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CHAPITRE IV:

Dimensionnement des Dalles mixtes avec


plaques nervurées en acier dans les
bâtiments
(section 9 EC4)
Ibrahima DIATTA
Assistant Chargé de cours de BA et Structures
UFR-SI / UT
Références bibliographiques.
1. Eurocode 4 : NF EN 1994-1-1: calcul des structures mixtes en acier-béton et son annexe NF
2. Applications (CHEC) au cours de constructions mixtes
3. Manfred A. Hirt et Rolf Bez; Traité de Génie civil livre EPFL vol.10 - construction métallique: Notions
fondamentales et méthodes d’analyses; avril 1994
4. Manuel de calcul de Construction Mixte Acier-Béton selon EN1994-1.1 de déc.2004, Dr Ir P.
Boeraeve, mai 2006
5. Daniel BITAR - Planchers de bâtiments en construction métallique et mixte (TI C 2 645 − 1)
6. Traité de Génie civil EPFL vol.10 - construction métallique (à partir de la page 148);
7. www.systemx.fr
8. Sites internet : OTUA, CTICM, Steelbiz
Sommaire
IV-1 Définitions
IV-2 Domaine d’application de la section 9 de l’EC4 (clause 9.1.1 EC4)
IV-2-1 Tôles d’acier utilisées dans les dalles mixtes
IV-2-2 Types de connexion – liaison plaque-béton (clause 9.1.2,1 EC4)
IV-3 Dispositions constructives (clause 9.2 EC4)
IV-3-1/2 Épaisseur de la dalle et armatures (clause 9.2.1 EC4)
IV-3-3 Granulats (clause 9.2.2 EC4)
IV-3-4 Exigences concernant les appuis (clause 9.2.3 EC4)
IV-4 Actions et effets des actions (clause 9.3 EC4)
En phase construction (g et qc) / En phase mixte (g et q)

IV-5 Combinaisons d’actions


IV-6 Analyse pour les sollicitations (clause 9.4 EC4)
En phase construction (clause 9.4.1 EC4-1-1) / En phase mixte (clause 9.4.2 EC4-1-1)

IV-7 Largeur participante des dalles En phase construction: En phase mixte:


IV-8 Dimensionnement o Vérification au ELU o Vérification au ELU
o Vérification aus ELS o Vérification aus ELS
IV-1 Définitions
Une dalle mixte est une dalle dans laquelle des plaques nervurées en acier sont utilisées initialement
comme coffrage permanent et collaborent ensuite structuralement avec le béton durci pour agir comme
armatures de traction dans le plancher fini (clause 1.5.2.6 EC4).

On peut également définir une dalle comme une dalle constituée d'une tôle d'acier nervurée, profilée à
froid, recouverte d'une dalle de béton comportant des armatures (un treillis d'armature). De telles dalles
sont utilisées dans les structures porteuses de plancher composées de poutrelles métalliques,
Dans ce mode de construction, la tôle nervurée a plusieurs fonctions :
 plate-forme de travail au moment du montage,
 coffrage de la dalle en béton,
 armature inférieure de la dalle.
Le présent chapitre concerne le calcul en phase montage et en phase mixte (dalles mixtes
conformément aux exigence de la NF EN 1993-1-3 et la NF EN 1994-1-1.
IV-2 Domaine d’application de la section 9 de l’EC4 (clause 9.1.1 EC4)
(1)P La présente section de l’eurocode 4 partie 1-1 (NF EN 1994-1-1) traite :
 des dalles mixtes de plancher portant uniquement dans le sens des nervures,
 les dalles en porte-à-faux.
Elle s'applique au calcul des structures de bâtiment soumises à des charges statiques prédominantes,
incluant les bâtiments industriels où les planchers peuvent être soumis à des charges mobiles.

