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MASTER DROIT DES ASSURANCES

Présentation d’un exposé sous le thème :

La Distribution des Assurances de


Personnes

Demandé par : Réalisés par :

M. HATIMY Farid ASRI Issam


DAKI Zakaria Amine

Année Universitaire : 2016-2017


Liste des abréviations
ACAPS : Autorité de contrôle des assurances et de prévoyance sociale

AL : Alinéa

Art : article

AW Bank : Attijariwafa Bank

AWB : Attijariwafa bank

Barid A.M: Barid Al Maghrib

BO: bulletin official

BMCE Bank: Banque Marocaine du Commerce Extérieur

BMCI : Banque Marocaine pour le Commerce et l’Industrie

BP : Banque Populaire

CAM : Crédit Agricole du Maroc

CIH : Crédit Immobilier et Hôtelier

CDM : Crédit du Maroc

CPM : Crédit Populaire du Maroc

CNIA-ASSURANCE : Compagnie Marocaine d’assurance filiale du groupe Saham couvrant


l’ensemble des risques des particuliers et des entreprises

Comm : Commission

DH : Dirham

DAPS : Direction des Assurances et de la Prévoyance Sociale

E-commerce : commerce électronique

EDI : Echange de données informatisées

FMSAR : fédération Marocaine des sociétés d’assurance et de réassurance

FNACAM : La fédération nationale des agents et courtiers d’assurance au Maroc

MDH : Million de dirhams

MAR. Vie : La Marocaine vie

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MCMA : Mutuelle Centrale Marocaine d’assurances

OCA : Organe de Contrôle des Assurances (en Belgique)

OPCVM : Organisme de Placement Collectif des Valeurs Mobilière

P. Émise : primes émises

PME : petite et moyenne entreprise

RC : Responsabilité civile

RMA-WAT : Royale Marocaine d’assurances Alwatanya

SGMB : Société Générale Marocaine de Banque

TTC : Toute taxe comprise

WAFA : WAFA-assurance

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Sommaire
Introduction............................................................................................................................................. 5
PREMIERE PARTIE: LE CADRE JURIDIQUE DE LA DISTRIBUTION DES PRODUITS D‘ASSURANCES ........... 7
Chapitre 1 : Les différentes formes de présentation .............................................................................. 8
Section I : Les intermédiaires d’assurances......................................................................................... 8
Sous section 1 : Définition et concepts ............................................................................................... 9
Sous section 2 : Conditions d’accès à la profession d’intermédiaire d’assurance ........................... 13
Section II : Les banques, Barid al Maghreb, Les associations de Micro crédit et les sociétés de
financement ...................................................................................................................................... 21
Sous-section 1 : Cadre légal de présentation .................................................................................... 21
Sous-section 2 : L’étendue de la présentation .................................................................................. 23
Chapitre 2 : Les obligations Réglementaires Des Distributeurs Des Assurances .................................. 25
Section I : Les Obligations des intermédiaires d’assurances ............................................................. 25
Section II : Les obligations des Banques, Barid al Maghrib, les Associations de Micro crédit et les
sociétés de financement ................................................................................................................... 30
Section III : contrôle et suivi de l’activité de la distribution ............................................................. 30
Sous section 1 : le contrôle ............................................................................................................... 31
Sous section 2 : Les sanctions aux infractions relevées .................................................................... 33
DEUXIEME PARTIE: LA DISTRIBUTION DES OPERATIONS D’ASSURANCES : TENDANCES ET DEFIS ....... 36
Chapitre 1 : Statistiques et chiffres clés de la distribution des assurances personnes……………………….36

Section I : Primes émises dans les assurances personnes au niveau du secteur Marocain .............. 37
Section II : Commentaires ................................................................................................................. 39
Chapitre 2 : Eclatement du réseau de distribution ............................................................................... 39
Section I : Tendances actuelles ......................................................................................................... 39
Sous-section 1 : Ouvertures du marché et introduction de nouveaux produits d’assurances ......... 39
Sous-section 2 : Nouvelles formes de distribution............................................................................ 41
Section II : Défis ................................................................................................................................. 45
Conclusion ............................................................................................................................................. 48
Bibliographie ......................................................................................................................................... 49

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Introduction
La naissance du réseau de distribution des produits d’assurances en général, qui a précédé
celle des compagnies d’assurances, date du protectorat. Dés le 19 ème siècle, afin de
répondre aux besoins de couverture des commerçants et armateurs Marocains ou étrangers,
les compagnies étrangères s’établissent au Maroc via leurs agents généraux.

La première réglementation de la profession d’intermédiaire est intervenue avec l’arrêté du


10 novembre 1950 qui se limite à fixer les conditions d’exercice de la profession, mais ne
confère aux pouvoirs publics aucun pouvoir de contrôle sur celle-ci. Et en l’absence de
conditions de compétence, de moralité et de solvabilité, l’on assiste à une augmentation
anarchique du nombre de personnes qui présentent des opérations d’assurances.

Pour remédier à cette situation, il a été opéré une refonte globale de la législation en 1977
avec la promulgation du dahir portant loi du 9 octobre 1977 relatif à la présentation des
opérations d’assurances, de réassurance ou de capitalisation et à l’exercice de la profession
d’intermédiaire d’assurance. Cette réforme a introduit deux types de mesures. Certaines ont
porté sur la réglementation de l’accès à la profession d’Intermédiaire d’assurance. Cette
réforme a introduit deux types de mesures. Certaines ont porté sur la réglementation de
l’accès à la profession d’intermédiaires d’assurances afin de promouvoir le
professionnalisme au niveau de l’intermédiaire en assurance. Les autres mesures ont
concerné un contrôle dévolu au Ministre des finances et des sanctions disciplinaires et
régressives.

Le secteur de l’assurance joue, de plus en plus, un rôle déterminant dans la protection de la


population et dans la prévoyance et le développement social du Maroc.

Ce secteur, à lui seul a drainé 21.9 Milliards de DH de primes collectées par les entreprises
d’assurances au titre de l’année 2010, avec une croissance moyenne de 10% depuis 2003,
soit une croissance plus rapide que celle du PIB du pays. De plus le secteur emploie 5000
personnes, de manière directe, à travers les entreprises d’assurances et 8000 emploie chez
les intermédiaires (agents (contrat programme du secteur de l’assurance 2011/2015) et
sociétés de courtage). Ceci sans parler des emploie directs qu’il engendre.

Il va sans dire, que ledit secteur joue le rôle de sécurisation des actifs du Royaume et surtout
d’amortisseur des chocs économiques notamment la gestion diapositive de la sécheresse, la
sécurisation des filiales de constructions, de tourisme et de tissu industriel au sens large et
des aléas boursiers.

Le développement du marché national d’assurances est tributaire de la diversité des offres


de produits d’assurances que les entreprises d’assurances et de réassurance présentent pour

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couvrir besoins des opérateurs économiques et aux impératifs de protection des
populations.

Dans le souci de couvrir le plus grand nombre d’individus, les entreprises d’assurances et de
réassurance se concentrent sur le développement d’offres d’appropriées et adaptées au
contexte économique et social national.

Ceci nous amène, à nous focaliser sur les politiques qu’utilisent les entreprises d’assurances
et de réassurances pour atteindre cet objectif qui est la couverture la plus grande d’individus
et par quel moyen. Cette couverture passe nécessairement par le renforcement et
l’extension des canaux de distribution.

La distribution est notion économique, sa fonction consiste à assurer l’écoulement des


produit du stade de production à celui de la consommation (BIGOT Jean et LANGE Daniel,
traité de droit des assurances, tome 2, la distribution des assurances..). Pour cela elle peut se
définir comme l’ensemble des opérations et étapes faisant suite à la fonction de production,
mises en œuvre par le producteur lui-même ou par un ou plusieurs intermédiaires
spécialisés, appelés distributeurs, pour mettre à la disposition du consommateur final
(particulier ou entreprise) les biens produits ou service, et pour faciliter et encourager leur
achat (site internet voir webographie).
Quant au réseau de distribution ; c’est l’ensemble des intermédiaires de la distribution,
grossistes ou détaillants, permettant la commercialisation d’un bien, et parfois même sa
promotion. Il s’apprécie en fonction de deux paramètres : le nombre d’intermédiaires qui le
compose et de sa couverture géographique. Les réseaux de distribution différent suivant la
nature du produit, la zone géographique de commercialisation ou encore la cible visée.

La distribution de l’assurance présente certaines spécificités par rapport à la distribution des


autres produits er services.

Les sociétés utilisent cumulativement les réseaux de distribution exclusive, pouvant


comporter une exclusivité de production de la part du distributeur (agents et société de
courtage).

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PREMIERE PARTIE

LE CADRE JURIDIQUE DE LA DISTRIBUTION DES PRODUITS


D‘ASSURANCES

La présentation des opérations d’assurances est l’une des phases les plus importants, sinon
l’essence même de l’activité d’assurance. Cette présentation exige, de la part des sociétés
d’assurances et de réassurance, l’existence d’un réseau de distribution. En pratique les
sociétés s’appuient sur un réseau de distribution le plus diversifié et qui soit implanté dans
tout le territoire national afin de pouvoir toucher le plus large public.

Les intervenants dans la présentation des opérations d’assurances sont spécifiés au niveau
de l’alinéa 1 de l’art 289 du code des assurances.

De ce article, il se dégage qu’actuellement la présentation des opérations d’assurances se


fait selon différentes formes et passe par deux grands acteurs de la distribution, à savoir les
intermédiaires d’assurances et les bureaux directs. Comme nous avons également un second
grand secteur que sont les banques, Barid Al Maghreb, les Associations de Micro-crédits et
les Sociétés de Financement (chapitre 1). Toutefois cette présentation ne se fait pas sans
contrôle ou suivi, ce qui nous amène aborder les obligations réglementaires des
distributeurs d’assurances et le contrôle du respect desdites obligations exercé par
administration (chapitre 2).

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Chapitre 1 : Les différentes formes de présentation
Ce premier chapitre traite les différentes formes de présentation à savoir les intermédiaires
d’assurances (agents et sociétés de courtage) (section1) et par la suite on abordera la
présentation des opérations d’assurances par la Banques, Barid Al Maghreb, les Associations
de Micro crédits et les Sociétés de financement (section 2).

Section I : Les intermédiaires d’assurances


Pour le législateur Marocain, l’intermédiaire d’assurances est toute personne agréée par
l’administration, en qualité d’agent d’assurances, personne physique ou morale, ou en
qualité de société de courtage. ART 291 du code des assurances.
La doctrine Marocaine considère qu’il n’est permis d’exercer l’activité d’intermédiaires en
assurances qu’une fois qu’on rempli certains conditions, dont la forme juridique . (GUELLAF (A),
op.cit, p.31).
On entend par intermédiaires d’assurances, selon la doctrine française, tous ceux qui par
l’intermédiaire desquels sont vendues au public les contrats d’assurances. (BIGOT Jean et LANGE
Daniel, op.cit, p.4).
Aussi est-il considéré comme intermédiaire toute personne qui, contre rémunération,
exerce une activité d’intermédiation en assurance.
Par ailleurs, l’expression « intermédiaire » signifie qu’un agent économique chargé de
fonctions commerciales intervient dans la vente ou l’achat du « produit d’assurance » soit à
la demande et pour le compte du producteur, en l’occurrence l’assureur, soit à la demande
et pour le compte du client, en l’occurrence le preneur d’assurance.
Selon André BESSON : il est la personne à qui revient le mérite de créer la relation
contractuelle entre l’entreprise d’assurance et le client- assuré. Et pour atteindre les gens
afin d’offrir ses garanties, l’entreprise doit recourir aux intermédiaires d’assurances. Leur
rôle acquiert une importance accrue pour certaines branches d’assurance-personnes. En
général, on peut dire que le développement de l’entreprise et la bonne circulation de ses
produits dépendent essentiellement de l’efficacité des intermédiaires et de leur compétence
professionnelle.
Pour d’autres, l’intermédiaire d’assurances ne peut pas et ne doit pas devenir partie du
contrat d’assurances, sinon il cesserait d’être intermédiaire et pourrait perdre cette qualité.
Ainsi donc, considère-t-on, l’acte d’intermédiation au point de vue juridique. Comme une
prestation de service par laquelle l’intermédiaire offre un service d’entremise entre
l’assureur et le preneur d’assurance, qui ne se confond pas avec le contrat d’assurance.
Il faut savoir, que le besoin d’intermédiaire s’est longtemps justifié par le fait que l’assurance
étant un produit complexe, les deux parties aux contrats avaient intérêt à déléguer, à une
tierce partie, le soin de s’occuper de l’ensemble des formalités nécessaire à la souscription,
voire au règlement des sinistres.
La doctrine et l’usage distinguent deux grandes catégories d’intermédiaires, à savoir les
agents généraux et les sociétés de courtage. Comme leur nom l’indique, leur rôle est d’être
des intermédiaires entre l’entreprise d’assurance et le client final, chacun à sa façon, le canal
de dialogue entre le producteur et le consommateur.

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Il va sans dire que, la façon de travailler du courtier et de l’agent est à la fois proche et
différente. D’ailleurs ils se cachent tous les deux derrière l’appellation ambigüe, mais
toujours en vogue, « d’assurance conseil ».
Le droit allemand ne semble pas connaitre de définition légale de l’intermédiation
d’assurance. La doctrine allemande considère que l’activité d’intermédiation consiste à
rapprocher les futurs contractants, pour la souscription du contrat d’assurance, et participer
éventuellement à la conclusion et à l’exécution du contrat.
De ce qui précède, et pour mieux appréhender la notion d’intermédiaire, cette section sera
scindée en deux sous sections ; on se consacrera dans un premier temps à la définition des
concepts de base qui touchent l’agent et le courtage en matière de présentation d’opération
d’assurances (sous section 1). Il sera, également, question d’aborder les intermédiaires et les
institutions similaires. Le deuxième aspect sera consacré à l’étude des conditions d’accès à la
profession d’intermédiaire (sous section 2).

