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NYS Tr Ad sur les transports, nee CLG 03525INF octobre 2009 Fondations au rocher Reconnaissance des massifs rocheux, conception et dimensionnement des fondations Ce document a éé rédigé par + * V. Darras (Sétra) * [-L. Durvlle (Lore puis Cer de Lyon) +B. Gaudin (Egis) *.G. Haiun (Séra) * JoB Jezequel (Lure Se Brieue) */D. Lefauchear (Sétra) + C., Maurel (Sétca puis Laer) + M, Rat (Lore puis Caro) Renault (Sétra puis Lacs) + J. Restituito (Lec Clerment-Ferrand) +L, Rochet (Lave de Lyon puis R&R Consultant) + D. Virely (Lac Toulouse) Fontes 2 reir Sommaire Avant-propos Chapitre 1 - Objet du document - Domaine d’application Chapitre 2 - Spécificités du milieu rocheux 2.4- Mécanique des roches - Mécanique des sols 2.2-Les « défauts » du massif rocheux 2: Effet d’échelle ~ Effet sur la dispersion Effet sur la valeur moyenne 2.3. 24 Modlisation Chapitre 3 - La reconnaissance des massifs rocheux ‘31- Organisation 3.1.1- Objectif 3.1.2- Incervenants 3.1.3 - Coordination enue la reconnaissance et les études de Pouvrage 3.1.4 - Principaux éléments & fournir au chargé d' tudes pour la reconnaissance 3.2 La reconnaissance générale 3.2.1 - Phase pedliminaize 3.2.2 - La reconnaissance générale proprement dite 3.3- La reconnaissance détaillée 3.3.1 ~ Les méthodes de reconnaissance 3.3.2--Le rapport final Chapitre 4 - Principes de conception 441. Primsiges généraux 4.2 Prinipaux cas de fondations au rocher 4acdsl - Ouvrages de grande portée sur massif rochesx affleurant ou sub-atileurant, avec proximité d’un versant 4.2.2 - Fondation sur un niveau rocheux situé sous une zone superficielle instable 4.2.3 - Fondation en site aquatique et sur massif rocheux affleurant, ou fondation sur massif rocheux situé sous une couche de sols de faibles caractéristiques 4.3 -Problemes de réalisation 4.3.1 - Pistes, plates-formes 4.3.2 - Enuplt des explosifs 10 10 un 12 4 4 4 14 15 6 16 7 ay 7 29 33 34 35 36 37, 4.4 - Typologie des fondations au rocher 44.1. Fondation superficiele Fondations massives (ou seri-profondes) sur puits unique Fondatioas sur pieux ou puits multiples de gros diamétre Fondations (superficelles) eposant sur un massif rocheux renforcé par anceages passifs, micropicux, etc. 4.45 - Usilsation des ancrages précontraints 44.6 - Quelques principes généraux de conception 45- Cas particulier des fondations sur site rocheux avec présence de cavités naturelies (karsts, dissolutions) ‘ou anthropiques (carriéres) 4.5.1 - Problématique des reconnaissances et évaluation du risque Chapitre 5 - Dimensionnement ‘5.1 Paramétres influant sur la comptexité du dimensionnement 5.2 - Différents mécanismes de rupture Les mécanismes oft le massif peut étre homogénisé Les mécanismes discontinus simples Les mécanismes discontinus complexes 5.3 - Choix des caractéristiques mécaniques de calcul 5.3.1 - Méthodes d/homogénéisation 5.3.2 - Représeacation du massif par un milieu discontinu & blocs 5.4-- Etude d'une fondation dans les cas homogénéisés 5.4.1 - Généralités 5.4.2 - Fondation superficielle 5.4.3 - Fondation semi-profonde 5.4.4 - Fondation profonde 5.5 Etude d'une fondation dans les cas discontinus simples 1 ~ Généralités = Terrain 4 stratification horizontale e de glissement plan ; 1 & deux bloes (2D) 5 ~ Mécanisme de glissement de digdre 5.6 - Etude d'une fondation dans les cas discontinas complexes = Générales 5.6.2.- Méthodes de caleul 5.6.3 - Exemples Chapitre 6 - Suivi géologique et instrumentation 6.1 Suvi des terrassements par uz géologue 6.1.1 -Principes 1s superficielles 6.1.3 ~ Cas des fondations profondes insirumental de l'ouvrage pendant les travaux et en service — Exemples. = Cas du pont sur IBlorn 6.2.2 - Cas du viadue de Millau 38 35. 40 4a rey 44 nexes ot) 1- Listes des normes et procédures d'essais existantes pour les roches 96 2 Quelques spécifications particuliéres pour les sondages carottés dans le rocher 38 1 - Exécution des sondages carottés 98 2.- Exploitation des sondages carottés 98 ‘3- Représentation en diagrammes stéréographiques : principe, exemple 100 4- Spécifications pour utilisation ¢’explosifs pour les travaux de terrassement de fouilles de fondations d'ouvrages: in art §- Classification Ra des massifs rocheux de ZT. Bieniawski m2 6 - Critere de Hoek et Brown et linéarisation 104 Références bibliographiques 107 Avant-propos Nota (Ce guide rechnique précente un earactire prosuase reflant lat actuel det connasiances et le degre encore pew avancé de leur formalistion. Le Séxra sera heureux de recevoir toute remarque permettane de compléter et d’améliorer la rédaction. Les méthodes spécifiques de reconnaissance et d'études des sites rocheux sont en régle générale méconnues des Maitres d'ccuvre ot des chefs de projets qui souvent ne prévoient pas suffisamment rot dans le phasage des études lincervention de géologues spécialistes et de _mécaniciens des roches. Unc telle situation nest pas rare dans la mesure oi le terme rocher est souvent top rapidement associé & bonne résistance du terrain, de Fondation ; elle peut conduire toutefois & la mise cen cause sérieuse du parti adopté pour les fondations cex/ou de implantation des appuis de Pouvrage, avec des conséquences en termes de cots, 3 un stade 46a crop avancé du projet, si ce nest & la mise en ‘cause de la conception méme de Pouvrage ou de son implantation, Pac ailleurs, i n'existe pas en France & Pheure actuelle de texte réglementaire ou normatif, voire de guide, traitant de la conception et du calcul des fondations 23, Got = Roar’, - 5. On peut également déterminer le Gst & partir de Wa description gtolopique du mast (tableau en Saractérstiques de rupture De manitre générale dans ce chapitre, on distinguera les notations des caractéristiques mécaniques du massif rocheutx (sans indice) de celles de la matrice rocheuse (affectées d'un indice i. Ces caractéristiques doivent étre déterminées pour chaque zone homogene du massif¢'appui, notamment pour chaque formation géologique et géotechnique 50) Estima du module du massif E daprés les Le module de Young E, et le coefficient de Poisson de 1a mattice peuvent écre déterminés sur échantillons de laboratoire (norme NF P 94-425). Dans un massif hétérogene, par exemple formé d'une alternance de bancs calcares et de bancs plus marneux, on prendra une valeur moyenne pondérée des modules des différents facits. Pour certaines roches sujertes au fluage (craie par exemple), le module & long terme E, est sensiblement plus faible que le module mesuré dans essai normalisé (ypiquement, la moitié pour la craic). Les valeurs de modules ainsi obsenues sont toujours plus élevées que les valeurs réellement applicables 2 [échelle de Pouvrage, dans un rapport qui peut atteindse 10 (effet échelle). Le rapport entre le module du massif E et celui de la matrice rocheuse mesuré en laboratoire E, peut étre relié de maniére grossiére aux paramétecs caractéristiques de la fracturation : RQD, RMR (voir figure 5.16). La corrélation suivante a été proposée par Deere en 1969 ; B 7 [eezsinan — 132] (applicable pour RQD > 60) ‘On peut également estimer le module du massif rocheux par cortélation avec la sistance en compression et le RMR, Dans tous les cas, usage de telles corrélations doit ‘tre fait avec prudence. Exemple de la costélation due & Hock (1996 ) fe 025 (en GPa), < 100 MPa Evaluation in etu du module du massif E Les essais de déformabilicé in ste (essai au dilatomeéere, essai 4 la plaque) permettent de dépasser I'échelle de l'éprouverte de laboratoire, mais ils n’auscultent cependant qu'un volume de Pordre du metre cube, faible devant le volume concerné par une fondation, etleurs résultats ne sont en général utilisables qu’aprés ‘correction de leffet d'échelle. Les essais de géophysique entre forages de type ‘cross-hole peuvent également fournic une évaluation du module du massif sur une échelle un peu plus représentative (distance entre forages jusqu't 8 m) ; le’ principe de cette mesure est présenté sur la figure 5.17 ; la mesure des vitesses de propagation ondes sismiques de compression V, et de cisaillement YV, peut permettre de calculer les modules dynamiques E'et G (correspondant a de faibles déformations, environ 10%), sil'on dispose de la masse volumique da rocher (entre 2 000 et 3 000 ke/m? suivant la nacure de roche) ; il faut noter cependant que la mesure de V, est délicate, Rappelons les formules de I'l Le type de sollicitation et le domaine de déformation sont trés différents de ceux du chargement statique onsdéeé pour a sabilc del fondatin. Les valeas lu module dynamique sont supéricures aux valeurs tous charge statigue dans un rappor pouvaneaindse de 22 plus de 10 en fonction de l'état du massif. 