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14-18 ou le laboratoire d’un XXe siècle mortifère

Publié le 11 novembre 2015


14-18 laboratoire d'un XXe siècle mortifèreL’année 1914 a marqué l’entrée du
monde dans le XXe siècle. Une entrée qui s’est faite dans le fracas des armes,
dans la boucherie des champs de bataille et dans la mobilisation totale des
sociétés. Le XXe siècle s’annonçait mortifère.

« Le premier conflit mondial est la grande catastrophe dont a découlé le siècle tout
entier » (Georges Kennan) : l’événement 14-18 représenta en effet un tel
cataclysme que l’usage s’est répandu chez les historiens de faire débuter le XXe
siècle avec lui. La conflagration de 14-18 fut une rupture majeure annonçant bien
d’autres tragédies qui allaient ensanglanter le siècle. Elle constitua un véritable
laboratoire des horreurs que l’humanité allait endurer tout au long du siècle.

La mobilisation totale des sociétés

La première guerre mondiale fut une guerre « totale » dans la mesure où elle a
mobilisé tous les secteurs des sociétés et où, par conséquent, la distinction
traditionnelle entre « front » et « arrière » n’avait plus lieu d’être. Cette «
totalisation » du conflit annonçait les systèmes totalitaires, systèmes « totaux »
dans lesquels l’État régentait tous les secteurs de la vie humaine et sociale.

La guerre mobilisa des masses d’hommes. L’enrôlement des futurs combattants


s’accéléra surtout à la fin du conflit mais, pour l’ensemble de la période 1914-1918,
tous les pays belligérants compris, ce sont environ 70 millions d’hommes qui
participèrent à la guerre. Les colonies ne furent pas en reste. Les Britanniques
firent appel à trois millions d’hommes de leurs possessions outre-mer, dont la
moitié venaient d’Inde et d’Afrique. Les Français mobilisèrent 650 000 hommes,
principalement originaires d’Afrique du nord.

Le conflit mobilisa également les femmes, bouleversant ainsi les rapports entre les
sexes. Elles remplacèrent dans de nombreuses activités les hommes partis au
front. Par exemple, dans les campagnes, elles travaillèrent aux champs et se firent
gestionnaires d’exploitations agricoles. Beaucoup étaient ouvrières dans les usines
d’armement. Cette féminisation de nombreuses activités jusque-là majoritairement
masculines, trahit la « totalisation » d’un conflit qui fit appel à toutes les ressources
possibles.
Les économies se militarisèrent dès 1915. Le blocus économique imposé par les
Britanniques et la guerre sous-marine livrée par les Allemands furent une première
forme de guerre économique puisque les enjeux étaient l’acheminement de
matières premières et de marchandises. Dans chaque pays, le dirigisme
économique et les complexes militaro-industriel sonnèrent la fin du libéralisme.
L’Allemagne instaura un contrôle de l’État sur des cartels de guerre et, plus
largement, sur toute activité économique qu’il entendait maîtriser. Un « dictateur
aux vivres » était censé assurer les besoins de la population mais en vain. La
France vit aussi l’État intervenir dans l’économie avec les commandes publiques
passées aux industriels et des mesures de taxation. Au Royaume-Uni apparurent
des Control Boards pour gérer l’industrie et des Food, Shipping, Coal Controllers
chargés de régler les conflits sociaux. L’étatisation de l’économie se produisit dans
tous les pays belligérants selon différentes formes. Enfin, les colonies,
manifestation de l’extension de l’appareil d’État hors de ses frontières, fournirent
matières premières et denrées alimentaires aux combattants mais aussi aide
financière grâce aux emprunts souscrits par les gouvernements locaux et les
particuliers pour soutenir l’effort de guerre.