Sous section 1 : Définition et concepts


Dans cette première sous section on traitera les intermédiaires d’assurances (agents et
courtage) à travers leurs définitions (A) et on examinera par la suite les intermédiaires et
institutions similaires (B).
1. Les intermédiaires d’assurances
Dans ce premier point nous nous efforcerons de définir ce qu’est un agent d’assurances (i) et
en second lieu on examinera le concept de courtage.
I. L’agent d’assurance
Le législateur Marocain a défini dans l’art 292 du code des assurances, l’agent d’assurance
comme étant la personne habilitée par une entreprise d’assurances et de réassurance dont il
est le mandataire, à présenter au public les opérations prévues aux articles 159 et 160 du
code des assurances.
La doctrine Marocaine, le définit comme une personne qui représente l’entreprise dans une
territorialité déterminée ou elle constitue une extension de celle-ci, il est titulaire d’un
mandat d’agent d’assurances.
On considère aussi, comme la personne physique ou morale titulaire d’un mandat d’agent
d’assurances et dont l’étendue des activités qu’il est appelé à exercer est fixée par le traité
de nomination.
Il peut être soit un agent particulier soit un agent général. L’agent particulier est celui qui
recherche et souscrit des contrats pour le compte des entreprises d’assurances sans être
autorisé à accepter les risques et à régler les sinistres. Quant à l’agent général, en plus de la
recherche et de la souscription des contrats, il gère en plus les contrats qui lui sont confiés.
Ces travaux de gestion sont délimités territorialement par le traité de nomination.
La doctrine française considère l’agent d’assurance comme le mandataire d’une ou
plusieurs entreprises d’assurances ; il est le représentant de l’assureur. De plus cette
doctrine utilise l’appellation d’agent général, pour montrer la capacité de l’agent à

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distribuer tous types de contrat, tant en assurances de dommages qu’en assurances de
personnes.
Ces personnes sont mandatées par les sociétés d’assurance. Ce sont des mandatées
protégés par un statut qui définit leur droit et leur obligation, pendant l’exécution du
mandat et lors de son expiration.
Une autre définition les considère comme étant des personnes physiques ou morales
exercent une activité indépendante de distribution et de gestion de produits et de services
d’assurances en vertu d’un mandat écrit délivré par un ou plusieurs entreprises d’assurances
établit en France.
Selon le droit allemand régissant le contrat d’assurances. Celui-ci confère à l’agent un
pouvoir de représentation limité à la transmission des volontés de l’assureur vers l’assuré et
vice versa.
Amon sens, j’estime que l’agent d’assurances ne peut être qu’une personne physique ou
morale dont l’activité de présentation des produits d’assurance est limitée par le traité de
nomination de sa mandante. Ceci le rapproche, beaucoup plus, d’un bureau direct déguisé
comme on verra par la suite.
Mais peut être la vision est différente pour le courtage, c’est ce qu’on verra ci-après.

II. Le courtage
Le courtage ou ce qu’on appelle, communément les sociétés de courtage est le deuxième
type d’intermédiaire en assurances qu’on va traiter dans le deuxième volet.
Le législateur Marocain, la définit dans le premier alinéa de l’art 297. En tant que personne
morale qui est censée représenter ses clients auprès de toutes les entreprises d’assurances
et de réassurances pour tout ce qui concerne le placement des risques.
Quant à la doctrine marocaine, celle-ci le regarde en tant que personne qui crée une relation
contractuelle entre le client et la société, dans le cadre d’une orientation fondée sur le
conseil et les renseignements qu’il fournit au client, contre une commission qu’il perçoit sur
chaque relation contractuelle à laquelle il a contribué. Cette personne qui a la qualité de
commerçant est le mandataire de son client.
Il est également considéré comme un mandataire de la clientèle dont il place les risques
auprès des sociétés d’assurances ou du réseau commercial de celle-ci.
La doctrine française l’appelle parfois « assureur conseil » et le considère un commerçant,
dont le rôle consiste à faire conclure des contrats d’assurances auprès de la compagnie la
mieux adaptée aux besoins de son client. Il défend donc, avant tout, les intérêts de l’assuré.
Un autre point de vue doctrinal le considère sur un plan juridique très différent dans son
principe de celui des salariés ou mandataires. Il n’est lié à ses clients ni par un contrat de
louage de service ni par un contrat de mandat, mais par un contrat sui generis, le contrat de
courtage. Il n’est pas lié par un accord d’exclusivité de production avec la société
d’assurance à laquelle il apporte les risques de ses clients. Sa situation est donc très
particulière, d’autant plus que ses droit et obligations sont en partie fixés par les usages
professionnels et ne résultant pas d’un statut.

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Le droit belge attribue le titre de courtage aux seuls intermédiaires indépendants, toutefois
la loi belge n’a pas fixé de seuil pour l’indépendance économique, renvoyant ainsi à l’OCA le
soin de se prononcer sur cette indépendance.
A mon sens, je considère que le courtage est la personne morale qui conseille dans le
placement des risques des assurés, ceci tout en étant vigilant sur les prestations fournies par
l’entreprise d’assurances et de réassurances qui est la couverture du risque, jouissant ainsi
de facto d’une certaine liberté, mais conditionnée par des obligations et moyens qui
peuvent se transformer en obligations et résultats ; dans la mesure ou il est tenu de
chercher pour le compte de l’assuré les meilleurs offres, compte tenu des différentes
possibilités qui se présentent à lui sur le marché par le biais de l’outil informatique et en
utilisant internet et ses deux moyens combinés, qui peuvent être utilisés pour faire une
analyse comparative des différentes offres qui se présentent à la société de courtage à
travers les propositions formulées par les entreprises d’assurances et de réassurances.
2. Autres formes d’intermédiation
Dans ce deuxième volet on se focalisera sur des bureaux directs (i) et les démarcheurs.
I. Les bureaux directs
Dans ce point on s’attachera premièrement : définir le concept de bureaux directs et
comment le législateur Marocain l’a traité et comment les doctrines étrangères et
Marocaines appréhender ca mode de présentation (a). Dans une deuxième phase on
abordera les conditions requises pour son utilisation (b).
a) Définition et concept
Le législateur Marocain a abordé ce mode de présentation au niveau de l’art 289 al 1 de la
loi 17-99 portant code des assurances qui dispose que « Les opérations pratiqués par mes
entreprises d’assurances et de réassurance sont présentées au public soit directement par
lesdites entreprises, soit par l’entremise des personnes habilitées à cet effet et
dénommées « intermédiaires d’assurances » et ce, sous réserve des dispositions de l’article
306 ». Toutefois, il a exigé certaines conditions pour l’exercice de cette présentation directe
qu’on traitera, dans ce qui suivra, après la définition du concept.
D’ailleurs le législateur dans l’art 289 du code des assurances et l’art 47 du décret n°2-04-
355 du 19 ramadan 1425 ( 2 novembre 2004) a subordonner la présentation directe au
public des opérations d’assurances par les entreprises d’assurances et de réassurance, à
l’accord préalable du Ministre chargé des Finances.
La doctrine Marocaine a peu abordé ce mode de distribution, NASRI (2) considère que la
présentation des produits par les entreprises d’assurances se fait par le biais de leur
représentant légaux ou des personnes physiques habilitées à cet effet.
Mme NASIRI (z) considère que l’introduction du système de vente directe a engendré
l’installation des bureaux directs dans les villes les plus importants : cette implantation ne se
justifie dans les régions très peuplées d’une part, et représentant des potentialités
économiques appréciables.

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Un autre auteur Marocain a succinctement abordé la présentation directe. En se référant au
législateur français GUELLAF (A) considère que ce sont les employés des entreprises
d’assurances désignés pour effectuer cette fonction au nom de ladite société d’assurances.
La doctrine française considère la présentation directe ou les bureaux directs, en tant que
réseaux de salariés. Ce sont des producteurs salariés, qui n’échappent pas à l’application du
droit social, le fait que le rôle de ces salariés soit principalement ou exclusivement de nature
commerciale ne les fait pas échapper à leur statut de salarié avec tous les avantages qui s-y
rattache. Ces avantages résultant des dispositions du code de travail des conventions
collectives, des accords d’entreprises ou du règlement intérieur de l’entreprise.
A mon sens, les bureaux directs sont un instrument de présentation utilisé par les
entreprises d’assurances pour vendre directement leur produit d’assurances sans passer par
un intermédiaire ou tout autre réseau de distribution de quelque sorte soit-il.
Dans cette optique ce concept ne peut se justifier que si on se trouve dans une localité qui
n’est pas desservie par des intermédiaires ou tout autre distributeur, ou si la demande est
tellement importante qu’on ne peut y faire face. C’est aussi un moyen de montrer la
présence physique de l’entreprise d’assurances dur le terrain.
b) Conditions d’exercice et de gestion
L’exercice de la présentation directe des opérations d’assurances au public, par les
entreprises d’assurances et de réassurance, est subordonné à l’accord préalable de
l’administration. (ART 289 al 3 code des assurances).
En effet, cet accord préalable de l’administration se matérialise par l’intervention du
Ministre des Finances qui est chargé de l’octroi dudit accord (ART 47 du décret 2-04-355 des 19
ramadans 1425 (2 novembre 2004) pris pour l’application de la loi 17/99 portant code des assurances. BO
N°5262 du 21 ramadan 1425 (4 novembre 2004).
Ainsi une demande adressée au Ministre chargé des Finances est nécessaire pour pouvoir
bénéficier du droit à la présentation directe des opérations d’assurances pour l’entreprise
d’assurances et de réassurances. (Art 1 de l’arrête du ministre des finances et de la privatisation n°2241-
04 du 14 kaada 1425 (25 décembre 2004) relatif à la présentation des opérations d’assurances, BO N°5292 du 8
moharrem 1426 (17-2-2005).
La demande doit préciser l’adresse du local destiné au local. Tout changement d’adresse de
fermeture du local ou remplacement du salarié responsable doit être communiqué, dans un
délai de 10 jours, au Ministre chargé des Finances. ((Art 1 de l’arrête du ministre des finances et de la
privatisation n°2241-04 du 14 kaada 1425 (25 décembre 2004) relatif à la présentation des opérations
d’assurances, BO N°5292 du 8 moharrem 1426 (17-2-2005).
II. Les démarcheurs
Le concept de démarcheurs a été soulevé au niveau du code des assurances par l’art 290,
celui-ci le définit comme étant la personne physique habilitée à présenter pour le compte,
d’une part, des entreprises qui effectuent des opérations qualifiées d’assurances ou de
réassurance ou assimilée à une opération d’assurances et d’autre part, au profit des
intermédiaires d’assurances (agent et sociétés de courtage).
De cette définition on constate que la personne morale est exclue du démarchage. Toutefois
il y’a lieu de préciser, que la présentation effectuée par lesdits démarcheurs, se fait sous la

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responsabilité des entreprises sus visées ou des intermédiaires d’assurances, au profit
desquelles elle est opérée.
Dans le même article 290, le législateur précise de manière catégorique, que les
démarcheurs ne peuvent avoir la qualité d’intermédiaires.
Le travail de démarcheur consiste à démarcher les clients potentiels pouvant souscrire un
contrat d’assurances. Ce qui se traduit en pratique par le déplacement du démarcheur de
manière habituelle au domicile ou à la résidence des personnes ou sur leurs lieux de travail
ou dans les lieux publics en vue de conseiller la souscription d’un contrat d’assurance ou
d’exposer oralement ou par écrit à un souscripteur éventuel des conditions de garantie d’un
contrat d’assurance.
Quant au droit français, il le considère en tant que producteur mandataire, qui est une
personne physique, non salarié, autres que les agents généraux, mandatés soit par une
entreprise d’assurances, soit par un courtier soit par un agent général d’assurances, il
précise que cette activité de mandataires est limitée à la présentation d’opérations
d’assurances. (BIGOT Jean et LANGE Daniel, op.cit, .71 et p.71).
En résumé et après avoir consacré cette première sous-section aux définitions et concepts
de base qui touchent l’intermédiaire d’assurances on se focalisera sur les conditions d’accès
à la profession qu’on verra dans la sous-section suivante.

Sous section 2 : Conditions d’accès à la profession d’intermédiaire d’assurance


L’exercice de l’activité d’intermédiaires que ce soit par les agents d’assurances ou les
sociétés de courtage est encadré par plusieurs dispositions juridiques. Pour aborder ces
différentes dispositions cette sous-section sera scindée en deux points à savoir :
1. Les conditions d’accès
 Forme juridique nécessaire à l’exercice de la profession d’intermédiaire
d’assurance
 Cas d’incompatibilités
 Cas d’interdiction
2. L’étendue de la présentation d’assurances
Les restrictions
Cessations d’activité
 Retrait
 Dénonciation de l’agrément
1. Les conditions d’accès
L’exercice de l’activité d’intermédiaire d’assurances suit des règles prescrites par le code des
assurances.
Pour cela, l’agent d’assurances et la société de courtage doivent se faire délivrer un
agrément d’où la nécessité pour les deux entités d’avoir un agrément délivré par
l’administration, pour l’exercice de leur activité. Toutefois, l’agent d’assurance se distingue
par rapport au courtier par l’exigence, d’un traité de nomination, dans lequel sont spécifiées
l’étendue et la nature des opérations qu’il effectue pour le compte de la société ou des

