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~ Rapports et documents no.16 1962
de sciences sociales

DOCUMENTS SPECIAUX
DU CENTRE DE DOCUMENTATION DES SCIENCES SOCIALES

L e s documents spéciaux du Centre d'information des sciences sociales sont
destinés à fournir un matériel documentaire à un public restreint de spécia-
listes, au fur et à mesure de l'exécution du programme de l'Unesco dans le
domaine de; sciences sociales.
Lorsqu'il présente un intérêt général, un tel matériel fait l'objet de publi-
cations particulières. A u contraire, les documents spéciaux reproduisent
divers textes qui n'exigent pas une large diffusion. Il s'agit souvent de rap-
ports de missions exécutées en application du programme ordinaire de l'Unesco
ou de son programme spécial d'aide aux Etats membres ; d'autres documents
fournissent des renseignements qu'il convient de diffuser sous forme de
<( communiqués*.

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leurs auteurs, dont les opinions ne reflètent pas nécessairement celles de
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L e s documents spéciaux publiés par le Centre d'information des sciences
sociales sont tirés en offset et paraissent sans périodicité stricte. L e s titres
suivant ont déjà paru :

SS,/CH 1 Enquête sur la manière dont les Etats conçoivent leurs obligations
internationales, par Paul Guggenheim.
SS/CH 2 Mission relative à l'enseignement des sciences sociales au Pakistan,
Rapport d'André Bertrand.
SS/CH 3 L e s conseils de recherches de sciences sociales.
SS/CH 4 L'enseignement des sciences sociales dans les écoles secondaires
(épuisé).
SS/CH 5 L e s organisations internationales de sciences sociales.
SS/CH 6
SS/CH 7
-
L e s conseils de recherches de sciences sociales addendum 1956.
Fondations exerçant une activité en matière de sciences sociales.
Répertoire international.
SS/CH 8 L'assistance aux pays sous-dévelo pés, bibliographie commentée,
réparée par Jean Viet ; (bilingue A/%) (épuisé).
SS/CH 9 gléments d'une documentation sur les problèmes de relations raciales.
SS/CH 10 L e s communautés rurales; problèmes, méthodes et exemples dere-
cherches, par 1. Chiva (épuisé).
SS/CH 11 Répertoire international d'institutions qui s'occupent d'études de
population ; (bilingue A/ F).
SS/CH 12 L e s villes nouvelles ; éléments d'une bibliographie annotée, réunis
par Jean Viet.
SS/CH 13 L e s organisations internationalesde sciences sociales ; édition revue
et augmentée avec une introduction de J. Meynaud.
SS/CH 14 Eléments d'une documentation en criminologie; réunis par la Société
internationale de criminologie.
SS/ CH 15 Coopération internationale et programmes de développement éco-
nomique et social ; bibliographie commentée, préparée par Jean Viet
(bilingue A/ F).
Une ((Annoncede Publication» est préparée pour chaque nouvelle livraison.
Prix variable suivarit le numéro.

SS. 62.XV. 16 F

A c h e v é d'imprimer dans les ateliers
de l'organisation des Nations Unies pour l'éducation
la science et la culture,
-
place de Fonrenoy Paris 7e
0 UNESCO 1962

Cinéma
et sciences sociales
Panorama d u film ethnographique et
sociologique par Luc de Heusch

Unesco

professeur à l'université libre de Bruxelles. Monsieur Edgar Morin. a bien voulu se charger d'analyser un grand nombre de films documentaires. en dégageant hardiment. une telle analyse n'a pas été entreprise jusqu'à ce jour sur le plan inter- national. a bien voulu accepter de rédiger la préface. ainsi que le Conseil international des Sciences sociales. ou de point de départ pour de nouvelles enquêtes portant sur un domaine particulièrement fascinant. du Centre national de la recherche scientifique (Paris). L'ouvrage n'est donc pas appelé à tfaire le point» ou à présenter les résultats de recherches nationales dans ce domaine. A notre connaissance. ou au contraire. NOTE LIMINAIRE L'Unesco consacre le présent numéro de ses Rapports et Documents de Sciences sociales à une nouvelle étude-pilote : M. L'Unesco tient à remercier les auteurs. . rejettent ces conceptions. quelques grandes lignes pouvant servir à ceux qui approuvent. mais à stimuler de futures enquêtes nationales et internationales. L'Unesco espère que l'ouvrage servira de base de discussion pour des colloques ou séminaires. L u c de Heusch. en se plaçant au point de vue de leur utilisation pour la recherche et l'enseignement en sociologie (ce terme englobant la psychologie sociale et l'anthropologie culturelle). qui s'est chargé de la mise au point de la bibliographie et des index. appartenant à la production de pays très différents. non sans formuler des jugements de valeur personnels.

pt yue l opérateur tendra à exalter par ses moyens propres (angle de prise de vues. de sa rigueur. dits e micro-cravates9 ou << micro-fusils. les modifications du foyer sont autant d'interventions de l'homme sur le phénomène observé. y compris ses qualités esthétiques. Il y a dans la vie. c'est-à-dire de privilégier Les images agréables à l'oeil au détriment des autres. et que séduisent en cours de route les sirènes de l'esthétique . au montage. T. Comprendre. Ceci nous permet d'éliminer le rêve fou de ceux qui auraient pu espérer une documentation cinématogra- phique. de la personnalité du cinéaste. Mais.le donné sensible. Il y a les problèmes techniques: sous de multiples impulsions. Non seulement les problèmes posés par toute opération intellectuelle . quand il s'agit de rendre compte d'un phénomène empirique ? A priori. une saisie totale analytique et synté- - tique du réel. une sociologie cinématographiyue libérées de l'humanité de la - subjectivité. lui ouvrant véritablement une troisième dimension. L e «pittoresque$ tend naturellement A détruire le vrai Tel est bien le danger gui guette ethnologues et sociologues partis à la recherche de la vérité. L'image cinématographique est un document reflet - apparemment plus fidèle que la note prise sur calepin. la caméra ne dispose pas de la mobilité de L'mil humain. D e toutes façons.par micro-émetteur.souvent du reste. La vérité à la- yuelle peut tendre le cinéma ne peut faire abstraction du témoin ou du chercheur. dès lors.les pellicules ultra-sensibles qui suppriment les éclairages .L'enjolivement conduit nu film truyué. qu'elle ne peut échapper au travail d'abstraction que l'esprit humain opère sur le réel pour le comprendre. IL faudrait supposer - plusieurs caméras opérant simultanément pour espérer. la technique de L'enregistrement audio- visuel est en train d'accomplir des progrès décisifs.à l'image pour l'image. on pourrait penser que non: l'image cinématographique semble éliminer ce médiateur qui abstrait. parce que. que l'image exalte souvent. Cette définition n'a d'autre avantage yue d'écarter 1 'idéal impossible d'un cinéma extra-humain. Il y a les problèmes esthétiques au niveau de l'image: l'image porte en elle les qualités indifférenciées de la vie. Mais cette opération de montage analytique et syntétique est finalement de m ê m e nature que l'opération intellectuelle qu'exige la rédaction d'un article ou d'un livre.J e donnerais donc cette définition tautologique du film scientifique:unfilm scien- tifique est un film fait (tourné et monté) dans un esprit d'élucidation et de vérification scientifiques. la caméra électronique est insonore. se déplace du document filmé au cinéaste lui-même: c'est de sa propre honnêteté. mais absurde de vouloir éliminer cette poésie. L e danger n'est pas dans cette poésie donnée. C e gros oeil sur béquilles est encore un infirme.)> la prise de son sur magnéto- phone portatif ou.tout cela doit permettre au chercheur de partir comme un scaphandrier vers les fonds obscurs de La réalité. bien qu'elle enregistre avec plus de précision. Mais Les problèmes restent. c'est dire.et tout film est une oeuvre intellectuelle . schématise. . l'esthétique la plus conventionnelle. une recherche cinématographique.e problème.mais les problèmes spécifiques posés par La recherche cinématographique de la vérité.donc trahit . de toutes façons. Prenons l'exemple d'une danse: l'image de la danse sera chargée d'une poésie qui est celle de la danse. cadrage). c'est toujours articuler réciproquement le réel sur les structures de l'esprit humain et les struc- tures de l'esprit humain sur Le réel. Les nouveaux types de micros (micros portatifs. une poésie donnée. mais plutôt dans La tentation d'enjoliver. et il faut attendre qu'il puisse acquérir une Légè- reté et une maniabilité extrêmes. les mouvements d'appareil.mieux. Il serait non seulement barbare. pour qu'il devienne un appendice de L'œil de L'opérateur. PREFACE Par Edgar Morin Le Langage cinématographique pose-t-il des problèmes plus irritants p e Le Langage écrit. Cette maniabilité ne résoudrait d'ailleurs pas tous les problèmes. toujours. du m ê m e coup. traduit . en fait. de son intelligence et de son flair que dépend la vali- dité objective de son film. alors que le Langage écrit tendra toujours à éliminer cette poésie pour analyser les gestes et mouvements.

qui est la pertubation que provoque la caméra sur le phénomène observé. Mais le visage de l'ouvrier. confrontation de l'auteur avec une rhétorique apprise. Il reste à l'observateur à se camoufler lui-même. Q. Or. de cette rencontre caméra-réel. Il y a la socialité rituelle. Mais il faut refuser l'enjolivement. de façon certes différente. D a n s ce cas. la tentation de faire beau joue. Il y a des situations où l'observation subreptice devient indiscrétion.. Il y a une <grammaire> du montage. un sociologue industriel. ne va-t-il pas naitre un nouveau - type de vérité. parce qu 'il y a une différenciation plus nette entre langage scientifique et langage littéraire. Or il est plus facile de camoufler un h o m m e qu'une caméra. Elle peut certes être camouflée. dans certains cas. de subordination. de toute part. 'A cela s'ajoutent les problèmes grammaticaux au niveau du montage. sont déjà en situation théâtrale. perturbe la vie qu'il veut saisir dans son naturel. partout où il y a des rapports inter-individuels - d'autorité. match sportif. U n e caméra peut être à l'affût. au niveau de l'écriture proprement dite: là aussi. mais . inévitable. m ê m e s'il ne veut pas faire un film commercial. qui sera dialogue entre l'observateur et l'observé où l'observateur demandera à l'observé de lui révéler ce qui ne pourrait émerger sans cette rencontre ? Tout cela est non seulement possible. Là encore. moins bien que le cinéma imaginaire. la grammaire n du montage style Berthomieu. m ê m e sans caméra. le plus secret: partout où les sentiments humains sont en cause. c'est vers cette terre promise que se dirigent aujourd'hui de multiples courants de recherche. de plus. dans son usine. mais aussi parce qu'on les escamote. de haine c'est-à-dire tout ce qui concerne le tissu affectif de l'existence humaine.. L e s problèmes évoqués jusqu'à présent se posent. Mais il y a des limites pratiques et m o r d e s au camouflage. Il s'agit. U n e caméra est toujours perçue. Voilà la grande terra incognita du cinéma sociologique ou ethnologique. le plus émouvant. le chef d'Etat faisant un discours. o n s'en rend compte dans la pratique. indécence. sur les résultats que provoquent les différents niveaux de la socialité. en fait. Voilà s a terre promise. à obéir à cette rhétorique. qui est. l'officiant d'un culte. qui s'est constituée en fonction des besoins commerciaux du cinéma standard: cette rhétorique commande un type de montage *intelligibles au spectateur. ajouterai-je la poésie et l'art. le film ne perturbe guère ce qui est socialement mis en scène. les conditions sociales du travail ne seront pas authentiques. Il y a des lieux et des situations où nul camouflage n'est pos- sible. non seulement de découvrir une vérité. Si. Certes. cérémonielle: dans ce cas. Venons-en au problème vraiment spécifique du cinéma. dans ce cas. les mains et le corps ne sont pas perturbés dans leurs opérations essentielles. chasseresse c o m m e la caméra de Dzign Vertov. dans de nombreux pays. et passer inaperçu s'il imite les autres. Il y a le reste. une rhétorique élémentaire. partout où l'individu est directement intéressé. il risque de faire des concessions plus graves: éliminer ce qui est supposé ennuyer ou déplaire. du cinéma-vérité. et perdre ce qui était son essence la vie spontanée- pour devenir mécanique ? O u bien encore. moins authentiquement que le cinéma joué? - L e réel ne va-t-il pas se figer. Il y a la socialité technique: gestes du travail sur outils ou machines. mais avec une possibilité illimitée de truquer et dt dénaturer. mais se présentera souvent inextricablement mêlé - dans les images. Il y a la socialité intensive :guerre. un ethnographe sur le terrain. bagarre. tentative de présentation d'une réalité typifiée. suscite méfiances ou complaisances. la passion réellement en jeu est si intense que la caméra peut être oubliée ou ignorée par les participants. dans une voiture de postier. d'amour. celle-ci cesse de perturber le phénomène. Alors se pose le problème :si la caméra est ostensible. qui oblige le cinéaste. ne transforme-t-elle pas le réel ? L e réel ne va- t-il pas jouer la comédie.. parce qu'il ne peut en connaître une autre et qu'il s'est mis à l'école des mon- . - je l'ai déjà dit.. il y a choix de données. les opé- rations de camouflage de la réalité s'exercent contre tout observateur venu du dehors. Il faut donc réfléchir sur le type de vérité que l'on recherche et. et. s'endimancher$. etc. de camaraderie. dans le cas du film de sciences sociales. derrière une glace sans tain. - teurs professionnels. Il y a les problèmes esthétiques au niveau du montage. Tout film scientifique doit accepter avec - bonheur. délation. le lexique-montage. et. c'est la vie qui est déjà théâtralisée. N o n pas pour éliminer la poésie et l'art . dans ce cas. le plus difficile. il a l'ambition légitime de commercialiser son film. U n h o m m e peut se mêler à la foule. voire m ê m e surajouter w e ahistoiren artificielle à son film. au culte. voire enjolivée. C e s problèmes sont moins apparents. Partout où il y a un pôle d'intérêt ou de passion plus fort que la caméra. Cela conduit à cette conclusion : les problèmes du montage en matière de cinéma-vérité doivent être totalement repensés. au rite. le pittoresque artificiel.

le grand mérite de la recherche de la vérité n'est pas d'apporter la vérité mais de poser le problème de la vérité. Car. . ou demeure toujours sous la surface des apparences.en grande partie. par un acte pourrait-on dire de magie démystificatrice. disait Shakespeare. une fois que nous avons surmonté ce mur du son qu'oppose le réel à la caméra.je veux dire nos visages nos rôles - - je veux dire nos propos nous servent. de la science au réel. peut nous donner à voir cette comédie aux multiples visages qu'est la vie sociale. La vérité n'est pas un Graal ultime à conquérir: c'est une navette incessante qui circule de l'observateur à lobserué. à nous exprimer et à nous camoufler. de comédie: les sociologues qui ont analysé les rapports sociaux sous forme de trôle takings et de trôle playing» ont retrouvé une vieille idée des philosophes et des mora- listes. qui est celui de la vérité. L e cinéma. Luc de Heusch nous aide admirablement à appréhender ces problèmes.aussi d'extraire une vérité qui se tapit ou se camoufle. et que les actuels progrès techniques lui ouvrent de nouveaux horizons). < L e monde est un théâtre. en même temps. nous découvrons que le réel lui-même est fait. Luc de Heusch nous donne ici la meilleure information et la meilleure introduction & un cinéma à la fois très ancien (n'émerge-t-ilpas avec Lumière et ne connaît-ilpas son premier chef-d'œuvre avec Nanouk ?) et très nouveau (puisque d'immenses possibilités sont demeurées sous-développées. En fin de compte. et à un problème permanent. à une nouvelle conquête des sciences sociales.. Cette - comédie révèle la vérité autant qu'elle la camoufle: nos masques .

