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POUR DES PARTENARIATS

RÉUSSIS EN CULTURE !

Stratégies de
mobilisation des
acteurs territoriaux

Synthèse de connaissances

Rédaction et recherche
Martin Lussier, professeur, Département de communication sociale et publique, Université du Québec
à Montréal
Sylvain Martet, étudiant, collaboration à la rédaction et à la recherche, Université du Québec
à Montréal

Comité d’encadrement
Martin Lussier, professeur, Département de communication sociale et publique, Université du Québec
à Montréal
Louise Sicuro, C.M., présidente-directrice générale, Culture pour tous
Marie Bujold, agente de développement Milieu municipal et Cellules régionales d’innovation en
médiation culturelle, Culture pour tous
Eva Quintas, chargée de projets, Culture pour tous
Mélanie Pelletier, conseillère en transfert, Territoires innovants en économie sociale et solidaire
Geneviève Létourneau-Guillon, conseillère en transfert, Territoires innovants en économie sociale
et solidaire
Josée-Anne Riverin, agente de développement, Service aux collectivités, Université du Québec
à Montréal

Graphisme
Studio créatif Coloc – coop de travail

Révision
Karelle Arsenault

Remerciements
Nous tenons à remercier chaleureusement toutes les personnes ayant collaboré à cette synthèse de
connaissances, en particulier les travailleuses et travailleurs culturels, ainsi que les décideurs pour leur
appui ou leurs précieux témoignages.
Cette étude a été réalisée avec l’appui financier de Culture pour tous et de Territoires innovants en
économie sociale et solidaire (TIESS).

Pour citer ce document
Lussier, Martin. (2016). Pour des partenariats réussis en culture ! Stratégies de mobilisation des acteurs
territoriaux. Montréal, Culture pour tous, Territoires innovants en économie sociale et solidaire &
Service aux collectivités UQAM, 24 p.

Montréal, juin 2017
ISBN 978-2-923773-38-4 (PDF)
Dépôt légal – Bibliothèque et Archives nationales du Québec

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. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21 3 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13 Des stratégies de mobilisation. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18 Affirmer la légitimité pour mobiliser. . . . . . . . . 15 Mettre à l’échelle pour mobiliser. . . . . . . 9 Présentation des CRIMC : quelques constats. . . . . . .Table des matières Le cas des cellules régionales d’innovation en médiation culturelle (CRIMC). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . le développement territorial et les partenariats. . . . . . . . . . . 8 Des politiques culturelles qui cadrent le développement culturel des territoires. . . . . . . . . . 5 La recherche sur la culture. . . . . . 15 Valoriser la mission et le champ d’action pour mobiliser. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Parmi celles- autour d’une volonté commune d’en stimuler ci.Avant-propos Au Québec comme ailleurs. la décentralisation Comment mobiliser des partenaires ? Quel des modes de gouvernance et des centres travail en amont est nécessaire afin de de décision. 4 . ce document se veut une l’échelle. partant de la mise pratiques de développement de partenariat – en place de partenariats régionaux en médiation d’intéressement – permet de comprendre les culturelle – une stratégie d’intervention visant défis rencontrés par les porteuses et porteurs à rapprocher les citoyennes et citoyens et la de projets ainsi que certaines des stratégies culture – et rassemblant diverses instances déployées pour les surmonter. documenter ces pour le milieu culturel. Ainsi. cette synthèse en détaille trois : la mise à le développement. la valorisation de la mission et du champ synthèse de connaissances issues de la pratique d’action ainsi que la légitimation. démarches similaires. qui s’est accélérée au cours des convaincre les décideurs ? De quelle manière dernières décennies. C’est en particulier le cas régionales exemplaires. a favorisé l’émergence du la concertation nécessaire au partenariat est- partenariat comme mode privilégié d’action et de elle rendue possible ? À partir d’expériences collaboration territoriale. de pratiques inusitées et riches démarches favorisant l’établissement de pour celles et ceux désirant s’engager dans des partenariats régionaux en culture. Cette synthèse des acteurs du milieu ainsi que de la recherche permet de rendre explicite un ensemble de universitaire. Il vise à dresser le portrait des connaissances.

telles que des municipalités. le ministère de la définitions contradictoires. des musées la mobilisent pour revoir l’organisme sans but lucratif Culture pour tous.Le cas des cellules régionales d’innovation en médiation culturelle (CRIMC) de pratiques. le Saguenay–Lac-Saint-Jean. des MRC. Alors que des instances en médiation culturelle (CRIMC) prennent forme gouvernementales et des municipalités mettent dans différentes régions du Québec afin de sur pied des programmes de médiation visant à stimuler une appropriation locale et régionale contrer l’exclusion culturelle d’une partie de leur de la médiation culturelle à l’initiative de population. chacune se trouvant actuellement à des le contact avec les citoyennes et citoyens. Leur émergence visant à construire de nouveaux liens entre les a été stimulée par des ententes de partenariats citoyennes et citoyens et la culture. ses ambiguïtés d’assise à celle-ci. six cellules ont été mises en culturels et des artistes tentent de réinventer place. Si Cellules régionales d’innovation elles sont parfois décrites comme une richesse en médiation culturelle ayant servi propre à la médiation culturelle. représentent tout de même un défi de taille pour l’appropriation qui peut en être faite par les travailleuses et travailleurs culturels ainsi que par Au cours des quinze dernières années. À ces particularités répond une de réalisation de la synthèse de diversité étonnante d’actions propres aux milieux connaissances ainsi que le cas des dans lesquels elles se déploient et s’incarnent. Longueuil. La recherche entre des instances régionales. sa grande diversité Culture et des Communications du Québec ainsi 5 . la les milieux de pratique au Québec. des propres à la notion de médiation culturelle : ses conseils régionaux de la culture. médiation culturelle s’est imposée dans le Depuis 2012. la Côte-Nord. la médiation culturelle s’est ainsi imposée comme Mauricie. étapes différentes de développement : la Haute- notamment. des cellules régionales d’innovation paysage québécois. leur lien avec les publics alors que des organismes Jusqu’à présent. ainsi que un ensemble de gestes et d’interventions la Vallée-du-Haut-Saint-Laurent. À la croisée de ces démarches. des institutions s’est longuement intéressée aux ambiguïtés locales. la MRC des Laurentides. ses professionnels aux profils Cette section présente le contexte hétérogènes.

