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6/09/2010 allAfrica.

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Congo-Kinshasa: 16 février - Ne crachez pas sur les « morts de la démocratie »


16 Février 2010

Kinshasa — Journée historique aujourd'hui. 16 février 1992 - 16 février 2010. Il y a de cela exactement 18 ans que les chrétiens organisaient une marche
pacifique, réprimée dans le sang, pour obtenir la réouverture de la Conférence nationale souveraine. Initiative exclusive de la Société civile, apolitique.

Mais curieusement, l'on assiste à un élan très fort d'une récupération politicienne avec comme objectif la reconfiguration du paysage politique en prévision de
prochaines élections. Scandaleux. Non. Ne crachez pas sur les morts de la démocratie au risque d'aliéner l'essence de cette journée historique et la vider de
toute sa substance.

16 février 1992 - 16 février 2010. Il y a de cela 18 ans, à l' initiative de la Société civile apolitique, sous la conduite des jeunes abbés de Kinshasa, les chrétiens
organisaient une marche pacifique. Ils tenaient ainsi à obtenir la reprise des travaux de la Conférence nationale souveraine fermée « avec force » par le
Premier ministre de l'époque, Nguz a Karl I Bond. Une marche qui a connu une forte mobilisation de la population qui exigeait l'instauration de la démocratie et
la garantie du respect de la libre expression. Un événement inoubliable tant elle a bénéficié du soutien populaire et sonna le glas du régime Mobutu.

Malheureusement, cette marche a été réprimée impitoyablement dans le sang. Combien de morts ? Le nombre exact des « morts de la démocratie », tombés
ce jour-là, ne sera jamais connu.

Quoiqu' il en soit, le cours de l'histoire étant irréversible, plus rien ne sera comme avant. Chaque jour qui passe, le peuple congolais relève les grands défis de
la démocratie, de la libre expression. Les force obscures qui n'en démordent pas avec ce plan machiavélique de la balkanisation de la RDC pour contrôler ses
richesses aujourd'hui exploitées illégalement se heurtent toujours à la volonté de ce peuple de ne pas aliéner les acquis de l'indépendance et de la
souveraineté nationale.

RECUPERATION POLITICIENNE SCANDALEUSE

Cependant, cette journée risque de perdre toute son essence historique tant la récupération politicienne est si grande. Pire, les politiciens se démènent pour
s'approprier cette journée alors qu' elle est la paternité de la Société civile apolitique.

Elle devrait être plutôt une source d'inspiration pour cette sensibilité sociale dans le but d'honorer la mémoire des « victimes de la démocratie ». Question
d'éviter que l'on crache sur ces « morts » pour des raisons politiciennes. En effet, l'on assiste depuis quelques jours, et à l'approche de cette date du 16
février, à un branle-bas au sein de l'Opposition et de certains partis politiques. L'Union pour la Nation donne l' impression de se reconstituer et a choisi cette
journée historique pour lancer son ballon d'essai. La tentative pourrait sûrement conduire à la désignation du « chef » de l'Opposition en l'absence du
sénateur Jean-Pierre Bemba, aujourd'hui détenu à la Cour pénale internationale, CPI.

Une marche à l'initiative de l'Opposition institutionnelle est prévue ce mardi. Elle partira de la paroisse Saint Joseph jusqu'à l'YMCA. Cet endroit est le lieu par
où est parti le déclenchement des manifestations du 4 janvier 1959 avec le meeting de Joseph Kasa-Vubu.

Certes, on ne peut interdire à des hommes politiques d'être opportunistes. Mais lier la Paroisse Saint Joseph à l' YMCA pour commémorer la journée du 16
février, c'est tronquer l'histoire, déplacer le contexte de cette journée historique sur fond de la reconfiguration du paysage politique en prévision des
prochaines élections.

Comme si cela ne suffisait pas, l' UDPS entre dans la danse en ordre disparate. Certes, le 15 février 2010, l' UDPS totalise 28 ans. Mais l' on fait état de « trois
UDPS » qui tiennent à se manifester depuis hier, aujourd'hui et le 20 février. Le premier clan UDPS sous la conduite de Belchika entend organiser des
manifestations à N Djili. Le second sous la direction de Mutanda Kasongo a prévu des célébrations eucharistiques à la Paroisse Saint Joseph, dans la
commune de Kalamu. Enfin, le Collège des fondateurs dénie aux deux clans le droit d'engager l'UDPS et leur refuse le droit d'organiser une quelconque
manifestation.

Cette structure aurait reçu des instructions du président national, Etienne Tshisekedi wa Mulumba, de patronner toutes les cérémonies. La confusion est totale
et porte ombrage à la journée historique du 16 février.

LA SOCIETE CIVILE INTERPELLEE

Comme l'on vient de le souligner plus haut, toute cette agitation autour de la journée du 16 février est consécutive à l'organisation prochaine des élections.
L'on assiste donc à une reconfiguration de la scène politique en cherchant à vider le 16 février de toute sa substance.

Et pourtant, la marche des chrétiens a bénéficié du parrainage de la Société civile, apolitique. D'où la présence active des abbés de Kinshasa sans qu'ils aient
associé les évêques. Aussi, devant cet élan de récupération scandaleuse et politicienne, la Société civile devrait se lever. Elle aurait dû saisir cette opportunité
pour faire l'état des lieux de cette sensibilité sociale en vue de scruter l'horizon et s'appesantir sur les perspectives d'avenir de la République démocratique du
Congo.

En effet, la Société civile doit sa crédibilité à cette journée du 16 février pour autant que c'est à partir de ce jour que les choses ont commencé à changer. Que
la Société civile soit associée à toutes les étapes du débat national.

Mais depuis que certaines de ces grandes figures ont été alignées à des formations politiques, la Société civile a été déplumée. Preuve ? Avec la création de la
Commission électorale nationale indépendante, CENI, elle a été tout simplement et superbement ignorée, oubliée. Il a fallu que le Sénat réagisse pour qu'elle
soit repêchée. Encore faudra-t-il qu'au niveau de la commission paritaire « Assemblée nationale- Sénat », cette proposition soit maintenue. Sinon, la Société
civile ne siègera pas au sein de la CENI.

Voilà une opportunité qui aurait pu permettre à la Société civile de rebondir. Hélas. La classe politique est en train de la supplanter au risque de cracher sur les
« morts de la démocratie ».

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