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Diagnostic et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)

2016

Diagnostic et réhabilitation des


ouvrages de génie civil en
béton
(et ouvrages annexes).

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Diagnostic et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)
2016

Le diagnostic des
ouvrages.
La connaissance
historique des règles de
dimensionnement.

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Diagnostic et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)
2016
HISTORIQUE DU BÉTON ARMÉ

Il est courant d’attribuer la découverte du ciment aux Romains. Ces derniers furent, sans doute, les
premiers à mélanger les cendres volcaniques de la région de Pouzzoles avec de la chaux, et à
vérifier que le mélange ainsi constitué durcissait en présence d’eau. Ils purent ainsi s’en servir en
maçonnerie pour lier les pierres entre elles. A cette époque, apparut alors la « truelle du maçon ».

Curieusement, cette découverte resta en sommeil au moyen-âge et ne réapparut qu’au XVIII ème
siècle, en 1756 plus exactement, dans les travaux de l’ingénieur anglais John Smeaton. Ce dernier
redécouvre les propriétés de l’argile dans les pierres calcaires. Une industrialisation de ce ciment est
alors mise en route par les chaufourniers Parker et Wyats vers 1786.

En France, il faudra attendre jusqu’en 1817 pour que les travaux de Louis Vicat mettent en évidence
une théorie sur l’hydraulicité des chaux et mortiers.

En 1824, l’ingénieur anglais Joseph Aspdin déposera un brevet sur le « ciment Portland », dont la
couleur était semblable à celle de la pierre que l’on trouvait dans les carrières de la presqu’île de
Portland.

Enfin, en 1855, l’architecte français François Coignet construisit le premier immeuble en béton, rue
Danton à Paris.

Réputé pour ses qualités de résistance à la compression, le ciment avouait ses faiblesses dans
d’autres conditions d’utilisation. Naquit alors l’idée en 1845, du mariage ciment-métal, appelé alors
ciment armé et dont le premier exemple fut celui de la barque de Lambot présente à l’exposition
universelle de 1900.

Le développement du ciment armé, puis du béton armé est alors important et voit son exemple le
plus significatif dans les réalisations de l’ingénieur français François Hennebique à partir de 1879.
Ce dernier fut à l’origine de l’inventions de structure s’apparentant à de la charpente bois mais
entièrement réalisée en béton armé.

Dés 1896, apparaissent des projets de maisons préfabriquées en béton armé.

A partir du début du XX ème siècle, l’architecture traditionnelle est bouleversée par la découverte
de ce nouveau matériau. Le 20 octobre 1906, apparait alors la première « instruction ministérielle
relative à l’emploi du béton armé ». Ce règlement ne cessera d’évoluer en fonction des nouvelles
caractéristiques des deux composants principaux du béton armé : les aciers d’une part et le ciment
d’autre part. C’est pourquoi, dans le cadre d’un diagnostic d’un ouvrage existant, il est fondamental
de connaître l’âge approximatif de la construction ainsi que le règlement applicable à cette époque.
En particulier, les vérifications de capacité portante des éléments en béton armé devront être menées
selon le règlement en vigueur à la date de la construction.

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LE BÉTON

Le béton est un mélange homogène des composants suivants :

2-1 LE CIMENT

Ce sont des poudres fines obtenues par la cuisson à haute température puis broyage d’un mélange
de calcaire et d’argile.

Ce mélange forme avec l’eau une pâte capable de « faire prise » et de durcir progressivement (liant
hydraulique).

Le choix de ciment (type) et son dosage dépendent à la fois des performances mécaniques
recherchées, de la résistance à d’éventuels agents agressifs et de la nature des autres composants.

Les ciments ont été définis par la norme française XP P 15-301 révisée puis selon la norme
européenne EN 197-1.

On distingue probablement cinq grandes catégories de ciment :

 Les ciments Portland (CPA) à base de clinker.


 Les ciments Portland composé (CPJ) à base de clinker avec ajouts d’autres composants.
 Les ciments de haut fourneau (CHF et CLK) à base de laitier (résidu minéral de la
préparation de la fonte dans les hauts fourneaux).
 Les ciments pouzzolaniques (CPZ)
 Les ciments au laitier et aux cendres (CLC) à base de clinker, de centres volantes et de
laitier.

A côté de ces cinq grandes catégories, il existe d’autres familles de ciment dont l’utilisation n’est
pas admise en béton armé (chaux hydrauliques, XHN…)

2-2 LES GRANULATS

Ce sont des matériaux inertes (sables, graviers, cailloux…) existant dans la composition du béton.
Ils ont été appelés « agrégats » dans certaines publications.

On distingue généralement les granulats naturels (roulés ou concassés) et les granulats artificiels
(sous produits industriels concassés ou non tels que laitier cristallisé concassé ou laitier granulé…)

Définis par les normes NF P 18-101 et suivantes, les granulats sont traditionnellement considérés
comme étant le squelette du béton.

Il est important de connaître leurs caractéristiques physico-chimique, mécanique ainsi que leur
adéquation avec le béton.

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2-3 L’EAU DE GACHAGE

Les caractéristiques sont données par la norme NF P 18-303. Cette norme définit les caractéristiques
physiques et chimiques de l’eau de gâchage.

2-4 LES ADJUVANTS

Il s’agit de produits employés en faible quantité et susceptibles d’améliorer certaines propriétés des
bétons. Ils peuvent, par exemple, agir sur :

 Le temps de prise,
 Les caractéristiques mécaniques,
 L’étanchéité,
 La mise en œuvre …

Dans le cadre d’ouvrages existants, o, peut par exemple noter qu’à partir de 1909, le sucre était
utilisé comme retardateur de prise. Puis, entre 1910 et 1920, on voit apparaître sur le marché des
produits à base de chlorure de calcium (hydrofuge et accélérateurs de prise)…
En 1964, est créée la COPLA (Commission Permanente des Liants hydrauliques et des Adjuvants
du béton) qui avait en charge d’établir une liste de produits pouvant être employés en toute sécurité.
Plus tard, en 1984, il a été mis en place une certification par la marque NF Adjuvants.
La norme NF P 18-103 classe les adjuvants suivant trois grandes catégories :
 Ceux qui modifient l’ouvrabilité des bétons,
 Ceux qui agissent sur la prise et le durcissement,
 Ceux qui modifient certaines propriétés mécaniques.

Les fibres : utilisées plus récemment, les fibres sont appelées à renforcer l’action des armatures
traditionnelles, en s’opposant en particulier à la propagation des microfissures. On trouve sur le
marché, actuellement, des fibres de verre, des fibres métalliques et des fibres en polypropylène.

Plus récemment sont expérimentés des bétons à poudres réactives (BPR), dernier né de la direction
scientifique de Bouygues.

Par analogie avec la famille des bétons à hautes performances(BHP) ; la recherche a eu comme
objectif d’améliorer l’homogénéité du matériau et sa capacité.

2-5 LES CARACTÉRISTIQUES MÉCANIQUES DU BÉTON

Nous nous limiterons dans ce chapitre, à évoquer les caractéristiques définitives du béton. Les
caractéristiques provisoires telles que la maniabilité ou les problèmes de ségrégation intéressent
essentiellement la mise en œuvre.

 La résistance : c’est la plus importante des caractéristiques du béton.

La résistance est une fonction croissante du rapport ciment/eau et de la compacité.

Par définition ; le béton possède de bonnes résistances à la compression mais de très faibles
résistances à la traction. La valeur de résistance à la compression est généralement donnée à 28
jours et mesurée lors d’essais destructifs sur des éprouvettes cylindriques amenées à la rupture.
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Du fait de cette faible résistance à la traction (une fissure pouvant annuler toute résistance), il a
été pris en hypothèse dès les premiers règlements (1906) de ne prendre en compte dans les
calculs que la résistance à la compression du béton.

A titre d’exemple, dans les années 1930, un béton de gravillon normalement dosé à 350 kg de
ciment Portland, pouvait avoir une résistance à la compression de 182 kg/cm² à 90 jours
(18MPa).

Dans les années 1960, un béton normalement dosé (350kg/m3 de CPA) pouvait atteindre des
valeurs de résistances à la compression de 725 kg/cm² à 28 jours (72,5 MPa) alors que le béton
de poudres réactives a été testé à des valeurs de 2000 à 8000 kg/cm² (200 à 800 MPa)

 Le retrait : c’est un phénomène de diminution de dimension (raccourcissement


généralement) qui accompagne la prise du béton.

Georges Dreux dans son « Nouveau Guide du Béton » assimile le retrait à l’effet d’un
abaissement de température entraînant un raccourcissement.
Des études expérimentales ont montré que le durcissement du béton sous l’eau diminuait
fortement les effets du retrait.
C’est pourquoi, il est courant d’arroser (ou de mettre en œuvre des produits de cure) les pièces
de béton pendant leur phase de durcissement à une époque où le béton n’a que de faible
résistance à la traction et pouvait se fissurer facilement sous l’effet du retrait.
Les différents règlements qui se sont succédés ont précisé les conditions dans lesquelles il était
loisible de ne pas tenir compte des effets du retrait (et des variations de températures) ou les
valeurs à prendre en compte dans les calculs.
Par exemple en 1932, les expériences de M. Pugnet publiées aux Annales des Ponts et
Chaussées, ont mis en évidence des efforts de traction dans le béton de l’ordre de 3 à 15 kg/cm²
(0,3 à 1,5 MPa) selon le pourcentage et les conditions de conservation. Il était alors demandé de
tenir compte de ces efforts qui venaient s’ajouter à ceux causés par les charges permanentes, les
surcharges… pour le dimensionnement des éléments en béton.
Plus tard, les règles BAEL 93 ont fixé des longueurs de constructions pour lesquelles les effets
du retrait et de la dilatation thermique n’étaient pas à prendre en compte au niveau des calculs.
A titre d’exemple, on considère que le raccourcissement du béton dû au retrait en France est de
l’ordre de :
Δl

Δ l / l = 3.10 -4 ce raccourcissement entraîne des contraintes de traction telles que :


Δl/ l = σb / Eb
où σ b représente la contrainte de traction du béton due au seul retrait.
E b représente le module de déformation du béton (voir ci-après), il en résulte que :
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σ b=Δ l / l .E b = 60 bars = 6 MPa.

Or la résistance à la traction du béton est très inférieure à 60 bars (» 20 bars). Le béton est donc
fissuré, ce qui légitimise l’hypothèse faite de ne pas prendre en compte le béton tendu dans les
calculs.

 Le fluage : il s’agit d’un phénomène de déformation différée du béton sous charge constante

A titre de comparaison, on peut prendre des planchers bois anciens où la déformation des
poutres principales atteint souvent des valeurs très importantes.
En ce qui concerne le béton, au-delà d’une certaine charge (à peu prés la moitié de la résistance
ultime à la compression), le béton a un comportement plastique.
Même après suppression de la charge, une déformation subsiste. Cette déformation, due au
fluage du béton, se poursuite sur plusieurs mois, voire plusieurs années.

Δl/l
Déchargement
B

Retour élastique
déformation

Retour de fluage
totale
déformation

A
instantanée

Déformation permanente

O
Temps

OA = déformation instantanée
AB = déformation due au fluage
OB = déformation totale
On admet généralement que la déformation due au fluage est de l’ordre de trois fois la
déformation instantanée.

 La dilatation thermique :

On admet généralement un coefficient de dilatation thermique de l .10-5. Ce coefficient dépend


de la nature et des qualités du béton, ainsi que de la grosseur des granulats. Pour la France, il est
couramment admis une variation de température ΔӨ = ± 20°C, ce qui implique une variation de
la longueur :

Δ l / l = 2.10-4

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 Le module de déformation E :

Issu de la théorie de l’élasticité pour laquelle les déformations sont proportionnelles aux
contraintes appliquées, le module de déformation (ou coefficient d’élasticité) est défini par :

E = Contrainte unitaire/déformation relative

Compte tenu de ce qui précède (déformation due au fluage) on a été amené à considérer deux
modules de déformation :
 un module instantané,
 un module différé,
et ceci pour tenir compte du fait que la déformation totale (comprenant les effets du fluage) est
environ trois fois plus importante que la déformation instantanée.
Cette déformation longitudinale s’accompagne d’une déformation transversale (appelée « effet
Poisson »). Le coefficient de Poisson (rapport entre la déformation transversale et la déformation
longitudinale) a une valeur que l’on prend généralement égale à 0,2.

 Le diagramme déformation – contrainte :

Il traduit le mode de déformation du béton en fonction de la contrainte appliquée à l’échantillon.

On a vu précédemment que le module de déformation (ou coefficient d’élasticité ou encore


module d’Young) mesurait la capacité du béton à se déformer sous contrainte.

Par exemple, dans le règlement de 1935, il était considéré qu’un béton très soigné ayant une
résistance à la compression de 250 kg/m² se casse sous une traction de 20kg/cm².

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LES ACIERS

LES CARACTÉRISTIQUES MECANIQUES DES ACIERS

L’acier ; alliage de fer de carbone, est le plus employé des métaux utilisés en génie civil.
On classe généralement les aciers à partir de leur composition chimique et principalement à
partir de leur teneur en carbone.

aciers
Forte
0 0.1 0.25 0.4 0.6 1 1.7 teneur
x x x x x x en
Extra doux mi-doux mi-dur dur extra-dur carbone
doux (%)

La teneur en carbone permet donc de faire varier les caractéristiques mécaniques (résistance,
dureté, allongement).
Les traitements thermiques, thermomécaniques, mécaniques ainsi que l’addition d’éléments
d’alliage, du fait des différentes transformations structurales peuvent également entraîner des
modifications des caractéristiques mécaniques.
Pour caractériser les aciers, on dispose alors globalement de trois types d’essai :

 L’essai de traction : c’est le plus important et le plus réalisé ; il permet de déterminer les
caractéristiques utilisables dans les calculs.
 L’essai de dureté : surtout utilisé dans l’industrie mécanique, il donne des informations
sur la relation dureté-résistance à la traction.
 L’essai de résilience : c’est un essai dynamique qui permet de caractériser la « fragilité »
du matériau.

Nous avons vu précédemment (§ 2.5) que, de par sa constitution, le béton ne pouvait résister à
des efforts de traction importants. L’intérêt du béton armé est donc de faire reprendre les efforts
de traction par l’acier.

Le béton aura alors le rôle de transmission des efforts des aciers.

 Supposons que le béton ne soit pas fissuré, alors la déformation de l’acier et du béton est
identique.
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Ce qui implique donc que :

(Δ l / l ) béton = (Δ l / l ) acier

Or (Δ l / l ) acier = σ b/ Eb

Ce qui, pour du béton à 150 kg/cm² de résistance, donne :

(Δ l / l ) béton = 150/225 acier = 2/3.10-3 m

Or (Δ l / l ) béton = (Δ l / l ) acier = σ a/ E a ==> E a (Δl/l ) béton ²

= 2/3.10-3 X 2.l.106

= 1400daN/cm²

 σa << limite de rupture d’acier

 Supposons maintenant que le béton soit fissuré, alors la transmission de l’effort de traction
entre les deux blocs de béton se fait par l’acier.

Il faut donc que la contrainte de traction soit inférieure à la limite élastique de l’acier (calcul en
élasticité)

 Les aciers ronds lisses ou ronds à béton :

Jusque vers 1950, ce sont les seuls aciers utilisés en béton armé. A l’heure actuelle, ils ne
constituent plus que 10% des aciers utilisés ; ils sont surtout utilisé&s comme barre en attente
car on peut les plier et déplier plusieurs fois sans risque de rupture.

On distingue alors :

 Les aciers doux FeE22 : qui proviennent de la récupération des profilés de charpente
métallique. La limite élastique était voisine de 21daN/mm². On pouvait les plier à 90°
à froid sur un mandrin de 5 Ф.

 Les aciers doux FeE24 : qualité construction métallique. Ils étaient souvent utilisés
dans les ouvrages anciens. Leur limite élastique est de 24 kg/mm². On peut les plier à
180° à froid sur eux-mêmes.

 Les aciers à haute adhérence :

Ils sont caractérisés par les aspérités de surface, généralement en forme d’hélice, qui
permettent d’augmenter l’adhérence acier-béton, ainsi que par une limite élastique plus
élevée que les aciers souples.

On peut trouver dans les ouvrages à diagnostiquer :

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 Des aciers TOR : dont les caractéristiques sont les suivantes :

Diamètre Limite élastique Ductilité Pliage Mandrin

Ф > 20 4200kg/cm² 15 % 180° 5Ф

Ф > 20 4000kg/cm² 15% 180° 5Ф

 Des aciers Caron : dont les caractéristiques sont identiques aux précédentes, à
l’exception de la ductilité qui est de 14 %.

 Les treillis soudés :

La première notice technique sur les treillis soudés apparaît en janvier 1958. Les contraintes
admissibles enregistrées à l’époque étaient de l’ordre de 25 à 28 kg/mm².

En l’absence de normalisation, on pouvait se reporter au catalogue des différents


producteurs.

Une première amorce de normalisation est apparue en 1960 et en 1963, les sociétés
productrices de treillis soudés fondent l’ADETS (Association Technique pour le
Développement de l’Emploi de Treillis Soudés).
Il est alors créé des panneaux standards ainsi qu’un « guide pratique de calcul et d’utilisation
des treillis soudés dans les planchers ».

