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U.BBA (2017/2018) Master : Mt.

GC et Structures Module : Thermique des Bâtiments

Chp02 Thermique de l’enveloppe des Bâtis

1-Généralités
La thermique du bâtiment est une discipline de
la thermique visant à étudier les besoins énergétiques
des bâtiments. Elle aborde principalement les notions
d'isolation thermique et de ventilation afin d'offrir le
meilleur confort thermique aux occupants. Elle aborde
aussi les problématiques de fourniture d'énergie pour
le chauffage et de production d'eau chaude sanitaire.
L'ensemble des parties d'un bâtiment est soumis
aux transferts thermiques, qui sont des échanges de
chaleur entre le milieu chaud et le milieu froid
(généralement de l'intérieur vers l'extérieur).
2-Définition
La thermique du bâtiment décrit les échanges thermiques
qui se réalisent entre un bâtiment et son environnement.
Cette analyse va reposer sur toute une série de facteurs
qui sont
2-1.D’ordre environnemental :
 l'emplacement géographique d'un bâtiment (longitude, latitude, altitude) et les données
climatiques afférentes ;
 l'implantation générale du bâtiment : relief accidenté, rase campagne, forêt, contexte urbain
ou rural.
 la nature du sol ;
2-2.Fonctionnels, résidentiels ou autres :
 deux bâtiments ne sont pas identiques par leur fonction. On ne chauffe, n'isole, ou ne
ventile pas de la même manière un hôpital, une école, une habitation
 l'éclairage, l'usage de machines et ordinateurs, les équipements électroménagers
produisent plus ou moins de chaleur,
 les parois extérieures, murs, planchers et toitures sont considérés comme des surfaces
d'échange thermique
3-Déperdition thermique
Un échange de chaleur se produit entre deux milieux lorsqu'il existe une différence de
température entre ces deux milieux. La chaleur se propage d'un milieu chaud vers le milieu
froid par conduction, rayonnement et convection.
L'« enveloppe thermique » d'un bâtiment est la surface qui sépare le volume intérieur chauffé
du bâtiment de l'environnement extérieur. Elle est définie par les parois extérieures du
bâtiment.
Déterminer les déperditions thermiques d'un bâtiment revient à calculer les flux thermique
additionnés qui traversent ses parois:

 Pour les murs


Le mur transmet la chaleur par conduction dans son épaisseur entre l'intérieur et l'extérieur
du bâtiment. Le vent accélère l'échange thermique à la surface extérieure du mur par
convection. Le Soleil chauffe le mur par rayonnement. Le mur chaud rayonne aussi la nuit
vers le ciel.

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 Pour les fenêtres


La vitre transmet la chaleur par conduction dans son épaisseur entre l'intérieur et l'extérieur
du bâtiment. Le vent refroidit la vitre par convection. Le Soleil chauffe l'intérieur de la pièce à
travers la surface transparente. L'intérieur de la pièce lui-même perd une partie de son
énergie par rayonnement vers l'extérieur. Mais la vitre bloque une grande partie du
rayonnement infrarouge émis (principe de l'effet de serre).

 Pour la toiture
Le Soleil réchauffe le toit par rayonnement. La chaleur du Soleil est transmise à travers le toit
au reste du bâtiment. Le vent refroidit le toit avec un vent frais.
 Pour le plancher
La chaleur est échangée entre le bâtiment et le sol à travers l'épaisseur de la dalle par
conduction. Les échanges convectifs n'interviennent que si la dalle est située sur un vide
sanitaire ventilé. Il n'y a pas d'échange par rayonnement.
 Quantification des principales déperditions énergétiques