. . . . . . L'information sociologique par le cinéma . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Usages spéciaux de la caméra dissimulée . . . . . . 61 9. . 59 8. . . . . . . . . . . . . . . . . 18 CHAPITRE III . . . . . . . . . 54 7. . . . TABLE D E S MATIERES INTRODUCTION . 29 Dziga Vertov . . 36 Quelques films de Flaherty . . . . 17 A. . 64 7 . . . . . . . . . Quelques films produits par les organisations internationales . 11 CHAPITRE II . . . . . . . . . Difficultés d'approche . L e film-document . . . . Cérémonials et mouvements de foule . . . . . U n classique espagnol du film sociologique : Los Hurdes (Terre sans pain). . . . . . . . . . . . L e Comité international du film ethnographique et sociologique . . 41 2. . . . . . . . . . . . . . . . . D e l'oeil magique à l'oeil aveugle. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Tendances du film "ethnographique" en URSS . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . Les gestes du travail : de la naissance du documentaire social en Angleterre aux films syndicaux . . L e mouvement Free Cinema . 41 1. . . . . . 31 A. . . . . . . . . . . . L'office national du film du Canada (The National Film Board of Canada) . . . . . . . . . . . . 36 L'oeuvre de Flaherty et la méthode ethnographique . . . . 52 5. . . . . . Esquisse d'une histoire du film ethnographique et sociologique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16 3. . . . . . . . 48 4. . . . . . . . après Flaherty . L e film de propagande sociale . . L'évolution du documentaire social en Angleterre depuis Grierson. . . 30 Montages d'actualités et magazines filmés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17 B.Pour servir à une typologie du film sociologique . . . . . . . . . . 54 6. . . . . . . . . . . 31 L a technique du reportage . . . . . . 9 CHAPITRE 1 . . . . . . . 38 CHAPITRE V . . . . . 32 C. . . . . . 16 2. . . . . . . . . . . . . . . 29 Jean Vigo . . . 61 10. . . . . La première génération. L e débat sur la valeur scientifique et la méthode du film ethnographique et sociologique. . . L e documentaire social en Belgique et aux Pays-Bas . 34 CHAPITRE IV . Examen critique de ces thèses. . . . . . . . 16 1. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Les théories. . . . . . . . . . L e film ethnographique et sociologique en Italie . . . . . . . . . . . . . . . . . . de Luis Bunuel . . . . . . L e film ethnographique et sociologique en France . . . . . . . . . . . . 29 Les actualités cinématographiques . . L e film ethnographique et sociologique aux Etats-Unis. Les voies du film sociologique (1) :les archives cinématogra- phiques de notre temps . . . . . . . . . . . 45 3. . . . . . . . . . . . . . 31 B. . . . . . . . . Les voies du film sociologique (11) : la tradition de Flaherty ou la caméra participante . L e film et la recherche sociologique . . . . L e film et les traditions populaires dans quelques pays d'Europe orientale . . . . . . . . . . . .

.. .. .... ..... République fédérale d'Ailemagne.. .. Grèce... . ........ . ...... . . . . .... .... ..... ..... Danemark.. .. ..... ........ 100 8 . . ... Etats-Unis ...... 76 ANNEXES Bibliographie sélective . Pologne...... 86 Index des n o m s de personnes . Suisse.... .. ..... 79 Catalogues de films . ..... 75 CONCLUSIONS .. . Yougoslavie....... 65 Films scientifiques spécialisés :France. . Canada.. 66 L a méthode comparative dans l'enseignement audio-visuel des sciences sociales ..... CHAPITRE VI ..... L'utilisation du film dans la recherche ethno-sociographique et l'enseignement universitaire des sciences sociales ........ . .. 83 Liste des films ....... Pays-Bas. Italie. . Tchécoslovaquie..... ....... ......... 65 L a valeur initiatique du film sociologique ... ... ......... Belgique. ............

d'une manière ou de cherchent à appréhender et à définir par des tech. la position du néo-réalisme italien. étroitement imbriquées appellent chacune une on le sait. précurseur de cette discipline film de fiction . "Je réponse nuancée. P. un artiste authentique. avec une avidité extraordinaire. N'est-ce pas. au m ê m e titre que le "met- teur en scène" du film dramatique. ce film admirable procède d'une esthétique morales. assez arbi. Telle fut. Eisenstein et Poudovkine se sont floue. - art c'est là la singularité profonde du cinéma - traction tiraillent notre propos en sens divers. "et ceci. extrêmement élaborée. arbitraires. fait donc la part d'une certaine réalité dans le rêve. p. nouvelle. Les oeuvres médiocres m ê m e ex- t-il pas tort de s'embarquer dans l'aventure ciné. le reflet de la réalité sociale dans l'oeuvre l'imaginaire mais nous n'y aborderons pas. les valeurs les s'y risquèrent pas. 9 . Elle ne s'applique pas exac. plan ou au premier plan du récit dramatique : elle trebande. de découper en catégories le goût étonnant de la mort qui brûle l'âme indienne. notre pro- avec le savant et l'artiste et tentons de trouver un pos glisserait vers un domaine voisin de celui que langage commun qui permettrait de soutenir pen. c o m m e cinématographique . si éloignée de la démarche tradi. Esthétique du cinéma. de quel cinéma et de quelle réa. d'Amérique. approximation : nous nous limiterons. tous les esprits honnêtes les exigences particulières de l'investigation so. il s'y appuie Comment et quand le cinéma véhicule-t-ill'image nécessairement. U n film inachevé d'Eisenstein constitue tement aux m ê m e s recherches en Union des répu. parce que le cinéma lité s'agit-il ? Brandir le concept de "film socio. l'isoler dans l'immense production mon. l'imaginaire est tangent à la réalité . Voici donc une première dans la "fiction" cinématographique. plus contradictoires qui se dessinent à l'arrière- terdirons. à laquelle s'applique diffi- rissent. fication des événements. la dimension propre du film de fiction n'est pas 1. les refus. Mais nous voici acculés à une nouvelle dont le cinéaste accepte ou refuse les valeurs. le plus souvent à leur insu. Mayer. Cet univers que nous nous in. dans bien des cas. sociologie du cinéma. époque de cataloguer. Paris seulement l'imaginaire. tenus latents. Réciproquement. INTRODUCTION Cinéma. l'autre. des drames collectifs de académique ? L a notion m ê m e de sociologie est notre temps"/l. mais difficulté : le film dit documentaire utilise muvent dont il témoigne. qui tournèrent longtemps autour de la lune mais ne les réflexes culturels. le m a g m a confus d'idées. les tabous. de toute façon. significatifs de la société qui les sécrète. Tati sont des témoins. n'arrive à une expression artistique. tionnelle ? Risquons ce voyage. n'est-ce pas une entreprise chimérique. peut être défini grosso modo par l'appel. - tout film est un miroir le miroir d'une société taire". c o m m e Que vient faire ici le chercheur scientifique ? N'a. en Europe occidentale. en dépit de quelques incursions en con. les mythes. Tous authentique de la réalité sociale ? Quelles sont les grands cinéastes. nous explorons et qu'il est utile de distinguer :la dant quelques heures une conversation difficile. de leur époque. précisément l'un des cas-limites de notre propos : bliques socialistes soviétiques. Cette épopée exprime. une manie désespérante de notre gnages cinématographiques ultérieurs retrouveront. L a sociologie du film senourrit d'une réflexion: trairement. des aspects matographique. déclare Zavattini . de recherches esthétiques dont se nour. Plus que dans tout autre 1957. cilement l'épithète "réaliste" Les grands comiques tistes compliqués que sont les créateurs de films ? . les rêves. lation "films de fiction". ces ar. à de rares exceptions près. Mais. variable selon les pays et les traditions voulus les témoins de la naissance d'une société scientifiques locales. témoignent. L'essayiste les techniques. 49. au vaste domaine du "film documen. elle rend manifestes les con- ces aéronautes (demain archaïques) de Jules Verne. la démarche créatrice m ê m e du J. à un langage logique". Cette discipline neuve et Marquons approximativement les limites du passionnante explore. Cité par Agel. son auteur est. sciences sociales :ces deux p81es d'at. Embarquons-nous si nous nous engagions dans cette voie. aux Etats-Unis Que Viva Mexico (1931-32). humain et social universel. primnt. que le commerce ou la servilité politique n'ont ciologique ? C e que les sciences sociales pas pervertis. tiques se sont m & m e réclamées ouvertement de la m a ? Et de quelle façon ? Toutes ces questions perspective sociologique. - aussi Chaplin. jadis Molière. notamment. veux être toujours et avant tout un contemporain" Mais d'abord. que s'il offre la signi- diale. indirectement pourrait-on voyage : nous naviguerons jusqu'aux confins de dire. avec une force exceptionnelle que peu de témoi- d'autre part. Certaines écoles esthé- niques complexes peut-il être ''saisi''par ie ciné. de valeurs Or.

qu'un grand nombre de renseignements précis ont les maquilleurs ou les bateleurs qui n'obéissent été fournis par les analyses minutieuses de films qu'aux impératifs de la production courante. dans lavaste production gnement des sciences sociales. Studies and d'authentiques. 2. logist has to face.les vu dans un cinéma de répertoire. 276. film de Fritz Lang. Fritz Lang's film. aucune carte susceptible de nous advent was imminent. dite "documentaire". artistes intègres la montrent sans doute autrement Nous nous faisons. L e testament du Docteur des catalogues. chemin faisant. en dialoguant de la vérité avec le savant et l'artiste. de bonne ou de mauvaise foi. des films. Mais qui ont été élaborées au Musée de l'homme.nous indiquerons d'abord les grandes are a part. J. Documents. "Film director and script writer live in a con- cette notion aussi fondamentale qu'ambiguë. Les Télévision belge. nécessairement imparfait. un certain nombre de "docu- ments" sociologiquesqui méritent d'être qualifiés 1. crete Society. etc. tant8t les Leurs oeuvres doivent nécessairement refléter ou cinéastes. travail. les universités. chainement ce travail qui constitue un outil cependant. le spécialistes qui nous ont écrit. ternational. C e interpréter la vie sociale à laquelle ils appar. un devoir de signaler et différemment que les tricheurs. Nous préciserons. qui risque d'agacer tant8t les savants. les menteurs. que j'avais déjà vu à Berlin. en Europe et en A m é . la perver.nouvelle. en vue de la publication d'un catalogue in- conformiste. - point. Nous s o m m e s tout spé- Mabuse. " 10 . il arrivera Berlin in 1932. The Testament of ne manquerons pas. à ceux-ci sont encore témoins. tère de l'instruction publique de Belgique. p. Last year the Allies had just landed in sies en fonction de l'importance exceptionnelie de - France 1 saw in a repertoire cinema. Londres 1946. la "morale" d'une classe. Their works must consequently Notre ambition c'est pas de dresser un inven. in C a m - leur contribution au sujet qui nous occupe. T o analyse where life meets art is lignes de l'évolution du cinéma sociologique dans perhaps one of the subtlest problems the socio- un nombre limité de pays. écrivait en 1946/1 : "Le réalisateur et conduire dans cette entreprise semée d'embûches. Paris. à la la société au sein de laquelle elle s'élabore. envoyé des livres.P. n'est qu'une tiennent. est ailleurs. L'année dernière les . Nous souhaitons voir publié très pro- sion d'une sensibilité collective. par le Comité français du film ethnogra- leurs films révéleront à l'historien futur l'idéal phique. breuses personnes qui nous ont aidé dans notre - Alliés venaient juste de débarquer en France j'ai tâche. consciemment Belgique. cependant. à Cambridge. Il ne sera pas inu- vie et l'art constitue l'un des problèmes les plus tile s'il facilite l'éclosion d'essais plus élaborés. témoins malgré eux . documentation éparse. au Service cinématographique du Minis- ou inconsciemment. Nous nous contenterons important pour l'utilisation du film dans l'ensei- de présenter et d'analyser. Notre objet. en 1932. Doctor Mabuse. reflect or interpret the social life of which they taire complet . L'analyse des points de contact entre la expédition de reconnaissance. Mayer. le scénariste vivent dans une société concrète. complexes qui se posent en sociologie. Nous bridge. J'ai cialement sensible au prix de la collaboration ami- été frappé de constater à quel point ce film reflète cale et constante que Jacques Delcorde nous a ap- l'état de la société allemande dans les années qui portée. Sociology of Film. les services officiels. enfin. en nous aidant à rassembler cette ont immédiatement précédé le triomphe des nazis/2. et m é m e les savants-cinéastes. Il n'existe German Society in those years when the Nazi aucun guide. Nous devons aussi une gra- Tant il est vrai que toute forme de cinéma ré. titude toute particulière à la Cinémathèque de vèle. It struck m e now to what a sur- - sans doute que nous en oubliions et nous nous en prising extent this film reflects the state of excusons auprès de leurs auteurs. de relever cer. Je voudrais Nous remercions bien vivement les très n o m - illustrer ce point de vue. Perhaps 1 m a y illustrate this rique du Nord :ces écoles nationales ont été choi. positivement ou négativement. a film 1 had previously seen in taines oeuvres isolées importantes .

