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Hegel se heurte à des contradictions violentes, dans tous les domaines.

Il s'agit pour lui d'en prendre acte


et aussi de les expliquer en les articulant à la continuité d'un développement intelligible.

II a décrit et analysé ce qui faisait la singularité, le caractère inimitable de la manière dont les hommes de
son temps voyaient le monde. II a exposé systématiquement ~ nouvelle «vision du monde»
(Weltanschauung) et a montré comment elle s'insère dans un processus global de développement de
l'esprit humain.

Hegel a eu l’ambition d’édifier une conception d’ensemble de la totalité du réel, une saisie d’un seul
tenant, sans rien sacrifier de la diversité mouvante : un système.

La -dialectique : l'art de mettre sa pensée au diapason du monde, de comprendre les choses telles
qu'elles passent, comme une totalité dans laquelle s'effectuent sans cesse des différenciations
s'établissent des distinctions, et dans laquelle aussi ces différences et ces déterminations, qui tendent
chacune pour soi à se maintenir et à se figer dans sa figure une fois formée, se voient reprises, effacées et
toujours finalement récupérées par le mouvement du tout, le développement interne de l'absolu.

Le dialogue représente en effet comme une forme rudimentaire, et donc déficiente à certains égards, de
la dialectique.

S'ils n'étaient pas deux et s'ils ne différaient pas, il n'y aurait pas de dialogue.

La dialectique, entendue en son sens le plus large, apparaît dans toutes les formes de la vie humaine, mais
aussi, en des modes spécifiques, dans la nature. Elle régit l'Absolu, elle est la logique de sa diversification
et de son unification internes.

Aussi affirme-t-il, en substance, que tout ce qui se passe dans le monde: les événements, le jeu des forces
innombrables, hétérogènes, différenciées à l'infini, tout cela non seulement se soumet aux lois générales
de la dialectique, mais encore dérive effectivement de celle-ci: comme une production et une
différenciation de l'Idée absolue.

Hegel prend lui-même pour principe que l’histoire est, au contraire, l’expression dans le monde de la
raison dialectique du Logos.

L’histoire exprime et illustre concrètement une structure et une dynamique logiques dont les hommes
sont les supports actifs.

Toute l’histoire humaine est destinée, en fin de compte, à lui permettre de parvenir à la conscience et à la
connaissance de soi, dans et par l’homme.

L'infinie diversité des situations et des événements résulte donc d'une différenciation intime de l'Esprit.

En somme, les hommes proposent et Ia raison dispose, mais la raison ne saurait se passer i du propos des
hommes.

Il y a une puissance qui régit le monde historique sans y intervenir directement et immédiatement. 'Elle
n'agit qu'indirectement, par des intermédiaires particuliers, médiatement. Selon Hegel, c’est la Raison.

Malgré le caractère individuel, et individuellement conditionné, des actions humaines, l'histoire ne se


réduit donc pas à une collection disparate d'événements insensés.
II ne s'agit plus alors de-rappeler une simple succession de faits, anecdotiquement rapportés, à la manière
des chroniques, mais de reconstituer intellectuellement un processus total, une véritable vie historique
dans laquelle la continuité et la rupture se conditionnent mutuellement et s'impliquent réciproquement
d'une façon qui semble paradoxale aux esprits allergiques à la dialectique.

Hegel décrit le long et lent parcours qu'effectue l'homme pour devenir eu à peu maître de lui-même en
maîtrisant et dissolvant-les choses, en les assimilant de plus en plus à l'incessant mouvement de l'esprit,
en les entraînant dans sa fluidité.

II s'agit, pour le genre humain, de changer un milieu naturel d'abord « étranger» en un domaine où il se
sente « chez soi », libre. Chaque période historique assignable représente une étape de ce parcours et de
cette élaboration, et, conformément à la tradition, Hegel accepte l'idée qu'elle se trouve comme incarnée
dans un peuple déterminé, géographiquement et chronologiquement situé.

Les divers esprits nationaux agissent, sans le vouloir et sans le savoir, au service de l'esprit mondial,
comme les divers individus agissent, sans le savoir et sans le vouloir, au service de leur peuple, et donc,
par sa médiation, au service de l'esprit mondial.

