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La galerie des miroirs

Disclaimer: La dernière nouvelle de Roger Zelazny relate le retour de Corwin en Ambre après son passage
dans les Montagnes Dansantes. Mais surtout elle laisse le lecteur dans l'expectative, laissant un arrière
goût de frustration en s'arrêtant avant des évènements cruciaux pour l'univers tout entier. Je n'en dis pas
plus, découvrez-le par vous-même.

Aucun de nous n'avait réalisé le changement qui avait eu lieu avant que demi-douzaine d'hommes n'essaie
de nous prendre en embuscade.
Nous, Shask et moi, avions passe la nuit dans les Montagnes Dansantes où j'avais été témoin d'un jeu bizarre
entre Dworkin et Suhuy. J'avais entendu des légendes étranges sur ce qui pouvait arriver aux personnes
passant une nuit là-bas mais je n'avais pas vraiment eu le choix sur la question. Le temps était orageux,
j'étais fatigué et ma monture s'était transformée en statue. Je ne connaissais pas les règles de ce jeu bien
qu'ayant été nommé comme en faisant partie et je me posais toujours la question.
Le lendemain matin, ma monture bleue Shask et moi-même avons traversé l'Ombre 'twixt qui séparait
Ambre du Chaos. Shask était une monture d'Ombre que mon fils Merlin avait trouvé pour moi dans les
étables des Cours. A ce moment Shask avait choisi la forme d'un géant lézard bleu pour voyager, et nous
chantions des airs d'endroits et de temps variés.
Deux hommes apparurent de chaque coté du sentier, sortant de derrière les rochers et pointant des arbalètes
sur nous. Deux autres sortirent devant nous, l'un avec un arc, l'autre portant une lame plutôt belle épée, sans
aucun doute volée, de par la profession évidente du propriétaire.
"Arrêtez vous et aucun mal ne vous sera fait," dit l'épéiste.
Je tirais sur les rênes.
"Si c'est à propos d'argent, je tiens à vous signaler que je suis à sec," dis-je, "et je doute qu'un de vous
puisse monter mon compagnon, où ne serait-ce que vouloir."
"Et bien, peut-être ou peut-être pas," dit le chef, "mais il est assez difficile de survivre alors nous prenons ce
que nous pouvons."
"Ce n'est pas une très bonne idée de laisser un homme sans rien," dis-je, "certains sont très rancuniers."
"La plupart ne quittent pas ce lieu."
"Cela ressemble à une condamnation à mort."
Il haussa les épaules.
"Votre épée semble plutôt jolie," dit-il, "voyons voir de plus près."
"Je ne pense pas que ce soit une bonne idée," répondis-je.
"Pourquoi?"
"Si je le dégaine, je devrais vous liquider," dis-je.
Il a rit.
"Nous pouvons la prendre sur votre corps," dit-il en regardant à gauche et à droite.
"Peut-être," dis-je.
"Voyons."
"Si vous insistez."
Je tirais Grayswandir avec un son musical. Il insista, et les yeux de l’homme à l'épée s'élargir alors que ma
lame décrivait un arc calculé pour finir sur sa gorge. Sa propre arme est sortie comme la mienne, lui passant
à travers le cou et continuant. Son coup se dirigea sur Shask et passa à travers l'épaule de l'animal. Aucun
coup ne fit la moindre égratignure.
"Sorcier?" Demanda-t-il alors que je frappais de nouveau, un mouvement qui aurait du trancher son bras
mais qui passa sans heurt au travers.
"Pas du genre qui fait des choses comme cela. Et vous?"
"Non," dit-il en frappant de nouveau. "Que se passe-t-il?"
Auteur : Julien Brasselet / Date : dimanche 16 novembre 2003 -1-
Je rangeais Grayswandir dans son fourreau.
"Rien," dis-je. "Allez embêter quelqu'un d'autre."
Je fis claquer les rênes et Shask avança.
"Abattez-le!" Cria le chef.
Les hommes de part et d'autres du sentier ont libéré leurs carreaux d'arbalètes ainsi que le fis l'homme
devant moi. Les quatre carreaux venant des cotés traversèrent Shask, et trois d'entre eux blessèrent ou
tuèrent leur vis-à-vis. Celui en face me traversa sans provoquer ni douleurs ni inconfort. Un coup d'épée de
la part de mon premier adversaire ne fit aucun effet.
"Avance," dis-je.
Shask obéit et nous ignorâmes les insultes alors que nous partions.
"Nous sommes tombés dans une drôle de situation," observais-je.
La bête acquiesça.
"Au moins cela nous a évité des ennuis," continuais-je.
"C'est marrant j'ai comme l'impression que vous auriez aimé ces ennuis," dit Shask.
J'ai ri sous cape.
"Peut-être, peut-être pas," répondis-je. "Je me demande combine de temps dure ce charme?"
"Peut-être doit-il être levé?"
"Merde! C'est toujours douloureux."
"Les coups semblent irréels."
"Oui."
"Quelqu'un a Ambre saura sûrement quoi faire."
"J'espère."
Nous poursuivions alors notre chemin et ne vîmes personne durant le reste de la journée. Je sentis les
rochers dans mon dos lorsque je m'enroulais dans ma cape pour dormir cette nuit-là. Pourquoi les sentais-je
alors que je n'avais pas senti les coups d'épées et les carreaux d'arbalètes? Il était ne plus trop tard pour
demander à Shask s'il sentait quelque chose car il s'était déjà transforme en pierre pour la nuit.
Je baillais et m'étirais. Grayswandir, a moitié dégainée, semblait normale sous mes doigts. Je le rengainais et
m'endormis.
Apres les ablutions du matin, nous avions repris la route. Shask supportait bien les chevauchées d'enfer,
aussi bien que les montures d'Ambre le faisait. Peut-être mieux à certains moments. Nous parcourions un
paysage changeant sans cesse du tout au tout.
Je pensais à Ambre, puis au temps que j'avais passé emprisonné dans les Cours. J'avais aiguisé ma
sensibilité à un très haut niveau grâce à la méditation et je me demandais si cela, couplé avec d'autres
disciplines étranges que j'avais apprises, avait pu me mener à cette intangibilité. Je pensais que cela y avait
contribué mais j'avais aussi l'impression que les Montagnes Dansantes y étaient pour beaucoup.
"Je me demande ce que cela représente et d'où ça vient" dis-je tout haut.
"Ton pays natal je suppose," répondit Shask, "tout particulièrement pour toi."
"Pourquoi tu l'as pris en ce sens?"
"Tu m'as parle de ta famille tout au long du voyage. Je ne leur ferais pas confiance."
"Ces jours sont révolus."
"Qui sait ce qui a pu se produire durant ton absence? Les vieilles habitudes reviennent vite."
"Il faudrait une raison pour quelque chose de ce genre."
"Bien que tu ne sois pas au courant, il y en a un qui peut en avoir une très bonne."
"Possible. Mais je ne le pense pas. J'ai longtemps été absent et peu d'entre eux savent que je suis libre de
nouveau."
"Interroge donc ceux-là."
"On verra."
"J'essayais juste d'aider."
"Ne t'arrêtes pas. Dis-moi, que veux-tu faire une fois que nous serons en Ambre?"
"Je n'ai pas encore décidé. J'ai toujours été une sorte de vagabond."

