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COURS D’ INGENIERIE
DES MARCHES PUBLICS

REGLEMENTATION GENERALE

DES ACHATS PUBLICS

AU BURKINA FASO

Mise à jour ( Février 2006 )


Jean – Pierre ESSONE NKOGHE
Ingénieur Ponts et Chaussées

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REGLEMENTATION GENERALE DES MARCHES PUBLICS
AU BURKINA FASO

EBAUCHE DE PLAN DE PRESENTATION DU DECRET N°2003-269/PRES/PM/MFB du 27 mai 2003


Portant réglementation générale des achats publics au BURKINA FASO
TITRE 1 : Dispositions générales ( article 1 – article 13)
Chapitre 1 : La commission (article 14 – article 17)
d’attribution des marchés
Chapitre 2 : Modes de passation des Section 1 : L’appel d’offres Paragraphe 1 : L’appel d’offre ouvert
contrats (article 18 – article 19) (article 20) (article 21 – article 27)
Paragraphe 2 : L’appel d’offre restreint (article 28)
Paragraphe 3 : Evaluation des offres
TITRE 2 :Passation des contrats (article 29 – article 37)
d’achats publics de l’Etat Section 2 : la demande de prix (article 38 – article 43)
Section 3 : Contrats de gré à gré (article 44 – article 48)
Chapitre 3 : Cas particulier des (article 49 – article 57)
contrats de prestations intellectuelles
(Maîtrise d’œuvre)
Chapitre 4 : Soumissionnaires et Section 1 : Les conditions requises
attributaires (article 58 – article 61)
Section 2 : Préférences nationales et locales (article 62 – article 67)
Section 3 : La forme des soumissions (article 68 – article 69)
Chapitre 1 : Les cahiers de charges (article 70 – article 71)
Chapitre 2 : Les garanties d’exécution Section 1 : Les garanties financières (article 72 – article 77)
Section 2 : Les garanties techniques (article 78)
Chapitre 3 : Règlement des contrats Section 1 : Les avances (article 79 – article 80)
Section 2 : Les acomptes (article 81 – article 84)
Section 3 : Les délais de règlement (article 85 – article 89)
TITRE 3 : Exécution des contrats Section 4 : Le nantissement (article 90 – article 91)
d’achat publics de l’Etat Chapitre 4 : La sous-traitance et la co- Section 1 : La sous-traitance (article 92 – article 95)
traitance
Section 2 : La co-traitance ou groupement (article 96 – article 97)
d’entreprises
Chapitre 5 : Les incidents d’exécution Section 1 : Les modifications des (article 98 – article 100)
des marchés conditions initiales du contrat

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Section 2 : Les pénalités de retard (article 101 – article 103)
TITRE 3 : Exécution des contrats Section 3 : Les clauses de variation des prix (article 104 – article 111)
d’achat publics de l’Etat Section 4 : L’ajournement (article 112 – article 113)
(suite) Section 5 : La résiliation (article 114 – article 118)
Chapitre 6 : La réception des (article 119 – article 122)
ouvrages
Chapitre 1 : Les irrégularités (article 123 – article 126)
imputables à l’administration et à ses
TITRE 4 : Les sanctions du non agents
respect de la réglementation Chapitre 2 : Les irrégularités (article 127 – article 129)
imputables aux soumissionnaires et
attributaires des contrats d’achat
publics
TITRE 5 : Le règlement des (article 130 – article 138)
litiges
Chapitre 1 : Les contrats des Section 1 : Les contrats des communes (article 141 – article 145)
TITRE 6 : Les contrats d’achats collectivités territoriales (article 140)
publics des personnes publiques Section 2 : Les contrats des provinces (article 146 – article 150)
autres que l’Etat (article 139) Section 3 : Les contrats des régions (article 151 – article 154)
Section 4 : Le règlement des litiges (article 155 – article 168)
Chapitre 1 : La direction centrale des (article 169 – article 170)
marchés publics
TITRE 7 : Le contrôle des Chapitre 2 : Le contrôle des dossiers (article 171 – article 172)
marchés publics d’appel d’offres
Chapitre 3 : Le contrôle de l’analyse (article 173)
des offres
Chapitre 4 : Le contrôle de (article 174 – article 176)
l’exécution des marchés publics
TITRE 8 : Les dispositions (article 177 – article 183)
diverses finales

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REGLEMENTATION GENERALE DES MARCHES PUBLICS

Conformément au Décret N°2003-269/PRES/PM/MFB du 27 mai 2003 portant réglementation


générale des achats publics au Burkina Faso.

TITRE 1 - DES DISPOSITIONS GENERALES

Article 1 : Le présent décret fixe les règles applicables à la passation, à l’exécution et au contrôle
des achats publics quelle que soit leur source de financement et si elles ne sont pas contraires aux
dispositions des accords internationaux en la matière. Les achats publics financés par des ressources
extérieurs sont soumis aux dispositions du présent décret dans la mesure où elles ne sont pas
contraires aux dispositions des accords de financement.
Ces règles reposent sur les principes du bon emploi des fonds publics, du libre accès à la commande
publique, de l’égalité de traitement des candidats et de transparence dans les procédures de
passation et d’exécution des contrats.

Article 2 : Aux termes de la présence réglementaire, la notion d’achat public ou de commande


publique s’entend de toutes formes d’acquisition de biens, services, prestations au profit des
collectivités publiques, à savoir le marché public, la lettre de commande et le bon de commande.
Les marchés publics sont des contrats écrits passés entre l’Etat, les collectivités territoriales, les
établissements publics, les sociétés d’Etat et les sociétés d’économie mixte à participation publique
majoritaire ainsi que les personnes physiques ou morales de droit privé agissant pour le compte
d’une collectivité publique, d’une part et une personne physique ou morale de droit privé ou public
d’autre part, qui s’engage à exécuter des travaux ou fournir des biens ou des services contre
rémunération et dont le montant est au moins égal à vingt millions (20.000.000 Fcfa).
Les bons de commande et les lettres de commande sont également des contrats écrits établis par les
personnes citées à l’alinéa précédent dont les montants sont inférieurs respectivement à un million
(1.000.000 Fcfa), et vingt millions (20.000.000 Fcfa).

Article 3 : Tout marché public est passé après une mise en concurrence préalable ouverte ou
exceptionnellement une mise en concurrence restreinte ou de gré à gré selon les procédures décrites
dans le présent décret.

Article 4 : Les marchés publics, les lettres de commande et les bons de commande font l’objet d’un
document unique dont les cahiers de charges sont un élément constitutif. Ils doivent être conclus et
approuvés par les autorités compétentes avant tout commencement d’exécution.

Article 5 : Tout marché public et toute lettre de commande doivent comporter notamment les
mentions suivantes :
1. L’indication des parties contractantes ;
2. La définition de l’objet du contrat ;
3. La référence aux dispositions du présent décret en vertu desquelles le contrat est passé ;
4. L’énumération, par ordre de priorité, des pièces contractuelles :
5. Le montant et les modalités de sa détermination ;
6. Le délai d’exécution du contrat ou la date de son achèvement ;
7. Les garanties exigées ;
8. Les conditions et modalités de réception des travaux ou de livraison des prestations et
fournitures ;
9. Les conditions de règlement ;
10. La monnaie de paiement ;
11. Les conditions de résiliation ;

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12. Le comptable public assignataire chargé du paiement ;
13. L’imputation budgétaire ;
14. La domiciliation bancaire ;
15. Les modalités de règlement des litiges
16. La date d’approbation ;
17. La date de notification ;

Article 6 : Les bons de commande contiennent notamment les mentions suivantes :


1. L’indication des parties contractantes ;
2. La définition de l’objet du contrat ;
3. Le montant et les modalités de sa détermination ;
4. Le délai d’exécution du contrat ou la date de son achèvement ;
5. Les garanties exigées s’il y a lieu ;
6. Les conditions et modalités de réception des prestations ;
7. Les conditions de résiliation ;
8. Le comptable public assignataire chargé du paiement ;
9. L’imputation budgétaire ;
10. La domiciliation bancaire ;
11. Les modalités de règlement des litiges ;
12. La date de notification.

Article 7 : Les prix mentionnés dans les contrats sont réputés couvrir toutes les dépenses qui sont la
conséquence nécessaire et directe des travaux et services ou fournitures ; ils prennent en compte
notamment les impôts, droits et taxes applicables sauf lorsqu’ils sont exclus du prix en raison des
conditions du contrat : les prix sont réputés assurer à l’attributaire un bénéfice.
Les droits de timbre et d’enregistrement ainsi que les taxes pour services rendus auxquelles peuvent
donner lieu les contrats sont à la charge de l’attributaire du marché.

Article 8 : Les contrats peuvent être conclus à prix global forfaitaire, à prix unitaires ou
exceptionnellement sur la base des dépenses contrôlées.
Le contrat à prix global forfaitaire est celui qui rémunère l’attributaire pour un ensemble de
prestations définies au marché sous la, réserve que celles-ci soient déterminées avec précision au
moment de la conclusion dudit contrat.
Le contrat à prix unitaire est celui où le règlement est effectué en appliquant les prix unitaires du
bordereau aux quantités réellement livrées ou exécutées. Le bordereau de prix constitue une pièce
contractuelle non susceptible de modification sous réserve de l’application des articles 104 à 111
du présent décret.
Le contrat sur dépenses contrôlées est celui dans lequel des dépenses réelles et contrôlées de
l’attributaire, notamment main d’œuvre, matériaux, matières consommables, location de matériel,
transports etc…pour l’exécution d’un travail déterminé lui sont intégralement remboursés, affectées
de coefficients de majoration justifiés permettant de couvrir les frais généraux et les bénéfices.

Article 9 : Les contrats à ordres de commande constituent des formes particulières de contrats à
prix unitaires.
Le contrat à ordres de commande détermine la nature et le prix des prestations ; il fixe un minimum
et un maximum de prestations, arrêtés en valeur ou en quantité. Le contrat s’exécute par des
émissions d’ordres de commande successifs, selon les besoins. Chaque ordre de commande définit,
en application des stipulations du contrat, les éléments qui n’ont pas été spécifiés dans les pièces
constitutives antérieures. Le contrat fixe la durée pendant laquelle les ordres de commande peuvent
être notifiés. Cette durée ne peut être supérieure à la durée d’utilisation des crédits budgétaires
disponibles ; elle est en tout état de cause, limitée à trois ans.

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Article 10 : L’administration ne doit pas contracter pour une durée de temps supérieure à la durée
de la gestion budgétaire. Toutefois, des marchés afférents à des programmes peuvent être contractés
pour plusieurs années à la condition que les engagements annuels qui en découleront demeurent
dans les limites des crédits de paiements.

Article 11 : Ces marchés de longue durée peuvent être conclus en tranches. Ils peuvent comprendre
une tranche ferme et des tranches conditionnelles. Les prestations de chaque tranche doivent
constituer un ensemble cohérent et fonctionnel.
Le montant des tranches conditionnelles doit être pris en compte dans le calcul du montant global
du contrat.
L’exécution de chaque tranche conditionnelle est subordonnée à une décision de l’autorité
contractante notifiée au titulaire dans les conditions fixées par le marché. Les contrats doivent être
assortis d’une clause de dédit, de rabais ou d’indemnité d’attente.

Article 12 : Tout administrateur de crédits est tenu d’évaluer la nature et l’étendue des besoins
annuels avant tout appel à la concurrence et établir, au début de chaque gestion budgétaire, un plan
annuel de passation de ses marchés.
Les plans annuels des départements ministériels sont centralisés par le président de la commission
d’attribution des marchés et transmis au ministre chargé du budget pour approbation avant la
conclusion de tout contrat.
Tout morcellement de commandes, en violation du plan annuel de passation des marchés approuvé,
constitue un fractionnement.

Article 13 : Les organes intervenant dans la gestion des marchés publics sont :
Les commissions d’attribution des marchés ;
La direction centrale des marchés publics ;
Les commissions de règlement amiables des litiges ;
Les commissions de réception.

TITRE II- DE LA PASSATION DES CONTRATS D’ACHATS PUBLICS DE L’ETAT

CHAPITRE 1 – DE LA COMMISSION D’ATTRIBUTION DES MARCHES

Article 14 : Il est institué au sein de chaque département ministériel ou institution une commission
d’attribution des marchés chargés du dépouillement des offres, de leur analyse technique et
financière et de la proposition d’attribution des marchés.

Article 15 : Pour les appels d’offres et les demandes de propositions, la commission d’attribution
des marchés est composée comme suit :
Président : le Directeur des études et de la planification du ministère ou de l’institution concerné ou
son représentant ;
Rapporteur : l’Administrateur des crédits concerné ou le chef de projet ou leurs représentant ;
Membres :
- Un représentant du service bénéficiaire s’il y a lieu ;
- Un représentant du ministère technique s’il y a lieu ;
- Un représentant de la direction générale du budget.
- Observateurs :
- Un représentant de la direction centrale du contrôle financier ;
- Un représentant du bailleur de fonds, s’il y a lieu ;
- Un représentant du maître d’œuvre s’il y a lieu.
Dans les institutions où il n’y a pas de directeur des études et de la planification, la présidence de la
commission d’attribution des marchés sera assurée par le représentant du maître d’ouvrage.

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Pour les demandes de prix, la commission d’attribution des marchés est composée de trois membres
au moins dont le Directeur des Etudes et de la Planification (Président), l’Administrateur des crédits
(rapporteur) et le service bénéficiaire.

Article 16 : Le Président de la commission d’attribution des marchés signe les avis d’appel à la
concurrence et en organise la publicité en collaboration avec la direction centrale des marchés.

Article 17 : La commission d’attribution des marchés se réunit sur convocation écrite de son
président au jour et heure indiqués sans quorum. Les autres règles de fonctionnement des
commissions d’attribution des marchés sont fixées par arrêté du ministre chargé du budget.

CHAPITRE 2 – DES MODES DE PASSATION DES CONTRATS

Article 18 : Les marchés de travaux, fournitures et de services courants sont passés après un appel
d’offres ouvert ou exceptionnellement une mise en concurrence restreinte ou de gré à gré.
Les bons de commande et les lettres de commande relatifs aux contrats de fournitures et services
courants peuvent être établis après une demande de prix.

Article 19 : Les travaux fournitures et services de même nature doivent donner lieu en principe à
un appel d’offres à lot unique. Cependant, lorsque l’allotissement est susceptible de présenter des
avantages techniques ou financiers et lorsque l’appel à la concurrence le prévoit, les travaux ou
services à exécuter, les fournitures à livrer peuvent être divisés en plusieurs lots donnant chacun à
un marché distinct compte tenu, soit de la nature des activités intéressées, soit du lieu d’exécution
ou de réception.
Les instructions aux soumissionnaires doivent indiquer le nombre de chaque lot.

Section 1 – de l’appel d’offres

Article 20 : L’appel d’offres est la procédure par laquelle l’autorité contractante choisit l’offre
évaluée la moins – disante, sans négociation, sur la base de critères préalablement portés à la
connaissance des candidats dans le dossier d’appel d’offres et exprimés en termes monétaires.
Les dossiers d’appel d’offres sont préparés par les administrateurs de crédits en collaboration avec
les services techniques compétents ou les consultants spécialisés. Dans cette dernière hypothèse, les
études des consultants sont soumises à l’approbation des services techniques compétents.

L’appel d’offres peut être ouvert ou restreint.

Paragraphe 1 : L’appel d’offres ouvert

Article 21 : L’appel d’offres ouvert peut comporter trois variantes : direct, en deux étapes ou
précédé de pré - qualification.

Article 22 : L’appel d’offres ouvert est dit direct lorsque toute entreprise, qui n’est pas exclue en
application des dispositions des articles 58 à 61 ci-dessous, peut remettre une offre.

Article 23 : Dans le cas des marchés d’une grande complexité ou lorsque l’autorité contractante
souhaite faire son choix sur la base de critères de performance et non de spécifications techniques
détaillées, le marché peut faire l’objet d’une attribution en deux étapes. Le cas échéant, l’appel
d’offres en deux étapes est précédé d’une pré – qualification.
Les entreprises sont d’abord invitées à remettre des propositions techniques sans indication de prix
sur la base des principes généraux de conception ou de normes de performance et sous réserve de
précisions et d’ajustements ultérieurs tant d’ordre technique que commercial.

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Lors de la seconde étape, les entreprises sont invitées à présenter des propositions techniques
définitives assorties de prix sur la base du dossier d’appel d’offres préalablement rédigé par
l’autorité contractante.

Article 24 : L’appel d’offres ouvert peut être organisé à l’issue d’une pré – qualification.
La commission d’attribution des marchés examine les dossiers et retient toutes les entreprises
remplissant les conditions requises.

Article 25 : Dans tous les cas, l’avis d’appel d’offres ouvert est porté à la connaissance du public
par une insertion dans la Revue des marchés publics et dans un journal d’informations générales à
grande diffusion.

Article 26 : L’avis d’appel d’offres fait connaître :


1. L’autorité contractante, l’objet de la prestation, la source de financement ;
2. Le lieu et les conditions de consultation ou d’acquisition du dossier d’appel d’offres ;
3. La date de signature de l’autorité habilitée ;
4. Le lieu et la date limite de réception des offres ;
5. Le lieu, la date et l’heure fixés pour l’ouverture des plis ;
6. Le délai d’engagement des candidats.

Article 27 : Le délai de remise des offres ne peut être inférieur à trente (30) jours calendaires à
compter de la date de première publication de l’avis précité sauf autorisation expresse du ministre
chargé du budget.
La date limite de dépôt des offres et la date d’ouverture des plis doivent coïncider. Tout report
éventuel de la date limite de dépôt des plis doit être communiqué au plus tard sept (7) jours
calendaires avant la date initialement prévues dans l’avis d’appel d’offres.

Paragraphe 2 : l’appel d’offres restreint

Article 28 : L’appel d’offres est restreint lorsque seules peuvent remettre des offres les entreprises
que l’autorité contractante a décidé de consulter compte tenu de la spécificité des prestations, des
références techniques des entreprises, et du nombre limité des prestataires susceptibles d’offrir les
prestations sollicitées. Dans ce cas, l’avis préalable de la Direction centrale des marchés publics est
requis.
Il est ensuite procédé comme dans le cas de l’appel d’offres ouvert.

Paragraphe 3 : Evaluation des offres

Article 29 : Les plis sont obligatoirement ouverts aux lieu, date et heure indiqués par la
commission d’attribution des marchés en présence de ses membres et des soumissionnaires qui le
désirent.
Avant tout examen des offres, la commission élimine celles qui ont été déposées hors délai.
Il est ensuite procédé à l’ouverture des enveloppes contenant les offres. Le nom de chaque
soumissionnaire, le montant de chaque offre et de chaque variante, le montant des rabais proposés,
le cas échéant, les délais d’exécution et de validité de chaque offre sont lus à haute voix ; la,
présence ou l’absence des pièces exigées est également mentionnée.
La non fourniture de la garantie de soumission ou l’absence de la lettre d’engagement entraîne le
rejet de l’offre.
Tous ces renseignements sont consignés dans le procès-verbal de la séance d’ouverture des plis qui
est signé par tous les membres de la commission d’attribution des marchés présents. Le procès-
verbal est communiqué ensuite à tous les candidats qui en font la demande.

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Article 30 : La commission d’attribution des marchés met en place une sous – commission
technique chargée de l’analyse et de l’évaluation des offres. Cette sous – commission produit un
rapport qui servira de base de travail pour les propositions d’attribution définitive des marchés.

Article 31 : La Commission d’attribution des marchés élimine sur la base du rapport de la sous –
commission, les offres substantiellement non - conformes aux conditions du dossier d’appel
d’offres et retient l’offre évalué la moins disante.

Article 32 : Lorsque l’évaluation des offres est fondée non seulement sur le prix mais également
sur d’autres critères, notamment les coûts d’utilisation, le délai d’exécution, le calendrier de
paiement, les exigences de standardisation, etc.., les modalités d’évaluation exprimées en termes
monétaires doivent en être précisées à l’attention des soumissionnaires dans le dossier d’appel
d’offres.
La qualification du soumissionnaire évalué le moins disant est apprécié, indépendamment du
montant de son offre, à la vue des garanties techniques, professionnelles et financières qu’il a
produites ; le marché est conclu avec lui sans négociation sur le prix.

Article 33 : Un soumissionnaire peut faire figurer dans son offre le rabais global qu’il consent pour
la combinaison de certains lots ou de tous les lots pour lesquels il a présenté une offre distincte.
Si les marchés concernant un ou plusieurs lots n’ont pu être attribués, l’autorité contractante a la
faculté d’engager une nouvelle procédure après avoir modifié , le cas échéant, la consistance de ces
lots.

Article 34 : Une offre comportant une variante par rapport à l’objet du marché tel qu’il a été défini
par l’autorité contractante ne peut être prise en considération qu’à condition qu’une telle possibilité
soit expressément prévue dans le dossier d’appel d’offres et que l’offre de base ait été jugée
conforme.

Article 35 : Les propositions d’attribution des marchés résultant des travaux des commissions
d’attribution des marchés sont soumises à l’approbation du Conseil des ministres lorsque le montant
cumulé des lots de l’appel d’offres excède un milliard (1.000.000.000 Fcfa)
Les propositions dont les montants sont inférieurs au montant ci - dessus sont soumises à
l’approbation du ministre chargé du budget.

Article 36 : Les résultants des appels d’offres sont publiés dans la Revue des marchés publics. Les
soumissionnaires retenus reçoivent du président de la commission d’attribution des marchés une
notification provisoire.

Article 37 : L’autorité contractante se réserve le droit de ne donner aucune suite à un appel d’offres
si la commission n’a pas obtenu d’offres acceptable. Dans ce cas, l’appel d’offres est déclaré
infructueux et le Président de la Commission d’attribution des marchés en avise les
soumissionnaires.

Section 2 - De la demande de Prix

Article 38 : Lorsque le montant de la commande est au moins égal à un million (1.000.000) Fcfa et
inférieur à vingt millions (20.000.000) Fcfa et que les commandes groupées faisant l’objet d’un
appel d’offres ne peuvent s’y substituer, il peut être fait recours à la procédure de demande écrite de
prix adressée par le Président de la Commission d’attribution des marchés à trois (3) fournisseurs
qualifiés au moins.

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Article 39 : L’administrateur de crédits élabore un dossier de mise en concurrence comportant au
moins le descriptif technique des besoins à satisfaire remis dans les mêmes conditions que le
dossier d’appel d’offres aux entreprises.

Article 40 : Le délai accordé aux entreprises consultées pour déposer leurs propositions de prix ne
peut être inférieur à sept (7) jours calendaires.

Article 41 : Les propositions de prix se font sous plis fermés et sont examinées par la commission
d’attribution ndes marchés qui attribue le contrat à l’entreprise ayant présenté l’offre la moins
disante des offres conformes.

Article 42 : L’enregistrement de moins de trois (3) offres recevables au regard des pièces
administratives exigées entraîne la nullité de la procédure de demande de prix.

Article 43 : Lorsque le montant de la commande est inférieur à un million (1.000.000) Fcfa, il peut
être fait recours à une procédure de demande de prix non formelle adressée par l’administrateur de
crédits à trois (3) fournisseurs qualifiés au moins.
Le contrat est signé avec le soumissionnaire présentant l’offre la moins – disante.

Section 3 : des contrats de gré à gré ;

Article 44 : Les contrats sont dits de gré à gré lorsque l’autorité contractante engage les discussions
qui lui paraissent utiles et propose l’attribution du marché au soumissionnaire qu’elle a retenu.
Article 45 : Les marchés et les lettres de commande de gré à gré ne peuvent être passés que dans
les cas suivants :
1. Dans les cas d’extrême urgence, pour les travaux, fournitures ou services que l’autorité
contractante doit faire exécuter en lieu et place de l’entrepreneur ou du fournisseur
défaillant ;
2. Pour l’exécution des travaux, fournitures ou services, dans les cas d’urgence extrême
motivée par des circonstances imprévisibles relevant de la force majeure et ne permettant
pas de respecter les délais prévus aux articles 27 et 40 ;
3. Pour les travaux, fournitures ou services qui, après appel d’offres ouvert ou plusieurs
demandes écrites de prix n’ont fait l’objet d’aucune offre ou pour lesquels il n’a été proposé
que des offres inacceptables ;
4. Lorsque les besoins ne peuvent être satisfaits que par une prestation nécessitant l’emploi
d’un brevet d’invention, d’une licence ou de droits exclusifs détenus par un seul
entrepreneur ou un seul fournisseur déterminé.

Article 46 : Les marchés et les lettres de commande de gré à gré ne peuvent être passés qu’avec
des entrepreneurs, fournisseurs ou prestataires de service qui acceptent de se soumettre à un
contrôle de prix spécifique durant l’exécution des prestations à l’initiative de la direction centrale
des marchés publics.
Le marché précise les obligations comptables auxquelles le titulaire du marché sera soumis et
notamment l’obligation de présenter ses bilans, comme de pertes et profits et comptes
d’exploitation ainsi que sa comptabilité analytique d’exploitation ou, à défaut de celle-ci, tous
documents de nature à permettre l’établissement des coûts de revient.

Article 47 : Dans les cas prévus aux alinéas 1 et 2 de l’article 45 ci-dessus, l’autorité contractante
doit procéder à une consultation formelle de trois candidats au moins.
Dans les cas prévus aux alinéas 3 et 4, l’autorité contractante est tenue de procéder à la publication
préalable d’un avis de demande d’expression d’intérêt conformément aux délais prévus à l’article
27.

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Article 48 : L’autorité contractante soumet, au préalable, à l’autorité compétente un rapport dûment
motivé au regard des dispositions de l’article 45 ci-dessus.
En tout état de cause, les marchés de gré à gré d’un montant strictement inférieur à cent millions
(100.000 Fcfa) doivent être autorisés par le ministre chargé du budget après avis conforme d’un
comité composé de la Direction chargée des affaires contentieuses, de la Direction centrale des
marchés publics, de la Direction centrale du contrôle financier, de l’inspection générale des finances
et de l’inspection générale des services du ministère concernés. Au-delà de ce montant,
l’autorisation préalable du conseil des ministres est requise.

CHAPITRE 3 - DU CAS PARTICULIER DES CONTRATS DE PRESTATIONS


INTELLECTUELLES.

Article 49 : Les contrats de prestation intellectuelles recouvrent les activités qui ont pour objet des
prestations à caractère principalement intellectuel, dont l’élément prédominent n’est pas
physiquement quantifiable. Ils sont attribués après une mise en concurrence des consultants
présélectionnés, sous réserve des dispositions de l’article 55 ci-dessous.

Article 50 : La liste restreinte des consultants pré - sélectionnés est arrêtée à la suite d’une
invitation publique à soumettre des expressions d’intérêt. Les consultants sont pré -sélectionnés par
la commission d’attribution des marchés en raison de leur aptitude à exécuter les prestations en
question et sur la base des critères publiés dans le dossier de demande d’expression d’intérêt.

Article 51 : La sélection est effectuée sur la base d’un dossier d’invitation qui comprend les termes
de référence, la lettre d’invitation indiquant les critères de sélection et leur mode d’application
détaillé et le projet de marché.
Le dossier d’invitation indique également les exclusions à la participation future aux marchés des
travaux, fournitures et services qui résulteraient des prestations qui font l’objet de l’invitation.

Article 52 : L’évaluation des propositions s’effectue en deux temps : l’évaluation des offres
techniques dans un premier temps suivie de l’évaluation des offres financières des offres des
consultants ayant obtenu au moins la note minimale précisée dans le dossier de demande de
proposition.

Article 53 : La sélection s’effectue soit sur la base de la qualité technique de la proposition


(expérience du consultant, qualification des experts, méthode de travail proposé…) et du montant
de la proposition, soit sur la base d’un budget prédéterminé dont le consultant doit proposer la
meilleure utilisation possible, soit sur la base de la meilleure proposition financière soumise par les
consultants ayant obtenu la note technique minimale.

Article 54 : Dans les cas où les prestations sont d’une complexité exceptionnelle ou d’un impact
considérable ou bien encore lorsqu’elles donneraient lieu à des propositions difficilement
comparables, le consultant peut être sélectionné exclusivement sur la base de la qualification
technique de sa proposition.

Article 55 : lorsque les prestations requièrent la sélection d’un consultant particulier en raison de sa
qualification unique ou de la nécessité de continuer avec le même prestataire, le consultant peut être
sélectionné par entente directe.

Article 56 : Les contrats peuvent faire l’objet de négociations avec le consultant dont la proposition
est retenue. En aucun cas, des négociations ne peuvent être conduites avec plus d’un consultant à la
fois.

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Article 57 : Les contrats visés à l’article 55 ci-dessus ne peuvent être conclus qu’avec des
consultants qui acceptent de se soumettre aux dispositions de l’article 46 relatives au contrôle des
prix spécifiques pendant l’exécution des prestations.

CHAPITRE 4 – DES DOUMISSIONNAIRES ET ATTRIBUTAIRES

Section 1 – Des conditions requises

Article 58 : Peut être soumissionnaire à un contrat d’achat public toute personne physique ou
morale pouvant justifier de ses capacités juridiques et financières.
Le soumissionnaire doit également justifier qu(il est à jour de toutes ses obligations légales à
l’égard de l’administration fiscale et parafiscale.
La liste des pièces à produire sera fixée par arrêté du ministre chargé du budget.

Article 59 : Les soumissionnaires à un appel d’offres sont tenus de déposer une garantie de
soumission. La validité de la garantie de soumission excédera de trente (30) jours le délai de
validation des soumissions.
Le montant de la garantie de soumission doit être égal au montant indiqué dans le dossier d’appel à
la concurrence.
Il est fixé forfaitairement en fonction de l’importance du marché par l’autorité contractante. Il est
compris entre un (1) et trois (3) pour cent du montant prévisionnel du marché.
La garantie peut être constituée sous forme soit de dépôt d’une somme d’argent, soit de caution
bancaire soit de garantie à première demande.
La garantie de soumission est restituée au vu de la main levée donnée par l’autorité contractante ou
d’offres aussitôt après la constitution du cautionnement définitif, objet des articles 72 et 73 du
présent décret.
Dans tous les cas, la garantie de soumission est restituée aux soumissionnaires non retenus à
l’expiration du délai de validité des offres.

Article 60 : Pour être attributaires de contrats de travaux publics, les entrepreneurs burkinabè
doivent produire un agrément technique.
Les conditions de délivrance et de retrait de l’agrément technique sont fixées par arrêté des
ministres compétents sur proposition d’un organisme qui comprend des représentants de l’Etat et
des représentants des entreprises.

Article 61 : Ne peuvent être attributaire d’un contrat de commande publique :


- Les entreprises en état de liquidation des biens ou de redressement judiciaire et les personnes
physiques dont la faillite personnelle a été prononcée ;
- Toute personne physique ou morale condamnée pour infraction à une disposition du code pénal
ou du code des impôts prévoyant l’interdiction d’obtenir de telles commandes ;
- Toute entreprise qui, à la suite de la soumission d’informations inexactes ou d’un manquement
grave à ses obligations contractuelles, et après avoir présenté ses observations devant la
commission chargée du règlement des litiges, est exclue de la passation des marchés ;
- Les entreprises dans lesquelles les administrateurs de crédits, les gestionnaires ou les membres
de la commission d’attribution des marchés possèdent des intérêts financiers et personnels de
quelque nature que ce soit ;
- Les entreprises affilées aux consultants ayant contribué à préparer tout ou partie des dossiers
d’appel à la concurrence ;
- Les soumissionnaires contre lesquels une décision a été prononcée, en vertu des dispositions de
l’article 127 ou figurant sur la liste prévue à l’article 129 du présent décret.
Les dispositions du présent article sont également applicables aux entreprises sous-traitantes.

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Section 2 : Des Préférences Nationales et Locales

Article 62 : Lors de la passation d’un marché, une préférence peut être accordée à toute offre
conforme aux spécifications du dossier d’appel d’offres présentée par un soumissionnaire installé
au Burkina Faso.
Les dossiers d’appel à la concurrence indiquent que cette préférence est applicable au marché en
question.

Article 63 : L’administration accordera une marge de préférence de quinze pour cent (15%) du
montant de leurs offres aux entreprises installées au Burkina Faso proposant des fournitures
manufacturées dont le coût de fabrication, intégrant des intrants locaux, comporte une valeur
ajoutée d’au moins 20%.

Article 64 : Les entreprises de droit burkinabè bénéficieront, dans le cadre des marchés de travaux,
d’une marge de préférence de Dix pour cent (10%) du montant de leurs offres financières.

Article 65 : Les entreprises des Etats membres de l’Union Economique Monétaire Ouest Africain
(UEMOA) bénéficient des mêmes avantages que ceux accordés aux entreprises burkinabè.

Article 66 : Les soumissionnaires au marché doivent indiquer dans leurs offres la nature et le
montant de chacune des prestations qu’ils envisagent de sous-traiter et l’identité du ou des sous-
traitants.

Article 67 : Une marge de préférence de cinq pour cent (5%) du montant des offres financières peut
être accordée, par les collectivités locales et leurs établissements, aux entreprises régulièrement
installées dans leur ressort territorial.

Section 3 : De la Forme des Soumissions

Article 68 : Les soumissions font l’objet d’une lettre d’engagement établie en un exemplaire unique
tenant lieu d’original.

Article 69 : Une soumission doit être signée par le soumissionnaire ou par son mandataire, dûment
habilité, sans qu’un même mandataire ne puisse représenter plus d’un soumissionnaire pour un
même appel à la concurrence.

TITRE III – DE L’EXECUTION DES CONTRATS D’ACHATS PUBLICS DE L’ETAT

CHAPITRE 1 - DES CAHIERS DES CHARGES

Article 70 : Les cahiers des charges déterminent les conditions dans lesquelles les marchés sont
exécutés. Ils comprennent des documents généraux et des documents particuliers.
Les documents généraux sont :
- Les cahiers des clauses administratives générales qui fixent les dispositions administratives
applicables aux contrats de même nature ;
- Les cahiers des clauses techniques générales qui fixent les dispositions techniques applicables à
toutes les prestations de même nature.
Les documents particuliers sont :
- Les cahiers des clauses administratives particulières qui fixent les dispositions administratives
propres à chaque contrat ;

13
- Les cahiers des clauses techniques particulières qui fixent les dispositions techniques
nécessaires à l’exécution des prestations prévues au contrat. Les documents particuliers
comportent l’indication des articles des documents généraux qu’ils complètent ou modifient

Article 71 : Les cahiers des clauses administratives générales et les cahiers des clauses techniques
générales sont établies par les ministères techniques en collaboration avec les représentants du
secteur privé concerné et la Direction centrale des marchés publics. Ces cahiers sont approuvés par
arrêté conjoint du ministre chargé du budget et des ministres techniques compétents.

CHAPITRE – DES GARANTIES D’EXECUTION

Section 1 – Des Garanties Financières

Article 72 : Tout attributaire d’un marché de travaux, fournitures et services courants est tenu de
constituer un cautionnement dénommé « cautionnement définitif » en garantie de la bonne
exécution du marché et du recouvrement des sommes dont il serait reconnu débiteur au titre du
marché.
Le cautionnement définitif dont le montant maximum ne peut dépasser dix pour cent (10%) de la
valeur totale du marché se compose de deux éléments :
- Un élément fixe d’au moins trois pour cent (3%) constitué dès l’approbation du marché et en
tout état de cause préalablement a tout mandatement au titre du marché ;
- Un élément proportionnel aux acomptes reçus au titre du marché.

Toutefois ces deux éléments, fixe et proportionnel, peuvent être remplacés par une caution bancaire
constituée dès l’approbation du marché par un établissement bancaire, un établissement financier
agréé ou une mutuelle légalement reconnu.

Les cautionnements définitifs sont inconditionnels, irrévocables et payables sur simple demande du
bénéficiaire.

Article 73 : La somme d(argent déposée est restituée ou la caution bancaire libérée à la réception
provisoire des prestations .
Lorsque le marché prévoit un délai de garantie, la somme déposée ne sera restituée ou la caution
libérée qu’à la constitution de la retenue de garantie qui doit être égale à cinq pour cent (5%) au
plus du montant du contrat augmenté du montant de ses avenants.
La retenue de garantie est remboursée à la réception définitive des prestations.

Article 74 : L’attributaire d’un marché ne peut recevoir d’avances prévues aux articles 79 et
suivants qu’après avoir constitué une caution auprès d’un établissement bancaire, un établissement
financier agréé ou une mutuelle légalement reconnue s’engageant solidairement avec lui à
rembourser s’il y a lieu le montant des avances consenties.
Ladite caution est libérée au fur et à mesure que les avances sont effectivement remboursées.

Article 75 : Les cahiers des charges déterminent, s’il y a lieu, les garanties autres que les
cautionnements, cautions personnelles et solidaires telles que les sûretés réelles (affectations
hypothécaires, dépôts de matières dans les magasins de l’Etat, etc…) qui peuvent être demandées à
titre exceptionnel aux attributaires des marchés pour assurer l’exécution de leurs engagements. Ils
précisent les droits que l’autorité contractante peut exercer sur ces garanties.

Article 76 : Lorsque, en vue de l’exécution des travaux ou des fournitures, des matériels, machines,
outillages ou approvisionnements sont remis par l’autorité contractante à l’attributaire du marché

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sans transfert de propriété à son profit, celui – ci assume à leur égard la responsabilité légale du
dépositaire. Dans ce cas, l’administration doit exiger :
- Un cautionnement ou une caution bancaire, garantissant la représentation des matériels,
machines, outillages ou approvisionnements remis ;
- Une assurance contre les dommages subis par les matériels, machines et outillages.

L’autorité compétente peut également prévoir dans le cahier des charges des pénalités pour retard
imputable au titulaire dans la restitution ou la représentation des matériels, machines outillages ou
approvisionnements remis sauf cas de force majeur.

Article 77 : Les marchés peuvent spécifier qu’en contrepartie du paiement d’acomptes, la propriété
des approvisionnements, des travaux et fournitures et des produits intermédiaires correspondant à
ces acomptes et pris en inventaire est transférée à l’autorité contractante. Dans ce cas, le
bénéficiaire des acomptes assume à l’égard des approvisionnements et produits intermédiaires dont
la propriété a été transférée, mais qui sont restés en dépôt sur le chantier, en usine ou en atelier, la
responsabilité légale du dépositaire.

Section 2 – Des Garanties Techniques

Article 78 : Les cahiers des charges précisent la nature et la durée des garanties techniques exigées
en fonction des prestations.
Lorsque la clause de garantie technique a joué, la période de temps écoulé entre la date à laquelle
les défectuosités ont été signalées à l’attributaire du marché et la date à laquelle a été constatée la
réparation peut être suspensive de la durée de garantie dont le point final est protégé d’un temps
égal à la période de suspension. Les cahiers des clauses administratives précisent les conditions de
suspension du délai de garantie.

CHAPITRE 3 – DU REGLEMENT DES CONTRATS

Section 1 – Des Avances

Article 79 : Des avances sont accordées sur demande de l’attributaire du marché en raison des
opérations préparatoires à l’exécution des travaux, fournitures ou services qui font l’objet du
marché. Le montant total des avances accordées au titre d’un marché déterminé ne peut, en aucun
cas excéder :
- Dix pour cent (10%) du montant du marché initial pour les travaux et prestations
intellectuelles ;
- Vingt pour cent (20%) du montant du marché initial pour les fournitures et autres services.

Les avances consenties doivent être garanties à cent pour cent (100%) par un établissement
bancaire, un établissement financier agréé ou une mutuelle légalement reconnu et comptabilisées en
vue de leur apurement.

Cependant, il ne peut être accordé des avances pour des bons de commande et des lettres de
commande.

Article 80 : Le remboursement de l’avance s’effectue par précompte sur les sommes dues
ultérieurement à l’attributaireà titre d’acompte ou de solde.
Il commence lorsque le montant des prestations exécutées au titre du marché atteint trente pour cent
(30%) du montant initial et doit être terminé lorsque ce montant atteint quatre vingt pour cent (80%)
vconformément aux stipulations du dossier d’appel d’offres.

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Section 2 – Des acomptes

Article 81 : L’autorité contractante procède au paiement des acomptes, suivant les modalités fixées
par le marché, à tout attributaire d’un marché prévoyant un délai d’exécution supérieur à trois (3)
mois, s’il justifie avoir accompli pour l’exécution dudit marché l’une des prestations suivantes, soit
par lui-même, soit par l’intermédiaire de sous – traitants :
1. L’accomplissement d’opérations intrinsèques d’exécution des travaux ou fournitures
constatées dans les attachements ou procès – verbaux préparés par l’autorité contractante ou
ses représentants, sous réserve de la preuve de leur paiement par l’attributaire du marché
lorsque ces opérations ont été exécutées par des sous – traitants.
2. Le paiement par l’attributaire du marché des salaires et des charges sociales obligatoires y
afférentes correspond à la main d’œuvre effectivement et exclusivement employée à
l’exécution des travaux ou à la fabrication des biens ainsi que l’ensemble des frais généraux,
impôts et taxes de l’attributaire payable au titre du marché.

Les acomptes sur salaires et des charges sociales ne peuvent se cumuler, pour une même tranche de
travaux, de fournitures ou de services, avec ceux versés en vertu de l’alinéa 1° susvisé.

Article 82 : Le montant de l’acompte ne doit pas excéder la valeur des prestations auxquelles il se
rapporte ; cette valeur est appréciée selon les termes du contrat. Il y a lieu d’en déduire la part des
avances fixée par le contrat, qui doit être retenue en application des dispositions de l’article 79.

Dans le cas d’acomptes versés en fonction de phases techniques d’exécution, le marché peut fixer,
sous réserve de l’application des dispositions de l’article 81, le montant de chaque acompte
forfaitairement sous forme de pourcentage du montant initial du marché.

Article 83 : Les règlements d’avance et d’acompte n’ont pas le caractère de paiement définitif ; leur
bénéficiaire en est débiteur jusqu’au règlement final du marché ou, lorsque le marché le prévoit,
jusqu’au règlement partiel définitif.

Article 84 : Lorsque les avances ont été accordées en application de l’article 79 et qu’elles sont
remboursées par précomptes sur les sommes dues à titre d’acompte ou de solde, la formule de
révision des prix prévues aux articles 104 et suivants ne s’applique que sur la différence entre le
montant initial de l’acompte ou du solde et le montant de l’avance à déduire.

Section 3 – Des Délais de Règlement

Article 85 : Les opérations effectuées par le titulaire d’un marché qui donnent lieu à versement
d’avances ou d’acomptes ou à un paiement pour solde doivent être constatées par un écrit dressé par
l’autorité contractante ou vérifié et accepté par elle.