En 1979, sortent les normes AFNOR.

Il est donné en annexe les principaux types de treillis soudés utilisés en bâtiment.

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L’ADHÉRENCE ACIER-BÉTON

3-2-1 Étude expérimentale

On mesure le déplacement de glissement de la barre en fonction de la force.

On constate

Force

L’adhérence n’est pas un phénomène de collage, ici il


y a toujours une force à exercer

Glissement

________________________________________

On explique le phénomène d’adhérence :


On admet que les aspérités de la barre donnent naissance à des cônes de compression qui
s’opposent au déplacement de la barre.

On définit le taux d’adhérence : rapport de la force de traction et de la surface de contact


acier-béton (=contrainte)

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3-2-2 Les deux modes de rupture d’adhérence

fissures
<

étrier

 Celui qui correspond à la rupture de la base d’appui des cônes. Dans ce cas, le taux
d’adhérence s’annule.

Ce mode de rupture n’est pas admissible en BA. Pour l’empêcher, il faut :

- mettre les barres suffisamment loin des bords de la pièce,


- mettre des armatures transversales (étriers) qui s’opposent su développement de
la fissure.

 Celui qui correspond à la rupture des cônes eux-mêmes : le taux d’adhérence a une
valeur limite, toléré en BA.

3-2-3 Facteurs influant sur l’adhérence

1) Rugosité des barres et contraintes latérales :

Les aspérités augmentent le taux d’adhérence, en particulier la rouille (sous


réserve de brosser les barres avant). Une fois dans le béton, la rouille d’arrête.

Il faut que les aciers aient une forme étudiée.

Le taux d’adhérence est d’autant plus élevé que la contrainte de la compression de


la gaine de béton qui entoure la barre est plus élevée.
C’est pourquoi, il faut ancrer les aciers dans les zones comprimées.

2) Traction et refoulement :

Même taux d’adhérence dans les 2 cas.


traction

refoulement

3) Influence de l’épaisseur de la gaine et des armatures transversales :

L’adhérence est meilleure en plaine masse qu’au voisinage des parois.


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L’adhérence augmente avec le volume des armatures transversales.

4) Influence de la quantité de béton :

L’adhérence est proportionnelle à la contrainte de rupture à la traction du béton.

5) Influence de la forme de la barre :

Les aciers circulaires présentent le meilleur taux d’adhérence.

6) Valeur pratique du taux d’adhérence :

Entre 20 et 40 kg/cm²

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NOTION DE RESISTANCE DES MATERIAUX

Nous nous limiterons, dans ce chapitre à l’étude rapide de la théorie des poutres.
En particulier, il conviendra de garder à l’esprit les hypothèses générales de cette théorie :

 Le matériau est supposé homogène et isotrope. Les déformations subies,


sous l’effet des charges extérieures, sont réversibles et de très petites
dimensions (théorie de l’élasticité linéaire).

 Les déplacements des points matériels entre eux sont négligeables (théorie
dite du 1° ordre).

Il en résulte donc de ces hypothèses deux lois ou principes :


 loi de Hooke généralisée : qui stipule que les relations entre les forces
extérieures, les contraintes et les déformations sont linéaires et homogènes.
 le principe de superposition : une contrainte (ou déformation) produite par
plusieurs charges appliquées est la superposition des contraintes produites
par chacune des charges supposée agir isolément.

Dans le cas particulier des poutres, à ces deux principes, s’ajoutent deux autres :

 le principe de St Venant : les contraintes dans une section  éloignée des


points d’application des forces extérieures ne dépendent que des sollicitations
du système constitué par des forces appliquées d’un seul côté de .
 le principe de Navier - Bernouilli : lorsqu’une poutre se déforme, les
sections droites restent planes.
F ex t


Il en résulte que, pour pouvoir appliquer la théorie des poutres, il convient de s’assurer que
ces hypothèses sont effectivement respectées.

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On considère généralement que des résultats fiables pourront être tirés de cette théorie si
les conditions suivantes sont remplies :
 La largeur de la poutre (dimension transversale) est petite devant sa longueur,
soit de l’ordre de :
l
1 h 1
  pour une poutre droite
30 l 5

1 h 1
  pour un arc h
100 l 5

(« h » : hauteur de la poutre et « l » longueur de la poutre).

 Le rayon de courbure de la fibre moyenne est supérieur à 5 fois la hauteur.


 Pour une poutre à section variable, la variation doit être progressive le long de
la fibre moyenne.

Les charges extérieures appliquées sur une poutre sont des « actions » qui
produisent à l’intérieur même de la matière formant cette poutre, des
« sollicitations ».
Les sollicitations les plus usuelles sont :
 Le moment fléchissant (flexion de la poutre).
 L’effort normal (compression ou traction axiale).
 L’effort tranchant (cisaillement de la poutre).

Nous allons étudier dans ce qui suit, les différentes sollicitations pouvant être appliquées
aux poutres.
Notations utilisées :
M = moment fléchissant t = contrainte d’effort tranchant
N = effort normal E = module d’élasticité
T = effort tranchant S = aire de la section
e = contrainte de compression
t = contrainte de traction

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La compression / la traction

Considérons une section droite d’une poutre quelconque, soumise à une force extérieure
perpendiculaire à cette dernière.

   

Soit S l’aire de la section (), cette force entraîne sur chaque élément de la surface () une
contrainte normale [perpendiculaire à ()] constante sur toute l’étendue de la section et
valant :
N
t 
S


l
 l

Sous l’effet de cette force extérieure, les fibres de longueur initiale l subissent un
allongement l , tel que :

l N
 
l ES

En effet, d’après la loi d’Hooke généralisée, on sait que :


 l N
La déformation vaut :   t  t or  t  et  t 
E l S

l N
D’où 
l ES

La déformation agit donc dans le sens d’un allongement pour un effet de traction, et dans
le sens d’un raccourcissement par un effort de compression.

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La flexion pure

Considérons une poutre quelconque, et deux sections droites de cette poutre.

y
     

( f)
x

l
Si l’on soumet cette poutre à un système de forces provoquant la création d’un moment
fléchissant, d’après le principe de Navier - Bernoulli, les sections () et (’) restent droites
après déformation.

   

( f)

L’allongement d’une fibre quelconque (f) comprise entre les sections () et (’) est une
fonction linéaire de ses coordonnées dans la section ().

La contrainte dans la fibre (f) est alors, compte tenu de la loi de Hooke :
 = a + by + cz
où les constantes a, b, c sont déterminées par le principe d’équivalence :

    dy dz  0
 (équilibre des forces)

   . y . dy . dz  M

(équilibre des moments)

  . z dy dz  0 (on suppose M dirigé suivant x)

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My
Ce qui entraîne finalement : 
I

où I est l’inertie de la section par rapport à l’axe principal portant le moment fléchissant.

L’allongement de la fibre (f) peut alors être considéré comme :

l M. y
 
l EI

Le déplacement relatif de () et (’) se traduit donc par une rotation :

M. L

EI

On représente généralement les contraintes sur le diagramme suivant :

M y
 
I
( f bi re com p rmi é e )
y

(a xe n e u tre )

y '

M y '
 
I
( f bi re te n d u e )

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Les sollicitations à l’effort tranchant

Son effet est généralement concomitant à celui d’un moment fléchissant.

La contrainte d’effort tranchant est donnée par :

Tm
t
Ib


Où Tm = = moment statique de l’aire située au-dessus de la parallèle à Gz.
b (y )

T
t max  v
bz
t (y )
y
I
z  bras du levier du couple interne G mt a x
0
v '

La déformation d’effort tranchant est alors :

y
  

    

T G
G G '

x
G '

l
l

(Où SI est la section réduite)


T
  Pour un rectangle SI = 5/6 S
GS I losange SI = 30/31 S
cercle SI = 9/10 S

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La torsion

Le problème général de la torsion est relativement complexe.


L’étude est généralement faite par la théorie de l’élasticité dont nous retiendrons les
éléments suivants :
 Les contraintes de torsion sont des contraintes tangentes qui se superposent au
cisaillement
 Ces contraintes sont perpendiculaires au rayon vecteur issu du centre de torsion
 Pour un cercle ces contraintes sont proportionnelles à ce rayon.

Section circulaire :
Lors de l’analyse de la déformation de la section due à la torsion, le point M’ devient M’1 et
donc :
M’ M’1=Ɣ dx = τ/G dx= ρ dƟ. Où ρ= GM=G’M’
Soit τ=Gρ dƟ/dx
La force élémentaire τ dϖ produit alors un moment élémentaire ρτ dϖ.
La somme de ces moments élémentaires doit équilibrer le moment de torsion Mt, d’où :
Mt=GIp dƟ/dx = τ/ρ Ip
Où Ip est le moment d’inertie polaire.
On en déduit que : τ=ρ Mt/Ip et dƟ/dx = Mt/ (G Ip)

Application à un cercle :
Ip=Ix+Iy=2 π R4/4=π R4/2
Soit τmax=0,637 Mt/R3 et dƟ/dx=0,637 Mt/(GR4)

Section rectangulaire :

L’étude est faite à partir du développement en série et aboutit à une formule de la même forme
que pour la section circulaire :

dƟ/dx = Mt/(G*J) où J est le module de torsion J=Kab3.

On en déduit que :

dƟ/dx = Mt/(GKab3) et τmax=K’ Mt/(ab²)

Approximation de Caquot pour la détermination des paramètres K et K’:


On pose m=a/b
1/K = (1+1/m²)[0,225-0,035 ((m-1)/(m+1))²]
K’=0,601-0,226 (m-1)/(m²+1)0,5

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Diagnostic et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)
2016

La pathologie des ouvrages en béton

I) La fissuration :
I.1) Définition :
C’est la manifestation extérieure et visible d’un état de contrainte que le matériau n’est pas
capable de supporter.
Cet état résulte de l’application d’actions engendrant des sollicitations amenant le matériau
à la rupture.
Il peu s’agir de contraintes de traction, de compression ou de cisaillement incompatibles
avec l’ouvrage.

I.2) Cas particulier du béton :


Par nature le matériau béton possède une très faible résistance à la traction .La fissuration
est donc généralement engendrée par une redistribution d’efforts amenant à l’épuisement de
la résistance à la traction de la pièce sollicitée.
La fissure se situe alors dans le plan sur lequel s’exerce la contrainte principale de
traction.
Il en résulte également que les contraintes principales de traction et de compression
s’exercent sur des faces perpendiculaires. Ces éléments sont illustrés par le cercle de Mohr
ci-dessous :

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Diagnostic et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)
2016

Application :

Il résulte alors de l’application du


cercle de Mohr le principe qu’une fissuration par traction est équivalente à une fissuration par
cisaillement sur des facettes disposées à 45 °.
C’est également ce qui permet d’expliquer que des fissures par tassement différentiel sont
disposées à 45° environ et non purement verticales.

I.3) Fissuration liée au fonctionnement de l’ouvrage :


Ces fissures peuvent :
 soit provenir de sollicitations conformes au principe du calcul (fissuration peu
préjudiciable du BAEL par exemple), leur danger ne résulte alors que d’une valeur non
appropriée de leur ouverture.
 soit être engendrées par des sollicitations non conformes au schéma de calcul .Elles sont
alors le signal d’un fonctionnement anormal de la structure.

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2016

Exemples de fissures dues au fonctionnement de l’ouvrage :


a) fissures de compression (gonflement du matériau par effet Poisson) :

b) fissures de traction (résultant d’une traction directe) :

c) fissures de traction (résultant d’une traction par flexion) :

d) fissures de cisaillement (résultant des bielles de compression sur appuis) :

e) fissures de cisaillement (résultant d’un effort de torsion) :

f) fissures de cisaillement (résultant des bielles de compression le long d’un tirant) :

g) fissures longitudinales le long des barres (défaut d’adhérence) :

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h) fissures d’éclatement dans les zones comprimées du béton :

i) fissures reliant les barres d’une poutre :

j) fissures au droit d’un clavetage (traversantes au niveau de la bielle d’appui et de la zone


d’ancrage des armatures d’effort tranchant) :

k) fissures de retrait ou d’hygrométrie (effort de traction superficielle à la suite d’une perte


de volume du matériau) :

l) fissures thermiques (effort de traction sur une pièce bridée) :

m) fissures de retrait (liées à des dispositions constructives inappropriées) :

n) fissures liées à des phénomènes de fatigue :


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Diagnostic et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)
2016
Ces phénomènes apparaissent de façon privilégiée sur des structures soumises à des
charges (statiques ou dynamiques) pouvant varier fortement en intensité et en fréquence
dans le temps.
Des essais réalisés sur des BHP ont mis en évidence les résultats suivants :

(doc. Annales ITBTP n°536)

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Diagnostic et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)
2016

I.4) Fissuration liée au matériau et à sa mise en œuvre :


Elles sont récapitulées dans le tableau ci-dessous (inspiré du Bulletin d’information n°183
du CEB) :

Il est à noter que les 5 premières causes de fissuration interviennent entre les premières
heures et les premiers mois d’existence du béton. La mise en place plastique est due à
l’écoulement du béton qui peut entraîner des poches vides au dessous des armatures.
Les fissures par effet de corrosion des armatures sont la manifestation d’une augmentation
de volume des aciers.

Exemples de fissures liées au


matériau et à sa mise en œuvre.

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Diagnostic et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)
2016
Note sur la fissuration précoce du béton :

Les 4 principales causes sont :


o le ressuage : apparition d’une pellicule d’eau claire à la surface libre horizontale du
béton frais avec tassement progressif du squelette du béton sous l’effet de la
pesanteur. Il peut alors apparaître des fissures ouvertes (de plusieurs millimètres
parfois) au droit des obstacles s’opposant à ce mouvement de tassement.
o le retrait plastique : il s’agit du retrait exogène par dessiccation qui se manifeste
avant et pendant la prise.
o la contraction thermique après prise : elle est due au caractère fortement
exothermique de la réaction d’hydratation. La température au sein du béton peut
atteindre plusieurs dizaines de degrés avant retour à la température normale.
o le retrait par auto-dessiccation : il s’agit de la contraction isotherme en cours
d’hydratation (phénomène endogène)
o le bridage (retrait gêné).

Auto-dessiccation de la pâte ciment en fonction du rapport E/C (source LCPC)

Les causes générales de fissuration précoces sont résumées dans le tableau ci-après :

Exemple de fissuration par retrait


plastique.

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Diagnostic et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)
2016
En 2015 dans le cadre du projet CEOS (Comportement et évaluation des Ouvrages
Spéciaux), visant à valider les formules du calcul de la fissuration de l’Eurocode 2 pour
des ouvrages spéciaux et en particulier pour les ouvrages massifs (semelles, radier…), il
a été publié des « recommandations pour la maîtrise des phénomènes de fissuration ».

En ce qui concerne les effets de l’hydratation à jeune âge du béton, les principaux
enseignements de cette étude sont les suivants :
 si la pièce est bridée lors de la phase de refroidissement, les contraintes de
traction en résultant peuvent être la cause de fissuration. Il peut s’agir par exemple
du bridage d’un radier par le frottement du sol sur lequel il est coulé ou d’une levée
de voile bridée par sa jonction avec le même radier.
 si la pièce est libre, ce sont les différents écarts de température qui peuvent être à
la base de la fissuration précoce du béton.

Ecarts de température (gradient thermique) pouvant générer des fissurations :


 gradient thermique entre le cœur et la surface de la pièce pendant et après la
phase de montée en température du béton ou après le décoffrage ou pendant la
période de cure. La fissuration peut se produire :
o à court terme : dans les 3 jours qui suivent le coulage. il s’agit
principalement d’une fissuration du parement en l’absence de ferraillage de
peau ou de décoffrage trop rapide. Dans ce cas il convient de limiter la
zone tendue de la pièce à 20% de son épaisseur sur chaque parement
o à long terme : dans les 10 à 30 jours pendant le refroidissement du cœur,
la pièce peut se trouver bridée par le prochain coulage. Ce bridage peut
générer une fissuration au cœur de la pièce qui peut déboucher sur les
parements.
 différence de température entre une nouvelle levée de béton et la levée
précédente liée au nouveau coulage. Elle intervient dans les 10 à 30 jours après le
bétonnage
 différence de température entre 2 pièces de béton d’épaisseur différente mais
coulées en une seule phase.

L’étude a également mis en évidence un effet d’échelle pour les pièces massives.
De fait, il a été noté que lorsque le volume chargé est important, la contrainte limite de
traction du béton venait à diminuer (effet d’échelle de Weibull).
Cet effet d’échelle est d’autant plus important que la qualité du béton est faible (contrainte
de compression basse).

