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LES CAHIERS

DE
SAINT-MICHEL DE CUXA
XLVIII

LES CAHIERS DE SAINT-MICHEL DE CUXA


2017

L’ART ROMAN ET LA MER

les Cahiers de Saint-Michel de Cuxa sont publiés avec le concours


du département des Pyrénées-Orientales et de la préfecture de la région Languedoc-Roussillon,
direction régionale des Affaires culturelles

Diffusion : Éditions de Boccard


11, rue de Médicis, F-75006 Paris
www.deboccard.com - info@deboccard.com

XLVIII
2017
ISSN 1140-7530 30 € ASSOCIATION CULTURELLE DE CUXA F-66500 CODALET
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LES CAHIERS
DE
SAINT-MICHEL DE CUXA
XLVIII
2017

L’art roman et la mer

Actes des XLVIIIes Journées romanes de Cuxa


4-9 juillet 2016

ASSOCIATION CULTURELLE DE CUXA


www.cuxa.org
Comité scientifique des Journées romanes et des Cahiers de Saint-Michel de Cuxa.

Les Cahiers de Saint-Michel de Cuxa éditent les textes des communications prononcées lors des Journées Romanes et
n’acceptent donc pas d’articles « spontanés ». Le comité scientifique est à la fois en charge de la préparation des Journées et
de la réception et acceptation des articles dans les Cahiers.
Jean-Charles Balty, Université Paris-Sorbonne ; Xavier Barral i Altet, Université de Haute-Bretagne, Rennes ; Caroline de
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Les articles de cette livraison des Cahiers ont été réunis, révisés et mis en pages sous la responsabilité de Caroline de
Barrau (caroline.de-barrau@univ-perp.fr) et Olivier Poisson  (contact@cuxa.org), avec le concours d’Aymat Catafau et
d’Emmanuel Garland (relectures), de Marc Sureda, Vincent Debiais (traductions). .

Illustration de couverture :
Initiale E du livre de Jonas. Bible. Bibliothèque de Bordeaux, ms. 1, fol. 240.

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Institut national d’histoire de l’art, Museu episcopal de Vic, Museu nacional d’art de Catalunya

Ouvrage publié avec le concours du Département des Pyrénées-Orientales et de la Préfecture de la Région Languedoc-Roussillon,
Direction régionale des Affaires culturelles

Diffusion : Éditions de Boccard, 11, rue de Médicis, 75006 Paris


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ISBN 978-2-9537149-8-2 ISSN 1140-7530


SOMMAIRE

Jacqueline LECLERCQ-MARX
Formes et figures de l’imaginaire marin, dans le haut Moyen Âge et dans le Moyen Âge central...................................................9

Tancredi BELLA
Bâtir face à la mer : la cathédrale normande de Catane en Sicile. État de la question..................................................................23

Simone CALDANO
L’architecture dans le Ponente ligure au XIe siècle.........................................................................................................................39

Miljenko JURKOVIĆ
Les voies adriatiques : transferts des formes, fonctions et idées en Dalmatie au XIe siècle............................................................57

Daniel ISTRIA, Sophie CARON, Alexandra SOTIRAKIS


La cathédrale de Mariana (Corse). Retour sur le concept de roman d’importation .....................................................................71

Émeric RIGAULT
L’iconographie du sacrifice d’Abraham dans l’art roman du Sud-Ouest de la France
et du nord de l’Espagne (XIe-XIIIe siècles) : nouveaux éléments de réflexion...................................................................................87

Immaculada LORÉS i OTZET


Un nouveau chapiteau du cloître roman de Sant Pere de Rodes (Catalogne)
avec l’histoire de Noé, au Musée de Cluny à Paris.......................................................................................................................95

Aymat CATAFAU
La Catalogne et la mer aux Xe-XIIe siècles : l’autre frontière......................................................................................................101

Anne-Sophie TRAINEAU-DUROZOY
Jonas et le poisson.....................................................................................................................................................................115

Dubravka PRERADOVIĆ
Le culte et l’iconographie de l’archange Michel sur le littoral sud-oriental de l’Adriatique, entre le IXe et le XIe siècle..............129

Javier MARTÍNEZ DE AGUIRRE


Les dangers des vagues : considérations sur un chapiteau de la cathédrale de Jaca.....................................................................145

Andrea PALA
Architecture et sculpture dans la Sardaigne des XIe-XIIe siècles, interactions entre l’île et la terre ferme
dans le cadre de l'art roman dans la Méditerranée occidentale .................................................................................................163
Oriane PILLOIX
Les parties romanes de l’ancienne cathédrale de Saint-Bertrand-de-Comminges.......................................................................179

Pierre GARRIGOU GRANDCHAMP


Demeures de marchands dans les villes côtières de l’Europe méditerranéenne
et les états latins d’Outremer, XIe-XIVe siècles...........................................................................................................................189

Yann CODOU
Saint-Honorat de Lérins, un monastère insulaire : du stéréotype architectural aux spécificités monumentales..........................225

Xavier BARRAL i ALTET


Conclusions..............................................................................................................................................................................239

CHRONIQUE........................................................................................................................................................................249

RÉSUMÉS...............................................................................................................................................................................255
L’art roman et la mer
DEMEURES DE MARCHANDS
DANS LES VILLES CÔTIÈRES
DE L’EUROPE MÉDITERRANÉENNE
ET LES ÉTATS LATINS D’OUTREMER,
XIe-XIVe SIÈCLES

Pierre GARRIGOU GRANDCHAMP


Laboratoire TRACES, Université Toulouse
Société Française d'Archéologie

Où les marchands et leur familia logeaient-ils, quand ils habitaient et exer-


çaient leurs activités dans les villes côtières de l’Europe méditerranéenne et les
états latins du Levant durant « l’époque romane » ? La question est aussi légi-
time qu’elle paraît simple, tant cette classe sociale tenait le premier rang dans
les ports et les villes de l’arrière-pays qui en dépendaient pour une bonne part
de leur activité économique. La réponse est pourtant des plus délicates.
En effet, les constructions civiles des XIe et XIIe siècles ne sont pas légion dans
la plupart de ces agglomérations, quand elles ne sont pas absentes, comme en
Méditerranée orientale. Pour disposer de séries suffisantes et d’exemples bien
conservés, il faut étendre l’enquête et prendre en considération les XIIIe et
XIVe siècles ; le biais ainsi introduit n’a guère de conséquences méthodolo-
giques, car, en dépit de certaines évolutions, les types architecturaux et les
programmes mis en œuvre dans l’habitat témoignent aussi de fortes conti-
nuités. Par ailleurs, dans plusieurs des aires étudiées, et notamment en Italie
et dans le monde byzantin, l’évolution formelle est peu marquée avant le
XVe siècle : en Ligurie comme en Toscane, en Vénétie et en Dalmatie, en
Provence comme en Catalogne, beaucoup des constructions des années 1300
diffèrent assez peu de celles plus vieilles d’un siècle, quoique des pulsions de
style gothique provoquèrent ici et là d’assez brusques évolutions, comme en
Avignon ou à Montpellier.
Une autre difficulté vient de l’absence d’étude d’ensemble sur le phénomène de
l’habitat des marchands et des installations commerciales indigènes. Si, comme
on le verra ci-après, les dispositifs propres à loger l’étranger, les marchands fo-
rains, ont suscité de nombreuses études et de belles synthèses, il n’en va pas de
même pour l’architecture de l’aire aragonaise, du Midi de la France et de l’Italie.

Les Cahiers de Saint-Michel de Cuxa, XLVIII, 2017 Pierre GARRIGOU GRANDCHAMP 189
Seules les colonies franques du Levant ont bénéficié d’une synthèse sur l’habitat
médiéval, qui d’ailleurs ne met pas strictement en exergue les programmes ici
étudiés et laisse trop à l’écart Rhodes1. Quant au monde byzantin, sa situation
est symétrique de celle des terres d’Islam : les vestiges conservés sont quasiment
inexistants et seules les sources pourront apporter des informations.
D’ailleurs, le constat de la carence d’études d’ensemble pose, en amont, la
question de la définition de l’objet. Y a-t-il une maison spécifique du mar-
chand ? Peu de publications abordent la nature du programme, sans doute
par défaut d’informations sur la qualité des constructeurs et des occupants
des édifices, conservés ou dont l’architecture est bien documentée, mais aussi
parce que la recherche récente s’est d’abord – et presque exclusivement – inté-
ressée à la définition de la réalité concrète des édifices (matériaux de construc-
tion, typologie des structures constructives, rapports à l’espace public), en
répugnant à associer des types constructifs et des programmes fonctionnels,
conçus par et pour des catégories sociales données. À cet égard, il est certain
que la doxa qui veut que les espaces intérieurs de la maison médiévale soient
indifférenciés dissuade de pousser l’analyse vers la mise en lumière de pro-
grammes d’habitation spécifiques. Nous verrons néanmoins qu’il est possible
d’apporter quelques lumières sur une façon d’habiter propre aux marchands,
catégorie prise dans un sens large, en englobant petits détaillants, artisans
vendant directement leur production, grands négociants, armateurs, chan-
geurs, etc.
Au total, le recours aux sources écrites est indispensable pour essayer de cerner
l’habitat des marchands durant ce Moyen Âge central. Les développements
qui suivent ont donc recours autant aux exemples d’architecture conservés ou
documentés, qu’aux écrits. Ils s’efforceront de montrer la diversité des types
architecturaux mis en œuvre dans cette vaste aire méditerranéenne, variété née
de la diversité des milieux culturels tout autant que des différences sociales,
mais en évitant de figer les représentations, ce qui ne rendrait pas compte de la
multiplicité des choix possibles. Le marchand n’était-il pas lui-même un être
polymorphe ? Si beaucoup n’étaient que des détaillants affairés sur les mar-
chés locaux, les ports regroupaient néanmoins nombre de lignages adonnés
au grand commerce et mêlant le change, la banque et l’aventure d’Outremer.
Les limites juridiques entre les groupes étaient peu étanches et, notamment
dans les villes italiennes, les couches dirigeantes, que nous appellerons ici
par commodité le patriciat, comptaient des familles issues de l’aristocratie
terrienne et de service, mêlées à des groupes familiaux issus de la « marchan-
dise », tous se lançant à l’occasion dans les mêmes entreprises économiques,
sans dédaigner l’accaparement de terres.
Dernière précaution de ce propos liminaire : la présente contribution vise
seulement à donner un bilan des connaissances et ne saurait, en l’état des
recherches et vu sa modeste ampleur, traiter de façon exhaustive un sujet qui
mériterait une vaste enquête. En conséquence, elle accordera une place très
importante aux références bibliographiques.

Nous traiterons successivement les aires géographiques d’ouest en est, puis


aborderons in fine, de façon synthétique, le cas spécifique de l’accueil des
marchands forains. Le traitement géographique séquentiel a été préféré à une
vision typologique transfrontière, au risque de quelques répétitions quant aux
types architecturaux, mais parce qu’elle permet de mieux caractériser les aires
1. Boas 2010 : l’auteur tente bien d’aborder
culturelles et, en leur sein, de mieux mettre en évidence les particularités de
dans sa typologie la question des maisons de l’habitat dans les grandes métropoles commerciales. De même avons-nous
marchands, mais en traitant moins les programmes
qu’il ne les subordonne à une classification de types
renoncé à traiter le phénomène dans un ordre chronologique, qui eût obligé
architecturaux. à des allers et retours entre les diverses zones.

190 Pierre GARRIGOU GRANDCHAMP Les Cahiers de Saint-Michel de Cuxa, XLVIII, 2017
Quelques considérations sur le commerce local et surtout international
s’imposent en amont de la description du cadre architectural urbain dans
lequel prirent corps ces phénomènes. Nous constatons une unanimité de la
recherche sur l’intensification des échanges commerciaux maritimes et l’in-
tensité effective des rapports, dès avant l’an Mil, entre certains grands pôles
commerciaux de la Méditerranée occidentale, Amalfi, puis Pise notamment,
et l’Afrique du Nord fatimide, l’Égypte et la Syrie. Parallèlement, le dévelop-
pement des échanges commerciaux maritimes en Méditerranée occidentale
eut pour effet un développement très rapide de nombreuses villes portuaires :
un des meilleurs indices du processus est la passation, aux cours des XIIe et
XIIIe siècles, d’une multitude de traités entre places marchandes (Gênes et
Pise d’un côté, Saint-Gilles, Narbonne, Grasse, Nice, Marseille de l’autre).
Le constat des effets de ces mouvements s’effectue tant grâce aux traces qu’ils
ont laissées dans les documents écrits de la pratique, que par la découverte
d’objets importés : à titre d’exemple, citons les bacini intégrés dans les façades
de monuments civils romans en France, de Saint-Antonin-Noble-Val, à Pont-
Saint-Esprit ou à Peille.
Or les modalités de ce commerce répondaient à plusieurs régimes juridiques,
qui n’avaient rien d’uniforme et étaient régis par des règlementations locales,
ce qui n’a d’ailleurs rien de spécifique à l’aire méditerranéenne et caractérise
l’ensemble de la période médiévale. Pour schématiser, on dira que l’exercice
du commerce par les marchands nationaux, dans leur ville, oscillait entre un
régime de pleine liberté (chacun pouvant vendre dans sa demeure) et une
obligation de pratiquer son négoce exclusivement dans des lieux spécifiques
étroitement contrôlés, halles, marchés, entrepôts d’état ou souks – dissociés
des locaux d’habitation ; il va de soi que toutes les situations intermédiaires
existaient, l’obligation de vente centralisée pouvant se limiter à certains biens,
notamment importés. D’emblée se marque ainsi une distinction fondamen-
tale qui affecte la morphologie des demeures des marchands, selon qu’elles
intégraient ou non des espaces de vente, de stockage et de production. Quant
aux marchands étrangers, ils étaient de même soumis à divers régimes, qui
allaient d’une relative liberté d’établissement et de séjour dans les villes loin-
taines, à un confinement dans des espaces prévus pour eux ; cette distinction
recoupe une césure entre Occident et Orient, avec des particularités notables
qui seront évoquées le moment venu.

DE SAINT-GILLES À PALMA DE MAJORQUE : LANGUEDOCIENS


ET CATALANS

Sur les rives occidentales de la Méditerranée, nous choisirons nos exemples


dans cinq villes, Montpellier et Saint-Gilles, Barcelone, Perpignan et Palma
de Majorque, agglomérations de taille et de rayonnement à vrai dire très
inégaux, mais offrant une documentation abondante, tant architecturale,
qu’écrites pour certaines.
Le bourg abbatial de Saint-Gilles, important site de pèlerinage perché sur
une colline qui domine le Gard, était autrefois en contact plus immédiat avec
le grand large. Il fut, durant la première moitié du XIIe siècle, le plus grand
port languedocien, dont les échanges étaient grandement contrôlés par les
Génois2. Les multiples maisons romanes, alignées le long d’un lacis de ruelles
qui découpent des îlots très irréguliers, composent un des corpus d’habitat du
XIIe siècle les plus importants en Europe3. Toutes répondent à une typologie
architecturale de maisons – blocs compactes, parfois très vastes, comptant d’un 2. Gouron 2009, p. 16. Larguier 2009, p. 66-68.
3. Garrigou Grandchamp 2002, p. 100, 107‑108
à deux étages, construites en moyen appareil soigneusement appareillé (ill. 1). et 111.

Les Cahiers de Saint-Michel de Cuxa, XLVIII, 2017 Pierre GARRIGOU GRANDCHAMP 191
Les rez-de-chaussée sont toujours plafonnés et les caves sont rares, quoiqu’il en
existe de très vastes, voûtées sur croisées d’ogives primitives dans l’imposante
maison qui s’élève à l’angle des rues Hoche et Saint-Gilles. Leur programme
se déduit de l’observation de leur morphologie qui oppose un rez-de-chaus-
sée très haut, ajouré de grands percements barlongs, aux puissants linteaux
monolithes (ill. 2), et des étages auxquels sont réservées les fenêtres géminées :
leurs baies sont couvertes soit par des arcs clavés en plein cintre, soit par des
linteaux droits dans lesquels des arcs sont seulement évidés. Le niveau de
plain-pied avec la rue n’était pas affecté au logement, qui bénéficiait de che-
minées et d’autres équipements domestiques dans les étages, mais à toutes
les activités propres à une économie d’échanges, et notamment au négoce.
Celui-ci nécessitait de vastes espaces de stockage, d’où sans doute l’extension
en hauteur de bien des rez-de-chaussée, qui semble parfois démesurée4 (ill. 3).
Ces demeures, quelle que fût leur ampleur, répondaient donc au programme
de la maison polyvalente, regroupant sous un même toit les lieux de l’habi-
tation et du travail, domestique et marchand. Ce programme mixte est le
plus répandu, parmi les bâtiments conservés, dans toutes les villes du Midi
languedocien et provençal, quel que soit le type architectural. Il avait été
abondamment illustré dans une autre communication donnée naguère à
Saint-Michel-de-Cuxa, avec des références à des agglomérations de l’intérieur
des terres : grandes cités comme Nîmes, ou création nouvelle, telle Ville-
franche-de-Conflent, petits bourgs castraux, comme Vézénobres, ou abba-
tiaux comme Lagrasse, Saint-Guilhem-le-Désert et Villemagne-l’Argentière5.
Il est en revanche notable de constater que les liens très étroits qui unissaient
Saint-Gilles et Gênes à l’époque où ces maisons furent bâties n’eurent aucune
influence sur l’art de construire et le répertoire architectural et ornemental de
l’habitat de la ville languedocienne, qui suivit son propre cours, inspiré par la
grande architecture de l’abbaye.

Saint-Gilles présente une homogénéité de partis architecturaux qui ne se


retrouve pas dans la grande métropole commerciale que devint rapidement
Montpellier au tournant des XIIe et XIIIe siècles. La ville n’est pas côtière,
mais la place bénéficiait d’un avant-port à Lattes qui assurait une excellente
fluidité des échanges6. De fait, déjà au milieu du XIIe siècle, elle connaissait
une population mêlée, avec des marchands venant des principales villes mar-
chandes d’Italie, mais aussi de la Méditerranée orientale, afflux bien évoqué
en 1165 par le voyageur Benjamin de Tudèle7. Or, si les demeures polyva-
4. Très vastes rez-de-chaussée, avec percements
hauts de 4,50 à 5 m : « maison romane », rue de la lentes y règnent le long de toutes les rues du centre, elles prennent plusieurs
Maison romane, cad. 74 ; maison à l’angle des rues
Hoche et Saint-Gilles, cad. 1015 et 1017 ; 29bis, rue de
formes qui ont été remarquablement étudiées et décrites par Bernard Sournia
l’Hôtel de ville, cad. 1109 ; 9-13, rue de la Révolution, et Jean-Louis Vayssettes dans leurs nombreuses publications8.
cad. 410-411. Dans les références précédentes et
celles qui suivront la mention « cad. » est l’abréviation Les demeures les plus anciennes repérées en élévation, qui sont contempo-
de « parcelle cadastrale ». raines du passage du rabbi Benjamin, reprennent des dispositions obser-
5. Garrigou Grandchamp 2002.
6. Dans le port de Lattes les fouilles n’ont retrouvé vées à Saint-Gilles : maisons-blocs ou à deux corps, comptant un ou deux
que des vestiges de maisons, sans aucune élévation : étages, bâties en pierre de taille, avec bipartition fonctionnelle des espaces que
C. Landes « Topographie médiévale de Lattes »,
dans Les ports et la navigation 2009, p. 111-112. traduit encore, en façade, la répartition et la spécialisation des baies. Ainsi
7. Voyage de Rabbi Benjamin fils de Jona de
Tudèle, édition J.P. Baratier, Amsterdam, t. 1, 1734,
de la maison romane occupant l’angle de la rue de la Carbonnerie et de la
p. 7 : « C’est un endroit situé à deux milles de la rue Delpech (ill. 4). Son rez-de-chaussée est percé de nombreuses grandes
mer et très avantageux pour le négoce. On y vient
de tous côtés pour commercer. Les chrétiens et les baies à linteaux monolithes facilitant le contact avec la rue. Ces demeures
mahométans s’y rendent d’Algarbe, d’Espagne, romanes se signalent par la qualité de la mise en œuvre de leurs maçonne-
de France, d’Angleterre, appelée le pays des îles,
de la Lombardie, du royaume de Rome la grande, ries et par la sculpture monumentale, à l’intérieur (ainsi des chapiteaux des
de la Grèce, de l’Égypte et de la Palestine ; en un retombées de la voûte du 2, rue de la Carbonnerie), et surtout en façade.
mot, on y trouve des gens de toutes les langues,
principalement des Génois et des Pisans ». La fenêtre ternée, dite trifora par les Italiens, de la maison 4, rue Delpech
8. Sournia et Vayssettes 1991. Compléments
récents : Fabre et Vayssettes 2009 ; Lochard et
en atteste : le raffinement du décor de ses chapiteaux ne le cède en rien aux
Vayssettes 2016. productions religieuses, ni aux sculptures des maisons de Saint-Gilles (ill. 5).

192 Pierre GARRIGOU GRANDCHAMP Les Cahiers de Saint-Michel de Cuxa, XLVIII, 2017
3 - Saint-Gilles (Languedoc) : demeure du
XIIe siècle à l’angle des rues Hoche et Saint-
Gilles, façades avant restauration ; seuls les rez-
de-chaussée sont bien conservés, dont la grande
hauteur se développe jusqu’au cordon d’appui
régnant des fenêtres (cl. PGG).

1 - Saint-Gilles (Languedoc) : demeure de la fin du XIIe siècle, dite « maison romane » : états en 1849
et restauré (Anatole de Baudot, Anatole Perrault-Dabot, Archives de la commission des monuments
historiques..., t. V, 1903, pl. 25).

4 - Montpellier (Languedoc) : maison du


XIIe siècle à l’angle du no 2 rue de la Carbonnerie
(dessin in Sournia et Vayssettes 1991, p. 98).

5 - Montpellier (Languedoc) : maison du


XIIe siècle à l’angle des rues Delpech et de la
Carbonnerie ; la fenêtre illustre le raffinement de
2 - Saint-Gilles (Languedoc) : demeure de la fin du XIIe siècle, dite « maison romane », rez-de-chaussée la sculpture monumentale des maisons romanes
ouvert de hauts percements rectangulaires (cl. PGG).  languedociennes (cl. PGG).

Les Cahiers de Saint-Michel de Cuxa, XLVIII, 2017 Pierre GARRIGOU GRANDCHAMP 193
Ces témoins du haut standard constructif et esthétique atteint par l’architec-
ture des demeures des marchands montpelliérains entre le milieu et la fin du
XIIe siècle est la preuve manifeste de l’opulence régnant déjà dans la ville, à la
veille de la grande expansion du XIIIe siècle.
Cependant les maisons des grandes familles patriciennes répondaient à un
autre parti qui est parfaitement illustré par le grand ostal des Carcassonne sis
3, rue de la Vieille (ill. 6 et 7). Occupant une grande parcelle d’angle per-
mettant de déployer trois ailes en U autour d’une cour, l’hôtel comptait deux
étages au-dessus d’un rez-de-chaussée de plain-pied avec la rue et n’avait pas
de caves – comme presque partout à Montpellier9. Une petite place, dite lo-
calement « plan », offrait une courte perspective, ménageant néanmoins la
possibilité d’un effet : le constructeur la saisit pour développer sur l’angle
une haute tour carrée. Le rez-de-chaussée était percé de multiples portes,
6 - Montpellier (Languedoc) : hôtel des d’ampleur médiocre, tandis qu’à l’extrémité de la grande façade ouvrait un
Carcassonne, 3, rue de la Vieille, fin du
XIIIe siècle ; restitution des élévations
majestueux portail donnant sur une vaste allée voûtée. Il menait à un autre
extérieures : tour d’angle, salle au 1er étage, entrée espace voûté, ouvert sur la cour : c’était la loge, sorte de loggia de plain-pied,
à l’extrême droite, au-delà des portes de magasins d’où le visiteur admis dans l’intimité du logis pouvait pénétrer dans la cour,
(dessin in Sournia et Vayssettes 1991, p. 86).
en tournant de 90o à main gauche ; alors se révélait à lui le grand degré droit,
escalier extérieur montant d’une volée vers le premier étage et aboutissant à la
salle. Le parcours, ritualisé, répondait à une sorte de « liturgie de l’accès à la
demeure », à travers des espaces à l’architecture particulièrement soignée, puis
un retournement dans la progression qui ne faisait distinguer le point d’orgue
de l’escalier qu’à mi-chemin et dans un nouvel axe visuel.
Les choix architecturaux visaient à produire un triple effet, de grandeur ma-
jestueuse à l’extérieur (rôle de la tour), de théâtralisation dans la mise en scène
des accès, mais aussi de somptuosité à l’intérieur, par le truchement du décor
raffiné des clefs de voûte et des peintures des plafonds et des murs. Ils cher-
chaient ostensiblement à exprimer le rang et la richesse du lignage marchand,
tout en répondant aux nécessités des activités commerciales.
Les recherches les plus récentes sur la nature de l’économie montpelliéraine,
celles d’André Gouron et de Kathryn Reyerson en particulier, insistent en effet
sur l’originalité de son commerce : il n’était pas dirigé par des armateurs et
7 - Montpellier (Languedoc) : hôtel des ne s’appuyait que partiellement sur les productions locales ; il était avant tout
Carcassonne, 3, rue de la Vieille, fin du
XIIIe siècle ; restitution des élévations sur cour : fondé sur les échanges et leur financement, grâce aux énormes flux financiers
entrée B, loge C, escalier droit dans la cour favorisés par la création monétaire de Melgueil ; Montpellier fonctionnait donc,
menant à la salle E au 1er étage (dessin in Sournia durant le XIIIe siècle et la première moitié du XIVe, comme un immense entre-
et Vayssettes 1991, p. 76).
pôt d’import-export, qui en faisait la plaque tournante entre le monde méditer-
ranéen, Afrique du Nord incluse, et l’Europe du Nord et de l’Ouest10.
Cette activité eut une influence directe sur la morphologie des demeures des
grands marchands : de fait, l’agencement des percements du rez-de-chaussée de
l’ostal des Carcassonne ne témoignait aucunement de la volonté d’aménager
dans le rez-de-chaussée un maximum de points d’échanges et de multiplier les
boutiques ; les petites portes, une par travée voûtée, qui y tenaient le premier
rang plutôt que les vastes arcades habituelles, ouvraient vers des magasins entre-
pôts où le négociant mettait à l’abri les marchandises débarquées à Lattes ou en
partance pour ce port11. Les fonctions étaient donc ici de stockage et, éventuelle-
ment de montre des biens à vendre aux clients ou à des intermédiaires, à l’instar
des vastes salles voûtées souterraines des maisons de Provins, qui n’étaient pas des
boutiques, mais chacune, à elle seule, une sorte de halle marchande.
9. Fabre et Vayssettes 2009, p. 92-93. L’immeuble situé 2, rue Pétrarque en offre un autre exemple qui, à partir de la
10. Gouron 2009, p. 16. Reyerson 2009, p. 22-23. réunion de plusieurs propriétés, aboutit à la constitution d’un ensemble d’en-
Larguier 2009, p. 65-69. Plus généralement :
K. Reyerson, The Art of Deal : Intermediaries of trepôts de très vastes dimensions, tous couverts de voûtes sur croisées d’ogives,
Trade in Medieval Montpellier, Leiden, Brill, 2002.
11. Analyse développée dans Fabre et
mettant à l’abri du feu les marchandises de valeur en attente de négoce (ill. 8).
Vayssettes 2009, p. 92. Cette omniprésence des voûtes est caractéristique de Montpellier et singularise

194 Pierre GARRIGOU GRANDCHAMP Les Cahiers de Saint-Michel de Cuxa, XLVIII, 2017
9 - Montpellier (Languedoc) : 4, rue du
Chapeau Rouge, maisons jumelles fin XIIe-début
8 - Montpellier (Languedoc) : 2, place Pétrarque ; plans des rez-de-chaussée de maisons du XIIIe siècle, XIIIe siècle (dessin in A. Mélissinos, G. Séraphin,
remembrées pour constituer un hôtel à la fin du XIVe siècle ; entrées A, loges B, cours C, étages Montpellier, Rapport du PSMV, Topographie
nobles D, combles avec bâtardes E ; axonométrie de la maison de droite (dessin in Sournia et historique, 2013, p. 126).
Vayssettes 1991, p. 66).