pistes présentées dans cette synthèse. adoptées mais portés principalement par les agentes entre 1999 et 2013. les trois territoires visés (29 politiques. une des milieux concernés ainsi qu’à des actions de rencontre avec des travailleuses du milieu culturel formation en médiation culturelle. Rassemblant des acteurs Cette synthèse de connaissances repose sur culturels. Elle a pour objectif image riche des stratégies de mobilisation ayant de documenter les différentes façons par rendu possible la mise en place et le déploiement lesquelles les partenaires de ces cellules ont été d’ententes sur ces territoires. mobilisés et la concertation.que Culture pour tous. fonctionnement. ces initiatives ont les CRIMC sont fondées. Elles ont également ouvert la porte à de six intervenantes provenant des trois CRIMC la mise en place de mécanismes de consultation visées. rendue possible. 6 . une série permis la mobilisation de nombreux acteurs d’entretiens semi-dirigés a été menée auprès régionaux. Il a permis et agents de développements culturels des de documenter les assises rendant possible administrations locales provenant notamment l’action culturelle partenariale sur lesquelles des municipalités et des MRC. Par leurs cette synthèse de connaissances s’attarde à récits portant sur les démarches ayant mené à trois de ces CRIMC. Ayant des formes et des objectifs variés. provenant des cellules a permis de valider les Issue d’une démarche de recherche partenariale. celles de la Mauricie. D’autre part. du l’émergence de chacune des cellules et sur leur Saguenay–Lac-Saint-Jean et de la Vallée-du. le premier volet visait à documenter les d’actions en médiation culturelle sur leur territoire nombreuses politiques culturelles quadrillant respectif. D’une région. sociaux et économiques de chaque une démarche qualitative à deux volets. ont été recensées). Enfin. à raison de deux par région. ces intervenantes offrent une Haut-Saint-Laurent (VHSL). ces partenariats visent le développement part.

la Ville de également été réalisée sur l’appropriation de la Saguenay. dont un portrait régional ainsi qu’une bourse dédiée à la réalisation de projets de médiation culturelle. La cellule d’innovation rassemblant des artistes ainsi a également organisé une journée de réflexion que des travailleuses et travailleurs culturels sur la médiation culturelle regroupant des du territoire pour discuter des enjeux propres organismes communautaires et d’économie à la médiation culturelle dans la région. la mise en place d’un travailleurs culturels ainsi que des artistes. des instances À cela s’ajoute la réalisation de journées gouvernementales. le Conseil régional des élus de ainsi que l’organisme Culture pour tous. des travailleuses et professionnelles. le Conseil régional de la culture ainsi médiation dans la VHSL1. que Culture pour tous. le partenariat d’évaluation et de formations à la médiation de nombreuses instances. communautaires et de la santé. 7 . la CRIMC de la développer une initiative commune et des VHSL a permis la mise en place d’un groupe plans d’action propre à chaque ville. dont le ministère de culturelle. Plusieurs initiatives ont émergé de cette CRIMC. la Ville partenariat rassemblant les municipalités de Vaudreuil-Dorion. Montréal : Culture de travail. (2015). Elle la Vallée-du-Haut-Saint-Laurent (VHSL) s’est développée autour d’une volonté de ainsi que Culture pour tous. besoins et enjeux des milieux. la CRIMC est coordonnée par le pour tous. Autour de nous et Service aux collectivités Conseil régional de la culture et est intégrée à de l’UQAM. sa structure comme groupe de compétences. L’appropriation de la médiation culturelle dans la Vallée-du-Haut-Saint-Laurent de participants provenant de différents (Montérégie) : caractéristiques. rassemblant de 65 à 80 personnes provenant des milieux artistiques.Présentation des CRIMC étudiées • Issue d’un partenariat rassemblant le ministère • La cellule de la Mauricie est le résultat d’un de la Culture et des Communications. Dans ce contexte. des municipalités. Quatre journées d’étude ont été organisées. Faisant intervenir plusieurs groupes artistes et des travailleurs culturels. a permis de mettre en place une cellule rassemblant une vingtaine 1 Lussier. une recherche a la Culture et des Communications. sociale. La Tuque et Shawinigan Soulanges. programme de bourses pour des projets de médiation ainsi que la création d’outils • Au Saguenay–Lac-Saint-Jean. M. la MRC de Vaudreuil- de Trois-Rivières.

Dans rassembleurs – les nombreux festivals au certains cas. par exemple en tentant de stimuler ce Québec dans l’économie postindustrielle. les décideurs et intervenants locaux voient dans Le rapport de la culture la culture un outil permettant de resserrer le tissu social des communautés. le patrimoine ou le tourisme. La culture est ici un levier soulevés par les écrits académiques de développement de l’économie locale. ses 8 . les territoires se sont tournés vers Québec en témoignent –. Cette tendance aux territoires s’exprime par une volonté de faire de la culture L’apport de la culture pour le développement un marqueur identitaire fort des territoires locaux des territoires a été maintes fois souligné par pour leurs habitants et un facteur de cohésion la recherche scientifique. De plus. développement local. le développement territorial et les partenariats place dans les projets d’économie sociale Cette section présente une partie priorisés par les communautés locales depuis la des particularités et des enjeux fin des années 1990. que ce soit par son utilisation économique ou les initiatives culturelles ont occupé une grande sa transformation en objet d’intervention. portant sur le développement des particulièrement par la valorisation de nouvelles partenariats ainsi que sur le rapport entreprises dites « créatives ». Dans d’autres cas. Avec l’entrée du sociale.La recherche sur la culture. de que les géographes qualifient de « génie du lieu ». nombreuses régions ont été confrontées à des qui fait en sorte qu’un territoire se démarque fermetures massives d’entreprises (en particulier des autres aux yeux d’une communauté. la requalification de la culture aux territoires. de secteurs désavantagés ou le développement d’une « signature » territoriale. notamment en mettant Malgré l’importance grandissante prise par en valeur des institutions ou des organismes la culture dans le développement territorial. ou encore par le la culture dans leurs nouvelles stratégies de déploiement d’actions en médiation culturelle. culturels. Cela dans les matières premières) et se sont vues peut passer par l’organisation d’événements obligées de repenser leur développement.

