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Université de Bechar – Département de médecine 1ere année de médecine.

Notions d’électronique médicale

(Chaine de détection)

Dr. HIMEUR M A, Nov 2017

I- Introduction:

Les êtres vivants sont le siège de phénomènes biologiques intimement liés aux activités vitales dont ils sont un des aspects les plus évocateurs. Ces phénomènes biologiques s’accompagnent de grandeurs physiques électriques ou non électrique qui selon les cas sont stables, lentement

variables, transitoires ou plus ou moins régulièrement périodiques. Ainsi, le

métabolisme, c’est-à-dire l’activité chimique incessante qui caractérise

l’état vivant dans chaque cellule, dans chaque tissu engendre des forces électromotrices.

L’évolution de ces grandeurs physiques reflète l’activité d’une population de

cellules, dun organe. Ainsi, l’électrogénèse biologique peut être étudiée

grâce à la mesure des différences de potentiels générées. Lenregistrement de leur variation au cours du temps permet de localiser des foyers d’électrogénèse au niveau d’un organe et d’étudier leur organisation

topographique.

L’appareillage qui permet de telles études comporte trois parties schématisées:

Grandeur Φ biologiques physique
Grandeur
Φ biologiques
physique

Organisme émetteur

dinformation.

Transducteur

Capteur

A
A

Récepteur

d ’ information. Transducteur Capteur A Récepteur Appareil de mesure: • Galvanomètre • Enregistrement

Appareil de mesure:

Galvanomètre

Enregistrement magnétique

Oscilloscope cathodique

Affichage numérique

II- Transducteurs/Capteurs:

Les transducteurs sont des dispositifs sensibles de perception qui mettent

un appareil de mesure quelconque en liaison avec le sujet examiné. Il

sagit donc de véritables organes de « perception sensorielle » du corps humain dont ils augmentent le champ informationnel.

Tout transducteur est constitué dun détecteur sensible à la grandeur

physique que lon veut étudier. Il transforme le phénomène à analyser en

un signal électrique utilisable (tension ou courant) dont la variation reproduit le plus fidèlement possible celle de lamplitude de la grandeur physique étudiée.

Exemple:

une cellule photoélectrique est un transducteur puisquelle fournit sous leffet de radiations électromagnétiques des signaux électriques dont lamplitude est proportionnelle à l’intensité du rayonnement incident.

Lutilisation de semi-conducteurs, de transistors, de circuits imprimés, a permis lobtention de capteurs miniaturisés, très robustes et très fiables.

Ces microcapteurs peuvent être aisément introduits dans lorganisme fournissant des renseignements immédiats sur un état fonctionnel. Il

permettent ainsi le relevé de paramètres tels que: potentiel électrique, pH, pO2, pCO2, pression, température, impédance, concentration

d’éléments présents à l’état de trace dans le milieu examiné.

Ces transformateurs de signaux utilisent selon les cas le piezo-électricité, la magnéto-électricité, l’électrostriction, la magnétostriction ; les effets

électrothermiques, électrochimiques, la variation de résistance sous leffet

de la chaleur, de la pression……ils doivent être spécifiques, sensibles, capables de percevoir de façon équivalente toutes variations du phénomène étudié.

III- Captation des phénomènes biologiques a pression électrique directe:

Ces phénomènes sont la traduction de presque toute activité biologique. Ils constituent parfois la seule manifestation locale facile à déceler dune activité biologique.

Les phénomènes bioélectriques sont complexes. Ils résultent de la

sommation de phénomènes périodiques élémentaires chacun deux étant

caractérisé par une fréquence propre. Les capteurs utilisés dans ce cas sont des électrodes placées à la surface de lorganisme en regard de lorgane à examiner.

Les électrodes utilisées en électrophysiologie peuvent avoir des formes

très variées. Elles doivent être relativement inaltérables et impolarisable, cest-à-dire que la ddp de contact ne doit dépendre ni du temps de contact ni de l’intensité du courant ; cela est dautant plus nécessaire que les

signaux à analyser varient lentement. La méthode denregistrement la plus

courante des signaux électriques issus du corps fait appel à des électrodes avec la peau doit être très bon, afin de limiter la résistance (l’impédance) en ce point.

Pour limiter cette résistance un gel contenant un électrolyte fort est

utilisé. Une résistance de contact trop élevée est susceptible d’altérer

lamplitude du signal, voire même sa forme. Parmi les électrodes impolarisables déjà décrites, l’électrode dargent est la plus couramment

utilisée. La taille de l’électrode est très variable. Celles utilisées en électroencéphalographie et en électrocardiographie ont une dimension de

lordre du centimètre. Pour certaines applications (études in situ) leur

taille peut atteindre le micromètre (microélectrodes).

