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L’ÈRE ROMANTIQUE - Le Romantisme (définition au point de vue générale)

C'est l'ensemble des mouvements intellectuels qui , a partir de la fin du XVIII (dix -
huitième) siècle, font prévaloir, en Angleterre et en Allemagne d'abord, puis en
France, en Italie et en Espagne, le sentiment sur la raison et l'imagination sur l'analyse
critique. Le romantisme s'oppose aux idées du siècle des lumières et au classicisme et
soutient une nouvelle vision du monde et un type de sensibilité fondés sur le culte
des traditions et de l'histoire, sur l'individualisme animé par la fantaisie et le
sentiment, sur la conscience de la complexité des rapports qui lient l'homme à la
civilisation de son époque. Avec le romantisme le langage quotidien entre en
littérature car il permet de représenter la vie dans toute sa vérité. Les grands thèmes
traités par ses auteurs sont : le culte du moi , le refus de la raison , le sentiment
religieux , la célébration de la nature , la fuite dans l’espace et dans le temps ,
l’engagement (l’impegno) politique et social

LE PREROMANTISME FRANÇAIS (page 107)

Le romantisme est né d’abord en Allemagne et en Angleterre. Toutefois en France on en


trouve les premiers signes déjà à partir du XVIII (dix-huitième) siècle.

(Au XVIII siècle)

Les préromantiques français du XVIII(dix-huitième) siècle sont surtout des prosateurs.


Parmi les grands écrivains de ce siècle le premier à inaugurer une nouvelle sensibilité c’est
Rousseau , grâce à son amour pour la nature et à son culte de l’imagination , du rêve et
des passions ( Nous en trouvons un exemple dans les « Confessions » ) . D’autres
préromantiques de ce siècle sont l’abbé Prévost et Diderot (qui inaugure le drame
bourgeois qui s’oppose à la tragédie classique).

Le romantisme français (page 106)

D’après Paul Valéry le mot romantique est très connoté . Par exemple on qualifie
comme romantiques des situations ou des paysages parce qu’ils rappellent l’amour
ou provoquent une exaltation des sentiments , des personnes parce qu’elles sont
passionnée dans le bonheur comme dans le malheur , une œuvre parce qu’elle exalte
le moi et traite les thèmes de la nature , de l’amour , de l’angoisse etc.

L’extraordinaire fortune de ce mot est due au fait que dépassant une utilisation
purement / seulement littéraire et caractérisant donc des aspects de la vie toute
entière il touche désormais toutes le formes de l’art e de la pensée. Au XIXe (dix-
neuvième) siècle par exemple un cliché romantique pourrait être l’image d’un jeune
homme solitaire qui songe (est en contemplation) devant une cathédrale gotique , un
vieux château , une nuit obscure, un paysage où son âme se reflète et il entend l’appel
de l’au-delà.
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MADAME DE STAËL

(Sa vie) Fille du banquier suisse Necker, elle épouse le baron de Staël, ambassadeur
de Suède en France. Pendant la révolution et sous Napoléon elle doit quitter la
France et voyage beaucoup en Europe. En Allemagne elle découvre le romantisme
qu’elle contribuera à diffuser dans les pays latins , en particulier en France et en
Italie.

SON INSPIRATION LITTERAIRE


Cette autrice exprime une sensibilité nouvelle : elle refuse la littérature classique
parce que - dit-elle - c'est une imitation stérile de modèles trop éloignés des
hommes du XlXe (dix-neuvième) siècle. Elle préfère la nouvelle sensibilité
romantique née dans l'Europe centrale , surtout en Allemagne et en Angleterre,
en devenant messagère de cette nouvelle conception artistique dans les pays
latins. Aux Italiens surtout mais aux français aussi elle reproche d'être liés a un
passe désormais révolu qui leur empêche de s'ouvrir aux nouveautés littéraires.
SES CEUVRES
Ses œuvres principales sont : De la littérature et De l'Allemagne (deux essais) et les
deux romans Delphine et Corinne
« De la littérature », est une exaltation de la modernité . Elle y reprend la théorie
de Montesquieu sur l'influence des climats sur l’homme. D'après cette théorie
la nature du sud, riche en végétation et chaleur, pousse les hommes a l'action
plus qu'aux pensées. Au nord au contraire la nature plus mélancolique et moins
belle pousse les hommes vers l'imagination et le lyrisme.

Dans «De l'Allemagne » Madame de Staël illustre le débat entre la poésie


classique et celle romantique , en critiquant la première. Elle y pratique un
mélange de genres pour combattre les règles classiques et affirmer ainsi les
nouvelles tendances littéraires. Dans cette œuvre en outre elle définie les
principes théoriques du romantisme français , c’est-à-dire retourner au langage
du cœur et des sentiments , redécouvrir les racines du Moyen Âge , valoriser le
spirituel et la religion , abandonner les règles classiques.

Outre que se deux essais elle a écrit aussi deux grands romans : Delphine et
Corinne où pour ses positions à la faveur des droits des femmes elle peut bien
être définie une féministe ante litteram (à l’avance).
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STENDHAL (Henri Beyle)

Stendhal , dont le vrai nom est Henri Beyle, est né à Grenoble. Pendant sa vie il
entre dans la carrière militaire et puis dans la carrière diplomatique. Il est dit
l’italien parce qu’il est très passionné de l’Italie et de la ville de Milan en particulier.
De ce pays, où il fait beaucoup de voyages, il aime l’atmosphère , les paysages , les
beautés artistiques , les villes , les habitants , les femmes.

(Son œuvre)

Parmi ses œuvres les plus importantes /remarquables / significatives il y a sans


doute Le Rouge et le Noir et la Chartreuse de Parme. Pour tous les deux romans
Stendhal s’est inspiré des faits de chronique (c’est-à-dire de faits réellement
arrivés), mais naturellement il va au de là de la chronique .

(Le Rouge et le Noir)


Julien Sorel est un jeune précepteur chez M. de Rênal ( le maire de
la ville de Verrières). Mme de Rênal , la femme du maire, tombe
amoureuse de lui. Chassé par M. de Rênal le jeune entre alors au
séminaire et devient secrétaire chez le Marquis de la Môle à Paris . il
séduit la belle Mathilde , fille du Marquis. Entré dans la carrière
militaire il demande d’épouser Mathilde, mais le Marquis s’oppose à
cause d’une lettre de dénonciation de Mme de Rênal. Julien, furieux ,
tire alors sur Mme de Rênal / cherche de tuer Mme de Rênal. Arrêté
pour ce geste il est condamné à mort. (Avant l’exécution) Mme de
Rênal lui rend visite en prison et c’est alors qu’ il découvre d’aimer
sincèrement cette femme. Enfin il accepte avec dignité et
détermination son destin.

Le titre de ce roman pose un dilemme social : pour avoir du succès il faut choisir le
rouge , qui représente la carrière militaire, ou le noir, qui représente la carrière
ecclésiastique ? Le jeune protagoniste , Julien, représente /incarne une jeunesse
pauvre mais éduquée , qui n’arrive pas à gagner/occuper dans la société une place
digne de sa valeur et qui souffre beaucoup à cause des inégalités sociales. Avec un
certain cynisme le protagoniste du roman cherche de conquérir la haute société en
épousant Mathilde , mais enfin il révèle sa profonde sensibilité et rachètera son
crime par la découverte, en prison , de son véritable amour.

(La Chartreuse de Parme)

Le protagoniste de " La Chartreuse de Parme » est Fabrice del Dongo


un jeune libertin , qui combat pour Napoléon. Après Waterloo il se
réfugie dans le duché de Parme , sous la protection de la duchesse
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Sanseverina , sa jeune tante qui lui est très liée/attachée. Il entre


dans la carrière ecclésiastique mais n’abandonne pas son style de vie
libertine. Emprisonné pour avoir tué un rival en duel , il tombe
amoureux de Clélia , la fille du gouverneur de la prison. La jeune fille ,
d’accord avec la duchesse de Sanseverina, favorise l’évasion de
Fabrice de la prison, mais elle jure/ promet de ne plus revoir le jeune
et épouse un vieux marquis. La Sanseverina épouse son amant , le
compte Mosca. Fabrice reprend la carrière ecclésiastique mais revoit
Clélia dont il a un enfant. Après la mort de Clélia il se retire à la
Chartreuse de Parme .