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entreprise(s) d’assurances et de réassurance , traite spécifique de l’agent d’assurance, ce qui
n’est pas le cas du courtier. (ART 291, 293 du code des assurances)
Les conditions qui sont attachés à l’exercice de l’activité d’intermédiaires sont fixées par le
législateur et se déclinent comme suit (ART 304 al 2 du code des assurances) :
 Pour les personnes physiques :
 Etre de nationalité marocaine ;
 Etre titulaire d’une licence délivrée par un établissement universitaire
national ou d’un diplôme reconnu équivalent par l’administration.
 Avoir accompli un stage de formation ou justifier d’une expérience
professionnelle de deux années continues dans le domaine des assurances ;
 Avoir réussi à l’examen professionnel : ledit examen est organisé et sa date
fixée conformément aux instructions du Ministre chargé des Finances, qui fait
l’objet d’un avis publié dans des journaux habilités à recevoir les annonces
légales, trois mois avant cette date. Cet examen porte sur l’ensemble des
opérations prévues aux articles 159 et 160 de la loi N°17/99 susvisée.
Toutefois, les candidats à cet examen ne sont évalués sur les opérations
d’assurances crédit, caution et réassurance qu’à leur demande.
 Pour les personnes morales :
 Etre régies par le droit Marocain et avoir leur siège au Maroc
 Avoir cinquante pour cent (50%) physiques de nationalité marocaine ou des
personnes morales de droit marocain, sous réserve des accords de libre-
échange, passées par le Maroc avec d’autres pays dument ratifiés et publiés
au « bulletin Officiel ».
Dans cette optique, le législateur, précise dans l’art 48 du décret n°2-04-355 du 19 ramadan
1425, que l’agrément est octroyés par décision du Ministre des Finances, après avoir du
comité consultatif des assurances. Et c’est l’article 2 de l’arrêté N°2241-04, tel que modifié et
complété qui fixe les modalités d’octroi de cet agrément.
En effet, le décret n°2-04-355 du 19 ramadan 1425 (2 novembre 2004) pris pour
l’acceptation de la loi 17-99 tel qu’il a été modifié et complété, dispose que l’agrément est
accordé ou retiré aux intermédiaires d’assurances, après avis du comité consultatif des
assurances, par décision du Ministre chargé des Fiances. Le décret vient conforter encore la
nécessité de l’avis du comité consultatif des assurances, tel qu’il a été admis au niveau de la
loi 17-99.
Il découle de ce qui précède que la décision du Ministre des Finances pour l’octroi ou le
retrait d’un agrément au profit d’un intermédiaire d’assurances est tributaire de la
soumission de cette demande à l’avis du comité consultatif des assurances, sans cela la
décision prise sera considérée caduque (vice de procédure).
Pour pouvoir bénéficier de l’agrément, les intermédiaires d’assurances doivent se soumettre
aux modalités de son octroi qui figurent au niveau de l’art 2 de l’arrêté du Ministre des
Finances n°2241-04 du 14 kaada 1425 ( 24 décembre 2004) relatif à la présentation des

14
opérations d’assurances tel qu’il a été modifié et complété.( BO n°5292 du 8 moharrem 1426 (17-2-
2005).
Chaque candidat soit adresser une demande au Ministre chargé des Finances, la demande
est adressée soit directement par le candidat courtier soit par l’entreprise d’assurances et de
réassurances pour son candidat agent, cette demande doit préciser, conformément au
troisième alinéa de l’article 4 de l’arrêté précité (L’avis relatif à l’examen professionnel prévu à l’article
304 de la n°17-99), les opérations d’assurances que le candidat entend présenter et sera
accompagnée, pour la personne physique devant passer l’examen professionnel, des pièces
suivantes :
 Une copie de la carte d’identité nationale ;
 Deux photos d’identité ;
 Un extrait d’acte de naissance datant de mois de trois mois ;
 Un extrait de la fiche anthropométrique datant de mois de trois moi ;
 Une copie légalisée du diplôme prévu par l’article 304 de la loi N°17-99 précitée ;
 Une attestation certifiant que le stage de formation prévu à l’article 304 de la même
loi a été effectué durant une période minimum de six mois auprès d’une entreprise
d’assurances et de réassurance, d’un intermédiaire d’assurances t de l’administration
chargée du contrôle sur le secteur des assurances.
Pour l’obtention de l’agrément, le dossier du candidat ayant réussi à l’examen professionnel
doit être complété par les pièces énumérées ci-après ;
A. Pour la personne physique
 Une déclaration sur l’honneur ;
 Une copie du contrat d’assurance responsabilité civile professionnelle ;
 Un certificat attestant l’inscription de l’enseigne au registre du commerce, le ca
échéant ;
 Une copie du traité de nomination ;
B. Pour la personne morale
 Une déclaration sur l’honneur du représentant responsable ;
 Une copie du contrat d’assurance responsabilité civile professionnelle ;
 Une copie de traité de nomination pour les agents d’assurances ;
 Un exemplaire certifié conforme des statuts ;
 La liste des actionnaires ou associés précisant le montant et la répartition du
capital social ;
 Un certificat attestant l’immatriculation de la personne morale au registre du
commerce
L’exercice de l’activité d’intermédiaire d’assurances, ne se limite pas aux seuls produits
d’assurances car le législateur a permis l’exercice d’autres activités à la condition qu’elles
soient liées à la profession d’intermédiaire d’assurances
D’ailleurs, le décret d’application n°2-04-355, énumère les activités qui sont réputées liées à
la profession d’intermédiaire d’assurances et qui se présentent comme suit :
 Correspondant des sociétés de financement ;

15
 Représentant d’une entreprise d’assurances et de réassurance étrangère pour la
gestion et le règlement des sinistres automobile survenus sur le territoire marocain
et impliquant des personnes munies de l’un des cartes visées à l’article 121, de la loi
17-99.
Toutefois l’intermédiaire d’assurances pour pouvoir exercer ces activités connexes, doit les
porter à la connaissance du Ministre chargé des Finances.
Un autre aspect commun à l’agent d’assurances et le courtage, c’est la survenance d’un cas
de défaillance notamment le décès, qui touche un intermédiaire d’assurances, au cours de
l’exercice de ses fonctions, dans ce cas précis le législateur a prévu certains disposition pour
parer à cet imprévu.
A cet effet, les ayants droit d’un agent d’assurances personne physique défaillant ou décédé
ou bien les associés ou actionnaires d’un intermédiaire d’assurance personne morale en cas
de défaillance ou de décès du représentant responsable, sont admis à continuer la gestion
du portefeuille de l’agence ou des sociétés de courtage et disposent d’un délai de trois cent
soixante cinq jours, renouvelable une seule fois sur autorisation de l’administration, à
compter de la constations de la défaillance ou du décès pour se conformer aux prescription
de l’article 304 du code des assurances.
Dans ce sens, l’article 55 du décret d’application n°2-04-355 du 19 ramadan 1425 précité,
précise la gestion pendant cette période de 365 jours se sera sous la responsabilité et le
contrôle de l’entreprise d’assurance et de réassurance mandante pour l’agent d’assurances
personne physique.
Toutefois pour pouvoir bénéficier du renouvellement de la période de 365 jours,
susmentionnée, ils doivent dans les 10 mois qui suivent le décès ou la constatation de la
défaillance, en informer le Ministre chargé des Finances et présenter une personne physique
de nationalité marocaine, titulaire d’un diplôme prévu à l’article 304 de la loi 17-99.
A cet effet, un agrément temporaire, valable jusqu'au terme de la deuxième période de 365
jours, est alors délivré à cette personne qui est considérée, pour toute la période au cours de
laquelle elle exerce à titre temporaire, comme intermédiaire d’assurances : elle est, de ce
fait, soumise à toutes les prescriptions du livre 6 de la loi N°17-99.
1. Forme juridique nécessaire à l’exercice de la profession d’intermédiaire d’assurance
La forme d’exercice de la profession d’intermédiaire diffère selon que l’on soit, agent
d’assurances ou société de courtage.
Pour les agents d’assurances, celle-ci se distingue par rapport au courtage, au niveau de sa
personnalité juridique il peut être soit une personne physique, soit une personne morale (art
291 du code des assurances). Cette spécificité lui est propre.
Contrairement à l’agent d’assurance le législateur à figé la forme d’exercice du courtage à la
personne morale, la personne physique étant exclue. D’ailleurs, le code des assurances le
définit comme étant la personne morale qui est censée représenter ses clients auprès de
toutes les entreprises d’assurances et de réassurances ceci, en ce qui concerne le placement
des risques, ce qui le différencie par rapport à l’agent traité plus haut qui, lui peut prendre
soit la forme de personne physique ou morale.

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De plus, la forme de personne morale que peut prendre la société de courtage ou de l’agent
d’assurances personne morale a été tranchée par le législateur, elle ne peut prendre que la
forme de société anonyme ou de société à responsabilité limitée. (art 255 au 299 du code des
assurances).
1) Cas d’incompatibilités
L’exercice de la profession d’agent d’assurances ou de représentant responsable d’une
société de courtage ne peut être cumulé concurremment avec d’autres fonctions. A cet effet
le législateur, dans un souci de défense des droits des souscripteurs et dans le sens de la
consécration de la totalité de son temps à l’activité de présentation d’assurances, a cerner la
présentation des produits d’assurances par les intermédiaires( agents et sociétés de
courtage) par une liste d’incompatibilités. (ART 296 du code des assurances).
Ainsi donc ils peuvent :
 Exercer concurremment à leurs profession, d’autres fonctions incompatible avec
celle de représentant responsable d’une agence d’assurances ou d’une société de
courtage ou de dirigeant d’une entreprise d’assurances et de réassurance ;
 Cumuler avec leur profession un emploi salarié qui l’étend à toute autre entreprise
quel que soit le domaine de son activité.

2) Cas d’interdiction
L’exercice de l’activité d’intermédiaire d’assurances étant activité sensible, puisqu’il s’agit de
la présentation d’un service qui est tributaire de la réalisation d’un risque auquel on a
souscrit une assurance moyennant le paiement d’une prime. C’est dans cette optique que le
législateur à mis des gardes fous, permettant d’interdire l’octroi de l’agrément pour
l’exercice de l’activité d’agent d’assurances ou de courtage à toute personne qui a fait l’objet
de certains actes, qui se déclinent comme suit ( ART 308 al 1 du code des assurances) :
S’il a fait l’objet d’une condamnation irrévocable par crime ou pour délit prévu et
réprimé par les articles 334 à 391 et 505 à 574 du code pénal ;
S’il fait l’objet d’une condamnation irrévocable pour infraction à la législation des
changes ;
S’il a fait l’objet ou si l’entreprise qu’il administrait à fait l’objet, au Maroc ou à
l’étranger d’une liquidation judiciaire et qu’il n’a pas été réhabilité ;
S’il a fait l’objet d’une condamnation irrévocable et vertu des dispositions des articles
280 à 283 et 327 à 330 de la loi 17-99 ;
S’il a fait l’objet d’une condamnation prononcée par une juridiction étrangère et
passée en force de chose jugée pour l’un des crimes et visés du (a) au (b) ci-dessus ;
2. L’étendue de la présentation d’assurances
1) Les restrictions
L’activité d’intermédiaire d’assurances ne peut se faire sana restrictions. Pour cela des règles
strictes, établies dans le code des assurances, les encadrent. Dans ce point nous allons nous
efforcer de cerner toutes les restrictions qui peuvent toucher la dite activité. Pour ce faire,
on commencera par les restrictions qui traitent :

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i. Des points de vente ;
ii. Du nombre d’entreprises d’assurances pouvant être représentées ;
iii. Des modalités de cession de portefeuilles de clients ;
iv. Des activités pouvant être liées à la présentation des opérations d’assurances ;

i. Les points de vente


Pour ce qui est des points de vente, il ne peut exercer son activité que dans un seul local,
l’utilisation d’autres locaux lui est donc interdite, il n’a le droit qu’à un seul point de vente
(ART 301 du code des assurances). Ce qui est à mon sens, une restriction à l’exercice de l’activité
d’intermédiaires comparativement à d’autres distributeurs qu’on verra plus loin dans la
deuxième section.
ii. Le nombre d’entreprises d’assurances pouvant être représentées
Pour ce qui est de la restriction en matière de représentation d’entreprises d’assurances et à
réassurances, celle-ci touche différemment l’agent d’assurances et la société de courtage.
Pour l’agent d’assurances c’est une caractéristique qui lui est propre et qui touche à
l’étendue de la présentation des opérations d’assurances et qui ne peut se faire qu’au plus,
au profit de deux entreprises d’assurances et de réassurance à condition d’obtenir l’accord
de la première entreprise avec laquelle il a souscrit le premier traité de nomination.( ART 292
al 2 code des assurances).
De ce qui précède, découle la limitions d’exercice de l’agent d’assurances que lui impose le
législateur puisqu’il ne peut représenter qu’au plus deux entreprises d’assurances, ce qui
n’est pas le cas de la société de courtage. En effet, cette dernière est censée représenter, en
matière de placement de risque, ses clients auprès de toutes les entreprises d’assurances et
de réassurances.
Malgré la limite imposée par l’alinéa 2 de l’article 292, le législateur a entrevu une ouverture
au profit de l’agent d’assurances, par la possibilité de présenter des opérations d’assistance
(ART 289 al 2 du code des assurances).
iii. Modalités de cession de portefeuilles de clients
En matière de modalités de cession de portefeuilles de clients, on constate du fait, du traité
de nomination qui lie l’agent d’assurances à son entreprise mandante, il ne peut céder son
agence sans l’accord préalable de sa mandante. (ART 311 al 3 code des assurances).
De plus n’ayant aucun droit d’opposition, l’agent d’assurances est confronté, durant son
activité au fait que sa mandante (entreprise d’assurances et de réassurances) veuille
transférer les contrats d’assurance à une autre entreprise. Dans ce cas de figure, l’entreprise
cessionnaire reprend à son compte les agences relèvent de l’entreprise cédante (ART 294 al1
code des assurances). Il découle de ce qui précède que cet état de fait représente la
répercussion des contraintes établies à l’agent d’assurances au niveau de l’art 292 de la loi
17-99.
Ce qui, à mon ses, prive l’agent d’assurances de tout droit d’opposition ou de choix de sa
nouvelle mandante ;
D’ailleurs on relève, au niveau de ( l’al 3 de l’article 294), que l’agent d’assurances reste
désarmé face à son entreprise mandante qui ne lui donne pas le droit de s’apposer à une
18
mesure de transfert d’un portefeuille de contrats à une autre société ou du retrait
d’agrément de celle-ci.
iv. Les activités pouvant être liées à la présentation des opérations d’assurances
Quant à la présentation des produits d’assurances, les restrictions touchent à la fois l’agent
d’assurances et la société de courtage et d’autres restrictions sont spécifiques à l’un des
deux intermédiaires.
L’exercice d’activités autres que celles de présentation des produits d’assurances est
restreint car l’intermédiaire d’assurances n’a pas le droit d’exercer dans son local, des
activités réputées non liées à sa profession, dans ce sens l’art 51 du décret n°2-04-355 du 19
ramadan 1425, précédemment développé, nous éclaire sur ces activités considérées liées à
la profession d’intermédiation.
Par contre cette restriction qui pèse sur l’agent d’assurances, ne touche pas la société de
courtage qui est censée représenter ses clients auprès de toutes les entreprises d’assurances
et de réassurances ceci pour tout ce qui concerne le placement des risques (art 297 al 1 code
des assurances).
Néanmoins, de cette présentation d’opération d’assurances, il se dégage une autre
spécificité propre à la société de courtage qui a la possibilité de faire cette présentation à la
fois pour le compte du client et pour celui de la compagne d’assurances et de réassurance
Toutefois, cette double casquette ne se conçoit que dans l’hypothèse ou l’entreprise
d’assurances et de réassurance autorise la société de courtage à encaisser les primes à son
profit (art 297 al 1 code des assurances). De plus, le fait d’encaisser la prime par la société de
courtage entraine la libération du client (art 297 al 2 code des assurances), dans l’hypothèse ou la
société de courtage est mandataire à la fois du client et de l’entreprise d’assurances et de
réassurance.
Cela n’est pas le cas de l’agent d’assurances qui ne peut présenter que la compagnie
d’assurances dont il est le mandataire. Néanmoins, le législateur ne l’a autorisé à régler des
sinistres pour le compte des entreprises d’assurances et de réassurance que sur mandat
spécial (art 298 code des assurances). Toutefois ce mandat spécial est soumis à l’obligation de
communication par ladite entreprise de Ministre chargé des Finances.
3. Cessation d’activité
A la lecture du livre 5 de la loi 17-99, plusieurs retraits d’agréments sont émis sans que cela
soit suite à des sanctions administratives. Cette cessation d’activité ne peut résulter que
dans les deux cas ci-après :
 Soit suite au retrait de l’agrément, considéré en tant qu’acte administratif (i)
 Soit suit à la dénonciation de l’agrément par l’intermédiaire lui-même (ii)
i. Retrait de l’agrément
Nous trouvons ci-après la liste des cas ou le retrait de l’agrément d’un intermédiaire est
conçu comme acte administratif :
La cessation de portefeuille d’une société de courtage ou d’une agence d’assurances
(Art 311 al 4 code des assurances) ;

