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Société Française de Musicologie

Les "Recueils d'airs sérieux" et à boire des Ballard (1695-1724)


Author(s): Jean-Philippe GOUJON
Source: Revue de Musicologie, T. 96, No. 1 (2010), pp. 35-72
Published by: Société Française de Musicologie
Stable URL: http://www.jstor.org/stable/41637926
Accessed: 14-06-2017 15:24 UTC

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Jean-Philippe GOUJON

Les Recueils d'airs sérieux


et à boire des Ballard
(1695-1724) *
À la fin du xviie siècle, l'éditeur parisien Christophe Ballard 1 entre-
prend de faire paraître une nouvelle collection musicale périodique : les
Recueils d'airs sérieux et à boire de différents auteurs . Pendant trente ans,
entre 1695 et 1724, de nombreux compositeurs, français mais aussi étran-
gers, illustres ou inconnus, vont contribuer mois après mois à l'élaboration
d'un vaste recueil constitué de milliers d'airs. Cette source musicale 2 est
aujourd'hui régulièrement consultée par les spécialistes de la musique
française des xvne et xvme siècles, notamment lorsqu'ils établissent le
catalogue des œuvres de compositeurs particuliers, mais elle ne paraît pas
avoir fait l'objet d'études spécifiques 3. Notre connaissance de ce recueil

* Je tiens à remercier Anne-Madeleine Goulet, Thierry Peyrard, Cécile Davy-


Rigaud et Anne Piéjus pour leurs conseils avisés.
1. En collaboration avec son fils, Jean-Baptiste-Christophe. Ce dernier avait
obtenu en 1695 une charge d'imprimeur en survivance de son père et, dès 1698,
était associé pour moitié (Anik Devriès et François Lesure, Dictionnaire des
éditeurs de musique français [Genève : Minkofï, 1979], vol. 1, p. 24).
2. Recueils d'airs sérieux et à boire de différents auteurs (ci-apres RASB) (Pans :
Christophe Ballard, 1695-1715 ; Paris : Jean-Baptiste-Christophe Ballard, 1716-
1 724). La Bibliothèque nationale de France conserve dans ses collections la totalité
des livraisons jusqu'à la fin de l'année 1721 (F-Pn Vm7 528 à 555 ; RISM BI ,
1695M7002, RISM BU, p. 311-315). L'année 1722 (RISM BII, p. 315), lacunaire,
ne comporte que les mois de janvier (F-Pn Vm7 555), juin (F-P Vm7 556), juillet
(F-Pa M 776) et octobre (F-Pn Vm Coirault 379, non référencé par le RISM BII).
L'année 1 723 est manquante, mais quelques mois, que nous n'avons pu consulter
(janvier à avril), sont conservés à Bibliothèque de l'université du Kentucky
(US-LEX M1619 R43 1717, non référencé par le RISM II). Enfin, la dernière
année, 1724 (F-Pn Vm7 557 ; RISM BII , p. 315) est consultable dans son inté-
gralité.
3. La littérature consacrée au sujet est peu abondante et parfois dimcilement
accessible. À notre connaissance, deux chercheurs ont travaillé sur les Recueils
d'airs des Ballard. Frédéric Robert, Airs sérieux et airs à boire : à 2 et 3 voix (thèse,
Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, 1958). Nous n'avons pu
accéder à ce travail qui ne paraît pas avoir été déposé en bibliothèque. Nous avons

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est par conséquent limitée et plusieurs questions simple


méritent aujourd'hui d'être posées. Comment ce recu
Est-il composé de manière arbitraire ou au contraire
heur, les Ballard s'expriment longuement à ce prop
texte (avis, encarts, annonces) montre que les éditeurs
vement en place une véritable stratégie commercia
innovations formelles (changement du format d'édit
cité), mais aussi sur de nouveaux usages (introduction
les tables des matières, appel à contribution des auteur
Tous ces outils de communication sont au service d'u
commerciale (les Ballard sont avant tout des march
dotée d'un véritable projet artistique ambitieux. À
nouvelles données, nous tenterons dans un second t
une question qui pourrait paraître de prime abord évid
nent les Recueils d'airs sérieux et à boire ? Assurément
titre de l'ouvrage, on y trouve de nombreux airs ga
voix seule et basse continue, des duos, voire des trios, c
ment pour satisfaire aux exigences de deux pratiques d
tes 4. Cependant, ne nous y trompons pas : derriè
façade suggérée par le titre, se dissimule en réalité une

toutefois consulté l'introduction d'une partition éditée par l


à boire à 2 et 3 voix [Paris : Heugel, 1986], p. II-III). Anth
( Stylistic Development and melodic Transmission in som
published in Paris ( 1695-1740), Ph.D., Univ. of Western A
également travaillé sur le sujet mais il n'a pas été possible de c
aussi les travaux suivants, classés par ordre chronologiqu
Marie Masson, « Les "Brunettes" », Sammelbände der Int
sellschaft, 12 (1911), p. 361 ; André Tessier, « Quelques n
taines », Revue de musicologie, 12 (1929), p. 9-16 ; G
Demombynes, L'air chez Henry Desmarest ( 1661-1741 ) : l
sion vocale dans les airs sérieux et à boire des recueils de Bal
l'hymne sur la « Grandeur de Dieu », mémoire de maîtrise
1993 ; Alain Brunet, Un musicien du xvnf siècle : Jean De
1753). Répertoire, mémoire de maîtrise, Université Paris IV
Duron, L'Œuvre de Sébastien de Brossard ( 1655-1730) -
(Versailles, Paris : CMBV-Klincksieck, 1995) ; Catherine
tion », Bulletin de la Société Marc- Antoine Charpentier : A
20 (2003), p. 1-16 ; Anne-Madeleine Goulet, Poésie, mus
XVI f siècle : les « Livres d'airs de différents auteurs » publiés
1694 (Paris : H. Champion, 2004) et Paroles de musique
des « Livres d'airs de différents auteurs » publiés chez Balla
2007).
4. Anne-Madeleine Goulet, dans son ouvrage Poésie, musique et sociabilité au
xvif siècle op. cit., a démontré que l'air sérieux était l'un des maillons d'une
pratique de sociabilité étroitement liée durant tout le xvne siècle à la ruelle, l'espace
disponible entre le lit et le mur où la maîtresse des lieux recevait ses invités. L'air à
boire et ses déclinaisons bachiques étaient associés au temps du repas pris en
commun : « Chansons à boire, ou Chansons bachiques, celles qui se font pour se
réjouir à la table, & se provoquer à boire » (Antoine Furetière, Dictionnaire
Universel [La Haye : s. n., 1690]).

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Jean-Philippe Goujon : Les Recueils d'airs sérieux et à boire 37

et de formes, correspondant à des pratiques musicales diverses dont nous


évoquerons les plus représentatives. Enfin, nous avons souhaité aborder
un phénomène qui se dessine en filigrane dans les Recueils ďairs sérieux et
à boire : le recours à l'anonymat. En effet si les Ballard donnent en général
le nom du compositeur de l'air, nous verrons qu'une partie non négligea-
ble des contributions demeure dans un anonymat partiel ou total. Pour-
quoi l'éditeur Ballard recourt-il toujours dans ses recueils à l'anonymat
alors que le public manifeste son désir de connaître le nom des auteurs,
tant des paroles que de la musique, et que semblait s'amorcer depuis les
années 1690 un processus d'attribution croissant ?

Un projet artistique et commercial ambitieux

Au sein de la production de la maison Ballard, les Recueils ďairs sérieux


et à boire apparaissent à une époque charnière qui voit à la fin de l'année
1694 l'arrêt de deux anciennes mais prestigieuses collections : les Livres
ďairs de différents auteurs publiés à partir de 1658 (constitués dans leur
quasi totalité d'airs sérieux) et les Recueils de chansonnettes de différents
autheurs à deux et trois parties publiés à partir de 1675. Dans la nouvelle
collection intitulée Recueils ďairs sérieux et à boire de différents autheurs ,
les airs sérieux sont désormais mêlés aux airs à boire 5. Le concept - un
recueil mensuel au contenu éclectique - est pour la première fois évoqué
par l'éditeur dans le Livre ďairs de différents auteurs de 1692, trois ans
avant le lancement de la nouvelle collection :

Ceux qui ayment la Musique m'ayant plusieurs fois témoigné que je leurs
ferois un extrême plaisir si je m'appliquois à leur donner souvent de nouveaux
divertissemens en cet Art, & particulièrement des Airs sérieux & à boire : Pour
contribuer à leur satisfaction autant qu'il m'est possible, j'ai crû que je ne
pouvois mieux faire que de donner au Public tous les trois mois un Recueil des
Airs de Monsieur de Bousset, qui ont esté receus jusques à present avec
l'applaudissement de tout le monde ; Mais comme les habiles Maistres de ce
bel Art font toujours des Airs nouveaux, & que le Public les desire avec
empressement, s'ils vouloient me les envoyer dés qu'ils les ont faits, je pourrois
peut-estre en avoir assez pour en faire un petit Recueil tous les mois , sans
prejudice néanmoins de ceux que j'ay accoûtumé d'Imprimer au bout
de chaque année, que je choisis toujours des plus beaux et des meilleurs
Maistres 6.

5. Les airs à boire étaient précédemment imprimés dans les ouvrages particu-
liers des auteurs. La maison Ballard avait cependant édité quelques recueils
collectifs : IL Livre des meslanges de chansons, airs serieux et à boire, à 2 & 3 parties
(Paris : Christophe Ballard, 1674), F-Pn Rés Vmd 60 [2] ; Premier recueil d'airs
serieux et a boire de différents autheurs à deux & trois Parties (Paris : Christophe
Ballard, 1679), F-Pn Rés Vm7 282.
6. Nous soulignons. XXXV. Livre d'airs de différents autheurs à deux et trois
parties (Paris : Christophe Ballard, 1692), p. 79, cité par A. -M. Goulet, op. cit.,
p. 82.

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38 Revue de Musicologie, 9611 (2010)

Mais ce projet n'est semble-t-il pas réalisé immédia


intermédiaire voit le jour à la fin de l'année 1694 av
nouveau recueil intitulé Airs sérieux et à boire de diffé
les mois d'octobre , novembre et décembre 1694. Ed
trimestrielle, à l'image des livres d'airs de Jean-Ba
Bousset parus dès 1690, ce recueil mélange airs série
airs à boire. Il semble avoir été conçu comme une
prototype précédant le lancement de la nouvelle coll
lecteur, Ballard expose longuement le nouveau projet éd
le début de l'année 1695 :

AU LECTEUR

Ayant toujours reconnu dans l'approbation publique l'estime que les a


teurs de la Musique avoient pour les Airs de différents Autheurs, je me s
appliqué avec beaucoup de soin à choisir ceux qui pouvaient leur plaire,
meilleurs & plus célèbres de Paris, & mesme du Royaume, pour en fair
Recueils que j'ai mis au jour à la fin ou au commencement de chaque an
Mais bien que le choix exact que j'en ay fait ait assez heureusement ré
jusques à present, & que le public paroisse en estre satisfait, néanmo
quelques-uns de mes amis m'ayant témoigné que la pluspart de ces A
(quoyque très beaux) n'estoient Imprimez qu'après avoir beaucoup co
écrits à la main ; j'ai crû me devoir conformer à leur avis, & qu'au lieu
Imprimer un Livre tous les ans, comme j'ay fait par le passé, il estoit plu
propos d'en Imprimer un petit Recueil des plus beaux pour le mettre en v
au commencement de chaque mois ; C'est ce que j'ay résolu de faire
premier jour de l'année prochaine, pour continuer ensuite de mois en mo
mesme de le faire d'oresnavant inquarto de plus gros caractère pour
commodité de ceux qui joüent des Instrumens. Ce recueil n'est qu'un e
par lequel le Lecteur pourra préjuger de tous ceux queje feray en suite :[.
ce Recueil est bien receu, comme je l'espere, cela me donnera encore p
d'ardeur pour faire avec choix & plaisir ceux qui les doivent suivre ;
diversité des Genies des plus sçavants en l'art de composer, le choix des b
parolles, & la beauté des Airs, seront toujour la regie que je suivray p
rendre ces Recueils recommandables & agreables au public 7 .

Plusieurs idées maîtresses dessinent les contours de ce que sera à part


du mois de janvier 1695 la nouvelle collection. Pour pallier le princ
défaut du Livre d'airs qui proposait au public des airs dont la nouve
était toute relative, la maison Ballard décide de faire paraître le Re
d'airs tous les mois. Cette politique de diffusion réactive 8 tentait
doute de répondre à une préoccupation dans l'air du temps, et les Ballar
en cela, s'alignèrent sur le Mercure galant qui offrait à ses lecteurs un
deux airs nouveaux gravés par mois. Ce changement du rythme de p
tion présentait en outre un avantage financier non négligeable : la v

7. « AU LECTEUR », Airs sérieux et à boire de différents autheurs pour les


ď octobre, novembre et décembre 1694 (Paris : Christophe Ballard, 1694),
paginé].
8. Voir à ce propos le paragraphe rédigé par A.-M. Goulet intitulé « L'exigence
de nouveauté », op. cit., p. 84-88.

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Jean-Philippe Goujon : Les Recueils d'airs sérieux et à boire 39

mensuelle du Recueil d'airs assurait à l'éditeur un revenu régulier tout au


long de l'année.
Qui sont les « quelques amis » dont nous parle Ballard, qui lui auraient
conseillé ces changements ? L'un d'eux est certainement Sébastien de
Brossard. En effet, dans le catalogue qu'il rédige vers 1725 en vue de la
cession de sa bibliothèque musicale au roi Louis XV, Sébastien de Bros-
sard revendique avoir suggéré à l'éditeur des changements pour son
nouveau recueil :

Vers l'an 1658, le Sr Ballard commença de publier des recueils d'airs in 8° [les
Livres d'airs de différents auteurs] et il en imprimoit un tous les ans. J'en ay
deux tomes ou huit années dont nous parlerons cy dessous parmi les in 8° pag.
[blanc]. Il continua ce recueil jusques vers l'an 1695, queje luy conseillé [s/c]
d'en donner un tous les mois, ce qui faisoit un volume raisonnable pour
chaque année et il a toujours continué ce recueil jusques a la presente année
1725, in 4o oblongo [sic] et cela avec plusieurs avantages considerables au
dessus de ses recueils in 8°. 9

Ce nouveau format d'édition, approuvé par Sébastien de Brossard,


passa certainement auprès des amateurs de musique pour un progrès
considérable. En effet, il s'agissait d'une véritable rupture dans la pratique
d'édition des recueils collectifs que de passer du format livre in-octavo , au
format partition générale in-quarto oblong, dit « à l'italienne ». D'un
recueil de conservation dont le format permettait difficilement que l'on
s'accompagnât en chantant (le dessus et la basse étaient parfois imprimés
sur des pages distinctes 10), on passait à un recueil d'usage, pratique et
lisible car imprimé en gros caractères. Par ce procédé, Ballard pouvait
donc espérer toucher un large public composé de chanteurs amateurs ou
professionnels, mais aussi de musiciens pratiquant un instrument mono-
dique comme la flûte allemande alors en plein essor, ou un instrument
polyphonique comme le clavecin ou le théorbe. À la lecture de l'avis au
lecteur contenu dans le Recueil d'airs sérieux et à boire du mois de janvier
1695, tout laisse à penser que le prototype de la nouvelle collection reçut
les faveurs du public :
Au lecteur.