I.5) Caractérisation d’une fissure :


Une fissure est caractérisée par les éléments suivants :
 l’âge : c’est le paramètre le plus difficile à estimer quand il n’est pas lié directement
à une cause accidentelle connue. Il a pour intérêt de permettre d’appréhender
l’état de la fissure (obstruction par la formation de cristaux de chaux rendant
difficile l’injection,…).On considère qu’une fissure de moins de 2 ans peut être
facilement injectable même si pour les réservoirs il a été constaté des calcifications
à la mise en eau.
 l’ouverture : c’est la valeur maximale de la distance entre les lèvres. Elle est
facilement mesurable pour des fissures d’allure rectiligne (fissuromètre, compte-fil,
jauge, loupe de mesure linéaire…), elle l’est moins pour des fissures d’allure
aléatoire.
 Le tracé : c’est l’orientation et la longueur mesurable de la fissure. L’orientation,
comme nous l’avons vu précédemment est le révélateur de l’origine de la
pathologie. Lorsque la fissure est continue sur son axe d’orientation, elle est dite
fissure franche. Lorsque l’axe d’orientation est interrompu, elle est appelée fissure
discontinue. La longueur de la fissure est couramment considérée comme le
développé de la partie visible.
Xavier Lauzin Août 2016 29
Diagnostic et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)
2016
 La profondeur : une fissure est dite traversante si elle visible sur les 2 faces de la
pièce, elle est dite aveugle si elle est traversante mais ne peut être accessible sur
une des 2 faces (par exemple réservoir semi enterré pour la face côté terre).Une
fissure est appelée de surface quand son ouverture est maximale en surface et
nulle quelque cm plus loin.
 L’activité : c’est l’aptitude de la fissure à varier dimensionnellement dans le temps.
On distingue les fissures mortes (ouverture constante quelles que soient les
sollicitations telles que les variations de température, de charges appliquées,…)
des fissures actives (ouverture variable en fonction des facteurs extérieurs tels que
ceux évoqués précédemment).La variation de l’ouverture s’appelle le souffle de la
fissure.

Les appellations suivantes sont généralement admises :


 Microfissures : fissure dont l’ouverture est inférieure à 2/10° de mm
 Fissures : ouverture comprise entre 2/10° et 20/10° de mm
 Lézardes : fissures dont l’ouverture est supérieure à 20/10° de mm.

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II) La dégradation du béton :

Le béton est généralement considéré comme un matériau durable sous réserve qu’il ait été
correctement formulé, correctement dimensionné et correctement mis en œuvre. Il s’agit
cependant d’un matériau qui reste sensible à des actions physico-chimiques, mécaniques et
parfois biologiques.

Schéma de la dégradation des bétons et de la corrosion des armatures

II .1) Les dégradations physico-chimiques :

II.1.1) La carbonatation et la corrosion des aciers :


Le béton des réservoirs et de façon plus générale des stations d’épuration ou de pompage est
en contact avec l’air, avec l’eau (ou les effluents) et la terre (ou le sol en place).
Or l’air ambiant contient du gaz carbonique (entre 0.03% et 0.10%) qui lorsqu’il est hydraté (par
l’eau de pluie par exemple) se transforme en un acide faible (acide carbonique H2CO3).
La portlandite présent dans le ciment réagit alors pour former du carbonate de chaux selon :
Ca (OH)2+CO2+H2O -------- CaCO3+2H2O
Cette action a pour effet de faire baisser le PH de la phase interstitielle du béton pour le faire
descendre au dessous de 9 pour une valeur initiale de 13.
Si la carbonatation est plutôt favorable pour le béton (elle pourrait être comparée à la formation
du calcin pour les pierres calcaires), elle est dommageable pour les armatures qui se retrouvent
à un PH qui ne permet plus de garantir leur passivation.

Schéma de la corrosion des aciers :

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Diagramme de Pourbaix pour le système Fe-H2O :


Domaine I : domaine d’immunité dans lequel le fer ne se corrode pas
Domaine II : domaine de corrosion où se forment les ions Fe 2+ et FeOOH-
Domaine III : domaine de passivité où le fer se recouvre de Fe3O4 ou Fe2O3.

Schéma de la cinétique du comportement des armatures et du béton d’enrobage (Tuutti 1982)


Après une phase d’amorçage plus ou moins longue qui dépend de l’enrobage des armatures,
de la compacité du béton…on assiste à un développement rapide de la corrosion et par effet
d’expansion à l’apparition des fissures de la zone située autour des aciers.
Schéma de la carbonatation des bétons :

Différents essais ont été réalisés pour tester l’influence des paramètres entrant dans la
composition du béton ou dans l’exposition de l’élément sur la profondeur de carbonatation.
Xavier Lauzin Août 2016 32
Diagnostic et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)
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Ces essais sont résumés ci-après :
 Influence de la résistance en compression du béton :

Evolution de la profondeur de carbonatation en fonction du temps (Balayssac 1992)


Courbes 1 à 5 : bétons de CPJ-CEM II 32.5 avec des valeurs de fc28 valant respectivement :
20, 25, 30,35 et 40 MPa.
Il apparaît que plus la résistance à la compression est élevée, moins la carbonatation est
rapide.

Comparaison entre la carbonatation d’un béton


ordinaire (C25/30) et d’un béton HP (C60/75).

Influence de la résistance à la compression du béton sur la profondeur de carbonatation.


La profondeur de carbonatation peut être approchée par la formule :
e = 125 exp (-0.05fc28)

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 Influence de l’hygrométrie du milieu extérieur :

Influence de l’humidité sur la progression de la carbonatation (Wierig 1984)


Courbe 1 : t=20°C et 65% HR (ambiance extérieure)
Courbe 2 : t=9°C et 77% HR (ambiance extérieure et sous abri)
Courbe 3 : t=9°C et 77% HR (ambiance extérieure sous exposition à la pluie)
Cette expérience tend à démontrer que le phénomène de carbonatation se développe
plus profondément sur des bétons soumis à une hygrométrie importante que sur les
autres.

 Influence du rapport E/C :

Influence du rapport E/C sur la profondeur de carbonatation (Skjolsvold 1986)


Courbe 1 : éprouvette conservée 1 jour dans son moule et 27 jours dans l’eau
Courbe 2 : éprouvette conservée 1 jour dans son moule
Les profondeurs de carbonatation sont mesurées après 6 ans d’exposition.
L’influence de la quantité d’eau apparait clairement dans l’augmentation de la profondeur
de carbonatation.

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 Influence du dosage en ciment :

Influence du dosage en ciment et de la durée de cure sur la profondeur de carbonatation.


L’augmentation du dosage en ciment intervient favorablement sur la profondeur de
carbonatation.

Conclusion : la pathologie liée à la carbonatation et dépendante des paramètres évoqués ci-


dessus est principalement assujettie à une donnée de base qui est l’enrobage des aciers.
Les prescriptions du BAEL, du FDP 18.011 et de l’EN206 sont les suivantes :
 Béton au contact du sol, voiles extérieurs, béton au contact de liquides faiblement
agressifs (classes XA1)… : enrobage minimum 3 cm
 Béton au contact de liquide moyennement agressif : 4 cm
 Béton au contact d’eau saumâtre ou dans les zones de marnage : 5 cm.

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Exemple :
Il s’agit de la vérification des épaisseurs d’enrobage au niveau d’un dessableur de STEP.

Vue des parois après coulage et en cours de ferraillage


Les résultats des auscultations réalisées au pachomètre sont les suivants:

Pour un enrobage règlementaire de 4 cm, il apparaît que jusqu’à 91.4% des armatures ne
respectent cette condition.

Xavier Lauzin Août 2016 36


Diagnostic et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)
2016
II .1.2) Réactions sulfatiques :
Ces réactions peuvent se produire en milieu marin ou au niveau d’effluents chargés e
sulfates. De façon simplifiée, les réactions sulfatiques sont le résultat d’attaque des sulfates
sur la chaux et les aluminates du ciment. Le produit final est l’ettringite (ou sel de
Candlot).Le mécanisme est le suivant :

Ca (OH)2+H2SO4-----------CaSO4+2H2O
Et
3 CaSO4+C3A+32 H2O-------------C3A.3CaSO4.32H2O-------expansion
(Ettringite)
Ce sel est présent dans le béton sain.
On distingue alors 3 types d’ettringite qui peuvent coexister dans un même béton :
 L’ettringite de formation primaire (sans expansion)
 L’ettringite de formation secondaire (expansion possible)
 L’ettringite de formation différée à la suite d’une élévation de température (expansion
possible).

L’ettringite de formation primaire correspond au produit de l’hydratation des ciments. Les


cristaux formés (forme aciculaire) apparaissent avant le durcissement du béton dans les
espaces libres et contribue à la bonne cohésion de la pate cémentaire (cohésion à jeune
âge).

.
(doc. LCPC)

L’ettringite de formation secondaire cristallise dans le béton durci à la faveur de


circulation d’eau dans les bétons et des sources de sulfates externes (sols,…) ou internes
(quantités trop importantes dans les constituants du béton).

Elle cristallise sous forme aciculaire dans les espaces libres du béton (pores, fissures,
interface pâte-granulats,…). L’ettringite de formation secondaire consécutive à un apport
externe ou interne de sulfates est susceptible de générer des gonflements.

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L’ettringite de formation différée (DEF) ne concerne que les bétons qui ont subi à jeune
âge une augmentation de température supérieure à 65-70°C.
Des cristaux peuvent se former après retour à une température ambiante et en présence
d’humidité provoque des pressions de gonflement accompagnées de phénomène
d’expansion.

Les 3 types d’ettringite Source LERM.

Ces réactions sulfatiques ont principalement lieu :


 Par actions des eaux séléniteuses
 Par actions des eaux de mer (contenant 2.2g/L de MgSO4)
 Par actions des remblais ou de sols contenant des sulfates

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 Par actions des pluies acides (entraînant le SO2 contenu dans l’atmosphère)

Influence du rapport E/C sur les attaques sulfatiques (Ouyang 1988)

L’agressivité du milieu sulfatique dépend également de la concentration en ions SO42-mais


également de la nature du cation (Ca2+,Mg2+,Na2+,NH4+).Le fascicule de documentation FD P
18.011 donne des indications à ce sujet.

Influence de la teneur en C3A sur les attaques sulfatiques.

Il résulte de cette étude que les ciments contenant de l’aluminate tricalcique sont
particulièrement sensibles aux attaques sulfatiques.

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La norme EN 206 préconise les dispositions suivantes :

Exemples de réaction sulfatique sur une bâche à boue (STEP)

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2016

Cas particulier de la Réaction Sulfatique Interne (RSI):


Il existe en interne du béton une source de sulfates (ciment, eau, granulats) susceptible de
créer une formation différée d’ettringite et donc de dégrader la pièce de béton.
La principale cause (indispensable mais pas suffisante) est l’élévation de la température
durant la prise du béton.

Enregistrement des élévations de


température dans une pièce
massive (4*5*6 m)

La réaction sulfatique interne se traduit par une augmentation du volume de la pièce


accompagnée d’une fissuration de surface du béton.

RSI sur une pile de pont en rivière.

Le Guide 2007 du LCPC a émis un certains nombres de recommandations pour éviter ce


phénomène :
 Eviter les coulages à des rythmes très soutenus
 Choisir le ciment et la formulation des bétons (ciment LH, eau glacée, granulats
refroidis,…). Il convient en particulier d’éviter les ciments CEM I 52,5 R dans une pièce
massive.
Xavier Lauzin Août 2016 41
Diagnostic et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)
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 Eviter les coulages par forte chaleur.
L’identification des pièces massives n’est pas évidente. Par exemple une semelle de 1,50m
d’épaisseur coulée en place avec du béton C30/37 dosé à 370 kg/m3 de ciment CEM III/A 42,5
N atteindra une température maximum de 49°C alors qu’un voile de 0,60m d’épaisseur coulé
avec du béton C40/50 dosé à 400 kg/m3 de ciment CEM I 42,5 R atteindra une température à
cœur de 65°C.
Il a donc été défini la notion de pièce critique :
« Pièce de béton pour laquelle la chaleur dégagée ne sera que très partiellement
évacuée vers l’extérieur et conduira à une élévation importante de la température du
béton (épaisseur au moins supérieure à 0,25m). »

A partir de là, il convient de catégoriser l’ouvrage ou la pièce vis-à-vis du risque que l’on est prêt
à accepter.
Il s’agit d’un choix effectuer par le maître d’ouvrage et qui est fonction :
 De la nature de l’ouvrage
 De sa destination
 Des conséquences sur la sécurité
 De sa maintenance
 De sa durabilité.

Les catégories sont les suivantes :


Catégorie Exemples d’ouvrages
Catégorie I. Ouvrages de classes de résistance inférieure
à C16/20
Conséquences faibles ou acceptables
Eléments non porteurs
Eléments remplaçables
Ouvrages provisoires
Produits préfabriqués non structurels
Catégorie II Eléments porteurs
Conséquences peu tolérables Produits préfabriqués structurels

Catégorie III Bâtiments spéciaux (centrales nucléaires,…)


Conséquences inacceptables ou quasi Barrages
inacceptables.
Tunnels
Ponts et viaducs exceptionnels
Monuments ou bâtiments de prestige
Traverses de chemin de fer.

Xavier Lauzin Août 2016 42


Diagnostic et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)
2016
Il a été crée 3 classes complémentaires relatives à l’exposition des bétons aux risques de RSI,
ces classes XH1, XH2, XH3 prennent en compte le fait qu’un des facteurs déclenchant est
l’humidité.
Ces classes sont définies de la façon suivante :

A chaque classe d’exposition correspond un niveau de prévention dont le choix reste de la


responsabilité du maître d’ouvrage :

Chaque niveau de prévention est défini dans le Guide de la façon suivante :


Niveau de prévention Conditions
As Tmax ˂ 85°C
Ou 85°C ˂ Tmax ˂90°C et durée pendant laquelle la
température dépasse les 85°C inférieure à 4h.
BS Tmax ˂ 75°C
Ou 75°C ˂ Tmax ˂85°C et
 Soit la durée pendant laquelle la température
dépasse les 75+C inférieure à 4h et le taux de
3
Na2O actif est inférieur à 3 kg/m
 Soit il est utilisé un ciment ES

Xavier Lauzin Août 2016 43


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2016
 Soit il est utilisé des ciments de type CEM II/B-
V ; CEM II B-S ; CEM II B-Q ; CEM II/B-M ;
CEM III/A ou CEM V avec SO3 du ciment
inférieur à 3% et C3A inférieur à 8%
 Soit il est réalisé une vérification de la durabilité
du béton (essai de performance vis-à-vis de la
RSI)
 Soit il est utilisé des combinaisons avec du
CEMI des cendres volantes, des laitiers et des
pouzzolanes tels que la proportion d’addition
soit supérieure à 20% et le C3A est inférieur à
8% et le SO3 inférieur à 3%.
Cs Tmax ˂ 70°C
Ou 70°C ˂ Tmax ˂80°C et
Les mêmes conditions que pour le niveau Bs.
Ds Tmax ˂ 70°C
Ou 65°C ˂ Tmax ˂75°C et
Utilisation d’un ciment ES avec un taux de Na20 actif
inférieur à 3 kg/m3
Validation de la formulation par un laboratoire expert en
RSI.

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Diagnostic et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)
2016

Exemple : Attaque sulfatique en pied de vis de relevage d’une STEP.

II.1.3) L’alcali-réaction :
Les mécanismes de l’alcali réaction sont les suivants :
 Les granulats naturels ont acquis un équilibre chimique au cours de leur évolution
géologique. Ce dernier se trouve brutalement modifié lors de leur incorporation dans une
matrice cémentaire fortement alcaline.
 La recherche d’un nouvel équilibre passe par des réactions à l’interface entre le ciment
et le granulat qui peuvent être bénéfiques (formation de carboaluminates par exemple)
ou néfastes (alcali réaction).
 Ce phénomène est une réaction solide liquide entre des formes de silice réactive des
granulats et la solution alcaline de la matrice cémentaire.Il en résulte la formation de
gels calco-alcalins susceptibles de s’expanser à l’intérieur du béton et conduire à des
fissurations.
Les différents types d’alcali réactions sont alors les suivants :
 Réaction alcali silice : elle se produit avec des roches comportant des formes de
silice amorphe telles que l’opale, la cristobalite, la trydimite…
Mécanisme :SiOH+OH---------SiO- +H2O
SIO- + NA+------------SiONa
Et en même temps :SiOSi+2OH----------SiO- + -OSi +H2O
Cette double équation conduit à la formation d’un gel calco-alcalin polymérisé.

 Réaction alcali silicate : elle met en jeu des roches métamorphiques,


sédimentaires ou ignées.

Xavier Lauzin Août 2016 45


Diagnostic et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)
2016
 Réaction alcali carbonate : elle se produit avec des roches dolomitiques.

Les différents types de silice réactive sont contenus dans les minéraux suivants (doc
Recommandations du LCPC) :

Propriétés expansives des gels :


Les pressions de gonflement induites par l’alcali réaction et déterminées par calcul théorique
peuvent varier de 45 à 140 MPa alors que l’expérimentation donne des valeurs de 3 à 10 MPa.
La morphologie des gels est également différente d’un béton à un autre.
Il n’en demeure pas moins que la pathologie résulte bien du caractère expansif des gels.

Il a été établi des critères visant à quantifier la réactivité des granulats, ils sont résumés dans le
tableau ci-après :

Xavier Lauzin Août 2016 46


Diagnostic et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)
2016

Recommandations LCPC de 1991.


(Pour les travaux neufs on pourra se référer au FD P18-542 « Alcali réaction ».)

La typologie des désordres est la suivante :

Fissuration en macro faïençage selon des mailles de plusieurs décimètres de coté avec
traces d’humidité et exsudation des gels expansifs

Fissuration du béton (mur de soutènement Ste Hyacinthe-Québec).