La Chartreuse de Parme, à la différence de "Le Rouge et le Noir », est un roman


plus profondément psychologique, avec plus d’attention aux analyses de
l’intériorité. Le protagoniste Fabrice, est moins déterminé par le milieu que
Julien, le protagoniste de l’autre roman, parce que l’auteur se propose de révéler
tous les recoins de l’âme de ce premier personnage. C’est aussi un beau roman
d’amour qui présente deux figures féminins très opposées : la belle et altière
aristocrate la Sanseverina et la discrète et délicate Clélia.

Parmi ses œuvres mineures il y a « Rome, Naples et Florence », un espèce de


journal sur ses voyages en Italie ; l’essai « Racine et Shakespeare », important
parce qu’Il affirme que dans le domaine théâtrale c’est Shakespeare , non pas
Racine, à donner des réponses conformes à la nouvelle sensibilité romantique du
XIX (dix-neuvième) siècle ; la « Vie d’Henry Brulard » un roman inachevé à
caractère autobiographique et enfin le traité théorique « De l’amour » . .

LA TENTATION DE L’AUTOBIOGRAPHIE

Dans ses œuvres Stendhal est tenté par l’autobiographie : je vais avoir cinquante ans
, il est bien temps de me connaître » affirme-t-il dans la « Vie d’Henry Brulard ». En
effet tous ses héros lui ressemblent beaucoup. Il s’observe et se juge avec
détachement, ironie, lucidité, en évitant de se justifier ou de se complaindre.

LES HEROS STÉNDHALIENS

Les héros de Stendhal sont toujours animés par une recherche exaspérée du
bonheur (épicurisme) et par une forte ambition qui les pousse sans cesse à la
recherche de la grandeur. Mais en même temps il sont victimes de leurs incapacités
à choisir. En effet ils sont incapables de choisir entre la carrière militaire et celle
ecclésiastique (comme par exemple dans "Le Rouge et le Noir ») , entre une femme
mûre et intelligente et une jeune fille innocente ( comme par exemple dans La
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Chartreuse de Parme), entre l’opportunisme et l’idéalisme , entre les conservateurs


et les libéraux. En réalité à travers ses héros Stendhal expose une conception
personnelle de la vie appelée beylisme (de son vrai nom Beyle), qui se base sur la
recherche du bonheur , sur la passion , la sincérité , le refus de la vulgarité ,
l’égotisme (culte du moi)

STENDHAL ENTRE ROMANTISME ET REALISME

Les thèmes traités par Stendhal , comme le bonheur , l’amour , les analyses
intérieures de l’âme , les aspects autobiographiques, sont sans doute romantiques.
Néanmoins on peut dire qu’il a été aussi un précurseur du réalisme . En effet pour
lui un roman est comme un miroir qu’on promène avec soi le long d’un chemin. Il
doit être le reflet fidèle de la réalité et l’auteur doit se limiter à copier des
personnages et des fait tels qu’ils sont déjà présents en nature. Ses romans sont
comme une chronique de “petits faits vrais”. Plus que dire Stendhal fait sentir , plus
qu’expliquer il pense à décrire. Il présente ses personnages en train d’agir et de
parler . Son style est dépouillé , net , incisive et a la fonction de réfléchir toute
l’objectivité de sa narration.

STENDHAL ET L’AMOUR

Stendhal, toujours très curieux de comprendre les émotions liées au sentiment


amoureux , a écrit “De l’Amour” , un traité théorique sur l’amour où il décrit avec
une précision presque clinique (voilà un autre aspect de son réalisme) les différents
types et phases d’amour. Il parle par exemple de l’amour passion, de l’amour
goût, de l’amour physique , de l’amour de vanité. Dans cette analyse très
méticuleuse des sentiments il parle aussi de la cristallisation amoureuse, c’est-à-
dire l’opération mentale de l’amour ornant l’objet aimé de toutes les qualités
possibles .
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Victor Hugo
Victor Hugo est né à Besançon en 1802 (dix-huit cent deux) mais bientôt sa famille
s’installe à Paris où il fait ses études. Très jeune il se donne à la poésie et devient
bientôt célèbre. Après l’échec du drame Les Burgraves et la mort accidentelle de
sa fille Léopoldine il s’éloigne de la littérature et se donne à la carrière politique,
devenant député (à l’Assemblé constituante) . Il s’oppose aux ambitions
autoritaires du président de la République Napoléon Bonaparte , et après le coup
d’État de 1851 (dix-huit cent cinquante et un) il doit partir en exil où il reste
pendant toute la durée du Second Empire , c’est-à-dire jusqu’à 1870 (dix-huit cent
soixante-dix) . Pendant cette période il écrit beaucoup et devient célèbre dans tout
le monde. Rentré en France après la chute de Napoléon III il est accueilli
triomphalement. Pour une brève période il se donne de nouveau à la vie politique
et est élu député . Mais après un échec il revient définitivement à la littérature.
Doué d’un génie multiforme Victor Hugo aborde tous les genres ( drame, poésie,
roman) , tous les thèmes et les tons. Pour lui le poète a une haute mission à
accomplir : celle d’être un homme engagé au service des autres. Selon Hugo c’est
Dieu qui parle à travers le poète , qui est considéré comme un phare pour les
nations du monde.

Hugo dramaturge

Parmi les drames écrits par V.Hugo les plus célèbres sont Hernani , Cromwell , Ruy
Blas. Dans la préface d’Hernani et de Cromwell , il théorise les principes du drame
romantique ainsi devenant le chef de file du romantisme français.

Hernani est un drame en cinq actes très riche et mouvementé , qui a obtenu
beaucoup de succès grâce à l’audace de ses innovations : il n’y a plus ( on ne
respecte plus) les unités classiques de lieu et de temps car l’action se déroule en
deux pays différents , d’abord L’Espagne puis l’Allemagne, et ne se passe pas sur un
même temps mais sur plusieurs mois. Les genres et les tons sont mêlés : on passe du
comique au tragique, du familier au sublime. En outre tous les thèmes y sont
présents : il y a l’honneur à venger, la raison d’État, la conjuration contre le tyran , la
passion amoureuse, la recherche du bonheur , la lutte contre la fatalité,

Ruy Blas. Ce drame aussi présente le mélange de genres et de ton typique du


théâtre romantique, qui , comme dit Hugo dans sa préface de Cromwell, assemble
le grotesque au sublime.

Hugo poète
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Tous les grands thème romantiques sont présents dans la poésie de Victor Hugo . Il y
a:

 le goût du pittoresque et de l’exotisme ;


 l’expression des sentiments personnels qui se révèlent à travers des
réflexions autobiographiques , une douce mélancolie, un sentiment
d’amertume devant la vie ;
 le thème de la nature ;
 la conception du peuple en marche vers la lumière.

Les deux genres poétiques particulièrement excellents chez Hugo sont le lyrisme et
une puissante vision épique.

Dans sa jeunesse il écrit des œuvres d’une exceptionnelle virtuosité technique


comme Les Odes , Odes et ballades, les Orientales . Il y a encore les Feuilles
d’automne qui traitent (parlent) du passé du poète, de son enfance , de ses parents
et de l’histoire de son époque ; les Chants du crépuscule qui reflètent sa déception
politique et sa crise religieuse et conjugale ; les rayons et les Ombres qui traite /
parle / illustre de la fonction du poète dans la société.

Pendant son exil il écrit Les Châtiments, un grand ouvrage satirique (de plus de 6000
vers) contre Louis Napoléon Bonaparte et son régime autoritaire ;

Les Contemplations , son recueil le plus célèbre, inspirées par la mort de sa fille
Léopoldine (noyée pendant une promenade en barque). Le poème se compose de
deux parties : Autrefois , c’est-à-dire la période précédente la mort de sa fille et
Aujourd’hui la période suivante. Naturellement la tonalité de ces deux parties est
différente : la première exprime des sentiments heureux , la deuxième des
sentiments malheureux. Il s’agit d’une sorte d’ « autobiographie poétique » où le
poète cherche de retrouver un sens à sa vie coupée en deux par la mort de sa fille
Léopoldine.

La Légende des siècles . Ce poème est le triomphe de l’épopée , un thème très cher
pour les romantiques. L’épopée qu’on y chante est celle de toute l’humanité. C’est
pourquoi les sujets traités appartiennent à toutes les histoires et à toutes les
mythologies du monde. Le poème se compose de plusieurs petites épopées dont le
fil conducteur est la foi dans le progrès de l’humanité en marche des ténèbres vers
la lumière. Un rôle important dans cette marche est joué par les prophètes, qui
contribuent à faire avancer l’humanité. Chez Hugo le merveilleux et le surnaturel
n’ont pas une fonction ornementale ou métaphorique mais il représentent la face
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cachée du monde , l’invisible qui se manifeste. C’est pour ça qu’il faut donner une
lecture métaphysique de la poésie visionnaire de Victor Hugo.

