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LES TRIBUNAUX DE COMMERCE

1. L’organisation des tribunaux de commerce :


Un tribunal de commerce comprend :
 Un président, des vice-présidents et des magistrats ;
 Un ministère public composé du procureur du Roi et de un
ou plusieurs substituts ;
 Un greffe et un secrétariat du ministère public.
A la tête du tribunal de commerce est placé un président
investi de nombreuses attributions. Outre que celles dévolues
au président du tribunal de première instance par le code de
procédure civile, la loi confie au président du tribunal de
commerce une compétence générale en matière de référé. Il
peut dans les limites de la compétence du tribunal, ordonner
en référé toutes les mesures conservatoires ou une remise en
état pour prévenir un dommage imminent ou pour faire cesser
un trouble manifestement illicite en présence d’une
contestation sérieuse. Et même en l’absence d’une
contestation sérieuse le président peut toujours en matière de
référé, prescrire toute les mesures qu’il estime nécessaire.
Le président du tribunal de commerce est compétant
également pour connaitre des injonctions de paiement fondées
sur les effets de commerce ou des actes authentiques en
application des dispositions du Chapitre III du titre IV du code
de procédure civile. Dans ce cas et par dérogation aux
dispositions de l’Article 161 et 162 du code de procédure
civile, ni le délai d’appel, ni l’exercice de l’appel ne
suspendent l’exécution de l’injonction du président. Seule la
cour d’Appel Commerciale peut en décider autrement.
Toutefois cette compétence du président du tribunal de
commerce obéit à trois conditions :
-Le débiteur doit avoir un domicile connu au Maroc ;
-Le paiement doit concerner une somme d’argent supérieure à
9 000 Dirhams ;
-La dette doit être établie par un effet de commerce ou un acte
authentique.

Les magistrats du siège : Chargés de trancher sur les procès


qui leur sont soumis, les magistrats du tribunal de commerce
peuvent être chargés de fonctions qui revêtent une très grande
importance dans le domaine commercial.
En France, l’originalité du tribunal de commerce réside dans
le fait qu’il est composé par des juges non professionnels, qui
ne sont pas des magistrats de carrières, mais des commerçants
appelés "juges consulaires", élus par les commerçants eux-
mêmes pour une durée déterminée.

Les magistrats du parquet (ministère-public) : Il s’agit du


procureur du Roi et de son ou ses substituts. Le parquet prés
du tribunal de commerce n’ayant pas le droit d’exercer
l’action publique, certains ont estimé que son rôle était sans
importance. Mais un fort courant soutient que le parquet a un
rôle qu’il ne faut pas sous-estimer du moment que le code de
commerce et la loi instituant les juridictions de commerce, en
partant de la nécessité de promouvoir le développement par
l’encouragement des investissements nationaux et étrangers,
ont reconnu au ministère public d’importantes attributions en
matière de prévention et de traitement des difficultés de
l’entreprise, où il a le droit de demander l’ouverture de cette
procédure. Il peut aussi, selon l’Article 620 du code de
commerce, lorsque l’intérêt général ou l’intérêt des créanciers
l’exige, demander au tribunal la continuation de l’activité de
l’entreprise soumise à la liquidation judiciaire. Etant partie
dans les procédures relatives aux difficultés de l’entreprise, le
parquet peut exercer les voies de recours contre les jugements
et arrêts rendus en cette matière.
Comme dans toutes les juridictions où existe un parquet dans
les tribunaux de commerce, il y a un greffe et un secrétariat du
parquet :
-Le greffe : en sus de ses attributions traditionnelles, le greffe
dans ces juridictions a des attributions spécifiques, notamment
en matière de registre du commerce et des difficultés de
l’entreprise.
-Le secrétariat du parquet : Il assiste celui-ci dans
l’accomplissement de ses fonctions.
1. Fonctionnement du Tribunal de commerce :
Le tribunal de commerce fonctionne selon le principe de la
collégialité. En effet, aux termes de l’Article 4 de la Loi 53-
95 : « sauf dispositions contraires de la loi, les audiences des
tribunaux de commerce et des cours d’appel de commerce
sont tenues et leurs jugements rendus par 3 magistrats, dont
un président, assisté d’un greffier ».
Le tribunal de commerce peut être divisé en chambres suivant
la nature des affaires dont il est saisi, étant précisé que chaque
chambre peut instruire les affaires soumises au tribunal et y
statuer. C’est l’assemblée générale qui fixe le nombre des
chambres selon la nature des affaires et leur composition, elle
détermine également les jours et heures des audiences, et
décide de la répartition des affaires entres
chambres. L’assemblée générale comprend l’ensemble des
magistrats du tribunal et du secrétaire greffier (composition
semblable à celle de l’assemblée générale des tribunaux de
première instance). Elle se réunie au moins une fois par an,
dans les premiers 15 jours du mois de Décembre et à tout
moment, chaque fois que le président du tribunal l’estime
opportun.
1. La compétence du tribunal de commerce :
Compétence en raison de la matière :
Le tribunal de commerce est une juridiction judiciaire du
premier de degré, compétente pour connaître :
 Des actions relatives aux contrats commerciaux ;
 Des actions entre commerçants à l’occasion de leurs
activités commerciales ;
 Des actions relatives aux effets de commerce ;
 Des différends entre associés d’une société commerciale ;
 Des différends à raison de fonds de commerce ;
Le tribunal de commerce est compétent pour connaître en
premier et dernier ressort, des demandes dont le principal
n’excède pas la valeur de neuf mille dirhams (9000 Dh), et
des demandes en premier ressort, de toutes demandes d’une
valeur supérieure à ce montant.
Le tribunal de commerce et également compétent pour
connaître de l’ensemble des litiges commerciaux et même
ceux qui comportent un objet civil. C’est ainsi que le
commerçant et le non-commerçant peuvent toujours, par voie
de compromis, attribuer compétence aux tribunaux de
commerce pour connaître des litiges pouvant les opposer à
l’occasion de l’exercice de l’une des activités du commerçant.
N.B :
Les parties pourront convenir de soumettre leurs différends à
la procédure d’arbitrage et de médiation, conformément aux
dispositions des Articles 306 et 327 du code de procédure
civile.
Le tribunal de commerce n’est pas compétent pour connaître
des affaires relatives aux accidents de la circulation, même si
ces litiges ce rapportent aux activités commerciales et
intéressent les commerçants.
Un commerçant peut convenir avec le non commerçant
d’attribuer la compétence au tribunal de commerce pour
connaître des litiges pouvant les opposer à l’occasion de
l’exercice de l’une des activités du commerçant.
Par dérogation aux dispositions de l’Article 17 du code de
procédure civile, le tribunal de commerce doit statuer sur
l’exception d’incompétence en raison de la matière dont il est
saisi par jugement séparé dans un délai de huit (8) jours.