IV-2-1 Tôles d’acier utilisées dans les dalles mixtes


Il existe une très grande variété de tôles (ou plaques) nervurées utilisées dans la construction des dalles
mixtes. Ces tôles varient par la forme, la hauteur et l'entraxe des nervures, par la largeur des plaques,
par leur mode de recouvrement latéral, par les moyens de raidissement des éléments plans constituant
le profil et enfin par les moyens de connexion mécanique assurant la liaison entre la tôle et le béton.
La norme NF EN 1994-1-1 définit deux (02) types par leur forme:
 Les profils à nervure rentrante et
 Les profils à nervure ouverte
br
(2)P Le domaine d’application est limité aux plaques nervurées à âmes faiblement espacées:  0,65
bs
Seules sont considérées ici les tôles profilées conformes à la norme européenne EN 10147, avec des
limites d’élasticité allant de 220 MPa à 350 MPa.
 L'épaisseur des tôles peut varier de 0,75 mm à 1,5 mm (mais en pratique 0,75 et 1,0 mm).
 La hauteur des profils peut varier de 40 mm à 80 mm. (hp)
 Galvanisation sur les deux faces par une couche de zinc de 0,02 mm; + laquage éventuellement
 Formées à froid : écrouissage ----------------►S300 -----------fyp = 300 MPa.
Cette grande variété dans les tôles profilées permet de satisfaire la plupart des domaines à couvrir dans
la construction des bâtiments à ossature métallique.
Elle permet en particulier de satisfaire facilement les critères :
 d'isolation phonique,
 de protection contre le feu,
 de portée maximale et de charge maximale.
hp: 40 mm à 80 mm
Extrait de NF EN 1993-1-3
Phase construction: fixation des connecteurs sur solives
IV-2-2 Types de connexion – liaison plaque-béton (clause 9.1.2,1 EC4)

Pour assurer la liaison acier-béton, les plaques nervurées en acier doivent être capables de transmettre le
cisaillement horizontal (cisaillement longitudinal) exercé au niveau de l'interface entre la plaque et le
béton ; la simple adhérence entre les plaques en acier et le béton n'est pas considérée comme efficace
pour l'action mixte.
La collaboration entre les plaques nervurées et le béton doit être assurée par un ou plusieurs des moyens
suivants, voir Figure 9.1 :
a) Liaison mécanique

b) Liaison par frottement

c) Ancrages d’extrémité

Figure 9.1 – Formes typiques de liaisons dans les dalles mixtes à bac collaborant
Dalle mixte acier-béton avec connecteurs
Figure 12 – Différents types de connecteurs dans les planchers mixtes (1/2)
Figure 12 – Différents types de connecteurs dans les planchers mixtes (suite et fin)
IV-3 Dispositions constructives
(clause 9.2 EC4)
IV-3-1 Épaisseur de la dalle et armatures (clause 9.2.1 EC4)

 br
 b  0,65
 s


h  80 mm


h c  40 mm

Plutôt ductile
Plutôt fragile

h  90 mm

h c  50 mm
(2)P Si la dalle fait partie d’une poutre mixte ou est utilisée comme diaphragme,
IV-3-2 Armatures (clause 9.2.1 EC4-1-1)

IV-3-3 Granulats (clause 9.2.2 EC4)


(1)P La dimension nominale des granulats dépend de la plus petite dimension de l'élément structural
dans lequel le béton est coulé, et ne doit pas excéder la plus petite des valeurs suivantes :

Classe granulaire d/D


0,40 h c mm 
 b mm 
 0
D  min  où b0 est la largeur moyenne des nervures (largeur

 3 minimale pour les profils rentrants), voir Figure 9.2

31,5 mm 
IV-3-4 Exigences concernant les appuis (clause 9.2.3 EC4)
IV-3-5 Détails constructifs
IV-4 Actions et effets des actions (clause 9.3 EC4)
Selon leur nature, on distingue: Selon leur mobilité, on distingue:
 Actions permanentes (G);  action libre;

 Actions variables (Q, W, Sn);  action individuelle;

 Action accidentelle (A);  action statique;

 Action sismique (AE).  action dynamique

 action quasi-statique

NB: Pour plus de précision voir chapitre 5 du cours de béton précontraint : « aspects réglementaires »

L’Eurocode 4 prévoit deux (02) situations de calcul qui sont à examinées afin
d’assurer un degré convenable de sécurité et d'aptitude au service :
1) En phase construction où les plaques nervurées en acier sont utilisées comme coffrage:
 À ce stade, une vérification est exigée pour le comportement des plaques en acier
dans leur fonction de coffrage pour le béton frais (selon EC3).
 Les effets des étais doivent être pris en compte, s’il y a lieu.