Hugo romancier

Comme romancier V. Hugo a écrit deux célèbres romans : Notre-Dame de Paris et


Les Misérables . Leur succès a été énorme et tous les deux ont inspirés des films,
des comédies musicales, des adaptations théâtrales. Pour Notre-Dame de Paris par
exemple il y a eu le film homonyme de Walt Disney et la comédie musicale, elle
aussi du même titre, de Cocciante.

NOTRE-DAME DE PARIS

Le roman Notre-Dame de Paris appartient au genre du roman historique, sur


l’exemple de Walter Scott. Plus que des prétentions historiques l’intention de
l’auteur est de peindre la société française du XVe (quinzième) siècle ( avec ses
mœurs, ses croyances, ses arts), à travers des fresques bien documentés sur la vie
tumultueuse du peuple parisien de l’époque. Toute l’histoire se déroule autour de la
cathédrale de Notre-Dame animée d’une vie mystérieuse et véritable protagoniste
du roman.

Les personnages principaux sont quatre : Esmeralda , une jeune et belle


bohémienne ; Phoebus , un beau capitaine un peu naïf ; Frollo, un prêtre achète et
concupiscent à la fois / en même temps ; Quasimodo , le sonneur des cloches de la
cathédrale, un monstre difforme mais très généreux. Ces personnages masculins
sont tous les trois amoureux d’Esmeralda et tous les trois , avec la jeune fille,
trouveront la mort.

LES MISÉRABLES

Ce roman traite l’histoire de Jean Valjean , voleur pour faim. Après vingt
ans de prison il est poussé à se réhabiliter grâce à la bonté d’un évêque. Il
devient un honnête bourgeois sous le nom de M. Madeleine. Son histoire se
croise avec celle de Fantine une fille-mère. Jean Valjean , promet à Fantine
, qui va mourir, de s’occuper de sa fille, la petite Cosette. Mais entre-temps
pour sauver un innocent qui va être condamné à sa place il déclare sa
véritable identité et retourne en prison . Il s’évade et se fait donner des
horribles Thénardier (auxquels Fantine l’avait confiée) la petite Cosette ,
qui grandit chez lui. Marius , un jeune étudiant, tombe amoureux de la fille.
Pendant la révolte de Paris Jean Valjean sauve Marius . Les deux jeunes
s’épousent mais Marius, ignorant que c’est Jean Valjean qui l’a sauvé ,
éloigne Cosette de celui-ci , qui se retrouve seul et malade. Mais avant de
mourir il a la joie de revoir Cosette et d’obtenir la reconnaissance des deux
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jeunes.

C’est un roman à la fois historique, épique , social, sentimental, philosophique. Il


donne une fresque assez réaliste de la société française de 1815 (dix-huit cent
quinze) à 1832 (dix-huit cent trente-deux) . Cependant plus qu’une analyse
sociologique il nous présente une description de l’aspect moral et spirituel de ses
personnages. Nous touchant par sa générosité et son humanité, ce roman raconte la
marche des ténèbres vers la lumière, du bien vers le mal , le salut/
l’affranchissement des âmes misérables.

À propos des Misérables , l’année dernière à Bénévent, au Théâtre Massimo, nous


avons vue une comédie musicale inspirée de ce roman. C’était une représentation
théâtrale mise en scène par le Palketto Stage. Le metteur en scène, Richard Arselin,
avait respecté l’esprit de grande épopée historique du roman mais pour être plus
proche de la sensibilité des spectateurs il avait situé les personnage dans une
époque plus proche de la nôtre. En outre , d’une façon très originale et toujours
dans le but d’ être plus proche à notre sensibilité, il avait introduits , pendant
l’action scénique, des intermèdes musicaux de genres différents (qui allaient du rap
à la musique techno, au punk) et avait utilisé pour la scénographie et les habits un
mélange d’époques : on pouvait voir / il y avait en effet des jeans , T.shirt ,
chaussures de tennis mais aussi des redingote et d’anciens manteaux.

Bonjour, mon petit père (Les Contemplations) - page . 65


(commentaire)

Hugo dédie ce poème à sa fille Léopoldine qui s'est noyée à l'âge de 19 ans. Le poète
exprime sa douleur mais il évoque également des moments de bonheur intense vécus
en compagnie de la petite fille. Il fait une description très précise des habitudes
qu’elle avait prises : chaque matin elle entrait dans sa chambre , le saluait (Bonjour,
mon petit père) , jouait avec ses cartes. En se souvenant de ces moments le poète
compare Léopoldine à un rayon de soleil et à un oiseau , à symboliser la fraicheur et
la nature qui avec elle entraient dans sa chambre. Le désordre et les interruptions du
travail provoqués par les irruptions de la petite fille ont pour Hugo une fonction
positive : sa tête est un peu moins lasse et elle lui inspire ses plus doux vers. Elle en
outre est présentée comme une entité féminine , mais plus qu’un corps elle est un
esprit , capable d’apporter de l’harmonie dans l’âme du poète.

Puis (à partir du vers 16 ) cette harmonie s’étend à toute la famille grâce à


l’évocation de l’image douce des soirs d’hivers passés par le poète en compagnie de
ses enfants , de sa femme et des ses amis.
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Enfin pour terminer le poète - du vers 23 à 25 - revient au passé et marque une étroite
fusion affective entre lui et sa fille en disant qu’il avait les mêmes sentiments qu’elle.

VERSION ITALIENNE :

Bonjour , mon petit père (Buongiorno , paparino)

Aveva preso questo vezzo da bambina


di venire nella mia stanza ogni mattina.
Io l'aspettavo come si spera in un raggio di sole
Ella entrava e diceva: Buongiorno, paparino!
Prendeva la mia piuma, apriva i miei libri, si sedeva
sul mio letto, scompigliava le mie carte e rideva,
poi all'improvviso se ne andava come un uccellino che passa
allora riprendevo, con la testa un po' meno stanca,
il mio lavoro interrotto, e mentre scrivevo,
tra i miei manoscritti sovente ritrovavo
qualche arabesco folle qu'ella aveva disegnato
e pagine bianche che le sue mani avevan stropicciato,
su cui, non so perché, venivano i miei più dolci versi.
Amava Dio, i fiori, gli astri , i prati verdi
ed era uno spirito ancor prima d'essere una donna.
Il suo sguardo rifletteva la purezza della sua anima.
Mi consultava su tutto in ogni momento
Oh! quante sere d'inverno incantevoli e radiose
passate a ragionar di lingua, grammatica e storia,
i miei quattro figli sulle mie ginocchia, la loro mamma
accanto, qualche amico che chiacchierava davanti al fuoco!
Io chiamavo questa vita accontentarsi di poco!
E dire ch'ella è morta! Ahimè! che Dio mi assista!
Non ero mai allegro quando la sentivo triste;
anche nel mezzo del ballo più gioioso ero avvilito (cupo o triste)
se, nel partire, avevo visto qualche ombra nei suoi occhi.
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BALZAC

PROMESSES (extrait tiré du roman « Eugénie Grandet » de Balzac) - PAGE 80

(Commentaire)

Cet passage est un extrait tiré du roman Eugénie Grandet de Balzac.


Eugénie, la protagoniste, vient de donner à son cousin Charles la bourse
avec ses économies pour lui permettre de partir aux Indes. Il se sont
promis de se marier au retour du jeune homme mais Charles a des
scrupules et invite Eugénie à ne pas lier son destin à lui. la scène se
déroule à travers trois moment : Le premier baiser (lignes 1-14) ,
l’attente du départ (l. 15-18), l’adieu (l. 19 -31).

Dans le premier moment Eugénie promet d’attendre le retour de son


cousin pour l’épouser. Les trois superlatif (le plus pur, le plus suave, le plus
entier) utilisés pour qualifier le baiser ont la fonction de souligner le
caractère très significatif que cette circonstance a pour la vie
sentimentale de la jeune fille. La scène est interrompue par la vue de M.
Grandet et par Nanon qui ouvre la porte. M. Grandet représente une
menace , Nanon introduit une note grotesque mais en même temps
rassurante pou Eugénie car , comme on verra dans la suite du roman, elle
se révélera une alliée de la jeune fille.