écrit Morin. C H A P I T R E PREMIER DIFFICULTES D'APPROCHE Agel résume fort bien l'ambiguïté fondamentale cinéma s'est servi. s'inventer de toutes près cette réalité du monde. le (dans la mesure. un procès équitable. depuis la fin ie la dernière est un "double". L a perception d'une photo met en branle un méca- en partie tout au moins. pour constituer son langage. Jadis ce point de départ était celui cinéma a conquis son autonomie contre la photo. cinéma ont joué dans cette évolution un rdle non lorsqu'il s'agit de délimiter avec précision la va- négligeable.anecdotique. à Laren. p. liste. L a photo. par un besoin de mieux voir. 52. il n'y a pas lieu de discuter ici si graphie. par ce mouvement qui a nisme psychologique complexe : "La première et chassé let * vers l'art cinématographique : étrange qualité de la photographie est la présence celui-ci n'a cessé de se nourrir de la réalité psy. & ?. - qui se trouvait devant un terrain vierge qui de- page. elle l'a abandonné à tort ou à raison. unepeinture dela réalité A travers le filtre de la création poétique. Cette très grave interrogation ne doit pas &tre a dépouillé la réalité picturale du su. les plus diverses. IMAGE ET REALITE ture est d'abord. on le sait.''/I pas. des objets m ê m e s de la peinture figurative tradi- nique d'enregistrement photographiquede la réalité. de la peinture . pur langage. guerre. de photogénie et la valeur affective de la photogra- tein. Cette du regard. un cinémalatentchez Rembrandt. L e cinéma. L e cinéma ou l'homme imaginaire. nous sommes ren- - nait jadis à la peinture l'intensité psychologique voyés à des problèmes de pure poétique.. c o m m e étude pénétrantela. eu des peintres d'esprit moderne. 2. cessant d'étre art. chologique et sociale qu'il s'applique à dépeindre. - mique a résolument choisi de se construire en Puis. p. pièces et non réagir contre une tradition acadé- cinéma a vécu de l'enregistrement direct du réel. un aspect en charge par l'art cinématographique. tech. mais quelque technique photographique . en gros. Edgar Morin. tionnelle :son point de départ est une photogra- est aussi. n'a cessé d'être un art réa. A cet égard. et bien qu'il constitue aussi un Paris. L a question qui se pose à nous est plut8t celle-ci :le cinéma peut-il n'être que cela ? Peut- on imaginer un cinéma qui. 25 11 . contre le poids du monde réel. au moins. Il y a. 1956. ce qu'il a de vivant. se CINEMA ET P E I N T U R E réduise (ou réussisse) à n'être plus qu'une pure image de la réalité humaine. langage autonome. la construction dramatique. de tout voir. Edgar Morin. ouvrage cité. C'est d'elle que dépend le sort son prétexte traditionnel. tage. d'après Albert il relève par l'un de ses aspects). dont toute poétique serait exclue ? depuis l'apparition de la photographie et du cinéma . précisé. le cinéma. . où il se sert de la cinéma révèle non pas la réalité. s'explique. Agel. un simple jeu de L a prodigieuse aventure de l'art contemporain de. Bien qu'il y ait toujours de notre propos. possible. on peut dire que c'est à notre époque seulement que les artistes prennent clairement conscience du fait que la pein. p. Dès le départ. le cinéaste a dépassé le stade On conçoit difficilement que le cinéma ne soit du décalque infantile. du geste. nition). dans Laffay. mais tout en serrant de plus vait se définir lui-meme. c o m m e la musique. contradictoirement. que nous devons aborder de front :le cinéma. le cinéma se situe en marge 3. ne répondent plus à cette défi- l'oeil morne. à de la société humaine. un cinéma sociologique est-il - puis l'impressionnisme c'est-à-dire. un art : ". etc. miroirs ? Bref. traitée à la légère. dégagé de la réalité du monde J1 est difficile d'instruire. de voir davan. certains films de M a c chose d'elle-même. Barthélémy Amengual et René Micha. L e triomphe de l'art abstrait SOUS les formes graphie du visage humain. à propos de l'image extérieur. ment en introduisant les normes du récit (décou.. montage. la dilution totale de l'anecdote. L e 4. dans une cet égard. 33 d'une évolution générale caractéristique. Il est certain que la photographie et le photographique. le phie du réel. une "image-spectre de l'hommes'/3. explorant cette réalité qu'il donne à voir. langage autonome. de la personne ou de la chose pourtant absente"/4. Une grande partie de ce qui apparte. D e 1896 à 1902. qui échappe à l'oeil nu. leur de témoignage de l'image.i. ). équivoque est surtout évidente lorsque l'image que - la tension secrète vers une action a été repris nous interrogeons nous montre l'homme. entre autres choses. analyse longuement la notion il y a des préoccupations picturales chez Eisens. Seul de son espèce parmi les arts plastiques (dont 1.

non A quel usage. tographie. tions purement scientifiques :l'illustration photo- Ces photos ne sont donc nullement des "poses" graphique tend timidement à devenir un langage destinées à quelque album de famille. écrit Merleau-Ponty/? 2. photo. L e cinéma ou l'homme imaginaire. les photos d'objets à usage profane ou rituel un sens. L a phénoménologie. etc. auquel il est difficile de s'arracher. par la seule versitaire. Lyotard. selon le tive des phases d'un rituel. qui est la source et la référence sacrée. vraie. afin d W r e complémentaire. "un fantastique latent impliqué là plut8t un amusement. 1956. c'est encore trop d'images dans les plus importantes monographies dire. sociographiques révèle sans ambage un tabou uni- tendent à imposer silencieusement. Presses universitaires. étranger à son propos. p. Nous découvrons avec force qu'il existe par. connus et aimés. L a recherche délibérée de intéresse ici. pré- "qualité" artistique d'une photo est une valeur nou. enfin. C'est toujours le texte dans l'objectivité m @ m e de l'image". les photos de phénomènes en mouvement (rites. publient parfois des albums d'images. Ces images nous univers qui n'a plus rien de c o m m u n avec labiblio- apportent mieux qu'une leçon de sociologie :une thèque traditionnelle. le gênait. dans 1. Les masques. 1954. ne s'efforcent-elles pas d'inventer 3. l'emploi de la photographie gens ont pu voir l'admirable exposition de photos s'est généralisé dans les musées d'ethnographie . nous velle. 1957. 38. une information que pour égayer un texte ardu. intitulée L a famille humaine (The Family of Men). alors qu'elle a envahi mot de Morin. document. Nul document sociologique ne révèle mieux que sévère . sans apprêt. ra- - ces instantanés privilégiés choisis pour leur pou. en effet. dérobées à la vie quotidienne. dépourvu de toute émotion ? photo. en vérité. de rire ou texte. elle est devenue un instrument de vulgarisation Ces images. cependant. là. A u cinéma. Mais leçon. Parfois. 80 précisément. l'image de l'homme se l'image. L e cinématographe en évitant soigneusement "les effets artistiques") . d'une manière dans la recherche : plus générale. religieusement. expliqué par lui. graphie/3. leur charme indéfinissable que . risque à reproduire le visage des h o m m e s qu'il a au-delà de la diversité des cultures. ). rement intégrées au développement de la pensée. le cinéma est un instrument autrement nal'tre. Ces images authentiques éveillent la morale. mais il le fait avec une grande les costumes. L a photographie n'a encore jamais l'expression. les décors passent au second plan. Dans ce domaine. une morale universelle. Les "sciences sociales". Aussi bien le cinéma règne-t-il sur un présence fraternelle de l'homme. qu'l'enrichir la puissance affective l'histoire de l'art. social existe sourdement et c o m m e sollicitation". montrent scientifique dont personne ne conteste la valeur. l'archéologie. à devenir affectif et tout ce qui est affectif (qu'il recommande de montrer dans leur milieu. les auteurs les moins austères l'homme est immédiatement perméable à l'homme. L a "magie de l'ombre" est ici a m . Nous touchons de très près. tend à devenir magique"/l. Paris. "Avant la prise de conscience. cité par Mais cette valeur éminente ne satisfera pas Jean-F. Egard Morin. dans la photographie. prendre le plus grand nombre possible de cli- pelle un jugement esthétique plus qu'un jugement chés des "moments critiques les plus intéres- de réalité. qui présente l'avantage d'8tre jointe au tout dans le monde une façon de jouer. Confusément. l'ethnographe se communication du regard. pudeur. de famille :un pouvoir d'émotion Sans les con. "tout ce qui est image tend. si du moins cette expression a un sens. de toutes civili. nous reconnaissons des êtres proches de riche. ou mieux. Griaule recommande de plifiée par l'obscurité de la salle. ces photos sont toujours "en marge". Dans sa Méthode de llethno- photographies des @tres qui nous sont proches . Phénoménologie de la perception. Etrange 3. sauf peut-@tre dans le domaine de la tech- pr@te-t-elle pour le sociologue ? Beaucoup de nologie. Les ethnographes de l'image''. Cette magie ap. une façon à parlé est toujours pauvre et l'oreille facilement laquelle le coeur plus que l'esprit reconnal't la distraite. remédiant aux difficultés parfois regardées pi eus ement . Marcel Griaule définit trois types les morts qui nous étaient chers survivent pour d'l'enregistrements'' photographiques. valables nous dans leur "double" figé.D'où le pouvoir véritablement "magique" de la un langage objectif. coutumes. ment parallèle de l'iconographie dans les publica- tif et sensible a pu les surprendre à l'improviste. Paris. bien sQr. le langage de pleurer authentiquement humaine. l'absence leçon de morale. P a r contre. il semble que ce soit moins pour préciser ginaire". des h o m m e s de toutes conditions. S'il utilise la à ce que la phénoménologie appelle le "social ori. dès lors. Elles ont insurmontabl es de la description rigoureuse des cependant le m ê m e pouvoir insolite que les photos gestes techniques et rituels. lude à 1'enregistrement cinématographique. Qu'on ne dise point que la Seule la photographie du corps en mouvement. transformant. voir magique. n'introduit pas été utilisée systématiquement pour l'étude exhaus- une dimension spécifique . mais il ne détr8nera pas l'emploi de la pho- nous. elle ne fait. A l'heure actuelle. compréhensible. dans cette perception. p. Paris. 41 5. mais c'est Ii existe. Cette Elles relatent des faits et se méfient du prestige auréole affective nimbe tout particulièrement les magique des mots. elle ne la crée pas de toutes pièces. tous les sociologues. tels qu'un photographe atten. surajoutée. Une photo est toujours w e avant d'être sants". Mais. le 1. 12 . c o m m e si le pouvoir émotif de l'image. Sans doute assisterons-nousbient8t au développe- sations. les photographies aériennes. vraie parce que belle. hérite de cette étrange propriété de l'image en la 2.

un plan d'ensemble.les illusionnistes arra- l'homme. Mais le fait n'a en soi ou la brousse. le pho. L a photogra. avait déjà souligné malicieusement que le m ê m e puisqu'elle saisit un fragment de nous. Il faut bien se faire à même. c o m m e le ferait double :présences admirables et ingénues de la une jumelle . cepen. toute photographie est une caricature. le pouvoir émotif dont parle Edgar Morin se modifie avec la position. c o m m e il est lié au jeu de l'ombre et de la lumière. D e m ê m e . de participer à l'action . une plus grande fidélité au anciens peintres flamands ou italiens. d'une part.semblent éprouver parfois la nécessité d'incarner plongée. en plongée ou en contre. et des manipulateurs de lanternes magiques. la marche de l'homme. la photographie standard. nouant avec la tradition des montreurs d'ombres C'est alors que se pose avec une acuité toute par. un stéréotype sans vie. Ceux-là réel ? Lorsque le cinéma était en train de naftre. de la façon dont elles seront ma. de la "Pêche à la crevette'' n'opère plus en plein air. de l'autre. L'aspect des choses. aurait pu aussi bien réaliser d'immenses possibi- rage est l'art de révéler la réalité sous un certain - lités pratiques. etc. ouvrage cité. le photographe guide nécessairement la prise de le texte sort du brouillard. "capturé". Edgar Morin le rappelle : les précur- tographe moderne doit aussi emprunter des voies seurs (Muybridge. L'appareil de prises de vues ne rapproche la description. de l'éclairage. E n lité elle-même. pour atteindre mettre au point un instrument de recherche ''pour à la véritable connaissance d'un visage. par le miracle de - ment . Tout dépend de l'angle. techniques ou scientifiques. seau. Il faut. impose une certaine coloration affec- Mais les consignes qui exigent la dépoétisation tive. D'autre part. Il n'existe pas d'éclairage parfaitementneutre. L e cinéma dant. que le cinématographe seulement un problème esthétique. du style de l'éclairage ? L'art de l'éclai. ner les scènes décrites. dès sa naissance. de lui fournir le support d'un pas seulement pour mieux voir. l'image officielle de nous-même qu'imposent les habitudes PHENOMENOLOGIE DE L'IMAGE ANIMEE ET bureaucratiques du monde administratif moderne. pour atteindre à cette plénitude dans la communi. que les émulsions les plus de microscope et le transformèrent en jouet. Sa naissance m ê m e . le respect religieux des plus grande objectivité. une panique ou une joie qui m o . Il faut aborder. duction" photographique. écrit Morin. cinéma ethnographique et sociologique était né. la lumière artificielle. la notion d'un "cinéma-vérité" m ê m e réalité. Lumière fixa définitivement la tech- l'intégralité d'une condition humaine. p. C e propos préliminaire paraftra peut-être bien Les archives filmées de ce siècle commencent léger aux esprits sérieux. connaftre. sur la toile. 14. photographique. les champs - permettait de le croire. Mais l'essor du cinéma c'est-à- jour. 15. est toujours un mensonge. Dès qu'il du "Déjeuner de bébé". dansles rues. rapport ambigu s'établit entre l'objet et son image dire un désarroi. C'est dans ces conditions particulières qu'il du "document" scientifique sont inopérantes. au désir de mieux voir pour mieux que l'on puisse dire qu'elle est "parlante". - dire du film spectacle a atrophié ces développe- objectif. Lorsque. le cinéma la doit à la curio- cation. l'interprétation qu'elles suggèrent ne dépendent. du l'idée qu'elle est image de la réalité et non la réa- hasard de l'instant qui nous a saisi. re- sensibles ne parviennent pas toujours à percer.. L e peintre surréaliste Magritte un sens. Marey. C e n'est pas ne s'étonne pas. la distance. ces constatations simples avant d'analyser allait-il être l'instrument objectif capable de sai- l'image cinématographique de l'homme et de la sir sur le vif le comportement de l'homme ? L a société. ments. Et nous disons bien happé : le cinématographe éclairées. savent nous faire participer à l'essence d'un visage. notamment. Qu'il s'agisse de l'éclairage ou du choix de l'angle. pour fixer l'image d'un visage de telle façon sité scientifique. Pour découvrir L e mouvement cinématographique enlève-t-il à la la vérité permanente d'un visage. avec ces premières réalisations naïves. le phie est un art. pour être happé par le spectacle et devenir le ciné- elles pas. qui auraient semblé naturels"/2. plan. de ses fins apparentes. c'est-à. indifférent : chaque angle définit différemment la Flaherty. dèle l'un de nos nombreux visages possibles. une singulière possibilité lui est offerte d'imagi. LANGAGE C I N E M A T O G R A P H I Q U E la photographie-fiche signalétique. radicalement détourné problème de connaissance. le photographe pénètre dans une zone chèrent bientût aux savants cette nouvelle espèce d'ombre plus épaisse. au m ê m e titre que l'art merveilleuse ingénuité de la "Sortie des usines". on redécouvrit avec émerveillement le vol de l'oi- au-delà des fluctuations de nos grimaces. guetter l'instant problématique où s'exprime en lui de son c8té. lorsqu'il entre dans la maison de rien que de réjouissant . de m ê m e . 2. le lecteur a le sentiment d'"être présent". Morin. il fallait toute photo ses séductions magiques ? Introduit-il une l'habileté et la patience. conscience. ouvrage cité. car faut analyser la valeur documentaire de 1a''repro- il n'y a pas de photographie "objective''de nous. Brusquement. en se rapprochant. n'estjamais verrons comment. p. Il est banal de rappeler qu'un objet ne prend pas la m ê m e signification dans un gros 1. Nous L'angle de prise de vues. c'est aussi un se soit vu. 13 . avec Dziga Vertov. l'image. Morin. ''On ticulière le problème de l'éclairage. savoir étudier les phénomènes de la nature''f1. nique et lança ses opérateurs par le monde. Démeny) entendaient secrètes. L e cinéma utilise. connues de lui seul. le galop du cheval. l'oeil voit autre- "mère baignant son enfant" ou d'une "beuverie sacrée".