1) En phase mixte ou d’exploitation, où les plaques nervurées en acier et le béton armé


font un seul élément de plancher (dalle mixte):
 une vérification est exigée pour la dalle après le début de l'action mixte (selon EC4)
et l’enlèvement des étais éventuels;

Les actions à prendre en compte dans les deux situations (états structuraux) sont différentes
et par conséquence les effets de ces actions (sollicitations) sur la structure.

Les états limites (ELU et ELS) et les cas de charges doivent donc être pris en considération pour
ces deux situations:
IV-4-1 En phase construction :
Actions pour les plaques nervurées en acier utilisées
comme coffrage (clause 9.3.2 EC4-1-1).
Charges permanentes :
 poids du béton et des plaques en acier (gc, gp);
Charges variables :
 charges de construction y compris l'accumulation locale du béton en cours de
construction, conformément à l'EN 1991-1- 6, 4.11.2 (Qc = Qca + Qcc + Qcf)
 charges de stockage, s’il y a lieu;
 effet de «mare» (augmentation de l'épaisseur de béton due à la flèche des tôles).

o On désigne par d la flèche centrale des plaques sous leur poids propre ajouté à celui du
béton frais, calculée à l'état de service.

 h
δ  10
l'effet de mare peut être négligé dans le calcul des plaques en acier.
si 
δ  h il convient de prendre en compte cet effet de mare. Il peut être admis dans le calcul que
 10 l'épaisseur ajoutée de béton sur la totalité de la travée est égale à 0,7d.
IV-4-2 En phase mixte ou d’exploitation:
Actions pour la dalle mixte (clause 9.3.3 EC4-1-1).
Charges permanentes :

 Revêtement de sol + chape de nivellement;


 La chape;
 L’étanchéité;
 L’isolation,
 Cloisons et éléments non-porteurs;
 poids du plancher (dalle mixte: béton+tôles+aciers);
 Les faux plafonds;
 Les équipements fixes:
o les équipements des ascenseurs et escaliers roulants ;
o les équipements de chauffage, de ventilation et d’air conditionné ;
o les équipements électriques ;
o les tuyauteries, sans leur contenu ;
o les réseaux de câbles et les gaines
Charges d’exploitation:
 Usage normal des locaux par les occupants;
 Meubles et objets mobiles (closions mobiles, rangements, marchandises en
conteneur, etc.);
 Charges roulantes (véhicules, etc.);
 des événements rares prévus tels que concentrations de personnes ou de
mobilier, déplacement ou empilage d’objets susceptibles de se produire à
l’occasion d’une réorganisation ou d’un aménagement des locaux (ces charges
sont à préciser contractuellement).

L’Eurocode 1 (NF EN 1991-1) donne des valeurs indicatives des poids volumiques pour des
matériaux et éléments de construction qui permettent d’évaluer le poids des charges permanentes
dans le calcul du plancher, ainsi que les charges d’exploitation en fonction de la catégorie des
surfaces de bâtiments.
IV-5 Combinaisons d’actions
États-limites ultimes — Valeur de calcul des actions dans les situations de projet durables et transitoires

Pour vérifier le
dimensionnement des
éléments structuraux non
soumis à des actions
géotechniques,

États-limites de service - Valeurs de calcul des actions à utiliser dans la combinaison d'actions
De façon simplifiée: Aux ELU et aux ELS
Exemples Exemple des combinaisons pour l’ELU / STR avec poids propre et charges climatiques (W et Sn)

Exemple des combinaisons pour l’ELS


Exemple des combinaisons pour l’ELS FREQ avec poids propre et charges Exemple des combinaisons pour l’ELS Q-
CAR avec poids propre et charges climatiques PERM avec poids propre et charges
d’exploitation climatiques
IV-6 Analyse pour les sollicitations (9.4 EC4)
Également ici, deux cas sont à prendre en compte:

IV-6-1 En phase construction : Analyse Plaques nervurées en


acier utilisées comme coffrage (9.4.1 EC4-1-1)

IV-6-2 En phase mixte (phase exploitation): Analyse des dalles


mixtes (9.4.2 EC4-1-1)
IV-6-1 Analyse Plaques nervurées en acier utilisées comme coffrage (9.4.1 EC4-1-1)
(1) Il convient que le calcul des plaques nervurées en acier utilisées comme coffrage soit
conforme à l'EN 1993-1-3 pour les profilés et plaques formés à froid.

La tôle nervurée résistant aux charges extérieures en phase construction est principalement
soumise à la flexion et au cisaillement. Son comportement est alors comparable à celui des
profils utilisés en toiture.
 la compression due à la flexion peut se produire soit dans les ailes, soit dans les âmes ;
 le cisaillement se produit essentiellement dans la zone des appuis.

(2) Il convient de ne pas admettre une redistribution plastique des moments en cas de pose
avec étais.
Une analyse de type linéaire élastique s’impose donc pour l’analyse globale de la structure.

Sous l'effet de ces contraintes de compression et de cisaillement, les éléments plans et minces
constituant la tôle nervurée peuvent voiler avant d'atteindre la limite d'élasticité, ce qui réduit la
capacité portante et la rigidité de la tôle.
IV-6-2 Analyse des dalles mixtes (9.4.2 EC4-1-1)
1) Les méthodes d'analyse suivantes peuvent être utilisées pour les états limites ultimes
:
a) analyse linéaire élastique:
 avec possibilité de réduction ou de redistribution des moments agissants au-dessus des
appuis intermédiaires (cas du béton non-fissuré) ; ou
 sans redistribution ni réduction des moments au-dessus des appuis intermédiaires (cas du
béton fissuré) ;
NB: Si les effets de la fissuration du béton sont négligés dans l'analyse aux états limites ultimes, les
moments fléchissants négatifs sur des appuis intermédiaires peuvent optionnellement être réduits
d'une valeur allant jusqu'à 30 %, en augmentant en conséquence les moments fléchissants positifs
s'exerçant dans les travées adjacentes.

a) analyse globale rigide-plastique à condition qu'il soit démontré que les sections dans lesquelles
des rotations plastiques sont requises possèdent une capacité de rotation suffisante ;
b) analyse élasto-plastique prenant en compte les propriétés non linéaires des matériaux.

2) Il convient d'utiliser des méthodes linéaires d'analyse pour les états-limites de service
(ELS).
(4) Une analyse plastique sans vérification directe de la capacité de rotation peut être
utilisée pour l'état-limite ultime si :
 l'acier d'armature utilisé est de classe C conformément à l'EN 1992-1-1,
Annexe C et
 si la portée n'est pas supérieure à 3,0 m.

(5) Une dalle en continuité peut être calculée comme une succession de travées
simplement appuyées. Il convient alors de placer une armature nominale sur appuis
intermédiaires conforme à 9.8.1.

Clause 9.8.1
IV-7 Largeur participante de dalle pour les charges concentrées
ponctuelles et linéiques (clause 9.4.3 EC4)

Figure 9.4 : Répartition des charges concentrées


IV-8 Vérification des sections
Le dimensionnement consiste essentiellement à faire des vérifications après
prédimensionnement en phase montage (chantier) et en phase d’exploitation.

EN PHASE MONTAGE:
 IV-8-1 Vérification aux ELU (clause 9.5 NF EN 1994-1-1)

 IV-8-2 Vérification aux ELS (clause 9.6 NF EN 1994-1-1)

EN PHASE D’EXPLOITATION:
 IV-8-3 Vérification aux ELU (clause 9.7 NF EN 1994-1-1)

 IV-8-4 Vérification aux ELS (clause 9.8 NF EN 1994-1-1)


IV-8-1 Vérification aux ELU des plaques nervurées en acier
utilisées comme coffrage (clause 9.5 NF EN 1994-1-1)
Le cas de charge relatif à la situation de chantier est l’un des plus critiques. La tôle, qui est un
élément mince, doit résister seule aux charges de chantier et au poids du béton frais.