Auteur : Julien Brasselet / Date : dimanche 16 novembre 2003 -2


Je ris.
"Tu ressembles à une bête mais tes sentiments sont tous sauf ceux d'une bête. Comment pourrais-je te
dédommager pour ce voyage?"
"Attends. J'ai l'impression que le Destin en décidera."
"Qu'il en soit ainsi. En attendant, si tu penses à quelque chose fais-le moi savoir."
"C'est un privilège que de vous aider, seigneur Corwin. Restons-en là pour le moment."
"D'accord. Merci."
Nous traversions ombre après ombre. Le soleil se retrouva dans notre dos et des tempêtes nous assaillirent
malgré le beau ciel bleu. Nous avons joue avec la nuit, qui aurait pris au piège des gens moins adroits que
nous, trouve un crépuscule et mange nos rations là. Peu de temps après, Shask se transforma en pierre.
Nous ne fûmes pas attaques durant la nuit et mes rêves n'avaient rien eu de particulier.
Le lendemain nous reprîmes la route très tôt et j'usais de toutes les astuces que je connaissais afin de
raccourcir le chemin du retour a la maison a travers Ombre. Maison... Cela faisait du bien de rentrer malgré
les remarques de Shask sur ma famille. Je ne pensais qu'Ambre m'aurait manque autant que cela. J'ai été
éloigné de la cité bien plus longtemps d'innombrables fois mais en général j'avais une vague idée du
moment ou je serais de retour. Une prison des Cours n'était cependant pas un endroit ou l'on pouvait faire
une telle approximation.
Nous nous sommes battu contre le vent dans la plaine, le feu dans les montagnes, l'eau dans un ravin abrupt.
Le soir je commençais à sentir une résistance, la résistance intervenant lorsque l'on se rapprochait des
Ombres proches d'Ambre. J'ai essaye de continuer à manipuler Ombre sur tout le chemin mais j'échouais.
Nous avons passé la nuit près d'un lieu où la Route Noire passait auparavant. Il n'y en avait plus aucune
trace.
Le jour suivant notre avancée fut moins rapide mais les ombres me paraissaient de plus en plus familières.
La nuit nous campions en Arden, mais Julian ne nous trouva pas. J'ai rêvé du son de son cor et également
du bruit de sa course a une certaine distance alors que je dormais, et quoique ce soit généralement un
prélude a la mort et a la destruction, j'ai, cette fois, été simplement nostalgique. J'étais enfin presque de
retour chez moi.
Le matin suivant, je me réveillais avant l'aube. Shask était bien évidemment toujours un lézard bleu
immobile au pied d'un arbre gigantesque. Je fis donc du thé et mangeais une pomme ensuite. Nous étions à
court de provision mais nous serions bientôt sur une terre d'abondance.
Skask revint doucement a lui-même alors que le soleil se levait. Je le nourris avec le reste des pommes et
rangeais mes affaires.
Ce la faisait un bout de temps que nous avancions, lentement mais sûrement avant qu'il ne commence à y
avoir des passages difficiles sur la route que j'avais choisie d'emprunter. Lors de notre première pose Je
demandais à Shask de se transformer de nouveau en cheval et il le fit. Cela ne semblait pas faire beaucoup
de différence pour lui et je lui demandais de rester ainsi. Je voulais montrer son élégance dans cette forme.
"Vas-tu rentrer directement une fois que tu m'auras déposé?" Demandais-je.
"Je voulais vous en parler justement," répondit-il. "Les choses reprennent doucement leur cours au Chaos et
je n'ai été assigne à personne."
"Oh?"
"Vous allez avoir besoin d'une bonne monture seigneur Corwin."
"Oui certainement."
"J'aimerais postuler pour cette position pour une période indéfinie."
"J'en serais honore," dis-je. "Tu es très spécial."
"Oui."
Nous étions en haut du Kolvir l'après-midi et au palais d'Ambre quelques heures plus tard. Je trouvais un
box confortable pour Shask, le soignais, le nourrissais et le laissais se transformer en pierre a son bon
vouloir. Je trouvais une planche, y gravait le nom de Shask et le mien, puis la clouai sur la porte.
"A plus tard," dis-je.
"Quand vous le voudrez seigneur, quand vous le voudrez."

