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Élaboration d’un questionnaire portant sur l’usage problématique de Facebook Mémoire Elyse Fréchette Maîtrise

Élaboration d’un questionnaire portant sur l’usage problématique de Facebook

Mémoire

Elyse Fréchette

Maîtrise en administration et évaluation en éducation Maître ès arts (M.A.)

Québec, Canada

© Elyse Fréchette, 2015

Résumé

La création de Facebook en 2004, l’augmentation grandissante du nombre d’abonnés dans le monde depuis, et la place que prend ce réseau social peuvent être perçu pour certains positivement, alors que pour d’autres, c’est plutôt négativement. Facebook fait partie du quotidien de plusieurs personnes. La présente recherche consiste à élaborer un questionnaire portant sur l’usage problématique de Facebook (UPF) à partir des étapes proposées par Dussault, Valois et Frenette (2007). La théorie développée par Davis (2001) et adaptée par Caplan (2002) sur l’usage problématique d’Internet a servi de point de départ pour l’UPF. Les dimensions retenues pour la création du questionnaire sont : Perte de contrôle, Négligence et Distraction. Suite à un prétest, le questionnaire a été envoyé à deux listes de courriel d’une université québécoise (étudiants et travailleurs), puis il a été mis sur le groupe Facebook de cette dernière. Un total de 925 étudiants et travailleurs, dont 692 femmes, 204 hommes, a répondu à la version finale du questionnaire. Les résultats obtenus démontrent que le modèle qui représente le mieux les données, parmi les quatre modèles testés, est un modèle avec trois facteurs corrélés (Perte de contrôle, Négligence et Distraction). Ce questionnaire pourrait servir de point de départ pour définir ce concept. Des recherches futures visant à définir les antécédents menant à l’UPF sont nécessaires.

Table des matières

Résumé

III

Table des matières

V

Liste des illustrations

VII

Remerciements

IX

Avant-propos

XI

Introduction

1

Contexte de référence

3

Internet

3

Médias sociaux

3

Facebook

5

Usage problématique et différentes formes

7

L’addiction

7

L’usage pathologique d’Internet

7

La cyberdépendance

7

L’usage problématique d’Internet

8

But de la recherche

11

Présentation de l’article

13

Article scientifique

15

Résumé de l’article

17

Abstract

19

Introduction

21

Contexte de référence

24

Méthodologie

27

Détermination de l’objet de mesure

27

Génération des énoncés

27

Détermination de l’échelle de mesure

27

Vérification de la clarté des énoncés auprès d’un échantillon d’experts

27

Prétest

28

L’analyse d’items et la vérification de la structure factorielle du questionnaire

29

Résultats

33

Discussion-Conclusion

37

Bibliographie

41

Conclusion

45

Bibliographie

47

Annexes

50

Annexe 1 Formulaire de recrutement

50

Annexe 2 Formulaire de consentement

52

Annexe

3

Questionnaire

54

Annexe 4 Formulaire d’approbation du comité d’éthique

59

Liste des illustrations

Table 1 : Classification des médias sociaux par rapport à la présence sociale/la richesse du média et du degré

d’exposition/dévoilement de soi (repris de Kaplan & Haenlen, 2010)

5

Article

Tableau 1 : Classification des médias sociaux par rapport à la présence sociale/la richesse du média et du degré d’exposition/dévoilement de soi

24

Tableau 2 : Caractéristiques des répondants au questionnaire (N=925)

30

Tableau 3 : Résultats des analyses du modèle de Rasch, par dimension

33

Tableau 4 : Indices d’ajustement obtenus pour chacun des modèles théoriques éprouvés

34

Tableau 5 : Moyenne et écart-type de chacun des énoncés

36

Figure 1 : Modèle à 3 facteurs corrélés retenu

35

Remerciements

Ma maîtrise en administration et évaluation en éducation se termine avec le dépôt de ce mémoire.

Ce projet m'a permis d'acquérir, entre autres, la rigueur nécessaire pour la rédaction scientifique de même qu'une détermination hors du commun, essentielle pour surmonter les remises en question incontournables dans un tel projet.

La réalisation de ce mémoire a nécessité la contribution de plusieurs personnes de mon entourage.

En premier lieu, je tiens à remercier tout spécialement mon directeur de recherche, Eric Frenette, qui m’a fait confiance dès le début. Je tiens à souligner sa grande disponibilité, ses encouragements aux moments opportuns ainsi que ses nombreux commentaires, éléments essentiels pour l'exécution de ce projet. Son expertise de même que son intégrité m'ont enrichie tant professionnellement qu'humainement et cet apprentissage m'accompagnera certainement pour la réalisation de mes futurs projets de vie.

Je tiens à remercier également mon codirecteur de recherche, Pierre Beaudoin, qui a su croire en moi dès le départ et qui m’a permis d’accéder à la maîtrise. Sans son appui, les choses se seraient passées différemment. Un sincère merci.

Aussi, je dois un merci sans réserve à mes parents, Raymonde Jean et Pierre Fréchette, qui ont cru en moi depuis le début de ce projet. L'appui irremplaçable et continu qu'ils m'ont apporté a assurément contribué à réaliser ma maîtrise qui me tenait tant à coeur.

Merci à tous mes proches, amis et collègues que j'ai côtoyés et qui m'ont motivée durant ces dernières années. Un merci particulier à Audrey Lambert-Hamel pour ses conseils qui ont été d’une grande aide. Ils ont tous contribué, à leur manière, à la réalisation de ce mémoire. Je remercie également mon amoureux, Guy Veilleux, de m’avoir accompagnée dans ce projet, sachant toute l'importance que cela représentait pour moi.

Merci et bonne lecture!

Avant-propos

L’article qui est intégré dans ce mémoire a été rédigé par moi-même en tant que première auteure. Deux coauteurs ont également contribué à la rédaction : Eric Frenette et Pierre Beaudoin. Cet article sera soumis subséquemment à la revue Cyberpsychology, Behavior, and Social Networking, incluant l’Introduction, le Contexte de référence, la Méthodologie, les Résultats, la Discussion-Conclusion ainsi que la bibliographie qui est associée à l’article.

Introduction

À la fin du mois de mars 2014, Facebook comptait en moyenne 802 millions d’utilisateurs actifs quotidien, et 1,28 milliard d’utilisateurs actifs mensuel (Facebook, 2014). Selon eBiz The eBusiness (2014), Facebook est le média social le plus populaire, avec près de 900 millions d’utilisateurs actifs mensuellement dans le monde, en date du 14 juillet 2014. Selon le Fabian Ropars (2014), Facebook est le réseau social le plus populaire dans 127 des 137 pays étudiés.

Au Canada, plus de la moitié des citoyens adultes se connectent au moins une fois par mois sur Facebook (Radio-Canada, 2013). Toujours selon cette source, 14 millions de Canadiens visitent de façon quotidienne leur page. Au Québec, Facebook est le média social en tête de popularité à 70,2 %, et 48,9 % de ces Québécois se connectent à leur compte chaque jour (Centre Facilitant la Recherche et l’Innovation dans les Organisations; CEFRIO, 2014).

Considérant que l’usage des réseaux sociaux a pris une importance considérable dans la vie des générations actuelles, que les générations futures seront plus enclines à en faire l’utilisation, et que ce phénomène est peu étudié malgré sa popularité, il importe d’évaluer l’usage que les gens font des réseaux sociaux, plus précisément de Facebook. Bien que Facebook soit un outil intéressant pour plusieurs, il semble que des personnes s’inquiètent de l’intérêt et de l’usage possiblement démesuré que des gens accordent à ce réseau social. Le concept de FOMO (Fear of missing out; la peur de manquer quelque chose) pourrait être lié

à ce type d’usage démesuré. FOMO pourrait être défini comme étant l’impression qu’une personne a que les

autres doivent avoir des expériences dans lesquelles il est absent (Sergerie, 2014). Ce concept est caractérisé

par le désir de rester continuellement connecté à ce que les autres font. L’usage problématique de Facebook pourrait être lié à la peur de manquer ce qui ce passe sur le site. À la connaissance de l’auteure, aucun questionnaire ne permet d’évaluer l’usage problématique de Facebook (UPF). La présente recherche consiste

à élaborer un questionnaire portant sur l’UPF. Pour ce faire, la méthodologie proposée par Dussault, Valois et

Frenette (2007) pour l’élaboration d’un questionnaire, inspirée de DeVellis (2003), sera retenue. Étant donné

le peu de recherches sur Facebook, cette étude s’inspire de cadres théoriques développés dans le cadre de l’usage problématique d’Internet (UPI). Le questionnaire pourra permettre un autodiagnostic de l’UPF pour les utilisateurs de Facebook.

Dans un premier temps, il sera question d’Internet. Dans un deuxième temps, il sera question des médias sociaux et finalement, de Facebook, l’objet de la recherche.

Contexte de référence

Internet

En 1962, les premiers textes sous forme de mémos, décrivant des interactions sociales, ont été faits au moyen d’un réseau d’ordinateurs. C’est ce qui a permis de créer l’Internet en 1969, sous le nom d’ARPANET (Internet Society, 2012). Dans les années 1970, le courrier électronique a été ajouté comme fonction. Selon Internet Society (2012), en 1984, l’ARPANET est devenu l’Internet. En 1992, l’Internet est devenu commercial. Par contre, seulement les sites web dédiés à la recherche et à l’éducation étaient autorisés par le Sénat américain (Internet Society, 2012). En 1993, l’Internet est devenu un network global, malgré sa dominance aux États-Unis.

En 2000, il y avait environ 400 millions d’utilisateurs d’Internet dans le monde (Internet Society, 2012). Au début de l’année 2014, il y avait plus de 3 milliards d’utilisateurs d’Internet dans le monde (The Marketing Society, 2015). Selon une étude réalisée par le CEFRIO (2008) dans laquelle le taux d’utilisation d’Internet au Québec a été comparé entre 2000 et 2008, 39,7 % des adultes interrogés en 2000 avaient utilisé Internet au moins une fois depuis les sept derniers jours, alors qu’en 2008, ce taux se situait à 71,7 %. D’après cette même étude, en 2001, la moyenne hebdomadaire d’heures consacrées à l’utilisation d’Internet pour des motifs personnels se situait à 5,4 heures, alors qu’en 2008, elle se situait à 6,8 heures.

Selon l’Institut de la statistique du Québec (ISQ; 2013), le taux d’informatisation (utilisation d’un ordinateur) des ménages canadiens se situait à 20 % en 1992, alors que ce taux s’élevait à 84,5 % en 2011. Au Québec, ce taux d’informatisation des ménages se situait à 15,5 % en 1992, alors qu’il s’élevait à 80 % en 2011. En 2000, le taux d’utilisateurs réguliers d’Internet (au moins une fois par semaine) au Québec se situait à 40 %, alors qu’en 2010, ce taux atteignait 75 % (CEFRIO, 2010). D’après une étude réalisée par le CEFRIO en 2011, les Québécois consacraient en moyenne 8,3 heures par semaine sur Internet à la maison. La moyenne d’heures par semaine sur le lieu de travail ou d’études, quant à elle, s’élevait à 6,5 heures et à 1,5 heure sur un cellulaire (CEFRIO, 2011). En 2012, 83 % des ménages canadiens avaient accès à Internet à la maison en 2012 (Statistiques Canada, 2013). Toujours selon cette source, environ 69 % des ménages utilisaient plus d’un type d’appareil pour accéder à Internet en 2012. Selon Benoîte Labrosse du magazine Protégez-vous (2014), trois Canadiens sur quatre utilisent Internet pour s’informer sur les différents produits et services qu’ils convoitent, et 93 % s’appuient sur les résultats obtenus à l’aide d’un moteur de recherche.