Dans le deuxième moment , c’est-à-dire entre le baiser et le départ, on


assiste aux changements subis par la vie d’Eugénie : ici l’utilisation des
verbes à l’imparfait (elle pleuvait ..) marque l’angoisse et la fièvre de la
jeune fille, désespérée pour le départ de son aimé.
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FLAUBERT

Gustave Flaubert est l’un des plus remarquables écrivain français parce que son
œuvre marque une rupture dans le domaine romanesque et ouvre la voie au roman
moderne. A’ la suite d’une crise d’épilepsie il se retire dans sa propriété en
Normandie et ici, dans le calme , il dédié toute sa vie à sa passion : l’art d’écrire.

SON ŒUVRE

Son œuvre la plus grande et célèbre est le roman Mme Bovary. Pour cette histoire il
s’inspire d’un fait réel : un médecin qui avait épousé une jeune femme romanesque
qui le trahit.

La protagoniste du roman est Emma Bovary, fille d’un fermier


normand, élevée dans une école religieuse . Elle passe son temps à lire
des romans sentimentaux et croie que le mariage lui ouvrira les portes
du bonheur. Elle épouse un médecin médiocre , Charles Bovary, mais
bientôt elle tombe dans la déception : son mari n’est pas intéressant et la
vie du village où elle habite est très monotone. Charles décide alors de
s’installer dans un autre village, Yonville, mais Emma est toujours
suffoquée par l’ennui . Elle s’éprend de Léon Depuis , un clerc de
notaire , mai celui-ci n’ose pas partager ses sentiments (et part pour
Rouen) . Emma se lie alors à Rodolf , mais bientôt celui-ci l’abandonne.
Très choquée , elle mène une vie de dépenses folles. Enfin toujours
insatisfaite et accablée par les dettes elle s’empoisonne, laissant son mari
désespéré pour le chagrin.

Dans cette œuvre le réalisme de Flaubert se manifeste non seulement


pour la fidélité au fait véridique raconté dans le roman, mais aussi pour les
détails méticuleux et précis présents dans la description des lieux , des
personnages, des milieux. En effet ses peintures minutieuses laissent une
impression de vérité profonde. Flaubert en outre frappe le lecteur par son
regard ironique et décapant et son manque absolu de complaisance pour
les manifestations de laideur, de mesquinerie , de faiblesse , de bêtise.

(Le bovarysme)

Le personnage d’Emma, la protagoniste, n’est pas capable de vivre dans la réalité .


Elle cherche à s’évader de la monotonie et de la médiocrité de la vie quotidienne en
se refugiant dans le rêve et dans l’imagination. Son attitude à s’inventer une vie
imaginaire, parallèle à celle réelle, et à « cristalliser » sur des hommes médiocres , a
donné son nom à un état de crise psychologique et morale , le bovarysme, qui
justement consiste dans une profonde inadaptation sociale qui pousse à s’évader de la
réalité.
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Le roman de Mme Bovary suscite à l’époque un énorme scandale accusé « d’outrage


à la morale publique et religieuse et aux bonnes mœurs ». (On sait aujourd’hui que)
ça est arrivé surtout pour des raisons plus politiques que morales. En effet le pouvoir
voulait se débarrasser de La Revue de Paris , le journal qui avait publié le roman.
Comme souvent arrive dans ces cas le procès obtient /provoque le résultat contraire ,
car tout le monde achète le livre. Flaubert ne sera pas condamné, peut-être encore une
fois pour des raisons politiques. Le pouvoir en effet ne voulait pas être contre la
grande bourgeoisie de Rouen.

L’Éducation sentimentale

Le deuxième grand roman de Flaubert est L’Éducation sentimentale. Il y traite à la


fois des thèmes autobiographiques , historiques et d’une entière génération. Avec une
grande génialité l’auteur sait exprimer en même temps dans cette œuvre l’échec de
l’individu et l’échec collectif. L’aspect autobiographique consiste dans l’avoir
transposé /traité dans ce roman une expérience personnelle : son amour de jeunesse
pas partagé pour une femme , Elisa Schlesinger. En effet l’amour pour une femme de
Fréderic, le protagoniste du roman est destiné/condamné à l’échec comme celui de
Flaubert.

(le roman des désillusions d’une époque)

L’Éducation sentimentale est aussi le roman des désillusions d’une époque . En effet
Flaubert en s’inspirant de la réalité historique de l’époque, décrit les désillusions des
jeunes d’une entière génération qui animés par de grands espoirs de liberté et
d’idéaux, sont condamnés à un échec collectif. Il faut dire encore que ce roman
exprime aussi l’échec du Romantisme , et sur le plan personnel de l’amour et sur le
plan de la morale collective.

D’autres œuvres de Flaubert sont :

Les Trois Contes

Cette œuvre traite trois sujets différents : l’un moderne, l’autre médiévale, le dernier
antique, unis par un fil conducteur unique , c’est-à-dire une réflexion sur la
sainteté.
Un cœur simple est le sujet moderne . Il parle de Félicité une jeune servante qui
après avoir perdu toutes les personnes qu’elle aime s’attache profondément à son
perroquet .
La légende de Sain Julien l’Hospitalier est le sujet médiéval : Julien le jeune
protagoniste , tue par erreur ses parents. Alors pour expier son crime il devient
passeur (c’est-à-dire il fait passer les personnes d’un côté à l’autre du fleuve) et un
jour , comme signe de sa rédemption, il fait passer un lépreux .
Hérodias est le sujet antique : Hérodias la concubine d’Hérode demande au roi la
tête de Sain Jean-Baptiste.
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Salambô

C’est un roman situé dans l’ancienne Carthage qui manifeste tout le réalisme de
Flaubert , allé en Tunisie pour mieux connaître les lieux traités dans son histoire.

Flaubert et l’art

Nous connaissons les goûts , les choix, les projets littéraire de Flaubert grâce à la
correspondance abondante qu’il a entretenue avec ses connaissances .

(la tentation romantique)

Pendant sa jeunesse Flaubert, né en pleine période romantique, lis beaucoup les


écrivains de ce courant littéraire. C’est pourquoi au fond de lui restera toujours une
veine romantique et une veine réaliste. Ont un caractère romantique Rêve d’enfer ,
La tentation de Saint Antoine, Saint Julien l’Hospitalier. Il y a encore Salambô et
Hérodias qui présentent des aspects d’exotisme
Le pessimisme fondamental de Flaubert (V. foglio con le correzioni)

Le réalisme (chez Flaubert) (V. foglio con le correzioni)

Les préoccupations esthétiques (V. foglio con le correzioni)

Flaubert et le style (pag.168)

Flaubert contrairement à Balzac pour décrire le réel ne se base pas sur une vision
subjective (le réalisme visionnaire) mais sur la rigueur scientifique de l’analyse .
C’est pourquoi pour lui aussi l’observation et la documentation préliminaires sont
fondamentales. Il considère l’écrivain un observateur impassible et objectif , qui
renonce à son identité pour assumer celle de ses personnages. Il doit être un
médiateur qui reproduit/retranscrit fidèlement la voix et l’existence d’une autre
personne. Voilà pourquoi à propos d’Emma Bovary, l’héroïne de son célèbre roman,
il dit : « Mme Bovary, c’est moi » . Le réalisme de Flaubert consiste dans sa capacité
de représenter le quotidien dans toute sa médiocrité et sa bêtise . Pourtant plus qu’au
contenu il attribue une grande importance à la perfection du style. Ainsi faisant il va
bien au-delà du réalisme . En effet outre que le maître de ce courant littéraire il est
considéré aussi l’initiateur du roman moderne.
15

LE RÉALISME (pag. 168)

Le Réalisme (définition)
C’est un courent littéraire centré sur le roman né au XIX siècle qui se
propose d’analyser et décrire la société dans tous ses aspects en allant à la
recherche du vrai et de la précision des détails dans la représentation. En
France ses précurseurs sont Stendhal et Balzac, son maître reconnu est
Flaubert.