définitivement. mais n'en est jamais le décalque. trop sollicitée par une esthétique particulière. un langage qui adhère fortement à la réa. de fiction". gistre". cet essai n'apportera au. 14 . la qualité m ê m e des prises c o m m e précédemment pour la photographie. Dans la troi- accord et en raccord les fragments temporels. ce temps "métamorphosé". pour Leenhardt. p. On a noté souvent que le temps et l'espace sait. mais des images de l'action. Quand nous montrâmes ces unit et organise en un continuum la succession dis. A cet égard. de vues. d'un cas limite. trois combinaisons à un public qui n'avait pas été continue et hétérogène des plans. où l'élément dominant semble l'art cinématographique. L'esprit manie librement ce d'un gros plan neutre. Il n'en reste pas moins que. de l'univers filmique n'ont rien à voir avec les tendant à prouver que la signification émotive d'un coordonnées analogues du monde réel. le sentiment de réalité qui se dégage des terroger sur la transposition que l'image animée images. elles se groupent connu Mosjoukine.fut réintroduite dans le développement m & m e de film sociologique. alors que le cinéma véritable assemblée avec une image montrant un divan sur expurge et morcelle la chronologie . c o m m e le souligne en. Rappelons-la. qui étaient tage se joue du temps réel. qu'il s'agisse d'un documen. il faut. Dans la pre- fil visible ou invisible. A cet égard. cune recette. Roger l'unité de temps et de lieu qu'il impose est une Leenhardt l'a souligné :le style du montage a limitation absurde. ceptible donc d'étre affecté au maximum de signi - rons l'occasion d'y revenir : il n'existe pas de trai. Nous choishnes des gros plans au sein d'une structure autonome qui n'est pas con. L e montage sentant un petit ours. s'est libéré moins en moins . fille en train de jouer. de l'espace et du temps morcelés aux. 2. le montage. Il convient de ne pas accorder ainsi obtenu une grande authenticité. Remarquons que la parfaite concordance de son regard devant le potage oublié. précisé. L a plupart des grand encore entre la réalité et son image mou. Il est évident qu'il s'agit là tement "scientifique" du langage cinématographique. les seules vertus du montage. 120- On a beaucoup insisté jadis sur le r81e structu. cinématographique/2. non de tite fille s'amusant avec un jouet cocasse repré- l'action. table que Mosjoukine regardait cette assiette. en fait. no 100. m d m e s'il ne constitue pas l'essence du cinéma. dans les trois cas. réussies parfois des chefs-d'oeuvre de l'art cinématographique. des gros plans de l'acteur bien quels leurs modèles appartenaient . finalement. serons sont aussi des oeuvres cinématographiques "crée entre les plans des rapports de sens que la - achevées. 1. L'écri. 27-38. rela- l'interpétation "stylisée"qui serait celle du "cinéma tivement faibles. Il souligna la lourde amertume fluide. changé depuis 1920 et cette prétendue loi joue de aussi bien que le cinéma de fiction. Esthétique du cinéma. selon l'expression d'André Bazin. avec bonne foi ou mauvaise foi.Dans core Morin.dont le cinéma dit documentaire. le gros plan de Mosjoukine était immédia- langage. il met en lequel reposait une f e m m e morte. rant du montage dans le discours cinématographique. Nous assemblâmes ces gros plans. reconstituera un temps nouveau. un élément secondaire du récit C e temps "truqué". octobre 1959. dans montage. on le vante. le décalage est plus celle de l'école expressionniste. nous savions ment. Dans le soupe sur une table. Ambiguïté du cinéma. 121. de la célèbre expérience dite de Koulechov. dans la mesure. ce r81e n'est pas primordial dans le du cinéma. le gros plan était suivi d'un plan d'une pe- selon un rythme particulier qui est celui. Il devenait évident et indubi- cinématographe Lumière. par quelque selon trois combinaisons différentes. tel et tel film. fut remué du temps réel et du temps filmique dans les pre. à l'imaginaire . ces petits films relèvent plus du théâtre heureux avec lequel il couvait des yeux la petite filmé que du cinéma. jeu de l'interprète. mais en donne l'illusion. sus- langage. pp. sième. il est un mière. on voit que une importance exagérée à ce principe. tous semblables. Si ce caractère confère au document tement la mdme"/l. fications variables. Paradoxalement. le cinéma appartient toujours. telle que Poudovkine taire ou d'un film de fiction. La plupart des films que nous analy. le mon. se détachent. à partir des séries temporelles hachées en naire. spéculations sur le montage s'inspirent. Mais nous. Les limites de variation sont. avec d'autres fragments de film. Auparavant. par le profond chagrin dont il témoignait devant la mières bandes de Lumière. le résultat fut extraordi- qui. s'in. en invente un autre. C'est ce rythme mis dans la confidence. la physionomie de Mosjoukine était chronologique réel". tement suivi par le gros plan d'une assiette de lité. par le l'a rapportée : "Koulechov et moi prhnes. bien être. Nous noterons aussi que se préte aussi bien à l'expression de la vérité qu'à l'expérience de Koulechov a été faite au moyen celle du mensonge. Les cinéastes savent bien que l'on pas d'ensemble de règles qu'il suffirait d'appliquer change rarement de manière aussi radicale. par pour enregistrer automatiquement la réalité sociale. où ils respectent la chronologie de l'action que. la physionomie était exac- enregistrée. celui qui suit. Cité par Agel. statique. l'analyse filmologique a été impose nécessairement à ia réalité qu'elle "enre. Les images plan varie en fonction de celui qui précède et de extraites de celui-ci. la signification d'un de façon de filmer qui différerait radicalement de plan. est liée à leur courte f e m m e morte. et n'exprimaient aucune es- forme à la réalité. le montage serait m é m e devenu. Nous au. le temps "était exactement le temps la seconde. - pèce de sentiment des gros plans immobiles. ture cinématographique condense le réel. Cahiers A vrai dire. Bref. et admira le sourire rayonnant et durée . Roger -Leenhardt. immobile. qui étaient statiques. L e public délira d'enthousiasme devant le menus morceaux.

qu'assume le cinéma documen. laquelle l'expressionnisme du montage et la valeur la durée de la chasse est la substance m & m e plastique de l'image sont les fondements m ê m e s de l'image. de l'art cinématographique. qui fit passer la fonction symbolisante plus émouvant qu'un montage d'attraction ? "f 2. opère un choix parfaite. L a réalité filmée n'est L e cinéma documentaire récupére donc une plus l'ombre dont le montage serait la proie . 134. 56. Paris. de ce fait. elle part des prestiges archaïques du cinémato- est la proie et l'ombre. écrit Bazin. L e souci primordial cet épisode ne comporte donc qu'un seul plan. beaucoup de Flaherty. idem. L e montage pourrait suggérer le temps : des grands cinéastes russes et allemands. mais. elle s'efforce. dans une matière trop abondante. 2. son véritable objet. du moins. selon le mot de Bazin. dans le temps métamorphosé du montage. Ontologie et langage.nature de chacun d'eux pris isolément n'implique devant Nanook chassant le phoque. du montage au second plan. André Bazin. Dans le film. de l'image et de la réalité tend à redevenir il élimine les éléments parasites. ne peut tout voir à la fois . de n'en rien perdre. ce 1. C e qui compte pour Flaherty. selon Flaherty se borne à nous montrer l'attente . Qu'est-ce que le cinéma ? 1. le montage ne joue plus certains moments privilégiés où l'adéquation guère. qu'elle choisit de voir. à taire depuis Flaherty. 1958. l'ampleur réelle de l'at- premiers à rejeter implicitement la conception tente. d'exprimer la réalité fut l'apport révolutionnaire Niera-t-on qu'il ne soit. Dans cette reprise en graphe Lumière . qu'un rüle négatif . c'est le rapport pas"/l~ Bazin note aussi que Flaherty fut l'un des entre Nanook et l'animal. "La caméra. 15 . p. p. il réinstalle le temps réel mains de la réalité.

les plus importantes du cinéma documentaire. aussi leur optique particulière met en relief un en révélant des aspects fragmentaires de sa condi. Confusément naît l'impression pitres suivants. au m ê m e titre que les oeuvres révèlent. le cinéma Distinguer. Les films de ce genre ont l'immense gnages sur les idéologies de notre époque. Ils n'en ont pas moins vent que le sujet est traité avec conformisme . sophie sociale. qui acceptable. Il est rare. les raisons qu'elle a 16 . C e phénomène sociologique mérite rassemble dans une m ê m e perspective les oeuvres d'être analysé. E n effet. on s'en doute. nous. une sociale. utilisent le cinéma pour convaincre le public de la taire car. le cinéma ethnographique véracité d'une thèse sociale. voire des pamphlets. mais il évolue avec aisé. auquel ils s'adressent principalement. n'est pas sociologique lui est refusée . ciels" de mauvaise foi. Lorsque à la façon d'un microscope. et s'opposent aspects lumineux. tion sociale. Ils se présentent à nous c o m m e des que de tels films montrent autre chose que les témoignages. un retour aux origines scienti- authentiques. ils sont des témoi- immenses. de la fiction. au regard m é m e de l'enquêteur . Ces do. Souvent mérite d'établir un contact sensible avec l'homme. les thèmes retenus tiques. regard précieux néanmoins. au cours des cha. s'efforçant. L e film-document se substitue. provoquant l'éclosion d'une série impres- sionnante de films-documents. un aspect de la réalité sociale qui doit retenir l'at- taires sur l'homme sont souvent des oeuvres cri. fournit à la sociologie plus d'un limités. naturellement. la distinction crètes qu'il a le pouvoir de restituer. NOUSverrons bient8t comment le souci d'exprimer. il la valeur considérable des constats : illustration reflète les idéaux. on constate sou- des rapports scientifiques. Ces films. dès qu'une thèse moignent d'une volonté claire de refléler la réalité s'impose et s'interpose entre l'image et nous. de provoquer une prise de conscience société se voit elle-même. souriants de la vie sociale na- dès lors radicalement aux films documentaires de tionale. LE FILM-DOCUMENT sociologique. les pouvoirs publics subventionnent un film destiné Les films-documents n'ont pas été conçus c o m m e à montrer les moeurs nationales. en quelque réaction vaguement hostile se dessine au plus pro- sorte. Sans doute aurait- propagande sociale. Il faut bien avouer ou sociologique est né bien avant que les ethno. d'esquisser l'histoire du film so. la pro- est un langage pauvre. Notre sujet exige Il arrive fréquemment que les pouvoirs publics une analyse des grands courants du film documen. et dès que cuments authentiques sont des oeuvres d'art. Paradoxale. parfois fort ingénument. comment la dramatiques. les Dès l'instant où le cinéma ne nous entranie pas deux types d'approche objective du comportement dans l'univers du réve. de toute façon. Quoi qu'il en soit. Nous tenterons. de grossir ne joue pas toujours avec autant de netteté. taire" la vérité toute nue. nous atten- humain que l'ethnographe a définis. du réel . regard synthétique plus qu'ana. les pouvoirs d'observation de la caméra sont qu'ils évoquent. sans fards. les stéréotypes de la société. relèvent de la première catégorie. Ils montrent. une singulière régression du "cinéma" au méritent d'étre considérés c o m m e des documents "cinématographe". Nous attendons d'un tel cinéma "documen- que les spécialistes des sciences sociales. dans son authenticité. dont le sociologue doit aussi on mauvaise grâce à accuser les producteurs "offi- tenir compte. S'il n'échappe à personne que les films nazis une aisance merveilleuse dans les situations con.dont dons de lui qu'il approfondisse notre connaissance l'intention sociologique est plus ou moins nette. le plus souvent. LE FILM DE PROPAGANDE SOCIALE cinéma. té. aspect saisissant du groupe social qu'ils présentent. que. les superficiel parfois. On retrouvera dans ce panorama. mais ses possibilités expressives sont enseignement. D u point de vue discursif. films de propagande sociale existent et leur philo- lytique. tention du sociologue. problème. CHAPITRE II POUR SERVIR A UNE TYPOLOGIE DU FILM SOCIOLOGIQUE 1.regard fond de notre conscience. les films de ce genre sus- graphes ou les sociologues prennent conscience de citent chez le spectateur averti un curieux senti- son existence. L'abstraction du langage pagande de mauvaise et de bonne foi. Pour l'historien. ment de méfiance. Ils réveillent la sensibilité autant que l'intelligence. dans de telles productions. ciologique. certains aspects de la vie sociale s'est développé dans l'histoire m ê m e du 2. d'un problème sociologique ou introduction à un tel rarement ses tares. Ils intéressent dès lors aussi bien le fiques de l'appareil de "prises de vues" s'opère en grand public. Il est remarquable que les grands films documen. Cette loi est universelle. la sensation de liberté faiblit. - d'une duperie la thèse m ê m e serait-elle valable. autant que les situations concrètes ment.