Médias sociaux

Le concept de médias sociaux date du début des années 1990, avec la création de l’open diary, un média social qui permettait de réunir ceux qui, plus tard, seront appelés blogueurs, à l’intérieur d’une même

communauté, dans lequel le terme weblog a été utilisé pour la première fois (Kaplan & Haenlein, 2010). Toujours selon cette source, la création et la popularité de ce concept de médias sociaux tels que MySpace et Facebook sont dues à l’augmentation de l’accessibilité à l’Internet haute vitesse.

Selon Kaplan et Haenlein (2010), un média social est un ensemble d’activités sur Internet, construit à partir de l’idéologie et des fondements technologiques du Web 2.0, permettant la création et l’échange du contenu généré par les utilisateurs (User Generated Content; UGC). Toujours selon ces auteurs, le Web 2.0 est une plate-forme dans laquelle le contenu ainsi que les applications sont continuellement modifiés par tous les individus de façon collaborative et participative. Le Web 2.0 se différencie du Web 1.0, car, dans le cas de ce dernier, le contenu publié à partir d’un site web est contrôlé par une seule personne.

Pour être fonctionnel, le Web 2.0 a besoin de trois fonctionnalités de base : (1) Adobe Flash (une suite logicielle qui permet de mettre de l’animation, de l’interactivité, de l’audio/vidéo à des pages Web), (2) RSS (Really Simple Syndication; utilisé pour publier fréquemment du contenu, tel que les blogues, dans un format standardisé), et (3) AJAX (Asynchronous Java Script; technique permettant de mettre la page à jour sans avoir à remettre la totalité de la page à jour). Le Web 2.0 est donc une plate-forme pour l’évolution du média social.

Le UGC, quant à lui, est la somme de toutes les utilisations des médias sociaux (Kaplan & Haenlein, 2010). Selon ces auteurs, c’est le terme qui est généralement utilisé afin de décrire les différentes formes de contenu des médias qui sont disponibles au public et qui ont été créées par les end-users. Selon l’Organisation pour l’Économie, la Coopération et le Développement (OCDE, 2007), l’UGC requiert trois aspects pour être considéré comme en étant un : (1) le contenu doit être publié sur un site accessible au public ou encore sur un réseau social accessible à un groupe de personnes sélectionné, excluant ainsi le contenu échangé par courriel ou par messagerie instantanée; (2) le contenu présenté doit montrer un effort créatif, excluant ainsi le partage de contenu déjà existant; et (3) le contenu doit être créé en dehors d’un contexte de travail.

Les différentes catégories de médias sociaux se présentent selon deux axes : (1) le degré d’exposition et de dévoilement de soi, et (2) le niveau de présence sociale et de richesse du média. Selon Kaplan et Haenlein (2010), le degré d’exposition signifie que dans n’importe quel type d’interaction sociale, l’individu a le désir de contrôler l’impression que les autres ont de lui. Dans le cas du dévoilement de soi, c’est la révélation, consciente ou inconsciente, d’informations personnelles. Plus ces deux aspects sont élevés, plus l’individu doit se révéler dans ce média social.

La présence sociale est influencée par deux choses : (1) l’intimité (une conversation en face à face versus une conversation au téléphone), et (2) la rapidité (une conversation asynchrone, telle que par courriel, et une conversation synchrone, comme la discussion instantanée). Plus la présence sociale est élevée, plus la conversation sociale entre les individus aura une influence sur les comportements de chacun. Finalement, la

richesse du média est basée sur l’hypothèse qu’une conversation réussie repose sur la résolution de

l’ambiguïté et la réduction du côté imprécis des informations partagées. Un média riche permet de transmettre

une quantité d’informations en peu de temps (Kaplan & Haenlein, 2010).

Il existe six catégories de médias sociaux, classés en fonction du degré d’exposition, du dévoilement

de soi, du niveau de présence sociale et de la richesse du média (voir Tableau 1) : (1) les blogues, (2) les

projets collaboratifs, (3) les sites de réseautage social, (4) les communautés axées sur le partage de contenu,

(5) les mondes virtuels sociaux et (6) les jeux virtuels en ligne (Kaplan & Haenlein, 2010). Selon ces auteurs,

Facebook est classé dans la catégorie des réseaux sociaux. Celle-ci est caractérisée par un niveau de

présence sociale et de richesse du média de niveau moyen, et du degré d’exposition et de dévoilement de soi

de niveau fort.

Table 1 : Classification des médias sociaux par rapport à la présence sociale/la richesse du média et du degré d’exposition/dévoilement de soi (repris de Kaplan & Haenlen, 2010)

Présence sociale/richesse du média

Faible

Moyenne

Forte

Degré d’exposition et dévoilement de soi

Fort

Faible

Blogues

Projets collaboratifs (p. ex. : Wikipédia)

Réseaux sociaux

(p. ex. : Facebook)

Communautés de

contenu

(p. ex. : YouTube)

Mondes sociaux virtuels (p. ex. :

Second Life)

Jeux du monde virtuel (p. ex. :

World of Warcraft)

Note. Tableau adapté de «Users of the World, unite! The challenges and opportunities of Social Media», par A.M. Kaplan et M. Haenlein, 2010, Business Horizons, 53(1), p.62.

Facebook

La caractéristique principale de Facebook est que l’utilisateur crée son profil personnel en ligne. Ce

profil est ensuite intégré à un réseau qui permet de le lier à plusieurs autres membres (Boyd & Ellison, 2008).

Peu d’études ont été faites sur Facebook et sur l’usage problématique de ce réseau social. La base de

l’Internet et de Facebook est le fait que c’est un environnement virtuel, permettant d’avoir une gamme

d’informations, ce qui est un comparable intéressant à utiliser avec l’utilisation de Facebook. En ce sens, le

contexte de l’utilisation d’Internet a été utilisé comme comparatif afin de créer un questionnaire portant sur

l’usage problématique de Facebook.

Facebook a été développé par Mark Zuckerberg en février 2004 à l’Université Havard à Cambridge

(Facebook, 2014). Au mois de décembre 2004, ce réseau était rendu accessible à quelques universités

américaines et comptait déjà 1 million d’utilisateurs. En septembre 2006, le site était ouvert à l’ensemble de la

population. En décembre de cette même année, Facebook comptait 12 millions d’utilisateurs (Facebook,

2014). En décembre 2010, le nombre d’utilisateurs s’élevait à 608 millions dans le monde.

Selon le CEFRIO (2014), il y a cinq types d’activités sur les médias sociaux : (1) se connecter à son compte, (2) consulter du contenu, (3) interagir avec d’autres utilisateurs, (4) relayer ou partager du contenu et (5) créer du contenu. De fait, 85 % des internautes québécois utilisent les médias sociaux pour une ou plusieurs de ces 5 activités (CEFRIO, 2014). Toujours selon cette source, se connecter à son compte quotidiennement est l'activité la plus populaire pour 52,3 % des adultes québécois.

L’âge est un facteur influençant l’utilisation des médias sociaux. Parmi les internautes interrogés âgés de 18 à 24 ans, 100 % disaient réaliser au moins une activité sur les médias sociaux, 97,5 % de ceux de la

catégorie des 25 à 34 ans faisaient la même chose, de même que 93 % pour celle des 35 à 44 ans (CEFRIO, 2014). Toujours selon cette source, on remarque une différence importante entre les utilisateurs de moins de

45 ans (96,6 % utilisent les médias sociaux) et ceux de 45 ans et plus (73,6 % utilisent les médias sociaux).

En effet, c’est 79 % de la catégorie des 45 à 54 ans qui les utilisent, 73 % de la catégorie des 55 à 64 ans et

66 % de celle des 65 ans et plus (CEFRIO, 2014).

Usage problématique et différentes formes

Plusieurs études s’intéressent à la relation entre les gens et leur utilisation d’Internet, à la santé psychosociale (le développement psychologique d’une personne et son interaction dans un environnement social), et aux conséquences négatives de l’utilisation d’Internet à la maison et au travail (Beard & Wolf, 2001; Brenner, 1997; Caplan, 2002; Davis, 2001; Morahan-Martin & Schumacher, 2000; Pratarelli, Browne, & Johnson, 1999; Young, 1996, 1998a, 1998b). Plusieurs termes sont utilisés afin de décrire les individus qui s’engagent dans une utilisation exagérée d’Internet, qui peut entraîner des conséquences négatives.

L’addiction

Le mot addiction, de source latine (ad-dicere), exprimait à l’origine l’appartenance à quelqu’un, en lien avec l’esclavage (Nayebi, 2007). Selon le dictionnaire de Macintosh (2011), l’addiction est définie par l’état d’une personne qui a une dépendance physique et mentale pour une substance en particulier, et qui est incapable d’arrêter de la prendre sans avoir des effets négatifs. D’après le dictionnaire de Microsoft (2008), l’addiction est définie comme étant une personne qui est dépendante physiologiquement ou mentalement d’une drogue et qui y passe beaucoup de temps.

Le terme Internet addiction (Young 1998a et 1998b) est abondamment utilisé pour définir une utilisation pathologique d’Internet. Young (1998a), considérée comme une pionnière dans ce champ de recherche, indique que des utilisateurs d’Internet deviennent addictes de la même façon dont d’autres deviennent addict à la drogue, à l’alcool, ce qui amène des problèmes au point de vue social, scolaire, etc. Dans le cadre des premières recherches de Young (1998a), les critères du jeu pathologique s’arrimaient bien avec la nature de l’usage pathologique d’Internet. Comme le modèle est le jeu pathologique, Young (1998a) définit l’addiction à Internet comme étant «un trouble de contrôle des impulsions n’incluant pas de substance» (p. 243). Selon Caplan (2002), ceux qui adhèrent au terme Internet Addiction croient que c’est l’utilisation d’Internet qui entraîne des problèmes sociaux, psychologiques et professionnels.

L’usage pathologique d’Internet

L’usage pathologique d’Internet est défini par l’utilisation d’Internet créant des difficultés psychosociales, sociales, ainsi que des problèmes à l’école et/ou au travail dans la vie des individus (Caplan, 2002; Davis, 2001). Le concept est proche de l’addiction à Internet.

La cyberdépendance

Selon Sergerie (2014), « la cyberdépendance est manifestée par une utilisation récurrente et persistante des technologies ou des moyens de communication en ligne qui entraîne des difficultés sur le plan

du fonctionnement social, psychologique, scolaire ou professionnel ainsi qu’un sentiment de détresse significatif chez l’individu » (p. 41).

L’usage problématique d’Internet

Quant à l’utilisation problématique d’Internet, Caplan (2002) la définit comme étant les comportements et les pensées qui sont associés avec l’utilisation d’Internet, qui ont comme résultat des conséquences négatives dans la vie personnelle et professionnelle de l’individu. C’est cette approche qui sera retenue dans cette recherche.

Il y a cinq perspectives principales en psychologie qui étudient différemment la pensée et le comportement, mais trois sont utilisées pour étudier l’utilisation d’Internet : (1) la perspective psychodynamique, (2) la perspective béhavioriste et (3) la perspective cognitive.

