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Economie monétaire

Plan du cours

Titre 1. Qu’est ce que la monnaie ?


1. Les fonctions de la monnaie
1.1. Moyen de paiement
1.2. Réserve de valeur
1.3. Unité de compte
2. Les formes de la monnaie
3. Les fondements de la monnaie
Titre 2. La demande de monnaie
1. Les fondements de la demande de monnaie
1.1. Motif de transaction
1.2. Motif de précaution
1.3. Motif de spéculation
2. L’interprétation de la demande de monnaie selon la théorie keynésienne
2.1. La demande de monnaie pour motif de transaction
2.2. La demande de monnaie pour motif de précaution
2.3. La demande de monnaie pour motif de spéculation
3. La demande de monnaie chez les monétaristes
4. La Théorie quantitative de la monnaie (TQM)
5. La demande de monnaie chez las monétaristes : Reformulation de la
TQM.

Titre 3. La création monétaire et l’offre de monnaie


1. Offre et demande de la monnaie
1.1. Calcul de l’offre de la monnaie
1.2. La demande de la monnaie
1.3. Equilibre entre offre et demande de la monnaie
2. La monnaie crédit
3. La création monétaire
3.1. La création monétaire par la Banque centrale
3.2. La création de monnaie par le trésor
3.3. Les contreparties de la masse monétaire

Titre 4. La politique monétaire


1. Les analyses économiques des politiques monétaires
1.1. La politique monétaire d’inspiration keynésienne
1.2. Les principes de l’action par la monnaie
1.3. Le cadre du modèle IS-LM
2. Les objectifs de la politique monétaire
3. Les instruments de la politique monétaire
4. La politique monétaire et taux de change
5. Les difficultés de contrôle de la masse monétaire
6. La politique monétaire en économie ouverte
6.1. Comment la politique monétaire influe t-elle sur les taux de change
6.2. Economie ouverte et efficacité de la politique monétaire
7. Les limites à l'utilisation de la politique des taux d'intérêts
7.1. L'insuffisance possible du processus de diffusion
7.2. La volatilité des taux d'intérêt
7.3. L'incompatibilité des politiques
8. Les agrégats monétaires
8.1. Définition des agrégats monétaires
8.2. Le contenu des agrégats monétaires et leur classement

Titre 5. Monnaie et inflation


Titre 6. Le système Bancaire
1. Les institutions bancaires (banque centrale)
2. Les instruments de dépôt et de placement
3. Les instruments de circulation
3.1. Externes
3.1.1. Les espèces
3.1.2. Les paiements scripturaux
3.1.3. La monnaie électronique
3.2. Internes
3.2.1. Les opérations de guichet
3.2.2. Les transferts et les compensations interbancaires
4. Les instruments d’endettement et de garantie
4.1. Les crédits aux entreprises
4.2. Les crédits aux ménages
4.3. Les eurocrédits
4.4. Les engagements par signature
Titre 1. Qu’est ce que la monnaie ?

1. Qu’est ce que la monnaie


Les économistes définissent la monnaie à partir de ses trois fonctions et qui
sont : moyen de paiement, réserve de la valeur et unité de compte.

2. Les fonctions de la monnaie


2.1. Moyen de paiement
La première fonction de la monnaie est de faciliter le commerce, c'est-à-dire les
échanges de biens et de services bénéficiant aux deux parties concernées. Cette
fonction est appelée instrument d’échange. Lorsque l’échange a lieu en absence
de monnaie, on dit qu’il y a un troc. Le troc implique un échange direct d’un bien
ou service contre un autre. Toutefois, pour que le troc soit possible, il doit y avoir
une double coïncidence entre les besoins respectifs. Un individu doit posséder ce
que l’autre désire, et vice versa. Si X a des pommes, il peut les échanger contre
les chaussettes de Y dont il a besoin, lorsque Y a lui aussi besoin des pommes. Le
troc permet donc un supplément de satisfaction à chacun d’entre eux. Mais si X
dispose de bois et que Y n’a nullement besoin, il faut que l’un d’eux ou les deux
trouvent une troisième personne, dans l’espoir de réaliser un échange multilatéral.
La monnaie facilite l’échange de ce type. X vend son bois contre de la monnaie et
avec ce moyen il va acheter tout ce dont il a besoin. Les avantages de la monnaie
sont encore plus évidents si on songe aux multitudes d’échanges qui puissent
exister dans une économie moderne.
Quel est alors le bien qui peut servir d’instrument d’échange, c'est-à-dire de
monnaie. Un large éventail d’objets a d’ailleurs été utilisé à cet effet. Le choix d’un
objet particulier en tant que "monnaie" peut être considéré comme le résultat d’une
convention sociale. Si vous acceptez la monnaie comme contrepartie des biens
que vous voulez vendre, c’est parce que les autres accepteront votre monnaie
comme contrepartie des biens que vous voulez achetez.

Toutes sortes d’objets ont été utilisées comme monnaie par des cultures
différentes à des époques différentes. Les indiens d’Amérique se servaient de
perles et les habitants des îles des Mers du Sud, de coquillages. Dans les camps
des prisonniers pendant la 2 ème guerre mondiale, les cigarettes étaient un
instrument d’échange.
Pendant longtemps l’or a été le principal instrument d’échange. Cependant la
valeur d’une pièce d’or dépend de son poids, de sa pureté ainsi que de l’offre et de
la demande sur le marché de l’or. Il serait très coûteux de la peser et de la vérifier
à chaque transaction. Dès lors l’une des fonctions de l’Etat jusqu’au 20 ème siècle a
été de frapper les pièces d’or, garantissant ainsi leur poids et leur qualité.
De nos jours tous les pays développés utilisent comme monnaie du papier,
spécialement imprimé par l’Etat à cet effet, ainsi que les pièces de métal.
Cependant la plupart des transactions sont effectuées à l’aide de chèques, de
cartes de crédit ou de virement entre banques. Les économistes considèrent que
les encaisses détenues sous forme de compte-chèques sont de la monnaie, au
même titre que les billets parce qu’elles sont acceptées comme mode de paiement
presque partout, et remplissent une fonction d’instrument d’échange.

2.2. Réserve de la valeur


Les gens n’accepteront d’échanger ce qu’ils possèdent contre de la monnaie
que s’ils pensent pouvoir ultérieurement échanger cette monnaie contre les biens
ou services qu’ils désirent. Par conséquent, pour que la monnaie puisse jouer son
rôle d’instrument d’échange, elle doit garder sa valeur, du moins pour une période
courte. Cette fonction est plus connue sous le nom de fonction de « réserve de la
valeur ».
Il existe beaucoup d’autres réserves de valeur. L’or, qui n’est plus une
« monnaie » parce qu’il n’est plus utilisé comme instrument d’échange, continue
néanmoins à servir de réserve de valeur. En Inde, par exemple, les gens
détiennent une grande part de leur épargne sous forme d’or. La terre, les actions,
les obligations, le pétrole, les ressources minières sont autant de réserves de
valeur. Mais aucune n’est parfaitement sûre dans la mesure où il est impossible de
savoir précisément contre quoi elles pourront être échangées dans le futur. Les
pièces, les billets, les comptes-chèques et les autres formes de monnaie ne sont
pas non plus des réserves de valeur parfaitement sûres. En cas de fluctuation de
prix, le montant de ce que vous pourrez acheter avec vos liquidités ou avec
l’argent placé sur votre compte en banque ne sera pas le même.
La monnaie a la propriété de liquidité qui la qualifie pour être le meilleur
instrument de réserve de pouvoir d’achat immédiat.
La monnaie est un instrument de réserve de pouvoir d’achat immédiat et un
actif sans risque. Donc la monnaie n’est pas un bien comme les autres et les
différences résident non dans la qualité de la monnaie mais dans sa nature. C’est
ce qu’a fait Keynes dans "Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la
monnaie" (1936).
Les propriétés de la monnaie selon Keynes sont trois :
- L’élasticité d’offre de la monnaie est nulle. Il n’existe pas de mécanisme
automatique qui en réallouant des facteurs au secteur monétaire permettrait de
produire plus de monnaie. En ce sens, la monnaie fait partie des biens rares, dont
la production ne peut être induite de la demande des agents par les mécanismes
de marché. Le processus de sa production n’est pas directement lié aux variables
réelles de l’économie. Elle constitue pour l’économie réelle une variable exogène.
- L’élasticité de substitution de la monnaie est nulle. Lorsque la quantité de
monnaie est insuffisante, il n’existe aucune possibilité de substituer d’autres biens
ou actifs à la monnaie. Cette seconde propriété renforce le caractère de rareté de
la monnaie, bien sans substitut pour remplir la fonction d’échange.
- Lorsque le volume de monnaie est insuffisant il n’est pas possible d’obtenir un
accroissement de la valeur réelle de la monnaie par la baisse des prix.
Ce dernier point fait l’objet de controverse.
Les théoriciens classiques soutenaient que la quantité de monnaie existant
dans l’économie était sans importance. Si le volume de monnaie est
momentanément insuffisant, il en résulterait logiquement une baisse de la
demande et des prix. La baisse des prix augmenterait alors la valeur réelle de la
monnaie par rapport aux biens, et les échanges se produiraient normalement.
Keynes s’oppose à cette façon de voir les choses. Pour lui, la baisse des prix
ne sera jamais le moyen qui permettra d’obtenir l’équilibre monétaire. Il avance
plusieurs raisons à cela :
- la première est purement factuelle : c’est la rigidité du taux de salaire
monétaire. En voulant conserver leur pouvoir d’achat nominal, les salariés
empêchent la baisse des prix.
- La deuxième est plus technique : de nombreux contrats à termes libellés en
monnaie contribuent à stabiliser les prix dans le temps.
- La troisième est liée à la théorie monétaire de Keynes. Lorsque les agents
trouvent la quantité de monnaie insuffisante, ils liquident des actifs et font alors
remonter le taux d’intérêt. L’activité économique se ralentit dans son ensemble.
L’ajustement de la demande à l’offre de monnaie se fait par une variation des
quantités échangées et non par la baisse des prix.
Au total, pour Keynes, un bien dont les élasticités de production et de
substitution sont nulles et dont le prix ne résulte pas d’un mécanisme de marché, a
une valeur plus stable que n’importe quel autre bien ; il sera logiquement
l’étalon de valeur et l’instrument privilégié de l’échange. Ce sont ces « propriétés »
-que la monnaie est seule à posséder- qui la caractérisent.
Cette stabilité de la valeur relative de la monnaie joue, d’après Keynes, un rôle
essentiel dans une économie complexe où le temps intervient et où l’avenir n’est
pas connu avec certitude. La détention de la monnaie, qui est l’actif le moins
risqué, est un moyen de s’assurer contre cette incertitude : c’est la raison pour
laquelle on acceptera toujours d’échanger des biens contre de la monnaie.