19
Le non respect du délai de 365 jours, renouvelable une seule fois sur autorisation de
l’administration, à compter de la constations de la défaillance ou du décès de l’agent
d’assurances personne physique ou de représentant responsable de la personne
morale intermédiaire d’assurances, pour se conformer aux prescriptions de l’article
304 de la loi 17-99, par les ayants droit ou les associés ou actionnaire d’un
intermédiaire d’assurance personne morale, défaillant ou décédé, qui sont admis à
continuer la gestion du portefeuille ( art 312 al 1 code des assurances) ;
Lorsque l’intermédiaire ne remplit plus l’une des conditions nécessaires à l’octroi
d’agrément (art 320 du code des assurances) ;
Lorsqu’il n’a pas commencé son activité, dans un délai d’une année ou a cessé
pendant une année de présenter les opérations d’assurances pour lesquelles il a été
agréé, sauf incapacité physique à la suite d’une maladie ou d’un accident se
traduisant par une immobilisation pour une période supérieure à 3 mois. La maladie
ou l’incapacité doit être constaté par un collège de 3 médecins dont une copie du
rapport doit être remise à l’administration. (art 320 du code des assurances).

ii. Dénonciation de l’agrément


Il arrive qu’au cours de l’activité d’un assureur ou d’un agent d’assurances, l’une des deux
parties accuse l’autre partie de la mauvaise exécution du contrat qui les lie, cette accusation,
se formalise par la dénonciation du traité de nomination par l’entreprise d’assurances et de
réassurance dont il est mandataire et après accord de l’administration ce qui a pour
conséquence le retrait d’office de l’agrément de l’agent d’assurances.
Il ressort de la deuxième partie sous-section qui a traité en grande partie des conditions de
l’exercice des activités des intermédiaires d’assurances, qui sont dans leur globalité
identique avec comme différence notable celle de disposer d’un traité de nomination pour
l’agent d’assurances, ce qui n’est pas le cas de la société de courtage. On a également
développé la forme juridique sous laquelle l’intermédiaire exerce son métier comme agent
pouvant être soit une personne morale ou physique. Alors que la forme de l’exercice du
courtage est strictement réservée à la personne morale, la personne physique étant écartée.
Nous avons développé les formes de restrictions interdictions et incompatibilités qui présent
sur les intermédiaires, ce qui nous a permis de remarquer que l’agent d’assurances ne peut
pas exercer librement ses activités, du fait du traité de nomination qui le lie à sa mandante,
ce qui limité notablement sa marge de manœuvre.
Par contre la société de courtage se distingue par la possibilité d’avenir une double
casquette qui est celle de présenter à la fois l’assuré et l’entreprise d’assurances et de
réassurance. Elle peut traiter avec toutes les entreprises d’assurances et de réassurance
pour le compte de ses clients, et dispose librement de son portefeuille de clients.
On a également relevé que l’activité d’intermédiation en assurances embrasse d’autres
activités connexes, mais à condition qu’elles soient liées à l’exercice de la profession
d’intermédiaires elle-même, sans oublier, bien sur, le fait d’en informer le Ministre des
Finances.

20
On a constat » que le législateur a prévu des dispositions à suivre en cas de défaillance d’un
intermédiaire d’assurances (agent et sociétés de courtage) dans l’exercice de sa fonction.
Aussi a-t-on abordé les cas d’interdictions et d’incompatibilité qui pèsent sur l’agent et le
courtier et qui leur sont communes.
En somme si on a consacré le première section aux intermédiaires d’assurances qui sont
considérés les précurseurs en matière de présentation de produits d’assurances des
questions liées aux nouveaux intervenants dans le champ de la présentation des produits
des assurances persistent.

Section II : Les banques, Barid al Maghreb, Les associations de Micro crédit et les
sociétés de financement
Pour montrer que le marché de présentation des produits d’assurances subit une mutation
profonde et que le législateur tend à faire évoluer la dite présentation qui se manifeste via
l’octroi de ce droit aux banques, à Barid Almaghreb, aux Associations de Micro crédits et aux
sociétés de Financement on s’efforcera de faire ressortie le cadre légal de cette présentation
(sous section 1) et on verra par la suite l’étendue réservée par le législateur à cette
présentation (sous section 2).

Sous-section 1 : Cadre légal de présentation


Cette sous-section sera dédiée exclusivement à l’étude du cadre légal de présentation des
nouveaux intervenants dans le champ de la distribution des produits d’assurances. Pour
mieux suivre le cheminement de l’intégration de ces acteurs dans le champ de la distribution
et les raisons qui sous-tendent ce choix du législateur, un aperçu évolutif de leur
introduction s’impose.

L’introduction des banques en tant que nouveaux distributeurs, fait suite à certaines
pratiques qui se faisaient par ces derniers de manière illégale, notamment la souscription
d’assurances groupe pratiqué par les banques.

Cet état de fait a poussé le législateur à réfléchir sur l’opportunité de formaliser certaines
pratiques en les légalisant et de s’ouvrir à ce qui se passe dans d’autres pays. Ceci s’est
traduit, dans une première phase, par l’introduction des banques et Barid Al Maghreb, dans
le champ de la distribution en 2002, par la loi 17-99 portant code des assurances.

La deuxième phase importante c’est l’enrichissement du champ de la distribution par un


autre nouvel acteur que sont les associations de Micro crédit qui ont intégré le champ suite
à l’amendement de l’art 306 de la loi portant code des assurances, par la loi n°03-07 du 30
novembre 2007. Il s’avère nécessaire de signaler que c’est à partir de la brèche offerte par
l’al 5 de l’art 306 dudit code que le législateur a pu intégrer ce nouvel acteur au champ de la
distribution par voie réglementaire.

Une troisième phase, plus récente, a vu l’intégration d’un autre distributeur par la même
brèche susmentionnée, qui a permis aux sociétés de financement d’intégrer le champ de la
distribution en 2011 suite à l’amendement de l’art 306 de la loi portant code des

21
assurances, par arrêté du Ministre des Finance n°2179-11 du 19 chaabane 1432 ( 21 juillet
2011) relatif à la présentation des opérations d’assurances par les sociétés de financement.

On traitera, dans cette sous-section séparément les soubassements juridiques de la


présentation banques, Barid Al Maghreb et des sociétés de Financement (A) et, en deuxième
lieu, on se focalisera sur celle des Associations de Micro crédits (B).

a. Banques, Barid Al Maghreb et des sociétés de Financement

L’exercice de la présentation des opérations d’assurances étant une activité réglementée, les
nouveaux intervenants n’y échappent pas.

D’ailleurs le législateur dans son article 306 al 1 précité, précise que ces 3 nouveaux
distributeurs ne peuvent présenter que certaines opérations d’assurances et après
l’obtention d’un agrément de l’administration.

Les opérations que peuvent présenter les Banques et Barid Al Maghreb sont les assurances
de personnes, assistance et l’assurance crédit alors que le législateur à autorisé les sociétés
de financement à présenter à leurs clients les opérations d’assurances décès et invalidités
adossées aux opérations de crédits et/ou de crédit bail.

Quant à l’obtention de l’agrément, c’est l’al 1 de l’art 47 du décret n°2-08-457 du 3


joumadaa 2 1430 (28 mai 2009) qui stipule que c’est le Ministère des Finances qui est chargé
d’octroyer ledit agrément.

L’alinéa 2 de l’article du décret susmentionné précise les pièces à fournir pour l’obtention de
cet agrément ci-après la liste des pièces :

Une demande d’agrément spécifiant la ou les opérations d’assurances sollicitées ;


La liste des agences préposées pour présenter les opérations d’assurances jointe à la
demande d’agrément susmentionnée ;
La liste des salariés responsables désignés au sein de chaque agence pour prendre en
charge la clientèle

Toutefois une légère nuance subsiste quant à l’obtention de cet agrément par les banques,
Barid Al Maghreb et les sociétés de Financement et les Associations de Micro crédit qu’on
verra plus loin du fait que les banques, Barid Al Maghreb et les sociétés de financement,
pour l’obtention de l’agrément, doivent justifier à l’administration de l’existence de
structures au niveau de leurs services destinées à présenter des opérations d’assurances ( art
306 al 2 du code des assurances).

Selon l’article 306 al.4, et dans le cadre de l’activité de présentation des opérations
d’assurances, les nouveaux distributeurs sont soumis aux mêmes dispositions observées par
les intermédiaires d’assurances.

22
De ce même article (art 306 al 4 du code des assurances), on dégage plusieurs aspects dont
certains touchent aux conditions d’exercice et se présentent comme suit :

Les nouveaux distributeurs représentent leurs clients auprès des entreprises d’assurances et
de réassurance en ce qui concerne le placement des risques. Toutefois, cette représentation
est censée d’opérer également pour le compte de l’entreprise d’assurances et de
réassurance dans l’hypothèse ou celle-ci autorise les dits distributeurs à encaisser les primes
à son profit (ceci nous rappel l’aspect de double casquette que les sociétés de courtage peuvent présente).
A cet effet l’encaissement de la prime par les nouveaux distributeurs est libératoire pour les
clients qu’ils représentent.

b. Associations de Micro crédit

Pour les associations de micro crédit, le même cadre juridique développé plus haut, pèse sur
elles.

La présentation des opérations d’assurances par les associations de micro crédit est limitée
aux assurances de personnes et aux assurances contre l’incendie et le vol, contractées par
leurs clients.

Mais une nuance persiste dans ce cas de figure, du fait que le législateur n’a pas subordonné
l’obtention de l’agrément pour les associations de micro crédit à l’existence de structure
telles que spécifié pour le cas des banques agréées, Barid Al Maghreb et les sociétés de
financement. Est-ce un oubli du législateur une faille ou une faveur qui leur a été octroyé

Sous-section 2 : L’étendue de la présentation


Pour ce qui est de cette sous-section, on touchera aux limites d’ordre juridique que le
législateur a instaurées (A), ensuite il sera question de donner un éclairage sur les raisons
économiques et réelles de la dite limitions (B).

A. limites d’ordre juridique

L’ouverture observé, par le législateur au niveau de la présentation d’opérations


d’assurances au profit des Banques, de Barid Al Maghreb, des associations de micro crédit et
des sociétés de financement, ne s’est pas faite sans limite. Dans ce point on abordera le cas
des Banques agréées er Barid Al Maghreb, des sociétés de financement et par la suite on
traitera celui des associations de micro crédit.

La présentation d’opérations d’assurances par les Banques et Barid Al Maghreb est limitée à
la présentation des assurances de personnes, à l’assistance et à l’assurance crédit. Pour ce
qui est des sociétés de financement, le législateur les a autorisées à présenter à leur client,
les opérations d’assurances décès et invalidités adossées aux opérations de crédits et/ou de
crédit-bail. Par exemple les associations de micro crédit se limitent aux assurances de
personnes contre l’incendie et le vol contractées par leurs clients (art 306 al 3 code des
assurances).

23
Une autre limite touche les nouveaux intervenants, mais celle-ci est beaucoup plus une
restriction qu’une limite. Elle se matérialise par les restrictions faites en matière de cession
de portefeuille des banques, de Barid Al Maghreb, des associations de micro crédit et les
sociétés de financement car le législateur renvoie aux mêmes dispositions que celles pèsent
sur les intermédiaires d’assurances à savoir :

 Le portefeuille ne peut être cédé qu’aux banques, à Barid Al Maghreb, aux


associations de micro crédit ou aux sociétés de financement agréées accords de
l’administration ;
 Toute demande de cession restée sans réponse dans un délai de 30 jours à compter
de con dépôt emporte accord de l’administration ;
 La cession entraine le retrait d’agrément pour le distributeur (les banques, Barid Al
Maghreb, les Associations de micro crédit ou les sociétés de financement) cédantes.

B. raisons économiques et réelles la limitation

Dans ce qui précède on constate que le législateur a limité l’exercice de la présentation des
produits d’assurances, pour ces nouveaux distributeurs et les a restreints à la présentation
de certains produits mais uniquement pour le compte de leur clientèle.

S’agit-il d’un souci de préserver le réseau des intermédiaires d’assurances, ou d’une


ouverture en vue de libéraliser le marché des assurances, compte tenu du taux de
pénétration.