Les esprits nationaux ne se posent qu'en s'opposant, et la coupure qui les sépare est plus que simplement
épistémologique : sociale, historique, spirituelle. Les peuples ne se comprennent que difficilement les uns
les autres.

Le progrès s’effectue grâce au dénouement des conflits entre l’ancien et le nouveau, entre la tradition
morte et la tradition vivante, entre la routine et l’invention. »

La frivolité et l’ennui qui envahissent ce qui subsiste encore, le pressentiment vague d’un inconnu sont les
annonciateurs de quelque chose d’autre qui est en marche.

De l’application de ces idées abstraites, non déduites du processus de la réalité spirituelle, ne pouvaient
résulter que des institutions elles-mêmes unilatérales, éphémères, néfastes, et finalement la Terreur.

Ce «règne de la terreur» était Impérieusement nécessaire en Allemagne. Engels.

Les régiments russes d'origine asiatique (les « Tchouvaches») lui paraissaient représenter la régression
culturelle qui (se préparait).

Pour s'engager dans une science ou un savoir-faire qui lui sont étrangers, lorsque c'est nécessaire, il n'a, à
proprement parler, rien d'autre à faire si ce n'est seulement, au lieu de s'en tenir à la représentation des
difficultés et de l'incapacité à les surmonter, de carrément prendre la Chose en mains et de s'en saisir.

Le glissement d'une grande masse (d'hommes) au-dessous d'un certain niveau de subsistance, qui se
règle de lui-même comme la subsistance nécessaire à un membre de la société, et avec cela, la perte
du sentiment du droit, de l'honnêteté et de l'honneur de subsister par sa propre activité et son
propre travail, mènent à la production de la populace, production qui, d'autre part, comporte une
facilité plus grande de concentrer en peu de mains des richesses disproportionnées.

contre la disparition de la pudeur et de l'honneur, ces bases subjectives de la société, contre la paresse et
le gaspillage, contre tous ces maux qui engendrent la populace, c'est d'abandonner les pauvres à leur sort
et de les faire dépendre de la mendicité publique.
Dans la doctrine politique de Hegel, l'État prétend être la représentation objective la plus élaborée
de l'Idée. Il incarne en quelque sorte l'Idée, sur cette terre. Il accomplit les plus hautes missions
humaines et ce n'est qu'en lui que les individus prennent leur valeur et assurent leur dignité. Il y a
chez Hegel une sorte de divinisation de l'État;'" fort compréhensible en une époque qui a vu, avec la
Révolution française, la naissance de l'État moderne, et, avec l'Empire, son épanouissement.

L'État moderne, pour lui, c'est celui qui autorise et garantit, contre les servitudes de la féodalité, la « liberté de
la propriété».

L’histoire a un sens…Le genre humain, dans l’histoire, poursuivra, volontairement ou non, son
progrès dans la prise de conscience de la liberté. Une liberté qui est le but même du monde. C’est
comme un géant dont on ne peut freiner la marche.

« Je m’en tiens à cette idée, que l’esprit du temps a donné l’ordre d’avancer.

La chose la plus rationnelle gue les enfants puissent faire avec leur jouet, c'est de le casser.
Je ne crois pas trop affirmer quand je dis que celui Qui n'a pas connu les oeuvres des Anciens a vécu
sans connaître la beauté.

L’esprit subjectif doit accueillir en lui-même l’esprit de vérité et le faire résider en lui.

Pour les luthériens, la vérité n'est point une chose toute préparée; c'est le sujet même qui doit devenir
vrai en renonçant à son propre contenu pour la vérité substantielle et en s'appropriant cette vérité.

La culture est la réalisation de la forme de l'universel, ce qui est pensé d'une manière générale :

Le protestantisme : le drapeau de l’esprit libre.

C’est là le contenu essentiel de la Réforme : l’homme se détermine par lui-même à être libre.

Le réel historique est lui aussi rationnel.

C'est là ce qui s'appelle avoir la pensée abstraite : ne voir dans l'assassin rien d'autre que cette
qualité abstraite qu'il est un assassin et détruire en lui, à l'aide de cette simple qualité, tout le reste
de son humanité.

Elle a la pensée abstraite, elle fait disparaître cette bonne femme derrière son fichu, son bonnet, sa
chemise et tout le tremblement, tout comme derrière ses doigts ou d'autres parties du corps, ou encore
son père et toute la tribu, pour le seul crime d’avoir trouvé les œufs pourris.

