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Fondements philosophiques

de l’éthique médicale
1- Qu’est-ce que l’éthique médicale ?

2- L’expérimentation en médecine

3- Expérimentation sur l’homme

4- Naissance de la bioéthique

5- La question des fondements

6- Généralisation de la bioéthique

7- Problématique de l’autonomie
1- Ethique médicale

Ethique : ethos = comportement, attitude. Ethique =


réflexion sur le comportement.
Ethique médicale = réflexion sur le comportement médica
en général et, plus spécialement, sur le comportement du
médecin à l’égard des patients qu’il traite.

2
Hippocrate

Précurseur de l’éthique
médicale.
paraît se passer très bien de
fondements philosophiques…

3
d’Hippocrate

Déontologie médicale.
Déontologie : ensemble des
règles de bonne conduite d’une
profession donnée.

4
Déontologie/Ethique

Rapport de la déontologie à
l’éthique : le même qu’entre
pratique et théorie. Le code de
déontologie médicale énonce
des règles pratiques sans
vraiment se soucier de les
justifier.

5
Principes

1) Primum non nocere


2) Le secret
3) Etre utile au malade
4) Se tenir à l’écart de toute corruption

6
Versions modernes

Deux innovations majeures :

1) La notion de « santé publique ».


2) La notion de consentement du patient : autonomie.

7
Autonomie

Notion d’autonomie et notion de consentement libre et


éclairé : la même notion vue sous son aspect éthique et
sous son aspect déontologique.
La notion est l’objet de constantes discussions.

8
Expérimenter

Expérimenter, c’est réaliser des expériences, des essais


des tests.
> le résultat des tests présente un caractère incertain.

9
Historique

Connexion avec l’idée


d’expérimentation en médecine.

10
Cl. Bernard (1813-
1878)
les animaux peuvent servir aux recherches
ologiques parce que la vie et la maladie se
vent partout le résultat des mêmes propriétés
mêmes lésions, quoique les mécanismes des
estations vitales varient beaucoup. Toutefois
imaux qui servent le plus au physiologiste,
eux qu'il peut se procurer le plus facilement,
e titre il faut placer au premier rang les
ux domestiques, tels que le chien, le chat, le
l, le lapin, le bœuf, le mouton, le porc, les
ux de basse-cour, etc.

oduction à l’étude de la médecine


mentale (1865)
11
Introduction, chap 2,
sect 7.
armi les objections que les médecins ont adressées à l'expérimentation, il en est une qu'il im
'examiner sérieusement, parce qu'elle consisterait à mettre en doute l'utilité que la physiolo
a médecine de l'homme peuvent retirer des études expérimentales faites sur les animaux
it, en effet, que les expériences pratiquées sur le chien ou sur la grenouille ne pouvaien
application, être concluantes que pour le chien et pour la grenouille, mais jamais pour l'ho
arce que l'homme aurait une nature physiologique et pathologique qui lui est propre et diff
elle de tous les autres animaux. […] Qu'est-ce qu'il y a de fondé dans toutes ces opinions,
mportance faut-il donner au choix des animaux relativement à l'utilité que les expér
euvent avoir pour le médecin ?

l est bien certain que pour les questions d'application immédiate à la pratique médicale, les
xpériences faites sur l'homme sont toujours les plus concluantes. Jamais personne n'a dit le
ontraire ; seulement, comme il n'est pas permis par les lois de la morale ni par celles de l'É
aire sur l'homme les expériences qu'exige impérieusement l'intérêt de la science, nous
roclamons bien haut l'expérimentation sur les animaux, et nous ajoutons qu'au point de vue
héorique, les expériences sur toutes les espèces d'animaux sont indispensables à la médecin
12
Médecins nazis

Que se passe-t-il lorsque les lois de l’état ont cessé


d’interdire de telles pratiques ?
Les lois morales vont-elles suffire à éviter que les
médecins ne se livrent à des expériences sur les humains
Réponse : non. Exemple : les médecins nazis.

13
Caducée et croix
gammée
hau, des médecins de l’armée de l’air allemande et de
ut expérimental allemand pour l’aviation menèrent des
ences sur la haute altitude, en utilisant une chambre à
pression, en vue de déterminer l’altitude maximale à
e les équipages des avions endommagés pouvaient se
uter. D’autres chercheurs menèrent des expériences dites
ngélation" en vue de trouver un traitement contre
hermie. Ils utilisèrent aussi des détenus pour tester
ntes méthodes pour rendre l’eau de mer potable.

les camps de concentration de Sachsenhausen, Dachau,


of-Natzweiler, Buchenwald et Neuengamme, des
eurs testèrent des composés et des sérums pour la
tion et le traitement de maladies contagieuses telles que le
me, le typhus, la tuberculose, la fièvre typhoïde, la fièvre
et l’hépatite.

mp de Ravensbrück furent pratiquées des greffes d’os et


périences en vue de tester l’efficacité de médicaments à
e sulfanilamides. Au Struthof et à Sachsenhausen, les
niers furent soumis aux effets du phosgène et du gaz
rde pour tester des antidotes possibles. 14
Nuremberg 1947

Procès des médecins


nazis

> 23 médecins sont jugés

> 16 sont déclarés


coupables dont 7 à la
peine de mort par
pendaison

> le code de Nurembrerg

15
Code de Nuremberg
1 - Le consentement volontaire du sujet humain est absolument essentiel. Cela veut dire que la personne
intéressée doit jouir de capacité légale totale pour consentir : qu'elle doit être laissée libre de décider, san
intervention de quelque élément de force, de fraude, de contrainte, de supercherie, de duperie ou d'autre
formes de contrainte ou de coercition. Il faut aussi qu'elle soit suffisamment renseignée, et connaisse tout
la portée de l'expérience pratiquée sur elle, afin d'être capable de mesurer l'effet de sa décision. Avant qu
le sujet expérimental accepte, il faut donc le renseigner exactement sur la nature, la durée et le but de
l'expérience, ainsi que sur les méthodes et moyens employés, les dangers et les risques encourus, et les
conséquences pour sa santé ou sa personne, qui peuvent résulter de sa participation à cette expérience.
L'obligation et la responsabilité d'apprécier les conditions dans lesquelles le sujet donne son consenteme
incombent à la personne qui prend l'initiative et la direction de ces expériences ou qui y travaille. Cette
obligation et cette responsabilité s'attachent à cette personne, qui ne peut les transmettre à nulle autre sa
être poursuivie.

