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Le shroudling et le guisel

Disclaimer: Voici la troisième nouvelle de Roger Zelazny concernant Ambre. Celle-ci relate des évènements
dans la vie de Merlin après le second cycle. Merlin vient de se réconcilier avec Mandor, son demi-frère et
Dara, sa mère, tous deux le manipulant afin qu'il monte sur le trône du Chaos.

Je me réveillais dans une chambre noire, ayant fait l'amour à une femme avec qui je ne me rappelais pas être
aller au lit. La vie est parfois étrange. Je ne voulais pas détruire notre entretien, et j'ai ainsi parlé de ce que je
faisais. Elle aussi jusqu'à ce moment où l'on donne et reçoit, ce moment d'équilibre et de repos.
Je fis un geste avec ma main gauche et une petite lumière apparut et scintilla au-dessus de nos têtes. Elle
avait de longs cheveux noirs et des yeux verts ainsi que de hautes pommettes et un large front. Elle rit quand
la lumière vint, révélant des dents de vampire. Sa bouche ne portait aucune marque de sang, il aurait donc
été impoli que je cherche des traces de morsures sur mon cou.
"Cela faisait longtemps Merlin," dit-elle doucement.
"Madame1 vous avez un avantage sur moi," répliquais-je.
Elle rit de nouveau.
"A peine," répondit-elle, et elle bougea de telle façon à me distraire complètement, provoquant de nouveau
une réaction en chaîne dans mon corps.
"Déloyal," dis-je, plongeant dans ses yeux couleur océan, caressant son front pâle. Elle avait quelque chose
de très familier mais je ne pouvais mettre le doigt dessus.
"Réfléchis," dit-elle, "parce que je veux que tu te rappelles."
"Je… Rhanda ?" Demandais-je.
"Ton premier amour, comme tu étais le mien," dit-elle en souriant, "là-bas dans le musée. Enfant jouant
innocemment. Mais cela était agréable, n'est-ce pas ?"
"Cela l'est toujours," répondis-je, caressant ses cheveux. "Non, je ne t'ai jamais oublié. Bien que je ne
pensais jamais te revoir après avoir trouvé ce mot de tes parents t'interdisant de jouer avec moi pensant que
j'étais un vampire."
"Cela y ressemblait, mon prince du Chaos et d'Ambre. Tes forces particulières et ta magie."
Je regardais sa bouche et ses crocs. "Etrange pour une famille de vampires de te l'interdire," déclarais-je.
"Vampires ? Nous ne sommes pas des vampires," dit-elle. "Nous sommes les derniers shroudlings. Il ne
reste que cinq familles de notre race dans les reflets secrets de toutes les ombres d'ici à Ambre et même plus
loin qu'ici, jusqu'au Chaos."
Je la serrais un peu plus fort dans mes bras et je passais au crible une grande partie de mes connaissances.
Un peu plus tard je reprenais la parole: "Désolé mais je n'ai pas la moindre idée de ce qu'est un shroudling."
Elle ne répondit également qu'un moment plus tard: "J'aurais été très surprise que tu le saches puisque nous
avons toujours été une race secrète."
Elle ouvrit la bouche et je vis, grâce à la lumière que j'avais créée, ses crocs se rétracter jusqu'à une dentition
normale.
"Ils apparaissent avec la passion et pas seulement lors des repas," remarqua-t-elle.
"Tu les utilises donc à la manière d'un vampire," dis-je.
"Ou d'une goule," ajouta-t-elle. "Leur chair est encore plus riche que leur sang."
"Leur?"
"Celles de ceux que nous prenons."
"Et qui sont-ils ?" Demandais-je.
"Le monde n'en est que meilleur sans eux," dit-elle. "La plupart d'entre eux disparaissent purement et
simplement. Ils arrivent, lorsque nous sommes d'humeur joueuse, d'en laisser juste une partie."
1
En français dans le texte

