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CHRONIQUE

DE

MICHEL LE SYRIEN

PATRIARCHE

JACOBITE

Éditée

pour

(1166-1199)

la

première

fois

PAR

et

D'ANTIOCHE

traduite

eu

français

J.-B.

CHABOT

Ouvrage publié avec Vencouragement et sous le patronage

l'Académie des Inscriptions et

Belles-Lettres.

TOME

PREMIE R

M

de

PARIS

ERNEST LEROUX, ÉDITEUR

28,

RUE

BONAPARTE,

1899

2 8

. LJBRARY?

LIVRE

I.

GHAP.

VII

11

la terre mourut. Ensuite, le Seigneur se souvint de Noé et de ceux qui étaient avec lui. Dieu amena le vent et fit disparaître les eaux. Noé sortit avec tous ceux

qui étaient avec lui. Il bâtit un autel à Dieu, et offrit purs ; et il fit respire r à Dieu un parfum agréable .

sacrifice des animaux

un

CHAPITRE VII. — Depuis le commencement de la vie d'Adam, jusqu'au Dé-

les-

quelles ily eut dix patriarches, dont les noms sont écrits. Nous trouvons aussi les

noms de dix rois qui ont régné l'un après l'autre. Nous trouvons également men- tion de trois villes. Ceux qui inventèrent les arts, l'astrologie, la fabrication des armes et des instruments de combat, la cithare et les instruments de musique, sont aussi mentionnés brièvement d'un mot. Il est facile, pour les sages, de com- prendre que des événements considérables et très importants, fréquents et nom- breux, ont dû se passer dans ce long espace de temps. Ils ne sont point mention-

nés dans

auditeurs. Pour cela, l'Esprit-Saint n'a pas voulu qu'ils fussent conservés. Il

luge qui survint au temps de Noé, la

somme des années est

de 2242 1 , pendant

les

Ecritures,

sans

doute

parce que cela n'était pas utile pour les

ment porté aux exercices de la guerre;

le premier

il inventa l'art de forger. »

Nous n'avons rien trouvé dans le Li- vre s au sujet de Sémiâzôs qui régna sur ceux qui descendirent sur la montagne et s'unirent aux fdles de Caïn, ni au su- jet de la succession et de la durée des rois de ceux-ci; mais seulement qu'ils descendirent, et que, les premiers, ils constituèrent un royaume qui dura jus- qu'au Déluge \

notre race humaine par leur intermé- diaire. Voyons donc quels sont ceux qui ont été jugés dignes de la grâce d'exercer le sacerdoce dans le temps antérieur au Déluge. Adam lui-même fut honoré de l'or- dination, en môme temps que de la royauté et du don de prophétie; et, aussi bien sous le premier rapport que sous le second, il est appelé « père » à juste titre; bien qu'il n'ait pas conservé son honneur, ainsi qu'il est rapporté à son sujet, pour n'avoir pas gardé la pa- role de la divine et sublime opération que le Verbe de Dieu lui-même a accomplie à la fin des temps .

1. Ms.

2. La Bible; ou

: 2245; cf.

chap . iv,i .

le Livre

ult.

d'Hé-

noch donne le nom des vingt rois (éd. CHARLES, p . 63). — 3. L'auteur cite, confusément, les deux

légendes : d'après l'une, les Benê Elohim

étaient des descendants de Seth ; d'après l'autre, des anges.

d'Hénoch

d'après les citations d'Annianus ; car le texte du Livre

Cf.

ch.

m .

rv et vnr.

12

CHRONIQUE

DE

MICHEL

LE

SYRIEN

suffit, comme témoignage de ces choses, de ce qui est dit par l'Esprit prophéti- que i : « Dieu se repentit d'avoir créé liiomme. » C'est pourquoi, marchant sur les traces de ceux qui ont écrit prophétiquement, nous nous en tiendrons à ce qu'ils ont écrit sous l'inspiration de l'Esprit-Saint. Nous en déduirons soigneu- sement la série des générations, l'une après l'autre ; et comme c'est là ce qu'on doit attendre de nous, nous omettrons les autres recherches.

CHAPITRE VIII.

Qui montre

dans

un tableau

les noms

et les années

:

 

ADAM

(930

ans 2 ) engendra :

Caïn.

Hénoch.

et

encore

d'autres

I

Irad.

enfants

Seth (912 ans).

et

d'autres

enfants

Enos (905

I

Caïnan (800

ans)

ans 3 ).

I

.

Maviaël.

I

Mathusala.

!

Lamech.

qui

s'unirent.

D'eux naquirent ceux qui furent les émules des [enfants] de Caïn, et qui constituèrent le premier empire :

Aloros, 98 ans '. Alaparos, 29 ans.

Almelôn, 128

Amménon,

ans 8 . 118 ans.

Megalarios,

177 ans.

I

Mahlalaël

i

(895 ans).

lared (962 ans).

I

Hénoch (365 ans 4 , et il fut

transporté).

Mathusala (969 ans ").

I

I

Lamech

(753 ans fl ).

Noé (950

ans).

Ici

finit

le premier

millénaire' 3 .

Daonos, 98 ans. Eudoranchos, 177 ans. Amempsinos, 98 ans.

Otiartes 1 0 , 78 ans.

Xisothros, 177 ans .

1. Gen., vr, 6. — 2. Ces chiffres indiquent la durée de la vie, d'après les LXX. — 3. Les éditions

des LXX

ci-dessus : 773. — 7. Durée des règnes, en chiffres ronds. — 8. Ms. : 118. — 9. Cette mention est en

contradiction avec les chiffres et avec le chap. iv. Elle était probablement en face du nom de lared,

Ms. : Otiantios. Comparez, dans le

donnent 910. — 4. Ms. 360; mais ci-dessus, ch. v : 365. — 5. Ms. : 962. — 6. Ms. : 723;

et aura été transportée ici pa r un copiste maladroit. — 10.

texte, les variantes orthographiques de cette liste avec celle du chap. iv.

LIVRE

I.

CHAP

VIII

13

De la race de Seth étaient ceux qui montèrent sur la montagne et furent ap- pelés Benê Elohim. Ayant rompu leur promesse, ils descendirent et se mêlè- rent aux fdles de Gain; ils commirent l'impiété. Ils se constituèrent un empire dont le premier roi fut Sémiazôs ; cet empire dura jusqu'au Déluge, dans lequel ils périrent tous.

Fin

du premier

Livre

qui comprend

2256 ans 1 ,

depuis

Adam

jusqu'au

Déluge

qui eut

lieu du

temps

du juste

Noé.

— Que

celui

qui

le

lit prie

pour

le

pécheur

qui la

écrit.

1. L'addition donne 2242, comme il est dit au chap. iv. L'auteur semble avoir puisé

nologies qu'il n'a pas su concilier. V.

l'Introduction.

à diverses

chro-

LIVRE II

EN

INVOQUANT LE

SEIGNEUR

TOUT PUISSANT,

RÉGULATEUR

DES

TEMPS, NOUS COM-

MENÇONS LE LIVR E II

JUSQU'À L'ÉPOQUE

QUI VA DU TEMPS

QUI

SUIVIT LE

ANS.

D'ABRAHAM

: [L'ESPACE DE] 1081

DÉLUGE ,

AUX JOURS

DE NOÉ ,

CHAPITRE I. — Après que la colère de Dieu fut apaisée, il se souvint de Noé qui sortit de l'arche, et ceux qui y étaient avec lui, le 17 du mois de yar, qui est le second mois. Ils abandonnèrent l'arche, comme dit Josèphe ', dans la ville d'Apamée qui est la métropole de la Pisidie : là sont ses planches. D'autres parlent de cela autrement. Il y a aussi de nombreuses divergences sur leur entrée dans l'arche, sur leur sortie, et sur le nombre des jours, des mois et

[7] [Extrait des) doctrines chaldéennes* : :

Abydenus et Alexandre s , philosophes profanes, disent à propos de Noé et de l'arche : Chronos ayant révélé à Xisos- tros que le 15 du mois de haziran (juin) surviendrait l'abondance des pluies et le débordement des eaux, celui-ci, en en- tendant cela, s'en alla, en naviguant vers l'Arménie sur une barque fabriquée avec des planches. Cette barque se trouve en- core In et procure des remèdes aux habi- tants du pays. Telle est l'opinion de ces gens.

Polyhistor 4 ex-

Le livre du Chaldéen

livre de Jean de Dara

sur le sacerdoce 5 . — La nature humaine ne peut imiter Dieu ni s'unir à lui 6 , si ce n'est par les dons divins qu'elle reçoit de lui. De tous ces dons, le plus excel- lent est celui du sacerdoce, par lequel

nous participons à la nature divine, qui vient et descend de Dieu, qui se propage chez nous à l'instar de la hiérarchie an- gélique, et en vertu duquel sont établis dans l'Eglise les princes des prêtres, les prêtres 7 et les autres ordres sacrés. Nous allons maintentant parler de ce don et faire connaître tout d'abord ce que c'est

[7] Extrait

du

la même leçon

que notre ms.

2. Littéralement : « du chaldaïsme ». — 3. Alexandre Polyhistor. — Comp. les textes cites par

Eusèbe : pour Abydenus (éd. SCFIŒNE), col. 31 et pour Alexandre, col. 19. — 4. Le nom de Polyhis-

tor est généralement transcrit,

5. L'ouvrage de Jean de Dara se trouve dans le ms. C de la Bibliothèque Vaticane. M. Guidi a

eu l'obligeance de collationner les passages cités ici avec le texte de ce ms. (fol. 117 et suiv.). — La rédaction est un peu différente; nous donnons seulement les variantes nécessaires à l'intelli-

1.

On ne

trouve rien

de

semblable dans

Josèphe. BH.

Chron.

syr.,

p .

7, donne

mais

ici est traduit

: « multae

historiae ».

genc e d e notr e auteur .

6 .

Cod .

Vat .

C .

: ov^ •»«Û\JJ.

7 .

Ms .

C ajout e

« le s diacre s

» .

LIVRE

II.

CHAP.

I

15

des années. On affirme qu'ils entrèrent le 17 de yar, et qu'ils sortirent le 27 du même mois l'année suivante. Les fils de Noé qui sortirent avec lui de l'arche étaient trois : Sem, Cham et Japhet. Or, Sem était âgé de 98 ans quand eut lieu le Déluge, et quand ils sortirent de l'arche, il avait 100 ans. Ensuite, il en- gendra. Alors, Noé partagea la terre à ses enfants, et porta des malédictions contre celui qui transgresserait les limites de son frère. Le partage fut ainsi fait. Sem eut pour sa part la Perse, la Bactriane, jusqu'à l'Inde et jusqu'à Rino- coroura; Cham eut pour sa part depuis Rinocoroura jusqu'à Gadiron; Japhet eut la région septentrionale, depuis la Médie jusqu'à Gadiron. Les tribus "descendant] de Japhet furent au nombre de quinze ; elles ont en partage le fleuve du Tigre qui sépare la Médie de la Perse. Les tribus de Sem furent au nombre de vingt-cinq ; elles habitent l'orient, et ont en partage le fleuve de l'Euphrate qui divise leur contrée. Les tribus des enfants de Cham sont au nombre de trente-deux ; ils ont en partage le Gihon, qui est le fleuve du Nil, qui arrose leur pays. Descendants de Japhet: Macédoniens, Arméniens, Mèdes, Grecs, Latins, Ro- mains, Ibériens.

pose aussi qu'en sortant de l'arche, ils vinrent a pied à Babel et y bâtirent une ville'. — Je pense que l'accord de ces histoires du Déluge avec celle des Grecs est manifeste pour tout le monde. Si à la vérité les chroniqueurs chaldécns appel- lent Noé d'un autre nom que les Grecs, car ils le nomment Xisostros au lieu de Noachus, il ne faut pas s'en étonner. Ils ont aussi mis d'autres dieux à la place de Dieu, et un [autre] oiseau a la place de la colombe. Abydenus a écrit tout cela au sujet de l'histoire chaldéenne du dé- luge 2 . Il faut comprendre clairement que le péché s'était multiplié et que les hommes pratiquaient l'impiété de beaucoup de

1.

