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Collection de droit 2017-2018 Volume 7 - Contrats, sûretés, publicité des droits et droit international

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M

Patrick Ferland

*

Guillaume Laganière

privé e M M Patrick Ferlan d * Guillaume Laganière Informations bibliographiques MD JuriBistro eDOCTRINE

MD

JuriBistro eDOCTRINE Date: 2017/12/13

Table des matières Titre I - Le contrat d'entreprise ou de service Titre II -

Table des matières

Titre I - Le contrat d'entreprise ou de serviceTable des matières Titre II - Le mandat Titre III - Le droit des assurances Titre

Titre II - Le mandatTitre I - Le contrat d'entreprise ou de service Titre III - Le droit des assurances

Titre III - Le droit des assurancescontrat d'entreprise ou de service Titre II - Le mandat Titre IV - Les priorités et

Titre IV - Les priorités et les hypothèquesTitre II - Le mandat Titre III - Le droit des assurances Titre V - La

Titre V - La publicité des droitsdes assurances Titre IV - Les priorités et les hypothèques Titre VI - Le droit international

Titre VI - Le droit international privé Chapitre Patrick Ferland I - Le droit et Guillaume international Laganière privé Chapitre Patrick Ferland I - Le droit et Guillaume international Laganière privé

1- A- Introduction Les La typologie principes des généraux règles du droit international privé B-
1- A- Introduction Les La typologie principes des généraux règles du droit international privé
B- Les principes généraux de la méthode conflictuelle
1.
L’éviction La La qualification clause de échappatoire la loi et le désignée dépeçage par la règle de conflit
Le Les La renvoi fraude conflits et à transitoires la la loi question préalable
Le Le droit conflit transitoire mobile des règles de conflits
L’application Le droit transitoire de la loi de étrangère la loi désignée
L’ordre Le La statut détermination public et la et preuve le des droit de règles international la loi étrangères étrangère privé applicables
2- A- Les Le statut conflits personnel de lois
2.
a)
b)
3.
4.
a)
b)
c)
5.
a)
b)
c)
1.
a)
b)
2.
a)
b)
c)
d)
e)
L’état Les Les personnes personnes et la capacité physiques morales en général
La Le famille mariage
La L’union La séparation filiation civile et l’adoption de corps et le divorce
B- L’obligation Le statut réel alimentaire
1. 2. a) Les Les Les principes règles successions particulières généraux
b) Les sûretés mobilières
c) d) e) La Les La fiducie faillite valeurs et l’insolvabilité mobilières et les titres
c) d) e) La Les La fiducie faillite valeurs et l’insolvabilité mobilières et les titres intermédiés
C- Le statut des obligations
1.
a)
Les Le La fond forme actes des des juridiques actes actes juridiques juridiques
b)
i)
ii)
1)
2)
3)
4)
5)
6)
7)
2.
a)
b)
3.
Les Les La vente règles règles générales de conflits particulières en matière d’actes juridiques
La Le La Les représentation régime cession contrats matrimonial de de créance consommation, conventionnelle de travail et d’assurance
Les L’arbitrage Les faits autres juridiques contrats nommés
Le La Les régime responsabilité « quasi-contrats de l’obligation, civile » extracontractuelle la prescription et la preuve
3- D- Les Le statut conflits de de la procédure juridiction
A- Les La compétence règles de conflit internationale relatives à des la compétence autorités québécoises des autorités québécoises
Les Les La Les règle critères actions actions générale généraux personnelles personnelles : le de domicile compétence à à caractère caractère du défendeur patrimonial extrapatrimonial et familial
Faute, Domicile, Élection préjudice, du résidence for québécois exécution et établissement par d’une les obligation parties
L’exception Reconnaissance Les critères relative de compétence de aux la compétence clauses propres compromissoires des à certains tribunaux types québécois ou d’élection spécifiques de de for litiges étranger
La La Les Le modulation doctrine cas actions particulier du réelles des forum des règles et non mixtes actions conveniens relatives collectives à la compétence des autorités québécoises
Le Le for sursis de nécessité pour cause de litispendance ou chose jugée internationale
1.
a)
b)
c)
i)
1)
2)
3)
4)
ii)
iii)
d)
e)
2.
a)
b)
c)
d)
e)
La La compétence compétence à à l’égard l’égard des des demandes mesures provisoires, incidentes conservatoires ou reconventionnelles ou d’urgence
B- La reconnaissance et l’exécution des décisions étrangères
1. 2. 3. Le Les La régime notion effets de indépendants de « l’exequatur décision étrangère de la procédure » de reconnaissance
4. a) Les La compétence conditions d’application de l’autorité de étrangère l’exequatur
ii) i) Le Les Les principe règles règles spécifiques du spécifiques miroir en en matière matière d’actions d’actions personnelles personnelles à à caractère caractère extrapatrimonial patrimonial
iii)
1)
2)
3)
4)
5)
b)
Obligations Domicile Préjudice Élection de et et établissement contractuelles for faute ou fait dommageable
Reconnaissance Le caractère définitif de la et compétence exécutoire de la décision

[Page 253]

Introduction

Le droit international privé est la branche du droit s’intéressant aux relations juridiques de droit privé lorsque celles-ci s’insèrent dans un contexte international 1 , c’est-à-dire lorsqu’elles ont un ou plusieurs points d’exemples de contact : pertinents avec des juridictions étrangères (les « éléments d’extranéité » 2 ). À titre

en • Italie, Une puis Suédoise au Québec. et un Ils Italien désirent se sont aujourd’hui mariés en divorcer; France. Ils se sont d’abord établis

• Un résident de Rivière-du-Loup s’est blessé en manipulant une scie sauteuse

défectueuse qu’il procédures avait achetée contre fabriquée dans le vendeur, en une Chine, quincaillerie le distributeur distribuée du au Nouveau-Brunswick. et Canada le fabricant; par une entreprise Il veut intenter de Toronto des et

• Une femme de nationalité belge, domiciliée dans l’État de New York, décède

premier trouvent sans testament. mariage une unité Son (belges) de mari copropriété se en disputent secondes et un les compte noces biens (un bancaire de Américain) la succession. à Mont-Tremblant; et ses Parmi enfants ceux-ci d’un se

• Une société étrangère a obtenu en Alberta un jugement condamnant une société

Québec. clause québécoise pénale. domiciliée Elle souhaite à Montréal exécuter à lui ce verser jugement des dommages-intérêts contre les biens de la en société vertu d’une au Dans ce genre d’hypothèses, de plus en plus fréquentes avec la mobilité accrue des personnes et quel juridiction) l’internationalisation ordre juridique régit le divorce régit croissante la ou situation. la des dissolution échanges C’est la du question régime de biens matrimonial du et conflit de services de lois dans : 3 , quelle se le premier pose loi (i.e. la exemple, question les règles de la de savoir quelle responsabilité dans les second procédures le troisième? exemple, civile peuvent-elles les À du cette tribunaux vendeur question ou québécois ou doivent-elles du s’en fabricant ajoute sont-ils être une dans compétents intentées? autre le second, : devant C’est pour la les dévolution entendre le tribunaux conflit de la successorale juridictions. demande de quel ordre Ainsi, intentée des juridique dans biens le contre opposant le distributeur des ressortissants ontarien belges ou le fabricant et américains chinois? relativement Le sont-ils à quant une succession à la dispute ouverte successorale à New York? Et Québec? lorsqu’un C’est jugement la question a été de obtenu la reconnaissance à l’étranger, des à quelles conditions peut-il être reconnu ou exécuté au

[Page 254] jugements étrangers (soulevée dans le quatrième exemple), aspect particulier des conflits de juridiction.

règles Le droit qu’il international énonce ne donnent privé se généralement distingue de la pas plupart de solution des autres de fond branches au problème du droit juridique en ce sens envisagé que les international mais permettent privé, plutôt qui traite de déterminer des conflits quel de ordre lois dans juridique l’espace, apportera se rapproche cette solution. ainsi de La celle nature du du droit droit des transitoire, « règles qui d’attribution régit les conflits », lesquelles de lois dans indiquent le temps les règles : dans de chaque fond qui cas, seront il s’agit applicables d’un droit à qui la situation énonce règles internationales envisagée de droit 4 . Contrairement international en vigueur, le au privé juriste droit varient international québécois d’un ordre doit public, se juridique tourner il ne s’agit à vers l’autre, pas ses et, d’un propres sous droit réserve règles supranational afin des de conventions : les solutionner les conflits de lois ou de juridictions qu’il rencontre. On peut voir les règles de droit international privé comme un compromis, une recherche d’équilibre, entre deux principes qui s’opposent 5 . D’une part, celui de la personnalité des lois voulant que chaque

sa personne, trouvant nationalité; sur où le qu’elle d’autre territoire aille, part, d’un reste à État l’opposé, soumise donné le est à principe sa soumise loi personnelle, de aux territorialité lois de c’est-à-dire des cet lois, État, selon d’où la loi lequel qu’elle de son toute vienne. domicile personne La ou de se question à Bartole la loi territoriale au de XIV savoir a dans donné quels lieu, cas dans il est les juste juridictions et approprié civilistes, de s’en à la « remettre théorie des à la statuts loi personnelle » (travaux de ou plutôt

e

siècle, puis de Dumoulin, de Coquille et d’Argentré au XVI

e

siècle), fondée

essentiellement et le statut des personnes sur la distinction – qui restent entre le régies statut par des leur choses loi personnelle – qui sont (fixée soumises par la aux nationalité lois territoriales ou le –,

domicile) moderne, même le principe lorsqu’elles de territorialité se trouvent s’est sur imposé un autre davantage. territoire. Au Avec XVII la montée siècle, les en Hollandais puissance Huber de l’État et

même de Voët common ont au proposé statut law. des Son un personnes. système point de de départ L’autorité droit est international le souveraine principe privé de sur territorialité, qui un s’est territoire surtout lequel donné répandu en doit principe cependant, dans s’appliquerait les juridictions au nom de des territoriale) la courtoisie États qui puisse internationale, veulent régir participer certaines accepter aux situations. échanges de bonne Cette internationaux grâce courtoisie qu’une loi car internationale étrangère ceux-ci seraient (plutôt est dans que sérieusement l’intérêt sa propre de chacun loi jamais entravés, tenir voire compte rendus des impossibles, attentes légitimes si chaque des État parties appliquait ou des toujours « droits acquis sa propre » sous loi l’empire territoriale de sans la loi d’un autre principe État de 6 . Ainsi, territorialité le principe et rend de possible courtoisie l’élaboration internationale de règles vient contre-balancer nuancées de droit l’application international intégrale privé. du On

rejoint ainsi, quoique par une autre voie, la théorie des statuts 7 . Le droit international privé québécois se retrouve essentiellement au Livre X du Code civil du Québec (art. 3076 à 3168), qui contient des règles détaillées en la matière 8 . Ces règles doivent être complétées par les conventions internationales applicables (art. 3076 C.c.Q.) 9 et, bien sûr, par l’interprétation qu’en font règles la du jurisprudence Code civil doivent et la doctrine aussi 10 . Lorsqu’il s’agit de les appliquer dans un contexte canadien, les

e

[Page 255]

être examinées à la lumière des principes constitutionnels 11 . Ainsi, dans l’affaire Morguard Investments Ltd. c. De Savoye 12 , la Cour suprême a jugé que le cadre fédéral canadien requérait une application plus exigeante du principe de la courtoisie, obligeant à toutes fins utiles les provinces canadiennes à reconnaître un jugement rendu ailleurs au Canada, dès lors qu’existait un lien réel et substantiel entre le litige et la juridiction ayant rendu le

jugement. Le même raisonnement a été appliqué dans l’affaire Hunt c. T&N plc 13 , où la Cour suprême a jugé que les dispositions d’une loi québécoise visant à empêcher la sortie hors du Québec des dossiers ou documents d’entreprises québécoises étaient constitutionnellement inapplicables à l’égard des autres juridictions canadiennes 14 .

1- Les principes généraux du droit international privé

A- La typologie des règles

comprenant visant Les une règles telle des du situation. éléments droit international On d’extranéité distingue privé trois ou visent quelles types à déterminer de juridictions règles à quel sont cet ordre égard. compétentes juridique pour régit entendre une situation un litige

facteur rapports Les de plus juridiques rattachement communes défini de sont manière de les façon règles à ce plus que, de ou conflits. pour moins Dans une large, situation ce appelé type internationale de catégorie règle, un de ensemble rattachement, donnée, les abstrait est règles associé de de fond à un d’une applicables personne soient physique en rapport (catégorie de de proximité rattachement) avec la est situation régie envisagée par la loi de 15 . son Par domicile exemple, (art. la 3083 capacité (1) C.c.Q.). juridique

le Le soit droit domicile la loi applicable étrangère. de la personne à la Ainsi, situation, dans est ici notre ce le droit facteur exemple, pouvant de rattachement si être la personne soit la loi qui est du permet domiciliée for (i.e. à la la loi règle en du France, forum de conflit c’est saisi de du la désigner loi litige), française la capacité (et de non conclure la loi québécoise) un acte juridique qu’il faudra au Québec. consulter La loi afin désignée de déterminer par l’application si cette personne d’une règle a ou de non conflit s’appelle la « lex causae ». (les Il « existe statuts bien »), sûr et aussi plusieurs plusieurs catégories facteurs de rattachement, de rattachement elles-mêmes associés à réunies l’une ou en l’autre de larges de ces ensembles catégories peut d’ailleurs (domicile, arriver qu’une résidence, même nationalité, règle de choix conflit des contienne parties, plusieurs situs d’un facteurs bien ou de d’un rattachement événement, etc.). Il alternatifs ou successifs (« en cascade »). de De la loi manière applicable générale, s’effectue le recours sans que aux le règles juge saisi de conflits prenne s’effectue connaissance de façon de la « teneur abstraite matérielle (la désignation des lois règle en désigne présence indifféremment au préalable), la neutre loi du (elle for ou ne une tend loi à étrangère privilégier suivant aucune l’élément solution possible), de rattachement bilatérale (la

retenu), et [

davantage concret lois étrangères) de la vocation situation » 16 . Il à pourra s’appliquer juridique toutefois dans suivant laquelle arriver les données que se trouvent la loi de applicable les l’espèce parties soit et [afin] une choisie analyse de déterminer « suite concrète à un la examen loi de ayant la situation juridique » 17 . règles Contrairement de fond seraient aux règles applicables, de conflits, elles les donnent règles matérielles plutôt directement ne désignent une solution pas un ordre de fond juridique à une dont les situation la personne internationale incapable 18 ayant . Le second des biens alinéa ou des de l’article droits à 3085 exercer C.c.Q. au (qui Québec permet lorsque la nomination la loi de d’un son tuteur domicile à ne prévoit pas de mécanisme de représentation)

[Page 256] et l’article 3110 C.c.Q. (qui permet à un notaire du Québec de recevoir des actes hors du Québec à certaines conditions) en sont des exemples.

s’appliquent Les règles à d’application une situation immédiate internationale sont des même règles lorsqu’elles de fond du ne for sont qui, en pas raison désignées de leur par but une particulier, règle de les conflit situations (art. 3076 internationales; C.c.Q.). Contrairement ce sont plutôt aux règles des règles matérielles, substantielles ces règles de droit ne visent interne, pas qui, spécifiquement en raison de l’objectif En d’autres visé mots, par le ces législateur, règles s’imposent doivent être au appliquées juge, que celui-ci en dépit soit de face l’existence à une situation d’éléments purement d’extranéité interne 19 . ou à une situation internationale. l’État Les en auteurs ce qui considèrent a trait à son que organisation les lois mettant politique, en jeu sociale des intérêts ou économique véritablement (dites vitaux « lois et de essentiels police ») sont de généralement d’application immédiate 20 . Ainsi, la Loi sur la concurrence 21 et la Loi sur la protection de la

]

dénuée de nationalisme (elle ne privilégie pas la loi de la juridiction saisie par rapport aux

jeunesse 22 ont été considérées comme des lois d’application immédiate en raison des objectifs qu’elles visent 23 . Selon certains, les règles relatives au consentement aux soins prévues au Code civil du Québec hésitations, (art. 14 et s.) a seraient décidé que aussi la d’application Loi sur la protection immédiate du consommateur 24 . En revanche, n’était la jurisprudence, pas vitale au point non sans de se qualifier de loi d’application immédiate 25 . Ne se qualifient pas non plus les dispositions relatives au patrimoine familial 26 et la règle permettant de poursuivre directement l’assureur de la personne responsable d’un préjudice 27 . international matérielle En toute ou logique, privé, par une il avant faut règle auparavant d’appliquer qui serait vérifier d’application une règle si la de solution immédiate. conflit n’est afin de Au pas solutionner cas donnée contraire directement un – problème situation par la de une plus droit règle fréquente en pratique –, il faut s’en remettre à la méthode conflictuelle 28 .

