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Dr Rahal L Faculté de médecine de BECHAR Physiologie 1ière Année Médecine

LA THERMOREGULATION

I- INTRODUCTION :

La thermorégulation est le mécanisme qui permet à un organisme de conserver


une température constante.

Elle est le résultat de production et de déperdition de chaleur.

La température du corps humain est un facteur limitant important des activités


biologiques, surtout la vitesse des réactions enzymatiques, remarquablement
régulée.

-La thermorégulation englobe les mécanismes qui permettent de maintenir


l’organisme à la température idéale pour faciliter l’ensemble des réactions
biochimiques nécessaires à la vie.

-Elle se fait par la thermolyse (perte de chaleur) et par thermogenèse


(production de chaleur).

-L’homme est un être vivant homéotherme (température régulée) dont la


température reste constante même lorsque la température ambiante varie.

-Cette constatation n’est valable que pour les parties profondes du corps
(température du noyau = 37°C).

-Les membres et la peau (enveloppe corporelle) sont eux pratiquement


poïkilothermes (température variable).

Le maintien d’une température constante du noyau n’est possible que s’il


existe un équilibre entre quantités de chaleur produite et reçue d’une part,
quantité de chaleur perdue d’autre part: c’est la thermorégulation.

Chaleur produite et Chaleur reçue = Chaleur perdue.


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II- BILAN DES ECHANGES THERMIQUES:

La T° du corps au repos est de 37 ° +/- 0,6 et se maintien dans cette fourchette


grâce à l’équilibre entre les apports (thermogenèse) et les pertes de calories
(thermolyse).

a/ Production de chaleur (thermogenèse):

Au repos, malgré leurs poids relativement faibles, les viscères thoraciques et


abdominaux, et le cerveau sont le siège le plus important de production de
chaleur (oxydation cellulaire).

L’activité physique augmente la production de chaleur dans une telle


proportion que la part relative aux muscles s’élève, et peut atteindre 90% de la
production de chaleur globale.

Les hormones influencent également la thermogenèse surtout les hormones


thyroïdiennes et surrénaliennes.

b/ Déperdition de chaleur (thermolyse):

Plusieurs mécanismes interviennent dans la déperdition de chaleur (flux


thermique externe):

1- Radiation thermique: c’est le transport de la chaleur sous forme


d’infrarouge d’un objet, plus chaud à un objet plus froid sans contact.

C’est une perte de chaleur en l’absence de corps émetteur.

2- Conduction: c’est transmission de la chaleur d’un corps à un autre par


contact, au repos, environ 3% de la chaleur corporelle est perdue par
conduction vers les matières solides qui sont en contact avec le corps (meubles,
vêtements…).

3- La convection: transfert de la chaleur obtenu par le mouvement d’un fluide


(gaz ou liquide) entres des zones de température différente, la rencontre de
l’aire ou de l’eau avec le corps entraine un transfert de chaleur à la fois par
conduction et par convection.
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4- Évaporation : c’est conversion d’un liquide en vapeur : constitue une source


importante de perte de chaleur par les voies respiratoires (respiration) ou par
la peau (sudation), chaque ml d’eau qui s’évapore emporte une grande
quantité de chaleur environ 2,40 KJ.

Chaque litre d'eau évaporé entraîne une déperdition de chaleur de 2400 KJ ou


580 kcal.

-Pour des températures ambiantes > à 36°C, seule l’évaporation peut assurer la
déperdition de chaleur.

-Pour des températures ambiantes encore plus élevées, l’organisme reçoit de la


chaleur supplémentaire par radiation et conduction (+ convection); pour
compenser cet apport extérieur, il faut augmenter en conséquence la
déperdition thermique par évaporation (l’élimination est facilitée quand l’air
ambiant est sec: désert… à la différence de l’atmosphère trop humides: forêt
tropicale et bords de la mer).

III- ROLE ET MECANISMES DE LA THERMOREGULATION:

1- Rôle:

Est le maintien de la température du noyau à une valeur de consigne (de


référence); cette valeur de consigne est en moyenne de 37°C et présente des
variations circadiennes d’environ 0,6°C (minimum vers 3H, maximum vers 18H).

Un décalage à plus long terme s’observe durant le cycle menstruel


(augmentation de 0,6°C durant la deuxième phase du cycle), et lors de la fièvre.

2- Contrôle nerveux du bilan thermique:

L’hypothalamus est le centre de contrôle de la thermorégulation. A ce niveau


se trouvent des thermorécepteurs centraux qui enregistrent la température du
noyau central.

L’hypothalamus reçoit des informations complémentaires venant de la moelle


épinière et des thermorécepteurs périphériques cutanés et muqueux.

Dans l’hypothalamus, la température du noyau (température réelle) est


comparée à la valeur de consigne, et s’il existe une différence entre elles, des
mécanismes de régulation sont mis en œuvre.
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---> A- Si la température centrale dépasse la valeur de consigne (par exemple:


lors d’un exercice physique) la régulation se fait par une augmentation de la
déperdition et diminution de la production de chaleur:

-Augmentation du flux sanguin cutanée par vasodilatation (la chaleur est


dissipée dans le milieu ambiant par rayonnement et conduction).

-Augmentation de la production sudorale (sueurs) par l’activation


hypothalamique des nerfs sympathiques.

-Une réduction de l’activité endocrine de la glande thyroïde.

-Un changement de comportement individuel se voit: port de vêtements légers


de couleur blanche et boissons froides.