Un enregistrement suppose toujours deux électrodes entre lesquelles on mesure une dpp. Le plus souvent, lenregistrement est monopolaire: seule une électrode dite active est influencée par les variations de potentiel

étudiées, lautre de plus grande taille est située à distance et présente un

potentiel non influencé par le phénomène étudié (électrode de référence). Quand les électrodes sont actives on parle denregistrement bipolaire ; on mesure alors un gradient de potentiel.

IV- Amplification du signal:

Un amplificateur est un système capable daugmenter lamplitude dune grandeur physique variable dans le temps sans créer de distorsion notable de ses autres caractéristiques. De par le principe de la conservation de l’énergie cette amplification ne peut se faire quau

dépend dune autre source d’énergie.

Le signal électrique de tension (Ve(t)) et d’intensité (Ie(t)) issu du transducteur, en raison de sa faible amplitude, ne peut actionner directement le système transcripteur utilisé dans la chaine de mesure.

Recevant ce signal (signal d’entrée), lamplificateur délivre un signal de sortie de tension (Vs(t)) et d’intensité (Is(t)) tel que:

Vs(t) = G Ve (t)

(G>1)

G défini comme le rapport de la tension de sortie à la tension d’entrée mesure la fonction amplificatrice du système (gain), laquelle peut varier avec la fréquence du signal d’entrée.

Ainsi au cours de lamplification, la forme du signal est conservée aux distorsions linéaires près.

Afin de réaliser cette amplification on utilise soit des tubes électroniques soit et surtout des transistors.

Les semi-conducteurs et leurs associations:

Les semi-conducteurs doivent leur nom au fait quils ont une conductivité

intermédiaire entre celle des isolants et celle des conducteurs. Il en est ainsi du Germanium (Ge) et du Silicium (Si) qui possèdent sur la couche électronique externe 4 électrons.

Ces corps ont à la température ambiante et aux énergies légèrement

inférieures à la valeur de leur niveau de Fermi, une bande de valence incomplètement occupée. De même aux énergies légèrement supérieures à Ef la probabilité de présence d’électrons dans la bande de conduction nest pas nulle. Ils portent le nom de semi-conducteurs intrinsèques.

Contrairement à lisolant l’écart énergétique voisin de l’électron-volt qui sépare la bande de valence de la bande de conduction permet à certains

électrons sous leffet de la température de passer de la bande de valence à

la bande de conduction.

Tout départ d’électron de la bande de valence Silicium ou du Germanium fait apparaitre à son niveau un manque, un trou « positif », lequel peut

être comblé par un électron de valence issu dun niveau énergétique sous-

jascent apparait alors le trou positif. Ainsi, dans un semi-conducteur intrinsèque les concentrations en électrons libres (N) et en trous positifs (P) sont égales.

Sous leffet dun champ électrique on assiste au niveau de la bande de conduction à un déplacement d’électrons dans la direction opposée à celle du champ et au niveau de la bande de valence à un déplacement de trous « posotifs » dans la direction du champ.

Les semi-conducteurs extrinsèques:

Par diffusion au sein du cristal on peut remplacer sans changer la structure

de ce dernier, un atome de Si ou de Ge par un autre atome de dimension

voisine mais possédant 3 ou 5 électrons sur sa couche externe.

Impuretés pentavalentes (phosphate, arsenic):

Quatre des cinq électrons périphériques participent aux liaisons de covalence.

Le 5eme électron est excédentaire au sein de la structure cristalline et peut ainsi se déplacer librement dans le cristal sans laisser derrière lui un trou

positif. En effet, contrairement au semi-conducteur intrinsèque, lion positif qui résulte du déplacement de l’électron excédentaire est stable. Ces semi-

conducteurs sont dits de type N car le passage du courant est au

déplacement préférentiel des électrons.

Impuretés trivalentes (bore, indium):

Latome introduit à l’état de trace dans le cristal nayant que 3 électrons de valence, la stabilité de l’édifice nécessite lapport dun 4eme électron. Cet électron supplémentaire provient dun atome voisin de Ge ou de Si et laisse

derrière lui un manque, un trou « positif ». Ces semi-conducteurs sont dits de

type P.

