux, en un mot, dont nous
éprouvons les fecours Ce les bienraiM dont
tous avons ua befoin continuel qu'& des
étrangers qui ne nous tiennent par d'autres
liens que ceux de t'humanité.
Les besoins plus ou moins preftants rendent
~es devoirs des hommes plus ou moins indif'
pen(ab!es ou Sacrés. Pourquoi devons nous
plus d'amour à notre patrie qu'à un autre
pays C'eft parce que notre patrie renferme
les personnes &L les choses les plus utites
cotre propre bonheur. Pourquoi un fils doit-
il à <ba père <M a~B~ion et Ces foins, pre<e-
~abiement tout autre C'eft parce que <ba
père eâ, de tous les etM<, le plus nece(!aire
à (a pMpM feticité, celui Mquet il <e trouve
Ntta~ par tes Heot 4e la plus grande recoa*
aoMRM~e.
t.$ besoin eA donc le principe des HeM
~ut un!uent les hommes, & tes retietMtent
~n (bci~te. C'eA en raifon du befoin qu'ils ont
tes Mn* des autres, q~!s s'attachent récipro-
quement. Un, homme qui n'auroit aucun be-
~in de personne <eroit un ~cre itote irn-
~M~, M)C~ab~e, dépou~M de ~ice
K~
~'humanité. Celui qui s'imagine pouvoir &
paffer des autres, fe croit communément
~ii~pen~e de leur montrer des Sentiments.
Les princes &L les grands, (ujets <e per-
.(uader qu'ils font des étros d'une e~ece dinfé-
yentc des autres, font peu tentés de leur
montrer de l'humanité, ti faut communé-
ment avoir éprouvé le malheur, ou le crain-
dre, pour prendre part aux peines des misé-
rables. Si i humanité e~ une di(po6tion diP
tin~ive des hommes, combien en trouve-
~.on peu qui mentent de porter le nom d~
~eu~ espèce ? t
La Morate doit <e ptopo~er de réunir d'in-
térêts tous les tndividua de !'efpece humaine
fur tout les membres d'une même Société.
~a pqlitique devroit fans ce(!e concourif
~eH'errer les liens de t'h~maoité, foit en ré-
compensant ceux qui moo~ent cette wettM~
~bit en ~étriOant ceux qw retu&at de i'exef-
cer. En un mot, tout devroit faire (en~
~u~ mprte!$ qu'ils ont ~e<pia te< uns de$ au-
tres, & !eur prouver que le pouvoir <bpfe<ne~
~ue le, rang, la nai~ëac~, ie' dignité:, !es
yiche~ ~ien bio d'être <tet titTe$ pOMt
~épri~er ceux qui n'on~ pas ce) avantaget
tmppfent à ceux qui tes pondent, !e dévoie
~'étre humaine, de ~coune, de prpt~gef
~eurs&mbiabte~ Le mépris pour !a mi~r~~
BauvKté, ~e~e e~ u~ outrage p~
~<pece humaine au lieu d'exaher ce!ai
t'en ten4 coupable, dott ie ravaief,
faire perdre fa dignité les droiM à Me<
)tioa 8t an~ fe~e~b de &s conçitpyeiM.

CH A P T R E V ÏÏÏ,
De la COM~~OM <M< <& Pt<
~QMPATm MX maux de$ homaMt, ËMVM~
~a <bfop du mot, c'e~ &Mtt ce qH'tts &Ntent.
~'eâ ~~M ave~ eax, cea p~ta~f teut~
peMM, p'ea, en qw~ue ~oo, & M~tM~
j~M te~r place pouFéptOHvef b CtoaMoa p~
~~e <~ tOMmeMe. Ainfi la e~<np~Bo~
~aa$ iTMMnaM e~ HM <t<%oStioa h~W~
~MM, ptm pM BMMM V~et~m, )~ NMM~
~M~ ~$ <MMM &Bt ~~<.
B~ e~i~Met ~$ ca~$ cette &a~~
P, i,ú" ,6, ~M &o~aM$ a~
~t~ WM tMépe~e .es. d.
p<~e~
_ua pc,
~M~ ~~b<~tM, <gMt <B~a~M <mt <?
de
pcoaM tt~ ce~aMM j~N~~tMe, c'e~ ~<MK~
tfM e3M~ o~euïte & cMmén~M
qMt ne ptut
~~<E. C~â <ïaM rofgas~~B &
t~OM~ <tMt &~6M~é, daM ~e mé-
~<B6~ R<~M.e,. d<iMM'.un-e t~a~MMB a~ive,
"~pTt ~M €jh'€fd!~< ia vm~~ qM~ < ~&at%r
pamoa ( ). Celui qm a des Ofgaaet ~enMbtet J
&at vivement ~a douteuf, l'en fappeHe exac-
tement ridée ~m imagination ta lui peint
avec force, à ta vue de Fhomme qui <bunRre;
dè< toM i! e~ tro~bté lui-même, H ~mit,
jbn cceur <e <efre, M épfOMve une9 vraie d<M-
Jeur, qui, dans les per~bnnet tfè<-<en6bte<
& mantfc~e que!quefbM par des évanouiMe*
menu ou des convuKiont. L'eSet natufet do
Ïa douteu? quéprouve a!of< ht pedbaM vive-
ment anfe~ée, e~ de chetchef !et moyens de
faire ce<!ef dans !et au~et, !a Cwation p<n!-
bte q<ti <'e~ communiquée a eik'même. Do
<bu!agemen: donn~ à cehH qui ~un~e H ea
té(u!te un (outagemeMt fée! powf !a peT~ono~
qui lui donne du <ecow< pta!n~ ttèt-doox
~ae ta téttextoa augmeate eecofe par r:dé~
~avoit fM< du Meo à queiqu'oe, <yavotf acqM<t
des dmiM aae~oo, <favo<f n$éti<é
& <r<coanct<ance, d'avohragt d'uBe ~oa qat
pyoove que t'oo p~Mede aa ceew t<Mt<<M
Ma~te di<poMt!oa que <oo< !e$ MOtnmM d<-
?
&reM tfouwefdant teuM &Mb~!e<, <toB<
fab&Bce ~etott €M~ qoe t'oo t~M coa-
<bnné.

~) Oa &M te tttit 4'<M $fhnttM vwyMM <M


OWVfMM tMVti~ dMK &0))tM~ <!< <OMMt<MM)WM
WM~hM,<~ia~a~M~<<<~MM~$yt&wJ~wewt~t~
Les hommes é<aat trè< vatiét pour t'ofga~
Ct~attoo & la force de l'imagination, ne peu-
vent être ~u<cepnb~< de ~enttf avec une égate
Vtvaché ie. maux de leurs femblables. 11 eu:
des êtres pour qui la compa~on e~ nuMe OM
du moins n'e~ pas a<!ez forte pour têt détef-
t
mtner faire ceaer les petM< qu'ils voteat
~bu~tr aux autres. On n~feacontfe que trop
~buveat de< homme! que t'babtMde du btea*
étM, la ~outH~ace des commodités ('o)~
l'inexpérience du mal en~ci~ect i~ur les
tnaux d*aMnM <c empecheet n~Ame de s'ea
faire uee tdee. Le matheureux eu commune-
me M bien plus compatt~an: que celui qui a'a
jamais épmuvé te< coups du ~n. Celui out
yeCeoM douteuM de la ~<m<te ou de la
pierre e& bien plus di<po<e qu'ua ao<M
ptaMM ceux qu'il voit aCtget de< mêaM$

« (<o) M<M oa e<! <<v<MtM <k$ M<M <h la ~MWM.


mot)M t« <~ <tMj~M t
t. dit M ttWtittte <BOd<fM,~éM~.
CM~JM OMK qwi M C~t t~~M~tM «KM
$* pttM WC teCMM et ~< pM~~ MtC ~M~M ~t'<M
<* y< 4M ~!M$ fM)Mt. Il fen~< WM'Mt et (<M< <M«tpMt~
f Mat,
le <}j'M ~Ottf k< mMi! O* ~pfOWVe ea ~*KM,
dis Ht ~tft!t, CM U8 hcfntNt IMtMé de p~M f
<~M~ <wt !<M ttMaM t<hne fa <en6b<!t<<; & f<Mé$ <!tt
<t a~hfw t)M<tM~ HMtpaMe de eo'matifémtOB, qu
w k M<MM< da la pfcf~ft:
~y~ <M< ~w< txft~~ ï.M MaBua*,
«f~. J~
t~ahdies. L'indigent qui a fouvent éprouvé !e<
terreur: de la faim, çonno!t toute ~a force
pt plaint celui qui l'éprouve -1 tandis que le
riche perpétueïiement ranaué, femble igno-
rer qu'il exî~e au n~onde des m~HtOM de mal-
heureux privés du nécefïaire.
Quelques mora!i~e< ont cru que la con~-
pa~on ou cette ditpoHtioM à prendre part
aux infortunes des autres, qui te trouve daa<
les perronnes <ennb!e<, bien nés<, convena-
blement é!evée<, devoit être regardée comme
la bafe de toutes les vertu$ mora!e< ~b-
ciales (ït). Mais !a pitié comme tout le
prouve, e<% trè* rare ~!r !a terre le mo«d~
eft rempli d'une foule d'étret in<en(!bte~ dont
les cœura ne font que peu ou point remuét
par te< infortune~ de leurs &mbtabte< dan<
les uns ce tentiment n'exiAepat; daotd'au~
Me~ il eft fi foible que le moindre tatéfêt, la
moindre pa?on, la plus i~ere fantatue foat
capabîet de rétoun~ff
Quoique tou< !e<bommM deiïrent de paûet
pour ~enubtet, il en e~ trèt peu qui donnent
te< f!gne< d'une ~en<!Mtité véritable. Si une
première impuMoa mootre vivement tou"

~n) Les HtoÏpietu ont M e~ieieB <e«t!<aMa<


<MM
~n~c. ttt rc~Mdoient la pitié comme MM fo~~t
aa de~M de ~~e!te k raté dcvoi< $'~VM.
~hés, ces ienuments font fans iuite, ce vont
bientôt avorter. Des princes contemplent d'un
cet! fec les malheurs de tout un peuple, aux-
quels un mot de leur bouche pourroit fouvent
remédier. Des peres de famille voient de <ang~
froid couler les larmes d'une femme des en-
fanis, des ferviteurs dont leur mauvaife bu-
tneur ou leurs folies causent les tn~briunes.
Des hommes avides voient ~ans pitié la mt~ere
des peuples, que leurs extorfions réduisent à
la mendicité. Ennn il eft très. peu de gent
auez touches des malheurs de leurs fembla-
bles pour daigner leur donner des con~bla~
tiens, ou pour leui tendre une main <ecoura<
ble (ti) on fuit communément te ~pe~acle
du malheur que l'on trouve fâcheux “ & l'oa
cherche mille prétextes pour <e di<pen(er de
~ecoorif le malheureux, que l'oo regarde pour
l'ordinaire comme un être incommode & to-
~em<m inutile.
Que dt~je ? les hommes, pow la pluparts
~e croient autorités, par la rbibleHe ou l'in~br-
MM dMMMe~, les ootrager t~pooém~B~

(ti) La vue <ie t'infofMtné, dit ~Mtc~tM'


<M
M
eétebft, fait fM la plupart des ho<nme< re~et de
téM <i< M~dafe à f&o tfped, les teeoM fe cbMgeM
ea tothett.
~W ~Vf< M )t.'EtPRtT, X~,
M ~Ï ~«~ M
& prennent un barbare ptaiur à les amiger)
à leur faire Sentir leur Supériorité, à les traiter
cruc!!ement, à les tourner en ridicule. AinS
des êtres expofés eux mêmes aux caprices d<
ja fortune loin de s'attendrir fur le (ort des
tna!heureux, aggravent encore leurs peines
par des airs hautains, des railleries piquantes,
de< mépris instants (t~). Rien de plus bar-
bare, de plus inhumain, de plus tache, que
d'inciter le foible & le <na!he<jMux que !'oa
voit dénué de fecours rien de plus révo!tao<
pour le cccur de t'homme, que de ~e voir es-
po~e an mépris, à ta dureté de tes femblables.
Pour être habituellement di~po~e âptaindre
~bu!~ger les malheureux, il ne Amt paM
d'avoir un coeur ~enf!b!e qui, comme on a vu,
e~ un don de la nature (t~) il faut encore
eue cette ~enMbiHté natureHe ait été <b!gnea<
&mentcuhivée. t/éducation devroit fans ce~
exercer ta ~en~bUité des princes, des~raed~
et de ceux qui tout deûinés a jouir de t'opu-

~)) ~~t~o~ ~~<M~,


NM
~<MW ~Ot~ M~fW/« J<WO~« /~«~,

(t~).
~~<
~~«WW /t
M~
JuVMt~t. $jM.
~Wj~)M
<~<?
)LM.

M~«f~/<M~«~
< VUK. <$t
«

~<t <<MfMM< <M~.


~VtttAt S~Ttâ.XV, Vttt. tj!.
lence. On devroit de bonne heure étouffer cet
orgueil qui leur persuade qu'ils n'ont besoin
de perfonne qu'ils font des étre< d'un ordre
plus relevé que le peuple indigent: on devroit
leur répéter qu'ils font des hommes <bib!e<
~ujeM à mille accidenM, &
que mille circon~
Mnce< inopinées peuvent a chaque infant pton-
gerdaM rin(bnune oodevrott attendrir leurs
ames endurcies par le ~peRade fi touchant
& couvent fi déchirant, de la m!<ere on de-
woh échautïer leur imagination en leur pe!'
Snant, fous les traits les plus farn la Htua-
don dépbrabie a laquelle, pour contenter i$
iuxe & la vanité de que!que< &vorM du fort
JM aMMe< font condananét pour ïa vie a
man*
~er un pain arro~ de <ueur< & de iarMte~. A
ta vue de ces tableaux n trappaoM quel e&
thotBHM dont le Meur ne f~t au moMM forte-
ment é~anlé EÏewé dans ce< idée*, que! e~
<noMMnM grand ou !e riche qui M
te Mprocheroieot pas de jouir d un inutiie <u-
per<!u taudis
qoe tant de leurs <embiab!e<
!aeguiaeMdaa<riB<ortUM, maudirent leur
exiaence.
C'e~ ain<! que !e tentiment de !a pitié pour-
Mit être dévetoppé dam Ïe< coeuM que la na-
Mre adouét de <en<!bUtté; mais comme cette
~MpOMtion e~ ma!heureu~ment tré<-
rare
t'équité doit y ~upptéer pour ceux que la
na-
<M< M a pr<vé$. On leur repré~cptera donc
qu*i!< <bnt eux-même< expofés comme !e<
autres à des revers 8t que pour acquérir de~
droits fur la pitié des autre:, ils doivent (e
montrer ~enubiet, prendre part aux mifere<
humaines, ou du moins les Soulager. Le riche
dédaigneux doit apprendre qu'un accident im-
prévu peut au moment qu'il s'y attend lé
moins, le réduire au même état que le mat'<
teureux dont il détourne les yeux. Enfin, tout
homme qui fe dit <bciab!e e devroit <avo~
qu'étant homme, i! e~ ob!i~é de prendre part
?ux infbrtuaet de <emb!ab!e<, & de te<
ibuiager autant qu'it eft en (on pouvoir.
Néanmoins trè<-peu de gens rempUMeM M
devoir <! facré chacun trouve de. prétexte<
pour <e difpea<er de montrer de la pidé à
éeux mêmes qui devroient en exciter la plus
forte. C'e~ ainfi que l'on trouve couvent dans
un <aint ïe!e un prétexte poor
haïf eetlx qui
font dans rerfeur, !or< méate que Foa cm<t
leurs égare mentt pettveBt les conduire
que
des malheurs mnnit )3 conféquemment oa
qoe~
tourmente on persécute, on extermina
quefois des hommes que l'on pourroit, peu~
etie famener par Il douceur Bc pourqu:
ron devroit <@nttr la plus tendre commîtes
<;on.ParetMement, on n'a guere de pitié pou
qui, leur faute, font tombée dac<
ecox par
t'ihfbftune, tandit qu'on devroit les ptttodM
û'etre aia~ €OQ~uué<. Les ésafentecu de<
homme.
hommes viennent de leurs tempéraments de
leur ignorance de leur éducation de- lenM
paHtons indomptées de leur inadvertance
de ieur étourderie aux yeux de l'hqmnoe de
bien, le méchant, qu'il e~ forcé <f éviter, e<t
bien plus digne de pitié que de haine vu qu'il
travai!leinceuammentàtcrendre malheureux.

CHAPÏTRE X.
De~~n~</L[Mf.
t~'ttT vtoter le pa&e fbeiat~ c'eA être in~
}o~e, que de négliger ou de refuser de faire
du M<a, quand on le peut, aMêt~M ayec tef-
quels on vit en Société. Tout eA échange
parmi !e< hommet la bienfaisance eft ie
moyen le phM faTd'enchaïnetie<c<euM; elle
eK ~tyée pat la MndfeHe régime y fadmi-
uttion de ceux qui en épfouveat tM e~fett.
La bieafattance e& une di<peCtion ~abi-
tueUe & coMfibue!' au bien-être de ceux awec
qui ootre de~in nous tie, en vue de méritef
leur bienveiUance ac leur reconnoinance.
Ainu la bten<ai<ance ne peut pas être deCnte-
yeSee ou dépourvue de motifs (<s). Si tout

(t~) Q}t'e~ ce qu'an btenftit, dit S~M~M~ €'<?


M an aAe de bienTeUiance fait pou donner de la joie ê:
T_ 1 ir
t~i MdKALÈ ~MfïtÈRSEt.JL~
<– p~ & t~Nt~t*
Bornée, ~<~ î'iôn
~& t'~t&A~t d~
tM!cute~ de~e
<et~lab!e< ftea et pt~ t~Otofet ac de
p!u< MghhMf, titlf <T~n pte~h~ m~e~~
K t~ ~ai qtté 1~ Met<fàM< he <bût p~~ tou-
)ûur< pty~ dM~ <eatin~tTM< qa'iïa df~ciMt
M~UMÏtent~t Meit~f; MM~ <A dépit des io-
gt~, bW~i~t <*? cooj~UM efM-
tnaMe aux yeux de h ~ciéte; Ces heureufes.
Jt~po~t!oc< ~ont appÏa~es par tous les cceur~
j~enUblet, domt le juacnMNt équitabi~ le venge
de rinjuAice des autres.
Celui qui yo<M <<O~M~ tM tOM;OMM
~M<~Me eAo/e dit on aacien Arabe (i~).
Toutbïe~fa~ d~ooe, celui qai éB t'au~
tetH',1 une ât~étiotité wéce~MM <br Miai qut
le ~~ott <e~ dit AnA~w ~Mï ~Mt d~MH
~M~'tm y ~<MM HMdMf ~tt~ F~M
(t~ CBHMnd ~~tnt de M~uve~ dmt
ud bhtaMteM,t M~ NMtMte ~r~tMux )p&
tMt~ p~M <~p gfmt~ mt ~M <~ <
<* M~dM. A J~
"t' ~t\
~<~ M~ ~«
~t*.
W~ ~Mt, <y~«MM ~MH~MW, f~M~Mt ~<M~
S~ M MMM. t~
(t<) ~& ~~Mf. J!Mt. ?!?
f ? <.
E~MM f~MM~.
(~Ï Mûttt~ tm~ë mte <.
~~e ~~«~ e<t«t qM
i
M ~eH W,
~Mt « M~
~HM o~t)a< <eK
eavMge a'oo &<ei< ~w~, A
r<mwM~e tvoM du fentitnccr.
J~ttM~ Mv. t. NtW tevt<'ndM~J<M ee
yMMt~, en Mtt<mt de t'in~a~tMde & <? t'*M'<~
~t<t~, eA pim OMMnmoc <~<: têyi~~ Rt~e.
~s!re. Voi!à, <an~ douté, pourquoi !e< Ême<
Mobtes Se nfere< refusent couvent les bien<aiM,
& <ont en garde contre des recourt qui peu-
vent ieur devenir onéreux. La bien~aîïance
eft un àft rouvent tre~ dinScMe n conS<te à
tnénager la déitcateCe de ceux qui en (bnt!e<
objets on ro~gh très'forent de: bïehfaM
qu'on reçoit parce qu'on te< regarde cotnnM
-b
des chaîne!, t..tnme des
co<nme des é' d!iii
èngageaaenM
Servitude (ï&). Les bten&iM,a€Compagné< de
t)..J
a la!
hauteur, révoltent ceu~qu! te<re~o<vent, M
ne font que deÈ tngraft. C'e& tret'~buvënt la
faute du bienfaiteur ce trouve pa< dao<
!e< cceurt le< <e<!nment< qu'H prétend y faiM
éciorre. On ne re~oÏt un 6ienMît tvee recon-
aoiuaace, que lorsqu'on a la ~oonance que
le Men~h~ur ne t'en prévaudra pas, pour <MM
iSMt!r (a <upériorÏté d'une façon !oeommod<t
à t'amour-propre. Les bîentatM, dont M)wt
$? <fa~fv!r <bnt dM !n<u~é< de< outra:-
at d~-tdM font de naMre a dtptaÏré à
tOMt hOMme qui veut op~ervet & Mbertéà
LM anM< ba~e< <k vénaie< ~bct prêter & rM<-
vd!r à toutes ma!o~ maht i'hoMmw de Met
qui a la con(c!ence de fa propre vate~r, nw
peut contentir a .perdre le droit <ie <*e~!iMf

“< «f~<
il B< reçoit de< btenfaiM ) qtM lor~qu'~ t&
',1
~<) N«<~f<«M ~~rMMW f~<r< ~j,.
d~OMOt tMMMCM.
auuré de pouvoir les payer par fa reconnorf~
~ance. Il n'y a que l'homme ~ennb!e &C ver-
tueux qui Cache vraiment obliger il n'y a que
l'homme fenub!e qui fuit vraiment reconno~
tant. Jf ~ut, 2 difoit Chilon, oublier le bien
~u'on~d~ aux autres, ne~e f~ou~'en~ que
~c celui que L'on reçoit.
La bienfaifance, exercée fans choix, eft
Couvent moins une vertu qu'une fbibte~
pour être e~imable, elle doit être restée par
ia ju~ice Se la prudence. Faire du bien aux
léchants, c'eft être dupe c'ett les con~r-
Fner dans leur mécnancete. Faire du bien à
des intenfés, c'eit !eur faiM un mal réet, c'eft
tes entretenir dans leurs discutions nui~btes.
La biënfaifance de rhomme fbible ne fait que~
des ingrats on fe croit difpenfé de lui ravoir
gré dé ce qu'if n'a pas la force de réfuter.
L'homnM bienfaifant par foibiene, mérite
plus !a pitié que l'e~ime des hdnnêtet gens,
& devient la proie des frippons (10~

(ï~) Ptutarqae proche à Mida~ « cfavc~r été ton~


<* )our<
pr~t à donner aux mâchants, qui ne (ongepicnt
M
Qu'à mat-fatre & aux bons, qui Soient dignes Je
<t< iibérattt~. En un mot fa ~oib!c<ï: ëtoit un fond~
M
» f&r pour les mâchants & fon humanité pour les gens
M
de &ien. M Voyez P[.UT. vtftDtNtCtAS. Cetuiauut
un honnuc foible a iait du bien te félicite communé.
Mcat d'avoir ~ffr~ fon btenfattenr.
Pour erre jufte, la biea~i&oce doit
propofer te bien bublic, &C fecompen~er î<jt
te vice & ta méchanceté méfitent-ilt

les~f
vefTu
un Maire ? iVc f(:p~~ ~<M, dit Pho~ytide a
yg~c
/Mr f<n m~A~Tt~
fur la mer.
My JeroNt ~<

Des bteafaiM vertes ~ans ch~'TB y d<~ fleurit


accordéea a des hommes ïndtgM'a, ~M de$
injures féedes donc re~et e~ d<E dêco~
<agpy naérite Se tes t'ateaM aéce~M~et au
botï&eu? de la vie ~daie. Ea ~Qfnbfatac de
~veuM d~ hMn~s viïs & tampanta,9 ea
oepam~mt tes t'yé~bry de i'estt ânr d<M citoyesa
mntiiea! <M poïve~, ~n *pftBCC s~
B~~e-
9tC!M
Mea~i~Mt; ? eâ t~u~e es~~t ~a
D<c~j~ d<90t il tecompen& hsa e<m<!m~ à
depem~
â~t ~a~&aice dotC-eile t'ét~s~c ~~a~
jpRM' tMMM 0<tt &Ht HM~ & a'aM" ~a~M~ i
La p~ BMê.te' ~es veagicxac~ e$ &?< d~Mte!
.c&~e <~m ao~' potic ~a~ d~ .Mes c~x
<btMe' ')MMM' a'KCMM.: Se~ o<M.w p.Mat~ eŒe~
<? j~o~e: a' c&atM~e~ Ëc' e<!M.nF''<~u~ em~mM..
'M'~ c~. de.' p~ ~MM~Me: ~e ~iBeeyBe~
~)~ eaa~e ~r eefut méMe at asa~~é
meMa
!W<e~~? &iÏ- rien- mat~se'.p~ de
~sm~ea~ d~ vraie ~ofes ~tN~ i*aaM
y ~w
<~ ma'a~CB a.. â~ pa~
pEM~~Mf de la
j~im <xMemt.,
œ~Mef?
dM
eoa<m~
jMèM'~
Plutarque, ~MM~
a~~
~f
a~

<r0'~ FoC~tOM < M~<preuve ~MHt~H«/ ï
M<!M <!y0tf
P~~ p
lui quand il < t0<n~ dans
Jfj~~ar~ do~r ~~<'o~M qu'il ~nt~~
</Ï ~t m~~M~ ~t plus ~4~~< <~ ~«ny~«
& J<! ~0/t<~ (zo).
La bfen~ttaoce n'p~ point rapapage exdo~f
de la p~t~an~ du cté~M, <te gyaa~uT,
de l'opulence tout Ctîoyeo véreux peot ~fe
H<ofat<aM !a <ph<~ pu te ~t ra p!acé.
On ~en m~eoent la patf~ par (es vettu~~
par ~e< taÏettM pay tum~fe~, pat
Mav~ le ~jge que éclaire eoocKoye~,

la
~avMt & faftt&e habtte ~Mva<ew tabû-
n~m: nnénEeM de Mime & de ramoav t~
peuve~ avec ju~ke <e ~a<tef d'é~e de< Mes<
~tCHM de leur paye.
Ce que !'oa non~n'ie <~r« publie e~ !$
bîtef,lire
~te~~ce ~té~
appt~e !a f~c~t~ 00 e. la
ea ~e~at.
~ae &~e p~~H~ïe devf0t< rexe~eT, «~
~M !et c~oM de$ Mchew & de~ ~sd$.
~oovef9te« daa$ la ~fe & dsMH de< dt<tM!€-
tKMM b~~fabte~, Ïa yecûmpe~ d'~ emp~!
~e !euy ~tNne pf~eyaMe, ~B< doute, au~

~aw va~fe. L'~ï~ p~


~~et dépend <~i ~'ôat poof objet <~e
e~ la ~te~

!~Wt ~W~M, foW~~ ~< ~W<t~ H~.


&w ~~eeyti~ tA~ ~~tt«M «M~on!,

e~W.vx~r~.MO~M ~x~ ~tMMW. V~M h«~VMa.


Ax~tce étendue fur toute une nat~a annonce
un boa gouvernement $t de~ c~oyen~ e~
pfe~ea de naeriter t'e~~e de !eur< conc~oye~
ces dt~ofîtton< font voir ~e chacun J~epd
c~ur le bien-être de ~bn pay<.
M~s nout verrons bientôt ~B~
~tnce d~t ~cfe aecomp~~e de ~o4e~e;
vaut n'ïMuy, <toc~ <tonne!r que jrecev~Mr~
donM~ en e~t une manque pjpuvo~p~
de ~er;oyif~, au lieu qu~ fM~VP~ M~
~gf~e de ou d~f~to~ t~ MC~-
noi~oce~ ~iyMt ~bfce ~M ~Ot e~ r~e~
de d~penti~nce de la ~M~aûe ~M b~a-
fatteuf, n faut do~c que bt~~t~~ mé<!?~
de!!cate~ de~ ho~o, $'t! veut n~tey
leuy ~~n ~uv ~co~~t~ce~ Qu'
que paf conduite annonce du m~pfï$ e~x

bie~t. $~ ~WtV~
~f~~
~u'~ QM~e ~W 4e
~~HM ~o~nt f~~M
$tM
~ft «
n~M~
3 a'~
~e~ q~ ~tt <t~ h~m~C~t
fea~~ ~tuye! ~pn~% n?!W ~W
~ttW ~pe~te c~~ ~M$.
ment.
La ~ra~ir~ e~ une f~M ~e ta bMS~aï~ce
$Me eo~~e à fau'e ~ft de< b~n~ ~p~
~oe Jt ceux quî en ofn be~btn. EMe d~ ~<W
~~ée p$f t'élue, ptudeac~ ~~n.
Une ttbefa~te ~n< choix te non~e pfo~tg~
M; eMe e~, c~nrtnne on ve~~a btenc~t,
vïce OtOn pas une vertu. L 4
La géneronté e~ encore un enet de ta
bienfaisance. E!te connue à faire !e Ocrince

de la ou
d'une partie de nos droits, en vue du bien être
de ceux à qui nous voûtons
donner des marques de notre bienveillance.
Cette disposition Si noble, qui Semble nous dé-
tacher de nous mêmes de nos intérêts les
plus chers que!quefbts même de Ja vie 9 a
pouf motif un grand amour des hommese
un denr arden: de leur ptaire ) un grand en-
~ouCafme pour ta gloire fans même pou-
voir <e Haïtes d'en )ouir. Les Codrus, !e!S
Curtius tes Decius étoient des hommes geoe-
yeux emvrés de t'amour de leur pays au
point de courir à une mort afturée, dan:t
l'espérance d'être admirés chéris par leurs
concitoyens.
On demandera peut ê<r< ~teHe ett ta
Mesure de ta bienfaifance <k tibératité
~e ta généro~tc. Ette e~ ~xée par réquite
qui nous dit que nous deyons raire pour tes
autres ce que nous voudrions qu'ils 6~ent pont
nous. Mais d'un autre coté, cette même équhé
~ous montre que nous ne pouvons jugement
exiger de ta bienfaisance ou de ta généro~
des autres que tes ~acririces que Bous fenoen
pour eux.
La bienfaisance, ta tibérattté, ta génefo<
pouf être bten réglées,1 doivent avo!r pom'
~et pnntMf tes pey~boMS qui ont tes rap'
ports les plus intimes avec nous ces di~of!-
ttons (ont des dettes quand il s'agit de la
patrie de nos parents de nos proches, de
nos a)nis îtncercs e!!es ~bnt des ae~es de
bienvêtHance, d'humanité, de pitié, quand
eUes nous portent à fecourir des ind~rents,
des inconnus, des personnes avec te~ueUei
nous ne femmes ïiés que ~btb!ement et!<~
<bnt des marques de grandeur d'âme < quand
elles s'étendent à ceux dont nous avons
nous ptaindre. « La méchanceté de Hiomme
? di~oit Dion Suivant P!utarque quoique
w
difficile à déraciner, n'e~ pourtant d'ordi-
M jna!re
ni farouche ni ft febe!!e, qu'e!!e
M ne
<e corrige ne s'adouciffe enfint
? tof~qu'eHe eft vaincue par des bienfaits
féttéfés (.t.ï). M
Ëa un mot, ta bienia~ance eft de toutes
)e~v~<us la p!us~ propre rendre !'homme
c~tf <<!< <embtab!es,& content de !u< même.
Atn<< MWt nairons cet ar<c!e par !'avM de
fo!ybc Scipion, <tu*!t exhortoït a ne po!at
yeaffer chex lui ~ans s'être tait un ami paf tes
b!e<tfatM. «Partout, dit Séneque, oa !'oa
fencontre un homme 1 on peut exercer la
bteeHat<ance(n). H

(f) VoyM Pmr.BAM t.A vit M EhMt.


~t) ~M«M~< ~M<' tM<~<M ~<«~
StNM. M VMTA MATA CAt. <
C H A P T R X.

p~ <« mo~ ~<~f, g~f


JLjA modèle e~
une venu qu! con~e & n~
~o:n< ~e pfevaïo!r de <e< taïent) de ~$
~eftus d'unp ~on de~éa~te pour ceux avec
qui nous v!von<. Un jueement tfQp favofab!a
de nou<mé<ne< o~e<tMnot<emb!ab!e$ <)u~f
voûtant ju~ef librement de n~< a~iûM M
~bu<!ren! qu'avec petnc que !'on t'a~gne à ~ot-
n~eme dans leur opinion un fanj~ ou de<
compense* qu'< n'ont point dece~net.
Pou~ ~eattr que )a n~odettte e~ fondée
!a ju~M~, !t que ~hacup att epfouve
quel. po<nt Ja <oc~<e <e tfouye ~t!~u~e pat
ces hommes ~upefbe) & vatM qu< ne ~em-
bteot y vivfe que pou<r fatfe e~uyef aux autres
!euft m~pfM !a<uhant$ ou par c~~ pef~n-
nagc< f!dtcute$ ~t 1 <ant ce<t$ occupa d$
leur mérite feef ou pfete~du font en~yef
aux autre< l'ennui de Ïeuf ~~< impeft!.
nent. D'aUÏeurt, un e<M <be!a~!e doit coa-
no~fe ) <ent<f qu'~ a des impeyfe~iont
de< de~uM~ & ioaef avec equhe,
p~MCf par cette cooudefatioa <e< mouve-
~enM d'orgueu qui <'e!cvent en lui !or<qu'it
<e compare aux autres. La conscience de no<
propret defaun e~ un remède a~ïur.é contre
)a trop haute opinion que août avons de nous.
mémea.
Nul homme qui a Il j~e coB~aace d'avoir
~e ta vertu de la probité ou des talents ce
peut fa mépriser iut'nnéme; ce (entinnent,~
~toh po~b!e~ feroit iojuae. Toute< les fo!<
ut l'homme a la conscience d'avoir bien <at<,9
~e polder des qualités e~;)~ab!c<, ou des
9
talents utiles Il acquiert te droit de w'apptau-
dir, de ~ennr te< droin qu'il a fur t'e~t<ne
~e< autfet tna~ il perdroit ce< droi« < <e

proyon aMtert~e ) leur nuire il déptairoit <C


bie~eK~ verttabte<nent, t'il montât de !a
hauteur <t du méprit de< éMe< e<!entieMe~
ment épris d'eux wême< jaloux de leur éga<
iM, ? qui jamais ne feeonncMeat qu'à fe~'e<
h <up~~t4 des awre<.
La modeste Me eft capable de d~fmet
i'eMvte, <!oi &MveM read les homme. <re~
inju~e~ Tout JheMme vfa;nt0t)t K~nd~ OM
qui montre det taienM ex<fao~na<re<, t'an'
nonce dant la ~octeté eohtme un mahre dont:
chacun redoute la ~périorité. Vo!tà e faut
doute, ta cau<e de ï'averMon de la iaÏouue
trop communes que font éeiorre te< tMndu
~nM dont t'ectat oiïU~que tee e~< me'
dtocrcs (t:;). C'eft par la modelé que !'o)~
peut ramener les hommes à équité, &C Icuy
faire oublier la dttproportion que les vertu~
ou le génie mettent entre eux &L tes Ctfe< tc<
plus dittingues de leur ctpcce.
J~'on craint namrettcment les pr!nce<, les
grands & les puisants de la terre pour te<
attTK r, on exige qu'ils descendent de leur rang~
~(fe mettent à niveau des autres il c~ de la
nature de l'homme de redouter ceux qui lui
tembient plus grandi! &C ptu< forts que tu!,
parce qu'ils lui rappellent à tout moment
ba~c~ ou ~a médiocrité.
Tout être vraiment fbciabie doit fc ~jfe«M'
A la ~ib!c<te d~ hommes o'i! veut mériter
leur amour 8t )cur cttimc il doit être mo-
dèle, renUcr aux mouvements d'un amout-
propre qui lui attireroit de la haine ou dt)
mépris, au lieu de l'affection &( de i'ett)<n$
qu'il eft f~it pour attendre. L'homme vef~
tueux doit defirer la bonne opinion de <e~
~embhtbies mais la rértexion lui prouvé
que tes vue~ croient fru~réc<, par <b<
arrogance (on orgueii fa pré~bmptioB t

(t, ;) /<
J~t~ t/~ MtM /«< ~«~ ~T/~ ~<~
Ho~Af.KPttY. t, UB. !t, VMt. ït,
il < a~tigeoit
~~<
l'amour.
les
< i –
A dont ilt veut mériter
êtres

On voit donc que le de~t de t'Ottme BC


!'amour de la gloire guides par la raifbn, (ont
compattbies avec la modeste, qui, loin dôtcf
ieur prix au mérite & à la vertu te< rendent
bien p!ps propres 3 toucher tes coeurt det
hommes. Celui qui a la conscience de ~a pro-
pre valeur attend en paix qu'on lui rende
~u~icc ceiu: qui n'eft pomt fur de ion propre
mérite fe croit obligé d'en avertir te< autret~
&C par une (bue vanité ne s'attire ie plus ~bu~

vent que des mépris.


Un amour propre inquiet un orgueil in-
fenfé une hauteur peu ranonnée anno~
cent de la foible~e de Ja défiance de <bn
propre mérite. La vertu réelle, les vrait ta-
lents la grandeur d'âme, l'honneur véritable
~bnt tranquit!e< fur leurs droits.
L'honneur eft le droit légitime que nou<
avons acquis par notre conduite, & furt'e~ime
de< autres, Se fur notre propre e(time. L'hom-
me n'a le droit de prétendre à régime de la
Société, que lorfqu'il en eft un membre utile.
H n'a le droit de s'e~imer ou de s'applaudit
lui-même, que tor~qu'it eft atturé d'avoir
mérité t'edime de tes ~embiabte!. Ainfi t hofn-
me d'honneur (qui jamais ne peut être di~
tingué de i'honnête homme ) ne peut être
déshonoré que tordue changeant de con-
<!uM ) H <e prive du droit à i'ethme dea
autre<, & à fa propre e~ime <aM cela it
peut bien étte noirci par la calomnie, &C de"
chiré par l'envie des circon~ancet malheu-
reu<e< pourront pour un temp< rernir <a répu«
ration mah Il ne perdra jamais le dtoit d.
o'e~imer tui tuèrne, que oui pouvoir fur M
te~M ae pourra lui ravir.
Ce que te préjugé décore du nom d'hoM-
Mur, o'ett îe p!u< couvent qu'un orgufeM M-
quiet une vanité chatouiîteu~e une pr<-
~bmptiM de ~M droite inceftaint ~f re~irnt
publique. De< gens d'honneur de cette etpece'
ibo< toojourt ~Mr ~M< y~ H< craigaeat
qu'un mot qu'un gerte ne leur ravine Mt<
honneur cnitnérique gt pour mo~er teMf
droit à t'e~me pubHque, voù<!e< verrez <b~
tent commette des crimes Bt de< mcurMM
pour mettre leur honneur à eowert. C't~
de pareMtet notiont qoe fe tb~de rc~ bM-
bare des combats na~MÛert quif btea-
de déthonorer aux yeux des natioM <W<
dirent rai~bcnabtet civMi<ee<, font cM<M~
comme gen< d'honneur ceux qu< commetteM
de pareils attentats. Le véritabie henatttr nw
~e détruit point paf ua arUrent, M
rétablit point par ua a~anhtat. Un homme
ne peut être bie~e dans <ba honneur que par
lui-même. Le courage eft une rbibtetîe, quand
il ne peut rien apporter. L'hooneur rt<d M
~eut conter que dan< la venu ta vertu M*
peut être ni cruelle ni Sanguinaire elle eA
paifible, elle eft douce, e!te eft )u~, patiente!
&C modèle; eHe n'e~ point ~OEa~te
fuperbe, patce qu'elle ïe tendroit Mteoj~ o~
<neptifhb!e.
Cicéron nous apprend que Socrate ~nau-
diSbtt ceux qui notent ~pafé Futite de rhoo-
nête, Il tegardoit cette dMtm~ion eùthrne la
~buirce de tous les maux (~4).
Les anciens phHofbphe< appe~o!ent ~on*
n~ ce que nous appettôns bon jo~e, loua.
ble, utne à la ~bct6t6. Eh e~t, ce ~u~ porte
ces caractères ert honnête, ou, ~uh€nt la force
du mot "1..
ntëtMc d.J',A.
nMt,rn'cïüe ItIo."ë
être honoré. CCe!a po<e, ïa
la
vertu feule eft honorabK, !'hohnetehom<
me M doit jamais être d~~gué de rhomme
<honneur. D'un autre côte les meme< pbi-
!o~bpne< appeiloient Ao~~Mx ce que nous
eomn~ont mauvais ou ou~îe à la ~bctété.
t~ap~ ce principe~ une vengeance (eroce,u~
hotnictde, Mea ioin d'être des ae~iont hono-
yaMet, devroient couwt~ de honte K d'ln-
iaîHM eetM! qui s'en Mnd eeupab~.
Tacite remarque aue m~?'M Je gfotre
<o~M~<*M m~f~ J'e M vertu ~s). L< de6r de

~~) Voyez CtCttto M JLMXUt, Ht. t, e~. <


idem. ot oMtcm, nt. CAP. ).
(t~ c~M~M~«/« <f~a< ~«~ A«MAt.
t.M. tV, CAF 3',M!
i'efUmc ~C de la réputation e~ un ~entimen~
naturel que l'on ne peut blâmer fans folie
f:'eft un motif puHIant pour exciter les grandes'
ames à s'occuper d'objets utites au genre hu-
main. Cette pa~on n'eft btamabte, que torf-
qu'elle eft excitée par des objets trompeurs,
ou !or~cMe emploie des moyens
deitru~eurs
de l'ordre fbciaî (10).
« Nous ne devons pas dit Anton~, de-
firer les louanges de ta multitude nous n~
devons ambitionner que celles des peffbn-
M nes qui vivent conformément à !a
nature.
ta gloire a été bien définie fou~nge J«
bons c'eft à'dire, de ceux qui jugent bien,
& qui méritent eux-mêmes d'être loués il
n'y a que îa vertu qui mérite t'ettime des gfnS
de bien la vertu ne confîfte que dans des
difponrions utiles au bonheur de notre e~ece.
La gloire n'eft donc faire que pour ceux qui
font de très grands biens aux hommes elle
n'e~ aucunement devinée à ceux qui les dé-
truifent. Combien de prétendus grands hom-
mes font dégradés aux yeux de ceux qui <e

(t6) <' L'honneur~ dit P!&ton, eft une jou!~nce


divine. Voyez Pt.Aïo, DE ustBus.HB -V. « La gioire,
M
dit Cicéron, cR !a vraie fpeompfnf? vertu t t!
M n'y a rien de plus propre exciter tu homme* d'utt
M gchte fuperteut MX trions hoan~te!. M Voycï CtCM.
IN CONSOL.
font
ibnt fait des idées vraies de la gloire Mais
les grands crimes en impotent tellement à
l'imagination du vulgaire qu'il honore très-
fouvent des forfaits déte~ab!es il met au
rang des dieux des montres qui ne méri-
tent pas d'être regardés comme des hom-
mes. Le préjugé enivre tellement les peu-
pies, qu'ils admirent ceux mêmes dont ils
éprouvent les fureurs. L'admiration que l'on
montre à des héros de cette espèce, annonce
de la noirceur, de la bafïeue ou de la flupt-
dité.
Un conquérant s'imagine que tes exploits le
conduiront à la gloire il commeoce par vole~
des provinces Se des royaumes & pour par-
venir à un but fi honnête il ruine <es pro-
ppu)~
pres étais, il immole (es propres Sujets
avoir l'avantage d'extermtner ceux des autres.
Dans un héros de cette trempe la ralfbn ne
peut voir qu'un furieux, un brigand ua
malheureux <ans honneur & <ans gloire. Le
~age Plutarque a remarqué tres-bïeo que le
Surnom de Ju~, qu'H appelle tr~-roy~
<f~M donné au bon Ari~ide, n'a été
nullement ambitionné par les grands rois.
« Ils ont, dit-il, bien mieux aimé être appel-
ri lés poliorcetes preneurs de villes; ceMu~t,
? foudres de guerre, nicanors ou vainqueurs
» queiques-uns même ont pris plaiur à fe
» voir donner les noms J'~s~ & de vau-
i~~
? tours préférant ainfi le vain honheur de
M ces titres,
qui ne marquent que la force
? &. la puiiïance à la folide gloire de ceux
? qui marquent la vertu (~7).
Un conquérant efUmabie eit celui qui Ce
compte !ut même &. qui fait mettre un frein à
fes pâmons. On prétend que la Morale n'eit
point faite pour les héros. Dans ce cas, un
héros n'efi qu'une bête féroce qui n'e~ faite
ai pour vivre avec des hommes, ni pour les
gouverner Ceux qui ont la bafïeiïe de louer
ces prétendus grands hommes, dont la gloire
connue à écrafer les nations fous le char de
la vi~oire les encouragent au crime &C
3
méritent d'être, comme eux, dévoués à l'in-
famie.

(t.7) Voyez PwrAH. vît c'AtttTftDt. A ces Netox de


t'tCtiqotté t'hittoife moderne peut opposer des iUchttd
C~«y des RobMt D~t~ & la troupe det
prince! qui ont tnenté ~e Surnom de par te<
grand! m~ux qu'ils ont f&!ts a leurs propres nariont <c
i ceHet qui ont ett te m~theut d exercet leurs Mander
<me<.
CHAPITRE XI.
De la tempérance)i de la c~j/ïete,9 ~< la
pudeur.
j-jES
panloas font des effets naturels de l'of*
ganifation des hommes, et des idées qu'ils fie
font ou qu'on leur donne du bonheur mait
fi l'homme eft un être fai~bnnable 8e ibciabte
il doit avoir des idées vraies de fon bien eire~
& tâcher de l'obtenir par des voies compan-
bles avec les intérêts de ceux auxquels la ro.
ciété l'unit. Un inconMéré qui fuit les imput-
ions aveugles de (es payons, n'eA ni un étte
intelligent ni un être fociable & doué de
raison. L'être intelligent e~ celui qui prend de
julles mesures pour obtenir <bn bonheur;
t'être ïbciabte eft celui qui concilie fon bien-
être avec celui de fes (embiabtes l'être nu<
fonnableed celui qui divague le vrai du faux,
l'utile du nuiuble, & qui fait qu'il doit mettM
un frein à fes defirs. L'homme n'e~ jamais ce
qu'il doit être s'il ne montre de la retenue
dans fa conduite.
La femper~n~ e~ dans l'homme l'habitude
de contenir les defirs les appétits, les paf-
fions nuitibles toit lui même <bit aux
autres. Cette vertu de même que toute: le$
autres, elt fondée fur l'équité. Que dévier
droit une Société dans laquelle chacun
Se per-
mettroit de cuivre fes fantaifies les plus déré-
siées ?t Si chacun pour fon intérêt Souhaite
que fes aSïbcié~ rcSt~ent à leurs caprices, il
doit reconnoître que les autres ont droit
d'exiger qu'il contienne les liens dans les
bornes prescrites par l'intérêt général.
D'un autre côté fi, comme on l'a dit plut
haut, l'homme iSolé lui-même doit, en vue
de fa conservation &L de ion bonheur dura-
ble, refuser de fatisfaire fes appétits déSbr-
donnés, il y eft encore plus obligé dans la
vie fociale, où Ses adions influent Sur un grand
nombre d'êtres qui réagi(!ent fur lui-même. Si
les excès du vin font capables de nuire à Mut
homme qui s'y livre ils lui nuiront encore
bien plus dans la fbciété, où ces excès l'expo-
rtent au mépris & peuvent en troublant ta
raifbn le porter à des a&ioM puniCabIes pa~f
tesloix.
Quelques n~oraUftes fevefes, pour rendre
l'homme tempérant, lui ont prefcrit un dt"
vorce total avec tous les plaifirs, Se même
hu ont ordonné de les haïr, de les fuir. De<
maximes fi dures mettroient l'homme daM
une guerre continuelle contre fa propre na.
ture êc fembleroieUt fe propofer d'en faire
un miSanthrope ennemi de lui-même, &L dé-
sagréable à la fbdété.
êtfC< tant
l'homme doivent être,
~.t rh~mmf~nivent
tes appétits de fans
~oute, réglés par la raison; tout lui prouve
cu'H eft des plaifirs dont il doit Ce priver pour
crainte
fon propre avantage, &. cela par la quUs
des conséquences, fouvent terribles fes
pourroient avoir pour lui- même et pour
plaiSM
afTociés. C'ett contre les (eduBions des
de cette efpece, que l'être
fociable doit te
garde c'ea contre des pa~on:
mettre en à.
iu~es &C criminelles, qu'il doit apprendre
combattre fans cetTe, afin de coBtraaer 1 ha-
bitude d'y réufter.
L'habitude en effet nous MM faciles <M~
choies qui d'abord nous paroiaent tmpoa:-
bles (z8). Un 4es principaux objets de
rédu..
cation devroit être d'accoutumer de bonne
;mpulCoo&
heure les hommes à réSâef aux
Mconuderées de leurs deûrs, pat ta cramte
des effets qui peuvent en résulter.
La tempérance a pour principe la cramt~
~e déplaire aux autres êC de autre à <<M-
mêïne cette crainte, rendue habitueHe, <utEt
contre-balancer les eHbrts des pa~oo~
pour <nai- Tout
qui peuvent nous ~IMcitcf au,
homme qui ne feroit point tutcepuble
de.
crainte ne pourroit guere réprimer les mo~

fit} G~w~<" <~ w~ f~t~


PUBUUS
H.t~a ~n*
SYR~.
~Jt
vemenM de <bn cœur. Nous voyons que !e<
hommes, exempts de crainte par le privttega
de leur état, font communément ïes plus
Bui~bies à la Société. Une crainte jufte &. bieo
fondée des êtres qui nous environnent, CC
dont nous entons !e befoin pour notre propre
félicité, conclue l'homme vraiment fociable~s,
& lui fait un devoir de la tempérance. C'eit
par elle qu'il s'habitue à réprimer les e<ter-
vefcences Subites de !a colere ou de ta haine
pour les objets qui mettent quelques obfta-
cles à fes defirs. C'e~ par elle qu'il apprend
à P: refufer aux plaifirs déthonnêtes c'€à'
dire, qui le rendroient odieux ou mépnûtM~
à la ~bcicté. C'ett par eue qu'il re~e au~
~edu~ioas de ï'amour cette pa~on qu* pM~
duit tant de ravages parmi les homnaet.
La <'Mï~ qui ré6Ae a~xdeitft derég!e<
de l'amour e& uae fuite de !a tempe~ocê
ou de !a crah~e des e~ets de ta vo~pïé. La
pa~on naturelle qui porte un CsiBeve~ t'autfe~
eft une des plus violeotes daM ua trè< grn~d
Bombre d bonames rhais t~eipénenoe Ct !a
M)!6M! foat coacoître iët dangers de !*y Hvtt~R.
Les toix de presque toutes tc< MttOBt, ~e<
opinioa. de la ptupart des peuples pot!cé<
conformes en ce point à la nature Bc a ta
droKe fai~bn ont mis des entraves à rarnou~
derégïé pour prévenir les défordres qu'H cau-
feroit dans la âïciété. C'c~ d'après les m~ooet
idées que la continence abm!ue e le céhbat~
le renoncement total auxplauirs même légi-
times de l'amour ont été admirés comme
des perfe~ions comme les efforts d'une
verru furnaturelle.
Les penfées enflamment !e<deiîM, échauf-
fent l'imagination, donnent de l'a~ivitéàoM
payons. D'où il fuit que la tempérance nous
prefcrit de mettre un frein mênne à nos pen-
fées, de bannir de notre etpnt ceHet qui
peuvent nous rappeller des idées déshonné-
tes, capables d'irriter nos patRons pour les
objets dont rufage nous eA interdit. H eft:
certain qu'en méditant fans c~e je plaifir
qu'un objet peut nous caufsr, ou que l'ima-
gination nous exagère, nous ne faifons qu~a~-
tifer nos defirs leur donner de nouvelles for-
ces, les rendre habituels, les changer ea des
besoins impérieux que Ï'OB oe peut dompte*.
La tcmper~ee, dit DémQph!Ïe, e~ MgMeNf
,de r<ïme. Eue âtppofe la tbrce, qm mén~
toujours Ïa con&de<at<oa de< hoata~t.
Ces ré~exioas, can~méM pa~~xpéF~ace,
nous doivent décoavrtr rutHité de !a. pM~M)%
On peut la déRnir, la crainte d'aUumef
~bi même ou dans les autres des payons dan-
gereufes par la vue des obje~ capaMes de
les exciter.
Quelques penseurs ont cru <pM le ~entl-
meot de la pudeur a'a~oit p<M~ ~ue
~i
préjugé, les conventions des hommes !et
Mfages des peuples policés. Mais, ea fega~
dani la cho(c de près, on ~a forcé de <'ccon-
Boître que la pudeur eft fondée ~ur la ra~~n
naturelle qui nous montre que fi la vo~a~té
Bt la débauche font capables de produn~
des ravages dans la fociété, il eft évtdem-
ment démontré que l'ialérêt de la ~octét~
demande que l'on voile avec &Ma les obje~
faits pour éveiller des de&rs crurunek. Si l'on
nous cite l'exemple des Sauvages qui vom
tout nus, Se qui n'ont aucune idée de la
pudeur, nous dirons que les faavages ~)M
des hommes que leur ta~n peu cuiïivM ne
doit aucunement imre prendre pour modèles.
L'impudent Dmogene lui-naême di~K que
yH~eMf c~ Lï conIeNf de j~ ffrm.
~ar h même caiSm, ta tempémace ~ot
jmM ~Naa ~Ma .à aos 'peB&es 8t & nos a~MMM,
Boas ~'eïcnt d'en mec~e à nos pH~ ae~
tate~dit les di&oM~ dé~honnetes coadamBe
ces éents oMcenes d<Mi r<Net Béce~&Ne e&
~atfmet podeur, de pré&atef des MBages
~&~es, capabtes d'aSumef tes pa&Ma d~B
hoat~es.
Ce fut é~dema~cm pour MMuef tes htMa-
~pnes ~a teaapéMmce que le c~jt~aBe ie
&oïci&ae oat e~agé leurs &&ateats à ~§-
wef des p~M&rs &L des commodttés de ia vie.
~ut ie meMe~c~e, ~~a~oa'Bpfe~ar~
w'
hn filence rigoureux à Ces difciples. Ennn
,r
c'e~: pour a~bibHr les paniOBS des hommes
que quelques religions ont prescrit des abfH-
Dences, des jeûnes, des mornncaiions, dont
le but étoit vitibicment d'habituer à la tcm-
pérance d'accoutumer à fe priver des chofes
capables d'enflammer les payons. Si ces pré-
ceptes ont été quelquefois outrés par ~udque~
Jegiuateurs b~zarre?, ils partoient au moit!$
d'un principe raifonnable. La médecine ne
cous montre-t-elle pas dans la diète ou ïe
jeûne ie remede le plus <ur contre un grand
nombre de maladies ? L'ab~inence totale du
yin, ordonnée par ralcoxan, 6 etïe étoit p!u~
6de!iement ob~rvee exempteroit tes nm~ui-
mans d'un grand nombre d'accidents auxqueh
!'ivrognerie fi commune expofe les habitaaM
de nos contrées.
Les vertus portées à l'excès ceSent d'étF~
des vertus, &: deviennent des Mes les Mées
de periecHon, poupées trop hMo~~ot iauSe$
dès qu'eUes nous in~MM à m!u< détfu~e
p~
elles font alors des effets de~*<M'~aeU qui
tend s'élever au deffus de la nature ~mmame~
ou d'une imagination en délire. La vraie tem-
pérance eft accompagnée de la mo~M~o~
qui nous fait éviter les excès ea tous §ea<re~
La vraie Morale toujours guidée par la rai-
~n &: la prudence, prefcrit à l'homme de
iMvre ~uivaot & cature y & de ce point p~?
tendre s'élever au de~us d'elle eUe fait que
des préceptes trop rigourettx <bat !nutUe<
pour !e plus grand no.nbre des mortels, tC
ne tendent qu'à faire des enthoutiaftes orgueil.
~eux ou des fourbes hypocrites. Les )0gh!< ou
pénirents de l'Inde (ont des rburbes, & non
des hommes tempérants. Le fanatique, qui
fait conter la perrec~on à s'anfbtbHr, ou à
& détrutfe peu à peu, devient un membM
anuttie de la fociéte.

