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INFECTION URINAIRE

DOSSIER CLINIQUE IU 1 (ÉNONCÉ)

Une jeune femme de 26 ans, allergique à la pénicilline, sans autre antécédent particulier, consulte aux
urgences pour des douleurs lombaires droites modérées, associées à une température à 39°C et des frissons. Elle
décrit depuis 48 heures une pollakiurie associée à des brûlures mictionnelles modérées. Il n’y a pas de signe de
sepsis sévère. Cette jeune femme, infirmière de profession, s’est fait réaliser la veille de la consultation un bilan
sanguin dont une numération formule sanguine objectivant 13500 polynucléaires neutrophiles /mm3, une CRP
augmentée, une urée sanguine normale, et un dosage de betaHCG négatif.

1) Quel diagnostic suspectez-vous ? , sur quels arguments ?

2) Quel(s) examen(s) paraclinique(s) prévoyez-vous en urgence et dans les 48 premières heures


d’hospitalisation ?

3) Quel est le pathogène très vraisemblablement responsable de cette infection ?

4) Quel traitement instaurez-vous ? (posologie, mode d’administration)

5) Cette patiente doit-elle être hospitalisée ? Sur quels arguments ?

6) Quelle va être la durée du traitement ? Sur quel critère va être prononcée la guérison ?

7) Quelle aurait été votre conduite thérapeutique (modalités de prise en charge, choix antibiotique) si la patiente
avait été enceinte de 3 mois ?
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DOSSIER CLINIQUE IU 1 (CORRIGÉ)

Une jeune femme de 26 ans, allergique à la pénicilline, sans autre antécédent particulier, consulte aux
urgences pour des douleurs lombaires droites modérées, associées à une température à 39°C et des frissons. Elle
décrit depuis 48 heures une pollakiurie associée à des brûlures mictionnelles modérées. Il n’y a pas de signe de
sepsis sévère. Cette jeune femme, infirmière de profession, s’est fait réaliser la veille de la consultation un bilan
sanguin dont une numération formule sanguine objectivant 13500 polynucléaires neutrophiles /mm3, une CRP
augmentée, une urée sanguine normale, et un dosage de betaHCG négatif.

1) Quel diagnostic suspectez-vous ? , sur quels arguments ?

Pyélonéphrite aiguë
Hyperthermie, douleurs lombaires, pollakiurie, brûlures mictionnelles

2) Quel(s) examen(s) paraclinique(s) prévoyez-vous en urgence et dans les 48 premières heures


d’hospitalisation ?

ECBU, hémocultures, échographie rénale, abdomen sans préparation

3) Quel est le pathogène très vraisemblablement responsable de cette infection ?

Escherichia coli

4) Quel traitement instaurez-vous ? (posologie, mode d’administration)

Fluoroquinolone : ofloxacine (Oflocet â) 400 mg/jour per os ou ciprofloxacine (Ciflox â) 1 g/jour per os
5) Cette patiente doit-elle être hospitalisée ? Sur quels arguments ?

Non
Il s’agit d’une pyélonéphrite aiguë non compliquée (pas d’antécédent urologique, pas de colique néphrétique faisant
évoquer un obstacle, pas de sepsis sévère, pas de décompensation de tare sous jacente)
6) Quelle va être la durée du traitement ? Sur quel critère va être prononcée la guérison ?

10 à 14 jours
ECBU stérile 2 à 4 semaines après l’arrêt du traitement
7) Quelle aurait été votre conduite thérapeutique (modalités de prise en charge, choix antibiotique) si la patiente
avait été enceinte de 3 mois ?

Hospitalisation (pyélonéphrite aiguë compliquée)


Choix d’une céphalosporine de 3ème génération, malgré l’allergie à la pénicilline, et sous surveillance attentive :
ceftriaxone (Rocéphine â)1 g/jour IM ou cefotaxime (Claforan â) 3 g/jour.
3 semaines de traitement
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DOSSIER CLINIQUE IU 2 (ENONCÉ)

Une jeune femme de 21 ans, sans autre antécédent particulier, consulte pour des brûlures mictionnelles
apparues 48 heures auparavant. Elle décrit par ailleurs une pollakiurie. Elle bénéficie d’une contraception orale
efficace depuis 1 an. Ses dernières règles datent de 15 jours.
La température est de 37°2. L’examen clinique est sans particularité. En particulier la palpation des
fosses lombaires ne révèle ni douleur, ni empattement.

1) Quel diagnostic suspectez-vous ? , sur quels arguments ?

2) Quelle examen réalisez-vous et quels résultats en attendez-vous pour confirmer votre diagnostic ?

3) En cas de confirmation du diagnostic quel traitement instaurez-vous ? (posologie, mode d’administration,


durée) ?

4) La patiente revient en consultation 8 jours après le début du traitement et se plaint toujours de brûlures
mictionnelles modérées. Quelle prise en charge proposez-vous ?