L’abstraction : le fait de se tenir à un seul prédicat.

L’idée est essentiellement concrète, car le vrai n’est pas abstrait ; l’abstrait est ce qui n’est pas vrai.

La belle âme : une vapeur sans forme qui se dissout dans l’air.

Pour Hegel, tout peut être compris, tout peut être explicable, même la vie politique et juridique. La réalité
historique, créée enfin de compte par les hommes eux-mêmes, ne peut pas être inintelligible.

Ce qui est rationnel est réel et ce qui est réel est rationnel.
Le rationnel est le synonyme de l'Idée. Mais, lorsque, avec son actualisation il entre aussi dans
l'existence extérieure, il y apparaît sous une richesse infinie de formes, de phénomènes, de figures; il
s'enveloppe comme le noyau d'une écorce, dans laquelle la conscience tout d'abord s'installe et que
seulement le concept pénètre, pour découvrir à l'intérieur le coeur et le sentir battre dans les figures
extérieures.

Si ce traité contient un enseignement, il ne se propose pas toutefois d'apprendre à l'État comment il doit
être, mais bien plutôt de montrer comment l'État, cet univers éthique, doit être connu.

Saisir et comprendre ce qui est, telle est la tâche de la philosophie, car ce qui est, c’est la raison.

Ce que nous enseigne le concept, l'histoire le montre avec la même nécessité : il faut attendre que la
réalité ait atteint sa maturité pour que l'idéal apparaisse en face du réel, saisisse le monde dans sa
substance et le reconstruise sous la forme d'un empire intellectuel.

Ce qui est réel est rationnel et ce qui est rationnel et réel : l’être concret engagé dans l’espace et le temps,
l’être historique est essentiellement devenir. Affirmer que le réel est rationnel, c’est proclamer la
rationalité de son devenir ; le changement des êtres et des choses dans l’histoire, n’a rien d’absurde.
Comprise dialectiquement, la thèse hégélienne n’exclut nullement du réel la contradiction et la lutte, qui
sont des moments de la rationalité pratique, elle ne proscrit ni la critique, ni le combat, ni le changement.

L'action immédiate peut également contenir quelque chose de plus vaste que ce qui apparaît dans la
volonté et la conscience de l'auteur.

En visant chacun le particulier, les individus produisent ensemble le général.

Il peut donc y avoir des lois universelles de l'histoire sans que les individus aient expressément voulu les
établir par leurs actions.

En obéissant à leurs besoins et à leurs passions, les individus et les peuples engendrent, sans le
vouloir et sans le savoir, une rationalité historique universelle.

C'est finalement pour lui la rationalité universelle, la raison qui est la cause ou la condition ultime des
actions particulières. C'est finalement la raison, conçue comme un absolu extérieur et supérieur aux
hommes individuels, qui régit habilement le monde historique en se servant des passions
individuelles des hommes et en se jouant d'eux. La liberté qu'elle leur laisse n'est qu'une ruse : Dieu
laisse l'homme proposer, mais il se débrouille dialectiquement pour disposer en dernier recours.

La Raison gouverne le monde : l’histoire universelle s’est elle aussi déroulée rationnellement.

La réflexion philosophique n'a d'autre but que d'éliminer le hasard. La contingence est la même chose
que la nécessité extérieure : une nécessité qui se ramène à des causes qui elles-mêmes ne Il sont que
des circonstances externes. Nous devons chercher dans l'histoire un but universel, le but final du monde -
non un but particulier de l’esprit subjectif ou du sentiment humain.

Cette masse immense de désirs, d'intérêts et d'activités constitue les instruments et les moyens dont
se sert l'Esprit du Monde (Weltgeist) pour parvenir à sa fin, l'élever à la conscience et la réaliser.

Mais dans le cours de l'histoire elle-même, cours que nous considérons comme progressif, le côté
subjectif, la conscience n'est pas encore à même de saisir quelle est la pure fin ultime de l'histoire, le
concept de l'Esprit.
Il nous faut faire attention à sa poussée quand la taupe continue à fouir à l'intérieur-, et il nous faut
l'aider à se réaliser. Ce cortège est une progression tout à fait nécessaire qui ne fait qu'exprimer la
nature même de l'Esprit et qui vit en nous tous.