La perspective psychodynamique met l’accent sur l’inconscient de l’individu, c’est-à-dire l’endroit à laquelle les forces intérieures interviennent et d’où les conflits et l’énergie instinctuelle sont exprimés par les pulsions (Tavris & Wade, 1999). Selon St-Yves (2011), cette approche est axée sur le passé de l’individu, sur un ancien mal qui n’est pas résolu. La seconde est la perspective béhavioriste qui met l’accent sur l’étude du comportement de façon objective et observable ainsi que du rôle de l’environnement comme étant un facteur déterminant du comportement humain (Tavris & Wade, 1999). D’après St-Yves (2011), cette approche privilégie les forces de l’environnement, du milieu et de la situation. Enfin, la perspective cognitive est une approche qui s’intéresse aux processus mentaux dans la perception, la mémoire, le langage, la résolution de problèmes ainsi que d’autres aspects du comportement (Tavris & Wade, 1999).

Selon Bell (2007), utiliser le terme Internet Addiction démontre une incompréhension de ce qu’est réellement Internet. D’après cet auteur, ceux qui utilisent le terme addiction considèrent qu’Internet est un endroit qui regroupe plusieurs activités, alors que c’est un moyen pour permettre la communication. Les gens deviennent addict à une substance, ou à une activité, mais il n’est pas possible d’être addict à un moyen (par exemple, le langage, les ondes de radio, etc.) (Bell, 2007). Toujours selon ce dernier, il y a une distinction à faire entre quelque chose de compulsif, quelque chose que l’on veut refaire (communément appelé dans le langage de tous les jours, addictif) et un comportement addictif, qui est un problème mental et que la personne persiste à faire le comportement malgré les dommages sérieux que cela entraîne. Il va de soi qu’il faut distinguer que certaines activités puissent être reconnues comme addictives, alors que d’autres, non (Bell, 2007). Davis (2001) présente une théorie qui distingue deux types de comportements reliés à Internet : l’usage pathologique d’Internet qui est précis, qui inclut une surutilisation ou l’abus de contenu spécifique à Internet (le jeu en ligne, la pornographie, etc.). Ce type serait présent en l’absence d’Internet. Le second type est l’usage pathologique d’Internet qui est généralisé, ce qui est défini comme étant une surutilisation d’Internet qui est multidimensionnelle, et qui est davantage reliée à un contexte de communication par Internet (Davis, 2001).

Sans l’existence d’Internet, ce type n’existe pas. Le problème n’a pas été ajouté dans le DSM-V, en raison d’un manque de clarté dans le concept ainsi que dans les recherches (Psychomédia, 2010).

La théorie retenue pour cette recherche sera celle de Caplan (2002), avec le terme utilisation problématique d’Internet (UPI), avec une approche axée sur le volet généralisé de l’UPI.

But de la recherche

Le but de cette recherche est de développer un questionnaire portant sur l’usage problématique de Facebook (UPF) et d’en évaluer les qualités métriques. Ce questionnaire permettra de donner un point de départ sur ce sujet puisque, à la connaissance des auteurs, aucun questionnaire n’existait sur ce sujet, malgré la popularité du réseau social Facebook. De plus, ce questionnaire permettra à une personne qui y répondra de poser elle-même un diagnostic général de son utilisation de Facebook et d’évaluer si l’utilisation qu’elle en fait est problématique ou non.

Ce travail se divise en plusieurs parties : la première sert à montrer les fondements qui ont amené à présenter les éléments exposés dans l’article. Dans la deuxième partie, on retrouve l’article qui sera soumis à la revue Cyberpsychology, Behavior, and Social Networking, incluant la prochaine Introduction, le Contexte de référence, la Méthodologie, les Résultats, la Discussion-Conclusion ainsi que la bibliographie qui y est associée. La troisième partie du mémoire contient la Conclusion générale du mémoire, la bibliographie qui y est associée ainsi que les annexes. Dès le début du processus, une demande d’approbation d’un projet de recherche auprès du Comité d’éthique de la recherche en psychologie et en sciences de l’éducation de l’Université Laval a été faite, en leur faisant parvenir : le document du projet de recherche complet, le formulaire de recrutement des répondants (annexe 1), le formulaire de consentement (annexe 2) ainsi que le questionnaire (annexe 3). Le numéro d’approbation obtenu est : 2013-152/28-11-2013 (voir l’annexe 4). La forme du mémoire peut amener des redondances entre les parties.

Présentation de l’article

Les pages qui suivent présentent un article qui sera soumis à la revue Cyberpsychology, Behavior, and Social Networking. L’article suivant présente de façon détaillée la démarche scientifique effectuée afin de répondre aux deux objectifs du mémoire soit : a) élaborer un questionnaire portant sur l’usage problématique de Facebook et b) évaluer les qualités métriques de l’instrument développé.

Article scientifique

Élaboration d’un questionnaire portant sur l’usage problématique de Facebook

Élyse Fréchette Étudiante à la maîtrise en mesure et évaluation Département des fondements et pratiques en éducation Faculté des sciences de l’éducation Université Laval

Eric Frenette, Ph. D. Professeur titulaire Département des fondements et pratiques en éducation Faculté des sciences de l’éducation Université Laval

Pierre Beaudoin, Ph. D. Professeur agrégé Département d’économie agroalimentaire et des sciences de la consommation Faculté des sciences de l’agriculture et de l’alimentation Université Laval

Résumé de l’article

L’étude vise à élaborer un questionnaire destiné à mesurer l’usage problématique de Facebook. Étant donné le peu de recherches dans le domaine de Facebook, une revue de littérature sur l’utilisation problématique d’Internet (adaptée par la suite à Facebook) a permis de retenir trois dimensions reliées au construit à l’étude (Perte de contrôle, Négligence et Distraction). Suite à la vérification des énoncés auprès d’experts, un prétest du questionnaire a été effectué auprès de 66 étudiants inscrits dans un cours universitaire. Des ajustements ont été apportés au questionnaire en fonction des résultats obtenus. Par la suite, le questionnaire a été envoyé à une liste d’étudiants et d’employés d’une université québécoise, ainsi que sur le groupe Facebook de celle-ci. Au total, 925 (étudiants et employés) ont répondu au questionnaire. Les résultats des analyses d’items indiquent l’apport de chaque énoncé à sa dimension, sauf pour quatre énoncés. Les résultats des analyses factorielles confirmatoires montrent que le modèle avec trois facteurs corrélés présente le meilleur ajustement aux données. Ce questionnaire de 31 énoncés permettra de contribuer à la description de l’usage problématique de Facebook (UPF) et de permettre à une personne de poser elle-même un diagnostic général de son utilisation de Facebook et d’évaluer si l’utilisation qu’elle en fait est problématique ou non.

Mots clés

Facebook, Élaboration questionnaire, Analyses factorielle confirmatoire, Analyse d’items

Abstract

The study aims to develop a questionnaire on Problematic Use of Facebook. Given the lack of studies

in this field, a review of literature on the Problematic Use of the Internet (adapted subsequently to Facebook)

allowed to retain three dimensions (Loss of control, Neglect and Distraction). Following items verification

based on experts judgment, a pretest of the questionnaire was conducted with 66 students from a university

course. Adjustments were made to the questionnaire based on the results obtained. Subsequently, the

questionnaire was sent to a list of students and employees from a Quebec university, and on it’s Facebook’s

group. A total of 925 students and workers responded to the questionnaire. Results of the items analysis

indicate the contribution of each statement to their corresponding scale. Results of Confirmatory Factorial

Analysis shows that the model with three correlated factors present the best fit to the data. This questionnaire

will contribute to the description of the Problematic Use of Facebook (UPF) and to allow self-diagnosis of the

UPF for Facebook users.

Keywords Facebook, Creating questionnaire, Items analysis, Confirmatory factor analysis

Introduction

Selon l’Institut de la statistique du Québec (ISQ; 2011), le taux d’informatisation (utilisation d’un ordinateur) des ménages canadiens se situait à 20 % en 1992, alors que ce taux s’élevait à 84,5 % en 2011. Au Québec, ce taux d’informatisation des ménages se situait à 15,5 % en 1992, alors qu’il s’élevait à 80 % en 2011. En 2000, le taux d’utilisateurs réguliers d’Internet (au moins une fois par semaine) au Québec se situait à 40 %, alors qu’en 2010, ce taux atteignait 75 % (Centre Facilitant la Recherche et l’Innovation dans les Organisations; CEFRIO, 2010). D’après une autre étude réalisée par le CEFRIO en 2011, les Québécois consacraient en moyenne 8,3 heures par semaine sur Internet à la maison. La moyenne d’heures par semaine sur le lieu de travail ou d’études, quant à elle, s’élevait à 6,5 heures et à 1,5 heure sur un cellulaire (CEFRIO,

2011).

L’Internet est utilisé pour diverses raisons, telles que le travail, les études, le divertissement en ligne, la recherche d’informations, le commerce électronique, les services bancaires, l’utilisation des médias sociaux, etc. (CEFRIO, 2010). Parmi ces raisons, l’utilisation des médias sociaux est de plus en plus populaire chez les internautes québécois. De fait, 85% des internautes québécois ont réalisé au moins une activité sur les médias sociaux en 2014 (CEFRIO, 2014). Un peu plus de la moitié des adultes québécois entretiennent un profil ou interagissent avec d’autres utilisateurs (CEFRIO, 2011). La connexion quotidienne à leur compte est l’activité la plus populaire sur les médias sociaux pour 52,3 % des adultes québécois (CEFRIO, 2014). Les médias sociaux jouent un rôle particulièrement important pour obtenir de l’information, communiquer avec ses proches, etc. (CEFRIO, 2012). Selon une publication plus récente du CEFRIO (2014), 69,8 % des utilisateurs des médias sociaux suivent au moins un organisme, une entreprise ou une personnalité. De plus, les utilisateurs de 18 à 24 ans (64,1 %) considèrent plus les avis et les recommandations obtenus sur les médias sociaux pour leurs achats que les utilisateurs plus âgés (ibid).

Il existe divers types de médias sociaux référant à différentes cultures. Comme le mentionnent Boyd et Ellison (2008), la plupart de ces sites servent à maintenir les réseaux sociaux déjà existants dans la vraie vie, d’autres sites servent à attirer des gens présentant des intérêts communs, des opinions politiques, des activités sportives, etc. Des médias sociaux s’adressent à des publics divers (par exemple : Facebook, Google +, etc.), alors que d’autres essaient d’attirer des membres en fonction d’intérêts communs, tels la musique (MySpace), la photographie (Instagram), le partage d’information rapide (Twitter), etc.

En 2012, une étude réalisée par Services Kelly auprès de 30 pays, dont le Canada (n= 8000) et les États-Unis (n= 23 000), s’est intéressée à l’utilisation des médias sociaux au travail à des fins personnelles. Selon cette étude, 53 % des répondants en Amérique du Nord (Canada et États-Unis) affirment que l’utilisation des médias sociaux au travail a des impacts négatifs sur leur productivité. Une étude réalisée au Québec par Hebdos Québec et Léger Marketing en 2013 rapporte que pour 47 % des Québécois, l’usage des

médias sociaux modifie de façon négative les rapports entre les gens, alors que 30 % des Québécois mentionnent des modifications positives dans les rapports. L’usage excessif des médias sociaux peut avoir des conséquences négatives pour les gens : perte de contrôle de son temps d’utilisation, modification de l’humeur, négligence envers l’entourage, le concept de la peur de manquer quelque chose (FOMO), etc.