B- Les principes généraux de la méthode conflictuelle

de des Cette la développements théorie méthode générale soulève qui du dépassent droit plusieurs international largement questions privé. – le parfois cadre Sans de tenter complexes la présente ici de – les dont collection, approfondir, l’étude il fait importe ce partie qui nécessiterait cependant intégrante de les aborder brièvement. 1. La qualification et le dépeçage « statuts Dans la ». tradition Il est utile civiliste, d’en brosser les règles ici les de grandes conflit sont lignes regroupées : en de larges ensembles appelés les

le statut personnel : il vise les questions liées à l’état et à la capacité des

personnes, tant physiques que morales. Le facteur de rattachement est en principe le domicile personnes (mariage, dans union morales. le civile, cas Le des filiation, statut personnes personnel adoption, physiques vise régimes également et matrimoniaux), le lieu les de constitution questions ce qui liées dans étend à le la cas famille des considérablement son domaine;

[Page 257]

le statut réel : il concerne le régime des biens meubles ou immeubles (droits réels

et principaux pour la faillite. certaines ou Le accessoires), règles situs des de biens conflits, les est successions, d’autres le facteur facteurs de les rattachement fiducies, de rattachement les privilégié sûretés entrent grevant en ce en cas, les ligne biens mais, de compte;

le statut des obligations : il couvre un domaine très large, incluant les actes juridiques

régime (contrats) des et obligations, les faits juridiques la prescription (responsabilité et la preuve. extracontractuelle Les actes juridiques, et quasi-contrats), quant à leur le régis où forme, ils par surviennent. sont la loi régis désignée par La la prescription loi par du les lieu parties. où et la ils preuve sont Les faits conclus; sont juridiques en quant principe sont au fond, régies régis ils par par sont la la loi loi en du principe lieu applicable diverses règles au fond de du conflits. litige, tandis que le régime des obligations est assujetti à

tribunaux la • loi du le forum statut étatiques de saisi la procédure ou (loi consensuels du for). : il vise les (arbitrage). questions La liées procédure à l’exercice est en des principe droits devant régie par les

statuts), Ce « découpage eux-mêmes » subdivisés du monde en juridique plusieurs en grands règles de ensembles conflit distinctes, de catégories est au de cœur rattachement de la méthode (les

conflictuelle. de déterminer Il le met droit en applicable lumière le caractère à une situation fondamental juridique de internationale la qualification donnée, en droit il international faut qualifier privé. le Afin problème de capacité? envisagé etc. : s’agit-il d’une question de procédure? de formation d’un acte juridique? d’état ou

La qualification consiste en définitive à délimiter le champ d’application de chacune des règles de surprendra conflit afin de pas déterminer que ce processus laquelle s’applique crée parfois à la des question difficultés juridique : si certaines précise qualifications qui se pose 29 . coulent On ne se de (partnership) source, (qui serait d’autres donc étrangère régie sont d’ester beaucoup par la loi en du justice plus lieu délicates. de devant sa constitution), les Par tribunaux exemple, une québécois la question capacité est-elle contractuelle d’une une société question (régie de personnes par personnelle la loi applicable au contrat de société) ou, encore, une question de procédure (régie par le droit québécois à titre de lex fori) 30 ?

étrangère. la capacité Il se peut Il d’ester bien y a alors sûr en qu’une conflit justice de même est qualifications. une question question Dans soit d’état notre qualifiée et exemple, de différemment capacité, si, selon mais selon la que, loi la selon constitutive loi du la for loi du ou de forum selon la société, la loi saisi, il s’agit plutôt d’une question de procédure, quelle qualification doit-on retenir? En toute logique, la qualification de conflit les doit unes se par faire les selon autres, la loi de du façon forum à assigner 31 . En effet, à chacune la qualification son véritable revient domaine à interpréter d’application. les règles Or, l’interprétation droit on international ne voit pas des privé, pourquoi règles c’est de l’interprétation conflits à ce tribunal québécoises de des délimiter règles : si un de le tribunal conflit champ étrangères d’application québécois devrait est des saisi règles influencer d’une de question conflit de québécoises québécois. si le droit étranger De pertinentes plus, s’applique. il y aurait (donc une Cette à interpréter incohérence solution ces classique à règles), appliquer est et consacrée la ce, qualification à l’aide au des premier étrangère concepts alinéa afin du de droit de l’article déterminer 3078

Par exception, la qualification des biens, comme meubles ou immeubles, se fait selon la loi du lieu de un leur ordre situation juridique (art. considère 3078, al. qu’un 1 C.c.Q.) bien 32 . est Cette immeuble, exception il considérera se justifie par qu’il des a compétence considérations exclusive pratiques à son : si égard et refusera probablement de reconnaître une décision étrangère le concernant. En effet, la règle voulant exclusive que des les tribunaux immeubles de ce soient lieu, régis est appliquée par la loi du par lieu la plupart de leur des situation juridictions. 33 , et sous la compétence

étrangère Même si la qualification se fait selon la lex fori, on ne peut cependant pas faire abstraction de la loi

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dans le processus de qualification 34 . Il faut souvent examiner le contenu de la loi étrangère afin de qualifier le problème à résoudre. Il en est ainsi, notamment, lorsqu’une institution juridique étrangère n’a pas d’équivalent direct en droit québécois 35 . Ainsi, dans l’affaire Pouliot c. Cloutier 36 , la Cour suprême du Canada a dû analyser en détail la teneur d’une loi du New Hampshire afin de déterminer s’il s’agissait d’une loi relative au régime matrimonial des époux ou plutôt d’une loi de nature successorale. De cette qualification dépendait le sort du litige puisque le régime matrimonial était soumis au droit du New Hampshire, qui conférait des droits au conjoint survivant, alors que la succession était régie par le droit québécois, qui ne connaissait pas de limite à la liberté testamentaire. La Cour, constatant que la loi du New Hampshire n’avait de réel effet qu’au décès, en a conclu qu’il s’agissait d’une loi successorale limitant la liberté de tester plutôt qu’une forme de régime matrimonial. Cette loi fut donc jugée inapplicable puisque c’est le droit québécois qui régissait la succession. La prise en considération de la loi étrangère aux fins de la qualification selon le droit québécois est désormais expressément mentionnée par le second alinéa de l’article 3078 C.c.Q.

chacune qui distinctes Il peut arrive mener la de fréquemment règle droit à de soumettre international conflit qu’une (ou les la privé. divers même règle On aspects matérielle) situation doit alors d’une juridique appropriée. scinder même internationale les situation C’est questions ce juridique qu’on soulève en cause appelle internationale plusieurs afin le d’appliquer « questions dépeçage à à »,

l’application soumise à la de loi lois du lieu différentes où il est 37 . conclu, Ainsi, la la validité capacité formelle pour le d’un conclure contrat est international régie par la est loi personnelle en principe de chacune même contrat des parties, peut, quant et le fond au fond, du contrat être régi est par régi des par droits la loi différents désignée s’appliquant par ces dernières. distinctement En outre, à un certaines de ses parties (art. 3111, al. 3 C.c.Q.) 38 .

2. L’éviction de la loi désignée par la règle de conflit Par le processus de qualification et de dépeçage, le juriste analyse une situation juridique indique situations comprenant le exceptionnelles, droit un substantiel élément d’extranéité qui que solutionnera la loi et désignée interprète la question par ses la règle règles en cause. de de conflit conflit Il peut pertinente afin toutefois de déterminer soit arriver, écartée laquelle dans parce certaines que l’on considère qu’elle est en définitive sans relation de proximité réelle avec la situation envisagée.

a) La clause échappatoire

particulières La loi désignée de l’espèce, par la règle elle n’a de qu’un conflit rapport sera tout éloigné d’abord avec écartée la situation lorsque, en cause en raison et qu’une des circonstances autre loi se exceptionnel, trouve en relation d’appliquer beaucoup la loi plus qui étroite se trouve avec en celle-ci. relation L’article étroite 3082 avec C.c.Q. la situation permet plutôt alors, que à titre la loi désignée appelle qui s’appliquerait la par « clause la règle à échappatoire la de situation conflit, » selon (ou et d’ainsi « l’application clause répondre d’exception normale aux attentes ») des parce règles légitimes qu’elle de permet conflit. des parties d’« échapper 39 . C’est ce » au qu’on droit

à faire L’existence en sorte d’une que le telle droit exception applicable se à justifie une situation par le fait internationale que les règles soit de en conflit relation visent de essentiellement proximité avec celle-ci, proximité. mécanique notamment Mais de la il règle peut par arriver, de l’utilisation conflit en (et raison d’un du facteur facteur de circonstances de de rattachement rattachement particulières qui destiné lui est ou en associé) inusitées, principe aboutisse à que assurer l’application au cette contraire à l’application d’une loi qui apparaît fortuite,

[Page 259]

sans lien réel avec la situation envisagée. La clause échappatoire vise à éviter un tel résultat. Son application doit cependant rester exceptionnelle car l’utilisation trop libérale de l’article 3082 C.c.Q. risquerait de rendre le droit international privé trop imprévisible 40 . Soulignons, en outre, que la clause échappatoire ne peut servir à écarter le droit désigné dans un acte juridique (art. 3082 C.c.Q. in fine).

b) La fraude à la loi 41 La loi désignée par une règle de conflit peut également être écartée en cas de fraude à la loi, c’est-

règle à-dire de lorsqu’une conflit, simule personne, ou modifie dans le artificiellement but de déjouer le l’application facteur de rattachement de la loi normalement dans l’intention désignée d’entraîner par la l’application d’une autre loi 42 . On cite souvent, à cet égard, le cas de la princesse de Beauffremont

(XIX

plus avait être obtenu française. sa naturalisation Son second allemande mariage malgré a été considéré qu’elle n’ait invalide dans par les faits les tribunaux eu aucune belges, intention qui de ont ne jugé la autorisé que loi. la Celle-ci princesse son changement n’est était pas restée expressément de soumise nationalité. à prévue la On loi aurait française au Code tout civil aussi au motif du bien Québec, que pu son invoquer mais, premier comme la théorie mari le n’avait suggère de la jamais fraude un à litigieuse, auteur, le non tribunal pas pourrait la loi indiquée certainement par le facteur utiliser de la clause rattachement échappatoire simulé, pour mais appliquer plutôt celle à la indiquée situation par le facteur certaines de dispositions rattachement spécifiques réel 43 . En fait, faisant selon appel les à professeurs ce concept, Goldstein « la fraude et à Groffier, la loi ne en représente dehors de plus qu’un type de cas d’application de la clause échappatoire » 44 .

e siècle) qui, séparée de son mari et voulant obtenir un divorce alors interdit par la loi française,

3. Le renvoi et la question préalable Lorsqu’une règle de conflit conduit à l’application du droit étranger, doit-on uniquement considérer celui juridiction les règles indiqué étrangère? internes à l’origine du En droit par supposant étranger la règle de ou que conflit doit-on les dernières du aussi for, doit-on prendre renvoient ou en non à considération l’application accepter ce d’un les « renvoi règles droit différent »? de conflit de de la l’application de La conflit doctrine du des droit en règles distingue désigné de par fond plusieurs sa de propre la types. lex fori, règle Dans ce de qui le conflit. mène renvoi Si le « la juge simple règle à appliquer de », le conflit juge son étrangère du propre for applique renvoie droit les à règles droit a substantiel, renvoi d’une simple troisième on dit au qu’il second juridiction, y a renvoi degré. dont simple Dans le juge le au « premier double est alors renvoi degré. appelé », Si le à la appliquer juge règle saisi de les conflit du règles litige étrangère va de aller fond, jusqu’à renvoie on dit au qu’il y appliquer les règles du droit étranger quant à l’application du renvoi lui-même 45 . controversée. solutions. Le caractère D’autres Certains approprié soulignent affirment ou non que que du son renvoi le acceptation renvoi sous peut, l’une ne à fait certaines ou l’autre que rendre conditions, de ces encore formes servir plus est complexes à une harmoniser question et les très imprévisibles aurait un certain les paradoxe solutions pour du droit le tribunal international saisi à privé appliquer (qui n’en un droit ont réellement autre que celui pas besoin!). désigné par En outre, ses il y propres Les règles règles de conflit de conflit, seraient-elles ce qui aboutit moins en « quelque obligatoires sorte » à que ne les pas autres respecter lois? son propre droit positif.

ancienne En vertu affaire, du Code la Cour civil du d’appel Bas-Canada, du Québec, la question puis la du Cour renvoi suprême restait du incertaine. Canada, Certes, avaient dans entériné une un

général renvoi simple la jurisprudence au premier demeurait degré dans indécise, un contexte notamment où cela parce favorisait que la la validité doctrine d’un restait testament très divisée 46 , mais sur en la question ses formes 47 . Le : lorsqu’une Code civil du règle Québec de conflit a tranché désigne la controverse le en rejetant la théorie du renvoi, sous toutes

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droit étranger, celui-ci doit être appliqué sans tenir compte des règles de conflits du système juridique étranger (art. 3080 C.c.Q.) 48 . Cette solution semble logique et favorise la prévisibilité des solutions 49 .

