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Capital

Le capital est une somme d'investissements utilisée pour en tirer unprofit, c'est-à-dire un stock de biens ou de richesses nécessaires à
une production. Cet emploi, courant en sciences économiques, en finance, en comptabilité, en sociologie et en philosophie, a
néanmoins dans les domaines distincts des significations spécifiques.

Sommaire
Étymologie
Économie
Analyse économique du capital
Ensemble de ressources hétérogènes
Détour de production accroissant la productivité du travail humain
Ensemble de biens reproductibles
Le capital dans l'histoire de la pensée économique
École classique
Marx et le concept de capital
Le capital comme détour de production : l'analyse de Böhm-Bawerk

Finance
Comptabilité
Sociologie
Environnement
Géographie économique
Ingénierie des connaissances
Notes et références
Annexes
Articles connexes

Étymologie
Au XIIe siècle, « capital » est un adjectif dérivé de la racine latine caput : la tête, signifiant « principal » [pas clair]. Dans le dictionnaire
de Nicot publié en 1606, l'adjectif est transformé en substantif pour désigner « le capital d'un marchand ». Par suite le terme va
signifier la somme d'argent ou de biens dont on est propriétaire.

Économie

Analyse économique du capital


1
Selon Irving Fisher, cité par Raymond Barre ,

le capital est un stock de biens existant à un moment donné ; lerevenu étant le flux de services qui découle de
ce stock pendant une période de temps.
le capital est un ensemble de ressources hétérogènes et reproductibles dont l'emploi permet, par un détour de
production, d'accroitre la productivité du travail humain.

Ensemble de ressources hétérogènes

Il peut comprendre :

le capital physique qui désigne l'ensemble des biens physiques produits dans le passé et utilisés pour la
production présente ou future. Il se décompose en:

capital fixe, constitué par les moyens de production durables, c'est-à-dire utilisés pendant
plus d'un an, comme les machines, les bâtiments ou les véhicules.
capital circulant, constitué par les biens physiques transformés (produits semi-finis) ou
détruits (consommations intermédiaires, comme l'électricité) pendant le cycle de production.

le capital technique qui renvoie à l'ensemble des biens de production incorporant duprogrès technique.
le capital financier, constitué par l'ensemble desactifs susceptibles de rapporter desrevenus et/ou des gains (par
différence de valeur), ou des titres de créance comme les titres ou les droits de propriété (actions, obligations, ou
de la simple monnaie).
le capital humain qui désigne l'ensemble des aptitudes, physiques comme intellectuelles, de la main d'œuvre qui
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sont favorables à la production économique. Certains utilisent le terme de capital pour désigner ces aptitudes
dans la mesure où elles résultent d'uninvestissement, en formation notamment, qui a un coût économique mais
qui rapporte un revenu, en augmentant la productivité des individus.
Dans la théorie économique contemporaine, héritière de l'école néo-classique, Capital physique et Capital humain constituent des
facteurs de production, au même titre que le facteurtravail.

Détour de production accroissant la productivité du travail humain

Voir la notion de "Détour de production" proposée par Böhm-Bawerk.


L’intensité capitalistique d'un secteur d'activité économique est défini par le rapport entre lecapital fixe et le travail,
ou, de manière plus rigoureuse, par le rapport entre lesimmobilisations corporelles(valeur brute à la clôture de
3
l'exercice) et les effectifs salariés moyens ou bien par le rapport entre les immobilisations corporelles et lavaleur
4
ajoutée .

Ensemble de biens reproductibles


5
Selon Hayek l'important n'est pas que le capital soit produit, mais qu'il puisse être reproduit.out
T capital doit être maintenu intact.