Bien que divers types de médias sociaux existent, celui qui sera étudié dans la présente recherche est Facebook. Ce site est de loin le plus populaire dans le monde. Selon eBiz The eBusiness (2014), Facebook est, de loin, le média social le plus dominant, avec plus d’un milliard d’utilisateurs actifs mensuellement à la fin décembre 2012. À la fin décembre 2013, Facebook comptait en moyenne 757 millions d’utilisateurs actifs quotidiennement, et 1,23 milliard d’utilisateurs actifs mensuellement (Facebook, 2014). Au Québec, Facebook est le média social en tête de popularité à 70,9 %, et 49 % se connectent à leur compte chaque jour (CEFRIO, 2014). Facebook permet de clavarder avec son entourage, de partager des photos, des vidéos, de l’information, etc.

Facebook fait partie des médias sociaux, mais plus précisément des réseaux sociaux, dont la caractéristique principale est de créer un profil personnel en ligne, permettant d’être relié à plusieurs autres membres (Boyd & Ellison, 2008). Le profil de l’utilisateur devient alors disponible aux autres membres du même réseau, compte tenu du degré de confidentialité déterminé par lui-même (Ouellet, Beaudoin, & Lachance, 2013). Les utilisateurs peuvent donc interagir de diverses façons. Ce site permet de créer un profil, de créer un réseau de contacts, de partager ainsi que d’obtenir des informations.

À la lumière des pourcentages présentés précédemment concernant l’augmentation de l’utilisation des médias sociaux dans la vie de tous les jours pour les générations actuelles, que les générations futures (CEFRIO, 2014) seront plus enclines à en faire l’utilisation (le CEFRIO indique que 100% des répondants avaient utilisés les médias sociaux), il importe d’évaluer l’usage que les gens font des médias sociaux, plus précisément de Facebook. Ce phénomène est peu étudié malgré sa popularité et les conséquences négatives pouvant en découler, tels que la perte de contrôle, la modification de l’humeur, la négligence de l’entourage, le concept de la peur de manquer quelque chose (FOMO), etc. Bien que Facebook soit un outil intéressant pour plusieurs, il semble que des personnes s’inquiètent de l’intérêt et de l’usage possiblement démesuré que des gens accordent à ce réseau social. Le concept de FOMO (Fear of missing out; la peur de manquer quelque chose) pourrait être lié à ce type d’usage démesuré. FOMO pourrait être défini comme étant l’impression de peur ou de déception qu’une personne ressent que les autres vivent ou vivront des expériences auxquelles il ne participe ou ne participera pas (Sergerie, 2014). Ce concept est caractérisé par le désir de rester continuellement connecté avec ce que les autres font. L’usage problématique de Facebook pourrait être lié à la peur de manquer les activités annoncées sur le site ou tout simplement ne pas connaître les dernières nouvelles dans son entourage. À la connaissance des auteurs, aucun questionnaire ne permet d’évaluer

l’usage problématique de Facebook (UPF). La présente recherche consiste à élaborer un questionnaire portant sur l’UPF. Pour ce faire, la méthodologie proposée par Dussault, Valois, et Frenette (2007) pour l’élaboration d’un questionnaire, inspirée de DeVellis (2003), a été retenue. Étant donné le peu de recherches sur Facebook, cette étude s’inspire de cadres théoriques développés dans le cadre de l’usage problématique d’Internet (UPI).

Contexte de référence

Facebook fait partie des médias sociaux. Selon Kaplan et Haenlein (2010), un média social est un

ensemble d’activités sur Internet, construit à partir de l’idéologie et des fondements technologiques du

Web 2.0 et permettant aussi la création et l’échange du User Generated Content (contenu généré par les

utilisateurs; UGC). Le Web 2.0 est une plate-forme sur laquelle le contenu ainsi que les applications sont

continuellement modifiés par tous les individus de façon collaborative et participative. Elle permet l’évolution

du média social.

Il existe six catégories de médias sociaux, classées en fonction du degré d’exposition et du

dévoilement de soi, ainsi que du niveau de présence sociale et de la richesse du média : (1) les blogues, (2)

les projets collaboratifs, (3) les sites de réseautage social, (4) les communautés axées sur le partage de

contenu, (5) les mondes virtuels sociaux, et (6) les jeux virtuels en ligne (Kaplan & Haenlein, 2010). Facebook

se classe dans la catégorie des réseaux sociaux, caractérisée par un niveau de présence sociale et de

richesse du média de niveau moyen, et du degré d’exposition et de dévoilement de soi de niveau fort (voir

Tableau 1).

Tableau 1 : Classification des médias sociaux par rapport à la présence sociale/la richesse du média et du degré d’exposition/dévoilement de soi

Présence sociale/richesse du média

Faible

Moyenne

Forte

Degré

d’exposition et

dévoilement de

soi

Fort

Faible

Blogues

Projets collaboratifs (p. ex. : Wikipédia)

Réseaux sociaux

(p. ex. : Facebook)

Communautés de

contenu

(p. ex. : YouTube)

Mondes sociaux virtuels (p. ex. :

Second Life)

Jeux du monde virtuel (p. ex. :

World of Warcraft)

Note. Tableau adapté de «Users of the World, unite! The challenges and opportunities of Social Media», par A.M. Kaplan et M. Haenlein, 2010, Business Horizons, 53(1), p.62.

La caractéristique principale de Facebook est que l’utilisateur crée son profil personnel en ligne. Ce

profil est ensuite intégré à un réseau qui permet de le lier à plusieurs autres membres (Boyd & Ellison, 2008).

L’usage de Facebook présente des similarités avec celui d’Internet. Facebook est un média social présent sur

Internet. Sur la base de ce lien et du peu de recherches dans le domaine, le contexte de référence repose sur

les recherches dans le cadre de l’Usage Problématique d’Internet.

Il existe deux types d’utilisation problématique d’Internet (UPI) : (1) l’utilisation spécifique (specific) et

(2) l’utilisation généralisée (generalized) (Davis, Flett, & Besser, 2002). Le premier type réfère à la condition

dans laquelle un individu utilise de façon pathologique Internet pour une des raisons particulières :

pornographie, jeu en ligne, etc. Ce volet ne sera pas retenu dans le cadre de la présente recherche puisqu’il décrit une pathologie qui n’a pas été reconnue par le Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (DSM) (Psychomédia, 2010). Cette recherche s’appuie sur l’utilisation généralisée d’Internet : surutilisation, perte de temps en ligne sans objectifs précis et le volet social en général. Selon Caplan (2002), l’UPI généralisé concerne « la description de comportements ainsi que de pensées associées à l’utilisation d’Internet, entraînant des conséquences négatives au point de vue personnel et professionnel pour l’utilisateur » [Traduction libre] (p. 556). Cette définition sera appliquée à Facebook. La définition de l’utilisation problématique de Facebook (UPF) concerne la description de comportements et de cognitions associés à l’usage de Facebook qui ont des conséquences négatives au point de vue personnel et professionnel de l’utilisateur. Cette définition inspirée de Davis (2001) comporte un volet basé sur les connaissances (cognitif) et un sur les comportements.

Parmi les 53 dimensions recensées dans la littérature en lien avec l’UPI (usage problématique, addiction, dépendance, usage pathologique, etc.), trois font consensus et seront retenues dans la présente recherche : Négligence (Neglect; Demetrovics, Szeredi, & Rozsa, 2008; Kelly & Bruber, 2010), Perte de contrôle (Loss of control; Davis et al., 2002; Widyanto, Griffiths, & Brunsden, 2011) et Distraction (Distraction; Davis et al., 2002; Jia & Jia, 2009). Les autres dimensions n’ont pas été retenues, soit parce qu’elles représentaient des similarités ou parce qu’elles étaient redondantes : Withdrawal (Caplan, 2002; Griffiths, 2000; Lin & Tsai, 2002; Young, 1998a), Mood modification (Caplan, 2002, 2010; Griffiths, 2000; Widyanto, et al., 2011), Compulsive use (Caplan, 2002, 2010; Lin & Tsai, 2002), Negative Outcomes (Caplan, 2002, 2010), Excessive Time online (Caplan, 2002), Salience (Griffiths, 2000), Diminished impulse control (Davis et al., 2002), Interpersonnal Information research (Mahatanankoon, Anandarajan, & Igbaria, 2004), Obsession (Demetrovics et al., 2008), Control disorder (Demetrovics et al., 2008), Dependency (Jia & Jia, 2009), Deficient Self-Regulation (Caplan, 2010), Cognitive Preoccupation (Caplan, 2010), Negative effects (Widyanto et al., 2011), Cyberloafing activities (Van Doom, 2011) et Cyberloafing behaviors (Van Doom, 2011). Les définitions conceptuelles des dimensions de l’utilisation problématique de Facebook qui ont été choisies servent de base à l’opérationnalisation de l’usage problématique de Facebook.

La définition de la dimension Négligence concernant le volet comportemental est tirée essentiellement de la dimension Neglect de Demetrovics et al. (2008) : « Ces items portaient sur la négligence des activités courantes ainsi que des besoins essentiels: diminuer l’importance des tâches ménagères, du travail, des études, de manger, des relations avec les pairs et des autres activités afin de passer plus de temps sur Internet » (p. 565). Cette définition est adaptée au contexte de Facebook : les personnes qui ont tendance à négliger les activités quotidiennes et leurs besoins essentiels, incluant une diminution de l’importance accordée aux tâches ménagères, au travail, aux études, à l’alimentation, aux relations avec les pairs et autres activités afin de passer plus de temps sur Facebook.

La définition de la dimension Perte de contrôle, concernant le volet comportemental, est issue de plusieurs recherches. Davis et al. (2002) utilise le terme Diminished impulse control lorsque la personne a des pensées obsessives à propos d’Internet et qu’elle est incapable de réduire son temps d’utilisation malgré le désir de le faire. Caplan (2002) utilise plutôt le terme Excessive Time Online lorsqu’une personne ressent le sentiment de passer un temps excessif en ligne ou qu’elle perçoit avoir perdu la notion du temps en étant sur Internet. Il utilise également le terme Withdrawal pour faire référence aux énoncés qui concernent la difficulté à rester éloigné d’Internet (Caplan, 2002). Finalement, Widyanto et al. (2011) utilisent le terme Loss of control pour indiquer qu’une personne n’a pas la satisfaction d’obtenir suffisamment d’information sur Internet, ou qu’elle remarque une diminution de la productivité au travail ou à l’école, etc. Ces définitions sont adaptées au contexte de Facebook sous le terme de la Perte de contrôle, qui se manifeste comme l’incapacité de réduire le temps d’utilisation de Facebook. La personne sent le besoin d’utiliser plus souvent et/ou plus longtemps Facebook. Elle pense régulièrement à se connecter sur Facebook.

La définition de la dimension Distraction concernant le volet cognitif est issue de la définition de Davis et al. (2002) : la personne utilise Internet en tant qu’activité d’évitement dans le but de se distraire d’un événement stressant, d’une tâche ou d’une multitude de pensées. Cette définition est adaptée au contexte de Facebook : l’usage de Facebook est considéré comme une activité permettant d’en éviter une autre dans le but de s’échapper, de se distancer ou d’éviter d’un événement stressant, d’une obligation ou encore d’une multitude de pensées.