Auteur : Julien Brasselet / Date : dimanche 16 novembre 2003 -3


Je quittais les étables et me dirigeais vers le palais. Le temps était humide et nuageux, un vent froid venait
de la mer. Jusqu'ici personne ne m'avait remarque.
Je rentrais par les cuisines où il y avait de nouvelles aides au travail. Aucune d'elles ne me reconnu même
s'ils devaient facilement deviner mon appartenance. Au moins ils me rendirent mon bonjour et ne dirent rien
sur les fruits que je prenais. Ils me demandèrent si je voulais que quelque chose soit livres dans une des
chambres et je répondis "oui", qu'ils pouvaient envoyer une bouteille de vin et un poulet avec. Le chef
cuisinier de l'après-midi, une jeune femme rousse portant le nom de Clare, commença à m'étudier plus
attentivement, et plus d'une fois son regard se tourna vers le rose en argent tenant ma cape. Je ne voulais pas
encore dévoiler mon identité et je pense qu'ils auraient été un peu effraye en la sachant, au moins pour
quelques heures. Je désirais juste me reposer quelques instants et profiter d'être de retour. Je les remerciais
donc et me dirigeais vers mes appartements.
Je pris l'escalier de derrière que les servants utilisent pour être discret et nous autres pour être invisible.
Avant d'arriver en haut, je vis que le chemin était bloque par des hallebardes. Il y avait des outils laisses par
terre mais aucun artisans en vue et je n'arrivais pas à savoir si une partie de ce vieil escalier s'était effondre
ou si une force extérieure l'avait aide. Je repartais en arrière, me dirigeais vers l'entrée et prit le grand
escalier. Durant le trajet, je remarquais des signes évidents de réparations avec notamment des murs entiers
et aussi le revêtement du sol. Un certain nombre de chambre était ouvert aux spectateurs. Je me dépêchais
pour vérifier que le mien n'était pas dans cet état.
Heureusement, il était intact. J'allais y rentrer lorsqu’un homme grand et roux apparu à un coin et se dirigea
vers moi. Je haussais les épaules. Un dignitaire en visite sûrement...
"Corwin!" Cria-t-il. "Que fais-tu ici?"
Alors qu'il s'approchait, je remarquais qu'il m'étudiait plus attentivement et je lui retournais la pareille.
"Je ne crois pas avoir le plaisir de vous connaître," dis-je.
"Allez Corwin," dit-il. "Tu m'avais surpris. C'était près de ta Marelle et de la Chevrolet '57."
Je secouais la tête.
"Je ne suis pas sur de comprendre," dis-je.
Ses yeux s'étrécirent.
"Tu n'es pas un spectre de la Marelle?" Demanda-t-il.
"Merlin m'a un peu parle d'eux," dis-je, "après m'avoir délivré des Cours. Mais je ne crois pas en avoir
jamais rencontre."
Je remontais ma manche.
"Coupe. Je saigne," ajoutais-je.
Alors qu'il étudiait mon bras, son regard se faisait de plus en plus sérieux. J'ai même cru un moment qu'il
allait le faire.
"OK," fit-il ensuite. "Juste une encoche. Pour être sur."
"Je ne sais toujours pas a qui je suis en train de parler," dis-je.
Il me salua.
"Désolé. Je suis Luke de Kashfa, aussi connu sous le nom de Rinaldo I, son roi. Si vous êtes celui que vous
prétendez, je suis votre neveu. Mon père était votre frère Brand."
En l'examinant, je vis la ressemblance. Je lui proposais de nouveau mon bras.
"Fais-le," dis-je.
"Vous êtes sérieux?"
"On ne peut plus."
Il sortit un couteau de chasse de sa ceinture et me regarda dans les yeux. Je hochais la tête. Il dirigea sa lame
avec que sa pointe me touche mais rien ne se passa. Je veux dire qu'il s'est passé quelque chose mais pas ce
à quoi nous nous attendions.
La pointe de sa lame s'enfonça dans mon bras de quelques centimètres. Elle continua de s'enfoncer jusqu'à
m'avoir traverse mais il n'y eut pas de sang.
Il réessaya. Rien.