Auteur : Julien Brasselet / Date : dimanche 16 novembre 2003 -1-


Je secouais la tête.
"Dame shroudling, je ne comprends pas," lui dis-je.
"Nous allons et venons où nous le désirons. Nous sommes un peuple indétectable, un peuple fier. Nous
vivons avec un code de l'honneur qui nous a protégé de votre compréhension. Même ceux qui se doutent de
notre existence ne savent pas dans quelle direction chercher."
"Et tu viens me voir pour tout me raconter."
"Je t'ai observé la plus grande partie de ma vie. Tu ne nous trahiras pas. Tu as également un code."
"Observer presque toute ma vie ? Comment ?"
Mais nous nous sommes alors distraits et cette question resta en suspend. Mais je la gardais néanmoins en
réserve. Enfin, alors que nous étions allongé côte à côte, je la reposais. Elle était alors prête à y répondre
cette fois-ci.
"Je suis l'ombre passagère dans ton miroir," dit-elle. "Je te regarde mais tu ne peux me voir. Chacun de nous
à un animal de compagnie, un amour, une personne ou un lieu préféré. Tu as toujours été le mien."
"Pourquoi ne viens-tu que maintenant Rhanda ?" Demandais-je. "Apres toutes ses années?"
Elle détourna le regard.
"Il se peut que tu meures bientôt," dit-elle après un silence, "et je voulais que tu te rappelles tous ces bons
moments à Wildwood."
"Mourir bientôt ? Je suis constamment en danger, je ne peux le nier. Je suis trop proche du trône. Mais j'ai
des protecteurs puissants... et je suis plus fort qu'il n'y parait."
"Comme je l'ai dit, j'observe," dit-elle. "Je ne doute pas de tes compétences. Je t'ai vu faire beaucoup de
sorts et les maintenir. Certains que je ne comprenais même pas."
"Tu es une sorcière?"
Elle secoua la tête. "Ma connaissance dans ce domaine, bien qu'étendue, n'est que purement théorique," dit-
elle. "Mon pouvoir réside autre part."
"Où ?" Demandais-je.
Elle désigna les murs. Je regardais fixement. Puis je dis: "Je ne comprends pas."
"Peux-tu augmenter la luminosité ?" Demanda-t-elle en désignant la sphère lumineuse.
Je le fis.
"Maintenant déplaces-la près du miroir."
Je le fis également. Le miroir était très noir mais c'était le cas de pratiquement toute chose dans cette maison
d'ami de Mandor, où j'avais décidé de passer la nuit après notre réconciliation.
Je sortais du lit et traversais la pièce. Le miroir était complètement noir, ne reflétant rien. "Particulier,"
remarquais-je.
"Non," dit-elle. "Je l'ai fermé après être entré ici. Ainsi que tous ceux de cette maison."
"Tu es entre ici par ce miroir ?"
"Oui. Je vis dans le monde-miroir."
"Et ta famille ? Et les quatre autres que tu as mentionnés ?"
"Nous avons tous fabriqué nos maisons au-delà des limites de la réflexion."
"Et de là-bas vous voyagez d'un endroit à un autre ?"
"En effet."
"Evidemment, pour pouvoir regarder vos animaux de compagnie. Et pour manger les gens que vous
désapprouvez ?"
"Egalement."
"Tu es effrayante Rhanda." Je retournais au lit, m'asseyant sur le bord. Je pris sa main et la serrai. "Et cela
fait du bien de te revoir. J'aurais aimé que tu reviennes plus vite."
"Je l'ai fait," dit-elle, "en utilisant des sorts de sommeil de notre fabrication."
"J'aurais aimé que tu me réveilles."
Elle inclina la tête. "J'aurais aimé rester avec toi ou bien t'emmener dans mon monde. Mais durant cette
période tu étais une source de danger extraordinaire."
"Il en est toujours ainsi," acquiesçais-je. "Mais, pourquoi es-tu ici, en écartant le plus évident ?"