100 | =FIE, 0m) 2 ©4068 «100, Raw % Figure 5.16; eleion entre le rapport des modes EE a valeur (be RD ~ Sa Sao Pac eso pra pa ela 5 1310 de ai» ing BQD meta he dain moda of ck n+ anon Zhan 1 Bes nari Mee Mn See 4,2 ray 2004. en 37-41) Figure 5.17 : essai Cros-hoe principe Sous, Sine ‘Le mode opératoire consiste & exécuter des mesures de vitesses entre deux ou plusieurs forages, On émer un signal (@branlement sismique) & un niveau déerminé dans un forage ec on eéceptionne ce plusieurs forages voisins. Les signaux 3 mission ec Aa rept al au méme niveau dans un ot sont enregitrds simultanémoent. La détermination des temps de propagation des ondes P et S entre lémission et [a ou les réceptions permet de calcul les vitesses des ondes P et S, connaissane les distances séparant les points € mission ct de eéception. Caracteristiques de rupture des discontinutés Le développement des mécanismes de rupture ddépend des sollicications appliquées au massif par 2 fondation et des caractéristiques de rupture des plans de discontinuité mobilisés On considérera généralement, dans le sens de la sécurité, les hypothéses suivantes « absence de résistance’ la traction des discontinuités sollicitées en extension ; - caractéristiques de rupture des discontinuités sollicicées en cisillement; définies par un critére de Mohr Coulomb (c, °) = ¢=0 (absence de cahésion shypothése conservatrice conseillée, saufsi la persistance est manifestement faible c'est 2 dite si les ponts rocheux sont nombrenx) = = 9,=9, +1 (comportement dilatant) ‘9, :angle de frovtement apparent pour Je domaine de déplacement considéré 9, rangle de frorcement résiduel ; angle . esc voisin de langle de frottement entre deux surfaces planes et réguliézes (bonne surface sciée, par exemple) de la roche considérée ; il se situe le plus souvent entre 25° er 8 Nona le prance de romplnege aygrln pus afer Uangle de fatement, qu peat alors se limier 8 10-15" ts angle de dilatance mobilisable = ii est en général compris entre @ et 10°. La détermination de langle de dilatance mobilisable ‘est délicace. Elle doit enir compre + de la nature, de la rugosité, de limbrication, de altération des épontes et de la présence ou non d'un matériau de remplissage + du niveau de contrainte normale (1 décrott lorsque 6 croit) et du domaine de déplacement consideré (le maximum de la dilatance nintervient quaprés un déplacement tangentiel qui peut étre jugé excessif vis-a-vis de ouvrage) ; + de échelle géométrique (en général, 1 décroit lorsque L croit) ct de l'extension des discontinuités mobilisées par le mécanisme de rupture, notamment existence fréquente de relais de fractures associant plusieurs plans de discontinuiré homologues. Les caractéristiques dites« locales » sont déterminées par des essais sur échantillons (voir la norine P 94-424 cla figure 3.14) ou évaluées par comparaison avec des éhamtillons analogues. Pour passer de cette dimension décimérrique 4 celle de Fouvrage, il faut tenir compre de effer d'Schelle (of figure 5.20). Sur un échantillon de laboratoire, de longueur |, la dilarance que l'on 64 Fanatne ureter observe est lige aux aspérités de petite longueur donde ; au contraire sur une longueur [4 échelle de la partic du massif sollicitée par la fondation apparait une dilacance lige 2 des ondulations de plus grande longueur, et d'une maniére plus générale lige & la géométrie des surfaces Ie long desquelles se développe I rupture. Dans le cas les disconrinnirés arce remplissage daltération, les caractéristiques peuvent cendre vers celles du matésiau de remplissage correspondant si Pépaisseur du joine est importance. Insistons en conclusion sur le fait que le choix de rangle de dilatance & prendre en compre ne peut se fire qu’aprés observation détillée d: la mozphologie des épontes. A défaut d'un choix micux justifié, ‘on peut proposer l'estimation suivante, pour des ‘eontraintes normales faibles : 1-086, 018, est Pangle correspondant& la pente maximmale des aspérités ou ondulations de dimension pertinente (longueur d’onde représentant 58 10% de la longueur de rupture considérée). Sous de fortes contraintes (en gros, 6, > 0,5 6.) la dilatance diminue notablement. Dans Ia pratique, on nemploiera pas de valeurs de 1 supérieures 2 10° Cescaractéristiques de ruprure doiven: étre décerminées pour chaque systéme ou plan de discontinuité impliqué ‘dans un mécanisme de rupture, APéchelle géomécrique et au niveau de contrainte correspondants. Caractéristiques matricelles Dans la mesure oii les discontinuités sont des zones de faiblesse marquée du massif, la prise en compte explicite de caractéristiques matricielles dans la ‘modélisation en milieu discontinu blocs est peu fréquente et correspond 3 des cas particuliers, + fondation sur un massif de rockes de résistance faible et structure tts marquee susceptible d'induire concurremment des mécanismes de rupture matricelle de type milieu continu et des mécanismes de rupture par blocs suivant des plans de discontinuité du massif + fondation fortement sollicitée mobilisanclocalement igure 5.20: efi dtcelle rr a dlasance ue Sire de maniéte significative au niveau de certains blocs les caractézistiques matricielles de résistance et de déformabilicé de la roche & Péchelle dela fondation. Les caractéristiques matricielles doivent érre décerminées en tenant compte de l'échelle & laquelle clles sont sollicitées par les mécanismes de rupture 5.4 - Etude d’une fondation dans les cas homogénéisés 5.4.1 - Généralités Méthode de référence ‘Comme on Ie vu précéclemment, les cas les plus simples sont ceux pour lesquels ie mécanisme de rupture et les catactéristiques du massif rocheux permetrent de sen tenira des méthodes de justification ne nécessitant pas une spécialisation poussée en mécanique des roches. En particulier, lorsque le massif peut étre homogénéisé, on applique. généralement, ‘mutatis mutandis, les méthodes classiques employées en mécanique des sols. Le recours au mécanicien des roches s'imposera toutefois pour valider 'approche homogénéisée et les cetimatons des caracéistiques 4 prene en compte Pour les ouvrages importants avec forte descente de chargeil y aura lieu d écudier ex d’apprécier différentes approches de calcul, avec l'aide du mécanicien des roches. De plus. pour ce type d’ouvrage, le recours & tun suivi des terrassements et des constatations par un géologue / mécanicien des roches lors des travaux est indispensable pour confronter la modélisation retenue sour le calcul, & la structure géologique observée sur le terrain (voir chapitre 6). Lesdispositions du fascicule 62 titre V du Cvs ( rbgles techniques de conception et de calcul des fondations des ouvrages de génie civil ») sont globalement en accord avec celles de !Eurocode 7 partie 1 relatif au calcul géotechnique - régles générales (norme P-94-251-1) et 4 son annexe nationale (norme P 94-251-1/NA) qui a retenu l'approche 2 pour la justification des fondations. Dans Pactente de la parution des normes nationales complémentaires relatives au calcul des fondations (en cours elaboration) on se référera donc ci-aprés au fascicule 62 titre V du Ccrc. Dune maniére générale, les régles de justification des fondations des ouvrages de genie civil qui sont définies dans ce fascicule du Cexe concernent les sols meubles ¢t ne sont pas dirccrement applicables fans discernement aux fondations dies «a tochet» Cela est d'aillears assez clairement exprimé dans le commencaire de Varticle A.2.2 de ce fascicule du Core. ‘Toutefois il est couramment admis en pratique, dés lors que 'on est dans le cadre d’application d'un modale homogénsisé pour un massif rocheun, de se référer aux modéles de calcul et aux méthodes de Justification applicables aux sols er définies dans ce fascicule du Cora, en retenant done également, en rigle générale, les valeurs des coefficients de sécurité qui y sont définies pour les sols meubles . ‘On ne reprendca done pas dans le présent document Pensemble des ragles concernant [a definition des actions, leurs combinaisons et les valeurs des coefficients de pondiration et de séeurieé particls & appliquer ; on se limitera 4 préciser les éventuelles différences & prendre en compte dans le cas des massifs rocheux. Tl faut également signaler que les régles définies ici couvrent le méme domaine d’application que le fascicule 62 titre V du Core, & savoir les fondations douvrages d'art et, comme ce derniet, ne s'appliquent pas aux ouvrages de souténement. Actions Les justifications des fondations sont faite selon les principes de calculs aux écats-limives (de service Eis et ultimes Ei), avec pondérations des charges et coefficients de sécurité particls sur les résistances, Les actions sont prises en compte dans les mémes conditions que dans le fascicule 62 titre V du Cerc uant les actions provenant de la structure généralement fournies par le chef de projet et celles Tiées au massif. Dans le cas des fondations rocheuses, les actions de poussée ou les actions dues 2 un déplacement ensemble du sol concernent essentiellement, sil ya licu, les formations de surface recouvrane le subseraturn rocheux, Néanmoins dans certains eas, en fonction des données géologiques