Malgré des formes et des modes de Dans certains cas. Avec celui-ci. Il s’est éloigné progressivement de Au Québec. amorcée l’autonomie relative des instances locales dans en 1992. la relation de la culture au territoire la fonction d’aménagement des territoires au a été marquée au cours des années 1990 par profit de celle d’accompagnement des acteurs l’accélération d’un profond mouvement de locaux. modifiant du coup le rôle imparti à chacun. en poursuivant le travail amorcé avec a fait de celles-ci de véritables interlocutrices en la création en 1977 des conseils régionaux de matière de développement culturel régional. En ce sens. Dans ce contexte. par d’acteurs locaux et œuvrant à distance de l’État exemple. De plus. Celle-ci a permis d’amorcer tendance. Dans la foulée. Les ententes pouvoirs culturels locaux. régions. tout en assurant d’associations sectorielles et d’organisations que l’action de celles-ci réponde à des objectifs locales ont permis l’émergence de nouveaux à la fois régionaux et nationaux. l’émergence de l’action culturelle partenariale. sont devenues les mandataires presque exclusifs de l’action culturelle locale. des instances parapubliques gestions pluriels. Une carte culturelle en changement effets demeurent incertains. la culture. D’autant plus qu’au cours de la même période. La municipalisation sont alors imposées ont permis de confirmer des politiques culturelles québécoises. les territoires ont été configurés reconnaissant les acteurs locaux comme de en régions politico-administratives et sont véritables collaborateurs. les travailleuses et travailleurs au sein des organismes culturels se sont professionnalisés. de simples relais d’interventions dirigées notamment en matière de culture et de « d’en haut ». les régions ont vu décentralisation économique et politique. ainsi que le nouveau leadership le développement culturel. Les ententes partenariales qui se développement économique. le processus de décentralisation a profondément réorganisé les relations entre ces différents acteurs du développement culturel régional. l’importance croissante dans l’intégration des milieux culturels en tant que les régions du Québec d’organisations collectives partenaires légitimes dans l’administration et et d’entreprises d’économie sociale émergeant l’orientation du développement régional. L’adoption massive de de développement culturel conclues entre les politiques culturelles locales par les municipalités municipalités québécoises et le gouvernement du Québec et la croissance concomitante des provincial relèvent d’ailleurs de cette logique dépenses en culture témoignent de cette partenariale. la négociation des ententes 9 . La décentralisation a ouvert la porte à un il est plus que pertinent de s’interroger sur changement du rôle du gouvernement les figures de la contribution de la culture au central dans le développement culturel des développement territorial. non plus comme devenus des centres de décisions d’importance.

Ainsi. le présent document des milieux concernés. il s’expliquerait notamment • Un processus de municipalisation des politiques par un travail en amont permettant d’établir des culturelles a permis l’essor de pouvoirs culturels buts précis ou de consulter les parties prenantes. Dans qui demeure peu documenté et propre à chaque ce contexte. Si la plupart de ces partenariats sont motivés par les restrictions budgétaires ainsi que par la • La décentralisation a modifié le rôle traditionnel nécessité de croiser les ressources afin de mener de l’État et confirmé l’autonomie relative à bien des projets – en particulier dans le cas de des régions et des instances locales pour le la culture –. • En plus des compétences. il est pertinent de s’attarder aux contexte régional. il semble tout de même qu’un travail développement culturel. les partenariats demeurent une forme de collaboration équivoque. du projet – et des résultats souvent incertains. et précédant la conclusion planification. les régions ont vu l’émergence de afin de rassembler les partenaires potentiels l’action culturelle partenariale. telles que le leadership. cette dynamique régional. entre autres en culture. le travail les partenariale est autant le fruit de la politique rendant possibles et fructueux demeure peu générale de décentralisation. la comme objet d’intervention afin de lutter contre confiance et le respect des hiérarchies. locaux et de nouveaux interlocuteurs. parapublics. les étapes de acteurs locaux comme des collaborateurs. qui formalise le rôle documenté. promotion auprès des acteurs à approcher. reconnaissant les autour d’un projet d’entente. pratiques de promotion et de mobilisation en 10 . communes entre les parties prenantes. que d’un imaginaire commun qui lui est est-elle rendue possible ? Partant d’un cas précis propre ou de la professionnalisation progressive de partenariat en culture. dans d’autres cas. Comment les partenaires sont-ils d’accompagnateur attribué au gouvernement mobilisés ? De quelle manière la concertation central. alors que. De ce fait. des aptitudes qu’ils soient publics. incluant Alors que les partenariats deviennent des l’importance de la dimension participative ainsi mécanismes incontournables du développement que du consensus.partenariales est fondée sur des représentations amont des partenariats régionaux en culture. privés ou personnelles et des qualités propres à une bonne communautaires. les Ce que la recherche nous apprend conditions favorisant leur réussite ont été • La culture est de plus en plus mobilisée. d’intéressement est également nécessaire • Dans la foulée. la réussite des partenariats dépend d’un partenariat. que documentées au Canada au cours des trente ce soit comme instrument pour stimuler le dernières années. illustre quelques-unes des stratégies adoptées Avec des modes pluriels de fonctionnement – pour mobiliser les partenaires et mettre en place allant de la sous-traitance à la coconstruction des ententes. Le succès relèverait parfois de développement économique des territoires que qualités personnelles. sont tout autant déterminantes d’un travail de mobilisation et de concertation pour le succès d’une entente partenariale. Cependant. une érosion sociale ressentie.

par exemple et qui y rendent possible l’action en encourageant le partage des informations culturelle partenariale. D’autre part. D’une part. à se décloisonner en développant des relations qu’elles soient municipales. scolaires ou avec d’autres. notamment l’aide d’objectifs qui auront des impacts sur les en ce qui a trait au financement. ces politiques s’engagent soit en instaurant Cet appel à l’ouverture du milieu culturel est des cadres au développement culturel à présent dans les documents étudiés. Ceux-ci se les différentes politiques culturelles déploient selon deux modalités. tout comme dans importantes dans la région de la Vallée-du-Haut- leur vocabulaire. Elles sont particulièrement territoires. les documents exposant les Saint-Laurent où toutes les politiques culturelles politiques culturelles témoignent d’une diversité locales mentionnent la concertation et le étonnante. Dans leur forme.Des politiques culturelles qui cadrent le développement culturel des territoires régions. du monde municipal ou des partenariats. par exemple financement culturel. Ces trois régions étudiées a permis de prendre en orientations visant à désenclaver le milieu culturel considération le poids des acteurs institutionnels et à l’ouvrir à la société dans son ensemble sont dans le développement culturel décentralisé des prédominantes. de quadrillant les trois territoires visés nombreux énoncés soulignent la volonté de par cette synthèse de connaissances stimuler la concertation des acteurs. soit en relever des occurrences qui plaident pour le agissant comme des acteurs du milieu culturel soutien aux initiatives pouvant améliorer le parmi les autres déjà en place. Ce à disposition de ressources ou encore par deuxième ensemble d’orientations montre les le développement de structures dédiées. et à quel titre. parmi lesquels les milieux des régionales. que ce soit par la mise dans la concertation ou dans la promotion. de la décentralisation de l’action culturelle Parmi les orientations les plus prégnantes des gouvernementale. On peut ainsi initiatives et les programmes locaux. adoptées de 1999 à 2013 dans les affaires et scolaire sont largement visés. ces orientations témoignent diverses politiques culturelles dans les trois d’une volonté d’encourager les actions visant 11 . Cohérentes avec les principes et rendue possible. Les différentes instances produisant partenariat en leur accordant un rôle central. la concertation et le partenariat Cette section pose un regard sur occupent une place de choix. au sein du milieu culturel. façons par lesquelles la concertation est valorisée par exemple. ces politiques culturelles appellent également le milieu culturel L’analyse comparée des politiques culturelles.