Auteur : Julien Brasselet / Date : dimanche 16 novembre 2003 -2


"Le danger s'est étendu. Ils nous concernent maintenant."
"Je pensais pourtant que le danger avait été réduit au minimum ces derniers temps," lui dis-je. "J'ai défait les
tentatives de Dara et Mandor ayant pour but de me contrôler et nous sommes arrivés à une sorte de
compromis."
"Mais ils continueront leur plan."
Je haussais les épaules.
"C'est dans leur nature. Ils savent ce que je sais et ils savent aussi que je conviens à leur plan. Ils savent que
je suis prêt pour la suite. Et avec mon frère Jurt, nous sommes aussi arrivé à une certaine entente. Et Julia,
nous nous sommes réconciliés. Et..."
Elle rit. "Julia a déjà utilisé votre "réconciliation" afin de monter Jurt contre toi. Je l'ai observé. Je le sais.
Elle titille sa jalousie en faisant des allusions comme quoi elle tient plus à toi qu'a lui. Ce qu'elle désire
vraiment est te supprimer, ainsi que les sept autres qui sont encore en courses, et les autres qui se tiennent
prêt. Elle sera alors reine du Chaos."
"Elle ne convient pas à Dara."
"Depuis qu'elle a vaincu Jasra, elle a une haute opinion d'elle-même. Cela ne lui est pas venu à l'esprit que
Jasra était devenue fainéante et avait perdu à cause de cela et non à cause de sa puissance. Elle pense que
son pouvoir est plus grand qu'il ne l'est réellement. Et c'est sa faiblesse. Elle s'est réconciliée avec toi pour te
mettre en garde mais aussi pour pouvoir monter ton frère contre toi de nouveau."
"Je suis maintenant averti et t'en remercie, bien qu'il n'y ait que six autres prétendants au trône. J'étais le
premier mais une demi-douzaine de nouveau prétendant sont apparus. Tu en as mentionné sept. Il y en a un
que je ne connais pas ?"
"Il y a celui qui reste caché," dit-elle. "Je ne peux te dire son nom car je ne le connais pas mais je sais que tu
l'as vu avec Suhuy. Je connais son apparence, chaosienne et humaine. Je sais aussi que Mandor le considère
comme un ennemi redoutable en manipulation. En même temps, je pense que Mandor est la raison pour
laquelle il s'est retiré de votre monde. Il a peur de Mandor."
"Il habite le monde-miroir ?"
"Oui, bien qu'il ne soit pas au courant de notre existence. Il l'a trouvé par un accident quasi-impossible, mais
il pense juste avoir fait une découverte merveilleuse, un passage secret menant quasiment partout permettant
de voir presque tout sans être détecté. Nos peuples ont réussi à éviter d'être vu en utilisant des courbes qu'il
ne peut percevoir seul pour le moment. Cela lui offre une voie royale pour le trône."
"S'il peut voir, et aussi écouter, à travers les miroirs sans être détecté, s'il peut en sortir, assassiner quelqu'un
et s'échapper par le même chemin, il est en effet redoutable."
La nuit me sembla d'un coup très froide. Les yeux de Rhanda s'agrandirent. Je me dirigeais vers la chaise où
j'avais jeté mes vêtements et commençais à m'habiller.
"Oui habilles-toi," dit-elle.
"Il y autre chose non ?"
"Oui. Le prétendant caché a trouve et ramené une abomination dans notre paisible royaume. Il a trouve un
guisel quelque part."
"C'est quoi ?"
"Un être de nos légendes, un que nous avions cru détruit depuis longtemps dans le monde-miroir. Ils avaient
presque annihilé les shroudlings. Un monstre. Il avait fallu toute une famille pour venir à bout de ce que l'on
croyait être le dernier."
J'attachai ma ceinture avec mon épée et mis mes bottes. Je traversais la chambre et touchais le miroir noir.
Oui la source de froid venait de là.
"Tu les as fermés ?" Dis-je. "Tous les miroirs des environs ?"
"Le prétendant caché a envoyé le guisel à travers les miroirs pour tuer neufs prétendants au trône. Il cherche
maintenant le dixième: toi."
"Je vois. Peut-il briser le sort?"
"Je ne sais pas. Pas facilement en tout cas. Mais il amène le froid néanmoins. Il se cache juste derrière le
miroir. Il sait que tu es ici."