Le moment résistant de calcul de la tôle vaut alors (clause 6.1.4.1 NF EN 1993-1-3) :


  f yb 
Weff   si Weff  Wel (6.4)
  γ M0 
f  
 yb  W  W  W  4  1  e max   W  f yb  si W  W (6.5) + les conditions
M c,Rd   γ M0 
el pl el    pl 
γ  eff el
(6.1.4.1 (2) a, b et c
 e 0   M0 

W  f ya  (6.6) sinon
 γ 
el

  M0  Weff : Le module de flexion efficace de la plaque



k  n  t 2 f u  f yb 
Wel : Le module d'inertie élastique de la section brute
f ya  f yb  f u  f yb  
Ag 2 Wpl : Le module d'inertie plastique de la section brute
En plus, lorsque le moment fléchissant MEd est combiné à un effort transversal dû à une charge
localisée (concentrée) ou à une réaction d’appui FEd, on doit vérifier les équations (6.28) ci-
dessous de la clause 6.1.11 de l’EC3-1-3.

 M Ed
  1,0
 M c,Rd
 F

Ed
 1,0
 R w,Rd
M F
 Ed  Ed  1,25
 M c,Rd R w,Rd
IV-8-2 Vérifications aux états limites de service (ELS) des
plaques nervurées en acier utilisées comme coffrage (clause
9.6 NF EN 1994-1-1)
Il convient que la flèche δs des plaques sous l'effet de leur poids propre ajouté à celui
du béton frais, à l'exclusion des charges de construction, ne dépasse pas δs,max.
L
δ s  δ s,max  :L est la portée entre appuis (les étais étant des appuis dans ce contexte).
180
5 g p  g c  L
4
h
9.3.2 (2) EC4-1-1 dg    On peut négliger l’effet de marre
384 E ap I c,eff 10

h
NB: Si cette limite est dépassée d g  , il convient
10
de prendre en compte cet effet. Il peut être admis
dans le calcul que l'épaisseur ajoutée de béton sur la

totalité de la travée est égale à 0,7d.


La flèche d’une tôle sous charges réparties disposées uniformément ou en damier (Figure
suivante) est obtenue par la formule :

5 pL4 L
δs  k  δ s,max 
384 E ap I eff 180

Valeurs de k
 Etayage des bacs pour la mise en œuvre du béton
plancher Cofraplus 77
(Extrait de Arcelormittal , Arval)
EN PHASE D’EXPLOITATION:
 IV-8-3 Vérification aux ELU (clause 9.7 NF EN 1994-1-1)
o IV-8-3-1 Vérification à la flexion des dalles mixtes (clause 9.7.2 EC4) : ruine de types I et II;
 Flexion positive : ruine de type I
 Flexion négative: ruine de type II
o IV-8-3-2 Vérification au cisaillement longitudinale pour dalles: ruine de type III
 Cas des dalles sans ancrage d’extrémité (clause 9.7.3 EC4)
 cas des dalles avec ancrage d’extrémité (clause 9.7.4 EC4)
o IV-8-3-3 Vérification à l’effort tranchant (clause 9.7.5 EC4) : Ruine de type IV
o IV-8-3-4 Vérification au poinçonnement (clause 9.7.6 EC4)

 IV-8-4 Vérification aux ELS (clause 9.8 NF EN 1994-1-1)


o IV-8-4-1 Vérification du contrôle de fissuration du béton (clause 9.8.1 EC4)
o IV-8-4-2 Vérification des flèches (clause 9.8.2 EC4)
IV-8-3 Vérification aux ELU
En l’absence de charges ponctuelles sur la dalle (poinçonnement), il conviendra de procéder
aux trois (03) premières vérifications conduisant à quatre (04) types de ruines I à IV).