X!
CHAPÏTRE

De la prudence,

JL~'HOMME
en fociété eft obttgé de con*
tcrter <€$ mouvements avec ceux des êtres
~ai l'entourent; il a besoin de leur aH!~aoce~ s
de leur a~e~toa, de leur e<tin<e, S& il doit
prendre les moyens de <e !ee concilier. Vo~à
~e qui con~ttue !a prudence qpe l'on met
<~mmaaément au nombre des vertut. La
p~dence n'e~ que Fexpértence & la raKbn
~ppitquées à la conduite de la vie. On peut
la déSaif, l'habitude de choi~ïf !e< moyea*
les plus propres à nous conotier la bienveil-
ïa~ëe tes fecours des nuires, BC de nout
ab~eaif de ce ~ui peut les indi~po~ef. JL'ex-,
periencc fondée fur la connoinance des
hotnmcs, nous rend prudents, c'e~à-dtre,
rous indique comment il faut agir pour leur
p!.tire e< ce qu')t faut éviter pour ne pas
perdre leur attachement ou leur eitime) dont
nous avons un besoin continuel.
La )u~ice e(t la ba(e de la prudence,s
comme de toutes les autres vertus perpe-
t.<st!erncnt expofés à fouffrir tmpatiemment.
de: itnprudcnces des étourderies, des défauts
dcc caprices des autres t nous hommes
force! d'en conclure qu'une conduite qui nous
d6p)a!t en eux, doit nécen'airenitent leur dé.
phure en nous, Se nuire aux fentiments que
nous vuu)o)i<. éprouver de leur part.
La ctreon~ec~on qui Suivant la force
du mot, connue à reg<ïr(~r <tMtoMr ~e /bt, à
~utrc attention aux êtres qui nous envïron"
nent, eft une qualité néceûaire à quiconque
veut vivre en (bcieté. L'étourdi <etï<b!eoubï'et
qu'U ctt avec d'autres hommes dont H doit
~e~~cr les droits, ménage!' t'amour-propre~
mériter la bienveit!ance agit comme ua
!n(cn(e qui, les yeux fermés, Cs précipiteroit
dans une foute ou il heurteroit tous ceux qu'il
trouvefoit fur fon chonin, fans fbnger qu'il
e~ tu! même expofé aux coups de ceux dont
il provoque la colere.
Te!te eft communément la pofrtion du
méchant armé contre tous il s'expote au<
coups de tous. ~imprudence,
i'inadvertanct}
Fecourdene, fru!ts ordinaires de !a tegéreté,
de !a difripation de ta fnvolicé, ibnt de<
Sources de désagréments.
L'homme fbc'abte eft fait po<tt réîtéchïr,
pour s'obferver !ut-même, & pour ~bnget
aux autres. St te bonheur e~ un objet qut
Enérite notre attention, H fuit que chatua de
Bous a !e plus g~sd mtérê: ~êtïe à ce ~M
& de pe&r démarches, <~exznaMM ?
ht route qu'M nent peut !e confite aa bot
qu'îl & pMpo<e. Le tn~ïe j~a~,
~i~Rpation contMMetie une vie M~ a~ét
<bat des ob~sdes 3N déveioppeftMMM <~
MtSba hamaiM. La Srtvottté, ~te~~
nneune ~)nt ~s d~poËMons ~cbew~ €<
~e~ nous e~péc~e~
d*accM<~fa<mob~
intéfea~M po~r aotM, ~« aMMteaM
~e <M~ ae €M~<MW j~~
ht ~Me ~mMe de h ~paMt o~M
~a t~at ~M~ '~e. BMaeoQ~ ~«MHM~
~M0~we<M ~B$ mM!' to~~ece pefpêMet~ ?
ï~MMt~ pa~ea~ i ~3~<~
M~
MMH~
'gM'~é'~
êtM
? dep~ac~; p~~a$
€a~
~<MM<. y p~~e tM~.
B'eâ ~ew~~nM~
ce ptt~ète B< ~M~~
p~ aéce~M~ à ??-
cM ~tbte dM~a ~M~e <~ & pMCM-
t~F ~M~m~M~ pa~~M, Ët~ tN~
z ~a~ ~B.~e MMe.
« La gravée on un munre pnMOtupne
M
eft le rempart de l'honnêteté publique
M auul le vice commence par
déconcerter
w celle-là afin de renverser plus furemenc
x celle-ci (~9). » La gravité dans les mœufs
eft une attention fur foi, fondée fur la crainte
de faire par inadvertance des actions capables
d'fnditpoier les êtres avec qui nous v~ons<
Cette ~bne de gravité eft le fruit de l'~xpé-
rience, ou d'une ration exercée elle co'n~
vient à tout être vraiment fbciable, qui, pour
mériter la bienveillance des autre?, doit me~
j~rer fa conduite, fes difcouys, Se montrer
par fon maintien même q~'il prête l'attention
néceffaire aux objets qui le méritent. La gra-
vité devient tidtcule y <e change en pédant
terie quand, fondée fur une vantté puérile
elle n'a pour objet que des minuties qu'elle
traite avec itnponaoce alors elte e~ méprt-
&Me pafce qu*elte emge r<%e~ potm
des chofes peu dignes d'0€CMp~F des être~
M~naajbtes. La gra~tté déceaM & coaveM~
bïe eft celle qm fait fe~e<~ef des c~oM vrai-
ment iacpojMaaîs pour la ~bctété, &Eqm m~~
ïre que oous nous re~pe~oos a<KtS-mêmet
ain6 que nos aSbciéa elle eâ alors roodée~
fut pmdesee, ou fur la j~e cf~Mie d~

~t~' M. I~CMt, Ensydo~di~ Mt*


perdre la bonne opinion de ceux avec qui
nous avons des rapports. v
Dans le langage ordinaire, rien de plus
commun que de confondre !a prudence avec
ia rinede la rufc, avec l'art ~buveM blâ-
mable, de parvenir à fes fins. La vraie pru-
dence e~ le choix des moyens néce<Tai~M
pour nous rendre heureux dans le monde.
Uiy~ïe étoit un fourbe, ûms être un homme
prudent.

C H A P ïTRE Xït L

De ~t ~brce J< f<! ~MnJ<Mf ~me de &t


p~<Mn«.
JL<Et
mofaU~es tant aocteM que ntoder-
JMÏ OBtt~K MM vertu de ~t ~CiTM. LM MM
ont déûgoé fous ce nom ta valeur guern~M~
!e courage qut fan braver les dangeM & tat
mort quand il ~'agh des tntérétt de ht pMne.
Cette dMpo<K<on eË, <aox docte, MKÏe
aéceSa~re par conséquent elle e& une vefM
quaMad eMe a vérhabïement pour bue !a {uC'
Mce, ta confervation des droits de ia Sbd~té
~a dé~enSe de !a ~eHcite pubHque. MaM ta
force n'e& plus une vertu quand eue ceSïe
d~avotf ta ~ke pour baïe quand elle Bcwjn
fait violer les droits des hommes, quand elfe
fe prête à HnjufUce. Le courage ou la force
d'un Romain, que nous trouvons qualifie de
vertu par excellence n'é:o!t qu'un attentat
contre tes droits les plus Maints de tous les
peuples de la terre. C'eft fous ce point de
vue qu'un écrivain célèbre a dit, avec raison
que le courage n'e/Ï point une vertu, <M<!M une
qualité ~MMM/c, com~~ne aMxJc~MM & ~MC
grands hommes (~o). Caton a dit, dans le
même efprit qu'il y a bien de la J~fcn~e
entre ~mer ycrtM m~pirt/er vie (~t).
La force e~, Suivant les Hoiciens, la vertu
qui comba: pour la ~u~tce. D'où l'on voit
qu'elle n'e~ aucunement la venu des conqué-
rants &e de tant de héros -célébrés dans l'hi~'
toire. La force de l'homme de bien eft la
vigueur de l'âme affermie dans l'amour de
fes devoirs, &. inviolablement attachée à la
vertu. C'eâ une di<po6uoa habituelle Bc rai-

(to~ M. de VotMite.
(~ï) ~cy~ W«<«~M <<~x~ t~ P/~<fM.
Na ~r< ~~Mf r<~ dit Phocytidc, ~w ~«~, <9'«~
~«f <<<rf. VoyME PHOCYHD. CAKM. Vt)K. t~
MattMue rapporte dans ta vie da même Pe!optda'6,
nac beUe eptMphe f~tte en t'honneur de qaetqMM L~
tedctncnteo: <}m ~voient péTi dans aa tombM <F«t~<
f<~f M<y~, ~«<~ ~</< ~~«r <t«'t<x~<tt<~
~~t « M~fM' M~< 0' /<M<~ f<M Or ~'M<~ ~tMtW
donnée à défendre les droits de la Société, et
à lui ~acri~er fes intérêts les plus chers. Le~
ames bien pénétrées de l'amour du bien
public font fufceptibles d'un enthouna~me
heureux d'une pan!on fi forte qu'elle les
transporte au point de s'oubHcr ettes-mémes:é.
des cœurs bien épris du defir de la gloire ne
voient rien que cet objet, & s'immolent pour
l'obtenir la crainte de l'ignominie a fouvent
plus de pouvoir que la crainte de la morr.
Ces di~ofitions font rendues habituelles par
J'exemple, par l'opinion publique qui, prê-
tant des forces continuelle. aux MoaginadOM
ardentes, tes déterminent à des a&ioM qui
fouvent, paroittent turnatureiies.
Dans une Société, tous (es membres ne
jfbnt point fufceptibles de cette ardeur Ïouabie
&: de cette grandeur d'ame qui fa~nne la
valeur mititaire n'e~ dans le plus grand
nombre des foldats que l'effet de t'innfpr~-
dence, de la !égéreté de la témérité, de la
routine. Les idées de bien public, de juftice,
de patrie, (ont nulles pour la plupart des goer~
~ers iïs font peu accoutumés a rénéchir fur
ces objets trop va~es pour leurs efprits fri-
voles !h combattent, foit par !a crainte du
châtiment, ~bit par la crainte de (e désho-
norer aux yeux de leurs camarades, dont
l'exemple les entraîne.
h ~atteuf gu~rnere n'e~ pas égaïement
néce~ire
néceuaire à tous les membres d'une Société,
ia fermeté te courage font des qualités très-
un!M dans tous les états de ia vie ta force
morale e~ une difpoution avantageuse Ce
pour nous-mêmes, Ce pour les autres eite
produM co~/Ï~nec, ~t ~rmetJ, ~WM&w
<f~me, p<t<Mnce. La tempéMace, comme
on a vu, <uppo<e ta force de réS~er & non
pâmons, de fépfimer tes impuMoM de UM
deurs dé~égiés. faut de ta ~ce pourper~ve~
fer dans !a vertu qui, dans mMie ciMon~an-'
ces, (embte contraire à nos intérêat du mo~eM<
La force, ia con&ance la &nBeté feront
toujours regardées comme des di<po6tiont
iouabies dans M* êtres de cotre ~pec~H.~
femmes enes-mêmes haM~Bt ïe< tâcnet~
parce qu'eues ont be~MO <? 'p<!0tt&eo<~
Nous admirons ia force de !'ame<~Ntcd tt~
porte à de grands <acri~ces a<!tu< ~~mom
qM les hommes &f ia c~o&ao~ ~E &~
<M<é de<queis ~om ~oy<ïa< p~~ ~m~~
Par ta même raMon, ia puiïManKBitê~ !a <bi~
i)~ i'incon~B~ ao!M ~~i&at~
à trai~ qa'a~ det
it'atNMas ~MMnes ea
BM$

qui eous ~uppo~ns un cara&e<~ Mde, ea~


pabie de ré~er aux <edu&iOMS ~9<m'ea<aoé~
qm dé«MtraeBtte< amres du but~Tis & pro-
po~m~:
Les h<MMM< ont aoe teiie ~aae pour !<
&)scey qt~is MaM<en««B~B ~M !e cria~;
~~< ~T
c'eA 1A oomtne ce a vu plus JoMt, la ~UM
de i'ad<m~adoo que ie< pewpie< 08t &HMMt
pouf tes de~to&eurt At ~enfe <MM<~o. fis
~nénd~ eoot ce qui Ttow~uct mx ~KBMht
vigueur, une tgBMMhe 'fermeté~ uot ~t'tM~
cpmiàtttté, p~roti tu~aanted au ~tt~gMr~ ~ti
t'en trouve NMtpaMe. VoiMt )êMM <iooM
p~tccipe de la wé<Mhra<MNt ~'ezdtMt et lui
ie< gntodet aNAén<B<, in geBre< de v!e <Bt*
tMOtdmaire<, tee ~~uiat~êt ~n' te~u~M
des ftBOMH[Me< cw ë&s <<npoAe<tr< <*<tt~M
~ueique~Mt kt teg~rd~. Ea wa <Mt, tûot M
qui aMH~we de b &Mce~ taa~ )Mrt<~<
<pt'tu <nota! ) ea MBpo& te~j~QM~ JLe <tKM)MÈ'~
dit Moa~gne, ~e~ Mc< <t~ ~t~JM~
p~~b~th.VoMtpW
.t.
Mt

~ooi&owxm M<tdm~de<tounde~hfat~
i~ptWtnMM<NKXM~MBMMh<~<HWC<<hW<t
~othwtM~
les.a:Ies.
pe<x~t~ <M foa~tMWM
0IIt OM~M p)!))!~
~ue te< ~~ndM~<)~M)<<~M<
h Mom~e mi~Me, & ~WK ~MtMey~
AcMeas.
iLa~bMMta~~t~mw~~Tat~wwikwC~~dt~~M~
Mi!e, oa ~r~'eMe ~<ta< d< la c<M<Mhotœ
tM~aMMM ~MMt. La <bM~ !t &Hn<~
<dtMa-t~ tte ~d'*U~e<Md~t
at prM~WtM<ooe vtaM peétt~; h ~tM)Mt
dans des cho<e< auit&tes ou deC~réaM~ <M~
~tM$, ~MK d~a otgeeM cu~NMt, & doit
~ttt!~ le ïNt~i~ La vt~e ~M« ea~<n6M<tMé
dans ie Men~i'opMAtreté e!t ta ~Wné~é ~an<
ie mal. L'ob~maddn fo~eaf dan< !ë -cà-
M~ere ta dureté une huttte~t hï~~c~~e~
le défaut d'mdN~eMe, t'in<poHt<ate ~nt
vicM réels pw ~u~~ d~ SiOth~r~ Sea't~
l'imaginent que~e~o~
Mes ces di~oStM~ q~ ctM~t
r<
~t~-ëM&tà-

tava~s & des déû~n~aM ~a~ n~a~,


p~cent pour l'~rdiMure ~e pfe~t~
&
pedte~. Se ~ea~e iâ taHoé i ~n~
féMer à !'è~ité ou & Ïe&N~é èe
cceur avoif égayda~ ~B~iK~~ K
u&ges rtKbaaa~eï, <aiM! te~ M aRné~-
propre à cettH det w~e~ ~t de~ ~M}~
qui oo~ TtladeM aaa~Mèt ) & Ntc~
MM plus de i!i<~teaë et ~MèiA. t~é
<tex~Hi~ ~Muche,<)u~1t~ <~M~t:
tfit§é ~ee eft <:éaë fe&d ~t~M~
~uMt !M
<tM toto~b~,
pa~~
dé~Ïa!~ed'une
~B 0~
tim~é~
t'a~ ? ?
~%4~&
~e
~Aa~ ~at

€mMMJ~
am aotfM, de les Me~ef, d~~edfe
&ë detîm!~
'tani cte timicSité ,ëft
<M~ _Ii?
couMge, h gnmdeof d'aaM & ~<ee ëtt~
eâ, coma~e ccHe-ci~ it ~dHM~ éf< ~M~
OM(~).
(1'").
!!i.m-t<t<<<<<NtMt<<MM~~M~Mt~~Mt––<M<W-
(~) PhnM<~ dint<B < ee~ ht
'.eMmu&Me<p!ajttUMde<pewttMMt,&<M~t<~
M
d'âme vér<tab!e ~uppo~e de la
La grandeur

vertu &ns cela eUe ne feroit qu'une vaine


présomption. Ce n'e~ que la jufte confiance
dans tes facultés qui permet d'entreprendre
de grandes chofes, ~ans s'étonner de* obâa-
cles fi effrayants pout le commua des hom-
ntes. La grandeur d'ame fondée fur la conf'
cience de fa propre dignité, met l'homme
verMeux au de(Rt$ des injures, des aâroots
JBC des diicours qui trouoieM & ~étriNeat

teat de cecurs puCUanimes. Suivant PlutaB-


que, ~e* Spartiates, R fameux par leur cou-
MSe demandoient aux dieux dans leurs
prières ~byec de /M~pofMf .les tfMMMt la
grandeur d'aase les :a<: pardonner;iupéneMre
à fenvie, a médi&nce, a la calomnie elle

G
inépn& leurs traits impuiûStnK qM'~Me <a<t
jmeaptbïet de !a MeSM ou de Mo~b~
~e~Né~ La gfaBdeuf d'âme t~c~e ~C
vraie" ~i'ce que, &M'tiâée paf ~oe'&iea~:

tMM~NMMl' te< ~Un


M <BOB~B tc< ~)MmM t
~~m~M< A ha< ~< iM<~<to<
eeM <;ot cr<îgB<'a< te yt~$ h
jMMWMte t~peM~en ettig~eet te mctM~~M<~W,
t. ÏM ~me< ic têt Me<<Me<. C'e& petu~tpt «hK~M
j~mde têt~M, ~t dit. e~
t

«tjtB toM~f. « ïïavoil dit M~tr<v<tB<r ~e
eé<M)MtM tvoieat des ehtpcMM eoB~otSM
~e-
~M~ }'M~MM~< qae ht peM e& !t K~e de toete bMmie
~c~
'M<!<m.
"£>
~oyez Pï.uTA&. B~Kt ï~ m B'A~t tar M
de <ba mérite, elle ne fent pas le bètbtn de
tromper &. de déduire par des ruÏes ce font
de vils moyens qu'elle abandonne à la foi-
b!ene. La grandeur d'âme ett biectaHante
Se généreufe, parce qu'il faut de t'énergie
pour facri&er fes intérêts à ceux des au-
tres.
La grandeur d'âme donne aux a~toos ée
!'homme, inviolablement attache à la vertu,
cette vigueur que Fon regarde comme un de"
~ntére~ement héroïque. Par elle, comme dk
Seneque, « la mauvaife opinion qu'on donne
quand c'eâ
n de foi cau~ fouvent du ptaiur,
n par une bonne acMon. La conÏcïeace
a~jrée de i'nomnne de bïea !e met alors au
de~js des jugements du puMtc, & le dédom-
mage de Ces iniquités, t! n'e& p~t~onae à
l'homme vertueux ne parnM! phM SfaBd,
lorsqu'il apporte avec courage tes in~uMeM
du ~brt il ~ernbte alors meMfev fes ïorcet
coat~e celles du de~a, & h~Mf <!vec M
corps à corps. Séaeque dît « qu~! $'ëË pa<
!t de ~e~c~e
p!u<gfa~pouf~~eaX$C
? ies hommes, que de ~oir i~omtRe de Men

aux prifes avec la fortune, w ce Spec-
tacle (indigne, fans douie, des ~eu!t.ma!tre<
ds la fortune) aA fait pour MtéFeNef & tou-
cher vivement ïes mortels qui itoateux même<
en butte aux coups du ~ort.
Ce~ à la grandeur d'ame ou à la f~e
qu'eA due pattcnce, çet<e quaMté que tanf
de hra~ preteadu~ tegardeni cotante une
tMtqu~ <~ pcMe~è de i~cbcte. H e& im-
pOjKMt pour les hom<OM de <oftit&or teut<
aa:«, d~ prép~er d avance Rtppot-
~r tant de m~u~ do~t e~ M~: mo-
ment aitHégée. Que deviendroit la ~bdété, fi
ceax ~a eo~po~nt ne pou~oieet cea~eo-
t~ à & <<p!~ef ie< up< te~ MtBM ? La.patwace
e~ d~c Hae ~erM 6~e eHe noa~ met ea
éta: de &~tcjMf !e< d~meee de, !< fortune9
)e$4~
ma~euM
!es ia&r~~ 4e< ho<nnM<,
de, la ~e. fLwM de p~M oécef&ifa
daM les v~ci~tudes cOtntiaueHe< au<qu<Me~
c~o~ husss~es ~cn:
pttt
~e<, que d'etM
~Mte~ ~ec fermeté. C'e~, dit
~a~~f~, ~f<~ n< peM~e<f
~wwt J&w< ~M~M~ de
$e ~c~r, Ctt etïet., à de< taou~
ve~e~s c~n~~e~ d*«t~ttBB€e tMtet dt
t<m~ o~~ ~M caMraMB, ce o'eA pa< <bo-
ïa~ ~), p<nae, c'eâ~ ~e<toMb!et fans ce~e,
c'e$~~<M~e? à MM <meot de< phte~qM~
te, ~~?0~ guéMB. L~mme MBpatie~t
e~ Q~aMw~Bem daM Société qui tu~
~a~~ ~~ej9&WM«eot de< caM~s de <foubi<

d&
& 4~ ~aM~M~ ~ua~e~r. Celui qui e~ pM
€)& Ma ~MMnn<e &)iMe, dont te
btea étfe dépead de <~CM~M< ve)M te tOMf-
!ne~.
La patience eft la mere d<* t'!ndu!gence~t,
C nécetfaire~ comme nous te vev~M ~tMét~
dans toutes les ponuons de la vie. Une <btte
vanttc pcrtbade à quelques gen~ <H y va de
!eurgto)re de ne rien endurer ;miai<Texpé-
rkncc journaUeM n~~n'K~tMMB que !'homnn!e
doux &L patient intérp(!e tout le monde
q~'on. t-'efUme bien p!m qu~ M!ut <tm !<'M~
$<nyortM pw !a eo~e. H teM~t e~e~t!~d'a~'
<:o«~une< taicune~ bom~t<~<ner!'Ma"
Mueace, & ~bLMMtM~ i~ t~ce~B~, con~A
f~eU~ il e0ttoujpu<s ttMMAe <0)kef,
tt de la ~rewaip a~~ Mn~ t<<. a<b~~
do~< RCE(bnM B& peut (e 6atM~4'~M~.Muip<ww
excoup~.
Eo. ua' Mot, farce <? we ~tu<~ &~
~a~pui tiQHMn te&autM<; il ûtt~d~ht &<~
<M~ dam <M mon<de oM~pM~; d<M! ~~HM~
!achc< C<: pu~tanimes ne font que cha~~
~aa$ cbam~ dt la H~ San~ u~ ~M~ce
t~n~eu& n~. tM~M-~t p~M~
$A< !< eo~ag~ d~aa~o~tf w~;t~%e~ aè
U<!

trouve communément que des ennemi impta'.


cab!c< dan< ceux qu! devro!ent Ï~mnef ?
~MdM pow ~Mtée.
C H P ï T Ii X~ V.
D< L: y~~c~
SoeRATZ dt&~ ~wê~
q~ Ïa veMM&
~OM'm mêaM'e&~e (~y)'.
Ea e&t'yC~
v~é,. CM~aM; MMt p'~mv~ aw
J< ~)~ MW ~~MMB~e
'~a~êe' M~~
6? e~
~'Mw:
MM
jB~<x; g e~
<? fo~t
é~ tec&~M~w ée
t'ê~< M~MMMM*. ? &<M~ Q<M aM~a~
Me< asfo~eat d& p~€M ia v~<M~ Mt a<0~F
~M. veMW ~eia~t. M<Mitâ ta. ~ê~OM.,
t~M ~~o~ioa habtMeï~ à HMMMM<w MMt
taaMM~ c~M. ?. B<e~6~ tea~-
mHM<
<EMM- WMtW, )!OM~ eWMW$~
~waSM~BM
~<MMaM"
~i<é<tM~)~~ p~
<? M~ pa&w ~eM

~j j~ T~Me~ e~éanc Motfe~ te< MtimM <!? M~


~~HMtB~<<.<!<*<~ it' vé:t~& da nMw<ib~JM~
~f; ;M~' jM.ea~ ttre ~M <MMt~ ~u< ~Mit. S~w~m<
j)jM)~. ~)~<atMMM t~ <~ ~MM~
'M'<W~.<~ f~y M~Mt~AM~,
~tite
~~<Mt<
~&t<MH~~
<C~~o<M. « L~.
vMea. ? p!tN< M~ ~e~$<!<,
cous oblige de coatnbHef au mea-êtfe ne
nos ~enabLabtes objet que nous oe pottwof!~
Mnapuf qu'ea les a~~30t de p<M coaM~,
d<: nos expéMenees, de nos ~mtMM. Tmn
homme ~bciabte doit la véncé à fes a~ciét~
par la même rattoo qu'ït teuf d~t <M ËK:eMty
a6a d'acquérir le droit de cotnptM
jk~rs.
Celui q~t Moa~pe fe~eMMe à c<~
tépaodcnt de ta tau~e moa~e dwaw t< p~-
M4€ €<tM ~n re~tte d< comn~m~~
jfembtaMM des vérités uttïe& à te~f b~ctM!
peut être coa-tparé à l'aware qui B~ fait p~t
de ~bn tréfbr à persane. Ld ~omme< ?'!?'
méat ta venté ~ue parce <~t'e!!e teM e& u~;
ilscèdent
i~ tof~
L'aimer "I~ la croient,
cefrentdederai~ef e~teM cow-coa,-
<Mtfe à tea~ Mtéfên. M~ now é~caMN~
vieaaeBt p'a~r t'opdMSKM de ce <~ <MM« at«a-'
c~Mts ~~e d'tAtiHcé a de< ch~a swS~~
&. e:a~e- Ft~e' de' veMé~ à ce' ~ae- a'ott~ aRMHM'
MM~t et~ ~t~. ~c ~~ê .MM
~Ma~M~ ~e~' a~pMW~' @f ~Bt <? t~~
~eaM"at et ee~&am'a~e'ot M~ à Mn~êtSM~'
St ce- ŒHA B~ M~e ~~e' d~~
~Mtt'. p~"
~M.
~$ véft~~
~M e<~<
~!< !'o-a.
co~tf~KM
n~~nM' ~M~
pfé~t~t
p<t-
M~' n~Ms ee~ vérités n'en &MM paM. m~~$
pu'i~e~ ~$. p~M ~MH~ew ea~
~a~é$' HiMnoft~ &M à ~<w opt<M~$
~a~e~, à <~s pré}Mgé< dan~cMHK dcmt elle.
font les v~t~e~. Q~kows~e eû$ <?< à RoM<
qu'~a pet!pte' cowquétaot n'eê ~Mte mM~e-'
M~~
~r! ééte&ab~ tôt p~t p~M M$
&~ le ~a< aa~!«$0!!c o'~< pm aNo-*
<~é <tc powf comn'Mp H~ pert~tbaMe~f <b<
j~po~puMk, c<MntMc Mw tRBem! ~e h pattM~
Cependant, aux yeux de tout homnM~w~
M~aw, ce cko~wa co~vage~ atoro« paM
~gt, ttèt'am~ <~ paHt, ttèt-a~t <ha ~peMW
<
~t'fnato', tfè~ a~M~~te~ ~'OMM~t )MêHM<qMt'H eft
ehe~~é é~fomp~ de !< ptéj~Ét m~tM
at bat~afew, a«K~M~ tb & ~ct~otMM Mot
hn ~mr~
t ma~3M d~ AawyeMwety MgBét 4~
M
~~$ n<Mt~e$<« <~ pto~MM
MM<M<é' wMMtim
px~~ <~ HMMf~~ ~Mt <w
<paw~t .~awa~
awo~Mt
y At~Mé~e.at, âM~
Bw
eow~<~M:~ <~ $~$Me tt~p~' ~:w.
ï~' CfMM~Q!~ ~MTM~ tiMM <~ b@Wy ~h- <a~
p~~ ? ~a~MM~ ~KeHf é~e~ ? M.
WM~a p~ d~ e~M~ gAR~tHW pOWt
aw~t~ paM~ <?? pé~~ a~~tM~ e~ tyo<
ewpw~~ .W~ ~yett<s co~.wa~Ht. <t~
donc é~ ce<tpaMe, ?, tMépM&et une ~MM~
~~t~êt-a-MX~MMé tMt~~ew o~ wM<é
~M~p<M~~y axa~ <tée~)& aa &~ é<. es~~
~-esM~M~M~?'
~w~
~cow~
c~
h~Mtt~
mM
Nae wto ta~
o~«< t<éM06t«w~
leur bonheur, à ~uf con<e~ano~ à leur
fehctté pet!~an€Me, cette d'êtte on!e,
& devient m~nae u~ mat, q~ttd elle
a~t~e ~MS pF~fM, ou qu'eUe mah à te~M t~
ïéfêta f~ets. }'a~oac~ b~u~omeat à Nae
mere M~f<, ~(tbte, aceabMe par~m~
ïadM, que ~a eofaM ehé~~ eh en daM~ d~
tBOUM, taa<)M qu'eUe eft dans t~po~bMné
<~ ~auv$f hM <tM UB< vé~tA
!nuti!< MM~bte~ ~h~ea~&wtMM~e~ 9
je hM porte le coHp de. la mort<. St MO tyM~
envote de~ a~~M p~Mf é~ovgwf Ma MM ~<~
nMtM, ~-ye obt~é de tew <Mcw~
cet ami <'e~ fefuaté chez tK~n ~)t,~M'~
doMe; je me fend~ot~ cn~ta~ e~ ~teo~
virant la véfMé à des hofHNM~ a<~M pM<Mw<
pMtr rendre tM nnotâM~ <~ !~e<MK~ d~
~bctété. Je ne <~M bvéMtè~~to~~M~
<ê Mtte; e!~ MH~M iaHt~ aM me-
c~aRt~.
dMtC à b ~Méta<w~ M:<~ à
joêtce
(ye&
at~M ~~a~ww w~
ftt~ faut <titw, M~~ ~M &M MMf~
o~ di~motet vèrtt~ <waMNMt w!ttt, <~
celtes qMt ~c <a~~ o~ ~3<tg<~M~.T~w
véfMè qui ~d ~tdemm<M au M~
~dété, M< peut $M< cachée <~H$ i,
toute vérité q<tt, <~pK~$ pow ~N~ eft
peut n~fe a qo~tquM-tMM de &< meMbif~~
H~ véf~ CH~
La vérité dans la conduite fe nomme ~ro~-
tu~, bonne ~x, ~r~ne~t/<' naïveté, <<ïnJ<uf,
~[~dansTouies ces difpofitions font deHra-
l'homme droit
Mes vie
!a ~bciate peut
prétendre à l'e~ime &L à la confiance de tout
ceux qui ont des rapports avec lui. Les four-
bes les plus décidés defirent de trouver dans
les autres les qualités dont ils font eux-mêmes
dépourvus. Voutoir conno~re les hoMmet,1,
c'ett de~rer de ravoir leurs di~poutioM vérita-
Mes; ceux qui montrent de la candeur, de la
fimplicité, ou qui ont, comme on dit, <a:Mr
fur ~i ~yrM, font des êtres précieux dans !e
commerce de la vie. Nous craignons tour
homme <bmbre & caché, parce que nous
ignorons les moyens de traiter avec ïui, nous
aimons un caractère ouvert, & couvent, eo
faveur de fa franchife nous fermons les yeux
sur ~e< défauts. La bonne foi la véracité
~bnt fi rares, parce que, dès la plus tendre
enfance, on s'accoutume au men&nge, à la
diMtmutation, la Tau<!eté; enfuite les vices
& les mauvais di<pOMtion< du cccur f<m-
M<Mt forcer tes hommes a ne fe montrer que
B~at<<p!<és Il n'y
a que l'homme de bien qm
~Mpatà craindre de Ce montrer à virage dé-
cottv~M~ C~m, dit le Sage, qui ~n~ <M'e~
~~jMc~, <K<tf~ <tfM confiance.
C II A P ïTRB X V.
D< f<<
L A
wtu doit être agiuaote !e< vef«~
cootemplauves font ioutues à ia~bcté~ t~t~'
qu'eiïe n'en peut pas K~ntif ~t $~eM* Oe
raveu de tous Ie< morales l'oMweté !a
pateNe font des d!<po~tion< <nepM~aMM
qut conduifent tnfa<Mib!emeMauvîc~;r!)at~-
têt de ta ~bctéte demande que chacun de ~<
membfea contribue ~on ~bn pouvo~t à la
pro~pe~té du corpsM ~biefQK dop<: <~a
auro!t dû faife uae vertu de M<y~, d< t~
cupattoo, de tl'amour
cupation, cra,¥Iii, da~t,il.
amour du trawa! "1,
!<M)M$t

on peut ttouwM te moyen te p!u< }a~


ptu< honoête de <uM~ef, ou du a~oia$ <t$
~bu&MMe à rennu~ cettstp~oyaMe $yjtam
<ou< te< de&BuvfCt.
Ceta po~, oou~ 4~KM~ yaê~~ wa~
d~Rttoa iMbttueHe eo~ftbHe~, ad~
ttayati, au Mea de ia 6M:~é. S~a~
pare Mè$-ju~enteat ta &cM A ua~ wc~«~
Soutenue par !a pfenton fédpfoque d~p~e~
qui ïa composât (34). Chaque cofp~ chacun

(}~) ~M~~ W~~ <<~Mh<~ ~fW«'~«W< ~MtM~~tOK


< <j~ M~M, M~Mf<W ~<~W< t<W ~~&.
ordre de citoyens, chaque famille cha~Mt
iadividu dok, à <a mantefe, tootfïbuef au
~bm;en de !'eà(e~Më, <?, péM <mvfe
€0n!patai~)a de Séneque, il de doh point y
avoi~ de pîetre< déMehéet le lég~atenr e<t
la clef d~~née à ie< coatennr chacune dM<
~t p~e. Le ~et~ d~h ve~~t &
<MRMh~ ~M fa~ p<~ ~e~é~
~e< )et t~t~att dosent ~c<~per a
~~vef <e< ~MK, te< gfao<b & !e< ~~aa~
dotv~M ~<en~ têt <biMe~, !è< ttehet M~
~t~
~t
~eat a~ef §et

~e<K
ta ~c!ê<é, !t 6~t
t~a~et teM~
c~M~e~ é~t
tta~Mt- d~-
<Mdat dt~ad~ ~M
~Mt~f.
~~medé~ut~M~tf
~c~, MM~t
t~e~) ?<)? ~t~a~W w<M t~~
<a ~a~< à ~~M~ <m t~
neoM, aux d!<Ho&toa< c~ <t~M~e~ $t
Mt ~t~~a Cernée !a ~aMta ~< ~fer
~~Mt ~Mà «~tnte~ ~MM pa~
i~
<
~wtt$f< ? ~t~~ata~ce~aMe~~ WtM &
~e&Mc~
<a~Ht<e~M~
a~ ~e~ «rt aacWMe<.

i' t––~ r r < t


!<,?. t, t!Kt.
t<
t~. M <tM <t ft~ f~M ~M $<M< 4ttM ~K
Cet fB~emejM natuieMM peaveat faire woh*
€t que nous dcvoM pen&r dt ce< mo~K~t
tacooMérés, qui coo&iMent A des étfM ~bcia*
~!e< de <e rendre ~avatge< d< & détaettet <hc
ia <baété, de ~'occuper uotquMNMMM d'e~E~
m&<ne<, <aM ptreadfe tmcune ~Mt à i'iaté~t
~aéfai. Uae Morale ~m ~n&e &<tNade~f
é out citoyen de coMftbMef) ~~Mtt ~M ~M~
~< à i'uc~é pMbMqoe. Uae &~e poM«qMe
~o~ tppeMef t<M! i« €i«~e6< aM testée de
a'etat, oc~~dée par ~~e, eMe dew<M<
ae préfeMf à tout te~ aetret qM<s oecat q~
~H&mgMMt p<r ~e~f a~Vtté t icut~ Mt!eat!t <tt
~btonr tnétite pt~oaM~
BMM wae teoe<é iwSt S: Me~ eca~iMée
ae doit être pe~mî< à pet~mae de t'~ietr
~a de wre iam~te ce n~ ~ae dhM <<ae
<~e con~npue, ~Me f<Ma!Me de Mee~
doMé par !'h<!«Mce~ eâ
êB~ de &
<BetM~ eB i~~Béme. Towee att~M &Matt~
<
A !< t!Me pMM écê <~«<p<wée é <M«
we&M éen~ ie p)Md< ~e & €te~ d~tt
~M<e< ht p~Hw< ~eêt dt~MBte~ DMM <Ét
édtêee Mtat<m ~'oa Ae <MM~ atd~ MeMea~
œd ea&ntMe in cotp< <<H« eoeen<M des
cefpt)ch~cua ce vt que poot &M, <e< <a~
toyeM <e di~peWeat, tt n'e& pt<N d'e~fM pu-
Mtc, MBe pfofMde iodiâ&reoM empare de
Mat te< coB«K te &ge, eb~é de <*€Mre~<tp~er
~M&t ~u NMateamphtio~tuque~â~édtMt
a jouit, dans le cercle étroit de (es pareilsdu
bien-être qu'il chercheroit vainement au dehors.
L'ambition e& une pa~Hon louable oobie
Zt ~uAe quand eUe eft excitée par l'idée de
la confidération attachée aux (ervices que
Foa peut Madré à <ba pays; cette pa~Eoo e<t:
iégitinM, quand elle e& acco~pagaée de la
~oionté &C de la capacité de faire un grand
a<Mnbre d heures mais elle eâ trèt coo-
damnable quand elle ne <e propo~ q!!e rexe~
cice d'un pouvoir iaj~âC) elle eft ba~e, quand
eUe ne veut exercer <ba empire que <aT des
matheureux, ou pro6terd€<<tébt4<dNBtatt-
frage de la pai~e. Le dé~apuvremeBt, <'ittac-
ttoa, la retraite ~bat des de'oirs pour l'homme
honnête, toutes t« fois qu'il fe voit dans i'Mn-
~o(Rbitité de faire iebien; rac~ivité n'e&une wep-
t~qae toWqu'eUe contribue à t'uttiité générate.
En réRécBMÏaat à ces pnactpe<~<M! pourra
facilement découvrit têt caufes de la plupart
des dé<brdre< ~ue i'on ~)M résner dao< 1 les
ibciété<. Par une fuite néceaaire de i'in~ice
des politiques qtM ne & propo&nt que leurs
wti< «MérêM, t'ae~Mé de tous ceux qui partis
<~eat au pouvoir, a*a pour objet que tear
~!Méfét per~banet ta vertu &C iei talents>
exciut des places font forcés de languir
daM l'iu&ion. La Société Ce remplit de
méchaaH qui oe ~ot a&i~ que pour lui
faire du BM~ ou de défoeuvréty perpéiue!!e~
ment
ment occupés à tromper leurs ennuis ~it
par des amufements frivoles jfbit par des
vices honteux. C'eit ainfi que !e mie! eu con-
tinueUemenî dévoré par des freïons mal fai-
sants très-peu di(poj[es à contribuer au biea
d'une ~fbciété pour laquelle ils n'ont aocan at-
tachement.
Exciter au travail les citoyens,sp les e<n"
ployer rivant iems taieojt~ s !e< empêcha
détre oints, ou de protucr~ iaas rien ~HM,
des travaux de la Société, devroit ftre i'ob-
jet des foins continuels d*uae <age po!itique.
Tout homme qui travaille e~ oa citoyen
e~imabte tout homme qui vit dans l'inac-
tion eft un membre inudie, ~tM fes vicea
ne tarderont point à rendre incommode
pour ~es affociés. n faut avoir Mavatt!é pour
être en droit de goûter tes douceuft du fe-
pos le repos continuel eft de touj! iet étBM
le plus fatigant pour t'homme (3$ ). LTaac-
tion rend re~prit maiade~ de même ~u~
le défaut d'exercice temp~t corp< dTaRt~
mitét (36).
III:
()t) Un ~Mad~eigMtMT diMt Mt)<Mt~~tt<eM<
de foa fermier <)w'<~ /<nnMy<M~ le
«M~ï CeMMef
ttn répondit, c'~ ~«'</ ~<t~f< ~M~MM~ ~Mff <MW~
~)~) « L'ina~Lon, dit t'Mtear du HvM fat ttmot~
» <lé~ cité, t<t Mac ~fte de Mthtf~M ezatMBCBt pet-

AAT. !$.
aicie~ à t'Mae & <M corps. PAM.Yt, CMAt~M,
CHAPITRE XV L
De JotM:<Hf <<<fia~M~ea~, J< tcM-
FWM<, <<< L: <~0wnp~«~!tttc<, J< po~<1,
CM
~M ~M~t~J a~r~MM ~fM yM ~<M:M~.
J~Bt
venu: ~odaÏM qtM vieooenï d'être
examhaéet, û décante des qualité: propres à
Bous feodfe chers ceux ~m les poitedent, Se
doat t'atMeoce devieM couvent tfèt-faHMe à
~harmonte ~ociaie & à !a douceor de !a vie.
Ces qu~M~s &Bt vraiment mUea à h (bciété~
pu~u'eUet tendeM à fappfocher <e< mem-
bîet &M etM des vertut, elles en dérivent;
tmtes coNanse eMes, <e &adent fur la juC-
ttce qu4 aous appMod que août devoM nous
MBdre a<atable<, aou< vontoM acquéw
te éK~t d'êtfe aMme<. Ua êtfe vraimes <b-
~aMe doit pour <<m mtéfét, po~eder M
acquétir di~oâdoot ptopfM à !m conc!-
ï~f rattachement de ceux dont les ~MMMnM
Mutables coMriïmen: a fa ieïtCMé. Tout
JbQ<MM qm a'atOM vemabien~M d~t de&ref
de w~r ce ~admeat 6 oatufei partagé paf
tea tatMt. L'homme ïe ph~ vain, Ïe p!u<
~é~a~tueux, e~a~é ÏOf~u~! voit pftvé
de~ ~M~~tde ceux mêtnet q~'U paroît mé-
pn~r.
L'indulgence & la douceur tontaet ~t~*
étions très n~ceHaires dans la vie ~ociaie qu~
nous font fupporter les défaut: Be
tes ïbibte~
fes des autres e! <e fondent <ur i'~uité~
qui nous fait fentir que, peur obtenir ~ac~
pour les défauts ou foibîeCes
auxquels noot
fbmmes fujets, nous devons pardonner &~
foutfrir les infirmités que nous voyons <tan~
ceux avec qui nous vivons. L*!cdM!gepce
e~
le fruit d'une patience raifonnée, d'âne grande
habitude de nous vaincre nous-tnênae<,deré"-
n<ter à la colere qui trop fouvent nous ~utev~
contre les personnes ou les cho~s dont no'ua(
hommes choqués.
Cette ditpontion eft vinb!emente~ao~ed~
rhumanite vertu qui, comme on a vu. Bout
fait aimer les hommes tels quitt <bBt. L~
compaition nous fait ptaiodre !ea méc~a0t$
mêmes, parce que tout nous mpOMB ~u*M$
~bnt les premières victimes de leurs MM çr~
m!ne!!es.
La douceur & r<ndu!genc$ vérhaMw~ sw
~s fruits rares de la réflexion, <!e ï'~p~
rience de la rai~bn OR peut les r~f*
der, dans les hommes Vtfs & &aSMe~
ïe plus grand eSbrt de la M~P hM-
comme
maine. Ces difpofitions ne te ttouv~st t~u.
relles que dans un petit nombre d'amët <<MtM
Ct tendres à la fois, dont la naMre a pf!<
~bin de tempérer tes pâmons. Les imagÏaa- sin
tioas vives, les e~prks impétueux trouvent
dans leur cempérament des obftacles invinci-
ble! à l'indulgence. La douceur a des droits
fur tous les coeurs les hommes les plus em-
portés Lti rendent hommage, Se Ce laiilenc
désarmer par elle.
Plus l'homme e& éclairé, & plus il ~ent le
.befain d'indulgence (37). Rien de moins in-
dulgeac que les ignorants 8t les (bts. Le
graad. hcnsxne devroii être !ro? ~bft pou?
être ble~ par des minuties indignes de l'oc'
cuper iï ns s'apperçoic
prévue po~t d~~
ridicules ou des défauts fi 6appants po~
tnalignicé vulgaire. Les igao~nts ~cat p~
vés
ves d'indulgenee,
lnuu,g.e,r.ce parce
pafee qu'Us
~f~'1_t_i s'oac
El one iam~
1'ai~Î~:$
Maéchi à la fra~licé humame, les ~M mao~
<ment d'indulgenee,J p?rce que
les <bni&i
~es atMfes, &C ~f-MUt.des gens d'esprit,
~aïMent dégrader ceux-ci ac rapprocher
des ~ts. n faut écre né MMe ~~x
il faut avoir de rhu~amté;i it faut ~étt~

f<y) ~'m~genee, <Hc 'enphHo~bphec~iBb~t, e<t


t~M~qM
~æjUft,
a* uae
ia hj~ann~
foilMe de
JlIt ht fatMe ett eo àdrott
plus propr~ porcct
nousd'eng!:c
*'<~ b &s'~ OT, fiea de plus propre t no~* portce
? ~Mt~J~ee. à ~unae nos yem a la hfnoe, les
ouv~CtUt principes é'nae morale h~m~ne & dottee,
<*
~~t!h MO'MM~Mce pto~oade dM M6.ir humata .m~
hoMMnM les pius ~cht~f onf-Hs prenne eo~ouM
têt Htdtttgpats. ~<x ~<' M L'RtSOij.ï' t
<<t~< P~. 3~.
habitué fe~roéMMce'. à
mod~ératïon. àa Jt~ fpntpéfaMce'y
la mod~ératïon,
habitué à !a
Ï'eqmré, pour avoir ou pouf aeqjaé~f cette
iodutgencc ii necetfaiTe &L rare éaa~ M vie
ib€ia!e.
L'indulgence que nous avons pouy les. opc-
Biona &C tes erreufa des hon'tmM, <~ appd~
Me tolérance. Po~r peu ~ue F<M ca~~Mt
rcxpefience, ïa rat<ot!, l'équité, MMMmt'&'ét
on feconnoïtmit que rien a'e~ p~w néed~M~
~e cette ~lipo~ttoft que fM~ R~ & ~f
p!s~ cyrannicpe 86 pitM m~N~, qoe ée ~B'
ouccurmenief noa ~mMa~!e~ p~tec
ne peiï~ent pas co~me aos~. Ley ~OMM~~
~MM-ita do~c tea RS~~M d'a'wowy <Mt <~ H<'
poMt avoir lei- opicMat~ ~Q~ ow< é~
cutqu~M dè~t Ifen~Mee, & ~'ea ~nr < ~e'
~ga-ydef eomfH~ e~Ntie~'t a' ~'CK' &aw&<~y î
Bâ'~ taoms ~a~)~o~ êc ée«~' aa
~H~nae pouf' ef~sM., ~M'e p~w' <t~<' paw
aé mén!!e? pstt«~, pow ~<BM~ paw M~~
fNêm~ poiw N'iBM~' '~M' ap~
t!têtïM ~<M~~ ~W <??<' ? ~t
<tpM0M~
VM~ S~ ~M~ ~<M ~MMtM- C~NMC-
tees d"e~ fage' p~ Ma~M~ &' <<~emea<
M~ti~ees. avee €)sM '~a~ ~Ë
<'? 6o~<m?NetN!eB'e t~'o~ <i~ ~RM~-
~f M a~p'$u~ j~e et; &aw'