5) Quelle aurait été votre conduite diagnostique et thérapeutique si la patiente avait été enceinte de 3 mois ?
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DOSSIER CLINIQUE IU 2 (CORRIGÉ)

Une jeune femme de 21 ans, sans autre antécédent particulier, consulte pour des brûlures mictionnelles
apparues 48 heures auparavant. Elle décrit par ailleurs une pollakiurie. Elle bénéficie d’une contraception orale
efficace depuis 1 an. Ses dernières règles datent de 15 jours.
La température est de 37°2. L’examen clinique est sans particularité. En particulier la palpation des
fosses lombaires ne révèle ni douleur, ni empattement.

1) Quel diagnostic suspectez-vous ? , sur quels arguments ?

Cystite aiguë
Brûlures mictionelles, pollakiurie, sans fièvre

2) Quelle examen réalisez-vous et quels résultats en attendez-vous pour confirmer votre diagnostic ?

Bandelette urinaire au cabinet


positivité des nitrites et des leucocytes

3) En cas de confirmation du diagnostic quel traitement instaurez-vous ? (posologie, mode d’administration,


durée) ?

traitement court de 3 jours :


loméfloxacine 400 mg (Logiflox â) : 1cp/jour
norfloxacine 400 mg (Noroxine â 400) : 1 cp matin et soir
ou traitement monodose :
péfloxacine (Péflacine â) : 800 mg
ciprofloxacine (Uniflox â) : 500 mg
ofloxacine (Monoflocet â) : 400 mg
fosfomycine-trométanol (Monuril â, Uridoze â) : 3 g
cotrimoxazole (Bactrim forte â) : 3 cp

4) La patiente revient en consultation 8 jours après le début du traitement et se plaint toujours de brûlures
mictionnelles modérées. Quelle prise en charge proposez-vous ?

ECBU
traitement conventionnel par fluoroquinolone, pendant 7 à 10 jours
5) Quelle aurait été votre conduite diagnostique et thérapeutique si la patiente avait été enceinte de 3 mois ?

bandelette urinaire
et ECBU systématique
et traitement antibiotique systématique par une betalactamine per os adapté selon les données de l’antibiogramme.
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DOSSIER CLINIQUE IU 3 (ENONCÉ)

Une patiente âgée de 70 ans est hospitalisée aux urgences pour nausées, vomissements et anurie,
l’ensemble évoluant depuis 48 heures. Dans ses antécédents , on note une néphrectomie gauche il y a une dizaine
d’année, pour un motif que la patiente ne peut préciser.
La température est à 38°8. La patiente n’est pas confuse et l’examen neurologique est normal.
L’auscultation cardiaque et pulmonaire sont sans particularité. L’abdomen est globalement sensible.
Un bilan sanguin standard est réalisé associé à des hémocultures ainsi qu’une radiographie de thorax
qui ne retrouve pas d’anomalie pleuroparenchymateuse.
Le bilan que vous avez rapidement demandé retrouve les paramètres suivants : leucocytes : 26
000/mm3 ; hémoglobine : 12 g/l ; plaquettes : 320 000/mm3^ ; urée : 2 g/l ; Na : 128 mEq/l ; K : 5.2 mEq/l ;
CRP : 250 mg/l.

1) Quel(s) diagnostic(s) évoquez-vous ?

2) L’échographie demandée en urgence confirme l’existence d’un rein unique à droite. Celui-ci est augmenté de
volume, dilaté. Il comprend plusieurs zones hypodenses. Il existe par ailleurs un calcul enclavé dans le haut
uretère. La vessie est vide. Il n’y a pas d’autre anomalie visible.
Quel diagnostic posez-vous alors ?

3) Quel geste thérapeutique préconisez-vous en urgence ?

4) Quelle antibiothérapie instaurez-vous (molécule, posologie, mode d’administration) ?

5) De quelles complications redoutez-vous la survenue ?

6) L’évolution est favorable avec reprise d’une diurèse quotidienne de 4 litres, amélioration de la fonction
rénale, évolution vers l’apyréxie, arrêt des vomissements. Les hémocultures d’entrée sont positives à Escherichia
coli ampi R. Modifiez-vous l’antibiothérapie initiale ?

7) Quelle sera la durée totale de l’antibiothérapie ? avec quel antibiotique ?


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DOSSIER CLINIQUE IU 3 (CORRIGÉ)

Une patiente âgée de 70 ans est hospitalisée aux urgences pour nausées, vomissements et anurie,
l’ensemble évoluant depuis 48 heures. Dans ses antécédents , on note une néphrectomie gauche il y a une dizaine
d’année, pour un motif que la patiente ne peut préciser.
La température est à 38°8. La patiente n’est pas confuse et l’examen neurologique est normal.
L’auscultation cardiaque et pulmonaire sont sans particularité. L’abdomen est globalement sensible.
Un bilan sanguin standard est réalisé associé à des hémocultures ainsi qu’une radiographie de thorax
qui ne retrouve pas d’anomalie pleuroparenchymateuse.
Le bilan que vous avez rapidement demandé retrouve les paramètres suivants : leucocytes : 26
000/mm3 ; hémoglobine : 12 g/l ; plaquettes : 320 000/mm3^ ; urée : 2 g/l ; Na : 128 mEq/l ; K : 5.2 mEq/l ;
CRP : 250 mg/l.