Mais les véritables raisons à la limite de présentation des produits d’assurances, par les
nouveaux intervenants, résident dans le désir du législateur de préserver le réseau classique
(agent et société de courtage) de distribution car celui-ci 8000 emplois chez les
intermédiaires (agents et sociétés de courtage), sans parler des emplois indirects qu’il
engendre. Mais il est plus sage de procéder d’une manière tempérée à la présentation du
secteur des assurances aux nouveaux changements qui vont s’opérer dans le futur. Devant
cet état de fait, force est de constater que le législateur s’en est pris de manière maladroite ,
puisque les nouveaux intervenants risquent de se rabattre sur la création de cabinet captif
qui était déjà monnaie courante pour pouvoir embrasser un large éventail de produits en
manière de présentation et ce fin de pouvoir bénéficier de la rétribution suite à la
souscription de contrats d’assurances groupe au profit de leur clientèle.

En effet le code des assurances interdit toute rétribution suite à la souscription de contrat
d’assurances groupe (art 109 al 2 code des assurances). Comme ils se trouvent dans
l’impossibilité d’être rétribués les nouveaux distributeurs n’auront d’autres choix que de
créer leurs propres cabinets captifs ce qui échappe et d’autre part élargir leur champ
d’action en matière de présentation de produits d’assurances notamment assurances
dommage.

24
En résume de cette deuxième section, l’étude s’est focalisé sur le cadre régissant la
présentation des produits d’assurances par les nouveaux acteurs de la distribution que sont
les banques, Barid Al Maghreb, les associations de micro crédit et les sociétés de
financement. Nous avons observé que cette présentation est limitée à certains produits et
qu’il existe une légère différence entre ces nouveaux acteurs de la distribution.

A la fin nous avons développé un axe qui montre les raisons qui sous-tendent cette
limitation à la présentation et que l’ouverture, timide, faite par le législateur reste très limité
puisqu’il a permis a ces distributeurs uniquement la souscription de contrats d’assurances
sans rétribution (sans droit de commission).

Chapitre 2 : Les obligations Réglementaires Des Distributeurs Des


Assurances
Ce chapitre qui s’intitule « obligations réglementaires des distributeurs d’assurances » a ainsi
été voulu pour montrer que la distribution ou présentation des produits d’assurances ne se
fait pas sans rendre compte.
Dans ce sens le législateur a prévu un arsenal juridique afin de veiller au bon déroulement de
l’activité de présentation, à travers des obligations à suivre er à respecter. Et par
conséquent, le non-respect de ces obligations entraîne des conséquences qui peuvent se
matérialiser par des sanctions administratives, et peut entrainer des sanctions pénales selon
la gravité de l’infraction.

Pour appréhender les différents aspects qui touchent ce deuxième chapitre, nous avons
choisi de le diviser en trois sections, dans la première il sera question des obligations
intermédiaires d’assurances (section), dans la seconde on observera les obligations que
doivent respecter les banques, Bardi Al Maghrib, les Sociétés de financement et les
Associations de Micro Crédits (Section II) et par la suite il sera question des modalités en
matière de contrôle et suivi de l’activité de distribution des assurances (section3).

Section I : Les Obligations des intermédiaires d’assurances


L’exercice de l’activité d’intermédiaires d’assurances ne se fait pas sans obligations au profit
des acteurs intervenants ou gravitant autour du processus de présentation des produits
d’assurances que sont les assurés, les entreprises d’assurances et l’administration. Pour ce
faire on va traiter cette section en trois points :
1. Les obligations vis-à-vis de l’administration
2. Les obligations vis-à-vis des entreprises d’assurances
3. Les obligations vis-à-vis des assurés

1. Les obligations vis-à-vis de l’administration


Les obligations qui pèsent sur les intermédiaires vis-à-vis de l’administration, se traduisent
sous différentes formes et seront développées dans cinq classes d’obligations à savoir :
A. Obligation de se soumettre au contrôle ;

25
B. Obligation d’information ;
C. Obligation d’avoir l’accord de l’administration pour réaliser certains actes ;
D. Obligation de rendre compte ;
E. Obligation de soumission aux sanctions administratives ;

A. Obligation de se soumettre au contrôle


La première obligation qu’encourent les intermédiaires, est de se soumettre au contrôle de
l’administration (132, Art 315, code des assurances) par le biais de la DAPS/ Ministère des
finances, ce qui soulève le problème de l’indépendance de l’entité chargée du contrôle
puisqu’il s’agit d’une direction rattachée au ministère des finances.

Selon les dispositions du code des assurances, les intermédiaires d’assurances sont soumis
au contrôle de fonctionnaires assermentés délégués à cet effet par l’administration. Dans
cette optique, les intermédiaires d’assurances doivent, à tout moment, mettre à leur
disposition le personnel qualifié pour leur fournir les renseignements qu’ils jugent
nécessaires pour l’exercice de ce contrôle. (133 Art 316, Al 1 code des assurances).
A cet effet, toutes infractions relevées suite audit contrôle sont communiquées à
l’intermédiaire d’assurance concerné pour lui permettre de fournir ses explications dans les
15 jours qui suivent la transmission du procès-verbal dressé par le contrôleur. (Nous verrons
plus loin les différents aspects du contrôle).

B. Obligation d’information
Les intermédiaires d’assurances, personne morale, sont tenus d’informer l’administration de
tout changement de majorité, de toute cession de plus de dix pour cent des actions ou parts
et de toute prise de contrôle direct ou indirecte au-delà de trente pour cent de leur capital
social. (134 Art 307, code des assurances)

De plus, et au cours de son activité, l’intermédiaire d’assurance peut faire face à un


changement d’adresse, d’enseigne ou de dénomination sociale d’une agence ou d’une
société de courtage d’assurances, ce qui donne lieu à la mise à jour de son agrément. (135
Art 3, al2 de l’arrêté du ministère des finances N° 2241-04 du 14 Kaada 1425 (27 décembre
2004) tel qu’il a été modifié et complété, BO n°5784 5-11-2009) Cet état de fait, engendre
l’obligation d’informer le ministère chargé des finances, du changement d’adresse dans un
délai de 10 jours au moins avant sa survenance. (136 Art 3, al3 de l’arrêté du ministère des
finances n°2241-04, Idem)
Comme, ils sont tenus, également, d’informer le ministère précité, en cas de changement
d’enseigne ou de dénomination sociale dans un délai de 10 jours. (137 Art 4, al 4 de l’arrêté
du ministère des finances n°2241-04, Idem)
En sus des activités qu’ils exercent, les intermédiaires sont amenés à exercer des activités
réputées liées à leur profession. Dans ce cas de figure ils doivent en informer le ministère
des finances. (138 Art 51 al2, décret n°2-04-355 du 19 ramadan 1425 (2 Novembre 2004)

26
pris pour l’application de la loin n°17-99 portant code des assurances. BO n°5262 du 21
Ramadan 1425 (4 novembre 2004).

C. L’obligation d’avoir l’accord de l’administration


La cession d’un portefeuille d’une société de courtage ou d’une agence d’assurances, ne
peut être faite qu’après accord de l’administration, de plus ledit portefeuille ne peut être
cédé qu’à un autre intermédiaire d’assurances agréé. (139 Art 311, al1 code des assurances)
Cette administration à qui revient de droit le donner l’accord à la cession précité n’est autre
que le ministère des finances. (140 Art 54, du décret n°2-04-355 du 19 ramadan 1425 (2
Novembre 2004) pris pour l’application de la loin n°17-99 portant code des assurances. BO
n°5262 du 21 ramadan 1425 (4 novembre 2004))

L’accord de l’administration susmentionné, se fait par une demande adressée à


l’administration concernée. Toutefois, si la demande de cession reste sans réponse dans un
délai de trente jours à compter de son dépôt et passé ce délai, celle-ci emporte accord de
l’administration. (141 Art 311, Al2 code des assurances)

D. L’obligation de rendre compte


Compte tenu de la sensibilité de leur profession, les intermédiaires d’assurances, sont tenus
de rendre compte de l’exercice de leur activité et doivent tenir des registres (142 Le mot
registre) pour permettre un meilleur contrôle de leur activité par l’administration. (Ce point
relatif au contrôle sera détaillé dans la section III qui suivra).

Dans la même optique, les intermédiaires sont tenus d’adresser au ministère des finances,
avant le 30 avril de chaque année, les états de leur production conforme au modèle annexé
(annexe 5) et un état des règlements conforme au modèle annexé (annexe 6) et ce
conformément à Art 6, al1 de l’arrêté du ministère des finances n°2241-04 du 14 Kaada 1425
(27 décembre 2004) tel qu’il a été modifié et complété (143 BO n°5784 du 5-11-2009).

Ils doivent également adresser, avant la date précitée, la liste de leur personnel et, le cas
échéant, celle de leurs démarcheurs, et un extrait de la fiche anthropométrique datant de
moins de trois mois, concernant l’agent <<personne physique>> et le représentant
responsable de l’agent <<personne morale>> ou de la société de courtage.

E. L’obligation de soumission aux sanctions administratives


L’article 326 al2 de la loi 17-99, oblige les intermédiaires concernés par les sanctions
administratives à l’affichage ou l’insertion des décisions prononçant le retrait de l’agrément
temporaire ou définitif dans deux journaux habilités à recevoir les annonces légales.
En effet l’obligation d’affichage ou d’insertion des décisions prononçant le retrait de
l’agrément peut être ordonnée par le ministère des finances. (144 Art 57 Al1, du décret n°2-

27
04-355 du 19 ramadan 1425 (2 Novembre 2004) pris pour l’application de la loin n°17-99
portant code des assurances. BO n°5262 du 21 Ramadan 1425 (4 novembre 2004).
En plus des différents types d’obligations mentionnées plus haut, les intermédiaires
d’assurances doivent se conformer aux dispositions de la loi n° 9-88 relatives aux obligations
comptables des commerçants. (145 Art 319 du code des assurances).

2. Les obligations vis-à-vis des entreprises d’assurances


Dans leurs relations avec les entreprises d’assurances, les intermédiaires sont tenus de se
soumettre à certaines obligations qui se présentent comme suit :
Pour les obligations en matière de cession de portefeuille d’une agence d’assurances,
l’accord préalable de l’entreprise mandante est indispensable avant toute cession. (146 Art
311, Al3 du code des assurances)
Pour ce qui est du contrôle qu’exercent les entreprises d’assurances sur les intermédiaires
d’assurances, ces derniers ne peuvent s’opposer audit contrôle, lorsqu’ils sont soit des
mandataires soit chargée de présenter des opérations d’assurances pour le compte des dites
compagnies. (147 Art 317, Al1 du code des assurances)
Toutefois, en ce qui concerne les sociétés de courtage, le contrôle doit être strictement
limité aux opérations réalisées pour le compte de ces entreprises.
Une autre obligation pèse sur les intermédiaires d’assurances, c’est l’obligation de
versement des primes d’assurances encaissées pour le compte des entreprises d’assurances
et de réassurance dans les délais fixés par voie réglementaire comme l’indique l’art 318 du
code des assurances.
A cet effet, les délais ainsi fixés obligent, les intermédiaires au versement des primes
d’assurances encaissées pour le compte des entreprises d’assurances et de réassurances
dans les quinze jours qui suivent la date de leur encaissement. (148 Art 8 de l’arrêté du
ministre des finances et de la privatisation n°2241-04 du 14 Kaada 1425 (27 décembre 2004)
relatif à la présentation des opérations d’assurances)
Dans le même ordre d’idées, les primes fractionnées ou afférentes à des contrats renouvelés
par tacite reconduction, qui n’ont pu être encaissées dans les dix jours de leur échéance par
l’intermédiaire d’assurances doivent, sauf convention contraire, être déclarées par écrit à
l’assureur au terme de ces dix jours. (Art 7 de l’arrêté du ministre des finances et de la
privatisation n°2241-04, tel que modifié et complété, Idem)
Dans le cas où l’une ou l’autre des parties intermédiaires ou entreprise d’assurances et de
réassurance cesse son activité, dénonce des parties du traité de nomination ou se trouve
devant un retrait de l’agrément, elle est tenue de remettre tous les imprimés et documents
que l’entreprise d’assurances lui avait confiés dans le cadre de l’exercice de la profession
d’intermédiaire d’assurances. (150 Art 322, code des assurances)

3. Les obligations vis-à-vis des assurés


Pour ce qui est des obligations des intermédiaires vis-à-vis des assurés celles-ci découlent de
plusieurs sources, elles trouvent leur origine à la fois dans la loi 17-99 portant code des

28
assurances, le DOC de 1913 et fait aussi appel aux conditions générales type de la
responsabilité civile professionnelle.
Tout d’abord l’obligation qui découle du contrat d’assurance et de principes du DOC, c’est
que celui-ci doit être valable et valide, ne comportant aucun vice de consentement (dol).
Mais avant toute procédure de souscription d’un contrat d’assurance, l’intermédiaire est
dans l’obligation de remettre à l’assuré une notice d’information (151 Art 10 du code des
assurances) qui décrit notamment les garanties assorties des exclusions, le prix afférent et
les obligations de l’assuré relatives à la souscription du contrat d’assurance. Par la suite et
préalablement à la conclusion du contrat définitif ou de l’établissement de la police
d’assurance une note de couverture est établie pour formaliser l’engagement de l’assureur
et de l’assuré prouvant l’existence d’un accord préalable.
Toutefois, l’intermédiaire n’est pas obligé d’informer l’assuré du droit de rétraction dont il
dispose, lorsqu’il souscrit un contrat d’assurance vie. L’assuré dispose d’un délai de 15 jours
à compter de la date de souscription du contrat. (152 Art 97, al1 du code des assurances)
cette disposition permet à l’assuré de se rétracter durant ce délai, force est de constater que
l’assuré est tenu de le savoir car aucune obligation ne pèse sur l’intermédiaire pour l’en
informer.
Certaines pratiques ont été interdites par la loi 17-99, pour éviter tout désagrément de
l’assuré et parer à tout abus de la part de l’intermédiaire d’assurances, celles-ci se déclinent
comme suit (153 Art 302 du code des Assurances) :
 L’usage de notes de couverture et attestation d’assurances au nom de l’intermédiaire
d’assurances ;
 Toute rémunération ou avance effectuée par un intermédiaire d’assurances qui,
moyennant émoluments convenus au préalable, se charge de garantir aux assurés et
bénéficiaires de contrats ou à leurs ayants droit le bénéfice d’accords amiables ou de
décisions de justice ;
 L’encaissement d’un montant de prime supérieur à celui fixé de l’entreprise auprès
de laquelle le contrat est souscrit ainsi que l’octroi aux assurés de toute ristourne
commission ou escompte sur prime sous quelque forme que ce soit.