( ~yMoa<atgH~ dM'<we' g~m<~ Mï~Mt. “ f' ? <w an


j~MMHW mM~ éM* e~iaMtM ~Mi~<Hf tMMt ~)~
qu'un Farce qu'il & trompe que de le haï)r
pour tt'avotf pas d'au~ bons yeux, autant de
dexeéme, autant d'c~ptit que nous. Les et-
ï'euMdgs hommes, jfbf des objets quHs )u-
g)Bo< trts-impo~taats pour eux, font toujours
iavo~Mtaures i!s M ~bnt opintâtres dast
~aM tdees q~e parce qu~ts croieM très-
data~Max d'en change)'; voato!f les leur a~
~achef, c'~ vouï~tf qu'Us fenoncent à Jeuf
ttoaiMUf par con~ïaMaace pouf nous. Tout
iMMtme qui, fe MouvMt te plus fort, ËMt
VMÏeace à tïa tM~e ~Mr M faire adopter
jes propres opM~s, met évîdemn~eM cet
mMre ea dfo<t de !e ~M~met ~n tow ~o~
~M'~ fera ie plus &Mft. Le Xtahomé~s, qM
wyaMt la ~bfce de ~M! co<é, & CMtt en droit
tou~ateetef Ïe bf~mae, pa~d o~ te
~we<M~ donae éwMemmeww à coa~d !e dKMt
<te t< owaMMMe~ ~aa~ ea a~o~E ïe pM~
wo~
~a
E< f!ea de plus M~~e, de pîu$
MMK.,
M~MMa~t, de phM ex~avaga~t, de coa* p~
m~ j'émaf
,poi,1s:
poib, pa.
CM x~MH);
t~~tWt~.M
t«tt pfn .¡"If-
~i<Mt. Ü1Ir aaivM-
< M~~<Kt!î~, <'e~
Va~M; MtAM )HV. Ïï CM. )t~ tA MN BU CKA~Dr~t.
1~ ~QtS~MC S~C < f~.M<W MOMK~ ~MM ~t Jb<'«t<M<~
~~W <MXMX)))m~W!~ Wj~ 'wMy*)H)t ~)~ ~<W ttKM0
y~ 0)W ~t~XOM ~.& ~W~ ~00~ W'H ~<
~)~
traire au repos de la ~cieté, cpM! de htï'
de persécuter fes ~embtab!e< pour d<$ opi-
nions. Mais, dira ton, ce$opt~t~a<~t
dangereuies, ne faut-il pas les éto~~et? L<~
opinions ne font daogeren&t q<M bf~a'o~
veut les faire adopter par force à d'MMte$y !e
crime e~ toujours du côté de celui ~M te ~e*
mier empioie la violence. Q~tCOtM~ we«t
tyran~ifer, mériE@ qu'on lui opp<9~< la ~My
& n'a pas droit de Ce ptstadre qoaad ow
&rt des mêmes arme~ cosire ~M. De< :tg~
~eurs injures peuvent être jaâen~e~ p<HM< CM
tepou~. On nous dira, petM êMe, <~ ee~
qui a des opinioot vratet, e~ <a <~o~ <~H~M
de la force pouf ra~eaef à la vérité «<M~i
en <bnt écarta. MaM y €? ma~M ~<~
Moa<, chacun tieM a~tfé d'aHW~ ~tt<é
p<Mf M; 8t d'ap~t cwMe p~M)~e~
i oa e& a~M~ à c~MMMé~ ow ~Sew-
tet Ïei asMe$, il e& evtdMM ~M MW
pe~< de la tetM y do<M ctNt<MM< M~ ~Mtf
e~~aveaMat d< ~~é~ &KMM aMMM~
t'e~eyaMaet ~a$ auMWt pe~f ~a~
~êm~ dhe~ ~& r<~ VMt ~M F~ B'e&
~< propre à rendre te* h~aMS~aM~,
~ne le dé~t d'mé~eBCe eo MM~Mf~ d~p~
BtOM. Si qaeï~u'na mé~OtC d'êM$ p~ê ~$
de thna<aeitéy ce &~ ~M<aMMM
ee~ <~ voadtOM: ~oe i'oa é~jj~
pMjé M<M «<Bt ~m Be pe&~MO~atp~ ~<M<f
0~
~4
L'homme en Société devant., pour ~bn pro-
pre intérêt, chercher à fe rendre agreabte,
ïa «~pfa~n~ honnête doit être regardée
comme une quitté touabte. On peut !a d~ri-
cir, une difpofition habitueHe de ~e confor-
mer aux vo!ontés jufte'! <k aux goûts raifbnna"
b!e< des être~ avec qui nous vivons. Quicon-
~oe refuse de ~e prêter aux de~r< & aux ptaî-
MM ~gttime< des autre<, montre de ta pré-
~M~tMMt, annonce une humeur peu ~ociaMe,
$c perd !e droit d'exiger ta complairance de
<e< af!bcie<. La compîai<ance eË UK des HeM
te< plus doux de ïa vie eHe ~uppo~e ïa <t<M~
ceor du caratlere, une ractMté, une r!extb!tité
propres à nous faire aimer. On ne doit pas ta
c<~tt<bndre avec une tâche condescendance
pour !e< v!ce<, n! a~ec une ba<ïe «atterre
AMtf !*en%t e~ de no<!frtf !e< dKpc6tt«n< t«
phM cr<m~eHe<. Les borner de ta cottïp~-
~ace aîn<! que ceMe< de toutes !e< aufret
qMa!~é< Sbc!a!e<, <bnt év~emment <txéet par
yéqtMté, qui défend de <e conformer a de<
goûf~ tiCMttx & perven. La comptatfance
Mettent c<mpabte quand eMe nuit, <bit à cetîx
qui <K!tM ta ~~ntron~, <btt à !a ~bcieté; ette
a'e~ pouf !or< qu'UM ba~e~e digne de tous
<tc$ <Me~r~
L~ c~~p~at&nce Jn~e, humaine, ~oc~bte
e~ !'<?? de ta vie eMe re~erre tea Men< de
t'MM~ c~B~~aie~ e~te eMMet~nt î'anMtïe~
e 1,
elle nous habitue à contenter tout te<
avec te~queb nous avont des rappoft~ iM
ét
complaifance retenue dans <e< ~e< tïtn!-
t@s, nous rend ehers à tout le mottde; mais
Jor~ueUe e~ exceffive, elle nous ~tt Mté-
prt~er de ceux même! à qui c<KM ta t~nCt-
~nons. Etie doit être foodée ~r ta bonté,i,
~f la philanthropie, &r un de<îf de p!a!fe
par des moyens equttaMet ette dégoMe Ce
nous av)!it, dea qu'e!te ne & propose qu'ttft
Kïtérêt fordtde. La compbt~aoce do count"
<an, du parante, du ~atteof, nindtque que
la batïe~Ïc de leurs amet, te$ fend mép~'
<ab!e< àceux même< qotje fepat~at de leur
encens. Le véft<ab!e an~ e<t<me ceht qc*
atme, ~e lui demaode que de< eho<et ht-
capaMes de te dégradef; eo ex~e~Ht <Kte
contpïat~aace tache, raot! ~e~it wa wa<
tyfatt.
Toutes te< quattte$ <bcia!e< dont oo ~at
~epa~ef, ne peuvent t<~ <!<tcefe$ 00 Mde.
ment étaMtet, que ta b<~<$, ta doaeeM
de cafa~eve don pfe€te<M de ta Matwe que
yoo M fencoRtre guete da~ te$ ame< <aapé<
tueu~t, dans les e~pMM &ao<aM~, da~ !e<
pef~onne~ pftvée~ d'éducatioo et de Mge
do nrt~nde t'homme du peuple n'a p<MMap<
ptM à <e va~fe. Cependact ta Mo~ate ~uf<
ett à ceux qui voodfont ta co~tîef, det mo*
<~p<~f combaufe te< tmput6<M< de t'~gaeti
~C d'ua tempérament trop ifatcibte elle now
~BppeUe à t'équMé eUe nous montre que te~
étfet dépourvus de douceur, d'indulgence
decompîai~ance~rcvottent tout le Monde,
& ~uf-tout les peftbnne< Ïe< plus cmpoftéei
eUe nous prouve que la douceur, au contrai-
fe, vient à bout: de la vtoteMe, &L j'éu<K<
bien plus ~rement que la force ou la fu<e~
Rn rentrant auvent en lui mêtne, tout
homme faifbnnab!e peut pafventr à 1,domp-
ter (on eara~efe, & à doMef à Ca coo~
duite le <oa oécetïaM'e pour pÏa<re à la
cieté. L'exemple de< coun~am M aoua
prouve t. U pa< à quel point le caraRefe peut
ê~e modifié L'on von à ia COM tes ho<N)ae~
)e< p<u< fiers, les plus cotefet, !et ptM vaiM,
~uppofMf avec patience ie~ a~on« iet ptu$
etneh, & o'oppo<<M qu'un ~teoc~ M~c~ueux
di&ouM
MX iet plus o~en~aoM de teuM rna~-
ifC~
L'homme Mabie e~ &it pour ~b<<tv<f,
~our <e fepf~ef, pour tfavaiMe)!' fur tuA-
~enM y tof~M la MtUM M tut a p0to< ac-
~efd~ les di(po<n<oa< &ece<ta<m pouf re<~
~e agfeabte. Som peine d'être puni' par t'a-
vet~oo de tout ceux qui t'eatoweat, un etfe
jM~epMbte de fa~bo & de ~<ïexioo, e&
pMtg~ de & MpHet Cur Ïu! même de juge~r
aeHoot, de <e coodamacr quand il a
<oft, de &coM<gej' de fes de~MM. Qa<c<MtqM
S ECTÏO N IL <C~ X~f. ~t~
refufe de réprimer
réDrimer Ces pa~tom Sc~bn humeur
tes pa~om iMinMM~
~ait néceuairement ~bu~rir les autres, 8t ne
peut guere <e flatter de s'attirer leur auïec-
tion.
Il e~ encore d'autres qualités qui contrt-
buent à rendre l'homme agreabte dM<
commerce de la vie telle eft <ur tout la po-
~<~T', que l'on peut deBnir l'habitude de
montrer aux perfonnes avec qui nous wivoo<
les (entiments & les égards que te doivent
yéciproquement des êtres réunit en <bctéte*
Te!!e e~ encore le tbin de <e contbrnMr aux
tegles de la décence. Ennn on doit met-
tre au nombre des di~pouuont faites pour
contribuer à Pagre ment de !a vie, !'e~t, t
l'enjouement, la gaieté, cooooi~Mcet
t
~oit utiles, (bit agréabtet tes ~cieocM !e
goût te< talents ~c. mais ootMoout p~~
tnettons d'entrer dans que~ues détaM< 6Mr ce$
~uatités, dans la ~une de cet ouvrage (~).
En géoérai, ta vie ~bcM~ Muge oae «*
<eation <uf Bûus-memes, Mn de&de t~~e
aux autres, une timidué Fai~aaaMe do~
nous faire écarter, de nos d!6:eurs Bc de BM
mM~e~es, t~Mt ce qui peut tad~po~er: <aNt
cette timidité touabte, la ~dété feroit ia-
commjde & tache u~e. Siîa ju~ice pre~t à

(~) Veyet j~tne, Moa M, dm~. VU.


là <<CMMk
tout homme de re~pcc~er fon femblable
Thumanité lui fait un devoir de ménager Ces
fbib!e~fes. Quiconque eH: trop altier pour
plier ion cara~ere, Se pour dompter <bn hu-
meur, doit vivre ~euï, Se fe montre peu fait
pour le commerce des hommes.
Tout homme qui veut vivre agréab!ement,
ne doit jamais perdre de vue (es anbciés. Sui-
vant un moralise moderne, ~rès fen~e, toure
!a vie de l'homme ne doit être qu'un <rtc~
ne;nent âattention fur le pr<r/<nt, de prévoyance
pour r~t~tr, retour fur le p~~ (40)'
Ainf!, comme nous allons le prouver, !e
méchant n'eft jamais qu'un imprudent, un
intente, un étourdi, qui, dans fon ivreHe ou
~a folie travaille continuellement à détruire
le bonheur qu'il croit trouver en commettant
le ma!. Nul homme ne te, <ufHt à !u! même;
nu! homme en Société ne peut ïe Mndrc heu-
reux aux dépens de tous les autres d'où il
<uit que, par la nature même des choses,
nul homme ne peut nuire à Ces <embïabie< t
faol fe nuire à lui-méme.

(~o) Voyez les ~<y~< <<< /~f~.


S ECTI ON TRO 1 SiEME.
Du mal ~no~f, ou des ~r~tM des w<~
des défauts des Aorn/n~.

CHAPITRE PREMIER.
Des crimes de f'M/Ïtce FAomMiJe JM
yof ~€ tfHaM~.

JL~'EXAMEN qui vient d'être fait det vertm


<bcia!es, ainfi que des qualités de~!fab!es qut
en font dénvées ou qui les accompagnent, nous
prouve que ce n'eft qu'en les pratiquant que
l'homme en Société peut obtenir t'aHeâton,
l'eftime, le bteo-etre vers lequel il ne ceOe deJ
~buptrer des <ntéret< ri évïdenM devroïent
être des motifs aHez pui~ïants pour détermi-
ner tout être ra!<bnnable fbit à cultiver !e<
difpontions heureuses qu'il a reçuet de la na-
ture, <bit a tâcher de les acquénf, & de <e
les rendre habituelles Ct familieres en vue det
récompenfes qu'il y voit attachées, <bit en6n
combattre, fépfimer, anéantir, t'H eR pof'
iible, les penchants dérég!és 9 les paient
dangereufes, les vices Sc tes débuts dont
l'enfet infaillible ~croit de le rendre odieux,
méprisable puni~abie, malheureux. Mon-
trons donc à tout homme, de !a façon la
plus claire qu'il a'ett point de vice qui ne
~bitjfevérement châtié, Se par la nature même
des choses, par !a ~bc~té & que toute
conduite, nuifible aux autfh t finit toujours
par retomber fur celui qui la tient. La p~nc
dit Platon, fuit tou;oMM yM<; Héfiode dit
qu'elle n<t~ avec lui. L'homme ceHe d'être
heureux dès qu'il devient coupable.
Si, comme on l'a tant prouvé, la vertu <?
l'habitude de contribuer au bien être de la
vie Sociale, le vice doit être dénni, l'habitude
de nuire au bonheur de la Société, dont
étant nous mêmes les membres, nous éprou-
vons la réaction néce<!aire. Si la vertu ~eu!e
mérite l'attec~ion, i'eftime, !a vénération des
hommes, le vice mérite leur haine, ieurmé*
pris, leurs châtiments. Si c'ed dans la vertu
&u!e que conft~e la vraie gtoire Ce t'honneuf
véritabte, le vice ne peut attirer que la honre
$C ngnominie. Si la bonne confcience, ou
t'e~ime méritée de ~bi, e~ un bien réjfervé &
IThnocence & à la vertu; la crainte, l'oppro-
bre, le remords, !e mépris de <bi doivent
être le partage du crime. Si t'homme vertueux
peut ~eut pau~r pour véritablement <age~a
raironnabie,
~at~nnat~!<* <TÏt!t~
éclairé le ~< ·

–A qu'ua
)c vicieux n'eft
aveugle, un infenfé un enfant dépourvu
d'expérience Ce de raifon, qui méconnoït tes
intérêts !es plus chers. Si l'homme qui prati-
que la vertu eft l'être vraiment Sociable, tout
nous montre que le méchant e~ un furieux
qui s'occupe à bri~r les liens de la Société,
qui démolit la maifon faite pour fui ~efv~
d'aryle. En~n, fi toutes les vertus font den-
vées de la ju~ice, tous les crimes, les vice*
& les défauts des hommes <unt des violations
plus ou moins marquées de l'équité, des droits
de l'homme, de ce que t'être diable fe doit
a iui-ménae Ce aux autres.
C'e~ être injure que de nuire a <es
ciés, parce que nul homme n'a le droit d$
a~
faire du mal à fes Semblables c'e~ <e nuiM
~bi.méme, que de s'actiter, par fa conduite,
le mépris ou le reCentiment de ia <odé~
qui, pour fa propre conservation e~ ~M~
gée de punir ceux qui Foutraient. L'o~
nomme cr~e~,yb~M, «MMt«t<, ietac~oM
qui troublent évidemMentta Mété. meuf-
tre, !'oppre<non, la violence j'adultère,~
vot font des crimes ou des violations
gra*
ves de la juftice, faites pour in<piref la
reur à tous les citoyens il n'e~ pas de B~ao-t
bre de la Société qui ne ~bit :ntérene
au cbâ~
dment de pareils excès, dont chacun peut
cramdfe d< devenir la vi~irne tout homme
r r
qui ~'y tive ~e déclare l'ennemi de tous par
ia même i! les avertit qu'il renonce à t'alïbcia"
tion, &. par conséquent à !a profe~ion &t au
bien être que h focieté no s'en: engage de lui
procurer que fous ta condition e~pre~
d'être ju~h de contribuer à (a tcikiM, ou dn
moins de n'y menre aucun ob~acie. Le mé-
chanr décharné rous te*! hommes contre lui,
it anéantie ~es propres droits, i! s'expo~ a~
jre~ntiment de ceux dont tt a bej[btn. pouf
licite.
Si chez les hommes !a vie eA jréputée )$
plus grand des biens, it n'en e~ pas que ta
6)ciéré toit plus iniere~e à dérend!'e i'ho~
micide etr donc tres')u~ement regarde comme
rattentaf te plus noir que !'on pui~ com~-
tnerrre. Cehu qui arrache !a vie à tbn ~m"
~tab!c, paroït dépourvu de ju~ice, d'humé
mfé, de piné 1 par con~quent e~i u~
mon~e eon~e lequel !a <beiécé do~ ~<M't!t~
€e!ut qui rue ~n bienfaiteur, à ces di~o~
tions u criminelles joint encore ~ingratitude
la pius atroce. Cetui qui fue &n père dbie
in~ifep une horreur parricutiete ii paroïe
jg!ivoir<buÏé aux piedsdes ~'mimonrs que t'ha"
Mtude devroit avoir idenut~és en !ui on ~up"
po& qu'après avoir franchi les ob~acie~y S€
M~ !as tient qui auroient dû t'empêcher d~
@SKïmenre un têt forfait, te parricide doic
s'St~ ~miMafiic avec te crime au poincdeaa
66 faiM ptus ~M'un jeu de t&
f <~
de< amwea
hOtB~CS.
e<
Les Grimes ea de mênM ~u< w~
eus, ~bnc ~)uv<Mf des e~N ch! ~J~~t~~
e'e~ peu à peu ~ue ies JtMHawea devteNOMW
Méchants ( t ). Le efnwe jpé~cht pa~e Mww
p<u~ oditeux que eetat q~~ ~eË q~ t~~ d~
~e~ï've~ceaee pca~gsm db c~et~ue pa~(M$ &t"
?10, qui a pu pfodwfe daw y~mwce HHW
~iie mon~ensafaée celui qui <t ectttMt~ tM<
<:fitMe de cette naa~teM de~eo~ un ~;ee d~
~Mie ua en<Ne un~ue N'aa~owM pa$ ??'
jt<OtMrit un Meue K~tet~Mt dép~we; <??!? tw
e~~w pfémédt~ Qw) ~s~é md~uw ua' Nata~
Mi eadurct dans ie nmi p~un* !a Mtét~w
M~- e~t ua' be'~n'~ ? qM dc~ e~ iMd~)t'
de cauM co~'pa.~n. Let ~aadw ~'a~ a~~
OMeem UH Mnapevanaeat ~d~pte~ sw<
J8mM' d~ <M! <!<? Me~ de~ <~<a~Mt~
o~e~ e~a@!aéaw ~&M~ wn~MM~
~Mwaw ~tt~MM~' @a~&~ .t~ e~tM~w~M"
~<~t ptM. !Mt!~e'~ d~' t<ew~
~~Wy. ~éMM~ ~N~~
C~MMMd~
~w aw~ été d~ ~uw ~ea'd~w~MR~y ~w
d~«, MaM beausoM~ MmtM od~uw ~mt

~)'<M'y.
~MHM!t.
J~$A~&~
4
TUMM~ éawt e~uamé ~t tow~M tM~-
<t fé~c~.
P~~ j~tM~fatax <wwat~<$a~ peu"
ws~ ?éM$? ~na €tM!~ ~e.e<~Wf &~ te<
<&@tM r'MMétêt ~<w MM~~ è t<
~~MtMttt~, éeha~~t MeW~MM«!$M MM~
gM~~Mt paf ~tCWtW< ~Mét ~MM ??
MV~tf,. V~~ ét'~é~ <tKt M~~MM
t-Mt
~tta.-<a Mtox~ t~ ~a< tk
W~~p~~tt !<M~~W<M~~ Te~tM~'
~<.è~@<t'<ta~< <tM!W~ M~'HW~~
~~M~w <~M y mwM a~
$OtMMw4 à ~~M~ -<?? &~M <~ w~aaw. y
~Mttw étit ét'<
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~aM~<w <~tw, ? owé~ M~
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~~MHtt~ étMt ét~é~ ~M .~Mu~Ht~~
<t '~W)~ ~M~ ~Owwc <~$w~ !'M~
~tM ~MtMHt <MM)t&
w~' tw~ow~ ~<w~ ywïw ~'a~~t~~
<MH~ '<t~ <~w p~tn~w ~$~-
~W ~~d~~ f&ew~Me m4we-
~~$. 'M~'y ~MN~ ~é)~ Ï$WSMMW
Madè qu un du<t <tt u~e dKM< jMMN~t à
!eur honneuf. O'autTC~ p<tan~t)W~
ta fapin~, parce <t~ t'y $~<!< aMOM~
~s pap la bt, paf
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Pouf a'XM <Mis t~s ~w «â~t <
ha'mm.cs, H $~ ut.tte ~)B' ïe't dM~ït awt~. pwé".
~t~on. Cela
t,i,~on. p<
Celaptr)(é,.i~ar~t~r~
ï< $? M~~ a<8~0M
~~r~
~ftve un hon~e ~H~~e' <t M~te' MMt
~e de C€ a' <~Mt p~~éM e'o'Ê ~tK-
~M)ta<ion de ta pf<~M ~$ t~tMe ~eM
$'<Ngage c~tt~fW<!f ~9W< ~$ MMtM"
~te~ Mutk b't M p<M s~M~~ <)~< a~M~
~cra~es a'u bu't ~M. <~
~m<M<t ju~ ne ~~t$tw ~w~~ <~
~?8 taMO'du'tiMS ~tf ~a. ~MUM~ .y ? e~H'MW*
tM~<e~<w ~<M<NtM~.y ~Mt"
~<MMt tQ~ ~MjM~t~~ <~ ~OM~M.
M~a des anM.fM y ? «~M~ v~
MM' ~.t~$M~ c~e~'
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Ë~ ~M~t~ ~M' <aw<~a)~w<~ ~ét' ~e$'
d< M~n~f~s~ ?. ~~MW~ ?
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g).ï$f?e.<
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è&i~ r~H~é p~M~'H~ ~Nt~a~M?


$!???<! <$M)' p'MW

,m~ tea' p~M H~ïM~Ï~ ~'o~H~~R~


M'fu~ d~ ~y$<f ~s- ~e't~' v !*$ <?-
'n's, fa~M< ? ~t e'~€M~~a$
de~pott~M <bw des vet~ a~
c~mme~ ~[ft<f
ce~x qutt fe fow fur les g)fands chemins (ï).
L~ ?ot<Uf< oy~inatrea peuvent dit mom~ r~
)etef leurs crimes ~f ta mt~ft, ~f bejfb~~
H~ee~té qut MS ecaadtt potHt ée btx
aM heu que Ie< )!ytant &L teuM <uppôt$ ne
voient couvent que pour acquénf du ~fpe~u r
dMt tt< ne fo~t t~'un tt~ge értdew~eHf con<
tfatfe boah<MïF ~ac'éîé pâfîkM-
Rete, <t d$ to~t ge<tf~ h~n.
JLo~He i« nat~M ~st coffM~~i, elles
s appî~û~at ~~MK<M ~M !<~ a~cn~ les
plus cnmine~<. Ï~'a~k~M, te Nowbfw te
<an~ des coMpa~~& <wntbt€Mt eMaobt:~ ta con<
d~Me la p~a <M~hûMOV~<t$; aé~~g@~€er
<t$< ~gMtsteu~t paî(~ e~ ~u$!que fa~ûM f~b-
~4)~ Un gMad q~! ~mp~Mte de te<M eA-
N~ ptod~M qui apvè) s~~ fb~meM<
dMMpé ~<~M, MtM e~<M:~$, on
c~ouM~ant q~, a~u~at d$ la @oN~afR€c

(~) Les ~t~M & iRs<Mte~< f&M j~M do~~ef ttw


<~0(es Mt ~mf vf&t a~m. Q~ad tes Artt~ jMd<~Mt$

dt~Kt <
<&?< piM M~e €ât~van<e <Mt d~ïrou~ des wûy<tMnM,
<~ ~.f~t~ <? ~"i~s o<tf ptM. Ï<et tt*)-
MHt~ J~~eHX t<HM M~tMf ~<t~ <t dûtHMRt te MO'W
~e ~~tat~~ it<!wr<MtoB~Bg, q~'t~~Hta~e
~fUM~ d<t
~$ <~w d'une ~o~o~ Ra b&atM M~f~te
fow< ~Mttwe <}tM s cmpafe du &!eo des autres ou f)ut
~M dit ~<e & des f~o~psRi~s d~ ~t~~ ~tt~
~t,u~ ~t~Rt pMt eli4 ett un vw~
qu'on lui montre, d~Mge, paf fon incoH*
dune ou fée ennrBpn~ca ha<afd<u<«, &<w~~
~e< propres, fait banqueroute MX aewM,
t
M ~bnî !e p:us ~buve~t, pun~, ai <M<~
norés ils fe montfeat ~ont~meat <~tM
môndt ) te que~MfoM même y (ont M~ph~~dt
t~urs e~roqueftes. Man aux y~MX de t'homa~
{u~e ces dt~BMHM pef~naa~M M< ~< ~o<
d'infames vo!euf< que jte~ toix devM~e<M ~MO~~
ou du moins qu'à leur ~éf&ut la boooe c~nt~
p~Nte dewrott exctuM ~<ts pM~. ceux
~t vivent aux dépens de< autres ~at ~M v~-
leurs, ~9 adhétreM~ &c les pafa6t$$ dM p~o-
~tgMe ou du fMppoa eo~t~ ~M <t< VMM )r<~
c<t!eur<.
La Morate nous fatt porter M n~nM
m$Mt de tOtM ces vendeu)r$ d$ ma~Vitt~ <ot,
rpif ~pttché et
<jk ta
lan,'pud~uy
00~ <am ~l~Ul <a~ d~
(¡,aQ. ~na~~<,
~an~a~~`~n~
p~<$N<
y peu de ~an~&MM~ o~
~~to d« tu~et p~M)? te$ MM~p$~
)
g~aMM.
~n d'es ma~ch<Ktd< p~~a<t<)M ~Ot
~c~e~Soa met ~B d~< ~<~ M~t ~t
~ca0oa$ de g~o<t <~ tONt ~a tégt~-
<?< Ct c$ux tMénf~t q~î <? ??! am~ cbo~
~aMfMeRt de Vto~f les feg~ d$ la pf<~
~<t4 !a p!ua ~v$M y de b~~ ~<w co~P'
~$a€<'t n'ont p~ M< pfobhé nt co~tenc<t
<P~ ~agn de teM mét~f. Bktt p!us, t!
des ~nnmet a~e? pervers p~ur le vaaM~
t)
t)0
)
.t–tt~t.
MORALE ~MïVER~ELtLR.
_.p. u r.. s."
ouvertement de i'abut t.~
y 8»#
honteux qu'U< ont fait
de la oréti~tte det autres L'ignorance trop
<*

conymune o~ vit le peuple des vm~ pîincip<$


de ~tce, ~tf que, ~rtout dans te$
graodM v!ite<, pfe~$ tou~ têt p$ttt< maf.
chandt font wMeuft $t ~ppont. C$ n'eft que
chez tes c<MH~er~t< d un ordre ptu< fe!ev~
cu'on t~uve de rhoM~ur ? de la bonne fot
~ntttHMtt qM ~ne éducattoo peut ~eu!ë
~~p~Cf.
L'mdtgtacc, la p<K~~e, te vke pou(!en<
communénM~t au e~me. Let how<He< qui
joutât du <~3~M, ou qui robtteottent pa~
)eur tfavatt, <t'o~t po~t de vices à 6n~
fa!re, ne font guere tentét de vp!M ni de
~oubtet ta <be!cte. Le< v<ce< ~M commettre
de$ c~<]M<, pOMf cMte~Mf d~w v!ce< dont on
< coa~a~e h) ntathe~eu~ hab ode.L'ho~M«
du peupt~ dè< qN'tI e<t ~< ~e<t ~~e, de<
vteot Méce~~e~e~ ~x'Mt, $t ? tou<
tes ~bftea de crime. pour a~buvif ~e$ noM~
teau< be~tm. L'homme opuk~ Bt pM~n!
coatMtMetMe~t fempti 0$ vicet & de be<
<btM, pafce ~u' eft ée~ovfe; !a ~bftMHe
~!m aMtp~ ~M~wt a peine pouf faMef
CN~d!tB c~tt fofc4 de feeo~ftf au Cf!.
pl,
me, dan<
~e~feux.
<!
dan~ r./poir
Ï'e~poif~tvoïc
frivole d,
de fe r,nd,e
yend~e f'

L'~M/ peut <e de<!n!f, en genefa!, une


<o~ttoo à viotef tea droits dc~ aMtre$ cet
faveur de notre inté~ pe~aa~. La ~<MWM
e~ Fta~tce exercée c~atfw toute ta ~c~té
par ceux ()ut la ~ouv<FMnt, ToaM <MM~
tegittaoe a étaot fondée ~uw ~uf te$ awaaM~t
que teo pMC~M c<«x ~r $M< w& w~~
cé<, cette atMOMté devient ua<t tyMKMt~ <tè$
qu'on ea abM& contM <uw; e~e w'~ ttM~
quMa~ a~ufpanon oékM~. CtMwmw M a~
qu'en vue de jo~f <t« t~SMMagM d< h JM<H~
que tM ho~~ot v~wat ~t ~e!4t4, on <~M
Mes €btMn~M que i'ia~~ M~ao~t
pt~e ~~t, ~< p<tM toM la ~e~té
M<te<a~~ p<u< que dM $Mt<a<K <Ott)oMM
«
p~M à $~M dwê cppM~tMt Bt 4M
oppftm4<.
L'H~u~ce ~~cite <k d!~M<< les
la <bct4té <o<t)u~te tMt <NM<, d<waM tyM~t t
p'$~ pas en d<o~ d'NMee~ du <~<M
~M~«m d'aato~; w< p~M ~uê< )~ W~M
~e ennemis 4~* A< pwpt$< «~MM<
M m~fe iajw<w M 4oM ~<MpM<r
~tMMch~nMM <w <e< <e~~MW< ? WK ~~M)~
<a}u~ ~H~<, pM ~< <~<tMM< ) awa~M~

t~.
??< e$u< ~ut ~o< ~w ~<pp«M$ ~<: M,
f~acoM A ~~t~, ~'M $M<<MM

tico ne 61"1'
~u'M oe
«M < te Mat~a
1.
à t~M haine ~u'M <'a b<~n de p~~w«,t
du
~M'à ~ot. Ba u<t MI
<bnM fi""
~oadw, t'~u~M
jat..
<net, !< tM~
$~ la <buFcc de M)ut« ie< ca~aMM~ <te<!< ?
1
Si l'humanité la compa~on, la ~ennbuité
font des vertus néccu'aircf! à la Société, l'ab,
fence de ces di~o(mon< doit étre regarder
comme odieufe & criminelle. Un homme qui
n'aime ptr~bnne, qui refufe <e< <ccour< a <e<
~emb~blea, qui contre intenable A teuft
peines, qui <e ptaît te< voir fou~frif au Hen
d'êrre touché de leurs mi~eMt, e~ un monf"
tre indigne de vivre en ~bdété, &L que
affreux cao~ere condamne à fe~< dans ua
oé~ert avec les béte< qui lui r~ïembtent. EtM
inhumain, c'eA ce(!er d'etft un homme êtM
in~-nnbie, c'e~ avoir fe~u de la nature UM
organi(ation incompatible avec !a vie <bcia~~
ou bien c'ett avoir- contracte !'habitud< d<
t'endurcir fur !e< maux quw l'on devroit fou-
lager. Etre crue!, c'e~ trouver du p!at<ir <!at<
Je< <ou~rance< des autre< di~oCtioa qttï
Mvate l'homme au deNbut de la brMM t$
)oup déchire fa proie, tnait c'eA pow t< <t4t
vorer c'e~ à dire pour <ati<faire te be~<«
pre~nt de la faim au lieu que l'homme
cruel ~e repaît agreabtement l'imagination
par idée des tourmeott de <e< <emb!ab!e<,
~e pta!t a !c< faire durer, cherche det <ba?
pieret ingénieures de rendre p!u~ piquante te<
aiguitton~ de la douleur, ~e fait un ~e~a?
c!e, une joui(!ance de< maux qu'il voit ~buft
~rir aux autres.
~pur peu qu'on rMechiu'e, on a ~e~ d'~
~nRerne en voyant le penchant que les hom*
mes, pour la plupart, ont à !s cruauté. Tout
un peuple accourt en foute po~r jouir du ~p"
plice des vi~imes que les toix condamnent
la mort nous le voyons contempler d'un oUÏ
avide ~es convuitions c<L tes angoi~et du mat*
heureux qu'on abandonne! à la fureur de<
bourreaux plus jfes tourments font crue!<,
plus ils excitent les defirs d'une populace in-
humaine, ~r le vidage de laquelle on voit
pourtant bientôt !'horreur Ce peindre. Une
conduite fi b)2arre ot fi contradictoire eft due
a la curioute, c'ett à dire au besoin d'être
fortement remHé enet que rien ne produit
aun! vivement fur rhomme que la vue de <bn
~embtabte en proie à la douleur, & luttant
contre (a den:ruc~ion. Cette curiofité contenu
ïée rait place à la pitié, c'e~ a dire, a !a
t~exion, au retour que chacun fait fur lui-
même, à l'imagination qui !e met en que!qM
façon ta place du marbeurcux qu'il vott
fbunrir. Au commencement de ceMe a~eu<<
tragédie, attiré par (a c~!o<!té, te &e~a<'
tenr eft quelque tempt Soutenu par ndée <~
fa propre cureté, par la comparaison avanta~.
geu~e de fa fituation avec celle du crifnine!,
par ~indignation &( la haine que causent !e<
<enme< dont ce malheureux va fubir !e chati*
ment~ par l'efprit de vengeance que la <en"
~eact du juge lui in~pife; <aai< la fin ce<
-~T –– n
motifs celant lui permettent de s'intefc~'et
au j!ort d'un être de fba e~fce, que la té-
flexion lui montre fenËb~e & dec~é par ia
douieur.
C'eA ainC que l'on peut exp!tquer ces a~ef*
nat4ve< de cfuauté &. de pmé (i communet
pafnni les g<Ms du pe~pte. Les pef~Boe$
bien ékvéet <ont pow t'ordiaaire exenaptet
de cette cuno~té baMt~fe plus aceoutuméM
penser <Hew en de~eeotnt pAM ~eo<ibie<
teur< or~aoe< momt fbfts aunMent pMne
tétï~ef au <pe&acte d un homm< ttoe~HtMCt
tourmeeté. D'oo roc peut condor CMMn<
on t'a dit aiMeuM que !a pttié e& te M<
d'un ~pfit OMrcé, daM te<!uet ~duca<MM,
yexpéf!ence, ia fa!<b~ ont amorti cette, cuMO*
~té Ctuetïe qu< pouNe !e coaM~un d~ h<M~~
<ne~ au pted des éctm~ud*.
LM enfa<M< (ont comtnuaénMtM CMtb t
comme oa peut en jugNr par ia mantefe dont
itï ttraiteni !e< oi~aux et h< aa'maaot ~'tit
nenne<M en leur put~aace on les toit pteu*
fef~niu!te toftqu't~ !« om fait pénr~ pMce
~o'ib <a <bnt pttvét teot cntatuté a pour
NM~f ta cunoCté, à !aqueUe viem fi jo<ndfe
te dwnr d'e~tayet teoM f~ce:, OM d'exetcet
teuf pouvoir. Un enfant n'écoute que !e< nn<
pu~M fubttes de <M de<!f< & de (et cfata-
M< <~ tB avott ta ibrce, U exterwMMfOM
tous ceux qui <*oppo&nt à fes faaMi<MM. C'e~
f.7 a. v v aa. v.rurv a..r'
s 2?

dans l'âge le plus rendre que l'on devroit répn-


tner les paffions de l'homme c'e~ ators qu'il
~audroh ~bigneufement étou~er toutes les di~
poH:!oss cr~e<, l'accoutumer à s'attendrir
~ur les peines des autres, t'exercer à !a ptHé
t
nécc~tfe 5c fi rare dans la vie ~ctate (3).
L'h ivoire nous montre les tfônes couvent
fempHs par des tyrans farouches Se crueis
rien de plus Mft que den pn~ce~ à qui !'on
ait appht daaa ren~nec à réprimer h;uM
)tnouwcments défégte: on tewf doaae, au
contraire, une 6 haute ~é< d'ewt-a~met,
une <dée baffe du M~ des h~MMas, qu't!$
regardettt te< peuples comme de~inféa par la
~Êtufe a leut a:fv4r de jouets. C'e~ <m<! que
l'on forma tlllt de m<Mt~re<, qui J[e SreBt un
amusement de former des millions d'hom~-
me< a leurs pamont tadompt4«, même
teuM fantaifies pa<!age<re<. En me~Mt Rome
t
en teu, Néron ne chercha qu'à &tisfaife <a
curtouté; il voulut voir un incendie immense,
&. fepaïtro foa or~uett de t'Miée de fbo pOHVok
~aot bornes, qui lui permettott de tout o~et
WM-OWWM-M
U

()) On dit qu'une nmon &M f<~& une chMge de


tntg~tttUfe ua
homme eonhd~ftbtt, parce qu'on
aveu remarqué pfeeott ptt:6r
~ne dtn< fa }euae<fe il
déehtfff des oifctHX. Dans un Mtte p<ty< un homme
fut chtt~ du fen~t pour avoir écytfe Miaoifeaaqat eto~
~enu te KfMe'crdam fbn Icin.
~f~~
~<Mw~y
M', tt.
contre un peuple aaervt. L'orgueil fut tou~
jours un des principaux mobUes de la cruauté
de l'oubli de ce qu'on doit aux hommes.
Loin de donner aux puisants de la terre
un cœur ~enuble & tendre, tout concourt à
leur infpirer des fentiments féroces en exci"
tant leur ardeur guerriere on les famitiari~e
avec le fang on les habitue à contemple.
d'un œi! fec une muhttude égorgée des villes
réduites en cendres, des campagnes ravagées,
des nations entières baignées de larmes, !et
tout pour contenter leur propre avidité ou
pour amufer leurs payons. Les plaifirs mêmes
dont on amu~e leur oifiveté font gothique!
& fauvages i!s ~emb~e~~ n'avoir pour objet
que de les rendre in(enjfib!es & barbares on~
leur fait de bonne heure une occupation im-
portante de poursuivre des bêtes de les tour*
menter (ans retâche de les réduire au<
abois (4), de les voir fe débattre &. lutter
contre la mort.

(4) Rien
de plus cruel que la chatfe du cerf p!ainr
qui eft communément re(ervé pour les rois & les prtn-
ce! c<t animât gctnit & répand des termes quand
~e voit forcé. j~<~«~«cr<~M~ «<~f tM~r~M~~
oo~, dit Ovide, il ~'mbtcimpiorer pirié de l'homme
ton ennemi cependant c'ett des femmes que !'oa
re~efte communément t'hpnneur de lui p!onger le cou.
teau rien de plus propre à rendre les hommes cruels
J
que de fburftir que les enfants s amufent à toutmcntet
Eû-ce donc là le moyen de former de$
âmes pitoyables ? Le prince qui s'eft accou-
tumé à voir les angoiffes d'une bête palpi-
tante fous le couteau daignerà't-Ïl prendre
part aux fbunfrances d'un honhtne ~u'on lut
montre toujours comme un être d'une espèce
iofeneure à ta Henné ?
La guerre ce crime a~eux & fréquent
<ïesfoi<, eft év~demmeart~-pfOFfeape~
péMer l'inju~ice l'inhumanité fur la terre.
La valeur guerrière e~-eîl< donc autre cho~e
qu'une cruauté véritable exercée de <ang-
froid ? Un homme nourri dans l'horreur des
combats aecoutumé à ces aH~Cinats collec-
tif que l'on nomme des bataHtes, qui par
état doit mépriser ïs douteuf $C la more,
~era-t-il bien difpofé à s'attendra Rtf les maux
4e fes jfemblables ? Un être ~nSbIe com-

les MtM. Locke pacte d'une metè fena!p<)u! pett~etMît


tU< 6en< d'~vott des otfeaux tn<M< qui tM ~cotn~n*
jE[!M ~o puot~it, (my~cn qo'i!< wo <f{otetiH btea <m
NMtt tvtccttx. ~<x. ~«f< ~MH. PïtMMtqae
~bei tes Mcieos, & M. R.ou(!e.tu da~jS tbo ~m'~<, oat
tt~t-étoauemmeac p!aidë cimïe des b@tcs <;M'i!s ont
veeg~M de cruMt<i des hommes. Les pàpttta Aog!oï<
de ï77o rapportent qu'un cht~eur, vo~M uo paMVte
JtMunme qui portoit d&ns m.nn une tête de mouton
enM«ts,
pom fba djtoer & cetui de femme & de fes
t'eem f~ /c~
<1H<f~ < ~«f coquins.à ~<"
CMtT~ nos Cjb~Mt.
~t'~ MM!t f
patinas ~eroit à coup ~&r un très-mauvais
~)!dat.
Ainn la cruauté des rois contribue néccuai~
fcment & fomenter cette di~poiition fatale
dans tes cœurs d'un grand nombre de citoyens.
Si les goerret font devenues moins cruei!e$
qu'autrefois, c'e~ que te< peuples, à meture
~u'tls ~'ébigneot de l'état Sauvage & barbare9
font des retours plus fréquent! (ureuï memM
it< (entent les dao~eM ~t fé(uher~Bt po~
eux, ~'t!s ne mettoiént des borner leur inhu-
manité en conséquence on s'e~ce de con-
citier autant qu'on peut la guerre avec ra pwé*
Espérons donc qu'à l'aMe des pK~fès de la
fat(bn, les ibuverains, dav@nu% p~ hu<naiM
plus doux, renonceront au pta~r ~<M:e de
~acriBer tant d'hommes à leurs in~u~s faotai-
Ces. E(péron~ que les toix, devenues p!M
humaine! diminueront le nombre dM vi&i-
tigueM
mes de ta )u~ice, St modéFerMt
des ~ppuces, dont l'effet eft d'exciter la cu<
nofue du peuple~ d'atimenter Ct cruauté,
fans jamais diminuer le nombre éM crtmine~.
Pour être inhumain & cruct, il n'e~ pat
péccuatre d'exterminer des hommes, ou de'
leur faire éprouver des (upptice$ rigoureux.
Touthomme~ qui~ pour fatisfaire pa~on
fa fureur, fa vengeance ,~on orgueil fa va-
cité, fait le malheur durable des autres,
poffede une ame dure Se doit être taxe de
cruauté un cœur fenfible S( tendre doit donc
abhorrer tocs ce~ tyrans dotDre~tqoes qùt
s'abreuvent tourneHement des larmes de leurs
femmes de leurs enranîs, de teu!t proches,y
de leurs ferviteurs & de toits ceux fur te~quel<
its exercent tear autor!te de~poïtque. Comhtea
de gens parteur humeur indompté ïbet
éprouver de !ongs <opptice< à tC~M ce~X quï
les etttowem <3ombte~ d%o'mw<e ~at ~M*
gttOMHt de païïw pour croets, Zt ~Mi~nt~
vourerjourneHennKM tit poi~n da<:tMg~*ux
~natheureux que le ~bfta n~s<o IcwpNKÏ'~n-
ce ? L'avare n'e~'M pat endure! €oatM la pitié'?
Le débauché !$p!'cd~uey ïe~aâueuKM
y
M<Meot i!< pas ~WM~e néc~ta~e aux pe~
iona~ qui devroient !eur ~tM ~s phM chere<
tandM qu'ils (ac~i~ot tout à te~t ~nhé A
<$? h~e àieu~ ptaiC~ cri~HMM L< n~'
g~ace rincutit, i)e ~é&Mt de fé~extM
~Men~~t Mès~uwnt ~< etM)uté< wwete«.
Ce~Mqar, tof6~ii tepeat, aégti~eeafet<5t~
~e tmM ce~er je BMtheo~ <~ ~09 &mMab!e
aabaTbarB~ue ta <be~é dwwMitpaoif
par t'iniannte ) ac <~e !e< tcix~e~roieat fap-
p<H<taoxdwv~M de Mut&NM&cM~te.
C H A P tTRE t ï.
f~e ~orgMetf, Je ~t Mmi~, ~« fu~f.
<jLj'0~6Uë!L
e~ MM idée haute de toi-même
accon~agoéede tNépritpouf Vautres. L'or'
~ueitkux e&mja~ en ce <iÏ ne ~apprécw
~ama!$ tu~mêttM a~c équité H s'exagère (on
propre mér!M ne rend pa< j~âi~e à celui
des autres. L'orgueiHeux annonce de A'Ïntpru-
<!eoce & de la ~btt~e H prétend s'amrer
~'e~ime ta conttderadon, les égards des au~
~ret,taod~ <iHea rewohe paf ïa conduite
<&. ne s'attire p<~H'~rd<najfre que leur haine
leur méprit. i:'c<r~ueiHeu~ un être in~o-
tiabie it fe t<iMlece<~re unique de ia Société
jdont ilveutexeiuHven~entobtentpt'attenMon, 9
~M< avoir aucun égard aa~ drdMt de jte~ Bnb*
jc~t. L'homme ofgMetMeux ne ~o!t par tout
~He !ui ~eu! it ~etnMef croire que fes <emb!a-
~te< ne ~t ~K~tM< pOM)' t'ardorer o( lui ren.
dre ~jM~m~s t ~M obligé de teut
montrer du retour t'orguciUeux e~ cotere
inquiet, très prompt à s'alarmer; ce qut tou-
jours dénote t'abtence d'un mérite réet la
bonne conscience, c'e~ à-dire, l'e~ime mé-
ritée de foi-même & des autres donne de
ia
la force, de la connance, de la Sécurité; elle
ne craint pas d'être privée de Ses drotM.
N'eit-ce pas méconnoïtrc Ses iotérêts que
de montrer de l'orgueil ? AS8igeant powr les
autres, H tes porte natureitement à examiner
les titres de celui qui prétend s'élever au deSïus
d'eux de cet examen if réSutie rarement
quej'orgueilleux Son digne de tajhaute opinion
qu'H a ou qu'il veut donner de fui. Le mé-
rite réel n'ett jamais orgueiUeux U e~com-
muaé.nent accompagné de mode~ie ($); vertu
H necefÏaire pour amener les hommes à re-
connoître la Supériorité que l'on a ~ur eux
dont ils ont toujours tant de peMe à convenir.
Tout homme s'aime, fans doute, &~ A
préfere aux autres; mats to'ut hpname deCfe
<ie voir fes Sentiments con6rmés par te!
am*
très. Pour avoir le droit de s~im~r &~ de
voir fon amour-propre étaye de< ~j~ra~~
publics, il faut montrer des taïeaM, <tes ver"
<[us, des dijtpontion~ vratment utûes, des qu~"
Htés que Foh puitïe Rhcérement conCd~f.
lf
LL 1" l" 't. .r JII\
(~ ) Qai <'cMBB(t~ pjro~o~meM,. dh tx p&ï<o~
phe dé)à cité, (e f~fpfcnd tte~ fo~yeht en ~[e~ jp'Mjn:

t
M h'cttc pas modèle !t ne s'atorpieiHit po~ntde (~
M

point,
M tnn)'icfe$ n ignore <t fup~riorit~. L'e~t e~ €!&mm<!t
~t& (âme; quttïti oh ent; l'oh M s'en tppM~ïe
~M Mw
~f.~o
Dt t'EtPK~ ~~r~ II,<~ VBL~
L'amouT légitime de foi î'eÛtme fondée ~it
la ju~e confiance que l'on mérite la ten-
dreffe & la bienveillance des autres, h'eft
point un vice c'€~ un a~e de ju~iee, qui
doit être ran6e par la ibcieté &( auquel
fans être inj~e, etïe ne peut refufer de ibu~
cnre.
Défendre à i~omnae bien de s'aimer,
de s'e~imer, de ~e rendre ju~ice, de fentir
fon mérite fba prix, c'eû hti défendre de
jeunr des avantages & des douceurs d'une
bonne conscience, qui, c~mme on l'a fait
voir n'eft que ta cenno~oce des Sentiments
favorables qu'une conduite touab!e doit exct-
ter. Le ient~tttent de propre dfgnhé eft fait
pour Ïbufenit rhomtite de bien contre ringra.
tttudt, qui auvent lui ret~e -les récompeu~s
~uxq~et~s it a droit de préteodfe. Là con-
Saece ~é dboM te mér~e, permet en
t~St an cette am'MfiOn iegMmè, qut
iappo& h votonTe k p<MVo~ de Ifaïre dû
bren à iemMaMes. Où en ~fo!t !a Société,
~U Q'et~t }aaMM permM aux âme! honnêtes
d*a~~ef aux è<H!aeN~ t!ux <Hgah~s, aux
pbee's dafns ie~ue!~ un grand cceur peut
~etcer ? i)~en~iiance Ennn, c~e<t ie jfenti-
~ejnt de ~hooaeu! ç'~eû le re~c~ pour k<t-
même c'e~ une noble fierté qui empêche
t'~Mfn~MC verï'ueox de s'agir, de fe prêter à
des baIMes ~e aux moyeas honteox par le~
quels tant de gens s'efforcent de parvenir eh
facrifiant leur honneur à la fortune. Les ames
baffes c<. rampantes n'ont rfen à perdre elles
font accoutumées aux mépris des autres Se
à s'e~imer très rbibïement e!!es mêmes.
Ainti ne défendons pas à l'homme ver-
tueux, bienfa!(anr, éciairé, de s'e~mer lui-
même, pui~u'H en a le droit mais défen-
dons à tout homme ~ui veut pîaire a !a ifb-
ciété, de s'exagérer <bh propre mérite. cm
de rétaier avec fa~e d'une ~tçon humHtante
pour les autres il perdront dès-îors Fe~ime
de Ces concitoyens dHbns-hn que la pré-
ibmpMon, ou ta connance peu fondée ~ar des
talents &r des vertus qu'on n'a pas, e& un
orgueil très-ridicule, ~C ne peut être !é par-
tage que d'un fot dont la <ie eâ de
croire un mérite quit n~a point. CTaignoM
de cous fendre méptifaMes~ par me ~aiuiie
~ui fait que l'on ne & montre occupé que ~e
~i-même) 6c des quaHié< que l'on crpn: po~
~tter. Si ces qua!ités ~on~réc~et~temen no~s,
aôu~ 'ratiguons les ~atfes ~fc~ <te tes ten~
~ré<entef <bnt<'eMe< <am!es, aùu$ teuf p~
yoiOons impcr~nents $c fMicuies, ~e% qu%
ont une fois démêlé rimpo~uye du Terfeur,
Evitons l'arrogance Bc la hauteut, dont i'eS~
e~ de repout!er Se de b!e0er; fejttons comme
une folie toute intbience, qui con~e à faire
<entir fon orgue~ à ~eux mêmes à qui t~
doit de la fbumi~on & du re~pec~ la grof~
(iéreté la brutalité, l'impoliteffe font des
etfets ordinaires d'un orgueil qui Ce met au
de~Ïus des égards, qui refufe de fe conformer
aux usages, Ce de montrer les déférences Se
les attentions que des êtres fociables fe doi-
vent les uns aux autres. Tout orgueilleux
femble croire qu'il exifte tout feut dans la
Société.
L'impudence peut être déSnie rorgueM
du vice re~&ontene e~ le courage de la
home il n'y a que la corruption la plus com-
plète qui puMïe rendre ~er de ce qui devroit
iair'; rougir aux yeux de tes concitoyens. Tout
enclave tout homme bas ou corronapu qu<
Jte glorifie; doit être Mgafdé comme un im-
pudent, un eSronté.
La vanité eft un orgueil fondé <ur des
avantages qui ne font d'aucune utilité pour
les autres. La vanité e/ dK on, ~<r<
petttM ames. Un grand homme ne peut être
tiatté de la poHemon des choses qu'il recon-
Boît inutiles à la (ociété. L'orgueil de la naiC'
~ance €& une pure vanité, puifqu'il <e fonde
~ar une circonAance du hasard, qui ne dé-
pend aucunement de notre propre mérMe
door M ne té(u!te aucun bien pour le reâe
des hommes. L'o~e niât ion le faitte, la pa"
ture fpnt des marques de vanité eUes annpn-
eeM ~u'ua homme s'e~irne & veut etr'
efUmé des autres par des endroits qui ne (ont
aucunement intéreilanis pour le pubHc. Quet
avantage ré~uhe-t-il qu'un homme étale aux
yeux des payants des équipages dotés, des
livrées magnifiques des courfiers d'un grand
prix ? Les repas Somptueux du prodigue ne
font utiles qu'à quelques parantes, qu~ paient
en flatteries le <bt qui les régate.
Le luxe eft une émulation de vanité qu'op
voit éclorre parmi les citoyen! des oat~ont
opulentes. Cette vanité, alimentée par exem-
pie devient pour les riches ie plus prélat
des befbins, auquel par confequen~ tout e<t
&cdné. A la vue des forfaits & des crime$
que cette vanité épidémique fait commettre
chaque jour, il e~ imponibÏe de <bu<cnfe au
jugement que des écrivains, d~aiHeuM bien
mientionnés, ont porté du luxe. Il eft vrai
qu'il attire des richeffes dans un état maM
ces nche~Ïes tendent-eMes à Soulager la mMeM
plus grand nombre Non, <ans d~ute
Fargent attiré par le tuxe <e concentre bientôt
dans un petit nombre de mains, SC n'en fort
que pour alimenter le luxe des Mche<!es, <aM
porter le moindre (ecours aux cultivateurs,
aux citoyens laborieux aux arts vraiment
utiles que le luxe dédaigne. Les trétbrs d~
l'homme vain font réfervés pour entretenu
fon fan~e fa moHe~: fes votuptés. it ïes
répand à pleines mains fur des flatteurs, de~
proxénètes, des courtines, des frippons de
toute espèce le plaint de la bienfaisance
étant ignoré de lui, il n'a jamais de quoi
eacouraget ni confier les talents a~igés les
~épen~es nécei!aires fon luxe ne lui lai~Ïent
jamais les moyens de faire du bien. ~a va-
oité endurcit i'a~e, rcr~e le ooeur à ta
bienveillance. En6n, comme de petites caufet
muItj~pUées produi&n~ tes plus grands effets,
c*eft la vanité puéfUe du luxe qui produit
îou}QUf§ la ruine des plus grands états. Une;
vanité oaii~n3!e e~ toujours l'effet d'un gou-
~ernetnent injure 3c vain chacun mécon-
tent de place, veut mettre au detïus d~
~bo Diveau.
11 e~ donc également de l'inté~t de
politique ~e la itaine Morale de réprimer
de décrier le luxe, & de guérir les bomm~
la fatale vanité qui i~ &M pa;:re. pour ce~
~t, i( eft u:He de ~e faire d@s tdées préçi~e$
ds ce mal ~ontag~euK, ~tne~e aux <o<:tété<
& aux individus. 11 <embl~ que l'on doit ap~
peller ~M~, tpute d~pen~ qut n'a pour ob)e~
~ue la vanné y que le de~e~aley ou de ~ut"
pau~r les autres, que le deCein de faire de
ïes richeÛejS une parade inutile toutes
~Otit appeikr ~~n/e~~ luxe
de plu$ on
celle!:
lui e~eedent nos tacoltés~ ou qui devroien~
~tte employées à des usages p!us néce<Ïa!re~
~j)Iu$ contâmes aux principe~ de la Mo<ra!e<
Le ~buveram d'une nation opuietu'e ne peu~
~tfe accufé de luxe quand fans appnnuer (es
~tjets~ il fait, ctever un paiaip ((M~ptueux dont
la magniE&eace anaon'ce anx ~toy~as la té~
<~enc<! d'an chef occupa de ~m' b~o'être, i&L
ou'Hs doivent re~pe~e~JCe fouvejra~pem,
Mes b~me donner à fa dctneu~e tous les.
araements q~e ~a RO~t R~gcM, taDï
au'Ui: ~t ~etM t~4r~t~u~e
t~
pct~t~a~r~ aux <~peM Ïa
~e
~~i~~it~
t~Ï~!t~ ptjMique-
pw~.liqu~ ~a!s <
momar~e 1 .~Wi
pour CQntcote< ~ba or~e~, ~cm& pe~-
pÏt d''ntpQ~, ie p~ge da~" rMd~Mt C~
r~M~ e~tM ~af des <04Wt~<&es;
~o teA mooarque
~e te p~s cn'
co~Mux ~otveat ~ttre d~&~ pM
ua tyfaa aM~p~e d~
~a~
dont !<?
<o~
~~s~<)on~e$.
~)~
Q~'an pxmce
~.c~ ~~<~e ua
~t~ gu<f<s
au~~
~M
pM ~co<~)M-
-<:o~Moc~, 4

{~d~
<B~~ta~ ~e.t~~rJe, tL.~
~a M
~'vaM$~ma<s.~<M~.
,M~<; '~j~~ ~et!
~ataKant, iÏ
~H ~Q~
p<~r
,nR.