---> B- Si la température centrale tombe en dessous de la valeur de consigne;


on observe:

-Une diminution de la déperdition, et une augmentation de la production de


chaleur par:

-Une augmentation de l’activité musculaire volontaire, frisson thermique (des


contractions désynchronisées des fibres musculaires voisines) et chaleur sans
frisson par le tissu adipeux brun essentiellement chez le nourrisson.

-Une vasoconstriction périphérique (action du sympathique): qui a pour but de


diminuer la circulation sanguine en périphérie et de conserver la température
vers les organes nobles tels que le cerveau et le rein.

-Une augmentation de la sécrétion des hormones thyroïdiennes (T3 – T4)


exerçant un effet thermogène.

-Les influx nerveux du centre de thermogenèse stimulent le nerf sympathique


qui stimulent a son tours la médullosurrénale pour libéré l’AD et la NOD qui
vont entrainer l’augmentation du métabolisme cellulaires et une augmentation
de la thermogenèse

-Un comportement particulier: port de vêtements importants, et repas chauds.


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IV. L’HYPERTHERMIE:

C’est l’élévation de la température centrale au-dessus de 38°C (au-dessus de


42°C le pronostic vital est en jeu en quelques minutes à quelques heures).

1- La fièvre:

La fièvre est une réaction non-spécifique de défense de l’organisme


développée en réponse à l’action de différents agents déclencheurs appelés
des pyrogènes exogènes. Le rôle de la fièvre est celui de signal d’alarme.

-Les pyrogènes (représentés par des : agents pathogènes infectieux (bactéries,


virus), certaines hormones (la progestérone) et médicaments (les vaccins et
l’interféron recombinant).

Ces facteurs agissent sur l’hypothalamus pour augmenter la production de


prostaglandines E2 (métabolite de l’acide arachidonique par la voie de
cyclooxygénase COX).

-Les prostaglandines E2 élèvent la valeur du point de référence pour la


température, déclenchant les mécanismes producteurs de chaleur ce qui élève
la température et produit la fièvre (fièvre avec frissons).

- À la fin de la fièvre (après traitement par exp), la température de référence


est abaissée alors que celle du corps est encore élevée, il y a vasodilatation et
sudation pour rabaisser la température corporelle (fièvre avec sueurs).

- L’aspirine diminue la fièvre en inhibant la cyclooxygénase et, ainsi inhibe la


production de prostaglandines (PGs) et donc diminue la valeur de pour la
température ; en réponse les mécanismes de déperdition de la chaleur sont
activés (sudation et vasodilatation).

- Les stéroïdes abaissent la fièvre en bloquant la libération d’acide


arachidonique à partir des phospholipides du cerveau, empêchant la
production de PGs.

- La fièvre est une hyperthermie contrôlée lors de laquelle la thermorégulation


continue à se faire mais à un niveau supérieur à la normale.

L’utilité de la fièvre est essentiellement de nous défendre contre les infections


en bloquant la prolifération de nombreux agents pathogènes. Elle induite
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également une diminution des concentrations plasmatiques de métaux, tels le


fer, le zinc et le cuivre, essentiels à la prolifération des bactéries.

2- Le Coup de chaleur:

Le coup de chaleur est la plus sévère hyperthermie, caractérisé par une


température excédant 40°C avec la défaillance des centres thermorégulateurs
(arrêt de la sudation). Elle est associée à une réponse inflammatoire
généralisée entraînant une défaillance multiviscérale et aussi une mortalité
importante.

On décrit 2 types : la forme classique, associé à l’exposition à la chaleur et la


forme associé à l’exercice physique.

La population cible comprend : jeune âge ou âge avancé, classe sociale basse
qui travail en milieu chaud, effort soutenu (marathon, militaires). Les facteurs
prédisposant sont représentés par : la déshydratation, l’obésité, l’alcoolisme,
les maladies cardiovasculaires, les maladies de peau (psoriasis, sclérodermie,
brûlure).

-Trois critères définissent le coup de chaleur:

1. forte hyperthermie avec température centrale (température profonde)


dépassant généralement 42 °C;

2. troubles du système nerveux central;

3. peau chaude, sèche, avec arrêt de la sudation.

3- L’hyperthermie maligne :

C’est une maladie génétique potentiellement létale, caractérisé par le mal


fonctionnement d’un canal libérant le Ca2+ au niveau du réticulum
sarcoplasmique (aussi nommé le récepteur de la ryanodine). Certains
anesthésiques inhalés (halothane, isoflurane) ou certains relaxants musculaires
(type succinylcholine) déclenchent soudainement dans les muscles
squelettiques la libération excessive de calcium à partir du réticulum
sarcoplasmique, provoquant ainsi des contractions généralisées non-
coordonnées des muscles accompagnées d’une énorme production de chaleur.
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Le traitement est par : cessation de l’anesthésie ou du myorelaxant,


l’administration d’un bloqueur de la libération du calcium (Dantrolène), et par
un refroidissement de l’organisme.

VI. L’HYPOTHERMIE:

C’est l’abaissement de la température centrale du corps jusqu’ à 35°C ou


moins, les causes de cet état comprennent l’exposition a un froid intense, les
troubles du métabolisme (hypoglycémie, hypothyroïdie…), les drogues et les
médicaments (alcool, antidépresseurs…), les brulures et la mal nutrition. Elle
caractérisé par une sensation de froid, frisson, confusion, vasoconstriction,
rigidité musculaire, hypoventilation, hypotension, coma et mort (à 28°C le cœur
s’arrête par fibrillation auriculaire).

Selon l’étiologie, on distingue :

- l’hypothermie accidentelle: par exposition au froid

- l’hypothermie provoquée: thérapeutique, au cours de certains actes


chirurgicaux.