Cf.

loc. cit.,

col.

23. — 2. Uni.,

col. 33.

que le sacerdoce, puis, successivement, les choses qui se rattachent à cet ordre 3 . Lesacerdoceestdonc une fonction sainte, qui, par sa science parfaite et par l'ac- complissement des choses qui sont en son pouvoir, imprègne 4 ceux qui ont été dignes de l'exercer saintement, et les forme à sa ressemblance par son union avec eux et par la perfection de leur cohé- sion 5 , comme le fer [esttransformé] dans le feu. Le Théologien, dans son Discours apolègétique*, définit le sacerdoce : « la sainte administration des âmes », et « l'intermédiaire de Dieu et des hom- mes », et le prêtre : « le procurateur des âmes et le médiateur de Dieu et des hommes ». A l'ordre sacerdotal convient

3 . Ic i commenc e

l e

chap . i

d e l'ouvrag e d e Jea n

d e Dara .

4 .

Ms .

C

; ov=

^ov ^

M° i

^*M»

.

.

5. Ms.

C, correctement

;

o^»

(et non

oi^*»). —

6.

S.

Grégoire

de

Naziance,

Orat.

II,

Apolog.

MIGNE, Patr.

gr.,

t. XXXV, col. 493.

16

CHRONIQUE

DE

MICHEL

LE

SYRIEN

Descendants de Cham : Éthiopiens 1 , Meçroyê [ou] Égyptiens, Hétéens, Jébu- séens, Hévéens, Amorrhéens, Gergéséens, Aradiens. Descendants de Sem : Assyriens, Chaldéens, Lydiens, Araméens, c'est-à-dire

Syriens, Hébreux, Les enfants de de Cham, au sud.

enfants

Persans 2 .

Sem

à l'orient;

les enfants

de Japhet,

au nord; les

Noé avait vu que ceux qui vivaient avant le Déluge, à propos des lieux d'ha- bitation [8] et de s meilleur s endroits , s'étaient souillé s de san g et avaient irrit é

Dieu, au point qu'il les fit tous péri r

et disparaître de la face de la terre ; c'est

pourquoi il divisa la terre, et statua, sous peine de malédiction, qu'ils ne se la

disputeraient plus, pour irriter le Seigneur.

CHAPITRE IL — Sem, âgé de 130 ans, engendra Arphaxad ; selon l'hébreu, à l'âge de 102 ans. — Arphaxad, à l'âge de 135 ans, engendra Caïnan. Eusèbe ne compte point ce Caïnan ni le nombre de ses années, dans la série des années; le texte hébreu et le nôtre, non plus. Ce Caïnan inventa la magie, les incan- tations, la divination par les étoiles; ses enfants l'adorèrent comme un dieu

manières, et se tuaient les uns les autres dans des combats cruels, car cette ini- quité est l'œuvre des démons et le fruit de leur semence. Comme la terre était un cloaque 3 de sang humain, elle devint improductive ; les ossements y étaient accumulés en monceaux hauts comme des montagnes considérables, à la joie des démons. C'est pourquoi sur l'ordre de Dieu survint le fameux Déluge. Comme le juste Noé connaissait très bien la cause de la destruction des hommes et d'où elle provenait, il écarta la raison d'être des combats en partageant la terre, et

un ministère humble et non une domi- nation arrogante + . D'où est tiré son nom? Nous disons que « sacerdoce » vient de « prospérité >> et « abondance 5 » : car le sacerdoce pos- sède l'abondance de tous les biens, il enrichit et comble de biens quiconque

le reçoit ; nous appelons, en effet, « pros- père » celui qui jouit abondamment de tous les biens du monde. Ce nom est un

nature 6 . Il dé-

nom d'action et non de

note l'autorité et l'abondance de tous les biens.

Ce nom 7 de sacerdoce signifie le mi-

1. Litt. : Indiens; mais c'est le terme propre pour désigner les Éthiopiens. — 2. Le même tableau

est dans BH.

Chron.

syr.,

p .

7.

3. Litt. : « une infection ».

4. D'après les deux textes la phras e parait devoir se restituer ainsi : |CM*I».L ILÛJOO* <*» ç*ûaû.g^

JCsu^aCs» U |Lau»j Uo v".,* |tt^v»,v5. — 5. Etymologie basée sur les divers sens de la racine ara -

méenne vjsO. — 6. Sens : il désigne une qualité acquise et non connaturelle. — 7. Ici commence le chap. il de l'ouvrage de Jean de Dara.

28

CHRONIQUE

DE MICHEL

LE

SYRIEN

CHAPITRE VII. — Où l'on montre, comme dans un tableau, l'accord et le dé-

saccord

des

Chroniques,

quant

au nombre

des années,

jusqu'à

Abraham.

Eusèbe a commencé à Abraham à établir les canons chronologiques. C'est pourquoi nous devons placer ici ceux qui vont d'Adam à Abraham. Depuis Adam jusqu'au Déluge : 2256 ans.

Du Déluge à la Division : 660 ans (ms. : 600) : 2916. Phaleg engendra Ragau, 10 ans après la Division : 2926. Ragau engendra Saroug à l'âge de 132 ans : 3058 (ms. : 3018). Saroug [engendra] Nachor à l'âge de 130 ans : 3188 (ms. : 3102). Nachor engendra Tharé à l'âge de 79 ans : 3267. Tharé engendra Abraham à l'âge de 70 ans : 3337 (ms. : 3357).

Rois

de Babylone

:

: 10) de Ragau Nem-

rod commença à régner : 69 ans. Ensuite il n'y eut pas de roi pendant 43 ans (112). Qombaros : 85 ans (197). Samîros : 72 ans (269;. Kisrânos : 43 ans (312). Arpâkîd : 18 ans (330) (ms. : 340). Interrègne de 7 ans (337) (ms. : 347). Ensuite vintBélos, chef de la royauté des Assyriens.

En Tan 40 (ms.

Enl'an 36de celui-ci naquit Abraham.

du I" livre

L'an 135 de Malalaèi mourut Adam. L'an 20 de Hénoch mourut Seth. L'an 13 de Mathusala mourut Enos. L'an 61 de Lamech mourut Caïnan. L'an 33 de Lamech Hénoch fut enlevé. L'an 34 de Noé mourut Mahlalaél. L'an 166 de Noé mourut Iared. L'an 600 [de Noé] mourut Mathusala. Asaph enseigne que Mathusala périt dans les eaux du Déluge avec les enfants de Caïnan. L'an 74 de Salah mourut Noé. L'an 156 de Salah mourut Sem. L'an 34 de Héber mourut Arphaxad.

\Extraii\

d'Asaph.

Rois

d'Egypte:

Pànouphis :

68 ans. Eupropis : 46 ans (114). Sânos : 60 ans (174). Pharaon fils de Sânos : 35 ans (209). Pharaon Kârîmon : 4 ans (213). Phararaon Aphantos : 32 ans (245) (ms. : 246). Pharaon Orkos : 33 ans (278). Pharaon Samos : 20 ans (298). Pharaon Hirkos : 25 ans (323) (ms.

325).

En l'an 17 de celui-ci naquit Abraham.

[I*>] [Extrait] de la Chroniqued'Ezra, selon le comput des Hébreux et des Sy- riens. (A partir d'Abraham, la Pesittaest d'accord avec les Septante.) L'an 56 de Lamech mourut Adam.

En

l'an

100 de Ragau,

L'an

168 de Lamech mourut Seth.

L'an 84 de Noé mourut Enos. L'an 179 de Noé mourut Caïnan. L'an 234 de Noé mourut Muhlalaël. L'an 266 de Noé mourut Iared. L'an 178 de Noé [sic) Hénoch fut en- levé. L'an 595 de Noé mourut Lamech.

L'an 600 de Noé mourut Mathusala. Fin.

LIVRE

II. GHAP.

VII

29

Chronologie des Septante

et d'Asaph

:

Adam engendra Sethà l'âge de 230ans. Seth engendra Enos à l'âge de205ans.

Enos eng. Caïnan à l'âge de 190 ans. Caïnan engendra Mahlalaël à l'âge de

D'après l Hébreu et la Pesitta des Syriens :

Adam engendra Seth à l'âge de 130 ans. Seth engendra Enos h l'âge de 105 ans (ms. : 135).

Enos engendraCaïnanàl'âge de 90ans. Caïnan engendra Mahlalaël a l'âge de

170

ans (ms.

: 130).

70

ans.

Mahlalaël eng. Iared a l'âge de 165 ans.

Mahlalaël eng. Iared à l'âge de 65 ans.

En l'an 40 de lared finit le premier millénaire. Iared eng. Hénocha l'âge de 162 ans. Hénoch engendra Mathusala à l'âge de

Iared eng. Hénoch à l'âge de 162 ans. Hénoch engendra Mathusala à l'âge de

160

ans (lire : 165?).

65

ans. Mathusala eng. Lamech à 187 ans.

Fin.

[16] En l'an 100 de Sem eut lieu le Dé- luge. D'Adam au Déluge il y eut 2256 ans. Sem eng. Arphaxad a l'âge de 102 ans. Arphaxad engendra Caïnan h 135 ans. Caïnan engendra Salah a l'âge de

139 ans (ms.

: 130).

Salah engendra Héber à Page de 130 an s. Héber entendra Phaleg à l'âge de

134 ans.

Phaleg eng. Ragau à l'âge de 130 ans. En l'an 74 de Ragau finit le troisième millénaire. Ragau eng. Saroug à Page de 132 ans. Sarougeng. Nachor h l'âge de 130 ans. Naehor engendra Tharé à l'âge de 79 ans. Tharé eng. Abraham à l'âge de 70 ans.

DuDélugeà Abraham ily eut 1081 ans.

pre-

mier millénaire.

En Pan 100 (ms. : 50) de Sem eut lieu le Déluge. D'Adam au Déluge il y eut 1656 ans. Sem eng. Arphaxad à l'âge de 102 ans.

Arphaxad engendra Caïnan à 35 ans. Caïnan engendra Salah à l'âge de 39 ans (ms. : 29). Salah engendra Héber à l'âge de30ans. Héber engendra Phaleg à l'âge de

34 ans (ms. : 56). En l'an 20 de Phaleg la terre fut par-

tagée. — Du Déluge jusqu'au partage de

la terre il y eut

160 ans.

Phaleg eng. Ragau à l'âge de 30 ans.

En Van 126 de Lamech finit

Fin.

le

Ragau eng. Saroug à l'âge de 32 ans.

Saroug eng. Nachor àl'âge de [30] ans. Nachor engendra Tharé à l'âge de

29 ans (ms.

Tharé eng. Abraham h l'âge de 70 ans. En Van 13 d'Abraham finit le second millénaire. Du Déluge à Abraham il y eut 331 ans.

: 79).

30

CHRONIQUE

[Selon

les LXX;

suite].

DE

Abraham engendra Isaac a l'âge de 100 ans.

Isaac engendra Jacob à 1 âge de 60 ans. Jacob engendra Lévi à l'âge de 89 ans. Lévi engendra Caath à l'âge de 46 ans. Caath engendra Amram à l'âge de

60 ans (ms. Amram 70 ans.

: 70). engendra Moïse à l'âge de

D'Adam

jusqu'à

EExode,

il

y

eut

3842 ans.

MICHEL

LE

SYRIEN

[Selon

l'hébreu;

suite].

Abraham engendra Isaac à l'âge de 100 ans. Isaac engendra Jacob à l'âge de 60 ans. Jacob engendra Lévi à l'âge de 89 ans. Lévi engendra Caath à l'âge de 46 ans.

o

o

Caath engendra Amram à l'âge de

60 ans, Amram engendra Moïse h l'âge de

70 ans.

D'Abraham jusqu'à l'an 80 de Moïse,

il

Du Déluge jusqu'à l'Exode, il y eut 836 ans.

Et d'Adam jusqu'à l'Exode, il y eut 2492 ans.

y eut 505

ans.

Il est écrit 1 de Caïnan que, le premier, il inventa la magie, les augures et les

bâ-

sortilèges; et qu'il fut adoré

comme Dieu.

