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Introduction

Le mot « énergie » est sans doute un des termes les plus utilisés de nos jours.
Régulièrement ce mot fait la une des journaux, de la radio et de la télévision. Mais
pourquoi est-ce qu’on attribue une telle importance à cette notion? La réponse est
toute simple: sans énergie, notre société ne pourrait pas fonctionner et même la vie
serait tout simplement impossible!

Chaque être vivant a besoin d’énergie. Pour les mammifères par exemple, les
aliments fournissent l’énergie nécessaire au maintien de la température corporelle
et au fonctionnement des organes et des muscles. Ainsi, même quand nous
dormons, nous avons besoin d’énergie.

Parallèlement au développement des sociétés, le besoin en énergie a augmenté.


Durant les derniers 200 ans, les hommes sont devenus de plus en plus énergivores,
la demande d’énergie ne cesse d’augmenter. Dans la vie quotidienne nous
dépensons en permanence de l’énergie que ce soit de façon directe ou de façon
indirecte. Nous nécessitons de l’énergie de façon directe par exemple pour le travail
avec l’ordinateur, le déplacement en auto ou en bus, la préparation des repas, le
chauffage de notre domicile ou encore pour éclairer les lieux. Le transport, la
conservation et l’emballage des produits que nous consommons sont des exemples
d’une dépense d’énergie de façon indirecte.

Mais qu’est ce qu’on entend exactement par le terme « énergie » et d’où provient-
elle ?

Le mot « énergie » peut être associé aux mots suivants : force, endurance,
dynamisme, pouvoir. Tous ces mots font allusion à une activité, un travail.

On peut ainsi retenir la définition suivante :

L’énergie est la capacité de produire un travail.

L’énergie stockée dans les muscles permet de soulever un haltère.

L’énergie stockée dans l’essence, libérée par combustion, permet


le déplacement d’une voiture (rotation des roues).
Les sources d’énergie sont diverses. Voici les sources principales:

- énergies chimiques fossiles et de biomasse


(photo: champ pétrolier aux Etats-Unis)

- énergie nucléaire
(photo: centrale nucléaire de Cattenom)

- énergie solaire
(photo: soleil)

- énergie de géothermie
(photo: geyser en Islande)

- énergie des marées


(photo: vagues)

- énergie hydraulique
(photo: barrage Glen Canyon en Arizona)

- énergie éolienne
(photo: éolienne à Remerschen)

On peut faire une distinction entre énergie renouvelable et énergie non-renouvelable.


Les énergies solaire et éolienne comptent parmi les énergies renouvelables : tant que
le soleil brille et que le vent souffle, ces énergies sont exploitables. Théoriquement ces
énergies sont disponibles à jamais.

L’énergie fossile est par contre une énergie non-renouvelable. Cette énergie n’est
disponible tant qu’il y a des réserves de carburants.
La situation est identique dans le cas de l’énergie nucléaire qui nécessite de l’uranium,
dont les stocks sont pourtant aussi limités.

De nos jours, l’énergie chimique fossile et l’énergie nucléaire sont encore les plus
utilisées mais aussi les plus controversées. C’est l’étude de ces deux formes d’énergie
qui est proposée dans le manuel ci-contre.
Partie 1 : L’énergie fossile

I Les carburants fossiles

1. Généralités 4
2. Composition des carburants fossiles 5
3. Utilisation des carburants fossiles 9

3.1 Le gaz naturel et le charbon 9


3.2 Le pétrole 9
Exercices 10

II Les réactions de combustion

1. La combustion 12
2. Combustion complète et incomplète 13
3. Les équations chimiques 15
Exercices 17

III Aspects énergétiques

1. Les réactions exothermiques 18


2. Origine de l’énergie thermique 19
3. Exemple de transformations d’énergie 20
4. L’énergie, une quantité mesurable 21
Exercices 22

POUR EN SAVOIR PLUS : Le moteur à essence 24


POUR EN SAVOIR PLUS : La centrale thermique à carburants fossiles 25

IV Le dioxyde de carbone

1. Propriétés du dioxyde de carbone 27


2. Le cycle du dioxyde de carbone 28
3. L’effet de serre 31
Exercices 32

4 Calcul du dioxyde de carbone émis 32


Exercices 37
Énergie fossile I. Les carburants fossiles
La source d’énergie la plus connue, la plus utilisée et la plus facilement exploitable est
sans doute celle issue des carburants fossiles. L’industrialisation, engendrée par la
découverte de ces carburants, a conduit à notre société moderne, une société qui se
caractérise par une consommation d’énergie de plus en plus élevée.

1. Généralités

Il existe 3 différents carburants fossiles : le charbon, le pétrole et le gaz naturel.

Le pétrole le charbon le gaz naturel

Il s’agit de composés « naturels » qui ne sont pas fabriqués artificiellement par


l’homme. Ils sont répartis en quantité inégale sur les différentes parties du globe et en
général, il suffit de les exploiter afin de pouvoir les utiliser. Leur principal emploi est
celui de la combustion pour produire de l’énergie.
Ils sont communément appelés « carburants ».

Pays détenant les plus grandes réserves de carburants fossiles


Pétrole Charbon Gaz naturel
(en millions de tonnes) (en millions de tonnes) (en 1015 m3)

36 300 Arabie-Saoudite 246 643 États-Unis 47 650 Russie

18 900 Iran 157 010 Russie 28 130 Iran

15 500 Iraq 114 500 Chine 25 360 Katar

14 000 Kuwait 92 445 Inde

Emirats Arabes Australie


13 000 Unis
78 500

11 500 Venezuela

10 900 Russie

5 500 Kazakhstan

5 400 Libye

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Énergie fossile
I. Les carburants fossiles

D’un point de vue chimique, le gaz naturel, le pétrole et le charbon sont très similaires.
Leur origine est identique : ils ont été formés à partir de la décomposition de végétaux
et d’animaux sous pressions et températures énormes, il y a des millions d’années.
C’est la raison pour laquelle on parle de carburants fossiles.

Les carburants fossiles sont des composés issus de la


décomposition de végétaux et d’animaux, il y a des millions
d’années. Leur principale utilisation est celle de la combustion
afin de produire de l’énergie.

2. Composition

Expérience 1:

Une petite quantité de pétrole est enflammée


dans une capsule.

Le pétrole brûle mais s’éteint après un certain


temps.

L’expérience 1 permet de montrer que le pétrole


est un mélange de différents composés. Les
composés facilement inflammables brûlent
jusqu’à épuisement. Le reste est constitué de
composés difficilement inflammables qui n’entrent
pas facilement en combustion.