Auteur : Julien Brasselet / Date : dimanche 16 novembre 2003 -3


"A quoi ressemble-t-il ?"
"Une anguille ailée avec pleins de petits pieds griffus. Long de 3 mètres environ."
"Si on le laisse rentrer ?"
"Il t'attaquera."
"Si nous entrons dans le miroir ?"
"Il t'attaquera."
"De quel coté est-il le plus fort ?"
"Aucun a mon avis."
"Bon sang ! Peut-on entrer par un autre miroir et le prendre par surprise ?"
"Possible."
"Essayons. Viens."
Elle s'est levée, mis rapidement une robe rouge-sang et m'a suivi à travers un mur dans une pièce qui était à
plusieurs kilomètres de là. A l'instar de la plupart des nobles du Chaos, mon frère Mandor aimait garder une
maison dispersée. Il y avait un long miroir entre le bureau et une grande horloge Chaosienne sur un mur
lointain. L'horloge pouvait sembler non-linéaire pour un observateur. Bien. Je prenais mon épée en main.
"Je ne savais même pas que celui-ci était là," dit-elle.
"Nous sommes à une bonne distance de l'endroit que nous venons de quitter. Oublie l'espace. Emmènes-moi
à l'intérieur."
"Je ferais mieux de t'avertir tout d'abord," dit-elle. "Selon les légendes, personne n'a réussi à tuer un guisel
avec une épée ou simplement avec des moyens magiques. Les guisels peuvent absorber les sorts et la force
également. Ils peuvent prendre des coups mortels et survivrent."
"Des suggestions ?"
"Immobilises-le, emprisonnes-le, bannis-le. Tu auras de meilleures chances que de le tuer."
"Bien nous verrons en temps voulu. Si je commence à être dans une sale situation, on fiche le camp."
Elle ne répondit pas mais me prit la main et se dirigea le miroir. Alors que je la suivais, l'antique horloge
commença à sonner de manière irrégulière. L'intérieur du miroir ressemblait à la même pièce mais inversée.
Rhanda me guida vers la sortie le plus éloignée du miroir, puis sur la gauche et tourna au coin.
Nous sommes arrivés sur une place bordée de tours et de grandes résidences tordues et hautes, et aucune ne
m'était familière. L'air était porteur de lignes onduleuses se courbant ici et là. Elle s'approcha d'une et y mis
sa main libre. Puis elle passa à travers, m'emmenant avec elle. Nous sommes sortis dans rue courbe entourée
de bâtiments tordus.
"Merci," dis-je, "pour les avertissements et la chance de me défendre."
Elle serra ma main.
"Ce n'est pas seulement pour toi, mais aussi pour ma famille que je le fais."
"Je sais," dis-je.
"Je ne l'aurais pas fait si je ne pensais pas que tu avais ta chance contre cette chose. Si je ne le pensais pas, je
t'aurais juste prévenu et dis ce que je savais. Mais je me suis rappelle ce jour, à Wildwood, où tu m'avais
promis d'être mon champion. Tu m'avais alors semblé être un véritable héros."
Je souriais alors que je me rappelais également ce jour. Nous étions en train de lire des contes
chevaleresques dans le mausolée. Dans un élan de noblesse je la menais dehors alors que le tonnerre
grondait et je montais sur les tombes d'inconnus -Dennis Colt, Remo Williams, John Graunt- et jurais d'être
son champion si elle en avait besoin. Elle m'avait alors embrassé et je souhaitais alors des circonstances
néfastes immédiates afin de pouvoir la défendre de mon corps.
Mais rien ne se passa.
Nous avancions de nouveau et elle compta les portes, s'arrêtant à la septième. "Celle-ci," dit-elle, "mène par
les courbes juste derrière le miroir fermé de ta chambre."
Je lâchais sa main et passais devant.
"OK," dis-je, "il est temps de dé-guiseler," et j'avançais. Le guisel m'a alors évité le trajet en apparaissant
avant que je n'arrive là-bas.
Un peu plus de trois mètres de long, sans yeux aussi loin que je pouvais voir, avec de nombreux cils battant