L’hégélianisme : philosophie de la vue synoptique.

Ce gui nous intéresse, c'est seulement l'Esprit avançant et s'élevant à un concept supérieur de lui-
même. Mais ce progrès est intimement lie a la destruction et la dissolution de la forme précédente
du réel, laquelle a complètement réalisé sont concept.

La nature logique ou, mieux encore, dialectique du Concept en général est de se déterminer lui-même,
de poser en soi des déterminations et de les supprimer et de les dépasser en acquérant par là une
détermination positive plus riche et plus....concrète.

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L'Idée de l'Esprit se réalisant comme une suite de figures extérieures.

Il peut, certes, adopter plusieurs positions sur le plan historique, mais cette pluralité disparaît lorsqu'il
parvient au sommet de l'histoire du monde.

L'Esprit est un, c'est l'esprit substantiel d'une période, d'un peuple, d'un temps, mais qui se forme de
multiple façon; et ces diverses formations sont les moments qui ont été indiqués. Il ne faut donc pas
s'imaginer que la politique.

Les animaux sont effectivement l'inintelligible; un homme ne peut pénétrer par l'imagination dans une
nature de chien ou se la représenter, encore qu'il puisse avoir avec elle bien de la ressemblance; elle lui
demeure absolument étrangère.

La Raison universelle se réalise dans le monde.

Rien n'est plus facile que de critiquer et de croire qu'en critiquant on fait preuve de bonne volonté, de
meilleure connaissance des choses.

Lorsqu'on considère les individus, les États, l'ordre du monde, il est plus facile de voir leurs défauts que de
reconnaître leur vrai contenu.

la critique peut être fondée, mais il est plus facile de découvrir les défauts que de trouver la substance : la
manière dont on critique les oeuvres d'art en est un exemple.

Sans esclavage antique, pas de socialisme moderne.

Le propre des Grands hommes, c’est de capter l’esprit du temps. Ils sont interprètes de la Raison
universelle.

Il n’y a pas de héros pour son valet de chambre.

Pour le valet de chambre les héros n'existent pas; en effet, ils n'existent que pour le monde, la réalité,
l'histoire.

Dans la nature, la résurrection n'est pourtant qu'une répétition du même, une histoire monotone qui
suit un cycle toujours identique.
Il n'y a rien de nouveau sous le soleil. Il en va autrement du soleil de l'Esprit. Sa marche, son
mouvement, n'est pas une autorépétition ; l'aspect changeant que revêt l'Esprit dans ses figures
toujours nouvelles est essentiellement un progrès.

La connaissance, la conception pensante de l'être, devient source et lieu de naissance d'une forme
nouvelle et supérieure qui relève d'un principe à la fois conservateur et transformateur.

Ainsi la forme déterminée de l'Esprit ne passe pas dans le temps comme passent les choses
naturelles, mais se dépasse dans l'activité spontanée et consciente d'elle-même de la conscience de
soi. Et précisément parce que ce dépassement est une œuvre de la pensée, il est à la fois
conservation et transfiguration. Ainsi, en dépassant la réalité de ce qu’il est, l’Esprit parvient en
même temps à l’essence, à la prise de conscience, à la saisie de la signification universelle de ce qu’il
a été.

L'esprit va toujours de l'avant, car seul l'esprit est progrès. Souvent il semble avoir une défaillance, il
semble s'être perdu; mais opposé à lui-même intérieurement, il est travail ininterrompu comme Hamlet
dit de l'esprit de son père : «Bien travaillé, brave taupe!»

Dans l'histoire, l'Esprit est en même temps l'activité créatrice qui se renie, se reprend et s'invente sans
cesse : Saturne qui dévore ses propres enfants.

L'État hégélien, fils de la Révolution française, s'oppose à la féodalité, à l'arbitraire monarchique ou


seigneurial, au particularisme régional et à l'anarchie moyenâgeuse, au pouvoir de la coutume vague
et partiale, à l'absence de liberté de la propriété, au mépris aristocratique du sentiment national, etc.

L’Etat est la réalité effective de l’Idée éthique.

L’histoire universelle est le progrès de la conscience de la liberté.