Dans un souci de préservation des droits des assurés et dans le cas de défaillance des
intermédiaires d’assurances, ces derniers sont tenus de garantir la responsabilité civile qu’ils
peuvent encourir en raison de leurs activités. Cette garantie doit être matérialisée par la
souscription d’un contrat d’assurance pour un montant au moins ou égal à cinq cent mille
dirhams pour les agents et un million de dirhams pour les sociétés de courtage. (154 Art 303,
Al 1 code des assurances)
Ils sont tenus également de veiller à ce que les titres de toute nature, prospectus, affiches,
circulaires, plaques, imprimés et tous les autres documents destinés à être distribués au
public ou publiés portent toujours à la suite du nom ou de la dénomination sociale la
mention ci-après, en caractères uniformes et apparents : ‘’Intermédiaire d’assurances régi

29
par la loi n°17-99 portant code des assurances’’, ainsi que le numéro et la date de
l’agrément. (155 Art 314 code des assurances).
Après ce développement qui a trait aux obligations des intermédiaires d’assurances, on
s’attachera à développer dans la section qui suit et dans le même sens de réflexion, les
obligations à respecter par les banques, Barid al Maghrib, Les associations de Micro crédit et
les sociétés de financement en matière de présentation de produits d’assurance.

Section II : Les obligations des Banques, Barid al Maghrib, les Associations de


Micro crédit et les sociétés de financement
Dans cette section on traitera des obligations vis-à-vis de l’administration (a), et par la suite
on passera aux obligations vis-à-vis des entreprises d’assurances et de réassurance (b).

1. Obligations vis-à-vis de l’administration


Les nouveaux distributeurs qui sont les Banques, Barid al Maghrib, les Associations de Micro
crédit et les sociétés de financement étant soumis à certaines obligations doivent produire à
l’administration les documents qui permettent de rendre compte de leurs activités dans les
délais réglementaires et conformément aux modèles prévus par voie réglementaire (156 Art
306, qui renvoie à l’Art 315).
Le contrôle effectué par l’administration se fait par des fonctionnaires assermentés
délégués, à cet effet par l’administration (voir en détail dans la section qui suit). Ces
fonctionnaires peuvent, à tout moment, vérifier sur place les opérations effectuées par les
banques agréées, Barid Al Maghrib, les Associations de micro crédit et les sociétés de
financement de mettre à la disposition des contrôleurs le personnel qualifié pour leur fournir
les renseignements qu’ils jugent nécessaires pour l’exercice dudit contrôle. (157 Art 306, qui
renvoie à l’Art 316, Al1)

2. Obligations vis-à-vis des entreprises d’assurances et de réassurance


Dans ce registre, les Banques, Barid al Maghrib, les Associations de Micro crédit et les
sociétés de financement sont tenus de verser les primes d’assurances encaissées pour le
compte des entreprises d’assurances et de réassurance dans les délais fixés par voie
réglementaire. (158 Art 306, qui renvoie à l’art 318)

Pour ce qui est des règles de cessation et des sanctions administratives que peuvent subir
ces nouveaux distributeurs, elles sont identiques à celle respectées par les intermédiaires
d’assurances et de réassurances qui vont de l’art 320 à 330, à l’exception de la dénomination
du traité de nomination marquant l’agent d’assurances.

Section III : contrôle et suivi de l’activité de la distribution


La présentation des produits d’assurances étant une activité réglementée, de ce fait,
soumise à un contrôle avec toutes les conséquences qui en découlent dont les sanctions en
cas de transgression aux règles établies par la réglementation. Pour mieux étudier le sujet
soulevé par cette section nous avons choisi d’aborder en premier lieu les différents aspects

30
du contrôle (sou section 1) et en second lieu les sanctions qui font suite aux infractions
relevées (sou section 2).

Sous section 1 : le contrôle


Le contrôle se fait sous deux aspects, nous avons le contrôle sur place (i) et le contrôle sur
pièces (ii).

i. Contrôle sur place

Comme son nom l’indique, il se matérialise par le déplacement à tout moment, des
fonctionnaires de la DAPS qui précéderont à la vérification sur place des opérations qui ont
été effectuées par les intermédiaires d’assurances ou par les nouveaux distributeurs.

Le contrôle se matérialise en pratique pour les intermédiaires d’assurances, par la mise à la


disposition des contrôleurs du personnel qualifié chargé de leur fournir les renseignements
demandés. (Art 316 du code des assurances).

A cet effet et suite à ce contrôle les infractions susceptibles d’être relevées, font l’objet d’un
procès-verbal dressé par les fonctionnaires précités et communiqué à l’intermédiaire
d’assurances concerné pour lui permettre de fournir ses explications dans les 15 jours qui
suivent la transmission de ce procès- verbal.

Prés étude de ce procès-verbal et des explications fournies par l’intermédiaire d’assurances,


l’administration peut prendre à l’égard de ce dernier les mesures prévues par le chapitre
premier du titre v la loi 17-99 portant code des assurances, relatif aux sanctions
administratives qu’on verra plus loin.

ii. Contrôle sur pièces

C’est un contrôle qui s’effectue par des fonctionnaires habilités à cet effet et relevant de la
DAPS. Il se base sur les pièces transmisses par les différents distributeurs de produits
d’assurances et se mesure à travers la vérification du respect des règles établies par la loi 17-
99 à savoir :

 Contrôler les documents (art 316 du code des assurances) diffusés par des
intermédiaires d’assurances, en vérifiant qu’ils comportant à la suite du nom ou de
la dénomination sociale la mention, en caractère uniformes et apparents :
« intermédiaire d’assurance régi par la loi n°17-99 portant code des
assurances ».ainsi que le numéro et la date de l’agrément.

De plus s’assurer que les documents susmentionnés ne comportent pas des mentions ou
des insertions susceptibles d’induire en erreur sur la nature du contrôle exercé par l’Etat,
ni sur la véritable nature de l’activité de l’intermédiaire d’assurances ou sur l’importance
réelle de ses engagements.

31
 Vérifier si les primes d’assurances encaissées et versées par les intermédiaires
d’assurances pour le compte des entreprises d’assurances et de réassurance ont été
faites dans un délai de 15 jours (fixé par voie réglementaire) de la date de leur
encaissement.
 Voir si les documents transmis à l’administration respectent les délais prescrits et ont
conformes aux modèles prévus par voies réglementaires. A cet effet l’Art 5 et 6 de
l’Arrêté du Ministre des Finances et de la privatisation n°2241-04 du 14 kaada 1425
(27 décembre 2004) tel qu’il été modifié et complété relatif à la présentation des
opérations d’assurances fixe les documents à tenir et les délais qui sont nécessaires
pour bien rendre compte de l’activité de présentation aux contrôleurs. Ces
documents sont :
 Le registre des actes de production des opérations d’assurances ;
 Le registre des sinistres, règlements et recours ;

Ces registres doivent être tenus pour chaque entreprise d’assurances et de réassurance,
conformément aux modèles.

Dans le même ordre d’idées, les contrôleurs sont tenus de vérifier également, si les
distributeurs des produits d’assurances ont respecté les délais prévus pour adresser au
Ministre chargé des Finances, avant le 30 avril de chaque année :

 Un état de leur production conforme au modèle


 Un état des règlements conforme au modèle

Toutefois les contrôleurs doivent vérifier différemment si :

 Les intermédiaires d’assurances ont adressé la liste de leur personnel et, le cas
échéant, celle de leurs démarcheurs conformes aux modèles et un extrait de la
fiche anthropométrique datant de moins de 3 mois, concernant l’agent
« personne physique » et le représentant responsable de l’agent « personne
morale » ou de la société de courtage.
 Barid Al Maghreb, les banques et les sociétés de financement ont adressé au
Ministre chargé des Finances, avant le 30 avril de chaque année, la liste des
agences proposées pour présenter les opérations d’assurances, conformément
aux modèles
 Vérifier la conformité de l’activité des intermédiaires aux dispositions de la loi
n°9-88 relative aux obligations comptables des commerçants. (art 379 du code
des assurances).

32
Sous section 2 : Les sanctions aux infractions relevées
Les sanctions aux infractions sont de deux natures distinctes :

 Les sanctions d’ordre administratives (i)


 Les sanctions pénales (ii)
i. Les sanctions d’ordre administratives

Les intermédiaires d’assurances sont passibles de sanctions administratives. Celles-ci se


matérialisent dans le cas suivants :

La non production des pièces prescrites par l’article 315 du code des assurances,
dans les délais impartis est passible dans chaque cas, d’une amende administrative
de 500 dirhams par jour de retard à compter du trentième jour de la réception par
l’intermédiaire d’assurances à son dernier domicile ou siège social connu de
l’administration, d’une recommandée de mise en demeure.
Toutefois lorsque la production des pièces est prescrite à des dates fixes, l’amende
administrative de retard courra de plein droit à partir de ces dates, sauf report
desdites dates par l’administration.
La prononciation du retrait de l’agrément à titre temporaire, en cas de poursuite
pour délit ou crime ayant entrainé la détention (art 324 al 2 code des assurances). Ce
retrait d’agrément est nuancé, si l’intermédiation bénéficie de la liberté provisoire,
dans ces cas précis l’administration peut l’autoriser à poursuivre son activité.
La prononciation d’une amende administrative variant de 2000 à vingt mille dirhams,
recouvrée conformément à la loi n°15-97 formant code de recouvrement des
créances publiques, pour les cas suivantes (art 325 du code des assurances) :
o Le refus de communiquer les renseignements demandés par les
fonctionnaires visés à l’article 316, ou l’obstruction à l’exercice normal du
contrôle. L’absence de personnes habilitées à communiquer ces
renseignements est assimilée à un refus. Dans ce cas, un délai de 3 jours,
notifié par écrit, doit être accordé à l’intermédiaire d’assurances lui enjoignait
de mettre à la disposition des fonctionnaires précités le personnel qualifié
pour leur fournir les renseignements qu’ils jugent utiles ;
 Le refus de remettre à l’entreprise d’assurance et de réassurance concernée
les imprimés et les documents qui lui ont été confiés par cette dernière dans
le cadre de l’exercice de sa profession d’intermédiaire d’assurances.
 Le dépassement des délais prévus à l’article 318 du présent livre pour le
versement aux entreprises d’assurances et de réassurances des primes
encaissées pour le compte desdites entreprises ;
 L’inobservation des dispositions de l’article 296.

33
 Modalités de prononciation des sanctions : (article 326, code des assurances)

La prononciation des sanctions administratives par l’activité de tutelle, en l’occurrence la


DAPS/Ministre des Finances, ne peuvent être exprimés avis du comité consultatif des
assurances.

Toutefois et avant toute prononciation de sanctions, l’intermédiaire d’assurances doit être


préalablement mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception adressée
à son dernier domicile ou siège connu de l’administration de présenter ses observations par
écrit dans un délai de 30 jours courant à compter de la date d’envoi de cette lettre.

Suite aux sanctions à l’intermédiaire exprimées, l’administration peut ordonner à


l’intermédiaire concerné, l’affichage ou l’insertion des décisions prononçant le retrait de
l’agrément temporaire ou définitif dans deux journaux habilités à recevoir les annonces
légales.

ii. Sanctions pénales

Pour ce qui est registre pénal, le législateur a prévu, en sus des sanctions prévues au code
pénal et de commerce, un arsenal répressif qui se matérialise par de lourdes sanctions
pénales en cas de transgression de certaines dispositions de la loi 17-99, portant code des
assurances, celles-ci se matérialisent par les peines suivantes :

Est passible d’un emprisonnement de 3 mois à 2 ans et d’une amende de deux


mille cinq cents à dix mille dirhams ou de l’une de ces deux peines seulement
quiconque (art 327 code des assurances) :
 Présente de mauvaise foi en vue de leur souscription ou fait souscrire des
contrats pour le compte d’une entreprise d’assurances et de réassurances
non agréée pour la catégorie d’opérations dans laquelle rentrent ces
contrats ;
 Exerce la profession d’intermédiaire d’assurances sans être agréé ;
 Les intermédiaires d’assurances qui utilisent les services de personnes non
agréées pour présenter les opérations d’assurances.
Tout intermédiaire d’assurances qui, de mauvaise foi, couvre un risque sans avoir
établi et transmis la proposition d’assurance à une entreprise agréée pour
pratiquer les opérations d’assurances au MAROC, et passible par dérogation de
l’article 540 du code pénal, d’un emprisonnement de un 1 à cinq ans et d’une
amende légale à 10 fois le montant des primes perçues frauduleusement, sans
que son montant puisse être inférieur à cinq mille dirhams (art 328, code des
assurances).
De plus, le fait de disposer de matériels nécessaire à cet effet : faux imprimés,
prépositions, polices, notes de couverture, attestation d’assurances ou
d’appareils permettant de les confectionner, constitue un commencement
d’exécution non équivoque et est puni des même peines.
34
La juridiction qui a prononcé les peines d’emprisonnement prévues aux articles
317 et 328 de la loi 17-99, ordonne obligatoirement la fermeture immédiate des
locaux réputés ou non professionnels ou le condamné exerçait ses activités et la
confiscation du matériel objet de l’infraction (art 329 code des assurances).
En cas de condamnations judicaires intervenues en première instance, pour
crimes ou délits ou toute autre condamnation supérieure à 3 mois
d’emprisonnement pour les faits prévus à l’article 308 de la présente loi,
l’agrément peut être retiré à titre temporaire, pour toute période ou aucune
décision judicaire ayant force de chose jugée n’est intervenue ( art 330 code des
assurances).
Toutefois l’intermédiaire d’assurances, en cas d’acquittement, est restitué dans
ses droits ceci sans préjudice des sanctions que l’administration peut prendre
dans le cadre de son contrôle.

En résume de cette troisième section on a pu voir les aspects du contrôle qu’exerce


l’administration sur les distributeurs de produits d’assurance et que celui-ci se fait sous deux
formes à savoir une contrôle effectué sur place exercé par des fonctionnaires qui vérifient
sur les lieux l’exercice des distributeurs de produits d’assurances et un contrôle ) posteriori
qui se fait sur les pièces adressées au Ministère des Finances. DAPS.