Auteur : Julien Brasselet / Date : dimanche 16 novembre 2003 -4


"Etrange," dit-il. "Je ne comprends pas. Si tu étais un spectre de la Marelle, il y aurait au moins une coupure.
Mais il n'y a même pas une trace."
"Puis-je t'emprunter ton couteau?" Demandais-je.
"Bien sur."
Il me le donna. Je le pris dans ma main et l'étudiais. Je l'enfonçais dans mon bras et fis une marque d'environ
deux centimètres. Le sang coula.
"Que je sois damné," dit Luke. "Que s'est-il passe?"
"Je dirais que c'est un sort dont j'ai été victime lors de mon passage dans les Montagnes Dansantes il y a
quelques jours," répondis-je.
"Mmm," Luke semblait réfléchir. "Je n'y ai jamais été mais j'ai entendu des histoires sur cet endroit. Je ne
connais pas de moyen simple de rompre ces charmes. Ma chambre est au fond du couloir." Il fit un signe
vers le sud. "Si vous voulez bien vous y arrêter, je verrais ce que je peux faire. J'ai étudié la sorcellerie du
Chaos avec mon père et ma mère Jasra."
Je haussais les épaules.
"Ma chambre est ici même," dis-je, "et il y a un poulet et une bouteille de vin qui ne devraient pas tarder à
arriver. Faisons le diagnostic ici et je partagerais mon repas avec vous."
Il sourit.
"C'est la meilleure offre que j'ai eue de la journée," dit-il. "Mais laissez-moi le temps de passer à ma
chambre pour prendre quelques objets dont j'aurais besoin."
"Parfait. Je te raccompagne comme cela je connaîtrais le chemin au cas ou."
Il acquiesça et se tourna. Nous traversâmes le hall.
Après avoir tourne au coin, nous marchâmes d'ouest vers est, dépassant les appartements de Flora et nous
dirigeâmes vers les meilleurs quartiers pour visiteurs. Luke s'arrêta devant une des portes et plongea la main
dans sa poche a la recherche de la clé a priori. Puis il s'arrêta.
"Hum, Corwin?" Dit-il.
"Qu'y a t il?" Répondis-je.
"Ces deux grands bougeoirs en forme de cobras," dit-il en désignant un coin du couloir. "En bronze non?"
"On dirait. Qu'ont-ils de particulier?"
"Je pensais qu'ils n'étaient que décoratifs."
"C'est ce qu'ils sont."
"La dernière fois que je les ai vus, ils encadraient un tableau ou une tapisserie," dit-il.
"Ainsi que dans mon souvenir," dis-je.
"Et bien il m'a semble y voir un couloir entre les deux."
"Non, impossible. Il y a un autre couloir peu après..." commençais-je.
Puis, je me taisais car j'avais compris. Je me dirigeais dans cette direction.
"Qu'est-ce qu'il se passe?" Demanda Luke.
"Elle m'appelle," dis-je. "Je dois y aller et savoir ce qu'elle veut."
"Qu'est-ce?"
"La Galerie des Miroirs. Elle apparaît et disparaît. Elle donne des messages parfois utiles, parfois ambiguës
a celui qu'elle appelle."
"Elle nous appelle tous les deux ou juste vous?" Dit Luke.
"Je sais pas," répondis-je. "Je sens qu'elle m'appelle comme elle le faisait dans le passe. Tu es le bienvenu si
tu me suis. Peut-être a-t-elle quelques présents pour toi également."
"Avez-vous déjà entendu dire que deux personnes y sont entres ensemble?"
"Non mais il y a un début a tout," dis-je.
Luke acquiesça lentement.
"Que diable," dit-il, "je suis de la partie."
Il me suivit où étaient les serpents et nous fixions l'endroit. Les bougies s'enflammèrent subitement de
chaque cote des murs. Et la galerie fut illumines des reflets scintillants provenant des miroirs y étant
accroches. Je m'avançais. Luke me suivait sur ma gauche.