et seructurales, de la topographie et de le géométrie des appuis, il pourra etre nécessaire de considérer des actions analogues au sein du massif rocheux, notamment dans le cas des fondations sur versant. Tl est & noter également que la détermination des valeurs représentatives liges aux pressions hydrauliques internes est généralement délicate en raison de Vincertitude sur les conditions hydrogéologiques et hydrauliques susceptibles de se développer dans un mati rochews atu, en particulier dans es zones Evaluation de la sécurité En ce qui concerne le massif rocheux, la méthode Fhomogénéisation basée sur l'utilisation de I'indice Rate et du critére de Hoek & Brown permet de détermincr des valeurs de réference des caractétistiques de ruprure du massif, Cotte décermination est extachée d'incertitude en raison de Phécérogénéicé des caractéristiques du massif, des hypothéses nécessairement réducttices du modile, de son incertivude proprellige & son ajustement empirique, et de Vincertitude sur le choix de certains paramétres (notamment le choix du paramétre m, associé Ala nacure pétrographique des roches, ainsi que Pappréciation de Pétat d’endommagement du massif induit pat les terrassements). Une analyse critique par le spécialiste en mécanique des roches des valeurs de référence ainsi déterminées cst nécessaire pour définir des valeurs caractéristiques au sens de la théorie des éras limites. Cette analyse pourra Sappuyer sur une érude de sensibilité aux incertitudes sur les paramétres de détermination, ainsi que sur une vérifcation de la compatibilité des valeurs obtenucs avec les conditions d équilibre naturel éventuellement observables sur le site. Nota Dans Usttonte de la parution det normes complémentatrer 8 Brocade 7 relssves nc fndasions ede leur adaptation évensulie ‘cc massif rechews, om rcommande de retenss comme valeur de tocficienss de séeurit celes definuspowr les sls meubles dans le foseseule 62 tre V du Cor as d'une fondation sur versant: Stabilité d’ensemble Si a fondation est implantée sur un versant, il faut procéder 8 une vérification de la stabilité ’ensemble de la fondation, cest-A-dire dele stabilité du volume de terrain sollicité par la fondation"”. Si le massif considéré peut fre assimilé & un milieu contima homogénc isotrope ct qu'il nexiste pas de plan privilégié de rupture, cette verification pourra ére faite avec les méthodes de la mécanique des sols & pattir des caractéristiques homogénéisées ¢ et @. Mais, selon la position, la nature ct les caractéristiques des discontinuités, il pourra étre nécessaire, y compris dans le cas d'un massif homogénéisé, de procéder & DA iirc de lab bare ut cel de esebe denen 66 Fonasons soca, cette verification de stabilité densemble selon les méthodes développées au paragraphe correspondant des cas discontinus simples (cf. § 5.5.3), pour lesquels les surfaces de glissement sont identifiées et correspondent & des plans de discontinuités (coin ou ditdre). 5.4.2 - Fondation superficielle Dans Pattente de nouveaux documents de référence, comme on fa vu cl-dessus (of § 5.4.1, « Méthode de référence»), la justification @une fondation superficielle dans un cas homogénéisé est faite en se référant aux dispositions du fascicule 62 ritre V du Cere, en les adaptant si nécessaire lorsque des paramacres de résistance etfou de déformation différents sont utilisés. En particulier fa justification vis-i-vis des états limites de mobilisation du sol est menée avec les coefficients de sécurité Y, = 3 aux Bis et 2 aux Eww (of article B.3.1 du fascicule'62 titre V du Core) et les adaptations proposées ci-aprés pour les autres paramétres du calcul : contrainte de rupture, prise en compte de Fexcentrement, de l'inclinaison et de la proximité dun als. La justification vis 8 vis de l'état limite ultime de glissement est menée avec les coefficients de sécurité Yy = Led et = 1.5 aux Evy. Dans certains cas, sila fondation est coulée 4 pleine fouille, il est possible de prendre en compte une burée (estimée avec prudence) Contrainte de rupture sous charge verticale centrée Pour des roches tendres, si des essais pressiomécriques (oire pénécométriques) ont été réalists, les méthodes de calcul de la contrainte de rupture basées sur Vinterprétation des résultats de ces essais,telles que décrites aux annexes BI et B2 du fascicule 62 titre V du Cere, pourront étze utilisées. Mais le plus souvent, pour les massifs rocheux « homogénéisés », ces essais ne sont pas adapeés et Ton est done conduit 2 utiliser d'autres méthodes evaluation de a contraintede rupture q,- notamment celle issue du critére empirique de Hock & Brown (f § 5.3.1, « Caractéristiques de rupture »). Ainsi, dans le cas d'une sollicitation verticale exercée a ., Rectangulare — Rectangulaire Eases errata) | 1 | 10s Rectangulaire Gupe2) | rslsre Cate m2 | 12 1,25 ‘able 5.1: valeur dn facteur de forme Cyen fonction ae la forme de la fondation. Foundations on Rock (D.C. Wile) par une fondation superfcielle, on peutadmettze que la contrainte de rupture q, est celle obtenue & partir um essai triaxial dans lequel la contrainte latérale 6, est égale & la résistance en compression uniaxiale dit massif (igure 5.21), soit 04.5 avec le criere de Hock & Brown, ce qui donne: =Cy, [m $= Co) Eo) ‘ob C,est an facteur de forme associé & cette méthode (ableau 5.1). Exemples : Pourm=10ers=0,1 4,-2,1C.0, Pourm = 2ets=0,001 4, 0,29C,,, Qepia {93 1B 1A o,f 935 mug I B 663p = surcharge d'encastrement sur le dessin = 0 64 = surcharge lige & la fondation Q On2634 = 915, Figure 5.21: principe de Vximasion de la eapacté portent d'une Pondavionraperfiille Soe Ste Diino Une autre approche qui n’est pas comparable, notamment en raison des critéres de résistance et du ou des modes de rupture considérés, consiste utiliser tune méthode analycique basée sui les parainétres de cisaillement c et @ tels qu'ls peuvent étre déterminés A partir de la méthode de Hoek & Brown par exemple (of § 5.3.1, « Caractéristiques de rupcure »), mais il conviendra d’étre trés prudent dans ce type d'approche utilisant des cortélations en chaine. Cotte approche analytique qui n'est pas présentée dans le fascicule 62 titre V est évoquée et développée dans annexe informative D de PEurocode 7 partic 1. Dans le cas d'une charge verticale sur une semelle horizomtale dans des conditions drainées, la contrainte de rupture s écrit sous la forme suivante : R 4 =e'N.s,4g'N,s, +057'B'N,3, A’ = BIL valeur de calcul de la surface effective de la Fondation (cf $54.2, Chargesinclinées ou excentrées » pres pour la definition de BY er E}), N, (cerine de surface), N, (cerme de cohésion) et N, {terme de profondeur) sont des facteurs de porcance ct leurs valeurs dépendent direcrement de langle de frottement interne 9 du milieu, sa 8, £t 8, sont les facteurs de forme de la fondation, est la contrainte verticale effective due au poids des terres au niveau de la base de la fondation. Les formules permettant le calcul de ces différents termes sont données dans ‘annexe D de I'Eurocode 7. Remarques Pour les petits ouvrages conrants, on pourra utiliser des méthodes plus simples telles que : + !Eurocode 7 (abaques de l'annexe informative G, figures 5.22 a eb) qui fournissent pour des fondations isolées de forme carrée des estimations de la pression de contact présumée (= contrainte de service pour limiter les tassements 4 0,5 % de la largeur de Ia fondation). Les valeurs sont données forfaitairement pour différents types de roches en fonction de leur résiscance en compression et de Pespacement des discontinuités 5 “la formule du manuel Canadien'” qui permet évaluer directement Ia contrainte dite admissible (ous sollicitations de service) : Yat = Kee oir K,, est un coefficient réducteur fonction de S/B et e/S, toujours inférieura 0,5 (B= largeur dela fondation, S et e = respectivemenc espacement et ouverture des discontinuités) : “les estimations de Ia capacité porrante admissible données dans le tableau 5.2 (@’aprés la norme britannique BS 8004:1986") Lemploi de tele estimations forfaitaires dela capacité portante est réservée aux Eudes préliminaires elle peut avoir un intérét pour comparaison avec les résultats fournis par Papplication de différentes méthodes. Taree in| Rocher Rocher sain g Roches éru w | 4-6 sgncisiques | Caleaires en gros banc, = ggg gts durs Schistes et ardoises 3 im Schistes argileux durs, 2 ares tendres a eel Schistes eis aggileux 04-07 Craie dare | 96 03-04 Tableen 5.2 + eximaton de la capacité porante on fonsion de la natured rocerrenconeé 68 Faces sure ¢ § g R © 600 mm 200m nm eS sat 0) roottan = » | reas yes qd | Roche modérément dure e Roche dure : rea reese b pases Figures 5.22 a ot bs exemple d'un abague de Vannece G de TEuracode 7, abague donut pour la cesgorie de ol 3: ealeare ts marneus, grit fsblemens ciments,ardote e histes (eioage et {foiasion inclinds) Sea: CAroe- NEN 19971 2005 onlin i den eg ft - pos pro wu erm