Auteur : Julien Brasselet / Date : dimanche 16 novembre 2003 -4


rapidement sur ce que je supposais être sa tête. Il était tout rose avec une longue ligne verte lui traversant le
corps dans un sens et une bleue dans l'autre. Il redressa l'extrémité avec les cils à un mètre du sol et se
balança. Il émettait un son grinçant et se tourna dans ma direction. Il possédait également une énorme
gueule anguleuse telle celle d’un requin. Il l'ouvrit et la ferma plusieurs fois et j'y vis un grand nombre de
dents. Un liquide semblant venimeux coulait de cet orifice et tombait par terre.
J'ai attendu qu'il s'approche et il le fit. J'étudiais sa façon de se déplacer et découvris rapidement une horde
de petits pieds. Je mis ma lame en avant dans une position de garde et j'attendais son attaque. Je passai en
revue mes sorts.
Il s'avança et je le frappais avec mes sorts Runaway Buick2 et Blazing Outhouse3. A chaque fois, il s'arrêtait
comme mort et attendait que les sorts lui arrivent dessus. L'air devint glacial et semblait sortir de sa bouche.
C'était comme s'il digérait la magie et la renvoyait sous forme d'entropie. Quand le dégagement de froid
cessa, il reprit sa marche et je lançais alors mon sort Demented Power Tools4. De nouveau il s'arrêta,
immobile et dégagea de l'air froid. Cette fois, je me jetais sur lui et le frappais d'un grand coup d'épée. Le
coup résonna comme une cloche mais rien d'autre ne se passa. Je reculais alors qu'il remuait.
"On dirait qu'il mange mes sorts et rejette du froid," dis-je.
"C'est aussi ce qu'ont remarqué les autres," répondit Rhanda.
Pendant que nous parlions, il tordit son corps afin de mettre sa bouche vers le haut et se jeta sur moi.
Je mis ma lame sur sa gorge alors que ses pieds s'accrochaient à moi. Je fus tiré en arrière alors qu'il
refermait sa bouche et j'entendis le claquement de ses mâchoires. Il ne me restait que la poignée de l'épée en
main. Il venait de manger la lame. Effrayé, je décidais d'utiliser mon nouveau pouvoir alors que sa bouche
s'ouvrait de nouveau.
Les canaux de l'aiguiller étaient ouverts et je frappais la créature avec de l'énergie brute venant de quelque
part en Ombre. De nouveau la créature sembla paralysée et l'air autour de moi se refroidit. Je me dégageais
de son étreinte, saignant d'une douzaine de petites blessures. Je me roulais loin de lui et me relevais, tout en
continuant mon action avec l'aiguiller, le froid persistant. Je tentais d'utiliser le reste de l'épée afin de le
démembrer mais il absorba le coup tout en étant une statue de glace rose.
En cherchant à travers Ombre, je trouvais une nouvelle épée. Avec son bout je traçais un rectangle dans l'air
avec un cercle au milieu. Je me concentrais dessus avec toute ma volonté et mon désir. Apres un moment je
sentis le contact.
"Père ! Je te sens mais je ne peux te voir !"
"Spectre," dis-je, "Je me bats pour ma vie et sans doute pour plusieurs autres. Viens si tu le peux."
"J'essaye mais tu es dans un lieu étrange. Il semble impossible d'y rentrer."
"Bon Dieu."
"Je suis d'accord. J'ai déjà fait face à ce genre de problème auparavant. La solution n'est jamais évidente."
Le guisel commençait à bouger de nouveau. J'essayais de maintenir le contact d'Atout mais il s'atténuait.
"Père !" Cria Spectre alors que le contact se rompait. "Essaie..." Puis il se coupa. Je reculais. Je jetais un
coup d’œil à Rhanda. Des douzaines d'autres shroudlings étaient apparus à ses cotés, tous portant des
vêtements blancs, noirs ou rouges. Ils commencèrent à chanter une chanson étrange, aux allures funèbres,
comme si un son morose était nécessaire pour cette bataille. Cela sembla ralentir le guisel et cela me rappela
un quelque chose qui datait.
Je jetais ma tête en arrière et hululais un cri que j'avais entendu un jour en rêve et jamais oublié depuis.
Mon ami arriva.
Kergma, l'équation vivante, arriva en provenance de plusieurs lieux à la fois. Je regardais et attendais
qu'il/elle, je n'ai jamais été trop sur, s'assemble. Kergma avait été un compagnon de jeu de mon enfance,
comme Glait et Gryll.
Rhanda avait dû se rappeler cet être pouvant aller n'importe où car elle émit un petit cri.
Kergma passa près d'elle et la contourna en guise de salutation, puis vint vers moi et procéda au même
2
Buick fugitive. Une Buick est une voiture américaine
3
Mot a mot: Dépendance Flambante
4
Outils Electriques Déments