Le courant réaliste (page 168)

Le mot réaliste est appliqué au roman quand ce genre littéraire à l’imitation des
principes esthétiques des arts visuels de l’époque (XIX siècle –dix-neuvième siècle)
commence à décrire la société dans tous ses aspects en allant à la recherche du vrai et
de la précision des détails dans la représentation. Ce sont Balzac et Stendhal , deux
auteurs appartenant encore à la génération romantique, qui ouvrent la voie à cette
nouvelle tendance littéraire. De jeunes écrivains, en réaction contre le romantisme,
cherchent à former une école en s’inspirant aux nouveautés réalistes introduites par
Balzac , Stendhal et Flaubert (à ce propos Jules Champfleury écrit un manifeste « Le
Réalisme » ) . Mais ils ne produisent pas d’œuvres intéressantes et donc il n’y a pas
d’école réaliste. Il y a en effet seulement de tendances romanesques influencées par
deux grands principes liés au prodigieux progrès scientifique de l’époque : le
déterminisme historique , selon lequel il y a un rapport entre l’histoire, la société et
les individus ; la philosophie positiviste (dont le maître est Auguste Compte) qui
affirme l’importance de l’observation , de l’expérience. Ce sera Zola qui s’inspirera
pleinement à ces principe et donnera naissance au naturalisme.

Stendhal et la chronique (page 168)

Cet auteur peut être considéré un précurseur du réalisme. Le premier il définit le


roman comme un miroir qui reproduit fidèlement la réalité . Pour lui en outre le
roman doit se limiter a parler de «petits faits vrais » et non des grands événements,
qui au contraire sont objet d’étude de l’histoire. Plus qu’à expliquer il pense à
décrire et montrer les faits. C’est dans la représentation de chroniques de vie que
Stendhal ouvre la voie du réalisme.

Balzac et la recréation de la société (page 168)

Balzac a situés tous ses romans dans un univers concrets où même les détails , décrits
avec une grande précision, jouent un rôle important. C’est ainsi que pour la première
fois dans un roman on ne parle pas seulement d’amour mais aussi d’argent. Avec sa
« Comédie humaine » en effet il se propose de reproduire le réel. Ainsi faisant ,
16

poussé par son imagination puissante , il agrandit et dramatise le réel selon sa vision
du monde. C’est pourquoi à propos de lui on parle de réalisme « visionnaire » . Il faut
dire encore que chez lui plus que dans la technique narrative c’est dans le contenu
qu’on trouve le réalisme.

Flaubert et le style (page 168)

Flaubert contrairement à Balzac pour décrire le réel ne se base pas sur une vision
subjective (le réalisme visionnaire) mais sur la rigueur scientifique de l’analyse .
C’est pourquoi pour lui aussi l’observation et la documentation préliminaires sont
fondamentales. Il considère l’écrivain un observateur impassible et objectif , qui
renonce à son identité pour assumer celle de ses personnages. Il doit être un
médiateur qui reproduit/retranscrit fidèlement la voix et l’existence d’une autre
personne. Voilà pourquoi à propos d’Emma Bovary, l’héroïne de son célèbre roman,
il dit : « Mme Bovary, c’est moi » . Le réalisme de Flaubert consiste dans sa capacité
de représenter le quotidien dans toute sa médiocrité et sa bêtise . Pourtant plus qu’au
contenu il attribue une grande importance à la perfection du style. Ainsi faisant il va
bien au-delà du réalisme . En effet outre que le maître de ce courant littéraire il est
considéré aussi l’initiateur du roman moderne.
17

Le naturalisme (pag. 170)


Le Naturalisme (définition)
C’est un courent littéraire de la fin du XIX siècle qui sous la guide de Zola porte à l’extrême
les principes réalistes et se propose d’appliquer au roman la méthode des sciences
expérimentales dans le but de reproduire la réalité avec une objectivité parfaite dans tous ses
aspects

Au cours du XIX/e siècle , Darwin montre que la nature est réglée par les lois de la
sélection naturelle; Claude Bernard , psychologue français, étudie les phénomène de
l’hérédité dans l’espèce humaine ; Hippolyte Taine soutient que l’individu est
déterminé par la race, le milieu et l’époque où il vit. Le positivisme scientifique de
cette époque (seconde moitié du XIX siècle) influence beaucoup même la littérature :
le roman ne se limite plus à décrire la société telle quelle est , selon le model réaliste,
mais il est aussi un champ d’investigation où tous les mécanismes de la société sont
analysés scientifiquement.

Les précurseurs (du naturalisme) Edmond et Jules Goncourt

Des précurseurs du naturalisme sont considéré le frères Goncourt. Deux historiens


qui décident de transposer/d’appliquer la méthode d’investigation de l’histoire au
roman. Même s’ils n’ont pas laissé de grands romans à la postérité leur nom est resté
célèbre parce qu’il est associé au prestigieux prix Goncourt institué par Edmond .

Zola , le théoricien du naturalisme (page 170)

Le vrai maître du naturalisme est Émile Zola . Influencé par Darwin, Taine, Bernard
, il se propose d’appliquer les principes déterministes à l’histoire des hommes et de
la société à travers le roman . Zola en effet radicalise les expériences réalistes et
étudie les espèces humaines comme si elles étaient des espèces animales. C’est ainsi
que dans le domaine littéraire naît le naturalisme. Zola explique bien sa nouvelle
esthétique littéraire dans la préface de son roman Thérèse Raquin et dans l’essai Le
Roman expérimental. Dans cet essai il affirme que le romancier est constitué par un
observateur et un expérimentateur . Le premier raconte les faits tels qu’ils se
manifestent et établit le terrain solide sur lequel les personnages vont agir et les
phénomènes vont se produire ; le deuxième fait mouvoir les personnages dans le
cadre d’une histoire déterminée par les phénomènes mis à l’étude. Selon Zola
l’individu est poussé par le désir de jouissance, de domination ou de
connaissance et , en fonction du milieu où il vit , il pense à développer l’un ou
l’autre de ces trois désirs.
18

Zola

Sa vie – l’homme engagé - L’affaire Dreyfus (pag. 160)

Zola, fils d’un ingénieur italien naturalisé français, est très engagé dans la vie
politique française. Son nom est lié à l’affaire Dreyfus , un cas de racisme arrivé
dans la France de l’époque (1898 dix-huit cents quatre-vingt-dix-huit). Dreyfus était
un officier juif de l’armée , faussement accusé et condamné d’avoir trahi la patrie.
Zola prend sa défense et sur les colonnes du journal « L’Aurore » lance son célèbre
article « J’accuse » où il démontre la vérité des faits. Cet article provoque un énorme
scandale et porte à la chute du gouvernement. Plus tard Dreyfus sera réhabilité.

Zola , le théoricien du naturalisme (page 170)

Émile Zola , influencé par Darwin, Taine, Bernard (V. pag. 170 : le naturalisme) se
propose d’appliquer les principes déterministes (c’est-à-dire que l’homme est
conditionné par la race, le milieu, l’époque où il vit) à l’histoire des hommes et de la
société à travers le roman . Zola en effet radicalise les expériences réalistes et étudie
les espèces humaines comme si elles étaient des espèces animales. C’est ainsi que
dans le domaine littéraire naît le naturalisme. Zola explique bien sa nouvelle
esthétique littéraire dans la préface de son roman Thérèse Raquin et dans l’essai Le
Roman expérimental. Dans cet essai il affirme que le romancier est constitué par un
observateur et un expérimentateur . Le premier raconte les faits tels qu’il les a
observés /tels qu’ils se manifestent et établit le terrain solide sur lequel les
personnages vont agir et les phénomènes vont se produire ; le deuxième fait mouvoir
les personnages dans le cadre d’une histoire déterminée par les phénomènes mis à
l’étude. Selon Zola l’individu est poussé par le désir de jouissance, de
domination ou de connaissance et , en fonction du milieu où il vit , il pense à
développer l’un ou l’autre de ces trois désirs.

Son œuvre

Le Rougon-Macquart (pag. 160)

C’est surtout dans son cycle romanesque Les Rougon-Macquart que Zola applique
les principes déterministes . L’oeuvre se compose de vingt volumes ou romans et
traite à travers cinq génération l’histoire d’une famille, Les Rougon-Macquart , sous
le second empire. Chaque volume a pour protagoniste un membre de cette famille.
L’auteur se propose d’expliquer les mécanismes secrets pour lesquels les enfants
d’un même père à la suite des divers styles de vie résultent être très différents quant à
leurs passions et à leurs caractères. En outre il se propose de montrer comment le
patrimoine héréditaire d’une seule famille résulte modifié en fonction du milieu où
les membres de cette famille vivent. Cette oeuvre est une fresque magistrale de la
19

société de l’époque (second empire) où tous les milieux sont représentés . En effet
pour la première fois la classe ouvrière aussi entre de plein droit dans une histoire
romanesque. Dans cet ouvrage Zola donne beaucoup d’importance à la
documentations des faits à raconter et est très attentif à situer la fiction/le récit dans
un cadre historique véridique.