Article 86 : L’autorité contractante est tenue de procéder au paiement des sommes dues dans un
délai qui ne peut dépasser quatre vingt dix (90%) jours. Toutefois, ce délai ne devrait pas excéder
quarante cinq (45) jours pour le règlement des avances.

Le délai court à partir des termes périodiques ou du terme final fixé par le marché ou, lorsque le
marché n’a pas fixé de tels termes, à partir de la réception de la demande de l’attributaire appuyée,
si besoin est, des justificatifs nécessaires.
Le défaut de règlement dans ce délai fait courir des intérêts moratoires dus à compter du jour qui
suit l’expiration dudit délai jusqu’au jour du règlement.

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Article 87 : L’autorité contractante est tenue de constater les droits à paiements dans les délais fixés
par les cahiers des clauses administratives générales. Le défaut de constatation dans ces délais ouvre
également droit à des intérêts moratoires à partir du temps périodique jusqu’au jour de
l’établissement du décompte ou de la réception des prestations.

Article 88 : Les intérêts moratoires sont, à la demande du contractant, calculés sur le montant des
sommes dues au taux d’escompte de la Banque centrale des états de l’Afrique de l(Ouest majoré
d’un point.

Article 89 : Les mandatements à faire au sou – traitant sont effectués sur la base des pièces
justificatives revêtues de l’acceptation de l’attributaire du marché. Dès réception de ces pièces,
l’autorité contractante avise le sou – traitant et lui indique les sommes dont le paiement à son profit
a été accepté par l’attributaire du marché.

Dans le cas où l’attributaire du marché n’aurait donné suite à la demande de paiement du sous-
traitant, ce dernier saisit l’autorité contractante qui met aussitôt en demeure l’attributaire d’apporter
la preuve qu’il a opposé un refus motivé à son sous-traitant, faute de quoi l’autorité contractante
mandate les sommes restantes dues au sous-traitant.

Section 4 – Du Nantissement

Article 90 : Lorsque le contrat prévoit une clause de nantissement, l’attributaire désirant obtenir
une avance de fonds dans un établissement bancaire ou de crédits peut remettre en garantie du prêt
sollicité l’exemplaire original dudit contrat.

Article 91 : Les nantissements doivent être signifiés par le cessionnaire exclusivement au


comptable assignataire du paiement.
Toute opposition ou signification relative au paiement ne peut être faite valablement qu’entre les
mains du comptable assignataire.

CHAPITRE 4 – DE LA SOUS – TRAITANCE ET DE LA CO – TRAITANCE

Section 1 – De la Sous – Traitance

Article 92 : L’attributaire d’un marché public, à l’exclusion des contrats relatifs aux fournitures,
peut sous-traiter l’exécution de certaines parties de son marché à condition d’avoir obtenu de
l’autorité contractante l’acceptation de chaque sous-traitant et l’agrément des conditions de
paiement de chaque contrat de sous–traitance.
La sous-traitance ne saurait excéder 40% du montant du marché et ne peut concerner les gros
œuvres.
Dans tous les cas, l’attributaire demeure responsable de l’exécution du marché.

Article 93 : Lorsque la demande de sous-traitance intervient au moment de la soumission, le


soumissionnaire doit fournir à l’autorité contractante une déclaration mentionnant :
- La nature et le montant des prestations dont la sous-traitance est prévue,
- Le nom, la raison ou la dénomination sociale, l’adresse et les références techniques du
sous-traitant proposé ;
- Les conditions de paiement du sous-traitant.

Article 94 : Lorsque la demande de sous-traitance est présentée en cours d’exécution du marché,


l’attributaire adresse, par lettre recommandée avec accusé de réception, une déclaration spéciale
contenant les renseignements mentionnés à l’article précédent.

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Article 95 : L’attributaire d’un marché de travaux qui désire sous-traiter une partie des prestations
doit s’adresser aux entreprises justifiant de la qualification technique nécessaire.

Section 2 – De la Co-Traitance ou Groupement d’Entreprises


Article 96 : Plusieurs fournisseurs, prestataires de service ou entrpreneurs peuvent être attributaires
solidairement ou conjointement d’un marché unique. Ils désignent l’un d’entre eux comme
mandataire pour les représenter vis à vis de l’autorité contractante.

Article 97 : Lorsque les prestations ne sont pas divisées en lots ou tranches assignés à chacun des
co-traitants, ceux-ci sont solidairement responsables de l’exécution de la totalité du marché.

CHAPITRE 5 – DES INCIDENCES D’EXECUTION DES MARCHES

Section 1 – Des modifications des conditions initiales du contrat


Article 98 : La modification d’une clause substantielle initiale du marché doit être constatée par un
avenant soumis à l’approbation de l’autorité compétente. Toutefois, lorsque la modification entraîne
une augmentation de plus de dix pour cent (10%) du montant initial du contrat, l’avis préalable de
la Direction centrale des marchés publics est requis.

Article 99 : La passation d’un avenant est obligatoire dès qu’il y a changement dans la masse des
prestations dont le montant ne dépasse pas quinze pour cent (15%) du montant initial du contrat. Ce
seuil est porté à 20% pour les marchés relatifs aux travaux de réfection.

Le jeu des révisions de prix en application des clauses contractuelles ne donne pas lieu à passation
d’avenant.

Article 100 : Lorsque l’augmentation de la masse des travaux, fournitures ou services dépasse les
seuils fixés à l’article 99 ci-dessus, il est passé un nouveau marché.

Le montant cumulé des avenants à un même contrat ne saurait excéder quinze pour cent (15%) du
montant initial dudit marché calculé sur la base des prix initiaux pour les travaux neufs et vingt
pour cent (20%) pour les réfections.

Section 2 – Des pénalité de Retard


Article 101 : En cas de dépassement des délais contractuels fixés par le contrat, l’attributaire est
passible de pénalités de retard sans une mise en demeure préalable.
Le taux des pénalités applicable varie entre un millième (1/1000) et un deux millième (1/2000) du
montant du contrat par jour calendaire de retard pour les contrats de fournitures et de prestations
intellectuelles et un deux millième (1/2000) et un cinq millième (1/5000) pour les contrats de
travaux et est déterminé par le cahier des charges.
Article 102 : Lorsque le retard dans l’exécution des prestations relève d’un cas de force majeur, il
ne sera pas appliqué de pénalités.
En tout état de cause, les faits et empêchements résultant de la force majeur doivent être
communiqués par l’attributaire du marché à l’autorité contractante avant l’expiration des délais
contractuels.
Le cas de force majeur s’entend de tout fait, toute circonstance aux parties au contrat.
L’autorité contractante apprécie les motifs évoqués et ordonne la suspension des délais s’il y a lieu.

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L’autorité contractante apprécie les motifs évoqués et ordonne la suspension des délais s’il y a lieu.

Article 103 : Le ministre chargé du budget peut, sur requête du titulaire du marché, décider de la
remise gracieuse, totale ou partielle, des pénalités encourues. La remise des pénalités doit
obligatoirement intervenir avant le mandatement du solde du contrat.

Section 3 – Des clauses de variation des Prix


Article 104 : Les prix des contrats peuvent être actualisables, révisables ou ajustables selon les
dispositions des articles ci-dessous.

Article 105 : Lorsque le marché à conclure est à prix fermes, que le délai de validité des offres s’est
écoulé sans que le soumissionnaire retenu par l’autorité contractante n’ait reçu notification de
l’ordre de service et s’il y peut justifier de la variation des prix, l’attributaire du marché peut
demander l’actualisation de son offre.

Le montant actualisé correspond à l’engagement définitif de l’autorité contractante à la date du


commencement des délais d’exécution du marché.

Article 106 : Tout marché public dont le délai d’exécution est supérieur à douze (12) mois doit
contenir une clause de révision de prix. La formule de révision s’applique au montant global du
marché ou aux prix unitaires et doit être indiquée dans le cahier des charges.

Article 107 : Les prix de référence à considérer sont ceux figurant sur le bordereau des prix
unitaires, à la date limite de validité des offres. Le montant révisé du marché s’obtient en appliquant
au montant original du marché la formule de révision des prix.

Article 108 : Si pendant les délais contractuels, les prix unitaires entrant dans la composition de la
formule de révision des prix subissent une révision en plus ou en moins, il est fait application des
dispositions ci-après :

La révision du prix de référence doit être opérée sur le montant de chaque acompte puis, en fin
d’exécution du marché, sur le montant du paiement pour solde ;

Les prix unitaires utilisés pour la révision doivent être appréciés à la date de réalisation réelle et au
plus tard à la date limite de réalisation contractuelle des opérations donnant lieu à ces versements.

Article 109 : La révision prévue à l’article précédent, ne peut intervenir que lorsque la variation des
prix atteint un taux compris entre trois (3%) et cinq (5%). Ce taux est fixé par le cahier des charges
du dossier d’appel d’offres.

Article 110 : Lorsque les prix unitaires des contrats sont réglementés et font l’objet d’une
tarification, ils peuvent être ajustés.

Article 111 : Les modifications de prix résultant de l’actualisation et de l’ajustement prévus aux
articles précédents donnent lieu à l’établissement d’un avenant conformément à la procédure définie
à l’article 98 du présent décret.

Section 4 – De l’Ajournement

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Article 112 : L’autorité contractante peut ordonner l’ajournement de l’exécution du contrat avant
son achèvement par « décision d’ajournement », notamment en cas d’insuffisance de crédits ou
pour toute raison qui lui est propre.

Article 113 : Lorsque l’autorité contractante ordonne l’ajournement de l’exécution du contrat pour
une durée de plus de trois (3) mois, l’attributaire a droit à la réalisation de son contrat. Il en est de
même en cas d’ajournements successifs dont la durée cumulée dépasse trois (3) mois.
Toutefois, lorsque la durée de l’ajournement est supérieure à trois (3) mois, l’attributaire du marché
pourra prétendre à une indemnité d’ajournement à la charge de la collectivité publique ; ladite
indemnité est, le cas échéant, déterminée par la collectivité publique au vu des éléments justificatifs
des charges exposées par le titulaire du contrat

Section 5 – De la Résiliation
Article 114 : Tout contrat d’achat public peut faire l’objet d’une résiliation sur l’initiative de
l’autorité contractante :
1. En cas de faute de l’attributaire du marché telle que stipulée aux cahiers des clauses
administratives générales et particulières ;
2. En cas d’inexactitude dans les déclarations de l’attributaire constatées au cours de
l’exécution du contrat ;
3. Lorsque l’application des formules de révision des prix conduit à une augmentation
supérieure à quinze pour cent (15%) du montant initial du contrat ou du montant de la
partie du contrat restant à exécuter.
L’avis préalable de la commission de règlement amiable des litiges est requis.

Article 115 : Tout contrat d’achat public peut également faire l’objet d’une réalisation à la demande
de l’attributaire du marché ;
- En cas de défaillance de l’autorité contractante rendant l’exécution du marché
impossible ;
- En cas de diminution des prestations excédant quinze pour cent (15%) du montant
initial du contrat ;
- En cas d’ajournement pour une durée supérieure à trois (3) mois
L’avis préalable de la commission de règlement amiable des litiges est requis.

Article 116 : La résiliation est prononcée de plein droit, sur demande de l’autorité contractante par
l’autorité d’approbation, dans les cas suivants :
En cas de décès ou d’incapacité juridique de l’attributaire survenue après l’attribution du marché,
sauf si l’autorité contractante accepte la continuation du marché par les ayants-droits ou le curateur ;
En cas de liquidation des biens ou de redressement juridique de l’attributaire d’un marché, sauf si
l’autorité contractante accepte les offres éventuellement faites par la masse des créanciers pour la
continuation de l’entreprise.

Article 117 : Lorsque la résiliation est prononcée sur l’initiative de l’autorité contractante et sans
qu’aucune faute contractuelle ne puisse être imputée à l’attributaire du contrat, ou lorsque la
résiliation est prononcée à l’initiative de l’attributaire sur la base de l’article 115 du présent décret,
l’attributaire a droit à une indemnité de résiliation pour les dépenses engagées au titre du contrat.

Article 118 : Le montant de l’indemnité de résiliation est fixé de commun accord entre l’autorité
contractante et l’attributaire du contrat.

En cas de désaccord, la commission de règlement amiable des litiges est saisie à l’effet d’un
règlement amiable dans les conditions prévues aux articles 130 et suivants du présent décret.

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CHAPITRE 6 – DE LA RESILIATION
Article 119 : Après l’exécution des marchés et des lettres de commande de travaux et de
fournitures, la réception est faite par une commission de réception composée comme suit :
Président : l’administrateur de crédits ;
Rapporteur : le service bénéficiaire ;

Membres :
- Le service technique compétent ;
- Un représentant de la Direction générale du budget.

Observateurs :
- Un représentant de la Direction centrale du contrôle financier ;
- Un représentant du bailleur de fonds ;
- Un représentant du maître d’œuvre ;
- Le titulaire du marché ou son représentant.

Les modalités de fonctionnement de la Commission de réception sont déterminées par arrêté du


ministre chargé du budget.

Article 120 : La réception donne lieu à l’établissement d’un procès-verbal de réception signé par
les membres présents ; ce procès-verbal matérialise le transfert de propriété au profit de
l’Administration.

Cependant, pour les bons de commande et les marchés à ordre de commande, les bordereaux de
livraison tiennent lieu de procès-verbaux de réception.

Article 121 : Les contrats de fournitures courantes donnent lieu à une réception unique constatée
après la livraison des biens.
Les contrats de travaux et d’équipement donnent lieu à une double réception : provisoire et
définitive.

La réception provisoire est prononcée à la livraison des biens et constitue le point de départ du délai
de garantie.

La réception définitive est prononcée de plein droit à l’expiration du délai de garantie.

Article 122 : Les contrats de prestations intellectuelles sont soumis à une validation des rapports
provisoires et définitifs par un Comité constitué à cet effet par l’Administrateur de crédits.

TITRE IV – DES SANCTIONS DU NON RESPECT DE LA


REGLEMENTATION

CHAPITRE 1 – DES IRREGULARITES IMPUTABLES A LADMINISTRATION


ET A SES AGENTS.

Article 123 : Les auteurs de contrats de commande publique établis en violation des dispositions du
présent décret sont passibles de sanctions prévues par les textes en vigueur au Burkina Faso.

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Il en est ainsi des auteurs de fractionnement des commandes et de ceux qui, en l’absence de toute
dérogation, passent des contrats avec des entrepreneurs ou fournisseurs exclus en vertu des
dispositions de l’article 129 du présent décret.

Article 124 : Les fonctionnaires ou agents de l’Etat, des établissements publics et des collectivités
territoriales chargés du contrôle technique sont tenus d’adresser, à l’autorité contractante, des
rapports périodiques sur le respect du calendrier d’exécution des travaux et sur les défaillances de
l’attributaire du marché.

Les rapports sont soumis à l’appréciation de l’autorité contractante qui peut, en cas de faute, exiger
du ministre responsable du contrôle technique le remplacement de l’agent chargé du contrôle.

Le manque de suivi réitéré, les négligences ou les inexactitudes constatées dans les rapports de
contrôle exposent leurs auteurs à des sanctions disciplinaires et/ou pénales.

Article 125 : Sans préjudice des poursuites judiciaires et disciplinaires auxquelles ils s’exposent,
les agents publics, convaincus de corruption, d’incitation à la corruption, de tentative de corruption
ou qui commettent ou qui favorisent des actes frauduleux à l’égard des soumissionnaires et des
attributaires de commandes publiques lors des procédures de passation, d’exécution, de contrôle ou
du règlement des contrats d’achats publics encourent leur suspension ou leur radiation de toute
commission ou de toute structure chargée des marchés publics.

Article 126 : Sans préjudice des sanctions pénales et disciplinaires prévues par les lois et
règlements en vigueur, les fonctionnaires ou agents de l’Etat, des établissements publics et
collectivités territoriales, auteurs de toutes autres fautes commises dans le cadre de la procédure de
passation, d’exécution et de règlement des contrats d’achats publics peuvent être tenus, le cas
échéant, à la réparation des dommages résultant de leurs actes.

CHAPITRE 2 – DES IRREGULARITES IMPUTABLES AUX


SOUMISSIONNAIRES ET ATTRIBUTAIRES DE CONTRATS D’ACHATS
PUBLICS.

Article 127 : Les inexactitudes délibérées constatées dans les attestations ou justifications
contenues dans les offres peuvent entraîner l’exclusion temporaire d’un an à cinq ans de leurs
auteurs de toute participation à la commande publique. Cette décision est prise par le ministre
chargé du budget sur rapport de l’autorité contractante.

Lorsque de telles inexactitudes sont constatées après notification de l’approbation du contrat,


l’autorité contractante signataire du marché peut, sans mise en demeure préalable et aux frais et
risques de l’attributaire, prononcer soit l’établissement d’une régie, soit la résiliation du marché.
Toutefois, l’avis préalable de la Direction centrale des marchés publics est requis.

Article 128 : Sans préjudice des poursuites judiciaires auxquelles ils s’exposent, les
soumissionnaires ou attributaires de contrats d’achats publics, convaincus de corruption,
d’incitation à la corruption, de tentative de corruption ou qui commettent ou favorisent des actes
frauduleux à l’égard des agents publics chargés des procédures de passation, d’exécution, de
contrôle ou de règlement des marchés publics encourent le retrait partiel ou total, temporaire ou
définitif de leur agrément ou leur suspension de la commande publique.

Article 129 : La Direction centrale des marchés publics établit périodiquement une liste des
soumissionnaires et attributaires exclus de toute participation à la commande publique.

22
Cette liste est publiée au journal officiel et dans la revue des marchés publics.

TITRE V – DU REGLEMENT DES LITIGES

Article 130 : Les différends, litiges et réclamations élevés ou soulevés par une partie à l’encontre
d’une autre découlant de la passation, de l’exécution, de l’interprétation ou de la résiliation des
marchés publics sont réglés à l’amiable ou par voie contentieuse.

Article 131 : Les différends, litiges et réclamations ci-dessus sont soumis, à la diligence de l’une ou
l’autre partie, à la Commission de règlement amiable des litiges qui dispose d’un délai maximum de
trente (30) jours à compter de la date de sa saisine pour y donner suite.

Article 132 : La Commission de règlement amiable des litiges est chargée :


De régler les litiges et différends nés à l’occasion de la passation ou de l’exécution des contrats
conclus par l’administration centrale ;
D’examiner les plaintes des soumissionnaires participant aux appels à la concurrence ;
De concilier les parties aux litiges ou différends intervenus à l’occasion de la passation ou de
l’exécution des marchés de l’administration centrale. Dans ce dernier cas, elle peut recommander la
résiliation du contrat à l’autorité compétente.

Article 133 : Lorsqu’elle est saisie d’un litige survenu à l’occasion de l’attribution du contrat, les
décisions de la commission ont force exécutoire après l’approbation du ministre chargé du budget.

Lorsqu’elle intervient dans la phase de la passation ou de l’exécution du contrat, elle produit un


rapport de conciliation qui a force exécutoire ou un rapport de non conciliation qui constitue le
préliminaire indispensable à toute action contentieuse.
Article 134 : La commission de règlement amiable des litiges est composée de :
Président : le Directeur chargé des affaires contentieuses ou son représentant ;
Rapporteur : le Directeur central des marchés publics ou son représentant ;
Membres :
- L’Inspecteur général des services du ministère ou de l’institution concernée ou son
représentant ;
- Deux (2) représentants du secteur privé du domaine d’activité concerné.

Article 135 : Les plaintes formulées par les soumissionnaires au cours de la procédure d’attribution
des contrats d’achats publics, sont soumis à l’examen de la Commission de règlement amiable des
litiges qui dispose d’un délai maximum de quinze (15) jours à compter de la date de sa saisine.

La saisine de la Commission de règlement amiable des litiges entraîne la suspension de la


procédure d’attribution du contrat.

Article 136 : A défaut d’accord, la partie le plus diligente saisit la juridiction compétente dans un
délai de trente (30) jours à compter de la date de signature du rapport de non conciliation.

Article 137 : Seuls pourront être devant la juridiction compétente les chefs de demandes et motifs
énoncés dans les demandes écrites examinées par la Commission de règlement amiable des litiges.

Article 138 : Si, à l’expiration d’un délai de trente (30) jours à compter de la date de notification du
rapport de la commission de règlement amiable des litiges, l’autorité contractante ou l’attributaire
du contrat n’ont pas porté leurs réclamations devant la juridiction compétente, tout recours devient
irrecevable.

23
L’autorité contractante, le soumissionnaire ou l’attributaire devront, le cas échéant, procéder au
paiement des sommes dues dans un délai de quatre vingt dix (90) jours à compter de l’expiration du
délai de forclusion susmentionné.

TITRE VI – DES CONTRATS D’ACHATS PUBLICS DES PERSONNES PUBLIQUES AUTRES QUE L’ETAT.

Article 139 : Sous réserve des dispositions spécifiques ci-après, les marchés des autres personnes
publiques visées à l’article 2 du présent décret sont soumis aux dispositions ci-dessus :

CHAPITRE 1 – DES CONTRATS DES COLLECTIVITES TERRITORIALES


Article 140 : La préparation des opérations préliminaires à la mise en concurrence des
soumissionnaires incombe à l’autorité contractante qui y procède de concert avec les services
techniques compétents.

Section 1 – Des contrats des communes


Article 141 : La Commission communale d’attribution des marchés est chargée du dépouillement
des offres, de leur analyse et de la formulation d’une proposition d’attribution des contrats de la
commune.

Article 142 : La Commission communale d’attribution des marchés se compose comme suit :
Président : Le Secrétaire Général de la Mairie ;
Rapporteur : le Responsable des marchés ou du service financier de la Mairie ;
Membres :
- Le représentant du service technique compétent ;
- Un représentant de la division fiscale compétente ;
- Un représentant du Conseil municipal.

Observateurs :
- Le contrôleur financier concerné ;
- Un représentant du bailleur de fonds s’il y a lieu ;
- Un représentant du consultant s’il y a lieu.

Article 143 : Les travaux de la Commission communale d’attribution des marchés sont soumis à
l’approbation soit du Maire soit du Conseil municipal suivant un seuil défini par une délibération du
Conseil municipal.

En cas de désaccord entre le Maire et la Commission communale d’attribution des marchés,


l’approbation des travaux relève de la compétence du Conseil municipal.

Article 144 : Conformément aux dispositions des articles 45 et suivants, les contrats de gré à gré
sont autorisés par une délibération du Conseil municipal ;

Article 145 : Conformément aux dispositions des articles 98 et suivants, les avenants aux marchés
des communes sont autorisés par une délibération du Conseil municipal.

Section 2 : Des contrats des provinces


Article 146 : La Commission provinciale d’attribution des marchés est chargée du dépouillement
des offres, de leur analyse et de la formulation des propositions d’attribution des contrats des
budgets de la province, des budgets départementaux et des crédits délégués de l’Etat.

24
Article 147 : La Commission provinciale d’attribution des marchés se compose comme suit :
Président : le Secrétaire général de la province ;
Rapporteur : un représentant du service bénéficiaire ;

Membres :
- Un représentant de la division fiscale compétente,
- Un représentant du Conseil provincial, s’il y a lieu,
- Un représentant du service technique provincial compétent

Observateurs :
- Un représentant du bailleur de fonds, s’il y a lieu,
- Un représentant du consultant s’il y a lieu,
- Le contrôleur financier concerné.

Article 148 : Les travaux de la Commission provinciale d’attribution des marchés sont soumis à
l’approbation soit du Conseil provincial ou de son Président lorsque le financement est assuré sur le
budget de la Province, soit du Haut – commissaire lorsque le financement est assuré sur les crédits
délégués de l’Etat aux services provinciaux.

En ce qui concerne le budget de la province, le Conseil provincial, par délibération, fixe le seuil de
compétence du président ;
En cas de désaccord entre le Président du Conseil provincial et la Commission provinciale
d’attribution des marchés, l’approbation des travaux relève du Conseil provincial.

Article 149 : Conformément aux dispositions des articles 45 et suivants, les contrats de gré à gré
financés sur le budget provincial sont autorisés par une délibération du Conseil provincial.

Article 150 : Conformément aux dispositions des articles 98 et suivants, les avenants aux contrats
des provinces financés sur le budget provincial sont autorisés par une délibération du Conseil
provincial.

Section 3 – Des contrats des Régions


Article 151 : La Commission régionale d’attribution des marchés est chargée du dépouillement des
offres, de leur analyse et de la formulation des propositions d’attribution des contrats du budget de
la région et des crédits délégués de l’Etat aux directions régionales.

Article 152 : La commission régionale d’attribution des marchés est composée comme suit :
Président : le Secrétaire général de la région ;
Rapporteur : le représentant du service bénéficiaire ;
Membres :
- Un représentant de la Division fiscale compétente ;
- Un représentant du Conseil régional lorsque le financement est assuré sur le budget de la
région ;
- Un représentant du service technique régional compétent.
Observateurs :
- Le contrôleur financier compétent ;
- Un représentant du bailleur de fonds s’il y a lieu ;
- Un représentant du consultant s’il y a lieu.

25
Article 153 : Les travaux de la Commission régionale d’attribution des marchés sont soumis à
l’approbation soit du Président du Conseil régional pour les contrats financés sur le budget de la
région soit du gouverneur pour les contrats financés sur crédits délégués de l’Etat.

Article 154 : Conformément aux articles 45 et 98 ci-dessus, les contrats de gré à gré et les avenants
aux contrats financés sur le budget régional sont autorisés par une délibération du Conseil régional.

Section 4 – Du règlement des litiges


Article 155 : La commission locale de règlement amiable des litiges est chargée :
De régler les litiges et différends nés à l’occasion de la passation ou de l’exécution des contrats
conclus par les instances locales ;
D’examiner les plaintes des soumissionnaires participant aux appels à la concurrence au niveau
local ;
De concilier les parties aux litiges ou différends intervenus à l’occasion de la passation ou de
l’exécution des marchés des personnes publiques relevant de son ressort territorial.

Article 156 : Nonobstant les dispositions de l’article 155, les litiges et différends concernant les
contrats de la province du Kadiogo sont soumis aux organes prévus aux articles 134 et suivants du
présent décret.

Article 157 : La Commission locale de règlement amiable des litiges se compose comme suit :
Président : le Haut Commissaire de la province ;
Rapporteur : le trésorier provincial concerné ou le percepteur,
Membres :
- Le représentant du service technique régional compétent,
- Un représentant de la Direction centrale des marchés publics,
- Un représentant du secteur privé du domaine d’activité concerné.

Article 158 : Le fonctionnement des commissions d’attribution des marchés des collectivités
territoriales et des Commissions locales de règlement amiable des litiges est déterminé par arrêté du
ministre chargé du budget.

Article 159 : Après leur signature par l’attributaire et l’autorité contractante, les contrats sont
obligatoirement soumis à l’approbation de l’autorité compétente.

Article 160 : La remise gracieuse, totale ou partielle, des pénalités de retard, peut être décidée par
l’organe délibérant.

CHAPITRE 2 – DES CONTRATS DES ETABLISSEMENTS PUBLICS, DES SOCIETES


D’ETAT, DES SOCIETES D’ECONOMIE MIXTE A PARTICIPATION PUBLIQUE
MAJORITAIRE, ET DES PERSONNES PHYSIQUES OU MORALES DE DROIT PRIVE
AGISSANT POUR LE COMPTE D’UNE COLLECTIVITE PUBLIQUE

Article 161 : Les opérations préliminaires à la conclusion des contrats sont effectuées par
l’Etablissement ou la société qui y procède, de concert avec les services techniques compétents.

Article 162 : La Commission d’attribution des marchés est compétente pour procéder au
dépouillement des offres, à leur analyse technique et financière et à la formulation d’une
proposition d’attribution des marchés.

26
Article 163 : La Commission d’attribution des marchés des Etablissements publics à caractère
administratif est composée de :
Président : le Directeur général de l’établissement ou son représentant ;
Rapporteur : le Directeur chargé des finances ;
Membres :
- Le représentant du service technique concerné ;
- Le Directeur général du budget ou son représentant ;
Observateurs :
- Le contrôleur financier ;
- Le représentant du bailleur de fonds s’il y a lieu ;
- Le représentant du consultant s’il y a lieu.

Article 164 : La Commission d’attribution des marchés des Sociétés d’Etat, des Sociétés
d’économie mixte à participation publique majoritaire et des autres personnes est composée d’au
moins trois (3) membres ;
Toutefois, lorsque l’opération est financée par une subvention de l’Etat ou sur un prêt rétrocédé, la
commission d’attribution des marchés sera élargie aux représentants du ministère technique et à la
Direction générale du budget siégeant en qualité de membres à voix délibérative.

Dans tous les cas, le contrôleur interne, les bailleurs de fonds et les consultants sont invités à titre
d’observateurs.

Article 165 : Les marchés et les lettres de commande de gré à gré des établissements publics et
entreprises publiques sont autorisés soit par le Président du Conseil d’administration soit par le
Conseil d’administration suivant un seuil défini par une délibération du Conseil d’administration.

Article 166 : Conformément aux dispositions des articles 98 et suivants, les avenants aux contrats
des établissements publics et des entreprises publiques sont autorisés par une délibération du
Conseil d’administration.

Article 167 : Avant leur exécution, les marchés sont dûment signés par l’attributaire et l’autorité
contractante et soumis à l’approbation de l’autorité compétente telle que visée à l’article 4 du
présent décret.

Article 168 : La remise gracieuse, totale ou partielle, des pénalités de retard peut être décidée par le
Président du Conseil d’administration. Toutefois, pour les personnes privées agissant pour le
compte d’une personne publique, la remise gracieuse des pénalités doit être prononcée par le maître
d’ouvrage.

TITRE VII – DU CONTROLE DES MARCHES PUBLICS

CHAPITRE 1 – DE LA DIRECTION CENTRALE DES MARCHES PUBLICS


Article 169 : Dans le domaine de la passation des marchés, la Direction centrale des marchés
publics est l’organe de contrôle de la gestion des contrats d’achats publics ; elle est chargée
notamment :
- D’éditer et de diffuser les documents et les textes portant sur la passation des marchés
aux fins d’information et de sensibilisation des acteurs de l’achat public sur la réglementation ;
- De conseiller les administrations dans la passation des marchés par une sage politique
de prévention des différends et litiges ;
- D’apporter un appui technique aux administrations depuis la préparation des dossiers
d’appel d’offres jusqu’à la réception définitive des prestations ;

27
- D’assurer le contrôle de régularité, sous toutes ses formes, de la passation des
marchés ;
- De proposer les adaptations et réformes nécessaires.

Article 170 : La Direction centrale des marchés publics assure le secrétariat permanent de la
Commission de règlement amiable des litiges.

CHAPITRE 2 – DU CONTROLE DES DOSSIERS D’APPEL D’OFFRES


Article 171 : Lorsque les contrats sont financés sur des ressources extérieures, les dossiers d’appel
d’offres ou de présélection sont soumis au visa de la Direction centrale des marchés publics avant
leur transmission au bailleur de fonds pour son avis de non - objection.

Article 172 : Dans les autres cas, les dossiers d’appel à la concurrence sont préparés par les
administrateurs de crédits conformément aux dossiers types – adoptés. Toutefois, les dossiers
d’appel d’offres qui ne respectent pas les dossiers – types sont soumis à la Direction centrale des
marchés publics pour avis de non – objection avant la signature, par le Président de la Commission
d’attribution des marchés, de l’avis d’appel à la concurrence.

CHAPITRE 3 – DU CONTROLE DE L’ANALYSE DES OFFRES


Article 173 : Les Commissions d’attribution des marchés procèdent à l’analyse des offres
conformément aux critères définis dans les Instructions aux soumissionnaires. Elles dressent un
rapport détaillé de l’analyse des offres avec une proposition d’attribution du marché qui est soumis
à un avis conforme de la Direction centrale des marchés publics, pour les appels d’offres de l’Etat
dont les montants cumulés sont supérieurs à cent millions (100.000.000 Fcfa) avant son approbation
par l’autorité compétente.

CHAPITRE 4 - DU CONTROLE DE L’EXECUTION DES MARCHES


PUBLICS
Article 174 : Tout contrat d’achat public fait l’objet de mesures de supervision, de contrôle, de
suivi et de surveillance de son exécution administrative, technique et financière.

Ces missions sont exercées par l’autorité contractante et la Direction centrale des marchés publics.
Les différents cahiers des clauses administratives et techniques fixent les conditions et les modalités
de l’exercice de ces missions.

Article 175 : Indépendamment de ces contrôles, l’exécution de toute commande publique est
soumise aux différents corps d’inspection et de contrôle de l’Etat.

Article 176 : Des audits externes périodiques pourront être organisés en tant que de besoin à
l’initiative de la Direction centrale des marchés publics.

TITRE VIII – DES DISPOSITIONS DIVERSE ET FINALES

Article 177 : Chaque fois que l’Administration le jugera nécessaire, des primes pour avance
pourront être prévues dans les marchés. Le taux journalier de ces primes ne pourra , en aucun cas,
dépasser celui des pénalités pour retard. De plus, la période pour laquelle pourront être attribuées de
telles primes ne saurait excéder le dixième des délais contractuels.

28
Article 178 : Il ne sera accordé aucun honoraire ni aucune indemnité aux consultants chargés de la
conception et/ou du suivi de l’exécution des travaux pour les dépenses qui excéderaient le coût
approuvé par le maître d’ouvrage.

Article 179 : Sans préjudice des règles instituées par la législation pénale en matière de secret
professionnel, les fonctionnaires et agents de l’Administration sont tenus par l’obligation de secret
professionnelle pour tout ce qui concerne la préparation des marchés et dossiers d’appel d’offres, le
dépouillement des appels à la concurrence et les litiges dans l’exécution des marchés.

Article 180 : Les contrats conclus sous le régime de la réglementation antérieure resteront valables
sauf modifications apportées par avenants. Dans ce cas, ces modifications devront être conformes
aux dispositions du présent décret.

Article 181 : Les présentes dispositions ne s’appliquent pas aux autres catégories de contrats
administratifs et notamment les délégations de service public, les concessions des service public, les
contrats d’affermage, d’emprunt public et l’offre de concours.

Toutefois, sous réserve de dispositions légales et réglementaires spécifiques contraires, la


détermination du choix des cocontractants dans ces cas s’opère conformément aux dispositions
prévues aux articles 20 à 48 ci-dessus.

Article 182 : Sont abrogées toutes dispositions antérieures contraires au présent décret notamment
les décrets n° 96-059/PRES/PM/MEF du 7 mars 1996 et n° 2002-110/PRES/PM/MEF du 20 mars
2002 portant réglementation générale des marchés publics.

Article 183 : Le Ministre des finances et du budget est chargé de l’exécution du présent décret qui
sera publié au journal officiel du Faso.

Ouagadougou, le 27 mai 2003

Le Président de la République Chef de l’Etat : Blaise COMPAORE

Le Premier Ministre : Paramanga Ernest YONLI

Le Ministre des Finances et du Budget : Jean – Baptiste Marie Pascal COMPAORE

29
1ère Partie : Lancement d’une opération de construction.

Introduction : Naissance d'un Projet.

Le Maître d'ouvrage commence par exprimer la volonté de réaliser un ouvrage. Il définit à


l'état brut les contours de celui-ci. De ce cadrage vont ressortir les premières orientations
techniques et financières.
Le Maître d'ouvrage va régler le problème de l'occupation du site et entreprendre les
démarches nécessaires pour trouver les sources de financement ; après cette étape, il peut lancer le
projet. C'est la naissance du projet.
Le processus de réalisation d’un projet d’infrastructure fait intervenir plusieurs techniciens,
de façon simultanée ou isolée.
Un projet est un ensemble cohérent d’investissement qui répond à des mesures politiques,
économiques, institutionnelles pour atteindre un groupe d’objectifs de développement, selon un
calendrier bien défini.

Chapitre 1: Les intervenants dans l'acte de construire

1-1 : Maître d'ouvrage ( définition et missions )


1-2 : Maître d'ouvrage délégué
1-3 : Maître d'œuvre ( définition et missions )
1-4 : Les bureaux d'études techniques ( B.E.T.)
1-5 : Les bureaux de contrôle techniques ( B. C. T.)
1-6 : La mission de l’ entrepreneur
1-7 : Les intervenants d'appui : laboratoires, banques,
assurances
1-7-1 : Rôle et importance des laboratoires dans
la construction
1-7-2 : Relations Banques / Entreprises de
travaux Publics
1-7-3 : Rôle des assurances dans la construction

30
L E S IN T E R V E N A N T S
à l’acte de construire

le m aître d’ouvrage
le m aître d’ouvrage délégué
le m aître d’œ uvre
l’en trep reneur
l’adm inistration

CEFOC

1-1 Définition et mission du maître d’ouvrage


Le Maître d’ouvrage est la personne ( physique ou morale ) désignée par ce terme dans les
documents des marchés et pour le compte de qui les travaux ou ouvrages sont exécutés. Ses
missions sont très diverses :
- il procure le terrain sur lequel doit être réalisé l’ouvrage.
- il passe les contrats avec les autres partenaires : les architectes, les bureaux d’études et
d’ingénierie, les bureaux de contrôle technique, les laboratoires d’essais, les entreprises.
- il assure les paiements résultants de la prestation de ces entités.
- il exploite l’ouvrage.
- il donne l’ordre d’exécuter les travaux.
Lorsque le maître d’ouvrage n’a pas les moyens humains ou la compétence nécessaire pour
assurer les tâches professionnelles qu’implique sa fonction, il peut confier tout ou partie des tâches
qui lui incombent à un maître d’ouvrage délégué.

1-2 Définition et mission du maître d’ouvrage délégué

31
Le maître d’ouvrage délégué est le mandataire exclusif du maître d’ouvrage. Il assure la
direction de l’exécution des travaux depuis la conception du projet jusqu'à la réception définitive
des travaux.
Le maître d’ouvrage délégué est l’interlocuteur privilégié voire unique des autres
intervenants : architectes, bureaux d’études, laboratoires, entreprises...
Pour les projets relevant de l’état ou de ses démembrements, la mission de la maîtrise
d’ouvrage délégué est strictement réservée aux services techniques des Ministères compétents.

L E M A I T R E D ’O U V R A G E
c ’e s t la p e r s o n n e m o r a le p o u r le c o m p te d e
la q u e lle le s tr a v a u x s o n t e x é c u té s

I l e s t r e s p o n s a b le d e s o n c h a n tie r d e s p o in ts d e v u e :
fin a n c ie r
te c h n iq u e
s é c u r ité

IIl l nnee ppeeuutt ppaass ddéélélégguueerr to


touute
tess sseess rreessppoonnssaabbilité
ilitéss
CEFOC

1. Naissance d’un Projet ( Maître d’ouvrage )

2. Termes de Référence ( TDR ) ou Programmation ( Maître d’ouvrage & Maître d’œuvre )

3. Etudes et Conception du Projet ( Maître d’œuvre )

4. Dossier de consultation des Entreprises ( DCE ) ( Maître d’ouvrage & Maître d’œuvre )

5. Passation ou Dévolution du Marché ( Maître d’ouvrage & Maître d’œuvre )

6. Suivi et Contrôle des travaux ( Entreprise & Maître d’œuvre & Maître d’ouvrage )

7. Réception des travaux ( Entreprise & Maître d’œuvre & Maître d’ouvrage )

* Ministères
Maître d’ouvrage = * Collectivités locales (Mairies et Assemblées départementales )
* Sociétés ou Entreprises
* Particulier
32
L e m a î t r e d ’ oLu ev rma ga eî t r e d ’ o u v r a g e
n e p e u t p a s d é l é gpu eeur t d é l é g u e r
l e s r e s p o n s a b i l i t é s sl eusi vrae ns pt eosn s a b i l i t é s s u i v a n t e s

l a s é c u r i t é d e s p e rl as ocno nn ecse p t i o n d e l ’ o u v r a g e
l e s e n g a g e m e n t s flin e ca hn oc iiex rds e s e x é c u t a n t s
le c o n t r ô le e t s u iv i d e s tr a v a u x

C
CEEF
FOOC
C

MAÎTRE D’OUVRAGE

( MAÎTRE D’OUVRAGE DELEGUE )


BANQUE

DCE

MAÎTRE D’ŒUVRE ENTREPRENEUR


( Ingénieur de Conception)
( Contrôleur des travaux ) Relation de chantier ou Mission de Contrôle

*BANQUE *BANQUE
*ASSURANCE *ASSURANCE
*LABORATOIRE DE CONTRÔLE *LABORATOIRE DE CHANTIER

33
L e s o b li g a t i o n s
du
M a îtr e d 'o u v r a g e
• f o u r n ir le s d o n n é e s d e b a s e a u M a ît r e d 'œ u v r e ( p r o g r a m m e , b u d g e t,
t o p o ., r e c o n n a i s s a n c e d e s s o ls , ...)
• v e il le r a u r e s p e c t d e s o b li g a t io n s d e c h a c u n e n m a t iè r e :
- d 'a s s u r a n c e
- d e s é c u r i té d e s p e r s o n n e s
- d e r e s p e c t d e s o b l ig a ti o n s l é g a le s v i s à v is d u c o d e d u tr a v a i l

CEFOC

1-3 Définition et mission du maître d’œuvre

La mission du maître d’œuvre est de concevoir et d’établir, avec la collaboration, de


techniciens de son choix, des projets de construction, de transformation, d’aménagement,
d’entretien d’ouvrages. En outre, il veille, selon l’étendue de la mission qui lui a été confiée par le
maître d’ouvrage, à la réalisation des projets établis. Il en contrôle l’exécution conformément aux
règles de l’art et aux prescriptions techniques en vigueur.
Pour un projet de construction de bâtiments, le maître d’œuvre est l’architecte.
Pour un projet d’aménagement rural ( barrages, pistes, périmètres agricoles,...), le maître
d’œuvre sera le bureau d’étude technique qui fera la conception.

COMMENT DESIGNER
LE
MAÎTRE D'ŒUVRE

34
DESIGNATION DU MAÎTRE D’OEUVRE

Appel de candidature :

* Suivant leurs références, limiter le nombre de dossiers à 3 ou 4


* Procédure définie suivant la réglementation des marchés publics en vigueur dans le pays.
* Identification du Maître de l’Ouvrage et préciser clairement l’objet de la consultation.
* Définir le contenu de la mission ultérieure qui sera confiée au lauréat.
* Préciser les modalités de la consultation
*Indiquer la date d’envoi de l’avis d’appel public de candidatures aux publications officielles
* Indiquer la date limite de réception des candidatures
* Indiquer les justificatifs ( qualités et capacités des candidats ).