La jonction P-N:

Mettons en contact un semi-conducteur de type P et de type N. Les

différences de concentrations en trous « positifs » et en électrons que lon

observe de part et dautre de la jonction sont responsables dun flux de charges de chaque signe vers la région où leur concentration est plus faible:

les électrons libres vont de N vers P et les trous de P vers N. Il apparait au

niveau de la jonction un champ électrique Ei capable de sopposer à la poursuite des transferts. Au voisinage immédiat de la jonction nous ne trouvons plus ni trou, ni électron libre. Cette zone qui s’étend sur environ un micromètre est appelée

zone de déplétion.

Polarisation extérieure: la diode.

En appliquant aux extrémités de la jonction une différence de potentiel cest-à-dire un champ électrique E dans la zone de déplétion il est possible daugmenter ou de diminuer Ei.

Si E et Ei sont dirigés dans le même sens (polarisation inverse) les trous

positifs et les électrons libres s’écartent davantage de la jonction ce qui ne

fait quaccentuer la zone de déplétion. Dans ces conditions, aucun courant ne peut passer.

V- Les récepteurs:

Lanalyse des diverses caractéristiques (durée, forme, rythme) du

phénomène biologique étudié requiert une instrumentation adéquate adaptée à chaque échelle de temps et capable de respecter les

amplitudes, ainsi que l’éventail des fréquences qui sortent de

lamplificateur.

Les caractéristiques qui président au choix du « récepteur » sont les suivants:

- L’impédance d’entrée du « récepteur » comparée à l’impédance de sortie

de lamplificateur,

- Linertie du « récepteur » comparée à la fréquence du phénomène étudié,

- Lamplitude du signal,

- Le rapport signal/bruit,

V- Les récepteurs:

Lanalyse des diverses caractéristiques (durée, forme, rythme) du

phénomène biologique étudié requiert une instrumentation adéquate adaptée à chaque échelle de temps et capable de respecter les

amplitudes, ainsi que l’éventail des fréquences qui sortent de

lamplificateur.

Les caractéristiques qui président au choix du « récepteur » sont les suivants:

- L’impédance d’entrée du « récepteur » comparée à l’impédance de sortie

de lamplificateur,

- Linertie du « récepteur » comparée à la fréquence du phénomène étudié,

- Lamplitude du signal,

- Le rapport signal/bruit,

Etude des phénomènes de fréquence élevée/ Oscilloscope cathodique:

Loscilloscope cathodique représente le « récepteur » le plus utilisé pour visualiser la grandeur physique étudiée en raison de son absence dinertie. Il se compose:

- dun tube cathodique,

- Dune base de temps,

Le tube cathodique se compose dun canon à électrons, cest-à-dire dune cathode chauffée par l’intermédiaire dun filament et émettrice

d’électrons (effet thermoélectronique) et de plusieurs électrodes d’accélération portées à des potentiels positifs croissants.

Les électrons issus de la cathode sont ainsi projetés à grande vitesse vers lavant du tube. Le faisceau électronique ainsi créé est focalisé par des

électrodes cylindriques portées à un potentiel négatif ou par effet dun

champ magnétique créé par une bobine enroulée autour du col du tube. Par effet de répulsion, le trajet des électrons suit laxe du tube. L’intensité du faisceau est réglée grâce à une grille (Wehnelt) située immédiatement après la cathode émettrice et portée à un potentiel négatif.

Continuant leurs parcours dans le vide du tube, les électrons passent entre

les armatures de deux condensateurs disposés à 90° lun de lautre. Les

tensions appliquées à leur niveau créent deux champs électriques lun à composante horizontale, lautre à composante verticale. Ces champs exercent sur les électrons des forces qui vont infléchir leur trajectoire, donc déterminer le point dimpact du faisceau électronique sur la face avant du tube au niveau de laquelle se trouve une couche de substance

fluorescente qui devient lumineuse à lendroit elle est frappée par les

électrons.

Les caractéristiques du point brillant (spot) qui objective le point dimpact des

électrons sont:

- Sa luminance: qui dépend de l’énergie cinétique des électrons incidents donc de la tension accélératrice , ainsi que du nombre d’électrons incidents donc de l’intensité du faisceau.

- Sa couleur: qui est fonction de la nature de la substance fluorescente qui

recouvre la face interne de l’écran.

- Sa rémanence: elle représente le temps pendant lequel persiste limage du spot lumineux sur l’écran. La persistance de limage du spot doit être dautant plus importante que la fréquence du signal étudié est faible.

En faisant varier la tension de déflexion horizontalement linéairement en fonction du temps et en branchant le signal électrique étudié sur les plaques

de déflexion verticale, on voit apparaitre sur l’écran un tracé qui représente très fidèlement la variation de la tension appliquée, donc de la grandeur

physique étudiée en fonction du temps.