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rt,
i»n»i.r 1894 1 ?

hauts grades de ce rite, qu'il possédé lé "33r


REMERCIEMENTS .1degré, qu'il a donc, en maçonnerie, le titre de
Souverain Grand Inspecteur Général. Gela ne
Nous devons, avant tout% des remerciements veut pas dire qu'il inspecte ce qui se passe dans
aux nombreux abonnés du 'jÈ(ÊÈpfiu XIXe Siècle, les ateliers du rite ; il n'inspecte rien du tout ;
c'est lui, au contraire, qui est inspecté, et qui a
qui, avec une presque u-n-sSïjJIppJi; significative,,
nous aident à fonder cetik^JiÈ'vue Mensuelle. pour chef hiérarchique Adriano Lemmi. Ce roi
est le subalterne d'un président de Suprême
Cette manifestation nous est un précieux en- Conseil sectaire; comme maçon, il lui doit obéis-
couragement", elle nous dicte notre devoir, sance.
nous n'y faillirons pas. Voilà ce que j'ai affirmé, ce que ï'ai déclaré à
Dans la presse catholique, nous le consta- diverses personnes dès le début de ma publi-
tons aussi avec grand plaisir, M. le docteur cation, ce que j'ai imprimé il y a quelques mois.
Bataille trouve chaque jour de nouveaux J'ai dit cela, parce que je lo savais.
appuis ; on comprend de plus en plus com- Notez bien que je n/ai pas la prétention d'être
bien sa courageuse campagne' est utile à la seul en possession de.ee secret. Les agents
cause de l'Eglise. Donc, puisque notre ami a si de Lemmi connaissent depuis longtemps, aussi
bien réussi à créer « la question du diable », bien que moi, la qualité et les titres maçonniques .
du roi Humbert; ils savent, comme moi, que le
nous sommes fiers de marcher à sa suite, et
nous assurons; de nouveau que bon accueil geôlier du Pape appartient de cceur et de fait a
la secte* excommuniée.; ils n'ignorent nullement
sera fait lUtn- ces colonnes à toutes les commu- que son serment maçonnique l'oblige à obéir~
nications lie cas authentiques et intéressants. aux ordres du grand chef lueiférién.
En pa) Lic-vilier,nous avons à remercier M. le Mais cela,, ils ne l'ont jamais dit, ils ne le
chanoine Mus tel, qui, parmi nos : confrères, disent pas, ils se gardent bien de le dire; car
s'est signalé par son zèle à se renseigner de c'est là un des faits dont la connaissance doit
toutes parts, et qui,^recueillant être tenue cachée aux pro-
partout des fanes. rigoureusement
Lemmi leur a imposé l'obligation d'avoir
témoignages probants en faveur de la véracité
de M. le docteur Bataille, a résolument entre- là-dessus bouche close, et ils se taisent, esclaves
delà consigne.
pris la réfutation des diverses critiques mal
fondée", soit par erreur, soit par malveillance. Or, après les attaques auxquelles jfai été en
butte, comme tout homme quivient apporter au
LA RÉDACTION. public la connaissance dé choses se passant dans
l'ombre, il est des catholiques, de bonne foi,
i mais.trompés: par dès dénigrements systémar
tiques, qui peuvent se poser cette question : « En
IE 3rHÉBERT 1* qualifiant le roi Humbert de frànc-maçon, en le
donnant même pour un trente-troisième; le doc-
o Le descendant direct de l'antipape Amédée de teur Bataille ne s'est-il pas trompé ?jûi'a-t-ill pas
Savoie, le roi de Piémont qui s'intitule roi d'Italie, exagéré? sur ce point particulièremeht gravè^
le moustachu Humbert est-il vraiment franc- sa sincérité n'est-elle pas en défaut? » ;
inaeqn, comme j'ai été le premier à le dire ? C'est là, en effet, une situation d'une gravité
même affirmé qu'il appartient au Rite s extrême. Si Humbert n'est au fond
'ijJ'ai que le ser-
écossais, qu'il a reçu l'initiation jusqu'aux plusi viteur conscient d'une secte (puisqu'un trente-
. ;L3Wwx'' Supplément au 14efascicule du Diable au: XIXe Siècle (h° de janvier 1894).
2 REVUEMENSUELLE,
RELIGIEUSE, SCLT.NTIFIQUE
POLITIQUE,

troisième-ne saurait plaider l'ignorance des des- neW amie decorso:e ora liannoinviatoa queslo.Sup.:
seins poursufvis par la franc-maçonnerie), si Cons.: d'Italia due diplomidestinalia Sua MaestàU Re
ce roi est en réalité le sujet d'un,poûvoir occulte, d'Italia e a S.A. R. il Ducad'Aosia,coi quali la Mass.-.
quelle garantie olfre-t-il aux États européens, Spagmwla esterna la sua ammirazioncper Palto di
aux nations catholiques du monde entier, lors- pubblicacarità compiutodal nostro Sovranoe dàl suo
qu'il se donne publiquement comme protégeant Augusto/ralello quandosi recaronoa conforlarei col-
la Papauté contre les menacés toujours crois- piti dal colerain Napoliein altre localilàinfetled'Italia.
Tantosua Maestàil lie Umbertoquanto Sua Altezsa
santes de la Révolution italienne? N'est-il"point Reale il Duca di Aosta,chegià era inveslitodel Gr.:
là, au contraire, pour tromperies puissances, 33.\ fino da quando sali al trono di Spagna, per una-
lesinations? Et, le jour où le chef suprême de la nime deliberazionepfesa dal detto Sup.: Cous.-.,il
secte dira : « Le moment est venu de déchaîner )8 Marzo 1885,E/. V."., sono ascritti corneMembridel
contre le Vatican la lie de la populace que nous medesimoSupr.-. Cons.".Spagimolo.
entretenons dans la haine de l'Eglise », le roi- I diplomisuddettirecano le firme seguenti : Sovr.'.
Grr. Comm.:Gr.: MastroManuelBecerra. ecc-Ministro
maçon ne s'inclinera-t-il pas devant son grand- d'Ottre-Mare,ex-Senatore,Deputato aile Cartes,33.-. —
maître, et, par une hypocrite abstention gouver- Isldoro Yillarinodel Yillar,33.'. — Don Juan Brovo,
nementale, par un ordre de « laisser-faire » 33.'. Gr.-. Cancel.-.— Juan VtorFernandez, 33.'.
donné aux agents de la force publique* ne favo- Tutlo queslo crediamoopporiunoche sia fatto conos-
risera-t-il pas le dernier attentat rêvé par Satan? cere ai nostri Fr.-., colla spécialeraccomandazioneelle
Oui, si j'ai dit vrai, si Humbert Ier est bien la notizià nonescai'uori délienostre officine,cisénon si
franc-maçon de coeur et trente-troisième défait, diffonda nel mondoprofano, e_n.utri.amofiducia.che
la Loi des Garanties n'est qu'une odieuse mysti- riesca loro di gradimento il vedere corne la Mass.'.
fication imaginée pour endormir les inquiétudes S2)agnuolasentefortemenlei vincolidi fratellanza verso
i Mass.: italiani, e inollre si notera cornenon soltanio
des puissances catholiques, et la vie même du la Massoneriadi Rito Scozzese, ma anche guetta di
Souverain Pontife, se trouvant à la discrétion du Rito Simbolicoha preferito il tramite di guesto Sup.-.
vicaire du diable, renégat enjùivé et cabaliste: à Cons.: per far.ii interprète de i suoi sentimenti verso
outrance, court incessamment les plus grands Vlialiae il suoRe.
dangers. Gradile, IL: Carissimi,Vanvplesso fraterno, e siate
Eh bien, j'ai dit vrai, comme dans tout ce que perseveranti nel mantenervioperosisostegnidélia gius-
j'ai'écrit. Et, à l'appui de mes affirmations con- tizia, délia retliiudinee délia carità in pro deWumanità
cernant l'initiation du roi Humbert, non pas au sofferente.
Il Sovr.: Gr.-. Comm.:
grade d'Apprenti, mais jusqu'au trente-troisième Signé : Dott. TIMOTEO RIBOLI,33.:
degré, voici un document officiel, authentique, Il Seg.: Gen.-.Gr.: Cane:
qui vient de m'être envoyé par un membre actif Signé : GIOVANNI GECCONI,33.:
d'un des Suprêmes Conseils d'Europe, avec qui Ce qui précède est la fidèle copie de la noti-
je suis en correspondance secrète régulière, fication secrète aux Loges d'Italie, faite en 1885
dans l'intérêt même de ma cause. Le principal
signataire de ce document est un homme connu; par le grand-maître Riboli (aujourd'hui à la
il vit encore: le docteur Timoteo Riboli habite retraite, avec le titre honorifique de Souverain
Turin. Certes, il sera bien étonné d'apprendre Grand-Commandeur ad Vitam), pour leur
annoncer que, le 1Smars 1S85, le Suprême Con-
que j'ai réussi à me procurer cette pièce; il en seil d'Espagne du Rite Ecossais avait inscrit
sera furieux sans doute (ce qui me vaudra pro- comme membres de ce Suprême Conseil tant le
bablement quelques nouvelles attaques du Monde roi Humbert que son frère le duc d'Aoste (au-
et de la Vérité); mais il sera bien forcé de recon-
naître la parfaite authenticité du document ci- jourd'hui décédé).
Ainsi qu'on va le voir par la traduction, Riboli
dessous, qu'il a signé : avait ordonné que la nouvelle ne se répandît
A.". G.-.D.-. G.-. A.". D.-. U.-. jamais dans le monde profane.
A LA GLOIRE DU GRAND ARCHITECTE DEL'UNIVERS
GRANDE ORIENTE DITORINO
GRAND ORIENT DE TURIN
SBPJ".CONS.".DI RIT.".*SCOZZ.".ANT.".El)ACC.".
solo ed unico riconosciutelégale SUPRÊME CONSEIL DURITEÉCOSSAIS ANCIEN
ETACCEPTÉ
per la giurisdizione mass.". del Regno Seulet unique reconnu légal
d'Italia e sue colonie
pour la juridiction, maçonnique du Royaume
Ai ïcn.'. délie Logp clicsonosotto la sua ohlicdienza d'Italie et de ses colonies

NOTIFICAZIONE AnxvéneraMcsîles Louesp sont sons son obédience


NOTIFICATION
IV'-Sup.-. Cons.: dei33.: unitamenié al Gr.: Or.''
Simbolicodi Spagna coi quali siamo uniti coi vincol Le Suprême Conseil des 33os, et conjointe-
d'àmiciziàfraterna ci-liannodatarecentementeuna prova ment le Grand Orient Symbolique d'Espagne,
del copte la Massoneriadi quelVillustre paese prenda avec qui nous sommes unis par les liens d'une
parie tanto cille,sofferenzeche ci aflfliggo.no
quanto aile amitié fraternelle, nous ont donné récemment
elle
soddisfazioni, lusinganoil noslroqmorproprio Nazio-
nale. Fssiinfatti cbn offertein danaro concorseroa mi- une preuve de. la façon dont la Maçonnerie de
glioràr'eil disaslrodi Casamicciola e il colera di Napoli cet illustre pays prend part tant aux souf-
« LE DIABLE
DE LA PUBLICATION
COMPLÉMENT »
AU XIX0|SIÈCLE 3

frances qui nous affligent qu'aux satisfactions Suprême Conseil d'Espagne, ayant à. décerner
S
flatter notre amour - propre un u titre maçonnique au roi Humbert, se servait
qui viennent de l'intermédiaire du Suprême Conseil d'Italie
national. De fait, ils ont concouru par des
à le désastre de £
c'était parce que le titulaire appartenait au rite
offrandes en argent réparer ^régi par cette dernière puissance, et que l'on ne
Casamicciola et le choléra de Napl.es dans le nommer membre d'un Suprême Conseil
peut pas
cours de l'année dernière ; et voilà que main- „quelconque une personne qui n'a pas déjà le 33?
tenant ils viennent d'envoyer au Suprême ddegré. Ainsi, un Maître (3e degré) ne pourrait
Conseil d'Italie deux diplômes, destinés à Sa p
pas, q uels que soient les services qu'il ait pu
le rendrer à la maçonnerie, être nommé, fût-ce à
Majesté le roi d'Italie et à S. A. R. ssimple titre honorifique, membre d'un Chapitre,
duc d'Aoste, par lesquels la Maçonnerie est l'atelier des Rose-Croix (18e degré), ni un
son admiration pour l'acte 9
qui
espagnole exprime *
Rose-Croix être nommé membre d'un Aréopage,
de charité publique accompli par notre Sou-
et son Frère, allé- qui est l'atelier des Chevaliers Kadosch (30°
verain auguste lorsqu'ils *j
degré). Eu toutes circonstances, en maçonnerie,
rent réconforter les malheureux frappés du c suit l'ordre des degrés d'initiation ; "c'est une
on
choléra à Naples et dans les autres localités de rrègle inviolable : il y a là une gradation formel-
l'Italie infectées du fléau. 1
lement réglementée.
Sa Majesté le Roi Humbert et Son Le document que je viens de citer n'apprend
Altesse Royale le duc d'Aoste (déjà rien i au public en ce qui concerne feu le duc
investi du grade de 33° depuis qu'il monta sur d'Aoste. < On sait depuis longtemps qu'il apparte-
nait à la secte ; personne n'ignore que c'est Ruiz
le trône d'Espagne), sont donc inscrits, par ]
suite d'une délibération unanime dudit Zorilla,
;à' Amédée grand-maître d'Espagne, qui vint offrir
là couronne au nom de la franc-
Suprême Conseil, en date du 18 mars le duc d'Aoste était un frère.-.;
comme Membres du maçounerie;
1885 (ère vulgaire) ,en même temps qu'on le plaça sur le trône, on le
même Suprême Conseil Espagnol. lit monter en grade maçonnique, et son règne
Les diplômes susdits portent les signatures fut des plus favorables aux Enfants de la Veuve.
suivantes Mais l'afflliatiou d'Humbert avait toujours été
.Souverain Grand - Commandeur Grand- tenue secrète, précisément à cause de la gravité
Maître, Manuel BECERHA,ex-ministre des qu'elle avait, au regard des puissances catho-
Colonies, ex-sénateur, député aux Cortôs, 33° ; liquesconnue d'Europe; la maçonnerie est aujourd'hui
—• Isidore VILLARINO DEL VILLAR,33"; — Don trop comme étant l'ennemie directe et
acharnée de la Papauté, pour que ses chefs
Juan BROVO,33°, Grand-Chancelier ; — Juan laissent savoir au monde que le soi-disant garant
UTORFERNANDEZ, 33e. de la sécurité du Pape est précisément un des
Nous avons cru opportun de porter ce fait à leurs, c'est-à-dire un de leurs compères.
la connaissance de nos Frères, avec la re- On voit par là l'importance du document que
commandation spéciale de ne pas en je publie aujourd'hui.
laisser transpirer la nouvelle hors de comprend pourquoi un établissement pu-
nos ateliers, afin qu'elle ne se répande blic, dont les directeurs sont des fonctionnaires
dans le monde et nous nour- de l'Etat italien (la Caisse d'Epargne do Milan),
| pas profane, et qui avait été nommé séquestre des propriétés
rissons la confiance qu'il leur sera parliculiè-
IOn du prince Borghèse, a livré le palais Borghèse -
l rement agréable de voir comment la Maçon- au Grand-Orient d'Italie.
I nerie espagnole ressent fortement les liens de On ne s'étonne plus que le ministre des finances
fraternité qui l'attachent aux Maçons italiens ; Bernardino Grimaldi ait fait à Lemmi, avec l'au-..
. an outre, on remarquera comment non seu- torisation du roi, un cadeau de six cent mille
' lement la
Maçonnerie du Rite Ecossais, mais francs, pris sur le Trésor Public, pour aider la
encore celle du Rite Symbolique, ont préféré secte à s'installer au palais Borghèse, et pour
la voie de ce Suprême Conseil pour en faire participer aux frais de voyage des 77 délégués
des directeurs qui se sont rendus, le
l'interprète de leurs sentiments à l'égard de 20 triangles
l'Italie et de son roi. septembre dernier, en Italie, dans le but de
Veuillez agréer, Très Chers Frères, l'em- voter le transfertàRomede la direction suprême
de la Maçonnerie universelle.
( hrassement fraternel, et persévérez à vous' On s'explique pourquoi l'affaire de la Banque
montrer Tes actifs soutiens de la justice, de laL Romaine s'est terminée en queue de
- poisson.
I droiture et de la charité au profit de l'huma- Les quelques délégués américains qui se rebif-
I nifé souffrante. contre le vote du 20 septembre, déclarent,
Le SouverainGrand-Commandeur: dans leur « voûte de protestation », que Lemmi,
pour enlever son élection, avait écarté tous les.
! Signé: Docteur TIMOTEO RIBOLI, 33e. concurrents à prix d'or, avec les fonds de la
LeSecrétaire Général, Grand-Chancelier: Ifrnt
Banque Romaine, et ils affirment que Carducci,
î Signé : JEANCECCONI, 33e. notamment, a reçu plusieurs millions. Des ren-
seignements précis qui m'ont été communiqués,;,
U Pour ceux de mes lecteurs qui ne sont pats .b il résulte que le total du crédit qui, sans aucun
h au courant des usages et règlements de la franc-> motif valable, a été ouvert par cette Banque à
fg maçonnerie, il est bon d'expliquer que, si lee 1 l'auteur de l'Hymne a Satan et dont il a usé,
4 REVUEMENSUELLE,
RELIGIEUSE, SCIENTIFIQUE
POMTIQUE, i
_
dépasse « quatre millions»; c'est un joli deDier 1 tenu à Rome le 20 septembre, nous avons insisté, i
pour un monsieur qui n'est pas dans lès affaires, i nos lecteurs doivent se le rappeler, sur l'oppo-1
qui n'a aucune fortune personnelle, qui est simple- sillon faite par plusieurs délégués des triangles $
sénateur, sans autres appointements que ceux à l'élection du renégat en juive Adriano Lemmi, I
qu'il touche à raison de sa chaire de littérature à. comme chef suprême de là secte. Nous avons, en
1Université de Bologne. Veut-on le chiffre passant, fait allusion à un incident très vif qui
exact? Eh bien, Giosué Carducci, sans donner à avait marqué la fin de.la séance et qui avait pro-
la Banque Romaine aucune garantie, a touché, voqué une démission dans la délégation d'Ame-1
en excédant de son compte, la somme énorme rique: « Il s'agirait même, disions-nous, d'une!
de 4 millions 549 mille 450 francs. Un aussi démission complète de la maçonnerie. » |
monstrueux abus a été commis par l'influence Comme toujours, nos renseignements étaient |-
de Lemmi, et le roi, le 33° Humbert, n'a eu qu'à d'uue exactitude parfaite, et nous aurions pu I
s'incliner. Lemmi trône au palais Borghèse et même en dire davantage, si nous n'avions été \j
ne sera pas poursuivi, et Carducci n'aura pas à tenu, sur quelques points, par une promesse de ['.
rendre gorge. discrétion vis-à-vis du public. Aujourd'hui, nous,;..
Tout ceci encore n'est rien, auprès de la ne sommes plus obligé de garder une aussi corn- *fv
situation extrêmement périlleuse dans laquelle plète réserve ; les inconvénients qu'il y avait #
se trouve le chef de la catholicité, par suite de alors à nommer la personne démissionnaire dont r:i
la connivence du roi Humbert avec le grand- il s'agit, n'existent plus. ,•
maîtie suprême de la franc-maçonnerie. Les délégués des triangles directeurs au con-H
Cette connivence devait être"démasquée. vent secret du palais Borghèse étaient au nom- j
J'ai donc accompli mon devoir en fournissant bre de soixanle-dix-sept, avons-nous dit ; ce' 1
les.preuves qu'on vient de lire. nombre comprenait soixante-huit frères des(;
Dr Bataille. hauts grades et neuf soeurs, Maîtresses Teni-ft*
plières. La personne démissionnaire est une de J
ces dernières et n'est autre que miss Diana Vau- J.'
ghan, la grande-maîtresse de New-York, prési-ijj
LlMlTSÏÏÏÎiHAflllII dente duParf.-. Tiv. PJiébé-la-Rose, et l'une des|:
dans le courant de l'Année 1893 ' plus actives propagandistes du palladisme aux 'î
Etats-Unis. p
La haute-maçonnerie a perdu, dans l'année Miss Vaughan est certainement une des per- s
qui vient de se "terminer, trois de ses membres sonnalités les plus originales de la haute-maçon-|;î
les plus importants : nerie; aussi sa démission a-t-elle causé un grand a
1° Bleichroëdér, souverain délégué aux fi- émoi parmi les chefs de la secte infernale, et i
nances, l'un des deux chefs du Souverain Direc- plusieurs s'efforcent de la faire revenir sur sa i
toire Administratif de Berlin. Tout le monde décision. fl
connaît le rôle néfaste joué contre la France par Aussitôt après le couvent du 20 septembre, la A
le banquier juif Bleichroëdér, qui indiqua au F.\ grande-maîtresse de New-York, s'est rendue en t|
Bismarck jusqu'à quelle somme on pouvait taxer Angleterre en compagnie des délégués fidèles au -:-
notre pays après nos défaites de 1870-71. parti de Gharleston,"c'est-à-dire adversaires de ^
2° Ruchonnet, inspecteur général en mission l'élection de Lemmi ; c'est là que les opposants se '.
permanente pour la Suisse où il représentait spé- sont concertés sur les moyens à employer en vue J
cialement le Suprême Directoire Dogmatique de de la résistance, qu'ils basent sur l'indignité no- ]
Gharleston, tout en étaut en même temps grand- toire du nouveau chef suprême et sur la corrup- ,
maître du Suprême Conseil du Rite Ecossais tion mise en .oeuvre par lui pour se faire élire. ;
pour la Suisse. Le F.". Ruchonnet était, d'aut'-e Nous tenons delà bouche de miss Vaughan elle- )
part, vice-président de la confédération de la même que le sénateur italien Carducci, l'auteur )
République Helvétique. tristement fameux de YHymne à Satan, aurait J
3° Philéas Walder, membre du Sérénissime reçu plus de deux millions, à lui versés par la \
Grand Collège des Maçons Emérites, et l'un dos caisse de la Banque Romaine, sur l'ordre :
propagandistes les plus acharnés du Palladisme d'Adriano Lemmi, pour ne pas poser sa candi-'''
dans le monde entier. Sa dernière mauvaise dature palladiste en concurrence à celle de cei
action a été de contribuer, par ses menées sou- dernier; c'est à prix d'or que le renégat dej
terraines, à l'élection d'Adriano Lemmi comme Livourne, passé à la 'juiverie, s'est fait élire sans \
nouveau Chef Suprême de la franc-maçonnerie concurrents. \.
universelle. 11 y a peu de temps, miss Vaughan faisait un
séjour à Paris. L'ayant appris par un de nos in- :
formateurs, nous n'avons pas hésité à demander I
UNE LUCIFÉRIENNE une entrevue à l'ex-grande-maîtresse américaine,
sans lui cacher certes nos titres et qualités et s
Sous ce titre, et dans VEcho de Rome (numéro du en lui faisant bien entendre qu'elle ne devait
1erianvier), M. Pierre Lautier a rendu compte d'une considérer notre démarche que comme celle d'un
11"
entrevue qu'il a eue avec M Diana Vaughan,lorsd'un adversaire loyal et déplorant sincèrement Ter-
récent séjour de celle-cià Paris. reur où elle est restée ; car, quoique démission-1
Voici l'article : naire de la secte, la soeur Vaughan n'en est nul- ]
Il y a trois mois, lorsque nous avons parlé, lement pour cela une convertie, nous l'avons |
non sans de nombreux détails très précis, du bien vite vu, hélas ! Nous avons pensé qu'au
couvent secret de la haute-maçonnerie, qui s'est cours de cette entrevue nous pourrions apprendre
« LE DIABLEAUXIXe SIÈCLE»
DE LA PUBLICATION
COMPLÉMENT

SPÉCIMEN DES GRAVURESSERVANTA ILLUSTRER


le volume de M. A.-O.DE LARIVE
L-A F"EIVIIVIE ET L'ENFANT
DANS LA FRANC-MAÇONNERIE UNIVERSELLE
(ouvrage en ce momentsous presse)

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i bien des choses dont profiterait la cause que nerie, n'avait exigé de nous qu'une promesse :
Ï-nous servons ; c'est, dans cet ordre d'idées que celle de ne pas faire connaître l'endroit où elle
I nous nous sommes imposé le tête-à-tête d'un ca- séjourne désormais, quand elle vient à Paris.
ls tholique avec une luciférienne militante, et nous Nous croyons pouvoir dire toutefois que c'est un
- sommes convaincu que nos lecteurs ne nous en des premiers hôtels de la capitale, l'un de ceux
. blâmeront pas. fréquentés par l'aristocratie princier© d'Europe.
< Notre demande favorablement accueillie, miss Ce détail a son importance ; car il prouve que
AIVaughan nous fixé rendez-vous à son les chefs de la haute-maçonnerie disposent d un
f1 hôtel pour jeudi ayant
le 21 décembre à onze heures budget secret considérable, leur permettant de
? et demie du matin, nous avons été exact, comme voyager avec tout le confort des favorisés de la
bien on pense. Notre adversaire, qui est tenue à fortune, qui n'ont rien à se refuser ; cette ques-
? une certaine prudence à raison de son hostilité tion de ressources pécuniaires formidables n'est
j contre le nouveau chef suprême de la maçon- peut-être pas étrangère à la résolution dés par-
6 REVUEMENSUELLE,
RELIGIEUSE,
POLITIQUE,SCIENTIFIQUE

tisans de Charleston, ne voulant pas laisser bien connue par les cas officiels d'exorcisation ;
Lemmi les déposséder d'un pareil gâteau. Nous ces démoniaques-là, paraît-il, font une simple
donnerons plus loin quelques chiffres. "«vocation à leur « daimon protecteur » (celui dé
A l'hôtel de Miss Vaughan, dans le luxueux la soeur Diana serait Asmodée), et aussitôt elles
salon d'attente, nous avons la bonne fortune de tombent comme mortes ; elles restent dans cet
nous rencontrer avec M. le docteur Bataille, l'au- état jusqu'à quatre heures consécutives, viArant
teur renommé du Diable au XIXe Siècle, qui, d'une autre vie, disent-elles lorsqu'elles se rani-
mieux que nous, connaît l'ex-grande-maîtresse ment : cela est pour elles un jeu, une" volupté,
de New-York, l'ayant vue plusieurs fois dans nous ajouterons, une joie vraiment infernale ; et
ses voyages et l'ayant étudiée d'une façon toute c'est là, nous dit le docteur, une caractéristique,
spéciale, tant comme médecin que comme catho- de la possession dite à l'état latent. Le docteur'
lique ; le' docteur, qui a gardé avec miss des affirme même que ces lucifériennes s'élèvent
relations amicales et qui ne cesse de former des souvent à une certaine distance du sol, durant
voeux pour sa conversiou, nous parle d'elle en l'extase diabolique, et semblent soutenues, ber-
termes émus ; il lui rend visite presque quoti- cées dans l'espace par des esprits invisibles.
diennement, à chacun de ses séjours à-Paris. Mais nous sommes venu, non pour assister à
Nous nous trouvons aussi avec deux autres anti- des expériences de satanisme,
; On le la démissionnaire du 20 qui d'ailleurs
maçons voit, sep- n'ont lieu qu'en présence d'initiés, ma^s pour
tembre entre carrément en lutte contre le sire r«cueillir des informations sur la grande que-
Lemmi. relle entre Adriano Lemmi et les partisans de
Miss ne nous fait point attendre ; à peine lui Charleston.
a-t-on fait passer nos cartes qu'elle sort de son '
Justement, miss Vaughan prie les diverses per-
appartement et vient à nous, les mains tendues
au docteur. Les présentations ont lieu. A un ar- sonnes qui se trouvent dans le salon d'accepter
tiste dessinateur qui est là et qui est venu lui une invitation à déjeuner avec elle. « Ce sera,
nous dit-elle, le meilleur moyen de causer, tous
soumettre un croquis de sujet maçonnique, elle ensemble. » Nous acceptons.
indique rapidement certaines retouches à faire,
des Dans ce déjeuner-interwiew, nous n'avons pas
donne renseignements précis sur quelques
menus détails, fait rectifier, supprimer, ajouter, appris tout ce que nous aurions voulu savoir ;
bref lui fait mettre son dessin au point. mais nous connaissons maintenant, du moins, les
Au docteur Bataille qui Aient de lui glisser bassesses et la complète indignité du pape des
quelques mots en anglais, elle répond : « Mon francs-maçons. Malgré toute son habileté, qui
cher ami, vous oubliez que, lorsque je suis en nous semble hors de pair, miss Vaughan, pressée
de a laissé échapper devant nous bien
France, j'aime à ne converser qu'en français. > desquestions, mots qui nous ont donné la clef de plusieurs
Et, en effet, elle parle très correctement* mais
sans aucun accent, notre langue, que lui a mystères.
apprise sa mère, qui était française. Nous savons ainsi que, d'après la statistique la
C'est Une jeune femme de vingt-neuf ans, plus récente dressée par le Directoire Adminis-
jolie, très distinguée, d'une stature au-dessus de tratif de Berlin, l'effectif général de la maçon-
la moyenne, la physionomie ouverte, l'air franc nerie universelle a augmenté de plus d'un demi-
et honnête, le regard pétillant d'intelligence et million d'adeptes en douze ans (de 18S0 à 1892),
témoignant la résolution et l'habitude du com- et que, là-dessus, l'augmentation . des frères
mandement ; la mise est fort élégante, mais du maçons est de 404.044 individus, et celle des*
meilleur goût, sans affectation, ni cette abon- soeurs maçonnes, de 149.096 individus ; ce qui
dance de bijoux qui caractérise si ridiculement ; témoigne une recrudescence énorme dans les
la majorité des riches étrangères. En voyant ateliers androgynes. Nous en concluons donc
cette personne, si bien douée sous tous les rap- ! qu'il y a là un très grand danger.
ports, nous nous sentons envahi par un senti- En 1880, le nombre total des loges existant sur
ment de pitié profonde ; car nous nous disons eni la surface du globe, s'élevait à 137.065 ; pour
nous-même combien il est déplorable qu'une i 1892, le Directoire Administratif de Berlin a
telle créature soit en proie à une aussi funeste ) constaté, cette année-ci, d'après les rapports des
erreur. Suprêmes Conseils et Grands Orients, que ee
Nous sommes en présence de la luciférienne > nombre total des loges s'est élevé à 141.425.11
convaincue, de la soeur maçonne de haute mar- - n'y a donc eu, en douze ans, qu'une augmenta-
que, de l'initiée aux derniers secrets du sata-- tion de 4.320 ateliers-souches, et, comme
nisme sectaire. l'augmentation par adeptes (chiffres exacts) est
M. le docteur Bataille, dont nous avons eui de 553.140 individus, il s'ensuit qu'en moyenne
grand plaisir à f?ire la connaissance ce jour-là, , les loges existantes sont très prospères, en
nous fait observer, tandis que miss Vaughan i dehors même des nouArelles loges créées,
s'explique avec le dessinateur, l'étrange flamme3 Tout en étant démissionnaire (et encore l'est-
que jettent ses yeux. A vrai dire, ces yeux-là i elle bien irrévocablement ?), miss Vaughan nïefe-
sont peu communs, tantôt bleu de mer, tantôtt tait un certain orgueil à citer ces chiffres. Le
jaune d'or très vif. Le docteur nous rapporte ài docteur Bataille, qui l'a revue après nous, n'a
voix basse quelques-unes de ses observations sui-r pas eu de peine à se faire donner le détail de la
tes lucifériennes qui jouissent, comme miss quii statistique des adeptes en état d'activité, pour
est là, de la faculté d'extase diabolique, qu'il nee l'année 1892. et il a bien A'oulu nous commun*?*
faut pas confondre avec les crises d'hystérie, niii quer le tableau suivant, résumant les relevés
avec la possession ordinaire, telle qu'elle estit officiels de la secte :
« LE DIABLEAU XIXe SIECLE»
DE LA PUBLICATION
COMPLÉMENT /

Nombre des Frères Maçons: « — Le total des collectes annuelles, continue


5.805.320 le docteur, s'adressant à nous, s'élève parfois
Etats-Unis d'Amérique
Autres républiques américaines et Canada. 4.581.208 jusqu'à quatre millions... »
^J1
Cuba et Porto-Rico 19.717 « __ M plus ! » fait miss Vaughan, se décidant
Asie et Océanie 675.953 à&parler cette fois.
Afrique,y compris l'Egypte......; 87.882 « — Là-dessus, poursuit le docteur, les^ Su-
Europe .'.. 7.966.148 p
prêmes Conseils et les Grands Orients perçoi-
vent en moyenne le trente-pour-cent sur les
Total des Frères 19.136.228 n
nteliers dé leur juridictiou, et dans quelques pays
Nombre des SoeursMaçonnes 2.725.556 ,i
ils n'en sont guère plus riches pour cela. Mais le
GÉNÉRAI, DESADEPTES 21.861.784 ^un-pour-cent que lalesdirection chefs de centres prélèAreot
TOTAL
r
pour l'envoyer à suprême, à l'insu
Sur la question des capitaux dont la secte d
des loges, tout en passant inaperçu dans les
dispose, nous avons eu plus de difficultés à ccomptes particuliers de chaque juridiction, forme
arracher à miss Vaughan quelques chiffres, i total énorme, puisqu'il frappe la recette
un
Evidemment, elle s'était fixé, au préalable, jus- générale { brute.,. Trente-six millions par an poul-
qu'où iraient ses confidences et tenait surtout à ie 1 budget du palladisme... Voyons, miss, n'est-
nous armer contre Lemmi. « Les ennemis de ce ( point cela? Je le répète : trente-six millions. »
Lemmi sont mes amis >, tel avait été son premier « — Et plus ! » murmure encore l'ex-grande-
mot quand nous engageâmes la conversation, i
maîtresse de NeAv-York.
Aussi, cherchait-elle à se dérober, chaque fois C'est tout ce que nous avons pu obtenir d'elle
que nous Aroulions l'entraîner sur un autre ter- sur s ce chapitre.
rain. Heureusement, sur d'autres points, miss Vau-
« — Non, messieurs ! Sur ceci, je n'ai rien à ighan a été plus loquace, et nous pourrons, de
vous dire. » temps en temps, jeter la lumière sur bien des
Nous insistions-, notamment au sujet du palla- événements qui parfois paraissent incompréhen-
disme ; mais en vain. sibles. La soeur Diana ne nous a demandé le
< — Vous n'obtiendrez rien de moi. Je vous en secret sur rien de ce qu'elle nous a dit.
prie, parlons d'autre chose.. On m'a dit que le « — Les coquineries de Lemmi n'ont pas à
Pape désire acquérir le palais Borghèse, pour être protégées par le serment de discrétion, nous
en expulser Lemmi ; il fera bien. Je voudrais le déclare-t-elle ; si ce sont-là des armes pour vous,
voir chassé de partout, sans feu ni lieu ; cet peu m'importe! La probité avant tout ! »
homme est la honte de l'humanité. » Nous lui disons encore :
Lemmi peut se vanter d'avoir en miss Diana « — Vous êtes l'ennemie jurée du Vatican;
quelqu'un qui le déteste cordialement. Chaque pourtant, vous ne le connaissez pas. »
fois qu'elle prononce son nom, c'est avec un « — En effet, je ne suis allée à Rome que
mépris indéfinissable. deux fois, pour affaires (sic), et le Vatican ne
Par contre, elle ne parle de feu Albert Pike m'a certes point attirée.-Du reste, je n'aime pas
qu'avec une véritable vénération. l'Italie ; à chacun de mes deux voyages, j'ai eu
« — Etait-il bien, de sa personne ? » lui demân- hâte d'en partir le- plus tôt possible. J'aime la
| dons-nous. France, et l'Italie hait la France. Un peuple de
« — Ohl oui, répond-elle; un grand et beau mendiants, les Italiens ! Mais NeAv-Yorket Paris,
vieillard. Et la belle tête ! avec sa grande barbe A'oilà les deux villes que j'aime. »
blanche et ses beaux longs cheveux blancs ! une Prévoyant le cas où elle aurait à retourner à
tête de patriarche!... EL pas un exploiteur, lui! Borne et où nous nous y trouverions' en même
tout à sa mission ! l'homme de tous les dévoue- temps, nous nous risquons à lui proposer de
ments!... » rendre visite à quelque prince de l'Eglise, espé-
En disant cela, elle renversait la tête en arrière rant que la curiosité pourra l'amener à vaincre
et levait ses yeux, comme si elle plongeait son ses préjugés, Nous lui nommons uii cardinal,
regard dans une vision qui nous échappait. qui nous honore de son amitié.
« — Vous regardez vers le ciel ? » lui disons- « — Me rencontrer avec un cardinal ! nous
nous brusquement. réplique-t-elle; moi, aller chez un cardinal?;.,
« — Mon ciel n'est pas le vôtre ! » nous riposte- On ! non, cela, jamais 1 »
t-elle avec la même brusquerie. Lorsqu'on nous eut servi le café, miss Vaughan
Nous revenons sur la question des «métaux ». fit apporter des liqueurs; elle demanda de la fine
Le docteur essaie de la faire parler, en la Champagne et de la chartreuse. Détail signifi-
piquant par l'ironie. catif : elle ne toucha pas à cette liqueur et prit
« — Voyons, miss, lui dit-il, qu'est-ce que ça même plaisir à nous en servir, comme une malice
vous, faire de causer de cela ? Nous savons d'enfant espiègle; quant à elle, elle but du cognac,
teut
ïen.rà peu près ce qu'il en est. Dans-la scission dont le velouté dénonçait l'extrême vieillesse .
projetée par les partisans de Charleston, le fond L'hostilité envers l'Eglise, poussée jusqu'à l'abs-
du sac, c'est le un-pour-cent du prélèvement gé- tention de la liqueur des Chartreux, voilà qui est
néral qui est attribué à la direction suprême. typique.
Vos amis ne veulent pas abandonner le droit au ' Nous en fîmes l'observation, en riant. ^.
:
maniement des millions qui vont au^Sanctum:t « .-r- Une liqueur adonaïte, dit la lucifërienne ;
Regnum?!., Allons, avouez-le, c'es^cela* -rienL. cela n'est pas pour moi. » < :"• ;-.:=
que cela! » En résumé, cette longue entrevue nous a laissé
Elle ne répond rien et se contente de sourire. perplexe. Il nous paraît éAddent qu'une scission
8 REVUEMENSUELLE, POLITIQUE,SCIENTIFIQUE
RELIGIEUSE,

dans la haute-màçonnerie est inévitable; mais A cet égard, notamment, la Croix de Reims,
qu'en résultera-t-iî?... peu après l'élection de Lemmi à la suprême
Il n'y a pas heu non plus de nous réjouir de la grande-maîtrise de la secte, publia (numéro du
démission de miss Vaughan, même si elle est samedi 21 octobre 18913)des renseignements on
maintenue jusqu'au bout. Les scissionistes orga- ne peut plus clairs et précis. Les A'oici :
niseront un palladisme indépendant; la soeur Feu Albert Pike" cumulait trois fonctions dans la
Diana fera une chapelle luciférienne à part ; haute-maçonnerie, et sa successiona été répartie entre
mais Satan continuera son horrible moisson trois personnes :
d'âmes. 1° Gomme souverain pontife de la maçonnerie uni-
Quant à nous, nous avons voulu voir, et nous verselle, chef suprême du directoire dogmatique luci-
avons vu ; nous connaissons à présent l'état d'es- férien, Pike a eu pour successeur le sieur Albert-
Georges, ingénieur, fils naturel du docteur Gallatin
prit d'une luciférienne; nous savons ce qu'est, Mackey, lequelpasse aux yeux desinitiés pour le neAreu
hors triangle, une soeur de la haute-maçonnerie. du docteur et porte abusivement le nom de Albert-
Voilà une femme supérieure, certes ; °eh bien, GeorgesMackey. Cette nominationcomme successeurà
elle n'en est que plus dangereuse. Nous avons eu ce poste, a été connue de S. G. Mgr Meurin, qui l'a
en face de nous, pendant plus de deux heures, révélée au public profane bien avant la publication de
l'erreur sous sa forme la plus contraire à notre l'ouvrage du docteur Bataille, et son renseignement,
foi, c'est-à-dire une adepte fanatique du culte très fidèle, n'a jamais été contesté. Albert-Georges,
secret rendu à Lucifer, considéré comme esprit luciférien incapable, vient d'être remplacépar Lemmi..
de lumière, comme vrai Dieu, comme principe 2° Comme souverain directeur du grand consistoire
du bien ! central pour l'Amérique du Nord, Pike a eu pour suc-
cesseur le sieur Macdonald Bâtes, rentier, qui était
Ce n'est pourtant pas à la table d'une folle que auparavant,son directeur-adjoint à ce même consistoire
nous nous sommes assis ; c'est bien avec une et qui était entré au sérénissime grand collège des
personne en pleine possession de ses facultés maçons émérites en remplacement du sieur Thomas
mentales que nous avons conversé. Mais, s'il n'y Tullock. — Macdonald Bâtes est aussi luciférien ou
a pas folie, dans le sens médical du mot, il y à, palladiste. ••
par contre, au sens religieux, aveuglement com- 3° Comme grand commandeur grand-maître .du
plet, renversement absolu de toutes les idées suprême conseil du rite écossais pour, les Etats-Unis
admises. Aussi, n'est-ce pas sans terreur que d'Amérique (juridiction sud), Pike a été remplacé par
le sieur James Cuningham, dit James Batchelor, méde-
nous voyons couA'er dans l'ombre cette religion cin, entré au suprême'conseilécossaisen 1859.— James
infernale des arrière-loges, ce culte du gnosti- Batchelor n'est pas luciférien, bien qu'il ait fait partie
cisme néo-manichéen, attendant l'occasion pro- de la loge Eurêka de la Nouvelle-Orléans,au sein de
pice pour s'épanouir au soleil à la suite de quel- laquelle il y a un triangle.
que atroce bouleversement social. Voilà qui est clair et doit empêcher désormais tout
Les périodes de tempête irréligieuse ont tou- quiproquo.
jours été précédées de signes précurseurs, sem- BHEMUS.
blables à ceux que nous constatons aujourd'hui. Ces lignes terminaient un article intitulé
Faisons la veillée des armes, le rosaire à la VAnti-Pape Luciférien et consacré en grande
-
. main. partie à Lemmi. C'est dans cet article que
En ce qui concerne particulièrement cette pau- Rnemus a donné, le premier, l'extrait d'acte de
vre Diana Vaughan, nous ne saurions mieux baptême du renégat eujuivé, aujourd'hui vicaire
conclure qu'en rapportant les paroles de M. le de Satan.
docteur Batniro. alors que nous revenions en- Cet article fut reproduit par toute la presse
semble : catholique, et notamment par la Croix Angevine
•« — Elle a, du moins, un grand mérite, nous d'Angers.
disait-il : elle n'est pas gangrenée, comme la plu- Veut-on savoir comment la Vérité s'y prit
part des autres ; son erreur provient de l'édu- pour mettre à profit les renseignements de
cation insensée qu'elle a reçue de son père, pro- Rnemus concernant l'acte de baptême d'Adriano
testant haineux, S'il est vrai qu'il faille un mira- Lemmi, tout en cherchant à entretenir la confu-
cle pour la convertir, ce miracle, Dieu le fera sion au sujet de la succession d'Albert Pike ?
peut-être. Jamais, dans un triangle palladique, Elle employa un « truc » où éclate toute sa
elle n'a voulu consentir à profaner une hostie, et mauvaise foi.
ses chefs, qui tenaient à elle comme propagan- L'article de Rhemus fut scindé en deux. La
distôj ont dû la dispenser des épreuves sacrilèges. partie, celle relative au baptême dé
Sans doute, il lui sera tenu compte de cela là- Eremière
iemmi, fut servie aux lecteurs comme repro-
haut. » duction de la Croix de Reims, sous le titre F. .
. .. Commandeur PIERRE LAUTIER, Lemmi Le Converti. La seconde ne fut pas
Président général'de l'ordre des Avocatsde St-Pierre. donnée telle qu'on vient delà lire ci-dessus (ce
qui aurait permis aux lecteurs de se rendre
exactement compte dés trois fonctions si dis-
LA SUCCESSIÛN'D'ALBEKT PIKE tinctes dé feu Pike) ; mais, dans un autre article,
intitulé Polémiques sur le DIABLE, on feignit
Nos lecteurs savent que, dans ces derniers d'attribuer a la Croix Angevine ce que Rhemus;
temps, on a cherché à créer une confusion dans avait dit de Batchelor, on laissait croire que
les esprits, au sujet des hautes: fonctions maçon- Batchelor fut le seul et unique successeur d'Albert
niques remplies par l'illustrissime F.-. Albert Pike, et, comme l'article de Rhemus contenait
Pike, décédé en Lucifer le 2 avril 1891. en passant un mot désagréable pour M. Georges
Cependant, il n'y avait pas à s'y tromper. Bois, celui-ci tança vertement la Croix Angevine,
« LE DIABLEAU XIXeSIECLE»
DE LA PUBLICATION
COMPLÉMENT \)

qui cependant n'avait, fait que reproduire la (Constitution fondamentale dans notre prochainen
Crùix de Reims et qui le disait expressément en inuméro. .Pour aujourd'hui, bornons-nous à
tête de sa reproduction. cdonner lè<>-considérant » qui la précède et qui
Les deux articles Polémiques sur le DIABLE çest significatif :
et F.: Lemmi Le Converti sont tous les deux, « Les Francs-Maçonsitaliens, voulant s'affranchir du
l'un à la suite de l'autre, dans le même numéro jjoug tyrannique de l'autorité romaine, incarnée dans la
de.la Vérité, numéro portant la date du'jeudi ]personne d'Adriano Lemmi, illégalement délégué à la
s
suprême direction de l'Ordre en Italie,
26 octobre ; et comme ils proviennent tous deux « Considérant que Lemmi et consorts ont fraudu-
de coupures faites dans la Croix Angevine, .
leusement violé les lois de l'Ordre Maçonnique, com-
expliquant qu'elle reproduit la Croix de Reims, et exprimées dans le mot triangulaire, base
prises
il est absolument certain que M. Georges Bois, et ; fondementde la Franc-Maçonnerie: Liberté, Frater-
signataire des deux articles de la Vérité, savait: ,nité, Égalité, soit en faisant servir la grande, famille à
très bien qu'il attaquait à tort la Croix Angevine ]
leurs ambitions personnelles,soit en la transformant en
mais il recouvait à ce procédé digne de lui, pour vulgaire boutique, en en reniant continuellement les
vues élevéeset humanitaires, et en en falsiiiant le but
perpétuer le quiproquo sur la question Pike- final... »
Maekey-Batchelor, tout en utilisant le document
de Rhemus sur le baptême de Lemmi. Comme on le voit, ces séparatistes sont des
Le lendemain, la Vérité (numéro portant la ' aveugles quant au discernement du but secret de
date du vendredi 2/ octobre) feignait de s'être la maçonnerie ; croyant aux mots ronflants dont
trompée la veille et publiait la note suivante sous la secte enfle ses boniments publics, ils ont fini
la signature de son directeur : par se dire que Lemmi et autres chefs se mo-
Nous avons attribué hier a la Crois-,Angevine un quaient d'eux ; en tout cas, ils n'ont pas A"oulu
article que, sans doute, elle avait l'ait sien, mais qui a se laisser plus longtemps exploiter.
paru tout,d'abord dans la Croixde Reims. ÎJiBe «V gjetïte Mais c'est dans les sommets de l'organisation
ne»te, «i«ii nous niait é«Sis«j»i»é pi'HîT que la scission-,a été plus dangereuse pour le
nu1ère lectui'i;, en nvertissaît le lecteur. pouvoir du nouvel antipape. Là, le détraquement
C'estdonc à la Croixde Reimsqu'il convient de rendre n'es pas restreint à l'Italie; dans la haute-maçon-
la paternité d'un article où l'on accuse si délibérément nerie même, ça se décolle.
de mauvaise foi habituelle notre excellent", ami et colla-
a l'audace Tous les triangles directeurs n'acceptent pas le
borateur, M. Georges Bois, parce qu'il
grande, avec une entière sincérité et selonson droit, (le vote du 20 septembre 1893.Les opposants se sont
discuter sérieusement la véracité de certains récits réunis à Londres, où ils ont constitué un Comité
extraordinaires. de Permanence. Albert-Georges Mackey, le suc-
Quand on a l'honneur d'écrire dans un journal qui cesseur d'Albert Pike, l'antipape américain dé-
porte le crucifixen tète de ses colonnes,il semblequede la. missionnaire, ou, pour mieux dire, dépossédé au
contemplation de ce divin modèle devrait préserver profit de Lemmi, aélê appelé en Angleterre et s'y
si discourtois et iniques procédés. est rendu, non pour diriger l'opposition sans
AUGUSTE ROUSSKI.. doute — car c'est un caractère faible et un esprit
Quiconque voudra constater la parfaite dé- indécis, — mais pour servir de paravent, puisque
loyauté du journal la Vérité n'aura qu'à se pro- les partisans de Charleston ne considèrent
curer les deux numéros en question (ceux du 20 pas sa démission comme régulière et préfèrent,
et du 27 octobre 1898) et demander, en même à tout prendre, un incapable à un escroc publi-
temps, à la Croix Angevine, le numéro où elle quement déconsidéré.
reproduisait l'article dé la Croix de Reims. Le 15décembre dernier, les opposants ont donc
M. Georges Bois, et son directeur sont ainsi rédigé une « voûte de protestation », qui a été
pris la'main dans le sac. aussitôt adressée à tous les triangles. N'en ayant
Et c'est la Vérité qui ose parler de procédés eu d'abord qu'une copie incomplète, nous préfé-
discourtois et iniques?... Franchement, c'est de rons attendre un peu ; car nous nous sommes
l'aplomb ! assuré le moyen d'avoir le document en entier.
.«. Cette publication sera donc faite dans notre
prochain numéro ; par ce que nous connaissons
FIL A RETORDRE déjà,, nous pouvons, dire qu'elle sera du plus
grand intérêt.
Le nouveau chef suprême'de la franc-maçon- Il a fallu cette circulaire de protestation, véri-
nerie universelle n'est, sans doute, pas aussi table déclaration de guerre, pour émouvoir
triomphant qu'il afiectede le paraître. Les oppo- sérieusement Lemmi. On le menaçait du refus
sants restés fidèles au parti de Charleston, sont des contributions affectées à la direction suprême
en train de lui donner par mal de fil à retordre ; de la haute-maçonnerie (c'est la conclusion
de jour en jour la scission s'accentue dans la formelle dé la voûte) ; aussi, Lemmi, qui est
haute-maçonnerie. avant tout désireux d'avoir le maniement des
. Déjà, l5ien avant son élection si habilement quarante millions annuels du Palladisme, a-t-il
préparée, un certain nombre d'ateliers italiens abandonné sa morgue superbe et manifesté un
s'étaient retirés de l'obédience du Suprême subit désir de conciliation..
Conseil de Rome, et, renonçant aux hauts Pour négocier une transaction avec lé Comité
grades, avaient constitué, grâce à l'initiative de de Londres, il a choisi Sophia, qui, personnelle- :
la loge Archimède. de Païenne, une fédération ment, est en bons termes avec Mackey, et sur
dissidente sous le titre de : Fédération italienne l'habileté de qui il sait qu'il peut compter. Sophia,
• ..
des Francs-Maçons. qui se console du deuil paternel par de nouvelles
Nous publierons, in-extenso, le texte de sa intrigues, a accepté celte mission délicate ;
10 HEVUEMENSUELLE,
RELIGIEUSE, SCIENTIFIQUE
POLITIQUE,

malheureusement, elle s'est heurtée à une résis- j qui est allée interwiewer le docteur Bataille ». .Nous
tance énergique; c'est dire que le soi-disant reproduisons à notre tour cette lettre, à titre de docu-
neveu du docteur Gallatiu n'y est pour rien. ment, ainsi que l'a fait le journal catholique nantais.
Nous devons à l'obligeance de notre ami et Monsieur le Rédacteur,
collaborateur A.-C dé la Rive la communica- Je crois que vrous seriez agréable à un certain
tion de deux pièces importantes, qui constatent nombre de vos lecteurs en leur faisant, connaître
le mandat donné par Lemmi à 3a fille Walder et le témoignage que je viens vous apporter en
son échec. Notre ami n'a pas à dire comment il faveur du docteur Bataille, l'auteur de la publi-
est parvenu à se procurer de pareils documents, cation si répandue déjà et si critiquée, Le Diable
mais il nous affirme avoir les originaux entre les au XIXe Siècle. Un de mes amis in'ayant rendu
mains. compte d'un entretien qu'il avait eu avec ce
Pour que nos lecteurs puissent s'expliquer ces docteur, à un voyage qu'il eut occasion de faire
textes, il est nécessaire de dire d'abord que la à Paris, je lui ai demandé la permission de livrer
signature « Vernon » est le nom trimestriel de sa lettre à la presse, ce qu'il m'a permis. Voici .
Sophia, nom qu'elle a adopté pour la période donc sa lettre telle qu'il l'a définitivement re-
allant du 1erdécembre 1893 au 28 février 1894. touchée :
Quant au nom de « Simon », il sert à désigner J'arrivai, non sans peine, à découvrir l'adresse
Adriano Lemmi dans la correspondance secrète du docteur. A ia librairie Delhomme et Briguel,
de; chefs palladistes. où il reçoit le lundi dans la matinée, on m'avait
La première dépêche a été envoyée de Paris, répondu qu'il était pour le moment absent de
le 5 janvier à l'antipape démissionnaire. Paris. Je sus là son nom sans la moindre diffi-
Elle est ainsi conçue : culté. Ayant vu ensuite un ecclésiastique émin.ent
Albert-GeorgeMackey,Lonû.rss. du clergé de Paris (le chanoine Brettes), qui me
v. Suis chargé par Simon traiter avec dissidents. parla en termes enthousiastes de l'ouvrage et de
Acceptez-vousentrevue? Réponse télégraphique..Puis l'auteur, lequel il connaissait très bien et auquel
partir demain. il avait même communiqué quelques renseigne-
« Signé : YEKSOS.» ments, je conçus plus que jamais le désir de voir
Mackey a répondu, après consultation du le docteur lui-même.
comité des opposants, par le télégramme sui- Le lendemain de ce jour, j'eus l'occasion de
vant : me convaincre qu'à Paris, le clergé connaît très
« Inutile venir. Voûte protestation est maintenue bien, au moins de sou nom véritable, le docteur
par Comité. Dites mes regrets personnels. Opposants Bataille. J'arrivai aussi à connaître son aarésse,
sont unanimes contre toute transaction proposée par et je pus le voir lui-même dès le soir, car il était
Simon. » de retour de.son voyage.
On remarquera la phrase d'Albert-Georges : Je crois bon de vous dire que, les circons-
Dites mes regrets personnels. 11 ménage Lemmi tances ayant voulu que j'attendisse quelque
et se fait excuser auprès de lui par Sophie. Ces temps à là porterie, j'en profitai pour demander
quatre mots peignent bien l'homme, et l'on com- quelques renseignements à la portière, personne
prend facilement que le juif de Livourne ait si distinguée, et ne répondant point au type reçu.
bien réussi à le jouer et à le supplanter. Elle me dit que le docteur était un homme très
Ainsi, l'opposition ne désarme pas, et nous religieux, que même elle s'était demandée plu-
sieurs fois comment il ne s'était pas fait prêtre
allons/assister à une belle lutte entre les deux
factions de la secte, aujourd'hui ennemies. Le (sic), que beaucoup d'ecclésiastiques venaient le
Sanctum Regnum de Charleston contre l'intrus voir, qu'il avait beaucoup voyagé dans sa vie,
du palais Borghèse de Rome, en avant ! La dis- qu'il écrivait dans un journal'illustré- Attendant
corde est au camp de Lucifer. vainement qu'elle touchât à la question du Diable
Enfin, la révolte contre Lemmi a gagné déjà au XIX" Siècle, j'en dis un mot. Elle n'en avait
jusqu'à l'Ecossisme italien. point entendu parler.
Un Suprême Conseil du Rite Ecossais Ancien Enfin, le docteur arrive. Ce n'est pas sans
et Accepté s'est établi à la Vallée de l'Orelo (Pa- émotion que je vois paraître cet homme qui, à
lerme), créant l'indépendance pour la inaçon- en .croire ses récits, avait été mêlé à tant de
cerie de Sicile, dont les Aréopages, chapitres et manifestations surnaturelles. C'est un homme
Loges dépendantes secouent a leur tour le joug grand, à l'apparence robuste, un peu grassouillet.
de Lemmi. En outre, en Italie même, l'oppo- Il vous reçoit avec bonté et avec beaucoup de
sition gagne du terrain ; à Naples et en Toscane, simplicité/On est à Taise avec lui et il vous parle
d'importants maçons des hauts grades, suivant , en ami. On voit que c'est un marin, qui a l'habi-
le mouvement imprimé par les" protestataires, tude d'y aller rondement. Son langage manifeste
refusent de reconnaître la prétendue autorité une foi A'ive et chevaleresque. Ilya dans son
suprême d'Adriano-Simon. caractère un touchant mélange d'intrépidité et
Quivis. de candeur dans la docilité à l'égard de l'Eglise.
. in^i C'est un homme à l'imagination puissante, mais,
en même temps, j'en suis convaincu, doué d'un
RÉCIT D'UNE ENTREVUE sens très droit, d'un grand discernement et d'une
Avec l'auteur du « Diable au XIX° Siècle » très belle intelligence.
Je lui fais observer qu'on regrette qu'il ait.
Le Nouvellistede l'Ouest,qui parait à Nantes,a publié, adopté pour sa publication une forme si roman-
son numéro du 12 janvier, une intéressante let^e tique et familière aux plus vulgaires productions
' dansson
que directeur dit tenir « d'unepersonnetrès sérieuse de la presse. Il m'a répondu qu'il avait préci-
DE LA PUDLICATlOîi
COMPLEMENT AU XIX0 SIÈCLE»
« LE D1A1ILE 11

sèment choisi ce mode de publication pour il se complaît à exagérer et à accentuer, pour


répandre plus sûrement, parmi toutes les classes les mettre en relief, les parties les plus étranges
de lecteurs, la connaissance du Palladisme. « Si de ses tableaux.
j'avais fait une oeuvre de savant, je n'aurais point Je conviens encore qu'il y a plus d'un défaut
été lu ». dans la composition de l'ouvrage ; dès longueurs
« — Pourquoi persistez-vous à cacher votre et même des digressions qui paraissent être des •
nom ? liors-d'oeuvre. Mais tous ces défauts de la forme
« — Eh ! m'a-t-il répondu, c'est le secret de doivent-ils faire rejeter la vérité du fond?
Polichinelle : mon nom, tout le monde lé connaît ; donnent-ils le droit de mettre en doute la sin-
voyez vous-même comme A^OUS avez su le trouver. cérité de l'auteur ?
On persiste à me le demander, et je m'obstine à Pour moi, j'avoue que j'ai désormais toute
ne pas le publier. » confiance en lui ; et je suis convaincu que, sous
(On m'a expliqué ailleurs que le docteur ces apparences un peu étranges et exotiques, il
redoute d'être assiégé par les curieux.) y a dans cet homme une trempe de chrétien peu
Je lui dis encore : commune.
« — Vous ouvrez un nouvel horizon aux On ne peut s'étonner, il me semble, qu'un
études maçonniques. » médecin de marine, qui a beaucoup voyagé et
Il m'a répondu simplement : beaucoup vu, ait sa physionomie
' littéraire un
« — Non ; j'apporte seulement des faits qui peu à part.
prouvent l'existence de ce qui n'avait été jus- Agréez, monsieur le Rédacteur, l'expression,
qu'ici que soupçonné.» . de mes meilleurs sentiments.
Dans le cours de l'entretien, le docteur me
montre des pièces constatant qu'il est inscrit
comme médecin aux Messageries maritimes. 11 PAR EXPLOITS D'HUISSIER
me fait voir également un article d'une revue
scientifique traitant d'un animal qu'il a découvert Voici la sommation que M. Georges Bois nous a
au moyen de dragages dans le cours de ses adressée à la suite de notre numéro-spécimen de la
voyages, et auquel on adonué son nom. Revue 'mensuelle:
il ne paraît pas s'inquiéter beaucoup de l'accueil
L'an mil huit cent quatre-vingt-treize, le trente no-
que reçoit son ouvrage. 11sait que penser de ceux
qui le combattent dans le Monde et là Vérité. vembre, à la requête de M. GeorgesBois, demeurant à
Une seule attaque l'a peiné, c'est celle qui venait, Paris, rue d'Arcolc, U, élisant domicileen mon étude,
Marie Vincent, huissier près le Tribunal civil de
de la part d'un membre.du clergé (1). 11 a la la .l'ai, Seine, demeurant à Paris, 68, rue de Rivoli, sous-
coirviction de rendre service à la religion en signé, fait sommation à M. P. Dèlhommc,gérant'de la
portant la lumière sur les agissements d'une Rev.v.emensuelle, religieuse, politique, scientifique,
association ténébreuse qui tend" à se substituer à complémentde la publication'le Diableau XIXe Siècle,
la franc-maçonnerie vulgaire, et dont la malice dont le siège et les bureaux sont à Paris, 13, rue de
et l'impiété atteignent les dernières limités. l'Abbaye, où étant et parlant à une femme à son ser-
Voici, je crois, quelques-unes des raisons, pour vie!;, ainsi déclarée,
D'avoirà insérer dans le plus prochain numéro de la
lesquelles tant de bons esprits ont de la peine à Renne mensuelle, complément de la publication le
ajouter
' foi aux récits du Dr Bataille : Diableau XIXe Siècle, la lettre suivante :
D'abord, il s'agit de faits surnaturels, et, par
suite de l'influence rationaliste, on est porté, Monsieur F. Delhomme, gérant de la. Revue
dans les questions de ce genre, à mettre un excès mensuelle, religieuse, politique, scientifique,
de réserve ; pour ce qui concerne le diable par- complément de là publication le Diable auXlX."
ticulièrement, on est, je crois, peu instruit, dans Siècle.
le public, sur la nature et la grandeur de sa Monsieur,
puissance ; on ne sait pas assez combien il affec- En réponse aux articles qui me mettent en
tionne les formes grotesques et baroques dans cause dans le premier numéro, daté de novem-
ses manifestations. bre 1893, delà Revue mensuelle, complément de
D'un autre côté, les drames principaux de cette la publication le Diable au XIX 0 Siècle, et
oeuvre se passent dans des pays aux moeurs depuis moins de trois mois, dans le bulletin
tellement différentes des nôtres," que l'esprit du annexé an.Diable au XIXe Siècle, j'ai l'honneur
lecteur judicieux est mis en défiance contre de vous déclarer :
l'exaltation produite dans son imagination par 1° Que' vous faites erreur en me supposant
des tableaux plus ou moins fantastiques. franc-maçon. Je ne le suis pas et ne l'ai jamais
« — A Paris, on s'étonne de tout,, me disait le été;
docteur. Dans les Indes, la vie d'un homme nei 2° Que je n'ai aucune espèce de relations,
compte pour rien, pas plus, hélas ! que sa dam- directes ou indirectes, avec le Grand-Orient de
nation éternelle. » France, ni avec une autre Société secrète quel-
Ajoutons que le style de l'ouvrage est dans les conque, maçonnique ou autre, française ° ou
»
genre « fin de siècle ; que l'auteur n'use guère . étrangère;
dé précautions et de ménagements pour corriger 3° Qu'il n'existe, que je sache, au nombre des
- l'invraisemblance de ses récits, qu'au contraire, , personnes que j'ai coutume de voir, aucun émis-
(i) Il s'agitdelà,critiquesiinjusteet si déplacéede M.Dolassus, saire de Lemmi, grand-maître du Grand-Orient
directeurdelaScmiiine licligicksede Cambrai,qui..àla paroledu; d'Italie.
docteurBataille, commecelled'unhonnête
n'a pascraint'd'opposer, 3 Je vous requiers d'insérer cette, courte réponse
homme,, la parolede l'assassinP.-.Cadorna.Notede la Hevuc à la
mensuelle.) même place et avec les mêmes caractères
12 . KEVUEMENSUELLE,
RELIGIEUSE, SCIENT]PIQUE
J'OLITISJUE,

que les articles auxquels je l'oppose, faisant Aux termes de la loi, nous n'étions tenu de
d'autre part toutes réserves quant au délit de publier que la lettre nous concernant. Nous
diffamation que je conserve le droit de recher- avons voulu néanmoins faire à M. Georges Bois
cher dans lesdits art'clés. large mesure, en reproduisant toutes ses som-
Veuillez agréer, Monsieur, mes salutations. mations, du. moins celles à notre connaissance.
GEORGESBOIS, La dernière, est, surtout, assez curieuse. Dans
11, rue d'Arcole. un de ses articles, de la Vérité, M. Bois, faisant-
Paris, 29 novembre 1893. allusion à ce qui avait été dit ici au sujet de ses .
Déclarant au sus-nommé que, faute par lui de satis- lettres particulières contre M. le docteur Bataille
faire à la présente sommation,,mon requérant, se pour- et l'un de ses amis, envoyées aux quatre points
voira, ainsi que de droit, pour le contraindre et obtenir cardinaux, déclarait crânement qu'il n'avait rien
tels dommages-intérêtsque de droit. à en retirer Or, en même temps, il faisait, par
Sous toutes réserres. huissier, défense d'en rien publier ! On avouera
]ït, afin que le sus-nommé n'en ignore, je lui ai, par- que le procédé est étrange. M. Bois veut bien
lant comme dessus, laissé cette copie. lancer des calomnies à tort et à travers sous le
Coût : huit francs trente. Timbre pour une feuille à
soixantecentimes. couvert d'une correspondance privée; mais s'il
• Signé : VINCENT. voit que la publication de tout ou partie de ces
facturas, remplis d'odieux mensonges depuis la
Mous n'avons pas été les. seuls à. recevoir, par la dernière, peut se
la de M. première ligne jusqu'à
huissier, prose Georges Bois. retourner contre lui, il s'empresse de s'y op-
A Avranches, l'huissier Ernest Sauvageot, d'en faire défense légale.
sommait le vénéré chanoine Mustel d'avoir à poser, Cet façon d'agir suffirait, à elle seule, à faire
insérer la lettre suivante :
juger M. Bois. Il sait très bien que pas un
Monsieurle Directeur de la Revue Catholique journal, — pas même celui dans lequel il écrit,
de Coulances, •'— n'oserait
prendre la responsabilité des diffa-
En réponse à ce qui me concernenommément dans mations calomnieuses dont il a. alimenté sa cor-
votre article de la Rev,ueCatholiquedu 1erdécembre respondance particulière. Et il a l'audace de
1893,voulez-vousavoir l'obligeance de faire accueil à nous menacer de procès,
la déclarationsuivante : parce qu'il a été im-
1° Je ne suis pas franc-maçon et ne l'ai jamais été ; primé dans cette revue qu'il est pour le' Grand-
2? Je n'ai aucune espèce de relations avec le Grand- Orient de France un auxiliaire dévoué il met
Orient de France, ni avec aucune autre fédération m;i- en mouvement les huissiers! il parle de dom-
N.çonnique ou Société secrète française ou étrangère, ni mages-intérêts'.... Mais, s'il venait à exécuter
directementni par personneinterposée. ses menaces, il suffirait, pour qu'il sortit de son
,. \\e suis obligé de vous faire"signiiier la présente lettre instance couvert de confusion, de lui intenter
_P;'en requérir de vous l'insertion dans les conditions une action reconven'.ionnelle et de montrer au
l)r?\Vies par la loi, avec les mêmes caractères et à la Tribunal de armes il s'est servi,, ne se
l'article où suis mis en cause. quelles
\ eiu ijje;5 que Monsieurjei(i Directeur, mes
m^ï\„îiplace contentant pas des attaques publiques; car ce
tueux agT£el, respec-
styntiments_ qu'a fait-là M. Bois est une action indigne d'un
\ GlïORGKS BOIS. journaliste, une action que rien ne saurait
est du 1(5décembre. excuser, une de ces vilenies qui ne se com-
i fcjsomnialion mettent pas, même entre adversaires appar-
AvV^i/'' rïu rnê'ne mois, à Reims, l'huissier tenant aux camps les plus opposés.
y-fl'-J Barras, avait signifié au gérant de la Loin de recourir à dé tels moyens, M. le doc-
Lroiop. ^e £eims une auu-e sommation d'avoir à teur Bataille a toujours agi en. adversaire loyal,
inserjer une lettre ainsi conçue :
publiquement, se défendant au grand jour contre
„/ Monsieurle Gérant de la Croixde Reims, des attaques injustifiables, sans fiel ni acri-
JÙ réponse aux articles que, depuis moins de trois 1de monie, sans colère même, quoiqu'en ait dit
^%is, vous avez publiés sur mon à
compte, propos M.
Jfn-d discussionavec le docteur je vous prie de notreGeorges Bois; car, dans cette polémique, où
Bataille,
''' bien vouloir insérer les déclarations suivantes : ami n'a pas été l'agresseur et où il a fait
1° Je ne suis ]>asfranc-maçon et ne l'ai jamais été. preuve d'une grande patience, c'est M. Bois, et
Mes réponses au docteurBataille ne me sont pas appor- non lui, qui a été violent, colère, furibond,
tées par un émissaire de Lemmi. Je n'ai de relations, comme tous ceux qui ont tort.
directes ou indirectes, ni avec la franc-maçonnerie, ni Harcelé par d'incessants articles de la plus
avec aucune Société secrète quelconque, française ou insigne mauvaise foi, multipliés avec une rage
étrangère ; les personnes même les plus indifférentes:
2° Ayant eu le regret de constater qu'un de vos col- que ont IrouA'ée incompréhensible, M- le docteur
laborateurs, dans un article publié à Paris, mais signé Bataille a
de son titre de rédacteur à la Croix,de Reims, avait riposté à peine deux ou trois fois, dans
fait usage d'une correspondanceadressée par moi à une des termes extrêmement mesurés, dédaigneux
tierce personne, je suis obligé de vous faire la défense même; et, franchement, si nous ne nous devions
légale la plus formellede ne divulguer, ni par citation, pas aux écrivains catholiques qui ont pris fait et
ni par allusion,aucuneespècede correspondanceémanée cause pour cette publication, nous ne consacre-
de moi et adresséeà de tierces personnes. rions aujourd'hui à M. Bois pas une ligne de
Je requiers l'insertion de la présente rectification à réponse.' En tout cas, cette réponse sera la der-
la même place.et mêmes caractères que les articles nos lecteurs ayant exprimé en masse le
auxquels elle répond, faisant d'ailleurs toutes réserves nière,
quant au délit de diffamationqui pourrait être contenu désir de ne pas voir l'oeuvre du docteur Bataille
dans lesdits articles. détournée de son but.
Veuillez, Monsieurle Gérant1,agréer messalutations. Qu'importe, en effet, que M. Bois et les trois
GEOUGES Bois. ou quatre sires de même importance qui lui ont
COMPLÉMENT « LE DIAHtlîAU X1X°SIÈCLE»
DE LA PUBLICATION ." 13

fait écho, crient ou ne crient pas, clabaudent ou P. Deschamps, Mgr Fava, M. le chanoine
non '. En vérité, on leur a fait beaucoup d'hon- Delassus, M. Léo Taxil, Dom Benoît; — aussi
neur en s'occupant d'eux. Qu'importe qu'ils bien que les FF.". Jonquière, Léchaut, Albert
nient ce qu'ils ne savent pas ou feignent d'igno- Pike, etc., etc.
rer! Chaque jour apporte une preuve à l'appui Plus et mieux que personne avant lui Mgr Meu-
des révélations du docteur Bataille. Quand sa rin, évêque de Port-Louis (île Maurice), a pénétré
compagne autiluciférienne et antimaçon nique et réAréléle fond de ce commerce infernal par
sera terminée, le public catholique tout entier lequel Satan prend possession de ses Aùctimes .
sera bien obligé de constater que c'est lui qui a A'oiontaires, se les asservit, se les assimile
fait, connaître l'exacte vérité. par degrés, et en fait les instruments dociles
Donc, que ceci soit bien entendu, c'est pour la et fanatiques de sa haine contre l'Eglise et
dernière fois que nous nous occupons aujour- l'humanité. Dès le premier pas qu'il fait dans
d'hui de M. Georges Bois, et nous le laisserons, une loge, l'apprenti-maçon, s'il est clairvoyant
désormais, sans lui faire aucuue réponse, débiter et attentif, peut apercevoir l'ombre de l'Esprit du
à sa fantaisie tout ce qui lui passera par la tête. mal qui transparaît à travers le voile de plus en
plus clair de symboles de plus en plus expressifs.
Mais c'est seulement pour ceux qui sont par-
venus au sommet de la hiérarchie, ou plutôt au
u mm à xir siiH fond de l'abîme maçonnique, que tous les voiles
DOUTES, CRITIQUES & CONTRADICTIONS tombent et que Lucifer se montre à ses adeptes,
qui l'adorent et lui offrent les abominables sacri-
Dansle bulletin qui sert, de couverture à la. publica- fices qu'il exige. Or, ce qui était connu et
tion de M. le DrBataille (fasciculede décembre1893),il démontré par des documents certains, par des
a été annoncéque la Revue Mensuellerectifierait quel- pièces authentiques, par des aveux indiscutables,
ques erreurs d'interprétation, —- commises —
de très le docteur Bataille nous l'expose,, le fait passer
bonne foi, nous hâtions-nous d'ajouter, par M. le devant nos yeux, dans le Diable au XIXe Siècle,
chanoineKibet. Ge bulletin venait à peine de paraître, en une suite de tableaux
lorsque M. le chanoine Mustel a entrepris, dans la de scènes vivants, ou plutôt
RevueCatholiquede Coulances,une série d'articles sous dramatiques d'une saisissante et
le titre ci-dessus. effrayante horreur. Ce que d'autres, nous dit-il,
Nous reproduisons donc très volontiers ces articles ont deviné d'abord, puis découvert à force de
qui nousfacilitent singulièrement notre travail, tant de recherches et.d'études attentives, moi, je l'ai vu,
rectificationdes erreurs involontairesde personnesqui de mes yeux vu, et je le raconte, ou plutôt, je le
n'ont pas su bien lire M. le D1'Bataille, que de relu- ' peins, au naturel et' au vif, je le photographie.
talion des mensongesque les malveillantsont imaginés, Mes récits et mes
faisant-dire au docteur ce qu'il n'avait pas dit, pour lé sitions d'un descriptions sont les dépo-
faire paraître on contradiction avec lui-même. témoin oculaire.
Voici. donc les articles de M. le chanoine Mustel, Un ouvrage de ce genre ne pouvait manquer
parus les 22 et 29 décembre 1893et 12janvier 1891. de frapper les imaginations et d'éveiller l'atten-
tion. Cependant, selon leur habitude, les maté-
i . ' rialistes et tous ceux qui, de parti-pris, sans
l '(Numéro du 22 décembre 1893) examen, nient obstinément le surnaturel, qu'ils
L'ouvrage du docteur Bataille ne pouvait redoutent, devaient écarter le témoin importun
passer inaperçu et. il devait naturellement ren- d'un ordre de faits qu'ils ont déclarés fabuloux
contrer bien des doutes et bien des incrédulités. et impossibles. Mais comme ils se sentent im-
Comment, en effet, l'opinion publique aurait-elle puissants à soutenir leur scepticisme par des
pu admettre sans protestation et sans défiance, à arguments sérieux, ils devaient se réfugier ou
une époque où le scepticisme, le matérialisme et dans le silence ou dans le sarcasme. Cependant,
l'athéisme, prêches au nom de la science et du même dans le monde des incroyants, les ques-
progrès, ont ou détruit'ou notablement affaibli • tions de l'au-delà sont posées depuis quelque
toutes les croyances spirilualistes, surnaturelles temps et passionnent un certain nombre d'esprits
et religieuses, non seulement que Lucifer, l'Ange •
curieux, dont le naturalisme brûlai blesse l'intel-
révolté devenu Satan, l'Ennemi de Dieu et des ligence et le coeur. Ces pauvres esprits, privés
hommes, reçoit un culte, a des adorateurs fer- de la vérité et affamés d'idéal et d'immortalité,
vents et nombreux, mais qu'il intervient person- cherchent au hasard et courent à tous les oracles
nellement pour diriger ses adeptes et exercer qui prétendent connaître et promettent de révéler .
par eux sur le monde une action aussi étendue les secrets de l'autre, vie. De là les succès stu-
et suivie que néfaste et monstrueuse ? péfiants obtenus, auprès de milliers d'hommes
Cependant les écrivains catholiques ou anti- ignorants du vrai Dieu ou rebelles à. la foi, par
maçonniques ne pouvaient révoquer en doute le les doctrines insensées du spiritisme, de l'ésoté-
fait, attesté par des documents et des témoi- risrne, du bouddhisme, etc. On ne veut croire ni
gnages indiscutables, et avoué par les auteurs Moïse, ni les Prophètes, ni le Verbe de. Dieu,
maçonniques les plus autorisés, des relations lumière du monde, ni l'Eglise catholique ; mais
entre certaines arrière-loges spéciales et les on jure par Allan-Kardec, par ïaylor, Albert
•esprits infernaux. Rien n'est mieux établi ni plus Pike ou Jules Bois.
universellement admis par les hommes compé- Le docteur Bataille a certainement trouvé,
tents en cette matière, et, sur ce point, il y a parmi ces esprits dévoyés, des lecteurs auxquels
entre eux accord parfait. MM. Bois et Roseu il pourra faire du bien en leur montrant la source
reconnaissent ou proclament l'intervention diabo-- impure de leurs folles erreurs.
lique aussi expressément que Mgr de Ségur, le\ Autrefois, parmi les catholiques,, beaucoup
14 NEVEEMENSUELLE,
«ELIGIEUSE, SCIENTIFIQUE
POLITIQUE,