La proposition que j'ay faite dans le dernier Livre d'airs de différents


Autheurs de donner tous les mois au Public un pareil Livre de tout ce qu'il y
auroit de plus beau et de plus nouveau des meilleurs autheurs, à commencer
au premier jour de la présente année 1695 a esté receuë avec tant d'applaudis-
sement de tous ceux qui aiment la Musique, que je me vois nécessairement
obligé d'executer ma parole, en commençant de leur donner par ce premier

9. Cité par Yolande de Brossard, La Collection Sébastien de Brossard 1655-


1730, Catalogue (Paris : Bibliothèque nationale de France, 1994), p. 310 et Jean
Duron, L'Œuvre de Sébastien de Brossard ( 1655-1730), op. cit., p. LIV.
10. Ibid., p. 310 : « Dans les in 8° le sujet et sa basse estoient imprimez separe-
ment, a la vérité les deux pages ou ils estoient imprimez se regardoient, mais cela
n'estoit pas a beaucoup prez si commode que dans les in 4°, ou toutes les parties
sont en partition. »

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40 Revue de Musicologie, 9611 (2010)

Livre la satisfaction qu'ils ont esperé de mon service & de


doit estre d'autant plus agréable que j'ay tâché de le re
digne de leur approbation, tant par le choix de belles paro
Airs que les plus habiles & celebres Autheurs en ce be
continuëray, comme j'ay déjà dit, d'en donner un nouv
mencement de chaque mois ; ce qui n'empêchera pas né
mencement de chaque trimestre je n'en mette encore un
un seul Autheur ; & ainsi le troisième Livre de M. Br.
présent Recueil, sera pour le trimestre de Janvier. J'avo
grand et difficile ; mais si le Public y trouve son plais
l'honneur que j'auray d'en estre approuvé & de lui plaire
la juste récompense qui m'encouragera à poursuivre &
entreprise qui luy doit estre agréable & utile. 1 1

Forts du succès artistique et commercial du premier R


Ballard vont rapidement comprendre qu'ils tienne
outil de communication et ils vont progressivemen
d'un support publicitaire régulier à même de servir les
merie familiale.

Les « Recueils d'air » et la publicité : les annonces contenues dans les tables
et catalogues

Chaque mois, une table dite « particulière » récapitule le contenu du


recueil en distinguant airs sérieux et airs à boire. À la fin de chaque année,
Ballard propose gratuitement une table récapitulative annuelle, dite
« générale », qui doit permettre de relier les douze livraisons en un seul
volume :

Avertissement

Comme je ne doute pas qu'il n'y ait plusieurs personnes qui veulent faire &
former un Recueil de tous les Livres que j'ay donné cette année, & queje suis
bien-aise de contribüer autant à la commodité du public qu'à sa satisfaction,
je l'avertis que je fourniray au commencement de l'année une Table générale
qui servira pour le Livre entier, & qui rendra inutile les particulières qu'on
pourra retrancher en le faisant relier. 12

Dans leur majorité, les volumes conservés à la Bibliothèque natio-


nale de France ont été reliés avec leurs tables particulières. Il est d'ailleurs
heureux que les conseils de l'éditeur, qui suggérait de les retrancher
toutes 13, n'aient pas été suivis, car, en plus de leur fonction récapitulative,

11. « Au lecteur », RASB 1695.01, [non paginé!, F-Pn Vm7 528 (a).
12. « AVERTISSEMENT », RASB 1695.12, [non paginé], F-Pn Vm7 528 (1).
13. Conseils réitérés à la fin de l'année 1696 : « Ce livre, qui est le dernier de la
présente année, parfait le recueil auquel il ne faut laisser que la première page du
premier mois, & retrancher toutes les autres & les tables, en mettant seulement à la
fin de la table générale que je donneray aux personnes qui le souhaitteront. »
(« TABLE », RASB 1696.12, [non paginé], F-Pn Vm7 529 (1)).

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Jean-Philippe Goujon : Les Recueils ď airs sérieux et à boire 41

elles contiennent souvent, en bas de page, des informations essentielles :


l'éditeur y annonce chaque mois les nouveautés qui sortent de ses presses,
et en propose le catalogue général à la fin de l'année 14. Le premier
exemple d'annonce publicitaire apparaît à la fin de la table particulière de
décembre 1696 :

On continuera l'année prochaine le mesme ordre pour tous les Livres d'Airs,
& on donnera au premier Janvier un Livre de symphonies intitulé : Serenade
ou Concert divisé en trois suittes de Pieces, pour les Violons, Flutes &
Haut-bois ; composées d'Airs de fanfares, d'Airs tendres & d'Airs champêtres
propres à danser ; par Monsieur Monteclair. 15

Le procédé, occasionnel durant les premières années, devient systéma-


tique à partir de l'année 1704, lorsque Ballard assoit le projet artistique et
commercial de la collection. Le Recueil ďairs sérieux et à boire qui devait
être assez largement diffusé, devient ainsi le vecteur mensuel de l'actualité
éditoriale de la maison Ballard 16 :

On continuëra aussi d'annoncer dans chaque Mois les Livres qui sortiront de
dessous la Presse. On espere que cette instruction, jointe à beaucoup d'autres
attentions, fera de ce Recueil, le Supplément et l'Arrangement de tous les
autres Ouvrages de Musique. 17

L'insertion d'encarts publicitaires via les tables des matières n'est certes
pas une innovation des Recueils ďairs. La maison Ballard en avait déjà fait
usage, notamment dans les Livres ďairs , mais dans des proportions
moindres, en 1667, 1668, 1671, 1672 et 1677 18. L'annonce des livres
nouveaux dans le Mercure galant est également assez rare avant 1710.
Monique Vincent n'en relève que deux exemples : un avis annonçant les
« Livres nouveaux du mois de mai » en 1688, et un catalogue de douze
pages du libraire Gérout placé à la fin du numéro d'avril 1689 19 . De plus,
les spécialistes de l'édition musicale française sous l'Ancien Régime font

14. Cf. «Livres imprimez en 1705 », RASB 1705.12, [non paginé], F-Pn
Vm7 538 (1).
15. « TABLE », RASB 1696.12, [non paginé], F-Pn Vm7 529 (1).
16. Ces tables permettent donc en particulier de dater au mois pres 1 edition ou
la réédition d'une œuvre et de connaître son prix de vente.
17. « TABLE », RASB 1704.12, [non paginé], F-Pn Vm7 537 (1).
18. Voir A.-M. Goulet, op. cit., p. 78-79.
19. Le Mercure galant. Présentation de la première revue féminine d'information
et de culture (Paris : Honoré Champion, 2005), p. 50. Anick Devriès-Lesure
observe qu'« entre 1700 et 1750, sur les trois milles œuvres musicales qui furent
éditées, guère plus de deux cents firent l'objet d'avis dans le Mercure de France »
(L'Édition musicale dans la presse parisienne au xvnf siècle. Catalogue des annonces
[Paris : CNRS Éditions, 2005], p. ix-x). Cela, pour une période de 51 ans, fait une
moyenne d'un peu moins de quatre œuvres musicales annoncées par an. En
comparaison, la maison Ballard, pour la seule année 1705 en annonce une dou-
zaine. Signalons que le corpus du Catalogue des annonces ne prend pas en consi-
dération les données contenues dans les RASB.

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42 Revue de Musicologie, 9611 (2010)

remarquer dans leur Dictionnaire des éditeurs de m


« l'habitude d'insérer des listes de publication du m
rieur des éditions a surtout commencé avec Ch. N
1736 et qu'« elle est devenue assez courante à part
Ballard, en systématisant le recours à la public
Recueils d'airs font donc figure de précurseurs en la m
Cette stratégie commerciale, particulièrement réfléc
complétée et renforcée par un procédé interactif :
des auteurs et des lecteurs.

L'appel à contribution

Le concept de l'appel à contribution, évoqué en 1691 et 1692 dans les


Livres d'airs de différents auteurs , est repris dans l'avis de 1694. Le principe
est simple : l'éditeur sollicite les compositeurs pour qu'ils lui fassent
parvenir, généralement avant le quinze du mois, des airs nouveaux. Il ne
lui reste plus ensuite qu'à choisir parmi les envois ceux qu'il considère
comme étant les meilleurs.

Les Maistres de Musique sont priez de contribuer de leurs soins à cette


satisfaction que je désire donner, en m'envoyant leurs meilleurs Airs bien
corrects, afin qu'il ne s'y fasse point de fautes [...]. Je me suis aussi proposé,
pour leur satisfaction particulière, de faire une Liste des noms & des demeures
des plus celebres Maistres de Musique qui montrent à chanter, pour la
commodité de ceux qui veulent apprendre ; les Maistres à qui ce dessein
paroistra utile, & qui voudront es tre mis sur cette liste, pourront m' apporter
leurs noms & leurs demeures, ce qu'ils continuëront de faire quand ils chan-
geront de demeure, autrement je ne serois pas en état de leur rendre ce ser-
vice. 21

Faut-il déceler dans cette proposition un échange de bons procédés ? Il


est tout à fait plausible que Ballard ait mis en place un système de
réciprocité de services pour alimenter à moindre frais son recueil : l'auteur
fournissait des airs et l'éditeur en contrepartie lui assurait gratuitement
une publicité dans son livre d'adresse « des plus célèbres Maistres » dont
le caractère prestigieux et la promesse d'une large diffusion laissaient
entendre au professeur qu'il trouverait rapidement des élèves. Cette hypo-
thèse pose la question de la rémunération des contributeurs au Recueil
d'airs sérieux et à boire. Le compositeur était-il rémunéré ? Le cas échéant,
comment Pétait-il et qu'advenait-il de ses droits sur l'air ? Il est malheu-
reusement bien difficile de répondre aujourd'hui à ces questions. Il existe
en effet peu de témoignages des pratiques commerciales d'une époque où

20. Anick Devriès et François Lesure, Dictionnaire des éditeurs de musique


français, op. cit., p. 12. Ce dictionnaire ne prend en compte ni les catalogues
contenus dans les RA SB ni aucun des catalogues imprimés par Jean-Christophe
puis Jean-Baptiste-Christophe Ballard.
21. « AU LECTEUR », Airs sérieux et à boire de différents autheurs pour les
mois d'octobre, novembre et décembre 1694 , op. cit., [non paginé].

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Jean-Philippe Goujon : Les Recueils d'airs sérieux et à boire 43

la notion de propriété intellectuelle est naissante et où seuls les compo-


siteurs nantis d'un privilège royal maîtrisent la diffusion de leur
œuvre 22 . Dans le cas des contributeurs aux Recueils ďairs sérieux et à
boire plusieurs hypothèses sont envisageables quant à la rétribution, selon
que le contributeur était occasionnel ou régulier. Afin d'offrir au public
des nouveautés de qualité, il est possible que l'éditeur ait acquis un ou
plusieurs airs en en payant une somme modique ou, nous l'avons vu, en
échange de contreparties publicitaires ou de quelques exemplaires impri-
més de l'air. Ce procédé pourrait donc avoir été employé pour la rémuné-
ration de contributeurs occasionnels, parisiens ou provinciaux 23 . Toute-
fois, l'analyse de l'ensemble des contributions pour l'année 1695 tend à
montrer que l'éditeur se serait également attaché les services réguliers de
plusieurs compositeurs. Si certains, comme Du Parc ou La Barre sont des
collaborateurs habituels de la maison Ballard, d'autres comme Monté-
clair ou le mystérieux Monsieur ****** (probablement André Cam-
pra 24), sont des compositeurs au talent prometteur et au style musical
novateur, qui semblent entamer une collaboration régulière. Il est donc
possible que Christophe Ballard ait mis en place des accords commer-
ciaux avec ses collaborateurs réguliers. Peut-être même leur achetait-il un
recueil entier d'airs 25, ce qui lui permettait ensuite de compléter ses
publications les mois où l'appel à contribution n'avait pas été suffisam-
ment entendu, car l'édition mensuelle du Recueil ďairs sérieux et à boire
exigeait un approvisionnement en airs conséquent (dix à douze airs par
mois).
Mais ce mode d'alimentation qui reposait sur une coopération volon-
taire ou contractuelle des auteurs dut rapidement paraître insuffisant aux
Ballard. Dès le mois de janvier 1695, l'éditeur relance un appel à contri-
bution plus impersonnel, laissant entendre que désormais il ne s'adresse
plus aux seuls maîtres de musique :

22. Dans le domaine littéraire à la fin du xvne siècle en France, un éditeur


pouvait acheter un recueil manuscrit d'œuvres diverses d'un même auteur en
s'acquittant d'une somme forfaitaire. Par la conclusion de la vente, l'auteur
renonçait à ses prétentions sur l'œuvre et en perdait la propriété. Bien souvent
toutefois, l'auteur était simplement rémunéré en nature : l'éditeur le payait en lui
octroyant un certain nombre d'exemplaires. Voir A. -M. Goulet, op. cit. , p. 120, qui
s'inspire des travaux de Henri- Jean Martin, Le Livre français sous l'Ancien Régime
(Paris : Promodis-Éditions du cercle de la librairie, 1987) et de John Lough,
L'Écrivain et son public (Paris : Le Chemin Vert, 1987).
23. On ne peut toutefois pas exclure que certains compositeurs se soient satis-
faits du seul prestige de voir apparaître leur nom dans le recueil.
24. Voir Jean-Philippe Goujon, « La contribution d'André Campra aux
Recueils d'airs sérieux et à boire publiés par les Ballard de 1695 à 1724 », Cahiers
Philidor , 37 (2009) [publication électronique], p. 2-8 (http://philidor.cmbvfr/
cahiers).
25. Robert Ballard incitait semble-t-il les auteurs à publier leurs airs dans un
recueil collectif ne contenant que des airs nouveaux, mettant ainsi un frein à leur
prétention de faire un livre dans lequel « il en faudroit mettre de surannez » ( Livre
d'airs de différents auteurs (Paris : Robert Ballard, 1669), « Avant-propos », cité
par A-M. Goulet, op. cit., p. 80).