 I : rupture par épuisement de la résistance ultime en flexion positive


 II : rupture par épuisement de la résistance ultime en flexion négative
 III et IV : rupture par épuisement de la résistance ultime en cisaillement vertical,
 V : rupture par épuisement de la résistance ultime de la connexion (cisaillement longitudinal : méthode m-k).
IV-8-3-1 Vérification à la flexion des dalles mixtes (clause 9.7.2 EC4) : ruine de types I et II

 Vérification à la flexion positive de la dalle mixte (ruine de type I)

9.7.2 (1) EC4

La résistance ultime en flexion positive d'une section de dalle mixte, Mpc, peut être déterminée en
admettant une répartition plastique des contraintes.
Deux cas peuvent se présenter :
 Cas où l’ANP se situe dans la dalle (au dessus des nervures) : cas d’une section sous-
armée

x pl  h c
ou
Np  Nc

 0,85 X pl  b 
f yp f ck
N p  N c, f  N c avec N p  A ap   A ap  f yp,d et N c,f
γ ap γc

N c  0,85 h c  b  
f ck A ap  f yp,d f yp  X pl 
γc x pl  M 
 N p  z  A ap    d p  
0,85  b  f cd
pl, Rd
γ ap  2 
 Pour les tôles profilées couramment utilisées (ha < 60 mm), avec une dalle de béton
d'épaisseur minimale égale à 50 mm, l'axe neutre plastique est toujours situé au-dessus
du profil de la tôle.
 Pour les tôles nervurées de plus grande hauteur, l'axe neutre plastique peut se trouver
dans la hauteur du profil.
 Cas où l’ANP se situe dans la plaque

x pl  h c
ou
Np  Nc

On néglige la contribution du béton comprimé situé à l’intérieur des nervures.

 N c  0,85 h c  b  
f ck
N cf M pls, Rd  N cf  z  M pr
γc

Avec : et

Mpa : moment plastique de la section efficace du profil


 Vérification à la flexion négative de la dalle mixte (ruine de type II)

La section sur appui des dalles mixtes continues peut être assimilée à une section de béton
armé. Par simplification, la contribution de la tôle profilée est négligée sous flexion négative
(9.7.2 (2) EC4).

9.7.2 (2) EC4

9.7.2 (7) EC4


Soit bo la largeur moyenne du béton compris dans les nervures.
Et bc largeur du béton en compression, admis comme étant la largeur moyenne des nervures sur 1 m de
dalle,

On a : bc = n.bo où n = nombre de nervures présentes sur la largeur de calcul de la dalle

Equilibre des forces:

Nc  Ns avec 
N c  0,85 b c  X 
-
pl
γc

f ck
et
f sk
N s  A s   A s  f sd
γs

A s  f ys,d  X pl 
-
x pl  et z   ds 
- 
0,85  b  f cd  2 
 
Equilibre des moments:

   
M pl, Rd  N c  z  N s  z  A s  f sd  z
IV-8-3-2 Vérification au cisaillement longitudinale pour dalles

 Cas des dalles sans ancrage d’extrémité (ruine de type III) clause 9.7.3 EC4

 Cas des dalles avec ancrage d’extrémité (ruine de type III) clause 9.7.4 EC4
 Cas des dalles sans ancrage d’extrémité (ruine de type III) clause 9.7.3 EC4

Clause 9.1.2.1:
Types de connexion
 La méthode empirique « m-k »
La méthode la plus utilisée permettant de prédire la résistance ultime au cisaillement
longitudinal d'une dalle mixte est celle qui a été développée aux États-Unis (6) ; elle figure dans
de nombreuses normes et règlements, y compris dans l'Eurocode 4. Cette méthode, semi-
empirique, consiste, sur la base d'au moins six essais de dalles en poutre simple, à déterminer
deux coefficients m et k (figure 12) par type de tôle testée.