Le charbon, le pétrole et le gaz naturel ne sont pas des corps


purs : ce sont des mélanges de différents composés
chimiques similaires.

Les expériences suivantes permettent de déterminer les éléments chimiques formant


ces composés chimiques.

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Énergie fossile
I. Les carburants fossiles

Expérience 2:

Du méthane (constituant principal du gaz naturel)


est enflammé à la sortie d’un brûleur Bunsen.
On place une capsule en porcelaine dans la
flamme.

Un dépôt noir se forme sur la surface de la


capsule.
Il s’agit de l’élément carbone.

Remarque : on observe le même dépôt de carbone sur la surface de la capsule de l’expérience 1.

Puisque le carbone ne peut pas provenir de l’air ambiant, il est issu du gaz. Le
méthane contient donc l’élément carbone.

Expérience 3:

Répétons l’expérience ci-dessus en maintenant


un verre à pied au dessus de la flamme.

De petites gouttelettes d’un liquide incolore se


déposent sur le verre.
Un bout de papier bleu de chlorure de cobalt
trempé dans le liquide vire au rose. C’est la
preuve qu’il s’agit d’eau.

Remarque : ces expériences peuvent être répétées pour tous les carburants fossiles dans des
conditions appropriées.

La molécule d’eau est formée à partir de l’élément oxygène et hydrogène (H2O).


Puisque l’oxygène provient de l’air ambiant, on ne peut pas tirer des conclusions quant
à la présence de l’élément oxygène dans le gaz.
Par contre, l’élément hydrogène ne peut pas provenir de l’air ambiant. On peut en
déduire que celui-ci est contenu dans le méthane.

On retrouve les éléments « carbone » et « hydrogène » dans les composés constituant


les carburants fossiles. Ces composés chimiques sont appelés « hydrocarbures ».

Les hydrocarbures sont formés à partir des éléments carbone (C)


et hydrogène (H). Les carburants fossiles sont des mélanges con-
tenant principalement des hydrocarbures.

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Énergie fossile
I. Les carburants fossiles

Il existe une multitude d’hydrocarbures. Les plus simples, à savoir les alcanes,
constituent la partie majoritaire des carburants fossiles.
Le nombre élevé d’hydrocarbures résulte de la caractéristique de l’atome de carbone
de pouvoir se lier à quatre atomes. L’atome d’hydrogène, en revanche, ne peut se lier
qu’à un seul atome.

La molécule d’hydrocarbure la plus simple est formée à partir d’un atome de carbone
(gris foncé) et de quatre atomes d’hydrogène (blanc): il s’agit du méthane :

chaque atome d’hydrogène


se lie à 1 atome de carbone

1 atome de carbone se lie à


4 atomes d’hydrogène
représentation 3D de la molécule CH4
(le 4ème atome H se trouve derrière l’atome C)

La composition d’un corps chimique est représentée à l’aide d’une formule chimique.

On applique les règles suivantes pour l’établissement de formules


chimiques:

- représenter l’atome par le symbole chimique


- indiquer par des indices le nombre d’atomes respectifs

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Énergie fossile
I. Les carburants fossiles

Pour les composés qui contiennent du carbone et de l’hydrogène, on met d’abord le


symbole pour l’atome de carbone, ensuite celui de l’hydrogène. Lorsque la molécule
contient encore d’autres éléments chimiques, les symboles suivent un ordre
alphabétique.

Il en résulte la formule chimique


suivante pour le méthane : CH4 4 atomes d’hydrogène

1 atome de carbone
(l’indice 1 n’est pas mis)

Les autres hydrocarbures s’édifient de la même manière. Voici la liste des 10


hydrocarbures les plus simples :

Nom Formule chimique Utilisation


méthane CH4 Gaz naturel
éthane C2H6 Gaz naturel
propane C3H8 Camping gaz
butane C4H10 Gaz de briquet
pentane C5H12 Industrie chimique
hexane C6H14 Solvant
heptane C7H16 Essence
octane C8H18 Essence
nonane C9H20 Mazout
décane C10H22 Mazout

Exemple :

L’heptane est un hydrocarbure contenu dans l’essence. Sa


formule chimique est C7H16. La molécule d’heptane est donc
formée à partir de 7 atomes de carbone et de 16 atomes
d’hydrogène.

Représentations 2D et 3D de la molécule :

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Énergie fossile
I. Les carburants fossiles

3. Utilisation

3.1 Le gaz naturel et le charbon

Le gaz naturel et le charbon sont des carburants fossiles susceptibles d’être utilisés
directement sans traitements supplémentaires majeurs.
Par exemple, le gaz naturel est utilisé pour chauffer les maisons.
Le charbon est essentiellement employé dans des centrales thermiques afin de
produire de l’énergie électrique.
Voir « réactions de combustion » et « centrale thermique »

3.2 Le pétrole

Comme le gaz naturel et le charbon, le pétrole est un mélange de différents composés,


à savoir les hydrocarbures.
Pour pouvoir exploiter les composants du pétrole, il faut procéder à la séparation du
mélange. Déjà en classe de cinquième, plusieurs méthodes de séparation ont été
étudiées. Une séparation est toujours basée sur les différentes propriétés des
composants du mélange. Dans le cas du pétrole, nous venons d’en découvrir une : la
température d’ébullition. (voir expérience 1)
Les composants du pétrole peuvent être séparés par distillation.

Le pétrole est chauffé jusqu’à 350-400°C dans un fo ur de distillation relié à une tour de
distillation.
Dans cette tour, les composants se répartissent selon leur température d’ébullition.
Ceux qui ont la température d’ébullition la plus basse (les plus volatils) montent au
sommet.
A chaque plateau, on récupère, en partant du haut en bas : les gaz, les essences, le
kérosène, les gazoles et les produits lourds.
Les produits de séparation qu’on obtient aux différents niveaux constituent toujours
des mélanges, appelés « fractions ». Le procédé de séparation est dénommé
« distillation fractionnée ».

Les différents constituants du pétrole peuvent être séparés à


l’aide de la distillation fractionnée.

gaz C1 à C4
essences C5 à C12
pétrole brut kérosène C12 à C20
distillation
fractionnée
gazoles >C20
produits lourds >C20
mélange fractions hydrocarbures contenus
(mélanges) dans fractions respectives

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Énergie fossile
I. Les carburants fossiles

gaz

tour de distillation <30°C

essence
30 - 150°C

kérosène
150 - 250°C

350- 400°C
gazole
250 - 350°C

pétrole brut

produits lourds → >350°C


distillation sous vide
four de distillation

Exercices

1. Formation des carburants fossiles

Faites une recherche à l’aide d’Internet au sujet de la formation des carburants


fossiles. N’oubliez pas d’indiquer vos sources ! Vous pouvez aussi consulter des livres
spécialisés.