ore) Charges inclinges ov excentrées Comme pout les fondations en terrains meubles, la prise en compte de F'incidence de l'inclinaison de la charge appliquée & la fondation se fait généralement en appliquant un coefficient minorateur i, dans expression générale de la contrainte de rupcure calculée sous charge vervicale centsée. Lorsque la contrainte de rupture est décerminge & partir d’essas au pressiomécre (ou éventuellement au pénétrométre), voire par application du critére de Hock et Brown (of. § 5.4.2, « Contrainte de rapture sous charge verticale centrée »), le coefficient minorateur i, pour une charge centrée inclinée pourra étre caleulé comme cela est indiqué pour les terrains meubles au paragraphe 2 de 'annexe Fl du fascicule 62 titre V du Core, Lorsque la contrainte de rupture est caleulée par la méthode analytique, il y a lieu @appliquer eeue méthode dans sa globalité c'est--dire notamment appliquer les régles préconisées dans ECT (Annexe D), qui different assez peu de celles couramment employées en France dans ce cas (ef wavaux de Obin, Giroud et Tran-Vb-Nhiém*), Sous charge excentrée, il est faic référence en régle générale aux dispositions préconisées dans le fascicule 62 titre V du Core, et plus particuligrement au calcul dune contrainte de référence par l'application du modéle de Meyerhof qui consiste & admectre que les contraintes normales sont uniformes sur un rectangle de surface réduite (A =B'L avec: B= B- Rect E =L- 2’) Par ailleurs, les dispositions prévues vis-a-vis de la décompression du sol sous la fondation sont également applicables pour les fondations au rocher : + surface comprimée minimale de 10 9 de la surface dela semelie aux Euu (of article B.3.2 du fascicule 62 titre V du Cera), + aucune décompression sous sollicitation de service sous combinaison fréquente, + surface comprimée minimale de 75 % de la surface de la semelle aux ELs rares (of article B.3.3). Fondation a proximite dup talus Comme pour les fondations en terrains meubles, Ia prise en compte de incidence de la un talus se fait généralement en appl coefficient minorateur i, dans expression générale de Ja contrainte de rupture sur « terrain horizontal ». + Lorsque la contrainte de rupture est déterminge & partir d'essais au pressiométre (ou éventuellement aut pénétrométte), voire par application du critére de Hoek et Brown (of § 5.4.2, + Contrainte de rupture sous charge verticale centrée » ci-dessus), le coefficient Dir sien ‘minorateur i, pour une charge verticale centrée pourra cre calculé comme cela est indiqué pour les terrains rmeubles au paragraphe 3 de annexe F1 du fascicule 62 titre V du Cora. Pour une charge inclinée il est ptopos¢ ici, pour cumuler les deux effets (inclinaison ct proximité de talus) de multiplier directement les deux coefficients minorateuts i, et iy ainsi calculés Cette disposition est quelque peu différence de celle proposée dans le Fascicule 62 Titre V du Core et conduit généralement & une réduction légerement moins importante de la contrainte de ruprure du terrain de Fondation. On notera que cette méthode, calée sur des essais réels ou en centrifugeuse {pour des sols frottants uniquement) ne applique qu’ des talus nnaturellement stables de pente inférieure 1/1, Elle ne dispense pas de procéder par ailleurs des vérifications complémencaires et notamment & la vérifcation de la stabilité d'ensemble de la fondation (ef § 5.4.6). * Lorsque la contrainte de rupture est calculée pat la méthode analytique, et par cohérence avec ce qui est suggeéré ci-dessus pour les charges inclinées, ily a liew appliquer les coefficients attachés 2 certe méthode tels qu’ils sont définis par exemple dans les travaux de Giroud et Trén-Vo-Nhiém® (PEC? ne fournit pas de régles pour ce cas). Ces méthodes de calcul, quielles soient analytiques ‘ou semi-empiriques et calées sur des estais en veaie grandeur ou sur modéles réduits en censrifugeuse (pour des sols frottants uniquement), ont été établies pour des talus de terrains meubles natarellement stables de pente inférieure & 1/1, Pour un talus de pente supéricure a 1/1, et & défaut de références, on pourra adopter une disposition « sécuriaire » qui consiste & assimiler & un talus vertical : le charge verticale de rupture, déterminée avec le critére de Hoek 8 Brown en supprimant tout confinement, est alors égale & la résistance en compression uniaxiale du massif, soit 0-75 . On pourra également examiner s'il ya lieu (elon ta distance du bord du talus, la pente) ce que donne Papplication de la méthode avec une simple réduction du confinement. Par ailleurs, etcomme celaa été indique précédemment, ces méthodes ne dispensent pas de procéder & la vérification de la stabilité d’ensemble de la fondation. On veillera notamment & repérer et caractériser avec soin les discontinuités (géométrie, remplissage) dans les massifs rocheux présentant un talus, et ce, méme dans ce cas ott une homogénéisation 2 éé jugée possible pour Mévude de la stabilité locale de la fondation, Dans le cas dun seul plan de glissement (coin), le volume de sol concerné par cette verification est limité par des plans verticaux paralléles Fouvrage (dont on néglige généralement la résistance au cisaillement par sécurité) espacés de la largeur de la semelle (pas de diffusion, of § 5.5.2). Pimaancnt 6 Tassements Les tassements d'un massif racheux sous une fondation ne peuvent pas étee calculés par les méthodes cedométrique et pressioméerique auxquelles i est fait référence dans le fascicule 62 tite V. Pour l’évaluation du assement, on pourra done en ‘général retenir un modéle dlastique isotrope simplifé, hotamment pour les massifs sains présentant peu de discontinuités (cas des massifs homogénéisés). I convient toutefois lors de la détermination des paraméues E ct v de tenir compre de la présence de celles-ci (of. § 5.3.1, « Caractéristiques en déformation ») Pour une fondation superficielle, on pourra donc appliquer la formule classique suivante, exprimant Je tassement «5 » sous une fondation de largeur B (diamétre pour une fondation circulaite et petit cAré pour une fondation rectangulaire) chargée par une pression uniforme q aCe BV) E + Je module de déformation E A prendre en compte est évidemment un module évalué 3 I'échelle de la fondation ; la valeur du facteur C, est donnée d’aprés D.C ‘Wyilie® dans le tableau snivane pour une fondation rigide, en fonction de la forme de celle-ci Forme dela fondarion | 1/B | Valeurs de C, Cirenlaie 0.79 Careée la 0.99 Rectangulaire 1,5 1s | 1330 3 1,52 5 1,83 Tablean 5.3 + valeur da facteur C, em fonction de la forme de le Jondasion Le module de Young & prendre en compte est évalué Al'échelle de la fondation. Ce calcul élastique peut permettre également de prendre en compte différentes situations, comme alles des « bicouches » ; il convient toutefois de ne pas perdre de vue que le paramétre prépondérant est le module de déformation du massif qui est évalué de maniére pew précise, et donc que des méthodes sophistiquées n’ont qu'un intérét limieé, TO rd oe gu ede Con proche deri dre on Gate Epon 2h 539 3 Wir rivence 70 vate a ree Dans le cas des roches tendres pouvant également donner lieu’ homogénéisation, ilsera possible dechoisit entre plusieurs méthodes d’évaluation du tassement : méthode élastique, méthode pressiométrique si des cesais de ce type ont pu éere réalisé En ce qui concerne la rotation d'une semelle sur terrain horizontal. soumise 8 un moment de renversement M, les calculs de lélasticité isotrope fournissent une évaluation de Pangie 0 de rotation (cas oi l semelle reste entigrement en contact avec le sol, Cest-i-dire lorsque l'excentrement ¢ de la charge n'excéde pas le quart de la largeur B de la fondation) + tong = MC ) BLE avec les valeurs suivantes du coefficient 1, UB) 05 |075| 1 15 2 Cercle Ty | 354 394 417 444 459 5,53 Tablean 5,4 : valeur ds coefcient [yen fonction de la géoméivie de Iason de fondation Dans des cas de géométries complexes, on pourra avoir recours 4 la modélisation numérique, en général la méthode des éléments fnis. Remerque CGeeaines rches peuvent présente des tasemene dfirts sows sme charge permanente, das & des matrix de remplusage arglens ou la nature de ls roche elleméme ech gyre) « Uéoaluaton des tasoments demande alors desea et de eeudes pique gus sortent da cadre de ce guide 5.4.3 - Fondation semi-profonde Ce cas est assez fréquent pour les ouvrages en site rocheux. Il concerne le plus souvent des fondations massives isolées dont la largeur peut atteinde plusieurs metres (of chapitre 4). Dans la pratique du dimensionnement, on fait peu de distinetion entre fondations profondes et semi- profondes ; on exposcra dans ce paragraphe tout ce qui concerne les fondations semicprofondes et les points particuliers aux fondations profondes seront présentés au § 5.4.4 Si Ton se référe au fascicule 62 titre V du Core applicable aux sols meubles, les fondations semi- profondes sont les fondations