auraient pu, comme aujourd'hui, tenir en sus- 1 sionnables et parce que, quand la fausseté en
picion les témoignages de l'auteur et les sou- aura été établie, elle sei'A'ira d'argument à la
mettre à un examen sévère. Tous auraient, sans franc-maçonnerie pour nier toutes les accusa-
hésitation, reconnu la possibilité, sinon de tions, nnfine les mieux fondées, dont elle est
chaque fait en particulier, du moins de l'en- l'objet, et gagner, deA^ant l'opinion publique, le
semble, parce que tous croyaient d'une foi A'ive procès qui se plaide entre elle et les catholiques.
à l'intervention du Démon 'dans le monde, sur Elle se fera acquitter comme victime d'autant de
lequel, depuis le péché, son action s'exerce dans calomnies que nous avons émis contre elle de ;
une mesure variable que règlent la justice et la griefs légitimes, et ses pires méfaits seront
miséricorde de Dieu. Mais aujourd'hui, que absous, parce qu'on aura chargé son dossier de
d'âmes encore chrétiennes par la volonté crimes imaginaires.
subissent les atteintes du scepticisme ambiant, Telle est, si nous ne nous trompons, l'idée, ou
faute d'une instruction sérieuse et, plus encore, la crainte, ou l'impression qui a dicté les appré-
faute de savoir réfléchir sur ce qu'elles ont ciations défavorables de l'éminent directeur de
appris et tirer les conclusions des doctrines la Semaine religieuse de GaAiibrai, M. le cha-
qu'elles croient et professent ! noine Delassus, appréciations auxquelles la
11y a donc eu. dans ce vaste milieu de catho- haute valeur de l'auteur et l'estime si bien
liques peu sérieux, illogiques et irréfléchis, des méritée dont il jouit, ont donné une autorité
étonnements et des répulsions très considé- exceptionnelle.
rables, si on les compte, mais qui manquent de Enfin, le docteur Bataille a été l'objet, delà
poids et qui sont, par rapport à la discussion, part de plusieurs auteurs antimaçônniques;
une quantité négligeable. spécialement de M. Paul Rosen et de M. Georges
Quand nous arrivons aux hommes sérieux, qui Bois, d'attaques radicales, puisqu'elles ont mis
ont un nom et une autorité parmi les catho- en cause sa bonne foi, par conséquent son hon-
liques, nous les trouvons partagés, par rapport neur, et qu'elles représentent son oeuvre comme
aux révélations du docteur Bataille, en plusieurs une fumisterie, un roman, une pure entreprise
opinions qui se peuvent ramener à quatre groupes de librairie.
principaux. Laissant de côté ceux qui croient, comme nous
Les uns admettent ce qu'il affirme, non pas à croyons, par les mémos motifs que nous ou -par
l'aveugle et sans examen, mais après s'être des motifs plus convaincants encore, nous vou-
livrés à une critique et à des enquêtes qui leur drions examiner avec calme et discuter, avec
ont permis de se faire une conviction motivée. netteté et précision, les objections principales
Le nombre de ces conA'aincus s'accroît chaque de ceux qui doutent, et le poids des incrimina-
jour. 11 suffirait, pour s'en convaincre, de lire, tions de ceux qui accusent et condamnent.
dans YEspèrance du Peuple de Nantes, du Soyons bref.
20 octobre, l'article sur le Palladisme, signé
R. Malleville ; dans l'Union catholique de M. le chanoine Ribet, dont la critique est un
Rodez, du 4 octobre, et-dans le Messager de modèle d'urbanité, de modération et de loyauté,
Millau, du 7 octobre, le compte rendu de la con- reproche' d'abord au docteur Bataille de se
férence faite à Millau, le Ier octobre dernier, cacher sous un pseudonyme. Tout témoignage,
devant un auditoire aussi nombreux que dis- dit-il en substance, ne vaut que par le témoin.
tingué et sympathique, par le R. P. Fuzier ; dans Pour vous croire, il faut d'abord vous connaître.
la Semaine religieuse de Meude, l'article plein A cette fin de non recevoir, il avait été déjà
de mesure et de sens critique publié, le 6 octobre, répondu — non pas, comme l'a compris
par celte feuille excellente. Le P. Monsabré a, M. Ribet, que l'abbé Mustel ou tout autre se
nous a-t-on affirmé, donné son témoignage au faisait garant du docteur Bataille — mais, ce
docteur Bataille ; mais nous n'avons pu contrôler qui est bien différent, que le docteur était connu
cette affirmation (I). Quant à nous, nous avons de plusieurs centaines de personnes, catholiques
reçu, de Aive voix et par écrit, un grand nombre militants, officiers de marine, francs-maçons des
de" témoignages favorables au même auteur, • Hauts-Grades, qu'il avait fait une conférence en
émanés de prêtres, de religieux, et même d'évê- présence d'une centaine de personnes, sous la
ques. Il est donc impossible de ne pas prendre i présidence de M. de Beaucourt, que MM. de Ma-
au sérieux un ouvrage.qui trouve créance auprès ; rolles, Georges Bois, presque tout le comité anti-
de tant d'hommes supérieurs et compétents. maçonnique, de Paris l'avaient vu et entendu,
Nous aAr'onsdonné, d'ailleurs, les raisons qui ont: qu'il donnait audience une fois chaque semaine
déterminé notre conviction personnelle. chez ses éditeurs, qu'il ne refusait de se mettre
A la suite de ceux qui croient viennent ceux: an relations avec aucun homme sérieux, et
qui doutent, qui font des objections et qui deman-- qu'enfin les francs-maçons des Hauts-Grades,
dent, pour être com'aincus, des éclaircissements s n'avaient pas le plus léger doute sur sa person-
et des explications. M. le chanoine Ribet, quia L nalilé. Dans ces conditions, le docteur Bataille
consacré à cette question, dansT Univers, deux: n'était pas un inconnu.
articles remarquables, les représente excellem- Mais pourquoi ne pas livrer son vraimom ? "
ment. Ce n'était'pas pour se cacher des francs-ma-
D'autres, non seulement doutent, mais refu- çons. Jamais'ce prétexte, qui eût été ridicule, n'ar
sent de croire et repoussent le Diable au XIXe0 été allégué. Mais l'auteur du,Diable avait des
Siècle comme une oeuvre sans valeur au point dei raisons, dont il ne nous appartient pas de rendre
vue de la crédibilité,- et doublement dangereuse : compté, de laisser ignorer à certaines personnes,
parce qu'elle surexcite les imaginations impres- qui le connaissaient sous son nom véritable^
DE LA PUBLICATION
COMPLÉMENT AU XIXeSIECLE»
« LE DIABLE 15

qu'il était l'auteur d'un ouvrage antimaçonnique. pour les diviniser, mais d'une manière analogue
Le bruit qui s'est fait, les indiscrétions qui ont à ce travail de la grâce. De même, en effet, qu'il
été commises, ont rendu vaines ses précautions y a des âmes que leurs vertus placent évidem-
et fait, échouer son dessein, ce qui est fàT' ment au-dessus de l'humanité, tant Dieu A'itet se
cheux (S). En tout cas, l'objection de M. le manifeste en elles, de même, il y a des êtres .
chanoine Ribet a disparu depuis qu'un journal dont la dépravation n'a, plus les caractères des
catholique a publié récemment deux fois le nom vices humaius, mais reproduit la monstrueuse
qu'on demandait au docteur de donner et qu'il perversité des démons, qui mettent toute leur
'avait toujours eu l'intention de faire connaître, activité à faire le mal pour le mal. —-Enfin, les
au moins quand son oeuvre serait achevée. agents directs et conscients de Satan, ceux qui
M. le chanoine Ribet reproche à l'auteur du l'évoquent et qui deviennent l'es instruments de
Diable au XIXe Siècle d'avoir démesurément ses opérations et de ses prestiges, ne peuA'ent-ils
grossi sa publication, en ajoutant aux révéla- pas être aussi appelés légitimement, ne sont-ils
tions personnelles qui en devaient être l'objet pas réellement, quoique dans un sens différent
des dissertations sur l'hystérie, la posses- de celui de l'Ecole, des possédés? Et faut-il tenir
sion, etc., et surtout des relations de laits démo- rigueur à un homme du monde d'employer des
niaques anciens, spécialement d'un grand nom- termes inusités, quand sa pensée est claire et
bre de cas de possession, ce qui rompt l'unité juste?
de l'oeuvre et amalgame plusieurs sujets diffé- Les autres critiques de M. Ribet nous parais-
rents eu une seule compilation. Au point de vue sent moins graves. 11y en a plusieurs sur les-
de l'art, celle critique est juste et nous avions quelles nous sommes d'accord avec lui, et nous
d'abord regretté vivement ces superi'étations, en ajouterions quelques autres. Ainsi l'auteur du
malgré l'intérêt qu'elles pouvaient présenter. A Diable étend trop le domaine auquel s'applique
la réflexion, nous sommes moins sévère. L'au- l'infaillibilité de l'Eglise et du Pape; il pousse
teur, vivement attaqué — peut-être surpris de trop au noir, de temps en temps, ses tableaux et
ces attaques — a voulu se défendre, lui et son ses jugements; il généralise à l'excès, etc. Mais
oeuvre, en montrant dans le passé des faits bis-, ce sont là les défauts de l'écrivain, qui n'infir-
toriques, rigoureusement contrôlés, et que l'igno- ment en rieu la sincérité du témoin et laissent à
rance et la mauvaise foi peuvent seules contes- son oeuvre toute la portée, toute la valeur que
ter, faits semblables ou analogues à ceux, qu'il M. le ebanoine Ribet lui reconnaît.
rapporte. Ce motif n'est-il pas de poids ? Quant Un dernier mot encore : Dans son premier
aux éludes sur l'hystérie et la possession, elles article, celui-ci s'étonnait, — et il n'est pas le
s'imposaient dès que le docteur Bataille voulait, seul, — que le merveilleux le plus extraordi-
non pas seulement raconter, mais apprécier les naire se produisît incessamment dès que le
faits dont il avait été témoir.. A examiner le docteur Bataille entrait eu scène. Ce n'est là
résultat, si la composition de son.livre est moins qu'une erreur d'optique. 11 suffit, pour la rec-
simple et moins une, n'y a-t-il pas avantagea tifier, de constater que l'auteur a groupé, dans
présenter comme en un faisceau et à traiter son récit, les faits les plus frappants qui, dans
: d'ensemble toute la question du Diable ? la. trame de sa vie, se trouvent dispersés sur un
i Quant au fond, M. Je chanoine Ribet. a trouvé espace de dix ou onze ans (3).
confuses les notions sur l'hystérie. Notre im- '
II
pression a été contraire, mais c'est un sujet sur
lequel nous ne pouvons être juge, étant trop (Numéro du 29 décembre 1893)
incompétent. Un reproche plus graveeet adressé Nous nous proposions de nous occuper, cette
à l'étude sur la possession, et ce reproche n'at- semaine, des motifs de défiance que font valoir
teint pas uniquement le docteur Bataille, mais contre les révélations du docteur Bataille M. le
le théologien (un religieux) qui revoit son travail chanoine Delassus, M. Rosen et M.' Georges
pour en corriger, s'il y a lieu, les erreurs théo- Bois. Deux lettres que nous avons reçues, l'une
logiques. Une simple explication suffit, ce nous de M. Delassus, l'autre de M. G. Bois nous aide-
semble, à donner satisfaction à M. le chanoine ront à préciser et à éclairer la question.
Ribet. Le mot possession peut, comme tant Voici d'abord ce que nous écrit M. le directeur
d'autres termes employés en philosophie et en de la Semaine religieuse de Cambrai :
théologie, être pris en'deux sens, dans le sens
strict, et précis, ou dans un sens plus large et Lille, rue Négrier, 30, le 24 décembre1S93.
Monsieuret vénéréconfrère,
plus général : lato vel stricto sensu. M. le cha- Assez souvent vous m'avez fait l'honneur de m'ap-
noine définit exactement le sens strict ; M. le commetémoin clansla question du « Diable au
docteur emploie le mot possession dans un sens peler XIXe siècle » pour que vous me permettiez de venir
large, l'appliquant à l'état de toute personne relever dans votre Revuetoujours si vivante une erreur
qui agit sous l'empire du démon ; et l'on peut de quelqueimportancedansle débat. Cette rectification
alors distinguer la possession physique, qui est pourra expliquerà vos.lecteursles sentiments que vous
la vraie possession, dans l'acception propre du m'attribuez et que j'ai relativement à la publication ' du".
mot; la possession spirituelle, qui consiste, pour docteur Bataille. à la ;
ainsi, dire, en une transformation de l'âme sous Vous répondez :
question pourquoi le docteur
l'influence persévérante de l'Esprit -mauvais; I Bataille n'a-t-il pas livré son nom?
« Ce n'était pas pour se cacher des francs-maçons,
.-.•lequel lui communique sa malice et ?a haine et ce prétexte, quieût-étéridicule,,n'a été allégué. »
: la,:modôl.e,-à..sOiix,imagée .non pas précisément de. jamaisVoici ce. que le docteur .Bataillem'a écrit, non pas
l^W.êwè. sorte que KEsprit-Saint s'emparo des dans une lettre privée,mais dans^une lettre qu'il voulait
âmes les plus déA'ouées et les plus privilégiées me faire publier dans la Semaine religieusedu diocèse
16 HEYUEMENSUELLE, SCIENTIFIQUE
POLITIQUE,
1U5LIUIEUSE,

de Cambrai,sous peine de poursuites : « Si ma lettre autour g de son nom lui devenait une protection,
n'est pas publiée dans les 48 heures, je ne A'OUS la ren- (et, d'autre part, des éclats de colère comme ceux
verrai pas par huissier, mais vous recevrez immédia- cque venait de faire entendre la Grande-Maîtresse
tement une assignation en diffamationdevant le tri- de . la
bunal de policecorrectionnelle. » Loge-Mère de Paris apportaient à ses
*
oeuvres un témoignage de la plus haute valeur.
Que disait cette lettre? dont vous avez la primeur.. Il
« Bien qu'un adversaire de la franc-maçonnerieest ' aurait fallu que l'auteur du Diable au XIXe
« tenu de prendre certaines précautions, surtout lors- Siècle < eût perdu le sens pour se contredire d'une
« qu'il révèleles manoeuvresde cette sociétéanticatho- Jfaçon aussi pitoyable. Mais tout s'explique et "
« lique et internationale, l'auteur est mis en demeure devient < clair, si Tonadmet que, courant une autre
.« (dans la Semaine de
de Cambrai;, publier'son nom... ;
aventure, il veut indiquer que la révélation de
« Je n'ai pas à hésiter. 11 me devient indifférent de son nom l'exposerait à un danger qu'il ne peut
« paraître céder à une pression,en réalité injustifiable. '.
< 3e me borne à vous déclarer responsablede ce qui préciser, sans se livrer lui-même. L'évocation
« pourra arriver. Si les nouvellesmesures que je vais des vengeances maçonniques, auxquelles il n'a
« prendre pour me garantir n'étaient pas suffisantes... peut être pas définitivement échappé, lui sert et
« Sije vais prendre de nouvellesmesuresde précaution, lui suffît, pour faire entendre qu'en livrant trop
« c'est par utilité et non par peur. La mort ne m'a. tôt son nom à la publicité, il peut « risquer sa
« jamais effrayé,mais je ne tiens pas à risquer ma vie Aie ».
« inutilement. » J'avoue qu'en s'expriinant comme il l'a fait, le
11était impossible au docteur Bataille de dire plus docteur Bataille créait une confusion, donnait
clairement que dans cette lettre faite pour la publicité, lieu à une
qu'il n'avait pris un pseudonymeque « pour se cacher piste. Cependant méprise, engageait sur une fausse
des francs-maçons» et pour éviter leur vengeance,qui je m'étonne que M. Delassus s'y
irait jusqu'à l'assassinat. soit laissé prendre. La nature même du sujet,
Voilà,vénéréconfrère,l'erreur queje voulais signaler d'une part, et, de l'autre, la forme vague et nua-
dans votre article. Arousy dites encore: « Les lïancs- geuse dont l'auteur, ordinairement afflrmalif et
maç-onsdes Hauts-Grades n'avaient pas le plus léger précis, enveloppait sa pensée, n'aurait-elle pas
doute sur sa personnalité. » Je le crois comme A'ous, dû frapper son attention et éveiller sa perspi-
d'autant plus que le docteur, assez inconséquent ou cacité? en soit, je sais depuis long-
trop oublieux, avait l'ait connaître lui-môme,dans-sa - temps deQuoiqu'il quel danger il s'agissait, et, je le répèle,
publication et.avant la lettre que je viens de citer, ses
il ne venait pas, du moins directement, des
rapports avec Sophiala luciférienne.
À vous, vénéré confrère, de rapprocher ces paroles et francs-maçons. Indirectement, au contraire, ils
ces faits, et d'en tirer les conclusions. auraient eu, s'ils avaient été avertis à temps, une*
Veuillez agréer mes sentiments d'affectueuxrespect excellente occasion de se venger, sans se com-
et de religieux dévouement. promettre, en frappant par d'autres mains, d'au-
F. DIÏLASSUS, chanoinehonoraire. tant plus discrètes qu'elles auraient ignoré de
Nous connaissions, à peu près en même temps quelle haine elles étaient les instruments. Aucun
que notre vénéré confrère, la pièce qu'il cite et de mes lecteurs., je l'espère, ne me reprochera
dont il croit nous donner la. primeur. de proposer des énigmes. Je crains déjà de
Nous aA'ions même échangé, à cette occasion, n'avoir pas suffisamment gardé la. discrétion
avec l'auteur, quelques lettres qui se résumaient! nécessaire en une matière où donner l'éveil c'est
de notre côté, dans ce conseil, lequel fut alors exposer la sécurité et la vie d'un homme de
gracieusement accepté : « Ne tirons pas sur nos coeur. Les deux officiers français qui viennent
troupes. » (4.-) d'être condamnés à Leipzig ne "sont-ils pas vic-
M. le docteur Bataille se trouvait exposé, à ce times de quelque coup de plume imprudent, et
moment, à un danger très réel, très sérieux, n'y a-t-il pas, dans ce fait et dans d'autres sem-
mais non de la part des francs-maçons. 11 eftt blables, une leçon à la curiosité publique et 'à
vrai que la secte était furieuse contre lui et ceux qui veulent la satisfaire en leA^ant tous lés
<: qu'un adversaire de la franc-maçonnerie est voiles et en dissipant toutes les ombres, même
« tenu, comme il le disait, de prendre certaines les ombres protectrices ?
« précautions, surtout lorsqu'il révèle les ma- Du reste, nous nous trompons fort, ou c'est
« noeuvres dé cette société anlicathoîique et d'une autre cause, toute différente, que procède
« internationale.» Mais, en émettant cette vérité "le jugement porté par M. lé chanoine Delassus
indiscutable dans une lettre destinée à fa publi- sur l'oeuvre de M.,le docteur Bataille. Le livre
cité, M. Bataille prenait, en réalité, une mesure ne lui a .pas plu, l'a choqué, parce qu'il y avait,
pour se garantir du côté d'où il avait spécia- entre lui et l'auteur, un contraste, une opposition
lement à'eraindre. Quant à la Haute-Maçonnerie, violente dans l'esprit et le caractère. Homme
elle avait du premier coup, comme me f écrivait, d'étude, de règle, de réflexion, habitué à peser
dès le 21 février, Sophie AYalder, reconnu dans le mûrement ses idées, ses impressions et ses
docteur Bataille, « celui qui fut notre Fr.\ H. C.» paroles, marchant dans la pleine lumière delà
Et celui-ci, en répondant à la soeur lucifé- science et de la piété, dans la sécurité et la paix
rienne, se reconnaissait lui-même dans celte de devoirs nettement tracés et fidèlement
désignation. Bien plus : en publiant plustard les remplis, Péminent directeur de la Semaine de
noms des « inspecteurs en mission permanente, » Cambrai tient naturellement, nous dirions
il s'inscrivait, sous le pseudonyme qu'il avait vqlontiers instinctivement en suspicion tout ce
adopté, au rang naguère occupé'par lui dans ce qui sort des voies ordinaires, tout ce qui lui
tableau. 11lui était impossible de se faire recon- paraît irrégulier, excessif, tout ce qui s'écarte, à
naître des initiés d'une manière plus éclatante et son estime, de la ligne droite et de la juste
plus catégorique, parce que, en effet, de ce côté, mesure. C'est ainsi qu'il blâmait sévèrement, il
il n'avait rien, à-cacher. Bien plus, le bruit l'ait y a quelques années, les comptes rendus des
COMPLÉMENT « LE DIABLEAU XIX0 SIÈCLE»
DE LA PUBLICATION 17

euérisons de Lourdes, parce qu'il les jugeait vain et le héros des faits qu'il raconte, une
harmonie frappante, qui a presque une force
prématurés et dépourvus d'autorité. Ilautour trouvait
également très mauvais le bruit fait du probante ?
l'on, Nous croyons inutile d'insister, mais nous
voyage à Lourdes du romancier Zola, à ilquiavait
faisait ainsi une réclame, sur laquelle devons toucher un autre point.
. „ , Nous ne doutons pas que M. le chanoine:
compté.
Cette prudence, pleine de reserve et même de Delassus n'ait été froissé du ton qu'a pris envers
défiance, fait éviter beaucoup d'erreurs ; mais, lui M. le docteur Bataille.
comme tout homme, si bien doué qu'il soit, a Nous savons, d'autre part, que celui-ci se
plus ou moins les défauts de ses qualités, elle plaint amèrement de n'avoir pas trouvé, chez le
expose aussi à mal apprécier les hommes et les directeur de la Semaine religieuse de Cambrai,
actes qui relèvent d'une, autre inspiration. Ainsi la loyauté sur laquelle il comptait comme sur un
nous croyons que le Père Maiie-àntoine, le célè- droit strict entre écrivains, à plus forte raison
bre capucin de Toulouse, et M. Delassus, ne entre catholiques. Il ne peut comprendre qu'en
s'entendraient qu'à force de vertu et d'abnégation- lui opposant le général Cadorna, M. Delassus
réciproque. Non pas, certes, que ce dernier ait négligé de reproduire la déclaration par
manque d'énergie et de flamme ; il en est pétri laquelle celui-ci, rappelant l'attaque et la prise
au contraire, mais chez lui l'énergie est disci- de Rome, à laquelle il présidait, s'en faisait un
plinée, et la flamme comprimée et réglée ; enfin, titre d'honneur, parce qu'il avait fendu service
il doit avoir plus d'inclination pour saint i- rauçois au Pape en le déchargeant de son pouvoir tem-
de Sales que pour saint François d'Assise. porel. Par là, en effet, le général Cadorna don-
Si ce jugement n'est pas erroné, nous com- nait sa mesure. A plus forte raison, selon le doc-
prenons que M. le chanoine Delassus ne fût pas teur Bataille, ceux qui, comme la Semaine reli-
disposé à juger favorablement l'auteur du Diable gieuse de Cambrai, lui avaient opposé le témoi-
au XIXe 'Siècle. Les deux natures sont, en effet, gnage de ce personnage, auraient-ils dû faire
tout à fait dissemblables. Tous ceux qui ont lu connaître ce qu'il a été et ce qu'il est, quand la
Le Tasse se rappellent ce bataillon d'élite, formé lumière s'est faite sur lui et ses actes : franc- '
de chevaliers errants, que commandait, au com- maçon avéré, envahisseur de la Ville éternelle et,
mencement du siège de Jérusalem, le sage et de ce fait, excommunié, assassin de soldats désar-
vaillant Dudon, et au milieu duquel brillait le més, de blessés et, presque certainement, de
bouillant Renaud, l'Achille du poème chrétien ; soeurs de charité, éditeur des pamphlets contre le
troupe facile à enlever, affamée de gloire, de Pape et l'Église laissés par son frère, après les
combats, de hauts faits, mais difficile à con- condamnations réitérées de l'Index, Cadorna ne
duire et encore plus à retenir. pouvait inspirer confiance à aucun catholique,
Quelle différence avec les Flamands et les même avant le télégramme par lequel, le 20
r* Lorrains, dont Godefroy de Bouillon tenait dans septembre dernier, il s'associait aux sectaires
sa main, pour en régler tous les mouvements, le qui fêtaient, à Rome, la ruine du pouvoir tem-
f courage ferme et calme ! porel des Papes. Certainement, sur ce point, M..
| La comparaison peut paraître ambitieuse; et Delassus pense comme le docteur Bataille ; mais
i nous pouvons donner à notre pensée une forme celui-ci prétend — est-ce vraiment à tort? —
I plus prosaïque et plus moderne. 11 suffit de se qu'après lui avoir opposé le témoignage de Ca-
,ï représenter les traits, qu'il a si vivement dépeints, dorna, il fallait dire ce que vaut ce témoin ; que
I auxquels Mgr Dupanloup reconnaissait les voca- la justice enfin et la bonne foi défendaient de
tions à la marine : natures qu'il faut comprendre laisser peser sur lui, devant le public, devant les
' pour les apprécier équitablement et pour les catholiques, une accusation à laquelle on a donné
,. aimer ; violentes, mais dévouées, malaisées à crédit, en l'acceptant, quand le témoin qu'on a
gouverner, promptes à subir un entraînement produit, s'il était connu, la rendrait méprisable.
sympathique, impatientes du joug, du frein, du D'autre part, pour ne rien laisser dans l'ombre,
repos, aAûdes d'aventures, de' dangers et. d'hé- M. Delassus affirme que lé jugement porté par
roïsme. Ce sont des hommes de cette trempe lui sur le Diable au XIXe 'Siècle provient uni-
;, qui tentent d'aborder le Pôle Nord ou qui tra- quement de l'exâinen qu'il a fait de l'ouvrage,
| versent les déserts de l'Afrique. Parmi eux en dehors de toute influence extérieure. Là-
\k encore prennent rang un publîciste comme dessus, la parole de notre vénéré confrère fait
| Drumont, qui ferait tant de bien s'il était assez foi.
g: chrétien pour discipliner sa vaillance sous la loi Il n'en est pas moins vrai cju'un ennemi de
f de l'obéissance et du respect, niais surtout un l'auteur est allé de Paris à Lille colporter ses
f apôtre tel que Combalot, auquel'on peut préférer attaques, mal fondées, s'est efforcé d'entrer en
les Ravignan et les Félix, mais dont il faut ; relation avec le directeur de la Semaine reli-
? estimer la vertu et bénir l'influence. gieuse, et avait chargé un intermédiaire, que
M. le docteur Bataille est de cette phalange. nous citer, de propager les renseigne-
Il s'est peint lui-même-.de ces couleurs, sans y mentspourrions erronés et malveillants qu'il débitait contre
, songer ; et quand même il n'aurait pas pris lai le docteur Bataille.
, peine de nous dire ce qu'il est, il se révèle ài Est-il étonnant que-celui-ci ait attribué à ces:
'•| travers son style, plein, comme lui-même, deÎ manoeuvres, au moins dans une certaine mesure,
?$' fougue, tout en mouvement et en relief. Nei la condamnation que lui infligeait un juge sur
% fallait-il pas qu'il eût ce tempérament pour seî la bienveillance duquel il comptait?
jeter dans les hasards qu'il, a-' témérairemeni I Si nous entrons dans tous ces détails, ce n'est
affrontés, et chez lui n'y a t-il pas. entre l'écri- certes point par esprit de contention, mais en
18 I1EVUE SCIENTIFIQUE
POLITIQUE,
RELIGIEUSE,
MENSUELLE,

esprit de paix et d'union, dans le désir de dissi- public. J'ignore cette affaire.11n'y a personne près de
moi dans cette situation. Je n'ai d'autres
per des malentendus, de provoquer un nouvel d'armes que mes amis et collaborateursde compagnons la Mérité.
examen, et de faire cesser, si, comme nous le Ce serait abuser du droit de réponse que d'entrer
croyons, la vérité et la justice le demandent, une dans la discussionmême du Diable, Mais vous avez
polémique irritante et regrettable entre des raisond'observerqueje ne m'écartepas de la tradition.
hommes qui sont d'accord sur le fond de la Je pose la question commevous-même. Ce qui est en
question si grave qu'ils traitent avec un si vif doute, ce n'est pas l'existence au milieu de nous d'un
intérêt, et que nous croyons appelés, non à se monde spécial voué au diabolisme.Ce mondeexiste.
combattre, mais à se comprendre et à se sou- 11 s'agit seulementde saAroirsi le docteurBataille eu a
été l'historien fidèleou s'il n'en a fait que le roman.
tenir. Vous tenez pour la première opinion. Moi pour la
Que M. Delassus veuille bien nous permettre seconde.Ce n'est pas une différencede doctrines. Ce
de profiter de cette occasion pour le prier de sont des jugements divers sur une question de fait. '
donner au public, le plus tôt possible, son travail Voilà ce qu'il était toujours utile de préciser puisque
extrêmement remarquable sur la Question reli- l'occasions'en présente.
gieuse et la Franc-Maçonnerie, en réunissant Veuillez,Monsieurle Directeur, agréer mes senti-
en volume les articles parus sous ce titre dans ments de respect en N.-S.
la Semaine de Cambrai, du" 17 au ^oc- G. Bois.
" juin IV '
tobre.
Ce sera, pour le temps présent, avec plus de (Numéro du 12 janvier 1894)
développements, des vues plus vastes et des M. Paul Rosen s'est montré, dès le premier
détails nouveaux, plus complets et plus précis, jour, l'adversaire le plus acharné du docteur
ce que fut, au moment où il parut, l'opuscule de Bataille. C'est de lui qu'on peut dire : « Pour le
Mgr de Ségur sur le même sujet. Quiconque lira perdre, il n'est pas de ressort qu'il n'invente. »
avec attention ces pages, dont la lecture est Tantôt, comme à Lille, il s'abouche avec les
d'ailleurs très facile et très entraînante, connaîtra hommes dont il espère que l'opinion, s'il peut
parfaitement l'esprit, l'organisation générale, l'inspirer, s'infiltrera naturellement daus l'esprit
les ressources, les moyens de combat de là des catholiques militants : il donne le nom véri-
secte infernale ; mais, en même temps, il sera table de l'auteur, en insinuant que ce doit être uii
plein de confiance daus le triomphe de l'Eglise, docteur allemand, si tant est qu'il soit docteur ;
et plein d'ardeur pour y contribuer par la prière qu'en tout cas il n'est qu'un -prêle-nom, un homme
et par l'action. de paiile, et que le véritable auteur du Diable au
— L'espace nous manque pour terminer ce XIXe Siècle est. Léo Taxil, lequel, bien entendu,
travail. Nous prions M. Georges Bois de nous au dire de M. Rosen, ne mérite aucune créance,
excuser si nous ajournons à la semaine pro- ne veut que gagner de l'argent en exploitant les
chaine l'insertion de sa lettre, qui paraîtra plus catholiques per fus et nef as, de sorte que l'ou-
utilement en même temps que les remarques vrage qui paraît sous le nom du docteur Bataille
dont nous la ferons suivre. n'est qu'un roman absurde, faux de tous points.
111 . Tantôt il écrit, sous n'importe quel prétexte,
.ï aux hommes qui s'occupent des questions maçon-
(Numéro du janvier JS94) dans le but évident et bientôt avoué de
Cette semaine-là,M. le chanoine Mustel,se trouvant niques, combattre auprès d'eux, par des moyens ana-
indisposé, s'excusa auprès de ses lecteurs de ne pas
continuer sa série d'articles et se borna à, logues, les révélations du docteur et tout ce qui
• pouvoir
publier la lettre de M. GeorgesBois,dedont il est ques- s'y rapporte..
tion plus haut. M.Boiss'étanf servi l'huissier vis-à- Malheureusement pour lui, M. Paul Rosen est
vis de M. le chanoine Mustel,commeil l'avait fait,vis- aussi maladroit qu'audacieux. 11 m'en a ample-
a-visde nous et delà Croixde Reims',le directeur de la ment fourni la preuve.
Revue CatholiquelieCoutancesavait inséré tout,le con- Le premier prétexte qu'il imagina pour m'é-
tenu du papier timbré en plaisantant le hargneux crire était d'une absurdité enfantine. Je me serais
requérant sur ses procédés. D'où la réplique suivante présenté en m'autorisaut de son nom, — à lui,
de M. Bois,que M.le chanoineMustel accompagnede Paul Rosen ne connaissais pas du tout, —
quelques lignes : que je
chez M. Léo Taxil, avec lequel j'entretenais
• Nous ne pouvons faire attendre plus longtemps
de depuis plus de deux mois une correspondance
M. Georges Bois. Voici la lettre lui. que suivie, intime, confidentielle !
nous annoncions la semaine dernière, elle ap- U avait tout simplement appris que. dans une
pelle d'assez nombreuses remarques qui éclaire- visite à M. Léo Taxil, j'avais parlé de lui et
ront, nous l'espérons, de plus en plus la ques- obtenu la confirmation, avec références dignes
tion sur laquelle il a pris position, à l'opposé de de toute confiance, des renseignements
notre conviction chaque jour plus affermie. Mais j'avais reçus du comité anti-maçonnique de Paris. que
nos observations auront une certaine étendue. Néanmoins, cet intrépide avertisseur s'em-
Il faut les remettre à plus tard. pressa de m'envoyer coup sur coup quatre nou-
Monsieurle Directeur, velles lettres, — que j'ai gardées," — pour me
Pourquoi je me suis servi de l'huissier? C'estsans prévenir : 1° Que Sophia Wald.er n'existait pas,
aucune intention offensante.C'est une nécessité de la et que j'étais le jouet d'un « fumiste mâle», lequel
situation qui m'est faite, non par vous, mais par la était, —il fallait s'y attendre, — M. Léo Taxil.
discussion dans laquelle vous êtes intervenu. — 2° Que « le Suprême Directoire
A ce propos, il y a dans votre réponseune supposi- Dogmatique »
tion contre laquelle'je demande^àprotester. Vous par- de Charleston « n'existe.pas ». —3° Que «le
lez du refus-'opposépar vous à "un hommedontje mt Grand — Collège.des.MaçonsJîmêriles n'existe.pas.»
faitMn compagnond'armes
SMÎVI" et une cautiondevant li 4° Que « le Rite Palladique n'a aucun rapport
DE LA PUIÎL1GAT10N
COMPLÉMENT AU XIXeSIÈCLE»
(( LE D1A1SLE 19

ivec la F. ". Mac. •. et es t un groupemen t où, sous claire que le jour. Il prétendait, nous l'aArons dit,
couleur dé Spi)'ïtisme, on fait du naturalisme, et que les lettres de Sophia avaient été écrites par
tirent M. Léo Taxil, et que les deux écritures se res-
qui est conduit par des fumistes qui en » — semblaient. Or, il est impossible d'émettre une
profit (pornographiquement et autrement).eu des assertion
5° Eufin que"« le seul Mackey ayant plus éA'idemment fausse. Il n'y a entre
de la les deux écritures pas la plus légère ressem-
rapports avec Pike ot avec le Rite Ecossais
Juridiction Sud des Etats-Unis est le défunt blance, ou bien il faut dire que les caractères
docteur-médecin qui a été Grand Secrétaire d'imprimerie des éditions Lebei, de Versailles,
Général du Suprême Conseil depuis 1844 jusqu'à sont des caractères elzéAdriens, ou encore qu'il
sa mort,et pas autre chose que Grand Secrétaire». n'y a nulle différence, quant à l'impression, entre
De plus, je savais que, d'après M. Paul Rosen, les éditions liturgiques de Pus tet, de Ratisbonne,
le seul successeur d'Albert Pike était le F.'. et celles de Tournai, de Malines ou de Reims. 11
Batchelor. et que les lettres de Sophia "Walder, suffit d'émettre et plus encore de soutenir une
reçues par moi, étaient de l'écriture de Léo Taxil. affirmation de ce genre pour être complètement
C'est, du reste, ce qu'il a dit à un de mes amis disqualifié.
que j'avais chargé de consulter chez lui, 9, rue Or, toutes les assertions de M. Rosen, que nous
Chappe, les « documents probants »,les «.preuves avons rapportées, en. nous servant de ses propres
faisant foi », qui n'étaient pas, me faisait-il termes, sont aussi manifestement mensongères
remarquer « des simples dires, mais des réelles et insoutenables. Ainsi : 1°Il est avéré que, depuis
preuves matérielles authentiques », qu'il mettait la mort du docteur-médecin Mackey, un autre
chez lui à ina disposition. personnage, fils naturel du premier, mais que
Je n'avais besoin de consulter aucun des « docu- celui-ci faisait passer pour son neveu. Albert-
ments » de M. Rosen pour savoir que celui-ci me George, dit Mackey, a. fait partie du « Sérénis-
prenait pour un imbécile, ou, si l'on veut, pour sime Grand Collège des Maçons Emérites » (lequel
un naïf et un ignorant di primo cartello. Je existe parfaitement, quoiqu'en dise M. Rosen),
n'étais, grâce à Dieu, ni si bête ni si mal ren- puis est devenu, à la mortd'AlbertPike, son suc-
seigné'qu'il 1113faisait l'injure de le croire. Je cesseur, non pas, il est vrai, comme chef du
n'en demandai pas moins à l'un de mes amis,très Suprême Conseil du Rite Ecossais pour la Juri-
intelligent et que j'avais prévenu, d'aller chez lui diction Sud des Etats-Unis, ni comme Président
et de lui demander la production de ses fameuses. du Grand Directoire central pour l'Amérique du
« preuves matérielles authentiques ». Nord, mais comme Président du Suprême Direc-
Je savais à l'avance ce qu'elles étaient, M.Rosen toire Dogmatique de Charleston, ou comme Pape
n'ayant pu prendre sur lui d'en dissimuler le delaFranc-MaçonnerieUniverselle. C'est en estte
caractère. C'étaient purement et simplement les qualité qu'il avait envoyé à Rome sa démission '
livres et cahiers plus ou moins secrets — en tout avant la réunion du 20 septembre au Palais Bor-
cas, connus depuis longtemps, — du Rite écos- ghèse. Cependant nous croyons savoir qu'Albert-
sais, — l'un des Rites les plus importants de la George, dit Mackey, qui vit",et dont nous avons eu
• frauc-maçonnerie, mais simplement l'un des l'adresse entre les mains, il y a quelques jours, ne
; Rites. Or, comme tous les autres, ce Rite dépend se serait pas rallié au nouveau Souverain-Pontife
t du Suprême Pontificat maçonnique, tel que l'a maçonnique, Adriano Lemmi. Lui et les antres
l établi Albert Pike, et il est absolument distinct et dissidents feront parier d'eux prochainement;
i différent du Palladisme, qui, sans être composé nous le savons encore et nous pouvons l'annon-
s uniquement, de Francs-Maçons, domine et gou- cer en toute certitude.
verne, non seulement l'Ecossisme, mais tous les Quant à Batchelor, le prétendu successeur du
Rites et toutes les Puissances dont se compose la Pape maçonnique Albert Pike, il ne remplaça
Franc-Maçonnerie universelle. C'est ce que je celui-ci que dans la moindre de ses trois charges,
savais longtemps avant les révélations du docteur ainsi que nous l'avons dit. Il est mort au mois de
Bataille. J'avais suivi avec attention el j'avais juillet dernier. Voici la note que lui consacre le
compris, du moins en grande partielles pré- Bulletin du Suprême Conseil : « James Guning-
cieuses révélations données naïvement par le F.". ham Batchelor descendait d'une famille écossaise
Hubert, dans la Chaîne d'Union,—que les francs- établie à Québec (Canada). Il naquit dans cette
ont tuée, parce qu'elle nous instruisait ville, le 18 juillet 1818. — Le Suprême" Conseil
trop ; — j'avais lu le beau livre de Mgr Meurin. Je de la juridiction Sud (Etats-Unis), le choisit pour
savais donc : 1° que Albert Pike n'était pas seu^ Lient.-. Gr.-. Connu.-, le 22 juillet 1878, en
lementun des chefs de l'Ecossisme, —Président remplacement du T. •. 111.•. F. •. Jean-Robin-

de la Juridiction Sud, mais le chef delà Franc- Mac Daniel, décédé le 14 mai précédent, et le 18
Maçonnerie TJniverselle,ayant sous son obédience octobre, Batchelor fut élu Lieut. •. G.". Comm.\
tous les Rites, même le Rite français qu'il avait ad vilam.
excommunié, — et je connaissais.! e texte de son «Quand 1T11.•. F.-. Albert Pike, Gr.".
excommunication
' que j'avais publié, aussi bien Comm. . du Sup. •. Cons. •. depuis le mois de
que- là fameuse encyclique par laquelle il novembre 1851, sentit venir la mort, il appela
défendait de donner à Lucifer, le Dieu Bon. le le F.-. Batchelor et lui remit la direction de
nom maudit de Satan, l'Ange déchu. Je savais . l'Obédience ; il remplit cette fonction- jusqu'à la
Imaçons
fil donc que. M. Paul Rosen ou était, quoique 33e. mort du regretté Pike, au mois d'avril 1891 ; et
}>. dupe des mensonges de ses FF.".., — ce qui mes le 17 octobre; 1892, il fut élu Gr. • • Comm. •. ad
K, semblait difficile à admettre, — ou mentait avec ; viiam (septembre-octobre 1.893,p..,163). »...
Teffrontèiie d'un arracheur dé dents, _ '. James Gûningham, ..dit. Batchelor, médecin,
J'en avais une autre preuve matérielle, auss: i |, n'était, pas luciférien ni palladiste; Le Souverain
20 BEVUEMENSUELLE,
NEL1GIEUSE, SCIENTIFIQUE
POLITIQUE,

Directeur du Directoire central de l'Amérique du cela dans le sens le plus rigoureux du mot. Ses
Nord, — un des quatre Directoires centraux amis même n'ont jamais ATU, paraît-il, son écri-
entre lesquels se partage le gouvernement de la ture ; nous avons essayé en vain dé nous en
Maçonnerie universelle, sauf la Maçonnerie chi- procurer un spécimen. Y a-t-il là, comme on le
noise, est, depuis la mort d'Albert Pike, le F. •. croit volontiers, quelque mystère ?
Mac-Donald Bâtes, membre du sérénissime En quel pays M. Rosen a.t-il vu le jour ? Le
Collège des Maçons Emérites (lequel, selon nom qu'il porte est-il celui de son acte de nais-
M. Rosen, n'existerait pas), et par conséquent sance ? Ces questions ont été publiquement
luciférien et palladiste. faites, mais en vain.
Nous ne suivrons pas M. Rosen sur tous les Dans les lettres qu'il nous a adressées, M.
points que nous avons signalés. Celte question Rosen écrit pieusement : « Notre T. S. P. le
ne prend déjà que trop de développements. Il Pape » ; « Notre Mère la Sainte Eglise » ; il se
nous suffira de montrer comment il essaya de se montre très honoré et tire grand argument de
donner raison auprès de notre obligeant'nianda- ce qu'il a obtenu un Bref pontifical et une lettre
taire. Ce fut très simple, et nous l'avions prévu. du cardinal Rampollà pour ses livres ; mais un
Pour prouver qu'il u'y a pas de Triangles palla- homme qui le connaît fort bien, l'a fréquenté et
diques dans la Franc-Maçonnerie, il exhiba les le fréquente encore, quoiqu'il se défende d'avoir
livres, peu secrets, du Rite Ecossais. C'était jamais eu avec lui d'autres rapports que ceux
enfantin. Autant vaudrait produire les statuts de d'un client avec un marchand de livres, m'écri-
la Confrérie du Rosaire pour établir que l'Ordre vait récemment : « Je sais qu'il est juif, que lui-
des Franciscains n'a jamais existé daus l'Eglise". même s'en A7antetrès A-olontiers, et qu'il vend
Mais aujourd'hui, nier le Palladisme ou pré- ses livres à ceux qui les paient, catholiques ou
tendre qu'il est étranger à la Franc-Maçonnerie, non. »
après les révélations de Mgr Meurin. celles de Tous ceux, et ils sont nombreux, auxquels j'ai
Rhemus, et les aveux des feuilles maçonniques, parlé de M. Rosen, membres du comité anti-
ce serait tellement audacieux, que M. Rosen lui- maçonnique, ecclésiastiques, laïques, ceux
même ne l'oserait plus.- Qu'il nous suffise d'em- même qui ont collaboré avec lui, m'ont donné la
prunter à une note du Bulletin maçonnique d'oc- même note, que l'un d'eux résumait ainsi, tout
tobre 1891, citée par Rhemus dans le premier dernièrement, chez moi : « Je ne connais per-
numéro de la Revue mensuelle, l'indication sonne qui ait confiance eu lui. »
suivante relative aux progrès de la secte en On prétend encore qu'après avoir subi une
Espagne : «Au moment de la constitution du G.". condamnation maçonnique, suivie de ?.on exclu-
Conseil actuel, elle (la Franc-Maçonnerie) comp- sion des loges, il serait rentré en possession cle
tait S Loges supérieures, 135ateliers avec 2,966 ses insignes ; ce qui ne pourrait s'expliquer que
maçons. Depuis cette époque, elle s'est accrue par une infraction à toutes les règles. Quel en
considérablement par l'admission de : 1 Cham- serait le motif ?
bre de 30°%12 Chapitres, 30 Loges symboliques, M. Rosen a conservé des relations fréquentes
2 Loges d'adoption et dix-huit Triangles. » — avec M. Pétrot, député de Paris et encore con-
Les Loges symboliques comprennent les francs- seiller municipal, une des colonnes de la franc-

maçons ordinaires, jusqu'au grade de Maître; — maçonnerie. Je sais que d'autres auteurs anti-
les "Chapitres sont les ateliers de Rose-Croix; maçonniques continuent de voir quelques-uns de
les Chambres, que l'on nomme en France les leurs anciens amis qu'ils ont connus dans- les

Aéropages sont les ateliers de Kadosch ; les Loges, et je ne veux tirer de ce fait aucune con-x
Loges d'adoption sont celles où les Soeurs ma- clusion.
çonnes travaillent avec lés Frères ; —quant aux Un dernier mot : Un de mes amis, un prêtre
Triangles, composés de Frères et de Soeurs, ce distingué du clergé de Paris, membre actif du
sont les réunions palladiques. Sur ce point, comité antimaçonnique, ayant proposé d'abord
aucun doute n'est possible. au docteur Bataille, puis à M. Rosen, un collo-
11nous resterait, pour faire la pleine lumière, que chez lui, le docteur accepta de suite, avec
à dire ce qu'est M. Rosen, Mais la question est un vif empressement. M. Rosen refusa net et se
scabreuse. M. Rosen a publié sous son nom deux répandit, selon son habitude, en violentes inju-
ouvrages antimaçonniques, Satan et compa- res, contre l'auteur du Diable au XIXe Siècle,
gnie et l'Ennemie sociale. Ces ouvrages sont dont il prononce toujours le nom. avec un accent,
pleins de documents que l'on peut, pour la plu- de haine extraordinaire. (5)
part du moins, regarder comme authentiques. M. Rosen protestera peut-être contre ces in-
Auparavant, un ecclésiastique distingué de Pa- formations. Pour obéir à la loi-, nous publierons
ris avait publié, sans nom d'auteur, mais avec sa protestation, a laquelle nous ne répondrons,
'des documents fournis par le même personnage, pas. Mais nous maintenons à l'avance ce que
un ouA'rage très incomplet, mais important et nous venons d'écrire d'après des sources que
véridique, sous ce titre : La Franc-Maçonnerie nous avons sérieusement contrôlées.
pratique, en deux volumes. Enfin, nous savons L.-M. MUSTEL.
que, toujours par les soins de M. Paul Rosen,
un nouvel ouvrage, contre' lequel nous sommes n'avons Quelquesobservationssont encoreutiles ; mais nous
en grande défiance,doit paraître prochainement. pas voulu interrompre la dissertation si judi-
cieuse de l'éminent directeur de la RevueCatholiquede
Le titre en sera, dit-on les Kadosch-Kadoschim. Coulances.
Ces maçons d'un grade secret, complètement in- Nous avons donc, tout simplement, introduit des
connu, "auraient, comme les Palladistes, des numéros d'appel de note au cours des articles qu'on
relations satauiques. M. Rosen n'écrit pas et, vient de lire, et nous donnonsici les observationsqui
« LE DIABLEAU XIXe SIÈCLE»
DE LA PUBLICATION
COMPLÉMENT 21

nous semblent-nécessaires. Le lecteur n'aura, pour pprocuré, sous un nom étranger, des titres maçon-
numéro d appel D
cliaque observation, qu'à se reporter au niques équivalant à ceux qu'il possédait déjà.
corres])ondant. Aussi, quand survint l'incident de NeAv-York,
P. Monsa- aauquel il a déjà fait allusion plusieurs fois et
("1) La personne qui a cité le R. rensei- a de raconter (voir l 01,volume,
bré à M le chanoine Mustel était bien q
qu'il promis
enée Le R. P- Monsabré est parfaitement avec page j 157, dernier alinéa), le docteur n'eut qu'à
M le docteur Bataille contre ses contradicteurs, r
rire en lui-même de la confiscation de ses pre-
("S") Ici, M. le chanoine Mustel commet un
r
miers titres, puisqu'il avait pris ses précautions.
Voilà ce qu'aurait compris M. le chanoine
petit oubli. En dehors des sectes astrictement I
Ribet s'il avait lu attentivement les divers pas-
maçonniques, M. le docteur Bataille entrepris,
ssages où M. le docteur Bataille parle de ses
non pas uue enquête, mais deux enquêtes. Voir titres
le bulletin-couverture du Diable, fascicule 10, 11 maçonniques, de ses divers noms et de la
s'est créée ; et il n'aurait
daté du 5 septembre 1893, page 2, dernier alinéa triple personnalité qu'il
' en tout ceia aucune contradiction. M. le cha-
de la lrc colonne, et jusqu'à la 20° ligne de la vu
, 9c colonne. L'une de ces deux enquêtes a- dû noine i Mustel et la presque unanimité des lec-
être abandonnée par M. le docteur Bataille, à la teurs 1 ne s'y sont point trompés.
suite de la polémique soulevée dans plusieurs Le vrai nom du docteur Bataille, les Lemmi et
de < consorts l'ont toujours connu, cela coule de
journaux catholiques, lors de la reproduction :
source ! Ce qu'ils ignorent, c'est à quel nom
l'article de M.Delassus. A raison d'une indiscré-
tion commise (conséquence de cette polémique), sont les seconds titres maçonniques qui lui per-
le docteur a dû, par prudence, se retirer de la mettent, à cette heure encore, de pouvoir aller
Société à laquelle il s'était affilié, mais à celle- dans les triangles où il n'est entré précédemment
ci sous son vrai nom ; il était même parvenu à qu'à titre de visiteur et où il peut passer de
se faire élire président d'un des groupes étran- nouveau inaperçu. Cette situation, les chefs oc-
dire pour cultes de la haute maçonnerie l'ont devinée par
gers. C'est tout ce que nous pouvons la publication du Diable au XIXe Siècle, où ils
le moment, en rappelant que M. le docteur
Bataille fait ses enquêtes dans un but d'étude ont reconnu, EUX, des récils de faits postérieurs
. en vue de l'intérêt de la cause catholique, et non à l'affaire de NeAv-York ; mais il leur est matériel-
pour servir de délateur policier contre de mal- lement impossible de mettre un terme à cette
heureux égarés qui, personnellement, ne sont situation dont ils enragent. Une seule personne
pas francs-macous, mais sont menés, sans le sait ce secret-là ; car il a bien fallu la conni-
: savoir, par les chefs occultes de la franc-maçon- vence de quelqu'un pour délivrer les titres dont
; nerie. Quant à la deuxième enquête, elle se il s'agit et faire faire l'inscription réglementaire
' où cela est indispensable ; mais celte personne
poursuit, et, jusqu'à présent, dans le milieu dedont
il s'agit, personne n'a eu connaissance la ne peut pas trahir le docteur, qui la tient, de son
., récente indiscrétion commise volontairement et côté, par un autre secret.
I malhonnêtement par le journal la Vérité au Est-ce compris cette fois ? et surtout a-t-on bien
1 sujet du véritable nom de M. le docteur Bataille. saisi que ce qui vient d'être dit dans celte obser-
| Nous n'en disons pas davantage, sachant un de vation n" 3 n'a aucun rapport avec les deux en-
I nos adversaires absolument capable de préve- quêtes complémentaires, dont l'une n'a pu se
U nir les groupes de la société en question. poursuivre et dont l'autre se continue jusqu'à,
| (3) A propos de M. le chanoine Ribet, il est présent, sans encombre '!
H utile d'insister sur l'erreur commise parcevéné- (-•i} M. le chanoine Delassus ayant un peu trop
jï rable ecclésiastique, croyant à une contradic- taillé à coups de ciseaux dans la lettre que M. le
" tion de M. le docteur Bataille sur le fait des docteur Bataille lui adressa le 9 août dernier (à
noms que celui-ci a adoptés. Nous prions la suitede l'article où il lui opposait le F.\ géné-
' divers
M. Ribet de vouloir bien relire avec soin les pages ral Cadorna), il. est utile de donner cette lettre
479 et 480 du Diable au XIXe Siècle (1er volume), en entier.
et il verra qu'au contraire tout concorde par- Bien entendu, le lecteur est prié de faire la
' faitement avec ce que l'auteur a toujours dit. part de la légitime émotion de réçrfvain, qui,
1*M. le docteur Bataille, dans dés conditions indifférent aux attaques des Bois, Rosen et Aigue-
>• dont il n'a pas publié le détail (car il serait vrai- perse, avait été véritablement suffoqué quand
:' ment naïf d'indiquer à Pessina comment il s'y est il vit qu'un ecclésiastique s'était joint à ces gens-
t'"* Pris PGur le jouer, le moyen pouvant servir en- là pour l'outrager dans son honneur.
core), a réussi, moyennant les métaux voulus, à Heureusement, il eut la bonne pensée de trans-
:
ç?* obtenir duditPessihaun diplôme deshautsgrades. mettre, aussitôt envoyée, copie de sa lettre a
- G^est ainsi, et par le concours de diverses autres plusieurs autres ecclésiastiques qui lui ont sou-
circonstances racontées dans la première partie vent témoigné leur amitié ; ceux-ci le calmèrent,
de l'ouvrage, que le docteur a pu, les hauts aucune suite ne fut donnée à l'incident, et le doc-
grades du rite de Memphis et Misraïm étant déjà teur se borna à publier la lettre très modérée
nettement diaboliques, obtenir, sans nouvelle qu'on a pu lire sur le bulletin-couverture du
. ; enquête, l'affiliation au Palladisme. 5 Septembre.
i .2° Comprenant à merveille que son rôle d'exa- En cette circonstance, toutes les personnes
minateur dévoué au catholicisme pourrait un ; consultées furent d'avis que le moment n'était
/*. jour être découvert, et voulant se ménager les pas venu pour le docteur de publier son
v moyens de continuer sa surveillance, même nom et que la prudence exigeait encore qu'il fût
après une radiation du Palladisme, M. le docteur connu seulement des personnes sûres et ecclé-
Bataille, sans attendre d'être soupçonné, s'est siastiques.
22 IIEAT5E
MENSUELLE,
RELIGIEUSE,.
POLITIQUE..
SCÎENTIFÎOUË

D'autre part, M. le chanoine Delassus n'inséra de ce qui pourra arriA-èr.si les nouvellesmesures que
pas la lettre, et quand il eut clé nouveau à parler je A'ais prendre pour me garantir n'étaient pas suffis
du docteur, tout en continuant à lui être hostile, sautes. Mais, quoiqu'il advienne, je remplirai mon
il eut l'honnêteté, — pour laquelle il faut lui devoir de catholique jusqu'au bout, en continuant à
rendre justice, — dé ne pas livrer son nom à la mettre en pratique ce conseil, cet ordre du grand Pape
Léon XUI : < En premier lieu, arrachez à la franc-
publicité, malgré qu'il eût pu le faire, puisqu'il y maçonnerie ce masque .dont elle se couvre, et iaites-la
avait été autorisé ; mais il avait compris que cette voir telle
autorisation n'avait été donnée que dans un mo- qu'elle est. »
Puisque vous tenez tant, Monsieur,à ce que le public
ment d'émotion où le docteur n'avait pas pesé sache qui est le docteur Bataille, soyezsatisfait.
toute la graA'ité de sa résolution. L'auteur du Diableau XIXe Sièclen'est ni comteni
Aussi, malgré même son opposition abso- Sénateur, comme le général Cadorna dont la parole a
lument injuste, M. le docteur Bataille et ses tant d'autorité à vos yeux et dont A'OUS garantissez,à
collaborateurs de la Revue Mensuelle tiendront vos lecteurs la loyauté catholique, l'honnêteté chré-
les croyances antimaçonniques.L'adA'ersairede
toujours compte à M. le chanoine Delassus de tienne, Cadorna n'a ni titre ni dignité reçus, de l'usurpateur
cette discrétion qui l'honore.
Ces explications fournies, ce n'est nullement piémontais en récompense du sacrilège commis le
20 septembre 1870 par le fait de l'odieux envahisse-
— M. le chanoine Delassus le — menr de Rome, en récompenséde la canonnadede la
comprendra
pour faire acte d'hostilité contre lui que nous porte Pia,. en récompense du pillage et de l'incendie
publions en entier cette lettre dont ses récentes de la ville' sainte, et'de l'assassinat des zouaA"es ponti-
coupures ont donné un aperçu forcément défi- ficaux.
guré. Mais, puisque M. le directeur de la Se- n'est Non, Monsieur, l'auteur du Diable au XIXe Siècle
maine religieuse de Cambrai a cru devoir .en pas un grand 'personnage; c'est,un obscurchré-
un médecin catholique qui ne demandait qu'à
faire imprimer des extraits, nous croyons qu'eUe •, tien,
devient dès lors un document nécessaire à l'his- passer ignoré après avoir combattu pour la cause dé
Dieu. 11s'appelle tout simplement le docteur H.-C.; il
torique de cette polémique ; il ne sera, pas peu a tioes réellement effectué les voyages qu'il raconte,
intéressant pour nos lecteurs, nous en avons la pénétré dans les loges, arrière-loges et triangles palla-
certitude, de leur faire connaître quel a été l'état ilj-quesoù il dit être allé, et, pas plus halluciné qu'im-
d'esprit de notre ami quand il s'est vu outragé posteur,-il a vraiment vu ce qu'il affirme avoir vu, en
par un ecclésiastique. dépit de votre incrédulité sur tous ces points. H
D'autre part, le docteur Bataille étant revenu, appartient très authentiqtiementau personnel médical,
de la-Compagnie des MessageriesMaritimes, la pre-
grâce aux conseils de ses amis, sur son premier mière du monde ; s'il est à cette heure en état de non-
mouvement qui avait été de publier son nom, on activité, c'est de son plein gré, et il peut reprendre sa
comprendra que dans la reproduction d'aujour- place à bord, sur sa,simple demande.
d'hui nous le remplacions par des initiales. Le nom du docteur H.-C. est celui d'un honnête
Voici cette lettre : homme, Monsieur, d'un homme dont;la. conscienceest
1 tranquille, qui a toujours et. partout fait son devoir, à.
Paris, le i) août 1893.
Monsieur le Gérant de la Semaine religieusede. qui nul n'a. rien à. reprocher, — comme l'ouvrage du
Cambrai, docteur Bataille est un livre de vérité et tle bonne foi,
3'ai appris que tout récemment vous avezpublié dans n'ayant pas une ligne qui ne soit catholique et irré-
votre journal un article où, sous prétexte de critiquer prochable.
un ouvrageque je fais paraître sous le titre le Diable S'il a plu au docteur H.-C. de prendre pour son livre
au XIXe Siècle, vous me prodiguez la calomnie et un pseudonymeselon l'usage,c'est parcequ'il avait des
l'outrage. D'autre pari;,je viens de voir deux journaux raisons très sérieuses de le faire pour pouvoir mener
reproduire complaisammentvotre' insertion injurieuse son oeuvrede divulgationjusqu'au bout. Maisce n'était
et diffamatoire. , nullement par peur-; car quiconquele veut trouver n'a.
Dans cet artic'e, rédigé avec une perfidieinsigne, je qu'à se présenter chez ses éditeurs le lundi matin, et
suis présenté au public commeun imposteur. Bien que' cela depuis le commencementde la publication.Et, en
- le rédacteur de l'article sache très bien qu'un adver- outre, chaque fois que cela a. été nécessairepour l'édi-
saire de la .franc-maçonnerie est tenu de prendre fication de personnages non suspects de maç.onnisme,
certaines précautions, surtout lorsqu'il révèle les ma- on a su et vu chezlui qui est le docteur Bataille. Sur
noeuvres de cette société anticatholique et interna- la foi des faux renseignementsque vous avez tiop faci-
tionale, l'auteur du Diable au XIXe Sièble est mis en lement accueillis, vous avez donc trompé vos lecteurs
demeure de publier son nom, que de graves raisons en imprimant, non que je ne publiais pas, mais que je .
l'obligeaient à. ne faire connaître exclusivementet à. ne donnais pas monvrai nom; tour de phrase imagine
titre confidentielqu'aux ôminents chefs de l'Eglise qui1 Xiourfaire croire que je refusais absolument'deme l'aire
ont bien voulu le lui demander et à quelques autres connaître.
honorablesecclésiastiques. Aujourd'hui encore, si je vais prendre,de nouvelles
J'.auraisle droit de dénoncerpurement et simplement mesures de précaution, c'est par utilité et non par
le piège et de refuser de me prêter à une machination peur. La mort ne m'a jamais effrayé, maisje ne tiens
dont l'inspirateur est facile à deviner. Mais. d'a.utre pas à risquer ma vie inutilement.
je tiens, de source certaine, que les directeurs Le gouvernement piémontais a décoré le frahe-ma-
"' part,
occultesde la franc-maçonnerie,se réjouissantde ce que çonCadornapour avoir été le premier geôlier dePiel.X ;,
cette inqualifiablecampagneproduite tout à coup contre le gouvernement français m'a décoré pour avoir
. la sincérité de mes révélations a eu pour premier. fait mon devoir en temps de choléra. Cadorna,a votre
résultat d'endormir la vigilance dés bons catholiques, estime, et j'ai votre mépris. Dans l'intérêt de la cause
reprennent, confiance,viennent d'ourdir un complot caholique,je souhaite que l'interversion se fasse dans
. des plus abominables contre l'Eglise, et espèrent que, votre esprit ; mais si vous devez persévérer dans vos
plutôt que de leur fournir le moyeu de m'atteindre^je ! sentiments,soyezconvaincu que je n'en serai nullement
'.- renoncerai à ma lutte contre eux. désolé.
Dansces conditions,je n'ai pas à hésiter. Il me devient; J'espère vousavoir assez répété mon nom pour que
..-''indifférent de paraître céder à.une pression, en réalité: A'ousl'ayez bien retenu. Maintenant, si votre rédacteur
injustifiable. Je me borne à vous déclarer responsable', désire faire, avec moi plus ample connaissance, vous-.
COMPLÉMENT « LE DIAISLEAU XIX0 SIÈCLE»
DE LA PUBLICATION 23

n'avezqu'à ne pas insérer cette lettre ; car alors je Cependant, lui, trente-troisième, ne pouvait
n'hésiterai pas à vous traduire, ainsi quevotre rédac- ignorer les innombrables documents que notre
teur, comme diffamateurs, comme calomniateurs, de- ami A.-G. De la Rive va publier incessamment'
vant le tribunal correctionnel, où je A-ousdirai publi- dans son volume la Femme et dans la
et encore mieux qui je suis, avec mes états l'Enfant
quement Universelle (sous presse).
de.service à l'appui. C'estce que je ferai .également, si Franc-Maçonnerie
vous A"ous permettez de recueillir dans votre journal le desSur l'Italie, M. Rosen a servi au public, français
moindre nouveau mensonge à mon propos. coupures de laRivista délia Massoneria
Je vous somme donc, ainsi que les journaux qui ont Italiana, bulletin officiel que les profanes se
reproduit vos attaques perfides,
1 d'insérer intégralement procurent sans grande difficultés, et où, à raison
ma protestation indignée ; nous allons Aroir si Arotre de cela, Lemmi n'imprime que ce qui peut ne pas
admiration desCadorna et 'tutti quanti ira. jusqu'à, re- demeurer caché. Presque tout ce que M, Rosen
fuser de faire connaître,à Aroslecteurs ma défense, dont a
je déclare ici au surplus, pourvous ôter tout, prétexte, avait divulgué (?) en fait d'extraits de cette revue
prendre l'entière responsabilité. déjà été publié, en Italie même, par la Ci-
J'ai l'honneur devoussaluer. fl villa Çattolica, journal des RR. PP. jésuites,
DOCTEUR H.-C. Bien mieux, il nous semble que, puisque M.
Médecinde la Compagniedes Messageries-Maritimes, R.osen, dans son dernier livre, était si prodigue
(actuellement en lion-activité). de reproductions de circulaires de Lemmi, ou-
On voit par là qu'il s'en est fallu de bien peu trageantes au plus haut degré pour la personne
que le nom du docteur Bataille n'ait été publié avec du Souverain Pontife Léon XIII (nous le ne blâ-
son consentement ; cette divulgation n'a dé- mons pas d'avoir fait connaître ces infamies), il
pendu que de M. le chanoine Delassus, à qui aurait dû, en même temps, démasquer Lemmi et
nous savons gré ici, nous le répétons, de n'avoir publier daus son livre le texte du. jugement le
pas voulu assumer cette responsabilité. condamnant pour vol, — texte que M. R.osen ne
(5> Nous croyons que M. le chanoine Mustel pouAraitpas ignorer, puisque les francs-maçons
a donné à M. Paul Rosen un peu trop d'impor- hostiles a Lemmi l'ont envoyé à tous les 33csrési-
tance comme auteur antimaeonniqùe. dant en Italie, en Espagne et en France.
Dans ses deux livres, M. Rosen n'a nullement Donc, sur la question des révélations de M.
fait oeuvre d'auteur, mais uniquement travail de Rosen, il est avéré qu'elles sont loin d'avoir l'im-
compilateur, sans même adjoindre à ses cou- portance que quelques organes de la presse ca-
pures le fruit de ses. observations personnelles. tholique leur ont attribué, par manque de
Et pourtant M. R.osen aurait pu dire et ra- réflexion, en oubliant de se dire que l'auteur en
conter beaucoup de choses. 11 ne faut pas ou- question aurait pu apporter à l'Eglise autre
blier qu'il a reçu l'initiation jusqu'au 33e degré chose que des coupures, mais un témoignage de
du Rite Ecossais! Bien qu'il soit un initié avec faits vus et vécus.
Vanneau, c'est-à-dire un membre des hauts- Quant à dire que M. Rosen est encore juif,
grades à qui l'accès des triangles est fermé, il a nous n'irons pas jusque-là. En effet, le détracteur
certainement assisté en personne à des séances acharné du docteur Bataille, l'homme qui s'est
s dont la narration aurait été du plus vif intérêt posé dès le début comme son ennemi personnel,
__pour les catholiques. a raconté à plusieurs personnes que le Saint-
\ M. Rosen, sauf erreur, doit avoir bien près Père Léon Xïll, heureux au plus haut point de
| d'une soixantaine d'années, et, mêlé.de bonne sa conversion, aA7aittenu à lui administrer lui-
I heure aux conspirations et aux sociétés secrètes, même le sacrement du baptême, et qu'après
l il a de trente-cinq à quarante ans de maçonnerie. celte cérémonie, qui avait eu lieu au Vatican, le
11aurait donc pu être, s'il l'avait voulu, un té- Souverain-Pontife lui avait fait cadeau d'un ma-
moin révélateur de premier ordre. gnifique chapelet, chef-d'oeuvre de joaillerie
Il s'est, au contraire, borné à rassembler en artistique, d'une valeur de plusieurs milliers de:
deux volumes des extraits de divers bulletins of- francs.
ficiels maçonniques. 11 a fait en cela ni plus ni Il est vrai que M. Rosen, quand il raconte son
moins ce que les auteurs profanes antimaçonni- . baptême par Léon XIII, ajouté ceci : — Tandis
ques ont fait ; avec cette différence que ceux-ci ; qu'il se retirait, un des prélats de la Maison du
, ont été obligés de passer des années entières à Pape, le félicitant, lui apprit que ce superbe
recueillir des documents, — l'oeuvre du R. P. chapelet avait souvent été demandé, mais en
Deschamps représente trente ans de recherchés s vain, au Saint-Père par une princesse romaine,
f patientes et minutieuses, — tandis que M. Rosen i que le monsignor lui nomma. « Vous
< navait comprenez
qu'à aller au Suprême-Conseil ou au L qu'alors, conclut carrément M. Rosen, je n'ai
I toand-Orient, à y copier à la bibliothèque et aux ; fait qu'un saut chez la princesse, et que je M ai
archives ce qui lui convenait, et à acheter dans5 vendu le chapelet, dont elle a été, ma foi, en-
es librairies maçonniques les livres qui ne sontt chantée! » "
as vendus aux profanes. Le on le voit,, Ce trait peint bien M. Rosen, et c'est par des
mérite,
est pa« grand ;, encore faudrait-il
que M. Rosen i récits de ce genre, dépouillés dé tout artifice, qu'il
Ait publié précisément ce qui
gêne la secte, tan-- a vu peu à peu s'éloigner de lui les catholiques
.îsquilnamis au jour que des reproductions 5 .clairvoyants.
ûe recueils maçonniques et de bulletins sur cei Mais cela n'empêche' pas que nous serions
,quo les. Enfants de ta Veuve ne cachent plus3 bien curieux de voir l'extrait de baptême !
.;.depuis longtemps. Quivis.
Sut- l'importante question des soeurs ma-
çonnes, M. Rosen n'a absolument rien dit si ce3 . . —. m' : : __v-~_-^.
n est un chiffre général sans aucune
explication.
'
24 HEA'Ulî POLITIQUE.
MENSUELLE,•'.RELIGIEUSE, SCIENTIFIQUE

confidentiels une défense, par voie d'huissier,


Une Manoeuvre Odieuse d'avoir à communiquer à M. Léo Taxil les lettres
ainsi envoyées. Mais nous aimons à espérer
A la suite de l'article consacré à M. Paul qu'aucun de ces correspondants ne tiendra
Rosen, par la Revue Catholique de Goutances, et compte de cette défense ; ce n'est poiut ici le cas
qui a été reproduit plus haut, M. Léo Taxil a où une lettre doit rester secrète entre l'envoyeur
adressé au vénéré directeur de ladite revue la et le destinataire. C'est un véritable délit, un délit
lettre suivante : d'une gravité exceptionnelle, qui a été commis.
Paris, le 15janvier1804. Il ne sufîitpas d'aAroirfait prévenir discrètement
Monsieurle chanoine, le calomnié, sans se faire connaître de lui, ou en
Je vousremercie d'aAroirbien voulu dénoncer publi- le liant par l'obligation de ne pas user de l'avis
quement la manoeuvreinqualifiabledont M.Paul Rosen donné. 11est nécessaire, au contraire, que chacun
s'est rendu coupable contre moi, en essayant de me de ceux à
faire passer p?ur faussaire à vos yeux ; car cet homme adressés fasse qui M. Rosôn et son ami se sont
à eu beau se donner comme A'ousdécouvrant ce qu'il son devoir comme l'a fait. M. le
appelait « une fumisterie », en fait il m'a bel et bien chanoine deMustel et fournisse à M. Léo Taxil les |
accuséd'avoir commisun faux en écritureprivée (crime moyens faire punir le ou les coupables,, eu lui j
puni de la réclusion)1,- puisqu'il me représentait comme confiant les documents de cette correspondance !:
avant fabriqué des lettres portant faussementla signa- inavouable et en l'autorisant formellement à en
ture de Mlle"Wa.lder. . I faire usage en justice.
Je connaissaisdepuis longtemps cette manoeuvre,et La répression de telles manoeuvres est d'autant
je sais que non seulement M. Rosen, mais aussi un de
ses amis, l'ont employéepour me nuire auprès de nom- plus nécessaire, qu'au moment de mettre sous
breuses personnes.Elle ne m'a pas nui auprès de vous, presse nous apprenons que M. Paul Rosen, qui,
parce que fort heureusementi) s'est trouvé que vous dans ses letlres plus ou moins confidentielles,
connaissiezmon écriture ; par contre, d'autres ont pu accusait- de faux M. Léo Taxil auprès des per-
accordercréance à cette calomnie, d'uAilantplus odieuse sonnes qu'il pensait ne connaître ni récriture de
qu'elle était répandue sous le couvert d'une correspon- celui-ci ni celle de Mlle Sophie Walder, est dans
dance plus ou moins confidentielle. les meilleurs termes avec cette dernière
J'attendais impatiemmentque cette perfidiesans nom dont il osait nier l'existence ! Un de personne, nos amis,
lut démasquéepar un des destinataires des lettres en homme des
question. plus circonspects et des plus méti-
Sitôt après avoir pris connaissancede A'otrc article, culeux, mais patient et tenace "dans ses re-
j'ai consulté un homme de loi ; mais, paraît-il, pour cherches, vient d'acquérir la preuve certaine
qu'une action contre le "coupableeût. quelque poids, il d'un voyage, remontant à moins d'un an; effectué
me faudrait; établir que ladite manoeuvre n'a pas été par M. Paul Rosen et Mlle Sophie Walder
employéeisolémentauprès d'une seule personne. ensemble.
Je vous prie donc de publier fa présente lettre, en
invitant mes confrères à.la reproduire. J'aime à-croire
qu'alors les autres personnes,en possessionde preuves Le Cas de M. Bois
semblablesde cette calomnie,voudrontbien à leur tour Georges
me fournir les moyens d'en obtenir une sévère répres-
sion-,devant les tribunaux qui auront le droit et le devoir vaise M. GeorgesBoism'aya.nt fait intervenir'dans la mau-
de commettredes experts. querelle que-,depuis neuf mois environ, il cherche
Veuillezagréer, Monsieurle chanoine,l'hommage de au docteur Bataille, dont je m'honore d'être l'ami, j'ai
mes sentiments dévouéset très respectueux. prié celui-ci d,e vouloir bien me permettre de prendre
LIÏOTAXIL. à ma charge le soin de l'aire connaître son étrange et.
fine Pal.urfc,8.,Paris, obstiné contradicteur.
Ce sera mon entrée à la Revue mensuelle,puisque le
Nous reproduisons à notre tour cette lettre, docteur m'a. demandé d'y collaborer.
parce que des procédés tels que ceux employés Tout d'abord, pour que les fidèlesabonnésdu Diable
par M. Rosen ne doivent pa.s être tolérés. C'est au XIXe Sièclene s'étonnent pas outre mesure de me
une chance vraiment providentielle que M. le voir ainsi marcher aux cotés du docteur, quoiqueayant;
chanoine Mustel ait connu l'écriture de M. Léo sur un point (la questionantisémitique)desidéesdiamé--
Taxil, au moment où il recevait la communi- tralement contraires aux siennes, je dois dire qu'il a
été bien entendu entre nousque ma collaborationn'im-
cation calomnieuse de l'ennemi du docteur
Bataille. Mais combien d'autres personnes ont pliquerait aucunement mon adhésion à sa manière de
voir là-dessus ; je laisserai absolument de côté cette
reçu une communication semblable, et, n'ayant seule question qui nous divise, et je m'occuperai uni-
pas les moyens de comparer les écritures, ont dû quement de maçonnerie, dansle sens strict.
croire à cette accusation de faux, pour peu, ' • Je ne pouvais pas, du reste, refuser de venir com-
qu'elles aient eu des préventions contre M. Léo battre aux côtés de mon ami. Bataille est un ancien
Taxil! camarade d'enfance,dont j'ai toujours aimé la loyauté
Il importe donc que justice soit faite de pareils i' et admiré le-caractère chevaleresque.
certes pas au C'est sur lui que j'écrivais ces lignes, bonnes à rap-
procédés, qui n'appartiennent
: domaine de la discussion dans les Confessionsd'un Bx-Libre-Penseur, en
loyale entre adver- peler, 1886;on ne dira pas qu'elles ont été publiées
saires. Il serait trop commode vraiment qu'un1 décembre à l'époquepour les besoins de la causeactuelle.
homme, ayant fait litière de tous scrupules, pûtt Je racontais les années d'exil que j'ai dû passera
porter dans l'ombre des "accusations si graves ett Genève pour m'éviter de subir des condamnationsde
si perfides contre un autre homme, et s'en tirâtt presse, dont j'aA'ais été frappé au temps de l'état de
aA7ecune pirouette, une fois son coup manqué. siège, après,la Commune,et je disais que j'avais connu
M. Rosen et son ami, après la publication de3 là la misère et son pain noir.
la lettre ci-dessus, adresseront sans doute aux£ « Ma détresse, écrivais-je donc dans les Confessions
personnes à qui ils ont écrit leurs mensonges3 (page 176), fut soupçonnée de loin par un camarade
« LE DIABLEAU XIXe SIÈCLE»
CE LA PUBLICATION
COMPLÉMENT '" 25