Caïnan mourut

pendant qu'on

tissait la Tour, au bout de cent quarante ans. Comment peut-il être vrai que la vie de Caïnan se prolongea jusqu'à l'an 36 dTsaac?

En Tan 45 de Jacob mourut Salah. En l'an 45 de Jacob mourut Héber. En l'an 59 d'Abraham mourut Phaleg. Comment peut-on admettre que la vie de Phaleg se prolongea jusqu'à l'an 48 d'A- braham*, puisqu'Abraham naquit 302 ans 3 après le renversement de la Tour? Ce nombre d'années est inepte.

Compte

des

années*.

En l'an 66 de Ragau mourut Salah.

o

En Tan 68 de Saroug mourut Héber.

o

En l'an 69 de Ragau mourut Phaleg, à Babel % avec Nemrod, d'après ce que rap-

portent le

mage Zamar[d]os et l'Assyrien

Qômâbaros.

En l'an 100 de Saroug mourut Ragau. En l'an 21 de Tharé mourut Saroug.

t . Ce texte paraît être la continuation de la chronologie d'Asaph (ci-dessus, p . 28). — 2. Chiffre

11 est établi d'après la chronologie des Septante.

donné par l'hébreu. — 5. Lire : Vos ,

— 3. D'après

les LXX. —• \.

LIVRE

II.

CF1AP. VIII

31

[17] CHAPITRE VIII. Qui montre

la descendance

des peuples,

comme

dans

un tableau

l .

Arpliaxad

engendra

: Caïnan.

Salé

/

Haron — Lotb le Moabite.

 

|

\

( Isaac ; leur descendance est expli-

a r e

\

Abraham

<

quée dans les Livres

saints.

(

( Ismaël:delui 12 tribus puissantes.

Loud : de lui Laronios ; de lui — Aram — Amraphal — Taré' aël.

Iectan [engendra]

de lui

Géther

: Aram

: de

lui

;

de

ïata,

les

Indiens,

— de lui Ouç;

lui Hamôr.

Arouk. (Lâzonasê 1 ).

Aram

[Ela ni] ; de lui : les Elamites ; les Mœséniens, les Catanéens, les Gasàsou, les

Garouméens, les

Caspiens 3 .

[Assour]

;

de

lui

: les

Chaldéens ; parmi

douk, et ceux qui sont écrits.

eux Nabuchodonosor,

son fils

Mar-

a

Chus

;

de

U Chanaan

Mesraïm

Phouth ;

lui

1 les Kousites Saba Hévila * Saba ta 5 Regma

Sabatacha 6

A

De ceux-ci : Tharahq, la

celle de

Candace.

reine

de Saba, et

: les Hétéens, les Gergéséens 7 ;

C

( Nephtouïm;

Jébuséens, les

de lui

9 .

Sidoniens,

Lyda 8 ; Laadim;

:

Pelrousim ; Chaslouim.

de lui

:

les

ïroglodites.

les Amorrhéens et

les

Gomer;

de

lui

Askenez; de lui : les Sarmates.

(

< Riphath;d e

;

(

Thogorma

lui : les Cappadociens. de lui : les Arméniens.

\

>

)

De

ceux-ci

dont

dans

:

les ce livre 10 .

les

noms

rois

sont

Magog;

Madai;

Javan; Thobal; Thiras 1 *;

de lui : les Celtes, les Gaulois, les Turcs

de lui

et les Alains.

roi .

1

li .

( Darius Dari qui jeta le prophète

la

Ioniens.

S

|

fosse;

Lydiens .

Darius

Astyages;

Daniel dans

Darius.

: les Mèdes. Les

et les

de lui : les Hellènes

de lui : les Thessaliens

de lui

: les Thraces et les

1. Ce tableau est incomplet et confus.

Il

est à comparer

avec

le

chap. x de

la Genèse.

Le

rap -

procher aussi du tableau

donné

dans

VExordium

d'Eusèbe (éd. SCHŒNE, t.

I,

App., p .

47) et

des

Excerpta

Barbari,

fol. 4-10 (ibid.,

p . 180-187)

— 2. Sans doute les : Alazonii

du Barbaru s (f. 9

a)

qui les

est difficile

donne parmi les

d'assigner

descendants de Loud. —

leur

place

exacte.

4.

Je

3. Ces noms sont

ce

crois

trouver

distribués

nom sous

sorte

l'orthographe

de telle

qu'il

fau-

tive Ha*J (pour Wa*») à

la

ligne

supérieure. —

 

5. Ms.

: Saphta.

— 6.

Ms.

:

Saphtacha.

7.

Le

nom

est

à

la

ligne

inférieure.

— 8.

Ms.

: Lyra.

— 9.

Le ms. donne lt*«o, Mamré;

ce

qui

semble

une faute; je ne vois pas comment restituer le nom, qui

est probablement déplacé.

10. Le mot

M^»b « de l'arbre

»

(que l'arabe

a lu ainsi), me parait

se

rapporter

à

l'autre

ligne et

devoir

être

corrigé

eu

M^ o

«

les Alains ».

— 11. Ms. : ThessalonicieDS. — 12.

Lire

: »ao^i.

 

32

CHRONIQUE

DE

MICHEL

LE

SYRIEN

Méthodius dit ! , à propos de *Iônîtan% qu'il fut engendré par Noé après le Déluge, que son père lui fit un présent et l'envoya en Orient; et qu'il alla habiter là où le soleil se lève; il trouva le nombr e des étoiles. — Fin.

: Chaldéens,

Assyriens, c'est à-dire Syriens ; Hébreux. Perses , Mèdes, Arabes. — N'ont pas récriture 3 : Ladonisoyê 4 , Aétoyê 3 , Lydiens 6 , Gasphinoyô 7 , Mâsinoyê 8 , Éthio- piens 9 , Qoutanoyê 10 , Gamîloyê 11 , Arînoyê'*, Bârrousoyê 13 , Scythes 14 , Hyriqoyô 15 , Armouyê 16 , Garoumoyê 17 , Parthes 18 , Qaksaphoyê 19 , Melâgdaroyê î0 .

Noms des descendants de Cham qui connaissent Vécriture : Egyptiens, Pam- phyliens, Phrygiens 8 1 . — Ne connaissent pas Vécriture: Kousites" , Troglo- dites'% Aegynoyê", Esbâinou", Youlinoyê 86 , Libyens 87 , Mâriotê 88 , Phyltoyê 29 , Mâsou 30 ,Mouqatinou 31 , Mâqenous 38 , Bithyniens 33 , Nômâdê 34 , Mânoyou 35 , Pôpha- loyê 36 . Masîdînou 37 , Pisidiens 38 , Otâloyou 39 , Sârtoyê 40 , Magratoyê 41 , Numides 42 . Noms des peuples descendant de Japhet qui connaissent récriture : Mèdes,

Grecs, Romains, Arméniens . —

Celtes 44 , Gaulois' 5 , Hélinisoyê, Tâsôliqoyê, Illyriens 16 , Thraces 47 , Sarmates 4s

et d'autres inconnus. — Fin de ce [chapitré].

Noms des peuples quiont V écriture parmi les descendants de Sem

Ne connaissent pas lécriture : Cappadociens 43 ,

Fin du second

Livre

1081 ans,

Il comprend

qui commence et se compose

au Déluge

de huit

et va jusqu'au chapitres.

temps

d'Abraham.

1. Cette observation se rapporte au tableau précédent dans lequel le nom de Iônîtan est rattaché

à

3. La discussion des noms contenus dans ce tableau nous entraînerait hors des limites qui nous

sont imposées dans les notes de ce travail. Nous nous bornerons à donner les noms correspondants

des Excerpta Barbari,

qui contiennent les listes se rapprochant le plus des nôtres. Une étude plus

détaillée sera donnée dans un commentaire spécial sur divers passages de Michel qui présentent

— 7. Gas-

un intérêt particulier ou nouveau. — 4. Alazonii (Uoiof^l 1). — 5. Yantil. — 6. Lydii.

fini. — 8. Mossini. — 9. Indii. — 10. Bactriani (i-i.T&aa). — H« Milii. — 12. Arriani. — 13. Ce-

drysii (Uoo©»»l.a). — 14. Scythii. — 15. Yrcanii (UIÛ^OW). — 16. Adaniosynii'i — 17. Armeni (9 b,

celui de Noé. —2 . 'IWVÎTO? ; cf.

FABRIGIUS,

Codex

pseudo-epigr.

V.

T.,

p .

27C.

1. 5), Germani (1. 16)? — 18. Parthi. — 19. Nudi sapientes

(?). — 20.

Magardi.

21. Les listes analogues ajoutent les Phéniciens. — 22. Ethiopi. — 23. Troglodyti. — 24. Aggei.

30.

MariandiniÇ!).

— 41. Ma-

— 25. Isabini.

Myssi. — 31. Mososini

36. Pamphyli.

gartei. — 42. Numidii.

26. Ellanii.

— 27. Libyi.

28.

Marmaridiil

— 29. Psylliti

(Ul^o^a?)

(1. 9)? — 32. Maconii.

— 33. Bithynii.

34. Nomadii. — 39. Autalei.

— 35.

— 37. Mososini

(1. 11). — 38. Pissidii.

40. Criti[1)

43. Cappadocii. — 44. Lire : k^M » ? — 45. Galli. — 46. Illyrici (?). — 47. Thraci. — 48. Sar-

mati.

LIVRE III. CHAP. II

39

Moïse ayant été jeté dans le fleuve, la fille du roi Aménophtès, qui s'appelait Thermothisa, c'est-à-dire Ragusa, et que les Hébreux appellent Maria (celle que Kanphara, roi de Memphis, prit parmi ses femmes) le trouva, le tira des eaux, et le fit élever comme son fils. Cette Mârî mourut et fut ensevelie en Egypte. La ville de Myra, qu'on appelle Mârû, fut appelée de son nom. — Quand Moïse eut atteint l'âge de dix ans, Jannès et Jambrès lui enseignèrent les

sciences, comme le montre

Artémônios 1 .

Depuis l'entrée en Egypte jusqu'à l'Exode il y a 215 ans. En l'an 22 de Moïse, le roi Aménophtès commença à opprimer les Hébreux

en leur faisant fabriquer des briques et bâtir des villes. En l'an 28 de Moïse, il bâtit Hermopolis, et fit la guerre avec les Kousites; il

s'empar a d e Ragusa , fille du" ro i Zôros , e t la pri t

parm i se s femme s 2 .

A cette époque 3 vivait Syros 4 , natif

du pays qui fut appelé de son nom Sy- rie, ainsi que son frère Cilicos, de qui la Cilicie tire son nom.

Le peuple éthiopien abandonna le fleuve Indus pour venir habiter près de

l'Egypte 5 .

Mamitos 6 , 15 e roi des Assyriens, com-

la

naissance de Moïse, pendant 30 ans ; d'après Andronicus,cefuten la73 e année de Moïse. En l'an 4 7 de Moïse, Oros 8 , le 24 e roi, commença à régner en Egypte, pendant 38 ans. Andronicus dit qu'avant lui, un certain Phosinos régna en Egypte 9 . Si cela est vrai, c'est lui qui opprima les Hébreux dans le travail de la boue et des

mença à régner

en

la

l re

année

de

o

aux démons rebelles,comme iles t écrit 10 :

« En ce temps-là, Cécropos surnommé Diophyes sacrifia le premier un bœuf. » Par une telle aberration, tout le genre humain était entraîné en bas et en était arrivé à peu près à la perversité d'avant le Déluge. Dieu permit tout cela pour montrer la puissance de la liberté rendue aux hommes et de quelle ignoble aber-

ration ils furent délivrés pour être con- duits à la lumière de la science divine, grâce à la révélation du sacrifice saint de l'Agneau rédempteur, par la bonté du Seigneur, qui en tout temps et à tous moments a voulu la vie, le salut de tous. Il a voulu renouveler ses dons divins à l'égard de la nature humaine pervertie de beaucoup de manières. Il se proposa

Cet auteur est appelé 'ApTaêavoç dans le Chron. pasc. (I,

117). — 2. Le texte est obscur. D'après le contexte de notre auteur, c'est Moïse qui bâtit Hermo-

<£0090| i.j=> d'après BH. Comp. aussi la version

1.