~u~t ~e~ ~u~


repaît ton <M-j~t~
~~x~ ~'uwo~
~ïs
g~~ ~a argent s'~ av~n épa~~ d~ ~a~
pouM' oouM'M'
t~.d't~'tu~s.
p~ ~ranM) n<
~a ~ad, ~n ~am~~ p~~on pM<<
fans luxe (c conftruire une habitation agréa'
b!e, ornée de meubles commodes mats ils
~tbnt des in(cn(es, s'ils ~€ propofent de copier
la magnificence d'un roi ils deviennent crt-
minels, s'its butinent aux dépens de tours
concitoyens; ils ~e rendent coupables de là
fbïie la plus condamnable, s'ils contenter
leur vanité en ruinant leur po(térité.
Tout homme qui jouit de t'avance peut
s'habiller d'une façon qui le di~ingue de rin-
<digent il peut fans luxe procurer des voi-
tures des ferviteurs mais s'il lui ïaut cha-
que jour des vêtements riches nouveaux
des équipages briUants, des'bijous précieux
$'it peuple ia maitbn de' vat<;ts inut'tes, il
~!t tort à tous ceux qu'il devroit (buia~er
il enrichit des taiUeurs, des bijoutïers, de<
ifeHiers mais il prive !e< campagnes de cut<
t!vateurs, M muttiptie les t~neànts les vices,
it nu!t à fi Société s'ti dérange fes aKairës,
il ~e nuit à iui même, ~C vote (es créanciers.
Ëonn, i! îa~t tort à !'homme moins ai~,
dont <on exempte ahime ta vanité mais pou~
qui !es commodités Ma parure du riche ~ont
un luxe de~tu~eur.
Peit riches Bc des grands peuvent ~e pro-
coMf lei ptainrs dé la tabte, rauembtef des
~m! leur faire très bonne chère, mettre du
c~hoix dans les mets qu'ils leur présentent.
t~i< a'y a't-M pM une vanité extravagante
à ne pouvoir fc contenter des denrées Se des
mets que fournit le climat qu'on habite ? ï! y
a de la fbUe à vouloir, aux dépens de fa for-
tune, jouter contre les banquets des fouve-
rains il y a de la dureté à facnner à vanité
chimérique ce qui feroit fubfitter bien des
~amiïtes honnêtes, qui, auvent, n'ont pas
de pain.
devient
Le n'éceffaire du luxe pour
Je pauvre. L'homme opulent centrale mille
befbtns que l'indigent devroit toujours igno-
rer. L'umge du tabac e& un luxe ruineux
pour te manœuvre qui gagne à peine de quoi
vivre. L'' riche, fans Ce déranger, peut aller
au Spectacle l'artisan eft perdu dèt qu'il en
a pris le goût.
'Le luxe enfin pouue tous les hommes hor$
de leur Sphère Il les enivre <!e mine be<bin<
!maginaircs auxquels ils ont Souvent la tbiie
<~ ~acriner tes beMns te< plus réels,les de-
~ÏM les p!us facrés. Dans un pays de h~e,
fagreabte remporte toujouè fur rutH~; la
~ahité de paroitre fait ~ue pef~bMe ne ïe
~est à fon aife depuis ïe ~buverain ju~u'aux
momares des iu~ts chacun excède ~esfbfces,
? personne n'eu content de fon ~brt. Chacun
e~ tourmenté d'une vanité inquiète & jaloute
QUÏ !e tait rougir de re voir ~ufpaue par )e$
â~fes il fe croit mépntable dès qu'H ne
peUt égaler. Cette vanité dégénère en une
telle manie que le fuicide a'eft point rare
daas les villes dont le luxe s'e~ emparé '.<
honte d'être déchu réduit l'homme ru défef-
poir.
L'ambition que, par les ravages qu'elle
produit fur la terre on nomme la pa~on
des grandes ames, n'eft communément t'e~et
que d'une vanité remuante ou mécontente de
(on (brt cène faim exce~ve de la domina-
tion Se de la ~!o<re e~ une folie qui au lieu
de conduire à la vraie gloire, devroit con-
duire à t'exécranoa pubtiaue. Un conquérant
communément un génie rétréci qui trè<-
peu capable de bien gouverner !e< anc!eM
iu~ets que le de!t)n lui avoit tbumM, a pré~
fomption de croire qu'il gouvernLera ~ien
mieM< les npuvejau~ qu'U va ~uMu~er. $i,
car )a ~!Se de & condMtM
~e~adre e~t ~aM !e bonheur ~e< qu'tt
ayoi~bérités ~s pere$, on lui pM~&n~
roit, pe.utêtre,<es enquêtes eo A<!e~ man<
!~Bos, de ~s vic~otres, a ta ~JM
~n~ 4e,,0
'llnbéc;lt faire,pa~r
jte (aMre P,O,Uf6ts
p,afi"efpou de 'Jupit«r
61sde Xup~rer
H ~u~( ~$ avo~onM à runtvers a~~tn-
dre marq~ de ~e0e ? de tumieres, de ~enu,
&n< ie~neHe! pp~rta~t il n'e~e ni banoeujF
~en~~
<Ci6 qac va~iremeot
c~et~e~t r~n
nomnn~.I~a~ae~r
oo nomme
~M (a plupart <)es nations n'e~, comj~e
~y
o& fe<a~rquer, qu'une vapue chatQuH-
de
~eute, qui toujours inquiétée par la cons-
(on peu de mérite, <~L craignaot:
d'être abaitrée dans l'opinion des autres eH:
capable de porter les hommes aux plus affreux
excès. En vertu des préjuges fur ~e~quels cet
~ooneuf ~e fonde Ibonnorte coupable d'ua
a~tRnat, d'un crime ~ve fa tête akt<M an
tnUteu de la Société fa vanité féroce lui per"
&Mde qu'it a droit à retUme publique pot~
avoir eu le courage de tuer de j[an~.Cr<Md mt
choyen, Se de braver iM loix.
En6n, de tous les vices d~M honnmes, il
D'eo e~ peut-être pas qui fa<ïe eommettM un
ptw grand nombre de crimes que la vact~,
~Mts compter les foHes les traveM daM
Mqueh eite les ptéc~ptte chaque pas. Ce<M
vanité pM&ade aux puiaaoM ta
~ï$ C'e~ pa? un faite r~MM~ pouf tM pe~~
pïes, qu'il faut s'anitret les M~~ de$Mn!~
$?$< moft~ d'âpre <~s vat~t idées, Ie~
~t)0)a< ~t ~feéee d'w~~ MMe de <a~$
~e êteMJr pouf <ne~e ieuM ~<Mot t~M
état ~e paître awec <c~~ 4'4te~f <~
é~~ce< pMpeHX, de ~~e~ ~~d~
<te ~Mr tr<~e. Pnoces! !a<~ ~vottc Ma$
gouvernez vos ~ets avec ~u~ 0€<ape$"
y(M$ du ~tD~e ieuf p~curef ~e.bc~htw$
youa n'aurex pa< be<bio de ie<:4hMrp~~a
~j~ appa~eU, qm <!e$ete woMj~M Mne a~
retrécie qui s'en~brce de ïe cacher ibus le
manque d'une grandeur empruntée.
Les grands, les nobles les citoyens les
plus dittmgués des nations, par un en!et de
leurs préjugés, Serinent continuellement leur
bonheur permanent &C durable aux befoins
imaginaires que leur crée la vantté. On les
voit échanger leur temps, leur liberté leur
honneur, leur fortune & leur vie contre
des titres des ~bns, des ornements des
rubans marques futiles dont, au défaut de
mérite Bc de vertu*, tant de gens ont befoin
pour s'iUuttrer aux yeux de leurs concitoyens.
Des privileges in)UKes, des préséances vaioet,t
des prérogatives idéales font communément
les caufes des querelles, des divt~ons, de<
cabales qui déchnent les couM, qui mettent
iet nations en guerM qui naMeM <~etque-
foiw par embM<ef t~niveM. tr
Lat Mo~e ne peut donc, ~ae même
de ne parler qu?a de* tbufds~ anet tépétef
aux hommes de cM~vef teur t'aMbn, de pe~ee
lés conséquences de ~ofs Mes vanités, de
fentit que c'eâ dans ia vertu (eute ~Me eonSAe
la gloire l'honneur, la nob!e<ïe, ta grandeur
vétitable. Que les hommes les plus grands
~nt petits aux yeux de ceux quifé~écht~ent,
qui voient la foiblere des reabMS dont fou-
vent ta machine du monde e~ é~aai~e De<
disputes minutieuses des opinions frivoles §
des hypothefes puéri!es, Soutenues ob~iné-
ment par des hommes bouffis de la plus <btte
vanité, <um(ent pour allumer des haines im-
mortelles & pour troubler le repos des na-
tions~
L'opiniâtreté que l'on confond fi Peuvent
avec la fermeté avec l'amour de la vérité
avec le zele pour laju~iee, n'e~ te plus com-
munément que l'effet d'une vanité mépri<abi!<
qui (e fair un point d'honneur de ne jamais
fendre~ L'homme opiniâtre a lafolie de croire
que <a rat(bn Supérieure ne peut nullement
t'égafer; <bn amour-propre lui permet rare-
NMat d'être ~u~e il perM~e dans t'tn~u&ice
il s'imagine qu it y va de <a gloire de ne ja-
mais <e retracer. En~.iÏ ua égarem~t plus
commun K ptus funefte Tout ne eoa<o!Mt it
pa< à prouver que rien n'd~ plus ho<MM'aMe
phtt noMe qu un aveu <ran€ de ~Befteur~î
qM'ua hommage Rncere Modu àhvéfMé!
Now< ttouvons toujours de ta gtaod~Mf <t'am«
& de ~rce daM celui qui <attdo<apMf <a
~aité Ce Boms méph(oos les ob~ioét dMM
t'orgueil i~xible ne veut jamais piier. De
Combien de flots de <ang la terre <ut-eUe miMe
~M$ inondée par t'opiniâtreté de quelques <pé*
Dateurs, qui voulurent faire adopter aux em-
MM ieBrs opiQioas comme des eracte< ta*
faiiHMe< ? Qoeh ravages n'a pa< cao~e
MMx~e nautaMe ëc peTnicieu~e de taat de
~vefwîns è ~ui Fon per~ada que t'~atoM~ ne
~tt/g~~M M<:M~f ? Un prince n'eA jahM~ ptus
grand ptut chef à fon peuple que ior~ue,
~ecoonoi~Iant qu'il s'e~t trompé, il retnédte aux
~amt ~ue fes erreurs ~ot pu cau<e~
L'~ aime tes pef<baae< tim<de< qu! M
yé~ent poh'E, patce qu'o*n ~e ptomet d'eh
<ef & ~ng~é tepe~dam ia n<MMtté que
d'e~M~re ah~ &: ~Me l'on prend tbavent
pour de t~ode~e, N'eâ~e~e~)~ re~t
que d'tMte vaifHté Secrète qui cM~t d< ~êtM
point a~ant conSt~rée qu'ette €<~t le théf~
têt cet MHour propre déMcat ne veot pas t*e~
pofer à des aï!au~ <p)t'M <e &at iao~a~te dw
~ten~.
E« ~net, ~'eâ jM~at «te ~MMM <~
F<Ma<W~o~M ~tnpMaee poa~ tM<qMf.
C<eMe pa~)B ~oà' ~taad é~ pM
toutage~e~e WMWtr~à~coctM~~ <pMnd~<
ëet~~rs ~ae 4~ ~b~M~ateaM <e< ~< ~ttee~
pe~etM à pe~e ~ém~. eaw~ <e ~m-
~efa gtWM, ~and <M dh'a
~ette
<e
~mté~e~
~8Me e~ Wto~Me ~B~ef~i de
~OHduîM dtt 'p~s ~anrd <!MnbM 4e<
~$
t~~tMM: ~t~ewt~ tnatthe ~a~e
<p~e <e déM~e à ïna~-mêmet et~ ~HM
d~a~ te~hw~geà ~ut ~em~c~ <tOiM
S E C T ï0 M ÏÏI. C~~p. Ïî.
mm.*w ~«~«n~w ~<~w
1$$
Itrompe, quelquefois àt notre inÏu èÏt~
t
H i.t<
nous conduit peu à peu à des aérons trës-
~ruiques & très.cnminelles, fuivies <ië tongt
tpgfûts.
Des intéfêts ma! entendus, un àmouf-pi'o-
pre incohHdéré, une vantié puenté, vpHà Ie<
~'ait Beaux $!. de!) nation~ & des (bettes par-
ticulières elles deviennent des arènes où cha-
cua vtent, pour ainfÏ dire ~ure aHaut de ~a"
Btte chacun y veut pr~er, dominer tes au-
tres, jouer un rô!e dî~mgué. Parmi <tcs êtres
qui ~e dirent ~bciaMes, il faut une circont~-
~ec~ion incommode, une crainte connnueïie
~e b!e~(!er les prëtenuons impertinentes de
tous ceux que ron rencontre. Les amis les phis
omîmes les plus ïami~er< iont prêts a fe
à
~o~ier, <e Ïeparèr pour tONjours, à ~egor-
jpoMT une parole mdUcrette ~e ne peut
~n~ûrer une vanîté <oupconoeu~. R!en
~tus Mci!e Ce ae p!us periMeux qu< de vivre
~$e des hommes ~m Bëp~acèotIeurn~aaeMr
?<? ~oire (tue daM ~e~ p~eri~és eMë$
iM~ot ~vent ïes citoyëès ~&e natiôè c~
a~ <4ad<ca<~ ~R
que
w<M~ ~& ee~tM
les (auvages ies~Miacon~détés.
voyant les objets dans !<e~ds 4a ~upaK
~M h~maMs~bni coa<tA<t 4e<i!f~anhé oa teaN
~éteW~ns on <eroit tënt~ ïes regardet
<BoaMne des enfaaM, incapaMes de Jamais
parvenir a maturité (<$). On ne voit dans Ïef
inonde que des gens dont Farmour propre e~t
continuenement bîe~Ïe de celui des autres,
on n'y rencontre que des ih~en~es qui ont la
folie d'exiger ce qu'Us ne rendent àperifonne.
C'eft en enetàt'orgueU, à la préemptions
à une ~b!!e vanité que l'on doit atnibuer
défaut de ces tyrans de la Société que Foo
nomme exigeants. Une arrogance très-injure
leur perfuade qu~oh teur manque fans ce~e~
que l'on n'a pas pour eux les attentions qu'ils
méritent ) tandis qu'ils manquent fbuvent e,ux-
mêmes à ieurs amîs, à tout fe mo~e. Rie~
de plus incommode dans le commerce de
vie que des hommes de ce caractère rien d~
plus injùÏte que des orgueitteux qui veutenjc
être aimés fans montrer aucune atte~io~
~our les autres nen cfe p!us commun qu~
des êtres qu! veuÏent &:r$ eo~~d~~s ~e cén~
mêm~s qu'Us m~priïent, & a ~{ Rwvent M<
témoignent tans détour !e p~u ~e cas qu'~
en font. Rien de plus ioÏbciab'Ïe qu'un amou~
prepre qui rapporte toutt a hM-même, ~ao<
).–––~–––J.––– '~J.' :w:
(<) Le chevet D!~y KtttâfqHe <~c !et ho~tncit
MOMan tel <ie<5r de ~foitre <ttpi~!<'ors«txM<rë<,
~u'tb voo< )o~i ~B vM<et devoir VMM qa'Hf n'ext
~mtt!t va. M Btc là te< <nmtene< de< voyage~K les
eË~rt)noa< de$ eontenK, ttc. &c.
<1
jamais avoir égard à l'amour propre des autres.
Ce (ont communément les hommes tes p!u*
exigeants qui ont les droits les moins tonde!:
fur i'ettime de ceux dont ils exigent le dévoue-
ment le plus complet.
En conndérant la conduite de la plupart
des hommes que l'on voit fans ceffe occupés
de leurs vanités puériles, on feroit tenté de
croire qu'ils ne font que des enfants que la
taifon ne pourra jamais guérir de leurs folies.
Une fotte vanité, un orgueil méprifable per-
cent dans toutes les actions Se (emblent être
les leviers qui font mouvoir le monde.
D'un autre côté celui qut m~pnferoit
totalement lui-même, feroit.peu curieux de
tnériter l'eHime de fes ~mblables, donî tout
homme doit êtfe jaloux. Tous ceux qui ont
la canfcience d'être peu dignes de cpnûd~a-
~on s'abandonnent, pour ain<! d~e, eux.
~nêtnM, finiffent pardes baOc~sdo~
leur amour-propre flétri ne fait plus tougi))-:
~<Heur)reAe encoï-e quelque éaeF~e, ils~e"
viennent impudents, S~ brayeM insolemment
Jte ~'e~ diM.t-on. Rien de plus dangereux que
~es hommes avilis qui onttoialenMMMnOBcé
à l'e~tme publique (7).
w
(7) « Dire moins de foi qu'i! n'y ett A c'eR tbttife t
M aoo mode~ie payer de Mwin< qa'oa ne ~Mt, e'eNf
« ~ehe~ & pu6!!aaimttt felon Aimote. MLI
Voyez MSAtt M MO~TACM', 'Y. CH.
En te rendant ju~ice, en entrant que!que*
fois dans le fond de fon propre cœur, on pourra
modérer peu à peu ics (afi!!ies d'une vanité
qui femble tenir fi fortement à la nature hu-
maine. L équité nous apprend à ne point nous
jfurfaire les qualités que nous pouvons poue-
der. Si chaque homme, de bonne foi avec lui-
même Ce demandoit en quoi connue donc

tette préémtnencequ'il s'arroge fur les autres


s'il examinent de tang~oM l'es titres d'après
!e<quets il exige les éga.d< des aûtret, & qu'à
!eur défaut il s'adjuge de fa propre autorité
il y a tout lieu de cro!te que cet examen ha-
bitue! te rendroit plus réiervé, Se dès-!ofs plus
agréabte à la fbc'été y qt" !tïi (auroit gré des
Sacrifices qu'il con~ent;roit à lui faire. Rendons-
<!tou< vra~ent t(Hmabîes Cr ûou< ~'auront
pas beMa de manège pour aûtM <aiMe<Hmer.
Combtea les hommes s'épa~gae~o~Htde Ïbu~
€h de pe~e$ s'ib coa<ein<~eat à êtte c~
~u'Ms
Faute 4e ~ife des réNextons Il ~mp!es
<)Be ~ahM dé~gféabte entpoUbaae toutes les
~~oas eUe p~eupte !a tbciété d'Mne foule de
~s a< Mteo~es pour préférer le (et p!ai(ït
de paroitre heureux â( ce~m de rétfe rée!!e-
ment, eïle remplit les compagnies de petits.
~MÙrtt~ deiats, d'impertinents~ d'ay~~ta-
t
~cuaf, ~'Mtï~wtot~, d'étourdis qui ~at des
d~ea~es ? ~d« ~Sbm incroyabtes pour fe
tendre ridicules, &C même in<upportab!e&.
t~ne portion du genre humain e~ continuene-
rnent occupée à j(e ttno~uier de t'aotre pouf
~e venger des Mesures que fe font tours va-
aités téciproQue~. C~c~n $'e~bfce de brUïef
au dehors, de s'MMfer to~s tes ~egafds, d'e~
~ntpo<er par !es quaHtét a~ive~ ({u'H croit
pro~
~e~ à M ratre ob<ea~~ préférence ~u'it am-
Mti~nne mai< pe~osae <? de~eMd eM tuf-
meMe (8%per<oM<e t'ewtbarra~e d~~uerir
ëe< ~at~t au~~tettejt te puMc o~ pourfoif
~e~~r ~a ho~m'ag~. En~n,p<r~aBe 0~ <bage
$ a~OB<fef daM coad~rte cette Modeaie
!~p:a!t t~tew îes ~eoM~
4an< te< BM~ret. Pour t~ef d'o~en~ ua<
pi~e ~infguée ~a~ ~ia~ pQ~~e M
p~p«K des Mo<n~es & <te'eaw6< dewtj~~e~
@o~!tNNe~, <efm~e«f d'ûM~$~ p~
MMdM hc~mm~det ? atepFM&M~ <fo~
ceux 4oa< ?< pr~ea~ot ~te <~<t-
~~f. Le ~H~à
~n~r<~ jtM d~ ~M~
pt<M aM~ ,<€?
toae
~ot~ & ~è~f, ~e~a~Mï~Meaïp~
wi< m é6~u< même êf v~w.
(<) NMM <WH~Ohf 0<<
f)MK.WA)' VtUt.~
CHAPITRE ïïî.
De la co~re, ~t~tge~ftce da f~MmeMr
de la mîfanthropie.
JLj A colere eft une haine Subite, plus ou
moins permanente, contre les objets que nous
jugeons contraires à notre bien-être. Rien de
plus naturel que cette patfron dans un tiré
perpétue~ement occupé ,de fa propre conser-
vation &L de fa félicité mais riea de plus
neceuaire à un être raisonnable &. Sociable
que de réprimer des mouvements impétueux~
~uSn dangereux pour lui-même que pour ceux
avec lefquels Son de~in eSt de vivre. En géné<
Ml, !a raiSbo prouve que, pour fon propre
Mter~t, t~ut homme vivant en jtbcieté doic
être en garde contre toutes les impulSïoM
qui le troublent S<. l'empêchent de faire ufage
de Son jugement, de fa réAexion, de l'expe-
xience deSttnee à lui Servit de guide. « Le
» Sage, dit Epicure peut être outragé par
» Ïa haine par l'envie &e par le mépris des
hommes; mais 11 croit qu'il dépend de tu!
? de Sp mettre au dc~s de tout préjudice
? ptay force de la ra~Son. La Sagette e~ un
? b!en Sï Solide, qu'elle ôte à celui qui l'a en
M partage, tome difpofition à Sortir de fon

es ~°,
M état naturelSt l'empêche de changer, par
M !a colere
de caractère, quand même il en
? auroit la volonté ( 9 ). ?
De même que toutes ies paifRons, la colere
peut être retenue ba!aneée, comprimée par
la crainte des fuites fâcheufes qu'eHe peut
avoir &. pour nous mêmes, &c pour les au-
tre! Tout homme <bctab!<î doit être rai~ba-
aab!e c'e~ à-dtre, doit dt~inguet tes moa-
vemenrs naturels qu'il peut ~utvre ians danger,
~e ceux auxquels il doit prudemment réMer.
ïi doit être modirié de manière à régler ces
mouvements de la ~açon qui convient & la vie
fociale il doït avoir de bonne heure cen-
trale l'habitude de fe vaincre &L rexercice
doit lui procurer la force néce~Ire pour y
parvenir. On ne peut trop le répéMf, tout
homme qui n'a point appris à féMef au~
penchants de fa nature, ne peut être qu'un
membre nuiSbie dans la ~ciété. Les princet,
les grands les riches aiaN que tes gens do
peuple, font les plus ~tjets à la cotefe parce

(~) D~~tt~M ~M* <Jf &t«tM<~«< ~*e< e<fM ~T~<


<Mt~
<K?M<f r~t<oa~/M~r<rf. BMM T~~ ~H9~
M CMfr<tf««M ~t~~
!t-
fec~Mtf~t f<t~j~ ~«~t, /<M)tf<~ <«-
ff~a~r~ M<w off nnti
e
~CMft t~W~.
Voyez DtOCEN. LAMT. DE Vms tT DOSMATtMt
~HILOtpPHO~UM,
1
HB.X,
?nMC.tt~
}<
que leurs pafïtOM dans l'enfance ont ét~ 04
~attees ou négligées. Il &roit inutile de par!er
ici des e~ëts redoutables de la colère des rois;
tout l'univeM retenti, dan< tous les temps
des a~feux rug!Cements de ces iion~ d~c~aî-
aéB, ou des cris desnatioM <e< parteur~
itureurs.
Quoiqu'au pretntef po~p d'<BH !e~ empof-
temenM de eoteM ~e~Meot annoncer u~
eran~ <re~brt, une ~orce ) pne cnefg~e dan<
~ame ï~ moraH&es, pour la plupart, ont
~ttrtbae cette pa~on à Ja &MMe~ eUe ~up-
pofe en eM~t une x~obtUt~ daas te< organe~
qui les fend Mepdb~s d'être a~~ea< a~c'
Ms cette décote position a tacite de ta ma~
chine, op ce<te tfftM~~it~, ite ye<nar~ue ~M"
tout daM les ~Bmtpes, que ta oature a Mn*
~u co~aaun~meotptup~o~~Bt, ptu~
~tet, d~ ptua ~HteMe$ ta cotete que
te< ho~i~e~ PateUte~e~ ie$ eN~aM~ d~
âge te ptus teBdyey donnent par !eu~ CfM,
)eurs lar~et, tet~s ~éptgne~enM teu~
convuîuons, des ugnes peu équivoques de ta
cotere dont ils ~b~tagitéï toutes tes fois qu'on
~e ~e rend pas à%ur< caprices fi les forces
répondo~ent à tes fureurs un enfant feroiï
capabÏe d'exterminer Ïa nourrice ou fa mère
itur te refus d'un ~on~on peu peu ~es orga-
nes <e fortifient, il devient plus traoquiMe~
00 d~tie de ~es enaportemems qui cnet-
soient quelquefois fa fanté ou fa ~e en daa"
la craiote lui apprend à <e co~eaur d~
ger
cette maniere ilacquiert de la ra~on par 4<-
jgfés S& te trouve infenfiblement ~odt~ d~
~açon à pouvoir vivre en fbc~té.
Tout homn~e vivant avec des hom~M ~(~t
ûvoir qu'il e& entouré d'~tre< c~mn~C
lui font remplis de detanM, de pa~~t,
vaNite~, de ~Mea~ M doU d~M «' COOr
clure que <bn propre tn~rôt ~i ~tt un devo~
4$ tes apporter, qu'~e co~t coati-
~uet!e le tnettftM~ da~s u~ (~ 8MfM
continuelle awe~ tous ~ux qu'U ~~MeoM~
~dut qui e& ~iet à la <M, e~ hab~U<-
~ent n~a~euteux tOHt Me~ ha~
p~rpetueUen~aot da~ <?? t
excite ce ~nnnaent ~be~ d$o$ MMS tM
~Me$ que ~et e~np~fteaMOK e~t~ & ~a-
dent très-mtïerabtes. L'home <:<~M c<
~~t iatBa~ jouM d'HM b~~be~ 4o<~Me v~
c~p~ 4e
que h n~dre <h~<e $& ~o~
per~oM heureux; il
t~tHeu des e~!awe< dont M
~e
~~r. MécoMtsot d< ~Mt ;e ~p~~e, Mod
M M

ty<rap au
Ëwp~w t'a~M-
~oa; il eft torcé de Hfe ia tefreur q~t ~~M
~tr ïe vi<9ge de fa fe~me, de M~OM,
de vate~, qui ne ~(pM~t qu'ea ~t ab-
~oce.
La douceur e~ un moyen a~ez ~r de de(at-
~er co~fe ~éao~os H e~ de< hotn~e~,
––~
teUemenr dominés par cette pa~on, que la
douceur même les irrite encore plus &(. les
jette dans une forte de dé~fpoir 5c de rage
afiors la honte d'avoir tort, ou la vanité fe
joignant à la colere femble lui rendre de
nouvelles forces, &L la porte jusqu'au délire~
Ce phénomène en Morale nous prouve évi-
demment que l'homme doux jouit d'une
fupériorité que, même dans ~a ~btie, l'homme
colère eft contraint de Sentir.
En e~et la colere eâ dans quelques per-
~bnhes une frénétie une courte rage, une
véritable ~o!ie. Sans cela comment expliquer
la conduite de quelques emportés; de ceux
qui, dans les accès de leur aveugle furie
s'en prennent aux objets inanimés, frappent
avec violence une table, une muratlle
bleSent couvent gnévemenc, vont jufqu~
braver la mort ?
On voit donc que l'homme livié à la co-
lère redoutable a tout le mondf, doit te
craindre lui même, ne peut jamais prévoir
ju~u'où fes emportements le pou~eront.
Même étan~ tout ~eu!, s'i! eft capable de fe
ï~uire, que fera-ce lorsqu'il <e trouvera dans
la compagnie des autres? Il n'eit jamais aHuré
de revoir & m~ifbn incapable de rien endu-
yer, il peut à chaque infant rencontrer des
Jhommes au~t dangereux que lui, qui le puni'
yont de ~bn humeur in&ciable.~ <eo~w, dt~
jun fage d'Orient, commence p<tr ~~oftc,
par le regret.
Annote a prétendu que la cotere pouvoit
queiquefbis Servir d'arme à la vertu mais
jnous dirons avec Séneque & Montagne qu'en
jtout cas, « c'cft une arme de nouvel ufage
M car, dit-il, nous remuons les autres armes,
cette-ci nous remue; notre main ne la guide
» pas, c'eft elle qui guide notre main, nous
ne la tenons pas (to). »
Quoique la colere fbtt une pauton dange-
feufe, il en eti cependant une que nous de-
vons approuver. C'e~ cette colere rociale que
doivent nécetïairement exciter dans toutes les
âmes honnêtes le crime, t'injuriée, la tyran-
nie, fur lefquels il n'e~ point permis d'être
indiSerent, Se qui doivent irriter tout bon
citoyen, ou faire naître dans fon cœur une
indignation durable. Cette colere légitime,
appeHée par Cicéron une haine civile eft
un Sentiment fait pour animer tous ceux qui
~intéretTent fortement au bien être du genre
humain. Tout homme, qui n'eit pas troubté
à !a vue des M)un:ices &. des oppremons que
l'on fait éprouver à ~es femblables eft un
~ohe, un mauvais citoyen. C'eA, difent les

(t0) Voyez EStAÏS UV. t, CHAP 31 Vjms LA HN.


Arabes, J~M fa colere qu'on rMonnott
yj~e (n).
La colere cachée, nourrie au fond du
cœur Se long-temps retenue, n'eit pas moins
cruelle dans fes e~ets c'eft eUe qui produit
la vengeance. Cette pa<!ton redoutable cou-
vée par la pen~e, attifée par l'imagination,
fortifiée par re~extoo devient encore ptu~
dangereufe que la colere la plus vtve, qut
bientôt s'exhale. La violence ouverte mérite
p~ d'indulgence eUe eft bien moins à
craindre que la fureur cachée de ce$ hommes;
affez mahres d'eux-mêmes pour d~mute~
leurs ~entimenM jusqu'au moment qui leut,
procure l'occafion de venger leur aife,
On peut fouvent compter ~ur bonté du
coeur, & fur la générputé de ce!u! qui eft
prompt à s irriter ptus ~es emportements
~bnt vi~, moins ils ont de durM Meu que
t'en ne peut jamais comptM ~uf !a r~ceoct-
liation fincere d'un homme a<!ez dt~mu~
pour cacher Se comprimer long* temps dans
fon cceur la colere excitée par un outrage.
Le bâtiment de ïa cctere e~ d'autant plus
incommode qu'on a plus de peine à l'empê-
cher d'éclater ain<t le vindicatif e~ le bout-

(ïï) Vpyez/Mt~H~ ~r~.w JB~~M~a~


jreau de lui même, en même temps qu'H épie
~es occadons de faire éprouver fa cruauté au)!);
autres.
La vengeance a toujours l'orgueil ou la
yanité pour mobile. Se venger, c'ett punit
celui qui a excité notre colere c'eft trouver
da ptainr à lui faire Csotir que l'on a le pou-
voir de le rendre malheureux. La vengeance
e~t communément cruelle parce que r~ma-
giaation &C la pensée exagèrent Feutrage
qu'on a reçu. Le vindicatif croit que fa ven-
geance eft incomplete fi celui dont il <e
yenge ignore de queUe main partent les
~oups qu'il reçoit. Voiià, (an< doute, pour-
quoi Caligula prenoit un grand plaifir à faire
venir en fa prétence les vic~imet qu'il de~inoit
& périr dans les tourments voilà pourquoi il
di~t à <ate!!iies, de ies~Mpp~ ~ani<re
~Mf~tM~eftttf horreurs de la mort (n).

(<it) L'ht!!e nou< fcnnnit t'cMmpte d'âne veaMMce


bien MM<e & <ï <tMn~< qu'oo << pfWM J~ tM-
poMer. Une femme de mauvaife vit, irritée de rinh-
d~!tté de (on ~tn~nt, dîHtînute le defir de te venget
peodimt deux 4M que da~ tt noaveUe pt<ï!oo de fon
MfRde au ~oot de ce temps, cetui-ct tevieot < fa pre-
mière mattrcjtre qui te reçoit avrc ardeur ne lui fait
aucun reproche mais lui ptonee Ma poignard dM< !e
MExr, immédiatement après !ut avoir permis un péché.
po<M tequel eUt pré~Mnoit qu'il devoir eMe éternelle.
~eM dtmnc.
Comme les hommes font toujours des
juges iufpe~s Se récu~ables dans leur propre
caufe les loix, dans tous les pays policés,
t
fe font réservé le droit de venger les citoyens
"Iles ont ôté à ceux ci le droit de punir le$
outrages qu'on leur a faits c ces loix tpnt en
cela très-conformes à l'intérêt de la fbciété
8<. des individus elles ~ont judes en ce
qu'elles empêchent les hommes d'être inju~e<
&L cruels elles font fociables pui~ue par
là elles indiquent que des être!, perpétuel-
lement expotes à s'irriter réciproquement,
doivent réjHéchir aux conséquences ~c leurs
avions, &C mettre en oubli des onTentes qu~
ne font le plus fouvent que des minuties 8(.
des enrets de la foibleffe humaine. La nature,
la )u~ice l'humanité, la grandeur d'âme, 1~
) nilofbphie s'accordent à profcrire ia ven-
geance, S( à nous faire Ho devoir du pardon
des injures (13).
On a dit que la vengeance étoit m~M des
dieux, c'en: à dire, un plaifir fi grand, qu'ils
l'envioient aux mortels. Mais quels dieux que
ces êtres vindicatif de la mythologie, qui,
~enubles aux mépris des hommes, ne difie-

(ï~) La phHofbphteavo!ten(ei~né de bonne heure


aux hommes la destine du pardon des injures. Plutarque
nous apprend que les pythagoriciens fe faifoient tou-
jours un devoir de fedoncei: ia main en figne de t~coa-
irént de les punir, que pour en tirer une ven-
geance plus éclatante Se: plus capable d'ef-
frayer Ces dieux colères, cachés dans leurs
vengeances implacables infbciabtes, ne
~bnt pas faits pour fervir de modeles a des
êtres qui vivent en jfbciété tout prouve que
la vanïté c~ une vraie petiteÛe, que t'indu~
gence &L l'humanité ~bnt des vertus aimables
néce~aires., que la vraie force ~uppo<e de
la patience. N'eit ce pas fe rendre <bi-meme
très-maJheureu'x, que de porter fans cène la
haine & !a rage au fond du cœur? La ven-
geance n'en: propre qu'à éternifcir les !nhnmés
dans le monde le plaifir ftitile qu'elle donne,
i
eft toujours fuivi de repentirs durables eUe
nous montre à la Société comme des mem-
bres dangereux celui dit PhUémon ~M<
~ar~o~fte une injure force fon ennemi 4 ~n-
j'M~ef ~Mt-~me. Tout doit noins €ûnva!ncf<

eHution &vam !e coucher do tbtet!, ïorfqu'Ms t'étoicat


réciproquement o(!en~. Cf~t.~ dit Mtéotodfe,
plus ~<M«~ entre MC~< /~<f MMM~/)~«
~ftf <M/«~<~ <t~<c ~4~<'M~. JuvétMd & dit depois
que ta vcRge~ce n <? ~o p!~i6r que pour les ames fe-
MëctCt.

S<
~M.0' ~rw<
MMMM
<~ ~~<w<, <jf<~M<~e w/«~
Voyez JUVEMAÏ.. SAT. XIII VMt. ït~.
que l'homme qut ian pardonner paroïc, aux
yeux de tous les êtres (bcr<b!es &C rsi~bnM-
bles, beaucoup plus e~imabte plus fbrtSC
plus grand que l'infenfé qui l'a ble(ïe, ou que
ic lâche qui ne peut rien Supporter. « Un
» iâche ) dit un moderne peut combattre
» un lâche peuft vaincre mais un lâch~ ne
» peut jamais pardonner (ï~)'
La générouté qui fait pardonner les meu-
tes, e~ un <ennmeM ïnconnû des petites
smes, des gens du peupïe, des hommes du
commun. Les fau~ages, fuivant les relations
des voyageurs <bnc tmptacabt~ daas leurs
vengeances, qui chex eux, & perpétuent
de races en races, &L SnM!es: par amener la
de~ruc~ion totale de leurs d~éftes bordes.
L'efprit vindicauf, qui <ub<t<~ encore dans
un grand nombre de peupÏM que t'en croit
yoMCM, t'Ktee qui fait croire qo'NO~oaame
de cœur ne dch~mais endurer un auront,
~bnt vtubÏement des reïtes dw la barbarie
tépandue en Europe par tM natioB< tefocM
& guerrieres qui jadis ont (ubjugoe le vafte
empire des Romains, Mais des hommes de
cette trempe, des &)tdaM penches &L derai.
<bnaab!es ne font pas des modeles à Cuivre
par des hommes devenus plus ~ages, c'ett à-

(t<~ Voyeï~~i~M~tAft~~M~of~r~, ~c.


~:fe, plus tn~ruhs des intérêM de Ïa Métc,
&C de ce qui con~itue la grandeur d'âme !à
gloire véritable. L'homme incuke & ~uvagf
«e réMécMt point it fuit en aveugle les im-
pu!~o~ momentanées de ta fureur l'homme
~o!:cé ett vraiment ~bciabte, & accoutume
è contenir <e~ paCions, parée qu'il en con*
coït les Mtes dahgcre~e~ Ce n'e~ que par
!*expérieac@ ~ue rhomn!< ra~ooabÏe dit!fer$
<!e i'ea&tM, du ~fuvag€, de Un~nte (!$).
M e~ encore une dî~otîtioB qui ~ans
~o!r Jte~ e~t< impétueux de îa colère ou te<
~uwu~< ïent~ rer!échie< de ta vengeance,
âe taî~e pas de rendre b!en de$ gens încom*
~o~t !a &c~te. ~e veu~ parler de r/!u-
Me~~ c'ett uae dt~Rtion habituelle à t'irrï-
~$)p $U<! der!v$ commu'aement ~'un tempe"
~H!M<M ~ic!é eHc inrtM d~M ta~oa Me<-
<ujr te carac~re, A moins que ce
t'cr~nKatioa c'ait été ~igMuénaent
~~H OM jr$â~ par 1 éduOM~ ) par i'hab~

(t~ Ï~ ~w< p~comn)an<mMt


ta )~«e M <e tee<t
~~t ~eHe««'at, <M voit régner te<
'StË~~ fhM eMe!!e$. JLot~tie h M neveoge pM
t~<S~e, <!? v~te !<n m< ~uvMtoMMtM~M.
? ~Mt~ ~e!tf on peut «MHMer t~~tM~~
g~MtMH$~< eot~tnettent d<MKt« pays <le<[p~t!qu<$,
<$ M!~ <<Mtjo<tMM~'tNtt tdm!nt<trAp. &jten
a'<~ t&UKa~Me de poa&f les bommat <m defcfpo~,
~~d~t~ee.
tude, par l'usage du monde, par la rér!exion<
H eft des perfonnes tellement dominées par
l'humeur, ou dont la bile e~ <i raciie émou-
voir, que les moindres choses les irritent,;
elles ne comblent jamais jouir d'aucune Séré-
nité on diroit qu'elles Se nourrirent d~amer-
tume & de fiel &( que ne trouvant de
plaifir qu'à Ce tourmenter e!tes-mêmes, elles
ne peuvent Sbum'ir la paix & le contentement
des autres. Tout homme, (ujet à cette colere
habituelle, eft aum malheureux qu'in~bciable.
Il eft bien difficile que celui qui eft mécon-
tent de tout le monder fbit capable de
concilier t'amitié de personne.
Faute de vouloir faire des rériexions
~aturettes, bien des atrabilaires fe rendent
les iléaux de leurs familles Se de !a Société.
Combien d'époux, fans motifs valables, vivent
en vrais ennemis &. (embtent ne pouvoif
s'envifager de fang-froid ou Ce parler fans
<:o!ere Cpmbien de pores chagrins qui ne
peuvent, fans s'irriter, confidérer les jcMx les
plus innocents de leurs enfants Combien de
maîtres qui croirdiënt ~e dégrader, s'ils ne
parvient avec aigreur à leurs domeftiques
trembtaots H eft des hommes qui ne parait
fent avoir des amis, que pour leur faire à
tout moment c~Ïuyer les effets de leur mau-
vaise humeur. Enfin, il eti des gens teHement
remplis de bile, qu'ils ne ~e montrent dans
le
le monde que pour avoir occafion de la ré-
pandre. Tout révolte ces mifanthropes, au<
yeux defquels la nature entière paroît dé&-
gurée.
Les personnes qu'une humeurnoire domine
ignorent e!!es donc que dans toutes les por-
tions de la vie, l'homme doit aimer pour être
aimé ? Ett-U un état plus cruel, que celui
d'une (emmecondamnée, pour !a vie, àSounrir
les caprices d'un mari, dont fes careSïes ne
peuvent adoucir l'humeur invétérée ? Des en-
fants repouffés par le front aubère d'un père,
pourroat- ils avoir une tendre(!e véritable pour
ce tyran qui ne leur fourit jamais ? Un maître
grondeur & que tout mécontente, fera-t-il
iervi avec zele par des ferviteuts perpétueile-
ment tntimidés ? Quels amis peut mériter ua
homme injectable & brutal dont le conr-
merce les afflige !es humilie ~N'y a-t i! pas
une présomption bien ridicule à croire qu~
«Mi le monde, & ceux mêmes ~u!oe dépen-
dent aucunement de lui, font faits poar fup-
porter rhumeur d'un homme qui ne veut rien
Supporter ?
Communément un Sot orgueil, joint à la
bile conS~tue le caractère de ces homme:
~rouches & chagrins, qui trop fouvent ena-
poiSbnBMt le commerce de la vie. Qu'ils ne
nous dtSeot pas que l'on ne peut fe r~b~f<,
.A
que leur humeur ett l'e~ïet d< leur tempéra~
ment. C'e& en travaillant ~r nous-mêmes
en nous ohfervant avec ~in en combattant
les défauts de notre organifaiion, que nous
pouvos~evenir des êtres vraiment fociables: la
confcieace de nos propres défauts devroit fans
eeCe nous ramener à l'indu!gence pour ceux
des autres d'ailleurs, couvent mauvaifehu-
meur nous les exagère, Se quelquefois même
leurs torts n'exigent que dans notre imagina.
tion malade. Que dans les ac<:es de tba mal,
l'homme bilieux fe ~parc, s'il le raot, pour
quelque temps de la fociété qui le fatigue
qu'il aSHge que dans des intervalles plus
calmes, il ~e demande raison de & mauvaiie
humeur le plus ~buve~t il trouveta que fon
chagrin n'a point de motifs, & qu'il a tort de
~'imcer contre l~esininres, ou de ~e t<wraieat€f
hu-m~noe.
L'todulgencc, la panence !a ~MCe~r, le
~e6r de plaire ~t les ~euls ~ees ~t put~
~ent unir eatfe eux des êtres i~par~iM. La
~ple~e la a~uva~ ~aMUt loin de fcmé-
~icr à quelque cho~e, ne peawejM~e iroublef
diabudre la Société.
Lami<ant~opM, ou l'awe~a pONt leshom-
mes, une huaMur habituelle & coastioue,
qui n(ms faK haïr Iss ê~res avec lefq~s ~ous
deypnsvivree~ Société. Cette dHpo6~on ) vrai-
ment iniMaaaMoe 8~ fauvage paroit ven~de
pluSt~t cades que tout hom~ae Mi~oaMe
devroit ~ngneufement combattre ette e~ due
A un orgueil très ira~cibk, qui «eus fermant
les yeux fur nos propres défauts, nous exagère
eeux des autres, &C nous les fait )uger avec
trop de rigueur. Le mifanthrope ne connoït
ai l'indulgence, ni la pitié. L'envie & ïajatoa-
fie, payons toujours mécontentes) ontcom-<
munément beaucoup de part à 4'humeur que
l'on éprouve contre le genre hunaatB~ La Me
eft ~r-tout remuée à la vue de la pr~énté
de ceux que l'on en fuppore moins dignes que
foi. L'envie fait la phHoïbphie de bien des
Courtisans leurs mauvais <uccè$ ïes rendent
auvent cau&iqueg & miïaathrope~.
Cependant il peut ~e faire que ré!otgae-
ment pour les hommes parte que!queibis
d <MM! fource moins impure. UM bQ~ntme hon-
nête ~enS)!e peut à la TTa s'indigner ~'avo!r
été toog temps le (pe~ateur ou ie you~t) <bt<:
de M méchanceté, <bit de ta fbUe de fet <em~
bMbies, & concevoir dès-tors beàûcoupd*àvef*
Coa ou de mépris pour e~x Q~ot~e e~tte
mi&t~htopie fondée fur une 4xpét!enee B-
cheufe, parole moins blâmable q~céNeqùt
BaildeFenvie, eHe décele néanËtomsua dé"
faut de ju~ice ,en ee qu'eUe eaveïo~pe' twm
les hommes dans la même condam~~tà.
La vraie <age~e, toujours exempte de pré"
~gés, ae peut approuver ta haine de< &<M)Mae«
eewn~Knmca
S i.
dans un être fait pour vivre avec eux elle ap"
prouve la prudence, qui nous fait éviter !a
fociété des infenfés des méchants mais
eUe b!àme une humeur Sombre qui ne s'ac-
commode avec perfonne; elle condamne une
haine opiniâtre qui difpofe très-peu à Ce rendre
utile aux autres, ou qui bannit la bienveillance
univerfelle. Le misanthrope eft très-Souvent
un méchant, qui, ne Sachant fe faire aimer
de perSbnne prend le parti de haïr tout le
monde.
La Morale doit travailler à rendre l'homme
Sociable; elle doit lui montrer Ses intérêt:
toujours tiés à ceux de fes pareils la raiSbn
guidée par l'expérience lui fera voir que fon
deâin eft de vivre dans une foule où il Sera né-
ceCairementpoune, tantôt par des méchants,
s
&L tantôt par des étourdis, bien plus communs
encore il s'armera donc de patience ) de
courage ~d'indutgence~ ann de fournir tran-
quillement Sa carrière il tâchera de conteair
fon indignation &C fa colere qui, FagitaBtiui-
même d'une ~açon très. incommode~ le ren-
~roMBt ~ans ceffe mécoBtent de fon fort Bc
le metttot<ot dans un état de guerre conti-
aueHe avec ceux qui recourent.
L*homeur,rinSociabiMté, la mifantrhopie
font des vices réels. Les moraliftes qui en font
<~esper~c~oBs,des vertus qui perSuadenc
à l'homme qu'il ytt at du
t'tt~MtMTt~ ~T<t'!) ––~t. àjL fe ifeparer
~tt mérite ~~–-–– deJ–
~es femblables à s'ifbler à vivre inutile à
Ja Société, ont vifiblement ignoré que la vertu
doit être toujours utile bienfaifante.