Ainsi la maintenance du capital dépend de la capacité à l'amortir et/ou le remplacer


En fin de période d'utilisation technique ou économique, il est de bonne pratique que le
capital initial soit au moins reconstitué.
L'accumulation du capital fixe s'opère grâce aux investissements successifs des
entreprises.
En France, la comptabilité nationale utilise ainsi l'agrégat appelé formation brute du capital
fixe pour mesurer l'investissement.
Le terme de formation brute signifie qu'une partie des investissements correspond à des
investissements de remplacement du capital usagé ou obsolète : ils compensent la perte
que représente l'amortissement du capital.

Le capital dans l'histoire de la pensée économique

École classique

Pour l'école classique(à préciser), il y a trois sources de richesses :

le travail,
le capital foncier (terre agricole ou à bâtir, gisements miniers et d'hydrocarbures, réserves hydrauliques et autres
ressources naturelles)
le capital technique qui englobe les biens, les produits pouvant être utilisés pour la production d'autres biens. (Ce
sont typiquement les machines fabriquées par l'homme).

Marx et le concept de capital

Pour Marx, le capital est avant tout un type de relation sociale, dans la mesure où les capitalistes ne peuvent posséder et accumuler du
capital que grâce au rapport social qu'ils entretiennent avec les travailleurs. Marx part de l'analyse de l'école classique pour qui le
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capital est constitué par tous les moyens de production avancés par les capitalistes durant le cycle de production . Le capital
productif est constitué des biens que le capitaliste acquiert afin de produire, machines et matières premières, ce que Marx appelle le
« capital constant », ainsi que la force de travail salariée que Marx nomme le « capital variable ». Marx décrit un processus de
production organisé de façon que les capitalistes investissent de l'argent (A) afin d'acquérir des moyens de production (M) et une
force de travail (T) pour produire des marchandises (M') qu'ils vont vendre pour une somme d'argent (A'), avec A' supérieur à A. La
différence positive recherchée entre A et A' constituant le profit.
7
Toute la question, pour Marx, est de savoir d'où vient ce profit, cette plus value . Pour lui, elle vient du fait que les capitalistes
exploitent les travailleurs en ne leur payant pas la totalité de la valeur qu'ils produisent par leur travail. Cette partie non versée est
8
accaparée par le capitaliste en sa qualité de propriétaire des moyens de production . C'est donc grâce à ce « surtravail » que les
capitalistes obtiennent, pour Marx, un profit, qui leur permet d'accumuler du capital. Dans ce sens, « les moyens de production
matériels (machines, etc.) ne sont pas par nature du capital, ils ne le deviennent que lorsqu'ils sont mis en œuvre par des travailleurs
9
salariés et qu'ils permettent de dégager de la plus-value », et donc du profit. Par conséquent, pour Marx,« au lieu d'être une chose, le
10
capital est un rapport social entre les personnes. » Ce rapport social correspond à ce que Marx appelle « l'exploitation capitaliste ».

Le capital comme détour de production : l'analyse de Böhm-Bawerk

L'analyse du capital comme détour de production, due à Eugen von Böhm-Bawerk, a marqué l'histoire de la pensée économique.
Habituellement les agents économiques font usage, consomment leurs ressources pour obtenir des biens ou des services
immédiatement consommables. Böhm-Bawerk entend cependant souligner que dans certains cas, l'utilisation de ressources ne vise
pas une consommation immédiate, mais la création d'un capital productif. Capital Productif constitué sous la forme de biens, qu'il a
fallu produire en consommant des ressources diverses, et en particulier du temps de travail. Or cette consommation de ressources est
loin d'être un gaspillage : Bien au contraire, par la constitution et la mobilisation de ce nouveau capital productif, concrétisé par des
biens de production, il devient possible de produire davantage et/ou mieux dans le futur. En ce sens, le capital ainsi formé constitue
un détour de production : Effectivement, plutôt que de donner lieu à une production directe et immédiate de biens de consommation,
on préfère investir et en quelque sorte "détourner des ressources" pour acquérir des biens de production, qui par suite accroitront la
production future de biens de consommation.