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44 Revue de Musicologie, 9611 (2010)

Je prie ceux qui auront des airs nouveaux de me les envo


chaque mois, afin que je puisse choisir les meilleurs. 26

Pour le mois de janvier 1696, Ballard se fait plus


désormais la distinction entre ceux qui font - les au
possèdent - les détenteurs anonymes d'airs en cours
Au lecteur

Les recueils & le choix d'Airs sérieux & à Boire de différents Auteurs que
j'ay donné au public au commencement de chaque mois de l'année derniere,
ont esté si bien receus, qne [sic] je me trouve engagé d'en continuer la
recherche. Je m'interesse trop au plaisir des amateurs de la Musique, pour ne
pas contribuer de mes soins à leur satisfaction ; Ainsi je prie ceux qui feront, ou
qui auront de nouveaux Airs de m'en faire part avant la fin de chaque mois de
la présente année, afin que je puisse avoir le temps de les imprimer pour le
premier jour du mois suivant, & que le public connoisse avec combien de zele
je m'aplique à le satisfaire. 28

Certains airs parvenaient donc chez l'éditeur libres de droits, après


avoir beaucoup « couru », selon les termes de l'époque, c'est-à-dire après
avoir circulé sous une forme manuscrite, et souvent sans que le nom de
l'auteur soit mentionné. Ces airs sérieux ou à boire, goûtés dans le monde
et maintes fois recopiés, circulaient sous la forme de feuillets libres, de
partitions généralement au format in-quarto à l'italienne ou même au
format livre in-12 avec parfois le timbre seul 29 . Ainsi l'éditeur Ballard
recevait sans doute quantité d'airs par le truchement d'anonymes colla-
borateurs, tout à la fois amateurs et clients du recueil, lui fournissant
des copies qui le dispensaient très certainement de payer des droits
d'auteurs 30. De plus, brunettes, vaudevilles et autres airs anciens que
Dandrieu qualifie de « bien commun que personne n'a le droit de récla-
mer 31 » viennent progressivement enrichir le fonds du Recueil d'airs
sérieux et à boire et ce dès l'instant où Ballard rompt avec une longue

26. Nous soulignons. «Au lecteur», RASB 1695.01, [non paginé], F-Pn
Vm7 528 (a).
27. Dans son avertissement du premier livre des Brunettes ou Petits airs ten-
dres... (Paris : 1703), Christophe Ballard reprend le procédé et prie « ceux qui
s'intéressent à ce qui regarde le goût public, de vouloir bien communiquer ce qu'ils
jugeront digne d'entrer dans le second Volume, qu'on espere imprimer dans peu »,
ce qui tend à confirmer que les contributeurs n'étaient pas obligatoirement des
auteurs, mais bien des amateurs éclairés. Cité par Paul-Marie Masson, art. cit.
(voir ci-dessus, note 3), p. 361.
28. Nous soulignons. «Au lecteur», [non paginé], RASB 1696.01, F-Pn
Vm7 529 (a). On remarquera que le délai pour faire parvenir les airs à l'éditeur est
plus long, ce qui laisse à Ballard très peu de temps pour imprimer son recueil.
29. S il existe peu de feuillets, de nombreux recueils manuscrits reliés sont
parvenus jusqu'à nous, mais il est bien souvent difficile de les dater, et donc de
savoir s'ils sont antérieurs ou postérieurs aux publications des Ballard.
30. « Le principe du recueil collectif évitait à l'éditeur d'avoir à payer des droits
d'auteur », A. -M. Goulet, op. cit., p. 120.
31. Principes de l'accompagnement (Paris : Foucault, s. d.), cité par P.-M. Mas-
son, art. cit., p. 366.

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Jean-Philippe Goujon : Les Recueils d'airs sérieux et à boire 45

tradition héritée des trente-sept Livres d'airs de différents auteurs qui


voulait que l'on n'insérât dans la collection que des airs nouveaux.

Le contenu du recueil : un reflet de la diversité des pratiques musicales entre


1695 et 1724

La matière musicale contenue dans les Recueils d'airs obéit à un prin-


cipe de classement binaire, fondé selon toute vraisemblance non pas sur
des considérations d'ordre musical mais plutôt sur la nature des paroles de
musique. Ainsi, selon que l'air chante l'amour ou qu'il célèbre le dieu du
vin, il est « sérieux » et destiné plus particulièrement à la ruelle ou au
salon, ou bien « à boire » et donc conçu pour agrémenter les plaisirs de la
table. Avec l'apparition progressive, dans les recueils, d'airs en langue
italienne et l'ajout de pièces instrumentales, sont créées deux nouvelles
catégories : airs italiens et airs de violons 32 ou symphonies 33 . Ce système,
volontairement réducteur, est néanmoins très pratique car sa simplicité
offre une lisibilité que ne permettrait pas un classement par genres, par
formes ou encore par effectifs. Néanmoins, il ne laisse entrevoir qu'une
part infime de la diversité contenue dans le recueil. Ce dernier, en cons-
tante évolution, s'ouvre au fil du temps à des styles et des genres musicaux
très diversifiés :

Airs anciens

Si l'éditeur en 1695 souhaitait offrir au public le « Livre de tout ce qu'il


y auroit de plus beau et de plus nouveau des meilleurs autheurs 34 », il
change sensiblement sa ligne éditoriale au mois de juin 1698 en proposant
deux airs anonymes qu'il qualifie lui-même d'anciens : « Ah ! Printemps,
ton retour pour moi n'a plus de charmes » et « Echos, retenez bien ce que
je vais vous dire ».

AVERTISSEMENT

Les Paroles du premier Air de ce Livre ne sont plus du tems ; mais plu
connoisseurs m'ont persuadé que l'Air estoit si bon, que je ne pou
m'excuser de n'en avoir pas fait part au Public. Je sçais bien qu'il est d'
habile homme, de mesme que celui des pages 124 125 126 & 127 J'esper
la suite satisfaire plusieurs personnes qui me demandent sept ou huit d
beaux Airs qui se chantent il y a long-tems sans avoir jamais esté i
mez. 35

32. L'éditeur choisit initialement en 1699 de classer les airs instrumentau


la catégorie des airs sérieux. Ce n'est qu'à partir de 1702 que la catégorie «
violons » est créée.
33. Les deux termes sont employés indifféremment.
34. « AU LECTEUR », RASB 1695.12, [non paginé], F-Pn Vm' 528 (1).
35. « AVERTISSEMENT », RASB 1698.06, [non paginé], F-Pn Vm' 531 (f).

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46 Revue de Musicologie, 9611 (2010)

On remarque combien l'éditeur s'entoure de préca


cette première incursion d'airs anciens dans la
plusieurs dizaines d'années d'une politique éditorial
ment sur la recherche de nouveautés, la maison Bal
ment craindre que son initiative passéiste ne l'exposât
n'en fut sans doute rien. L'année suivante, l'éditeu
voie en publiant quelques canons, tout en prenant
lectorat :

Le lecteur est prié de faire attention que ces airs en can


qu'ils ne sont imprimés dans aucuns livres ; c'est pou
rapporte quelquefois d'anciens airs pour satisfaire plusie
recherchent tous les jours. 36

Par ces incursions dans le passé, Ballard répond


évolution des goûts musicaux au tournant d'un xvine s
et cohabiter tout à la fois un réel engouement pour le
nes » influencées par le style italien, et un regain d
parfois très anciens 37, représentatifs du goût fr
s'exprime au travers des brunettes 38 et autres chanso
donnera un recueil en 1703, et par l'attrait qu'exer
notamment ceux contenus dans ce que l'on nom
« vieux ballets 39 ». On trouve par exemple dans
mars 1702 une parodie dont on nous précise que «
Crequy 40 », c'est-à-dire du Triomphe de Bacchus dans
mis en musique par Lully et représenté pour la premi
auparavant au Palais royal le 9 janvier 1666. Témoig
du ballet 41 , cet air est inséré la même année par Cam

36. RASB 1699.04, p. 84, F-Pn Vm7 532 (d).


37. On trouve même dans le recueil du mois de septe
dans le mal qui me possède », qui « est, dit-on, du tem
(RASB 1708.09, p. 170-171, F-Pn Vm7 541 (i).
38. J.-F. Dandrieu, op. cit., p. 366, les qualifie de « Petits
et la délicatesse tiennent lieu des graces de la nouveauté
dans sa Comparaison les oppose au goût italien : « Tous c
qu'on appelle des Brunettes, combien ils sont naturels. O
vrais beautés la douceur et la naïveté de ces petits airs
doublement à estimer dans notre musique, parce que cel
sance, ni du génie des Italiens, et que les tons aimables e
proportionnés aux paroles, en sont d'un extrême prix. »
« Les airs », Journées François Couperin [Paris : Centre
Versailles, 2000], p. 109).
39. Les ballets de cour dansés par Louis XIV dans sa jeu
40. RASB 1702.03, p. 60, F-Pn Vm' 535 (c). Notre sourc
dans le catalogue d'Herbert Schneider ( Chronologisch-th
sätlicher Werke von Jean-Baptiste Lully (LWV) [Tutzing :
41. La musique des « vieux ballets » était apparemment
France. Ainsi, Philidor l'aîné copie en 1 703 la Partition des
vieux ballets « Par ordre exprés » du comte de Toulouse ; c

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Jean-Philippe Goujon : Les Recueils d'airs sérieux et à boire 47

ments de Monsieur de Lully 42 sous sa forme initiale de danse (une gigue).


Le succès - considérable - de ce ballet à entrées séparées montre
d'ailleurs à quel point cette musique pourtant ancienne, mais dont on
louait la simplicité et le naturel, trouvait un écho favorable auprès d'un
public partisan du goût français.

Airs italiens

Au mois de décembre 1696 est inclus le premier air italien de la collec-


tion, Son vostro sì, pupille Bello 43 de la composition de Michel Pignolet de
Montéclair. Le genre est appelé à connaître de beaux jours au début du
xviii6 siècle et de nombreux compositeurs, italiens ou français s'y adon-
neront à plusieurs reprises dans les Recueil d'airs sérieux et à boire. À
partir de cette date et jusque vers 1710, chaque publication mensuelle
propose au moins un air italien, symbole tout à la fois de l'actualité et de
la modernité du recueil. Par la suite, ces parutions constitueront en partie
le fonds des cinq livres intitulés Recueils des meilleurs Airs Italiens que
Ballard imprimera en 1699, 1700, 1703 puis 1708 et qui attestent de
l'extrême popularité dont jouissait le genre en France 44 .

Parodies

À partir de 1698, le recueil s'ouvre à une pratique musicale et littéraire


extrêmement populaire : la parodie 45. Ces airs s'inscrivent dans la mou-

42. Fragments de Monsieur de Lully (Paris : Christophe Ballard, 1 702), p. 33. Ce


ballet, représenté sur la scène de l'Académie royale de musique le 10 septembre
1702, est composé d'extraits des « vieux ballets » de Lully ( Alcidiane , les Muses , la
Naissance de Vénus...) insérés dans une trame dramatique écrite par le librettiste
Antoine Danchet et mise en musique par André Campra.
43. RASB 1696.12, p. 238, F-Pn Vm 529 (1). A propos de la vogue de 1 air
italien en France, voir les travaux de James Richard Anthony, « Air and Aria
added to French Opera from the Death of Lully to 1 720 », Revue de musicologie , 77
(1991), p. 201-219 ; Jérôme de La Gorce, « Vogue et influence de l'air italien dans
l'opéra français autour de 1700 », Studi musicali , 25 (1996), p. 197-207 ; Catherine
Massip, « Airs français et italiens dans l'édition française, 1643-1710 », Revue de
musicologie , 77 (1991), p. 179-185.
44. Recueil des meilleurs Airs Italiens , Livre premier [cinquième], (Paris : Chris-
tophe Ballard, 1699 [1708]). L'avertissement du Recueil d'airs du mois de juin 1698
mentionne la parution d'un recueil d'airs italiens. Peut-être s'agit-il d'un tirage
antérieur ou d'un autre recueil qui ne nous est pas connu : « Les Personnes
qui aiment les Airs Italiens en trouveront pour 36 s un petit Recueil des
meilleurs Auteurs. » (« AVERTISSEMENT », RASB 1698.06, [non paginé], F-Pn
Vm7 531 (f)).
45. S'il existe une littérature abondante consacrée aux parodies d œuvres lyri-
ques, à la notion de série parodique ou à l'utilisation des timbres et des vaudevilles
contenus notamment dans les pièces du Théâtre de la Foire, la question de la
parodie bachique en tant que pratique de sociabilité ne semble pas avoir fait l'objet
d'études approfondies. Voir les articles de François Moureau, « Partie et parodie

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48 Revue de Musicologie , 9611 (2010)

vanee du recueil que Ballard avait fait paraître vers 1


Parodies bachiques sur les airs et symphonies de V Opéra
principalement des parodies sur les airs les plus célèb
Lully. À la fin du xvne siècle, la parodie bachique sur
sérieux ou d'opéra, venait se joindre aux duos et airs à b
tables et autres jeux qui entraient alors dans le cadre
sociabilité liée aux plaisirs de la table. Si nous avons déco
nos recherches un nombre important de parodies sur les
galante 47, de nombreuses autres œuvres parsèment t
recueil et restent à identifier. Cette pratique, que C
encourage même ouvertement en novembre 1714 à p
Thalie de Jean- Joseph Mouret 48, touche tous les genre
mentaux. À ce propos, André Tessier consacra autre
aux parodies sur les pièces de clavecin de François C
xviii® siècle 49. Certaines d'entre elles, comme Les Pelle
La Caristade et Le Remerciement furent parfois mêm
Recueil ď airs sérieux et à boire avant l'édition du premi
clavecin en 1713. François Couperin y fait allusion da
troisième livre de 1722 et rend hommage à ses « asso
qui ont contribué à la célébrité de ses pièces de clavec

musicales à la Comédie-Française sous Louis XIV », Le Théât


double, 1600-1762. Colloque ... Rome, 2000 : actes, éd. D.
Cagiano (Paris : H. Champion, 2005), p. 85-103 ; Herbert Sc
Dictionnaire de la musique en France aux xvif et xvuf siècles
p. 530-532; La Clef des chansonniers (1717) Erweiterte kr
(Zürich, New- York : Hildesheim, 2005).
46. Parodies bachiques sur les airs et symphonies de l'Opéra, re
ordre par M. Ribon. 2e édition... (Paris : Christophe Balla
connaît une nouvelle édition, plus complète, en 1700 intitulé
mêlées de vaudevilles ou de rondes de table (Paris : Christophe
des Nouvelles Parodies bachiques, mêlées de vaudevilles, o
recueillies et mises en ordre par Christophe Ballard (Paris : B
recueils musicaux attestent de la popularité du genre au xv
parodiques divisez en six suites. Livre Premier [quatrième] (P
1721 [1732]) ; Les parodies nouvelles et les vaudevilles inco
[septième] (Paris : J.B.-C. Ballard, 1730-1737).
47. Voir J.-P. Goujon, op. cit., p. 8-13, ainsi que l'annexe I
48. « Les Symphonies de Thalie étant du goût du Public
fourniront des Parodies. Les Persones qui souhaitteront en
pourront les luy donner dans le Mois prochain. », « TAB
[non paginé], F-Pn Vm7 547 (k).
49. André Tessier, «Quelques parodies de Couperin»,
logie , 12 (1929), p. 40-44 ; « Encore des parodies de Couperin
logie , 14 (1930), p. 114-118.
50. Selon Lacombe (Dictionnaire des beaux-arts (Paris, V
J.-T. Hérissant, 1752), p. 259), le poète Antoine Ferrand serai
de ces parodies : « Il a particulièrement réussi à faire de p
spirituelles & pleines de la plus fine galanterie. La plûpart ont
de Clavecin, de la composition du célebre Couperin ».