La présente étude consiste en l’élaboration d’un questionnaire portant sur l’usage problématique de Facebook à partir des sept étapes proposées par Dussault et al. (2007) et inspirées de DeVellis (2003). Ces étapes sont : (1) la détermination de l’objet de mesure à la lumière de la théorie sous-jacente; (2) la génération des énoncés; (3) la détermination de l’échelle de mesure; (4) la vérification de la clarté des énoncés du questionnaire auprès d’un échantillon d’experts; (5) le prétest des énoncés auprès d’un échantillon qui s’apparente à la population cible; (6) l’analyse d’items; et (7) la vérification de la validité de la structure factorielle du questionnaire. Les étapes 6 et 7 sont effectuées auprès de la population cible. Dès le début du processus, une demande d’approbation du projet de recherche auprès du Comité d’éthique de la recherche en psychologie et en sciences de l’éducation de l’Université Laval a été faite, en leur faisant parvenir : le document du projet de recherche complet, le questionnaire, le formulaire de recrutement des répondants ainsi que le formulaire de consentement. Cette recherche a obtenu l’approbation du Comité d’éthique de l’université d’appartenance.

Méthodologie

Détermination de l’objet de mesure

Lors de la première étape, une recherche de questionnaires d’appartenance portant sur l’usage problématique de Facebook a été effectuée. Ayant peu de résultats, une recherche de questionnaires portant sur l’usage problématique d’Internet (UPI) a ensuite été effectuée afin de vérifier si des énoncés existants sur l’UPI pourraient être transférés au concept de l’usage problématique de Facebook. À la lumière de la recension, le questionnaire est inspiré de la théorie sur l’UPI élaborée par Davis (2001), ainsi que des questionnaires de Caplan (2002, 2003, 2006, 2010), Davis et al. (2002), Demetrovics et al. (2008), Jia et Jia (2009), Morahan-Martin et Schumacher (2000), Van Doom (2011), qui sont liés de près à la définition de l’UPI pour le type généralisé. Trois dimensions ont été retenues : Négligence (Neglect; Demetrovics et al., 2008), Perte de contrôle (Loss of control; Davis et al., 2002) et Distraction (Distraction; Davis et al., 2002).

Génération des énoncés

Lors de la deuxième étape, une version préliminaire du questionnaire de 39 énoncés a été proposée. Huit énoncés portent sur la dimension Distraction, 14 sur la dimension Négligence et 17 sur la dimension Perte de contrôle.

Détermination de l’échelle de mesure

À la troisième étape, il est décidé de retenir une échelle de type Likert offrant six choix de réponse (1= Totalement en désaccord, 6= Totalement en accord) correspondant au type d’échelle le plus recensé.

Vérification de la clarté des énoncés auprès d’un échantillon d’experts

Lors de la quatrième étape, une première version a été assujettie à un premier groupe de trois experts (étudiants en administration et évaluation en éducation : un expert sur la mesure et l’évaluation, un expert sur les médias sociaux et un expert sur l’usage de Facebook). Dans un premier temps, ces derniers devaient évaluer la clarté de chacun des énoncés à l’aide d’une échelle en quatre points : (1) Très faible, (2) Faible, (3) Forte, (4) Excellente. Seuls les énoncés ayant été évalués « fort » ou « excellent » ont été conservés. Les experts ont suggéré soit une nouvelle formulation, soit de nouveaux énoncés. Dans un deuxième temps, les experts devaient associer chaque énoncé à l’une ou l’autre des trois dimensions proposées. Le taux d’accord des experts a été de 0.664 (Kappa). Suite aux modifications proposées par le premier groupe d’experts, la version préliminaire a été assujettie à un second groupe de trois experts (deux professeurs spécialisés en mesure et évaluation et une étudiante en mesure et évaluation spécialisée en UPF). Ces experts devaient aussi évaluer la clarté des énoncés. Après le retrait des énoncés ambigus et l’ajout d’énoncés à la suggestion

de deux groupes d’experts, le questionnaire était composé de 42 énoncés, dont huit pour la dimension Distraction, 19 pour la dimension Perte de contrôle et 15 pour la dimension Négligence.

Prétest

Pour la cinquième étape, un professeur enseignant dans une université québécoise a été approché pour le prétest. La deuxième version a été remplie par 66 étudiants : Internet = 23 et papier = 43: homme = 21, femme = 39, 6 = NA; âgés de 18 à 24 ans (56), 25 à 34 ans (4) et 6 ne l’ont pas indiqué. Ces derniers présentaient les caractéristiques qui s’apparentent à celles de la population cible, comme le suggère DeVellis (2003, 2012). Quatre analyses d’items ont été effectuées au prétest : corrélations inter-items, corrélation item- total, ajustement des énoncés au modèle de Rasch (Rating Scale Model) et niveau de consistance interne (alpha de Cronbach).

L’analyse des corrélations inter-items a permis de retirer cinq énoncés soit parce que leurs corrélations avec les énoncés qui appartenaient au même facteur étaient trop faibles (r< .20), soit parce qu’ils présentaient une corrélation trop forte avec des énoncés d’un autre facteur (r>.60) (Dussault et al., 2007). Pour chaque dimension, tous les énoncés présentaient un bon indice de discrimination (r item-total > .30; Crocker & Algina,

1986).

Le modèle de Rasch est une méthode utile pour analyser la qualité des énoncés d’un questionnaire. Elle permet d’évaluer l’unidimensionnalité des échelles et d’identifier les énoncés ne s’ajustant pas au modèle. Bien qu’il s’agit d’un petit nombre de répondants, l’utilisation du modèle de Rasch est justifiée par plusieurs auteurs (Linacre, 1994; Lord, 1983, dans Loye & Barroso Da Costa, 2013). En effet, malgré un petit échantillon, si une étude a pour but de porter un regard global sur les données obtenues dans une visée exploratoire, l’usage du modèle de Rasch peut être utilisé, tout en nuançant les interprétations des résultats (Andrich, 2013, dans Loye & Barroso Da Costa, 2013). De plus, cela permet de donner une idée de la position de sa place sur l’échelle de mesure, mais sans être une mesure précise. Les analyses sont effectuées par dimension à l’aide du Rating Scale Model (Andrich, 1988; Wright & Master, 1982) à partir du logiciel WINSTEPS (Version 3.81; Linacre & Wright, 1999). Le logiciel estime le niveau auquel le répondant possède une certaine caractéristique (par exemple, à quel point une personne a un problème avec l’usage de Facebook), le niveau de difficulté des énoncés et leur ajustement au modèle de Rasch. Deux indices d’ajustement sont retenus : infit et outfit (Linacre, 2002; Wright & Masters, 1982). Ces deux statistiques sont utilisées pour évaluer l’ajustement des items et des personnes aux prescriptions du modèle (Penta, Arnould, & Decruynaere, 2005). La statistique infit est sensible aux réponses inattendues des personnes qui ont donné des réponses près de celle de l’item, alors que la statistique outfit est sensible aux réponses inattendues des personnes qui ont donné des réponses plus loin de celle de l’item (ibid.). Les valeurs pour le infit et le outfit doivent être entre .50 et 1.50 (Linacre, 2002; Wright & Masters, 1982).

L’analyse selon le modèle de Rasch a permis de retirer trois énoncés puisque les infit et les outfit se situaient soit en deçà de .50, soit au-dessus de 1.50. Conséquemment, la troisième version du questionnaire est composée de 34 énoncés. La dimension Distraction contient six énoncés (p. ex. : « Lorsque je vais sur Facebook, je ne pense pas à mes responsabilités »). La dimension Perte de contrôle compte 18 énoncés (p. ex. : « J’ai essayé de passer moins de temps sur Facebook, mais j’en ai été incapable »). Finalement, la dimension Négligence est mesurée avec 11 énoncés (p. ex. : « À plusieurs reprises, je suis arrivé en retard à une rencontre, car j’étais sur Facebook »). Les trois dimensions du questionnaire présentaient un bon niveau de consistance interne tel qu’évalué par le coefficient alpha de Cronbach : (a) Perte de contrôle ( = .92), (b) Négligence ( = .90), (c) Distraction ( = .80).

L’analyse d’items et la vérification de la structure factorielle du questionnaire

Le questionnaire a été envoyé à une liste de courriel d’étudiants et d’employés d’une université québécoise et sur le groupe Facebook de cette dernière. Un total de 925 étudiants et employés ont rempli le questionnaire, soit 692 femmes, 204 hommes et 29 répondants ne l’ont pas indiqués. Pour répondre au questionnaire, les répondants devaient posséder un compte Facebook. De plus, ils disposaient de 3 semaines pour y répondre. Le Tableau 2 présente les données descriptives des répondants qui ont répondu au questionnaire. À la question où il était demandé d’indiquer leur occupation, les choix de réponses n’étaient pas mutuellement exclusifs. Une personne pouvait faire 2 choix, ce qui explique pourquoi le total des répondants ne donne pas 925.

Tableau 2 : Caractéristiques des répondants au questionnaire (N=925)

 

Caractéristiques

N

%

Genre

 

Homme

 

204

22,1

Femme

692

74,8

 

NA = 24

Occupation

 
 

Aux études à temps plein Aux études à temps partiel N’est pas aux études Travailleur à temps plein Travailleur à temps partiel Ne travaille pas

495

53,5

121

13,1

273

29,5

370

40,0

293

31,7

223

24,1

Âge

 

18

à 24 ans

330

35,7

25

à 34 ans

356

38,5

35

à 44 ans

129

13,9

45

à 54 ans

42

4,5

55

à 64 ans

29

3,1

65

ans et plus

9

1,0

 

NA = 30

Possède un compte Facebook depuis

 

Moins d’un an

 

10

1,1

1

an

14

1,5

2 ans

 

47

5,1

3 ans

75

8,1

4 ans

137

14,8

5 ans et plus

613

66,3

 

NA = 29

Nombre d’amis sur Facebook

 

Aucun ami

 

3

3,0

1

à 100 amis

191

20,6

101

à 250 amis

 

301

32,5

251

à 500 amis

293

31,7

Plus de 500 amis Ne sait pas

93

10,1

15

1,6

 

NA = 29

Fréquence de visite de Facebook

 

Moins d’une fois par semaine Une fois par semaine Une fois par jour

32

3,5

35

3,8

141

15,2

2

à 5 fois par jour

407

44,0

6

à 10 fois par jour

173

18,7

Plus de 10 fois par jour

108

11,7

 

NA = 29

Temps passé sur Facebook en moyenne à chaque connexion

 

Moins de 15 minutes

 

537

58,1

 

15

à 30 minutes

253

27,4

30

minutes à 1 heure

85

9,2

 

2

à 3 heures

13

1,4

4

à 5 heures

1

,1

5

heures et plus

6

,6

NA = 30

Temps d’usage moyen de Facebook pour des activités reliées aux travail/études par semaine pour les 6 derniers mois

1

à 2 heures

299

32,3

3

à 4 heures

149

16,1

5

à 6 heures

75

8,1

7

à 8 heures

33

3,6

9

heures ou plus

76

8,2

Jamais

263

28,4

NA = 30

Lors de l’étape 6, les quatre mêmes analyses d’items sont effectuées : corrélation inter-items, corrélation item-total, l’ajustement des énoncés au modèle de Rasch (Rating Scale Model) et le niveau de consistance interne. Les critères retenus au prétest sont utilisés. Lors de l’étape 7, des analyses factorielles confirmatoires sont effectuées à l’aide de la version 6.2 du logiciel EQS (Bentler & Wu, 2006) pour éprouver la structure factorielle du questionnaire. Quatre modèles théoriques sont analysés pour identifier le meilleur d’entre eux (Byrne, 2006). Le premier modèle (M1) est unidimensionnel. Dans ce modèle, tous les énoncés sont expliqués par une seule dimension (UPF). Le second (M2) est représenté par trois facteurs corrélés. Dans ce cas, les dimensions Perte de contrôle, Négligence et Distraction sont corrélées ensemble pour expliquer l’UPF. Le troisième modèle (M3) est représenté par trois facteurs non corrélés. Finalement, le quatrième modèle (M4) consiste en trois facteurs de premier ordre et un facteur de deuxième ordre. C’est le facteur de deuxième ordre (UPF) qui explique les trois autres dimensions de premier ordre, expliquant à leur tour les énoncés.