Auteur : Julien Brasselet / Date : dimanche 16 novembre 2003 -5-


rituel.
"Mes amis ! Cela faisait bien longtemps que vous ne m'aviez appelé pour jouer ! Vous m'avez manqué !"
Le guisel recommençait à avancer malgré le chant des shroudlings comme si son propre pouvoir le
surpassait enfin.
"Ce n'est pas un jeu," répondis-je. "Cette créature nous détruira tous si nous n'y parvenons pas les premiers,"
dis-je.
"Alors je dois la résoudre pour nous. Tout ce qui vit à une équation, une étude quantique complexe. Je te l'ai
dit il y a longtemps."
"Oui. Essaye. S'il te plait."
J'hésitais à frapper de nouveau la créature avec l'aiguiller alors que Kergma travaillait sur son équation,
craignant d'interférer avec ses calculs. Je gardais mon épée et l'aiguiller prêt tout en continuant de reculer.
Les shroudlings reculaient en même temps que moi, doucement.
"Un équilibre étonnant," dit enfin Kergma. "Il a une équation vitale formidable. Utilise ton jouet pour le
stopper maintenant."
Je le gelais de nouveau avec l'aiguiller. Le chant des shroudlings continuait.
Lentement, Kergma dit: "Il y a une arme qui peut le détruire sous certaines conditions. Tu dois cependant te
la procurer. C'est une épée courbe que tu as déjà eu en main. Elle est accrochée sur le mur d'un bar où tu as
bu une fois avec Luke."
"L'Epée Vorpale?" Dis-je. "Elle peut le détruire?"
"Un morceau à la fois, avec des conditions favorables."
"Tu connais ces conditions?"
"Je les ai résolues pour eux."
J'ai saisi mon arme et ai de nouveau frappé le guisel avec une force provenant de l'aiguiller. Il grinça et
transforma la magie une fois de plus. Puis je jetais l'épée que je tenais et fouillais loin, très loin à travers
Ombre. Cela me prit du temps de trouver ce que je cherchais et une résistance s'opposait à ce que je la
prenne. J'ai donc rajouté la force de l'aiguiller à la mienne et enfin elle vint à moi. De nouveau, je tenais
l'étincelante et courbe Epée Vorpale dans mes mains.
J'allais de nouveau frapper le guisel lorsque Kergma m'arrêta. Je frappais donc de nouveau avec une force
terrible via l'aiguiller.
"Pas de cette façon. Pas de cette façon."
"Comment alors?"
"Nous avons besoin d'une variation de Dyson dans l'équation du miroir."
"Montre-moi."
Des murs miroirs nous entourèrent soudain, le guisel, Kergma et moi, excluant Rhanda.
Nous nous élevions dans les airs et dérivions vers le centre de la sphère. Nos réflexions venaient de partout.
"Maintenant. Mais tu dois l'empêcher de toucher les murs."
"Retiens cette équation. Je pourrais vouloir l'utiliser bientôt."
Je frappais le guisel gelé avec l'Epée Vorpale. De nouveau un son de cloche fut émis et le guisel resta intact.
"Non," dit Kergma, "laisse-le dégeler."
J'ai donc attendu qu'il commence à bouger, signifiant qu'il pourrait m'attaquer sous peu. Rien n'est jamais
facile. J'entendais toujours le chant affaibli.
Le guisel se remis plus rapidement que je ne le pensais. Mais je me suis lancé et ai coupé la moitié de la tête
qui sembla se diviser en un tissu fin qui s'envola dans toutes les directions.
"Callo! Callay!" Criais-je, tournoyant de nouveau et enlevant une grande portion de tissu de son coté droit,
qui répéta le phénomène fantomatique et l'envol. Il revint à la charge et je le touchais de nouveau. Un autre
gros morceau quitta son corps de la même manière. Chaque fois que son corps tordu s'approchait d'un mur,
je m'interposais corps et épée, le conduisant de nouveau au centre de la sphère en taillant là et coupant ici.
A maintes reprises il a tenté de m'attaquer ou de se diriger vers le mur. A chaque fois ma réponse était la
même. Mais il ne mourrait pas. J'ai combattu jusqu'à ce qu'il n'y ai plus qu'un petit bout de son tronc qui
bougeait devant moi.