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Jean-Philippe Goujon : Les Recueils d'airs sérieux et à boire 49

Je n'aurois jamais pensé que mes Pièces dussent s'attirer l'immortalité, mais
depuis que quelques Poètes fameux leur ont fait l'honneur de les parodier, ce
choix de préférence pouroit-bien dans les tems à venir, leur faire partager une
réputation qu'elles ne devront originairement qu'aux charmantes parodies
qu'elles auront inspirées, aussi marquay-je d'avance à mes associés-bénévoles,
dans ce nouveau livre, toute la reconnoissance que m'inspire une société aussi
flateuse, en leur fournissant dans ce troisième ouvrage, un vaste champ pour
exercer leur Minerve. 51

À la liste des parodies de pièces de clavecin de Couperin dressée par les


soins d'André Tessier, il convient d'ajouter une source supplémentaire
qui, à notre connaissance, n'est pas répertoriée et que nous avons retrou-
vée dans le Recueil d'airs sérieux et à boire de 1724. Cette œuvre, intitulée
Carillon bachique 52, est un arrangement du célèbre Réveil-matin contenu
dans le Quatrième ordre du Premier livre de pièces de clavecin.

Airs des comédies

Poursuivant sa démarche éclectique, Ballard intègre dans le Recueil


ďairs sérieux et à boire à la fin de l'année 1698 les divertissements en
musique qui accompagnaient les représentations de comédies sur la scène
du Théâtre français. La musique de la majorité de ces pièces est de la
composition de Jean-Claude Gillier 53 et de Charles Rivière Dufresny 54,
et les textes de Florent Carton Dancourt, Nicolas Boindin ou encore
Antoine Houdar de La Motte :

Airs des comédies contenus dans le RASB (1698-1704) :

RASB 1698. 10, Airs de la comédie des Curieux de Compiègne


(Gillier/Dancourt)
RASB 1 698. 1 1 , Airs de la comédie du Mary retrouvé
(Campra/Dancourt)
RASB 1699.02, Intermèdes de Mirtil et Mélicerte
(Lalande/Guerin)
RASB 1699.09, La nopce interrompue, comédie (Dufresny)
RASB 1 700. 1 1 , Airs de la comédie des trois cousines
(Gillier/Dancourt)
RASB 1700.12, Airs du prologue ajouté à la comédie des Trois cousines
(Gillier)
RASB 1701.07, Les trois Gascons, comédie
(Grand val/Boindin/La Motte)

51. Cité par André Tessier, « Quelques parodies... », art. cit., p. 40-41.
52. RASB 1724.12, p. 232-236, F-Pn Vm' 557 (1). Voir annexe I.
53. Les Airs de la comedie du Mary retrouvé , attribués par erreur à J.-C. Gillier,
sont de la composition d'André Campra (voir annexe II).
54. Cet auteur avait la particularité d'être également compositeur :
« DUFRÉNY avoit beaucoup de goût pour tous les Arts, & joignoit au talent de la
composition celui de la musique, qu'il traitoit avec un esprit particulier : tous les
airs de ses ouvrages sont de lui. » (Léris, Dictionnaire portatif historique et littéraire
des théâtres [Paris : Jombert, 1763], p. 672).

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50 Revue de Musicologie , 9611 (2010)

RASB 1702.04, Airs et opéra de la comédie du double veu


(Dufresny)
RASB 1702.09, Airs de la comédie du Bal ďAuteuil
(Gillier/Boindin)
RASB 1 702. 1 1 , Airs de la comédie de l'opérateur Bary
(Gillier/D ancourt)
RA SB 1 703 . 1 0, Divertissements nouveaux de l'inconnu
(Gillier/D ancourt [arr.])
RASBÌ 704.07, Airs de la comédie Le port de Mer
(Gillier/Boindin/La Motte)

Jusqu'en 1704, Ballard accorde à ce genre une place i


recueil, insérant avec régularité jusqu'à deux à tro
Comme la musique de ces comédies occupe souven
l'imprimeur ressent parfois le besoin de justifier son
rappelant qu'il est guidé par l'inédit et la nouveauté :
On donne pour ce mois les Pieces contenues au pres
seulement parce qu'elles ont esté receues du Public
d'applaudissements, & qu'elles sont augmentées d'ex
Continuës ; Mais encore pour répondre à l'ordre qu'on
l'establissement du seul & unique Recueil d'Airs qu'on Im
mois : On le continuëra avec toute l'exactitude possible,
inserer les nouveautez des meilleurs Auteurs, & les autres P
Imprimées, comme on a fait depuis l'année 1695. 55

Airs ajoutés à des œuvres lyriques


Ballard décide à partir de 1699 de faire de son
l'actualité des représentations de l'Académie royale
forme d'un « supplément » des œuvres qu'il imprime
au mois d'avril 1699 paraissent deux « rigaudons obmis à
du premier acte dans l'édition en musique de l'o
Grèce 56 » d'André-Cardinal Destouches. Suivront un
d'airs ou de symphonies ajoutés à divers opéras qui té
lution des représentations lors des créations ou des repr
sont des sources d'une importance capitale. Les prem
d'airs italiens, sont remplacés progressivement à par
ariettes sur des paroles françaises qui empruntent no
ultramontain la forme aria da capo (parfois hybridée
deau) 57 et le goût de plus en plus prononcé pour les v

Air extrait d'un spectacle du collège Louis-le-Grand


Plusieurs fois par an et en diverses occasions comme la
en fin d'année scolaire, les élèves des collèges français

55. « TABLE », RASB 1702.04, [non paginé], F-Pn Vm7 5


56. RASB 1699.04, p. 74, F-Pn Vm7 532 (d).
57. Voir J. Anthony, art. cit., p. 201-219.
58. Voir Robert Lowe, Marc- Antoine Charpentier et l'opé
Maisonneuve & Larose, 1966) et plus récemment, les deux

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Jean-Philippe Goujon : Les Recueils d'airs sérieux et à boire 51

public choisi un spectacle mêlant le théâtre, la musique et la danse. Pour


ces événements, qui contribuaient au rayonnement des établissements, les
pères jésuites du collège parisien Louis-le-Grand s'entourèrent de musi-
ciens prestigieux tels Charpentier et Campra, et de chorégraphes non
moins célèbres : Beauchamps, Blondy ou encore Pécour. Les arguments
des ballets et parfois les vers chantés, souvent rédigés par les pères, étaient
généralement imprimés avec le nom des interprètes et distribués aux
spectateurs sous forme de programme. La musique, qui n'avait pas voca-
tion à être diffusée, semble, pour la majorité des spectacles, perdue.
Quelques rares airs parurent toutefois dans les périodiques du temps. Le
Nouveau Mercure d'août 1720 offrait par exemple à ses lecteurs un « pont-
neuf » sans nom d'auteur, « Chantons, chantons le jeune roi », interprété
dans la première partie du Ballet de l'industrie 59 . Deux airs de Campra,
qui collabora longtemps avec les Jésuites 60, parurent gravés dans le
Mercure de France : le vaudeville « Un voyageur qui court le monde »
extrait de la comédie du Fils indocile du père de la Sante 61 et une musette,
« Chantez tendre musette notre bonheur et son destin », extraite de
l'idylle des Vocations forcées du père Porée 62 . Le Recueil d'airs sérieux et
à boire de février 1711 contient également un air de Campra chanté à
Louis-le-Grand : « Le papillon toujours volage » 63, extrait du deuxième
intermède de la tragédie ďAgapit Martyr du père Porée 64 . Nous avons
par ailleurs identifié deux autres sources musicales composées par Cam-
pra pour le collège Louis-le-Grand : Benjamin & Joseph. Cantates avec
simphonie par M? Campra65 servant d'intermèdes au drame héroïque

parus sous la direction d'Anne Piéjus : Plaire et instruire. Le spectacle dans les
collèges français de l'Ancien Régime , actes du colloque de Paris (17-19 nov. 2005),
(Rennes : Presses universitaires de Rennes, 2007), contenant une importante
bibliographie ; Archéologie d'un spectacle jésuite. Polymestor et Sigalion (1689),
XVI f siècle , 238 (2008/1).
59. Nouveau Mercure , août 1720, p. 177.
60. La collaboration dura au moins une quarantaine d'année, entre 1698 (récits
en musique pour servir d'intermèdes à Philochrysus) et 1739 (cérémonies pour la
canonisation de Saint-François-Régis).
61. Mercure de France , mars 1727, p. 531. M. Barthélemy indique que la
partition de ce vaudeville est également contenue dans les Meslanges de musique
latine, françoise et italienne {André Campra : 1660-1744 : étude biographique et
musicologique [Arles : Actes Sud, 1995], p. 271).
62. Mercure de France , mars 1730, p. 167. Voir M. Barthélémy, op. cit., p. 271-
272.
63. RASB 171 1.02, p. 34-35, F-Pn Vm7 544 (b).
64. Le Mercure , mars 1722, p. 192-196. Le plus ancien livret conserve a la
Bibliothèque nationale de France (F-Pn 8° Yth 275) laisse entendre que l'œuvre
aurait été représentée pour la première fois à Louis-le-Grand le 12 mars 1710 puis
reprise en 1722 (F-Pn 4° Z Le Senne 2722 (1) et F-Pbh 61 1789 (2)) et 1737 (F-Pn 8°
Yth 276). Il existe également une copie manuscrite du livret, sans date (F-Pa
Ms 907). Les références de ces programmes m'ont été communiquées par Marie
Demeilliez. Je la remercie pour son aide et ses conseils.
65. US-Cn Case Ms 5A 44, p. 48-76.

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52 Revue de Musicologie , 9611 (2010)

Benjamin captif 66 ainsi que le vaudeville « On voit


que » 67 chanté au ballet de la Curiosité 68 .
Constamment à l'affût de nouveaux divertissements,
années de publications mensuelles ininterrompues,
travail et élargit encore les contours de son projet artis
genres (sonates, cantates, pièces de clavecin), consti
riale qui sera maintenue jusqu'à la fin de la collection
Ce livre accomplit dix années consécutives du Recuëil des
Auteurs, donné de mois en mois.
Pour rendre ce Recuëil plus général, on s'est proposé d'y
non seulement tous les Airs, & autres Morceaux de Mu
dans les Opera, ou œuvres particuliers des Auteurs, com
present ; mais encore les Cantates Françoises, ou Italien
ments tels que celuy qui remplit le Mois d'Octobre dern
pour le Clavecin, & pour tous les autres Instruments
nouvelles ou anciennes, pourvû qu'elles soient souhaitée

Le contenu des Recueils d'airs sérieux et à boire e


constaté, éminemment plus riche que ce que semblai
Cette variété poétique et musicale est naturellement gé
nombre de contributeurs très divers, souvent identifié
la partition, mais parfois mystérieusement recouverts
mat.