La propagande de guerre et la censure constituèrent un autre enjeu du conflit. Les


grandes agences de presse (Reuters, Havas et Fournier, Stefani, Wolff…) furent
surveillées, des commissions de censure furent instaurées dans les 22 régions
militaires françaises et un contrôle postal aux armées eut pour but de connaître
l’opinion des soldats et d’empêcher la diffusion de certaines idées dans la troupe.
Un Bureau central de la Censure et un Office de la presse furent mis sur pieds en
Allemagne. L’une des cibles privilégiées de la propagande était les enfants. Les
jouets, les magazines illustrés, les livres, l’enseignement scolaire furent autant de
supports utilisés pour les endoctriner et les faire adhérer aux enjeux de la guerre.
Ainsi, les enfants français pouvaient avoir à leur disposition des poupées
alsaciennes à cajoler et des poupées « boches » à haïr. Le contrôle de
l’information eut des effets limités sur la population mais n’en constitua pas moins
une nouveauté qui allait être exploitée à des niveaux supérieurs par les
totalitarismes.

En effet, ceux-ci ne se contentèrent pas de livrer à l’État le monopole des moyens


d’information pour mieux asservir et contrôler leurs populations. Ils s’appuyèrent
sur une véritable idéologie au caractère faussement scientifique, la lutte des
classes pour le communisme, la lutte des races pour le nazisme. L’idéologie était
inculquée dès le plus jeune âge avec l’embrigadement des jeunes dans des
structures visant à leur transmettre les valeurs et les principes totalitaires.
L’étatisation de l’économie, autre trait commun aux régimes totalitaires, avait été
également annoncée par la Première guerre mondiale : que ce soit la
collectivisation forcée des campagnes de Staline, le Grand Bond en avant de Mao
Zedong, la mise en coupe réglée de l’économie sous Mussolini ou l’économie de
guerre faite de pillage et d’autarcie du national-socialisme hitlérien, les moyens de
production et d’échanges et l’activité humaine étaient devenues, comme en 1914-
1918, des champs d’intervention majeurs de l’État.

Avec le premier conflit mondial l’action collective triompha sur l’individualisme. Les
nations et les empires étaient en guerre entre eux et toutes les populations
devaient se rassembler contre l’ennemi. Dans les régimes totalitaires, le même
mécanisme était à l’œuvre : mobiliser les foules en vue de l’utopie en construction.
Dans leur contexte, le pire ennemi était l’individu et, également, d’autres groupes
humains jugés hostiles à l’avenir radieux promis par les totalitaires : les koulaks,
les juifs, les Tchétchènes, les Ukrainiens, les citadins, les « contre-révolutionnaires
»… Ce qui explique aussi les charniers immenses laissés derrière lui par le XXe
siècle.

La mort de masse

La guerre de 1914-1918 représenta un tournant en termes de dégâts humains. Elle


vit en effet un renforcement sans précédent de son pouvoir destructeur. Elle fit dix
millions de morts, bilan jamais vu dans l’histoire. Les batailles furent de véritables
boucheries. La Somme, de juillet à novembre 1916, vit la mise hors de combat de
un millions deux cents cinquante mille hommes, Verdun, de février à novembre
1916, fit plus de 62 000 morts du côté français, et la bataille d’Isonzo, en novembre
1915, causa la mort de 60 000 soldats.