Mais la manière vraie d'appréhender les choses est celle-ci, à savoir que la vie comme telle porte en elle
le germe de la mort et que d'une façon générale le fini se contredit en lui-même et par là se supprime.

La dialectique se trouve dans « l’expérience universelle ».

Quelque chose se meut seulement, non pas en tant qu'il est ici dans ce maintenant et là-bas dans un
autre maintenant, mais en tant que dans un seul et même maintenant il est ici et non ici, en tant que dans
cet ici il est en même temps et n'est pas.

Ceux qui prétendent que ce qui porte en soi une contradiction sous la forme de l'identité de contraires,
est inexistant, affirment implicitement l'inexistence de ce qui est vivant, car la force de la vie et, plus
encore, le pouvoir de l'esprit consiste justement à poser en soi la contradiction, à la supporter et à
surmonter.

La dialectique a un résultat positif parce qu'elle a un contenu déterminé, ou parce que son résultat, en
vérité, n'est pas le néant vide, abstrait, mais la négation de certaines déterminations qui sont contenues
dans le résultat, précisément parce que celui-ci n'est pas un néant immédiat, mais un résultat.

La vie n’est qu’un processus.

La négativité, laquelle est la pulsation immanente de l'auto-mouvement et de la vitalité.


Voilà l'être pur assimilé au néant pur! Et en effet, si l'on décide d'examiner l'être pur l'être sans qualités
ou caractères particuliers, distinctifs, l’on S'aperçoit que l'on n'en peut rien dire d'autre que du néant pur,
le néant sans qualités ou caractères particuliers, distinctifs. Et pour lui, la première réalité concrète, c’est
le devenir. « La vérité de l’être ainsi que du néant est par suite l’unité des deux ; cette unité est le
devenir ». Une conséquence de cette déduction est que tout existant est contradictoire, puisqu'il contient
du moins en lui l'opposition de l'être et du néant. Pour la dialectique hégélienne, tout objet ou concept
est ainsi contradictoire, et donc la contradiction, loin d'impliquer l'impossibilité, est pou contraire un
caractère nécessairement inhérent à~ tout existant

Blanchot retravaille ces affirmations :

Un exemple également proche en est le commencement; la Chose, dans son commencement, n'est pas
encore, cependant il n’est pas simplement son néant, mais en lui il y a déjà aussi son être. Le
commencement est lui-même aussi devenir, il exprime pourtant déjà la référence à la progression
ultérieure.

L’être n’est précisément que ce qui est absolument sans détermination, et c’est la même absence de
détermination qu’est aussi le néant. La différence de ces deux termes est, par conséquent, seulement une
différence visée, la différence totalement abstraite, qui en même temps n’est pas une différence. Si nous
parlons, par exemple, de deux genres différents, le genre est ce qui est commun aux deux. De même,
nous disons qu'il y a des entités naturelles et des entités spirituelles. Ici, l'entité est ce qui appartient aux
deux. Avec l'être et le néant, par contre, la différence est dans l'absence de fond qui. est alors la sienne, et
précisément pour cette raison ce n'en est pas une, car les deux déterminations sont la même absence de
fond.

Mais si nous considérons tout l'univers et si nous disons de lui qu'il est tout, sans rien ajouter, nous
laissons de côté tout ce qui est déterminé, et nous avons alors, à la place de la plénitude absolue,
seulement le vide absolu.

Le devenir est la première détermination concrète. Hegel pose ainsi la supériorité logique et
chronologique du devenir.

Un concret est tout autre chose encore que la détermination abstraite comme telle.
L’approfondissement du devenir : la vie.

Le devenir, c’est le premier concret, l’absolu en tant qu’il est en lui-même l’unité d’opposés.

Le devenir contient en effet en lui l'être et le néant, et cela d'une manière telle que ces deux termes
se renversent purement et simplement l'un dans l'autre et se suppriment l'un l'autre
réciproquement.

Le résultat de ce processus n'est pas le néant vide, mais l'être identique à la négation, que nous
appelons l'être-là et qui se montre tout d'abord avec cette signification, d'être devenu.

Sursumer : Ce mot traduit ici le terme allemand aufheben qui signifie, pour Hegel, à la fois
«supprimer », « conserver» et « élever ».
n'est, cependant, aucun autre que le système tout entier dont nous avons jusqu’à présent
Le contenu vrai
considéré le développement.

