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Présentation du chapitre 1 : Les réels

1. Ce que vous devez savoir avant d'aborder ce


chapitre
● Indispensable

○ Formalisme de la logique ( négation d'une proposition) voir les modules


de logique.
○ Manipulation des inégalités (additionner, multiplier).
● Utile
○ Structures algébriques : notion de corps commutatif (cela permet de résumer de
façon synthétique certaines propriétés des réels)

2. Ce que vous allez apprendre, améliorer ou tester


dans ce chapitre
● Fondements théoriques
○ Caractérisation de R
○ Différentes formulations du fait que R est archimédien
○ Q et R\Q sont denses dans R (savoir l'exprimer et le démontrer)
● Outils

○ Manipulation d'égalités à près :


○ Détermination de bornes supérieures et inférieures

3. Ce que vous devez savoir faire à la fin de ce


chapitre
● Comprendre le vocabulaire
○ Majorant, minorant
○ Borne supérieure
○ Archimédien
○ Approximation décimale, partie entière
● Déterminer des bornes supérieures et inférieures

4. Ce qui vous est proposé


● Cours sur les réels
● Exercices d'entraînement
● Tests d'autoévaluation

5. Temps prévu (en plusieurs fois !)


● Environ 8 heures pour un apprentissage 'complet'
● Moins, selon ce que vous savez, pour une autoévaluation ou un approfondissement
A l'origine les mathématiques sont apparues à partir de problèmes concrets. Les nombres, en
particulier, ont servi d'abord à compter (entiers naturels) puis à mesurer: il s'agit alors de
représenter une longueur géométrique, une unité de longueur étant choisie. Les nombres
rationnels (quotients de deux entiers) ne suffisent pas. On s'en rend compte dès l'époque de
Pythagore (-560,-480) : la longueur de la diagonale d'un carré de coté 1 (qu'on représente par

le symbole ) n'est pas un rationnel (cliquer ici pour une démonstration élémentaire).

Ainsi on peut construire un segment dont la longueur n'est pas représentée par un rationnel : le
problème de la droite réelle est posé, on peut le formuler ainsi:

● Étant donné une droite avec une origine et une unité de longueur (ou deux points de la
droite affectés respectivement des nombres 0 et 1), on cherche à associer à tout point
de la droite un nombre ou encore à représenter la droite par un ensemble de
nombres. Cet ensemble de nombres est celui des réels .

D'autre part avec les entiers naturels, et avec les rationnels on calcule : on additionne (et, si
cela est possible, on soustrait), on multiplie (et, si cela est possible, on divise). Les ensembles
de nombres ont des structures algébriques (on y définit des opérations qui ont certaines
propriétés). Sans donner la construction de ces ensembles rappelons en brièvement le principe
de la méthode.
L'ensemble de base est N ensemble des entiers naturels, il est muni de deux lois:
● addition notée +
● multiplication notée . ou .
En symétrisant l'addition, ce qui revient à rendre la soustraction toujours possible, on obtient
l'ensemble Z des entiers relatifs.
De même, en symétrisant sur Z*=Z\{0} la multiplication, on obtient l'ensemble Q des rationnels.
On remarque que, dans les deux cas, il s'agit de le même méthode: opération algébrique de
symétrisation.
L'ensemble Q est un corps commutatif (rappel de la définition).
D'autre part les entiers naturels servent à ordonner (premier, second,..) ; la relation d'ordre sur
N se prolonge sur Z puis sur Q. Cette relation d'ordre ( total) notée est compatible avec la
structure de corps (rappel de la définition).
La construction de R est une opération plus difficile, il existe plusieurs méthodes suivant que
l'on cherche à combler l'une ou l'autre des "lacunes" de Q. On admet ici l'existence de R, on en
donne les propriétés fondamentales : propriétés algébriques, propriétés de l'ordre total (ces
propriétés sont liées par la condition de compatibilité), propriétés topologiques. Des propriétés
de la relation d'ordre se dégage le concept de borne supérieure , des propriétés topologiques
celui de voisinage. Il s'agit de notions qui sont à la base de l'étude des suites comme de l'étude
locale des fonctions. Notons l'importance, théorique et pratique, du fait que Q est dense dans
R.
L'ensemble R n'en a pas moins des "lacunes", ainsi l'équation x2+1=0 n'a pas de racines
réelles; d'où la nécessité de construire C (construction algébrique exclusivement).
L'ensemble (R , + , . ) est un corps commutatif, admettant Q comme sous corps (cf cours
d'algèbre ). Sur R la relation est une relation d'ordre total, ce qui signifie que deux éléments
quelconques de R sont comparables ou encore que deux réels x et y vérifient x y ou y x.
Cette relation d'ordre total prolonge celle de Q.

On note .
Définition.
La relation d'ordre est compatible avec la structure algébrique (corps) de R.
ce qui signifie:

● en particulier


On désigne par A une partie non vide de R.
Définitions.
● On dit qu'un réel a est un majorant de A si tout élément de A est inférieur ou égal à a .

● a majorant de A équivaut à :
● On dit que A est majorée si A admet un majorant (elle en admet alors une infinité).
● On définit de même un minorant, une partie minorée.
● A est bornée si A est majorée et minorée.

Remarque: Une partie non vide de R n'a pas toujours de majorant; lorsqu'elle en a un, elle
admet une infinité (Exemples).
Définition.
On dit qu'un réel a est plus grand élément (ou maximum) de A si a appartient à A et est un
majorant de A .
a plus grand élément de A équivaut à :

On définit de même la notion de plus petit élément (ou minimum).