10 - Montpellier (Languedoc) : rue de l’Ancienne Corraterie, série de petites maisons mitoyennes


(cl. PGG).

cette place dans l’aire méditerranéenne. Elle ne trouve de points de comparaison


qu’à Saint-Jean-d’Acre et à Provins, grande ville de foire dont quasiment toutes
les maisons connues, plus de 120 à ce jour, comportent un niveau voûté12. On
ne saurait surévaluer à cet égard l’originalité de Montpellier parmi les grandes
places marchandes du littoral  : « aucune ville du Languedoc méditerranéen
n’offre une telle concentration de demeures de cette qualité »13.
On ne peut achever le portrait de la grande ville sans évoquer des maisons
moins ambitieuses, tout en restant des constructions maçonnées de bonne
facture. Les plus intéressantes pour notre propos sont des demeures conçues
vraisemblablement pour des gens appartenant à des couches sociales plus
modestes, mais participants pleinement à la vie de la ville, en tant qu’arti-
sans, marchands détaillants, courtiers ou transporteurs. Il s’en trouve dès le
XIIe siècle, qui présentaient le parti de maisons doubles, avec logis jumeaux
disposés de façon symétrique : ainsi des petites maisons 4, rue du Chapeau 12. Ol. Deforge, P. Garrigou Grandchamp,
« Provins, maisons médiévales (XIIe-XIVe siècles). État
Rouge (ill. 9). Au siècle suivant appartient l’étonnante série de logis mo- des connaissances », Congrès archéologique de
France, 174e session, Seine-et-Marne, 2008-2014,
destes accolés de la rue de l’Ancienne Corraterie dont les rez-de-chaussée très p. 323-348.
bien conservés juxtaposent des suites de couples porte - arcade (ill. 10). 13. Fabre et Vayssettes 2009, p. 92.

Les Cahiers de Saint-Michel de Cuxa, XLVIII, 2017 Pierre GARRIGOU GRANDCHAMP 195
11 - Barcelone (Catalogne) : casa dels Marc, début du XIVe siècle ; façade arrière bâtie sur la muraille
romaine, entre deux tours ; à l’étage, vestiges des fenêtres triples du logis, en rouge, couronnée par la
galerie, contemporaine, dite solana (dessin in Riu-Barrera 2006).

L’aire catalane rassemble la deuxième constellation de grandes places commer-


ciales maritimes, Barcelone, Palma de Majorque et Perpignan. Elles ne se sont
pas développées simultanément14. La première, d’origine romaine, connut une
forte impulsion dès le XIe siècle15 et fut la seule ville catalane à pratiquer un im-
portant commerce extérieur dès la deuxième moitié du XIIe siècle, d’abord avec
les ports languedociens et provençaux, ainsi qu’avec Gênes, Pise et Palerme :
le visiteur Benjamin de Tudèle y rencontra Grecs, Pisans et Génois. À partir
du XIIIe siècle elle s’avéra une place maritime de premier ordre, adonnée au
grand commerce avec l’Afrique du Nord, la Syrie et l’Égypte. Perpignan, ville
de fondation récente, ne se développa vraiment qu’après l’an Mil et dépendait
pour ses opérations maritimes du port de Collioure, distant de 30 km ; son
grand essor, fondé sur la production de draps de grande qualité, date de la fin
du XIIIe siècle. Quant à Palma, longtemps aux mains des royaumes maures, son
âge d’or commença dans la deuxième moitié de ce siècle, après sa reconquête
14. On ne saurait détailler ici la nature de leurs
activités commerciales. Abondante bibliographie et par le roi d’Aragon en 1229 ; elle devint alors une base capitale pour les flottes
synthèse récente : M.‑T. Ferrer, « Catalan commerce cinglant vers la Sicile, l’Afrique du Nord et le Levant. La coopération entre les
in the late Middle Age », Catalan historical review,
2012, p. 29-65. classes marchandes de ces villes fut en général la règle : ainsi les Barcelonais
15. Bilan récent sur la croissance urbaine de mettaient-ils à la disposition des Perpignanais leur réseau de consulats et de
Barcelone pendant la période considérée : P. Banks,
« El creixement físic de Barcelona, segles X-XIII », fondouks à travers la Méditerranée. Barcelone était la tête d’un réseau qui inclut
Barcelona Quaderns d’ Historia, t. 8, 2003, p. 11-33.
16. Puig i Cadafalch et alii 1918. Filangieri di Candida
par la suite Valence, ville qui ne conserve malheureusement guère de témoins
et alii 1935. architecturaux consistants avant la fin du XIVe siècle.
17. Synthèses archéologiques sur les maisons
de Barcelone : Caballé et Gonzalez 2003,
Gonzalez 2003 et Riu-Barrera 2003. Pour Palma : L’habitat des trois villes présente des traits communs, mais la même déficience
Barcelo Crespi et Rossello Bordoy 2009.
18. Synthèses sur les maisons de Barcelone à partir de vue d’ensemble : il n’y a rien de disponible, notamment sur Barcelone, qui
des sources : Batlle i Gallart 1983, 1985 et 2004. ressemble au livre fondateur de Bernard Sournia et Jean-Louis Vayssettes sur
Monographies : C. Batlle i Gallart, « La familia i la
casa d’un draper de Barcelona, Burget de Banyeres Montpellier. Pour les monuments les plus anciens il faut toujours se référer à la
(primeira meitat del segle XIII) », Acta/Mediaevalia,
t. 2, 1981, p. 69-91 ; ead., « La casa barcelonina en
synthèse publiée en 1918 sous la direction de Josep Puig i Cadafalch, complétée
el segle XIII : l’exemple de la familia Durfort », La par un livre collectif en 193516. On doit donc se contenter de monographies,
ciudad hispanica de los siglos XIII al XVI, t. 2, Madrid,
1985, p. 1347‑1360 ; ead., « La casa i els béns de éparses et d’un accès difficile, et de courts articles présentant les caractères géné-
Bernat Durfort, ciutadà de Barcelona, a la fi del raux de l’habitat, heureusement devenus plus nombreux depuis une décennie17.
segle XIII », Acta/Mediaevalia, t. 9, 1988, p. 9-51 ;
ead., « La familia i els bens de Pere Mari, escrivà de Jusqu’alors il fallait compter essentiellement avec les contributions de Carme
la reina Constança vers 1300 », Acta/Mediaevalia, Batlle i Gallart, riches en informations, mais essentiellement fondées sur les
t. 14-15, 1993-1994, p. 243-258 ; ead., « Berenguer
de Montcada († 1268), un català a la cort del rei de sources écrites18 ; aussi l’auteur déplorait-il, en 2004, que l’on ignore « ... pra-
Castella, i la sueva familia », Acta Mediaevalia, t. 23,
2003, p. 131-153.
tiquement la situation, la construction, le style [...] et les caractéristiques exté-
19. Batlle i Gallart 2004, p. 61. rieures et intérieures » des demeures de tous les acteurs de la vie économique19.

196 Pierre GARRIGOU GRANDCHAMP Les Cahiers de Saint-Michel de Cuxa, XLVIII, 2017
C’est un peu moins vrai depuis que se sont multipliées les études d’archéo-
logie monumentale, dont certaines proposent des restitutions des édifices,
bienvenues tant les transformations ont été nombreuses à Barcelone au
cours des siècles, et lourdes les restaurations conduites à la fin du XIXe et
au début du XXe siècle20 : les forgeries sont en effet innombrables dans le
Barrio Gotico et incitent à la plus grande prudence21. C’est au point qu’il ne
se trouve pas une demeure qui conserve à la fois toutes les dispositions de
ses façades et de sa distribution. Aussi la prise en compte d’exemples pris à
Palma et à Perpignan viendra-t-elle heureusement compléter ce tableau de
l’habitat catalan.
Les demeures barcelonaises les plus anciennes, conservées dans la ville en-
close par les murailles romaines, sont des corps de logis unique, des sortes
de maisons-blocs. Une des mieux étudiées, la casa dels Marc, s’adosse à
l’angle sud-est de l’enceinte romaine, près de la Porte de la Mer22. Elle
comportait deux grands corps de logis de plan rectangulaire, construits
simultanément, mais ne formant vraisemblablement pas une unité. Le
lignage avait annexé un segment de la muraille et deux tours (les nos 35 12 - Barcelone (Catalogne) : casa dels Marc,
et 36) (ill. 11). Du corps de logis oriental, perpendiculaire à la tour 35, fut début du XIVe siècle ; restitution vue du côté
cour, avec plan du rez-de-chaussée et coupe
reconnue une haute salle sise à l’étage et décorée de peintures murales avec transversale (dessin in Riu-Barrera 2006).
l’écu des Marc. Le deuxième corps était adossé à l’enceinte, entre les deux
tours. Il s’ajourait de grandes fenêtres triples tant vers l’extérieur, au-dessus
du mur, que vers l’intérieur, au-dessus d’un portique (ill. 12). L’étage était
divisé en une grande salle, très haute sous plafond (6,50 m), complétée à
l’extrémité ouest par un espace autonome (une chambre ?) à l’aplomb de la
tour, dont l’intérieur communiquait par une porte avec la salle. Plus éton-
nant était le rez-de-chaussée, ouvert sur l’espace public par un portique de
quatre grands arcs ; ses murs, son plafond et les consoles qui le supportaient
étaient peints, avec les armes alternées de la maison de Barcelone et celles
des Marc. Un escalier droit adossé au mur pignon est, mi en bois, mi-
aménagé dans l’épaisseur de la muraille, reliait ce niveau et l’étage. Autre
particularité de ces logis, un dernier niveau, sous le toit, ajouré sur les deux
longs côtés par des galeries (solana). Pas de patio donc dans cette demeure
patricienne du tout début du XIVe siècle, mais un plan de masse compact,
à « salle et tour ». 20. Caballé et Gonzalez 2003, p. 86 : la synthèse
La majorité des auteurs estime actuellement que c’est là le type originel des réalisée par ces auteurs s’appuie sur les observations
rassemblées à l’occasion de travaux sur près de mille
grandes demeures et que la maison à patio, longtemps présentée comme l’ar- bâtiments.
chétype de la maison catalane23, ne fut ni majoritaire, ni présente aux débuts 21. Agustín Cócola Gant, « El Barrio Gotico de
Barcelona. De Simbolo nacional a parque tématico »,
de l’urbanisation24. Pour certains le palais (palau) à cour centrale serait le Scripta Nova, Rivista electronica, Universidad de
Barcelona, vol. XV, no 371, 2011.
fruit, tardif, de la transposition du mas rural non fortifié, à l’occasion de 22. Riu-Barrera 2003 et 2006.
l’implantation de lignages nobles à Barcelone au cours du XIVe siècle25. La 23. Cf. notamment Filangieri di Candida et alii 1935,
p. 99-105.
plupart des maisons à patio présentent d’ailleurs des plans irréguliers qui 24. Riu-Barrera 2006, p. 17-20.
attestent de leur constitution en plusieurs phases26 : on distingue souvent 25. Guia de Arquitectura de Barcelona 1990, p. 81.
26. Mécanisme bien expliqué dans Batlle i Gallart 1985
un premier noyau, tel celui du palais Aguilar (Musée Picasso), dont le cœur p. 39-40, Caballé et Gonzalez 2003, p. 90-91 et Riu-
est formé par une salle avec tour. Eduard Riu-Barrera soutient avec vigueur Barrera 2006, p. 139-141.
27. Les études sur Tarrega et ses palais Floresta et
cette thèse et l’illustre par les exemples d’autres logis de Barcelone adossés à Sobies sont rares : A. Graus Mateu, « Aportacio
historica relativa a dos edifis emblematics de la ciutat
la muraille (aile romane du palais épiscopal, casa de l’Ardiaca) et de maisons de Tàrrega », URTX - Revista cultural de l’ Urgell,
de Gérone (Fontana d’Or), de Tarrega (palais de Floresta)27 et de Cardona 2001, p. 117-133. M. Mateu i Argelich, « Dels Ardèvol
als Sobies », URTX - Revista cultural de l’ Urgell,
(casa Aguilar)28. On ne tranchera ici ni sur l’origine rurale – qui nous semble 2007, p. 45-83.
néanmoins douteuse –, ni sur la date d’apparition du plan de masse à cour 28. A. Galera Pedrossa, « Les pintures murals de
la Casa Graells », Dovella, 16, 2000, p. 15-26.
centrale. Sans nier le phénomène progressif mis en évidence dans des édi- E. Riu-Barrera, « El casal del carrer de Graells de
fices barcelonais, on doit néanmoins souligner l’importance des demeures à Cardona », L’art gotic a Catalunya 2003, p. 159.
29. Puig i Cadafalch et alii 1918, p. 586 (plan de la
cour bordée de galeries continues, dès le XIIe siècle à Besalu (casa Cornella- Paheria, insigne monument lourdement restauré au
début du XXe siècle et pour lequel on ne dispose pas
Llaudes), et au début du XIIIe, si l’on en croit Josep Puig i Cadafalch, à Lérida d’une monographie archéologique) et p. 583 (Casal
(Paheria) et à Villanova i La Geltru (Casal de La Geltru)29. de La Geltru).

Les Cahiers de Saint-Michel de Cuxa, XLVIII, 2017 Pierre GARRIGOU GRANDCHAMP 197
13 - Barcelone (Catalogne) : palais 33-39, carrer
dels Carders, restitution de l’état du XIIIe siècle ;
depuis la cour l’escalier extérieur mène dans
un vestibule loge, ajouré d’arcades (dessin in
Fr. Caballé, R. Gonzalez et N. Nolasco, 2002). 14 - Barcelone (Catalogne) : segment de la muraille romaine, 15 - Barcelone (Catalogne) : 4, carrer
avec avant-corps porté par un arc, intercalé entre deux tours et de les Basses de Sant-Pere, logis avec
percé de fenêtres romanes et gothiques (cl. PGG). tour d’angle du XIVe siècle (cl. PGG).

Une caractéristique marquante de toutes les constructions est la présence systé-


matique d’arcs dans les murs de refend, murés quand ils séparaient des propriétés
différentes, ou ouverts, pour aménager de vastes espaces unitaires, par exemple
au rez-de-chaussée de la maison. Ils pouvaient également faciliter la réunion de
différentes unités constructives, le simple démontage de la cloison qui les fermait
réunissant des pièces initialement séparées. La construction catalane en tirait une
grande plasticité30. On soulignera d’ailleurs que ce trait se retrouve dans bien des
demeures languedociennes, telles celles de l’îlot faisant l’angle de la rue Saint-
Jacques et de la rue des Anciennes arènes à Béziers31. La maison barcelonaise du
carrer dels Carders 33-37 en donne un exemple récemment étudié32. Les arcs
sont clos dans le mur qui sépare la demeure de sa voisine (à gauche sur le dessin)
(ill. 13). L’édifice est en outre un des exemples les plus précoces de maison à patio
– encore incomplet – constitué par deux corps disposés en L, sur la rue et vers
l’intérieur de la parcelle, avec escalier desservant l’étage logé à leur intersection.
Il aboutit à un vestibule ouvert par deux grands arcs, dit loge (llotja), ici encore
aménagée dans œuvre. Le dernier niveau est déjà complètement ajouré de gale-
ries sur piliers portant la toiture, dites solana.
Les lignages barcelonais aisés considéraient que la présence d’une tour était
nécessaire à la majesté de leurs demeures et à l’affirmation de leur rang. Les
tours et les murailles de l’enceinte romaine furent ainsi des sites d’implantation
prisés, autant pour la sécurité qu’elles apportaient que par le prestige de l’ins-
cription matérielle du lignage dans des monuments vénérables. Les exemples
de fenêtres romanes percées dans ces murs ou dans des extensions insérées entre
deux tours sont encore légion (ill. 14). Par ailleurs, les attestations de tours sont
nombreuses dans les sources, dès le XIIe siècle33, puis au siècle suivant : ainsi
celles des maisons des Blanes (en 1231 elle en compte deux), des Grony et de
30. Caballé et Gonzalez 2003, p. 93.
Gonzalez 2003, p. 152 : ce système constructif est Marti de Montcada. Les logis qui n’avaient pu annexer une tour de l’enceinte,
attesté matériellement au moins depuis le milieu du ou qui étaient situés dans les quartiers hors ces murs, n’en conserveront pas
XIIIe siècle.
31. Ol. Ginouvez, Cl.-A. de Chazelles, G. Colomer, moins jusqu’à la fin du Moyen Âge des simulacres de tours, consistant en simple
H. Gazzal, « Maisons médiévales sur le site de
l’amphithéâtre antique de Béziers (Hérault) »,
surélévation de parties de l’enveloppe, dans les angles (ill. 15).
Archéologie du Midi médiéval, t. 26, 2008, La demeure à patio trouve une illustration très parlante à Perpignan, avec la casa
p. 167‑197, ici p. 184 sq.
32. Fr. Caballé, R. Gonzalez, N. Nolasco, Valoració Julia. Sandrine Conan consacra naguère une très bonne monographie à cette
patrimonial i lectura estructural i de paraments dels demeure, qu’elle date avec prudence dans une fourchette large, entre la fin du
interiors de les finques núm. 33, 35, 37, 39, i 41 del
carrer Carders, Barcelone, 2002 (inédit). XIIIe siècle et le XIVe siècle34. Elle a établi l’emprise de l’édifice médiéval, qui
33. Batlle i Gallart 1985, p. 40 et note 19 : actes comptait deux corps, encadrant la célèbre cour : le corps A, en forme de L, au
de 1188 et 1193.
34. S. Conan, « La casa Julia à Perpignan : un nord et à l’ouest, et le corps B à l’est, réunis par une galerie sur arcs au sud (ill. 16a,
exemple de demeure patricienne, XIVe-XVe siècles »,
Mémoires de la Société archéologique du Midi de la
b, c). Tous les autres corps sont postérieurs ou n’appartiennent pas à la même uni-
France, t. LXIV, 2004, p. 109-133. té architecturale. Le patio y apparaît clairement comme l’espace de distribution

198 Pierre GARRIGOU GRANDCHAMP Les Cahiers de Saint-Michel de Cuxa, XLVIII, 2017
a b c

16 - Perpignan (Roussillon) : maison Julia, exemple de demeure du XIVe siècle à patio avec galeries ; plans ; a : rez-de-chaussée ; b : 1er étage ; c : 2e étage. Les
parties médiévales sont en noir (dessins in Conan 2004).

17 - Perpignan (Roussillon) : maison Julia, demeure du XIVe siècle ; 18 - Palma de Majorque (Baléares) : casa Bonapart, XIVe siècle, détruite ; façade
détail d’une galerie du patio (cl. PGG). (élévation, coupe, détails des fenêtres), console portant l’escalier et détail du plafond
/ artesonado (dessins in Estada 1888).

central, permettant la desserte indépendante des pièces, accueillant les fonctions


ancillaires au rez-de-chaussée, et destinées à la vie sociale et privée aux étages. En
cela la cour centrale médiévale se démarque fondamentalement des cours des
villas antiques et aussi des maisons des contrées musulmanes, entourées de corps
principalement de plain-pied, sans étage. Ce constat, affirmé avec force dans les
dernières synthèses, n’est pas superflu tant la tentation d’établir des continuités ou
des influences est récurrente, mais fallacieuse : des formes architecturales, même
proches, ne suffisent pas à éclairer sur les usages sociaux35. La salle perpignanaise,
de dimensions considérables (5,30x19 m, pour une hauteur de 6,35 m) est flan-
quée par une vaste « grande chambre ». Pour être avant tout dévolues aux circula-
tions, les galeries n’en ont pas moins reçu une décoration soignée (ill. 17). Toutes
les pièces étaient couvertes de plafonds, peints, eux aussi décorés avec recherche36.
On notera enfin que la silhouette de la maison Julia se distingue par une tour,
implantée à l’angle du L formé par le corps A : « elle ne se dessine pas depuis le
sol, [... mais] ne s’individualise du corps de bâtiment qu’en partie haute »37, tels
les simulacres de tours évoqués à Barcelone.
19 - Palma de Majorque (Baléares) : casa calle de
Les demeures de Palma conservent beaucoup d’éléments médiévaux, mais il y la Conception XIIIe-XIVe siècle, détruite (dessin
a peu d’ensembles antérieurs au XVe siècle. Le magnifique exemple de la casa in Salvator, Die Balearen, 1897, p. 418).
Bonapart, malheureusement détruite, nous est heureusement connu par des re-
35. Riu-Barrera 2003, p. 146 et 2006, p. 19.
levés38 (ill. 18) : ils livrent l’image d’une haute demeure du début du XIVe siècle 36. Conan 2004, p. 128-133 : documentation sur le
dont la façade à deux étages s’ajourait de quatre paires de trifore aux colonnettes décor peint et sculpté.
37. Conan 2004 p. 116 et 126.
très raffinées ; à l’intérieur subsistait un de ces remarquables artesonados, pla- 38. E. Estada, « Casa antigua de Palma de Mallorca,
fonds peints à caissons qui rappellent ceux des hôtels Carcassonne et de Mir- llamada de los Bonaparte », Bolleti de la Societat
Arqueologica Luliana, 1888, p. 259-262 et pl.
man à Montpellier. Quelques dessins parus dans l’ouvrage de Ludwig Salvator, 39. L. Salvator, Die Balearen geschildert in
Wort und Bild, Würzburg & Leipzig, 1897,
archiduc d’Autriche et prince de Toscane, complètent cette précieuse documen- p. 385‑386 (fenêtres), 398 (casa Sureda), 418 (calle
tation, en offrant le souvenir de belles façades ajourées de trifore39 (ill. 19). de la Concepcion) et 419 (casa Burgues, trifora).

Les Cahiers de Saint-Michel de Cuxa, XLVIII, 2017 Pierre GARRIGOU GRANDCHAMP 199
20 - Banyoles (Catalogne) : îlot de maisons des XIIIe-XIVe siècles ; plans des rez-de-chaussée et
restitution de la partie antérieure de la casa Fornells en axonométrie (dessins in Moner Codina 2003).

Quant à la distribution des logis, les sources écrites donnent des demeures de
Palma la même image que de celles de Barcelone, que l’on retrouve également
à Perpignan40. Les rez-de-chaussée des maisons à patio regroupent magasins,
botiga et obrador, grenier et écuries, accessibles depuis la rue. À l’étage sont
installés les services de bouche (cuisines et autres pièces, dont le pastador) et
surtout la salle, cœur du logis, et les chambres, puis les espaces professionnels,
souvent en entresol, l’étude (servant aussi de magasin) et le scriptorium. Enfin
le rôle domestique des terrasses ne doit pas être sous-estimé. Il faut souligner
le développement des pièces à usage professionnel, séparées des magasins, qui
marque chez les marchands une autre conscience de leur état et une haute
idée des exigences de leur négoce41.
Il faut bien avouer que cette distribution ne se distingue que difficilement
dans les édifices conservés, avant le XVe siècle, d’où l’intérêt de la maison
Julia, d’un siècle plus jeune. On note aussi que ces maisons ne disposent pas
de cave, comme à Montpellier, mais, à la différence de celle-ci, les entrepôts et
les magasins des rez-de-chaussée étant plafonnés et non pas voûtés, ces locaux
n’étaient pas aussi bien à l’abri du feu en pays catalan que dans la grande ville
languedocienne. Notables sont aussi les différences des patios catalans et des
cours centrales montpelliéraines. Dans ces dernières, la cour fait l’objet d’un
investissement esthétique moindre : si les passages et les loges sont traités avec
soin, les somptueuses galeries architecturées en sont absentes. Il est vrai que
les patios les plus remarquables appartiennent à la fin du Moyen Âge et que
leur prise en compte n’est pas de mise ici.
Au total, bien que Palma et Perpignan aient, avec Montpellier, appartenu
de 1276 à la fin des années 1340 à la même entité politique, dite « royaume
de Majorque », il n’y a que peu de points communs dans le vocabulaire et
les partis architecturaux de leurs demeures. C’est que, en dépit du poids des
40. Palma : Barcelo Crespi et Rossello
Bordoy 2009, p. 54 à 58 (rez-de-chaussée), élites dans leur mise au point, les aires culturelles ont manifestement d’autres
74‑84 (étages), 88 (terrasses) et 93 (tours). fondements que les seules limites territoriales, éminemment variables.
Barcelone : avant tout Batlle i Gallart 1985,
p. 39-43. Marchands de moindre envergure et artisans prenant part au négoce habitaient
41. C. Carrère, « La vie privée du marchand
barcelonais dans la première moitié du XVe siècle »,
des maisons plus modestes. Barcelone n’en a pas conservé de la période consi-
Anuario de estudios medievales, 3, 1966, p. 277 : dérée et il faut se tourner vers des villes de ses environs et vers Perpignan pour
l’auteur note « l’aménagement d’un scriptori
confortable doté de grandes possibilités de en étudier des exemplaires. À Banyoles a été récemment étudié tout un îlot, qui
rangement [...] et le goût nouveau pour un éclairage rend compte du faciès de ces tissus urbains composés de maisons blocs jointives
abondant ». J. Aurell, « Merchants’ attitudes to work
in the Barcelona of the later Middle Ages... », Journal et mitoyennes, de faible largeur sur rue et développées en profondeur42. En son
of Medieval History, t. 27, 2001, p. 201-204 : le sein, la casa Fornells a conservé sa structure : au rez-de-chaussée, si la façade est
terme d’étude (scriptori) apparaît au XIIIe siècle, mais
désigne d’abord plutôt un meuble, et une pièce percée de plusieurs arcades, le refend est complètement ajouré par de grands
seulement au siècle suivant.
42. J. Moner Codina, « Les cases de Banyoles »,
arcs qui unifient l’espace (ill. 20). Tous les niveaux sont plafonnés et l’absence
dans L’Art gotic a Catalunya 2003, p. 156-158. de toute voûte, comme de cave, est notable. Au dernier étage règne la solana,

200 Pierre GARRIGOU GRANDCHAMP Les Cahiers de Saint-Michel de Cuxa, XLVIII, 2017
21 - Perpignan (Roussillon) : lotissement des XIIIe-XIVe siècle, rue de l’Anguille ; restitution
hypothétique des maisons médiévales en terre (dessins in Guyonnet 2005).

elle aussi unifiée à travers le large arc diaphragme qui porte le faîtage.
À Perpignan des maisons encore plus modestes composaient les faubourgs
rapidement urbanisés dans les années 1300. Les recherches de François
Guyonnet ont révélé leur structure et leur matériau de construction, la terre
crue et le bois (ill. 21)43. Elles étaient mitoyennes et les longs îlots divisés
longitudinalement en deux rives de petites maisons érigées dos à dos, de part
et d’autre d’un épais mur ; la surface du logement, au-dessus de la boutique
– ouvroir, était réduite et leurs combles n’étaient pas ouverts. Au sein des villes
catalanes il semble que les maisons à couvert aient été rares44. Dans la rue
des Marchands, à Perpignan, plusieurs bâtiments en présentent une version
à façades en pans de bois, en encorbellement sur de très beaux piliers ou des
colonnes en pierre aux chapiteaux portant un décor de feuilles, d’aigles45, etc.