L’Idée absolue est, à cet égard, à comparer au vieillard, qui prononce les mêmes assertions religieuses que
l’enfant, mais pour qui celles-ci ont la signification de toute sa vie.

L’intérêt réside dans le mouvement tout entier.

« Et c’est la manière de voir philosophique que celle pour laquelle tout ce qui, pris pour lui-même, apparaît
comme quelque chose de borné, reçoit sa valeur du fait qu’il appartient au tout et qu’il est un moment de
l’Idée.

Chez Hegel, Voir avec les yeux de l’esprit, c’est saisir. P. 294

Le défaut qu'elles ont, c'est précisément qu'elles n'expriment qu'un aspect, l'unité, le est, et qu'elles
n'expriment pas en même temps la différence existante (l'être et le néant, etc.) et ce qu'il y a de
Il négatif dans de telles déterminations [...J. 297

Le vrai n’est pas une chose seulement au repos, existante, mais une chose vivante qui se meut par elle-
même.

Je me suis proposé d’élever la philosophie à la hauteur d’une science, et les travaux que j’ai faits jusqu’ici –
en partie imparfaits – ont cet unique but.

Selon les ordres de Hegel, la Raison part en croisade. Elle veut tout convertir à sa foi. Rien ne lui doit rester
étranger. Avant Hegel, elle faisait des concessions à l'irrationnel : elle capitulait devant des mystères,
devant des mythes, elle abandonnait une part du terrain au mysticisme. C'est parce qu'elle n'était pas à la
hauteur. Elle se contentait d'une forme inférieure d'elle-même, qu’elle appelle l’entendement. Plus
développée, devenue consciemment dialectique, la raison se montre capable de comprendre ce qui
restait opaque à l’entendement.

Tout ce qui est rationnel peut, par conséquent, être désigné en même temps comme mystique, mais par
là il n’est rien dit d’autre si ce n’est qu’il va au-delà de l’entendement, et il n’est aucunement dit qu’il
serait en somme à considérer comme inaccessible et inconcevable à la pensée.

C’est la Raison qui fonde et suscite toute pensée et toute chose.

Puisque tout n'existe et ne se développe que par et dans l'Idée, et que l’Idée est une totalité dialectique et
vivante, la véritable connaissance est celle -qui saisit ce Tout, ses articulations internes, sa dynamique. La
connaissance vise donc la systématicité.

Tout le processus de pensée culmine dans la fusion avec l'Idée .qui, dans son absoluité, réunit en soi toutes
les étapes, surpasse toutes les particularités, unifie toutes les déterminations contraires. « L'Idée est le Vrai
en et pour soi. l'unité absolue du concept et de l'objectivité. »

L’Idée est la vérité ; car la vérité consiste en ce que l’objectivité correspond au concept.
« Tout être effectif, pour autant qu'il est un être vrai, est l'Idée et n'a sa vérité que par l'Idée et en vertu
d'elle ».
« L’absolu est l’Idée universelle et une qui, en tant qu’elle juge, se particularise pour donner
le système des Idées déterminées, qui cependant n’ont pour être que de retourner dans l’Idée
une, dans leur vérité ».
L’Idée, dans la mesure où elle n'aurait pas une existence pour point de départ et point d'appui, est très
souvent prise pour une entité logiques simplement formelle. Il faut abandonner une telle façon de voir aux
points de vue à l'intérieur desquels la chose existante et toutes les déterminations ultérieures qui n'ont pas
encore pénétré jusqu'à l'Idée, passent encore pour ce que l'on appelle des réalités et [pour] de véritables
effectivités.

L'Idée absolue est tout d'abord l'unité de l'Idée théorique et de l'Idée pratique, et avec cela en même
temps l'unité de l'Idée de la vie et de l'Idée de la connaissance.

Contrairement à la science expérimentale qui va de l'expérience pour aller aux lois générales et aux
principes, Hegel a prétendu, à la manière idéaliste rigoureuse, déduire ou dériver l'expérience des lois
dialectiques générales et des principes absolus. Certes, il tient compte souvent, raisonnablement, des
résultats scientifiques connus. Mais parfois il s'enhardit à reconstruire métaphysiquement le monde! Cela
donne des résultats étonnants.