(4) Si la méthode m-k est utilisée, il convient de démontrer que l'effort tranchant de calcul
maximal VEd pour une largeur de dalle b n'est pas supérieur à la résistance au cisaillement de
calcul V1,Rd déterminée au moyen de l'expression suivante :

b  dp  Ap 
VEd  V1,Rd   m   k  en (N)
γ Vs  b  L s 
M max,appui
Ls 
Vmax,appui

0,8 L Le
Le   Ls 
0,9 L 4
 La méthode de connexion partielle

 f ck 
 0,85  h c  b   
(9.8)  f yp 
min 0,85 h c  b   ; A p  
f ck
 γ c  N cf  γc γ ap 
N c  τ u,Rd b L x  N cf  min   L x  L sf  
A  ypf  τ u,Rd  b τ u,Rd  b
 p
γ ap 
 f ck
  f cd
 γc
M Ed  M Rd  N c  z  M pr avec  f yp
  f yp,d
 γ ap
 τ
τ u,Rd  u,Rk
 γ Vs

z  h  0,5 h c  e p  e p  e  est remplacé par z  h  0,5 x pl  e p  e p  e 


N cf Nc
A ep f yp,d A ep f yp,d
Rappel des parametres
Pour l'aire efficace Ape des plaques en acier, il convient de négliger la largeur des bossages et
indentations des tôles, sauf s'il est démontré par essais qu'une aire supérieure est efficace (9.7.2 (3)
EC4-1-1).

 N cf  0,85 h c  b  
f ck
N c  τ u,Rd b L x  μ  R Ed
γc avec μ  0,5
connexion est complete

connexion est partielle

fig. : Le diagramme de calcul en interaction partielle (Extrait de APK)

 Pour Lx ≥ Lsf, la connexion est complete, donc la grandeur déterminante est la résistance à la flexion
(rupture de type I).
 Pour Lx  Lsf, la connexion est partielle, donc la grandeur déterminante est la résistance au cisaillement
longitudinal (rupture de type II).
La méthode de vérification est illustrée dans la figure ci-dessus: MEd ≤ MRd.

(Extrait de APK)
 Cas des dalles avec ancrage d’extrémité (ruine de type III) clause 9.7.4 EC4
 1 0,8f u  d 2 
PRd  π    1
PRd 2 
et PRd la résistance de cisaillement de calcul
 γV  4  du goujon (6.6.3.1 EC4)
 
 2  0,29  α  d f ck E cm 
2

N c  PRd  τ u,Rd b L x  min PRd  avec 


 γV 
Ppb,Rd  k   d do  t  f yp,d  la résistance en pression diamétrale
de la plaque ou la résistance à
 Ppb,Rd l'arrachement de la tôle profilée


a h sc
avec k  1   6,0 et a  1,5 d do
d do goujon à tête soudé

Si la connexion mécanique fournie par le frottement (forme des nervures) ou par les bossages est insuffisante, il est
possible d'y suppléer en disposant des ancrages (connecteurs acier-béton en général) à l'extrémité des dalles.
IV-8-3-3 Vérification à l’effort tranchant (ruine de type IV) (clause 9.7.5 EC4)

VEd  Vv,Rd  VRd,c

VRd, c en N 

On admet en général que les résistances ultimes à l'effort tranchant et au poinçonnement sont données
par la section de béton, la participation de la tôle étant négligée.
aire de l'armature en traction chargée de répartir la fissuration.
Par analogie à l’Eurocode 2 (NF EN 1992-1-1):
 Cas de la flexion positive (appui d’extrémité) :
 d=dp = distance entre la fibre comprimée et le CG des armatures tendues

Dans les régions de moment positif,


on remplace Asl par Aap.

 Cas de la flexion négative (appui intérieur) :


 d=ds = distance entre la fibre comprimée et le CG des armatures tendues

Dans les régions de moment négatif,


on remplace Asl par As.

bw = bo = largeur moyenne des nervures de béton (largeur minimale pour profil de tôle rentrant)
IV-8-3-4 Vérifications au poinçonnement (clause 9.7.6 EC4)
IV-8-4 Vérifications aux états limites de service (ELS) des
dalles mixtes (clause 9.8 EC4)

Les vérifications des dalles mixtes aux ELS sont de deux (02) types principalement:

 IV-8-4-1 Vérification du contrôle de fissuration du béton (clause 9.8.1 EC4)


 IV-8-4-2 Vérification des flèches (clause 9.8.2 EC4)
o Valeurs limites maximales recommandées des flèches verticales
o Cas de dispense de calcul 9.8.2 (4) EC4-1-1
IV-8-4-1 Vérification du contrôle de fissuration du béton (clause 9.8.1 EC4)

(1)P La fissuration doit être limitée (wk ≤ wmax) de telle sorte qu'elle ne porte pas
préjudice au bon fonctionnement ou à la durabilité de la structure ou encore
qu'elle ne rende pas son aspect inacceptable.

