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Histoire de lacet

Disclaimer: Cette nouvelle, la quatrième, se place juste à la suite de Le shroudling et le guisel, alors que
Merlin abattait le guisel dans le monde-miroir et en renvoyait un à son expéditeur. Cette histoire est
particulièrement basée sur Frakir, le lacet étrangleur de Merlin qui avait été attaché par son créateur au
pied du lit de Brand alors qu'il était sous l'influence de l'aiguiller.

Ce n'est pas amusant d'être attaché à un pied de lit lorsque vous ressentez également le temps qu’il fait
dehors. J'étais un temps visible et le suivant invisible sans que je ne puisse rien contrôler. Sur son poignet.
Je sentais que ma capacité à communiquer revenait. Mes sens accrus étaient restés avec Merlin qui se
trouvait quelque part en Ombre. Le retour à le réalité me fit un choc. Je me remettais doucement mais
certains symptômes restaient plus longtemps que d'autres. A cause de cela je mis plus de temps pour me
dénouer que cela m'aurait pris en temps normal.
Je suis Frakir, le lacet étrangleur de Merlin, Seigneur d'Ambre et Prince du Chaos. En temps normal,
également, il ne m'aurait jamais abandonné comme cela dans l'appartement dévasté de Brand, ancien prince
d'Ambre et je-veux-être-maître-de-l-univers. Mais il était sous l'influence d'un sort mental que Brand avait
laissé pour son fils Rinaldo. Merlin avait une grande affinité avec Rinaldo, aussi connu sous le nom de
Luke, du à leur passé commun, et le charme s'était déclenché sur lui. Il avait du le contrer à l’heure actuelle
mais cela me laissait néanmoins toujours dans une position inconfortable, avec Merlin de retour au Cours
sans aucun doute.
Je ne voulais pas attendre ici avec les reconstructions et re-décorations en cours. Ils pourraient décider de
jeter le lit, moi attaché à un pied afin de ne remettre que du mobilier neuf.
Je finis par me dénouer. Au moins Merlin n'avait pas utilisé de magie pour m'attacher ici. Néanmoins c'était
un nœud serré et j'ai du me tordre longtemps avant de pouvoir défaire le nœud. Enfin, il se desserra et je
pus le défaire complètement. Une fois que je me fus libéré de ma subtile géométrie, je glissais le long du
pied du lit et me retrouvais par terre. Ma nouvelle position me permettait de m'enfuir si une équipe de
déménageur apparaissait soudainement. En fait, cela a soudainement semblé une bonne idée de sortir de la
voie de passage maintenant.
Je m'éloignais alors du lit, quittais la chambre de Brand et entrais dans celle de Merlin, me demandant quel
était le secret de cette bague qu'il avait trouvée et mise, cet aiguiller.
Que cette chose soit très puissante et tire son énergie de plusieurs sources était évident pour un être comme
moi. Que cette chose semblait être du même ordre que l'épée Werewindle était aussi évidente, même si leur
forme variée trompait l’œil humain. Puis il me vint à l'esprit que Merlin pouvait ne pas l'avoir remarqué et
je commençais à penser qu'il fallait le lui faire savoir.
Je traversais sa chambre. Je peux me déplacer tel un serpent lorsque je le veux. Je ne peux par contre pas
me déplacer magiquement comme pratiquement tous ceux que je connais. J'en concluais qu'il était
préférable que je trouve quelqu'un qui en soit capable. Mon problème était que, conformément à la
politique générale de la famille sur les secrets personnels allant de la magie aux recettes de soufflé,
beaucoup d'entre eux ignorait mon existence.
Pour cette raison, je ne connaissais pas l'emplacement de leur appartement, exception faite de ceux de
Merlin, Brand, Random et Vialle, et Martin à qui il avait rendu visite quelques fois. Random et Vialle
seraient difficile à rencontrer avec tous les travaux en cours. Je me dirigeais donc vers la chambre de
Martin et me glissais sous la porte une fois rendu. Quelques posters de rock étaient accrochés sur les murs
ainsi que des enceintes pour son lecteur CD magique. Hélas lui-même était absent et je n'avais aucune idée

