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CHAPITRE 1.

- LE CHAMP D'APPLICATION DE LA GARANTIE


AUTONOME

Section 1.- La garantie autonome et les institutions voisines

Diverses institutions sont voisines de la garantie autonome, sans s'identifier à elle.

1. : La letter de credit standby (the Standby Letter of Credit)

Depuis 1857 les banques des Etats Unies se voient interdire toutes formes
de cautionnement (no-guaranty rule) vers 1950, désireuses de participer à
l'essor du commerce internationales les US banques créent la stand by
lettre of credit (SBLC), véritable soeur jumelle de la garantie autonome.

Il s'agit d'un engagement que le banquier (issuising bank) prend a la


demande de son client d'honorer les demandes de paiement émanant du
bénéficiaire et conforme aux conditions spécifier dans le crédit (uniform
commecial code art. 5).

L'obligation de payer s'exécute sur présentation d'une


demande (draft) accompagner du ou des document spécifier dans la SBLC.

Cette lettre de crédit ordinaire est qualifiée de standby en ce sens que le


banquier se présente comme proposant un crédit d'appoint ou de réserve
dont la réalisation ne se fait qu'en des circonstances déterminées.
Autrement dit, le manquement à la prestation convenue dans le contrat de
base.

La réalisation de la SBLC s'apparente à la mise en oeuvre d'un crédit


documentaire, raison pour laquelle les banques américaines soumettent
volontiers leur SBLC aux RUU en matière de crédit documentaire.

La SBLC est donc une institution hybride : elle s'identifie au crédit


documentaire dans sa définition, et elle s'identifie à la garantie bancaire
dans sa finalité.

2. Garantie autonome et cautionnement.

La garantie autonome se distingue du cautionnement, qui est lui aussi, une


sûreté personnelle, par son indépendance par rapport au contrat de base.
Le cautionnement est, en revanche accessoire de la dette principale et
permet au détenteur de la caution de soulever, à l'encontre du bénéficiaire,
des objections et des exceptions tirées de la créance principale. Le
bénéficiaire d'un cautionnement a une seule créance envers deux
débiteurs : le débiteur principal et le débiteur de la caution. Dans la garantie
autonome, le garant prend, en revanche, un engagement qui lui est propre
et qui est distinct de celui du donneur d'ordre dans le contrat de base.

Même si la spécificité des garanties autonomes par rapport au


cautionnement. consacrée par les arrêts aussi bien français que
marocains40(*), n'est plus aujourd'hui contestée, la question de la
qualification reste l'une des plus discutées, Il en a été ainsi, inévitablement,
dans la phase d'émergence de cette technique nouvelle, dans la pratique,
puis dans le contentieux. Il en est encore ainsi en raison de l'absence d'une
terminologie uniformément admise et du recours fréquent aux termes, aux
concepts et aux schémas en usage en matière de cautionnement.

Ainsi, le garant est-il très fréquemment appelé caution et l'acte, intitulé


cautionnement. De ce seul fait résulte une ambiguïté, sur la véritable nature
de l'engagement. Les intérêts de la distinction sont tels - l'inopposabilité des
exceptions le démontre amplement - que le garant ou le donneur d'ordre
contestent fréquemment la qualification de garantie autonome, invoquée
par le bénéficiaire. Il est à l'évidence souhaitable que les termes « caution »
ou « cautionnement » soient bannis des actes par lesquelles les parties
entendent constituer des garanties autonomes.

L'emploi du seul concept de « garantie » n'est pas pour autant suffisant, La


garantie, par hypothèse personnelle si elle est constituée par l'engagement
d'un tiers, est le genre, le cautionnement et la garantie autonome en sont
les espèces. Il importe donc que l'espèce soit identifiée, par l'adjonction du
qualificatif « autonome » ou « indépendante » ou de toute autre manière
exclusive d'ambiguïté.

Une source particulière de difficultés a consisté, s'agissant de contrats


internationaux rédigés en langue étrangère, dans le caractère
inévitablement approximatif de certaines traductions, soit que les mêmes
termes, littéralement traduits, ne recouvrent pas exactement les mêmes
réalités, soient que certaines distinctions, connues ailleurs, ne le soient pas
ou le soient moins en France. Ainsi, le seul fait de traduire les termes
anglais de « bond » ou « guarantee » par caution plutôt que par « garantie
» a pu, au moins dans un premier temps, induire en erreur sur la véritable
nature de l'engagement.

3. : Garantie autonome et crédit documentaire.

Ces deux instruments ont des traits communs ; ils sont tous les deux
engendrés par la pratique du commerce international. Ils ont la même
caractéristique et les mêmes attributs, à savoir l'indépendance par rapport
au contrat de base ainsi que le strict formalisme de leur libellé.
Toutefois, les deux instruments se distinguent l'un de l'autre par la finalité,
la fonction que chacun a à remplir. La garantie autonome est un procédé de
sûreté qui n'est mis en oeuvre qu'exceptionnellement, à savoir dans le cas
de son appel, suite à la non-exécution par le donneur d'ordre de ses
obligations. Le crédit documentaire est en revanche un instrument de
paiement, ce dernier s'effectuant sur présentation de documents conformes
démontrant l'exécution.