L'anonymat et le recueil

La fin du xvne siècle voit l'émergence d'une préoccupation nouvelle,


intrinsèquement liée à la question de l'anonymat : la reconnaissance de la
notion de propriété intellectuelle. Si l'anonymat est quasi systématique
dans les Livres d'airs de différents auteurs , Anne-Madeleine Goulet
observe entre 1691 et 1694 une recrudescence soudaine des attributions
dans les quatre derniers livres de la collection 71 qui semble annoncer un
changement dans les pratiques d'édition. Mais le processus repose encore
bien souvent sur une démarche volontaire de la part des auteurs, ces
derniers devant préalablement informer l'éditeur s'ils veulent que leur
nom soit mentionné 72. Le progrès par rapport aux anciennes pratiques

66. Paris : Sevestre, 1709 (F-Pn Yf 2640) et 1714 (F-Pn 8yth 1935).
67. Pièces de musique et airs , ms., xvme siècle, fol. 58, F-Psg Ms 2355.
68. Le Crieur de rareté de curiosité, vaudeville nouveau, qu'on chantera au Ballet
de la Curiosité (Paris : Veuve Barbou, [1737]), F-Pa Ms. 907 (3).
69. Il s'agit de la musique d'une idylle de Lacoste intitulée Iris et Silvandre.
70. « TABLE », RASB 1704.12, [non paginé], F-Pn Vm7 537 (1).
71. A.-M. Goulet, op. cit., p. 68.
72. « Je n'y ay point marqué les noms des Autheurs, ayant résolu de ne le mettre
qu'à ceux qui le désireront » (« AU LECTEUR », Airs sérieux et à boire de
différents autheurs pour les mois d'octobre, novembre et décembre 1694, op. cit., [non
paginé]). À la fin de son avis, l'éditeur renouvelle sa proposition : « s'ils veulent [les

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Jean-Philippe Goujon : Les Recueils d'airs sérieux et à boire 53

d'édition est cependant réel car l'auteur a désormais la possibilité d'être


reconnu pour un travail individuel au sein d'un recueil collectif. Cela
n'était pas toujours le cas auparavant et l'éditeur, en faisant évoluer
sensiblement sa pratique, semble avoir pris en considération les remarques
et critiques du temps. Ce désir, nouveau, de connaître les auteurs de la
musique mais également des paroles semble en effet avoir été une préoc-
cupation majeure pour les éditeurs et le public de la fin du xvne siècle et du
début du xvme siècle. Les propos contenus dans la table d'août 1701
tendent à montrer que Ballard s'engage progressivement à être encore plus
précis dans ses attributions afin de satisfaire son public :

C'est ne faire plaisir qu'à demy, de donner une bonne Musique sans marquer
à qui le Public en a l'obligation : Je tâcheray d'aporter encore plus d'exacti-
tude par la suite. 73

De même, quand il se rend compte qu'il a commis une erreur d'attribu-


tion, l'éditeur insère le mois suivant un erratum : « L'Air sous le nom de
Monsieur Marchand, Page 122 du mois de Juin, n'est point de luy, il est de
Monsieur Renier 74 ». Et quand Ballard ne répond plus à cette préoccu-
pation, lorsqu'il publie à nouveau en 1703 un recueil collectif sans indi-
quer un seul nom d'auteur, cela lui vaut les reproches de la comtesse citée
dans la Comparaison de Lecerf de la Viéville. Celle-ci explique qu'elle
souhaiterait un recueil d'airs des vieux maîtres qui « n'eût point les
défauts du recueil des Brunettes de Ballard :[...] qu'on marquât les noms
des auteurs de chaque air, les noms des Auteurs des paroles, & s'il y avoit
moyen, en quel tems & en quelle occasion l'air a été fait 75 ».
La possibilité de connaître le nom des auteurs dans les Recueils d'airs
était un avantage que Sébastien de Brossard appréciait :

Dans les in 8° [les Livres d'airs...] on ne trouve point le nom des auteurs et dans
les in 4°[les Recueils d'airs...] ils sont presque tous nommez ou du moins, si,
pour quelques raisons particulières certains auteurs n'y sont pas nommez, ils
sont au moins désignez par certaines lettres ou marques qui peuvent contri-
buer a les faire connoistre. 76

Effectivement, dès les premières parutions des Recueils d'airs en 1695,


Ballard indique au titre courant de chaque air le nom du compositeur ou
ses initiales accompagnées parfois de sigles (étoiles, points) qui doivent

maîtres de musique] que j'y mette leurs noms, ils prendront la peine, s'il leur plaist,
de vouloir bien m'en avertir ».
73. « Table », RASB 1701.08, [non paginé], F-Pn Vnť 534 (h).
74. RASB 1712.07, p. 142, F-Pn Vnr 545 (g). Il s'agit du vaudeville « D un
esclavage misérable » dont « Les paroles sont de Monsieur DE SOURDON. »
(RASB 1712.06, p. 120).
75. Jean-Laurent Lecerf de La Vieville, Comparaison de la musique italienne et
de la musique françoise , cité par A. -M. Goulet, Paroles de musique ( 1658-1694), op.
cit. (voir ci-dessus, note 3), p. 69.
76. Cité par Y. de Brossard, op. cit., p. 310.

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54 Revue de Musicologie , 9611 (2010)

aider à l'identification 77 . Si l'on prend l'exemple de la


pour le mois de mai 1695, on constate que cinq des
dans ce recueil sont attribués et quatre semblent vo
verts du voile de l'anonymat.

Répartition des airs, RASB 1695.05 :

p. 83-85 M. ****** Versez-moi chers amis à boire


p. 86-87 LE CAMUS Iris me paraissait si tendre et si fidèle
p. 88-89 REBEL En dormant ce matin
p. 90 m ****** Dans nos champs
p 91 M. Br. Vous m'avez appris à bien boire
p. 92-93 BERTHET Aimable Iris nos bois sont déjà verts
p 94-95 GILLIER Entre le vin et ma maîtresse
p 96-97 L'AFFILARD Entre la cave et la cuisine
p. 98-102 M. Me plaindrai-je toujours Amour...

Parmi les compositeurs dont l'identité est masquée, le degré d'anony-


mat est plus ou moins prononcé, ce qui, soit facilite la tentative l'attribu-
tion quand il y a plusieurs lettres, soit la rend au contraire quasiment
impossible. Dans le cas de l'air « Vous m'avez appris à bien boire »
de « M. Br. » on peut envisager la lecture suivante : M.[onsieur]
Br.fossard] 78 . L'attribution de cet air est envisageable dans la mesure où
l'éditeur Ballard, s'agissant de ce compositeur, utilise les mêmes sigles
lorsqu'il annonce par exemple dans l'avis de 1695 la parution de son
troisième livre d'airs 79 .
Les autres sigles, M. ou M. ****** ^ qUi présentent peu d'indices,
rendent impossible toute déduction raisonnable. En définitive, seule la
comparaison avec une autre source musicale ou littéraire mentionnant le
nom du compositeur peut permettre de lever le voile de l'anonymat. Par
exemple, l'air « Versez-moi chers amis à boire »de M. ****** ^ peut être
attribué à André Campra parce que ce dernier est mentionné comme
auteur de l'air dans la table du cinquième livre des Nouvelles poésies
morales 80 et dans quatre sources musicales manuscrites 81 . Ballard agis-

77. On notera toutefois qu'aucun poète n'est identifié et que, d'une manière
générale, leur mention dans les Recueils d'airs demeure exceptionnelle.
78. Le « M. » seul ou placé devant un autre sigle est en règle générale l'abrévia-
tion de « Monsieur » et non une initiale car, sauf exception concernant notamment
les auteurs italiens, les Ballard ne mentionnent jamais les prénoms des composi-
teurs dans les recueils.
79. « le troisième Livre de M. Br. mis en vente avec le présent Recueil, sera pour
le trimestre de Janvier », « AU LECTEUR », RASB 1695.01, [non paginé], F-Pn
Vm7 528 (a).
80. Air « Chantez tous peuples de la terre » dans Nouvelles poésies morales sur
les plus beaux airs de la musique françoise et italienne (Paris : Lottin et Butard,
1737), vol. 5, p 8-9. Michela Berti a identifié cet air dans « Il manoscritto "Recueil
d'airs notés" nella Biblioteca S. Cecilia di Roma ; A.Ms. : catalogo ragionato »
Tesi di laurea, Università degli Studi di Roma « Tor Vergata », 2004, p. 179.
81. F-Pc Rés. 1957 ; F-Pc Y 105 ; F-Pc Y 296 ; F-Psg Ms 3175.

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Jean-Philippe Goujon : Les Recueils d'airs sérieux et à boire 55

sant, nous l'avons constaté, avec constance dans la dénomination des


auteurs, il est probable que l'air « Dans nos champs » de M. ******?
contenu dans la même livraison, soit également de la composition
d'André Campra.
L'air de « M. » « Me plaindrai-je toujours Amour sous ton Empire »,
contenu dans cette même livraison du mois de mai 1695, se démarque des
autres airs par son ampleur (cinq pages imprimées). Son effectif vocal et
instrumental (bas dessus, violon ou flûte allemande et basse continue)
suggère que l'œuvre pouvait être destinée à la scène. Effectivement, cet air
appartient au ballet des Saisons , ouvrage de l'abbé Pic, mis en musique par
Pascal Collasse. Chronologiquement, la présence de cet air dans le Recueil
d'airs pose question : le ballet fut représenté sur la scène de l'Académie
royale de musique le 18 octobre 1695, soit environ cinq mois après la
parution de l'air dans le Recueil d'air. Comment expliquer cette publica-
tion par anticipation ? Par ailleurs, la maison Ballard, alors même que
l'on répétait sans doute déjà le ballet à l'Opéra et qu'elle-même préparait
l'édition du livret 82 et de la partition 83, pouvait-elle a fortiori ignorer le
nom des auteurs de l'air ? Les Saisons fut le premier ballet à entrées
séparées représenté sur la scène de l'Académie royale de musique 84, et au
nom des innovations que ce genre promettait, Ballard ressentit certaine-
ment la nécessité de préparer soigneusement la sortie de l'œuvre dans le
monde. Il pourrait donc s'agir d'une de ces « feuilles » que les éditeurs
vendaient parfois aux particuliers par anticipation lorsqu'un ouvrage
était en cours d'impression 85. Grâce à ce procédé, l'éditeur pouvait tester
la réception future de l'œuvre tout en assurant la promotion de la parti-
tion du ballet qu'il comptait mettre en vente.
Quelles pouvaient être les « raisons particulières » qui justifiaient le
recours à un anonymat partiel ou total dans les Recueils d'airs ? Le plus
fréquemment sans doute, l'éditeur ne connaissait vraisemblablement pas
l'identité des auteurs et cela était dû en grande partie à la spécificité du
mode d'alimentation du Recueil d'airs. Il arrive d'ailleurs parfois que
Ballard attribue a posteriori des airs imprimés d'abord sans nom d'auteur.
Ainsi il indique par exemple au mois de décembre 1707 que « L'Air
Sçavez-vous que cette liqueur : page 178. au mois de Septembre dernier,
est encore de Monsieur Campra 86 ».

82. Ballet des saisons, représenté par l'Académie royale de musique (Paris :
Christophe Ballard, 1695), F-Pn Rés. Yf 2407.
83. Ballet des saisons, mis en musique par Monsieur Collasse, Maistre de Musi-
que de la Chapelle du Roy (Paris : Christophe Ballard, 1695), 4e entrée, scène 3e,
p. 183-188 (F-Pn Rés Vm2 57). Une nouvelle planche a été créée pour cette édition,
comportant quelques variantes, notamment dans la ligne de basse.
84. Jérôme de La Gorce, « De 1 opéra-ballet aux fragments », xvif siecle , 198
(1998), p. 38-40.
85. Voir A. -M. Goulet, Poésie, musique et sociabilité au xvif siècle, op. cit.,
p. 122.
86. RASB 1707.12, p. 239, F-Pn Vm' 540 (1).

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56 Revue de Musicologie ; 9611 (2010)

Parfois, l'éditeur recourait délibérément à l'anonymat


airs étaient tellement connus que Ballard se dispensa
dre indice dans la partition, car le lecteur retrouvait sa
Recueil d'airs la musique qu'il avait applaudie peu de
la Comédie ou à l'Opéra. Ainsi, profitant du succès d
la cour de la pastorale ďlssé de Destouches et du tr
galante de Campra sur la scène de l'Académie royale
Ballard fait paraître anonymement dans les Recueil
boire de février, mars et avril 1698, dix-huit parodies
ou sérieuses, sur les airs les plus célèbres de ces deux o
Le compositeur de L'Europe galante avait toutefois
particulières » de recourir à l'anonymat. Ses fonctions
que de Notre-Dame de Paris et sa qualité de chanoin
Rond lui interdisaient semble-t-il la composition d
Campra fit donc paraître avec la complicité de Ballar
ouvrages lyriques de manière anonyme {L'Europe g
Venus, Feste galante en 1698) puis sous le nom de son f
Carnaval de Venise en 1699, avant de démissionner à la
En cette fin de xvne siècle, d'autres musiciens occ
ecclésiastiques transgressèrent cet interdit. Nous l'a
tien de Brossard, vicaire de la cathédrale de Strasbo
maître de chapelle de la cathédrale de Meaux en 16
recueils d'airs sérieux et à boire sous le nom de « Monsieur Br. ». Nicolas
Bernier, successivement directeur de la maîtrise de la cathédrale de Char-
tres (1694), de l'église Saint-Germain-L'Auxerrois à Paris (1698), puis
maître de musique de la Sainte Chapelle (1704), fit paraître anonymement
tous ses ouvrages profanes : ses sept recueils de cantates françaises mais
aussi les quinze airs que nous avons identifiés 88 et qui parurent dans les
Recueils d'airs sérieux et à boire entre 1700 et 1708. Une étude plus
approfondie montrerait certainement que cette interdiction, vraisembla-
blement tacite, semblait valoir plus particulièrement pour les composi-
teurs exerçant les fonctions de maître de musique au sein des églises
parisiennes 89. Ces dernières étaient alors placées sous l'autorité de Louis-

87. Voir annexes I & II.


88. Deux airs contenus dans les Recueils d'airs sont attribués à Nicolas Bernier
par Jean-Paul Montagnier dans The New Grove Dictionary of Music and Musi-
cians, , seconde édition (Londres : Macmillan, 2001), vol. 3, p. 440-441 : « On ne
peut s'empêcher d'aimer » ( RASB 1706.04, F-Pn Vm7 539 (d)), dont l'attribution
est discutable puisqu'il s'agit d'un « AIR SERIEUX, DE MONSIEUR BES-
NIER » et « Chasse l'ennui qui te possède » (RASB 171 1.03, F-Pn Vm7 544 (c)),
air anonyme attribué à Bernier dans le Nouveau recueil de chansons choisies de
1736. Il existe toutefois une autre mise en musique de cet air (RASB 1701.04),
également attribuée à Bernier (voir annexe I). Signalons un autre air qui n'appar-
tient pas au corpus des RASB : « Jus plaisant fameux vin nouveau », 31 52345 3,
F-Pc Y 105 (2), fol. 49-50v.
89. Plusieurs organistes parisiens, Couperin, Clérambault ou Marchand pour
les plus célèbres, ont contribué aux Recueils d'airs et, de ce fait, ne semblent pas
avoir été touchés par cet interdit. On notera d'autre part que cette interdiction ne

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Jean-Philippe Goujon : Les Recueils d'airs sérieux et à boire 57

Antoine de Noailles 90, archevêque de Paris à partir de 1695, fait cardinal


en 1700. Cet austère personnage, suspecté de jansénisme, fut sa vie durant
un ardent défenseur de la doctrine gallicane la plus stricte et marqua,
notamment par une contemption absolue des mondanités, une opposition
farouche à la Compagnie de Jésus.

*
* *

Le Recueil d'airs sérieux et à boire , fruit d'une


novatrice, fut incontestablement un succès édito
aussi artistique, pour la maison Ballard. La riches
matière poético-musicale, la variété et la qualité d
tifiés ou anonymes, font de ce recueil une précieuse
goûts et les pratiques domestiques d'une époq
aujourd'hui d'être étudiée de manière approfond
également remarquable par sa longévité et son im
durant trente années les Ballard offrirent chaq
dizaines d'airs, jusqu'à former à la fin de l'année
recueils » contenant plus de trois mille airs. Certes,
livraisons souffrit probablement de cette exigen
d'ailleurs ce qui semble avoir convaincu Jean-Bapt
de mettre un terme à la collection au mois de d
remplacer par les Meslanges de musique latine, f
divisez par saisons 91 :

AVERTISSEMENT.