des ethno. les pamphlets révolutionnaires. est difficile de faire la part de la politique de pres. la liberté d'expression est beaucoup plus de sociologie. les Colloques internationaux du film ethnographique Quelques cinéastes de grand talent ont su expri. produire de nouveaux films ethnographiques . plus simplement. les efforts capitaux importants. mai 1955) cien cinéma documentaire colonial regorge de films et à l'Université de Cagliari (Sardaigne. L e Comité international du film ethnographique la fois du point de vue esthétique et du point de vue et sociologique scientifique. fique que de l'expansion de l'art de l'imageanimée''. que l'on trouvera les oeuvres sociales Il s'est donc constitué une fédération d'organismes critiques. à l'échelle mondiale. soit destinée à la vulgarisation international du film ethnographique. prudence par le sociologue qui y trouvera parfois . flatteur pour les institutions nationales. ou. notamment. ils Italie. diffuser les meilleurs films ethnographiques. nationaux affiliés au CIFES qui poursuivent. le Flaherty m u n des problèmes que pose ce type de films. Smets. en 1952. Musée de l'homme. Tchécoslovaquie. le Prince graphes et des cinéastes professimnels se sont Pierre de Grèce et de Danemark. catégories précédentes. des figures tional groupe actuellement les pays suivants : d'assassins. L e Comité inter- les commanditaires politiques. dans les. Canada. ténue dans le cinéma que dans la littérature. France. du Comité soit scientifique. où les oeuvres présentées sont jugées à A. C'est tout spécialement dans le sociales (ou inspirée. de "faire connal'tre. la docu- ci par des cinéastes professionnels.dresser un inventaire de tous les films d'in- blic leur action sociale dans divers domaines. On observe .aux Etats-Unis. Dans un certain nombre de cas. a été créé à l'initiative de les étudiants du cinéma et les cinéastes contemporains Jean Rouch (qui n'a cessé d'en assuxxr les fonc. des délégués du CIFES et de l'Association interna- A c8té des documents que nous fournissent les deux tionale de sociologie. lors du IVe Congrès photogénique. Parallèlement à ce courantd'intérêt. de l'autre. logiques. mai 1957). et sociologique. de son côté. LE FILM ET LA RECHERCHE ont abouti à l'organisation du Festival international SOCIOLOGIQUE du film ethnographique et sociologique (Festivaldes peuples). et phique et sociologique. Etats-Unis d ' h é rique (Peabody films tentent d'informer objectivement le public Museum. venu Comité international du film ethnographique dont le premier président fut le professeur Georges et sociologique ou CIFES. d'intéressantes peintures de milieu. en dépit des servitudes qu'imposent à la Culturale de l'Université de Pérouse (mai 1959). Enfin. D'une manière gé. le Comité interna- malandrin ont curieusement. nous accorderons une place L e but du Festival des peuples. qu'anime un m & m e souci d'authenticité. n'envisagent le problème que sous un angle parti. Grèce. dont le siège social est à Paris. Il est signi- tions de secrétaire général). par un jury comprenant.de s'estimer . Pologne. tant au point vouer la plus grande admiration à Flaherty. Il contres internationales organisées par le comité. les objectifs suivants : quels les pouvoirs publics justifient auprès du pu. graphique. Cet Film Seminar. en quelque manière. au Musée de l'homme (Paris. du Centre italien du film ethnographique et sociolo- blème déontologique. Depuis la création. organisé définitivement lors du IVe Con- tus qui examinent paternellement le cas d'un petit grès à Philadelphie. n'a cessé de l'art cinématographique.ethno- tige dans un film d'information sociologique. réali- pologie culturelle) que l'on voit fleurir une telle - sée dans divers pays documentation qui peut être production. des valeurs culturelles s'affirment de vue du développement de la recherche scienti- ou sourdent. Pays-Bas.rassemble chaque an- organisme. Je connais tel film sur l'enfance international des sciences anthropologiques et ethno- délinquante où les dignes bourgeois pleins de ver. les analyser. très souvent. ces Belgique. en vue de ''créer des ficatif que le Comité international du film ethnogra- liens entre les sciences humaines. mais. les conditions de l'homme dans la société). en 1952. ou CIFE (de. gique (Centro Italiano par il Film Etnografico e Sociologico)et du Centre culturel cinématographique italien (Centro Culturale Cinematografico Itaiiano) 3. réunis à plusieurs reprises pour discuter en com. au née. Suisse. L e CIFES. à Milan-Stresa (septembre 1959). à des spectacles". particulier. Royaume-Uni. car où le champ d'activité du Comité a été étendu à chaque création nécessite la mise en oeuvre de l'ensemble des sciences sociales. térêt ethnographique existants. en nombrables films de toutes nationalités. Yougoslavie. Les in. de cette espèce. à Florence. Il se pose là un difficile pro. évidemment. d'une part. organisés à Prague (septembre m e r une vision personnelle et authentique de 1957) et à 1'Istituto di Etnologia e Antropologia l'homme. qui se déroulera importante aux films réalisés par des chercheurs chaque année à la m ê m e époque. en 1956. est dirigé. à l'occasion mentation cinématographique relative aux sciences d'une recherche. . 17 . sur un problème social. par domaine de l'ethnographie traditionnelle (ou anthro. est scientifiques ou en étroite collaboration avec ceux. à l'écran. création artistique et à l'objectivité sociologique avec la collaboration de l'Unesco. depuis 1960. C e n'est pas dans une telle production. par S. en 1959). Harvard University). Parmi les ren- culier. autour du nom prestigieux de l'auteur de Nanook. citons les Semaines internationales du film. national a participé aussi au 4e Congrès mondial nérale. doivent être considérés à priori avec beaucoup de les critiquer et les conserver . aussi de singuliers phénomènes de déformation Institué à Vienne. L'an.A.

(a) L e film de recherche proprement dit -omprend. moyen d'enregistrement gique organisé". sur la construction d'un film". Pendant longtemps les chercheurs des films scientifiques dans le domaine de l'anthro- ne se sont guère interrogés sur la validité de ce pologie physique et de la préhistoire. reconstituer toutes les étapes. rence aride. avec lucidité. en marge de toute geurs aient "donné leur premier tour de manivelle "recherche" scientifique systématique. à juste titre. deux types :il faut distinguer méthode du film ethnographique et sociologique les notes cinématographiques (tournées au jour le jour. sans plan préconçu) du film organisé. Leroi-Gourhan. aussi destiné au grand public. Cette largeur de vue ne sera mal. dans la mesure . les "films de et qu'ils reconnaissent la valeur du "cinéma- milieu" tournés en dehors de toute préoccupation archives". elles bouleversaient cherche soient réalisés par les ethnographes eux- bien des conceptions étroites de l'ethnographie . Tout au plus. nique cinématographique est donné aux futurs cher- çoit. teront ultérieurement de codifier la méthode du (c) L e film de milieu. de revoir ce que le travail détruit irré- française. m@mes. Leroi- Rouquier venait de consacrer à une certaine pay. dans la musique aussi bien que dans heureusement pas partagée par tous ceux qui ten. c o m m e dans jouet. tout à la fois du type de son visage. André Leroi-Gourhan. dit àpeine d W r e reconnue. L e film servait à planter de la mimique dans l'expression des sentiments. 1948. 18 . notamment. B. contribuèrent le plus à ce changement vocablement". l'ethnologue cherche 1. Dans ces trois catégories. par contre. Paris). Avant rieuses lorsqu'on change de continent". qui relève du film de voyage . de marche. c o m m e une intrigue sentimen. L'article sur le terrain. par exemple. no 3. un et d'établir le portrait véritable d'un groupe délassement. Cinéma et sciences hu- des documents. scrupuleuse. soit à décrire un secteur limité de la Sorbonne. soucieux de ne pas enfer. qui doivent apprendre à manier la caméra. il rejoint le film ethnolo- (a) le film de recherche. les bandes "il devient possible de faire l'étude des attitudes maladroites que l'ethnographe rapportait d'un loin. d'&tre qualifié de "cinéma de recherche". Anthropologie physique : guère pris au sérieux. des tain exil servaient-elles à agrémenter une confé. qui faisait la joie des amis. c o m m e exemplaire. Farrebique (voir p. tourné Naissance d'une doctrine du film ethnographique sans préoccupations commerciales. Ethnographie : le film peut s'atta- de perspectives. pose résolument la question :le film son activité. peut. avec les idées les plus vagues sur de Leroi-Gourhan mérite donc d W r e salué c o m m e l'éclairage et les angles et aucune notion sérieuse l'étude d'un précurseur. de repos. catégorie que l'auteur cite. bien qu'il soit film ethnographique. mais suscep- en France tible d'intéresser le grand public . ses m e m b r e s et des gestes qui les animent". l'authenticité du documentaire cheurs au Centre de formation aux recherches très élaboré que le cinéaste professionnel Georges ethnologiques (Musée de l'homme. Il ne s'est par exportation. m e r le film ethnographique. dans le scientifiques. d'hommes. doit disparaftre. probablement trompé que sur un seul point :l'exis- tale enmilieuchinois ouunbon film de gangsters tence d'un cinéma de notations. la théorie de Leroi-Gourhan a. le choix des images. qui mériterait new-yorkais deviennent peinture de moeurs cu. Gourhan regrette. mouvements de la main de l'ouvrier ou du nageur. le cinéma était un jeu. Leroi-Gourhan aper. fiques dotent les équipes scientifiques de caméras maine de "film ethnographique". commentaire. histoire :le film-témoin de la fouille permet d'en matiquement à des fins scientifiques. Leroi-Gourhan pose donc très clairement le (c) le film de milieu ''tourné sans intention scienti. 49). ethnologique existe-t-il ? A l'époque où ces consi. le film de Rouquier. le film était susceptible d'etre utilisé systé. dont l'existence vient (b) L e film d'exotisme ou de voyage. que tant de voya- sannerie française (Farrebique). "recèle inconsciem- Leroi-Gourhan distingue trois sortes de films ment des valeurs scientifiques qui apparaissent auxquels la qualification "ethnologique" pourrait lorsqu'il change de spectateur. trop rigoureusement inspirée d'autres disciplines où il n'hésite pas à falsifier la réalité. cher soit à donner un tableau général de la culture celui qui allait occuper la chaire d'ethnologie de d'un peuple. L e débat sur la valeur scientifique et la selon Leroi-Gourhan. Dans une étude parue en 194811. (b)le film documentaire public ou film d'exotisme. Pré- @tre. le film organisé fournit un précieux instrument d'enseignement. dans une définition étroite. problème du film ethnographique sur son véritable fique. Leroi-Gourhan souhaite que ces films de re- dérations furent énoncées. Construit et géné- s'appliquer : ralement bien tourné. L e cinéma est entré à la sauvette dans les moeurs Leroi-Gourhan entrevoit la possibilité de réaliser ethnographiques. U n enseignement sommaire de la tech- scientifique . - maines L e film ethnologique existe-t-il ? L a Q Ü e peut-il y trouver ? revue de géographie humaine et d'ethnologie. générales de travail. le décor de l'enquete . C'est précisément dans cette scientifique . mais qui prend une valeur ethnologique terrain : celui de l'information honnete. de Mais quelques chercheurs s'avisèrent que. André Leroi. mais n'était le domaine de l'ethnologie. le il faut que les organisateurs des missions scienti- grand mérite d'intégrer résolument dans le do. C e genre. dans l'ethnographie volonté. "de la refaire à Gourhan est l'un de ceux qui.