Concours de Maîtrise d’œuvre :


* Définir l’objet du concours et les modalités de la consultation
* Définir le contenu de la Mission ultérieure qui sera confiée au lauréat conformément au CCTP
* Préciser le budget travaux et le budget Maîtrise d’œuvre ( montant Hors taxes ou Toutes taxes
comprises )
* Préciser le calendrier des différentes dates ( remise des dossiers, délai des travaux, délai des
études, élaboration du planing des travaux )
* Documents à remettre par le Maître de l’Ouvrage : ( CCAP / CCTP / photos et plans topo./
Règlement de consultation et programme / Etudes de sol. )

Les clauses administratives du marché :


Ces clauses sont définies dans le CCAP ( cahier des clauses administratives particulières ).
Les documents administratifs contiennent :
- L’acte d’engagement
- Le CCAP
Les points à clarifier par le Maître de l’Ouvrage avant toute rédaction :
- Situer l’environnement du marché.
- Imposer éventuellement une clause d’incitation à l’obtention de performances.
- Prévoir les clauses à incidence financière ( TVA ; révision des prix )
- Harmoniser la gestion des délais dans la présentation des documents ( APS ; APD ;
DCE ;….)
- Préciser la liste des clauses diverses ( assurances responsabilité civile, clauses de
résiliation )

35
CONTENU DE LA MISSION ATTRIBUEE AU MAÎTRE D’ŒUVRE SUIVANT LE
CCTP :

Le contenu de la Mission attribuée au Maître d’œuvre sera défini en fonction des besoins
exprimés par le Maître de l’Ouvrage conformément au CCTP. Parmi les clauses, nous citons :
• Les vérifications préalables des ressources ( Enveloppe financière et autres moyens
matériels ).
• Les Esquisses sont définies suivant le programme.
• L’Avant – Projet Sommaire ( APS ) est la traduction en plans côtés de l’esquisse retenue.
• Le dossier de demande de Permis de Construire comprend l’acte de Démolition qui regroupe :
- (L’élaboration du dossier de déguerpissement et expropriation par zone et l’organisation
de la démolition ) d’une part, ( les procédures de dégagement de l’emprise, les
formalités administratives, le contrôle et le suivi des travaux de démolition ) d’autre part.

Le Projet comprend trois parties :


• Un jeu de plans APD ( avant- projet détaillé )
• Un dossier descriptif du CCTP par lot, avec les spécifications techniques détaillées(STD )
• Un dossier financier sur la rentabilité du projet.

Le dossier d’exécution :
• Il s’agit de définir les études techniques qui seront réalisées soit par le Maître d’œuvre, soit par
un particulier.
• Il est préférable que le Maître d’œuvre vise tous les plans même ceux qui ne sont pas faits par
lui avec une mention « Bon pour exécution ».

Le dossier de consultation des Entreprises ( DCE ) consiste à définir le règlement de la consultation


pour sélectionner l’Entrepreneur qui devra réaliser les travaux. Il s’agira également de définir les
documents techniques à fournir dans la présentation des offres. L’élaboration du DCE peut être
confiée au Maître d’œuvre ou aux services techniques du Maître de l’Ouvrage.

L’assistance pour la dévolution des marchés de travaux consiste à :


• Etablir un tableau d’analyse des différentes offres
• Participer à la mise au point du marché et des documents définitifs.

La direction des travaux comprend :


• Le contrôle des travaux,
• La gestion des réunions de chantier avec diffusion des comptes rendus,
• L’émission des ordres de service et la participation aux essais des matériaux.
L’ordonnancement, le pilotage et la coordination ( OPC ) peuvent être confiés au Maître
d’œuvre ou demeurer sous la responsabilité des services techniques du Maître de l’Ouvrage.

La Gestion Financière des travaux peut également être confiée soit au Maître d’œuvre soit aux
services techniques du Maître de l’Ouvrage et regroupe les tâches suivantes :
• Etablir le circuit et les délais pour le décompte et les acomptes sur les travaux réalisés,
• Assister le Maître de l’Ouvrage dans les travaux supplémentaires et les avenants au marché,
• Tenir un état mensuel récapitulatif des travaux et des dépenses lot par lot.

Assistance lors de la réception des travaux :


• Cette mission peut être confiée au Maître d’œuvre.
Dossier des ouvrages exécutés ( DOE ) :

36
• A la demande du Maître de l’Ouvrage, le Maître d’œuvre peut avoir pour mission le
recollement ou le bilan des ouvrages réalisés lot par lot conformément au CCTP.
Période de parfait achèvement :
• Cette mission consiste à reprendre la liste des réceptions intermédiaires et apporter assistance
au Maître de l’Ouvrage sur les dysfonctionnements, défaillances et litiges constatés sur le
terrain.

Missions complémentaires pouvant être rajoutées dans le CCTP :


• Relevé et diagnostique de l’état des lieux
• Suivi de fabrication en usine
• Assistance au choix du mobilier et décoration intérieure
• Incidence de la réglementation sur l’hygiène et la sécurité des chantiers.

LE MAITRE
D’OEUVRE

Le maître d’œuvre est la personne physique ou morale


qui, par sa compétence technique, est chargée, par le
maître d’ouvrage ou la personne responsable du marché, de superviser l ’entrepreneur
et d ’administrer le Marché et de proposer leur réception et leur règlement.
Si le maître d’œuvre est une personne morale, il désigne une personne physique qui a
seule qualité pour le représenter

IlIlengage
engagesa
saresponsabilité
responsabilitétechnique
technique
IlIlne
nepeut
peutpas
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CEFOC

37
L eess oobligations
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A s s is t a n c e a u M a î t r e d ' o u v r a g e p o u r :
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A ssistance au M aître d'ouvrage pour :
- g a r a n t i r l e r e s p e c t d e l a r é g le m e n t a t io n
- conseil juridique et technique pour l'exécution du program m e
- g a r a n tir la v a lid ité d e s d é c o m p te s
- garantir le respect de la réglem entation
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- garantir la avalidité
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C E FO C

ENVIRONNEMENT FINANCIER DU CONTRAT

Au niveau des esquisses :

• Une pré - évaluation peut se faire à l’aide de ratios, résultat d’une compilation statistique
obtenue à partir d’opérations antérieures.
• On peut faire usage de la méthode SHOP ( surface hors d’œuvre pondérée ) habitable ou utile
au m2.

Au niveau de l’APS et l’APD :


• C’est le même principe. Au moment des spécifications techniques détaillées, faire usage de
l’avant – métré.

Estimations :
• Chaque phase d’étude apporte des précisions particulières et doit être évaluée.
• Vérification des ressources : humaines, financières, matérielles.
• Elaboration de l’Esquisse,
• Etude de faisabilité,
• Elaboration de l’APS/APD/DCE,
• Passation du Marché,
• Suivi et contrôle des travaux,
• Réception des ouvrages.

38
Le coût des Etudes :
• Le montant sera défini en fonction d’une décomposition par tâches de travail et par temps
prévisible indiqué par comptabilité analytique. La somme des différents coûts représente le
montant estimatif des prestations de maîtrise d’œuvre.

1-4 : Les Bureaux d’Etudes Techniques ( B.E.T.) et d’ingénierie

Les missions des B.E.T. sont définies comme suit :


• établissement des plans techniques ( conception ) et des plans d’exécution des ouvrages,
• élaboration des notes de calcul,
• constitution du dossier de consultation des entreprises et toutes les pièces écrites afférentes au
projet,
• contrôle technique des travaux d’exécution.

Pour le cas des B.E.T. travaillant avec les architectes, leur rôle se ramènera à :
• L’élaboration des notes de calcul et des plans du gros - oeuvre ( notes de calcul béton armé,
plans de coffrage et de ferraillage, charpentes,...) et des corps d’état secondaire ( électricité,
plomberie, étanchéité, ascenseur,...).
L’exercice de la profession de bureaux d’études techniques et d’ingénierie est soumis à l’agrément
préalable du ministère concerné.

1-5 : Les bureaux de contrôle technique

La mission de contrôle est de vérifier la conformité des plans techniques élaborés par les
B.E.T. et d’ingénierie par rapport aux normes en vigueur et du respect des règles de l’art sur le
chantier. Ce contrôle peut faire l’objet de l’établissement d’un rapport en vue de l’obtention de la
garantie décennale de l’ouvrage auprès des assurances.
La mission de contrôle en vue de l’assurance est strictement réservée aux bureaux de
contrôle agréés par les assureurs ( SOCOTEC, VERITAS ).

1-6 : La mission de l’entrepreneur


La mission dévolue à l’entrepreneur est l’exécution des travaux en conformité avec les
plans, les pièces écrites, les normes de construction et les règles en vigueur.
L’exercice de la profession d’entrepreneur est soumis à l’agrément préalable du ministère
compétent. Il est réputé techniquement compétent dans son domaine d'’ntervention et il est
responsable de la solidité et de la qualité des travaux qu’il exécute.
L’entrepreneur est la personne physique ou morale chargée de l’exécution des travaux
conformément aux documents contractuels et réglementaires.

Les Obligations de l’entrepreneur :

• Garantie d’achèvement des travaux en conformité avec les dispositions du marché,


• Respect des normes et règles de l’art,
• Garantie de bon fonctionnement et solidité des ouvrages,
• Respect des règles d’hygiène et de sécurité,
• Il est responsable, vis à vis du Maître d'Ouvrage, de la qualité de l'ouvrage exécuté

39
• Dans le cadre des travaux routiers, respect des normes, des règles de l'art et des règles
d'hygiène et de sécurité selon les conditions du marché,
• L'entrepreneur est donc responsable de la sécurité de toutes les activités sur le chantier.
Il doit prendre toutes les dispositions pour assurer une bonne signalisation du chantier.
Il assumera toutes responsabilités en cas d'accident ou dommage survenu par manque ou
insuffisance de signalisation,
• Tous les plans préparés par l'entrepreneur pour l'exécution des ouvrages, doivent avoir
l'approbation de l'ingénieur avant usage.

Les droits de l'entrepreneur :

• Présenter des décomptes à tout moment,


• Demander une avance de démarrage,
• Réévaluer les prix unitaires en cas de modifications importantes du volume des travaux,
• Exonérations ( selon accord des deux parties ) des droits de douane et taxes pour
l’aquisition des équipements importés,
• Demander la réception des ouvrages,
• L'entrepreneur peut saisir le Maître d'ouvrage en cas de litige avec le contrôleur.

L ’E N T R E P R E N E U R
l’en trep re n eu r e st la p erso n n e p h y siq u e
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CEFOC

40
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CEFOC

Les obligations
de l’entrepreneur
dans le cadre des travaux d’entretien routier
respect des normes et règles de l’art
(conditions du marché)

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tous les
les plans
plans préparés
préparés par
par l’entrepreneur
l’entrepreneur pour
pour l’exécution
l’exécution des
des
ouvrages, doivent avoir l’approbation de l’Ingénieur avant
ouvrages, doivent avoir l’approbation de l’Ingénieur avant usage.usage.
L’approbation
L’approbation nene change
change en en rien
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la responsabilité
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l’entrepreneur
l’entrepreneur relative
relative àà la
la conception
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CEFO C
Les obligations
de l’entrepreneur
dans le cadre des travaux d’entretien routier
garantie de bon fonctionnement et solidité de l'ouvrage
(conditions du marché)

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L’Ingénieurdoit
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l’Entrepreneur et
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les malfaçons qu’il détecte. Ces vérifications ne doiventpas
malfaçons qu’il détecte. Ces vérifications ne doivent pas
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les responsabilités
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CEFOC

Les obligations
de l’entrepreneur
dans le cadre des travaux d’entretien routier
respect des règles d'H ygiène et Sécurité
(conditions du m arché)

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la sécurité
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survenu par m anque ou insuffisance de signalisation
survenu par m anque ou insuffisance de signalisation

CEFOC

42
Les droits
de l'entrepreneur
• demander une avance de démarrage
• présenter des décomptes mensuels
• facturer tous travaux supplémentaires non prévus au marché
• réévaluer les prix unitaires en cas de modification importante
du volume de travaux
• bénéficier des exonérations des droits de douanes et taxes lorsque
le financement le permet (IDA, BAD, …)
• demander la réception de l'ouvrage

L'entrepreneur
L'entrepreneur peut
peut saisir
saisir le
le maître
maître dd ’ouvrage
’ouvrage
en
en cas
cas de
de litige
litige avec
avec le
le contrôleur
contrôleur
CEFOC

L es droits de
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CEFOC

43
Les droits de le paiement des
l’entrepreneur prestations

Le Maître d’Ouvrage doit


payer les sommes qui
peuvent être payables aux
échéances et de la manière
stipulées dans le marché.

décomptes
décomptesmensuels
mensuels
délai
délaide
depaiement
paiementdes
desacomptes
acomptes::30
30jours
jours
suivant
suivantlalaremise
remisede
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chaquedécompte
décompte
CEFOC

L ’A D M IN IS T R A T IO N

L ’adm in istratio n est to u te au tre p erso n n e p u b liq u e


ou m orale q u e les interv enan ts ci-d essu s défin is

CEFOC
44
1-7 : Autres intervenants

Il existe d’autres intervenants dont les missions seront détaillées dans les prochains
chapitres. Ce sont entre autres :
• les laboratoires,
• les banques.
• les assurances,

1-7-1 : Rôle et importance des Laboratoires dans la construction.

Introduction.

La réalisation d'un projet de construction de génie civil répond aux objectifs de


• qualité,
• de coût,
• de délais,
• de sécurité et de pérennité de l'ouvrage pendant toute la durée de vie.

Pour atteindre ces objectifs, il est nécessaire de planifier des actions de conception, de
construction, de suivi et de maintenance pour maîtriser les propriétés et les lois de comportement
des sols et des matériaux utilisés, ceci grâce à l'exécution de mesures et d'essais en laboratoire ou in
situ.
Le laboratoire joue un rôle important dans la mise en œuvre des matériaux et dans
l'assurance qualité exigée par les assurances en vue d'une garantie décennale.

Qu'est-ce qu'un Laboratoire d'essais ?


Le Laboratoire est une entreprise qui a pour mission d'assurer la qualité des matériaux
suivant un ensemble d'actions préalables et systématiques.
Le Laboratoire doit être agréé ou accrédité par certification selon la normalisation
internationale ISO 9002 d'assurance qualité pour le contrôle et les essais. Cette certification est
délivrée par les organismes certificateurs ( exemple l'Association Française pour l'assurance qualité
AFAQ, ou d'autres comme les Associations Anglaise LRQA et Allemande DQS )
Le Maître d'œuvre et l'entrepreneur peuvent s'appuyer sur les compétences d'un laboratoire
d'essais afin d'assurer au Maître d'ouvrage un produit fiable selon un plan d'assurance qualité ( PAQ
).

Missions confiées au Laboratoire :


• Participation à l'élaboration des dossiers de consultation des entreprises ( DCE ) et aux
commissions d'appel d'offres, par la formulation des normes de réalisation,
• Etudes des sols et des matériaux de construction,
• Contrôle de la qualité des matériaux de construction et de leur mise en œuvre,
• Etudes d'auscultation sur :
- les infrastructures de transport
- les ouvrages d'art, les bâtiments et les barrages,
• Opérations de contrôle technique pour fournir aux assureurs toutes les informations
nécessaires à l'appréciation du risque.

Missions de normalisation des risques :


Les missions de normalisation des risques confiées au Laboratoire sont :
• Vérification des plans et documents techniques,

45
• Examen des sols de fondation des ouvrages,
• Contrôle de l'exécution des travaux par sondage,
• Définition des programmes d'essais, supervision et interprétation des résultats,
• Contrôle technique des installations et de leur fonctionnement.

Missions d'examens des dispositions contre les risques d'incendie et de panique :


• Avis technique sur les plans d'architecture,
• Etablissement de rapport préliminaire pour dossier de délivrance de permis de construire,
• Vérifications finales préalables à la mise en service de l'ouvrage (rapport de contrôle ).

Missions de recherche appliquée, formation et information :


• Développement éventuel de modèles locaux.

Missions d'expertise des études et travaux d'audit de la qualité :


• Vérification sur la documentation du projet,
• Vérification sur les ressources humaines et organisationnelles affectées au projet,
• Vérification sur les ressources matérielles.

Les progrès réalisés en matière d'essais de Laboratoire.


Ces progrès ont été rendus possibles grâce à :
• L'uniformisation des standards ( méthodes d'essais ou normes ) avec la mondialisation ou
globalisation,
• L'uniformisation des processus d'acquisition et d'exploitation des données ( chaînes de
mesure et d'acquisition ),
• L'application des techniques métrologiques pour la gestion des moyens de mesure,
• L'application des méthodes statistiques et probabilistes pour l'exploitation des résultats (
répétitivité et reproductibilité des essais…),
• L'innovation des méthodes de prélèvement et de préparation des échantillons,
• Les techniques innovantes en matière de précision des appareils de mesure de masse, de
déplacement, de force ( instrumentation virtuelle,.),
• Les techniques innovantes en matière d'acquisition et traitement automatique des données
par l'usage des densimètres et des humidimètres nucléaires de types USA ( TROXLER et
CAMBELL ). Ce matériel est soumis à des étalonnages et des vérifications périodiques et
à des règles strictes de radioprotection.

Conclusion
Au regard de la spécificité de l'environnement scientifique, technique, physique et
économique de nos pays caractérisés principalement par :
• Un état limité des connaissances sur les matériaux locaux,
• Une utilisation de nouveaux matériaux de construction ou de nouvelles techniques non
encore éprouvées,
• Un manque de maîtrise de la notion d'assurance qualité par les différents partenaires,
• Un faible niveau de qualification des entreprises locales
• Des ressources financières limitées allouées aux projets,
• Etc…..

Le rôle des Laboratoires et organismes d'études et de contrôles s'avère très important et même
complexe.
Les exigences actuelles imposent aux laboratoires et organismes d'études et de contrôle de
dépasser leurs rôles classiques d'expérimentateur, de concepteur et de contrôleur; afin de jouer un
rôle plus déterminant et dynamique dans les domaines de la recherche appliquée, de la formation et

46
de l'information et enfin de la gestion de la qualité. C'est seulement à ce prix qu'ils pourront mieux
remplir leur rôle et contribuer ainsi à répondre aux problèmes d'assurance et de responsabilité
décennale.

1-7-2 : Relations Banques / Entreprises de travaux publics.

L' entreprise est une entité de production de biens ou de services. Elle survit par ses
bénéfices.
La banque est aussi une entreprise. Sa profession est de recevoir des fonds qu'elle va
employer en opérations de crédit ou de placement en recouvrant au passage ces capitaux par un
taux d'intérêt.
Un marché est un accord ou une transaction entre deux ou plusieurs individus sur la base
d'une série de clauses.
Parmi les acteurs qui se partagent le marché, nous avons :
• Les grosses entreprises
• Les petites et moyennes entreprises dont le manque crucial de fonds propres et de
personnel qualifié est remarquable.
En fonction des mouvements dans le système bancaire et des mutations de l'environnement
financier et juridique dans nos états, certaines banques disparaissent parfois prématurément alors
que d'autres font leur apparition.
La privatisation poussée du système bancaire ouvre un nouveau courant de relations où la
quête permanente de la rigueur et de l'excellence suscite une meilleure gestion dans les entreprises.
Cependant, elle limite le volet des risques longs dans le financement. L'aiguisement de la
concurrence voit se développer de plus en plus l'aspect communication dans les relations banques /
entreprises.
Toutefois, dans le cadre du renforcement de la surveillance des banques et établissements
financiers, de nouvelles règles prudentielles ayant pour objectif de mieux garantir la sécurité des
déposants et de préserver la stabilité du système bancaire ont été mises en vigueur dans les états.

Le Financement des entreprises dans l' exécution des marchés des travaux.

Dans le cadre de marchés de travaux, la banque devra, avant de s'engager à apporter ses
concours à l'entreprise depuis l'obtention du marché jusqu'à sa réalisation ( réception définitive ),
avoir préalablement mesuré les risques liés à :
• La rentabilité du marché
• La capacité de l'entreprise à exécuter le marché ; L'entreprise sera appréciée à partir de :
Références techniques, liste du matériel, qualité des effectifs, plan de trésorerie ( voir les
trois derniers bilans ).
Son chef d'entreprise à travers ( sa moralité, ses capacités managériales, sa surface
financière, sa tenue des engagements, etc…)
• La capacité de la source de financement à payer les décomptes qui seront présentés.

La négociation des financements auprès du banquier doit se faire avant le démarrage effectif
des travaux. Les discussions se mèneront autour d'un plan de trésorerie. La maîtrise de ce
plan est importante pour la crédibilité de l'entrepreneur. Il donne la mesure de sa capacité à
gérer l'affaire.

47
Les Techniques de Financement.
En règle générale, les entreprises adjudicataires de marchés de travaux sollicitent leur
banque soit en signature pour couvrir des engagements vis-à-vis du maître d'ouvrage, soit en
trésorerie pour accélérer le rythme des travaux.

Parmi les techniques de financement, nous retenons :

Les crédits par signature ou cautions. Leur valeur varie de façon proportionnelle à la valeur
du marché ( exemple 3% de la valeur ). Les titulaires de marchés publics doivent fournir, selon
les clauses du marché, des cautions pour garantir sa bonne exécution, le remboursement des
avances consenties, les sommes dues au sous-traitant, etc…

Les principales cautions sont :


Caution d'adjudication . Le montant de cette caution varie entre 1 et 3 % du montant de la
soumission. Sa validité court jusqu'à l'adjudication du marché ( 28 jours en général après la
validité des offres ). Elle peut être prorogée en cas de besoin.
Caution définitive. Cette caution de 3 % maximum du montant du marché assure le maître
d'ouvrage du soutien que la banque apportera à l'entrepreneur
Caution ou garantie d'exécution. Cette caution couvre aussi le maître d'ouvrage au cas où
l'entrepreneur manquerait à ses obligations contractuelles elle contient à la fois les effets d'une
caution définitive et d'une caution retenue de garantie. Elle a par conséquent une valeur plus
élevée ( en général de 10 % du marché ) et une validité plus longue.
Caution de retenue de garantie. Cette caution est délivrée après la réception provisoire des
travaux. Elle garantit le Maître d'ouvrage contre les malfaçons qui pourront apparaître après la
réception provisoire et ce jusqu'à la réception définitive ( de 6 mois à 1 an ). Grâce à cette
caution, l'entrepreneur bénéficie des retenues opérées par le Maître d'ouvrage et limitées à 10 %
du marché. Cela permet d'améliorer sa trésorerie.
Caution d'avance de démarrage ou de restitution d'acompte. Cette caution permet à
l'entreprise de recevoir du Maître d'ouvrage une avance pour démarrer les travaux. Compte tenu
de l'importance des besoins pour un bon lancement des travaux du secteur BTP, cette avance
est nécessaire. Elle permet à l'entrepreneur de " préparer " dans de meilleures conditions son
chantier ( installation, approvisionnement, etc…).
Caution d'avance sur approvisionnement. Dans les marchés importants, cette caution
permet à l' entreprise de mobiliser le montant des matériaux déposés sur le chantier et qui
concourront à l'exécution du chantier.

Les crédits par trésorerie. ( Le coût des opérations repose sur le taux bancaire environ 9%. Il
est augmenté de la marge d'intermédiation ( 0 à 5 points ). Dans tous les cas ce coût ne doit
dépasser le taux d'usure actuellement fixé pour les banques à 18 % ). Parmi les crédits par
trésorerie, nous retenons:
Le crédit de préfinancement. Il ne repose sur aucune créance, il n'est pas garanti et présente
de ce fait un risque très élevé pour le banquier.
Le crédit de mobilisation. Ce crédit se met en place à partir d'un décompte de travaux
approuvés revêtu de toutes les signatures ( entreprise, Maître d'œuvre, Maître d'ouvrage ou son
représentant ).
Le crédit d'investissement. Ce crédit finance exclusivement les investissements nécessaires à
l'entreprise : achat de matériel, construction immobilière, etc…Sa décision suppose la maîtrise
des perspectives à moyen terme de l'entrepreneur. Pour se couvrir des différents risques que lui
font courir ses partenaires entrepreneurs, les banques prennent préalablement à tous
engagements, des dispositions que l'on appellera garanties ou sûretés.

48
Les Garanties spécifiques aux marchés publiques.

Le nantissement de marché. Pour financer le marché par des cautions ou des avances, la
banque exigera le nantissement ou la domiciliation dudit marché. Cela consiste à prendre en
garantie les créances à venir de l'entreprise c'est-à-dire les décomptes. La banque se subroge les
droits de l'entrepreneur pour percevoir la totalité des paiements prévus dans ses livres. Le coût du
nantissement est de TTC = 3 % du marché, prévoir droit fixe d'enregistrement de 40000 fcfa ( au
Burkina ) et frais de timbre = 400 fcfa par feuille ; frais d'acte de 20000 fcfa. Cette procédure est
notifiée par voie d'huissier selon tarif et réglementation en vigueur avec un versement de 18000 à
30000 fcfa de l'exemplaire au comptable chargé du paiement.

Caution personnelle et solidaire. C’est un acte par lequel la caution est engagée à
s’exécuter en cas de défaillance du débiteur principal, qui est l’entrepreneur. Cette caution peut
couvrir le chef d’entreprise ou un tiers.

1-7-3 : Le rôle des assurances dans la construction

Les principales assurances qui intéressent les intervenants dans la construction sont:
- l’assurance TOUS RISQUE CHANTIER ( T.R.C.)
- l’assurance RESPONSABILITE CIVILE DECENNALE ( R.C.D.)

1-7-3-a) L’assurance TOUS RISQUES CHANTIER ( TRC )

Cette assurance sera exigée dès l’ouverture du chantier.

a ) les assurés

- Le maître de l’ouvrage;
- Le maître d’oeuvre
- Les entrepreneurs ;
- Les bureaux d’études techniques
- Les architectes et les techniciens

b ) objet et étendue de la garantie

b1 : pendant la période des travaux jusqu’à la réception provisoire:


• les dommages à l’ouvrage résultant notamment:
- d’incendie, explosion, foudre;
- de vols;
- de phénomènes naturels tels que: tempête, ouragan, cyclone, crues et inondations,
glissement de terrain, tremblement de terre, éruptions volcaniques, raz-de-marée;
• extension aux biens:
- baraquements et entrepôts de chantier;
- matériels et engins de chantier;
- existants;
• extension aux événements:
- grèves, émeutes, mouvements populaires;
- erreur de conception;
- expédition à grande vitesse.

49
b2: pendant la maintenance, 12 mois à compter de la réception provisoire:
• Tous dommages accidentels ou pertes subis par les biens assurés sur le site du chantier qui
proviendraient exclusivement d’incidents par suite de négligence, maladresse, fausse
manoeuvre:
- Causés par les assurés lorsqu’ils reviennent sur le site pour l’accomplissement des seules
obligations contractuelles;
- Ou résultant d’une mise en oeuvre défectueuse dont le fait générateur est antérieur à la
date de réception provisoire et sans avoir été décelé avant cette date et ayant pris
naissance sur le chantier.

b3 : pendant toute la durée de la police:


Les frais de déblais et de démolition consécutifs à un sinistre garanti par la police.

1-7-3-b) L’Assurance RESPONSABILITE CIVILE DECENNALE ( RCD)

a ) fondement:
L’assurance RCD tire son fondement des deux articles suivant du code civil :
- Article 1792 : Si l’édifice périt en tout ou partie par le vice de la construction, même par le vice
du sol, les architectes, entrepreneurs et autres personnes liées au maître de l’ouvrage par un contrat
de louage d’ouvrage en sont responsables pendant dix ans.
- Article 2270 : Les architectes, entrepreneurs et autres personnes liées au maître d’ouvrage par un
contrat de louage d’ouvrages sont déchargés de la garantie des ouvrages qu’ils ont faits ou dirigés
après dix ans s’il s’agit de gros ouvrages, après deux ans pour les menus ouvrages
Ces deux articles instituent l’obligation qui pèse sur la tête de tout intervenant dans les
travaux de construction.
Compte tenu du coût généralement élevé des constructions, ne pouvant prendre le risque de
répondre d’un sinistre sur leurs patrimoines, les intervenants dans la construction ont pris l’habitude
de transférer la charge de l’obligation imposée par le législateur sur la tête de l’assureur par le biais
de l’assurance RCD.

La période de garantie est de 10 ans après la réception définitive.

b ) les assurés
Les architectes, techniciens, maîtres d’oeuvre, bureaux d’études techniques et entrepreneurs
désignés pour la construction, qu’ils aient passé contrat avec le maître de l’ouvrage ou bien qu’ils
soient sous - traitants.

c ) que couvre la garantie décennale:


Le contrat garantit:
• l’indemnisation des dommages matériels à la construction trouvant leur origine dans le gros
oeuvre compromettant la stabilité ou la solidité de la construction et engageant la responsabilité
décennale des assurés telle que définie par les articles 1792 et 2270 du code civil.
• l’indemnisation des frais occasionnés par la menace d’effondrement du gros oeuvre et
nécessaire à la sauvegarde de la construction;
• les frais de démolition et de déblaiement nécessités par les sinistres.

1-7-3-c) Le rôle de l’organisme de contrôle

En assurance TRC comme RCD, les garanties de l’assureur sont subordonnées au contrôle
des plans et des travaux par un organisme de contrôle technique agréé par l’assureur (SOCOTEC,
VERITAS, ...)

50
Le contrôle doit être exercé depuis l’origine des travaux et comprendre au minimum:
• l’examen, préalablement à l’exécution des travaux, des plans, du cahier des charges et des autres
documents permettant d’apprécier les risques encourus;
• le contrôle technique de ces plans et documents;
• le contrôle de l’exécution des travaux;
• la présence à la réception de l’ouvrage assuré des représentants de l’organisme de contrôle.
L’assureur n’étant pas un professionnel de la construction, il se base sur l’appréciation
technique faite par l’organisme de contrôle pour délivrer ou ne pas délivrer sa garantie.
En matière de décennale, la convention entre le souscripteur ( ou l’assuré ) et l’organisme
de contrôle devra faire obligation à celui - ci de:
• établir à l’intention de l’assureur le rapport technique préliminaire de définition du risque
décrivant les travaux contrôlés et assurés ainsi que ses éventuels compléments;
• répondre à toute demande d’information de l’assureur et lui transmettre éventuellement toute
pièce du dossier qu’il jugerait utile;
• signifier aux assurés tous défauts ou manquements de nature à compromettre la stabilité ou la
solidité de l’ouvrage assuré ou constituant un manquement aux règles de l’art ou encore
aggravant les risques tels qu’ils ont été définis lors de la souscription du contrat; en particulier,
toute réalisation de travaux de gros oeuvre entreprise sans que des plans d’exécution ou des
documents fixant, si nécessaire, le mode opératoire des travaux n’aient été préalablement établis
et reconnus valables par le bureau de contrôle;
• prévenir immédiatement l’assureur :
- du refus des assurés de remédier, à leurs frais, à toute situation dénoncée.
- de la suspension du contrôle de tout ou partie des travaux assurés;
- de toute situation aggravant les risques, en particulier arrêt des travaux supérieur à un
mois, sinistre, faillite;
• prévenir l’assureur de la date de réception provisoire de l’ouvrage ou de la date d’occupation ou
de mise en service si celle - ci a lieu avant la réception provisoire.
• transmettre à l’assureur le rapport final des travaux précisant les réserves éventuelles signifiées
aux constructeurs afin que l’attestation de prise en charge puisse être rédigée par l’assureur.

Les aspects suivants sont exclus :


Les dommages intentionnels,
Tous dommages ne prenant pas son origine dans le gros-œuvre et affectant le second- œuvre,
Les dommages résultant d’incendie ou d’explosion,
Les dommages résultant de mouvement du sol provenant d’exploitation minière,
Les évenements naturels à caractère catastrophique,
Les conséquences d’une explosion ou pollution atomique,
Les dommages résultant d’un défaut d’entretien, d’un usage normal, de l’usure ou du
vieillissement normal,
L’inexécution des travaux de parachèvement auxquels sont tenus les entreprises et leurs
conséquences,
Les grèves, émeutes, mouvements populaires,
Les modifications ultérieures à l’achèvement de la construction,
Les dommages ayant leur origine dans l’objet même des réserves techn,iques précises notifiées
antérieurement à la réception des travaux ou lors de celles-ci par le bureau de contrôle agréé
tant que celui-ci ne les aura pas levées.

Les exclusions rachetables

Dommages matériels dus à un défaut d’étanchéité


Les sommes assurées comprennent :
• Gros œuvres
51
• Second œuvre
• Equipements de bâtiments
• Frais d’études

Tableau Synoptique de procédure de souscription.

Date Documents à Documents à Fournir par Paiement par


Fournir par l’assuré l’assureur L’assuré.
Démarrage
Des travaux.
Pendant Tx Questionnaire décennale Note d’acceptation 15% prime
Rapport des risques provisoire provisionnelle
Bureau de contrôle Conditions générales de la
police
Réception des Rapport final de travaux Attestation de prise en 85% prime
Travaux bureau contrôle charge provisionnelle
1 mois après Copie du procès verbal de
réception
3 mois après Déclaration du Mopntant Etablissements et signatures Complément de prime
définitif des travaux. des conditions particulières égal à la différence
entre la prime prévue
et la prime définitive
6 mois après Si les conditions ne sont pas
respectées, il faut une lettre
de demande
De documents

Durée des travaux Maintenance 12 mois Garantie Décennale = 10 ans


24 mois

R.P. R.D. PERIODE GARANTIE 10 ans

Début des Travaux Réception Provisoire Réception Définitive

T.R.C.

52
53
MAÎTRE D’OUVRAGE
Le Maître d’ouvrage délégué agit
par délégation ; Le Maître d’ouvrage exprime
Il supervise et coordonne les l’intention de réaliser l’ouvrage ;
opérations ; Il définit le programme à réaliser ;
Il prépare les dosssiers et vérifie la Il élabore le DCE, évalue le budget et
conformité ; cherche les financements ;
Il participe aux réceptions des Il doit trouver le terrain où sera réalisé
ouvrages l’ouvrage ;
Il assure l’exploitation de l’ouvrage

( MAÎTRE D’OUVRAGE DELEGUE )

BANQUE
BAILLEURS DE FONDS
Sources de Financement des
projets

DCE

MAÎTRE D’ŒUVRE ENTREPRENEUR


Il travaille pour le compte du Maître Il a les compétences requises pour
d’ouvrage ; réaliser les ouvrages ;
Il assure la conception et la faisabilité ; Il est responsable de la qualité et
Il assure les dispositions constructives Relation de chantier de la solidité des ouvrages ;
et réglementaires, élabore le DCE ; ou Il répond des risques d’exécution
Il conseille le Maître d’ouvrage ; Mission de Contrôle et de garantie des ouvrages.
Il assure le suivi et contrôle des
travaux ;
Il fait la réception des ouvrages.

*BANQUE *BANQUE
*ASSURANCE *ASSURANCE

*LABORATOIRE DE CONTRÔLE *LABORATOIRE DE CHANTIER


Le laboratoire de chantier est sous la
Le laboratoire de contrôle assure la qualité et la responsabilité de l’entreprise ;
normalisation des ouvrages ; Il assure la qualité de la production ;
A travers les essais, il assure la sécurité et la Il garantit la sécurité et la pérennité des
pérennité des ouvrages à long terme ; ouvrages à long terme.
Il participe à l’élaboration du DCE, la réception,
le contrôle et la vérification des ouvrages ;
Il effectue de la recherche appliquée.

54
* Ministères
Maîtres d’ouvrages = * Collectivités locales (Mairies et Assemblées départementales )
* Sociétés ou Entreprises
* Particulier

8. Naissance d’un Projet ( Maître d’ouvrage )


Méthodologie de Diagnostic

9. Termes de Référence ( TDR ) ou Programmation ( Maître d’ouvrage & Maître d’œuvre )

10. Etudes et Conception du Projet ( Maître d’œuvre )

11. Dossier de consultation des Entreprises ( DCE ) ( Maître d’ouvrage & Maître d’œuvre )

12. Passation ou Dévolution du Marché ( Maître d’ouvrage & Maître d’œuvre )

13. Suivi et Contrôle des travaux ( Entreprise & Maître d’œuvre & Maître d’ouvrage )

14. Réception des travaux ( Entreprise & Maître d’œuvre & Maître d’ouvrage )

55
Chapitre 2 : Les documents techniques et administratifs des
contrats d’études et de travaux

2-1 : Définition de programme et T.D.R.


2-1-1 : Le contenu du programme ou des termes de
références
2-1-2 : Les données
2-1-3 : Les besoins
2-1-4 : Les contraintes
2-1-5 : Les exigences
2-1-6 : Le coût global
2-1-7 : La présentation du dossier de programme

Chapitre 2 : Les documents techniques et administratifs des contrats d’études


et de travaux

2-1 : Définition de programme et TDR.

La programmation est la prévision des besoins à satisfaire pour que l’ouvrage :


réponde à la destination projetée ;
constitue l’utilisation optimale des moyens financiers ;
s’articule dans les meilleures conditions aux éléments du site et de l’environnement.

Le programme est l’affaire du maître d’ouvrage. Il peut être élaboré par :

la collectivité maître d’ouvrage


services techniques de ville
les services techniques de l’état
un organisme de conseil ou d’étude ;

Un programme doit précéder la réalisation de tout projet d’infrastructures, sinon il y a :


confusion au niveau des responsabilités
risque de répétition de réalisations déjà faites
improvisations des dépenses et dépassements de crédits
risques de réalisation de projets non fonctionnels.

Le mot « programme » est surtout utilisé lorsqu’il s’agit de réalisation d’édifices. Dans les cas
de projets de construction de routes, pistes, barrages, aménagements hydroagricoles, on parlera
plutôt de « termes de références » (T.D.R.).

2-1-1 : Le contenu du programme ou des termes de références.

Le conducteur d’opération désigné par le maître d’ouvrage pour élaborer le programme, sera
chargé de recueillir tant auprès du maître de l’ouvrage que des différentes autorités intéressées, les
éléments nécessaires à la détermination des données, des contraintes, des exigences et du coût
global.
Le contenu du programme est la pièce maîtresse de l’opération et regroupe :
56
Le préambule qui résume la fixation des objectifs par le Maître d’ouvrage
La présentation de l’opération ( la nature, les acteurs, l’historique,…)
Les objectifs qualitatifs ( service à rendre, qualité du cadre bâti, …)
Le contexte physique et urbain de l’opération ( voir le schéma directeur d’aménagement urbain
( SDAU ), Le plan d’occupation du sol ( POS ), Le plan d’aménagement Zonal (PAZ ).
Les contraintes et les exigences ( techniques, environnementales, délais, budgétaires,…)
Ces éléments se résument à travers :
• Les données
• Les besoins
• Les contraintes
• Les exigences
• Le coût global

2-1-2 : Les données

Elles concernent le site et l’environnement.


a) Situation générale du terrain - plan de situation :
- informations sur les voies et réseaux existants ;
- plans topographiques.
b) Relevés d’ordre géographique, climatique, hydrologie, sismique, ...
- relevés météo - pluviométriques - crues.
- sens des vents et pluies,
- carrières ;
- nuisances.
c) Premières reconnaissances du sol et du sous-sol ;
- taux de travail du sol ;
- présence de nappe phréatique.

2-1-3 : Les besoins.

Il s’agira pour le rédacteur du programme :


a) d’exprimer en termes aussi quantifiés et objectifs que possible ;
- les surfaces, volumes, débits ;
- nombre de postes de travail, accès, schémas de circulation, nécessaires à la couverture
des besoins fonctionnels.
Cet inventaire sera établi à partir d’enquêtes, de rencontres, d’interviews, de sondages auprès :
- des utilisateurs ( cadres, personnels )
- des usagers ( visiteurs, public )
- des voisins ( nuisances )
b) d’aider le maître d’ouvrage à formuler ses souhaits en matière de coût, délai et qualité de
réalisation des ouvrages.

2-1-4 : Les contraintes

Il s’agit des réglementations à respecter, notamment celles d’ordre :


• technique : servitudes radioélectriques, servitudes aéroportuaires, ...
• urbanistique :
- règles d’urbanisme, permis de construire ou plan d’occupation du sol ( POS )
- servitude d’utilité publique ( protection des points d’eau )
- servitude de passage
- zones inondables
• écologique

57
• sanitaire
• économique
• architecturales :
- typologie des clôtures, murs, VRD
- quota des places de parking et aménagements des espaces verts.
- obligation d’usage ou exclusion de certains matériaux.

2-1-5 : les exigences

Il s’agit de dresser des conditions restrictives imposées au maître d’œuvre par le seul maître de
l’ouvrage :

a) exigences techniques ( exemples ):


• type d’usine de traitement des résidus urbains;
• seuils minimaux de résultat à obtenir ( niveau de qualité exigible des ouvrages à concevoir ou
performances à atteindre) :
- pour les infrastructures ( voirie )
- pour les structures (isolation )
- pour les équipements ( climatisation )
- pour les aménagements ( revêtements de sols )

b) exigences d’aménagements:
• aires de circulation ; de stationnement;
• cheminement des piétons, des cyclistes (trottoirs );
• aires gazonnées ; plantations.

c) exigences architecturales:
• matériaux de couleur prenant en compte les caractéristiques locales.

d) exigences de fonctionnement:
• gardiennage, contrôle sécurité, incendie, vol;
• évacuation, détection, signalisation, entretien.

e) exigences opérationnelles:
• dates impératives éventuelles de mise en service des ouvrages;
• partition en groupes et sous-groupes d’ouvrages.

f) exigence financière :
• enveloppe financière.

2-1-6 : le coût global

Il s’agit de déterminer l’ensemble de tous les coûts du projet liés à :


• L’élaboration des termes de référence
• L’élaboration des études de faisabilité ou des esquisses
• Coût de libération du site Coût d’objectif
• Coût des études
• Coûts estimatifs des travaux
• Coûts d’exploitation de l’ouvrage : maintenace, exploitation, etc…
2-1-7 : la présentation du dossier de programme

58
Un dossier de programme comprend des documents écrits et des pièces dessinées.
les documents écrits
a) le mémoire explicatif: il contiendra essentiellement:
- les généralités ( données )
- la situation actuelle ( données )
- la situation future ( besoins; exigences )
- les dispositions techniques projetées ( besoins; exigences; contraintes )
- l’économie du projet ( coût global )

b) une note de calculs ( éventuellement )


- pour justifier en particulier les besoins et les exigences imposés au futur concepteur;
- pour préciser les hypothèses prises.

c) les pièces dessinées


- un plan de situation
Extrait de carte au 1/50 000 , au 1/100 000 ou au 1/200 000
- un plan d’ensemble - ( plan de masse )
1/100 pour bâtiments
1/5 000 AEP - irrigation
1/25 000 CES - drainage.

