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NOTE STRATÉGIQUE

OBJECTIF : LE FN EN POLE POSITION POUR 2022


par Philippe OLIVIER
Conseiller spécial de la Présidente
15 janvier 2018
Sources : discours de Marine Le Pen : Poitiers –Prague –
Discours de la tournée « pour un Nouveau Front »

Dans dix-huit mois, avec les élections européennes, s’ouvrira un nouveau cycle électoral
(européennes-municipales-régionales-départementales) qui nous amènera très rapidement à
l’élection présidentielle.
Le répit électoral que nous allons connaître, ne doit pas être une période perdue. Elle est tout
au contraire l’occasion de construire la victoire de nos idées que nous attendons et dont le
pays a besoin.

I. L’élection européenne : une des clefs de voûte de la recomposition


Une élection présidentielle ne peut se gagner sur six mois de campagne. Une échéance d’une
telle exigence se construit sur une stratégie qui intègre le cycle électoral complet. Le premier
rendez-vous du calendrier électoral est donc primordial pour entrer dans une séquence
favorable.
La réussite de la stratégie qui doit nous conduire à la présidentielle repose donc en grande
partie sur l’élection européenne.
Cette élection revêt une importance considérable, pour trois raisons essentielles.
Œ Le nouveau mode de scrutin par liste nationale va réduire les logiques électorales locales
et imposer les logiques politiques nationales ; le résultat aura donc un impact national ;
 Avec l’immixtion des décisions de Bruxelles dans notre vie quotidienne, la thématique
européenne a pris, dans la vie politique française, une importance que plus personne ne
peut ignorer ; cela en fait désormais une élection centrale dans la vie des gens et donc
dans notre vie institutionnelle;
Ž Mais surtout, s’il y a une thématique qui met en jeu le clivage fondamental qui sépare
les mondialistes des nationaux, c’est bien la question de la construction européenne. Le
projet d’organisation institutionnelle qu’est l’Union Européenne procède, en effet, d’une
logique fédérale, post-nationale et plus fondamentalement d’une logique mondialiste.
Notre famille politique est porteuse d’une vision totalement alternative. L’élection qui aura
lieu dans 18 mois mettra en jeu les termes du débat idéologique qui structure aujourd’hui
toute notre vie politique.
Immanquablement, dans cette période de recomposition politique, le résultat aux européennes
aura des conséquences concrètes sur les dynamiques politiques et notamment sur celles des
partis pour les élections suivantes.
Comme une réplique du séisme présidentiel qui a vu la disparition des formations institutionnelles
(PS et LR), l’élection européenne va achever la recomposition politique autour du nouveau
clivage, mondialistes (représentés par Emmanuel Macron)/ Nationaux (conduits par Marine
Le Pen). Il y a tout lieu de penser que le parti LR qui est traversé en son sein par le clivage
«eurolâtres » et eurosceptiques peut sortir brisé par la séquence européenne.
L’enjeu est d’importance, car si LR est affaissé par un échec prévisible à cette élection
européenne, la recomposition politique se fera naturellement autour du bloc national-
souverainiste forgé autour du Front National. Cette salutaire cristallisation politique sera
d’ailleurs conforme à la logique que les électeurs ont indiquée, par la qualification au second
tour et par là même, la désignation de Marine Le PEN comme le leader naturel de l’opposition
à Macron.
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II. La stratégie gagnante en France et en Europe
Sauf à se cantonner à une audience de témoignage, le Front National qui aspire à accéder
au pouvoir doit se donner des objectifs ambitieux qui sont la marque de sa volonté et de sa
capacité de conquête.
Habituellement, l’objectif du Front National était de réaliser aux européennes le meilleur score
possible en France. Cet objectif fut largement atteint en mai 2014. La poussée nationale en
France à la présidentielle comme en Europe nous invite à nous fixer comme objectif politique
de constituer une majorité alternative en Europe.
Cette grande victoire des partis nationaux scellerait, sur tout le continent, le retour des peuples
et de la souveraineté des nations. Elle verrait alors la mise en œuvre d’un projet européen
non coercitif, social et démocratique qui procède d’une vision de l’organisation européenne
respectueuse de la diversité de l’Europe plurimillénaire.
Cette victoire en Europe n’est nullement utopique, pour peu que face à la liste favorable à
l’UE, nous sachions la construire:

Œ 
Disposer d’un projet alternatif abouti :
Le projet que nous présenterons doit être précis. Quelle philosophie d’ensemble ? Quelles
institutions pour la nouvelle organisation de notre continent ? Quels cadres juridiques précis ?
Ce grand projet alternatif doit avoir un nom. Marine Le Pen l’a appelé « l’Union des Nations
Européennes » (U.N.E) : la joute électorale qui se déroulera en mai 2019 se fera projet contre
projet et opposera donc l’UNE à l’UE.
Le 24 novembre à l’Assemblée Nationale, une journée parlementaire rassemblant les députés
français et européens du Front National s’est déroulée pour jeter les bases de ce projet.
Des traités de substitution aux traités européens existants sont d’ores et déjà en cours
d’élaboration par des professeurs de droit.