dont la profondeur «d’encastrement équivalente » D, est comprise entre 1,5 et 5 fois la largeur B (ou le diamétre) de la fondation. Pour les fondations au rocher, la limite A retenir encre les fondations profondes et semi- profondes serait plucot de 2,5 fois B. (Gr fens Ma de meng de hr Te 2 De plus, Ie notion de profondeur d’encastrement équivalente De ne peut avoirla méme définition qu’en terrain meuble en raison méme de la connaissance plus « qualitative » que on a du massif rocheux de fondation concerné. Pour les massif rocheux, celle-ci sera donc’ apprécier parle spécialiste en considérant plus directement fa profondeur réelle d’encastrement de la fondation dans le massif rocheux concerné, en tenant compte éventueflement des horizons sus-jacents, de qualités sensiblement équivalentes et en négligeant, sil y a lieu, les terrains meubles de couvercure de wualités manifestement médiocres au regard de celles US horizons rocheux “s En régle générale, pour le calcul de ce type de fondation semi-profonde, on adopte les dispositions du fascicule 62 titre V du Core (Annexe D), en les adaprant au contexte particulier des fondations au ocher (voir ciapres) ‘Aisi le modele de comportement retenu suppose que le terrain Soppose aux mouvements de la fondation par: * unc réaction sous la base composée ~ de contraintes verticales normales la base, + de froctements horizontaux tangents & la base s * une réaction sur le fit composée : « de froctements latéraux verticaux, ~ de pressions frontales horizontales, Sily a liew des frottements lacéraux s‘exergant sur les parties du périmétre paralléles au sens du déplacemens. La réaction du terrain sur le Flt ne peut étze prise en compte que s'il est justifié qu'elle peut ée réelement mobilisable (of. fascicule 62 titre, V Annexe D, article 2). D'une manize générale, les modeles de comps ne font pas la distinction entre de la pointe et du frottement latéral ; en conséquence, la charge de rupture globale de la Fondation est la somme de la charge de rupture sous la base et de la charge limite mobilisable par frowement latéral Pour des ouvrages complexes, une modélisation plus fine est possible pour prendre en compte les mobilisations relatives de la base et du frottement latéral En absence de données particulidxes, dans le cas ott existe une formation meuble au-dessus du rocher, on ne tient pas compte du froctement latéral dans calle-ci. Contrainte de rupture seus la base Pour les massifs de roches tendres dans lesquels la méthode pressiométrique est applicable, on se conformera aux régles du fascicule 62 titre V du Cote. Lorsque la méchode pressiométrique a’est pas applicable, on évalue habituellement la contrainte de rupture & partir d'une méthode analytique (critére ¢ 4.9) en fonction de la sistance en compresion de la matrice 6, ‘Toutefois, une relation linéaire entre la contrainte de rupture & la base et 6, qui est parfois préconisés, ne semble pas validée par les essais de chargement (la figure 5.23 illustze un exemple de la dispersion de résultats d'essais de chargement) ct il est recommandé utiliser [a formule de A.Soriano", plus réaliste Celle-ci est préconisée dans les recommandations «spagtoles pour les Fondations douvrage art (Gua de cimentaciones en obras de carrerera®) +g, c¢6,,en MPa, ©; coefficient gui varie de 2 (Ran voisin de 100 9%) 40,12 (Rqp inférieur 3 10 %), + D, la profondeur d'encastrement dans le massif rocheux 100 2,9 + ole ~ 1 1 01 i 70 101000 6, (intact rock), MPa Figure 5.23 résultats desas de chargemens de pes dans le recher Cette valeur de q, est coutefois bornée par la résistance Ala compression da béton du puits. [lest recommandé par ailleurs de respecter un encastrement de la base de Ue fondation dane le mas roche ga au minima Aun diamétee. Leffortlimite mobilisable sous la pointe dela fondation profonde de Section $ est alors donné par : Qn. = 4,5 Drains heed Frottements latéraux verti Lefascicule 62 ttre V du Cone prévoit denetenircompte de tels Frottements qu’ partir d'une profondeur égale & 15 fois la largeur de la Fondation. Dans le cas des fondations massives de grandes dimensions en site rochewx, comme cela est souvent le cas pour de grands ouvrages d’art, cete disposition peut savérer parfois trop penalisante et peu justifiée. La profondeur sur laquelle on pourra négliger le froctement est 2 fixer pour chaque cas, en fonction notamment des qualités relatives des terrains concernés (en régle générale on négligera les terrains meubles de surface), de la méthode de creusement de la fondation et de la distance horizontale avec un talus éventuel. On admet en général que la résistance au cisaillement ultime & Finterface bécon/rocher (= frottement latéral unitaize limite qs) est donnée par Pexpression : Jo. * (en MPa) ©2 compris entre 0,15 et 0,25, selon la « rugosité » des parois du puits, #0," est la plus faible des résistances en compression du tocher ou du béton du pieu, 6," = Min (6, as F,soun! Le frottement latéral peut done apporter une contribution maximale donnée par : Q,, = 4x8 Pressions frontales horizontales et frottements horizantavy. Pour les massifs rocheux « homogéntisés», le calcul des fondations profondes soumises & des efforts hhorizontaux et moments en téte peut écre fait par des iméthodes tout &fait analogues & celles présentées dans le fascicule 62 titre V du Cre (Annexe C.5), 8 partir une loi d'interaction frontaleélasto-plastique reliant Ia pression p au déplacement y (figure 5.24) : *poury < ymax: PB + pour y > ymax: P. ob: + Best la largeue de la fondation, + K, est le module de réaction frontale dépendant de {a largeur B de élément de fondation et dela raideur du terrain, * Pa 1a pression limite que peut supporter le 72 Fonatons note y igure 5.24 lol dnteacionfromtale aso-plasique~ Sune: Shoe Lorsque Pon ne peut pas utiliser la méthode préconisée dans le fascicule 62 titre V pour obenir les paraméures Pou &t K,de cette loi de réaction (pas d'essais de type pressiométrique par exemple), on pourra utiliser: * pour déterminer p.,,, ce qui est préconisé dans Annexe D du fascicule 62 titte V, Cest & dire la composante horizontale de la résistance de burée limite du terrain, déterminée & partis des paramétres de résistance du massif rocheux ¢, et @,, (cas oit le ‘massif peut étze homogénéisé). 14 relation suivante propose, de plus, une augmentation de a butée limite pour tenir compte d'un certain épanouissemene du coin de bucée devant la fondation : Paar = Sp avec ici, 6, = valeur issue de la théorie de Rankine o,p=2. etan( ase Be) ovtan’(45°+: 7 Pay Cy = Min(2, 5,55) ©, Sexprimant en degeé + pour déterminer K,, 4 défaut de formule pour les fondations scmi-profondes, on peut utiliser la Formule générale de Vesic, préconisée pour les fondations profondes et rappeléc au paragraph 5.4.4, « Pressions frontales horizoncales et fottements horizontaux ». Pour tenit compte de ta proximité de la surface. et A défaut de regle connue on pourra se référer aux dispositions préconisées pour les sols meubles (cf fascicule 62 titre V), par exemple en faisant varier linéairement ce module K, de 0 & 100 % entre la surface et 2.58. repR y Fire 5.25 lide comportement pour la prise em compte éentuelle des fotemenslasérsus horizons, Avec K~ Ket = 21, 9,00 ele lnguewr os applique le frortement latina e 9, le romtement stad unitave limite tel quilt dfn pour le jutifaton dx carger, eae Sor Sie Dans certains cas (berrettes de fondation, massifs parallélépipédiques) ct comme pour les cerrains meubles il peut étre tenu compte également des frottements latéraux horizontaux en se réfécant par exemple aux dispositions du fascicule 62 titre V. La loi de comportement & prendse en compte outa és du méme type que eal du fiscenle 62 annexe C5, méme si l'on ne dispose pas d’essais pressiométriques. Fondation & proxinité d'un talus La justification @’une Fondation se ce cas pourra se faire selon le fascicule 62 titre V avec les adaptations mentionnées précédemment, et notamment : * dans le cas d'une technique d'exécution assimilable aux fondations superficielles, Papplication d'un coefficient minorateur iy pour la contraince limite sous la base (¢f § 5.4.2, « Fondation & proximitéd’an talus ») ; * pour les céactions latérales sur les faces si elles sont prise en compte, lapplication d'une minoration a la courbe de réaction en terrain horizontal définie ci dessus (ef. § 5.4.3, « Pressions frontales horizontales ct frotiements horizontaux »), cette minoration pourta Etre déterminge selon la méthode du fascicule 62 titre V annexe C.5. iw 5.6: hima prenatal dead dso rduon pion conpe dan eld abate ded) amar UL faudra dans cous les cas s'assurer de fagon és rigoureuse quaucune discontinuicé 4 orientation défavorable n'est présente sur le site, Dans le cas d'un plan de glissement identifié (coin), la butée prise en compte pour la justification est de plus limitée par le volume de sol situé devant la fondation. Généralement