Germinal (pag. 161)

Le roman est situé sous le second empire (1852-1870), dans le nord-est de la France ,
dans une petite ville (Marchienne) au sud de Lille.

Le protagoniste du roman est Etienne Lantier , venu travailler à la mine .


Le jeune , amoureux de Catherine , la fiancée d’un un autre mineur
Chaval , prend la tête d’une révolte des mineurs contre l’annonce des
licenciements. Des mineurs , comme Chaval , reprennent le travail, tandis
que les autres continuent leur violentes protestations. Les gendarmes tirent
sur la foule et provoquent un massacre. Après (ce massacre) les
travailleur/les mineurs reprennent le travail. Un anarchiste (Souvarine)
provoque la destruction de la mine . Enfin Catherine meurt et Etienne ,
licencié, part pour Paris. Le roman se termine donc par la fin du parcours
amoureux et politique du protagoniste.

Une importante innovation apportée par Zola dans ce roman est l’entrée dans
l’histoire racontée /dans le récit de la classe ouvrière , jusque là / auparavant
toujours oubliée. Il parle en effet de deux mondes opposés : le monde des mineurs qui
vivent dans la misère et celui de la bourgeoisie , avide et incapable de comprendre le
problèmes sociaux des autres classes. Le message final , qui coïncide avec la pensée
politique et social de Zola, est optimiste : il contient l’espoir d’un monde meilleur qui
n’est pas encore né mais qui va sûrement « germer ».

Le style

La démarche /le procédé « scientifique » ( c’est-à-dire une analyse et une description


faites selon les principes déterministes) de Zola heureusement ne présente pas
l’objective froideur (freddezza) de ce type d’analyse. En effet cet écrivain réussit à
animer les choses qu’il décrit et sait les rendre fantastiques. La métaphore joue un
rôle très important , à partir des titres . Par exemple Germinal , le titre du roman
homonyme, évoque le mois d’avril où la nature est en germination et symbolise
l’événement d’un monde meilleur pour les ouvriers. Les œuvres de Zola trouvent une
unité stylistique dans un souffle épique et grandiose qui les traverse et nous donnent
des excellentes descriptions/peintures de grandes foules de peuple en marche, de
grandes espaces. A’ propos du style de Zola il faut dire encore qu’il sait tenir bien
vive l’attention du lecteur et qu’il a apporté des innovations très significatives pour
avoir introduit – selon un model réaliste - le langage des ses personnages , c’est-à-
20

dire la langue populaire et familière des classes défavorisées ( le classi meno


abbienti).
21

Baudelaire

Son itinéraire spirituel

Baudelaire fait entrer dans la langue française le mot anglais , spleen, un terme
médical qui signifie « humeur noire ». Par extension il désigne l’état d’âme qui
dérive de cette « humeur noire » : ennui , angoisse de l’existence , dégoût,
découragement qui provoque des crises accompagnées d’hallucination ou de la
mélancolie accompagnée d’une angoisse accentuée. Chez Baudelaire ce sentiment
devient une profonde dépression qui touche l’être tout entier et qui est bien plus
radical que le mal du siècle des premiers romantiques. Pour Baudelaire l’exacte
contraire du spleen, est l’aspiration à l’idéal . En effet , comme le poète affirme
dans «Mon cœur mis à nu», l’homme est poussé par deux postulations simultanées
et contraires : l’une vers Dieu, dite aussi spiritualité, l’autre vers Satan, dite aussi
animalité (la première est un désir de s’élever, la deuxième un désir de descendre).

Dans ses deux poèmes , « Les Fleurs du Mal » et « Le Spleen de Paris » Baudelaire
raconte cette bataille entre la chair et l’esprit , entre l’enfer et le ciel.

(Comment échapper au spleen ?)

Pour échapper au spleen ne sont pas aptes ni le voyage, qui serait une évasion
passagère , ni les paradis artificiels (drogue etc,) parce qu’ils sont trompeurs , ni
l’amour charnel, spirituel ou fraternel. La seule façon d’échapper au spleen est le
rêve d’un monde idéal où règne la beauté . Pour certains on pourrait aller encore
plus loin car la seule façon d’échapper au spleen et atteindre la beauté pourrait être
l’écriture et donc l’art.

Son Œuvre

Les Fleurs du Mal

C’est une recueil de plus de cent poèmes publié à travers quatre éditions . La
quatrième édition riche de poèmes nouveaux est posthume . L’ensemble des
poèmes contient l’itinéraire spirituel du poète , c’est-à-dire l’aspiration vers l’idéal
et la bataille continue entre la chair et l’esprit , entre le bien et le mal. Cette œuvre
est structurée en six sections . La première parle de l’oscillation entre l’idéal et le
spleen. Les autres de la ville modernes et des souffrances qu’elle provoque , des
évasions provoquées par le vin et les paradis artificiels, de la révolte contre Dieu et
l’invocation à Satan, de la mort vue comme ultime recours.
22

Les Spleen de Paris ou Petits Poèmes en prose.

Le premier titre est celui choisi par Baudelaire , le deuxième celui choisi par les
éditeurs. Le poète a apporté une grande innovation en séparant la poésie de la
forme versifiée : pour lui la poésie est donnée par la musique créé par le mots qui se
heurtent (che si scontrano) , sans imposition de rime ou de rythme . Dans cette
œuvre Baudelaire chante la ville moderne, en particulier Paris, vu comme le lieu des
oscillations entre le haut et le bas, où se joue le drame de l’homme moderne qui
voudrait fuir la ville mais qui n’est pas capable de le faire et en reste prisonnier. Il
considère comme des frères les personnes souffrantes qui habitent / qui peuplent
la ville moderne. Une particulière valeur symbolique a le thème de la fenêtre et de
la vitre abordé dans ce poème : la vitre est vue à la fois comme fermeture et
ouverture ; il peut représenter soit une coupure ou une barrière par rapport aux
autres , soit un seuil d’entrée vers le monde qui est au de là et que le poète peut
récréer par son imagination.

Un tournant dans l’histoire de la poésie - page 187

Baudelaire comme critique d’art nous a laissé ses idées sur l’art et la poésie en
définissant aussi ses principes esthétiques / Baudelaire a été aussi un critique
d’art . C’est pourquoi nous connaissons ses idées sur l’art et la poésie et ses
principes esthétiques / Baudelaire en tant que critique d’art a formulé ses idées
sur l’art et la poésie en définissant aussi ses principes esthétiques.

Il soutient que entre les arts il y a une (étroite) interdépendance . Comme il dit
dans son poème « Les phares » la peinture , la musique sont intimement liées à la
poésie. Le poète doit exprimer par des mots ce que le peintre exprime par des
couleurs. / Selon lui les arts sont (étroitement) interdépendants . Il exprime ce
concept dans son poème « Les phares » où il montre que la peinture , la musique
sont intimement liées à la poésie. Le poète doit représenter par des mots ce que le
peintre représente par des couleurs. / Il soutient l’interdépendance des arts , car la
peinture et surtout la musique sont intimement liées à la poésie. Il parle de ces
affinités dans son poème « Les phares » . La tâche du poète c’est d’ exprimer par
des mots ce que le peintre exprime par des couleurs.

Baudelaire n’aime pas la simplicité réaliste ou les effusions sentimentales des


romantiques . Pour lui seulement l’artificiel (c’est-à-dire ce qui est produit par l’art)
23

est capable de donner un sens à ce qui est naturel. / Contre la simplicité plate du
réel et les effusions sentimentales du romantisme , il soutient que seulement
l’artificiel (c’est-à-dire ce qui est produit par l’art) est capable de donner un sens à
ce qui est naturel.

La poésie sert à déchiffrer un monde inconnu au-delà du réel. Elle ne doit pas imiter
la nature mais doit interpréter les symboles de ce monde présents dans notre vie
réelle.