d'enfance, qui, bien que conservateur, m'affectionnait riposta Bataille, c'est vous qui vilipendez un religieux
au point de se compromettre pour moi. Notre liaison irréprochable ? c'est vous qui trouvez que mon ami
l'avait brouillé avec bien des personnes qu'il fréquen- n'est pas assez égaré et qui l'excitez encore, qui lui
tait. • .,„ fournissez des turpitudes pareilles pour augmenter le
« Lors donc — c'était pendant le régime du 16mai scandale qu'il donne?... Eh bien, vous allez avoir
mon ami H*", aujourd'hui l'un des médecins les affaire à moi ! »
plus distingués de Marseille, m'écrivit pour me dé- Et, en disant cela,Bataille, hors de lui, avait pris mon
montrer « l'absurdité de mon entêtement à défendre collaborateur 'au collet ; il lui tordait la cravate, ma
« une cause qui, tant par elle-même que par ses adhé- foi, à l'étrangler, et déjà il- commençait à lui allonger
« rents, ne m'offrait, disait-il, qu'ingratitude et désillu- quelques coups de poing. Je me précipitai ; la lutte
« sions ». était trop inégale,car le docteur est uu robuste gaillard,
« ]1 déployatoute son éloquencepour me convaincre. pouvant aisément assommer un- homme en le boxant à •
ï « Un important journal conservateur allait être l'anglaise. Bref, mon intervention nécessairemit fin à
%fondé dans le Midi. 11*** m'offrait une place de 6,000 la scène, et Batailles'en alla, en nous lâchant une véri-
,:francs par an, et les directeurs de l'organe se faisaieut table bordée de reproches des plus indignés. Quanta
P fort d'obtenir, de toutes les congrégations religieuses Henri Leloup, il ne voulut jamais refaire son article et
f qui m'aA'aientpoursuivi, la renonciation aux jugements me déclara que, tant que je recevrais chez moi des amis
;" de condamnation prononcés contre moi. de ce genre, il ne collaborerait plus au journal ; et, de
« Je remerciai très cordialement mon ami : mais je fait-, peu après il m'envoya sa démission.
lui répondis que « j'aimais mieux mourir de faim en Je n'ai pas besoin de dire, d'autre part, que cette
« exil plutôt que d'abandonner la cause de la Répu- mésaAventuresurvenue à Leloup chez moi me mit en
v<blique >. froid, pendant quelque temps, aA'ecmon bouillant ami.
Quand, dans cette autobiographie fort incomplète, je des Lui, il continuait;à prier pour moi, et, dans le monde
fis le court récit de ce petit incident, je n'avais en il me honnêtes gens qui se scandalisaient de mes écrits,
vue que de montrer quelle fut ma folle obstination dans défendait.
mes années d'égarement. « — 11 n'est pas mauvais, au fond, disait-il de moi.
J'aurais pu raconter bien d'autres traits de ce cama- partout ; il est détraqué, il s'est perdu par des fréquen-
rade, alors inconnu du publie, qui devait devenir uu tations d'impies, mais il reviendra ; vous verrez qu'il
ïour le docteur Bataille et avoir tout à coup une re- reviendra. J'en suis sûr, il a fait une bonne première
nommée dans le moude entier. communion. >
A la triste époque que je viens de rappeler, presque J'y insiste, Bataille est un de ceux qui n'ont jamais
tous mes anciens amis de collège m'avaient tourné le désespéréde ma conversion.
dos, et je ne dis pas qu'ils eurent tort. Bataille fut un J'ai tenu à retracer ces quelques traits de lui pour
des rares qui continuèrent à me voir, essayant de me que le public catholique comprenne bien que cet
** ramener dans le droit chemin, et, comme'il est plus homme a vraiment un caractère à part.
__*__ âgé que moi de quelquesannées, il me parlait aArecune Lorsque les sectaires qu'aujourd'hui nous combattons
'<"*sorte d'autorité affectueuse. tous deux réussirent pour la première fois à imposer à
11avait aimé la mer dès son plus jeune âge et avait ma ville natale une municipalité ennemie de l'Eglise, le
( ce sans-façon,cette rondeur qui caractérise si bien les premier acte des édiles radicaux et libres-penseurs fut
H marins. d'interdire les processions. Ils supprimèrent jusqu'à la
% U lui arrivait de tomber chez moi à l'improviste, de procession de la.fête du Sacré-Coeur, qui était plus
-fi grand matin. qu'une cérémonie traditionnelle, car elle avait pour
f —
« Je viens de prier pour toi aux pieds de la Bonue- cause, à titre de reconnaissance populaire, un voeu
ç Mère de la Garde, impie ! me disait-il... Faut-il que tu solennelfait par l'évèque Mgr de Belzunce,le chevalier
p sois fou pour ne pas comprendre que tu t'es fourré, Roze et les échevinsde .1720,lors de la terrible peste
"U"coinmeun imbécile, entre les grillés du diable! et tu qui désolala ville ; et ce voeu, on le sait, avait désarmé
> sais, méfie-toi, tu as le cou court une la colèredu ciel et fait miraculeusement cesser le fléau ;
; attaque d'apo- c'était
^ plexie peut t'enlever un de ces quatre matins, et je te donc, de la part de la ville, une dette sacrée.
éponds que messire Lucifer, que tu sers avec tant de Les catholiques furent consternés, en présence,d'une
zèle, ne te lâchera pas alors!... Enfin. Dieu.est si bon telle audace des sectaires. Interdiction étant, faite au
qu'il écoutera sans doute les prières de'tes vrais amis ; clergé de sortir des églises, quelquesjeunes gens des
il te ramènera à lui, itialgré foi... J'ai confiance.» diverses classes, aristocratie, bourgeoisie, artisans et
Je l'invitais à ne pas me casser la tête avec ses exhor- ouvriers, résolurent, pour protester contre l'arrêté
tations et à me parler d'autre chose. impie delà municipalitéradicale, de porter des couron-
Un jour, il se trouva me rendre visite au moment où nes, le jour de la fête votive, aux pieds de la statue de
un de mes collaborateurs, nommé Henri Leloup, venait l'évèque Belzunce. On annonça alors que la manifes-
dem^apporter un article dont il m'achevait la lecture. tation serait réprimée,, que la police, qui, à. Mireille,
C'était une diatribe violente contre un Père jésuite, qui est sous les ordres du maire, disperserait les-groupes
avait depuis longtemps quitté la ville, mais y avait catholiques, et tout le monde s'attendait à une Ai'aie
laissé de nombreuses oeuvres et une réputation de bagarre,'si nos jeunes gens donnaient suite à leur géné-
saint, le R. P. Tissier. En entendant les dernières reux dessein. Elle eut pourtant lieu, la manifestation-,
phrases de l'article, au moment où. il entrait, Bataille calme, mais prête à résister aux violences des usurpa-
ne put maîtriser son indignation. Hors de lui, il arra- teurs du pouvoir. Je voisencore, parmi les manifes-
cha a mon collaborateur les feuillets du manuscrit, en tantSj mon ami Bataille, sa couronneà la main et un
s écriant : reA'olverà la ceinture. Un abîme séparait nos opinions
« Ma|s c'est abominable, d'écrire de pareilles alors ; mais j'admirais tout de même sa crânerie. La
enoses! c est une infamie! Le Père Tissier est un saint police municipale n'osa pas engager la lutte, le sang
prêtre ; on n'a pas le droit de parler de lui de la aurait coulé, et elle n'aurait peut-être pas été la plus
sorte!... En bien, je suis heureux d'être venu ici ; forte; car, s'il.y aAraiteu conflit, la population fôù'è1
comme cela, cet abominable article ne paraîtra pas. » entière se serait sans doute laissé entraîner par ces
il Ainsi qu on pense bien, Leloup protesta, disant que jeunes gens. Le peuple, nul ne l'ignore, aime les vail-
v^-le docteur n'avait pas à se mêler de notre journal et lants.
'~*i-
'" 2tJi i^aî C0I^mls"uli attentat à sa propriété,,puisqu'il Il serait facile, de. raconter bien :d'autres épisodesde
1
P0, article si brusquement arraché de ses : la vie si mouvementée de Bataille, épisodes que je
.'™,
mains„ etUfVri
déchiré.
«—Ah! c'est vous qui avez écrit ces horreurs? . connais et.qu'il laissera dans l'ombre, soit parce.qu'ils
ne se rapportent .pas directement à, sa mission a'nti-
26 BEVUEMENSUELLE, POLITIQUE,SCIENTIFIQUE
RELIGIEUSE,

luciférienne, soit par modestie ; mais j'offenserais, pré- produit en dehors des triangles sont tout autant de
cisément, sa modestie si j'en disais davantage, et je collaborateurs.
dois me taire. La publication, par son caractère et l'ampleur du
Je n'ajouterai donc que ceci : c'est que mon braA'eet sujet qu'elle traite, est certainement exceptionnelle^
loyal ami a laissé le meilleur souvenir dans les familles constitue un ouvrage tout à fait à part ; mais elle n'en
catholiques de Marseille et partout où il a A'écu.Je constitue pas moinsun travail rigoureusementpersonnel,
n'en veux pour preuve qu'une lettre d]un de ses con- résultat, d'une enquête personnelle. Les lecteurs, du
frères marseillais,'le docteur R""*,lui écrivant, il y- a reste, ne s'y trompent pas.
quelques mois : Si donc un ouvrage paraissait ne pas devoir être
« Bien que la susoription de ma lettre porte le nom attaqué, c'était bien celui-là. Certes, chacun avait le
de... Bataille, je sais que j'écris au docteur H"', bien droit de le discuter, et Bataille ne s'est jamais forma-
connu ici... Le docteur G*" et sa famille, avrecqui je lisé d'une discussion. H est quatre personnes qui, vis-
suis en relations suivies, vous ont connu chez l'abbé à-vis de lui, se sont posées non comme des critiques,
Laugier ; et à la Croixde Marseille, comme en maintes mais comme des adversaires, allant jusqu'à l'outrager
bonnes places, vous ne manquez pas de solides dans son honneur.
amitiés. » Une discussion loyale à été, par exemple, celle de
Aussi n'est-ce pas dans les journaux marseillais, qui M. le chanoine Ribet. Mais, pour ne citer ici que
défendent la cause de Dieu, que les calomnies de M. Georges Bois, parmi les quatre adversaires du
M. GeorgesBois trouveront, jamais un écho. docteur, il est impossible de ne pas voir dans ses
attaques Je parti-pris, le désir d'insulter quand même.
11semble que ce journaliste, Aroyantla vogue de l'ou-
Maintenant, les lecteurs de la Revue Mensuellecom-
prendront sans peine quelle agréable surprise me causa A'rage d'un inconnu, conquérant du premier coup la
notoriété par son talent et l'énergie de son caractère,
Bataille, lorsqu'au cours de l'année 1892 il vint me se soit dit : « Tiens! pourquoi n'essaierais-je pas de
confier le secret de son enquête, qui, pensait-il alors,
n'aA'ait plus besoin que d'un an pour être complète-- paraître être quelqu'un, en combattant à outrance et "
ment terminée ; sur ce qui l'intéressait concernant la avec éclat cet auteur nouveau qui éclipse ma nullité ? »
C'est ce sentiment qui inspirait un abonné du docteur,
franc-maçonnerie, il était déjà, disait-il, entièrement lorsqu'il lui écrivait : « Cette levée de quelques bou-
fixé; il lui restait uniquement à finir son étude sur cliers rouilles contre vous, c'est la grande colère des
deux organisations secrètes, antisociales comme la
maçonnerie, mais dans un autre sens. bouquinsqui ont fait four. > Mais ce n'est peut-être pas
J'étais le premier laïc à qui il réA'élaitla mission rien que cela.
qu'il s'était donnée onze ans auparavant; seuls, quel-
ques ecclésiastiques, des religieux, en nombre très deOr, puisque j'ai dit que Bataille est estimé et aimé
restreint, araient reçu ses confidences.Comme ami, touttous ceux quiciter le connaissent, il me faut, étant avant
deA'anten partie à ses prières mon retour à la vérité, impartial, l'appréciation de quelqu'un qui a
et comme auteur antimaçonnique, j'étais tout naturel- déclaré publiquement se porter garant pour M. Georges
lement désigné pour le seconder, le jour où il jugerait Bois.
le moment venu de publier son enquête. Mais il se M. de Marolles a, en eifet, fait publier dans la Mérité
:
produisit"ceci, qui était, inéA'itable: étant donné qu'il le certificat que voici, daté du 7 décembre 1893
nous annonçait,(avec preuves à l'appui) que la luttte < Absent de je n'avais pu lire avant aujour-
de la secte maçonnique contre l'Eglise allait avant un d'hui, dans laParis, mensuelle du Diable au
an entrer dans la période aiguë, les personnes qui XIXe Siècle, lespublication attaques dirigées contre M. Georges
' étaient dans la confidencefurent unanimes à déclarer Bois. Je ne veux aucunement prendre parti sur les
que le docteur commettrait une fausse manoeuvre en de fond qui divisent M. Bois et M. le docteur
retardant plus longtemps ses révélations qu'il voulait' questions l'honneur de présider le comité anti-
rendre publiques, selon le conseil de Léon X11I dans Bataille. Ayant
Humdnum Genus. maç.onniquèen l'absence d'un président titulaire, j'ai
l'Encyclique demandé que la plus grande réserve fût ap-
Les éditeurs MM.Delhommeet Briguet consentirent toujoursdans, ces matières délicates. Mais, comme pré-
volontiers à se charger de cette publication ; mais ils portée sident de la corporation des publicistes chrétiens, il
exigèrent que Bataille soumettrait son manuscrit à un m'est impossible de ne pas rendre publiquement hom-
théologien, dont le concours s'est trouvé être une mage à l'honorabilité et à la dignité de caractère de
constante approbation. En outre, ils me prièrent, vu notre secrétaire et confrère M. GeorgesBois.
qu'une publication en lÎATaisonsillustrées était chose < Les attaques dont il est l'objet ont un caractère -
nouvelle,pour eux, de me charger de la partie maté-
rielle (direction des dessinateurs, spécialement),puisque personnel étranger à.une polémiquede doctrine,et dire
une de ces de lui qu'il est l'auxiliaire du Grand Orient, après le
j'avais longue expérience sortes d'éditions remarquable ouvrage dont il est l'auteur sous le titre
populaires. de « Franc-maçonnerie nouvelle du Grand-Orient », .
Pendant ces pourparlers, Bataille et moi nous nous c'est lancer une calomnie qui appelle une énergique
étions expliqué sur nos sources d'informations maçon- de la part de ses amis. En l'a formulant, je
niques. On comprendra que je me taise sur les moyens protestation persuadé que je réponds à la pensée de tous ceux
dont mon ami dispose pour avoir des renseignements, suisconnaissentet estiment M. GeorgesBois. »
même aujourd'hui. De mon côté, j'aA'aisun petit noyau qui
de correspondants sûrs. Aussi, fût-il convenu que, sans Nous aA'onsdonc, en. face l'un de l'autre, deux
nous faire?Connaître l'un à l'autre nos informateurs hommes déclarés parfaitement; honorables, et me voici
réciproques, un contrôle sévère serait établi, attendu bien à l'aise. Cependant, il est nécessaire de constater
que Bataille comptait ne pas se servir uniquement des que, dans son certificat, M. de Marolles commet une
notes prises au cours de son enquête. . grosse erreur de fait : il dit.que M. Bois est attaqué.
C'est ainsi que l'oeuvre du docteur- a pu lui être Ou la langue française n'a plus aucun sens, ou « atta-
absolument personnelle, sans aucune collaboration dans ' quer quelqu'un > signifie « faire contre lui acte d'a-
le sens propre du mot, mais avec un concours de sur- gression > • et il faut que le garant de M. GeorgesBois
veillance amicale tant au point de ,vue théologiquc n'ait jamais lu la Mérité,puisqu'il lit d'autre part le
qu'au point de vue des faits strictement maçonniques. Diable, pour donner au docteur le rôle d'agresseur. En
Dire, comme on l'ai:dit;, que l'oeuvre a trois auteurs! bon frânç.aiSjcelui'qui engage un çoirïbat, une •pôlé-
: c'est émettre .uneicontré-vér'itè ;• autant, tA'duii'aitdire: - mique violente, attaque^ et celui qui riposté, se détend.
. que les divers et ;nombreux abonnés;qui:ont ^signalé"è.-;i Or, l'agressionde M. Bois da'tedu lundi 19 juiii Ï89|3y
Bataille' soit unitexte 1à citer soituir'fait "surnature:1X elle a été suivie d'autres attaques multipliées, et le
COMPLÉMENT « LE DIABLEAU XIXeSIÈCLE»
DE LA PUBLICATION 27

premier mot désagréable écrit par le docteur contre <Duvrages,passé sous silencela question des soeursma-
M. Bois, a paru le 5 septembre; M. Bois, ce jour-là, a çonnes, si irritante pour les frères trois-points, qu'il
été qualifié d'« aboyeur >.; il y aA'ait environ trois n'en a jamais publié les rituels, même les plus anodins,
mois qu'il traitait publiquement Bataille d' « impos- qu'il n'a jamais fait la moindre allusion à leur fonc- .
teur », et si fréquemmentqu'il serait trop long de faire tionnement ni même à leur recrutement, et qu'à qui-
le compte de ses articles insultants. Du reste, il l'a conque lui demande un renseignement à ce sujet il
reconnu expressément. Dansje ne sais plus laquelle de répond qu'aucune organisation de maçonnerie féminine
ses diatribes de la Mérité(je m'y perds, tant il en a été n'existe, qu'il n'y a pas de loges androgynes, et que
prodigue), il écrivait en parlant du docteur : « 11est ceux qui parlent de soeursmaçonnessont des menteurs ;
vrai, dès le début, j'ai traité ?on oeuvre d'impostureet et lorsqu'on lui met sous les yeux lès preuves de l'exis-
de supercherie». Je cite de mémoire, mais je suis cer- tence de la maçonnerie féminine, M. Rosen répond :
tain de lie pas me tromper; cet aA'eunarquois m'avait « 11y a peut-être des soeurs maçonnes en Espagne;
frappé. mais' c'est tout, et en France il n'en existe pas. ».Or, le ;
Par conséquent,A'oicid'abord un point qui est au- Lexicon of Freemasonryest un des rares ouvrages de
dessusde toute contestation, malgré même le certificat la secte, qui avouent l'existence des logesandrogynes;
de M. de Marolles: ce n'est pas le docteur qui a le docteur Gallatin Mackey y mentionne même des
attaqué, c'est lui qui a été attaqué. Et il faudrait qu'il grades très curieux, tel celui intitulé « l'Héroïne de •
descendît bien bas dans l'injure, pour dégringoler au Jéricho > ; en outre, il reconnaît formellement que la
degré des grossièretés de M. Bois; et je parle ici seu- maçonnerie féminine fonctionne en France. Donc, les
lement des dénigrements publics. citations exactes que M. Rosen fait de ce livre donnent
Voyons, à présent, lequel des deux a trompé le à penser qu'il le connaît ; mais alors c'est bien A'olon-
public. taii'ement qu'il omet de parler des soeursmaçonnes,et
son attitude, qui va jusqu'à la négation parfois, est au
L'une des rengaines de M. Georges Bois est celle-ci: moins bizarre.
11prétend que, jusqu'à une certaine conférencefaite faitement Interrogé, M. Rosena répondu qu'il connaissait par-
dans le local du Salon Bibliographique par le docteur mains. Ehlebien, livre, qu'il l'avait eu souvent entre les
Bataille, celui-ci ignorait la mort du P.-. Mackey entre les deux Mackey pourquoi alors créer une confusion
? L'auteur du Lexicon donne,
(celui qui fut le secrétaire du Suprême Conseildu Rite dès le début de son ouvrage, son prénom de Gallatin en
Ecossais,siégeant à Charleston pour la juridiction sud toutes lettres ; partout, sa biographiele donne aussi, et
des Etats-Unis d'Amérique), et il soutient cela parce ce
que, dit-il, le docteur a révélé, dans le Diable au oublié. prénom-là est assez peu commun pour ne pas être
XIX' Siècle,que le successeurimmédiat d'Albert Pike
commeSouverain Pontife delà MaçonnerieUniverselle, Quoiqu'il en soit, ces diverses bizarreries de la
de M. Rosen l'avaient rendu suspecta mon
président du Suprême Directoire Dogmatique, égale- conduite
ment siégeant à Charleston,a été le F.-. Albert-Georges ami Bataille ; si de bien que, l'occasion s'étant fortui-
Mackey (aujourd'hui démissionnaire et remplacé par tement présentée voir si notre hommeétait de bonne
foi ou non en créant un quiproquosur les deux Mackey,
Lemmi).
Et, partant de là, M. Bois dit, s'adressant à Bataille: le docteur ne la laissa point échapper.
— C'estmoi qui vousai appris, A CIÏTTE CONFÉRIÏNCIÏ, Celait dans les premiers jours de mars 1893.M. le
que Macltcyestmort dix annéesavant Pike, c'est-à-dire chanoine Mustel venait de publier son premier article
en lSSi\ et que le successeurde Pike a été Batchelor. sur SophieWalder. L'Universfit prévenir Bataille qu'il
Au lieu de reconnaître A'otreerreur, vousavez ALORS allait le reproduire, et le docteur, qui n'aA'ait point
mis en avant un certain Albert-GeorgesMackey,lequel encore des relations avec ce journal, passa à la rédac-
n'existe pas et n'a jamais existé, et dont vous avez fait tion. Onlui montra les épreuves.M.le chanoine Mustel,
.un prétendu neveu de l'autre Mackey. ignorant la mort d'Albert Pike, aA'ait commis une
Appelé à la rescousse, M. Paul' Rosen, à qui la erreur; il parlait de lui comme du chef suprême alors
Méritéouvre largement ses colonnesen qualité d'ami vivant. Bataille, qui, à ce moment,avait déjà publié son
intime de M. Bois, écrit : 4e fascicule(livraisons31 à 40), dit au secrétaire de la
— Albert-GeorgesMackey? c'est un mythe, un per- rédaction : « Le grand-maitre du souverain directoire
sonnageimaginaire ; il n'y a jamais eu qu'un seul et dogmatique de Charleston est actuellement Alberto
Mackey. > — « Rédigez-nous vous-mêmela
unique Mackey, le docteur Gallatin Mackey, décédé Georges
le 20 juin 1881.Albert Pike est mort le 2 avril 1891; note », fit le secrétaire. Et c'est alors que Bataille,
donc, aucun Mackey n'a pu lui succéder. sachant que M. Rosen était reçu assez souA'entà la ré-
De la part de M. Rosen, cette affirmation est au daction de l'Univers (on ne se défiait pas de lui à cette
moins étonnante. L'existence d'Albert-GeorgesMackey époque), qu'il y donnait parfois des renseignements
est mentionnée par lui : 1° Dans le COUA-S de Maçon- maçonniques,eut l'idée de rédiger .la note exactement
nerie pratique, ouvrage dont il a. fourni les documents commeM. Rosen l'aurait rédigée lui-même.Eu d'autres
à M. le chanoine Brett'es, qui l'a écrit, au premier termes, il écrivit : « Actuellement, le grand-maître du
-olume pages 178, 179, 180, 183, 187, 207, 209, 210, souverain directoire dogmatique de Gharleston est le
211, 212, 213, 273, 279, 375, 376, 377, 378, et au F.-. Albert-GeorgesMackey,précédemment vice-prési-
deuxièmevolume.,page 3; soit dix-huit mentions bien dent du sérénissime grand collège des maçons émé-
claires, bien précises, avec-le nom eu toutes lettres, et rites », et il ajouta : «M.Auteur du Lexicon of Freema-
ces mentions sont dues justement à M. Paul Rosen; sonry », attendu que Rosen, fournisseur de. rensei-
2° dans le volume YFnnemie sociale, qui est unique- gnements . maçonniques à l'Univers, avait toujours
ment de M. Rosen, page 257, mention du même frère qualifié Albert-GeorgesMackeyd'auteur du Lexiconof
haut-gradé. Freemasonry, et que, pour le public, du journal:
Mais, en parlant d'Albert-GeorgesMackey dans les l',addition de ces cinq mots n'avait -pourrie,.momentt
deux ouATagesen question, M. Rosen commet une aucune importance. . . - -?'0
erreur : il lui attribue le Lexiconof Freemasonry,qui La personnevisée par cette erreur intentionnelle'était
est du docteur Gallatin. M.Rosen. Cecise passait le 11 mars, ainsi que M. Bois
Cette erreur est-elle involontaire? l'a rappelé exactement,à plusieurs reprises.
Une telle question n'est pas sans importance,on va M. Paul Rosentomba en plein dans le panneau qui
le. voir.. M. Rosen connaissait-il réellement le Lexicon .' lufavait été tendu, Lorsqu'il:vit!.l'at-ticle et la petite
of Freemasonry? Ce qui est constaté, c'est.que;M. Ros.en, : note.quelques-jours..après,;'il'oùbliatoiit'àiifai1i..q.u!il!avàiit
a:t'ait de ce livre plusieurs citations très.exactes;' ce dix-neuf.lois.mentionnépubliquement l'existence â'Àf-
qui est constaté aussi, c'est qu'il a toujours, dans ses berfc-Gebrges "Mackey.;il se concerta -avecM.:' Georges
28 BEATUE
MENSUELLE,
BELIGIEUSE, SCIENTIFIQUE
POLITIQUE,
i
Bois,croyant tous deux qu'ils allaient écraserle doc- docteurGallatin est décédé'le 20juin). Bataillen'a pas
teur Bataille, à qui ils avaientA'ouéune haine que tout attendu non plus la sortie ridicule de M.Bois pour
le mondes'accordeà trouver incompréhensible.Aussi, parler de deux Mackey; caril est on ne peut plus ex-
lorsqu'eut lieu la conférencedu SalonBibliographique, pliciteà ce sujet,page 311. Enfin, il est clair qu'aA'ant
M. Bois, qui n'avaitriendit encore et;qui croyait faire d'écrirela fameusenote reproduisant l'erreur de M.
éclaterune bombe foudroyante,s'écria : « Monsieurle Rosen,le docteur.Bataille savait à merveille de qui
docteur,A'oulez-vous me permettre de vous apprendre était le Lexicon of Freemasonry; cela est l'évidence
que le F .".Mackey, dont A'OUS faites le successeur même. L'erreur était doncbien intentionnelle,c'est-à-
d'AlbertPike, est morten 1881,soit dix ans avant Pike, dire cachaitun piège, et M. Bois a eu grandement tort
et que le successeurde Pike est le F . •. Batchelor? » de rire de cette explication, puisqu'il est lui-même
Bataillehaussa les épaules,faisantobserver qu'il était tombé dans le piège, entraîné par son ami Rosen.
questiondu Palladisme,de la haute-maçonnerie,de la M. Bois,nepouvant plus répliquer en présencede ce
direction suprême de tous les rites, et non du Rite fait matériel,prendra sans doute!a tangente, en disant
Ecossais,et-que, par conséquent,il ne s'occupaitpas et que l'Univers a lieu dese plaindre du docteurBataille.
n'avait pas à s'occuperde Batchelor, non palladiste. Ceci est; affaire d'appréciation. Le docteur entrait à
M.Bois brandit le n° de YUniversda 11mars, en di- peine eu relationsavec le secrétaire-rédacteurde ce
sant : « Et;votre note? elle contientalorsune erreur. » journal, et il ne lui était certes pas possible de dire ::
•—« Parfaitement, répondit Bataille aA'ecson flegme « VousrecevezchezA'OUS M. Rosen, Arousferiez bien
habituel, imperturbable; une erreur absolument inten- d'être défiant. » Ce sont là des choses bien délicates à
tionnelle,monsieur, et, si vous ne comprenez pas ce exprimer,quandou n'a encore que des soupçons;quand
queje A'OUS dis là, lisez plus attentivement le Diable on ne possèdepas des preuves certaines. Sachant par
au XIXe Siècle.» expériencequ'avec les maçons il faut ruser, Bataille a
M. Boisn'a pas suivi ce conseil ; et c'est pourquoi il risqué uu coup assez malicieux, pour prendre son
s'est, à son tour, fourvoyé; il a répété à satiété, que hommela main dansle sac ; il a réussi, et maintenant
c'était lui qui avaitappris à Bataille,le soir de sa.con- qu'on commence,par suite de tout cela, à être édifié
férence, la mort du docteur Gallatin Mackey,et que sur le comptede M. Rosen,il est certain, — du moins
l'auteurdu Diable,ennuyéde s'être ainsi trompé, mais il me le semble,— que Bataillea rendu un vrai ser-
ne voulantpas reconnaîtreson erreur, avait dès lors viceà 1'Univers.
imaginéun secondMackey, le nommé Albert-Georges. QueM. Boislise encorele 5efasciculede la publica-
Et M. Boisa tant et si bien écrit ces balourdises, tion du docteur, fasciculeparu le 5 avril, c'est-à-dire
qu'aujourd'hui il ne peut plus les retirer, et"que, si cinq semainesavant la conférence,et il y lira la date
l'homme-plastrondu Comitédes Opposantsde Londres exacte de la mort de Gallatin Mackey,page 322, et
Aientà lirece numéro de la Revue Mensuelle,il sera toute sa biographie, de la page 335 à la page 340.
bienétonnéd'apprendrequ'il n'existe pas. Batailleconnaissaitsi bien ce que M. Bois croyait lui
Commentqualifier,à montour, la maladresse de M. apprendre, en mai, au SalonBibliographique,qu'il don-
GeorgesBois, dans cette question Pike-Mackey-Bat- nait, page340,le compterendu des obsèquesdu doc-
chelor? 11a voulu,lui aussi, créer un quiproquo,parce teur Gallatin.
que, marchantd'accordavecson ami Rosen, il fient à Quantà la triple successiond'Albert Pike, qui a été
laisser ignorerau public le Palladisme,la haute-ma- si explicitement donnéepar Rhemusdans la Croix de-
çonnerie. Reims, le docteurBataille l'avait clairement indiquée,
11prétend avoir apprisà Bataille mortla de Gallatin sansentrer dans les détails,"page 395 de ce même 5°
Mackey!... Pauvre garçon ! la rage l'aveugle-t-elleau fascicule,du 5 avril, au secondalinéa.Etsi M. Georges
point de l'empêcherde savoir lire?... Bois a créé une confusionau sujet des trois parts de
Qu'ilse rappelle donc que la conférencedu Salon Bi- cette succession,c'est qu'il l'a bien A'oulu.
bliographiquea eulieu aumoisdemail8l.)3,etqu'ilouvre *
le4c fasciculedu DiableauXIXe Siècle,mis en vente le •
5 mars, et uni d'imprimer le 28 février. Qu'il lise le Et maintenant, si ce n'est -pas Albert-Georgesdit •
chapitreintitulé AlbertPike cl son oeuvre,lequel com- Mackeyqui a été le successeur immédiat d'Albert
mencedans ce fasciculeà la livraison3».
11y lira ceslignes : Pike commechef suprême de la maçonnerie univer- :
selle,M. GeorgesBoispeut-il nousle nommer, ce suc-
« Cetimportant ouA'rage(leLexiconof Freemasonry) cesseur?
a pour auteur, non pas l'ingénieur Albert-Georges Pike est mort le 2 avril 1891; AdrianoLemmia été
Mackey,mais son oncle le docteur Gallatin Mackey, ' élu chef suprêmele 20 septembre 1893. Ce n'est pas
quej'ai eu l'avantage de connaîtrepersonnellementà. Batchelorqui, dans cet intervalle, 'a dirigé la hâute-
Charleston, environ trois mois avant sa maçonnerie, puisque le chef suprême doit forcément
. mort. » (Page311.) appartenir au rite suprême, au rite qui est au-dessus
«... Albert Pike approuva,ce plan, et l'architectedut de tous les divers rites, au Palladisme, et que Batche-
s'y conformer après la mort «lu docteur lor n'était pas palladiste. Alors, si cen'est pas le Bat-
Maélivy ; car le cher hommene vit pas l'exécution chelorsi cher à M. Bois, qui est-ce?
du plan qu'il avait rêvé. » (Page318.J) M. Bois répondra qu'il n'y a pas de.Palladisme,pas

«... Le jour je vis Albert Pike pour la première de rite suprême, pas de directoire suprême, pas de
foisj«'était tlonc le 1 lomars *8S1. J'étais souverainpontife de la maçonnerieuniverselle. Cette
allé l'atre il'aliord la connaissance «lu audacieusenégation, on la sent depuis longtempssous
docteur Gallatin JVIackey, mon confrère en les réticencesde la Mérite.
médecine,dont la résidenceétait; fixée à Charleston, Comme son ami Rosen,M. Bois se prévaut du Bul-
tandis que le chef suprême habitait Washington. » letinofficieldu SuprêmeConseilde Charleston; mais ce
(Page319.) qu'il se garde biende dire, c'est que ce bulletin est ex- .
Les trois passagesci-dessus,je le répète, font partie clusivement consacréaux affairesduRite Ecossaisdans
Etats-Unis.
des livraisons qui ont été tirées à la fin du mois de la région sud des
février11893.A cette époque,précédantde plus de deux Cependant,le Bulletin Officieldu Suprême Conseil
mois la conférencedu SalonBibliographique,le docteur de Charlestonlaisse échapper parfois des aveux, des
Batailleimprimait donc,danssa publication,qu'il aA'ait mots révélateurs,pour qui sait lire.
1 fait la connaissancedu docteurGallatin Mackey, le 10 Ainsi, le 6 mars 1888,AdrianoLemmi, ayant rédigé
mars 1881,et il parlait à deux reprisesde sa mort, di- une circulaire destinéeaux chefsdela franc-maçonnerie
sant qu'elle-avait eulieu environ trois moisaprès (le I en Europe,la soumettaità l'approbationd'AlbertPike,
« LE DIABLEAU XIX0 SIÈCLE)>
DE LA PUBLICATION
COMPLÉMENT 29

et l'accompagnait d'une formule extrêmement respec- extrême ; ce n'est pas dans leurs colonnes qu'on trouve
tueuse, où on lisait : à recueillir beaucoupde noms de francs-maçons.
Par contre, le Saint-Siège prescrit l'obligation géné-
« Vous qui gouvernez avec sagesseet amour les cen- rale de déA'oilerîles noms des fraues-maçons et parti-
tres suprêmes de la Confédération maçonnique univer- culièrement ceux des chefs, des coryphées, desmilitants.
selle. » (Lignes 5 et 6 de la page 439 de la 11epartie du La bulle A.postolica: Sedis prononce l'excommunication
VH1Cvolume du -Bulletinofficiel du Suprême Conseilde 1
contre ceux qui négligent de dénoncer les chefs occultes,
Charleston.) les coryphées de la maçonnerie. Ainsi, au Grand-Orient
Dans, une autre adresse du même Lemmi à Albert de France, les chefs sont les membres du grand collège
Pike, en date du 21 novembre 1888,on lit encore : des rites et ceux du Couseil de l'Ordre, et l'on doit tenir
« Vous savez, Très Illustre Frère, combien le Pape comme certainement les plus militants les délégués-des
s'efforce partout de miner le progrès, aidé par ses Ateliers dont la réunion l'orme les Couvents.
Evêques, qui, sous le manteau de la Religion, organi- L'obligation (sous peine d'excommunication) de
sent la rébellion et le parricide. Voussavez que, lorsque dénoncer les chefs et les sectaires militants est générale ;
les Italiens luttaient pour la liberté et l'unité de leur elle incombeà tous les fidèlessoumis aux loisde l'Eglise.
Chacun doit faire cette dénonciation de la façon qui lui
Patrie, le Pape, son poignard planté dans le coeurde est possible : le prêtre à son évèque, le laïc à un prêtre.
l'Italie, avait des gibets et des bagnes pour ces héros, « Arrachez à la franc-maçonnerie ses masques, » a dit
et que, maintenant que le Vatican conspire pour rendre
la Patrie asservie et divisée, il veut l'impunité pour ce Léon Xlll. 11ressort de là, -—la dénonciation étant une
crime et proteste contre l'Italie. obligation personnelle, -—que le publiciste catholique
doit divulguer les noms des chefs et des sectaires mili-
« Aidez-nousà lutter contre le Vaficon,vong dont tants, ch;;que ibis qu'il en a l'occasion. Il faut que l'en-
l'autorité est suprême, et, sous votre initiative, nemi de 1Eglise soit connu des fidèles, afin que chacun
toutes les loges d'Europe et d'Amé- puisse se garer de lui.
rique épouseront notre cause ». (Bulletin Officieldu Même en France, où la franc-maçonnerie est consi-
Suprême Conseil de Charleston, volume IX, pages 64 et dérée comme société régulière par le pouvoir civil,
66.) l'obligation de dénoncer les francs-maçons s'impose.
M. Paul Rosen osera-t-il dire que ces deux citations La consultation bien connue du Saint-Oilice, en réponse
ne sont pas exactes ? M. Bois, à son tour, les contes- à une lettre de l'évèque de Bayonne, ne laisse prise a
tera-l-il ? aucun doute à cet égard,:
Mais c'est perdre son temps que discuter sur une telle « 1° La dénonciation est obligatoire, non seulement
question. La haute-maç.onnerie, MM.Bois et Rosen ne dans le cas où les chefs ne seraient pas connus comme
la voient pas, parce'qu'ils ne veulent pas la voir.
appartenant aux sociétés condamnées, mais encore dans
celui où, francs-maçons avérés, ils ne seraient pas con-
nus comme chefs des sectes ;
On à vu plus haut que M. de Marolles, se portant « 2° La dénonciation est obligatoire même dans les
garant de M. Georges Bois, lui fait un litre de son pays où la franc-maçonnerie est tolérée par le pouA'oir
ouvrage Franc-Maçonnerie nouvelle du Grand-Orient civil, où ses membres sont assurés de l'impunité et où
de France, et M. de Marolless'indigne dece que M. Bois l'Eglise ne peut user de son pouvoir de coercition. »
— qui, depuis neuf mois, traite d'imposteur, et sans
— (Voir l'excellente revue fondée par Mgr Fava, la Franc-
l'ombre d'une preuve, le docteur Bataille Maçonneriedémasquée, n° de juin 1893, page 177; rap-
• apporter
ait été appelé « auxiliaire du Grand-Orient ». pelons que cette revue est l'organe du Comité antima-
Or, qu'est-ce qu'un auxiliaire ? C'est celui qui aide, çonnique de Paris, dont M. de Marolles est le président.)
celui dont on tire un secours, celui qui vous' rend
service. Voyons donc, à présent, ce livre que M. de Marolles
La question est donc celle-ci : — M. Georges Bois nous cite comme étant la preuve que M. Georges Bois,
gêne-t-il ou aide-t-il le Grand-Orient de France ? esWl loin d'être, pour le Grand-Orient, un auxiliaire, est, au
pour cette branche de la maçonnerie un adversaire contraire, son plus terribfe gêneur.
redoutable, ou au contraire lui rend-il service ? Dans ce livre de M. Bois, sont insérés des docu-
Je soumettrai à l'examen du public un fait, un seul, ments officielsde la secte, non pas des documents maçon-
parce qu'il est brutal et facile à contrôler. niques manuscrits, rigoureusement gardés aux archives
Si je dis : « M. Bois révèle uniquement ce que la de la rue Cadet, et au sujet desquels le détracteur
maçonnerie aujourd'hui ne cache plus », M. Bois me acharné du docteur Bataille pourrait contester ce que
répondra : < Je divulgue tout ce qui est,-et ce que je ne je vais dire, mais bien des documents imprimés qu'il
divulgue pas n'existe pas. » est très difficile de se procurer, je le reconnais' mais
11 s'agit, par conséquent, de le prendre en flagrant dont un exemplaire authentique pourrait être mis par
délit d'extinction de lumière, si l'on peut s'exprimer moi.sous les yeux de M. Bois, s'il osait nier. . ,
ainsi ; il s'agit de montrer M. Bois faisant de parti-pris « Je n'ai pas cherché les documents dont j'ai fait usa^e,
1obscurité sur un point bien connu de lui, alors que le écrit M. Bois dans sa préface. J'étais journaliste ; Ils
Saint-Siège dit : < Parlez, démasquez » et que le Grand- m'ont été offerts. »
Orient dit : « Taisez-vous, cachez. » Notons cet aAreu.On les a offerts à M. Bois, parce que
Sur la question des noms des francs-maçons, le M. Bois est journaliste, et, par conséquent, pour qu'il en
Grand-Orient, comme toutes les autorités de la secte, publiât ce qu'il jugerait utile de publier. Dans son bul-
a le commandement formel. On ne doit pas révéler aux letin mensuel du 5 octobre dernier, couverture de son
profanes les noms des adeptes ; la société doit rester 11e fascicule, Bataille a plaisanté M. Bois à ce sujet
secrète, non seulement quant à son but et à ses actes, (page 7), et M. Bois a feint de ne pas comprendre quton
mais encore quant à ses membres. Individuellement, un le raillait. U ne dit pas, clansson livre, qui lui a remis
franc-maçon peut se faire connaître comme tel au public, ces documents-.« C'est, on le deA'inesans peine, écrivait
c est son affaire ; mais il lui est expressément défendu Bataille, un bon catholique comme lui, qui a eu la
ae divulguer les noms de ses collègues sansleur consen- patience de les recueillir un à un, par-ci par-là, adroite
tement ; c'est un cas d'expulsion. Les règlements l'in- et à gauche, et qui les lui a généreusement offerts (à
terdisent ; nombreux sont les décrets du Conseil de lui Bois), pour qu'avec son merveilleux talent il s'en
t Ordre et les votes des Couvents cette obli- serve dans l'intérêt de l'Eglise. »
rapnelant
gation de mutisme absolu. Aussi, les journaux, destinés Eh bien, cessons le badinage et parlons net. La per-
a être achetés par n'importe qui et
qui publient un sonne qui a remis à M. Georges Bois ces documents,
ouiietin maçonnique, sont-ils à ce sujet d'une réserve: '[ c'est un 33e, et non pas un 33° démissionnaire. Bien
30 . REVUEMENSUELLE,
RELIGIEUSE, SCIENTIFIQUE
POLITIQUE,

entendu, je ne blâme pas M. Bois d'être en relations Mêmepage 173,M. Bois : « Le F.-, délèguede Cons-
aAresun 33e, ni même avec plusieurs chefsde la secte, iantinopla: Je saisis cette occasionpour vous exposerla
si c'estlui qui réussit à obtenir,par ce moyen,desarmes situation, etc. »
pour combattre et démasquerla franc-maçonnerieet les L'impriméofficiel: « LeF.'. Michalowshi. del'or.', de
francs-maçons. Constantinople: Je saisiscette occasion pour Arousex-
Gomments'est-ilservi de cesdocuments?est-ceeh se poser, etc. »
. conformantaux ordres du Saint Siège qui commande Et ainsi de suite, jusqu'à la page 177.
. aux fidèles, sous peine d'excommunication,de déAroiler
les chefs et les sectaires militants? Toute la question OONVENT DE1890
est là. Lespagesconsacréespar M. Bois à la reproduction
Or, quelleque soit la surprise que je vais causer au des documentsde ce OonventA'ontde 197à 242.
bonM. de Marolles,garant de M. GeorgesBois, j'ai le
regret de constater que ce dernier, pour mieux enfrein- Page 199,M. Bois imprime : « Le F.-, rapporteur de
dre les ordres du Saint-Siège, a carrément falsifiéles la commissionspécialenomméepar le Conseilde l'Ordre
documentsqu'il a reproduits. 11n'a pas coupéles pas- présentele rapport de cette commissionsur une propo-
sitionà soumettre à l'assemblée,etc. »
sages où se trouvaientdesnomsde chefsoude sectaires
militants ; il a remplacé cesnoms par des qualifications L'imprimé officiel porte : « Le F.-. Boucheron, au
nomde la commissionspécialenommée par le Conseil
qui font la nuit sur la personnalité des francs-maçons de l'Ordre,présente le rapport, etc.-»
dont il s'agit.
Onsait que, dans la fédération du Grand-Orientde Page 204, M. Bois : « LeF.-. Président : Je donne la
France, les Goirventsannuels ont une importance deparole au-F.', que la commissiondes voeuxa chargé de
1
premier ordre; bien que les frères prenant part à ces rapporter les questions,etc. »
assembléessuivent, sans le savoir souvent, les inspira- L'impriméofficiel: «LeF.-. PrésidentFernand Faure :
tions des 33edu grand collègedes rites établi au sein Je donnela parole au F.'. Bertrand, que la commission
de ce Grand-Orient,ils n'en sont pas moins des chefs, des voeux,etc. »
Mêmepage 204, M. Bois : « Le F.-. Rapporteur: La
représentant avecdes pouvoirsspéciauxtoutes les loges R.-. L.-. la Triple Union et Amitié, de l'or.-, de Voi-
de l'obédience,dont ils sont les mandataires, les délé- ron (Isère), etc. »
gués; c'estdans ces com'entsque cesdéléguésdélibèrent
chaqueannée sur les mesures à prendre pour miner la L'impriméofficiel: « Le F.'. Bertrand : La R.-. L'.-.
la Triple Union et Amitié, etc. »
religion et la détruire, si c'était possible.Aussi,est-il'du Mêmepage 204, M. Bois : « Le déléguéde la logede
plus haut intérêt, pour l'escatholiques,de connaîtreles Moiron: MM.-.FF.-., je viens vous demander une mo-
nomsde ces délégués, qui sont tout autant d'ennemis
mortels de l'Eglise,qui comptentau nombredes sectai- dificationaux conclusionsdu F.", rapporteur, etc. »
res les plus militants, chefs et coryphées,selon l'expres- L'imprimé officiel : « Le F.-. Dumas, de Moiron:
sion de la buiie ApostolicoeSedis. Pas un seul de ces MM.".FF."., je viens vous demander une modifica-
délégués n'est Apprenti ni même Compagnon;il faut tion, etc. »
être au moins Maître pourreprésenterune loge au Cou- Page 206, M.Bois : < Le F.'. Rapporteur : Commeil
vent; beaucoupsont des Rose-Croix,des Kadosch, des s'agit d'un projet financier, etc. »
33". L'imprimé officiel: « Le F.-. Bertrand : Commeil
Voici quelquesexemplesdes falsificationscommises s'agit d'un projet financier qui ressemble,etc. »
Mêmepage 206,M.Bois : « Le déléguéde Montluç.on :
par M. GeorgesBois : J'ai eu la.faveur d'être le vénérablede la loge de Voi-
OONVENT DE 1889 ron,et c'està cetitre queje viens prendrela parole,etc. ».
L'imprimé officiel: « Le F.-. Dévaluez: J'ai eu la
M. Bois, dans son volume,consacreà ce Oonventles laveur d'être le vénérablede la loge de Voiron,etc. »
pages 166à 177.U est censéreproduire le procès-verbal Page 207, M. Bois : « Les avis sont partagés. Un
officieldes séances,procès-verbal qui est imprimé,je frère veut que l'on encourageles Maçonsde l'Isère. Un
le répète, et quifigure dansle Bulletinofficieldu Grand- autre, plus avisé, songeà ce que cette assistance peut
OrientdeFrance. u coûter à la caisse,etc. »
Page 168, M. Bois imprime : « Le délèguede la loge L'imprimé officiel donne, commetoujours,les noms
de Tarbesvient exposer le but dans lequel avait été que M. Boiscache. « Un frère », c'est le F. Jourdan.
déposéce voeu,etc. » « Un autre », c'est le F. •. Doumer.
L'imprimé officiel porte : « Le F.\ Fowrcadevient Pages 223-224,M. Bois : « Le délégué de la loge
exposerle but dans lequel, etc. » Libertéde Conscience,de Paris, trouve que la Chambre
Mêmepage 168,M. Bois imprime : « Un membredu manque de A'igueuranticléricale... Laissons-luila pa-
Conseilde l'Ordre relit le voeu en question et fait role: « Noussommesun certain nombrede Maçonsqui
observer, etc. » « voudrionspousser à fond l'analyse de cette question,
L'imprimé officiel porte : « Le F.-. Francolin-relit « etc., etc.. »
le voeuen questionet fait observer,etc. » L'imprimé officiel: « Le F.'. Fernand Maurice :
Page 170, M.Bois: Un frère conseillermunicipalde Noussommesun certain nombre de Maçonsqui vou-
Paris, délèguede la loge Droit ef Justice: MM.-.FF."., drions,etc. »
. il y aurait peut-être autre choseà faire que dé renvoyer Page 226jM. Bois : « Le F.-. B., toujours actif et
etc. »
ce Aroeu,: plein d'initiative, soumetle voeusuivant,etc. »
L'imprimé officiel: « Le F.-. Pétrot, Orateur : MM-. « Le F.'. B. », c'est le F.-. Benoit-Lèvy,ainsi que
• F-F:-.,iïy aurait peut-être autre choseà faire, etc. » le portel'imprimé officiel.
Page 171,M. Bois : « Le F.-, rapporteur: Levoeu44 Et ainsi de suite, jusqu'à la page 242.
sur la protection des fonctionnairesrépublicainsa été
déposé,la commissionest favorable,etc. » OONVENT DE 1891
L'imprimé officiel:« Le I'.-.Conty, rapporteur-..ht Les pages consacréespar M. Bois à la reproduction
voeu 44 sur la protection des fonctionnairesrépubli- des documentsde ce couventvont de 254à 311.
cains, etc. » Au hasard, prenons encorele détracteur de Bataille
Page 173,M.Bois: « Le F.', présidentdela commission en flagrant délitde falsification.
des requêtes: Vous avez pu trouver dans le Bulletin Page 274, M.Boisimprime: « Le déléguéde Limoges:
,l'indication d'une commissionqui, etc. » Vousvenezd'entendrela lecture du compte rendu des
L'imprimé officiel: « Le F.-. Francolin; Vous avez travaux du Conseilde l'Ordre, etc. »
pu trouver dans le Bulletin l'indication d'une commis- L'imprimé officielporte : « Le F. •. Dumas-Guilin:
sion qui, etc. » Vous'venezd'entendrela lecture, etc. »
« LE DIABLEAU XIXe SIÈCLE»
DE LA PUBLICATION
COMPLÉMENT 31

Conseil de défaut de les a :


Page 275, M. Bois : « Le président du pas par place qu'il supprimés, puisque
f Ordre : MonF. "., nous avons été saisis de différentes ; la qualification dont il se sert en remplacement du
plaintes, et parmi elles la Atotre,etc. » nom est toujours plus longue que le nom.
L'imprimé officiel: « Le F. . Thuliè, président du Et, ce qui est uu comble, M. Bois, dans la conclusion
Conseilde VOrdre: MonF. "., nous avons été saisis de de son livre, félicite (page 514)un journal catholiqu e
différentesplaintes, etc. » de province, qui aAraitpublié quelques noms de francs-
Page 277, M.Bois : « Le F. '. M.,dedélégué de la loge maçons de son arrondissement. Ah! voilà la bonne
de Calais : On vient de vous parler la manière dont guerre, s'écrie M. GeorgesBois; nous ne devons prêter
se comporteparfois le gouA'ernement,etc. » notre appui, surtout dans la vie politique et publique, à
L'imprimé officiel : « Le. F.-.' Merchier, de Calais : rien de ce qui est franc-maçon. Voilà comment la'lutte
On vient de vous parler de là manière dont se com- sera efficace, et pour cela il faut publier les noms.
porte, etc. » M. ,Bois : « Le de la de : « — Continuez le bon combat,, dit-il au
Pa^e 281, délégué loge Bourg
Ce n'est pas le renvoi devant le Conseilde l'Ordre qu'il journal catholique auquel il fait allusion.
faut voter aujourd'hui, etc. » Publiez, si vous pouvez, la liste entière de
L'imprimé officiel: « Le F. •. Bourgueïl : »Ce n'est toute la loge, afin que nous sachions qui nous
pas le renvoiM. devant le Conseilde l'Ordre, etc,
282, Bois : Un membre du Conseil d e l'Ordre avons devant nous. » (Textuel.)
Page
rappelle-la révocationde»l'édit de Nantes. Nous négli^ Et c'est M. GeorgesBois qui traite de « fumisterie »
gérons ce hors-d'oeuvre. l'ouArragedu docteur Bataille !
L'imprimé officiel donne, en entier, ce discours très Et le bon M. de Marolles certifie que le livre de
violent et en même temps très astucieux, aA'ecle nom M. Bois a porté un coup terrible au Grand-Orient de
du frère qui l'a prononcé, le F.-. Poulie; c'est un pré- France!... Ah ! comme on a dû rire, à la rue Cadet,-en
sident de Chambreà. la Cour d'appel de Poitiers, ayant lisant le certificat de M. de Marolles!
le 33edegré de l'initiation maçonnique. •Non,A'oyez-vous,ce 33e qui offre à M. Bois des docu-
Page 283, M.Bois : « Un autre membre du Conseil ments pour qu'il les publie, M. Bois qui lés imprime en
veut qu'on exclue les candidats cléricaux (des fonctions en retranchant précisément;ce qu'il reconnaît lui-même
et
publiques) qu'on refuse l'avancement aux cléricaux être le plus gênant pour la secte, en supprimant ce que
déjà en place, etc. » le Saint-Siège ordonne de dévoiler sous peine d'excom-
L'imprimé officielnomme ce forcené ; c'est le F. •. c'est-à-dire les noms, et; là-dessus, M. de
Albert Pètrot, alors Rose-Croixet conseiller municipal munication, président; du Comité anti-maçonnique, qui
de Paris.- A7oilàplusieurs fois que M. Bois cache son Marolles, déclare que M.Bois est tout le contraire d'un auxiliaire
nom au public catholique qu'il sollicite pour lecteur. 11". du Grand-Orient de France, non, voyez-vous, cela l'ait
est vrai que le F. •. Pétrot est un ami de MM. Paul rêver !
Rosen et GeorgesBois. _ _
Encore je suis obligé de m'arrèter, car la place me
Page 284, M. Bois imprime : « Le délégué de la loge manque; Bataille a étalé devant moi les innombrables
Les Droits de l'Homme, de Paris,, est partisan de l'ex- lettres de ses abonnésqui le supplient de laisser M. Bois
clusiondes cléricaux et de la destruction de renseigne- brailler, sans lui répondre; et; je vous assure que la
ment congréganiste, quelles qu'en soient les consé-
plume semble se galvaniser d'elle-même entre mes
quences. »
C'estdu F. •. Edmond Lepellelierqu'il s'agit, d'après doigts. M. Georges Bois veut-il autoriser les personnes à qui
l'imprimé officiel. il a écrit des lettres privées contre Bataille et contre
Page 285. M. Bois cache le nom du F. •. Lafj'ont sous moi-même à m'en laisser reproduire seulement une ou
cette qualification : « le délègue de la Renaissance». et à y répondre? Ou bien la Mérité veut-elle les
Page 286, le F. •. Fernand Faure devient, sous la deux, et en prendre toute la responsabilité?
plume de M. Bois: « le délégué des NeufSoeurs» (nom publier Alors, on pourra faire constater authentiquement,
d'une loge de Bordeaux). Page 292, M. Bois dit simple- officiellement,qui dit vrai et qui ment. Et je YOUS
ment : « Un orateur conjecture que, par la vertu du
voeu Pochon, les mères de famille réactionnaires et réponds que, pour le coup, ce sera bien fini.
cléricales deviendront républicaines, parce que l'avenir Léo Taxil.
de leurs, enfants y sera intéressé»; cet orateur est le r ^> : :
F. ". Blatin, de Clermont-Ferrand, est-il dit dans l'im-
primé officiel. Le docteur Bataille
Et ainsi de suite, jusqu'à la page 311. madecin ?
Partout, c'est la même chose, tout le long du vo-
lume. Chaque fois que M. Bois cite des documents Une des manoeuvres les plus perfides du journal
(notammentencore de la page 427 à la page 489), il les la Mérité,— qui, chaque fois que M. Bois y écrit, devrait
falsifie; car c'est une falsification que supprimer un plus logiquement s'appeler le Mensonge,— a
nom qui est imprimé sur le document même, pour le beaucoup été de répandre le bruit que l'auteur du Diable au XIXe
remplacer par une appellation cachant la personnalité. Siècle s'intitulait faussement«docteur » et n'était même
A son chapitre Xlll, M. Bois donne l'état des ateliers1 médecin. • .
de la fédération du Grand-Orient de France en 1891;1 -'pas Dans des lettres particulières, adressées à diverses
ces renseignements sont empruntés à l'Annuaire du l'auxiliaire du Grand-Orient de France a
Grand-Orient. Cet annuaire donne, non seulement les\ personnes,
titres des ateliers, mais les noms et adresses de tous lesj! commencé par prétendre s'être renseigné officiellement,
en ce qui concerne le service de notre ami dans la
très de et
vénérables, sages(présidents chapitres) grands-; marine, et aAroirappris ainsi que celui-ci avait tout au
maîtres (présidents d'aréopages de Kadosch). M. Bois \
publie l'es titres d'ateliers; mais silence complet sur les\5 plus naA'iguéquelques mois aux MessageriesMaritimes.
Cette seule allégation donne la mesure de la mauvaise
individus, absence totale des noms. foi de M. Bois : pour ne citer que le Japon, le docteur
; Tel est le fait brutal qu'il y avait nécessité de faireî Bataille y a été en station pendant près de deux ans,
;- connaître. Je mets M. Georges'Bois au défi de nier. Il1 sous le pavillon des Messageries Maritimes et comme:
ne fera croire à personne qu'on a fabriqué, exprès pourr docteur de bord.
. rai, un exemplaire du Bulletin officieldu Grand-Orientt ',' Passant des mensonges multipliés en des confidences
de France et un exemplaire de YAnnuaire
officiel,avecÎ épistolaires aux insinuations calomnieuses publiques,
suppressiondes noms, M. GeorgesBois at'enté de faire croire aux abonnésdu
Tous ces noms, il les a eus sous les yeux ; et ce n'estt l journal où il écrit que notre ami n'est nullement docteur
32 lOEA'UE '
MENSUELLE^
RELIGIEUSE, SCIENTIFIQUE
POLITIQUE^
en médecine.Pour arriver à faire pénétrer dans les médecine n et le dénoncer au procureur de la Répu-
esprits cette impudentefausseté,il n'est sorte d'artifices bblique. Ledocteur BatailleA'ousmet tous les atouts en
auxquelsM. Boisn'ait eu recours. Tantôt, commedans nmain, si M. GeorgesBois a dit vçai.
ses lettres particulières,il l'ait suivre d'un injurieux Et si l'expériencese retourne contre M. Bois,s'il est
point d'interrogation entre parenthèses le titre de ainsi a démontréque ce monsieur a menti, si c'est lui
docteur(?); tantôt, il affecte,ostensiblement,de la façon qui, q de cettefaçon, est pris en flagrant délit d'imposture,
la plus marquée, de lui refuserce titre qui est pourtant : nous n aimons à croire que M. Auguste Roussel, que
le sien et bien légitimement conquis par examens, nous n persistonsà ne pas rendre solidairedesoncollabo-
et
diplôme long exercice d'une honorable.profession; vrateur, aura l'honnêteté de désavouercelui-ci,de recon
tantôt enfin,sachantparfaitementque le docteur a.cessé : naître ii qu'il a été trompé par lui, et de dégager,par une"
d'exercer,si ce n'est accidentellementet.pour-se rendre déclaration d publique,sa responsabilité dans cette série
utile à quelques personnes en nombre restreint qui dd'attaquesqu'il a eu tort de laisser produire dans ses
A'eulentbienle consulter(spécialementpour lésmaladies colonnes.Sonamitié c pour M. Bois l'a rendu aveugle.
nerveuses),M. GeorgesBois déclaresolennellementque Dans : 1 l'intérêt mêmede son:journal, nous croyonsqu'il
le vrai nom de l'auteur du Diableau XIXe Sièclene se est c temps, pour M. Roussel,d'ouA'rirles yeux.
trouveni dans YAnnuaire Médicalede Paris ni dans le Quant à nous, nous affirmonsla réalité des nombreux
'Bol-tin, où il l'a, dit-il, vainementcherchéà -\
la nomeu- A'oyagesde M. le docteur Bataille, l'authenticité de ses
clafuredes docteurs-médecinsde la capitale. cdiplômes,son honorabilitéau-dessusde tout soupçon;
Tous ces procédéssont bien misérables, et, dans cet )nous le savonssincère et le déclaronstel. Et tous ceux
acharnement à Calomnier,il est fort difficilede voir cqui écrivent dans cette revue se proclamentses amis,
l'appréciationd'un critique jugeant un livre ; jamais, l'estimentcommetous 1 ceux qui le connaissent. Tous,
dans les annales de la presse, un critique littéraire, si nous i nous déclaronshautementsolidairesde lui.
hostile qu'il fût à un ouvrage, n'est descenduà de sem- LA RÉDACTION
blables manoeuvres. i
. Eh bien,-pour qu'une démonstrationéclatante soit La nécessité de répondre aux attaques indi-
faite de la bassedéloyauté de M. GeorgesBois,les amis
de M. ie docteur Bataillel'ont instammentprié de con- gnes, i dont M. le docteur Bataille a été l'objet,
sentir à oublierqu'il est, commemédecin,avanttout un nous a empêché d'insérer les articles suivants,
homme d'études scientifiques,et de vouloir bien re- sont reportés au 2e numéro de notre
prendre,,au. moins pendant quelquetemps, le public lesquels
exercicede sa profession.Notre ami a accepté. REVUE MENSUELLE :
C'est pourquoi, tous les lundis dans la matinée, de 1° La Révélation de Baal-Zéboub, prétendue
9.heures et demieà 11 heures et demie,M.le docteur
Bataillerecevra, dans un cabinet (rue de l'Abbaye,13), prophétie diabolique, expliquant dans le sens luci-
toute personnequi désirerale consulter sur un' cas de férien la concordance entre le Livre Apud-noet. la
maladie ou pour avoir une prescription de régime à Prophétie de saint Maluçhie; la généalogiede l'Ànte-
suivre. M. le docteur Bataille donnera également des Chrisl, d'après le .Livre Apudno ; extraits impor-
consultationspar correspondance,à titre exceptionnel, tants du Livre des Révélations, ou mémorial secret
bien entendu, et pour une seuleibis. Les consultations d'Albert Pike.
seront signéesde son titre de docteur et de son vrai
nom. 2° La messe noire à Fribourg, par M. A.-C.
Si M. GeorgesBoisa dit la vérité, l'auteur du Diable de la Rive ; justification d'une curieuse information
au XIX" Sièclese sera doncmis dans le cas délictueux de Rhemus dans la Croix de Reims. .
d'exerciceillégal de la médecine.Et, la jurisprudence 3° Le Magnétisme Satanique, démontré par
le
nécessitantque délinquant ait réellementfait métier, le eus du Baron Dupolel ; très intéressante étude
c'est-à-dire se soit fait rémunérer de son office de d'un collaborateur des
médecinet ne se soit pas borné à donner des conseils, « LECAPITAINE plus érudits, qui signera
notre ami,..afin"den'être pas accusé-'d'avoir,usé d'un PIEKHE ».
subterfuge/denature à laisserla loi impuissantecontre À la dernière beure, nous recevons le texte
lui, fixe à ses consultations un prix modique, mais
suffisant pour ne pas lui permettre d'échapper aux complet de la VOUTE 1)15PROTESTATION des
effets d'une dénonciation'. adversaires de Lemmi dans la haute maçon-
'
En conséquence,le prix de la consultation,soit dans nerie. Nous le publierons également dans notre
le cabinet mis à la dispositiondu docteurBataille chez
ses éditeurs, soit par correspondance,est fixéà « cinq 2e numéro, qui paraîtra du 10 au 15 lévrier au
francs-»..
' plus tard. — —
. .
.- .Maintenant,voilàM. GeorgesBoiset ses garants de . ; """ : •,:
sincéritémisau pied du mur. Ils n'ont plus à se dérober,
ni lui ni ceux qui impriment ses'mensongeset leur PETITE CORRESPONDANCE
donnent de la publicité. 11 leur est facile de faire
demanderconsultationà M. le docteurBataille par cinq AuDOCTEUR HATHEI.OT. —Milleremerciements, d'abord, et
ou; six personnes, pour s'assurer que notre ami se beaucoupd'excuses.Pas une minute à' moi. . Maisc'est tout:
à
soumet réellement l'expériencequi vient d'être indi- entendu, certesI Usez.de la permission, pourrésumer, comme
la somme de à vousdites.Pourquoi ne cpllahoreriez-vous'-pas à fa Revue Men-
quée; et, pour modique 25 ;30 fr..,ils suelleonauMédecin (UlaFamilleChrétienne?
auront en main les titres nécessaires;pour, le faire AM. EUE-LÉON Dui'oun.—Certainement, j'en parlerai; il y a
"punir; avec.'toute la rigueur des lois,,s'il est un faux déjà uneallusion d ansle 44*fascicule ; mais* il mefautrecevoir
docteur.. i .:.....; ; de là7bas d es renseignements complets etsûrs. ,.;
- Allons,.Messieurs,A'ousn'avez.pas.le.-droitde.refuser Aceluigui ne «Y/nepas d'unpseudonyme aux-vo?
emprunte,1 Jene
mamde
1 Vous.' avez calomnié un t'ai encorevue. Jules .Verne.—Ëh bien, e tla rectification promise
cette expérience décisiA'e; pas Cependant, votreami a traité d'immoral' ce
homme et fait ainsi le jeu de ceux que loyalementil moral. mes
que Il adversaires eux-mêmes être
reconnaissent ill'afort hautement
combat et démasque;vous avez répandu sur lui des 'chrétiennement faut qu'il avoueson "erreur, famêmeoù: peu
commise.
insinuations perfides; vous avez l'obligation de ne ,Auprochainnuméro,suite de fa PetiteCorrespondance en
pas en demeurer là, il vous faut:à .présent,,. aller retard. .
jusqu'au bout. —:..:..:;:.
. Vousdevez faire constater,que notre ami:exercé la Saint-Etienne, imp.Ch.B.OY LeGérant :P:Peyre
I\f° 2 Prix : 30 cent.
Février 1894