celui-ci sera limité par des plans verticaux parallées Pouvrage (pas de diffusion) pour lesquels on négligera la résistance au cisaillement par sécurité, Toutefois, dans des cas particuliers et selon la distance des puits au talus, cette disposition peut étre t's pénalisante ; on pourra, en Vabsence de fracturation verticale d'orientation plus défavorable, prendre en compte une diffusion en considérant ces fans inclinés selon un angle de 25° au plus & partirde la géneratrice de chaque puits (of igure 5.26). Gineninwennt —T ents ‘évaluation du tassement dune fordation sur p ‘est fonction du mode de reprise de la charge : par frottement latéral, parla base, ou par une combinalson des deux. Les formules qui suivent supposent que le bron et le massif ont un comportement élastique ct quil n'y a pas glissemene a l'interface. * Dans le cas d'un puits pour lequel fa charge est principalement reprise par les parois latérales (rocher latéral raide : en général, F'encastrement est justifié par une reprise d'efforts horizontaux ou de moments), Te tassement 6 sous une charge verticale Q peut étre évalué par excts au moyen de la formule simplifiée suivante (Wyllie, chapitre 8): or BE 5-R, +B = diamétre du puits, +E = module du massif, +R, = facteur de réduction, voisin de 0,8 (ce facreur prend en compte une anaulation de la raideur tangentielle en surface, sur une épaisseur égale 2 B), +1 facteur d’influence. Il traduit leffet de la compressibilité (relative) du béton, qui s'ajoute & Treffer d'interface béton/rocher; il est donné dans le tableau 5.4 HMM os | 1 2 10 1 15 1 08 05 Tables 5.5: évauation ha facteur In fonction dragon? EE Remarque ‘Les situations os ES E> 10 someon fase aso ars: influence der ros larder et aloe négeeable, auf dans lca un matte ide mansaie quale rowverit en poate ce que om éote le plas (De rence TH Feats noche Exemple : puits circulaires du viaduc de Verritres = B= 6m, Q= 103 MN. E = 10 GPa, B, = 30 GPa On obtient: 8 1,1 mm. * Dans le cas d'un puits pour lequel Ia charge est principalement reprise & la base, le cassement 8 ésultant & la fois de la compressibilité du béton (module E,) ex de la déformabilicé du massif (E, v) pent étre évalué par la formule suivante (D.C. Wyllie, chapitte 8°) 5 eB S012 onc, 0-) +B = diamétre du puits, + D « profondeur du puits, +C, = coefficient de forme, of. § 5.4.2, « Tassements », +R), = facteur de réduction (par rapport & une fondation superficielle), donné par le tableau 5.5 On notera que le module E est en général plus élevé la base du puits qu‘en surface. + Dans les cas oi le tassement du puits mobilise & la le frottement latéral et I'efec de pointe, on pourra faire une interpolation entre les deux valeurs calculées comme indiqué ci-dessus. nie | pe R, <50 o7 2 o7 50 4 0.6 26 os Tablean 5.6 + ealuaton du coeficiont Ben fameton der rappers E/EaD/B 5.4.4- Fondation profonde Comme indiqué au paragraphe 5.4.3, pour les massifs rocheux, on considérera comme fondations profondes celles dont la profondeur « d’encastrement Equivalente » D, est supérieure 4 2,5 fois la largeur B (ou le diamétre). " Pout celles-ci la justification dans un massif rocheux « homogénéisé « se traite suivant les dispositions présentées an paragraphe 5.4.3 pour les fondations semi-profondes et en tenant compre des particularicés présentées ci-apres. Contrainte de rupture sous la base De méme que pour les fondations semi-profondes, ‘on distinguera le cas des roches tendres des autres cas, lorsque la méthode pressiométrique du fascicule 62 titre V du Core peut appliquer. Pour ces deniers, on se référe généralement & le formule de Soriano présentée au paragraphe 5.4.3, « Contrainte de rupture sous la base » pour les fondations semi-profondes, (avee D, > 2,5 B) 4, = 205, ot a varie de 2 (Rap voisin de 100 %) & 0,12 (Rep inférieur & 10 %). 3 4, (ull), MPa t oa ot 1 10 1001-000 Gj (intact rock), MPa Figure 5.27 :résieance de pointe en fonction de 6, (LID >=2.5) apr 4 Sorian’? Dar tiewe Frottements latéraux verticaux La méthode d’évaluation des frottements latéraux & prendre en compte est la méme que pout les fondations seini-profondes (of § 5.4.3, « Frottements latératsx verticaux »). La hauteur H & preadze en compte ext & apprécier par le projeteur : en général, en négligeane les terrains meubles de surface, on pousra prendre en compte la hauteur totale de la fondation traversant le massif rocheux (voir introduetion du § 5.4.3). Pressions frontales herizontales et frottements hovizontoux Les dispositions proposées pour les fondations semi- profondes sont de maniére générale applicables Pour la déermination de la valeur de palier du module Kf (en général au dela donc d'une profondeur de 2,5 B), on pourra utiliser la formule générale de Vestc qui fait intervenir les paraméures dlastiques du massif rocheux E et V, et Pinertie I, et le module F, de la fondation : ‘ Fondation & proxinité d'un talus “Les dispositions proposées pour les fondations semni- profondes peuvent étre appliquées également aux fondations profondes, 5.5 - Etude d’une fondation dans les cas discontinus simples 5.5.1 - Généralités Actions Wns sont a faire selon les imices (Es et Eu). Les justifications des fondat principes de calouls aux états- Les observations formulées pour Papproche par homogénéisation sont également applicables & la moddlistion par un milieu discontinu.’ blocs. Toutefois dans ce cas, l'extension de la zone d’influence de la fondaticn et des évencuels « ouvrages géotechniques » qui lui sont associés (notamment des talus de déblai pour les appuis sur pente) peut étre beaucoup pls importante que dans le cas d'un milieu continu, du fai du le dominant de la structure du massif, de influence de Ia topographie et de leur disposition relative, Evaluation de la sécurité La justification des fondations rocheuses, dans les cas discontinus simples ou complexes, ne reléve pas directement de application du fascicule 62 titre V du Cers (voir commentaires de l'article A.2.1), pas plus d’alleurs decelle del’ Eurocode 7 partie 1 (norme NF EN 1997-1 ) ou deson Annexe Nationale (norme NF EN 1997-1/NA) qui ne visene pas explicitement ces fondations. En régle générale, la verification de la stabilicé de la fondation rochcuse telle quelle est habicuellement pratiquée dans ces cas consiste & s'assurer que lz résistance au cisaillement mobilisée le long des discontinuités en contact (non décollement), sous sollicitctions non pondérées (de type Exs rares), Texcede pas une fraction de la resistance limite -mobilisable (résistance résiduelle ou résistance de pic, lorsqu’ily a lieu). En pratique on adopte généralement un coefficient de sécurité F de 1,5 sur la résistance au n/2 (Cest-i-dire lorsque la force Q est inclinée vers l'aval) et Veffet de la charge Q est alors en général déstabilisaceur (dans les cas courants, Q est cependant relativement petit par rapport A W). Il est recommandé eflectuer une écude paramétrique pour évaluer influence respective des caractéristiques géomécriques et mécaniques, et de la nappe le cas échéant. On cherchera & obtenir F = 1,5 sous sollic pondérées (Eis) en tenant compre s'il y a liet Cancrages par exemple. Rappelons toutefois qu‘en cas de présence d’anc plus F > 1 sous sollicitations pondérées (combinaisons d’actions de type Eiu), sans tenir compre de la présence des ancrages. (of. § 5.5.1). Si une pression d'eau dans la discontinuité doit étre prise en compte, sa ésultante doit érre déduite de la composante normale du poids W.cosB. Lencart page 79 présente un cas d'une fondation dont Passise n'est pas directement menacée par les inerahilicés, maie qui pourrait terme Arte déchaneabe par régression de la paroi rocheuse proche. On Femarquera qu'un calcul de glissement plan 2D a Ecé effectué, maniére simplifée (et située du cbté Figure 5.30 modelisation et paramre pour un mécaniome de _liement simple = Some Sire if de dela sécurité) de traiter un probléme de stabil diedves. Cas particulier: alternance de formations rocheuses et meubles. Dans exemple de Ia figure 5.31, la stabilicé au slissement d’ensemble de a fondation superficielle est considérée comme assurée dans la mesure ob : ‘sur un plan oblique émergeant 4 la base du talus, la résistance au cisaillement est trés élevée, puisque ce plan traverse Ia matrice rocheuse sur une grande longueur, * une surface de rupture en escalier, oblique dans les ‘couches meubles et empruntant les diaclases verticales des coulées basaltiques, et qui offrirait une résistance bien moindre, ne débouche pas & I's Figure 5.31: alternance deformations rocheuses er meubles ‘Soe 8 Gal Be) Fondation des culées du pont de Crozat (Savoie) en bordure d’escarpements rocheux * Reconnaissance : + levé géostructural: quatre familles dediscontinnités (schistosité S, FI, F2, F3). = quinze sondages destructifs (réalisés en deux phases) avec enregistrement de paramétres, & partir de la plate-forme actuelle : ils fournissent Ia profondeur du rocher sain et dene du niveau de fondation. + Culée obté Bonneval : ~ mécanismes possibles (figure 1) iédres F2/F3 : glissement sur les deux plans la ois, diddres S/F2 : glissement sur F2. Crest te premier mécanisme qui este plus défavorable. Learéte commune & F2/F3 aun pendage aval de 55°. La figure 2 (profil n® 1) montre que la déseabilisation rlatteint pas la base de la fondation, mais pourrait venir la dégarnir latéralement. Un confortement par ancrages passifs est donc nécessaire. Le calcul est fait en 2D, sur un plan plongeant 4 55°, avec un angle de frotiement estimé de 35*, et un coefficient de sécurité recherché dans le cas présent de 1,2. 