Le volet des sanctions qui touchent l’activité de présentation des produits d’assurances a été
aussi développée sous deux formes à savoir les sanctions qui tombent sous la coupe des
sanctions administratives et celles considérées comme pénales.

Cette partie a été pensée de la sortie, pour montrer que l’industrie de distribution des
produits d’assurances est en pleine métamorphosé, et que la tendance actuelle est à
l’éclatement du réseau de distribution des assurances, ce qui génère inéluctablement des
craintes auprès de certains distributeurs compte tenu de la concurrents acharnée çà laquelle
ils devront faire face.

35
DEUXIEME PARTIE

LA DISTRIBUTION DES OPERATIONS D’ASSURANCES :


TENDANCES ET DEFIS

La distribution des assurances n’est pas un secteur uniforme et standardisé. Il saura faire
preuve de ses capacités d’adaptation pour continuer de remplir la fonction qui lui incombe :
aide les acteurs économiques à sécuriser leur avenir en maitrisant les conséquences des
aléas dont ils pourraient être victimes.

Dans cette deuxième partie nous allons montrer chiffres à l’appui que la structure du
marché de présentation des produits d’assurances est en mutation et pour cela on traitera
dans un premier chapitre les statistiques et chiffres clés de la distribution des assurances
personnes et dans le deuxième Les résultats de l’éclatement du réseau de distribution.

Chapitre 1 : Statistiques et chiffres clés de la distribution des


assurances personnes
Ce chapitre va être traité sous forme de deux sections ; la première section sera consacrée
pour l’élaboration des statistiques relatives aux primes émises dans les assurances
personnes au Maroc sous-formes de tableaux notamment et la seconde section consistera à
mettre en place des commentaires permettant d’analyser et expliquer l’ensemble des
statistiques.

36
Section I : Primes émises dans les assurances personnes au niveau du secteur
Marocain

37
38
Section II : Commentaires
Sur la base des éléments disponibles, on remarque au titre de l’année 2015 la domination
des assurances non vie avec une prime émises de 19651,5 alors que les assurances vie et
capitalisation sont à hauteur de 10559,4 avec une part importants des assurances
individuelles avec une part de 6308,5et vient enfin les acceptations en réassurances avec
une part de 212,5.

Ce qui concerne les primes émises par les entreprises d’assurances à l’exercice de l’année
2015, on remarque que la compagnie wafa assurance est pionnière dans le marché avec une
part de 21,1%, vient en deuxième position RMA Watanya avec une part de 18,2 et en
troisième position SAHAM Assurance avec une part de 12,4%.

Il ressort de ce précède que les assurés concernant les assurances vie est plus précisément
les assurances individuels sont très demandé par les assurés qui est remarqué clairement
dans les statistiques au titre de l’année 2015.

Avec 18 acteurs, les primes émises nettes du marché marocain des assurances se sont
établies à 15,79 milliards de dirhams pour les 6 premiers mois de l’année 2014 (26,73
milliards de dirhams pour toute l’année 2013). Wafa Assurance, RMA Watanya, Axa
Assurance Maroc et Saham Assurance sont les leaders d’un secteur dominé par les branches
«Automobile» et «Assurance Vie & capitalisation»

Chapitre 2 : Eclatement du réseau de distribution


Dans ce chapitre nous allons analyser la tendance et les défis qui se profitent actuellement
sur le marché de la distribution des assurances. Pour cela ce chapitre a été subdivisé en deux
sections, la première se focalisera sur les tendances actuelles (section 1) ; en dégageant les
probables acteurs qui poussent vers cette ouverture du marché et à travers aussi les
nouvelles formes de distribution, qui se posent au marché. Par la suite nous ferons ressortir
les défis (section 2) ; qui se poseront du fait de ces tendances, et quelles sont les réponses à
apporter par le législateur et les pouvoirs publics pour palier à celle-ci.

Section I : Tendances actuelles


Cette section touchera la tendance vers laquelle le marché de la présentation des produits
d’assurances s’oriente en abordant le volet de l’ouverture du marché de la distribution (sous
section 1). Par la suite il sera question de traiter les nouvelles formes de distribution basées
sur le e-Commerce, l’EDI ; internet….. (Sous-section 2).

Sous-section 1 : Ouvertures du marché et introduction de nouveaux produits


d’assurances
La distribution des produits d’assurances ne relève plus, uniquement, de la spécificité des
secteurs bancaire et d’assurance, on constate que dans plusieurs pays européens, les
grandes entreprises intervenir comme banquier ou assureur. C’est le cas, notamment des
grandes entreprises industrielles productives de biens de consommation (Volvo, IKEA, en

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suède par exemple). La grande distribution est en train de devenir un grand acteur dans le
domaine de la présentation des produits d’assurances. Elle constitue donc un sérieux
concurrent pour les distributeurs d’assurances actuels (OUCHEKKIR Ouali, op.cit.129 et
p.130).

La tendance qui se profite, se nomme supermarché, hypermarché, vépécistes, sociétés


financières et de crédits, qui sont autant de distributeurs qui ont tenté de proposer de
l’assurance, quant à la présentation c’est un autre niveau et un grand défi.

Tous les grands distributeurs interrogés, avancent un argument de poids « les banquiers, ce
sont mis à la distribution de l’assurance, pourquoi pas nous ». Il est vrai que l’assurance
présente un gros intérêt, notamment pour les entreprises alimentaires ; drainer encore plus
de clients dans leurs magasins. Certes les enquêtes clients menées dans ce sens, à vendre
des services financiers tels que l’assurance (un client sur deux en moyenne serait prêt à y
souscrire).

Pour Sylvie LANGLOIS (Directrice générale opérationnelle de SOLLY AZAR), elle considère que
les assureurs ne sont pas allés au bout des expériences (vente via les enseignes), et qu’il
reste plein de pistes à explorer ». A quand la caissière de supermarché conseillère en
assurances Certains en rêvent et la plupart des assureurs restent attentifs à ce qui se passe
hors de leurs frontières (BOZZO Floriane, art.p.cit).

La très vive concurrence qui règne sur la marché de l’assurance incite les assureurs à
rechercher de nouveaux réseaux de distribution, deux exemples significatifs : la vente
d’assurances dans la grande distribution et chez les concessionnaires automobile.

C’est pour cela, que le développement de ces nouveaux canaux se fait en accord ou en
partenariat avec les assureurs et concerne aussi bien les assurances dommages (automobile,
habitation, téléphone portable…) que les assurances vie.

Parallèlement, d’autres réseaux de distribution apparaissent ou se développent : agences de


voyage, agences immobilières, magasins de pompes funèbres (contrat obsèques), boutiques
de téléphonie.

Pour ce qui est du marché Marocain de la distribution des produits d’assurances, la politique
des pouvoirs publics tend vers l’accompagnement du secteur des assurances dans le
développement de l’offre et l’amélioration de la couverture régionale et l’accès aux produits
d’assurances.

A cet effet les entreprises d’assurances et de réassurance se sont engagées à prendre les
mesures nécessaire au renforcement de leurs réseaux de distribution à travers notamment,
une politique appropriée de formation.

De leur coté, les pouvoirs publics ont convenu d’étudier la possibilité de permettre de
diffusion des produits d’assurances par de nouveaux canaux. Il découle de ce constat que les

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pouvoirs publics compte ne pas s’arrêter à l’introduction de nouveaux acteurs dans le réseau
de distribution de l’assurance que sont (Les banques, Barid Al Maghreb, les Associations de
Micro crédit et les sociétés de Financement). D’ailleurs le dernier venu en date n’est autre
que les sociétés de financement introduites le 21 juillet 2011 (Amendement de l’art 306 de
la loi N°17-99 portant code des assurances du 25 rejet 3 octobre 2002…..).

On peut donc s’attendre dans le futur à voir l’assurance distribué par les guichets du trésor
public, par les grandes surfaces de distribution, Marjane, Acima,etc… à quand le caissière
souscripteur d’assurance au Maroc

D’autres formes de canaux de distribution se profitent, à savoir les concessionnaires


automobiles, lors de l’achat voiture par un particulier, la possibilité d’adosser cet acte avec la
souscription d’une assurance auto, les agences de voyages peuvent elles aussi présenter des
produits d’assurances liés à leur activité.

Toutefois ces canaux de distribution, qui se présentent comme une alternative aux
distributeurs classiques, feront aussi face à un intervenant redoutable, qui est le e-
commerce par le biais du réseau internet. Celui-ci a fait son apparition ces deux dernières
décennies et tend) changer profondément le réseau de distribution de l’assurance. C’est ce
qu’on d’attellera à développer dans la sous-section qui suit.

Sous-section 2 : Nouvelles formes de distribution


Plusieurs formes de diffusion s’ouvrent au marché de la distribution des produits
d’assurance, on traitera dans cette sous-section, l »expérience des pays développés dans
l’utilisation du e-commerce dans la distribution des produits d’assurances (A). Et par la suite,
il sera question du rôle du commerce électronique dans la distribution des produits
d’assurances au Maroc (B).

A. Rôle du e-commerce dans la distribution des produits d’assurance, par les pays
développés

En matière de présentation des produits d’assurances les innovations technologiques


intéressent tous les partenaires du métier ; les assureurs, les agents d’assurances, les
sociétés de courtage, les banquiers, la poste…etc. Chaque partie tente de maximiser les
gains que pourra procurer la vente en ligne, surtout en termes de productivité, d’efficacité,
de cout et de clientèles (OUCHEKKIR Oualia, op.cit,p.166).

La possibilité d’échanger les informations entre les entreprises existe depuis longtemps,
mais l’arrivée de l’échange de données informatisées (EDI) en début des années 1990 a
considérablement accru la capacité de transfert de données. En effet l’EDI a permis de
simplifier les procédures de contact entre les entreprises, essentiellement via l’adoption
d’une norme d’échange universelle (CORDIER Didier et FERRY Fréderic, op.cit, p.38).

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Les effets de l’EDI se sont fait sentir sur le fonctionnement des entreprises dans les
domaines suivantes :

 L’impact sur la stratégie de l’entreprise ; facilitation d’accès aux données, disposer


d’informations justes et fiables au bon moment.
 Impact sur les finances de l’entreprise, réalisation des économies, la suppression des
échanges papier, l’amélioration de la qualité, etc.….

Toutefois, il faut savoir que ces gains, liés à l’EDI, ne sont possibles que pour les entreprises
présentent certains pré-requis, le volume des échanges doit être important et l’échange doit
être suffisamment répétitif justifier la mise en place de l’EDI.

Ces outils favorisent la transparence au profit du consommateur. En France, il est possible de


s’assurer en ligne. Des sociétés d’assurances et des sociétés de courtage sont présentes sur
internet. Certains proposent, déjà, des devis ou des tarifs.

Toujours en France, certain concessionnaire vendent des assurances automobiles grâce au


minitel (le minitel est une technologie de communication télématique développée et utilisée
en France, essentiellement dans les années1980 et 1990), mais internet est un outil plus
commode et plus performant.

La tendance est certainement au développement du commerce électronique qui recèle un


fort potentiel.

Aux Etats-Unis, l’internet devient un puissant outil commercial. D’ailleurs, il est envisagé de
vendre des assurances automobiles sur internet et que ces ventes pourraient même
représenter 28% des transactions commerciales effectuées sur le réseau ce qui est
considérable.

Toujours au Etats-Unis, les innovations technologiques liées à l’EDI, visent à constituer de


véritables places de marché virtuelles. Les applications ne touchent plus seulement les
taches à faible valeur ajoutée –traitement et saisie de données) mais également le cœur de
métier des acteurs de l’assurance (la souscription et la sélection des risques, le traitement
des sinistres, les services offerts aux clients pour les fidéliser et leur vendre des produits
packagés, la réassurance, etc.….).

La question qui se pose et qui profile : internet peut-il transformer la distribution et la


gestion des assurances collectives

Une partie de la réponse à cette interrogation se trouve dans le développement qui suivra :

Internet, ç travers le commerce électronique, apparait de plus en plus comme un nouveau


canal de distribution des produits d’assurances à destination tant des PME que des grandes
entreprises. Le commerce électronique s’ajoute aux canaux traditionnels de distribution et

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en aucun cas n’est destiné à les faire disparaitre. Bien au contraire, il doit leur servir de
complément et les valoriser.

Depuis temps, toujours aux Etats-Unis, un nouveau type de sites internet B to B fait son
apparition, il s’agit de portail permettant à des directeurs des ressources humaines de
souscrire en ligne les produits de protection des salariés, d’épargne salariale ou tout autre
produit d’épargne.

Donc potentiellement le DRH, peut souscrire un contrat d’assurance en ligne. Il peut


également, s’il le souhaite, trouver sur ce site les coordonnées d’un courtier qui se trouve
sans sa région. D’ailleurs un grand nombre de banques et d’entreprises d’assurance
notamment FIDELITY, (qui à lancé son site de ce type qui connaissent un succès conséquent
auprès des employeurs que des courtiers.

Un autre modèle économique existe, appelé « le gagnant paie tout ». Dans ce cas c’est
l’assureur ou le gestionnaire de fonds quia remporté le contrat qui acquitte tous les frais du
site. D’autres modèles consistent ç une faire payer une commission ou un montant fixe aux
assureurs, pour chaque proposition qu’ils envoient en réponse aux demandes des
employeurs. (CORDIER Didier et FERRY Fréderic, op.cit, p.45).

Une autre forme de distribution a fait une apparition sur les sites internet le (B to C), c’est le
commerce entre les entreprises et les consommateurs, qui progresse beaucoup plus
lentement que le commerce électronique intra-entreprises (B to B) les développements du
e-commerce (B to C) dans l’assurance, notamment française sont hypothétiques pour
plusieurs raisons à savoir :

 Les producteurs doivent être créatifs s’ils veulent faire décoller le marché du B to C ;
la configuration des offres est déterminante et l’ergonomie jouera un rôle très
important ;
 La demande n’est que latente ; la capacité des opérateurs à comprendre ces
nouvelles règles du jeu sera décisive dans le basculement des assurés dans un
nouveau mode de distribution.

Parmi tous les canaux innovants, internet est aujourd’hui, sans doute, le plus important, en
2008 3 groupes mutualistes ont lancé des sites internet permettant à leurs clients de
souscrire des produits d’assurance en ligne, mais aussi d’accéder à des services tels que le
conseil à toute heure.