BH. p . 13, ajoute

: « dans sa lettre

».

polis ; d'après BH. , c'est le roi Aménophis. — Lire arménienne, ici amplifiée (LANGLOIS, p . 44).

3. E . a. 400. — 4. 23po;. — 5. H. a. 404 ; Arm. a. 405. — 6. M<x|i\Aoç; E. a. 429. — 7. H. a. 431 ;

Arm. 432. — 8. "Qpo;. — 9. L'arabe ajoute

10.

Cf.

Eus .

ad ann .

460.

: « pendant

40 ans

».

40

CHRONIQUE

DE

MICHEL

LE

SYRIEN

CHAPITRE V DU LIVRE III. — En l'an 37 de Moïse, naquit Josué, fils de

Noun. Moïse devint fort et bâtit Hermopolis. Il engagea la guerre avec les Ethio- piens et les vainquit pendant dix ans. Kanphara, le mari de cette Mârîs qui l'avait

élevé, commença à lui tendr e des embûches. [23] Il voulait 1 tuer Moïse,

Mais il craignait sa femme, Mârîs, et tant

qu'elle vécut, il n'exécuta pas son dessein ; mais quand elle fut morte, il chercha à le tuer. Moïse, s'en étant aperçu, tua Kânoutis qui avait été envoyé par Kan- phara pour le mettre à mort. C'est pourquoi Moïse s'enfuit de l'Egypte et s'en alla en Arabie, vers Raguël le Madianite.

qu'il était jaloux de sa victoire.

parce

D'Abraham et de Céthura naquit Jecsan, de Jecsan naquit Dadan, de Dadan naquit Raguël, de Raguël naquirent Jétrôn et Jôbab, de Jétrôn naquit Çéphora, que Moïse prit pour femme, étant âgé de 40 ans.

lieu le troisième déluge, du temps de Deucalion,enThessa-

En ce temps-là 2 eut lie 3 ; il y eut aussi un

incendie, du temps de Phaéton 4 ,

dans le pays de Kous.

briques, qui résista à Moïse et à Aaron,

[23] dans la mer. Il

est en effet écrit : « En l'an 41 deMoïse commença à régner Phosinos 6 . »

Quelques-uns disent que du temps de l'éducation de Moïse, vivait ce Promé- thée 7 , qui, riche en sagesse, instruisait les hommes et les faisait passer de la stupidité à la sagesse. On disait même de lui, par manière de plaisanterie, qu'il formait des hommes. A cette époque, Isidorus peignit des lettres pour servir à la science ; Euno- mios inventa les signes 8 ; Ménandre in- venta aussi la comédie ; Chiron et Escu- lape, la médecine. — Quelques-uns disent que ce Cécropus qui régna le premier dans l'Attique vivait du temps de ceux- ci; d'autres qu'il est plus ancien de GO ans.

et qui fut suffoqué

de former de nouveau une créature nou- velle, beaucoup plus élevée et plus ad- mirable que la première, et il en déter- mina soigneusement d'avance une ligure 9 parfaite et admirable. Quand le temps fut venu de dévoiler la figure de la promesse véridique et divine donnée auparavant aux hommes par l'in- termédiaire du père fameux, Abraham, Moïse naquit et grandit clans l'Egypte [24] qui est surnommée « péché ». La grâce fut avec lui depuis le moment de sa nais- sance, et, comme il est dit, d'une ma- nière insondable, qui le préparait par l'opération divine supérieure à toute chose, au mystère symbolique. C'est pourquoi, après les justes qui, jusqu'au temps d'Abraham, avaient été dignes de participer aux mystères des oblations et des sacrifices, Moïse reçut

1.

raton.

Lir e

:

L*a

(au

lie u

d e

U=). — 2.

H .

a.

495 ; Arm .

477 . —

3 . Lir e

: P*»|ûo .

4.

Ms .

:

Pha-

=

5. Chez

ar)[Xïîa ; peut-être faut-il corriger

9. Lire : W^^i.

Andronicus . — 6. Corrigez :

moaiaoûS. — 7. Répétition ; cf. H . a. 332 et 431. — 8.-Sic : U-»).*»

pigmenta?

LLoj^o, les couleurs,

LIVRE

III.

GHAP.

VI

41

Moïse était âgé de 45 ans quand lui naquirent deux fils : Gerson et Eliézer.

— A cette époque naquit Kaleb, fils de Jephoné. Quatre ans après la fuite de Moïse de l'Egypte, Chenchérès i commença à

régner sur l'Egypte

A cette époque eut lieu le grand et fameux combat des Chaldéens avec les Phéniciens *.

pendant 12 ans.

CHAPITRE VI. — Moïse était parvenu à Page de 78 ans quand Dieu lui parla

dans le mont

Sinaï 3 .

A cette époque Phosinos ' régnait sur l'Egypte. Il lui naquit un fils qu'il ap-

pela

Ramsès.

C'est

de

lui

que

tire son nom

la ville de Ramsès

qui

fut

bâtie

A cette époque 5 , Xanthis bâtit ïriope de Lesbos 6 , et Trochilos 7 attela le pre- mier char. Quand Cécropus commença à régner

dans l'Attique, Moïse était âgé de 35 ans s .

— Du temps de ce Cécropus auraient eu

lieu les choses prodigieuses que ra- content les Grecs. Eusèbe dit cela 9 . Mais Andronicus dit que Cécropus commença

h régner la l rc année d'Othoniel, Zeus

fut proclamé [dieu] par Cécropus, et le

pays fut appelé de son nom Cécropia 10 . De son temps apparut l'olivier dans la Cécropia. Il bâtit Athènes qu'il appela, du nom de sa femme, Athéna. Il fut sur- nommé dypluies *\ c'est-à-dire double

de sa grande force et

parce qu'il savait deux langues, celle

des Egyptiens et celle des Grecs.

germe,

à cause

de Dieu [l'honneur] d'être le ministre du commencement du mystère et du sym- bole divin. — En l'an 3841, il offrit un sacrifice symbolique au milieu même de l'Egypte, dont le nom signifie péché et qui est la figure du sèôl vorace. Par là, il montra à ceux qui pouvaient com- prendre, que l'Agneau véritable et divin devait être immolé au milieu des pé- cheurs, sous l'oppression du péché, des- cendre au sèôl vorace et, par sa mort, procurer le salut à tous ceux qui croient. De même que le commencement du sacrifice de PAgheau symbolique qui eut lieu au milieu de l'Egypte, continua chez eux, dans le [2o] désert et qu'ils en jouis- saient dans la terre promise ; de même aussi, tous les peuples rachetés par le sang de l'Agneau vivant, le ChristDieu,

des

rois égyptiens sont tellement confus dans ce Livre III qu'il semble téméraire de chercher à les restituer. Ils sont en désaccord avec les canons chronologiques, qui suivent Eusèbe. Nous nous

bornons à transcrire —

2.

pour Kenkres.

plus

Kanbaris,

1. 'A-/£v-/£p<77]<;

(a. 469)

ou

Xe^/épr);

(a

490)?

Les noms

propres

et

l'ordre

de

succession

aussi littéralement que possible. — Ici notre ms. donne la lecture

H.

a.

478; Arm.

a. 481. —

3. Ex.

:

nr ;

E.

a 505. —

4.

Ms. : PSNVS, et

bas,

p .

5. H.

42,

a.

1.

2

: APSNVS;

1.

451. — 6.

.ûaûa^

10. H. a. 468; Arm.

a. 461.

9

: PVSINVS ; BEL,

IOOÛJÛ.CÛ9, tyVjfflvvrjç (Eus. ,

I,

(?). — 7.

11 .

H.

ô 8içwjç.

a.

449; rest. :

u*à±a 0 \{

8.

H.

a.

146).

460. — 9.Arm.

a. 461.

42

CHRONIQUE

DE

MICHEL

LE

SYRIEN

[alors], et pour la construction de laquelle il opprima beaucoup les Hébreux. Ce Phosinos était surnommé Aegyptus et, de son nom, on appela Egypte tout

le pays qui se nommait [24] auparavant

En l'an 430 de la Promesse, qui fut l'an 80 de Moïse, celui-ci reçut de Dieu, avec qui il avait été digne de converser, l'ordre de faire sortir le peuple hébreu de l'Egypte. — Les Hébreux passèrent au milieu de la mer, et Phosinos, roi d'Egypte, fut submergé avec toute son armée dans la mer Rouge. — Eusèbe écrit que le Pharaon qui fut submergé s'appelait Chenchrès, et que ce ne fut pas Phosinos surnommé Aegyptus; mais tous les chroniqueurs disent que ce Phosinos, surnommé Aegyptus, fut submergé. Après qu'il eut été noyé avec toute son armée, les Égyptiens qui ne les avait point accompagnés à la poursuite des Hébreux, en voyant ce qui était arrivé, firent une idole de chaque objet qu'ils

Aeria 1 .

Aménophtés* érigea Memnon, la pierre qui parle, [24] que Cambise, roi des Perses, mit en pièces, parce qu'il pensait qu'il y avait en elle quelque artifice ma- gique. Libon, le premier, régna sur les Thes-

saliens 3 ; dans des manuscrits il est sur- nommé Ammon 4 .

A cette époque fut bâti le temple

d'Apollon s , et institué le tribunal appelé Aréopage 6 .

La ville de Corinthe fut bâtie 7 ; elle s'appelait auparavant Ephyra 8 . Hercule surnommé Disandas 9 floris- sait en Phénicie ; et jusqu'à présent il est ainsi appelé par les Cappadocienset les Éliens 10 .

La vigne fut découverte par Diony-

sios u , mais non pas celui qui était fils de Sémélai 12 .

se réjouissent de ce premier sacrifice, non pas dans la crainte, comme au mo- ment de la crucifixion, mais en liberté, comme dans le désert; et ensuite, ils s'en réjouiront insatiablement dans la terre promise de la béatitude céleste. En l'an 81 de Moïse, Aaron fut établi comme premier prêtre du peuple d'Is- raël. D'Adam jusqu'à Aaron, le premier prêtre du peuple, il y a 3[843] ans. Moïse conduisait le peuple ; il fut digne de converser avec Dieu; il reçut les tables de pierre écrites par le doigt de Dieu; il apprit et enseigna aussi les lois, les préceptes et les jugements di- vins ; il fit connaître le rite des sacrifices et les règles des oblations symboliques et figuratives. Il enseigna aussi les lettres et l'écriture au peuple, de qui les Phé-

1.

H. a. 537; Arm. 534.

2.

Cf.

H .

a. 400 ; Arm.

401. — 3. Lire

: ^-~|L

— 4. Cf.

H.

a.

439 ; Arm. a.

436.

-

5. A Délos;

a.

6.

. a. 509; Arm. 506. —

— 9. AtdavSS;. — 10. H. a. 509. — 11. Rest. vooa^oan.,. — 12. H. a. 510 ; Arm. 508.

H. a. 509; Arm.

500.

H.

7.

H.

a.

503; Arm.

a.

495. —

3. 'Eçupa. —

LIVRE III. CHAP. VI

43

avaient entre les mains au moment de la catastrophe, et l'adorèrent comme si c'était elle qui les avait empêchés de périr avec Pharaon,

le temps où Dieu dit à Abraham 1 :

« Sache bien que tes descendants habiteront et demeureront dans une terre qui nest pas la leur » ; car c'est lui et sa race qui furent transportés. Paul atteste

cela en disant 2 : « Le Testament a été antérieurement confirmé dans le

et la Loi qui fut donnée après quatre cent trente ans, n'a pas annulé la Pro-

messe. » Cette promesse fut faite à Abraham lorsqu'il quitta Harran et que le Sei-

nations seront bénies en ta race ». — D'autres disent que

les quatre cent trente ans commencent au moment où Abraham offrit un taureau, une chèvre, un bélier et une tourterelle 4 [2o], c'est-à-dire en l'an 85 d'Abraham ; après quoi naquit Ismaël. Ceux qui disent cela ne comptent point les années deLévi, ni de ses enfants, parce qu'elles ne sont pas mentionnées dans l'Ecriture.