2. Représentation d’hydrocarbures

Faites une représentation des 5 premiers hydrocarbures de la liste figurant à la page 8.

3. Formules chimiques

a. Trouvez la formule générale traduisant le nombre d’atomes de carbone et


d’hydrogène dans les molécules d’hydrocarbures (tableau).
b. Les phéromones sont des substances chimiques émises par des animaux
ou des végétaux qui agissent comme messagers, notamment au niveau de
l’attraction sexuelle.

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Énergie fossile
I. Les carburants fossiles

L’orchidée Ophrys sphegodes émet un mélange de phéromones pour attirer


les abeilles. Ce mélange contient entre autres les 3 hydrocarbures (alcanes)
suivants:
- tricosane (23 atomes de carbone)
- pentacosane (52 atomes d’hydrogène)
- heptacosane (27 atomes de carbone)

Trouvez les formules chimiques correspondantes.

4. Points d’ébullition des hydrocarbures

a. Recherchez à l’aide d’Internet ou dans des manuels spécialisés les points


d’ébullition des hydrocarbures étudiés. Commentez-les !

b. Trouvez une explication à l’évolution des points d’ébullition. Utilisez le modèle


particulaire (Teilchenmodell) des changements des états de la matière, vu en
classes de sixième et de cinquième.

5. Molécules de la chimie organique

L’atome de carbone peut lier 4 atomes pour former des molécules. Ainsi s’explique la
multitude de ces composés (on connaît des millions de composés différents).
Toutes ces molécules font partie de la chimie organique. Nous venons d’étudier le
groupe des hydrocarbures, formés exclusivement à partir des éléments carbone et
hydrogène.
Un grand nombre d’autres molécules organiques contiennent les éléments oxygène
(rouge), azote (bleu) et soufre (jaune) et peuvent même contenir des métaux comme le
sodium (noir).

a. Pour les molécules suivantes, établissez la formule chimique.


b. Recherchez le nom et l’utilisation du composé en question.
Pour lesquels s’agit-il d’hydrocarbures ?

6. Utilisation des fractions

Recherchez l’utilisation des différentes fractions issues de la distillation fractionnée du


pétrole.

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Énergie fossile II. Les réactions de combustion

L’usage principal du gaz naturel, du charbon et de la plupart des produits issus de la


distillation fractionnée du pétrole est la production d’énergie. Le moteur d’une voiture
fonctionne à l’essence ; le mazout ou le gaz servent à chauffer la maison ; le kérosène
fait marcher la turbine d’un avion et le charbon est utilisé pour produire de l’énergie
électrique.

Cette énergie est facilement accessible, il suffit tout simplement de brûler les
composés en question.

1. La combustion

Expérience 4:

Une bougie est allumée et placée sous une cloche en verre. La cire de
la bougie est composée de différents hydrocarbures.
A l’aide d’un tuyau en caoutchouc, on remplace l’air dans la cloche par
les gaz suivants: dioxyde de carbone, diazote, dioxygène.

1 2

La réaction de combustion se déroule uniquement dans le dioxygène (photo 1). Les


autres gaz conduisent à l’arrêt de la réaction de combustion (photo 2).

En général, une combustion est une réaction chimique entre un


combustible et le dioxygène.
Un combustible est un corps qui peut entrer en combustion
(ici : la cire).
Le dioxygène est le comburant, un corps qui entretient la combustion.

12
Énergie fossile
II. Les réactions de combustion

2. Combustion complète et incomplète

Expérience préliminaire:

On souffle à l’aide d’un tuyau en caoutchouc dans un


flacon laveur contenant de l’eau de chaux (Kalkwasser).

L’eau de chaux devient trouble.

L’eau de chaux permet de mettre en évidence le dioxyde de carbone. Celui-ci réagit


avec l’eau de chaux pour former un précipité blanc insoluble, le carbonate de calcium
(calcaire).
Cette méthode est utilisée chaque fois qu’on veut démontrer la présence de dioxyde de
carbone.

Expérience 5:

On réalise le montage ci-contre. Un entonnoir fixé à un


tube en verre est relié à un flacon laveur. Celui-ci est
relié à une pompe à vide qui aspire les gaz formés.

On tourne la virole du brûleur Bunsen afin d’ouvrir le


trou d’alimentation en dioxygène. On place le brûleur
sous l’entonnoir.

On observe des gouttelettes d’eau dans le tube en verre


et l’eau de chaux devient trouble.

L’expérience 5 permet de déterminer les composés produits lors de la réaction de


combustion complète d’un hydrocarbure. Des gouttelettes d’eau condensent dans le
tube en verre. L’eau de chaux permet de mettre en évidence le dioxyde de carbone.

Lors de la combustion complète d’un hydrocarbure, il y a


formation de dioxyde de carbone et d’eau. On observe une
flamme bleu pâle.

13
Énergie fossile
II. Les réactions de combustion

Expérience 6:

On utilise le même brûleur que dans l’expérience 6.


Le trou d’alimentation en dioxygène du brûleur est fermé
à l’aide de la virole. Il y a apparition d’une flamme brillante
de couleur jaune orange.
On place une capsule en porcelaine dans la flamme.

Comme on l’a observé dans l’expérience 2, un dépôt noir


de carbone se forme sur la surface de la capsule.

Lors de la combustion incomplète d’un hydrocarbure, il y a


formation de carbone et d’eau. Une flamme brillante de couleur
jaune orange apparaît qui est constituée de fines particules de
carbone incandescentes.

Selon la quantité de dioxygène disponible, on fait la différence entre une combustion


complète et une combustion incomplète.

Exemple du brûleur Bunsen :

trou d’alimentation fermé trou d’alimentation ouvert


moins de dioxygène plus de dioxygène
combustion incomplète combustion complète

14
Énergie fossile
II. Les réactions de combustion

3. Les équations chimiques

Les réactions chimiques sont représentées par des équations chimiques. Le texte
traduisant la réaction est remplacé par des symboles. Ceci permet de comprendre la
signification indépendamment des connaissances linguistiques.