Pour Böhm-Bawerk, une telle utilisation du capital démontre l'existence d'un arbitrage inter-temporel : Les agents économiques qui
investissent de la sorte préfèrent opter pour une consommation présente plus faible en faveur d'une consommation future plus forte.
Ce qui parait être un détour aujourd'hui, se révélera être un raccourci, demain.

L'intérêt qui rémunère les prêteurs :

est, dans cette perspective, le prix de ladésutilité qu'implique pour eux lerenoncement à une consommation
présente.
est normalement largement payé par lesurcroit d'utilité ou de productivitédégagé par la mise en service et
l'usage ultérieur de l'investissement financé.

Finance
En finance de marché, on parle de marché des capitaux pour toutes les transactions portant sur des apports d'argent stable ou à long
terme utilisés pour l'activité économique. On parle également de capital financier pour désigner des avoirs sous forme d'actif
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financier. Les financiers s'intéressent également à la notion decapital économique .
La liberté de circulation des capitaux est l'un des principes qui ont été adoptés lors du consensus de Washington en 1989
(libéralisation des marchés financiers). Dans l'Union européenne, la liberté de circulation des capitaux est l'une des quatre libertés
définies par l'Acte unique (février 1986), avec la liberté de circulation des marchandises, des services, et des personnes.

Comptabilité
En comptabilité et finance d'entreprise, le capital désigne, par ellipse, les capitaux propres (ou fonds propres) composés du capital
social initialement apporté par les sociétaires, de la réserve comptable, du report à nouveau, pour sa part distribuée sous forme de
dividendes, et du résultat de l'exercice. Il figure au passif du bilan et représente la dette de l'entreprise envers ses actionnaires. C'est
en fonction des capitaux propres qu'est calculée larentabilité financière d'une entreprise.

Sociologie
Au capital économique censé refléter la richesse
patrimoniale d'un individu, le sociologue Pierre
Bourdieu, ajoute plusieurs autres dimensions
nécessaires à l'évaluation de la « richesse »
individuelle d'une personne :

Le capital culturel mesure l'ensemble


des ressources culturelles dont
dispose une personne. Elles peuvent
être de trois formes : incorporées
(savoir et savoir-faire, compétences,
forme d'élocution, etc.), objectivées
(possession d'objets culturels) et
institutionnalisée (titres et diplômes
scolaires).
Le capital social mesure l'ensemble
des ressources qui sont liées à la
« possession d'un réseau durable de
relations d'interconnaissance et
13
d'inter-reconnaissance » . Cette
notion est très largement utilisée, en
sociologie, au-delà des sociologues
inspirés par Pierre Bourdieu,
notamment dans la sociologie
américaine. Le sociologueRobert
Putnam, qui l'a introduite
parallèlement à Bourdieu, est à
l'origine d'un ensemble d'analyses qui Selon Pierre Bourdieu : l'organisation de l'espace social en fonction
12
font du capital social un véritable bien des dotations en capitaux .
public, contribuant à renforcer et
souder le lien social.
Le capital symbolique désigne toute forme de capital (culturel, social, ou économique) susceptible d'accorder à
une personne un certain niveau de reconnaissance particulière au sein de la société.
Au total, Bourdieu applique le terme de capital pour désigner des ressources non économiques mais pourtant recherchées et
accumulées par les personnes en vue d'obtenir des « profits » sociaux. Ainsi les ressources scolaires acquises, en particulier les titres
scolaires, contribuent à l'atteinte de certaines positions sociales.

Désigner comme un capital des ressources non économiques a pu être critiqué dans la mesure où il est en partie métaphorique. En
effet, ces ressources sociales ne possèdent pas certaines propriétés du capital économique, comme la capacité d'être transmises sans
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perte d'un individu à un autre, par exemple son enfant . La transmission du capital culturel d'une génération à l'autre passe, de fait,
par la socialisation, processus beaucoup plus complexe et incertain qu'un héritage.