Fissuration orientée dans le sens des contraintes pour les ouvrages précontraint ou
fortement armés

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Diagnostic et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)
2016

Alcali-réaction dans un mur de soutènement (Ste Hyacinthe-Québec).

Formation éventuelle de cône d’éclatement pour les granulats proches du parement


(photo LCPC)

Observations pratiques des gels d’alcali-réaction au MEB :

Les photos suivantes sont issues des observations au Microscope Electronique à Balayage
couplées à des analyses chimiques sur des sections polies et des fractures fraiches d’un
échantillon de béton.

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2016

Les analyses chimiques donnent les résultats suivants :

Les éléments précédents montrent la présence de gels d’alcali-réaction et de rosettes silico-


calco-alcalines dans les échantillons de béton

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II.1.4) Attaque des eaux pures et eaux de mer :

L’eau de mer de part sa composition riche en sulfates et en chlorures est l’un des milieux les
plus agressifs pour le béton.
On ajoute à la formation d’ettringite vue précédemment une attaque des chlorures selon le
processus décrit ci –après :
Les chlorures qui ne sont pas fixés chimiquement dans la matrice cémentaire peuvent migrer
plus ou moins profondément dans le béton par capillarité sous l’effet des alternances
d’humidification et de séchage.
Ils peuvent alors atteindre en nombre suffisant les armatures pour les dépassiver.
La capacité de fixation des ions chlorures est fonction de la quantité d’aluminate tricalcique C3A
présente dans le ciment.

De plus la diffusion des ions CL- dans la matrice cémentaire est directement liée au rapport E/C
comme le montre les diagrammes ci-après (selon Doc .LCPC) :
Figure a) : solution contenant 150 g/l de CL- avec des rapports E/C respectivement de 0.71,
0.47, 0.23.
Figure b) : solution à 30 g/l et 150 g/l pour une valeur d’E/C de 0.47.

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Le temps d’amorçage dépend du coefficient de diffusion des chlorures libres et par conséquent
de la porosité du béton.
On retrouve une analogie avec les phénomènes de carbonatation évoqués ci-dessus, la courbe
de la durée d’amorçage en fonction de l’enrobage est similaire.

L’eau de mer contient également des sulfates susceptibles de générer des réactions sulfatiques
selon le schéma suivant :

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Schéma de détérioration du béton par l’eau de mer.

Exemple d’attaques des sels marins.

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Il est possible de prélever des éprouvettes de béton par carottage et de les faire analyser selon
les détails ci-après (exemple Eurofins) :

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Interprétation des résultats :


Les résultats ci-dessus permettent de mettre en évidence les éléments suivants :

La composition du béton comporte un mélange de ciment et de granulats siliceux (94%


d’éléments silicatés environ). Le dosage en ciment est relativement faible, de l’ordre de
300 kg/m3 pour une teneur en eau de 242l/m3, soit un rapport E/C de l’ordre de 0.80. La
norme sur les bétons EN 206.1 aurait classé cet environnement en XS3 (zone de
marnage). Ce classement conduit à un dosage en liant équivalent de 350 kg/m3 pour un
rapport E/C de 0.50 et une résistance minimale à la compression de 35 MPa. Il en
résulte que le béton en place est largement sous dosé en ciment et sur dosé en eau,
d’où un béton peu compact et très sensible à la pénétration de l’eau de mer.
La détermination du taux d’hydratation donne une valeur de l’ordre de 18% pour une
valeur attendue de 17%, ce qui valide une prise normale du liant dans le béton coulé.
La porosité du béton est mesurée à 15.4 % pour une masse volumique de 2187 kg/m3.
Ces valeurs corroborent la remarque précédente sur la réalisation d’un béton
relativement poreux.
Le dosage en chlorures libres (solubles dans l’eau de mer) a été réalisé à 3
profondeurs différentes, en surface (côté mer), à -5 cm et à -10 cm de la surface.
Les valeurs obtenues sont significatives puisqu’elles sont de 1.14% en surface, de
0.52% à -5 cm et de 0.48% à -10 cm. La moyenne du dosage en chlorures sur la
totalité du carottage est de l’ordre de 0.63%, au niveau de l’armature située à -10
cm de la surface, la teneur en chlorures ramenée au dosage en ciment est de
3.5%. La corrosion des armatures par les chlorures est constatée sur l’échantillon,
il est à noter qu’elle se situe à -10 cm de la surface (l’enrobage règlementaire pour
un béton de classe XS3 est de 5cm).

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II.1.5) Attaque par les cycles gel dégel :

Il s’agit là des dégradations causées au béton par la pénétration des eaux de surface dans le
béton par le réseau capillaire et la fissuration et engendrant des contraintes par gonflement.
Les symptômes les plus courants sont :
 L’écaillage de la surface du béton
 Le gonflement de la structure accompagné d’une fissuration en réseau.
Les paramètres influençant les mécanismes de congélation sont les suivants :
 La porosité de la matrice cémentaire et plus particulièrement la distribution et la
taille des pores (espacement critique des bulles d’air)
 Le degré de saturation critique ou le rapport entre la quantité d’eau gelable et le
volume disponible pour son expansion

Eau totale et eau non gelable :


La fraction d’eau non gelable (ici 8%) peut atteindre 20 % dans une pâte de ciment
complètement hydratée.
 La transformation d’eau en glace en fonction de la température, de la
pression, de la taille des pores.

On note une baisse de la température de fusion de la glace avec la diminution


du rayon des pores.

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 La transformation de l’eau en glace avec une expansion de 9% en volume et


l’expulsion de l’eau hors des capillaires avec les contraintes mécaniques
afférentes. On note l’influence de l’air entraîné.

 L’influence du taux de refroidissement.


 Le nombre de cycles gel dégel.

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II.2) La dégradation par agressions mécaniques :

Il s’agit principalement des phénomènes d’abrasion et d’érosion pour les ouvrages en contact
avec des circulations intenses d’eau éventuellement chargée de particules sableuses.
La pathologie apparaît sous la forme d’une usure de surface, un écaillage du béton.

Une autre agression mécanique est le choc : par exemple choc accidentel d’un camion sur le
fût d’un château d’eau ou sur les poteaux d’un bâtiment abritant des bennes.

II.3) Les attaques bactériologiques :

Bien que peu fréquentes, des attaques bactériologiques ont été mises en évidence dans des
ouvrages en béton au contact des eaux résiduaires urbaines.
Ce type d’attaque est le fait de Thio Bacillus qui par oxydation de l’H2S en H2SO4 sur les
parois qui condensent attaquent la Portlandite du béton pour former de l’ettringite (voir ci-
dessus).

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La pathologie des ouvrages en maçonnerie.

I) Généralités :

L’utilisation de la maçonnerie au niveau des Stations d’épuration ou de pompage se limite


généralement à des ouvrages annexes aux réservoirs de part son incapacité à assurer la
contrainte d’étanchéité propre aux réservoirs.
Elle permet la réalisation de locaux techniques (ateliers, laboratoire, local pompes…)

II) Principaux désordres pouvant affecter les maçonneries :

II.1) La fissuration :

Les principes évoqués ci-dessus pour le béton armé sont également applicables aux
murs maçonnés.
Il s’y ajoute le fait que l’ensemble n’est plus monolithique mais le résultat de
l’assemblage de matériaux manufacturés (briques, agglomérés de béton,…) et de joints
de montage.
L’ensemble est généralement enduit pour des raisons d’imperméabilisation à l’eau de
pluie.
Nous allons distinguer les différents types de fissuration en fonction de leur tracé (voir
définition ci-dessus) :

II.1.1) Les fissures de tracé multidirectionnel :

Ces éléments ne possèdent donc aucune direction privilégiée. On les rencontre


principalement dans les enduits .Il ne s’agit de fissuration de retrait des enduits à
base de liants hydrauliques pour les raisons suivantes :
 Dernière couche trop dosée en ciment
 Evaporation trop rapide
 Support insuffisamment mouillé
 Sable trop fin
 Couche trop mince

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Exemple de « faïençage » de l’enduit.

II.1.2) Les fissures de tracé horizontal :

On les divise de la façon suivante :


 Fissures résultant d’une simple hétérogénéité du support : elles se traduisent
dans l’enduit aux jonctions de matériaux ayant des comportements thermo
hygrométriques différents. Par exemple c’est le cas de la jonction entre un
linteau béton et un mur maçonné situé au dessus.

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Fissures horizontales liées à la juxtaposition de matériaux différents sous l’enduit .

Fissuration de l’enduit au raccordement entre des structures en béton armé et des


remplissages en maçonnerie.

 Fissures résultant de l’interaction mur- plancher : elles sont apparues récemment


lorsque les constructions modernes ont privilégié des murs de moins en moins
épais et des planchers de plus en plus « nerveux ».La différence d’inertie ne
permet pas au mur d’éviter la rotation d’appui du plancher. Il s’ensuit des fissures
d’allure horizontale situées sous l’appui de la dalle environ deux rangs en
dessous.
 Fissures résultant d’un défaut de réalisation : reprise après arrêt du montage
d’une même assise.
 Fissures liées à des problèmes de fondations sur sol gonflant : elles apparaissent
de façon privilégiée au dessus des libages ou au niveau des linteaux et sont
principalement dues à une rotation des fondations.

Fissuration liée au mode de fondation sur sols gonflants.

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II.1.3) Fissures de tracé vertical :

On les divise également de la façon suivante :


 Fissures résultant d’une hétérogénéité du support (dito fissures horizontales)
 Fissures dues aux phénomènes thermiques : absence de joint de dilatation sur
une façade exposée par exemple.
 Fissures liées au coup de sabre : éléments de maçonnerie prédécoupés mis en
œuvre au droit d’un joint.

Exemple de coup de sabre.

 Fissures liées à des maçonneries insuffisamment sèches :

Fissuration d’enduit posé sur des maçonneries de blocs insuffisamment secs.

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II.1.4) Fissures de tracé oblique ou haché :

Elles ont 2 causes principales :


 Le retrait : en particulier au niveau des angles de baie (retrait du à la pièce
d’appui coulée en place).Elles sont alors inclinées à 45° vers l’extérieur de la
baie et suivent les joints de maçonnerie.
 Les contraintes de cisaillement dues à des charges différentes sur le même
panneau de maçonnerie (par exemple descente de charge sur un trumeau et
sous une allège) mais aussi dues à des tassements différentiels de
fondations (voir ci-dessus pour le matériau béton)

Fissure de tassement différentiel de l’angle du bâtiment.

Fissures à 45° sous charges différentes.

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II.2) l’étanchéité :

Il s’agit principalement de :
Défaut d’étanchéité des façades du à une erreur de conception du mur
(épaisseur, exposition,…)
Remontées capillaires au travers des maçonneries.
Ces éléments ne seront pas développés ici étant donné leur faible implication dans
les STEP et les ouvrages de génie civil..

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La pathologie des ouvrages en matériaux


composites

I) Généralités sur les matériaux composites :

Les pathologies fréquemment apparues sur les bétons et les structures métalliques
ont conduit au développement des matériaux composites dans le mode du bâtiment
et du génie civil.
Par définition, on considère comme matériau composite tout matériau constitué de
deux éléments dont les propriétés une fois composées sont supérieures à celles des
éléments pris séparément.
Ces matériaux, pour la plupart issu du monde aéronautique (comme le tissu de
fibre de carbone de Freyssinet par exemple), sont utilisés dans le monde de la
construction sous plusieurs formes :
 Renforcement de structures existantes (bois, béton, métal).
 Structure complète réemployant les structures béton, métal ou bois.
 Couvertures, regards, protection anti-acide, sur les ouvrages fortement agressés.

Composition des matériaux composites

Les matériaux composites en général sont formés:


 D’une matrice.
 De fibres de renfort.

La matrice
Son rôle est d’entourer, de protéger les fibres.
Elle permet également :
 De transférer les contraintes entre les fibres.
 De protéger les fibres contre les conditions ambiantes.
 De protéger mécaniquement les fibres (chocs,…).
 D’empêcher la déformation des fibres.

Le choix de la matrice doit être réalisé en fonction de la destination du produit final.

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Il existe un grand nombre de matrices que l’on peut classer suivant 4 grandes
familles :
 Les matrices polymères :
Polyester
Vinylester
Epoxy thermostables
Phénolique
Polyamide
Thermoplastique (polycarbonate)
Polyuréthane
Silicone

 Les matières métalliques


Aluminium
Titane
Magnésium
Acier inoxydable

 Les matrices céramiques


Alumine (Al2O3)
Carbure de silice (SiC)
Nitrate de silice (Si3Ni)

 Les matières minérales


Mortier de ciment
Mortier d’argile

Dans le génie civil, les matrices les plus utilisées sont celles des groupes 1 et 4.
Nous n’étudierons pas ici celles du groupe 4 puisque leurs applications consistent
principalement en la réalisation de chapes de mortier armées de fibres métalliques
ou synthétiques ou d’éléments de terre cuite fibrée.
Dans le 1er groupe, nous allons établir un rapide comparatif entre les matrices
thermostables et les matières thermoplastiques
Matières thermostables Matières thermoplastiques
Très basse viscosité avant séchage. Temps de séchage très court
Stabilité thermique Faible retrait au séchage
Bonne résistance chimique Bonne résistance au chlore
Bonne capacité d’imprégnation Bonne capacité à la déformation
Facilité de fabrication Durée de stockage illimitée
Economique Possibilité de modifier les formes
Possibilité de réparation et de recyclage
Bonne résistance à la déchirure

Il en résulte qu’à ce jour, les matrices les plus utilisées dans le monde de la
construction sont les résines thermostables (coût). Parmi les plus courantes,
chacune présente des avantages dont il conviendra de tenir compte pour s’assurer
de leur compatibilité avec l’ouvrage à réaliser.

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Résines polyester Résines Vinylester Résines époxy Résines phénoliques


 Viscosité basse  Bonnes propriétés  Excellentes  Excellentes
(facile à travailler) mécaniques. propriétés caractéristiques
 Temps de séchage  Excellente fluidité. mécaniques électriques.
rapide  Bonne adhérence (résistance,…).  Bonne résistance
 Retrait important au avec les fibres de  Faible retrait aux températures
séchage. renfort. pendant le séchage. élevées.
 Possibilité de  Bonne résistance à  Bon comportement  Bonne résistance à
séchage à la corrosion. électrique. l’abrasion.
température  Bonne résistance  Temps de séchage  Bonne résistance
ambiante ou à hautes aux agents importants. aux agents
températures. chimiques.  Coût élevé. chimiques et
 Bonne résistance  Temps de séchage  Bonne adhérence solvants organiques.
électrique. rapide. avec toutes les  Excellente
 Bonne résistance au  Retrait important au fibres. adhérence avec les
feu. séchage.  Bonne résistance autres résines.
 Bon rapport aux agents  Stabilité
qualité/prix. chimiques et dimensionnelle.
 Bonnes propriétés solvants.  Faibles propriétés
mécaniques, bien  Faible résistance mécaniques
qu’inférieures aux aux températures
autres résines élevées.

Polyester Epoxy Phénophtaléin Vinyles ter Polyamide


e
Résistant : Eau Alcool Eau Eau de mer Ether
Fioul Essence Huile Goudron Alcool
Essence Benzol Graisses Dioxyde de Kérosène
Eau minérale Essence chlore
Graisses Benzol
Alcool
Non résistant : Acides Ester Acides et H2SO4 (75 %) Composés
Javel Composés composés NaO Cl (6 %) alcalins
Benzol alcalins alcalins NaOH (15 %) Ammoniaque
Alcool Huiles concentrés Humidité
Toluène

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Les fibres
Les fibres sont incorporées à la matrice pour la renforcer. Les fibres peuvent avoir
une orientation privilégiée ou non. L’influence de la direction des fibres sur les
caractéristiques mécaniques du matériau est à prendre en compte.
Les principales fibres de renfort utilisées dans les matériaux composites sont :
 Les fibres de verre (fibres de type A, E, B, S, R).
 Les fibres synthétiques (polypropylène, polyéthylène, nylon, polyester).
 Les fibres de carbone.
 Les fibres d’aramide.

Les fibres de verre sont les plus utilisées dans les matériaux composites destinés à
la construction.

Fibres de verre Fibres de carbone Fibres d’aramide Fibres


synthétiques
 Bonne résistance  Bonne rigidité  Poids faible Polypropylène
mécanique  Bonne densité  Bonne résistance au  Matériau inerte
 Bonne densité  Haute résistance choc  Bonnes propriétés
 Incombustible mécanique  Bonne résistance à la mécaniques
 Bonne stabilité  Bas coefficient de traction Polyéthylène
dimensionnelle dilatation  Très faible résistance à  En additif de ciment et
 Imputrescible  Bonne stabilité la compression en géotextile
 Economique dimensionnelle  Résistance aux agents Nylon
 Bonne résistance aux  Coût élevé chimiques  Bonne résistance à la
agents chimiques  Faible résistance au  Stabilité mécanique traction (géo
 Moins bonne choc entre -30°C et 200°C synthétique)
résistance à la fatigue  Favorise la corrosion Polyester
que les autres fibres de type galvanique  Les plus utilisées mais
 Haute dureté avec les métaux pas les plus
performantes
Tableau récapitulatif des avantages et inconvénients de chaque type de fibre.