Il aurait fallu envisager bien d’autres places marchandes, dans le Golfe du


Lion et en Provence, qui furent importantes, mais soit il ne s’y conserve plus
aucune (Marseille) ou guère (Nice) de demeure de marchand, soit on ne dis-
pose d’aucune étude archéologique des monuments conservés, comme à Nar-
bonne, qui fut pourtant une place de premier ordre46.

LES GRANDS PÔLES ITALIENS


43. Fr. Guyonnet, « Les maisons de terre de la rue
de l’Anguille à Perpignan : du lotissement médiéval
L’Italie renferme les places les plus précocement et les plus intensément au secteur sauvegardé », dans Roches ornées,
roches dressées, Perpignan, Presses Universitaires,
impliquées dans les échanges commerciaux maritimes en Méditerranée, et 2005, p. 497-512 ; id., « L’habitat médiéval dans
elles sont très nombreuses. Aussi a-t-il fallu faire un choix qui reflète, dans le le quartier Saint-Jacques : l’exemple du lotissement
et des maisons en terre de la rue de l’Anguille »,
temps, la diversité des solutions retenues pour l’habitat des marchands. Nous dans Un palais dans la ville, II, Perpignan des rois de
évoquerons, trop rapidement, d’abord la façade occidentale, avec Amalfi, puis Majorque, 2014, p. 231-245.
44. Batlle i Gallart 1985, p. 41, en recense quelques
Gênes et Pise, pour signaler ensuite le rôle de Palerme et traiter enfin du cas exemples.
45. Ol. Poisson, « L’architecture civile à Perpignan
paradigmatique de Venise. à l’époque de la construction du château royal »,
dans Un palais dans la ville, II, Perpignan des rois de
Majorque, Perpignan, 2014, p. 87-103 (ici p. 101-102).
Amalfi, connue comme cité et évêché en 596, était alors un avant-poste 46. Larguier 2009, p. 63-76.
byzantin fortifié. Ses habitants s’adonnèrent très tôt à la navigation et 47. La bibliographie sur Amalfi est immense. En
relation avec son urbanisme et l’architecture :
figurent parmi les précurseurs de la grande reprise du commerce mari- G. Gargano, La città daventi al mare : aree urbane e
time. Avec les Vénitiens, les Amalfitains dominèrent jusque vers la fin storia sommerse di Amalfi nel medioevo, Amalfi 1992
et Gargano 2005 et 2014. Caskey 2004 pour tout
du XIe siècle les échanges entre l’Italie et Constantinople. L’autonomie le territoire amalfitain. M. Russo, « Domus medievali
in Costa d’Amalfi attraverso scritture notarili di età
communale, entre les IXe et XIIe siècles, vit l’apogée d’une des premières moderna », dans El. De Mincis (dir.), Case et torri
républiques maritimes, la conquête normande précipitant son déclin47. medievali, t. IV, Rome, 2014, p. 61-79.

Les Cahiers de Saint-Michel de Cuxa, XLVIII, 2017 Pierre GARRIGOU GRANDCHAMP 201
22 - Amalfi (Campanie) : rione Vagliendola, domus Lampione, 23 - Amalfi (Campanie) : rione 24 - Ravello (Campanie) : villa Rufolo,
XIIe siècle, coupe longitudinale montrant la profondeur du bâti, Vagliendola, domus Lampione, XIIe siècle, XIIIe siècle, cortile central ; la galerie de
la forte déclivité du terrain et l’exiguïté du cortile central autour cortile central autour duquel s’enroule l’étage, aux arcs entrelacés, est un des plus
duquel s’enroule l’escalier (dessin in Jinnai et Russo 2011). l’escalier ; noter les colonnes romanes beaux exemples d’appareil polychrome, dit
supports d’arcs, maintenant empâtés dans tarsie (dessin in Schultz 1860, pl. 86).
une maçonnerie postérieure (cl. PGG).

Une des particularités du site tient aux sources écrites disponibles, d’une
richesse et d’une précision exceptionnelles, qui attestent l’existence de pro-
grammes de maisons, bâties en pierre, dès le Xe siècle au moins48. Parmi elles
de nombreuses case torri, dont la morphologie de détail est mal définie, mais
qui étaient déjà de hautes demeures, en forme de tours.
De fait, l’assiette extraordinairement exiguë de l’agglomération, insérée
entre la mer et les pentes raides des monts qui tombent à pic dans la mer,
a dicté les formes d’un habitat qui n’a pas de semblable dans les autres
grandes cités maritimes. La seule solution était de faire croître en hauteur
les logis, qui comptent trois, quatre, voir plus d’étages, sur des emprises res-
treintes, ne laissant libres en leur centre que de très étroits puits de lumière.
Ces minuscules patios étaient accessibles par de longs couloirs branchés sur
une impasse ou un diverticule du réseau de voies étroites, souvent entre-
coupées d’escaliers, qui innervaient un tissu bâti extraordinairement dense
et irrégulier (ill. 22 et 23). L’escalier, aux nombreuses volées, relié à ce vide
central, desservait les multiples pièces superposées, presque toujours cou-
vertes de voûtes, y compris au sommet : la voûte est en effet le couvrement
générique de l’habitat de toutes les constructions de la côte amalfitaine.
L’apparence de ces grandes demeures est rude : les façades, réduites au mi-
nimum, tant est prégnant l’entrelacement des propriétés, ne montrent que
peu de fenêtres et pas plus de baies de boutiques. Les fonctions d’entre-
pôt, domestique ou pour le grand négoce, sont néanmoins assurées par
les rez-de-chaussée49. Ces demeures n’en étaient pas moins confortables et
pourvues de commodités, latrines équipées de canalisations rejoignant des
collecteurs se jetant dans la mer, indispensables citernes, et même bains
privés, dont subsiste un exemple dans une des maisons de la rue centrale50.
Les exemples conservés de ces grandes maisons patriciennes ne remontent
48. Gargano 2005, p. 382 et Gargano 2014,
p. 47, avec références en 970, 983, etc. pas au-delà du début du XIIIe siècle, bien que certains auteurs prétendent
49. Structures et plans des maisons d’Amalfi : que plusieurs datent du XIe siècle51.
H. Jinnai, M. Russo, Amalfi. Caratteri dell’edilizia
residenziale nel contesto urbanistico dei centri À leurs côtés existaient aussi des constructions à programme mixte, des case-
marittimi mediterranei, Amalfi 2011. bottege, comportant, comme ailleurs, ouvroir ou boutique donnant sur la rue,
50. Caskey 2004, p. 99 : plans de trois bains de
maisons des alentours d’Amalfi. Gargano 2005, surmonté par le logis. Elles ne sont plus identifiables dans la ville actuelle,
p. 404-405.
51. Gargano 2005, p. 379, 382-384.
mais les sources attestent leur présence52.
52. Gargano 2005, p. 403. On ne peut quitter la presqu’île de Sorrente sans évoquer un autre type de

202 Pierre GARRIGOU GRANDCHAMP Les Cahiers de Saint-Michel de Cuxa, XLVIII, 2017
25 - Gênes (Ligurie) : via Sottoripa 7, section du front de mer, dit Ripa, fin XIIe-XIIIe siècle ; a : élévations complètes ; b. rez-de-chaussée de la rue couverte
(embolli), avec au second plan boutiques et magasins à entresols (dessin in Pellegri 2004, p. 146).

résidence appartenant au sommet de la classe des grands négociants, à la fois


agents du pouvoir et financiers, celui des palais de Ravello. La plus connue
et la mieux conservée est la villa Rufolo53. Son immense emprise et son luxe
expriment la puissance des lignages et l’étendue d’une culture, forgée au
contact des mondes extérieurs, qui les avait fait recourir à un vocabulaire
architectural d’une éblouissante diversité, parmi lesquels les appareils poly-
chromes, dits tarsie54 (ill. 24).

On ne saurait trouver formes architecturales plus dissemblables des précé-


dentes que celles de Gênes et Pise, les grandes métropoles côtières du nord-
ouest de la péninsule.
Gênes fut, après sa victoire sur Pise, une des deux plus puissantes républiques
maritimes du Moyen Âge55. Or la ville médiévale est très méconnue, alors 53. H.-W. Schultz, Denkmäler der Kunst des
Mittelalters in Unteritalien, Dresde, 1860, t. II, p. 278-
qu’elle est incomparable par l’ampleur du corpus de demeures des XIIe et 279 et Atlas, pl. 83, 86 et 87. Caskey 2004,
p. 69-70 sq. S. Carillo, « Neville Reid e il restauro di
XIIIe siècles en bon état56, tout autant que par la pertinence des études qui Villa Rufolo », dans La costa di Amalfi nel secolo XIX,
leur ont été consacrées. Le livre de Luciano Grossi-Bianchi et Ennio Poleg- Amalfi, 2005, II, p. 195-256.
54. Synthèse récente : P. Rescio, « Tarsie murarie
gi en rend compte avec maestria ; il n’a pas été remplacé et reste sans pareil nell’edilizie civile di Salerno, Sorrento et Ravello »,
pour la connaissance de la formation de la ville (dont l’étude est intimement dans Rassegna storica dei Comuni, Istituto di Studi
Atellani, t. XXIV, no 158-159, 2010, p. 104-122.
liée à celle de la société et des activités économiques), ainsi que pour la com- 55. Au sein d’une vaste bibliographie on se réfèrera
préhension des formes architecturales qui en résultèrent et firent l’originalité de préférence, pour l’histoire, aux travaux de
Giovanna Petti-Balbi : Una città e il suo mare :
de l’habitat génois57. Genova nel medioevo, Bologna, 1991 et Governare
la città. Pratiche sociali e linguaggi politici a Genova
L’image de l’immense emporium, qui se précise à partir du milieu du XIIe siècle, in età medievale, Firenze University Press, 2007.
reste encore très perceptible, aussi bien sur la rive de mer (la Ripa), que dans Pour l’urbanisme et la société : Grossi Bianchi et
Poleggi 1980 et les articles anciens, mais précieux, de
les quartiers en arrière (via Canneto et vico Lungo). C’est en 1133 que les J. Heers, « Urbanisme et structure sociale à Gênes
consuls ordonnèrent aux propriétaires des maisons qui envahissaient les berges au Moyen Âge », dans Studi in onore di Amintore
Fanfani, I, Milan, 1962, p. 369-412 et D.O. Hugues,
du port, la construction d’édifices en dur répondant toutes au même parti de « Urban growth and the family structure in medieval
maisons sur portiques (emboli) devant former une rue couverte continue. Bien- Genoa », in Past and Present, no 66, 1975, p. 3-28.
56. L’enveloppe des édifices est en général
tôt longue de 900 m, elle est effectivement composée de maisons mitoyennes complète, comme de nombreux portiques et fenêtres
aux multiples baies. En revanche, il y a peu de
construites en série (case a schiera), avec emboli formant la rue couverte en avant façades intégralement conservées et l’étroitesse des
(et bientôt dessous, quand les parties habitées empièteront sur les couverts) ; rues rend la prise de clichés inopérante pour donner
une compréhension d’ensemble. De ce fait seront ici
les boutiques ouvrant sous les arcades et les magasins étaient disposés en pro- surtout présentés des dessins.
fondeur58 (ill. 25). Outre la protection des rives les consuls promouvaient ainsi 57. Grossi Bianchi et Poleggi 1980 : voir en priorité
les p. 56-57 (Ripa), 73-79 (aires commerciales et
un modèle de maison polyvalente (appelée tant casa-bottega que casa mercan- structures des maisons au XIIIe s.), 133-155 (typologie
tile par la recherche italienne) et inspiraient une des plus grandes réalisations de l’habitat), 225 sq. (emprises des alberghi, clans
patriciens).
architecturales maritimes d’Occident : frontispice de la cité, la Ripa dressait un 58. G. Pellegri, Il fronte mare di Genova, studi e
rilievi, Gênes, 2004 : étude d’urbanisme détaillée,
immense front de mer homogène et grandiose, qui faisait l’étonnement des avec relevés et analyse de toutes les façades de la
marins étrangers découvrant le site et l’orgueil des Génois. Ripa.

Les Cahiers de Saint-Michel de Cuxa, XLVIII, 2017 Pierre GARRIGOU GRANDCHAMP 203
26 - Gênes (Ligurie) : piazza Cinque Lampadi, maison 27 - Gênes (Ligurie) : palazzi du Macello Nuovo 28 - Gênes (Ligurie) : palazzo
polyvalente, dite casa mercantile ; élévations frontale et a Soziglia, en 1 sur le plan ; palais jumeaux à cour Maruffo ; restitution des dispositions
latérale droite (dessin in Toma 1999, p. 201). centrale construits en 1291, avec programme de originelles du palais du XIIIe siècle,
boucheries sur la grand rue et boutiques sur la rue avec portico, accosté par une tour plus
opposée (dessins in Grossi Bianchi et Poleggi 1980, ancienne (dessin Ada Segre 1930).
p. 136).

Elle est par ailleurs considérée par certains comme la matrice de la ville où la
maison de négociant répond à ce programme polyvalent et, partiellement,
à ce type architectural. Il est illustré par la grande demeure de la piazza
Cinque Lampadi, que ses formes et son décor sculpté datent du milieu du
XIIIe siècle59. Son haut rez-de-chaussée est ajouré vers la place par deux
arcades, mais les flancs ne sont pas ouverts : il ne s’agit pas ici d’un couvert
et, bien qu’il soit appelé portico dans les sources, il est clair qu’il n’est que
l’entrée des boutiques aménagées sous les voûtes qui couvrent le rez-de-
chaussée (ill. 26). Dès lors le portico est un lieu privé, où sont accueillis les
clients et non un lieu de passage où pouvaient être installés des étals et des
bancs, mais qui appartenait à l’espace public. L’exiguïté des lots à bâtir a
conduit à une extraordinaire extension en hauteur qui est un caractère fort
de l’habitat génois.
La formule était plastique et les formes prises très variées, tels ces deux palazzi
jumeaux du Macello Nuovo construits en même temps, en 1291 (ill. 27)60.
Ils superposaient deux vastes étages, couronnés de merlons, aux rez-de-chaus-
sée et aux entresols dévolus aux affaires : boutiques sur les voies secondaires
59. M. Toma, « Una casa mercantile a Genova tra
et étals de boucherie sur la voie principale, ceux-ci loués à des revendeurs
medioevo e seicento », Archeologia dell’architettura, et nettement séparés des activités des occupants des deux palais. Ce type de
t. IV, 1999, p. 195-209. Confronter à d'autres
exemples : Grossi Bianchi et Poleggi 1980, p. 136,
demeure à fonctions mixtes, résidentielles et commerciales, était aussi bien
fondaco dei Guarnieri. occupé par des artisans, dans une formule plus modeste, dite domuncula61,
60. Grossi Bianchi et Poleggi 1980, p. 137-139 ;
sources en note 15. que par les patriciens, familles aristocratiques ou d’extraction vulgaire, mais
61. Cf. D. Bezzina, Artigiani a Genova nei secoli XII- enrichies, aux destinées bientôt confondues par l’exercice d’activités sem-
XIII, Firenze University Press, 2015, p. 176. Grossi
Bianchi et Poleggi 1980, p. 76-78 : exemples blables, voir par des alliances matrimoniales, et formant ces clans très particu-
de plans et de distributions de ces maisons plus liers, dits à Gênes alberghi62.
modestes.
62. Albergo : nom utilisé au Moyen Âge pour Plusieurs de ces palais sont encore accostés de hautes tours, qui étaient
désigner une association de famille noble, liée par les
liens du sang et des intérêts économiques communs,
l’attribut de ces lignages au moins depuis le XIe siècle. Ainsi du palazzo
habitant souvent dans des palais voisins. accosté de la tour Maruffo qui se dresse sur un carrefour de la via di Can-

204 Pierre GARRIGOU GRANDCHAMP Les Cahiers de Saint-Michel de Cuxa, XLVIII, 2017
29 - Gênes (Ligurie) : piazza S. Matteo, palazzo Lamba Doria, fin du 30 - Gênes (Ligurie) : contrada Grimaldi-Spinola au XIIe siècle ; 1 et 2 : église
XIIIe siècle, demeure d’un des chefs d’albergo les plus puissants ; le portico S. Luca, place et portico, tous à la consorteria ; 3 : pont Spinola ; 5 et 6 et carrés
n’est pas une voie publique ; telle une loge, c’est un sas en avant de la noirs : tours Spinola et Grimaldi (dessin in Poleggi 1989, p. 520).
demeure où sont reçus dépendants et clients (cl. PGG).

neto il Lungo (ill. 28)63. Si la mixité des fonctions est clairement exprimée


dans l’architecture du logis, le maintien de la tour signale que les posses-
seurs pouvaient avoir d’autres intérêts, terres, voire fiefs, dans l’entroterra.
Ici le rez-de-chaussée est aménagé en portico ouvert, avec une autre fonc-
tion : espace de transition entre la demeure et l’espace public, il permet
un accueil sans accès à l’intérieur, celui de dépendants, par exemple, d’un
moindre rang, ou de relations d’affaires, car c’était aussi le lieu des négo-
ciations, voire de la signature d’un contrat. D’éblouissants exemples de
ces grands portiques subsistent dans les magnifiques palais des Doria, tout
autour de la piazza S. Matteo (ill. 29) : là battait le cœur de la contrada
nobiliare, ce quartier où chaque albergo génois regroupait les demeures
des puissants, celles de leurs clients, les installations commerciales et les
magasins, avec l’église du clan à la dédicace de son saint patron, quartier
dont les accès étaient contrôlés par des tours. Le plan de celui des Spi-
nola di San Luca en donne une vision saisissante64 : l’église s’élève sur la
placette, ceinte par une forêt de tours ; l’albergo contrôle un axe de péné-
tration depuis la proche Ripa et s’assure par tous ces dispositifs à la fois la
cohésion, la sécurité de la communauté, ou consorteria (la vie communale
étant très troublée) et d’excellentes conditions pour la conduite des acti-
vités marchandes (ill. 30).
Ce portrait ne serait cependant pas complet si, aux côtés du grand palais et de
la casa commerciale n’était évoquée une autre forme prise par les grandes de-
meures, la casa torre, ou haute maison en forme de tour, mais dont l’emprise
au sol est suffisante pour ménager à l’intérieur des pièces logeables et dont les
63. A. Cagnana, R. Mussardo, « Le torri
façades se parent de fenêtres ornées, bien différentes des rudes tours aveugles di Genova fra XII e XIII secolo : caratteri
des débuts65. On les trouve en nombre à Gênes et sur toute la côte ligure, à architettonici, committenti, costruttori », Archeologia
dell’Architettura, t. XVII, 2012, p. 97-101.
Albenga et à Noli notamment. 64. E. Poleggi, « Un problema di storiografia
urbana : l’edilizia abitativa a Genova tra ‘400 e
La variété des dispositifs permettant les échanges et les relations d’affaires ‘500 », D’une ville à l’autre..., bibl. École française de
apparaît donc avec vigueur tant dans la topographie urbaine de Gênes, Rome, t. 122, 1989, p. 520.
65. Dernière synthèse sur ces différents types
avec la constitution de la Ripa, les rues commerciales et les quartiers des architecturaux : A. Boato et R. Vecchiattini,
alberghi, que dans les types architecturaux, dont les rez-de-chaussée dé- « Archeologia delle architetture medievali a
Genova », Archeologia dell’architettura, t. XIV,
clinent la variété des formes prises par le portico, fermé, ouvert ou à accès 2009, p. 155-175.
réservé. Ces partis architecturaux seront exportés dans toutes les villes de 66. P. Garrigou Grandchamp, « Bonifacio, maisons
médiévales », Congrès archéologique de France,
l’empire génois, comme on le constate avec éclat à Bonifacio, mais avec 171e session, Corse, 2013, p. 131-156. A. Smith, The
architecture of Chios, Londres, 1962 et E. Poleggi,
plus de licences dans les comptoirs et les colonies orientales, comme à « Genova a Chios : un caso di acculturazione
Chio66. urbanistica », in Xyos, 1988, p. 57-61.

Les Cahiers de Saint-Michel de Cuxa, XLVIII, 2017 Pierre GARRIGOU GRANDCHAMP 205
33 - Pise (Toscane) : domus dei Bocci, dit palazzo 34 - Pise (Toscane) : domus dei Bocci, dit
della Vedove, du XIIIe siècle, à l’angle de la via palazzo della Vedove, du XIIIe siècle, via Santa
Santa Maria 3-5 et de la via Trento ; restitution Maria 3-5 ; état actuel, avec vestiges de fenêtres à
(dessin in Redi 1991, p. 187). quatre baies (cl. PGG).

31 - Pise (Toscane) : casa-torre Rasponi Delle- La grande puissance maritime que fut Pise offre en son sein un des plus vastes
Teste, du XIIIe siècle, via Serafini (dessin Luigi
Pera 1938). catalogues de demeures médiévales répertoriées en Italie67. Bien qu’elle dût
céder la suprématie à Gênes après la défaite de La Meliora en 1284, les
richesses accumulées et les fruits du négoce, tant avec les villes des côtes
françaises, qu’avec l’Afrique du Nord, la Sardaigne ou l’Orient franc,
continuèrent à nourrir le développement d’une architecture originale, par
ses matériaux (la brique et le bois s’y mêlaient beaucoup à la pierre), par
son vocabulaire architectural et par les structures constitutives des enve-
loppes des édifices. Le contraste est marqué avec le faciès ligure, pourtant si
proche, et c’est l’occasion d’un constat renouvelé sur l’absence d’uniformité
des formes et des combinaisons architecturales entre villes voisines, en ces
siècles d’invention et de liberté.
L’architecture de Pise a très tôt attiré l’attention des pères fondateurs de
l’archéologie monumentale : ce sont les Français qui livrèrent les premières
32 - Pise (Toscane) : casa-torre Mazzarosa, du études, accompagnées de relevés, qui restent encore, de l’aveu général, une
XIIIe siècle, via Santa Maria 47-49 ; restitution
en élévation et coupe, avec les parties en bois source incomparable pour une compréhension globale68. Ils furent suivis par
disparues (dessin in Redi 1991, p. 183). une cohorte de chercheurs qui, surtout depuis trois décennies, ont renouvelé
le sujet, leur meilleur représentant étant le professeur Fabio Redi69. Il a pro-
posé une typologie architecturale qui s’articule avec les programmes fonction-
nels : après le temps des hautes tours et des maisons tours très fermées et peu
adaptées au négoce, se développèrent dès la fin du XIIe siècle deux types de
demeures qui sont toutes des maisons polyvalentes.
Le premier type est vraiment spécifique de Pise. La structure des construc-
tions consiste en forts piliers maçonnés, qui montent de fond en comble sur
deux et plus souvent trois niveaux. De minces cloisons ferment les faces des-
67. Redi 1989, p. 592 ; l’auteur a personnellement tinées à être aveugles, tels les murs latéraux contigus, tandis que les façades
recensé 780 édifices, entiers ou fragmentaires.
68. A. Verdier, Fr. Cattois, Architecture civile et
sur les espaces libres sont largement ouvertes : de grands monolithes réu-
domestique au Moyen Âge et à la Renaissance, nissent les piliers au niveau des planchers et des arcs les ferment au sommet,
Paris, t. 2, 1858, « Maisons italiennes », p. 212-217
(1 pl.). G. Rohault de Fleury, Les monuments de Pise ou juste sous le dernier niveau, souvent percé de fenêtres géminées (ill. 31).
au Moyen Âge, Paris, 1866 (atlas : pl. 2 et 28 à 31) ; Les baies des rez-de-chaussée ouvraient sur les boutiques, les ouvroirs et les
id., La Toscane au Moyen Âge, Architecture civile et
militaire, Paris, 1873, t. II, pl. 39 et 40 ; id., Lettres sur magasins ; en revanche les grands vides des étages, dévolus aux pièces d’ha-
la Toscane en 1400, 2 vol., Paris, 1874 (I : p. 15-31 : bitation, recevaient des extensions en encorbellement sur la rue, bâties en
case torri ; p. 72-79 : arsenal ; p. 73-103 : port ;
p. 136-149 : palais et maisons). pans de bois70 ; ces adjonctions, envisagées dès la conception, appartenaient
69. Nous utiliserons deux publications
fondamentales : Redi 1989 et Redi 1991, p. 177-314.
néanmoins clairement au second œuvre et étaient aisément démontables ;
70. Redi 1989, p. 598. Redi 1991, p. 180-186. de fait, elles ont toutes disparu, éliminées sur l’ordre de la Commune et

206 Pierre GARRIGOU GRANDCHAMP Les Cahiers de Saint-Michel de Cuxa, XLVIII, 2017
35 - Pise (Toscane) : palazzo dei Gambacorti, 36 - Pise (Toscane) : palazzo Alliata, façade sur la via Mazzini, après restauration ; le grand édifice est composé à
du XIIIe siècle, corso Italia, restitution (dessin partir de la réunion de nombreuses entités plus petites, du XIIIe siècle (dessin in Palazzo Alliata 1982).
in Redi 1991, p. 191).

aussi en vertu d’une nouvelle conception de l’extérieur, qui devait présenter


une façade bien composée et débarrassée des parties en bois appendues,
jugées désormais inesthétiques. Aussi ne peut-on bien saisir ces partis archi-
tecturaux que par le truchement de restitutions graphiques (ill. 32).
L’enveloppe des demeures du deuxième type était, de façon plus classique,
formée par des murs pleins71. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y avait pas, dans
les débuts, des pans de bois en encorbellement, par exemple au dernier étage :
l’exemple du palazzo della Vedove, confirme que cette pratique n’était pas
antinomique du grand soin apporté aux fenêtres à multiples baies (polifore)
(ill. 33 et 34). Ces édifices ont en général un plus grand développement en
longueur, en front de rue, et sont moins hauts. Dès la fin du XIIIe siècle, et
plus encore au siècle suivant, leurs façades devinrent composées selon une
ordonnance horizontale, en multipliant les séries de polifore, à l’instar du
palazzo dei Gambacorti (ill. 35). L’ajourement des rez-de-chaussée par des
percements de facture simple, purement fonctionnelle, y est maximal et rend
évidente la primauté donnée aux activités d’échanges, qui cohabitent avec les
logements installés aux étages.
Il convient de noter que ces deux types de demeures avaient la faveur tant
des lignages nobles que des grands marchands. D’ailleurs beaucoup de fa- 37 - Asti (Piémont) : piazza della Cattedrale, casa
fondaco du XIIIe siècle avec espace de magasin à
milles nobles s’adonnaient, à Pise comme à Gênes, à la « marchandise ». demi enterré, éclairé par le registre de baies au
Elles n’en restaient pas moins attachées aux symboles de l’ancienneté et ras du sol (cl. PGG).
de la puissance du clan familial : ainsi Bondo Gerbo de Bullis, engagé à
fond dans des affaires en Sardaigne, s’efforçait-il d’agrandir ses parts de la
contrada familiale dès qu’il pouvait en racheter des parts, notamment de la
tour qui la dominait72.
Un des phénomènes les plus décisifs mis récemment en lumière est la consti-
tution de beaucoup de palais à partir de regroupements de constructions73. 71. Redi 1989, p. 598-599. Redi 1991, p. 186-192.
Plusieurs très belles monographies l’illustrent et leur lecture est nécessaire à la 72. J.-M. Poisson, « Bondo Gerbo de Bullis. Les
rapports économiques entre Pise et la Sardaigne à
compréhension des mécanismes de fusions d’entités nombreuses et anciennes la fin du XIIIe siècle vus à travers l’activité d’un homme
d’affaires pisan », Mélanges de l’École française de
dans de grands palais à la nouvelle mode74 (ill. 36). Rome. Moyen Âge, t. 88-2, 1976, p. 501-534.
73. Redi 1989, p. 599-604.
74. Un palazzo, una città : il palazzo Lanfranchi
On ne saurait achever ces aperçus sur les deux grandes villes du nord-ouest, in Pisa, G. Rossetti, M. Carmassi (dir.), Pise, 1980. Il
sans rappeler leurs liens étroits avec les marchands de l’Italie intérieure, né- Palazzo Alliata. G. Nencini (dir.), Pise, 1982. Palazzo
Mosca. Lungarno Gambacorti, Pise, R Pasqualetti,
gociants et banquiers d’Asti et de Plaisance, par exemple75. Leurs demeures F. Redi (dir.), Livourne, 1992. Palazzo Gambacorti a
présentent d’autres traits, mais appartiennent souvent à la catégorie de la Pisa, R. Pasqualetti (dir.), Milan, 1998.
75. P. Racine, « Hommes d’affaires et artisans de
casa fondaco, qui comporte des vastes espaces de stockages, souvent voûtés l’Italie intérieure en Méditerranée orientale (vers 1250
- vers 1350 », dans Coloniser au Moyen Âge,
et à moitié enterrés, clairement distincts du rez-de-chaussée, notamment à M. Balard et A. Ducellier (dir.), Paris, 1995, p. 142-
Asti (ill. 37). 149 et 156-160.