Christ;

Les années delà Servitude se comptent depuis

gneur lui dit 3 : « Les

A cette époque, des plaies fondaient sur les Egyptiens °. Au bout de sep t mois le tabernacle fut fabriqué dans le désert 6 . En Egypte, après celui qui fut noyé, régna Acherres 7 .

o

En la 6 e année après l'Exode, Cranaus 8

commença à régner sur les Athéniens, pendant 9 ans. Du nom de sa fille Atthis 9 le pays fut appelé Attique. — En ce temps-Là 10 , Aptéras u commença à régner sur la Crète, et bâtit une ville. En l'an 15 de l'Exode 12 , Amphictyon,

fils de

Deucalion 13 , commença à régner

sur les Athéniens. A cette époque 14 , Dio- nysios, fils de Deucalion, vint en Attique, fut l'hôte de Sémachus ,a et fit cadeau à sa fille d'une peau de biche. Ceci d'après

Eusèbe. Andronicus place ces choses du temps de Ahod.

niciens les ont empruntées; de chez les Phéniciens, Cadmus apporta ces lettres aux Grecs, c'est-à-dire à la ville de Yavan. Aaron fut donc établi dans les fonc- tions de grand-prêtre du peuple, et il offrit des sacrifices et des oblations pen- dant 38 ans sous la préfecture [26], c'est-à-dire sous la direction de Moïse, qui se compte à partir de la sortie du peuple de l'Egypte. Jusqu'ici le Pentateuque de Moïse ra- conte les événements qui se sont passés pendant l'espace de 3000 ans, selon les Septante.

* Ici finit la Chronique de Moïse, le pro- phète élu. Or,EIéazar, [troisième] fils du grand- prêtre Aaron, reçut le souverain pontifi- cat du peuple par un décret d'en-haut et par les jugements secrets et inaccessi-

1.

Gen.,

xv,

13.

— 2.

Gai.,

m ,

17.

— 3.

Gen,,

xn, 3.

— 4.

Gen.,

xv,

9.

5.

Cf. H.

ad

a.

498.

— 6. Arm.

a.

506. —

7.

'A^sppr.ç;

E.

a.

506. —

8. Kpavaôç;

E.

a.

511. —

9. 'AxQt;. — 10. H. a. 518; Arm. 513.—11 . 'Arctépaç. — 12. E.a . 520. — 13. 'Afj.çix-njcov uîô; Lire : ^a^Soi ; de même ligne suiv. — 14. E. a. 520. — 15. 2r,[i.or/oç.

CHRONIQUE

DE

MICHEL

L E SYRIEN

PATRIARCHE

JACOBITE

(1166-1199)

Éditée

pour la première fois

PAR

et

D'ANTIOCHE

traduite

en

français

J.-B .

CHABO T

Ouvrage publié avec l'encouragement et sous le patronage de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.

ERNES T

28,

TOM E

II

I

PARI S

LEROUX ,

ÉDITEU R

RUE BONAPARTE,

28

1905

LIVR E XI I

AVEC L'AIDE DE LA VERTU DIVINE QUI A PERFECTIONNÉ LES DOUZE SAINTS APÔTRES, NOUS COMMENÇONS 1 LE DOUZIÈME LLVRE DE LA CHRONIQUE, QUI COMMENCE À L'AN

1088 DES GRECS , QU I EST L'A N 157 DE L'EMPIRE DES ARABES, QU I SONT LES TAIYAYÊ ,

DU MONDE, ET L'AN

L'AN 6260 DEPUIS ADAM, C'EST-À-DIRE DEPUIS LE COMMENCEMENT 758 DEPUIS NOTRE-SEIGNEUR.

CHAPITRE [I e r J. —De Vépoque du commencement du règne de Léon, (empereur) des Romains, et de Mahdî, {roi) des Taiyayê, à laquelle le saint patriarche et

martyr Mar Georgius sortit de

prison.

En l'an 1088, Léon, fils de Constantinus, commença à régne r sur les Romains. La même année, 25 jours plus tard, Mahdi, fils d'Abou Dja'far, commença à régner sur les Taiyayê. L'un et l'autre libérèrent tous les prisonniers qui avaient été enfermés par leurs pères. Mahdî ouvrit les trésor s de son pèr e et distribua ses richesses, comme avec

ses concubines ;

car i l était débauché et adonné aux voluptés. I l était aussi porté vers la magie, la

magie et de divination. C'est

le livre intitulé lanès et

pourquoi Léon, empereur des Romains, lu i envoya

le van, non-seulement à ses troupes, mais aussi aux femmes,

divination, les sortilèges, et il fit réuni r des livres de

Iambrès, qui renferme toute la magie des Égyptiens, et tout ce qu'ils faisaient à l'encontre de Moïse. En l'an 1090, Mahdî vint à Alep, et les Tanoukayê sortirent à sa rencontre; [479] ils habitaient sous des tentes dans les environs d'Alep*. Il vit qu'ils montaient des chevaux arabes, et étaient richement parés. Alors quelqu'un lui dit : « Tous ces gens sont chrétien s ». I l fut enflammé de colèr e et leu r ordonn a de se faire musulmans. 11 les y contraignit par les tortures, et les hommes apostasièrent au nombre d'environ cinq mille : les femmes se sauvèrent, et jusqu'à présent i l s'en trouve dans les églises d'Occident. Un homme vénérable d'entre eux, appelé Leith', souffrit le martyre.

Mahdî se porta sur le territoire des Romains, et fixa son camp sur le fleuve Pyramus, dans la région de la ville d'Arabissus.

Roumayê ; pour lui , i l s'empara de

la Syrie, et se rendit à Jérusalem pour prier; son fils, après s'être emparé d'une

forteresse appelée Semalus', se livra au pillage et s'éloigna.

Il envoya son

fils

Haroun saccager le Beît

1.

Lir e

: ,x»;»*>. —

2.

Lir e

ainsi

d'aprè s

Ba r

Hébr . (p.

127),

u»,-**^

au

lieu

de

i£fc»

Ar .

:

^pl-mbo u9 ^îsji »

^.^s.

t.

3.

B H

:

4.

Tb 2v)(j.a>.o3oc xdcdxpov (THEOPH.,

ad

ann,

772).

Cf.

Hist.

du

Bas-Emp.,

XII , p.

315,

n.

1.

2

CHRONIQUE

DE

MICHEL

LE

SYRIEN

les Taiyayê pénétrèrent dans la région dÉphèse , et

firent captifs environ sept mille hommes. L'empereur Léon, de son côté, en- voya une armée qui emmena en captivité les Syriens orthodoxes, et les établit en Thrace

Un des écrivains chalcédoniens dit que cet empereur Léon détestait les images et ne permettait aucunement de les vénérer, et qu'il adhérait aux Or-

thodoxes-i

En l'an 1092, Léon mourut, et son fils Constantinus* commença à régner . Comme c'était un enfant de 12 ans, sa mère, Irène 5 , gouvernait, et était procla- mée avec lui .

En l'an 1094, Mahdî envoya son fils [480] Haroun, avec deux généraux, dans le pays des Romains. \Abd el-Malik 6 assiégea Nacolée 7 : son armée fut taillée en pièces et i l s'enfuit couvert de honte. Bournikê 8 livra bataille et tua dix mille Romains. Haroun se dirigea vers la ville impériale. Les Romains usèrent de ruse et enfermèrent les Taiyayê près du fleuve Sangarius 9 , entre la montagne d'un côté et les eaux de l'autre; les Taiyayê furent dans une grande angoisse. Ils demandèrent la paix; Irène, selon l'esprit féminin, y consentit : on fit une trêve de trois ans, et les Taiyayê sortirent de leur difficulté 1 0 .

En l'an 1092* des Grecs,

comme son père 3 .

L'année suivante,

'Alî 1 1 bâtit la ville de Hadeth.

En l'an 1095, mourut Mahdî 1 2 . Son fils, Mousa 1 3 [commença à régner] 1 4 , dant deux ans.

pen-

En l'an 1097, les Romains s'avancèrent avec une armée considérable et par-

vinrent jusqu'à la ville de Hadeth, qui avait été nouvellement bâtie par les

Taiyayê, sur la frontière 1 5 . Ses Les Romains détruisiren t alors

y avait été construit. Au mois de tamouz (juill.), mourut Mousa, (roi) des Taiyayê 1 6 ; et après lui ré- gna son frère, Haroun, surnommé Rasîd 1 7 .

habitants s'enfuirent et elle demeura déserte . totalement ses murs, et démolirent tout ce qui

 

1.

Lir e

: ^ 1

(BH) . — 2. THEOPU., ad ann. 770.

— 3. Cf . Hist.

du

Bas-Emp.,

1.

LXV , § xui .

4.

Constantin

V I Porphyrogénète .

5.

ui.;.)

(BH) . —

6.

I l faut

peut-être

lire

'Abd el-Kebir.

Cf. THEOPH., ann . 773, 774; WEIL , Gesch.

gea

8 Tov Boupvt/e (THEOPH.); l'arabe a l a mêm e leço n que notre ms . : Burnsî.

10.

2.

d.

Chai.,

II , 99.

7.

Naxfoeta.

L e généra l qui assié -

1. —

cette

Cf . Hist.

place

du

est

appel é TÔV Bouvoaôv par

1. LXVI ,

Théophanes , / . c. ; cf. WEIL, op.

d.

Chai.,

II , 101, n.

cit.,

p.

100 n.

— 9. tau»(BH) .

— 11. Fil s

Bas-Emp.,

§ vi ; Gesch.

de Soleiman,

gouverneur de Mésopotami e et de Qennés'rin en Syrie . Hist.

12.

L e

22 moharram

de

l'an 169 Hég . ; 3

août

785.

13.

du

Abou

Bas-Emp.,

— Mohammed Mousa al-Hadi. —

t.

XII , p .

338, n.

1.

14.

L a

construction de la phrase exige

le mot yW ,

omis

par le copiste.

— 15. E H Cilicie; cf.

op.

cit.

t.

XII , p.

351, n. 4.

— 16. Selon les

auteurs

arabes ,

le

14

réb y second de l'an 170;

15 sept.

78g

17

L e « Juste », surnom qui lui avait ét é donné par son père .

 

LIVRE

XII . CHAP.

I

3

A l'époque où Mahdî commença à régner sur les Taiyayê, i l envoya un homme nommé Mohtasîb pour détruire

été bâties du i l ordonna de

vendre les esclaves chrétiens. Beaucoup d'églises furent démolies ; et les esclaves s'enfuirent.

L'église des Chalcédoniens, h Alcp, fut détruite. Il excita aussi une persécution contre les Manichéens en tous lieux 1 . Beaucoup de Taiyayê furent convaincus de cette hérésie, et furent mis à mort parce qu'ils n'y renoncèrent pas. On détruisit un endroit appelé Pa- dana Rabta, qui était tout rempli de Ma- nichéens ; des chrétiens furent pris pour avoir été injustement accusés de cette hérésie. Un persan dénonça aussi quel- ques personnes de la famille des Gou- mayè, et elles furent prises; le motif (de la vengeance) de ce persan était

qu'elles ne lu i avaient pas donné le lo - gement dans leur maison située au vil-

lage de

il vit, à Bagdad, [479] qu'on excitait (une persécution) contre les Mani- chéens, i l dénonça les gens des Gou- mayê, comme étant manichéens. Huit des principaux d'entre eux furent em- menés et jetés en prison. Après de nombreux tourments, trois moururent en prison, et les cinq autres furent dé - livrés et sortirent, grâce au Seigneur qui les sauva.

les églises qui avaient temps des Taiyayê ; et

Hînan ; i l en fut irrité, et quand

Après neuf années d'emprisonnement du patriarche Georgius, à Bagdad, Mahdî, fils d'Abou DjaTar, commença à régner et relâcha les prisonniers. Le patriarche sortit avec eux. Mahdî lui in-

terdît d'exercer le patriarcat et de s'in- tituler patriarche. Le bienheureux s'étant rendu à Tagrit, y fut accueilli comme un ange de Dieu; i l fut ainsi reçu en traversant Mossoul et toutes les villes du Djézireh, et fut partout traité avec honneur. I l parvint à An - tioche. I l y ordonna dix évêques, en cette année; i l chassa ceux de David*

et en

créa d'autres à leur place. I l en

laissa cependant quelques-uns, faisant les concessions qu'exigeait la situation du moment.