Remarque: une partie majorée (resp. minorée) n'a pas nécessairement de plus grand (resp.
petit) élément (Exemples).
Propriété.
Si A a un plus grand (resp. petit) élément celui-ci est unique.

Preuve:On aurait sinon a b et b a, d'où a=b.


On note alors max A (resp. min A ) le plus grand (resp. petit) élément de A.
Quand une partie A non vide de R est majorée, elle admet une infinité de majorants, et si a est
un majorant de A, tout réel supérieur à a est majorant de A. Il est donc naturel de s'intéresser à
l'existence éventuelle d'un plus petit majorant.
C'est ce concept de plus petit majorant que l'on va formaliser en exprimant que tout réel qui lui
est strictement inférieur n'est pas majorant.
Définition.
Si l'ensemble des majorants (resp. minorants ) d'une partie A de R admet un plus petit (resp.
grand) élément, celui ci est appelé borne supérieure (resp. inférieure) de A et se note sup A
(resp. inf A).
a=sup A équivaut à :

.
On écrit souvent (ii) sous la forme

Propriétés.
1. Si A a une borne supérieure (resp. inférieure), celle-ci est unique.
2. Si A a un plus grand (resp. petit) élément a, alors a=sup A (resp. inf A).

Preuve: La propriété 1. vient du fait que la borne supérieure est le plus petit des majorants et la
2. découle de la définition.
La réciproque de 2. est fausse comme le montre l'exemple :

on a sup A=2 A et inf A=1; 2 est plus grand


élément, 1 n'est pas plus petit élément.
Remarque: Toute partie majorée de Q n'admet pas nécessairement de borne supérieure
(Exemple).
C'est cette "lacune" de Q qui est à la base d'une construction de R (méthode dite des
coupures).
Définition.
R est défini comme devant satisfaire aux conditions suivantes :
● (i) R est un corps totalement ordonné,
● (ii) R est une extension de Q,
● (iii) toute partie non vide majorée de R admet une borne supérieure.

La propriété (iii) est dite propriété de la borne supérieure.


La propriété (ii) exprime que R est une extension de Q c'est à dire que R est un corps qui
contient le corps Q; en fait R est le plus petit corps contenant Q et qui possède la propriété de la
borne supérieure. On remarque qu'il ne peut être question de borne supérieure dans C puisque
ce corps n'est pas muni d'une relation d'ordre (a fortiori d'une relation d'ordre total).
On obtient, bien évidemment, en considérant l'ensemble des opposés de la partie envisagée, la
propriété :
Toute partie non vide minorée de R admet une borne inférieure.

Définition.
On appelle valeur absolue d'un réel x, le réel, noté |x| , défini par :
|x|=max(x, -x).

Propriétés.

La preuve est élémentaire: il suffit d'étudier les différents cas suivant les signes de x et y.
Parmi les rationnels les décimaux ont un rôle pratique important, leur intérêt est d'approcher
les réels d'aussi près que l'on veut, ce qui permet les calculs sur les réels.
Définition.
Un réel d est un nombre décimal s'il existe k N tel que 10kd Z.

(Exemples)
On note D l'ensemble des décimaux; on a l'inclusion:
D Q R,
mais attention D n'est pas un corps: 3 est un décimal mais non 1/3.
Le théorème suivant exprime l'équivalence entre quatre propriétés, la première, dite propriété
d'Archimède, exprime le fait que tout réel peut être "dépassé" par les multiples d'un réel positif
quelconque.
Théorème.
R est un corps archimédien , c'est à dire qu'il satisfait à l'une des quatre propriétés
équivalentes suivantes :
(i) étant donné deux réels y et x, x strictement positif, il existe un entier n N* tel que y nx;
(ii) étant donné un réel y il existe un entier n N tel que y n;
(iii) étant donné un réel positif y il existe un entier n unique tel que n y<n+1; l'entier n est la
partie entière de y notée E(y) ou [y].
(iv) étant donné un réel positif y et un entier k, il existe un décimal yk unique, tel que
10k yk Z et yk y<yk+10-k
yk est l'approximation décimale d'ordre k ou à 10 -k près par défaut de y.

Preuve : On démontre les implications (i) (ii), (ii) (iii),(iii) (iv), (iv) (i); puis on
montre (i) par l'absurde (Preuve).
La propriété d'Archimède, est dans R une conséquence de la propriété de la borne supérieure;
toutefois elle n'est pas caractéristique de R, Q est également archimédien mais ne vérifie pas la
propriété de la borne supérieure.
On remarque que, dans les calculs numériques, lorsqu'on "approche" 1/3 par 0,33, cela
correspond à la double inégalité:

;
0,33 est l'approximation décimale d'ordre 2 (ou à 10-2 près) par défaut de 1/3, tandis que 0,34
est l'approximation par excès.