2 - L'expérience doit avoir des résultats pratiques pour le bien de la société impossibles à obtenir par
d'autres moyens ; elle ne doit pas être pratiquée au hasard et sans nécessité.

3 - Les fondements de l'expérience doivent résider dans les résultats d'expériences antérieures faites su
des animaux, et dans la connaissance de la genèse de la maladie ou des questions à l'étude, de façon à
justifier par les résultats attendus l'exécution de l'expérience.

4 - L'expérience doit être pratiquée de façon à éviter toute souffrance et tout dommage physique ou
mental, non nécessaires. 16
Code de Nuremberg
(suite)
5 - L'expérience ne doit pas être tentée lorsqu'il y a une raison à priori de croire qu'elle entraînera l
mort ou l'invalidité du sujet, à l'exception des cas où les médecins qui font les recherches servent eu
mêmes de sujets à l'expérience.

6 - Les risques encourus ne devront jamais excéder l'importance humanitaire du problème que doi
résoudre l'expérience envisagée.

7 - On doit faire en sorte d'écarter du sujet expérimental toute éventualité, si mince soit-elle,
susceptible de provoquer des blessures, l'invalidité ou la mort.

8 - Les expériences ne doivent être pratiquées que par des personnes qualifiées. La plus grande
aptitude, et une extrême attention sont exigées tout au long de l'expérience, de tous ceux qui la
dirigent ou y participent.

9 - Le sujet humain doit être libre, pendant l'expérience, de faire interrompre l'expérience, s'il estim
avoir atteint le seuil de résistance, mentale ou physique, au delà duquel il ne peut aller.

10 - Le scientifique chargé de l'expérience doit être prêt à l'interrompre à tout moment, s'il a une
raison de croire que sa continuation pourrait entraîner des blessures, l'invalidité ou la mort pour le
sujet expérimental.

17
Notion centrale

Le consentement éclairé
> Le patient est informé
> Il donne son consentement libre
> Il peut se rétracter à tout moment

18
2- Naissance de la
bioéthique

Ce n’est qu’après-coup que le code de Nuremberg sera


érigé en fondement de la bioéthique. Car, en fait, dans les
20 années qui suivent, il sera pratiquement oublié.

19
Joseph Fletcher
(1905-1991)

1954 Morals and Medicine,


Princeton University Press.

20
Progrès 1947-1977

1) Progrès des techniques de substitution fonctionnelle


2) Progrès des techniques de réanimation
3) Progrès des techniques de greffe d’organe
4) Progrès de la pharmacologie

21
Substitution
fonctionnelle

Dialyse rénale : 1961 par Belding


Scribner.
Un comité est désigné à Seattle
pour déterminer qui seront les
bénéficiaires du traitement.

22
Réanimation
Les techniques de réanimation
vont permettre de maintenir ne vie
des personnes qui, jusque là,
étaient vouées à une mort
certaine.
Mais, dans le même temps, elles
vont poser le problème de la
définition de la mort.
On sera amené à définir des
stades de coma plus ou moins
irréversibles.
23
Greffe d’organe

Permettent de sauver des vies.


Posent le problème des
conditions de prélèvement.

24
Pharmacologie

Permet de bloquer l’évolution de


certaines maladies jusque là
incurables.
Mais sans toujours assurer au
malade des conditions de vie
décentes.
> Problème dit de l’acharnement
thérapeutique.

25
excès
ry Beecher, anesthésiste à Harvard : 1966

England Journal of Medicine : Ethics and Medical Research (Beecher, 1966, 1354-1360).

cle décrit vingt-deux expériences qu'il qualifie de non-éthiques.

cter des cellules cancéreuses vivantes à des personnes âgées et séniles placées en i
éprouver leur résistance immunologique au cancer

er de pénicilline les syphilitiques d'un groupe témoin participant à une étude de très long
s effets d'autres médicaments (de fait, vingt-cinq d'entre eux furent atteints de fièvre rhuma

cter le virus de l'hépatite B à de jeunes résidents d'une institution psychiatrique de l'État


pour voir comment se développe la maladie et ainsi créer un vaccin (ces jeunes, d
peraient de toute façon)

rer une aiguille spéciale dans l'oreillette gauche du coeur pour en étudier le fonctio
ins patients avaient des problèmes cardiaques, d'autres non)

érer un cathéter dans la vessie de vingt-six nouveau-nés de moins de quarante-huit h


re une série de radiographies de leur vessie se remplissant et se vidant.
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Bioéthique

Création du terme : Van


Rensselaer Potter.
> article, 1970 : Bioethics, the
science of survival, Perspectives
in biology and medicine.
> livre, 1971 : Bioethics, a bridge
to the future.

27
Institut de bioéthique

1971 : ouverture du premier «


institut de bioéthique ».
Georgetown University,
Washington : Kennedy Institute
of ethics.

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