Ceci s’exprime celui-ci à la société. de nouvelles politiques culturelles locales mentionnant la médiation culturelle dans leurs orientations ont été adoptées. l’identité locale apparaît comme un • L’appel à la concertation et à l’établissement de enjeu central dans les politiques culturelles partenariats occupe une place importante dans des régions étudiées. il est intéressant de noter l’absence volonté de stimuler le « sentiment d’appartenance » quasi généralisée du mot médiation dans les des citoyens à leur municipalité. Différentes formulations • La médiation culturelle n’occupe pas une place permettent de constater que des acceptions de importante dans les politiques culturelles adoptées la notion s’y retrouvent tout de même. stratégie permettant le lien entre la culture et • Les politiques culturelles sont marquées par une les citoyens. tantôt à inviter les instances à agir comme d’autres ressources. Celles-ci de 1999 à 2013. développer et à mettre en valeur comme atouts d’autres ont pour objectif d’ouvrir plus largement dans le développement territorial. des acteurs au sein de celui-ci. 2 Depuis la constitution de l’archive ayant mené à ces observations. Du point de vue des ces politiques. par Des politiques culturelles qui encouragent exemple par des bourses aux artistes ou des les partenariats subventions aux organismes. plutôt atteindre des objectifs plus généraux. par une volonté de stimuler le « sentiment d’appartenance » des citoyens qui serait parfois • Plusieurs orientations proposent d’encourager à développer. 12 . parfois à renforcer. qu’une fin en soi. le patrimoine et l’identité culturelle • Si certaines orientations visent à stimuler l’échange locale sont des thématiques à documenter. en particulier au milieu des parfois dans les documents des politiques affaires et scolaire. municipalités. Au-delà de l’appui financier direct au milieu culturel. il s’agit bien souvent • Les différentes politiques culturelles locales et d’un accompagnement dans la diversification régionales visent tantôt à encadrer le milieu financière en culture : un appui dans la quête culturel. Enfin. à et la concertation à l’intérieur du milieu culturel. Si la médiation le milieu culturel à la mobilisation de partenaires culturelle est souvent comprise comme une financiers diversifiés. documents étudiés2.la mobilisation de partenaires locaux. bien que certaines de ses idées positionnent la médiation culturelle comme un associées soient mobilisées comme moyens pour moyen pour atteindre certains objectifs.

tout comme les caractéristiques de leurs milieux artistiques. Ainsi. la mobilisation ayant rassemblant des acteurs du milieu culturel et permis la création des CRIMC consultées artistique se rencontrant à intervalle régulier. alors que plusieurs acteurs d’une À ces formes partenariales plurielles et adaptées région étaient à Montréal à l’occasion d’une aux structures déjà en place dans les différentes formation en médiation culturelle. Cet intérêt commun. culturels ou encore lors de l’organisation à laquelle s’est ajouté un groupe-conseil d’évènement public. Par exemple. notamment certaines valorise l’adaptation des partenariats aux dimensions présentant des particularités institutionnelles et financières particularités territoriales. Les trois CRIMC sur lesquelles nous nous sommes penchés témoignent d’une pluralité Dans tous les cas. de « faire quelque chose » conjointement a En effet. le partenariat s’est incarné d’un groupe de travailleuses et travailleurs dans la création d’une entente entre instances. de changement au sein Haut-Saint-Laurent. des régions. » Cette diversité sur les partenariats ayant fait écho au processus de décentralisation contribué à la mise en place des de l’action culturelle amorcé au Québec qui CRIMC. Plusieurs visant le développement disciplinaire sur le de ces moments permettent aux partenaires de territoire – au sein même d’une instance régionale discuter de leur intérêt à travailler en commun. d’autres de partenariat exprimée à cette occasion. a sont plutôt pensés comme des actions à court trouvé un terreau fertile dans le contexte d’une ou moyen terme. 13 . profite d’occasions circonstancielles. de négociation différentes. dans la Vallée-du. le Conseil régional de la culture.Présentation des CRIMC : quelques constats que la cellule va rester. l’émergence des partenariats appartient à des En effet. dans chaque région. le partenariat moments propices. Que ce soit à l’occasion de développé s’est incarné de manières bien révision de politiques culturelles. de consultation. […] Ce qui va rester c’est Cette section présente certaines l’utilisation de la médiation culturelle comme outil observations générales portant de transformation des territoires. d’ententes régionales. Par exemple. on note toutefois que surprenante de formes et de temporalités. au-delà desquels des effets se planification régionale de nouvelles ententes de ressentiront tout de même : « Je ne pense pas développement culturel. la volonté régions s’articulent des temporalités diverses. le partenariat la mobilisation des partenaires dans les trois s’est traduit par la création d’un groupe de régions a été facilitée par la concomitance de compétences – une structure de concertation moments clés du développement local. dont relève l’idée se veulent des projets à long terme. Au Saguenay–Lac-Saint-Jean. alors que certains partenariats étudiés émergé.