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II) Principales pathologies des matériaux
composites :

II.1) Les incompatibilités chimiques entre matrices et fibres :


N’importe quelle fibre ne peut renforcer n’importe quelle matrice.
Ces compatibilités sont résumées dans le tableau suivant :

La pathologie découlant d’une incompatibilité se traduit généralement par un


défaut d’adhérence entre la fibre et la matrice ainsi que par un vieillissement
prématuré du complexe.
Il est à noter également des cas de corrosion galvanique entre l’aluminium et les
fibres de carbone.
Il en résulte que les bonnes parités fibre matrice sont généralement les
suivantes :

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II.2) Les incompatibilités chimiques entre matériaux composites et milieu


environnant :

Les matériaux composites sont pour la plupart insensibles aux produits


chimiques courants.
Il n’en demeure pas moins que certains produits tendent à détériorer de façon
irréversible certains complexes.
Par exemple les décapants de peinture attaquent les résines époxydes.
Les principales causes de dommages sont résumées dans le tableau ci-après :

Polyester Epoxy Phénophtaléine Vinyles ter Polyamide


Résistant : Eau Alcool Eau Eau de mer Ether
Fioul Essence Huile Goudron Alcool
Essence Benzol Graisses Dioxyde de Kérosène
Eau minérale Essence chlore
Graisses Benzol
Alcool
Non résistant : Acides Ester Acides et H2SO4 (75 %) Composés
Javel Composés alcalins composés alcalins NaO Cl (6 %) alcalins
Benzol Huiles concentrés NaOH (15 %) Ammoniaque
Alcool Humidité
Toluène

II.3) Les modifications des polymères par les radiations :


Les principales liaisons chimiques présentes dans les matériaux composites ont
des énergies de liaison voisines de 100 kcal/mole (soit quelques électrons volt).
L’emploi d’une source d’énergie supérieure à celle des liaisons chimiques est
donc susceptible de modifier chimiquement le polymère.
En particulier à l’état naturel la lumière possède suffisamment d’énergie pour
attaquer les liaisons internes des composites.

Il en résulte qu’en l’absence de protection complémentaire mise en œuvre sur


les premiers matériaux composites, il a été constaté une pathologie qui se
traduisait par une perte d’élasticité du matériau et un délaminage rapide.
Nota : c’est par exemple encore le cas par exemple sur les voiles en fibres
exotiques des bateaux qui ne sont pas protégées du rayonnement solaire.

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II.4) L’osmose :
Il s’agit d’un phénomène visant principalement les stratifiés constitués de fibres
de verre noyées dans une matrice polyester protégés par une peinture du type
gel-coat en présence d’eau.
Il est admis que la migration de l’eau au travers du gel-coat sous forme de
vapeur attaque la stratifié pour former des solutés qui en l’état se trouvent piégés
derrière la membrane constituée par le gel-coat.
Il en résulte l’apparition de cloques remplies d’acide acétique pouvant à terme
entraîner une détérioration irréversible du stratifié.

Photo de cloquage du à l’osmose

II.5) Le délaminage :

Le délaminage des matériaux composites fait l’objet de nombreuses études.


Il s’agit entre autre d’identifier les critères de délaminage basés sur le
cisaillement d’interface ou sur le calcul du taux de redistribution des énergies aux
interfaces entre la fibre et la matrice.
L’essai de délaminage est défini dans la norme NFT 57-104.Il se présente sous
la forme suivante :

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Essai de délaminage sous l’effet d’une répartition de contraintes de flexion

On en déduit une valeur conventionnelle de la contrainte de rupture inter


laminaire.
Le délaminage est à l’origine de bon nombre de pathologies liées à :
 Une contrainte imposée au matériau supérieure à la contrainte de calcul
 Un défaut de fabrication du stratifié
 Une utilisation du composite ne correspondant pas à sa destination
initiale.

Exemple de délaminage par flambement local. (doc.Matériaux Composites)

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II.6) La rupture du stratifié:


Les matériaux composites peuvent avoir un comportement isotrope ou
anisotrope suivant la nature du renfort présent à l’intérieur du pli.
En effet le mélange renfort matrice peut se présenter sous la forme :
 Renfort unidirectionnel+matrice
 Renfort tissu (chaîne + trame)+matrice
 Renfort mat+trame

Un pli unidirectionnel aura un sens privilégié de contrainte comme le montre le


tableau ci-après :

Il en résulte que la direction et le sens des contraintes doivent être définis de


façon très précise et le renfort du composite positionné en conséquence.

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Exemple de pathologie liée à une erreur de positionnement du renfort :

Calcul des sollicitations :


-pour la paroi rectangulaire

-pour la zone semi-circulaire

A la jonction entre la partie rectangulaire du réservoir et la partie semi-circulaire on


constate un changement brutal des sollicitations.
L’absence de renfort de la fibre dans cette zone a conduit à une ouverture de l’ouvrage
(déchirure du composite) sous l’effet de la poussée de l’eau.

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Autre exemple de pathologie liée à l’absence de continuité de la fibre :

Pathologie liée à un défaut de caractérisation des contraintes au droit du pieds et


à un défaut de mise en œuvre des tissus.

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II.7) La rupture des assemblages:

L’assemblage des matériaux composites entre eux demeure une source de difficultés
engendrant de fréquentes pathologies.
Ces assemblages peuvent être réalisés de plusieurs façons :
 Par rivetage ou boulonnage d’éléments métalliques
 Par collage
Dans le premier cas le perçage nécessaire à la réalisation de l’assemblage reste un
facteur de fragilisation du matériau. L’affaiblissement local de résistance peut être
estimé à environ 50% en traction et 15% en compression.
Comme pour les matériaux traditionnels (acier, bois), le trou est le site de
concentrations de contrainte entraînant une fissuration du stratifié selon les schémas
suivants (pression diamétrale, pression de matage) :

(doc.Matériaux Composites)

Il en résulte les modes ci-après de rupture d’assemblage :

L’assemblage par collage des matériaux est satisfaisant dans la mesure où :


o Le joint collé travaille par cisaillement dans son plan
o Il n’y a pas de contraintes parasites de traction (liées par exemple à
des moments secondaires inhérents à des défauts d’épure) dans le
joint.

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La pathologie des ouvrages en métal

I) Généralités sur les matériaux métalliques :

Si l’on excepte les pathologies liées à des erreurs de conception, de calcul ou de


réalisation, qui ne sont pas spécifiques aux ouvrages de génie civil des stations de
traitement des eaux et des stations de pompage, la principale cause de désordre vient
de la corrosion du métal.

II) La corrosion des métaux :

On trouvera dans de nombreux ouvrages les causes et l’explication de ce phénomène.


Pour résumer, on considère qu’il s’agit d’un phénomène électrochimique dans lequel
l’acier joue le rôle d’anode soluble et se transforme en oxyde de fer.

Exemple de corrosion de manchon acier à la traversée de la paroi de la


cuve du réservoir.

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Ces éléments sont développés ci-après :

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Les techniques de réparation


des ouvrages de génie civil.

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La réparation des ouvrages en béton

Généralités :

Les techniques de réparation évoquées ci-après s’appliquent à des dégradations structurelles


ou non.
Certaines sont déjà relativement anciennes et éprouvées (par exemple la technique des plats
métalliques collés date des années soixante) alors que d’autres sont en plein développement
(collage de plats pultrudés) et nécessitent des procédures spécifiques d’appréciation (Avis
techniques, ATEX,…)
Récemment deux normes sont venues règlementer ces divers modes de réparation.

Xavier Lauzin Août 2016 86


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La technique des plats métalliques collés

I) Principe de la technique :

Le renforcement des structures en béton par la technique des tôles collées consiste à pallier les
insuffisances de résistance résultant d’une dégradation de la structure ou d’un sous –
dimensionnement de cette dernière par le collage de plats métalliques en surface du béton.
Ce procédé qui date des années soixante et que l’on doit aux travaux de MM. L’Hermite,
Bresson et Theillout, est aujourd’hui parfaitement maîtrisé.

Exemple de renforcement de plancher.

II) Environnement règlementaire :

Ce procédé fait l’objet des textes suivants :


 Fascicule n°6 du STRESS : « La technique de réparation et de renforcement des
ouvrages en béton »
 Annales ITBTP de 1990 : « Renforcement et réparation des structures conception et
exécution »
 Annales ITBTP de 1992 : « Réparation et renforcement des structures de bâtiments et
d’ouvrages d’art. »
 Norme NFP 95-105 (en projet) :

III)Principe de dimensionnement des renforcements :

III.1) Fonctionnement du béton plaqué :

Le mode de fonctionnement privilégié du béton plaqué est celui d’une transmission par
cisaillement du plan de collage des sollicitations de la structure béton aux renforts métalliques.
Tout autre mode (flexion ou compression) est donc à proscrire.
Il en résulte que l’association acier-colle-béton aura comme résistance de calcul celle du
matériau le plus faible, en l’occurrence le béton (dans la mesure où c’est lui qui présente la plus
faible résistance superficielle au cisaillement).

Cette disposition est valable pour le calcul à froid du renforcement (à chaud ce sont
généralement les résines époxydiques de collage qui sont le point faible de l’association).

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Diagnostic et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)
2016
III.2) Ordre de grandeur des caractéristiques des matériaux :

La valeur de la contrainte de cisaillement du plan de collage a été déterminée


expérimentalement et répond à la répartition donnée par le diagramme ci-après pour une tôle
de 3 mm d’épaisseur:

(doc.M.Bresson)

Cette valeur de la contrainte de cisaillement est à vérifier par essai préalablement à l’opération
de collage.

III.3) Méthode de calcul du renforcement :

III.3.1) Méthode de calcul des armatures longitudinales sous effort de flexion :

Il s’agit par exemple du renforcement d’une poutre ou d’une dalle sollicitée en flexion par les
charges appliquées. Les plats de renfort sont collés en sous-face de la poutre.
Les justifications sont réalisées conformément aux prescriptions du BAEL et de l’Eurocode 2
en tenant compte des modifications suivantes :
 Aux ELS, on applique un coefficient minorateur sur les sections des aciers interne à
l’ouvrage (Ki) et sur les sections des plats (Ke) ; les valeurs retenues sont :
-Ke=1.2-0.08*ea
-Ki=0.46+0.08*ea
 Aux ELU il n’est appliqué aucun coefficient minorateur
 La contrainte limite (appliquée aux ELS) des plats collés est donnée par :
σe ≤ 0.47*fe
(ce coefficient de 0.47 permet de tenir compte de la flexion locale de la tôle telle que
définie ci-après)
 Lors d’un empilement de tôles les efforts repris par la tôle la plus proche du béton
valent :
0.66*F pour un empilement de 2 plats
0.5*F pour un empilement de 3 plats
(F=effort total repris par l’empilement).

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Où Mp est le moment de flexion engendré par les charges permanentes


Ms est le moment de flexion engendré par les charges d’exploitation.
A est la section des armatures en place dans le béton
Ar est la section de l’armature de renfort.

Les équations qui en résultent montrent la limite des possibilités de renforcement.


On se heurte également à la difficulté de faire cohabiter des armatures de limites élastiques
différentes sur le même ouvrage : acier de renfort de 240 MPa et acier en place de 240,400 ou
500 MPa.

La contrainte de cisaillement dans le joint de colle est définie par :

τ=T.S/b.I

On doit alors s’assurer que la contrainte de calcul reste inférieure à la contrainte admissible par
le collage.

Ce principe a été complété par M.Theillout dans sa thèse.


Il s’est en effet intéressé au fonctionnement des tôles collées à cheval sur une fissure afin de
limiter l’ouverture de cette dernière.
Les essais réalisés au LCPC ont permis de répondre aux problèmes suivants :
 Quel est le comportement local des tôles au voisinage de la fissure
 Quelle est la répartition des efforts dans les tôles si celles-ci sont empilées les unes sur
les autres
 Quelle est la répartition des déformations entre les aciers internes à la structure et les
plats collés
 Quelles sont les sollicitations qui provoquent le décollement du plat du béton.

Il résulte de cette étude les éléments suivants :


 Il existe au voisinage de la fissure une flexion locale du plat

Moment fléchissant dans la tôle (selon J.J Theillout)

Cette flexion locale est maximale au droit de la fissure et diminue très rapidement dès que l’on
s’en éloigne.
Elle engendre des contraintes de traction qui sont maximales sur la fibre externe de la tôle.
L’évolution de cette contrainte maximale est résumée dans le graphique ci-après en fonction de
la longueur de recouvrement :
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Evolution de la contrainte maximale de cisaillement en fonction de la longueur de


recouvrement.(doc.J.N Theillout)

Il en résulte une plastification par flexion du plat.


Cette disposition a conduit J.N Theillout à introduire un indice de flexion qui est le rapport entre
la contrainte moyenne appliquée et la contrainte s’exerçant sur la fibre la plus sollicitée.

 Dans le cas de superposition de tôle la répartition des efforts repris par chacune n’est
pas identique :
o Pour 2 plats superposés de même section, celui qui est le plus proche du béton
reprend les 2/3 des efforts
o Pour 3 plats superposés de même section, celui qui est le plus proche du béton
reprend la moitié des efforts, le reste se répartissant à parts égales entre les
deux autres.

 L’expérience réalisée sur des poutres sollicitées en flexion tend à montrer que les plats
se déforment plus que les aciers internes. On est donc conduit à envisager un diagramme
déformation-contrainte pour une structure béton sollicitée à la flexion du type de celui
proposé par J.N Theillout :

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III.3.2) méthode de calcul des armatures transversales sous effort tranchant :

Le renfort d’une poutre à l’effort tranchant s’effectue par collage des plats sur les flans de cette
dernière.

Schéma de fonctionnement selon J.Bresson.

IV) Mise en œuvre des renforcements :

IV.1) La préparation du support :

Le principe du renforcement étant basé sur le collage, il est essentiel de s’assurer que ce
dernier pourra s’effectuer dans les meilleures conditions.
La surface du béton doit donc subir une préparation de façon à éliminer toutes les parties non
adhérentes et de la rendre parfaitement plane pour assurer le collage d’un élément
relativement rigide.
Les diverses techniques pouvant être utilisées figurent dans les Annales ITBTP n°62 de Juin
1976 (« Préparation des surfaces des supports en béton et en acier en vue des collages
structuraux »).
Préalablement à la préparation du support, il conviendra d’analyser avec soins tous les
paramètres pouvant avoir une influence sur le collage, en particulier :
 Les salissures
 Les oxydes
 Les liants hydrocarbonés
 Le noir de fumée (suite à un incendie par exemple)
 Les huiles
 Les graisses
 L’humidité (essai de siccité)
 La laitance et les zones ragrées
 La présence de produit de cure, de décoffrage.
 Le bullage.

On pourra en retenir deux :


 Le burinage ou le bouchardage par des outils manuels ou pneumatiques
 Le sablage à sec ou humide

La mise en œuvre de mortier de ragréage est à éviter dans la mesure où les caractéristiques
mécaniques d’adhérence du mortier sur le béton sont limitées et souvent inférieur à celles
demandées dans le joint de colle. On ne dépassera pas 20% de la surface de collage et on
évitera les extrémités des plats.

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IV.2) Le collage des plats :

Le collage des plats comporte généralement les opérations suivantes :


 Mise en œuvre d’un primaire d’accrochage destiné à améliorer l’adhérence entre le
béton et la colle. Ce primaire pénètre par la porosité du béton et permet de fixer les
fonds pulvérulents
 Mise en œuvre du produit de collage. Il s’agit principalement de résine époxydique sous
avis technique ou ayant fait l’objet d’enquête technique.
Ces résines étant particulièrement sensibles aux conditions atmosphériques (en
particulier à l’humidité et aux fortes chaleurs), il conviendra de prêter une attention
particulière à l’environnement lors du collage. Des essais d’adhérence du produit de
collage sur le béton peuvent être envisagés à ce moment.
 Mise en œuvre de l’acier de renfort constitué de plats en acier S235 (les aciers de
nuance supérieure sont à éviter : plastification de la tôle après décollement).Ces tôles
sont sablées et préparées en usine de façon à améliorer leur adhérence)
 Mise en pression des plats (serre-joints, vérins,…) de façon à obtenir une contrainte de
l’ordre de 4 kPa minimum.

 Essais de contrôle du renforcement par des essais d’adhérence et des essais de mise
en charge.
 Protection éventuelle des plats contre la corrosion ou contre l’incendie.

Collage de plats métalliques (doc.SIKA)

V) Domaine d’emploi :

L’utilisation de cette technique de renforcement présente les avantages suivants :


Coût relativement peu élevé
Fonctionnement amélioré par les progrès réalisés sur la formulation des colles

Elle présente cependant des inconvénients non négligeables :


Mise en œuvre délicate (vérinage,…)
Mauvaise connaissance du comportement du renforcement en atmosphère agressive
(cas des STEP) ou saturée d’humidité (cas des réservoirs)
Absence de résultat sur la tenue en cas de séisme
Nécessité de protection complémentaire pour la tenue à la chaleur.