2.3. Unité de compte


Par opposition à la situation de troc, la monnaie en question n’est pas une
marchandise prise parmi les autres, mais bien une unité de référence
conventionnelle. C’est la monnaie "unité de compte".
Son utilisation va permettre des comparaisons qu’il n’était pas possible
d’effectuer entre des prix exprimés dans des unités de mesures différentes.
A l’origine, c’est une conception concrète qui a présidé à l’élaboration de l’unité de
compte. Celle-ci a pris des formes très diverses : coquillage, perles, pierres
précieuses, métaux précieux. Il y avait ensuite à une dématérialisation progressive
de la monnaie qui a fait accéder celle-ci au statut de monnaie de compte.

3. Les formes de la monnaie


Si l’on réserve le terme de monnaie aux facteurs utilisés pour effectuer des
paiements, celle-ci prend les trois formes suivantes :
- monnaie divisionnaire : pièces de monnaie ;
- monnaie fiduciaire : billets de banque inconvertibles ou papier-monnaie ;
- monnaie scripturale : dépôts bancaires sur lesquels des chèques peuvent
être tirés sans préavis.
Notons que l’ensemble des facteurs précédents représente les disponibilités
monétaires.
On s’aperçoit alors que des facteurs tels que "comptes d’épargne" ne sont pas
retenus dans cette définition. A côté donc de ces moyens de paiement
parfaitement liquides, on trouve également des disponibilités quasi-monétaires ou
encore quasi-monnaie. Il s’agit des placements liquides ou semi-liquides gérés
par les établissements pouvant créer de la monnaie : dépôts à terme, comptes sur
livrets, comptes d’épargne logement, bons de caisse gérés ou émis par les
banques, etc.
L’ensemble formé par les disponibilités monétaires et quasi-monétaires
constitue la masse monétaire au sens large.
Les économistes ont donné à la monnaie le statut d’actif sans risque. La
question et la difficulté qui se posent : est-ce que tout actif sans risque pouvait être
considéré comme de la monnaie ? Certains penchèrent pour l’affirmatif
considérant qu’à côté de la monnaie, il pouvait exister de la quasi-monnaie ;
encore fallait-il déterminer parmi les actifs liquides ce qui devait entrer dans cette
quasi-monnaie. En fait, accorder une nature « monétaire » à des actifs qui ne
pouvaient pas servir d’instruments d’échanges, c’est dénaturer le concept même
de monnaie.
Toutefois, le rapport Radcliffe (1959) concluait dans ce sens. Les autorités
monétaires ne pouvaient pas se désintéresser de l’existence d’actifs liquides
autres que la monnaie au sens strict mais que les agents pouvaient à tout moment
transformer en monnaie. Un des objectifs de la politique monétaire est de contrôler
la progression de la quantité de monnaie. La surveillance des actifs liquides
devenait donc nécessaire. On adopta alors le concept d’agrégat pour désigner des
regroupements d’actifs ayant des degrés de liquidité décroissants. De nombreuses
modifications et mutations interviennent dans la notion d’agrégat, leur contenu fut
modifié à différentes époques, ainsi que les critères qui permettaient de les classer
(voir présentation PPT)

4. Les fondements de la monnaie

A l’origine, l’unité monétaire est définie par un certain poids de métal précieux
dont le prix confère sa valeur à la monnaie. Mais, très vite, la valeur du métal
contenu dans l’unité monétaire est devenue très inférieure à la valeur nominale
des pièces de monnaie.
La monnaie ne tire donc plus sa valeur de sa couverture-métal (qui le plus
généralement était une couverture-or). Les raisons de cette évolution sont
multiples, mais elle est venue en particulier de la rareté relative des métaux
précieux face à la demande de monnaie de l’économie. Ainsi, avec l’institution du
cours forcé permanent, la monnaie possède un pouvoir libératoire qui repose sur
une fiction légale.
Mais, le papier-monnaie ne constitue pas une forme dégénérée de la monnaie
métallique, c’est une forme supérieure -qui s’est débarrassée du carcan métalliste-
intégrée dans l’économie et assujettie aux besoins de celle-ci.
Dans cette optique, la valeur de la monnaie dépend d’abord de l ‘acte de la
puissance publique. C’est cet acte qui confère une réalité à l’unité monétaire ; on
peut parler ainsi de facteur politique.
Cependant, la valeur de la monnaie dépend ensuite de la confiance qu’elle
suscite dans le public. C’est cette confiance qui lui confère sa valeur réelle ; on
peut parler alors de facteurs psychologiques.
Cette confiance doit être justifiée par un certain équilibre entre les droits à
acheter utilisés -conférés par la possession de moyens de paiement- et les biens
offerts contre la monnaie.
Ainsi, pratiquement la valeur de la monnaie est son pouvoir d’achat, et la
production de richesse réelle constitue le fondement de la monnaie ; on peut parler
ainsi de facteur économique.
L ‘un des problèmes auxquels est confronté tout économiste et décideur est
celui de l’équilibre de la masse monétaire effectivement utilisée et des biens
disponibles à l’achat. C’est le problème de la demande de monnaie ( voir Titre 2 ).

Titre 2. La demande de monnaie


Les biens économiques sont de deux sortes : ceux qui ont une utilité directe
(les biens de consommation en général) et ceux qui procurent un service
productif (les biens d’investissement) ou un rendement pécuniaire (les titres).
Chaque bien est demandé en fonction de cette utilité directe ou de ce service
appréciable en termes monétaires. Il est substituable à d’autres biens et son prix
relatif fait partie de l’ensemble des prix. Tous les marchés de biens sont
interdépendants.
Qu’en est-il de la monnaie ? La monnaie n’a pas d’utilité directe et ne procure
aucun rendement pécuniaire. Elle a toutefois une fonction spécifique, celle d’être
l’instrument unique de l’échange, et une propriété, celle d’avoir une valeur stable
à court terme ce qui fait d’elle un actif non risqué. C’est autour de ces deux
points que s’est organisée la théorie de la demande de monnaie.

1. Les fondements de la demande de monnaie


On demande de la monnaie pour des motifs de transaction, de précaution et
de spéculation.

1.1. Motif de transaction


Soit L1, la demande de monnaie pour des motifs de transaction. Soit un
ménage qui dépense régulièrement son revenu. Si le revenu augmente, la
consommation augmente, car la propension marginale à épargner est nulle. L1
dépend donc du niveau de revenu. L1 est fonction croissante du revenu.
L’encaisse-transaction d’un individu, ou d’un agent, dépend étroitement de la
dimension et de la périodicité de son revenu ; elle lui permet d’effectuer ses
opérations courantes de dépenses. L’absence de synchronisation entre
perception du revenu et dépense du revenu oblige les agents à détenir une
encaisse. La détention d’une encaisse est justifiée aussi par les coûts de
transactions que peut subir un agent s’il décide de conserver son pouvoir d’achat
sous forme de titres tout en convertissant ces titres au cas de besoin de
monnaie. Les coûts de transaction seront dans certains cas plus importants que
les intérêts perçus sur ces titres.

1.2. Motif de précaution


Ce motif répond à un souci de prévention de certains besoins. L’encaisse-
précaution est aussi une encaisse de sécurité qui doit permettre de faire face à
des pertes momentanées de revenus et/ ou à des dépenses secondaires et
impératives.
1.3. Motif de spéculation
Lorsque le cours des titres est élevé, certains agents ont tendance à différer
le placement de leurs liquidités. La demande spéculative varie en sens inverse
de taux d’intérêt.

Taux d’intérêt Ti

Demande de monnaie

Ceci nous permet d’introduire la notion de préférence pour la liquidité qui


décrit simplement que les agents auront tendance à détenir plus d’espèces
liquides lorsque les taux d’intérêt sont bas, et moins d’espèces liquides lorsqu’ils
sont élevés.
Le taux d’intérêt représente le coût d’opportunité de la détention d’avoirs
monétaires non porteurs d’intérêt. La hausse des taux réduit la quantité
demandée de monnaie, d’où la pente négative de cette courbe. Plus le taux
d’intérêt est élevé, plus la demande de monnaie baisse (fonction décroissante).

2. L’interprétation de la demande de monnaie selon la théorie


keynésienne.
Dans la théorie keynésienne, la demande de monnaie (c'est-à-dire la
détention d’encaisse liquide) ne dépend pas uniquement du motif de transaction.
Keynes désigne la demande de monnaie par le terme « préférence pour la
liquidité », et affirme que celle-ci résulte de trois motifs : spéculation, précaution
et transaction.
Cette préférence pour la liquidité infirme la loi des débouchés de Say « l’offre
crée la demande » et « les produits s’échangent contre les produits », car la
préférence pour la liquidité a un effet d’éviction sur la demande et sur le volume
de transactions.
2.1. La demande de monnaie pour motif de transactions
Le motif de transaction répond à la nécessité de conserver de la monnaie
pour combler l’intervalle de temps qui sépare éventuellement les opérations
d’encaissement et de décaissement, effectuées pour la dépense de revenu de
l’ensemble des agents et pour les dépenses de production pour les
professionnels. Le motif de revenu décide de la somme de monnaie conservée
entre le moment où le revenu est encaissé et le moment des dépenses.

2.2. La demande de monnaie pour motif de précautions


La monnaie est considérée «pour combler l’intervalle entre l’encaissement et
le décaissement de revenu ». Pour les professionnels, la monnaie est demandée
« pour combler l’intervalle entre l’époque où l’on assume les frais professionnels
et celle où on encaisse le produit de la vente »
C’est le défaut de synchronisation entre la perception des revenus et les
dépenses qui justifie de constituer une encaisse pour faire face aux transactions.
Le motif de précaution de Keynes jette une passerelle, entre la fonction de
transaction et la fonction de réserve de valeur de la monnaie.
Ce motif de précautions conduit à la constitution d’une encaisse, dont Keynes
énonce qu’elle dépend comme l’encaisse de transactions, principalement du
montant du revenu.
M1 désignant le montant de monnaie détenu pour satisfaire les motifs de
transactions et de précautions, Keynes écrit : M1=L1(R), où L1 est la fonction de
liquidité qui détermine M1 par rapport au revenu R.