Les Cahiers de Saint-Michel de Cuxa, XLVIII, 2017 Pierre GARRIGOU GRANDCHAMP 207
Le passage vers l’Orient était contrôlé par la Sicile. La principale place com-
merciale de la grande île était Palerme, ville cosmopolite s’il en fut. L’archi-
tecture civile des périodes normande et angevine y est d’une rare qualité, mais
l’observateur se trouve devant un paradoxe : il est très difficile d’appréhender la
morphologie d’une demeure assurément en relation avec le monde du négoce,
antérieure au XVe siècle, alors que les sources – qui ont été étudiées avec talent
par plusieurs chercheurs – abondent pour décrire la densité des installations
commerciales et rendre sensible la distribution des demeures76.
Elles nous dépeignent l’entremêlement de deux traditions : celle qui est héritière
de l’habitation arabe, la « maison horizontale », et celle produite par un urbanisme
latin, organisé par le pouvoir normand, puis angevin. La première, introvertie,
organise des pièces de plain-pied autour d’une cour ; fermée sur l’extérieur elle ne
pratique pas l’osmose entre logis et locaux de travail et de commerce, a fortiori
ouverts sur l’espace public. Elle sera, encore au XIIIe siècle, la maison naturelle des
représentants de l’aristocratie gréco-arabe qui fournit bon nombre des cadres de
la monarchie sicilienne77. La seconde importe le modèle de la maison française,
engendrant une véritable mutation de l’habitat sicilien, désormais constitué de
bâtiments à étage(s)78. Salle et chambre sont au piano nobile, le rez-de-chaussée
38 - Palerme (Sicile) : palazzo via Protonotaro,
du XIIIe siècle, à grandes baies d’étage et portail accueillant les pièces de service, cellier, dépense, aveugles sur la rue et ouvertes sur
unique sur la rue (cl. PGG). la cour (ill. 38). La cuisine donne sur celle-ci, ou bien est située tout en haut de la
maison, sous le toit. Par ailleurs, la cour concentre les équipements hydrauliques,
le puits, la pila de pierre qui sert au lavage, les latrines et l’égout couvert. Une
demeure urbaine aisée, mais non située au sommet de l’échelle, compte cinq ou
six pièces : outre la salle et la cuisine, complétée par une dépense et une réserve,
elle dispose de deux ou trois chambres, et éventuellement d’une garde-robe. Au
total, l’apport latin prédomine vite en ville et, dès le XIIIe siècle, la maison ver-
ticale s’est imposée, mais, d’après Henri Bresc, « la coexistence du cortile et de la
maison extravertie fait l’ori­ginalité de la culture urbaine sicilienne ».
Dans les quartiers marchands de Palerme, les boutiques sont aménagées dans les
rez-de-chaussée, avec un finistrale largement ouvert sur la rue et souvent un banc
maçonné, élément pourtant pourchassé par les réglementations. Cependant,
il semble que les nécessités du grand négoce n’aient guère d’effets lisibles dans
l’architecture : « Le grand échange qui anime toute l’économie de l’île, apporte
39 - Venise (Vénétie) : Ca Loredan et Ca les capitaux, finance la céréaliculture, n’a pas besoin de boutique, sinon pour la
Farsetti, plans de leur premier étage, ou piano
nobile (dessin in Maretto 1978, p. 63).
vente des draps. À Girgenti, en 1361, le Messinois Johannes Chirini possède
quatre boutiques, mais les mar­chandises de ses trafics sont sans doute stockées
dans des maga­sins et les céréales prêtes pour l’exportation sont enfossées »79.
76. Geneviève Bresc-Bautier et Henri Bresc ont
proposé une vaste synthèse de leurs longues Longtemps, par ailleurs, le paysage des agglomérations siciliennes fut moins uni-
recherches dans les sources : Bresc-Bautier et
Bresc 2014. Compléter par : H. Bresc, « "In ruga que
formément celui d'une ville pétrifiée, tel qu'on l'imagine à voir les constructions
arabice dicitur zucac" : les rues de Palerme (1070- concernées. Ainsi, du moins, dans l’est de l’île : « l’habitation messinoise [... resta]
1460) », dans Le paysage urbain au Moyen Âge,
Société des historiens médiévistes de l’enseignement longtemps, jusqu’au XIVe siècle, une maison de bois, sans doute à colombages,
supérieur, 1980, p. 155-186. Le Città medievali ou une maison mixte, avec des cloisons et des murs de planches »80.
2004 : A. Mazzé, « Tipi edilizie nel paesaggio
urbano della Sicilia medievale », p. 100-120 et El. Si Palerme introduit indéniablement dans un espace de transition entre
Pezzini, « Alcuni problemi relativi all’uso delle fonti l’ouest et l’est méditerranéens, les villes de l’Adriatique achèvent cette prise de
motarili per lo studio dell’edilizia privata a Palermo
(fine XIII prima metà XIV s.) », p. 201-223. contact avec un autre univers.
77. Bresc-Bautier et Bresc 2014, t. 1, p. 38-43.
78. Bresc-Bautier et Bresc 2014, t. 1, p. 44-57.
79. Bresc-Bautier et Bresc 2014, t. 1, p. 330. Nous ne nous étendrons pas sur l’histoire de Venise, sinon pour rappeler qu’elle
80. Bresc-Bautier et Bresc 2014, t. 1, p. 48-49 :
exemples en 1270, 1296, 1320, 1332 et 1357. fut, vers la fin de l’époque ici envisagée, à la tête d’un état qui comprenait déjà
81. Parmi les références principales : Él. Crouzet- une partie de la Vénétie actuelle et un empire en Dalmatie, en Grèce, à Byzance
Pavan, « Sopra le acque salse ». Espaces, pouvoir
et société à Venise à la fin du Moyen Âge, École et au-delà81.
Française de Rome, t. CLVI, 1992. Articles de Gino Cependant, comme dans le cas de Gênes, la source créatrice est le fait de la
Luzzatto dans Studi di storia economica veneziana,
Padoue, 1954, dont « Les activités économiques ville mère. Est-il besoin d’insister sur la singularité de l’architecture domestique
du patriciat vénitien (Xe‑XIVe s.) », Annales ECS, IX,
1937, p. 25-57 et R. Cessi, Venezia nel Duecento :
vénitienne, à toutes les époques ? La dépendance absolue des ressources de la
Tra Oriente e Occidente, Venise, 1985. mer, pour satisfaire aux nécessités de la vie quotidienne et pour toute activité de

208 Pierre GARRIGOU GRANDCHAMP Les Cahiers de Saint-Michel de Cuxa, XLVIII, 2017
40 - Venise (Vénétie) : Ca Loredan et Ca Farsetti, façades sur le Grand canal 41 - Venise (Vénétie) : palazzo rio Ca Foscari, détail d’un portico sur un canal
(coll. PGG). (dessin in Ruskin, Examples of the Architecture of Venice, Atlas 1851).

production et d’échanges fut la règle de Venise. Cette symbiose avec l’eau déter-
mina aussi les modalités de la circulation, l’espace public y étant autant ferme,
sur les îles, que liquide. Alors que rues et ruelles forment le réseau capillaire sup-
port de la vie sociale, religieuse et politique, ainsi que du commerce de détail,
les canaux sont les voies qui irriguent la vie économique de grande ampleur,
le négoce et les échanges, nourris par l’armement de navires vers l’au-delà de
l’horizon lagunaire. C’est dire que les maisons des marchands, des armateurs
et des entrepreneurs de toutes sortes qui constitueront l’empire maritime de
Venise sont avant tout situées en front de canal et tournées vers les voies d’eau.
Certes, il y a des demeures plus modestes accueillant tout le peuple moyen des
commis et des intermédiaires, et nous en donnerons ci-après un exemple.
Wladimiro Dorigo donna naguère le livre le plus extraordinaire qui soit sur la
Venise médiévale, au sein d’une production scientifique internationale d’une
richesse pourtant jamais interrompue82. Les trois volumes de son œuvre ma-
gistrale proposent une synthèse sur la formation du tissu urbain de la cité et
sur tous les aspects de son architecture et des techniques constructives mises
en œuvre dans le milieu lagunaire ; ils sont accompagnés par un irremplaçable
Atlas. Joint aux publications de Paolo Maretto et de Jürgen Schulz, ils four-
nissent toutes les clefs de compréhension de cet habitat original83.
À Venise, la grande demeure type du XIIIe siècle84 est le palazzo fondaco, édifice
résidentiel qui est aussi le siège des activités économiques des patriciens véni-
tiens. C’est un immeuble à étage, dont le corps principal est bâti en front de
canal, complété par une ou deux ailes perpendiculaires enserrant une cour à
l’arrière, qui peut être très profonde, en fonction des dimensions de la parcelle,
en règle générale vaste (ill. 39). Les accès à la demeure sont doubles et tous deux
de plain-pied : un portail commande l’entrée dans la cour depuis une rue ou une
place de l’îlot auquel appartient la propriété. À l’opposé, le rez-de-chaussée du
corps principal ouvre sur le canal par un portico de 3 à 5 arcades permettant une
communication très aisée entre les embarcations et l’intérieur de l’immeuble
(ill. 40). Les pièces des deux niveaux sont distribuées par un vaste espace central
qui fait fonction de vestibule et de couloir. De vastes magasins et des celliers
occupent le rez-de-chaussée. À l’étage, distribution en T : les chambres se répar-
tissent de part et d’autre du vestibule médian, tandis qu’à l’avant s’étire en largeur
une vaste salle, dont le grand axe est perpendiculaire au précédent ; sa façade est
ajourée par une loggia aux multiples colonnes, parfois flanquée par deux petits 82. Dorigo 2003.
83. Maretto 1978 et 1986 ; Schulz 2004. Pour
salons. La façade sur le canal est donc entièrement rythmée par les deux ordres les débuts de cette architecture domestique, outre
de colonnes superposées du portico et de la loggia. Ces deux registres concentrent Dorigo 2003, p. 238-333, voir J. Schulz, « La critica
di fronte al problema dei primi palazzi veneziani »,
le décor, composé de placages de marbres sur une maçonnerie de briques, avec L’architettura gotica veneziana, 2000, p. 93-98.
84. À ce jour, et à notre grand étonnement, la
de nombreuses insertions de dalles sculptées, rondes ou allongées : un dessin de littérature disponible ne date aucune maison de
Ruskin est parlant à cet égard, qui montre un portico avant restauration (ill. 41). Venise du XIIe siècle.

Les Cahiers de Saint-Michel de Cuxa, XLVIII, 2017 Pierre GARRIGOU GRANDCHAMP 209
42 - Venise (Vénétie) : calle Zotti a S. Sofia, maisons en série, ou case a schiera, plans et élévations
(dessins in Maretto 1978, p. 111).

Bien sûr, les palais de moindre envergure bâtis le long des canaux plus
étroits pouvaient réduire le portico à une grande arcade et la loggia à une
seule polifore : il reste qu’on y observe la même répartition des espaces entre
le logis et les activités économiques et que les accès se partagent, dans ces
demeures également, entre portail sur la voie publique et arcade débarca-
dère sur le canal.
Quoi qu’il en soit, il est notable qu’aucune de ces demeures n’intègre un
dispositif destiné à la vente directe, pas plus dans ses façades sur l’eau que
dans celles qui regardent la rue. Le commerce de détail n’est pas dans les vues
des commanditaires de cette architecture pourtant tournées vers les échanges,
mais dans un registre plus élevé, qui n’a rien de commun avec la boutique.
C’est à souligner, tant d’autres types de demeures patriciennes cherchent au
contraire à tirer un profit maximal du contrôle de longs segments des voies
publiques les plus animées pour y installer ouvroirs et boutiques : ainsi des
palais de Toscane (à Florence, Lucques, Pise ou Sienne) ou du Quercy (Ca-
hors, Figeac, Martel). En revanche, le caractère polyvalent de l’habitat véni-
tien est indubitable et caractéristique des siècles étudiés ici, car il faut attendre
le XIVe siècle pour qu’apparaisse dans les sources la mention de maisons à
programme uniquement résidentiel85.
Le constat est différent pour l’habitat des couches populaires. Parmi les divers
programmes identifiables dans les sources et recensés par Paolo Maretto et
Wladimiro Dorigo86, il est un mode d’organisation collective propre à Venise
qui se rencontre encore dans plusieurs quartiers, celui des petites maisons
en séries bâties par un « patron » pour ses dépendants, le long d’une ruelle
privée, souvent en arrière d’une grande demeure, parfois la sienne. Le modèle
évolua pour se rendre indépendant de la casa padronale et aboutir à des lotis-
sements purement locatifs, comme on les voit encore de façon très expressive
calle del Paradiso ou calle Zotti a S. Sofia (ill. 42). On y remarque au rez-de-
chaussée une division de l’espace qui permettait d’affecter une ou deux pièces
au labeur et/ou au stockage. En revanche c’est bien l’étage qui accueillait, ici
85. Dorigo 1996, p. 30, § 3a.
86. Maretto 1978, p. 42-43 et planches. Dorigo
aussi, le logis, comme en atteste l’emplacement des cheminées dont les coffres
1996, p. 30 sq., § 3a, 4b et 5c. font saillie en façade.

210 Pierre GARRIGOU GRANDCHAMP Les Cahiers de Saint-Michel de Cuxa, XLVIII, 2017
Qu’en fut-il de la diffusion de ces types architecturaux dans les domaines
ultramarins de la cité des Doges ? Si l’esthétique générale et le vocabulaire dé-
coratif furent bien adoptés dans les villes soumises à Venise, en Istrie (Koper,
Porec) et en Dalmatie (Hvar, Ston, Trogir), ou sous son influence (Dubro-
vnik), il faut bien constater qu’aucune ne suivit vraiment le type du palazzo
fondaco érigé sur l’eau et accessible depuis un canal. De fait la configura-
tion de ces villes fut plutôt celle de ports entourés d’une enceinte, avec pour
conséquence un réel éloignement entre le quai et le magasin aménagé dans
la maison, ce qui n’était pas le cas à Venise. Par ailleurs le « style vénitien »
ne s’implanta vraiment dans ces contrées que vers la fin du XIVe siècle et les
demeures romanes de Porec, Split et Trogir ressemblent plus aux maisons
romanes de la péninsule italienne qu’à celles de Venise87. C’est a fortiori le cas
dans les îles de la mer Égée, comme le constat en avait été fait pour l’architec-
ture des colonies de Gênes, telle Chio, où les maisons n’ont que des rapports
éloignés avec l’architecture de la mère patrie : elles se rattachent plutôt à une
architecture méditerranéenne qui, de la Sicile à la Terre Sainte et à Rhodes,
privilégie les volumes bâtis en pierre de taille, couverts de terrasses, sobrement
percés de fenêtres géminées, souvent organisés autour d’une cour et appré-
ciant le couvrement en voûte pour leurs rez-de-chaussée.
Ce constat nous introduit à un rapide examen des demeures des marchands
dans les divers territoires latins de la Méditerranée orientale, en Terre Sainte,
en Chypre et à Rhodes.

L’ORIENT LATIN ET BYZANTIN

En Palestine le site majeur est Saint-Jean-d’Acre, occupé jusqu’en 1291 :


ce fut la capitale des territoires latins, après la perte de Jérusalem et de
l’intérieur des terres à la suite de la bataille de Hattin (1187), et un pôle
logistique majeur, tant pour soutenir les efforts francs visant au maintien
de leur présence, que pour le grand commerce. Les grands ordres militaires
87. D. Zelik, « Les maisons romanes dans les
y avaient leur siège et toutes les « nations » commerçantes étaient représen- villes de la Croatie méditerranéenne (L’Istrie et
tées par des colonies qui jouissaient de droits étendus et d’une aire où leurs la Dalmatie) », L’ habitation à l’époque romane,
Actes du XIIe colloque international Terres romanes
ressortissants pouvaient se regrouper et s’auto administrer88. Si les « Proven- d’Auvergne, 2002, Issoire, 2005, p. 279-300.
çaux » étaient présents, le haut du pavé était tenu par les Pisans, les Génois Compléments : M. Prelog, Porec, grad i spomenici,
Belgrade, 1957 (résumé avec inventaire des
et les Vénitiens. maisons : Porec, La ville et ses monuments) ;
Les études sont nombreuses sur l’architecture civile médiévale en Terre Sainte C. Fiscovic, « Romanicke kuce u Splitu i Trogiru »,
Starohrvatska prosvjeta, IIIe série, t. 2, 1952,
et plusieurs synthèses fournissent des vues d’ensemble et des monographies89. p. 129-178 (résumé : « Maisons romanes à Split et
à Trogir », p. 165-171 avec inventaire des maisons
Avant toute chose, nous souhaitons évacuer une proposition qui nous paraît romanes de Split et carte de localisation des
infondée, mais en faveur auprès d’archéologues israéliens qui attribuent à une 68 édifices).
88. D’une littérature très abondante sur Acre,
influence « orientale » la fréquence du type de la maison à cour centrale, bien retenons des articles de David Jacoby : « Crusader
documentée à Césarée et à Acre90. Or une telle demeure existe aussi en Occi- Acre in the 13th c. : Urban Layout and Topography »,
Studi medievali, 3e Série, 20.1, 1979, p. 1-45,
dent et apparaît très répandue dans l’ensemble du monde méditerranéen. Il est fig.  1-4 ; id., « L’évolution urbaine et la fonction
d’autant moins légitime d’attribuer à une forme une origine culturelle unique, méditerranéenne d’Acre à l’époque des croisades »,
dans Città portuali 1989, p. 95-109 ; id., « Aspects
que les pratiques sociales, domestiques et économiques sont différentes et ont of the everyday life in Frankish Acre », Crusades,
2005, 4, p. 73-105.
arrangé des formes architecturales voisines pour des manières d’habiter di- 89. D. Pringle, Secular Buildings in the Crusader
verses, voir radicalement opposées. Ainsi les maisons musulmanes composant Kingdom of Jerusalem, Cambridge, 1997 (Acre,
p. 15-17) et Boas 2010. Synthèse commode
l’habitat courant contemporain de celui des villes ici étudiées sont-elles intro- permettant de comparer les tissus urbains des villes
verties, jamais polarisées par la rue et ont rarement des étages, voire même musulmanes et franques : M. Piana (dir.), Burgen und
Städte der Kreuzzugszeit, Petersberg, 2008.
un étage. Aussi, même en admettant que les populations franques occupèrent 90. Le thème de la maison à cour centrale est
après la conquête des maisons bâties pour les populations musulmanes, et plusieurs fois développé par Adrian Boas, avec
nuances. Bien que l’auteur admette d’emblée sa
qu’ils purent de ce fait en apprécier certains mérites, ce que nous observons large diffusion dans l’Occident méditerranéen, il
incline néanmoins à penser que sa large diffusion
de l’architecture conservée nous paraît beaucoup plus relever d’une adapta- dans les domaines latins est la marque d’une
tion de programmes et de types importés d’Espagne, de France et d’Italie. « orientalisation » : Boas 2010, p. 244.

Les Cahiers de Saint-Michel de Cuxa, XLVIII, 2017 Pierre GARRIGOU GRANDCHAMP 211
Pour autant, nous admettons que les traits qui les en distinguent sont le fruit
d’une forte prégnance de l’environnement, qui ne peut être niée : au premier
chef, la réalisation par une main-d’œuvre locale riche de traditions construc-
tives, vivaces et adaptées au climat (couverture en terrasse, forte prévalence de
la voûte d’arêtes pour les couvrements, entrées coudées) ; ensuite, influence
de conditions spécifiques aux agglomérations du Levant latin (espace très
contraint dans des villes surpeuplées91, coutume du marché centralisé, etc.).
La perception du potentiel archéologique de Saint-Jean d’Acre est ancienne
et a donné lieu à des ouvrages restituant sa topographie en croisant les sources
écrites et les prospections de terrain92. Il a été reconnu que la destruction de
la ville sur ordre du sultan mamlouk n’avait conduit qu’à l’écroulement des
étages, ensevelissant les rez-de-chaussée. Lors de la réoccupation du site sous
les Ottomans les nouvelles habitations furent construites sur ces remblais93.
Les archéologues israéliens, en fouillant certaines zones, ont mis au jour des
portions de rues, et nous pouvons attester, de visu, de la ressemblance entre
le tissu urbain d’Acre et celui des villes occidentales : « Au sud de l’ensemble
architectural des Hospitaliers (i.e. la grande commanderie, siège de l’Ordre),
on a découvert une rue publique [...] Le long de la rue, dans sa partie sud, on
a découvert trois échoppes orientées vers la rue, mais il est clair que, par la
suite, des boutiques supplémentaires se sont installées là »94.
Alex Kesten a le premier proposé une identification entre les bâtiments ou
îlots urbains de la ville actuelle et les constructions des divers quartiers attri-
bués aux communautés des villes marchandes, principalement d’Italie, décrits
dans diverses sources, comprenant de véritables inventaires95. En dépit de
débats sur les limites précises de leurs quartiers, leurs aires sont bien connues
et plusieurs documents permettent de percevoir la nature des équipements
publics et de l’habitat dans chacune d’elles. Bien que chaque identification
demande une vérification et soit soumise aux résultats de l’activité archéo-
logique, sa tentative parvient à donner un cadre précis à l’évocation de ces
véritables colonies. En outre, il en dégage une typologie de bâtiments rési-
dentiels, soit maisons blocs, soit maisons à cours avec 2, 3 ou 4 ailes enserrant
la cour centrale, qui vaut pour les trois quartiers : les différences que nous
avons notées lors de la description des demeures de Gênes, Pise et Venise
ne se retrouvant apparemment pas Outremer. Toutes ces constructions sont
nommées maisons (domus), sauf certaines des plus grandes qui méritent l’ap-
pellation de palatium. Il existait néanmoins également des tours, qui, tout en
paraissant avoir été habitables (case torri), participaient à la défense des diffé-
rents quartiers, comme il apparut lors de la guerre sans merci que les colonies
se livrèrent au milieu du XIIIe siècle96.
91. Boas 2010, notamment p. 70. Le mérite d’avoir rendu matériellement perceptible la configuration des plans et
92. Kesten 1993 (nouvelle élaboration d’une
recherche plus ancienne du même auteur : Acre. des élévations de ces demeures revient à Adrian Boas97. Il a développé la typo-
The Old City Surveys and Plans, Department for logie d’Alex Kesten et l’a illustrée par de très nombreux plans de maisons blocs
Landscaping and the Preservation of Historical Sites,
Jerusalem, 1962). et surtout de maisons à cour centrale. Toutes se caractérisent par l’organisa-
93. Boas 2006, p. 33. tion des rez-de-chaussée, couverts de voûtes d’arêtes retombant sur de puissants
94. El. Stern, « La commanderie de l’Ordre des
Hospitaliers à Acre », L’architecture en Terre sainte piliers carrés (jusqu’à 6, déterminant 12 travées) : l’architecture de ces niveaux
au temps de Saint Louis, Bulletin monumental, t. 164,
2006, p. 53-60 (ici p. 59). Boutiques du même type
est fonctionnelle, sans décor, presque rude. Les étages sont rarement conservés
à Jérusalem : Boas 2010, p. 84-85 (photographie). et tant l’ordonnance des façades, que leur distribution et leur aménagement,
95. Kesten 1993 : quartier génois, p. 31-39
(texte de 1249 : interprétation topographique et nous échappent en grande partie (ill. 43 et 44). Il reste que l’on est assuré que le
typologique) ; quartier vénitien, p. 40-45 (texte programme de la demeure polyvalente avec logis au-dessus d’espaces à vocation
de 1243-1244) ; quartier pisan, p. 59-67 (3 textes de
1182, 1187 et 1189). R. Kool, « The Genoese Quarter économique était très présent : ainsi du « Grand palais du Fondaco » dont le
in 13th c. Acre : A Reinterpretation of its Layout », rez-de-chaussée comprenait 16 boutiques cédées à bail, tandis que 11 pièces se
Atiqot, t. 31, 1997, p. 187‑200.
96. Jacoby 1979, op. cit. note 88, p. 25-26. partageaient le premier étage et 10 le deuxième98.
Boas 2006, p. 38-39.
97. Boas 2006, p. 32-39. Boas 2010, p. 262-290.
Cependant, David Jacoby et Adrian Boas ont souligné les conséquences de la
98. Boas 2006, p. 37. non résidence à l’année de la plupart des marchands, qui effectuaient des allers