Étant donné la présence de la tôle nervurée à la face inférieure de la dalle, seule


l'ouverture des fissures du béton sur appui doit être vérifiée.
7.3.2 Sections minimales d'armatures (Si la maîtrise de la fissuration est requise)

 0,2
100  b  h c pour les dalles non-étayées lors du bétonnage

A s  A s,min 
 0,4
  b  hc pour les dalles étayées lors du bétonnage
100
IV-8-4-2 Vérification des flèches (clause 9.8.2 EC4-1-1)
5 pL4 5.4.2.2 (EC4) Fluage et retrait
δs    δ s,max (voir Tableau 1)
384 E ap I c,eff

Les valeurs (des flèches limites) recommandées par l'Eurocode 3 (7.2.1 EC3 et AN) pour les
planchers et toitures de bâtiment sont données dans le tableau 1 ci-après:
I c,f  I c,nf
I c,eff 
2

n L,CT  n L,LT Ea  Ea 
n   2 
2 Ec  E cm 
 Propriétés élastiques des sections (ELS)

o Le coefficient d’équivalence n
o Position de l’ANE (x)
o Le moment d’inertie
 Section fissurée
Le moment d’inertie Ic,f de la section fissurée Position de l’ANE (x) Le coefficient d’équivalence n

b  x 3f n  A ap  2  b  ds   Ea 
  A ap d s  x f   I p xf  1  1  h c Ea
2
I c,f n  2 
3n b  n A ap 
 Ec  E cm 
 Section non-fissurée
Le moment d’inertie Ic,nf de la section non fissurée Position de l’ANE (x) Le coefficient d’équivalence n

I c,nf  

b  h 3c b  h c x nf  0,5 h c 
2


b h c2

n r  b0 h p
h  0,5h   A d n
n L,CT  n L,LT
p p p 2
12 n n 2n n
x nf   hc E
 n r  b 0  h 3p n r  b 0  h p  b hc n r  b0h p n L,CT  a

 12 n

n

h  x nf  0,5 h p 2

 n

n
 Ap E cm
   Ea 
 3  
A p d p  x nf   I p
2
n L,LT
b: largeur de calcul de la dalle (=1m)  E cm 
bo = largeur moyenne d’une nervure sur une largeur de calcul de la dalle (b =1m)
nr = nombre de nervures sur une largeur de calcul de la dalle (b =1m)
 Valeurs limites maximales recommandées des flèches verticales
Annexe Nationale à la NF EN 1993-1-1 : Tableau 1

Pour les poutres


en porte à faux, la
longueur L à
considérer est
égale à deux fois
la longueur du
porte-à-faux.
 CAS DE DISPENSE DE CALCUL 9.8.2 (4) EC4-1-1
En résumé
Justification des dalles mixtes acier-béton aux ELU (TI)

En phase construction En phase exploitation


M Ed  M Rd M Ed M pl,Rd
M Ed     M Rd   
VEd  VRd M Ed M pl,Rd
R Ed  R Rd
VV, Rd
M Ed R Ed  
  1,25
M Rd R Rd Vpl,Rd
VEd  VRd  
Vp,Rd
V
  ,Rd
Justification des dalles mixtes acier-béton
ELS
w g b , g fin , Ψ 2 q k   w lim 
L
(Aspect si tôle étayée)
300

w g fin , Ψ 2 q k   w lim 
L
300
(Aspect si tôle non - étayée)

w Ψq k 
L
 w lim  (confort)
350

 L
 500 : revêtement de sol  cloison fragile

w lim 
 L
 revêtement de sol  cloison ductile
 350

L
Elancement dalle :  26
dp
END
Exercices

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