A cet égard, de tels incidents sont vraiment


A VOUTE DE PROTESTATION providentiels.
Voici donc le document in-extenso. L'original
Adoersaires de Lemmi est en anglais. Nous nous sommes attaché à le
des traduire de la façon la plus fidèle, sans nous
préoccuper de donner au lecteur un style plus
Nous n'avons pas besoin de faire ressortir ou moins élégant.
l'importai'ce du document qu'on va lire. 11 fait
connaître, avec une clarté et une précision Del Maximi Ad Gloriam
remarquables, l'intrigue si habilement conduite Optlmi
par le grand-maître italien Adriano LemmiFranc- pour
arriver à se faire élire chef suprême de la Aux Très Illustres, Très Puissants et Très Eclairas
Maçonnerie universelle. Frères en Noire Divin Maître Excelsus Excelsior, com-
C'est un mémoire des plus complets que ses
adversaires ont rédigé. posant, à titre d'Anciens et membres inamovibles, le
On sait déjà que Lemmi en a été ému et a tenté SérènissimeGrand Collègedes Maçons Emèrites:
de calmer les hauts-maçons qui refusent de A. tou.v'les Nobles Seigneurs Grands-Maîtres, prési-
reconnaître son élection fil a même essayé de dant les Parfaits Triangles des Mages Elus :
négocier avec eux : mais il en a été pour ses A tous les YroÀsElus et Parfaits Initiés, ayant la con-
avances, jusqu'à présent du moins. Le conflit naissance réservée des nombres mystérieux 77 et 666,
prend, de jour en jour, les proportions d'un véri- MagesElus et Maîtresses Templiëres Souveraines, Hié-
table schisme. rarques et MaîtressesTempliëresde la Digne Révélation,
Quant aux catholiques, ils ne peuvent que se ainsi qu'aux ChevaliersKadosch du Palladium et Che-
réjouir de l'événement. 11 a fallu ces fraudes valières Elues Palladiques, répandus mr la surface du
inouïes commises par l'intrus du palais Bor-
globe ; •-.„',..'••.
\U'"-
ghèse, pour faire éclater la colère des délégués
américains au Convent secret du 20 septembre Salut sur tous les points du triangle}'! ""'!?';.;j_—r} '-/'
et mettre ainsi en lumière les dessous mysté- Santé ! Stabilité/ Pouvoir ! f' :1//' / /
rieux de la haute-maçonnerie. Il est certain que, '
jusqu'à ce jour, à part: quelques hommes d'étude, VOUTE DE PROTESt&flOfli:
chercheurs obstinés et perspicaces, la masse du
Contre les faits accomplis en la vallée de Rome
public et les neuf dixièmes des francs-maçons
même ignoraient l'existence de cette formidable le 20e jour du 7° mois, an 000893 de la Yraie
organisation occulte qui domine çt dirige tous Lumière,
les rites si divers, souvent si disparates en appa-
rence, de la secte internationale; et l'on s'éton- Les faits, dont le redressement (redressing) est
nait que ces groupements divisés en coteries réclamé par la présente voûte, sont connus aujour-
concurrentes,, parfois opposées les unes a,ux au- d'hui de tous les Vrais Élus, ayant été signifiés
\ très, pussent marcher si merveilleusement vers aux Parfaits Triangles, Grands Triangles et Trian-
le même but.
gles par le nouveau Suprême Directoire Dogma-
Aujourd'hui, les voiles sont levés ; le Rite
Suprême, dans son déchirement bruyant, s'est tique du Palladium en sa lettre encycliquéYency-
iQis à découvert. Un iranc-macon qui" viendrait olical lelier) datée du 29° jour du 7emois, an 000893
nier maintenant le Palladisme,"ne réussirait qu'à de la Vraie Lumière, scellée en la vallée de;Rome
taire rire autour de lui ou hausser les épaules. et transmise hiérarchiquement en copie conforme
Diable au XIX 0 Siècle
Supplément au 15efascicule du (n° de février 1894).
34 KEVUEMENSUELLE, POLITIQUE,SCIENTIFIQUE
RELIGIEUSE,

par les messagers des Directoires Centraux ; mais causé à l'Ordre parle fait que le Suprême Directoire
l'entière vérité n'a pas été dite. Dogmatique était établi à Cbarleston. La cité du
Les protestataires, au nombre de vingt-six, com- Palladium pouvait donc, sans nul inconvénient,
prenant vingt-cinq délégués souverains présents à continuer à être le siège de la très haute et tr<\
l'accomplissement des faits, et un délégué souve- vénérable direction.
rain qui ne put être présent, mais dont le sup-
au BEÏNTHIN.•—Il était injuste de transférer en
pléant s'est sagement et prudemment abstenu le Suprême Directoire Dogmatique.
premier scrutin et a voté par bulletin blanc au Europe
second scrutin, exposent donc les actes et la'situa- La Maçonnerie américaine des Etats-Unis est la
tion qui en résulte désastreusement (disaslrovly) plus importante sur la surface du globe, tant sous
pour notre sainte cause. le rapport du nombre des adeptes que sous le l'ap-
La présente voûte de protestation, vise les deux port de la prospérité des Ateliers. Ses contribu-
scrutins et demande qu'il soit procédé avec urgence tions constituent la plus grande part de la richesse
en vue de leur annulation. Les vingt-six protesta- des sept Directoires (.1); elles donnent la vie à
taires ont constitué un Comité de Permanence en l'action de la souveraineté dans l'Ordre et à la
la vallée de Londres pour recevoir les acquies- haute propagande aujourd'hui si puissante.
cements à leur opposition, et ils prennent la res- L'Europe, si elle ne possédait pas le siège de
ponsabilité de chacun et de tous ensemble (1). la Suprématie Dogmatique, possédait les deux
Souverainetés Executive et Administrative.
Premier scrutin : Transfert Transférer en Europe le siège du Directoire Dog-
ATHOÏM(2). — lï était inutile de transférer matique est un acte d'inique dépossession ; car,
en conséquence du vole allaqué par les protesta-
le Suprême Directoire Dogmatique.
taires, les trois plus hauts pouvoirs de l'Ordre se
Les Frères de Cbarleston, tant le président que trouveront réunis en Europe, parmi lesquels deux
les membres du pouvoir suprême en fonctions de ces souverains pouvoirs dans un s.eul pays,
avant le vote attaqué, n'ont pas démérité de la Ma- dans une seule ville, et, en quelque sorte, dans
çonnerie universelle ; ils avaient et ils ont encore les mains d'un seul individu. Or, cela est contraire
l'entière confiance des Directoires et des Triangles. à la vénérée tradition, et une imprudence s'ajoute
La direction a eu toujours une conduite irrépro- à l'injustice, si le vote du transfert n'est pas
chable et a multiplié constamment les preuves de annulé bientôt. C'est le schisme que l'on créerait
sa prévoyance, de. sa concorde, de sa sagesse et fatalement, attendu que la nombreuse, prospère
de sa discrétion parfaite. Aucun acte du deuxième et puissante Maçonnerie américaine ne se laissera
Souverain Pontifical n'a été l'objet d'une plainte, pas déposséder, pour devenir la stupide vache à
ni de la plus minime réclamation, et la longue lait (slitpid milclt-cow)de l'usurpateur de ses droits.
gestion précédente avait été l'objet de l'unanime GOMOR.— Il est dangereux d'avoir transféré
admiration, pendant foute sa durée, même do la en Italie le
des Frères incomplètement initiés, à la Suprême Directoire Dogmatique.
part qui
prudence nécessite de tenir cachées les forces En particulier, le choix de l'Italie pour le nou-
motrices (llie moiivc powers) de l'Ordre. veau siège de la Suprématie est mauvais, surtout
Nul n'aurait eu l'audace d'accuser les Frères de par la raison que l'avenir politique de ce pays est
Cbarleston ; à cause de cela, on a prétendu des tout à fait 1res incertain.
raisons de pays, au lieu de personnes, pour solli- Le siège de la Souveraineté Executive snllisail
citer le vote préparatoire des Triangles qui a auto- à l'orient de Rome, parce que ce siège ne com-
risé la tenue du Convent Souverain. On a ainsi porte pas une installation autre que celle d'un
obtenu le vole préparatoire des Triangles, et les Suprême Conseil de moyenne importance. La
mêmes prétendues raisons de pays ont été seules principale fonction de l'Exécutif est concentrée
produites afin d'obtenir les suffrages des délégués dans la vigilance ; il n'agit pas comme une haute 1
souverains pour la décapitation de Cbarleston (for police s'inspirant d'elle-même, ordonnant, et met-
the behcading of Cliarleston). tant tout en mouvement avec, des effectifs consi-
Or, le fonctionnement avait toujours été très dérables placés directement sous son autorité ;
excellent à Cbarleston ; aucun dommage n'a été
(1) La « voûte » parle ici : 1"du SuprêmeDirectoireDog-
(1)Dans le document,la. phrase anglaise,non traduite matique,objet du transfert: 2° des deux SouverainsDirec-
mot à mot,'équivautà : « Ils se déclarentsolidairesles uns toires, l'un Exécutif,à Home,l'autre Administratif,à Berlin:
desautres. » 3" dos quatre Grands Directoires Centraux, établis à
(2)En style palladique,on se sert des.lettres de l'alpha- Washington,pour l'Amériquedu Nord, à Montevideo, pour
bet des Magespour numérote]'les subdivisionsd'unevoûte. l'Amériquedu Sud, à Naples,pour l'Europe,et à Calcutta,
De même qu'on mettrait : (A),(B),(C),(D),etc., les hauts- pour l'Asie"et l'Océanic.11y a encore, à Port-Louis,un
maçons mettent : Alliuïm,Jiernlhrn.Gomoi; Oiniun,Uni. Sous-Directoire pour l'Afrique,dépendantdu GrandDirec-
Ur. 'Min.etc., noms des lettres de leur alphabet secret, toire de Calcutta.Tous ces directoiressont alimentéspar
placéesdans l'ordre suivant: A, 11.G, D. E. U-V,Z,H, Tli, la caissedu Bile Suprême,approvisionnéeelle-même par
1-il-Y,C-K, L, M,N, X, 0,F-1\ Ts, Q, R, S, : en tout, le un-pour-cent des contributionsde tousles Ateliersdu
vingt-deuxlettres. globe.
COMPLÉMENT « LE-DIABLEAU XIXeSIÈCLE»
HE'LA PUBLICATION 35

niait"il fonctionne en surveillant l'ennemi, pour Deuxième scrutin : Election


communiquer avec promptitude au chef suprême
un avis bien net sur l'opportunité des décisions à DrNAïN. — L'élection est entachée (].) de
prendre. Il est à la fois la sentinelle avancée de tromperie originelle.
l'Ordre et le futur exécuteur, des souverains dé- Les deux scrutins peuvent paraître distincts l'un
crets; a cause de cela, dans un tel jioste, il n'a de l'autre, aux yeux de ne les examine pas où
besoin d'un nombreux ni des qui
aucun état-major,
d'un ministre. ignore, la perfide trame de l'Élu. Au nom de la
archives vérité, il faut dire qu'ils étaient liés ; mais ils ont
Au contraire, si le Palladium est transporté à été aux Triangles comme distincts et
de Rome et si cet orient devient le présentés
l'orient siège n'inlluant aucunement l'un sur l'autre.
définitif du Suprême Directoire Dogmatique, voilà Les circonstances qui. ont provoqué le vole pré-
les archives centrales elles plus saintes choses en paratoire sont
d'un de main dans le cas d'une confla- présentes encore au souvenir de
péril coivp tous. On a l'ait valoir uniquement des motifs, plau-
gration subite. sibles d'aspect, qui, disait-on, militaient en faveur
Le transfert à Rome de la Suprématie de l'Ordre du transfert à Rome delà très haute et très véné-
et de tout ce qui est inhérent à son organisation rable direction, et les instigateurs de ce mouve-
si complexe ne pourrait,être effectué sans danger, ment (on comprend aujourd'hui qu'ils obéissaient
que si l'Europe entière avait tous ses divers Etals à un mot d'ordre) affirmaient avec énergie que
républicains et unis par les liens d'un pacte de la pétition italienne en demande du transfert ne
paix générale, enraciné dans les esprits de chacun. cachait aucune intrigue d'ambition personnelle ;
Avant l'accomplissement de cette évolution poli- car, déclaraient-ils, le grand-maître du Souverain
tique, qui sera la base de l'action décisive de la Directoire Exécutif ne présenterait pas sa candida-
Maçonnerie, il y a réel danger à opérer le trans- ture au Pontificat de la Maçonnerie universelle.
fert de la Suprématie en Europe, surtout en Italie. Maintenant, les protestai aires interrogent la
Si des raisons majeures s'imposaient pour que le conscience des Parfaits Initiés. Est-ce qu'il n'y a
siège delà très haute et très vénérable direction eu là une indigne manoeuvre, la plus traîtresse
aux Etals-Unis c'est-à-dire pas
fût enlevé d'Amérique,
si la nécessité survenait de le rapprocher du siège supercherie?... Lorsque le premier scrutin (sur le
transfert) a été dépouillé et son résultat proclamé,
central de l'ennemi, il faudrait du moins le placer il n'a été présenté qu'une seule candidature : celle
en pays non catholique, soit en Prusse, soif en du
de ainsi cela est grand-maître du Souverain Directoire Exécutif.
Angleterre préférence. Or, que
démontré dans l'Alboïm qui précède, la nécessité, Em. — L'élection est entachée de corrup-
ni même l'utilité du transfert, quel qu'il soif, tion (%).
n'existe pas.
Le grand-maître du Souverain Directoire Exé-
Quant au danger de l'installation de la Supré-
matie à l'orient de Rome, il apparaît avec la plus cutif avait l'ait dire partout qu'il ne serait pas can-
didat à la suprême grande-maîtrise ; une fois le
grande clarté (in llie cleumsl manner) ; car les
transfert à l'orient de Rome obtenu, il s'est dé-
puissances européennes n'ont jamais reconnu for- claré
mellement, la légitimité de l'occupation du terri- candidat, et non seulement cela a été ainsi
toire romain parle roi d'Italie ; cette abstention avec cynisme (cyrricatly), mais aucun autre Frère
des puissances est regrettable, mais le chagrin italien ou résidant en Italie ne s'est déclaré candi-
que nous en éprouvons n'empêche pas ce l'ait dat,. 11est évident qu'il y a eu là : soif une entente
d'être. Aussi, il est sage de prévoir la soudaineté préalable entre les Frères italiens ; soit une
d'une grande guerre européenne, qui serait autant abstention générale des compétiteurs, imposée à
eux
prompte dans ses résultats que terrible dans ses du par une pression illégitime du grand-maître
batailles ; il faut donc envisager, la lamentable Souverain Directoire Exécutif ; soif une ma-
no;uvre depuis longtemps préparée et dont le ré-
perspective, qui serait une cause d'immense dou- sultat a été
leur pour tous les hommes de progrès, c'est-à-dire acquis avec de l'argent.
la possibilité d'une restauration, par certains vain- Dans l'un quelconque de ces trois cas, le scrutin
queurs, du royaume temporel du Pape de la Su- lui-môme est vicié.
perstition ! (1) Ces trois aspects de la question ont été exami-
Vraiment alors, du jour au lendemain, tout ce nés d'une façon attentive par une rapide enquête ;
qui est pour nous le plus sacré se trouverait subi- cette recherche des causes a fait découvrir que
tement au pouvoir d'un ennemi haineux et baiv l'abstention des compétiteurs de l'Elu, avait été
bare, qui détruirait les choses saintes,'et qui, en l'objet d'un marché entre celui-ci et eux. Nous
s'emparant de nos archives, mettrait la main sur savons même quel est l'argent avec lequel le grand-
tous les rouages de notre machine humanitaire. '
(1) Lemot employédans le document originalest plus
(D Aveubona retenir! Leschefsde la Maçonnerie savent dur. Textuellement; : l'élection est, infectée(IXTIÏCTI:»).
Les
tort bien (maisils ne le-disentqu'enlre eux)que l'abolition i protestatairesaméricains n'ont pas mâché les mots déso-
du pouvoirtemporelde la Papautén'est pas reconnuepar bligeantspour le F.\ AdrianoLemmi.
les puissances. (2) Mêmeobservationque ci-dessus,
36 BEVUEMENSUELLE,
RELIGIEUSE,P0UT1QBE, SCIENTIFIQUE

maître du Souverain Directoire Exécutif a payé la Or, il est tout à fait inadmissible que la Chaire
retraite des Frères dont les candidatures avaient suprême du Dogme ne soit pas orthodoxe ;' ce
été annoncées, au temps du vote préparatoire dans : serait le bouleversement de toute la vénérée tra-
les Triangles. C'est la caisse delà Banque Romaine dition, conservée pure par le premier et le second
qui a été mise à contribution forcée, tant le gou- Pontificats, la ruine du Temple, ou tout au moins
vernement italien secondait les projets de l'indi- le retrait de la protection divine pendant les années
gne personnage (worthless wrcich) qui a trompé tous de l'hérésie dogmatisante.
les honnêtes Frères pour assouvir son ambition :
or,le gouvernement italien a agi delà sorte, parce ZAÏN. — L'Elu est indigne sous le rapport de
que son intérêt personnel est que la suprême di- la vulgaire probité-
rection de la Maçonnerie universelle soit à Rome, Les protestataires ont sommé vainement le
au lieu de Cbarleston ; el cette immixtion.d'une
grand-maître italien, devenu chef suprême grâce à s
autorité politique, même amie et non profane, la fraude, de se justifier des graves accusations t|
dans l'action rigoureusement secrète réservée aux qui ont été portées contre sa probité. Les som- |
adeptes parfaits initiés du Palladium, est un argu- mations ont .été faites, de vive voix et par Voûte |
ment de plus à ajouter au Gomor qui précède, pour en. message régulier, avant et.après le scrutin de |
prouver que le scrutin du transfert à Rome n'a l'élection. Les preuves de l'indignité, telles qu'elles i
pas été une oeuvre d'intérêt général. sont produites par les accusateurs, sous forme de 1
Sur le fait de l'achat des compétiteurs, payés documents authentiques photographiés;- ont été I
pour s'abstenir après avoir laissé annoncer leurs mises devant l'accusé ; et aussi on les trouvera I
candidatures dans les Triangles, nous avons la annexées à la présente voûte, avec les pièces 1
certitude qu'une somme totale de dix millions de
à à la témoignant la véracité des protestataires sur les
lires a été dépensée cet effet, extorquée autres points soulevés ou dénoncés en ce litige.
Banque Romaine-; le principal compétiteur a L'Elu s'est contenté de nier avec colère, et il
reçu, à lui seul, plus de quatre millions de n'a pas voulu s'expliquer d'une façon complète par
lires (1). des preuves authentiques qui lui oui, été deman-
C'est là un cas manifeste de corruption (a cleur dées en vue de l'anéantissement de celles de ses
case of brïbery). accusateurs.
UR. — L'Elu n'est pas orthodoxe. L'une des accusations est relative à une con-
damnation profane (.1.); une. autre, consistant en
L'Elu ne tient pas son hérésie dans le secret; il une plainte de nombreux
d'une fois une fâcheuse Frères, aurait occasionné
lui a donné plus publicité. bien certainement un jugement, du premier Ponti-
La vénérée tradition, commentée souvent et
chef fical, si elle était, parvenue jusqu'à son tribunal S
avec science par le tant regretté premier
du Rite suprême (ï). L'affaire est un placement d'une S
suprême, sublime législateur Palladique somme importante au nom personnel du grand-1
Réformé Nouveau, et créateur de notre organi maître italien, alors que cette somme appartient ai
sation universelle, exige que le mot. « Satan » ne la Maçonnerie. En Angleterre et aux Etals-Unis,
soit pas employé, n'étant pas le nom du Dieu-Bon, les adeptes de. la parfaite initiation ont toujours
et étant au contraire le mot usité par- les prêtres désiré la prospérité de la Maçonnerie italienne ;
de la superstition, dans les blasphématoires impré- d'autre part, la pauvreté de cette Famille est
cations que leurs bouches vomissent sans cesse notoire dans l'Ordre, et c'est pourquoi les maçons
calomnieusement. anglais et américains ont transmis au grand-maître 1
Cependant, le grand-maître italien emploie italien de forts subsides, souvent réitérés, afin
et condamnée, et il en auto-
l'expression proscrite qu'il multipliât les loges dans le pays où le Pape
rise l'emploi, ainsi que cela est constaté par des de la Superstition, trône orgueilleusement. Or,"les
relations oflicielles de banquets et même d'agapes.. accusateurs de l'Elu soutiennent qu'il a gardé
pourj
Et il y a plus, dans une assez récente cène trian- lui une notable part de l'argent ainsi reçu ; ce|
gulaire, il a remplacé le Goddaël-M'irar, obligatoire serait là u'n vol commis au détriment de l'Ordre. I
sans exception, par l'hymne où l'Excel-
pourtant En outre, il a frappé d'un impôt les pauvres loges j
sior est appelé du nom contraire à l'orthodoxie.
Par de tels agissements, le grand-maître italien
s'est classé lui-même hérétique. (I) Il s'agit de la condamnationpour vol h un an et un \
jour de prison et cinq années de surveillance de la -haute
police,prononcée contre Adriano Lemmi,le 22 mars 1844,
|(1)11 s'agit du sénateurdeGiosuéCarducci,dont la candi- par le Tribunal Correctionnel de Marseille. Nous avons
dature avait des chances succès,puisque, au scrutin du publié in-exfensole texte de ce jugement dans le numéro-
20 septembre,bien qu'il se soit refuséà la dernièreheure à spécimendela.JUeraeMensuelle,religieuse,politique,- scien-
se porter en concurrenceà AdrianoLemmi, il a eu néan- liftquç. .
' moins 13 voix sur Tî votants. Le compte de Carduccià la .(2) Les adversaires du nouveau chef suprême de la
BanqueHumaine,compte qui lui a été ouvert sans raison Maçonnerie,affirment, d'autre part, que tontes les plaintes
sérieuse et par la seule influencede Lemmi, s'est trouvé, envoyéesà Cbarleston contre Lemmiétaient confisquéeset
lors de la découverte du pot-aux-roses, en excédant de supprimées par le IV. Philéas "Waider, un de ses plus
4 millions549inille 450francs : on sait que le gouvernement dévoués complices,et qu'ainsi elles ne-parvinrent jamais a
italien a étouffél'affaire. - Albert Pike.
COMPLÉMENT « LE DIABLEAU XIXe SIÈCLE»
DE LA PUBLICATION 37

SPECIMEN DES GRAVURES SERVANT A ILLUSTRER


. le volume de M. A.-O.DE LA RIVE
L-A REIVIIVIE ET L'ENFANT
DANS LA FRANC-MAÇONNERIE UNIVERSELLE
(l'ouvrage vient de paraître)

DONA MAR1A-DEL-OLVIDO DE BOURBON


GRANDE-MAITRESSE EN ESPAGNE
Fille ilu Du « «le Sévillc (tué en duel par le Duc de Montpensier)

italiennes, impôt, qu'elles sont obligées de lui (wrony and conlempl.ibh) que se trouve la seule
payer, sous peine de radiation, après trois avertis-' cause des nombreuses défections et scissions en
sements. Les accusateurs de l'Elu avancent, avec Italie, beaucoup de maçons de ce pays étant, très
des preuves consolidant leur dire, qu'en 1890 (ère mécontents et à un degré tellement haut qu'ils
vulgaire) le total de ces détournements sur les n'ont pas craint de le dire, même dans le monde
fonds anglais et américain de propagande et des profane.
extorsions aux pauvres maçons italiens s'élevait à L'attitude du nouveau chef suprême, élu grâce à
quatre cent mille lires, que l'accusé plaça à son la; fraude, prouve qu'il lui est impossible de se
nom personnel. Les accusateurs ajoutent enfin que disculper ; mais il a l'impudence tout à-fait cyni-
c'est dans, cette conduite abusive et méprisable ; que (very cynic sauciness). En présence de la marée
38 11EYUE
MENSUELLE.
1ÎELKUEUSE, SCIENTIFIQUE
POLITIQUE,

montante des accusations, il apparaît avoir pris cette fonction était un titre simplement honori-
pour devise : « 11faut payer d'audace ! >>( We mv.il fique, un diplôme ou une médaille flattant la,
put a bold face on Ihe mal 1er !) Ce qui est absolu- vanité de celui à qui cette marque de haute estime
ment révoltant surtout, c'est je mot annuel qu'il a du chef suprême est décernée.
imposé aux Triangles, en réjouissance de son Les adeptes de la parfaite initiation ont donc ap-
avènement, et que les adeptes de la parfaite initia- pris les noms des dix d'entre CUNque l'Élu par
tion seront contraints de dire jusqu'au 29e jour du fraude place le plus haut dans sa considération ;
7e mois" de l'an 00089-i, sous peine de voir les mais maintenant'ils ne possèdent plus aucune
portes du Temple rester fermées pour eux. Ce garantie de la gestion des intérêts matériels de
eboix inconvenant d'un tel mot annuel montre que l'Ordre tout à fait les plus graves.
l'Elu.brave le. mépris des maçons honnêtes. Les Cette situation est particulièrement insuppor-
protestataires se demandent si les Frères et Soeurs table, quand une telle autorité sans contrôle se
.qui honorent la probité comme une des premières trouve exercée par un homme autant suspect et
vertus naturelles peuvent accepter plus longtemps déjà coupable de nombreuses malversations.
nue si pesante humiliation. On n'a. aucune bonne
raison de dire que ce mol, secret a été imaginé en Tiii'ïLA. — L'élection est irrégulière, et son
esprit d'opposition au traître justement mis à irrégularité est aggravée posr une réunion
mort ; non, le mol annuel en cours n'esl rien exceptionnelle de circonstances motivant les
autre qu'une impudente glorification d'un histo- plus légitimes soupçons.
rique voleur. Pour le premier Pontificat, il n'y eulpas élection;
car le premier chef suprême fut créateur de l'orga-
HÈLÈTUA. — L'Elu a supprimé tout con- nisation : il institua tout, et son autorité fut recon-
trôle de ses opérations, dès le lendemain de son nue. Pour le deuxième Pontifical., il y eut désigna-
avènement. lion par le prédécesseur, continuée par le suffrage
Le Souverain Pontife de la Maçonnerie univer- unanime du Sérénissime Grand Collège ; en vertu
selle est vraiment le chef suprême, c'est-à-dire de la Constitution fondamentale du Palladium,
c'est de celle façon que l'élection du chef suprême'
qu'il est le plus élevé dans la hiérarchie ; aucun
Frère n'a le pouvoir de lui commander un acte, et de la Maçonnerie universelle doit être effectuée,
ce qu'il ordonne doit être accompli. Néanmoins, l'niquemenl, dans le cas où, onze jours s'élanl.
s'il est sans contre-pofds pour la solution des écoulés, les membres du Sérénissime Grand Col-
questions de dogme, il est, entouré de conseillers lège ne se seront pas mis d'accord pour élire à
d'une très grande sagesse, doués d'une longue ex- l'unanimité l'un d'eux ou un parfait initié du plus
liant degré pris en dehors d'eux, alors les directeurs
périence,, dont le choix lui appartient, mais qui,
choisis toujours parmi les vétérans maçons rési- •des soixanle-dix-sepl IProvinces Triangulaires eon-
dant à proximité de son siège, forment un contrôle voquenf les Parfaits Triangles, les Grands 'triangles
bienveillant pour lui et une garantie pour l'univer- et les Triangles à tenir séance pour le choix des
salité des adeptes en ce qui concerne la direction délégués (I) dont la réunion formera le Convenl
des enivres matérielles. C'est pour remplir celle Souverain secret, Là, le candidat à la suprême
noble mission que le Sérénissime Grand Collège grande maîtrise doit obtenir, pour être légitime-
dos Maçons Kmériles a été institué : son existence ment élu, un nombre de voix équivalant an-
donne par elle-même tout repos à. l'esprit des moins im.t: trois iptarls des votants. Telle est la
loi.
•adeptes de la parfaite initiation.
Le nouveau chef suprême, élu grâce à la fraude, Or, la loi a été transgressée.
a eu d'abord à procéder aux nominations des Afin que tout eût, été régulier, il aurait fallu
membres de son Sérénissime Grand Collège, au tenir deux séances du Couvent Souverain, et non
nombre de dix, conformément aux Statuts, en pas une séance unique. Dans la première, le scrutin
même temps qu'il nommait son remplaçant, au sur le transfert aurait eu lieu ; et puisque le'trans-
Souverain Directoire Exécutif. 11 a déclaré que les fert du siège suprême a-été adopté, il aurait fallu,
Très Illustres, Très Puissants et Très Éclairés malgré l'iniquité de ce vote, que la majorité qui
Frères Anciens, composant le précédent, Sérénis- l'avait émis et le considérait donc valable sus-
sime Grand-Collège de Cbarleston, conserveront pendit la session du Couvent et mandât à Char-
leur dignité, avec le litre de membres honoraires Ci) Un délégué par Province.Triangulaire. Yingl-dcux-
ad wilam. ; dans cela, il n'y a pas de reproche à provincesont le privijègcde pouvoirdéléguerindifférem-
foimuler contre lui. Mais, pour nommer les ment un-Frèreon une SoMir,pourvu que celle-cisoif Maî-
tresse TemplièreSouveraine; neuf seulement ont"délégué
membres actifs de son Sérénissime Grand Collège. . une Soeuran Convenl.secret'de Home, du 20 septembre
il r. agi avec une véritable ruse. Au lieu de choisir 1S'.)3.Lesfrères déléguésà un ConvenlSouveraindoivent
dix-hauts maçons parfaits initiés résidant en Italie avoir le grade de MageElu.Les simples Trianglesne parti-
"et pouvant contrôler ses.actes par conséquent, cipentpas à l'électiondes délégués,quant au vole ; mais
il a distribué ces dix nominations dans tout autant c'est dans leur Atelier que se tient la réunionpréparatoire,,
et les Frères et Sosurs du premier degré palladiquc ont
de pays, comme si la dignité si importante de voixconsultative.
« LE DIABLEAU XIXeSIÈCLE»
UE LA PUBLICATION
COMPLÉMENT 39

est on le résultat, par la voie immédiate,.ainsi que, furentf opposés à l'exaltation suprême de cet
le nom des candidats au Souverain Pontificat. En homme 1 se divisèrent ; afin de mettre un nom
effet, les Anciens, membres du Sérénissime Grand dans c l'urne, treize votèrent pour un Frère qui avait
Collège, possédaient la plénitude de leurs pouvoirs r
retiré sa candidature ; dix-huit, tenant ce Frère
et se trouvaient réunis à Cbarleston, sauf un seul T pour non-orthodoxe autant que l'unique candidat,
qui.élait présent à Rome ; celui-ci pouvait, par la et c indignés de toutes ces perfides manoeuvres, pro-
voie immédiate, faire connaître à ses Très Illustres, 1
testèrent significativement (significanlly) envolant
Très Puissants et Très Eclairés collègues à quel par \ bulletins blancs. Transformer dix-huit bulle-
candidat il donnait son vote pour la suprême grande- tins t blancs en dix-huit abstentions est une indigne
maîtrise. Après quoi, si l'accord unanime n'avait f
tricherie.
pas pu se faire, après les onze jours écoulés, le Enfin, les protestataires signalent-surtout ce fait
Gonvent Souverain aurait repris séance et procédé i
fort étrange (passing slrange) : quatorze délégués
au deuxième scrutin, en tenant compte des trois souverains ; tombèrent malades au moïneut de se
quarts des voix des votants, nombre nécessaire i
mettre en route ; cinq purent être remplacés par
pour avoir une légitime élection. iun vote prompt de leurs mandants ; pour les neuf
Voilà comment cette grave affaire aurait dû se ;autres, les Parfaits Triangles et Grands Triangles
passer, en régularité et loyauté, puisque la Consfi- ireprésentés furent obligés, étant, surpris inopiné-
lution fondamentale du Palladium n'a pas prévu-le ment, i d'envoyer leurs mandats à des Frères habi-
fait du transfert du siège suprême hors de Char- tant 1 l'Italie, et ces mandataires suppléants leur
lésion. Les membres du Sérénissime Grand Collège iétaient connus d'une façon insuffisante. Or-,les
pouvant élire à la Chaire du Dogme un parfait iélecteurs des Parfaits Triangles et Grands Trian-
initié du plus haut degré pris en dehors d'eux, :gles, qui furent remplacés en ce cas de force ma-
c'était à. eux d'abord que revenait le premier exer- jeure ; par des suppléants italiens, s'étaient [pro-
cice des droits de Grands Electeurs, même le siège noncés contre le transfert à Rome, et leurs vrais
suprême ayant été volé transféré à Rome. Au Cou- délégués auraient refusé, à plus forte raison, leurs
vent Souverain, ces sages observations furent pré- sulfrages au meneur de l'intrigue s'imposant sou-
sentées entre les deux scrutins par plusieurs des dain comme unique candidat. Un seul des neuf
protestataires rédacteurs de la présente voûte ; suppléants italiens s'abstint au,premier scrutin et
mais la voix de la.raison fut étoulfée (but Ihe voice vola au deuxième par bulletin blanc, agissantainsi
of raason /ras drotrned). correctement et avec sagesse ; les huit autres
D'autre part, le nombre nécessaire des suffrages votèrent pour le transfert, et pour l'exaltation
pour la légitime élection n'a pas été atteint ; c'est suprême du grand-maître leur compatriote, fou-
pourquoi la proclamation déclarant élu le titulaire lant ainsi aux pieds les sentiments de leurs man-
actuel de la suprême grande-maîtrise n'a aucune dants.
valeur. C'est pourquoi celte élection est frauduleuse
Au premier scrutin (sur le transfert), la moitié dans son essence, dans sa préparation, dans sa;
plus une des voix des volants su (lisait ; cela avait manipulation, dans son accomplissement, dans sa
été convenu, lors de la réunion préparatoire des proclamation et, dans sa notification.
Triangles. A.ce scrutin, quatre délégués souverains
s'abstinrent. Mais il n'a été dit nulle part, dans Conclusion
aucun 'triangle, au temps de la réunion prépara-
toire, que l'on pourrait se contenter, pour le Le premier scrutin se rapportait à un change-
deuxième scrutin, d'une majorité inférieure aux ment inutile; en outre, ses conséquences sont
trois quarts des votants ; car, si un projet sem- dangereuses, même seulement quant au choix de
blable avait été proposé aux Triangles, il aurait eu la ville choisie pour le siège suprême transféré.
contre lui la réprobation de tous les-hauts-maçons 11 doit être annulé; car il est le résultat, d'une
sincères et honnêtes, qui défendent et défendront, intrigue qui avait l'unique but de rendre obliga-
toujours la Constitution comme une arche sainte. toire le deuxième scrutin, par conséquent de satis-
Or, au deuxième scrutin, les soixante-dix-sept faire une ambition personnelle, et aucunement de
délégués souverains votèrent, sans une seule abs- servir la cause sainte. Il y a plus, les premiers
tention . 11 fallait donc cinquante-huit, voix an mi- choix de délégués souverains dans le vote prépa-'
nimum pour être légalement proclamé élu. ratoire des Triangles prouvent avec évidence que
Il résulte du procès-verbal môme du Convent quarante-trois Provinces Triangulaires voyaient
que le grand-maître du Souverain Directoire Exé- défavorablement, le projet de transfert du siè^e
cutif a obtenu en tout guarani e-six voix. Audaeieu-, suprême hors de Charleston.
. sèment, le faux .Elu (Ihe falsely Elccled) falsifie les Le deuxième scrutin, conséquence du premier,
chiffres, dans sa lettre encyclique annonçant son est tout à fait désastreux pour la cause sainte. Il
• élection : il prétend avoir obtenu quarante-six voix est le fruit du mensonge, de la vénalité, de la
. ".surcinquante-neuf volants ; niais c'est là un men- fraude; il livre la Chaire du Dogme et la plus
songe monstrueux (a glaring unlralli). Voici la haute autorité à un homme indigne et turbulent
vérité : les trenle-el-un délégués' souverains, qui qui méconnaît l'orthodoxie ; parmi les probes
40 BEVUEMENSUELLE,
1VELIGIEUSE, SCIENTIFIQUE
POL1T1Q1JE,

adeptes de la parfaite initiation, aucun ne voudra de Philadelphie; la déléguée provinciale de [Pitts-


tolérer que le fonds central de propagande soit à la burg; le dél. pr. de Providence;le dél. pr. de Saint-
disposition d'un déprédateur invétéré (invelerate Louis; le dél. pr, de San-Francisco; le dél. pr. de
deprcdator) dont le premier acte a été de sup- "Washington.— CANADA : le dél. pr. de Montréal.—
primer tout contrôle autour de lui. Ce deuxième MEXIQUE : le dél. pr. de Mexico; la déléguéeprovin-
scrutin est nul et non avenu de plein droit (null ciale de Guadalajara.— BRÉSIL : le dél. pr. de Bio-
and void by righl). de-Janeiro.— URUGUAY : ie dél. pr. de Montevideo.—
En principe, les votes proclamés à Rome le RÉPUBLIQUE ARGENTINE : la déléguée provinciale de
20ejour du 7e mois de l'an 000893 et notifiés aux Bueiios-Avres:le dél. pr. de Tucuman. •— ROYAUME"
Triangles, n'étant point, vraiment légaux, n'en- BRITANNIQUE : la déléguée provinciale de Birmin-
gagent aucunement la conscience des Vrais Elus gham. —ILE-MAURICE : le dél. pr. de Port-Louis.
et Parfaits Initiés.
En pratique, jusqu'au redressement des illéga- La présente voûte de protestation a été faite et
lités commises, la suprême autorité légitime réside conçue, écrite et donnée avec respect et vénéra-
tion des nombres mystérieux 77 et- 666, et l'ori-
dans le Sérénissime Grand Collège des Maçons
Emérites, dont les seuls membres réguliers sont ginal déposé sous la Clef d'Or, en la Vallée de
les Anciens et inamovibles Frères en Notre Divin Londres, le 1:5ejour du 10'- mois de l'an de la
Vraie Lumière 000893. Les adhésions devront être
Maître, actuellement au nombre de neuf, vu le
récent décès du dixième, siégeant, à Cbarleston. envoyées au Comité de Permanence, siégeant au
local de la Loge-Mèrele Lotus d'Angleterre, temple'
Attendu que le dernier chef suprême légitime
secret d'Oxford-Streel.
maintient sa démission et déclare se renfermer
dans une impartiale abstention en ces tristes cir- Copie délivrée au Triangle , vallée
constances, les protestataires invitent les Parfaits de province de , certifiée con-
forme à l'original.
Triangles, Grands Triangles et Triangles à mani-
fester hautement et d'urgence leurs sentiments Le ComitédePermanencedela Protestation:
sur la situation et à en faire parvenir l'expression, ALEX.GR.WESON, MageElu, grand-maître du Parlait
en double voûte, au Sérénissime Grand Collège, à
TriangleGod'sLove,déléguéprovincialde Philadelphie.
Cbarleston, et au Comité de Permanence de la VICENTE Vi'.hu.PAI.ACIOS, MageElu, grand-maitre du
Protestation, à Londres, afin que, la majorité des Parfait TriangleFiai Lux, déléguéprovincialde Mexico.
Provinces Triangulaires intervenant bientôt, les
Anciens et inamovibles Frères en Notre Divin DIANA VAUGHAN, Maîtresse Templière Souveraine,
Maître proclament l'annulation définitive des deux grande-maîtressedu Parfait Triangle Phèbè-la-lïose,
scrutins attaqués, complètent, leur Collège vénéré- déléguéeprovincialede New-Yorket Brooklyn.
et élisent un nouveau Souverain Pontife et grand-
maître du Suprême Directoire Dogmatique, en se Oh-voit que, si Adriano Lemmi a été habile,
comme un vieux renard qu'il est, par contre il
conformant aux prescriptions de la Constitution' se trouve avoir affaire à des adversaires qui ne
fondamentale du Palladium.
paraissent pas disposés à se laisser déposséder
Jusqu'à la solution, les Parfaits Triangles, par lui. Le Palladium (lisez : leBaphomet) n'est
Grands Triangles et Triangles ont le devoir de pas près d'aller à Fiome.
signifier aussi bien au Souverain Directoire. Admi- De fait, les hauts-maçons américains ont été
nistratif qu'ils s'opposent à ce que le prélèvement supérieurement roulés par le forban du palais
ordinaire sur les contributions des Ateliers soil Borghése; on comprend leur grande colère.
remis à. l'usurpateur du suprême pouvoir. Depuis la mort d'Albert Pike, premier sou-
Dans le cas où le faux Élu donnerait l'ordre XIX, verain-pontife de la Maçonnerie universelle,
Lemmi convoitait la-place, laquelle donne droit au
les protestataires, tous Mages Elus et Maîtresses maniement des quarante millions annuels qui for-
Templiëres Souveraines, prononcent, dès à.présent ment le budget du Palladisme. S'il est arrivé à
le « Veto » et déclarent être en état de légitime ses lins, il en a pris la peine. Il a fait ressortir
défense (in- a siale of self-défen.ee). par ses émissaires, qui pendant deux ans ont
chauffé les Triangles, que le moment était venu
La voûte est signée par 26 Délégués • d'engager la lutte décisive contre la Papauté et
Souverains : que, pour cela, il fallait placer à Rome le vicaire
de Balti- du Grand-Architecte. « Oh ! ajoutait-on, l'illustre
ETATS-UNIS D'AMÉRIQUE : le déléguéprovincial F.-. Adriano Lemmi ne réclame le transfert du
de
more; la déléguéeprovinciale Boston; le dél. pr. Suprême Directoire Dogmatique que dans le seul
de Buffalo; le dél. pr. de Cbarleston; le dél. pr. de
Chicago; le dél. pr. de Cincinnati; le dél. pr. de d'un pays; il y a là une divisiontoutespécialeà la haute
Détroit; le dél. pr. de Louisville; le dél. pr. de New- maçonnerie, baséesur le nombreet l'importancedes Ate-
liers palladiques.C'estainsiqu'enEurope,par exemple,la
York • la déléguéeprovincialede New-Yorket Brook Hollande, le Hanovreet le Danemarkconstituentune seule.
delà Nouvelle-Orléans le dél.
lyn (1); le dél. pr. ; pr' ProvinceTriangulaire,dite provincede Hambourg,tandis
qu'auxEtats-Unisd'Amérique l'état deNew-Yorkcomporte
(1)LesProvincesTriangulaires ne correspondent ni aux. trois ProvincesTriangulaires, dites1°de New-York,2° de
États ni aux divisionsadministrativesou ecclésiastiques New-Yorket Brooklyn,3°de Buffalo.
« LE DIABLEAU XIXeSIÈCLE»
DE LA PUBLICATION
CDM'PL-ÉMENT 41

intérêt de la cause ; il' ne briguera pas le titre et Ces cinq-là ont été « convertis » au transfert,
la fonction de chef des chefs ; il y a Carducci, il soit par leurs collègues d'Angleterre el d'Alle-
y a Bovio, le prince Sciarra Ettorè Ferrari et bien magne, soit par l'éloquence persuasive de deux
d'autres hauts-maçons italiens, dont les candi- ministres protestants.habitant Rome et amis in-
datures sont prêtes" à être posées ; lui. Lemmi. il times de Lemmi, soit par d'autres arguments
demeurera l'Exécutif comme devant. » encore plus convaincants et dont le vieux "Walder •
Les Triangles ont fini par s'y laisser prendre. (membre du Sérénissime Grand Collège, mais
Le parti de Ghaiieston, se croyant sûr de la ma- trahissant Charleston) avait, dit-on, ses poches
jorité et voulant en finir une bonne fois avec pieines. Le père de Sophie, partisan enragé du
cette question du transfert à Rome que l'on ne transfert, s'était fait déléguer par la province de
cessait d'agiter depuis la mort de Pike, a poussé Singapore (Asie): Sophie; qui assistait aussi au
de bonne grâce à l'étude de l'affaire dans les réu- Convenl, y représentait Zurich, chef-lieu pro-
nions préparatoires ; les vieux bonzes du Séré- vincial de la -Suisse.
nissime Grand Collège et leur incapable prési- Quatre délégués d'outre-mer tournèrent égale-
dent ont signé le décret autorisant l'élection des ment casaque, vaincus comme les autres par la
soixante-dix-sept, délégués au Couvent Souve- puissance des arguments auxquels il vient d'être
rain ; les hauts-maçons américaiirs se méfiaient l'ait allusion. Ce sont les délégués d'Hamilton, de
si peu, qu'ils ont accepté (faute énorme) que le Port-au-Prince, de Bahia et de Valparaiso. Nous
Convent secret se tiendrait en Italie même ; -on sommes précis, ayant nos renseignements d'une
ferait un petit voyage d'agrément, pensaient-ils, très bonne source.
on trinquerait ait palais Borghése en narguant D'autre part, la voûte de protestation déclare
le Pape, et l'on s'en retournerait chacun, chez que quatorze délégués se trouvèrent subitement
soi, en disant à Lemmi : « Vous voyez, très illus- malades au moment de se mettre en route. Nous
tre Frère, c'est toujours Charleston qui tient la savons aussi à quelles provinces appartenaient
corde, pour la direction suprême de notre sainte ces délégués. C'étaient ceux de la Nouvelle-
Maçonnerie .» Orléans, de Cleveland, de San-Francisco, de
En effet, les partisans du statu quo ont eu la Memphis, de la Havane, de Guatemala, de Ca-
majorité dans les Triangles ; quarante-trois pro- racas, de Rio-de-Janeiro, de Lima, de la Paz, de
vinces sur soixanle-dix-sept ont élu, pour leurs Montevideo.de Treinta-y-Très, de Buenos-Ayres,
délégués au Couvent Souverain, des frères qui et de Port-Louis.
n'étaient pas favorables au transfert. Malheureu- Les Triangles de la Nou-veile-Orléans, de San-
sement, les délégués n'avaient pas un man- Francisco, de Rio-de-Janeiro, de Montevideo et
dat absolument impératif, et les Çhariestonieus de Buenos-Ayres eurent le temps de choisir chez
comptaient sans l'astuce et le manque total de eux les remplaçants délégués; mais les neuf
scrupules de Lemmi. autres provinces durent se résigner à envoyer,
Le 20 septembre 1803, le vote sur la. question par la poste, à des Frères italiens le mandat de
du transfert a été, rappelons-le, celui-ci : les représenter. Seul, le Frère italien, délégué-
Pour le transfert '18voix. suppléant, pour Port-Louis, s'abstint an premier
Contre 25 —. scrutin et, au deuxième, vota à bulletin blanc ;
les huit autres votèrent carrément pour le trans-
Soit : 73 volants. fert à Rome et pour Lemmi.
. 4 abstentions. Les partisans de Charleston ont, donc perdu au
Convent neuf voix par changement d'opinion de
Total : 77 délégués. délégués sur lesquels ils comptaient, et neuf -
Comment la majorité, favorable au statu quo. voix par l'effet du remplacement forcé d'Amé-
dans les Triangles, s'ôtait-elle changée en mino- ricains" malades par des Italiens. Aussi, les ad-
rité au Convent?... La' voûte de protestation versaires de Lemmi ne digèrent-ils pas une pa-
vient de nous le dire. reille pilule.
Yoici, néanmoins, quelques détails complé- Peu nombreux ont été ceux d'entre eux, qui,
mentaires : sachant Lemmi capable de tout, apprenant ces
Pour avoir exactement les Provinces où. la maladies subites, voyant l'embauchage pratiqué
discussion préparatoire n'a pas été concluante par les Waldcr (père et fille) et les ministres
dans le sens du transfert, il faut ajouter les dix- protestants de Rome, ont compris que la cause
sept suivantes auxvingt-sixdont on a lu les noms du statu quo subirait un échec.
au bas du document ci-dessus ; c'est-à-dire : Qui aura le dernier mot dans ce conflit?... Il est
Les Provinces Triangulaires de : Hamilton, en difficile de le prévoir. Pour le moment, Lemmi
Canada ;Cleve)and, Memphis, aux Etats-Unis; ne décolère pas. Il tenait surtout à avoir la clef
la Havane, à Cuba ; Port-au-Prince, à Haïti ; Gua- de la caisse aux quarante millions, et il ne l'aura
temala, eu Amérique Centrale; Caracas, chef- pas. Deux des membres du Comité de Londres,
lieu provincial des quatre Etats formant l'an- le .F.-. Palacios et la S.". Vaughan, se sont ren-
cienne Colombie ; Bahia, au Brésil ; Lima, au dus tout récemment à Berlin, où siège le Souve-
Pérou ; la Paz, en Bolivie ; -Valparaiso, au Chili ; rain Directoire Administratif, et ont formé une
Treinta-y-Très, dans l'Uruguay ; Liverpôol,. opposition maçonnique' dans toutes les règles,
Manchester, Glasgow," dans le Royaume Britan- avec l'autorisation du Sérénissime Grand Collège
nique : Munich, Leipzig, en Allemagne. de Ghaiieston.
, Les partisans de Charleston comptaient donc Toute la question est de savoir si les partisans
sur les voix de quarante-trois délégués, dont cinq du statu quo retrouveront fidèles les quarante-
délégués européens. I trois Provinces qui leur paraissaient acquises
42 BEVUEMENSUELLE,
RELIGIEUSE, SCIENTIFIQUE
POLITIQUE,

lors des réunions préparatoires des Triangles. 1


Lemmi espère que plusieurs accepteront le fait LE CONGRÈS DE PÀLERME
accompli et qu'il sera maintenu pape de la
Maçonnerie, tout en étant parfaitement méprisé NOUVEAUX MSSIDErVTS
de °la presque unanimité des Loges, Arrière-
Dans notre dernier numéro, nous avons dit que la
Loges et Triangles. Mais cette dernière considé- révolte contre Lemmivenait de gagner jusqu'il FEcos-
ration lui importe peu. sismeitalien.
C'est de lui que miss Vaughan, qui parle et Nousavons reçu confirmationde cette nouvellepar
écrit admirablement notre langue et trousse un de nos correspondantsde Home, qui écrit à M. le
même assez bien le vers, a dit en un jovial dis- docteurBataille :
tique : Home,le 20févrierIS'.M.
Lâchecommeun fripon,plus vilet plal.qu'un pitre. Mon cher docteur,
L'atl'ronfglissesur luicommel'eausur la vitre. Vous n'ignorez pas, certainement, qu'à la suite
Donc, le renégat en juive avalera les reproches. du vote si honteux du 20 septembre dernier, par
les plus sanglants et les camouflets les plus lequel le juif Adriano Lemmi, semant l'or filouté
ignominieux, pourvu qu'on finisse par lui aban- aux malheureux, s'est fait élire Souveraiu Pon-
donner la clef de la caisse. tife de la Franc-Maçonnerie Universelle, les
Pour répliquer à la voûte de protestation du Mnçons d'Italie, imitant l'exemple de ceux
15 décembre, il ne trouve rien autre à faire dire, d'Amérique, se sont révoltés eux aussi.
par ses émissaires dans les Triangles, que ceci : Mais voici des détails que je vous communique
« — Si l'on annule les deux scrutins du 20 et qui sont absolument certains, sur ce mouve-
septembre, on mettra en joie les cléricaux; par ment important de rébellion qui éclate dans les
grâce, ne leur donnez pas ce plaisir de voir le Loges de notre Péninsule- Publiez-les ; ils inté-
F.-. Lemmi désavoué et jeté à la porte par les resseront le public.
francs-maçons eux-mêmes ! » Donc, un Congrès de hauts dignitaires du Rite
Oui, le vieux coquin en est là. Ecossais Ancien et Accepté vient de se lenir à
D'autre part, lorsqu'on demande à éclaircir Païenne. On y a discuté et arrêté les mesures à
l'affaire des quatorze délégués tombés subi lement preudre pour'soustraire à l'autorité de Lemmi-
malades au moment de partir pour aller voter Simon ceux dès Maçons italiens qui veulent faire
contre lui, il répond en insinuant que, si Philéas acte d'indépendance. Comme conclusion des
Walder est.mort peu après le Convent secret de débats, on a. décidé de « créer en Italie autant
Rome, c'est qu'il a été empoisonné par les par- de Suprêmes Conseils qu'il y avait d'Etats alors
tisans de Charleston. que la Péninsule n'était pas composée à unilé. »
Nous n'avons pas à défendre ceux-ci contre les Aussi, on a fondé lout d'abord : le Suprême
insinuations d'un homme pour qui Vaqua-iofana Conseil pour l'ancien royaume de Naples, sié-
n'a pas de secrets ; mais, en ce qui concerne geant à la vallée du Sebeto (Naples,) ; le Suprême
particulièrement miss Vaughan, ennemie dé- Conseil pour l'ancien grand-duché de Toscane,
clarée des Walder, celui qui écrit ces lignes peut siégeant.à la vallée de l'Arno (Florence) ; et le
affirmer hautement qu'il sait, mieux que per- Suprême Conseil pour la Sicile, siégeant à, la
sonne, qu'elle a toujours réprouvé les ultions, si vallée de l'Oreto (Païenne). Tous ces Suprêmes
fréquemment employées dans ce triste monde Conseils maintiendront le Rile Ecossais Ancien
d'où nos prières à Dieu finiront bien par la tirer, et Accepté.
et qu'ayant en horreur de tels moyens, elle ne Le Suprême Conseil de la vallée du Sebeto
s'en est pas servie pour se débarrasser d'un était représenté,au Congrès de Païenne, par les
ennemi. Frères : Antonio Marando, 33e ; Marino Marini,
Que Lemmi débile ces sottes accusations ; 83e];Salva.tore Barra, 33e.;Giovanni Mariello, 33°;
aucun de ceux qui connaissent la courageuse Benedetto di Megiio, 33e ; Raimondo de Salva-
jeune femme, qui s'est déclarée son adversaire, lori, 33° ; Gennaro Abate, 33e ; Ludovico Misel-
ne le croira. C'est plutôt à elle que nous recom- pieri, 33° ; Andréa Lazzara, 33e.Le grand maître
mandons la prudence, et, quoiqu'un abîme sépare de ce Suprême Conseil est le Frère Antonio
notre croyance de la sienne, nous lui parlons en Marando.
ami. Le Suprême Conseil de la vallée de l'Arno
Elle a retiré sa démission, pour reprendre sa était représenté, au Congrès de Païenne, par les
place de combat contre Lemmi parmi ses cama- Frères : Fortunato Savi, 33e ; Neoele Renucci,
rades d'Amérique ; qu'elle prenne garde à elle. 33e ; Luigi Caire, 33e ; Glisse Parmi, 33e ; Silvio
Nous savons qu'à Berlin, dernièrement, elle a Belli, 33e ; Carlo Leoni, 33e; Arturo Bruno-Fra-
été, par deux fois, très imprudente. Lemmi la ger, 33e ; Giuseppe Morgantini, 33° ; Italo Ben-
guette; qu'elle y fasse attention. porad, 33e ; Natale Cafanielli, 33e.Le grand-maî-
Nous n'en disons pas davantage. tre- de ce Suprême Conseil est le Frère rorlunato
Quant au schisme qui divise la haute-maçon- Savi.
nerie, attendons la suite des événements. Le Suprême Conseil de la vallée de l'Oreto, où
Docteur Bataille. a siégé le Congrès, se compose des Frères :
Paolo Figiia, 33e ; Benedetto Quinci del Grano,
33e; Giuseppe Polizzi, 33e ; Aristide Battaglia,
33° ; Francesco P. Mondini. 33e ; Francesco Gili-
berto, 33e ; Giuseppe Militello, 33e ; Giovanni
Leone, 33e ; Salva.tore Vicesvinci, 33e'; Antonino
« LE DIABLEAU XIXeSIÈCLE»
UE LA PCBL)CATION
COMPLÉMENT 43

Le jardin servait à une cérémonie préparatoire, puis on


ombardo, 33e ; Cesare di Leo-Cadelo, 33e. Le
rand-maître de ce Suprême Conseil est le Frère pénétrait dans la Loge où-les Soeursavaient devancéles
frères et les attendaient dans le costume d'Eve avant le
Paolo Figlia, député au Parlement italien et l'un péché!
des adversaires de Lemmi dans la Maçonnerie « On disait alors une sorte de messe noire.
de notre Péninsule. « Les SS--.avaient apporté lesliosties qu'elles s'étaient
Le Frère Paolo Figlia est un homme d'action, procurées à l'église catholique, par des communions
très énergique, d'une éloquence entraînante. lia sacrilèges. D'autre part, on avait fabriqué des hosties
fait ressortir quelle honte ce serait pour les Ate- noires" On communiait avec les hostiesnoires que le
liers maçonniques qui accepteraient les faits du grand-maitre et la. grande-maîtresseconsacraientsolen-
nellement à Lucifer. Celte parodie de communion se
20 septembre dernier. Sur sa proposition, des faisait à une contrefaçon de sainte Table exactement
félicitations ont été votées par le Congrès pour semblableaux saintes Tables de nos églises.
les hauts-maçons qui ont vaillamment donné « La Logeétait intérieurement aussi une vraie contre-
l'exemple d'une honnête indépendance. façon de chapelle avec un autel semblableà ceux de nos
Agréez, mon cher docteur, etc. églises, sauf qu'il y avait au-dessus une grande étoile
Antibaph II. lumineuse, l'étoile flamboyante. Les assistants qui ne
pouvaient trouver place dans la nef montaient à une
tribune. Des psaumes et cantiques lucif'ériens étaient
chantés avec accompagnementd'harmonium.
« Les Saintes Kspèces volées étaient profanées, à
la, Messe MM à ïïilinii coups de poignard, sur un secondpetit autel placé au
centre de la nef. Si nos renseignements sont exacts,
11 y a quelques mois, la Croix de Reims pre- voilà les abominations qui se passaient à Fribourg, abo-
nait part à la campagne que menèrent plu- minations journalières du reste chez les Palladistes.
« Certaines loges allemandes refusent encore de re-
sieurs organes catholiques au sujet de la S. . cevoir les Odd-Fellovs en qualité de visiteurs: ce sont
Barbe Bilger, ex-grande-maîtresse de la Ma- vraisemblablement,lesateliers où prédomine Pinlhicnee
çonnerie Universelle et plus spécialement affiliée de Findel, personnellement hostileà cotte branche de la
a, l'Ordre satanique des Odd-Fefiovvs, qui a. maçonnerie satanique. »
de nombreux adeptes aux Etats-Unis et en Sans crainte de démenti, nous pouvons confir-
Europe, où il rivalise avec le Palladisme nou- mer par nos renseignements personnels ce qu'a
veau et réformé. Si la campagne en question dit la Croix de Reims.
n'a point donné les résultats espérés, n'est-ce La contrefaçon de chapelle catholique avait
pas imputable à l'autorité ecclésiastique, qui pré- été creusée dans le roc au lieu indiqué; elle
féra garder le silence et ne pas utiliser les dépo- avait accès par un jardin où se. faisaient' bien
sitions intéressantes de l'ancienne lucifèrienne ? certaines cérémonies préparatoires, et ce jardin
Nous nous inclinons avec un profond respect était, effectivement planté d'arbres à fruits,
devant cette mesure ; mais nous différons com- très long et très étroit. A l'extrémité, et du côté
plètement de manière de voir. En effet, l'armée de.la rue, existait aussi une maison, commu-
de Satan grossit de jour en jour. (L'Echo de
Miss niquant avec le dehors, servant d'habitation
Rome, du 1erjanvier ÏS9L indique, d'après au concierge de la Loge et possédant une salle
Vaughan, que le total général des adeptes est de affectée aux tenues ordinaires et à quelques pra-
21.SOI.734, au nombre desquels sont 2.725.550 tiques spéciales des membres de la Régénérée.
Soeurs Maçonnes ! t) ; le représentant de Lucifer, Les vrais adeptes de Satan se réunissaient
ce vieux scélérat d'Adriano Lemmi, trône, depuis dans le temple souterrain qui mérite toute notre
le 20 septembre, au palais Borghése, la Rome attention. 11ressemblait réellement à une petite
Satanique se dresse ouvertement devant la l\ome renfermait un autel pareil à
église catholique,
Catholique, et la voix de Sa Sainteté Léon Xlll ceux de notre culte, etc., placé dans un choeur
s'élève pour dire à tous les fidèles de combattre dont le pavé était légèrement élevé au-dessus
vaillamment et d'écraser cette hydre mena- du sol de la partie réservée an public. Ce choeur
çante. En présence d'une telle situation, la S. •. était fermé par une table de communion, comme
Barbe Bilger doit s'expliquer. L'occasion est nôtres.. A droite et à gauche de la nef,
unique. Que l'on ne nous oppose plus de pré- régnaient des stalles et des bancs. Au-dessus de
tendues craintes de troubler la conscience de l'autel on apercevait la grande étoile flam-
cette fille en évoquant le souvenir de son exis- boyante (transparent lumineux en forme d'étoile)
tence démoniaque ! dont pariait encore, la Croix de Reims. D'un
Tout ceci.nous conduit à une Iles
partie : côté de la nef, il y avait deux longues étoiles
reprendre
de l'article de la Croix de Reims, du 19 juillet (chandeliers, en langage profane), et de l'autre
etj;
1893, relative à la MUSSENOIREDE FRIBOURG, une seule étoile. Enfin, devant le choeur, se trou-
à la, faire suivre de réflexions et d'explications, », * vait un deuxième autel, dont la forme et les
qui renforceront les affirmations de son auteur ornementations indiquaient qu'il était destiné à
et prouveront que souvent l'invraisemblable nei la profanation des hosties catholiques.
laisse pas d'être la réalité. Toute personne, au courant des choses macon-
«•La Régénérée (logefribaurgeoise) avait, parait-il,: niques, aurait pu (comme le vénéré et regretté
sa véritable loge taillée dans le roc, à un endroit appelé B chanoine Schorderet, alors directeur de l'OEuvre
« la Grande-Fontaine». Une maison d'apparence ordi-" de Saint-Paul, et les catholiques
donnantsur la l'entrée ; là, demeu- qui visitèrent
naire, rue, masquait
rait le conciergedesFF. •., qui exerçait un métier quel- ;_ ce temple, après la déconfiture de la Régé-
être étonnée par les étr'an-
conque pour dérouter les soupçons.Unjardin étroit et,1; nérée), de cesprofondément locaux. 11 lui eût été très facile
long,planté d'arbres fruitiers, séparait la maisondu local [\ gelés
secret de la Loge.Les réunions étaient assez fréquentes. Î. d'établir la différence qui existait entre la salle
44 REVUEMENSUELLE,.
RELIGIEUSE, SCIENTIFIQUE
POLITIQUE,

rectangulaire de la maison donnant sur la rue, le style ogival le plus pur. 11 dépensa, en outre,
consacrée aux tenues ordinaires, et le temple une somme considérable pour l'ameublement,
« parodiant une chapelle catholique et cela strictement conforme à la liturgie maçonnique..
d'une manière frappante. » La sainte table, Le rénovateur de La Régénérée, ayant de
l'autel mystérieux au milieu du choeur, l'eussent grandes' inclinations pour l'esthétique et pour la
stupéfié. 11 était évident que les FF.-., avant la majesté des cérémonies catholiques, présidait
mise en sommeil de la Loge, avaient pris soin les travaux des FF.", avec tout le formalisme
et eu le temps d'enlever le Baphomet, placé sur des rituels maçonniques, qu'il exagérait même
cet autel et au-dessous de l'étoile flamboyante, un peu. Les séances étaient de trop longue durée,
le tableau représentant, l'a mort de Notfe-Seï- et les FF. •. s'y ennuyaient fort. Le méconten-
gneur Jésus-Christ, etc., etc. tement et la discordé firent bientôt le vide dans
Nous ne devons pas oublier que, dans les' La Régénérée et autour de son G.". M.-.. Celui-ci
tenues ordinaires des ateliers maçonniques, le avait dépensé des sommes énormes pour l'amé-
Vénérable, assis à l'orient, sous un baldaquin, nagement de la grotte et l'ameublement du
adossé au mur du fond, fait face à l'assemblée ; temple ; personne ne voulut l'aider à payer tous
que la table sur laquelle sont déposés ses outils : ces frais, et il n'était pas dans une situation fi-
maillet, glaive, constitution, rituels, se nomme nancière suffisante pour supporter cette charge 1.
« autel », mais n'en est pas un ; c'est une simple Satan l'inspira !
table rectangulaire recouverte d'un tapis, dont Un beau jour, on apprit que l'une de ses pa-
la couleur varie suivant les grades auxquels on rentes lui avait acheté la Loge et qu'elle voulait
travaille. Or, l'autel du choeur de la Régénérée en faire une chapelle expiatoire. Cette personne
ressemblait, au contraire, en tous points à ceux se mil même à la tête d'une pseudo-congrégation
des triangles. Quant au petit autel, c'était aussi ou communauté, qui ne recruta, jamais d'adhé-
celui des Serments, qui, chez les maçons Palla- rentes. A Fribourg, on en lit. Mlle X..., qui
distes, devient l'autel de la Sagesse. avait à peu près passé l'âge où l'on espère le
La Loge la Régénérée avait été rétablie, il y a mariage, s'était, après une jeunesse médiocre-
quinze ans environ, après une longue inter- ment édifiante, jetée dans là dévotion la plus
ruption, par un "avocat de Fribourg, qui, en excentrique. On'ne lui accordait pas la moindre
dehors des questions religieuses et politiques, confiance dans son pays ; mais, il en fut autre-
entretenait avec certains catholiques des rapports ment à l'étranger. Ne manquant pas de connais-
agréables, ayant avec eux de nombreux points sances littéraires et aidée, très probablement,
de contact : goût égal pour les littératures an- par son parent, elle inonda la France de circu-
ciennes, les recherches historiques, les monu- laires dans lesquelles elle racontait, à sa façon,
ments du moyen-âge, etc. Ils se rencontraient comment la Loge avait été enlevée ;aux francs-
fréquemment dans les brasseries qui, en Suisse maçons et était devenue la chapelle d'un couvent.
comme en Allemagne, jouent un rôle si impor- La "conclusion était qu'il fallait l'aider à pay'er
tant. cette entreprise héroïque. L'argent afflua ; une
Fils du notaire épiscopal, c'est-à-dire de communauté lyonnaise lui envoya, à, elle seule,
l'homme d'affaires qui gérait les biens et le cinq cents francs.
rentier de l'évêché, il fut assez délaissé par ses Des circulaires périodiques entretinrent le zèle
père et'mère qui l'abandonnèrent à une tante des donateurs et donatrices, et la famille de l'ex-
d'esprit maladif. Celle-ci, caressant l'esçoir d'en G. -. M. . nagea dans un véritable Pactole ; car
faire plus tard un prêtre, l'habilla en célébrant, Mlle X... vivait a.u foyer commun. Jamais cepen-
avant même qu'il eût sept ans, et se plaisait à dant dévotion ne fut si suspecte à Fribourg et en
lui voir dire la messe. A l'âge de la puberté, le même temps si haut cotée au dehors. Sur ces
pauvre Eliacim fut initié, au moyen employé par entrefaites, l'ex-G.-. M.-, mourut subitement.
les FF. •. pour dompter leurs passions, par une Mlle X... avait su conquérir la confiance de
servante de mauvaises moeurs. Fréquentant le Mgr Mermillod, dont nul plus que nous ne prise
collège de Fribourg, tenu par les RR. PP. Jé- les .mérites et les services, mais qui se con-
suites, usant de dissimulation, il s'approcha naissait peu en hommes et encore bien moins en
néanmoins des sacrements,.comme ses condis- femmes. Néanmoins, Mgr Mermillod ne put
ciples, et les communions sacrilèges le condui- accepter indéfiniment, la situation anormale de la
sirent fatalement à l'incrédulité, bien plus, à la grotte, soi-disant donnée pour un couvent,^'lar-
haine des choses saintes. Ses intérêts temporels gement payée par les libéralités des naïfs catho-
étant engagés, il fit parade de sentiments reli- liques français et dont la singulière supérieure
gieux et conservateurs jusqu'au décès de son vivait au ménage de feu le G.-. M..-.. Pour
père, comptant lui succéder dans ses fonctions arranger les affaires, Mlle X... offrit la grotte
lucratives à l'évêché. Mais il n'inspirait pas con- et l'auberge voisine,- comme sanatorium, à un
fiance, et un autre fut choisi. ordre religieux. Au bout de peu de temps, un
Use jeta alors dans le radicalisme le plus anti- conflit bruyant s'éleva, et la séparation complète
clérical et rédigea, pendant plusieurs années, se fit. L'ordre en question demeura maître de la
le principal journal radical de Fribourg, qui ne maison et de la grotte,* mais en payant et au-delà
fut. il faut lé-reconnaître, jamais mieux écrit. En le prix d'achat ; de sorte que ce qui avait -été
même temps, il rétablit la Loge supprimée donné par la générosité française ne profita qu'à
depuis une vingtaine d'années. Afin de l'instal- Mlie X... et à. sa famille !
ler conformément à ses goûts artistiques, il Enfin,, au mois de juillet 1893, notre héroïne
acheta ce jardin de la Grand'Fontaine, situé au s'est vu'refuser la communion dans l'église d'un
pied d'un rocher, et il y fit creuser un temple dans village de.la Gruyère, à cause du scandale public
COMPLÉMENT « LE-DIABLEAU XIX0 SIÈCLE»
DE LA PUBLICATION 45

]u'elle donnait à la population. 1511epassait toute,


a nuit en saturnales avec de gais viveurs venus Les Premiers Dissidents Italiens
e Paris, pour faire une villégiature en Suisse.
Les scandales se produisaient jusque dans le
jardin qui est voisin du presbytère et de plusieurs Nous avons promis de publier dans ce numéro le
bonnes maisons de la localité. Le refus de la texte complet de la. Constitution Fondamentale des pre-
sainte communion a été approuvé par l'évêque mières Loges italiennes qui ont secoué le joug d'Adriano
Lemnii et qui, précurseurs du mouvement de révolte
diocésain, qui a, en outre, hautement loué la
d'aujourd'hui, constituèrent dès 1889une Fédération en
prudence et l'énergie avec lesquelles le prêtre dehors de son autorité.
avait agi. De plus, l'affaire est venue devant le Voici ce document, traduit de l'italien : :
tribunal de Bulle ; car il y avait plainte pour
injures. A LA GLOIRE OUGRAND ARCHITECTE DEL'UNIVERS
Telle fut la fin de cette chevalière d'industrie
et peut-être aussi chevalière de la. Colombe \ ET DES 3IAKTVHS DELA LIBERTÉ
La Croix de Reims a été accusée d'avoir pu- universelle. — Famille italienne
blié un ensemble de faits inexacts, d'avoir été Maçonnerie
trompée par Mlle X... et de s'être fait l'écho des Liberté, Fraternité, Egalité
impostures débitées pour capter davantage la Les Francs-Maçons italiens, voulant s'affran-
confiance des catholiques français et obtenir chir du joug tyrânnique de l'autorité romaine,
d'eux plus d!argent. Ce raisonnement n'est-il pas incarnée dans la personne d'Adriano Lemmi,
détruit, par nos explications ? Est-il si difficile
d'admettre désormais que les hosties consacrées illégalement délégué à la suprême direction de
l'Ordre eu Italie ;
pouvaient et ont pu être fournies par Mlle X... Considérant que Lemmi et consorts ont frau-
Est-il si difficile d'admettre aussi que les femmes, duleusement violé les lois de l'Ordre Maçon-
qui composaient le triste personnel de l'auberge, nique, comprises et exprimées dans le mot trian-
ou maison de débauche, qui existait près du jar- gulaire, base et fondement de la Franc-Maçon-
din et du temple de la Régénérée, pouvaient et nerie : Liberté, Fraternité,
ont pu participer aux orgies dénoncées par le Egalité, soit en"fai-
sant servir la grande famille à leurs ambitions
journal rémois? personnelles soit en la transformant en vulgaire
Ou nous objectera peut-être encore que jamais
les voisins, qui étaient pourtant aux aguets, boutique, et eu reniant continuellement ses vues
élevées et humanitaires, et en en falsifiant le but
n'ont vu entrer de femmes dans le local de la linal ;
Loge ou ses dépendances ; mais alors pourquoi Conformément à la. planche circulaire envoyée
nous avouer que tout ce qu'on peut admettre,
ce sont des visites très faciles de la grotte à par la Loge Ao-chimède, de l'orient de Païenne,
le 30 mars 1889,
l'auberge voisine, séparée par un petit jardin, Les Délégués, réunis en Congrès les 27-28-29-30
auberge mal notée au\poini de vue moral? mai Î88D dans la vallée de Païenne, ont libre-
Qu'importe que les voisins n'aient, jamais vu de ment et spontanément discuté et approuvé la
femmes pénétrer dans la loge ou ses dépen- Constitution suivante :
dances! L'auberge n'avait-elle pas de commu-
nication- secrète avec la Régénérée1 et les
CONSTITUTION DESLOGES
FONDAMENTALE ITALIENNES
malheureuses créatures ne pouvaient-elles s'y
rendre à. la faveur des ténèbres? HÉUNISEN EÉDÉUATION
OICSVKANCSrMAOOîSS
On nous répondra encore : « Le personnel de
ce lupanar n'aurait pas été admis a fréquenter SI
les sacrements dans les églises d'une petite ville RÈGLEMENTS
où chacun se connaît ; d'e fait, ces femmes n'al-
laient pas a l'église et n'ont dès lors pas joué un Art. 1. — Par le suffrage libre et spontané des
rôle dans les cérémonies sacrilèges. » Qu'a- Francs-Maçons de l'Orbe Italien est fondée en
vaient-elles besoin de sortir de chez elles, si les Italie la Fédération Maçonnique Italienne.
hosties saintes étaient apportées par une autre Art. 2. — La Fédération Maçonnique Italienne
personne ? comprend les Loges adhérant au Pacte accepté
Nous ne saurions trop nous élever contre dans le.Congrès du 27 mai 1889, tenu à l'orient
l'a,veugiement obstiné de certains . catholiques de Païenne et qui s'y conforment ; elle a pour
qui ne veulent pas voir le diable qu'on leur but de protéger, d'aider et de féconder tout ce
montre opérant à côté d'eux; et pour nous, fort qui tient au mouvement illimité et infini du pro-
d'une enquête récente et personnelle, nous grès humain.
maintenons que les pratiques occultes de la Ré- Art. 3. — Les Loges Fédérées sont autonomes
générée de Fribourg n'ont pas démenti le juge- en fait d'administration, et ne seront jamais te-
ment ducélèbre F.". Fauvety, qui, dans un rare nues dé rendre compte de leur budget à aucune
accès de dégoût, protestant lui-même contre autorité supérieure, à quelque titre que ce soit.
l'immoralité maçonnique, a écrit ces lignes à Art. 4. — Aucune Loge de la Fédération ne
jamais mémorables: pourra s'élever au-dessus du 3° degré, et c'est à
« LA. iVJAÇONNERlE ET LA PROSTITUTIONTRA- ce degré que travaille le Conseil Fédéral, Aucun
VAILLENT DE COMPAGNIEET COMMEDEUX FOR- autre grade, quelque respecté qu'il soit, ne sera
ÇATSRIVÉSA LA MÊMECilAINE. » . officiellement reconnu dans la Fédération.
A.-G. De la Rive. Art. 5. — Dans la Fédération, les Frères sont
\ de trois catégories appartenant aux trois cham-
46 REVUEMENSUELLE,
RELIGIEUSE, SCIENTIFIQUE
POLITIQUE,

bres distinctes des Apprentis, des Compagnons ] Art. 16. — Par les soins de la Présidence du
et des Maîtres. Conseil Fédéral sera publié un bulletin annuel
Art. 6. —Les augmentations de salaire dans exposant la situation de tous les Frères et de.
la Fédération seront accordées d'après les règles toutes les Loges de la Fédération.
suivantes : Art. 1/. — Toutes les dépenses du Conseil Fé-
a) le Frère Apprenti né peut être promu au déral seront réparties par portions égales entre
grade de Compagnon après un terme moindre toutes les Loges Fédérées pour tout ce qui tou-
de six mois de travaux à partir du joui- de l'ini- che aux intérêts généraux de la Fédération.
tiation. Art. 18. — Les Loges Fédérées ou reconnues
b) le. Frère Compagnon ne pourra être promu comme telles, outre les règlements généraux de
au grade de Maître avant six mois écoulés à l'Ordre, sont soumises aussi à toutes les disposi-
partir du jour où il a été élevé au 2e degré, ex- tions de la présente Constitution librement discu-
cepté le cas de départ, la conduite de l'aspirant tée et acceptée.
tant profane que maçon étant une condition es- Art. 19: — L'obligation imposée par l'arlicle
sentielle à la dignité°de l'avancement. précédent est. commune aussi aux Frères appar-
Art. 7. — Les Loges pourront, quand elles le tenant aux Loges Fédérées, même pris indivi-
jugeront à propos, chacune pour leurs Frères, duellement.
abréger le terme fixé par l'article précédent Art. 20..— En cas de transgression de la pré-
pour les avancements de grade. senle Constitution, soit, de la part des Frères,
soit de la part d'une Loge, le transgresseur sera
§H jugé par les Loges Fédérées en inasseÇm massai). .
AUTORITÉ ET MAGISTÈRE Art. 21. — Pour le jugement dont il est ques-
tion dans l'article précédent, l'orient du Conseil
Art. 8. — La Fédération est présidée par un Fédéral notifiera a toutes les Loges Fédérées
Conseil Fédéral électif qui reste en charge pen- l'accusation motivée contre le transgresseur.
dant la période d'une année. Chaque Loge, après mûre discussion, émettra
Art. 9. — Le Conseil Fédéral est composé son vote sur la base de la majorité des suffrages
d'un président et de six conseillers élus à la ma- des Frères inscrits et enverra, dans le délai d'un
jorité des votes du suffrage universel des Frères mois à partir de la réception, son vote au Pré-
inscrits aux Loges Fédérées; le Conseil Fédé- sident du Conseil Fédéral.
ral choisit dans son sein le secrétaire de con- Art. 22. — Sur le verdict prononcé par les
fiance. Loges et à raison de la majorité de ces mêmes
Art. 10. — Le Conseil Fédéral a la représenta- Loges, le Conseil Fédéral appliquera la peine
tion officielle de la Fédération, de pair avec les morale qu'il jugera à propos, y compris la radia-
Puissances Maçonniques Etrangères, et commu- tion des registres de la Fédération.
nique aux Loges Fédérées tout ce qui concerne Art. 23. — La Présidence du Conseil Fédéral,
les relations avec lésdites Puissances. dans le cas où elle appliquera une. peine soit à
Art. 11. —La résidence du Conseil Fédéral est une Loge soit à un Frère, sera obligée d'en
pour une seule année fixée à. un orient. Les donner connaissance dans les huit jours qui
Loges ont néanmoins la faculté de confirmer suivront immédiatement à toutes les Loges fé-
pour l'année suivante le siège du Conseil Fédé- dérées; et, dans le cas où la peine infligée sera
ral dans l'orient où l'intérêt général de la Fédé- la radiation, elle devra en outre la, notifier à
ration a été bien administré. toutes les Puissances Maçonniques étrangères
Art. 12. — h\ est défendu au Conseil Fédéral amies.
d'imposer des suggestions ou des opinions aux § III
Loges Fédérées, soit pour des vues financières, FINANCES
soit pour un but moral ou religieux.
Art. 13. — Chaque Loge devra nommer, en Arl. 24. — Chaque Loge Fédérée doit avoir
outre des Frères résidant à l'orient où siège le son trésor qu'elle administre librement, sans, en
Conseil Fédéral, un délégué qui la représente rendre compte à quelque autorité que ce soit.
dans les tenues du Conseil Fédéral lui-même. Art. 25. — Chaque Loge a la faculté d'établir
Art. 14. — Le Conseil Fédéral a ses tenues pour son propre compte les taxes d'initiation et
mensuelles ; à ces tenues interviennent de droit, de passage à un degré supérieur.
outre les membres qui composent ledit Conseil Art. 2(5. — Dans la Fédération, aucune dis-
Fédéral : pense du grade de Compagnon ne sera jamais
a) Les Délégués des différents Ateliers Fé- accordée, chaque Loge ayant la faculté d'en
dérés; fixer la taxe.
b) Les Correspondants garants d'amitié auprès Ait. 27. — Pour l'afliliation des Frères qui
des Puissances Maçonniques étrangères. A'oudront passer à une Loge faisant partie de la
Ils auront droit de vote dèlibératif sur toutes Fédération, il est établi une taxe facultative de
les questions d'ordre général. 5 lires à 50 lires italiennes.
Art. 15. — La Présidence du Conseil Fédéral Art. 28. — Dans le cas on un Frère, membre
communique aux Loges Fédérées et à la moitié actif d'une Loge Fédérée, devra changer de
des délégués respectifs le mot de reconnaissance, domicile et établir sa nouvelle résidence dans
le mot de semestre et le mot annuel ; et cela de un autre orient où résident des Loges Fédérées,
telle sorte, que les Loges en aient connaissance il sera admis et inscrit an nombre des Frères
an moins huit jours avant que les mots précé- actifs d'une de ces Loges moyennant la seule
dents ne viennent à être périmés. présentation du diplôme attestant son initiation,
COMPLÉMENT « LE DIABLEAU XIXe SIECLE»
DE LA PUBLICATION 41

accompagné de la notification secrète de Véné- Art. 39. — Le Conseil Fédéral, au moyen du


. rable à Vénérable. Cette affiliation se fera sans bureau de chancellerie, fera connaître tous les
taxe aucune. ' deux mois aux Loges Fédérées, toutes les dé-
§ IV penses faites dans ladite. période et la réparti-
ÉLECTIONS tion de ces dépenses en portions égales entre les
Art. 29. — Chaque Loge Fédérée élit chaque Loges de la Fédération.
Art. 40. — Les Loges, dans le délai d'un mois
année, d'après les règlements généraux, ses à partir de la réception de la note des dépenses,
propres Lumières, et envoie une copie du procès- au Trésorier du. Conseil Fédéral le
verbal de l'élection au Président du Conseil expédieront
montant des contributions respectives. Le Tré-
Fédéral. sorier Fédéral délivrera un reçu analogue, fai-
Art. 30. — Les élections pour la nomination sant titre, au Vénérable de chaque Loge.
du Président et des membres composant le Con- Art. 4L — La Chancellerie du ; Conseil Fé-
seil Fédéral auront lieu annuellement à l'époque déral tient :
même de la fondation de la Fédération Maçon- a) le registre de la correspondance ;
nique italienne (le 2/ mai 1889, ère vulgaire)"
Art. 31. — Sont éligibles au Conseil Fédéral b) le registre des expéditions des originaux à
la Loge Archiviste;
tous les Frères Maîtres de l'orient où ledit Conseil
Fédéral aura sa nouvelle résidence; en consé- c) le registre des dépenses ;
d) le tableau des Loges Fédérées, avec les
quence, la Loge ou les Loges établies à cet
orient devront, un mois auparavant et pas plus noms, prénoms de chacun' des Frères et leurs
adresses profanes;
tard que le 30 avril, faire parvenir à tous les
Ateliers Fédérés une liste de tous leurs Frères é) le registre de procès-verbal des tenues du
Conseil.
Maîtres en élat d'activité, afin que les autres Art. 42. — Le Conseil Fédéral est en rapport
Loges puissent procéder à leur choix avec un direct avee la Loge Archiviste.
attentif et mûr examen.
Art. 32. — Toute Loge, appelée aux élections Art. 43. — Les Archives générales de la Fédé-
du Conseil Fédéral, fera voler ses Frères pour ration sont continuellement gardées par une
sepl candidats au scrutin secret, chaque secré- Loge Fédérée ayant bien mérité de la Fédé-
taire de Loge ayant l'obligation d'expédier la ration, nommée « l'Archiviste de la Fédération
délibération et le procès-verbal du vote à la der- Maçonnique —Italienne. »
nière résidence du Conseil Fédéral, po'ur que Art. 4t. La Loge Archiviste conserve les
celui-ci -fasse le dépouillement de tous les votes originaux de tous les documents et de toutes les
des Loges et d'après la majorité absolue des correspondances touchant aux intérêts généraux
votes certifie et proclame l'élection. delà Fédération, et toutes les correspondances
Art. 33. — L'élection, proclamée d'après le dont les originaux lui viennent remis par le
• '
Conseil. .
précédent article, sera communiquée, par les
soins du Conseil'Fédéral terminant, ses fonc- Art. 45. — La Loge Archiviste délivre copie
tions, aux Frères élus et au Vénérable ou aux légale de tous les documents qui lui seront ré-
A''énérables de la Loge ou des Loges établies à clamés par chacune des Loges, avec le nulla
l'orient où le congrès de mars aura eu fixé la osta (nul empêchement) du Conseil Fédéral.
résidence du Conseil Fédéral. Au besoin, le Conseil Fédéral assignera une
Art. 34. — Tous les droits et tous les devoirs somme à passer à la Loge Archiviste pour les
admis par la présente constitution sont dévolus dépenses inhérentes à ce service. Ce chiffre est
tant à la nouvelle Présidence du Conseil Fédéral à la charge de la Fédération et sera réparti selon
qu'au Conseil Fédéral lui-même. l'article 17 entre toutes les Loges Fédéi'ées.
Art. 35. — Le 27 mai, la nouvelle Présidence Art. 46. — Chaque année, le Conseil Fédéral
notifiera son installation à toutes les Loges Fé- dont la charge expire, contrôle les registres des
dérées, ainsi qu'aux autorités des Puissances Archives, en y apposant le visa du Président et
maçonniques étrangères amies, et procédera à dès Conseillers.
sa gestion annuelle. Art. 47. — La Loge Archiviste expédiera tous
Art. 36. — 11est défendu, tant aux Loges qu'à les deux mois, au Président du Conseil Fédéral,
l'autorité représentative, d'exercer en quelque le reçu, signé par ses propres Lumières, de tous
milieu el de quelque façon que ce soit des in- les documents qui lui auront été expédiés pendant
fluences ou pressions pour les élections prési- lès deux mois.
dentielles; s'il est prouvé qu'il y en a eu, l'élec- Art. 48. — .Si la Loge Archiviste se rend in-
tion sera annulée et le coupable puni. digne de cette confiance, l'Orient du Conseil
Fédéral la, dénoncera à toutes les Loges Fédé-
I V rées en provoquant le jugement selon les dispo-
DISPOSITIONS PARTICULIÈRES sitions générales.
Art. 37. — Le Conseil Fédéral garde une Art. 49. — Déclarée coupable, la Loge Archi-
copie de tous les actes de sa gestion et des cor- viste est déchue de son mandat et doit consigner'
respondances, et remet les actes originaux et les avec les procès-verbaux le matériel au délégué
correspondances originales à la Loge Archiviste. du Conseil Fédéral.
Art. 38. — Le Conseil Fédéral à un bureau de Art. 50. — Le Président du Conseil Fédéral,
chancellerie, où il emploie obligatoirement un sur la dénonciation dont il est question à l'art.
chancelier titulaire et trois chanceliers-adjoints, 48, délègue un Frère ayant sa confiance pour
ayant tous sa confiance. diriger les Archives pendant la durée du juge-
W"LA RÉVÉLATION DE BAAL-ZEBOUB
(PRÉTENDUE PROPHÉTIE DIABOLIQUE)
EXPLIQUANT, DANS LE SENS LUCIFÉRIEN,LA CONCORDANCEENTRE LE LIVRE APADNO
ET LA PROPHÉTIE DE'SAINT MALACHIE
I