Auteur : Julien Brasselet / Date : dimanche 16 novembre 2003 -1-


du moment de son retour.
Je retournais dans le couloir et y rampais, écoutant afin de reconnaître une voix familière, vérifiant les
chambres en passant sous les portes. Cela dura un bon moment avant que je n'entende Flora s'écrier: "Oh,
cela en valait bien la peine tiens!" derrière une porte un peu plus loin. Je me dirigeais alors dans cette
direction. Elle était une des rares au courant mon existence.
Sa porte était fermée mais je me frayais un chemin dessous et arrivais dans un salon fortement décoré. Elle
semblait être en train de réparer un ongle cassé à l'aide d'une matière visqueuse.
Je traversais la pièce jusqu'à elle, restant invisible et m'enroulais autour de sa cheville.
Bonjour dis-je. C'est Frakir, ami et lacet étrangleur de Merlin. Pourrais-tu m'aider?
Après un silence elle répondit: "Frakir! Que t'arrive-t-il? De quoi as-tu besoin?"
J'ai été abandonné négligemment, expliquais-je, lorsque Merlin s'est retrouvé sous l'influence d'un charme
particulier. J'ai besoin de rentrer en contact avec lui. J'ai pris conscience de quelque chose qu'il doit
savoir. J'aimerais aussi retourner sur son poignet.
"Je vais essayer de le contacter par Atout," dit-elle, "mais s'il est dans les Cours, je ne serais a priori pas
capable de le joindre."
Je l'entendis ouvrir un tiroir et après un moment je l'écoutais trier ses cartes. J'essayais de me focaliser sur
ses pensées alors qu'elle les manipulait mais n'y parvins pas.
"Désolé," dit-elle après quelques instants. "Je n'arrive pas à l'atteindre."
Merci d'avoir essayer lui dis-je.
"Quand as-tu été séparé de Merlin?" Demanda-t-elle.
Le jour où les puissances se sont rencontrés dans le hall, dis-je.
"Quel genre de sort a eu Merlin?"
Un qui se promenait librement dans les appartements de Brand. Tu sais, les chambres de Merlin et Brand
sont juxtaposées et il y est entré par curiosité lorsque le mur s'est effondré durant la confrontation.
"Frakir, je ne pense pas que cela soi un accident," dit-elle. "Un des pouvoirs a du s'arranger pour qu'il en
soit ainsi."
Cela semble probable quand on y repense princesse.
"Que veux-tu savoir? Je serais heureuse de t'aider," dit-elle.
J'aimerais un moyen de trouver Merlin, répondis-je. Il a une aura de danger autour de lui depuis quelques
temps, aura à laquelle je suis extrêmement sensible.
"Je comprends," continua-t-elle, "et je trouverais ce moyen. Cela prendra peut-être quelques jours mais je
trouverais une solution."
D'accord. J'attendrais, dis-je. Je n'ai de toute façon pas trop le choix.
"Tu peux rester ici jusqu'à ce que je trouve quelque chose."
Je vais faire comme ça, dis-je. Merci.
Je trouvais une table confortable et m'enroulais autour d'un de ses pieds. Je rentrais en stase, si vous avez
besoin d'un mot pour cela. Ce n'est pas du sommeil car il n'y a pas perte de conscience. Mais il n'y a pas de
processus de pensée dans le sens conventionnel non plus. Je fais juste un tri dans ma conscience et je suis,
jusqu'à ce qu'on est besoin de moi.
Je ne pourrais dire combien de temps je fus ainsi. J'étais seul dans le salon mais j'étais conscient du bruit de
la respiration de Flora dans la pièce à coté.
Puis elle cria. Cette fois je me suis juste desserré et laissé tomber par terre.
Alors que je me dépêchais d'aller vers l'autre pièce, j'ai entendu une autre voix: "désolé," dit-elle. "Je suis
poursuivi. Je n'avais d'autres choix que d'entrer sans invitation."
"Qui êtes-vous?" Demanda-t-elle.
"Et bien, je suis un sorcier," répondit-il. "Je me cachais dans votre miroir comme chaque nuit depuis un

