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Nul ne peut servir deux maîtres !

Les 53 sermons du Seigneur Gottfried Mayerhofer

SERMON N°40
( Le Sermon du 14° dimanche après Pentecôte)
« Nul ne peut servir deux maîtres »
- Matthieu VI - 24 –

Le chapitre entier contient des explications détaillées sur la façon de


faire l’aumône, sur celle de faire oraison, et sur la façon de se
consacrer aux pratiques religieuses, afin qu’elles soient utiles pour
l’âme ; en outre, la valeur négative des biens temporels matériels est
éclairée et confrontée avec celle des biens spirituels éternels, et il est
aussi fait mention de la façon selon laquelle on peut et on doit créer
une harmonie entre les soucis de la vie et la confiance en Moi, ce qui
était précisément un point très important pour mes disciples qui,
après mon départ, avaient plus que toute autre chose à choisir entre
le chemin de l’esprit et celui du monde matériel ; ou bien, comme il
est écrit dans les évangiles : entre Dieu et Mammon .
Mes disciples avaient abandonné tout ce qui les liait au monde et
m’avaient suivi ; il était donc naturel que, leur ayant annoncé à
plusieurs reprises mon départ, surgisse en eux la pensée : « Et après
qu’en sera-t-il de nous ? » . « Il est vrai, pensaient-ils, que vivant à
côté de lui, nous n’avions plus à nous soucier de rien ; mais
qu’adviendra-t-il quand il ne sera plus avec nous ? »
A de telles pensées qui s’insinuaient dans leur esprit, je devais donner
une réponse pour les tranquilliser non seulement pour le temps de
mon pèlerinage terrestre, mais aussi, pour les temps à venir, je devais
le fortifier dans la confiance et dans la foi en Mes paroles, afin que
leur mission spirituelle n’eût pas à en souffrir.
Si, en ce temps, j’ai dit : « On ne peut servir deux maîtres », cela
voulait signifier qu’on ne peut étreindre deux choses opposées l’une
de l’autre, avec le même degré d’amour ; parce que « servir Dieu ou
Mammon » revient à dire : « Retenir l’un ou l’autre des deux », en tant
que but de sa propre existence, puisque servir signifie : s’abandonner
avec toute son âme à ce que l’homme aime plus que toute autre
chose.
Qui vit uniquement pour le monde et pour ces plaisirs, celui pour qui
le bien-être terrestre représente le bien suprême et le plus désirable,
celui-là ne peut s’intéresser ni à Dieu, et ni d’autant moins à des
biens spirituels, qu’il ne sait même pas concevoir ; et donc il n’y a rien
qui puisse l’effleurer de près de ce quelque chose de spirituel, tandis
que seul le mondain demeure dans sa nature humaine matérielle.
C’est tout autre chose au contraire d’utiliser Mammon, c’est-à-dire les
biens terrestres, à des fins spirituelles, et de les utiliser pour qu’ils
puissent servir sans leur attribuer plus grande valeur que celle qu’ils
peuvent vraiment avoir, mais en les employant plutôt pour le meilleur
de soi-même et du prochain ; ce que devraient faire d’autant plus
ceux à qui j’ai accordé des biens de fortune en mesure abondante.
En mon temps il y avait aussi des riches, dotés de nombreux biens et
de positions haut placés, qui pourtant, malgré cela, étaient seulement
attachés à Moi et considéraient le monde comme je désirais qu’il fût
considéré ; et ainsi même les biens confiés à eux représentaient
seulement des moyens pour atteindre un but déterminé, et ne
représentaient pas exclusivement le but de leurs aspirations.
C’est pourquoi, à présent faites bien attention : « La juste
compréhension de ma parole : « On ne peut servir deux maîtres », est
de suprême importance, car en certain cas, le trop de zèle pourrait
avec beaucoup de facilité conduire à des résultats totalement
différents, et produire de mauvaises conséquences.
Dans les conditions actuelles de la vie il est quand même du devoir de
chacun de pourvoir aux besoins de sa propre vie terrestre ; seulement
ce soucis ne doit pas aller au point de porter préjudice à sa fin
spirituelle, jusqu’à en oublier l’amour du prochain.
Il est vrai, bien sûr, que les oiseaux ne sèment pas ,et ne moissonnent
pas ni ne rassemblent dans des greniers, et cependant le Père des
cieux les nourrit ? Mais ici il faut considérer que les animaux sont des
créatures sujettes à tutelle, et leur subsistance s’effectue par