Notice Préliminaire. — On désigne,sousle nomde Prophétiedesaint Malachie,un précieuxmanuscritgui fut découvert,en 1590.par un savantbénédictin.
Arnoldde Wion,lequelen reproduisitle textedans.sonouvrageintituléLignumViioe.Ce manuscrit,quia toujoursétéattribuéà saint Malachie,archevêqued'Armagh.er
irlâilde,mortà Clairvauxen 1148,donneprophétiquement la successiondespapes,depuisCélestinII (1143)jusqu'à la fi;; du monde.Dansce document,chaquepapees1
désignéparune légendelatinecaractéristique.Rappliquantsoit au pape lui-même,soit à un événementconsidérable ou à un importantpersonnagehistoriquede son
pontificat.Quandla prophétiedesaintMalachiefut découverte, on fut frappéde ceque chaquelégendelatinecaractérisait très exactementle règnede chacundes papesayant
occupéle trônepontificalde 1143à 1590; et i! ena toujoursété de mêmedansla suite, ainsiqu'on.peutfacilements'enrendrecompteen parcourantle document(il a été
souventpublié,notamment,parM. l'abbéCucherat,en 1S73).— Lespalladistesn'ont pasmanquéd'opposerune prophétiediaboliqueà cellede saint Malachie.Onsait que
leslucifériens
modernesfontcommencer l'èreduNouveauPalladiumau 20 septembre1S70,datedu « troisièmecoupde canon» et jour del'abolitiondu pouvoirtemporeldu
Saint-Siège.D'autrepart, leLivreApadno,qui, selonle diredes palladistes.a étéécritpar Luciferlui-mêmeet qui estconservéau SanctumRegnumdeCharleston commele
plusprécieuxdeslivressacrésde la secte,donne,aussipardes légendeslalines,la caractéristique des vicairesde Satan,dits papeslucifériensou souverainspontifes de la
Maçonnerie universelle,du 20 septembre1870au 20 septembre ^ate•*laquelleles légendespalladiquesfixentl'avènementde l'Ante-Christ.Or, dansla prophétiede
saintMalachie,lessectairesprennentet adoptentcommeexactes1993,les prédictionss'appliquantaux papesde lasainteEglisecatholique; maisils n'en acceptentpas laconclusion.
Seloneux. il ne faut pas dire VAvic-Christ,maisl'Aiili-Cbrist;carils prétendentqu'en1999« Adonaïet sonChristserontdéfinitivement vaincusparLuciferetBaal-Zeboub
», çr.
et que «alorscommencera pourl'universl'Agede Diamant,èresansfindes gloireset des béatitudeséternelles». Enfin, AlbertPike, dans le livreoù il a consignéles
communications reçuespar lui « desesdaimonsfamiliers» et qu'il a intituléleJJ-re desRévélations, a fait, sous ladictée (dit-il)de Baal-Zéboub,un tableaumontrant,-dans
le sensluciférien,la concordanceentre/.'LivreApaduoet la Prophétie desaint.Malachie. C'estcetableauque nousdonnonsci-dessous tel quel.
I

tr,
7 PAPES DE LUCIFER LES 11 PAPES DADONAÏ GÉNÉALOGIE DE L ANTI-CHRIST
Selon le Livre APADNO 'Selon MALACHIE Selon le Livre APADNO

29 septembre 000863.— Sept ans moinsneufjours


avantle troisièmecoup de canon, naîtra, au pays de
Lux potens (la lumièrepuissante). Crux de cruce (la croixde la croix). l'ElI,d'unefemmeduNord,unecertainefille,quiserala C
ALBERTPIKE PIE IX sagessemême,et sonpèreseral'Esprit-Saint, opérantpar
ILES l'intermédiaire d'un hommejuste: et personnene pourra
lirele nomdecettefilleprédestinée,car c'est d'elleque
Lumen in ccelo (lumièredansle ciel). descendraceluidont le doublenomvaut666.
29septembre 000896.— Passeronttrente-troisans. Alors
Homulus nemo (lepetithommepersonne). LÉONXIII la fillequi serasagesseenfantera,nondesoeuvresd'un
homme,mais d'un esprit de lumière,une filledont
aucunmortelne pourralirele nom; et le pèrede cette'.
Lut3a periclitatio (l'épreuveboueuse). Igiiis ardens (le feu ardent)._ filleserale léopardaux ailesde griffon,qui commande
à soixante-dix légions. — ,
29 septembre 000920. Passeronttrente-troisans
encore.Alorsla fille du léopardenfantera,desoeuvres
Religio depopulata (la'religiondévastée). d'unespritde lumière,une filledont le nomseralu par
lesseulsélusde Baal-Zéboub et d'Astarté,et ,!eD'èrede
Sursum corda (haut les coeurs). . cettefilleserale roi qui a pour visageuneétoileet qui
Fides intrepida (la loi intrépide). cûmnmndfh {renieIJgionp. . ^- /j
miiiifmmÊmÊfÊliÊmimmKmmÊÊÊÊmÊm Et ce
Radians Iong-ôevitas (lalongévitérayonnante). Mikaël,fêteront,commechaqueannée, Mikaet.
I Pastor et nauta (pasteuret pilote). mêmejour, de la fille,du roi qui a pour visageune
étoile,naîtraceluidontledoublenomvaut 666;quittant
le royaumedu Dieu-Bon,il s'incarneraparformationde
neuflunesdansleseinde lafillesa mère; mais lui, il
n'aura point de père, et néanmoinsil naîtra enfant
Flos florum (la fleur des fleurs). commelesenfantsdeshommes.Et son nomd'homme
pourraêtre lu dans Jérusalem : maisl'intelligencedece
nom n'en appartiendraencore qu'aux élus de Baal-
Zéboubet d'Astarté.Ainsinaîtrale vainqueurdela terre,
Cornua lunae emendata (les cornesde la lune De medietate lurae (dela moitiéde la lune). avanteu pour mère, pour aïeuleet pour mère de son
i aïeule,trois filles prédestinéesqui vivrontviergesdu
réformées). contactdes hommes.
000995.— Et leserévélera
vainqueurde la terre, O'
De labore solis (du travaildu soleil). 29 septembre au monde a
précédant le vainqueur du ciel,
aux nations,tenant
l'âge de trente-troisans. Il parlera
à la mainle rameaud'olivier;danssa main,le rameau
d'oliviersera commeune palme glorieuse.Jérusalem
tressaillerade joie: car, celuide ses fils qui, pourcom-
manderauxadorateursd'Adonaï,avaitferméles yeux a
Dei.optimi munimentum (le .rempaitdu Dieule De gloriâ olivoe (dela gloirede l'olive). la lumière,recouvrerala vue, déposerale triplediadème
meilleur). mauditet mettrason honneurà travaillerà l'oeuvredu
rempartdeDieu,du Dieule meilleuret le plusgrand.
Maisil y auraencoredesmillionsd'aveugles,le rameau
d'olivierse changeraen épée,et la lutte terrestredurera
unan. jusqu'auquatrièmecoup de canonqui. seratire
I dansl'île de la Vengeance.Gloire à Dieu! Gloireau
; très-hautle plus haut ! 5

entre LE LIVRE APADNO et LA PROPHÉTIE DE SAINT MALACHIE. A la suite :


Ici s'arrête
la prétendue concordance
Albert Pike, premier pape du palladisme, de plus belle sous la dictée
de ce tableau; le docte, luciférien dogmatise ^
en opposition à celle du saint archevêque d Armagli.
de Baal-Zéboub, et formule la prophétie diabolique
donnant
EXTRAIT DULIVRE DES RÉVÉLATIONS. — « Baal-Zéboub, appuyant sa main sur mon épaule, rapporte Albert Pike, et-me j
d'Adonaï (de glona olwoe),
une plume d'or, me dit : « Fils de mon coeur, écris. » Et j'écrivis sous sa dictée ce qui-,suit. : Après le dernier pape
les brebis parmi mille
'Malachie affirme que « dans la dernière persécution de la sainte Eglise romaine, siégera Pierre, Romain, qui paîtra
le peuple ». En vente,
« tribulations, après lesquelles la ville aux sept collines sera détruite, et le juge devant qui chacun doit trembler jugera J
de canon sera tiré dans l'île de Vengeance, a 1 époque
la
je te dis, fils de mon'coeur, que c'est le règne d'Adonaï qui alors-finira. Le quatrième coup le pouvoir j
'fixée (Convent de.Malte, qui le 29 septembre 000996, abolira totalement la papauté adonaite, c'est-à-dire le pwait spirituel après |
étant revenu parmi les hommes et ayant repris le triple diadème
temporel), et la terre sera pacifiée, après que le maleach Simon Pierre, celle marquée poui
Rome aura été détruite. Et alors commencera la grande bataille céleste qui durera trois ans, un an de. moins que
! -maudit, douze mille ans après
l'avant-dernière défaite d'Adonaï et sa perte du monde d'Oolis, planète d'un soleil inconnu des hommes ; et c'est ainsi que, j
écrit en 1APADNO. Alois
-le premier conflit, aura lieu (29 septembre000999) le triomphe décisif du Dieu-Bon sur le Dieu-Mauvais, comme il est |
1 de Diamant,.
: enfin, le barbare Adonaï sera à jamais enfermé dans la planète Saturne, sous la garde de Moloch, et l'univers entier connaîtra Age
-
: ère sans fin des gloires et des béatitudes éternelles, régnant Lucifer sans conteste, régnant le très-haut le plus haut. » . I
oO BEVUEMENSUELLE,
RELIGIEUSE, SCIENTIFIQUE
POLITIQUE,

nient, en suspendant pendant cette période les chacune d'elles possède la liste de toutes les
fonctions de la Loge Archiviste. autres.
Art. 51. — Le Conseil Fédéral; après le juge- Art. 62. — L'agrégation d'une nouA'elle Loge
ment émis par les Loges Fédérées, séquestrera est gratuite ; la Loge agréée devra seulement
le matériel des Archives et l'enverra dans le payer au Conseil Fédéral les nouveaux diplômes
'plus court délai possible à Ja Loge nommée délivrés à ses membres, ainsi que les copies du
nouvelle Archiviste par le suffrage des Ateliers présent Statut, le tout au prix de revient.
de la Fédération.
Art. 52. — La Loge Archiviste qui aura man- § yn
qué à ses engagements sera inexorablement DISPOSITIONS TRANSITOIRES
. rayée des listes fédérales et les Frères coupa-
bles déclarés indignes. Art. 63. — Par délibération des représentants
envoyés au Congrès des 2/, 28, 29 et 30 mai
'§'VI 1889,'à Palerme, il est établi'que'le Conseil Fé-
DISPOSITIONS GÉNÉRALES déral siège pour la première année à l'orient de
Palerme.
Art. 53. — Pour tout ce qui regarde les actes Art. 64. — Est nommée Archiviste provisoire
de la Fédération Maçonnique Italienne, l'année de la Fédération Maçonnique Italienne la Loge
commence à courir du 27 au 30 mai 1889, époque
où le Pacte Fédéral a été proclamé. Archimède, à l'orient de Palerme.
— Art. 65. — Les dispositions transitoires restent
Art. 54. La Fédération Maçonnique Italienne en vigueur pour la première année.
adopte les formes du Rite Symbolique et en Art. 66. — Le présent Statut, établi par les
accepte les règlements dans toutes les parties Représentants et Délégués siégeant au
. compatibles avec tout ce qui est établi par les signé dans Congrès,
l'original sur chaque feuille et à la
présentes constitutions fédérales. lin, est enfermé et conservé dans les Archives
Art. 55. — La composition de la Loge est
établie de la façon suivante : générales de la Fédération Maçonnique Ita-
lienne.
a) au Nord, les Apprentis et les Compagnons ; Une fois imprimé, il en sera délivré autant de
b) au Sud, les Maîtres ;
à les Vénérables des copies qu'il eu sera, demandé par chaque Atelier
c) l'Orient, Soeurs-Loges contre paiement du prix de revient.
affiliées, les Délégués, les Correspondants, elles Approuvé et soussigné aujourd'hui, 1"' jour
Garants d'Amitié ; 01'
du l mois de Ja I'" année de la Fédération
Les Lumières de la Loge occupent les postes
du rite. Maçonnique Italienne et de l'Ere vulgaire, le 30
réglementaires
Art. 56. — Les Frères de la Fédération Ma- mai 1889.
çonnique Italienne ne peuvent prendre d'autres
titres en dehors de ceux qu'ils possèdent par
grade ou par charge ; et dans la; Loge, pendant LE MAGNÉTISME SATANIQUE
les travaux, le vous est de rigueur.
Art. 57. —. La Fédération Maçonnique Ita- Démontré par le cas du baron Du Potet
lienne adopte un diplôme de modèle unique,
lequel sera laissé au prix de revient par cha-
cune des Loges, et contresigné par le Président Que faut-il penser du magnétisme ? Devons-
du Conseil Fédéral qui y apposera sa signature nous inscrire les magnétiseurs au nombre des
et le timbre du Conseil. instruments de l'enfer, des rénovateurs de l'an-
Art. 58. — Les corps maçonniques constituant cienne magie, des adeptes du Satanisme mo-
Ateliers réguliers avec Officiers, qui voudront derne ?ilSi cette question peut être embarrassante
s'agréger à la communion fédérale, devront quand s'agit de médecins magnétiseurs ou
présenter leur demande au Président du Conseil hypnotiseurs qui ne songent à employer le ma-
. Fédéral, accompagnée de la liste de leurs Frères gnétisme ou l'hypnotisme que comme moyen
actifs et de leurs adresses profanes, avec la dé- curatif, ou d'hommes bien intentionnés, tels que
claration préalable d'accepter toutes les dispo- Deleuze, ne demandant au magnétisme, que des
sitions de la présente Constitution fédérale. effets naturels et honnêtes, toute indécision doit
Art. 59. —Le Président du Conseil Fédéral cesser, quand on est en face de certains person-
se proclamant les apôtres d'une science
provoque le vote de chacune des Loges Fédé- nages
rées sur la demande d'agrégation ; et c'est sur occulte appelée à renouveler la face de la
la majorité de ces mêmes Loges que se fonde le terre (1), et s'enveloppant mystérieusement du
manteau de Sans 'doute ce manteau
jugement du Conseil fédéral pour agréer ou ne recouvre magicien. que le
repousser ladite demande. quelquefois plus vil charla-
Art. 60. — Chaque Loge appelée à donner son tanisme ; mais il arrive aussi que sous cette ap-
vote pour l'agrégation d'une nouvelle Loge à la parencedu charlatanesque se cache l'intervention-
Fédération dispose d'un seul vote, ce vote résul- réelle diable et que ces charlatans sont bien
tant de la majorité de ses Frères qui y ont pris en réalité des agents de l'enfer, des possédés de
Satan. L'homme qui fait le sujet de cet article
part. en est un des exemples les plias décisifs et les
Art. 61. — Les Loges Fédérées, ou déclarées
telles» doivent, par l'intermédiaire du Conseil plus frappants.
Fédéral, échanger tour à tour les listes des (i) « Le vieuxmomieva disparaître, il a faitson temps.»
Frères actifs l'une de l'autre, de manière que .(Du Potet).
« LE DIABLEAU XIXe.SIECLE
DE LA PUBLICATION
COMPLÉMENT 51

Ce n'est pas qu'avant lui le magnétisme soit roseau ; pénétrer dans un cerveau humain ef en
pur de toute ingérence diabolique ; il est difficile faire jaillir les pensées cachées ; déterminer UD
de ne pas apercevoir, derrière les baquets de tel mouvement dans les organes les plus profonds
Mesmer ou l'arbre magnétique de M. de Puy- que tout ce qui s'y est accumulé d'images appa-
ségur, à Busancy,la figure grimaçante du malin, raisse à la vue de l'esprit, ce n'est que le com-
essayant de rajeunir ses vieilles Inventions sous mencement des oeuvres magiques ! Nous savons
cette forme nouvelle, et de fournir aux faux mettre en fusion le métal humain et le pétrir à
savants l'occasion de s'écrier en face de ses notre guise ; nous savons en extraire l'or et les
nouveaux prodiges : le Magnétisme, voilà le métaux les plus précieux.... Réservant ma
secret de tous les miracles anciens et modernes ! liberté, j'agirai selon qu'il me plaira, ou que me
Les disciples de Mesmer n'ont-ils pas trahi le dictera celle voix secrète que j'ai toujours
secret de leur initiation- diabolique, quand ils ont écoutée. Je ne touche qu'un point de cet art divin
proclamé qu'il y a identité de l'agent entre les de la magie ; mais il divulgue toute la science....
phénomènes. magnétiques et tous les faits les L'agent de toutes les merveilles, de tous les
plus authentiquement reconnus comme prove- miracles, de la vie, de la mort, le principe de
nant de l'intervention des puissances infernales ? toutes choses, enfin, est désormais à la dispo-
« Que furent, s'écrie M. Hénin de Cuvillers, les sition de l'homme. »
prêtres des faux dieux, leurs sybilles, leurs py- Lorsque Du Potet écrivait ces lignes en tête de
thies ; que furent les convulsio'nnaires de Saiiit- son livre La Magie dévoilée ou Principes de
Médard, la plupart des sorciers et des sorcières, science occulte (15 août 1852), il était arrivé à ce
des possédés ou obsédés du démon, sinon des qu'on peut appeler la période suprême de l'ini-
crisiaques magnétiques ?» tiation diaholique. Il sera curieux de voir par
Cet aveu involontaire de l'origine diabolique quelle suite de progrès^ successifs s'était opérée
des prestiges du magnétisme, nous allons l'en- cette prise de possession de son âme par l'in-
tendre de la bouche de son .plus illustre repré- venteur du Magnétisme animal. Suivons-le dès
sentant, de celui qui s'est donné comme l'héritier -son enfance, en ne nous appuyant que sur les
de la science occulte de l'antiquité et du moyen- documents autobiographiques qu'il nous livre
âge ; bien plus, il nous sera facile de découvrir avec complaisance dans ce même ouvrage1
en lui, d'après ses propres confidences, la marche 11est né le 23 germinal an IV (12 avril 1796),à
de l'intervention diabolique, les progrès d'une La Chapelle,- petit village du département de ,.
véritable possession de son âme par Satan. l'Yonne, où son père possédait la seigneurie de
11ne s'agit plus pour Du Potet des baquets mes- ses ancêtres «. qui,' dit-il, sans la Révolution, me
. mériques, ni même des applications banales du serait revenue, comme le premier-né ». Tout
magnétisme à la guérison des malades ; tout magicien qu'il est, et maître de tous les secrets
cela, vagissements de la science à l'enfance, de la nature, il est bien aise que nous- sachions
amusements et bagatelles de la porte. Voici bien qu'il est de noble extraction, et qu'il y a à Dijon
d'autres merveilles : le principe des sciences une rue du Grand-Potet (1), en souvenir d'un de
occultes découvert, le grand Arcane de la Magie ses ancêtres.
dévoilé i Ecoutons-le, monté sur son trépied, pro- Très mauvais écolier, il'ne voulut rien ap-
clamer cette grande découverle : prendre jusqu'à l'âge de quatorze ans. «Entrant
« Agent supérieur à la matière, bruit sans dans une école publique, j'en sortais aussitôt,
voix et sans parole, écho mystérieux, force ou bien, si j'étais contraint d'y rester, j'attrapais
puissante, invincible, universelle, d'où viens-tu ? les mouchés et portais toute mon attention à
Qui donc oserait espérer remonter jusqu'à, la l'examen des moyens qui m'étaient laissés de
source d'où tu découles, et te donner' un nom ? fuir. »
De toi empruntant son pouvoir, l'homme peut se Son esprit était encore plus fermé à l'ins-
dire le roi de la nature. truction religieuse qu'aux rudiments des sciences
« Force magique, te voilà découverte ; en vain profanes ; il se fait gloire d'avoir été rebelle aux
l'antiquité voulait te dérober à tous les yeux. . enseignements du catéchisme :
Saisie par les penseurs, lu seras le fondement « On chercha à m'inculquer le rudiment du
d'une philosophie nouvelle, qui s'appuiera sur catéchisme; je m'y prêtais forcément ; mais en
les faits mystérieux contestés par la science entendant le' saint homme me demander gra-
actuelle, sur cet ordre nouveau de phénomènes vement : Le Père est-il Dieu ? je répondais : Oui.
que la raison repousse et que le temps doit — Le Fils est-il Dieu ? Oui. — Le Saint-Esprit
bientôt établir. est-il Dieu ! Oui. — Ce sont donc trois dieux ? —
« La voilà qui revient, cette bannie, avec son Je faisais la réponse convenue et, n'y comprenant
même caractère de vérité. Elle donnera à celui-ci rien; je baillais et prenais la clef'des champs.
un pouvoir presque sans limites pour opérer le Je n'avais d'ailleurs nul souci des peines de l'enfer
bien; à cet autre elle livrera le secret des oeuvres ou du purgatoire, dont on me menaçait ; car mon
ténébreuses. Prenant sur son chemin le venin du père avait dit devant moi qu'on avait bien fait
: reptile, elle ira l'infiltrer dans le sang d'inno- d'inventer l'enfer pour épouvanter la canaille.
centes victimes. A nous l'étude des facultés de Cependant, une chose que je ne m'expliquais
l'âme et la possession des mystères qui éton- point, c'est que toutes les fois qu'il sortait de la.
nèrent le monde ancien. Magie ! Magie ! viens maison pour se livrer à son plaisir favori (la
étonner et confondre tant d'esprits forts qui ' ont chasse) et qu'il rencontrait sur son cheminùin,;
conservé les préjugés de leur enfance..,.,' ecclésiastique, il disait : « Bon, voici un ..oiseau;'
« Agir sur une âme ; faire mouvoir le corps
d'autrui ; l'agiter comme fait l'aquilon du faible à Dijonquela rueduPétit-Pôtet.
(t) Je lieconnais
52 BEVUEMENSUELLE,
RELIGIEUSE, SCIENTIFIQUE
POLITIQUE,

« de mauvais augure ! Que le diable l'emporte ; « de son estre ; car de là l'influence vient au
w je ferai mauvaise chasse aujourd'hui. » «. lieu qui s'appelle Sheahim, ou région Elhôrée. •.
« J'allais aux offices du dimanche, à la fin « 11y a une chose créée de Dieu, qui est le subjet
seulement, parce qu'on m'en faisait un rigoureux « de toute merveille, laquelle est en la terre et au
devoir ; mais de toutes ces cérémonies je n'en « ciel, animale en acte, végétale et minérale -.
apercevais qu'une seule : la distribution du pain « trouvée partout, cogneùe de fort peu de gens,
bénit ; parce qu'il devenait une preuve péremp- « et de nul exprimée par son droiet nom, ains
toire de ma présence à l'église. » « voilée d'innumérables figures et énigmes, sans
Avec de telles dispositions, l'âme de l'enfant, « laquelle ny l'alchimie, ny la magie naturelle,
vide des choses du ciel et des sciences de la « ne peuvent atteindre leur complette fin. »
terre, était toute grande ouverte aux suggestions « Je venais souveut relire ces passages,
de l'esprit infernal, qui n'eut pas même la peine comme si j'eusse pressenti qu'uu jour ce secret
d'en faire le siège, et s'y intronisa dès lors en devait m'être révélé. »
maître- La première influence dont il usa sur Second pas dans la voie magique où l'entraîne
cette âme si docile et si prête à ses leçons, ce fut le démon : l'attraction diabolique de ce grimoire,
de lui inspirer, à la place des sentiments reli- où rien ne manque de ce qui constitue une véri-
gieux absents, un ardent amour de la. Nature ; table formule delà science occulte, pas même les
il le plongea dans l'adoration des choses créées, mots hébraïques. Eu retournant, au quai lire et .
de la matière, une contemplation toute païenne relire ces sublimes absurdités. Du Potet obéissait
des choses de la terre. à la voix secrète qu'il a. toujours écoutée.
« Toujours dans les bois ou proche des C'est en 1815,année de la mort de Mesmer, qu'il
rivières, j'aimais le contact de ces fluides qui, entendit pour la première fois prononcer le mot
mariés aux l'ayons du soleil, caressent si agréa- de magnétisme, et raconter les merveilles qui
blement le corps.... » s'opéraient sous ce nom : troisième révélation, et
Déjà le futur magicien sentait qu'il obéissait celle-ci décisive.
à une force étrangère à lui-même et dont il ne « 11me sembla que ce mot voulait dire Nature,
pouvait secouer la tyrannie : et tout ce que dans mon enfance j'avais le plus
« Quelque chose de plus fort que tous les admiré se présenta à moi. Les impressions de
conseils, de plus puissant que toutes les remon- mon jeune âge m'auraienl-elles donné un premier
trances actives et violentes empêchait que ma degré d'initiation qui doit aujourd'hui se com-
nature ne changeât. Apprendre ? A quoi bon ? Je pléter par une sorte de révélation mystérieuse ?
ne vois point les.poissons du ruisseau aller à El dans mon étonnement, je faisais répéter le
l'école ; les animaux des prairies n'ont point de récit des nouveaux et surprenants phénomènes.
précepteur. Ne vois-je pas chaque jour des gens En sortant de ce premier entrelien j'étais
que l'on appelle bêtes ? et.on dit partout qu'ils sont magnétiseur. Quelque chose me disait (toujours
heureux, que tout leur réussit, qu'ils amassent la voix) que j'avais ce pouvoir occulte : pour la
beaucoup d'argent. » première lois de ma vie (il oublie les autres fois
Après avoir mené jusqu'à quatorze ans cette vie antérieures) je venais d'être -remuépar un agent
de pure nature, le jeune Du Potet entra dans une intérieur, par un feu circulant dans mes veines,
maison de commerce d'où il s'enfuit bientôt. Le ayant la puissance de faire battre mon coiur...
A:oilàerrant, avec trois louis doubles, dans les La. lièvre me prit, non la fièvre morbide, mais
rues de Paris, et, pour s'occuper, feuilletant les celle qui accompagne l'enthousiasme ; car moi,
volumes qui moisissent sur les quais. C'est là ne sachant rien du magnétisme qu'un récit de
qu'il devait trouver la première révélation de sa faits, sans avoir rien vu, je produisis dès le soir
vocation diabolique. môme, sur deux jeunes filles aussi ignorantes
« Un jour j'ouvris un de ces ouvrages, tout que moi de ces matières, les merveilleux phéno-
maculé et rongé par les vers. mènes du somnambulisme, et cela dans un ins-
« J'y lus et relus ces remarquables passages : tant. Tout ce que la raison de nos grands génies
« Saches qu'il y a eune substance admirable au repoussait avec dédain et colère, je venais de le
« corps de l'homme appelée Luz, laquelle est voir, de le constater avec une surprise mêlée de'
« toute sa force, et vertu, voire la racine et le terreur : j'étais anéanti ! Sans expérience, dé-
« fondement d'iceluy ; et quand il meurt, elle ne pourvu dés moyens nécessaires pour diriger cette
« s'envolle pas ny esvanouist pour cela, ains crise, mes forces me quittèrent ; elles étaient
« quant bien elle seroït réduite en un tas dans le passées dans deux corps qu'elles animaient d'une
« plus grand feu, ne se brùsle ny consume point, vie toute nouvelle Je brûlais et. j'étais froid, mes
« ny ne sçauroit estre non plus brisée dans une membres refusaient tout service : une affreuse
« nieule de moulin, ny concassée dans un mor- pensée me traversa l'esprit: si tout à l'heure je
'< lier, mais est permanente à tout jamais, rece- ne pouvais rétablir dans leur état naturel' ces
« vaut mesure de la volupté et délices en l'homme personnes, que deviendrais-je ? J'ignorais tout.
« juste après son décès, suivant ce qui est escrit Après cinq heures d'angoisses, sur une simple
« en l'Ecclésiastique, 26 : Et ossa eorum impin- question : Commentdonc vous réveiller? ces deux
« guabii, etc. (Carnitol,en ses Livres des Portes charmantes filles me tirèrent d'embarras. C'était
« de Justice)... mon début, et cet instant décida de toutema vie. »
« Laquelle substance, qui est le fondement de Celte inspiration soudaine, cette science in-
« sa racine, est partie du lieu dict Schamaïm, fuse, si merveilleusement appliquée du premier
« les cieux, par un mystère cogneu à ceux qui coup, cette impulsion d'un agent intérieur, ce
« sçavent ce que c'est de cette substance céleste, l'eu circulant dans les veines, cette crise violente
'. « et dont chaque espèce reçoit la force et vigueur I «dans laquelle tombe le magnétiseur, tout cela ne
COMPLÉMENT « LE DIABLEAUXIXeSIÈCLE»
DE LA PUBLICATION 53

senïble-t-il pas indiquer clairement l'action la salle, M. Robouam, se proposait de faire une
d'une force étrangère s'emparant de Du Potet, très belle dissection. Il réussit au-delà de son
et parle prestige de l'effet produit sans qu'il en attente. Ce fnt pour le nouvel adepte de la Magie
ait conscience, se l'inféodant désormais, et le un triomphe, dont Satan se servit habilement
vouant à l'exercice de cette faculté mystérieuse pour exalter son orgueil et faire naître dans son
qui natte son orgueil et lui assure une carrière ? . coeur de plus hautes ambitions..
Son corps même se ressent de cette possession à « Pendant vingt-sept séances, ces témoins
laquelle il est désormais soumis. « Courbé, (uue quarantaine de médecins) qui d'abord ne
affaissé, replié sur moi-même, dit-il, ma figure • croyaient pas, au moins pour la plupart, à la
se rida, quoique bien jeune encore ». 11 avait réalité de la puissance magnétique, multiplièrent
dix-neuf ans. A partir de ce jour, il se mil avec les expériences et les ruses pour en arrêter ou
ardeur à suivre les cliniques, se livra, à la dis- en modifier les effets; on avait l'intention de
section : « Par un levier invisible à tout le s'amuser à mes dépens. Mais toutes les tenta-
monde, je remuais des machines humaines, tives furent inutiles. » Rien n'affaiblit.le pouvoir
j'agissais sur des animaux endormis. » surnaturel du magnétiseur. Il obéissait à sa voix
Et s'adressant à cet agent intérieur qui l'avait intérieure qui lui avait dit : « Sois sans crainte,
créé magnétiseur : tu es l'instrument dont je veux me servir pour
« Dieu tout puissant, disais-je, donne-moi force confondre ces sceptiques ; ils vont, prendre au
et courage ; inspire-moi, afin 'que je fasse triom- milieu des infirmités humaines celle qu'ils
pher la vérité. Et j'entendais une voix intérieure croient incurable ; lu la guériras^ sous leurs
qui me disait : «Marche en avant : la cause que yeux, par la seule imposition dé tes mains,
« lu défends est celle de la justice et de la vé- afin de leur apprendre qu'il existe une médecine
« rite !... » Le magnétisme s'était comme person- supérieure à la leur, parce qu'elle découle de
nifié en moi : je me croyais un de ces flétris de moi ; afin qu'ils voient que chaque être est un
'
par la science, portant sur le front le signe vase où j'ai déposé mon essence, et qu'elle seule
infamant du mensonge et de l'imposture. » cou lient'Ja vie et la lumière. »
Fort de l'appui surnaturel dont il se sentait « Ce n'était point un mirage, une illusion,
favorisé, Du Potet put jeter un regard de dédain continue-t-il, mais une chose réelle, palpable,
sur les pauvres magnétiseurs qui se traînaient que plus rien désormais ne pouvait détruire : le
. dans l'ornière de Mesmer ; Deleuze, Puységur magnétisme existait, il était prouvé. »
n'étaient à côté de lui que de timides'praticiens, Dès lors un nouveau tourment s'empare de
de pâles copistes du maître. 11 faut Tentendre son âme ; il se demande avec angoisse quelle est
juger l'abbé Faria, le plus terrible des magné- cette puissance incommensurable qui se dérobe
liseurs d'alors, dont la seule présence faisait à lui, tout en faisant, de lui son instrument passif
évanouir les somnambules qui l'appelaient l'en- et inconscient, et dans le trouble de son esprit,
nemi de leur repos : il laisse percer le sentiment d'incrédulité et
« J'allai aussi chez l'abbé Fa.ria. Je le trouvai d'impiété qui ne doit laisser aucun doute sur la
enthousiaste comme moi, mais bien moins scru- véritable origine des merveilles qu'il opère:
puleux et attentif. Je reçus de lui quelques « Nous laissons de côté tout mysticisme ; quand
leçons et lui payai un léger tribut. Sa maison on invoque Dieu dans les sciences, c'est souvent
était le rendez-vous du monde élégant, des une preuve de faiblesse et d'impuissance. »Poùr
oisifs, des lions de ce temps. Je soutirais à la vue lui, il ne connaît que le fait, le fait brutal, qui
de ce monde moqueur, dont, la vie est inutile s'opère en vertu de la puissance surnaturelle qui
au reste des humains. Je jugeai promplemert agit en lui et par lui :
de la valeur réelle de ce monde flottant : il était « Quelle était la force employée, l'agent des
sa,vant en toutes choses, donnait son jugement phénomènes ? Lorsqu'on me demandait : com-
sur toutes les questions. Insolent parfois comme ment agissez-vous? je répondais : mettez-vous
ses valets, la forme seule servait, à l'on distin- là, je vais vous le montrer. Et je faisais des
guer: Il possédait pourtant tout ce qu'on voulait passes. La cause, c'est un agent subtil. Quel est-
me faire apprendre dans mon enfance ; la nature il ? je n'en sais. rien... La nature fait tout : mens
lui était inconnue. Sceptique an dernier point, 'agitai molem. » Cet agent subtil, cet esprit qui
son église était l'Opéra; il riait de tout, Faria remue le corps, cette nature toute-puissante,
était pour lui une sorte de bouffon -.il se rendait qu'est-ce autre chose que le prestigiateur sata-
che^ lui pour y rire, rien de plus. » nique?
Du Potet se sentait appelé à un autre "apos- Désormais Du Potet vogue en pleine magie :
'
tolat ; il entreprit la cure des malades. « Con- l'horizon merveilleux s'étend à l'infini autour dé ,
vaincu à tout jamais de l'exigtence en moi d'une lui ; rien ne lui semble impossible ; « Je vais
puissance réelle, je cherchais les occasions de la vous introduire dans un monde nouveau, s'écrie-
démontrer à tous les yeux, de la faire briller t-il, où tout, est merveilleux. Vous allez voir
dans toute son évidente réalité.. J'allais enfin l'homme actif reprendre son rang et sa dignité ;
faire mon entrée dans le sanctuaire de la dou- vous verrez ses forces ignorées, comme son
leur : on m'accueillait à l'Hôtel-Dieu. » abaissement passager, lorsqu'il sera 'soumis à
Admis à faire des expériences à l'Hôtel-Dieu. une pression exercée par un .agent terrible,
Du Potet se soumit à toutes les conditions qui lui mais invisible encore, puis ses propriétés et ses
furent imposées ; il accepta sans hésiter le sujet facultés cachées prendre tout à coup leur
qu'on lui offrit, une jeune fille incurable, âgée essor... Je perturberai ces deux existences (l'état
de dix-sept ans, ^u'on n'espérait pas pousser de veille et l'état de sommeil) et produirai un
plus de deux ou trois jours, et dont l'interne de | amalgame qui ne sera ni la veille ni le sommeil,
54 REVUEMENSUELLE, SCIENTIFIQUE-
POLITIQUE,
RELIGIEUSE,

mais un état mixte rempli de phénomènes mé- de notre thèse, c'est l'impression produite par
connus des savants. Vous guérirez des maux ses propres prodiges sur le magicien lui-même,
désespérés... tout étonné d'être l'instrument inconscient d'une
« La science ! mais elle est cachée en moi, puissance étrangère à sa propre personne, de
puisque je réalise sous vos yeux les prodiges de ce grand alchimiste qui opère en lui, tout en lui
l'antiquité, et que mes doigts semblent tenir une ôtant, comme il le dit plus haut, la possibilité de
baguette magique. Je sens qu'il existe en moi s'approprier les effets de son pouvoir. En vain
. un grand alchimiste, qui me jette par-ci par-là ess~aie-t-il, en maints endroits de ses ouvrages,
quelques parcelles de vérité; mais il est avare de donner le change au lecteur en réduisant l'es-
de ses trésors, il m'oie la possibilité de me les sence du magnétisme à un simple fluide, résultat
approprier ; car, lorsque, produisant selon les de l'air que nous respirons et des matériaux
inspirations qu'il me donne, je veux poursuivre divers qui le constituent, ou en prétendant que
mon oeuvre commencée, il me remplit de 1er- S l'agent magnétique n'est autre que celui des
reur... Ne vous étonnez plus de mes per- mouvements ; l'angoissante préoccupation de la
plexités, de mes tourments ; la volonté est im- puissance surnaturelle qui le possède se trahit
puissante dans un semblable travail. Voilà pour- malgré lui et lui arrache les aveux les plus
quoi je m'excite; car, comme la pythonisse sur transparents, les plus significatifs.
le trépied, je ne puis être instruit.des secrets des « Aussi M. Du Potet, dit très bien M. de Mir-
immortels qu'en étant animé par une sorte de ville, ne peut-il plus faire un seul pas sans
transport. », rencontrer la négation de son rationalisme, et
Pour voir Du Potet à l'oeuvre, il faudrait le rien n'est vraiment plus curieux que le désarroi
suivre, infatigable dans sa nouvelle carrière, profond de tous ses enseignements en présence
ouvrant des cours publics et gratuits, en 1820) des nouveaux faits qui le débordent de toutes
dans le quartier même des Ecoles^ passage parts., soit à l'étranger, soit autour de lui, soit
Dauphine ;—lançant à lui tout seul (182/) un jour- dans ses propres mains.
nal : le Propagateur du Magnétisme, qui de- « Ainsi, tantôt nous l'entendons s'écrier :
vait continuer les Annales, la Bibliothèque et « Plus de doute, plus d'incertitude, la magie est
les Archives, morts après quelques années « retrouvée... Je sépare de moi une force, il y a
d'existence' (le pauvre Propagateur ne dura « émission. Cette force est réelle. Déposée sur
lui-même qu'une année; épuisé, endetté, l'auteur « un corps quelconque, elle s'y fixe comme uue
dut en cesser la publication) ; — revenant à l'en- « essence, puis bientôt elle exerce son action
seignement, mais cette fois ouvrant des cours « sur ce qui l'environne, et la magie commence,
payants, passage du Saumon, dans une sorte « c'est-à-dire que des phénomènes viennent
d'Athénée, tenu, dit-il, par un Robert-Macaire « nous frapper d'élonnement. Ce n'est pas ce
et un Bertrand, qui, un beau matin, lui enlevè- « que nous avons voulu qui se manifeste ; non,
rent 1,500 francs; — publiant son cours en «.nous sommes tout à fait étrangers dès lors à
1833; — puis, méconnu dans sa patrie, se faisant « ce qui se passe. »
apôtre et allant porter en Angleterre la bonne « Plus loin, à propos d'un peu de poussière
nouvelle, et y publiant, au milieu des railleries qu'il a ramassée dans un cimetière, et à l'ins-
et du mépris public, un volume intitulé : An pection, de laquelle ses voyants improvisés
Introduction to ihe siudy of Animal Magne- aperçoivent cinq squelettes et les décrivent, il
tism; — rentrant en France après vingt-deux s'écrie : « Non, non, il y à ici quelque chose qui
mois d'absence, promenant son enseignement dépasse notre raison : le surnaturel se montre,
magique dans les principales villes du royaume ; lorsque je voudrais en nier l'existence. »
— pc'o'Jant, à Paris, livres sur livres, journaux Mais il faut citer le récit de Du Potet lui-même :
sur journaux; — marchant de découvertes en il fait partie de la série des faits produits par le
découvertes ; — expliquant par le magnétisme miroir magique :
tous les prodiges des temps passés, même les mi- « Voulant, pour d'autres épreuves, dérober le
racles de la Bible : signe magique à la vue (le miroir magique, un
« La Bible même contient, pour moi le magné- disque tracé sur le parquet avec du charbon), je
tisme; à chaque page, en effet, on trou vendes m'avisai de réduire en poussière très fine un peu
voyants, des prophètes, des miracles, et on de terre prise, il y a plusieurs années, dans un
devine aisément la source des visions et des tombeau druidique : ce tombeau renfermait des
prodiges, comme les causes des guêrisons mira- ossements humains qui depuis vingt siècles au
inscrites dans les archives religieuses
' culeuses »
moins n'avaient pas vu le jour. Cette terre, prise
des temps passés. au milieu de ces débris antiques, était conservée
Bientôt les phénomènes les plus extraordi- par moi sans idées préconçues, et au moment de
naires du somnanbulisme ne lui suffirent plus ; l'expérience je n'y attachais aucune importance ;
il opère, comme il l'annonçait tout à l'heure, sur c'est seul, et plusieurs jours avant les épreuves,
" des sujets à l'état de veille, renouvelant avec que je la déposai sur le miroir.
éclat'les prodiges des anciens miroirs magiques « Le dimanche vient. Après quelques expé-
qui le jetèrent lui-même dans l'étonnement, la riences de magnétisme simple, je découvre aux
stupéfaction et l'effroi. Mon excellent ami, M. le regards de toute l'assemblée le signe magique
docteur Bataille, m'ayant informé qu'il traitera ainsi dissimulé. L'effet en fut prompt, il eut
amplement, la. question des Miroirs Magiques quelque chose de terrible.. Un homme d'une
dans un des prochains chapitres du Diable au, treutaine d'années, employé à l'Imprimerie
XIX 0 siècle, je ne m'étendrai point ici.sur ce Nationale, tout à fait étranger aux recherches
sujet ; ce qu'il importe de faire ressortir à l'appui I magnétiques, assistant aux' séances pour la
DE LA PUBLICATION
COMPLÉMENT AU XIXeSIÈCLE»
« LE DIABLE 55

première fois, regarde avec attention cette pous- de personnes, je faisais des expériences dirigées
sière jaunâtre. Bientôt il s'agite sur son siège, se par des données nouvelles qui m'étaient person-
lève, s'approche tout tremblant, et s'écrie : Je nelles, cette force, — un autre dirait ce démon —
vois du, sang, des cadavres; leurs entrailles évoquée, agita tout mon être : il me sembla que
sont arrachées. Saisi d'effroi, il tremble, il veut le vide se faisait autour de moi, que j'étais en-
s'enfuir ; mais une force secrète le ramène aus- touré d'une sorte de vapeur légèrement colorée.
sitôt. Nous l'emportons rapidement ; il était sans Tous mes sens paraissaient avoir doublé d'ac-
connaissance, et cette syncope dura quatre ou tivité, et, ce qui ne pouvait être une illusion, mes
cinq minutes. 11n'avait aucun souvenir. pieds se recourbaient dans leur prison, de
« Une jeune femme est. ensuite attirée. Saisie manière à me faire éprouver une très vive
des mêmes terreurs à la vue du sang répandu, douleur, et mon corps, entraîné par une sorte
elle voit des entrailles humaines dans une sorte de tourbillon, était, malgré ma volonté, con-
de cuvette, les cadavres s'agitent sous ses yeux, traint d'obéir et de fléchir. D'autres êtres,
et bientôt, se trouvant mal, nous l'emportons pleins de force, qui s'étaient approchés du centre
sans qu'elle ait la conscience de ce que nous de mes opérations magiques, — pour parler en
faisons. sorcier, — furent plus rudement atteints ; il fallut,
« Le plus étonné de tous les assistants, c'était les saisir à terre, où ils se débattaient comme
moi. Par quel mystère incompréhensible ces s'ils eussent été près de rendre l'âme.
choses étaient-elles apparues? L'endroit où. « Le lien' était fait,- le pacte consommé; une
j'avais pris cette terre renfermait cinq squelettes: puissance occulte venait de nie prêter son con-
l'uu des voyants vit cinq cadavres... » cours, s'était soudée avec la force qui m'était
Et Du Potet ajoute un peu plus loin : propre, et me permettait de voir la lumière.
« Sur ce chemin je ne saurais m'arrêter. Je « C'est ainsi que f ai découvert le chemin de
ne veux point rester comme un homme qui, la vraie magie. »
ayant un nouvel organe, refuserait de s'en Que nous faut-il de plus? Eabemus conjiten-
servir. J'avancerai donc, quelque soit le juge- iemreum. Il est difficile d'avouer plus claire-
ment porté sur moi. Ma marche sera vaillante, ment que l'on n'est qu'une machine dont Satan
car je n'ai point de maître ; j'ai des livres sans tourne la manivelle, et toujours au détriment de
doute, mais ils sont pour moi autant d'hiérogly- la machine.
phes... 11me fallut trente ans pour savoir qu'ils Aux aveux se joignent de temps en temps des
avaient un sens, tandis que mes mains et mon semblants de remords qui échappent au magi-
intelligence pouvaient me fournir, dès le premier cien. Chaque fois qu'il est tenté de livrer son
.pur, les preuves sans réplique qu'ils étaient secret, il se demande en tremblant s'il est pru-
écrits non pour tromper, mais pour engager les dent de réveiller Vesprit d,e Python et d'ap-
hommes à recherche] 1 les vérités cachées sous prendre aux hommes où il repose : « un instinct
leurs emblèmes et leurs paraboles. » secret, ajoute-t-il, ma conscience, me crie que je
Fin effet, Du Potet ne s'arrêta point en si belle fais mal de toucher à ces choses. »
voie. De nouveaux prodiges, des apparitions de 11donne même à ses lecteurs cet avis solennel
trépassés; « la vie délogeant du domicile hu- que feront bien de méditer tous ceux qui seraient
main », au moyen' de quelques signes et de tentés de s'occuper de magnétisme ou de spiri-
quelques traits, puis ramenée par une espèce de tisme :
résurrection dans le corps qu'elle avait momen- « Trop certain de ce que je vais dire, j'a-
tanément abandonné, mille autres phénomènes dresse un avis, je donne un conseil, je fais une
aussi extraordinaires vinrent l'étonner et le prière : s'il est des esprits téméraires qui, mé-
ployer sous la terreur spéciale qui accompagne prisant toute prudence, veuillent aller en mer,
toujours l'intervention diabolique. malgré le vent et la tempête, sans écouter la
« Qu'une trombe, s'écrie-t-il, renverse et épar- voix du nautonnier qui leur dit : « Plus sage
pille les habitations, qu'elle déracine les arbres « serait de rester sur la plage, » tant pis alors
séculaires et les transporte au loin, qui s'en pour les imprudents qui persisteraient; qu'ils
étonne maintenant? n'attribuent pas leur malheur à qui ne l'aura
« Mais qu'un élément, inconnu dans sa nature, point causé. »
secoue l'homme et le torde comme l'ouragan le Personne, mieux que Du Potet, n'a compris
plus terrible fait du roseau, le lance au loin, le tous les dangers que le magnétisme ou plutôt le
frappe en mille endroits à la fois, sans qu'il lui magisme, comme il veut qu'on l'appelle, faisait
sort permis d'apercevoir son nouvel ennemi et courir à la famille et à la société, tous les désor-
de parer ses coups, sans qu'aucun abri puisse dres moraux et sociaux dont il pouvait être la
le garantir de cette atteinte à ses droits, à sa source. Il reconnaissait comme faits occultes du
liberté, à sa majesté ; que cet élément ait des magnétisme : la captation, crime puni par les
favoris et semble pourtant obéir à la pensée, à lois ; les attentats aux moeurs ; la facilité de faire
une voix humaine, à des signes tracés, peut-être naître des passions coupables.
a une injonction ; voilà ce « J'ai peur, répète-t-il, parce que je ne sais où
que Ton ne peut conce-
voir, voilà ce que la raison repousse et repous- la découverte s'arrêtera. »
sera longtemps encore. Voilà pourtant ce que je -C'est oette crainte du mal moral, entrevu
crois, ce que j'adopte ; voilà ce que j'ai vu, et je comme l'accompagnement et la suite nécessaire-
Je dis résolument, ce qui est une vérité de son art, qui de temps en temps lui ouvre les
a jamais démontrée. pour moi
yeux et lui fait jeter un regard d'effroi sur les
«. J'ai senti les atteintes de cette redoutable conséquences de ses doctrines.
puissance. Un jour, entouré d'un grand nombre Son incrédulité même est sur le point de céder
56 BEVUEMENSUELLE,
BEL1G1EUSE, SCIENTIFIQUE
POLITIQUE,

en face de cet abîme qu'il a entr'ouvert, et, P.-S. — Cet article était terminé, lorsqu'il
oubliant qu'il a donné à Satan des garanties nous est tombé sous les yeux une page curieuse
suffisantes, qu'il a scellé avec lui le pacte terri- dont nous voulons faire profiter nos lecteurs ;
ble, il voudrait s'arrêter quand il voit où l'en- elle ne fait que confirmer ce que nous avons dit
traîne son infernale initiation. du célèbre magnétiseur.
"
« J'avoue avec candeur que la peur me prit L'auteur d'un excellent livre in litulé Satan et
toujours au moment où la vérité allait se dévoi- la Magie de nos jours, M. Albert Duroy deBrui-
ler' tout entière. Je vis des choses extraordi- gnac, raconte ainsi une conversation qu'il eut
naires, des spectacles étranges ; je sentis en moi- avec le baron Du Potet :
même comme l'approche et le contact d'êtres « — Savez-vous, me dit-il, que je ue fais plus
invisibles encore. J'avais toute ma raison ; mon « de magnétisme transcendante Je suis arrivé à
incrédulité même ne m'avait point quitté. Je ne « produire des faits qui m'ont effrayé, et je n'ai
sais pourtant qui m'ôla le courage et fit naître en « pas osé continuer. Et vous savez que je ne
moi l'effroi. Je ne crois point au diable ; mais je « suis pas facile à effrayer ! J'ai poussé mes éxpé-
le dis sans réserve, mon scepticisme a fini par « riences plus loin qu'aucun magnétisie!... Mais
être vaincu. 11est bien permis d'avoir un peu de « j'ai trouvé que ça devenait trop fort.
frisson, lorsque la maison tremble. » « — Avez-vous'reculé devant des faits dauge-
Si Du Potet ne croyait pas au diable, il croyait « reux à divulguer, ou que, personnellement, vous
à ses oeuvres et à sa'puissance. Il distinguait en « n'osiez pas aborder ?
effet deux sortes d'oeuvres magiques : « Elles « — J'ai rencontré des choses qu'il serait dan-
sont noires ou blanches, c'est-à-dire diaboliques « gereux de découvrir à tout le monde. Moi-
ou angéliques. Les premières, mélange de toutes « même, je me suis trouvé en présence d'un
nos passions et de nos vices, de nos cupidités ou « monde.entièrement nouveau pour moi, et que
de nos appétits, ne représentent que le mal.Que «je n'avais pas de données suffisantes pour
l'on ne s'y trompe point ; on peut, dans cet ordre « aborde]'.
mauvais," agiter, troubler, capter, ravir, ensor- « — Avez-vous eu des appréhensions pour
celer, produire l'impuissance ou la stérilité chez « Arotresûreté personnelle ?
les hommes comme chez les animaux. Ceci est « — Oui ! J'ai senti les atteintes de cette re-
une partie de la magie bestiale. De là sont nés « doutable puissance... J'ai été saisi, enlacé,
les loups-garous, les empoisonneurs d'animaux, « tordu, enveloppé, sans que je pusse l'éviter.
lés noueurs d'aiguillettes, les jeteurs de sorts, les « J'ai été roulé comme une masse inerte, ]°A6
tourraen leurs par les piqûres' faites aux images, « comme un paquet dans un coin. J'ai été atla-
etc... La clairvoyance ici ne se présente plus que « que, acculé dans l'angle d'une pièce.
comme une bulle qui sort de la vase ; son agent, « — Avez-vous pu percevoir une forme?
c'est la force du reptile qui fascine, le venin du « — Ah! des apparitions? Certainement! J'ai
crapaud qui gonfle le corps, l'aimant putride qui « vu l'agent magique parfaitement .perceptible
attire les âmes et les conduit au sabbat ; c'est le « aux yeux et au toucher. Dans la première
bouc et ses fureurs la,scives: c'est enfin l'égout « circonstance de ce genre, dont vous avez lu
noir et infect où séjourne le diable. » « le récit,. l'agent était déjà très visible comme
On le voit, il connaissait à fond toutes les res- «une forme... une vapeur. Dans des expé-
sources de son art. Mais, dira-t-on, comment « riences précédentes, j'avais déjà vu comme
pouvait-il être sous la domination d'une puis- « un fluide coloré ou une lumière qui environ-
sance, dont il flétrissait si énergiquement l'inter- « nait les expérimentateurs et leurs sujets...
vention bestiale et scélérate ? « — Sous quelle forme avaient lieu ces appa-
C'est ici qu'il faut admirer en tremblant l'habile « ririons?
volte-face opérée par Satan dans le caractère de « — Sous la forme humaine, comme vous et
ses manifestations modernes. Pour attirer à lui « moi ; seulement, cela a quelque chose de
les intelligences'd'élite, éprises de l'amour de la « bizarre, de différent de ce que nous sommes.
science, il s'est affublé non plus du manteau du « — Par quel moyen luttiez-vous ?
vulgaire magicien, mais de la robe du sa,vant ; « — Je ne luttais'pas, j'étais subjugué. Au lieu
il a voulu faire servir à ses fins la passion des « de tenir, on est tenu...
esprits modernes pour les sciences positives, « — Quand pareille chose devient fréquente,
l'étude scientifique des mystères de la nature. « on s'en inquiète et on s'arrête?
C'est ainsi que, sous le nom spécieux de préten- « — Précisément ! »
dues sciences nouvelles,magnétisme,hypnotisme, « Ces détails, ajouté le narrateur, me suffi-
somnambulisme, spiritisme, il fait miroiter aux saient pour bien comprendre, et la discrétion
yeux des crédules ou des incrédules la décou- m'empêchait d'insister. Nous voyons que M. le
verte de quelques-uns des secrets que recèle baron Du Potet, en pratiquant le magnétisme, est
cette nature insondable. Peu lui importe que ses parvenu insensiblement au centre de la magie,
adeptes le reconnaissent ou non comme l'auteur qui, selon lui comme selon moi, ne diffère pas du
des prodiges fallacieux dont il entretient et magnétisme. Là, M. Du Potet s'est trouvé en face
trompe leur funeste curiosité ; dès lors qu'ils des manifestations sensibles du démon, dont
oublient Dieu pour la nature, qu'ils foulent aux les procédés de plus en plustyranniques, les sé-
pieds les enseignements du Christ et de son vices,, les exigences et les menaces peut-être,
Eglise, ils sont à lui ; car celte Nature qu'ils ado- l'ont forcé à rompre ces relations redoutables. »
rent en cherchant à soulever un coin du voile
qui la couvre, c'est encore Lui !
Capitaine Pierre.
(c LE DIABLEAU XIXeSIÈCLE»
DE LA PUBLICATION
COMPLÉMENT 57

UN COUP DROIT Dans cet ouvrage remarquable, l'auteur s'est


NOUVEAU fait une règle absolue de n'emprunter qu'aux
A LA FRANC-MAÇONNERIE
francs-maçons et à leurs oeuvres les matériaux
dont il avait besoin pour établir sa thèse Ton-
Au momentoùcedeuxièmenuméro de la Revuemen- jours, ' il indique avec précision les sources, et il
suelle sera entre les mains de nos abonnés, le beau se contente de quelques mots ou de quelques,
volume de notre collaborateur et ami, M. À.-C. De la courtes réflexions pour relier ensemble les docu-
Rive aura fait son apparition, annoncéd'avance comme ments ou en
il le méritait par les principaux organes de la presse signaler la portée.
Dans la partie que nous avons parcourue,
autimaçonuique.
C'est, en ejl'et, un ouvrage d'une importance capitale; nous devons signaler particulièrement les textes
car il ferme la bouche, de la façon la plus péremptoire, des Manuels de la Maçonnerie d'Adoption datés
aux francs-maçons et à leurs complicesqui osent, on de 1785,1817 et 1860. Ces textes sont juxtaposés
le sait, nier l'existencedes loges androgynes. pour en faciliter la comparaison, et cette compa-
Nous ne saurions mieux l'aire, à cette occasion, que raison est singulièrement instructive.
de reproduire l'excellent article qui vient, d'être publié Inutile de dire que, malgré toute la prudence
par la Croixde Paris : et la réserve de l'auteur, très catholique, de ce
Le devoir du « Chercheur » est d'être toujours livre, le volume ne peut être mis entre toutes
en quête de nouvelles découvertes. A force de les maius. L'écrivain respecte son lecteur ; mais
chercher, il trouve, selon la promesse évangé- il doit publier des textes, des poésies, des règle-
lique. C'est ainsi qu'il a eu la bonne forlune~de ments, sous lesquels il n'est que trop facile de
lire les premières épreuves d'un volume qui va découvrir l'immoralité et les hontes de la Syna-
bientôt paraître et qui est destiné à faire un bruit gogue de Satan.
considérable. Ce livre aura pour titre : Les Pré- Complétant même l'oeuvre de Mgr Meurin, qui
curseurs de VAnte-Chrisi ; la Femme et a stigmatisé de ce nom la Franc-Maçonnerie et
l'Enfant «Iniiis la fraiic-maeomierie qui a découvert et.interprété le texte'fourni par
universelle, d'après les documents officiels les notes de passe et les mots sacrés de la Ma-
de la secte {1130-1893). M a pour auteur M. çonnere masculine, M. De la Rive publie le
A.-C DE LA RIVE, et paraîtra chez les éditeurs texte et l'analyse initiatrice de la partie de l'an-
Delhomme et Briguet. tique charte maçonnique et babélienue qui con-
Je n'hésite pas à dire que c'est un livre unique cerne les devoirs, les droits et les plaisirs de la
et qui portera à la Maçonnerie un coup des plus femme. 11 a obtenu ce texte par la traduction
sensibles.' MM. les francs-maçons, en effet, ont des mots sacrés et des mots de passe de la Ma-
fini par jeter le masque au point de vue poli- çonnerie féminine, dans l'ordre même de leur
tique ; ils n'hésitent plus à se faire gloire, au succession normale établie par les Manuels et
moinsdanscertaiusrit.es, de leurs succès dans les Rituels.
cet ordre d'idées. Au point de vue religieux Enfin, ce qui ajoute encore à la valeur docu-
aussi, le Grand-Orient ne se cache plus guère et mentaire, historique et artistique de cet ou-
reconnaît volontiers que l'église est l'objet de vrage, ce sont les gravures dont il est illustré-.
toutes ses attaques. Mais, par contre, les Frères Lettrines, culs de lampe, vignettes, sont tous
veulent passer pour des gens pratiquant la vertu, copiés sur des pièces de provenance maçonni-
et ils nient, avec la plus grande énergie, l'exis- que, que l'auteur indique soigneusement. Un
tence des Loges androgynes, l'existence des certain nombre de portraits de Soeurs maçonnes,
Soeurs maçonnes. Ils comprennent bien que, d'après des gravures du temps ou des'photo-
lorsque le public saura, à- n'en pouvoir douter, graphies récentes, complètent le volume.
qu'il y a des réunions de Frères et de Soeurs "Ne pouvant contester les documents que pro-
Trois-Points, se réunissant pour goûter, dans le duit l'auteur, n'ayant aucuue prise sur lui puis-
mystère, les douceurs delà fraternité,leur répu- qu'il ne disserte pas, mais donne exactement les
tation de moralité sera terriblement compro- pièces du procès,'les Enfants de la Veuve garde-
mise. ront, nous n'en doutons pas, un silence prudent.
Or, cette démonstration commencée déjà par C'est une raison de plus pour que tous les
plusieurs auteurs et revues anlimaconniqùes, le journaux non inféodés à la Franc-Maçonnerie
livre dont nous parions l'apporte "définitive et fassent connaître et apprécier de leurs lecteurs
irrécusable. cet ouvrage de premier ordre. Puisse-t-il ouvrir
Avec une patience de Bénédictin et une saga- les yeux à beaucoup de catholiques, qui s'obs-
cité rare, l'auteur a découvert, dans une multi- tinent à ne voir daus la secte qu'une Société de
tude d'ouvrages maçonniques qu'il a pu consul- secours mutuels, et faire sortir des liens dans
ter, les preuves authentiques, disons mieux, lesquels ils sont engagés, un bon nombre d'hon-
l'histoire entière de la Maçonnerie féminine. nêtes maçons. C'est le voeu de l'auteur et c'est'
Procédant selon un ordre chronologique rigou- notre espérance.
reux, il commence son élude en 1730, et donne .LE CHERCHEUR.
ensuite, année par année, tous les documents
qui se rapportent à l'établissement des Loges estNous rappelonsque l'ouvrage de M. A.-C. De la Rive
en vente au prix de sept francs. dans toutes les
d'Adoption, à leurs statuts, leurs fêtes et leurs librairies catholiques. A titre de laveur, les abonnésdu
membres. Dès pièces très nombreuses, très Diable au XIXe Siècle pourront se le procurer an prix
curieuses et souvent très rares, sont mises ainsi de CINQ FRANCS seulement, à la condition de le
sous les yeux du lecteur et démontrent, avec la prendre chez les éditeurs, MM. Delhommeet Briguet,
dernière évidence, la monstrueuse hypocrisie de> 13, rue de l'Abbaye, à Paris, ou avenue de TArcher
la secte dans ses négations intéressées. vêché, 3, à Lyon. Pour se le faire envoyer franco,ajou-
58 BEVUEMENSUELLE,
RELIGIEUSE, SCIENTIFIQUE
POLITIQUE,

ter soixante-quinzecentimesau montant de l'ouvrage, que ses amis, n'aurait pu légitimement s'en
par mandat-posteà l'ordre des éditeurs.- plaindre-
Mais l'attitude de M. G. Bois a été tout autre ;
et i! -nouspermettra de la trouver à la fois mala-
droite et inexplicable.
Il HilLI Ali nr SIÏS D'abord, quand il a commencé ses attaques, il
DOUTES, CRITIQUES & CONTRADICTIONS ne pouvait ignorer que bon nombre de catholi-
ques sérieux et instruits, de prêtres, de théolo-
, de religieux de tous les ordres, et plu-
Nous n'avons pas pu, dans notre numéro 1 (n° de giens, sieurs évêques des plus compétents en ces
janvier),reproduire le dernierarticle de la série publiée matières, admettaient les révélations de M. le
par M. le chanoineMusteldausla Revue Catholiquede docteur Bataille. Sans rien enlever à la liberté
Coutancespour la défensede l'ouvra-aede M. le docteur
Bataille. de la controverse, ces adhésions discrètes, mais
La reproductionde cet, article est cependant néces- connues, ne devaient-elles pas détourner un
saire, nos lecteurs ayant connu ceux qui l'ont précédé. écrivain catholique de donner à- sa polémique
Le voici donc, tel qu'il a paru dans le numérodu 19 un ton de persiflage injurieux, comme si l'auteur
janvier J894 de la revue dirigée par notre vénérable qu'il attaquait eût été convaincu d'être un char-
ami : latan, un » fumiste, » et son oeuvre, une conti-
Nous arrivons à M. Georges Bois. nuation dos aventures du baron de Krack ? A
Ancien rédacteur de YUnivers, actuellement traiter ainsi un homme qui s'affirme catholique,
rédacteur de la Vérité, M. G. Bois est un écri- et contre lequel on ne peut s'armer, pour le com-
vain catholique. 11a fait un livre intéressant, battre, que d'impressions personnelles, c'est le
que nous avons lu avec attention, sur la Franc- critique qui se fait'tort et met les lecteurs en
Maçonnerie moderne, dont l'objet, restreint, défiance.
maïs plein d'actualité et qui appelle l'attention M. G. Bois a. commis d'autres impairs.
spéciale des lecteurs français, est l'évolution 11se défend énergiquemcnl de toute conni-
récente et la nouvelle constitution du Grand- vence, de toute collaboration, de toute relation
Orient de France, depuis que, rejetant en grande avec M. Rosen, sauf les relations d'un amateur
partie les anciennes épreuves, les symboles et de livres avec un libraire. Fort bien. Mais pour-
les rites archaïques, il est devenu à la fois une quoi faisait-il insérer, le rit novembre et le 4
société de libre-pensée ou d'athéisme, et une- décembre, dans la Vérité, deux lettres très sin-
association politique et sociale dont les membres .gulières de ce Monsieur, qui lui apportait évi-
travaillent efficacement à conquérir ou à garder demment son concours et son témoignage ? Et
le pouvoir et à mettre les catholiques hors la loi, pourquoi faisait-il suivre la. première de ces let-
eu attendant qu'ils puissent supprime!' le catho- tres de celte recommandation flatteuse : « Ce
licisme en France. témoignage est d'autant plus autorisé que [M.
M. G. Bois'continue, dans la Vérité, à faire Paul Rosen est le premier qui ait fait connaître en
campagne contre la Franc-Maçonnerie, sur le Europe la."Maçonnerie de Charleston et Albert
même terrain, c'est-à-dire en signalant ses entre- Pike, en deux'ouvrages honorés l'un et l'autre
prises, ses résolutions et ses actes pour asservir, d'un bref de Léon X1I1 ; » — et, en note, au bas
dépouiller et finalement détruire, si elle le pou- delà page, cette jolie réclame : « Satan et C'°et
vait, l'Eglise catholique en France. XEnnemie sociale (Bloud et Barrai, éditeurs).
Ses renseignements, très sûrs, sont aussi très L'Ennemie sociale, en un simple in-12, de 300
précieux, et, en les donnant, M. G. Bois rend aux pages, est le plus décisif recueil de documents
catholiques un service dont personne ne com- sur le rôle politique et social de la. Maçonnerie. »
prend et ne reconnaît mieux que nous la très Ajoutons que, dans son ouvrage, M.G-. Bois cite
grande importance. Mais nous sommes de ceux à chaque page M.-Paul Rosen. Eh! bien, nous
qui croient ses renseignements insuffisants. Il trouvons étonnant qu'après avoir publiquement
ne sait pas, ou du moins, il ne dit pas tout, et il fait campagne ainsi, — nous maintenons le
no fait connaître de la secte que le côté le moins mot, — avec cet auteur, recommandé ses livres,
odieux, lequel, du reste, elle avoue ou plutôt honorés d'un bref pontifical, M. G. Bois se
proclame elle-même, en s'en faisant un titre de . défende si fort de toute accoin tan ce avec l'auteur
gloire. de Satan et 6>, et nous adjure et nous impose
Pourquoi M.G. Bois a-t-il attaqué violemment, comme un acte de justice, clans des lettres pres-
depuis longtemps, — et nous pouvons dire—un santes, de le dégager complètement de toute
peu par tous les moyens dont il disposait, le compromission avec le même P. Rosen, — que
docteur Bataille et ses révélations ? Nous n'en d'ailleurs il connaît très bien, —beaucoup mieux
•trouvons aucune bonne raison, surtout après la que nous.
lettre que nous [avons reproduite il y a quinze M. G. Bois ayant accusé publiquement l'auteur
jours, et dans laquelle M. G. Bois'affirme, comme du Diable au XIXe Siècle d'être un a fumiste »,
nous, l'existence « d'un monde spécial, voué au un simple « romancier », en d'autres termes, un
diabolisme. » Nous eussions parfaitement com- imposteur et un « faux témoin », M: Bataille a
pris qu'il mît en doute les révélations du « Dia- . répliqué que M. Bois est, lui, un agent du Grand-
ble au XIX" Siècle, » qu'il signalât dans les . Orient de France, et il a; promis de le prouver.
faits, les récits ou les doctrines, ce qui lui parais- L'accusation est très grave, et nous comprenons
sait incroyable, invraisemblable, ou enfin con- qu'elle ait profondément blé:sé celui qui en était
traire aux enseignements de l'Eglise. La discus- l'objet. iCelle qu'il avait portée le premier, sans
sion était de droit, et personne, pas plus l'auteur y être provoqué, contre l'auteur du Diable au
« LE DIABLEAU XIXeSIECLE
DE LA PUBLICATION
COMPLÉMENT 59