Exemple-type :
établissement de l’équation chimique traduisant la combustion complète de l’heptane

1ère étape : compréhension du texte et connaissance des formules

Il faut identifier dans le texte les réactifs (corps chimiques qui entrent en réaction) et
les produits (corps qui sont produits lors de la réaction chimique).
Deuxièmement, il faut connaître les formules chimiques correspondantes.

2ème étape : remplacement des mots par des symboles

Texte:

L’heptane réagit avec le dioxygène pour former du dioxyde de carbone et de


l’eau.

On remplace chaque terme de l’équation par la formule chimique correspondante.


Les mots « réagit avec » et « pour former » sont remplacés respectivement par les
symboles « + » et une flèche.
On obtient ainsi l’équation chimique suivante :

Equation chimique : C7H16 + O2 → CO2 + H2O

3ème étape : équilibrer l’équation chimique

Lorsqu’on symbolise l’équation par les représentations des molécules, on identifie un


problème au niveau du nombre d’atomes. Différents atomes semblent disparaître
(atomes de carbone et d’hydrogène) tandis que d’autres semblent apparaître (atomes
d’oxygène).

De ce fait, la représentation de cette équation ne peut pas correspondre à la réalité,


puisque d’après la loi de Lavoisier, « rien ne se crée et rien ne se perd ».

15
Énergie fossile
II. Les réactions de combustion

Pour y remédier, il faudra décompter pour chaque élément les atomes du côté des
réactifs et des produits et ajuster le nombre de molécules ; on dit qu’il faut équilibrer
l’équation.

La molécule d’heptane est formée à partir de sept atomes de carbone. Or, la molécule
de dioxyde de carbone ne contient qu’un seul atome de carbone.
On augmente le nombre de molécules de dioxyde de carbone à 7. Lors de la réaction,
il y a production de sept molécules de dioxyde de carbone.
On met le nombre 7 devant la formule du dioxyde de carbone. Ce nombre est appelé
coefficient stœchiométrique.

C7H16 + O2 → 7 CO2 + H2O

Pour les autres éléments on procède de la même manière.

Le nombre de molécules d’eau est ajusté à 8 unités pour tenir compte des 16 atomes
d’hydrogène dans la molécule d’heptane.

Lors de la réaction, il y a formation de 8 molécules d’eau.

C7H16 + O2 → 7 CO2 + 8 H2O

Finalement on ajuste le nombre d’atomes d’oxygène. Du côté des produits on


décompte 22 atomes. Le nombre de molécules de dioxygène est augmenté à 11.

Equation équilibrée :

C7H16 + 11 O2 → 7 CO2 + 8 H2O

Représentation:

Il en résulte l’équation chimique équilibrée qui traduit la combustion complète de


l’heptane. Une molécule d’heptane réagit avec 11 molécules de dioxygène pour former
7 molécules de dioxyde de carbone et 8 molécules d’eau.

Il est possible d’indiquer l’état de la matière du corps chimique en question par les
indices (s,l,g):

Exemple: H2O (g) eau sous forme gazeuse (vapeur d’eau)


H2O (l) eau liquide
H2O (s) eau solide (glace)

C7H16 (l) + 11 O2 (g) → 7 CO2 (g) + 8 H2O (g)

16
Énergie fossile
II. Les réactions de combustion

Exercices
7. Équations chimiques

a. Établissez les équations équilibrées des réactions chimiques suivantes :

- la combustion incomplète et complète du propane

- la combustion incomplète du C14H30

b. Équilibrez les équations suivantes :

a. H2(g) + CO(g) → CH4O(g)

b. H2S(g) + O2(g) → SO2(g) + H2O(g)

c. C6H12O6(s) + O2(g) → CO2(g) + H2O(g)

d. C3H5N3O9(l) → CO2(g) + H2O(g) + N2(g) + O2(g)

e. NH3(g) + O2(g) + CH4(g) → HCN(g) + H2O(g)

8. Formation de la pluie acide

L’essence contient des composés soufrés dont la combustion conduit à


la formation de la pluie acide. Pour y remédier, on essaie de réduire la
quantité de soufre dans l’essence. Ainsi on trouve souvent sur la
pompe d’une station d’essence l’inscription « essence pauvre en
soufre ».
Voici les différentes réactions chimiques responsables de la formation
de la pluie acide à partir de la combustion des composés soufrés :

• Le liquide éthanthiol C2H6S entre en combustion et il y a formation du gaz


dioxyde de soufre (SO2), de l’eau et de dioxyde de carbone.

• Le gaz dioxyde de soufre ainsi libéré dans l’atmosphère, réagit avec l’eau (de
pluie) et du dioxygène en formant de l’acide sulfurique (H2SO4).

• La pluie acide ainsi formée réagit avec le calcaire (CaCO3 ;


carbonate de calcium), matériau de construction de nombreux
bâtiments et monuments. Ces derniers sont détruits par la
réaction suivante :
L’acide sulfurique réagit avec le carbonate de calcium pour
former le solide sulfate de calcium (CaSO4), de l’eau et du
dioxyde de carbone.

Établissez les équations équilibrées pour les 3 étapes. Indiquez l’état de la matière des
différents corps chimiques.

17
Énergie fossile III. Aspects énergétiques
1. Réactions exo– et endothermiques

Les réactions de combustion sont accompagnées d’une libération de chaleur


(= énergie thermique).
On dit qu’il s’agit de réactions « exothermiques » (du grec : exo « hors de » ;
thermo « chaleur »).

Une réaction chimique qui libère de la chaleur est une réaction


exothermique.
Les combustions sont des réactions exothermiques.

Pour indiquer qu’il s’agit d’une réaction exothermique, on note derrière l’équation
chimique le symbole –Q (libération d’une quantité d’énergie).

Exemple :
Combustion complète du propane.

C3H8 + 5 O2 → 3 CO2 + 4 H2O │- Q

Par analogie, il existe des réactions chimiques qui n’ont lieu qu’avec un apport continu
en énergie. Il s’agit de réactions « endothermiques » (du grec : endo « en dedans » ;
thermo « chaleur »). Dans ce cas, on utilise le symbole +Q (gain d’une quantité
d’énergie).

Une réaction chimique qui nécessite de l’énergie est une


réaction endothermique.

Exemple :
La photosynthèse se déroule uniquement avec un apport
continue en énergie solaire.