Auteur : Julien Brasselet / Date : dimanche 16 novembre 2003 -5-


Les cadres des miroirs avaient toutes les formes possibles. Je marchais doucement, examinant chaque
miroir. Je dis à Luke de faire la même chose. Pendant plusieurs pas, les miroirs semblaient refléter que ce
qui se trouvait en face. Puis Luke se raidit et s'arrêta, la tête tournée sur la gauche.
"Mère!" S’écria-t-il.
L'image d'une femme rousse attirante occupait un miroir dont le cadre représentait un serpent Ouroboros
verdâtre.
Elle souriait.
"Je suis heureuse que tu aie pris la bonne décision, prendre le trône," dit-elle.
"Tu le penses vraiment?" Demanda-t-il.
"Bien sur," répondit-elle.
"Je pensais que tu serais furieuse. Je pensais que tu le voulais," dit-il.
"Je le voulais avant mais ces sales Kashfans ne m'ont jamais guère aime. J'ai le donjon maintenant et je
pense y faire des recherches pendant quelques années. De plus il y a plein de souvenirs ici. Donc, tant que
Kashfa reste dans la famille, je voulais que tu saches que j'en suis heureuse."
"Pourquoi... euh... j'en suis heureux de l'entendre mère. Très heureux. J'y ferais attention."
"Fais," dit-elle avant de disparaître.
Il s'est tourne vers moi, un sourire ironique naissant au coin de ses lèvres.
"C'est une des rares fois ou elle approuve une action que j'ai menée," dit-il. "Sans aucun doute pour de
fausses raisons, mais quand même... Jusqu'a quel point ses visions sont vraies? Que voyons-nous
exactement? Etait-ce une pensée consciente de sa part? Etait-ce..."
"C'est réel," dis-je. "Je ne sais pas comment, pourquoi et quelle part de l'interlocuteur est présente. Elles
peuvent être transformées, surréalistes ou même ce que tu désires. Mais dans un sens elles sont réelles. C'est
tout ce que je sais. La vache!"
D'un miroir borde d'or, juste devant moi à droite, apparu le visage sinistre de mon père, fixant devant lui.
J'avançais d'un pas.
"Corwin," dit-il, "Tu étais celui que j'avais choisi mais tu as toujours choisi un chemin qui me
désappointait."
"C'est le problème," dis-je.
"Vrai. Je ne te parlerais pas comme a un enfant après toutes ses années. Tu as fait tes choix. Certains dont je
suis fier. Tu as été courageux."
"Et bien merci... père."
"Peux-tu faire quelque chose tout de suite?"
"Quoi?"
"Prends ta dague et poignarde Luke."
Je l'ai fixe.
"Non," dis-je.
"Corwin," dit Luke, "C'est peut-être pour prouver que je ne suis pas un spectre."
"Mais je m'en fous que tu sois ou non un spectre," dis-je. "Ca n'a pas d'importance pour moi."
"Ce n'est pas ça," intervint Oberon. "C'est d'un tout autre ordre."
"Quoi alors?"
"Plus facile à montrer qu'à dire," répondit Oberon.
Luke haussa les épaules.
"Entaille mon bras," dit-il. "Ca m'intéresse."
"D'accord. Voyons comment la démonstration surpasse la discussion."
Je pris un stylet de ma botte. Il remonta sa manche et tendit son bras. Je frappais doucement.
Ma lame passa à travers son bras comme si le membre n'était que fumée.
"Merde," dit Luke. "C'est contagieux."
"Non," répondit Oberon. "C'est quelque chose de très spécial."
"Ce qui veut dire?" Demanda Luke.
"Peux-tu te servir de ton épée s'il te plait?"

Auteur : Julien Brasselet / Date : dimanche 16 novembre 2003 -6-


Luke inclina la tête et dégaina une épée dorée familière. Elle émit un son aigu qui provoqua le vacillement
de toutes les bougies alentours. Puis je la reconnus, l'épée de mon frère, Werewindle.
"Cela faisant longtemps que je ne l'avais vu," dis-je alors que le son continuait.
"Luke, peux-tu blesser Corwin avec cette épée, s'il te plait?"
Luke leva les yeux et fixa les miens. J'acquiesçais. Il avança l'épée, toucha ma peau avec sa pointe. Je
saignais.
"Corwin, si tu veux..." dit Oberon.
Je dégainai Grayswandir qui, elle aussi, émis un son guerrier que je n'avais entendu seulement sur des
champs de bataille légendaire autrefois. Les deux sons se rejoignirent alors en un duo dévastateur.
"Blesse Luke."
Luke confirma et je coupais le dos de sa main avec Grayswandir. Une coupure apparut devenant
immédiatement rouge. Le son des lames augmenta et diminua. Je rangeai Grayswandir afin de la faire taire.
Luke fit de même avec Werewindle.
"Il y a une quelconque leçon a en tirer," dit Luke. "Que je sois maudit si je vois de quoi il s'agit cependant."
"Ce sont des épées jumelles, vois-tu, avec une composante magique commune. En fait, elles ont un puissant
secret en commun," dit Oberon. "Dis-lui Corwin."
"C'est un secret dangereux père."
"Le temps est venu de le dévoiler. Tu dois le lui dire."
"Bien," dis-je. "Lors des premiers temps de la création, les dieux avaient une série d'anneaux que leur
champion utilisait afin de stabiliser Ombre."
"Je connais le sujet," dit Luke. "Merlin a un aiguiller."
"Vraiment?" Dis-je. "Ils ont tous le pouvoir de tirer de l'énergie de plusieurs sources en Ombre. Ils sont tous
différents."
"C'est ce que Merlin dit."
"Les nôtres sont devenus des épées, et le sont restes depuis."
"Oh?" S’exclama Luke. "Que savez-vous de plus?"
"Que déduisez-vous du fait qu'elles peuvent nous blesser alors qu'aucune autre arme ne le peut?"
"Il semblerait qu'elles soient impliquées dans le charme," dis-je.
"C'est exact," dit Oberon. "Quel que soit le conflit qui se présente, quel que soit le camp que vous choisirez,
vous allez avoir besoin de ce genre de protection contre les pouvoirs farfelu de personne comme Jurt."
"Jurt?" Dis-je.
"Plus tard," me dit Luke. "Je vous mettrais au courant."
J'acceptais.
"Comment cette protection doit-elle être employé au juste? Jusqu'a quel point somme-nous imperméable?"
Demandais-je.
"Je ne saurais le dire," répondit-il, "mais quelqu'un se dirigeant par ici pourra vous renseigner. Et quoiqu'il
puisse arrive, vous avez tous deux ma bénédiction, bien qu'elle ne doive plus valoir grand chose."
Nous l'avons salué et remercié. Lorsque nous avons relevé les yeux il était déjà parti.
"Super," dis-je, "de retour depuis moins d'une heure et de nouveau mêlé à l'ambiguïté d'Ambre."
Luke acquiesça.
"Le Chaos et Kashfa semblent être pareil également," ajouta-t-il. "Peut-être les places les plus hautes de la
société vont de pair avec la résolution de problèmes insolubles."
Je riais alors que nous reprenions le chemin, nous regardant dans des douzaines de piscines miroitantes.
Pendant plusieurs pas rien n'arriva puis un visage familier apparut dans un miroir rouge et ovale sur ma
gauche.
"Corwin, quel plaisir," dit-elle.
"Dara!"
"Il semblerait que mon inconscient soit plus fort que tous ceux qui veulent te voir en sale état," dit-elle.
"Donc je dois te donner la meilleure des nouvelles."
"Oui?" Dis-je.