Auteur : Julien Brasselet / Date : dimanche 16 novembre 2003 -6-


"Kergma," dis-je, "nous en avons envoyé la plus grande partie vers des lignes infinies. Maintenant peux-tu
revoir l'équation? Puis je trouverais une puissance suffisante avec l'aiguiller pour te permettre de créer un
autre guisel pour moi, un qui retournera à l'expéditeur de celui-ci et qui le considérera comme sa proie."
"C'est faisable," dit Kergma, "Je suppose que tu gardes ce petit bout pour que le nouveau le mange?"
"Oui, c'était dans mes plans."
Puis il le fit. Quand les murs s'affaissèrent, le nouveau guisel, noir avec des zébrures rouges et jaunes, se
frottait à ma cheville tel un chat. Le chant s'arrêta.
"Va et cherche le prétendant caché," dis-je, "et retourne lui son message."
Il courut, prit une courbe et disparut.
"Qu'as-tu fait?" Me demanda Rhanda. Je lui fis un résumé.
"Le prétendant caché va maintenant te considérer comme son plus dangereux adversaire," dit-elle, "s'il
survit. Il va sûrement augmenter ses efforts contre toi, de manière subtile et violente également."
"Parfait," dis-je. "C'est ce que j'espère. J'aime forcé les confrontations. Il ne va probablement plus se sentir
en sécurité dans votre monde également, ne sachant jamais quand un nouveau guisel viendra le chasser."
"Vrai," dit-elle. "Tu as été mon champion," et elle m'embrassa.
A ce moment, surgissant de nulle part, une patte apparue et pris l'épée que je tenais. L'autre patte fit tomber
deux feuilles de papier devant moi. Puis une voix douce parla: "Tu continues d'emprunter cette épée sans
signer de contrat. Sois gentil et fais-le maintenant Merlin. La deuxième feuille est pour la dernière fois." Je
trouvais un bic sous ma cape et signais alors que le reste du chat apparaissait.
"Cela fait $40," continua-t-il. "Elle coûte $20 pour chaque heure ou portion d'heure utilisée en tant que
Vorpale."
Je plongeais les mains dans mes poches et les ressortis avec la somme. Le chat sourit et commença à
s'effacer.
"Sympa de faire des affaires avec toi," dit-il en souriant. "Reviens vite. La prochaine conso est pour la
maison. Et amène Luke. C'est un mec cool."
Je remarquais que durant sa disparition, les shroudlings en avaient fait autant.
Kergma s'approcha.
"Où sont les autres? Glait et Gryll?"
"J'ai laissé Glait dans un bois," répondis-je, "bien qu'il puisse être de retour dans le vase de Windmaster au
musée de Gramble dans les passes de Sawall maintenant. Si tu le vois dis-lui que la grande chose ne m'a pas
mangée et que nous boirons du lait chaud ensemble une nuit en se racontant d'autres contes. Gryll doit être,
je pense, employé par mon oncle Suhuy."
"Ah, Windmaster. C'était le bon vieux temps," dit-il. "Oui, nous devrions nous réunir et jouer de nouveau.
Merci de m'avoir appelé pour celui-ci," et il se dispersa dans plusieurs directions et disparut, comme les
autres.
"Et maintenant?" Demanda Rhanda.
"Je rentre et je vais au lit." J'hésitais puis ajoutais, "Tu viens?"
Elle hésita également, puis acquiesça. "Finissons la nuit comme nous l'avons commencée," dit-elle.
Nous traversâmes la septième porte et elle déverrouilla le miroir. Je savais qu'elle serait partie lorsque je me
réveillerais.

Note du traducteur: Cette traduction est ma compréhension de la nouvelle de Roger Zelazny. N'étant pas
traducteur, je ne garantis en aucun cas une perfection dans cet exercice et quelques fois j'ai du faire preuve
d'imagination ayant du mal à cerner ce que l'auteur voulait réellement dire. Il se peut qu'il existe des
erreurs voire des contresens (bien que je juge ces derniers quasiment absents)
Pour toutes remarques ou corrections, vous pouvez me contacter à l'adresse suivant:
padawan_luigi@yahoo.fr

Auteur : Julien Brasselet / Date : dimanche 16 novembre 2003 -7