Il excommunia et chassa Plotinus, qui avait été établi par Sandalaya, et fit retourner Constantinus à Samosate 3 . Quelque temps après, quand Constan- tinus mourut, les habitants de Samosate lui demandèrent Plotinus, [479] et i l le leur renvoya. Après que le patriarche eut passé deux ans à parcourir et à soutenir les églises, des calomniateurs l'accusèrent près de f Alî 4 , émir du Djézireh, comme ayant foulé aux pieds les ordres du roi . Irrité, .('Alî) le fit amener de Harran à Callinice. Avant qu'il ne parût en pré- sence de l'émir, Theodosius, l'évêque qui avait chassé Sandalaya 5 , entra et

calma l'ardeur de la

1 ui démontra qu'on accusait faussement

colère de l'émir. I l

1. Cf . EL-MACIN, Historia

2.

Saracenica,

3. Cf. tome

ad ann . 166.

II , p.

521. —

— •se présent a à Harra n pou r intronise r 'Abdanî ; cf. tome

Cf. tome II , p. 529.

4.

Cf. ci-dessus, p. 2, n.

II

, p .

525.

11. —

5.

Lorsqu'il

4

CHRONIQUE

DE MICHEL

LE SYRIEN

En l'an 1095, vint la sauterelle ailée, qu'on appelle « kalbaita 1 ». Tout le Djézireh en fut rempli ; après avoir dé - vasté le froment, l'orge et tous les lé - gumes, elle déposa ses œufs dans tou t le pays, dans les plaines et dans les montagnes, et après être restée un mois en terre, sa progéniture sortit, se mit à ramper et à couvrir la terre. Elle s'atta- chait à tout, montait sur les murs, les parois, les cloisons, entrait même dans les maisons par les fenêtres et les portes ; le sol et le plafond en étaient couverts, ainsi que les outres, les tapis, les tables, les vases; quand elle entrait dansunemaisonparle côtédusud, elleen sortaitpar lecôtédunord, marchant tou- jours devant elle ; quand elle passait sur le toit ou sur les briques des maisons, elle marchait comme sur une surface plane, sans être arrêtée. Elle dévorait tout ce qu'elle rencontrait : les herbes et les arbres, les étoffes de laine et les vê - tements des hommes. Elle se répandit surtout à Édesse, à Saroug, à Rês Kêphâ. Quand elle eut épuisé tout ce qu'elle trouva dans la région du Djézireh, elle se traça en quelque sorte une route et passa en Occident où elle détruisit toutes les céréales. Elle dévora ensuite les vignes, les arbres et toute espèce de plantations; personne ne peut [480] ra- conter ce cruel fléau que j'a i vu moi- même*. Gloire au Seigneur de l'Univers ! A la suite de ce dur fléau, pendant les

le patriarche. Quand le bienheureux entra, et quand l'émir lui exposa les

griefs (dont il était accusé), il fit admira- blement son apologie et fut très bien accueilli, surtout que Theodosius qui interprétait (ses paroles) en arabe, et qui était très bien vu de l'émir, faisait l'éloge du patriarche, disant que c'était un homme bon et saint, et que ceux qui l'accusaient d'avoir imposé des charges et des tributs aux églises n'étaient pas véridiques. L'émir ayant été apaisé par de semblables discours,

le patriarche se retira victorieux, et dès

lors, i l gouverna sans crainte l'Eglise de Dieu, jusqu'à la fin de sa vie.

A Alexandrie, le patriarche fut

Maiana \ pendant 9 ans* ; — puis Iwan- nis.

En l'an 1095, les Edesséniens se sé-

parèrent de Zacharias leur métropoli- tain, pour plusieurs motifs, mais prin- cipalement parce qu'ils lui disaient de

reprendre son frère Siméon, à cause de sa mauvaise conduite, et qu'il n'en fai- sait rien. C'est pourquoi le patriarche Georgius lui ordonna de quitter la ville

et i l n'y fut plus reçu.

En l'an 1096, au mois de 'iyar, Geor- gius rassembla un synode, au sujet de [480] Jean de Tagrit que les Tagritains accusaient d'actions honteuses. Celui-

ci disait : « Ils mentent ». C'est pour-

quoi le patriarche envoya avec lui quatre évèques pour faire là une enquête sur

1.

C'est-à-dire « canine ». — 2 . C'est Denys de Tell-Mahrê

qui parle ainsi.

« de yo. Cf . RENAUDOT, Hist. patr. Alex.,

Mîna ou Mennas. — 4 . Ms. :

3.

4 0 ans » (de même dans la vers, arabe); i l faut lire

p.

24 1 ; EL-MACIN, Hist,

sarac,

Irad.

^, au

d'Erpenius, p .

142.

Jean fut élu en la première année du règne de Mousa.

lieu

126 ^

LIVRE

XII . CHAP. I I

5

trois années qui suivirent, [il y eut une

famine causée] 1

du vin, de l'huile, et de toute sorte de légumes.

au couvent de Mar Mattai, et osa or- donner troi s évèques qu i seraient ses soutiens, et résisteraient au patriarche. Les évèques (délégués), voyant son audace, le déposèrent ainsi que ceux qu'il avait ordonnés.

son affaire, et ils devaient le confir- mer s'il était trouvé innocent. Quand ils parvinrent au pays de Balâd, Jean Kiou- naya abandonna les évèques, s'enfuit

par la cherté du pain,

Alors le patriarche ordonna comme métropolitain de Tagrit Mar Joseph.

11 ordonna pour Edesse Zacharias, du couvent de Qartamîn 9 ;

à Edesse. —F i n de ces

chassé* par les perturbateurs qui étaient

mais celui-ci fut aussi trois récits.

CHAPITRE

[II ] qui expose

quand

au sujet de Vexpression

et comment surgit

dans l'Église

« panem caelestem frangimus. »

la querelle •

Plusieurs blâment le patriarche Cyriacus comme ayant été le principe de la querelle qui s'éleva dans l'Église au sujet de la formule : panem cselestem frangimus ; mais ils ne sont pas dans le vrai, car dès le temps du patriarche Georgius, i l y eut des doutes à ce sujet. La lettre du bienheureux Georgius à Gouria, diacre de la famille Na'ar, d'Edesse, en témoigne; elle s'exprime ainsi :

« Puisque ta sollicitude, ô fils bien-aimé, m'a écrit (pour savoir) quand cette expres- sion a commencé, d'où elle est venue, quand elle a été réprouvée, et depuis quelle époque on a commencé h être troublé par elle; je te dirai ceci :

;< Notre Seigneur, notre

grand Dieu

et Sauveur

Jésus-Christ nous

a livré trois

sacrements : le sacrement du saint Baptême, le sacrement du Sacrifice de son corps

et de son sang, et enfin le sacrement de l'Ordination de la consécration des fonc-

sacerdotales. Pour chacun de ces sacrements i l a institué un symbole; pour

celui du Baptême : le souffle qu'il souffla sur le visage des Apôtres, en disant*; « Recevez le Saint-Esprit; si vous remettez les péchés â quelqu'un, ils lu i seront remis ; si vous les retenez, ils seront retenus. » Et c'est pourquoi ceux qui con- sacrent les eaux pour le Baptême, soit évèques, soit prêtres , soufflent sur ces eaux, de manière que le mystère de ce souffle divin s'accomplisse en elles et qu'elles reçoivent l'Esprit-Saint pour la régénération spirituelle. — Dans le sacrement du ministère de son corps et de son sang ; i l pri t le pain de ses saintes mains, le bénit , le rompit , et le donna à ses saints Apôtres ; (ce que fait aussi le prêtre ) 5 dans la prière qui

tions

1 .

Ajoute r ic i les

copiste

2 . I l succédai t

paraît

mots

^o . 5 . U n

ici ces mots ou une phrase analogue; ils manquent aussi dans la vers. ar.

: Wifa

U^a looi

(BH) , omis

p .

4. —

3 .

pa r

Lir e

le

:

copiste;

o «

A r

:

L\IL Lj\j

©ne*

à

u n é.v. d u mêm e

nom ; cf.

j^tl . — 4, JOH., XX, 23 . —

avoir omis

16

CHRONIQUE

DE MICHEL LE

SYRIEN

gent,

du nom de Nicepho[rus] ». — c Abd el-Malik 1 dit : « C'est celui qui règne ! »

— Et quand

Elpidius apprit que

Nicephorus

régnait,

i l dit à 'Abd el-Malik :

« Si Nicephorus règne, rejette loin de toi ce vêtement de soie que tu portes, revêts une armure et prépare-toi à la guerre ». — Tel que l'avait décrit Elpidi[us] ainsi parut Nicephorus; car dans l'empire des Romains, depuis que les Taiyayê avaient commencé à régner, personne (ne s'était montré) * aussi courageux et aussi brillant que lu i à la guerre. Il envoya une lettre à Haroun 3 qui en fut troublé; et ils se préparèrent à la guerre. Haroun conduisit ses troupes et envahit le pays des Romains. Nice-

phorus vint avec ses armées . Il s

écoutant, par des messagers et des lettres, et à la fin ils firent la paix : chacun

s'en retourna dans son pays, et ils s'envoyèrent mutuellement des dons et des présents; même les armées et les peuples se mélangèrent et firent du com- merce. En Tan 1115, l'armée des Romains s'avança en Cilicie et y fit des captif ; ils pillèrent ensuite la région de Mopsueste et d'Anazarbon * ; ils atteignirent les Tai- yayê qui étaient à Tarse et les emmenèrent en captivité. — Quand Haroun apprit ces choses, en Perse, i l fut très irrité; i l revint à Callinice, et au mois de nisan (avril) i l s'empara d'Héraclée 5 . Nicephorus s'avança pour lui livrer bataille. Haroun, en voyant la nombreuse armée des Romains, prit peur et demanda la

paix. Il livra tous les Romains [489] qui

consentit à faire la paix, et Haroun lu i fit présent de toutes les tentes sous

lesquelles i

En cette année, Haroun bâtit une ville au-dessus de Callinice, et l'appela Héraclée, à cause d'une femme qu'il avait prise de la famille d'Heraclius. Beau- coup d'ouvriers furent rassemblés et ils y bâtissaient des édifices élevés. Comme le peuple était tourmenté par la famine, à cause de la bâtisse de la ville, le roi ouvrit ses trésors et ordonna de donner largement le salaire, et i l fit distribuer les richesses qu'il avait réunies.

Nicephorus, empereur des Romains, étant tranquille du côté des Taiyayê, fit rebâtir Ancyre et d'autres lieux; car de son temps les Taiyayê s'étaient emparés de Tyane et d'Héraclée 1 . Un des écrivains chalcédoniens accuse ce Nicephorus de beaucoup de choses. Haroun , ro i des Taiyayê, voulan t descendre en Perse, ouvrit ses trésors , i l

campèrent pendant deux mois, parlant et

étaient dans son empire. Nicephorus

l résidait, avec leur ornementation 8 .

1

.

Ms . : 'Abdallah;

3. Cf . Hist.

Bas-Emp.,

LXVII ,

mêm e leço n dans

du

Bas-Emp.,

§ xi ,

xiv,

l'Ar . — 2. Lacun e

§ ix .

cit.,

d'un

mot

dans le

ms. ; suppl. *wl\

5.

ou

Proba -

événement s est fort

Hist.

— blement le 'HpaxXewç xaffxpov de Théophane s (ann. 798). — 6. L e récit de ces

<à^| .

LXVII ,

4. Ms . : Anazarmon;

B H : U>»Pl. —

confus et les rôle s sont souvent intervertis . L a campagne fut désastreus e pou r le s Romains. Cf .

du

xv. — 7.

Cf . op.

et THEOPH., ad ann. 797.

LIVRE

XII . CHAP.