4-Différents modes de transfert d’énergie thermique


4-1.Conduction
Un mode de propagation de la chaleur est la conduction. Cela concerne particulièrement
les solides. Au sein du matériau, l’agitation thermique se transmet de proche en proche.
L’idée importante est que la chaleur se propage sans transport de matière. En principe, le
matériau n’est pas endommagé par ce phénomène, sauf chauffage extrême (fusion du
matériau).
Certains matériaux, comme les métaux, ont la propriété de conduire facilement la chaleur.
Par exemple, un tisonnier laissé dans la cheminée au contact des flammes sera brulant
même au niveau de l’extrémité non exposées au feu. D’autres matériaux, au contraire,
laissent difficilement passer la chaleur : ce sont des isolants thermiques. Par exemple, le
plastique.
4-2.Convection
La convection résulte d’un transfert thermique par mise en mouvement de la matière.
Cela concerne les fluides : liquide, gaz.
La convection s’observe quand on fait bouillir de l’eau dans une
casserole. L’eau, chauffée par le fond de l’ustensile, se dilate
puis s’élève dans la casserole où elle va progressivement céder
sa chaleur. En parallèle, l’eau plus froide en surface va
descendre en longeant les parois latérales. Une fois au fond, elle
est chauffée, remonte, etc. Il en résulte un déplacement

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collectif des molécules d’eau, effectuant ces mouvements de convection.


Des chauffages électriques aspirant l’air froid et rejetant de l’air chaud sont d’ailleurs
nommés convecteurs. Le manteau terrestre est un fluide très visqueux subissant
également la convection, mais à des vitesses nettement plus lentes, d’une dizaine de
centimètres par an.
On retiendra donc que dans la convection, la chaleur se sert du fluide comme véhicule pour
se déplacer.
NB : Il existe deux types de transferts convectifs:
• La convection forcée dans laquelle l’´ecoulement du fluide est forcé (pompe ou gravit´e
pour un liquide, ventilateur pour de l’air).
• La convection naturelle: lorsqu’il existe une différence de température entre deux points
d’un fluide.
En convection on caractérise le flux de chaleur Φ qui est extrait par le fluide de température
T0 d’une paroi de surface S `a la température TP par :
Φ = h S (TP − T0)
Ou Φ est en Watt, S en m , T en Kelvin et ou h désigne le coefficient d’´echange entre la
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paroi et le fluide (en W.m−2 .K−1).


4-3. Le rayonnement
La chaleur du soleil frappe pourtant notre planète alors qu’il n’y a aucun support solide,
liquide ou gazeux au delà de l’atmosphère terrestre. Ceci signifie donc que l’´energie
thermique peut tout de même traverser le vide. Ce mode de transfert s’appelle le
rayonnement.
5- Calcul du bilan énergétique d’un bâtiment
5-1.Conductivité thermique (λ : lambda)
La conductivité thermique ou conductibilité
thermique est une grandeur physique caractérisant le
comportement des matériaux lors du transfert
thermique par conduction. Notée λ ou K. Elle
représente l'énergie (quantité de chaleur) transférée
par unité de surface et de temps sous
un gradient de température de 1 kelvin ou 1 degré Celsius par mètre.
Dans le Système international d'unités, la conductivité thermique est exprimée
en watt par mètre-kelvin, (W·m-1·K-1).
5-2. Loi de Fourier
Le transfert de chaleur spontané d'une région de température élevée vers une région
de température plus basse obéit à la loi dite de Fourier. La densité de flux de chaleur
est proportionnelle au gradient (variation) de température.

La constante de proportionnalité est la conductivité thermique λ. C’est une grandeur


physique intrinsèque d’un matériau caractérisant son comportement. Elle est toujours
positive et c’est une caractéristique indépendante de l’épaisseur du matériau.
Avec les unités du système international, la conductivité thermique λ s'exprime en
J.m-1.K-1.s-1 ou, soit des W/m.K.