Les intervalles de R jouent un rôle fondamental dans l'étude des fonctions numériques
(fonctions de R vers R), tant du point de vue global (ensemble de définition) que local
(voisinage): ce sont les parties connexes, c'est à dire d'un seul tenant, de R.
Définition.
Une partie I de R est un intervalle si

.
La propriété de la borne supérieure (resp. inférieure) permet de classer les intervalles non vides
de R en 9 types distincts suivant l'existence ou non d'un majorant, d'un minorant, d'un plus
grand, d'un plus petit élément.
On montre ainsi qu'un intervalle non vide de R est d'un des types suivants :
intervalle borné
ouvert : ]a,b[ = {x R, a<x<b}

semi-ouvert :
[a,b[ = { x R, a x<b}

]a,b] = { x R, a<x b}

fermé :
[a,b] = { x R, a x b}

intervalle non borné


minoré, non majoré :

avec minimum [a,+ [ = {x


R, x a}

sans minimum ]a,+ [={x


R, x>a}

majoré, non minoré :

avec maximum ]- ,b] = { x


R, x b}

sans maximum ]- ,b[ = { x


R, x<b}

non minoré, non majoré :

]- ,+ [

Preuve : Par exemple, on peut montrer qu'un intervalle borné ayant un plus petit élément mais
pas de plus grand élément est de la forme [a,b[ (Preuve).
Les intervalles ]a,b[ et [a,b], (b>a) peuvent être encore définis de la façon suivante :

Le réel est le centre de l'intervalle, est le rayon. Cette définition de l'intervalle ]


a,b[, sera très souvent utilisée, en particulier, dans l'étude des suites et des fonctions.
Les propriétés locales font appel à la notion de voisinage d'un point.
Définitions.
Soit a R, on dit que a est intérieur à un intervalle I s'il existe un intervalle ouvert contenant a
et inclus dans I.
On appelle voisinage de a toute partie de R qui contient un intervalle ouvert contenant a.
On appelle voisinage de + (resp. - ) toute partie de R qui contient un intervalle de la
forme ]A,+ [ avec A R, (resp.]- ,B[ avec B R).
On dit qu'une propriété est réalisée au voisinage d'un point s'il existe un voisinage du point
dans lequel cette propriété est vérifiée .

Pratiquement on prendra pour voisinage de a R, les intervalles ouverts contenant a


(fréquemment les intervalles ouverts centrés en a ) et pour voisinage de + (resp. - ) les
intervalles ]A,+ [, (resp. ]- ,B[).
Si V est un voisinage de a, on note V* =V-{a}, voisinage épointé de a .
Théorème.
Q est dense dans R.
(entre deux nombres réels distincts a et b, il existe un rationnel)

Preuve : Ceci peut être démontré en utilisant une approximation décimale de (Preuve).

Présentation du chapitre 2 : Suites de nombres réels

1. Ce que vous devez savoir avant d'aborder ce


chapitre
● Indispensable
○ Propriétés des nombres réels (ordre, ensembles majorés, minorés, bornes
supérieures et inférieures, ...) : voir le module sur les nombres réels

○ Formalisme de la logique ( négation d'une proposition) voir les modules


de logique.
● Très utile
○ Structures algébriques (cela permet de résumer de façon synthétique certaines
propriétés des suites)
○ Propriétés des suites et fonctions vues en terminale (pour avoir des exemples et
se sentir plus à l'aise)

2. Ce que vous allez apprendre, améliorer ou tester


dans ce chapitre
● Fondements théoriques de l'étude des suites de nombres réels ou suites numériques,
déjà abordées sous un angle opératoire au lycée.
○ notamment : notion de convergence, de divergence, de limite.
● Outils pour l'étude des suites
○ Outils algébriques(opérations sur les suites : somme, produit, quotient,
composition avec une fonction)
○ Théorème sur les suites (encadrement, suites monotones)
○ Nombreux exemples
● En complément :
○ Critère de Cauchy pour étudier la convergence d'une suite indépendamment de
la limite
○ Théorème de Bolzano Weierstrass
3. Ce que vous devez savoir faire à la fin de ce
chapitre
● Connaître parfaitement le vocabulaire
○ Définition de "suite", suite récurrente
○ Sous-suite ou suite extraite
○ Suite constante ou stationnaire, périodique
○ Suite majorée, minorée, bornée
○ Suite croissante, décroissante, monotone
○ Suite convergente, suite divergente
○ Limite de suite
○ Suite tendant vers l'infini
● Étudier une suite
○ Définir et suivre une stratégie d'étude de suite
● Manipuler une suite pour étudier sa nature
○ Montrer qu'une suite converge vers une limite donnée
○ Montrer qu'une suite converge et trouver sa limite
○ Utiliser les suites extraites
● Utiliser les théorèmes de convergence
○ pour montrer qu'une suite converge
○ pour montrer qu'une suite diverge
● Étudier la convergence de suites
○ Suites récurrentes liées à une fonction croissante ou une fonction décroissante
○ Cas particulier des suites adjacentes

4. Ce qui vous est proposé


● Cours sur les suites numériques
● Exercices d'entraînement
● Tests d'autoévaluation
(à personnaliser, disponibles dans certains centres de ressources seulement)
● Didacticiel de diagnostic d'erreurs permettant de dépister un certain nombres d'idées
fausses sur les suites et de les mettre en échec.
● Feuille Maple permettant l'exploration et l'illustration de certaines propriétés des suites

5. Temps prévu (en plusieurs fois !)


● Environ 16 heures pour un apprentissage 'complet'
● Moins, selon ce que vous savez, pour une autoévaluation ou un approfondissement

Définition.
Une suite de nombres réels (ou suite de réels ou suite réelle) est une application de N dans
R.
.