Plusieurs statistiques d’ajustement ont été utilisées afin d’estimer le meilleur modèle : la statistique du

Satorra-Bentler

Scaled

Chi-square

(SB

: la statistique du Satorra-Bentler Scaled Chi-square (SB 2 ), le rapport du SB 2 sur

2 ),

le rapport

du

SB

2
2

sur

le

nombre

de

degrés

de

liberté

correspondant ( 2 /dl), l’indice d’adéquation non normé (Non Normed Fit Index, NNFI) proposé par Tucker et

Lewis (1973), l’indice d’adéquation comparatif (Comparative Fit Index, CFI), la racine carré moyen de l’estimation (Root Mean Square Error of Approximation de Steiger, 1990; RMSEA) ainsi que la version modifiée de l’AIC (Consistent version of the AIC, CAIC) proposée par Bozdogan (1987).

version of the AIC , CAIC) proposée par Bozdogan (1987). Le SB 2 permet de tester
version of the AIC , CAIC) proposée par Bozdogan (1987). Le SB 2 permet de tester

Le SB 2 permet de tester s’il y a absence de relation entre des variables. Un SB 2 non significatif

indique que le modèle permet de représenter adéquatement les données de l’échantillon (Bentler, 1995). Un

les données de l’échantillon (Bentler, 1995). Un SB 2 significatif indique que le modèle ne s’ajuste
les données de l’échantillon (Bentler, 1995). Un SB 2 significatif indique que le modèle ne s’ajuste

SB 2 significatif indique que le modèle ne s’ajuste pas aux données. Cependant, la statistique du SB 2 est en

fonction de la taille de l’échantillon (Bentler & Bonett, 1980; Marsh, Balla, & McDonald, 1988) : plus la taille de

l’échantillon augmente, plus la probabilité que la valeur d’un

augmente, plus la probabilité que la valeur d’un 2 risq ue d’être statistiquement significative. Le

2 risque d’être statistiquement significative. Le

2 risq ue d’être statistiquement significative. Le rapport SB 2 /dl permet de corriger ce problème

rapport SB 2 /dl permet de corriger ce problème (Hayduk, 1987). Une valeur inférieure à 5 signifie

généralement que les données obtenues s’ajustent bien au modèle testé, alors qu’une valeur inférieure à 2 signifie un ajustement appréciable (Jöreskog & Sörbom, 1993). Les indices d’ajustement NNFI et CFI varient entre 0 et 1 et proviennent de la comparaison entre le modèle nul (modèle n’ayant aucun lien entre les variables). Un modèle présentant une valeur supérieure à .90 est jugé comme acceptable (Schumacker & Lomax, 1996), alors qu’un modèle présentant une valeur supérieure à .95 est considéré appréciable. Pour le RMSEA, une valeur inférieure de .06 indique un ajustement appréciable au modèle relativement au nombre de

degrés de liberté du modèle (Hu & Bentler, 1999, dans Tabachinick & Fidell, 2007). Les valeurs plus élevées que .10 indiquent un mauvais ajustement au modèle (Browne & Cudeck, 1993, dans Tabachnick & Fidell, 2007). L’indice du CAIC est important, car il permet la comparaison des modèles. Il tient compte du degré d’ajustement du modèle ainsi que du nombre de degrés de liberté. Le modèle le plus approprié est celui qui a la plus petite valeur de CAIC (Bentler, 1995). La méthode d’estimation du maximum de vraisemblance (ML), l’option des variables catégorielles pour tenir compte de la nature des variables et l’option Robust sont utilisées pour les analyses.

Résultats

Lors de l’analyse d’items, un énoncé présente une corrélation trop faible (r <.20) avec ceux appartenant à sa dimension et deux autres énoncés avec une valeur trop élevée avec ceux des autres dimensions (r>.60). De plus, les énoncés présentent un bon indice de discrimination (r item-total >.30; Crocker & Algina, 1986) en lien avec la dimension évaluée.

Le Tableau 3 présente les résultats obtenus lors de l’analyse de l’ajustement des énoncés au modèle de Rasch (Rating Scale Model). Quatre énoncés sont retirés des analyses subséquentes, car ils présentent des valeurs Infit et Outfit problématiques, dont trois (29, 30 et 35) pour la dimension Perte de contrôle et un (6) pour la dimension Négligence. Aucun énoncé n’était problématique pour la dimension Distraction. Les trois dimensions présentent un bon niveau de consistance interne tel qu’évalué par le coefficient alpha de Cronbach : (a) Perte de contrôle ( = .939), (b) Négligence ( = .856), (c) Distraction ( = .834).

Tableau 3 : Résultats des analyses du modèle de Rasch, par dimension

 

Énoncés

 

Indice de

Standard

Infit

Outfit

difficulté

error

Dimension Perte de contrôle

 

1.

J’ai essayé de passer moins de temps sur Facebook, mais j’en ai été incapable.

.79

.81

-.53

.03

2.

Il m’arrive de continuer d’aller sur Facebook malgré mon intention de diminuer mes fréquences de visite.

.80

.78

-.84

.03

5.

Je devrais aller sur Facebook moins souvent.

1.15

1.14

-1.40

.03

7.

Quand je vais sur Facebook, j’y vais plus longtemps que prévu.

1.17

1.21

-1.07

.03

8.

Lorsque je ne suis pas sur Facebook, je ne pense qu’à y aller.

.91

.85

.89

.04

11.

Lorsque je ne suis pas sur Facebook, je me demande ce qui s’y passe.

1.16

1.43

.18

.04

14.

Lorsque je ne suis pas sur Facebook, j’ai de la difficulté à m’empêcher d’y aller.

.69

.68

.25

.04

15.

Mon utilisation de Facebook me semble parfois hors de mon contrôle.

.69

.62

.27

.04

17.

Je perds la notion du temps lorsque je vais sur Facebook.

1.15

1.38

-.73

.03

21.

J’ai de la difficulté à contrôler le temps que je passe sur Facebook.

.63

.62

-.27

.03

23.

Je me sens souvent coupable à propos du temps passé sur Facebook.

.95

.89

-.39

.03

24.

J’ai essayé d’arrêter d’aller sur Facebook pour un moment, mais sans succès.

.94

.85

.14

.04

26.

On dirait que pour être satisfait, je dois aller sur Facebook plus longtemps.

.90

.70

.92

.04

29.

Ne pas pouvoir aller sur Facebook pendant une journée me dérange.

1.40

1.58

.11

.04

30.

Je me sentirais perdu si Facebook n’existait plus.

1.50

1.63

.34

.04

33.

Lorsque je ne suis pas sur Facebook, j’ai l’impression de manquer quelque chose.

.95

.98

.40

.04

34.

Lorsque je laisse Facebook, j’ai comme un sentiment de vide.

1.09

.95

1.24

.05

35.

Il m’arrive d’avoir l’impression que Facebook joue sur mon humeur.

1.75

2.02

.49

.04

Dimension Négligence

 

4.

Mes performances à l’école/au travail ont diminué, car je passe beaucoup de temps sur Facebook.

.87

.92

-.26

.04

6.

Il m’est arrivé de manquer un cours ou le travail parce que j’étais sur Facebook.

1.58

1.37

1.65

.09

10.

J’ai négligé des tâches ménagères pour être plus longtemps sur Facebook.

.96

1.02

-.74

.03

12.

À plusieurs reprises, je suis arrivé en retard à une rencontre, car j’étais sur Facebook.

1.01

.76

.88

.06

13.

Mon utilisation de Facebook a des répercussions négatives sur ma productivité (c.-à-d. au travail, à l’école, etc.).

1.06

1.05

-.70

.03

19.

Depuis que je vais sur Facebook, je fais moins de sorties avec mes amis.

1.11

1.14

.49

.05

20.

Même en présence de mes amis, il m’arrive souvent d’aller sur Facebook.

1.29

1.44

-.63

.03

25.

J’ai négligé à plusieurs reprises mon temps de sommeil, car j’étais sur Facebook.

.98

.94

-.41

.03

27.

Mon entourage m’a déjà reproché de passer trop de temps sur Facebook.

.99

.83

-.04

.04

28.

Des membres de ma famille m’ont déjà reproché de passer trop de temps sur Facebook.

1.07

.91

.00

.04

31.

J’ai négligé des passe-temps, car j’étais sur Facebook.

.94

.88

-.25

.04

Dimension Distraction

 

3.

Lorsque je vais sur Facebook, je ne pense pas à mes responsabilités.

1.33

1.44

-.11

.03

9.

Aller sur Facebook me permet d’oublier des choses ou des événements stressants.

.98

1.05

.08

.03

16.

Je vais parfois sur Facebook pour remettre à plus tard ce que j’ai à faire.

1.02

.97

-.31

.03

18.

Je vais souvent sur Facebook pour éviter de penser à des choses qui me déplaisent.

.72

.67

.45

.04

22.

Je vais sur Facebook dans le but d’éviter de penser aux tâches que je dois faire (c.-à-d.

.60

.56

.53

.04

au travail, à l’école, etc.).

32.

Je vais sur Facebook avant de commencer quelque chose que je dois faire.

1.34

1.25

-.64

.03

Le Tableau 4 présente les indices d’ajustement pour les quatre modèles testés. Le modèle M1 vérifie une structure unidimensionnelle. Le CFI (.969) et le NNFI (.967) respectent le critère d’un ajustement appréciable des données (.95). L’indice SB 2 /dl (9.53) ne présente pas un bon ajustement du modèle aux données, car sa valeur est supérieure à 5. La valeur du RMSEA (.099) est proche de la valeur limite suggérée (.1). La valeur du CAIC est de 819.913. Le modèle M2 vérifie une structure à trois facteurs corrélés (Perte de contrôle, Négligence et Distraction). L’indice SB 2 /dl (8.57) ne présente pas un bon ajustement du modèle aux données, car sa valeur est supérieure à 5. Le CFI (.973) et le NNFI (.971) respectent le critère (.95) d’un ajustement appréciable des données. La valeur du RMSEA (.093) est un résultat considéré comme acceptable (Hu & Bentler, 1999 dans Tabachnick & Fidell, 2007). La valeur du CAIC (371.553) est la plus faible des modèles testés.

Le troisième modèle (M3) présente trois facteurs non corrélés. L’indice SB 2 /dl (10.306) ne présente pas un bon ajustement du modèle aux données, car sa valeur est supérieure à 5. Le CFI (.966) et le NNFI (.964) respectent le critère d’un ajustement appréciable des données. Le RMSEA (.104) ne respecte pas la limite mentionnée. Le CAIC (1178.727) indique que ce modèle est le moins bon. Le modèle M4 présente trois facteurs de premier ordre avec un facteur de 2 e ordre. Le CFI (.973) et le NNFI (.971) respectent le critère d’ajustement appréciable des données. L’indice SB 2 /dl (8.57) est supérieur à la valeur acceptable (5). La valeur du RMSEA (.093) présente une valeur acceptable. La valeur du CAIC (372.604) est légèrement plus élevée que le M2, mais meilleure que le M1 et le M3. À la lumière de ces résultats, le meilleur modèle est le M2 (trois facteurs corrélés : Perte de contrôle, Distraction et Négligence), présenté à la Figure 1. Pour ce modèle, tous les liens entre la dimension et les énoncés sont significatifs.