212 Pierre GARRIGOU GRANDCHAMP Les Cahiers de Saint-Michel de Cuxa, XLVIII, 2017
43 - Saint-Jean-d’Acre (Israël) : plan du rez-de- 44 - Saint-Jean-d’Acre (Israël) : plan du rez-
chaussée d’une maison à cour centrale encadrée de-chaussée d’une maison à cour centrale
par deux corps disposés en L, dont toutes les comportant deux niveaux voûtés ; plan et
pièces sont voûtées ; cour en partie couverte par coupe longitudinale de la grande salle sud de
des voûtes à une époque indéterminée ; entrée l’étage (l'échelle ne vaut que pour le rez-de-
coudée, (dessin in Boas 2010 - maison 1-8 ; chaussée) (dessin in Boas 2010 - maison 1-20 ;
infographie PGG). infographie PGG).

et retours rythmés par les saisons favorables à la navigation : la plupart de ces


négociants n’étaient pas propriétaires et occupaient des emplacements, maga-
sins et chambres, dans des grands édifices collectifs. Le terme palatium semble
désigner ce programme plus que le siège d’un lignage patricien : il était « ...,
semble-t-il, utilisé pour décrire de grands bâtiments comprenant plusieurs lo-
gis, occupés par des marchands du lieu et d’autres de passage. [...] les bâtiments
comprenaient tous de multiples étages contenant des magasins, des manufac-
tures, des chambres individuelles et des appartements à louer ou à vendre. Le
rez-de-chaussée était généralement consacré à des entrepôts et à des boutiques.
Aux étages se trouvaient les chambres et des logis [...] Certains logis possédaient
des cours attenantes, contenant parfois une citerne, et d’autres des loggias sous
lesquelles les commerçants pouvaient vendre à l’étal leurs marchandises sur des
tables (tabula) ou des bancs (banci) »99. Cette restitution saisissante du pro-
gramme rend perceptible le caractère spécifique de cet habitat « colonial » : il
maintenait beaucoup de dispositifs typiques des pratiques des mères patries
(notamment la vente décentralisée à l’étal, au sein de l’immeuble résidentiel),
tout en empruntant néanmoins des habitudes constructives locales, mêlées aux
habitudes de vie occidentales, en particulier dans la conception du rapport à la
rue et de la séparation entre les espaces intimes et ceux ouverts au public.
Cette physionomie des demeures de marchands se retrouve, mutatis mutandis,
en l’île de Chypre, dans le grand emporium de Famagouste et dans la capitale
Nicosie100. Les demeures de la ville portuaire sont malheureusement bien dimi-
nuées et leurs vestiges n’ont pas encore fait l’objet d’une étude aussi attentive
qu’à Acre : les données disponibles proviennent encore beaucoup des observa- 99. Boas 2006, p. 37.
tions de Camille Enlart et doivent être complétées par les sources, augmentées 100. C. Otten-Froux, « La ville et la mer. L’exemple
de Famagouste », dans Villes méditerranéennes
des informations rassemblées sur Nicosie101. Elles confirment que beaucoup de 2014, p. 177‑196 ; eadem, « Les ports de
marchands préféraient la location à la possession d’immeubles. Philippe Trélat Chypre (XIIIe-XVe siècles) », dans Les ports et la
navigation 2009, p. 177-194.
a glané des informations sans équivoque à cet égard, tout en brossant le tableau 101. C. Enlart, L’art gothique et la Renaissance en
d’une situation diversifiée102 : « Bien souvent à Nicosie, il semble que les bâti- Chypre, Paris, 1899.
102. Ph. Trélat, H. Iliadou, « Localiser les marchés.
ments à vocation commerciale remplissent également une fonction résidentielle. Les activités artisanales et commerciales à Nicosie
durant les périodes latine et ottomane », Cahiers
À la fois lieu de travail et de la vie familiale, ce type de résidence s’ouvre di- du Centre d’ Études Chypriotes, vol. 41, 2011,
rectement sur la rue, le rez-de-chaussée étant percé de suites d’arcades. [...] p. 299‑328 (ici p. 309-310).

Les Cahiers de Saint-Michel de Cuxa, XLVIII, 2017 Pierre GARRIGOU GRANDCHAMP 213
46 - Rhodes (Grèce) : rue Pindarou grande maison à programme polyvalent ; plans restitués du rez-de-
chaussée (à gauche) et de l’étage (à droite) (dessins in Gabriel 1921-1923, maison 33, t. 2, fig. 76 et 77).

Ce modèle de bâtiment marchand connaît de nombreuses déclinaisons : de la


demeure avec une ou deux pièces dédiées au labeur, à la résidence ponctuelle d’un
petit marchand italien, jusqu’aux grands hôtels avec une cour et plusieurs pièces
dont certaines utilisées pour le stockage des biens du commerçant (magazenis).
Des maisons luxueuses comme celle du nestorien de Famagouste Francis Lakha,
avec près de 80 tapis sur le sol et du bois d’aloès qui parfume les pièces, existent à
Nicosie. À la fin du XIIe siècle, le marchand vénitien réside dans un « palatium cum
45 - Rhodes (Grèce) : 3 rue Minoos, maison curia alors que les autres marchands se contentent d’une simple maison (domus) ».
polyvalente du XIVe siècle, tronquée de sa moitié
gauche ; façade originelle percée de deux fenêtres Deux des types de demeures bien connus pouvant être occupées par des mar-
géminées trilobées à l’étage, d’une porte et une chands en Méditerranée occidentale, la maison à cour centrale et la maison
arcade au rez-de-chaussée (cl. PGG).
bloc, sont illustrés à Rhodes, par des édifices datables de la fin du XIVe siècle
de par la morphologie de leurs fenêtres géminées à baies trilobées103. La petite
maison du no 3 rue Minoos, maintenant mutilée de sa moitié gauche, présentait
un rez-de-chaussée percé d’une grande arcade à gauche, flanqué d’une porte,
l’étage s’ajourant de deux fenêtres géminées aux baies à intrados trilobé (ill. 45).
Son ordonnance était typique de la petite maison polyvalente de plan compact,
sans cour. Non loin, sur une des artères commerciales, la rue Pindarou, une
grande maison patricienne déployait une large façade : le portail qui donnait
accès à la cour était encadré par deux paires de boutiques (d et e), celles de
droite (j et k) communiquant à l’arrière avec un vaste magasin (l), lui-même
desservi par une ruelle (ill. 46). Le couloir (a) qui donnait un accès direct à la
cour débouchait face à un escalier à deux volées qui menait à l’étage occupé par
le logis : composé d’une grande salle (o) et de six chambres et services, celui-ci
s’éclairait, sur la cour comme sur la rue, par des fenêtres géminées, elles aussi
trilobées. Toutes les pièces ne communiquaient pas entre elles et des galeries (m
et n) assuraient une desserte par la cour. Escalier et galeries extérieurs, dans la
cour centrale, composent un système de circulation répandu à Rhodes et direc-
tement inspiré des pratiques languedociennes et catalanes.

La connaissance des villes portuaires byzantines et des demeures des marchands


grecs est très lacunaire. Il semble que pas un exemple de maison des XIIe-
103. Depuis Albert Gabriel peu d’études sur les XIVe siècles soit conservé et la connaissance de l’habitat byzantin repose avant
maisons du bourg, hors la ville des chevaliers ; cf. les tout sur les sources écrites. Les fouilles de Corinthe104 et de Constantinople
publications de Katerina Manoussou-Della, dont
Medieval Town of Rhodes. Restauration Works apportent également des renseignements, mais l’accès aux données récoltées
(1985-2000), Rhodes, 2001. est très difficile, aucune synthèse n’ayant été publiée, et les comptes-rendus des
104. R. Scranton, Mediaeval architecture in the
central area of Corinth, Corinth XVI, Princeton, 1957. découvertes sont éparpillés dans diverses revues, certaines rédigées en turc.
G. Sanders, « Corinth », dans The Economic History
of Byzantium, A.E. Laiou (dir.), vol. 2, Washington,
En ce qui concerne Thessalonique nous ne disposons que des descriptions qui
2002, p. 647-654. figurent dans les recueils d’actes des grands monastères du Mont Athos (ill. 47).

214 Pierre GARRIGOU GRANDCHAMP Les Cahiers de Saint-Michel de Cuxa, XLVIII, 2017
a

47 - Thessalonique (Grèce) : a. maison du couvent de Chilandar (Athos), quartier de Saint-Paramonos ;


b. maison du couvent de Zographou (Athos), quartier de Sainte-Pélagie, avec portique sur la rue, qui
pourrait avoir une fonction commerciale (dessins in Giros 2003, fig. 6 et 9).

Ils ont été plusieurs fois scrutés et donnent l’image de demeures d’ampleur variée,
mais toutes composées par divers corps de logis disposés autour de cours, sans
obligatoirement former des blocs fermés avec cour architecturée selon une ordon-
nance perceptible105. D’autres sources dépeignent des maisons à deux ou trois
étages aux façades décorées, qui semblaient donc avoir un rapport de connivence
sociale avec la rue ; de fait, elles devaient appartenir à une classe aisée car certaines
comportaient des bains106. Cependant, dans tous les cas, nous sommes en peine
de savoir où se situaient les dispositifs commerciaux : étaient-ils intégrés dans
l’immeuble contenant le logis, l’édifice présentant alors le caractère d’une mai-
son polyvalente ou celle-ci se refermait-elle sur elle-même, les boutiques étant 105. M. Zivojinovic, « The Houses of Hilandar
Monastery in Thessalonike during the XIVth c. », dans
seulement accolées au corps de bâtiment sur rue, selon un type architectural bien ΤΟ ΕΛΛΗNIKON, Langdon et alii (dir.), New-York,
1993, p. 465-474. Ch. Giros, « Présence athonite à
connu depuis l’Antiquité ? Cette deuxième formule pratiquait une dissociation Thessalonique XIIIe-XVe s. », dans Dumbarton Oaks
claire entre logis et installations de commerce, quand bien même les deux appar- Papers, t. 57, 2003, p. 265-278 (descriptions
et plans de 8 maisons). Él. Malamut, « Cinquante
tiendraient au même propriétaire et seraient constructivement solidaires. ans à Thessalonique de 1280 à 1330 », Recueil
des travaux de l’ Institut d’ Études byzantines, t. XL,
2003, p. 263-296 (maisons p. 281-287). M. Kaplan,
Qu’en était-il de Constantinople ? L’état des connaissances est aussi peu satis- « L’implantation des monastères du Mont Athos
faisant que pour le grand port macédonien, celles-ci reposant encore prin- à Thessalonique, Xe-milieu du XIIIe s. », dans Villes
méditerranéennes 2014, p. 135-146 (description de
cipalement sur les sources écrites pour imaginer la nature des programmes maisons avec boutiques et plan).
106. Al. Stavridou-Zafraka, « L’environnement
de demeures convenant aux marchands indigènes, bien que les fouilles ren- urbain de Thessalonique, Xe-XIVe s. », dans Villes
seignent un peu mieux sur la nature des boutiques107. Elles évoquent, dans méditerranéennes 2014, p. 49-58 (ici p. 54).
107. P. Magdalino, Constantinople médiévale.
la ville surpeuplée des XIe et XIIe siècles, des quartiers constitués d’immeubles Études sur l’évolution des structures urbaines, Paris,
de trois à cinq étages et des rues bordées de portiques couverts, légués par les 1996, à compléter par Magdalino 2000 et 2002,
ainsi que par K. Dark, « House, streets and shops
siècles passés et régulièrement entretenus108. Le cadre légué par le premier mil- in Byzantine Constantinople from the 5th to the 12th
lénaire était encore très présent, comme nulle part ailleurs, et marquait tant c. », Journal of Medieval Historians, t. 30, 2004,
p. 83-107.
le paysage urbain que l’aménagement des demeures, selon toute une gamme 108. Magdalino 2002, p. 534. M. Mundell Mango,
« The porticoed street at Constantinople », dans
de pratiques, allant de la soigneuse conservation des édifices antiques et du Necipoglu 2001, p. 47 sqq. et fig. 7.
haut Moyen Âge, au pillage de leurs maçonneries en vue de leur remploi109. 109. Magdalino 2002, p. 535.

Les Cahiers de Saint-Michel de Cuxa, XLVIII, 2017 Pierre GARRIGOU GRANDCHAMP 215
Ceci s’appliquait particulièrement au cœur commercial qui, partant de la
Mésé, s’étendait du Forum Tauri jusqu’à la rive sud, la rive nord ne deve-
nant attractive qu’à partir de l’établissement des Amalfitains et des Véni-
tiens sur la Corne d’Or au XIe siècle. Or cette zone fut en majeure partie
anéantie par le pillage et les trois incendies consécutifs à la prise de la ville
par les croisés en 1204. À ce propos il est convenu d’expliquer l’étendue
de leurs ravages par la prédominance de l’usage du bois dans l’architecture
domestique byzantine, bien que des maisons de deux et trois étages bâties
en maçonnerie soient attestées, mais rarement, par les sources ; cette affir-
48 - Constantinople : Palatium comunis des
Génois à Péra, construit vers 1316 (litho. reprod. mation reste néanmoins à démontrer par l’archéologie, car un argument a
in Müller-Wiener, Bildlexikon zur Topographie silentio de cette nature s’est souvent révélé fallacieux110.
Istanbul, p. 243). À la restauration de l’Empire, en 1261, une mutation s’était produite. Dans
une ville dont la population connaissait une décroissance dramatique, le
centre commercial s’était déplacé au nord, vers la rive de la Corne d’Or, et
le quartier vénitien le dominait, tandis qu’en face les Génois développaient
à Péra une colonie quasi indépendante. Paul Magdalino estime qu’à la fin
du XIIIe et au XIVe siècle le type architectural des maisons nouvellement
érigées, comptant jusqu’à trois étages, se conformait vraisemblablement
aux modèles courants dans les ports de l’Ouest111. On est en effet un peu
mieux renseigné sur les constructions des quartiers concédés aux mar-
chands occidentaux, à l’intérieur de la ville ou le long de la rive112. À l’exté-
rieur de l’enceinte ils possédaient des skalai, soit des complexes formés par
un segment de quai et un îlot bâti de maisons, avec ateliers, boutiques et
tables de changeurs. À l’intérieur des murs chaque quartier comportait des
emboloi, fronts de rues avec portiques couverts, et des maisons à étages.
Dans le quartier pisan, les textes décrivent les habitations comme oike-
mata /habitacula, les unes purement résidentielles, les autres pourvues de
locaux destinés aux échanges. Leur distribution comportait les pièces habi-
tuelles des riches demeures grecques, une salle (triklina´rion), un solarium
(hJliako`n) et au moins une chambre (kou´bouklon) ; en revanche, à la dif-
férence des maisons de Thessalonique, il est rarement fait mention d’une
cour. La qualité de ces constructions est incertaine, mais les piliers et les
colonnes mentionnées sont toujours en bois. La seule image disponible
pour évoquer ces immeubles répond imparfaitement à ces données : c’est
celle du Palatium comunis des Génois à Péra (ill. 48). Il adopte les canons
des édifices génois, dont les polifore de l’étage, mais l’appareil mixte, alter-
nant le assisses de pierre et de brique, relève des traditions constructives
locales113.
Ce tableau des diverses solutions architecturales adoptées par les groupes hu-
mains adonnés au petit commerce et au grand négoce serait très incomplet
s’il n’était pas accordé un développement aux modalités d’accueil et de séjours
des marchands étrangers dans les ports méditerranéens.

L’ACCUEIL DES MARCHANDS FORAINS


110. D. Jacoby, « The urban evolution of
Latin Constantinople (1204‑1261) », dans
Necipoglou 2001, p. 277-297, ici p. 280-281 ; L’accueil dans les ports et les places commerciales était soumis à des tensions
p. 284, L’auteur évoque plusieurs grandes maisons en
pierre confisquées aux Byzantins et habitées par des antagonistes. En effet, la présence de marchands étrangers était inhérente
marchands vénitiens durant la période d’occupation au développement des échanges, entre les villes des contrées latines, comme
latine, en 1239, 1252, etc.
111. Magdalino 2002, p. 535-536. entre les places de l’Ouest et celles du monde byzantin, mais également avec
112. Magdalino 2000, p. 220 sq. : p. 223-224 : celles des puissances musulmanes occupant les rives méridionales et orientales
skalai ; emboloi : p. 224 ; distribution des pièces :
p. 225. de la Méditerranée. Présence inhérente et même nécessaire pour que les den-
113. L’édifice est conservé, considérablement
transformé. Cf. W. Müller-Wiener, Bildlexikon zur
rées recherchées puissent irriguer les marchés de toutes les parties prenantes,
Topographie Istanbul, Tübingen, 1977, p. 243. en incluant parfois l’intervention d’une série d’intermédiaires. Pour autant,

216 Pierre GARRIGOU GRANDCHAMP Les Cahiers de Saint-Michel de Cuxa, XLVIII, 2017
la présence de l’étranger était soumise à des contrôles d’une ampleur et d’une
sévérité variables, selon les lieux et les époques, selon aussi leur appartenance
au monde chrétien ou au monde musulman – ceci dit au risque de simpli-
fier, car les oppositions n’étaient ni générales, ni toujours conflictuelles entre
les puissances de ces deux univers. La tension s’exprimait donc entre deux
possibilités : liberté d’installation et de pratiquer son commerce où bon sem-
blait au forain, pourvu qu’il respecte les réglementations locales et paie les
taxes prévues, ou bien cantonnement de l’étranger dans des lieux surveillés
et encadrement de son négoce, parfois confié à des intermédiaires étatiques.
S’y superposaient des pratiques commerciales alternatives, soit de centralisa-
tion du commerce, notamment de détail, dans des aires spécialisées, marchés,
caravansérails ou souks, soit de décentralisation du négoce, dans les demeures
des marchands, cette dernière pratique paraissant plutôt le fait des sociétés
occidentales.
Ce contexte et ses traductions architecturales – celles-ci néanmoins plus
difficiles à mettre en lumière matériellement – ont bénéficié récemment
d’une belle synthèse, qui manque paradoxalement pour les marchands in-
digènes114. Sur le plan matériel s’offraient deux possibilités d’hébergement,
au sens large de logement, stockage, réception de clients, conclusion des
affaires, etc. Ces deux modèles sont l’auberge et le fondouk / fondaco, termes
49 - Montpellier (Languedoc) : rue de la
ici choisis pour recouvrir des réalités variables et des appellations diverses, Petite-Loge, élévation sur la cour d'une
mais qui, pour être schématiquement présentées, recouvrent bien deux atti- probale auberge ; facade en retrait de la rue, à
tudes différentes. composition symétrique, milieu du XIIIe siècle
(dessin  B. Sournia).

Il y a peu à dire sur l’auberge, sinon que la traduction de la fonction dans un


programme architectural spécifique n’est pas avérée, beaucoup d’immeubles
pouvant être adaptés à la réception de voyageurs d’affaires et à l’hébergement
de leurs marchandises, si elles n’étaient pas trop volumineuses. Il a ainsi été
fait mention des « palais » d’Acre, dont beaucoup étaient des bâtiments à
fonctions multiples permettant un tel accueil. Ghislaine Fabre et Jean-Louis
Vayssettes ont néanmoins tenté de mettre en lumière à Montpellier (ill. 49),
où la liberté d’établissement et de commerce était grande, un type architectu-
ral spécifique, qui pourrait répondre à un programme d’auberge115. Ils ont en
effet répertorié une quinzaine d’édifices au plan de masse et à la distribution
inhabituels : construits en retrait de la rue et précédés par une avant-cour, ils
offraient sur deux étages une organisation en cellules indépendantes, indivi-
duellement desservies par des galeries, tandis que les rez-de-chaussée large-
ment ouverts sur la cour pouvaient accueillir des marchandises et des bêtes
de somme au besoin.
Même s’il est difficile à identifier dans le tissu bâti subsistant, il semble bien
que ce type de programme existait dans d’autres villes. Ainsi à Palerme ou
Geneviève et Henri Bresc les ont fréquemment repérés dans les sources,
paradoxalement sous le nom de... fondaco : « L’horizontalité reste encore, 114. Constable 2003.
à la fin du Moyen Âge, la marque caractéristique du fondaco, l’auberge, 115. Fabre et Vayssettes 2009, p. 95-96.
Importance des auberges comme lieux où se
composé d’une série de pièces juxtaposées autour d’une vaste cour, qui hé- traitaient les affaires et où se retrouvaient les
intermédiaires : Reyerson 2000, p. 23.
berge les ani­maux »116. L’étude n’est pas facilitée par la versatilité du sens 116. Bresc-Bautier et Bresc 2014, t. 1, p. 38.
des mots et l’on voit ici combien trompeur peut être le nom de fondaco. Les 117. G. Bresc-Bautier, H. Bresc, « Fondaco et
taverne de la Sicile médiévale », dans Études
mêmes auteurs en attestent ailleurs : à Palerme le fondaco désigne souvent médiévales, Centre d’archéologie médiévale,
les auberges avant de devenir parfois « un vaste établissement de vente et de Strasbourg, 1975, p. 96. Sens multiples de fondaco :
Constable 2003, p. 306 et 309.
stockage de produits alimentaires »117. La méfiance reste donc de règle avec 118. E. Poleggi, « Casa-bottega e città portuale di
l’emploi des sources. A fortiori quand on apprend qu’à Gênes le fondaco antico regime », dans Genova, Venezia, il Levante
nei secoli XII-XIV, Atti della Società Ligure di Storia
était un espace vide au coeur des îlots, servant d’entrepôt et de dégagement Patria, t. 41, 2001, p. 159-174, ici p. 164‑165. Grossi
Bianchi et Poleggi 1980, fondaco p. 100 et 136 ;
pour les magasins installés dans les voûtes des rez-de-chaussée et les bou- p. 99 : les stationes sont des sortes de caravansérails,
tiques118. mais sans contrainte forte.

Les Cahiers de Saint-Michel de Cuxa, XLVIII, 2017 Pierre GARRIGOU GRANDCHAMP 217
Il est d’ailleurs manifeste que le concept de lieu affecté aux marchands étran-
gers n’était pas obligatoirement synonyme d’enfermement. Il était également
source de sécurité, avec l’assurance de retrouver en un lieu fixe et unique
des confrères de la même nation et des services adaptés. Ainsi, dans les villes
de la Hanse, les maisons des marchands de Gênes, de Venise et de Florence
à Bruges, ou le Steelyard (Hanse House) à King’s Lynn construit en 1475,
témoignent-ils de cet état de fait, qui perdura longtemps et qui se lit plus
comme un dispositif protecteur, que comme une source de mise à distance et
de relégation.

La situation semble avoir été assez nettement différente à Constantinople,


où il n’était pas question d’auberge pour les marchands qui n’appartenaient
pas aux colonies marchandes des villes occidentales, cantonnées dans leurs
quartiers spécifiques. Les autres marchands forains étaient strictement as-
treints à un régime de résidence et de contrôle au sein d’un établissement
spécifique, le mitaton (pl. mitata)119. Son origine et son fonctionnement
ont récemment été étudiés par Jacopo Turchetto, à propos du mitaton des
Sarrasins120. Les mitata étaient des structures dans lesquelles les marchands
étrangers (en particulier les commerçants de soie) devaient résider, déposer
leurs marchandises et exercer leurs activités. Documentés à partir des IXe-
Xe siècles grâce au Livre de l’Éparque, ils furent créés pour regrouper les
marchands étrangers afin de mieux les contrôler, reproduisant une pratique
déjà développée dans les cités des marges de l’empire, le long des itinéraires
commerciaux. C’est là qu’étaient installés les avant-postes où les marchands
forains étaient autorisés à pratiquer ces échanges, sous le contrôle étroit des
autorités locales.
La réglementation était très stricte au sein d’un mitaton : contrôle des biens et
des personnes dès leur arrivée ; durée de séjour limitée (fixée en fonction des
traités passés avec les pays d’origine), sous peine de sanction et de confiscation
des biens en cas de dépassement. Les services offerts dans le mitaton étaient
comparables à ceux proposés dans un fondaco : auberge, magasin – entrepôt,
office notarial et/ou douane, lieu d’exposition, écuries... Décrit par Nicétas
Choniatès, celui dédié aux musulmans à Constantinople, qui se trouvait au
contact du quartier des Pisans, fut détruit en 1203 au cours de la 4e croi-
sade. Par la suite, un voyageur musulman ayant demeuré à Constantinople
entre 1281 et 1293, décrivait un lieu de séjour pour musulmans, édifice à
deux niveaux, qui offrait toute sécurité à ses occupants121.

