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Conjugaison

Pour les articles homonymes, voir


Conjugaison (homonymie).
La conjugaison du verbe correr (courir en espagnol)
emploie personne, nombre, temps (ici trois temps),
voix, mode et aspect (ici actif, indicatif et
inaccompli).

La conjugaison est, dans les langues


flexionnelles, la flexion du verbe, c'est-à-
dire la variation de la forme du verbe en
fonction des circonstances. On l'oppose
à la flexion nominale ou déclinaison.
Généralement, la conjugaison se fait
selon un nombre de traits grammaticaux
au nombre desquels on peut compter :

la personne ;
le nombre ;
le genre ;
le temps ;
la voix ;
le mode ;
l'aspect
le mouvement associé, entre autres
possibilités.
L'ensemble des formes d'un même verbe
constitue son paradigme.

Conjugaison : un terme
ambigu
Le bon usage, cité par Marc Wilmet[1],
donne cette définition du verbe :

« Le verbe est un mot qui se conjugue,


c'est-à-dire qui varie en mode, en temps,
en voix, en personne et en nombre. »
(c'est Wilmet qui met en gras)

D'après Wilmet qui commente ces


termes employés par Grevisse, on
privilégie alors la forme, et on n'enseigne
plus ce qu'est un verbe, mais la façon de
le reconnaître. On peut s'en contenter (dit
Wilmet).

Le terme conjugaison désigne donc les


variations morphologiques des verbes
indiquant le temps, mais ce terme
signifie aussi l'ensemble des catégories
verbales que sont le mode, l'aspect, la
voix, la personne et le nombre. Il est vrai
que les verbes prennent très facilement
les marques de la personne et du nombre
par exemple. De même, le caractère
composé des temps composés, qui
définit pourtant certains tiroirs verbaux
de la « conjugaison » (passé composé,
etc.), est un indice d'aspect
(accompli/inaccompli) et absolument
pas de temps.

La diversité des marques que portent les


verbes permet donc de prendre le terme
conjugaison dans son acception la plus
fidèle étymologiquement, à savoir
ensemble des marques verbales (du latin
conjugo, « mettre (le verbe) sous le joug
(d'un morphème tel que terminaison ou
auxiliaire) ».

Bien que la notion de conjugaison n'ait de


sens que dans les langues flexionnelles,
les verbes existent ailleurs en tant que
parties du discours, associées à des
marques de temps, de mode, d'aspect,
etc. qui s'expriment sous forme de
particule, préfixe, suffixe ou infixe. Ce qui
fait la différence entre ces marques et
celles de la conjugaison, c'est que les
premières conservent leur sémantique
propre alors qu'une seule marque de
conjugaison peut combiner plusieurs
informations. Par exemple dans nous
mangeons, on sait que ons indique
première personne du pluriel de l'indicatif
ou de l'impératif présent sans qu'il soit
possible d'isoler dans ons un morphème
qui représenterait systématiquement le
pluriel, un autre qui représenterait
systématiquement la 1re personne, etc.

Exemple simple en français


La forme de « référence » d'un verbe est
appelée l'infinitif (plus exactement
l'infinitif présent) ; prenons par exemple le
verbe « manger ».

Si l'on décrit une action en cours, on


utilise un temps appelé « présent de
l'indicatif », et la forme du verbe dépend
de la relation entre le locuteur, le sujet du
verbe (la personne) et le nombre du
sujet :

le locuteur parle de lui-même :


1re personne du singulier, je mange »
le locuteur parle à un autre individu :
2e personne du singulier, « tu manges »
le locuteur parle à un autre individu (ou
groupe) d’un troisième individu :
3e personne du singulier, « il mange »
le groupe des locuteurs parle de lui-
même : 1re personne du pluriel, « nous
mangeons »
le groupe des locuteurs parle (poliment
ou non) à un autre groupe ou bien
poliment à un individu : 2e personne du
pluriel, « vous mangez »
le groupe des locuteurs parle à un
autre individu (ou groupe) d’un
troisième groupe : 3e personne du
pluriel, « ils mangent »

Si l'action est terminée, révolue et qu'elle


n'est pas simultanée à une autre action
du récit, on utilise le passé simple : « il
mangea ».

Note : l'exemple se veut simple et est


donc incomplet ; nous n'entrons donc
pas dans les subtilités, par exemple
l'abandon du passé simple dans la
langue orale.

Article détaillé : Morphologie du verbe


français.

Notes
1. Marc Wilmet, Grammaire critique du
français, 3e éd., Bruxelles, Duculot, 2003,
758 p., 23 cm (ISBN 2-8011-1337-9)

Voir aussi
Articles connexes

Morphologie du verbe français


Conjugaison de l'allemand
Conjugaisons en espéranto
Conjugaisons du grec ancien
Conjugaisons latines

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