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Bordereau

Il existe deux types de bordereau : le bordereau relatif à la décomposition du prix


global et forfaitaire et le bordereau de prix unitaire.
1 – Le bordereau nécessaire à la décomposition du prix global et forfaitaire. (DPGF)
Il s’agit là d’un document sur lequel l’acheteur fait figurer la liste des articles qui
composent la prestation objet du marché et leurs quantités respectives.
Les différents candidats qui soumissionnent au marché doivent le renseigner avec
les prix de chaque article en le datant et en le signant.
La valeur de ce document est purement indicative, encore que certains maîtres
d’ouvrage lui donnent une valeur contractuelle.
L’intérêt de lui donner une valeur contractuelle, étant de permettre au titulaire dans le
cadre de la passation d’un avenant, d’appliquer les prix tels qu’indiqués dans le
bordereau aux nouvelles commandes éventuellement demandées par le pouvoir
adjudicateur.
2 – Le bordereau de prix unitaire (BPU)
Quant au bordereau de prix unitaire, ce dernier a une valeur contractuelle.
Daté et signé également par le candidat, c’est le document qui permet à
l’administration de calculer le prix final.
Autrement dit, l’acte d’engagement dans un marché à prix unitaire ne comporte
jamais le prix du marché.
On dit généralement qu’il contient alors les modalités de sa détermination.

Avocat marchés publics : la


distinction entre marché à
prix unitaire et marché à prix
forfaitaire
Dans les marchés publics deux types de prix existent, le prix unitaire et le prix
forfaitaire. Le risque pris par l’entrepreneur n’est pas le même dans les deux
cas.

LA DISTINCTION PRIX UNITAIRES ET PRIX FORFAITAIRE

Le prix forfaitaire que l’on appelle aussi le prix global et forfaitaire est le prix
qui rémunère le titulaire d’un marché public (mais aussi privé) pour une
prestation ou un ensemble de prestations, indépendamment des quantités
mises en œuvre pour leur réalisation.
Ainsi, réaliser le terrassement d’un projet paysager à prix forfaitaire veut dire
que ce terrassement sera effectué conformément aux plans, normes
obligatoires et règles de l’art quelque soient les déblais et remblais effectués.

Les parties n’ont donc pas à vérifier les quantités réalisées, seul le résultat
compte.

Le marché à prix unitaire que l’on appelle souvent dans la pratique un


« marché sur bordereau de prix » est un marché où le titulaire est payé, au vu
des prix unitaires fixées dans le contrat (le plus souvent dans le bordereau
des prix unitaires (BPU)), au regard des quantités exactes qu’il réalise.

Ainsi, réaliser le terrassement d’un projet paysager à prix unitaires veut dire
que ce terrassement sera effectué conformément aux plans, normes
obligatoires et règles de l’art mais que le prix payé correspondra très
exactement au « cubage » des déblais et remblais réalisés.

Les parties (souvent le maître d’œuvre fait ce travail pour le compte du maitre
de l’ouvrage) doivent impérativement constater les quantités réellement
effectuées.

DE LA THEORIE A LA PRATIQUE

En théorie les choses sont simples mais la pratique vient souvent les
compliquer.

Ainsi, il n’est pas rare que, dans un marché à prix forfaitaire, le maitre d’œuvre
et l’entreprise s’entendent sur des « prestations en plus » en contrepartie de
« prestations en moins » (les praticiens appellent cela les « plus et les
moins ») ce qui met totalement en cause la notion même de prestation à prix
forfaitaire. Lorsque ces « plus et ces moins » deviennent importants, on est
même très proche d’un marché à prix unitaires.

L’une des raisons de ces dérives est la mauvaise définition du besoin, tant pas
le maître de l’ouvrage au stade du programme, que du maitre d’œuvre au stade
de la conception. Le projet qui devrait être finalisé avant de conclure les
marchés de travaux est en réalité en perpétuelle évolution.