Remarques
Le débat actuel se situe autour de l’apport de W.J. Baumol.
L’analyse de J.W.Baumol conduit à la formule de la racine carrée.

Présentation de la formule
Considérant que les revenus sont en général perçus de façon ponctuelle
(salaire mensuel), tandis que les dépenses sont étalées dans le temps ( tous les
jours), l’agent économique subit un manque à gagner, en termes d’intérêts, s’il
s’abstient de placer les revenus qu’il encaisse jusqu’au moment de le dépenser.
Mais s’il place dans l’intervalle, une partie de son encaisse monétaire (par
exemple en achetant des obligations), il s’expose à des coûts de transactions
(les frais de courtage à l’entrée et à la sortie du placement). Par un calcul simple,
Baumol arrive au résultat suivant :

bT*
M= -----
2r

où M désigne le montant de l’encaisse moyenne, b le coût de conversion des


obligations en monnaie, T le revenu et r le taux d’intérêt.
La demande de monnaie pour motif de transactions dépend donc du montant
du revenu, mais également des coûts de transactions, et, en liaison inverse, du
taux d’intérêt.
Le taux d’intérêt occupe une place centrale dans la perception de la
demande de monnaie comme réserve de valeur.
Reprenant ce modèle de Baumol :
Les données :
T : le revenu est connu avec certitude et les paiements sont réguliers au
cours du temps
r : le taux d’intérêt
b : frais de courtage à chaque prélèvement
C : quantités fixes prélevées à intervalle régulier pour faire face aux dépenses

Les hypothèses :
T : le revenu est connu avec certitude
r et b sont des données constants
Les prix sont constants
L’agent est totalement informé

La solution est la suivante :


T/C : représente le nombre de prélèvements qui sera effectué. Au taux b, les
frais transactions seront bT/C
L’encaisse liquide moyenne de la période est égale à C/2. Le coût payé pour
cette encaisse sera rC/2
Le coût total payé par l’agent pour se procurer des encaisses et détenir de la
monnaie se montera à :
bT/C + rC/2

Pour trouver la valeur de C qui minimise cette expression, il suffit de prendre


la dérivée du coût total par rapport à C et de l’égaler à 0. Cela donne :
- bT/C² + r/2 = 0 d’où C = √ 2bT/r

L’encaisse moyenne de l’agent égale à C/2 n’est pas proportionnelle aux


transactions puisqu’elle varie comme la racine carrée du niveau des
transactions.

Son montant est : C/2 = ½ √2bT/r .

2.3. La demande de monnaie pour motif de spéculation


L’analyse keynésienne de motif de spéculation a ouvert la voie aux
formulations de la demande de monnaie faisant droit à la fonction de réserve de
valeur.
L’aspect le plus original de l’analyse de la demande de monnaie qu’a proposé
Keynes réside dans la prise en compte d’une « encaisse de spéculation ».
Keynes met au premier plan le lien entre la monnaie et l’incertitude. Le taux
d’intérêt est, chez Keynes, la variable conventionnelle qui résume toute
l’incertitude inhérente à la vie économique, son niveau à un moment donné, est
incertain.
L’évolution du taux d’intérêt est incertaine. Ce qui explique la préférence pour
la liquidité de type L2. Cette préférence justifie la conservation d’un avoir liquide
M2.
Pour Keynes le taux d’intérêt indemnise les agents économiques pour la
renonciation à la liquidité. Il n’est pas la variable qui équilibre l’offre d’épargne et
la demande d’investissement, il est une variable monétaire.
*Cette équation est le résultat de la méthode suivante : en recourant à
l’analyse avantage-coûts. Les avantages de la détention d’encaisses sont liés au
pouvoir libératoire de la monnaie, à l’absence de frais de transaction et de
conversion. Le coût principal de la détention de monnaie est la renonciation à
l’intérêt qui résulte de la détention d’un titre de placement. Ainsi, toute
conversion implique un coût de conversion et la renonciation au taux d’intérêt.
Les variations du taux d’intérêt conditionnent la forme de l’épargne que
souhaite l’agent économique (épargne financière : placements rémunérés et
épargne monétaire : détention d’encaisses).
Au sein de l’épargne monétaire, le montant d’encaisse de spéculation est en
liaison inverse avec le niveau et les variations attendues du taux d’intérêt.
- Si le taux d’intérêt est élevé, le cours des titres est à bas niveau, et le manque à
gagner ( coût d’opportunité) lié à la détention de monnaie( non rémunérée) est
important : en conséquence, les agents effectuent des placements, et l’encaisse
de spéculation est au plus bas ;
- Si le taux d’intérêt est bas ou faible, la demande de monnaie spéculative est
forte.
En désignant par M2, la monnaie demandée pour motif de spéculation,
Keynes écrit :
M2 = L2 (r)
r : représente le taux d’intérêt.
La demande de monnaie ou fonction de liquidité, s’obtient en additionnant les
deux composantes M1 et M2, qui obéissent à des déterminants distincts :

M = M1 + M2 = L1(R) + L2( r)
Il est à rappeler que cette explication est devenue en partie caduque par
l’introduction du « motif de finance »présenté dans les articles postérieurs de la
« Théorie générale »

3. La demande de monnaie chez les monétaristes


Pour les monétaristes, un accroissement de l'offre de la monnaie entraîne
une variation du niveau de prix sans modification de la production ou de l'emploi.
Les prix varient de façon plus ou moins proportionnelle aux fluctuations de l'offre
de monnaie. Certains monétaristes pensent que, même s'il y a du chômage et
que si l'économie fonctionne en dessous de ses capacités de production, les
hausses de l'offre de monnaie se traduisent toujours sous forme de fluctuations
dans le niveau des prix.
Pour expliquer cette conclusion des monétaristes, on prend l'équation des
échanges :

MV = PY
M : quantité de monnaie en circulation
V : Vitesse de circulation de la monnaie, c'est-à-dire le nombre de fois qu'une
unité monétaire est utilisée dans une année.
P : le prix moyen
Y : montant total des transactions effectuées dans une année, c'est-à-dire la
production, déduction faite de la variation des stocks.

Les monétaristes posent l'hypothèse que la vitesse de circulation de la


monnaie est constante. Si on suppose que Y est constant (au niveau de plein
emploi par exemple), une hausse de M se traduit par une augmentation
proportionnelle de P.
Cette équation fournit également une règle simple d'augmentation de l'offre
de monnaie. Pour que les prix restent stables et que le revenu réel augmente par
exemple de 2%, il faut que l'offre de monnaie croisse de 2% par an. La quantité
de monnaie devrait augmenter proportionnellement aux augmentations de la
production réelle. Cela aurait un effet de stabiliser les prix.
Pour les monétaristes, la demande de monnaie est proportionnelle à la
production nominale (revenu). Elle ne dépend pas du taux d'intérêt. Ils font
l'hypothèse de la courbe de demande de la monnaie est verticale.

Md = a Ym

La demande de monnaie est égale à une constante multipliée par le revenu


nominal. Et étant donné que la demande est égale à l'offre : Md = Ms

4. La Théorie quantitative de la monnaie (TQM)


Une augmentation de l'offre de monnaie fait augmenter proportionnellement
la production nominale globale. Et puisque
Ym = PY , Y étant la production réelle, par conséquent, si Y est fixé, une
hausse de la production nominale, Ym entraîne une hausse des prix. Donc si
l'offre de monnaie double, la demande de monnaie doit doubler, mais elle ne
peut doubler que si la production nominale double, or cette dernière ne peut
doubler que si le niveau des prix double.
Dire que la demande de monnaie ne dépend pas du taux d'intérêt revient à
supposer que la vitesse de circulation de la monnaie (PY/M) est une constante.
La vitesse de circulation de la monnaie représente la vitesse à laquelle un
billet passe d'un portefeuille à un autre. Elle est calculée en divisant la valeur
nominale de la production (le PIB nominal) par la quantité de monnaie. MV = PY
est appelée équation quantitative car elle lie la quantité de monnaie M à la valeur
nominale de la production (PY). Selon cette équation, une augmentation de la
quantité de monnaie dans l'économie doit se traduire par une augmentation des
prix ou une augmentation de la production ou un ralentissement de la vitesse de
circulation. Comme cette dernière est relativement stable. La masse monétaire et
le PIB nominal varient.
Parce que la vitesse est stable, les modifications de la masse monétaire se
traduisent par des modifications proportionnelles de la valeur nominale de la
production (PY). La production de biens et services est essentiellement fonction
des facteurs de production et de la technologie. La monnaie est neutre, elle
n'influence pas la production. La variation de la masse monétaire se traduit donc
par une variation du niveau général des prix (P).