Chapitre 3 : Les marchés publics d'études et de travaux

3-1 : Les différentes étapes dans l'élaboration d'une étude


de projet
3-1-1 : Les éléments normalisés des missions
d’ingénierie
3-2 : Le contenu d'un dossier d’étude
3-2-1 : L’étude de faisabilité
3-2-2 : Les Esquisses
3-2-3 : L’Avant projet sommaire ( APS )
3-2-4 : L’Avant projet détaillé ( APD )
3-2-5 : Le Projet d’exécution
3-2-6 : Le dossier de consultation des entreprises
(DCE )

59
Chapitre 3 : Les marchés publics d’études et de travaux

Missions et Contrats de Contrôle technique des travaux :

Le Ministère chargé de la construction est habileté d’établir les agréments aux experts en la
matière selon la réglementation en vigueur dans le corps de métier respectif. Les interventions de
contrôle technique sont exigées pour des cas particuliers (dossiers d’assurance )

Les missions et contrats de contrôle consistent à :


* Vérifier la solidité de l’ouvrage
* S’assurer de la sécurité des personnes
* Vérifier le plan de récolement et les procès verbaux des essais.

Les actes délivrés par le contrôleur technique sont :


* Les procès verbaux
* Les actes d’information adressés au Maître de l’Ouvrage
* Les pénalités de retard adressées à l’Entrepreneur avec copies au Maître de l’Ouvrage.

La loi exige que le contrôleur soit lié au Maître de l’Ouvrage par un contrat, dont la passation
sera faite dans les règles d’attribution des marchés.
* Appel d’offre ouvert avec publication dans le journal officiel
* Marché négocié
* Lettre de commande
* Contrat privé de contrôle technique
Les pièces constitutives du dossier sont : l’APS ; le CCAG ; le CCTG ; e CCTP.
Toute sous-traitance ne peut se faire qu’avec un organisme agréé reconnu par le Maître de
l’Ouvrage.

Les Missions et Contrats de coordination des travaux :


Cette activité intègre l’ordonnancement, le pilotage et la coordination ( l’OPC ) qui comprend les
Missions suivantes :

A ) La préparation de la phase de consultation des Entreprises :


* L’organigramme des intervenants.
* Le schéma de diffusion des informations
* Le projet de plan d’installation de chantier
B ) Coordination des différentes phases des travaux :
* Identification des contraintes technico – administratives
* Coordination des réunions inter – Entreprises.
* Tenue du journal de chantier avec le Maître d’œuvre
C) Coordination et pilotage pendant les travaux
* Etablissement des calendriers par tâches élémentaires de commande, de travaux et de fabrication
* Suivi des avancements en % du volume initial
D) Coordination de l’achèvement des travaux
* Visites de réception des travaux
Réserves si nécessaire et planifier avec l’Entreprise les périodes de réfections des ouvrages
* Rapport de fin des travaux et repli du chantier
E) Coordination de la mise en service du bâtiment
* Exploitation et contrat de maintenance

60
F)Contrat de coordination : Les services techniques du Maître de l’Ouvrage peuvent assurer cette
mission. Cependant, un contrat de coordination peut être établi avec un Entrepreneur (Maître
d’œuvre ) qui peut à son tour et selon ses besoins, contacter un spécialiste sous – traitant.

Cotraitance et sous – traitance des études :

• Le co - traitant ou le sous – traitant agit pour le compte de la personne qui le mandate. Cette
transaction n’a pas de similitude avec le marché principal.
• Toutes les sanctions reviennent au signataire principal du marché qui répond face à son
donneur d’ordre.
• En cas de litige entre le sous – traitant et le Maître d’œuvre, le Maître de l’Ouvrage peut faire
l’arbitrage.

3-1 : Les différentes étapes dans l’élaboration d’une étude de projet

Dans la plus part des pays francophones, les marchés publics d’ingénierie et d’architecture sont
réalisés à partir de l’adaptation d’une reforme mise en place en France en 1973. Deux textes
essentiels régissent cette réforme:
- le décret du 28 février 1973 et l’arrêté du 29 juin 1973
- la directive d’application du 8 octobre 1973

a) la raison de la réforme de 1973


La raison de cette réforme est l’insuffisance constatée en matière d’études préalables à l’exécution
des travaux, ce qui se traduisait par:
- des sous-estimations fréquentes du coût de réalisation des ouvrages, notamment pour
faciliter le financement;
- des rôles et des responsabilités imprécis notamment sur la définition des notions de
maître d’ouvrage, maître d’oeuvre et d’entrepreneur;
- des commandes publiques d’ingénierie ne répondant pas à l’obligation de concurrence
en matière de marchés d’études;
- une rémunération inadaptée car le plus souvent forfaitaire et proportionnelle au montant
de l’estimation du projet.

b) les principes directeurs de la réforme


- élaborer une réglementation interministérielle des missions d’ingénierie et
d’architecture;
- préciser les rôles et affirmer les responsabilités du maître d’ouvrage, du maître d’oeuvre
et de l’entrepreneur;
- arrêter la définition et le contenu des diverses missions d’ingénierie et d’architecture
remplies par des « concepteurs »;
- fixer la consistance des documents d’études ( programme, avant - projet, projet ) et celui
des dossiers d’appel à la concurrence;
- inciter les concepteurs à réduire le coût total des ouvrages et à respecter un coût
prévisionnel de leur réalisation;
- rendre possible la mise en compétition des concepteurs;
- faire face aux cas les plus simples comme aux cas les plus compliqués.
3-1-1 les éléments normalisés des missions d’ingénierie

a) les missions de maîtrise d’oeuvre et de conception


Il existe six catégories de missions en fonction de la responsabilité de maître d’oeuvre:
1) la maîtrise d’oeuvre

61
2) la maîtrise d’oeuvre générale
3) la maîtrise d’oeuvre particulière
4) la conception
5) la conception générale
6) la conception particulière.

Ces missions sont elles-mêmes définies par une suite d’éléments de mission normalisés à
savoir:
1. A.P.S. = Avant Projet Sommaire
2. A.P.D. = Avant Projet Détaillé

3. S.T.D. = Spécifications Techniques Détaillées


4. P.E.O. = Plan d’Exécution des Ouvrages
5. D.C.E. = Dossier de Consultation des Entrepreneurs

6. A.M.T. = Assistance Marché Travaux

7. C.G.T. = Contrôle Général des Travaux


8. R.D.T. = Réception et Décompte des Travaux
9. D.O.E. = Dossier des Ouvrages Exécutés.

• Il s’agit là des 9 éléments normalisés d’un processus simple.


• Il peut s’y ajouter 4 éléments normalisés supplémentaires quand il y a lieu de choisir le
concepteur du projet au milieu de plusieurs experts en maîtrise d’oeuvre. Il s’agit là d’un
processus composé. Ces éléments s’appellent:

1. D.C.C. = Dossier de Consultation des Concepteurs

2. A.M.E. = Assistance Marchés Etudes

3. C.G.E. = Contrôle Général des Etudes

4. R.D.E. = Réception et Décompte des Etudes.

b) étendue de la mission

Le maître d’ouvrage doit préciser dans le détail la mission qu’il va confier à l’homme
de l’art:
- soit une mission ne comprenant que l’étude seulement sous forme d’avant projet ou de
projet prolongé par la consultation des entrepreneurs et la mise au point du marché de travaux :
c’est une mission de conception confiée à un concepteur;
- soit en plus de cette mission de conception, une mission de contrôle de l’exécution des
marchés de travaux et le règlement des entrepreneurs : c’est alors une mission de maîtrise
d’oeuvre.

On parle aussi de:


• mission complète : c’est une mission dont le contenu est suffisant pour mettre le concepteur ou
le maître d’œuvre en mesure de s’engager sur un coût d’objectif ( travaux + honoraires ). Elle
est assortie d’une incitation au respect de ce coût d’objectif. Elle apporte souvent une garantie
de fiabilité des estimations.
• mission partielle : il n’y a pas d’engagement sur un coût d’objectif ; la rémunération est fixée
forfaitairement à partir des éléments de mission mais avec un abattement de 10% des taux.

62
Ces missions s’exercent dans 4 domaines fonctionnels différents:

1. les infrastructures: réservoirs, routes, AEP, assainissement, irrigation, drainage,


barrages, ponts, éclairage;
2. les bâtiments: habitations, bureaux, constructions sportives et socio-éducatives;
3. les industries: silos, abattoirs, stations de pompage et traitement des eaux,
traitement des ordures ménagères;
4. la gestion.

LES DIFFERENTES CATEGORIES DE MISSIONS

Sigle Dénomination
A.P.S. Avant Projet Sommaire
A.P.D. Avant Projet Détaillé
S.T.D. Spécifications Techniques Détaillées
P.E.O. Plans d’exécution des Ouvrages
D.C.E. Dossier de Consultation des Entreprises
A.M.T. Assistance Marché des Travaux
C.G.T. Contrôle général des travaux
R.D.T. Réception et Décompte des Travaux
D.O.E. Dossier des Ouvrages exécutés

63
LES MISSIONS DE MAÎTRISE D’ŒUVRE

Avant Projet Avant ProjetPROJET


Sommaire Détaillé
D’EXECUTION
A.P.S. A.P.D. S.T.D. P.E.O. D.C.E. A.M.T.
C.G.T. R.D.T. D.O.E.
ETUDE & CONCEPTION MISSION DE CONTRÔLE
Des Travaux
MAÎTRISE D’ ŒUVRE GENERALE

Méthodologie
Naissance du Projet
de Diagnostic

Termes de Etudes de Dossier de


référence faisabilité Avant Consultation
ou Avant Projet des
Programme Projet détaillé Entreprises
Sommaire ( APD ) ( DCE )
Les ( APS )
Esquisses

Cahiers de Devis Plans


Spécifications
charges : quantitatif d’exécuti
techniques
• CCAG estimatif on des
détaillées
• CCTP des
( STD )
ouvrages
• CPS… Travaux ( PEO )
( DQE )

Assistance
Marché des
travaux
Dossier de ( AMT )
consultation
des
Entreprises Contrôle
( DCE ) général des
travaux
( CGT )

Réception et
décompte des
travaux ( RDT)

Dossier des
ouvrages
exécutés ( DOE

64
3-2 : le contenu d’un dossier d’étude

Au stade de la réalisation des ouvrages, la phase conception comprend les études ci-
après, classées par ordre de complexité croissante:
L’étude de faisabilité
les esquisses.
l’avant-projet sommaire ou A.P.S.
l’avant-projet détaillé ou A.P.D.
le projet d’exécution : spécifications techniques détaillées ( S.T.D. ) et plan d’exécution des
ouvrages ( P.E.O. )

3-2-1 : L’Etude de faisabilité du Projet

Réflexions préalables.

Le Maître de l’Ouvrage devra s’interroger sur plusieurs thèmes relatifs au projet telles que
la nécessité et la destination future de l’ouvrage ; par ailleurs , il devra veiller sur :

Le choix entre une réhabilitation de l’existant et un ouvrage neuf.


L’impact socio – politique et économique du projet.
L’analyse du projet par rapport au plan d’occupation du sol ( POS ).
Les Equipements complémentaires au projet ( parkings , moyens de transport , …)
L’estimation préliminaire du coût de l’ouvrage.
L’étude d’impact sur les effets induits par la réalisation du projet (nuisances et avantages )
La mise en évidence de la durée des études et des travaux
L’analyse et la comparaison des différentes variantes

A la suite de ce tour d’horizon, une des variantes peut retenir l’assentiment du Maître de
l’Ouvrage et ferra l’objet d’une étude de faisabilité.

a) Il faut définir une enveloppe financière prévisionnelle qui permettra de rechercher


Le financement :
• Auprès de l’Etat ( financement public ),
• Auprès des collectivités locales ( subventions ),
• Organismes bancaires ( financement privé ),
• Organisation internationale ( financement international ).

L’ enveloppe financière prévisionnelle est destinée à :

• La charge foncière ( achat du terrain , déguerpissement , démolition , reconnaissance


• du sol ),
• Faire les branchements aux réseaux divers,
• La Participation au développement de la ville,
• Financer le coût des travaux préliminaires ( débroussaillage, terrassements généraux, voiries
d’accès et signalisations ),
• Financer le coût de la construction,
• Financer les frais d’études et rémunération des prestataires (géomètre, plans d’architecture, …)
• Financer les frais administratifs et financiers (fiscalité, les assurances )
• Financer la prévision pour la révision des prix ( indexation )

b) La faisabilité de l’opération : elle est liée à :

65
• La faisabilité dans le temps ( respect des délais )
• La Faisabilité dans l’espace ( vérification des contraintes relatives au site et à
l’environnement par exemple la volumétrie de l’ouvrage )
• La faisabilité financière ( comparer le coût estimatif et les prévisions disponibles et voir la
rentabilité financière du projet ) .
• La Faisabilité technique ( voir la solution technique la plus rentable, voir les solutions
éventuelles du service après vente ).

c) La Maîtrise de l’emprise Foncière :

• Le Maître de l’Ouvrage doit être propriétaire du site dans lequel il va investir ( droit de Pleine
propriété ).
• Des solutions ponctuelles peuvent être trouvées comme ( la concession temporaire, le Bail
emphytéotique ou déclaration d’utilité publique ,…)

d) Hygiène et sécurité :

Ce cadre consiste à prendre des mesures suivantes :

• Le respect des règles de sécurité


• L'organisation des travaux en évitant tout incident
• La mise en place d'un comité particulier d'hygiène et sécurité pour tout chantier dont le nombre
d'ouvriers dépasse 100 personnes. Ce comité est mis en place par le Maître d'œuvre.
• Le dispositif hygiène et sécurité doit être mis en place lors de l'installation du chantier. Il faut
joindre la notice explicative des procédures qui doit être publiée aux ouvriers.

3-2-2 : Les Esquisses ( contenu )

a)Les documents graphiques de l’esquisse

Ces documents représentent l’organisation des volumes et leur intégration dans


l’environnement spatial de la future construction.
Ces croquis ( plans , schémas etc…) sont à différentes échelles ( 1/200 ; 1/500 ; 1/1000)
L’esquisse est accompagnée d’une notice explicative établie par le Maître d’œuvre pour
permettre au Maître de l’ Ouvrage de mieux apprécier les solutions techniques envisagées .
L’estimation financière est également accompagnée d’une notice qui permettre au Maître de l’
Ouvrage de mieux situer l’encadrement du budget prévisionnel sur l’enveloppe nécessaire aux
travaux.

b) L’analyse du programme suivant l’esquisse :

Cette analyse est aussi importante que l’ouvrage est complexe . Il faut retenir :
• Les objectifs du Maître de l’Ouvrage, le contexte environnemental et l’organisation spatiale,
• La recherche documentaire portera sur la réglementation administrative et technique ( voir le
code de l’urbanisme, de la construction et de l’habitat ),
• La recherche architecturale,
• Les visites sur les sites d’opérations similaires.

66
c)Acceptation de l’esquisse par le Maître de l’Ouvrage :

Le Maître d’œuvre remettra le dossier au Maître de l’Ouvrage qui en prendra connaissance, après
une analyse du contenu par les services techniques, Le Maître de l’Ouvrage donnera son avis de
manière écrite en précisant son acceptation pour la poursuite des études. Cela peut se faire au cours
d’une réunion de travail ou simplement par courrier.

3-2-3 : L’avant-projet sommaire ( A.P.S. )

L’A.P.S. est le document qui donne les grandes lignes de la conception fonctionnelle,
architecturale et technique de l ’ensemble d’une opération d’investissement.
Le dossier d’avant-projet sommaire est destiné à permettre d’apprécier l’opportunité de
réaliser l’opération selon la conception générale qui est envisagée.
C’est en principe sur le vu du dossier d’A.P.S. approuvé par le maître de l’ouvrage, qu’est
prise la décision d’ouvrir les conférences, les enquêtes administratives et les consultations
réglementaires.

Le dossier d’avant-projet sommaire comprend trois parties :

1. un rapport d’ordre économique, administratif et financier établi par le conducteur d’opération;


2. le programme de l’opération établi par le conducteur d’opération;
3. L’A.P.S. proprement dit établi par le maître d’œuvre comprenant l’étude d’une solution
d’ensemble et une estimation sommaire des dépenses.

L’avant-projet sommaire proprement dit comporte trois parties :


a°) un mémoire, à caractère à la fois descriptif, explicatif, et dont les chapitres essentiels sont
consacrés à :
1°) l’exposé et à l’étude comparative des différentes solutions d’ensemble possibles dans le
cadre du programme;
2°) la justification du choix de la solution d’ensemble préconisée, notamment par référence à
la notion de coût global;
3°) la description sommaire de la solution d’ensemble préconisée, énumérant les ouvrages et
indiquant les caractéristiques fonctionnelles de chacun d’eux, leur répartition et leurs liaisons dans
l’espace, ainsi que le recours éventuel à des solutions types, pour les ouvrages ou leurs éléments;
4°) l’indication des tranches et des délais possibles de réalisation;
5°) l’indication des bases d’estimation des dépenses de premier établissement, de
l’incertitude qui y est attachée et du programme des reconnaissances complémentaires nécessaires
pour réduire cette incertitude.

b°) une estimation sommaire des dépenses :


1°) pour les divers ouvrages, les dépenses de reconnaissances complémentaires et les
dépenses d’études et de construction;
2°) pour l’ensemble de l’opération ( en incorporant les données chiffrées fournies par le
maître de l’ouvrage sur les frais d’ordre administratif et financier) les dépenses de libération des
emprises et d’aménagement de l’infrastructure existante, les droits et taxes, les frais de financement
et intérêts intercalaires;
3°) pour chaque poste de dépenses, une tolérance en plus ou en moins, exprimée en
pourcentage de son montant et caractérisant l’incertitude attachée à ses bases d’estimation et les
aléas de réalisation normalement prévisibles.

67
c°) le dossier de la solution d’ensemble préconisée renfermant tous les plans (croquis,
esquisses, schémas, plans, sections, élévations, perspectives ... ), notes techniques et de calculs
nécessaires à la compréhension et à l’appréciation de cette solution.

3-2-4 : L’avant-projet détaillé ( A.P.D.)

Un avant-projet détaillé peut porter, soit sur l’ensemble des ouvrages à réaliser dans le cadre
d’une opération, soit seulement sur un groupe d’ouvrages à réaliser dans le cadre d’une tranche
fonctionnelle, soit seulement sur un lot technique.
Tout A.P.D. doit permettre au maître de l’ouvrage d’arrêter toutes les options
architecturales, techniques, financières et de gestion des ouvrages.

Un dossier d’avant-projet détaillé contient :

un rapport établi par le conducteur d’opération et comportant:


• un rappel des dispositions techniques administratives et financières retenues;
• un résumé des conférences, enquêtes et consultations;
• une étude de rentabilité.
l’A.P.D. proprement dit établi par le maître d’oeuvre comprenant le dossier technique et
l’évaluation détaillée des dépenses fondée sur un avant - métré.

L’avant-projet détaillé proprement dit comporte trois parties:

a) un mémoire, à caractère à la fois descriptif, explicatif et justificatif, dont les chapitres essentiels
sont consacrés à :
1°) l’indication de l’ensemble des « données » utilisées ( données d’ordre climatique,
hydrologique, géotechnique, données sur l’encombrement des terrains par câbles, canalisations,
ouvrages enterrés, ...) et de l’interprétation qui leur a été donnée pour l’étude de l’A.P.D.;
2°) l’indication de l’ensemble des dispositions réglementaires et des servitudes et de
l’application qui en a été faite;
3°) la justification des types d’ouvrages préconisés, en particulier par un exposé et une étude
comparative des différents types d’ouvrages raisonnablement envisageables dans le cadre de la
solution d’ensemble retenue et à l’indication, le cas échéant, des variantes susceptibles d’être
admises;
4°) la description des ouvrages et de leurs principaux éléments dans la mesure ou elle est
nécessaire à la compréhension des plans ( y compris la justification du dimensionnement dans les
cas simples ne nécessitant pas de notes de calcul ) et, en tout état de cause, pour expliquer les
modes de construction et d’exploitation;
5°) l’indication des lots techniquement homogènes qui donneront lieu chacun à une
spécification particulière;
6°) l’indication des dates souhaitables et délais normaux d’exécution des travaux, compte
tenu du mode de dévolution envisagé;
7°) l’indication des bases d’évaluation détaillée des dépenses afférentes à l’exécution et de
l’incertitude qui y est attachée.

b) Une évaluation détaillée des dépenses afférentes à l’exécution des ouvrages fondée sur des
avant - métrés et tenant compte des particularités des ouvrages et de leurs divers éléments.
Cette évaluation qui devra être cohérente avec le coût d’objectif sera assortie d’une tolérance en
plus ou en moins, exprimée en pourcentage de son montant et caractérisant l’incertitude attachée à
ses bases et les aléas d’exécution normalement prévisibles. Le contrôle du budget prévisionnel
portera sur les principaux coûts à maîtriser sont :

68
• Coûts de reconnaissance des sols
• Coûts de démolition
• Coûts des divers branchements et VRD
• Coûts des Ouvrages
• Une marge d’imprévu.

c) Le dossier technique des ouvrages renferme :


1°) les plans aux échelles normalisées ( plans, coupes, sections, élévations, profils, ... )
représentant les ouvrages dans leur site avec le report des données recueillies et permettant
d’apprécier leur convenance et de définir leur adaptation au terrain;
2°) Selon le besoin, les détails d’assemblage ou de construction et les notes de calcul
permettant de fixer les caractéristiques principales de dimensionnement.
3°) Relevé topographique du terrain :
La connaissance précise de la topographie du site est indivisible lors de l’établissement d’un
avant projet de qualité. Il est nécessaire de délimiter la propriété et préciser les constructions à
démolir et relever les réseaux divers apparents et enterrés ( eau, électricité, téléphone,….)
4°) Etudes géotechniques et reconnaissance de sol :
Les intervenants sont : le contrôleur technique, l’ingénieur de structure et le géotechnicien, il
faut :
Préciser les essais à effectuer sur le terrain ( sondages, carotages, pose de piézomètres,…) et
ceux à effectuer au laboratoire.
Définir le rapport de la portance du sol, le niveau de la nappe phréatique, le niveau de l’assise
des fondations.
Obtenir l’autorisation de pénétrer sur les terrains qui n’appartiennent pas encore au Maître de
l’Ouvrage, et s’assurer des mesures de sécurité autour des trous de sondage.

5°) Conception architecturale et urbanistique : ( Elle consiste à ) :


Repérer le numéro de la parcelle cadastrale sur laquelle se trouve le terrain ( obtenir ces
informations à la Mairie )
Evaluer le réseau d’assainissement et comparer la situation existante face à la situation future.
Evaluer le réseau de voirie ( situation existante et situation future ), puis faire de même pour
l’ensemble des réseaux ( eau, égoûts, téléphone,….)
Le choix de la structure sera fait compte tenu des exigences de fonctionnement et d’habitabilité
( portée, surcharges d’exploitation,…) et compte tenu des contraintes techniques ( exemple : le
choix des options thermiques , acoustiques, et environnementales.)

Acceptation de l’avant-projet par le Maître d’ouvrage :

L’acceptation de l’avant-projet par le Maître d’ouvrage porte sur :


L’étude architecturale et technique
Le calendrier prévisionnel des études et des travaux
L’estimation financière de l’opération

Exemple : Construction d’un Barrage hydroagricole

Contenu de l'APS du projet


1. Accès au site ( aménagement de pistes et ouvrages d’art )
2. La retenue ( barrage en terre ou en maçonnerie, longueur et hauteur de la
digue )

69
3. Centrale électrique et distance ou longueur de la ligne de transport haute
tension
4. Aménagement aval et irrigation
5. Mise à disposition de la cuvette ( déboisement et éventuellement
déplacement de la population )

Contenu de l'APD :
Un mémoire à caractère à la fois descriptif, explicatif et justificatif
1. L'indication de l'ensemble des données utilisées
2. L'indication de l'ensemble des dispositions réglementaires
3. La justification des types d'ouvrages préconisés, y compris une étude comparative des différents
types d'ouvrages similaires envisageables
4. La description des ouvrages
5. L'indication des lots techniquement homogènes qui donneront lieu chacun à une spécification
particulière
6. L'indication des dates souhaitables et délais normaux d'exécution des travaux
7. L'indication des bases d'évaluation détaillée des dépenses afférentes à l'exécution des ouvrages
8. Une évaluation détaillée des dépenses cohérente avec le coût de l'objectif
Le dossier technique des ouvrages renfermant
1. Les plans aux échelles normalisées
2. Les détails d'assemblage ou de construction et les notes de calcul

3-2-5 : Le projet d’exécution

Le projet est le dernier document de la phase de conception.


Il s’agit d’études de détail relatives à l’exécution des ouvrages sur la base de l’avant-
projet détaillé accepté par le maître de l’ouvrage. Ces études ont pour but essentiel la détermination
dans tous leurs détails des dispositions architecturales et techniques des ouvrages et la spécification
de lots techniques qui pourront être exécutés chacun par un spécialiste ; elles portent sur:
1°- les caractéristiques fonctionnelles, dimensionnelles et de positionnement de tous les
détails des ouvrages;
2°- le choix des matériaux et des équipements;
3°- la constitution de groupements d’éléments techniquement homogènes du point de vue de
leur mise en oeuvre;
4°- l’analyse des jonctions entre ces groupements de façon à pouvoir en attribuer la
responsabilité sans équivoque;
5°- le planning général des travaux.

Le projet d’exécution se compose de :


• spécifications techniques détaillées ( STD ),
• plans d’exécution des ouvrages ( P.E.O. ).

a) Les spécifications techniques détaillées ( STD ) comportent:


1. les spécifications techniques proprement dites, définissent sans ambiguïté, les plans d’exécution
des ouvrages et les travaux de diverses spé – cialités.
2. le programme général prévisionnel des travaux avec des dates probables d’intervention des
différents spécialistes;
3. l’avant - métré ou « devis quantitatif » énumérant les diverses unités d’œuvre employées dans
la construction et indiquant la quantité nécessaire de chacune d’elle;
4. l’estimation détaillée des dépenses s’appuyant sur l’avant - métré.

70
Etude de la structure : ( les principaux points à examiner )
1. La réalisation de la structure et des façades et dimensionnement des différents éléments de la
structure par le calcul de la descente des charges et par le calcul du béton armé.
2. Tenir compte de l'influence des éléments naturels sur la structure comme ( la pluie, le vent,
l'humidité, les variations de température, le risque sismique, le risque de foudre, la présence des
animaux nuisibles et l'effet du sel marin sur l'oxydation des métaux.).

Etude et organisation des espaces intérieurs


Cette démarche est nécessaire pour redéfinir l'encadrement volumétrique de l'ouvrage
(version finale ) , dans les limites intérieures du terrain, en s'assurant de l'accessibilité et de
l'éclairement du site.

Etude des équipements techniques


Cette étude concerne l'analyse des options et des choix techniques à faire par exemple dans
le cadre des réseaux urbains aériens et enterrés, et pour certains équipements comme des locaux
techniques à placer sur le site ( groupe électrogène ou transformateur,…)

Etude des VRD et des aménagements extérieurs


Cette étude consiste à voir la situation des terrassements généraux des voiries à réaliser,
l'implantation des différents réseaux et clarification du plan de circulation extérieure.
b) Les plans d’exécution des ouvrages ( PEO ) comportent:
1. les schémas fonctionnels, notes techniques et de calculs dont l’établissement précède et
commande celui des plans d’exécution;
2. les plans d’exécution des ouvrages proprement dits, accompagnés de leurs nomenclatures et
d’éventuelles instructions techniques, définissent sans ambiguïté, les spécifications techniques
détaillées, des travaux des diverses spécialités.
Les plans d'exécution vont être affinés par le Maître d'œuvre qui veillera aux détails de réalisation.

c) Documents financiers du projet :


Les prix unitaires sont définis dans le bordereau des prix unitaires et multipliés par les
quantités pour obtenir le détail estimatif.
Pour certaines tâches non répétitives, le prix forfaitaire peut être utilisé. En vue d'une
meilleure précision du détail estimatif, l'avant métré et le sous - détail des prix doivent être précis (
quantités et unités de mesure ).

d) Acceptation du projet par le Maître d'ouvrage.


L'ensemble du dossier sera analysé par le conducteur d'opérations ou par l'ingénieur du
Maître d'ouvrage, qui va évaluer les différentes options architecturales et techniques ainsi que
l'estimation financière du coût du projet. A la suite de toutes ces informations, le Maître d'ouvrage
notifie par écrit son acceptation et son engagement au lancement des travaux.

e) L'élaboration du cahier de clauses techniques particulières ( CCTP )


Les documents de base généralement utilisés pour la description des ouvrages par lot
technique sont désignés par ( STD = Spécifications techniques détaillées ) ou ( DCE = Dossier de
Consultation des Entreprises ), qui contiennent le descriptif des travaux ou descriptif des ouvrages
par corps d'état. Les informations et documents nécessaires à la rédaction du CCTP sont :
1. La notice descriptive sommaire des prestations
2. Les plans d'architecture et de principe de l'APD
3. La décomposition de l'opération en lots.
4. Les cahiers des clauses spéciales.

71
La description générale de l'opération comprend :
1. La présentation de l'opération
2. Les obligations diverses des entrepreneurs ( piquetage, nettoyage,…)
3. La coordination d'exécution des travaux ( connaissance des lieux, protection des ouvrages,
consignes de sécurité. )

Le CCTP est spécifique à chaque lot :


Il comprend les normes et règlements par exemple le gros œuvre, terrassements, hypothèses
de calcul des ouvrages, béton armé,…Il indique clairement la description de l'ouvrage.

3-2-6 : Le dossier de consultation des entreprises ( DCE )

Ce dossier s’appelle :
• dossier d’appel d’offres
• dossier d’adjudication ou de concurrence.

Il est plus couramment appelé dossier de consultation des entreprises ( D.C.E. ). qui comprend
trois parties:

1°- les pièces relatives aux conditions de l’appel à la concurrence:


- l’avis d’appel d’offres ou l’avis d’appel public de candidature;
- le règlement particulier de l’appel d’offres ( RPAO ) appelé encore cahier des charges
d’adjudication ou cahier d’instruction aux soumissionnaires;
- modèles de soumission et de lettre d'acceptation
- les conditions du marché
- la convention
- les modèles de garantie bancaires
* Garantie de soumission ( caution bancaire )
* Garantie bancaire de restitution de l'avance ( caution bancaire )

2°- les pièces qui, après adjudication, seront les pièces constitutives du marché; elles seront
complétés ou paraphées par les soumissionnaires. Ce sont:
- le cadre d’acte d’engagement;
- le cahier des clauses administratives particulières ( CCAP )
- le cahier des clauses techniques particulières ( CCTP ) contenant la description des
ouvrages et les spécifications techniques.
- le cadre du détail estimatif ( ou cadre du devis estimatif );
- le cadre du bordereau des prix unitaires;
- les plans et schémas itinéraires
- Le cadre du bordereau des prix unitaires et le cadre du détail estimatif doivent contenir une
description précise, claire, détaillée et complète de la définition et du mode d’évaluation:
* de chaque ouvrage ou partie d’ouvrage figurant dans le cadre du détail estimatif;
* de chaque nature d’ouvrage ou élément d’ouvrage figurant dans le cadre du
bordereau des prix unitaires.
- Le CCTP doit être précis et aussi succinct que possible; il doit contenir la description des
ouvrages indiquant leurs positions d’ensemble et de détail ainsi que les spécifications techniques
imposées pour les matériaux et équipements.
- Pour les ouvrages de travaux publics, il est recommandé de partager le CCTP en trois
chapitres.
. chapitre I : description des ouvrages;
. chapitre II : spécification des matériaux;

72
. chapitre III : prescriptions particulières et modalités d’ exécution.

3°- les pièces propres à faciliter aux candidats l’intelligence du dossier et qui n’ont qu’un
caractère indicatif. Ce sont entre autres:
- les études géotechniques;
- les avant - métrés;
- les notes de calcul.
Dans les appels d’offres avec concours, le DCE comprend les mêmes parties mais:
- le programme du concours est annexé au RPAO dans la première partie;
- le CCTP n’existe pas dans la deuxième partie;
- la troisième partie n’existe que si l’avant-projet d’une solution technique est donné à titre
d’exemple.

Dans les adjudications, la première partie ne comporte que l’avis public d’adjudication.
le dossier d’appel d’offres est en général vendu aux entrepreneurs intéressés. Le montant n’est pas
très élevé mais cette pratique a un aspect dissuasif pour les candidats non sérieux et permet souvent
aux services techniques de compenser la faiblesse des crédits de fonctionnement.

Le règlement de consultation ( dénommé règlement particulier d’appel d’offres ou RPAO ),


constitue l’un des documents du dossier de consultation des entreprises ( DCE ), établi pour
respecter l’égalité des candidats.
En objet de l’appel d’offres, le marché doit être parfaitement défini quant à la nature de la
construction.

a) Règles spécifiques au règlement de consultation :


• Date limite de remise des offres ( préciser l’heure exacte ),
• Mode de consultation ( mentionner ) :
- Appel d’offre ouvert ou restreint,
- Appel d’offre restreint sur concours.
• Référence au code des marchés publics
• Nature d’intervention des entreprises
- Préciser si l’opération est attribuée en marchés séparés, à l’entreprise générale ou en
groupement conjoint
• Compléments à apporter au CCTP
- Option à envisager si des solutions techniques complémentaires sont demandées aux
prestataires au moment de l’appel d’offre,
- Le CCTP concerne chaque lot et donnera le détail des informations techniques
nécessaires en précisant le contenu de manière distincte entre les différentes variantes.
b) Clauses contractuelles du marché et présentation des offres :
• Ces clauses se retrouvent dans l’acte d’engagement qui sera joint au dossier, ce document doit
être successivement compléter de :
- La signature de l’entrepreneur ou des entrepreneurs ( cas d’entreprises groupées )
- La signature du maître de l’ouvrage.
- L’acte d’engagement est envoyé pour légalisation au domaine. Le marché est exécutoire
à partir de la date de notification du marché.
• La liste des documents à présenter doit être précisée,
• Préciser les références exigées aux entreprises,
• Mentionner le type d’assurance nécessaire,
• Les documents financiers :
- Bordereau de prix unitaires, détail estimatif, sous-détail des prix,
- En cas de marché à prix forfaitaire, donner le détail estimatif des prix forfaitaires ou la
décomposition du prix global forfaitaire.
73
• Documents techniques :
- Mémoire justificatif des travaux,
- Mémoir sur les différentes variantes.
• Notice d’assurance qualité,
• Jugement des offres par classement selon des critères de choix pré-établis en commission
d’analyse des dossiers,
• Condition de remise des offres :
- Mentions à porter sur l’enveloppe intérieure,
- Mentions à porter sur l’enveloppe extérieure.
• Adresses pour renseignements complémentaires : adresse de contact pour la visite éventuelle du
site ( auprès du maître de l’ouvrage ou du maître d’œuvre ).

c) Organisation du dossier de consultation

Le dossier remis aux entreprises afin d’établir leurs offres doit comprendre toutes les pièces et
documents nécessaires. Un dossier incomplet ou mal préparé compliquera la compréhension et
l’analyse des offres qui deviendront ainsi difficilement comparables. La composition du DCE devra
ainsi s’adapter à chaque cas ( exemple le contenu d’une consultation sur concours sera différent
d’une consultation négociée de gré à gré ).

Le maître d’œuvre doit préciser dans le dossier de consultation :


• Les quantités des ouvrages servant de base au détail estimatif ou à la décomposition du forfait ;
• La description des options si nécessaires ;
• Les éléments qui seront mis au point avec l’entrepreneur retenu ;
• Les seuils limites de prix unitaires pour les marchés passés avec rabais

L’entrepreneur devra apporter les réponses suivantes :


• Sur le plan administratif :
- Les coordonnées de son entreprise,
- Son compte bancaire,
• Sur le plan financier :
- Les différents prix ( unitaires, forfaitaires, total du marché ),
- La ventilation du prix par tranches ou par variante,
• Sur le plan technique :
- La notice descriptive des variantes proposées,
- Les solutions relatives aux problèmes tels que : ( l’organisation de chantier, les procédés
de réalisation de construction particulière, la marque des matériaux prévus,…).
Le contenu du dossier sera précis sur ce qui est imposé et sur ce qui doit être proposé par
l’entrepreneur.

d) Les pièces qui constitueront le dossier marché :

• Le cadre de l’acte d’engagement


• Le cahier des clauses administratives particulières ( CCAP )
• Le cahier des clauses techniques particulières ( CCTP ), décomposé éventuellement par lot et
complété par un CCTP généralités ;
• Le dossier des plans d’architecture et techniques ;
• Les pièces financières établies en fonction de la nature du prix :
- Le bordereau des prix unitaires,
- Le sous – détail des prix
- L’état des prix forfaitaires,

74
- La décomposition des prix forfaitaires,
- La décomposition du prix global forfaitaire,
- Le détail estimatif.
• Les pièces complémentaires selon le degré d’exigence du dossier :
- Rapport géotechnique et géologique
- Les plans parcellaires
- Les plans de réseaux existants ou ouvrages enterrés
- Les notes de calcul

• Ne seront pas joints les documents généraux faisant l’objet de publications :


- Cahier des clauses techniques générales ( CCTG ),
- Cahier des clauses administratives générales ( CCAG ),
- Les Normes de réalisation.

Chapitre 4 : La dévolution des marchés

4-1 : La typologie ou classification des marchés publics


4-1-1 : Classification selon l’objet
4-1-2 : Classification selon la forme
4-1-3 : Classification selon les procédures de
passation des marchés
4-2 : Les mécanismes de la mise en concurrence
4-2-1 : La mise en concurrence
4-2-2 : Les pièces constitutives d’un marché

Chapitre 4 : La dévolution et la passation des marchés


Lorsque le projet est mis en forme, c’est-à-dire que toutes les pièces constitutives ont été
établies, il y a lieu de passer à une seconde phase de l’opération : la « dévolution des travaux »,
c’est-à-dire la recherche de « l’exécutant ».
Il existe deux grandes formes d’exécution des travaux :
a) la régie : l’institution réalise les travaux par elle-même, avec son personnel et son matériel.
b) l’entreprise : lorsque le maître de l’ouvrage ne dispose pas des compétences dans son service,
on procède à une consultation pour retenir une entreprise ( extérieure au service ) qui réalisera les
travaux.
Il en sera de même en ce qui concerne les études.

4-1 : Typologie ou Classification des marchés publics

En dehors du cas de la régie, un marché sera conclu entre le maître d’ouvrage et le


prestataire extérieur. Un marché peut être classé selon son objet, selon sa forme ou son mode de
conclusion.

75
4-1-1 : Classification des marchés selon l’objet

1°- les marchés de fournitures : c’est un contrat administratif ayant pour objet la livraison,
moyennant paiement d’un prix dont les éléments sont définis à l’avance, d’objets mobiliers, choses
fongibles ou de genre, matériels et matériaux de toute nature, produits, machines, matériels et
outillages, denrées, sans que la présente liste soit limitative.

2°- le marché de services : c’est un contrat administratif par lequel une personne morale ou
physique s’engage à assurer des services déterminés qui pourront être répétés ou échelonnés dans
le temps, ou à prêter son concours en personnel ou en matériel pour l’exécution de tâches nettement
définies. Ex. : nettoyage, gardiennage, maintenance, locations, transports, etc.

3°- le marché de travaux : c’est un contrat administratif par lequel une entreprise s’engage à
exécuter des travaux de construction de bâtiments, d’ouvrages d’art, de routes, de barrages,
d’adductions, etc. pour le compte de l’administration.

4°- le marché d’études : si l’administration n’est pas à mesure de mener à leur terme les
études nécessaires pour aboutir directement à des réalisations, elle a recours à ce type de marché. Il
doit être nettement défini dans son objet et dans son étendue. Ex. : marché d’études architecturales,
d’études de barrages et d’aménagements, d’adduction d’eau, de routes.

4-1-2 : Classification selon la forme

La forme d’un marché dépend à la fois de :


• quantités à fournir,
• la durée,
• nombre de fournisseurs,
• du mode d’établissement du prix,
• des modalités de réalisation.

L’objet d’un marché doit être préalablement déterminé par l’administration en d’être
réalisé dans un délai défini en accord avec le contractant. Ceci implique que les besoins aient été
exprimés avec précision.
Toutefois, il peut arriver que les quantités ne puissent être déterminées avec exactitude, que
le montant des dépenses conduise à étaler le marché sur plusieurs exercices budgétaires ou que
l’ensemble du marché ne puisse être exécuté par un fournisseur unique. La classification des
marchés selon la forme sera définie de la manière suivante :

a ) Le marché à commandes : l’objet du marché est connu mais les besoins sont exprimés
en valeur ou en quantité entre un minimum et un maximum. L’administration s’engage à
commander le minimum et le contractant à livrer le maximum.
La durée du marché ne peut excéder celle d’utilisation des crédits budgétaires. S’il existe
une clause de tacite reconduction, la durée totale admise ne doit pas dépasser cinq ans.
L’exécution des commandes est ordonnée par des bons de commandes successifs.

b ) Le marché de clientèle : l’objet du marché est défini, mais ni les quantités ni les valeurs
ne sont fixées: il n’y a ni minimum ni maximum, à la différence d’un marché à commandes.
L’administration s’engage à confier à un contractant l’exécution de tout ou partie de
certaines prestations et pendant au moins trois ( 3 ) ans. Le marché pourra comporter une clause de
révision des conditions du marché et de dénonciation du marché au cas ou un accord
n’interviendrait pas sur cette révision.

76
L’exécution des commandes se fait par bons de commande successifs.

c ) Le marché de programme: pour l’exécution des programmes à long terme, les marchés y
afférents peuvent être contractés pour plusieurs années, à condition que les engagements de
dépenses et les règlements qui en découlent demeurent respectivement dans les limites des
autorisations d’engagements et des crédits de paiement disponibles.
Ces marchés sont surtout utilisés pour les opérations d’investissement telles que les
constructions immobilières.

d ) Le marché à lots : lorsque le fractionnement peut présenter des avantages, le marché est
partagé en lots pouvant faire l’objet de marchés séparés. Le nombre, la nature et l’importance des
lots doivent être précisés lors de l’appel à la concurrence.
Les concurrents peuvent présenter des offres pour un ou plusieurs lots. Le choix du
contractant est fait par lot et il y aura autant de marchés que de contractants retenus.
Le marché à lots est souvent utilisé dans les marchés de travaux. La division en lots
correspond aux divers corps d’état.
Cette forme de marché facilite l’accès à la commande publique des petites et moyennes
entreprises.