"qu'il n'y a pas connaissance durable chez l'enfant. relativement limités. manières d'être. équipé seulement ''angles de prise de vues originaux. dans le passage d'être déformée . les occupations et les genres de vie. L e film et l'enseignement de où ils sont présentés. selon le m e m e rapport. afin de yamener à "se voirs d'objectivation de la caméra. les contrastes irarqués". 19 . un triple quelque autre nation". les échanges réel brut : "la caméra peut noter plus complète- matériels et culturels. l'étude toute autre forme de notation : le monde des gestes de Lefranc c o m m e celle de Leroi-Gourhanont (gestes artisanaux. d'une de l'ethnographe . pédagogiques relevant de cette discipline. L a "contrasté" :l'opposition. L'accent y humaine/ l. sur "l'objectivité'' de un champ particulièrement propice à l'utilisation l'enregistrement cinématographique. Lefranc Leroi-Gourhan. nous évo. c'est un m é - du film dans un domaine voisin :la géographie lange curieux de lucidité et d'illusion. ). techniques. On observe donc une surestimation des pou- lesquelles l'étudiant vit. mité présente. qui opère un choix plus grand. avant m ê m e d'aborder elles peuvent étre revues directement par des la discussion générale de ces diverses idées. la caméra spécialement pour l'enseignement. la vitesse m ê m e à laquelle ils ont lieu. L e rapport du cinéma. l'un des relatives au film sociologique en France. qui estime que cette discipline offre technique d'observation. jeux de physionomie. Les notes "une rue de Chine ou de l'Inde durant une grande cinématographiques prises au cours de l'enquête - famine la destruction de stocks de blé dans présenteraient. regrette l'absence quasi complète de définit. en 1957. une machine perfectionnée à enregistrer le les techniques. Robert Lefranc se méfie ment. plus rapidement et plus fidèlement que des cinéastes professionnels et condamne les l'ethnographe ne saurait le faire. de manière plus limitative que ne le faisait films dans l'enseignement secondaire. Nous Au niveau de la recherche. les auteurs du rapport entrons ici dans le domaine du film m l . pour en approfondir l'analyse. Certes. server les faits plus longuement". elles ne sont pas on à la fois rejeter les éléments de langage ciné. dans un film canadien caméra. un rapport détaillé sur Dans le numéro m é m e de la Revue de géogra. deux niveaux d'utilisation "scien- propose des consignes pour la réalisation de films tifique" du film :la recherche et l'enseignement. la géographie humaine. que la description écrite. la notation cinématographique est plus objective sis l'en fonction de l'idée qui préside à l'élabora. fonctionnant presque à l'insu l'homme en tant que membre d'une société. estiment-ils. "le cinéma dans l'enquête ethnographique et dans phie humaine et d'ethnologie où paraissait l'impor. depuis premiers comités du film ethnographique. A l'initiative d'André Leroi-Gourhanet de Jean querons rapidement le développement des idées Rouch. qui permettra à la mémoire de con. témoin impartial. qui risque toujours tion du film". en 1952. supérieur à l'appareil photogra- Gourhan attire l'attention de ses collègues sur le phique. dans cette étude. précédent. le cinéma serait. la m e m e cérémonie. les commenter . A ce niveau aussi le film apparaît ethnographes. est un films sur le terrain à l'époque m e m e où Leroi. C e co- une dizaine d'années. l'auteur souhaite la réalisation de films auxquels cette définition est susceptible de s'appli- sur la géographie humaine des populations parmi quer. mis en présence d'une cérémonie com- gogiques d'un effet de montage particulièrement plexe. conçu envisagent. atti- l'immense mérite de fournir les premières bases tudes. L a haute tenue de ces docu. il vante lui-meme les mérites péda. . L e rapport sou- dramatiques. ligne qu'il est pratiquement impossible à un seul par ailleurs. L a caméra. se constitue en France. suffisantes à elles seules. Rogert Lefranc. de manière très générale. Robert Lefranc international de Prague. caméra". l'enseignement de l'ethnographie'' au Colloque tant article de Leroi-Gourhan. mais elles complètent matographique qui permettent précisément de des enquêtes précédentes ou constituent le point susciter des réactions émotives et reconnaftre de départ de nouvelles investigations. "alors qu'on cinéma (voir p.d'aborder cette importante polémique. sans la Drésence cinéma permet d'enregistrer ce qui échappe à d'un substrat émotif" ? Quoi qu'il en soit. abordait le problème pédagogique de l'utilisation C e qui frappe. alors que. Jean Rouch tourne ses premiers carnet de notes. l'adaptation au milieu. artistiques. entre deux scènes. etc. en quelque civilisation. est mis d'abord sur la valeur du cinéma c o m m e L'auteur. d'observer l'ensemble des événements. Soulignant que c o m m e un instrument de notation. - L e rapport souligne judicieusement que le l'adolescent et m ê m e l'adulte. sans préciser l'"on &v différemment par l'intermédiaire de la les types de comportement. les éclairages d'un bloc-notes et d'un crayon". peut filmer tout ce gui se passe et sans presque le ments et la vivacité du style impressionnent les chercheurs dans les divers congrès scientifiques 1. conçue c o m m e poser des problèmes" . qui peuvent aisément Robert Lefranc. 49). ex- d'un débat qui passionne de plus en plus les pressions. aux auteurs du rapport c o m m e le complément du En France. informateurs illettrés. Comment peut. souligne pourtant. chercheur.il énumère quelquesthèmes : un oeil perfectionné. à qui semblent répugner les arti. sorte. fices cinématographiques qui ne seraient pas choi. revoir à loisir. les enregistre fidèlement à sur l'alimentation mondiale. la valeur d'"une répercussion émotive les notes cinématographiques permettent de considérable. Soulignons simplement ici avantage : une contradiction interne. par contre.

savoir". Il faut distinguer "les phénomènes re. indigènes qui peuvent parfaitement se placer au ter sur la valeur historique de cette prise de posi. "L'étudiant qui a utilisation". inévitab1es qui noient 1' atmosphè re" /1. L a valeur éminente du cinéma dans de cette condamnation la prise de vues de ce que l'enseignement de l'ethnographie est soulignée les cinéastes appellent des "raccords" . le reportage porte. Déve. Gurvitch. publié sous ladirectionde Georges importantes. c'est-à-dire (selon la c o m m e à une fiche ou à un objet . que le document pur et simple. 141. centre de cérémonies". in : Traité de socio- plexes. exemple de costumes. Techniques de l'enquete socio- trement des "phénomènes en mouvement" c o m . Au- d'enquete'' est symptomatique. M. selon lui. Ceci posé. des manifestations ludiques ou reli- "un document exact se rapportant à des phénomènes - gieuses. C'est là le r81e intéressant de l'art film ethnographique c o m m e "oeuvre d'art'' et "note en ce domaine. le détail judicieusement choisi et en- qui synthétise son enseignement. telle cérémonie non complexe dont on il permet. Il fait se destinant à la recherche ethnographique . Presses universitaires de France. les plus propices peuvent être choisis. d'ornements que l'on peut loppant ce que nous avons déjà observé à propos faire revêtir dans la suite. selon des modes connus. car Dans son enseignement à l'Université de Paris. Les préoccupations spectaculaires sont au Ruanda (Enseignement de la sociologie). une oeuvre d'art. Méthode de l'ethnographie. de tatouages que l'on de la photographie. au cours de l'enquete. vation". 1957. pendant de dégager la trame des événements. Marcel Griaule. Publication matographique ''du point de vue du temps et de de la Faculté des lettres de Paris. cadré est plus évocateur de l'atmosphère réelle nographie. Georges Granai. Griaule le film que nous avons réalisé nous-meme (avec souligne que le cinéaste devra "profiter au maxi- la collaboration de J. dans certaines con. p. étant donné que le moment et l'endroit 85-89. le rapport met l'accent sur la peut reproduire. L'opinion de Griaule est (qu'il qualifie de bandes de "démonstration ethno- sans doute encore fort prudente . Georges d'enseignement pour la formation de spécialistes Granai reprend à son compte cette opinion. phie et estime que "la conservation et la restitution ditions. Maquet pour le scénario) m u m de l'enquête préalable menée par les ethno- sur les relations traditionnelles entre les castes graphes". l'espace". Griaule in- quelques minutes. il tente de situer graphique"). J. sur un rite au sujet duquel on a pu obtenir (Afrique du sud) se souviendra toujours de la quête des renseignements préliminaires qui permettent de l'eau chez les Boschimans. étrangères. à l'ethnographie. chapitre 7. car. 1958. Loin de pr8ner le laisser-faire. . par exemple telle peut être un instrument de recherche en sociologie . siste sur l'importance du travail de préparation L e m ê m e rapport nous fait l'honneur de citer aussi du film. Les activités techniques de l'homme se 1. Griaule précise qu'il ne tion dans le cadre traditionnel de la recherche saurait être question d'utiliser les documents bruts scientifique en France. c'est-à-dire des cérémonies quelque peu logie. en vu le film Les survivants de l'âge de la pierre général. 'lune idée plus juste de l'objet à traiter que le film gistrement". en principe. 20 . avec ses longueurs trices qui. Méthode de l'eth. T. et que le brouhaha des mouve- valeur du "sentiment de participation à la vie des ments populaires ou les circonstances religieuses autres hommes'' . on s'y réfère quement "sociographiques". par - çon donnée est un avantage inestimable". L a séparation nette établie entre le à l'état brut. O n ne saurait assez insis. finalement. Il arrive que l'on puisse découvrir après Si toute reconstitution doit etre théoriquement ex- coup des réactions qui avaient passé complètement clue. cuments scientifiquement exploitables"/2. selon cet auteur. technique. donnent singularité radicale de ce nouveau mode d'"enre. pp. L'enregis. ment très complexes à déroulement peu ou pas COMU". de constituer ''des g- connaft les phases" et "les phénomènes en mouve. M. Griaule expose les trois idées direc. conception française) relatives au milieu rural ou (b) le film constitue un moyen extremement efficace urbain de la civilisation industrielle. demande une préparation minutieuse. Il faut le cinéma dans le cadre des techniques classiques donc prévoir. Il restitue une réalité exacte. facilitent la recherche des significations originaux non reconstitués (sauf dans des cas par. Presses universitaires de France. Il s'appuie sur l'expérience de l'ethnogra- gnement public et constitue. pour l'enseignement public. cette participation s'oppose aux ne permettent pas d'étudier à loisir pendant leur simples "spectacles" de la vie. elle a été tragiquement sienne". il contribue à l'ensei. Granai estime donc que le cinéma prévu. clause limitative :"la prise de gros plans. figurer le cinéma parmi les "techniques d'obser- (c) dans y sens plus large. logique. - nous soulignons en restituant par artifice et à ticuliers)". sation du cinéma au cours de l'enquete : - Analysant les techniques d'enquete plus spécifi (a) le film a une valeur d'archives . mais en- avec beaucoup de justesse : "voir et entendre des core Griaule interprète-t-il ceux-ci selon une - h o m m e s vivants et cela en illustration à une le.1. pretent le plus aisément à l'enregistrement ciné. 2. des complications ou des banalités d'expression niques de l'ethnographie. loisir le temps propre du déroulement des phéno- lativement stables se déroulant dans un espace mènes". la réalisation de l'ethnographie et n'aperçoit pas clairement la de documentaires publics qui. cinématographique des comportements gestuels Griaule concevait le film ethnographique c o m m e et techniques. devraient présider à l'utili. elles risquent d'amener le cinéaste "à négliger Marcel Griaule citait le cinéma parmi les tech. Dans le petit livre trement dit. Griaule admet que ne tombe pas sous le coup inaperçues.

le film fournit de précieux documents à le professeur Tullio Seppilli. implique que nationale du cinéma scientifique/$ exposent ce que le chercheur attend de l'expérience cinématogra- I'Instjtut de Gottingen considère c o m m e la métho. ou aux événements de au savant dans le royaume des images interdites/l la vie humaine (mort. rait une transgression des limites imposées au graphique permet de corriger les fautes ou les "film scientifique". 231-234. Les films suscep- tibles d'une analyse scientifique sont ceux qui ont Der Film als Mittel ViXkerkundlicher Forschung pour objet les techniques. filmer des séquences nale du cinéma scientifique et de 1'Encyclopaedia représentatives. développent nos premiers auteurs. Or. Il wissenschaftlichen volkerkundlichen Filmes. no 4 - venir dans le comportement. décembre 1956. les gestes semblables qui se ré. se rapproche sensiblement de cette procher des traits techniques caractérisant des thèse. n'interdise aucune méthode particulière. Vergleich ethnographischer Topfereifilme als pètent en réalité pendant plusieurs heures. Il faut prendre en considération un problème caractère scientifique. l'ethnologue pourra légitimement inter. On voit que cette graphique). pp. Beispiel fur die wissenschaftliche Auswertung L'introduction du film devrait présenter le milieu von encyclopadischen Filmmaterial (Comparai- géographique. que l'on filme n'est-elle pas affectée par la prise Geburtstag. le D r Spannaus illustre tingue radicalement le film scientifique des autres la première idée en prenant c o m m e exemple les espèces de films documentaires (de vulgarisation. insuffisances de 1'observationvisuelle. ganisation d'un "spectacle" spécialement pour les Dans une étude récente. alors qu'ils s'exé- C'est sans doute aux ethnographes allemands de cutent généralement à l'ombre en milieu tropical. trer un nombre limité de fois. l'Institut du film scientifique (Institüt für den Parmi les licences que l'Institut de Gottingen ad- Wissenschaftlichen Film) de Gottingen que l'on met encore. revue Research Film/Le film de re- liste est volontairement restrictive. (Le filmc o m m e auxiliaire de la recherche ethno- vité économique et les danses. juillet 1957. le D r Spannaus envisage besoins de la prise de vues. Si une expédition de le film ethnographique au point de vue de la re. Düsseldorf. spectaculaire. 159-163. mariage. c'est-à-direse contenter de mon. mais non sans réticence. faudra veiller à la synchronisation des enregistre. principal du film. no 5. de recherche/Forschungsfilm. l'achève- ment se fait par le modelage au colombin (Spiral- ~~ D e l'oeil xagique à l'oeil aveugle wulsttechnik).1 3 et un article anonyme du Bulletin de la L a notion m e m e de "cinéma de recherche". son des films ethnographiques sur la poterie. les rituels. citons l'or- doit la conception méthodologique la plus rigide. nologie et le folklore. Il faut. Pour des raisons décembre 1959. tion technique. Von fremden Volkern und Kulturen (Problèmes ments musicaux. pp. pour chaque opéra. 1955. Les documents filmés rap. pp. vo 13. 2. de l'Université de l'ethnographie comparée. certains traits de l'acti. lit-on du filmde recherche de l'Association internatio- encore dans les Règles. il connai't mal ou dologie du film ethnographique. le type anthropo. en permettant de rap. cérémonies et manifestations matériel filmé de caractère encyclopédique). Hans Plischke z u m 65. sociales divers liés à l'activité technique. mais le cinéaste choisit gnements imparfaits fournis par la documentation certains aspects de la réalité en fonction de son &rite : celle-ci signalait que la technique utilisée idéologie propre . cinéaste. que section du film de recherche de l'Association inter. culturel et social. le film a révélé claire. vol. chasse peut &tre ainsi provoquée par l'ethnologue- cherche stricte et n'aboutit qu'à limiter singuliè. Pérouse. ). le film conçu c o m m e une oeuvre dans cette population est un modelage par amincis . notamment. 85-95. 2. etc. enfin.Ethnographie et radicalisme cinématographique d'éclairage. logique de la population. constitue- L'auteur estime que l'enregistrement cinémato. sairement différent selon l'auteur. techniques de poterie. cinematographica) vol. fection de la moitié inférieure du pot . bien qu'elle cherche/Forschungsfikm(Bulletin de la section soit présentée à titre d'exemple. phique une révélation . Research E'ilm/Le film Parfois. Une troisième étude du m ê m e auteur. objective . L e professeur Seppilli pense portés de la tribu Ngbande (nord du Libéria) par également que la technique cinématographique est. Peuples étrangers et capital :dans quelle mesure la conduite des gens cultures étrangères). 2: . il pourra faire effectuer les travaux manuels au soleil. no 4. scientifique. le D r Germann ont permis de corriger les rençei. le cas en tant qu'exemple d'évaluation scientifique de échéant. Il faut songer aussi à montrer Theoretische und praktische Probleme des l'utilisation de l'objet dans la vie quotidienne. de vues ? L a méthodologie scientifique exige dès Règles pour la documentation filmée dans I'Eth- lors qu'un commentaire détaillé soit joint au film. la représentation fictive de cerémonies rement au domaine de la technologie la part échue liées au cours de l'année. en elle-meme. notamment dans les films sur la théoriques et pratiques du film ethnologique de danse. Il faut indiquer. L e style de ces deux types est néces- ment que ce procédé n'est utilisé que pour la con. D'autre L a position défendue au Colloque de Prague par part. Il dis- Dans un autre article/z. bien que notre ami italien ne préconise ou cultures fort éloignées l'une de l'autre. etc. objet idem.). d'art doit donc être soigneusement distingué du sement progressif de 1â cavité creusée dans la film exclusivement conçu pour être un témoignage motte (Treibtechnik).