question Un problème préalable. se rapprochant Selon le professeur du renvoi, Emanuelli, mais qui « en [l]a est question conceptuellement préalable survient distinct, lorsqu’une est celui de question la la se résolution pose accessoirement de la question à la principale, question et principale qu’elle pose en litige, un problème que sa résolution de droit international préalable est privé nécessaire distinct du à conflit de lois que pose la question principale. » 50 . La difficulté est de savoir si l’on doit résoudre une de telle droit question international préalable privé, par ou les si règles l’on doit de plutôt conflit appliquer du for, comme la loi étrangère s’il s’agissait désignée d’une question par la règle autonome de conflit du for relativement à la question principale 51 . demandeur L’affaire ontarienne cherchait à Schwebel obtenir l’annulation c. Ungar 52 en de est son une mariage célèbre avec illustration. la défenderesse Dans cette pour affaire, cause le de bigamie. homme également La défenderesse, d’origine une hongroise. femme juive Alors d’origine qu’ils étaient hongroise, toujours avait domiciliés auparavant en Hongrie été mariée mais avec se un trouvaient avait domiciliée prononcé en au Italie, moment leur dans divorce. de un son camp La mariage défenderesse de réfugiés, avec le s’était demandeur, à la suite par de la suite survenu la Seconde établie en Ontario. Guerre en Israël, mondiale, Dans où elle le cadre était un rabbin toujours des procédures défenderesse mariage. en n’était annulation pas valide, de ce second si bien que mariage, celle-ci le n’avait demandeur pas la prétendait capacité de que contracter le divorce un obtenu nouveau par la

tributaire savoir La question si la d’une femme principale autre avait question la que capacité soulevait distincte de se la de demande marier, droit international il fallait (la capacité se demander privé de (la la validité femme si son du de divorce divorce). se marier) antérieur En était effet, était ainsi pour valide.

du Selon domicile les de règles l’épouse de conflit au moment ontariennes, du second la capacité mariage, de c’est-à-dire se marier de le la droit femme israélien. était soumise Or, selon au le droit droit israélien, le divorce prononcé par le rabbin était valide 53 , si bien que la femme avait la capacité de se déterminée marier. Les règles suivant de le conflit droit du ontariennes domicile des prévoyaient époux au toutefois moment du que divorce, la validité c’est-à-dire du divorce le devait droit hongrois, être tribunaux ce qui menait de la à Hongrie. conclure La que question le divorce était n’était donc pas de savoir valide si puisqu’il la résolution n’avait de pas la été question prononcé préalable par les (la de question, validité conflit du applicable ce divorce) qui menait devait à la à question l’application être assujettie principale du à droit la (la règle hongrois, capacité de conflit ou de si l’épouse ontarienne elle devait de normalement se plutôt remarier), être assujettie ce applicable qui menait à la à règle cette à théorie l’application de la du question droit israélien. préalable, La a Cour considéré suprême que, du dans Canada, les circonstances sans se prononcer exceptionnelles directement du sur dossier, la il son convenait second de mariage. trancher Ainsi, la question la Cour en suprême fonction a de déterminé la loi du domicile la validité de du la divorce défenderesse à la lumière au moment du droit de israélien, la lumière droit du droit applicable désigné à pour la question trancher principale la question selon de les la validité règles de du conflit divorce du antérieur. tribunal saisi 54 , plutôt qu’à

Le droit applicable à la question préalable a fait couler beaucoup d’encre et la question reste difficiles la controversée lex causae à appliquer. pour chez résoudre les Au auteurs Québec, la question 55 , qui le rejet proposent préalable. du renvoi à cet semble égard interdire diverses d’appliquer solutions parfois les règles très de nuancées conflit de et

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Il faudrait donc, en principe, solutionner celle-ci en appliquant les règles de conflit du for. Cependant, s’il apparaît plus juste, à la lumière des circonstances, de régler la question préalable selon le droit interne désigné par la règle du conflit applicable à la question principale (i.e. la lex causae), il serait toujours possible de le faire par l’intermédiaire de la clause échappatoire de l’article 3082 C.c.Q. 56 . En effet, étant donné le rapport que la question préalable entretient avec la question principale, il y aurait lieu de mettre exceptionnellement de côté la loi désignée par la règle de conflit pour régler la question préalable afin de lui appliquer plutôt les dispositions de la lex causae qui se trouvent en relation beaucoup plus étroite avec la situation. Ainsi, l’utilisation de la clause échappatoire permet d’aboutir à la solution – qui semble juste – à laquelle est arrivée la Cour suprême dans l’affaire Schwebel.

4. Les conflits transitoires Aux difficultés résultant de la dispersion géographique des éléments d’une situation internationale temps en (les droit conflits (les international conflits de lois de dans privé lois l’espace) dans qu’il le convient peuvent temps). Ces d’aborder parfois conflits se succinctement. greffer transitoires celles soulèvent découlant des de leur difficultés étalement particulières dans le

a) Le droit transitoire des règles de conflits Il peut tout d’abord arriver que les règles de conflit applicables soient modifiées, comme ce fut transitoire parfois le cas interne, avec qui l’entrée doit donc en vigueur être résolu du Code par civil les principes du Québec. et Il règles s’agit du alors droit d’un transitoire problème québécois. de droit Le législateur n’a pas prévu de règles spécifiques en matière de droit international privé 57 lors de l’adoption du Code civil du Québec 58 . Les auteurs, suivant en cela l’opinion de Roubier, enseignent que pour substantiel l’application lesquelles qu’elles dans il y le a visent. temps application, Autrement des règles en droit dit, de interne, on conflit appliquera devrait de la loi suivre les nouvelle, nouvelles l’application tandis règles que dans de les conflit le anciennes temps aux du situations règles droit de

puisque conflit continueront la responsabilité de régir civile les extracontractuelle questions pour lesquelles relative à il y un a fait survie générateur de la loi survenu ancienne avant 59 . Par 1994 exemple, est régie par l’ancien droit (art. 88 L.a.r.C.c.), on appliquera les règles de conflit d’avant 1994 en la matière 60 et non immédiate prévue la nouvelle à l’article des règles règle 3130 prévue C.c.Q., relatives aura à l’article à la un preuve effet 3126 immédiat. C.c.Q. (art. 9 61 L.a.r.C.c.), . En revanche, la nouvelle puisqu’en règle principe de conflit il en y a la application matière,

b) Le conflit mobile

et rattachement le Dans moment ce type pertinent où de l’on conflit doit subit appliquer transitoire une modification la – règle propre, de entre celui-là, conflit, la naissance si au bien droit qu’après international d’une situation cette modification, privé juridique –, le facteur internationale la loi de fait désignée l’objet n’est d’une plus sûreté la même créée que alors celle qu’il qui se était trouve auparavant en une juridiction désignée donnée 62 . Par exemple, est ensuite un transporté bien meuble dans qui principe, une le situs autre actuel la juridiction validité du bien d’une qui en ne question? sûreté connaît est pas régie cette par forme le situs de du sûreté. bien, mais Quelle doit-on loi régit considérer la validité le de situs la original sûreté? ou En

Il y a une parenté conceptuelle évidente entre le conflit mobile et le droit transitoire des règles de désignation conflits : dans successive les deux cas, de deux la dispersion lois distinctes. dans le Aussi, temps certains des éléments proposent factuels de traiter pertinents le conflit mène mobile à la facteur ancienne essentiellement de » rattachement) comme un régirait conflit les transitoire effets à venir : la « des loi nouvelle situations » (i.e. juridiques celle désignée en cours, par alors le nouveau que la « loi

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(celle désignée par l’ancien facteur de rattachement) régirait les effets qui s’étaient déjà produits avant la modification du facteur de rattachement. Ainsi, les principes de non-rétroactivité et de l’effet immédiat de la loi nouvelle seraient à la base des solutions à appliquer en matière de conflit mobile, tout comme en droit transitoire 63 . L’article 3102 C.c.Q., qui fait régir la validité d’une sûreté par la loi du situs du bien grevé au moment de sa constitution, mais les effets de la publicité par la loi du lieu de la situation actuelle de ce bien, peut être vu comme une application de cette solution.

préférable l’intermédiaire D’autres d’analyser, auteurs d’une font solution au cependant cas unique, par cas, valoir applicable chaque qu’il est règle à toutes impossible de conflit les hypothèses d’en susceptible arriver de à de des conflits soulever résultats mobiles. un appropriés conflit Ils estiment mobile par en et de cause. solutionner Cette façon ce dernier de « solutionner de façon à favoriser » le conflit les mobile objectifs permet que certes cherche une à atteindre grande flexibilité, la règle de mais conflit cela au prix d’une indéniable complexité (et imprévisibilité) 64 . Il peut donc sembler préférable de traiter le écarter, de conflit proximité mobile par l’intermédiaire suffisante selon les avec principes de la la situation clause de non-rétroactivité échappatoire, en cause. et une de loi l’effet ainsi immédiat désignée de qui la ne loi serait nouvelle, pas quitte en relation à

c) Le droit transitoire de la loi désignée

question même Un dernier des de modifications droit type international de conflit entre transitoire se le moment soulève. survient de la lorsque création la de loi la désignée situation par juridique la règle et de le moment conflit subit où la elle- En pratique, la question s’est surtout posée en matière de régimes matrimoniaux. Dans l’affaire Zamkovetz c. Korneychuk 65 , il s’agissait de savoir quel était le régime matrimonial des époux. Ceux-ci Québec, le s’étaient droit de mariés où la ils Pologne, vivaient en 1922 lieu depuis. en de Pologne, leur Selon premier la où règle ils domicile s’étaient de conflit matrimonial. d’abord applicable, établis, Selon leur puis le régime droit avaient polonais matrimonial émigré en en vigueur était 1930 régi au en par 1922, de 1968 les était époux venue étaient modifier mariés rétroactivement sous le régime le de régime la séparation matrimonial de biens. légal applicable Cependant, dans une cette loi soviétique région.

quelque Cette modification, quarante années bien que auparavant? rétroactive, était-elle applicable à des personnes ayant quitté le territoire Selon les professeurs Goldstein et Groffier, on peut envisager quatre pistes de solutions pour régler ce du situation; type droit de transitoire (2) conflits la « mutabilité étranger transitoires absolue et 66 applique : (1) » la : « le la pétrification juge loi étrangère du for applique absolue telle qu’elle » le : droit le existait juge transitoire du lors for de refuse étranger; la création de tenir (3) de la compte la « droit pétrification transitoire ou étranger, mutabilité à condition relative » cependant : le juge du qu’au for admet moment les modifications de la modification à la loi de étrangère la loi applicable selon le par le rejet l’ordre de toute juridique théorie étranger, : le juge ce du dernier for détermine ait conservé la solution un lien la suffisant plus juste, avec au la cas situation par cas, en en cause; tenant et (4) compte chaque situation. des objectifs généraux du droit international privé et des règles de conflits en cause dans

Dans l’affaire Zamkovetz, tout comme dans d’autres décisions qui ont suivi, les tribunaux québécois, dans québécois, modifications notamment cette juridiction. et la à ce, Cour la d’autant loi d’appel étrangère On peut plus 67 , ont donc que qui adopté étaient le penser législateur, une survenues que attitude le en système 1994, pragmatique, postérieurement n’est de « pas mutabilité refusant intervenu à la relative perte d’appliquer pour de » modifier domicile est les retenu cette des en époux droit

jurisprudence. Les auteurs restent cependant divisés sur la question 68 . 5. L’application de la loi étrangère L’application par le juge du for d’une loi autre que la sienne nécessite certains commentaires.

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a) Le statut et la preuve de la loi étrangère En vertu du Code civil du Bas-Canada, la loi étrangère (par opposition au droit interne) était considérée droit droit connaissance comme étranger québécois un fait était d’office devant qui applicable était dans du alors droit tous mais réputé étranger, les que cas identique sa même être teneur allégué au si celui-ci n’avait droit et étranger. prouvé. pas était été allégué Le prouvée, tribunal et facilement le ne juge pouvait devait accessible. donc appliquer pas prendre Si le le Le Code civil du Québec est venu modifier la situation. Selon l’article 2809 C.c.Q., le tribunal peut donc ce prendre sont qu’en les connaissance parties principe, qui le doivent d’office tribunal en du ne invoquer droit doit pas étranger, l’application. d’office pourvu déterminer cependant Une fois qu’il le y qu’il droit a lieu ait étranger d’appliquer été allégué invoqué, 69 le . Cela droit le tribunal étranger signifie :

peut toutefois en prendre connaissance d’office, à moins qu’il ne préfère que les parties en établissent la s’agit teneur de 70 règles . Le droit de droit étranger qui, pour n’est des donc raisons pas, à évidentes, strictement ne parler, sont pas considéré nécessairement comme un connues « pur fait du » : il tribunal et dont il peut être nécessaire de faire la preuve 71 . En pratique, sauf dans certains cas où la loi étrangère est facilement accessible, la teneur du droit étranger expert, c’est-à-dire devra être un mise juriste en preuve (avocat, 72 . notaire, Dans la juge majorité à la des retraite) cas, qui on exerce aura recours ou a exercé au témoignage dans la d’un juridiction envisage également donnée, ou un encore « certificat une personne établi par qui un y jurisconsulte enseigne ou », y ce a enseigné qui autorise le droit la preuve 73 . L’article du droit 2809 C.c.Q. étranger par le dépôt d’un écrit dont l’auteur n’est pas nécessairement tenu de témoigner; l’article ne précise dans appliquer donc éviter l’autre, toutefois ce que l’expert droit l’expert pas aux étranger les faits retenu formalités de doit la pour cause, se requises établir borner ce le qui à de contenu établir relève ce mode la du du teneur domaine droit particulier étranger du droit exclusif de étranger donne preuve du juge une 74 sans . Dans du opinion chercher forum un cas juridique saisi. à comme Il (i.e. faut

sur la solution du litige); il doit plutôt s’en tenir à décrire les règles du droit étranger que le juge québécois saisi doit appliquer pour solutionner le litige 75 . Si le droit étranger n’est pas allégué ou établi à la satisfaction du tribunal, ce dernier appliquera alors le droit québécois (art. 2809 C.c.Q.) 76 .

b) La détermination des règles étrangères applicables Lorsque la règle de conflit du for renvoie à l’application de la loi étrangère, les catégories de droit rattachement étrangères, de cette celles dernière qui devront doivent-elles servir à solutionner ensuite intervenir le litige? afin C’est de déterminer, le problème parmi de la qualification les règles de

secondaire.

contrat Raisonnons (par exemple, à partir la d’un rupture exemple. abusive La de responsabilité pourparlers) intervenant peut être qualifiée, dans le cadre selon de les la systèmes négociation d’un saisi, juridiques, étrangère, cette de laquelle responsabilité contractuelle considère soit ou cette de d’extracontractuelle. nature responsabilité contractuelle, comme Supposons mais étant que que, de la loi nature selon applicable délictuelle. la qualification au contrat Doit-on du soit forum alors la loi solutionner peut-on appliquer le litige les en règles appliquant étrangères uniquement de la responsabilité les règles de la délictuelle? loi étrangère en matière contractuelle ou

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Limiter l’application du droit étranger aux seules règles contractuelles étrangères aboutirait en quelque sorte, dans un tel cas, à un « vacuum juridique » (i.e. une absence de règles de fond pour solutionner le litige) puisque celles-ci ne prévoient pas le cas de la rupture abusive de pourparlers.