XIX" Siècle, l'ôlait-elle moins? Nullement, à 1tire-t-ïl cette conclusion, absolument contraire à
notre avis. Si l'oeuvre de ce dernier était une toutes 1 ses attaques antérieures :
oeuvre d'imposture, ce serait uue oeuvre infâme « Ce qui reste acquis, c'est que les révélations du
et scélérate au plus haut degré. Donc, les deux ,docteur Bataille, en ce qui se rapporte à la Maçonnerie
accusations s'équilibrent. pure, ont la même valeur, la même autorité que celles
ni l'une ni l'autre n'est de M. .LéoTaxil, lesquelles elles-mêmes,au-dessus du
Jusqu'à présent, prou- ne sont plus un témoignage-personnel,
vée. M. G. Bois, qui manie la plume avec sou- graded'apprenti, mais de simplesrenseignements.
plesse et dextérité, doit s'avouer que les argu- « C'est tout ce que nous voulions-dire,et nous n'avons
ments qu'il a accumulés sont faibles et ne peu- jamais soutenu autre chose. Et si M. Léo Taxil voulait
vent convaincre aucun homme sérieux. Quant à ajouter que ces renseignements ont été mis en oeuvre
son adversaire, il doit produire très prochai- avec un peu d'imagination et cette petite pointe de
nement ses preuves, et nous verrons ce qu'elles couleur romanesque que le public aime toujours, nous
A'alent. n'aurions plus rien à lui demander. Que n'a-t-il seu-
lement commencépar nous écrire cela dès le premier
Mais M. G. Bois a manqué de sang-froid jus- jour? Il nous eût épargné et eût épargné à son ami
qu'à, s'emballer et se compromettre On connaît beaucoup d'encre qui eût pu servir à autre chose! »
la législation française, si défectueuse, sur la
diffamation. Dans" aucun cas, aucune' preuve Qu'importe le contrôle de M. Taxil sur les
n'est admise, quand il s'agit de particuliers, questions purement maçonniques, c'est-à-dire,
sur la terminologie, les rituels, les
même journalistes ou candidats à une fonction évidemment, les rites de la Franc-Maçonnerie ordi-
élective quelconque. Celui qu'on accuse a donc grades,
naire, qui n'a pas été l'objet des études ni des
toujours le moyen de faire condamner son accu- investigations du docteur Bataille? La question,
sateur; mais, en ce cas, il se condamne presque pour celui-ci, est uniqueme.it celle que M. Bois
toujours lui-même, puisque, loin de prouver son
il et les débats. avait posée et à laquelle il est. revenu : Le doc-
innocence, étouffe supprime teur a-t-il vu et entendu, ce qu'il raconte comme
Aussi n'y a-t-il guère que les publicistes véreux témoin oculaire ? Les diversions à propos de
à recourir aux. tribunaux quand ils sont incri- M. Léo Taxil ou de tout autre n'ont rien à voir
minés. Le moyen de se défendre, c'est de mettre ici. 11n'y a pas d'auteur qui ne réclame, pour
en demeure son adversaire de prouver ce qu'il se faire'éditer,
quelque concours d'amis dans
avance, soit devant le public, soit devant un jury il a. confiance, pour revoir son oeuvre,
d'honneur. Mais, en ce cas, il ne faut point le lesquels la critiquer, et, au besoin la modifier. Elle reste
menacer d'un procès, sinon dans le cas où les bien son oeuvre personnelle, dont
être admises. En faisant en- cependant
preuves peuvent toute la responsabilité lui incombe.
tendre, le 23 novembre, qu'il « se réservait »
sur la question de la police correctionnelle, Que signifient encore, à propos du Diable au
XIX" Siècle, les reproches faits à M. Taxil d'avoir
M. Bois prenait une posture d'intimidation que
nous trouvons fâcheuse pour lui. publié un livre dans lequel les moeurs modernes
seraient trop crûment dévoilées? Que le reproche
A notre avis, M. G. Bois n'a pas été mieux ins- soit fondé ou non, en quoi atteint-il et un autre
piré en publiant une lettre amicale de M- le auteur et un autre ouvrage?
vicomte de Marolles. Celui-ci déclare qu'il ne Enfin,— car il faut finir,— M. G. Bois abuse de
prend point parti entre M. Bataille et M. Bois, la facilité que lui procuré son rôle de rédacteur
mais il proteste contre l'accusation dont ce der- d'un journal quotidien pour multiplier sans me-
nier est. l'objet et que nous avons indiquée. Or, sure et varier sans cesse et ses articles et ses
M.. Bois, écrivain catholique, qui, après avoir contre un écrivain qui ne peut répondre
fait partie de la rédaction de YUnivers, est attaques qu'une fois par mois.
actuellement l'un des principaux rédacteurs de Si nous pouvions'outrer dans le fond du débat,
la Vérité, ami de MM. Roussel et Arthur Loin, nous ajouterions, preuves à l'appui, que ce n'est
qui jouissent de l'estime universelle, devrait
d'estime et de- pas le docteur Bataille, mais ses contradicteurs
comprendre qu'aucun témoignage qui se sont trompés ou ont voulu tromper sur
confiance, quel qu'en soit l'auteur, ne peut lui Charleston, sur Albert-George Mackey, sur les
être utile. Ou ses collaborateurs le connaissent; Inspecteurs en mission permanente, qu'ils con-
il
et, en ce cas, leur jugement suffît; ou a pu les fondent avec les Souverains Inspecteurs Géné-
tromper, eux qui le voient tous les jours, avec raux, 33e degré de l'Ecossisme, sur Sophie Wal-
lesquels.il—vit; — ce qui n'est pas inouï, témoin der et son père, etc., etc.
Nubius; et alors il n'est personne qui n'ait pu Ua dernier mot : le 5 janvier, en publiant l'In-
se méprendre sur son compte. terrogatoire adressé à toutes les Loges de France
D'autre part, il serait facile de relever bon des différents Rites, par la Loge la Clémente
nombre de contradictions dans les articles de Amitié. M. G. Bois reprochait au docteur Bataille
M. Bois. Pourquoi, par exemple, après avoir de ne pas donner des renseignements de ce
écrit à maintes reprises que les révélations du. genre, et le raillait, selon son hahitude, à propos
docteur étaient fausses, s'empare-t-il, le 29 no- de faits démoniaques qu'il raconte. Ici, nous ne
vembre, d'une lettre dans laquelle M. Léo Taxil comprenons pas. La Franc-Maçonnerie est une
reconnaît, — ce qui était su, dès le commen- sorte de religion retournée; elfe a ses oeuvres,
cement, de tous ceux qui avaient voulu prendre qui sont des oeuvres de destruction et de ruine;
des informations, — qu'il donne son concours au il est bon certainement de les dénoncer. Mais
docteur pour : 1° guider les dessinateurs chargés elle puise ses inspirations plus bas que les
de l'illustration ; 2° contrôler le docteur Bataille abîmes les plus obscurs et les plus infects du
sur les questions purement maçonniques, et en coeur humain. C'est le Diable qui la dirige.et
60 BEVUEMENSUELLE,
RELIGIEUSE,POLITIQUE,SCIENTIFIQUE

l'inspire. Mettre ce point en lumière, le faire cents lignes environ), et 2° le procès-verbal de


toucher du doigt, c'est, comme le disait M. le séance avec le nom de chaque orateur, — il au-
chanoine Ribet, porter à la secte un coup droit, rait provoqué les réclamations d'un Fourcade
plus efficace contre elle que la révélation de ses quelconque?
desseins et de ses méfaits. Les documents doivent être reproduits comme
Pour juger une société, un corps moral, il est ils sont, et l'on ne saurait invoquer aucune ex-
bon de savoir ce qu'elle fait, puisqu'on connaît cuse quand on est pris en flagrant délit de falsi-
l'arbre à ses fruits ; mais mieux vaut encore con- fication, surtout lorsqu'on se dit catholique et
naître l'esprit qui l'anime. Aussi saint Paul ne qu'en cachant les noms à l'aide d'une falsifica-
cessait-il d'avertir les fidèles de son temps qu'ils tion de ce genre, on désobéit au souverain chef
avaient à combattre, non seulement contre la des fidèles, alors aussi que, d'autre pari le fait
chair et le sang, mais contre les esprits de ténè- de cacher lesnoms est ordonné far les chefs de
bres, répandus dans l'air et acharnés à leur la maçonnerie.
perte. Quant à dire que le nom du F.-. qui a apporté
Que M. Bois s'attache à signaler les faits et au Couvent les voeux de la loge de Tarbes con-
gestes du Grand-Orient; c'est fort bien. Mais tre Notre-Dame de Lourdes n'a aucun intérêt à
celui qui montre l'action directe 'de l'Enfer être connu des catholiques, il faut prendre les
éclaire mieux encore la situation. Le blâmer, le lecteurs auxquels on s'adresse pour des imbéciles
ridiculiser, non plus sous prétexte qu'il trompe, pour oser exprimer pareille chose... Allons, tout
mais parce qu'il consacre ses efforts à cette cela est pitoyable au suprême degré.
mission, c'est se rendre suspect. M.. Bois aurait dû, là-dessus, dans sou intérêt,
L.-M. MUSTKL. garder le silence, comme il s'est tu sur la ques-
tion Mackey et sur l'histoire de ses correspon-
A cet article, M. Georges Bois n'a rien répondu. dances particulières calomnieuses.
11n'avait, en effet, qu'à se taire. Il a voulu se donner l'air dé ne pas avoir le
dernier mot et se dérober avec une pirouette. 11
Quant à l'article qui lui a été consacré dans
notre dernier numéro de la Revue Mensuelle, il n'a pas compris que sou rôle est fini, que ses ré-
rendait obligatoire une disparition ou un aveu ; pliques ne sont plus que des grimaces macabres,
M. Bois était mis au pied du mur. qu'à tout prendre il lui vaut mieux rester dans la
Sur la question Pike-Mackey-Batchelor, le coulisse. Pauvre garçon ! il n'a même pas l'intel-
mensonge de M. Bois (prétendant avoir appris ligence de la. reconnaissance à notre égard ; car,
au docteur Bataille la mort de Gallatin Mackey) enfin, il sait bien que nous avons été pour lui
était flagrant, tellement flagrant, que notre ma- beaucoup plus indulgents qu'il ne le méritait.
ladroit adversaire, qui avait pourtant tant crié Laissons donc cet agonisant à son râle et à
l'admiration du.bon M. de Marolles.
depuis neuf mois à ce sujet, s'est réfugié dans Dans notre prochain numéro, nous nous occu-
un mutisme absolu.
Sur la question des documents maçonniques perons de M. Paul Rosen, l'ami de M. Georges
Bois. Nous publierons, notamment, une lettre de
qu'il a publiés dans son livre, M. Georges Bois,
obligé d'avouer les innombrables falsifications lui, qui est une simple merveille.
que nous avons signalées, a plaidé fort piteuse-
ment les circonstances atténuantes.Par exemple:
dans le compte-rendu du couvent de 1889, il a, ANGES ET DEMONS
supprimé le nom du F.-. Fourcade. et l'a rem-
placé par une désignation cachant la personna- « Dieu, dit le Catéchisme du Concile de Trente
lité, trompant donc le lecteur sciemment lorsqu'il « a tiré du néant une multitude innombrable
met sous ses yeux ce qu'il appelle lui-même un
document ; pourquoi cette falsification ?... Nous « d'Anges dont il a ensui te augmenté et orné l'être
citons textuellement M. Bois : « par le don admirable de sa grâce et de sa puis-
« sauce. > Saint Thomas a établi, d'après saint
« Qui est-ce qui connaît, en France, le F.-. Fourcade? Denis
11 y a peut-être, en France, plusieurs centaines de l'Aéropagi te, la hiérarchie des milices cé-
la foi nous enseigne que les Anges ne sont
Fourcade, dont la plupart, peut-être aussi, sont étran- lestes,et tous restés dans l'état de justice, mais que plu-
gers à la franc-maç.onnerie? Quand j'ai cité ce nom, pas
qu'ai-je appris au public ? Rien, et j'ai provoqué un sieurs ontpéché et ont été réprouvés de Dieu pour
déluge de réclamations. toujours. « Cet enseignement, écrit M. Charles
« Je laisse de côté ce nom inutile, et je le remplace Sainte-Foi,.est fondé sur l'Ecriture et sur la tra-
par la qualité officielle du personnage, sa qualité de dition tout entière. Notre-Seigneur dit aux Juifs,
délégué de la. loge de Tarbes, chargé d'apporter au au chapitre 7111.de l'Evangile selon saint Jean :
convent un voeu relatif aux projets de la maçonnerie sur « Vous avez
Notre-Damede Lourdes. Cette fois, la question s'éclaire, « homicide dèspour père le Diable qui a été
et le lecteur saisit du premier coup d'oeil la valeur de le commencement,. et qui n'est
la citation. » « pas resté dans la vérité. » Saint Pierre dit au
chapitre II de sa seconde Epître : « Dieu n'a
Est-ce assez lamentable, comme explication ? « point épargné l'es Anges pécheurs ; mais il les
A qui M. Bois fera-t-il croire que, s'il avait pu- « a et enchaînés dans l'abîme, où ils
blié le document tel quel, — plongés
c'est-à-dire : 1° la « doivent être tourmentés en attendant lejuge-
liste des délégués au Convent, portant les noms « ment. »
de chacun avec sa qualité officielle (liste qu'il Saint Denis l'Arôopagite affirme que le nom-
avait entre les mains et qui ne lui eût pas pris bre des Anges excède infiniment celui des créa-
un grand nombre de pages de son livre, quatre tures corporelles, parce que Dieu, s'étant pro-
COMPLEMENT « LE DIABLEAU XIXe SIECLE»
DE LA PUBLICATION .6:1

posé, dans la création, la perfection de l'en- de lui ; ou pour rendre l'homme moins vigilant
semble, a dû créer bien plus d'essences parfaites. et le prendre d'assaut plus facilement ensuite ;
Chaque Ange est illuminé par l'Auge qui lui est ou parce que Dieu, en récompense de sa constance
immédiatement supérieur. « Les premiers de et de sa prudence, ou pour ne pas que la faiblesse
ces esprits portent les volontés immédiates de la de l'homme soit accablée outre mesure, ne
divinité, que d'autres reçoivent pour les trans- permet pas au démon de rester toujours, mais le
mettre à ceux qui viennent ensuite. » (Saint force à s'éloigner pour quelques instants.
Denis l'Aéropagite, chap. X, § 2. Livre de la « 124. Mais les mauvais anges supérieurs et
Hiérarchie céleste.) princes, qui n'ont pas certains hommes à atta-
Ministres de Dieu, instruments de sa provi- quer, concourent àla tentation, ou bien assaillent
dence, les Anges s'associent à tous les événe- quel que communauté, cité, province ouroyaume...
ments, prennent part à tous les faits, gouvernent ou instruisent et excitent les démons inférieurs. »
tout, dirigent tout, et conduisent, comme par la Yoilà qui est donc bien établi : si d'un côté les
main, tous lés êtres inférieurs vers la fin pour Anges sont préposés à la garde des hommes, des
laquelle Dieu les créa. empires, des églises, des cités, des associations
« Aux uns est confiée la garde des empires, diverses,.etc., de l'autre les diables sont occupés
des églises, des cités et des diverses associations à faire lé siège de ce que défendent les Anges.
que les hommes peuvent former entre eux. Aux Aussi ne faut-il pas s'étonner outre mesure en
autres est remis le soin de veiller sur nous, de lisant daus les démonographies cette liste des
porter nos âmes vers Dieu, d'éclairer nos cons- Esprits bons et mauvais qui présideraient aux
ciences, de toucher nos coeurs, d'éloigner de mois de l'année :
nous les ennemis invisibles qui nous assiègent ANGES DÉMONS
et les dangers qui menacent nos corps. » (Charles Janvier Gabriel Bélial.
'
Sainte-Foi, ap. cit. p. 57-58.) Février Barchiel Léviathan.
Bossuet, dans sa préface sur YApocalypse Mars; Maclridiel Satan.
(n° 24), disait : Avril.... Asmodel Astarté.
« Les anciens étaient si touchés de ce minis- Mai Ambriel Luciier.
tère des anges, qu'Origène invoque publiquement Juin Muriel Baalberitb.
et directement YAnge du baptême, et lui recom- Juillet Verchiel Belzébuth.'
A.oi'tt 1-lamaliel Aslaroth.
mande un vieillard qui allait devenir enfant de Ufiel Thaumuz.
Septembre
Jésus-Christ par ce sacrement... Quand je vois Octobre. Barbicl Baal.
dans les Prophètes, dans l'Apocalypse et dans Novembre Adnachiel Hécate.
.l'Evangile même, cet Ange des Perses, cet Ange Décembre llanaél Moloeh.
des Juifs, l'Ange des petits enfants... l'Ange du
Cette énumération, tirée du Dictionnaire
feu, l'Ange des eaux, et ainsi des autres ;... je
reconnais clans ces paroles une espèce de média- Infernal, de Collin de Plancy, 2° édition. Paris
tion des saints Anges. Je vois le même fondement 1S26, p. 138, prouve qu'à l'époque Satan, Lucifer
et Belzébulh formaient, dans l'idée des démo- -
qui peut avoir donné occasion aux païens de dis-
tribuer leurs divinités dans les éléments et dans nographes, trois dénions distincts.
les royaumes pour y présider ; car toute erreur Les ambassadeurs infernaux étaient :
est fondée sur quelque vérité. « Delphècior(1), pour la France;
Mammon, " — l'Angleterre ;
D'après saint Augustin : « Chaque chose visible Bélial. —
en ce monde est sous la présidence a'une puis- — l'Italie;
sance angôlique. » Et saint Grégoire dit aussi : Rimmon, la Russie ;
'Jltaumuz, — 1'iïspagne ;
« Dans ce monde visible, rien ne peut être dis- — la. Turquie ;
HuUjin,
posé que par les créatures invisibles. » Martinet, — la Suisse, etc.
Nous lisons dans les lnsiitutiones iheologicai
ad usum Seminariorum ediiio décima ieriia, Ces noms peuvent être fantaisistes, mais
auctore A. Bonnal, Societabis S. Sulpilii pres- l'Eglise, comme nous l'avons démontré, ne se
byler. 1879, iomus secundus, p. 385 (Tracbaius refuse pas à reconnaître le rôle joué par les
De Angelis) : démons:
« ON DEMANDE 4° Si chaque homme a un démon Les anges rebelles furent tous punis à l'instant
spécial chargé de l'assaillir. même de leur péché, et ils subirent et subiront
«• RÉPONSEAFFIRMATIVE,d'après un sentiment toujours le châtiment de leur révolte. D'après les
généralement accepté, dit Sucrez. •• Lucifer, qui textes formels de Job (1, 2), de l'Evangile (pas-
en toute chose est jaloux de la divinité, poursuit sion), de saint Pierre (l01', 5), de saint Paul
les hommes de son implacable haine; donc, de (Eph., 26), tous les démons n'ont pas été renfer-
même que Dieu a constitué des Anges gardiens més daus l'enfer proprement dit, du moins pour
chacun d'un homme, ainsi de même il est très y rester toujours; Dieu, pour des fins qui nous
vraisemblable que le Diable a désigné des sont inconnues, en a placé un nombre considé-
démons chargés chacun .d'attaquer leur homme. rable dans les régions de l'air, selon l'expression
« On peut même induire de là que cette mis- de saint Paul, où ils accomplissent les volontés
sion leur est confiée dès le commencement de la divines qui leur sont imposées. Saint Jérôme
conception de l'homme, comme nous l'avons dit écrivait, en. commentant l'épître aux Ephésiens :
au sujet des Anges gardiens. Cependant, il est « C'est l'opinion de tous les docteurs que l'air
probable que le démon se retire de temps en
temps, ou parce qu'il craint que l'homme attaqué (lieu (les Madianites,.
(i) lîetplicgor, ôlaitle mômeque Priape;
et Osée(Chan.IX, 10) que dit lesHébreux initiésà souculte sont
se tenant davantage sur ses gardes ne triomphe 1 devenus abominables comme l eschoses qu'ilsontaimées.
62 BEVUEMENSUELLE, RELIGIEUSE, -POLITIQUE, SCIENT]]?]
QUE
'
placé entre le ciel et la terre est rempli de puis- science moderne, quelque étrange qu'elle pa-
sauces ennemies. » Et saint Augustin partage ce raisse à. la frivolité de notre génération, c'esL
sentiment. Selon saint Cyprien, les démons nous travailler activement dans l'intérêt de la seule
circonviennent tous, comme l'ennemi qui cher- doctrine vraie par excellence. »
che le côté faible de la place pour s'en emparer. « Mais parier du diable, s'écrie un autre ami
( Tract- de Zel.) ; et afin de couronner ces témoi- du surnaturel, voilà de quoi exciter l'hilarité de
gnages, nous renvoyons nos lecteurs à l'Evangile tous les esprits forts, de toutes les grandes têtes
et aux autres livres du Nouveau Testament, où libres-penseuses de l'univers ! Eh bien, n'en dé-
ils verront que Noire-Seigneur Jésus-Christ et plaise à messieurs les incrédules, à ceux qui
ses apôtres ont fait sortir les démons des corps rient de la foi des bonnes femmes, le 'diable
des possédés, dans une foule de circonstances existe, il a une puissance, il la manifeste par des
qu'il est inutile de rapporter. faits incontestables. Or, rien n'est têtu comme
« Cette croyance n'offre aucune contradiction un fait, et il y en a d'innombrables sur cette
avec les assertions relatives à la punition des matière (1). »
anges rebelles ; car le mot abîme pourrait s'en- « Il y en a plusieurs, nous le savons très bien, -
tendre, en général, du châtiment infligé à tous remarque un écrivain, sérieux, il y eu a plu-
ces coupables, tous précipités dans l'Enfer, sans sieurs est parvenu à entourer d'un ridicule
tous aient été retenus dans qu'on
le même endroit. irrésistible.' Il existe même dans tous un élément
que
Nous coucilions ces assertions, d'une manière grotesque qui est fait pour scandaliser ceux qui
plus simple, en disant que les démous furentvprô- jugent, les phénomènes du monde spirituel selon
cipités daus les enfers à l'instant de leur révolte les idées naturelles..Cependant, les faits sont là,
et qu'ensuite le Seigneur en fit sortir ceux qu'il et ils ont été caractérisés par-l'autorité compé-
destinait à l'accomplissement de ses volontés. tente. ... Il faut donc adineUre.l'exislence de ces
Quaut au supplice, il n'y a point d'exception en phénomènes entraordinaires, sous peine d'aban-
faveur des mauvais anges répandus sur la terre donner l'histoire et de se mettre en
et dans les airs. Dieu est assez puissant pour le directe avec renseignement catholiqueopposition
leur faire subir et partout et toujours. » (Expo- (2). »
A grands traits, reproduisons, d'après un
sition sommaire- des dogmes et de la m-rrale du savant auteur, l'histoire des miracles diaboliques
Christianisme, etc., par l'abbé Barrau. 1845. sur la terre :
2Pédition, t. F1',p. 17, 18 et 19.) « Aux premiers jours du monde, dans le Pa-
A.-C. De la Rive. radis terrestre, Salàn se montre à Eve sous la
figure d'un serpent.
« Les malheurs inouïs que soutire le saint*
A MEDITER homme Job sont l'oeuvre du diable.
APPRECIATION^ « En Egypte, les magiciens de Pharaon, par
«. Lorsque le matérialisme se transforme de leurs enchantements diaboliques, opèrent des
mille manières pour maintenir la société dans prodiges presque aussi grands que ceux de
l'erreur et de lui faire nier les vérités les plus Moïse. Cependant, à la fin, les prodiges divins
élémentaires de la doctrine catholique, le devoir, triomphent et montrent le doigt de Dieu.
pour tout chrétien sincère, est de le combattre « L'ombre de Samuel est évoquée devant
en prouvant l'existence du surnaturel, Saïil par la puissance du démon.
« 11y a d'autant plus de nécessité dé se mon- « C'est un mauvais démon, nommé Asmodée,
trer ferme dans la foi, en établissant et démon- qui tue les sept premiers maris de la fille de
trant l'action de Satan parmi les hommes, que Raguel.
nous vivons à une époque où le blasphème, par- « Les prêtres de Baal luttent contre les pro-
venu aux dernières limites de la rage antireli- phètes. Ce sont toujours des miracles diaboliques
gieuse, a osé- appelé le démon le béni ' de son" du côté des ennemis de Dieu.
coeur. » . « Au temps de Notre-Seigneur Jésus-Christ,
Ainsi parlait, en 1859, l'illustre Père Ventura les possessions sont très nombreuses dans la
de Raulica, ex-général de l'Ordre des Théa- Judée. Ces possédés sont connus, tout le peuple
tins (1). Puis, il ajoutait : lés voit; ils' sont guéris publiquement; leurs
« L'erreur est si universe' le de nos jours, l'igno- oeuvres sont extraordinaires ; ils prophétisent la
rance si grande, la raillerie si puissante sur tout divinité du Christ et trahissent les secrets de
ce qui touche au surnaturel, et particulièrement Dieu.
au surnaturel diabolique, qu'on doit des encou- « Les Apôtres combattent le démon ; Simon le
ragements à quiconque n'hésite pas à faire enten- Magicien l'invoque. 11séduit les foules.
. dre sa, voix dans la foule pour dire la vérité. « Le paganisme ancien et moderne doit son
Que de chrétiens aujourd'hui, de bonne foi dans existence, son développement et le fanatisme de
leur croyance, n'admettent Satan, contrairement ses adeptes aux miracles diaboliques.
à, ce que l'Ecriture nous en apprend, qu'avec cer- « Daus les temples et hors des temples, les
taines restrictions ! une sorte de diable diminué prêtres païens et les statues des faux dieux ren-
dont le nom est conservé par égard pour les daient des oracles, accomplissaient des mer-
Livres Saints, mais dont l'action est nulle en ce veilles.
monde. Refaire donc la lumière, rétablir la vé- encore
(1)Leniablerévolutionnaire
en Histoired'unepossédée
rité quelque dure qu'elle soit pour l'orgueil de la vivante,traduitede l'espagnol un
par prêtée sousle pseudonym
11)Voirsalettreà M.l'abbéLericlie, de Reiuilom
d eSneruab.
entètedu livredecelui-ci (2).1.Steinmetz. Toulouse.
187-2,
p. 3.
intitulé: Eludessur lespossessions
en <iéncrat.
cl Coursdepst/choloaie
chrcliennc,citépar Ial)bc
dunenparticulier.Paris1859. sur celle
éleLou- Soyerdansles Mystèresdu' diabledévoilés,, p: t!3, 3° édition
I Tours,1880.
COMPLÉMENT « LE DIABLEAU XIXe SIÈCLE»
DE LA PUBLICATION 63

« Les premiers siècles de l'Eglise, le moyen- monies avec de nombreux adeptes. Vainement
âge, sont remplis de sorciers, magiciens, alchi- on voudrait attribuer ces espèces de miracles à
mistes, dont les oeuvres diaboliques passionnent des sciences ou' des forces occultes. Ils ne sont
les multitudes. certainement pas autre chose que l'oeuvre de
« Luther affirme dans ses ouvrages que le l'esprit de ténèbres. » C'est la continuation de
diable lui apparaissait quelquefois. Il a argu- l'idolâtrie et de la magie (1).
menté une nuit avec lui sur la présence réelle de « Impossible d'expliquer ce qui se passe de
Jésus-Christ au Saint-Sacrement. Mais le sec- mal dans le monde, sans le dogme catholique de
taire ne voulut jamais se rendre aux raisons du la puissance que Dieu permet, dans la limite qu'il
diable. lui plaît, au génie du mal. La force de Satan est.
« Et que l'on ne croie pas'que les miracles dia- incommensurable, et la force du démon le plus
boliques manquent d'authenticité ou soient le fait inférieur surpasse la résultante de toutes les
de la supercherie et de l'ignorance. Ils ne sont forces humaines. On peut, dit saint Thomas
que trop vrais. Ils ont été opérés devant des té- d'Aquiu, paralyser la vigueur d'un homme en
moins innombrables. Ils nous sont racontés soit l'enchaînant ou en lui coupant les membres ;
par les auteurs profanes, soit par les Pères de mais il faut un esprit supérieur pour comprimer
l'Eglise. la puissance d'un démon, et le monde serait bou-
« C'était en présence de l'élite de la Grèce que leversé en un instant, comme les possessions de
se célébraient, à Cythère, les mystères de Vénus. Job, si Dieu permettait à un seul démon d'agir
Le grand-prêtre de la déesse nouait la ceinture dans toute l'intensité de sa force et de sa haine.
sacrée aux flancs d'un navire monté par des Tout en se mouvant daus la sphère où Dieu ren-
jeunes filles couronnées de fleurs et, aux applau- ferme les démons, ils sont en contact continuel
dissements de la multitude, le conduisait avec sa avec le monde par leur intelligence, par leur
main, d'un bout du port à l'autre, parce léger agilité et par mille autres moyens divers. Ils
ruban de soie et d'or. peuvent mettre ces.facultés naturelles'au service
« Balaam et les Sybilles ont prophétisé publi- des hommes qui les invoquent, et dans ce grand
quement.-On leur attribue des prophéties concer- crime, comme dans tous les autres, Dieu laisse
nant Noire-Seigneur. Les Sybilles se -trouvent à l'homme le libre exercice de sa volonté, qui
sur les vitraux de nos anciennes cathédrales. On appelle le concours d'une volonté essentiellement
les a peintes et sculptées dans les églises, à côté mauvaise et plus puissante que la sienne. De là
des grand prophètes. ces divinations, ces évocations, ces pactes, ces
« De nos jours, au Thibet, le grand Lama, possessions et ces maléfices, attestés par l'his-
tous les ans, s'ouvre le ventre, devant une foulé toire de tous les temps et de tous les peuples,
de dévots ébahis;il en sort les viscères, îes dé- qu'on ne peut nier sans abjurer toutes les
pose sur une fable et les remet à leur place, sans croyances divines et humaines... Dieu n'a donc
que sa santé en soit nullement altérée. pas exclu entièrement les mauvais anges dans
« Dans ce même Thibet, une lamaserie possède la répartition de son gouvernement général.-
un arbre merveilleux, unique dans son espèce. Dans la limite infranchissable, qu'il leur trace, il
Son feuillage, à nul autre pareil, est l'objet d'un les envoie exécuter ses arrêts de justice et ses
culte particulier. Le mot LAMAest gravé sur divines vengeances : il leur permet d'éprouver
toutes ses feuilles dès qu'elles s'ouvrent. La na- ses élus, et, malgré leur haine contre Dieu et
ture ne peut pas présenter seule une si curieuse contre nous, ils contribuent à sa gloire, à nos
bizarrerie. D'ailleurs, cet arbre ne peut se repro- mérites, à noire éternelle félicité (2). »
duire ni par graines ni par boutures. Les appréciations qui précèdent sont- extraites (te
« En Chine, en Tartane, parmi les peuples la préface du volume le JJiuble-Apôlre, pur Victor
sauvages de l'Afrique et de l'Amérique, le démon de Slcnay, ouvrage qui paraîtra bientôt et que
règne et gouverne. nous ne saurions trop recommander. C'est l'his-
« En Chine et au Japon, quand on veut se dé- toire fidèle de la possession d'Antoine
barrasser de la vie, le diable, pour enlever les ' Gay, de
horreurs du suicide, serre la corde de ceux qui Lyon (1821-1871)'. . .
désirent mettre fin à leurs jours. Il suffît qu'ils
l'invoquent. AIE DROLE DE BOMBE'AU GRAND-ORIENT
« La secte musulmane des Aïsagouas qui a
donné des représentations jusque dans Paris pen- Voici une anecdote récente et absolument .authen-
dant l'Exposition de 1867, fait des prodiges- dia-
tique :
boliques, dont la seule pensée glace d'horreur. Au Grand-Oripnt de France, 16, rue Cadet, il y avait
Ces fanatiques avalent des serpeuts, du verre, tenue blanche, ce soir-là; en d'autres termes, un des
des clous, se font des incisions sur le corps à temples de l'hôtel maçonniqueservait à une réunion où
coups de couteau, avalent du feu, se percent le les Frères Trois-Points avaient permission d'amener
ventre avec des épées, sans qu'il reste trace des amis-et amies profanes, pour leur faire entendre la
d aucune blessure ou contusion après leurs scènes bonne parole d'un des conférenciers les plus en vogue
chez les Enfants de la Veuve. Dans ces réunions-là,
frénétiques. dont le but est la propagande' en vue d'attirer à la
« Et n'avons-nous pas tous les jours, encore secte de nouvelles recrues, les Frères, roublards, se
plus près de nous sous nos yeux,'les effets du gardent bien de se livrer à toutes les simagréesde
spiritisme et du magnétisme ? Les esprits frap- leurs rituels, et môme ils laissent entendre que, sur ce
pent, écrivent, apparaissent, font des prédictions,
découvrent des choses cachées. C'est une reli- (t) Voirl'inlerpelalor,Histoirede Satan,pai'Clémentd'EIblio.
(2)LeSatanisme, d'Aireet(leDax,Instruction
pur Mïtrl'èviiqiie
gion ; elle a son culte, sa littérature, ses céré- pastoralepour lecarême du 1SGS.
64 11EVÛE
MENSUELLE,
RELIGIEUSE, SCIENTIFIQUE
POLITIQUE,

point comme sur le reste, ils sont calomniés par les Naturellement,il rendit la tète de mort-et dut avaler
infâmescléricaux. les remontrances irritées de la cohorte des Frères ser-
Les vengeurs d'Hiram (l'architecte du temple de vants. Le F. '. Grimlerle raccompagnajusqu'à la porte
Salomon, si méchamment mis à mort par les trois cochère,tout en flétrissantson indigne conduite, l'abus
compagnonsJubelas, Jubelos et Jubelum) sont assez qu'il avait l'aitde l'hospitalité maçonnique, etc. Et la
prodiguesde cartes d'invitation aux tenues blanches, tète de mort fut remiseeu place et ferméesous clef.
depuisquelquetemps; aussi, leur public de moutons Le F.-. Grimler, dont l'attitude courageuse a été
de Panurge est-il.assezmêlé. Beaucoupde cesrecrues signaléeau Gonseilde l'Ordre, a reçu de son président
inconscientes — il faut y joindre aussi des simples un « balustre » de félicitations.
curieux— n'étant pas au courant des nombreuxcorri-
dors de l'immeuble, vrai dédale, ont souventquelque
peine à retrouver exactementla salle de la tenue blan- Petite Correspondance
che où les a conduits un Frère ami, si, au coursde la.
séance,une nécessitécourte, mais urgente, les a appe- D. S., à Tulle. — Mercipour votre communication;
lés un instant hors du temple. elle serautilisée.
Donc, on était au plus pathétique moment de la Fallaliassee,Floride. —11 n'y a pas deux Sociétés
conférencedu Chevalierd'Eloquence,lorsque le dévoué distinctes ; c'est la même.11faut lire commeà.la page
•F.-.Grimler; concierge du Grand-Orientet vénérable 370 ; ailleurs, c'est une faute d'impression. — Ceuxde
directeur des Frères servants, étant en ronde dans les la secondeclasse sont reçus aux réunions de la Sau-
couloirs, aperçut un particulier qui marchait à quelque ho-hoeï,parfaitement; il y a, dans cet ordre, des gogos,
distancedevantlui et dont l'allure lui semblasuspecte. commepartout : là, ils sont peut-être plus nombreux
Cetindividu n'était pas très bien mis, et, ce qui est qu'ailleurs ; toutefois, n'oubliez pas que j'ai déclaré
plus grave, son pardessus, quelquepeu râpé, s'arron- n'avoir pas fréquentécetteSociété.11y aurait une autre
dissait fortement du côté gauche, comme si le pro- enquête à faire de ce côté. — L'affaire dont vous me
priétaire dudit vêtement y cachaitun paquet volumi- parlez en Noio-Jieneà la fin de votre lettre ne dépend
neux et inavouable.Du reste, notre hommeavait par- pas de moi.
fois.desmouvementsde tête qui témoignaientune cer- D. n. G., Ville cVA-cray.— Beaucoupde demandes,
taine hésitation; il regardait à droite et à gauche, dans le genre de la vôtre, me sont adressées,et pour y
avant de s'engagerdans un nouveaucorridor. Bref, ou répondre il faut des recherches prenant souvent pas
eût dit qu'il ne tenait pas trop à être vu. mal de temps. Je crois que, sur ces questions de détail,
« —Pas de doute ! se dit le dévoué F.'. Grimler; vous trouveriez mieux à vous renseigner*au Comité
c'est un anarchiste, porteur d'une bombe; il confond antimaçonniquede Paris.
nosFrères avec les vulgaires bourgeois;il vient faire KwniAui) pSiSiS.—Merci pour votre communication.
sauter le Grand-Orient!» L'aveu de cette feuille maçonnique est, en cilèt,
Et, rapide commel'éclair, le vénérabledirecteur des précieux: mais,aujourd'hui, la chosen'est plusniable;
Frères servants se précipita vers l'homme suspect (car il n'y a que les complices des Trois-Poinls qui nient
il n'a pas froid aux yeux, le F.'. Grimler), et lui mit cela! A l'occasion,je citerai le passage que vous me
illico la main au collet, en poussant,des cris d'alarme. signalez. Merci encore, et, quand vous trouverez
Onaccourt, on entoure l'individu, qui n'en mène pas d'autres perles de ce genre, envoyez-lesmoi.
large et se débat, honteux commeun renard qu'une Nous prions les abonnés,dont les leftres.ssollicitent
poule aurait pris. On l'oblige à sortir ce qu'il cache une réponse,de vouloir bien mettre en posf-soript.um
sousson pardessus.C'était une tète de mort. Tableau! un nom de convention ou des initiales suivies d'un
Le présumé anarchiste, vulgaire profane invité à la nombre quelconque, pour que nous puissions leur
tenue blanche, avait profité de sa.présenceen l'immeu- répondre par petite correspondanceet de façon à ce
ble sacre pour mettre un nez indiscret dansun cabinet que notre réponsene les découvre pas, lorsqu'ils tien-
des réflexions dont une déplorable négligence avait nent à n'être connus que de nous. Neuf Ibis sur dix. le
laisséla. porte entr'ouverte; et, loustic peu scrupuleux, temps nous manquant, nous ne pouvonspas répondre
il avait trouvé drôle d'emporter, commesouvenirde-sa par lettre. — Autre avis : pas d'autres demandes,nous
soirée'chez les'Frères Trois-Points,une de leurs têtes en supplions nos amis, que celles sur. des questions
de mort servant aux initiations. C'estpourquoi,s'étant d'intérêt général. Que l'on se mette un pou à notre
égaré clans les couloirstandis qu'il cherchaitla porte place; nous ne pouvonspas travailler à notre oeuvreet
de sortie, il se montrait fort penaud d'avoir été pincé entretenir une correspondanceparticulière, même avec
en flagrant délit d'un détournementaussi coupableque nos meilleurs amis ! Les forces humaines ont des
funèbre. limites.
3NT° 3 Prix : 30 cent.
flars 1894

Espagne, signe indéniable du juste courroux


On cas tout a fait de Dieu ; la reine se laissait déjà-entraîner à
exceptionnel
quelques concessions.
C'est de l'ex-archiprêtre de la cathédrale de D'autre part, tout en minant le trône
Ségovie que je veux parler. Quoi qu'il m'en d'Isabelle 11, tout en préparant la République,
coûte, je ue puis passer sa triste "histoire sous les sociétés secrètes redoutaient l'éventualité
silence. d'un retour de la nation à la branche légitime
Don André-Gomez Sommorostro, écrivain de Don Carlos, qui, exclu au mépris de la loi
non dépourvu de talent, avait; été le confesseur salique, avait laissé trois iils : l'infant Carlos-
lie la reine d'Espagne Isabelle 11. 11 passait, Luiz, comte de Montemôlin, l'infant Juan, et
aux yeux de tous, pour un prêtre irrépro- l'infant Ferdinand. Inopinément, sans que ces
cliahle ; son évoque avait la plus grande-con- trépas subits aient jamais été expliqués,,
fiance' en lui. meurent, à quelques jours de distance, Ferdi-
Hélas ! i) trahissait la confiance de l'Eglise, nand, le 2'7 décembre '1860,1e comte de Monte-
on même temps que celle de sa souveraine. môlin, prétendant légitime, le 13 janvier 186'],
Yers 1860, il s'était affilié dans le plus grand et sa femme, le lendemain même, à Tri'este.
secret à la franc-maçonnerie. C'était l'époque Le poison maçonnique a-t-il été étranger à ces
où la secte, poursuivant la réalisation de ses trois morts subites, coup sur coup ? On est. en
projets en Italie, chassait les Bourbons de droit de se le demander (1). Seul, fut épargné
Naples et mettait ainsi une fois de plus en l'infant don Juan, qui était à Londres, et qui est
pratique le fameux L.-. D.-. P.-., qui a, je l'ai le père du duc de Madrid actuel, don Carlos.
expliqué ailleurs, plusieurs interprétations. L'année 1861 voit, aux Cortès, un orateur
L'interprétation politique est : Lilia Dcstrue dit progressiste, franc-maçon déguisé en libéral.,
Padibus (détruis les lis en les foulant aux revendiquer le principe de la souveraineté
pieds). Les Bourbons d'Espagne devaient être nationale comme base principale de l'autorité
expulsés aussi, après ceux de Naples. de la reine ; c'est une tentative de la doctrine
En Espagne, la maçonnerie se livrait alors révolutionnaire essayant de s'infiltrer dans la
à une grande propagande en faveur du protes- constitution.
tantisme. C'est aussi en cette année 1860 qu'eut Eri même temps, quelques impatients des
lieu une tentative de régicide (17 octobre), au loges fomentent une sédition ; un •.-mouvement
moment où Isabelle II' rentrait à Madrid, républicain et protestant éclate à Lorca ; le
venant de faire un voyage dans les provinces sang coule dans la province de Murcie, Grâce
de l'Est, aux îles Baléares et à Barcelone. La
(1)Lebrave généralOrtega,catholique animé,d'unetoi desplus
révolution couvait déjà, comme le feu sous là ardentes,souffrant devoir la mollesse du gouvernement d'Isabelle
cendre. Les loges travaillaient dans l'ombre, à l'égarddes ennemis d e l'Eglise,avait, le2avril i8G0,tentéun
pronunciamenlo carliste,d ans l'espoird e souleverla nationen
cherchant à recruter même les membres du faveurdelamais royautélégitime,qui, elle,auraitdétruitle maldans
sa racine; ilavait échouéet avaitétéfusillé.Lecomtede
clergé. Don André-Gomez Sommorostro se Montemôlin et son.frèreFerdinand;arrêtés,avaientdu, le poi-
laissa séduire par les fils des ténèbres, lui, le gnard sur la gorge,signerà Tortose, le23avril,la renonciation à
leurs('roitsà lacouronne. Puis, h orsrie s'élant
danger, renonciation
expatriés,
prêtre de la Divine Lumière. Il y eut, cette . ilsavaient rétracté,à Cologne, le15 juin, cet.a ctede
à eux arrachépar la violence.Et.réfugiésenllnà Trieste,ils y
année-là,, des inondations désastreuses en, 1 meurenttousdeux,sixmoisaprès,demortsubiteV

Supplément au 16efascicule du Diable au XIXe Siècle (n° de mars 1894).


66 11EVUE
MENSUELLE, SCIENTIFIQUE
POLITIQUE,
RELIGIEUSE,

à la vigueur du chef de l'armée, tout rentre l'encyclique Humanum Genus. Quand la librai- <
dans l'ordre ; mais, si le calme revient à la rie de l'Immaculée-Conception, de Barcelone. *
surface, la société espagnole n'en est pas moins édita en langue espagnole, pour démasquer 1;
profondément troublée. secte, les rituels jusqu'alors secrets (drvulgias
A l'extérieur, les intérêts de la patrie étaient par M. Léo Taxil), don .Sommorostro dés;.;i
également trahis par les francs-maçons. On se prouva cette publication, qui mit les sectaire
rappelle ce qui se passa alors au Mexique. Le en fureur. La EslrellaFlamigera (l'étoile flaiii
président Juarez, dila-pidateur des biens du boyante), organe des loges, fulminait con'.r
clergé, l'odieux sectaire dont le premier acte les catholiques révélateurs, et l'archiprêtre di
gouvernemental fut de décréter la suppression Ségovie blâmait ces livres, les déclarant inop
des couvents, avait Jiworiséun attentat sur la portuns, conçus dans un esprit d'exagération
personne du ministre de France et aArait propres à attiser la discorde, à suscite)' les rivé
expulsé brutalement l'ambassadeur d'Espagne. fiances. 11 parlait, l'hypocrite, en homme h
Les Français et les Espagnols s'unirent pour paix; et si mon ouvrage avait pu paraître ;
obtenirréparation. Malheureusement, le minis- cette époque-là, don Sommorostro n'eût pa-
tère de Madrid eut la déplorable idée de confier manqué de m'opposer le témoignage de quel
le 'commandement du corps expéditionnaire que Cadorna, espagnol.
au général Prim, franc-maçon, lequel ne tarda Ce fut un humble religieux, un modes!
pas à iaire secrètement cause commune avec le carme, qui, ayant trouvé louche en certaines
franc-maçon Juarez. Prim se mit en désaccord circonstances l'attitude de l'archiprêtre de
avec le commandant du corps expéditionnaire Ségovie, s'attacha, sans en rien dire, à le sur-
français et lit l'embarquer ses troupes, après veiller étroitement, tant et si bien, qu'il par-
avoir protesté en faveur du gouvernement vint à réunir des preuves écrasantes de cet'"
révolutionnaire mexicain. La faiblesse d'Isa- abominable duplicité. Et, il y a deux ans,
belle Il était si grande, que Prim ne fut pas Mgr Fernandez, évoque de Ségovie, prononça
mis en jugement. Le misérable traître, accusé l'interdit du prêtre coupable, lui retira l'exer-
en plein sénat par les catholiques clairvoyants, cice du ministère ecclésiastique'qu'il avait si
tels que le marquis de Mirallorès, Bermudez longtemps indignement profané.
de Casiro et le général José de la Coucha, fut Le mois dernier (février 189i),- la retraite,
couvert par le président du conseil. On sait qui fut imposée à don Sommorostro, était jugée
quel rôle Prim joua plus tard dans la révolu- comme ayant ramené de bons sentiments dans
tion qui, en 1868, chassa d'Espagne la trop son âme ; l'ex-archiprêtre avait senti combien
'
con descendan te rei ne. son erimefut énorme ; il en imploral'absorul-ion,
11était utile de tracer ce tableau rétrospectif, et elle lui fut accordée par Mgr Fernande/.. ]
pour montrer dans quelles circonstances le d'accord en cela avec- son métropolitain, Mgr <
confesseur d'Isabelle II s'affilia à la franc- Cascajerez, archevêque de Valladolicl, et sur i
maçonnerie. La souveraine était, du reste, l'avis favorable du Saint-Siège.
fort mal entourée; M. Huysmans, un occul- Mais, pour lui donner l'absolution sollicitée,
tiste avéré, a. -publiquement affirmé avoir l'évèque de Ségovie a tenu, iwce raison, à ce
connu un chapelain de la même reine, lequel qu'elle fût précédée d'une abjuration publique.
était adonné aux pratiques du satanisme et C'est dans la cathédrale même, où étant en
disait, la messe noire ; celui-ci se serait pendu état d'excommunication il avait osé officier
il n'y a pas bien longtemps. pendant trente années, que le malheureux a
dû avouer sa honte devant les fidèles, abjurer
Bref, don André-Gomez Sommorostro était à haute voix la secte dont il fut l'affilié et le
franc-maçon. A raison de sa qualité de prêtre,
son affiliation était tenue cachée aux apprentis complice, faire profession nouvelle de- la foi
et compagnons de la loge, et il n'y paraissait catholique et réciter le Miserere pendant, que
qu'aux, séances du 3* degré, devant les maîtres Mgr Fernandez do ses mains lui administrait
et les maçons des grades supérieurs. la discipline. Après quoi, don André-Gomez
Son zèle maçonnique était tel, qu'il devint, Sommorostro a été déclaré absous et réconcilie
en 1863, vénérable de la Loge Esperanza, de avec l'Eglise.
Bien entendu, il n'occupera plus aucun poste
Ségovie, et il remplit ces fonctions PENDANT et vivra dans l'oubli.
VINGT-NEUF ANS, tout en continuant à offi-
cier à la cathédrale, dont il était le curé-archi- Cette imposante cérémonie a vivement ému
prêtre. les personnes qui y ont assisté, et cela se com-
On voit par là tout le mal que ce Judas a pu prend sans peine. Elle était nécessaire. Le cas
faire ; il fut un de ceux qui, affectant la man- étant tout à fait exceptionnel, il fallait que le
suétude, conseillaient aux catholiques de ne coupable fit humblement pénitence, mais au
pas croire tout ce qui se dit de la franc-maçon- milieu de tout l'appareil des solennités litur-
nerie. Léon XIII avait dû, certainement, être giques.
mal renseigné, insinuait-il au lendemain de Je n'aurais peut-être pas parlé de cet inci-
COMPLÉMENT « LE DIABLEAU XIXeSIÈCLE»
DE LA PUBLICATION 67

lent douloureux, si les journaux, à la suite comme effrayé de la. présence d'un grand
l'une dépêche de l'Agence Bavas (17 février), nombre d'évêques lucifériens (! ! !) dans le sein
n'avaient commenté les faits, l'apportés, au de l'Eglise catholique. Le canard lancé, les
surplus, peu exactement par beaucoup. auxiliaires du Grand Orient dé France s'effor-
Le Matin, qui est souvent le porte-voix du çaient de soutenir son vol. On -perdait'de- vue
Grand Orient de France à profité de l'occasion que j'ai écrit, dans le Diable au XIXe Siècle
pour débiter une série de bourdes colossales. (1er volume, page 485) :
Dans un article du 26 février, intitulé les « Il est des prêtres, exception des plus
Abbés.-., y a-t-il des prêtres d'ans'la franc- rares, qui se sont, hélas ! laissé entraîner dans
maçonnerie ?, ce journal a essayé de faire croire l'abîme, et qui, devenus francs-maçons, n'ont
que le cas de don Sommorostro était assez pas tardé à déchirer avec scandale leur soutane
commun. ou leur froc monastique ; d'autres ont rompu
C'est là une énorme contre-vérité. publiquement d'abord avec l'Eglise et sont
Ainsi,Te journaliste raconte que le clergé a Arenusensuite à la haute-maçonnerie, se vouant
présidé à la fondation du Grand Orient de au sacerdoce occulte de Satan. Mais le nombre
France. 11 cite comme ecclésiastiques francs- des Judas du clergé est d'ailleurs si infime,
maçons, entre autres, le bienheureux J.-B. de que ces défections ne tirent pas à consé-
la Salle, fondateur de l'Institut des Frères des quence. »
Ecoles chrétiennes, et il narre un conte à dor- Yoilà ce que j'ai dit, ce que j'ai écrit. Les
mir debout : Mgr Dupont des Loges donnant cas tout à fait exceptionnels des Sommorostro
les sous-sols de la cathédrale de Metz comme m'attristent ; mais l'archiprêtre de Ségovie est,
asile, discret aux FF.-, lorrains pour y tenir à ma connaissance, le traître le plus haut en
leur loge après l'annexion ! dignité ecclésiastique qu'on puisse citer.
11faut vraiment avoir en piètre estime l'in- Ceux qui prétendent qu'il y a ou qu'il y a
telligence de ses lecteurs pour leur servir de eu des évoques francs-maçons sont' généra-
semblables contes bleus. lement maçons eux-mêmes et parlent par for-
ceSi le fondateur des Frères des Ecoles chré-
tiennes avait été franc-maçon, il ne serait pas fanterie, comme je viens de le dire. Cela me
rappelle une conversation avec Sojdiie Walder,
béatifié, dit fort, judicieusement à ce propos où celle-ci me raconta gravement que l'un des
mon vénérable ami, M. le chanoine Mustel. derniers archevêques de Paris, le cardinal
Quant au pieux et vaillant prélat, Mgr Dupont
des Loges, le Matin ignore sans doute qu'il Morlot, était franc-maçon et disait, à Notre-
fut le premier évoque de France à condamner Dame, une certaine messe imaginée par l'a-
postat Constant, laquelle permet à l'officiant
publiquement par une lettre épiscopale, « la d'invoquer Lucifer sans que les fidèles pré-
«Ligue de l'Enseignement», précisément à sents s'en doutent, ceux-ci croyant même as-
cause de ses affinités avec la franc-maçonnerie.
sister à une véritable messe. Cette messe-là a
« Ce qui est vrai, c'est qu'il y a eu, avant
la Révolution, et encore, hélas ! depuis, un pour but de recommander au Grand Architecte
les âmes des francs-maçons excommuniés par
jietit nombre de mauvais prêtres, et que la. le vicaire d'Adonaï (notre Dieu, à nous chré-
Loge a recueilli, naturellement., les écumes
du Sanctuaire ; elle est le Sanhédrin avec tiens).
Je n'ai pas besoin d'ajouter'que cette pré-
lequel les Judas peuvent s'entendre pour trahir tendue duplicité sacrilège, du cardinal Morlot
le Divin Maître. »
Pour qui connaît, la tactique de la secte est une invention de la fille Walder, d'accord
en cela avec le Grand Orient de France. En
infernale, il n'y a jias lieu de s'étonner des
conséquences outrées que la presse inféodée effet, à un moment que je n'ai plus précis à la
aux ateliers ordinaires et aux triangles a voulu mémoire, on avait machiné un petit complot
tirer de l'incident relatif à don Sommorostro, pour faire croire à l'affiliation maçonnique du
dans le but de jeter le trouble dans les âmes. cardinal Morlot.
A l'astuce de-cette manoeuvre, il faut joindre De même qu'une, loge de Grenoble fabriqua
la forfanterie qui est également une caracté- des portraits photographiques représentant
ristique de là maçonnerie. C'est ce qu'exprime Pie IX avec un cordon de maître-maçon en
très bien M. A..-C. De la Rive dans son récent écharpe sur sa soutane ; de même, le Grand
volume (p.. 3) : « On ne doit pas oublier que Orient de France a fait frapper des médailles
les francs-maçons, chez lesquels le mensonge pour perpétuer le souvenir de ces prétendues
est élevé à la hauteur d'un principe, essaient messes maçonniques censément dites à Notre-
toujours de faire croire au public profane qu'ils Dame par le cardinal Morlot.
ont recruté les plus illustres personnages. » J'ignore pourquoi l'on n'a pas donné suite
C'est sans doute aussi à la fumisterie du à cette machination ; mais elle a eu un.com-
Matin qu'il faut ajouter cette autre fumisterie mencement d'exécution, j'en suis certain. So-
qui a suivi et qui consistait à me représenter phia m'a montré une de ces médailles. Elle
68 HEVUEMENSUELLE, ' SCrEXTU^lQUE
«EL1G1EUSE,
POLITIQUE,

portait, gravée en relief, une inscription dans se demandentsi les Frères et Soeurs qui honorent la
ce genre : probité comme une des premières vertus naturelles
A.-. L.'. G.-. ».•'. G.-. A.-. D.'. L'U.". peuvent accepter plus longtempsune si pesante humi-
liation. Onn'a aucune bonneraison de dire que ce mot
Au nom et sous les auspicesdu Giv. Or.-, de France secret a été imaginé en esprit d'oppositionau traître
justement mis à mort; non, le mot annuel en cours
Pour perpétuer le souvenir n'est rien autre qu'une impudente glorificationd'un
de la historique voleur. »
MUSSEMAC.-.
dite• Pour comprendre ce passage de la voûte, il
par S. •. E. •. le Gard. • MOKLOT. •. arch. . faut savoir que dans la maçonnerie, en dehors
ie 18... des mots de passe et mots sacrés spéciaux à
A LARAISON NOTKE-DAMIÏ chaque grade et immuables, il y a en outre ce r-
or. •'. de Paris tains mois changés à certaines époques ; et la
Je le répète, j'ai tenu une de ces médailles connaissance de ces mots renouvelés sert à
(en bronze) dans mes mains. Un de mes amis établir que l'initié, qui se présente pour assister
m'a affirmé en avoir \u une autre'. 11 y a donc à une tenue, fréquente activement son atelier.
eu un projet de déchristianiser la mémoire du Ces mots de passe sont semestriels pour les
cardinal Morlot. loges ou ateliers symboliques des trois premiers
Le public agira donc sagement en se tenant degrés (Apprenti, Compagnon, Maître), et an-
-en carde contre les racontars visant des prêtres nuels pour les chapitres de Rose-Croix, pour
les aéropages de Chevaliers Kadosch, et pour les
et surtout des évoques. Des prêtres-maçons,
il y en a ; ce n'est malheureusement que trop triangles du Rite Suprême ou Palladium.
Dans les triangles, c'est le 29 septembre que
vrai., mais infiniment peu. Quant à des évo- le mot de passe palladique est changé.
ques, non ! Ce mot se compose d'une demande et d'une
Eu fait d'évêques lu ciferions, s'il en existe, réponse, qui réglementairement doivent tou-
ce sont des évoques gnosliques; et, en tant. que. jours commencer par la même lettre. La fixation
sectaires, ils appartiennent aux arrière-loges, du mot de passe de la haute-maçonnerie appar-
comme derniers restes de l'hérésie des Yalen- tient au grand-inaïtre du Suprême Directoire
tiniens. J'ai appris, ces derniers jours, l'exis- Dogmatique.
tence de leur organisation. 11 y aurait de ces Lemmi, ayant été élu chef suprême le 20 sep-
tembre dernier, au couvent secret du palais
évêques-là au sein même de la fédération du Borghèse, a donc choisi, neuf jours après, un
Grand Orient de. France. Ainsi, pour Orléans, mot à sa convenance ; et ses adversaires lui
a lin d'en citer un, l'évèque gnosfique serait le reprochent d'avoir voulu, par lo choix même
F.-. Jules Doinel, archiviste départemental du qu'il a fait, montrer que les accusations portées
Loiret, membre du Conseil de l'Ordre du Rite contre sa probité ne l'ont nullement ému.
Français (rue Cadet) de septembre 1890 à sep- En d'autres termes, Lemmi est traité de voleur
tembre 1893. par les adversaires qu'il a au sein même
Docteur BATAILLE. de la franc-maçonnerie, et il leur répond cyni-
quement :
« — Je suis élu, et vous pouvez me traiter de
LE fripon, si cela vous fait plaisir ; je m'en moque.
Bien mieux, je vous oblige, chaque fois que
vous voudrez assister à une tenue de triangle, à
Mot de liasse te Triangles dire pour entrer, à la porte du temple, un mot
de. passe qui est la glorification d'un voleur
Un des passages les plus violents de la voûte notoire. C'est à prendre ou à laisser. Si vous ne
de protestation des hauts-maçons américains voulez pas glorifier le vol, l'entrée vous sera
est certainement le dernier alinéa du para- refusée.»
graphe Zain. 11méritait, une note ; mais, quand Adriano Eu effet, le mot de passe ordonné pour ou par
nous avons publié la voûte, nous n'avions pas Lemmi est celui-ci :
tous les renseignements nécessaires. DEMANDE.JEten-cliorim *?
Reproduisons donc ce passage, et complétons- (D'après la voûte de communication, cette
le par'une explication : demande doit s'interpréter ainsi : Quel est Je fils
« L'attitude du nouveau chef suprême (Lemmi),élu des hommes libres ?)
RÉPONSE.ïîaraï>l>as.
grâce â, la fraude, prouve qu'il lui est impossiblede se'. La personne qui nous a révélé le mot de passe
disculper (il s'agit, des accusations'portées contre sa
probité); mais il a l'impudensetout à fait cynique. Eu[ actuel des triangles, et qui est dans l'erreur
présence de la marée montante des accusations, ili palladisle, nous écrit : « C'est une honte que de
apparaît, avoir pris pour devise: « 11faut payer d'au- nous imposer un tel mot ! Certes, nous sommes
dace! » Ce qui est absolument révoltant,surtout, c'est^ adversaires du Christ, et nous croyons qu'il a
le mot annuel qu'il a imposéaux Triangles, en réjouis- été justement mis à mort ; mais nous lui sommes
sance de son avènement,et que les adeptes de la par-; hostiles
faite initiation seront contraints de dire jusqu'au 29° parce qu'il a été le créateur de la plus
jour du 7emois de l'an 000894.sous peine de voir les3 déplorable superstition. Il est le chef des es-
•portes, du Temple rester fermées pour eux. CechoixJ: claves, De là à glorifier le voleur Barabbas
inconvenant d'un tel mot annuel montre que l'Elui comme fils des hommes libres, comme expres-
bravele mépris des maçonshonnêtes.Lesprotestatairess sion de la noblesse humaine, il y a un monde !
COMPLÉMENT « LE DIABLEAU XIXeSIÈCLE»
DE LA PUBLICATION 69

Publiez ce mot de passe honteux. Il faudra bien d'une émotion aussi maladroitement simulée
alors se résoudre aie changer. » que superlativement grotesque.
Nous publions le mot ; mais nous disons à qui « Un schisme immense se préparerait dans
nous a écrit : l'église catholique, où un grand nombre d'évê-
« Quand donc ouvrirez-vous les yeux ? » ques sont lucifériens ! » Telle est l'énormité que
Quivis. l'ami de Rafichart et de Pétrot prête au doc-
teur Bataille, sous le prétexte qu'elle se trouve
dans la. conclusion ou dernier alinéa de son ho-
monyme Jules Bois. On voit le parti que le fal-
A PROPOS D'INTERVIEWS sificateur des documeuts du Grand Orient de
France a tiré de cette ébouriffante calembre-
Les interviews sont jugées depuis longtemps daine.
Personne, aujourd'hui, ne peut s'en garer. M. Décidément, la rage d'avoir été démasqué
Chose A7ientcauser avec M. Machin, sous un aveugle le pauvre garçon. Ses derniers articles
prétexte quelconque, et le lendemain un journal nous font craindre sérieusement pour son état
publie celte conversation ; M. Machin se trouve mental. 11en arrive à nous croire animés contre
avoir été interviewé. lui d'une haine féroce, tandis que nous l'avons
11 résulte de cette façon tout anglaise de vraiment en iirol'onde pitié, Si dans un moment
faire du journalisme que, huit fois sur dix, si ce d'accalmie il voulait prendre une bonne résolu-
n'est neuf, les comptes-rendus d'interviews tion, — par exemple, venir trouver notre ami,
sont, en grande partie, aux antipodes de l'exac- qui est bon, lui, pas rancunier du tout, et qui
titude, surtout lorsque l'interviewer est venu profiterait de la circonstance pour lui prouver
s'enquérir au sujet de questions tant soit peu qu'il est bien docteur, — eh bien, nous sommes
complexes et pour lui toutes nouvelles. Alors, convaincus, tous les rédacteurs de la \Bevue
la relation, même si-elle est faite de bonne foi, Mensuelle, que Bataille se ferait un devoir de
est plus ou moins incohérente et remplie de qui- lui prodiguer ses meilleurs soins, de lui pres-
proquos. crire, et gratis prô Deo, un traitement salutaire ;
Tel est le cas d'une interview de M. le doc- avec quelques douches répétées, l'infortuné fini-
teur Bataille, publiée récemment par le Figaro. rait par revenir à la raison ; tout espoir n'est
Nos lecteurs se rendront compte des erreurs que peut-être pas perdu.
l'interviewer y a accumulées, par ce seul fait : De cet incident il convient de retenir ceci :
le rédacteur présente le docteur notre ami comme M.le docteur Bataille ne répond que de ce qu'il
« un initié hiciférien qui est retourné au catho- a écrit et signé ; et, en fait d'interviews, —
licisme. » Quant au discours mis dans la bouclie qu'il ne peut empêcher, puisqu'il reçoit chez ses
de l'intervieAvé, c'est un mêli-mêlo de phrases éditeurs quiconque lui demande une entrevue, —
rapportées assez exactement et de quiproquos il n'y a lieu de considérer comme comptes-ren-
inouïs ; tout cela, d'un décousu invraisemblable, dus fidèles que ceux qui ont .été ou qui seront
et qu'on a le droit de croire quelque peu inten- reproduits dans nos colonnes.
tionnel. L'interviewer est, en effet, M. JULES Cette déclaration, évidemment, était super-
Bois, un occultiste appartenant à une école que flue pour nos lecteurs ; aussi n'est-ce pas à eux
le Palladisme *ti?nt rigoureusement à l'écart, qu'elle s'adresse, mais au Mensonge, à qui nous
l'école des croyants en Satan régénéré et futur laissons, du reste, tonte latitude'pour accuser
Messie. Nos lecteurs savent que les palladistes demain le docteur Bataille d'avoir volé les tours
voient' dans l'éternel ennemi de Dieu, non un de Notre-Dame.
ai change déchu, mais un second Dieu, son égal La Rédaction.
en puissance, un Lucifer de toute éternité Dieu-
Bon ; que ces sectaires, loin de constituer « une
des petites religions dé Paris », selon l'expres-
sion de l'interviewer, possèdent, au contraire, Intervention des Maçons Hé Leipzig
- une organisation formidable et forment, en réa-
lité, le rite suprême de la franc-maçonnerie uni-
verselle. 11est donc facile de voir," en cette in- Le conflit entre les hauts-maçons américains
terview si inexactement rapportée, une nou- et Adriano Lemmi a. pris une nouvelle tour-
velle manoeuvre, effectuée dans le but de dimi- nure, à la suite du voyage à Berlin de deux
nuer l'importance des révélations de M. le doc- des membres- du Comité de la Protestation
teur Bataille. contre les votes du 20 septembre.
Naturellement, le Mensonge s'est emparé de Les triangles allemands, et notamment le
cette relation fantaisiste, et les douze ou treize
abonnés de la feuille alimentée par les fonds Parfait Triangle do Leipzig, interviendraient
secrets de la rébellion envers le Pape ont vu dans la querelle et voudraient faire prévaloir
l'ami de Rafichart et d'Albert Pétrot intituler un projet, de transaction. Cependant, si nous
gravement l'interview du compère Jules Bois sommes exactement renseignés, ce projet
« une commu'nicaiion du docteur Bataille au n'aurait pas grandes chances d'aboutir.
Figaro », en extraire une phrase que l'inter- Nous donnons sous toutes réserves cette
viewer ne donne même pas comme ayant été information, de la dernière heure.
prononcée par notre ami, et qu'en tout cas celui-
ci n'a jamais exprimée, et, là-dessus, pousser
des clameurs d'indignation, en deux articles
70 BEVUEMENSUELLE,
BEL1G1EDSE, SCIENTIFIQUE
POLITIQUE,

LA CLAIRVOYANCE DE LÉON XI11 rien craindre, sans reculer devant personne, (


la secte des francs-maçons devient de jour en ;
Au moment où le grand ell'ort de la. franc- jour plus audacieuse : elle a envahi, comme une ]
maçonnerie universelle se porte en Italie, il peste, toutes les cités, et elle s'efforce de s'in- .
est utile de montrer combien grande a toujours sinner chaque jour plus avant dans toutes les
été la clairvoyance du Souverain Pontife, qui, institutions de l'Etat, dans le but, qu'elle poursuit
en 1892, appelait spécialement l'attention des aussi ailleurs, d'ôler à la nation italienne la
religion catholique, principe et source des jilus
évoques italiens sur les agissements de la
secte. grands biens. De laces moyens infinis dont on
La lettre que Léon XIII leur adressa le se sert pour attaquer la divine foi; de là ce mé-
8 décembre, mérite d'être relue'avec attention; pris, cette oppression pour les lois de la légitime
liberté de l'Eglise. Il est admis en théorie et en
aussi, la.reproduisons-nous, afin qu'elle figure fait qu'il n'y a dans l'Eglise ni l'essence, ni le
comme un document des plus précieux et
digne d'être conservé, dans la collection de principe d'une société parfaite, que l'Etat lui
ceux publiés par nous au sujet des manoeuvres est supérieur, et que le pouvoir civil prime le
de Lemmi et consorts contre la Papauté. pouvoir religieux.
De cette doctrine pernicieuse et fausse, tant de
Lettre de S. S. Léon XIII, Pape par la fois condamnée par le jugement du Saint-Siège,
Divine Providence, aux Evêques d'Italie. découlent toutes sortes de maux, surtout celte
A nos Vénérables Frères les Archevêques et prétention des gouvernants de l'Etat d'usurper
Evêques d'Italie, Léon XIII, Pape. ce qui n'est pas permis, et cette audace de leur
Vénérables Frères, salut et bénédiction apos- part de tirer à eux ce qui appartient à l'Eglise.
tolique. Voyez, pour les bénéfices ecclésiastiques, quel
L'esprit du mal, habitué d'instinct et sous l'im- est ce pouvoir qu'ils s'arrogent de conférer et de
pulsion du mauvais démon à lutter contre le retirer à leur gré le droit d'en percevoir les
nom chrétien, s'est de tout temps associé cer- fruits. Et ce qui n'est pas moins perfide, c'est
tains hommes ligués entre eux. dans le but de qu'ils cherchent par leurs promesses à gagner
travailler, par leurs funestes complots, à détruire le clergé du degré inférieur. A quoi tendent ces
les doctrines divinement inspirées et à renverser efforts, il est d'autant plus facile de l'apercevoir
la république chrétienne elle-même. Et ces que les auteurs eux-mêmes de cette machination
légions, constituées pour le combat, personne ne se cachent pas de dire ce qu'ils veulent. Ce
n'ignore quel mal elles ont toujours fait à l'Eglise. qu'ils veulent, en effet, c'est attirer par leurs
Or, l'esprit de toutes ces sectes antérieures, avances les ministres du citlle clans leur parti,
hostiles atix institutions catholiques, revit dans et détourner ceux qu'ils auront mêlés une fois
la secte dite franc-maçonnerie, qui, puissante au nouveau régime de l'obéissance à l'autorité
en [forces et en ressources, et montrant à dé- légitime. Mais, à vrai dire, ils ne paraissent pas
couvert son acharnement, attaque tout ce qu'il en cela connaître assez la vertu de nos prêtres,
y a de sacré. Cette secte, vous ne l'ignorez pas, qui, éprouvés de tant de manières depuis tant
les Pontifes romains, Nos prédécesseurs, l'ont d'années déjà, ont donné de si éclatants exemples
plus d'une fois proscrite depuis un siècle et d'abnégation et de foi, qu'on jpeut espérer, en
demi, et Nous-même, comme nous le devions, toute assurance, qu'ils persisteront toujours,
Nous l'avons condamnée aussi, en avertissant avec l'aide de Dieu, quels que soient les événe-
les peuples chrétiens de prendre garde aArecla ments, dans cette même religion du devoir.
plus extrême vigilance à ses pièges et de com- Par les points auxquels Nous venons de
battre fortement ses perfides efforts, comme il toucher, on voit clairement ce que peut la secte-
convient à des disciples de Jésus-Christ. Bien maçonnique et le but auquel elle tend en dernier
plus,' pour prévenir l'apathie et l'engourdisse- lieu. Mais ce qui aggrave le mal, et ce à quoi
ment, Nous Nous sommes appliqué à dévoiler les Nous ne pouvons songer sans une grande
secrets de cette abominable secte, et Nous avons angoisse d'àme, c'est que la considération de
montré comme du doigt par quels moyens elle leurs intérêts et une misérable ambition poussent
travaillait à la perte du catholicisme. un trop grand nombre des nôtres mêmes à
Néanmoins, pour dire les choses comme elles s'affilier et à donner leur concours à cette secte.
sont, une sorte de sécurité inconsidérée 'a Les choses étant ainsi. Nous faisons appel, véné-
rendu, un certain nombre d'Italiens peu dé- rables prêtres, à votre charité avec le sentiment
fiants et peu avisés a son sujet ; et ainsi, ou ils pressant de notre devoir, et Nous vous prions
ne voient pas l'étendue du péril, ou ils ne l'appré- avant tout de vous préoccuper du salut de ceux
cient pas dans toute sa réalité. Il s'en suit que la dont Nous parlons : que votre zèle s'applique
foi des ancêtres, que-le salut procuré aux sans cesse à les retirer de leur erreur et de leur
hommes par Jésus-Christ, et conséquemment les perte trop certaine. Se débarrasser, pour celui
bienfaits eux-mêmes de la civilisation . chré- qui s'est engagé dans les filets de la franc-
tienne, se trouvent en péril. Et, en effet, [sans maçonnerie, est certainement une affaire
« LE DIABLEAU XIXe SIÈCLE»
DE LA PUBLICATION
COMPLÉMENT 71

'fficile et critique, étant donné l'esprit de la efficacement contre le paganisme. C'est pour-
',cle ; il ne faut cependant désespérer de la gué- quoi il est de votre devoir, Vénérables Frères,.
son de personne, car merveilleuse est la puis- .d'animer les esprits au combat par la persuasion,
ince de la charité apostolique, surtout, avec les encouragements, et l'exemple, et d'entretenir
ide de Dieu, de qui relèvent souverainement dans le clergé et dans Notre peuple un zèle actif,
s volontés elles-mêmes des hommes. constant, intrépide, delà religion et du salut, tel
11faut ensuite chercher toutes les occasions que Nous l'avons vu plus d'une fois se montrer
ivorables à la guérison de ceux-là mêmes qui chez les catholiques d'autres pays, dans des cir-
' On dit communément
èchent en cela par timidité ; Nous voulons constances semblables.
arler de ceux qui se laissent aller à favoriser que l'aucienne ardeur pour la défense de la
^s entreprises de la maçonnerie, non par l'effet foi des pères s'est affaiblie parmi les populations
'une nature dépravée, mais par faiblesse d'âme italiennes..Et peut-être, n'est-ce'pas à tort ; du
t manque de jugement. Ici s'applique cette grave moins, si l'on considère des deux côtés les dis-
lensée de Notre prédécesseur Félix III : « L'er- positions d'esprit, onirouveplus d'ardeur chez
-eur à laquelle on ne résiste pas, on l'approuve, ceuoi qui combattent la religion que chez ceux
',t la vérité que l'on ne sert pas, on l'opprime... qui la' défendent. Cej)endant, pour ceux qui
elui-ld n'a pas de scrupule pour la société veulent le salut, il n'y « pas «le milieu
•ecrèle, qui cesse de s'opposer à un crime entre la lutte opiniâtre on la mort.
ïvideni. » Il importe de relever le courage de Aussi devez-vous tendre, par vos exhortations,
es hommes en leur proposant l'exemple des à exciter le courage des lâches et des mous, à
ancêtres, en leur rappelant que la force est la l'entretenir chez les vaillants ; et de même vous
gardienne du devoir et de la dignité, afin qu'ils devez, après avoir arraché tous les germes de
se repentent vraiment et qu'ils aient honte discorde, obtenir que tous ensemble, sous votre
d'agir ou d'avoir agi sans virilité. Car toute conduite et vos auspices, descendent courageu-
notre vie est une véritable bataille, dont l'objet sement dans la lutte, avec un même esprit et
surtout est notre salut, et il n'y a rien de plus sous une même discipline.
honteux pour un chrétien que de broncher dans En considérant la gravité du sujet et la
le devoir par lâcheté. nécessité d'écarter le péril, Nous avons résolu
Il faut également venir en aide à ceux qui se de Nous adresser directement par lettre, au
précipitent dans cette secte par imprudence ; peuple italien. Cette lettre, Vénérables Frères,
et ici Nous pensons à ceux, dont le nombre est Nous l'avons fait expédier en même temps que
fort grand, qui, trompés par les apparences et celle qui vous était destinée; ce sera à votre zèle
séduits par les. divers avantages qu'on leur de lui donner la plus large publicité et de l'ex-
fait valoir, se laissent enlacer dans la société pliquer au peuple, là où il y aura lieu, par un
maçonnique sans bien savoir ce qu'ils font. commentaire approprié. EL ainsi, moyennant
De ceux-là, Vénérables frères, il y a grand sujet l'aide propice de Dieu, Nous pouvons espérer
d'espérer qu'ils pourront un jour, sous l'inspira- que les esprits se ranimeront par la vue des
tion de Dieu, déposer leur erreur et voir clair à maux jn'ésenls et recourront sans hésitation aux
la vérité, surtout si vous vous efforcez, comme remèdes que Nous indiquons.
Nous vous en prions vivement, d'arracher le Comme gage des faveurs célestes et en té-
faux masque de cette secte et d'en montrer les moignage de Notre bienveillance, Nous vous
desseins secrets. Et, en vérité, ils ne peuvent donnons affectueusement, à vous, Vénérables
plus passer pour tels, puisque leurs dépositaires Frères, et aux peuples confiés à votre foi, la
eux-mêmes les ont, de mille manières, produits bénédiction apostolique.
au grand jour. Dans ces derniers mois même, Fait à Rome, auprès de Saint-Pierre, le 8
on a entendu dans toute l'Italie une voix qui met- décembre 1892, de Notre Pontificat l'an quin-
tait une sorte d'ostentation à divulguer les plans zième. LÉON Xlll, PAPE.
des francs-maçons. Ils veulent, ces hommes,
que l'on répudie entièrement la religion dont La clairvoyance de Léon XIII éclate, avons-
Dieu lui-même est l'auteur, et que toutes les nous dit, dans ce remarquable document. Mais
choses, tant privées que publiques, soient régies il est utile de rappeler que le premier résultat
par les seuls principes du naturalisme ; et ils fut de provoquer la colère du sire Adriano
appellent cela, avec autant de folie que d'im- Lemmi cl. de l'amener à se démasquer un peu
piété, la réforme sociale. A quels abîmes irait plus, dans un de ses accès de violence.
donc la société, si le peuple chrétien n'était pas La lettre du pape était du 8 décembre. Onze
là pour veiller, travailler et pourvoir au salut ? jours après, Lemmi, qui était alors grand-
Mais', devant l'audace de ces projets crimi- maître du Souverain Directoire Exécutif de la
nels, ce n'est pas assez de prémunir contre les haute-maçonnerie et grand-maître du Suprême
embûches de l'infâme secte ; il est nécessaire Conseil: d'Italie, mais qui déjà avait; commencé
aussi de lutter, et cela en prenant ces mêmes ses intrigues pour avoir le souverain ponti-
armes, fournies par la foi, qui ont déjà servi ficat luciférien de la secte, Lemmi, disons-
72 BEVUEMENSUELLE, SCIENTIFIQUE
POLITIQUE,
BEL1G1EUSE,

nous, rendit visite au Grand Directoire Cen- 1lité de nuire ; du moment qu'il conspire contre
tral pour l'Europe, qui est à Naples et dont 1 pays, il faut avoir dans les codes des moyens
le
le chef est le F.-'. Bovio. A cette occasion, les c le châtier. »
de
maçons de Naples organisèrent un banquet; Toujours, la vieille calomnie : le Pape
et le renégat enjuivé Adriano dit Simon ré- maudit la patrie italienne, le Pape conspire
pondit au pape sous forme de discours. (
contre le pays... On répète cela constamment ;
Ce discours est un document, dont nos lec- (c'est le mot. d'ordre. C'est avec ce mensonge
leurs nous saurons gré de reproduire ici et de (qu'on excitera la lie de la populace, au jour
conserver dans cette revue les passages les (que décrétera Lemmi, et qu'on la déchaînera
plus saillants. contre le Vatican pour assassiner le chef au-
Voici d'abord la définition comparée de la
guste des chrétiens.
Papauté et de la franc-maçonnerie ; Cette prophétie, tous ceux qui connaissent
« Dans l'antique Rome papale, le moyen-âge les dessous de la haute-maçonnerie l'ont faite
vit encore et menacé, armé de la Somme et et la répètent, sans craindre de se tromper,
du.Syllabus ; dans les loges maçonniques, au hélas!
contraire, comme l'a dit notre F.-. Bovio, par Dans ce jour d'iniquité, le gouvernement
une vigoureuse et poétique synthèse, on marche du F.-. Humbert, trente-troisième, . laissera
avec la jeunesse du monde entier ! » faire.
Continuons la citation du renégat Lemmi :
Après quelques banalités sur la question
sociale, Lemmi aborde la question de rensei- « Les garanties papales sont un attentat
gnement et du mariage, auxquelles il rattache permanent contre la patrie. L,» fmiic-inn-
celle du ministère des cultes et de la loi des eonnerie en a toujours réclamé et
garanties : en réclame l'abolition. Elle est essen-
tiellement tyrannique, cette loi qui établit des
« Que toutes les écoles fondamentales soient
privilèges et qui assure la. monstrueuse impunité
entre les mains et sous la responsabilité du gou- du parricide. Et les parricides ne manquent pas.
vernement... » Du Vatican s'étendent sur toute l'Europe les filets
Je crois bien !... Entre les mains du gou- de la vaste conspiration. Les conciliabules, les
vernement du roi Humbert, du F.--. Humbert, Congrès, les Comices se multiplient, et des
trente-troisième, sujet du F.-. Lemmi dans la milliers de fanatiques y acclament le Pape-Roi. »
hiérarchie maçonnique !...
Après quoi, le, vertueux Lemmi, l'homme
« Qu'on n'y donne aucun enseignement reli- qui a subi une condamnation *à un an et un
gieux ! Que chacun croie et auore à sa fa- jour de prison pour vol, parla de « l'assainis-
sement moral » et des « terribles leçons qui
çon !... Nous devons élever non des dévots,
niais des citoyens. viennent d'au-delà des Alpes. » On était.en
« Ou a déjà changé la base de la famille que plein scandale du Panama. Il fallait être au-
les vieilles générations avaient placée dans le dacieux pour se permettre cette allusion,.alors
sacrement matrimonial : nous proclamons, nous, que, peu après, devait éclate.)' le scandale de la
que le seul sacrement entre les époux, c'est Banque Romaine, affaire'où il a été prouvé
l'amour ; c'est pourquoi, une fois le mariage que Lemmi lui-même volait comme Je plus
civil obtenu, et sa préséance sur le mariage reli- effronté des bandits et faisait distribuer des
gieux étant près d'être obtenue aussi, nous sommes fantastiques à ses acolytes francs-
aurons la nécessaire conséquence, le divorce. maçons.
« Il existe un ministère des cultes. A quoi bon La Banque Romaine, ne l'oublions pas, a
le maintenir ? Que les églises pensent elles- été la vache à lait du Souverain Directoire
mêmes au culte. 11répugne au concept de l'Etat .Exécutif de la haute-maçonnerie.
moderne. de s'ingérer dans les affaires du pas- Enfin, Lemmi terminait . son discours par
teur, du rabbin, d'i prêtre, et cela détonne avec un toast à Lucifer, en termes déguisés, mais
les pompes officielles qui obligent des ministres si peu, si peu voilés qu'il faut y mettre de la
athées ou jacobins à s'incliner devant ceux qui bonne volonté pour ne pas comprendre le
maudissent la patrie. sous-entendu.
« Ce que nous voulons, je le comprends, Reproduisons ce toast final :
c'est une profonde révolution dans tout l'orga- « Au Génie Tout-puissant qui a dicté les livres
nisme de l'Etat. Eh ! bien, soit, nous ne pouvons i des Giordâno Bruno, des Campanella, des Vico,
nous arrêter ; il est fatal que l'on marche de'. des Delfico, des Filangeri !... Au Génie, qui a
l'avant. L'ennemi ne nous laisse pas de trêve. inspiré les réformes des Genovesi et des Ta-
Pour nous défendre, il faut qu'il n'exerce jamais > nucci, et qui a retrempé l'âme des Girillb, des
plus d'influence sur les destinées de la nation. Garacciolo et des Paganot... Au Génie, qui a
« Et il ne suffit pas de lui enlever la possibi-- fait remporter à Garibaldi, sur le Volturne, la
'
COMPLÉMENT « LE DIABLEAU XIXeSIÈCLE»
DE LA PUBLICATION là

plus belle et la plus épique de nos batailles !... 1 y a réel danger à opérer le transfert de la Supré-
Au Génie, qui, de la honte des gibets pontificaux, umatie en Europe, surtout en Italie. »
a porté les trois couleurs chantées par Dante, à
la lumière et aux triomphes du Capitole, et qui, Donc, depuis longtemps le plan delà secte
sous les auspices.de;la future Confédération des satanique ". à comporte le projet de transformer
Etats Européens, les portera, non par les armes, peu peu: tous les Etats monarchiques d'Eu-
jrope en autant de Républiques. C'est à cela
mais avec le nouveau code des nations civiles, rque la franc-maçonnerie vise. Les tentatives
dans l'île de Sampiero, sur les tours de Trente, j
les
sur les Alpes Juliennes et sur les bords du où plus récentes ont été faites en Portugal,
(- la secte travaille plus activement que
Var !... Au Crénie «jniïa inspiré à notre
F.-. Cartluecï un hymne immortel! jamais.
' L'Espagne est également minée; et la
Au Génie invincible qui est l'clme de la Révo- monarchie de Savoie y passera elle-même à
{son tour. En Amérique, le Brésil « faisait
lulion ! » . ]tâche, » en style maçonnique; on a détrôné
' débonnaire, don
le
L'hymne « immortel » de Carducci, c'est Pedro, et l'Amérique est
]maintenant (sauf le Canada) selon le voeu des
l'Hymne à Sa/an, qui a rendu ce franc-maçon
célèbre, il n'y a pas à s'y tromper ; et. les Lemmi et autres chefs secrets. Ils espèrent
'
aveugles. — s'il en existe encore dejmis la qu'il en sera de même pour l'Europe ; et
voilà ce que veut dire l'expression « la future
publication, de la voûte de proies ta lion des
délégués américains palladisles, — diront ce Confédération des Etats européens ».
qu'ils voudront : il est. absolument certain Lemmi, dans son toast à Lucifer, nous dit;
ce que fera en faveur de l'Italie, cette future
que. dans un banquet maçonnique, dans un
discours que le chef de la. secte lui-même a Confédération des Etats européens, oeuvre de
fait publier, le renégat enjuivé et luciférianisé la secte (font il est aujourd'hui le.. chef su-
Adriano Lemmi a jiorié un toast: à Satan. prême, cette confédération qui sera la base
Léon X1I1 savait, bien ce qu'il disait, quand de l'action décisive pour détruire le catho-
il affirmait que le véritable chef de la franc- licisme. Il nous livre, lui aussi, une partie du
maçonnerie-n'est antre que le prince des dé- plan.
mons. Les Etats européens, constitués tels que
la franc-maçonnerie' le. veut, démembreront
la France et l'Autriche.
A l'Autriche on prendra :
Iffflii et le tell Meut île IfMM 1" Le Treuiin ; « les trois couleurs italien-
nes, les couleurs vert-blanc-rouge chantées
Le discours d'Adriano Lemmi, qui -vient |iar le Dante, llol-teronl sur les tours de
d'être reproduit dans le précédent article, est Trente. » ;
intéressant; sous plusieurs rapj.iorls ; mais il y 2" La province de Trieste ; « les trois cou 1eui;s
a, dans le toast; de la. lin, un passage que nous italiennes llotteronf sur les Alpes Juliennes ».
devons relever à jiu.rt. C'est celui où. le cir- 'Quant, à la France, — Lemmi est égale-
concis de Oonslantinople émet. l'espoir qu'un ment très explicite, — on lui prendra. :
jour viendra où « les trois couleurs chantées 1" La Corse; « les trois couleurs italiennes
par le Dante seront, sous les auspices de la llotieront sur l'île de Sampiero»;
future Confédération des - Etais européens,- est Je grand héros corse \i 497-1567); Sampiero
portées, non parles armes, mais avec le nou- 2" Nice et son territoire; «les trois cou-
nations civiles, dans l'île de leurs italiennes flotteront sur le Var ».
" veau code des
Sampiero, sur les tours de Trente, sur les Nous devons'grand merci à Lemmi d'avoir
Alpes Juliennes et sur les bords du Var. » oublié la. Savoie.
Qu'est-ce que Lemmi. entend par la future El; cela est bien un plan depuis
longtemps
des Etats — Reli- arrêté, et; non un
Confédération européens? vague espoir .fondé sur les
sons, si vous le voulez bien, la voûte de. pro- succès présumés, d'une guerre ; car Lemmi le
testation des haut-maçons américains (Bévue; dit; bien : cela se fera, « non par les armes,
Mensuelle, n" 2). mais avec le nouveau code des nations ci-
Nous lisons, au h'' alinéa du Gomor : viles, » le code que la haute-maçonnerie im-
à la Confédération des Etats
« Le transfert à Rome, de la Suprématie de> ' posera, européens
l'Ordre et de tout ce qui est inhérent à son orga- créée par elle.
nisation si complexé ne pourrait être effectué} ' ' - *.»'
sans danger, que si l'Europe entière avait tous*
ses divers Etais républicains et unis par' les Maintenant, qu'est-ce que le Grand Orient
: liens d'un pacte de paix générale, enraciné Î de France pense d'un pareil programme?
dans les esprits de chacun. Avant l'accomplis- Le Grand Orient de France,
qui battait froid
-' sèment de cette évolution politique, qui sera lai à Albert Pike, est dans, les .meilleurs termes
base d'e l'action décisive de la Maçonnerie, il1 avec Lemmi.
74 MENSUELLE,
[BÉVUE RELIGIEUSE, SCIENTIFIQUE
POLITIQUE,-