C H A P T f~ IV.
De r~~r~ 6f de la pfo~~i~.
JLO
R peu que l'on Ce fait fait une idée des
intérêts de la foçiété & du mérite attaché
amanite à la bieofatfance, la compa~
<!Qn, la libcraHté, QaKCQnnoUraque rava~iM
e~ une difpofition inhumaine &: mépn&ble~
pm~qu'elle e~ incompatible avec toutes cee
vertus. Cette paGion conCtte dans une ~bif
<oe!<ttQguible des ficheues pour eitea-meme~,
~s jamais en faire ufage ni pour ~Mt pFopfe
~ien ~tfe, ni pour cetui des auo'e** Les ri-
çheues ne ~bnt poMt iebonheuf entre les
maias ~e t'homme <en<e elles M <bBt que
des ~ûyeas de l'obtenur, parce qu'eUes ïe
mettent à portée de faire concourM un grand
nombre d'hommes à <a propre feUcité. L'avare
e~ un homme Hbté, concentre en !ui'mêmë
dontï~copur ne s'ouvre pointa &s(emMa-
blés. Accoutumé à ~e priver de Mut, com-
~nen~ ~roH.H tenté d'eo:rtr dans les b~iot
des autres ou de leur tendre une main <c-
courabie ? ït ne vit qu'avec ~bn or cette idole
inanimée eft l'objet unique de fon culte & de
~es îbins U l'adore en (ecret, 8t iui <acn6e
à chaque infant toutes fes autres payons,
a
ainfi que toutes les vertus Sciâtes; il fe refu~
tout &C s'applaudit de ~es privations mêmes
qui deviennent pour ~i des jouiffances conti-
nuelles, puitqu'eHes le menent au but qu'il
propose qui eft uniquement d'amaffer.
Les moralifles ont avec raison condamné
t'avance les poètes ont jeté àt pleines mains
)es traits de ta Satire ~tr e~e; i! ne paroît ce-
pendant pa~ qu'ils aient itumfamment anati~
les motifs cachés SCpuiCantS qui <€Tveht~
nourrir dans quelques hommes cetM pa~on
M&ciabie, & qui te& y attachent par des liens
îoapombtes à brirer. On nous dépeint l'avare
icomme un être n~atheureux parce qH'it
y
MfM~e des piai~K que nous ju~eoM dtgoe$
d'envie: mais l'avare eft peu <enCb!e& cet
plaifirs it s'eft fait un contentement à part,
<qui, dans ~bn imaginatioa, emporte ~ur tout,
ou plutôt qui !ui présente tous les p~inr~
réunis. Pourquoi va-t.U tOut tout contempler
~n trésor ? C'e~ que ~on trésor peint à fon
e<pyit toutes les jouitÏanees du monde ce
trésor iuirepréïente le pouvôif d'acquérir des
honneurs, des palais, des tefres, des pofïe~
Coat des bi~us raMS) des femtïtc~) s'ii a
quelques fentiments de volupté. En un mot,
dans ~bn coffre l'avare voit tout, c'e~-à dire
la facilité de ~e procurer, s'il vouloit, tout ce
'qui fait l'objet des delirs des autres cette
pon~bilité lui ~un~t, H ne va point au detà
en employant fon argent à l'ucquuition de
quelque objet particulier fon iiluuon cefÏû-
roit il ne lui re~eroit que la chofe acquife
ou le fouvenir de quelque ptaiïtr paiîë iit ne
verro't plus en imagination ta faculté d'avoir
tout ce que t'on peut fe procurer avec l'argent.
L'avare <re réfute tout il ë~ vrai mais
chaque privation devient un bien pou~ lui il
lui fait des facri~ces auvent coûteux peut-
être mais c'eA le propre de toute patHon do-
jmiMnte, d'immoler toutes les autres à l'objet
Qu'elle chérit il fait bien qu'on le méprife (i~);
mais il s'e~ime affez à la vue de fon coSre
~U'il regarde comme fa force comme ïbtt
ami le plus ~r, comme fenthrmant ce qui)
peut lui procurer dès avantages qu'il ce p6ur-
roit attendre du re&e de la fociet~. Il e~t fans
compa~on, parce qu'il e~ ~ads béfoins ou
du moins, parce qu'il a le pouvoir de leur im-
pofet 61eace, il n'aime perfbhhe parce ~ue

(ï6). ~M/
j~f domi
Fo~a~ Mf ~M~f
<<C MMW~MC~CM~fM~O~
?)<&< ~/<M~
M Ot~.
HotL~T. tATÏR. I, Ht. VjERS. Ï-r StQ/
c
fon argent abiorbc toutes les alléchons, il
refufe le néceffaire à fa femme à fes enfants
à fon domeftique parce que le néceffaire lui
parcît du fupefflu il eft tourmenté par des
inquiétudes, mais toute paffion n'eft-elle pas
agitée par la crainte de perdre l'objet qu'elle
chérit le plus ? tî n'eft ni plus heureux ni plus
malheureux que l'ambitieux qui ~e tourmenta
$<: qui craint de perdre fon pouvoir, que
l'amant jaloux qui fbupçonne Ja fidélité de J~
msître~e que i'enthouua~e de la gloire qui
craint qu'elle ne lui échappe il n'e~ point
de pamon forte qui ne ~bn agitée, & qui
n'excite par intervalles de )a honte &L des re-
mords mais ces Sentiments pénibles font bien-
tôt e~acés parles illufions que préfente à l'ima-
gination l'objet dont on eft bien fortement
enflammé.
Ainfi l'avare eft malheureux, fans doute,
par les tourments de fa propre pamon, Se
par l'idée des effets qu'elle produit fur les au-
tres non-feulement il les prive de tout, mais
encore il eft capable des actions les plus
baf!es pour affouvir la fbif qui le brûle fans
relâche enfin dans l'excès de fa folie il eft
capable de fe pendre après avoir p~rdu ton
or, parce que cette perte le prive du feul objet
qui l'attache à la vie.
L'avarice eft comme beaucoup d'autres,
~ne patEon exclufive qui fépare l'homme d<<
la Société. Ce feroit une erreur decrotre que
l'on eft avare pour d'autres un père de famille
prudent Se fage ett économe fans être avare i
ii fcGite à fes goûts, à fes laniaiues il te prive
des choses inutiles il diminue Ces dépends
pour faire un fort agréable à fes enfants: mais
l'avare e(c perfonnel ce n'eH: jamais par Faf-
fe~ion pour d'autres que l'on fe charge d'une
pamon infupportable pour ceux qui n'en
font pas p!?inement infères. Nous voyons
tous les jours des hommes qui fans avoir
d'héritiers fans aimer leurs parents ~ant
deûein de faire jamais le moindre bien à per-
sonne ne fe permettent pas d'ufer de leur
fortune immenfe vivent dans une véritable
indigence, &C jusqu'au bord du tombeau
ne ceffent d'accumuler des trésors dont ils ne
feront aucun ufage (17). Les vrais avares ai-
ment l'argent &C pour lui-même & pour eux
ieuls ils le regardent comme un bien féet,
$<. non comme la représentation du bonheur
-y
ou comme un moyen de l'obtenir. L'homme
Sociable & raifonnable regarde l'argent uni-
quement comme le moyen d'obtenir des joui~
rances honnêtes, & l'homme vertueux ae
2

(ty) J~Mt~~f 'U~«W/<!f<MMt ~f~WM« ~M~OHM


M 'U~M f~f< /'r~< ~r~NOMM ~<-U«B~.
JUVMtAL~ tAH&.XI!, Vt&$.;0, ;I.
connoit pas de jouinance plus vraie que de
faire des heureux il eH: bienfaifant & libérât,
parce qu'il fait que c'e~ dans l'exercice de I?
bienfaisance que connue tour l'avancage de ta
richelfe fur l'indigence ou fur la médiocrité.
Le fils d'un avare eft communément prodi-
gue il a beaucoup fbutïert du vice de fen
père &C dès-lors il fe jette dans t'extrêmité
contraire d'ailleurs, ce pere, en lui refusant
tout, ne lui a pas permis d'apprendre le bon
ufage qu'on peut faire de fon bien. Le pro-
digue fe croit estimable en fe livrant à une
autre folie.
La prodigalité e~ le vice oppose a l'ava-
rice. Cette paflion fondée fur la vanité
confie à répandre fans mesure & fans choix.
les biens de la rbriune, ou à faire de fes n"
cheffes un ufage peu utile & pour foi-même
8( pour la Société. Le prodigue n'cê point
un être bienfaisant c'e<t on M~en~e qui ne
connoît pas le véritable u~-ge de l'argent
qui ne refufe rien à ~es defirs les plus déréglés,
qui veut s'iHudrer par des dépenfes dépourvues
d'utilité ou par une forte de méprisf anfec~é
pour les richeffes dont l'emploi devroit
faire tout le prix (i~). Céfar donnoit au

( 8) N< ~Mt*M~~ MM~~M~ ? J~M~M ~f.t~M ~M


Ho&AT. SAT~R. t HB. 1 ~M. 7}.
peuple Romain des fêces qui lui coûtoient
des millions de (exerces ces prodigatités y
faites pour fervir ~bn ambition, n'avaient pour
~ut que de corrompre de p!u!! en plus un
peuple déjà vicieux &C corrompu. Les prodi-
gatites de Marc-Antoine & de Cléopatre
qui îa~bient dittbudre des p9rie< d'un prix
!mnften<e pour les avaler dans un fepa~
t
Soient vraies folies produites par
de Hvre~
de ropu!ence.
La p~digatité dans les princes que l'on
j~écore couvent du nom d<: bienfaifance, n'ctt
qu'une tbib!e(!e très-criminelle les peuples
~nt forcer de gémir pour tes mettre en état
de iat fatisfaire. U" fouverain prodigue ett
bientôt obtigé de devenir un tyran il eit
eruet poaf <bn peuple pa~cc qu'il veut
~'Mt~aMf ~es coum~ans qui i'enrourent Ce
<~M wh, Mmdi<
tti,. ,iI.~¡~, taft d' ¡,qu'it
qu.Une fon peuple,
voit pasfo`ta
nevoit peupie~9
eC a$ t'e~ <bucie gu~re on a <bia d~ t'em-
~~r
ttt~MtNîM
d'et~odre tes munnufM du vutgaife
tBC~FMC." binfll",lIf.
B~ doac
doltc tue que de piller
être Mentat~an~ qUI!
ht ~c! to<tt eHtMM pour ennchrir les plus
!<MMt!~ ou !es p!us nuiMbies de fes membre
JLe< pfodigaHtea de Néron Ct d'Héuogabate
~t~at des outrages impudents faits à la
pM<e?e publique.
X~ pKM~ue <e fait tort à !ui même par-
~au fmae~ & fortune U ae ïm refte guère
de reffources chcx fes amis inconfideré
dans fbn choux, il n'a communément ré-
e
pandu ~es largeffes que fur des flatteurs des
parantes, des hommes dépourvus de mœurs
&. de Sentiments, fur des ingrats qui croient
l'avoir (umtamment payé par leur baffe corn'
plaisance &. leurs lâches flatteries. U n'y a
que l'homme fage qui tache ufer de la for-
tune l'homme vicieux, vain &L frivole ne
~ait qu'en abufer.
L'avare Se le prodigue ont cela de com-
mun, que ni l'un ni l'autre ne conno~ïent
l'ufage des richeSe: qu'ils defirent également.
L'un eft avide pour amaHer, l'autre e~ avida
pour dépenfer tous deux, quand ils te
peuvent, montrent une égale rapaché qui les
rend injures & criminels tous deux ne font
ni aimés ni efhmés, parce que l'avare ne ra~
du bien à perfonne &C que te prodigue
n'oblige que des ingrats. L'avare :pour.
s'enrichir lui-méme le prodigue vote ~C
fraude Ces créanciers, il Ce ruine & B'enn~hit
que des frippons & des gens méph~abtes 1
qui feuls favent mettre ~bn extravagance à
profit,
C H A P 1 T R E V.

De l'ingratitude.
JK. t N
« a dit un ancien, ne vieillit ptut
? promptement qu'un bienfait (:y~. M H
n'e~ pas de vice ptus détectable, pourtant
plus commun que l'ingra~tude. Platon le
regarde comme renfermant tous les autres
il connue dans l'oubli des bienfaits & quc!<
quefois il va jusqu'à faire haïr le bienfaiteur
Rien de plus odieux, de plus injufte de
plus lntociable, que cette difpofition erimï~
aeU< e!te rend celui qui s'en trouve coupable~
en que!que ta~on l'ennemi de lui-même
d'ailleurs elle ne peut manquer de lui attirer
la haine de toute la Société chacun <ent en
e~et ~ue l'ingratitude tend à décourager !e<
ame< bicnfaMantet, à bar~if du commerce
~e la vie la compaMton ta boH,te, la libéra*
)ite, te defir d'obliger qui font fes piu<
doux liens. !i n'eft donc point d'homme qui
ae ~Mt per~bnaeltement tntcreue partager à
(ï~) Ua ~~pagoo! a dit au<n celui i oui votM don-
M eN:, jt'~crit ~tt le ÏaMe & celui qm vous ôtex
t'&Mit <&U't'MMt.
l'inimitié que t'en doit aux ingrats. Méconnot-
tre les bienfaits qu'on a reçus annonce un<?
infenfibilité une inju~ice,une folie, une
jâchcté farprenanies haïr celui qui nous a
<hit du bien indique une étrange férocité.
Si tes hommes réunis doivent fe prêter des
recours mutuels quels motifs leur rer~era-
<-i! pour exercer leur bienvemance, tor(qu'itx
auront tout lieu de craindre qu'ette ne <bif
payée que par t'ingratitude Bt la haine ?
Quelque dé~tMérenees que l'on (uppofe
la bienveillance la générouté, la tibératité y,
ces vertus ont néceifairement pour but d'ac-
quérir des droits <ur les cœurs de ceux que
l'on oblige. Nut homme ne fait du bien à
fon fembtabte en vue d'en faire un ennemi p
le citoyen généreux en fervant fa patrie
ne peut avoir le deffein de fe rendre haï(!ab!e
ou méprifabte à {es yeux quiconque fait
du bien, s'attend avec ratfbn à la reconnoi~-
fance, à la tendreffe, ou du moins à l'équité
de ceux qu'il diftingue. Lors même que la
bienfaifance s'étend jusqu'aux ennemis, celui
qui t'exerce a lieu de fe flatter qu'il défarmera
leur haine, & qu'il en fera des amis. Les
prétentions à t'afte~ion Se à la gratitude
font donc luttes &( fondées elles ~bnt les
motifs naturels de la bienfaif~nce &. ces
mêmes prétendons ne peuvent être frunrées
fans ioju~ice &C fans folie l'ingratitude eft
ri révoltante qu'elle c~ capable d'anéantit
t'humanité au tond des cœurs ~cs plus hoo<
nêtes. 1
Obliger des ingrats, faire du bien à de$
êtres injures, (erott, dit on la preuve de
la vertu la plus robu~c de la magnanuntt~
la plus mervetUeu~e de la généroitté la plus
farM peut être fouvent de la piu< grande
fbtbte~e. Mais peu d'hommes font eapabtet
d'un dé<ïntere~ement<i parfait; il ~uppo~roit
un enthounafme peu commun une ima-
gination auex téconde pour <e dedommaget
par eUe-méme de i'inju~ce des autres. Tout
homme qui nous obnge annonce qu'H veut
acquérir fur notre aiMion St notre e~ime
des droits que nous ne pouvons lui refufer
fans crime il nous montre évidemment
qu'il nous veut du bien qu'il s'intére~e à
ttous, qu'il eft à notre égard dans les di~poR-
Moas que nous defirons BatureHement de ren''
contrer. Ainfi quels que Soient fes motifs s
nous ne pouvons nous dt~pen~T d'accorder
du fetouf à quiconque nous témoigne de i'in.
térêt, de !a bonne volonté.
D'après des vérités faciles à Sentir, n'e~-it
fur
pas furprenant de rencontrer tant d'ingrats
la terre? Néanmoins, piu~eurs caufes <em'
blent concourir pour les multiplier. L'orgueil
& la vanité paroitfent être, en générât, ie$
vraies ~m'ce< de l'ingratitude. On ~rfait <ba
propre mérite, & chacun alors regarde te!
bienfaits qu'il reçoit comme des dettes cha-
cun croit trouver en foi la raifon ~um~ante des
Services qu'on lui rend, Se n'en veut avoir
obligation qu'à lui-même. D'ailleurs on craint
les avantages que l'on peut donner à ceux de
qui l'on reçoit des bienfaits on appréhende
qu'ils ne Soient tentés d'abufer de la Supério-
rité ou des droits qu'ils acquierent on t honte
d'avouer que l'on dépend d'eux, ou que l'on
a beifoin de leurs fecours pour fa propre féli-
cité. En«n, on craint qu'ils ne mettent à leurs
bienrahs ua Ii haut prix, qu'on ne pui<!e !e<
payer. On a très-bien comparé les ingrats aux
mauvais débiteurs, qui redoutent la rencontre
de leurs créanciers. Enfin, i'envip, cette pa~on
fatale qui s'irrite même des bienfaits qu'elle
reçoit, Ce qui rend injufle & cruel envert
ceux que Fon devroit chérir BC co<)(idéref $
devient couvent la caufe de la plus noire
ingratitude.
D'un autre cône, fart de faite du bien,
coneme on t'a fait remarquer en parlant de la
bienfaisance, ett inconnu du plus grand nom-
bre des hommes il exige une modeftie, une
déUcateCe, un tac~: fin qui puiHent raffturer
l'amour-propre de ceux que t'en oblige, Se
dont on veut méritey la gratitude cet amour-
propre eti fi prompt à s'allumer, que le bien-
faiteur a besoin de toutes les fe~ïources de
t'écrit
l'esprit pour ne point oSeo~er les perfbnnet
qu'il a deffein d'obliger. Les orgueilleux, le<
hommes vains, impérieux, fastueux pro-
digues, ne connoiuent aucusement l'art de
faire du bien aunt font-ils communément
des ingrats il n'y a que les personne' <en-
(ible<qui fachent obliger. En faifant du bien,
l'orgueilleux ae veut qu'étendre fon empire~
augmenter le nombre de &s e~clavet, leut
à chaque infant <bn pouvoir Bt fa
montrer
~upériûrité. L'homme faftueux ne veut que
faire parade de fes richeuet ou de (on crédita 0'
répand indininaement les faveurs pour
augmenter fa cour. Tou~ ceux qui, en fai-
&nt du bien, ne cherchent, qu'à multiplier.
e<clave<, de<
autour d'eux de< flatteur<, des
youeM de leur< faniauie!, ne doivent guere
t'attendre à beaucoup de reconooiaance ce~
homatet abjecr! croiront toujouM t'être plet-
~emeat acquttté~ par teur< ba~e~ïe~ &L leurs
~te< complai~nce!. Il n'y a que ja vertu mo-
dèle qui pwae t'attiret la c~nRaM~ des a~e~
honaêtet vertucM<ei M c'y a <~ tes ames
de cetK trempe qut &)Mfnt véntaMe~eat
te€onno!<!ante<.
H eft rare que les grande Meheat vérttaMe~
habituét
ment obliger ou faire du bien peu
te contraindre, ils obligent avec hauteur,
S€ demandent fouvent des fa,crifices trop
~yeurt. RM~
coûteux
Tome
en échange
)MtCUx e0 C~HaUg~ <
de lenr<
t<'Mt~ *~–
am-
––~–
de ptus crue! pour une âme honnête, que de
M pouvoir aimer ni e~imer ceux qui lui font
du bien, Bt que d'être intérieurement forcée
de les haïr ou de les mépriier. Comment
s'attacher HncéremeM à des hommes qui,
par leur cooduKe altiere & leurs procédés
humilMOM preaaeat ~M« de di~pen~er d'a-
vance toiM ceux qu' ob~geat d~ ta recon-
aoi~ance que ceux-ci voudf~ient femir pour
eux? E<t-~ uBe poëtt~a p~ a~reu~e, que
@e~ d'un fils hte" né que la tyraome d'un
père force à 8e p~MM aMO~ ï'auteuf de <€<
jours celui à qui ~a ceeuf voudroi< pouvoir
montrer la gratitude la pius tefMire, l'atta-
chement le pïus ?f34T Les îyraa< de toute-
tfpece ne peuveot :atM que des h~at<.
D'un autre coté, !e< p~eeet, te< ttchet &
Ïe< graadt de t& tef~e & trewd~at ~diBaite-
meot coupables de ta phM ao~e ~M~tude
~vé: au de~M de< aut< ~a~aed
que per~nae 00 peut 4e< oM~ef, ~e mtt
homme n'eâ eM dfOM pe~f a pu tetMf
fen~e dë< fervices a~ez ~aed$ pout méritef
4e ïeuf pa~t de h MC<WtoM!aMt€e. Eatourét
de fycophante~ 8& dt: ~asteuM, v~M ~e~ voyez
di~po~ à Cf~fe q~e tow: ïeur eft dû, qu'ils
M font )am9t< ea te~e avec ceux qui te< ~e~-
vent qu'i~ ne dotweBt rten a per~baBe, que
r<avantage de te< &r~r eft un hoaMur a~ez
~~d, pou~ têt di~€B~ de~ ~ntMMRM
du'ils exigent des autres. Les tyrans, toujouM
inquiets tâches, font prêts <ur les moin-
dres (bupçons, à payer les fervices par la
disgrâce, & fouvent par la mort fio). D'ail-
leurs, tes fervices édatants donnent à ceux qui
les rendent~ un !uttre capabte d'aHumer les
ames retrécies de ces orgueilleux potentats
ils font communément aitcz petits pour être
jaloux de la gloire acqu~ par des c::oyeM
que leurs grandes avions femblent mettre au
niveau de leurs fuperbes maîtres i'envie ne
permet jamais aux tyrans d'aimer itacérement
les hommes qui les etraccot.
C'eu:, com'se Bous verro"§ bientôt, à la
crainte de la (upériorité, à l'envie qu'ex-
citent les grands tatents, que <<Mtt does cet
marques revo~ante< de la plus noire ingrati-
tude, dont de~ peuples emMfs <bat rendu

Cio) te SttttM <<t~t ï! 6c tHoadt Atbmatâ <oa


VtNt, qui <voM t~tré fa tM~oe, <t <:o~~d~f~'ement
~Modu <oR etn~K, ptrce que, c<Mnt)M ce ~ce ea
convenoit ttumeme, ~/<ftrMii«~f<M'~<
<<< f<f~eMfr< <<<?Mt~Mf ~< /<m/<Mt ~«'~
~c
~w~. Parttnmonf~mMtbte, CtUgutaStpénrMactoa
A qui tt étoir redevable de t'empite. TtbcM ayant a~~
MHtta~
que t'.mBMre Lenculus l'avoit par fon tc&tmcnt
A)n héftner, lui envoya des fttettitet pour le tuer,

<
afin de jouir de <a fuccetlion. Louis XI, qui s'y cott-
eot<ton tvott coutume de dire que
~M~/oM~
~~<t~~< M~"
coupables envers les magiftrats 5c les cher.
qui les avoient fervis le plus utilement. Les
républiques d'Athenes &. de Rome nous four*
Relent des exemples mémorables de l'injuûice
des nations envers leurs plus grands bienfai-
teurs. Les hommes en corps ne femblent
jamais rougir de leur ingratitude. Celui qui
fait du bien au public, n'eit fouvent ~ecom-
penfe par perfonne.
C'e~ à l'envie toujours fubn~ante que l'on
doit attribuer les injullices fi fréquentes du
public, pour ceux qui lui ont autrefois procuré
les plaisirs les plus grands, les découvertes
les plus intérenantes voilà pourquoi les
hommes de génie furent en tout temps per-
sécutés punis des fervices qu'ils avoient ren"
dus à leurs contemporains, rbrcés d'attendre
de la postérité, plus équitable, la récompense
&. la gloire que méritoient leurs talents. Le
public e~ compose d'un petit nombre de per-
~bnMS juf~es, &L d'une foule immen~ d'êtres
injures y lâches envieux que les grande
hommes omtfquent, &L qui font tou~ Ieur<
efforts pour tes déprimer.
Faut il obliger des ingrats ? Oui il e~
grand de méprifer l'envie il faut faire du
bien aux hommes en dépif d'eux il faut ~e
contenter des furfrages des gens de bien il
faut en appeller de ~es contemporains ingrats
à la poterne, toujours favorable aux bienfa~
teurs du genre humain. Enfin, au défaut des
applaudiffements &( des récompenses qu'il
mérite, tout homme vraiment utile à ~es fem-
b!sbles, :out homme généreux trouvera dans
les appiaudin'ements de ~a propre confciencc
ic cataire le plus doux des fervices qu'il rend
à la ~bdété. L'in)u~ice & t'ingratitude des
hommes réduit fouvent la vettu à fe payer de
propres mains.

CHAPITRE VI.
p~ r~ ;~o~ ~4

JL'' E Mv t E, ce tyran acharné du m~rhe,


des <a!enM, de la vertu, eft une dt~po~noo
!n~bctabte qui fait haïr tous ceux qui pooedent
des avantages des qualités eftimables.
La jabutïe, qui tient beaucoup A l'envie
a~ l'inquiétude produite en nous par l'idée
d'un bonheur dont nous fuppoton' que les
autres joui<Ient, tandis que nous en ~omme&
privés nous-mêmes.
L'orgueil eft la fburcc de. l'envie l'amour
de préférence que chaque hommes pour j!bi,
hti fait haïr dans les autres les avantages
capables de leur "donner dans la. Société nne
~péfiorité que chacun dedreroiï pout lui.
même. « Ceux, dit bophode, qui infuirent
» les grands hommes 9 Semblent ne point
» faire de mat ils ~bnt ~urs de s'entendre
» app!audir. M iout mortel qui fe fair remar-
quer par des talents du mérite du bon-
heur, du crédit, des riche~ïes, devient l'objet
de l'envie publique chacun voudroit jouir
prérerabtement à lui de tous ces avantages.
On porte envie aux princes, aux grands, aux
riches, parce qu'on fait que ieur pouvoir §e
leur fortune les mettent à portée d'exercer
un empire que l'on voudroit exercer en leur
place &~ dont on fe Batte que l'on feroit un
bien mciHeur ufage.
La js!oufle au eontratre jfuppo~e une
idée baue de foi-même, une absence des
avantages ou qualités que l'on voit, ou que
l'on Jfuppofe exiger daM ceux dont on e~
jaloux. Un amant eft jaloux de fon rival
parce qu'U craint de n'avoir pas aux yeux de
~a maitretre autant d'agréments que celui qui
cau~e Ces inquiétude' Les pauvres <bat jaloux
des riches parce qu'ils jfe entent dépourvuo
des moyens que ceux-ci peuvent employée
pour obtenir tous les p!ai~ft dont les pre-
yniers fbt'nr privés.
L'envie <t la )a!ou<!e fbat des ~numcnrs
p3ture!s à tous tes hommes., mai$ que pouf
fon propre repos pou!- le bien de la fbcié!e
un être ~ci$bic doit foigneuïement Teprimer.
~envieux eft celui qui n'a point apprn &
combattre & à vaincre une pa<!ion aveu~ïe
auHt funeAe à lui-même qu'aux autres. La vie
jfbcia!e devient un tourment continuel pour
un être aniigé de cette panton mathcureute
tout devient à fes yeux un ~pectacte déchi-
rant il n'e~: point d'avantager obte~MS par
quelqu'un, qui ne poMent Hn c~Hp nrt0fte~ a
l'envieux. L'opulence <te <e< cocettoyeas le
dé<b!e leur é!évatton nrnte k~ réputation
M bÏe~e les é~get qu'on ie~donae ~bot
des coupt de poig~Mi ta ~!)tc <ï~ ac*
quiereat le met au dé&<po<r; e~ M~ mot, it
.n'e~ point de paix pour i'hotnme aSez mat
.con~rnae pour s'irriter ae tous jtes bieo< ~'i~
<~t arriver aux autres s'ii veut Ce ~u&trau~
au fpec~acte dé(b!ant de la félicité pubM~ue~
n'a rien de mieux à faire que d~ ~uir pOuf
~H<Md<.
~<~Mf ~n propee coeur dMS une a~renGt'

jL'eov!e e(t ua &a~meat hon~e~ qu~ a'o~


<e taamrer, parce qu'ti M<~eMM t~< ceux
qu'~nr <? Mndtoit tetnoia<% $M~ &it-~
~che~ fous une in&aité de (bt~iv~t~
~u~ hotnme a'o~e co~veaif qu'i! porte envie
aux autre< ia pa~Son <e ma~ue <oM< le nom
~'aa~w du bien public, quand ~Me veut
réprimer ceux qui lui déplaire M aioM eUe
s'iadtgMe à la vue des places émineote<,
accerdées des hommes d~pourvM de m~-
T <
rite elle gémit de l'opulence qu'elle vo~
entre ks mains de gens peu faits pour !a
pofféder prétextant un amour pur de !a
vérité e!ie va fouii!er dans les Secrets des
cceurs, pour donner des motifs odieux & bas
aux avions les plus beUes eUe cherche dans
~a conduite des hommes tout ce qui peut les
rabaiaer elle chérit ta médisance parce
qu'eUe dégrade Ces nvaux.
L'envie tient lieu de Morale à bien des
gens peu ~bte aux intérêts de la vertu ou
au bien deWMété renyieux devient un
lynx quand il s'agit de dévoiief let vices Se
~es défauts de ceux dont te bien être i'onEu<que.
~'envie devient audacieu~, emportée, quan~
elle peut & déguiief fous le nom de xete pom
~t a vertu. l, ¡
Sous prétexte de bpn goût, elle conque
~tns ceÛe, & ne tfoMve ~en ~< bon ette
écoute avidement !es ~arca&ne< & ~e< épi-
~ramtneis; htatUèfte, tà~:M ta p~scrueHe
~bnt pour etie de< àtiments détideux; H<
~pendent qmetquet infants la douleur que
~ui cau&nt le mérite a les ta!enM eUe
adopte &as examen la calomnie, parce
~û'etie ~ait qu'eUe laiae toujours après etie
ides cicatriees, qu'il fera dimcile de <ai~
~itparoître. En un mot la maUgnité,
Méchanceté, la Noirceur <bnt les dignes com-
pagae< de 1'eoyie Faide de~que~s et~
~cu<~t au moins à tourmenter te hiérite, a
<€ décourager lorfqu'elle ne parvient pas à
~étouf~er.
La médi~nce eft une vérité nuifibîe à ceux
qui en font les objets. Le médifant n'ett pa<
un homme véridique, il n'en: qu'un envieux,a
un malin un méchant, dont les difcours n.
peuvent plaire qu'à des êtres qui lui re(!ent-
bienï. S'U n'exin:oit point d'envieux, la médi-
~nce feroit bannie de la fbciété on n'écoute
~a ~édi)(ance avec tantd'empre<!ement, que
parce qu'elle déprime les autres dans Fopi-
pion publique chacun voit un. ennemi de
<notns dans le grand homme que t~on t.ttaque,
ou que la méchanceté veut détruire (u). L<
médifant, dit QuintiH~B, ne ~~r~~Mm~~nt
que par focc~on. Il ne fait du mal par fes
ditcours, que parce qu'il eA trop lâche pour
ea faire par Ces avions.
Le méc!i<&~t en: un homme vain qu! en
févétaot les infirmités des autres ne veut
ibuveat que persuader qu'il ef~ain. D'ai!teurs,
il <e pique d'être véridique tandit qu'i! n'eft
gu'uo hypocrite qui fait un étalage de (enti-
~aeats honnêtes, mais toujours faux, dès qu'ils

(ï !) M~M~M M<f<~f<t MM ~<~ M~? ~f«~tM.


QptN tn.ïn~itut. onttof. Hb. !<«?.
N~. edit. Ct~ncr. Gontng. ï7)< N~4.
ne ~bnt pas accompagnes de bonté d'indu!~
gence, d'humanité. Le méditant devroit être
regardé comme un ennemi public cependant
on i'écoute, &: l'on diroit que les hommes ne
fe fréquentent que pour avoir te plaifir de <e
dire du mal les uns des autres.
Pour guérir les hommes de l'envie Se de la
~a!oune qui les tourmentent, ainu que de la
médisance &: de la détra~ion, il feroit à
propos de leur faire voir que leurs efforts font
muti!es contre le méfite St les vrais talents.
En vain la médisance s'exerce fur l'homme
de bien. Eh ne ~ai: on pasque nu! Morte! fur
la terre n'ett exempt de débuts ? Une in~~e
critique veut-eUe déptecter ies produ~ions du
génie ? Ne <ait on pas que le génie e~ inéga!
ne peut être régulier dans fa marche ? De<
fautes minutieuses ont-elles jamais fatt «~mbef
dans l'oubli les ouvraget ina~oMets de l'esprit
humain ? La c~o~nte veMt~Ue a~c~f ta pfc~
bité? Tôt ou tard riaiquMé déco~vee~ eUe
tourne à Ja coaMon de l'envieux qui Ïa fait
éctorpe St rend rinnoceoce qu'ette vou loit
oppr!m$f ) pÏM aimaMe &c plus ioté''e<!ante.
Qu'il y awoit peu ~'envieux fi l'on ré~échif-
Jtbit combien il y a peu d'hommes vraiment
heureux ou dignes d'être enviés Les grands
font enviés, parce qu'on tes fuppo(e ks plus
contents des mortels mais comment un
homme qui pen& poufroit-i! envier des cour-
~rans perpétueUement tourmentés par une
envie mutuelle par des alarmes continuelles,
desinquiérudet
par des chagrins cuisants, par
au~ iongue: que la vie ? Le riche ett t'obje~
de la ja!ou(ie Se de l'envie du pauvre pour
<aétromperce!ui ci, qu'on lui apprenne qu'avec
le
~ous les moyens capables de fe procurer
~ien être le repos, ce riche n'en met <bu-
(bif de<
yent aucun en u<age dévoré de la
ficheûes, U n'en a jamais a~ez rongé par
!*ambttion, il n'e~ jamais fatisfait de(bn(brt;
~a~a~é de ptai~rs, il ne connott plus aucua
dé~ceuvre-
pnoyen de s'amufer; tangué de (on
<neat, H e~ tombé dans t'eauu;, plus cruel
de tous tourments dont la. nature puine
punir l'homme qui ne veut point travailler.
En<:a, tout prouve a t'indigem taboneux, que
jtba de~&o, qui tui paroït 6 tamcniabte
t'~f~mpte d'~ttt in~nhé de be<om< imagmat-
M<y ~t<M'rigue~, de pe~$ d~<pftt, dont ia
~Md~w t'opulence font &M cei!e a~itéet.
Pour détromper tes aud~eart <av<wMX ou
maUM, du plaifir que lettr c«~ h médi&n~
ce, <!0t!t i<M ~er~troa~ qu~< dotv<Bt étendre
écoutent
qae k même ptttbnnage dont
avidement les difcours maHnt dont &vou-
fMt h< <attres ;mpitoyabte<, ea quMtant la
pom~agnie, va divet4ir à tes dépeM un autre
~erde de gens auu! bien di~po~et.
En6n, pour détromperle médifant tui mémt
du plaifir qu'il trouve à nuire, nous lui repré'
tenterons ia batïetfe du rôle qu'tl joue qui
ne peur que le faire craindre fans jamais le
faire ni aimer ni dtimer. La réputation de mé-
chant eii etie donc bien digne de l'ambition
d'un être fociable. Eft-it un métier plus vil
plus bas, que celui de détateur public N'eA-
ce pas fe rendre complice de (on infamie 9
que de l'écouter avec plaifir ? N'e~-ce pas ~e
déshonorer, que de l'admettre dans <a fami-
jiarité? « Le délateur, dit un moderne, étant
» le plus vil des hommes, déshonore les per-
» fbnnes qui le fréquentent, bien plus que ne
» feroit le bourreau la conduite du premier
» e~ l'e~et de fbn mauvats caractère, au lieu
que le,bourreau fait fon métier (n). » Ce-
lui ci fait du mal par devoir, l'autre en fait
pour ~bn plaifir. Ett il donc un plaifir plus dé-
teflable, que de courir de maMbos eotnalfoM
pour dénigrer <es concitoyens, pour divulguet
les traits qui peuvent leur nuire pour teur
ravir la réputation &c le repos &o< profit
réel pour la Société ?
Le méditant nous d~ra, peut-être qu'il
faut être vrai $t qu'il importe au public de

y-
~tt)
,a
connoître les hommes il ajoutera qu'il ne
médit que des perfonnes indiSereMes, aux-

Voyez l'cavMge Anglois ncmme ~w~ww


J
ruelles il ne doit rien. Mais nou? lui répons
drons que la vérité n'eft utile au public que
lorsqu'il s'agit de crimes, &C non de défauts
Se d'inimités cachés l'homme véridique
n'eft qu'un lâche a~anin, lorsqu'il répand des
frites capables d'anéantir la bonne opinion~
de refroidir la bienveillance de nuire à la
fortune de tes concitoyens i ô~i n'eR guère
porté à faire du bien à ceux dont on a mau-
vat(e idée. Enfin nou~ lui dirons qu'un être
Sociable doit même aux inconnus, aux in-
diSërentS, aux étrangers, des égards &C des
tnénagements & qu'en y manquant M donne
au premier venu le droit de le dénigrer lui.
même Se de divulguer &§ recrées. En: il un
homme a<tex vain pour te flatter d'être fans
déiauts ? S'il n'e~ personne qMÏ con&nte que
fes rotbIeSes roient expofees, H s'enfuit que
Bous devons couvrir celles des autres.
Sous quelque point de vue qu'on envMage
~'atédi~ance, elle eft Mès~CoMdamnabïe pat
les ravages les inimitiés, les queretîes qu'eilé
produit à tout moment. Eite cau~e beaucoup
de Mat Se ne fait aucun bien on haït le me*
disant, quoique la médisance plaide. La mé~
dKance e~ fille de la haine, de l'humeur, de
t'envie Se de 1 ohiveté. Elle n'a point à Ce
glorifier d'une origine fi méprifable. Levuide
de t'écrit, l'incapacité de s'occuper le dé~
~Buvr&meat aluuente ce vice odieux faute
de pouvoir parler de chofes on parle de per-
sonnes. Rien de plus utile que de (avoir fe
taire le befoin de parrer eft uo des grands
~ésux de toutes les fbcietes.

C H A P Ï T R E V IL
Pu fMen/on~, de ~~dtM~e, r~pocr~,
de la calomnie.
JUA
parole doit ~v!r aux homme$ pour fe
communiquer leurs penses, pour Ce prêter
des accours mutuel P~être utiles,
trao~nettre !e~
vérités qui peuvent kur non
pour Ce détruire rectproquement (e trom<
per. Le menteur peche cotnretou%ce$devoir<,9
& par con~ue~ Ce re~d ~MM~~ <e! a(!b-
ciés. Mentir, c'e& parler coa~e pen(ee
c'ett induire te$ autre< es erreur; c~violet
les conventions fur !eique~s e~ fonde ie com-
merce du ta&gage qui de vk adroit très-fu-
ce~e les hommes ne s'eH ~ervoicat que
pour s'abuser les uns les autres. Dirons donc
avec la ~anchi~e de Montagne « en vérité
M le mentir eft un maudit vice. Nous ne
les uns
» Commes hommes S( ne nous tenons
? aux autres que par
la parole fi nous en
» connoi~ons l'horreur & le poids nous
1<!
poursuivrions à feu plus jugement que d'au-
~) très crimes (13). » Ariftote dit que
~r~-
compcn/c du menteur eft Je n'être point cru
quand yneme parle vrai.
Tous les moralises font d'accord fur l'hor-
teur que doit infpirer le menfonge ceux qui
en ont contrite la matheureu~e habitude
perdent toute confiance de !a part des autres;
la parole leur devient, pour aiau dire, inutile.
En effet ce vice eit bas Se fervile il an-
nonce toujours la crainte ou ta vanité l'homme
de bien eft fincere il n'a rien à craindre en
Montrant la vérité qui ne peut que lui être
àvantageuife. Les enfants S( tes valets font les
plus (ujets à mentir, parce qu~* leur conduite
inconsidérée les expofe fans cène à des cor-
félons défagréables. Apollonius difoit qu'il
n'appartenoit qu'aux enclaves de mentir.
Les Pejrfes, félon Hérodote notoient les
menteurs d'infamie tes toix des Indiens,
fuivant Phitoftrate, voutoient que touthomme
Convaincu de mensonge rut déclaré incapable
de remplir aucune magistrature. Cette infamie
attachée au mentbngefubfHtc encore parmi
!es nations modernes chez lesquelles un JJ-
menti eft réputé une inculte fi grave, que l'on
le croit obligé de la laver dans le (ang.

(t}) Voyez <~<~ de A~??f.~K'f, uv. I, chap. y.


Suivant nutarque,Ep<fnctu5 avoit coutume
de dire que /(~ menfc~b~t~ c~u~ ~cfou~
Ics cr~nc~ ~ccufnfnt:ff<;n( ~71~ le rriorilc (?.
Il a rai(bn fans doute l'erreur & 1 impo~ure
font les Sources fécondes <je toures ks cahï-
mités dont le genre humain eit a~lige. Indé-
pendamment des erreurs qui font dues à l'igno-
rance des hommes il en e~ un grand nom-
bre qui leur viennent des menteurs qui ont
pris foin de tromper leur crédulité, pour tes
~bumetirc p!us fûrement à leur empire.
Un tmpofteur s'élève en Arabie Se. débite
au nom du ciel des menfonges qu'il parvient
à faire refpc~er d'une partie de ~cs conci-
toyen? bientôt ces :nen~bng*s, devenus Na-
cres fe propagent par le fer dans l'Ane
FAfrique & l'Europe ils autori)fent des fana-
tiques ambitieux à conquérir toute ta terre &C
à l'arrofer de fang. La loi de Mahomet s'établit
par la violence., elle renverse les trônes, c<.

~ur les ruines d'u monde établit !a tyrannie


mufu!mane. C'eH: ainfi que des menteurs
forment des frénétiques qui fe font un
devoir de troubLer l'univers des hypocri-
tes, qui cherchent à profiter des malheurs
des hommes des tyrans qui enchaînent
les peuples S(. ies obligent contribuer,

~14) V"y*z jP/M~r~f ~~K'~ les .«'~ ~c~f~ < Z.<


~c~c~
aux
aux dépens de leur vie à ieu.s injures pro-
jets.
Parmi les moyens de tromper les hommes,9
il n'en e~ point qui ait produit, dans tous les
temps, de plus grands malheurs que la flatterie.
Diogene difoit que le plus ~~ereuy des ani-
FTKïMx y~u~~gd
c' meJ~ftt &' <tnt-
m~u~ pr~~ i c'~ ~dtfeur.
On a bien défini la flatterie en difanc
qu'elle e~ un commerce de menfonge tonde
d'un côté fur l'intérêt le plus vil, & de l'autre
fur la vanité. Le~ rtatteur e~ un menteur qui
trompe pour <e rendre agréabte à ce!ui dont
i! a le projet de ~duire la vantté. C'cA un
perfide qui lui plonge un glaive enduit de
miel (~). Qui yo~~jttc, vous hait, a dit uri
fage Arabe (K$). En etret, tout flatteur eft
forcé de s'abaiffer devant le fot qu'il encenïe
c'eft une hnmiliation qui doit coûter à fa vanité
doit haïr mépriser celui qui le réduit à
s'avilir. Les princes & tes grands te trompent
lourdement quand ils <e croient aimés des
hommes vi!s qui les encourent. Personne na
peut aimer celui qui te dégrade. NonobUanë
la banene de convention à la cour, nul flat-
teur n'eft au'ez intrépide pour ne jamais rougir.

(l~) ~M/~<e ~e~~«f ~~<~<M~. HtHRON.


(i<.) Voyez SENTENT. A&AJ<. IN GKAMM. ËR.PXNM.
Tome I. V
« Lw ~MteHe dit ChaM~oa, e~ ~ife que
le faux teoMtgoage il ne corrompt pas, le
)M~ ne ~ue te ttOHap~f; wu Meu
~ue Ïa ~Mef~e cc~o~ !e t<~fm<mt, ea~
<chMte !'e<p< & tè<~ ~«cce~BMe à ht
ve~ (i~). ? Ta~ <~ ~ocM M <oat
m~ a~M ~BM de eûa~oee, ~M ptMe qu*~
font eatoufe: de~t~M$~ teard~ot ~'M<
&MK tie~; ~w te~t ~eM â~M iMwteex ~ue
foo bêa~ ~~)~è~$ ~~e~ CM~Mer
~M« ~ft~wà dotMKn' a<t Nb<~ COM~ è toutes
t~v ?<?<<?.. AiaS~~t~'ê~MM .pub~
pa~c~~Bt~ M~~~titM ~e~a~

<
~n<
~M p~~beuMa<e$
~~oce~ d@<Tes~~$ ~~M~ ~ftM
~w$Mteu~
~ttpMe$ d~e)S< AeaMt
~1M~ p~e<~
Ë' <~o~ ~'(~))~<
J~
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~W~~e' ~à~ <<~)W~


~<S~~

$.@< ~eM~~<.
-MK <~M<nw t~
jB~ ~~et ~u~M <dM

9M~<~ ~MM~et êM~<K aaN~ïe, paMC


~o~ o~ ~<o~ eB~iM d'of~eâ~ de va-

~yy~~a~T~, ??,
à~, de bonae optaioa d'eMX-metne*. RÏett
<

de p~< rare que ceux qu! ont ta pMtdeccë


ou ~a fbfee de fé~er aux ptegéa des Ra~eûfs -9
<~acuo adopte la ~attene, Ohême en t~con-
itûMËMt qu'eUe eft un pu~ n~e~a~; chacun
~M, avec Térence je J~N &teM ~Me M ~ent
<M<M< «Mt<taM< ?<<??', tM Ht~ ~M~
jt~~ (t$). UnpoëNKé~ebfe a~are a~c rai-
&n, ~e « p~bm~ a'eâ en~MnteNtiaac-
~te è !a aaKèfte,deet qoe6M~
ï~m ~aïte unt
tomo~e ~i montfe ta Ëatt- aux
è MCM t ea~e $oMaetdehaïf !a <!aKe~ê (i~).
~'M<en~ éo~~e~ee' -M'ojOMM' p~' aVeû-
~et homs~. Bs ~Ks~~a~ee !ë
tea ËMeeu~ <Mt~Kpav te ~a~ iM af
~4~aco~pa~'aMX~t~t
jte ~o~e~&iae~~éN~dte
~t"oat
t~ ~a'iit ~a~~ p~e~ ~aM~
~e~ <Më@ a~aet êc~Me ~a~~
~~ia~buM~~~a~~o~
~iMM~tt~s~ ~al~°' ~t a- tw~
~~Mt ~MM ~M Mêa~ ~m~po~ ~Q~ eé~
~*M$ veoteot atttfeî dans leurs p!eg<s. « S~

~) <)M~M< D<tW t ~f< ~MM!)t, ~~M~


TjmM<t
~~SM~MMtâtMg&Ued'OtheHo.
e tu ne reconnois pas en t<M, dttDémop~Ue~f
M des choses eflimables fois aNuré que les
? autres te flattent. M
On a très-cément remarqué que les tyrans
tes plus déteûés, ont été les plus Aattés:
n'en Soyons point Surpris. Les princes les plus
méchams font communément les pius vains i
les plus ombrageux, iesptus à redouter ainC
la crampe, venant ~e ~o~~e baCe~ïe, la
pou<!e au delà de toutes ies bornes eUe n~
peut aller trop lotn quand il s'agM déplaire à
un tyran, qui eA pour t'or<ttM~e & mé'cbaM
& cupide. La Ratterie aej&M qu'éao~gueMUr
la ibtti& & donner de l'audace & la perve~
Cté c'~ dit le mêno~ po«e, j~<f< M~ ~f~nJ
mal aux yb« ~M<! app~Mjtf ()<>)'
La batterie la plus baCe la plus &rvMe~
la plus fade, oe révehepas ua e~pm ret~ci l
mai< il ïaut à l'homune vain~ qMod N a quel~
quepudem, une RatteHC plut déliqtte, il
lui &ut un poifbn prépara par des mains plu~
habiles une batterie grotrere eBEtroucheMM
& vanité. Tibère hauCbit les épaules à la vue

(;o) Voyez ~~G~< otMMw, D~<«M.


Dtoo Ct~on, ejMtMt de S<j<m, Mm~rque que plus les
hommes fbM ton o<t depom-vm de mérite, & plus i!<

€~ t
foot affamés de ~merte de ~bumiHioM. Vid. Dion.
hiHor. in. Tibcr. hb. ;B, ct~. s pag. N7~.
des bagnes que des Sénateurs mal-adroits (3 ï)
empioyoientpour le flatter. LemêmeAteMB-
dre, qui pouffa la folie ju(qu~ vouloir fe faire
pa(ïer pour un dieu réprima quelquefois tM
flatteurs qui lui offroient un encens peu deli-
cat. L'adu!at<ot) e~ défagré9bie, quand eUe
annonce tMp de ban'ene dans celui qui la
pfodigue. Les perfonnes les plus fennbtet à
la Ratterie n'en tbnt que peu ou point tou-
ehées quand elle, part d'un homme qu~e!te<
font forcees de mépriser il faut, pour leur
pta!re que le flatteur annonce quelque mente
& ~T-tout qu'il anfe~e de la nncénté nul
homme ne peut aimer des flatteries dépouf'
vue< de wra!Ïembtance on veMt qu'elles aient
su! moins quelques lueurs de vantés.
Que! qu'H en <o!t, la ~atter!e annonce tou-
~UM ba~ene dans celui qui ta prodigué, Be
~tte van!tédan~ce!ui quis'ytaHïe furprendre.
L'adMiaMur ~mbïe faire à celui qu'il AatM,
un &CMnce eMMt de fon ofgueM & de <ba
amoMt-propM ce n'e~ pas qu'H <b!t exempt
de ces vices, ma~ il (ait en ~~Bd<'e fe<tet.

(;t) A~~WA ~M~~r r<~M~ ~W~~ M~


M~tM <<M~t«M ~~W<
~<<<<~Mf, <~4~<
Jt~Mt~ ~MMt< <t~/<f~f«~<M ~<M<Ï ~t~Mf ~«HW
H~m ~M ~«~<« ~«.~«M a~M<~ MW ~<~
~f~M~M~ ~M~tM t~<i'<f. TACtT. ANMAt. H*.
<EAf. ttt ~M.
Rien de plus commun que de voir les enclaves~
les plus rampants en présence du maitte
montrer là hauteur la plus intente à leurs
inférieurs. Quoique l'ambition &)it le fruit de
l'orgueil, elle s~abaiue à flatter pour obtenir
la faculté de faire fentir aux autr~ le poids
de fa pui~ance ~uba~eMe. Rien de ptut arro-
gant de plus fier ~u'un enclave U ïe dé-
dommage fur les autres, des out~age~ qu'il
eiïuie de la part de <ceux qu'~ e~ obligé de
ûaïter. En s'abaiSant jusqu'à terre, le ûatteut
ambitieux ne fait que preodre &a éba.
Queiquet naorali~ea o~trét ont prétendu
qu'il n'etoit jamais permis de mentir, quand
~néme il s~agirpit du iaiut de l'UB~eM (3~).
Mais une Mora!e plus <age ne peut adoptef
<;eMe maxime iotociable. Un meM~nge qui
ïauveroit )e genre iMjmaic, &M'it fanion
plus oc~~ dont un Itoma~ ca'pabte
men<<Mt~ qt$ ~u~ejroitta pa<rK~, <$~tt tMt~
~ion n~s-vertueM~e & ~igne d'un boo ci-
toyen u~e vérité qui ta rerpit périr, <erpi~
un crime d~e~abte. Un mensonge qui ~au-
veroit la vi6 d'un père, d'un ami, d'un homme
innocent inju~ement opprime, ne peut pa-
9
foître criminel qu'aux yeux d'un in&n~e. La
venae~ toujours l'utilité des être! de nôtres

~i) St. Au~~Ht.


etpece. Une vérité qui nuit à quetqu'u.n,6~t
profit pour ta (bctéte, e& un mal réel u~
meo~bnge utile à ceux que nous devons amner,
qui ne fait tort à perC&nae~ ne me~M au-
cunement d'être b~n~é.
Le t~entbn~e peut ~e trouver data ta com-'
dotue, aia6 que dan~ te difcouM. U e<t de$
hommes doat !a c~ad~tM e~~ uo a~eo~nge
contmwL L'hypocrite <? un men(on~ge da~
te oftaMUtea aiaS que dans les pa<sot<$~ d<Mt~
r~b~~ e& de Mompe~, e~ nao~rant an dehor$
des w~ttN d<tn< ~o eir totatct~eot dep~u~o~
Le mâchant te plus décidé e~ b!eau€wpm<~a$
~tagw~eMX q~e pet~de qm ao~M tr~pe
~u~ Jte toaique d$ i~ ve~tu o~ peMï naett~
<n ~apée contre !e p<etNMer, s~ MeM ~'H e~
presque tmpo~MQ de <e $arMM~ de$ coup<
Mnp~évce de t'ho~me q<j)i aa'us ~d~t par de~
dehort tmpQ~eur~
L'~ypocMte a été M~~u~etae~ ~Mtpafê
M CMeodii~~ qat &n~Me, d~ oo, ~p~o~
te de eej~ e~ï~t d~Qf~
L'hypoctt~dMxa~Mt! ~t j~~tpp~
..a¡wqtt tn'a.tt,M1~Df¡f' fCWC
tromper bag-tei~s ËMM d~HMt~~ eU~-
même; !t ea eo<tMK)i< ceot <oi< a~oiat pour
t~cq~ent les veKtN qM'e~ a~~e, que pout
monMer. Que de tournMBM d'aMMMes
têt hommet s épargtïeroMnt s'ib etoMtM plus
vta~$<Mt ~'t!< fai~ient un principe de 0~
~aro~ que ce qu'u$ font! Tfompe~ totts-
temps iuppofe une attention un travau
anidu dont peu de gens font capables. La
meilleure des politiques conC~e évidemment
à être bon S~ uocere.
La trahison eft un menfonge dans la con-
duite ou le di&ours elle confiée à faire du
mal à ceux à qui nous devons faire du bien,
ou que Bous avons trompés par des mar<'
ques de bienveillance. Trahir fa patrie,
c'eft livrer à fes ennemis la Société que nous
hommes obligés de défendre trahir ton ami,
c'eA nuire àThbmme que nous avions mis en
droit de compter fur notre an~ec~on. La tra-
hifon <uppo<e une lâcheté & une dépravation
déte~abies ceux mêmes qui en profitent le
plus ne peuvent e~imer ou aimer les in~ame$
qui s'en rendent coupables. On aime quelque-
fois la trahabn, mais on dételé les traitrest
parce que jamais il n~ poUtbIe de s'y fier,
Tout tyran e~ un traître qui nuit a la Société,1,
au bonheur de laquelle il s'elt engagé de veil-
ler tout citoyen qui favorife foutient la
tyrannie eft un traltre que <es concitoyens
devroient regarder avec horreur.
La vanité, dont tant d'hommes frivoles
légers font infectés, fait éclorre une innnité de
menfonges dans la conduite, que l'on nomme
des pf~tenttOM eHes font le tourment, & de
<ceux qui4es ont, oC de ceux qu'elles impor-
tua~nt dan$ le commerce de vie. Si l'hyp~-
SE C T 0N HT. Chap. ~lif. ~T)
-L «~ <-«
~r!nc ~t
!mpofture font des t mensonges, il'<r
B~ évident que ceux qui montrent des préten"
~ons en tout genre font des menteurs. L~s
personnes jten~ees méprifent une foule d'hom-
mes qui, parleur jactance, leur fatuité, leur
anfeetation, leur vanité, portent continuelle-
ment la discorde & le trouble dans la Société.
Les compagnies, devinées à t'amu~ement de
ceux qui les comportent, deviennent Couvent
des rendez vous, où des menteurs viennent
le fatiguer réciproquement par leurs préten-
t!oas, leurs impertinences & leurs (bttiifes.
JL'unpf étend à l'efprit, l'autre à la Science,
<)'autrM même à la vertu, tandis que per'
~bnne hé <e met en peine d'acquérir les qua-
lités qui !e rendroient vraiment e~imabte.
Sois ce que tu veux paroitre, vo!ïà !a maxime
~oe doit cuivre tout homme prudent Cage.
Si Jes vaines pfétentions des hommes font
des ménages incommodes pour la <bdété,
<C qu'e!ïe punit du ridicule il en eft d'autres
pMr !e~e!!es elle montre une juve horreur,
fë!àt!ve~nèat aux délbrdres anfreux qu'ils y
caurent; de ce nombre eft ta calomnie. Elle
conMe à mentir contre Unnoeence, & lui
tmptjttèf faunement des fautes ou des actions
~pabtes de lui ravir l'eftime publique &
t!%eme de lui attirer d'injures châtiments. D'où
?<? voit que ce crime viole in<b!emment la
~tc<B) humanité, la pitié, ea un motïe<
vertus les plus faintes par con~qucnt il inté-
rêt également tous les citoyens, dont chacun
ett expofé aux traits publics ou cachés de la
calomnie.
affreux que <bit ce crime, il eft
Quelque

pourtant très commun fur la terre rten de ptu~


Surprenant que la prpmpntude avec laquelle
la calomnie Ce répand parmi les hommes. Par
un phénomène très-étrange, au premier coup-
d œt! ils dotèrent la calomnie Se en font
perpétuellement & les complices & les dupes~
Pour ceiïer d'en être étonné, il ~mt de voir
les Sources d'où part ce crime de~fuc~eur il
eft dû principalement à l'envie, à la ven-
geance, à la colère, à la malignité, qui prend
on Secret plaifir à démolir on troubler la
fé-
iicité des autres. D'un autre côté, l'impru-
dence, la tégéreté, l'étourderie empêchent
de voir les chofes telles qu'elles font de
pretïentir les conséquences des discours que
l'on tient. Les mêmes cau&s qui font Mdtre
la calomnie, les propagent avec la plus grande
facilité on l'adopte fans examen parce
qu'on fe plait à voir déprimer (es Semblables.
La malignité eft ~oujour* intimement liée à
l'envie. Le zele pour la vertu anime (ouvent
l'homme de bien trop crédule, contre celui
qu'on calomnie, & le trouble au point de.
D'en pas pe(ef tum~amment les preuves. En6n,
t'impfu<)epce~C commune parmi les hoea-
t~es, fait qu'ils n'accordent pns l'attention
convenable à l'examen des fa~s qu'on leur
débite on les reçoit légèrement, S<- on les
répan~ de même (ans. prévoir à quel point
cette légèreté peut devenir fune~e à celui
dont on immole la réputation, &C peut-être
la vie.
La discrétion, la ré~exion, la ~pen<ïoM
de jugement, voilà les moyens de Ce garantir
d'un crime fi déte~able par fes effets SC
dans lequel la crédulité devient elle-même
coupable. Les princes, perpétuellement en-
tourés d~hommes envieux Se tcqcrs, devroient
fur-tout ne point prêter l'oreille à des discours
qui lesexpotent fouvent à facrifier les hommes
ies plus vertueux à la haine ou à l'envie de
quelques Scélérats, qui ne pondent que l'art
aSreux de nuire.
Pour (e mettre en garde contre les impre~
~n< de la calomnie, il ~Kt de rériéchir aux
payons des hommes: d'ailleurs, l'expérience
poas prouve (~B! ttès peu de gens ont la capa.
cite de ~ent woir les faits mêmes dont ils font
les témoins; très-peu de gens rapportent Hdel-
Jement ce qu'ils ont vu, ce qu'ils ont entendu
ibuvent il e~ difficile de vérifier les faits que
nous devrions être à portée de connoitre !e
mieux; desctrconftances, qui (emblentin-
di~reMes ou minucieu&s, peuvent aggraver
~im~aner les imputauoo~. po~a, tout nou$
invirc n js dehcr S( des .autres, & de aou<-
memc~, Souvent nous fommes iu)etsà nous
tromper de la meilleure foi du monde.
Tout doit donc nous faire fentir à quel
point le mensonge peut devenir funefte, fous
quelque forme qu'il Ce présente c'e~ à lui
que font dues la lauvai~e foi, la perfidie, la
fraude, la duplicité, les charlataneries &C four-
beries de toute efpece les fables dont tant
de nations font abreuvées. Si la véracité
-)
comme nous l'avons prouvé, eft une vertu
néceuaire., tour ce qu: tend à tromper les
mortels doit être b:Amé. D'ailleurs, tout im.
poseur alarme !'amc"f propre des autres
personne ne veut être dupe <k chacun fe
ven~c de l'homme qui a prétendu lui en im-
po<er. L'anfe~ion que l'on avoit pour lui <e
change Couvent en haine, on croit ne pouvoir
trop le rabaiffer la vengeance de l'amour-
propre bteHe, Couvent injure, va jufqu'à lui
refufer tout mérite &C toute vertu.
Gardons nous non-~euhement de tromper
les hommes, mais encore de les entretenir
dans leurs erreurs il n'e~t point de préjugé,
de menfonge d'impo~ure qui ne Soient pour
la race humaine de la plus grande con~-
quence. Si nous ne devons pas toute vérité aux
individus, parce que Peuvent elle leur devien-
droit inutile ou nuifible nous la devons con~
tammcnt à la Société, dont elle eft le guide
le flambeau le men~bn~e n'a jamais pour
elle qu'une utilité pa~gere on peut cacher
à l'homme la vérité, oa peut la lui diffimuler,
&. même le tromper pour fon bien mais
jamais on ne trompe pour <on bien la <bc!été
tout endcre, pour laquelle les erreurs géné-
rales ont toujours des fuites qui fe font fentïr
jusque dans les fiecles les plus éteignes (~).