le financement demeure un enjeu de taille pour Quelques constats sur le cas des CRIMC les cas documentés. sont nécessaires pour mener à de financement au sein des CRIMC de certaines bien les projets culturels locaux. les partenariats ont émergé à une intervenante : « On avait tous des résiduels des moments propices. associé aux projets culturels des territoires. dans des circonstances d’entente culturelle. Comme l’exprime • Selon le contexte. » La place que le à l’ordre du jour et favorisant la rencontre des financement occupe dans les propos recueillis parties prenantes. Il est le produit d’assemblages qui. d’autres temporalités différentes. soulignent plutôt qu’il est possible de le financer grâce à des budgets « autres ». et suivant des pour l’argent public qui est existant » –. Dans 14 .Bien que les partenariats soient parfois tous les cas. Peut-on prendre cet argent. bien que création de sous-comités dédiés à la recherche parfois précaires. le partenariat ne doit pas des formes plurielles. En témoigne d’ailleurs la CRIMC. a déjà beaucoup d’organismes qui se battent adaptées aux réalités régionales. le financement semble relever de décrits comme des outils permettant de créer l’ingéniosité des travailleuses et travailleurs des budgets croisés et diminuant le risque culturels rencontrés. Si. régions afin de pérenniser ces partenariats. allant du simple accord venir concurrencer le financement des projets entre travailleuses et travailleurs culturels à menés par chaque partie prenante – car « il y des formes diverses d’institutionnalisation. permettant de mettre le développement régional là? Le ministère a dit oui. fait écho à l’impression générale de sa fragilité • Le financement est un enjeu important pour les dans le milieu culturel. pour certaines des • Les partenariats des CRIMC s’incarnent dans personnes rencontrées.

justifiant du coup leurs les intérêts des uns et des autres dans un projet actions. l’échelle régionale. la La réussite d’un partenariat suppose un important mobilisation des parties prenantes. bonne raison. du même souffle. la valorisation de la mission souligner l’ensemble des façons par lesquelles les et du champ d’action ainsi que la acteurs inscrivent le partenariat et la médiation légitimation. nous voulons l’échelle. Par exemple. opération permet de montrer la pertinence d’un partenariat et d’assurer. Cette en permet l’illustration. Dans tous les cas. central dans la justification des politiques de comment leur est-il possible de mobiliser élus développement des territoires et représente et acteurs des milieux concernés ? Les CRIMC une des stratégies identifiées dans cette synthèse rencontrées permettent de comprendre de connaissances afin de mobiliser les partenaires quelques-unes des stratégies mises en œuvre dans le projet de création de CRIMC. Pour chaque stratégie. Mais comment y arriver ? Au-delà pratiques à des échelles particulières. alors qu’un second suggère que l’échelle. que celle-ci soit un exemple tiré des trois cas explorés locale. Celui-ci La construction des politiques et la planification est souvent décrit en termes de leadership : territoriale dépendent en partie des échelles l’impulsion d’une personne ou d’une organisation auxquelles elles sont liées.Des stratégies de mobilisation Cette section présente trois Mettre à l’échelle pour mobiliser stratégies de mobilisation qui ont Parmi les stratégies de mobilisation mises en été déployées sur les territoires visés œuvre dans l’établissement des partenariats afin de faciliter la collaboration de analysés. la valorisation de la mission et du champ celui-ci permet de mettre en valeur la localité à d’action ainsi que la légitimation. les cas analysés ici témoignent permet d’affirmer le rôle de certains acteurs et plus particulièrement de son aptitude à traduire les limites de leur pouvoir. travail de mobilisation en amont.). etc. Le recours des qualités personnelles ou des attributs des à ces opérations de changement d’échelle est organisations qui portent le projet de partenariat. régionale ou nationale. culturelle à une échelle précise. Par cette expression. l’échelle « régionale » la volonté. 15 . la capacité de susciter l’adhésion. mais d’un tel projet. une part relève d’opérations de « mise partenaires potentiels : la mise à à l’échelle ». par exemple. attribue au leader des caractéristiques singulières voire de leur pertinence : elles représentent une (le charisme. Alors que le discours public également les limites de leur mise en œuvre. il s’agit d’inscrire des rassembleur. Celles-ci leur offrent « leader » est en effet central pour la réalisation non seulement une forme de légitimité. Le premier pour intéresser des partenaires potentiels ensemble de changements d’échelle mobilisé concernés par le développement d’initiatives par les acteurs rencontrés fait du partenariat régionales en médiation culturelle : la mise à un projet local.

les acteurs locaux se voient une interprétation pertinente localement d’un conférer le rôle de collaborateurs à part entière. cela peut interviewées soulignait « la volonté de garder ses permettre d’inscrire le projet de partenariat couleurs. plusieurs ont Ainsi. le flou général entourant la notion l’importance accordée par le partenariat aux de médiation culturelle offre aux communautés parties prenantes. INFOSuroit. » Dans tous les cas. » Lors de régionale. D’ailleurs [le partenariat] c’était pour valoriser une vision locale à l’échelle d’essayer de développer une identité. mentionné leur volonté d’adapter l’acception cette possibilité de voir la contribution de la de la médiation culturelle à leur contexte : localité à des débats et des enjeux se situant à « c’est bien beau la médiation culturelle.Ancrer à l’échelle locale une autre échelle a ainsi facilité la mise en Pour plusieurs personnes rencontrées. plus partenariats se justifient par leur pertinence d’une personne rencontrée a souligné l’apport d’une valorisation de l’appropriation locale de locale. (2013. Elles suggèrent que ces partenariats la médiation culturelle dans la mobilisation sont des actions globales qui présentent d’autres partenaires. Par exemple. » Favoriser région] prenne sa place […]. En ce sens. Ainsi. la mise à l’échelle inviterait à construire des années 1990. de proposer une interprétation locale à des par exemple. en partie. de développer une identité Ancrer à l’échelle régionale régionale. les place de certains partenariats. culturelle3. une semblent avoir été justifiés comme outil identité très forte. [de] garder sa personnalité et pas de proposé comme une action globale aux se faire dire par Montréal quoi faire. faire valoir à travers ça. voire nationale. nos ainsi par la démonstration de leur importance afin besoins. 16 . » L’un des enjeux est D’autre part. Le cas de la VHSL est exemplaire : « Ce À de nombreuses reprises. Le défi de la cellule l’interprétation locale d’une idée associée à [et du partenariat] est de continuer à développer 3 Major. Dans certains cas. Alors que la décentralisation locales l’opportunité de la modeler à leur guise. Bien ça a été conséquences locales : faire correspondre stratégique […] de s’associer à la ville […] pour des stratégies générales à l’identité de la que ça soit appuyé aussi dans une vision locale ou communauté ou. « Une première : partenariat régional en médiation culturelle ». il s’agit tributaire de l’affirmation de retombées locales de « montrer comment ma région peut se d’un partenariat. moi je cherche à voir comment ces grandes Une participante exprimait le souhait « que [sa idées. de l’action culturelle s’est accélérée au cours Ainsi. les partenariats n’est pas une région qui a une appartenance. D’une part.com. les CRIMC justifié dans les médias locaux en soulignant que représentent un espace de dialogue qui peut leur « l’identité que plusieurs cherchent pour la région permettre de faire entendre plus largement le pourrait finalement passer par la médiation point de vue des acteurs de leur communauté. de montrer en quoi le partenariat et principes généraux – et parfois même étrangers.-P. 20 juin). il s’agit. une des travailleuses des retombées locales. la pertinence est Comme l’exprimait une travailleuse. celui-ci était d’ailleurs quelques personnes rencontrées. nos attentes ». à « notre identité. J. La mobilisation de partenaires passe travailleuse rencontrée. mais une échelle plus large est un argument de taille. ça peut s’adapter à ma réalité. comme l’exprime une régionale ». pour plusieurs travailleuses rencontrées. pour l’annonce du partenariat. concept général. la médiation culturelle dont il fait l’objet peuvent permettre. Ainsi.