Ces deux mois que je donne ensemble, ainsi que je l'ay promis par le der
livre, terminent la trentième année de ce recueil.
Qu'il me soit permis de représenter aux personnes qui l'ont négligé, comm
celles qui l'ont reçû avec bonté, que non seulement je n'ay omis d'y inse
aucuns des airs approuvez par le public ; mais encore, que j'en ay fait revi
quantité qui étoient inconnus, ou tout à fait oubliez.
Je conviendray en même temps, que l'inégalité qu'on a pû remarquer d
quelques livres de ce recueil, peut venir du peu d'intervalle que les aute
avoient d'un mois à l'autre, pour fournir leurs airs à jour presix ce qui

semblait pas concerner les maîtres de musique de la chapelle royale de Versail


Collasse mena ainsi de front une carrière religieuse et profane, à la chapelle ro
et à l'Académie royale de musique de Paris, sans que cela lui fût reproché.
90. Voir les travaux de Pierre Gombert : Louis-Antoine de Noailles, cardinal
archevêque de Paris (1651-1729), thèse de l'École nationale des Chartes, 2
http://theses.enc.sorbonne.fr/documentl48.html.
91. À partir de 1725 et jusqu'en 1731. La maquette de cette nouvelle collec
fut sans doute influencée par la mode des concerts particuliers (à l'image de c
organisés par Pierre Crozat à Paris ou à Montmorency) ou publics (Conce
spirituels aux Tuileries à partir de mars 1725 et Concerts français à partir de 1
dont le répertoire mêlait parfois les musiques profanes aux sacrées.

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58 Revue de Musicologie, 9611 (2010)

déterminé à le clore à la fin de la trentième année, pour


d'un goût different 92.

Nous le voyons, ce dernier avis est donc pour l'é


battre sa coulpe tout en rappelant au lecteur que le bil
éditoriale est, somme toute, positif. Mais, au-delà
marchandes et du simple désir de contenter le pub
avait-elle alors conscience qu'en faisant revivre certain
publiant mois après mois, année après année l'actua
Recueils d'airs sérieux et à boire , elle avait œuvré à la
transmission pour les générations futures d'un patrim
mable ?

ANNEXES

Les deux annexes qui suivent offrent au lecteur les résultats d'une campagne d
croisements et de comparaisons de sources. Par souci de clarté, certaines sourc
musicales manuscrites et éditées sont abrégées ou indiquées par leur cote dans le
tableaux :

F-CECm Ms. 282 Recueil de duos bachiques, choisis dans les meilleurs
autheurs. -Finy ďestre coppié le samedi 7e de Xbre
1 720, à Paris, par de la Serre, maître de musique , ms.,
1720, 185 x115 mm, 276 p.
F-Ly 133635 Livre de dessus de trio I copié par M. Pellion
à Florence l'an 1717 , ms., 1717 220 x 290 mm,
79 p.
F-Pc Rés. 1957 Receuille d'Airs Choisies De différents Hauteurs:
Contenant. Vaudeville. Ar riet te. Duo. Air Tendres.
Et. Récit de Basse , ms., xvme s., 209 x 275 mm,
203 p.
F-PcY 105(1-3) Recueil d'airs de différents auteurs , ms., xvme s.,
3 vol., 140 x 210 mm, 130 + 126 fol. + 300 p. et
tables pour les trois volumes
F-PcY 296 (1) Receuil d'airs A boire En Duô Et Triô choisis de
différents autheurs appartenant à Melle de Messine. ,
ms., xvme s., 195 x 265 mm, 338 p. et table
F-Pc Y 296 (3) Illeme Receuil d'airs A boire En Duô Triô, et
Solo choisis de Differens Autheurs appartenant à
M.lle de Messine , ms., xvme s., 20 x 26 cm, 380 p. et
tables
F-Pc Y 296 (4) IVeme Receuil d'airs A boire En Solo Duô, et Trio,
Choisis de Differens Autheurs appartenant à M. Ile de
Messine , partition, ms., xvine s., 20 x 26 cm, 400 p.
et tables
F-Pc Y 297 Recueil d'airs à boire de différents auteurs , ms.,
xvme s., 191 x 255 mm, 1 16 fol. et 4 fol. de tables
F-Psg Ms 3175 [Recueil d'airs et de chansons /, ms., [s.d.], 117 x
195 mm, 96 fol.

92. « AVERTISSEMENT », RA SB 1724.12, [non paginé], F-Pn Vm7 557 (1).

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Jean-Philippe Goujon : Les Recueils ďairs sérieux et à boire 59

Fragments de Mr de Lully Campra, André, Fragments de Mr de Lully (Paris :


Christophe Ballard, 1702)
Hésione Campra, André, Hésione tragédie (Paris : Christo-
phe Ballard, 1700)
Issé Destouches, André-Cardinal, Issé, pastorale
héroïque en musique (Paris : Jean-Baptist
Christophe Ballard, 1724)
L'Europe galante Campra, André, L'Europe galante, ballet (Paris :
Christophe Ballard, 1697)
Le Carnaval de Venise Campra, André, Le Carnaval de Venise (Paris :
Christophe Ballard, 1699)
Le Mary retrouvez Campra, André, Le Mary retrouvez , Théâtre
françoisl Tome II [titre pris à la pièce de titre], ms.
xviii6 siècle, 220 x 295 mm, p. 227-233, F-Pcf
6 R 5
NPSM [I-VIII] Nouvelles poésies spirituelles et morales , (Paris :
Lottin et Butard, 1732-1737), 8 vol.
Recueil complet de vaudevilles Recueil complet de vaudevilles et airs choisis qui
ont été chantés à la comédie-française depuis
l'année 1659, jusqu'à l'année présente 1753 (Paris :
aux adresses ordinaires, 1753), p. 27, F-Pcf
6 R 7

Annexe I

Attributions d'airs anonymes contenus dans les Recueils d'airs sérieux et à boire

Le tableau suivant établit une concordance entre certains airs anonymes conte-
nus dans les Recueils d'airs sérieux et à boire et diverses sources musicales et
littéraires, éditées ou manuscrites, qui ont permis d'identifier les poètes ou les
compositeurs de ces mêmes airs 93 . Il faut toutefois accueillir ces informations avec
prudence car, même si dans l'ensemble les sources semblent fiables, des erreurs, des

93. Pour procéder à ces comparaisons nous avons saisi grâce au logiciel Jlbnet
utilisé par le Centre de musique baroque de Versailles (CMBV), 670 incipits
(littéraires et musicaux) d'airs anonymes contenus dans les Recueils d'airs sérieux
et à boire ( RASB ), créant ainsi une base de données facilement interrogeable. Notre
recherche n'a toutefois pas été exhaustive ; notre travail étant à l'époque plus
particulièrement centré sur André Campra, les anonymes dont les initiales
n'étaient pas compatibles avec celles de ce compositeur furent exclus de la saisie.
Benoît Michel, responsable des ressources numériques du CMBV, a entrepris de
cataloguer dans la base Philidor le contenu des 361 Recueils d'airs , dans le cadre du
thème de recherche « Airs et cantates en France au xviii6 siècle ». Afin de ne pas
surcharger le tableau, les airs de F. Couperin ou de M. -A. Charpentier, qui ont déjà
fait l'objet de descriptions, n'apparaissent pas. Voir André Tessier, « Quelques
parodies de Couperin », Revue de Musicologie , 12 (1929), p. 40-44 ; « Encore des
parodies de Couperin», Revue de Musicologie , 14 (1930), p. 114-118; Greer
Garden, « Les airs », Journées François Couperin (Paris : Centre de Musique
Baroque de Versailles, 2000), p. 109-1 15 ; H. W. Hitchcock, Les Œuvres de Marc-
Antoine Charpentier. Catalogue raisonné (Paris : Picard, 1982) ; Catherine Cessac,
Bulletin de la Société Marc- Antoine Charpentier : Airs sérieux et à boire , 20 (2003).

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60 Revue de Musicologie , 9611 (2010)

contradictions manifestes ont parfois été relevées, notamment


manuscrits réunie sous la cote F-Pc Y 296 (1, 3, 4) 94 . Certaines œ
considérées comme apocryphes, comme par exemple la cantatil
dans ces plaines » attribuée à Daniel Danielis 95. Toutefois, com
l'ensemble de nouvelles sources musicales et littéraires, nous
contribueront à aider le chercheur dans sa démarche d'attribu
avons pris la décision de faire apparaître, sans les hiérarchiser,
contradictoires entre guillemets, à la suite des références abrégées
concernée. Ce tableau contient cinq champs 96. Les compositeur
ordre alphabétique, puis le cas échéant, par ordre alphabétique d
raires.

Auteur(s)

Abeille, Un petit air à boire 323 1 5 1 1 706.02 F-Pc Y 296 (3), p. 1 53- 1 54
Pierre-César

Beaulieu, Mr Je ne puis souffrir le 1234 5555456 1706.03 RASB 1706.06, p. 121


mélange 56465
Bernier, Abaissez la lanterne 5 171212 323434 1 708 .
Nicolas 53

- Amis des yeux d'Iris


geons à nous défendre F-Pc Y 296 (1), p. 94-95

- Aux armes chers amis 5 535 545654 31 1 706. 1

- Cesse importun sommeil 123 321 7 1700.09 NPSM VIII, p. 22-23


F-Pc Y 105 (2), fol. 67-69V

94. Contradiction
« [Le copiste] Silve
recueil. Tout d'abo
la lumière , publié
boire , novembre
Veux-tu compère
( Recueil d'airs sér
Marc- Antoine Ch
choisis à I. II. Et
collaboration de P
des œuvres musica
profane [Paris : C
H. W. Hitchcock,
95. Voir Catherin
thématique (Paris
96. 1 . Auteur(s) :
du poème. 2. Inci
normalisée). 3. In
Bruce Gustafson e
Jean-Baptiste Lull
mois et l'année du
dance : indique la
le compositeur et/

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Jean-Philippe Goujon : Les Recueils d'airs sérieux et à boire 61

Auteur(s) Incipit littéraire Incipit musical RASB Concordance


~ Cessons de rendre 531 5234 345 1704.04 F-Pc Rés. 1957, p. 143-1
hommage au dieu de la 654321 75 (sans F-Pc Y 105 (1), fol. 74-76
tendresse ornements)
54321 5234 345

- Charmant Bacchus ta 131 556543 2 1704.01 F-Pc Y 105 (2), fol. 120-122
divine liqueur F-Pc Y 297, fol. 36v-37
~ Chasse l'ennui qui te 151176621 75 1701.04 F-Pc
Saintonge, possède Poésies Galantes de
Louise Gene- Madame de Sainctonge
viève Gilot de (Paris : Jean Guignard,

- J'ai passé la saison de 34 56543 22 1706.09 NPSM IV, p. 34-35


plaire F-Pc Rés. 1957, p. 180-182
F-Pc Y 297, fol. 38V-39

avez de charmes F-Pc Y 105 (1), fol. 79v-81v


~ Quel orage imprévu 12334 5 1702.11 F-Pc Y 105
F-Pc Y 296(1), p. 112-114
F-Pc Y 297, fol. 29v-30v
~ Qui voudra soupirer 55 1 17765 64 1702.09 F-Pc Y 105
soupire (basse)
55 12321 75
(dessus)
~ Répands ton doux 1 1765654 3321 5 1706.08 F-Pc Y 297, fol. 98v-99

nous boire

Bertin Charmant Bacchus viens 1 1 1 543 271 6654 1698.12 NPSM II, p. 51, « Bertin »
de la Doué, régner sur mon âme 344 5 1 F-Pc Y 296 (1), p. 228,
Toussaint « Dubousset »

- Le plus puissant des 5 5171 2 1713.12 F-CECm Ms. 282, p. 18-23


dieux

Bousset, Aimer et boire 512 3217 176 5 1698.08 F-Pc Y 105 (2), fol. 3v-4v
Jean-Baptiste
Drouard de

~ Amis à m'enivrer vous 1 155434 345671 1698.05 F-Pc Y 297, fol. 22-22v
m'excitez en vain 7

- Charmant Bacchus viens 1 1 1 543 271 6654 1698. 12 NPSM II, p. 51, « Bertin »
régner sur mon âme 344 5 1 F-Pc Y 296 (1), p. 228,
« Dubousset »

~ Doux plaisir du goût et 3321 12 33434 5 1708.04 F-Pc Y 297, fol. 78-78v
des yeux
~ Je chéris ma bouteille en 565 42 3 1702.10 F-Pc Y 297, fol. 61v-62
aimant ma bergère
~ Je sers également et 1 3217 1 1702.02 F-Pc Y 296 (1), p. 195-196,
l'amour et la treille « Roger »
F-Pc Y 297, fol. 46V-47,
« Mr. De Bousset »

- Le verre en main je 531 745 6654 2 1699.04 F-Pc Y 105 (1), fol. 84v-86,
pré tends me dédire « Monsieur Debousset »
F-Pc Y 296(1), p. 58-59,
« Lacoste »

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62 Revue de Musicologie, 9611 (2010)

Auteur(s) Incipit littéraire Incipit musical RA SB Concordance


- Quand on prend trop 12 321 7 1701.03 F-Pc Y 105 (1), fol. 53v- 54v
d'amour on se rend
misérable

- Que le cabaret à d'appas 3234 5432 1697.01 F-Pc Y 296 (1), p. 6-8
Campion, Philosophes rêveurs qui 12 334 5 1708.06 RASB 1708.07, p. 127
François pensez tout savoir Œuvres de M. Boileau
Boileau- Despreaux (Paris : David,
Despreaux, Durand, 1747), tome II,
Nicolas p. 429
Chausson, Mr Iris est plus charmante 5 121767 15 1712.08 NPSM I, p. 29
Cochereau, Viens Bacchus me rendre 31 555671 7 1709.09 F-Pc Rés. 1957, p. 99
Jacques heureux
[compositeur Foin de la paix 1 1 2 33455 1 7 1 7 1 3.08 Œuvres de Monsieur Autreau
non identifié] (Paris : Briasson, 1749),
Autreau, vol. IV, p. 194-195
Jacques
~ Une femme est un 11 15432 1 1715.02 Ibid., p. 192
Autreau, embarras
Jacques
- Voici les lieux charmants 5 1345 2 1696.12 Œuvres de M. Boileau
Boileau- Despreaux (Paris : David,
Despreaux, Durand, 1747), tome II,
Nicolas p. 425
- Fuyez les loups me dit 1 3452 32176 5 1721.08 Mercure galant { Paris:
Castel, abbé ma mère Michel Brunet, 1704.09),