5. La demande de monnaie chez las monétaristes : reformulation de la


TQM.
Pour FRIEDMAN la TQM est d’abord présentée comme une théorie de la
demande de monnaie. La TQM « n’est pas une théorie de la production, ou de
revenu monétaire, ou du niveau général des prix […] elle est, en première
instance, une théorie de la demande de monnaie ».
FRIEDMAN a présenté la demande de monnaie selon plusieurs formulations.
Il n’a retenu qu’un petit nombre de variables explicatives : la variable revenu
permanent, directement influencée par le patrimoine des agents. Pour
FRIEDMAN, le taux d’intérêt et l’évolution des prix ne joueraient qu’un rôle
secondaire à côté de celui tenu par le patrimoine. Le patrimoine est évalué par
le flux moyen de revenu qu’il engendre, appelé revenu permanent.
La fonction de demande de monnaie de FRIEDMAN ne retient comme seule
variable explicative que le revenu permanent en termes réels yp, lui-même
représentatif du patrimoine de l’agent. L a demande de monnaie peut s’écrire :

Md = P.k.yp

Le taux d’intérêt, auquel Keynes reconnaissait une importance cruciale dans


son analyse de la préférence pour la liquidité, est sans importance chez M.
FRIEDMAN : il s’agit d’une différence majeure entre les deux formulations les
plus connues de la demande de monnaie.
Pour M. FRIEDMAN, la demande de monnaie est très stable en comparaison
avec l’offre. Celle-ci est fortement instable et déterminée de façon exogène par
les autorités monétaires. D’après cet auteur la demande de monnaie est la
fonction macro-économique la plus stable.
Cette stabilité est due à deux caractéristiques fortes du comportement des
agents :
● L’effet d’encaisse réelle : les agents sont supposés répondre aux
changements dans le montant de monnaie offerte en opérant les modifications
entre les encaisses détenues et les autres actifs, de façon à ajuster les
encaisses monétaires effectives aux encaisses désirées.
● L a liaison entre la demande d’encaisses et le patrimoine, ensuite ; cette
demande est sous l’influence du patrimoine. Ce dernier est une grandeur stable.
Les agents, en général, recherchent une structure stable.
La fonction de demande de monnaie est utilisée pour déterminer le revenu
nominal. C’est la version renouvelée de la TQM.
Cette version constitue la « théorie monétaire du revenu nominal ». C’est
l’interaction entre l’offre et la demande de monnaie qui détermine le revenu
nominal. Ici, les variations du revenu nominal ne peuvent provenir que des
variations de l’offre de monnaie. Comme la quantité de monnaie émise est le fait
des autorités monétaires (exogène), elle est, par nature, instable.
Dans cette théorie, la causalité va de l’offre de monnaie vers le revenu
nominal, c’est la version du quantitativisme des monétaristes.
Le revenu monétaire est principalement affecté à court et à long terme par
les variations nominales de la quantité nominale de monnaie. Pour les
monétaristes, c’est à long terme que la dichotomie entre le réel et le monétaire
est réaffirmée. Donc, la longue période permet aux monétaristes de soutenir la
TQM et la relation monnaie-prix : tout excédent de monnaie engendre à long
terme une hausse du niveau général des prix et donc de l’inflation.
Dans la théorie classique de la politique monétaire, lorsque cette dernière fait
augmenter la production, cela tient à ce que la politique entraîne une baisse du
taux d'intérêt. La politique monétaire est inefficace en période de forte récession
car la courbe de demande de monnaie est élastique si bien que les fluctuations
de l'offre de monnaie n'entraînent que de faibles variations des taux d'intérêt. En
plus, même de fortes variations des taux d'intérêt ne provoquent que de faibles
variations de l'investissement et donc de la demande globale.
Ces arguments font l'objet d'un large consensus quant à l'efficacité de la
politique monétaire en période de récession. Les monétaristes avancent l'idée
que la politique monétaire affecte uniquement le niveau des prix. Comme ces
derniers sont flexibles, même à court terme, un accroissement de l'offre de la
monnaie, entraîne une modification du niveau des prix sans modification de la
production ou de l'emploi.

Titre 3. La création monétaire et l’offre de la monnaie

1. Offre et demande de la monnaie


L’offre et la demande de monnaie se font sur le marché monétaire. Selon une
définition large, ce dernier est le « lieu » où sont apportés et empruntés des
capitaux à court terme par les particuliers, les entreprises et l’Etat. D’un point de
vue plus technique et plus étroit, c’est le « lieu » où la monnaie (interbancaire) en
excédent chez certains intermédiaires financiers est transférée aux
intermédiaires financiers en déficit. Selon cette acceptation, le marché monétaire
a donc pour mission d’assurer quotidiennement la liquidité du système bancaire.
C’est aussi un lieu où la banque centrale intervient soit pour approvisionner les
banques en monnaie, soit pour absorber la monnaie qu’elle juge en excédent.
Sur ce marché, il existe une offre et une demande de la monnaie.
1.1. Calcul de l’offre de la monnaie
On appelle offre de la monnaie, la quantité de monnaie en circulation. Il s’agit
d’une variable de stock (contrairement aux variables de flux qui se mesurent en
dollar par an comme le niveau d’activité). C’est donc un ensemble de moyen de
paiement existant dans l’économie et qui sont acceptés pour le règlement des
dettes et des achats de biens et services. Or rien n’oblige ces agents à utiliser ce
stock. Ils peuvent le conserver, mais dans ce cas, la monnaie devient un actif
comme les actifs financiers (obligation, action, titre de rente, etc.) ou les actifs
réels (immeubles, etc.) car ce qui distingue la monnaie des autres actifs c’est sa
grande liquidité. Une définition très stricte de la monnaie : « c’est un moyen de
paiement constitué par les pièces et les billets en circulation ainsi que les dépôts
bancaires à vue permettant de faire des règlements par chèque, par carte
bancaire ».

Soit Ms : offre de la monnaie

Ms = B + D I

B : billets en circulation par des agents non bancaires


D : monnaie de la banque c’est à dire dépôt de ces agents dans les banques
commerciales
Soit R : réserves de ces banques commerciales
Soit ρ : pourcentage de couverture des dépôts

R =ρD II

Soit H : monnaie centrale c’est à dire émise par la banque

H = B + R = B + ρD III

Les agents conservent une partie de leurs encaisses sous forme de dépôts
bancaires : β

B = β D (0< β <1) IV
D’après I et IV : Ms = βD + D = D (β + 1) V

D’après III et IV : H = βD + ρD = D (β + ρ) VI

D’après V et VI : Ms D(1 + β) 1+β


---- = ----------- = --------
H D(β + ρ) (β + ρ)

Ms
---- = µ
H

µ : multiplicateur monétaire bancaire; µ définit l’offre de la monnaie comme un


multiple de la monnaie centrale.

Dans la théorie macroéconomique, une des caractéristiques principales de la


monnaie est qu’elle ne rapporte aucun intérêt à ses détenteurs. Cette définition
répond le mieux à la définition traditionnelle de l’offre de la monnaie. Cependant
on ajoute aux disponibilités monétaires, les disponibilités quasi-monétaires
comme les dépôts à vue dans les caisses d’épargne ou les plans d’épargne
logement même s’ils sont rémunérés. Tout cela constitue la masse monétaire ou
l’offre de la monnaie.

Ms = H µ

C’est à dire la banque centrale contrôle de la monnaie en agissant sur la


quantité de monnaie centrale.
Quand la demande de monnaie augmente, les taux d’intérêt augmentent. Β et
ρ baissent et µ augmente, pour H donné, Ms augmente. L’offre de monnaie est
en partie déterminée par la demande.

La théorie traditionnelle suppose que l’offre de monnaie est totalement


exogène. Les monétaristes pensent que µ n’est pas stable. Donc l’offre ne
dépend pas de la demande.
Les auteurs keynésiens insistent sur le caractère endogène de la monnaie.
Le système bancaire crée de la monnaie pour répondre à la demande des
agents non bancaires.

1.2. La demande de la monnaie


Md = L1 + L2
L1 : demande de transaction
L2 : demande de spéculation
Soit un ménage qui dépense régulièrement son revenu. Si le revenu
augmente, la consommation augmente, car la propension marginale à épargner,
est nulle. L1 dépend donc du niveau de revenu. L1 est fonction croissante du
revenu. L2 est fonction décroissante du taux d’intérêt.

1.3. Equilibre entre offre et demande de la monnaie


Selon la théorie de la préférence pour la liquidité, le taux d’intérêt assure
l’équilibre entre l’offre et la demande de la monnaie
L’offre de monnaie est déterminée par la banque centrale et elle est
représentée par une droite verticale puisqu’elle est indépendante du taux
d’intérêt.
Pour la demande de monnaie, le taux d’intérêt représentant le coût
d’opportunité de la détention d’avoirs monétaires non porteurs d’intérêt, la
hausse des taux réduit la quantité demandée de monnaie. D’où la pente négative
de cette courbe. Plus le taux d’intérêt est élevé, plus la demande de monnaie
baisse (fonction décroissante).
Le taux d’intérêt d’équilibre assure l’égalité entre l’offre et la demande de
monnaie. Si le taux d’intérêt est supérieur à son niveau d’équilibre, le public veut
moins de monnaie que la banque centrale n’en a créé. Les gens vont donc se
débarrasser de l’offre excédentaire de monnaie en achetant des actifs porteurs
d’intérêt ou en déposant les liquidités sur les comptes bancaires rémunéras.
Comme les émetteurs obligataires et les banques préfèrent servir des intérêts
plus faibles que plus élevés, ils répondront à cette offre excédentaire de monnaie
en baissant les taux d’intérêts qu’ils proposent. Avec la baisse des taux d’intérêt,
les gens sons moins attirés par les placements. Le taux d’équilibre c’est que les
gens détiennent exactement la quantité de monnaie crée par la banque centrale.
Un ajustement analogue mais de sens inverse aura lieu si le taux d’intérêt tombe
en dessous de son niveau d’équilibre.

2. La monnaie et le crédit
La monnaie a pour caractéristique principale d’être un instrument d’échange.
Cependant, aujourd’hui de nombreuses transactions ont lieu sans utiliser les
instruments d’échange (billets, chèques, pièces, compte-chèques, comptes
d’épargne, certificats de dépôt, fonds mutuels, etc.)
Ces transactions font intervenir non la monnaie mais le crédit, qui est définit
comme une promesse de remboursement dans le futur. Le crédit est à l’évidence
lié à la monnaie. Les banques constituent le garant du client auprès des
fournisseurs. Les banques accordent des facilités de crédit aux entreprises,
mettent à la disposition des clients des cartes de crédit et des facilités de crédit
leur permettant d’acheter même quand ils ne disposent pas de liquidité ou d’un
compte en banque suffisamment créditeur.

3. La création monétaire
Il existe une banque centrale qui crée de la monnaie publique, les autres
banques créent de la monnaie privée. La banque centrale achète les mêmes
actifs que les banques. Elle est une institution destinée à contrôler le
fonctionnement du système bancaire et réguler la masse monétaire de
l’économie. Cependant, il faut tenir en compte non seulement l’argent liquide
mais aussi des comptes de dépôts ouverts dans les banques car l’offre
monétaire est égale au billets plus les dépôts. Les banques créent aussi de la
monnaie. Examinons le cas simple du taux de réserve de 100%. On dépose
1000 Dirhams. La banque ne consent pas de prêts. L’argent déposé est
conservé en sécurité jusqu’au retrait. Ces dépôts que la banque reçoit et qu’ils
ne sont pas transformés en prêt sont appelés réserves.
Banque

Emploi ressources
_______________ _________________

réserves 1000 dh / dépôts 1000 dh

actif = passif

Chaque dépôt à la banque réduit la quantité d’argent liquide et augmente


d’un même montant les comptes de dépôts, ce qui laisse inchangée la quantité
de monnaie. Donc si le taux de réserve est de 100%, les banques n’influent pas
l’offre de monnaie.