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La technique des tissus ou plats composites collés

I) Principe de la technique :

La technique est identique à celle évoquée pour les plats métalliques collés mais en substituant
au métal des matériaux composites qui peuvent se trouver sous deux formes :
 Des tissus (principalement de fibres de carbone, fibres de verre, fibres d’aramide dans
une matrice époxy)
 Des plats pultrudés (également à base de fibres de carbone).
Les recherches sont en cours en Europe. On peut citer par exemple :
 L’étude du jonc Polystal de Bayer en Allemagne
 L’étude du Parafil en Grande-Bretagne
 Le développement de l’Arapree aux Pays-Bas
 L’utilisation de plusieurs procédés en France (TFC de Freyssinet,…)

II) Environnement règlementaire :

En l’absence de texte normatif, ces dispositions sont soumises aux procédures suivantes :
 Avis technique (ATEC) pour les matériaux dont les cahiers des charges ont été validés
par le CSTB
 Appréciation technique d’expérimentation (ATEX) pour les autres.

III) Principe de dimensionnement des renforcements :

Il est basé sur les prescriptions du BAEL et de l’Eurocode 2 en tenant compte de la loi de
comportement de matériau composite utilisé pour le renforcement :

Exemple de loi de comportement pour du TFC (doc.Freyssinet)


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Exemple de loi de comportement pour un complexe UD (carbone-époxy)

L’adhérence composite béton est dépendante de la contrainte de cisaillement qui vaut en


général :
-1.5 MPa à l’ELS
-2.0 MPa à l’ELU

III.3.1) Méthode de calcul des armatures longitudinales sous effort de flexion :

Comme évoqué précédemment, le schéma de l’état des contraintes est le suivant :


(Ce principe peut s’appliquer à des ouvrages en béton armé mais également à des structures
en béton précontraint.)

 Flexion à l’état limite de service :

La vérification des contraintes est réalisée lorsque :


 σs1 + σs2 ≤ σs
 σb1 + σb2 ≤ σb
 σf ≤ σsf

Où σb représente la contrainte de compression du béton : 0.6*fcj


σs représente la contrainte de traction admissible dans les aciers en place : σs ≤ fe selon le
degré de fissuration choisi
σsf représente la contrainte admissible dans le matériau de renfort (par exemple 550 MPa
pour du TFC),

 flexion à l’état limite ultime :


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Diagnostic et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)
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 contrainte d’entraînement :

Pour des ouvrages en béton précontraint, le renforcement par des matériaux composites
conduit à appliquer la classe de vérification immédiatement inférieure à celle prévue lors du
dimensionnement initial.
Il en résulte que les vérifications du renfort à l’ELS ne sont donc menées qu’en classe 2 ou 3 de
précontrainte pour des structures initialement dimensionnées en classe 1 ou 2.
Pour les ouvrages de rétention, il conviendra de s’assurer que cette disposition est bien
conforme aux exigences du fascicule 74 du CCTG.

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Diagnostic et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)
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 Résultats expérimentaux :

(doc. LCPC avec du TFC)

Il a été également été établi un tableau de comparaison entre les renforcements par plats
métalliques collés et TFC :

Comparaison entre du béton renforcé par 1 mm de FRP et les méthodes traditionnelles.

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Diagnostic et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)
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III.3.2) Méthode de calcul du confinement des poteaux béton :

Il s’agit d’améliorer la résistance à la compression d’un poteau béton par enroulement autour de
ce dernier sous forme de cerces fermées de bandes de tissus de matériaux composites.
Le gain ainsi obtenu à partir du diagramme parabole-rectangle du BAEL et de l’Eurocode 2 est
du type suivant :

IV)Mise en œuvre des renforcements :

Les diverses étapes de la mise en œuvre sont sensiblement identiques à celles mentionnées
pour les plats métalliques collés, à savoir :
o La préparation du support
o L’imprégnation de la surface avec la résine de collage
o L’application du tissu sec ou du plat pultrudé
o L’appui pour assurer le collage.

Imprégnation du support et collage et appui du renfort (doc. Freyssinet)

V) Domaine d’emploi :

L’avantage de ce procédé de réparation est certain dans les cas suivants :


 Résistance à la corrosion (à l’exception des cas évoqués plus haut)
 Résistance aux agents agressifs chimiquement
 Comportement mécanique
 Facilité de mise en œuvre.
Les principaux inconvénients pouvant être retenus sont :
 La tenue à la chaleur
 Les contraintes atmosphériques lors du collage.

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2016

La technique de la précontrainte additionnelle

I) Principe de la technique :

Les deux procédés évoqués ci-dessus utilisent des renforts de structure que l’on peut
qualifier de passifs au sens de l’Eurocode 2 et de la NFP 95-105 « Réparation et
renforcement par armatures passives additionnelles ».
La précontrainte additionnelle consiste à appliquer une force à la structure à renforcer, les
câbles nécessaires à l’introduction de cette force n’en sont que les vecteurs.
Cette précontrainte est appelée additionnelle car elle consiste à augmenter la capacité
portante d’un ouvrage existant.

La principale difficulté du procédé provient du fait que la structure à réparer est fissurée et n’
a pas été prévue à l’origine pour permettre la mise en place et la mise en tension
d’armatures de précontrainte. En conséquence, la précontrainte sera réalisée à l’extérieur
de la structure à renforcer.

II) Environnement règlementaire :

Les principales références règlementaires sont les suivantes :


 Le fascicule n°5 du STRESS
 Les Annales ITBTP n°501 : « Réparation et renforcement de structures de bâtiment
et d’ouvrages d’art »
 La norme NFP 95-104.

III) Principe de dimensionnement des renforcements :

Le principe de calcul résulte essentiellement de :

Xavier Lauzin Août 2016 98


Diagnostic et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)
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 l’annexe 7 du BPEL (« Précontrainte extérieure au béton »)
 la possibilité de remplacement des câbles
 l’accès facile aux ancrages
 l’utilisation de câbles extérieurs nus interdite (sauf dans les conditions du §2.3)
 la justification à l’ELU de stabilité de forme si la seule liaison entre la précontrainte et
la structure est au niveau des ancrages

 des spécifications du STRESS à savoir :


 l’ouvrage doit rester accessible pour des opérations de surveillance et d’entretien
 le diagnostic préalable doit valider la faisabilité technique du procédé

La mise en œuvre d’une précontrainte additionnelle doit être conçu de façon à intégrer :
 le traitement des fissures
 la modification du schéma statique de la structure existante
 la maintenance du câblage additionnel.

Le calcul du câblage additionnel est réalisé selon les prescriptions du BPEL ou de l’Eurocode 2
en essayant si possible de respecter le schéma statique initial de l’ouvrage.
Sur un ouvrage circulaire tel qu’un réservoir la précontrainte sera réalisée à l’extérieur du bassin
après exécution de bossages en béton armé susceptibles d’introduire cette dernière. Le
dimensionnement et le nombre de ces bossages ainsi que le tracé des fuseaux devra permettre
d’éviter d’engendrer des efforts parasites dans la structure tels que :
 ovalisation
 poussée au vide au droit des ouvertures.

Exemple de renforcement d’un silo à sucre.

IV) Mise en œuvre des renforcements :

IV.1) les matériaux :

 les armatures de précontrainte : elles sont identiques à celles utilisées pour les ouvrages
neufs et doivent figurer dans la liste des aciers agrées par le fascicule 4 titre II du CCTG
Xavier Lauzin Août 2016 99
Diagnostic et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)
2016
.Il s’agit généralement de torons pour les renforts longitudinaux et de barres pour les
serrages et étriers.
La protection contre la corrosion des armatures est assurée par :
o graissage des aciers gainés
o galvanisation
o utilisation d’aciers inoxydables
Dans tous les cas la protection est réalisée en usine.

 Les ancrages : ils font l’objet d’un agrément pour de la précontrainte extérieure, en
particulier du fait de leur positionnement à l’extérieur, les pièces sont protégées de façon
à résister à l’agression ambiante.

 Les conduits : les armatures sont placées dans des conduits sur la totalité de leur
longueur .Il s’agit :
 De tubes métalliques protégés contre la corrosion (galvanisés ou revêtus
d’une peinture époxydique) dont l’épaisseur est supérieure à 2 mm.
 Des tubes souples en matériaux plastiques (type PEHD)La circulaire 99-
53 recommande l’utilisation de tube de marque NF des groupes 2 (eau potable) et 4
(industrie).Les raccords de gaine figurent alors dans la gamme des produits normalisés.

IV.2) Exemple de réalisation :

Le renforcement des structures par précontrainte extérieure nécessite une méthodologie


précise de la réalisation. Cette dernière doit intégrer les éléments suivants :
 L’implantation de la précontrainte en détail (fuseau de passage correspondant aux
calculs)
 La mise en œuvre des ouvrages à couler en place ou à fixer à la structure (dans le cas
d’éléments préfabriqués par exemple) tels que bossages, déviateurs, éléments
d’extrémité recevant l’ancrage des câbles…
 La réalisation des forages (carottage en essayant de ne pas endommager les armatures
existantes)
 La pose des conduits et des ancrages
 La définition du programme de mise en tension des câbles
 La mise en tension des barres
 L’injection des fissures
 L’injection des gaines
 La protection des éléments

Mise en tension des barres de clouage. Mise en tension des torons de précontrainte.

Xavier Lauzin Août 2016 100


Diagnostic et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)
2016

IV.3) Les contrôles :

Le PAQ doit définir les modalités de contrôle de la précontrainte extérieure. Il doit en particulier
intégrer :
 Les essais de convenance : capacité du matériel et des matériaux prévus à réaliser
correctement l’ouvrage envisagé
 L’essai à blanc
 La vérification de l’efficacité de l’injection (jauge de mesure sur les sections fissurées)
 La vérification de l’efficacité de la précontrainte
 La vérification sous charges.

Xavier Lauzin Août 2016 101


Diagnostic et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)
2016

La technique du béton projeté

I) Principe de la technique :

La technique utilisée consiste à projeter sur la paroi à renforcer du béton mis en œuvre par
refoulement dans une buse.
La mise en œuvre s’effectue par couches minces adhérentes grâce à la pression de projection.
Cette technique peut également s’appliquer à la projection de :
 Mortier (granulat inférieur à 4 mm)
 Béton de sable (absence de gravillon et moindre dosage en ciment que dans un
mortier).

L’utilisation du béton projeté trouve son intérêt lorsqu’il n’est pas possible ou très difficile de
venir coffrer la structure à réparer. Son usage normal est généralement le suivant :
 Remplissage des vides (paroi moulée à regarnir après défaut de bétonnage,…)
 Rejointoiement des maçonneries
 Réalisation d’un enduit de protection (protection contre l’incendie par enrobage
des aciers,…)
 Renforcement structurel (enrobage des armatures et augmentation de l’inertie de
l’ouvrage,…)
 Voûte de tunnel, paroi berlinoise,…

II) Environnement règlementaire :

Les principales références règlementaires sont les suivantes :


 Le fascicule n°6 du STRESS
 La norme NFP 95-102
 La norme NF EN 14487-1
 Les normes NF EN 14488-1 à 14488-6

III) Principe de dimensionnement des renforcements :

Le calcul des sections d’acier nécessaires au renforcement est mené en référence au BAEL 99
et Eurocode 2. Les essais réalisés au LCPC ont en effet montré que l’on pouvait considérer que
la structure renforcée avait un comportement monolithique.
Il résulte d’une étude technique préalable qui doit valider à chaque étape du projet l’adéquation
de la solution avec le problème posé.
Pour les ouvrages à renforcer, il est courant de ne pas tenir compte des armatures existantes
dans le calcul final de la structure.

Xavier Lauzin Août 2016 102


Diagnostic et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)
2016

Armatures 1 : armatures de scellement assurant l’ancrage du nouveau


ferraillage dans le béton existant (connecteurs)
Armatures 2 : armatures transversale d’effort tranchant (généralement treillis
soudé)
Armatures 3 : armatures longitudinales de flexion (généralement des barres)
Point 4 : points de soudure entre armatures existantes et nouvelles (solution à
justifier)
Point 5 : béton coulé en partie supérieure de la poutre (accroissement de
l’inertie)
Point 6 et 7 : forage divers pour passage des armatures nouvelles.

Xavier Lauzin Août 2016 103


Diagnostic et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)
2016
IV) Mise en œuvre des renforcements :

IV.1) Les procédés de projection :

Il existe deux procédés de mise en œuvre de béton projeté :


 La projection par voie sèche :

Son utilisation est avantageuse dans les cas suivants :


 Chantier de faible ampleur
 Chantier d’accès difficile
 Chantier où la distance entre la machine de projection et la lance dépasse une
centaine de mètres.
 Chantier où la résistance mécanique du béton est importante.

 La projection par voie humide :

Voie mouillée à flux dense

Voie mouillée à flux dilué

Elle est principalement utilisée dans les cas suivants :


Xavier Lauzin Août 2016 104
Diagnostic et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)
2016
 Chantiers à haut rendement
 Chantiers pour lequel la sécurité limite l’émission de poussière (tunnel, galeries,
canalisation…)

Les avantages et inconvénients des deux procédés sont résumés ci-après :

Voie sèche : avantages : compacité élevée


Résistance mécanique importante
Excellente adhérence au support

Inconvénients : qualité du mélange dépendante du projeteur


Pertes par rebond très importantes
Production de poussières

Voie humide : avantages : qualité du mélange mieux maîtrisée


Pertes par rebond limitées

Inconvénients : distance horizontale de transport faible (environ 100 m à flux


dilué et 150 m à flux dense)
Résistance mécanique plus faible
Adhérence moins bonne
Enrobage des armatures délicat

IV.2) Les matériaux :

Le béton projeté se compose :


 De granulats conforme à la norme NFP 18-542 et XPP 18-540. Pour la voie sèche et
afin de ne pas perturber le dosage en eau , leur teneur en eau doit être inférieure à 6%
en masse.
 De liants hydrauliques conformes à la NF EN 197-1 pour les ciments courants. Pour les
ouvrages en milieu agressifs on se réfèrera à la P 18-011 et EN 206-1.
 D’eau conforme à la XPP 18-303
 D’adjuvants et additions (accélérateurs, superplastifiants,…ou additions de laitier,
cendres volantes…).

Les armatures sont des armatures courantes de béton armé faisant l’objet d’une certification de
l’AFCAB. Des fibres peuvent éventuellement être utilisées après essai de convenance.

La composition du béton projeté doit répondre aux critères suivants :


 Critère de résistance :le dosage en ciment est à choisir en fonction de l’objectif à
atteindre
 Critère de durabilité en fonction de l’agressivité du milieu
 Critère de compacité
 Critère de finesse : teneur en éléments fins supérieure à 17% du mélange en poids.

Les recommandations de l’AFTES en fonction des procédés viennent en complément des


éléments ci-dessus. Elles visent en particulier :
o Un rapport sable sur sable plus gravillons tel que :
-par voie humide 0.70 ≤ S/(S+G) ≤ 0.90
-par voie sèche 0.60 ≤ S/(S+G) ≤ 0.80
o Un dosage en ciment tel que :

Xavier Lauzin Août 2016 105


Diagnostic et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)
2016

(doc AFTES)

IV.3) La préparation du support :

Elle dépend de la nature de la réparation envisagée :


 Pour les réparations de structure il convient d’éliminer tous les matériaux dégradés. Les
surfaces sont ensuite soufflées et humidifiées légèrement avant projection. On veillera
à ne pas interposer de produit de collage type résine qui pourrait nuire à l’adhérence
du béton (voir essai LRPC d’Aix en Provence).
 Pour les réparations des joints de maçonnerie, on piquera les éléments dégradés
jusqu’à atteindre le matériau sain.
 Pour les réparations des parements de maçonnerie, la préparation passe par un sablage
de l’ouvrage puis humidification avant projection.

IV.3) La projection du béton :

La lance est positionnée à environ 0.50 à 1.50 m du support en fonction de la vitesse de


projection. A titre indicatif, la vitesse en sortie de lance pour une voie sèche est de l’ordre de
100 m/s.
L’épaisseur d’une couche est généralement inférieure à 10 cm.

Pour une voie sèche la valeur optimale d’une couche est de l’ordre de 5 cm .
Pour une voie humide il est possible d’aller jusqu’à 7 cm.

IV.4) Les épreuves :

La norme distingue :
 Les épreuves d’études comprenant :
o L’analyse granulométrique des granulats
o La formulation du mélange à projeter
o Les essais sur éprouvettes (traction, compression)
o La compatibilité des éléments entre eux.

Xavier Lauzin Août 2016 106


Diagnostic et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)
2016
 Les essais de convenance portant sur :
o Les approvisionnements
o L’efficacité du traitement
o La composition du mélange
o Des mesures de consistance (affaissement au cône, pénétromètre,…)
o Des éprouvettes carottées
o L’adhérence
o Les épaisseurs mise en œuvre

 Les épreuves de contrôle comprenant principalement :


o Des essais d’adhérence (réalisés en laboratoire)
o Des prélèvements carottés pour des essais de compression traction

Exemple de fuseau granulométrique selon la P 95-102.

