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Annexe 1

La protection industrielle

Le brevet

La demande comporte une description des moyens techniques mis en œuvre pour parvenir à la solution du problème. Ces moyens doivent être caractérisés de manière précise. La demande comporte également des revendications qui définissent l’étendue de la protection demandée ainsi que des plans et des dessins. La procédure est relativement longue comme le montre la figure 1.

DÉPÔT PUBLICATION EXPIRATION Domaine Savoir faire secret public 12 mois 18 mois 20 ans
DÉPÔT
PUBLICATION
EXPIRATION
Domaine
Savoir faire secret
public
12 mois
18 mois
20 ans

Figure 1 – La vie d’un brevet

Cinq mois après le dépôt, l’inventeur peut commencer à divulguer et à commercialiser son idée. Il reçoit le résultat de

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la recherche d’antériorité 18 mois après le dépôt. Le brevet est publié au Bulletin officiel de la propriété industrielle. La protection par brevet peut durer 20 ans à, partir de la date de dépôt, à condition de payer une redevance chaque année. Aux termes de ce délai, le brevet tombe dans le domaine public et peut être utilisé par toute personne. Exemple des médicaments génériques. Les étapes et les dépenses sont les suivantes pour un dépôt en France, à l’INPI :

dépôt de demande de brevet ou de certificat d’utilité :

36 euros à régler au moment du dépôt ;

rapport de recherche : 500 euros à régler au moment du dépôt ;

délivrance du brevet : 86 euros à régler au moment de la délivrance (maximum 24 mois après le dépôt) ;

revendication supplémentaire au delà de la 10 e : 40 euros.

Les personnes physiques et les nouvelles PME indépendan- tes peuvent obtenir une réduction de 50 %. Le brevet est un droit de propriété, donc un acte juridique, et sa rédaction doit être confiée à un expert en propriété industrielle ou par un avocat spécialisé. La Compagnie nationale des conseillers en PI www.cnpi.fr fournit une liste de conseillers.

Se protéger à l’étranger

Avant d’étendre sa protection, il est obligatoire de faire d’abord un dépôt en France. Le dépôt à l’INPI donne droit à un délai de priorité de 12 mois pour étendre la protection à l’étranger. On peut étendre cette protection à des pays européens. Le brevet européen actuel est un faisceau de brevets nationaux. Son dépôt se fait à l’Office européen des brevets www.epo. org. Une option nouvelle (depuis fin 2013) est le brevet européen « unitaire », qui a nécessité 30 ans de négociation avant sa mise en place. Son avantage est son effet unitaire dans 25 pays via une demande unique. L’OEB en aura la charge dès que tous les décrets seront publiés.

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Annexe 1

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Le brevet international (Patent Cooperation Treaty – PCT) offre une protection dans 148 pays via une demande unique internationale auprès de l’organisation mondiale de la propriété www.wipo.int . Il est toujours possible de se protéger dans un nombre de pays choisis seulement, via une demande nationale à chaque fois.

Le certificat d’utilité est un titre de propriété industrielle délivré à un déposant en contrepartie de la divulgation de son invention. La loi exclut les découvertes scientifiques, les créations esthétiques, les plans, principes et méthodes, les présentations d’informations et les programmes d’ordinateurs. Il confie un monopole d’exploitation de 6 ans maximum et offre la même protection que le brevet. Son coût est inférieur à celui du brevet et cette solution est intéressante pour les inventions à durée de vie courte. Son dépôt se fait à l’INPI. En résumé :

Brevet ou secret ?

Qui est titulaire des brevets, copyrights, marques, dessins ?

Dans quels pays se protéger ?

Peut-on facilement contrefaire l’offre ?

Comment

se

répartissent

les

droits

de

propriété

des

résultats ?

Y a-t-il un accord d’exploitation des résultats de la recherche ? Tout d’abord le choix de la marque doit faire l’objet d’une attention particulière, notamment pour s’assurer de son orig- inalité en vue de la protéger.

Quels sont les droits d’exploitation concédés ?

Qui est intéressé financièrement à l’exploitation des résultats ?

La marque

La marque doit remplir quatre conditions pour être valable. Elle doit être susceptible d’être :

représentée graphiquement par un « signe verbal » (tel qu’un mot, un assemblage de mots, un pseudonyme, des lettres ou des chiffres) ;

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inventée (ce doit être un signe distinctif) ;

licite ;

disponible.

Il faut donc rechercher si une autre entreprise n’utilise pas déjà le signe choisi, pour ce faire l’INPI met à disposition des créateurs ses services de « recherche d’antériorité ». Lors du choix de la dénomination sociale, du nom commercial ou de l’enseigne, le créateur doit prendre soin de ne pas porter atteinte aux droits des tiers et de ne pas générer une confusion avec un fonds existant ; cela serait alors considéré comme un acte de concurrence déloyale réprimé par les juges. Les termes étrangers peuvent être déposés comme marque sans obligation de traduction. En revanche, depuis la Loi Toubon de 1994, la traduction en langue française des messages en langue étrangère accompagnant la marque est imposée. Plus de 3 millions de marques sont aujourd’hui enregistrées dans l’Union européenne. Une entreprise ne possède qu’une seule dénomination sociale (nom commercial) alors qu’elle peut bénéficier d’un portefeuille de plusieurs marques.