Baudelaire respecte les règles classiques en étudiant minutieusement ses vers et


ses phrases. Il fait recours à la richesse des images et aux métaphores , ce qui donne
à son style une originalité extraordinaire.
Spleen Spleen

Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle Quando il cielo basso e greve pesa come un coperchio
Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis, Sullo spirito che geme in preda a lunghi affanni,
Et que de l'horizon embrassant tout le cercle E versa abbracciando l'intero giro dell'orizzonte
II nous verse un jour noir plus triste que les nuits; Una luce diurna più triste della notte;

Quand la terre est changée en un cachot humide, Quando la terra è trasformata in umida prigione,
Où l'Espérance, comme une chauve-souris, Dove come un pipistrello la Speranza
S'en va battant les murs de son aile timide Batte contro i muri con la sua timida ala
Et se cognant la tête à des plafonds pourris; Picchiando la testa sui soffitti marcescenti;

Quand la pluie étalant ses immenses traînées Quando la pioggia distendendo le sue immense strisce
Imita le sbarre di un grande carcere
D'une vaste prison imite les barreaux,
Ed un popolo muto di infami ragni
Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées
Tende le sue reti in fondo ai nostri cervelli,
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,
Improvvisamente delle campane sbattono con furia
Des cloches tout à coup sautent avec furie E lanciano verso il cielo un urlo orrendo
Et lancent vers le ciel un affreux hurlement, Simili a spiriti vaganti senza patria
Ainsi que des esprits errants et sans patrie Che si mettono a gemere ostinati
Qui se mettent à geindre opiniâtrement.

— Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,


E lunghi trasporti funebri senza tamburi, senza bande
Défilent lentement dans mon âme; l'Espoir,
Sfilano lentamente nella mia anima vinta; la Speranza
Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
Piange e l'atroce angoscia dispotica
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.
Pianta sul mio cranio chinato il suo nero vessillo

Ce poème Spleen appartient à la première section , appelée Spleen et Idéal , de


l’œuvre Les Fleurs du Mal . De cette section les poèmes titrés/appelés Spleen sont
quatre , mais celui-ci a le ton le plus tragique. Il se divise en deux parties : les trois
premières strophes qui forment un tout et qui grâce à une accumulation de
propositions subordonnées (introduites par quand et que) créent l’attente de
l’explosion de la crise et les deux dernières strophes qui expriment l’explosion de la
24

crise et la défaite de l’esprit. À partir de la première strophe se succèdent des images


qui expriment le sentiment paralysant du spleen (peur, angoisse , panique) . Il y a
avant tout l’image du ciel associé à un énorme couvercle qui comprime tout (vers le
bas) et donne une sensation d’écrasement et d’étouffement; suit l’image d’une
énorme prison représentée par la terre entière (un cachot humide) , où l’espérance
(c’est-à-dire l’esprit) est prisonnière et comme un chauve-souris (qui s’en va battant
les murs ) cherche en vain de s’échapper ; puis , dans la troisième strophe, revient
l’image d’une prison dont les barreaux sont représentés par les immenses trainées de
la pluie ; encore dans la troisième strophe il y a l’image d’un peuple d'infâmes
araignées qui envahissent les cerveaux. Dans la quatrième strophe il y a le
paroxysme de la crise qui se manifeste par la sonorité violente des cloches qui lancent
vers le ciel un hurlement obstiné comme des esprits errant et sans patrie. Enfin dans
la dernière strophe on exprime la défaite de l’esprit en proie au spleen symbolisée par
l’image des convois funéraires qui défilent lentement et du drapeau noir que
l’angoisse plante sur le crâne du poète.
25

Apollinaire

Apollinaire et la rupture (Pag 228)

Aux débuts du XX (vingtième) siècle Apollinaire marque une rupture avec le passé
littéraire. En effet il s’intéresse à toutes les formes d’expressions artistiques
modernes qu’il appelle l’«Esprit nouveau ». Ainsi par exemple il défend le cubisme
et le futurisme (de l’italien Marinetti). En poésie il introduit des nouveautés
formelles insolites comme l’abandon de la ponctuation et l’utilisation des
calligrammes*

Son œuvre (pag. 234)

Alcools

C’ est le premier recueil écrit par Apollinaire. Ses poèmes n’ont pas de ponctuation
et sont marqués par la diversité d’inspiration qui peut être élégiaque ou moderniste.
En outre les images évoquées souvent sont obscures et mystérieuses.

Calligrammes

Ce (deuxième) recueil présente d’autres importantes innovations formelles , c’est-


à-dire l’utilisation de calligrammes ou d’idéogrammes. Il s’agit de poèmes où la
disposition des vers forme un dessin qui rappelle l’objet traité dans le texte. Ces
artifices esthétiques visent aussi à former une synthèse artistique de la musique, de
la peinture, de la littérature.
°°°°°°°°°°°

calligramme* : c’est une poésie / un poème où la disposition des vers forme un dessin qui
rappelle / qui reproduit l’objet traité d
ans le texte. (Un esempio di calligramma lo trovi a pag. 229 con la poesia Il pleut
(piove) : i versi sono disposti in modo tale da rappresentare graficamente la
pioggia che cade. Altri esempi sono a pag 146 del volume 1del testo di
letteratura.) En littérature française un premier exemple de calligramme on le
trouve chez Rabelais du XVI (seizième) siècle

Le Pont Mirabeau (commentaire)

Ce poème appartient au recueil « Alcools » , le premier publié par Apollinaire.


Comme tous les autres poèmes de ce recueil celui aussi présente une insolite
nouveauté formelle : l’abandon de la ponctuation , ce qui donne une
particulière fluidité et laisse au lecteur une certaine liberté d’interprétation. Il
26

évoque l’amour perdu du poète envers sa femme , Marie Laurencin, qui


habitait d’un côté de la Seine tandis qu’Apollinaire habitait de l’autre côté.
Avec le thème lyrique de la fin de son amour le poète développe aussi le
thème de la fuite inévitable du temps : du haut du pont il observe le fleuve qui
passe et dans son écoulement il voit simultanément celui inexorable du temps
et celui de ses amours . En effet le verbe « couler » du premier vers a deux
sujets : Seine et amours. Outre que celle du pont Mirabeau le poème suscite
l’image d’un autre pont : celui formé par les mains (vers 7) et les bras (vers 9)
de deux amants. Aux constatations mélancoliques sur la fuite du temps et des
amours s’accompagne - exprimée par des verbes au subjonctif - l’invocation
du poète afin que vienne la nuit ou sonne l’heure . La présence dans le
poème des verbes de mouvement (tels que couler, passer, venir, s’en aller ,
revenir) a la fonction de souligner la fuite du temps et des amours du poète ,
tandis que les verbes d’immobilité (tels que restons , je demeure , la vie est
lente ) expriment l’incapacité du poète à réagir. En conclusion on peut bien
définir ce poème comme le poème de la fuite du temps et de la permanence .

LE PONT MIRABEAU (traduzione di Giorgio Caproni)

Sous le pont Mirabeau coule la Seine Sotto il ponte Mirabeau scorre la Senna
Et nos amours E i nostri amor
Faut-il qu'il m'en souvienne Che io me ne sovvenga
La joie venait toujours après la peine La gioia mai mancò dopo il dolor

Vienne la nuit sonne l'heure Venga la notte rintocchi l'ora


Les jours s'en vont je demeure I giorni vanno io non ancora

Les mains dans les mains restons face à Le mani nelle mani restando faccia a
face faccia
Tandis que sous Lasciam che giù
Le pont de nos bras passe Sotto l'arcata delle nostre braccia
Des éternels regards l'onde si lasse D'eterni sguardi passi l'onda lassa

Vienne la nuit sonne l'heure Venga la notte rintocchi l'ora


Les jours s'en vont je demeure I giorni se ne vanno io non ancora

L'amour s'en va comme cette eau L'amore va come va la corrente


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courante L'amore va
L'amour s'en va Come la vita è lenta
Comme la vie est lente E come la Speranza è violenta
Et comme l'Espérance est violente
Venga la notte rintocchi l'ora
Vienne la nuit sonne l'heure I giorni se ne vanno io non ancora
Les jours s'en vont je demeure
Giornate e settimane il tempo corre
Passent les jours et passent les semaines Né più il passato
Ni temps passé Né più l'amore torna
Ni les amours reviennent Sotto il ponte Mirabeau la Senna scorre
Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Venga la notte rintocchi l'ora
Vienne la nuit sonne l'heure I giorni se ne vanno io non ancora
Les jours s'en vont je demeure
28

Albert Camus
Le nom de cet auteur est lié au thème de l’absurde, c’est-à-dire au thème de
l’inutilité de la vie, des actions répétitives qui n’aboutissent à rien. Son sentiment
de l’absurde s’explique peut-être par sa jeunesse difficile en Algérie à cause de la
mort de son père , la pauvreté , la tuberculose.