Afin d’éviter un tel résultat, il semble préférable de suivre l’opinion de ceux qui rejettent le recours à conflit, une telle il faut « qualification solutionner secondaire le litige selon » 77 . les Ainsi, règles lorsque de fond la loi du étrangère droit étranger, est désignée sans égard par une aux règle catégories de contractuelle matière de rattachement de responsabilité solutionnera étrangères délictuelle. le 78 litige . Pour même reprendre si, pour notre ce exemple, faire, il faut la appliquer loi étrangère les règles désignée qu’elle à titre prévoit de loi en

à-dire Le même des lois raisonnement étrangères qui conduit fixent à leur ne propre pas tenir champ compte d’application des lois « international autolimitatives (en » général étrangères, pour c’est- les autolimitatives peuvent limiter aux pas situations être de prises ces purement lois en sont compte internes en fait par des le à la juge règles juridiction québécois de conflit étrangère) saisi prévues de 79 . la En par question. effet, le droit les Le étranger, dispositions juge québécois lesquelles peut ne donc saisi de appliquer, la question, pour ne apporter pourrait une pas solution lui-même au utiliser. litige, des règles de fond que le juge étranger, s’il était

qualification Pour paradoxale lege fori que et le puisse rejet du sembler renvoi. cette Le paradoxe situation, n’existe, elle est en parfaitement effet, que si cohérente l’on croit avec que le la juge par québécois cas. le Le juge juge qui étranger. québécois applique Mais le qui droit tant applique la étranger qualification le droit doit étranger rendre lege fori la que en même raison le rejet décision de du ce renvoi que que lui celle font indique voir qui aurait que sa propre tel été n’est rendue règle pas de le conflit situation règles n’est de internationale conflit. pas dans la : même en effet position ce dernier que appliquerait le juge étranger alors qui ses serait propres aux qualifications prises avec la et même ses propres

ce En dernier réalité, était le saisi juge de québécois la même qui question, applique abstraction le droit étranger faite cependant doit agir comme de tout le élément ferait le d’extranéité. juge étranger si

dit, québécois. ce droit certaines étranger Décider règles même le sont contraire si à le ce contenu point reviendrait fondamentales de celui-ci à enlever ne pour respecte toute la pertinence société pas certaines québécoise au droit règles international que impératives celle-ci ne privé. du peut droit Cela manifestement conflit. tolérer qu’elles L’article 3081 soient incompatible C.c.Q. enfreintes, exclut avec donc même l’ordre l’application par public application tel qu’entendu du droit de la étranger loi dans étrangère lorsqu’elle les relations désignée « conduit internationales par une à un règle résultat ». de Il en intangibles sera ainsi d’une du droit loi étrangère québécois qui : telle heurte serait de une plein loi fouet qui autoriserait certains principes la bigamie, fondamentaux, voire la polygamie, essentiels, une loi sexiste ou qui établirait une discrimination raciale ou fondée sur l’orientation sexuelle, etc. 80 . Il faut fondamentaux l’ordre cependant public bien de du la comprendre droit société interne. québécoise, que Il s’agit cet « d’une ordre notamment notion public bien ceux au sens plus qui international restrictive sont consacrés qui » ne ne par vise se les confond que chartes les pas principes des avec droits et libertés étrangère 81 . Ainsi, qui autorise dans l’affaire le recouvrement Auerbach c. en Resorts justice International d’une dette Hotels de jeu Inc. 82 n’était , la Cour pas d’appel contraire a jugé à l’« que ordre la loi public Compte au tenu sens de international l’existence au », et Québec ce, même de loteries si, en principe, et de casinos le droit d’État, interne on québécois ne peut certainement ne l’autorise pas pas. dire québécoise. que la règle empêchant le recouvrement en justice des dettes de jeu soit essentielle à la société

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À l’inverse, il peut arriver que ce soit l’ordre public étranger qui s’interpose aux dépens de la loi loi désignée compétente comme afin étant d’appliquer applicable. une En disposition effet, l’article impérative 3079 C.c.Q. étrangère permet présentant au tribunal des de liens mettre étroits de côté avec la la disposition vise à permettre au tribunal québécois d’appliquer les règles d’application immédiates de étrangères, l’article 3079 dans C.c.Q. les circonstances fait bien voir qu’il appropriées, s’agit d’une et disposition ce, au nom exceptionnelle de la courtoisie puisque, internationale même 83 lorsque . Le texte effet. conséquences les conditions énoncées qui découleraient ci-dessus de sont l’application remplies, de le la tribunal règle impérative peut toujours étrangère, décider, de compte ne pas tenu y donner des Les tribunaux québécois ont eu à s’interroger sur le champ d’application de l’article 3079 C.c.Q. dans l’affaire savoir si, Arab dans Banking le cadre Corp. d’un c. Wightman litige mû 84 , au qui Québec, portait sur on une pouvait question donner de effet secret aux bancaire. dispositions Il s’agissait impératives de suisses qui ne contenait et allemandes pas de relatives semblables au secret restrictions. bancaire La ou Cour si on supérieure devait plutôt a jugé s’en que tenir l’intérêt à la loi du québécoise, droit québécois au maintien à du ce secret. que toute Elle preuve a ainsi pertinente refusé de soit faire offerte jouer la surpassait disposition l’intérêt exceptionnelle des droits de suisse l’article et 3079 allemand

situation « lorsque des intérêts légitimes et manifestement prépondérants l’exigent ». Selon les auteurs, cette

Dans la même veine, la Cour d’appel a jugé dans Globe-X Management Ltd (Proposition de) 85 que le l’autorisation d’une recours compagnie, à l’article préalable 3079 ce qui C.c.Q. du aurait tribunal ne violé pouvait pour le principe le servir dépôt à donner fondamental d’une preuve effet à de obtenue une la publicité loi des dans Bahamas des le cadre débats. qui de la exigeait liquidation

2- Les conflits de lois

A- Le statut personnel

1. L’état et la capacité en général a) Les personnes physiques Les questions liées à l’état ou à la capacité d’une personne sont régies par la loi de son domicile

(art. 3083, al. 1 C.c.Q.). L’état d’une personne concerne son statut juridique au sein de la société et de sa

famille. Ainsi, les questions relatives au nom, au statut civil (marié(e), célibataire, divorcé(e), absent(e)),

à la filiation (naturelle ou adoptive) et à l’identité sexuelle sont des questions d’état. La capacité

concerne la possibilité pour une personne de jouir ou d’exercer certains droits, en fonction notamment diverses, de son état résultant : capacité notamment de contracter, des régimes de se marier, juridiques d’ester visant en la justice protection 86 , ou, des à l’inverse, personnes incapacités (art. 3085, al. 1

C.c.Q.) 87 .

Le domicile d’une personne 88 est le « lieu de son principal établissement » (art. 75 C.c.Q.).

Contrairement à la résidence (qui est une simple question de fait, art. 77 C.c.Q.) 89 , le domicile comporte

à la fois un élément objectif (le lieu où une personne réside habituellement) et un élément subjectif

(l’intention résidence, que sans ce intention lieu soit d’en son faire principal un nouveau centre d’intérêt) domicile, 90 . n’opère C’est pourquoi pas de un changement simple changement de domicile de (art. 76 C.c.Q.) 91 . Ainsi, la personne qui est appelée à une fonction

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publique temporaire ou révocable (un député, par exemple) n’est pas présumée vouloir changer de domicile (art. 79 C.c.Q.), pas plus que celle ayant déménagé sur la foi de promesses qui ne se sont, en définitive, pas matérialisées 92 .

Lorsque Le mineur ceux-ci (non exercent émancipé) ensemble est domicilié la tutelle chez mais son n’ont tuteur, pas c’est-à-dire, de domicile en commun, principe, le chez mineur ses est parents. considéré être domicilié chez le parent avec lequel il réside habituellement 93 , à moins que le tribunal n’ait fixé curatelle même ailleurs s’ils chez ne son son sont domicile curateur pas séparés, (art. (art. 80 81 C.c.Q.) n’ont C.c.Q.). 94 pas . Le Soulignons nécessairement majeur en que tutelle les le est époux même domicilié et domicile les chez conjoints (art. son 82 tuteur, unis C.c.Q.). civilement, celui La en personne résidence dont habituelle on ne (art. peut 78, établir al. 1 et le 77 domicile C.c.Q.); avec à défaut, certitude elle est est réputée réputée domiciliée domiciliée au au lieu lieu de où sa elle se trouve ou, si ce lieu est inconnu, au lieu de son dernier domicile connu (art. 78, al. 2 C.c.Q.) 95 .

domicile Le principe souffre selon certaines lequel exceptions. l’état et la capacité Tout d’abord, d’une personne l’article 3086 physique C.c.Q., qui sont vise régis à protéger par la loi les de son l’acte domicile cocontractants a été lorsque conclu de telle bonne dans incapacité ce foi, dernier empêche n’existe État une et pas que personne selon le cocontractant la d’invoquer loi de l’État ne l’incapacité du connaissait domicile découlant du pas, cocontractant, ni n’avait de la loi à de que son C.c.Q. connaître, permet cette au incapacité tribunal québécois 96 . Ensuite, de une nommer règle matérielle un tuteur ou contenue un curateur au second (selon alinéa la loi québécoise) de l’article 3085 à domicile l’incapable ne qui prévoit possède pas de des mécanisme biens au Québec de représentation. ou qui a des Enfin, droits en à y cas exercer d’urgence lorsque ou la d’inconvénients loi de son sérieux personne 97 , le ou tribunal de ses saisi biens peut (art. appliquer 3084 C.c.Q.). sa propre loi à titre provisoire afin d’assurer la protection d’une

b) Les personnes morales

structure, L’état et son la capacité régime de d’une fonctionnement, personne morale ses modes – c’est-à-dire de dissolution, les questions la responsabilité liées à son personnelle organisation, de sa ses membres (actionnaires) ou de ses dirigeants 98 – sont régies par la loi de l’État en vertu de laquelle elle est constituée, et ce, même si son siège légal ou réel peut se trouver ailleurs 99 . Le droit québécois, domiciliées suivant entités étrangères en cela au lieu la tradition qui, de leur sans constitution anglo-saxonne, être dotées plutôt de considère la qu’au personnalité lieu en de effet leur juridique, que siège les (art. sont personnes 3083 cependant C.c.Q.). morales suffisamment Par analogie, sont les

organisées constituant en (par ce exemple, qui concerne les sociétés les questions de personnes) liées à leur devraient structure, aussi organisation être régies et par mode la loi de les fonctionnement 100 .

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L’article 3083 C.c.Q. précise que la loi constitutive d’une personne morale ne régit cependant pas les cette s’exercent. activités société de Si cette espagnole une dernière, société devra constituée lesquelles ainsi évidemment en sont Espagne évidemment posséder exploite régies une les par entreprise permis la loi requis du au lieu Québec selon où ces la (e.g. loi activités québécoise une mine), question pour exploiter (e.g. la ici réglementation cette entreprise, s’appliquant et respecter à l’exploitation les lois québécoises minière au s’appliquant Québec, les au lois type sur d’entreprise la sécurité en du travail, sur le respect de l’environnement, etc.) 101 .

d’invoquer Selon nous, une l’article incapacité 3086 inconnue C.c.Q. – qui selon empêche la loi de à l’État certaines du domicile conditions du contractant la partie à un lorsque acte juridique l’acte a été morales. code conclu ne dans distinguant L’article cet État 3087 pas. – C.c.Q. s’applique Par empêche ailleurs, tant une aux en effet disposition personnes la personne similaire physiques morale, s’applique qu’aux lorsqu’elle personnes uniquement est partie morales, aux à personnes un le acte texte du relations cocontractant l’État (administrateurs, juridique, du domicile avec d’invoquer n’ait la partie officiers, de ni l’autre les connu, qui restrictions agents) les partie ni invoque. dû contractante connaître lorsque posées de par ces telles et sa restrictions que loi restrictions l’acte constitutive a en été n’existent raison conclu aux pouvoirs de dans ses pas fonctions selon cet de État, ses la loi représentants pourvu ou du de lieu ses que de le 2. La famille a) Le mariage Il faut distinguer les conditions de fond des conditions de forme du mariage. Les conditions de fond (âge légal pour contracter mariage, consentement requis, capacité de se marier 102 , possibilité de marier une personne du même sexe, interdictions relatives au mariage entre domicile sont parents domiciliés ou respectif entre dans alliés) (art. des 3088, sont États al. régies 1 différents, C.c.Q.). par la Pour loi que applicable qu’un les conditions mariage à l’état de soit de fond valide, chacun de l’une des il faut époux, et donc, l’autre donc si les des la futurs lois loi de époux leur applicables qualifications soient et qualités satisfaites du célébrant 103 . Quant ou aux des conditions témoins), de elles forme sont du soumises mariage soit (publicité à la loi requise, du lieu de célébration, soit à la loi du domicile ou de la nationalité de l’un des époux (art. 3088 C.c.Q.) 104 . n’ont Les pas effets de domicile du mariage commun, sont régis la loi par prévoit la loi des du domicile rattachements des époux « en (art. cascade 3089 C.c.Q.) » : résidence 105 . Si ces commune derniers actuelle; à défaut, dernière résidence commune; à défaut, lieu de la célébration (art. 3089, al. 2 C.c.Q.). C.c.Q., Que semble faut-il entendre renvoyer par aux « règles effets qui du mariage s’appliquent »? Le aux législateur, époux indépendamment par le langage utilisé de leur à régime l’article 3089 matrimonial familiale, patrimoine patrimoine familial (art. 391 se et familial, rattacherait s. C.c.Q.) prestation : droits aux régimes compensatoire. et devoirs matrimoniaux des époux Certains 106 et , serait mandat auteurs donc domestique, sont soumis cependant à la résidence loi d’avis applicable que le à ce aux régime articles 107 391 . Par et ailleurs, s. C.c.Q.) d’autres s’appliquent sont d’avis à tous qu’en les époux principe, résidant les règles au Québec du « régime à titre de primaire lois d’application » (prévu immédiate 108 . La jurisprudence a cependant tranché pour la qualification « effets du mariage » du patrimoine familial 109 .