Dans les villes de l’Ouest, il apparaît en revanche que le concept de fondaco se


transforma rapidement ; il avait été inspiré aux autorités des villes marchandes
par l’expérience orientale, par le fondouk d’Alexandrie aux yeux d’Olivia
Constable, mais peut-être aussi par les mitata byzantins. Il apparut qu’il était
inutile de vouloir assurer un strict contrôle des hommes de culture voisine et
qu’il suffisait de s’assurer du contrôle des flux de marchandises. Le fondaco
devint dès lors un lieu de résidence commode pour ceux qui voyageaient au
loin, pour la sécurité qu’il procurait, quand l’auberge suffisait grandement
pour les affaires traitées dans la ville voisine. Ainsi détenir un immeuble fon-
daco à Pise était-il vu comme un privilège, et non comme une contrainte,
réclamé en 1278 par les Narbonnais, qui voulaient jouir des mêmes condi-
tions que leurs partenaires concurrents122.
Au sein de ce tableau de l’accueil des marchands étrangers, qui présente des
119. Magdalino 2000, p. 220-221, mitaton des
Arabes. solutions assez antinomiques, de quel côté penchait Venise ? Comment inter-
120. Turchetto 2014, p. 267-269.
121. Turchetto 2014, p. 273-274.
préter l’existence du Fondaco dei Tedeschi, destiné aux marchands de langue
122. Constable 2003, p. 306-314. germanique (au sens large, Polonais et Hongrois inclus), où s’appliquait une

218 Pierre GARRIGOU GRANDCHAMP Les Cahiers de Saint-Michel de Cuxa, XLVIII, 2017
50 - Venise (Vénétie) : Fondaco dei Turchi, façade avant restauration en 1869 (cl. Ponti Carlo).

réglementation très stricte quant au contrôle des hommes, alors qu’ils étaient
de religion chrétienne ? En effet, les négociants concernés étant nombreux dès
le début du XIIIe siècle, le Sénat leur avait assigné une bâtisse sur le Grand
Canal, qui était leur lieu de résidence obligatoire, à usage d’habitation et de
dépôt des marchandises importées de ou à exporter vers l’Allemagne. Des
Vénitiens participaient à leur négoce en tant qu’interprètes ou intermédiaires
dans les affaires, mais exerçaient aussi l’administration des lieux, selon des
règles strictes, incluant le contrôle de la fermeture des portes le soir123. On
voit ici une rigueur comparable à celle qui prévalait dans les mitata. Elle
s’expliquerait par la farouche volonté de la République de garder le monopole
des échanges entre l’Europe centrale et l’Orient, en profitant de sa position
clef, semblable à celle d’Alexandrie : la géographie faisait de ces deux ports des
points nodaux où s’opérait un transfert de charge et d’opérateurs124. Quelle
était la morphologie du Fondaco dei Tedeschi ? L’établissement fut transfor-
mé après un incendie au XVIe siècle et son plan initial est incertain : en l’état,
il comprend en son sein une vaste cour rectangulaire bordée sur ses faces de
quatre registres de portiques superposés, desservant logis et magasins.
Le fondaco dei Turchi fut fondé en 1612 seulement ; la République lui affecta
un vaste immeuble de ses propriétés, dont la conformation semblait, avant sa
restauration drastique, assez proche de celle des grands palais patriciens, du
moins pour l’ordonnance de la façade sur le canal (ill. 50). En arrière, en effet,
était privilégié l’aménagement d’une vaste cour enserrée entre de courtes ailes
se raccordant au corps antérieur125. Ce plan, d’origine très ancienne, semblait
encore adapté pour une institution devant permettre un contrôle sévère sur
les hommes et sur les biens.
Les nombreux fondachi cités par les sources dans bien des villes, telle Salerne,
appartenaient-ils vraiment à cette catégorie d’installations fermées, ressem-
blant aux khans que l’on voit à Saint-Jean d’Acre ? La réponse est ici incer- 123. Constable 2003, p. 315-324. J.-Cl. Hocquet,
taine, car on a vu combien le terme était sujet à des acceptions différentes. Venise et la Mer, Paris, Fayard, 2006, p. 57.
124. Constable 2003, p. 325.
Cependant, elle est affirmative dans le cas de Valence126 : après la conquête 125. J. Schulz, « Appendix III. Fondaco dei Turchi »,
de 1238, les musulmans, d’abord exclus, puis réadmis dans la ville, furent The New Palaces of Medieval Venice, Pennsilvania
State University Press, 2004, p. 133-164.
regroupés dans la moreria où étaient installés des fondech, souvent de pro- 126. Turchetto 2014, p. 278, citant J.R. Pertegas,
« La moreria de Valencia. Ensayo de descripcion
priété royale. Le roi exerçait ainsi sa protection sur ces étrangers, en vue d’un topograficihistorica de la misma », Boletin de la Real
maintien du commerce avec le monde musulman. Academia de la Historia, t. 86, 1925, p. 229-251.

Les Cahiers de Saint-Michel de Cuxa, XLVIII, 2017 Pierre GARRIGOU GRANDCHAMP 219
Reste donc l’impression que dans certaines villes portuaires, celles de la cou-
ronne d’Aragon (Valence), Venise et Byzance, des circonstances particulières
les rendirent attractives aux marchands musulmans, par ailleurs peu portés
à fréquenter les ports des nations chrétiennes. C’est dans ces sites, et là seu-
lement que les structures d’accueil des étrangers présentèrent des caractères
contraignants et fermés.

Ce vaste panorama a soulevé bien des questions qui mériteraient une enquête
approfondie, faisant un usage intensif des sources, à l’image de ce qu’a pro-
duit Olivia Constable pour les seuls marchands forains. D’ores et déjà cer-
tains constats et plusieurs interrogations se prêtent à une formulation, ne
serait-ce que lapidaire.
Quant à l’aspect matériel de l’habitat des marchands, ce qui en est connu
révèle des édifices solidement construits, en brique et plus encore en pierre.
Il faut cependant souligner que le tableau est en partie faussé par la dispari-
tion des habitations ou parties d’immeubles bâties en bois : la rareté actuelle
du bois ne rend pas compte de l’importance des structures suspendues aux
enveloppes maçonnées, comme à Pise, ni de la place primordiale qu’il semble
avoir tenu dans la construction des demeures byzantines. La grande variété
des apparences extérieures, pour un habitat extraverti, c’est-à-dire qui accorde
une grande importance aux façades, appréciées dès la voie publique, a pu être
illustrée, de Barcelone à Rhodes. C’est un des aspects d’un art de vivre en
symbiose avec la rue, où la sociabilité et la conduite des affaires se partageaient
entre l’espace public et le privé : la demeure, qui n’était pas fermée sur l’exté-
rieur, était partie prenante. À l’inverse, les maisons des villes musulmanes,
répondant à une culture de protection du cercle familial et de séparation plus
grande entre espace public et privé, ne pouvaient en rien satisfaire les ambi-
tions sociales et économiques des marchands des nations occidentales.
Parallèlement à la variété des langages architecturaux, propres à chaque ville,
un facteur décisif explique la diversité des programmes d’habitat, selon qu’ils
incluent ou excluent une incorporation de locaux à usage professionnel, de
production, stockage, vente, etc. Ce facteur est le régime de la vente, tel qu’il
est réglementé par les autorités. La plus ou moins grande liberté laissée aux
particuliers quant au lieu d’exercice de leurs activités est déterminante pour
la configuration des immeubles, et notamment des rez-de-chaussée. Le com-
merce au détail est-il autorisé dans la demeure ou bien doit-il être centralisé
dans une rue marchande, à l’image du souk, ou dans un marché groupé127 ?
En un mot, la demeure polyvalente est-elle concevable, au regard des usages
économiques et sociaux, ou bien la dissociation entre logis et lieux des activi-
tés professionnelles est-elle la seule solution admise par la conception de la vie
domestique, mais aussi par la rationalité, quand l’activité exercée est étroite-
ment contrôlée par la puissance publique, voire assignée en un lieu précis ? Il
semble établi, à cet égard, que dans les villes occidentales la dominante était
la liberté d’établissement et de commerce, sous réserve du respect des régle-
127. Cf. par exemple, pour le monde byzantin, la mentations publiques ou professionnelles ; pour autant, les regroupements
différence en la liberté de vente, laissée à la plupart
des marchands et aux artisans, et l’étroit contrôle de
n’étaient pas absents, tant la constitution de centres névralgiques pour les
certaines productions obligatoirement inscrites dans affaires fit partie du développement urbain, comme on le voit à la répartition
des « guildes » créées et sévèrement surveillées par
l’État ; ainsi, à Constantinople, de la production et du des tables de changeurs à Montpellier par exemple.
commerce de la soie ou des objets précieux destinés Inversement, la situation est beaucoup plus contrastée dans le monde byzan-
aux grands : G.C. Maniatis, « The Domain of Private
Guilds in the Byzantine Economy, 10th to 15th c. », tin et dans les villes musulmanes : le commerce au détail y était bien sûr
Dumbarton Oaks Papers, t. 55, 2001, p. 339-369. développé, et d’autant plus libre que les ressources attendues des taxations
128. B. Z. Kedar, El. Stern, « A Vaulted East West
Street in Acre’s Genoese Quarter ? », Atiqot, étaient relativement faibles ; en revanche il était généralement pratiqué de fa-
t. 26, 1995, p. 105-111, ici p. 109. A. Boas, « A
rediscovered Market Street in Frankish Acre »,
çon groupée, dans les rues commerçantes bordées d’échoppes et de boutiques,
Atiqot, t. 31, 1997, p. 181-186. ce qui advint également dans certaines villes franques128. En revanche il n’y a

220 Pierre GARRIGOU GRANDCHAMP Les Cahiers de Saint-Michel de Cuxa, XLVIII, 2017
pas d’exemple connu de maison avec boutique en façade en terre d’Islam. Ce
parti architectural semble tout autant absent dans les villes byzantines : il n’y
en a pas un exemple repérable à Mistra par exemple, en dépit des influences
franques décelables dans l’habitat.
Au total, le poids de la puissance publique paraît avoir été plus lourd dans
le monde oriental, tant byzantin que musulman, ce que laisse apparaître par
contraste le régime du commerce dans les villes latines du Levant, à quelques
exceptions près, dont Chypre, à certaines époques et pour certains biens. Le
tableau mériterait certes bien des nuances, qui ne peuvent être apportées ici,
mais il est indubitable que le régime du commerce eut des effets décisifs sur
la morphologie des demeures, tout autant que les us et coutumes de la vie
domestique.

Un autre enseignement de ce tour d’horizon est la versatilité des concepts,


tant du langage, exprimé dans le vocabulaire, que des formes architecturales.
L’incertitude à propos du sens du mot clef de fondaco, et les variations d’ac-
ception qu’il connut ont été développées ci-dessus. Il est tout aussi important
d’observer que le langage architectural a pu appliquer des principes iden-
tiques à des fonctions très différentes, voir à des programmes opposés. La
plasticité du concept de maison à cour centrale a été ainsi mise en lumière :
frappante est l’absence de parenté entre la demeure arabe, introvertie et où
l’on habite de plain-pied, et la demeure des villes occidentales, tant à l’ouest
que dans les colonies franques, où l’on vit à l’étage, ouvert sur la rue, avec une
cour qui participe à la vie sociale. Les usages du portique / portico ont révélé
une gamme aussi étendue de fonctionnalités, adaptées à des programmes spé-
cifiques : de la rue couverte, où sous les portiques ouvrent les boutiques et se
dressent les tables mobiles, au portico donnant dans le rez-de-chaussée de la
casa bottega, antichambre en quelque sorte du négociant ; en contrepoint, les
portici des rez-de-chaussée des palais vénitiens donnant sur les canaux sont les
accès des débarcadères vers l’intérieur de la maison, tandis que le portico en
avant des palais des Doria ou des Spinola exprime la puissance des alberghi
génoises et sont le lieu où sont reçus les clients, les familiers et les hôtes, dans
une transition aérienne entre la place et l’intérieur de la maison.
Dans cet examen des formes prises par l’habitat il nous est en outre apparu
qu’il n’y avait pas de maison vraiment spécifique des territoires d’outre-mer.
Nous constatons plutôt un transfert de types et des programmes occidentaux,
adaptés aux circonstances politiques et économiques (importance de la loca-
tion, établissement de quartiers strictement séparés entre les différentes colo-
nies marchandes) et faisant des emprunts aux traditions constructives locales
(généralisation du couvrement en terrasse et des voûtes d’arêtes), aboutis-
sant aussi à une certaine mixité du vocabulaire décoratif, manifeste dans les
façades des maisons des villes chypriotes et rhodiennes, appelée d’ailleurs à
perdurer dans un long Moyen Âge, dont témoignent les demeures de Lindos
érigées pour les patrons de navires, dit kapitans.

Les Cahiers de Saint-Michel de Cuxa, XLVIII, 2017 Pierre GARRIGOU GRANDCHAMP 221
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Les Cahiers de Saint-Michel de Cuxa, XLVIII, 2017 Pierre GARRIGOU GRANDCHAMP 223
SOMMAIRES DES CAHIERS DE SAINT-MICHEL DE CUXA (N°1 à 45)

disponible sur www.cuxa.org - Numéros épuisés : N°3 - 1972, N°5 - 1974, N°6 - 1975, N°7 - 1976, N°10 - 1979, N°11 - 1980, N°21 - 1990.