Tableau 4 : Indices d’ajustement obtenus pour chacun des modèles théoriques éprouvés

Modèles

SB

2 dl SB 2 /dl
2
dl
SB 2 /dl

CFI

NNFI

CAIC

RMSEA

M1

4423.4259

464

9.53

.969

.967

819.913

.099 [.096 ; .102]

M2

3951.7678

461

8.57

.973

.971

371.553

.093 [.091 ; .096]

M3

4782.2395

464

10.306

.966

.964

1178.727

.104 [.101 ; .106]

M4

3952.8186

461

8.57

.973

.971

372.604

.093 [.091 ; .096]

Figure 1 : Modèle à 3 facteurs corrélés retenu La dimension Négligence présente la moyenne

Figure 1 : Modèle à 3 facteurs corrélés retenu

La dimension Négligence présente la moyenne la plus faible (1.95, ÉT=.83), suivie de la dimension Perte de contrôle (2.40, ÉT=.99). La dimension Distraction obtient la moyenne la plus élevée (2.56, ÉT=1.09). La corrélation entre les dimensions Perte de contrôle et Négligence (.816**) est la plus élevée, suivie de celle entre les dimensions Perte de contrôle et Distraction (.755**). La corrélation entre les dimensions Distraction et Négligence (.810**) est la moins élevée. Les indices de cohérence interne (alpha) pour chaque dimension sont supérieurs à 0.70, ce qui signifie que la cohérence interne est satisfaisante. Les moyennes et les écarts- types de chacun des 32 énoncés retenus sont présentés au Tableau 5. Ce dernier indique que cinq des 31 énoncés présentent une moyenne supérieure à trois, alors que 17 énoncés présentent une moyenne entre deux et trois.

Tableau 5 : Moyenne et écart-type de chacun des énoncés

Énoncé

Moyenne

Écart-type

Dimension : Perte de contrôle

1.

J’ai essayé de passer moins de temps sur Facebook, mais j’en ai été incapable.

2.80

1.47

2.

Il m’arrive de continuer d’aller sur Facebook malgré mon intention de diminuer mes fréquences de visite.

3.13

1.58

5.

Je devrais aller sur Facebook moins souvent.

3.69

1.68

7.

Quand je vais sur Facebook, j’y vais plus longtemps que prévu.

3.35

1.61

8.

Lorsque je ne suis pas sur Facebook, je ne pense qu’à y aller.

1.61

.94

11.

Lorsque je ne suis pas sur Facebook, je me demande ce qui s’y passe.

2.12

1.27

14.

Lorsque je ne suis pas sur Facebook, j’ai de la difficulté à m’empêcher d’y aller.

2.06

1.25

15.

Mon utilisation de Facebook me semble parfois hors de mon contrôle.

2.04

1.30

17.

Je perds la notion du temps lorsque je vais sur Facebook.

3.01

1.55

21.

J’ai de la difficulté à contrôler le temps que je passe sur Facebook.

2.54

1.44

23.

Je me sens souvent coupable à propos du temps passé sur Facebook.

2.66

1.60

24.

J’ai essayé d’arrêter d’aller sur Facebook pour un moment, mais sans succès.

2.15

1.39

26.

On dirait que pour être satisfait, je dois aller sur Facebook plus longtemps.

1.59

.98

33.

Lorsque je ne suis pas sur Facebook, j’ai l’impression de manquer quelque chose.

1.94

1.21

34.

Lorsque je laisse Facebook, j’ai comme un sentiment de vide.

1.44

.87

Dimension : Négligence

 

4.

Mes performances à l’école/au travail ont diminué, car je passe beaucoup de temps sur Facebook.

1.97

1.20

10.

J’ai négligé des tâches ménagères pour être plus longtemps sur Facebook.

2.44

1.46

12.

À plusieurs reprises, je suis arrivé en retard à une rencontre, car j’étais sur Facebook.

1.30

.72

13.

Mon utilisation de Facebook a des répercussions négatives sur ma productivité (c.-à-d. au travail, à l’école, etc.).

2.39

1.51

19.

Depuis que je vais sur Facebook, je fais moins de sorties avec mes amis.

1.45

.87

20.

Même en présence de mes amis, il m’arrive souvent d’aller sur Facebook.

2.32

1.40

25.

J’ai négligé à plusieurs reprises mon temps de sommeil, car j’étais sur Facebook.

2.10

1.43

27.

Mon entourage m’a déjà reproché de passer trop de temps sur Facebook.

1.79

1.23

28.

Des membres de ma famille m’ont déjà reproché de passer trop de temps sur Facebook.

1.76

1.24

31.

J’ai négligé des passe-temps, car j’étais sur Facebook.

1.96

1.28

Dimension : Distraction

 

3.

Lorsque je vais sur Facebook, je ne pense pas à mes responsabilités.

2.66

1.46

9.

Aller sur Facebook me permet d’oublier des choses ou des événements stressants.

2.47

1.43

16.

Je vais parfois sur Facebook pour remettre à plus tard ce que j’ai à faire.

2.86

1.60

18.

Je vais souvent sur Facebook pour éviter de penser à des choses qui me déplaisent.

2.14

1.32

22.

Je vais sur Facebook dans le but d’éviter de penser aux tâches que je dois faire (c.-à-d. au travail, à l’école, etc.).

2.07

1.25

32.

Je vais sur Facebook avant de commencer quelque chose que je dois faire.

3.19

1.70

Discussion-Conclusion

L’utilisation d’Internet continue de progresser partout dans le monde : achat de produits en ligne, jeu, recherche d’informations, utilisation de médias sociaux, etc. Cet engouement peut cependant se révéler problématique chez certaines personnes. En ce sens, des chercheurs ont étudié l’utilisation problématique d’Internet (Caplan, 2002, 2003, 2006, 2010; Davis, 2001; Davis et al., 2002). L’utilisation des médias sociaux a aussi pris beaucoup d’ampleur au cours des dernières années (p. ex. : YouTube, Pinterest, Instagram, etc.). Facebook est, de loin, celui qui est le plus populaire. Considérant le fait qu’une majorité des gens possèdent un compte Facebook, il est aussi possible d’en faire une utilisation problématique. L’usage de Facebook peut être problématique si les conséquences de son utilisation empiètent sur le quotidien des gens. Étant donné le manque de questionnaires sur l’usage problématique de Facebook, le but de cette étude consistait à élaborer un tel instrument et d’en mesurer les qualités métriques. Le questionnaire élaboré sur l’UPF présente de bonnes qualités métriques et est mieux représenté par le modèle à trois facteurs corrélés : Perte de contrôle, Négligence et Distraction. Cette structure pour l’UPF permet de tracer des liens avec ce qui avait été fait pour l’usage problématique d’Internet.

Les lignes directrices proposées par Dussault et al. (2007) ont permis d’élaborer un questionnaire de 31 énoncés présentant diverses preuves de validité (Downing, 2003). Les étapes 1 à 4 assurent un contrôle sur la validité de contenu (revue de littérature et experts du domaine) et apparente (auprès de la population cible). Lors du prétest auprès d’un échantillon qui s’apparente à la population cible, quatre analyses d’items ont permis de retenir les meilleurs énoncés. Les analyses d’items justifient, en partie, la validité interne du questionnaire (Downing, 2003). Les corrélations inter-items ont permis de vérifier la validité convergente/divergente. Les corrélations item-total ont certifié le pouvoir discriminant des énoncés. Les analyses selon le modèle de Rasch ont permis d’attester l’unidimensionnalité de chacune des formes et l’ajustement des énoncés au modèle de Rasch. L’ajout de l’utilisation du modèle de Rasch à l’approche de Dussault et al. (2007) lors de l’analyse d’items (prétest et phase de validation) a permis d’obtenir des informations supplémentaires sur les énoncés. Enfin, chaque forme présente un bon niveau de consistance interne. Les analyses d’items effectuées auprès de la population cible permettent de bonifier et de reconduire les analyses d’items au prétest. Enfin, des analyses factorielles confirmatoires ont permis d’indiquer que le modèle le plus près de la théorie, soit trois facteurs corrélés, s’ajuste le mieux aux données.

Des liens élevés entre les trois dimensions sont observés. La corrélation entre la dimension Perte de contrôle et Négligence est de .923. Bien que plus élevée, cette valeur va dans le même sens qu’une étude sur l’utilisation problématique d’Internet (.74) entre la dimension Neglect et Control disorder (Kelley & Gruber, 2010). Dans une étude réalisée par Jia et Jia (2009), la corrélation entre les dimensions Distraction et Diminished Impulse Control était de .66, alors que dans la présente étude, la corrélation entre la dimension

Distraction et Perte de contrôle se situe à .83. Finalement, une corrélation entre les dimensions Négligence et Distraction (.81) a été l’occasion de trouver un lien non recensé dans la littérature. Ce résultat obtenu a permis d’aller plus loin de ce qui a été fait et il serait intéressant de vérifier ce même lien dans les études futures. Les corrélations élevées obtenues entre les dimensions laissent présager que l’ajout d’autres dimensions recensées dans la littérature n’apporterait pas beaucoup d’information supplémentaire. En effet, ces dimensions recouperaient en partie ou en majorité les dimensions retenues.

Les énoncés retirés à l’étape 7 présentaient des résultats supérieurs ou inférieurs aux bornes prédéfinies pour les analyses du modèle de Rasch. L’énoncé 6 (« Il m’est arrivé de manquer un cours ou le travail parce que j’étais sur Facebook ») sur la Négligence exposait des statistiques d’ajustement des énoncés au modèle de Rasch acceptables lors du prétest. Lors de la passation finale, le infit étant plus élevé que recommandé (supérieur à 1.50), l’énoncé a été retiré. De plus, l’énoncé corrélait faiblement avec cinq autres énoncés de sa propre dimension. Il se peut que l’énoncé soit moins bien adapté à la réalité des médias sociaux. Cet énoncé pourrait être reformulé pour indiquer que l’individu manque de l’information pendant un cours, car il est sur Facebook.

La formulation pour l’énoncé 29 (« Ne pas pouvoir aller sur Facebook pendant une journée me dérange ») sur la Perte de contrôle avait obtenu de bons résultats lors du prétest. Cet énoncé touche un aspect aussi mesuré par deux autres énoncés de la même dimension : PC_11 et PC_24, soit l’absence de présence sur Facebook pour un moment indéterminé. L’énoncé 29 est plus précis que les deux autres, aucune perte d’information n’était liée à son retrait. L’énoncé 30 (« Je me sentirais perdu si Facebook n’existait plus ») sur la perception de contrôle présentait de bons résultats lors du prétest. Lors de la version finale, l’énoncé et ceux de la dimension Négligence corrélaient fortement. Quant à l’énoncé 35 (« Il m’arrive d’avoir l’impression que Facebook joue sur mon humeur ») n’avait pas pu être testé auparavant, car il a été ajouté à la suite d’une suggestion au prétest.