La création monétaire avec un taux de réserve inférieur à 100% :

Si on conçoit des prêts au public contre le paiement d’un intérêt, on doit


conserver quelques réserves pour faire face aux retraits des déposants.
Supposons que le coefficient de réserve est de 10%, cela veut dire que pour un
dépôt de 1000 dh, la banque prête 900 dh et garde 100 dh en réserve.
Banque
______________ ____________________
Réserves 100 dh Dépôts 1000 dh
Prêts 900 dh

La banque a maintenant deux types d’actifs, les réserves (100 Dhs) et les
prêts (900Dhs). Quelle est l’offre de monnaie ?

Avant le prêt, l’offre était de 1000 dh. Après le prêt, on a 1000 dh en dépôt et
900 dh liquide empruntés. L’offre de monnaie est 1900 dh (dépôt + liquide). La
banque n’a pas crée de richesse supplémentaire mais a fournit une liquidité à
l’économie. L’économie est plus liquide puisqu’il y a davantage de moyen
d’échange mais elle n’est pas plus riche. Cette création monétaire ne s’arrête
pas forcément à la banque 1.
Imaginons en effet que l’emprunteur consacre ses 900 dh à l’achat d’un bien
à une personne qui les dépose dans une banque 2. La création monétaire
continue.

Banque 2
________________ __________________
réserves 90 dh dépôts 900 dh
prêt 810 dh

Ces 810 dh s’ajoutent à la liquidité de l’économie. L’offre monétaire est de


1000 + 900 + 810 = 2710
Et le processus continue, chaque fois que de l’argent est déposé à la banque
et que celle-ci accorde un prêt, de la monnaie est créée. Mais le processus
même s’il peut durer indéfiniment, il ne donnera pas naissance à une quantité
infinie de monnaie.
NB : Rajouts pendant le déroulement du cours
Il existe d’autres façons de créer de la monnaie :
- Avances à l’Etat c’est à dire que la banque achète des créances sur le
trésor public (bon du trésor) ;
- Or et devises (actuellement devise uniquement) qui proviennent
d’exportations ou mouvements de capitaux.

3.1. La création de monnaie par la Banque Centrale


La banque centrale est chargée d’un certain nombre de fonctions : la fonction
d’émission, la fonction cambiaire, la fonction de banque de l’Etat et des
administrations publiques, la fonction de banque des banques et la fonction de
contrôle sur les banques et les établissements de crédits.
La banque centrale crée de la monnaie pour satisfaire les besoins de
trésorerie des banques ou pour une raison sans lien avec les besoins de la
trésorerie. Dans le premier cas, il s’agît de la monnaie centrale empruntée, dans
le deuxième, c’est la monnaie centrale non empruntée.
La création de la monnaie centrale non empruntée se fait en cas d’un déficit
public à travers les avances ou les achats de titres publics sur le marché
interbancaire ou en cas d’un excédent de la balance des paiements.
L’alimentation des banques en monnaie est assurée de façon totalement
exogène.
La monnaie centrale empruntée est créée par des opérations de vente par les
banques à l’institut d’émission, des titres de créances à CT qu’elles ont acquis
auprès des entreprises (le reescompte - taux fixe) ou lorsque la banque procure
aux banques de la monnaie centrale à taux d’intérêt variable (taux variable).
La banque centrale dispose de trois moyens de contrôle de la quantité de
monnaie en circulation :
- l’Open Market : achat ou vente des obligations de l’Etat
- le coefficient de réserve : lorsque le coefficient de réserve est
augmenté, le multiplicateur monétaire baisse et donc l’offre de monnaie baisse
- le taux de reescompte : fixé par la banque centrale et c’est le taux
auquel elle prête de l’argent aux banques

3.2. La création de monnaie par le Trésor :


Le trésor est la banque de l’Etat. C’est un organe de compensation du circuit
financier c'est-à-dire d’ajustement des flux monétaires en circulation.
Quand les dépenses excédent les recettes, les autorités publiques doivent
trouver les moyens financiers. L’Etat s’endette par des opérations financières et
monétaires et dans le cas extrême de l’institut d’émission.
Le trésor dispose de plusieurs moyens : collecte de fonds, collecte des fonds
en attente d’emploi et les avances de la banque centrale. Le trésor reçoit des
dépôts publics, il les utilise pour ses besoins propres. Les dépôts en liquidité
recueillis par les chèques postaux (fonds particuliers). Le trésor collecte
l’épargne liquide par les bons du trésor, dépôts à terme des fonds particuliers. En
contrepartie, le trésor est prêteur, soir directement aux particuliers, soit en
mettant ses fonds sur le marché des capitaux donnant plus d’avantages aux
emprunteurs.
Les dépôts à vue non bancaires sont les dépôts quasi-monétaires (caisse
d’épargne), dépôts d’épargne et CP. Les dépôts des correspondants regroupent
les dépôts à vue des ménages et des entreprises, les secteurs publics locaux,
les établissements publics et les institutions financières.

3.3. Les contreparties de la masse monétaire


Les contreparties de la masse monétaire qui retracent les différentes
opérations sources de création monétaire sont :
- Les créances sur l’extérieur : la contrepartie « extérieur » englobe tous les
postes d’actif et de passif des bilans d’établissements de crédit concernant les
relations avec non-résidents, qu’ils soient financiers ou non.
- Les créances sur l’Etat : on distingue les crédits à l’ Etat à savoir les crédits
de la BC (les avoirs en compte courant postaux de la BC, les dépôts au compte
courant du Trésor public), les crédits des autres établissements de crédit (avoirs
en comptes courants postaux, dépôts au Trésor, prêts et avances) et les crédits
des agents non financiers (dépôts en comptes courants postaux gérés par les
Postes, dépôts ( à vue, à terme, ) gérés par les comptables du Trésor et dépôts
au Trésor de ses correspondants non financiers, bons du Trésor sur formules,
non négociables)
- Les créances sur l’économie : Cette contrepartie représente les
financements consentis par les établissements de crédits aux agents non
financiers résidents : entreprises, ménages, administrations publiques ( hors
Etat), assurances, caisses de retraite et administrations privées Ces créances
comprennent les crédits ( crédits stricto sensu, les avances, parts et comptes
courants d’associés dans les sociétés immobilières de promotion ; les effets à
l’encaissement à crédit immédiat ; les immobilisations de crédit-bail et opérations
de location avec option d’achat ; les opérations de location simple ; les prêts
participatifs) et les Titres (les titres de placement : achats d’actions et
d’obligations ne donnant pas droit de contrôle, en vue d’en retirer un revenu
direct ou une plus-value, y compris les interventions sur les marchés
secondaires : opérations de trésorerie, activité de contrepartie d'établissements
de crédit et les billets de trésorerie).
Titre 4. La politique monétaire
1. Les analyses économiques des politiques monétaires
1.1. La politique monétaire d’inspiration keynésienne
Keynes assigne à la politique monétaire le rôle second par rapport à celui
dévolu à la politique budgétaire. La politique budgétaire, c’est à dire l’action par
la dépense publique est un symbole de volontarisme de la politique
économique.
Dans le contexte du sous-emploi massif, qui est celui de la Grande
dépression, la politique budgétaire apparaît plus efficace.

Le mouvement spontané des marchés, le jeu libre des comportements privés


conduisent, selon Keynes, à une situation d’équilibre macro-économique qui,
sauf exception, n’a aucune raison d’assurer le plein emploi de la main d’œuvre.
L’équilibre global sur biens et services peut être, en sens inverse, un équilibre
de « suremploi », lorsque la totalité de la main d’œuvre est employée, mais la
production réalisée insuffisante pour satisfaire toute la demande. L’équilibre
global est obtenu par une hausse généralisée des prix : inflation.

Pour Keynes les tendances de l’économie sont régies par le principe de la


demande effective : le sous-emploi est vu comme la conséquence d’une
insuffisance de la demande effective, le suremploi comme un excès de celle-ci.
La politique économique keynésienne est une politique destinée à
contrecarrer la tendance spontanée de la demande effective et à conduire
l’économie vers un état d’équilibre de plein emploi sans inflation. Ici la monnaie
joue un rôle très important.
La régulation conjoncturelle par la monnaie présente plusieurs
caractéristiques :
- Elle est faite d’interventions discrétionnaires, et écarte toute idée de
permanence ou d’automacité.
- Elle est pragmatique et flexible.
- Elle est en concurrence avec la politique budgétaire.