17 ancrages @ 40 mm scellés au mortier de ciment, de 4,5 2.6 m de longueur, sont répastis sur quatre profils verticaux. + Caulée cbté Celliers: ~ mécanismes possibles (figure 1) : diddres S/F1, avec glissement sur les deux plans 2 Ia fois ; -Varéte commune & S/FI a un pendage aval de 53°. La figure 3 (profil n° 7) montre que la déstabilisation peut atteindre le bord de la base dela fondation, ex metzre alors celle-ci en léger surplomb 5 ~ une confortement par ancrages passifs est done nécessaite. Le calcul est fait avec les mémes hhypothéses que précédemment. Onze ancrages ® 40 mm scellés au mortier de ciment, de 4,5 & 6.5 m de longueut, sont répartis sur deux profils verticaux. Sud Heémisphére supérieur Figure 1 dngramme de Wulff sane Ce tye Figure 2~ Sane, Cer elgmn snc a, igure 3 Sone Card Lom 5.5.4 - Mécanisme a deux blocs (2D) Ce cas peut ére considéré comme simple dans des situations assez particuliéres (pas de cohésion, absence eau, configuration géomécrique simple...), mais en régle générale, il reléve des cas complexes, d'autant plus {que ce probleme est rarement bi-dimensionnel. ‘On considére la fondation superficielle représentée sur [a figure 5.32, soumise &.un effort vertical Q., située ‘en bordure d'une pente faible (angle B). Trois discontinuités découpent un bloc + moteur » 1 et un bloc « résistant » 2: le mécanisme de rupture consiste en un glissement du bloc I sur le discontinuité 1 pendage aval a, lequel bloc « pousse » le bloc 2 qui slisse sur la discontinuité 2 (pendage @.,). On notera que la discontinuité 1 ne débouche pas dans le talus, et rvest donc pas susceptible de créer & elle seule un mécanisme dinstabilicé Lécricure de Péquilibre des deux blocs (nullicé de la résultante des forces) permet de décerminer sans diffculté la charge limite, Pour simplifier, on suppose dans l'exemple ci-aprds que la discontinuité médiane est verticale. Les angles de frotcement sont ¢, pour la discontinuité oblique du bloc 1, 9, pour celle du bloc 2, et @,, pour la discontinuité entre les deux blocs; les eohéstons sont négligées ic. On a, si yest le poids volumique du rocher et pour tun metre linéaire de fondation (W, est le poids du bloc.) = te ¥, 1 Fane, ve 2tan f.ten a, Figure 532: moddlation et perametre pow un mécanione a dews ‘loess. Dare 30 Fanaa roche, On écrit Péquilibre limite de chaque bloc, soit quatre équations (on néglige ’équilibre des moments). Les six ‘composantes des réactions inconnues vérifent en outre Jes conditions de Coulomb sur les trois disconsinuités La charge limite Q. par unité de longueur de la fondation est alors donnée par expression costa A ~da) , sins +9), cos(@, ++.) sino, ~ A) La figure 5.33 représente, dans cet exemple, pour ©, = 45° et, = 0, -0,, = O = 25% cette charge limite rendue adimensionnelle : =H + WL Dans le cas du terrain horizontal (B = 0° voir notations), on observe que la charge-limie atecint un minimum pour a, voisin de 15 4 20° : si , est plus faible, le bloc résistanc devient txés grand ; sit, est plus élevé, Péjection vers le haut du bloc 2 devient difficile (ilya ailleurs un angle a, maximum, au-deld duquel la rupture est impossible). Norons enfin que, pour des valeurs dangle de frottement courantes (30° 35° par exemple), la charge verticale limite est ts dlevée, de telle sorte que ce mécanisme ne peut se rencontzer en pratique que pour des ouvrages dart exceptionnels induisant des descentes de charges ts levées. Cela peut ne plus ure le cas, nacurellement, lorsque la pente B devient significative, avec ot, faible (voire négacif), ou sila charge exereée par la fondation a une composante horiaontale significative vers aval. 10 20 30 “0 Angle o en degrés igure 533 évlution del charge limite adimensionnelleavee Bennet de, ~Sve: Drile Le mécanisme & deux blocs du type précédent peut bien entendu se développer avec des géométries varides (Ggure 5.34) : le dimensicnnement et la sécurité (Gf chapire 5.5.1) s¢ taitet dela méme fagon que précédemment. 5.5.5 - Mécanisme de glissement de diedre La stabilité dun diédre limieé par deux plans de discontinuités et soumis & la charge extéricure apportée par une fondation sétudie en deux temps (figure 5.35) = + analyse cinématique, permettant de déterminer le mécanisme @'instabilité pertinent: glissement sur tune seule face, avec décollement de Pautre face, ou glissement sur les denx faces. la fois, parallalement Paréce commune ; ‘+ analyse mécanique selon lemede de rupture retenu, compte tenu de la résistance au cisaillement des discontinuités, Dans le cas du mécanisme de glssement sur les deux faces & la fois, ayant pour cohésions respectivement «et » et pour angles de frociement respectivement ©, ct @, , la charge limite verticale totale Q. est du type suivant 2. io SES Gp pr tang) ares 7: poids volumique du rocher + Hi: dimension caraceéristique du talus \’ Figure 5.34 Soe: site 5.6 - Etude d’une fondation dans les cas discontinus complexes Comme il a &é dit plus haut, dans ce Guide il nese pas raité explicitement des fondations sur des massifs rochcux qualifiés de « discontinus complexes » dans la mesure oi le problime doit étre eraité au cas par cas, le recours & un mécanicien des roches expérimenté est (€ant par ailleurs) alors indispensable. En effet, dans ces contextes, la grande diversité des situati sologiques et des conditions géotechniques des massifs rocheux ainsi que la spéecificité de chaque ouvrage interdisenc d’établir une grille exhaustive de cas types & laquelle il serait possible de se référer. Crest pourquoi, aprés quelques considerations générales, seuls quelques exerples sont présentés 4 titre indicatif, 5.6.1 - Généralités Actions ‘Comme dans le cas du paragraphe 5.5, les justifications des fondations sont conduites selon les principes de caleuls aux érat-limites (Exs et Eun). Les observations formulées pour l'approche par homogénéisation sont également applicables 3 la modélisation par un milicu discontinu & blocs. ‘Toutefois dans ce cas, extension de la zone d'influence dela fondation etdes éventuels ouvrages géotechniques ‘qui lui sont associés (nocamment des talus de déblai pour les appuis sur pente) peut étre beaucoup plus Figure 5.35 1 mécanoe de glisementditdre— Sous} Dusit importante que dans le cas dun milieu contin, du fait du réle dominant de la structure du massif, de influence de la topographic et de leur disposition relative, Evaluation de la sécurité Analyse de sovsiilité En raison du réle déterminant des systémes de discontinuieés dans les mécanismes de rupture, !z vétification de la stabilité de la fondation rocheuse Sappuie sur une analyse de sensiblité de I'état limite aux variations de leurs paramétres géométriques et mécaniques (of § 5.5.1), Cette rade paramétrique doit ere effecruée pout les situations les plus défavorables, et inclut pour chaque configuration des modeles une variation de leurs paramétres géométriques principaux (par exemple, les angles définissant les orientations sont pris en compre avec une variation de + 5"). est généralement possible de dissocier, sous certaines réserves, l'analyse de sensibilité des paramétres meécaniques de celle de l'influence des paramecres géométriques en procédant en deux tapes : + étude paramétrique géométrique en considérant des valeurs de référence constantes des caractéristiques -mécaniques (en principe les valeurs caractéristiques), permettant de décerminr unc ou plusieurs géométries de référence 5 + étude paramétrique mécanique pour les géométries de réfrence précSdemment determing, condlsant analyse de sensibilité aux valeurs des caractéristiques mécaniques. 