Béton projeté (photos Freyssinet)

Xavier Lauzin Août 2016 107


Diagnostic et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)
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La réparation des bétons dégradés superficiellement

I)Principe de la technique :

Cette technique s’applique à tous les ouvrages en béton armé, non armé,
précontraint qui présentent des dégradations superficielles sans qu’ils présentent
également des pathologies structurelles.
Est considérée comme superficielle toute dégradation qui engendre un
affaiblissement de la qualité de la protection des bétons en surface et sur une
profondeur de quelques centimètres et ne remettant pas en cause la stabilité de la
structure.
Les réparations sont effectuées à partir de trois familles de produits :
 Les produits à base de liants hydrauliques et à base de liants hydrauliques
modifiés
 Les produits mixtes
 Les produits à base de résines de synthèse.

Le principe est alors après préparation du support, la mise en œuvre des produits :
 en traitement de surface (ragréage)
 en injection et traitement de fissures.

II) Environnement règlementaire :

Les textes applicables sont :


 La norme NFP 95-101
 Le fascicule n°2 du STRESS
 Guide du choix des produits de réparation du LCPC.

III) Principe de dimensionnement des renforcements :

Dans la mesure où il ne s’agit pas de renforcement structurel ce paragraphe n’a pas


lieu d’exister.

IV) Mise en œuvre des renforcements :

IV.1) les matériaux :

Comme vu précédemment les trois familles sont les suivantes :

 Les produits à base de liants hydrauliques : ce sont des mortiers ou béton


composés de liants et de granulats. Cette catégorie se subdivise en deux
suivant que le ciment est seul ou modifié par ajout de polymères de synthèse
(type résine acrylique ou vinylique)
 Les produits à base de ciment et de polymères organiques actifs (produits
mixtes). Cette famille est dominée par les systèmes époxy-ciment. Les trois
composants prédosés ne sont mélangés qu’au moment de l’emploi, d’un coté
les deux composants de la résine (base + durcisseur) et de l’autre coté le
ciment et les fillers.
 Les produits à base de résines de synthèse, ils sont composés de sable , de
polymères et de charges minérales. Les produits les plus courants sont les
résines époxydes, polyuréthanes, polyesters… (voir § sur les matériaux de
synthèse).
Xavier Lauzin Août 2016 108
Diagnostic et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)
2016
Le choix des produits à utiliser est fonction des résultats de l’étude préalable . Les
dispositions les plus courantes en matière de ragréage sont les suivantes :
o Mortiers hydrauliques après application d’une couche d’accrochage
en liant époxyde
o Mortiers époxyde après accrochage d’une couche d’accrochage en
liant époxyde
o Mortiers polyuréthane sur couche d’accrochage en liant polyuréthane.

IV.2) la préparation du support

Préparation pour ragréage :

 Elimination du béton dégradé


 Nettoyage de la surface
 Humidification de la surface
 Protection et remplacement éventuel des armatures
 Mise en œuvre du ragréage.

Défaillance de la réparation suite à une mauvaise préparation du support.

Préparation pour injection et traitement des fissures :

Elle est identique à celle décrite ci-dessus. Il convient que les caractéristiques
mécaniques du béton au contact du matériau injecté soient celles de la structure
dans ses parties saines.

IV) Mise en œuvre des renforcements :

Mise en œuvre du ragréage :

La mise en œuvre est détaillée dans la norme. Il est noté cependant l’importance :
 De la couche d’accrochage (gobetis, résine,…)
 Du bon malaxage des composants
 Du respect des épaisseurs à mettre en œuvre en fonction des prescriptions
du cahier des charges du produit
 De la protection des mortiers hydrauliques (cure…)

Xavier Lauzin Août 2016 109


Diagnostic et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)
2016
Mise en œuvre de l’injection et du traitement des fissures:

Les différents procédés de traitement dépendent de la nature de la fissure et de son


activité.
On distingue généralement :
 Le calfeutrement à base de mastic, le pontage par une toile enduite et
l’imprégnation de surface (pour les faïençages principalement)
 L’injection :

Les capacités du produit à injecter une fissure sont fonction de son ouverture (les
injections de coulis de ciment étant réservées aux plus ouvertes et les résines
fluides aux plus fermées).

Fissures de retrait avant injection Fissures injectées.

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Diagnostic et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)
2016

La protection cathodique des armatures

I) Principe de la technique :

La protection cathodique a pour objet d’arrêter le processus de corrosion avant que


les risques d’ordre mécaniques soient importants. Elle est généralement appliquée
dans les ouvrages maritimes pour protéger tout type de matériaux métalliques.
Cette méthode de protection des armatures du béton contre la corrosion consiste à
abaisser en tout point du ferraillage le potentiel électrique jusqu’à une valeur appelée
potentiel de protection.
Pour ce faire on fait passer un courant électrique de l’enrobage vers l’armature selon
le schéma suivant :

Il existe différents type de procédés. Les plus courants sont les suivants :
o Procédé avec anodes primaires placées dans des rainures creusées par
sciage dans le béton avec un espacement de l’ordre de 7.50m à 30m. Des
anodes secondaires sont disposées dans des rainures longitudinales tous les
20 cm maximum et protégées par une résine vinyle ester. Son principal
défaut est de n’être pas durable.
o Procédé avec des anodes à enrober de béton : anode en treillis de titane
recouverte de béton (en général béton projeté pour les surfaces verticales).
o Procédé avec anode en revêtements conducteurs.

II) Environnement règlementaire :

Ce mode de protection des armatures du béton armé et précontraint fait l’objet du


texte règlementaire suivant :
 Norme EN 12-696 : Protection des aciers dans le béton.

III) Principe de dimensionnement des renforcements :

Sans objet.

IV) Mise en œuvre de la protection :

Pour qu’une protection cathodique des armatures soit réalisable, il convient que
certains paramètres soient reconnus :

Xavier Lauzin Août 2016 111


Diagnostic et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)
2016
 Les armatures en place doivent présenter un degré de conservation suffisant
(section des aciers)
 Seules des réparations locales sont envisagées
 Il faut pouvoir délimiter les zones où les armatures sont corrodées
 La teneur en chlorures du béton doit être déterminée précisément pour éviter
des dégradations ultérieures de la structure
 L’épaisseur de l’enrobage des aciers influant directement sur l’écoulement du
courant électrique doit également être précisée.
 Il ne doit exister aucun écran entre l’armature et l’anode.

L’ensemble anodique doit être capable d’assurer la protection cathodique, en particulier sa


durée de vie doit être compatible avec celle du projet (moyennant des travaux éventuels de
maintenance).
 Lorsque l’anode est noyée dans le béton, la densité du courant doit être conforme ,à
celle de la conception et ne doit pas dépasser les valeurs limites
 Lorsque l’anode est noyée dans un revêtement conducteur (organique ou métallique
projeté à chaud), ce dernier est utilisé comme anode à courant imposé. .

Exemple d’application sur un réservoir :

Schéma de la corrosion des armatures d’un réservoir d’eau.

Trace de corrosion des aciers au niveau de la coupole de couverture du réservoir.

Mise en œuvre de la protection cathodique :

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2016

Résultat de la protection :

Il convient ensuite :
 D’évaluer la protection anticorrosion : on retient en général deux critères :
 La mesure d’un potentiel négatif (de l’ordre de 850 mV par rapport à
une électrode de référence CU/CUSO4)
 Une différence de potentiel de 100mV après dépose du redresseur
 De contrôler régulièrement l’installation.

Mise en œuvre de l’anode et des liaisons électriques (photos Freyssinet)

Xavier Lauzin Août 2016 113


Diagnostic et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)
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Protection de l’anode par béton projeté


(photo Freyssinet).

Densité de courant nécessaire à la « prévention cathodique « et à la « protection


cathodique » :

Les densités de courant types :


 pour la prévention cathodique varient de 0,2 à 2 mA/m²
 pour la protection cathodique varient de 2 à 20 mA/m²

Densité de courant nécessaire à la « protection cathodique » pour les bétons


enterrés et les structures immergées:

Si le béton est complètement saturé d’eau, la densité de courant peut être


considérablement inférieure à celle requise pour des bétons exposés aux atmosphères
extérieures.
Les densités types varient de 0,2 à 2 mA/m² pour les structures neuves (avant initialisation
de la corrosion).
Pour les ouvrages non saturés d’eau ou tant déjà corrodés, les densités de courant sont
identiques à celles des structures exposées à l’air avec des valeurs qui peuvent atteindre
20 mA/m².
Il peut également se créer un effet de pile entre la partie totalement immergée et la partie
aérienne de l’ouvrage. Une densité de courant plus élevée sera alors à mettre en place sur
la partie immergée.

Cas particulier des aciers de précontrainte :

Ces aciers sont particulièrement sensibles à l’hydrogène (fragilisation). L’EN 12 696


recommande donc de ne pas les soumettre à des potentiels plus négatifs que -900 mV par
rapport à Ag/AgCl/KCl 0,5M pour éviter cette fragilisation par l’hydrogène.
Pour la protection cathodique par courants imposés en protection d’éléments précontraints
déjà corrodés, la limite de potentiel de sécurité doit être déterminée par des essais en
laboratoire.

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La reprise en sous-œuvre.

I) Principe de la technique :

La nécessité d’une reprise en sous-œuvre peut être liée à différents facteurs :


o Défaut de conception des fondations (absence d’étude géotechnique ou
conclusions erronées…)
o Défaut de prise en compte des effets parasites (par exemple frottements
négatifs ou poussées dissymétriques pour les pieux…)
o Défaut de réalisation (mauvaise reconnaissance du niveau d’assise, terrain
compressible, défaut de fiche pour les pieux, mauvais bétonnage…)
o Mouvements de sols non prévus
o Construction d’un ouvrage plus profond que son avoisinant
o …

Selon la nature des fondations, superficielles ou profondes, les technique de reprise en sous-
œuvre peuvent être différentes.
Dans tous les cas, il s’agit de reporter les charges de fondation sur un horizon porteur
satisfaisant aux exigences de la construction en matière de contraintes et de déformation.

Xavier Lauzin Août 2016 115


Diagnostic et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)
2016
II) Environnement règlementaire :

Les textes sont ceux applicables aux ouvrages de fondations :


 Fascicule 62 titre V du CCTG pour les ouvrages de génie civil
 DTU 13.1 et 13.2 pour les ouvrages de bâtiment
 Cahier des charges approuvé pour des techniques spécifiques.

III) Principe de dimensionnement des renforcements :

Il résulte de l’application des textes cités ci-dessus. De façon générale on suppose que les
fondations existantes dégradées ne sont plus aptes à remplir leur rôle.

IV) Mise en œuvre des renforcements :

IV.1) reprise en sous-œuvre des fondations superficielles :

IV.1.1) reprise par passes alternées :

Il s’agit de descendre les fondations au niveau du nouveau sol d’assise en réalisant sous les
semelles en place des plots en béton. On procède par plots primaires et plots secondaires de
façon à ne pas déstabiliser les superstructures.
Cette technique qui nécessite la présence humaine en fond de fouille reste limitée à des
reprises de faible ampleur.

IV.1.2) reprise par pieux:

Xavier Lauzin Août 2016 116


Diagnostic et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)
2016
Le principe consiste à reprendre les superstructures en place par un nouveau système de
fondations profondes. Les descentes de charge sont ramenées sur les pieux par un réseau de
longrines.
Les fondations profondes les plus utilisées dans ces cas et dans la limite de leur capacité
portante sont les micropieux.

IV.1.2) Reprise par des techniques spécifiques :

Parmi ces techniques de reprises, il existe des méthodes consistant à renforcer les sols sous
les fondations :
 Soit pour augmenter la capacité portante des fondations superficielles
 Soit pour diminuer les tassements.
Les principales techniques sont les suivantes :

Technique de l’injection de sol :

Exemple de reprise en sous-œuvre par injection de sol.

Exemple de domaine d’application du coulis d’injection .

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Technique du jet grouting : (NF EN 12-716)


2016

Vue d’une colonne de jet grouting.

La réalisation par jet d'éléments ou de structures de sol-ciment peut s'appliquer à des travaux
temporaires ou permanents ayant différentes fins, telles que :

 la réalisation de fondations d'ouvrages nouveaux;

 la reprise en sous-œuvre de fondations existantes;

 la réalisation d'écrans de faible perméabilité ;

 la réalisation de structures de soutènement ou de structures porteuses ;

 la réalisation de travaux annexes à d'autres travaux géotechniques ;

 le renforcement d'un massif de sol.

Xavier Lauzin Août 2016 118


Diagnostic et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)
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IV.2) Reprise en sous-œuvre des fondations profondes :

Fondations de la gare maritime du Havre.

La pathologie de la construction est liée à l’ancrage des pieux sur un banc de sable et graviers
de faible épaisseur.
La reprise en sous-œuvre mise au point par M. Freyssinet a consisté à foncer de nouveaux
pieux béton jusqu’ à la couche de gravier compact, de créer un réseau de longrines
précontraintes et de vériner la superstructure.

Réalisation des nouveaux pieux.

Xavier Lauzin Août 2016 119


Diagnostic et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)
2016

Exemple de diagnostic sur un ouvrage de


génie civil.

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Diagnostic et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)
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Vue générale

Réservoir sur tour. Vue d’ensemble.

Xavier Lauzin Août 2016 121


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2016

SOMMAIRE

LE DIAGNOSTIC DES OUVRAGES. ....................................................................................... 2


LA CONNAISSANCE HISTORIQUE DES REGLES DE DIMENSIONNEMENT.HISTORIQUE DU
BÉTON ARMÉ ................................................................................................................ 2
HISTORIQUE DU BÉTON ARMÉ .................................................................................... 3
I) La fissuration : ....................................................................................................... 22
I.1) Définition : ................................................................................................................................................. 22
I.2) Cas particulier du béton :........................................................................................................................... 22
Application : ..................................................................................................................................................... 23
Exemples de fissures dues au fonctionnement de l’ouvrage : ......................................................................... 24
II) La dégradation du béton : ..................................................................................... 31
Schéma de la dégradation des bétons et de la corrosion des armatures ........................................................ 31
II .1) Les dégradations physico-chimiques : .................................................................................................... 31
Composition des matériaux composites .......................................................................................................... 65
LA REPARATION DES OUVRAGES EN BETON...................................................................... 86
SOMMAIRE .................................................................................................................. 122
SITUATION ................................................................................................................... 123
IDENTIFICATION DE L'OUVRAGE ..................................................................................... 123
3. DESCRIPTION GENERALE DE L'OUVRAGE .................................................................... 123
3.1 Nature d’Ouvrage........................................................................................... 123
Fondations .............................................................................................................. 124
Fût .......................................................................................................................... 124
Coupole de fond du réservoir .................................................................................. 124
Coupole de couverture du réservoir ........................................................................ 124
Equipements ou superstructures ............................................................................ 124
4. CARACTERISTIQUES DIMENSIONNELLES ..................................................................... 125
CONDITIONS D'UTILISATION........................................................................................... 125
II – CONDITIONS DE REALISATION DE L'OUVRAGE ............................................... 126
CONSTRUCTION DE L'OUVRAGE .................................................................................... 126
INCIDENTS SIGNALES ................................................................................................... 126
SURVEILLANCE ORGANISEE DE L'OUVRAGE .................................................................... 126
TRAVAUX REALISES DEPUIS LA DERNIERE VISITE ............................................................ 126
III – RENSEIGNEMENTS CONCERNANT L'INSPECTION .......................................... 127
IV – INSPECTION DE L'OUVRAGE ............................................................................. 128
REPERAGE .................................................................................................................. 128
ABORDS DE L'OUVRAGE................................................................................................ 128
SUPERSTRUCTURES .................................................................................................... 129
V - SYNTHESE ............................................................................................................. 134
DEFAUTS CONSTATES .................................................................................................. 134
DEGRE DE CORROSION ................................................................................................ 134
ANALYSE DES CONDITIONS D’EXPLOITATION .................................................................. 134
EXPLOITATION DES DISPOSITIFS DE MESURE EN PLACE................................................... 134
INTERPRETATION DES OBSERVATIONS EFFECTUEES ....................................................... 135
EVOLUTION PAR RAPPORT A LA PRECEDENTE INSPECTION DETAILLEE.............................. 135
VI - CONCLUSION ....................................................................................................... 136

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Pathologie et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)
2016

ETAT DE L'OUVRAGE .................................................................................................... 136


TRAVAUX PROPOSES ................................................................................................... 136
Entretien courant .................................................................................................... 136
Entretien spécialisé ................................................................................................. 136
Grosses réparations ............................................................................................... 136
Modernisation ......................................................................................................... 137
INVESTIGATIONS COMPLEMENTAIRES A ENTREPRENDRE ................................................. 137
ANNEXES ..................................................................................................................... 138
I – Description de l'ouvrage

Situation

Identification de l'ouvrage

Nom de l’ouvrage : Réservoir sur tour de MONDOT


Numéro d’identification :
Agence de l’eau: Ville de SAINTES
Commune : LIBOURNE
Classe de l’Ouvrage (fascicule 74 du CCTG) : B

3. Description générale de l'ouvrage

3.1 Nature d’Ouvrage


Il s’agit d’un réservoir sur tour réalisé en béton armé.
Il est composé d’une cuve circulaire reposant sur des poteaux annulaires en béton.
La cuve est portée par la ceinture basse du réservoir et est recouverte d’une coque mince.
La coupole de couverture du réservoir est revêtue d’un système d’étanchéité liquide du
type résine.

