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LOUVAIN-LA-NEUVE

Un regard sur l’univers carcéral brésilien

De Quentin COLETTE -

L’exposition «Art et Prison» présente des photographies

du professeur brésilien Renato Sarieddine prises dans des

prisons de son pays.

Plongée dans l’univers carcéral brésilien: Art et Prison, la nouvelle

exposition, présentée au Forum des Halles, à Louvain-la-Neuve,

jusqu’au 15 décembre, fait découvrir des photographies du

professeur brésilien et docteur en psychanalyse à l’université de

Paris 7, Renato Sarieddine.

Ce dernier a été invité à l’UCL par la faculté de droit et de

criminologie pour intervenir dans des cours, séminaires et une

journée d’études, cette dernière étant dédiée à «la prison sous le

prisme de quelques artistes brésiliens contemporains».

L’occasion donc de découvrir son travail photographique. La

plupart de ses photos se succèdent horizontalement, parfois

verticalement, ce qui n’est pas sans rappeler les barreaux des

prisons de la province de Minas Gerais où il a emmené son

appareil photo en 2014.

Ce qui marque à travers ces images, c’est que les secondes ne

semblent pas vouloir s’écouler dans ces établissements où les

détenus sont enfermés, tels des laissés pour compte.

«Expression tragique de la haine»

Les photos «représentent l’expression tragique de la haine des

pratiques pénales brésiliennes», lit-on dans la présentation de

l’exposition.

On découvre un monde de soumission quand les prisonniers

doivent garder la tête basse, regard au sol, mains dans le dos. On

image la violence qu’il y règne avec ces armes improvisées à

partir d’un briquet, par exemple. Les humains sont

déshumanisés, en témoigne cette poubelle remplie de nourriture

où le photographe explique, dans la légende, que les détenues ne

se donnent pas la peine de regarder ce qui leur est servi, tant la

nourriture est toujours mauvaise.

Dans cet univers, n’allez pas croire que les gardiens sont mieux

lotis. Un simple cliché d’une chaise dézinguée d’un poste

d’observation résume leur situation…

«Nous affirmons que les omissions et les violences commises par

l’État et ses institutions sontla source du malaise brésilien. La

croyance “magique”, ou imaginaire, d’une société fondée sur la

haine – dont témoignent les prisons – rompt les liens de

solidarité, la force réelle des sociétés», peut-on encore lire dans

la présentation de l’exposition.

Car les prisons sont aussi le reflet de la cité qui les a construites.

De quoi s’interroger: et chez nous? Un lieu d’enfermement pur ou

un lieu où l’on pense à la réinsertion?

Y réfléchir, c’est déjà un pas de franchi. Une touche d’espoir tel

cet oiseau qui prend son envol sur ce cliché de Renato

Sarieddine.