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Remarques :
 L’air est un très bon isolant mais à condition d’être immobilisé. L’air en mouvement
évacue la chaleur.
 Il y a un rapport
de 1 à 10 entre la conductivité thermique du bois et celle du béton.
de 1 à 37 entre la conductivité thermique d’un isolant et celle du béton.
de 1 à 1300 entre la conductivité thermique d’un isolant et celle de l’acier.
5-3. Résistance thermique
Le flux de chaleur traversant un matériau dépend de son épaisseur et de
sa conductivité thermique λ. La résistance thermique met en relation l'épaisseur et
la conductivité thermique.
En d’autre terme c’est la capacité d'un matériau à résister au froid et au chaud est
appelée « Résistance thermique » ou R.

 est l'épaisseur en m
 λ : est la conductivité thermique en W K-1 m-1
 : est la résistance thermique surfacique en mètre carré-kelvin par watt (m2.K.W-1)
NB : Plus est grand plus la paroi est isolante.
5-4. La résistance thermique d'échange superficiel (Rsi et Rse)
La transmission de la chaleur de l'air ambiant à une paroi et vice versa se fait à la
fois par rayonnement et par convection.
 Le coefficient d'échange thermique superficiel entre une ambiance intérieure
hi (hi s'exprime en W/m²K) et une paroi est la somme des quantités de chaleur
transmise entre une ambiance intérieure et la face intérieure d'une paroi, par
convection et par rayonnement, par unité de temps, par unité de surface de la
paroi, et pour un écart de 1K entre la température de la résultante sèche de
l'ambiance et la température de surface.

 La résistance thermique d'échange d'une surface


intérieure (Rsi) est égale à l'inverse du coefficient
d'échange thermique de surface intérieure hi.
Rsi = 1/hi Rsi s'exprime en m²K/W

 Le coefficient d'échange thermique superficiel


entre une paroi et une ambiance extérieure (he) est la somme des quantités
de chaleur transmise entre la face extérieure d'une paroi et une ambiance
extérieure, par convection et par rayonnement, par unité de temps, par unité
de surface de la paroi, et pour un écart de 1K entre la température de la
résultante sèche de l'ambiance et la température de surface.
Rse = 1/he

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Quelques exemples de résistance thermique d'échange superficiel

Rsi Rse
Valeurs de Ri et Re Rsi+Rse
m²K/W m²K/W
Paroi verticale flux de chaleur
0,13 0,04 0.17
horizontal
Paroi horizontale flux de
0,10 0,04 0.14
chaleur vers le haut
Paroi horizontale flux de
0,17 0,04 0.21
chaleur vers le bas

5-5. Résistance thermique totale : Rt


La résistance thermique totale est égale à la somme des résistances des parois et
des résistances superficielles.

RT = Rsi + R1 + R2 + R3 + Rse

5-6.Coefficient de déperdition thermique : Up


La déperdition thermique surfacique d'une paroi représente l’inverse de la résistance
thermique totale.
Up = 1/ RT
Up : est le symbole de la déperdition thermique surfacique d'une paroi. C’est la puissance
qui traverse 1m² de surface pour une différence de température de 1°C entre l’intérieur et
l’extérieur (W/m².K).Elle se mesure en prenant en compte la résistance thermique de la
paroi et la somme des résistances superficielles intérieures et extérieures.
Up: s'exprime en W/m2.K.
Plus la déperdition thermique Up est faible, plus la paroi est performante thermiquement.
6- Bilan thermique d’un bâtiment : Bilan énergétique
Pour pouvoir évaluer l'incidence des gains solaires et des gains internes sur la
demande de chauffage et de refroidissement d'un bâtiment, les concepteurs utilisent
des bilans thermiques

6-1.Définition
Le bilan énergétique d’un bâtiment: c’est l’étude de tous les apports thermiques et de
toutes les déperditions thermiques.
• Le toit : entre 28 et 30 %
• Les murs : entre 20 et 25 %
• Le renouvellement de l’air : 20 %
• Les fenêtres et portes : entre 12 et 13 %
• Le plancher : 7 %
• Les ponts thermiques : de 5 à 6 %

6-2.Différents types de bilans


Il en existe deux principaux types : les bilans statiques et dynamiques.
 Les bilans statiques utilisent des valeurs moyennes (par exemple, des
moyennes mensuelles).