l’instinct, en vertu duquel les affamés sont conduits vers la nourriture
et les assoiffés vers l’eau. Outre cela, les animaux n’ont, pour et
grande partie, qu’à penser uniquement à eux, ou bien à leur petite
famille, et pour cette dernière, seulement aussi pour une courte
période.
Les choses n’en vont pas de même à l’égard de l’homme ; il est une
entité libre et n’est pas dirigé par la voix de la nature, ce stimulant
naturel instinctif, mais bien plutôt, c’est son esprit qui le pousse
moyennant l’intelligence, à améliorer sa position, de façon à faire en
sorte que les soins de son être corporel ne le détournent pas de
travailler pour son propre moi animico-spirituel. Il doit donc penser
pour sa vie à venir pour lui et pour sa famille, car celle-ci a besoin de
soins qui vont au-delà et plus loin que pour la progéniture des
animaux.
Le but principal de la vie terrestre de l’homme doit-être certes le
royaume de Dieu et sa propre destination spirituelle qui, en cette
brève vie d’épreuve, n’est généralement pas tellement reconnue, pour
ce qu’elle vaut pour l’éternité. Pourtant il est du devoir de l’homme
d’employer ses propres biens de fortune de façon à rendre son âme
accessible et utilisable pour la vie spirituelle avec les talents qu’il a
eus en don du Seigneur.
Vous les hommes, vous devez étendre vos soins et vos peines
seulement jusqu'au point où il cadrent encore avec ma parole, c’est-
àdire,
autant que ces soins et ces peines s’harmonisent avec mes lois
d’amour, et peuvent ainsi être aussi couronnés de succès.
De cette façon ils seront justifiés s’ils ne sont pas trop pénibles ; car
vous aurez à accomplir toujours la partie la plus petite, et moi celle la
plus grande de vos désirs. Si vous, en tant qu’êtres finis, vous
considérez que votre perspicacité et vos connaissances sont toujours
limités, et que les miennes au contraire, en tant que Seigneur et
créateur, sont sans limites, vous devrez aussi concevoir que, Moi, je
ne peux pas exaucer toujours vos prières, et c’est pourquoi vos
préoccupation à ce sujet sont vaines, parce que, voyant plus loin que
vous, je dois souvent vous refuser ce que vous désirez avec la plus
grande impatience.
Aujourd’hui on doit comprendre et fixer dans son esprit davantage le
sens spirituel, parce que l’observance littérale de ces paroles dites
autrefois pour mes disciples, pourrait mettre Mes disciples présents
et futurs dans des situations décourageantes.
Tout ce que j’ai dit reste vrai ; mais seulement du point de vue de
chaque individu en particulier, cela explique et rétablit la vérité, dans
la mesure où celle-ci, toujours adaptée aux conditions personnelles se
référant à Moi et à Ma doctrine d’amour, peut donner ces résultats
qui étaient dans mes intentions de cette époque, et qu’aujourd’hui j’ai
à nouveau en vue avec l’intention de vous les expliquer
spirituellement.
Appliquez-vous donc avec assiduité à la purification de votre âme,
afin que la lumière qui toujours se répand sur vous puisse, dans
toute son intensité et son intégrité, vous illuminer, vous réchauffer et
vous unir, vivifiés à Mon Esprit. Alors sera arrivé le moment où pour
vos yeux il n’existera plus aucun voile qui puisse empêcher la vision
de toute la création matérielle ; il se dissipera devant l’oeil de l’Esprit,
et vous reconnaîtrez que tout ce qui vous entoure n’est autre
qu’Esprit, que spirituelle est votre demeure, et spirituel votre Père
aimant.
Là fleuriront pour vous la paix et la tranquillité, comme but de tous
vos soins, tant ceux justifiés que ceux vains ; là, vous obtiendrez la
récompense pour toutes les amertumes souffertes, et là vous recevrez
tout ce que justement vous aurez gagné.
Commencer la vie terrestre corporelle, et finir dans la vie suprême de
l’Esprit, voilà votre voie, votre vie et votre fin, ainsi que le but de
toutes mes révélations.
Tachez en toute diligence de vous rendre accessibles à la
compréhension de mes paroles, et la suite vous prouvera comment
seul un Père tel que Moi est capable de conduire Ses enfants par la
voie escarpée de la vérité et de l’amour.
AMEN !

Source: http://www.scribd.com/doc/21196332/Les-53-Sermons-Du-
Seigneur-Gottfried-Mayerhofer

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