Auteur : Julien Brasselet / Date : dimanche 16 novembre 2003 -7


"Je vois l'un de vous deux mort, transperce par l'épée de l'autre. Quel moment exquis!"
"Je n'ai pas l'intention de le tuer," répliquais-je.
"Il en est de même pour moi," ajouta Luke.
"Ah mais c'est la beauté mortelle de la situation," dit-elle. "L'un de vous doit tuer l'autre afin que le
vainqueur regagne cet élément de perméabilité qu'il a perdu."
"Merci mais nous trouverons un autre moyen," dit Luke. "Ma mère, Jasra, est une sorcière plutôt douée."
Son rire ressembla au bruit d'un miroir se brisant.
"Jasra! Elle était une de mes servantes," dit-elle. "Elle a juste récupère ce qu'elle connaît de l'Art en
grappillant sur mon travail. Non sans talent, mais elle n'a jamais reçu un entraînement complet."
"Mon père a complété ses connaissances," répondit Luke.
Alors qu'elle étudiait Luke, la gaieté s'est efface de son visage.
"Bien," dit-elle. "Je vais me mettre à ton niveau fils de Brand. Je ne vois aucune autre solution pour vous
sortir de la que celle que j'ai déjà émise. Comme je n'ai aucun grief contre toi, j'espère que tu en sortiras
vainqueur."
"Merci," dit-il, "mais je n'ai aucune intention de me battre contre mon oncle. Quelqu'un doit être capable de
résoudre cela."
"Les jouets vous ont eux-mêmes mis dans cette situation," dit-elle. "Ils vous forceront à vous battre. Ils sont
plus forts que la sorcellerie des mortels."
"Merci du conseil," dit-il. "Peut-être que cela pourra nous être utile." Et il lui fit un clin d’œil.
Elle rougit, une réponse a laquelle je ne m'étais attendu, puis elle disparut.
"Je n'aime pas a tournure que cela prend," dis-je.
"Moi non plus. Ne peut-on pas revenir en arrière et sortir?"
Je secouais la tête.
"Ca t'énerve," lui dis-je. "Mais prends tout ce que tu peux en tirer, c'est le meilleur conseil que je n'ai jamais
reçu à son sujet."
Nous avions peut-être avance de trois mètres, dépassant plusieurs très beaux miroirs ainsi que d'autres bon à
être jeté.
Un miroir aux bords jaunes et représentant des personnages asiatiques nous arrêta sur place alors que la voix
dure de mon frère cadet Eric résonnait:
"Je vois vos destins," dit-il dans un rire grondant, "et je vois l'endroit ou l'un de vous va mourir pour les
satisfaire. Cela sera intéressant mon frère. Si tu entends un rire lorsque tu agoniseras, ce sera le mien."
"Oh, tu as toujours été un grand farceur," dis-je. "A ce propos, reposes en paix. Tu es héros maintenant."
Il m'étudia.
"Frère stupide," dit-il, il tourna la tête et disparut.
"C'était Eric, celui qui a régné ici une courte période?" Demanda Luke.
J'acquiesçais. "Stupide frère," dis-je.
Nous avancions de nouveau lorsque main fine apparut d'un miroir en acier entoure de roses rouillées.
Je m'arrêtais, puis me retournais rapidement, sachant qui j'allais contempler avant même de l'avoir vu.
"Deirdre..." dis-je.
"Corwin," répondit-elle tendrement.
"Sais-tu ce qui va se passe alors que nous marchons ici?"
Elle hocha la tête.
"Qu'est-ce qui n'est que fadaises et qu'est-ce qui est vrai?" Demandais-je.
"Je ne sais pas mais je pense que les autres ne le savent pas non plus ou pas entièrement."
"Merci. Je prends tout le réconfort que l'on veut bien me donner. Et maintenant?"
"Si tu prends le bras de l'autre, je peux vous faciliter le transport."
"Quel transport?"
"Vous ne devez pas quitter cet endroit par vos propres moyens. Vous allez être emmené directement sur le
sol du duel."
"Par toi ma bien-aimée."