V

17

les traversa, et voulut connaître la quantité de sa richesse. I l se trouva que son argent surpassait celui qu'avait rassemblé Abou Dja'far de 10.500.000 milliers 1 de zouzê. I I se réjouit de sa grande richesse, et fléchit trois fois les genoux dans chaque chambre en l'honneur de son Dieu. Gomme i l descendait contre un rebelle, i l désigna pour lu i succéder dans l'empire, Mohammed, son fils aîné, et après lu i Mâmoun, et ensuite Qasim. Gela fut cause de la perturbation de leur empire. I l fit régner Mohammed à Bagdad et Qasim en Syrie, et i l fit descendre Mâmoun avec lu i [490] dans le Khorasan. I l fit cadeau*à celui-ci des dix millions d'argent en compensation de l'empire qu'il avait donné à Mohammed. Il parvint à Tous, ville du Khorasan, et i l y tua le rebelle. Là mourut Haroun Rasîd lui-même, en l'an 1120, après avoir régné 23 ans 3 . Nicephorus, empereur des Romains, marcha contre les Bulgares : i l fut vic- torieux et en tua un grand nombre. I l parvint jusqu'à leur capitale, s'en empara et la dévasta*. Sa sauvagerie alla à ce point qu'il fit apporter leurs petits enfants, les fit étendre à terre et fit passer dessus des rouleaux à battre le grain. En cette année 1122, Nicephor[us] fut tu é par un Romain 5 .

Le 23 de hazîran (juin) de cette an- née 6 , i l y eut un grand tremblement de terre à Mopsueste : son mur s'écroula et la plupart de ses maisons furent ren - versées, ainsi que trois villages de la région. [487] Le cours du fleuve Gihon, qui passe à proximité de cette ville, fut arrêté pendant environ six heures, et les barques se trouvèrent sur le sol.

Il y eut aussi des sauterelles en cette

année : elles détruisirent toute espèce de récoltes dans tout le pays.

A cette époque, i l y eut à Rome, une

Le premier motif de la révolte des Goubbayê fut celui-ci : Bacchus, leur évêque, qui était aussi celui des Cyr-

rhestiens, se conduisait avec relâche-

ment et faisait

de personnes [487] dans (l'application

des) lois apostoliques. Après l'avoir maintes fois réprimandé et excom-

munié, Cyriacus, sur les instances des évèques, le déposa. I l garda la bles-

sure dans son cœur, et i l

sorte que les prêtres de son pays réci- tassent continuellement la formule :

panem cselestem, comme pour vexer le

hypocritement 7 acception

faisait en

».

que l'auteur fait

allusion à l a prétendu e victoire que l'empereur fit annoncer à Cple pa r un mensonge officiel

(THEOPH., ann. 801) , plutô t qu'aux maigre s succè s du débu t de s a dernièr e campagne dans laquelle

il perdit l a vie dans la guerre contre les

(ibid,, ann . 803) . — 5 . 1 1 avait ét é l'objet d'une tentative d'assassinat, mais il péri t

1.

L e

mot

« milliers » est

aussi

répété

second,

dans

19 3

la

vers. ar. ; on voudrait lire

« 10.500.000

zouzê

— 2 . ^î*. — 3. L e 3 djoumadi

Hég . (2 3

mars 809) . — 4. Je pense

Bulgare s (2 5 juill .

811) . Cf . Hist.

du

Bas-Emp.,

LXVII ,

§ xxv,

xxx.

6. Probablement 1114

(803) .

— 7. Suppléer ainsi d'après la vers. ar. : oiUlf-*k4 3 .

18

CHRONIQUE

DE MICHEL

LE

SYRIEN

grande sédition. Ils se coalisèrent contre leur patriarche Adrianus et lui

crevèrent les yeux,

tement : parce que celui qui fut chargé de les lu i crever usa de miséricorde' ;

mais [pas] 1 complè-

alors i l se retira chez les Francs, car à cette époque Rome était sous la domi- nation des Francs.

A cette époque, i l y avait' un homme

qui était païen de religion, Qoreisite d'origine 4 , et s'appelait Rouhai. Comme sa maison était voisine de l'église des chrétiens, constamment, dès qu'il enten- dait la voix de la prière, i l se penchait dans [l'église 5 ] et, au moment du sacri-

fice divin et mystérieux, il jetait des bou- lettes de terre sur le prêtre pour le mo-

selon

lester 6 . Un jour qu'il regardait,

son habitude, Dieu, qui connaît toute chose avant qu'elle n'existe, eut pitié de lui, et, au lieu du pain et du vin du sacrifice, i l vit un agneau immolé et ta- ché de sang au milieu de la patène. Emu par cette vision, i l descendit près du prêtre pour s'assurer de ce qui avait lieu. Ayant regardé attentivement, il vit pareillement l'agneau, dépecé en parties, placé sur la patène et laissant couler le sang. Le prêtre ne comprit rien jusqu'à ce qu'il eût appris de cet homme ce qu'il avait vu. Alors [488] il lui expliqua les saints mystères. Celui-ci abandonna sa maison, s'en alla à un mo- nastère et reçut le baptême. Quand la

patriarche. Quand arriva le moment de sa mort, i l convoqua les prêtres et les notables de l'endroit et les adjura de ne jamais retrancher l'expression panem cœlestem, de ne jamais recevoir d'évêques s'ils n'étaient pris dans leur monastère, et i l ajouta : « Rien ne m'afflige, si ce n'est devoir que ce petit Garaméen 7 qui gouverne le pays l'a divisé en deux prin- cipautés, et fait disparaître l'expres- sion panem cœlestem. » Or, i l parlait du patriarche Cyriacus. Après la mort de Bacchus, Xenaias, son disciple, se rendit près du patriarche avec d'autres gens de Goubba Barraya, qui lu i offrirent un âne et une besace 8 , selon l'usage qui a cours dans l'Eglise, et lui demandèrent de leur ordonner Xenaias pour évêque. I l répondit : « I l n'est pas juste que ces pays soient déte- nus comme un héritage par ce couvent. Nous vous ordonnerons quelqu'un d'un autre endroit, et quelqu'un de chez vous pour un autre diocèse ». Voyant qu'il ne faisait pas leur volonté, ils allèrent trouver les Cyrrhestiens : ils agitèrent le pays et disposèrent les laïcs à la ré - volte. Ceux-ci, à cause de leur orgueil et de l'opulence de leurs richesses, firent facilement la volonté des moines ; ils décidèrent de ne pas recevoir un évêque sinon du monastère de Goubba Barraya, et de ne pas permettre [488] que leur pays fût divisé en deux.

1. L a négation omise par un copiste est requise pa r le contexte. — 2. C e traitement fut infligé

au pape Léo n (III) , à l'instigation des parents d'Adrien son prédécesseu r (772-795). Cf . THEOPH.,

— dans le ms. —

789.

ann.

3.

A

6.

Mabboug. —

Lire

4. Ba r Hébr.

:

^OIA»N».

l'appelle

traître,

ou

apostat.

— 5.

Lacune

d'un

mot

7.

C.-à.-d.

originaire du Beit Garmai.

— 8. Ba r Hébr.

ajoute

:

«

et

une verge

».

LIVRE

XII . CHAP.

V

19

nouvelle en parvint au roi Haroun, i l le fit venir et le questionna. Celui-ci fit courageusement connaître et proclama

et

(déclara) qu'il n'abandonnerait pas le christianisme même si on l'accablait de tortures. On le chargea de chaînes, et il fut emprisonné pendant deux ans. Après qu'on lu i eut fait subir des tour- ments, Haroun le fit appeler de nouveau et lui promit de grands honneurs s'il voulait renier le Christ. I l n'y consentit point. Sur l'ordre du roi, on lui coupa la tête avec le glaive, et on la mit sur un piquet sur le mur de Rafiqah. Tout le monde put voir une lumière, venant du ciel, qui reposait sur elle. Alors, un chrétien l'enleva pendant la nuit et l'emporta en Perse, dans sa ville. A cette époque, il y eut des sauterelles pendant trois ans : elles déposèrent leurs œufs et se reproduisirent, Elles ravagèrent tous les pays de Mésopota- mie ; une grande famine sévit, et des calamités furent causées, plus encore que par la famine, par les impôts et les tributs, et par la rareté de l'argent qui avait été réuni dans le trésor royal. En l'an 1119, la famine s'aggrava da- vantage, et Dieu envoya des bêtes qui arrachaient les morts des tombeaux etles dévoraient. Elles s'attaquaient même aux vivants, et quand des femmes ou des en- fants sortaient, afin de cueillir de l'herbe pour manger, ces bêtes les attaquaient, les dévoraient et les faisaient périr.

la vision qu'il avait reçue de Dieu,

A propos de la construction du

coù-

Cyriacusleur écrivit un avertissement et une admonition pour qu'ils crai- gnissent Dieu et reçussent celui qu'il envoyait. Mais ils ne le reçurent point,- ils répondirent, dans leur obsti- nation, ces gens dont les Ecritures

disent « qu'ils sont rassasiés de pain 1 » :

a Nous ne recevrons personne à moins

que tu ordonnes Xenaias ; sinon, nous ne voulons point d'évêque. » Outre que le patriarche était d'un tempérament ar- dent et voulait accomplir sa volonté, Jean d'Alep et Theodosius de Séleucie

l'engagaient à ne pas céder etl'excitaient

à leur ordonner un évêque promptement

et malgré eux. Et en vérité, je dois dire qu'il y eut ici une erreur et une faute qui ne convenait point à la prudence de ces vénérables (évèques). Quand i l leur eut ordonné Salomon, moine du monastère de Mar Jacques de Cyrrhus, le mal s'en- flamma davantage. Personne ne re-

çut l'évêque, excepté à Goubrîn et Tar- mana 8 ; et les Cyrrhestiens firent cesser chez eux la proclamation 3 du patriarche. Tous les rebelles et les évèques qui avaient été déposés de lépiscopat se réunirent et allèrent trouver Haroun, roi des Taiyayê, dans la prairie de Da- beq, au moment où i l se disposait à en- vahir le pays des Romains. Ils lu i écri- virent une supplique* inique, ainsi conçue : « Nous faisons savoir à l'émir protégé (de Dieu), que ce Cyriacus, qui s'intitule patriarche, a été établi notre chef sans notre consentement; i l a un diplôme, et nous opprime par de lourdes exactions; i l est l'ennemi du ro i et

1.

Cf . Prov.,

xxx,

22 ; JKRÉM., XUV, 17. — 2. Je

crois

qu'il

faut

comme notre ms .

»^so^L,

Trmîzd.

— 3. Il s effacèrent

son

nom

des

lire

bien

que

l'Ar . porte

diptyques.

— 4. àvaçopa.