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les plis en ruché - Mireille MENTRÉ, Le roman et le mozarabe dans les œuvres liées au mécénat de Fernando Ier et Sancha - Barbara
SCHUCHARD, La vérité d’un bestiaire - Dom Jean-Marie BERLAND, La Tour porche de Saint-Benoît-sur-Loire (architecture et sculpture)
au cours de l’Histoire civile et religieuse - Fernando GALTIER-MARTI, Les châteaux de la frontière aragonaise, entre le préroman et l’art
roman. Lignes de recherches - Xavier BARRAL i ALTET, Politique et art roman : bilan des théories.
N°18 - 1987. Pierre PONSICH, L’autel et les rites qui s’y rattachent, son évolution en Roussillon et pays adjacents du IXe au XIIIe siècles
- Mathias DELCOR, Les églises romanes et l’origine de leur orientation - J-M. BERLAND, Un attribut vestimentaire propre aux acrobates
et aux jongleurs dans la sculpture romane - Ruth BARTAL, Le programme iconographique du portail occidental de Sainte-Marie d’Olo-
ron et son contexte historique - Jacques BOUSQUET, Le geste du bras droit levé du Christ de Conques et sa place dans l’iconographie
- Mireille MENTRE, Monde d’Arthur et du Graal et Monde Méridional - Fernando GALTIER-MARTI, Les châteaux lombards de l’Aragon à
l’arche de la Castellologie Romane Occidentale, la Tour Ronde - Henri PRADALIER, Les parties médiévales du Palais Episcopal de Gérone
- Pierre PONSICH, Le problème des Tribunes de Cuxa et de Serrabona.
N°19 - 1988. Saint-Michel de Cuxa au siècle de l’An Mil (950-1050) - Mathias DELCOR, Trois monastères du Pays de Berga aux Xe et
XIe siècles : Sant Sebastià del Sull, Sant Llorenç prop Bagà et Santa Maria de Serrateix - Patrick DONABEDIAN, L’Architecture Reli-
gieuse en Arménie autour de l’An Mil - Mario MIRABELLA ROBERTI, L’Arc en trou de serrure de l’Adriatique aux Pyrénées - Jacques
BOUSQUET, Le chapiteau provençal à trois feuilles en spirale, diffusion et origines. (1re Partie : Le motif et ses variantes expansions et
déclins - Mireille MENTRÉ, Images bibliques autour de l’An Mil - Peter K. KLEIN, Le Tympan de Beaulieu : Jugement dernier ou seconde
Parousie ? - Daniel-Odon HUREL, Le Voyage de Dom Edmond Martène et Dom Ursin Durand dans les Pyrénées-Orientales - Fernando
GALTIER MARTI, L’église ligurienne San Paragorio de Moli et ses rapports avec Santa Maria de Obarra (Aragon) et Sant Vicente de Car-
dona (Catalogne). Trois précoces témoignages artistiques de la « diaspora » lombarde - Éric PALAZZO, L’iconographie des Fresques de
Berzé-la-Ville dans le contexte de la Réforme Grégorienne et de la Liturgie Clunisienne.
N°20 - 1989. Pierre PONSICH, Le siècle de l’An Mil à Saint-Michel de Cuxà - André BONNERY, Églises abbatiales carolingiennes : exemples
du Languedoc-Roussillon - Carol HEITZ, Cluny II Saint-Michel d’Hidelsheim : une comparaison - Mireille MENTRÉ, L’illustration du Livre
de Daniel, notamment de 950 à 1050 - Patrick DONABÉDIAN, L’architecture religieuse en Georgie autour de l’an mil - Peter KLEIN, Les por-
tails de Saint-Genis-des-Fontaines et de Saint-André-de-Sorède - Mathias DELCOR, Ermengol, évêque d’Urgell et son œuvre (1010‑1035),
de l’Histoire à l’Hagiographie - Jacques BOUSQUET, Le chapiteau provençal à trois feuilles en spirales diffusion et origines (2e partie). Note
sur les contreforts demi-circulairesdans l’art du Haut Moyen Âge - Daniel-Odon HUREL, Quelques regards du XVIIe siècle (1650-1730) sur
l’architecture religieuse des XIe et XIIe siècles - Eda DISKANT, Le cloître de Saint-Genis des Fontaines à Philadelphie.
N°22 - 1991. André BONNERY, L’édicule du Saint-Sépulcre de Narbonne - Carol HEITZ, Architecture et liturgie : le Saint-Sépulcre et l’Occi-
dent - François HEBER-SUFFRIN, Copie et création dans l’enluminure carolingienne - Fernando GALTIER-MARTI, Les églises romanes lom-
bardes de la Vallée de Larboust (Haute-Garonne) : une analyse architecturale qui pose des questions génantes - Jacques BOUSQUET, La tombe
présumée d’Odolric à Conques et le motif de la Croix cantonnée de boutons - Pierre PONSICH, Les crucifix romans du Roussillon, de Cerdagne
et de Capcir. Dernières découvertes - Mathias DELCOR, L’iconographie des descentes de Croix en Catalogne, à l’époque romane - J.-L. BER-
NARD et G.-E. ROCHE-BERNARD, La première architecture romane d’Île-de-France, recherche d’exemples de référence - Francine SAUNIER,
Notre-Dame des Miracles de Mauriac - Mireille MENTRÉ, L’art juif en Europe au Moyen Âge. Exposition et conférence aux 21es journées
romanes de Saint-Michel-de-Cuxa - Géraldine MALLET, Cloîtres démontés en Roussillon, remontés aux États-Unis.
N°23 - 1992. L’art et la société à l’époque carolingienne. Pierre PONSICH, La société et l’art en Roussillon à l’époque carolingienne
- Michel ZIMMERMANN, Les Goths et l’influence gothique dans l’empire carolingien - Montserrat PAGÈS i PARETAS, La Marca Hispanica,
frontera meridionai de l’imperi i les seves fortificacions fins ai temps de Carles el Calb - Fernando GALTIER-MARTÍ, Les conditions et les
développements de l’art préroman dans les comtés de Rigaborza et d’Aragon - Bernabé CABAÑERO-SUBIZA, La transición del prerromà-
nico al románico en la castellología aragonesa y catalana - Pierre RICHÉ, Les aristocrates carolingiens, collectionneurs d’objets d’art (VIIIe-
Xe siècles) - Carol HEITZ, L’architecture carolingienne et les nombres - Dominique IOGNA-PRAT, Le culte de la Vierge sous le règne de
Charles le Chauve - Mireille MENTRÉ, Aspects de l’enluminure carolingienne - André BONNERY, L’ivoire de la crucifixion de la cathédrale
de Narbonne. Bilan et perspectives par Philippe Sénac - Eda DISKANT, Les fontaines du monastère de Saint-Michel de Cuxa - Géraldine
MALLET, Les restaurations du cloître funéraire de Saint-Jean de Perpignan - Évelyne PROUST, Typologie des chapiteaux romans limousins
- Jean-Louis BERNARD, Argenteuil (Val d’Oise). État des connaissances sur l’abbaye Notre-Dame de sa fondation à l’époque romane.
N°24 - 1993. Aux sources de l’art roman (Convergences, permanences, mutations). Michel ZIMMERMANN, Aux origines de
l’art roman : fragmentation politique, encellulement social et croissance économique - Pierre PONSICH, Les baldaquins d’Oliba, 1040
- Mireille MENTRÉ, La sirène, mythe et modernité (notes sur quelques exemples) - Samuel RUTISHAUSER, Genèse et déveIoppement de
la crype à salle en Europe du Sud - Carol HEITZ, Convergences et divergences entre l’architecture ottonienne et l’architecture religieuse
en France, aux alentours de l’an Mil - Emmanuel GARLAND, Le décor monumental des églises romanes du Comminges : origines, évolu-
tions dans le temps et dans l’espace - André BONNERY, Sources de la sculpture romane en Languedoc. Les églises abbatiales de Caunes et
d’Alet - Géraldine MALLET, Nouvelles réflexions sur l’atelier du cloître de l’abbaye de Saint-Michel de Cuxa - Olivier POISSON, Réflexions
sur le cloître d’Elne - Montserrat PAGÈS i PARETAS, L’aportació de les canòniques regulars a l’art romànic del segle XII a partir de San
Ruf d’Avinyó - J. HUBER, La dite « Grande chasse de Sion », influences carolingiennes sur les arts appliqués dans la région alpine dans la
deuxième moitié du XIe siècle - Dominique CARDON, Les arts du textile d’après les plus anciens témoignages conservés en Languedoc
et en Roussillon - Francine SAUNIER, Répartition des thèmes animaliers dans l’édifice roman de Haute-Auvergne - J.-L. BERNARD,
Préparation d’une fouille à Cuxa : étude de la construction - J.-L. BERNARD et L. OLLIVIER, Aniane (Hérault) : découverte d’une église
de l’abbaye, 1991.
N°25 - 1994. Marie, l’art et la société des origines du culte au XIIIe siècle. Carol HEITZ, D’Aix-la-Chapelle à Saint-Bénigne de Di-
jon, rotondes mariales carolingiennes et ottoniennes - André BONNERY, L’église de Rieux-Minervois. Dimension symbolique de l’archi-
tecture. Sculpture - Olivier POISSON, Les collégiales augustines du Conflent et du Roussillon et l’architecture des ateliers roussillonnais
du XIIe siècle - Antoni PLADEVALL i FONT, El culte de la Mare de Déu a Catalunya dels segles XI aI XIII a través de les noticies històriques
i del testimoni de la iconografia romànica - Pierre PONSICH, La vierge de Thuir et les relations artistiques entre la région auvergnate
et les pays catalans à l’époque préromane et romane - Jordi CAMPS I SORIA, La « Vierge du Cloître » de Solsona (Catalogne) attribuée
à Gilabertus : à propos de sa fonction et contexte d’origines - Monserrat PAGÈS i PARETAS, L’iconographie de Marie dans la peinture
romane catalane - Mireille MENTRÉ, Femme de l’Apocalypse et Vierge à l’Enfant - Guylène HIDRIO, L’église de Rieux-Minervois : Marie
et les sept colonnes de la Sagesse dans l’iconographie médiévale - Emmanuel GARLAND, L’Adoration des Mages dans l’art roman pyré-
néen - Ruth BARTAL, Le Cantique des Cantiques. Texte et images - John OTTAWAY, La Vierge, racine de l’Église : l’exemple de Saint-
Lizier - Francine SAUNIER, Une œuvre attribuée au Maître de Cabestany : la colonne de San Giovanni in Sugana en Toscane - Géraldine
MALLET, Le dépôt lapidaire de Saint-Guilhem-le-Désert (Hérault).
N°26 - 1995. Bâtir à l’époque préromane et romane. Marcel DURLIAT, Les chantiers de construction des églises romanes - Imma-
culada LORES i OTZET, Le travail et l’image du sculpteur dans l’art roman catalan - Pierre PONSICH, L’art de bâtir en Roussillon et en
Cerdagne du IXe au XIIe siècle - Carol HEITZ, Bâtir et célébrer « Romano more » - Francine SAUNIER, Un élément architectural fréquent
en Auvergne : le linteau en bâtière - Philippe LORIMY, Reconstitution des phases constructives du cloître de Saint-Guilhem-le-Désert
- Jordi CAMPS i SÓRIA, À propos des sources toulousaines du « Maître de Cabestany » : l’exemple du portail de Sant Pere de Rodes (Cata-
logne) - André BONNERY, Matériaux et couleurs dans les églises romanes du Languedoc - Géraldine MALLET, Jeux et rôles de la cou-
leur dans l’architecture romane roussillonnaise - Mireille MENTRÉ, Babylone détruite. Jérusalem reconstruite - Emmanuel GARLAND,
Des remplois antiques dans les églises romanes des Pyrénées - Claire PÉQUIGNOT, L’église de Villeneuve d’Aveyron : une église bâtie à
l’image du Saint-Sépulcre - Guylène HIDRIO, La Vierge aux Sept Dons de l’Antependium de Lluçà (XIIIe siècle) - Patrick PERRY, Les décors
d’incrustations dans l’architecture romane d’Auvergne - Stéphanie ZWEIFEL, La courtoisie, entre imaginaire et réalité d’après l’ivoirerie
profane du XIVe siècle.
N°27 - 1996. Tours et clochers à l’époque préromane et romane. René GERMAIN, Clochers romans en basse Auvergne et Bourbon-
nais - Victor LASSALLE, Remarques sur les clochers romans de Provence - J.-F. CABESTANY i FORT, M.-T. MATAS i BLANXART, Aproxi-
macio a les tipologies constructives dels campanars romànica a Catalunya (ss. XI-XII) - André BONNERY, Tours symétriques de chevet du
Languedoc aux Pyrénées - François HEBER-SUFFRIN, Massifs occidentaux et tours de façade en Lorraine aux époques ottoniennes et ro-
manes - Francesca ESPAÑOL BERTRAN, Massifs occidentaux dans l’architecture romane catalane - Pierre PONSICH, Clochers d’églises,
tours municipales, donjons et tours de défense du Roussillon, du XIe au XIIe siècle - Marta PLANS DE LA MAZA & Josep Ma BOSCH
PLADEVALL, Les clochers-tour romans des vallées d’Andorre - Jean ROCACHER, La tour-porche Saint-Michel de Rocarnadour - Yves
BRUAND, La tour et ses diverses fonctions dans l’architecture militaire médiévale : la cité de Carcassonne - Jacek KOWALSKI, Tours,
piliers, escarboucles littérature et architecture en France au XIIe siècle - Fernando GALTIER MARTI, Llordà : le château-palais - Betty
WATSON AL-HAMDANI, Tour et clocher-arcade de Sant Quirce de Pedret en Berguedà. Catalogne (résumé de conférence). Conférences
hors thème - Lourdes DIEGO BARRADO, Premières recherches sur les grilles romanes en Aragon - Emmanuel GARLAND, Allégorie
et symbolisme dans l’iconographie pyrénéenne au tournant du XIIe siècle à propos de quelques chapiteaux récemment (re)découverts
- Francine SAUNIER, Quelques remarques à propos de deux édifices à plan centré de Jérusalem - Florence HAMMONIÈRE, L’accès au
clocher de l’église Saint-Martin de Villette-sur-Ain ou l’incidence d’un escalier sur la couverture de la nef - Julien LUGAND, Présentation
de l’église Sainte-Marie des Abeilles.
N°28 - 1997. Les anges et les archanges dans l’art et la société à l’époque préromane et romane. Robert CABIÉ, Les anges dans
la liturgie, recherche sur les origines - André BONNERY, Les sanctuaires associés de Marie et de Michel - Sophie CASSAGNES- BROU-
QUET, Cluny et les anges : les créatures célestes dans la spiritualité et l’art clunisien - Ruth BARTAL, Anges et louange du triomphe chré-
tien en Espagne - Pierre PONSICH, Le culte des anges en Vallespir aux XIe et XIIe siècles - Jacek KOWALSKI, Le culte des anges en Pologne
jusqu’au XIIIe siècle à travers des œuvres d’art - Marco BURRINI, Réflexion sur les anges sans ailes, dans l’œuvre du Maître de Cabestany
- Guylène HIDRIO, Iconographie de la chute de l’ange en présence de la Vierge, à propos de quelques images - Robert FAVREAU, L’apport
des inscriptions à l’histoire des anges à l’époque romane - Mireille MENTRÉ, Anges de gloire et anges de cataclysmes dans la peinture mo-
zarabe - Fernando GALTIER MARTI, Les anges, entre l’exode et la Jérusalem céleste - Lourdes DIEGO BARRDO, Le rôle des anges dans
l’iconographie de la Rome byzantine - Emmanuel GARLAND, Le portail de Santa Maria de Covet : une œuvre élaborée, témoin privilégié
de la place des puissances célestes au cours du second âge roman - Francesca ESPAÑOL, Culte et iconographie de l’architecture dédiés à
saint Michel en Catalogne - Catherine JOLIVET-LÉVY, Culte et iconographie de l’archange Michel dans l’Orient byzantin : le témoignage
de quelques monuments de Cappadoce - Philippe FAURE, L’homme accompagné. Origines et développement du thème de l’ange gardien
en Occident. Annexe : Denys le pseudo-aréopagite et le Moyen Âge occidental réception et influence de la Hiérarchie céleste - Eduardo
CARBONELL i ESTELLER, Le Museu Nacional d’Art de Catalunya, à Barcelone - Montserrat PAGÈS i PARETA, À propos des séraphins de
Maderuelo et de Santa Maria de Taüll - Jordi CAMPS i SÒRIA, La représentation de l’Arma Christi du cloître de la cathédrale de Tarragona
- Saverio LOMARTIRE, Remarques sur tours et clochers préromans et romans dans l’Italie du Nord - Jean BLACHE, La Hiérarchie céleste
selon Denys l’Aréopagite - Joël REPESSE, Les fresques d’Angoustrine.
N°29 - 1998. Le culte des saints à l’époque préromane et romane. Robert CABIÉ, Le culte des saints dans la liturgie des origines
à l’époque romane - Victor SAXER, Le culte des apôtres Pierre et Paul à Rome - Jean-Pierre CAILLET, L’évêque et le saint en Italie : le
témoignage de l’iconographie haut-médiévale et romane - Barbara DRAKE BOEHM, Les bustes reliquaires romans du Limousin - André
BONNERY, Le sarcophage-reliquaire de saint Saturnin, à Saint-Hilaire d’Aude - Sophie CASSAGNES-BROUQUET, Culte des saints et
pèlerinage en Bourgogne du XIe au XIIIe siècle - Pierre PONSICH, Le problème des églises romanes catalanes du XIe siècle occidentées
- Montserrat PAGÈS i PARRETAS, À propos des saints peints sur l’abside de Sainte-Eulalie d’Estaon, en Catalogne - Marlène KANAAN,
Contribution à l’étude du culte du saint et glorieux mégalo-martyr Georges le Tropéophore au Liban - Géraldine MALLET, Patrick PERRY,
Les tombeaux de saints à l’époque romane : quelques exemples - Anna ORRIOLS i ALSINA, Hagiographie et art roman en Catalogne
- Marco BURRINI, Le culte de la ceinture de la Vierge à Prato au XIIe siècle d’après la tradition et l’iconographie de l’époque - Emmanuel
GARLAND, Le conditionnement des pèlerins au Moyen Âge : l’exemple de Conques - Francesca ESPAÑOL, Le Sépulcre de Sant Ramon
de Roda - Richard BAVOILLOT-LAUSSADE, Les avatars du corps de Guilhem et le culte du fondateur de Gellone - Aline ROUSSELLE, La
naissance d’une iconographie des martyrs. Travail d’étudiant - Alicja KARLOWSKA-KAMZOWA, Saint Adalbert dans l’art médiéval en
Pologne.
N°30 - 1999. La paroisse à l’époque préromane et romane. Victor SAXER, Les paroisses rurales de France avant le IXe siècle : peu-
plement, évangélisation, organisation - Pierre PONSICH, Origine et formation des paroisses et des églises rurales du diocèse d’EIna
- Emmanuel GARLAND, Élaboration et diffusion de l’iconographie romane : l’exemple pyrénéen - André BONNERY, La mise en place du
réseau paroissial en Capcir du IXe au XIVe siècle - Aymat CATAFAU. Paroisse et cellera dans le diocèse d’Elne Xe-XIIe siècles - Dominique
BAUDREU, Types de villages et églises paroissiales (anciens diocèses de Carcassonne et de Narbonne) - Marlène KANAAN, Paroisses
et églises paroissiales au Liban à l’époque médiévale XIIe-XIIIe siècles - Joaquin YARZA LUACES, Un cycle de fresques romanes dans la
paroisse de Santa María de Taüll - Francesca ESPAÑOL, Les paroisses dans la ville : l’exemple de Lérida - Christine DELAPLACE, La mise
en place de l’infrastructure ecclésiastique rurale en Gaule à la fin de l’Antiquité (IVe‑VIe siècles après J.‑C.) - Charles MERIAUX, Aux ori-
gines lointaines des paroisses en Gaule du Nord : quelques observations sur la christianisation du diocèse de Cambrai (VIe-VIIIe siècles).
N°31 - 2000. Les pèlerinages à travers l’art et la société à l’époque préromane et romane. Paula GERSON, Le guide du pèlerin de
Saint‑Jacques de Compostelle : auteurs, intentions, contextes - Elizabeth VALDEZ DEL ÁLAMO et Constancia DEL ÁLAMO MARTÍNEZ,
Témoins de la foi : le portique nord de Silos et le pèlerinage à Saint Dominique - Pierre MARAVAL, Les pèlerinages chrétiens au Proche-
Orient des origines au VIIe siècle - Jean-Claude FAU, À propos du chapiteau de la condamnation de sainte Foy, à Saint-Jacques-de-Com-
postelle et à Sainte-Foy de Conques - Denis BRUNA, Enseignes de pèlerinage et identité du pèlerin - Robert CABIÉ, Liturgie et pèlerinage
- Jean PASSINI, Le chemin de Saint-Jacques : structures urbaines en Navarre - Pierre PONSICH, Roussillonnais, Cerdans et Catalans du
Haut Moyen-Âge sur les routes des grands pèlerinages - Marco BURRINI, Le sacré et le profane sur la voie des pèlerins - Mireille MEN-
TRÉ et Marie-Laure REGNAULT, Un cheminement vers la lumière du paradis : le pèlerinage de saint Patrick - Claire PEQUIGNOT, Vraies
ou fausses imitations de l’Anastasis de Jérusalem aux XIe et XIIe siècles - Marlène KANAAN, À propos du pèlerinage et de quelques lieux
saints au Proche-Orient chrétien Liban-Syrie à l’époque médiévale - André BONNERY, Les plus anciennes descriptions du Saint Sépulcre
témoins du pèlerinage à Jérusalem. Travaux d’étudiant - Daphné van EBBENHORST TENGBERGEN, L’emploi du marbre rose et de la
griotte de Villefranche-de-Conflent à travers quelques exemples de portails et baies d’églises du Conflent, du XIe au XIIIe siècle - Domi-
nique LABROSSE, Essai de reconstitution du pilier Sud-Est de l’ancien cloître de Saint-Guilhem-le-Désert (Hérault) - Magali MISCORIA,
Les chevets romans entre le Gardon et la Cèze (Gard) : plastique murale et influences - Lisabelle PAGNIEZ, Le marbre de Céret : un maté-
riau complexe et méconnu de la production artistique roussillonnaise (XIe-XVe s.).
N°32 - 2001. L’an Mil, fin d’un monde ou renouveau ? Michel ZIMMERMANN, L’an Mil, commencement du Moyen Âge ? - Im-
maculada LORÉS i OTZET, L’église de Sant Pere de Rodes, un exemple de « renaissance » de l’architecture du XIe siècle en Catalogne
- André ESCARRA, L’abside majeure de la cathédrale d’EIna - Christian SAPIN, Architecture et décor des débuts du XIe siècle en
Bourgogne. Nouvelles recherches archéologiques et perspectives - Eduard CARBONELL I ESTELLER, L’art de l’an 1000 en Catalogne
- Marcel ANGHEBEN, L’iconographie du portail de l’ancienne cathédrale de Mâcon : une vision synchronique du Jugement individuel
et du Jugement dernier - Christian LAURANSON-ROSAZ, De la Chiusa à Cuixà, la Romania de l’an mil sous le signe de l’archange
Michel et de saint Pierre - Frédéric de GOURNAY, Les origines méridionales de la Chanson de Roland - Olivier PASSARRIUS, Aymat
CATAFAU, L’habitat rural autour de l’an Mil en Roussillon. L’exemple du site du Camp del Rey, Baixas (Pyrénées-Orientales) - Pascale
CHEVALIER, La crypte de la cathédrale de Clermont : nouvelles approches - Andreas HARTMANN VIRNICH, Le voûtement dans
l’architecture religieuse du XIe siècle en provence : formes, modèles, techniques - Florence JUIN, Les tours-porches occidentales des
provinces de la Loire moyenne (XIe-XIIe siècles) et du Berry. État de la question - Pierre MARTIN, Premières expériences de chevets à
déambulatoire et chapelles rayonnantes de la Loire moyenne. État de la question - Sébastien BULLY, L’abbaye de Saint-Claude (Jura).
Premiers résultats des recherches sur le site de l’ancien palais abbatial : église Notre-Dame des Morts - Laurence CARRIÈRE, Les por-
tails des églises et des chapelles du Haut et Moyen Vallespir (XIIe-XIIIe siècles).
N° 33 - 2002. Naissance et renaissance de la ville à l’époque romane - Louis STOUFF, La renaissance d’une cité romaine : Arles fin
Xe-milieu XIIIe siècle - Quitterie CAZES, Toulouse au XIe siècle : l’émergence de la ville médiévale - Claude DENJEAN, Puigcerda, 1177,
un modèle pour une ville neuve ? - Jean PASSINI, La ville de Tolède au Moyen Âge : apport du parcellaire, du texte bâti à l’étude du quar-
tier de Sant Ginès - Nicolas REVEYRON, Un chantier dans la ville. La reconstruction de la cathédrale de Lyon (XIIe-XVe s.) - Gabrielle
DÉMIANS D’ARCHIMBAUD, La cathédrale dans la ville romane provençale : l’exemple de Digne - Pierre GARRIGOU GRANDCHAMP,
Observations sur l’habitat et le issu bâti des villes aux XIIe et XIIIe siècles en Languedoc occidental - Géraldine Mallet, Dispersion et
restauration du cloître de Saint-Michel-de-Cuxa (XIXe-XXe s.) - Lisabelle PAGNIEZ, Le marbre de Céret (XIe-XVe s.) - Marie VAISSIÈRES,
La pierre marbrière de Baixas (XIIIe-XVe s.), Danièle IANCU-AGOU, Une communauté juive languedocienne au XIIIe s. : Montpellier - 
Mijrnko JURKOVIC, La réforme de l’Église et l’architecture du premier âge roman en Croatie.
N° 34 - 2003. Liturgie et arts à l’époque romane - Pierre-Marie GY, La liturgie à l’époque romane - François HEBER-SUFFRIN, La
liturgie dans la ville : Metz du VIIIe siècle à l’époque romane - Manuel Antonio CASTIÑEIRAS GONZÁLES, Topographie sacrée, liturgie
pascale et reliques dans les grands centres de pèlerinage - Christian SAPIN, Cryptes et sanctuaires, approches historiques et archéo-
logiques des circulations - Quitterie CAZES, Les massifs occidentaux des églises romanes de Toulouse - Milagros GUARDIA, Relire les
espaces liturgiques à travers la peinture murale : le programme iconographique de San Baudelio de Berlanga - Anke WUNDERWALD, Les
peintures murales de Saint-Pierre de la Seu d’Urgell et leur environnement liturgique - Carles MANCHO, La peinture dans le cloître :
l’exemple de Sant Pere de Rodes - Pascale CHEVALIER, Les installations liturgiques romanes dans le diocèse de Clermont. Découvertes
récentes - Éric PALAZZO, L’histoire des autels portatifs par Jean-Baptiste Gattico - Cécile TREFFORT, Inscrire son nom dans l’espace
liturgique à l’époque romane - Nicolas REVEYRON, Architecture, liturgie et organisation de l’espace ecclésial - Emmanuel GARLAND,
Conclusions.
N° 35 - 2004. Chrétiens et musulmans autour de 1100 - Martí AURELL, La Catalogne autour de 1100 - Pierre GUICHARD, Valence
et les musulmans valenciens face aux chrétiens à l’époque de la reconquête - Henri BRESC, La Sicile, de la précroisade à la monarchie
œcuménique (1060-1190) - Nicolas FAUCHERRE, La fortification au Proche-Orient avant les croisades : l’exemple du Sahyun - Gérard
DÉDÉYAN, Les chrétiens orientaux face à l’Islam, de la fin du XIe à la fin du XIIIe siècle - Valentino PACE, Présence et reflets de l’art isla-
mique en Italie méridionale au Moyen Âge - Sophie MAKARIOU, L’ivoirerie de la péninsule ibérique aux XIe‑XIIe siècles : entre Andalus
et Hispania - Avinoam SHALEM, Des objets en migration : les itinéraires des objets islamiques vers l’Occident latin au Moyen Âge - Mila-
gros GUARDIA, À propos de la cuve de Xàtiva : un exemple de synthèse des substrats classique et islamique - Xavier BARRAL I ALTET,
Sur les supposées influences islamiques dans l’art roman : l’exemple de la cathédrale Notre-Dame du Puy-en-Velay - Caroline ROUX, Arcs
polylobés dans l’architecture romane. À propos des tribunes de Notre-Dame du Port de Clermont - Emmanuel GARLAND, Les églises
du Serrablo, en Haut-Aragon, et le mythe mozarabe - Christiane KOTHE, Quelques traces artistiques des relations entre Al-Andalus et
l’espace ibéro-occitan - Quitterie CAZES, À propos des « motifs islamiques » dans la sculpture romane du Sud-Ouest - Olivier POISSON,
L’église de Planès et son interprétation comme mosquée au XIXe siècle - Jérôme BÉNÉZET, L’autel majeur de l’église Saint-Pierre de Théza
et ses aménagements - Aymat CATAFAU, Conclusions.
N° 36 - 2005. L’aristocratie, les arts et l’architecture à l’époque romane Hélène DÉBAX, L’aristocratie méridionale autour de 1100
- Teresa VINYOLES, Elena CANTARELL, « Castell és com qui diu casa alta ». La vie de la petite noblesse médiévale en Catalogne - Guy
BARRUOL, François GUYONNET, Marie-Pierre ESTIENNE, Francesco FLAVIGNY, Le château médiéval de Simiane en Provence - Virgi-
nie CZERNIAK, Le décor peint dans l’habitat aristocratique médiéval : exemples méridionaux - Aymat CATAFAU, Cuixà et l’aristocratie
catalane - Daniel CODINA, La chapelle de la Trinité de Saint Michel de Cuixà. Conception théologique et symbolique d’une architecture
singulière - Edwige PRACA, Contribution à l’histoire des biens meubles et immeubles de l’abbaye Saint-Michel de Cuxa (v. 1750‑v. 1950)
- Anne-Laure NAPOLÉONE, Les demeures aristocratiques des villes méridionales à l’époque romane - Avinoam SHALEM, La voix du
héros. Note sur la fabrication et l’utilisation des cors médiévaux comme instruments de musique - Sophie MAKARIOU, Le jeu d’échecs,
une pratique de l’aristocratie entre Islam et chrétienté des IXe-XIIIe siècles - Julie ENCKELL JULLIARD, Entre patriciat urbain et pou-
voir nobiliaire : Maurus d’Amalfi et le destinataire du coffret en ivoire dit de Farfa - Julia BELTRÁN DE HEREDIA BERCERO, Les élites
locales et la formation du centre de pouvoir à Barcelone. Un exemple de continuité (IVe-XIIIe siècle) - Dominique WATIN GRANDCHAMP,
Laurent MACÉ, Vestiges d’un monde aristocratique : une nécropole familiale dans un garage et une salle d’apparat dans le grenier d’une
ancienne abbaye - Montserrat PAGÈS i PARETAS, Noblesse et patronage : El Burgal et Mur. La peinture murale en Catalogne aux XIe
et XIIe siècles - Dulce OCÓN ALONSO, « Regnum et sacerdotium » au monastère de Silos - Jordi CAMPS i SÒRIA, Immaculada LORÉS
i OTZET, Le patronage dans l’art roman catalan - Bérangère SOUSTRE DE CONDAT, Pouvoir et mécénat : le rôle des femmes dans le
développement des arts religieux en Sicile (XIe-1re moitié du XIIIe siècle) - Nathalie LE LUEL, Angoulême, Modène, Bari : l’image de l’aris-
tocratie guerrière à la conquête de l’espace religieux ?
n° 37 - 2006. Vers et à travers l’art roman : la transmission des modèles artistiques - Neil STRATFORD, Le problème des cahiers
de modèles à l’époque romane - Eberhard KÖNIG, Une nouvelle lecture du livre de modèles de Wolffenbüttel - Jacqueline LECLERCQ-
MARX, Le Centaure dans l’art préroman et roman. Sources d’inspiration et modes de transmission - Martine JULLIAN, La lyre dans l’art
roman. Transmission et diffusion par l’image d’un modèle antique à l’époque romane - Roberto CORONEO, Les sculptures du portail
de l’Albergo Caruso à Ravello (XIIe siècle) : remploi des marbres ou survivance des modèles ? - Xavier BARRAL i ALTET, Du Panthéon de
Rome à Sainte-Marie la Rotonde de Vic : transmission d’un modèle d’architecture mariale au début du XIe siècle et la politique « romaine »
de l’abbé-évêque Oliba - Christian SAPIN, Modes de construction et appareils de pierre carolingiens : quel héritage pour l’époque ro-
mane ? Problèmes historiques et archéologiques - Immaculada LORÉS i OTZET, Transmission de modèles toulousains dans la sculpture
monumentale en Catalogne dans la première moitié du XIIe siècle : anciennes et nouvelles problématiques - Quitterie CAZES, L’abbatiale
de Conques, genèse d’un modèle architectural roman - Daniel CODINA i GIOL, Un manuscrit de chant grégorien de l’abbaye de Cuixà
- Marie-Hélène SOLÈRE-SANGLA, Le mobilier liturgique de l’abbaye de Saint-Michel de Cuxa pendant la révolution française au regard
des sources documentaires - Manuel CASTIÑEIRAS, D’Alexandre à Artus : l’imaginaire normand dans la mosaïque d’Otrante - Marcello
ANGHEBEN, Les représentations de Marie et de trois saintes en vierges sages dans les espaces liturgiques de Santa Coloma d’Andorre et
Sainte-Eulalie d’Estaon - Milagros GUARDIA, Enluminure et peinture murale du nord au sud des Pyrénées : la syntaxe ornementale et ses
thèmes - Carles MANCHO, Campdevànol, Ripoll et la culture carolingienne - Laurent MACÉ, Matrice. L’intaille et le sceau : la question
du modèle dans la pratique sigillaire médiéval - Emmanuel GARLAND, L’autel portatif de l’abbé Bégon à Conques et ses relations avec
l’art somptuaire occidental - Sophie MAKARIOU, Le cristal de roche islamique et ses avatars liturgiques dans l’occident roman - Victor
LASSALLE, Formes romanes dans le décor architectural de la renaissance et des temps classiques - Jean NAYROLLES, Sculpture néo-
romane : entre modèles et invention - Immaculada LORÉS i OTZET, Conclusions.
N° 38 - 2007. Monde roman et chrétientés d’Orient - Gérard DÉDÉYAN, Moines de Grande Arménie et pèlerins arméniens en Occident
(VIe-XIIe siècle) - Christiane DELUZ, La représentation de l’Orient dans la cartographie médiévale à la période romane - Dominique WATIN-
GRANDCHAMP, Patrice CABAU, Daniel et Quitterie CAZES, Le coffret reliquaire de la Vraie Croix de Saint-Sernin de Toulouse - Chris-
tian FÖRSTEL, Les manuscrits grecs en Occident entre le Xe et le XIIe siècle - Elena ALFANI, Relations iconographiques entre Catalogne
et Orient : mobilité des modèles - Julie ENCKELL JULLIARD, Typologie et emplacement de l’Ascension dans le décor monumental entre
Orient et Occident : état de la question - Dulce OCON ALONSO, Une salle capitulaire pour une reine : les peintures du chapitre de Sigena
- Geneviève BRESC‑BAUTIER, La dévotion au Saint-Sépulcre de Jérusalem en Occident : imitations, invocation, donations - Jean-Pierre
SODINI, Saint Syméon, lieu de pèlerinage - René ELTER et Ahmad ABD EL-RHADAN, Le monastère de Saint-Hilarion : évolution et déve-
loppement architectural d’un sanctuaire de pèlerinage dans le sud de Gaza (Palestine) -Esther GRABINER, L’iconographie du faux marbre, le
cas de l’église franque à Abou Gosh - Valentino PACE, La Bible « byzantine » de San Daniele del Friuli : le chef d’œuvre d’un scriptorium des
Croisés - Simone PIAZZA, Art byzantin en Sicile orientale entre le XIIe et le XIIIe siècle : témoignages dans le territoire de Lentini - Sulamith
BRODBECK, Vers une remise en question de la « byzantinisation » excessive du décor de Monreale (Sicile, fin du XIIe siècle) à travers l’analyse
du programme hagiographique - Daniel CODINA i GIOL, Les miniatures préliminaires du manuscrit Perpignan, BM 1 - Immaculada LORÈS
i OTZET, La sculpture de Saint-Michel de Cuxa à l’époque de l’abbé Oliba - Aymat CATAFAU, Autour d’un document inédit de l’an mil sur
Cuxa : échanges de biens et redéploiements territoriaux en Conflent - Richard DONAT, Étude anthropologique des ossements du reliquaire
dit de saint Pierre Orseolo à Prades (Pyrénées‑Orientales) - Karim SAÏDI, Seings manuels des scribes et notaires du XIe au XIIIe siècle dans le
Roussillon et l’Hérault - Gabriel POISSON, Les vicomtes de Castelnou et la réforme grégorienne dans le diocèse d’Elne - Gérard DÉDÉYAN,
Conclusions - Xavier BARRAL i ALTET, Marcel Durliat, historien de l’art médiéval.
N° 39 - 2008. Actualité de l’art antique dans l’art roman - Éliane VERGNOLLE, L’art roman, épigone ou renaissance de l’art romain
- Serena ROMANO, Rome et l’Antique : XIe‑XIIe siècles. Remarques, souvenirs, considérations éparses - Xavier BARRAL i ALTET, Obser-
vations sur l’organisation narrative de la broderie de Bayeux et ses rapports avec l’Antiquité - Andreas HARTMANN‑VIRNICH, L’image
de l’art monumental antique dans l’architecture romane provençale : nouvelles réflexions sur un ancien débat - Victor LASSALLE, Les
compositions décoratives en opus reticulatum d’un aqueduc romain de Lyon et leurs imitations dans l’architecture romane des régions
rhodaniennes. Une nouvelle approche - Daniel CODINA i GIOL, Les chapelles des archanges à Cuixà - Bernard ARQUIER, Traces d’hor-
loges solaires sur les édifices religieux médiévaux méridionaux : inventaire et étude critique - Natacha PIANO, Approfondissements sur
les peintures murales de Notre‑Dame de Vals - Christina WEISING, Les corbels du midi, miroir de l’art antique - Begoña CAYUELA, Et
sinistra manu capillum eius ad se adducens. L’adoption d’un motif antique dans l’iconographie du sacrifice d’Abraham - Laurence CABRE-
RO-RAVEL, Survivances et altérations du chapiteau composite à l’époque romane - Ilaria SGRIGNA, Les répertoires ornementaux clas-
siques et leur survivance dans les églises romanes espagnoles du XIe siècle : l’exemple du décor en damier ou ajedrezado jaqués - Marianne
BESSEYRE, Postérité et transmutations de quelques thèmes et formes antiques dans l’enluminure romane - Manuel CASTIÑEIRAS,
Ripoll et Gérone : deux exemples privilégiés du dialogue entre l’art roman et la culture classique - Barbara DRAKE BOEHM, Gemmes
antiques dans l’Œuvre de Limoges et du Centre de la France - Jacqueline LECLERCQ‑MARX, Les avatars d’un mythe antique au Moyen
Âge. Thésée et le minotaure aux époques préromane et romane - Alessia TRIVELLONE, Têtes, lions et attributs sexuels : survivances et
évolutions de l’usage apotropaïque des images de l’Antiquité au Moyen Âge - Daniel PRIGENT, Christian SAPIN, La construction romane
et ses emprunts aux méthodes de construction antiques : méthodologie, essai de synthèse - Jean‑Charles BALTY, De l’art romain à l’art
roman : les spolia, « mémoire de l’antique » - Walter BERRY, Le recours à l’Antique à Saint‑Lazare d’Autun - Milagros GUARDIA, L’art
chrétien et musulman hispanique : la recherche du prestige de l’Antiquité - Carles MANCHO, « L’oubli du passé ». Les origines de l’art
médiéval en Catalogne - Éliane VERGNOLLE, Conclusions.
N° 40 - 2009. Le monde d’Oliba. Arts et culture en Catalogne et en Occident (1008-1046) - Michel ZIMMERMANN, Sur la terre
comme au ciel : la paix chrétienne. Oliba (1008-1046), pacificateur et guide des âmes - Ramon ORDEIG i MATA, La documentació del
monestir de Cuixà referent a Oliba i als anys del seu abadiat - Pascale BOURGAIN, La personnalité littéraire d’Oliba - Lettre‑sermon du
moine Garsias de Cuxa à l’abbé Oliba, Traduction Daniel CODINA, Pascale BOURGAIN et Marianne BESSEYRE - Éric PALAZZO, Liturgie
et symbolisme de l’espace rituel au temps d’Oliba - Gabriel MARTINEZ-GROS, L’interprétation des campagnes d’al-Mansûr contre l’Es-
pagne chrétienne - Mercè VILADRICH, La transmission des idées scientifiques et astrologiques d’origine arabe dans la Marca Hispanica
au temps de l’abbé Oliba : vieilles idées et questions nouvelles - Milagros GUARDIA, L’héritage d’Oliba de Ripoll dans l’art roman d’Ara-
gon - Éliane VERGNOLLE, Saint‑Martin du Canigou. L’église du XIe siècle - Manuel Antonio CASTIÑEIRAS GONZALEZ, Le Nouveau Tes-
tament de la Bible de Ripoll et les traditions anciennes de l’iconographie chrétienne : du scriptorium de l’abbé Oliba à la peinture romane
sur bois - Andreina CONTESSA, L’iconographie des cycles de Daniel et d’Ézéchiel dans les Bibles catalanes : présence divine et vision
de l’invisible - Xavier BARRAL i ALTET, Culture visuelle et réflexion architecturale au début du XIe siècle : les voyages de l’abbé‑évêque
Oliba (1re partie : Les premiers voyages, avant l’itinéraire vers Rome) - Carme SUBIRANAS, Les églises de Vic au temps de l’évêque Oliba,
Santa Maria la Rodona - Immaculada LORÈS et Carles MANCHO, Hec domus est sancta quam fecit domnus Oliva : Santa Maria de Ripoll
- Marc SUREDA i JUBANY, Architecture autour d’Oliba. le massif occidental de la cathédrale romane de Gérone - Javier MARTINEZ de
AGUIRRE, L’art au temps de Sancho III el Mayor : Leire - Marco ROSSI, Les patronages d’Ariberto da intimiano et la peinture lombarde
au début du XIe siècle - Carolyn MARINO MALONE, Saint‑Bénigne de Dijon : le programme des dédicaces de la rotonde - Jordi CAMPS
i SORIA, Le décor de l’église d’Artés : un reflet tardif de la tradition sculptée du XIe siècle en Catalogne - Bénédicte PALAZZO‑BERTHO-
LON, Le décor de stuc autour de l’an mil : aspects techniques d’une production artistique disparue - Bérangère ROCHE, Saint-André de
Sorède : la redécouverte d’une abbaye grâce à un manuscrit - Sandrine JUNCA, Des peintures murales médiévales méconnues dans des
églises de l’Aude et de l’Hérault - Joan DURAN-PORTA, Les cryptes monumentales dans la Catalogne d’Oliba. de Sant Pere de Rodes à la
diffusion du modèle de crypte à salle - Marie-Claire ZIMMERMANN, La construction du mythe d’Oliba au XIXe siècle : Canigó, de Jacint
Verdaguer (1886) - Michel ZIMMERMANN, Conclusions.
N° 41 - 2010. les trésors des églises à l’époque romane -  Marie‑Anne SIRE, De l’ombre à la lumière : les trésors de sanctuaire - Philippe
GEORGE, Le trésor d’église, inspirateur et révélateur de conscience historique - Pierre‑Alain MARIAUX, Trésor et reliques, ou l’effet collec-
tion - Jean‑Pierre CAILLET, Nature et enjeux des donations des grands laïcs aux trésors d’églises (IVe‑XIIe siècles) - Valérie CARPENTIER,
Après les Trésors, les destins variés des objets d’art romans - Barbara DRAKE BOEHM, Furta Sacra ? L’histoire récente de quelques reli-
quaires médiévaux français et la Loi Combes - Danielle GABORIT‑CHOPIN, Le trésor de Saint‑Denis à l’époque romane : trésor monastique
ou trésor royal ? - Emmanuel GARLAND, Le trésor de Conques au Moyen Âge : quelques observations sur son histoire ancienne - Michele
Luigi VESCOVI, Reliques, images et trésors : la châsse de Saint‑Romain de Reiningue - Armelle LE GENDRE, Remarques sur l’élévation
des reliques de la cathédrale Saint‑Étienne de Sens en 1239 - Guillem DALMAU, Orfèvrerie nord‑catalane des Xe‑XIIIe siècles, un essai de
corpus - Jean‑luc ANTONIAZZI, Le trésor de Saint-Martin du Canigou à partir d’un inventaire du XVIIIe siècle - Aude MORELLE, Les salles
du Trésor en France aux XIIe et XIIIe siècles, nouvelles réflexions sur l’architecture d’une structure discrète - Michael BRANDT, Bernward
d’Hildesheim et ses trésors - Roberto CASSANELLI, Le trésor des rois lombards à la cathédrale de Monza. Architecture, objets liturgiques
et idéologie du pouvoir, VIIe‑XIVe siècles - Chiara MAGGIONI, Le trésor de l’ancienne cathédrale de Milan : objets liturgiques et mémoire de
la « sancta mediolanensis ecclesia » - Arturo CALZONA, Mathilde de Canossa (1046‑1076/1115) : la monumentalisation des tombeaux des
« ancêtres » et le trésor de sa « mémoire » - Ángela FRANCO MATA, Le trésor d’Oviedo, continuité de l’Église wisigothique. Aspects stylis-
tiques et liturgiques, iconographie et fonctions - Marina FALLA CASTELFRANCHI, Trésors liturgiques byzantins dans les inventaires des
monastères italo‑grecs de l’Italie méridionale et de la Sicile - Sophie MAKARIOU, Gabriel MARTINEZ‑GROS, Le trésor du palais fatimide
du Caire : inventaire du profane, mécanisme de dispersion et pieuse conservation - Mathias DUPUIS, Les peintures murales romanes de
l’ancienne église paroissiale de Saint‑André‑des‑Eaux (Côtes d’Armor) - Xavier BARRAL i ALTET, Culture visuelle et réflexion architecturale
au début du XIe siècle : Les voyages de l’abbé‑évêque Oliba (2e partie : Les voyages à Rome et leurs conséquences) - Daniel CODINA i GIOL,
Les quatre inventaires du trésor du monastère de Ripoll - Paul BRETEL, Les trésors dans la littérature narrative édifiante du Moyen Âge
- Jean-René GABORIT, Conclusions.
N° 42 - 2011. Mémoires tombeaux et sépultures à l’époque romane - Cécile TREFFORT, Introduction : Tombeaux et sépultures
de l’époque romane : les monuments de l’indicible - Vincent DEBIAIS, Écrire sur, écrire dans, écrire près de la tombe. Les aspects topo-
graphiques de l’inscription funéraire (IXe-XIIe siècle) - Olivier Passarrius, Archéologie du cimetière paroissial dans le Midi, en contexte
rural (IXe-XIVe siècles) - Jean-René GABORIT, Les tombeaux des saints. Monuments funéraires élevés en France à l’époque romane en
l’honneur de personnages à la sainteté admise ou reconnue - Géraldine MALLET, L’œuvre de tombier de l’atelier de R. de Bia (début
du XIIIe siècle, Catalogne du Nord) - Alexis CORROCHANO, Entre nécropoles et cimetières : tombes, lieux d’inhumation et mémoire
funéraire à travers l’archéologie des VIIe-XIe siècles dans le sud de la France - Arturo Carlo QUINTAVALLE, L’Antique et les monumenta
de la Réforme grégorienne - Daniel CAZES, La réutilisation funéraire des sarcophages paléochrétiens du sud-ouest de la France jusqu’au
XIIIe siècle - Fabrice HENRION, Remplois de sarcophages du haut Moyen Âge et souvenir de leur image à l’époque romane en Bourgogne
et alentours - Francesca ESPAÑOL, Panthéons comtaux en Catalogne à l’époque romane. Les inhumations privilégiées du monastère de
Ripoll - Eduardo CARRERO SANTAMARÍA, Cathédrale et topographie funéraire dans l’architecture médiévale de la Péninsule Ibérique
- Anne EMBS, Nécropole dynastique, mémoire clanique : naissance et développement d’un phénomène - Philippe PLAGNIEUX, Le tom-
beau de la reine Adélaïde de Maurienne (†1154) à Saint-Pierre de Montmartre : entre célébration mémorielle et béatification - Thérèse
MARTIN, Vie et mort dans le Panthéon de San Isidoro de León - Milagros GUARDIA, La mort de Thomas Becket d’après l’Espagne - Anna
THIRION, L’ancienne tribune abbatiale de Saint-Michel de Cuxa. De la sculpture à la structure, nouvelle approche - Daniel CODINA i
GIOL, Mort, sépulture et culte de saint Pierre Orséolo à Saint-Michel de Cuxa - Richard DONAT, Les reliques du doge Pietro Orseolo
conservées à Saint-Michel de Cuxa et à Saint-Pierre de Prades : à quels saints se vouer ? - Delphine BOYER-GARDNER, Une mémoire en-
fouie. Réflexion autour du dépôt des pontificalia et d’inscriptions nominales dans les tombes d’évêques aux XIe et XIIe siècles : l’exemple
de l’Aquitaine - Stefania BABBONI, La sépulture de Obertus de Placentini dans la basilique de San Savino - Maria Lluïsa QUETGLES
ROCA, Les deux sculpteurs du sarcophage de Doña Sancha - Guillaume GRILLON, Les plates-tombes bourguignonnes : la constitution
d’un modèle (XIIe-XIIIe siècles) - Marc SUREDA i JUBANY, In memoria eterna erit justus. Art, liturgie et mémoire au tombeau de Guillem
de Montgrí (†1273) - Jacqueline LECLERCQ-MARX, Les monuments funéraires du nord de l’Europe aux XIe-XIIe siècles. L’exception scan-
dinave - Marie-Pasquine SUBES, Autour de la représentation des funérailles : confrontation de sources iconographiques et liturgiques
- Cécile TREFFORT, Conclusions
N° 43 - 2012. Gestes et techniques de l’artiste à l’époque romane - Carles MANCHO, Un métier très contemporain : les artistes
du haut Moyen Âge -Manuel CASTIÑEIRAS, Artiste-clericus ou artiste-laïque ? Apprentissage et curriculume vitae du peintre en Cata-
logne et en Toscane - Elisabetta NERI, Utilisation et production de tesselles de mosaïque à l’époque romane d’après le De diversis artibus
- Anne LETURQUE, Le Liber Diversarum Artium : un intérêt renouvelé - Jean-Pierre CAILLET, La mise à profit de manuscrits antérieurs
en tant que modèles par les miniaturistes du VIIIe au XIIe siècle - Giuseppa Z. ZANICHELLI, Les livres de modèles et les dessins pré-
paratoires au Moyen Âge - Marilena MANIACI, Giulia OROFINO, Les « rouleaux d’Exultet » du Mont Cassin (techniques de fabrica-
tion, caractéristiques matérielles, décoration, rapports avec les rouleaux grecs) - Alessia TRIVELLONE, « Styles » ou enlumineurs dans
le scriptorium de Cîteaux ? Pour une relecture des premières miniatures cisterciennes - Rebecca SWANSON, Broderie de la Création
ou broderie du Salut ? Propositions de lecture iconographique du « Tapís de Girona » - Immaculada LORÉS, Josep PARET, Mia MAR-
SÉ, M. José GRACIA, Lourdes DOMEDEL, La sculpture romane catalane sur bois : étude et restauration du Christ de Casarilh et de
la Majesté de Beget - Lucretia KARGÈRE, La sculpture romane polychrome sur bois en Auvergne et Bourgogne : étude technique de
quatre sculptures du Metropolitan Museum de New York - Emmanuelle MERCIER, Jana SANYOVA, Art et techniques de la polychromie
romane sur bois dans l’Europe du Nord - Rosa M. GASOL, Technique et matériaux des peintures murales romanes en Catalogne - Béné-
dicte PALAZZO-BERTHOLON, Archéologie du décor mural : la redécouverte du programme ornemental de stucs et d’enduits peints
dans l’ancienne église Sainte-Marie d’Alet-les-Bains - Hélène CAMBIER, L’art de l’ivoire en question. À propos de la production mosane
aux XIe et XIIe siècles - Claudine LAUTIER, Les vitraux romans de la cathédrale de Chartres. Techniques et gestes des peintres verriers
- Magali ORGEUR, Techniques décoratives de carreaux de pavement (fin XIIe-première moitié du XIIIe siècle) - Jean-Luc ANTONIAZZI,
Une affaire diplomatique : la demande d’une relique insigne de Pierre Orseolo par la république de Venise à l’abbaye de Saint-Michel de
Cuxa - Daniel CODINA i GIOL, Sources littéraires de la Vita ou Gesta de saint Pierre Orseolo - Olivier POISSON, La tribune du prieuré de
Serrabona et sa « balustrade » - Quitterie CAZES, Conclusions.
N° 44 - 2013. La cathédrale romane : architecture, espaces, circulations - Yves ESQUIEU, La cathédrale romane, ses fonctions, sa
place dans la cité - Brigitte BOISSAVIT-CAMUS, Christian SAPIN, De la cathédrale paléochrétienne à la cathédrale romane - Claude
ANDRAULT-SCHMITT, D’Angoulême à Poitiers, la voûte en majesté pour l’évêque (1110-1167) - Andreas HARTMANN-VIRNICH, La
cathédrale Saint-Trophime d’Arles. Réflexions sur les antécédents de l’église romane et de son espace claustral - Gerardo BOTO, Marc
SUREDA, Les cathédrales romanes catalanes. Programmes, liturgie, architecture - Emmanuel GARLAND, Construire une cathédrale dans
le piémont pyrénéen à l’époque romane : défis, contraintes et solutions - Arturo Carlo QUINTAVALLE, De nouvelles cathédrales dans la
ville, du nord au sud de l’Italie, XIe-XIIe siècles - Vinni LUCHERINI, Rome, Naples et le rôle du Mont-Cassin : des politiques architectu-
rales entre la papauté et de puissants évêques locaux - Manuel CASTIÑEIRAS, Périégesis et ekphrasis : les descriptions de la cathédrale de
Saint-Jacques-de-Compostelle entre la cité réelle et la cité idéale - John McNEILL, Les cathédrales normandes d’Angleterre : Lanfranc
et la cathédrale monastique - Alain RAUWEL, La liturgie cathédrale au miroir des commentaires liturgiques du XIIe siècle - Céline BRU-
GEAT, Le « cloître de Montréjeau », un ensemble pyrénéen remonté aux Bahamas - Daniel CODINA i GIOL, Une tentative d’interpréta-
tion du cloître de Cuixà - Quitterie CAZES, Conclusions.
N° 45 - 2014. Le portail roman - Anne-Orange POILPRÉ, Le portail roman et ses images sculptées : pierre angulaire de l’histoire
de l’art médiéval européen - Cécile TREFFORT, Écrire à la porte du Ciel : autour des inscriptions romanes au portail des églises - Mila-
gros GUARDIA, Carles MANCHO, Avant les grands portails : les façades depuis l’Antiquité tardive jusqu’au haut Moyen Âge - Éliane
VERGNOLLE, Le portail roman. Un nouveau cadre architectural pour la sculpture - Marcello ANGHEBEN, La théophanie du portail de
Moissac. Une vision de l’Église céleste célébrant la liturgie eucharistique - Maritchu ETCHEVERRY, Le portail occidental de la cathé-
drale de Pampelune et Maître Esteban : Relecture d’un mythe historiographique - Lei HUANG, Le chantier de Sainte-Foy de Conques :
éléments de réflexion - Immaculada LORÉS, Des arcs romains aux portails romans, un regard critique. Le portail de Ripoll, une fois
de plus - Robert A. MAXWELL, Le portail roman en Aquitaine et ses implications funéraires - Quitterie CAZES, Le décor des façades
des salles capitulaires à l’époque romane - Stéphane BÜTTNER, La mise en œuvre de la façade et du grand portail de la nef de Vé-
zelay : nouvelles données archéologiques - Heike HANSEN, Andreas HARTMANN-VIRNICH, La façade de l’abbatiale de Saint-Gilles-
du-Gard : nouvelles recherches sur la construction d’un chef d’œuvre de l’art roman - Anna THIRION, La plaque de l’abbé Grégoire
et l’ancienne « tribune » de Cuxa. Évaluer l’incertitude dans la maquette patrimoniale - Anne LETURQUE, L’église Sainte-Marie-de-
Riquer à Catllar et ses décors peints extérieurs - Olivier POISSON, Le linteau dans la façade : notes sur les portails de Saint-Genis-
des-Fontaines et de Saint-André (Roussillon) - Xavier BARRAL i ALTET, Réflexions sur la structure médiévale, les réfections modernes
et la symbolique des portails de Saint-Jean-le-Vieux de Perpignan - Giovanna VALENZANO, L’iconographie du portail de Saint-Zénon à
Vérone et sa façade - Martine JULLIAN, Portail roman et drame sacré - Éliane VERGNOLLE, Conclusions.
N° 46 - 2015. Le cloître roman - Quitterie CAZES, Le cloître à l’époque romane, monde rêvé, monde vécu - Christian SAPIN, De la cour au cloître caro-
lingien - Elizabeth VALDEZ DEL ÁLAMO, Le cloître, lieu de résonances de la vie monastique - Immaculada LORÉS OTZET, Sculptures, emplacements
et fonctions des cloîtres romans en Catalogne - Carlo TOSCO, L’architecture des cloîtres dans l’Italie du nord (XIe-XIIe siècles) - Yoan MATTALIA, « Sicut
milites in prelio et quasi monachi in domo ». Cloître et clôture monastique dans les établissements des ordres religieux militaires aux XIIe et XIIIe siècles
- Carles SÁNCHEZ MÁRQUEZ, Fête, musique et amour courtois dans le cloître catalan : Santa Maria de l’Estany et l’héritage occitan - Anabel MORENO,
Gerardo BOTO VARELA, Expériences de construction et de voûtement des cloîtres romans au nord de la Catalogne - Ute DERCKS, Le chapiteau de
la dédicace à Monreale et les chapiteaux historiés des cloîtres d’Italie méridionale et de Sicile - Daniela MONDINI, Les cloîtres des Cosmati à Rome :
marbre, mosaïque et parole - John McNEILL, La redécouverte du cloître roman en Angleterre. Topographie, iconographie, chronologie - Claire BON-
NOTTE, La figuration de l’apparition du Christ à Emmaüs au sein des cloîtres romans : un substitut de pèlerinage ? - Charlotte de CHARETTE, La dif-
fusion de l’art de Silos dans les cloîtres du Nord de l’Espagne - Pascale BOURGAIN, Un jardin au cœur du cloître : fonction, images, imaginaire - Gerardo
BOTO VARELA, Du cloître roman au cloître romantique : démontages, reconstructions et inventions en péninsule Ibérique (XVIIIe, XIXe et XXe siècles)
- Daniel CAZES, Devenirs du cloître roman : les cloîtres cisterciens méridionaux - Daniel CODINA i GIOL, Les lions dans le cloître et dans la tribune de
Cuxa - Olivier POISSON, Le cloître de Saint-Michel de Cuxa et ses reconstructions au XXe siècle - Christian SAPIN, Contribution à l’étude des origines de
l’espace claustral de Saint-Michel de Cuxa - Quitterie CAZES, Conclusions.
N° 47 - 2016. La peinture murale à l’époque romane - Christian DAVY, 1811-2015. De l’invention à l’exploration de la peinture murale ro-
mane - Jordi CAMPS i SÒRIA, Mireia MESTRE i CAMPÀ, Conserver et gérer la peinture murale romane dans un musée. La collection du
Museu Nacional d’Art de Catalunya - Giulia BORDI, Laïcs, nobles et parvenus dans la peinture murale à Rome du VIIIe au XIIe siècle - Elisa
TAGLIAFERRI, Laïcs, nobles et parvenus dans la peinture murale du Latium, du VIIIe au XIIe siècle - Marcello ANGHEBEN, Les peintures
de Sant Quirze de Pedret : un programme apocalyptique au service de l’eucharistie - Alexandre GORDINE, Le premier âge roman dans la
peinture murale du Centre-Ouest de la France - Milagros GUARDIA, Une nouvelle géographie de la peinture murale romane ? - Carolina
SARRADE, La nef de Saint-Savin : deux ateliers, deux techniques, approche archéologique des peintures - Anne LETURQUE, Concevoir
et réaliser un décor monumental au Moyen Âge en Catalogne : l’exemple de Saint-Martin de Fenollar - Jean-Louis REBIÈRE, Emmanuel
GARLAND, L’église Saint-Pierre d’Ourjout (Les Bordes-sur-Lez, Ariège) et son décor peint inédit - Cécile VOYER, Une image étincelante
de l’Église. Le décor peint de la crypte de Notre-Dame de Montmorillon - Carles MANCHO, La Crucifixion de Saint-Pierre de Sorpe et
le crâne d’Adam au Golgotha : la complexité de la peinture murale romane pyrénéenne - Jürg GOLL, Les peintures murales romanes de
Müstair (Suisse) - Térence LE DESCHAULT de MONREDON, La peinture murale figurative dans l’habitat roman - Manuel CASTIÑEI-
RAS, La peinture autour de 1200 et la Méditerranée : voies d’échanges et processus de transformation entre Orient et Occident - Michele
BACCI, Le statut des peintures murales dans l’Occident médiéval : quelques réflexions - Cristina TARRADELLAS COROMINAS, Santa
Coloma, Sant Joan de Caselles et Sant Martí de la Cortinada : mise en scène du pouvoir de l’église ? - Christian DAVY, Conclusions.
BULLETIN D’ABONNEMENT
AUX CAHIERS DE SAINT-MICHEL DE CUXA Éditions de Boccard
11, rue de Médicis
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COMMANDE D’ANCIENS NUMÉROS