Remarque

Le nom de la société est protégé par le premier usage. L’immatriculation au Registre national du commerce et des sociétés permet d’acquérir un droit d’usage sur la dénomination de la société. Auprès de l’INPI, il est possible de déposer le nom de la société en tant que marque de commerce, de fabrique ou de services. Dans ce cas, on peut identifier et promouvoir les produits ou les services proposés à la clientèle en tant que prestataire. Ce nom ne doit pas porter atteinte à d’autres droits antérieurs et il est nécessaire de procéder à une double recherche (nom de société et marque).

La marque est qualifiée de « marque de réserve » lorsqu’une entreprise la dépose mais ne l’exploite pas immédiatement. Il s’agit ainsi de protéger un produit ou un service nouveau. Toutefois si la marque n’est pas utilisée pendant cinq ans, elle risque la déchéance pour non-usage.

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Annexe 1

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Lorsque la marque est choisie, le dépôt est une formalité qui permet à l’entreprise de détenir un droit de propriété sur elle. La procédure de dépôt est la suivante : dépôt de la marque sur un formulaire en cinq exemplaires à l’INPI, puis enregistrement publié au Bulletin officiel de la propriété industrielle (Bopi). Si personne n’estime que le déposant porte atteinte à ses propres droits (opposition à l’enregistrement) pendant un délai de deux mois, la marque sera acceptée et son enregistrement sera publié. La protection ne s’applique que pour les produits et services désignés dans l’enregistrement. L’avantage est que le titulaire d’une marque peut alors interdire à toute personne de l’utiliser sur le territoire national, européen ou mondial suivant l’étendue de la protection qu’il a choisie. Un nom ne peut être protégé que pour une catégorie de produits, appelée « classe de produits ». Par exemple, les vêtements appartiennent à la classe 25. La procédure coûte 225 € pour une marque valable pour trois classes de produits ou de services et 40 € par classe supplémentaire. Une fois la marque déposée, c’est l’entreprise qui doit faire la preuve de la contrefaçon auprès du Tribunal de grande instance. Pour se protéger dans plusieurs pays, le système d’enreg- istrement des marques, dit « système de Madrid » permet de bénéficier dune procédure unique qui donnera naissance à une série de marques nationales. Cette marque communautaire est protégée pendant 10 ans renouvelables. Se renseigner sur www.wipo.int . La marque peut également être une source de revenus. Première source de revenus : exploiter sa marque au moyen d’une licence. La licence de marque est un contrat par lequel le propriétaire d’une marque confère à un tiers le droit d’apposer sa marque sur ses propres produits et d’en faire un usage commercial (ex. : la franchise). Il s’agit d’une sorte de location de signe distinctif. Le contrat de licence est généralement limité dans le temps et géo- graphiquement. Il doit être inscrit au registre national des marques tenues par l’INPI. Ce contrat de licence peut être exclusif ou non.

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Seconde source de revenus : le propriétaire d’une marque peut parfaitement céder celle-ci à une autre personne ou une autre entreprise. Dans ce cas, il y aura transfert de la propriété et de la protection du droit des marques du titu- laire original au nouveau propriétaire.

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Annexe 2

La SAS

Tout d’abord créée en janvier 1994 pour faciliter les relations sociétémère-filiales,cettestructureétaitréservéeauxentreprises ayant au moins 1,5 million de francs de capital et permettait de contourner la rigidité du droit des sociétés anonymes (SA). Il est ensuite apparu que la souplesse d’organisation de la SAS pouvait convenir également aux PME à potentiel. Les associés fixent librement le montant de leur capital dont 50 % doit être libéré à la création, les 50 % restants dans les 5 ans.

10 bonnes raisons de choisir la société par actions simplifiées (SAS) :

Souplesse. Elle est constituée et liquidée ou dissoute comme une SA. Les règles comptables, la fiscalité, le capital mini- mum ou le recours à un commissaire aux comptes la rap- prochent aussi des autres sociétés. Mais l’avantage décisif repose sur l’émanation de la volonté de son ou de ses créa- teurs et non pas celle de la loi. Ses membres déterminent librement la nature et les fonctions de ses dirigeants comme la manière dont seront prises les décisions collectives.

Légèreté. La SAS peut être constituée par le seul fondateur ; dans ce cas, elle devient une société par actions simplifiée unipersonnelle (Sasu). Il décide alors seul de l’organisa- tion de sa société. La composition de l’organe de gestion (président unique ou organe collégial) relève de la volonté des associés et peut parfaitement être adaptée aux évolu- tions ultérieures de l’activité. Seule limite : le président doit représenter la société à l’égard des tiers.