Ces hécatombes s’expliquent par l’évolution des armes durant le conflit qui
permirent de tuer avec plus d’efficacité qu’auparavant. La Grande guerre vit
l’apparition du pistolet-mitrailleur pouvant tuer par rafales et le perfectionnement
des mitrailleuses, surnommées « faucheuses » parce qu’elles fauchaient en pleine
course, par dizaines, les assaillants courant vers la tranchée ennemie. Celle de
Saint-Étienne pouvait tirer 400 à 600 coups par minute. Des mortiers de plus en
plus lourds apparurent sur les champs de bataille, augmentant la capacité de
destruction des artilleries. L’aviation armée générait aussi d’importantes
destructions sur les lignes situées à l’arrière. Enfin, la guerre chimique, même si
son efficacité fut limitée, inspira cependant la terreur chez les combattants et
traduisit la dernière étape de la totalisation du conflit : même la science se
mobilisait pour tuer. Lorsqu’ils étaient utilisés, les gaz provoquaient des carnages.
Les populations civiles eurent elles aussi à subir les ravages de la guerre. Non
seulement, des populations entières furent contraintes à l’exil, soit dans leur propre
pays soit à l’étranger pour évacuer aux zones de combats, mais la fuite était aussi
un moyen d’échapper à des exactions délibérément commises contre elles. En
cela, 14-18 a bel et bien détruit la frontière entre front et arrière. Par exemple, les
empires centraux (Allemagne et Autriche-Hongrie) détruisirent en Russie, à partir
de l’été 1915, lors de leur retraite, des villages entiers et leurs récoltes. Les Russes
déportèrent certaines minorités ethniques, en particulier les Juifs de Lituanie et de
Courlande (en Lettonie), car ils les considéraient comme pro-allemandes. Les
populations civiles des empires centraux souffrirent du blocus imposé par les
Britanniques. Enfin, dans l’empire ottoman, les Jeunes-Turcs perpétrèrent un
génocide en exterminant systématiquement 1,3 millions d’Arméniens considérés
comme des « traîtres » et des alliés des Russes.

Le XXe siècle fut jalonné constamment de déportations et d’assassinats de masse.


Otages enfermés dans des camps de concentration sous Lénine, extermination
des koulaks, liquidation des Ukrainiens et terreur de masse sous Staline,
extermination des Tsiganes et des Juifs par Hitler, famine géante de plus de 50
millions de morts sous Mao Zedong, génocide des Tutsi en 1994, massacres de
musulmans en ex-Yougoslavie, épurations ethniques en Irak et en Syrie opérées
par l’État islamique… Ce ne sont que quelques exemples traduisant un immense
mépris pour la vie humaine et une efficacité effarante dans la destruction de celle-
ci qui rappelle l’intensité qu’a eue la Grande Guerre, elle aussi, dans
l’administration de la mort. Le symbole de cette efficacité reste le complexe de
mise à mort industrielle inventé par les nazis associant gazage et crémation.

Les prétextes idéologiques invoqués pour anéantir les êtres humains par millions
relèvent des logiques raciste (faire disparaître les races jugées néfastes et hostiles
au groupe auquel on appartient), socialiste (les classes « bourgeoises » ou les
groupes « contre-révolutionnaires » étant condamnés par l’Histoire, vaincus par
elle, n’ont plus aucun droit à vivre) ou religieuse (pour les islamistes, tout non
musulman, et en particulier le Juif, est ennemi de l’islam et, de ce fait, peut être
mis à mort dans le cadre du jihad). Toutes ont en commun de sacraliser un collectif
au détriment d’autres collectifs à éradiquer. En somme, elles sont l’expression
sanglante de cette défaite de l’individualisme analysée plus haut.

Les mentalités de guerre


La guerre a exercé une influence funeste sur les mentalités dans la mesure où
celles-ci, exposées à une situation d’une gravité et d’une violence totalement
inédites, ont conservé, après 1918, des mécanismes qui se répétèrent tout au long
du XXe siècle.

L’historien George L. Mosse a développé le concept de « brutalisation » pour


rendre compte de l’acclimatation à la violence et à la cruauté de beaucoup
d’hommes lors du conflit. Cette habitude et ce plaisir pris à donner la mort est un
legs de la Première guerre mondiale au XXe siècle. Un exemple saisissant est
donné par le témoignage d’un ancien poilu qui, en 1936, lors de la remise d’une
décoration, tint dans son discours des propos très crus :