5.6.2 - Méthodes de calcul Méthodes numériques existe un certain nombre de méthodes numériques dives par « éléments distincts » qui modélisent le massif rocheux par un ensemble de blocs, rigides ou déformables, séparés par des joints déformables (compression, séparation, glissement), Ces méthodes ont éré développées spécifiquement pour la mécanique sms ocean cco De logiciels de calcul fondés sur ce type de méthodes sont disponibles sur Je marché. Les données d'enirée de tes ealeuls sont done: + la géométrie des discontinuités, fixée au dépare en cessens que celles-ci ne se propagent pas dans la roche (pas de « mécanique de la rupture » incorporée) ; * Tes caractéristiques mécaniques des blocs, en général infiniment rigides ou élastiques isotropes 5 + les caractéristiques mécaniques des joints, le plus souvent de type élasto-plastique parfait en mode angentiel, er linéaire avec décollement possible en mode normal. (Ces méthodes permertent done de construire un modale rocheux compeenant un grand nombre de discontinuités. Méme si des outils numériques 3D cexisten:, les seuls qui soient couramment atilisés sont 2D, cequi pose toujours un probleme en mécanique ddes roches, du fait du caractére trés généralement ti- dimensionnel du réseau des discontinuités, Méthodes analytiques Dans certains cas, une modélisation adaptée permet effectuer une éude analytique. Ce type de modélisation peut savérer erés utile notamment lorsque étude implique une variation des parametres géométriques du modele, lest recommandé ailleurs, méme lorsqu'un logiciel d°éléments distincts est ‘employé, de vérifier les ordres de grandeur obtenus sur un modéle analycique, méme trés simplifé 5.6.3 - Exemples Exemple de cafeut analytique : eortlimite de senversement d'un puits de fondation ‘On suapose le massif stratifié horizontalement et traverse par des diaclases verticales. Le probléme posé est celui de la stabiliré d’un puits de Fondation sous V'ffet d’un effort horizontal appliqué en véte (figure 5.36). On cherche la valeur limite’T, de la force horizontale appliquée en réte de puits et dirigée vers Fexcérieur du ralus. Figure 536: medeliasion de Vxemple— soar: Daete + Cas du talus vertical (On suppose que, sous effet dla force T, le puits subit tune rotation autour de sa base, en faisane glisser les tunes sur les autres les n couches dépaisseur c. séparées par des joints d’angle de frotcement @. Les glissements se produisent sur des surfaces triangulaires, ¢'aire A, limitées par deux diaclases verticales. En écrivant que le wravl vietel de dans une rotation du piew, es égal au travail des forces de frottement, on obtient : “1, = Fmeq.h ot P est le poids du prisme sochenx sollicité ~ pour un cas courant oli n > 5, on prendra approximation sécuritaire : 7, » 2™2@ soit la moitié de la valeur que Pon obtiendeait si 'on supposatsimplement que eprisme rochex gst + Cas 2D avec talus oblique On suppose que deux diaclases verticales, perpendiculaires au talus, et une diaclase verticale arriére délimitent une portion de massif de largent I, susceptible de gliser sous effet de la force T. Comme précédemment, le basculement du puits de fondation entraine des glissements des couches les unes sur les autres s on néglige le frottement laréral sur les diaclases verticales. ‘Comme précédemment, 'application du principe des travaux virtuels au systéme (pieu + prisme rocheux), donne, si, L est la longueur (sur la vue en coupe) de couche supérieure mobiliseble ec e Pépaisseur des couches, Figure 5.37 xe de desis Soa: Ose = reg 27 1 +t) 7, = Oly +h, + OM) Pour n > 5, avec une approximation qui nous place du cbté de la sécurité, nous pouvons écrite = 1a thar 1,41.) Par exemple, pour un talus vertical, avec 1, = L, , on retrouve fa formule du paragraphe précédent : 7 Pane 2 ot P est le poids du prisme rocheux solliciré, Exemple de caleul de tassement Les appuis des béquilles du doublement du viadue de Ane a Falase ont nécessité Tévaluation du tassement dans un massif rocheux dont le comportement est non linéaire et hérérogene. Les fondations des béquilles du viaduc se sieuent dans la formation des « grés armoricains » 5 il agit de quartzites tres fracturés, présentant localement des discontinuités ouvertes. Cette fracturation a écé observée & l'affleurement au voisinage immeédiat du site et dans les fouillesréalisSes pour les quatre appuis des béquilles ; elle est aussi mise en Evidence par les faibles vitesses des diagraphies sismiques, par les essaisdilatométriques et pat les diagraphies de vitesse avancement des forages. Figure 5.98 we en coupe Sees, Dare Le comportement que l'on peut attendre du massif rocheux est done un comportement non linéaire, avec une importante phase de serrage en début de chargement. Compre cenu du type de structuze (Pont a béquille), conduisant 3 un chargement quasi- instantané des fondations, il importe de vérifier que les tassements restent admissibles, eest-a-dire ici inférieurs 4 10 mm, La méthode utilisée repose sur une homogénéisation du massif dont le comportement est supposé dlastique non-lingaire. Les principales hyporhéses sont les suivantes : ~chargement perpendiculaire au terrain N= 24,2 MN (inclinaison de 45%, - interface béton / rocher assimilable & un rectangle 5x4 = 20m, ~ diffasion des contraintes suivant un cOne 2 35° sur Taxe de chargement, ~le tassement s'effectue dans un pscudo-trone de cone de 10 m de hauteur (¢f figure 5.39 et 5.40). ‘+ Approximation de contraintes uniaxiales Contrainte sous la semelle : AG = 1,21 MPa Contrainte a la base du céne de diffusion + Ac = 0,08 MPa + Comportement non linéaire du massif rocheux ; B@) =F, + Ko *Considérons une tranche de terrain sieuée & la profondeur z, donc soumise initialement & une contrainte axiale que nous supposons égale 2 0, = Ye (Y poids spécifique du terrain: 24 kN/m’)” Elle est soumise apzés chargement 4 la contrainte (2) = 6,+ Ao(2), La déformation de cette tranche de terrain, sous la surcharge AG(2), ese donnée par : Kao dod = pln Ae Eko KE Ko, wac.=] Le tassement coral est obtenu en sommant les tassements élémentaires sur route la hauteur du cone: w(sa) = fetao.ndr 2 La courbe reliant l'effort normal N appliqué et le tassement w est donnée ci-dessous pour chacun des appuis (cas du viaduc ouest) : * appui nord : E, » 30 MPa ec K = 80 MPa/MPa ~ appui sud : E, 100 MPa ec K = 180 MPa/MPa Les tassements estimés sous Ia charge de 24,2 MN sont les suivants (figure 5.41) : ~ pour Pappui nord : w= 62 mm ~ pour U'appui sud : w= 22 mem Leexigence de tassement inféricur & 10 mm a conduit & proposer daugmenter la raideur du massif & Paide de bartes d'acier scellées dans des forages (of figure 4.19 delexemple § 4.4.4). 84 tracts aver Figure 5.39: vue de dessus du rectangle dpa em surface et de la zone d influence 10m de profindewr~ Svan: Dare Figure 5:40 coupe AA’ — Si. Dre Zot —_____ Z 204 15 10 20 0 60 80 (am) Figure 5.41 courbes eforseazement pour let appuis nord et sud (imasifrochews nas renfrc)-Sewses Dare Exemple de modélisation numérique par la méthode des éléments distinets Dans exemple suivant, analogue celui du paragraphe 5.6.3 « Exemple de calcul analytique : effore-limite de ‘eaversement d'un puits de fondation », la fondation de la pile P9 du viadue de Rogerville ese étudiée en 2D par la méthode des éléments distinets (code Upuc). Le puits marocain est creusé dans la craic stravfige horizontalement et traversée de nombreuses diaclases quasi-verticales ; il ext profond de 10 m, pour un diamétre de 5m, Le massif rocheux est représenté par un assemblage de blocs déformables de comportement élastique (B= 3 GPa). Les diaclases ont des pendages variant leégerement ct aléatoirement autour de la verticale. Les joints rocheu ont pour caracté ~ raidear normale : 1 MPa J ma, - raideur tangentielle : 0,5 MPa / mm, froctement : 25%, - cohésion mule. Linterface rocher/bé:on est plus frostant (40°) et posséde une dilatance initale de 7", La pile est dabord chargée verticalement (effort Np = 32,9 MN), ensuite Peffort horizontal T,,, ese appliqué progesivement su apie, 4 une hatteue le 20 m au-dessus du sol. Pour un puits de section circuleire, il n'y a pas de solution trés satisfaisante pour dérerminer le coefficient de passage 3D/2D, le caleul 20 éeant faic en déformation plane, sur une tranche de 1 m de large. Concernant I'efiore vertical, on peut faire en sorte que la contrainte & la base soit identique dans les deux cas, ce qui donne un effore de caleul entee 1/4 et 1/7 de Ny, , suivant Pimportance que ’on donne aux eéactions lasérales. Quant a Ieffort horizontal de caleul, il peut étce pris égal 4 1/5 de, , le diaméure du pnits érant de 5m. La igure 5.42 présents Pallure de la déformée pour T= 1,2 MN 5 les traits gras représentent les parties de joints en glissement. Lintérée du modéle numérique est d’une pare de fournit une courbe effort/déplacement et autre part de permettre aisément une étude de sensibilicé ‘en fonction de différents parametres : angle de frottement des discontinuités (Figure 5.43), raideur des joints, ouverture initiale des diaclases (cette question és importante 4 Rogeville compre ten la constatation de 'cuverture observée de certaines diaclases). Figure 542: pile P9 du viadue de Rogerville Pde dele dformation he masifcos fs dun chargement inciné em tte de ple Sauer fl Dail 2 40 oO 100 X (im) Figure 5.43 : pile P9 du viadwe de Regervill. Courbes effort / diplacement pour deux valeurs de Uangle de frostemens des iscontinutés, Les raideur nile cone tbs voirne, de méme que es ediplacements a la rapaure (50 mm environ). Les efor ultimes sont de 24 et 1.2 MN Sse}, Dare