Comment est-on de jumeler une artiste à chacun des nouveaux spécifique et comment on contribue en tant élus de la MRC afin d’amorcer la sensibilisation que région au développement national ? Qu’est. Comme le proposait l’une des artistiques à propos de la médiation culturelle. c’est-à-dire une au-delà du territoire ? stratégie permettant d’inscrire le partenariat prévu ou son objet à une échelle précise. l’appropriation de la culture à l’aide d’une expérience de médiation culturelle par et pour • Mettre à l’échelle peut également passer par la les décideurs de la région. au-delà des municipales ayant mené à un renouvellement frontières strictes de son territoire.son identité. mais également médiation culturelle en créant des duos formés par la participation à un discours plus large qui d’un artiste et d’un maire pour la réalisation d’une se déploie dans les milieux institutionnels et œuvre collective. à l’échelle • Faire du partenariat l’équivalent d’un projet Les projets « S’unir pour bâtir » et « Terre-Maires ». [alors] je de mobiliser leur ai fait carrément vivre l’expérience. Exemple d’action entreprise à • Une des façons de mettre à l’échelle est l’ancrage l’aide d’une stratégie de mise des projets généraux dans les besoins et les caractéristiques propres de la communauté locale. 17 . « personnel » et favoriser une interprétation de La MRC de Vaudreuil-Soulanges. qui avait pour objectif de sensibiliser est non seulement une façon de mobiliser par les élus locaux au processus créatif et à la la valorisation de la localité. Je devais sensibiliser les élus sur l’importance de la culture. Ce projet a été ce qu’on peut apporter aux autres ? » Le récit suivi l’année suivante d’un deuxième. » Cette stratégie a • Quelle échelle est pertinente pour chaque permis de montrer comment le partenariat offrait acteur intéressé ? la possibilité de valoriser la localité. il s’agissait de faire de la médiation culturelle une pratique locale : « ça Quelques questions à se poser a commencé à sensibiliser […] évidemment. À la suite d’élections valorisation de la localité et de sa vision. à une échelle plus large. aux initiatives culturelles locales. il s’agissait alors émergent partout au Québec. […] Les • Qui sont les acteurs à mobiliser et à quelle administrateurs sont alors déjà sensibilisés à la échelle se situent-ils ? médiation et à ses bienfaits. alors que l’expérience même des décideurs était mise à • Comment faire en sorte que le partenariat ait un contribution. « Terre- inscrivant la localité à une échelle plus grande Maires ». pour mettre à l’échelle afin avec « Terre-Maires » […]. dans la région de l’objet du partenariat propre aux parties prenantes la Vallée-du-Haut-Saint-Laurent. effet local ? • Comment valoriser le rôle de la localité à une autre échelle ? Mettre à l’échelle pour mobiliser • Comment présenter le partenariat afin de • La mobilisation des partenaires est parfois le montrer sa capacité à porter la voix de la localité résultat d’une mise à l’échelle. responsables du projet. Il y a beaucoup de cellules qui important des décideurs locaux. a lancé en 2013 potentielles incite au changement d’échelle et à le projet « S’unir pour bâtir » visant à favoriser la mobilisation.

» par une opération quotidienne des actrices et acteurs territoriaux qui implique d’établir la cohérence entre la mission ou le champ d’action des organismes et leur participation au partenariat régional. ou encore d’un organisme communautaire dont le mandat est de travailler auprès de certains publics. La mission des partenaires au cœur du mandat du partenariat Dans plusieurs cas. Plusieurs personnes rencontrées ont souligné soit la médiation culturelle. les rendre plus participatifs […]. c’est ça une participation des uns et des autres qui « va qu’on souhaite. Le rapprochement l’importance de respecter la mission des qu’elle perçoit entre celui-ci et l’objet habituel organismes visés comme partenaires dans d’intervention de son organisme justifie alors sa l’élaboration des partenariats en culture. c’est par les modes d’intervention et les publics auxquels ils s’adressent que les partenaires sont bien souvent mobilisés. Une des personnes rencontrées souligne ainsi que l’intérêt 18 . Ainsi. du sens commun. Par exemple. En effet. la mobilisation d’une institution culturelle régionale. Celle-ci peut également exprimer une forme de reconnaissances de compétences administratives. La participation : « ce qui nous intéresse vraiment création du partenariat et la mise en valeur de la c’est : est-ce qu’on répond aux besoins du contribution que chacun peut y apporter sont milieu ? Est-ce que ça apporte quelque chose à massivement présentées comme des évidences : nos citoyens ? […] C’est ça qu’on veut. qui en devient le point de passage obligé. des raisons de s’engager qui relèvent nos citoyens. pourrait ainsi être présentée comme une évidence.Valoriser la mission et le champ de son organisation à participer au partenariat ayant mené à la cellule est tributaire de son d’action pour mobiliser appropriation du thème qui y est développé. Améliorer la qualité de vie de de soi ». les personnes rencontrées ont souligné l’importance d’établir une équivalence entre la mission ou le champ habituel d’action de l’organisme et celui du partenariat proposé. la mobilisation passe développer le sentiment d’appartenance. Mobiliser relève alors de l’affirmation que la réalisation du mandat ou du projet de l’organisme est tributaire du partenariat lui-même.