Attention aux notations


Eventuellement une suite peut être définie seulement à partir d'un certain rang n0 ainsi les
suites

.
Exemples
Une suite peut être définie de plusieurs manières, les plus fréquentes sont les suivantes :
a. Suite définie explicitement

est définie par une formule

.
On calcule directement un en fonction de n.
Exemples
Parmi les suites de référence citons:

Suites arithmétiques : ce sont les suites .

Suites géométriques : ce sont les suites

Suites puissances : ce sont les suites


Certaines suites sont définies par une formule où interviennent un nombre de termes dépendant

de n comme la suite définie par .


Pour représenter une suite définie explicitement deux points de vue sont possibles :
● en représentation "axiale" les représentations

● en représentation graphique

b. Suite définie par une relation de récurrence

est définie par une relation de récurrence

et la donnée de u0, désigne une fonction réelle de variable réelle.


Ces suites seront étudiées plus particulièrement dans la suite, mais nous considérerons le long
de ce chapitre une suite "test " la suite, que nous noterons U, définie par :
.

On ne calcule pas directement , on a à sa disposition un algorithme.


Attention : si est définie sur un intervalle I de R, distinct de R, il faut éliminer les valeurs de
u0 telles que, pour un entier p, up n'appartient pas à I, en effet up+1 n'est alors pas défini. Le
problème de la définition de la suite est bien évidemment le premier qu'on doit se poser.
(Exemples)
Dans certains cas on passe facilement de la forme récurrente à la forme explicite et
inversement, c'est le cas pour les suites arithmétiques et géométriques.

Suites arithmétiques : Forme récurrente : .

Suites géométriques : Forme récurrente : .


Eventuellement, on considère des suites définies par une relation de récurrence d'ordre 2

et la donnée de u0 et u1, est alors une fonction réelle définie sur une partie de R2.

C'est le cas des suites de Fibonacci, vues dans l'introduction, la fonction est alors la
fonction:

.
c. Suite définie implicitement (par une propriété)
(Exemples)
Extraire une suite d'une suite donnée c'est prendre, dans l'ordre, certains termes de la suite.
Définition.

Soit une suite réelle ; on appelle suite extraite de une suite obtenue en

composant avec une application strictement croissante de N dans N.

On obtient ainsi la suite où .

Exemples

Soit une suite réelle ;

- soit :N N, n 2n la suite extraite obtenue est la suite des termes d'indice pair ;
- soit :N N, n 2n+1 la suite extraite obtenue est la suite des termes d'indice impair.

Ainsi si l'on considère la suite , la suite des termes d'indice pair est la

suite , la suite des termes d'indice impair est .

De même la suite ( ) est extraite de la suite (2n), l'application étant l'application n n!.
Les suites réelles étant des applications de N dans R, on définit des opérations sur l'ensemble
RN des suites réelles à partir des opérations sur R (cf. cours d'algèbre). De même pour la
relation d'ordre à partir de la relation d'ordre sur R.
Ainsi RN muni des deux lois :
● addition les lois

● multiplication par un réel

est un espace vectoriel sur R.


L'élément neutre de l'addition est la suite nulle:

.
(Exemples)

On peut également définir sur RN la multiplication pour et RN par

= .
RN devient un anneau commutatif unitaire dont l'élément unité est la suite

.
(Remarque)
Relation d'ordre sur RN
Définition.

Soient et deux suites réelles ; on dit que majore ou minore

si l'on a :

On note .
On vérifie immédiatement qu'il s'agit d'une relation d'ordre et que cet ordre n'est pas total.
Deux suites quelconques ne sont pas en général comparables.

(Exemples)
On définit dans ce paragraphe des propriétés globales des suites réelles c'est à dire des
propriétés vérifiées sur N ou plus généralement "à partir d'un certain rang" c'est à dire sur

.
Suites majorées, minorées, bornées, définition.

Une suite réelle est

● majorée s'il existe un réel m1 tel que, pour tout entier n on ait

● minorée s'il existe un réel m2 tel que, pour tout entier n on ait

● bornée s'il existe un réel M tel que, pour tout entier n, on ait .

On traduit cette dernière propriété en langage formalisé :

.
Une suite non bornée se caractérise en écrivant la négation de la proposition précédente :

.
Suites stationnaires, définition.

Une suite réelle est stationnaire s'il existe un réel a et un entier n0 tels que, pour tout
entier n n0 , on ait un = a.
Soit encore :

Suites périodiques, définition.

Une suite réelle est périodique s'il existe un entier k 1 tel que, pour tout entier n, on
ait un+k = un .
Soit encore :

.
(Exemples)Les suites étant des applications de N, ensemble totalement ordonné, dans R,
ensemble totalement ordonné, les définitions suivantes sont un cas particulier des définitions
générales des applications monotones.
Définitions.

Soit une suite réelle ; on dit que

- est croissante si, pour tout n entier, ,

- est décroissante si, pour tout n entier, ,

- est monotone si est croissante ou si est décroissante.


Lorsque les inégalités sont strictes la suite est strictement croissante (resp. décroissante,
monotone).

(Exemples)
Pour les suites qui sont des applications de N vers R, ce sont les valeurs prises pour les
grandes valeurs de n qui importent (comportement de un quand n tend vers + ), on peut
donner à cela deux raisons :
● une raison de caractère pratique : dans le cas des suites qui interviennent dans les
problèmes d'approximations, l'approximation est d'autant meilleure que n est grand;
● une raison de caractère théorique liée au fait que N est un sous-ensemble discret de
R:
pour tout entier n il existe un voisinage de n dans R qui ne contient aucun autre entier (par

exemple l'intervalle défini par ). Un voisinage de + en revanche contient une


infinité d'entiers.
L'objectif de ce paragraphe est de définir les concepts de suite convergente, de limite et de
suite divergente. Parmi les suites divergentes on distinguera les suites qui tendent vers

.
Une étape préliminaire va consister à définir la notion de "suite qui converge vers un réel".