4-1-3 : Classification selon le mode d’établissement du prix.

a ) Le marché à prix forfaitaire : le prix offert correspond à l’ensemble des prestations


réalisées pendant l’exécution du marché. Le prix est global et fixé à l’avance.
Bien que le prix soit déterminé forfaitairement, l’administration peut demander aux
concurrents l’établissement d’un devis estimatif détaillé. Ce devis estimatif n’a pas une valeur
contractuelle.

b ) Le marché à prix unitaires : le prix du marché n’est connu qu’à la fin des travaux et est
fonction des quantités réellement exécutées et des prix unitaires déterminés à l’avance. Les
quantités ne sont indiquées dans le marché qu’à titre prévisionnel.
Le bordereau des prix unitaires a une valeur contractuelle.

c ) Le marché sur dépenses contrôlées est un contrat dans lequel les dépenses réelles et
contrôlées du contractant lui sont intégralement remboursées majorées de frais généraux et
bénéfices.

Remarques: quel que soit le mode d’établissement du prix, le prix peut être :
• ferme,
• révisable,
• ajustable.

- Le prix ferme : le prix ferme est celui qui ne peut être modifié en cours d’exécution du
marché, à raison de variations des conditions économiques. Il est définitif pour toute la durée de la
prestation.
Il peut être cependant actualisé. L’actualisation a pour but de transposer un prix ferme initial
en un nouveau prix ferme lorsque la période de validité des offres s’est écoulée sans que le titulaire
du marché n’ait reçu l’ordre de service de commencer l’exécution des prestations. L’actualisation
ne peut être prévue qu’une seule fois.

- Le prix ajustable : le prix ajustable conduit à calculer un prix de règlement à partir d’une
référence définie dans le marché et qui doit être représentative du prix de la prestation. Les prix

77
définis doivent avoir un caractère officiel. Il est adapté pour les marchés de produits, services
courants, mais surtout pour les produits énergétiques.

- Le prix révisable : le marché dont la durée d’exécution dépasse six ( 6 ) mois peut contenir
une clause permettant de tenir compte des variations économiques subies pendant le délai
contractuel.
La révision résulte de l’application d’une formule préalablement déterminée. Mais pour
qu’elle soit appliquée, il faut que la variation atteigne un seuil d’au moins 3 à 5 % défini dans la
clause.
La révision des prix a un caractère périodique : elle se calcule mois par mois, acompte par
acompte au fur et à mesure de l’exécution du marché.

4-1-4 : Classification selon les procédures de passation des marchés

Les marchés peuvent être passés soit par adjudication, soit sur appel d’offres, soit sous
forme de marchés de gré à gré.
L’adjudication et l’appel d’offres sont des procédures organisées et comportant en principe
la plus large publicité ; elles peuvent être utilisées indifféremment quels que soient l’objet ou le
montant du marché.
Le marché de gré à gré est une procédure exceptionnelle ; le choix de l’entreprise n’obéit à
aucune forme de concurrence précise.

a ) Marchés par adjudication

De manière générale, on a recours à l’adjudication quand les prestations sont simples ou


d’un type courant. Le choix des entreprises s’opère d’après le seul critère du prix.
- l’adjudication ouverte : la procédure d’adjudication ouverte est caractérisée par le fait que
tout candidat peut faire une offre.
Elle commence par un avis d’adjudication.
Dans la procédure d’adjudication, l’administration doit obligatoirement fixer, au préalable
un prix maximum au-delà duquel le marché ne peut être passé. Ce prix maximum peut être établi
sous la forme d’un rabais minimum et doit demeurer secret.
La séance d’adjudication est généralement publique.
Le candidat le moins - disant est déclaré adjudicataire provisoire, sous réserve de
l’approbation de cette adjudication par l’autorité compétente.
Le candidat ainsi retenu reste lié par son offre jusqu’à l’expiration du délai d’engagement.
- l’adjudication restreinte : elle est caractérisée par le fait que sont seuls admis à concourir,
les candidats agréés avant la séance d’adjudication.
L’adjudication restreinte est précédée d’un appel de candidatures.
Le choix de l’entreprise se fait comme pour l’adjudication ouverte.

b ) Marchés sur appel d’offres

De manière générale, on a recours à l’appel d’offres quand les prestations sont de nature
complexe, le choix des entreprises s’opère en ne retenant pas seulement le critère prix.

L’appel d’offres peut être ouvert ou restreint :

l’appel d’offres est dit « ouvert » lorsque tout candidat peut remettre une offre. Il se caractérise
par un avis public invitant les entreprises à soumissionner. Le dossier d’appel d’offres est, après
publication de l’avis, mis à la disposition de toutes les entreprises qui en font la demande.
• La séance d’ouverture n’est pas forcement publique.

78
l’appel d’offres est dit « restreint » lorsque seuls peuvent remettre des offres les candidats
préalablement retenus par l’administration. Il est fait recours à l’appel d’offres restreint lorsqu’il
s’agit de travaux ou fournitures qui ne peuvent être exécutés que par un nombre limité
d’entreprises en raison de leur nature ou de leur complexité et à condition que les entreprises
capables de réaliser les prestations envisagées soient toutes connues de l’administration. L’appel
d’offres restreint est toujours précédé d’une recherche de candidatures au moyen d’une publicité
identique à celle de l’appel d’offres ouvert. La sélection des candidats se fait par une
commission et sur la base de critères préalablement définis.

l’administration peut également procéder à des appels d’offres sur concours, en particulier dans
le cadre d’un projet de construction d’ouvrage d’art ou de travaux spécialisés. Ce mode de
consultation permet d’ouvrir largement l’éventail de la recherche technique; il permet à
l’administration de choisir, entre plusieurs solutions proposées, celle qui lui paraît la meilleure
sur le plan technique et en même temps la plus économique.
• Dans ce cas, l’administration définit dans un programme de travaux les grandes lignes du projet
: caractéristiques, contraintes, matériaux, essais, éventuellement le montant maximal de la
dépense à ne pas dépasser.

c ) Marchés de gré à gré ( ou par entente directe )

• La procédure de gré à gré repose sur trois notions principales :


- liberté de discussion et d’attribution du marché pour les autorités contractantes;
- pas d’obligation d’organiser une mise en compétition des entreprises;
- faire usage de cette procédure à titre limitatif dans des cas énumérés par la
réglementation.
• Les différents cas admissibles de passation d’un marché de gré à gré sont énumérés par la
réglementation. On peut citer à titre d’exemple :
- les cas d’adjudication ou d’appel d’offres infructueux,
- les cas d’urgence impérieuse,
- les cas de monopole de droit ou de fait,
- les cas de prestations dont l’exécution doit être restée secrète,
- les cas de prestations intéressant les besoins de la défense nationale.

d ) travaux exécutés en concession :


Le travail est réalisé par un « concessionnaire ». Le contrat est assorti d’un cahier des
charges qui précise les conditions dans lesquelles devront être réalisés les travaux.
Le concessionnaire effectue les travaux à « ses frais, et à ses risques et périls ».
Le concessionnaire exploite le service public et perçoit des taxes sur les usagers du service
public.
Le concessionnaire a la jouissance exclusive de l’exploitation pendant toute la durée de la
concession.
L’administration n’utilise ce procédé que pour l’exécution de travaux exigeant
d’importants capitaux et dont la rentabilité n’est pas immédiatement assurée ( exemples :
concessions de distribution d’eaux potables, de distribution d’énergie électrique, etc. ).

e ) lettres de commande, factures et mémoires.


Cette procédure concerne les travaux et fournitures dont le montant est inférieur à une
certaine somme disponible auprès du maître de l’ouvrage. Dans ce cas l’administration conclut les
marchés sous forme de « bon de commande » ou de « lettre de commande ».
Cette procédure peut ne pas exclure totalement la mise en concurrence des entreprises.

79
4-2 : Les mécanismes de la mise en concurrence

Principes généraux

Etant destinée à choisir parmi plusieurs candidats celui qui présente les meilleures garanties
pour l’exécution des travaux dans les conditions économiques les plus avantageuses, la mise à la
concurrence doit être la plus réelle possible. Elle doit respecter autant que possible le principe
d’égalité entre concurrents.

4-2-1 : la mise en concurrence

4-2-1-a ) l’avis d’appel d’offres:

C’est le document officiel qui permet aux soumissionnaires d’être informés du projet
d’appel d’offres et de décider par conséquent de leur participation à la concurrence selon leur profil
professionnel. Il se fait par voie de presse dans la concurrence illimitée ou remis directement aux
soumissionnaires dans le cas de la concurrence limitée.
L’avis doit fournir le maximum d’informations aux soumissionnaires potentiels : l’objet, le
but et l’importance du marché, les critères d’éligibilité, la localisation du projet, la source de
financement, le délai d’exécution, le maître d’ouvrage, le lieu et conditions d’acquisition du dossier,
la date et l’heure limite de réception des offres, le lieu la date et l’heure d’ouverture des plis le cas
échéant, les différentes garanties requises, les adresses pour les renseignements complémentaires.

Présentation de l'Avis d'appel d'offres :


1. Nature, localisation et période d'exécution des travaux,
2. La catégorie d'Agrément nécessaire pour l'Entreprise,
3. Le coût d'achat du dossier,
4. Le montant des cautions ( caution de soumission ),
5. La date limite de remise des offres,

4-2-1-b) les soumissions:

Les soumissions sont les propositions d’offres établies par les candidats à l’appel d’offres.
La date limite de dépôt ainsi que la présentation des offres sont précisées dans le dossier d’appel
d’offres. Les soumissions comprennent deux parties:

a) une offre technique composée entre autres des pièces suivantes :


• les références techniques ( liste des travaux similaires déjà réalisés )
• la liste du matériel de l’entreprise et la liste du matériel que l’entrepreneur compte affecter
aux travaux;
• la liste du personnel dont il disposera sur le chantier;
• le schéma d’organisation des travaux
• le planning prévisionnel de réalisation des travaux
• les attestations des services locaux ( main-d’oeuvre, les impôts, la sécurité sociale,...)

b) une offre financière comprenant entre autres:


• le devis estimatif des travaux;
• le bordereau des prix unitaires
• la lettre de soumission de l’entreprise rédigée conformément au modèle joint au dossier d’appel
d’offres.

80
• un cautionnement provisoire dont le montant est fixé dans le dossier de consultation;
• assurances

4-2-1-c ) choix de l’entreprise

Le choix de l’entreprise est fait par le bureau d’adjudication ou de l’appel d’offres dont la
composition est fixée par les règlements propres à chaque administration. Les travaux se déroulent
généralement de la manière suivante:
• l’ouverture des plis par le bureau d’adjudication, très souvent en séance publique (ce qui
permet aux candidats de comparer les propositions respectives ) ou à huit clos.
• l’analyse détaillée des offres par une sous-commission technique;
• la délibération sur la base des travaux de la sous-commission technique et proposition d’une
entreprise adjudicataire;
La proposition d’adjudication doit être approuvée par l’autorité chargée du contrôle de
passation des marchés ( soit le directeur du bureau d’adjudication, soit le ministre responsable, soit
en conseil des ministres, cette hiérarchisation étant réglementée selon le montant du marché ).

Tous ces travaux sont sanctionnés par différents procès-verbaux:


- le procès-verbal d’ouverture des plis;
- le procès-verbal d’analyse technique;
- le procès-verbal de délibération.

4-2-2 : Les pièces constitutives d’un marché

Rappels

Le marché est une convention signée entre l’administration et une entreprise privée pour
l’exécution d’un travail, la fourniture d’un service ou de marchandises, moyennant le versement
d’une somme.
Le marché de travaux publics occupe dans l’administration une place particulièrement
importante. Il constitue la modalité à laquelle l’administration a le plus recours pour faire exécuter
des travaux pour le compte de l’état ou des collectivités rurales ou urbaines.
Le marché de travaux publics est toujours et nécessairement un contrat administratif. De ce
fait les difficultés qui pourraient surgir entre l’administration et l’entrepreneur sont de la
compétence des tribunaux administratifs.
Les personnes intéressées par ce contrat sont:
- l’entrepreneur;
- le maître d’ouvrage;
- le maître d’oeuvre.
La présentation recommandée du dossier des pièces constitutives du marché est celle qui
consiste à réunir :
- d’une part, dans une même brochure toutes les pièces écrites;
- d’autre part, dans une même chemise, tous les plans, notes de calculs, cahiers de sondages,
dossier géotechnique, désignés dans le marché comme pièces constitutives du marché.

Les pièces écrites du marché comprennent principalement:


1° ) l’acte d’engagement;
2° ) le CCAP;
3° ) le CCTP;
4° ) le bordereau des prix unitaires;
5° ) le détail estimatif ou devis estimatif;
6° ) le sous - détail des prix unitaires ( éventuellement );

81
7° ) le calendrier d’exécution des travaux ( éventuellement );
8° ) lorsque ces pièces sont mentionnées comme contractuelles, les documents tels
que les plans, notes de calculs, cahier de sondages, dossier géotechnique, etc.
Dans le cas ou, par son importance ou par sa nature, le marché ne justifie pas
l ’établissement de deux documents particuliers, le CCAP et le CCTP peuvent être réunis en un seul
document, le cahier des clauses particulières ( CCP ) ou le cahier des prescriptions spéciales ( CPS).

Les marchés de :
• Fournitures,
• Services,
Classification des
marchés selon • Travaux,
l’objet • Etudes.

Les marchés de type :


• à commandes,
Classification • clientèle,
selon la forme du • programme,
marché • à lots

• à prix forfaitaire
Classification selon le • à prix unitaires
mode d’établissement • sur dépenses contrôlées
du prix

• Prix ferme
• Prix ajustable
La Dévolution • Prix révisable
des travaux ou
Passation des
marchés Classification selon * ouverte
les procédures de * Par adjudication
* restreinte
passation des marchés
* ouvert
* Par appel d’offres * restreint
* sur concours

* de gré à gré ou entente directe

* en concession par 1 concessionnaire

* par lettre ou bon de commande

Ouverture des plis


Processus du choix
de l’entreprise par le Procès-verbal d’ouverture des plis
bureau
d’adjudication ou Analyse détaillée en sous
d’appel d’offres commission technique
Procès-verbal d’analyse technique

Délibération
Procès-verbal de délibération

82
2ème Partie : Déroulement d’une Opération de Construction.

Chapitre 5 : Les cycles des projets

5-1 : Programmation
5-2 : Identification
5-3 : Préparation
5-4 : L’évaluation
5-5 : La négociation et le financement
5-6 : La réalisation et la supervision
5-7 : La rétrospective

CHAPITRE 5 : Les cycles des projets

5-1 : Programmation et termes de référence

• Prise en compte des indicateurs socio-économiques,


• Analyse de la situation actuelle,
• Revue des priorités de développement du pays ( et du bailleur de fonds ),
• Vérifier l’influence des facteurs externes sur le projet,
• Vérifier les bénéficiaires du projet,
• Formulation initiale de lidée de projet,
• Analyse des perspectives d’avenir,
• Précision d’une stratégie.

5-2 : Identification

Après avoir identifié les projets, ceux-ci sont inscrits dans un programme de financement.
• Les sources d’identification sont multiples :
- Etudes du pays sur le secteur,
- Les projets antérieurs,
- Les analyses économiques.
• L’esquisse issue de l’identification présente :
- Les bénéficiaires,
- Les questions et les alternatives,
- Les conditions de préparation.

83
5-3 : Préparation

• La préparation commence après accord sur les objectifs, elle peut être longue et complexe
• La préparation est sous la responsabilité du maître d’ouvrage
• Il s’agit de transformer une idée en proposition concrète qui prenne en compte tous les aspects
techniques, économiques, financiers et institutionnels du projet.
• Elle comprend toutes les mesures d’ordre technique, économique, institutionnel et financier
nécessaire à l’accomplissement des objectifs du projet.
• Elle exige des études de faisabilité pour comparer les coûts et avantages des alternatives
• Elle aboutit à la meilleure conception possible et permet de mettre en évidence la meilleure des
variantes. Elle doit établir l’organisation requise pour gérer le projet et elle doit prévoir les
problèmes qui pourraient surgir au cours de la réalisation et envisager des solutions éventuelles.

5-4 : L’évaluation

Elle est effectuée par une mission pluridisciplinaire et porte sur :


L’évaluation technique :
• Elle vérifie que la conception du projet est correcte et que les normes qui ont été prises en
compte sont bien adaptées aux ressources et aux besoins fixés.
• Il faut s’assurer que la technologie, les équipements et les procédures choisies correspondent
aux conditions locales.
• Une part essentielle de l’évaluation technique est consacrée à une vérification des estimations de
coût et de données d’ingénierie ou autres sur lesquelles ces estimations sont basées. Une autre
partie essentielle de l’évaluation consiste à vérifier que les plans de passation de marché sont en
accord avec les exigences du projet définis par le maître d’ouvrage et l’institution de
financement.

Evaluation institutionnelle :
• La capacité d’un pays à réaliser et à gérer un projet dépend largement de l’efficacité de ses
institutions. L’évaluation institutionnelle porte sur la structure, la gestion, le personnel, les
procédures gouvernementales qui déterminent le cadre dans laquel le projet va être réalisé.
• C’est dans ce cadre qu’on va définir le bureau du projet qui aura la responsabilité de
l’administration et de la gestion dans le cadre administratif national.

Evaluation économique :
• Pendant l’évaluation économique, le projet est étudié dans le cadre de l’économie nationale. On
examinera le programme d’investissement en rapport avec les points clés relatifs au projet.
• La mission d’évaluation, grâce à l’analyse coûts / avantages, vérifie que la variante choisie est la
meilleure. Chaque fois que possible, on soumet le projet à une analyse détaillée de ses coûts et
avantages pour le pays. Le résultat s’exprime d’ordinaire en tant que taux de rentabilité
économique. Il s’agit de démontrer que le projet contribue de façon satisfaisante au projet de
développement économique du pays.

Evaluation financière :
• L’évaluation financière permet d’examiner le plan de financement pour s’assurer qu’on dispose
de fonds suffisants pour exécuter le projet. Lorsque le projet doit générer des recettes,
l’évaluation financière portera sur la viabilité financière en terme de prévisions financières à
inclure dans le bilan et le compte de résultat.
Le rapport d’évaluation :
• La mission d’évaluation prépare un rapport d’évaluation qu’elle soumet au maître d’ouvrage et
à l’institution de financement. Ce rapport présente :

84
- La raison d’être du projet
- Les composantes, les estimations de coût et le plan de financement,
- Les résultats des analyses économiques et financières.

5-5 : La négociation et le financement

• Quand le rapport d’évaluation a été approuvé par l’institution de financement, il va s’engager


une phase de négociation entre l’institution de financement et le maître d’ouvrage. Les deux
partenaires vont s’accorder sur les mesures à prendre pour la réussite du projet.
• Préparation des documents pour accord de financement
- Clauses entre l’institution de financement et le bénéficiaire
- Conditionnalité et détails sur les accords et le calendrier
• Après les négociations, le rapport d’évaluation est soumis à l’approbation :
- Présentation au Directeur exécutif
- Signature entre la banque et le bénéficiaire
- Mise en place du financement.
5-6 : Exécution, Réalisation et Supervision

• L’exécution est la responsabilité du maître d’ouvrage


• L’institution de financement a un rôle de supervision à exercer sur le projet par des missions
pour :
- Suivre l’évolution des travaux
- S’assurer de l’utilisation du prêt
- S’assurer sur la passation des marchés par le maître d’ouvrage (bénéficiaire). Des retards
dans la passation des marchés amènent inexorablement une augmentation des coûts
d’investissement et un retard dans l’achèvement du projet.
• Méthodes de supervision :
- Examen des rapports sur les travaux
- Visites sur le chantier
• Veiller aux changements d’objectifs / coûts
• La supervision est une des formes d’aide technique les plus efficaces fournies par l’institution
de financement au maître d’ouvrage. Les missions d’audit de la part de l’institution de
financement permet d’avoir une opinion externe sur le respect des procédures et la satisfaction
des indicateurs de performance assignés au projet.

5-7 : La rétrospective

• A la fin du projet, on procède à une évaluation retrospective.


• A cette étape, on compare les résultats réels du projet aux prévisions faites au départ.
• L’analyse des succès et des échecs servira à la conception des projets futurs.
- La pertinence indique si le projet répond aux problèmes réels des bénéficiaires visés
- La faisabilité indique si les objectifs du projet sont réellement atteints
- La viabilité indique si les avantages / bénéfices réalisés par le projet continueront à se
produire ( pour les bénéficiaires ) une fois l’assistance externe terminée.
• L’analyse financière consiste à
- Vérifier les conditions de gestion et d’audit
- La couverture intégrale de la dette
- L’impact économique et les effets induits sur la population.

85
LE PROCESSUS DES CYCLES DES PROJETS

LA
PROGRAMMATION RETROSPECTIVE

LA REALISATION
ET
IDENTIFICATION LA SUPERVISION

LES BUTS ET LES


OBJECTFS FIXES

LES BUTS ET LES OBJECTIFS


ATTEINTS PAR LA
REALISATION DU PROJET

LA NEGOCIATION
PREPARATION ET LE
FINANCEMENT

L’EVALUATION

86
Chapitre 6 : La révolution systémique ( une nouvelle culture )

6-1 : Les grandes tendances dans les marchés des travaux


6-2 : L’assurance qualité dans la réalisation des travaux
6-3 : Généralités sur le contrôleur

CHAPITRE 6 : La révolution systémique ( une nouvelle culture )

6-1 : Les grandes tendances dans les marchés des travaux

Le contexte économique et social :


Si aujourd’hui, le secteur privé n’a pas comblé toutes les attentes du gouvernement, c’est parce
qu’il est confronté à une série de contraintes portant notamment sur un contexte socio-économique
défavorable, un environnement juridique et institutionnel inadapté et une insuffisance de capacités à
développer les affaires.

De manière plus concrète, ce contexte se caractérise par :


- L’étroitesse des marchés due au faible pouvoir d’achat des populations,
- L’inexistance d’un système financier fiable et performant,
- L’insuffisance des infrastructures physiques de soutien à l’activité économique,
- La faiblesse de la productivité du travail en raison du manque de main d’œuvre
qualifiée,
- Le coût élevé des facteurs de production tels que l’énergie, le transport ou les
télécommunications,
- Les aléas climatiques dont les effets sur le secteur rural se propagent sur le reste de
l’économie,
- L’enclavement de plusieurs pays.

L’environnement réglementaire et institutionnel est dominé par :


- Un cadre juridique caractérisé par des lacunes dans l’application de la loi,
- Des lenteurs administratives et des règles de concurrence insuffisantes,
- Une pression fiscale inadaptée, inégalement répartie et pas assez incitative malgré
l’existance du code des investissements et des mesures d’allègement,
- La faiblesse du cadre institutionnel d’appui à l’investissement privé,
- La faiblesse de l’esprit d’entreprise et au goût du risque,
- Au manque d’instruction et de formation des acteurs impliqués dans des projets,
- Aux difficultés d’accès au crédit par les petites et moyennes entreprises (PME),
- Le sous secteur travaux publics et bâtiments, n’échappe donc pas à l’influence du
contexte global susmentionné.
Tel est donc le cadre contextuel dans lequel nous allons placer la problématique.

Plan stratégique :
• Idées pour aujourd’hui et pour demain,
• Nous travaillons désormais dans un contexte de grands changements et de bouleversements
technologiques.

87
Vision à long terme :
• Tenir compte des changements institutionnels,
• Nouvelle façon de communiquer,
• Mondialisation de l’économie,
• Ces évolutions constantes forcent le gestionnaire de projets à remettre en question sa façon de
faire

Objectifs et moyens :
• Les objectifs de la Direction et contrôle des travaux sont :
- La recherche de résultats qualitatifs
- Optimisation des délais
- Optimisation des coûts de réalisation
• Les moyens se résument à l’adoption des méthodes rationnelles et efficaces pour la Direction et
le contrôle des travaux.
- Mise en place des équipes de contrôle organisées.
Les 3 P de la Direction et contrôle des travaux :
Projets
Personnes
Processus

Le processus de la Direction et contrôle des travaux :


• La conception
- Fixation des buts et objectifs, clarifier les rôles
• La planification
- Planifier le projet et préparer le plan d’action
• La mise en œuvre
- Mettre en place le système de contrôle
- Mobiliser les ressources
• L’évaluation des écarts entre les buts et les objectifs fixés et les buts et les objectifs réalisés
Les indicateurs :
Indicateurs initiaux :
• Intrants : toutes les ressources mises en œuvre
- Financières
- Matérielles
- Humaines
• Produits : les biens et services produits par ces intrants
- Exemple : Kms de route y compris les effets induits
Indicateurs finaux :
• Résultats : l’accès, l’utilisation et la satisfaction des citoyens
- Exemple : réduction du coût de transport
• Impacts : l’impact final sur le bien – être collectif
- Opportunités, sécurité, insertion, confort, effets sur les conditions de vie.
Recommandations :
• Recommander une ou plusieurs stratégies
• Bien choisir le chef de projet
• Gérer les interfaces entre les différents intervenants
• Garder une approche méthodologique :
Conception
- Etude d’opportunité / cadrage macro-économique et social
Planification

88
- Programmation des activités / scénarios, simulations & risques
Réalisation
- Montage des équipes / maîtrise de la qualité, des coûts & délais
Exploitation
Evaluations / audit et mesure d’impact.

6-2 : L’assurance qualité dans la réalisation des travaux

L’équipe de projet :

• La durée de l’équipe de projet est limitée dans le temps et les ressources de ce groupe peuvent
varier et sont limitées dans le temps.
• L’équipe de projet a toujours un leader formel qui est le gérant du projet. Sa désignation a pour
effet d’éviter tout conflit d’autorité.
• L’équipe de projet peut être composée de ressources multidisciplinaires spécialisées qu’il faut
coordonner. Les objectifs des différents acteurs doivent être clairement définis pour qu’une
harmonie s’étende sur toutes les facettes du projet. Une bonne organisation et une saine gestion
sont nécessaires pour atteindre les objectifs de ( qualité, performance, coût et délai ).
• Durant toute la durée du projet, les conflits doivent être identifiés à temps et gérés sans
précipitation, tout en respectant la personnalité des autres acteurs qui interviennent dans le
projet.

La maîtrise de la qualité :

• Une réclamation correspond à plusieurs mécontentements exprimés par des usagers. De ce fait,
nous devons toujours rechercher la satisfaction des usagers.
• La qualité se mesure suivant des indicateurs ( exemple : le niveau de confort d’un réseau
routier ).
• Pour atteindre la maîtrise de la qualité, il faut des normes sectorielles claires et bien définies
dans les cahiers de charge ( CCTP, CPS,…). Ces normes précisent les résultats à obtenir et
doivent déterminer les non - conformités, les intervenants, les étapes à suivre pour un bon
résultat ( préciser : Qui fait quoi ? Comment ? Quand ? Pourquoi ? Pour qui ?).
• L’ensemble des normes constitue les processus d’exécution = la manière d’effectuer une
activité.
• Pour élaborer les procédures, il faut lister et ordonner toutes les tâches élémentaires qui
composent l’activité ( Brainstorming ), puis établir des logigrammes.

Le Management de la qualité dans la Direction et contrôle des travaux :

• Définition : La qualité est l’ensemble des caractéristiques intrinsèques d’un produit, d’un
système ou d’un processus dans le but de satisfaire les exigences d’un ou plusieurs clients (
appelés bénéficiaires du projet ). Le terme « qualité » peut être utilisé avec des qualificatifs tels
que : ( médiocre, bon ou excellent ).
• L’assurance qualité est la partie du management qui vise à donner satisfaction aux objectifs
fixés aux clients ( bénéficiaires du projet ).
• Le rôle du management de la qualité dans la direction et contrôle des travaux consiste à
coordonner un ensemble d’activités par ( l’orientation et le contrôle ) en vue de maximiser
l’aspect qualitatif dans la réalisation du projet.

89
Pour cela, il faut :
L’établissement d’une politique qualité,
L’établissement d’objectifs de qualité,
La planification et la maîtrise du processus de réalisation,
L’assurance et l’amélioration du concept de qualité.

L’établissement d’une politique de la qualité :

• La politique de la qualité est définie par le Maître d’ouvrage et son gérant du projet. Ils vont
ensemble définir les orientations et les objectifs généraux à atteindre à travers la réalisation de
l’ouvrage.
• Il convient que la politique de la qualité soit cohérente avec la politique générale de l’organisme
ou du département qui lance le projet. Il faut pour cela un cadre clair et précis à l’intérieur
duquel sont fixés les objectifs de qualité.
• Pour suivre la qualité, il faut des normes et des mesures ainsi que les conditions d’évaluation
qui permettront de faire le bilan entre les objectifs fixés et les objectfs atteints. Tout cela vise à
satisfaire le client ( bénéficiaire du projet ) au meilleur coût possible.
• La prise en compte de la politique de la qualité intègre une nouvelle culture ouverte sur les défis
et l’optimisation du service rendu.

L’établissement d’objectifs de qualité

Pourquoi se lancer dans cette démarche ? et pour quels enjeux ?


• Pour améliorer l’image de l’organisme ( du département voire de l’entreprise,…), à l’égard du
client ou du bénéficiaire du projet.
• Pour rechercher la crédibilité accrue auprès des partenaires et auprès du bénéficiaire final du
projet.
• C’est une approche de valorisation du personnel, de la direction, une nouvelle identité s’installe.
• Cette démarche permet une amélioration qualitative des prestations, une accumulation
d’expérience dans le temps, une amélioration du mode de gestion, et la prise en compte de la
logique de réduction des coûts à travers la qualité, grâce à la durabilité des ouvrages.

La planification de la qualité :

A travers la planification, il y a la prise en compte des aspects suivants :


• Formaliser,
• Organiser,
• Contrôler,
• Corriger,
• Améliorer,
• Prévenir,
• Eviter le gaspillage,
• Développer les actions préventives,
• Privilégier la prévention plutôt que la correction,
• Favoriser la notion de qualité totale que la correction,
• Favoriser la notion de qualité totale de l’offre à travers tout le processus,
Une bonne planification simplifie le contrôle ! ! !
L’amélioration de la qualité :

90
• Le concept d’amélioration de la qualité se situe entre la qualité et le temps. On parle ainsi de
(l’amélioration progressive dans le temps ).
• Il faut adapter le produit par rapport à l’environnement du projet. Il faut donc tenir compte du
fait que l’environnement n’est pas statique, tout évolue et tout change dans le temps. Les
besoins du bénéficiaire final vont également évoluer dans le temps.
• L’amélioration de la qualité implique donc une approche dynamique dans la direction et
contrôle des travaux.
• La recherche permanente de l’amélioration de la qualité se résume par le concept
d’amélioration continue qui s’intègre dans les tâches ( planifier, faire, contrôler, réagier ), c’est
un ensemble interdépendant.
• Le mouvement de l’amélioration continue se traduit par une boucle :
- Planifier : nécessité des plannings sur les objectifs, les coûts, les moyens humains, les
moyens matériels et financiers, fixer les indicateurs.
- Faire : exécuter ce qui a été planifié
- Contrôler : les indicateurs et les normes sont nécessaires
- Réagir : les indicateurs permettent de corriger toute déviation.

L’assurance de la qualité :

• C’est une vision qui consiste à placer le bénéficiaire du projet au centre de nos décisions et
chercher réellement à répondre aux besoins de ce dernier.
• C’est optimiser le fonctionnement en détectant les insuffisances ( erreurs, dysfonctionnement,..
), et en les corrigeant.
Les entrants dans le projet ( ou input ) sont mesurables ( estimation du coût du projet ) ainsi que les
éléments de sortie ( output ) sont également mesurables et doivent être conformes à l’objetif visé
par le projet. C’est ainsi que nous pouvons mesurer la valeur ajoutée après la réalisation du projet.

91
6-3 : Généralités sur le contrôleur

CO NTRO LLER,
IF Y O U W A N T T O H A V E A JO B ,
Y O U H A V E T O B E E ...

CH EAP

CEFOC

C o n v iv ia lit é
H u m ilit é

CH EAP E x p e r tis e
A n tic ip a tio n
P a r tic ip a tio n

CEFOC
Quelles sont les qualités d’un bon Contrôleur ? ? ?

92
v i a l i t é
o n v i
C

La présence du contrôleur n’est pas toujours bien perçue


sur le chantier. Pour obtenir l’adhésion des différents acteurs
à ses observations, il devra respecter ses interlocuteurs en
se montrant agréable, courtois et attentif à leurs remarques.

CEFOC

LE CONTRÔLEUR NE
S A IT P A S T O U T

i l i t é
H um
L e c o n tr ô le u r p e u t a p p re n d re
b e a u c o u p d e s p ro fe s s io n n e ls .

il d o it le s fa ir e p a r le r
e t le s é c o u t e r

S o n n iv e a u d e fo rm a tio n lu i p e r m e t d e ju g e r e n s u ite d e la
p e rtin e n c e d e la fa ç o n d o n t l’ e n tr e p re n e u r e x e rc e s o n m é tie r

g é n é ra le m e n t, le s g e n s s o n t fie rs e t c o n te n ts d e p a rle r d e le u r tra v a il : la is s o n s le s


s ’e x p rim e r e t ju g e o n s !
CEFOC

93
A nE
t i xpertise
c ip a tio n

L e c o n tr ô le u r n e d o it p a s a tt e n d r e le c o n s t a t d e s p r o b lè m e s
Le contrôleur est un expert :
Il d o it p ré v o ir le s d iffic u lté s d ’ e x é c u tio n le p lu s e n a m o n t p o s s ib le p o u r
- il possède une connaissance technique
p ro p o s e r le s s o lu tio n s d è s la c o n c e p tio n o u le d é m a rra g e d u c h a n tie r.
de base
- il possède une exp érience professionnelle
U n p r o b lè m e é v a lu é tr o p ta r d n e p -e uilt aê tune
r e g écapacité
n é r a l e m de ’analyse
n t r é g lé d a n s d e b o n n e s
c o n d itio n s te c h n iq u e s e t fin a n c iè r e s , e t c o n d u it à d e s r e la tio n s c o n flic tu e lle s
CEFOC
Il mobilise ainsi ses capacités d’expertise, pour évaluer la qualité des travaux
et analyser les risques, afin de prendre ses décisions en tenant compte des
impératifs de sécurité, de qualité, de délais et de coûts.

CEFOC

94
P articipation
Le contrôleur fait partie de
l’équipe de réalisation d’un projet

Son intervention doit contribuer à


une bonne marche du chantier
dans l’intérêt du Maître d’Ouvrage

Garant de la qualité et de la sécurité de l’ouvrage, le contrôleur ne doit cependant par perdre


de vue les intérêts économiques du Maître d’Ouvrage pour le compte de qui il travaille

CeCen’est
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pasen
ens’opposant
s’opposantààl’entrepreneur
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aux réflexions sur la conception et les modalités d’exécution
aux réflexions sur la conception et les modalités d’exécution
CEFOC

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Participation
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CEFOC

95
Chapitre 7 : La direction et le contrôle des travaux

7-1 : L’équipe de contrôle

Une fois le marché passé et, après un délai plus ou moins long de mobilisation de son
personnel et de son matériel, l’entreprise va exécuter les travaux. Le rôle de la direction des travaux
va consister à ce que l’entreprise exécute les ouvrages en respectant les clauses du marché: qualité,
délais, prix.
On distinguera deux tâches principales:
- la direction des travaux assurée par la personne qu’on nomme l’ingénieur dans les
marchés; mais celui-ci peut être un technicien expérimenté.
- le contrôle et la surveillance des travaux qui s’exercent en permanence, de manière à ce
que les travaux soient exécutés conformément au cahier des prescriptions techniques et aux règles
de l’art en général quand le cahier des prescriptions techniques est muet sur un point.

Dans tous les projets, l’équipe de contrôle est inévitablement confrontée à des problèmes
d’éthique. L’éthique est une question personnelle, liée à l’homme et demeure présente à tous les
niveaux du processus de réalisation du projet. L’éthique est mise en évidence dans les aspects
suivants :
L’équité ( salaire, rémunération des membres de l’équipe de contrôle et avantages octroyés en
nature ),
Les droits individuels et collectifs de l’équipe de contrôle,
L’honnêteté des techniciens et de la mission de contrôle dans l’ensemble ( respect des règles
d’intégrité et des normes contractuelles ).

L’éthique est élaborée par chacun des techniciens de manière cohérente à partir d’une
expérience personnelle, et suivant un management participatif concrétisé par une politique
organisationnelle du travail en équipe.
On considère comme un droit légitime d’une entreprise ou d’un individu, l’intérêt de détenir
une position économique solide et le fait de rechercher la rentabilité à court, moyen et long terme.
Dans l’analyse du problème de l’éthique, les pots de vin en sont une procédure courante et
peuvent prendre diverses formes :
• Argent,
• Cadeaux,
• Services, etc…

Lorsqu’un entrepreneur offre un pot-de-vin, il offre des avantages à une ou plusieurs personnes
et on met en cause certaines valeurs ( égalité, honnêteté, loyauté, justice ). On distingue ainsi :
• Le receveur actif institutionalisé est la personne qui demande ouvertement un pot-de-vin qui est
plus ou moins admis par la société concernée par le projet.
• Le receveur passif est celui qui reçoit un pot-de-vin sans le demander.
Il est évident que toutes ces pratiques sont fortement contestées au sein d’une équipe chargée de la
mission de contrôle à cause du fait qu’on rentre inévitablement dans un cercle vicieux. Lorsqu’on
accepte un pot-de-vin, on perd toute indépendance, on ne peut plus faire marche arrière et on est
pris dans un engrenage. Dans cette situation, le contrôleur n’aura plus la même liberté d’action et
sera affaibli dans les négociations ultérieures.
Il faut mentionner que certains pots-de-vin prennent des formes très déguisées. Mais encore
faut-il s’en rendre compte et en être conscient. Il y a tout de même une frontière importante entre
l’état conscient de celui inconscient pour que l’individu soit capable de se rendre compte qu’il est
en train de recevoir un pot de vin.

96
Afin de ne pas rentrer dans le cercle vicieux des pots-de-vin et de la dépendance qui en
découle, il faut garder comme principe la transparence. Celle-ci dévoile clairement la frontière entre
cadeau et pot-de-vin.

7-1-1 : Composition d’une équipe de contrôle

Le directeur des travaux

Il est généralement nommé l’Ingénieur ou Chef de la Mission de contrôle, surtout dans le


cas de la maîtrise d’oeuvre assurée par un bureau de contrôle étranger. Il a pour mission entre
autres:
- la gestion administrative et financière du marché, en collaboration avec le conducteur
d’opération ;
- la supervision du contrôle technique des travaux .

Le contrôleur technique

Sa mission sera d’assurer le contrôle de qualité et de quantité des travaux. Selon


l’importance des travaux, on peut rencontrer plusieurs contrôleurs techniques sur un même chantier;
exemple:
- le contrôleur des travaux de terrassement
- le contrôleur des travaux de béton
Le contrôleur technique s’appuiera sur des collaborateurs tels que les équipes de
topographie, de laboratoire, des métreurs et des surveillant de chantier.

Le surveillant de chantier

Permanent sur le chantier, le surveillant s’occupera essentiellement:


- de la surveillance effective des travaux en veillant au respect rigoureux du CCTP, des
plans, des directives données par l’ingénieur:
- de la qualité et quantité des matériaux
- du respect des techniques de mise en oeuvre prescrites,
- du respect des plans d’exécution
- de la tenue des livres de chantier.

Selon l’importance du chantier, les fonctions de directeur des travaux, de contrôleur


technique et de surveillant de chantier pourront être assurées par une seule deux ou plusieurs
personnes.
La direction des travaux joue un double rôle. En effet, elle est garante vis- à- vis du maître
d’ouvrage de la bonne exécution technique mais aussi financière des travaux.
On se placera dans le cas fréquent ou le lieu d’exécution des travaux est éloigné du lieu de
séjour de l’ingénieur. Dans le cas ou l’ingénieur réside sur le même lieu que la surveillance, grand
chantier par exemple , il a moins de raison de déléguer ses responsabilités.

CONDITION A REMPLIR AVANT TOUT DEMARRAGE DES ACTIVITES:

1°- la notification de l’approbation du marché : dès l’approbation du marché par


l’autorité compétente, l’entrepreneur doit en être informé par écrit, et des exemplaires du marché lui
seront donnés pour enregistrement;

97
2°- enregistrement du marché : tout marché public sera obligatoirement enregistré
dans les services chargés des domaines. Cet enregistrement sera un préalable à tout paiement à
l’entreprise et à l’établissement de l’ordre de service de démarrage des travaux;
3°- ordre de service de démarrage des travaux : c’est un ordre écrit qui fixera la
date à laquelle le délai contractuel court.

7-1-2 : Le contrôle technique des travaux

7-1-2-a ) Démarrage des travaux


Avant le début des travaux, le surveillant devra s’assurer que :
- l’entrepreneur a bien reçu, de l’ingénieur, l’ordre de démarrer les travaux;
- les plans et dessins ont bien été acceptés et signés par l’ingénieur responsable;
- le planning des travaux, proposé par l’entrepreneur a reçu l’accord de l’ingénieur;
- tous les engagements prévus par les cahiers des charges, ont bien été remplis par
l’entrepreneur ( panneaux de chantier, déviations routières, etc. ) ;
D’autres formalités sont nécessaires : avertir les autorités locales, les populations, les
administrations que le chantier va commencer.