6 CO2 + 6 H2O → C6H12O6 + 6 O2 │+ Q

18
Énergie fossile
III. Aspects énergétiques

2. Origine de l’énergie thermique

Pour bien comprendre le concept de l’énergie, il faut savoir que celle-ci n’est pas
« produite » au sens strict du terme.
L’énergie thermique libérée lors d’une combustion provient de l’énergie chimique
stockée dans les corps réagissants (réactifs). Par transformation des réactifs en
produits, une partie de l’énergie chimique est transformée en énergie thermique et
libérée vers l’extérieur.

produits
réactifs /
énergie chimique

énergie thermique

L’énergie chimique U est l’énergie stockée dans les corps chimiques.

Énergie
chimique U
La quantité d’énergie thermique libérée Q est
égale à la différence de l’énergie chimique des
produits Ufinale et des réactifs Uinitiale :
Uinitiale réactifs

∆U
∆U = Ufinale – Uinitiale
∆U = Q
Ufinale produits

Les réactifs sont riches en énergie. Lors de la combustion, les réactifs se


transforment en produits pauvres en énergie.

Remarque: réaction exothermique: ∆U < 0


réaction endothermique: ∆U > 0

19
Énergie fossile
III. Aspects énergétiques

Il en résulte la Loi de la conservation de l’énergie:

L’énergie ne peut ni être produite ni être détruite, elle peut seulement


être transformée.

3. Exemple de transformations d’énergie

Le schéma ci-dessous indique la transformation de l’énergie solaire en énergie


électrique par différentes étapes.

énergie énergie
solaire chimique

énergie
thermique

énergie énergie
électrique mécanique

Par photosynthèse, l’énergie solaire est stockée sous forme d’énergie chimique dans
les végétaux. Cette énergie chimique peut être transformée en énergie thermique par
combustion. L’énergie thermique ainsi libérée peut être utilisée pour chauffer de l’eau.
La vapeur d’eau produite fait alors tourner une turbine (énergie mécanique).
Finalement le mouvement de rotation génère du courant électrique (énergie
électrique).

Malheureusement les transformations d’énergie s’accompagnent toujours de pertes


plus ou moins importantes.
Par exemple, l’énergie thermique libérée lors de la combustion ne peut pas être
transformée à 100% en énergie mécanique. Une partie de la chaleur est perdue
(échauffement de l’air ambiant, frottements…).

20
Énergie fossile
III. Aspects énergétiques

On appelle rendement énergétique, le pourcentage d’énergie


utilisable à partir d’une certaine quantité d’énergie mise à disposition.

Exemple :

Le rendement d’un moteur à


combustion est de 25%. Ceci
signifie que 75% de l’énergie mise
à disposition sous forme d’énergie
chimique stockée dans l’essence
est perdue et n’est pas
transformée en énergie
mécanique (cinétique).

4. L’énergie, une quantité mesurable

L’unité du système international pour mesurer l’énergie est le Joule (J).


L’énergie électrique est exprimée plutôt en kilowattheure (kWh).

1 kWh = 3 600 000 J


= 3 600 kJ (kilojoule)
= 3,6 MJ (Mégajoule)

Ordres de grandeur : 1J: 1 à 2 battements du cœur humain


1 kJ : combustion d’une allumette
300 MJ : trajet en voiture de Luxembourg à Clervaux

Le système international des unités S.I.


regroupe les 7 unités de base à partir des-
quelles toutes les autres unités peuvent être
déduites:

- mètre (m)
- kilogramme (kg)
- seconde (s)
- Ampère (A) La calorie (cal) est une unité d’énergie qui
- Kelvin (K) ne fait pas partie du système international.
- mole (mol) La calorie est essentiellement utilisée en
- candela (cd) diététique (kcal).

Exemple: 1 J = 1 kg m2 s-2 1 kcal = 1000 cal


1 cal = 4,18 J

21
Énergie fossile
III. Aspects énergétiques

Exercices

10. La respiration humaine

Voici l’équation de la respiration humaine :

C6H12O2 + 6 O2 → 6 CO2 + 6 H2O

a. Cherchez au moins un argument qui permet de déterminer s’il s’agit d’une réaction
exo- ou endothermique.

b. Dessinez un diagramme énergétique indiquant les réactifs et les produits.

11. Le dihydrogène

Le dihydrogène (H2) est un gaz incolore et inflammable. Ce gaz peut


être produit à l’aide de l’électrolyse de l’eau. En gagnant de l’énergie
électrique, l’eau se dissocie et forme du dihydrogène et du dioxy-
gène.

a. Etablissez l’équation équilibrée. Déterminez s’il s’agit d’une réac-


tion exo- ou endothermique.

Le dihydrogène ainsi produit peut entrer en combustion. Il réagit


avec le dioxygène pour former de l’eau.

b. Etablissez l’équation équilibrée. Déterminez s’il s’agit d’une réaction exo- ou


endothermique.

c. Dessinez un schéma en indiquant le(s) corps riche(s) et pauvre(s) en énergie lors de


l’électrolyse de l’eau. Nommez le(s) réactif(s) et le(s) produit(s).

d. On consomme 10 kJ d’énergie électrique pour produire une certaine quantité de


dihydrogène à l’aide de l’électrolyse. Quelle est l’énergie libérée théoriquement par la
combustion de cette quantité de dihydrogène ?

e. L’utilisation du dihydrogène comme alternative aux carburants fossiles est


envisageable. En effet, la réaction de combustion du dihydrogène libère de l’énergie en
ne produisant aucun gaz nocif. Néanmoins, il existe un désavantage au niveau du
rendement énergétique. Expliquez!

12. Combustion du charbon

Calculez la quantité d’énergie libérée lors de la combustion de 2,3 kg de charbon.


Donnez le résultat en kWh.

22
Énergie fossile
III. Aspects énergétiques

13. Consommation d’énergie électrique

Sachant qu’un ménage à deux personnes consomme une quantité d’environ 2500
kWh d’énergie électrique par année, calculez l’équivalent de bois qu’il faudrait brûler
pour libérer cette énergie.

14. Trajet Luxembourg-Strasbourg

Calculez l’énergie (en J et kWh) qui est libérée par l’essence lorsque vous faites le
trajet Luxembourg-Strasbourg en voiture.

- consommation moyenne d’essence : 7L/100km ;


- distance parcourue : 220 km
- masse volumique (essence) : 0,79 g/mL

15. Production d’hydrocarbures

Il est possible de produire artificiellement des hydrocarbures. Expliquez pourquoi une


telle production ne présente guère d’avantages.

16. Charbon et bois

Comme le bois, le charbon a stocké de l’énergie solaire. Or la quantité d’énergie


libérée par le charbon vaut le double de celle du bois. Trouvez une explication !