Intuitivement la suite converge vers un réel si un - est petit quand n est grand, ce
qui veut dire "aussi petit que l'on veut" mais pas "de plus en plus petit".
Définition.

Soit une suite réelle et soit un réel ; on dit que converge vers quand n tend
vers + si l'une des propriétés (a) (b) (c) équivalentes suivantes est vérifiée.

(a) Pour tout voisinage V de , il existe un rang N, tel que un appartienne à V pour tout entier
n supérieur ou égal à N.
(b) Tout intervalle ouvert contenant contient tous les termes de la suite sauf pour un
nombre fini d'indices.

(c) Quel que soit , il existe N N tel que n N entraîne .

Il est bien évident que l'entier N dépend de la suite et de .


Elle s'écrit en langage formalisé :

La propriété (c) peut être exprimée:


● en représentation axiale les représentations

● en représentation graphique

Remarque
On définit le même concept de limite en prenant indifféremment les inégalités n N ou n>N et

ou .
(Exemples)
Définition.

Soit une suite réelle ; on dit que est convergente (ou converge) s'il existe un réel

tel que converge vers .

Sinon est divergente (ou diverge).


Une suite convergente est donc caractérisée par la proposition :

ainsi les suites et sont convergentes, le réel satisfait, pour


chacune, à la condition.
Exprimer qu'une suite est divergente revient à exprimer que, pour tout réel, la suite ne converge
pas vers ce réel ou encore écrire la négation de la proposition précédente :

ainsi la suite est divergente en effet :

soit un réel,
si alors pour ,

si alors pour = 1 et n = N ou N + 1 on a .
La nature d'une suite (convergence ou divergence) ne dépend que de son comportement
quand ; on dit encore à partir d'un certain rang. On peut en particulier modifier
les termes d'une suite pour un nombre fini d'indices sans en changer la nature.
Proposition.
Toute suite convergente est bornée.Preuve : Une valeur déterminée de donne un
encadrement de |un| pour n>N. On en déduit une majoration de |un| pour tout n (Preuve).
Le concept de limite se dégage de la proposition suivante :
Proposition.

Si est une suite réelle convergente il existe un réel unique tel que converge

vers quand n tend vers + .

Preuve : Il s'agit d'une démonstration par l'absurde (Preuve).


Définition.

Si est une suite convergente l'unique réel , tel que converge vers , s'appelle

la limite de la suite et se note .

On notera désormais et on dira que la suite est convergente et a pour

limite , plutôt que la suite converge vers .

Attention: on utilisera le symbole , seulement quand la convergence de la suite a été


établie.
Remarques sur la densité de Q dans R et sur la vitesse de convergence (Remarques).

Parmi les suites divergentes, les suites qui tendent vers jouent un rôle
particulier.
Leur comportement, dans certains cas, s'apparente à celui des suites convergentes.

Intuitivement la suite tend vers + si un est grand positif pour n grand.


Définition.

Soit une suite réelle ; on dit que tend vers + quand n tend vers + si
quelque soit le réel A il existe un entier N tel que n N entraîne un > A.

Formellement on écrit :

Notations
On définit de façon analogue les suites qui tendent vers - .
On remarque que, dans la définition, l'inégalité un > A s'interprète comme l'appartenance de un
à un voisinage de + .
La définition peut être exprimée:
● en représentation axiale les représentations

● en représentation graphique

Parmi les suites divergentes, le comportement des suites qui tendent vers + ou - est très

différent de celui des suites comme ou (suites "sautantes") que l'on


définit plus précisément de la façon suivante :
Définition.

On dit qu'une suite est une suite sautante s'il existe des réels a et b (a<b) tels que
● un<a pour une infinité de valeurs de n,
● un>b pour une infinité de valeurs de n.

Cela s'exprime:
● en représentation axiale les représentations

● en représentation graphique

Pour la suite on prend par exemple a=-1/2 et b=1/2, pour la suite a=-1
et b=1.
On montre que pour une suite divergente trois cas sont possibles :
● un +
● un -

● est une suite sautante.


De la définition on tire immédiatement la proposition suivante :
Proposition.

Si une suite est convergente et a pour limite , toute suite extraite de est

convergente et a pour limite .

La preuve est immédiate.


Exemple:

La suite qui est extraite de la suite a pour limite 0.


Remarque:
La réciproque est fausse : il est bien évident que la convergence d'une suite extraite d'une suite

n'entraîne pas la convergence de . Ainsi la suite extraite de la suite

est convergente tandis que la suite est divergente.

Une suite est convergente si et seulement si les suites et sont


convergentes et ont même limite.
Preuve: Appliquer la définition de la convergence en remarquant que tout entier est pair ou
impair (Preuve).Proposition.
Toute suite extraite d'une suite qui tend vers + (resp. - ) tend vers + (resp. - ).
La preuve est immédiate.

La réciproque est fausse comme le montre l'exemple de la suite dont la suite

extraite tend vers + . (On remarque que sur ce point il y a


analogie dans le comportement entre suites qui tendent vers + et suites convergentes : cela

conduit à introduire la droite achevée soit , concept qui n'est pas au


programme de ce cours).