7-1-2-b ) Implantation des ouvrages


Dès avant son départ, le surveillant doit se munir de jeux des plans des ouvrages ( et des
textes du marché ) ainsi que d’un répertoire des bornes ou points qui vont servir de base aux travaux
qui leur seront rattachés.
Dès son arrivée, le surveillant repère sur le terrain les bornes ou points cotés. De préférence,
il en vérifie les côtes et les coordonnées. Rappelons qu’une borne peut avoir bougé et qu’il faut
toujours se référer à au moins deux bornes.
Après cette vérification, le surveillant indique à l’entrepreneur ( ou son représentant )
l’emplacement des points de base. Ceci sera consigné sur un procès-verbal, contre - signé par
l’entrepreneur. Celui - ci deviendra alors responsable du maintien en bon état des bornes et des
repères de base.
A partir de ces repères, l’entrepreneur implante les ouvrages sous le contrôle du surveillant.
Théoriquement, celui - ci vient après l’implantation pour la vérifier. En pratique, il vaut mieux
réaliser cette implantation en commun, en lisant simultanément les côtes dans l’appareil. En effet,
dans le cas d’une digue ou d’un canal, 2 lectures successives ne permettent pas toujours de
retrouver les mêmes côtes sur un profil en long; soit qu’on ne reprenne pas les mêmes points du
terrain naturel, soit à cause des erreurs inhérentes aux appareils topographiques.
Dès que les opérations de terrain sont terminées, on rédige un procès - verbal de piquetage
auquel on joint les carnets topographiques, écrits à l’encre. Les ratures éventuelles sont signées des
deux parties.
Dans le droit tel qu’il s’applique généralement, malgré la signature par la surveillance des
P.V. de piquetage :
1. l’entrepreneur est néanmoins responsable de la bonne implantation des niveaux, alignements
et dimensions des ouvrages;
2. si au cours des travaux, une erreur apparaissait dans les implantations, niveaux, alignements
ou dimensions d’une partie quelconque des ouvrages, l’entrepreneur devra, lorsqu’il en sera
requis, procéder à sa charge à la rectification correspondante à la satisfaction du contrôle
(surveillant ou ingénieur ) .
3. la vérification de toute implantation, alignement ou niveau par la surveillance ( ou
l’ingénieur ) ne pourra avoir pour effet de relever l’entrepreneur de ses obligations quant à
leur exactitude.
4. l’entrepreneur devra soigneusement protéger tous les repères, jalons, bornes, piquets et
autres éléments contribuant à l’implantation des ouvrages.

98
7-1-2-c ) contrôle des matériaux

1°- contrôle des matériaux au début du chantier

Dans le marché devraient être prévus les emplacements des carrières et gîtes de matériaux
nécessaires pour réaliser les ouvrages. Ce n’est pas toujours le cas et, même si cela est prévu, il faut
vérifier que les carrières prévues par le marché sont bonnes.
Dès le début du chantier, l’entrepreneur devra proposer des carrières pour les pierres, les
graviers, le sable, les emprunts de terre et de latérite. Pour ces derniers, en général, les propositions
se font par tronçons de digue ou de remblai.
La surveillance doit approuver le choix de ces carrières et notifier les mesures à prendre
pour les rendre acceptables ( décapage, purge, criblage ou lavage du gravier, ... ).
Les matériaux pour béton tels que sables et graviers, sont envoyés dans un laboratoire pour
définir les résistances obtenues par ce béton et les proportions à respecter. Pour cela, le laboratoire
réalisera, après des essais d’équivalent de sable ( E.S. ) , des analyses granulométriques ( A.G. ), et
des essais de propreté du gravier, une formulation de béton.
Ce laboratoire est généralement celui des travaux publics, car un petit chantier n’a pas de
laboratoire.
Les matériaux de remblai ( latérite, argile, ... ) sont en général analysés sur place ( limites
d’Atterberg, essai PROCTOR, sédimentometrie, bleu de méthylène ) , mais parfois en laboratoire (
essai CBR ).
Dans un petit chantier, on n’analyse pas le ciment, le fer à béton qu’on achète dans le
commerce.
En général, le coût de ces essais préalables est à la charge de l’entrepreneur ; mais parfois
ce n’est pas prévu dans le marché et il faut prévoir un budget spécial.

2°- contrôle des matériaux en cours de chantier

Le surveillant devra vérifier en cours de chantier que l’entrepreneur utilise bien les
matériaux prévus avec les précautions voulues ( lavage des graviers par exemple ) et les
proportions recommandées.
Surtout dans le cas de carrières hétérogènes, il est bon de faire contrôler si les qualités des
matériaux sont constantes ( cas des latérites par exemple ).
Dans tous les cas, le surveillant aura pouvoir d’ordonner par écrit :
- l’enlèvement du chantier, dans un délai prescrit, de tous les matériaux qui, à son avis, ne
seraient pas conformes aux exigences du marché;
- le remplacement de ces matériaux par d’autres matériaux convenables et appropriés.
- la démolition et la construction correcte de tout ouvrage qui, à son avis, ne serait pas
conforme aux exigences du marché, tant en ce qui concerne le mode d’exécution que les matériaux
utilisés.

7-1-2-d ) Surveillance de l’exécution

a ) étude d’exécution
La plupart du temps, les plans du dossier de marché sont insuffisants pour passer à
l’exécution des travaux, et il faut procéder au préalable, à des études d’exécution. Le rôle du
surveillant est, en général, de contrôler les études préliminaires de terrain: sondages
pénétrométriques, puits de reconnaissance, ...
b ) respect du planning des travaux
L’ingénieur a approuvé le planning du chantier et le surveillant doit vérifier à tout moment
que ce planning est respecté.

99
Si ce n’est pas le cas, le surveillant doit en aviser l’ingénieur et l’informer sur les raisons du
retard. La tenue du journal du chantier fournit des éléments pour discuter avec l’entreprise des
moyens de résorber ce retard ou pour lui accorder des délais supplémentaires éventuels.
c ) les fouilles
Ce sont les parties sous terre qu’il faut surveiller le plus attentivement possible. En effet, une
fois qu’elles sont recouvertes, il est difficile de déceler les malfaçons, puisque les désordres
éventuels ont lieu quand le terrain est humide, soit plusieurs mois après le chantier.
Toutes les fouilles doivent donc être réceptionnées terminées et aucun remplissage de béton
ne doit avoir lieu sans cette réception.
d ) les remblais
Pendant l’exécution des remblais, le surveillant doit vérifier que:
1. les carrières ont bien été ‘’ préparées ‘’ : enlèvement des arbres, de la couche végétale, des
terres impropres;
2. les fouilles de décapage sous remblai ont bien été exécutées. Parfois, en cas de mauvais sol
d’assise, il faudra prévoir des purges. Celles - ci ne pourront être creusées qu’après avis écrit
de la surveillance représentant l’ingénieur;
3. les remblais seront correctement mis en place : réglage par couches de 20 cm d’épaisseur au
maximum, bon compactage, accrochage avec les couches inférieures qui seront scarifiées,
humidification. Des contrôles fréquents seront réalisés et la surveillance doit passer
plusieurs heures par jour pour mesurer les densités sèches en place et les comparer aux
densités prévues au marché ( en général 90 à 95 % de l’optimum proctor modifié ). Un
mauvais compactage peut compromettre tous les efforts faits à l’amont et n’être plus
réparable ensuite.
4. Il ne faut pas oublier que des surlargeurs doivent être prévues ( 50 cm au moins ) pour que
tout le volume prévu soit bien compacté. Ces surlargeurs doivent souvent être enlevées à la
niveleuse en fin de chantier.

Les essais nécessaires à la bonne réalisation du remblais compacté sont:


1. l’essai de détermination de la portance du sol : CBR;
2. les essais d’identification des matériaux: analyse granulométrique,
3. sédimentométrie, limites d’atterberg, bleu de méthylène, Proctor;
4. l’essai relatif au choix de la technique de compactage : planche d’essai ( pour déterminer
l’épaisseur des couches et le nombre de passe en fonction du type d’engin de compactage );
5. les essais de vérification de la compacité obtenue: densitometrie.
6. On rappelle que trois facteurs importants affectent la qualité du compactage : la granularité,
l’humidité, l’effort de compactage.

e ) les déblais
Les déblais sont plus faciles à surveiller que les remblais car il n’est pas nécessaire de rester
en permanence sur le chantier. Après le piquetage initial, seul est à effectuer le contrôle final des
côtes.
Pour les petits canaux, on vérifie les côtes du plafond et on fait passer dans le canal un
gabarit en bois aux dimensions du profil en travers. Pour les grands travaux, il faut procéder à des
relevés topographiques contradictoires des profils en travers.

f ) les bétons
Comme pour les remblais, la surveillance de la mise en oeuvre des bétons exige une
présence renforcée sur le chantier. L’utilisation d’un scléromètre pour contrôler après coup la
qualité des bétons est souhaitable lorsqu’il y a doute sur un ouvrage mal surveillé.
Les ferraillages doivent toujours être réceptionnés avant que le béton ne soit coulé,
puisqu’ils ne seront plus visibles ensuite.

100
Le coffrage doit toujours être réceptionné pour s’assurer que les dimensions sont bien
respectées et régulières, que ce coffrage est suffisamment solide et résistant pour éviter tout
déplacement de l’ouvrage pendant le coulage du béton, pendant sa prise et pendant le décoffrage,
que le béton ne perdra pas sa laitance à très des jours laissés entre éléments de coffrage;
Pour le béton lui-même, on vérifie que les matériaux sont bien propres ou lavés le cas
échéant, qu’on ne met pas trop d’eau, que les quantités de matériaux déterminées dans la
formulation de laboratoire sont respectées, que les ouvrages sont protégés du soleil ( par des nattes,
des sacs, ... ) et humidifiés pendant une quinzaine de jours.
En climat très chaud et pour les parties délicates, il faudra parfois couler les bétons la nuit si
on veut obtenir une meilleure résistance.
Le surveillant veillera également à la hauteur de chute du béton et à sa vibration correcte.
Enfin, il faut régulièrement procéder à des essais de résistances d’éprouvettes de béton
par un laboratoire spécialisé.
Signalons que les tolérances sur les dimensions des ouvrages sont très faibles, généralement
1 à 2 cm suivant la taille de ceux - ci. Une grande attention devra donc être assurée pour leur
surveillance.

7-1-2 -e ) La tenue des cahiers de chantier

Un surveillant doit tenir un certain nombre de cahiers de chantier : journal de


chantier, cahier des procès verbaux, cahier de notes de chantier , cahier des attachements.

e-a ) le journal de chantier

Le journal de chantier est le document le plus important de la vie du chantier : absolument


tout ce qui s’y passera devra y être consigné.
Ce registre est tenu par le surveillant et peut être consulté à tous moments par l’entrepreneur.
Le surveillant veillera à ce que les événements importants, inscrits sur le journal de chantier,
soient visés par l’entrepreneur.
On mentionnera journellement:
1. l’effectif du personnel, ou leur variation journalière;
2. le mouvement et l’état du matériel , ou leur variation journalière;
3. le stock des matériaux et carburants;
4. les pannes importantes du matériel;
5. les arrêts de chantier;
6. les accidents;
7. les visites importantes;
8. l’état d’avancement des travaux réalisés dans la journée.
Le surveillant ne doit pas perdre de vue que ce cahier sert de document de base à tous
réclamations ou litiges pouvant opposer l’entrepreneur au maître d’œuvre . En particulier, si
l’entrepreneur est en retard, le journal de chantier permet de voir quelles sont les causes du retard :
mauvaise organisation du chantier ou aléas dont l’entrepreneur n’est pas responsable. Le journal
sert alors d’argument pour accorder ou non des délais supplémentaires à l’entre -preneur.

e- b ) le cahier des procès verbaux


C’est un cahier duplicata ou triplicata à feuilles numérotées, tenu par le surveillant, ou sont
enregistrés tous les procès verbaux ( piquetage , réception de fouilles , de parties d’ouvrages, etc. )

Le procès - verbal doit comporter:


- le point sur la prise en compte des recommandations de la précédente réunion;
- le point sur l’état d’avancement des travaux;
- le point par rapport au planning des travaux;

101
- les observations éventuelles des différentes parties;
- les recommandations du contrôle en vue de la bonne marche du chantier
- la date et la signature des parties représentées.
Des croquis seront faits si nécessaires dans ce document pour élucider certaines explications
ou indications.
Une copie du procès verbal sera attribuée à toutes les parties concernées avec bordereau
d’envoi du directeur des travaux.
Un exemplaire non détachable restera sur le chantier pendant toute la durée des travaux.

e-c ) le cahier des notes de chantier


La note de chantier est un document établi à l’échelon du surveillant du chantier et le plus
souvent destiné au responsable local de l’entreprise.
Etabli sur un cahier duplicata, signé par le surveillant responsable, l’original est remis au
destinataire, le double reste attaché au cahier.
Le surveillant portera sur ce cahier:
- le numéro d’ordre de la note de chantier;
- un résumé succinct du texte;
- la date de son établissement.
L’entrepreneur est tenu de signer le cahier lors de la remise de la note, cette signature tenant
lieu d’accusé de réception.
La note de chantier a pour objet de préciser à l’entrepreneur des dispositions particulières
généralement de peu d’importance intéressant le plus souvent l’organisation du chantier, la sécurité,
les modalités d’exécution, les réceptions de matériaux, etc. En général ces dispositions ont été
ordonnées de vive voix, mais la note de chantier a pour objet de rappeler et de confirmer ainsi ces
instructions.
L’entrepreneur est tenu de remédier, le plus rapidement possible, aux défectuosités ou
modifications signalées.
Avant l’établissement d’une note de chantier importante pouvant faire l’objet d’une réserve
de la part de l’entrepreneur, le surveillant avisera l’ingénieur qui décidera.

e-d ) le cahier des attachements


C’est un cahier triplicata à feuilles numérotées, tenu par le surveillant, ou sont enregistrés
tous les attachements.
L’attachement est un constat contradictoire. Son importance est capitale quand il s’agit de
parties d’ouvrages susceptibles d’être cachées, modifiées ou effacées par la suite des travaux.
L’attachement est la pièce de base du règlement des travaux de l’entreprise; à ce titre, il doit
être incontestable. Pour cela il doit être établi contradictoirement avec l’entrepreneur ou son
représentant agréé.
Pour que le cahier d’attachements soit valable, l’ingénieur responsable doit parapher chaque
page avant sa mise en circulation.
Le surveillant inscrira, chaque fin de mois, la quantité de travaux exécutés dans le mois.
L’entrepreneur est tenu de le signer, mais il peut le faire avec réserves. Il dispose alors de 15
jours pour justifier ses réserves, faute de quoi les quantités indiquées par le surveillant seront seules
retenues.
Les quantités indiquées sur ce cahier d’attachement ne sont qu’approximatives et ne
pourront pas être considérées comme représentant le montant réel et exact des travaux exécutés. En
général, on ne prend pas en compte 100 % des travaux exécutés pour plusieurs raisons:
1. les prix unitaires de l’entreprise incluent des frais qui interviennent à la fin du chantier (
repli du matériel, nettoyage du chantier, ...);
2. si l’entreprise abandonne le marché, il faudra reprendre les travaux avec une autre et toutes
les parties d’ouvrages non correctement terminées seront difficiles à récupérer.

102
Seul l’attachement final qui sert de base à l’établissement du décompte définitif doit être établi
avec les quantités définitives exactes.
Il ne sera admis sur un attachement aucune surcharge, aucune feuille du cahier ne pourra être
détachée. En cas d’erreur de transcription, il faut :
1. soit barrer la page et inscrire la mention ‘’ annulée’’ dessus.
2. soit effectuer visiblement la correction et parapher la partie par le maître d’ œuvre et
l’entrepreneur.
3. L’original de l’attachement est destiné à l’ingénieur; le double est remis à l’entrepreneur; le
troisième exemplaire non détachable reste dans le cahier.

7-1-3 Les réceptions et garanties des travaux

Réceptions des travaux


La réception des travaux est définie comme l’acte par lequel le maître d’ouvrage déclare
accepter l’ouvrage avec ou sans réserves. On parle de réception provisoire et de réception
définitive.

a ) la réception provisoire
C’est une constatation contradictoire de l’exécution de l’ouvrage, faite immédiatement
après les travaux. Elle a pour effet, quand ‘’ les travaux sont entièrement reçus’’, d’ouvrir le délai
de garantie.
Elle est demandée par l’entrepreneur une fois les travaux terminés. Cette demande est
formulée par écrit.
Les opérations préalables à la réception comportent:
- la reconnaissance des ouvrages exécutés;
- les épreuves ou essais prévus aux cahiers des charges;
- la constatation éventuelle d’imperfections ou malfaçons ou de l’inexécution de
prestations prévues au marché;
- la constatation du repliement des installations de chantier et de la remise en état des
terrains et des lieux.
La réception provisoire est faite en présence du directeur des travaux, de l’entrepreneur et du
maître de l’ouvrage ou de son représentant.
La date d’effet de la réception est la date retenue de l’achèvement des travaux.

b ) la réception définitive

Il s’agit en fait de libérer l’entrepreneur de ses obligations contractuelles de parfait


achèvement des travaux à l’issue d’un délai de garantie de 1 an ( ce délai peut être ramené à 6 mois
ou même moins pour certains travaux: entretien d’ouvrages par exemple ).
Pendant cette période l’entrepreneur doit :
1. exécuter les travaux et prestations éventuels de finition ou de reprise demandés par le maître
d’ œuvre
2. remédier à tous les désordres signalés par le maître de l’ouvrage ou le maître
d’ œuvre , de telle sorte que l’ouvrage soit conforme à l’état ou il était lors de la
’ réception provisoire’’.
3. procéder le cas échéant, aux travaux confortatifs ou modificatifs dont la nécessité serait
apparue à l’issue des épreuves effectuées conformément au CCAP.
4. remettre au maître d’œuvre les plans des ouvrages conformes à l’exécution des travaux.
5. L’obligation de parfait achèvement ne s’étend pas aux travaux nécessaires pour remédier
aux effets de l’usage ou de l’usure normale.
6. Si , à l’expiration du délai de garantie, l’entrepreneur n’a pas procédé à l’exécution des
travaux demandés, le délai de garantie peut être prolongé par décision de la personne

103
responsable du marché jusqu’à l’exécution complète des travaux et prestations , que celle -
ci soit assurée par l’entrepreneur ou qu’elle le soit d’office.
7. La réception définitive met fin aux obligations de l’entrepreneur et elle lui permet de
réclamer le solde du prix du marché, le remboursement de la retenue de garantie ou la main
levée de caution.

C ) les délais de garantie

La date d’effet de la réception provisoire des travaux constitue le point de départ des
différents délais de garantie et de responsabilité :
- pendant 1 an : l’entrepreneur a obligation de réparer tous les défauts de construction
signalés par le maître d’ouvrage : c’est la garantie de parfait achèvement ;
- pendant 2 ans: l’entrepreneur doit garantir le bon fonctionnement des équipements que
l’on peut enlever, démonter ou remplacer sans détériorer la construction : c’est la garantie de bon
fonctionnement;
- pendant 10 ans : le constructeur est responsable des malfaçons qui affectent la solidité de
l’ouvrage ou le rendent impropre à sa destination : il s’agit de la responsabilité décennale.
Le maître d’œuvre est tenu, comme l’entrepreneur, aux garanties de bon fonctionnement et
décennale.

7-2 : Le contrôle des travaux routiers

Considérations générales :

La qualité d’un ouvrage dépend de la compétence d’un entrepreneur bien contrôlé. La méthode du
contrôle sera définie en fonction du CCTP, et suivant une décomposition par tâches :
• Travaux préparatoires,
• Terrassements,
• Mise en œuvre des couches de la chaussée,
• Mise en œuvre du revêtement de la chaussée,
• Réalisation des ouvrages d’assainissement.

104
7-2-1 : Contrôle des installations de chantier

Cette opération comprend :


• La location de terrain et expropriations des occupants,
• Aménagement des surfaces,
• Implantation des bâtiments du chantier,
- Bureaux,
- Logements,
- Ateliers,
• Aires de stockage,
• Création des voies d’accès,
• Connections aux réseaux,
- Eau,
- Electricité,
- Téléphone,
• Matériels et locaux pour l’équipe de contrôle,
• Ce contrôle consiste à vérifier la conformité des installations conformément au projet.

Contrôle de l’amenée et du repli du matériel consiste à :


- Mobiliser la totalité du matériel nécessaire au chantier selon le plan d’organisation,
- S’assurer de son bon fonctionnement,
- Actualiser la liste du matériel suivant le planning des travaux,
- Prendre en attachement un pourcentage au prorata du matériel mobilisé pour les avances
sur la rubrique ( installations de chantier ),
- Etudier le repli du matériel ( conditions de démontage des installations, réaffectation
future des installations à voir avec le maître d’ouvrage ).

7-2-2 : Le contrôle de la mise en œuvre des matériaux

• Débroussaillage et abattage d’arbres pour ensoleillement,


• Identification des différents gisements de provenance des matériaux et définir leur qualité,
• Programmer des réunions d’information avec les différents acteurs consernés :
- Secteur de l’agriculture,
- Environnement,
- Autorités locales,…

• Planifier des contrôles :


- Avant les travaux,
- Pendant les travaux,
- Après les interventions.
• S’assurer du respect des implantations, de la signalisation et de la qualité des travaux,
• Evaluation progressive des volumes de travaux réalisés,
• Vérifier les niveaux des assises,
• Vérifier les degrés et les moyens de compactage des couches à mettre en œuvre,
• Réceptionner chaque couche avec l’aide d’un laboratoire,
• Veiller aux effets accidentels des intempéries,
• Prévoir un système d’assainissement adéquat pendant les travaux et ajuster la pose des
ouvrages :
- Pose de buse,
- Pose de dalot,
- Pose de caniveau et fossé longitudinal.

105
• Localiser de nouveaux emprunts pour minimiser les coûts de transport des matériaux,
• Suivi quotidien du planning d’exécution des travaux et respect des délais.

7-2-3 : Contrôle des ouvrages et réseaux d’assainissement

• Vérifier le nivellement des implantations de l’ouvrage suivant les plans et profils du projet,
• Veiller à la cohérence globale du tronçon :
- Levé topographique,
- Protection des bornes de référence pendant les travaux,
• Prévoir des phases intermédiaires de réception :
- Avant les travaux,
- Pendant les travaux,
- Après les travaux,
- Réception des piquetages,
- Réception des implantations ou nivellement,
- Réception des fouilles des ouvrages,
- Réception des coffrages ferraillages et bétonnage,
- Vérification des essais de laboratoire.
• S’assurer de l’exactitude des dimensions et longueurs des ouvrages réalisés.

7-2-4 : Contrôle de la Signalisation

• Par signalisation, nous entendons :


- Les panneaux de signalisation,
- Les bornes de sécurité,
- Les balises,
- Les glissières de sécurité,
- Marquage et barrières de pluie,
• S’assurer du contenu de ses signalisations,
• S’assurer de la bonne localisation sur le site des différents panneaux : ( visibilité des panneaux
sur une longue distance, signification en rapport avec l’emplacement, lisibilité des lettres et
accèssibilité ),

• S’assurer de leur implantation :


- Avant,
- Pendant,
- Après les travaux.
• Veiller aux aspects liés à la sécurité :
- Travaux de jour ou de nuit.

106
7-3 : Contrôle des travaux de bâtiment

Sur quoi s’appuie le contrôle des travaux de bâtiment ?

Le contrôle des travaux de bâtiment s’appuie sur :


• Une planification existante permet d’évaluer l’avancement et l’actualisation du planning
préétabli,
• Le descriptif des ouvrages et les normalisations en vigueur en vue d’un contrôle qualitatif
précis,
• Les plans et le métré des ouvrages en vue d’un contrôle quantitatif cohérent.

7-3-1 : Le contrôle des ressources

a) La main d’œuvre :
• Utilisation des cartes de pointage,
• Contrôle des coûts de main d’œuvre par poste, par section, par catégorie et pour l’ensemble du
chantier ( budget main d’œuvre ),
• Contrôle des écarts en heures entre la dotation en heures issue du planning et le nombre
d’heures consommées par rapport à l’avancement des travaux.

b) Le matériel et les matériaux :


• Contrôle du type de béton :
• Dosage : ….kg de ciment par m3,
• Granulométrie des agrégats ( 0/20 ….mini / maxi ),
• Plasticité du béton, % en eau,
• Type d’adjuvant utilisé,
• Contrôle des livraisons de matériaux,
• Contrôle quantitatif et qualitatif.
• Contrôle des entrées et sorties du chantier ( maîtrise des accès du chantier ),
• Contrôle du stock de sécurité ( stock final, stock initial et stock moyen Sm = ½ ( Stock initial +
Stock final )),
• Contrôle des quantités réellement utilisées sur le chantier à l’aide du métré.

107
c) Les contrôles sur le chantier :
• Usage du plan d’assurance qualité ( TQM = Total Quality Management ),
• Cet outil met tout en œuvre pour éviter les anomalies et les non-conformités sur l’ouvrage,
• Mise en place des mesures correctives et préventives,

• Sur les matériaux livrés sur le chantier :

Phase Démarches & règles


Analyser les spécifications demandées S’assurer que les matériaux livrés sont
conformes au CCTP
Rechercher les moyens de contrôle Faire usage des normes comparatives sur ces
adéquats matériaux
Rédiger les fiches de suivi et de contrôle On peut établir des fiches par type de produit
ou par matériau

• Sur le matériel utilisé sur le chantier :

Phases Démarches & règles


Analyser les caractéristiques Objectif sécurité des agents sur le chantier
( bureau des méthodes )
Rechercher les contrôles appropriés Identifier selon les fiches techniques, les
points de contrôle
Rédiger les fiches d’entretien du matériel Prévoir des réunions de sécurité

• Sur la rentabilité et sur les coûts :

Phases Démarches & règles


Calculer les dépenses de production Evaluer le coût global du projet = déboursés
secs et frais généraux
Contrôler la rentabilité du projet Ce contrôle vise à établir le résultat financier
( input / output )
Interprèter les résultats Déduire bénéfice ou perte au projet
Contrôler les coûts sur la réalisation des But : rentabilité & actualiser
travaux

d) La nature des contrôles sur le chantier :

Les contrôles intérieurs en entreprise Contrôle interne à la production. Ces


contrôles sont réalisés par les exécutants
eux-mêmes.
Contrôle hierarchique exercé par le chef
de chantier.
Les contrôles extérieurs Une expertise faite par un organisme
agréé

108
e) Le contrôle du bétonnage

Enregistrement des dates du contrôle Chaque phase de travail comporte les dates
des contrôles effectués sur le bétonnage
Etat des parements Préciser la nature du parement imposé dans le
CCTP
Contrôle de la résistance du béton Vérifier les procès-verbaux, essais de labo,
analyse des résistances du béton.

7-3-2 : Contrôle de la mise en œuvre du béton

Actions Observations
Quantité mise en œuvre Exemple : 34,500 m3
Heure de début de bétonnage ( hd ) Exemple : 08h40 min
Heure de fin de bétonnage ( hf ) Exemple : 12h50 min
Conditions climatiques Beau temps, temps pluvieux,ect…
Mode de mise en place Benne à béton + tube plongeur
Matériel de vibration ( électrique ) 2 convertisseurs + 2 aiguilles diam. 70 mm

• Fiche de non-conformité

Description de la non-conformité • Description de l’origine et des


caractéristiques de la non conformité
Mise en conformité possible • Consigner les propositions et les
procédures de réparation
Mise en conformité impossible • Abandon de la solution ! ! !
• Démolition & reconstruction

109
7-4 : Le Contrôle des travaux de barrage

Techniques culturales :

Les techniques culturales correspondent à des choix successifs de pratiques, partant de la


préparation du terrain et se terminant à la récolte.

Aménagements du terrain et préparation du sol :

La préparation du terrain est un préalable à l’établissement des rizières. Les pentes du terrain sont
variables, mais il faudrait constituer des surfaces sensiblement plates aux fins d’assurer une
profondeur d’eau à peu près ou très uniforme dans chaque parcelle.
La préparation du sol annuel est un ensemble de pratiques culturales qui ont un grand impact sur ses
propriétés physiques et chimiques. La confection des diguettes et le nivellement sont deux pratiques
dans la préparation du sol.

L’aménagement du terrain :

Il comporte un terrassement et un nivellement, ainsi que la construction de diguettes, digues, de


chemins et de routes, de canaux d’irrigation et de drainage. Ces opérations sont faites pratiquement
une fois pour toutes lors de l’établissement de rizières nouvelles et nécessitent la mise en œuvre de
gros moyens, soit en main d’œuvre, soit mécaniques. Les rizières forment alors des terrasses
successives séparées les unes des autres par des diguettes qui servent souvent de chemins, ainsi que
par des digues plus importantes qui peuvent servir de routes. Les canaux d’irrigation et de drainage
peuvent nécessiter la mise en œuvre de technologies importantes, comme des vannes automatiques
montées sur des sites bétonnés et régulant les flux d’eau. Certains canaux d’irrigation peuvent être
très importants, et sont parfois intégralement bétonnés. Les canaux de drainage sont d’établissement
souvent plus simple.

Le terrassement, le nivellement et la confection de diguettes sont nécessaires dans pratiquement


tous les sols à riz inondés. Toutes les pratiques déplacent des quantités de sol plus ou moins
importanres selon la pente du terrain. Un terrassement et un nivellement bien faits sont la garantie
d’une profondeur d’eau uniforme dans le champ.

Dans les zones à peu près plates, ces pratiques n’affectent que les couches superficielles du sol et
ont une incidence faible sur le profil du sol. Au fur et à mesure que la pente augmente, les
déplacements de sol augmentent et altèrent de plus en plus le profil du sol, sur les endroits où le sol
est prélevé aussi bien que sur ceux où il est apporté. En général, plus forte est la pente, plus étroites
sont les terrasses.

Dans les terrassements de nouvelles rizières sur de larges surfaces, les étapes du travail exécuté à
l’aide de machines lourdes sont successivement le grattage du sol, le stockage du sol ainsi enlevé, la
préparation des soubassements pour les digues, un premier nivellement, la ré-incorporation du sol
auparavant prélevé, la construction des diguettes, et un surfaçage final. Les routes et chemins sont
construits en même temps, ainsi que les canaux d’irrigation et de drainage.

La maintenance ultérieure de ces travaux importants peut être assurée soit par les riziculteurs eux-
mêmes, soit par des collectivités ou encore des entreprises spécialisées. Les grandes propriétés sont

110
souvent équipées de matériels permettant d’assurer une maintenance de leurs propres
aménagements.

La construction des diguettes et leur maintenance : (Les diguettes ont trois fonctions )

• La délimitation des propiétés,


• Le stockage de l’eau,
• Elles servent aussi de chemins.

La plupart des diguettes sont faites à la main dans le cas de petites parcelles à propriété très
morcelée et une fois pour toutes lors de l’aménagement du terrain. Elles sont alors peu larges, et
font le plus souvent 20 à 40 cm de large à leur faîte. Elles peuvents être très hautes si la pente est
forte. Leur desherbage par raclage des côtés, ce qui entraîne souvent un amincissement à leur
sommet, fait partie d’un entretien manuel.

Elles sont le plus souvent faites avec le sol des environs, rarement en ciment ou en métal, comme au
Japon où le sol est très cher. Dans les régions marécageuses, elles sont faites en enfonçant des bois
dans le sol, et en tassant de la terre entre eux.

Dans les zones où le sol est relativement plat, elles font de 20 à 30 cm de haut, parfois 50 cm quand
elles sont faites mécaniquement. Elles peuvent atteindre 50 cm et même 100 cm de haut sinon plus
dans les régions à forte pente. Elles sont en général plus hautes en zones irriguées sans contrôle de
l’eau. Ce qui permet de conserver plus d’eau dans le champ. Leur largeur varie de 10 cm ou moins,
à plus de 50 cm au sommet lorsqu’elles sont faites mécaniquement.

Consistance des travaux :

Les travaux d’aménagement sont répartis généralement en :


• Travaux de terrassement
• Ouvrages de génie-civil

Les travaux de terrassement :

• Le chenal d’alimentation,
• Le réseau d’assainissement formé de fossés primaires, secondaires, tertiaires et quaternaires ;
• La digue de protection,
• Les fossés de ceinture pour la protection des aménagements,
• Un réseau de pistes,
• Un réseau d’irrigation en remblai pouvant être composé de :
- Canaux primaires trapézoidaux revêtus,
- Canaux secondaires trapézoidaux revêtus,
- Canaux tertiaires en terre non revêtus,
- Canaux quaternaires en terre non revêtus.

Les ouvrages de génie-civil :

• Les stations de pompage,


• Les prises sur les canaux primaires, secondaires et tertiaires ;
• Les ouvrages d’assainissement constitués de dalots et de buses,
• Les ouvrages internes aux quartiers,
• Le revêtement des canaux ( primaires et secondaires ) en béton.

111
Les caractéristiques des matériaux à mettre en œuvre :

Les matériaux d ‘emprunt :

Les matériaux à utiliser dans les remblais de digue ou canaux doivent avoir les caractéristiques ci –
après :

• Densité : d > 1,8 t / m3


• Granulométrie : 20 % de matériaux < 80 µm
• Indices de plasticité : 10 < IP < 25
• Teneur en matières organiques : < 3%
• Perméabilité : k < 10 – 7 m/s à l’OPS sous un gradient de 1,5
• Compactage des matériaux à 98 % de l’OPM

Pour le tout venant latéritique utilisé pour le revêtement ( habillage ) des digues, des pistes et des
canaux, le pourcentage de fins ( < 10 µ m ) doit être compris entre 8% et 20% et il ne doit pas
contenir des éléments de dimensions supérieurs à 5 cm.

Les matéraux pour confection des bétons :

Le béton à mettre en œuvre doit avoir les caractéristiques ci – après :


• Béton type B3, de classe courant, dosage ciment 350 kg / m3
• Résistance nominale à 28 jours d’âge à la compression : RC=23 Mpa et à la
traction : Rt= 2,1 Mpa
• Dimension maximale des granulats : d ≤ 25 mm
• Poids des granulats passant à travers la maille 4 mm < 10 %
• Poids des granulats passant à travers la maille 2 mm < 2 %
• Equivalent de sable obtenu sur le sable à utiliser : ES ≥ 70

Etudes géotechniques :
Dans le cadre de la recherche des carrières, des essais géotechniques sont réalisés sur les matériaux
d’emprunt en vue de déterminer leurs caractéristiques. Ces essais concernent essentiellement les
essais d’identification et les essais Proctor. Par exemple :

ANALYSE GRANULOMETRIQUE LIMITES PROCTOR


D’ATTERBERG
Désignation N° > 10 mm > 5 mm > 2 mm < 80 µ m LL IP DS W%
des
emprunts
P.K. 2,500 A 7 11,5 29 20 47 24 1,69 18,6
P.K. 3,600 B 8,5 13,5 24,5 20 42 21,5 1,71 15,5
P.K. 7,200 C 8 9,5 11 24 46,5 24 1,63 22,5

Les matériaux peuvent être :

• Moyennement plastiques,
• Peu limoneux,
• Graveleux.
• Etc…

112
• Leurs indices de plasticité peuvent être compris entre 13,5 et 27 ;
• Leurs limites de liquidité varient entre 29,00 et 50,00 ;
• La densité sèche de ces matériaux est comprise entre 1,63 et 2,03 ;
• La teneur en eau varie entre 10,40 % et 22,50 % ≤ 50,00 %.
Ces matériaux s’inscrivent dans les limites prescriptes par le CCTP.

Les matériaux latéritiques présentent les caractéristiques suivantes :


• Limite de liquidité ( LL ) : 29,50 ≤ LL ≤ 42,50
• Indice de plasticité ( IP ) : 14,00 ≤ IP ≤ 21,50
• Densité sèche ( DS ) : 2,00 ≤ DS ≤ 2,10
• Teneur en eau ( W % ) : 5,20 % ≤ W ≤ 9,70

Ces matériaux sont constitués d’éléments fins dont la proportion varie de 10 % à 30 %


Le % d’éléments de diamètre supérieur à 5 mm a la proportion comprise entre 40 % et 81 %

Les matériaux pour la confection des bétons :

Analyse Granulométrique
Profil Position 10 mm 5 mm 2 mm 80 m
Gravier Kassoum N° 114 63,5 93,5 96 3,5
Sable Tiembara N° 115 4 13 31,5 1

L’équivalent de sable ( ES ) à vue varie de 70 à 95

Le contrôle géotechnique pendant l’exécution des travaux :

Les travaux de terrassement : ( le contrôle concerne )


La qualité des matériaux d’emprunt pour remblai,
La digue de protection,
Le contrôle du remblai des canaux ( primaires, secondaires, tertiaires, quaternaires ),
Les prélèvements de matériaux sur chaussée.

Les ouvrages de génie – civil : ( le contrôle porte sur )


La formulation du béton pour la confection des différents ouvrages,
La qualité des matériaux utilisés et du béton mis en œuvre lors du revêtement des canaux.

Les caractéristiques des matériaux mis en œuvre :

Les matériaux argileux :

Analyse granulométrique Limites Proctor


D’Atterber
g
Désignatio Localisatio N° >10 >5 mm >2 mm >1 mm <80µm IP DS W%
n n mm
Prélèvemen Canal PC 043 5 16 34,5 30,5 50 26 1,72 16,1
t SC1 083 10 22 40,5 17,5 37 20 1,75 17,9
Sur TA 1-4 117 10,5 16,6 21 27 42 21 1,71 17,3
chaussée

113
Matériaux latéritiques :

Analyse granulométrique Limites Proctor


D’Atterber
g
Désignatio Localisatio N° >10 >5 mm >2 mm >1 mm <80µm IP DS W%
n n mm
Prélèvemen Piste CP 28,5 61,5 79,5 82 15 19,5 2,09 8,5
t primaire A
Sur Piste CP 20,5 40 53 62 15,5 20,5 2,01 9,7
chaussée primaire C
Piste GUI 22,5 43 52,5 56,5 17,5 17,5 2 9,4
ceinture

Résultats des compacités :

Digue de protection :

Position Couches Proctor Normal Indice de compacité


( valeurs moyennes ) ( IC )
DS ( KN / m3 ) W %
1ère couche 1,86 5 Pour 55% des essais, 98 < IC < 100 %
1,83 13,8 Et pour 45 % des essais IC > 100 %
Pour 88 % des essais réalisés 98 < IC < 100 %
Et pour 12 % des essais IC < 98 %
Bloc de 540 ha 2ème couche 1,72 13,1 Pour 29 % des essais réalisés, IC < 98 %
Pour 29 % des essais 98 < IC < 100 %
Et pour 42 % des essais IC > 100 %
3ème couche 1,71 9 Pour 36 % des essais réalisés, IC < 98 %
Pour 21 % des essais 98 < IC < 100 %
Et pour 43 % des essais IC > 100

Canaux primaires :

Position Couches Proctor Normal Indice de compacité


( valeurs moyennes ) ( IC )
DS ( KN / m3 ) W %
1ère couche 1,73 15 Pour 64% des essais, 98 < IC < 100 %
Et pour 36 % des essais IC > 100 %
2ème couche 1,75 14,5 Pour 64% des essais, 98 < IC < 100 %
Et pour 36 % des essais IC > 100 %
CP-A 3ème couche 1,74 15,3 Pour 64% des essais, 98 < IC < 100 %
Et pour 36 % des essais IC > 100 %

114
Canaux secondaires :

Position Couches Proctor Normal Indice de compacité


( valeurs moyennes ) ( IC )
DS ( KN / m3 ) W %
1ère couche 1,8 14 Pour 47 % des essais réalisés 98 < IC < 100 %
Et pour 53 % des essais IC > 100 %
2ème couche 1,76 15,3 Pour 47 % des essais réalisés 98 < IC < 100 %
Sec-A1 Et pour 53 % des essais IC > 100 %
3ème couche 1,79 14,4 Pour 47 % des essais réalisés 98 < IC < 100 %
Et pour 53 % des essais IC > 100 %

Canaux tertiaires :

Position Couches Proctor Normal Indice de compacité


( valeurs moyennes ) ( IC )
DS ( KN / m3 ) W %
1ère couche 1,79 13,9 Pour 44 % des essais réalisés 98 < IC < 100 %
Et pour 56 % des essais IC > 100 %
Pour 44 % des essais réalisés 98 < IC < 100 %
ème
2 couche 1,81 14
Ter-A2-4 Et pour 56 % des essais IC > 100 %
ème
3 couche 1,86 13,8 Pour 44 % des essais réalisés 98 < IC < 100 %
Et pour 56 % des essais IC > 100 %

Canaux quaternaires :

Désignation 98 < IC < 100 IC > 100 %


Quaternaires Secteur A %
Quat-A2-1-4 67 33
Quat-A2-8-1 50 50
Quat-A2-8-2 25 75

Résultats des essais de compression des bétons :

Les prélèvements des échantillons sont faits par profil et se composent de six ( 6 ) éprouvettes qui
sont placées dans l’eau et vont par la suite subir des écrasements à 7 jours et à 28 jours d’âge.
Chaque séance d’écrasement peut regrouper trois ( 3 ) cylindres.

N° Désignation Profil Date de Dosage Résitance Résistance


prélèvement Kg / m3 A 7 jours à 28 jours
MPa MPa
38 Canal Primaire C 7-9-11 28 / 01 / 02 375kg/m3 19,33 20,33
39 121-123-125 28 / 01 / 02 375kg/m3 16,66 18,75
96 Canal Secondaire N°1 002-004-006 11 / 03 / 02 375kg/m3 14,16 21,25
98 du canal primaire B 104-106-108 12 / 03 / 02 375kg/m3 18,5 22,5

115
Qualité des travaux :

Terrassement :

Veiller aux malfaçons pouvant compromettre la stabilité de l’ouvrage à terme.


Il peut apparaître sur les flancs des talus de remblai, à certains endroits des matériaux en bande
sans cohésion. Il en est de même au niveau des cavaliers et des fouilles exécutées, pour les
différents canaux.
Ces signes de malfaçons observés sur les remblais, résultent de la méthodologie de mise en œuvre
adoptée sur le terrain. En phase d’implantation des ouvrages, la surlargeur prévue par l’équipe
topographique sur le site est faible et ne permet pas aux engins de compactage de bien se
positionner sur la zone utile de compactage. Cette pratique conduit à éloigner l’engin de
compactage des bords de l’ouvrage tout en créant des zones de faiblesse car la tendance du
compactage est de passer plus de temps sur la bande centrale du remblai ( optimisation de l’indice
de compactage à l’axe ) au détriment des bordures de l’ouvrage.

C’est cet état de fait qui se traduit par une insuffisance de compactage des cavaliers et justifie la
présence des matériaux sans cohésion après talutage avec pour conséquence l’effritement des talus.
L’exécution du remblai des ouvrages doit se faire en respectant les règles de l’art. L’assise doit
être scarifiée avec un décapage au préalable.
L’équipe géotechnique doit suivre toutes les phases d’exécution.

Ouvrages de génie-civil :

La vérification de la résistance à la compression du béton se fait sur les cylidres prélevés lors du
bétonnage des plots des canaux. Ces cylindres sont conservés dans l’eau pendant 7 et 28 jours
avant de subir le texte d’écrasement. Il faut retenir que cette méthode ne permet pas de contrôler
efficacement la qualité du béton mis en place, car les conditions de conservation des éprouvettes ne
reflètent pas les conditions de mise en œuvre du béton.

Conformité au CPT :

Les Matériaux d’emprunt ( Les emprunts argileux ).