1) Quel(s) diagnostic(s) évoquez-vous ?

syndrome infectieux probable


insuffisance rénale aiguë

2) L’échographie demandée en urgence confirme l’existence d’un rein unique à droite. Celui-ci est augmenté de
volume, dilaté. Il comprend plusieurs zones hypodenses. Il existe par ailleurs un calcul enclavé dans le haut
uretère. La vessie est vide. Il n’y a pas d’autre anomalie visible.
Quel diagnostic posez-vous alors ?

Pyélonéphrite aiguë compliquée sur obstacle urétéral sur rein unique

3) Quel geste thérapeutique préconisez-vous en urgence ?

Montée de sonde ou néphrostomie

4) Quelle antibiothérapie instaurez-vous (molécule, posologie, mode d’administration) ?

céphalosporine de 3ème génération associée à un aminoside ou une fluoroquinolone, le tout par voie IV
exemple : ceftriaxone (Rocéphine â) 2g/24h
+ amikacine (Amiklin â) 1g/24h ou ofloxacine (Oflocet â) 200 mg/12h

5) De quelles complications redoutez-vous la survenue ?

Syndrome de levée d’obstacle


Abcédation avec choc septique nécessitant la réalisation d’une néphrectomie du rein restant

6) L’évolution est favorable avec reprise d’une diurèse quotidienne de 4 litres, amélioration de la fonction
rénale, évolution vers l’apyréxie, arrêt des vomissements. Les hémocultures d’entrée sont positives à Escherichia
coli ampi R. Modifiez-vous l’antibiothérapie initiale ?

Non en ce qui concerne la betalactamine


poursuite de la bithérapie betalactamine -aminoside pendant 3 à 5 jours ou betalactamine+ fluoroquinolone pendant 7
à 10 jours.
Passage à la voie orale pour la fluoroquinolone

7) Quelle sera la durée totale de l’antibiothérapie ? avec quel antibiotique ?

3 à 6 semaines
fluoroquinolone de préférence compte tenu de l’administration orale facile
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DOSSIER CLINIQUE IU 4 (ENONCÉ)

Un homme âgé de 60 ans est hospitalisé pour douleurs pelviennes, associées à une hyperthermie à 40°C
et des frissons, ainsi qu’à une agitation. Il décrit une pollakiurie et des brûlures mictionnelles depuis plusieurs
jours. A l’interrogatoire il vous précise qu’il n’a pas uriné depuis 24 heures. A la palpation abdominale vous
constatez un globe vésical.

1) Quel diagnostic portez-vous ? en réalisant quel geste ?

2) Quelle est votre prise en charge thérapeutique pour le globe urinaire ?

3) Quel(s) autre(s) examen(s)réalisez-vous en urgence ?

4) Quel microorganisme a le plus de chance d’être responsable de ce tableau pathologique ?

5) Quel traitement instaurez-vous (molécule, posologie, mode d’administration) ?

6) Quel examen faut-il prévoir après 48 heures de traitement ?

7) Quelle sera la durée totale de l’antibiothérapie ? avec quel antibiotique ?


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DOSSIER CLINIQUE IU 4 (CORRIGÉ)

Un homme âgé de 60 ans est hospitalisé pour douleurs pelviennes, associées à une hyperthermie à 40°C
et des frissons, ainsi qu’à une agitation. Il décrit une pollakiurie et des brûlures mictionnelles depuis plusieurs
jours. A l’interrogatoire il vous précise qu’il n’a pas uriné depuis 24 heures. A la palpation abdominale vous
constatez un globe vésical.

1) Quel diagnostic portez-vous ? en réalisant quel geste ?

prostatite aiguë
toucher rectal

2) Quelle est votre prise en charge thérapeutique pour le globe urinaire ?

échographie trans-vésicale
mise en place d’un cathéter sus-pubien

3) Quel(s) autre(s) examen(s)réalisez-vous en urgence ?

hémocultures
ECBU
numération formule sanguine
CRP
ionogramme sanguin
urée sanguine et créatininémie

4) Quel microorganisme a le plus de chance d’être responsable de ce tableau pathologique ?

Escherichia coli

5) Quel traitement instaurez-vous (molécule, posologie, mode d’administration) ?

fluoroquinolone IV ou per os ou céphalosporine de 3 ème génération IV


associées à un aminoside IV
exemple : ciprofloxacine (Ciflox â) 400 mg/12 h IV ou 1 g/jour per os ou ceftriaxone (Rocéphine â) 2g/24h IV
+ amikacine (Amiklin â) 1g/24h IV
antalgiques

6) Quel examen faut-il prévoir après 48 heures de traitement ?

ECBU

7) Quelle sera la durée totale de l’antibiothérapie ? avec quel antibiotique ?

4 à 6 semaines
fluoroquinolone de préférence compte tenu de l’administration orale facile et de la pénétration prostatique