Auteur : Julien Brasselet / Date : dimanche 16 novembre 2003 -8-


"Je n'ai pas le choix."
J'inclinais la tête. Je prenais le bras de Luke.
"Tu en penses quoi?" Demandais-je.
"Je pense que nous devrions y aller," dit-il, sans aucune résistance, "et lorsque nous trouverons qui est
derrière tout ça, nous lui ferons goûter le fer chaud."
"On est sur la même longueur d'onde," dis-je. "Deirdre, montre-nous le chemin."
"J'ai un mauvais pressentiment le concernant Corwin."
"Si, comme tu l'as dit, nous n'avons pas le choix, quelle différence cela peut-il faire? Allons-y ma dame,
allons-y."
Elle prit ma main. Le monde commença à tourner autour de nous.
Quelqu'un me devra un poulet et une bouteille de vin. Je les réclamerais.
Je me réveillais allonge dans ce qui semblait être une clairière sous une lune haute dans le ciel. Je gardais les
yeux a moitié ouvert mais ne bougeais pas. Aucun de mes sens n'admettait que j'étais réveillé.
Tout doucement, je tournais mon regard. Deirdre n'était nulle part dans mon champ de vision. Ma vision
périphérique droite m'indiquait qu'il pouvait y avoir un feu dans cette direction, avec quelques personnes
autours.
Je regardais à gauche et aperçus Luke. Il n'y avait personne d'autres dans les environs.
"Tu es réveillé?" Murmurais-je.
"Ouais," répondit-il.
"Personne dans les environs," dis-je en me levant, "a part ceux prés du feu sur la droite. Nous pourrions
peut-être trouver une sortie, Atouts, marche en Ombre et par la même briser le rituel. Ou nous pourrions être
pris au piège."
Luke mis un doigt dans sa bouche, le retira, le leva comme s'il testait le vent.
"Nous sommes prisonniers d'évènements qui doivent être," dit-il.
"Menant à la mort?" Dis-je.
"Je ne sais pas. Mais je ne pense pas que l'on puisse échapper à celui-là," répondit-il.
Puis il se remit debout.
"Ce n'est pas le combat mais le caractère familial," dis-je, "J'aurais aime te connaître plus."
"De même. On le fait à pile ou face?" Demanda-t-il.
"Face, on s'en va. Pile, on fait face et on voit ce qu'il en est."
"Ca marche pour moi." Il plongea la main dans sa poche et en ressortit une pièce.
"A toi l'honneur," dis-je.
Il la lança. Nous nous sommes accroupis.
"Pile," dit-il. "En deux manches gagnantes?"
"Nan," dis-je. "Allons-y."
Luke rangea sa pièce et nous nous dirigeâmes vers le feu derrière nous.
"Seulement une douzaine de gars. On peut se les faire," fit Luke.
"Ils n'ont pas l'air particulièrement hostile," dis-je.
"C'est vrai."
Je hochais la tête lorsque nous approchions et parlais en thari:
"Salut," dis-je. "Mon nom est Corwin et lui c'est Rinaldo I, roi de Kashfa, aussi connu sous le nom de Luke.
Etions-nous attendu par le plus grand hasard?"
Un vieil homme qui était assis devant le feu et jouant avec un bâton se leva et nous salue.
"Mon nom est Reis," dit-il, "et nous sommes des témoins."
"Pour qui?" Demanda Luke.
"Nous ne connaissons pas leur nom. Ils étaient deux et portaient des capuches. L'un était une femme je
pense. Nous devons vous offrir à manger et à boire avant les choses commencent..."
"Ouais," dis-je. "J'ai saute un repas à cause de ça. Donnez-moi quelque chose."
"Moi aussi," ajouta Luke, puis le vieil homme et deux autres de ses compagnons nous apportèrent de la
viande, des pommes, du fromage, du pain et des coupes de vin rouge.