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b) L’union civile 110 L’union civile est régie, quant à ses conditions de forme et de fond, et quant à ses effets, par la loi des du lieu conjoints où elle s’applique est célébrée. aux Cependant, effets de l’union à l’instar qui sont des « applicables effets du mariage à tous les », conjoints la loi du domicile quel que actuel soit le rattachements régime de leur union « en cascade (art. 3090.1 » lorsque C.c.Q.). les Comme conjoints dans n’ont le cas pas du de mariage, domicile la commun loi prévoit (art. des 3090.3 C.c.Q.). La dissolution de l’union civile est régie par la loi du domicile des conjoints ou par la loi du lieu de célébration, 3090.2 C.c.Q.). et L’obligation les effets de alimentaire la dissolution que sont peuvent régis se par devoir la loi les appliquée conjoints à la ou dissolution ex-conjoints elle-même est régie (art. par

les articles 3094 et 3096 C.c.Q., selon le cas.

c) La séparation de corps et le divorce

régime d’autres La séparation matrimonial rattachements de des corps sont époux est prévus. régie et sur par Les la garde la effets loi du des d’une domicile enfants) telle des séparation sont époux. régis (notamment À par défaut la loi de qui domicile sur a été la dissolution appliquée commun, à du la séparation elle-même (art. 3090 C.c.Q.) 111 . où Le l’un divorce des époux est de a résidé compétence habituellement fédérale. pendant La Loi sur l’année le divorce précédant 112 prévoit l’introduction que le tribunal de l’instance de la province a

quant compétence au droit pour applicable prononcer au divorce, un divorce et les (art. tribunaux 3 (1)) 113 . La canadiens loi ne contient appliquent toutefois la loi pas canadienne de disposition même si les époux matière ne de sont statut pas personnel. domiciliés au pays 114 , ce qui va à l’encontre de la règle normalement applicable en

d) La filiation et l’adoption

Selon En matière ce qui est de le filiation plus avantageux et d’adoption, pour le ce législateur dernier, la a établi filiation une sera règle régie de par conflit la loi favorisant du domicile l’enfant ou de 115 . la

nationalité relèvent relatives toujours à de l’admissibilité l’enfant de la ou loi à de du l’adoption l’un domicile ou l’autre et de au l’enfant de consentement ses (art. parents. 3091 requis C.c.Q.). En revanche, sont En matière soumises les effets d’adoption, à la de loi la du filiation les domicile questions établie de l’enfant, tandis que les effets de l’adoption sont régis par la loi du domicile de l’adoptant (art. 3092 C.c.Q.) 116 . Il faut par ailleurs tenir compte des dispositions de la Loi assurant la mise en œuvre de la

les modalités de l’adoption d’un enfant résidant dans un pays contractant par un adoptant résidant dans un autre pays contractant 118 . Selon l’article 3093 C.c.Q., la garde d’un enfant (et donc l’autorité parentale) est régie par la loi de son domicile 119 . Cependant, lorsque la garde est accessoire à une

[Page 269]

séparation ou un divorce, elle est régie par la loi applicable à la séparation ou au divorce 120 .

e) L’obligation alimentaire En principe, l’obligation alimentaire est régie par la loi du domicile du créancier. Cependant, si cette

loi Dans ait ne obligation le lui cas permet de alimentaire la pas créance d’obtenir selon alimentaire des la loi aliments, du d’un domicile collatéral la loi du du débiteur domicile ou allié, (art. le du législateur débiteur 3095 C.c.Q.). s’applique exige dans (art. tous 3094 les C.c.Q.) cas qu’il 121 . y

divorce, selon Lorsque le cas, de l’obligation la par nullité la loi d’un applicable alimentaire mariage à ou entre la encore séparation, ex-époux de la au ou nullité divorce, ex-conjoints ou dissolution à la nullité résulte d’une du d’une mariage union séparation, civile, ou de elle l’union, d’un est régie, ou à la dissolution de cette dernière (art. 3096 C.c.Q.) 122 .

B- Le statut réel

1. Les principes généraux

effets immeubles, Le statut des droits réel, notamment réels comme – principaux les son questions nom l’indique, ou relatives accessoires concerne à la –, création, ainsi les questions que à la celles conservation, liées liées aux à leur biens, à l’extinction publicité. meubles et ou aux lieu L’article où se situe 3097 C.c.Q. le bien établit qui en le fait principe l’objet. que Les les droits droits réels réels relatifs ainsi aux que biens leur publicité en transit sont sont régis cependant par la loi du régis par la loi du lieu de leur destination. La règle de conflit énoncée à l’article 3097 C.c.Q. fait en sorte qu’il est nécessaire de situer les biens. Si, en général, cela ne pose pas de difficultés quant aux biens corporels 123 , on doit cependant apporter certaines précisions en ce qui concerne le situs des biens incorporels 124 . On considère généralement que les créances sont situées au domicile du débiteur 125 , que les actions des sociétés se situent au lieu où se trouve le registre de transfert (généralement au siège social) 126 , et que les sommes déposées dans la succursale d’un établissement financier se trouvent à cette succursale 127 .

2. Les règles particulières

a) Les successions 128 sont En régis matière par la successorale, loi du lieu où l’article ils se situent, 3098 C.c.Q. alors reprend que les le meubles principe sont de la régis « scission par la » loi 129 du : les dernier immeubles domicile possédait du une défunt maison, 130 . Cela qu’il signifie, en avait par une exemple, autre en que France, si le ainsi défunt qu’un était condominium domicilié à Montréal, en Floride où et il deux

comptes de banque (l’un à Montréal, l’autre en Floride), il faudra appliquer la loi successorale française

à

[Page 270] l’immeuble français, la loi floridienne au condominium et la loi québécoise au reste.

désigner Cependant, la loi applicable selon le second à sa succession alinéa de l’article (professio 3098 juris), C.c.Q., ce qui une permet personne de soumettre peut, par son l’ensemble testament, de la succession ou du domicile à une du seule défunt et au même moment loi 131 du . Il testament faut cependant ou du que décès. cette Le loi même soit celle alinéa de permet l’État de d’exclure la nationalité de l’application particulier, laquelle de la loi peut désignée ainsi être pour régie régler par l’ensemble la loi de sa de situation. la succession, la succession d’un immeuble

Une telle désignation par testament d’une loi applicable à la succession comporte cependant des l’époux, limites 132 le . Elle conjoint est sans uni civilement effet si elle ou a un pour enfant conséquence du défunt de d’un priver, droit dans de nature une proportion successorale importante, qu’il aurait eu

en successoraux l’absence d’une des personnes telle désignation qui bénéficient (art. 3099, de al. la 1 C.c.Q.). réserve Cette successorale limitation que vise l’on à protéger retrouve les dans droits certaines particuliers juridictions. auxquels certains La professio biens juris sont ne peut soumis, non selon plus porter la loi de atteinte leur situation, aux régimes en raison successoraux de leur destination familiale, économique ou sociale (art. 3099, al. 2 C.c.Q.).

soumis succession successorale, La loi à successorale la et loi au au successorale partage. mode vise de Il transmission notamment importe : la capacité de souligner les des de questions biens, tester que ou aux liées le de limites testament recevoir à l’ouverture à la un en liberté legs tant de de qu’acte est la tester, succession, soumise juridique à la à liquidation la à n’est loi la vocation pas de la personnelle 133 , tandis que les questions relatives à la forme du testament sont réglées par l’article 3109 C.c.Q. 134 . Cependant, la validité des legs quant au fond et les restrictions à la liberté testamentaire sont soumises à la loi successorale 135 . En cas de succession testamentaire, il faut donc procéder à un dépeçage des questions 136 . successions successoraux règles que Certaines des de correctifs conflits qui dispositions sont incluent québécoises soient situés des apportés visent à l’étranger, biens ne à assurer, puissent à au même Québec il peut dans pleinement les arriver et biens la à mesure l’étranger. que situés se les matérialiser. du solutions au Tout possible, Québec d’abord, résultant L’article le afin règlement lorsque d’en de 3100 arriver l’application C.c.Q. certains harmonieux à permet des biens des solutions des alors proches de celles qui avaient été envisagées par le législateur. Ensuite, lorsque la loi étrangère ne permet des droits pas à à y un exercer administrateur ou que certains ou un liquidateur biens de la étranger succession d’agir s’y au trouvent, Québec il 137 est , mais possible que les de héritiers nommer ont un administrateur ou liquidateur selon la loi québécoise (art. 3101 C.c.Q.) 138 .

b) Les sûretés mobilières 139 Le Code civil du Bas-Canada ne contenait pas de dispositions précises quant aux règles de conflits mobile qui applicables peut des donner biens aux sûretés lieu grevés à des mobilières. : faut-il conflits appliquer mobiles)? Cela causait la loi Les contractuelle des articles difficultés 3102 ou à 3106 étant plutôt du donné, celle Code du civil précisément, lieu du Québec ils se le apportent situent caractère (ce désormais des réponses à ces questions 140 .

[Page 271]

Le principe général est énoncé à l’article 3102 C.c.Q. La loi établit une distinction entre la validité d’une revanche, situation sûreté mobilière du la bien publicité et au la moment publicité et ses effets où de elle celle-ci. sont est régis constituée, La par validité la loi ce de de qui la la élimine sûreté situation est la possibilité actuelle régie par du la d’un bien loi conflit de grevé. l’État mobile. de la En effets La rédaction de la sûreté. de l’article Les professeurs 3102 C.c.Q. Talpis pose problème et Castel sont puisqu’elle d’avis que ne précise les effets pas de quelle la sûreté loi s’applique sont régis aux par la loi régissant sa validité 141 , alors que le professeur Emanuelli opte plutôt pour la loi de la situation actuelle semble une plus devoir du grande bien, être prévisibilité en préférée, se fondant des car, sur solutions. en le éliminant principe général la possibilité de l’article d’un 3097 conflit C.c.Q. mobile 142 . La à cet première égard, solution elle assure nous

ordinairement Des règles particulières utilisés dans régissent plus d’un cependant État ou encore les sûretés les meubles grevant incorporels. les biens en transit, les biens

grevé Le bien d’une « sûreté qui n’est suivant pas destiné la loi de à l’État rester de dans sa destination l’État où il se (plutôt trouve que » la (e.g. loi un du bien lieu en où transit) il se trouve peut au être

moment cette même de la loi, constitution pourvu cependant, de la sûreté, pour qui qu’elle peut produise être fortuit). effet, Une que telle le bien sûreté arrive peut à être destination publiée dans suivant les 30 jours de la constitution de la sûreté. transport, Par ailleurs, un « container la sûreté grevant ») et les les meubles biens ordinairement incorporels (e.g. utilisés les créances, dans plusieurs les actions États de (e.g. sociétés, un camion les de

droits de propriété intellectuelle) est régie quant à sa validité – et ses effets 143

cependant était dernier meuble domicilié alinéa incorporel régis de le par constituant l’article constaté la loi 3105 de par au l’État C.c.Q., un moment du titre ces domicile au règles où porteur elle actuel particulières a été ni à du constituée. celles constituant ne publiées s’appliquent La (art. publicité par 3105; la pas détention et al. aux ses 1 et sûretés effets 2 du C.c.Q.). titre sont grevant par Selon le un le créancier; ces sûretés sont donc soumises à la règle générale de l’article 3102 C.c.Q. moment Lorsqu’arrive de sa constitution, au Québec la un loi bien permet, qui a aux été grevé conditions d’une énoncées sûreté selon à l’article la loi du 3104 lieu C.c.Q., où il que se situait cette au sûreté cependant soit réputée pas pour publiée effet de au rendre Québec cette à compter sûreté opposable de la première à l’acheteur publication qui a à acquis l’étranger le bien 144 . Ceci du n’a constituant lorsque la sûreté dans le est cours régie des par activités la loi du de domicile ce dernier du constituant (art. 3104 in (art. fine). 3106 Un C.c.Q.). mécanisme similaire est prévu

par la loi de l’État où

c) La fiducie 145 La fiducie créée par un acte juridique 146 est régie par la loi qui est désignée expressément dans l’acte désignation, constitutif ou ou dont encore la désignation si la loi désignée résulte de ne façon connaît certaine pas l’institution, de ses dispositions. la loi alors applicable S’il n’y a pas est de celle telle administrée, présentant avec du situs la fiducie des biens, les liens de la les résidence plus étroits, ou compte de l’établissement tenu notamment du fiduciaire, du lieu de où elle la finalité est de la fiducie 3107 C.c.Q. et des permet endroits qu’un où élément cette finalité de la s’accomplit fiducie susceptible (art. 3107, d’être al. 1 isolé C.c.Q.) du 147 reste, . Le second notamment alinéa son de l’article administration, soit régi par une loi distincte (dépeçage subjectif). question Par exception de savoir au si principe une question de la qualification concerne la lege validité fori, ou la loi l’administration applicable à la de fiducie la fiducie. détermine Il y a donc la ici qualification remplacée par lege une causae autre 148 . loi C’est aussi la loi applicable à la fiducie qui détermine si elle peut être

[Page 272] applicable et, le cas échéant, les conditions d’un tel remplacement (art. 3108, al. 2 C.c.Q.).

d) Les valeurs mobilières et les titres intermédiés

er

autres janvier titres 2009, financiers est venue qu’elle énoncer vise. certaines Essentiellement, règles de la conflit validité particulières d’une valeur quant mobilière aux valeurs est régie mobilières par la loi ou en relations vertu de entre laquelle l’émetteur l’émetteur de la est valeur constitué mobilière (art. et 3108.1 les personnes C.c.Q.) 150 . Cette prétendant loi régit avoir également des droits certaines des relativement en vertu de laquelle à celle-ci l’émetteur (les « revendications est constitué »), le permet, tel qu’indiqué ces questions à l’article peuvent 3108.2 C.c.Q. être régies Cependant, par la si loi la loi désignée émetteur la valeur mobilière sont par l’émetteur. soumises est constatée à Les la loi autres en dans vertu questions un de certificat, laquelle soulevant c’est l’émetteur l’opposabilité la loi du est situs constitué du de certificat, la (art. valeur 3108.5 au mobilière moment C.c.Q.). à Lorsque son de sa délivrance, qui régit la question de savoir si la valeur peut faire l’objet de revendications à l’encontre de

la personne à qui le certificat a été délivré (art. 3108.6 C.c.Q.). En ce qui concerne les titres intermédiés (c’est-à-dire lorsque des titres relatifs à des actifs l’obtention applicable. valeurs financiers mobilières, sont d’un À défaut, portés, tel titre tels on au et les applique des nom courtiers, revendications d’une la loi personne, les mentionnée banques, à son à un les expressément égard compte sociétés sont de régies de titres dans fiducies), détenu par l’acte la loi les par juridique désignée questions un intermédiaire pour pour relatives régir leur le en être à

expressément compte de titres. mentionné Si aucune comme loi n’est étant ainsi celui désignée, où est tenu on applique le compte la loi de où titre se ou, situe s’il l’établissement n’y a pas de telle déterminer mention, l’établissement l’établissement, auquel on le réfère situera le au relevé lieu du de centre compte de du décision titulaire. de Si l’intermédiaire ce relevé ne permet en cause pas (art. de

publicité Enfin, des l’article sûretés 3108.8 grevant C.c.Q. contient les titres des intermédiés règles particulières ou les valeurs régissant mobilières, la validité en distinguant, et les effets en de ce la dernier cas, selon que la valeur mobilière est ou non représentée par un certificat. e) La faillite et l’insolvabilité Étant donné qu’elle se traduit par la saisine des biens du failli et leur liquidation, il semble que la faillite devrait être rattachée au statut réel 151 , même si d’autres, compte tenu de l’importance de ses aspects procéduraux, l’abordent plutôt avec le statut de la procédure 152 . un Lorsqu’une régime pour faillite chacune a des des aspects juridictions internationaux, en cause. on On peut parle envisager ainsi d’unité un régime ou de pluralité unique de ou, la au faillite contraire,

vocation internationale à s’appliquer 153 . Dans le à tous premier les biens cas, la du faillite failli, est où régie qu’ils par se trouvent. la loi du domicile Séduisant du par débiteur sa simplicité, failli et a ce régime universel se heurte cependant à des difficultés d’exécution qui font qu’au Canada 154 , comme dans de procédures plusieurs en autres faillite pays, dans c’est un le État régime étranger de la n’a pluralité pas pour qui effet est appliqué d’empêcher 155 . Cela l’ouverture signifie de que procédures l’ouverture

similaires au Canada 156 .