dans sa forme partenariat ont été traduites dans les termes des organisationnelle. ils considèrent Exemple de mobilisation en qu’ils n’ont pas toutes les compétences ou que les limites territoriales de leur champ d’action valorisant la mission et le champ imposent d’autres partenaires. les limites des champs d’action des acteurs Alors que les discussions en amont de l’entente en présence et l’apport de chacun à la forme de partenariat vont bon train. relève actions habituelles menées par les partenaires du mandat de l’organisme mobilisé ou de sa potentiels. de nombreux acteurs • Quelles sont les missions des différents régionaux ont pour mandat la concertation ou organismes ou instances présents sur le territoire ? l’établissement de liens entre partenaires. ce qui peut en faire des alliés naturels. dans sa structure. en important de solliciter notre conseil [régional] particulier la Ville de Saguenay. La deuxième forme d’équivalence mentionnée par les personnes rencontrées suggère Questions à se poser pour l’établissement d’une cohérence entre le champ mobiliser en valorisant la mission d’action de l’organisme partenaire et la forme ou le champ d’action même du partenariat pour l’engagement dans celui-ci. les visées du que le partenariat proposé. rend nécessaire de la culture parce qu’on a tous [les autres l’identification d’un partenaire additionnel dont partenaires] des mandats municipaux. Il s’agit alors d’action d’en montrer la complémentarité en soulignant Rôles et mandats au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Ainsi. la nécessité partenariale proposée. » projetés et comment le partenariat peut-il Pour certains. cette stratégie revient à affirmer Conseil régional de la culture (CRC . une • Qui a la compétence administrative pour se intervenante culturelle souligne l’évidence de la joindre à un tel partenariat ? participation du Conseil régional de la culture de • Comment les acteurs peuvent-ils participer à sa région à la CRIMC : « Le CRC […] a un mandat l’élaboration du mandat de partenariat à partir de concertation et […] est partie prenante de de leur mission respective ? toutes ces rencontres pour participer à cause • Quels sont les champs d’action des partenaires de leur mandat de développement régional. alors que le prétexte que le partenaire. la mobilisation d’autres partenaires les aider ? est justifiée par les limites imposées par leur propre mandat. aujourd’hui 19 . « évidemment quand on travaille des projets En effet. ainsi que le partenariat mandat d’un organisme peut devenir un levier proposé. pour justifier sa mobilisation. En effet. Par exemple. Par exemple. a des orientations d’action analogues. une travailleuse au d’avoir la contribution d’un organisme dont sein d’une administration municipale souligne : la mission a une portée régionale s’impose. Ainsi. incitant ainsi le travail La forme partenariale comme mission en complémentarité des acteurs d’un territoire. la limite territoriale de la mission ou régionaux c’est toujours intéressant et même du champ d’action de certains partenaires. La mobilisation est alors possible sous compétence administrative. » Dans la compétence administrative est régionale : le tous les cas. il sert en revanche à baliser son champ d’action. comme dans d’autres.Dans ce cas.

Comme le acteurs complémentaires et de distribuer les proposait l’une des travailleuses culturelles rôles au sein d’un partenariat devenu un point de de la région : « une évidence est apparue que passage obligé pour la réalisation des objectifs la Ville ne peut pas coordonner un projet de de chacun. est habituellement menée passe en effet par des leurs orientations. d’intervention sont analogues à ceux du théâtre. la mobilisation est tributaire partenariat projeté. » Afin de faire concorder le Valoriser la mission et le champ d’action partenariat aux champs d’action quotidiens du pour mobiliser CRC. son mandat. danse. etc. • Il peut également passer par l’affirmation Comme l’exprime une des personnes rencontrées.). de l’équivalence établie entre la médiation culturelle et les autres disciplines artistiques. développement régional [. c’est proche de ce qu’on fait. Ainsi. ça. • Les limites des champs d’action des partenaires Pour nous. » Cette stratégie a permis de mobiliser des 20 . car. c’est peuvent également justifier la mobilisation d’autres naturel d’avoir à coordonner une table comme interlocuteurs complémentaires. leurs publics ou leurs objets regroupements disciplinaires (arts visuels.Culture Saguenay–Lac-Saint-Jean).] ça s’arrête à la frontière. l’organisme considère la CRIMC comme un • L’appel au mandat permet de mobiliser les groupe de compétence : la concertation qui y partenaires en montrant que leurs missions. que la forme partenariale proposée relève du le CRC intègre alors le partenariat dans sa routine mandat ou de la compétence administrative de de concertation régionale : « [la cellule] est une l’organisme mobilisé. table régionale comme toutes les autres tables.

tels qu’un ministère ou légitimité des fonctions au sein des appareils une municipalité.Affirmer la légitimité pour mobiliser L’une des stratégies de mobilisation les plus régulièrement mises de l’avant dans les témoignages des travailleuses culturelles rencontrées est l’affirmation de la légitimité du partenariat. un rôle dans la mobilisation des participants aux bien qu’aucun lien hiérarchique formel n’existe CRIMC. entre autres au partenariat a contribué à la mobilisation par l’appel à l’expertise ou à l’autorité. lorsque vient le temps de convoquer des malgré l’absence de relations hiérarchiques partenaires potentiels : « quand la ville s’adresse formelles due à la diversité des organismes de à ses partenaires. une travailleuse souligne la d’autorité n’occupent pas une place aussi nécessité de tenir compte des niveaux d’autorité importante et demeurent à construire. Autorité C’est dur de refuser ! » La simple présence de Les logiques hiérarchiques sont centrales à la certains organismes. la des rapports organisés en partie de manière présence de ces organismes amène d’autres hiérarchique. n’en est pas moins une opération discrète. 21 . les rapports s’engager. a quelquefois été mentionnée gouvernementaux : les liens entre les parties comme une bonne raison pour les partenaires constituantes de toute bureaucratie sont potentiels de s’engager. S’il s’agit d’une forme rhétorique bien connue permettant d’assurer le consentement d’autrui. Ainsi. notamment par un appel à l’autorité. d’habitude. l’autorité reconnue de entre les acteurs à mobiliser. même à différents paliers de pouvoir les propos de plusieurs personnes rencontrées ou de territoire… c’est mieux. alors que. Ceux-ci de certains acteurs : « c’est le ministère qui permettent notamment d’avoir l’attention de nous a approchés pour signer une entente partenaires potentiels et de justifier en partie le [de partenariat]. Or avec la décentralisation et acteurs d’un niveau équivalent d’autorité à l’émergence des partenariats. Il est cependant intéressant de s’attarder à l’ensemble des affirmations. nous qui allons cogner aux portes. décisionnel. qui sont au même niveau rattachement et des mandats des partenaires. pour convaincre ou favoriser la participation. souvent involontaire. des gestes et des pratiques qui constituent cette légitimité. Dans quelques cas. C’était le contraire : c’est le ministère qui nous a approchés. Par exemple. C’est quelqu’un suggèrent tout de même que celles-ci ont joué de la Ville qui t’invite… » Le recours à l’autorité. demeure un outil l’organisme initiant l’invitation à participer rhétorique puissant. le recours à une forme ou une autre de légitimité. Ainsi. c’est bien-fondé de la collaboration.