17. Transformateurs d’énergie

Indiquez pour les transformateurs d’énergie dans le tableau ci-dessous, les formes
d’énergie transformées. Trouvez sous quelles formes l’énergie est perdue.

Tableaux indicatifs:

Transformateurs Rendement Combustible Quantité d’énergie


d’énergie énergétique (%) MJ/kg

Générateur électrique 99 Méthane 50


Moteur électrique 90 Propane 90
Pile 90 Essence 90
Batterie voiture 70 Mazout 70
Moteur Diesel 40 Charbon 40
Centrale thermique 40 Bois sec 40
Moteur à essence 25
Locomotive à vapeur 10
Lampe à incandescence 5

23
POUR EN SAVOIR PLUS

Le moteur à essence

Le moteur à essence permet entre autres de faire avancer les voitures. Il fait partie,
comme le moteur Diesel, des moteurs à combustion.

Dans le cylindre, un mélange essence-air est aspiré et comprimé par le piston. Après
la compression, une étincelle produite par la bougie conduit à l’explosion du mélange.
L’énergie libérée pousse le piston rapidement vers le bas. De cette façon, l’énergie
thermique est transformée en énergie mécanique faisant tourner le vilebrequin qui
entraîne la rotation des roues de la voiture.
Le piston monte à nouveau pour faire sortir les gaz d’échappement. Puis, le cycle
recommence.
Le fonctionnement se base sur un cycle à 4 étapes :

admission, compression, combustion, échappement

C’est ainsi que le moteur à essence est un moteur à 4 temps.

2
1 5

3 4

7
8
9

1er temps: 2ème temps: 3ème temps: 4ème temps:


admission compression combustion échappement

1: soupape d’admission 2: soupape d’échappement 3: conduit d’admission


4: conduit d’échappement 5: bougie 6: piston
7: cylindre 8: bielle 9: vilebrequin

Exercice :

Cherchez des informations concernant le fonctionnement du moteur Diesel. Faites


un schéma annoté. Quelle est la différence fondamentale par rapport au moteur à
essence ?

24
POUR EN SAVOIR PLUS

La centrale thermique à carburants fossiles

Des centrales thermiques à carburants fossiles sont


utilisées pour transformer de l’énergie thermique en
énergie électrique. On connaît des centrales thermiques
fonctionnant au charbon, au gaz ou au pétrole.

Voici le schéma d’une centrale :

Le carburant est conduit (1) dans un réacteur (2) dans lequel il entre en combustion.
L’énergie thermique libérée est utilisée pour chauffer de l’eau dans un circuit primaire
(3). La vapeur d’eau ainsi formée entraîne la rotation d’une turbine (4) liée à un
générateur électrique (5). Celui-ci génère de l’électricité.
Un circuit secondaire de refroidissement (7) est souvent alimenté par un fleuve (8).
Cette eau permet de refroidir la vapeur d’eau du circuit primaire dans un condensateur
(9). L’eau ainsi formée est de nouveau conduit dans le réacteur pour être chauffée.
L’eau du circuit secondaire, chauffée par la condensation de la vapeur d’eau du circuit
primaire, est à nouveau refroidie dans la tour de refroidissement (6).

De l’autre côté, les gaz produits lors de la combustion sont transportés dans une
installation (10) de filtration. Ici on élimine les produits nocifs, tels que les oxydes de
soufre, les oxydes d’azote et les particules de suie. Le reste des gaz d’échappement,
notamment le dioxyde de carbone, est dégagé par une cheminée (11) dans
l’atmosphère.

Une centrale thermique « produit » en moyenne 1500 MWh par jour.

25
Énergie fossile IV. Le dioxyde de carbone

Le dioxyde de carbone joue un rôle fondamental dans l’atmosphère. Il participe par


exemple à la photosynthèse des plantes et stabilise la température moyenne de notre
planète. La teneur du dioxyde de carbone dans l’atmosphère varie entre 0,035 et
0,040 %.

1. Propriétés du dioxyde de carbone

Propriétés physiques:

• gaz inodore, incolore à saveur piquante


• masse volumique: ρ(CO2) = 1,98 g/L (à 0°C et 1013 hPa),
le CO2 est plus dense que l’air (ρ(air) = 1,29 g/L)
• solubilité: 88 mL dans 100 mL eau à 20°C
• non liquéfiable à pression atmosphérique, le gaz resublime à –78°C et
forme le solide (neige carbonique)

Propriétés chimiques:

• ininflammable
• n’entretient pas la combustion
• asphyxiant mais non toxique

neige carbonique (all.: Trockeneis)

extincteur CO2

les boissons pétillantes contiennent du CO2

26
Énergie fossile
IV. Le dioxyde de carbone

2. Le cycle du dioxyde de carbone

Sans l’influence anthropogène (de l’homme), la teneur en dioxyde de carbone reste


plus ou moins constante dans l’atmosphère.
Néanmoins, le gaz est régulièrement échangé : il s’agit d’un équilibre dynamique et
non statique.

combustion

déforestation
dégazage dissolution
volcanisme photosynthèse
respiration photosynthèse
respiration
n

sédiments
itio
os
mp
co

sédimentation

carburants fossiles

Normalement le cycle du dioxyde de carbone est en équilibre dynamique. Aux


processus produisant du CO2, succèdent des processus consumant du CO2.

Processus produisant du CO2 :

• la respiration des êtres vivants sur le continent et dans les océans.

• Les éruptions volcaniques libèrent du dioxyde de carbone stocké dans les


sédiments (minéraux).

• L’eau des océans contient du CO2 dissous. Dans les régions plus chaudes des
océans, une partie du dioxyde de carbone est libérée dans l’atmosphère; on parle
du dégazage des océans.

27
Énergie fossile
IV. Le dioxyde de carbone

Processus consumant du CO2 :

• la photosynthèse des végétaux sur le continent et dans les océans.

• la dissolution du CO2 dans les mers :

Dans les régions plus froides des océans, une partie du dioxyde de carbone de
l’atmosphère est dissoute dans les eaux.

• la sédimentation :

Une partie du dioxyde de carbone est fixée dans des minéraux (p.ex. : CaCO3),
qui se déposent au fond des océans et dans l’écorce terrestre. Les éruptions
volcaniques rejettent de nouveau le dioxyde de carbone stocké dans les
minéraux.