Apparemment rien ne peut arrêter le développement du l’e-commerce, désormais, de


nombreux experts semblent parier sur le potentiel du mobile marketing.

Le résultat de la mise en place de ces innovations semble probant. Elles peuvent être
considérées comme une des composantes qui ont permis aux assureurs de réaliser des

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produits avec un rendement plus intéressant ou une sophistication plus forte, et de stabiliser
ainsi leurs parts de marché.

La vente par internet offre de nombreux atouts pour les entreprises qui l’utilisent mais crée
également de nouvelles contraintes, qu’on traitera plus lion, dans la section 2 dédiée aux
défis.

B. Le commerce électronique et la distribution des produits d’assurances au Maroc


Comparativement aux pays développés, le Maroc n’a pas encore intégrée de manière
significative le e-commerce d’assurances dans les circuits de commercialisation faute de
textes de lois réglementant ce procédé.
Conscient de cette faiblesse et du rôle que peuvent jouer les nouvelles technologies dans le
développement et le renforcement de la position du marché de l’assurance aux Maroc, les
pouvoirs publics et les assureurs se sont accordés à déployer toutes les mesures nécessaires
en vue de permettre la distribution par les moyens offerts par ces technologies.
Nous ne pouvons alors que nous interroger si les différents distributeurs sont préparés et-
quel est ce niveau de préparation pour chacun. Les intermédiaires sont-ils préparés ? Les
banques, Barid Al Maghreb, les sociétés de financement et les associations de micro crédit
sont-elles mieux outillés techniquement et technologiquement que les intermédiaires ?
Ceci nous amène à toucher le degré de connexion via le net des sociétés marocaines en
général et particulièrement les entreprises d’assurances (agents et sociétés de courtage), et
les nouveaux intervenants dans la distribution d’assurances que sont les banques, Barid Al
Maghreb, les sociétés de financement et les associations de micro crédits.
Le secteur financier, composé des banques et des entreprises d’assurances et de
réassurance est apparemment mieux outillé en matière d’utilisation de l’internet,
comparativement aux intermédiaires d’assurances (agents et sociétés de courtage).
Disposant de moyens financiers et humains considérables, l’outil internet parait, à priori,
être un autre atout de plus au profit des banques, Barid Al Maghreb, les sociétés de
financement et les associations de micro crédit et entreprises d’assurances et de
réassurance, ceci n’est pas le cas de tous les intermédiaires.
Toutefois, le cout de son utilisation et sa portée peut être un formidable atout pour les
intermédiaires s’il est utilisé de manière à diffuser et drainer plus de souscripteurs. En effet,
le bas cout de l’achat d’un ordinateur et l’installation d’une connexion internet, permet aux
intermédiaires d’être équipés avec les derniers cris technologiques en la matière, reste à
former le personnel qui utilisera cet outil.
De l’avis des assureurs sur la vente via internet, la plupart considèrent que cet outil peut
constituer davantage, un atout pour stimuler les capacités concurrentielles qu’une menace
de leur disparition. Mais pour certains assureurs, le risque de disparition des intermédiaires
ne peut exister, ni être ressenti qu’à long terme.
Sur l’aspect susmentionné les avis divergent, pour certains professionnels, internet réduit les
intermédiaires et permet l’accès direct au marché, pour d’autres c’est un outil qui complète
celui des intermédiaires. Pour Joël BETTAN, la vente par internet chez les assureurs, en

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exposant uniquement leurs différents produits, ne rapporte aucune valeur ajoutée. Les
assureurs ont leurs bureaux de vente directe et leur réseau d’agents pour vendre et exposer
leurs produits.
A mon sens, ce qu’il faut exposer via internet, ce sont les innovations en produits et services,
à une titre d’exemple, l’offre d’un nouveau produit qui fusionne deux ou trois produits avec
des facilités et des éclairages, les différentes combinaisons possibles entre produits,…etc. Il
découle de ce qui précède la possibilité de l’existence d’une complémentarité entre les
intermédiaires et le e-commerce avec les entreprises d’assurances et de réassurance.

Section II : Défis
Les défis auxquels est confronté le réseau de distribution des produits d’assurance sont
importants. Ces derniers touchent plusieurs aspects, on ne traitera que les plus importants
et ceux qui sont d’actualité, se présentant comme suit :
1) Technologie liée à l’e-commerce des produits d’assurance ;
2) Risques liés à l’ouverture du marché Marocain ;
3) Elargissement de la couverture et adaptation du cadre juridique ;

1) Les défis technologiques liés au e-commerce des produits d’assurance


La nécessité de s’adapter aux besoins de la clientèle et d’abaisser les couts, en profitant des
avantages qu’offrent les nouvelles technologies de l’information, accentue la modification
des canaux de distribution (place prise par les banques, les grands distributeurs, les brokers
dans certains pays….). Ceci ne manque pas d »entrainer une modification des relations entre
les entreprises d’assurances er les intermédiaires d’assurances (OUCHEKKIR Ouali, op.cit,
p.130).
La vente via internet pose de nombreux problèmes juridiques, aussi bien e, France qu’au
niveau de la communauté européenne. Le Maroc n’échappe pas a cette règle car d’emblée
se pose la problématique de la signature électronique et de la sécurisation des transactions
assurantielles via le net.
Pour le secteur financier, notamment le secteur des assurances, un enjeu stratégique réside
dans la gestion des systèmes de sécurité, en particulier des sauvegardes et de l’organisation
de « sites de repli » (qui reprennent les activités d’un site indispensable mettent un ordre de
priorité sur les acticités critiques). Dans le même registre, la sécurité des échanges
d’informations est essentielle : il faut répondre aux »cols d’identité » et améliorer toujours la
cryptographie.
La souscription de contrat d’assurances via le net, doit adopter de manière similaire ce qui
fait déjà dan le domaine bancaire ou boursier en matière de sécurité des transactions. Les
exigences de sécurité se déclinent comme suit :
La disponibilité de la ressource ;
La confidentialité de la transaction ;
L’intégrité de la transaction ;
Le contrôle et la preuve de la ressource et de la transaction ;

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Tout l’essor du commerce électroniques dépendra du développement de procédures sures
de non-répudiation dans transactions électroniques.
Selon les spécialistes Français en matière d’assurances, les agents d’assurances ne seront
plus sur le marché s’ils n’utilisent pas les réseaux, la tendance américaine n’est pas la vente
en ligne sur internet, mais la vente par des réseaux intermédiaires (brokers et indépendant
agents) aidés par le réseau.
Pour les distributeurs, l’outil internet doit être considéré beaucoup plus comme un support
d’aide qu’une fin en soi. C’est un diffuseur un facilitateur des transactions en matière
d’assurances.
2) Risques liés à l’ouverture du marché Marocain
L’ouverture du marché de présentation des produits d’assurances suite aux accords de libre
échange notamment avec les américains ne risque-t-il pas d’asphyxier encore plus et de
concurrencer davantage les intermédiaires d’assurances marocaines ? A-t-on mesuré
suffisamment les risques qui peuvent se profiter ? Car il ne faut pas sous-estimer la volatilité
du secteur financier.
Le secteur financier allie deux visions du monde, le global et l’hyper-local ; d’ailleurs, rien
n’est plus facile à transférer d’un bout à l’autre de la planète que l’argent et d’autre part,
rien n’est moins dé localisable que le service financier de base en particulier pour des raisons
juridiques et fiscales.
3) Elargissement de la couverture et adaptation du cadre juridique
Parmi les propositions de solutions apportées par les pouvoirs publics, face à l’éclatement du
réseau de distribution et à la concurrence acharnée que subissent et subiront
inéluctablement les intermédiaires à moyen et long terme, c’est la possibilité
d’élargissement de la couverture. C’est une parmi les probables réponses que le législateur
peut apporter au manque à gagner des intermédiaires d’assurances.
Cet élargissement tend à protéger les personnes et les biens contre les dommages
occasionnés par les tiers ;
Pour ce faire, une feuille de route adoptée par les pouvoirs publics et les entreprises
d’assurances et de réassurance, a tracé les lignes à suivre qui fait ressortir les dispositions
nécessaires pour instaurer, de manière progressive, l’obligation de souscription à des
nouvelles assurances concernant notamment :
La responsabilité civile décennale pour les constructions et l’assurance tous risques
chantier ;
La responsabilité civile habitation
La responsabilité civile pour les professions réglementées ;
La responsabilité civile pour les établissements revenant du public ;
La responsabilité civile des établissements scolaires ;
En outre, les deux parties que sont les pouvoirs publics et les entreprises d’assurance et de
réassurance se sont engagées à déployer leurs meilleurs efforts afin de rendre obligatoire
l’assurance responsabilité civile des entreprises industrielles.

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Par ailleurs, considérant que les plateformes industrielles intégrées constituent un outil
important pour le développement industriel du Royaume, les pouvoirs publics et les
entreprises d’assurances et de réassurance conviennent de rendre obligatoires les
assurances dommages et incendie pour les entreprises installées sur ces plateformes.
Les pouvoirs publics d’engagent également à mettre en place des procédures de contrôle et
de sanctions adéquates pour faire respecter la souscription des assurances obligatoires. Il y’a
a d’autre défie comme la réforme du contrôle et le déploiement à l’international….etc.

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Conclusion
Quelles sont les conclusions à tirer de l’avènement de nouveaux acteurs dans le champ de la
distribution des opérations d’assurances au Maroc ?
Force est de constater que les distributeurs classiques des produits d’assurances ne
sauraient ignorer la mutation que connait le secteur de la distribution, notamment l’entrée
des nouveaux acteurs que sont les banques, Barid Al Maghrib, les associations de micro
crédits et les sociétés de financement.

Cette introduction des nouveaux intervenants s’est faite, à chaque fois, sur la base de
l’alinéa 4 de l’art 306 de la loi 17-99 du code des assurances. Force est de constater que le
législateur qui est le parlement n’a pas eu son mot dans cette métamorphose, puisque c’est
le pouvoir exécutif, à travers cette brèche, qui lui a permis de modifier les règles sans se
référer au législateur qui est le parlement.

La dynamique de métamorphose du champ de la distribution de l’assurance étant


enclenchée, celle-ci verra certainement la venue d’autres intervenants, qui demanderont le
droit aussi à distribuer des produits d’assurances.

Ceci dit, ces nouveaux intervenants impactent déjà sur la part de marché de la distribution
des produits d’assurances et ce même si le législateur a limité le champ de la distribution
pour ces nouveaux intervenants qui ne peuvent présenter que certains produits.

Toutefois malgré cette limitation, ces derniers ont trouvé le moyen de contourner la
réglementation aux restrictions que le législateur leur a imposées, par le biais de la création
de cabinets captifs.

Il est vrai que face à la mutation à laquelle fait face la distribution de l’assurance, que ce soit
au niveau international ou national, et le désir des pouvoirs publics d’augmenter le taux de
pénétration de l’assurances, sans oublier sa volonté de s’ouvrir à l’international et d’adapter
aux mutations que connait le marché de l’assurance, le législateur en voulant faire du mieux
qu’il croit, a davantage rendu le champ de la distribution plus incohérent.

Ce changement des règles juridiques adoptées par le législateur a posé un risque juridique
qui tend vers la ‘’cannibalisation’’ du marché de distribution des assurances ce qui, à notre
sens mettra en péril la survie du réseau ‘’ traditionnel’’ de distribution que sont les agents
d’assurances et les sociétés de courtages.

Et comme si cela ne suffisait pas, un nouveau risque juridique pointe avec force sur la
distribution des produits d’assurances, ce risque nouveau, peut être un facteur favorable au
réseau classique, comme il peut être un facteur négatif.

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Bibliographie
I. Ouvrage :
 Ouvrage généraux
Droit de la distribution, Didier FERRIER, Litec, 2000.
Droit des assurances, Claude-J. Berr et Hubert Groutel, 11 éme édition Dalloz,
Année 2008
Le droit de l’assurance au Maroc, NASIRI Zoulikha, Edition la porte, Rabat
1984.
 Ouvrage spéciaux
Distribution : croissance et concentration, C.BROSSELIM, Vuibert, gestion,
1981.
Introduction à l’assurance « acteurs, marché, contrats, techniques », Jean Luc
DE BOISSIEUX, édition l’Argus de l’assurance, 2005.
La Distribution des produits des Assurances, RAHAL Hicham Edition 2005,
Le contrôle de l’Etat sur le secteur des assurances, Abdessalam DUELLAF,
2éme édition, Arabien AL Hilal, 1998.
Traité de droit des assurances, tome 2, la distribution de l’assurance, Jean
BIGOT et Daniel LANGE, édition DELTA, LGDJ, 2000.
II. Thèses et mémoires :
 BOUSMAHA Mohammed, le marché marocain des assurances : Bilan er
Perspectives, mémoire de des, université Mohammed v, faculté de droit,
Rabat, 1986.
 EL BABLOUBI (B) et EL OUAHIDI (F), l’intermédiation en assurance, mémoire
de fin d’étude du 2 éme cycle, université Mohammed v-souissi, faculté des
sciences juridiques, économiques et sociales de Rabat, 2005/2006.
 IKEN Zineb, la modernisation du système de surveillance et du contrôle de la
solvabilité des assurances au Maroc, cas des placements, thèse de fin d’étude
pour l’obtention du master, université Mohammed v-souissi, 2008/2009
 SIDLAMANE Oulaya, le marketing des assurances, mémoire, université
Mohammed v-souissi, faculté des sciences juridiques, économiques et
sociales de Rabat 2005/2006.
III. Code et loi :
 Dahir n°1-02-238 du 25 rejeb 1423 (3 octobre 2002) portant promulgation de
la loi n° 17-99 portant code des assurances.

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IV. Rapports :
 Contrat programme du secteur des assurances 2001/2015
 Rapports d’activité de la DAPS années 2009 et 2010
IV.Webographie:
 http : www.commerceinternational.centerblog.net
La distribution, internet comme nouveau canal de distribution, publié le
21/02/2009, disponible sur http :
www.commerceinternational.centerblog.net/6555736-La-distribution
 http://finance.sia-conseil.com
 www.ffsa.fr/sites/lcms
 www-export.com/ Français /marketing/distribution/selection canal.htm
 https://www.fmsar.org.ma/docs/Situation_liminaire_2015.pdf

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