Il s'agit d'ailleurs attitude est très légitime. D'intermi- mais secondaire. E n effet. Ce n'est du mot) révélée par la pellicule dite sensible. il est conforme à la définition stricte. en m ê m e permette seule d'enregistrer un "document authen. nographe (sa démarche est aussi celle de tout dès qu'ils déposent le stylo et le bloc-notesetqu'ils sociographe opérant en n'importe quel milieu) pro. qu'il n'y a de science que de ce de la caméra "objective". au cours des parlent de "notes cinématographiques". des ruses de Sioux dans l'enquête). sante. pendant plu. fiants. avoir repéré tée. manient la caméra. se promènent avec une caméra . nous la déve. Pour analyser un tel phénomène so. l'ethnographe peut espérer &tre en possession nologie et le domaine du cérémonial. très fastidieuse enquête que et les gestes rituels. à la vannerie. qui recommande de plonger aveuglément dans une l'intervention du cinéaste. fausse parce que tronquée de cette préalable du scénario rituel dans lequel il choisira réalité sociologique invisible qui constitue la chaihe les éléments qui lui paraissent significatifs. à la limite. de temps. on les voit ré- cial. qui condamne toute intervention du cinéaste cohérence intime des faits. Il ne saisit pas en vacances et l'on dirait qu'ils ne se soucient plus d'emblée. L'ethnographe regarde en forêt les femmes dont Un tel cinéma de recherche exclut dès lors toute on peint le visage. il doit connaftre il faut que l'attention du cinéaste ait déjà été orien. Cette distinction essentielle. de découvrir après coup (à la projection) ce qui m ê m e si cette information est imparfaite. L'obser- vif" en révélant des faits nouveaux aux chercheurs. les détails significatifs . Curieusement. Il est aurait échappé au regard (à la prise de vues). reposant sur plusieurs séries d'observa- scientifique qu'à ces deux types d'enregistrement tions. logique intervient alors. ne signifie nullement que la technique du reportage au village. Nous n'apercevons donc pas la validité de l'en- il n'y aurait guère que les films consacrés à la registrement cinématographique de ces faits com- poterie. corrigé. qui mériteraient la plexes selon la méthode de "la caméra à la dérive". gresser vers le stade magique de la connaissance. au sens strict. dans l'espoir bien d'angles. il devrait être en trois endroits différents tique". tant s'en faut. si prudents à nial complexe. risme de cette thèse saute aux yeux. de se lancer dans cette aventure . aisément tout contrôle d'eux-mêmes lorsqu'ils sieurs jours. vateur part ainsi d'un schéma grossier.imparfaitement le phénomène qu'il enregistre et il parfois d'un point situé dans l'espace mythique. Il parai'thautement improbable les lieux où les événements les plus marquants se qu'une aveugle furie cinématographique permette dérouleront. Approfondissons la signification des gestes ri. du moins suffi- Il est frappant que les Jansénistes du film ethno. C'est le domaine de la tech. qualification de "films de recherche". d'une description sinon complète. Mais. temps. E n possession de cette description typique. le scénario culturel de la cérémonie. en effet. des relations humaines. peut suivre ceux qui attendent l'illumination de Il faut donc admettre que le cinéaste doit avoir l'enregistrement au hasard et de l'accumulation au moins quelque idée de ce qui va se passer avant désordonnée des "notes cinématographiques"brutes. plaisant de constater combien les ethnographes. il se réduit à la technique du repor. On ne où se tisse la trame embrouillée des gestes. ils se sentent alors cède par approches successives. souvent. E n effet. Mais.uncinéma de recherche fait. un tel enregistrement ne donne qu'une image puisque le cinéaste doit avoir une connaissance . faites à des moments très différents. C e n'est qu'au terme d'une très se limitent à deux ordres : les gestes techniques longue et. qui consiste à dégager la gen. L e rigo. selon le mot de Gaston soit. registrement fidèle du fait brut. dans le déroulement du phénomène observé (à l'ex. L'analyse socio- position de l'Institut du film scientifique de Gottin. Il ne prendra une vision vants. Mais ceci conflits. sans cesse des faits qu'ils ignoraient ou avaient mal observés. si lents à tirer une conclusion (eux qui déploient tuels et envisageons l'enregistrement d'un cérémo. apparemment disparates qu'après un nombre im- qui n'en est finalementqu'un aspect non négligeable. L e domaine du film sociologique est d'ensemble de toutes ces activités cérémonielles infiniment plus riche que celui du filmde recherche. C'est notamment la pas encore au bout de ses peines. Il abandonne alors les femmes . Il doit être préalablement informé. idéale. de lieu. pour pouvoir le décrire correctement. sollicitée. étoffé. il écoute. mettant en branle un grand nombre admettre la validité d'une information. mais pourquoi s'obstiner 22 . portant d'observations fragmentaires. celle dont on attend l'en. apparaissent déjà problématique que la vérité sera (au double sens dans l'enregistrement des cérémonials. E n m ê m e plus. l'eth. graphique n'accordent de valeur véritablement idéale. Bachelard. Certes cette échappent "à première vue". en se con- il arrive m ê m e que les centres d'intérêt lui tentant d'une mise au point sommaire. iln'est de phénomènes stéréotypés. les phénomènes sociaux nables interrogatoires seront encore nécessaires que la caméra est susceptible de prendre "sur le pour éclaircir le sens des gestes repérés. etc. oû se trament des événements peut-&tre insigni- lopperons longuement au cours des chapitres sui. de la culture. - incomplète. tandis qu'au village une ques- mise en scène. perdent de personnes en différents endroits. que de fixer des souvenirs de voyage. les choix décisifs gesticulation incompréhensible. C'est à elle h o m m e s de la manière la plus intéressante :les que les chercheurs français songent lorsqu'ils principes apparaissent. tion d'aihesse importante est débattue par les tage ou "enregistrement sur le vif". Quoi qu'il en Tant il est vrai. peut-être capitaux. substitue à son propre regard un oeil perfectionné. qui est caché. les conversations. elle met en valeur une certaine conception du ception de quelques tolérances mineures). monde. leur structure latente .

voire l'imaginaire. Jean Rouch fait ici logiques et sociologiques. quelques cas au cours du chapitre suivant. et Chronique d'un été. c'est ainsi qu'Eisenstein vations nouvelles sur le siège des danseurs rituels. dans un village bantou est loin d'@tre. il gêne terrible. celle du groupe social dont le cinéaste se sent et 23 . sciences naturelles. Il est impossible. les relations ambiguës que des danseurs rituels. on aper- imperceptible. Ces techniques ont assuré- sons à la recherche de dieu sait quel antique objet ment permis de voir ce que l'oeil nu ne percevait dont plus personne ne se sert depuis belle lurette. Nous analyserons encore figure de précurseur avec Moi. il n'est pas plus étonnant de langage qui tendent à évoquer la réalité sociale de voir l'ethnographe se promener au village avec à travers une vision personnelle. Aurait-il ébranlé le tr8ne les hommes établissent entre eux pour s'entr'aider. la part de jeu qu'elle ne peuvent coïncider . que l'exigence dernier film fut tourné en collaboration avec le de la caméra dissimulée restreindrait l'enregis. Remar. poignées de main. à la confondre avec une méthode scientifique de M o n expérience cinématographique personnelle. çoit qu'un rrythe anime ces doctrines jansénistes : ment. qui est limite. se dépense. quelles que Si l'on approfondit les définitions limitatives soient sa discrétion. Sans mises au point dans le domaine des sciences doute une telle méthode a-t-elle été appliquée avec exactes et naturelles. tions ne sont jamais perçus globalement par l'oeil. nelles de l'observationethnographique. en effet. encore une fois. ni suite des résultats prestigieux acquis par des pro- franchement nègres. ni franchement européennes. d'exagérer le bouleversement ciens du film ethnographique. etc. Parfois ceci est plus grave il . on implique est susceptible parfois de déclencher risque d'opérer une distorsion de l'esprit m ê m e spontanément des réactions psychologiques qui des sciences sociales. A considérer m ê m e le mythe de l'objectivité de la caméra. les sur le terrain n'introduit aucun bouleversement conceptions fondamentales du cinéma scientifique spécifique. les phénomènes étant trop lents ou trop ra- à proférer des obscénités pour éprouver les tabous pides. un noir. ces passions. son amabilité. on peut le tenir pour profondé. Bref. est en grande partie il écrit avec une rage plus grande encore. pas. lutionnaire est toute récente. magiques. paradoxalement. sourires. Ils tentent d'explorer qu'introduirait la caméra dans l'enquete ethnogra. pontifical que son crime. apparemment. c'est-à- qu'il soit devenu sympathique à certains égards. parfois son ex. Mais a-t-on suffisamment remarqué tout et de rien. d'ailleurs. à interrompre le deuil de tous ceux que visible :une sonde éclairée permet de filmer en la coutume oblige à pleurer pour leur faire réciter direct l'extraordinaire réalité de la vie organique leurs généalogies. qui se déroule sous nos yeux. n'aurait s'exploiter ou se déchirer ? Certes. une ombre proposées pour le "film de recherche". il inquiète. Quoi qu'il fasse. Il écrit à propos de intérieure. la caméra peut explorer l'in- de parenté. Ses manies. A la - A ce niveau et à ce niveau seulement. sans trans- parce qu'il ignorait la coutume. Mais tant d'erreurs peut suggérer ces relations par des symboles pris se réparent. - ment anormal. En médecine. mais c o m m e un étranger aux C e mythe apparai't chez les ethnographes à la moeurs bizarres. ces rythmes. que le transgressent audacieusement toutes les consignes caméraman se transforme en fanteme parfait. invisible. dans la réalité (coups de matraques. c o m m e tion d'un véritable cinéma de recherche. Mais cette démarche révo- succès à un certain nombre d'observations psycho. Où et comment le commet des sacrilèges. dans leurs rapports secrets. la croyance en ses pouvoirs on l'admet non c o m m e l'image désincarnée de llob. L a caméra ment dans les deux perspectives. désordonnées ou ritua- de leur faire regretter de l'avoir admis dans leur lisées. cédés cinématographiques très particuliers (l'usage trême folie. d'une part. Il écrit. celle-là m e m e de la société des h o m m e s :dans l'enceinte sacrée. la réalité intérieure. Il est gens à la réalisation d'un film est souhaitable et bien évident que la notion m ê m e de "recherche" et parfaitement conforme aux techniques tradition- les méthodes d'observation diffèrent considérable. donc. 50). Voici qu'on l'initie aux mystères ce fait paradoxal :la vie sociale. le siège inamovible position symbolique. ces gesticula- compagnie. dire. L'ethnographe admis à vivre familièrement un nouveau cinéma-vérité (voir p. dans le domaine des les femmes mettent à cuire. Au contraire. d'autre pari (ce quons cependant. il dérange. il har. - celui du sociodrame on peut envisager l'élabora- surde que l'observateur soit c o m m e absent. notation objective ? en Afrique et en Europe. jectivité scientifique. sociologue Edgar Morin). de passions. le conduisent à inspecter les pots que du ralenti et de l'accéléré). confirme celle de Jean Cette confusion implique une assimilation hâtive Rouch :la participation effective et consciente des des sciences sociales aux sciences exactes. inaugurant phique. ). à errer dans les mai. il déplace par inadvertance. Dès lors. afin de méthodes ne doivent plus rien à celles qui ont été ne pas troubler le phénomène enregistré. qui est aussi une caméra qu'avec un stylo. évoque la révolution d'octobre :par des artifices Tout compte fait. la caméra pas été plus sévèrement jugé. cinéma pourrait-il saisir "sur le vif". L e profanateur se désole. On prématurées. au point de gesticulations diverses. reprend son carnet et note d'intéressantes obser. formulées par les premiers théori- a tort. Dans cette orientation trement cinématographique à un nombre très limité nouvelle du "film de recherche" Rouch et Morin de situations. Tout au moins aboutit-on échapperaient à tout autre moyen d'investigation à une singulière limitation de leur domaine. Si elle est faite de rythmes. dont les invisible . que la caméra soit dissimulée. cèle de questions stupides les vieillards. en les superposant. on entend parfois formuler le souhait ab.