Personne n'a [oublié le scandale que fit à la saluer fraternellement par les nombres mysté-
Chambre française le F.'. Charles Floquet, rieux de nous seuls connus.
« Du Grand Orient de France et à l'Orient de
président, le 1:1décembre 1891, lorsqu'il osa
déclarer que Pie IX avait été franc-maçon. Paris, le douzième jour du dixième mois de
Tous les députés de la droite protestèrent l'an 5891 ,(12 décembre 1891, ère vulgaire). —
Adresser la réponse à la Chancellerie du Grand
avec indigha.ti.on ; le soir même et le lende- Orient de France, hôtel du Grand Orient, 16, rue
main, toute la. presse catholique flétrit, comme Cadet. »
il le méritait, le président calomniateur d'une
auguste et vénérée mémoire. — Et, par paren- En quatre ou cinq lignes, cette épître
thèse,, notons que cette impudente calomnie signifiait :
ne porta pas bonheur au F.-. Floquet ; car « Floquet ne s'attendait pas à soulever' une
c'est le 11 décembre 1892",.un an après, jour protestation générale ; donc, il a commis une
pour jour, que l'a réunion des groupes parle- gaffe. Mais vous êtes assez malin pour nous
mentaires de la gauche, émue des accusations tirer l'épine du pied. Envoyez-nous Je numéro
qui pesaient sur lui au sujet des tripotages du matricule et la date d'initiation d'un Mastaï
Panama, décida de l'abandonner et de ne plus quelconque; nous n'en demandons pas dirvan- "
le porter à la présidence de la Chambre. tage, »
Or, en présence du toile général que sou- Mais il se trouva que pas un seul Mastaï
leva l'audacieux mensonge du F.-. Floquet, le n'avaiit été, en aucun temps, affilié à la franc-
Grand 'Orient de France, s'iroaginant. que la maçonnerie, et qu'il était impossible, de créer
Maçonnerie italienne, à défaut d'un document un quijH'oquo. — Les sectaires n'ont décidé-
établissant; l'initiation du prédécesseur de ment pas de chance. Gela rappelle, la .'mésaven-
Léon Xlll, avait du moins sur ses registres ture survenue à Lemmi, qui, pour se débar-
l'inscription d'un Mastaï quelconque dont on rasser du vilain boulet qu'il traîne (sa con-
pourrait se servir'pour perpétuer le quiproquo, damnation à. un an et un jour de prison pour
dépêcha au compère Lemmi le message sui- vol), ne trouva rien de mieux à dire que le
vant : voleur des 300 fr. du docteur Grand-Roubague
était un Adriano Lemmi né à Florence eu 1822;
« Très puissant et illustre grand-maître,
« Hier, un incident s'est produit à notre Cham- on consulta les registres de l'élat-civil de Flo-
bre des Députés. Notre F.-. Floquet, président, rence ; on y releva, les naissances non seule-
dont la parole fait autorité et qui ne s'avance ment de l'année 1822, mais aussi celles des
jamais à la légère, a affirmé l'initiation maçon- années 1820, 1821, 1.823 et 1824; sur neuf
nique du défunt pape Mastaï* voulant ainsi "fer- Lemmi du sexe masculin, pas un seul n'avait,
mer la bouche aux droitiers cléricaux qui invec- reçu le prénom d'Adriano ; le voleur, condamné
tivaient le ministre de la justice et déblatéraient, à Marseille le 22 mars 1844, sous le nom
selon leur habitude, contre notre Ordre respec- d'Adriano Lemmi. âgé de 22 ans, sujet toscan,
table. Nos adversaires ont riposté par des cla- venant de Livourne, était bien notre Lemmi,
meurs furieuses; aujourd'hui, la presse cléricale, natif de Livourne, le seul Adriano Lemmi
obéissant à un mot d'ordre, traite de calomnia- italien et toscan (voir le jugement de condam-
teur notre très cher F.-. Floquet et lui prodigue
nation elles constatations d'état-civil, qui ont
l'outrage.
« Cependant, l'affiliation de Mastaï à notre été publiés dans le numéro-spécimen de notre
Ordre, du moins au temps de sa jeunesse^ est en Bévue Mensuelle).
quelque sorte de notoriété publique. Le fait a été Revenons à l'incident Floquet, qui montre
cent fois cité dans nos Loges ; divers écrivains, bien que Lemmi, tout gallophobe enragé, qu'il
nos frères et nos amis, l'ont publié. Il ne se peut' est, jouit de l'amitié et même de la vénération:
pas qu'une opinion aussi accréditée ne repose des dignitaires du Grand Orient de France.
sur aucun fondement et soit uniquement la con-
Lemmi, ne trouvant rien dans les archives
séquence d'une fable, imaginée on ne saurait par de la Maçonnerie italienne, envoya aux frères
qui ni dans quel but. et amis de Floquet le télégramme que voici :
« Il est donc nécessaire, bien cher et vénéré
grand-maître, d'imposer silence à nos ennemis. « A la Chancellerie du Grand Orient de France,
Aussi, nous avons recours à votre sagacité et à. riie Cadet, 16, à Paris.
vos lumières. Vous pouvez* en consultant lès
archives de la Maçonnerie, italienne, notre soeur, _« Le bruit a toujours couru véritablement que
: Pie IX avait appartenu soit au Carbonarisme
affectionnée, nous "fournir l'arme dont nous avons soit à la Maçonnerie; mais nous n'avons jamais
besoin. Nous comptons sur vous. Vu l'urgence,
pu avoir un document sérieux pour prouver son
répondez-nous par dépêche télégraphique; il initiation dans les Ventes ou dans les Logés
nous suffit d'avoir le numéro matricule et la date italiennes.
d'initiation Mastaï. Votre dépêche sera publiée . « ADRIANO
immédiatement par nos soins, et nos ennemis LEMMI,
« grand-maîtrede la Maçonnerie
italienne.»
seront ainsi confondus.
« Dans cette attente, très puissant et illustre Cette réponse ne faisait pas l'affaire du
grand-maîtrej nous avons la faveur de vous Grand Orient de France ; aussi les amis du
« LE DIABLEAU XIX0 SIECLE»
DÉ LA PUBLICATION
COMPLÉMENT'

F.-. Floquet se gardèrent bien de la* publier, toast gallophobe du banquet de Naples (19
et, à plus, forte raison, ils ne soufflèrent mot décembre 1892) ; depuis ce discours, le Grand
de leur appel axix lumières du grand-maître Orient de France a • rompu toutes relations
italien. • avec le grand-maître italien. »
Et A'ôici ce qui prouve jusqu'où va. la mau- Etant donné que ces gens-là, et leurs auxi- •
vaise foi du Grand.' Orient de France '. le 27 liaires ont l'audace de tous les mensonges,
décembre. 1891, c'es-à-dire bien après la récep- il faut prévoir la. réplique et l'empêcher de se
tion du télégramme qu'on vient de lire, le produire.
F'.-. Henry Vaudémont, rédacteur du Bapp>el, Eh bien, voici la preuve indéniable de là.
deuxième surveillant; .de la loge la Jérusalem continuation des bons rapports entre le Grand
des Vallées Egyptiennes, du Grand Orient de Orient de la rue Cadet, cfont les dignitaires se
France, publiait, dans une feuilleimiommable, disent français et, même patriotes, et l'intrus
le prétendu fac-similé d'un prétendu diplôme du palais Borghôse, -l'ennemi de Dieu et de la
délivré censément le 15 août 1839 par une France, l'homme quia hautement affirmé qu'il
loge de Païenne à Giovanni Mastaï-Ferretti entrait, dans le plan de la franc-maçonnerie
(nom de Pie IX) pour certifier son initiation universelle d'enlever à nôtre pays Nice et la
maçonnique. Ce diplôme était un faux ; la loge Corse pour les donner à l'Italie.
indiquée n'avait jamais existé (la Catena Cette preuve, nous mettons la. presse maçon-
Elerna) à Païenne ; les signatures figurant au nique française au défi de la détruire, même
bas du diplôme reproduit soi-disant en fac- de la. contester : le Grand. Orient de France
similé étaient fout autant de faux. possède à Rome un Garant d'Amitié auprès du
11 fallut, on s'en souvient, pour faire cesser grand-maître Adriano Lemmi,. et le graud-
cette mauvaise plaisanterie qui n'avait que maîlre Adriano Lemmi possède à Paris un
trop duré, l'intervention .de M'. Léo Taxi], qui, Garant d'Amitié auprès du Grand. Orient de
dans une lettre insérée le V>janvier 1892 dans France.
YOsservatore Caltolieo, de Milan, mit publi- D'abord, nous demandera-t-on, qu'est-ce
quement Adriano Lemmi au défi de produire qu'un Garant d'Amitié ?
une j)ièce quelconque établissant, même indi- Nous allons en avoir la définition par le
rectement, l'affiliation de Pie IX à la franc- Grand Orient de France lui-même. Lisez bien
maçonnerie. Pour donne)- une sanction à son la pièce que nous reproduisons, chers lecteurs ;
défi, M. Léo Tax.il s'offrait à verser cinquante c'est un document, ceci ! .
mille francs au Grand Orient.d'Italie, s'il ne
parvenait, pas à prouver l'imposture de la secte, DÉCRET DU 29 MARS 1888
et demandait que Lemmi versât, pareille concernant l'échange des Garants d'Amitié
somme, dans le cas contraire, au directeur de avec les Puissances maçonniques ayant leur
YOsservatore CaUolieo, pour être distribuée siège hors de France.
aux pauvres de Milan. Rien entendu, M. Léo Le Conseil de l'Ordre, réuni en Tenue Pléuière,
Taxil ignorait alors la demande de rensei- Considérant qu'il y a lieu de régler, d'une
gnements du Grand Orient de France à Lemmi façon définitive, l'échange des Garants d'Amitié
et la réponse de celui-ci ; celte correspondance
entre les Puissances maçonniques étrangères,
avait été tenue rigoureusement secrète, mais
d'une part, et le Grand Orient de France,
notre ami avait depuis longtemps étudié la. Suprême Conseil pour la France et les posses-
question et savait que la légende de Pie IX sions françaises d'autre part;
franc-maçon était une fable inventée à. plaisir Considérant que, dans ce Règlement, il y a
lieu de consacrer là liberté d'action absolue de
par les sectaires.
Mis au pied du mur, le grand-maître Lemmi chaque Puissance Maçonnique au regard des
Garants d'Amitié qui" sont accrédités auprès
se décida enfin, mais dé fort mauvaise grâce, d'elle, puisque c'est avec ceux-là qu'elle est
à faire un aveu public de la fausseté de la appjelée à entretenir directement des
légende, et. cet aveu fut inséré, le 8 janvier,relations quotidiennes, et que la qualité
dans le Secolo, de Milan. . depersoiïa grala est la première condition de
la confiance réciproque qui doit res-
serrer les liens fraternels qu'il s'agit
Ce que nous voulons retenir de ce qui pré- d'entretenir et de fortifier;
cède, c'est la preuve des excellentes relations Décrète :
existent, entre le Grand Orient de France ARTICLE 1er. — Les Garants d'Amitié qui
qui
ci Adriano Leiumi. représentent les Puissances maçonniques étran-
Allons maintenant au devant d'une objection. gères auprès du Grand Orient de France, ou le
le Grand Orient de France auprès des Puissances
Si nous nous arrêtions ici, les. journaux maçonniques étrangères, continueront, comme
inféodés au Grand Orient ne manqueraient pas par le passé, à être nommés par les Puissances
de dire : qu'ils sont appelés à représenter, sur une liste
« — L'incident Floquet. est antérieur au de présentation de trois Frères agréés, établie
76 BEVUEMENSUELLE,
BELIG1EUSE,
POLITIQUE,
SCIENTIFIQUE:

par la Puissance auprès de laquelle ils doivent confiance entre les deux Puissances est réci-
être accrédités. et qu'il s'agit, de part et'd'autre, de
ART. 2. — - proque,
Les Garants d'Amitié uommés par resserrer
le Grand Orient de France pour être accrédites chaque jour ces liens fraternels et de
les fortifier.
auprès des Puissances maçonniques étrangères, C'est clair, cela.
et remplissant leur mandat fraternel dans les
Orients desdites Puissances, conservent leurs Par conséquent, il est de. toute évidence que,
fonctions jusqu'au moment où l'une des Puis- si l'une des deux Puissances vient à- trahir la
sances ayant contracté avec l'autre des rela- confiance de l'autre, la rupture des relations
tions d'amitié, avertit celle-ci qu'il y a lieu de s'opère de la façon la plus simple : il suffit à
procéder à un nouvel échange de listes de pré- la Puissance-lésée de supprimer son Garant
sentation . d'Amitié auprès de la. Puissance qui a mal
ART. 3. — Les Garants d'Amitié uommés par-
les Puissances maçonniques étrangères pour agi vis-à-vis d'elle,.
être accrédités en leur nom auprès- du Grand Or, si les membres du Grand Orient de
Orient de France, et. remplissant leur mandat France sont 'vraiment patriotes, quel outrage
à Paris, sont tous les ans, après le renouvelle- ont-ils pu recevoir plus sanglant que celui du
ment par tiers du Conseil de l'Ordre, l'objet d'une toast; porté le 1.9 décembre 1892, à Naples, par
communication du Grand Orient: aux dites Puis- Adriano Lemmi ?
sances, tendant .soit à les déclarer maintenus, Ce grand-maître a déclaré dans son discours,
comme agréés par le'nouveau Conseil, soit à et publié ensuite dans la revue qui est; l'organe
saisir la Puissance d'une nouvelle liste de pré- du
sentation, aux fins d'une nomination à faire pai- brement Suprême Conseil de Rome, que le démem-
de la France au profit de l'Italie fait
erie.
ART. 4. — Le-Grand Orient de France ne fait partie du plan arrêté dans les hauts; conseils de
aucune distinction, au point de vue de la souve- de la Maçonnerie uniA'erseJle ; il a indiqué
raineté maçonnique et 'des relUions frater- en des termes sur lesquels il est; iiujmssible de
nelles qu'il s'agit d'assurer à Vextérieur, entre : se méprendre, que c'est; de Nice et de la Corse
1° les Grands Orients possédant, confondue dans que l;i France sera amputée.
leur sein propre, l'autorité d'un Suprême Conseil ; Cette déclaration est, ' nous le répétons, du
2g les Grands Orients ne possédant pas de Su- 19 décembre 1892.
prême Conseil; 3° les Suprêmes Conseils, élus Eh ouvrons YAmmaire officiel dit
ou non élus, possédant"dans leur juridiction des Grand bien, Orient de France, année 1893, paru
Ateliers de tels ou tête degrés ; et'-l" les Grandes dans
les premiers jours d'avril (l'année maçon-
Loges indépendantes, c'est-à-dire non soumises
à un Pouvoir maçonnique distinct d'elles et nique commençant en mars), soif trois mois
accepté par elles. après ce toast an/i.français.
Ces différentes formes do l'exercice de la Nous trouvons aux pages 78 et 86 la preuve
souveraineté maçonnique sont également, res- flagrante que. cette déclaration du grand-maître
pectées par le Grand Orient, do France, pourvu italien, qui est le dernier des outrages pour
que leur origine ait été régulière et; leur Tor- tout français vraiment patriote, n'a jias ébranlé
•.mation conforme aux traditions universelles de la confiance du Grand. Orient de France en
la Franc-Maçonnerie-
Fait à. l'orient de Paris, le 29 mars.1888 (ère Adriano.Lemmi, n'a. pas provoqué la rupture
des relations fraternelles avec lui !
vulgaire).
Le Président,du GmseUde l'Ordre: Page 78, on lit :
FRÉDÉRIC OESMONS, 33" Garant d'Amitié du Grand Orient et Suprême
Les Vice-Présidentsdu Conseil: Conseil d'Italie auprès du Grand Orient de
AUGUSTE POVJLLE, 33".— CHAULESFOOTAINAS, 33» France:
Les Secrétairesdu Conseil: • . le F. •. Armand Croissant, 83°, archi-
PAUL VtGLOEK, 33e.—'HENRI BQIJGH.ERON, 33" tecte-vérificateur, 3, rue Scheffer, à Paris..
Le GardedesSceaux: M. 'Armand Croissant a donc continué à. être,
ROBOLPBEBURGUKS, 33" aujnès du Grand Orient.de France, la persona
Ainsi, il résulte aussi nettement que pos- grala, le garant de l'amitié (?) d'Adriano
sible cru document ci-dessus que, lorsque deux Lemmi, grand-maître du Grand Orient et du
Puissances maçonniques ont établi, l'une au- Suprême Conseil d'Italie.
près de l'autre, ce qu'en argot sectaire on Page 86, on lit :
nomme un Garant d'amitié, c'est'que ces deux . Garant d'Amitié du Grand, Orient de France
Puissances (GrandsOrieiits, Suprêmes Conseils; auprès du Grand Orient et Suprême Conseil
ou Grandes-Loges) ont contracté des relations i. d'Italie .-le F..-, général Giacomo Sani, 33e,
'd'amitié. Il en. résulte encore que ce titre de député au Parlement, à Rome.
.Garant d'Amitié n'est pas un. vain, titre, mais; On dira ce qu'on voudra, mais c'est violent.
que le titulaire remplit de 'réelles- fonctions ; Ces choses-là doivent être divulguées. C'est
que les relations fraternelles des deux Puis- - d'autant plus violent, que te général Sani,
sances amies sont quotidiennes par l'intermé- choisi par le Grand- Orient de France comme
" 'du
Garant, lequel .est persona g rata ; que lat. I Garant d'Amitié auprès du Suprême Conseil
« LE DIABLEAU XIXe SIECLE»
BE LA PUBLICATION
COMPLÉMENT 77.

— § IX. De quelle manière passa des mains de -.


italien dont le grand-maître est Lemmi, et,
François II aux mains de Victor-Emmanuella flotte des
par conséquent auprès de Lemmi, est lui- Deux-Siciles, ainsi que les villes de Naples, de Gaëte,
même un caudataire de Crispij un irrédentiste —
etc. § X. La Maçonnerie ne prescrit pas seulement
à. outrance, un gallophôbe aussi forcené que à ses adeptes militaires de s'entr'aider de la sorte ;
mais elle le prescrit à tous ses adeptes, quelle que soit
Crispi et Lemmi ! leur profession ou leur état. — § XL Troubles et
Allons jusqu'au bout. ' désastres que doit souffrir la société humaine quand
Pourquoi le Grand Orient de France, après ces prescriptions sont mises en pratique soit par les
le discours de Naples, n'a-t-il jias rompu, pour- tribunaux, soitparles fonctionnairesdes administrations
"
quoi aujourd'hui encore, ne proclame-t-il pas publiques.
la rupture avec Adriano Lemmi ?
Parce qu'il ne le peut pas. ' Avant d'examiner la moralité et les effets de •
Dans les simples Loges et... au dernier Cou- l'obligation que cou tractent les Maçons de s'en-
tr'aider en tout et partout, jusqu'à devoir s'é-
vent de l'a rue Cadet, des simples maçons, de lancer au secours de leurs Frères qui, en temps
ceux « à qui la prudence nécessite de tenir de guerre, se trouvent dans les rangs ennemis
cachées les forces motrices de l'Ordre »', ont et font au milieu des combats le signe de dé-
protesté contre le maintien des relations fra- tresse, citons quelques passages, pris dans les
ternelles avec l'homme qui a juré et qui com- écrits et les discours des auteurs les plus estimés
plote le démembrement-de notre pays ; mais dans l'Ordre, où ce principe est établi ; nous al-
ce sont là des paroles qui ne peuvent être sanc- léguerons ensuite quelques exemples empruntés
tionnées par aucun acte du Conseil de l'Ordre. également à des auteurs renommés où. ce
Le Grand Orient de France, qui subit principe est mis en pratique, et nous finirons par
l'amitié de Lemmi condamné en France'pour faire voir les désastres que peut produire un tel
vol et qui lui témoigne estime et vénération, principe, une telle morale. Débutons par le F.
Bouilly, qui fut longtemps Grand-Maître en
est obligé de subir encore Lemmi an fi français, second de l'Ordre Maçonnique en France et qui
de s'incliner devant lui. •
passe pour un oracle parmi les siens : « Entre
Celte honte a une cause, une raison secrète, Maçons,-dit le F.-. Bouilly, la puissance des liens
que les 33usde la rue Cadet ne peuvent avouer fraternels est si forte, qu'elle s'exerce même
aux simples Loges et aux simples maçons : entre ceux que les intérêts de la patrie ont
c'est que, si Lemmi ne jiaraît. aux yeux des divisés. » Puis, s'adressant aux Maçons,, qui, en
initiés incomplets que comme grand-maître temps de guerre, sont sou s les drapeaux, il ajoute
italien seulement, il est, d'autre part, et en ces paroles significatives : « Ne distinguez 'ni la
nation ni les uniformes; ne voyez que des Frères,
réalité, chef souverain de la secte, placé au- et songez à vos serments (1). »
dessus de tous les rites, grand-maître.suprême Le F.-. Lefebvre, d'Aumale, faisant la fonction
de la Ira ne-maçonnerie universelle. d'orateur au Grand Orient de France, prononça,
11leur faut donc, à tous, subir cet homme •àla fête solsticiale du 24 juin 1811, un discours
taré et ennemi, de notre pairie ou démission- dont nous extrayons le passage suivant :
ner comme, maçons, d'une façon complète et « On objecte que toutes les industries étant,
absolue. comme les religions, libres et tolérées, les asso-
J.-B. Vernay.. ciations secrètes sont devenues inutiles. C'est une
erreur. D'abord, en fait d'industrie, le principe
d'association en est le plus ferme soutien: il
I*A, TRAHISON suffît, pour s'en convaincre, de jeter les yeux sur
PRÉCONISÉE PARLAFRANC-MAÇONNERIE (1) . les compagnons de toutes les professions indus-
trielles qui, une fois admis au compagnonnage,
de parcourent les climats les plus éloignés, se font
Dangers et désastres pouvant résulter reconnaître de leurs Frères, et obtiennent de
l'obligation' contractée par les francs-maçons
de voler, sur le signal de détresse, au secours l'ouvrage selon leurs professions, des secours
leurs besoins ; si éloignés qu'ils soient de
de leurs Frères qui, en temps de guerre, se selon leur famille naturelle et de leur patrie, ils trou-
trouvent dans les rangs ennemis. vent une famille d'adoption qui les protège, les
Sommaire. — § I. Théorie de cette obligation, éta- soutient et les console. Mais la fait
blie par les plus hauts dignitaires de l'Ordre. — § 11. bien plus, elle agit dans un cercleMaçonnerie : ce
plus grand
Exemples de Maçonsqui ont agi d'après ce principe.— ne sont seulement les hommes d^'imeseule
§ HT.Fait,arrivé près de Salamanquependant la guerre professionpasqu'elle unit, ce sont tous les hommes
d'Espagne.—.§ IV. Autre l'ait arrivé près d'Almavez,
à la même époque. — § .V. Fait plus odieux encore entre eux, sans distinction d'état, d'âge ni de
qui a eu-lieu au commencementde ce siècle à l'Ile de fortune. On a même vu sur des champs de bataille '
France. — § VI. Création d'un pavillon maçonnique des combattants, sur le point de s'égorger, se
qui sert de'signal de. détresse. — § Vil. Ce pavillon,v faire un signe, s'arrêter... Car les lois inexora-
est destiné à appelerle secours des Maçonsqui, dansun bles de la guerre ont elles-mêmes fléchi sous
combat naval, se trouvent-sur les vaisseaux ennemis. —
en résulter. la puissance maçonnique; et c'est, peut-être la
§ VIII. Dangers et désastres qui peuvent preuve la plus palpable de son immense pou-
Cetarticleest la reproduction
(1) d'unchapitrede l'ouvrageLa'• voir. Oui, la guerre détruit les villes, les Etats,;
Franc—Maçonnerie soumise au graïid.jov.rile lajmhliaié,par M.
AmandNe'ut: Bienquecet.ouvrage ait été publiéen 18GG, nous >. (1)Mesrécapitulations, par le F.-. Bouilly,
citésdans le Globe,
ci-ovousquecechapitre si intéressantest toujours d'actualité.
78 hlîVUËMENSUELLE,
îlELiGiEUSE, SCIENTIFIQUE
POLITIQUE,

c'est la destruction générale : et voilà ce que ni trouvé autrefois dans la ]oge. A peine s'applau-
les rois, ni les citadelles, ni les grands capitaines dissait-il d'être assez loin de lui pour ne pas
ne peuvent faire pour arrêter ses ravages, un devoir l'attaquer, qu'il le voit entouré et blessé.
seul signe, Un seul emblème les suspend, un seul FI oublie tout alors, se précipite vers lui, et le
mot arrête le carnage. Mais, chose plus admi- dégage, au risque de passer pour traître.-»
rable encore : à ce signe vénérable, on a vu des (T. R, p. 52.)
combattants jeter leurs armes, se donner le « Le même jour, deux jeunes officiers anglais
baiser d'union, et, d'ennemis qu'ils étaient, commandaient une escorte qui conduisait plu-
redevenir à l'instant amis et frères, AINSI sieurs centaines de prisonniers français, dont
QUE LE LEUR PRESCRIVAIENT LEURS SER- les officiers se firent reconnaître pour" Maçons.
MENTS(1). » Pour être fidèles à leur parole maçonnique", les
D'après ces principes, les intérêts de la patrie officiers anglais se préparèrent à "les défendre
doivent le céder à ceux de la loge ; au fort du contre les Prussiens, et « on aura de la peine à
combat, le militaire Maçon doit se souvenir, non le croire (ce sont les propres paroles des Anna-
des serments qu'il a faits à son souverain, à la les elles-mêmes), on aura de la peine à le croire,
constitution de l'Etat et à son drapeau, mais des mais il est de toute vérité que le combat s'enga-
serments faits à la loge : les lois de la guerre, geait entre les vainqueurs (anglais et prussiens),
d'où dépend le succès du combat et d'où peut quand la voix d'un général prussien le fit
dépendre le salut de la patrie, ces lois, inexora- cesser. » (T. II, p. 54.)
bles partout ailleurs, cessent de l'être quand deux Il n'y a personne qui ne voie quelle perturba-
Maçons se trouvent en face. Les intérêts de la tion, quel désarroi des actions semblables, au
patrie divisent les combattants, n'importe; les fort du combat, peuvent mettre dans une armée ;
intérêts de la loge doivent les unir ; la Maçon- elles peuvent décider du sort de la bataille. Si
nerie permet d'embrasser ceux que la patrie elles s'étaient reproduites à celles de l'Almà,
ordonne de combattre ; que dis-je? leurs ser- d'Inkermann, de Magenta ou de Solferino, ou à
ments maçonniques le leur prescrivent. Et qu'on l'assaut du fort Malakoff, qui sait quelle aurait
le remarque bien, ce qui est prescrit à un Maçon été l'issue de ces batailles et de cet assaut ? Les
est prescrit à cent, à mille, à tous; ce qui "est lois de la guerre, pas plus que la saine morale,
prescrit à. un simple soldat Maçon, est prescrit à ne permettent de prendre la défense d'un ennemi
l'officier Maçon, au général Maçon. contre ses propres gens ; elles ne permettent
« Parmi nos Frères qui suivent les bannières pas de dégager, au milieu d'une furieuse charge
de Mars, dit le F.-.Duplais (dans un discours qu'il de cavalerie, un ennemi entouré, au risque de
prononça à l'occasion-d'un banquet où quatre passer pour traître ; elles ne permettent jjas
loges dés plus renommées de Paris étaient réu- d'engager le combat contre ceux de son parti
nies), je vois deux guerriers entraînés par leur pour être fidèle à, la parole maçonnique.
aveugle fureur, se menacer de loin, agiter en Cependant, les Annales maçonniques qui rap-
leur main an glaive meurtrier; leur acharne- portent ces actions trouvent que ce sont là « des
ment est au comble, la rage se peint dans.leurs traits qui honorent la Maçonnerie », et elles
farouches regards, ils sont près de s'atteindre. ajoutent que « ceux qui ont agi de la sorte
Cependant un sentiment secret les arrête : un croient n'aA?oir rempli que leur devoir, n'avoir
signe, un cri, partant de l'un des combattants, suivi que leurs serments, n'avoir fait que mettre
anéantissent la fureur qui les animait ; on les en pratique la morale de la Maçonnerie. » (P. ¥.)
voit s'élancer l'un vers l'autre, mais c'est pour et 56.)
se donner le baiser fraternel (2). » III
II Citons encore d'autres faits que rapportent éga
Voilà la théorie, voici la pratique. Ainsi que lement des écrivains de l'Ordre, d'une ortho-
doxie maçonnique incontestée.
l'avoue un Maçon distingué (3), « les dernières En voici d'abord un, arrivé en Espagne lors
guerres européennes contre la France sont de la
riches en exemples où l'assaillant baisse les guerre qu'y firent les Français sous Na-
. armes, où l'officier arrêta sa troupe, pour sauver poléon. Nous le rapportons d'après la Revue
un Frère qu'il aperçut sont l'uniforme. » maçonnique Lalomia (T. 11, p- 189) :
Les traits que nous allons citer ont rapport à «"Les deux armées (française et espagnole)
la bataille de Waterloo et sont tirés des Annales se trouvaient en face; de Salamanque. Un régi-
des en ment français avait formé un carré ; mais à
maçonniques Pays-Bas, qui rapportent
autres serait d'insérer peine 06116° évolution .avait-elle été exécutée, que
plusieurs qu'il trop long des balles et des boulets de canon vinrent assail-
ici :
« Le 18 juin, au milieu d'une furieuse charge lir le carré. Le chef Dupuy est blessé mortelle-
de cavalerie, un officier belge reconnaît devant ment ; mais, pour sauver le restechef du régi-
lui un de ses Frères d'armes, avec qui il s'était ment, il fit le signe de détresse. Le ennemi
l'aperçoit, et le carnage cesse aussitôt. Ceux qui
(1)Procés-verbal de la fêled'Ordre,célébrée parle (îr.-.0.-,de peuvent se faire connaître comme Maçons sont
l e
France, Voir0= jour du 4"moislunaire (Tainuz) l'ande la vraie internés dans la ville voisine, sur leur parole
lum.\5841. le t.
Globe, 111, «G.
(2)V t. IV,p.210. p.
oirle Globe, d'honneur ; des vêtements, de l'argent, toutes les
de la brochure
(3)L'auteurinBeulschlaïul :DieGetjenwart und Zukunftder provisions nécessaires leur sont procurées, et
Freimaurerei (p.33).
L 1834.Voici
eipzig, le texte
« DieletztenEuropaiscben g egen Frankreicli sind ces braves durent tout cela à la générosité d'un
primitif:
reichan solchenlîeispielen, wo Kriege
der feindlicbeAngreifseine homme
Wallonstreckte,derofficier seineeigeneMannschaft zuriickhiell, qui n'avait avec eux d'autre lien que
ijrndenerkantenBraderin deniniformdesFeindes auscbohen. » celui du serment maçonnique. »
COMPLEMENT'
DE LA PUBL1 »
CATION« LISDIABLEAU X1XUSIECLE" 79

M. G-yr, en citant ce passage, fait la remarque t


tenté d'égarer une colonne ; on conçut dès
suivante : ^soupçons, et l'on découvrit sous ses vêtements
« Les Maçons ne manqueront pas d'exalter la des t instructions secrètes données par le général
magnanimité du général espagnol envers les < espagnol Cuesta. Je me rendis dans son cachot.
compagnons d'armes du commandant Dupuy. ]Il avait été condamné à mort et se montrait ré-
« Voilà, diront-ils, un exemple de là magnant- isigné. 11me demanda seulement tout ce qui était
« mité du Maçon envers ses frères ! Voilà le nécessaire i pour écrire à sa femme et à ses
« respect que nous avons pour les lois naturelles .<
.enfants. Son nom était Santa-Croce. Apres quoi
« de l'humanité ! » (1) Quant à nous, simples i me donna la main, fit l'attouchement maçon-
il
profanes, nous ne voyons dans la conduite du inique ; et lorsqu'il eut reconnu que j'étais" un
général espagnol qu'un parjure. » frère, il me donna le nom de libérateur. Je
N'avait-il pas juré de défendre sa nation, d'o- m'adressai ensuite à mon major, le baron Jamin,
béir à ses chefs et, partant, d'anéantir l'ennemi à; qui je décrivis en termes chaleureux ce qui
qui souillait de sa présence le sol sacré de la venait de se passer, et j'eus le bonheur d'exciter
patrie ? Ces soldats Maçons qu'il a épargnés ses sympathies. « Suivez-moi,, dit-il, allons
n'auront-ils pas, peu de temps après, com- trouver le général Barrois, et songeons au moyen
battu la brave nation espagnole et contribué de sauver ce malheureux. » Je répétai mon récit
ainsi à faire prolonger uqe guerre aussi cruelle au général. Celui-ci s'empressa de se rendre
qu'injuste ? Que de malheureux Espagnols se- auprès du maréchal Victor, d'où il revint bientôt
ront peut être tombés plus tard sous le sabre de en nous annonçant que YEspagnol ne devait p>as
ces soldats épargnés par la fausse générosité être jugé par 'un conseil de guerre, mais être
d'un général ennemi ! C'est ainsi qu'en se mon- considéré comme un prisonnier ordinaire. »
trant bon Maçon, il a trahi sa patrie ; c'est ainsi Voici ce que j'ai lu dans un journal anglais :
qu'en accordant la vie sauve à des ennemis, il a « Au nombre des Espagnols qui ont rendu les
fait massacrer ses compatriotes. Et qu'on n'ob- plus éminents services à leur patrie, il faut
jecte pas que le général espagnol a fait preuve placer le célèbre Santa-Croce, qui, après avoir
d'humanité en épargnant des ennemis ; qu'on ne été renfermé dans la Citadelle de Ceuta, a eu le
dise pas qu'en blâmant sa conduite en cette cir- bonheur de s'échapper (1). »
constance, nous montrons des instincts sangui- « Ainsi, voilà qui est clair, dit encore M. Gyr.
naires. Nous répondons que le serment fait au Un espion qui, d'après les lois de la guerre, "est
drapeau impose des devoirs dont, le uon-accom- condamné à être fusillé, un homme qui avait
plissement constitue un parjure. Nous disons rendu d'éminents services à la cause de son
que la guerre a ses lois horribles, il est vrai, pays, c'est-à-dire, en d'autres termes, qui avait
mais reconnues par tous les peuples, lois d'a- fait aux Français un tort considérable, Santa-
près lesquelles la destruction d'un bataillon Croce échappe à la mort par l'attouchement
carré n'a jamais été considérée comme une bou- maçonnique, désouvreun frère dans son ennemi,
cherie humaine, du moment qu'elle est néces- voit violer en sa faveur les lois de la guerre, est
saire au succès de la guerre, et que l'ennemi, transféré dans une citadelle au lieu d'être passé
supposé injuste dans son agression, ne veut pas par les armes, et puis a le bonheur d'échapper !
déposer les armes. Sans aucun doute, ce bonheur ne fut pas dû à
un aveugle hasard, mais aux intelligences et au
IV dévouement de ses frères. Cette supposition
Voici un autre fait de même nature. Le n'est pas sans fondement. Après avoir violé une
F .-. Marinier, qui en fut l'auteur, le rapporte lui- première fois le serment fait au drapeau, les
même de la manière suivante : chefs Maçons devaient, pour être conséquents
« Lorsqu'en IS08, le premier corps d'armée avec eux-mêmes, ne rien négliger pour pro-
passa le Tage, près d'Almarez, sous le comman- curer à leur Frère les moyens de s'échapper.
dement du maréchal de Rellune, je commandais Double parjure, dont les conséquences auront
une compagnie de voltigeurs du 24° régiment de été funestes aux troupes françaises. Santa-
ligne, qui formait l'avant-garde. Parmi les habi- Croce, que l'on affecte de représenter comme un
tans de l'autre rive, auxquels je m'adressai pour homme de haute naissance et d'une intelligence
obtenir des renseignements, un homme d'une supérieure, aura continué de rendre à sa patrie
belle figure et d'une stature colossale attira sur- d'éminents services, soit en continuant son rôle
tout mon attention. Il portait les vêtements d'un d'espion, soit en nouant des Rapports avec des
muletier, qui contrastaient singulièrement avec Anglais, soit enfin en maniant ce terrible mous-
son port majestueux, et il répondait à toutes mes quet qui abattit des milliers de Français dans les
questions avec une précision et une clarté qui embuscades des Guérillas (2). »
annonçaient une grande présence d'esprit. Tout V
son extérieur avait quelque chose .de chevale-
resque. Je le donnai à un officier de l'état-major Citons un autre fait plus odieux encore, arrivé
comme guide à travers les montagnes. Dès le au commencement de ce siècle à l'Ile de France
soir du même jour, j'appris que ce guide avait (Maurice), au temps que le général Decaen y
Ce que M.(îyrsupposecommedevantprobablement avoir commandait. Le voici, tel que le journal le Franc-
eu(1)
lieuest réellement a rrivé: un
dans discoursque le Fr: Ni- Maçon le rapporte :
velleprononça dans la, logedes Cosmophiles, l'actiondé Dupuyj
commeun beautrait de clémence,
est représentée uu acte d'hu- i «"A cette époque, il y avait à Maurice, comme
manité, un Irait héroïque. LeF.-. Nivelles'extasieà cetteocca prisonnier de guerre, un
siondevantla Maçonnerie, ens'êcriant: « 0 ô su- capitaine auglais
blimeinstitutionI » et finitparluidécernerlmerveilleuse,
e titredeReinedesj; (1)VoirleGlobe (t.III,p: 483).
associationsbienfaisantes. (Voirle Globe,t. ],p. G2.) 1 (2)LaFranc-Maçonnerie enelU-même,
]).100.
80 BEVUEMENSUELLE,
RELIGIEUSE,
POLITIQUE,
SCIENTIFIQUE

nommé Owen. 11avait été enfermé dans un des SUPREME CONSEIL DU 83e ET DERNIER
pavillons de la maison qui se trouve aujourd'hui DEGRÙ
être celle de la famille d'Epinay, rue du Rem- Grande Loge centrale de France, rite écossais
part. Ennuyé de sa réclusion, et voulant respirer ancien accepté
pendant quelques heures l'air de la liberté, il
attacha un soir des draps à la fenêtre, et il fut (Extraits des délibérations du Suprême Conseil
bientôt'dans la rue... Malheureusement pour lui, de France, séance du 8" jour de la lune Ya.r,
il rencontra une ronde de police, il fut arrêté,, second mois de l'an de là grande lumière 5842
mais seulement après un combat prolongé, dans (18 avril 1842.)
Art. 3 : « Tout capitaine Maçon est autorisé à
lequel plusieurs gardes-police furent blessés
par le capitaine Owen qui était armé. arborer, en cas de danger, un"pavillon maçon-
« Qu'on juge de la colère du général Decaen. nique à ses mâts. Ce pavillon doit, être carré et
Prisonnier de guerre, le capitaine Owen avait ainsi dessiné en bleu sur fond blanc : DEUX
non seulement rompu son ban, mais blessé des MAINS ÉLEVÉES ET SERREES EN SIGNE DE
agents de l'autorité dans l'exercice de leurs DETRESSE, AVEC LA CROIX AU-DESSUS (1).
fonctions. Le capitaine Owen fut renvoyé de- Art. 4 : « Ce pavillon, ainsi décrit qu'il vient
vant un conseil de guerre et était exposé à une d'être dit, couvre tout l'équipage et appelle le
condamnation à être passé par les armes. secours de tout Frère qui peut l'apercevoir:
«. Il fallait à tout prix, pour sauver sa vie, ne pas voler à ce signe, c'est for faire à la fra-
obtenir du gouverneur que le capitaine ne com- ternité et à l'honneur maçonniques.
parût pas devant le conseil de guerre, où, Art. 7 : « La partie de ce décret qui regarde
d'après les lois militaires, sa condamnation était l'établissement, et la fixation du pavillon sera
certaine. Des démarches furent faites, mais signifiée à nos ateliers et à nos Frères de tous
restèrent vaines. Le général Decaen voulait les rites et de toutes les obédiences.
faire un exemple rendu nécessaire par suite de « Signé à la minute : le comte de Chabrillant,
la grande quantité de prisonniers anglais dans comte de Monthion, Allegri, Guifirey, comte de
le pays. Fernig. comte Decazes.
« Grâce au ciel, le capitaine Owen était « Par ampliation : Le chef du secrétariat
Maçon. La loge dé ïa Triple Espérance, infor- par intérim.
mée du fait, se rendit en députation au gouver- « DESFAMMES. »
nement. Le général Decaen était lui-même
Maçon. Le capitaine Owen fut sauvé et mis en VU
liberté sous la caution de l'atelier (1). •»
Je le sais, la Maçonnerie, pour s'innocenter,
Ainsi, bien qu'un exemple fût nécessaire,
le prisonnier de guerre qui, pour respirer prétendra que ce jpavillon de détresse n'est pas
destiné à être arboré dans un combat naval,
pendant quelques heures l'air de la liberté, mais à servir dans d'autres cas <.ù un Frère
avait blessé à main armée plusieurs gardes-
police dans l'exercice de leurs fonctions, fut pourrait avoir besoin du secours de son Frère.
sauvé et mis en liberté. M. Eckert a prévu- cet échappatoire et y a ré-
Nous laissons au jugement du-lecteur l'appré- pondu d'avance. « Le pavillon de détresse, dit-
ciation d'une morale qui, aux intérêts de toute il, a évidemment un sens pratique. Or, il ne peut
une colonie, préfère les intérêts d'un simj)le en avoir un tel s'il n'est destiné aux combats
sur mer. Car, en dehors des combats, il y a des
Maçon gravement coupable, coupable dJavoir
blessé à main armée des agents de l'autorité signes comremionnels qui, reconnus par le droit
dans l'exercice de leurs fonctions. Cependant des gens, obligent quiconque les aperçoit à por-
ces faits immoraux, ces actions subversives non ter secours, et auxquels tout honime "d'honneur
seulement de toute discipline militaire, mais s'empresse d'obéir. Que si les Maçons ont besoin
encore de tout droit et de toute justice, la Ma- d'avoir un signal particulier pour,- en dehors
d'un combat naval, répondre aux signes de
çonnerie les approuve, elle loue ceux qui les
commettent,- elle déclare qu'ils ne font que leur détresse, c'est qu'ils ne respectent pas le droit
des gens et qu'ils sont mauvais citoyens. Or,
devoir, elle prononce qu'ils ne pourraient agir comme les Maçons repousseront cette suppo-
autrement sans for faire à la fraternité et à
l'honneui maçonniques. sition, il ne leur reste qu'à avouer que leur
pavillon spécial de détresse n'a été créé que
VI pour le cas d'un combat naval, vu que pour
tous les autres cas il existe des signaux conve-
Pour constater cette étrange morale, nous nus. »
donnons ici un document authentique, émané Or, s'il est vrai que ce pavillon est destiné aux
de l'autorité centrale qui. régit la Maçonnerie combats, voici la conduite que la Maçonnerie
française du Rite écossais. A cause de"son ex- prescrit à ses membres, voici l'action qu'elle
trême importance, nous en reproduisons tex- leur impose. Un Maçon quelconque (capitaine,
tuellement trois articles, les seuls que lé journal pilote, amiral ou tout"autre), dès qu'il aperçoit le
le Globe ait jugé à propos de communiquer au (i)l'n journalparisien,le Monde Mnnmnigne, rapporte,danssa
public. Les voici, d'après le journal, le Globe livraison
Hanovre'
de septembre 1SG2, qu'enAllemagne la (irandé-l.oge
a portéun décie!à l'instardeceluiduSuprême de
Franc-Maçon (t. IV,-p. 161) : Conseil
pourrétablissement d'unpari.llonîle détresse.Ce journal re-
. marqueà celleoccasion que,ilsile décretduSuprême Conseil n':\pas
(1) G"'"
Le Franc-Maçon. an., p. GR.Ce journaln'indiquepas eu toulsonell'ctenFranco, fautpeut-êtrel'allribuei'
à la.croix
fait
l'annéeoùce est. arrivé:il se borneà marinierqu'il eu
a quis'yIrouveet qui.comme Jedilcejournal,n'estancunemenl un
lieuen18.. signemaçonnique.
« LE DIABLEAU XIXeSIECLE»
DE LA PUBLICATION-
COMPLEMENT 81

pavillon de détresse sur un vaisseau ennemi, y telle ou telle place, Cherbourg ou Anvers, par
doit porter secours au Maçon qui réclame son exemple ? N'est-il pas à craindre qu'un jour,
secours, il doit cesser de "combattre dans ses malgré de redoutables fortifications, une place,
propres rangs, et, pour aider son Frère de loge, une citadelle soit livrée sur une simple som-
il doit faire! cause commune avec.Feiinerni. Ce mation, comme le fut'en 1793 Mayence, le bou-
Maçon se trouve en face de deux pavillons : il a levard de l'Allemagne, ou qu'elle ne capitule,
devant lui le pavillon ennemi que ie serment de peut-être même avant d'être sommée, comme
fidélité qu'il a prêté à son souverain t'oblige de capitula Malte, le boulevard de la chrétienté en
combattre ; il a devant lui le pavillon de détresse 1798 ? Quand, ainsi que le veut le F.-. Rouilly, le
d'un Frère que son serment de fidélité à la loge militaire ne distingue plus la nation ni les"uni-
=
l'oblige de secourir. En face de ces deux pavil- formes, quand il songe à des serments autres
lons, entre ces deux serments, l'hésitation même que ceux qu'il a prêtés à la nation qu'il sert et au
ne lui est pas permise : il doit, sans la moindre drapeau sous lequel il combat, quand il se croit
perplexité, trahir le pavillon de son souverain permis de faire fléchir les lois inexorables de la
et de sa nation. Car, comme le dit expressément guerre ; alors les places même imprenables
le F.-. Lefebvre, d'Aumale, les lois inexorables de peuvent en moins d'un jour passer en d'autres
la guerre doivent fléchir devant la puissance mains et changer de maîtres sans siège, sans
maçonnique. sommation, comme cela arriva plus d'une fois
VIII- dans les guerres de la Révolution française.
« Dans la guerre de la République, dit M. Barruel,
Qui [ne voit à quel danger toute une flotte, , des chefs sans expérience et sans mérite décon-
toute une armée sont exposées, quand au jour certèrent la sagesse et les mesures des héros les
du combat, à l'heure de la lutte, au moment plus consommés dans l'art militaire. Alors,
critique qui. décidera du sort de la bataille, des dit-il, des hordes carmagnoles et des guerriers
militaires changent de pavillon ou abandonnent d'un jour célébrèrent leur :entrée triomphante
leur drapeau et fraternisent avec l'ennemi? Se dans un grand nombre de proAÛnces; alors toute
conduire de la, sorte, n'est-ce pas commettre le la valeur, toute la discipline des légions d'Au-
crime de félonie à l'égard du souverain, trahir triche, de Hongrie et de Prusse, depuis tant
les iutérêts de la patrie, concourir à la perte de d'années instruites à manier les armes, élevées
la .bataille et parfois même compromettre l'exis- dans les camps par de grands capitaines, deve-
tence de l'Etat? Cette éventualité est d'autant naient inutiles, et les citadelles, malgré l'art des
moins impossible, que, d'après les principes Vauban et des Coëhorn, s'ouvrirent à l'aspect
maçonniques, les officiers et les généraux, tout seul de ces nouveaux vainqueurs (1). »
autant que les simples militaires, doivent, sans
égard pour le serment qu'ils ont. fait au prince, IX.
tenir le serment, prêté .au Vénérable. Comme Eh, qu'avons-nous besoin de recourir à des
nous l'avons entendu de là. bouche du F.-.Le- faits d'une date si éloignée ? N'avons-nous pas
febvre, l'obligation de la fraternité maçonnique vu dernièrement, dans la guerre entre le Piémont
lie tous les Maçons sans distinction : par consé- et les Deux-Siciles une série d'événements qui
quent, les chefs de l'armée aussi bien que les ne peuvent s'expliquer que par la trahison et le
simples soldats. Nous avons entendu aussi le d'hommes qui, pour être fidèles à
F.-. Rouilly, parlant de la-puissance de la frater- parjure
d'autres serments, violent ceux qu'ils ont prêtés
nité entre les membres de la loge, s'adresser à à leur souverain et à leur patrie ? « Qu'avons-
tous les Maçons indistinctement, sans égard 2ious vu en Italie?disait. M. Rogier, ministre des
pour le grade qu'ils ont ni pour le poste qu'ils affaires étrangères en Belgique : une poignée
occupent. Ce ne sont donc pas les soldats seuls d'hommes audacieux déclarent un jour que dans
sur qui cette puissance doit s'exercer, ils ne sont semaines ils se seront rendus maîtres
les quelques
seuls qui, en vertu de leur fraternité de d'une partie de l'Italie, et ce qu'ils disent, ils le
pas
loge, doivent s'unir à ceux dont ils sont divisés font. Et nulle ils ne rencontrent de résis-
en vertu des intérêts de la patrie ; ce n'est ni aux tance sérieuse part les murailles tombent, les villes
;
soldats, ni même aux officiers seuls que les ser- s'ouvrent, les trônes s'écroulent devant eux (2). »
ments maçonniques prescrivent de faire fléchir Nunziante livre au Piémont ses régiments. Per-
les lois de la guerre, de s'arrêter au milieu de la
lutte sanglante des combats ; les généraux des Ainsi sano, sa flotte, et Liborio Romano, la capitale.
armées de terre, comme les amiraux des flottes, que le dit M. Barruel, en parlant des Fran-
çais, devant Malte en 1798, il n'y avait là que des
comme les commandants des villes, comme ceux Frères à et non des ennemis à com-
des citadelles, tous, au signe vénérable de la battre. Etembrasser, il en était de même pour les Garibal-
Maçonnerie, doivent, ainsi que leurs serments diens et les Piômontais, lors de leur facile
le leur prescrivent, d'ennemis qu'ils sont rede-
venir amis ; tous doivent se donner le baiser conquête du royaume des Deux-Siciles. La fra-
ternité, qui régnait entre les membres des sociétés
d'union; tous, à ce signe, comprennent qu'au secrètes des deux camps, avait tout réglé
lieu d'ennemis à combattre, ils n'ont devant eux
des Frères à embrasser. d'avance, au point qu'un jour on annonça par
que la victoire avant le combat. Ainsi, une
Avec de tels principes, à quoi servent les méprise de Turin, datée du
armées les plus nombreuses et les mieux orga- dépêche télégraphique
faisait connaître l'entrée des
nisées ? De quelle utilité sont les places fortes et 3 novembre 1860,
les citadelles ? Vaut-41 la peine dé sacrifier tant (t) Mémoires, etc.t.,IV,p. 349.'
(2) Annalesparlement.(Chambre des représentants).'séance
fin"
de millions pour fortifier telle ou telle citadelle, 21décembre 1801,p. ?8.
82 BEVUEMENSUELLE,
RELIGIEUSE, SCIENTIFIQUE
POLITIQUE,

Piémontais dans Mola-di-Gaeta, entrée qui ne se 1telle morale? D'abord, si l'on admettait ces prin-
fit que le lendemain, à cause d'un empêchement «cipes, quelle grave atteinte l'ordre judiciaire n'en
imprévu dont on n'avait pas été averti à Turin. :
souffrirait-il pas? et à quoi se réduirait la justice
Certaines combinaisons avaient été préparées <
elle-même ? Le juge ne doit-il pas être exempt
longtemps d'avance, comme l'atteste M. le lieu- < de tout engagement particulier qui pourrait
tenant-général Chazal3 ministre de la guerre en entraver la liberté et l'indépendance de son juge-
Belgique, qui prononça au Sénat, dans la séance ment ou qui pourrait faire suspecter son inté-
du 4 mai 1861, un discours dont nous extrayons grité ? M. de Gerlache, premier président de la
le passage suivant : « J'ai voulu savoir ce qui Cour de Cassation de Bruxelles, traçait en peu
s'était à Gaète ; j'y ai envoyé des officiers, de mots et la haute importance de la justice et la
r et nouspasséavons appris que la place s'était rendue noble mission des corps judiciaires, lorsque, en
suite de désastres causés par l'infamie et complimentant le roi à i'occasion du nouvel an
• àla latrahison. Il paraît avéré que l'officier qui 1860, il lui adressa ces belles paroles : « Sire, la
avait construit le principal magasin à poudre de justice est l'ancre qui affermit les royaumes et
la forteresse, avait toléré des fraudes et des les empires au milieu des agitations des partis et
malfaçons dans l'exécution de la maçonnerie. des passions qui les divisent, et trop souvent les
Pendant le siège, cet officier a passé à l'ennemi, ébranlent. La justice, qui est la même pour tous,
et c'est sur ses indications et sur celles d'autres dans tous les temps et sous tous les régimes, ne
transfuges que les assiégeants ont dirigé fe feu connaît que le droit et la loi. Mais les lois ne
sur le magasin et sont parvenus à le faire sont rien, si elles ne sont invariablement exécu-
sauter (1). » tées dans l'intérêt général. Saint François de
Nous n'avons jusqu'à présent considéré la mo- Sales présente la justice comme la plus belle de
rale de la fraternité maçonnique qu'au point de toutes les vertus, comme la vertu tout entière,
vue militaire. Mais ce né sont pas les militaires descendue du ciel et née de Dieu. « Elle est, dit-
seuls que lie cette -fraternité ; ce ne sont pas, il, le lien du monde, la paix des nations, le sou-
comme le dit le F.-.Lefebvre, les hommes d'une tien de la patrie, la sauvegarde du peuple, la
seule profession que la Maçonnerie unit : tous force d'un pays, la protection du faible, la conso-
ses affiliés, quels que soient leur âge et leur lation du pauvre, l'héritage des enfants, la joie
fortune, leur état et leur position sociale, elle de tous les hommes et l'espérance du bonheur
les unit comme autant de membres en un seul éternel pour ceux qui l'administrent dignement. »
corps ; elle ordonne à tous d'être fidèles aux seiv « Qu'est-ce qu'un juge, disions-nous dans la
ments faits aux chefs de la loge plutôt qu'aux Pairie, de Bruges, si ce n'est l'homme vertueux,
serments faits au prince et à la patrie; elle veut l'homme probe, l'homme inaccessible à toute
que quiconque est affilié à l'Ordre, n'importe son considération étrangère, à tout esprit de parti, à
état ou sa position, défende par tous les moyens toute, prédilection pour les personnes et les doc-
possibles les intérêts de ceux qui appartiennent trines, et se préoccupant uniquement du vrai et
a la loge, préférablement aux intérêts de ceux du juste ? Peul-il y avoir chez le juge, appelé à
qui ne lui appartiennent pas. prononcer sur les plus graves intérêts de
Et pourquoi, si l'on veut être conséquent, n'en l'homme et de la société, la moindre place pour
serait-il pas ainsi? Pourquoi un Maçon, pour sau- l'esprit de parti ? et quelle garantie l'homme lié
vegarder les intérêts d'un Frère de loge, ne par ses serments de fraternité peut-il offrir aux
pourrait-il pas, ne devrait-il pas sacrifier les justiciables qui mettent leurs intérêts entre ses
intérêts d'un individu ou d'une famille ? S'il est mains ? A qui, plus qu'à un juge importe-t-il.
vrai que la puissance des liens maçonniques d'avoir toujours et partout cet ànimus in coasu-
est si forte qu'elle s'exerce même sur ceux que lendo liber, cette liberté qui ne flatte ni ses pro-
les intérêts de lapalrie ont divisés, s'il est .vrai pres passions ni celles d'autrui et ne s'inspire
qu'il n'y apas jusqu'aux lois inexorables de la jamais que de nobles sentiments ?
guerre qui ne fléchissent sous la puissance « Mais cette liberté existe-t-elle chez le
maçonnique, s'il est vrai, enfin, qu'au fort d'une Maçon ? La confiance des justiciables en de
bataille, au milieu d'une furieuse charge de pareils magistrats est impossible ; les garanties
cavalerie, un Maçon, pour sauver un Frère de d'impartialité disparaissent ; la justice n'est plus
. loge, peut se précipiter sur l'ennemi, combattre cette divinité tenant sa balance égale entre les
ses propres Frères d'armes et s'exposer à partis, et portant le bandeau sur les yeux pour
contribuer à la perte d'une bataille, à la perte ne point distinguer entre les hommes sur les q nels
même d'une patrie, dont le sort quelquefois son arrêt va se prononcer ; sa balance porte un
(comme à Waterloo) peut dépendre de l'issue de poids que la passion jette toujours dans l'un des
la bataille ; si tout cela est vrai, disons-nous, il plateaux ; son bandeau est troué, et un oeil
doit être à plus forte raison, if doit être permis à malin distingue adroitement si c'est un adver-
un Maçon, juge et fonctionnaire de l'Etat, d'agir saire ou un partisan que l'arrêt doit atteindre.
pour le même motif contre les intérêts d'un Que devient alors la dignité d'un tribunal, la
individu, d'une famille et même d'une province. sentence d]un juge, le respect de la chose jugée,
Cela est logique. l'intérêt social'tout entier ?» (1)
Dans un tel état de choses, les juges ne sont
XI
plus juges, ils sont partie; ils ne rendent pas des
Mais aussi quels [désordres et quels désastres arrêts, ils rendent des services. Aussi, M.Eckert
ne doivent pas découler d'un tel principe, d'une démontre-t-il, dans plus d'un endroit de ses
(1)Annalesparlement.(Chambredesreprésentants.)
Séance
d u,. ouvrages,
' que la Maçonnerie est incompatible
21déc,18G1,
p. 28. ': .1 (!)LaPatrie,de Bruges,29octobre 1858.
AU XIXeSIÈCLE»
« LE DIABLE
DE LA PUBLICATION
COMPLÉMENT 83

avec la fonction de juge. « Où en serions-nous les Etats sont minés dans leurs fondements ;
réduits,, s'écrie-t-il, si, par les serments de la ainsi l'égalité des droits n'est qu'un leurre (1). »
politique de l'Ordre, tous les sièges de la magis- Il faudrait une oblitération entière du sens
trature étaient le partage exclusif de la Maçon- moral pour ne pas voir où mènent de tels prin-
nerie ? Alors le pouvoir judiciaire serait séparé cipes. Si jamais il prévalent, ils n'aboutiront à'
de l'Etat et passerait aux mains d'une personne rien moins qu'à la dissolution de la société.
morale ; il dépendrait non d'un Etat particulier, Armée, administration, tribunaux, toutes les
mais d'un Etat universel. » (1) institutions légales tomberont comme du bois
Outre qu'on verrait des avancements scanda- ATermoulu. L'Etat croulera, et la société sera
leusement rapides et que rien ne peut justifier, ensevelie dans une immense catastrophe.
la magistrature judiciaire, ce corps que, dans
tous les pays civilisés, on regarde comme le
dernier boulevard de l'indépendance et comme L'ALPHABET DUIMAGISME PAUADI&UE
l'obstacle à la tyrannie, ce corps serait asservi DIT ALPHABET DES MAGES 13'EGYPTE
aux passions des partis. Lorsque, dit M. Mes-
nard, la justice s'abdiquant elle-même, tombe Duus la Ajoute de protestation des hauts-
des hauteurs de la loi dans la bassesse du
maçons américains, on a vu que les Palla-
dévouement, le mal est grand et dépasse tout ce distes se servent, pour marquer leurs divisions
que peut redouter la prévoyance humaine (2).
S'il fallait un jour en venir là, nous serions d'un document,' des lettres d'un alphabet
pires qu'en Turquie et en Chine, où la vénalité magique secred,: Ailioïm, Beïnthin, Gomor, etc.
des juges est si commune. Là au moins il n'y a, D'autre part, Je volume que M. À.-C. De la
pas de société exclusive ; la justice ne s'y vend Piive vient de faire paraître parle de cet
et ne s'achète que d'individu à individu. Mais alphabet (page 688) et; indique que, chacune de
dans les pays chrétiens ce serait .bien autre ses lettres ayant une valeur numérique secrète,
chose: le jour où la fraternité maçonnique y on s'en sert, dans la haute-maçonnerie
ferait invasion dans les tribunaux et "dominerait pour
dans le sanctuaire de la justice, les intérêts de faire certaines combinaisons de chiffres, con-
nues des parfaits initiés seuls. C'est ainsi que,
plus de quatre millions dé belges dépendrait des
neuf mille Francs-Maçons Belges, et en France dans la correspondance entre chefs, lorsque
les intérêts de plus "de trente-cinq millions de Ton ne croit pas indispensable de se servir
Français dépendrait des vingt-cinq mille Maçons d'hiéroglyphes, on remplace les noms de per-
français. sonnes par un nombre, qui. équivaut au total
des lettres selon leur valeur dans l'alphabet
XII
magique.
Puis, que deviendrait l'administration de •le peii.se donc qu'il sera intéressant, pour
l'Etat ? «. La Maçonnerie, dit M. Eckert, par suite les lecteurs de la Bévue Mensuelle, de connaître
du serinent de là fraternité ou d'une décision des dès à présent ce curieux alphabet secret de la
loges hisse ses adeptes à toutes les places de hau te-maconnerie.
.l'administration et écarte tous les citoyens non 11 se compose de vingt-deux lettres, dont les
initiés. Le Maçon qui occupe une position civile noms sont : Athoïm,
est sommé de "se rapppler le serment devenir Beïnthin, etc., et dont la
en aide à son frère, et celui qui est initié à un valeur particulière est inscrite dans le tableau
suivant :
grade supérieur protège ses simples Frères,
selon que le commande l'intérêt de l'Ordre... Athoïm..... représente :A et vaut : 1
C'est ainsi que l'Ordre parvient à faire entrer ses Beïnthin.... — B — 2
Gomor — G — 3
adeptes dans toutes les places communales, Dinaïn — D — 4
qu'il se constitue. le gérant et l'organe de la Eni — E — 5
commune, qu'il dispose réellement de la puis- Ur.... — U, V.. — 6
sance du peuple. Donc, conclut M. Eckert, Zaïn — Z — 7
l'Ordre maçonnique tient dans les mains toutes Hélétha — H — 8
les autorités du gouvernement ; il renverse les Théla — Th.... — 9
bases de l'Etat et de la société ; il proclame Ioïthi — I,J,Y. — 10
Caïtha — G, K.. — 20
l'égalité des droits de-tous les citoyens, tandis Luzaïn — L — . 30
qu'if a une préférence marquée pour ses mem- Mataloth ... — M. — 40
bres ; il distribue à ses conjurés toutes les places Nain........ — N —
de l'Etat, des écoles et des communes. Ainsi 50
Xirôn — X.,.... . — 60
(1)La Fr.-M., danssa véritablesinnificalion, IJA. Olélath •— O — 70
etc.,
1 .1,
p . — — 80
(2)Cesréflexions
—CeJournalsonttiréesduJournaldeDruxelles. 18novem- Pilon F, P..
bre1860. «
ajoute: Lesannalesde l'Ordremaçon- Tsadi — Ts — 90
niquenousrévèlentà cet égard les laits les plusétranges.Des — — 100
nommes coupables decrimesavérés,de complots contrela sûreté Quitolath... Q
delEtat, tombententreles mainsde la justice,etonlesdéclare Rasith — R _. 200
innocents,oud'invisibles mains brisentl eurschaînese t lesrendent Sichen.. — S — 300
a la liberté.Ils trouventdes amis,dés complices partout, p armi —
leursjuges,parmiles plushauts fonctionnaires, minisires, géné- Thoth T.,... ^- 400
raux, gouverneurs; ilsentrouventparmileursgeôliers aufondde
leurprison. Toutlemondeleurvienteu aideau nomredoutédela Chaque lettre a, en outre, ui hiéroglyphe
ïrane-Maç.onuerje. C'estce qui résultede la vie de JeanAVit,dit
von Uoriïng,écrite par lui-même, dontontrouve1-analvse dans (1)La Franc-Maçonneriedans sa véritablesignification,etc-
1ouvragede M.l'abbé Gyr,La Fr.-M.en elle-même, p. 107et suiv. {t. ],p.loi).)
84 JHÈV-UE
MENSUELLE,
RELIGIEUSE, SCIENTIFIQUE
POLITIQUE,

correspondant, un secret, un nom symbolique De môme, Cardncci est désigné par le nom-
et une devise. h: 669, puisque : G vaut 3 ; I, 4; 0, 70; S,
bre
Ainsi, pour ne parler ici que des noms 3i ; U. 6; E, S ; C, 20; A. 1 ; R, 200; D, 4 ;
300
symboliques, en voici la nomenclature : L
U, (5; C, 20; C, 20; I, 10; nombres dont Je
t(
total est bien G69.
La lettre ATHOÏMse nomme le Mage; BEITHIN,
la Porte du Sanctuaire occulte ; GOMOR,Isis ; Walder J7loquet devient; Monsieur 1.255, et Sophie
\ est .Mademoiselle 725,- en vertu du
DINAIN, la Pierre cubique ; ENI, le Maître des
Arcanes ; UR, les Deux Roules ; ZAIN,le Cha*- même calcul :
d'Osiris ; HÊLÉTHA,Thémis ; THÊLA,la Lampe C vaut 20 S vaut 300
voilée ; TOITHI,le Sphinx ; CAITIIA, le Lion H — 8 O — 70
A — 1 P — 80
dompté ; LÙZAIN,le Sacrifice : MATALOÏIT, la
Fauloe ; NAIN}/CGénie Solaire ; XIRON,Typhon ; R — 200 H — 8
L — 30 I — 10
OLÉLATII,la Tour foudroyée ; PILON, l'Etoile 15 — 5 E — 5
des Mages ; ÏSAUI, le Crépuscule ; QUITOLATM, S — 200 V — 0
la Lumière resplendissante ; RASITH,le Réveil F — 80 V — (5
des Morts ; SICI-IEN,le Crocodile ; THOÏH, la L — 30 A — 1
Couronne des Mages. O — 70 h — 30
Q — 100 D — 4
J'expliquerai, plus tard, soit dans un fascicule U — 6 E —' 5
du Diable au XJXVSiècle (quand j'en serai à la E — 5 R — 200
T — 400
onzième partie : le Palladisme, culte organisé Total : 725
de Lucifer), soit au besoin dans la Bévue Total : 1255
Mensuelle, tout ce symbolisme étrange et
vraiment diabolique (1). Je donnerai les hiéro- i Bizarrerie du sort : le J-V. J^loquet, que Gam-
betta appelait « une oie avec une queue de
gjyphes, les secrets de chaque lettre, leurs .
devises respectives. 'paon », esl; un personnage important, même
Une devise, pourtant, va faire comprendre en nombre palladique.
Par l'un des deux exemples ci-dessus, ou
tout de. suite que cet alphabet est. nettement
aura remarqué que le W (ou double V) se
luciférien. La devise de la lettre ïuorii.
nommée ht Co:tironne_des Mages... est celle-ci : compte pour 12 ou deux fois (i. Par contre,
« L'empire du monde appartient à J'Empire de lorsqu'un nom contient TJ1 équivalant au thêta
Ja Lumière, et l'Empire de la Jmmière est grec, ces deux lettres doivent n'eti faire qu'une
Je trône que le Dieu-Bon réserve à la volonté pour le calcul, soiI Th valant 9, et non pas T
sanctifiée. » (400) + Il (8).
Ainsi, un palladislo, qui aurait; à s'entre-
Néanmoins, pour aujourd'hui, je dois me
borner à expliquer l'emploi de la valeur tenir, avec un de ses collègues, des malheurs
de la sieur Félieie Thomé, de Charleville, dont
numérique des lettres de l'alphabet magique- M. A.-C. De la Rive raconte
dans Ja correspondance des hauts-maçons. l'étrange histoire
Je citerai quelques exemples, afin d'être bien en son .volume, la désignerait par le nombre
284, puisque : F vaut 80 ; E, 5 ; L, 30 ; 1, 10 ;
compris. C, 20 ; 1, 10 : E, 5 ; Th., 9 ; O, 70 ; M, 40 ; r,, 5 ;
Lemmi, en dehors du nom de Simon sous dont le total est bien 284.
lequel il est désigné depuis le 20 septembre De même, celui des agents de Lemmi. en
. 1893, est appelé plus souvent : 461.
En effet : J?rance, à qui le grand-maître italien a donné
A vaut ] le pseudonyme palladique de « Moïse Lid-Na-
D — 4 za.reih », est désigné, dans la correspondance _
R-" — 200 secrète, soit sous ce nom de guerre, soit par-
1 — 10 • le nombre 742, puisque : M vaut 40; O, 70;
A — 1
N — 50 1. 10; S, 300; E, 5; L, 30; I, 10; D, 4; N, 50;
0 — 70 A, 1 ; Z, 7; A, J ; R, 200; E, o; Th, 9;.dont
L — 30 le total est bien 742.
E — 5
M — 40 D est aisé de comprendre que ces noms, mis
M — 40 de cette façon en chiffres, sont absolument in-
1 — 10 déclniïra.bles pour quiconque n'est pas dans le
secret de l'application de l'alphabet 'magique à
Total : 461 telle ou. telle personne.'.
(1)Au coursde
dentendre
mes voyages,il m'arriva,dansun triangle, Imaginons une phrase, telle que celle-ci :
uneconférence, dontl'annonceavaitenle dondemin-
triguer vivement.« Conférence sur" disaitla voûte « 725, de retour depuis hier, me dit que
affichée
dansleparvis. Celitre,suivil'Alphabet »,
devaitprendreJa parole,medécidadu nomde la personne
à assister-àla tenue;je
uni 401 est très satisfait de la démarche de 742
me
demandais ceqn'onpouvait biendireà.proposdel'alphabet ; niaisie auprès de 1.255. » ".
connaissaisderéputationl'orateurcomme capable de rendre i ntéres-
santslessujetslesplusinsignifiants en .l'eus,en ell'ot
surprisesde ma.apparence, devuedela doctrine lucilevieune.
lesPatladistes
versésdans
unedesplusprofondes vie..len'avaispassoup- point la scienced ela magie,dans infernale
celte-mystique en fait
çonnejusqu'alors (juelpartipouvaient.tirer dé leuralphabet,, aui -d'astuce, estpeut-être deSatan.(Dr.U.) qui,
lechef-d'oeuvre
« LE DlADUlîAU XIX0 SIÈCLE
DE LA PUBLICATION
COMPLÉMENT 85