Les décideurs politiques doivent bien doser la politique budgétaire et la


politique monétaire (policy-mix).
L’action par la monnaie peut être jugée la meilleure pour stimuler (ou
freiner) le mouvement de l’économie. Si l’action par le budget est jugée
préférable, la politique monétaire doit être accommodante, c’est à dire non
contraignante.
Selon l’analyse keynésienne, la monnaie peut exercer des effets réels, ce
qui constitue une remise en cause de la théorie quantitative.
Le taux d’intérêt joue un rôle central dans la conduite de la politique
économique. Un accroissement de la quantité de monnaie est de nature à
satisfaire la préférence pour la liquidité des agents, et est donc, toutes choses
égales par ailleurs, un facteur de baisse de taux d’intérêt. La baisse de taux
d’intérêt peut favoriser l’activité réelle. Les canaux de transmission de la politique
monétaire repose principalement sur le taux d’intérêt. Le taux d’intérêt exprime le
choix entre détention de monnaie et placement financier, et conditionne ainsi la
substitution entre monnaie et titres.
Le taux d’intérêt influence le coût du capital, et agit sur la décision
d’investissement : un bas taux d’intérêt a pour effet de rendre viables un plus
grand nombre de projets d’investissement, dès lors que ceux-ci sont décidés en
comparant le taux de rendement interne (efficacité marginale du capital) et le
taux d’intérêt ambiant.
C’est l’ensemble de ces relations que le modèle IS-LM essaie de
formaliser

Le modèle IS-LM
Le modèle IS-LM est celui de la « synthèse classico-keynesienne » : la
demande de monnaie keynésienne est située dans un cadre d’équilibre général
des marchés de type walrassien.
Le modèle repose sur la distinction dans l’économie entre deux secteurs :
secteur réel (le marché des biens et services) et secteur monétaire (le marché de
la monnaie).
La courbe IS
L’équilibre de l’offre et de la demande globale sur le marché des biens et
services est donné, sous forme réduite, par l’égalité de l’investissement I et
l’épargne S. L’investissement I est une fonction décroissante du taux d’intérêt i ;
l’épargne S est une fonction croissante du revenu Y.
En portant les valeurs du revenu en abscisse et celles du taux d’intérêt en
ordonnée, nous aurons le graphique suivant :

IS

L’ensemble des couples de valeurs Y et i pour lesquelles on a l’égalité entre I


et S est représenté par la courbe IS qui est décroissante. Un taux d’intérêt élevé
conduit à un investissement faible, et un niveau de revenu faible. Inversement,
de faibles valeurs du taux d’intérêt sont associées à des valeurs élevées du
revenu global d’équilibre.
Dans le modèle keynésien :
S = S(Y), avec dS/dY > 0 (fonction croissante)
I = I(i), avec dI/di < 0 (fonction décroissante)
La courbe IS représente l'investissement et l'épargne.
L'équilibre ressources-emploi en économie fermée est sans intervention de
l'Etat s'écrit : Y = C + I. Si cette équation est respectée, le marché des biens sera
équilibré et l'épargne sera égale à l'investissement.
La fonction de consommation s'écrit :
C = cY + C0
La fonction d'investissement s'écrit I = I (i) = - β.i + I 0, avec β>0 et dI/di < 0
L'investissement est d'autant plus élevé que le taux d'intérêt est faible.
I0 est la part de l'investissement qui est indépendante du taux d'intérêt. Il
s'agit d'un investissement autonome qui correspond à l'amortissement.
β.i est le montant d'investissement qui est fonction du taux d'intérêt.
La fonction d'investissement (I = - β.i + I0) sous la forme de variations :
ΔI = - β Δi
D'où β = - ΔI/ Δi (ce coefficient représente la sensibilité de l'investissement au
taux d'intérêt).
Y = C + I = cY + C0 - β.i + I0
(1 – c)Y + β.i = C0 + I0
I = - [(1-c)/ β] .Y + (C0 + I0)/β
Cette équation donne la forme de la courbe IS. Elle peut être présentée sous
la forme d'une dérivée :
Di/dY = - [(1 – c)/ β] < 0
i varie en sens inverse de Y. la courbe IS est donc fonction décroissante.
Pour obtenir une hausse de la production, il faut investir et donc baisser les taux
d'intérêt.
Pour qu'une baisse du taux d'intérêt ait un impact élevé en termes de relance
de l'activité, il faut que les coefficients β et c soient élevés.

C0 + I0/ β

Y
C0 + I0/1-c

Il existe plusieurs équilibres sur le marché des biens et services


Taux d'intérêt
S(Y1)

S(Y2)

S(Y3)

I et S

Il y a autant de niveaux d'épargne qu'il y a de niveaux de revenu, il y a une


multiplicité de couple (i, Y) qui assurent l'équilibre sur le marché.

IS

Si l'investissement est totalement insensible à l'évolution du taux d'intérêt, la


courbe IS devient une droite verticale et la relance de l'investissement par la
baisse des taux d'intérêt devient impossible
La courbe LM
Sur le marché de la monnaie s’opère l’équilibre entre l’offre de monnaie M
(déterminée par les autorités monétaires, c’est à dire exogène) et la demande de
monnaie L. Celle-ci dépend des différents motifs de préférence pour la liquidité :
une partie de la monnaie demandée obéit aux motifs de transaction et précaution
et est donc proportionnelle au niveau de revenu global. L’autre partie de la
monnaie obéit au motif de spéculation, est donc une fonction décroissante du
taux d’intérêt.
La demande de monnaie L est égale à :
L1 (Y) + L2(i) = f (i, Y) = µ.Y – z.i
L dépend positivement du volume de la production (Y) et négativement du
taux d'intérêt (i) qui correspond au coût d'opportunité de détention des encaisses
monétaires.
L'offre de monnaie, notée M, est mise à la disposition des agents
économiques par le système bancaire (variable exogène). On obtient :
M = L1 (Y) + L2(i)
Il existe donc une relation entre Y et i.

i1
Y1
I2
Y2
I3
Y3

M L et M

Il y a plusieurs couple (i , Y) qui assurent l'équilibre sur le marché de la


monnaie.
L'équilibre sur le marché de la monnaie

LM

La courbe LM est le lieu des couples de valeurs de Y et de C correspondant à


l’équilibre du marché de la monnaie.
Lorsque le niveau de revenu est bas, le montant d’encaisses de transaction
est faible et corrélativement la demande de monnaie de spéculation est forte, ce
qui doit être associé à un niveau faible du taux d’intérêt.
Lorsque le revenu s’élève, les encaisses de transaction s’accroissent au
détriment des encaisses de spéculation, ce à quoi doit correspondre un taux
d’intérêt élevé.
La courbe LM exprime donc une liaison croissante entre le revenu et le taux
d’intérêt.
On a :
L = µ.Y – z.i
I i = (µ/z).Y – L/z
La dérivée de I par rapport à Y :
Di/dY = µ/z > 0 (car µ > 0 et z > 0)
Si l'offre de monnaie reste inchangée, une augmentation du revenu Y
provoque une hausse du taux d'intérêt i.
i
LM

Situation classique

Trappe à liquidité

La courbe LM est d'abord proche de l'horizontale (c'est-à-dire parfaitement


élastique par rapport au taux d'intérêt), puis elle s'élève jusqu'à devenir verticale.
Lorsque le taux d'intérêt est à un niveau particulièrement bas, la demande de
monnaie à des fins de spéculation devient infiniment élastique par rapport au
taux d'intérêt. C'est la trappe à liquidité. Tout accroissement de la monnaie en
circulation se porte sur des encaisses spéculatives. Les agents anticipent une
remontée des taux d'intérêt et refusant d'acheter des obligations dont les cours
baissent en conséquence.
Lorsque le taux d'intérêt est à un niveau très élevé, la courbe LM devient
verticale et l'on retrouve la situation classique, c'est à dire l'absence de lien entre
le revenu (Y) et le taux d'intérêt (i) : il n'y a plus d'encaisses spéculatives.

L’intersection des deux courbes définit le niveau de revenu et la valeur du


taux d’intérêt correspondant à l’équilibre macroéconomique.
i
IS
LM

Y
L’intérêt de modèle est d’intégrer le secteur réel et le secteur monétaire. Le
taux d’intérêt est une variable indépendante pour devenir endogène au même
titre que le revenu.

IS indique que plusieurs taux d’intérêt sont compatibles avec l’équilibre du


marché des biens et services. LM indique que plusieurs taux d’intérêt sont
compatibles avec l’équilibre du marché monétaire. Il n’y a qu’un taux d’intérêt et
qu’un niveau de revenu qui soient compatible à la fois avec le marché des biens
et services et le marché de la monnaie.
Les décisions de politique monétaire se traduisent graphiquement par les
déplacements de la courbe LM. Ainsi une politique monétaire expansive
(émission d’un supplément de monnaie) est représentée par un déplacement
vers la droite de la courbe LM et une courbe IS inchangée.

i
LM1
IS

LM2

Y
L’efficacité de la politique monétaire dépend de certaines conditions : une
élasticité de la demande de monnaie par rapport aux taux d’intérêt relativement
faible et une baisse du taux d’intérêt. Toutefois une politique monétaire
expansionniste est sans effet si le taux d’intérêt est à son plancher : trappe à
liquidité.

2. Les objectifs de la politique monétaire


La politique monétaire peut stimuler l’économie. Un accroissement de l’offre
de la monnaie implique une baisse du taux d’intérêt et une amélioration des
disponibilités du crédit ce qui entraîne une hausse des investissements.
Quand les dépenses en investissement augmentent, le revenu augmente du
fait du multiplicateur (revenu est égale à la production).
La hausse des investissements déplace vers le haut la courbe des dépenses
globales et fait augmenter le niveau de production d’équilibre. Lorsque le revenu
augmente, la courbe de demande globale se déplace vers la droite.

Donc on a deux étapes :


- une augmentation de l’offre de monnaie qui entraîne une baisse du taux
d’intérêt qui entraîne à son tour une augmentation du revenu ;
- une hausse du revenu qui entraîne une hausse de la demande globale.
On tombe suite à ce nouveau taux d’équilibre sur un niveau de dépenses
globales et un niveau d’équilibre de la production.

Donc l’offre augmente ce qui implique le taux baisse ce qui implique


l’investissement augmente et les dépenses globales augmentent, le revenu
augmente (augmentation du niveau de production d’équilibre). Tout cela en
supposant que les prix sont rigides donc i0 = r0, c’est à dire un taux d’intérêt
nominal est égal au taux d’intérêt réel.
Un mécanisme supplémentaire entrera en jeu dans une économie ouverte : le
taux de change.
3. Politique monétaire et taux de change
Dans le contexte actuel d’économie ouverte, le taux de change constitue l’un
des principaux leviers sur lesquels la politique monétaire peut agir sur l’activité
économique.
La baisse du taux d’intérêt implique la baisse du taux de change qui implique
la hausse des exportations et la baisse des importations. Comment ?
Le taux de change est un prix relatif de deux devises. Comme n’importe quel
prix, le taux de change est déterminé par l’offre et la demande. Pour simplifier,
prenons deux devises, le dollar et le yen.