[Page 273]

C- Le statut des obligations

Le statut des obligations couvre un large domaine. Il vise les règles de conflits relatives à la forme et s’appliquent civile au fond extracontractuelle). des actes aux faits juridiques, juridiques, On y incluant rattache tant légitimes celles aussi relatives les (les règles « quasi-contrats à certains de conflits contrats en »), matière qu’illégitimes nommés de preuve et celles (la responsabilité et qui de prescription. 1. Les actes juridiques s’ajoutent, En ce qui pour concerne divers les contrats actes nommés, juridiques, des le Code règles civil particulières. contient des règles générales auxquelles

a) La forme des actes juridiques Un des principes les mieux établis du droit international privé est celui voulant que la forme d’un acte soit l’article pour régie sa 3109 perfection par C.c.Q. la loi C’est (nécessité du lieu donc où il la d’un est loi conclu écrit, du lieu de (lex où témoins, l’acte loci actus). est de passé Ce la forme principe qui notariée, déterminera est repris etc.). au les premier formalités alinéa requises de

acte du formelle Reprenant lieu sera où des valable se actes, situent une s’il idée autorise les est déjà biens fait dégagée cependant selon qu’il les vise, par formes l’application ou la encore jurisprudence prescrites par d’autres la par 160 loi , du le la lois législateur, loi domicile liées applicable à l’acte de voulant l’une au ou fond des aux favoriser de parties parties. l’acte, la au Ainsi, validité par moment la un loi

rédaction de sa conclusion. ou au moment Un testament du décès peut, du testateur, en outre, être par la fait loi selon du domicile les formes ou de autorisées, la nationalité au moment de ce dernier de sa

(art. 3109, al. 2 et 3 C.c.Q.).

recevoir parties Rappelons y un est acte domiciliée. ici à que l’étranger l’article 3110 lorsque C.c.Q. cet édicte acte porte une règle sur un matérielle droit réel autorisant situé au Québec un notaire ou que québécois l’une des à

b) Le fond des actes juridiques

i) Les règles générales Le fond d’un acte juridique international 161 est soumis à la loi expressément ou implicitement choisie par (art. les 3111, parties al. 3 C.c.Q.) (art. 3111, autorise al. 1 C.c.Q.), même que les parties celle-ci à présente désigner ou la non loi applicable un lien avec à une le contrat partie seulement 162 . Le législateur d’un

acte juridique. On pourrait donc avoir un contrat régi pour partie par une loi et pour une autre partie par une autre loi 163 .

[Page 274]

À défaut de telle désignation – ou si la loi ainsi choisie rend l’acte invalide – on applique la loi qui

présente les liens les plus étroits avec l’acte, compte tenu de sa nature et des circonstances entourant law ou sa conclusion l’établissement of the contract (art. ». Les 3112 des lieux parties, C.c.Q.). de C’est la conclusion langue ce que, et et les dans d’exécution concepts les juridictions juridiques du contrat, de utilisés, le common situs la des monnaie law, biens on appelle visés, de paiement, le la domicile « proper les clauses d’attribution de compétence, etc., seront parmi les critères alors utilisés pour déterminer la loi de l’État ayant les liens les plus étroits avec l’acte 164 .

À cet égard, la loi présume 165 que les liens les plus étroits existent avec la loi de l’État dans lequel la

partie qui doit fournir la prestation caractéristique de l’acte a sa résidence ou, dans le cas d’un acte cas caractéristique conclu de dans la vente; le cadre est la fourniture celle des qui activités permet du service d’une de qualifier dans entreprise, le le cas contrat son d’un établissement contrat : l’aliénation de service et (art. la délivrance 3113 ou d’entreprise; C.c.Q.). du La bien prestation les dans le échange obligations de du laquelle mandataire l’autre dans partie le effectue cas du mandat, un paiement etc. 166 en . En argent. général, Soulignons il s’agit de qu’il la prestation arrive qu’il en soit précédent contrat impossible de mariage). afin de dégager de déterminer Il faut une alors prestation la loi s’en ayant remettre caractéristique les liens à l’application les plus pour étroits un des acte avec critères donné l’acte mentionnés (e.g. en le question. cas de au l’échange paragraphe ou du La loi applicable au fond d’un acte juridique régira les questions de sa validité (consentement requis, vices de consentement, objet, cause) 167 ainsi que les sanctions applicables en cas de non-respect de liées ces conditions à l’exécution (nullité, des obligations annulation et qu’il leurs contient effets). et Elle les sanctions régira de même ou recours son interprétation, liés à leur inexécution, les questions ainsi

que possibilité son effet de l’option entre les entre parties les et régimes même contractuels à l’égard des et tiers extracontractuels 168 . C’est aussi de la loi responsabilité contractuelle (art. qui 3127 régira la

C.c.Q.) 169 .

ii) Les règles de conflits particulières en matière d’actes juridiques

1) La vente

Il faut distinguer selon qu’il s’agit de la vente d’un meuble ou d’un immeuble. du La situs vente de l’immeuble immobilière, (art. en 3114, l’absence al. 2 C.c.Q.). d’une loi désignée par les parties, sera soumise à la loi de l’État Le cas de la vente mobilière est plus complexe. En l’absence de loi désignée par les parties, la vente établissement, d’un meuble corporel s’il s’agit 170 est d’une régie vente par conclue la loi de dans l’État le où cours le vendeur des activités 171 avait d’une sa résidence entreprise) (ou au son moment (a) avait de sa des sa conclusion négociations résidence 172 . ou Par ont son exception été établissement menées à ce dans principe, lorsque cet État la l’une vente et le ou contrat sera l’autre régie y des a été par situations conclu; la loi de suivantes (b) l’État le contrat où se l’acheteur présente prévoyait :

réponse expressément à un appel que la d’offres délivrance à des devait conditions être exécutée fixées essentiellement dans cet État; ou par (c) l’acheteur le contrat (art. est 3114, conclu al. en 1 C.c.Q.). En cas de vente mobilière, il faut en outre tenir compte des dispositions de la Convention sur les

contrats de vente internationale de marchandises, à laquelle le Canada est

[Page 275]

partie et qui a été mise en vigueur dans les provinces canadiennes, dont le Québec 173 . Cette convention établit de nombreuses règles quant aux ventes qu’elle vise, et le praticien doit connaître à la fois son domaine d’application et son contenu. Sous réserve de certaines exceptions prévues à son article 2, la Convention vise toutes les ventes internationales de marchandises et s’applique entre les contractants ayant leur établissement dans des États différents 174 l’ayant adoptée. Elle s’applique également lorsque les règles de conflit du forum saisi mènent à l’application du droit d’un État partie à la Convention (art. 1). Ainsi, un contrat pour vente de marchandises conclu entre un Québécois et un Français sera régi par la Convention puisque le Canada et la France sont parties à la Convention. Malgré que le Royaume-Uni ne soit pas partie à la Convention, il en ira de même de la vente de marchandises conclue entre des entreprises québécoises et britanniques si les règles de conflit applicables mènent à l’application du droit québécois. Les parties peuvent cependant exclure, en tout ou en partie, l’application de la Convention (art. 6) 175 .

La loi applicable à la vente régira la formation du contrat, son interprétation et son exécution. du Cependant, droit de propriété, les questions individualisation directement des liées choses au transfert de genre, de propriété vente de (moment la chose de d’autrui) ce transfert, mettent réserve aussi en jeu le statut réel; les auteurs hésitent alors entre une qualification contractuelle ou réelle 176 .

2) La cession de créance

cédé-cédant, Opération triangulaire, cédé-cessionnaire la cession et cédant-cessionnaire. de créance soulève la question de la loi régissant les rapports évidemment Les rapports soumis cédé-cédant à la loi qui (autrement régit la créance dit les rapports elle-même. entre Par le ailleurs, débiteur les et rapports le créancier entre d’origine) le cédant sont et régit plus le cessionnaire étroits le contrat avec de (c’est-à-dire l’opération cession, soit (art. le créancier la 3111 loi désignée à 3113 d’origine C.c.Q.). par et les l’acquéreur parties ou, de à défaut, la créance) la loi sont présentant soumis les à la liens loi qui les

La question plus délicate est celle de savoir quelle loi régit les rapports entre le cédé (le débiteur savoir d’origine) si la et créance le cessionnaire est ou non (son cessible, nouveau ainsi créancier). que les L’article rapports 3120 entre C.c.Q. le débiteur établit que cédé la et question le cessionnaire, de

sont créance soumis elle-même. à la loi qui Selon régit certains, les rapports la loi entre du situs le de cédé la créance, et le cédant, c’est-à-dire c’est-à-dire la loi à du la loi domicile qui régit du la débiteur cédé, régit les conditions d’opposabilité de la cession 177 . À bon droit, la jurisprudence a étendu l’application de l’article 3120 C.c.Q. au cas de la subrogation conventionnelle, celle-ci étant conceptuellement très proche de la cession de créance 178 .

179

3) La représentation conventionnelle

établit Il s’agit que ici l’existence aussi d’une et l’étendue relation triangulaire des pouvoirs pouvant du représentant donner lieu (par à des ex. difficultés. un mandataire) L’article dans 3116 ses C.c.Q. celle relations du représenté avec un tiers, sera ainsi engagée, que les sont conditions régies par auxquelles la loi désignée tant la responsabilité expressément du par représentant le représenté que (i.e. le mandant) et le tiers 180 . Lorsque le représenté et le tiers n’ont pas désigné de loi applicable à cet égard, la loi du lieu où le cet étroits représentant État. avec Si ces la a situation, agi conditions s’applique selon ne pourvu sont les articles pas que remplies, 3112 le représenté et 3113 il faut C.c.Q. s’en ou le remettre tiers ait à son la loi domicile présentant ou sa les résidence liens les dans plus

[Page 276]

4) Les contrats de consommation, de travail et d’assurance

aux écartée Les travailleurs articles par la 3117 loi et choisie aux à 3119 assurés par C.c.Q. les par visent parties la loi à à de faire un leur contrat en résidence sorte international. que habituelle la protection ne puisse accordée pas aux être consommateurs, trop facilement

effet Dans de priver le cas le du consommateur contrat de consommation, de la protection le choix auquel de il la a loi droit applicable selon les au dispositions contrat ne peut impératives avoir pour de la conclusion nécessaires loi de l’État du à où contrat sa il conclusion a sa a résidence été précédée, y ont lorsque été accomplis dans l’une cet ou État, par l’autre d’une le consommateur; des offre situations spéciale (b) suivantes ou la d’une commande se publicité, présente du et : les (a) actes la consommateur se la est loi rendre la applicable loi de dans l’État a un au été de État contrat la reçue résidence étranger de dans consommation, afin cet du consommateur d’y État conclure ou (c) lorsque le le consommateur contrat. (cette les parties dernière En outre, n’ont a règle été dans pas incité dérogeant désigné ces par mêmes son de à cocontractant l’article loi circonstances, applicable, 3112 à

C.c.Q.) 181 .

applicable L’article 3118 au contrat C.c.Q. de établit travail un ne mécanisme peut avoir similaire pour effet pour de le priver contrat le travailleur de travail 182 de . Le la protection choix de la que loi lui assurent lorsqu’il n’accomplit les dispositions pas habituellement impératives de son la loi travail de l’État dans où un il même accomplit État, habituellement celles de la loi son de l’État travail où 183 , son ou, employeur contrat accomplit de habituellement travail a son est, domicile en l’absence son ou son travail établissement. de ou, loi s’il désignée n’accomplit Dans par les ces pas parties, mêmes habituellement la circonstances, loi de son l’État travail où la le loi dans travailleur applicable un même au État, la loi de l’État où son employeur a son domicile ou son établissement 184 .

le personne preneur Enfin, lorsqu’il qui en y a réside, fait porte la demande le sur contrat un bien au d’assurance ou Québec un intérêt ou est que situé obligatoirement l’assureur au Québec y a signé ou régi qu’il par ou y la délivré est loi souscrit du la Québec police par (art. une dès 3119 lors que C.c.Q.) 185 . Le contrat d’assurance collective est par ailleurs régi par le droit du Québec lorsque l’adhérent y sont a sa pas résidence rencontrées, au moment il faudra de appliquer son adhésion la loi désignée (art. 3119, al. par 2 les C.c.Q.) parties, 186 . Encore ou, à défaut, là, si ces la loi conditions présentant ne

les liens les plus étroits avec la situation 187 .

188

5) Le régime matrimonial

d’union Les régimes civile, sont matrimoniaux soumis aux conventionnels, règles générales c’est-à-dire applicables ceux au résultant fond des de actes contrats juridiques de mariage (art. 3122 ou caractéristique, ou C.c.Q.). d’union Comme civile il le envisagé. faudra souligne appliquer Le un domicile auteur, la loi puisque des présentant époux ce genre ou les conjoints liens de contrat les au plus moment ne étroits comporte avec de la pas le conclusion contrat de prestation de du mariage contrat, ou encore le premier domicile commun des époux ou conjoints, sont évidemment des facteurs à considérer 189 . Le régime matrimonial légal résultant du mariage ou d’une union civile est régi par la loi du domicile commun commun, des époux ou conjoints au moment de leur union (art. 3123, al. 1 C.c.Q.) 190 . À défaut de domicile

[Page 277]

on applique la loi de leur première résidence commune 191 ou, à défaut, la loi de leur nationalité commune ou, à défaut, la loi du lieu de la célébration de l’union (art. 3123, al. 2 C.c.Q.). Comme on l’a vu précédemment, l’utilisation en cette matière de facteurs de rattachement fixés dans le temps peut faire naître des conflits transitoires internationaux.

des des L’article conjoints époux 3124 ou au conjoints. C.c.Q. moment envisage La de validité la la modification. possibilité et les effets de À défaut d’une la modification telle de domicile convention conventionnelle commun, sont régis on du appliquera par régime la loi du matrimonial la loi domicile de leur

résidence commune ou, à défaut, la loi qui gouverne le régime lui-même.

matrimonial règles Tel que de ce mentionné ou régime, des « applicable effets plus tôt, du la mariage aux question époux » a de quel fait savoir l’objet que si soit d’une le leur patrimoine controverse. régime familial matrimonial, L’opinion fait partie fasse voulant du partie régime que des les « effets du mariage » a été retenue par la jurisprudence 192 .

6) L’arbitrage

La convention d’arbitrage – considérée comme un contrat autonome par rapport au contrat auquel elle la lieu loi se de gouvernant rattache l’arbitrage (art. le (art. contrat 2642 3121 C.c.Q.) C.c.Q.). qu’elle – est concerne Soulignons régie par ou, par la si loi ailleurs cette désignée loi que invalide par la procédure les la convention parties de 193 . l’arbitrage À d’arbitrage, défaut, (par on lui la loi applique du opposition à ses conditions et effets de fond) est régie par la loi (ou le règlement institutionnel ou particulier 194 ) désignée par les parties ou, à défaut, par la loi du lieu où l’arbitrage se déroule (art. 3133

C.c.Q.)