C H A P T R E V 11 î.
De la p~re~c, Fo~et~< de l'ennui &
/CF c~eM~ df p~o/t du jeu ~'<
LE trava~ pafoït à
tous les hommes une
peine dont itsvoudro!ent s'exempter. L'homme
laborieux, forcé de gagner fbn pain à la <uenr
de (on front, porte envie à l'homme riche
qu'il voit plongé dans t'oitiveté ) tandis que
celui-ci eft couvent p!ns à plaindre que lui. Le
pauvre travaille pouramafïer, dans i'e~poir
de <e reposer un jour. Les préjugés de quct"
ques peuples leur font regarder le travail
comme abje~, comme le partage méprifabte
des nnatheureux(~). En un mot, on remar-

P~& 1. /<~<~ <~ Ctt ~MT/f~C f&«~. X.


( ) })
(;~ Dans tous les pays chauds les hommes ~c~c
ttdoi~enït & pâte~em &: eonfcquctnmeQt efd.tve<
dans les itONM~es, en geoMa!, M pe~
eue
Aaoc oaMti a ta parère, qui, eaw~&gée &M«
vraï point de vue, e& un wice~éei, una
~t~o~doo ou~bte nous mêmes ec a~
tutf«, qM !a Mwateain6 coodamae, & qM
BOtM MtéT~ pfOpM, q~e celui de la
~i~é, t)OW excite à combawe &a< tdâche.
L'apathM, nnA~aee h tRoMeûe, Meeu~,t
!'tadt~fence, la Mc~, !a hame du MavaN, s
Ï1gûorance <bnt des~kés qtM nous M~~dent
inutiles & ;nconMnq~M au corps d<w nous
<bmMes les membres, & qui nous Mettent
hors d~Mt de Bous pMCMfer te Meo ê~e ~ue
de&rer. Eo6<,
tous <bmm€S ~M pour t'aRtvité tfi
comme on l'la fait voir, ou ï
amo~
du travail et <me vertu réeHe, a eê é~detH
.~e ruta~oa & ta <aiaéM<Me ~< dM VMM
des vtobdoB~de BM dMo~. Ce e'a& que
OM
poof MM!aMiet a tew besheM amM~ tM
ttomaMt wiveM &cié~

«M. ~h~M.
M~M,~M~<
4.
~~< << < MM ~~«t~t<
-M~ d<. t.M-

t~ 'M*~ f~ L«MtM~MM.<
«te~M ~M<tee
~M~. M~ ~om~n tM~e~M
ae MT&M.K de~ona~
«~~
<~cowtM~ hMMMM M~HCM ~m tn&~emt t«

MM
T~ e~ t* ~MtMe fMfee de la P'K~. <~ !<
EBMe & des ~&~e«~~a ~M ~rM B~W.
M Ït~îe. e* Stcik, e't~~dMe,
tt< )~' Mtew
<oa~M <~ t~M~pe.
La paMÛe, ta négUgence, t'tneftte font
~es crimes véntabies dam tes <buvefahN de~
~ne< à veH!er faos ceffe aux be&Mns, Box in-
ïé~ê~, as bonheur des nations. L'oMtveté It
fapathïe font des vices toateux dans un pere
de &a!tMe, chargé pat h namre de s'occutpef
&]t b!ea é~e d~ ceux qui lui Ïo~t lubc~rdonnéy.
La pzrfSe e~ un déiaut ponMabte daa~ te!
<etvhei~ qui fe <bnt et~a~s a travai~f pom'
§eQM ma~tfé~. TotttÏKMéaM qot reçoit Ïe< Tê-
~mpea<e$ & les bienfaits de ia Mété, ~e«:
ên~a~ & cootribueT, <elon <es ~vces, à rutMité
Dub~ue, & C'eA p!o< qu'un voteut dèt~a'H
tnanque & &< eogageMe~R. L'art~an~'oovnef;
~iMMHme do peuple ~va~ent ~us pcMe de
ttMQ~rdefanm, oodepcr~rpoQr!M~!me<
~eia pâtées teu~ ~a comotettret6t ou taid~
j~MMM, XénophoN, M~ e~n< f<w~
1 dit
~r~ M pM~MM n<n tott, mt adage tfè<-
~a!M aom dit qoe fo~~<~ M~ <~
<MM ~n.C'eâ <feM<' we ~et que !'M ~t
tMï~6~ <e< c~ biMr~, ~~6Û~
xmu&~eMttes t~a fotMe~, te< ~épettÏet
e~~a~~oteâ ces ~h!0<et a'<Mt vén-
~eM~M ~af objet qoe de ~ppÊeet de< i
eecupMtOM honnêtes, qat etOpêche~oSeot
pttacM, te< nche< & têt gMadt de <eB<Mr
Ht)t~~ ée r~eté doat ~OM tace~Mt-
aMM «<~Mé<. <* ~« p<M, dM DéaMcdte~
~tr~MU p~ pefant que ce~ de la p<<*
r~< M En €Me<, e!!e e~ toujours accom-
pagnée de renoua Supplice rigoureux dont
la nature <e &rt pour punir tout ceux qui
tefu~nt de s'occuper.
L'ennui eft cette laogoeor, cette ~agna~
tion mortelle que produit dans l'homme rab-
~ence des <ec<at<ons, capables de rawerur de
fan exi&ence d'une façon agféaMe. Pour
échapper à l'ennui, il faut que les organess
~bk extérieurs foit intérieurs de la machine
humaine, (oient mis en action d'une façon
qui le* exerce ~am douteur. Le far ~e rouiMe
~cf<quil n'e~ pas centinueHement frotté il
en eft de même des organes de rhomme
trop de travail tes M<e~ & ~ab<ence du travail
leur fait perdre la facilité ou l'habitude de
~emptir leurs ~bncHons*
L'indigent trawaiMe dn corpt pcMr ~MMer
~es qati eeNe de travaMier de &s membres,
il travaitle de l'esprit ou de la penfée &
comme pour l'ordinaire cet esprit n'e~ point
euhiwe, (on de&BuwreoMnt le conduit au ma!
il ne voit que te crime qui puîné <upp<eer au

donner. 'foM<
<n~M pr~
p«'
travail du corps que <a parère lui a fait aban-
w& (~).
dit Phocylide, «

(§~) PMOCtMB. C~mM. VB~t. '~4. L< t~<M~~ dit-il


ehM t<
<M~«M~ ~~M. ~'< ~<" ''<
L'homme
L'homme opulent, que fon état di(penfe
du travail du corps, a communément l'efprit
ou la penfée dans un mouvement perpétue!.
Continuellement tourmenté du befoin de
fentir, il cherche dans (es richeues des moyens
de varier tes tentations, il a recours à des
exercices quelquefois très-pénibles~ la chaffe
la promenade, les fpec~acles, la bonne chère
les plaifirs des (ens, la débauche contribuent
à donner à fa machine des fecouf!es diverfi-
fiées qui (uf~~ent quelque temps pour le main-
tenir dans l'activité néce<Ïaire à ~bn bien être
mais bientôt les objets qui le remuoient agréa-
blement, ont produit fur <es fens tout l'enfet
dont ils étoient capables <es organes fe fa-
tiguent par la répétition des mêmes tenta-
tions il leur faut de nouvelles façons de feu-
tïr, & la nature, épuise par l'abus qu'on a
fait des plaifirs qu'elle présente, iaiSe le riche
imprudent dans uae langueur mortelle. Per-
~MtM, di~bit Bioo, M'<z pitM peMMi que e<hM
~M$Ft'M yeNtt ~ren~re «MCMM.
te b<]enf ~ui labome eft évidemment un
anïmat plus e~~naaMe ou plus utile que le
riche ou le grand, livrés à l'oiuveté. AinS
~e !a vie du corps, la vie fociale connue
dans rac~on. Les hommes qui ne font neo

~j~M ~«~~ <M ~f~< tf~~<M~< «Wf tM~


V~ '~7.
pour la Société, ne font que des cadavres
faits pour inférer les vivants. Vivre, c'eft faire
du bien à fes Semblables, c'e~ être utile,
c'ett agir cocfbrmemen: au but de la Société.
~m~, j'ai perdu la ~oM~e s'écrioit le bon
Titus, lorfqu'il n'avoit eu l'occafion de faire
aucun bien à tes fujets.
Mais, par une étrange fatalité les princes,
les riches, les puisants de la terre, qui de.
vroicnt animer vivifier les nations <e
plongent communément dans l'indolence, ne
font que des corps morts, incommodes pour
ceux qui les entourent, ou s'ils agirent &
donnent quelques fignes de vie, ce n'ed que
pour troubler la fbciété. Le désoeuvrement
habituel dans lequel vivent les riches Se les
grands, e~ vifiblemen; la vraie Source des
vices dont ils font inreàés, &. qu'ils commu-
niquent aux autres. Exciter tous les citoyens
au travail, les occuper utilement, flétrir loi-
<tveté, devroit être Nn des premiers ~bios de
tout bon gouvernement.
La curioCté, fi mobile & toujours insa-
tiable, que l'on voit régner dans les fociétés
opulentes, n'e~ qu'un befoin continuel d'éprou.
ver des tentations nouvelles, capables de
rendre quelques infants de vie à des machi-
nes engourdies ce besoin devient H impé-
rieux, que l'on brave des dangers réels, des
incommodités fans nombre pour le Satisfaire
a
c'e~ lui qui poutre en foute aux fpe~adet &C
aux nouveautés de toute efpece chacun ef-
pere d'y trouver quelque foulagement mo-
mentané à fa langueur habituelle. Mais des
ames vuides Se des efpritt incapables de Ce
<umre, rencontrent en tous lieux cet ennui
dont ils font ob~mémcnt pourfuivis. On tt
retrouve dans les amusements mêmes, dans
des vilites périodiques, dans les cercles bril-
lants, dans les parties, dans ces repas, c«
foupers & ces fêtes .'ù l'on comptoit goûtef
tes plaifirs les plus p puants.
Ce n'e~ qu'en lui même que l'homme peut
frouver un a~!e anuré contre l'ennui. Pour
prévenir les uniu:res etrets de cène ~agnatioa
fatale, l'éducation devroit in~irer dès i'en-
fance, aux perfonnes dc<tinées à jouir ~an<
Mava<! de l'aisance ou de !'opu!ence, le goût
~e Pétude, du travaU d'esprit, de la Science
de la rénexion. En exerçant leurs facultés tn-
~eMe&uehes, on leur <burn!roh un moyen de
~'occuper agréablement, de varier leurs joui~
~nce<~ de s'ouvrir une (burce inéput<ab!e de
ptai(!rs utiles pour eux- meme< & pour la <b-
~é<é, qui les rendroient heureux, Bc qui
pourroient leur attirer de la conudéfaHon
eo&n on leur feroit contraaer t'babttude du
travail de la tête, à l'aide duquel ils fauroient
en jour fe fbunraire à la langueur qui décote
l'opulence épaine la grandeur ignorante &C
la moUeue incapable d'agir. X t
't En habituant de bonne heure la jeuncne a
la réflexion, à la ledure, à la recherche de
la vérité, on lui procure une façon d'employer
le temps, agréable pour elle-même, 5e pro-
fitable pour la Société. L'homme ainfi s'accou-
tume à vivre fans peine avec lui-même, & fe
rend utile aux autres, fes occupations men-
tales, quand il a le bonheur de s'y attacher,
rempliffent ~es momenM, détournent fbn ef-
prit des futilités, des vanités puériles, des
dépendes ruineufes & fur-tout des plaisirs
déshonnêtes eu des amusements criminels
reffources malheureufes que les hommes dé-
sœuvrés trouvent contre l'ennui qui les per-
sécute.
Tout le monde <e plaint de la brièveté du
temps & de la courte durée de la vie, tandis
que prévue tout le monde prodigue ce temps
que l'on dit fi précieux ies hommes pour la
plupart, meurent fans a~ir <u jouir véritable~
ment de rien. Le repos ne peut être doux que
pour celui qui travaille le plaifir n'eft fenti,
que par ceux qui n'en ont point abuie (3~)
les amutements les plus vifs deviennent ind-
pides pour l'imprudent qui s'y e~ inconudé-
rément livré. On <brt à regret d'un monde où

(~<!) ~~t~« M~~fn~f f~r~f <


JuVtNAÏ. SATtR. XI VtM. t0<.
SECTION ni. Chap. rfîf. 31$
l'on a perdu fon
« --L:
temps à courir vers un bien-
être que l'on n'a jamais pu fixer. L'art d'em-
ployer le temps, e~ ignoré du plus grand
nombre de ceux qui fe plaignenr de fa rapi-
dité une mort toujours redoutée termine
une vie dont ils n'ont fu tirer aucun parti pour
leur propre bonheur.
L'ignorance eft un mal parce qu'elle tai<!e
rhomme dans une forte d'enfance, dans une
inexpérience honteuse dans une cupidité
qui le rend inutile à lui-même & de peu de
reuburce pour les autres. Un homme dont
l'efprit e~ fans culture n'a d'autres moyens
de te diitinguer dans le monde que par fon
fa~e <a parure, <bn luxe, ~a ïatuité il ne
fait jamais comment employer <bn temps il
porte de cercle en cercle fes ennuis, ~bn
ineptie, <a présence incommode toujours à
charge à !ui même, il le devient aux autres;
fa converfation ~érHe ne roule que fur dei
tn!nut!es indignes d'occuper un être fa!<ba~
ntMe. Catan difoit avec raifon que les ~<-
n~~M font ennemis JMr~ des per/bn~M
oecMp~ ce font les vrais Aéaux de la ~b-
ciété toujours malheureux emt-memes it<
toufmentent fans re!àche les autres.
Le temps/(! précieux, & toujours fi court
pour tes perfonnes qui (avent l'employer uti-
te<)teat, devient d'une longueur infuppor-
table pour l'ignorant défœuvré il-le prodigua
indignement à des riens, à des extravagance!,
à des dircours fhvoks à des occupations
couvent plus fune)tes que t'o~ivcté (~7). Le
jeu, fait pour detat~r par intervalles refprit,
devient pour le fainéant une occupation fi
émeute, que Peuvent il t'expose à la perte
totale de fa fortune <bn aime engourdie a
besoin de ~ecoufies vigoureufes & réitérées
elle ne les trouve que dans un amusement
terrible, durant lequel elle e~ continuelle-

(;7) Lecétebre Locke étant un )ourch~ï le comte


de Schafiesbury trouva ce lord & <e: amis fortement
occupés à t~cr. Notre phttofopbe, ennuyé d'avoir été
iong temps !e fpeda:cuf mue: de ce (ten'e amu~m~nt J
tita bruf~uement fes tablettes & fe mit à écrire d'dn
tir tr~ attentif un des joueurs s'en émnt appercu J
le pria de communiauet à la compagnie les bonnet
idées qu'il venoit ~e con&gncf fur f.s tabtettrs. Sur
quoi Locke s'adre)f!~n< tous répondit MetHcurt,
J
voulant profiter des lumieres que !'ti droit d'attendre
M
de votre mérite. je me fu'! mis à écrire
« de p~r~bnoet hruret. Cene ré-
votre eon~t-ftation depuis deux tai~erent
là tetttttet

d'efprit..
ponfe R< rottgtr t« joueurs qui
pour < tm~~er d'une manière plus
convenable A des gens

« Nout devoat, dit Seneqac accorder q~tquefott


dt fe~the notre efptit & lui rendre des forces
«
par des ~mu<ementt mais cet <mu<cment! meme<

~«M~ <<M< fJ~


doivent Etre des occupations untet. Sic ~M~MOt
9*
~M/M ~<t-
<?'
<M<a~n ~fff-t <~ ~4<w~~ e~M~ ~<
~M~ .ji,'U.wr¡,
~uegxe, MW)MM ~od
~/<~MWW ~in-wxies ~f ~ari
y~ po~îr ~M j~.
~<M')~
.II. _r.
t tt~f
"fi'
< a entre l'espérance de
ment ballottée
r
't*
wts'enrichir,
&C la crainte de la mifere.
C'ei~ évidemment Figno~ance 8t l'incapa-
cité de s'occuper convenablement qui font
naître qui perpétuent la pauton du jeu,
de laquelle on voit fi couvent ré<u!ter les etTfeta
les plus d~p!orabtes. Un pere de familley
pour donner quelque activité à fon esprit y
rifque, fur une carte ou fur un coup de dé,1,
fon aifance, fa fortune, celle de fa femme
C~ de fes enfants efclave une fois de cette
paffion déteHabie, accoutumé aux mouve-
ments vifs &L fréquents que produisent t'inté-
fet, t'incenitude~tes alternatives continuelles
de la terreur Se de la joie, le joueur eff ordi-
nairement un furieux que rien ne peut con-
vertir que la perte de tout (on bien.
D'après les conventions des joueurs entre
eux, l'on appelle dans le monde dettes ~'Ao~
FMMr celles que le jeu fait contracter. Suivant
les ptincipes d'une Moral. inventée par la
Corruption, les dettes de cette nature doivent
être acquittées préiefabiement a toutes les-
autres un homme eft déshonoré s'il manque
à payer ce qu'il a perdu au ieu fur fa parole,s
tandis qu'il n'e<t aucunement puni ou mé-
prit ior~u'i! néglige ou refufe de payer des
marchands, des artisans, des ouvriers indi-
gents, dont fa mauvaife foi ou fa négligence
pigent couvent les familles dans la mifere
la plus profonde. X 4
Ce n'e~ pas encore auez des péri!s inhé-
rents au jeu tu! même cette pa(~on cruelle
expose à beaucoup d'autres. Ceux que le jeu
favorite, montrent de la (erénhe ceux courre
le~uets la fortune ~e déclare, font en proie
au plus Nombre chagrin & quelquefois éprou-
vent les fureurs convulfives des frénétiques les
plus dangereux. De là ces quere!tes fréquentes
que l'on voit s'élever entre des hommes qui,
voulant d'abord tuer le temps ou s'amuser,
finitfent que!quefois par s'égorger.
Sans produire toujours des e~ts fi cruels
le jeu doit être b!âmé dès qu'il intéreffe
l'avarice & la cupidité. Ett H rien de moins
fociable queues concitoyens des homrr~s
qui <e donnent pour amis qui fe réuninent
pour s'amufer & qui font tous leurs efforts
pour s'arracher une partie de leur fortune
Jamais le jeu ne devroit aller jusqu'à chagriner
celui que le fort n'a point favorifé. Le gros
jeu ~uppo~e toujours des ames battement
intéretÏees qui defirent de ie ruiner &. de
s'arUt~er réciproquement.
C'e~ encore au dé~euvrement que l'on
doit attribuer tant d'extravagances & de
crimes qui Uniuent par troubler le repos &C
le bonheur des familles c'eft lui qui mu!-
tiplie la débauche les galanteries les
dércgtements, les adulteres t~nt de femmes
ne s'écartent du chemin de ia venu que
parce qu'êtes ne bavent aucunement s'oc-
cuper des objets les plus intcre(!ants pour
€!te<
t ets ~brt les effets terribles que produifent
à ~f moment t'oniveté &L l'ennui qu:
tohjours murche a fri ânte. C'eH: à cet ennui
que l'on doit attribuer prefque tous les vices
les rbUes dépends les travers des grands
des riches, des princes même qui ne connoi~-
~ent d'autre occupanon que les plaifirs, Se
qui après i' avoir cpuifes de bonne heure
paiTent toute la vie dans une langueur con-
tinue, en attendant que des p!aiurs nouveaux
viennent rendre quelque activité à leurs
ames endormies.
Tout fainéant e~ un membre inuti!e'dc la
jfbciété il ne tarde pas communément à
devenir auni dangereux pour eUe, qu'incon~-
mode pour !ui même (38). C'eft en occu-
pant l'homme du peuple <ar l'accabler
d'un travait trop péRibte qu'on lui rendra
fon état agréab!e & qu'on le détournera du
vice Se du crime. Les malfaiteurs Se les
fcélerats ne ~bnt fi communs fous de mauvais

(~8) Par tes loix de Solon il étoit, permis de dé-


noncer tout choyen qui n'avoit aucune occupation.
ChfxtpsGymnofophiftcson ne donnoit pointa mangcf
aux ~funea gens («ns ~u'tts n'cuttent rendu compte de
ce qa'tk avoient fait pendant la journée.
gouversemenM“ que parce que les hommes
dé<~ouragés parla tyrannie préfèrent t'oHiveté
à une vie !aborieufe alors ie crime devient
pour eux l'unique moyen de ~ubMer.
L'oHIveté d'un ~uwerain e~ ua crime
a~~ grand que la tyrannie la plus avérée. Le:
~ets d'un monarque faméani ce peuvenc,
par les travaux îe& plus rudes, ~burnir aux
betbias ioËatS aux jbru~tfles tmmeo~s
1,
aux vices qui lui font néeeilatres pour rent-
p~Nr <bo tempt.
Ep accoMMmasï de bonne heHre les pna-
ces, les grands & les riches à y'occ~per, ot<
les garajndra des fb~ &c de~ excè? a~xc~e~
trop ~Mveac te défecuvremenr & t'u~moraoce
les ttvrent. La parère &L îe? vices ~M grands
~bru imités par te peuple ceMi-c* pour
~M~MM ie< pa~oiM qne t'exempte a ratt
~Matcf en M ~e MVTe es aite~e :tS mal
& t~ave mMemmejat tom <t <e< &p<
p~e~.
!adép<N<tamaB<M de fotâveté ~oet )M<M
wenomt <~ éccM~ te~ ~jMâe< e~et~ t M
Mtêe MtCMe me patène de «<BpéMmeM
~M paT fea~g~d~aseiM Se rM~e-rtie q~'eUe
ppochM. daM eee~rs, éev~c~ au~E dange-
treut~ <~e ~"nM~Km & rM€apaci-cé de s'occu-
pet OM pot~TQ~ ïa CM~p~fer à sse wérua~te
~-chair~e. TaM~M ~e tes a~Mes pa~MK oot
~M~em ~et emp~tememM ée~e~ ce~ci.
:6MEtbte endormir les facu!eÉ< ce~i qui w'ea
trouve atceiM devkac indiHterent même
&r hss ob~eis qui dewroient intéretïef <oot
Atfe fatïbattabte. Les p~rc~feux de cette
tom de rougir d'une dt~poStton 6
~~WM 6.)ctabte t'en zpptmidit~nt, y trouveot
ë!<M dbartRc Secret, & qtîctquetbts ~'CB vao-
~~M c~m~e de ia poiï~oB d'tto trè~grand
~ea, coitfBg d*~ne vM!.e pài~Ssphîg.
S C'e~ & tTom~er dit uo n<owa!t~e
céidbre de Cfoire qu~Ï n'y aiï que les
'wmteMM~ pa~oot,
comme ~mbiti~o Se
~~wasto~f, qui p~tiïe~t tMOMphey des autte?.
paM~B, tOMte ÏMgMtt&tMe qo'eite eâ,
~-)K tmtïe pat d'en être <bt<veRt ia nt~t~e~ 5
~Be. a<Mfp~ 'Ïb)r
<oM deSeiM <C <br
MtMe~ te< a~iomt de ïa. w<e eMe y c<M-~
~JbaM ïa~~et~cM pa~oM' & <~
Ë~W<wt<M M <?.< a~~M. que de tMKM
~iM.pa~eM, ceMe' <pM <Mo< ~â !a phw
~a h~
~~ttomMtc à BOta'taêstM, c'e~ ïa ~NNfe~;
M<~<w &
~~MM«, ~«M~MC & ~MCe plm maligne
~t Mt&<
~.& ~Be doo~BMgM ~eMe €aM<e ~tect
~m~€atché< SA MMM eawSdéM~ aMtnttve-
~<MM &0 pO<!M<Mf tM~M vetfOM. q~
~~V~aMMM aMMk< D~ !~e-
w fe rend en toute rencontre, maître<Te de
» nos fentiments de nos intérêts & de nos
» plaifirs. C'eft ia rémore <;ui a la force
» d'arrêter les vahleaux. Pour donner
n enfin la véritable tdée de cette pafRon
il faut dire que la paretïe e~ comme ta
M béatitude de l'ame, qui la confbte de
n toutes fes pertes & lui tient lieu de tom
» les bteos~ De tous les défaut cetut
dont nous demeutons te ptus attemenc
» d'accord c'eS de la parère nous nouy
M
persuadons qu'elle tient à toutel les vercu:
M paUtbies, &L que, &!M détrutre entièrement
M les autres, elle en ~ufpend feulement les
» ~boc~ioas.~
Bien plus cetnc qui font enchaïtté~ par
cette <brte de parère, s'ea ~ont un méftte
MM verta. Mais cette apathie du coeur
cette tudï~erenee pour toat, cette privation
de tome <eo6btt<té ce détachea:e<K de
Fe~mM ce de la gloire ne pcoveot étM
awM~oemetM regardéi comme des venoi
BMM~et ou <bcta~ un être v~meot
~c~aMe doit s'istéreSer au boN~o~ aMX
matheors des hommel il doit partager
leurs pbt~rs <8e leurs petoes il doit s'atta-
cher fortement à ta )umee il doit être tou-
~oors prêt à rendre à tes ~et'nbïabtes, les
<ervtces oc tes ~bttM dont M eft capable. Le
psfë~eHX eâ MB poids iomile à la MHe ?
eft mort pour la Société. li ne peut être ai
bon prince, ni bon pere de iarn:Ue ni bon
ami, ni bon citoyen. Un homme de ce
caractère concentré en lui-même n'exige
que pour lui feul. Une vie purement cooMtn-
piative la parère philosophique 1[ie$ épicu-
heM rapathie des ~oïciens, exaltées par
tant de morah&es, jfbat des vices réett
tout homme ~ui vit avec des homna~s, e&
~t p~Mt éMe utile. Sokm vouïoH que tom
cit&yeo qui refu~it de prendre p3ft aux
~~ioM de ta fépubîiquc en fËn fe<fa<M'hé
comme un membre incommode. Si cette toi
patoh Kop 'r ..8J.
~genreH~
s
moins à
il &?&tt sa mo<M
de~Mf que tout citoyen iadi~ereat aux maex
de Ïco payi, oa qui ne coMnbue en nea à
ia ~eUcite, ?: ptMïi par le mcpnf (4~).

(~ b vieLtj~M~e
<~MM
rta<b!«Me, <ti< DéaMaheM
&
cïcme~tt~ae e<M'nme daM la vie etvtk, ))e
KOM~ent PM et'tboff! &n6M« pe)r chrome <ie<
<<M)'<e< <~<: ~<!<ew M~igéM BMM eNe< <<r ~Mtt <'w&t
w &MM te<M ~MMN< MMÎe, VcyM B~Utû&TNL
M PtttMMtC. ~V.
CHAPITRE IX.
laJ~o~ <tto)t de la ~~uc~
De
de r&~touf, p~
~nacurt
~~onn~Mi.
L'HoMME Cocial, comme on l'a Couvent
fépété doit pouf <bn ptupre intérêt &C
cctu! de Ces affociés mettre un frein à Ces
paHtOM nature!te$, ré<<<ter aux tmpuHiont
dcrégtéet de fon tempéfament. Rien de plus
naturel à l'homme que d'aimer le pta<6f
mais un être guidé par !a yai~cn fuit ie$ p!at.
firs qu'il fait pouvoir fe changer en peines,
craint de <e ouife &e <'abfHen< de ce qui
peut lui faire perdre i'e~ime de fes <embia-
bles.
Cela po<e, Ï'on doit mettre att nombre
des vice< toutes les dt<po<Kiom qui <bi< im-
médiaienMOt, <bit par leurs coo~equencM
9
neceHairet, peuvent causer du dommage à
celui qui s'y ïivre, ou produire quetque trou-
b!e dans la Société. Tant d'hommes font en-
trainés par leurs penchants te< plus pervers,
parce qu'ils ne raisonnent point leurs s~iont
le vice e~ bru~ue, inconsidéré au lieu que
la raifon, ainfi que équité, tient toujours la
balance. Les bonnme~ ne font vicieux, que
pMee qu'ils ce pensent qu'au pié~ent~
L'amour, cette pa~on fi tbUefnent exaltée
par les poëtes, &L fi décriée partes fages,
eft un fentiment inhérent à la nature de
fhofnme il eft l'effet d'un de ~es plus pre~
fants besoins mais, s'il n'eft contenu dan<
de ju~es bornes, tout nous
prouve qu'tt eft
la fource des plus anreux ravages. C'ett aux
plaifirs de l'amour que Ja nature attache la
con~rvation de notre espèce, & par con~-
quent de la Société ainfi que l'homme, !«
animaux ~bnt fenfibles à ramour, & cher-
chent fes plaifirs avec ardeur mais ta tem-
pérance &C la prudence nous apprennent Ce
nous habitues! à refiler 3ux <b!J!Citatiom
d'un tempérament impétueux ou d'uoe
nature
toujours aveugle quand e~e o'e~ pat guidée
par la rai~ba.
En parlant de !a tempérance, Bou< avoM
M!&nament prouvé l'importance de
cette
verto d~M la conduite de ia vie <aM elle
yh<MBnae, caBttBueHemeotemporté
par t'M-
<rak du plaiuf, deviendroit à tout Ntomeat
i'eMMm; de lui-même, & porteroif le dé~bf.
dre dao~a ~bctété. Nou< avons fait voir
pa-
FCtUemeBt avantages de la pudeur, cette
gardienne retpe~abie des mceurs
Bou<
avons prouvé qu'en voilant aux regardt te<
ob~M capables d'exciter des payons de~ruc-
t~ve<, eMe oppofoit d'heureux ob~actes a la
Fougue d'une imagination qui devient ~veat
J
indomptab!e quand elle c~ bien a!!umée.
L'amour eft pour l'ordinaire un enfant
nourri dans la moiiefïe &C i'oinveté nous
avons dcjà fait entrevoir que c'eft elle Sur-
tout qui conduit les hommes à !a débauche,
&L qui leur en fait une habitude, un befoin
elle remplit le vuide immense que le désœu-
vrement laine communément dans la tête des
princes des riches des grands & particu-
liérement des femmes du grand monde, que
leur état Semble condamner à la mo!!en<, à
l'inertie. Voilà, comme on a vu, la vraie
fource de la ~~m~M, fruit d'ailleurs néce~
faire de la communication trop fréquente des
deux fexes. C'eA dans des hommes de~BUvrét
la volonté de plaire à toutes les femmes fans
t'attacher ~ncérement à aucunes. QHCique
innocent que paroiffe ce commerce fraudu-
leux, qui ne femble fondé que fur ta poli-
teCe, la déféfence les égards que t'en doit
au beau (exe, il ne taine pas de devenir très-
dangereux par <es etteM il amottit les ames
des hommes (41 ), & ditpo~e les femmes à
~e famiHart~er avec des idées quf peuvent
avoir pour e!t@s les conséquences les plus

(4t) C~t nous apprend que !f<)anci<n< Germains


f<!foi<et le ptm grand M! de !A chafteté comme propre
fortifier te* hommM. & notoi<'nt d'in~mie ceux
qoi.tWtt là'" de v'f~ <~ot<Btftef)oent< )c<
funen:e!,
funeftes. La rbibkne n'ed en ~reté qu'en
évitant le danger il eft bien difficile qu'une
femme. perpétuellement expofée aux féduc-
tioni d'u<r grand nombre d'adorateurs ait
toujours la force d'y réH~en Rien de p!u<
important que de prévoir prévcntr ie<
périls dont la vertu, dans un monde pervers
fe trouve continue Hement envtfonnée.
St, comme on î'a démontré et devant
~'homme t~bté, c'e~.a-dtre, con~défé retatt-
~ement lui même eft obligé de réu~ef
aux tmput<!on< d'une nature aveugte brute
<t de tui opposer les toht d'une nature ptut
Mtpértmemcc H ~!i: que rhommc dan<
9
<~tetque po~!on qu'il ~e trouve, doh peut
la con(ervanon de Con être combattre ~)C
FéphoMr des pertfées Se des de~M qui i<
pOfteroteM couvent à tarre de ~< <brce< un
~abm toujours rune~ à tu!-m&me< D'oa ron
toit que pïa~HM qui ont rapport à t'amou~
font MMerdiM t'homme ou la fe~nM i<b~<
Hotéfêt de leur con~ervatton St de iew <taoté
e~ge qu'M$ re~~ent leurs propfe$ cofpt t
qu'tk cfatgaeM de contra~ef det habttudM

~MHM. &tivMt te pere LttBteM, !e< jeacM ~uv<~«


tt'otK la ttbette d'user des droits do manège oa'un *a
ttcfèt t'y être enga~et. Voyez ~M~ < /<wv~<~
b P. L<~e«t & Cé~t do ~~< O~Mt, ttb. Vi
tM. t<«< M~
<
<J t®
&. de< be<<Mns qu'Ht ne pourroient cont!!pntet
~n< Ce caufer par la <oite M dommage irré-
parable. L'fxpéncnce noul montre en enfet
<{ue l'habitude d'écouter te< capr!ce< d'ua
tempefameM trop ardent, eâ de toute< les
habitudes la plus contraire à la con(ervationt
de t'h~mfne, & la plus di<HcMe à déraciner.
D'où il <mt que la retenue, la tempérance y
h pureté devroient acc&n~pagaer !'homme
même au fond d'un désert tnacceOtbte au
Mj~e des humain..
Cette obligation devient encore p!o< forte
~aM la vie tbc!ate, où les ac~ton< de rhomme~'1
jtoa<euktnen: M~"en! ~r tuiméme, maie
encore <<MM capabte< d'~nAuer fur les autres.
La chafteté la retenue la pudeur (ont de<
~uaHte< M~pe&ée< dans toutes les nations
~;H<eM; nmpudicM, ta dK!btution, !1m-
~ude<tce, M c<M<traire, y font ~é~fstenRent
M~ardéet comnxe honteu~ & méprMabtet.
Ces opinions M <ero<eot-e!!e< fo~déM que
Air des pfé)u8« 00 fur dit conventbm arbi-
wratre<? Non, elle. ont pour ba~e t'e~pértence
y
qui prouve trèw-CM~mment que tout hom-
me livré par habitude à la débauche, ett
communément un tn<en<e qui fe perd, qui
B'e~ nullement di~)o(c & a'occuper un!em< nt
pour te< autre<. Le débauché, tourmenté
d'une pa~Eon exclufive, trrhe continuellement
<bo imagination lascive, ee ne <bnee qu'aux
~oycna de Satisfaire les be<b!n< ~u'eMe M
~rée. Une ~t!e qui a vio!é les regles de !a
pudeur, dominée par ~bn tempérament, htait
le travail et!: ennemie de toute fé~ex!on~
ie moque de la prudence n'eâ nu!!ement
propre à deventr une mère de famille atten-
tive <k laborieufe ne (bnge q~'au p!a!<!r
ou quand par fes déregtetnents il e~ devenu
moin~ attrayant pour e!te eï~ ne pen<e
~u'au profit qu'elle peut tirer du traAc de
charmes.
Pour conno~re les <ent:menM que !a dé-
bauthe, le goût habituel des ptanïrs déshon-
Béte< & de la crapute doivent exe~er dan~
te< amM vertueu(e<, que l'on e~am!ne !e~
~uite< de c<~ di~po~tiom abruttnfantes dan<
teuat que le fort devine à gduvernef des em-
ptM< eiie< étefgnefM t~btenrent en eutt tOMé
a&iwité e<ie< tes endorment daM une ntot"
continue ~uî,~bwenftplu< que ta cfaaure,
~oaduh <M étan a <a ruiàe. Que~ ~!m t~
~~t« d'A~e peuven~Ht atte<~Tè de iëUM
iut<a<t< w!uptu'eux, perpétueMement ~ecup~
des <ate< phMtra de teuK ~errath, ou ;t< ~bn<
feux méme< gouvernés par les caprt<ce< Ce t$<
tnenéet de quelques favo~itea ou de que!que<
euouquea ? Sous un Néron, un HéHogaba!e,
<~ome ae fut qu'uc lieu de proâ!t<M<on, oùtf
d'iofamet courtt~anet, du <e)n dé la débauf-
che, ~éddoMOt du fort de tous les choyeM
dintpoien: les tréfors de l'état, diStribudetit
les honneurs Se les grâces à des hommes à
q~i la corruption tenoit lieu de mérite de
talents de vertu. Une nation eft perdue (42.)
lorfque la dinbtution des mœurs, autorifée
par l'exemple des chefs & récompensée par
eux, devient univerfelle alors le vice enronté
ne cherche plus à Ce couvrir des ombres du
my~ere, S( la débauche infère toutes les
claies de ta Société peu à peu la décence,
devenue ridicule, elt forcée de rougir à fon
tour.
L'horreur Ce le mépris que l'on doit avoir
pour la débauche, font donc très justement
fondés fur fes enets naturels les idées que
l'on a de Ses malheureuSes victimes ne font
donc pas l'effet d'un préjugé. Dans les Socié-
tés où la vertu &. l'honneur des femmes font
principalement attachés au foin qu'elles pren-
nent de conferver la chaSteté, où l'éducatioa
a pour objet de les prémunir, Soit contre la
fbibleSïe de leurs cœurs, Soit contre la force
de leur tempérament, on peut naturellement
~uppoSer qu'une fille qui a franchi les bar-
rieres de la pudeur, eft perdue fans relfiource,
n'eSt plus propre à rien, ne peut être déSbr-
_u_
(4t) D~~f <~ ftM~M «~t ~M /«<~a~
~~M, ~eft< /<Mf.
StHM. N'KT. XXXt' iN MMt.
iinaisregardée que comme l'inftrument véoat
de la brutalité pubiique. Conféquemment une
pro~ituée eft exclue des compagnies décen-
tes elle e~ un objet d'horreur pour les fem-
mes honnêtes elle s'attire peu d'égards même
de ceux que le goût de la débauche amené
auprès d'eiïe bannie pour ainfi dire,'de la
Société elle e~ forcée de s'étourdif pav la
dinipanon, l'intempérance, !ês ~bUes dép-en~
~e§, la vanité. Incapable de réHéchir, dé-
pourvue de toute prévoyance, eHe vit à la
journée ne ~bnge aucunemejnt au lende-
main, périt promptement de fes débauches,
ou tratne dou!ou Mûrement jusqu'au tombeau
u~e vi<&Uie)!!e ï~digente, tanguitïaate &. me-
pfi<$e.
C'<~ pourtant en faveur de ces objets
mépftj~b!cs, que l'on voit tous les jours tant
de riches & de grands abandonner des fem-
mes arables vertueuses <e ruiner de
gaieté de cceur, n~iaiNey que des dettes à
leur po~étité. Mais la vertu n'a ptus de droit.
~hr les ames corrompues par ta débauche;
les hommes dépraves par elle méconnoifteat
les charmes de la pudeur, de la décence i
il leur faut déformais de l'impudence; le vice
e~onté, les propos ob<fcenes Ce gfofHers les
ont dégoûtés pour toujours de toute conver-
sation honnête Se d'une conduite réservée.
VpUà pourquoi des maris libertins pré~M"
.rT
mac isn~at âne coufti~Mte &aa a~éanexM~
à
&. du phM m2~va!s ton, dea é~OM~M picioe~
chafnaes &L de vetius q~n ae kujp procMe'-
feiEsc pas les mêïNM p~ai&F)!. q~
gp&e pM-
wtM ïàuc faif tireuvM éMN ~c coaHM)KMHM diM
pmSmiMa, <Hs ~u~iat
)M! au ~rnd ~'<m-
jpéchey d<e aaepTi&ty a~MardonaeaB
& ïeut !aaMte<~eujE &m <~aa<t iis <m jEbot <~
au~é&
TeUa~ za~t ïiM ~!BM ~<ËaMM$ de rtmoM
ê~~é; @'e~:
cet awN)«!s!!t!cn< d~p~MaMw'
~~io~aswx' <
~M dex &Ues Bmp MMes &<? eand~e~ ~aw
M~a~ M~ ~MatOM
puaif. Ma~ ~ma. te ~~aM éM- aatteM~
~dM~a'. a'~
pOMm tB~t~!)~~ ~B~HM- oa.
cmmc c<nm ~ai s'ea BBadtai Goupajt9Mj!~j!t'<Ht

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~~aMd!t~pt <aMmM <~tta~ €e<a~êMt.y

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de~ V<<&M< ~H'M~ M~t~MWM' âtC tMt.