Pierre Bourdieu pense que le capital économique et le capital culturel sont les deux formes de capitaux les plus importantes dans nos
sociétés. Il propose ainsi une description de la société comme un espace où les individus occupent des positions en fonction, d'une
part, du volume total de capital dont ils disposent et, d'autre part, de l'importance relative du capital économique et du capital culturel
dans ce volume total (cf. diagramme ci-contre).

Environnement
Le capital naturel est une approche d'estimation de la valeur d'un écosystème, une alternative à la vue plus traditionnelle selon
laquelle la vie non-humaine constitue une ressource naturelle passive. Il s'agit donc des ressources naturelles telles que minéraux,
plantes, animaux, air, eau, pétrole, présents dans la biosphère terrestre, vus comme un moyen de production d'oxygène, de filtration
de l'eau, de prévention de l'érosion, ou comme fournisseur d'autres services naturels.

Deux approches sont concurrentes en matière de développement durable, en durabilité forte, le stock de capital naturel ne doit pas
baisser alors qu’en durabilité faible, on tolère le remplacement d'une partie des ressources naturelles par le capital de connaissances.
En fait, de récentes études sur le capital immatériel n'intègrent que la stratégie de Lisbonne (2000), mais pas les objectifs de
développement durable fixés lors du Conseil européen de Göteborg (2001). Le concept d'empreinte écologique fait référence aux
limitations globales à l'utilisation de ressources naturelles selon les modes de consommation et de production traditionnels de l'ère
industrielle. L’éco-efficacité vise d'autres usages plus valorisants à l'échelle d'unécosystème local.

Géographie économique
Le capital infrastructurel est l'ensemble des infrastructures nécessaires directement ou indirectement à l'économie dans une région
donnée.

Ingénierie des connaissances


La notion de capital intellectuel se définit au niveau microéconomique. Le capital cognitif propre à l'économie du savoir est son
équivalent au niveau macroéconomique.

L'évaluation du capital intellectuel est à mettre en rapport avec l'évaluation des immobilisations corporelles et incorporelles
comptables.

Notes et références
1. Cours d'Économie Politique, Tome1, Paris PUF 1966
2. voir les travaux de l'économistenéo-classique Gary Becker
3. Insee Intensité capitalistique (http://www.insee.fr/fr/themes/detail.asp?ref_id=ir-images07&page=irweb/images07/dd/d
oc/var/RT14.HTM).
4. Voir « Les impôts locaux dus par les(http://www.finances.gouv.fr/fonds_documentaire/Prevision/dpae/pdf/2004-049-4
4.pdf) entreprises : éléments de comparaison internationale »,DGTPE, 2004, page 4
5. voir son ouvrage The pure Theory of Capital
6. Jean Boncœur et Hervé Thouement,Histoire des idées économiques, Tome 1, Nathan, 1989, p. 201.
7. Raymond Aron, ibid.
8. Karl Marx, Travail salarié et capital, Œuvres K. Marx, Bibliothèque de la Pléiade, 1969,p. 214.
9. J. Bonœur et H. Thouement,Ibid.
10. Le capital, op.cit, chapitre XXXII, tome 3,p. 207.
11. Forecast in capital markets, Saarbrucken, Germany, LAP LAMBERT Academic Publishing,2016
(ISBN 978-3-659-91698-4)
12. Raisons pratiques, Seuil, coll. Points, 1996,p. 21
13. Pierre Bourdieu, « Le capital social », Actes de la recherche en sciences sociales,no 31, 1980, p. 2.
14. Voir par exemple, Bernard Lahire,L'Homme pluriel, Nathan, 1998.

Annexes

Articles connexes
Capital culturel
Le Capital, de Karl Marx Sur les autres projets Wikimedia :
Facteurs de production
Capitaux propres | Investissement | FBCF | capital, sur le Wiktionnaire
Accumulation du capital
Capital, sur Wikiquote
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Capital-investissement| Capital Risque | Bourse |
Évaluation d'entreprise
Capitalisme
Analyse financière

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