La figure représente le marché du dollar en fonction du taux de change du


dollar en yen.
La courbe d’offre du dollar représente la quantité de dollars fournie par les
Américains pour acheter des biens japonais et pour réaliser des investissements
au Japon. Pour des taux de change plus élevés c’est-à-dire quand le dollar
permet d’acheter plus de yen, les Américains vont offrir plus de dollars. La
courbe d’offre du dollar est croissante.
La courbe de demande du dollar représente les dollars demandés par les
Japonais pour acheter des produits américains et pour investir aux Etats-Unis.
Pour des taux de change plus élevés c’est-à-dire qu’il faut plus de yens pour
acheter les dollars, les Japonais demandent des quantités plus faibles de dollars.
La courbe de demande est décroissante.
On comprend mieux pourquoi le taux de change est relié aux flux de capitaux
et de biens entre les pays.
Supposons que les Etats-Unis souhaitent emprunter plus au Japon. Une
hausse du taux d’intérêt américain attire davantage des investissements japonais
aux Etats-Unis. Ce qui fait que la demande japonaise pour le dollar augmente
pour chaque taux de change donné, ce qui déplace la courbe de demande de
dollar vers la droite (fig). Cette augmentation du taux d’intérêt rendra moins
intéressant les investissements au japon, les Américains vont investir dans leurs
pays ce qui fait que l’offre de dollars baisse ce qui implique un déplacement de la
courbe d’offre vers la gauche.

Ce déplacement des courbes d’offre et de demande implique une hausse du


taux de change. Le dollar s’apprécie et le yen se déprécie.
Comment la politique monétaire influe-t-elle sur le taux de change ?
Lorsque la banque centrale américaine baisse ses taux d’intérêt, les agents
économiques des pays étrangers jugent qu’il est moins intéressant d’investir aux
Etats-Unis et les agents économiques américains qu’il est plus intéressant
d’investir à l’étranger. Cela déplace la demande de dollar vers la gauche et l’offre
vers la droite. Le résultat est une baisse du taux de change et une augmentation
des exportations et une baisse des importations.
4. Instruments de la politique monétaire
La banque centrale doit contrôler la quantité de monnaie en circulation dans
l’économie en tenant compte du système bancaire. Elle dispose de trois moyens
de contrôle de l’offre monétaire :

Les open-Market qui consiste pour la banque centrale à acheter ou à vendre


des obligations d’Etat. L’achat implique l’augmentation de monnaie en circulation
détenue sous forme liquide ou déposée en banque. Cette dernière crée de la
monnaie et chaque liquide augmente la masse monétaire aussi.
Vente d’obligation implique la baisse de la monnaie en circulation (retrait de
liquidité de la circulation). Cette liquidité vient des avoirs liquides et des comptes
bancaires. Quand les dépôts baissent, cela entraîne la baisse des réserves, qui
entraîne moins de création.
Les opérations d’Open Market sont simples et faciles à mener. Elles
permettent de faire varier la masse monétaire selon les besoins.

Le coefficient de réserve : l’augmentation du coefficient de réserve réduit le


multiplicateur monétaire et donc l’offre de monnaie.
Le taux d’escompte (pour la Fed et taux du prêt marginal selon la BCE) :
fixé par la banque centrale, il est le taux auquel elle prête de l’argent aux
banques. Ces dernières empruntent à la banque centrale quand leurs réserves
sont insuffisantes au regard des obligations de réserves (cela peut arriver parce
que la banque a fait trop de prêt ou parce qu’elle a dû faire face à d’importants
retraits). Quand la banque centrale prête de la monnaie aux banques, le système
bancaire se trouve doté de réserve qu’il n’aurait pas eu autrement et ces
réserves supplémentaires l’autorisent à créer de la monnaie. L’augmentation du
taux d’escompte décourage les banques d’emprunter auprès de la banque
centrale ce qui fait une réduction des réserves et une baisse de l’offre de la
monnaie. Inversement, une baisse du taux d’escompte pousse les banque à
emprunter, ce qui augmente les réserves et donc l’offre monétaire.
La banque centrale peut aussi utiliser ce moyen pour aider les institutions
financières en difficulté : banques faisant face à des retraits massifs, Krach
boursier.

5. Les difficultés de contrôle de la masse monétaire


Même avec ces trois moyens de contrôle, la banque centrale doit faire face à
deux problèmes liés au fait que la création monétaire est en grande partie
l’œuvre du système bancaire. Tout d’abord, elle n’a aucun contrôle sur les
dépôts-or. Moins il y a de dépôt et moins il y a de monnaie. Ensuite, elle n’a
aucun contrôle sur les volumes des prêts. Si les banques décident de conserver
une plus grande partie des dépôts sous forme de réserve, cela implique une
baisse de création de monnaie.
Donc la quantité de monnaie dépend en grande partie du comportement des
banquiers et des déposants. Mais la banque centrale suit attentivement les
comportements des uns et des autres et réagit en conséquence et
immédiatement en cas d’anomalie (garants pour les dépôts etc.).
Cependant la politique monétaire est inefficace en période de récession, pour
les raisons suivantes : la courbes de demande de la monnaie est élastique, si
bien que les fluctuations de l’offre de monnaie n’entraînent que de faible variation
du taux d’intérêt. Ensuite même de fortes variations des taux d’intérêt ne
provoquent que de faibles variations de l’investissement et donc de la demande
globale.
6. La politique monétaire en économie ouverte

6.1. Comment la politique monétaire influe t-elle sur les taux de change
- La demande du dollar est déterminée par la demande japonaise de biens
américains et par la volonté du japon d’investir aux EU
- L’offre du dollar est déterminée par la demande des américains de biens
japonais et par la volonté des américains d’investir au Japon
quand la BC américaine baisse ses taux d’intérêts, les agents économiques
des pays étrangers jugent qu’il est moins intéressant d’investir aux EU et les
agents économiques américains qu’il est plus intéressant d’investir à l’étranger.
Cela déplace la courbe de demande de dollar vers la gauche et l’offre vers la
droite.
Le résultat consiste en une baisse du taux de change, une hausse des
exportations et une baisse des importations
En économie ouverte, la politique monétaire a une incidence sur les taux de
change : Une baisse de l’offre de monnaie entraîne une hausse des taux
d’intérêt, ce qui se traduit par une appréciation du dollar, une baisse des
exportations et un accroissement des importations

6.2. Economie ouverte et efficacité de la politique monétaire


En économie ouverte, certains instruments pour agir sur l’économie,
deviennent moins efficaces.
Exemple : l’influence qui s’exerce au travers les disponibilités de crédit.
Si les entreprises américaines ont la possibilité d’emprunter à l’étranger, alors
les banques américaines en rationnant leur crédit, ne feront que les inciter à
chercher des fonds à l’étranger.
Elles libéreront donc des fonds que les banques américaines pourront prêter
à ceux qui n’ont pas accès aux banques étrangères

7. Les limites à l'utilisation de la politique des taux d'intérêts

7.1. L'insuffisance possible du processus de diffusion


Processus de diffusion : La hausse des taux des placements entraîne une
différence d’intérêt avec l’étranger ce qui provoque un appel de liquidités
internationales en quête d’emplois rémunérateurs et une augmentation du cours
de change

- Une hausse des taux d’intérêt non accompagnée d’une baisse de la


liquidité des banques peut se révéler inefficace.
- si les agents sont peu sensibles à la hausse des taux à cause de leurs
anticipations inflationnistes qui diminuent le taux d’intérêt réel :
Explication du rapport entre taux d'intérêt et taux d'inflation :
Le taux d’intérêt nominal sur les prêts est le taux précis dont le prêteur et
l’emprunteur sont convenus au moment de la conclusion du prêt.
Le taux d’intérêt nominal rémunérant les dépôts est celui qui est proposé aux
épargnants lors du dépôt. Il se définit comme l’obligation de payer (sur les prêts)
ou le droit de recevoir (sur les dépôts) un intérêt dont le taux est fixé
indépendamment du pourcentage de l’inflation. Ces taux sont fréquemment
assujettis à des plafonds imposés par les pouvoirs publics (jusqu’aux réformes
récentes du marché financier car l’inflation a fréquemment dépassé ces plafonds,
les intérêts réels sont devenus négatifs). Le taux d’intérêt réel est le taux nominal
adapté pour prendre en compte l’inflation.
On dépose 1 Dh pendant un an avec un taux d’intérêt nominal de i.
A la fin de l’année, le dépôt a une valeur de 1+ i
En cas d’inflation annuelle égale à p, la valeur réelle du dépôt à la fin de
l’année est :

1+i
--------
1+p

Le taux d’intérêt réel :


1+i
r = -------- - 1
1+p

Soit un intérêt de dépôt de 34% et un taux d’inflation de 45% ;


1+ 0,34
r = ----------- - 1 = - 7,6%
1+ 0,45

Une perte équivalente à un impôt sur ces actifs de 7,6%.


Quand les taux d’intérêt sont faibles (inférieurs à 10%) on peut calculer le
taux d’intérêt réel avec une formule simple :
r = i - p
Soit un taux d’intérêt de 7% et un taux d’inflation de 5% ;
r = 7 – 5 = 2%
- Si les agents anticipent une baisse ultérieur des taux alors ils préfèrent
s’endetter à court terme plutôt qu’à long terme.

7.2. La volatilité des taux d'intérêt


L’utilisation de la politique des taux rendra nécessaire leurs fluctuations
surtout si les agents résistent d’abord aux incitations de la politique des taux.
Les autorités monétaires doivent agir sur les comportements et laisser
fluctuer fortement à la hausse comme à la baisse pour avoir des résultats

7.3. L'incompatibilité des politiques


L’objectif interne et externe de la politique des taux peuvent être en conflit :
L'augmentation du taux d’intérêt pour soutenir le taux de change, décourage
l’activité interne.
S’il relâche la contrainte interne sur le coût de crédit, il se produira une fuite
des capitaux internationaux.
Donc la contrainte externe constitue un lourd handicap pour la pratique d’une
politique des taux d’intérêt.