 Décrire précisément la période de transition :


Personne ne peut contester que lors de l’élection présidentielle, l’idée d’un bing bang
institutionnel comme la perspective d’un frexit ont pu effrayer une partie de l’électorat. C’est la
raison pour laquelle nous devons nous attacher à mieux définir la période de transition entre
l’UE et l’UNE, en déterminer précisément les modalités techniques, juridiques et diplomatiques
et en établir un calendrier réaliste de mise en œuvre.
Parallèlement, il nous faut également montrer que lors de cette période de transition, il est
déjà possible de recouvrer un certain nombre de souverainetés dans le cadre juridique
actuel. Les pays du Visegrad nous montrent que cette voie est d’ores et déjà ouverte.

Ž Nouer des alliances avec les mouvements français ou les personnalités qui souhaitent
conjuguer idée européenne et idée de nation dans le cadre d’une liste d’ouverture ;

 Etendre le projet de l’« Union des Nations Européennes » à toute l’Europe. Lors de son
voyage à Prague en décembre 2017, Marine Le Pen a proposé aux partis frères du Front
National en Europe ce schéma stratégique. Son invitation a reçu un accueil très chaleureux
de la part de nos partenaires. Le principe de prochaines séances de travail en commun
a été arrêté.
En résumé, notre projet doit être français et européen. Il doit être précis et réaliste.

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III. La préparation des autres échéances du cycle électoral 2019/2022
La stratégie de conquête du pouvoir ne se comprend que si, profitant des fruits politiques
d’une victoire aux européennes, le Front National pousse l’avantage en s’affirmant comme le
pivot de la grande recomposition qui s’annonce.
Les élections municipales prévues normalement en 2020 auront, tout comme les européennes,
une importance particulière parce qu’elles serviront de socle aux victoires ultérieures. En
dehors de l’importance du maillage des mairies pour la présidentielle, c’est l’implantation
locale municipale qui conditionnera le succès aux élections législatives. On l’a mesuré aux
dernières élections législatives dans le bassin minier, à Perpignan ou à Béziers.
En matière d’implantation municipale, le Front National peut raisonnablement nourrir de
hautes ambitions si chacun s’y prépare. Aux dernières régionales, le Front National a réalisé
plus de 50 % dans 2 500 communes et 40% dans 9 000 communes. Il n’en gère aujourd’hui
que onze ; c’est dire si son potentiel de progression est important. Le succès de la gestion
des villes FN devrait, en outre, crédibiliser nos candidats. Les alliances avec d’autres partis
devraient, également, amplifier cette dynamique.
Les échéances régionales et départementales doivent elles aussi se préparer dès maintenant.
Les conseillers régionaux et départementaux de toute la France sont invités à se former et
à travailler non plus seulement dans le cadre de leur groupe régional ou départemental
respectif, mais par secteur de compétence.
Ces échanges entre élus de mêmes spécialités permettront de construire, thème par thème,
un grand projet régional que chacun ensuite pourra adapter à sa propre région. L’objectif
n’est plus d’envoyer dans les régions ou les départements des groupes d’opposition, mais de
constituer des majorités et donc des exécutifs Front National.
A partir de 2021, Paca, Les Hauts de France, comme les départements du Pas-de-Calais, de
l’Oise ou du Var, par exemple, ont vocation à être gérés par des majorités constituées autour
du Front National.

CONCLUSION
Les élections du cycle 2019/2022 ne doivent pas s’envisager isolément. Chacune d’entre elles
s’inscrit certes dans des logiques électorales ou territoriales différentes, mais chaque élection
entre en résonance d’une manière ou d’une autre avec celle ou celles qui suivent.
La présidentielle a désigné Marine Le Pen comme principale opposante à Emmanuel Macron
avec sa qualification au second tour. Ce qui se joue désormais c’est la recomposition qui doit
faire du Front National la force d’alternance.
Pour autant, en politique, rien n’est acquis et tout se conquiert. Comme l’a rappelé Marine Le
Pen dans son discours de l’Orne :
« Soit nous ne comprenons pas ce qui se passe et restons à regarder les trains qui passent.
Mais, je vous le dis : L’histoire ne nous attendra pas et s’écrira sans nous. La recomposition se
fera autour d’autres mouvements et nous serons alors condamnés à les regarder incarner
l’alternative.
Soit nous nous préparons à constituer le cœur de cette recomposition et alors c’est sûr, nous
irons au pouvoir »
La stratégie des alliances comme la crédibilisation de notre projet politique qui sont les clefs
de notre victoire exigent de faire définitivement entrer le mouvement dans une culture de
gouvernement.
C’est tout l’enjeu de la grande refondation à laquelle Marine Le Pen nous invite. La victoire est
à portée de la main.

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