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Dr Rahal L Faculté de médecine de BECHAR Physiologie 1ière Année Médecine

INTERACTIONS LIGAND-RÉCEPTEUR

I- INTRODUCTION :

La communication intercellulaire est l’une des caractéristiques des organismes


pluricellulaires.

Elle repose en partie sur la sécrétion de signaux chimiques, ou ligand, qui


agissent à plus ou moins grande distance sur des cellules cibles qui les
réceptionnent et les traitent.

Selon le type de signal, les conséquences au niveau cellulaire seront : survie,


prolifération et/ou différenciation cellulaire. L’absence de signaux conduits à la
mort cellulaire.

Il existe plusieurs modes de communication cellulaire, on distingue :

a) La communication direct : par les jonctions communicantes, ou par les


adhérences.

b) La communication indirect : par des molécules de signalisations appelées


parfois ligands ou médiateur (messager).

On distingue 03 types de signalisation :

-Endocrine : fait intervenir une molécule-signal, appelée hormone, sécrétée par


une cellule endocrine et transportée dans la circulation sanguine pour agir à
distance sur des cellules-cibles.

-Paracrine : repose sur une molécule-signal secrétés par des cellules et agissant
sur d’autres cellules situées dans leur voisinage immédiat tel que les
neurotransmetteurs et les médiateurs chimique locaux.

-Autocrine : est définie par des cellules répondant à des molécules-signaux


qu'elles produisent elles-mêmes.
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II- LES LIGANDS ET LES RECEPTEURS :

1. Les ligands: sont des molécules de signalisation qui en se fixant sur des
récepteurs spécifiques déterminent une réponse cellulaire. On distingue
plusieurs types de ligands :

---> Les ligands qui se lient à des récepteurs de surface cellulaire


(hydrosolubles) :

• Les neurotransmetteurs : la noradrénaline, l‘acétyl choline ACH …

• Hormones peptidiques : l'insuline, le glucagon …

• Les facteurs de croissance : NGF …

• Molécules de signalisation lipophiles: prostaglandine

---> Les ligands qui se lient à des récepteurs intracellulaires (liposolubles):

Les hormones qui diffusent à travers la membrane plasmique et interagissent


avec des récepteurs dans le cytosol ou le noyau : hormones stéroïdes,
hormones thyroïdiennes.

2. Les récepteurs: sont des protéines de liaison situés à la surface des cellules
cibles, ou à l’intérieur de la cellule (cytosol ou noyau) et qui jouent un double
rôle :

-Reconnaitre spécifiquement une molécule de signalisation (ligand).

-D’induire des modifications à la surface ou à l’intérieur de la cellule suite à


l’occupation du récepteur par le ligand (transduction du signal.

-Il existe plusieurs types de récepteurs :

A) Les récepteurs de surface:

• récepteurs canaux

• récepteurs couplés aux protéines G

• récepteurs enzymes

b) les récepteurs intracellulaire : située soit dans le cytosol ou dans le noyau.


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III- AFFINITE LIGAND- RECEPTEUR :

Un ligand lorsqu’il se fixe sur un récepteur peut l’activer ou au contraire le


bloquer.

Lorsqu’il se fixe en le stimulant, on parle d’agoniste, lorsqu’il se fixe en le


bloquant, on parle d’antagoniste.

La fixation d’un ligand sur son récepteur est par définition saturable, puisque
limitée par le nombre des récepteurs sur lesquels il peut se fixer.

La force du lien entre récepteur et ligand (affinité) et de mesurer cette intensité


pour des molécules de structures relativement proches (spécificité).

IV-MECANISMES D’INTERACTION LIGAND-RECEPTEUR:

1- Interaction ligand- récepteur de surface (membranaire): concerne les


molécules de signalisation comme les hormones peptidiques et
glycoprotéiques et la plupart des neurotransmetteurs qui ne traversent pas la
membrane cellulaire:

a- les récepteurs canaux (récepteurs ionotropiques): ce mécanisme concerne


essentiellement les cellules excitables comme les neurones ou les cellules
musculaires.