Théorème.

Soit et deux suites convergentes de limite respective ; les suites


+ , et, si , définie alors à partir d'un certain rang, sont

convergentes et ont pour limites respectives

Preuve: On donne la preuve seulement pour le produit, les deux autres étant analogues. La

démonstration repose sur une majoration de utilisant les majorations de

et (Preuve).
Dans le langage de l'algèbre linéaire ce théorème démontre, en particulier, que l'ensemble

des suites convergentes est un sous espace vectoriel de (il suffit de

considérer la suite comme produit de la suite constante dont tous les termes sont égaux

à , par la suite et que l'application

est une forme linéaire (cf cours d'algèbre).


Sur le plan pratique il permet d'étudier certaines suites en les décomposant.
La somme de deux suites divergentes est divergente.
Vrai ou faux?

Vrai Faux

On déduit immédiatement du théorème précédent que l'ensemble des suites

convergentes dont la limite est nulle est un sous-espace vectoriel de . Par ailleurs

pour les suites de on a le théorème suivant.


ant.
Théorème.

Soit et deux suites réelles; on suppose que est convergente et a pour

limite 0 et que est bornée, alors la suite est convergente et a pour limite 0.
Preuve: La suite |un| est proche de 0 à partir d'un certain rang N1. La suite (vn) est bornée à
partir d'un certain rang N2. On considère N=max(N1,N2) (Preuve).

Le théorème précédent s'étend dans certains cas où interviennent des suites tendant vers

.
Par contre il est d'autres cas où l'on ne peut pas conclure de façon générale. Cela justifie, a

posteriori, la réserve vis à vis de la notation .


Encore une fois les suites qui tendent vers ne sont pas des suites
convergentes, même si leur comportement, parmi les suites divergentes est particulier.
Toutes les propositions énoncées dans ce paragraphe se démontrent immédiatement. Leur
preuve peut constituer un exercice facile.
Proposition.

Soient et deux suites réelles ; on suppose que tend vers + . Alors si

est bornée ou tend vers + , + tend vers + .

Preuve: Utilliser les définitions.

En revanche si tend vers - , on ne peut conclure de façon générale comme le montrent


les exemples suivants.

ExemplesOn considère la suite = (n2) et on prend successivement pour les suites


(n), (-n2 +1) et (-n3).

La suite + tend vers + dans le premier cas, a pour limite 1 dans le second, tend
vers - dans le troisième.
Proposition.

Soient et deux suites réelles ; on suppose que tend vers + (resp. - ).

Alors si tend vers + (resp. - ) ou est minorée en valeur absolue par un réel

strictement positif, la suite tend vers + ou - , (le signe étant donné par la
règle habituelle).

Preuve: Utilliser les définitions.


En revanche si on ne peut pas conclure de manière générale comme le montrent
les exemples suivants.
Exemples

On considère la suite = (n) et on prend successivement pour les suites

La suite a pour limite 0 dans le premier cas, 1 dans le second et tend vers +
dans le troisième.
Proposition.

Soit une suite réelle.

Si tend vers alors est définie à partir d'un certain rang, elle
converge et a pour limite 0.

Si a pour limite 0 alors, si elle est définie, tend vers + .

Preuve: Utilliser les définitions.


Attention : c'est seulement dans le cas où un a un signe constant à partir d'un certain rang que

entraîne tend vers + (ou - ).


Pour étudier une suite il est fréquent de la comparer à une suite dont on connaît la nature.
Avant de démontrer les théorèmes de comparaison, on va donner un certain nombre
d'exemples de suites de référence.
Suites géométriques
Les suites géométriques sont celles qui sont le plus fréquemment utilisées. (On parle de
convergence géométrique) On rappelle les résultats suivants ( cf terminale).

Soit une suite géométrique.


illustration par un exemple
Pour k > 1 la suite ,

pour k = 1 la suite est constante et converge


vers 1,
illustration par un exemple
pour < 1 la suite (kn) a pour limite 0,

pour k -1 la suite (kn) n'a pas de limite. illustration par un exemple

Suites puissances

On considère une suite .


illustration par un exemple
Pour > 0 la suite tend vers + ,

pour = 0 la suite est constante et a pour


limite 1,

illustration par un exemple


pour <0 est convergente et a pour
limite 0.

Séries géométriques

Les séries géométriques sont des suites (sn) définies par .

On a si k 1 , n+1 si k = 1.

(sn) converge si et seulement si < 1, on a alors

.
Illustrations pour:
illustration par un exemple

illustration par un exemple

Le théorème suivant montre la propriété dite de prolongement des inégalités : il exprime en


effet que si deux suites convergentes sont comparables leurs limites vérifient la même inégalité.
Théorème.

Soient et deux suites réelles vérifiant

on a alors .

Preuve: Par l'absurde (Preuve).


Remarques
a. Il suffit que les inégalités (i) soient vérifiées à partir d'un certain rang.
b. Si, dans la condition (i) on remplace l'inégalité large par une inégalité stricte la conclusion

reste la même (inégalité large).

Par exemple les suites vérifient or on a

.
c. Dans le cas de suites tendant vers , si la condition (i) est vérifiée on ne peut
conclure que dans les cas suivants :

(ii)' si la suite tend vers + alors la suite tend vers +

(ii)" si la suite tend vers - alors la suite tend vers - .