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Simplicité. La loi du 16 mai 2000 sur les nouvelles régulations économiques (Loi NRE) a alourdi l’obligation d’information des actionnaires et des salariés des sociétés anonymes. La loi du premier août 2003, dite « loi de sécurité financière », impose la rédaction et la publication d’un rapport sur les procédures de contrôle mises en place par la société. Or, la SAS n’est pas visée par les textes de cette loi.

Cumul possible des mandats. La loi NRE a revu les règles de cumul des mandats d’administrateurs avec un contrat de travail ; ce qui pose problème aux administrateurs qui en exercent plus de cinq. Le texte ne s’applique pas à la SAS.

Faible formalisme. La loi a renforcé le contrôle préalable de la signature des conventions réglementées (contrat de prêts, fourniture de services, conseils juridiques, etc.) pour les SA. Si cette réforme s’applique à la SAS, le contrôle ne se fait qu’a posteriori par approbation des associés. Le for- malisme d’une SAS dépend avant tout de ses actionnaires.

Sécurité juridique. La flexibilité dans la rédaction des statuts permet aux dirigeants de prévoir des clauses d’inaliénabilité des actions, des clauses d’agrément (même entre associés) où des clauses d’exclusion d’un associé lors du rachat de ses titres. Autrement dit, les fondateurs peuvent rédiger leurs statuts de manière à garantir un fort intuitu personae et une grande stabilité de l’actionnariat. L’émission de valeurs mobilières étant possible, la SAS offre donc un cadre adapté à l’entrée d’investisseurs dans l’entreprise.

Adaptation à un groupe. À l’origine, la SAS a été conçue comme une structure de coopération entre entreprises. Or la flexibilité dans la gestion et dans l’organisation simplifie également la gestion des filiales entièrement contrôlées par des sociétés mères puisque dans la SAS, le président peut être une personne physique ou morale. Cela étant, ce type de structure ne pouvant faire appel public à l’épargne, elle s’adresse principalement à des structures souples de taille moyenne n’ayant pas, à court terme, d’ambition boursière.

Cession des parts aisée. La cession de parts sociales est non réglementée dans le cas de la SAS. La clause d’exclu- sion d’associés prévoit simplement qu’un associé peut être obligé par les autres de quitter la société. La loi laisse aux

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associés une grande liberté pour en déterminer les causes et les modalités. Il est également possible de prévoir un agrément (situation classique) pour les sessions à des tiers mais également pour les sessions entre associés, conjoints, ascendants et descendants.

Protection sociale. Le dirigeant d’une SAS peut bénéficier du régime général de sécurité sociale des salariés.

Capacité d’évolution. Dans l’organisation de sa société, l’entrepreneur peut tout à fait, au moment où il rédige les statuts de la SAS, faire en sorte de rester toujours « maître chez lui » même en cas d’entrée de nouveaux actionnaires. Cela est possible en se servant des droits de vote. Enfin la transformation d’une SARL en SAS permet à la fois de réunir plus de capital social, plus d’associés et de mettre en place un organe de gestion, mais aussi d’utiliser la société comme un moyen de communication.

Source : adapté de l’APCE.

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Webographie

www.afic.asso.fr Association Française des Investisseurs pour la Croissance. Ce site permet de consulter l’annuaire des membres de l’association et fournit des informations. Les informations les plus intéressantes ne sont accessibles qu’aux adhérents. www.apce.com Agence pour la création d’entreprise, portail de la création d’entreprise. 150 fiches professionnelles décrivent la création d’entreprise par métiers. On peut les acheter sur Internet. www.bpifrance.fr Site portail pour l’innovation et le financement des PME (ex-Oséo). www.canam.fr Site de la Caisse nationale d’assurance-maladie. www.ccip.fr Site de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris. www.cordis.europa.eu Site communautaire d’information sur la RD. http://création-entreprise.insee.fr La gamme « créateurs d’entreprises » de l’Insee aide les créateurs d’entreprise dans la pparation de leur projet. Elle offre des données d’enquête et un outil d’aide au diagnostic d’implantation locale (ODIL). www.delphes-indexpresse.com Moteur de recherche payant dédié aux meilleurs périodiques, généralistes et sectoriels en français.

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www.dgcis.gouv.fr Site du Ministère de l’économie, du redressement productif et du numérique. Il fournit des informations sur l’économie, les entreprises et les PME. www.impots.gouv.fr Site du Ministère de l’économie, donne des informations sur les impôts, taxes et les conditions pour être considérée comme jeune entreprise innovante, etc. www.infogreffe.fr

Informations légales et financières des sociétés immatriculées au Registre national du commerce et des sociétés. www.inpi.fr

Incontournable

industrielle. www.journaldunet.com Site du journal pour tous les projets web. www.lentreprise.fr Site du magazine comportant de nombreuses informations pour la création. www.lesechos.fr Site du Journal comportant de nombreuses informations pour la création. www.retis-innovation.fr RETIS, le réseau de l’innovation rassemble tous les incubateurs, CEEI et technopoles français. www.societe.com Site d’information gratuit sur les sociétés françaises (informations pas toujours exhaustives).

propriété

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national

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