7) Les autres contrats nommés

Le Code civil ne prévoit pas de règles de conflit pour tous les contrats nommés. Il faut alors appliquer les règles générales ou, par analogie, certaines des règles particulières prévues au code 195 . 2. Les faits juridiques a) Les « quasi-contrats » cause L’article sont 3125 régis C.c.Q. par la énonce loi du lieu que de la survenance gestion d’affaires, du fait la dont réception elles résultent. de l’indu ou l’enrichissement sans

Pour la gestion d’affaires, ce facteur de rattachement implique l’application de la loi du lieu où le

restitution, charge gérant a du agi géré. il est puisque permis Pour c’est la de réception cet penser acte de que de l’indu, gestion c’est puisque la qui loi du est lieu c’est susceptible où cette le paiement réception de faire de qui naître l’indu fait des naître a été obligations effectué l’obligation (donc à la de le lieu où survient l’enrichissement) qui gouverne 196 . La même réponse (loi du lieu de l’enrichissement) nous semblerait devoir être donnée dans le cas de l’enrichissement sans cause 197 , mais certains font valoir que le lieu de l’appauvrissement pourrait être tout aussi pertinent 198 .

b) La responsabilité civile extracontractuelle 199 été Dans d’appliquer la tradition la lex civiliste, loci delicti, la règle c’est-à-dire de conflit la loi en du matière lieu de de survenance responsabilité du délit extracontractuelle ou du quasi-délit. a toujours

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arrêt Cette fort règle critiqué avait de été 1930, appliquée décide par que les l’on tribunaux devait plutôt québécois appliquer jusqu’à au Québec ce que la la même Cour suprême, règle de dans conflit un « que actionable celle qui here, prévalait wrongful alors there en Angleterre », le défendeur 200 . Selon ne cette pouvait dernière être tenu règle, responsable connue sous d’un l’expression délit survenu à commis où l’étranger il avait dans que effectivement la si, juridiction d’une part, été du commis. l’acte for et commis que Par si, un d’autre à ironique l’étranger part, retour aurait cet acte des conféré était choses, injustifiable un la droit Cour d’action (« suprême wrongful s’il avait du ») Canada été au lieu a décidé, dans un arrêt de 1994 201 , de mettre de côté la règle traditionnelle de la common law 202 pour lui

préférer la lex loci delicti.

générateur Le recours (faute à la ou lex événement loci delicti soulève générant toutefois une responsabilité la question de sans la localisation faute) et le préjudice du délit. Lorsque surviennent le fait au générateur même endroit survient (par exemple, en un lieu un et accident que le préjudice d’automobile), est subi il ailleurs, n’y a pas il devient de difficultés. plus délicat Mais de lorsque situer le le fait délit 203 . Selon la doctrine classique, en cas de dissociation géographique des éléments du délit, il faut en règle générale situer le délit au lieu de survenance du préjudice plutôt qu’au lieu du fait générateur 204 , et arrive fautes devient ce en fréquemment contributoires, inextricable raison du caractère si qu’un par l’on exemple) situe seul compensatoire et le même délit qui par peuvent préjudice le (et lieu non être du soit fait punitif, survenus causé générateur de par dans la responsabilité plusieurs plutôt diverses que faits juridictions par générateurs civile le lieu 205 . (unique) En : la outre, situation (cas des il d’apparition préjudices distincts du préjudice dans 206 plusieurs . À l’inverse, juridictions toutefois, différentes, il peut arriver si bien des que cas le où recours une même au lieu faute du préjudice cause des pourrait clairement mener prononcée à l’application à ce sujet de en plusieurs vertu de droits l’ancien 207 . La code, Cour une suprême certaine du jurisprudence Canada ne s’étant continuait jamais de préférer le lieu de la faute pour localiser le délit 208 .

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difficultés. extracontractuelle L’article 3126 En cas C.c.Q. de par dissociation codifie la loi du essentiellement lieu géographique où le dommage la règle entre est de les apparu, la éléments lex loci mais delicti du uniquement délit, et cherche il fait si régir à l’auteur régler la responsabilité ces du fait générateur la loi du lieu (le du défendeur) dommage pouvait plutôt que prévoir de celle que du le fait préjudice générateur s’y manifesterait ne devrait pas 209 . En résulter effet, en l’application l’imposition de au défendeur pas prévoir d’une que son responsabilité geste aurait qu’il des ne répercussions pouvait prévoir en 210 une . Ainsi, juridiction lorsque étrangère, l’auteur de on la appliquera faute ne pouvait la loi du lieu cherche du fait à faire générateur appliquer 211 . Il la nous loi du apparaît lieu du dommage que c’est à – la plutôt partie que (demanderesse la loi du lieu du ou fait défenderesse) générateur – qui qu’il

appartient de démontrer que l’auteur du fait générateur était en mesure de prévoir que son geste pouvait de personne critères entraîner raisonnable à la fois des objectifs conséquences aurait dû et subjectifs prévoir ailleurs que : la son qu’au loi du geste lieu lieu aurait où du il dommage a des agi 212 répercussions . Cet aura examen vocation ailleurs; devrait à s’appliquer elle se faire à si l’aide une s’appliquera aussi, bien sûr, si l’auteur de la faute était subjectivement en mesure de le prévoir, bien que cela également ayant puisse subi leur refusé ne pas préjudice d’appliquer avoir été dans prévisible la des loi juridictions du lieu pour de une survenance différentes personne aurait du raisonnable préjudice mené à 213 lorsque une . Par « ailleurs, cacophonie la multiplicité la Cour juridique de d’appel victimes » en a raison de la nécessité pour le tribunal d’appliquer plusieurs droits distincts dans le cadre du même litige 214 . Plusieurs exceptions à l’application de principe de la lex loci delicti sont cependant prévues. Tout d’abord, le second alinéa de l’article 3126 C.c.Q. établit que lorsque l’auteur du fait générateur et la applicable exception victime 215 ne à sont la semble responsabilité domiciliés pas inappropriée dans extracontractuelle, la même car juridiction, il est permis indépendamment c’est de penser la loi de qu’en du cette lieu une juridiction où telle survient hypothèse, commune le délit. la Cette qui loi est qui est commune au demandeur et au défendeur a un lien de proximité plus étroit avec la situation que celle du lieu où le délit s’est produit. Ce sont les faits de la célèbre affaire Babcock c. Jackson 216 qui sont à l’origine deux amis de habitant cette exception, l’État de aussi New York reconnue avaient par décidé le droit d’effectuer suisse et le un droit court belge voyage 217 . Dans en Ontario cette affaire, dans la voiture d’automobile appartenant était survenu au conducteur, en Ontario laquelle pendant était le immatriculée voyage, et le dans passager, l’État de qui New avait York. été blessé, Un accident poursuivait refusait régler la tout question le recours conducteur. de au la responsabilité passager La loi de à New titre du gratuit. York conducteur permettait Il semblait envers l’action, plus son approprié, passager au contraire en par ces de la la loi circonstances, loi de ontarienne New York, de qui lieu du ce qu’a domicile décidé du demandeur la Cour d’appel et du de défendeur, l’État de New que York, par la en loi appliquant de l’Ontario, la théorie lieu de l’accident. de la « proper C’est law d’ailleurs of the tort » (i.e. la loi ayant les liens les plus étroits avec la situation extracontractuelle) 218 . l’inexécution loi Ensuite, applicable l’article d’une au contrat 3127 obligation C.c.Q. ». Ce contractuelle, établit texte confirme que « lorsque les bien prétentions sûr l’obligation que la fondées responsabilité de réparer sur l’inexécution un contractuelle préjudice sont résulte est régies assujettie de par la à la loi applicable au

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contrat. Mais il est permis de penser que le législateur ne se serait pas donné la peine de codifier un tel truisme. En fait, selon nous, cet article ne vise pas tant la responsabilité contractuelle que la responsabilité extracontractuelle pouvant résulter de l’inexécution d’un contrat. Deux cas de figure peuvent être envisagés. Tout d’abord, l’option : dans certaines juridictions 219 , le créancier d’une obligation contractuelle inexécutée peut, à certaines conditions, opter pour le régime extracontractuel plutôt que de s’en tenir au régime contractuel. Le tribunal québécois devra ainsi permettre l’option lorsque la loi applicable en vertu de l’article 3127 C.c.Q. le permet 220 . Ensuite, il peut arriver que l’inexécution d’un contrat cause un préjudice à un tiers. Du point de vue du droit international privé, se pose la question de savoir quel droit est applicable pour régir une telle responsabilité puisqu’il s’agit, dans les deux cas, d’une responsabilité extracontractuelle mais survenant dans un contexte contractuel. L’article 3127 C.c.Q. établit qu’une telle responsabilité est régie par la loi applicable au contrat, et non par la lex loci delicti, ce qui favorise la prévisibilité des solutions. Ainsi, ce sera la loi applicable au contrat qui déterminera si l’option est possible. Selon nous, ce sera aussi cette loi qui régira la responsabilité extracontractuelle découlant de l’inexécution du contrat, même à l’égard d’un tiers 221 .

L’article 3128 C.c.Q établit une règle de conflit particulière en matière de responsabilité du fabricant d’un la victime, bien meuble soit par 222 la , que loi de celle-ci l’État soit dans contractuelle lequel le fabricant ou extracontractuelle a son établissement 223 . Celle-ci ou, à est défaut, régie, sa au choix de

québécois résultant L’article soit 3129 pour de C.c.Q. régir l’exposition la reprend responsabilité à la une règle matière de civile l’ancien première relative article à provenant tout 8.1 préjudice, C.c.B.-C. du Québec, subi imposant au soit Québec l’application de son ou utilisation, à l’étranger, du droit que

cette notamment matière le première cas de la ait responsabilité été traitée ou pouvant non. Cette exister disposition, à la suite quoique de l’exposition d’application à l’amiante plus large, ou à ses vise dérivés 225 . Soulignons enfin que certaines lois particulières, notamment la Loi sur l’assurance automobile 226 et la

Loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles 227 , contiennent des règles matérielles qui

peuvent faire échec aux principes établis par le Code civil du Québec quant au droit applicable en matière de responsabilité civile 228 . 3. Le régime de l’obligation, la prescription et la preuve paiement, Bien que recours le code en n’en cas fasse d’inexécution, pas mention, droit il de est surveillance généralement du créancier reconnu que (action le régime oblique, de en l’obligation – inopposabilité 229 , en déclaration de simulation), risques de l’obligation, modalités et

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conditions d’extinction des obligations – est en principe soumis à la loi applicable à l’obligation dont il est question 230 .

une C.c.Q.). La question prescription, Dans la de tradition fond extinctive plutôt civiliste, que ou acquisitive, comme contrairement une est question à régie celle par de de procédure la common loi applicable law, (cette la au dernière prescription fond du qualification litige est (art. vue 3131 comme entraînant une question l’application de fond et de non la lex une fori) question 231 . Bien de que procédure l’intention soit du claire, législateur le texte d’affirmer de l’article que apparaît la prescription quelque est peu droits l’obligation imprécis. différents. ou En le Il droit effet, faut susceptible comprendre, un même litige d’être selon peut éteint nous, soulever par que prescription, divers la prescription aspects ou par est qui la soumise peuvent loi régissant être à la régis loi les régissant biens par des dont on prétend qu’ils ont été acquis par prescription 232 . law, Le elle droit était applicable traditionnellement à la preuve vue, a donné au Québec, lieu à certaines comme une hésitations. question Sous relevant l’influence de la lex de fori la car common intimement voyaient plutôt liée une au processus question de judiciaire. fond, donc Cette soumise qualification en principe était toutefois à la loi applicable critiquée au par fond les auteurs du litige. qui Le y législateur, à C.c.Q.). l’application Ainsi, en les de 1994, questions la lex a tranché fori lorsque relatives en faveur celle-ci à l’objet de se cette de montre la dernière preuve, plus favorable qualification, au fardeau à l’établissement ou tout à la en charge laissant des de la preuve faits porte (art. ouverte (y 3130 compris questions la relevant question en des principe présomptions de la loi légales applicable 233 ) et au à fond l’admissibilité de la question des moyens – sous réserve, de preuve en sont ce dernier des cas auteurs, 234 , des les règles présomptions du for qui de seraient fait et l’administration plus favorables de à l’établissement la preuve, qui sont des intimement faits. En revanche, liées à la selon façon les dont le juge forme sa conviction, relèvent de la lex fori 235 .

D- Le statut de la procédure

admise. La procédure est régie par la loi du tribunal saisi (art. 3132 C.c.Q.). Il s’agit d’une règle universellement

compris La procédure les règles concerne relatives tout à l’instance ce qui relève et à son de l’exercice déroulement de leur (les compétence interrogatoires par au les préalable, tribunaux, par y

exemple que s’ils étaient les voies 236 ), compétents de d’exécution même que pour sont les trancher règles d’application relatives le litige, strictement à sont l’exécution sans territoriales compétence des jugements : les pour tribunaux 237 imposer . Rappelons, du des Québec, mesures par ailleurs, même d’exécution à l’extérieur des limites de la province, de la même manière que les tribunaux étrangers ne peuvent imposer leurs mesures d’exécution au Québec 238 . Cela découle du fait

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que chaque juridiction possède un monopole exclusif quant aux moyens de contrainte sur son territoire 239 . C’est notamment pour cette raison qu’un jugement étranger doit d’abord être reconnu (i.e. incorporé dans un jugement local) avant que ses conclusions puissent être exécutoires dans une juridiction donnée. Dans la même veine, il a été décidé que les articles 51 et s. C.p.c., qui permettent aux tribunaux de sanctionner les abus de procédures, ne visent pas les procédures intentées à l’étranger puisqu’il est impossible pour le tribunal québécois d’exercer les pouvoirs qui lui sont conférés par l’article 53 C.p.c., notamment celui de rejeter la procédure étrangère ou de radier l’une de ses conclusions 240 .

Lorsqu’un recours présentant des aspects internationaux est institué devant les tribunaux québécois, réside certaines pas règles au Québec matérielles un cautionnement trouveront application pour frais 241 (art. : 1) 492 possibilité C.p.c.); 2) d’obtenir règles du régissant demandeur la notification qui ne internationale déposer le protocole (art. 494 de et l’instance s. C.p.c.) 242 dans ; 3) règles le cas prévoyant d’un défendeur le délai n’ayant pour répondre ni domicile à l’assignation ni résidence ou au pour Québec (art. 490 C.p.c.); 4) règles régissant les commissions rogatoires émanant des tribunaux québécois ou étrangers (art. 499 et s. C.p.c.) 243 ; et 5) article 497 C.p.c., qui permet au tribunal québécois de convoquer des témoins résidant dans une autre province ou territoire du Canada 244 .

3- Les conflits de juridiction

Les règles relatives aux conflits de juridictions visent à répondre à deux types de questions. D’une caractère reconnue part, les autorités et international? rendue québécoises exécutoire D’autre 245 au part, sont-elles Québec? à quelles compétentes conditions pour une décision se saisir rendue d’un litige à l’étranger présentant peut-elle un être

principe Contrairement que les autorités à ce que de l’expression plusieurs États « conflit soient de compétentes juridictions » pourrait pour entendre laisser une croire, affaire. rien n’exclut Ainsi, le en pour l’être. tribunal se De québécois saisir même, du litige le à tribunal qui en est question, québécois soumis sans un appelé litige égard international à à reconnaître la possibilité n’a et qu’à qu’un rendre vérifier tribunal exécutoire s’il étranger est lui-même au Québec puisse compétent également la décision d’un simplement tribunal si étranger le tribunal ne en se question demandera répondait pas si d’autres aux critères juridictions de compétence auraient pu fixés entendre par le Code l’affaire, civil mais du

Québec 246 .

A- La compétence internationale des autorités québécoises

établissent Les règles relatives à la compétence internationale des autorités québécoises (art. 3134 à 3154 C.c.Q.)