Il est inutile d'insister sur l'intérêt du théorème suivant tant son usage est fréquent ! Ses
dénominations (théorème sandwich ou théorème des gendarmes) résument bien la situation.
Théorème.

Soient et trois suites réelles vérifiant :

(i)

(ii) ;

alors la suite converge et a pour limite .

Preuve: L'écriture de la convergence des suites un et wn fait apparaître des rangs N1 et N2.
On considère N=max(N1,N2) (Preuve).
Théorème.

Soit une suite croissante de réels,

● (a) si est majorée, elle est convergente et ,

● (b) si n'est pas majorée, elle tend vers + .

Preuve: On a, pour les suites monotones, un théorème spécifique qui permet de les étudier de
façon simple. Sa démonstration repose sur l'existence de la borne supérieure pour une partie
non vide majorée de R (Preuve).
Remarques

a. Le théorème est vrai si est croissante à partir d'un certain rang c'est-à-dire :

b. On a un énoncé analogue pour les suites décroissantes.


c. On remarque donc la situation particulière des suites monotones : il n'y a qu'une catégorie de
suites divergentes : suites tendant vers + pour les suites croissantes, suites tendant vers -
pour les suites décroissantes. Le phénomène de suite sautante comme (cos n) (illustration

graphique), ((-1)n) (illustration graphique) ou (illustration graphique) ne peut se


rencontrer dans ce cas.
d. Le théorème des suites monotones est un outil important dans l'étude des suites récurrentes.
Toutefois il ne faut pas exagérer son importance : beaucoup de suites ne sont pas monotones,

comme les trois suites que nous venons de citer : (cosn), ((-1)n) ou et il ne
donne aucune idée de la rapidité de la convergence éventuelle de la suite.

Définition.

Deux suites et sont dites adjacentes si les conditions suivantes sont vérifiées :

● (i) est croissante, décroissante,

● (ii) un = vn ,

● (iii) .
Théorème.
Deux suites adjacentes sont convergentes et ont même limite.

Preuve: C'est une application du théorème sur les suites monotones (Preuve).
Remarque.

Le fait que la suite est majorée est donné par l'inégalité : un v0 (v0 est un

réel fixe) et non un vn, de même pour la minoration de par un .


Exemple a. : Exemple où la convergence est rapide (Exemples).
Exemple b. : Exemple où la convergence est lente (Exemples).
Exemple c. : Approximation décimale d'un réel (Exemples).

On considère une suite définie par la donnée de son premier terme u0 et une relation de
récurrence de la forme

où est une fonction de variable réelle.

Dans un premier temps on étudie certaines des propriétés de la suite liées à des

propriétés de la fonction comme la monotonie ou la continuité. On est parfois amené à


utiliser des théorèmes concernant la continuité des fonctions ou des propriétés de leur dérivée
qui seront vus dans la suite du cours. Enfin on se réfère fréquemment au graphe (C) de la

fonction en particulier dans les exemples où l'étude graphique constitue une approche de
l'étude théorique.
Les exemples étudiés illustrent les situations les plus fréquentes (dans les problèmes!) et non
un catalogue de toutes les situations possibles qui peuvent être très complexes.

Pour que la suite soit définie il faut et il suffit que, pour tout entier n, un appartienne à

l'ensemble de définition de . D'où l'intérêt, pour l'étude de , de l'existence d'intervalles

stables par c'est à dire contenus dans l'ensemble de définition et tels qu'on ait
. En effet une récurrence immédiate montre alors que si u0 appartient à I, un appartient à I pour
tout entier n. Ainsi, dans le cas de la suite U définie au début. l'intervalle [1,2] est stable par la

fonction .
Dans tout ce paragraphe nous considérerons une fonction et un intervalle I stable par .

Théorème.
Si est une suite convergente d'éléments d'un intervalle I de R dont la limite

appartient à I et si la fonction est continue en , la suite est convergente et a

pour limite ( ).

Preuve: Voir le chapitre Fonctions continues.

On déduit de ce théorème que si une suite vérifiant la relation de récurrence

est convergente et a pour limite et si est continue en , on a alors :

.
Définition.

Un tel point est dit point fixe de .

Si la fonction continue n'a pas de point fixe alors une suite, qui vérifie la relation

, ne peut avoir de limite ; en revanche si a un point fixe cela n'entraîne pas

que la suite admette ce point comme limite (si a plusieurs points fixes, ne peut
avoir comme limite que l'un d'eux).

En ce qui concerne le graphe de la fonction , un point fixe, de coordonnées , est point


d'intersection du graphe et de la première bissectrice.
On suppose que est une application monotone de I dans I.
Proposition.

Si la fonction est croissante sur I, alors la suite est monotone.

Preuve: Effectuer la différence de deux termes consécutifs (Preuve).


De telles suites s'étudient facilement par application du théorème des suites monotones.
Proposition.

Si la fonction est décroissante sur I, alors la suite n'est pas monotone, les suites
(u2n) et (u2n+1) sont monotones et de sens de variation contraires.

Preuve: Considérer la fonction (Preuve).L'hypothèse se traduit par le fait que (C) se


situe "au-dessus" (resp "au-dessous") de la première bissectrice (Exemples illustrés).
Proposition.

Si alors la suite est donc


croissante (resp décroissante).

Preuve:
Pour tout n N on a :

la suite est donc croissante (resp décroissante).

Proposition.