La politique des taux d'intérêt a connu ses limites durant les années 70 au
point de lui substituer une politique quantitative (action sur la base monétaire et
sur le crédit). Mais la tendance s'est inversée et on assiste au renouveau de la
politique des taux d'intérêt grâce à l'évolution du système financier et des
produits qu'il émet et qui rendent cette politique plus efficace.
8. Les agrégats monétaires

8.1. Définition des agrégats monétaires


Les autorités monétaires des différents pays contrôlent l'inflation. Ces
autorités contrôlent l'agrégat monétaire qui à côté de la monnaie au sens strict
comprend des actifs aisément liquidables. Depuis la mise en place du système
européen de banque centrale, une définition commune de cet agrégat M3 et de
ses sous ensembles M1 et M2 a été adoptée par tous les pays participants. Le
contenu de ces agrégats dépend des spécificités nationales, tous les pays ne
disposant pas des mêmes instruments.
Dans la zone Euro, M3 comporte "tous les actifs permettant les achats de
biens et services ou le règlement d'une dette sur un territoire donné, ou
facilement convertibles en moyens de paiement avec un faible risque en capital"

8.2. Le contenu des agrégats monétaires et leur classement


En France par exemple, on trouve :
M1 : la monnaie fiduciaire (billets de banque et pièces de monnaie) et la
monnaie scripturale qui se compose de soldes créditeurs détenus par les clients
sur leurs comptes bancaires à vue
M2 ajoute à M1 les dépôts à terme d’une durée inférieure ou égale à deux
ans et les dépôts assortis d’un préavis de remboursement inférieur ou égal à
trois mois
M3 comprend, en outre, les titres d’organismes de placements collectifs de
valeurs mobilières (OPCVM) monétaires et les titres de créances de durée
initiale inférieure à deux ans émis par les IFM, titres négociables assimilés à des
dépôts du fait de leur faible volatilité
M4 regroupe, en plus de M3, les titres du marché monétaire émis par les
agents non financiers : bons du trésor, billets de trésorerie et bons à moyen
terme négociables émis par les entreprises
Quant aux agrégats de placement on trouve :
P1 : Livrets d’épargne – entreprise - Épargne contractuelle - Réserves
d’assurances - Plan d’épargne populaire - Plan d’épargne logement - OPCVM
garantis
P2 : Obligations - OPCVM obligations - Placements d’assurance-vie
P3 : OPCVM d’actions - OPCVM diversifiés
Au Maroc, le contenu de ces agrégats est comme suite :
- L’agrégat M1 comprend les billets et monnaies en circulation et les
comptes créditeurs à vue auprès des établissements bancaires, du Trésor et du
Service des Chèques Postaux.
- L’Agrégat M2 englobe, outre M1, les avoirs en comptes sur carnets
auprès des banques et sur livrets chez la Caisse d’Epargne Nationale.
- L’Agrégat M3 est composé de M2 auquel s’ajoutent des placements,
auprès des banques : Compte à terme, bons à échéance fixe et certificats de
dépôt.
Les agrégats de placements liquides (PL) se composent de 3 types de
placements :
-L’agrégat PL1 composé à la fois des bons du Trésor à six mois émis dans le
public et des titres de créances négociables autres que ceux émis par les
banques et détenus par les particuliers et les entreprises non financières.
- Les agrégats PL2 et PL3 rassemblent les titres émis depuis 1995
respectivement par les OPCVM obligations et les OPCVM actions et diversifiés
acquis par les particuliers et les entreprises non financières.

Titre 5. Inflation et monnaie

1. Définition de l'inflation
L’inflation est une hausse continue du niveau général des prix. Cette
définition est très large parce que les types d’inflation sont très nombreux et le
phénomène ne peut être appréhendé qu’à travers le symptôme commun à toutes
les inflations : la hausse des prix. C’est la nature du déséquilibre qui permet de
différencier les types d’inflation et les types d’explication.

L’inflation monétaire trouve son origine dans l’émission excessive de


monnaie ; l’afflux de métaux précieux au 16 ème siècle et le recours massif à la
« planche à billet » pendant et après la première guerre mondiale ont été la
cause de l’inflation. Du point de vue théorique, l’école quantitativiste (Irving
Fischer) et les monétaristes après, ont privilégié l’explication par la monnaie.
Toutefois, il semble que de nos jours, la monnaie soit moins la cause de l’inflation
que la condition permissive.

L’inflation par la demande, se situe dans l’explication précédente. Le


déséquilibre provient de l’excès de la demande sur l’offre. Au niveau global, la
demande, qu’elle émane des ménages (demande de consommation), des
entreprises (investissements), de l’Etat (déficit) ou de l’extérieur (exportation)
tend à dépasser l’offre. L’inélasticité de l’offre, son incapacité à répondre à
l’accroissement de la demande (en raison par exemple d’une situation de plein
emploi) explique ce type d’inflation. Le déséquilibre ne peut être global, mais
sectoriel, et peut se diffuser dans l’économie. L’explication de l’inflation par la
demande se situe dans le prolongement de l’analyse keynésienne.

L’inflation par les coûts situe l’origine de l’inflation dans un déséquilibre de


la formation des prix au sein de l’entreprise : l’augmentation des coûts, qu’il
s’agisse des coûts salariaux, du coût des consommations intermédiaires ou des
coûts financiers, associée à la volonté des entreprises de maintenir leurs profits,
favorise une hausse des prix.

Les explications contemporaines de l’inflation se situent dans le


prolongement de l’inflation par les coûts. Ce sont des explications structurelles,
qui envisagent les déséquilibres inflationnistes comme la résultante des
structures du capitalisme contemporain : la formation des prix sur les marchés
oligopolistiques se traduit par une rigidité des prix à la baisse. De plus, les
modes de formation des salaires dépendent, plus que par le passé, de facteurs
sociaux, intervention de l’Etat par la fixation d’un salaire minimum et rôle de la
négociation salariale. L’inflation est ainsi étroitement liée à la formation des
revenus.
Les politiques de lutte contre l’inflation se comprennent par le type de
l’inflation retenue.
Si l’inflation est d’origine monétaire, le remède consiste à limiter la création de
monnaie, par exemple par une hausse des taux d’intérêt.
La thèse de l’inflation par la demande conduit à limiter la demande (action sur
les salaires et réduction du déficit public) et à accroître la flexibilité de l’offre
(amélioration de la mobilité du travail).
La lutte contre l’inflation structurelle se révèle plus délicate à mettre en
œuvre : politique de concurrence, amélioration de la fluidité du marché, mais
c’est surtout la politique des revenus qui retient l’attention.
Dans les pays en développement, l’expérience en matière d’inflation est très
variée et se prête difficilement à la généralisation. L’inflation chronique qui a
touché les pays du cône méridional de l’Amérique Latine et en particulier
l’Argentine, le Brésil et le Chili (avec une augmentation des prix de 25 à 50%
pendant 3 années minimum) a constitué un fait tenace de la vie économique
pendant plusieurs années. L’histoire de ces pays montre que de longue période
d’inflation à 2 chiffres ne mènent pas nécessairement à une calamité
économique nationale. Il reste qu’un taux d’inflation acceptable dans un pays
peut constituer, dans un autre, un traumatisme économique. L’inflation aiguë
(plus de 50%, pendant plus de trois ans consécutifs) qui a sévi dans 15 pays
pendant la période de l’après guerre, ne s’est pas traduite par un ralentissement
de l’essor économique.

2. Monnaie et inflation
Pour les monétaristes, l'inflation résulte d'une forte augmentation de l'offre de
monnaie. Cette dernière peut créer à court terme les conditions d'une expansion
économique et diminuer le chômage mais devient source de dysfonctionnement
à moyen et à long terme lorsqu'elle dépasse la hausse de la production.
Keynes considère qu'une augmentation de la quantité de monnaie relance la
production en situation de sous-emploi. Friedman considère au contraire que
toute augmentation de la monnaie non suivie d'une augmentation de la
production conduit à une hausse des prix.
Lexique

Actif financier - Actif financier non liquide - Actif liquide - Actif monétaire - Actif
non financier -.Actif quasi-monétaire - Actif réel – Action - Agent financier -
Agents non bancaires – Ajustement - Assiette fiscale - Avances à l’Etat - Bons du
trésor - Certificat de dépôt - Circuit financier - Coefficient de réserve –
Compensation – Cotation boursière – Courtage - Déficit budgétaire – Déflation -
Désinflation - Dépôts à vue - Dépôts bancaires - Dépôts d’épargne - Dépôts
quasi-monétaires - Désépargne de l’Etat – Dette - Dette publique - Disponibilités
monétaires - Disponibilités quasi-monétaires - Economie de marché de capitaux
- Economie d’endettement - Effets à encaisser - Efficacité marginale du capital -
Emprunts et crédits - Encaisses liquides - Encaisses réelles - Epargne publique -
Finance directe - Finance indirecte - Flexibilité du taux d’intérêt - Flux financier -
Flux monétaire - Flux réel - Fonds communs de placement – FBCF – Inflation -
Institut d’émission - Intermédiaires financiers - Intermédiaires financiers
monétaires - Intermédiaires financiers non monétaires - Investissement financier
- Liquidités - Marché primaire - Marché secondaire - Mécanismes de
stabilisation automatique - Masse monétaire - Monnaie centrale. - Multiplicateur
monétaire - Obligation - Obligations de réserves - Offre monétaire - Open market
- Opération à terme - Opération au comptant - Opérations financières et
monétaires - Préférence pour la liquidité -Politique monétaire - Remboursement
anticipé - Rendement d’un investissement - Réserves de change - Stocks
monétaires et financiers - Taux d’escompte - Taux d’intérêt nominal - Taux
d’intérêt réel - Titres côtés en bourse - Transferts interbancaires - Valeur
nominale des liquidités - Variable de stock - Variable de flux - Valeurs mobilières
non cotées - Vitesse de circulation de la monnaie - revenu réel - revenu nominal
- Théorie quantitative de la monnaie (TQM) - politique monétaire - politique
budgétaire - sous-emploi - suremploi - demande effective - Equilibre de plein
emploi - policy-mix - Modèle IS-LM - Politique monétaire expansive - trappe à
liquidité - Disponibilités du crédit - Dépenses globales - Taux de change -
Banque centrale - Processus de diffusion - Taux des placements - Liquidités
internationales - Cours de change - anticipations inflationnistes - taux d’intérêt réel
- taux d’inflation - OPCVM d’actions - OPCVM diversifiés - les titres d’organismes
de placements collectifs de valeurs mobilières (OPCVM) monétaires - Agrégats
monétaires - Volatilité des taux d'intérêt - Titres de créances - Titres négociables
- Bons du trésor - Billets de trésorerie - Bons à moyen terme négociables émis
par les entreprises - Livrets d’épargne - Épargne contractuelle - Réserves
d’assurances - Plan d’épargne populaire - Plan d’épargne logement - OPCVM
garantis - Obligations - OPCVM obligations - Placements d’assurance-vie -
Compte à terme, bons à échéance fixe et certificats de dépôt.
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