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quelles conditions doivent être remplies pour qu’une autorité québécoise 247 accepte de se déclarer compétente à l’égard d’un litige 248 comportant un élément d’extranéité pertinent 249 . Il y a lieu de distinguer deux types de règles. D’une part, des règles de conflit précisent quel élément de la situation internationale (quel « facteur de rattachement ») doit être pris en compte pour déterminer si l’autorité est compétente (art. 3134 et 3141 à 3154 C.c.Q.). D’autre part, un certain nombre de règles viennent moduler l’effet de principe de ces règles de conflits en permettant aux autorités québécoises de se saisir de litiges à l’égard desquels elles ne seraient autrement pas compétentes ou, à l’inverse, de refuser d’entendre des litiges à l’égard desquels elles l’auraient autrement été.

Soulignons que les règles relatives à la compétence internationale des autorités québécoises ne compétence doivent pas être territoriale confondues des tribunaux avec les en règles droit édictées interne (art. par 41 le à Code 48 C.p.c.). de procédure Bien que civile ces en deux matière types de de de à règles déterminer compétence se fassent si les interne souvent tribunaux sont écho, des québécois les règles règles de sont procédure de compétents compétence destinées pour internationale entendre à déterminer un sont litige, le des district tandis règles dans que de les lequel fond règles visant un litige analogie peut ou être à titre introduit supplétif 250 . En les ce règles sens, du il faut Code être de extrêmement procédure civile prudent pour combler avant de un tenter vide d’appliquer dans le Livre par X du Code civil du Québec, méthode qui rappelle l’époque où le droit international privé québécois n’avait pas encore fait l’objet d’un effort de codification 251 . De façon générale, les règles relatives à la compétence des autorités québécoises visent à assurer l’existence considérations convient justifier que de de les s’assurer liens multiples. ressources jugés que Tout suffisants les du liens d’abord, système existants entre des judiciaire le considérations Québec entre soient le et litige le mises litige et d’opportunité le à soumis Québec contribution 252 . soient entrent Cet pour objectif suffisamment en l’entendre. jeu répond puisqu’il étroits à Des des pour considérations exécuté au Québec d’efficacité ou reconnu entrent à l’étranger. aussi en ligne Enfin, de dans compte, certains le jugement cas, des recherché considérations devant de pouvoir politiques être législatives certains litiges seront spécifiques. présentes, le législateur souhaitant que les tribunaux québécois puissent se saisir de

constitutionnel. compétences La nécessité interdisent La d’établir Cour suprême un aux lien provinces suffisant a en effet de entre donner établi le Québec que une les portée et règles le extraterritoriale litige relatives répond au aussi partage à leur à un constitutionnel impératif des

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législation 253 et imposent à leurs tribunaux de se déclarer compétents à l’égard d’un litige uniquement lorsque « des liens réels et substantiels » 254 existent entre la province et l’objet du litige. Dans l’affaire Spar Aerospace c. American Mobile Satellite 255 , la Cour suprême du Canada, sous la plume du juge LeBel, a considéré que cette exigence se trouvait en quelque sorte subsumée dans les dispositions du Code civil du Québec 256 .

Lorsque la compétence internationale de l’autorité québécoise saisie d’un litige est contestée, ce qui se fera généralement par voie de moyen déclinatoire 257 , il reviendra à la partie qui prétend que le actes tribunal de est procédure compétent seront d’en tenus faire la pour démonstration. avérés, à moins Pour qu’ils les fins ne de soient ce débat, spécifiquement les faits allégués contestés aux par la partie souhaite adverse saisir 258 l’autorité . Si tel est québécoise le cas, ou d’établir si les faits les allégués faits nécessaires sont insuffisants, à l’établissement il reviendra de à cette la partie qui compétence 259 . du Il titre est troisième à noter qu’une du Livre fois X la du compétence Code civil du d’un Québec, tribunal celui-ci québécois aura le établie pouvoir à l’égard de rendre d’un toutes litige les en vertu ordonnances nécessaires à l’exercice de cette compétence, y compris le pouvoir de rendre des injonctions à portée extraterritoriale 260 . 1. Les règles de conflit relatives à la compétence des autorités québécoises variant rattachement qu’elles Les règles d’un ont fait type relatifs de de conflit de soumettre litige aux prévues parties à l’autre. les par (leur litiges Suivant le domicile Code pouvant la civil nature ou naître du résidence, Québec du entre litige, font elles leur il pourra appel présence aux à autorités s’agir des dans facteurs de québécoises) facteurs la juridiction de rattachement de ou ou le encore choix de où un facteurs acte juridique relatifs à a l’objet été passé du litige ou devait (lieu où être les exécuté, événements situs à des l’origine biens du en litige cause, sont etc.). survenus, endroit

Alors que l’article 3134 C.c.Q. édicte la règle générale applicable en l’absence de dispositions caractère litige contraires, constitue patrimonial, les articles une action 3141 ou une personnelle à 3154 action C.c.Q. réelle à édictent caractère ou mixte. une extrapatrimonial série de règles et de familial, conflits une spécifiques action personnelle selon que à le Selon le facteur de rattachement prévu par le code, il faudra soit que les conditions attributives de compétence aient existé au moment des faits en litige 261 , soit qu’elles existent au moment de l’institution du recours 262 .

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a) La règle générale : le domicile du défendeur

C.c.Q., compétentes En l’absence cette règle à l’égard de de disposition conflit d’un est litige particulière la lorsque règle générale le à défendeur l’effet en contraire, droit est québécois, domicilié les autorités au le Québec. domicile québécoises Édictée du défendeur sont par l’article étant 3134 traditionnellement cependant loin d’être considéré absolue comme : comme le for l’exprime naturel bien pour le l’institution libellé de l’article d’un litige 3134 263 . C.c.Q., Cette elle règle ne générale trouve est application que lorsqu’aucune disposition particulière ne s’applique aux circonstances.

b) Les actions personnelles à caractère extrapatrimonial et familial

que En les matière autorités d’actions québécoises personnelles sont compétentes à caractère lorsque extrapatrimonial l’une des et personnes familial, l’article concernées 3141 C.c.Q. est énonce par domiciliée le litige. au Les Québec. articles Il 3142 peut à s’agir 3147 C.c.Q. du demandeur, prévoyant du des défendeur dispositions ou des spécifiques autres personnes en matière concernées de garde extrapatrimonial règle d’enfants, de l’article d’aliments, 3141 et familial, C.c.Q. de mariage trouvera comme et les application d’union demandes civile, dans de de les changement séparation autres types de de corps, d’actions nom, les de filiation demandes personnelles et d’adoption, de à caractère la déchéance de l’autorité parentale et les demandes en matière d’absence 264 . Les autorités québécoises sont compétentes pour statuer sur la garde 265 d’un enfant lorsque celui-ci est domicilié au Québec (art. 3142 C.c.Q.) 266 . En matière d’aliments 267 , les autorités québécoises sont S’appuyant compétentes sur lorsque la décision l’une du des législateur parties a son de traiter domicile de la ou garde sa résidence et des aliments au Québec dans (art. des 3143 dispositions C.c.Q.) 268 . accessoire distinctes, la de Cour la garde. supérieure Le tribunal a jugé québécois que les aliments pourrait ne donc pouvaient se déclarer être considérés compétent pour comme entendre un simple un déclinant litige sur des compétence aliments lorsque sur la question l’un des de conjoints la garde a de son l’enfant domicile si celui-ci ou sa résidence est domicilié au Québec, à l’extérieur tout du en Québec québécoises 269 . En sont matière compétentes de nullité lorsque du mariage l’un ou des de conjoints nullité ou a son de dissolution domicile ou de sa l’union résidence civile, au les Québec, autorités ou civile, lorsque les autorités l’union y québécoises a été célébrée sont (art. compétentes 3144 C.c.Q.). lorsque Pour ce l’un qui des est des conjoints effets a du son mariage domicile ou ou de sa l’union résidence sont compétentes au Québec lorsque (art. l’un 3145 des C.c.Q.). époux En a matière son domicile de séparation ou sa résidence de corps, au les Québec autorités à la québécoises date de l’introduction compétentes sont compétentes de en la matière en demande matière de filiation (art. d’adoption 3146 si C.c.Q.) l’enfant lorsque 270 ou . Finalement, l’enfant un de ses ou parents les le demandeur autorités a son québécoises domicile a son domicile au Québec, sont au Québec et elles (art. 3147 C.c.Q.) 271 . al. Contrairement 2 C.c.Q.), les parties à ce qui à un prévaut litige familial en matière ne peuvent, d’actions par personnelles convention, à convenir caractère d’exclure patrimonial la compétence (art. 3148, des autorités québécoises que confèrent les règles applicables aux litiges familiaux 272 .

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dont Par le ailleurs, paragraphe en 3 matière (1) prévoit de divorce, qu’est compétent les dispositions pour entendre applicables une sont demande celles en de divorce la Loi sur « le le divorce tribunal 273 de , la province où l’un des époux a résidé habituellement pendant au moins l’année précédant l’introduction de des l’instance instances » 274 en . Les divorce articles ont été 3 à instituées 6 de cette dans loi contiennent des provinces des différentes règles de conflits par chacun spécifiques des époux, lorsque de même que les règles applicables en matière de mesures accessoires ou de modification. demande Lorsqu’une en divorce, demande en de séparation mesures de accessoires, corps ou en y nullité compris du en mariage, matière le de tribunal garde, québécois est accessoire compétent à une pour entendre l’action principale pourra également entendre la demande accessoire 275 . c) Les actions personnelles à caractère patrimonial Les articles 3148 à 3151 C.c.Q. prévoient les règles spécifiques applicables en matière d’actions personnelles compétence aux à caractère autorités patrimonial québécoises 276 . L’article en la matière, 3148 C.c.Q. sous prévoit réserve les du critères cas où généraux les parties donnant ont choisi de soustraire permettent un aux litige autorités à leur compétence québécoises (art. de se 3148, saisir al. de 2 C.c.Q.), certains tandis types que spécifiques les articles de 3149 litiges à 3151 même C.c.Q. lorsque les critères généraux de l’article 3148 C.c.Q. ne sont pas remplis. i) Les critères généraux de compétence dans L’article les cas 3148 d’actions C.c.Q. prévoit personnelles cinq critères à caractère alternatifs patrimonial. donnant Il compétence suffit que l’un aux d’eux autorités soit rempli québécoises pour que soit établie la compétence des autorités québécoises 277 .

1) Domicile, résidence et établissement

Lorsque le défendeur est une personne physique, les autorités québécoises seront compétentes

personnes lorsque celui-ci morales, a son la domicile question 278 est ou plus sa résidence complexe. au Les Québec autorités (art. québécoises 3148 (1) C.c.Q.). seront Dans compétentes le cas des lorsqu’une litige porte ou société non sur défenderesse ses activités a son dans domicile la province. au Québec 279 (art. 3148 (1) C.c.Q.), peu importe que le

autorités Si la société québécoises défenderesse seront compétentes n’est pas domiciliée si la contestation au Québec est mais relative qu’elle à ses y a un activités établissement au Québec 280 , les (art. 3148 (2) C.c.Q.) 281 . Dans l’arrêt Interinvest (Bermuda) Ltd. c. Herzog 282 , la Cour d’appel a confirmé la solution

retenue par la Cour supérieure dans l’affaire Rosdev Investments Inc. c. Allstate Insurance Co. of Canada 283 ,

concluant qu’il n’est

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pas nécessaire que les activités en question soient celles de l’établissement québécois du défendeur 284 .

2) Faute, préjudice, exécution d’une obligation

Le troisième paragraphe de l’article 3148 C.c.Q. prévoit que les autorités québécoises sont subi, y compétentes être qu’un exécutée. fait à dommageable l’égard Il s’agit d’un de facteurs litige s’y lorsqu’une est alternatifs produit, faute ou de que a rattachement, été l’une commise des obligations et au il Québec, est suffisant découlant qu’un que préjudice d’un l’un contrat de ces y a été devait

éléments soit situé au Québec 285 . Cette disposition a eu pour effet d’élargir considérablement les critères d’autant qui plus étaient que la utilisés Cour d’appel par la jurisprudence a statué qu’en avant cas de l’entrée jonction en vigueur de causes du Code d’action civil contre du Québec un même 286 , et ce, défendeur, il est suffisant que la compétence des autorités québécoises soit établie à l’égard d’une des causes d’action pour que le tribunal puisse se saisir de l’ensemble du litige 287 . Chacun des facteurs de rattachement mentionnés à l’article 3148 (3) C.c.Q. mérite que l’on s’y attarde. dommageable Tout d’abord, ». l’article Cette disposition 3148 (3) C.c.Q. vise renvoie tant la à faute la survenance délictuelle au que Québec l’inexécution d’une d’une faute ou obligation d’un « fait contractuelle ou légale 288 . Dans les cas de responsabilité sans faute, elle vise le fait dommageable qui est que à celle-ci l’origine doit du être préjudice située subi au lieu 289 . Lorsque où l’acte la aurait faute dû consiste être accompli, en une omission, c’est-à-dire la jurisprudence au lieu où aurait reconnaît dû être exécutée poser à l’extérieur l’obligation du dont Québec l’omission des gestes constitue destinés une à violation faciliter 290 la . Par commission ailleurs, il d’un a été délit jugé au que Québec le fait peut de être considérée comme une faute y ayant été commise au sens de l’article 3148 (3) C.c.Q. 291 . d’un Québec, québécois Le préjudice. second l’application reconnaissent facteur Lorsque de de le rattachement cette leur préjudice compétence règle ne subi mentionné pose concerne lorsqu’un pas de à de l’article difficultés bien façon situé 3148 tangible particulières. au (3) Québec C.c.Q. une est personne est Ainsi, la endommagé survenance les ou tribunaux un bien au ou Québec situé lorsque au sont même, corporel livrés les ou au tribunaux moral Québec alors québécois des qu’elle biens se se endommagés trouve considèrent au Québec, compétents ou impropres voire même lorsqu’une à l’usage lorsqu’un personne auquel résident ils subit sont du un destinés Québec préjudice 292 . De continue à y souffrir des suites d’un accident survenu à l’étranger 293 . La jurisprudence a aussi reconnu comme fondement à la compétence des tribunaux québécois l’atteinte à la réputation d’une personne domiciliée au Québec 294 ou la

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violation de ses droits de propriété intellectuelle 295 , et ce, même si l’atteinte ou la violation en question résultait d’actes commis à l’étranger.

La question de savoir si le préjudice purement économique 296 d’une personne domiciliée au Québec suffit pour conférer compétence aux tribunaux québécois a quant à elle donné lieu à une controverse 297 . tribunaux compétence patrimoine Pour certains, québécois de aux la dans victime, tribunaux la auraient mesure donc québécois alors où de tout son compétence mènerait préjudice domicile, à finit conclure à l’établissement l’égard nécessairement que de quasiment cette d’une répercussion par compétence tout se répercuter litige suffit institué exorbitante. pour au par lieu conférer un du Les litige types demandeur soit de préjudice, celui québécois, du domicile les tribunaux allant du ainsi défendeur. québécois clairement Pour seraient à d’autres, l’encontre en principe la du loi principe n’établissant compétents voulant pas en que de un le distinction tel for cas, naturel quitte entre d’un à les ce que le tribunal utilise la doctrine du forum non conveniens pour décliner compétence dans les cas appropriés. clairement indiqué La Cour sa suprême préférence du Canada, pour cette dans dernière l’arrêt approche, Spar Aerospace mais c. les American tribunaux Mobile québécois Satellite 298 se , a sont montrés remarquablement réticents à suivre cette voie