11 n'y a pas un secrétaire d'ambassade, si combien il est regrettable que la croyance au


surnaturel se perde ; je disais l'aveuglement de
rompu qu'il soit au décJiifl'rage de Ja crypto- ces pauvres fous qui se croient des esprits forts
graphie, qui pourra découArrir, par n'importe et qui n'aperçoivent pas le diable opérant à côté
quel calcul, de quelles personnes il est question d'eux. A ce propos, je citais deux lettres, prises
dans cette phrase. JDour savoir à quoi s'en
parmi les innombrables que je reçois, et dans
tenir, il faudrait, avoir la liste des Inspec- lesquelles mes honorables correspondants dé-
teurs Généraux et Inspectrices Générales en ploraient, eux aussi, la négligence de nombreux
mission permanente, constamment tenue à membres du clergé à étudier la mystique.
jour, et, avec les prénoms de chacun et chacune, La seconde de ces lettres, émanant d'un véné-
ainsi que la liste, également à jour, des agents rable prêtre, exorciste aguerri contre Salan et
particuliers des Directoires; ces agents y étant qui avait, été témoin de quantité de faits diaboli-
désignés sous leurs pseudonymes palladiques. ques, disait entre autres choses :
Alors, avec ces listes, il faudrait, dresser un « Je lis votre récit avec d'autant plus d'intérêt, que
tableau de tous les nombres correspondant' à depuis sept ans je m'occupespécialement des questions
diaboliques,ayant à soutenir et à exorciser plusieurs
chaque, nom et; à chaque pseudonyme ; mais personnes possédéespar les démons.
ce tableau est absolument impossible à faire, « On passe pour exalté quand on parle de ces choses-
attendu que la liste des agents n'est jamais là : mais peu de personnes, même parmi les prêtres,
communiquée et.reste entre les mains de soupçonnent,combien l'action du démon est fréquente à
notre époqueet quelle large part ce monstre prend aux
chaque Souverain Directeur. Lemmi a seul sa alfaires humaines.
liste d'agents directs; Hobbs, seul, la sienne; « Avecce que j'ai vu, dans les cas que j'ai rencontrés,
Fiiidel, seul, la sienne; et ainsi de suite. et ce que la théoiogie nous enseigne, il est facile d'expli-
On ne peut, connaissant l'alphabet magique quer tous ces phénomènes que vous rapportez, et pas .
un de ceux que j'ai lus jiisqu'ici ne m'a étonné...
et la videur numérique de ses lettres, décou- «le serais heureux, me demandait'mon correspon-
vrir, par-ci par-là, que- la signification des dant, si vous pouviez me dire si, dans votre enquête,
nombres s"appliquant aux personnages les plus vous n'avez pas trouvé quelque part le démon Cerbère.
connus. Je tiens enfermé, dans le corps d'une pauvre et sainte
lillc, un démon puissant qui me paraît être celui-là. Si
Sous le nombre 911 et sous le nombre 476, c'est lui, vous n'avez certainement pas dû le reneon-•
il serti possible, à la rigueur, de deviner et de trer... »,
constater le Fr. Cornélius Uerz et le J7.-..Da- Citant cette lettre, je l'interrompis en cet en-
. vid Sandeman, vu leur grande notoriété; mais droit, pour montrer combien l'exemple était
qui, je vous le demande, réussira à découvrir, significatif. Ce pieux et savant exorciste avait
par exemple, sous le nombre 1077, la S'."- soupçonné Cerbère dans ce méchant diable qui
Inès Morala, de Madrid, qui a toujours évolué refusait obstinément de dire son nom.
dans le plus grand mystère? La lettre dont il s'agit remontait déjà à plu-
Aussi, n'ai-je publié l'alphabet secret du sieurs mois. Dans le fascicule qui en donna des
Palladisnie qu'à titre de pure curiosité. extraits (fascicule de septembre 1893), je racontai
Docteur BATAILLE. une partie de ce qui était résulté de ma corres-
pondance avec le vénérable exorciste.
N'ayant, en effet, jamais rencontré Cerbère au
ANGES ET DÉMONS cours'de mon enquête, mais sachant d'autre part
à quoi m'en tenir sur son compte, j'avais pu
Plusieurs coquilles ont émaillé l'article que nous fournir quelques renseignements à mon corres-
avons publié, sous ce titre, dans le numéro précédent de pondant,' et je fis connaître ce point à mes lec-
la. ller/ue Mensuelle. teurs.
Nous prions nos amis de lire, page 61, col. 1, ligne « Lors do mon secondvoyage à Charleston, j'ai copié
24 : op. cit., au lieu de ap. cit. ; — ligne 49 : Societatis, livres infernaux qui sont aux archives du
au lieu de Socielabis; — ligné 50 : Traclatus De plusieurs des Directoire Dogmatique, parmi lesquels un
A.ngelis, au lieu de Tracbalus Le Arujelis: — col. Suprême
2, curieux registre où figure toute la hiérarchie diabo-
ligne 55 : de l'Evangile [passim), au lieu de l'Evangile lique, telle que Satan l'a fait connaître à son vicaire
(passion).
m (alors Albert Pike).
« J'ai donc pu donner quelques indications précieuses
CHRONIQUl^DlJ^StJRNAïUREL à l'émulent exorciste qui me faisait l'honneur de me
consulter. C'est ainsi que je lui fis savoir que Cerbère'
CERBÈRE s'intitule « marquis de l'enfer »,qu'il est inscrit comme
commandant à dix-neuf légions, soit à 128.654diables
Un des passages du Diable au XIX" Siècle qui subalternes, et qu'il apparaît d'ordinaire sous la forme
a eu le plus le don de provoquer les rires et les d'un chien, à une tète (et non à trois, comme on se
haussements d'épaule des soi-disant catholiques l'imagine), ladite tète pourvue d'une barbe humaine
(vrais sceptiques, au fond) a été celui où j'ai eu noire le et coifféed'un bonnet. pointu-. J'indiquai aussi,
l'occasion de dire quelques mots du démon pour cas-où le fait eût été ignoré de monen correspon-.
Cerbère. dant, qu'on pouvait'surprendre ce démon, il lui par-
lant d'une certaine Marie Martin avec qui avait eu
Je prie mes lecteurs de se reporter au premier des relations.
volume, livraison 98, page. 782. , « Mes renseignements ne furent pas superflus ; car
C'était l'entrée en matière du chapitre XXIV, bientôt ce méchant et puissant démon se laissa, sur-
la Possession et les Démoniaques. J'exposais ; prendre ie secret de son identité : c'était bien Cerbère.
86 KEVUÊMENSUELLE,
RELIGIEUSE,
POLITIQUE,
.SCIENTIFIQUE
« Dépuislors, Cerbère s'est enfui de la ville où il que nous sommes bien infimes, bien misérables,
avait établi sa résidence, dans le corps de la malheu- des vers de terre, et qu'entre les mains de la
reuse possédéedont il est ici question.> Divine Sagesse nous sommes tous de très fra-
'
Voilà ce qui a été imprimé dans le 10e fasci- giles instruments.
cule qui parut en septembre derfiier. Déjà, j'aurais pu répondre depuis longtemps
Il n'y avait là rien de risible. Les vrais catho- aux sottes railleries de M. Georges Bois à propos
liques," ceux qui ont gardé la foi et sous les yeux de Cerbère; j'ai dédaigné de les relever, et
de qui tombèrent ces lignes, comprirent qu'il pourtant il m'eût été bien facile de le faire.
s'agissait d'un cas de possession des plus graves, Mais le lecteur comprend à quelle discrétion je
niais que la discrétion m'empêchait d'entrer suis tenu, recevant les plus graves confidences.
dans de plus amples détails. Cependant, je me trouve obligé aujourd'hui de
Dans la, feuille innommable où l'ami du F.-. revenir sur le diahle Cerbère, et je ne puis
Albert Pétrot s'est attaché à tenter, par les m'abstenir de signaler combien il est merveil- '
moyens les plus déloyaux, j de jeter le discrédit leux que ce soit précisément ce démon dont une
sur mes révélations, ce fascicule fut tout [parti- nouvelle manifestation vient de m'ètre commu-
culièrement l'objet d'une moquerie à outrance. niquée.
J'appelle ce journal « innommable », parce que D'abord, quelques mots sur le passé.
vraiment on ne peut pas le désigner sous le titre J'ai dit, dans ma livraison 98, que Cerbère,
qu'il a pris ; autant vaudrait appeler « lumière » après avoir été tenu longtemps enfermé dans
les ténèbres et « vertu » le vice, selon la langue le corps d'une sainte fille, s'en était tout à coup
à rebours en honneur chez les francs-maçons. échappé.
Donc, M. Georges Bois trouva extrêmement Je vais être plus précis.
plaisant cet incident diabolique que je venais de Le souvenir de Marie Martin, sorcière prédilec-
laisser entrevoir ; il en fit des gorges chaudes. Il tionnée de lui, qui fut pendue et étranglée en
consacra deux colonnes à railler des miracles Picardie le 25 juillet 1586, est un souvenir par-
que j'avais fidèlement rapportés de la vie de ticulièrement désagréable a Cerbère ; il lui rap-
saint Dunstan, le grand apôtre de l'Angleterre, à pelle une défaite que lui infligea l'Eglise, et il
se moquer des catholiques qui n'ont pas son entre en colère chaque fois qu'on lui jette à la
scepticisme de joyeux boulevardier: et-M. Au- face ce nom. 11 avait espéré faire beaucoup de
guste Roussel fit à cette diatribe, digne de la mal par cette mauvaise femme, et l'Eglise avait
Lanterne et autres organes de . l'irréligion brusquement interrompu ses prestiges.
gouailleuse, les honneurs de la première page de La malheureuse possédée,—une religieuse,—
son numéro du lundi 30 octobre. Ces plaisante- dont il fut question lors de mon fascicule de "
ries de cabaret s'étalèrent en premier article. septembre, a été fort heureusement délivrée.
La conclusion de M. Georges Bois est carac- Cerbère se démasqua, quand l'exorciste, mon
téristique. Je ne me doutais pas alors que j'au- correspondant, lui parla, de Marie Martin.
rais un jour à la reproduire. Ainsi que je l'ai dit, il s'enfuit tout à coup de
La voici (elle est devenue, comme on va voir, la ville où il avait alors établi sa résidence. Mais
de pleine actualité) : voici bien autre chose, dont je n'ai pas cru
« Terminons par une anecdotequi déridera le lec- devoir parler à cette époque.
teur. .. Un des correspondantsdu Diableau XIX*siècle Un jour que je me trouvais chez un ami ecclé-
écrit au docteur Bataille pour lui demanderce qu'il siastique, j'avais justement sur moi, venant de
pense du démon Cerbère.A ce nom, le correspondant la recevoir, la lettre dans laquelle le vénérable*
soupçonneun démon à tête de chien.-Ledocteur, lui, exorciste de L"** m'annonçait la disparition
pense aussitôt à son portier.,«'Alors,il répond à son subite de Cerbère. Bien entendu, je n'avais
correspondant en le félicitant avec onction. Ce n'est parlé de ce fait à personne. Mon ami désirait
pas lui qui doute du surnaturel ! Puis, il ajoute qu'en me
effet Cerbère est un vilain diable à figure de chien, présenter à un saint prêtre, qui, lui aussi,
et qu'il se montre le plus communément avec un exorcisait une pauvre possédée, celle-ci laïque.
bonnetsur la tête et une barbehumaine. La présentation faite, nous causâmes. La con-
« Voilà le correspondantdu docteurdésormaisren- versation vint sur la possession dont M. l'abbé"
seigné, et de main de maître, il peut en être sûr! X***s'occupait, et il nous dit que, depuis la
« Signe : GEORGES BOIS.» veille, un démon réellement terrible s'était ins-
11n'est pas possible de travestir avec plus de tallé chez la victime, la martyrisant plus que
mauvaise foi ce que j'avais écrit ; tout lecteur tous les autres. Néanmoins, il avait réussi à con-
peut se reporter à ma livraison 98, pages 782 et traindre ce diable à se nommer; c'était Cer-
783. Il" n'est pas possible non plus de tourner bère. .
plus en ridicule un vénérable prêtre, exorcisant Je n'avais pas à douter de la délivrance de
une malheureuse possédée, avec l'autorisation L***. Je sortis ma lettre et la' montrai. Rien
de son évêque ; et c'est un journal catholique n'était plus frappant.
qui se moque en ces termes d'un pieux exorciste, Or', Cerbère fut encore délogé, ainsi que
combattant l'enfer avec tout son zèle de croyant ses compagnons. La deuxième possédée dont
éclairé!... Quelle triste et honteuse pasqui- je parle en ce moment a été complètement et
nadé !..... définitivement délivrée dans les derniers jours
Mais, vraiment aussi, il semble que la Provi- de juillet 1893.
dence s'attache à susciter des événements qui Maintenant, je vais reproduire des extraits
chaque jour confirment la véracité et la sincé- d'une lettre qui m'est parvenue ces jours-ci, arri-
. rite de mes divulgations. Certes, je n'en tire vant de bien loin, et mes lecteurs pourront
aucune gloire, et je dis même que cela prouve constater que le démon Cerbère n'est pas resté
COMPLEMENT « LE DIABLEAU XIX1-SIECLE»
DE LA PUBLICATION 87

longtemps sans exercer sa rage de persécution. démon lui apparaissait sous cette forme). Une
Je ne publierai pas l'endroit où il manifeste personne qui couchait dans la chemine voisine
ses fureurs à cette heure, mon correspondant ne n'avait rien entendu, Jiien que J'ahoiement
m'y ayant pas autorisé. Mais, si M. Auguste m'ait paru fort.
Roussel, qui se laisse trop facilement influencer
par son collaborateur sceptique, a lui-même le Quelques jours plus tard, je recevais votre
moindre doute, je lui offre une vérification qu'il fascicule de septembre où iJ est question de
ne peut refuser. Il n'a qu'à, déléguer auprès de Cerbère. Je demandai alors à ma pénitente de
moi, un lundi, un ecclésiastique de ses amis, à me décrire Je chien, — lequel, depuis ce jour,
qui je dirai, sous le sceau du secret, les noms lui apparaît quotidiennement et la suit presque
des trois victimes de Cerbère et ceux de leurs nuit et jour, dans la'maison, dans l'église,
exorcistes. Cet ecclésiastique pourra se mettre dans sa cellule, la fatiguant de ses aboiements,
en rapport avec ces derniers, et il constatera
ainsi que l'affreux et cruel démon dont il s'agit l'empestant de son haleine, et se lançant à
tout instant sur elle ; mais il ne peut pas la
a passé de L***à G***et de là à M***,cette ville-
ci n'étant pas en Europe. M. Auguste Roussel mordre, il ne peut que la frapper de sa queue.
— Elle me décrivit le chien, avec une barbe
apprendra alors que rien n'est plus vrai que ce
que je relate, et cela lui fera apprécier la par- humaine et quelque chose de pointu sur la tête,.
faite inconvenance de son collaborateur M. . comme une touffe de poils vaides formant une.
Georges Bois. sorte de bonnet pointu.
"Voicidonc la plus récente lettre que j'ai reçue Je lui conseillai de prononcer le nom de
au sujet-de Cerbère : Marie Martin, quand.elle-le verrait. Chaque fois
M"*, le 16février 1804. qu'elle prononçait ce nom, il se retirait en
Monsieur le docteur, grognant ou a-Arecrage.
Je ne commencerai pas par vous féliciter de Je vous avouerai ici que je ne m'explique
la. courageuse campagne que vous avez entre- pas très bien la rage de Cerbère en entendant
prise ; car vous devez recevoir chaque, jour des prononcer Je nom de Marie Martin, étant
éloges à ce sujet, et peut-être commencez-vous donné ce que vous en dites dans Je fascicule
à en être fatigué. Je vous dirai seulement que d'octobre (page S'ifi). Peut-être ma pénitente
tous les jours, à la Sainte Messe, je prie pour croyait-elle prononcer le nom de la Sainte
vous et que je fais prier quelques bonnes âmes, Vierge et celui de saint Martin. Quoiqu'il en
afin que le Bon Dieu vous donne Je courage et soit, quand j'appris par votre publication ce
les forces de continuer votre ouivrc d'homme qu'était Marie Martin, j'ai défendu à ma péni-
de Foi et de savant. tente de prononcer désormais son nom.
C'est de Cerbère que je désirerais vous entre- Quand je reçus le fascicule de novembre, je
tenir. la questionnai de nouveau au sujet du chien,
JJ est bien entendu que ce qui me concerne- qui continuait à lui apparaître. Elle me. dit
est strictement; confidentiel, et' que, si vous que, tantôt elle le-voyait comme j'ai dit plus
jugez à. propos de faire usage de ma. lettre dans haut, sur ses quatre pattes, qui ne sont; pas
l'intérêt de vos lecteurs, vous le ferez de telle cependant des pattes de chien, mais quelque
sorte qu'il n'y ait aucune indiscrétion ; je dési- chose, de fourcliu ; tantôt debout, avec une sorte
rerais même que l'on ne sache pas que cette de manteau. Je Jui montrai alors Ja gravure
lettre vient de (nom de Ja contrée où réside représentant Cerbère, (page 937), et elle Je
mon Jion.ora.bJe correspondant). reconnut parfaitement, sauf quelques légers
Je dirige, une personne d'une grande vertu, détails de lit. forme du manteau et sauf la
que. Je démon obsède, quelquefois d'une façon nature du bonnet qui lui paraît plutôt formé"
bien pénible. par des poils raides et longs.
Un soir, vers dix Jicures, — c'était vers le En outre, elle voit souvent avec- lui un
commencement d'octobre ou la fin de septembre démon ressemblant à, Jkier (page 90S).
dernier, — un soir donc, me trouvant dans la Comme elle voyait Je démon près d'elle à ce.
chambre immédiatement au-dessous de Ja môme moment, j'ordonnai à celui-ci, au nom
sienne, j'entendis a]>oyer un ebien. Or, je ne' de N.-S. Jésus-Christ, de dire à. ma pénitente
possède pas de cJiien. La voix me semblait quel était son nom et ce qu'il-venait faire
venir de la. chambre de ma pénitente. Etonné, auprès d'elle. Il répondit avec rage que son
je regardai au dehors, et la clarté de la. lune nom était Cerbère et qu'il était venu pour lui
me permit de constater qu'il n'y avait pas de enlever la confiance envers son directeur ; ce
cJiien à, proximité de Ja maison. J'entendis dont elle était, en effet, souvent et violemment
aboyer une deuxième fois, et la voix me semJila tentée.
encore mieux venir de la chambre au-dessus. Je n'ai pas poussé les interrogations .plus
Le lendemain, je demandai à ma pénitente loin, ne jugeant pas à propos d'engager une
ce qui c'était passé Ja nuit dans sa chambre. conversation avec le démon ; du reste, quelle
JïJJe me dit qu'un gros chien se jetait sur elle foi ajouter à ses paroles?...
en aboyant (c'était la première fois que le I Au moment où je vous écris, ce siège se
88 BEVUEMENSUELLE, POLITIQUE,SCIENTIFIQUE
HEL1G1EUSE,

poursuit contre ma pénitente, et le démon en I peuvent ] pas prétendre cela. Alors ?... Force leur
vient à la frapper la nuit; avec une- chaise. <
est bien de convenir, pour peu qu'ils soient de
Je vous serais reconnaissant;, monsieur le bonne 1 foi, que le monde surnaturel ne se com-
docteur, de communiquer ma lettre au véné- 1
pose pas uniquement d'esprits de défunts, et que,
rabJe prêtre dont; il est question page 782. ]] 'quoiqu'en disent les docteurs en spiritisme, il y
'a bien un eufer, des démons, des anges du mal
voudra peut-être bien entrer en relation avec et des ténèbres.
moi : car il pourra, être intéressant pour lui de Passons aux palladistes. 11en est qui sont sin-
connaître les faits et gestes de ce Cerbère qu'il cères dans leur extraordinaire erreur. Je
a courageusement combattu, et moi, de .mon prends, par exemple, cette pauvre miss Vaugbau
côté, je. pourrai profiter de son expérience et. que mon ami A.-C. De la Rive nous fait si
de ses conseils. bien connaître dans son beau livre, cette Diana
Veuillez agréer, monsieur le docteur, l'assu- tant égarée qui, malgré tout, nous est sympa-
rance de ma grande sympatnie et de ma coo- thique, et je lui dis, parlant ainsi aux lucii'éiïens
de bonne foi :
pération, quoique faible, par la prière. «Voyons, réfléchissez un peu. Examinez le
(Signature.) cas de l'obsédée de M*s*. v oilà une excellente
J'ai mis mon honorable correspondant de M*** chrétienne, une tille d'une grande vertu: son
en rapport avec les éminents exorcistes de L" directeur nous l'atteste. Le fait certain, c'est
et de G*", et je recommande aux prières de mes qu'elle est persécutée. Un esprit, indiscutable-
abonnés la malheureuse nouvelle victime de ment pervers et méchant, lui apparaît, la bat,
Cerbère. Jusqu'à présent, comme ou Aient de le l'obsède avec cruauté. Dans votre système pal-
voir, cette pauvre fille n'est encore qu'obsédée ; ladique, vous renversez la doctrine chrétienne ;
que Dieu lui fasse la grâce d'échapper aux hor- vous ne niez pas le surnaturel, l'existence et
reurs de la possession !... l'action des bons et des mauvais esprits, mais
Cette: manifestation actuelle d'un des plus vous prenez fout à rebours. De Lucifer, vous
cruels démons qui soient au royaume de Satan faites le rival de notre Dieu et son égal en puis-
et les circonstances dans lesquelles elle se pro- sauce. Notre Dieu, le seul vrai Dieu, vous l'ap-
duit prouvent, jusqu'à l'évidence, que mon oeuvre pelez Adonaï, et vous en faites l'éternel principe
est bien venue à soc heure. du mal ; et Lucifer, que vous vous refusez à nom-
11 n'y a pas à en douter, nous sommes à une mer Satan, est pour vous l'éternel principe du
époque où les innombrables crimes commis par- bien. Or, comment pouvez-vous expliquer le cas
les hommes contre Dieu ont valu à notre monde de la. péuilentede mon vénérable correspondant?
impie un déchaînement presque général de « A;ons avez, vous, miss, un « daimon protec-
l'enfer. Les sceptiques s'endurcissent dans leur teur » ; tel est. le titre que vous lui donnez. 11vous
incrédulité. Dieu leur répond en permettant au apparaît fréquemment, vous n'en faites pas mys-
diable d'agir, tout en imposant des limites aux tère, sous une forme attrayante. Asmodée se
effets de sa rage. Dieu est encore trop bon pour sert'de vous, et, pour capter* votre âme, pour la
nous. 11 nous châtie, mais en nous inondant de retenir sous son joug, il a, grand soin de ne pas
lumière. Ceux qui, malgré toutes ces manifes- vous effrayer, de ne pas se livrer contre vous
tations du surnaturel, persisteront à fermer les aux moindres sévices : même, il vous obéit volon-
yeux, auront bien voulu leur damnation éter- tiers, quai'jd vous lui commandez. N'importe
nelle. lequel de nos théologiens catholiques vous dira
Amsi, songeons un instant aux personnes qui que c'est là une ruse infernale. Eh bien, miss,
méprisent les enseignements de l'Eglise et qui vous savez aussi, bien que moi, puisque vous
néanmoins reconnaissent l'existence d'un autre avez lu aussi les livres de votre pontife Albert
monde. Je veux parler des spirites. Ceux-là cons- Pike et que vous en possédez peut-être des
tatent, comme nous, des apparitions ; mais, avec copies encore plus complètes que les miennes,
leurs idées faussées par leur éloignement de la vous savez, dis-je, qu'Asmodée et Cerbère ap-
doctrine catholique, ils s'imaginent que ces fan- partiennent tous deux à la même catégorie d'es-
tômes paraissant à leur évocation sont des prits, sont tous deux des lieutenants de Lucifer.
esprits de défunts ; ils se refusent à croire ce Silon votre doctrine luciférienne, Cerbère est
que l'Eglise leur dit, qu'ils sont en cela les dupes un bon génie, un esprit de lumière, au même
des manvais anges, que ce sont vraiment des titre que votre protecteur Asmodée, tandis que
démons échappés de .l'enfer qui viennent devant -les anges d'Adonaï sont, à vous en croire, des
eux, empruntant ces formes spectrales. Eh bien, mauvais génies, des esprits de ténèbres, des
que répondront-ils, lorsque nous leur faisons con- maleachs, selon le terme en usage dans les
naître des manifestations clans le genre de celles triangles.
de Cerbère ? Ils ne peuvent rien répondre. 11leur « Dégagez un instant, miss, votre cerveau des
est impossible d'avancer et de soutenir que ce enseignements dans lesquels vous avez été
chien monstrueux, diabolique, à la barbe humaine élevée, et, à défaut de la foi chrétienne, en-
et au bonnet pointu, ce chien à l'haleine puante, visagez les choses impartialement, aArecles yeux
aux pattes fourchues, qui fait le siège d'une de la raison.
bonne et pieuse chrétienne, la frappant tantôt « Dites-moi, là, sincèrement, en toute fran-
avec sa queue, tantôt avec une chaise, est une chise, avec votre loyauté habituelle : comment
âme d'humain trépassé, revenant sur'terre et; appréciez-vous les manifestations 'de Cerbère à
ayant des communications plus ou moins inté- - * l'égard de la pénitente de mon honorable corres-
essantes à faire à cette personne.. Non, ils nei pondant? sont-ce là les manifestations d'un bon
« LE DIA'BLEAU XIXe SIÈCLE»
DE LA PUBLICATION
COMPLÉMENT 89

— 11reste à voir ce que diront les trois ou quatre


gonie, d'un esprit de lumière ? Voyons, mettez
Ja main sur-votre conscience, écoutez la A'oix de soi-disant catholiques qui combattent ma cam-
votre coeur que le A-ice n'a point corrompu, qui pagne antimaçonnique et antiluciférienne, les
contient, je Je sais, des trésors de bonté, et qui Rosen, les Georges Bois, les- Aigueperse, ces
est touj ours compatissant pour quiconque souffre ; grands admirateurs de l'ignoble Cadorna, qui, à
car, eh présence des malheureux, vous ne con- leurs yeux, est un honnête homme dont la.parole
naissez plus « ni adonaïtes ni lucifériens. » (i) fait autorité. Ceux-là diront comme de coutume
Répondez-moi donc, miss : est-ee que Cerbère {c'est leur rôle, c'est leur consigne) : « Tout
ne A'ous fait pas horreur ? cela est. inven té à plaisir ; les possédées et obsé-
« Ah ! ne dites pas non ; vous ne pouvez pas dées dont il e.-3tquestion, ainsi que leurs exor-
le dire ; car vous dites votre pensée, quand vous cistes, sont tout autant de mythes; les lettres
voulez parler, et votre opinion ne peut être favo- citées n'existent pas ; fiction que tout cela, su-
rable à ce « daimon » persécuteur d'une pauvre percherie de l'auteur, invention pure et simple,
fille. oeuvre d'imposture, d'imagination et dau-
« Alors?... Concluez vous-même, chère miss, dace!... »
et que Dieu Arouséclaire !» Pauvres esprits, qui ne voient pas que leurs
Je passe aux matérialistes, à nos- pseudo- manoeuvres sont percées à jour, et que leur
savants. Eux, ils auront vite tranché la question. opposition malveillante a été permise par Dieu
L'obsédée de M*" est. une folle, une hallucinée ; précisément pour faire éclater plus vivement la
A'oilà tout ce qu'ils répondront, selon leur habi- vérité!... A ceux-ci je n'ai quà répéter ce que
tude. j'ai dit tout à l'heure : M. Auguste Roussel, que
A les écouter, cette personne s'imagine voir je ne confonds pas avec eux, n'a qu'à m'envoyer
Cerbère, l'entendre aboyer; les coups qu'elle un ecclésiastique en qui il ait pleine confiance, et,
reçoit sont encore dans son imagination. par l'intermédiaire de cet ecclésiastique, je lui
C'est très commode de s'en tirer ainsi, pour ferai constater les faits, c'est-à-dire les deux
nier le surnaturel. possessions de Cerbère, aujourd'hui terminées,
Mais si la victime est une folle, son directeur et l'obsession actuelle.
n'est certes pas fou, lui ; sa lettre est d'un homme Docteur BATAILLE.
bien posé, bien sensé, pesant chaque mot qu'il
écrit. S'il était fou, il y a longtemps que ses
supérieurs lui auraient retiré l'exercice du saint L'abondance des matières nous oblige à
ministère, et il serait en traitement daus une
maison de retraite pour les ecclésiastiques. renvoyer à notre prochain numéro la. curieuse
lettre de M. Paul l^osen, dont nous avons
Or, les voisines de l'obsédée, les personnes
qui vont avec elle à la messe, n'entendent pas les parlé, ainsi qu'un intéressant article, LE
aboiements, les hurlements de Cerbère, qui la SOMNAMBULISME « NÉCROMANCIEN, par
poursuit jusqu'à l'église; et c'est sur cela que les notre collaborateur le Capitaine PIEKHE».
docteurs matérialistes se fonderont pour soutenir
l'hallucination.
Mais son directeur, qui n'est pas fou, les
entend, ces aboiements furieux, ces hurlements EDIFIANTES AMITIÉS
de rage. 11ne voit pas le démon qui est présent,
là, tournant autour de sa pénitente; Dieu ne le
laisse se montrer, qu'à celle-ci; mais le respec- S'il faut en croire le journal l'Eclair (numéro
table prêtre a pu interpeller l'horrible diable, et, portant la date du,jeudi 1S mai 1893), il exis-
le monstre a répondu. 11 s'est nommé, le mi- terait à Paris uns certaine société de joyeux
nistre de Dieu lui ayant, au nom de Jésus-Christ, amis, intitulée les Bons Bougres, dont feraient
ordonné de parler ; contraint par la toute-puis- entre autres membres, trois Vénérables
sance divine, il a été obligé d'avouer à haute partie,
du Grand Orient de France, les FF.-. Des-
voix dans quel méchant but il était venu dans conseiller municipal de Paris et prési-
ebamps,
ces parages; et si le ministre de Dieu ne l'a pas dent du Conseil général de la Seine, Albert
entendu plus longtemps (du moins jusqu'à la Pétrot. ex-conseiller municipal, actuellement dé-
date de sa lettre), c'est parce qu'il n'a pas jugé à puté, et Paul Vivien, candidat anticlérical aux
propos d'engager une conversation aA^'ec le dernières élections dans le VIe arrondissement.
démon. S'il faut en croire encore l'Eclair, M. Georges
Donc, le directeur, homme sain d'esprit, en Bois (le journal en question l'appelle': « notre
pleine possession de toutes ses facultés men- confrère ») ferait également partie de celte
tales, entend le diable Cerbère qui obsède sa société, non secrète évidemment, mais dont le
pénitente. Cette partie du problème, les docteurs titre a un parfum de Père Duçhêne, bien eh
matérialistes ne là résoudront pas. harmonie avec le scepticisme décadent de cette
. (1)Extraitdela Femmeet l'Enfantdans la Franc-Maçonneriefin de siècle.
universelle, par A.-CDela Rive,page711:
« Ceuxdenosamis qui ont été récemmentles hôtesde miss Ce numéro de l'Eclair, qui nous a été envoyé
DianaVaughan,lors de son dernierséjourà,Paris,ont tousété par un de nos abonnés et qui date de dix
frappésparsa physionomie ouverte,sonair francet honnête,son mois n'a certainement pas été 1 composé
regardpétillant d 'intelligenceet témoignant la résolution...,
etc. déjà,
« MissVaughan a mieuxencorequetoutcela: ellepossède uncrjcur intention;. Du reste, nous
généreuxet compatissant. Noussavonsqu'ellea donné,toutrécem- tout exprès à notre
ment, de l'argentpour les PetitesSoeursdes Pauvres,auxquelles n'attacherons pas à cette particularité boulevar-
la Maçonnerie française n'a pashontede fairela guerre,et envoyé dière et bien parisienne plus d'importance
unesommeassezrondelette à un ecclésiastique denotre,connais- qu'elle
a fin
sance, de luiaiderà soulagerlesinfortunesdesaparoisse. » n'enmérite.
90 BEVUEMENSUELLE,
'/RELIGIEUSE,
POLITIQUE,SCIENTIFIQUE

Ce qui est grave, ce n'est pas que M. Georges <


services de l'Assistance publique, M. Pétrot répond en
Bois dîne en camarade avec des ami- qui se <
déposant (avec MVÏ.Deschamps et Vaillant) l'ordre du
trouvent être Vénérables du Grand Orient de ;
jour suivant :
France; nous aurions mauvaise grâce à lui « L'administration est invitée à créer de nouvelles
reprocher ces relations de table, puisqu'il nous écoles d'infirmiers et d'infirmières laïques dans les
est arrivé, à nous, rédacteurs de la Revue Men- hôpitaux de la rive droite. »
suelle, d'accepter à déjeuner avec des lucifé- Autre ordre du jour, déposé par M. Navarre et
riens, et nous l'avons dit à nos lecteurs. Les contresigné par MM. Pétrot et Descbamps:
FF. •. Deschamps, Pétrot et Vivien ne sont pas « M. le directeur de l'Assistance publique est inA'ité
palladisles ; ils sont athées. D'autre part, il est à faire diligence pour obtenir une prompte solution du
'juste de dire que les relations que nous avons conflit soulevé par la laïcisation de l'Hôtel-Dieuet de
conservées ou acquises nous ont servi à com- l'hôpital Saint-Louis, et à poursuivre la laïcisation de
battre plus efficacement que jamais la franc- tous les services de son administration. »
maçonnerie, à faire connaître ses dessous mys- 11 décembre 1890. — Ordre du jour déposé par M
térieux, à recueillir des documents -dont la Albert Pétrot :
divulgation n'est pas faite pour être agréable « Le Conseil invite l'administration à prendre les
aux chefs secrets de la secte. mesures nécessaires pour le respect absolu de la liberté
Ce qui est grave, c'est que — nous citerons un de conscience (nous savonsce que cela veut dire), et à
seul exemple pour ne pas lasser la patience de procéder, sans retard, à la laïcisation de l'hospice de
nos lecteurs,— l'amitié de M. Georges Bois pour Berck (hospicemunicipal pour les enfants). —• Signé :
M. Albert Pétrot lui ait fait cacher au public Albert Pétrot, Descbamps, etc. »
catholique quel rôle personnel, haineusement 11 y a, dans le bulletin officiel, plus de cent
anticlérical, son camarade a joué dans les ordres du jour de ce genre que le F.-. Pétrot a
convents du Grand Orient de-France (1889,
189U, 1891). Voir la Revue Mensuelle, premier déposés et réussi le plus souvent à faire adopter.
La vue d'une cornette de soeur de charité, suffit
numéro, pages 30 et 31. Ce qui est grave, c'est à mettre le F.-. Pétrot en fureur. Tels, les
que M. Georges Bois ail poussé la condescen- démons, lorsqu'on leur montre l'image du Divin
dance, la faiblesse, jusqu'à falsifier dans ce but
les documents maçonniques officiels qu'il a pu- Crucifié.
bliés ; c'est qu'il ait, en cela, méprisé les injonc- Mais voici, pour terminer, une des laïcisations
tions formelles du Saint-Siège, qui ordonne, qui oui le plus vivement indigné les catholiques
sous peine d'excommunication, de dénoncer les parisiens, celle de la maison de charité londée
chefs et coryphées de la franc-maçonnerie, par cette sainte femme qui est universellement
connue et bénie des pauvres sous le nom de
chaque fois qu'on est en mesure de'Je faire. Soeur Rosalie. A la demande du F.-. Pétrot et de
Cela, c'est très grave, et d'autant plus grave que ses amis, on expulsa les Filles de Saint-Vincent
M, Georges Bois lui-même, dans le même livre de Paul de cette demeure, q>.i leur appartenait
où il cache les noms des francs-maçons du
Grand Orient de France qu'il ménage," déclare bien, certes. La minorité conservatrice prolesta
contre cette expulsion, qui est le dernier mot de
qu'un écrivain catholique ne doit pas hésiter à la rage sectaire.
publier les noms des francs-maçons « afin que Cette protestation fut accueillie, on va voir
les catholiques sacheut qui ils ont devant eux. »
(page 514). comment, par les francs-maçons du Conseil
A Paris, il suffit de prononcer le nom du F. . municipal-
Albert Pétrot, pour que l'on sache de qui l'on Lisons le bulletin officiel :
veut parler. Ce sectaire, à la barbe rouge, à 4 novembre 1891. — Délibération sur la laïcisation
l'aspect vraiment diabolique, est bien connu, par du dispensaire connu sous le nom de Maisonde la soeur
la haine sauvage qui l'anime contre la religion; Rosalie.
et-l'on nous apprendrait demain qu'il est possédé M. Deschamps : — « En laïcisant, la Maison do la
par Beizébulh en personne, que nous n'en se- soeur Rosalie, le directeur de l'Assistance publique a.
rions nullement surpris. l'ait son devoir, et nous, représentants du Ve et du VI"
Mais nos lecteurs des départements et de arrondissements, nous félicitons la municipalité d'avoir
l'étranger ignorent ce qu'est ce franc-maçon, pris cette initiative. Comme sanction à.ce débat, je
dont M. Georges Bois, par amitié, a cache le
rôle au sein des convents de la rue Cadet. déposel'ordre du jour suivant :
« Le Conseil, respectueux de la liberté de cons-
Pour faire connaître cet homme, cet ennemi < cience (!!!), invite l'administration à poursuivre
acharné de l'Eglise, nous relèverons seulement « l'oeuvre de la laïcisation des maisons de secours, et
quelques-uns de ses votes au Conseil municipal « passe à l'ordre du jour. » — Signé : « Deschamps,
de Paris : nous les empruntons au bulletin officiel Albert Pétrot. »
de l'Hôtel-de-Ville :
Adopté par 45 \ovs. contre 9.
1890. — Les membres de la minorité demandant au Nous
Conseil d'accorder une subvention aux écoles libres, moindre croyons qu'il serait superflu d'ajouter le
commentaire. Que M. Georges Bois
«
M. Pétrot répond qu'élu pour lutter contre toute rétablisse doue, dans son volume, le nom de son
ingérencereligieuseetcléricale,il a le devoird'empêcher, ami Pétrot à tous les passages où il l'a retranché.
par tous les moyenspossibles,les écolescongrèganistesde Il en a le devoir, s'il a à coeur de réparer sa
vivre..». faiblesse.
24 octobre 1890.:— M..GeorgesBerry, conservateur,
ayant soulevé une discussion sur la laïcisation des
COMPLÉMENT « LE DIABLEAU XIXeSIECLE)>
DE LA PUBLICATION 91

FESIMIIIVIBfE
MAÇOWSVEaiE
Le magnifique et si important ouvragé de notre collaborateur et. ami M. A.-C: De la Rive
(La Femme et l'Enfant dans la Franc-Maçonnerie Universelle) vient de paraître, et un grand
nombre de nos abonnés en ont déjà fait l'acquisition. Nous pensons leur être agréable en
publiant ici, soiis forme de tableau, un index alphabétique des noms de femmes dont il est
question dans cet énorme volume, et nous plaçons, après cJiaque nom, l'indication des pages
auxquelles le lecteur aura à se reporter ; cet index facilitera ainsi les recJiercJies.
En même temps, le pul)lic aura, par cette nomenclature, un aperçu de J'intérêt tout par-
ticulier que présente l'ouvrage magistral de notre ami.
Barkly (Lady), 366. Biobé (Aline), 539.
A Baron (Le), 119. ' Bisente, 458.
Abadie,583. Barra, 329. Bisson (Charlotte-Eugénie-Jeanne),
Abdallah(VveSélim), 618. Barré, 519 et 532; 576.
About (Edmond),571. Barret. 274. Bisson (Marie- Honorine- Blanche),
Abraham (Célina),434. Barretla, 410. 576.
Acuna (Rosariode), 579, 618. Barretta (Alice),455, 475et 476. Blache (Comtesse de la). 94, 99
Adam(Edmond.Alias Juliette Lam- Baretta (Eugénie),510. et 118.
- ber), 249, 400,440, 442,443,486, Barrios (Mercedes),620. Blanc (Louis),377. •
590, 692et 694. Barthélémy, 438. Blancheteau, 410.
Adélaïde(La reine),246. Battais (VveJean), 582. Blanchon,377.
Adhémar (Comtessed'), 593. Baudin,366. Blanco (Carmen),713et note 2.
Afry (Vicomtessed'), 105. Baussan (Marquisede), 99 et 118. Blangis (Comtessede), 118.
Agàr (Comédienne),458. Beaudoin (Lesdeux Soeurs),275. Blavatsky (La), 592et 593.
Aguettant, 410- Beauibrt'(Comtessede), 118. Bloch, 274,
Aillaud (Vve),388. Beaumont (Baronnede), 119. Bloncourt, 691. '•
Ailly (Comtessed'), 94, 99 et 118. Beaupré(LePrince de), 119. Blondeau,275.
Alerte (Noémie),430. Beaurepaire(Mme de), 157 et 158. Blum.(Olivia).448,455, 475 et 476.
Alexandre, 239. Beauvais (MmePalissot de), 170.' Boehnlen,455.
Allard, 571. Beauvalon,286. Boehnlen(Augusfine),434et 448.
Alleman (Mmed'), 157et 158. Bêché, 455, 475 et 476. Boehnlen(Eugénie),434 et 448.
Aloigny (Mmed'), 158. Béchet, 557. Boguet (Zoé),470.
Alouette (DameGirard F), 119. Becker (Frédéi-ique),617. Boindin-Puisais,439.
Altamiro (Félicie),620. Beecher-StoAve, 522. Boissée,353et 497.
Ambert (Mmed'), 158'. Bel (Héloïse),617et 691. Bonaparte (PrincesseMarie Studol-
Ambrugeac(Mmed'), 151. Belhomme (Léontine),534. mine, veuve de Solms,A-euveRat-
Ambrugeac(MmeAlexandred'), 158. Belhomme(Marie),534. lazzi et veuvede Rute),332à 334:
Amvot, 274. Bell, 119. 374et 441.
Ansaldi (G.-Lidia), 618. Bellengreville(De),119. Bondy (De),151.
Apraxin (Comtesse),171,462à 465. Belluschi (Fulvia), 618. Bongrain (Vve),510.
Archimbault, 378. et
Bénier-(Fanny), 448, 455 476. Bonheur (Rosa),522.
Armagnac(Baronne d'), 215. Benson (F.-S.'),583. Bonnay (Hélène),448.
Arnaud (Augéliquo),331. Béquet de Vienne,602et 669. Bonnay.(Valérie),448.
Arnaud (de l'Ariège), 691. Beranger (Marie),455, 456 et475. Bonnelet (Berthe), 448.
Arriol, 432. Berbis (De),157et 158. Booth (Alice),616 et 714, note 1.
Ars (Bondyd'), 157. Bercy (Marquisede), 9/, 100et 118. Borde (Mme Alexandre de la), 156
Ars (Marquisede Bondy d'), 158. Berger (Léonie),377. et 158.
Artigas (Dolorès),619. Bergougnan,448. Bordeaux, 144.
Arville-Clere(Comtessed'), 96. Bernard (de Lacn), 508. Bosehmidt, 578.
Ascher-Moscou,403et 408. Bernard (Philis), 434, 448, 455 et Bosco (Henriette),468.
Astrèa, 602. 476. Bottani, 433.
Aubergeon de Murinais (Mme d'), Bérnoville(Céline-Adèle),431. Bottcher (Dalila),619.
158. Berr (Amélie),446. Bouché, 455.
Aubert (Sophie),448. Berrver (De), 1-27. Boucher, 221.
Aubine, 467. Berthier (Plocq'de), 246, 247, 278, Boudet(Benjamine),336.
Auliker, 389. 279 et 281, Bougaud, 274.
Aussel,493. Besson 272 et 274. Boulainvillers(De),96..
Aunay (Hectord'),- 157. Bethisy (Comtessede), 95, 97 et 99. Boullets (Mme-des)., 158.
Aunay (Mme Le Pelletier d'), 170. Berthon -
(Berthe-Marthe Auguste , Bourbon (Duchessede), 89, 92, 94.
Autie'r-Goffaux, 656. 576. . et
95, 96 600.
Auvet (Comtessed'), 94, 99, ' .118. Berthou (De), 127. Bourbon (Dona Maria del Olvid'o
Averty, 435. Bethune (Mmede), 170. de), 579et 580.
Beuret (Mlle),656. Bourbonne (Marquisede), 109.
" B Beuret (Mère),656. Bourde), 271.
Bailleul, 274. Bèyerlé (De),' 118.
' Bourdin, 366.
Baillot, 157et 158. Biadel, 278. . Bourdon, 119.
Banos (Emilia de), 616et 619. Biagge. 410. Bourgarel, 469.
Barbe (Jeanne),476. Bianchi (Vve),457. Bourge, 410et 448.
Barbé, 274. Bilger (Barbe),385, 386 et note 1, Bourgeois, 504."
Barbier, 399. 673, 680à 698. Bournissou(Marie), 368,
Bardïn, 257, S Billard (Mlle),412, Bourré, 249,
92 BEVUEMENSUELLE, SCIENTIFIQUE
POLITIQUE,
RELIGIEUSE,

Boursonne (Comtessede), 91, 99 CaumontComtesseAdélaïdede),ll9. Curnieu (Comtessede), 238.


et 118. Gàumont (Gharlotte-Mathurmede
Boussuge,274. Clieu),117,
Boutillier (Marquisede), 118. Caux (De),119. D
"
Boutillon, 274. Caylus(Duchessede), 92. '
Bouzin, 570et 630. Caze, 507. Dacheux,372.
Boyd (John),583. Cédon(Eugénie),575et576. Dagnes,669.
BradshaAv(Léonor),619. Censier(Oélina),431. Dambrine,461.
Braibant,501et 502. Chabannes(Mmede), 117. Dandrieux,271,
Brancas(Duchessede), 92. Chabres(De),119. Danglars(Baronnede), 215.
Brassac(Comtessedé),9i, 99et 118. Chaillan(Aurélie),430. Dartenet(Jeune),275.
Bréhant (Marquisede),91, 99et 118. Châtain (De),127. Dartenet (Mère),275.
Bretel',-239. Ghalamet,571. ' Daviu (Ernestine),435.
Bretenières (MmeRanfer de), 109. Challan(Mme),158. Dazard,215.
Bretonnière(Julie de la), 257. Changart(Marie),434,448,455,475, Dehrand,434.
Brichard (Mme),172. 476,510et 532. Debrieu(Marie),510.
Brienne (Comtessede). 90, 96,97, Chapman(Vve),618. Decaux,434.
99et 118. Charas"sin,271. DecheA'aux-Dumesnil, 300.
Briqueville(Comtessede), 118. Charguéraud,300. Decurgis,515..
Briqueville(Marquisede), 118. Charnault (Alice),470. Degousse(Amélie),448. 432.
Brissac (Duchessede), 117. Chartres (Duchessede), 89, 93,94, Degroux(Marie-Louise),
Britos (Gypriana).620. 95 96 et 97. Delahaye(Henriette),280et 281.
Brocard (Blanche).434, 448, 456, Châtelain(Aline),410, 428et 434. Delamôtte-Bertin,144.
475et 476. Chassiron(Mmede), 278. Delarue, 659.
Bron,448,435. . Chaussée(L'aînéeMllede), 119. Delaunay(Marie),475et 476.
Broqué(Adélaïde),274. Chaussée(Lajeune Mllede), 117. Delcourt (Mlle),275.
Brossard(Mmede), 158. Cheminet(Clémente),473. Delcourt(Mère),275.
Brosse(MmeVital de). 158. Chevreuil,554. Delius,571.
Brucq (Clairede), 616, 618, 689et Choiseul(De),118. Delmare,496.
690. Choiseul-Goufîîer (Comtessede), 90 Delmont(Marie),377.
Brun, 458. et 99. Demay,355.
Brunel (Demoiselle),119. Civrac(Comtessede), 90et 99. Demonaz(Esther),344.
BrunsAvick (Duchessede), 127. Claret, 275. Denis(Mme),100et 101.
Bultaud, 280. Olaudon(Lucie),510 et 532. Deraismes(Maria), 171, 482 à 489,
Burckhardt (Anne),448. Clausmann.476. 497,505, 601.602, 669et 670.
Burckhardt (Suzanne),455. Cleiftie,666et note 2. Déricourt(Mlle),241.
Burdett Coûts(Baronne),402. Clermont(Marquisede), 92. Déricourt(Mère),241.
Burnham (F.-A.),583. Cohen(No'émi),618. Desandray,144.
Burnstall (Victoria!,619. Colin(Hélène),439.- Desartre (Annette), 410, 434, 448,
Bustillos (Manuela),619. Colins,299. 455 et 476.
Collignon,407. Desban(Adèle),273, 274et 275.
Collin(Leone),356et 357. Desban(Mère),275.
C Collins(J.-F.),583. Deschamps,493.
Caflln,27t>, Colonno(Julia), 463. Descombes,300.
Cahunier(Valentinè),576. Comte,448. Desgranges,119.
Caillerot-Blanchon, 475. Condé(Gabriella),463. Desmares(Thérèsia),221.
Caligny(L'aînéeDe),127. Condé(Inoamacion),463. Desmarest(Elisa),583.
Caligny(La jeune De), 127. Cordier(Damede Sicard),119. Desmoulins(Camille),325.
Calvé(Emma),680et 681: Cordier,260. Despilliers?683.
Campan,326. Gornélie,521. Desrues,448.
Canevi,718. Cornet (Jeanne-Alexandrine), 377. Dessalles(Comtesse),95, 96, 99 et,
Canisy(Félicitéde), 147. Corradi (Rebecca),618. 118.
Canoùville(Comtessede), 119. Cortot (Marthe),476.- Develle,571.
Canouville,366. Gossé-Brissac (Duchessede), 119. Dibrand(Angèle),448.
Capitaine,595. Costa(Olympia),619. Dienne(Mmede), 170.
Garacciolo(Julie), 346. Cotolaindi,144. Diétrich(Baronne),147.
Caramanica(Princesse),15S. Courtebonue(Marquisede),90et 99. Dijon(Henriette-Pauline-Marie), 576.
Cardoso(Gelmina-Acosta), 517. Courtigny(De),119. Dislere,571.
Carignah(Princessede), 151. Courtois,"246. Dizamhourg,410,411,428,433, 434
Carignan(Mmede), 158. Goutances(De),118. et 455.
Caroline(ReinedeNaples),.22. Coverly(Lelia),619. Dodd(EdAvard), 583.
Carondelet(Mmede), 165. Gredeville(Louise^,510. Dodd(Eva),618.
Carrier (Hélène),549. .(regiér (G. W.), 583. Donday(Vve),4, note.
Carrion(Manuela),616, 619et 713et Crépy,557. Donnai(V. SophieWalder),691.
noté 1. Crépy-Bienaimé, 380; 543à 545, Donoso(Juanita),619.
CarA'alho (DonaFrancisca-Carolina), Gréquy(Mmede), 112. Dosmann,455.
450L Crespo(Mathilde),-463. Doumerc(Mme),158.
Castanéda(Marita-Anna),468. Crivelli(Paola),618. Dousse,295.
Catherinelro (Impératricede Rus- Groës(De),352. Douville,119.
- sie), 3. Groix-Mard,151et 157. Douville(DamedePioger), 119.
CatherineII (ImpératricedeRussie), . Groizé,260. Douville(Maurice,Dame),119.
105et 133. Groullebois(Blanche),476. Dreyfus,493et 571.
Cattiaux(Sophie),331. ' Croullebois(Léonie),476et 510. Dréano,246et:270.
Caubet(Mlle),51.0. Gsaspjneck,510. Dromery,428.
Caubet(Mère),510, Cuinet (Edouard),582. Duballen(Mlles),275.
Qaubray(Rifféde),:145., : Guinet (Emma),582. Duballen(Mère),272.
COMPLÉMENT « LE DIABLEAU XIXeSIÈCLE
DE LA PUBLICATION 93

* Foré (Cécile),532. Guichard, 275. •


Dubois,280.
Dubbsq,541. Forgêt, 286 et 287. Guichard; 571.
Dubourg(Mme),158. Fortant, 656. Guillauman (Marie),410.
Duchésnois,221 et 222. Fouehécourt (Comtessede), 218. Guillemin,428.
Ducoudray,584. Foulon,.444 et 445. Guillermet, 331.
Ducrestde Villeneuve (Mme),158. Fouques(Damede Férolles),119. Guillot, 275.
Ducros-Bourgeois,658. Fouques (Damede Fraisnel), 119; Guilmant, 532.
Dudouit (Eugénie),448. Fraissinet (Stéphanie), 304. Guionnet, 434et 448.
Dugard, 433. Frank, 434, 448 et. 455. Guizot, 326. ,
Duhamel, 119, Freteau (Mme de), 170. GutzAviller,458.
Duhaze(Gabrielle-Georgette),''576. Fuente (Carmende la), 619.
Dumetz (Mlle), 172. Fulda (Judith), 617. H
Dumont, 275.
Dumont (Louis), 582. G Hackett (Maud),619.
Duparc,478. Hadick-Barcokzy (Comtesse), 171
Duplay (Léonie),489. Gabillon (Zerline),542, 413 à 415.
Dupré, 478. Gagneur, 504. Harcourt d'), 118.
Dupuy (Marie),448,455, 456 et 476. Gaillard (Dame de Meigneux),119. Hardouin,(Duchesse
372.
Duquèsne (Berthe), 49L Gaillard (Dame de Teufles), 119. Harper(B.-E.), 583.
Durand, 275. Galles(Princesse de), 578. Hatton (Emilie),448.
Durosey, 275. Gallot, 251. Haupt (Guerrier De),331.
Dutillet de Villars (Comtesse),172. Garcia (Louisa), 464. Havrincourt (Marquise D'), 95, 96,
Duval (Charlotte), 448et 455- Gaudillière, 410, 428et 434. 99 et 118;
Duvidai, 157. Gauthier -Lamothe-Destrées, 258, Hayère (Emilie). 334.
260et 261. Hayes (George),583.
E Gavot (Vve),451. Hebbard (Mary), 515et 619.
Gavre (Comtessede), 172. Heidet (GeorgeF.). 582.
Ecquevilly (Comtessed'), 99. Gay (Delphine), 522. Helguerra (Terésa), 620:
Ehlers (E-. M. L.), 583. Ga'y(Pauline), 455 et 476. Helvétius, 94, 95, 104 et 600.
Ellis, 372. Geîin, 275.
424. 118. Hémon,271.
Eliot, Gemingolt(Baronne de), 411.
Elloy (Eugénie-'Fernande), 469. Genlis (Marquise de), 90, 99, .118 Hénaut,
Hénon (Victorine),279 et 292.
Elzner (Ovida),618. et 325. Hérédia (De), 535.
Erlak (Comtessed'), 95, 100et 118. Gentil-Rénaux,656. Heuzé(Mme d'). 158.
Espinchal (Vicomtessed'), 90, 99 et Gérard, 275.
118. Gerber (Jeanne), 510(i. 532. Higghinson, 158,
Hildebrand, 476.
Esprèmesnil (D'), 157. Gerbil (Elleu),515. Hocquart, 157.
Esterno (D'), 156et 157. Germenez(Conception),464. Hoffmann(Auguste), 617..
Etiévant, 470 Germinet, 272. Hollendersky, 331.
Evreux (Comtessed'), 95,100 et 118. Gilbert (Georgina),535. Holmes (Augusta), 486, 590, 591 et
EAven(E. M.), 410. Gilles (Julia), 434. 592.
Gillilard, 515. Honnorat, 297.
Gillifort (Vve), 619. lîouel (Oléma),448.
F Ginier, 410, 428, 433 et 434. Houel (Olivia),456.
Fabre, 239. Girai'd?565. Houesville (D'), 127.
Fabre (Eugénie),448,455, 456et 476. Girardm' (Comtessede), 151. '
Houssaye (Dela), 117et 119.
Fageot (Maria), 448et 476. Girardin (De),156, 157 et 326. Hue (née Victorine Aubert), 498.
Falcioni, 489. Giraudel, 275. Huet (Charlotte-Félicité), 144 et
Fare (Delà), 118. Girois,275. 145.
Faudoas (Vicomtessede), 90, 99 et Gisors, 455.
118. Goblet, 571. Huggins.(Virginia),619 et 713.
Godin(Antoinette-Héloïsé),281. Hugo (Joséphine),249.
Faure (Le), 172. Hyronimus (Gabrielle),448.
Feliziana (Laure), 111,note. Godinet (Marie-Louise),470. Hyronimus (Marie), 455,456, 475et
Feresse-Deraismes,669. Goebel,510. 476.
Fergus-Bray (Cecil),714 et note 1. Gosset (Jeanne), 476.
Fernig (Mlle de), 170. Goujon,571. 1
Ferté-Mun (Dela), 151 et 158. Graff, 239 et 249. .
Fèvre (Le), 119.. Granjon, 438. Ingersoll (La), 515.
Fiasson, 565. Grassini (De), 145. Ingram (Lucy), 619:
Fichter, 510. Graveson (Mmede), 158. Inverness (Duchessed'), 261.
Fidelle, 423 et 424. GraA'-ey(Jeanne), 549 et 550. LwanoAva (Impératricede Russie), 3.
Fienne (Mmede), 158. Grenet, 275.
Figuier (Louis),522. Grimaldi, 281.
Fiot, 275. Grimler (Emilie),654.
Fischer, 572. Grisse, 275.
Fitzgérard (Alice),618. Grûnberg(Lia),,617: Jacob (Berthe),448.
Fitzpatrick (Fanny),618. . Guedras (Ernestine), 281. Jackson (Annie),669.
Flacelière (Caroline),428, 433, 434, Guedras(Joséphine),281. Jacquetan, 547.
448 et 455. Guérin (Anaïs),287. Janvier (Nathalie),340et 341.
Fïoch, 428. Guérin (Marie),455. Jarrethout, 544.
Floquet, 571. ; Guérin, 476. Jauge, 254.
Fontainas (Mlles),585, en.note. Guervais, 275. Jerson, 239.
Fontainas (Mère),585, en note. Guétrat (MlleLouis), 583.. Jobert (Mlle),275.
Fontainas?;493. : Guétrat.(MllePierre), 583. Jobert (Mère),275. .;
Porbes (Arabella),619. ; Gugenheim(M.), 475. . Joly (Mathilde),.455.
Force;(Mmede la), 158, | GugenheimJ.), 475 et 476. Jonville (MmeAuguste de), 158.
94 BEVUEMENSUELLE,
BELIGIEUSE, SCIENTIFIQUE
POLITIQUE,

«Joséphine(Impératrice),112et 147. Llopis (Martinezde)617et 691. Messier(Eulalie),428, 434.


jouard (Blanche),376et 378. . Loisel(Hortense),275. Mètiflot,478.-
Jouanné(Mme),158. Loisel,.434. Meuron (Mélanie,Vve Revol), 119.
Jourdain, 366. , . Loménie(Marquisede),99 et 118. Meyer (Caroline),448, 352, 455 et
Jourde, 571. Lonchamp,508. . 475.
Junot, 434, Longueville(Mllede), 325. Mezin(Marie),428, 434et 448.
K Loos, 455et 476. Michaux(Mme),561.
Lopin,.493. : Michel(Victorine), 455,476, 510 et
Kabr (Demoiselle), 119. Loppin (Louise),582. 532. .
Karlsteldt, 578. LoUies,582. . Micbelet,522.
Katz.(Alice),455. Lotte, 571. Millet. 238.
Katz (Lucie),455. Louise (Princesse),578. Millet;282.
Kélaric-Robert, 5 21. Lussan (Alice),377.' Millet (Berthe).476.
KelleA'en(Soojun-Ghuru), 618. Lussan (Léontine),377. Minck (Paule),669.
Klein (V. SophieWalder), 691. Lussan (Marie),377. Mohovarut,715,note 1.
Kling (Noémi),715 et note 1. Lussereau(Mathilde),356et 357. Moissard(Irma), 448et 455.
Knach, 578. Luynes (Duchessede). 92. Molans(Marquisede), 118.
KnezeAvska, 511. Mollin(Mme;,172. .
Koechlin-SchAvartz, .571. Mollino,597,
Koening(Caroline), 303. Monatondes Perrières, 507.
Kratz (Ismérie),448. M Monet,280.
Monnet,548.
Mâchefer (Marie),455, 476, 510 et Mons(De.Damede Dargouves),119.
532. Mons(De.Damede Maigneux),119.
Labarchède'(Ida),455,475. Machure<!ux,389. Montagne(Vve),539 et 540.
Labarre (Eugène),410et 475. Maillé(Comtessede), 15. ' Montaigu(Mmede), 158.
Lacomme(Mlle),424. Mailly (Comtessede), 105et 157. Montarual,326.
Lacomme(Mère),424. Mainfroy(Eugénie),630. Montblin(De),157.
Lacroix,508: Mairot (Marie),448 et 445. Montchenu(De),118,151et.157.
Lacroix (Jeanne),539. Malcolm,515. Montchenu(Comtessede),.94et 99.
Lafon (Marie),534. Malhautier(Clotilde-Anna),491. Montchenu(Marquisede), 91.
Lallemand,532. Malhautier(Jeanne-Victoire)491. Monteil(Marquise,de),99et 118.
Lamballe (Princessede), 89,90, 94, Mallet, 119. Montlivault(Césarde), 145.
95, 96, 98, 105,107, 131et 600. Mancera(Mai'ia),463. Montmort(Marquisede), 91et 99..
Lambert,256. Manlove(Elien), 618. Montoriol,448.
Lamblin,550. Mansour(Fatime),618. Moore,515.
Landais,504, Mara (Joséphine-Maria), 241. Moreau(Alix),557.
Langlois,280. Marchais (Jeanne),368. Moreau(César),282,285et 291.
Lattin, 157. Marchai, 656. Moreaux,373,376,396, 423,424et
Laurence(FrankR.),.583. Marchef-Girard(De),331,522. 557
Lavalette (De),326. Marchery (MmeEglé de), 158. Morel'(De),157. .
Lavergne(Marie),456. Marches),515. Morgan(Lady),221.
Lebailly(Marie),473. Maréchal,272. Morin,424.
Lebailly (Matkildej,473. Margaine,571. Mm-laix(VveZeipféll),682et 691.
Lebeau(Aline),270. Marguerie(De),157. Morris(F.-P.), 583.
Lecombe,172. Marie,410. Morsier(De).592.
Lecomte (Armandine),434, 455 et Marie-Christine (Régente d'Espa- Morfimer(Alix),619.
476. gne), 579. Moser,434et 448.
Lecomte(Juliette),448, 455et 476. Martial (De),249,252. MostoAvska (Comlessede), 158.
Lecreux,468. Martin (Anaïs),256. Mottet, 510.
Lecreux(Louise),473. Martin (Antide),383. Mougnon,372.
Leetham (Cécil),619. Martin (Georges),670. Moulins(Des);555.
Leffroy(Lesdeux soeurs),275.' Martin (Marie),of)2. Mouret (Vve),451.
Legrand,275. Martin, 669. . • Mouron,119.
Legrand(Léouie),468. Martorell-Sautos,464. Mouton,508.
. Legraverant, 434, 448, 455 et 476. Marx (Rachel),617. Moyeux(Marie),434. '
Lelorrain (Mlles),656. 331. Mu'ller,656. -
Massé,
Lelorrain(Mère),656. Masson,239. Mùnck,221.
Lenain (Francine),468. Masson(Marie-Réginâ),469. Murât (PrincesseCaroline),160.
Lenain (Marguerite),468. Massonnet,275. Murât (PrincesseLucien),297.
Lépine,457et 458. I Mathan (Vicomtessede), 118.
Leroy,239. I Matheron,438. N
Lesseps(Julesde), 442. Matrachot, 583.
Lestre (Comtessede), 118. Maud (Princesse).57.8. Namur, 276.
Letellier'(Mlles),380et 412. Maugar,410. Naples; ( 94.
ReineCaroline),
Letellier (Mère),380,412,536, 544, Mauzius,434. '-.';." Narbonne(Vicomtessede)^105^150,
547, 557, 577,586, 658et 659. ; Maxime,246,281 et 331. 151et 157.
Leyeau(Juliette-Augustine), 397. Maximilla,.638. Navarette(Rosa),619.
L'Evesqué ( Demoiselle de Fli'xi- Mazaud,434et448. Navet'(Sidonie),281.
court),-119. Mazeau(Marie-Louise), 477. Nédonchelle(Vicomtessed"e)^118 et"
L'Evesqué (Demoiselledu Hamel), Mazeau(Pauline-Eugénie),477. 119.
119. Meffren-Laugier(Mmede), 158, Nédonchelle,372.
Lév-y; 2 80. Mégrigny(Mmede), 158'. Néville(De),.156et 157.
718.
. Li'dia-;. :
Ménauge(Louise),.657. Niboyet(Eugénie),270. ,
-Little (J.-J.),.583.
240à 242. ''-'.
Menu,484, ... Nicoiaï (Première Présidente de)^
Livoys.(Dé),. Messager,410. 91et 99.
« LE DIABLEAU XIXe SIECLE
DE LA PUBLICATION
COMPLÉMENT 95

Nicolas, 478. Pisoni (Francesca), 618. Roncherolles (De),.151 et 157.


Nicolet, 565. Plain (Lucie),448 et 455. Rosemvald, 298. .
Nicot, 504. Plainchant de Decize, 324, Rougier (Laure), 410, 428, 433, 434,
Nie], 119. Planchenot, 271. 448.
Nisas (D.), 157. . Platel, 329. Rousselot, 435.
Nivernôis (Adèlede), 117. Plouvier, 276. Rouzade (Léonie), 669.
Noiriel, 468. Podesta, 432. Rozé (Marguerite-Fernande), 470.
Noient, 656. Poggi (Bianca), 616. Rudicher (Comtesse), 239.
Nooth, 239. Pognon (Marie), 669. . Ruffy (Jeanne-Emilie), 356 et 357.
O
i Poliguac (Comtesse Charlotte de), Rumfray (Eugénie-Marie),469.
90, 99 et 118. Rumfray (Marie-Argina), 469.
Polk (Clélia), 619.
Ooispo(Josepha), 463. Polk (Nelly),713. •
Obrion, 451. Pomar (Lady Gaïthness, Duchesse S
Ocampa (Marie-Elvire), 619.
Ocana (Elvire Viuda), 618. de), 592, 593 et 680.
Pons (De), 157et 158. Sabran (Marquise de), 92.
Oldry (Berthe),619. Pontcarré (Comtesse Saint-Pierre
Saint-Aiglon (De), 157.
Oliveira Campos (D. Guilhermina
Clotildès), 450. de), 119. Saint-Cosme (Bonnier de), 118.
Olméda (Susana), 620. Portai (De), 119. Saint-Fieffe (De), 119.
Portet" (Marthe), 473. . Saint-Jean (De), 586.
Olinger, 476. Saint-Julien (Femme Raulet), 119.
Potoska (Comtesse Azolinska de),
Orange (Princesse d'), 22. 18 et 95. Saint-Marsanlt (De), 157.
Ordinaire, 571.
Orléans (Duchesse d'), 266 et 267. Pouget, 272 et 276. Saint-Morrys (De),170.
Osmond (Mme d'), 158. Poiiget (Mère),276: Saint-Quentin (De), 119.
Osmont (Buphèmie),410, 434 et 448. Poul'lain (Alice),410 et 448. Saint-Seine (De), 157.
Pouril (Henriette), 455 et 476.Saint Trys (De), 157 et 158.
Ourscamp'(Legrand d""),275. Poussel (Oornélie),618. Sainte-Colombe, 127.
'Outrebon (Marie), 473.
Pradt (Dé),239. Salgado(Genoveva), 517 et 518.
P Premeaux (Mllede), 169. Salgha Djemile Pvpazian, 618.
Prince-Duclos (Le), 119. «allé (La), 10.
Pacault (Désirée),249, 250, 253 et" Prbnnier, 551. Salle, 565.
254. Proost, 448. Salm (De), 326.
Pacault, 583. Provot (Les deux Soeurs), 276. Salmon, 448, 455 et. 476.
Paillot, 493. Salvador (Estha), .218.
Palacios (Rafaëla), 619. Salvatierra (Trinidad), 463.
Palireman (Vve), 619 et 724. Q Sampaio (Francisca), 619.
Pangis (De), 170. Samuels (Lévi, 583.
Pannier, 595. Quigneaux, 505. Sanchez (Romula),620 et713, note2.
Paola Nina, 718. Sand (George),326 et 522.
Fape-Garpentier, 522. Sanglier (Marie), 448.
Pardien (ComtesseFélix de), 119. R Sfntini, 410.
Pardi eu (Marquise de)', 117 et 119. Sara, 709.
' Pareira (Maria Leone), 619. Raifort, 656. Scelles (Glaire-Rose), 473.
Parent (Lucie), 434. Ragon, 439. SehaAV,515.
Pastora, 517. . Raimbouville (Chausséede), 119. Schirman, 434 et 448.
Patrice, 299. Rappaport (Andréa), 515 et 619. Schmidt; 617.
Pazos (Barbara), 619. Ratazi, 617. Schmit (Caroline), 582.
Pecler, 582. Rau (Anna), 434. Schoerer, 571.
Pellée, 145. Raulin (Blanche), 377. Schreiber (Elisabeth), 510.
Peltier (Clotilde), 532. Raymondi, 583. Schreiber (Elisa), 532.
Penez, 349. Raynal (Henriette), 281. Schultz (Dorothée), 578, 616, 714 et
Perez (Grégoria), 463. Reboul (Emilie), 346. note 3, 715.
Pernelle, 456. Récamier, 326. Schultz (Maria), 510et 532.
Pemet (Gabrielle), 246. Recke (Mme de), 105 et 116. Schuster (Joanna), 451.
Pernez (Marie-Caroline),532. Régnier (Laure-Augustine), 397. Sécrétait, 331.
Perrin (De), 118. Rehm (Amélie),439. Seignobos, 571.
Perdu (Camille-Julie-Joseph), 576. Rémusat (De), 326. Seillan, 467.
Perruchot, 276. Richardin (Matbilde), 468. Senfl't (De), 157 et 158.
Pestaloggy (Comtesse), 119. Richardson (E. W.), 583. Seoane (Marquise de), 514.
Petit. (VeuveAmédée), 331. Riche-Gardon,331. Serres (Augustine de), 435.
Pefitfils, 433 et 434. Richepanse (Joséphine de), 165. Serres (De),493.
Pétot (Eugénie),356 et 357. Ringuet, 272 et 276. Servagean, 476 et 532.
Petti, 670. Riout. 276. Seurre.434.
Philery (Jeanne-Virginie),356et357, Roch (Berthe), 434. Sevére (Mariette), 250.
Philippart (Jeanne), 455, 476et 510 Rochambeau (Comtessede), 99. Sezzi, 371.
Phillips (Ellen), 619. Rochambeau (Marquise de), 91. Shieber, 578.
Picard (Le), 158. Rochechouart (ComtesseJules de), Sigoillot, 448 et 455.
Pierron (Blanche-Julie),377. 96, 97 et 100. Silva Vasconcèllas (Dona Delphina
Pierron (Juliette-Léonie), 377. Rochefoucauld (De la), 222. Rosa da), 450.
Pigacière (Dela), 118: - Rodriguez (Dolorez),464. Silva (Caroline de), 517.
Pillière, 656. Roger (Daniel), 158. Simon (Jules), 379 et 380.
Pillon, 331. Roland (Mme),325et 521. Simonneau, 532.
Pillot, 274. . Rollin, 172. ' Slavy, 270. .'
Pillot (Marie-Elisa),
' 276, Rolly (Mlle), 103. Smith (H.-J.);,583.
Pinet,595. "Rolly(Mme), 103: Soffer(Clémence),476.
Piot (Maria), 410. Roméro (Dolorez),467et 500. Sommelette-Fonder, 656.
96 BEVUEMENSUELLE,
BELIGÎÈUSÉ, SCIENTIFIQUE
POLITIQUE,

SortcA'al(De),127. Torgue(Fleurine),455. Yernon(MmeZoé de), 170.


Sortosville(De),127. Tourette, 256. Véron, 541.
Soubre,424, Toureite (Delà), 157. Verrier, 583.
Soulaneé,448. Tournafol (Eugénie),407. Versigny, 571.
Soulié,"286. Trent, 669. Victoria."
(Princesse),518. '
Soumet, 239. Trevières(Vicomtessede), 91et 99. Victoria (Reine),2(51et 386.
Speranza,602. Trigo (Salomé),464, Vie (Victorine),448,455,475et476.
Staël (De),326 et 522. Truchy, 372. Vienne (Dela), 158.
Steimetz(Jeanne-Marie),380. ïruchô-n, 434. . Vignaud, 424.
Stéphan,691. Turban, 250. Vïgreux,434et 476,
Stevenson(FannAT), 620. Turner (Noémie),616. Villemor-Ainaral(Mariade),
' 450.
Stuart Coflin,596et 597. Turpin (Céline),377et 378. Villette (Marquise de), 100, 216,
Studler (Clara),428,434,448et 455. 220à 222 et 600.
Svdney (Gabrielle),336. U Vincent, 680 en note.
Svlvestre (Mlle),300. Viot (Mlle),172.
Sylvestre(Mère),300. Ubêlesky.119. Vitasse de Vermandolivers (Dame
Sylvestre(Louise),532. . Ullstronn(EdAvige),618. de Sencemont,119.
Ulmer (Esther),434 et 448. Voisin. 119.
Ulmer (Julie),434 et 448. Voilée(La), 157*.
T
Vouaux,540et 541.
Tachet, 505. V
Tall'oreau,410et 428. W
Talandier (Mlle),377. Vaché(Charlotte),456et 476.
Talandier (Mère),377. Valagon,372. AValdeck(Princessede), 22.
Talleyrand (Augustede), 170. Valette (Comtessede la), 119. Walder (Sophieou Sophia-Sapho),
Tallien, 326. Valette,'669. 386,575,617,636à 654,'683à 698,
Tanlay (De),157et 158. Valette(Marie),356et 357. 703à 711,714et note 2, 718. 720'
Tartter (Jacob),582. Vallayer,276. à 724.
Tasset (Berthe-Emilie),432 Vambone(Rosalie),219. V,rarhnburn,515et 619.
432.
Tasset (Denise-Elisabeth), Vandriel(VveCharles),618. Weldon(Betzv),619.
Tasset (Zoé-Marguerite),432. Vannes(Comtessede), 95 et 99. AVhiteheads(Jane),619.
Tauscher, 542. Vanrobais(L'aînée),119. Willis (Emma),618.
Tavanncs(Vicomtessede), 92. Vanrobais(DameVanrobais),119. AVitt(Bettide), 158.
Taylor (T. A.), 583. Vantrelecke(Joséphine),410. Witt (Mmede), 158.
Teissier,146. Vassal-Roger(Baronnede), 330 et Worms-Mayer.505et,619.
Teissier (Amélie).449. 331. Wvdtz (Juliette).507.
Tersolo(Rosa),434et 44S. Vatson(Vve Charles),618. Wydtz (Marguerite),507.
Teulies(De),119. Vau'demont(Duchessede), 144,145,
Theil (Du),170. 150,156et 157. X
Thiberge, 128et 129. Vaughan (MissDiana), 589, note ;
Thirifocq,346. 619,703à 711,713et 719. Xaintrailles'(De),170et 171.
Thiriat, 656. Vavasseur(Lucie),476.
Thomas(Anna),539. Vavasseur(Marie),455et,476. Z
Thomé (Félicie),557 à 565; 656. Verdy(Thomas),617et 691.
Tlionnelier,468. Vergennes(Gravierde), 117et 170. Zaccheo(Kmilia),517.
Tiblier, 346. Verlain(Henriette),469. Zola (Emile),571.
Torche (Lesdeux Soeurs),276. Vernon, 691. Zorilla (Luisa),455et 475.

imp.Ch.BOY.
Saint-Etienne, ruedelaLoire.
13. LeGérant
: P.PEYRE.
3NTo 4 Prix : 30 cent.
Avril 1894

« Miss Diana a vos sympathies, on voit bien


LES VESTALES DE SATAN pourquoi ; c'est uniquement parce qu'elle a le '
plus contribué à créer le schisme dans la
Le cas de miss Yaughan, examiné par divers haute-maçonnerie; orgueilleuse et '.'disci-
théologiens, a été considéré comme tout à plinée, elle' est un ferment de discorde. Vous
l'ait exceptionnel et présenté ainsi par plu- en faites la huitième merveille ; dans les pages
sieurs journaux religieux. • que vous lui avez consacrées, vous vous êtes
. Grand nombre de mes abonnés m'ont de- . attaché à faire ressortir qu'elle est vierge,
mandé si vraiment la. courageuse adversaire sachant que ceci la recommanderait particu-
de Lemmi était seule dans.son cas, que M. le lièrement a l'admiration de' vos lecteurs
chanoine Mustct a fort bien dé lini en ces catholiques. 11n'y a pas de quoi, pourtant!...
linéiques lignes : Pourquoi alors n'avez-vous pas parlé des
« Une chose étrange et qui donne raison à. Godllke-EricIrmUress? Comment! vous ne rou-
la parole de Terlullien sur l'âme, nalurcllcmctd gissez pas de violer votre serment de discré-
(hrétiumu!, parmi les fervents de ce culte tion, et, pour rendre plus sympathique celle
diabolique, il y a des âmes bien nées ; et, dont la révolte vous est si' précieuse, vous
chose plus étrange encore, qui laisse entre- gardez Je silence sur les divines cantatrices?
voir les profondeurs de Satan. : celui-ci, les Elles sont, cependant, bien vierges, elles
possédant par.l'esprit, se retient parfois de aussi. Mais elles vous gênent dans votre
leur corrompre le coeur. Ces victimes lui sont argumentation, et vous tenez à ce qu'elles
"
ainsi plus utiles pour séduire, pour tromper, n'existent pas. Voilà, votre bonne foi! »
pour propager leurs monstrueuses erreurs. Je ferai remarque]', d'abord, à mon corres-
« Telle est, par exemple, cette Diana Yau- pondant anonyme que,.par sa lettre seule, il
ghan, chez laquelle on admire les pins belles viole lui-même le fameux serment de discré-
qualités, cl qui est une adoratrice passionnée tion.
de Lucifer. » Je lui dirai ensuite que je ne peux pas tout
Je dois déclarer qu'en effet miss Yaughan exposer à la fois, et que, s'il avait pris soin de
est la seule de son cas que j'ai rencontrée au lire attentivement mon": ouvrage, il aurait vu,
cours de mon enquête ; mais j'incline à croire' dans le premier volume, pages 484-485-486, que
que le démon, en la protégeant dans les con- j'ai réservé toute ma XI° partie à, traiter' de
ditions que j'ai expliquées, ne se retient peut- l'organisation et du fonctionnement du Palla- '
être pas, au sens absolu du mot, mais y est disme en tant que culte luciférien.. Ce sera
contraint par la volonté toute-puissante de -bien là; et non à propos de miss Yaughan,
Bien. Le démon, lui aussi, n'est qu'un instru- qu'il conviendra de parler des Godli/oe-En-
ment. C'est même là ce qui me fait le plus chanl.resx..".le-n'ai, jamais eu l'intention de les
espérer que'la grande-maîtresse d.e New-York passer sous silence.
finira par se convertir, quoiqu'elle en dise. J'ajoute, d'ailleui'i,, dès à présenl, que leur
A propos de ces appréciations diverses, un cas ne me paraiI ayoir aucun rapporl a\er
correspondant qui"n'a pas signé sa lettre, et celui de la/s) mpalhique >
v< orgueilleuse e| iu-
qui est évidemment un palladiste, .m'a écrit : ; disciplinées.. , /-,\

Supplémentau 17"fasciculedu Diable au XIXSSiècle (n°d'.nrjj lffM),.,


98 KEVUEMENSUELLE^
RELIGIEUSE, SCIENTIFIQUE
POLITIQUE,

Enfin, si mon correspondant est Mage Elu, plus p haut, le Nnplorium, c'est-à-dire «lacham-
ce qui est bien possible, il me permettra de bre h nuptiale. »
lui dire que la virginité des Godlike-Enchan- Les Minervales, immptoi cantatrices, ne
tress, tout au moins de celles .qui appar- pénètrent p pas dans le Nnplorium.
tiennent à la classe des Cypriennes. me paraît La réunion des soîiirs de la seconde classe
fort douteuse. p
prend le nom iï Olympe, lorsque les Cy-
Pourquoi, leur grande salle de réunion j;
priennes reçoiA:.ent la visite? de frères Mages
secrète, leur chapelle diabolique, se nomme- Elus,
I lesquels, pour être admis, doivent être
t-elle le Nnptoriam?... 11 me semble que ce au r nombre de sept.
n'est pas là un nom bien virginal. • La communauté a trois directeurs ou Custo-
D'autre part, la première classe de ces Yes- diaires i résidents (Grand-Chapfainj, désignés
taies de Satan ne se corapose-t-