Vous êtes sur la page 1sur 6

La psychologie, ça s'apprend !

Les études universitaires, les stages professionnels et le(s) métier(s) du psychologue.

Evaluer le risque suicidaire : fiche


clinique synthétique
Publié le 19 mars 2013

5 Votes

Introduction

« Le suicide, défini comme l’acte délibéré de mettre fin à ses jours, est une des causes de
mortalité les plus fréquentes dans le monde occidental ». Lampros Perogamvros et al (2010)

L’intensité de la dépression ne semble pas liée au niveau du risque suicidaire (ce n’est pas
suffisant !). L’anxiété semble être un meilleur prédicteur.
Une bonne évaluation du risque suicidaire se fait indépendamment de tous les autres
facteurs.
Protection du psy en cas de suicide : Toujours marqué dans le dossier d’un patient « à
risque » l’évaluation du risque suicidaire.
Avec le patient : recherche d’information et discours socratique. Laisser sortir l’émotion
avant de travailler avec l’intellect.
Voir les facteurs de risque que peut présenter le patient

Comment évaluer le risque suicidaire ?

Chez les jeunes, les facteurs de risque sont les suivants : disputes parentales, violences familiales,
agression …

Y-a-t-il un scénario en place ?


Y-a-t-il un support social ou un autre facteur de protection ?
Ne pas se fier à notre seule impression clinique : ça ne suffit pas ! On ne retrouve pas de
corrélations entre impression et risque suicidaire.
Qu’est-ce qu’une urgence suicidaire élevée ?

Décision prise, plan pour se suicider ?


Sujet coupé du monde ou au contraire très émotif
Grande sidération ou grande agitation
Vérifier l’expression des émotions
Sentiment d’avoir tout essayer, sentiment d’inutilité
(Se méfier des patients qui paraissent très sereins, ils peuvent avoir pris leur décision!)

Quels outils peuvent-être utilisés ?

BDI 13 -21 ; Le diagramme HARD (Ruffin, Ferreri ; 1984) : 12 items évalués de 0 à 6 en 4


pôles. Des calculs sont à faire dont anxiété * danger.
SSI de Beck : idéation suicidaire. Echelle validée.

RSD : Risque suicidaire de Ducher. A partir de 7 : hospitalisation !!

– Echelle très utile pour la pratique clinique : pour l’obtenir :


http://jumga.fr/wpcontent/uploads/2011/12/suicide.pdf

Types de questions à poser avec la RSD :

« Avez-vous des idées noires ? » (Commencez par ça, et reformuler si doute)


« Je ne dis pas que vous le feriez, mais des idées … »
« Vous pourriez le faire à des moments ? »
« Quelque chose pourrait vous empêcher de le faire ? »
Toujours voir le désir passif de mourir : « Et si vous pouviez toujours dormir, sans
jamais vous réveiller ? »
Toujours reformuler et revalider les dires : « Et si vous n’aviez pas votre famille ? »

La RSD permet d’évaluer le risque suicidaire à un niveau décisionnel.

0 : pas d’idées de mort

2 : idées de mort

4 : idées de suicide

6 : désir passif de mort

8 : volonté active de mourir

10 : passage à l’acte
Après passage à l’acte ?

Létalité de l’acte (par ex. voir les dommages physiques) n’est pas un bon prédicteur d’une
potentielle rechute. Meilleur facteur prédictif : les préoccupations qui ont été prises pour ne
pas être découvert.

Outils :

– SIS de Beck : le questionnaire d’ intentionnalité suicidaire.

– RRRS de Weisman & Warden (1972).

– EGCS de Granier et Boulenger : Gravité des conduites suicidaires.

– Echelle de désespoir de Beck : auto-questionnaire qui permet un repérage mais qui n’est
pas fluctuant.

Devant une patiente qui présente un sentiment de honte devant ses idées suicidaires : lui
préciser que les idées suicidaires font parties des symptômes de la dépression et qu’il y a
une différence entre y penser et le faire = déculpabiliser au maximum.

Bibliographie

La dépression en 60 questions du Dr Ducher (utile aussi pour la famille) : chapitre sur le


suicide : utile pour répondre aux questions et expliquer le suicide à un patient.
Lampros Perogamvros, Ioana Chauvet, Grégoire Rubovszky. Quand référer aux urgences
un patient présentant une crise suicidaire ? Rev Med Suisse 2010;6:1555-1557

PA RTA G E C ET A RT I C LE SUR :
    Plus

S U R L E MÊME T H ÈME

Le bilan psychologique Comment diagnostiquer Trouble bipolaire,


(plan d'un compte-rendu un Episode Dépressif cyclothymie chez l'adulte
psy) Majeur? (Critères, que et l'enfant
Dans "Psycho" dire au patient, Dans "Psycho"
différentiel)
Dans "Psycho"

Le bilan psychologique Comment diagnostiquer Trouble bipolaire,


(plan d'un compte-rendu un Episode Dépressif cyclothymie chez l'adulte
psy) Majeur? (Critères, que et l'enfant
Dans "Psycho" dire au patient, Dans "Psycho"
différentiel)
Dans "Psycho"

Ce contenu a été publié dans Psycho par etudepsychologie. Mettez-le en favori avec son
permalien [https://etudepsychologie.com/2013/03/19/evaluer-risque-suicidaire/] .

5 RÉFLEXIONS AU SUJET DE « EVALUER LE RISQUE SUICIDAIRE : FICHE CLINIQUE SYNTHÉTIQUE »

Le 24 mars 2013 à 8:50 ,


Träumerin
a dit :

Le problème, il me semble, de ce genre d’outils (qui n’est pas du tout


enseigné dans mon université), c’est que les patients… les voient venir.
J’aurais vraiment envie de me suicider que je ne serais pas honnête.
Comment fait-on dans ces cas-là ?

Le 13 juin 2013 à 9:28 ,


Mathilde
a dit :

Je me suis fait la même réflexion que Träumerin…


Je crois que le lien pour l’échelle pour la pratique clinique est mort

Le 8 décembre 2014 à 7:46 ,


Elv
a dit :

quand vous dite « Se méfier des patients qui paraissent très sereins, ils
peuvent avoir pris leur décision! » je sais que cette phase à un nom
pourriez vous me la rappeler svp

Le 28 janvier 2015 à 8:25 ,


Agnès
a dit :

Il me semble que ce n’est pas grave que les patients voient venir les
outils… Au contraire, j’ai appris qu’il fallait rentrer dans le vif du sujet et
utiliser les mots plutôt que de tourner autour du pot : utiliser le mot
suicide, mort… Cela leur permet de se rendre compte qu’ils ont été
entendu et pris au sérieux. Une façon d’évaluer le risque est de
demander s’ils y pensent souvent, quel est leur plan, ont-ils choisi le
moment, le lieu…

Le 26 mars 2015 à 5:18 ,


Jimenez Olariaga
a dit :

quelqu’un aurait-il en sa possession le RSD justement ? Je désespère


dans ma quête … Merci !