Ces récepteurs sont des protéines canaux transmembranaire qui possèdent des
sites de fixation du ligand, la fixation du ligand (neurotransmetteur) sur son
récepteur provoque la modification de la conformation de la protéine canal qui
devient perméable à certains ions.

Exemple: le récepteur nicotinique cholinergique (récepteur-canal à


l’acétylcholine et à la nicotine).

b- récepteurs couplés aux protéines G (RCPG) :

- C’est la famille des récepteurs membranaires la plus nombreuse et la plus


diverse; ce type de récepteurs est impliqué dans des fonctions importantes
comme la neurotransmission, l’olfaction, la gustation…
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- Ce sont des récepteurs liés à une protéine G, ces derniers sont composés de
trois sous unités α, β, et γ.

- la sous unité α possède un site de liaison avec la guanosine triphosphate et


diphosphate GDP/GTP.

Le message porté par le ligand doit passer par plusieurs étapes :

1- le ligand se fixe sur le récepteur couplé à une protéine G qui lui est
spécifique et l’active.

2- le GDP quitte la sous unité α de la protéine G, le GTP remplace le GDP sur le


site de fixation de la sous unité α.

3- la sous unité α est activé et se détache du dimère β/γ de la protéine G, les


deux complexes αGTP et β/γ activent chacun de leur côté un effecteur
différent (ouverture d’un canal ionique, formation de seconds messagers :
AMPc, synthèse de protéines…).

4- le GTP est hydrolysé en GDP par l’activité GTPase intrinsèque de la sous


unité α et la molécule α-GDP se réassocie avec le dimère β/γ.

c- récepteurs enzymes: ces récepteurs présentent un domaine extracellulaire


qui se lie avec le ligand et un domaine cytoplasmique enzyme.

On distingue plusieurs variétés: tyrosine-kinase, sérine thréonine-kinase…ect


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La fixation du ligand sur son récepteur entraine l’activation du domaine


enzymatique cytoplasmique ; qui provoque une phosphorylation de certaines
protéines (leur activation).

Exemple: le récepteur à l’insuline, est un récepteur enzymatique a activité


tyrosine kinase.

2- Interaction ligand- récepteur intracellulaire: les signaux des molécules


liposolubles capables de traverser la membrane cellulaire (diffusion) sont lies a
l’intérieure de la cellule à des récepteurs intra cellulaires, ces derniers peuvent
selon les circonstances être localises soit dans le cytosol soit dans le noyau.

Les médiateurs liposolubles une fois à l’intérieur de leur cellule cible se lient à
une protéine cytoplasmique.

La migration du complexe hormone-récepteur dans le noyau cellulaire où il


induit la transcription de certain gènes ou inhibe leur transcription. EX : les
hormones stéroïdes.

V-MISE EN JEU DES SECONDS MESSAGERS:

Les seconds messagers sont de petites molécules synthétisées (ou libérées)


dans la cellule en réponse aux molécules de signalisation extracellulaires
(premier messager). Les principaux seconds messagers sont :

1- L’AMPc (L'adénosine monophosphate cyclique) : l’interaction entre le


messager extracellulaire (ligand) et son récepteur membranaire, provoque
l’activation de l’adényl cyclase AC, qui active la synthèse de L’AMPc à partir de
l’ATP (adénosine triphosphate).
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2- La GMPc (guanosine monophosphate cyclique): Joue également le rôle de


second messager (essentiellement dans le processus de vision). II est produit à
partir du guanosine-triphosphate (GTP) par la guanylate-cylase.

3- Le système phospholipase C : la combinaison du ligand sur son récepteur,


active via une protéine G, une phospholiopase C, qui transforme le
phosphatidyl inositol diphosphate (PIP2) membranaire en deux seconds
messagers ; IP3 (inositol triphosphate) et le DAG (diacylglycérol).

- L’IP3 quitte la membrane pour aller se fixer sur son récepteur, situé sur la
membrane du réticulum endoplasmique lisse REL.

- Ce récepteur est un canal Ca2+ qui s’ouvre et permet la libération de Ca2+


dans le cytoplasme.