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certain temps. J'ai un faible pour vous et j'aime vous observer lorsque vous vaquez à vos occupations."
"Tom Coup d'œil ! Un voyeur!" s'écria-t-elle.
"Non," dit-il. "Je pense que vous êtes vraiment belle et j'aime à vous regarder. C'est tout."
"Il existe plusieurs façons officielles qui vous aurait mené à me rencontrer," dit-elle.
"Vrai, mais ces voies auraient impliqué d'horribles complications dans ma vie."
"Oh, vous êtes marié."
"Pire que cela," dit-il.
"Alors quoi?"
"Pas le temps. Je sens qu'il approche," dit-il.
"Qu'est-ce qui approche?"
"Le guisel," répondit-il. "J'en ai envoyé un pour assassiner un autre sorcier mais il s'en est débarrassé et
m'en a envoyé un en retour. Je ne pensais pas qu'il était si bon. Je ne sais comment vaincre cette chose et il
va arriver par ce miroir d'un moment à l'autre afin de nous offrir une mort pleine de souffrances. Ici c'est
Ambre et tout, n'y a-t-il pas un héros disponible qui aimerait gagner un autre haut fait d'armes?"
"Je ne pense pas," dit-elle. "Désolé."
Le miroir commença à s'assombrir.
"Il arrive," gémit-il.
J'avais déjà senti la menace de cette chose. Et alors, c'est mon boulot.
Mais maintenant j'avais un aperçu de la bête. C'était gros, en forme de ver, sans yeux mais avec une
énorme gueule style requin, une foule de petites jambes et des ailes rudimentaires. Elle était deux fois plus
grosse qu'un humain, noire avec des zébrures rouges et jaunes. Il s'est alors glissé dans la chambre reflet et
s'est cabré en arrivant.
"Votre recherche de héros," dit Flora, "implique que cette chose va sortir du miroir et nous attaquer?"
"En un mot," dit l'étrange petit bonhomme, "oui."
Quand il le fera, dis-je à Flora, jettes moi sur lui. Partout où je suis; je reste collé, ensuite je me dirigerais
vers sa gorge.
"D'accord," répondit-elle. "Mais il y a autre chose."
Quoi? Demandais-je
"A l'aide! Au secours!" Cria-t-elle.
Elle commençait à traverser le miroir d'argent, bordée de fleur. Flora me déroula de sa cheville et me lança
sur la chose. Elle n'avait pas vraiment de cou mais je m'enroulais à l'extrémité supérieure juste en dessous
de sa gueule et commençait immédiatement à serrer.
Flora continuait d'appeler des secours et j'entendis un lourd bruit de pas quelque part dans le couloir.
Je serrais et serrais ma prise mais le cou de la créature semblait être fait de caoutchouc.
Le sorcier commença à se diriger vers la porte lorsque celle-ci fut ouverte avec fracas et que la silhouette
grande et athlétique, et les cheveux roux de Luke entra.
"Flora!" Dit-il, puis il vit le guisel et dégaina son épée.
Durant mon récent voyage avec Merlin à travers Inter-Ombre, j'avais gagné la capacité de communiquer à
des niveaux plus ou moins complexes. Mes perceptions, qui semblent si différentes, s’étaient également
aiguisées. Elles ne me montrèrent rien de spécial à propos de Luke, du sorcier ou du guisel mais
Werewindle étincelait d'une nouvelle lueur complètement différente. Je réalisais alors qu'elle n'était pas
simplement une épée.
Alors que Luke se positionnait entre Flora et le guisel, j'entendis le sorcier dire:
"Quelle est cette épée?"
"C'est Werewindle," répondit Luke.
"Et vous êtes?"

Auteur : Julien Brasselet / Date : dimanche 16 novembre 2003 -3-


"Rinaldo, roi de Kashfa," dit Luke.
"Ton père, qui est-il?"
"Brand, prince d'Ambre."
"Évidemment," dit le sorcier, se dirigeant de nouveau vers la porte. "Tu peux détruire cette chose avec.
Demande-lui d'aspirer l'énergie quand tu l'utilises. Elle peut en absorber quasiment à l'infini."
"Comment?"
"Parce que ce n'est pas réellement une épée."
"C'est quoi alors?"
"Désolé," répliqua le sorcier en regardant le guisel qui se déplaçait maintenant vers nous. "Je suis à court de
temps. Il me faut trouver un autre miroir."
Je peux vous dire que, ignorant ma présence, il était en train de jouer avec Luke car je l'avais moi-même
deviné et je savais qu'il me faudrait seulement quelques secondes pour le lui dire si je pouvais parler.
Puis, je lâchai ma prise et tombais aussi vite que possible car Luke faisait danser Werewindle et je ne
voulais pas être touché. Je ne sais pas ce qui pourrait se passer si cela devait arriver, la rencontre entre deux
êtres sages, astucieux et conscient comme je l'étais; peut-être serais-je détruit par le processus. Et n'ayant
pas envie de tenter l'expérience, la fuite me paraissait plus l'option la plus prudente.
Je touchais le sol avant que le coup ne porte. Une partie de la tête du guisel tomba également, bougeant
toujours. Je rampais vers la plus proche cheville de Luke. Flora prit une chaise lourde et l'abattit
lourdement sur le dos de la créature avec une force considérable, bien qu'ayant un ongle cassé. Elle
recommença de nouveau. Et encore. Et encore produisant un certain effet alors que Luke tranchait la
créature en deux.
J'arrivais a destination, grimpais et m'attachais.
Peux-tu m'entendre Luke? Essayais-je ensuite.
"Oui," répondit-il. "Qui es-tu?"
Le lacet étrangleur de Merlin, Frakir.
Luke s'attaqua à l'arrière de la bestiole alors que celle-ci essayait de le frapper avec ses toutes petits jambes.
Puis il se retourna et coupa en deux la partie antérieure. Flora s'occupa de ses arrières de nouveau avec la
chaise.
Je sais ce que le sorcier sait, dis-je
"Oh et qu'est-ce alors?" Demanda-t-il coupant une nouvelle section et glissant sur un liquide visqueux alors
qu'il battait en retraite.
Tu devrais pouvoir aspirer assez d'énergie à travers Werewindle pour détruire un monde.
"Vraiment?" Dit-il essayant de garder l'équilibre alors que la créature lui fonçait dessus. "On va voir."
Il toucha la créature du bout de sa lame et la retira comme s'il avait reçu un immense choc. Puis il se releva.
"Tu as raison," dit-il. "Il y a quelque chose." Il toucha de nouveau un morceau de la créature qui s'évanouit
en un éclat de feu bleu. "Flora! Recule!" Cria-t-il.
Elle s'exécuta et il entreprit de finir la partie attaquant sa tante. Puis une autre le chargeant.
"Je crois que j'ai attrapé le coup," dit-il, se tournant vers un autre morceau. "Mais je ne suis pas sur de
savoir pourquoi cela marche ainsi."
Ce n'est pas qu'une épée, dis-je.
"C'est quoi alors?"
Bien avant qu’elle ne soit Werewindle elle fut l'Aiguiller Rawg.
"Aiguiller? Comme l'anneau que Merlin a trouvé?"
Exactement.
Rapidement, Luke en finit avec le guisel.
"Merci, Frakir," dit-il, "de m'avoir dit comment cela marchait. Je ferais mieux de rechercher rapidement ce