le sérieux ou la 22 . l’enjeu est alors : validation de la légitimité du partenariat. esthétiquement.Expertise légitimité de la démarche par sa mise en Une des figures d’autorité les plus souvent scène ou sa mise en valeur esthétique. et Culture pour tous. Comme le proposait sein du partenariat. l’expertise n’est pas mise à contribution avait un pouvoir d’attraction. Par exemple. parmi lesquels l’organisme l’une des personnes rencontrées. de beaux outils de diffusion légitime – pour les futurs partenaires. si les signatures Mise en valeur graphiques sont généralement conçues comme les témoins des partenariats. Dans tous et de mobilisation alors. ces considérations esthétiques se reflètent d’experts est ainsi un outil de mobilisation également dans la volonté de reconnaître efficace : « avec deux structures comme la Ville la participation des parties prenantes. Par exemple. garante en quelque sorte d’une mobilisation des partenaires convoqués. non pas pour des outils de communication. dans certains cas culturelles ont mentionné à quelques reprises l’ambiguïté de la médiation culturelle apparaît l’importance d’outils de communication au comme un frein à la mobilisation pouvant être design attrayant ou encore d’événements au surmonté grâce à la présence d’experts au déroulement bien planifié. la présence cas. ça les avait mobilisés assez ». de mobiliser non seulement des partenaires en Dans d’autres cas. ceci permet Culture pour tous a un rôle important à jouer. on les cas. Pour mobilisation réussie. elles sont également La dernière façon d’utiliser l’autorité pour de bons outils de mobilisation en amont mobiliser des partenaires et favoriser de ceux‑ci. « comment va-t-on assurer la reconnaissance pour le travail qu’ils font ? » Ainsi. mais aussi des participants et chercheurs universitaires permet d’assurer aux concertations proposées dans le cadre le sérieux de la démarche et l’accès à des de celles‑ci : « c’étaient des invitations un peu connaissances scientifiques – et à un savoir fancies. De plus. nous voulons signaler la façon par laquelle médiation culturelle ou dans d’autres domaines. que ce soit en là. Par mentionnées est celle de l’expert. mais bien pour justifier la professionnelle. la présence « d’experts » participe à la permettant de reconnaître les partenaires au sein mobilisation des partenaires. Il s’agit alors d’utiliser avec la Ville […]. » La légitimité du afin d’imposer une vision du partenariat ou partenariat se construit alors sur une esthétique de ses orientations. mais pour la une travailleuse culturelle. qui met en contexte cette Par exemple. officielles […]. des travailleuses culturelles. l’importance des signatures idée-là de la médiation […] [et] une délégation graphiques et des logotypes des partenaires a [universitaire] qui débarque en partenariat été mentionnée en ce sens. notamment pour attirer tels que la recherche scientifique ou les politiques des partenaires. Comme l’exprime les connaissances qu’ils apportent. la concertation est en confirmant le professionnalisme. la présence de chercheures amont des ententes. dans plusieurs l’une des personnes rencontrées. l’esthétique comme outil de mobilisation Ainsi. « l’apparence » compte.

on se l’esthétique est non seulement un témoin des fait accompagner par des consultants. quelle forme d’expertise peut contribuer à les diminuer ? • Quelle forme esthétique permet le mieux Affirmer la légitimité pour mobiliser de valoriser à la fois le partenariat et les partenaires projetés ? • L’affirmation de la légitimité du partenariat est l’une des stratégies de mobilisation les plus usuelles. [créer] dépendance entre eux ? Quels sont les le plan d’action et arriver à un tronc commun. elle est également un bon outil de amènent vraiment ce qu’on avait de besoin : une mobilisation en amont de ceux-ci. » • Quel acteur est le mieux placé pour en inviter Cette stratégie a permis de mobiliser les trois un autre à participer au partenariat ? partenaires ainsi que les autres acteurs de la région autour du projet de plan d’action commun • Quelles sont les hésitations potentielles et à la CRIMC. il permet trois municipalités de la région de la Mauricie d’avoir l’attention de partenaires potentiels et s’associent dans un partenariat menant à la donne une légitimité institutionnelle au partenariat. Cet apport d’experts est central dans les premiers temps du partenariat. objectivité. niveaux d’autorité ? c’est tout un travail qui est fait et on trouvait que ça en valait largement l’investissement. qui bonifient nos sources 23 . « On a besoin d’un temps d’arrêt et. Alors que mobiliser les partenaires. Ainsi. Notamment. Ceux-ci sont mis à profit pour • La mise en valeur et la signature graphique leur expertise des politiques culturelles et des permettent de montrer le professionnalisme ou initiatives gouvernementales. ceux-ci sont instrumentaux dans la • Quels sont les rapports entre les différents mobilisation des trois partenaires de l’entente : organismes ? Y a-t-il des relations de « parce que travailler avec des consultants. mise en place d’une CRIMC. Comme mobiliser en affirmant la l’exprime une autre travailleuse culturelle de légitimité la région. plan d’action. là. elles décident • La présence d’experts au sein d’un partenariat de se tourner vers des consultants afin de permet de légitimer celui-ci et est souvent utilisée les accompagner dans la mise en place d’un comme outil de mobilisation. qui nous partenariats. bien Exemple de mobilisation par que souvent discrète et involontaire. un recul. Comme l’exprime le sérieux de la démarche partenariale et offrent l’une des travailleuses culturelles rencontrées : la possibilité d’attirer des partenaires. l’affirmation de la légitimité • Le recours à l’autorité joue un rôle important pour Un partenariat légitime en Mauricie.Questions à se poser pour d’informations ».

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