Si et si la fonction a un point fixe alors la suite

est convergente et a pour limite .

Remarque:
Outre la preuve de la convergence de la suite on évalue la rapidité de cette convergence qu'on
peut comparer à celle d'une suite géométrique de raison k.
Preuve: C'est une application de l'inégalité des accroissements finis (Preuve).
Pour chacune des suites étudiées on commence par une étude graphique qui ne constitue en
rien une démonstration mais permet de visualiser le comportement de un lorsque n varie et

aussi de prévoir le résultat : convergence ou divergence.a.

La fonction est la fonction ; pour que la suite soit définie il faut ( et il suffit)

que l'on ait .


Etude graphiqueEtude graphique
Le graphe et la première bissectrice se coupent au point d'abscisse .

Pour on constate un phénomène d'"escalier montant" : la suite

est croissante, elle est convergente et a pour limite .

Pour la suite est stationnaire : .


Pour on constate un phénomène d'"escalier descendant" : est

décroissante, elle est convergente et a pour limite .

Etude théorique
Etude théorique

L'intervalle I = [-1, + [ est stable par et est continue et croissante sur I. Si la

suite est monotone et si elle est convergente sa limite ne peut être que l'unique point fixe

de la fonction , soit .

Par ailleurs les intervalles et sont stables par , la condition

entraîne donc, par une récurrence immédiate, pour tout entier n, ; de même la

condition implique, pour tout entier n, .

En écrivant , on remarque que l'on a :

Donc si la suite est croissante, comme elle est majorée par elle est

convergente, sa limite est .

Si la suite est décroissante, comme elle est minorée par elle est

convergente, sa limite est .


Autre méthode : la fonction vérifie

.
En appliquant la méthode du § 7.4. on a

.
D'où la conclusion.
On remarque, que cette méthode ne met pas en évidence la monotonie de la suite, mais en
revanche montre la rapidité de la convergence . La suite converge au moins aussi vite qu'une
suite géométrique de raison 1/2.
Le très grand intéret du critère de Cauchy provient du fait qu'il caractérise dans R les suites
convergentes, sans que la limite apparaisse. D'où son utilisation dans l'étude des séries par
exemple, ou encore pour montrer qu'une suite n'est pas convergente.
Le concept de suite de Cauchy correspond à la propriété que la distance entre deux termes de
la suite devient arbitrairement petite (et non de plus en plus petite) quand ces termes sont de
rang assez grand.
Définition.

Soit une suite réelle; on dit que est une suite de Cauchy ou vérifie le critère de
Cauchy si :
quel que soit >0, il existe un entier N tel que les inégalités p N et n N entraînent

.
Soit encore

On doit insister, dans cette définition, sur le fait que la condition doit être
réalisée, pour tout couple (n,p) où n et p sont supérieurs à N; en particulier la condition

n'entraine pas que la suite est une suite de Cauchy, comme on


le verra dans l'exemple b plus loin.
Une suite qui n'est pas de Cauchy est caractérisée par :

.
emples)
On conçoit facilement qu'une suite convergente est de Cauchy, c'est une conséquence de

l'inégalité triangulaire : si sont petits il en est de même pour


. En revanche, si l'on considère la suite U définie par :

il s'agit d'une suite de rationnels qui converge dans R, donc est de Cauchy, or sa limite
n'appartient pas à Q : la convergence d'une suite de Cauchy est liée à une propriété spécifique
de R.

Théorème. (Critère de Cauchy).


Une suite de réels est convergente dans R si, et seulement si, c'est une suite de Cauchy.

Preuve: La preuve de la condition suffisante repose sur la propriété de la borne supérieure


dans R et la construction de 2 suites adjacentes (Preuve).
Remarque
On traduit ce théorème en disant que R est un corps complet ce qui signifie que toute suite de
Cauchy d'éléments de R est convergente dans R; R est le complété de Q c'est à dire le plus
petit corps complet contenant Q. Signalons aussi que, tandis qu'une méthode de construction
de R vise à donner à tout ensemble majoré une borne supérieure, une autre a pour but de
rendre toute suite de Cauchy convergente. C'est une méthode très générale dite de
complétion .

Le critère de Cauchy est utilisé pour montrer qu'une suite est convergente (resp
divergente) dans les cas où l'on peut obtenir facilement une majoration (resp minoration) de

pour n et p assez grands. C'est le cas en particulier pour certaines séries.


a. Etude de la série harmonique (Exemple).

b. Soit la suite définie par :


On remarque que l'on est là devant une relation qui lie un+1, un et n (Exemple).
Une suite convergente est bornée, la réciproque est fausse mais le théorème de Bolzano-
Weirstrass exprime qu'une suite bornée admet une suite extraite convergente.
Le théorème de Bolzano- Weierstrass est un "grand" théorème non seulement parce que son

rôle est fondamental dans l'étude globale des fonctions mais parce que, pour une suite
réelle, la propriété est bornée étant équivalente à prend ses valeurs dans un
intervalle fermé borné de R, le théorème de Bolzano- Weierstrass caractérise une propriété des
intervalles fermés bornés de R la compacité.
Théorème.
De toute suite réelle bornée on peut extraire une sous-suite convergente.

Preuve: On construit la suite extraite par dichotomie c'est à dire en coupant successivement en
2, les intervalles contenant une infinité de termes de la suite (Preuve).
Remarque: Autre preuve se basant sur les suites adjacentes (Remarque).