« La guerre a fait de nous, non seulement des cadavres, des impotents, des
aveugles. Elle a aussi, au milieu de belles actions, de sacrifice et d’abnégation,
réveillé en nous, et parfois au paroxysme, d’antiques instincts de cruauté et de
barbarie. Il m’est arrivé — et c’est ici que se place mon aveu — à moi qui n’ai
jamais appliqué un coup de poing à quiconque, à moi qui ai horreur du désordre et
de la brutalité, de prendre plaisir à tuer. Lorsque, au cours d’un coup de main,
nous rampions vers l’ennemi, la grenade au poing, le couteau entre les dents
comme des escarpes, la peur nous tenait aux entrailles, et cependant une force
inéluctable nous poussait en avant. Surprendre l’ennemi dans sa tranchée, sauter
sur lui, jouir de l’effarement de l’homme qui ne croit pas au diable et qui pourtant le
voit tomber sur ses épaules ! Cette minute barbare, cette minute atroce avait pour
nous une saveur unique, un attrait morbide, comme chez ces malheureux qui,
usant de stupéfiants, mesurent l’étendue du risque, mais ne peuvent se retenir de
reprendre du poison. » [1]

Le XXe siècle s’est ouvert dans un déchaînement extrême de violence qui a


réveillé et alimenté les instincts les plus bas de l’homme. Nul étonnement à ce
qu’on retrouve, jusqu’à nos jours, des exemples de barbarie sadique. C’est le nazi
Hans Franck, gouverneur de la Pologne occupée, qui, au sortir de table, se livrait
avec ses invités à la « chasse aux rats », autrement dit à abattre tout enfant juif
sortant du ghetto de Varsovie pour essayer de trouver de quoi se nourrir. Ce sont
les miliciens interahamwe, au Rwanda pendant le génocide, qui découpaient les
membres de leurs victimes à la machette ou jetaient vivants, dans les latrines, des
nouveaux nés, puis festoyaient à la fin de leur journée de tueries. Ce sont, enfin,
les brutes primitives de Daech qui mettent soigneusement en scène les exécutions
horribles de leurs otages, notamment les décapitations, mode de mise à mort qui
suppose une très grande détermination et un fanatisme à toute épreuve dans la
mesure où le bourreau est en contact direct avec la victime et son sang.
À côté de ce plaisir de tuer et de ce goût pour la violence se développèrent des
croyances et des convictions dont on trouvera des variantes en d’autres moments
du XXe siècle. Ce fut d’abord un réveil proprement religieux dès les premiers mois
de la mobilisation. Les soldats français, par exemple, imploraient particulièrement
la Vierge Marie, Jeanne d’Arc et Thérèse de Lisieux [2]. Nombreux sont ceux, dans
toutes les armées belligérantes, qui portaient des chapelets, des médailles à
l’effigie des saints ou des textes de prières cousus dans la doublure de leur
vêtement en guise d’amulettes. La foi s’associa à l’espérance en la paix et la
victoire. Dans cette perspective, les croyances visèrent à rassembler le front et
l’arrière contre l’ennemi commun dans un véritable esprit de croisade. Pour chacun
des ennemis, leur combat était une guerre juste pour le droit et la civilisation.
C’était une lutte entre le Bien et le Mal. Pour les Français et les Britanniques, le
Mal était le Boche et il fallait anéantir la « barbarie allemande » et le « militarisme
prussien ». À l’inverse, les Allemands avaient la certitude de lutter contre une
France athée et sans Dieu. Quant aux Russes, orthodoxes, ils considéraient la
guerre comme une croisade « avec l’aide de tous les saints de la Russie ».
Chacun des ennemis croyait être le représentant du camp du Bien et lutter contre
le Mal et la destruction de la civilisation, concourir à la victoire d’une « humanité
plus haute » [3] et, de ce fait, consentait au sacrifice plus facilement. À Verdun par
exemple, un aumônier compara la montée à l’assaut des troupes à une « messe
qui commence ». La guerre de 1914-1918 était une guerre pour la civilisation aux
yeux de ses protagonistes. Enfin, le conflit fut perçu comme un châtiment divin en
raison des péchés commis par les nations. En ce sens, il revêtait l’allure d’une «
purification sanglante » selon le mot de l’abbé Lagardère.