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Pathologie et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)
2016

La cuve est revêtue quant à elle d’un système d’imperméabilisation.

Fondations  Non visibles.

Fût  Il est composé de 12 poteaux annulaires en béton armé de


1.10m de diamètre chacun.
 L’épaisseur de l’anneau est d’environ 18 cm.

Coupole de fond du  Coque en béton armé raccordée sur une dalle horizontale au
réservoir niveau du noyau central.
 Son épaisseur n’a pu être mesurée.

Coupole de  Coque en béton armé raccordée sur une dalle horizontale au


couverture du niveau du noyau central.
réservoir  Son épaisseur est de l’ordre de 9 à 10 cm.

Equipements ou
superstructures  Etanchéité de la coupole supérieure par SEL
 Antennes de diffusion téléphonique en partie centrale de la
couverture et sur les acrotères
 Garde-corps métalliques en périphérie de la cuve
 Escalier hélicoïdal
 Canalisations d’amenée et d’évacuation de l’eau et pompes.

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Pathologie et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)
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4. Caractéristiques dimensionnelles

-Hauteur totale de l’ouvrage : 32 m (hauteur des poteaux : 17 m


hauteur de la cuve : 15 m)
- Diamètre inférieur: 18.30 m

- Diamètre supérieur : 18.30 m

- Flèche de la coupole basse : Non mesurée

- flèche de la coupole haute : Non mesurée

- Hauteur des garde-corps 1m

- Volume du réservoir 1000 m3

Conditions d'utilisation
 Ouvrage de rétention d’eau potable.

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Pathologie et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)
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II – CONDITIONS DE REALISATION DE L'OUVRAGE

Construction de l'ouvrage

- Entreprise : Inconnue

- Bureau d'études : Inconnue

- Années de construction : Inconnue

Incidents signalés
 Néant

Surveillance organisée de l'ouvrage


 Néant

Travaux réalisés depuis la dernière visite


 Non précisés.

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Pathologie et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)
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III – RENSEIGNEMENTS CONCERNANT L'INSPECTION

- Organisme chargé de la présente opération

- Inspection antérieure néant

- Date de la présente opération Juin / juillet 2008

- Constitution de l’équipe d’inspection : 1 équipe constituée d’1 ingénieur OA et


1 technicien OA

- Autres participants Entreprise de carottage.

- Moyens mis en œuvre Examen visuel.


Essais au Ferroscan.
Essais destructifs.
- Conditions Atmosphériques Temps variable.

- Autres conditions Néant

- Difficulté particulière : L’examen des parois extérieures a


nécessité un travail sur cordes.

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Pathologie et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)
2016

IV – INSPECTION DE L'OUVRAGE

Repérage
Le réservoir est situé en zone rurale.

Abords de l'ouvrage

Eléments Description Localisation Avis Photo n°


Abords de l'ouvrage Ouvrage situé entre une zone 1
rurale.
Chaussée En enrobé au niveau de la Etat satisfaisant
voirie publique et en grave à
l’intérieur de la zone.

Xavier Lauzin Page 128


Pathologie et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)
2016

Superstructures

Rappel sur le classement du CEMAGREF :


Tout défaut apparent est rangé dans une classe qui correspond à un indice de gravité. Il
est défini 6 classes dont la gravité va croissant de A à F.

o Classe A : ouvrage en bon état sans défaut


o Classe B : ouvrage dont les défauts étaient existants à la construction et sans
conséquence importante autre qu’esthétique
o Classe C : ouvrage dont l’évolution des défauts risque de se faire anormalement
o Classe D : ouvrage dont les défauts sont révélateurs d’une évolution de la
dégradation (il existe 3 sous-classes D1, D2, D3)
o Classe E : ouvrage dont les défauts traduisent une modification du comportement
de la structure et mettent en cause la durée de vie de l’ouvrage
o Classe F : ouvrage dont les défauts indiquent la proximité d’un état limite et exigent
une restriction d’utilisation ou sa mise hors service.

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Pathologie et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)
2016

3.1) Poteaux support de la cuve :

3.1.1) Défaut apparent des ouvrages :


Les poteaux béton examinés ne présentent pas de défaut apparent.
Ils pourraient être mis en classe B selon la méthodologie du CEMAGREF.

3.1.2) Etat de conservation des ouvrages :


Les poteaux ont fait l’objet de 3 carottages en vu d’analyse chimique.
Les résultats de ces analyses sont présentés en annexe.
L’interprétation qui pourrait être fait des résultats, est la suivante :

 Composition des bétons : les échantillons prélevés révèlent 3 matrices minérales


de composition similaire. Il s’agit de béton dont la charge granulaire est du type
siliceux (entre 89 et 98 %).
Les dosages en ciment varient de 306 kg/m3 (échantillon 1) à 265 kg/m3
(échantillon 2) et 231 kg/m3 (échantillon 3). Parallèlement les teneurs eau
permettent de calculer le rapport E/C pour chaque élément. Ces valeurs varient de
0.76 (échantillon1) à 0.81 (échantillon 2) et 1 (échantillon 3).
Les valeurs des taux d’hydratation (respectivement 19,18 et 15 %) indiquent
une prise normale du liant.
Les résistances à la compression des échantillons sont les suivantes :
 Echantillon 1 : 9.7 MPa
 Echantillon 2 : 18.8 MPa
 Echantillon 3 : 10.3 MPa.

Commentaires sur les analyses : l’examen de ces éléments appelle 3 observations :


 Les dosages en ciment sont relativement faibles par rapport au
dosage préconisé par la EN 206.1 (non applicable à la date de
construction de l’ouvrage) mais il convient cependant de noter que le
fascicule 74 de mars 1983 préconisait un dosage minimal de 300 kg/m3
pour le béton armé non au contact de l’eau (article 32).
 Les rapports E/C sont également très élevés (entre 0.76 et 1). La
valeur recommandée est de l’ordre de 0.5 à 0.55.Il est probable que pour
assurer une mise en œuvre plus facile du béton dans l’espace annulaire,
il y ait eu adjonction d’eau sur le chantier.
 Les valeurs de résistances à la compression sont faibles (autre
conséquence d’un dosage en liant faible et d’un rapport E/C élevé).Il faut
cependant nuancer cette analyse du fait des dimensions géométriques
des carottes fournies.

Xavier Lauzin Page 130


Pathologie et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)
2016

En effet, la NF EN 206.1 détermine des classes de résistance à partir


d’essai sur des éprouvettes de béton durci d’élancement 2, ce qui n’était
pas le cas des nôtres (échantillon 1, élancement 2 ; échantillon 2,
élancement 1.9 et échantillon 3, élancement1.4).
De plus selon la NF EN 12504.1 le rapport entre le diamètre maximal des
granulats et le diamètre de l’éprouvette a une incidence significative
Il en résulte que les valeurs données le sont à titre informatif.

 Produits d’altération des bétons : les produits recherchés sont principalement les
chlorures, les alcalins, et la profondeur du front de carbonatation.
Le dosage en ions chlorures indique des valeurs inférieures à
0.02% en masse de béton, soit ramené au dosage en ciment des
valeurs inférieures à 0.18 %.
Les teneurs en alcalins sont de l’ordre de 0.10 % .
Les mesures des profondeurs des fronts de carbonatation sont les
suivantes :
 Echantillon 1 : extérieur : 13 mm intérieur : 0 mm
 Echantillon 2 : extérieur : 0 mm intérieur : 0 mm
 Echantillon 3 : extérieur : 35 mm intérieur : 0 mm

Commentaires sur les analyses : ces valeurs appellent les commentaires suivants :
 Dosage en chlorures : les valeurs obtenues sont inférieures aux valeurs
préconisées (0.20 % pour du béton armé).
 Teneur en alcalins : les valeurs sont également inférieures à celles
recommandées par le LCPC (3.5 kg/m3).
 La profondeur de carbonatation de 35 mm pour une épaisseur de 18 cm
de béton et un enrobage mesuré sur l’échantillon 3 de l’ordre de 5 cm
demande à être prise en compte dans le cadre de mesures préventives.
 Pour une cuve de 1000 m3, la contrainte de compression sur les poteaux
est de l’ordre de 1.5 MPa et donc inférieure à la contrainte admissible de
0.6*fcj (6 MPa pour la valeur la plus faible mesurée).

Xavier Lauzin Page 131


Pathologie et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)
2016

3.2) Cuve :

3.2.1) Défaut apparent des ouvrages :

La structure de la cuve est constituée d’une coupole de fond, d’une coupole de couverture
et de parois verticales.
La coupole de fond s’appuie sur les poteaux par l’intermédiaire d’une ceinture en béton
armé.
La coupole de couverture repose sur les voiles périphériques par l’intermédiaire d’une
ceinture haute.
Il n’a pas été relevé de pathologie au niveau de la coupole de fond et des parois. Ces
ouvrages pourraient mis en classe C.
La coupole de couverture présente quant à elle des signes de carbonatation des bétons et
de corrosion des armatures conduisant à des chutes de plaques de béton à l’intérieur de la
cuve. Cette partie d’ouvrage est à classer en E.

3.2.2) Etat de conservation des ouvrages :

 Inspection visuelle et instrumentée :


Il a été procédé à des inspections au Ferroscan PS 200 pour la vérification des enrobages
des armatures à l’intérieur et à l’extérieur de la cuve ainsi que des mesures ponctuelles
des profondeurs des front de carbonatation à la phénophtaléine.
Les valeurs trouvées sont résumées dans le tableau ci-après :

Localisation Mode d’inspection Enrobage mesuré (mm) Carbonatation (mm)


Fût central Balayage horizontal Mini : 28 Maxi : 70 Entre 5 et 10
Balayage vertical Mini : 20 Maxi : 40
Coupole de Balayage horizontal Mini : 38 Maxi : 90 Entre 5 et 8
fond
Balayage vertical Mini : 30 Maxi : 40
Parois Balayage horizontal Mini : 30 Maxi : 40 Inférieure à 10
Balayage vertical Mini : 35 Maxi : 80

(Les sorties informatiques des mesures sont jointes en annexe).

 Essai en laboratoire sur une carotte :


Un carottage a été réalisé sur la coupole de couverture.

Xavier Lauzin Page 132


Pathologie et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)
2016

Les résultats des analyses chimiques sont joints en annexe.


L’interprétation des résultats est résumée ci-après :

Composition des bétons : l’échantillon prélevé est un béton dont la charge


granulaire est majoritairement de la silice (97.2%).
Le dosage en ciment est de 254 kg/m3.
La teneur en eau est de 9.2 % pour un rapport E/C de 0.82.
La valeur du taux d’hydratation (19 %) indique une prise normale du liant.
La résistance à la compression a été estimée à 7.5 MPa.
Commentaires sur les analyses : ces valeurs appellent les commentaires suivants :
 On retrouve des dosages en ciment faible comme précédemment.
La valeur minimale de 300 kg/m3 n’est pas respectée. Il en découle outre une
résistance mécanique faible, une compacité médiocre qui peut expliquer l’état
actuel de la coupole et sa carbonatation.
 Le rapport E/C est par contre exceptionnellement élevé (0.82). Les
valeurs couramment admise sont de 0.5 maximum. Il est donc fortement probable
que pour pouvoir assurer une mise en œuvre facile de la coque mince il y ait eu un
rajout d’eau sur le chantier. Ce dosage élevé en eau participe également à la faible
compacité du béton et à l’accélération des phénomènes de carbonatation.
 La valeur de résistance mécanique du béton est très faible. Malgré
les commentaires précédents sur la représentativité de la valeur, et compte tenu de
la conception même de la coupole en coque mince, nous conseillons un
renforcement de cette dernière.

Produits d’altération des bétons : comme précédemment, les produits


recherchés sont les chlorures, les alcalins et la profondeur de
carbonatation.
 Le dosage en chlorures indique des valeurs de 0.09 % ramenées
au dosage en ciment.
 La teneur en alcalins est de l’ordre de 0.10 %.
 La valeur de pénétration du front de carbonatation est de 0 sur
l’échantillon prélevé.
Commentaires sur les analyses : ces valeurs appellent les commentaires suivants :
 Dosage en chlorures : les valeurs sont inférieures aux valeurs
préconisées.
 Teneur en alcalins : les valeurs sont inférieures aux valeurs limites.
 Profondeur de carbonatation : la valeur obtenue par carottage n’est
pas représentative des pathologies repérées. En effet les corrosions
d’acier avec chute de plaques de béton sont caractéristiques d’une
carbonatation avancée des bétons.

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Pathologie et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)
2016

V - SYNTHESE

Défauts constatés

DEFAUTS CAUSE REMEDES

DEFAUTS DE CONSTRUCTION
Eclatement des bétons de la Mauvaise compacité du Réparation lourde
coupole de couverture. béton, enrobages insuffisants
du à une épaisseur très faible
bien que règlementaire.
Défaut d’étanchéité L’imperméabilisation de la Etanchéité intérieure de
cuve est ancienne et ne la cuve à réaliser.
protège plus les bétons contre
la carbonatation.
Poteaux support de la cuve : Protection par peinture très Réaliser un revêtement
début de carbonatation. dégradée. technique de protection.
DEFAUTS DE MANQUE D’ENTRETIEN
Sans objet.

DEFAUTS DE FONCTIONNEMENT
Accumulation d’eau dans la Obturation des entrées d’eau Remplacer les descentes
noue en couverture. pluviale en couverture. EP (éventuellement les
passer en apparent à
l’extérieur si le
classement du site le
permet).
Altération des garde-corps Oxydation de l’échelle A remplacer
métallique d’accès à la cuve.

Degré de corrosion
 Oxydation des garde-corps de la cuve et de l’échelle d’accès à la coupole de fond.

Analyse des conditions d’exploitation


 La présence d’antennes en couverture limite les conditions d’entretien du revêtement
d’étanchéité.

Exploitation des dispositifs de mesure en place


 Sans objet.

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Pathologie et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)
2016

Interprétation des observations effectuées


 Cet ouvrage ne présente pas de défaut majeur structurel pouvant remettre en cause
son fonctionnement immédiat.
 La carbonatation des bétons et le niveau de corrosion des armatures de la coupole de
couverture demandent une action rapide sous peine d’assister à une dégradation
rapide et définitive de l’ouvrage.
 L’étanchéité intérieure de la cuve est à reprendre, celle de la coupole est apparue en
bon état de conservation.
 Les poteaux et les parois extérieures de la cuve seraient à protéger pour prévenir des
phénomènes de carbonatation.

Evolution par rapport à la précédente inspection détaillée


 Pas d’inspection communiquée.

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Pathologie et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)
2016

VI - CONCLUSION

Etat de l'ouvrage

Définition des
Indice de Mode réparation
Parties de l'ouvrage causes
gravité possible
probables
Abords B

Poteaux support de Carbonatation B Mise en peinture


cuve des bétons technique après purge
et réparations locales.
Coupole de fond Carbonatation C Etanchéité de la cuve
des bétons et à réaliser.
corrosion des
aciers
Fût et parois de la Carbonatation C Etanchéité de la cuve
cuve des bétons et à réaliser.
(intérieur) corrosion des
aciers
Parois de la cuve Carbonatation C Mise en peinture
(extérieurs) des bétons et technique après purge
corrosion des et réparation locale.
aciers
Coupole de Carbonatation E Reprendre la sous-
couverture des bétons et face par béton projeté
corrosion des après purge.
aciers Protection
complémentaire
contre l’humidité.
Ensemble de E
l'ouvrage
(indice de gravité
max.)

Travaux proposés

Entretien courant
 Etanchéité de la coupole de couverture et des entrées d’eau pluviale.

Entretien spécialisé
 Néant

Grosses réparations
 Voir tableau ci-dessus.

Xavier Lauzin Page 136


Pathologie et réhabilitation des ouvrages de génie civil (version 1)
2016

Modernisation
o Néant
Investigations complémentaires à entreprendre
o Néant

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ANNEXES

 ANALYSE DES BETONS


 MESURES D’ENROBAGE DES ACIERS
 PHOTOS de l’OUVRAGE

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 ANALYSE DES BETONS

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 Diagrammes des auscultations au Ferroscan.

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 PHOTOS de l’OUVRAGE

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Photo 1
Vue générale en élévation

Photo 2
Vue des sondages sur les
poteaux

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Pathologie des ouvrages de génie civil. Xavier Lauzin

Photo 3
Sondages sur poteaux.

Photo 4
Début de corrosion des
armatures après carbonatation
des bétons.

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Photo 5
Début de corrosion des
armatures après carbonatation
des bétons.

Photo 6
Faïençage des enduits.

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Photo 7
Aperçu des poussées de
corrosion des armatures
derrière l’enduit.

Photo 8
Détérioration de la peinture des
poteaux.

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Pathologie des ouvrages de génie civil. Xavier Lauzin

Photo 9
Faïençage des enduits
Fissuration de la reprise de
coulage.
Fissuration de l’enduit dans la
zone de rejaillissement.

Photo 10
Faïençage de l’enduit de la
cuve et amorce de fissuration
dans la zone de rejaillissement
(au dessus de la corniche).

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Photo 10
Faïençage de l’enduit de la
cuve et amorce de fissuration
dans la zone de rejaillissement
(au dessus de la corniche).

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