Cette étude présente diverses limites. Une de celles-ci concerne l’échantillon de la phase de validation qui ne peut être représentatif de la population en général. Le questionnaire a d’abord été envoyé à la liste de courriels des employés et des étudiants d’une université québécoise et sur le groupe Facebook de cette dernière. Bien que le partage ait été fait sur le site, il s’agit d’un échantillonnage de convenance et ne peut être considéré comme représentatif de la population en général. Malgré diverses preuves de validité de contenu (expert, apparente) et de structure interne (inter-items, item-total, modèle de Rasch, consistance interne), d’autres preuves sont nécessaires (biais, validité convergente-divergente, nomologie, discriminante, etc.) et divers contextes doivent être pris en compte (consultation pour les problèmes, population générale, etc.). Par exemple, le questionnaire pourrait être distribué avec une échelle portant sur la désirabilité sociale afin de vérifier si ce biais est présent lorsque les personnes répondent au questionnaire.

Lors de recherches futures, il serait pertinent d’intégrer une dimension portant sur les problématiques liées au volet social de Facebook. Dans les différentes études de Caplan (2002, 2003, 2005, 2006, 2010), cette dimension est présente. D’autres concepts pourraient être mis en lien avec le questionnaire. Par exemple, Caplan (2003) suggère le bien-être psychologique, la détresse psychosociale, etc., présenteraient une relation avec l’utilisation problématique d’Internet. Le questionnaire pourrait aussi facilement être adapté à d’autres médias sociaux. Il serait également intéressant d’estimer le lien entre l’âge des répondants, leurs professions et leurs habitudes sur Facebook, afin de faire ressortir différents profils d’utilisateurs ayant un usage problématique. De plus, il serait pertinent de développer des moyens de mesurer un ou des scores permettant un autodiagnostic sur l’usage problématique de Facebook.

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Conclusion

Le but de cette étude consistait à développer un questionnaire portant sur l’usage problématique de Facebook. Pour ce faire, les sept étapes proposées par Dussault et al. (2007) pour l’élaboration d’un questionnaire, inspirées de DeVellis (2003), ont été suivies. La théorie développée par Davis (2001) et l’adaptation de Caplan (2002) pour l’utilisation problématique d’Internet a servi de base pour les trois premières étapes, soit : la détermination de l’objet de mesure à la lumière de la théorie sous-jacente, la génération des énoncés et la détermination du format de mesure, ce qui a permis de faire une première version du questionnaire. Cette première version a été soumise à deux groupes d’experts. Le premier a permis de faire la vérification de la clarté des énoncés, c’est-à-dire de voir si chaque énoncé était classé dans la bonne dimension et si les énoncés étaient clairs. Le second groupe d’experts a justifié le retrait des énoncés ambigus et l’ajout de nouveaux énoncés. Cette seconde version a été transmise à un échantillon dont les caractéristiques s’apparentaient à celles de la population cible. Une analyse d’items a permis de retirer des énoncés n’ayant pas de bons résultats aux analyses d’items. Finalement, la dernière version du questionnaire a été transmise par courriel à des étudiants et des travailleurs d’une université québécoise, et au groupe Facebook de cette dernière. Des analyses d’items ainsi que la vérification de la validité de la structure factorielle du questionnaire ont été faites.

Le modèle qui représente le mieux les données est celui avec les trois facteurs corrélés (Perte de contrôle, Négligence et Distraction). Ces trois dimensions faisaient consensus dans la recension pour l’UPI. Cette structure pour l’UPF permet de tracer des liens avec ce qui avait été fait dans le cas de l’UPI. En effet, des liens élevés entre les trois dimensions ont été observés dans les analyses.

D’abord, la corrélation entre les dimensions Perte de contrôle et Négligence avait déjà été rapportée lors d’études précédentes (Kelly & Bruber, 2010). Ces deux dimensions sont associées au volet comportemental. D’une part, la perte de contrôle est définie par le rapport entre l’individu et Facebook, c’est-à- dire perdre le contrôle de l’usage qu’il en fait. D’autre part, la négligence est définie par le rapport entre ce même individu et ses occupations externes (le temps de sommeil, les études, le travail, les relations sociales, etc.) lorsqu’il utilise Facebook. Ce dernier est l’intermédiaire entre l’individu et ses obligations. On peut déduire une distinction entre les relations sociales dans la réalité et celles sur Facebook. Il serait intéressant lors d’une prochaine étude d’avoir deux dimensions distinctes : Négligence des obligations (tâches ménagères, temps de sommeil, etc.) et Négligence des relations sociales (amis, famille, etc.). Facebook, étant un autre environnement de la réalité, pourrait avoir des codes de vie différents que dans la réalité.

La corrélation entre les dimensions Perte de contrôle et Distraction avait aussi été obtenue dans une autre étude (Jia & Jia, 2009). La première dimension relève du volet comportemental, alors que la seconde

relève du volet cognitif. L’individu qui utilise Facebook pour se distraire de son quotidien peut aussi trop l’utiliser pour cette raison, ce qui se révèle être une Perte de contrôle à la fin. Il serait intéressant de mesurer l’influence de l’un sur l’autre dans ce cas-ci.

Finalement, une corrélation entre les dimensions Négligence et Distraction a été l’occasion de trouver un lien qui n’avait pas été recensé dans les études précédentes. Ce résultat obtenu a permis d’aller plus loin dans ce qui a été fait et il serait intéressant de vérifier ce même lien dans les études futures.

Cette étude a été l’opportunité de développer un questionnaire sur l’UPF présentant de bonnes qualités psychométriques. Bien que le questionnaire ait été inspiré de ce qui avait déjà été fait pour l’UPI, il demeure beaucoup d’angles pouvant être intégrés afin de mesurer divers aspects. L’usage problématique de Facebook n’est pas le temps passé sur Facebook : ce qui est important, c’est la relation que chaque personne vis-à-vis de ce réseau social. Il serait pertinent de développer des moyens de mesurer un ou des scores permettant un autodiagnostic sur l’usage problématique de Facebook.

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Annexes Annexe 1 Formulaire de recrutement

Courriel d’invitation

Sujet : Participant (e)s recherché (e) s pour un projet de recherche intitulé : « Élaboration d’un

questionnaire portant sur l’usage problématique de Facebook ».

Bonjour,

Je suis étudiante à la maîtrise en Administration et évaluation en éducation, profil Mesure et Évaluation

à l’Université Laval. Je souhaiterais obtenir votre participation afin de répondre à mon questionnaire portant

sur l’usage problématique de Facebook. Un maximum de 10 minutes de votre temps est requis pour y

répondre. Vous pouvez accéder directement au questionnaire en ligne par le lien suivant :

Votre participation à ce projet est anonyme, il ne sera jamais possible de vous identifier. Votre

collaboration est précieuse pour nous permettre de réaliser cette étude.

Nous tenons à vous remercier pour le temps et l’attention que vous acceptez de consacrer à ce projet

de recherche.

Si vous avez des questions sur la recherche ou sur les implications de votre participation, veuillez

communiquer avec :

Merci de votre participation! Cette recherche a été approuvée par le Comité d’éthique de l’Université Laval (No d’approbation : 2013-

152/28-11-2013).

Annexe 2 Formulaire de consentement

TITRE DE LA RECHERCHE : Élaboration d’un questionnaire portant sur l’usage problématique de Facebook

CHERCHEUR PRINCIPAL :

Élyse Fréchette, étudiante à la maîtrise en Administration et évaluation en

éducation, profil Mesure et Évaluation à l’Université Laval

CONTEXTE DU PROJET :

Projet de maîtrise dirigé par M. Eric Frenette et M. Pierre Beaudoin

Renseignements sur le projet :

Notre projet de recherche vise à élaborer un questionnaire portant sur l’usage problématique de Facebook. Les données obtenues lors de cette recherche permettront de valider ce questionnaire.

Votre participation :

Votre participation à cette recherche consistera à remplir un questionnaire comprenant 42 questions portant sur l’usage problématique de Facebook en ligne. Un maximum de 10 minutes de votre temps est requis pour y répondre. Bien que les réponses à chacune des questions soient importantes pour la recherche, vous demeurez libre de choisir de ne pas répondre à l’une ou l’autre d’entre elles ou encore de mettre fin à votre participation à tout moment. Toutefois, puisqu’aucune donnée permettant de vous identifier (ex. : nom, coordonnées) ne sera recueillie dans le questionnaire, les données obtenues d’un participant qui choisirait de se retirer du projet, après avoir fait parvenir son questionnaire rempli au chercheur, ne pourront être détruites, malgré son retrait.

Anonymat et conservation des données :

Votre participation à ce projet étant anonyme, il ne sera jamais possible de vous identifier. Ainsi, les données issues de vos réponses pourront être conservées pour d’autres analyses ou d’autres recherches, sous forme anonyme.

L’utilisation d’Internet en recherche, en dépit des mesures prises pour assurer la confidentialité, l’intégrité et la sécurité des données, comporte des risques d’intrusion par des tiers, de manipulations ou de pertes de données et d’identification. Si votre connexion Internet n’est pas sécurisée, veuillez éviter de transmettre des données sensibles.

Renseignements supplémentaires :

Si vous avez des questions sur la recherche ou sur les implications de votre participation, veuillez communiquer avec :

Remerciements :

Votre collaboration est précieuse pour nous permettre de réaliser cette étude. Nous tenons à vous

remercier pour le temps et l’attention que vous acceptez de consacrer à votre participation.

Attestation du consentement :

Le simple fait de répondre au questionnaire en ligne sera considéré comme l’expression implicite de

votre consentement à mon projet de recherche.

Plaintes ou critiques :

Si vous avez des plaintes ou des critiques relatives à votre participation à cette recherche, vous pouvez

vous adresser, en toute confidentialité, à l’Ombudsman de l’Université Laval aux coordonnées suivantes :

Pavillon Alphonse-Desjardins Tél. : (418) 656-3081 Fax : (418) 656-3846 Université Laval Ligne sans frais : 1-866-323-2271 (disponible au Canada) 2325, rue de l’Université, Local 3320 Québec (Québec) G1V 0A6 Courriel : info@ombudsman.ulaval.ca

Cette recherche a été approuvée par le Comité d’éthique de l’Université Laval (No d’approbation :

2013-152/28-11-2013).

Annexe 3 Questionnaire

Les questions suivantes portent sur votre usage de Facebook. Vous devez répondre sur une échelle d'accord

de 1 à 6, 1 signifiant que vous êtes totalement en désaccord avec l'énoncé et 6 signifiant que vous être

totalement en accord.

Totalement

En

Plutôt en

Plutôt en

 

Totalement

 
 

en

désaccord

désaccord

accord

En accord

en accord

désaccord

 

1

2

3

4

5

 

6

1. J’ai essayé de passer moins de temps sur Facebook, mais j’en ai été incapable.

1

2

3

4

5

6

2. Il m’arrive de continuer d’aller sur Facebook malgré mon intention de diminuer mes fréquences de visite.

1

2

3

4

5

6

3. Lorsque je vais sur Facebook, je ne pense pas à mes responsabilités.

1

2

3

4

5

6

4. Mes performances à l’école/au travail ont diminuées, car je passe beaucoup de temps sur Facebook.

1

2

3

4

5

6

5. Je devrais aller sur Facebook moins souvent.

 

1

2

3

4

5

6

6. Il m’est arrivé de manquer un cours ou le travail parce que j’étais sur Facebook.

1

2

3

4

5

6