De même, dans les marchés à prix forfaitaire, un débat complexifie souvent le


débat. Une prestation peut être considérée comme faisant partie du marché
(et donc du forfait) par le maitre d’œuvre et le maitre de l’ouvrage alors que
l’entreprise considère pour sa part qu’il s’agit d’une prestation nouvelle non-
comprise dans le marché de base…

Dans les marchés à prix unitaires, il n’est pas rare que le « deal » non-dit entre
la maitrise d’œuvre et l’entreprise soit d’effectuer un travail qui correspondant
au montant estimé du marché tel qu’il apparait dans le Détail Quantitatif
Estimatif (DQE). On ne se préoccupe pas vraiment des quantités réellement
effectuées, le but est d’atteindre le résultat technique escompté dans le cadre
du montant estimé du marché. On est donc plus près d’un marché à prix
forfaitaire que d’un marché à prix unitaires.

LES DOCUMENTS UTILISES


Lorsque le maitre de l’ouvrage veut conclure un marché à prix forfaitaire, il
pourrait se contenter de demander un prix dans l’acte d’engagement. La
pratique la plus courante est de demander aux entreprises de renseigner en
sus un document intitulé Décomposition du Prix Global et Forfaitaire (DPGF).
Ce document peut avoir deux rôles.

 Soit être un document réalisé par le maitre d’œuvre ressemblant à s’y


méprendre à un Détail Quantitatif Estimatif (DQE) que les entreprises
remplissent. Le but du document est alors d’aider les entreprises à
« former leur prix forfaitaire ». C’est le cas le plus courant.
 Soit être un document totalement réalisé par l’entreprise qui répond
pour expliquer comment elle est arrivée à son prix forfaitaire. Le but du
document est alors, pour le maitre de l’ouvrage comme le maitre d’œuvre,
de comprendre comment le forfait a été formé et de détecter
éventuellement des « impasses ».

Lorsque le maitre de l’ouvrage veut conclure un marché à prix unitaires, il


joint le plus souvent deux documents au dossier de consultation des
entreprises (DCE) :

1. Le Bordereau des prix unitaires (BPU) qui doit être renseigné par les
entreprises dans la colonne correspondant aux prix unitaires qu’elle
propose. Le but de ce document est de connaître le prix unitaire de chaque
prestation (le mètre carré d’engazonnement, le mètre linéaire de bordure,
etc..).
2. Le Détail Quantitatif Estimatif (DQE) qui a de buts :

1. Permettre aux entreprises de former leurs prix unitaires en


connaissant les quantités que le maître d’œuvre a estimées.

2. Permettre au maître de l’ouvrage d’analyser le critère prix


puisque, dans ce document, les prix unitaires sont multipliés par les
quantités estimés, le total des totaux des prix étant le montant estimé du
marché.

On peut relever qu’il serait plus simple d’avoir un seul document valant
« BPU » et « DQE » plutôt que deux. Il est toutefois dur de modifier les
habitudes. Par ailleurs, les détracteurs de cette pratique semblent avoir un
argument « incontournable » : le « BPU » est une pièce contractuelle, pas le
« DQE ». Il ne s’agit toutefois pas « d’une bonne excuse ». Il suffirait en effet,
dans la liste des pièces contractuelles de viser ce document unique en
excluant de la valeur contractuelle la colonne relative aux quantités. On
pourrait par exemple écrire dans la liste des pièces contractuelles « le BPU
valant DQE à l’exception de la colonne sur les quantités et la colonne des
totaux ».
Ce serait une réforme extraordinaire qui permettrait de simplifier énormément
le travail des entreprises pour répondre aux marchés à prix unitaires sans
parler des millions de pages de papier qui seraient économisées…
Il suffit de le vouloir et de savoir changer ses habitudes.

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Dossier de Consultation des Entreprises

DCE : Le Dossier de Consultation des Entreprises, le contenu peut être réparti en trois catégories
principales de documents. La première catégorie regroupe les documents de mise en concurrence : il s'agit
essentiellement de l'avis d'appel public à la concurrence, du règlement de consultation, le cas échéant, du
programme du concours ou de l'opération pour les marchés de maîtrise d'œuvre.

La seconde catégorie concerne les documents destinés à devenir des pièces constitutives du
marché : l'acte d'engagement du marché signé par les parties, les différents cahiers des charges, certains
plans, etc...

La dernière catégorie rassemble les documents qui ne sont pas destinés à devenir des pièces
contractuelles mais qui sont nécessaires car ils facilitent la compréhension du projet : différentes données
géologiques du terrain, situations d'ouvrage,