De la compétence territoriale :

La compétence territoriale appartient au tribunal du domicile


réel ou élu défenseur :
 Lorsque ce dernier n’a pas de domicile au Maroc, mais y
dispose d’une résidence, la compétence appartient au
tribunal de cette résidence ;
 Lorsque le défendeur n’a ni domicile, ni résidence au Maroc,
il pourra être traduit devant le tribunal du domicile ou de la
résidence du demandeur ou de l’un d’eux s’ils sont
plusieurs ;
 S’il y a plusieurs défenseurs, le demandeur peut saisir, à son
choix, le tribunal du domicile ou de la résidence de l’un
d’eux.

Par dérogation aux dispositions de l’Article 28 du code de


procédure civile, les actions sont portées :
 En matière de sociétés, devant le tribunal de commerce du
lieu du siège social de la société ou de la succursale ;
 En matière de difficultés de l’entreprise, devant le tribunal
de commerce du lieu du principal établissement du
commerçant ou du siège social de la société ;
 En matière de mesures conservatoires, devant le tribunal de
commerce dans le ressort territorial duquel se trouve l’objet
desdites mesures.
Les parties peuvent dans tous les cas convenir par écrit de
désigner le tribunal de commerce compétent.

4. La procédure devant les tribunaux de commerce :


La procédure applicable devant les tribunaux de commerce est
conforme au schéma classique de quatre phases : la saisine,
les convocations aux instances, les jugements ou ordonnances
et enfin l’exécution.
Pour ce qui concerne la saisine, le tribunal de commerce est
saisi par requête écrite et signée par un avocat inscrit au
tableau de l’un des barreaux au Maroc. Les requêtes sont
enregistrées sur un registre destiné à cet effet. Le greffier
délivre au demandeur un récépissé portant le nom du
demandeur, la date du dépôt de la requête, son numéro au
registre et le nombre et la nature des pièces jointes. Une copie
dudit récépissé est déposée par le greffier dans le dossier. Le
président du tribunal désigne dès l’enregistrement de la
requête un juge rapporteur auquel il transmet le dossier dans
un délai de 24 heures et ce dernier convoque les parties à
l’audience la plus proche dont il aura fixée la date.
La convocation à l’audience est transmise soit par un huissier
de justice, soit par décision du tribunal de transmettre la
convocation par les voies prévues aux articles 37, 38 et 39 du
code de procédure civile à savoir : par des agents du greffe,
par la poste, par lettre recommandée avec accusé de réception,
par voie administrative ou par voie diplomatique si le
destinataire réside dans un pays étranger.
Lorsque l’affaire n’est pas en état, par exemple : si l’une des
parties n’était pas présente le jour de l’audience. Dans ce
cas, le tribunal de commerce peut la reporter à une prochaine
audience ou la renvoyer au juge rapporteur qui est tenu de
porter l’affaire de nouveau en audience dans un délai fixé par
lui-même et n’excédant pas trois mois.
5. Les jugements et ordonnances du tribunal et leur
exécution :
A l’issue de l’audience, le juge rapporteur fixe la date du
jugement lors de la mise en délibéré de l’affaire. La loi précise
que le jugement ne peut être prononcé avant qu’il ne soit
dressé in extenso pour éviter le prononcé avant la rédaction de
ses attendus.
En ce qui concerne le délai d’appel des jugements rendus par
le tribunal de commerce est de 15 jours à dater de la
notification au lieu des 30 jours pour les jugements rendus par
le tribunal de première instance.
Pour ce qui est de l’exécution de ces jugements, la loi prévoit
que le président du tribunal désigne, sur proposition de
l’assemblée générale, un magistrat chargé du suivi des
procédures d’exécution. Celui-ci doit obtenir dans un délai de
10 jours, à dater de la demande d’exécution, soit l’exécution
de la décision, soit l’intention de la partie condamnée. Le
magistrat chargé de l’exécution est tenu de dresser un procès
verbal de saisie-exécution ou un exposé des motifs l’en ayant
empêchée et ce, dans un délai de 20 jours à compter de
l’expiration du délai de mise en demeure.