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 Les modèles dynamiques utilisent des intervalles d'1 heure au maximum et


peuvent dès lors refléter l'évolution de la température dans un local (zone)
donné au cours de la période de simulation.
Le choix du modèle dépendra du degré de complexité du bâtiment. Tous les
modèles de bilan thermique se fondent sur les données nécessaires suivantes:
 Géométrie du bâtiment (orientation, surfaces, volume, etc.)
 Caractéristiques constructives de l'enveloppe du bâtiment, y compris la
protection solaire (valeur U, facteur g, étanchéité à l'air, etc.)
 Inertie du bâtiment
 Caractéristiques des installations (types, rendements, etc.)
 Profils d'occupation et usage prévu pour les occupants et les appareils
électriques
 Puissance et commande de l'éclairage

6-3.Eléments de calculs du bilan thermique


Le calcul des déperditions d’une maison repose sur la formule :
P = Pt + Pa (en W)
Avec Pt = déperditions par conduction (parois)
Pa = déperditions aérauliques (ventilation + infiltrations)
a) Déperditions Pt par conduction par les parois:
Pt = Φsurf + Φlin (en W)
Avec
Φsurf = déperditions surfaciques par les parois vers l’extérieur, vers un local non
chauffé ou vers le sol.
Φlin = déperditions linéiques par les parois vers l’extérieur.
 Déperditions surfaciques par les parois (Φsurf)
(pertes à travers un mur extérieur, un mur en contact avec un local non chauffé,
un plancher en contact avec le sol).
Φsurf = ( b.S.U). (i - eb) (en W)

Avec
i = température intérieure en °C
eb = température extérieure de base en °C
S = surface de la paroi en m2 (cotes intérieures)
U= coefficient de transmission de la paroi en W.m-2 .K-1
b = coefficient de réduction de température (b donné par la réglementation
thermique, b = 1 si contact avec l’extérieur, b <1 si contact avec local non chauffé).

NB : Le coefficient U représente la puissance calorifique perdue par m 2 de paroi et


pour 1 °C d’écart de part et d’autre de la paroi. Les valeurs pour les vitrages sont
fournies par la réglementation thermique*. Par contre, les valeurs sont à calculer
pour les pertes vers le sol et pour les murs.
Exemple de calcul de U pour un mur extérieur :
U = 1/Rt
Avec
Rt = résistance thermique totale du mur en m2.K / W
= Rhomogéne + Rhétérogéne + Rsuperficielles

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Rsuperficielles = résistances thermiques en surfaces de la paroi dues aux échanges par


convection et rayonnement (fournies par la réglementation thermique)
Rhétérogéne = résistance thermique d’une couche hétérogène (brique creuse, parpaing..
fournie par le constructeur ou la réglementation thermique
Rhomogéne = résistance thermique d’une couche homogène (béton, isolant, plâtre,
enduit extérieur…) à calculer
=e/λ avec e = épaisseur de la couche en m
λ = conductivité du matériau en W.m-1.K-1
(0,04 environ pour la laine de verre et 2,5 pour le béton armé)

 Déperditions linéiques par les parois (Φlin)


Les déperditions thermiques, aussi appelées « ponts thermiques », représentent les
pertes lors des liaisons entre deux parois. A noter que l’isolation « par l’extérieur »
d’un bâtiment supprime pratiquement tous les ponts thermiques.
Φlin =  (b.L.Ѱ). (i - eb) (en W)

Avec
L = longueur du pont thermique en m
Ѱ = coefficient linéique du pont thermique en W.m-1.K-1 (donné par la réglementation
thermique)

b) Déperditions aérauliques Pa (ventilation et infiltration)


Pa = 0,34(i - eb).α. Qrég

Avec
α = coefficient fonction du mode de ventilation : simple flux, simple flux
hygroréglable, double flux, double flux avec échangeur (valeur de α dans
réglementation thermique)
Qrég = débit réglementaire total du logement en m3/h (valeur dans réglementation
thermique)

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