- Un petit bossu 1155321 5 1715.02 Mercure galant 1705.05,


Chauveau de pointilleux p. 440
Chartres, Mr
- Être aimé de Sylvie 321 34 55 1707.04 Mercure galant 1707 .06,
Maugé, Mr p. 143
- Plus inconstant que 135 17654 3456 1719.02 Œuvres mêlées, tant en prose
Moncrif, l'onde et le nuage 21 qu'en vers par M. de Moncrif,
François de l'Academie Françoise
Augustin (Paris : Brunet, fils, 1743),
Paradis de p. 259
- Tu te plais jeune Iris 17 1 1 233 4455 11 1 72 1 .02 Poésies Galantes de Madame
Saintonge, de Sainctonge (Paris : Jean
Louise Guignard, 1696), p. 71
Geneviève
Gilot de

Couperin, Tandis que l'aurore fait 1134 565523 1724.12 Le Réveil-matin. 4e ordre,
François pour plaire à Flore 454432 34321 5 premier livre, 1 7 1 3
Danielis, Ruisseau qui dans 1321 71 25 1719.04 NPSM II, p. 62-65
Daniel ces plaines ( Cantatille)
Déon, Mr Corrigeons-nous ami 112 345 1 75 1 706.06 NPSM VI, p. 39
Grégoire
Destouches, Buvons à qui mieux 517 15 3 1698.03 Issé [II, 4], « Premier air »,
André- mieux p. 151
Cardinal

- Dans ce séjour on brave 5 12 321 71 5 1698.03 Issé [prologue, 1], p. 17


l'amour

~ Dieu du vin c'est à toi 55 533 3 1711.06 F-Pc Rés. 1957, p. 135-136
que j'ai recours
~ Éteins mes feux brise ma 131 5551 7 1712.01 NPSM IV, p. 20
chaîne

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Jean-Philippe Goujon : Les Recueils d'airs sérieux et à boire 63

Auteur(s) Incipit littéraire Incipit musical RA SB Concordance


- Ici pour les bons vivants 31 52234 3 1698.03 Issé [III, 5], « Une Driade »,

- Il n'est rien que l'amour 36 454 332 17 1721.08 RASB 1721.10, p. 157,
n'égale « Menuet d'Omphale »
- Jeune Iris veux-tu m'en 1 5 3 452 3 1 1 706.06 NPSM VII, p. 36
croire

- On souffre trop auprès 123 275 654 5 1698.03 Issé [V, 4], « Menuet »,
d'une maîtresse p. 289-290

- Pour être heureux avec 512 316 545 321 1698.02 Issé [IV, 2], «Sarabande»,
une bergère p. 234
Dornel, Tambour battant mèche 115 1545 31 1703.07 NPSM VI, p. 36-37
Louis- allumée
Antoine

Dufresny, Aux grands maîtres dé 11554 3 1703.07 Œuvres de Monsieur Riviere


Charles l'art je doune des léçons Du Freny (Paris : Briasson,
Rivière 1731), tome 6, texte p. 284,
partition p. 30-32
- D'où me vient cette 12 345 171 7 1707.12 Ibid. , texte p. 273-274,
sombre humeur autre mise en musique

- Le vin nous fait parler et 1 1321 715 143 32 1711.04 Ibid., texte p. 265-267,
le vin nous fait taire partition p. 11-13
~ Les hannetons 112 334321 55 1717.05 Ibid. , text
commencent à paraître
- Les rois d'Égypte et 5 55 1712 31 1696.10 Ibid. , texte p.
de Syrie p. 16-17
- Ton temps est passé 12 1234 3 1706.03 Ibid., texte p. 278-279,
vieille coquette partition p. 27-29
- Un grenadier en pleine 1 1 1 1234 51 1705.02 Ibid., texte p. 251-256,
guerre partition p. 1-2
Dyon [ ?], mT Le savetier de notre coirT 3
Lacoste, Le verre en main je 531 745 6654 2 1699.04 F-Pc Y 105 (1), fol. 84v-86,
Louis de prétends me dédire « Monsieur Debousset »
F-Pc Y 296(1), p. 58-59,
« Lacoste »

Lalouette, À boire à Catin terlin 1 1 5 1 1 2 3332 3 1695.09 F-Pc Y 296 (1), p. 274-278
Jean-François tin tin
~ Le bruit funeste de la 512 7127 1698.09 F-Pc Y 296 (3), p. 50-51

Lully, L
Jean-Baptiste le tonnerre Indes, LWV 30/3
Marchand, Ah n'empoisonnez pas 1 7654 3 (basse) 1700.03 F-Pc Y
Louis [ ?] cette aimable liqueur 5 4321 7 (dessus)
~ Faut-il s'étonner si le vin 1 127 15 654 3 1698.12 NPSM VI, p. 6-7
nouveau

~ Je touche à mon heure 1 565 432 321 1699.03 F-Pc Y 296


dernière

- Ne me reprochez point 54321 2321 1699.03 F-Pc Rés. 1957, p. 194-195,


Iris « Duo à boire de monsieur
Marchand »
F-Pc Y 105,fol.4v-6,
« Monsieur Marchand »
F-Pc Y 296(1), p. 168- 169,
« Maret »

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64 Revue de Musicologie , 9611 (2010)

Auteur(s) Incipit littéraire Incipit musical RA SB Concordance


~ Prends ma Philis prends 54324327 1704.08 NPSMV,p.'9
mon verre

~ Quand tout en ces 3 2225 1 11171 1697.06 F-Pc Y 296(1), p. 166


moments goûte une paix 7665 5
profonde
Maret, Mr Ne me reprochez point 543212321 1699.03 F-Pc Rés. 1957, p. 194- 195,
Iris « Duo à boire de monsieur
Marchand »
F-Pc Y 105, fol. 4v-6,« Mon-
sieur Marchand »
F-Pc Y 296 (1), p. 168-169,
« Maret »

Matho, Croyez-vous n'être aima- 34 536 5543 2332 1695.04 F-PcY296(l), p. 140-141
Jean-Baptiste ble que le verre à la main 2
Morin, Que vois-je quel honneur 5 77 3335 1 1713.01 F-Pc Y 296 (3), p. 136-138
Jean-Baptiste nouveau
PRECOR,Mr Dieu d'amour écoute le 132255114427 1719.01 NP S A/VIII, p. 32-33
serment

Rebel, L'hiver dans tout ce qui 3231234455 1699.06 F-Ly 133635, p. 65


Jean-Féry respire
~ Tandis que Mars arme 55171171233 1703.05 F-Ly 133635, p. 110-111
toute la terre

Renaud, Mr J'ai désarmé l'amour et 5 132176 545432 1698.06 F-PcY297,fol. 1 1 4v- 115
de tout son bagage 11
Roger, Mr Je sers également et 132171 1702.02 F-Pc Y 296 (1), p. 195-196,
l'amour et la treille « Roger »
F-Pc Y 297, fol. 46v-47, « Mr.
De Bousset »

~ Réveillez-vous amants 56543423 1714.07 F-Pc Y 296(1), p. 21 1-212

SiCARD,Jean Lambin vous lambinez 153223455


toujours

Annexe II

Airs d'André Campra contenus dans les Recueils d'airs sérieux et à boire ,
classés par niveau d'attribution 97

Cette seconde annexe synthétise les résultats de plusieurs travaux de recherche


qui portent exclusivement sur la contribution d'André Campra aux Recueils d'airs

97. Les niveaux d'attribution retenus sont ceux du Centre de musique baroque
de Versailles : CAMPRA, André : le nom du compositeur est mentionné dans la
source principale ; CAMPRA, André [attr.] : attribution certaine, confirmée par
une ou plusieurs sources secondaires ; CAMPRA, André [attr. probable] ; CAM-
PRA, André [attr. possible] : des éléments penchent en faveur de l'attribution ;
CAMPRA, André [attr. douteuse] : rien ne permet de confirmer une attribution à
laquelle l'auteur ne croit pas. Chaque tableau contient cinq champs : 1 . Incipit
littéraire. 2. Incipit musical. 3. RASB . 4. Titre courant : retranscription du ou des
titres contenus dans la source. 5. Concordance : indique la référence bibliographi-
que des sources ayant permis d'identifier le compositeur et/ou l'auteur des paroles.
Les airs sont classés par ordre alphabétique.

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Jean-Philippe Goujon : Les Recueils d'airs sérieux et à boire 65

sérieux et à boire. Depuis leur parution sur le site Internet du Centre de Musique
Baroque de Versailles en avril 2009 98 , de nouvelles sources musicales ont été
identifiées : un air, contenu dans le Recueil d'airs du mois d'avril 1706 (« Peuples de
fleurs ornez vos têtes » "), empruntant la musique d'un menuet des Fragments de
Monsieur de Lully, et treize airs extraits du divertissement en musique de la
comédie du Mary retrouvé de Dancourt, parus au mois de novembre 1698 10°. Il
était jusqu'à présent généralement admis que la musique était de la composition de
Jean-Claude Gillier 101 . Pourtant, un article de Jules Bonnassies, paru en 1874,
« La musique à la Comédie française » 102, mentionne l'existence d'une partition
manuscrite ( Théâtre françois! Tome II) conservée à la Bibliothèque de la Comédie-
Française 103 qui attribue la musique du Mary retrouvé à Campra. Cette attribu-
tion est confirmée par une deuxième source musicale éditée, le Recueil complet de
vaudevilles qui contient un des airs de la comédie (« Tu croyais en aimant
Colette »). À ce jour, 91 airs contenus dans les Recueil d'airs peuvent être attribués
à André Campra sur une période allant de 1695 à 1712. Loin d'être marginale, la
production d'airs sérieux et à boire occupe donc une place importante dans
l'œuvre du compositeur. Lecerf de la Viéville indique d'ailleurs dans sa Comparai-
son qu'au commencement du xvine siècle, Campra est l'auteur « de beaucoup de
Chansons particulières, dans quoi, entre quelques gaillardises Italiennes, il y a
mille excelentes choses 104 ».

98. Voir Jean-Philippe Goujon, art. cit. (voir ci-dessus, note 24) ; Catalogue des
airs d'André Campra contenus dans les « Recueils d'airs sérieux et à boire » des
Ballard (1695-1724) [publication électronique],
http://philidor.cmbv.fr/catalogue/intro-campra_airs.
99. Les paroles de l'air ainsi qu'une autre mise en musique paraissent dans le
Mercure galant de mai 1706, p. 348-349.
100. Les Airs de la comedie du Mary retrouvé parurent également sans nom
d'auteur gravés par Levesque chez l'éditeur Ribou : « Achevé d'imprimer pour la
premiere fois le 12. Novembre 1698. » (à la suite du privilège, exemplaire de la
Bibliothèque des arts du spectacle, 8-RF-5899 (4,4)).
101. Cette attribution erronée semble remonter au xviif siècle {Cf. Claude
et François Parfaict, Dictionnaire des théâtres de Paris (Paris : Lambert, 1756),
tome 3, p. 316 ; attribution reprise par Mary Hunter, « Gillier, Jean-Claude », The
New Grove Dictionary, op. cit., vol. 9, p. 866.
102. Jules Bonnassies, « La musique à la Comédie française », La Chronique , 3
(1874), p. 254. Informations reprises par John Powell, « Charpentier's Music for
Molière's Le Malade imaginaire and its Revisions », Journal of the American
Musicological Society , 39 (1986), p. 95.
103. Je remercie Agathe Sanjuan, conservateur-archiviste de la Bibliothèque-
musée de la Comédie-Française ainsi que toute son équipe.
104. Jean-Laurent Lecerf de la Viéville, Comparaison de la musique Italienne et
de la musique Françoise , (Bruxelles : François Foppens, 1705), 2e édition, 2e partie,
p. 142.

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66 Revue de Musicologie, 9611 (2010)

CAMPRA, André (16 airs)

Incipit littéraire Incipit musical RA SB Titre courant Concordance


Ah que mon cœur 331 55 1123271 7 1709.10 AIR SERIEUX
éprouve une cruelle DE MONSIEUR
peine CAMPRA.
Ardi cor mio 13451 1703.09 AIR ITALIEN,/
DE MONSIEUR
CAMPRA.M/r
Italien, après l'Air des
Masques, ajouté à
l'Europe Galante.
Auprès de votre teint 5 12323 2 1708.02 AIR SERIEUX, Œuvres de
dont l'éclat est si doux DE MONSIEUR Monsieur de La Fosse
CAMPRA. (Paris : Compagnie
des Libraires, 1755),

Canta o mio core 15127 15 1703.06 Air de Monsieur


Campra, qui se
chante dans l'Europe
Galante.

Contre le chagrin 53 2172 55432 3 1701.03 AIR A BOIRE,/ Hésione [Prologue],


DE MONSIEUR ouverture [instr.], p. j

Dans ce repas tout est 176 5342 31 1701.03 AIR A BOIRE,/ Hésione [III, 5],
aimable DE MONSIEUR « Premier air des
CAMPRA. ombres des amants
fortunez. » [instr.]

Ferma il corso o rea for- 15 321 1 1703.1 1 AIR ITALIEN./


tuna DE MONSIEUR
CAMPRA./ Dernier
Air Italien, ajouté à
l'Europe Galante.
L'autre jour Isabelle 123215 3 1706.09 AIR A BOIRE,/
DE MONSIEUR

Le pri
les vents et la froidure DE MONSIEUR

Lors
le démon de la guerre DE MONSIEUR

Malgré l'éclat de 111 6555 127 1712.07 AIR A BOIRE,/


l'infidèle ardeur DE MONSIEUR

Nouveau soleil viens 555112 1710.04 AIR/ SERIEUX./


briller à nos yeux 71217654345 3 Air de M. CAMPRA,
chanté par Melle
DUN, au Cinquième

Puissant dieu du vin 5 321 1 12 31 5 1701.02 AIR A BOIRE,/ Hésione [III, 5],
DE MONSIEUR air « aymable
CAMPRA. vainqueur », p. 1 59
Sortez de vos retraites 1 5234 321 1706.01 AIR SERIEUX, Œuvres de Rousseau
DE MONSIEUR (Londres, sn, 1749),

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Jean-Philippe Goujon : Les Recueils d'airs sérieux et à boire 67

Vezzosette care 55 1 7 1 5 32 1 275 1 702. 1 1 Duo Italien de


Monsieur Campra,
non imprimé dans
les Fragments.
Zéphyrs quittez les fleurs 1 13 2123 321 1707.12 AIR SERIEUX/
nouvelles DE MONSIEUR

CAM
i

Incipit littéraire Incipit musical RA SB Titre courant Concordance


[instr.] 565 456543 432 1698.11 Symphonies du Le Mary retrouvez,
Divertissement/ p. 229
CANARIES.