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MaM~' a.'as~Mtt- m' d~Mn~m m' ~&ataaBMBl'
~d!~ ~B~ d~Msat <Ms; aMa~w
4&t<e ~K~HMMW ~BNMt
~BiMM~,
N<M~ ? &aMM-. <ê<a~
Ït~m~MP~; Ï8M" tMM; ~ae' ~~am~' ems~i~
< ~mï~
~a-
€.s~ <t~œmM~ q«&~ ~<KM'' &tM&M«" a~
dM!p"~i~ i~t~m ~w ~Mt'
~~aMË~m-, èE<< &<. w&M~
sxm.twpama~.
à ta HM~f& ? Mais !a debaue~ <te~<me JM"
bMUi)B!te, aoéaarit eons &ammea< <t<M~ MMM~

NMHm téAemo~ daM i'~ftt e'<B& paê éf «w~

waanjaB ea~a te Ht~atM éMu~e htt M<MM~$


que p<Mm'<rt cruiMa p<mtFOMM €:MM a<~
0~ <m k~ B'ai~wM y a~x .MMM~ p<MMf M
p<M voie h: tnai qu ? & &m à hM~mèaM can)~
OMaf & te~Md~~QM~ MMt ~H &M. a<Mt
~t<a!«s
€~Ht )M~d~e é!~me&<: ?.
~eie~ ~< MMMtt- M'EMM:' ~M. ot~MS' &<
~t~ gBt~CfBWnMac ~BiB âSMNNP htW
y<nwt:y. <a eM-MM dû.ac ~Ma.u&<H)MM< wwM&~â
&t 00.~<~<tacat~? M~. ~<M<! pM- à âme Nt~'
)tM~ &a~&M. ?msés~ é~t ~M. Ë~w~
)~t~ <pM~. ~a.M~ecttne è ~M M~B~
!??$ ~t~a~y !t<wx:. ifaM~N~~t-
<M~a<M~ ~'a MM'MpiiM tM~ M~WM~
~a<~<M~ pa< ~n~ eiMtM ~WM~~
ttMMt tt. <~ êM~ <<?. a!!M<~MM<Mt ~etMH~
yMMt~ ~N~a~ ~M<!e ? ?. Nt~ê <tBM~ &?"
a~~ <M~aM~ é<t'. «M~tt' Mw N!)M~'m!M~ <«

'tt' ~«t'~ d'


<~)H~~ ê ~w<MMt~: <~ &<a~~ w<K)M'é))~
M~ SMt. $~<Mé<~
~<Mid~ ??? ne peut eoo~H~ ~<&w.
<0~~ e~e~ MM~MNy Ët~O~ !<B~
~~)~XW~ et' ~< ~M(!<M<My~M..n~'@M''W~~H«
???!<??. a~tM~ ~$ fMttNB. COX~ ~iMM'
<????<' <«<?'tt~ asB!NH à. t<M~ ~!tNM'
<<~ W)~ ê~w <tMO~ <~ ~«~
pt~ce une dupe neuve) te, q~u à ton touf,
&M d<*pouUt<ee car rcUe ta ia tendretïe
ta con~attce que des amants ia&ntes peuvent
airësdfg de ces êtres ab}&~3 JBt HtefceMaure~, t
aKt~K'ts tta o~f eu la ~iM d<6 a'<Mtaehef.
St t'e bbeftinage produit ~u)rn<e Hèlent fa~<K
~'e~cs d~p~abt~s, !~éTn<: fuf les y<ches
~ss p@<6)snes i<cs pt~ at~«, ~aeh MvagjB~
Fte produit tl pas quand U ~a~ne t<:s gens
<fune f(Mftuoe bofnée ? H a&tUtM ~h<MMme de
~ettfss dont tl endort ~p~. !i déM~u~nie
tnafchand de ~n ccnNa<t~?ce &t 1$ ~ce
bientôt à deveaMT ~ppOM H ~f ~ftif !~fn~
de ~)n atatt&t ? d~g~ôee If~ci~Ht d~ tyava~
N~ce~n'e à ta ïub~êatMe jo~fM~i~ t.aê~
après avo~ défangé ti'h~~foe op~$o< tat
«iébauehe conduit l'homme du p<eu~~ à ~A~
pM)~ OM an g*b$t. 0& M gjMte <~ ORa~-
~me<Mrs, à tst p<e~B<.<u~ ~a" ~mMXW
'~M!a~~a~ w~ H~'a~t gyaw4~@. «~w~
Un NM~aM~' phM ~Me-a't M ~<~
~Me y B$ eo~met dea' ~<fa.~ t; q~ p~~ <:<M.-
MMMP wam<~ 0~ ~.S-. ~?~'?8' d'~M- ~a~fe~'
i~' E~h.~ pe~M~ i~ MwMa têt o~.
<a~d a~i &<~
€'a'~ ~~c~fe au d~f~~HMMT <i<!s ~~w~
~neFcMt'd~M: plus ~j~ttt n~put.e~ ce~'d~t*

~<
~M~ ~éqjLMaw~ &C MS c~Mb~t ~angiancs qnt
~a$CB<n~: Mae de )6UM<!S éroMtdis au t~n~a~
~gu$.m,
tbtre jatoufie, ont la crueik exmtvagaNce d'<
h~~fdet leur propre vie pour disputer tc$
~tveurs banna!ca Se m~prifab!~ d'tUM
pfo~iruée Ne faut-it pas avoir d<n ictéet b~~
étranges de l'honneur, peur le faire co<t~«' y
dsMa po~~on de ces femnies d~~a~<w
<~m &Mt au pvemier occupant? MaM €'e~: t<

€~p~!€
l'CI'I' ~éte~ndfe J'wo.
pfopfe de Fawo~r, ou pt'utô~ d'e !a débaaetM!
QIQ;1:Enrl'l.nc.; fouie
Mme pe~e faifonnabtc.
L\~UI'
~âex!o~ ~s~e y

Ïo~ép~tXt~mment du juâe MéptM <~


!}b$frMa~e a<tH'e à ceuy qui s'y t~feat~ md~
pen~sUTtm~M <!<? t'épuitement quH ca<a&, tat
sature a p! ~n de ch~T'e~ !a fa~w M
p~Mt d~M~e, ~s incoMfMévés que !~g M~M d~
décent ou ~<t fai~t! ae p~u~ef!! affêB~T <iaM$
!<M~ ~.<M.haa<!t- d~ré~s. La' j~M~o: éei~wt
~f~ ta ~u$ des conrngions a~eu~s d~t
v<~Mp~ la Menace. De qu~it~ hc~te~ h'~
d~m~~ a~ d.e~~i<'n~s pas .êt~' ~t~~a
~a~ ~~M' d~ Ï<M~ ~d~$.
~?
~NW
~~M~ ~~tC- fO~~y p<9~-M<é' pt~
!Ma~ M& ee~Méra~M~ n'o~tp~t
~<M Fe~n de ce.s êr'fe'a' a&fat~~ <~
..J
Mé'w<' at~ d$p$na de .1 !<t)f
t vie' L_li.
e~e~&e~ .Il.
&
~i<t&ia'~ !$M!t h~~Mu f~ pa~oaa. ?w~ <~
sM; ~v~a' qM. éon~ à e&i.ave~ t~ ~mat
%m~a~ y €a~abl.& dÊ i<ut fai'M a.~Mf~
<~a~< j~. iioff.
~MM. la ~mé~y ~mè~' ~MiM~ $C~
~tMMMey les a<n$< d« f!ch« <t d«
d<MM
~ran~s tout ) le go~f <uns&< <~ vict & dw
Vût~té. L'é~M&îtORp~h~U~, des dtCK~UM
~&eeM<, <?< ~t<~ p~u chaûet (4;)~s
~e< v~a~aM ~du~ttu~ des eMmpt~ po~v~f*
c<MMnbo~o< eh~M$ ~a~f <~a<M t~M
!« «MM ttt g~ya~~ 4é!MM€~ uM
C<MMp<MM CCMMagt~~ t'y t~CM~ y p~Mt ~M~
dtM par MtM pM@' ~M~nc Ut$ t~ttt
~t ~tét RtêoM <t~
~aat <MMUM $M
~aité a~ <~g~M<t <~ «Mr~ a<M €<M~aaM
~M.
t<M tMM~f~W
€<M~ VMtH~~
~MMt$ X t~
~4~~
M~t <tMM
hahKSMM'eoM&r3~ d« e<MM ~)M ta M~
c~tM'< & ftM~ aMMMM~ év~mwMM
~<M~M< des ~afw<M$. Le ~baMa~ ooa~
&~M)XM & MM< à M ~étt~ MWtê $<MM~

(~ Ï~t MWV~tMWKMt ~MM~ t~~M &<)?-


~ata:¡,J,(OfÍút
"tl1ft ~M~ jJMf "<~
~.MTt&V fafa~F~fKMt ~tMt~ i~i~i~~
d~t f! 1LX4
!)~<MW. !<<' 1 Aaj)~t< ~Jt~~ttttttMtM'
tMt~tW
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~<~tt~$. ~MMM~e'!ie
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«~e~,
mMMn~ ? <~t «~&$

~W&W e~SM t@~M' ttM yM'< & )~<WMt~Mï'<Mt


~aMM~t ~M <A~ ~M< ifMM~~ t~
t<M- MM~M! ?«?.-
~b~ttue & foib!<<Te &<. fes vtM~ à les <na~
hfuMtM d~&cnd~aM.
~M< ne pa~efONS point ici de c« ~M
b4MfM< pMveM, coatt~Mt aux voet <t<
<MMfe <h~<n au voM e~et~Me~M des eaM<M<~
~o<!MM tït&~éea. Nom d~aMt &n~MM< qa~
CM ~ût< inconcevables p~Ot~eat éww
t~
je~tt <t'ttae MB~toaMon depfa~ée, qoty pMW
~NMOM~ <tet M~M ~t t« ptMCtt 0~
MttfM, M 4nvMM <~ <M<w«6Ht twe~~ à
tévetMw, ~OMF HH MS!pt, <na~h<MW«M
qM t<Mr aMé~d~em<tnc <? ~wv ~MM<~
fédsM m dé~<potf. C~~ ~ti q~ aaHWM
t~~ @ea< q~ atia~~w votait;i
~h! t« <é<tai< ehetc~ te pt~~ pwf
V~t )?«<??< HK~ttïtM~ au <aM$
b~M'. L<w <MbwadM< ~é~~$<t M~h«"
ct~w <hw GMC<, d~t ~ataHM d<t <?!<?-
<aMW (44)~ aKMt0<M«tt ~M «a
~t~t~ MW
toM~a~M w~Mé< n< ~t~
v$w«$ 6Mt<~< A~ «~<~ <tMM 1~
yé~ ~é~.
C~ «~ <~MMM~~at y ~~M < $WW )

(~~t~t<~<<MM'MOW~&M'~j~M
&<
t~)M~,
~«~i<~ tr~M
Chip tes ~nt <oM eawH~HMt~wMt
t~Mt<n«<«.t<wfeN'<tM'<w
«? :MM
~~<~
~«~~ ~v~ a~~fs~ ~o~tt~ &<M ~<MMe
M'g)M«$Mt 4~
Mmedei on peut opposer à la di~bhttton des
moeurs, qui femble tellement enfadnée dans
quelque. contréet que l'on feroit tenté de
croire qu'i! e~ ifnpo~bte de la ~e difpa-
Mhfc. Nous dirons qu'une éducation plus
Vt~~a~te empêcheroit la jeûner de c~fm'ac'
ter des habitudes capables d'influer fur te
btes-é~e de toute fa vie nous dirons que
des pa~enu, plus fé~tét dans leur conduite
fbr~toroteRt infailliblement des enfaMM~motM
coffOMput <KMM dMont que de< <buve<rata<
~îUMMX M~MCtOtent par te~t exe~t~a ~f
te~t <u}eM en <e<rHMnnn aux vt€e$ le chemin
de la taweuf des hoameuM de< dt~itet, <te<
yecofnpen~<, un pftace pajrvtendfoitt Mentit
à dtfninuef au motoit ia coffuptMM* p~tt~Me
&C 6:a~dateu~B d~at ta cour e~ te WM f~yef.
L'exemple des gfaadt, !0ti~0tnr< âd~ten~ettt
c&~té pw !e$ pe<<«,f~Mé~ef~ e~ pea de
temps la décence ta p~Mtew, dep~ ~Mg-
temps baanM du &ta <!e~ a$tKM« e~eMe$ 4
cette~c! n'oat c~mmu~étMeat <e$ paMVM§
<~e ie ~Me~e awacMge ~'eveMr bk<t de
M~iïe de vke< beaucoup n~tM de
<bfe@i de veftM~
Ea padajM de< de~<MM de$ épom~ aotï<
<e~M voir ~t t~<:ot~éote<M<, n~ M%~M te~
~@< que <T~qoeoM, qui te~~eat pour te<
~~ïHo pour la ~dete de ntt~deÏMe
<~a~~e ~e ~~eM~te, de €e$
!anterie< que, dans quelques nations appn'-
voi~eet avec la corruption t on a ta témérité
de regarder comme des bagatettet, des amu-
~emenM, des jeux d'esprit.
Si ta raifbn condamne !a débauche, e!!e
proscrit néce~airemeM tout ce qui peut y
provoquer ainfi elle interdit te< diicouft
licencieux, !e< }ectures dangefeufet, les ha-
biUeMenM !afcifs, ies regards déshonnetes
elle ordosne de détournejr Finnagination de
<M§ pensées lubriques qui pouffoient peu à
peu poner à des avions cfimine!!es ce~~e~c~
.éitétréet forment des habitudes permaMeotc~,
capaMee de ?é~ef à :ous ies con<ei!f! de ta
tM~tt. « tt M faut pas (élément, di~bit I~<
» cfate qu'u~n homme ~age contienne ~e<
MaiM, mais it faut encore qu'H coatienM
y~Mf. r
Le~ piai~M de rameur étant te< p!u<
v~~c~M~ que ïa machine humaine puttïe
épto~wer, ~t de MtMr< à pouvoir êtte dMS*
cttMBM~M fe~ptacet par ta même ratt<bn y
i ewpe~tetM~ oom n~ntre qu'it< ~nt les ptm
de~fMctwttM pour t~omtae orgaMMM oe
peu~ect effuyer ~ant un détrifoent ootabte e
~< ntOMVementt convut~~ que ces ptatRfS y
ca~&at. Vott~ pourquoi emporté par &<
ha~~NMte~ da~gereute:, te débauché eM e&
c<MM)M!Mémeot 1 e~ctave ~u~qu'au tombeau i
aM ~M~ même de la ~acuké de ~atiifaMre
be~biM m~tér~ ion tmag'nanon pefp<
tueiiement en travaU, M lui iai~e aucun repot.
Rien de p!u< dtgne de phi~ qM ia vM~eHe
innrme & méprise de Ct< h<Mnnm dont
h v~ ~t coo~aMée à la votupté.

CHAPITRE X.

D< nn<<en~MM~
Touï
ce qui nuh à la ~aaté do c~tpt tout
ce qui Moub!e ks ~acuhé* 'atelte~uettet M
la raison de t'homnae tûMt ce qMt te MM~
cut~ble, <o<t à lui même <ott aux autres
doit ê~e tépuie tktMK & ~Mmm~ et ne
peut être approuvé par la ~atne M<~«ie. St t<
tempérance e~ uneif~u, ~oMtM~~ee eft
un ~iee, quel'on peut dé~tttf !~abttMd< d<
HvtCt aux appeM<< défé~é< du ~n< du goût<
Tout te: encè< de ta bcuche, ta goutwan.
d~e ) i'ty~oefie dosent êtM M~ardét tom.
me de< d~p~Mnom daHgeMu~ pouf nom~
meM~, pour ~eu* avec qtM MM< woot.
à ta medec!ne qu'H appattMm de
f~e &B~r ie$ danger aM~M~ tInM~pé~
tance e!<po& le co<p~ d'accofd avec ia Mo<
Mte ,<!ie prouve ~ue te gourmand, octave
d'usé pwdSen ~Mt~ante, e& &}<? à d« maia.
CtM crue!!e< Be fréquentes, végète dans un
état de langueur, & trouve communémeM
une mort prématurée dans des plaifira aux-
quels (on eûomac ne peut <umre.
La Morale de ~bn côté, ne voit dant
l'homme intempérant qu'un malheureux dont
!'e<prit, absorbé par une pamon brutale ne
t'occupe que des moyens de la contenter
DaM ie< pays où le luxe a fixé <a demeure #
les riches & les grands, dont tous les organea
te trouvent communémentémou<!es par t'abu<
qu'ils en ont fait, (ont réduits à chercher daM
des alimenu pfécocet, raret, di~pendteux,
de< moyens de ranimer un appétit tangua
fant leur pays ne leur ~uro~nt p!tM non
d'a<!ex piquant, vous te< voyez fe ~a~re une
occupation <erieu<e d'imaginer de aou~Het
combinaient capabiM d'irtïter leurs pata~
Mgouvdit ) ih metttot A contribution tM
meM ot te< contrées éioigoée~ pour féwMt<t)r
t~M ~<M u~M. A cet a~bHOetneM ~hy<!<)~
de 1a machine, & joint encore <Me<btM vw*
aM, qdi <e fait un ntéfite de pr~Mttier, à
de$ coa~ivea étOn~, de< prod~c~OM ~oû*
<eu<e<, de~iaeet à leur doanef une haMte
Mée de l'opulence de celui qui !e< rég~e
cetui ci a la doble ambition de paCer pour
faire la chère la pttM dé!icate il ne rougit
paw de pana~r uac gtotte qui devroit n'~re
faite que poaf Con mahre d'h&te! OH <bn <:H~
fMer.
C'e~ fur tout dans les ptaiurs de la tabte
& dans la gloire d'o~rir à tes convives des
mets bien préparcs e bien choiits &: bien
chars, que beaucpjp de gens font :on(i~er
la reprcientatton &( la grandeur des repas
Somptueux leur paroxTent annoncer du goùt~
de la genero~tté, de la nob!c(Ïe, de la tbcia-
bilité l'homme opulent S( l'homme en place
jouiffent inféneurement des applaudiilements
qu'ils croient obtentr d'une tbu!c de flatteurs,e
de gourmands, & ~vent d'inconnus qu'ils
fa~ïembtent au hafard &C fans choix, pour les
tendre témoins de leur préfendu~ grandeur
&L de leur félicité. C'e<t ainfi que les mai~bm
des riches Se. des gMnd~ Ce changent en hôtel.
leries ouvertes à tout venant, dont !cs pro-
priétaires ont la <btti<e de déranger, Se leur
fortune 8e leur ifanté pour des gens qu'ils
connoifTent à peine, && quUs on: pourtant
la folle de prendre pour des am!s. Rien de
plus méprKabte que ces amis de tabïe y que
la bonne chere attire uniquement, &L que
ron pourroit qua!mef, avec plus de raifon
d'amis du cHt~tte~ que d'amis de fon maî-
tre (4$) ce!me!, après avoir dérangé fa
fortune, ce qui arnve tfès-fréquetnmeat, eft

(~t) Ptumrque <~<tt&: k< ttnie <te cette efpccc,


<f~« ~<r M~~M,
tout
tout furpris de (e voir abandonné de fes pré-
tendus amis il s'appercoit trop tard qu'il ne
ratïembtoit chez lui que des gourmands, dont
h ienCbitité n'étoit que dans t'dtomac, &C
qui ne lui favent aucun gré des folles dépensa
qu'il a faites pour eux, ou plutôt eo faveuf
de fa ~btte vanité.
En effet le prodigue comme on a vuy
n'e~ point un être bienfaifant, c'ett un extra-
vagant (buvent dépourvu de Psnubitité, quï
~acrifte fa fortune à l'envie de paroître. Com-
ment un être vraiment ~endbte ne te repro"
cheroit-il pat les dépen<e< (buveot énormes
de fes félins. a'it venoit à ré~échir qu'elles
~umroi$nt pour procurer le néceuaire à de<
familles !nd!gentes qui mangent à peine du
pa'n Mai< des bienfam de ce genre n'ooc
pas pour rhomme riche tout !'édat que de.
mande <a vaohé il aime mieux f<pr~<n«f
tt <e ruiner <btte<Ment que de donner !e$
~coum les phM léger. aux mi<eraMe< H
trouve dans (on rang, dans Ca place une
obligation indt<pea(ab!e de ~épeo~ef, qui lui
fournit des prétextes pour ne )amai< (buïaget
les be<bM! tes p!u* pre<!aoM dM pauvre.
Le< dépec~M extravagantes des grands <C
des riches, & les déprédations de leurs tables
contribuent encore à rendre le fort de Had!"
gent plus fâcheux c'eA en eSet à ces cau~
que ~'on peut attribucf la cherté des pMV~
<iôhs, des denfées come~btes que i'ant ~oit
€omnf)un'énnent régner daM les contrées ou
te !uxe ne faK que rewtdfe la pauweté plut
matheurëu~e. Des <e4Uns coMinueis de< r~
goûts t~cherches, te! <tégàM des vaieK coo-
~mmeat &: dét~Meoit auvent CM an jouy,9
dans une grande viHe, auntat de viwes ~u't~
faùdfolt poof hourfif~ 'pendant Bn mots y
J~s c~invateufs ~e toute aûe province
Têts <bnt pourtant ~es ~~ets de ~e ioxp
dont bten des gews eMMpweanent ~'apoio~ie.
La téRexioo nous moNtte cotnme 'te de~
~u~eùf ~pi~aMedutiche <p!~f~ne, &:
du pauvre <p'M prive à tout momeM dtt
héceMa~ire. Tout nous pf~uve ~~ue ia &me
poUt~ue, d'accolé a~ee t<a MoMte, dewott
te pi~o~re ramenef !es citoyeas & h! <TU~
~Mfe iMm mo~s u~te a h ~aMé, à h
fortune t~M ~dbes des grands, qu!a fi~ai*
~nce BC ~u ~ten-étre du peuphs, auquei ht
goav~Htemehts pour rord~H~e !tembA~ot
<i<ès peu s'!ntéren~r.
C'eÏt ~ma doute à !eor t~gttgcace, ou
~s Bérets ~tutiïes & Wa~BMHdus, que !oa
doit ~ttfibuer I~Wognerie ~dont ~n voit 6
eotnmënénMHt te bas ~eufple mfe~to. T~ut
papo~~eKts ravages que !e~ excës du vm &
une cretpute haMtu<s~ eM~eot parmi les
Ma'0~ tes p!us â)ba!tern€< dB ta Société
we~dt~ ~n cherdM aucua< n~oyets d'y
remédier bteo-toip de là daf~ ~MehpiM
hattoas, la p~U~que Ce tead cempM~ de ce$
de~btdMS en voe d'Mp profit ~rdjtde <Mt de<
droits que le gouvernement Jeve fur les
bottïbMt i'io!en~petan<ce du pe~p~ e~
9
tegafdée comnM bien pour i'~at, & i'oa
cratndfOK une dtHMnuwMt da<K te! ~<tF<cM

M!<bnaaMe
La pMeue
(.
6 le peuple d~e~t ptu< ~Me

r~vet~
plus

d~!ea!te jde &


procuMr des aImM~M cooveo~ct :d~M~
mtOMt le peuple i'iv~ogaew~ tOHt
tui &Mt ccoc~er )'~bitud< de$ K<~euf6
ibrt~ ~m te ~éMu~ot en ~u de Mn~p~
'CeUe~Ct 1m d~~eoaeoi oece~re~ p~ufM*-
p;a~r Ca tnaç~ae d~HeuM .pe~ ~oMK<e $
eU~ ptocureM de ~Iu$ ~h~ de$
<en<adoBS vives mais le privant haMMe~
le<ïMM de & ~at6~ eUes M~t <~t ou
j~Tabf~ ~ou! ~tt, p~r M~M'
~M~Me de <MM~f p~r «~f<~ ·
'.Îr" Jo
~) pM< !'em~:)fe
T~~ ex~ûRvemeni
RttfBe, te <ouveMt~ (e t~
iBttonopote de t'em.dt.vie, ?
~iot< ua Mg~re~M~ <te te a~tt ~N ftm tous têt <nt
~~e
]jt &n<ttt< B~«<~te$te<MtMM &NO{t<MMM<
kt.go~yetnemeaMa~e~Mat de< it~ôts t~~t (M
!e< oottïoos it< <Mtt ~r con~<~ueot le ptn~ Man~d in~
itérer ~e !e peo~e %'toiv<e. iiqacttM d~H!ce< (ba~
ettoarce dM pànw<«$ ~<t.M<K dMMUet pty«tè
~.it&~o~~Mtt ~L
'I
Dans quelques nations, les intitulions reîi<
gieu~es obligeant le peuple à demeurer dans
l'inaction Semblent trop couvent l'inviter à
l'intempérance. Des <b!emnnés & des fêtes
mutdpliées qui condamnent l'artiran «
l'homme du peuple à ne point faire ufage de
fes bras ne lui laiuent dans fon dé~œuvre-
ment d'autre reubucce que de s'enivrer par
là il fe prive du profit qu'il a pu faire par fon
travail, ~c fe met couvent hors d'état de
donner du pain à <es enfants. D'aiiteurs, fon
ivrognerie l'expofe à des rixes rbf tuâtes, à
de< dangers fans nombre couvent même
elle le conduit à des crimes. En prévenant
roinveté !a poiitique préviendroit biea
des défordres qu'elle eu continuellement
obligée de punir fans pouvoir les faire
ceH~r.
Quoique chez qae!que< nations !'ivrogoe*
f!e &mMe bannie de ia bonne compagnie,
ce vice ~ub~Hte dans les provinces, & pMo~
la renburce commune de tous les défocuvrés,
Combien d'hommes qui & difent raifon-
cabtes, ne trouvent d'autre moyen, d'em-
ployer un temps qui leur pe<e, qu'en
noyant dans le vin le peu de boa Cens dont
its jouiaent Si tes habitants des pays mé-
ridionaux montrent plus de Sobriété ceux
des pays du nord croient trouver dans t
la
rigueur de leur climat, des motift preaaaM
de s'enivrer habituellement & font (ouvent
trophée de leur honteuse intempérance. Belle
gloire fans doute que celle qui rétuhe pour
un êtK intelligent de Ce priver périodique-
ment de fa raifon &e de fe ravaler couvent
au deffous de la condition des bêtes
L'ivrognerie e~ évidemment uo plai<!it
de Sauvages nous voyons ces hordes d'hom-
mes, ou plutôt d'enfants inconUdérés ) dont
le nouveau monde e~ peuplé Subjuguées
par les liqueurs fortes dont les Europ~en<
leur ont procuré la fatale connoUïance. C~~
à t'ufage immodéré de ces fune~es bfeuvages,
que bien des voyageurs attribuent la de~ruc-
tion prefqu'entiere de ces peuples dépourvut
de prudence &L de raifon.
Anacharfis prétendolt que la vigne produi-
fbit trois rai~ns te premier de plaifir le
Second d'ivrognerie le troiueme de repen-
tir. L'expérience journaliere <umi pour nous
convaincre que rien n'e~ plus contraire à
l'homme phyuque, ainfiqu'à l'homme moral,
que riniempérance. So a~bib!inant le corps,v
elle amene à grands pas !a viei!le<!e, ie<
m6rmités oC la mort. JL'~M~peMnce, dit
Démocrite donne de courtes joies & ~c
longs ~pfa~. Une vie fenfuelle oC délicate
nous fait contracter une mo!ie<!e qui nous
rend inutiles ÔC méprt(ab!es l'excès du vin
~a troublant perpétuellement !e cerveau,
ji-
abrutit l'homme qui s'y Hvre, le rend inca"
a;
pabte de travai! i'empéche de penfer ou
de remplir aucno~ de <et devotrs, & couvent
le conduit à des crime. propr« à tui attire!
<te< ci~ttînenK.
L'être vtrattnent rai~bnnabte doit ve!ef
<a confervation l'être vraiment fociable
doit conferver ~bn lang-froid, & ne jamah
troubler fes facuttés intetie~ue~es de peut
d'être entraîné, à ton infu ?
ma!g~ !u),
des a~ons qui le dégraderoient, & dont,
~endu à tui-même, il ~etoic forcé de rou-t
(47).

(~7~ H'<* <~«~« ~<~«~ <~e,


M~< M~ ~f<~
K~AT. ~PÏ<T. ï UB. VBtU. ~0,
CHAPITRE XL
Des pfa~ÎM AonM~M & <M~~fM.
~NE
Moe~e rarouche & répugnas à la
nature de t'homn~e lui fait um cftape de tou%
k< plates tma~ u~e M<M' p!ns huNH[ai~~
!'tnvKe à vett~, hM pjfouv~M <}u'etta
<)Buiepeut lui procurer de& p!~i~s excmpt<
ë*anMrtun)e & 4~ r~Ms. La raifon nous
permet nous erd~anc ~e ~rd~s bien-
&M< de ia nattM~, de ~WM des penchaM~
<eg!ea die chérir dee p!a<~& d«
amu-
~BtMBM qui oa nu~ot <M a M~s naôrn~ ni
âme aueret ette a~as cûB~Jte d~n ufer
éM~!a me<ure Hx~ pa~ nnt~rêt de chaqM
hôanaM am~ que pat t~n o~f~
y<atér~ 8cncta~ de ta
J~Ma tONt<~ ~MM
(p<
a~toa~~s t~rnq~s cher.
e~at le ptaiCf c'~ q~
~o$ pa~oa~
ea ~M de~M ont pctu~ but, aow M~on-'
tMtM 6 raMt~M, Mt pa~e ~ue npu!: le
~erchdM où H n'@& pa&, <Q~ pa~e que
t
~u~
août avons P<n~ptu~en<ee d'en
hbu< avons déj~ ~{.dfwant ( ~<m
èhzp. ÏV) de~ te p!at(tr MW< ea a~o<
t,
~tugMc deux e~ecet nous av<M~ d<t q~e
rT
les plaifirs qui agiffent immédiatement fur
nos organes viubtes, fe nomment plaifirs des
fens ou p~~j corporels &: que ceux qui fe
font Sentir au dedans de nous-mêmes s'ap-
pellent plaifirs mtc~ccr~cfj on plaifirs de
l'efprit Se du cœur.
C'eft ~r-tout contre les plaifirs des fens
qu'une foule de morat~es s'e~t de tout temps
élevée quelques. uns les ont totalement
proscrits. Cependant ces plaifirs en eux-
mêmes n'ont rien de criminel, lorsque vrai-
ment utiles à nous ils ne peuvent caufer
aucun dommage à perfonne. Les plaifirs de
ja table, dont nous venons d'examiner les
abus, n'ont en eux-mêmes rien de blâmable
il eft très-naturel très-conforme à la raifon
d'aimer des aliments flatteurs pour le palais,
~C de les préférer à ceux qui lui ieroient
infipides ou dé~gréables mais il feroit
contraire à la nature de prendre ces ali-
ments fans mesure &C pour Satisfaire un
plaifir paHager de s'expofer à de longues
infirmités. Il feroit odieux &C criminel de
dévorer dans des félins la ~ubfiance du pau-
vre. Il fcroit infenfé de déranger fa fortune
pour contenter un appétit trop écoute la
pa~on défordonnée pour des mets recher-
chés ou pour des vins délicieux, eit faite
pour nous rendre méprisables. Un gourmand
pe pafut jamais un être bien e~inaab~ Mn
homme trop difficile eft ~ouvcnr mniheureux.
Les yeux peuvent fans crime Se porter fur
les charmes divers que la nature répand fur
fes ouvrages. Une belle femme eft un objet
digne d'attirer les regards il eSt très naturet
d'éprouver du plaifir à fa vue mais ce plaifir
deviendroit fatal pour nous s'il allumoit
dans nos cœurs une ardeur importune il fe
changeroit en crime s'il excitoit en nous une
panton capable de nous faire entrependre
des avions déshonorantes pour l'objet que
nous avons d'abord innocemment admiré.
ïl ne peut y avoir aucun mal à entendre
avec plaifir des <bns harmonieux qui flattent
notre oreille mais ce plaifir peut avoir des
conféquences blâmables, s'il nous ammolltC
le cceur, en le ditpo(ant à la volupté à la
débauche ou s'il nous fait oublier nos
devoirs euentiels.
ït eft très-naturel d'aimer & de chercher
les agréments Se les commodités de la vie de
préféref des vêtements moëlleux à ceux qui
font une impre~on défagréable fur les doigts:
mais il eft puéril de n'avoir l'efprit occupé
que de vaines parures il feroit infenfé de,
déranger fa fortune pour contenter une fotte
vanité. La Morate ne condamne le luxe Se
Jes, plaifirs qu'il procure, que parce qu'ils fer-
vent d'aliments à des payons extravagantes,
eui non! ~nt communément méconnoîtrc ce
que nous devons a la Société. L'amour du
rafte ferme nos cœurs aux besoins de nos
femblables il amené notre propre ruine Se
celle de )a parrie.
Les fpe<~ac!es Se. les amu~ments divers
que la Société nous prétente font des déiaf-
fements que la raifon approuve tant qu'ils
p'ont pas de conséquences dan~ereu~s mai&
elle condamne des ~eciactes licencieux, qui
ne rempliroient l'efprit d'une jeûner em-
portée que d'images lubriques &L {on cœur
de maximes empoisonnes. La faine noorate
pourroit-eUe ne pas s'élever contre tout ce qui
fait éciorre ou ce qui fbm'ente des pan<ons
capables de ravager ia fociété ? Comment
des femmes foibtes & d'une imagination
vive, reii~eroient eues à des payons q.ue!ç
theaire leur montre chaque jour fous les traitB
Jes plus propres à féduire ?
Bien des morati~es, que l'on, accuse com-
ïnunément d'une '~vérité ridicuie, ont b!âmc
Jes fpe~ac!cs, & les ont regardes comme une
fb~ree' de corruption. Quelque Fi~oureux que
paroiffe ce jugement, la ~aine Moraie trouve,
à bkn des égards, obligée d'y fbufcrirc. Si
rameur efi une pafnon funefte par les ravages
qu'eUc produit, fi la débauche ett un mal
fi la volupté ed dan~creufe, quels cRets ces
partons, pré~entée~ fous les traits les plus
~edui~anis, ne doivent elles pas produire fur
Hnc jeunelfe imprudenrc, qui ne court au
théane que pour a:ti<er de~dt.'nrs qu'eite ('one
déjà dans ~n cœur? San? parier de ces pièces
iicencieutes admife<: ou toterces dans quel-
ques pays, la )cuneu'e~ fi elle parloir de
bonne foi, conviendro<r que ce ionr bien plut6t
Jes charmes d'une a~ricc~2< de'= images laf-
cives qu'elle va chercher nu fpe~3c)e que
les <entimenf< vprrueu?( q')''tn dr~tTie peut
renfermer. C'e~ le doux poHbn du vice que
vont boire à longs fruits tanr dp vohprueux
<jéiœuvré< dont les fpe~acks font devenus
la principale an~ire. Les ptu- opu)<?nr<: d'entre
eux nou~ prouvent, par !e~r conduire, que
ce n'e(t nu!!emen! la venu qu'i!? y vont ap-
p)aud!r ou chercher. Le thc3rre efr un écueti
où la fidélité conjugale la raifon les for-
tunes &. les mœurs vont si tout moment
échouer.
On peut, ifan<: rifque de fe fromper, por-
ter le même jugement de ces sn'embtecs pu-
bliques Se no~urne' connue! ~)u<: le nom
de b<ï~, où le hberttnas~e curieux.. les intri-
gues crimine!!e< !eF aveniMrep inopinées ou
concertées rnpprochert les perfonne!! de'
deux fexes. e~ din~ci!e de croire que ce
foit le defir de prendra un exercice utne à la
fanté qui excite une vive ardeur pour la
dan~e dan? un grand nombre de femmes dé-
~icaie? ou d'hommes efféminés. Dps exemples
muhip!K'? nous prouvent que, pour bien des
~jns-, e bal n'eft rien moins qu'un ph'ihr
ipnccent. Mais par une crueHe nece~re, dans
i~s ~ci~'tés corromp's, tes plainrs origi-
nairement les plus <impics, par l'abus que le
vice en fait faire, ~c convenUTcnt en poi~ort,
&: ne fervent qu'à étendre & multiplier la
corruption celle-ci eft un befoin indifpen-
fabtc pour une foule d'opulent vicieux &
de~cuvres, qui cherchent par-tout le vice,
cevenu l'unique aliment convenable n Icurs
âmes flétries. La Morale la plus fimple doit
paroirre révoltante <&(. farouche à des hom-
mes f~ns mœurs ou à des cicurdis, incapa-
bles d'envita~er les contcquenccs, fbuvenc
terribles, de leurs vains amufemcnt:. Ce n'ett
point a des ctres de cette trempe que la
raifon peut adretr;r fes leçons.
Entre les mains de l'homme imprudent S<.
déprave, tout change tour fc dénature &
devient dangereux. La !ec~ure ne lui p!a!t
qu'au~nt qu'cHc contribue a nourriras pen-
chante dérepies. De là tant de romans amou-
reux, rant de vers ~<. de produ~ions, dont la
frivolité n'c~ que le moindre défaut font
Funique étude des gens du monde &. donc
ils ne fervent qu'a fortifier les inc!inatior.s
tres-functtes au repos des familles & de la
iociet~.
Au rifque donc de déplaire à bien du
Monder la Morale n'approuvera nullement
des pïaiurs ou des amuMments, d'où ré<u~
tent vi~ïbiement les maux les plus rée!s:
rhomme de bien réMe à l'opinion publiquet
toutes les fois qu'eHe ett contfa<fe à la fetkité
pabHque) loujtours invinciblement liée à la
bonté des mœurs. Tous !<ss p~nK, capabtet
de favoriCer des paHtons naturelles que fon
doh contenir ne peuvent être innocents aux
yeux de la raifon. Les hommes ne peuvent-
donc s'amuser fans-fe <a!!r t'imagination, <an~
s'exciter au vice, fans <e nuire à eux-mêmet
& aux autres ? Le grand n~ai des riches vient
de ce qu'i!< veoient <e detauer fans pâmait
t'être véritablement occupés.
Les )eux divers, inventés pour donner dit
teMtche aux esprits fatigués de leurs occupa~
tions habituelles, ne (bhtbtâirnaMesquetor~
qu'Ms preanent eux-mêmes !a place de ces
sceapMtons plus importantes. Le peu n'e~
<pt'uoè ~reur ~n&<uee qoand i! aous expose à
ti
la ru~ae ? prouve te vuid~ <~e ceux qui n~
~urotent &M lui ni s'occuper~ n! conver~t
les uns avec tes autres. Un joueur de profe~
6oa B'e~boa a rieo,& s'enouïe dès qu'H
@e<!e de MnÏr ou des carte?, ou des dés (48~

(~~ !!<'? boa de reottfquer qM les c~ftea à jouer


t)MM< it~<e<<e< peat ttnuSK Ch<r!ea V!, rai de
~OMe, tM~~&c MmM ca ~aMtMt, on ditMt <~
En au mot Ce ne font pouces piautM de<
~M que la ration condamne c'e& t'abu<
qu'oit en fait communément, e'eâ Jkut u~fage
itrop&equen: qune<rcnd m6~de$) où qut
noM en faut de~ befoins pM<ïant<) que nom
ne pouvons p~ui ~Hts~me qu'au détfimeat de
~ousmémet~desauMes.
Let p!ai~s MM~<ÏMe~ ûu de ~'e~pht,
~bnt, comme en ra dtt aiîteurs, les p~M
~ue les <ea< cou< ont oSetM fenouweMes par
& mémotre, exemptés
par h~ ~exton,
~ornpaMS pat le jugement, animés, exalté
embellis nftuhtpties par noefe wagîuaHoo.
Lorsque tetifé~, pouf ainti dtte, ~n nous-
mêmes, nous nom fappeMoBe ~o~eMOM
les <en<ano<M qu! nous oot ph~ nom ;i<!$ con-
~dérons ~MM p!u~euM face<, Ttom te< cotB.
paMBS OM~HX, nous -nous te< jpe~Mi <bu<
des MaK< &u~ntphM~edu~ant< ~te la ~af
M. Mais de naeaaeqMe~pb!<!M~~eM,
ie< piat~M !nteMe~He~ .peuveot ~ve~it toua-
bles ou .htama~M, ~oancte~ ou criRMoets v
~aotageux outRbte<,~CM po~f Bou~, <<Mt
pour ta &ctété. C'e~ à la ration ~u'~ Appar-
ient de regi$r noMe e~rtt~j~etn~tM'e de~
Jt<mhe< à notre imagtM~o~, ~o~ ~uw)ent&

idtpwK,le
te* te tMt fontde
dece
ce prince ta ftt~fce
ptiMe ou<tg*g'~ toate la b<MtO)e
<k FEM~pe,
:Où les cartes tooc le bonheur ou la rtl1Ou"ee.M;Ia,boDl1IC
dEiMn~ptic, A we~M de ptM BM~~t
jette à Ttous CTtivrer, nous égarer iMMM e~*
traîner an ma!. Un e~pîit vif) une MMgina~
tion ardente (ont des' guides bien dan~e"
yeux, iof~ih perdent de vue le âarnbean
de la yafMbn. La Mo~te doit ~tir~ef tio< pe~~
fées, ~C bannit de notre etpfit têt idées qtM
peuvent avoir poof nous de< con~ncet
~acheu~es. Les égaMtnenM de la pen<~e iTmt
b'~ttôt <uitvis ~!e< ~gatctnemt ~e ccMMimM.
Les pi~Ërs de l'esprit ~eavent ~<re ou nèa-
honoêtes 00 ffès-cnmiMb. La <c~nce~
rétude, des te~ofes utiles !&<n'~mt dans oan'e
cerveau des traces eu des idées ~ui, ~mt~-
ties parunetma~in~tten bri~an~dev<ennent
une <bufce intafMïaMte de !o<M<ta<tccs, poMr
«pUt'mémes, pottr~eux à qui eoutcoxn-
~ttuniqoonsnos décou~eMes. Mwi< hc~ewvcau
~e ii'howme igaMBM,~ét~euvré,vic~M ae
& fetMpHt que limages Mtes, bbtiquea,
OtéshonnéfM, <!tpaMM na~rtfe &< ~nSeM
eeHe! 'de< aMMes ~iaas âne ~BM~tMUMn
ida~~ttu~e.~L'i~ag~adon ~un~~me
de M'en ~Ni peintt tWe<c '~éfitfé tM ~antaget de
la vefM~ la gloire qui en rMutte ,~ht teadrene
<ju~ie tw aKiM~ tes nouccups de ta ~aix
d'un~ b<MMte co~M.ace t'tmagiaation égà-
<~e d~ua tnftbif~ewt hii représente t<s Ritites
avantages d'une puifrance incertaine, dont il
ce <aif point ufer ceUe d'un fat lui montre
MMM yeax Bonnes de <on ~e, de<&<
équipages, de i~ livrées de la parure ceue
d'un avare lui représente des biens Sans nom-
bre dont il ne jouira jamais.
L'imagination eu: donc la Cource commune
du vice & de la vertu, des plaifirs honnêtes
& déshonnétes c'e~ elle qui, réglée par
t'expérience, exalte aux yeux de l'homme de
bien ies plaifirs moraux, les charmes de la
Science ) tes attraits de la vertu. Ces piaiCrs
font totalement inconnus d'un tas d'efprits
bornés, de ces ames retrécies, pouf qui la
venu n'ett qu'un vain nom, ou pour tant
d'hommes dépourvus de ré~exion, qui ne
croient voir en elle qu'un objet tr~e & tugu"
bre. Qu'e~ ce que ia bieptamance l'humanité 1,
la générouté pour la plupart des riches 1
Hnon la privation d'une portion de leur bi~o
qu'ils devinent à ~e procurer des platurs peu
bolides 1 Ces vertus présentent une tout autre
idée a celui qui médite leurs eSets <ur les
féac~QH
cœurs des mortels, qui connoit la
de h reconno!uan€e, qui <e voit, dans &
propre Imagination un objet digne de t'anaour
de fes concitoyens.
La conscience eft presque nulle pour
t'étourdi qui ne rénéchit point, pour celui
que la panton aveugle, pour le
itupide qui
c'a point d'imagination il en faut pour fe
peindre avec force les Sentiments divers que
nos aérons, bonnes ou mauvaifes produi*
ront
font fur tes autres il fr!ut avoir médité
t'homnc pour favoir !a manière dont il peut
e:rc ai~e~c <oir en bien foit en mal. Cette
ima~ir!:jr!on prompte ?< cette réneyionconf-
tituent la ~enfibihré, fans !aqu< tic res ptaitira
moraux ne touchent guère~ &( la conscience
ne patte que foiblement. Quel plaifir peut
trouver à fou!ager un autre celui qui ne (e
fent pas auez vive<nent atfe~é de la peinture
de Ces maux pour avoir un grand befoin de
te tbuta~er lui même 1 11 faut avoir entendu
ferentirdans fon cœur h' cri de t'in~ortune~
pour trouver du plaifir à la feiire cetter.
I~'homne qui ne fent point ou qui ne
pente point.. ne fait jouir de rien la nature
entiere e!t comme morte pour lui les arts
qui la reprefenient, n'anfe~~nt point (es yeux
appesantis. La rertexion & t'imaginarion nous
font goûter !.s charmes & les ptnifirs qui ré-
fuitent de la conn:mptaiion de t univers c'e~t
par elles que le monde phynque S( le monde
moral deviennent un ~ec~ icte enchanteur
don: toutes les <cenes nous remuent vivement.
Tandis q't'une fbu!e imprudente court après
des plaitirs trompeurs qu'elle ne peut jamais
fixer l'homme de bien fenubte, éctairé~
rencontre par tout des jouuT~nces après avoir
trouvé du plaifir d~ns le trav u!, il en retrouve
dans des détauements honnêtes, dans des
conversations utiles dans l'examen d'une na.
ture diverfifiée à l'infini la Société, fi rati-
gante pour des êtres qui réciproquement s'in-
commodent & s'ennuient, fournit à 1 homme
qui penfe des observations multipliées dont
fon efprit fe remplit il amaffe des faits il
eccumuie des provifions propres à l'amufer
dans la folitude. Les champs Si uniformes

pour les habitans agités de nos villes lui


onrent à chaque pas mille plaifirs nouveaux.
Le fracas bruyant des villes, & les extrava-
gances du vulgaire font pour lui des <pec~a-
cles intéreu'ants. En un mot, tout nous prouve
qu'il n'eH: de vrais plaifits que pour t'être qui
fent & qui médite tout lui démontre les
avantages de la venu, Ce les inconvénients
qui restent des folies C( des défauts des
hommes.
CHAPITRE XII.
Des ~<~MM) des t~p<r/c?Mn~, des rt~/cu~,
ou des ~u~t<~ ~jgr~~fe~ dans la vit
fociale.

jLJLpRÈs l'examen qui vient d'être fait des


vices ou des dtfpofitions nuitïbtes à la vie <b"'
ciale, il nous reâe encore à parler des dé-
fauts ou des imperfections, dont t'enfet eft de
nous rendre incommodes ou désagréables
ceux avec qui nous vivons. Ain6 que les vices,
les défauts des hommes font des fuites de
leur tempérament, diversement modifié pac
l'habitude on peut les définir des privations
de quatités nécetlaires pour Ce fendre agréa*
ble dans la Société.
Comme un être feciable 'fe ~ent toujours
!ntére<!e à plaire aux perfonnes avec te~queHet
il doit vivre non'~e~ement il (e croit ob!igé
<o!e renier à fes patRons, C( de combattre Ces
penchants déréglés, mais encore il cherche
à corriger les défauts qui pourroieni affoiblir
la bienveillance qu'i! defire d'exciter. Chacun
eft aveugle fur fes propres défauts mais
l'homme Sociable doit s'étudier !ui-même,
tâcher de fe voir des mêmes yeux dont il eft
A –
vu par les autres juger ~es imper~'cnons
comme il juge celles qu'il apperçoit dans fes
~mbiabics ce qu'i) trouve défagréabie ou
choqjunt en eux ~)t~t pour lui faire con-
noicrc ce qui doit les choquer ou leur déplaire
en lui. C'e~ ainfi que le fsge peut tirer un
profit réel des imperfections, des foib!en*es
des hommes il apprend de cette manicre à
éviter dans fes actions ce qui lui déplaît dans
leur conduite. Il fait qu'il ne doit rien negU-
ger pour mériter refHme &~ l'a~ccHon, &
que les moindres défauts, quoiqu'ils ne cau-
fent pas des effets fi fentibles fi prompts

que le crime, ne laitrent pas, à la longue, de


blclrer profondément les personnes qui en
fentent les effets continués moindre litr-
c~r~ dit Montagne (~) ~~c ~j barrieres
de la pjttence.
Tous les hommes ont des défauts plus ou
moins incommodes à ceux qui en retlentent
les effets nous fouffrons quelquefois de ceux
auxquels nous femmes Sujets nous mêmes
fans nous en apperccvoir ils nous déplaifent
dans les autres, tandis que nous ne fbngeons
nullement à nous en corriger. Nous fommes
très-pénétrants lor~u'it s'agit de voir les im-
periedions &. les foibleffes des autres, Se

(4y) Montagne etïais, iiv. 1, chap.


nous Sommes dos avenues des qu'it s'agit des
nôtres. Comment expliquer ce phénomène ?r
Il eit fan!c a recoudre. Nous hommes par
Fhabnudc, accoutumes à notre façon d'être;
bonne ou m~uvaitc, nous la croyons néce~-
faire à no're bonheur il n'en ett pas de
même des défauts des autres, auxquels nous
ne nous accoutumons prefque jamais. Nous
devrons qu'its fe corrigent parce que leurs
défauts nous b!eu'cnt S<: nous ne nous corri-
geons pas, parce quc' nos défauts nous font
piai~r, ou nous paroiiîent des biens.
On eft tout furpris de veir dans le monde
des personnes, depuis long-temps accoutu-
mées à vivre cnfemble, fe féparer quelque-
fois brufquemcnt Se ie brouiller pour tou-
jours mais on ceHera d'être étonné de cette
conduite, fi l'on confidere que des défautsy
qui d'abord parcinbient faciles à Supporter,
en fe faifant ientirjourne!!emenf, deviennent
insupportables ce font des piquures légères,
qui, continuellement réitérées, Forment enfin
des plaies douloureuses que rien ne peut gué-
rir. Voilà, fans doute, pourquoi rien n'eft plus
rare que de, voir perSevérer juSqu'à la fin des
perfonnes, dont l'humeur ou le caractère fe
conviennent aHez pour vivre long-temps en-
jtemb!c dans une grande familiarité cette
familiarité même ambiant les autorifer à
banair d'entr'elles la gène, contribue à leur
faire mieux fenrir leurs défauts réciproque?.
Telte ett la vraie cau(e de la fréquence défu-
nion que l'on voit entre tes époux, les parents
~C tes amis les plus intimes.
Que l'homme Social fe juge donc impar.
tialement lui même qu'it fe corrige des dé-
~auts capabies d'altérer ou d'anéantir la bien-
veillance qu'il veut rencontrer mais d'un
autre côté humanité lui recommande d'avoir
de t indu)~ence pour les imperfections de tes
~mbiabtes S( d'accord avec 'a jufUce, elle
lui prouve que ce n'eft qu'à ce prix qu'il peut
~'attendre lui. même à faire tolérer Ces pro-
pres foibleffes. Celui qui n'a pas d'indulgence
e~ comme on Fa prouvé, un être infociable,
qui ~e condamne à fubir un jugement rigou.
Mux. Nul homme fur !a terre n'e~ exempt
de défauts (50) s'irriter fans ce~'e contre les
~Qibteucs des autres c'eA fe déclarer peu
~ait pour vivre en fbciété. 11 n'y a qu'une
grande indulgence une douceur continue
3ans le caractère une attention fuivie, une
sunémté dans l'humeur, une facilité dans les
mceurs,qui puiiïent cimcnier les unions entre
les hommes Souvent, dès qu'ils ~e font vus
4e près i~ cetlent de s'aimer.

~O) !~<~ Mf~~ /??< M~<~f: O~ft~M~ <<r


~W~ MH~ ~~«f.
He&~T. :AT.3 U< Vt&s.«.
Trop de crainte d'être blelré par les débuts
de nos femblables nous conduit à la dé-
Danrc ~< a ia mifsnihropie di~ofitions très-
conirsii'es a ia vie ~ciate &L qui donnent
!icu de croire que celui où eiics <e trouvent
e~ !ui même d'un caractère fu~)e< Ceux
qui ne croient pas à la vertu des autres,
doivent faire préfumer qu'ils n'en ont guerey
eux-mêmes. Tous les hommes font des /e~<f-
rj~, difoit un misanthrope à un très-honnête
homme qu'il voyoit a~ez fouvent. 0~ donc
t'oj/e~~o~ï <-e~~ lui répondit ceiut-Ct? E~t
~:o~, répliqua fur le champ le premier.
L'homme défiant, Soupçonneux, à qui tout
fait ombrage, eft néceffairement très-mifé-
rable. Perpétuellement entouré de pieges 8C
de dangers imaginaires, il ne connoît ni les
charmes de l'amitié, ni les douceurs du repos,
ni les agréments de la fociété. Il ~e voit feul
dans le monde, expofé aux embûches d'une
foule d'ennemis. La défiance continuelle eft
un fupplice long & cruel, dont la nature fe
~ert pour punir les tyrans, Se tous ceux qui
ont la conscience d'avoir attiré fur eux l'ini-
mitié des hommes. Le méchant ett toujours
armé de craintes &~ de Soupçons.
D'un autre côté la confiance exceHive
n'e~ rien moins qu'une vertu elle eft une
marque de foibleffe & d'inexpérience. C'eit
~près avoir éprouvé les hommes que l'on peut
!cur.t.:cord.'r c~rh~~c~. \1~h'ur ') c'i
rro'c n'o~'r!
t}!.t) n'a
L:' prn.n~'c r~ fj \rrjt.j.~
rr)~'
:t
pcr~onri'ti):'ric (ic
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h:

HC"nr''i.idc')'~e)'"i'i!'w'<i.c\
un ".c
'3
c;' fnncccxcc~hc. On ne't'ur,))~)
fc i').r .'tinurjc tn~n~c. m;:i: cc~ c'rc b~n
tTi.~h~trcux que de n!
~r~ fo«t ~o~
nf
y~!t J~uït/~t. dir Scnt.(p)c:,
~r y~
~or~ru~unnc.A~
.f~c~re,
~,y
J'I~c~tA~Uru/t.<t;fJt~nJ
j!'j:/fi'.
La fcDTictc, 'c fournée, ~) cor~prcp~ !a
foi'cccrar)r des qu.tincs foc'.ik'n de? \.(r-
ïu< nousS devons r<c)H'r ha t~:h!<. !a
mo!)~ tincon~.r~o tourne <.Kss défauts5
rcc!?, ~me'n more (omrr.c dc~ \i<.es
S<
impnr~on[i:ih!cs. 'homme fuit'~eci~oujuurs
ch~ncchnt d~n?S fricor.du)rc.~cum<iir!rc de
.)tui, il e~ ~t~ce<c<m premier occu{'<intSC
prét~ ~t3t~crn!)Lr ou !'r.nvcur!c conduire.
ï! c~ hr)po<1)b!c de compter ~uri'hommc fans
carac~re it n'a point de bumrrcte il n'op"
po(c aucune :c~)tsnce aux irr.p.uWions (juon
hti donne, il devient !e jouet connnuei de
ceux q')i prennent fnciL'rncnt c)e!'m'ccrd::nt:
~r ton cfprif. Srin-~ ~(icmc S< fans principes
dans fa conduite, il e~ !rrc'fo!u intendant,
tou;ours ~otrant entre !e vice & JH vcrru.
Ce!ui qui n'e~ p~<: forremenr Httache ri des
principes, e~ auHI peu capable de îe~iter à
fes propres payons qu'à celles des autres. La
foibietfe eO: communément l'effet d'une pa-
retfe habituelle & d'une indolence qui va
jusqu'à fe prêter quctquefcis au crime même.
Un Souverain fans fermeté devient un vrai
fléau pour fon pcupie. L'homme toible peut
être aimé & ptaint, mais jamais il ne peut
erre (incercment e~inx; il fait fans le favoir
quelquefois plus de mal que le méchant dé-
cidé, dont la marche connue fait au moins
qu'on l'évite. Un caractère trop facile intpirc
une confiance qui finit prefque toujours par
être trompée.
Rien de p!u§ défagréab!e de moins fûr
dans le commerce de la vie que ces caractères
lâches & punnanimes qui pour ainfi dire
tournent à tout ven'r. Comment compter un
inltant fur des hommes qui n'ont prefque ja-
mais d'avis que celui des perfonnes qu'ils
fencontrent prêcs à en changer auHt-tôc
qu'ils changeront de cercle difpofés à livrer
leurs amis mêmes à quiconque voudra les dé-
chtrer? Jamais un homme lâche & fans ca-
tac~ere ni fermeté ne peut être regardé com me
un ami folide.
II eft très peu de gens dans le monde qui
Soient bien fermement ce qu'i!s font, qui
montrent un caractère bien marqué qui aient
un but vers lequel ils marchent d'un pas ~r
rien de plus rare que l'homme fbHde qui fuive
un plan fans le perdre de vue (51): de ta toutes
les variations les contradictions, les incon-
séquences que nous observons dans la con-
duite de la plupart des êtres avec qui nous
vivons on les voit, pour ainfi dire, conti-
nuellement égarés fans objet déterminé
prêts fe lain~er détourner de, leur route par
le moindre intérêt qu'on vient leur prétenter.
La Morale doit te propofer de fixer invaria-
blement les yeux des hommes fur Leurs inté-
rêts véritab!es Se leur offrir les motifs les
plus capables de les afïcrmir dans la route
qui conduit au bonheur.
C'eft le défaut de fixité dans les principes,
t
êe de itabitité dans le cara~ere qui rend
les vices S( tes défauts des hommes fi conta-
gieux. L'ufage du monde la fréquentation
de la cour S(. des grands, le commerce des
femmes, en même temps qu'ils fervent à po-
lir, contribuent trop <buveot à enfacerte ca-
tac~ere &: a gâter le cœur. On veut ptaire,
on prend le ton de ceux que l'on fréquente,
& !'on devientquelquefois vicieux ou méchant
pat pure complaifance. L'habitude de facrifier
fes volontés 8e tes propres idées à celles des
autres fait que l'on n'ofe plus être foi, on

(y~ ~Mt <«fe~ ~oj~~f ~r«M ~M~t~ ~fe~~tt,


HoRAT. EPHr. UN. 1 Y&R.S. <t.
!)'a plus de phynonomie on change à tout
moment de principes &C de conduite, oa
craindroit fans cela d'être accufé de roideu~
de ungu!arité~ d'impohteue ou de pédanterie.
J~Mt être comme tout le monde,'eft la maxime
bannale de tant de gens fans courage, fans
principes fans caractère dont le monde eft
rempli. Voilà comment les vices fe répandent,1
les travers fe perpétuent S~ presque tous tes
hommes Unifient par~e reiïembter (51). Voilà
comment ils font continuellement entraînés
par l'exemple par la crainte de déplaire à
des êtres dépravés. Enfin voilà comment
l'ignorance ou l'incertitude du but que l'on doit
fe proposer, &iafbibietre font les vraies
Sources du mal moral des vices, des extra-
vagances,, & même Peuvent de la pervernié
qu'on voit régner parmi les hommes.
Il faut de la vigueur pour être vertueux an
milieu d'un monde infenfé ou pervers o/e~
être ~ï~e a dit un ancien mais faute de lu-
mieres peu de gens ont ce courage, que tout
d'ailleurs s'eSbrce d'amortir. En eïïet, on ne
peut douter que le gouvernement, fait pour
agir fi puinamment fur les hommes, n'influe

(') Un homme defprït difoit


monde étoient
les };fns du
les monnotes, dont
que
tes
connne em-
pteinces fe font pfefqa'cnneremcnt eH~c~es i fotCC
d'a~oM paiR de inatas en mains.
de la façon la plus murquée fur leurs carac-
teres & leurs mœurs. Le dc~otifme ne fdit
de fes efclaves que des automates, prêts à
recevoir toutes les impulsons qu'il leur donne
& ces imputions les portent toujours au m~
Un gouvernement mi!iia:re donne à toute une
n'ation le ton de 1 étourdcrie de la vanité
9
de l'arrogance de la préfbmption, de la li-
cence. Il faut être bien ferme Se b'en nerveux
pour renier conftammenr à des forces qui
agHTent incenammentfur nous.
La légèreté !'etojrderie la di~pation
Ja frivolité forment encore plus que la malice
du cœur humain des ob~ac!cs à la félicité
fbcia!e. ï! eit des pays où la légéreté paroît
un agrément mais il e~ bien dimcite de
faire d\!n homme léger un ami folide fur les
fentiments S( la discrétion duquel il foit permis
de compter. Comment compter fur un être
qui n'efi jamais fur de tui-même ? La Morale,
pour être mi(e en pratique exige de la ré-
flexion, de l'attention, de fréquents retours
fur foi un recueillement intérieur dont peu
de gens font capables. Voilà pourquoi la mo-
rale paroît fi rebutante à des efprits frivoles
qui lui prérerent des bagatelles l'habitude
de penfer peut <cu!e donner à tout être rai-
fonnable la faculté de combiner promptement
fes rapports & fes devoirs la félicité de
l'homme eâ un objet fi grave, qu'il ~cmble-
rott mériter quelques ioinss de fa part, K
devoir fixer les regards fur les moyens de
l'obtenir « con/u~-tot deux ou trois fois
dit !e puëtcThéognis ejrr/tommeprjc~~
M
eft toujours un homme nuifible (53). »
Tout nous prouve l'importance de mettre
un frein à notre langue dans un monde dé-
sœuvré curieux rempli de malignité ce-
pendant rien de plus commun que i'mJt/cf~-
tion, qui eft un befoin de parler dont tant de
gens paroin'ent tourmentés. Ce défaut, tern-
ble quelquefois par fes conséquences, n'an-
nonce pas toujours un mauvais cœur, quoi-
qu'il produire Peuvent des effets auuft crue!:
que la méchanceté ii cît d~ à l'étourderie t
à la !égércté & couvent à une fotte vanité
qui fe fait un mérite de repaître la curiofité
des autres l'indifcret eft ft dépourvu de ré-
flexion, qu'il divulgue fon propre jfecret, &C
~e compromet lui même au(Ït facilement que
les autres il eft communément foible S( fans
caractère il n'a pas la Kjtce de garder le
dépôt qu'on a eu la fottife de lui confier.
Quoique i'indifcrétion foit quetquefbis auHI
dangereuse qu'une trahifon cite pane néan-
moins pour une faute légère dans un monde
frivole oi~tf &( curieux.