Au niveau des emprunts, les essais suivants doivent être réalisés :
• Essais de teneur en matière organique,
• Essais de perméabilité.
• Pour ces matériaux, la proportion passant au tamis 80 µm doit être supérieure à 20%.
• Les limites de liquidité entre ( 29,00 et 50,00 )
• Les indices de plasticité peuvent varier entre ( 13,50 et 23,50 )
• Les densités sèches peuvent varier entre 1,63 et 2,03
• Les teneurs en eau peuvent varier entre 10,40 et 22,50

Emprunts latéritiques :

Les éléments fins ayant des diamètres inférieurs à 1 mm ont des proportions comprises entre 10 %
et 29,50 %et sont conformes aux prescriptions du CCTP.

Les granulats :

Le sable dont l’équivalent de sable est de 71,6 ( soit supérieur à la moyenne exigée = 70 ) est
considéré comme étant de bonne qualité.
Le gravier doit être constitué d’éléments de taille inférieure à 25 mm.

116
Pour les grains de dimensions comprises entre 2 mm et 5 mm, il faut respecter la proportion
inférieure à 1 % ; ceci indique que les granulats passant au tamis de 4 mm représente moins de 10
%. De même au niveau des passants du tamis 2 mm, nous devons conserver la proportion de 1 %.

Les travaux réalisés :

Terrassement :

Pour les travaux de terrassement, le CPT demande des densités in situ au moins à 98 % de l’OPM.
Le décapage de nouvelles zones d’emprunt ou le nettoyage d’emprunts déjà utilisés doit être
systématiquement réceptionné avant le gerbage ; afin d’éviter le ramassage de la terre végétale.
La qualité du décapage sera constatée par le contrôleur avant toute poursuite des travaux.
L’entreprise devra bien préparer les matériaux avant utilisation pour assurer une bonne adhérence
entre les différentes couches et éviter les poches observées sur les canaux après la coupe des talus.
Ceci permettra de garantir la qualité de la mise en œuvre des canaux d’irrigation.

La procédure de contrôle des densités devra se faire en deux ou trois points suivant le profil en
travers de l’ouvrage et prévoir une surlargeur suffisante pour permettre un compactage des remblais
sur les bordures.
Il est fortement recommandé de réaliser des planches d’essai avant ouverture de nouvelles
campagnes de compactage. Ceci permettra de fixer les caractéristiques de compactage et de réduire
les écarts de comportement relevés entre les caractéristiques de compactage au laboratoire et celles
issues du compactage in – situ.
La mise en place du remblai sur du sable entraîne la perte de l’accrochage entre le support et la
couche de remblai et crée une zone de circulation préférentielle des eaux de ruissellement ( zone de
faiblesse ).
Eviter la réalisation des remblais avec des épaisseurs de ( 30 ; 40 ; 50 ou 60 cm ) en une seule
couche.
L’approvisionnement des assises sans aucune réception préalable du décapage par l’équipe de
contrôle géotechnique devrait être évité.
L’entreprise chargée de l’exécution des travaux devrait disposer d’une citerne adaptée sur le
chantier pour les travaux de terrassement.
Voulant profiter de la teneur en eau naturelle du matériau, l’entreprise d’exécution a souvent
tendence à exploiter les différents emprunts en profondeur cependant, les matériaux le matériau
devient de plus en plus granuleux et sans cohésion.

Ouvrages de génie – civil :

Le sable devra être bien tamisé et le gravier sera lavé et trié des éventuels gros éléments avant
toute utilisation pour le béton.
Le contrôle doit veiller à ce que le dosage du béton fixé à ( 350kg/m3 ou 375kg/m3 ) soit respecté
et appliqué pour le revêtement des canaux et les petits ouvrages de génie-civil.
Le faible accroissement de la résistance du béton après les 7 jours d’âges peut être le fait de la
qualité des granulats : la forte proportion des fines ou la présence de matériaux organiques. Les
argiles ont une forte influence sur la chute de résistance de béton. L’essai d’équivalent de sable et
l’essai de propreté superficielle du gravier permettent de mettre en évidence la proportion des fines
contenues dans les granulats.

La vibration du béton devrait se faire suivant les normes.


La conservation des éprouvettes devra se faire dans les mêmes conditions que celle d’exécution des
ouvrages. Ainsi :
- deux éprouvettes seront à l’air libre sous le soleil,

117
- deux éprouvettes seront également conservées à l’air libre, mais sous protection contre
l’ensoleillement,
- deux autres éprouvettes seront au besoin conservées à l’ombre.
La procédure de l’écrasement des éprouvettes sera effectuée de la manière suivante :
à 7 jours d’âge :
- 1 éprouvette conservée sous le soleil,
- 2 éprouvettes conservées à l’ombre.
à 28 jours d’âge : ( écrasement des autres éprouvettes )

Le contrôle doit veiller à ce que la section géotechnique soit la seule à suivre l’évolution des
travaux de mise en œuvre tant au niveau du béton que sur le terrassement.
Par ailleurs, le contrôle doit tenir rigueur sur les quantités d’agrégats ( sable et gravier ), et de
ciment disponoble sur le chantier avant tout démarrage de coulage du béton, pour éviter les ruptures
de stock en cours d’exécution.

Entreprise…….

MESURE DE LA DENSITE AU DENSITOMETRE A MEMBRANE

Chantier :………………………………..
Ouvrages :
- terrassements,
- couche de forme,
- fondation,
- couche de base.

P.K. Positio E.P. I.I. I.F. vol P.H. P.S. W% D.S. OPM I.C.
ou n W%
Profil
250 G 11,20 138 2255 2117 4200 3592 16,9 1,69 1,71 99%
18,6
250 Axe 12 124 2110 1986 3990 3575 11,6 1,80 1,71 99%
18,6
250 D 11 178 2213 2035 4100 3495 17,3 1,71 1,71 100%
18,6

Observations :…………………………………………………………………………………..

Pour l’Entreprise : Pour le Contrôle :


RESULTATS D’ESSAIS DE COMPRESSION SUR CYLINDRE DE BETON :

Beton profil ouvrage âg Résitance en Affaissem Date Equipe de


N° e compression ent au de tâcherons
cône coulag :
e
eau ombr soleil Moyenn R.C.2 CPA.45
e e 8 RCI
MPa R.C.7 ST- 5,4

118
7-5 : Contrôle des travaux des Ponts et Ouvrages d’art

7-5 : C ontrôle des


travaux de ponts et
ouvrages d’art.

La Gestion des Ouvrages d ’art


U Nécessité d ’une Gestion des
ouvrages d ’ art.
U Organisation de l ’inspection
des ouvrages d ’art
U Identification des défauts sur
les ouvrages d ’art.

119
Nécessité d ’une Gestion
des
Ouvrages d ’ art.

• Un pont constitue toujours un


point particulier du réseau.
• Son effondrement peut condui -
re à des incidents graves.
• Certaines parties de l ’ouvrage
peuv ent présenter une grande
sens ibilité à ( la corrosion, la
fatigue et le vieillissement ).
• Le suivi implique la prise de
me s ure s n éc e ss a ire e n tem p s
opportun
• La croissance non contrôlée d u
trafic et des chargements.

120
Nécessité d ’une
Gestion des
Ouvrages d ’art ( suite )
• Préserver le patrimoine exige
qu ’il faut un personnel qualifié
• Eviter des dom mages à des
tiers ( Maître d ’ouvrage/conflit)
• Optimiser la sécurité et m ini -
m iser les coûts de réfection par
un entretien préventif régulier.
• Ces mesures concernent tous
les ouvrages d ’art et surtout :
– les ponts fixes et m obiles
– les viaducs
– les tunnels
– les m urs de soutènem ent.

121
Organisation de l ’inspection
des Ouvrages d ’art.

• Un dossier doit être tenu à jour


pour chaque ouvrage d ’art,
comprenant ce qui suit :
• a) Sur la construction de l ’ouvra -
ge :
– les plans d ’exécution de l ’ouvrage
– les notes de calcul+les résultats
des essais des bétons.
• b) Sur l ’exploitation de l ’ouvrage.
– Rapports sur le nivellement (Topo)
– historique des interventions
• C) Sur la Gestion de l ’ouvrage
– établir la répartition des responsa -
bilités de façon claire et précise.
– Créer une cellule de suivi

122
Organisation de l ’inspection
des ouvrages ( suite ) .
• Lors de la construction, penser
à l ’accessibilté dans les diffé -
rentes parties de l ’ouvrage.
• L ’ouvrage en service ferra l ’ob -
jet de contrôles de routine et
d ’un nivellement annuel.
– Une inspection tous les 2 ans.
– Une inspection spécialisée pour
la mesure de fréquence propre et
de l ’amortissement de l ’ouvrage.
• Avant la mise en service,il faut:
– un examen visuel détaillé des
parties de l ’ouvrage.
– Une épreuve de réception de l ’ou-
vrage
– réception du nivellement initial.

123
7-6 : La mobilisation des ressources humaines

D’une entreprise à l’autre, la fonction des Ressources humaines revêt des aspects différents. En
dépit de cette diversité, une évolution semble se dessiner. Les responsables des entreprises
éprouvent le besoin de disposer d’outils de gestion plus efficaces. Le système d’information
Ressources humaines est l’un de ces moyens.
Le système d’information doit assurer l’unicité et la cohérence des informations, la sécurité et la
confidentialité des données. Il ouvre la possibilité nouvelle d’interrogations spontanées et de
réponses très rapides.
L’informatique a changé le travail quotidien au sein des directions de ressources humaines. Elles
disposent aujourd’hui de systèmes informatisés d’information de personnel leur permettant
d’enregistrer et stocker toutes les informations utiles ; et de les soumettre aux procédures de
traitement. La contribution du système d’information ressort à cinq niveaux de performance :
- Gain de productivité,
- Amélioration de service,
- Amélioration de la qualité des décisions de GRH,
- Meilleurs possibilités d’anticipation.
Les nouvelles technologies de l’information et de communication ont permis depuis vingt ans une
amélioration de la productivité et du service rendu à l’entreprise.

Dans la mobilisation des ressources humaines, il faut également noter qu’une carrière est une
succession d’emplois et la gestion d’une carrière inclut le suivi dans le passé, le présent et l’avenir à
travers les différentes affectations de l’employé. Cette mobilité est une stratégie s’exprimant par des
faits comme : la formation, la mutation et la promotion.
La mobilité peut se faire de façon verticale, horizontale, géographique, fonctionnelle. Gérer les
carrières et mobiliser les ressources, c’est prendre en compte à la fois pour le présent et le futur, les
ressources de l’entreprise, les attentes exprimées par chaque salarié et les potentiels individuels.
Cela repose sur un certain nombre de dispositifs :
- Orientation professionnelle, l’orientation professionnelle est un outil d’anticipation qui
permet aux salariés de s’approprier leur évolution par une meilleure connaissance
d’eux-mêmes et de leur environnement. Les dispositifs d’orientation professionnelle se
mettent en place dans les entreprises pour mieux drainer les flux de recrutement.
- Système d’appréciation permettant d’individualiser l’orientation et la gestion de la
mobilité et de l’emploi,
- Existence d’un plan de carrière et de politique de mobilité et de promotion,
- Une maîtrise des flux de départ est nécessaire.

La notion de potentiel se définit comme « l’ensemble des ressources de tous ordres que possède en
puissance un pays, un groupe humain ou une personne. La notion de potentiel va de pair avec celle
de développement qui amène l’individu à exprimer son potentiel. Un système d’appréciation permet
de réunir les informations nécessaires pour construire les différents programmes (promotion,
rémunération, formation,…).

124
7-7 : La gestion administrative des marchés

Pour accomplir ses missions, l’ingénieur doit rédiger des pièces soit pour le maître
d’ouvrage, soit pour l’entreprise, ou faire établir des pièces par l’entreprise.

Les pièces écrites par l’ingénieur


Pendant la durée du chantier, l’ingénieur écrit des correspondances, des ordres de services
ainsi que des rapports d’avancement des travaux. Il est responsable du bon établissement des
documents de paiement de l’entreprise. A la fin du chantier, il est responsable de l’établissement
des procès - verbaux de réception et du dossier de recollement.

a ) les correspondances
La gestion des correspondances est prévue dans le CCAP . Le directeur des travaux veillera
au respect des délais de réaction, surtout pour les correspondances reçues de l’entreprise.

b ) les ordres de services


Il s’agit d’un document comportant un talon détachable formant accusé de réception. Il a
pour but de notifier à l’entreprise des décisions ayant une importance pour la conduite des travaux:
ordre de commencer les travaux, modification du volume des travaux, mise en demeure, etc. ...La
date de notification doit être bien déterminée.
L’accusé de réception de l’ordre de service doit être retourné par l’entrepreneur après
signature et assorti, le cas échéant, de réserves.
Lorsque l’entrepreneur estime que les prescriptions d’un ordre de service dépassent les
obligations de son marché, il doit , sous peine de forclusion, en présenter l’observation écrite et
motivée dans un délai de 10 jours à l’ingénieur.
La réclamation ne suspend pas l’exécution de l’ordre de service, à moins qu’il n’en soit
autrement ordonné.
Les principaux ordres de services auront trait:
- au démarrage des travaux: l’ exécution d’un marché ne doit jamais démarrer sans au préalable un
ordre de service qui en précisera d’ailleurs la date exacte de démarrage. L’établissement de cet
ordre de service sera tributaire d’un certain nombre d’exigence du marché: enregistrement du
marché auprès des services domaniaux, les assurances, ....
- à la suspension des travaux ( pour cas de force majeure ) et à leur reprise;
- à la modification du marché : prolongation du délai, modification du volume des travaux,...Ces
modifications du marché feront l’objet d’un AVENANT.
- à des instructions relatives à la sécurité sur le chantier ,à la qualité des travaux, au respect des
clauses du marché ( planning, matériel, personnel, ...)
- à des mises en demeure :les mises en demeure sont des sommations données à l’entreprise pour
s’exécuter dans un délai bien précis par rapport à des décisions de l’ingénieur.

c ) rapports d’avancement technique et financier


Suivant un délai fixé généralement sur le contrat de contrôle, l’ingénieur doit fournir au
maître d’ouvrage un rapport d’avancement technique et financier. La plupart du temps il est prévu
un rapport mensuel ( généralement à l’issue de la mission de supervision ) et un rapport trimestriel
plus complet.
Le rapport mensuel fait le point de l’avancement du chantier en insistant sur le respect du
planning. Il signale les principaux problèmes qui se sont posés et la manière dont ils ont été résolus
ou non. On y joint un relevé des principales notes et ordres de service. Enfin il signale à l’attention
du maître de l’ouvrage les points sur lesquels sa décision est sollicitée: modifications importantes,
nécessité de trouver des crédits supplémentaires.

125
Dans le rapport trimestriel on trouve les éléments précédents mais synthétisés pour le
trimestre. On y trouve aussi des renseignements financiers:
- état des dépenses du marché au cours du trimestre précédent et cumul des dépenses déjà faites;
- prévisions des travaux qui vont être exécutés et des dépenses qui vont être engagées dans les trois
mois suivants;
- synthèse sur l’avancement global du marché et sur son coût prévisionnel jusqu’à la réception
définitive ( si des reliquats sont prévisibles, le maître d’ouvrage peut fort bien décider d’en utiliser
une partie pour financer d’autres actions ) .

d )les procès - verbaux de réception


Les procès - verbaux de réception provisoire et de réception définitive sont du ressort du
directeur des travaux.
Le surveillant assistera ce dernier dans les tâches nécessaires à la réception sur le terrain (
vérification de la conformité des ouvrages ).
La plupart du temps, les réceptions provisoires sont prononcées avec de petites réserves. Il
est bon de fixer un délai à l’entreprise pour lever ces réserves. Si ce délai n’est pas respecté, on ne
devra pas hésiter à appliquer des pénalités de retard. Si les textes du marché le permettent, il ne faut
pas hésiter à subordonner tout ou partie du dernier paiement à la levée de ces réserves. L’expérience
montre , en effet, qu’il est très difficile de mobiliser les cautions bancaires pour lever les réserves.
La réception définitive est toujours prononcée sans réserve

Pièces à fournir par l’entrepreneur

a ) Dans un délai qui est généralement d’un mois après la notification, l’entrepreneur doit
soumettre à l’agrément de l’ingénieur:
. un planning détaillé des travaux;
. une liste du matériel qui sera installé sur le chantier;
. une liste des fournitures qu’il compte acheter;
. une liste du personnel affecté aux travaux;
Il importe d’approuver ces propositions après les avoir éventuellement corrigées et discutées
avec l’entrepreneur. Il faut vérifier, par exemple, que le planning est réaliste, qu’il tient compte des
périodes de saison des pluies, d’occupation du terrain par les cultures.
b ) plans d’exécution
L’entreprise doit fournir des plans d’exécution préalablement aux travaux. Il est du ressort de
l’ingénieur de vérifier les notes de calcul, d’approuver les plans d’exécution. Ceci se fait par ordre
de service.
Parfois dans les grands chantiers, les plans d’exécution sont présentés au fur et à mesure de
l’exécution des travaux. L’ingénieur devra faire en sorte que l’entrepreneur les présente
suffisamment à temps avant l’exécution des ouvrages.
c ) dossier de recollement
Les travaux entièrement terminés, l’entrepreneur dispose de 30 jours pour remettre à
l’ingénieur le dossier de recollement. Avec le surveillant, il vérifie la conformité de ce document
qui comprend:
- l’ensemble des plans et dessins ayant servi à la réalisation du chantier; sur ces plans
devront apparaître toutes les modifications intervenues pendant l’exécution.
- une copie des ordres de services et des procès - verbaux ( piquetage, côtes de fouilles,
profils en long, etc.).
- les photos prises pendant l’exécution de parties d’ouvrages cachées ou recouvertes; elles
sont souvent très utiles en cas de litiges entre les deux parties; il est donc souhaitable que
l’entrepreneur joigne au dossier, les clichés en sa possession.

126
- les métrés complets et détaillés de tous les ouvrages; ne seront portés sur ces métrés que
les quantités d’ouvrages prévues sur le marché ainsi que les modifications ayant fait l’objet d’un
ordre de service ou d’un procès - verbal dûment accepté par l’ingénieur.
- le détail estimatif chiffré.
- éventuellement, le détail de travaux exécutés en régie.
- la récapitulation détaillée des décomptes provisoires établis.- le décompte définitif.

7-8 : La mobilisation des Ressources humaines et financières

LES ATTRIBUTIONS DU CHEF DE LA MISSION DE CONTROLE

Mobilisation des La fonction des ressources humaines revêt des aspects différents
ressources humaines d’une structure à une autre.
Nécessité d’un système d’informations pour assurer :
L’unicité et la cohérence des informations,
La sécurité et la confidentialité des données,
Le suivi du passé, du présent et du futur (carrière) des agents,
La mobilité (verticale, horizontale, géographique, fonctionnelle),
La maîtrise des flux et des rendements des équipes,
Le système d’évaluation des agents (périodique et annuelle).

Les pièces écrites :


Les correspondances :
Réactions diverses sur le déroulement des travaux.

Les ordres de service :


Démarrage des travaux,
Suspension des travaux,
Mise en demeure,
Instructions sur la sécurité,
Instructions sur le respect des plannings, matériel, personnel.

Les rapports d’avancement technique et financier des travaux :


Evaluation quotidienne des avancements des travaux,
Elaboration des rapports mensuels :
La gestion Evolution des travaux par rapport au planning,
administrative des Identifier les différents problèmes (recours au Maître
marchés d’ouvrage),
Modifications et constats sur les travaux.
Les rapports financiers (budgétaires et comptables)

Elaboration des rapports trimestriels :


Présentation synthétisée des éléments du rapport mensuel,
Etat des dépenses (dépenses cumulées du trimestre),
Prévisions des travaux sur le futur trimestre (restant à faire),
Synthèse de l’avancement global.

Les procès-verbaux des réceptions (provisoire et définitive):


Réceptions partielles pendant les travaux,
Réception provisoire à la fin des travaux (avec des réserves),

127
Réception définitive en fin de période de garantie (sans
réserve).

Le plan de recollement :
Vérification de la conformité des travaux,
Précision de toutes les modifications intervenues pendant les
travaux,
Les ordres de service, les photos de chantier, les métrés
complets des ouvrages,
Le détail estimatif chiffré des travaux en régie,
Décompte définitif des travaux (solde de paiement).

LES ATTRIBUTIONS DU CHEF DE LA MISSION DE CONTROLE


(LA MOBILISATION DES RESSOURCES FINANCIERES)

Objectifs S’assurer de la disponibilité des ressources au service de l’action :


Rapprochement entre budget et objectif.
Faciliter la réalisation des activités et de la production des
résultats attendus.
Les fondements Il est nécessaire de faire des prévisions budgétaires selon les
d’une gestion échéanciers,
efficace Une trésorerie positive afin d’éviter le manque de liquidités,
Un contrôle efficace des dépenses.
Une estimation Prise en compte des dépenses de (main d’œuvre, matériel,
réaliste des coûts fournitures et ouvrages sous traités),
Planification budgétaire réaliste.
Adaptation entre les Les bailleurs de fonds ont un droit de regard sur le projet,
fonds et les besoins
Avant tout démarrage des travaux, les fonds nécessaires
de liquidité
doivent être mis en place.
Le diagnostic Consiste à mesurer la performance d’un projet en phase
financier d’exploitation et consiste à mesurer :
L’analyse de rentabilité (le projet doit dégagé des plus-values et des
effets induits, pour cela, les aspects juridiques et réglementaires
doivent être stables),
La structure financière porte sur les cash-flows à dégager et sur les
annuités de remboursement,
Les garanties sont nécessaires pour (le maître d’ouvrage, les
banques, les assurances et les bailleurs de fonds),
L’analyse des risques :
Risques financiers pendant et après la réalisation
(dévaluation, faible revenus d’exploitation, taux d’intérêt,…)
affectent les projets de longue durée (10ans),
Risques politiques pendant la réalisation,
Risques technologiques (liés à la méthode ou à l’équipement
utilisé),
Risques de surcoût (liés à une sous-estimation des travaux),
Risques de retard (conséquences financières et politiques).

128
7-9 : La gestion Financière des marchés

Les tâches de l’ingénieur en matière de gestion financière des marchés concerneront


essentiellement:
- le suivi de la révision des prix;
- le suivi du montant des travaux;
- le règlement des travaux;

le suivi du montant des travaux

Avant le démarrage des travaux, l’entrepreneur a pour devoir de préparer un métré aussi
détaillé que possible des ouvrages ou parties d’ouvrages (tronçons de digues ou de canaux, vannes
métalliques par exemple). En appliquant les prix unitaires de l’entreprise à ces métrés on détermine
quel est le prix de chaque ouvrage.
Ces métrés et prix établis à partir des plans initiaux du marché sont comparés chaque fin du
mois aux métrés réels établis d’après les plans d’exécution et les attachements.

Tous les mois l’ingénieur établit en liaison avec la surveillance un tableau présenté ainsi:

description de l’ouvrage prix initial prix rectifié différence

ouvrage n°1 ( 1.000 000 ) ( 1.100 000 ) ( + 100 000 )

ouvrage n°2 ( 3.500 000 ) ( 3.000 000 ) ( - 500 000 )

total ( 4.500 000 ) ( 4.100 000 ) ( - 400 000 )

Ceci permet à tout moment de savoir si le montant des travaux restera dans l’enveloppe
prévue initialement ( y compris les imprévus et divers éventuels ) . S’il y a dépassement prévisible,
l’ingénieur pourra le combler par des économies sur certains postes moins vitaux, cas le plus
fréquent.
Ces économies ne peuvent être réalisés que si ces postes ne sont pas encore exécutés. Aussi,
dès le début des travaux, l’ingénieur doit faire le point de la marge de dépassements de crédits dont
il dispose:
prévisions disponibles pour imprévus et divers
marges sur postes moins vitaux.
Tous les mois l’ingénieur doit savoir quelle est la marge qui lui reste et en déduire les
conséquences. Si le dépassement prévisible est trop élevé pour être absorbé par les économies
possibles, il lui faut avertir le maître d’ouvrage le plus longtemps possible à l’avance. Celui - ci
devra décider de diminuer la quantité des travaux ou d’augmenter les crédits, mais cette dernière
solution prend toujours beaucoup de temps. Il faut tout faire pour éviter l’arrêt du chantier faute de
crédits, ou le paiement de dommages et intérêts à l’entreprise.

LES ATTRIBUTIONS DU CHEF DE LA MISSION DE CONTROLE


(LA GESTION FINANCIERE DES MARCHES)

Les tâches du chef de la mission de contrôle en matière de gestion financière sont :


Le suivi du montant des travaux,
Le règlement des travaux.

129
LE SUIVI DU MONTANT DES TRAVAUX

Outils de Le cadre du devis estimatif,


base L’avant – métré,
Les plans d’exécution,
Le planning.
Méthode Elaborer chaque mois un tableau de bord comprenant :
de suivi La description des ouvrages,
Le montant initial,
Le montant réalisé,
Le montant restant à réaliser,
Avertir le maître d’ouvrage très tôt en cas de dépassement, pour éviter
l’arrêt du chantier pour faute de crédits.
Suivi et Le suivi et le contrôle visent à comparer les coûts budgétisés et les coûts réels
contrôle suivant les contraintes (Temps, Qualité, Coûts), cette procédure permet de :
efficace S’assurer que les fonds sont utilisés conformément à la planification,
S’assurer que les dépenses ont été assurées par les personnes
responsables et conformément aux procédures (justificatifs et respect de
la chaîne du circuit financier),
Faire une comparaison entre les coûts budgétisés et ceux réellement
encourus,
Faire la comparaison entre ce que ces coûts ont permis de réaliser et ce
qu’ils devraient permettre de réaliser initialement (comparaison entre le
« planifié » et le « réel » doit faire ressortir les écarts,
Analyse des écarts et rendre explicits les motifs (justifications
corrections apportées).
Les outils Mise en place d’un système comptable (charte des comptes accompagnée
comptables d’une liste de postes budgétaires, harmonisation des comptes avec ceux
du bailleur de fonds),
Enregistrement de toutes les opérations (entrées et sorties de fonds) y
compris les pièces comptables afférentes (grand livre, livre de compte
bancaire, livre de caisse pour les menues dépenses),
Production des rapports périodiques et les vérifications comptables.

Règlement des travaux

a ) mode de rémunération des entreprises

Les modalités principales de rémunération des entreprises sont les suivantes:

1. rémunération à prix forfaitaire: ce mode de rémunération est recommandé pour les travaux
de superstructure.
2. rémunération sur prix unitaire : ce mode de rémunération est recommandé pour les travaux
de VRD, terrassement ( barrages, AHA, routes, ...), mais presque jamais dans
les travaux de bâtiment.
Ces deux modes de rémunération peuvent être prévus simultanément dans un même marché
pour le règlement d’ouvrages ou parties d’ouvrages différents.

130
Le prix initial ou prix de base est celui qui est réputé établi aux conditions économiques de
base définies par le marché; c’est le prix auquel est conclu le marché et qui figure dans les
documents constituant le contrat.
Le prix de règlement est celui qui découle du prix initial par application des règles
contractuelles permettant de prendre en compte la variation des conditions économiques propres à
la prestation faisant l’objet du marché; c’est le prix réellement payé à l’entreprise après exécution
de la prestation.
Le montant du règlement est fréquemment différent du montant initial, soit par ce que les
prix évoluent au cours de l’exécution du contrat, soit par ce que les quantités définitives sont
différentes des quantités prévues, soit enfin par ce que les paiements sont modifiés par le jeu des
primes, des réfactions, des pénalités de retard ou des intérêts moratoires.

(LES ATTRIBUTIONS DU CHEF DE LA MISSION DE CONTROLE)


LE REGLEMENT DES TRAVAUX

Mode de Prix ferme (simple à mettre en œuvre, chantiers de courte


rémunération des durée),
entreprises Prix ferme ajustable (préciser la période et les paramètres
d’application)
Prix révisable (préciser la périodicité de la révision et les
paramètres d’application, Evaluer l’incidence financière de
cette révision des prix (avenant)),
Prix forfaitaire,
Prix unitaires.
Les cautionnements Préciser les types de caution et les modalités de libération
(main -levée de caution).
La caution provisoire d’adjudication (critère d’éligibilité),
peut devenir la caution définitive, exemption possible des
entreprises agrées.
La caution définitive est exigée à l’entreprise retenue lors de
la consultation et est fixée à 10% du montant des travaux.
Elle est composée d’une partie fixe (restituée par main levée
jusqu’à la réception provisoire), et d’une partie
proportionnelle = retenue de garantie (libérée après la
réception définitive).

131
Les avances L’avance de démarrage (couverte par un cautionnement) :
l’entreprise doit avoir une assurance et un cautionnement
constitué.
L’avance sur matériaux (couverte par un cautionnement) : le
maître d’ouvrage paiera 80% du montant de la facture des
fournitures déposées sur les chantier.
L’avance sur matériel (couverte par un cautionnement) a pour
but d’aider l’entreprise à acquérir du matériel.
Les modalités de Détermination des quantités (métré) permet le paiement
règlement d’acomptes à l’entreprise sur base des attachements.
L’acompte mensuel et précompte = (Montant des travaux
réalisés)-(avances)-(retenue de garantie),
Le Décompte mensuel=bilan mensuel entre deux périodes
successives (n) et (n-1), prise en compte de la révision des
prix, de la TVA,
Le Décompte final est établi après la réception provisoire des
travaux,
Le Décompte général est établi après la réception définitive et
comprend : le décompte final, l’état du solde à payer et le
bilan des situations antérieures. Si ce dernier décompte est
établi sans réserve, il devient le décompte général et définitif
du marché.

b ) actualisation et révision des prix

Dans le cas ou une formule de révision des prix est prévue, il faut prévoir dès le début du
chantier l’incidence de cette formule sur les prix.
La plupart du temps ces formules font intervenir peu de paramètres: coûts de la main
d’oeuvre, prix des matériaux, prix des pièces détachées (donné par un indice ) , prix du carburant.
Tous ces indices ont une variation prévisible en partie et il est bon de prévoir leur incidence dans le
montant final du marché.
Dès le stade de la consultation des entreprises, le choix du type de prix de règlement doit
être clairement annoncé. Trois formes de prix de règlement sont généralement pratiquées:
- le prix ferme
- le prix ferme actualisable
- le prix révisable.

1°- le prix ferme: recommandé pour les marchés à courte durée, il est simple à mettre en
oeuvre.
2°- le prix ferme ajustable: le marché doit :
préciser le prix initial ;
indiquer la date , ou le mois, auquel il est réputé avoir été établi ;
prévoir que le prix initial Po sera actualisé si un délai supérieur au délai d’engagement s’écoule
entre la date ou le mois d’établissement du prix initial ( mois mo ) et la date d’effet ( mois m
) de l’acte portant commencement d’exécution des prestations;

prévoir que le calcul du prix du règlement ( P ) se fera aux conditions économiques


correspondant à une date antérieure de trois mois ( m-3 ) à la date d’effet de l’acte portant
commencement d’exécution des prestations (généralement, cet acte est l’ O.S. de commencer
les travaux );

132
fixer les modalités de l’actualisation en faisant référence à un index qui se définit comme un
élément composite incorporant, en fonction d’une décomposition préétablie, un pourcentage de
salaires et charges , un pourcentage de matériaux, un pourcentage de matériels et un
pourcentage de produits et services divers ( psd ) composant les prix; les index sont des
paramètres destinés à traduire l’évolution des coûts des facteurs composant les prix et ils sont
annuels.
Il est alors fait application d’une formule qui se présente ainsi:

I (m-3)
P = Po x -----------
I mo

3°- le prix révisable : pour les marchés de travaux ( génie civil; génie rural ), la révision se
fait mensuellement par application d’une formule à index ayant la forme suivante:

Im
P = Po ( 0, 125 + 0,875 -------- ) avec:
Imo

P : prix révisé hors TVA


Po: prix initial du marché hors TVA
Im: valeur de l’index au mois de révision
Imo: valeur de l’index au mois d’établissement du prix Po.

La formule de révision peut se présenter sous plusieurs autres formes.

La révision des prix a un caractère périodique: elle se calcule mois par mois, acompte par
acompte, au fur et à mesure de l’exécution du marché.

c ) cautionnement
L’administration peut exiger des entreprises qui contractent avec elle, des garanties
permettant d’assurer la bonne exécution du marché ou le remboursement des sommes dont les
entreprises seraient reconnues débitrices.
Les garanties exigées des titulaires des marchés se font sous la forme d’un cautionnement
dont la durée doit être obligatoirement précisée dans le marché.
Le cautionnement consiste à bloquer une certaine somme d’argent que l’administration
pourra éventuellement saisir en tout ou partie.
A la fin de la garantie, le cautionnement peut être libéré totalement ou en partie ( selon le
degré de satisfaction par l’entreprise des exigences du marché auquel ce cautionnement a trait ),
sous forme de main - levée.
On distingue trois types de cautionnement : le cautionnement provisoire , le cautionnement
définitif , et les cautionnements d’avances.

1°- Le cautionnement provisoire :


Le candidat à un appel à la concurrence est souvent tenu de constituer un
CAUTIONNEMENT PROVISOIRE dont le montant est fixé dans le dossier de consultation. La
fourniture de cette pièce fera alors partie des critères d’éligibilité.
Le cautionnement provisoire permet à l’administration d’écarter du jeu de la concurrence
toutes les offres peu sérieuses et de se garantir contre un refus d’exécution de l’entreprise retenue.
Ce cautionnement est transformé en cautionnement définitif pour l’entreprise retenue.

133
Pour les autres entreprises non retenues, l’administration établit la main - levée de
cautionnement dès la fin de la procédure de consultation ( c’est - à- dire l’approbation du P.V. de
délibération ).
Cependant, les entreprises agréées par l’administration peuvent être dispensées du
cautionnement provisoire.

2°- Le cautionnement définitif :


Ce cautionnement est exigible de l’entreprise retenue pour l’exécution du marché.
Il garantit l’administration de la bonne exécution des engagements de l’entreprise.
Il peut être facultatif : son exigence ou sa non exigence doit être indiquée dans le marché de
même que son montant et ses modalités de constitution ou de restitution.
Selon la réglementation en vigueur au Burkina Faso, le cautionnement définitif doit
correspondre à 10 % du montant du marché.
Modalités de constitution : le cautionnement définitif est souvent reparti en deux parties
dont une première fixe et une deuxième proportionnelle.
- La première partie sera constituée dès le démarrage des travaux, en tout cas avant tout
paiement à l’entreprise.
- La deuxième partie sera constituée par retenue successive sur les décomptes mensuels de
l’entreprise.
Modalités de restitution :
- la partie fixe du cautionnement définitif est restituée ( par main - levée ) à l’entreprise à la
réception provisoire des travaux, dès lors que toutes les réserves posées à cette réception provisoire
auront été levées.
- la partie proportionnelle restera maintenue par l’administration jusqu’à la réception
définitive des travaux, et tiendra ainsi lieue de retenue de garantie. Elle sera libérée ( par main -
levée ) dès la réception définitive des travaux.

3°- Les cautionnements d’avances :


L’administration pourrait octroyer à l’entreprise 3 types d’avances , à sa demande , et
lorsque le marché le prévoit:
-A) l’avance de démarrage : elle sera accordée dans les conditions suivantes:
1. . l’ O.S. de démarrage des travaux a été effectivement signé de l’entreprise;
2. .les assurances exigées de l’entreprise ont effectivement été fournie au contrôle;
3. . le cautionnement définitif a déjà été constitué par l’entreprise;
4. . le montant sollicité est couvert à 100 % par un cautionnement.
ce cautionnement sera libéré par l’administration dès remboursement total des sommes
avancées. Les conditions de remboursement sont précisées dans le marché.
- B ) l’avance sur matériaux : elle est accordée dans les conditions suivantes :
1. . les matériaux sont effectivement approvisionnés sur le chantier;
2. . présentation à l’administration de la facture d’acquisition de ces matériaux;
3. .l’administration paiera alors à l’entre prise 80 % du montant de la facture;
4. . la somme à payer à l’entreprise sera couverte à 100 % par un cautionnement;
les matériaux ainsi approvisionnés deviennent propriété de l’administration et ne peuvent
plus être enlevés du chantier sans son accord.
ce cautionnement sera libéré par l’administration dès remboursement total des sommes
avancées. Les conditions de remboursement sont précisées dans le marché.
-C ) l’avance sur matériels: elle est accordée exceptionnellement à l’entreprise pour l’aider
à acquérir du matériel devant être utilisé sur le chantier. Cette avance sera obligatoirement
cautionnée à 100 %. Le cautionnement ainsi constitué sera libéré dès remboursement total de
l’avance accordée. Les conditions de remboursement de cette avance seront précisées dans le
marché.

134
d ) Modalités de règlement

1°- Détermination des quantités :


La détermination quantitative des travaux exécutés et des approvisionnements réalisés a
pour but de permettre:
- en cours de travaux, le paiement d’acomptes à l’entrepreneur;
- en fin de travaux, l’établissement d’un décompte général.
Des constatations contradictoires sont faites en cours de travaux en vue de l’établissement,
en fin des travaux, d’un décompte général précis.
En vue du paiement, en cours de travaux, d’acomptes pouvant avoir un caractère approché,
les prestations exécutées font l’objet de simples estimations et font l’objet de la rédaction sur le
champ de constats contradictoires (appelés aussi ATTACHEMENTS ) .

2°- Décompte mensuel:


C ‘est un état de situation établi chaque mois par l’entrepreneur récapitulant le montant total
des sommes auxquelles il peut prétendre depuis le début de l’exécution du marché.
Le projet de décompte accepté, vérifié ou rectifié par le maître d’oeuvre devient décompte
mensuel.
Une erreur de décompte mensuel peut et doit être rectifiée au décompte suivant ou au
décompte définitif.
3°- Acompte mensuel:
Il est établi chaque mois par le maître d’oeuvre à partir du décompte mensuel. Il fait ressortir
en général:
- le montant M1 de l’acompte à partir des prix de base, soit la différence entre décompte mensuel du
mois ( n ) et le décompte mensuel du mois ( n-1 ) .
- le montant Rp de la révision des prix
- le montant des taxes ( TVA )
- le montant à payer M = M1 + Rp + TVA - retenue de garantie ( le cas échéant ).
Il peut donner lieu à un certificat de paiement.
4°- Décompte final :
Après l’achèvement des travaux, l’entrepreneur dresse le projet de décompte final
établissant le montant total des sommes auxquelles il peut prétendre du fait de l’exécution du
marché dans son ensemble.
Ce projet de décompte final est remis au maître d’oeuvre dans un délai de 45 jours en
général à compter de la réception des travaux.
Ce projet de décompte final est accepté ou rectifié par le maître d’oeuvre : il devient alors le
décompte final.

5°- Décompte général :


Le maître d’oeuvre établit le décompte général qui comprend:
- le décompte final,
- l’état du solde à payer,
- la récapitulation des acomptes mensuels et du solde.
Le décompte général signé par la personne responsable du marché doit être notifié à
l’entrepreneur par ordre de service au plus tard 45 jours après la date de remise du projet de
décompte final ou 30 jours après la publication de l’index de référence permettant la révision du
solde.
L’entrepreneur doit dans un délai fixé le renvoyer au maître d’oeuvre revêtue de la signature
sans ou avec réserves.

135
Si le décompte général est signé sans réserves, il devient le DECOMPTE GENERAL ET
DEFINITIF DU MARCHE ; sinon cela débouche sur une procédure contentieuse précisée dans le
CCAG.

7-10 : Les Contrôles Financiers

La détermination du montant du marché

Le prix des prestations doit être déterminé à l’origine au moment où le marché est conclu :
c’est le prix initial. Le prix présente au même titre que l’objet, un enjeu juridique
considérable.
Le prix constitue la cause de l’engagement entre le cocontractant et le client. Le principe
fondamental est que le prix des marchés doit être déterminé ou objectivement déterminable dès
l’origine.
En contrepartie de la prestation qu’il a commandée et reçue, le client est tenu de payer au
fournisseur un prix. Le prix est une somme appelée ( montant ). En effet, un prix indéterminé
d’un bien ou d’un service en totalité ou en partie, constitue légalement l’inexistence du marché
et la nullité de l’ensemble des obligations qui s’y rattachent.
Le prix revêt donc un caractère contractuel.
Un contrat peut être valable quand bien même le prix n’a pas été déterminé ; cependant, en ce
qui concerne les marchés plus importants, le défaut de prix signifie que le contrat n’est pas
encore formé et que les parties sont encore au stade des contacts.
Ainsi, les facteurs d’incertitude doivent être éliminés pour assurer à l’établissement du prix
l’objectivité requise dès l’origine.
Le contenu du prix :
Le prix se rapporte à une prestation ( un ouvrage, un produit ou un service ) ;
Pour être complet, le prix prend en compte toutes les charges fiscales, parafiscales et autres ( les
frais d’emballage, de manutention, d’assurance, de transport et de livraison, les impôts, taxes,
frais généraux etc…), il faut y ajouter la taxe sur la valeur ajoutée ( TVA ).
Les marchés d’études précise que le prix du marché couvre la totalité des frais d’études, c’est-à-
dire les charges directes et indirectes.
Les charges directes comprennent :
- Les dépenses de production, d’approvisionnement et de main-d’œuvre,
Les charges indirectes comprennent :
- Les frais généraux d’installation ou de production et la marge bénéficiaire.
Le gestionnaire des projets ou la personne publique doit avoir une bonne connaissance des
éléments permettant d'établir le prix.
Les analyses doivent conduire à comparer chaque proposition avec la concurrence et
d’apprécier les conditions de paiement.
Le gestionnaire de projets doit maîtriser le prix qui correspond effectivement au service rendu.
Ce n’est pas forcément le prix le moins disant.
Il faut aborder l’analyse avec réalisme sur les aspects suivants :
- La qualité,
- La fiabilité,
- Le délai,
- Le respect des délais,
- Le service après vente,
- La sécurité de l’approvisionnement,
- Les qualités du titulaire, etc…

136
- Le duo prestation & prix doit être bien défini.
La fixation de prix dans un marché de vente :
L’on pratique trois types de prix selon la terminologie :
a) Le prix ferme actualisable,
b) Le prix ajustable,
c) Le prix révisable.

a) Le prix ferme actualisable :


Le prix ferme est celui qui est fixé définitivement à la passation du marché. - Le prix ferme est
celui qui ne peut être modifié en cours d’exécution du marché, à raison de variations des conditions
économiques. Il est définitif pour toute la durée de la prestation. Cependant, il peut être actualisé.
L’actualisation a pour but de transposer un prix ferme initial en un nouveau prix compte tenu des
aléas économiques, l’on peut juger nécessaire de protéger le fabricant ou le fournisseur.
C’est ainsi que le prix ferme peut être actualisé lorsque les conditions économiques des diverses
composantes du prix établi l’exigent. Cependant, cette actualisation n’est possible que si le
marché le prévoit, et s’il s’écoule un délai supérieur à trois ou six mois ( selon les clauses )
entre la date contractuelle et la date de réalisation des prestations.
On estime qu’en deçà de cette durée, rien ne justifierait une actualisation quel qu’en soit le
niveau d’inflation ; on considère que l’évolution pouvait être prévue.

b) Le prix ajustable :
Le prix de règlement sera calculé à partir d’une référence définie par le marché (
variation d’indice ), référence qui présente l’évolution de la prestation dont on veut ajuster le
prix. La prestation prévue au marché sera alors réglée sur la valeur ajustée et non plus sur la
valeur initiale. Les prix définis doivent avoir un caractère officiel. Il est adapté pour les marchés
de produits, services courants, mais surtout pour les produits énergétiques.
La date d’application du prix ajusté est communiquée par écrit à la personne responsable du
marché avec un préavis d’une durée précisée dans le marché ( d’un à trois mois selon les clauses
). Il est difficilement admis un ajustement à la hausse, pendant la période de six mois précédent
la date contractuelle de livraison.

c) Le prix révisable :
Le titulaire s’engage au moment de la signature du marché pour un prix révisable. Pour ce faire,
il devra tenir compte de deux éléments :
- Des éléments extérieurs au contrat ( variation du régime des taxes en cours, …),
- La mise en application d’un nouveau tarif.
La révision, à la différence de l’ajustement, est une formule qui modifie la valeur initiale
d’une prestation en cours d’exécution ou faisant l’objet d’une reconduction. Cette formule
représente conventionnellement la structure du coût de la prestation.
La révision s’applique aux marchés dont la durée d’exécution dépasse six ( 6 ) mois et ayant
une clause permettant de tenir compte des variations économiques subies pendant le délai
contractuel.
La révision résulte de l’application d’une formule préalablement déterminée. Mais pour qu’elle
soit appliquée, il faut que la variation atteigne un seuil d’au moins 3 à 5 % défini dans la clause.
La révision des prix a un caractère périodique, elle se calcule mois par mois, acompte par
acompte au fur et à mesure que les prestations évoluent.
En tout état de cause, le fournisseur doit prouver le caractère aléatoire du coût de leur
approvisionnement pour justifier d’une clause de révision.
L’inconvénient de la révision est qu’elle ne reflète pas les prix réels du marché. Pour cela, il est
souhaitable de ne retenir la solution du prix révisable qu’après avoir acquis la certitude

137
qu’aucune autre méthode n’est raisonnablement utilisable ; c’est une solution de dernier
recours.