Influence de l’homme

Depuis des centaines d’années, l’homme a fortement


contribué à une augmentation du dioxyde de carbone dans
l’atmosphère par la combustion des carburants fossiles et par
une déforestation excessive.
L’équilibre est rompu de deux façons: la combustion
augmente directement la quantité de dioxyde de carbone et,
d’une façon indirecte, la disparition des forêts réduit la quanti-
té de CO2 qui peut être fixée par photosynthèse.

Il faut des millions d’années pour former


des carburants fossiles à partir de la dé-
composition d’organismes, alors que les
hommes brûlent les carburants à
l’échelle de quelques siècles: l’équilibre
est forcément rompu !

A priori, l’augmentation du dioxyde de car-


bone dans l’atmosphère ne présente pas de danger immédiat ; il
s’agit d’un gaz non toxique. Mais de façon indirecte, le CO2 contri-
bue à l’augmentation de la température moyenne de la planète par effet de serre et
peut ainsi être à l’origine de changements climatiques dramatiques.

28
POUR EN SAVOIR PLUS

Équilibre statique et dynamique

Le récipient 1 contient une certaine quantité d’eau qui reste constante. On dit que la
quantité d’eau est en équilibre statique.

Le récipient 2 contient la même quantité d’eau qui est en équilibre lorsque la quantité
d’eau ajoutée est identique à la quantité d’eau sortant du récipient. Il s’agit d’un
équilibre dynamique.

récipient 1: récipient 2:
équilibre statique équilibre dynamique

CCS

CCS (Carbon capture and storage) est une nouvelle technologie qui a pour but de
capter et d’enfermer le dioxyde de carbone issu de centrales thermiques à carburants
fossiles dans des cavernes souterraines. Surtout les anciens gisements de gaz naturel
et de pétrole s’avèrent idéales pour séquestrer le CO2. Or à l’heure actuelle, cette
technologie n’est guère au point et il faudra encore attendre des années pour savoir s’il
s’agit d’une option réalisable et rentable. Il y a surtout des doutes au niveau de la
sécurité: un dégagement spontané d’une grande quantité de dioxyde de carbone à
partir d’un site de stockage peut représenter un danger mortel pour la population
locale.

29
Énergie fossile
IV. Le dioxyde de carbone

3. L’effet de serre

L’effet de serre est un phénomène tout à fait naturel et indispensable. Il maintient la


température moyenne de la planète à 15°C au lieu de -18°C. L’évolution de la vie, telle
que nous la connaissons, n’aurait pas été possible à une température moyenne
tellement basse.

Une partie des radiations solaires envoyées sur la Terre est réfléchie par les nuages.
Les rayons restants sont absorbés par l’atmosphère et par le sol. Le sol est ainsi
chauffé et émet à son tour des rayons infrarouges. Les molécules d’eau et les
molécules de dioxyde de carbone dans l’atmosphère retiennent une partie des rayons
infrarouges émis : l’atmosphère est chauffée.
La vapeur d’eau et le dioxyde de carbone sont des gaz à effet de serre.

C’est ainsi qu’une élévation de la quantité de dioxyde de carbone dans l’atmosphère


entraîne une augmentation des rayons infrarouges retenus.
Les scientifiques craignent qu’une telle intensification de l’effet de serre puisse
provoquer une hausse sensible de la température moyenne avec des conséquences
sérieuses pour le climat mondial.

30
Énergie fossile
IV. Le dioxyde de carbone

Exercices

19. Solubilité des gaz dans l’eau

Quel facteur influence le dégazage et la dissolution du CO2 dans les mers? Formulez
la règle générale sur la solubilité des gaz dans l’eau en fonction de ce facteur.

20. Plusieurs gaz à effet de serre

Le dioxyde de carbone n’est pas le seul gaz à effet de serre. Cherchez le nom et la
formule chimique des autres gaz. Lors de quels processus, ces gaz sont-ils libérés
dans l’atmosphère?

21. Conséquences de l’effet de serre

Cherchez des conséquences possibles résultant d’une intensification de l’effet de


serre.

22. Consommation d’énergie

Expliquez pourquoi une diminution de la consommation d’énergie peut contribuer à


une réduction de l’effet de serre.

23. Solutions au problème

Essayez de trouver des moyens pour enlever le CO2 de l’atmosphère. Analysez la


réalisabilité de vos idées.

24. Solutions au problème II

Essayez de trouver des moyens pour refroidir l’atmosphère. Analysez la réalisabilité de


vos idées.

25. Le biodiesel

Le biodiesel représente une alternative aux carburants fossiles. Expliquez pourquoi il


est préférable d’utiliser du biodiesel au lieu des carburants fossiles, bien que sa
combustion libère aussi du dioxyde de carbone.
Quel est le problème majeur de l’utilisation du biodiesel ?

31
Énergie fossile
IV. Le dioxyde de carbone

4. Calcul stœchiométrique

Lors de l’étude du cycle du dioxyde de carbone, on s’est rendu compte qu’à l’heure
actuelle, la quantité de CO2 libérée dans l’atmosphère est supérieure à la quantité de
CO2 consommée.

Pour pouvoir tirer une telle conclusion, il faut évidemment pouvoir calculer la quantité
de CO2 échangée au cours des différents processus.

L’étude du calcul de quantités à l’aide d’équations chimiques fera l’objet du paragraphe


suivant.
En chimie on parle du calcul stœchiométrique.

En chimie, le calcul stoechiométrique (du grec: stoicheion « élément » et


metrein « mesure ») permet de calculer la quantité des réactifs consommés
ou de produits formés lors d’une réaction chimique.

Exemple-type:
Calcul de la quantité de CO2 émis lors de la combustion complète d’un kilogramme
d’heptane.

D’après ce que nous avons vu jusqu’à présent, il est facile d’établir l’équation
équilibrée de la combustion complète de l’heptane :

C7H16 + 11 O2 → 7 CO2 + 8 H2O

L’équation chimique nous indique le nombre de molécules de dioxyde de carbone


formées à partir d’une molécule d’heptane. Par contre, on ne trouve pas d’indication
par rapport à une masse.

Il faudra donc trouver un lien entre le nombre de molécules et la masse.

Il est évident qu’un atome (ou une molécule) a une masse. Or, cette masse est
tellement petite qu’il est impossible de la déterminer par pesée directe. Pour obtenir
une masse « pesable », il faut réunir un nombre extrêmement grand d’atomes ou de
molécules.
En pratique, on utilise le nombre de 6 1023 (six cent milliards de billions). A cette
quantité, on attribue le nom de « mole ». Comme une douzaine correspond à 12
entités, une mole correspond à 6 1023 entités.