Numéro Prix Total Numéro Prix Total Numéro Prix Total Numéro Prix Total
Format 15 × 21 16 (1985) 15 € 28 (1997) 27 € 40 (2009) 30 €
(nos 3, 5, 6, 7, 11, 21 épuisés) 17 (1986) 15 € 29 (1998) 27 € 41 (2010) 30 €
1 (1970) 15 € 18 (1987) 15 € 30 (1999) 27 € 42 (2011) 30 €
2 (1971) 15 € 19 (1988) 15 € 31 (2000) 27 € 43 (2012) 30 €
4 (1973) 15 € 20 (1989) 15 € 32 (2001) 27 € 44 (2013) 30 €
8 (1977) 15 € 22 (1991) 15 € 33 (2002) 27 € 45 (2014) 30 €
9 (1978) 15 € Format 21 × 29,7 34 (2003) 27 € 46 (2015) 30 €
10 (1979) 15 € 23 (1992) 27 € 35 (2004) 27 € 47 (2016) 30 €
12 (1981) 15 € 24 (1993) 27 € 36 (2005) 30 € Total
13 (1982) 15 € 25 (1994) 27 € 37 (2006) 30 €
14 (1983) 15 € 26 (1995) 27 € 38 (2007) 30 €
15 (1984) 15 € 27 (1996) 27 € 39 (2008) 30 € * Offre réservée aux particuliers

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Association culturelle de Cuxa
33, rue du Conflent
66500 Codalet
contact@cuxa.org
www.cuxa.org

L’Association culturelle de Cuxa rassemble toutes les personnes qui L’Association est ouverte à tous. L’adhésion représente un soutien
s’intéressent à l’abbaye Saint-Michel de Cuxa (Sant Miquel de Cuixà), à ses activités et permet d’y prendre part. Elle manifeste aussi l’inté-
en Conflent (Pyrénées-Orientales), et qui souhaitent agir pour faire rêt porté à l’abbaye, à son histoire et à sa restauration, pour laquelle
rayonner les valeurs que celle-ci représente  : monument insigne de bien des combats sont encore à mener. Les membres de l’Associa-
l’art pré-­roman et roman européen, témoin essentiel de l’histoire de tion reçoivent à leur domicile le programme des Journées Romanes dès
la ­Catalogne, haut lieu de spiritualité depuis le Moyen Âge, exemple parution. Ils peuvent souscrire aux Cahiers de Saint-Michel de Cuxa à
remarquable des enjeux et des pratiques du patrimoine au XXe siècle. un tarif préférentiel. D’autres activités sont organisées dans l’année à
L’Association, fondée en 1967 par Pierre Respaut, organise leur intention.
depuis  1969 les Journées Romanes, semaine d’études annuelle sur
l’art pré-­roman et roman qui fait alterner conférences de haut niveau
données par les meilleurs spécialistes et visites de monuments romans
du Roussillon, de la Cerdagne, de la Catalogne et des régions voisines. L’adhésion se fait sur simple demande au bureau de l’Association.
Elle édite annuellement depuis 1970 Les Cahiers de Saint-Michel La cotisation annuelle est de 30 € (40 € pour les couples), 15 €
de Cuxa, actes des Journées Romanes où sont publiées les contribu- pour les étudiants de moins de 30 ans. Les membres qui souhaitent
tions des conférenciers invités. Les Cahiers sont devenus, en quarante souscrire au numéro des Cahiers de l’année, à paraître en juillet,
ans, une revue scientifique prestigieuse qui figure dans les principales doivent verser leur cotisation avant le 31  mai, augmentée de 25  €
bibliothèques d’histoire et d’histoire de l’art en France et à l’étranger. (+ 10 € si envoi par la poste).

BULLETIN D’ADHÉSION
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Adresse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
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C.P./Ville         . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Pays . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Courriel  . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . @ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Date de naissance (étudiants) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

sollicite son adhésion à l’Association culturelle de Cuxa


et règle ci-joint sa cotisation pour l’année ............... par chèque à l’ordre de l’Association culturelle de Cuxa
 30 €  40 €  15 €
 souhaite recevoir un reçu (joindre enveloppe timbrée)
 souscrit au Cahier de l’année en cours pour 25 € (avant le 31/05) : cahier à retirer sur place
 souscrit au Cahier de l’année en cours pour 35 € (avant le 31/05) : livraison par envoi postal
De l’étranger, paiement par chèque payable en France ou par virement bancaire.

COMMANDE D’ANCIENS NUMÉROS (réservée aux adhérents)


Numéro Prix Total Numéro Prix Total Numéro Prix Total Numéro Prix Total
Format 15 × 21 16 (1985) 15 € 28 (1997) 27 € 40 (2009) 30 €
(nos 3, 5, 6, 7, 11, 21 épuisés) 17 (1986) 15 € 29 (1998) 27 € 41 (2010) 30 €
1 (1970) 15 € 18 (1987) 15 € 30 (1999) 27 € 42 (2011) 30 €
2 (1971) 15 € 19 (1988) 15 € 31 (2000) 27 € 43 (2012) 30 €
4 (1973) 15 € 20 (1989) 15 € 32 (2001) 27 € 44 (2013) 30 €
8 (1977) 15 € 22 (1991) 15 € 33 (2002) 27 € 45 (2014) 30 €
9 (1978) 15 € Format 21 × 29,7 34 (2003) 27 € 46 (2015) 30 €
10 (1979) 15 € 23 (1992) 27 € 35 (2004) 27 € 47 (2016) 30 €
12 (1981) 15 € 24 (1993) 27 € 36 (2005) 30 € Total
13 (1982) 15 € 25 (1994) 27 € 37 (2006) 30 €
14 (1983) 15 € 26 (1995) 27 € 38 (2007) 30 €
15 (1984) 15 € 27 (1996) 27 € 39 (2008) 30 € * Offre réservée aux particuliers
LES CAHIERS
DE
SAINT-MICHEL DE CUXA
XLVIII

LES CAHIERS DE SAINT-MICHEL DE CUXA


2017

L’ART ROMAN ET LA MER

les Cahiers de Saint-Michel de Cuxa sont publiés avec le concours


du département des Pyrénées-Orientales et de la préfecture de la région Languedoc-Roussillon,
direction régionale des Affaires culturelles

Diffusion : Éditions de Boccard


11, rue de Médicis, F-75006 Paris
www.deboccard.com - info@deboccard.com

XLVIII
2017
ISSN 1140-7530 30 € ASSOCIATION CULTURELLE DE CUXA F-66500 CODALET
LES CAHIERS
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SAINT-MICHEL DE CUXA
XLVIII

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2017

L’ART ROMAN ET LA MER

les Cahiers de Saint-Michel de Cuxa sont publiés avec le concours


du département des Pyrénées-Orientales et de la préfecture de la région Languedoc-Roussillon,
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ISSN 1140-7530 30 € ASSOCIATION CULTURELLE DE CUXA F-66500 CODALET