La fixation du prix dans les marchés de services :


Le principe est le prix forfaitaire qu’accompagnent la rémunération en dépenses contrôlées ou en
régies et le prix provisoire.

La possibilité du forfait :
Lors de la conclusion du marché, les parties s’entendent sur un prix global. Ce prix ne peut
plus être modifié par la suite quelle que soit la quantité de travaux nécessaires à la réalisation de
l’ouvrage que l’entrepreneur s’est engagé à effectuer. Ce procédé comporte des avantages et des
inconvénients pour les deux parties.
Les avantages du forfait : Il a l’avantage de protéger le client incompétent face à un
professionnel. Par ailleurs il évite toute surprise au maître de l’ouvrage qui sait à quoi il
s’engage. Ce type de prix s’applique aussi aux marchés de fournitures, mais de courte durée,
qui comporte moins d’aléas.
Les inconvénients du forfait : Le prix à forfait n’est pas indiqué pour les marchés à longue
durée. Le maître d’œuvre aura tendance à réaliser les travaux au moindre coût au détriment de
la qualité de l’ouvrage ou de la prestation.
Si les prix des matériaux viennent à augmenter, la perte est pour l’entrepreneur, à moins qu’il
n’introduise dans le contrat une clause d’indexation prévoyant le rajustement des prix en
fonction des coefficients en vigueur au moment de l’exécution du marché. Le taux de risque
peut être compris entre 3 et 5 % du coût des travaux. Compte tenu du caractère aléatoire de la
prestation. C’est pourquoi ce type de prix est approprié pour les marchés de courte durée.
On note que le prix forfait est souvent appliqué dans les marchés de prestations
intellectuelles qui sont pourtant difficilement quantifiables, par conséquent, présentant une
marge d’incertitude plus grande. Il y a là une contradiction entre le prix forfaitaire et ce qui est
la justification de ce prix forfaitaire : nous devons éviter de courir trop de risques pour un
marché forfait dont les prestations n’ont pas été bien évaluées.

La régie ou dépenses contrôlées :


Ce procédé s’appelle encore marché sur devis. Les parties fixent le prix de l’ouvrage, non pas
globalement comme dans le marché à forfait, mais article par article. Ainsi le prix est fonction
de la quantité des ouvrages effectués. La rémunération est déterminée en fonction des
consommations constatées ( quantité de fournitures consommées, temps d’utilisation du
matériel,.. .).
La méthode de dépenses contrôlées supprime pratiquement pour l’entrepreneur, le risque de
supporter les frais de travaux qu’il n’a pas prévu. Le client quant à lui, exigera de l’entrepreneur
qu’il lui procure une estimation aussi précise que possible des moyens à mettre en œuvre et du
budget correspondant.
Les tarifs ainsi fixés sont susceptibles de révision dans la plupart des marchés. Les honoraires,
les titres de transport et les heures supplémentaires sont pris en compte. Le total à payer ne peut
être connu qu’après l’exécution du travail et non d’avance comme dans le marché forfait. Il
n’en demeure pas moins que les prix restent fixés à l’avance pour chaque unité de service.
Si les études n’ont pas été approfondies, c’est alors sur la variation de la quantité que pèse
l’incertitude et que le maître de l’ouvrage se trouve livré à la discrétion de l’entrepreneur.
Dans les marchés industriels, on utilise une formule qui atténue les inconvénients que peut
avoir la régie : c’est la régie plafonnée. Il paraît que le forfait reste plus avantageux, moins
aléatoire pour le client à condition qu’il surveille les différentes étapes des travaux et qu’il
puisse obtenir la prestation commandée.

138
Le prix provisoire :
Il est utilisé exceptionnellement dans les cas où il est difficile de déterminer toutes les
conditions avant le commencement d’exécution du marché ( par exemple : des travaux ou
fournitures complexes, etc…).
Alors, on fixe d’abord un prix provisoire. Puis, lorsque le début d’expérience des parties permet
d’approcher le coût et la marge, un deuxième stade de négociation permettra de déboucher sur
la fixation du prix définitif.

7-11 : La gestion des litiges et sanctions du non-respect des obligations par un contractant.

Rappels

a ) notion de clause exorbitante du droit commun

Les marchés de travaux sont des contrats administratifs, conclus dans l’intérêt général. Cela
a d’importantes conséquences sur leur exécution. En effet, l’administration peut y inclure des
dispositions qui dérogent au droit commun: ce sont des clauses exorbitantes du droit commun.
Concrètement, ces dispositions accordent à l’administration des prérogatives exceptionnelles
pendant l’exécution du marché. Ces prérogatives concernent :
- le pouvoir de contrôle
- le pouvoir de modification unilatérale
- le pouvoir de résiliation.
Concernant le pouvoir de contrôle, il est nécessaire de rappeler que son efficacité repose sur
l’existence d’un système de sanctions adaptées.
D’une manière générale, l’administration dispose d’un pouvoir de surveillance sur
l’exécution des marchés publics. En matière de marchés de travaux, le contrôle de l’administration
est renforcé et est assimilable à un véritable pouvoir de direction. L’administration intervient par
des directives écrites: les ordres de services.

b ) le pouvoir de sanction

Son originalité réside dans le fait que l’administration peut sanctionner non seulement un
manquement aux obligations contractuelles ( retard, malfaçon ), mais également tout comportement
qui entrave la bonne marche du service public.

les différents types de sanctions

On distingue 3 types de sanctions:


les pénalités;
les mesures coercitives;
les résiliations pour faute grave.

a ) les pénalités:
La pénalité la plus répandue est la pénalité de retard dans l’exécution des travaux.
La pénalité ne se rapporte pas toujours uniquement au délai d’exécution des travaux. Elle peut viser,
par exemple, l’absence ou le retard aux réunions de chantier, le retard dans la remise de projet de
décompte ou de dossiers d’exécution.

139
b ) les moyens de coercition
1°- la régie: en cas de défaillance de l’entrepreneur, l’administration, dans le cadre de la
bonne marche du service public, peut se substituer à lui ( ou lui substituer un tiers ) : c’est le
procédé de la régie.
Effet de la mise en régie:
Elle ne met pas fin au marché;
L’administration dispose des pouvoirs les plus larges pour faire exécuter le marché;
C’est une mesure à caractère provisoire;
L’exécution du marché se fait aux frais et risques de l’entrepreneur.
2°- l’opposition à la libération d’une garantie: l’un des moyens de coercition utilisé est
l’opposition à la libération d’une garantie, en général dans le cas de réserves non levées. Après mise
en demeure restée sans effet, le maître d’ouvrage prélèvera sur cette retenue les sommes nécessaires
aux travaux.
3°- la mise en demeure

c ) la résiliation du marché:
C ‘est la rupture du contrat avant que l’ouvrage ne soit totalement achevé. Dans tous les cas
, c’est le maître d’ouvrage qui notifie sa décision par ordre de service en fixant la date d’effet. Cette
décision implique la nécessité:
de dresser un état des lieux contradictoirement, pour constater l’état du chantier et valoir procès
- verbal de réception des ouvrages exécutés;
d’établir un décompte général dans les mêmes délais que ceux indiqués dans les cahiers des
charges;
de verser à l’entrepreneur une indemnité correspondant au préjudice subi, à condition que celui -
ci en fasse la demande dans les délais. Pour cela, il ne faut pas que la résiliation soit prononcée
à ses torts ou prévue sans indemnités au contrat.

La résiliation sans indemnité pour l’entrepreneur pourra être prononcée:


. en cas de décès de l’entrepreneur, d’incapacité civile ou physique, de règlement judiciaire ou
de liquidation de biens;
. après une mise en demeure restée sans effet de se conformer aux dispositions du marché;

L’entrepreneur pourra, par contre, bénéficier d’une indemnité pour le préjudice qu’il a
subi s’il demande au maître de l’ouvrage la résiliation:
. après une année d’ajournement des travaux;
. en cas de non - mandatement des sommes qui lui sont dues ( concernant au moins les deux
premiers acomptes ), avec arrêt du chantier de plus d’un an après mise en demeure de
l’entrepreneur;
. si le maître de l’ouvrage décide d’arrêter le chantier pour des raisons autres que la faute de
l’entrepreneur.

les différends et les litiges sur le chantier

a ) notion de litige et de contentieux

Il y a litige dès lors que les contractants, maître de l’ouvrage ou entrepreneur, ne sont pas
d’accord pour exécuter ou ne pas exécuter tel point du marché sachant que des sanctions sont
prévues au contrat.
Il y a contentieux dès lors qu’intervient entre deux personnes un litige susceptible d’être
porté devant les tribunaux.

b ) précautions et recommandations pour éviter le début d’un litige

140
Pour éviter le ‘’ début ‘’ d’un litige, il est souhaitable d’avoir un marché ou les clauses
importantes sont clairement rédigées et tiennent compte de la spécificité du chantier. Il convient
aussi de bien connaître et de savoir les appliquer dans des conditions constructives.
Quatre recommandations importantes peuvent être soulignées pour mener à bien un chantier
et éviter des litiges:

1°- être rigoureux et précis dans la comptabilité du chantier, en particulier les


attachements et les décomptes;
2°- savoir assurer une continuité du contrôle et une présence quasi permanente pour
éviter de reprendre des travaux trop avancés;
3°- ne jamais repousser à plus tard le règlement d’un différend quand on dispose
d’atouts et d’éléments de discussion permettant d’aboutir à un compromis acceptable;
4°- chercher les meilleurs compromis amiables et éviter le contentieux en fin de travaux.

c ) la procédure contentieuse
Les litiges intervenant en matière de marchés de travaux sont de la compétence des
tribunaux administratifs:
les tribunaux de droit commun sont incompétents;
c’est la loi qui , compte tenu de la nature juridique des marchés de travaux accorde
compétence aux tribunaux administratifs;
c’est l’entrepreneur qui saisit les tribunaux administratifs. En effet, l’administration dispose du
privilège du préalable ( et du privilège de l’exécution d’office ) qui lui permet de prononcer et
de faire exécuter des sanctions sans avoir recours aux tribunaux.
En cas de litige, l’entrepreneur ne peut engager directement une procédure contentieuse : il
doit effectuer un recours préalable devant l’administration, c’est - à - dire l’ingénieur en chef
puis éventuellement le Ministre.
Cela permet souvent un règlement administratif de nombreux conflits. S’il n’obtient pas
satisfaction, l’entrepreneur peut alors saisir les tribunaux administratifs.

examen de quelques problèmes pratiques

la mise en demeure:
Dès qu’une négociation ne s’avère pas possible pour le respect des règles du marché, un
contractant mettra l’autre en demeure de respecter telle ou telle prescription.
La mise en demeure est inopérante vis - à - vis du maître de l’ouvrage public, compte tenu
de sa qualité.
La mise en demeure suppose:
une lettre recommandée avec accusé de réception ( un ordre de service peut avoir le même effet
si l’entrepreneur retourne le double, sauf si le contrat le stipule autrement) ;
un exposé très clair des faits et du résultat escompté;
un délai ( d’au moins quinze jours ) pour y satisfaire;
la sanction qui assortira la non - exécution de la mise en demeure.
Il est conseillé de réitérer la lettre recommandée pour informer le défaillant de la mise en
application de la sanction.

Examinons quelques exemples précis et schématisés de mise en demeure :

1°- L’entrepreneur fait exécuter une partie de ses travaux par un sous - traitant non
présenté à l’acceptation du maître de l’ouvrage et dont les conditions de paiement n’ont pas été
agréés.
- le maître de l’ouvrage s’étant rendu compte de la participation à l’exécution des travaux
d’un exécutant avec qui il n’a pas de lien contractuel en informe l’entrepreneur titulaire du marché;

141
- le maître de l’ouvrage demande à l’entrepreneur de lui faire accepter son sous - traitant et
de lui soumettre ses conditions de paiement pour agrément;
- l’entrepreneur sera tenu de répondre à cette demande dans les quinze jours;
- en cas de non - réponse, le maître de l’ouvrage peut sanctionner l’entrepreneur par la
résiliation du marché.

2°- Le maître de l’ouvrage de droit privé ne paie pas un acompte à l’entrepreneur.


- l’entrepreneur rappelle au maître de l’ouvrage que sa situation lui a été remise depuis plus
de trente jours ( ce délai devra être justifié ) et qu’elle n’a pas été payée;
- l’entrepreneur demande le paiement de la situation dans un délai de quinze jours;
- passé ce délai, si la situation n’est pas toujours payée, l’entrepreneur peut appliquer des
intérêts moratoires au taux des obligations cautionnées, plus 2,5 points.

3°- L’entrepreneur n’a pas levé les réserves à la réception dans le délai qui lui était imparti:
- le maître de l’ouvrage lui rappelle la liste des réserves formulées lors de la réception,
ainsi que les dates prévues de levée de réserve;
- le maître de l’ouvrage réitère l’obligation à l’entrepreneur d’effectuer ces travaux de
retouche dans un délai de quinze jours. Ce délai peut être plus important si des délais
d’approvisionnement l’exigent;
- passé ce délai, les travaux seront effectués en régie, par une entreprise au choix du
maître de l’ouvrage, aux frais et sous la responsabilité de l’entreprise titulaire du marché.

4°- L’entrepreneur a exécuté des travaux non conformes aux prescriptions du marché:
- il est fait un rappel des prescriptions du marché et des références aux documents
contractuels et D.T.U. Les circonstances constatées sur le chantier sont rapportées en
mettant en évidence les différences entre l’exécution et les travaux prévus au marché;
- il est enjoint à l’entrepreneur de rendre les travaux conformes à ceux demandés dans le
marché, dans un délai qui doit être suffisant pour permettre d’exécuter correctement les travaux,
sans toutefois être inférieur à quinze jours;
- passé ce délai, les travaux seront exécutés en régie, aux frais et sous la responsabilité de
l’entrepreneur défaillant par un entrepreneur choisi par le maître de l’ouvrage.

5°- Le maître de l’ouvrage privé ne fait pas connaître à l’entrepreneur la date de réception
dans le délai imparti, ou ne se présente pas sur le chantier à la date retenue pour la réception:
- L’entrepreneur dresse alors un rappel des différentes demandes formulées au maître de
l’ouvrage, comprenant aussi les dates, afin de lui faire constater qu’il n’a pas répondu dans les
délais impartis, ou qu’il n’a pas assisté à la réception à la date
prévue;
- L’entrepreneur propose de nouveau au maître de l’ouvrage de prononcer la réception à
une date comprise entre le huitième et le quinzième jour, compté à partir de la date;
de cette seconde demande
- l’entrepreneur rappellera alors les dispositions prévues dans le marché à cet effet.

6°- L’entrepreneur ne remet pas son projet de décompte mensuel dans les trente jours qui
suivent la fin des travaux en marchés.
Un ordre de service est alors envoyé à l’entrepreneur, lui rappelant:
- que le projet de décompte mensuel n’est pas remis et que le délai de trente jours est
passé;
- qu’à partir de la date de réception de cet ordre de service une pénalité de 1/2000° du
montant de l’acompte sera appliquée par jour de retard.
Si cette mesure n’est pas suivie d’effet, une mise en demeure peut s’en suivre. Elle
précise:

142
- le rappel des faits précédents;
- l’obligation de présenter le projet de décompte en question, dans un délai de quinze
jours;
- passé ce délai, le projet de décompte sera établi par le maître d’oeuvre.

143
Evaluation certificative d’Ingénierie Marchés Publics Date : 16/02/05
Coefficient : 1,5 Durée : 2 heures Documents : non autorisés
29ème Promotion

Question 1 : Lors de la passation des contrats de marchés publics, il est procédé à une évaluation
des offres, conformément aux articles 29 à 37 de la réglementation générale des achats publics.
Donner les détails sur cette procédure. ( 1,5 pts )

Question 2 : Lors de l’exécution des contrats d’achats publics de l’Etat, il est prévu selon les
articles 70 à 78 des cahiers de charges qui déterminent les conditions dans lesquelles les marchés
sont exécutés. Préciser quels sont :
• Les documents exigés,
• Les garanties financières et techniques. ( 4,0 pts )

Question 3 : Lors de l’exécution des contrats de marchés publics, il peut arriver que
le marché soit résilié. Préciser les différentes formes de résiliation des contrats et
quelles sont les mesures prises dans l’application de cette procédure conformément
aux articles 114 à 118 ? ( 4,0 pts )

Question 4 : Dans le cycle des projets, il est prévu d’effectuer à la fin des travaux une évaluation
du projet. Cette évaluation est une mission pluridisciplinaire qui porte sur des aspects spécifiques,
quels sont les buts et les objectifs de cette évaluation de projet ? ( 4,0 pts )

Question 5 : L’équipe chargée de la direction et du contrôle des travaux est dirigée par un chef de
mission de contrôle. Ce chef de mission a parmi ses attributions, la gestion administrative des
contrats. A quoi consiste cette gestion administrative dans les procédures de marchés publics ?
(4,0) pts )

Question 6 : Lors de l’exécution des marchés publics, il y a des prestations réservées aux
intervenants d’appui en phase de garantie de l’ouvrage. Préciser quelles sont ces prestations
(2,5) pts )

144
Evaluation certificative d’Ingénierie Marchés Publics Date : 16/02/05
Coefficient : 1,5 Durée : 2 heures Documents : non autorisés
29ème Promotion

Correction

Question 1 : Lors de la passation des contrats de marchés publics, il est procédé à une évaluation
des offres, conformément aux articles 29 à 37 de la réglementation générale des achats publics.
Donner les détails sur cette procédure. ( 1,5 pts )

Après la réception des offres, il est programmé une séance d’ouverture des plis. Les plis sont
obligatoirement ouverts aux lieux, date et heure indiqués par la commission d’attribution des
marchés en présence des membres et des soumissionnaires qui le désirent.
Après l’élimination des offres non conformes, les plis sont ouverts et doivent préciser :
• Le nom du soumissionnaire, le montant des travaux y compris les remises, les délais
d’exécution, la lettre d’engagement. Un procès – verbal d’ouverture des plis est établi par la
commission et signé par tous les membres de la commission présents. Ce procès – verbal sera
communiqué à tous les soumissionnaires qui le demandent.
Les dossiers sont transmis à une sous commission technique chargée de l’évaluation
des offres. Cette sous – commission établira un rapport sur les différentes offres. Ce
rapport permettra d’éliminer les offres non conformes.
L’évaluation des offres peut ne pas porter simplement sur le moins disant, les critères suivants peuvent être pris en
compte :
• La qualification du candidat par rapport aux garanties techniques, professionnelles et financières.
Les propositions formulées par la commission d’attribution des marchés sont soumis au Conseil des ministres lorsque
les montants cumulés des lots excèdent un milliard.
Les résultats des appels d’offres sont publiés dans la Revue des marchés publics. Le soumissionnaire retenu reçoit une
notification provisoire.
Dans le cas où aucune offre n’est acceptable, l’appel d’offre est considéré infructueux et les soumissionnaires en sont
informés.

Question 2 : Lors de l’exécution des contrats d’achats publics de l’Etat, il est prévu selon les
articles 70 à 78 des cahiers de charges qui déterminent les conditions dans lesquelles les marchés
sont exécutés. Préciser quels sont :
• Les documents exigés,
• Les garanties financières et techniques. ( 4,0 pts )

a) les documents exigés :


Les clauses administratives qui définissent les relations entre les parties (délais,
paiements, réceptions, litiges, etc…) sont définies dans les documents administratifs
suivants :

145
• La Réglementation générale des marchés publics (RGMP) définit les conditions générales
d’appel à la concurrence et d’exécution applicables à tous les marchés publics. Il ne peut être
dérogé à aucun article.
• Les documents généraux :
o cahier des clauses administratives générales (CCAG) définit les conditions générales
de soumissions et d’exécution applicables à tous les marchés publics selon leur
catégorie, en tenant compte de leurs spécificités (travaux, fournitures, prestations
intellectuelles. Il peut être dérogé à chacun des articles.
o cahier des clauses techniques générales (CCTG)
• Les documents particuliers :
o cahier des clauses administratives particulières (CCAP) précise certains articles
selon la spécificité du marché, et /ou modifie certains articles par dérogation lorsque
le maître d’ouvrage le souhaite. Dans le cas des travaux, les articles faisant l’objet de
dérogation doivent être clairement cités.
o cahier des clauses techniques particulières (CCTP)

b) les garanties financières d’exécution :


Le cahier des charges contient des clauses qui définissent le volume et le montant du marché à
travers les documents tels que :
• le bordereau des prix, le devis estimatif, la décomposition des prix unitaires, le cautionnement
définitif ou garantie de bonne exécution du marché fixé à 10% du montant des travaux. La
somme d’argent déposée est restituée ou la caution bancaire libérée à la réception provisoire des
prestations.
• Pendant la période de garantie, les travaux sont couverts par une retenue de garantie de 5% au
plus du montant des travaux augmenté éventuellement des avenants. La retenue de garantie est
remboursée à la réception définitive des prestations.
• Toutes les avances faites par le maître d’ouvrage doivent être couverts par une caution qui sera
libérée au fur et à mesure du remboursement.
• En cas de prêt de matériel au contractant, un cautionnement doit garantir ce matériel et une
assurance contre les dommages éventuels sur le matériel. Des pénalités de retard peuvent être
appliquées en cas de restitution tardive du matériel.

c) les garanties techniques :


Les cahiers de charges doivent préciser la nature et la durée des garanties techniques
exigées en fonction des prestations. Ces garanties sont définies à travers :
• les termes de référence (TDR), le devis descriptif technique des ouvrages (cahier
de prescriptions spéciales CPS), les plans, etc…
Le cahier des charges définie ces clauses qui précisent de façon la plus détaillée
possible la description des produits attendus, la nature et la qualité des services ou
des prestations.
• Ils doivent permettre de comparer les offres de façon objective et équitable,
• Ils ne doivent pas privilégier un un fournisseur ou une marque,
• Ils doivent respecter les règles de l’art (pour travaux), ou règles de sécurité (fournitures).

Question 3 : Lors de l’exécution des contrats de marchés publics, il peut arriver que
le marché soit résilié. Préciser les différentes formes de résiliation des contrats et
quelles sont les mesures prises dans l’application de cette procédure conformément
aux articles 114 à 118 ? ( 4,0 pts )

146
Tout contrat de marché public peut faire l’objet d’une résiliation sur l’initiative du
Maître d’ouvrage dans les cas suivants :
• Fautes constatées de l’entrepreneur par rapport aux clauses du CCAG,
• Inexactitude dans les déclarations de l’entrepreneur constatées lors de l’exécution
du contrat,
• La formule de révision des prix conduit à une augmentation supérieure à 15% du
montant initial des travaux ou du montant de la partie du contrat restant à
exécuter.

Tout contrat de marché public peut également faire l’objet d’une résiliation à la
demande de l’entrepreneur dans les cas suivants :
• Défaillance de l’autorité contractante rendant l’exécution du marché impossible ,
• Diminution des prestations excédant 15% du montant initial du contrat,
• Ajournement pour une durée supérieure à 3 mois.

Sur demande du maître d’ouvrage, la commission d’attribution des marchés publics


peut prononcer la résiliation dans les cas suivants :
• Décès ou incapacité juridique de l’entrepreneur survenue après l’attribution du
marché, sauf si la commission autorise la continuation des travaux par les ayants
droits.
• En cas de liquidation des biens ou faillite de l’entrepreneur, sauf si la commission
accepte la poursuite des travaux par les créanciers.

Toutefois, l’avis préalable de la commission de règlement amiable des litiges est requis. Par
ailleurs, le montant de l’indemnité de résiliation est fixé de commun accord entre le maître
d’ouvrage et l’entrepreneur.
En cas de désaccord, la commission de règlement amiable des litiges est saisie pour chrcher une
issue favorable aux deux parties.

Question 4 : Dans le cycle des projets, il est prévu d’effectuer à la fin des travaux une évaluation
du projet. Cette évaluation est une mission pluridisciplinaire qui porte sur des aspects spécifiques,
quels sont les buts et les objectifs de cette évaluation de projet ? ( 4,0 pts )

Elle est effectuée par une mission pluridisciplinaire et porte sur :


L’évaluation technique :
• Elle vérifie que la conception du projet est correcte et que les normes qui ont été prises en
compte sont bien adaptées aux ressources et aux besoins fixés.
• Il faut s’assurer que la technologie, les équipements et les procédures choisies correspondent
aux conditions locales.
• Une part essentielle de l’évaluation technique est consacrée à une vérification des estimations de
coût et de données d’ingénierie ou autres sur lesquelles ces estimations sont basées. Une autre
partie essentielle de l’évaluation consiste à vérifier que les plans de passation de marché sont en
accord avec les exigences du projet définis par le maître d’ouvrage et l’institution de
financement.

147
Evaluation institutionnelle :
• La capacité d’un pays à réaliser et à gérer un projet dépend largement de l’efficacité de ses
institutions. L’évaluation institutionnelle porte sur la structure, la gestion, le personnel, les
procédures gouvernementales qui déterminent le cadre dans laquel le projet va être réalisé.
• C’est dans ce cadre qu’on va définir le bureau du projet qui aura la responsabilité de
l’administration et de la gestion dans le cadre administratif national.

Evaluation économique :
• Pendant l’évaluation économique, le projet est étudié dans le cadre de l’économie nationale. On
examinera le programme d’investissement en rapport avec les points clés relatifs au projet.
• La mission d’évaluation, grâce à l’analyse coûts / avantages, vérifie que la variante choisie est la
meilleure. Chaque fois que possible, on soumet le projet à une analyse détaillée de ses coûts et
avantages pour le pays. Le résultat s’exprime d’ordinaire en tant que taux de rentabilité
économique. Il s’agit de démontrer que le projet contribue de façon satisfaisante au projet de
développement économique du pays.

Evaluation financière :
• L’évaluation financière permet d’examiner le plan de financement pour s’assurer qu’on dispose
de fonds suffisants pour exécuter le projet. Lorsque le projet doit générer des recettes,
l’évaluation financière portera sur la viabilité financière en terme de prévisions financières à
inclure dans le bilan et le compte de résultat.
Le rapport d’évaluation :
• La mission d’évaluation prépare un rapport d’évaluation qu’elle soumet au maître d’ouvrage et
à l’institution de financement. Ce rapport présente :
- La raison d’être du projet
- Les composantes, les estimations de coût et le plan de financement,
- Les résultats des analyses économiques et financières.

Question 5 : L’équipe chargée de la direction et du contrôle des travaux est dirigée par un chef de
mission de contrôle. Ce chef de mission a parmi ses attributions, la gestion administrative des
contrats. A quoi consiste cette gestion administrative dans les procédures de marchés publics ?
(4,0) pts )

Pour accomplir ses missions, l’ingénieur doit rédiger des pièces soit pour le maître d’ouvrage, soit
pour l’entreprise, ou faire établir des pièces par l’entreprise.
Les pièces écrites par l’ingénieur
Pendant la durée du chantier, l’ingénieur écrit des correspondances, des ordres de services ainsi que
des rapports d’avancement des travaux. Il est responsable du bon établissement des documents de
paiement de l’entreprise. A la fin du chantier, il est responsable de l’établissement des procès -
verbaux de réception et du dossier de recollement.

a ) les correspondances
La gestion des correspondances est prévue dans le CCAP . Le directeur des travaux veillera au
respect des délais de réaction, surtout pour les correspondances reçues de l’entreprise.

b ) les ordres de services


Il s’agit d’un document comportant un talon détachable formant accusé de réception. Il a pour but
de notifier à l’entreprise des décisions ayant une importance pour la conduite des travaux: ordre de
commencer les travaux, modification du volume des travaux, mise en demeure, etc. ...La date de
notification doit être bien déterminée.

148
L’accusé de réception de l’ordre de service doit être retourné par l’entrepreneur après signature et
assorti, le cas échéant, de réserves.
Lorsque l’entrepreneur estime que les prescriptions d’un ordre de service dépassent les obligations
de son marché, il doit , sous peine de forclusion, en présenter l’observation écrite et motivée dans
un délai de 10 jours à l’ingénieur.
La réclamation ne suspend pas l’exécution de l’ordre de service, à moins qu’il n’en soit autrement
ordonné.
Les principaux ordres de services auront trait :
- au démarrage des travaux: l’ exécution d’un marché ne doit jamais démarrer sans au préalable un
ordre de service qui en précisera d’ailleurs la date exacte de démarrage. L’établissement de cet
ordre de service sera tributaire d’un certain nombre d’exigence du marché: enregistrement du
marché auprès des services domaniaux, les assurances, ....
- à la suspension des travaux ( pour cas de force majeure ) et à leur reprise;
- à la modification du marché : prolongation du délai, modification du volume des travaux,...Ces
modifications du marché feront l’objet d’un AVENANT.
- à des instructions relatives à la sécurité sur le chantier ,à la qualité des travaux, au respect des
clauses du marché ( planning, matériel, personnel, ...)
- à des mises en demeure :les mises en demeure sont des sommations données à l’entreprise pour
s’exécuter dans un délai bien précis par rapport à des décisions de l’ingénieur.

c ) rapports d’avancement technique et financier


Suivant un délai fixé généralement sur le contrat de contrôle, l’ingénieur doit fournir au maître
d’ouvrage un rapport d’avancement technique et financier. La plupart du temps il est prévu un
rapport mensuel ( généralement à l’issue de la mission de supervision ) et un rapport trimestriel plus
complet.
Le rapport mensuel fait le point de l’avancement du chantier en insistant sur le respect du planning.
Il signale les principaux problèmes qui se sont posés et la manière dont ils ont été résolus ou non.
On y joint un relevé des principales notes et ordres de service. Enfin il signale à l’attention du
maître de l’ouvrage les points sur lesquels sa décision est sollicitée: modifications importantes,
nécessité de trouver des crédits supplémentaires.
Dans le rapport trimestriel on trouve les éléments précédents mais synthétisés pour le trimestre. On
y trouve aussi des renseignements financiers:
- état des dépenses du marché au cours du trimestre précédent et cumul des dépenses déjà faites;
- prévisions des travaux qui vont être exécutés et des dépenses qui vont être engagées dans les trois
mois suivants;
- synthèse sur l’avancement global du marché et sur son coût prévisionnel jusqu’à la réception
définitive ( si des reliquats sont prévisibles, le maître d’ouvrage peut fort bien décider d’en utiliser
une partie pour financer d’autres actions ) .

d )les procès - verbaux de réception


Les procès - verbaux de réception provisoire et de réception définitive sont du ressort du directeur
des travaux.
Le surveillant assistera ce dernier dans les tâches nécessaires à la réception sur le terrain
( vérification de la conformité des ouvrages ).
La plupart du temps, les réceptions provisoires sont prononcées avec de petites réserves. Il est bon
de fixer un délai à l’entreprise pour lever ces réserves. Si ce délai n’est pas respecté, on ne devra pas
hésiter à appliquer des pénalités de retard. Si les textes du marché le permettent, il ne faut pas
hésiter à subordonner tout ou partie du dernier paiement à la levée de ces réserves. L’expérience
montre , en effet, qu’il est très difficile de mobiliser les cautions bancaires pour lever les réserves.
La réception définitive est toujours prononcée sans réserve

149
e ) dossier de recollement
Les travaux entièrement terminés, l’entrepreneur dispose de 30 jours pour remettre à l’ingénieur le
dossier de recollement. Avec le surveillant, il vérifie la conformité de ce document qui comprend:
- l’ensemble des plans et dessins ayant servi à la réalisation du chantier; sur ces plans
devront apparaître toutes les modifications intervenues pendant l’exécution.
- une copie des ordres de services et des procès - verbaux ( piquetage, côtes de fouilles,
profils en long, etc.).
- les photos prises pendant l’exécution de parties d’ouvrages cachées ou recouvertes; elles
sont souvent très utiles en cas de litiges entre les deux parties; il est donc souhaitable que
l’entrepreneur joigne au dossier, les clichés en sa possession.
- les métrés complets et détaillés de tous les ouvrages; ne seront portés sur ces métrés que
les quantités d’ouvrages prévues sur le marché ainsi que les modifications ayant fait l’objet d’un
ordre de service ou d’un procès - verbal dûment accepté par l’ingénieur.
- le détail estimatif chiffré.
- éventuellement, le détail de travaux exécutés en régie.
- la récapitulation détaillée des décomptes provisoires établis.- le décompte définitif.

Question 6 : Lors de l’exécution des marchés publics, il y a des prestations réservées aux
intervenants d’appui en phase de garantie de l’ouvrage. Préciser quelles sont ces prestations
(2,5) pts )

Les autres intervenants sont : les laboratoires, les banques, les assurances.

Rôle des Laboratoires en période de garantie :


La réalisation d'un projet de construction de génie civil répond aux objectifs de qualité, de coût, de
délais, de sécurité et de pérennité de l'ouvrage pendant toute la durée de vie. Pour atteindre ces
objectifs, des actions de suivi sont nécessaires pour maîtriser les propriétés et les lois de
comportement des sols et des matériaux utilisés, ceci grâce à l'exécution de mesures et d'essais en
laboratoire ou in situ.
Le laboratoire joue un rôle important dans la mise en œuvre des matériaux et dans l'assurance
qualité exigée par les assurances en vue d'une garantie décennale.

Missions confiées au Laboratoire :


• Opérations de contrôle technique pour fournir aux assureurs toutes les informations
nécessaires à l'appréciation du risque.
• Les exigences actuelles imposent aux laboratoires et organismes d'études et de contrôle
de dépasser leurs rôles classiques d'expérimentateur, de concepteur et de contrôleur; afin
de jouer un rôle plus déterminant et dynamique dans les domaines de la recherche
appliquée, de la formation et de l'information et enfin de la gestion de la qualité. C'est
seulement à ce prix qu'ils pourront mieux remplir leur rôle et contribuer ainsi à répondre
aux problèmes d'assurance et de responsabilité décennale.

Rôle des Banques en période de garantie :


En règle générale, les entreprises adjudicataires de marchés de travaux sollicitent leur banque soit
en signature pour couvrir des engagements vis-à-vis du maître d'ouvrage, soit en trésorerie pour
accélérer le rythme des travaux. La Caution personnelle et solidaire est un acte par lequel la
caution est engagée à s’exécuter en cas de défaillance du débiteur principal, qui est l’entrepreneur.
Cette caution couvre l’entrepreneur en période de garantie.

Les principales cautions en période de garantie sont :

150
Caution ou garantie d'exécution. Cette caution couvre aussi le maître d'ouvrage au cas où
l'entrepreneur manquerait à ses obligations contractuelles elle contient à la fois les effets d'une
caution définitive et d'une caution retenue de garantie. Elle a par conséquent une valeur plus
élevée ( en général de 10 % du marché ) et une validité plus longue.
Caution de retenue de garantie. Cette caution est délivrée après la réception provisoire des
travaux. Elle garantit le Maître d'ouvrage contre les malfaçons qui pourront apparaître après la
réception provisoire et ce jusqu'à la réception définitive ( de 6 mois à 1 an ). Grâce à cette
caution, l'entrepreneur bénéficie des retenues opérées par le Maître d'ouvrage et limitées à 10 %
du marché. Cela permet d'améliorer sa trésorerie.
Parmi les Garanties spécifiques aux marchés publiques, nous avons le nantissement de
marché. Pour financer le marché par des cautions ou des avances, la banque exigera le
nantissement ou la domiciliation dudit marché. Cela consiste à prendre en garantie les créances à
venir de l'entreprise c'est-à-dire les décomptes. La banque se subroge les droits de l'entrepreneur
pour percevoir la totalité des paiements prévus dans ses livres.

Le rôle des assurances dans la phase de garantie :

Les principales assurances qui intéressent les intervenants dans la construction sont:
- l’assurance TOUS RISQUE CHANTIER ( T.R.C.)
- l’assurance RESPONSABILITE CIVILE DECENNALE ( R.C.D.)
L’assurance tous risques chantier peut couvrir : le maître de l’ouvrage, le maître d’œuvre et les entrepreneurs sur les
aspects suivants :

pendant la maintenance, 12 mois à compter de la réception provisoire:


• Tous dommages accidentels ou pertes subis par les biens assurés sur le site du chantier qui
proviendraient exclusivement d’incidents par suite de négligence, maladresse, fausse
manoeuvre:
- Causés par les assurés lorsqu’ils reviennent sur le site pour l’accomplissement des seules
obligations contractuelles;
- Ou résultant d’une mise en oeuvre défectueuse dont le fait générateur est antérieur à la
date de réception provisoire et sans avoir été décelé avant cette date et ayant pris
naissance sur le chantier.

L’Assurance Responsabilité Civile (RCD)

Compte tenu du coût généralement élevé des constructions, ne pouvant prendre le risque de
répondre d’un sinistre sur leurs patrimoines, les intervenants dans la construction ont pris l’habitude
de transférer la charge de l’obligation imposée par le législateur sur la tête de l’assureur par le biais
de l’assurance RCD.

La période de garantie est de 10 ans après la réception définitive.

que couvre la garantie décennale, le contrat garantit:


• l’indemnisation des dommages matériels à la construction trouvant leur origine dans le gros
oeuvre compromettant la stabilité ou la solidité de la construction et engageant la responsabilité
décennale des assurés ;
• l’indemnisation des frais occasionnés par la menace d’effondrement du gros oeuvre et
nécessaire à la sauvegarde de la construction ;
• les frais de démolition et de déblaiement nécessités par les sinistres.

Le rôle de l’organisme de contrôle

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En assurance TRC comme RCD, les garanties de l’assureur sont subordonnées au contrôle des
plans et des travaux par un organisme de contrôle technique agréé par l’assureur (SOCOTEC,
VERITAS)
Le contrôle doit être exercé depuis l’origine des travaux et comprendre au minimum:
• l’examen, préalablement à l’exécution des travaux, des plans, du cahier des charges et des autres
documents permettant d’apprécier les risques encourus;
• le contrôle technique de ces plans et documents;
• le contrôle de l’exécution des travaux;
• la présence à la réception de l’ouvrage assuré des représentants de l’organisme de contrôle.

L’assureur n’étant pas un professionnel de la construction, il se base sur l’appréciation


technique faite par l’organisme de contrôle pour délivrer ou ne pas délivrer sa garantie.
En matière de décennale, la convention entre le souscripteur ( ou l’assuré ) et l’organisme de
contrôle devra faire obligation à celui - ci de:
• établir à l’intention de l’assureur le rapport technique préliminaire de définition du risque
décrivant les travaux contrôlés et assurés ainsi que ses éventuels compléments;
• répondre à toute demande d’information de l’assureur et lui transmettre éventuellement toute
pièce du dossier qu’il jugerait utile;
• signifier aux assurés tous défauts ou manquements de nature à compromettre la stabilité ou la
solidité de l’ouvrage assuré ou constituant un manquement aux règles de l’art ou encore
aggravant les risques tels qu’ils ont été définis lors de la souscription du contrat; en particulier,
toute réalisation de travaux de gros oeuvre entreprise sans que des plans d’exécution ou des
documents fixant, si nécessaire, le mode opératoire des travaux n’aient été préalablement établis
et reconnus valables par le bureau de contrôle;
• prévenir immédiatement l’assureur :
- du refus des assurés de remédier, à leurs frais, à toute situation dénoncée.
- de la suspension du contrôle de tout ou partie des travaux assurés;
- de toute situation aggravant les risques, en particulier arrêt des travaux supérieur à un
mois, sinistre, faillite;
• prévenir l’assureur de la date de réception provisoire de l’ouvrage ou de la date d’occupation ou
de mise en service si celle - ci a lieu avant la réception provisoire.
• transmettre à l’assureur le rapport final des travaux précisant les réserves éventuelles signifiées
aux constructeurs afin que l’attestation de prise en charge puisse être rédigée par l’assureur.

Durée des travaux Maintenance 12 mois Garantie Décennale = 10 ans


24 mois

R.P. R.C.D. PERIODE GARANTIE 10 ans

Début des Travaux Réception Provisoire Réception Définitive

T.R.C.

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