La mole (unité mol) est une unité de compte.


1 mol = 6 1023 entités

32
Énergie fossile
IV. Le dioxyde de carbone

Tableau périodique des éléments:

Ce nombre n’est pas choisi arbitrairement mais de façon à ce qu’une mole d’atomes ait
une masse correspondant à la masse atomique exprimée en grammes. Cette masse
peut facilement être lue dans le tableau périodique des éléments. (TPE)

Exemples :

Nombre de moles Nombre d’entités Masse


1 mol Mg 6 1023 atomes 24,3 g
1 mol S 6 1023 atomes 32,1 g
1 mol Fe 6 1023 atomes 55,8 g
1 mol Cu 6 1023 atomes 63,5 g

33
Énergie fossile
IV. Le dioxyde de carbone

La masse d’une mole est appelée masse molaire.


Elle est exprimée en unité g/mol et on utilise le symbole M.

Elément chimique Masse molaire


magnésium M(Mg) = 24,3 g/mol
soufre M(S) = 32,1 g/mol
fer M(Fe) = 55,8 g/mol
cuivre M(Cu) = 63,5 g/mol

La masse molaire peut être facilement calculée pour n’importe quel corps chimique si
on connaît sa formule. Il ne faut qu’additionner les masses des atomes formant le
corps en question.

Exemples :

- M(H2O) = 2 M(H) + M(O)


= 2 1 + 16
= 18 g/mol

- M(CO2) = M(C) + 2 M(O)


= 12 + 2 16
= 44 g/mol

- M(C6H12O6) = 6 M(C) + 12 M(H) + 6 M(O)


= 6 12 + 12 1 + 6 16
= 180 g/mol

- M (C2H6O) = 2 M(C) + 6 M(H) + M(O)


= 2 12 + 6 1 + 16
= 46 g/mol

34
Énergie fossile
IV. Le dioxyde de carbone

Formule reliant masse, nombre de moles et masse molaire :

Connaissant la masse molaire d’un composé, on peut établir une relation entre le
nombre de moles et la masse.

M(H2O) = 18 g/mol

Masse d’une mole d’eau : m = 1 18 (= 18 g)


Masse de deux moles d’eau : m = 2 18 (= 36 g)
Masse de trois moles d’eau : m = 3 18 (= 54 g)

On en déduit la formule générale : m= n M

avec:
m = masse (g)
M = masse molaire (g/mol)
n = nombre de moles (mol)

Le nombre de moles est appelé quantité de matière. L’unité utilisée


est « mol » et le symbole est « n ».

Exemples :

- Calcul de la masse de 3 mol de soufre.

n(S) = 3 mol
m(S) = n(H2O) M(H2O)
m(S) = 3 mol 32,1 g/mol m =n M
m(S) = 96,3 g

- Calcul de la quantité de matière de 8 g de dioxyde de carbone.

m(CO2) = 8 g
n(CO2) = m(CO2) / M(CO2)
n(CO2) = 8 g / 44 g/mol n=m/M
n(CO2) = 0,18 mol

De cette façon on a trouvé le lien entre le nombre de


molécules, c.à.d. entre la quantité de matière (nombre de
moles) et la masse!

35
Énergie fossile
IV. Le dioxyde de carbone

Exemple-type

Calcul de la quantité de CO2 émis lors de la combustion complète d’un kilogramme


d’heptane

1ère étape : établir l’équation équilibrée

C7H16 + 11 O2 → 7 CO2 + 8 H2O

2ème étape : lire l’équation en termes de moles

1 mol C7H16 + 11 mol O2 → 7 mol CO2 + 8 mol H2O

3ème étape : trouver l’information souhaitée

La combustion d’1 mole d’heptane conduit à la formation de 7 moles de dioxyde de


carbone.

4ème étape : transformer la donnée exprimée en masse en quantité de matière

5ème étape : trouver la quantité de matière du corps cherché

1 mol C7H16 7 mol CO2


10 mol C7H16 70 mol CO2

6ème étape : transformer la quantité de matière en masse

m(CO2) = n(CO2) M(CO2)


<=> m(CO2) = 70 mol 44 g/mol
<=> m(CO2) = 3080 g

Donc la combustion d’un kilogramme d’heptane produit 3,08 kg de CO2.

36
Énergie fossile
IV. Le dioxyde de carbone

Schéma récapitulatif:

Exercices

26. Calcul de la masse de dioxyde de carbone

Calculez la masse de dioxyde de carbone produite lors de la combustion complète de


1,5 L d’octane. (ρoctane=0,7 g/mL)

27. Calcul de la masse de dioxygène

Calculez la masse de dioxygène consommée lors de la combustion incomplète de 45 g


de propane.

28. Calcul de la masse de dioxyde de soufre

Une essence (on suppose qu’elle soit formée exclusivement d’heptane) contient 2% en
masse de soufre. Calculez la masse de dioxyde de soufre formée par la combustion
de 50 L d’essence. (ρheptane=0,7 g/mL)

37
Énergie nucléaire
OBJECTIFS

Après l’étude de ce chapitre, il faut être en mesure de:

• citer les différentes sources d’énergies exploitables


• connaître l’origine des carburants fossiles
• connaître la composition des carburants fossiles
• savoir réaliser et décrire des expériences susceptibles de mettre en évidence les
éléments contenus dans les hydrocarbures
• donner la définition des hydrocarbures
• représenter les molécules de corps chimiques en connaissant la formule
chimique
• donner la formule chimique d’un corps chimique en connaissant la représentation
• savoir les noms et les formules chimiques des 10 hydrocarbures les plus simples
• expliquer le principe de la distillation fractionnée (+ schéma)
• donner la définition d’une combustion en général
• connaître la différence entre combustion complète et incomplète
• savoir réaliser et décrire des expériences susceptibles de mettre en évidence les
corps chimiques intervenant dans les combustions
• savoir établir les équations de combustion
• savoir établir des équations chimiques à partir d’un texte
• savoir équilibrer des équations chimiques
• donner les définitions de réactions exo– et endothermique
• dresser un diagramme énergétique d’une réaction chimique
• donner la définition du rendement énergétique
• d’énoncer la loi de la conservation de l’énergie
• donner des exemples de transformations d’énergie
• donner l’unité de mesure de l’énergie (J et kWh)
• citer les propriétés du dioxyde de carbone
• expliquer le cycle du dioxyde de carbone
• expliquer l’effet de serre
• réaliser des calculs stœchiométriques simples
• définir « mole »
• définir « masse molaire »

38