L'image et la représentation détiennent une valeur relative. Elles donnent accès à la vérité. (A
l’inverse de Blanchot).

Pour de la littérature chez Blanchot : « Bref, tout ce qui est exprimé dans le mode de la représentation, les
modernes l'admettent dans ce mode pour de la philosophe » On peut présenter ainsi la philosophie
Pïatonicienne, on y est autorisé par les mots que Platon emploie; mais si l'on a le sens de ce qui est
philosophique, on ne s'arrête pas à de telles expressions, et on comprend la véritable intention de Platon.

153/ Histoire de la philosophie, trad. P. Gamiron, Vrin, 1972, 1. III, pp. 406-407. (Nous devons dépasser
toutes les représentations et dimensions psycho-analytiques, mimétiques, chez Blanchot.

Sous tous ces rapports, l'art reste pour nous, en ce qui concerne sa destination suprême, une chose du
passé. De ce fait, il a perdu pour nous sa vérité authentique et sa vitalité et il est plutôt relégué
maintenant dans notre représentation, alors qu'antérieurement il affirmait sa nécessité dans la réalité et
y occupait une place plus haute. Ce qu'une oeuvre d'art suscite en nous maintenant, c'est, en plus de la
jouissance immédiate, notre jugement, dans la mesure où nous soumettons à notre examen réfléchi
d'une part le contenu, d'autre part les moyens de représentation de l'oeuvre d'art, et l'adéquation ou
l'inadéquation de ce contenu et de ces moyens.

Une multitude d'aussi pitoyables créatures ne saurait constituer un peuple, pas plus que des poux ou (des
plantes parasites) ne pourraient exister par eux-mêmes, mais seulement sur un corps organisé.

Mais il n’y a pas lieu d’estimer leur grandeur d’âme ; au contraire, le fait qu’ils prêtent attention à ce qu’ils
appellent faiblesse et faute est plutôt leur propre corruption, qui attache de l’importance à de pareilles
choses.

L'Idée se fait nature. Puis, dans cette nature, apparaît l'homme. Celui-ci déploie toutes ses virtualités,
dans un progrès actif, et notamment sa capacité de penser. Il prend peu à peu conscience de ce qu'il
est profondément, et il exprime cette conscience dans des actes et des oeuvres qui constituent son
histoire objective. Parmi ces oeuvres se distinguent les systèmes de philosophie, apparus
successivement, et dont il n'est pas étonnant, dans ces conditions posées par l'Idéalisme, que chacun
d'entre eux représente un moment de la dialectique interne de l'Idée, telle qu'elle a été exposée
dans la Logique
Je remarque encore toutefois que, d'après ce que nous venons de dire, l'étude de l'histoire de la
philosophie est l'étude de la philosophie elle-même et il ne peut en être autrement.

Dans l'établissement de son système, Hegel, par son postulat de base lui-même, se prive de tout moyen
d'accéder à ce que peut être telle ou telle étape de l'Idée, sans passer par la prise de conscience et la
connaissance qu'en donne la philosophie.

C'est pourquoi, en dernière instance, Hegel se réfère en fait, pour reconstruire la totalité, à l'histoire de la
philosophie. La base de tout le développement, c'est en principe l'Idée. La base de tout le développement,
en fait, c'est l'histoire de la philosophie. (De même (et à l’inverse), la connaissance de l’inconnaissable
passe chez Blanchot par l’exploration de l’EL, la littérature.

quant aux comptes rendus critiques, outre la notice historique, ils donnent encore une appréciation qui,
justement parce qu'elle est appréciation, est au-dessus de la matière appréciée.

quant aux comptes rendus critiques, outre la notice historique, ils donnent encore une appréciation qui,
justement parce qu'elle est appréciation, est au-dessus de la matière appréciée. (Blanchot s’insurge
contre cette prétention).

Le concept seul peut produire l'universalité du savoir.

Nous devons être persuadés que la nature du vrai est de percer quand son temps est venu, et qu’il se
manifeste seulement quand ce temps est venu. (A venir qui ne vient jamais, la pensée de Bl. Bloque cette
venue).

Dans l'esprit de l'époque moderne dorment des idées plus profondes qui pour se sentir éveillées
exigent un milieu et un présent différents de ces idées abstraites, obscures et archaïques de l'ancien
temps.