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28/12/2017

Naît-on
entrepreneur
ou devient-on ?

Préparé par : Mohamed ADAM BOUKHIRA


Sous l’encadrement de : Mr MOHAMED BINKKOUR

MASTER EMPME 2017-2019


Introduction

L’entrepreneur est un acteur essentiel de n’importe quelle économie, il joue un


rôle majeur dans le développement économique des nations (McCLELLAND,
1987), c’est une personne qui a la mission de combiner les facteurs de production,
d’offrir d’emploi , et distribuer des revenues (Minart, 2013), Selon Shumpeter
l’entrepreneur est aussi un innovateur qui brise la routine (Gislain, 2012) , les
entrepreneurs sont des personnes qui ont la capacité à transformer leurs rêves en
action (FILION, 1998).

D’après toutes ces définitions, on constate que l’entrepreneur développe certains


traits de personnalité et des qualités exceptionnelles par rapport aux personnes
ordinaires, et des comportements entrepreneuriales boostés par des motivations
diverses, mais une question ultime qui a déclenché énormes discussions et qui se
pose toujours « Nait-on entrepreneur ou devient-on ? ».

Cette problématique a attiré beaucoup d’attention surtout après la publication en


2010 de l’ouvrage « Born Entrepreneur, Born Leaders » de Scott Shane. On va
essayer d’analyser cette question majeure à travers ce travail.
1. L’entrepreneuriat est une affaire de volonté

Un comportement entrepreneurial peut naitre de trois besoins fondamentaux,


(McClleland 1961), un besoin d’accomplissement (chercher le succès), un besoin
d’affiliation (appartenir à une classe déterminée, être admis par les autres), un
besoin de pouvoir (influencer les autres).

Aussi plusieurs facteurs amènent l’individu à devenir entrepreneur, la théorie


« Push and Pull » développée par (Shapero, 1975), montre les raisons qui poussent
l’individu à choisir la voie d’entrepreneuriat et créer sa propre entité, ces
motivations sont regroupées en deux classes ; les motivations Push et les
motivations Pull, pour devenir entrepreneur l’individu peut être poussé par des
facteurs positifs comme la recherche d’accomplissement ou d’un statut social.

Par contre, les facteurs négatifs, ils peuvent être un licenciement économique, ou
des opportunités réduites de décrocher un emploi, ou ce qu’on appelle
l’entrepreneuriat de nécessité ou défensive « Individus poussées à
l’entrepreneuriat parce qu’ils n’ont pas de meilleur alternative d’emploi »
(Cowling & Bygrave, 2002)

Aussi le rôle important des gouvernements qui ne cessent d’inciter et promouvoir


l’entrepreneuriat par des mesures diverses, influençant ainsi les individus pour
entreprendre.

Donc n’importe quel individu peut devenir un entrepreneur, c’est juste une
question d’environnement politique, économique et culturel et de la volonté et la
persévérance de la personne, cela nous conduit bien à la pensée Schumpétérienne
qui considère l’entrepreneur comme une personne qui veut et elle est capable à
transformer une idée en une innovation réussie, cela aussi nous rappelle la
fameuse citation de PETER DRUCKER « Il n’y a pas un caractère
d’entrepreneur, mais il faut du caractère pour l’être ».

2. L’Entrepreneuriat est une affaire de gênes

Dans une étude récente, réalisée par ONEPOLL pour le compte de Vistaprint
auprès de 500 patron des PME et TPE, il s’est avéré que la majorité des chefs
d’entreprise interrogés confirment qu’ils ont devenus des entrepreneurs grâce à
leurs expériences et parcours. Cette enquête a soulignée certains traits de
personnalité communs, plus de 58% des entrepreneurs se voient indépendants et
dignes de confiance, aussi d’après cette étude 10% des entrepreneurs avait
l’objectifs dès l’enfance de lancer un jour leurs propres projets, pour la plupart
d’eux l’entrepreneuriat s’est développée avec le temps surtout avec une grande
expérience professionnelle.

Par ailleurs, Scott Shane a introduit la notion des gênes dans l’entrepreneuriat, il
déduit de ses recherches qu’elles jouent un rôle primordial dans le choix de faire
une carrière d’entrepreneur, ce chercheur a conclu que les gênes influencent de
48% la décision de devenir entrepreneur. (DEGONDE, 2015).

Dans le même sens, on peut se référer aux travaux d’Olivier TORRES sur la sante
des entrepreneurs, qui ont dévoilé que les facteurs salutogène (comme
l’optimisme et l’endurance) couvrant les facteurs pathogènes (l’incertitude et le
stress…) chez l’entrepreneur, ce qui a permis à ce chercheur de conclure que
certaines personnes sont programmées à devenir entrepreneur, car généralement
ces derniers sont plus optimistes et plus confiants au future, et ils ne développent
jamais un réflexe de victimisation (Toress, 2012).
3. Peut-on trancher ?