Auteur : Julien Brasselet / Date : dimanche 16 novembre 2003 -9-


Alors que nous mangions, je demandais à Reis: "Pouvez-vous me dire comment cela fonctionne?"
"Bien sur," dit-il. "Ils me l'ont dit. Lorsque vous aurez termine de manger, si vous allez de l'autre cote du
feu, les répliques viendront toutes seules."
J'ai ri et hausse les épaules ensuite.
"Parfait," dis-je.
Après avoir finit le repas, je regardais Luke. Il souriait.
"Si nous devons chante pour ce souper," dit Luke, "donnons leur une petite démonstration de 10 minutes et
concluons sur un match nul."
J'acquiesçais.
"Ca me semble bien."
Nous avons mis nos assiettes de cote, nous sommes levés, nous sommes diriges vers le feu et le dépassions.
"Prêt?" Dis-je.
"Bien sur. Pourquoi ne le serais-je pas?"
Nous avons dégainé nos armes, fait un pas en arrière et salue. Nous étions en train de rire alors que la
musique commençait.
Soudain, je me suis retrouve à attaquer alors que j'avais initialement prévu d'attendre la première attaque et
de conserver mes forces pour contre-attaquer. Le mouvement avait été irréfléchi bien qu'habile et rapide.
"Luke," dis-je alors qu'il parait, "ce n'était pas moi. Fais attention. Il y a quelque chose d'étrange dans cette
affaire."
"Je sais," dit-il alors qu'il attaquait de façon admirable. "J'avais pas prévu ça."
Je parais et revenais à la charge plus fort et plus vite. Il reculait.
"Pas mal," dis-je alors que je sentais quelque chose quitter mon bras. Soudain j'attaquais de nouveau
volontairement sans être contrôler mais avec la peur que cela recommence.
J'eus soudain conscience que nous étions alors libérés et cela m'effraya. Si je n'étais pas assez vicieux, le
manège recommencerait. Si je l'étais, un mouvement incontrôlé pourrait arriver au mauvais moment. La
peur montait en moi.
"Luke, si ce qui t'arrive est du même style que ce qui m'arrive, je n'aime pas du tout cette représentation,"
dis-je.
"Moi non plus," répondit-il.
Je jetais un regard au niveau du feu. Deux personnes encapuchonnées se tenaient debout parmi les autres
individus. Ils n'étaient pas très gros et je percevais une peau assez blanche sous la capuche du plus proche.
"Il semblerait que notre public s'agrandisse," dis-je.
Luke jeta un coup d’œil. C'est avec beaucoup de difficulté que je contenais une attaque sournoise alors qu'il
se regardait. Alors que le combat reprenait, il secoua la tête.
"Je ne reconnais aucun des deux," dit-il. "Ce la semble plus sérieux que je ne le pensais."
"Ouais."
"Nous pouvons tous les deux être légèrement blesses et le supporter."
"Oui."
Nos épées jacassaient. De temps a autres un de nous recevaient un coup.
"Et si nous nous blessions en même temps," dit Luke, "puis nous nous jetons à terre et attendons le jugement
sur ce qui a été accompli, quoique ce puisse être. Si l'un d'eux s'approche suffisamment de nous, nous
pourrions lui montrer que ce n'était que pour rire."
"OK," dis-je. "Si tu peux exposer ton épaule rien qu'un peu, je suis prêt à prendre une coupure a l'abdomen.
Cependant donnons leur un peu de sang avant que nous tombions. Coupures au bras et à la tête, que du
facile."
"Ok et l'important est la simultanéité."
Nous nous battions donc. Je restais debout, allant de plus en plus vite. Pourquoi pas? C'était une sorte de jeu.
Soudain mon corps effectua un mouvement auquel je ne m'attendais pas. Je vis les yeux de Luke s'agrandir
alors que le sang gicla et que Grayswandir passa au travers de son épaule. Juste après, Werewindle me passa
au travers le ventre.

Auteur : Julien Brasselet / Date : dimanche 16 novembre 2003 - 10


"Désolé," dit Luke. "Si tu survis et moi non, tu dois savoir qu'il y a beaucoup plus de choses étranges sur les
miroirs du coté du château. La nuit avant que tu n'arrives Flora et moi avons combattu une créature qui était
sorti d'un miroir. Il y a aussi un étrange sorcier impliqué qui a un faible pour Flora. Personne ne sait qui il
est. Mais, d'après moi, il doit cependant avoir un rapport avec le Chaos. Se pourrait-il que pour la première
fois Ombre se reflète en Ambre et pas l'inverse?"
"Bonjour," dit une voix familière. "C'est fini maintenant."
"En effet," dit l'autre voix.
Ces voix étaient celles des deux capuches. L'une était Fiona et l'autre Mandor.
"Le problème est résolu, bonne nuit mon doux prince," dit Fiona.
J'essayais de me lever. Luke fit de même. J'essayais également de brandir mon épée. Je n'y parvins pas. Le
monde devint de nouveau terne et je sentais mon liquide vital couler.
"Je vais survivre et te retrouver," dis-je.
"Corwin," l'entendis-je dire faiblement. "Nous ne sommes pas aussi coupable que tu sembles le penser.
C'était..."
"... Pour mon bien je suppose," murmurais-je avant que le monde ne devienne noir, pensant que je ne devais
pas lancer ma malédiction. Mais un de ces jours...
Je me réveillais dans une des infirmeries d'Ambre, Luke étant dans le lit d'a cote. Nous avions tous les deux
des onguents1 dégoûtants sur nous.
"Vous allez vivre," dit Flora, soulevant mon poignet afin de prendre mon pouls. "Allez vous me raconter
votre histoire maintenant?"
"Ils nous ont juste trouve dans le hall?" Demanda Luke. "La Galerie des Miroirs avait disparu?"
"Exact."
"Je ne veux donner aucun nom pour le moment," dis-je.
"Corwin," dit Luke, "Est-ce que la Galerie des Miroirs t'est souvent apparue lorsque tu étais enfant?"
"Non," dis-je.
"Quasiment jamais lorsque nous étions plus grand également," dit Flora. "Cela fait juste quelques années
qu'elle est plus active. Comme si cet endroit prenait vie."
"Cet endroit?" Demanda Luke.
"Comme s’il y avait un nouveau joueur dans la partie," répondit-elle.
"Qui?" Demandais-je, ce qui me provoqua une douleur dans la gorge.
"Et bien le château lui-même bien sur!" Dit-elle.

Note du traducteur: Cette traduction est ma compréhension de la nouvelle de Roger Zelazny. N'étant pas
traducteur, je ne garantis en aucun cas une perfection dans cet exercice et quelques fois j'ai du faire
preuve d'imagination ayant du mal à cerner ce que l'auteur voulait réellement dire. Il se peut qu'il existe
des erreurs voire des contresens (bien que je juge ces derniers quasiment absents)
Pour toutes remarques ou corrections, vous pouvez me contacter à l'adresse suivant:
padawan_luigi@yahoo.fr

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A moins que quelqu'un puisse me dire ce que "IV" veut dire en anglais/américain...

Auteur : Julien Brasselet / Date : dimanche 16 novembre 2003 - 11 -