N’est-il pas frappant de retrouver ces thèmes de la « purification sanglante », de la


lutte entre Bien et Mal, de la guerre pour une humanité meilleure dans les
totalitarismes et certains massacres de masse ? Le communisme offre l’exemple le
plus éloquent de l’extermination de groupes humains ciblés et de l’asservissement
à but humanitaire. Ainsi, Glaive rouge, le journal de la Tchéka — la Gestapo
bolchevique — de Kiev, publiait ces propos au début de 1919 :

« Notre moralité n’a pas de précédent, notre humanité est absolue, car elle repose
sur un nouvel idéal, détruire toute forme d’oppression et de violence. Pour nous,
tout est permis car nous sommes les premiers au monde à lever l’épée, non pas
pour opprimer et réduire en esclavage, mais pour libérer l’humanité de ses
chaînes. Du sang ! Que le sang coule à flot puisque seul le sang peut colorer à
tout jamais le drapeau noir de la bourgeoisie pirate en étendard rouge, drapeau de
la Révolution, puisque seule la mort finale du vieux monde peut libérer à tout
jamais du retour des chacals. » [4]
Au nom de la lutte des classes, du sens de l’Histoire et de la cité idéale sans
classes à venir, les crimes étaient légitimés. Au nom du Bien, le Mal pouvait
s’accomplir. Dans son Manuel du Goulag. Dictionnaire historique, Jacques Rossi
souligna également que le « goulag servait de laboratoire au régime soviétique,
dans le but de créer une société idéale : garde-à-vous et pensée unique ». Enfin,
le romancier russe Maksim Gorki, qui fit partie du régime bolchevique, écrivit : « La
haine de classe doit être cultivée par les répulsions organiques à l’égard de
l’ennemi, en tant qu’être inférieur, un dégénéré sur le plan physique, mais aussi
moral. » De fait, les communistes décidèrent dès 1916 d’exterminer « la
bourgeoisie en tant que classe ». Le nazisme aussi comporta une dimension
utopique qui justifia ses crimes contre l’humanité. Enfin, le massacre des Tutsi,
pour en revenir au Rwanda, constitua une sorte de libération pour les Hutu qui y
participèrent parce qu’ils crurent, réellement, sauver leur pays et éradiquer un
danger monstrueux en assassinant 10 000 personnes par jour, essentiellement
des femmes et des enfants.

Cette aspiration à détruire l’autre au lieu de le tolérer, cette conviction de détenir la


Vérité et de devoir l’apporter au monde entier, cette obsession de régenter tous les
aspects de la vie individuelle et sociale au nom d’un grand projet censé assurer le
bonheur de l’humanité sont encore omniprésents de nos jours. Ils firent un retour
fracassant et étendirent toute leur puissance de destruction en 1914-1918. Ouvrant
un siècle dont, en ce sens et uniquement en ce sens, nous ne sommes toujours
pas sortis.

[1] Cité par Audoin-Rouzeau, Stéphane et Becker, Annette, La Grande Guerre.


1914-1918, Paris, Gallimard, « Découvertes », 1998, p. 149.

[2] Thérèse Martin, dite Thérèse de l’Enfant Jésus (1873-1897) fut religieuse à
Lisieux et l’auteur d’une Histoire d’une âme en 1897. Elle contribua à faire de la
ville du Calvados un lieu de pèlerinage important et fut canonisée en 1925 avant
d’être promue docteur de l’Église en 1997.
[3] Audoin-Rouzeau, Stéphane et Becker Annette, Op. cit., p. 65.

[4] Cité par Nicolas Werth, dans L’Histoire, n° 324, octobre 2007, p. 46.

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