[instr.] 17 1321 765 1698.11 Symphonies du Le Mary retrouvez,


Divertissement/ p. 227

[instr.] 127 15 647 543 1698.11 Symphonies du [Absent dans Le Mary


Divertissement! retrouvez]
PREMIER

MENUET.

[instr.] 55 543 4323 321 1698.11 Symphonies du Le Mary retrouvez,


Divertissement! p. 232
SECOND

[instr.] 3234 3134 5432 1698.11 Symphonies du Le Mary retrouvez,


171211 Di vertissemen t! p. 2 3 2
PREMIER

[instr.] 5456 5345 6564 1698.11 Symphonies du Le Mary retrouvez,


545655 Divertissement! p. 232
SECOND

[instr.] 17 17654 321234 1698.11 Symphonies du Le Mary retrouvez,


54325 3 1 Divertissement! p. 228-229

Amis au plus tôt 1 712 56 425 31 1698.04 AIR/ A BOIRE L' Europe galante
goûtons tous les [I, 3], « MARCHE. »,
charmes p. 14-15
Buvons mes chers amis 3 2171 567123 2 1698.07 AIR/A BOIRE. F-PsgMs3175,
et formons de doux fol. 27-29v
nœuds

Chers amis le verre 12 3134 5 1698.02 AIR/A BOIRE. L' Europe galante
en main [I, 3], « SECOND
AIR. RONDEAU.»,

Chez mon voisin 176 543 432 1698.04 AIR A BOIRE. L' Europe galante
32343 [Prologue],
« SECOND
MENUET. », p. xix
Dieux que ce jus prépare 1 76 543 44 5 1698.03 AIR A BOIRE/ L' Europe galante
à Bacchus Cette parodie est sur [Prologue], « Ah que
les mesmes rimes de l'Amour prépare en
l'Air qui se chante à jour », p. xliv
l'Opera.

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68 Revue de Musicologie , 9611 (2010)

Du vin sans cesse 1 16 6222 5 1698.02 FESTE L' Europe galante


BACHIQUE. [IV, 4], « Vivir gran
Sultana », p. 182-201
Fuyons l'amour dans 176 5654 3 1698.07 AIR A BOIRE. F-PsgMs3175,
l'heureux temps fol. 25v-26v
Je brise enfin ma chaîne 56567 155 1699.02 AIR/ABOIRE. Le Carnaval de Venise
[II, 5], «Mi dice la
speranza », p. 102-107
Je ne suis qu'une 34 5 234 32 1698.11 AIRS DE LA Le Mary retrouvez ,
meunière COMEDIE,/ p. 231-232
DU MARY

Je vous aime plus que 1232 1232321 25 1698.02 AIR/SERIEUX. L' Europe galante [III,
moi-même 2], « Ad un cuore
tutto geloso », p

Le papillon toujours 171 2323 45432 1711.02 AIR/ SERIEUX NPSM, III, p. 23
volage 34321 Le Mercure , 1722.03

Le verre en main mes 5 31 712 53 2 1698.03 AIR A BOIRE./ L'Europe galante


chers camarades LOURE dansante [Prologue],
& chantante « AIR POUR LES
RIS ET POUR LES

Le verre en main que 345 123 643 22 1698.03 AIR A BOIRE. L' Europe galante
mon Iris est belle [II, 3],
« SARABANDE. »,

Les maris qu'on voit 15 12321 7 1698.1 1 DU MARY Le Mary retrouvez,


parmi nous RETROUVE' p. 229
Monsieur Clitandre a 555 55 45 32 1698.11 DU MARY Le Mary retrouvez,
bon génie RETROUVE'/ p. 233
BRANLE.

Ô charmante bouteille 12343 434565 1707.03 AIR A BOIRE. F-Pc Y 296 (4), p. 44-

Palsangué si j'avais fait 55 43231 2 1698.11 AIRS DE LA Le Mary retrouvez,


bien COMEDIE,/ p. 230
DU MARY

Peuples de fleurs ornez 123 25 32 33 1706.04 AIR SERIEUX/ Fragments de Mr


vos têtes MENUET de Lully [Prologue],
« MENUET »,
p. XXXV

Plus de guerre qu'à coup 5432321 25 1698.02 AIR A BOIRE L'Europe galante [III,
de verre 3], « AIR POUR LES
MASQUES », p

Pour célébrer les noces 555 565432 31 1698.11 AIRS Le Mary retrouvez,
de Colette DE LA COMÉDIE/ p. 227-228
du Mary retrouvé
Pour moi la plus forte 51 6545 32 1698.03 AIR/ABOIRE. L' Europe galante
chaîne [Prologue],
« GAVOTTE. »,

Pouvons-nous mieux 5 176 53 1698.04 AIR A BOIRE L' Europe galante


faire [II, 2], « 2. AIR.
RONDEAU. »,

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Jean-Philippe Goujon : Les Recueils d'airs sérieux et à boire 69

Qu'à bien boire chacun 34 543 67654 543 1697.10 RONDEAU,/ F-Pc Rés. 1957,
s'apprête A BOIRE. p. 177-179
F-PcY 105(1),
fol. 49-50V
F-Pc Y 297,
fol. 14v-15v

Sans le secours du dieu 11715345 1 1699.02 AIR/a boire./Gigue Le Carnaval de Venise


des amours du Carnaval de [II, 3], « De tes
Venise. rigueurs ni de tes
faveurs », p. 79-80
Savez-vous que cette 55 13 231 7 1707.09 AIR/A BOIRE. RASB 1707.12, p. 179
liqueur
Tu croyais en aimant 55 543 4323 31 1698.1 1 AIRS Le Mary retrouvez ,
Colette DE LA COMEDIE p. 232
Recueil complet de
vaudevilles, p. 27
Un indiscret découvri- 5 51 7712 323125 1698.03 AIR/ SERIEUX. L' Europe galante
rait croyant vous plaire [supplément],
« Soupirons tous
suivons l'Amour sans
nous contraindre »,

Ver
à boire 1 A BOIRE. F-Pc Rés. 1957,
p. 149-151
F-PcY 105(1),
f. 86V-88
F-Pc Y 296(1),
p. 68-69
F-Psg Ms 3175,

CAM

Incipit littéraire Incipit musical RASB Titre courant Concordance


Ah que je crains de vous 134 2234 3 1696.09 AIR SERIEUX/ C.-C. de l'Aubespine,
aimer DE MONSIEUR baron de Verderonne
******. {Cf. F. Lachèvre,
Bibliographie des
recueils collectifs de
poésies (1597-1700)
(Paris : sn, 1903-

Amis je bois à ma 1 765 432 321 1696.01 AIR A BOIRE,


maîtresse DE MONSIEUR
******

Bacchus m'allait 3 3321 72 5 1695.10 AIR A BOIRE/


guérir un jour DE M. ******.
Dans nos champs le 15 65 6543 3 1695.05 PRINTEMPS./
doux printemps est DE M. ******
revenu

Enfin je jouis de ta peine 32 123 771 25 1695.08 AIR SERIEUX


DE M. ******

Gardez- vous bien 1321 2551 765 1696.08 AIR SERIEUX,/


d'aimer Sylvie

La saison des beaux 15 345 755 1 12 1695.07 AIR SERIEUX,/


jours l'agréable verdure 321 DE MONSIEUR
******

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70 Revue de Musicologie, 9611 (2010)

Les beaux jours et I 51 662 7654 3232 1695.07 AIR A BOIRE,/


l'amour sont revenus 1 DE MONSIEUR
ensemble ******

Pourquoi dissimuler ma 5 33
tristesse mortelle DE MONSIEUR
******

Qu'on pense tendrement 1 77125322 1695.09 CHACONNE./


hélas

Quand deux
soumis DE MONSIEUR
******

Que prétends-tu mon 5 5131 5 1696.06 AIR SERIEUX./


cœur DE M. ******

Rien à vos yeux n'est 171 22 3232 1 1696.11 PETIT AIR


comparable SERIEUX./DE

Sans espoir d'être aimé 51 771 2 1696.04 AIR SERIEUX,/


DE MONSIEUR
******

Suivez le doux 531 71 234432 2 1696.05 PRINTEMPS/


printemps DE MONSIEUR
******

Un cœur tranquille en 551 7712 32 1 1696.02 AIR SERIEUX,


apparence DE m******.
Un jour dans une grotte 112 3231 27 1696.01 GAVOTTE./ F.-S. Regnier-Des-
obscure DE MONSIEUR marais, Poésies Fran-
******. çoises (La Haye,
Henri du Sauzet,

Versez ce champagne 32172 55 1708.03 AIR/A BOIRE. NPSM, IV, p. 44


divin « Campra »
F-Pc Y 296
p. 194-196
« Déstouches »

CAMPRA, André [attr. possible] (21 airs)

Incipit littéraire Incipit musical RA SB Titre courant Concordance


[instr.] [Allemande] 5 1535 1 1702.11 Danse de Fragments de Mr
Mademoiselle de Lullyl Ballet [I, 3]
Subligny & de « Air anglois/Alle-
Monsieur Balon, mande. », fol. 20v,
non Imprimée dans F-Pn Vm2 177
les Fragments.
Ah comment n'être 15 321171 1 1700.02 AIR SERIEUX./
point jaloux DE MONSIEUR
CAMPRA
LE C[adet].
Aux armes tout est prêt 1 151 3155 5 1700.02 AIR A BOIRE
DE MONSIEUR
CAMPRA
LE Qadet].
De la beauté que j'adore 345 423 32 1 1702.06 AIR SERIEUX,/
DE MONSIEUR
CAMPRA
LE C[adet].

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Jean-Philippe Goujon : Les Recueils d'airs sérieux et à boire 71

Doux ennemis du repos 552 342 771 22 1703.03 AIR SERIEUX,/


de ma vie DE MONSIEUR
CAMPRA
LE C[adet].
Iris oubliant sa rigueur 5 523 162 7 1700.05 AIR SERIEUX,/
DE MONSIEUR
CAMPRA LE

Je la
un jour MONSIEUR
CAMPRA
LE C[adet].
Jeune Iris chaque jour 54 325 1 1700.07 AIR SERIEUX,/
DE MONSIEUR
CAMPRA

La beauté dont je suis la 15 66543 2 1700.08 AIR SERIEUX,/


loi DE MONSIEUR
C[ampra].

La tromba d'oro suona 51512 32321 1708.11 AIR/ITALIEN, /Air


italien chanté par
Melle DUN, au
premier Acte des
FRAGMENTS de
Monsieur LULLY.

L'autre jour dans un 34 5555 6434 1700.12 AIR/SERIEUX. Jean Benjamin de


bocage 54325 3231 Laborde, Essai sur la
musique ancienne et
moderne (Paris :
Pierres, 1780), vol, 3,
p, 401, « L'air si
connu de la
Furstemberg, est de
Campra. »
L'autre jour un jeune 51 71 545 6 1702.05 AIR SERIEUX,/
berger DE MONSIEUR
CAMPRA
LE C[adet].
Le jus de la treille 5 654 53 1698.04 AIR A BOIRE. L'Europe galante [II,
2], « Nuit soyez
fidèle », p, 63-64
Evrard Titon du
Tillet, Second
supplément du
Parnasse François
(sind [1755]), p, 54
[air attribué à
Destouches]
Le plaisir d'aimer et de 17 12 512 32 1 1703.06 AIR A BOIRE,
boire DE MONSIEUR
CAMPRA

LE CADET.

Non vous ne sauriez 5 35 6716 27 1700.10 AIR SERIEUX,


comprendre DE M. Qampra].

Non vuol più languir 1 321 2 1706.07 AIR/ITALIEN/


Cet Air a esté
nouvellement
ajoûté à l'Europe

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72 Revue de Musicologie , 9611 (2010)

Printemps vous n'êtes 1 3334 555 162 7 1698.06 PRINTEMPS/


plus la saison des SERIEUX,/
combats DE M. Campra,
le Cadet.

Quand je vous vois 512 756 442 321 1702.12 AIR SERIEUX,/
je redouble ma chaîne DE MONSIEUR
CAMPRA

Quittez le reste de 5 51767 1 176 55 1708.09 AIR/SERIEUX,/


la terre ARIETTE ajoutée
à THÉTIS ET

Sans toi Bacchus il n'est 151 765432 31 1700.01 AIR A BOIRE,/


point doux de vivre DE MONSIEUR
CAMPRA

Triste et cher souvenir 32 2237 1 1703.07 AIR SERIEUX,/


d'une beauté cruelle DE MONSIEUR
CAMPRA

I I

CAMPRA, André [attr. douteuse] (1 air)

Incipit littéraire Incipit musical RA SB Titre courant Concordance


Purché rieda nel mio 15 123234 32 1699.03 AIR/Air Venitien, Carlo Ambrogio
seno ajoûté au Carnaval Lonati, Ariberto e Fia-
de Venise, vio, regi de Longobardi
(ms„ 1684, I-MO/MS

*
* *

ABSTRACT

At the end of the seventeenth century, the Parisian editor Christophe Balla
(1641-1715) published monthly collections of music to which dozens of Fren
and foreign composers contributed for a period of some thirty years : the Recu
d'airs sérieux et à boire (1695-1724). These Recueils , which scholars have lo
consulted, have never been studied in proper detail. This article attempts, first
show how the Recueils d'airs operate : their paratext (notices, inserts, advertis
ments) demonstrates Ballard's deployment of a commercial and artistic strateg
based on technical innovation and eclectic content. Second, the article attempt
comprehensive analysis of their poetic and musical subject matter in the effort
show how the content of the Recueils is more diversified than the title would
suggest. Indeed, in addition to airs sérieux et à boire , they contain excerpts from
works performed in Paris at the Académie royale de musique , the Théâtre français,
and at the Jesuit College Louis-le-Grand, including parodies, canons, and other
light-hearted pieces that reflect the diversity of musical practices in that period.
Finally, the article addresses the question of anonymity and attempts to explain
why the works of such composers as André Campra (1660-1744), Nicolas Bernier
(1664-1734), André-Cardinal Destouches (1672-1749), and Pascal Collasse (1649-
1709) fail, in the Recueils d'airs sérieux et à boire , to be attributed to their authors.

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