Son œuvre

La production littéraire de Camus comprend deux phases : le cycle de l’absurde et le


cycle de la révolte.

le cycle de l’absurde

Camus développe le thème de l’absurde dans trois œuvres : Le Mythe de Sisyphe ,


l’étranger, Caligula .

Le Mythe de Sisyphe (1942)

Dans l’essai philosophique Le Mythe de Sisyphe Camus explique bien sa philosophie


de l’absurde à travers le mythe de Sisyphe. Ainsi que ce héros de la mythologie
grecque est condamné à pousser un rocher au sommet d’une montagne , d’où la
pierre retombe inévitablement , ainsi l’homme est condamné à des actions
répétitives et sans signification. Mais ainsi que Sisyphe, conscient de son destin,
reprend héroïquement son travail inutile , ainsi l’homme devient lui aussi un héros
parce qu’il est conscient de la vanité de ses efforts et il se révolte intérieurement .
En effet ainsi faisant il est supérieur à ce qui l’écrase. Cette prise de conscience de
l’inutilité de la vie - affirme encore Camus dans Le Mythe de Sisyphe - ne doit pas
conduire au suicide ou au désespoir car un acte de telle sorte signifierait faire
vaincre l’absurde définitivement.

L’Étranger

Dans le roman L’Étranger le protagoniste s’appelle Mersault . Celui-ci assiste sans


émotion/sans pleuré aux funérailles de sa mère et puis va à la mer et au cinéma avec
une amie, Marie, qu’il épouse quelques jours après. Pendant une rixe il tue un arabe
avec beaucoup de coups de revolver. Arrêté , il assiste avec une indifférence totale au
procès , puis il est condamné à mort. Cette fois Camus continue à développer le
thème de l’absurde à travers la présentations de trois circonstances absurdes : (1) un
assassinat sans raison apparente ; (2) une condamnation à mort basée sur une
motivation absurde – en effet Mersault n’est pas condamné à mort pour avoir violé le
29

principe universel qui prohibe /interdit de tuer une autre personne , mais seulement
parce qu’il n’a pas pleuré pour la mort de sa mère , c’est-à-dire tout simplement parce
qu’il est considéré un monstre - (3) le préjugé (pregiudizio) selon lequel le
protagoniste , a cause de son indifférence pendant le procès , est accusé d’être
« étranger » à la société, « étranger » à la justice, « étranger » à lui-même.

Caligula

Avec Caligula , une pièce théâtrale, Camus traite encore le thème de l’absurde à
travers le personnage d’un empereur romain, Caligula, qui découvre l’absurdité de la
vie après la mort de son amante , Drusilla. A’ la suite de cette mort Caligula récuse
toutes le valeurs , l’amour et l’amitié , le bien et le mal , mais enfin il se rend compte
de l’absurdité de ses actions.

Vers la révolte : La Peste – L’Homme révolté

La prise de conscience de l’absurde , traitée dans les trois œuvres précédentes,


pousse l’homme à se révolter. Pourtant –soutient Camus - la révolte est inutile si elle
n’est pas accompagnée par le désir de lutter contre l’injustice du monde. C’est le
message que Camus veut donner dans La Peste . Avec cette oeuvre il s’interroge
sur le Mal et la condition humaine et montre que l’homme possède une seule arme
contre l’absurde : la solidarité et l’engagement . C’est un nouvel humanisme qui ,
selon Camus , peut donner un sens à la vie.
Dans ce roman Oran , une ville algérienne, est affligée par la peste. Le
docteur Rieux le premier prend conscience de cette catastrophe et tient la
chronique de ces jours funestes. Face à la peste les gens ne réagissent pas
de la même façon : certains voudraient s’échapper , d’autres restent là et
continuent leur activité. D’autres encore se résignent à la fatalité. Mais
bientôt tout le monde prend conscience de la nécessité de la solidarité et
qu’il ne suffit pas de dire non mais qu’il faut agir. Après l’expérience de la
peste le docteur Rieux comprend la nécessité d’une union des hommes
pour améliorer la condition humaine.
Avec La Peste donc on passe de la révolte solitaire de L’Étranger à la prise de
conscience qu’il il faut partager avec les autres la lutte contre le mal et l’injustice.

Dans son essais successif « L’Homme révolté » Camus théorise mieux cette prise de
conscience. La révolte dont il parle est essentiellement individuelle et n’a rien à voir
avec les révolutions politiques . En effet même s’il est d’accord à lutter contre les
injustices sociales il pense que celles-ci sont dangereuses pour la liberté parce
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qu’elle tendent au totalitarisme. Cette vision individualiste de l’engagement


l’éloigne de Sartre.

Aujourd’hui, maman est morte – page 322 (commentaire)

Cet extrait est le début du roman « L’Étranger ». Le narrateur est Mersault , le


protagoniste . Il vient d’apprendre que sa mère, mise dans un asile , est morte et
comme dans un journal intime il raconte tout ce qu’il fait à la suite de cet
évènement. Le texte de cette narration est déconcertant ( = déroulant) car il ne
nous révèle pas les sentiments du protagoniste pour la mort de sa mère : à ce
propos nous apprenons seulement que celui-ci s’interroge sur la date de
l’évènement (c’était peut-être hier) . Tout simplement au lecteur est présentée la
seule et froide séquence des actions accomplies par Mersault , c’est-à-dire qu’il va
chez son patron pour lui demander un congé; qu’il prend l’autobus de deux heures ;
que comme d’habitude il mange au restaurant; qu’il se fait prêter une cravate noire
par Emmanuel etc. On voit que le narrateur semble insensible au chagrin et
s’intéresse seulement aux conséquences concrètes de la mort de sa mère : la date
du décès , la durée de son absence du travail , la réaction de son patron , la cravate
noire etc. Il n’a pas envie de parler avec les autres et ne se comporte pas comme un
être pensant mais comme un objet à la merci de facteurs extérieurs. Pour ces
raisons le lecteur a l’impression que Mersault est un personnage anormal ,
incapable de ressentir des émotions.
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DEFINITIONS

C'est l'ensemble des mouvements intellectuels qui , a partir de la fin du XVIII


(dix-huitième) siècle, font prévaloir, en Angleterre et en Allemagne d'abord,
puis en France, en Italie et en Espagne, le sentiment sur la raison et l'imagination
sur l'analyse critique. Le romantisme s'oppose aux idées du siècle des lumières
et au classicisme et soutient une nouvelle vision du monde et un type de
sensibilité fondés sur le culte des traditions et de l'histoire, sur l'individualisme
animé par la fantaisie et le sentiment, sur la conscience de la complexité des
rapports qui lient l'homme à la civilisation de son époque. Avec le romantisme le
langage quotidien entre en littérature car il permet de représenter la vie dans
toute sa vérité. Les grands thèmes traités par ses auteurs sont : le culte du moi ,
le refus de la raison , le sentiment religieux , la célébration de la nature , la fuite
dans l’espace et dans le temps , l’engagement (l’impegno) politique et social

Le Réalisme

C’est un courent littéraire centré sur le roman né au XIX siècle qui se propose
d’analyser et décrire la société dans tous ses aspects en allant à la recherche du vrai
et de la précision des détails dans la représentation. En France ses précurseurs sont
Stendhal et Balzac, son maître reconnu est Flaubert.

Le Naturalisme
C’est un courent littéraire de la fin du XIX siècle qui sous la guide de Zola porte à
l’extrême les principes réalistes et se propose d’appliquer au roman la méthode des
sciences expérimentales dans le but de reproduire la réalité avec une objectivité
parfaite dans tous ses aspects

L’existentialisme est un courant philosophique et littéraire qui postule que l'être


humain forme l'essence de sa vie par ses propres actions, en opposition à la thèse que
ces dernières lui sont prédéterminées par des doctrines théologiques, philosophiques
ou morales. L'existentialisme considère donc chaque personne comme un être unique
qui est maître non seulement de ses actes et de son destin, mais également - pour le
meilleur comme pour le pire - des valeurs qu'il décide d'adopter.

Le symbolisme est une réaction contre le positivisme scientifique de l’époque. Pour


les symbolistes le monde visible est seulement une représentation d’un autre
monde invisible et inconnu. Seulement les poètes ont la capacité de comprendre ce
monde inconnu en interprétant ses signes et ses symboles présents dans le monde
réel.