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sorcier, bien que j'ai le pressentiment qu'il ai déjà disparu dans un miroir."
Je le pense également.
"Quel était son nom?"
Il ne l'a pas donné.
"J'imagine."
"Flora," continua-t-il, "Je vais essayer de retrouver ce sorcier. Je ne serais pas long. Bon rangement."
Elle lui sourit gentiment et il partit. Inutile de dire que le sorcier avait disparu.
"Je me demande d'où il est venu, ce qu’il y a derrière le miroir?" Demanda Luke.
J'en sais rien, répondis-je. Mais je suis plus intéressé par la personne qui lui a envoyé cette créature.
Luke acquiesça.
"Et maintenant?" Demanda-t-il.
Je pense qu'on peut dire à Flora que ce Tom Coup d'Oeil a repris la route, dis-je. Tu es un sorcier. Il
n'existe pas de moyen de réparer ses miroirs afin qu'il ne puisse les utiliser de nouveau?
"Y'a moyen," dit Luke se rendant à la fenêtre la plus proche et jetant un regard dehors. "Je fais ça dans un
minute. Et toi?"
J'aimerais retrouver Merlin.
"Je ne peux te faire passer par Atout s'il est dans les Cours, et je pense qu'il s'y trouve."
Et Werewindle?
"Je ne sais toujours pas comment cela fonctionne exactement. Il faut que je m'entraîne avec pendant
quelques temps."
Hum. Et que fais-tu ici? demandais-je
"Il fallait que je parle à Vialle à propos de certaines choses," dit-il, "et elle m'a dit que Corwin arriverait
bientôt. Elle m'a offert une chambre, et m’a conseillé de l'attendre ici quelques jours."
Et bien si tu peux me supporter jusqu'a ce qu'il arrive, peut-être pourrais-je le persuader de me prendre
avec lui. J'ai le sentiment qu'il reverra Merlin rapidement.
"Je le pourrais également mais il est difficile de se prononcer aussi vite."
Ok. On en reparlera quand il arrivera.
"Que penses-tu qu'il se trame au fait?"
Quelques terribles évènements Wagnérien, lui dis-je, plein de sang, de tonnerre et de morts pour nous tous.
"Oh, la routine," dit Luke.
Exact, répondais-je.

Note du traducteur: Cette traduction est ma compréhension de la nouvelle de Roger Zelazny. N'étant pas
traducteur, je ne garantis en aucun cas une perfection dans cet exercice et quelques fois j'ai du faire preuve
d'imagination ayant du mal à cerner ce que l'auteur voulait réellement dire. Il se peut qu'il existe des
erreurs voire des contresens (bien que je juge ces derniers quasiment absents)
Pour toutes remarques ou corrections, vous pouvez me contacter à l'adresse suivant:
padawan_luigi@yahoo.fr

Auteur : Julien Brasselet / Date : dimanche 16 novembre 2003 -5-