( 3 ) ~< ~o<~<t G~~tft M~cr<~ ~<~<~ f~-


<M<s«.
La cMfMt/tt~, ou !e defir de pénétrer les
Secrets des autres, eft un défaut qui annonce
communément le vuide de la tête. Le curieux
e~ pour l'ordinaire un fainéant qui n'a que
très peu d'idées, d'ailleurs, on ne peut gucre
compter fur fa discrétion. Fu~~ curtcux
dit Horace c~r tf <ï toujours indifcret ou
~~(54). Enfin, l'on eft curieux parvaniic.
L'on attache de la gloire à pouvoir dire que
l'on fait, ou qu'on a t~u; c'eft un mérite pour
les fots auprès des défoeuvré<.
!t eft dimci!e de bien par!er, & de beau.
coup parler. Quoi de plus fatigant que ces
discoureurs impitoyables, que ces dinenateurt
éternels, qui (cmb!ent toujours Ce croire dans
la tribune aux haraD~'es, fans jamais vouloir
en defcendret C'eit avoir peu d'égard à
l'amour propre des autres que de ne point
leur permettre de parler à leur tour. Mais
bien des gens font dans l'idée que ce n'ett
qu'en parlant beaucoup qu'on montre beaucoup
d'efprit. Un proverbe trivial mais très fen<c,
nous dit qu'un y<ï~<ïu plein fait moins de
tfMtt ~U'Mft y<Ï~JM t~Ut~.
D'un autre côté rien de plus rare que
des personnes qui fachent écoutef, &C rien

(~) PtrwtoM~w /«~ nom ~<f~/M~ <~M<


Ho~T. EMtT. Il HB. ï VMS. <9 tDïr.GMMUL.
de plus commun que des gens qui veulent
qu'on les écoute cette injufiice, cet amour-
propre exc!uuf fe montre fréquemment dans
la fbciété. La converfation étant faite pour
infhsuire ou pour amurer, chacun fe croit en
droit d'y contribuer c'eft faire un affront aux
autres que de les en exclure. Par une fuite
de cette vanité, l'on voit quelquefois des gens
d'efprit ne fe plaire que dans la compagnie
des fois c'eft un fot, difoit un homme d'ef-
prit, mais il m'écoute. a, dit un auteur
moderne, des gens qui aiment mieux être rott
dans la mauvaife compagnie que citoyen
dans la bonne ($$).
JI
Si la converfation doit avoir pour objet
d'éclairer & de plaire on peut parler quand
On fe croit en état d'y réu0!r mais il ne faut
point oublier que les autres font capables de
contribuer à notre instruction 8c à notre amu-
fement. H faut écouter &: fe taire quand oa
a'a rien d'agréable ou d'utile à communiquer.
C'eft, comme on l'a dit ailleurs, le vuide de
la con~effation qui rend la médifance & la
calomnie fi communes quand on ne fait
point parler des chofes on & jette fur les
perfonnes.
Le grand art de la converfation conC~e à

C!ï) Voyez Monctif «~ ~ww.


ne b!cuer, à n'humiiicr personne, ne parler
que des chofes qu'on fdir a n'entretenir tes
autres que de ce qui peut tes mtercucr. Cet
art, que tour le monde croit poncder, n'eft
rien moins que commun. Les focietés font
remplies ou d'importants qui préviennent
contre eux par t.'ur fbtte vanité, q"i veulent
parler de tout ou d'ennuyeux qui nous fati-
guent en nou? partant d'ob}eis peu fairs pour
nous inierencr. Un ~t s'iman'ne que ce qui
frappe ~a tête retrécie a droit d'interetrer
l'univers.
L'expérience la réflexion !'ctude &e
fur-tout la bienveillance ï< la bonté du cœur
peuvent feules nous rendre utiks Se agre~bies
dans le commerce de la vie. Les entretiens
des gens du monde ne font communément
fi hérites leurs vifites (i fa~idieufes, leurs
affemblées les plus brillantes & leurs ban-
quets fbmptueux ne font remplis d'ennui
que parce que la Société rapproche des gens
qui s'aiment & s'en:iment fort peu qui Ce
connotu'pnt à peine qui n'ont rien de bon à
~e dire qui ne Ce dirent que des riens. Ce
qu'on appelle le grand ~o~~ n'ett le plus
Ibuvent compote que de perfbnncs très v<:ines,
qui ne croient réciproquement fe rien devoir,
qui, privées d'inn:ru<~ion ne portent dans !a
Société que de la roideur, de la féchereffe
du dégoût la converfation doit être ncceirai-
rement
ornent ftérile 8c languifïante, quand le cœur
& l'esprit n'y peuvent entrer pour rien. Il n'y
que l'aminé franche &: fincere, là Science,
la venu qui puittent donner de là vie au
commerce des hommes.
La vanité rend injectable. L'ignorance,
l'oiuveté t'inhabttude de penfer $0 l'aridité
du cœur font les caufes qui font pu!fu!er les
<~nuy<:ux, les difeurs de riens, les importuns
& les fats, dont les cours, les villes &C les
campagnes font perpétuellement inreitees.
Tout homme dont l'esprit eft vuide devient
ttès-'ncommode aux autres ) par te befoin
qu'il a de remuer fon ame engourdte, & de
M~pendre fon ennm tourmenté fans relâche
par cet ennemi domefUque il ne s'appercoit
nullement qu'il eft un vrai ~éau pour les au-
tK!. Un des grands inconvéntenis du corn-
imerce du monde eft d'exposer les per~bnne~
occupées à deventr les victimes d*une foule
~'importuns, de fainéants, d'ennuyeux, qui
~ennent périodiquement leur apprendre qu'ils
jn'oat rien à leur dire. Un peu de bon fens né
devroit-il pas ~umre pour apprendre à ref-
~e&er les moments de' l'homme occupé ? H
des infants ou Fa mi même doit craindre
~'incommoder fon ami. Mais des réflexion~
naturelles n'entrent pas dans la tête de ce$
cupides, que la politene fait tolérer, tandit
Qu'ils en violent eux-mêmes toutes les regles.
En regardant les chofes de près, on trou-
vera que, même parmi ceux qui Ce piquent le
plus de politcSÏe, de favoir vivre d'uSage du
monde, H eft t~ès-peu de gens que l'on puiffe
appeller vraiment polis. Si !a vraie politeffe
conSiSte à ne choquer perfonne tout homme
vain eft impoli. Le fat, le pcttt-m~~ la
coquette évaporée pechent au~ gro~erement
concre la bienséance &C la politciïe que le
j'unre le plus ma! éteve. Peut-on regarder
comme vraiment polis, ces perfonnages dont
le maintien arrogant, les regards enTontcs,1
les manieres dédaigneufes ou négligées Sem-
blent infultcr tout le monde ? Un ~Jg/ïnt,
enivré de fes perfections, uniquement occupé
de fa futile parure, qui, fe présentant dans
un cercle, ne fait attention à perfonne qui
joue la di~rac~ion &. n'écoute jamais ce
qu'on lui dit, ni la réponfe qu'on lui fait, qui'
fe gtorine de tes travers, eSt évidemment un
impudent qui ~ë met au deSfus des égards que
l'on doit à ta 'Société. Les gens les plus épris
d'eux mêmes font communément de leur
mieux pour en Dégoûter les autres. L'impu-
dence conSiite dans un mépris infolent de
reSUme & de l'opinion publique que tout
homme, quel qu'il Ïbit, doit toujours ref-
peûer.
Bien des gens Se montrent arrogants
~ers dans la crainre d'cite mépriSes, ou du
moins dé ne pas s'attirer la dofe de conn<fé-
ration qu'ils croient mériter. J~ ~Mt attire
t'j~ nous dirent-ils. Oui, (sut doute mais
c'em par des qualités aimables Se respecta-
bles. L'arrogant fe fait haïr de peur de n'être
pas (ufn~amrnent eitimé.
Si le mérite le plus réel déplait quand it
<c montre avec o~entation, quels fentifnent!
peut exciter celui dont le mérite ne con~e
que dans fes habits, <es équipages &: dans
des manieres qui font des affronts continuels'
pour les autres ? Mais les impertinents de
cette trempe ~e fuffifent à eux-mêmes ils
dédaignent les tugemenis du public, dont ilt
fe flattent à fbtce d'iafblence d'arracher rad-
miration. Une haute opinion de foi con~itue
torgueil; il déplaît, même avec du mérite,
parce qu'il ufurpe les droits de la jtbciété y
qui veut demeurer en poSMton d~appféciec
fes Tuembres. La vanité cit la haute opinion
de foi fondée ~ur des ~utititét. D'où l'on voie
que la fumïance le ta~e les grands aire
annoncent des avantages qui n'en impoÏenC
qu'à des j(bts. ~La amplicicé, la mode~ie, la
dénance de foi-méme font des moyens biea
plus fi~rs de réuntr que les prétentioM !ee
hauteurs, les airs importants, &e le )argoa
de tant d'impertinents, qui femblent mécon-
nottM ce qu'on doit à des hommes. La fu<&"
fance &C la fatuité font des maladies ptef-
qu'incurables. Comment guérir un homme
toujours content de lui-même, & qui fc croit
au deffus du jugement des autres ?
L'elprit de contradiction, l'opiniâtreté, la
trop grande chakur dans la difputc, amour
de la fingularité font encore des défauts qu'en-
fante la vanité. Bien des gens s'imaginent qu'il
eft glorieux de n'être de l'avis de personne,
ils croient par là faire preuve d'une (agaché
ïupéricurc mais ils ne prouvent fouvent que
leur mauvaife humeur &L leur impotitcHe. Ils
nous diront, fans doute, qu'ils fe fentent
animés d'un grand amour pour la vérité
mais nous leur répondrons que c'eft ne la
point aimer que de la présenter d'une façon
propre à rebuter. La raifon ne peut plaire
lorfqu'elle prend le ton de !'impo!ite~ïe & de
la dureté. Il eft bien dMki!e de convaincre
celui dont l'amour-propre eft bleffé.
L'opiniâtreté eft l'eH~t d'une fbttc pré-
~btnption & d'un préjugé puéri! qui nous
Suggèrent qu'il eft henteux de fe tromper,
qu'il y a de la ba~ÏcHe à l'avouer, qu'il eft
beau d'avoir toujours le dernier. Mais n'e~-it
pas plus honteux & plus infenfé de rén~età
la vérité? N'ed H pas plus noble &{: plus grand
de céder avec douceur, même lorfque l'o''<
eft f~r d'avoir la raifbn pour foi que de dif-
puter fans fin avec des perfonnes déraifbnna-
Me< ? Le peuple & les fots donnent raifon à
ceux qui crient le plus long-temps &L le plus
tort mais les perfonnes fenfées la donnent à
celui qui a le courage de fe rétracter quand
il a tort, ou de ne point abuser de ta vic~
toire ( $~ ) quand il a combattu pour la
vérité.
La Cngularité ne prouve aucun mérite réeh
s'écarter des opinions ou des ufages admi~
par la Société, montre comnsunémcnt plus
d'orgue H que de <age(ïe ou de lumiere. Il
faut réMer au torrent de la coutume quand
eUe eit évidemment contraire à la vertu il
faut s'y Ïai~er entraîner dans les chofes indif-
férentes. Une conduite, opposée à celle de
tout le monde, étonne queiquefois un mo-
ment, mais ne peut point attirer une coaCr
dération durable.
En générât, toute a~e&ation déptaît eUe
décelé de la vanité. Le vrai, le fimple le
naturel août rendent chers à ceux avec qui

(t<!) ~MM & X~j~M & trot~Mt ea&mbte à I\M~-


~t~M dos M/ff~M« ce demier ~an~ par a~ard~
tme prooo&tioa qoi B'~toit pas ~n~t. A~M Mptèt
<ioqwt amis métnex te tKMvoteat caiM de gfMe
<N.M<i H tenc eth~ppott <!ue!qne chofe qaïe&t lui deenef
pnie B< t'en tint pM a Hae fimple p!&t&atCEte, s~
)t<Mcb.t rudement fur (on Mai, & tHat lueme jafqu'A
t'tBÛttK. ~t~w fe CMtteoM de Illi dire <* )e conTieot
<~e t'M MK; m&M ;'time encore mieuz ~Toir que
~TeHW~ otgqeiHtuïemeat M~ao que voa~ t tVM.
poiH vivons parce qu'ils veulent toujours
NOM voit tels que nom fommes. It faut être
foi pour bien jouer <bn rôle fur Ja {celle du
~nonde on ce risque point alors de <e voif
~iéma<quer. Une gravité a~B~ét n'annonce
qu'un fot orgueil qui voudroit ufurper d<$
<pc~p€~< une pédaatene miautieufe eft le
ytopre des,petits efprits ces défaun ne do~-
~ent pas fe confondre atvec la gtavité des
tmccuM Se i'exa~itude ~vere à Tempi~ Ces
~evowt, qui partent d'une attention fuivie iuf
~out-MtÔHM:, & d'une crainte louable d'of-
fenfer les autres p~ dx< ~nadvenancet ~C des
~égéyetes.
Rien de plus gênMt dans ia vie, que ces
~tOMtmo pow<~<Maf, dont la vaMté ~cn~Me
& délicate eft toujours prête à s\n<ef.
Celui qui fe fent fi foible Be dewoit point
~expOKT au choc de la ~ciété, daM !aqueUe
~t ne peut ~or que de la contRuaie & <te
rennui. Une vanité trop prompte à s'alarmef
annonce une foibletfe une petitelie d'esprit 1
-une inexpérience puéri!e tout homme trop
facile à piquer devient néceuaïrement mal-
heureux dans un <nonde rempli de plus d'é-
toutderie que de méchanceté. E~ tl tien de
'plus <acheux que d'avoir une ame affez foible
pour être à tout moment troublé par lei
inadvertances ou par le moindre oubli des
per&noe! que t'en ~équeate ? Cependant ces
petiteSes, dont uo homme raisonnable
devroit point s'appercevoir, ont fbovent daal
un monde vain & frivole les coniequence<
tes plus graves.
En générât, la vanité cornue on l'a di~
aUleurs, eft le vice qui produit le plus de
ravages dans le monde. Pes per(bnne& dt
tout ~ge Ce de toot ran~,par te pr~ q~'e!!e<
attachent à des minnnea, Semblent n'~re que
de grands eofanM bien des bomn~es en ~ran-
di3aa< ne font que changer de iouem d<<
vêtements plus riches, des équ!pagM plus
brillants des bijous plus coûteux 4« P~u''
res plus vanées, des inutUi~s plus recher-
chées remptaceot chaque jQur les objets dont
<'asni~bit leur énonce. Coo~ïep petite 8<.
rétréci doit être !'a<M de M~ gens ~om
le ~btB de leur parure ah~orbe) & tprtune.
& ie temps QueUe idée peut-oo <e ~mef
de ces femmes oC de ces hommes d~rad~
dont ia toHette les pompons Otçc~pe~
tomes les tournées~ ~e vrat ct~tj~e~t <!<
ces ea~oM e~ 4~ po~ fe~er,
Les naïions o~t le ~xe domine ~ont rem.
plies d'êtres &tvp!es ~eu~me~t pccupet
de bagatelles devenues à leurs yeux des obieM
très importants c'e~ pour eHes qu'Us per~eot
& leur temps & leur argent c'e~ à des
peoMH'es qu'ils <acrinent leur bonheur leur
~pos c'e~ pomr les miamies d'une vann~
puérile qu'ils courent, qu'ils ~e portent envie,
qu'ils ~e difputent oc fe bleu'ent. La raifbo
mûre, ou la ~genfe, confiée à n'eflimer les
choses que ~elon leur juRe valeur: Celui qui
<'e~ mis au deuus des bagatelles e~ plus heu-
Mux Ct plus grand que tous ceux qui s'en
rendent les enclaves. La vanhé choque tout
)e monde la modération &C la modeftie ne
peuvent choquer personne.
La route de la vie eft un chemin étroit où
~e trouve une foule innombrable de paHagert,
y
oui, chacun à <a maniere s'efforcent d'arri-
ver au bonheur; vous les voyez fe mouvoir
avec plus ou moins d'a~ivité Suivant des
directions très-variées qui fe croifent, Se qui,
couvent, font totalement opposes. Au milieu
de cette troupe con~(e, les méchanM font
des aveugles qui au rifque de s'attirer le
j'e~enument général frappent & bleuent
tous ceux qui <e rencontrent fur leur chemin.
Des voyageurs imprudentt, légers, di~rait:
~ncpn~dérés, n'ayant point de but fixe s'agi-
tent en tout <ens, preuent Ce font pre(!és,
iteurtent <k font heurtés, font incommodes
à tout le monde. Le ~age marche avec pré"
çaution il regarde autour de lui il prévoie
~C prévient les ob~acles &C les dangers il
~vite la foule; &L favorise du recours de fes
anbciés, il s'avance d'un pas ~ur vers le terme
~u voyage, que les plus empreHes ne peuvent
point atteindre. L'eRime, la conudération~ 9
Ja bienveillance la tranquillité font le prix
de l'attention que l'homme de bien apporte
dans fa conduite.
Faute de réfléchir au but de toute Société,
les hommes ne Semblent réunis que pour <e
b!e<n:r réciproquement par des défauts dont
chacun reconnoït les inconvénients dans les
autres fans daigner s'appercevoif que les
fiens doivent nécenaircment produire des
effets tout femblables. La ~re~ n'e~ que
Fincapacité de t'attacher fortement aux objeM
intére~ants pour nous. L'~con/Ï~~ee conH~e
à changer perpétue!!ement d'intérêts ou d'ob-
jets. L'étourderie con~e à ne pas <e donner
le temps de bien envisager les objets, ou de
fériéchir mûrement aux fuites de nos avions.
La frivolité con<ïfte n'accorder <bn attention
qu'à des objets incapables de nous procurer
un bonheur vér~tabic.
Tels font les ennemis que la raison a Peuvent
à combattre dans la (bciété. L'imprudence,9
les din:rac~ions continuelles la di~pation
!a vanité, !'ivre<!e des plaifirs, des pamont
iérieufes pour des rutitités, font des barrieres
qui t'opposent à la réflexion Se qui tiennent
la plupart des hommes dans une enfance per-
pétuelle.
La Ji/ÏM~on e~ une application de nos
peo<ee< à d'autres objets que ceux dont nous
devrions nous occuper elle e(t un manque
d'égards pour ceux avec qui nous vivons. Ce
défaut, que nous trouvons fi ridicule dans de
certaines oecanons, eft pourtant très com-
mun, &L prefque universel. Combien peu de
perfonnes s'occupent des affaires les plus in-
téreffantes pour elles Chacun les met de
côté pour ne penfer qu'aux intérêts fouvent
futiles qui fe font emparés de <on imagina-
tion, & qui absorbent Ces racuhés chacun,9
dans <a rêverie, femble oublier qu'il vit en
compagnie avec des êtres auxquels il doit fba
attention & les Coins. IJ eft aifë de Sentir
à combien d'inconvénients cette di~fae~ion
morale nous expofe. Un homme <enfe doit
toujours être attentif & ~ur ~i même & fur
les autres je n'y avoir p~ ~o~ eft une
mauvaife excufe pour un être qui vit en So-
ciété. Envisager fon but, &ït~ ce que ~'0~
fait voilà la bafe de toute Morale. La vie
fociale e~ un ae~e religieux dans lequel tout
homme doit <e dire fois à ce que tu fais (57).
Bien des gens fe croient disculpés de leurs
fautes en les rejetant fur l'oubli. Mais la con-
duite de la vie fuppo(e une mémoire aHez

(~7) Plutarque aoa< apprend que dans les f&criCces


des anciens un crieui avcrtifToit le prêtre de recueillir
fon attention en lui dit&nt, Acf foyez à ce que
vous ~itet.
fidelle pour ne pas oublier des devoirs eHcn-
tiels qui doivent inceffamment (e représenter
à notre esprit. Des oublis font très-criminels,t
quand ils nous font perdre de vue des devoirs
importants de la ju~ice, de l'humanité, de
!a pitié. Un miniftre ou un juge qui oublie-
foient un innocent dans les prifons au détri-
ment de fa fortune, de <anté ou de fa vie,
<bnt-its donc moins coupables que des affaf-
<tns? Sans nous rendre fi criminels, l'habitude
d'oublier nous rend dé&~rcables dans la vie
lociable elle produit l'inaptitude dans nos
propres an~ires &e dans celles des autres. La
vie de l'homme, on ne peut aûez le redire,
demande de ratteaiion, de, la mémoire, de
ta présence d'esprit.
L'tgaofaace, que l'on allegue ires couvent
conMne une excufe valable, (pj'on pardonne
quelquefois trop aisément que l'on punit
feulement par Ae ridicule, peut quelquefois
~eventf un crime très-grave. Quels reproches
potM a ïe faire un juge fans lumieres.,
qui déstde imprudemment du Cort de <es con-
citoyens ? Quels remords doit éprouver un
'médecin ignorant qui, aux dépens de la vie
des hommes exerce une proremon dans
taquelle il ne s'e~ pas ~um~amEnent <n<truit ?
Il n'eti pas permis d'ignorer les principes
<i'un art important au bien-être de nos fem-
blables la Mfance cit un crime dés qu'elle
Se joue du Salut des hommes. Tout homme
qui a le front d'exercer un office un emploi
public dont il Se connoit incapable, ett évi-
demment étranger aux vrais principes de la
probité. L'ignorance fSt la fource intariSÏable
des maux fans nombre fous leSqueIs les peu-
ptes font forcés de gémir. Dans tous les états
de la vie, l'homme pour Son propre inté-
rêt, & pour celui de~ autres, doit tacher de
s'instruire. Les lumieres contribuent à déve-
lopper la raifon dontt'efret eft de nous rendre
meilleurs plus utiles, plus chers à nos aÛbcié~
Le défaut d'expérience de réflexion
constitue t'tgnorance qui ne peut être que
désavantageuse, foit pour nous-mêmes, Soit
pour les autres. L'ignorant eft méprifé, parce
qu'il n'eSt d'aucune reSIburce dans la Société
l'ignorant cH à plaindre parce qu'il eSt com-
munément incapable de s'aider lui-même. La
Science ) qui, comme on l'a dit ci devant,
n'eft que le fruit de l'expérience &. de l'ha-
bitude de réfléchir, eft cStimée, parce qu'elle
met celui qui la penede à portée de procurer
des fecours des conSeils, des agréments que
l'on ne peut attendre de l'ignorant. Dans tou~
les états de la vie, depuis le monarque juSqu'à
l'artifan l'homme le plus expérimenté ou le
plus inftruit, eSt néceSTairement plus e~imé,9
plus recherché que celui qu'on voit privé do
lumieres ou d'habileté.
Si ta raifon, comme on l'a fait voir, n'eft
appliquées à
que l'expérience & la réflexion
la conduite de la vie, il eft très dimcite que
l'ignorant devienne un être raisonnable, un
homme Solidement vertueux. Il faut connoître
&e méditer Ses devoirs pour favoir comment
il faut Se conduire dans la vie. I! faut con-
nokre les ufages du monde pour y vivre avec
agrément, Se pour éviter le ridicule attaché
à l'ignorance de ces mêmes uSages. L'igno-
rant eft un aveugle, un étourdi qui marche
au hafard dans !a route de ce monde, au
rifque de heurter les autres, ou de faire des
chûtes à tout moment. En un mot, fans expé-
rience ou fans lumieres il eft impoffible
d'être bon.
On nous dira, peut être que l'on ren-
contre quelquefois des perfonnes Simples e
groS~eres, dépourvues d'instruction ou de
jtcience, te qui pourtant, comme par M/ïmo~
font vertueuSes &e fidelles à leurs devoirs
tandis que des hommes, doués de ï'eSprit le
plus fublime & des connoinances les plus
vaites, Se conduisent très-mal, &e ne Se font
remarquer que par des écarts ou des méchan-
cetés. Nous répondrons que des hommes
très Simples peuvent aifément Sentir les avan-
tages attachés à la vertu ainfi que les incon-
vénients les embarras fans nombre dont
le vice eft accompagné fans montrer au
dehors des lumieres bien éclatantes, ils ont
fait intérieurement~ pour régler leurs avions 9
des expériences 8<: des réflexions faciles, qui,ï
très ~bu~ent, échappent à la pétulance de
l'homme d'efprit, ou que ~a vanité dédaigne.
D'ou il résulte que, malgré fa fimplicité
l'homme de bien eft quelquefois plus chéri
& plus aimable que l'homme de beaucoup
d'efprit celui ci Ce fait craindre le bon
homme fe fait aimer. On n'e~ jamais ni <bt,y
Ni méprisable ) quand on a le talent de méri-
ter Fe~ime l'aSec~ion de Ces ~embtabtes.
L'homme (impie, vertueux ~modeite.peuc
compter fur une bienveillance plus durable
que celui qui ne piaït que par des ~tnHies
panageres, 5c qui, plus Souvent encore, <e
rend défagréabte pat ~bn orgueil ou fa ma-
Jignité. L'homme vérilabkmeot éc!airé e~
celui qui connoît 8( qui ~rit les moyens né-
ceiltaires pour être con~ammem aimé. Tout
homme qui croit ~e faire eftimer par des
moyens faits pour déplaire, eft un ignorant)
un étourdi, un fot.
Le ridicule connue daiM le peu de propor-
tion entre les moyens Se le but qu'on <e pro-
pote. Tourner le dos à l'objet que l'on veut
obtenir, constitue évidemment t'i~norance,
le ridicule & la fottife. N'e~-ce pas être bien
ignorant que de ne poinr favoir que la craiste
n'attire pas la tendreffe, que l'arrogance sn-
~itpofe, que la ja~ance la fatuité Ce pu-
niuent par le ridicule ?1 Combien de gens
dans le monde dont l'objet continuel eft de
ïc faire admirer Se considérer, Se qui, par
leur conduite intentée ne parviennent qu'~
faire haïr &C mépnfer Voilà ce que pro~
duifcnt leurs airs de hauteur, leurs manieres
impertinentes, leurs prétentiûns mal fon-
dées, leur fa~e &. leurs dépentes qu'ils ne
peuvent tbutenir, leur ton décifif fur des
tnatieres qu'ils n'entendent pas.
En regardant la chofe de près, on trou-
vera toujours que l'orgueil la vanité font
des preuves indubitables de fottife ils mon-
trent une parfaite ignorance de la route qu'H
faut tenir pour gagner la bienveillance Ce
)'e(time des hommes. Un efprit ~pide Ce
borné qui fe tient humblement dads fa
jtphere, eft beaucoup moins ridicule ou mé-
~ri~able que l'homme à prétentions qui fe ré~
}ouit à Ces dépens. En moTale~ il n'eA point
de maladie plus incurable crue cetle d'un
ignorant préfbmptUeux, ou d'un ~bt qui a le
malheur d'être content de tufi-méme. Le pre-
mier pas vers la ibciabilité, eft de connoître
Ce qui nous manque, & de nous corriger de
aos défauts.
Un être vraiment Cociable ne doit jama!?
perdre <es an'oclés de vue. Les diffractions,
fétourderie les folies &C les fautes ic~t
toujours punies, fuit par l'indignation ou ta
haine, foit par le mépris & le ridicule. On
craint le r~hcu~, parce qu'il ~uppo~e le mé-
pris or, le mépris ei~ révoltant pour un
être amoureux de lui même. L'homme rai-
fonnable écarte de fa conduite tout ce qui
peut le faire mépriser avec juHîce parce
qu'alors il feroit forcé de ratifier le jugement
des aucres, mais il brave le ridicule qui, dans
mérite
un monde vicié, tombe fouvent fur le
& la vertu.
En effet fi le ridicule connue à choquer
l'opinion & la mode qui, très-communé-
tiennent lieu de la décence 8t de ta
ment,
raifon, il eft clair qu'une conduite Cage
réglée doir fouvent paroitre ~nguliere & b~
zarre dans une Société frivole ou corrompue.
Voilà pourquoi l'on voit quelquefois ta venu,
la probiré la pudeur, l'équité même expo-
fées aux farcafmes du vice il croit Ce difcuî*
per en fc moquant des qualités qui le force-
roient à rougir. Dans le monde la vertu
retiemble fouvent à la dame décente d't~o-
race qui danfe, en rougiffant, au milieu de~
fatyres impudents (58).
Les vertus les plus re~pec~abîes peuvent

(~t) 7M~ ~M~M~M~fU~.


DE ART. POër. VEKS. 1)!.
être
~tfe tpMtquefbts exposées aux ïmpcTtmeoce~
de ia ratiierte, & aux traits du fidicuîe, mai<
a~Rife de & propre dignité, rhonïme de biea
mépfMe ces 6éaux redoutables pour les
gens du moade, ces idotes tmagmaifea aux-
queUes on les voit &crt&er leur formne, teuz
coc~Mace SL leur vie. Use efaitMe puérUe
de t'optnMta met Mea-fouvect des ob~acles
ia~mrnïOQMb~ à !<t verm r cetES vamw EMTeur
fait ~~) contre fa coo~tence, cooefe fes
pMpfea hjtniefps, on fuit te torrent du tnoade
on fait comnta outrée, &. ron fe Mvre an
mai &!N pouvo:r a'afréeef. Les hommes les
ptus éeiai~és fe res<~st q!sel<~je&)!s les efcia-
~es de Fumage, & mveQC dans une I~:te pe?-
pémeHe avec leur pMpfe Mi~bo. t~ Jc~o/to-
y<NM~ dit ua otofa~t~e eéI;ebFe,
y&~M~.
'<t ~oaw
~pec ~e
JLs y<ztN< pfeËpi~ tout<KH~ s~mée pat
~es~ie S~ ïa B~iigïUBé, dée~ocema ~u~ene
h ~B& & !a' ptobtM !saM ei~ tt'a de p<~
t~eNt~etut Be~ice; elle€niB par ~dé~hooo~
jMt Ë~c~'eUe aMaqoe ïa vetia. Ii 6tat de ta
j~Mce ~Hr e~ &cps ve~metm da'aa t~ nations
a<è te WËC, teuc âer du nNta&pe S~ du fang
<~ <M adibéfeats pou~ t'impud~mee ~t~q~'Jt
~~tM~ aa~EM~ues des <~tai~M devane te~'
~ttÏM ? devfcm ba~r tc< yeux.
T<ttK tatMeiN? e~ un h~nama vaia mé-
c~aïM. La ramené ~uppo~ toujours te de~i~
tH~ ti~tt t<Mt* Mt~M~tt~ )tt~<~<~M*~*<- ~Mt*«**«~
<
To~M Ce
de bte~r ptus ou moins celui fur qu! en
texerce e!Ie renrerme te reproche de quel-
que défaut que !'on expofe à îa rtfee. Uf~e
<hm€ céïebre a dit avec ration que te: per-
<bnoe~ qut ont te besoin de médire, quî
aimeM à rattkr, ont une ma~gnué ~crere
daM k cœur. De !a ptus douce ratUerte à
ro<~n<e tï n'y a qu'un pas à f~!re. Souvent
!e faux ann abu&ïM da drott de ptat&n-
ter, v&ua ble~e mars b per~nne que vous
attaquez a feule dron de juger 6 vous p!ai-
? ~nte2 des qu'on la ble~e, eUe n'ett plus
raiMee, eHe e~ o~en~ee (59). 1~ M~nc,1,
dt~bn un ancien, <~ <:o~n~t< ~fy
faut
~fnpf<~<~ ~t/<~<: pfM<ïMt<on.
La raiUerte e~ presque tOLtjoufS une arme
d&n~ereL~e, &. Ces traits ~MtC quetquefon plus
cruels plus infupportabtes qu'une rnjufe~
RatNefcetui que l'on a'pp€tte am~ c'e~
tMshonoref par une vraie trab~n c'@~
Fi'mntoteT des Md~efe~M c'e~ momret
qu'on Faïme beaucoup rMOios qu'un bon mot~
Ratï~er les tadi~reaM, c'eË s'eTCpo~er fotte-
meat à te'mr ~ufre~enfn'n<a'M c'e~ piovoq't-pet
gramkemeM r~anvai~ hm"ne'~r. Ka~ef
~M &p~neut:, ~ef0<t une ~tie doHt on crstn'-
droit d'être chàne. La famï!eTie ne peoc dotï€
Mnpunemeiit s'exercer que tbr tes anafS, &
flf He "'1
M~meote~Mtb~e.
tK)ur lors elle eft une perfidie ou fur les in-
férieurs Se fur les malheureux, ce qui eft une
acheté déte~abîe.
Cependant rien de plus commun que cette
cruauté. Les hommes ne fe plaifent pour
i'ordtnaire, à tailler que ceux qu'ils devroient
& plaindre, & confaler. !!s verfent à pleines
mains le ridicule &C les ~arcafmes fur des
gens dont les infortunes ou les défauts de-
vroient exciter la pitié. Un homme e~-i! con-
trefait~ a-t-il !'efprit borné, a-t-il commis
q'tetque bévue e~-H néce~teux force de
tout endurer au~ t6t il e~ en butfe à des
r~tHeneg con:!nue!!es s! devient le jouet de
la ~octété il effute res piquures d'une fbu!e
de tâches qui cherchent à bnUer à <es dépens,
êc qui lui font ~ennr le poids de leur fupério.y
yhé. Il n'e<t ppr~onne qui ne <e croie en droit
d'mMter tes mt~erabtes.
Ces dt~pofmoM (e trouvent fur-tout dans
les en<anM, toujours Mes-prompts à faifir les
défauM, ïe< tnnrmiEés, les ïbibîen'es, les ri-
dkutei des per~bnaei qut s'ocrent leur vue
on les rencontre encore dans ceux en qu<
ï'édtTC3tton &€ ta ré~exton n'ont pas fait dif-
paroïtre ce penchant humain. Les gens du
peuple exercent communément îes faillies de
îeuï esprit incube contre ceux qui découvrenc
~M~e disgrâce naturet'îe les enfants les
~ens do peupîe, comme on ~a fa<t voir aIHeaM y
~bntcofnmunémeatcrueis. Cc.t
Rien de plus commun que de voir les
hommes rire des accidents & des malheurs
qu'ils voient arriver aux autres. Ce Sentiment
odieux paroit venir de i« comparaifon, avan-
tageufe pour <bt, que t'en fait de fa propre
~ecuricé, de Ces propres perfections, avec la
fituation facheufe ou les défauts des autres.
L'homme, d'après fa nature toute brute &
fans culrure, eR peu un être doue de com-
pn~on de pinc, que, ~) (on cœur n'a pas
été convenablement modi6é, ii e~ t~te de
fe réjouir du mal de Ces tembtabte~, parce
que ce mal t'avertit qu'il e~ bien !ui même
quand it ne réfléchit pas, it ne tbngc nulle-
ment t~u'u eft expofé aux accidents donr il
voit les autres arnigét, & qu'il eft très odieux
de rire de leurs malheurs de leurs défauts y
de leurs rbtbk~es. C'eH: ain6 que tbomnReL
borné devient communément le jouet de
l'homme plus favorise du côté de t'e~prït
celui-ci, gonrté de Fidée des avantages qu'ii
poitede ne voit pas qu*H eft injure & cruel
pour un être quî devrait exciter fa pitié.
Les hommes ne devroient jamais ouMicr
qu~s te doivent des égards. Les gens d'e~
prit, ~r tout, dcvroients'ob~erver encore p!u$
que les autres & craindre de ~tefîer. La
vtvache de l'cfprir, la chaleur de !~magina-
tion, ta gaieté produi~nt couvent une ivre~e,
u~e péc~ance cooMe J.e~aeUe< tt e~ bon de
fe mettre en garde. Les gens d'esprit, en
vertu de la Supériorité qu'ils fe datent fur les
autres, font ordinairement tentés de s'en prc-
valoir contre ceux qu'ils trouvent moins hcu-
reux du côté des facuhés intcHee~ueHes
vottà, (ans doute, ce qui fait couvent regar-
der tes ~f'ns de lettres comme des êtres dan-
gereux à fréquenter.
L'tfonte fan~tante~ des ptsifanteries ot?cn-
j&Nte< ne peuvent plaire qu'a des envieux à
des méchants, dont tout homme d'un vrai
mérite ne peut point ambitionner les ~uCra-
jte< ce font des lâchetés puifqu'c!!e$ ana-
ûoent communément des perfbnnes incapa-
tt!eg de défendre. Rien de plus barbare
?<, de plus !~che que la plaifantcric ou ï'ironie
&t0< ta bouche d'un prince eUc imprime
~e!querbis des taches inen~çabtes, & tumc
~ur anéantir te bonheur de toute la vie.
g" Tout homme a~x vain, atïe2 inconudéré
Ë~of onnen~er, par <€S bons mots ou par <e<
nonfeutement un amt, mais
~~c des indifférents n'e~ pas fait pour
~j~W~dm~ dans des Sociétés honnêtes, dont
membres doivent re~pc~er les uns les
~)MKM~. Les raiHeurs, les plaifants de pro-
j~Kon, les diseurs de bons mots, les bouf-
~OK <ont quetque~oM des gens d esprit dont
<Ma!ignité &'amu<e rnafs on tes trouve ra-'
~~nt efUrnsbtes par les qu~hcs du ccetir
bien plus importantes dans le commerce de
la vie que ces faillies dont fouvent on fait
tant de cas dans le monde. D</K~o~ dit
Horace de qui médit Jc~bn <t~ti ~<n<
J< celui <?m ne le J~/e~J pas qua,nd on r<
cufe de celui ~ut ctierche à faire rire par /<'J[
bons mots il poffede à coup /ur une ame
dépravée (60).
Cependant l'inattention9 la )cgefetc le
défaut de réflexion contribuent autant que
!e mauvais cceur, la raillerie, qui ne peut
être approuvée ou tolérée que torique, j(an$
btc~er celui même qui s'en trouve l'objet
elle ne fert qu'à l'animer &( répandre une
vivacité agrcab!e dans la conversation. Unet
vie vraiment fociable exige que perfonne ne
quitte Ses adbciés, mécontent de lui-mem~
ou des autres.
La raillerie !e ridicule, la plaisanterie
ne font utiles &. louables que !orfqu'i!s s'exer.
cent en général lur les vices régnants dans la
Société dont ils peuvent quc!quetbis répri-
mer l'impudence, ou modérer la fo!!(e. Quoi
de plus ridicule de plus digne d'e~erecr !a
Ïatirc ) que la vanité de tant d'hommes d~

("~0) ~&/<fH~<M ~M< ~0~ OM~ i


~«t ~/<-M~ «/~ f~H/f
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~<r M~<y ~M<f
~OXAT. SAT. H$.
H<MM~~ <T/
<t &t St~
< V&m
femmes gra'/emcnt occupés de riens pom-
peux, de parures de bi)ous de modes
bizarre, d'armements? Sont-ce donc de$
hommes ou des enfants que ces cires tn-
voles, dont la tcte n'e~ remplie que de
jouets dont il~ fe dégourcnt à tout momentt
Ett il au monde un être plus r~btc qu'un fat
qui ne ~c préfente dans la Société que pour
lui montrer fa jtbtute <bn impemnence, <bn
carfoife, (on habit ? Peut-on considérer, fans
r~e, les prétentions d'une coquette Surannée,y
qui jufqu'au tombeau atTc~e les airs éva-
pores, la parure l'étourderie de la jeunetle! 1
Verra-t on fans pitié la vanité bourgeoife Se
mal- adroite de tant de gens du commun, t
fiui ont la folie de croire qu'ils copient l~t
grandeur par leurs impertinences ? Quoi do
plus fatigant qu'un difcoureur infipide qui
~'empare de la converfation pour étourdir par
iba caquet importun ?3 Fit il rien de plus
méprisable que l'arrogance de tant d'impor-
tants qui jugent raifbnnent de tout fans
~c connoitre à rien ? L'homme fenfé peut-H
voir fans dégoût ces oi.<ifs tn~upportables
pour eux-mêmes, qui vont périodiquement
promener de ccrks en cercles leur ennui &(
leur inutilité ? De quel ccil peut on voir ces
fâcheux -<es mi&n~hropes pétf~ de fiel &C
d'envie qui ne fortent de leurs tanieres que
pour répandre a,) dehors Jeur h~meuc mccnn-
mode ? Kt il rien de plus propre à bannir
la gaieté l'harmonie Sbciabte que ces ef-
prits contredifants qui Se font un principe do
M'être ;amais de l'avis de perfonne ? Eft-il
un objet plus digne de la fatire que ce
jeu continuel fait pour (uppteeràta ~erinté
des convcr(at!ons de tant d'êtres qui s'en-
nuient parce qu'ils n'ont rien à fe dire ?
Mais le fage dont le cœur e~ <en(ib!o
eft bien plus porté à jouer le rote d'Héractitc
que celui de Démocrite dans la
(bri~té. Ces
travers ces folies ceffent d'être
ridicules
& fcs yeux & lui paroiffent déptorabtes
quand il voit que des puérilités deviennent o
chez les êtres frivoles qu'ettes occupent un~
quement, la fource des crimes les plus deî-
tru~curs, des injuflices les plus criantes, de~
querelles les plus tragiques. On gémit
l'on cetfe de rire en voyant que de vaina
titres des préféances des places, des ru-
bans, des jouets excitent l'ambition, &. font
éclorre ics intrigues, les menées Sourdes, les
perfidies & les crimes de tant de grands cn-
fants, qui d'abord ne paroinbient que ridicules.
ti faut verfer des tarmes quand on voit qu'un
<bt orgueil déguifé fous le nom d'honneur,a
fait chaque jour répandre le fang de ces
méchante enfants qui cèdent alors d'être
~ivertiStants. On doit éprouver une indigna-,
~on profonde en voyant que ce faite impet~~
toent, par lequel tant de gens fe di~inguent,
en: caufe de !a ruine d'une foule de ma!heu-
reux~ dont le travail &C i'indu~rie ne leur font
point payés. On gémit quand on réfléchit que
ce jeu, fait pour détaxer des fainéants, ab-
sorbe quelqucfois les plus amples fortunes.
Enfin, on ne rit plus de ces galanteries indé-
centes qui troublant pour toujours l'harmo-
aie, la con~ance &L !'e~ime néce(!a!res au
maintien de la paix domettique.
Les foib!ef!es, les défauts, les extrava-
gances des hommes les coaduifent fouvent
au crtme & à l'infortune. H n'eH: point de
vice qui ne fe punifte lui-même (61), &( qui
tôt ou tard ne produife dans Ja fbciété des
ravages qu'une ame fenfibfc eft forcée de
déplorer.
Plaignons donc les mortels de leurs égare-
ments fuites nécetlaires de leur étourderie,
1,
de leur inexpérience, des fautes idées qu'ils
~e font du bonheur, des routes trompeufes
qu'i!s prennent pour y parvenir. Vivre avec
des hommes, c'eft vivre avec des êtres dont
Ja plupart font foibles aveugles impru-
dents les ~aïr, ce feroit joindre rinjuftice à
~inhumanité ce feroit fe tourmenter fans

Omnis ~«~<~ ~~f~f /~<~M /«t.


~NtC.
~TO
"t
1. V.
MORALE UNIVERSEL LE.
profit pour les autres. Fuir
t 1r, ~r__ ce
les hommes,
~eroit fc priver des avantages d.: !a vie fociale
qui, malgré fes défauts, nous offre encore
des charmes. Nul homme n'e~ gratuitement
méchant il ne commet Je mal que parce
qu'il en attend quelque bien il eft méchant,
parce qu'il c~ ignorant dépourvu de ré-
flexion, peu prévoyant ~ur les cHets nécef-
faires de Ces avions. Dételer les hommes
pour leurs foibtetfes Se leurs vices, ce feroi~
les dételer prrce qu'ils font dignes de la pitié
la plus tendre.
Aimons donc nos femblables, afin d'attirer
leur amour; ne les fuyons pas fi nous pouvons
leur prêter des recours ne les révoltons point
par une humeur atrabilaire invitons-les à la
vertu en leur montrant fes charmes détour-
nons les du vice en dévoilant fa difformité
n'incitons pas leurs miferes invinciblement
liées aux préjugés de toute espèce qu'ils ont
puifés dès l'enfance dans la coupe de l'erreur:
ne les déférerons pas en déciarant que leurs
maux font fans remedes &C qu'ils font con-
damnés à languir toujours contbions les
plutôt par l'espoir de voir ce-uer leurs peines
montrons-leuf, dans les progrès de la raison
Se dans )'a vérité l'antidote du poifon dont
les cfprits font inférés qu'ils entrevoient
des temps plus propices ou les nations,
mûries par l'expérience renonceront enfin
à leurs cruelles fulies & placeront la vertu
dans le temple qui lui appartient c'eSi alors
qu'elle établira l'harmonie fociale, eB in~i-
rant un efprit de paix à tous les peuples du
monde en réunifiant d'intérêts les nations
leurs chefs, en confondant le bonheur du
citoyen avec celui de la patrie en faifant
Sentir à chaque membre de la Société que Son
bica-être en: lié à celuifes Semblables, Se
que jamais il ne doit s'en féparer.
S'il n'étoit point permis de jfc livrer à des
espérances fi valtes & fi flatteufes qu'il le
foit au moins de croire que des principes,
e
puifés dans la nature de l'homme feront
adoptés par quelques êtres penSants, à qui
tout prouvera que la vertu eft la feule bafe
de la félicité publique Se particuliere tandis
que le vice anéantit chaque jour le bien-être
des nations, des familles des individus.
Telles font les vérités que nous tenterons de
développer de plus en plus dans la fuite de
cet ouvrage, ou l'on trouvera l'application de
nos principes aux hommes considérés dans
leurs états divers.

F~ Sec'lion 177~ G' de la premiere Partie.


TABLE
~)E~ ~~CTfOA ET CH~PfTR~~
PREMIERE PARTIE.
T/r~ /J JMo~
PRÉFACE. ;–Maf
S E C T 0 N PREMIERE. r

f/7P~ ~M~JM~
J
<S' t/~M~
CHAPt1 RE PREM 1ER.
jy E Morj~ des devoirs, de ro~t~M~
tTtOM~ pag. 3 t
C A P T
De r~o~~n~
C H A
H

P
J<fur< R E

T R E
1 L
)S
De la ~H/1~6 ~~cnf~J tn~f~~Ut: 37
CHAPITRE t V.
D~ pf~~r &' douleur, du ~on~tcur. 41
C H A P 1 T R E V.
Des pj~o/t~, des Jc~, des ~~bm~ 5t
CHAPITRE VI.
j~r~t~tou~er~ioMrx~ybL s~
CHAPITRE Vïl. <

De l'utilité Jc~p~onjr. yo
CHAPITRE V 11 L
De~yofontc&deÏtO~ <
7~
CHAPITRE X<
J~er~~p<Mee.
De~y~
CHAPITRE
M</bn.
D'<cla
CHAPITRE XI.
X<

88
80

8~

CHAPITRE XII.
D<:rA~M~e, de r~rMeÏton, l'éducatiott. ~z
CHAPITRE XUI.
D<' la con/cMMce. ~7
CHAPITRE XIV.
D<J!<<con/eiMccMMor~ 10~

~yo~
S JE~C T
JE~e~o~ <~
ï0
y~f~~M~.
N SEC
~Ao~c ~ï~

CHAPITRE P~EMÏER.
0 N D E.
<~

&yo~ ~< rAorn~e i/M~ y OM


dans l'état <<<
~MM. < pag. ït~
CHAPITRE li.
De la fociété, des devoirs de i'hommefocial. 118'
C H A P 1 T R E 1 Iï.
De général.
vertu en i~$
De~;u/~ce.CHAPITRE IV.
De refonte.
C H A P 1 T R E

CHAPITRE VI.
Du~a~e/bcML
V.
0
133

!3~

140
CHAPÏTRE VIL
De l'humanité.
CHAPITRE VIII.
14~

De f<ïcomp<~on OMJe~pme. 15~


CHAPITRE 1X.
De ~~to~ït/ctnc~ 161
CHAPITRE X.
De la moJe/Ï~ de l'honneur, de la gfotf<. ï 70
C H A P 1 T R E X Ï.
6e
pM~eur.
te~tpeMrtce% de la ~A~/Ïeie

CHAPITRE X Iï.
~e
17~

pe la prMd'efïce. ïX<$
CHAPITRE X ï11.
De
paMe~ce.
la ~brce Je
ï C H A P
~ran~eMr ~'jme

T R E XIV.
de
ï~o
la

JB~&ayeMcite~ v < lue


PcMt~ CHAPITRE
CHAPITRE
XV.

XVI.
t0$

ciale.
De la douceur
rance, de f<t
de l'indulgence, de
eo~hpfjt/~tncc
ou des qualités agréables dans

SECTION TRO ISIEM


la to~-
po~<
la vie

E.
fo-
110

Du mal moral ou des crf/Tïc~ des


~c<?j <&J défauts des Ao/n/yj~J.
CHAPITRE PREMIER.
~<t crimd de fm;u/!tce, de f~o/n~tJe du
yoj!,Je~crM<ïut~ pag. m t
CHAPITRE IL a

D< l'orgueil & de la vanité du luxe. 1.~0


CHAPITRE III.
De la co!er<, de la ych~ea~ce de rAu~tMf
de la m~nt/troptc. ~60
C H A P 1 T R E 1 V.
De r~MfMe de la prodigalité.
~77
C H A P 1 T R E V.
De fmgMtttMJe.
CHAPITRE VI.
~8$

&c.
De l'envie de la ja!ou/t<?, de la meJ~ce
de nnJ~cretton
C H .A P 1 T R E VII.
Du M<n/bn~, Je JÏatferte, de f'A~pocr~
la ~~o~nM de r~~o~Mre. 30~
CHAPITRE VHL
p<ïr~T:, d, ro~ctJ, Je f<~nm G' J<c

fes ~M, de la p~o/t du jeu ~c. 3 7


CHAPITRE ÏX.
De la J~bfMMo~ des ~nocu~ Je Je~Mc/te,

<
de l'amour des plaifirs Jej~o~netct.. 3 34
CHAPITRE X.
f'Mte~peMnce.
De
CHAPITREXL
3$o
D~p~o~~t~J~~M~~f.· 35~
CHAPITRE X 11~
Des défauts, des tmpe~cÏtOM des riJMufM
&c. ou des ~M<t~t~ J~gr~ï~j dans la vie
/bcM~. 1,
3 7t

~m de Ïa Table de la pKnatefe partie.

Dépôt légal 2ëme trimestre 1972