20

CHRONIQUE

DE MICHEL LE

SYRIEN

vent de Mar Hanania. — En l'an 1104, le patriarche Cyriacus ordonna évêque [489] de Mardè et Kephar Touta un homme nommé Hanania, du monastère de Mar Mattai situé dans le mont Elpheph, c'est-à-dire « des Milliers » de cénobites et de moines qui se trou- vaient dans la montagne. Dans la chronique composée par un nestorien du nom de Denahîsô', dans ses histoires ecclésiastiques, au X e livre, chapitre xvn e , i l parle ainsi de Hanania, évêque des Sévériens, qui fonda à cette époque un couvent dans la montagne de Mardè :

« L'évêque jacobite de Mardè et de Kephar Touta, dans le pays de Djézireh, s'appelait Hanania. I l était riche et abondamment pourvu des biens du monde. I l possédait l'amour des étran- gers. I l était du monastère de Mar Mat- tai, qui est sur le mont Elpheph. I l trouva, dans le voisinage de Mardè, une forteresse bâtie en pierres de taille du temps des Romains. I l l'acheta et en fit un couvent ; i l y planta des vignes et des oliviers. I l donna de 1 or en quantité aux gouverneurs, et fit taire par sa sa- gesse la colère de ses détracteurs . I l éleva en cet endroit une église et un autel ; i l réunit de nombreux moines, dont i l prit très grand soin sous tous

rapports. I l ne fit

gloire mensongère mais en vue de la récompense d'en haut. Ce monastère a été appelé jusqu'à ce jour (monastère) de Mar lïanania, qui est dans la mon- tagne de Mardê ». — Fin.

point cela pour la

de tous les musulmans. I l se bâtit des églises dans le pays des Romains; i l fait passer des lettres aux Romains, et

il ne consent pas à lieu où tu es : mais

Orient, i l s'en va en Occident. » Quand la lettre eut été lue, un édit parut, or- donnant de détruire les églises de la région de Tagra, et toute église nou- velle ; et le ro i envoya chercher Cyria- cus, pour qu'on l'amenât ignominieuse- ment. Mais le Seigneur eut pitié et ne per- mit pas que le saint patriarche fût mal- mené par les mains des impies. Theo- dosius de Séleucie se rendit sur une monture rapide à Callinice et dirigea le patriarche et les évêques par une autre route ; et ils arrivèrent à Goubrîn. Quand le roi sortit de Hadeth pour venir à Goubrîn, le patriarche vint à sa rencontre à côté de la route. Quand i l lui souhaita du bien, on fit connaître au roi que c'était le patriarche dont i l avait confié l'affaire à Isrnaîl fils de Çalih', son secrétaire, qui connaissait le patriarche et l'aimait, afin qu'il fît une enquête sur les accusations que les moines avaient portées contre lui . Quand le patriarche entra avec les moines et les évêques de son parti, la troupe de Caïphe arriva. Outre plusieurs choses, ils attestaient même que le pa- triarche avait tué un évêque et ils l'inju- riaient, l'outrageaient, le méprisaient. Quand Isma'îl connut leur perversité, i l ordonna de les chasser.

A propos de Siméon, du monastère

demeurer dans le quand tu viens en

1. D e mêm e chez Ba r Hébr . ; dans

Y Hist.

saracenica,

trad. ,

p .

155 : Isma'i l

ibn

Sabih .

LIVRE

XII . GHAP. V I

21

de Goubba Barraya, qui était devenu évêque des Arabes et qui avait été tué, tandis qu'i l circulait avec ses disciples, par une troup e de brigand s qu i tomba sur eux, il s disaient que le patriarche avait payé les Taiyayê qui les massacrèrent. Bar Matar, qui avait été envoyé pour dévaster [490] les églises, commit des choses horribles non seulement à Tagra, mais encore dans les villages (du district) d'Antioche et à Jérusalem. I l démolit des églises anciennes, et notre église à Jérusalem. I l en re- tira un grand profit. Tout le monde maudissait les Goubbayê qui furent la cause de cette ruine. Ces choses arrivèrent en l'an 1118. Le patriarche s'en alla habiter dans son cou- vent qui était situé à Callinice.

CHAPITRE [VI]. — De la

la mort de Haroun,

division et de la

après

l'empire des Romains,

au sujet du patriarche Cyriacus.

qui eut lieu dans

division

la mort de Nicephorus.

le royaume

des

époque

Taiyayê

dans

qui s 1 éleva

qui eut lieu à la même

De la division

après

Quand Haroun Raéîd mourut, la construction de la ville d'Héraclée cessa. Son fils, Mohammed, surnomm é Amîn, commença à régner , et fit transporter, de Callinice à Bagdad, les trésors de son père; et aussi l'argent de Mâmoun, et sa famille 1 , parce que Mâmoun régnait dans le Khorasan. Mohammed tomba dans la débauche et l'intempérance, et négligea les affaires de l'empire. Mais Mâmoun, qui était très instruit dans le Livre et la Loi, se conduisait très bien. En l'an 1121* Mohammed et Mâmoun commencèren t à se combattre mutuelle- ment. Le commencement du mal vint de Mohammed qui voulut annuler le tes- tament de son père et faire régne r son fils après soi, au lieu de son frère. I l ne donna pas non plus à son frère l'argent que son pèr e lu i avait attribué ; mais i l s'attira toute l'antipathie de son frère. Ensuite, i l l'envoya chercher astucieuse- ment afin de s'emparer de lui ; mais celui-ci, connaissant [491] son astuce, ne vint point. Après cela, ils en vinrent à se faire la guerre l'un l'autre. Alors, beaucoup de rebelles parurent dans leurs pays. Un certain 'Amrou 3 qui était emprisonné à Callinice, à cause d'un meurtre* qu'il avait commis à Samosate, ayant obtenu un cheval et un glaive, tua le gardien et ceux qui étaient présents, coupa les chaînes de sa prison, monta sur le cheval, et s'enfuit à Samo-

sate où i l massacra

partant avec ceux qui s'étaient attachés à lui , i l s'en alla en Palestine, où ils se

mirent à brigander,

l'émir qui l'avait fait emprisonner ; i l pilla les marchands et,

à

tuer

et à piller. Quand Mohammed envoya Soleiman 5 à

— 5 . Soleiman ib n Mansour ; cf.

1.

WLÛJJUO (BH) .

2.

Ms. :

1021 ; lire

Gesch.

der

: laa|. —

3.

B

Chai.,

II , 187.

H :

4.

B

H :

« de

meurtres ».

22

CHRONIQUE

DE MICHEL LE

SYRIEN

Émèse, à Damas et dans la région de Palestine, 'Amrou se présenta à sa ren- contre et détruisit sa troupe; Soleiman revint à Bagdad couvert de honte.

était en Arménie, ayant entendu parler de 'Amrou,

vint se joindre à lui, et ils se mirent à ruiner le monde. Mohammed donna des présents à ses soldats et mit à leur tête 'Alî*, et les

envoya combattre son frère Mâmoun. Mâmoun envoya ses

et Tahîr* contre les troupes de son frère Mohammed. Tahîr arriva le premier,

avec quatre mille hommes, et rencontra 'Alî qui en avait trente mille avec lui. 'Alî fut vaincu et prit la fuite ; ses troupes furent massacrées. Beaucoup de

ses soldats se noyèren t dans le fleuve d u Balik, à côté duquel eut lieu la

bataille. Les troupes de Tahîr

Djézireh. I l y fit des captifs et du butin. L'émir

du Djézireh, Khormîza 6 (?) vin t à sa rencontre , frappa et massacra sa troupe ;

et Naçr s'enfuit.

Mais quand Mohammed apprit que ses troupes avaient été vaincues, i l fut pris de crainte, et appela près de lui l'émir du Djézireh, Khormîza (?). Celui-ci s'y rendit. Naçr et 'Amrou, les rebelles, l'apprirent, ils se réunirent et passè- rent dans le Djézireh ; et, sans pitié, ils massacrèrent, pillèrent, outragèrent les femmes mariées, les vierges et les enfants. Ils recueillirent les richesses de ces pays 7 , [492] et vinrent à Harran et à Edesse ; ils brûlèrent les villages, les églises et les monastères.

troupes avec Hartama 3

Alors, le rebelle Naçr 1 , qui

prirent beaucoup d'or, d'argent et de vêtements 5 .

Naçr, le rebelle, passa dans le

Quand leur troupe 8 arriva à Haran et pendant qu'ils en faisaient le siège,

les Taiyayê d'Edesse, ennemis des chrétiens, écrivirent à Naçr et 'Amrou que si

on

envoyait quelqu'un pour détruire le ciborium de l'église des chrétiens, ceux-

ci

donneraient tout leur or pour sauver leur église. Et comme le mur d'Édesse

n'avait pas été rebâti, depuis qu'il avait été démoli par Abou Dja'far : les Edes- seniens craignirent beaucoup, parce qu'il n'y avait personne qui pût les sauver. Alors, laissant de côté tous les efforts, ils tournèrent leurs regards vers celui

qu i habite dans les cieu x ; il s décrétèren t u n jeûne , et. se tinren t en prières .

Alors, le Seigneur « qui est proche et exauce quiconque l'invoque en vérité 9 », inspira à Yahya 1 0 fils de Sa'îd, d'aller trouver Naçr et 'Amrou, les rebelles.

Il leur conseilla de s'éloigner 1 1 . Ceux-ci acceptèrent le conseil de ce vieillard ;

car le Seigneur le voulut (ainsi). Les Edesseniens donnèrent cinq mille zouzê

pour leur délivrance. Ces choses arrivèrent en Pan 1123.

1.

Naçr ibn Sebet. — 2.

Gesch.

7.

der

Chai.,

B H

|LoU ! ^o. — 8.

:

11.

ov—.

— II , 182. — (i. Plu s bas : Ua*iios, mais l'Ar . a U^o»aa dans les

Lir e

^a-ijj,.

'Alî ibn Isa . — 3. Hartama

ar .

:

9.

ibn Ayan.

Cf .

Ps.

4. Tahîr ibn Hosein.

—10 .

5. Cf.

deux passages.

Lir e

:

U»~ ; B H

:

: U~. (vers.

GXLIV, 18.

LIVRE

XII . CHAP.

V I

23

mois d'hiver fu- y eut une pluie

modérée, et en tous lieux les semen- ces et les récoltes de toute sorte se développèrent. A la fin du mois de kanoun n (janv.), le vent du nord souf- fla pendant huit jours, et tout fut des- séché comme par le feu; i l n'y eut abso- lument rien cette année-là, ni céréales, ni vendange, ni fruits, principalement en Assyrie et en Mésopotamie. A cette époque eut lieu la dévastation du monastère* de Qennésrîn, de cette manière : un nommé Rabia 1 , des affidés de Naçr 3 , de Gisra sur l'Euphrate, leva le drapeau* (de la rébellion) et des com- pagnons se joignirent à lui . I l vint au monastère de Qennésrin : et comme i l ne se trouva personne pour lu i donner quelque chose pour sa rançon, i l per- mit à ses compagnons de le piller et de l'incendier, avec sa magnifique église qui n'avait pas sa pareille. Ils brûlèrent aussi l'église de l'apôtre Thomas, située au-dessus, dans le rocher, ainsi que toute la forteresse. [491] Ensuite, les Goubbayê qui étaient dans son voisi- nage se rassemblèrent, enlevèrent les bois et les portes et achevèrent de dé - truire complètement le monastère. Ce couvent fut le premier brûlé dans l'em- pire des Taiyayê.

Alorsdans tout l'Occident,en Egypte, en Afrique, parurent des rebelles et des chefs de brigands ; les biens des chré- tiens furent pris par les Yamanayê, les

En cette année 1 , les rent très tempérés, i l

Le patriarche Cyriacus voyant que l'évêque qu'il avait ordonné pour les Cyrrhestiens n'était pas accepté réunit

trente évêques et s'en alla à Goubrîn. Ils écrivirent des lettres invitant à la paix, et envoyèrent quatre évêques au village

les moines de Goubba

Barraya étaient assemblés. Ceux-ci sor- tirent contre les évêques, semblables à des loups arabes, avec des injures et à coups de pierres ; les évêques purent à peine leur échapper. Le patriarche, voyant leur malice, alla trouver l'émir du Heu ; celui-ci fit rassembler ces moines perturbateurs, et le patriarche en en- ferma quarante dans le couvent. Alors quelques-uns des notables Cyrrhestiens s'assemblèrent, vinrent trouver le pa- triarche, reçurent sa bénédiction, et promirent que les moines feraient la paix, pourvu toutefois qu'on laissât sortir ceux qui étaient emprisonnés. Le patriarche fit sur eux la prière d'absolu- tion et les congédia avec les moines. Quand ils furent de retour dans leurs villages, ils renièrent leurs promesses, fu- rent travaillés par Satan, et se rangèrent [491] à l'avis deMattai de Kephar Touta. Ils méprisèrent les lois de l'Eglise, et par l'intermédiaire de Job, qui avait été déposé, et de Jean de Kôkta, qui avait été chassé par le patriarche Georgius, ils osèrent faire deux évêques : Gabriel de Goubba Barraya pour Goulia, et Theophanes 6 , du monastère d'Eusebo- na, pour Koumît, village des Tanoukayê.

de Halîph 5 , où

1. Vraisemblablemen t

1121

(810).

2.

Ms .

:

«

des

moines

». —

3.

J'interprèt e

ainsi

le

mot

« naçraya

». —

4.