Difficile de trancher et de répondre à notre question de départ, concernant le sujet


des ‘gênes entrepreneuriales’. Certes ils existent des personnes qui ont montrés
un instinct aux affaires et à l’entrepreneuriat depuis leur jeune âge. Mais est-ce
vraiment ça est lié à un facteur génétique ?

À mon avis c’est plus des facteurs d’entourage familial et culturel et des valeurs
qui ont été transmises via un système éducatif d’où on observe une volonté
politique et gouvernementale pour promouvoir l’entrepreneuriat, car pour créer
un environnement propice pour elle, il faut un système qui incite les jeunes
apprentis à créer et innover.

Toutefois, on ne peut pas nier que chaque individu a ses propres traits
psychologiques et sa propre aversion aux risques, et cette notion impacte
considérablement les carrières des entrepreneurs car ils existent des personnes
Risquofiles (qui aiment prendre des risques) et d’autres Risquofobes (qui ont peur
de la prise de risque), ici un très grand débat peut se déclenché mais ici on
s’intéresse juste au côté inné de l’individu qui intervient dans une carrière
entrepreneuriale.

Pour l’autre hypothèse de notre problématique, et qui est vraiment la plus probable
et la plus soutenue, par des motivations intrinsèques et extrinsèques ou par la
dichotomie PUSH/PULL qui poussent un individu pour devenir un entrepreneur.
Conclusion

C’est vrai que la question « Naît on entrepreneur ou devient-on ? » a fait couler


beaucoup d’encre et ses débats ne vont jamais se terminer, mais quel
l’entrepreneur qui peut avoir plus de succès ? Est-ce l’entrepreneur avec ses
qualités exceptionnelles innées ou l’autre avec son expérience professionnelle
remarquable ou celui qui a les deux ou c’est difficile tout simplement de répondre
car les contextes changent d’une culture à une autre.

C’est pour cela la problématique traitée dans ce travail nécessite des études
empiriques qui vont viser des entrepreneurs dans un contexte prédéterminé.
Références
BENKIRANE, S. (2016). Dynamique entrepreneuriale au Maroc : L’envie est là, pas encore les résultat.
La nouvelle Tribune, -.

Cowling, M., & Bygrave, W. (2002). Entrepreneurship and Unemployment: Relationships between
Unemployment and Entrepreneurship in 37 Nations Participating in the Global
Entrepreneurship Monitor. Falmer: University of Sussex - Institute for Employment Studies.

Dargent, C. T. (2015). Les entrepreneurs par nécessité : d’une dichotomie simplificatrice à un


continuum complexe. GRENOBLE: CERAG - Centre d'études et de recherches appliquées à la
gestion .

DEGONDE, S. (2015). Entreprendre, c'est aussi une histoire de genes . Une vie d'entrepreneur, -.

FILION, L. J. (1998). Tow Types of Entrepreneurs : The Operator and the Visionary Consequences for
Education. MONTREAL: HEC.

Gislain, J.-J. (2012). Les origines de l’entrepreneur schumpétérien. Open Edition, 46.
HERVE, D. (1999). ANALYSE DU PROCESSUS DE CREATION PAR ESSAIMAGE A PARTIR DES
OPPORTUNITES ENTREPRENEURIALES. PARIS: ECOLE CENTRALE.
LAMBRECHT, D. V. (1995). L'ENTREPRENEUR, SES MOTIVATION, SA VISION STARTEGIQUE, SES
OBJECTIFS. LIEGE: UNIVERSITE DE LIEGE.

MARCHAND, J. L. (2017). NAIT ON ENTREPRENEUR , OU LE DEVIENT ON. LES ECHOS START, -.


McCLELLAND, D. (1987). Characteristics of Successful Entrepreneurs. PENNSYLVANIA: Edited by Dr.
George T. Solomon, U.S. Small Business Administration and Dr. Bruce G. Whiting, Kutztown
University of Pennsylvania.

Minart, G. (2013). Entrepreneur Et Esprit de l’entreprise, l’avant- gardisme de J.B SAY. PARIS:
L'HARMATTAN.

Shapero, A. (1975). The Displaced, Uncomfortable Entrepreneur. Urbana et Champaign: University of


Illinois at Urbana-Champaign's Academy for Entrepreneurial Leadership Historical Research
Reference in Entrepreneurship.

Toress, O. (2012). La santé du dirigeant : De la souffrance patronale à l'entrepreneuriat salutaire .


Broché.