Mais il faut bien se rendre compte Les prises de vues isolées (les "plans" cinémato- que le champ complexe des relations établies entre graphiques) ne sont en rien comparables aux fiches les groupes (entreles classes sociales. II rapports. elles en élargissent. Tout sus dont le cinéaste possède déjà une connaissance cadrage implique déjà un choix dans la réalité. On observera qu'il C'est. Cette remarque s'applique mais un témoin extérieur et stupide. aussi au domaine du film technologique . c o m m e le cadrage. qui doit surprendre l'enquéte orale préalable n'avait pas mis à jour l'événement au bon moment. aussi bien jamais rien appris aux ethnographes. dans un espace-temps spécifique. Encore importe-t-il. l'homme de science réalité. et qui s'apprête à reconnaftre. cette émotion surprise à au moment où il filme. un point de vue sur la réalité. une ébauche et ne nous soucions pas de construire un film :les de scénario. et qui part des prises de vues acquièrent leur significa. bien des détails que cial). le montage est une relativement rigide. ces prises de vues aveugle. un témoin trument de recherche généralisé. dont il ne par- nombre de films qui ne répondent pas aux critères viendra jamais à former une molécule. C'est assez dire que nous - indiqué un merveilleux correcteur d'impressions. un z. telle méthode. C'est. la valeur de la ments objectifs qu'il a enregistrés. en présence des ensembles cérémoniels prises de vues. de leur structure. cet ensemble de signi- des expressions tragiques ou émouvantes . Dans déroule. ce plan de montage. au m o - l'angle le plus significatif. quelles que soient la puis. rale. peuvent apparaftrepour la première fois. images dont nous disposons peuvent etre revues rité sociologique. s'agit là de gestes hautement stéréotypés. par intervention délibérée du cinéaste. une idée du déroulement des faits et de leurs la caméra aux diverses phases du déroulement. souligné. ne peut. brut. elles n'apprendront rien. au niveau du montage que la plu. composant un u t . certes. des notes sélectionnées en sance de la lentille. Il rassemble des atomes. tion et leur cohérence. Conservons telles quelles les prises de vues sans plan préconçu. l'oeil de la caméra est vraiment taine idée d'ensemble . en effet. il est fort improbable qu'il la dérobée. dans documentation cinématographique dans le domaine cette hypothèse. cent fois pour analyser le détail d'une mimique. de savoir où et comment il faut placer ment. sauf rares cherche.pour ses propres besoins. c'est-à-dired'une cer- prises de vues. ici manifestement insuffisants. sous le bon angle. au graphies en mouvement. touffus. Qu'importe. qui éprouvent qu'au niveau de l'explication structurelle). se répètent dans une structure parfaitement définie. cependant un plaisir infantile à les montrer à leurs L a caméra à la dérive. une expression. La notation. incontr81és. une globale. une plus intense encore. apercevons mal comment le cinéma pourrait être. En fait. labrousse ou les champs. préalablement repérés. pas plus que le reporter sportif. Si la caméra n'est pas un oeil magique. graphe note les faits divers de la journée. ce que fications n'est pas présent à l'esprit du cinéaste signifient cette douleur. il ne jaillit pas excellence. le qui doit se refléter dans le montage ultérieur des cinéma. se laisser surprendre par un geste important. dira-t-on. - complexes.se déclare solidaire. sinon. bannissons le montage du film de re- Il est donc à peu près impossible. nous l'avons déjà estimation qualitative de l'importance de l'événe. C'est que les sciences sociales tendent n'ont aucun intérét : on aura beau les projeter de plus en plus à un haut degré d'abstraction (dans mille fois. un oeil humain qui a déjà Dr Spannaus le souligne à juste titre. le temps qu'un oeil averti. Ces observations documents bruts. à vrai dire. par exemple) d'observation dispersées sur lesquelles l'ethno- échappe de toute évidence à la caméra "objective". la caméra en liberté collègues. Si cette structure géné- guère que des lambeaux de réalité : des gestes. qu'accumuler une série de photo- des sciences sociales . ceci dit. le domaine du reportage véritable. et à un degré est tenté de refuser. les prétendus docu- ne condamnent pas. ne surprend amuser ou les instruire. ce sont. Sans doute l'événement qu'il capte (il ne le capterait d'ailleurs faut-il distinguer ici les événements rituels des pas s'il ne savait à peu près où et comment il se événements plus lâches de la vie quotidienne. le champ d'utilisation à un très grand filmique. il n'accède pas à l'univers contraire. ment m é m e de la prise de vues. ne le dirige avec la description du geste technique c o m m e du geste habileté et souplesse dans l'enregistrement m ê m e rituel appartient en propre à l'écriture cinémato- du témoignage. L e cinéaste à la recherche de la vé. peut-elle étre parfois un oeil attentif. C'est celle-ci faut en connaftre le scénario. pour autant. spontanément de la machine-à-enregistrer-la celui qui saisit sur le vif. du moins dans le domaine des phénomènes sociaux. s'il ne connaissait les règles du jeu so. sans intervention 24 . au contraire. A priori. Les pouvoirs de la parole écrite sont Il faut s'attarder ici à la notion de montage. est plusieurs auteurs l'ont ment cinématographique. la vitesse ou la lenteur des vue d'un certain montage. devant cette réalité-là. C'est. sans qu'on sache trop si c'est pour les danslarue. aussi long. jansénistes que nous avons passés en revue. Mais. Or. puisqu'il introduit un élément de pertur- exceptions. graphique. dès le départ. Il ne fait. Il élargira ou resser. Celle-ci s'accom- rera le champ d'observation selon le rayonnement pagne alors d'une découverte au sein d'un proces- des centres d'intérêt. elles n'ont la description m é m e des phénomènes. un instrument susceptible d'améliorer une observation impar- de découverte :la caméra est un témoin. les structures ritualisées. faite ou trop rapide. C'est lui. bref. de laisser la caméra "sociographique" bation dans la signification m é m e du document (quel que soit le milieu filmé) opérer au hasard. la caméra ne le révélera jamais par puisse jamais utiliser à quelque fin sérieuse les ses seules vertus mécaniques. sans au moins.

Dès lors. Mais. plut8t au niveau de la communicatio_n. pp. par la documentation qu'il a réunie patiemment. Voir notamment René Micha. le cinéaste choisit ici aussi les non été prises sur le vif. L a vérité cinéma- images. L e drame. im. le fait que les auteurs hésitent à reconnanre cette nome. dès que le cinéaste a pu faire admettre désirs de celui-ci. c'est que les films ethnographiques sont téressant : Jean Rouch raconte qu'un plan de son souvent construits avec maladresse . à vrai au scénariste et au metteur en scène des tâches dire. qui ne peuvent se répéter". que le film de reportage a permis de faire y a plus de mérite à écrire un bon livre qu'à accu- de véritables l'découvertes". Dès lors. Après tout. tome V. Alfred Métraux a reportages) est plut8t de témoigner. l'ethnographie. mais un langage. si les notes sont mal écrites. évoque ce que S'ethnographe a vu. C'est donc dans des limites étroites. dans sa Nous rejoignons ici le point de vue défendu au pureté et sa spontanéité originelle. ce choix s'opère simplement de refléter. A ce niveau d'utilisation. le film ne trans- qu'aucune cérémonie ne ressemble parfaitement à met une information sociologique que par le truche- son exécution précédente). une façon de syn. Or. parce qu'ils offrent au ethnographique. C'est évidence. de ce point logie. Et il contre. pas être considéré c o m m e l'exécutant passif des absente. le souci qui anime les ethnographes (qui sont toujours nouvelles. un ensemble cohérent d'événements. 16-30 et Cohen-Séai. prennent connaissance des théories filmologiques partial. la spirale joue notes". que se situe le véritable pro- cérémonie. des fiches en 1. le comportement ne l'homme est le thème central est destinéaux salles risque guère d'être troublé et tout se passe très publiques . bien le cinéma saisit sur le vif la réalité. tendument scientifique du film c o m m e "Carnet de lage selon une ligne sinueuse. il nous faut signaler ici un cas in.un instrument ethnographe qu'il livre son fichier en vrac au lec- de contr8le de ltobservation. 199-205. qui ont réellement vu et revu leurs films. Dans ces cas encore. pp. dans le débat que nous avons évoqué. Cahiers du cinéma. porte de sa mission. film Cimetière dans la falaise (consacré aux céré. intitulé L'es questions fondamentales du film "notes ethnographiques". Rares sont ceux. d'exprimer la réalité. tage n'est pas. Mais. les ment d'une "dramaturgie". 25 . au moyen d'images dont la valeur de la caméra en de telles circonstances est très essentielle ne réside pas dans le fait d'avoir ou relative. j'en suis persuadé. T. manières de traiter un sujet ethnographique : ou tion cinématographique tend à se limiter à un enre. le cinéaste qui collabore avec le cher- - souvent liexpériencedu film ethnographique le cheur scientifique à l'élaboration d'un film ne doit démontre -c o m m e si la caméra était invisible. compris. tographique. retenus par on ne sait quelle pudeur - aussi et c'est là que le film de reportage remplit "scientifique". de toute façon. le fait social. article de revue scientifique. dans un espace-temps auto. no 6. (Encore faut-il rioter sont légitimes car. c'est-à-dire nancement m ê m e de l'opération technique ou de la de l'enseignement. réside dans thétiser. en grande partie. Karel Plicka pense que "chaque sujet pose mement précieuse à l'observateur. blème du film sociologique. on nlattend pas d'un un r81e scientifiquecomplémentaire. ce ne sont pas des notes. E n fait. ceci explique. Dans le domaine de muler indéfiniment de bonnes fiches d'observations. illi- un r8le cosmogonique essentiel dans le symbolkme sibles parce que mal pensées ? Il est vraiment dogon. Mais la passivité requise interprété. ou bien gistrement de gt7stes plus ou moins stéréotypés : il reconstruit cette réalité. Ces deux procedes les techniques et les rituelu. Dans de tels cas. de recherche. dans l'espoir de corriger leurs observations. pour l'émi- participants sont absorbés au maximum par l'ac. l'attitude ambiguë de leurs au- monies funéraires des Dogon du Niger) révéla que teurs. imposées par l'ordon. L e destinés à être communiqués au m ê m e titre qu'un discours filmique. L e film. no 29. 2. trop commode de valoriser les imperfections de Il est temps de conclure : d'une manière géné. Revue internationale de filnio-. il place à des spectateurs éventuels une vision concrète de de grands espoirs dans le film "véritablement la société qu'ils ont étudiée. à proprement parler. Dans un rapport inaiigu- se pretent à une application de la méthode des ral.apparente du cinéaste. de vue. mais des ébauches de récits décembre 1053. style en affirmant qu'en elles réside précisément rale. ae proposer défendu un point de vue plus éclectique/2 . le cinéma film ethnographique et sociologique des consignes fournit une documentation complémentaire extre. mais dans leur pouvoir moyens d'expression . de raconter. rigides. teur lorsqu'il publie un livre ou un essaibasé sur C e n'est que tout à fait exceptionnellement. la caméra ne mérite guère d'être considérée l'"authenticité''.il est vain de rêver d'une caméra cinéma montre la réalité purement et simplement/l. l'auteur constate qu'il y a deux cinéaste des thèmes structurés et que l'interven. II faudrait que les ethnographes c o m m e un observateur sociologique objectif. Loin de vouloir imposer au sa présence. que l'ethnographe (ou le sociographe) rap. le film scientifique dont complissement des gestes . le Il n'y a guère que deux ordres de faits sociaux qui professeur Karel Plicka. L a science ethnographique et le film. un instrument Toute l'équivoque du "film ethnographique!'. invisible qui surprendrait enfin à l'état nu. le film de repor. Colloque de Prague par son président m ê m e .11. Il est vain de multiplier les exigences de contemporaines et cessent de se persuâder que le non-intervention. lorsqu'ils se raccrochent à la théorie pré- les hommes promènent le cadavre à -traversle vil. nent ethnologue tchèque. nombreux à rapporter de leurs expéditions de tels Au cours du m e m e colloque.

Nederlandse oeil perfectionné. dis- tions archafques et la nécessité d'en capter l'image tinct de l'Association internationale du cinéma avant qu'elles ne disparaissent. Il faut tenir compte d'un certain nombre de lités. A. fondamentale. Il s'agit essentiellement de por- la réalité repose sur l'ignorance des conditions de ter un jugement sur la qualité de cette information. Delvaux : "Principes et méthodologie de m a sociologique "de recherche". . L'in- qu'ils découvrent ingénumentles vertus "objectives" troduction du document dont il s'agit fait remarquer de la caméra. son filmant sans idées préconçues. la création cinématographique : bien plus :c'est non de séparer les films scientifiques des films de cette confusion soigneusement entretenue non scientifiques. Il n'est que rarement. méthodologique que nous avons soulevé/Z. tional du film ethnographique et sociologique. so. déplorent "l'ignorance des principes les plus 616- Il s'ensuit que le film serait d'autant plus conforme mentaires de l'ethnol~gie''/~. puisqu'il Il semble bien qu'il n'existe pas. Alfred Métraux nisme international spécialisé. nous constituons ainsi pour les générations futures il entretient des rapports étroits. Mais il estime aussi que les films éla. Départe - ment de l'information.. de films ethnologiques néerlandais. seront sans doute consultées et étudiées "par des la section d'anthropologie culturelle de l'Associa- méthodes dont nous n'avons encore qu'une idée tion néerlandaise du cinéma scientifique s'est confuse". L a notion d'un ciné. films néerlandais qui traitent de l'homme et de sa sous quelque optique qu'on l'aborde (histoire. Bruxelles d'observation très étroit. un cinéma brut. Ir. bien plus Utrecht 1957. C'est ici m é m e . " mène social. cependant. dustrie cinématographique. dont les savants n'aper. puisque aussi bien c'est eux. que l'étude du fait cinématographique.scientifique". morale). travail estiment qu'"un bon film ethnographique qui semblent véhiculer l'imaginaire. à l'abri de toutes l'enseignement du cinéma". qui vicie la valeur à ia "vérité" qu'il récuserait ia fiction et sa mise de ce matériel documentaire. . sur la brèche du film ethnographique lorsqu'il a fait un premier où s'engouffrent toutes les propagandes. destinés au grand public.. Voorlopige lijst van Nederlandse cultureel- qu'ils sont victimes d'une singulière illustion d'op. 1. Unesco 1955. Delvaux la dénonce avec force dans judicieusement que l'adoption d'un critère trop ri- une étude qui tend à promouvoir l'enseignement goureux aurait conduit les examinateurs à ne rete- des principes de l'art cinématographique dans les nir qu'un nombre fort limité de films. cette analyse est plus vaste. en analysant un certain nombre L'équivoque grave. et qu'on y retrouverait ia réalité "prise tique du groupe néerlandais nous paraft la plus sur le vif". anthropologische films (Liste provisoire des tique lorsqu'ils tiennent que le cinéma est un ~ films ethnologiques néerlandais. le Comité interna- met l'accent sur la fragilité actuelle des civilisa. 26 . produits généralement par l'in- ce que l'on voit. au problème vent tant d'éminents savants sont victimes lors. le moraliste et le et de ce que l'on pourrait appeler "l'art du film". m é m e lorsqu'ils singularité se reflète dans l'existence d'un orga- comportent des épisodes joués. Cela explique requiert la collaboration étroite de l'ethnographie'' que l'historien et. ne couvre qu'un champ social. souvent la caméra. L e champ géographique couvert par consciences". Catalogue des films ethnographiques français. vrai dire. 3. une globe la civilisation européenne. Finis les mensonges. est aveugle ou stupide devant le phéno. L a position analy- en scène. p. les actua. culture dans les pays non occidentaux. note de travail a donc pris en considération tous les Delvaux/l. volkenkundige beginselen. Aux Pays-Bas.Cette nir l'attention des ethnographes. 1960. ils fiction rend le plus indépendants de la réalité vécue. L e groupe écoles secondaires. 4. à Vereniging voor de Wetenschappelijke film. Plusieurs films façon d'enregistrer la vie qui ne vise à aucune ar- ticulation cinématographique. U n avis est ciologie. dans le vaste courant du cinéma scientifique. sociologue croient toucher à l'essentiel en limitant C'est l'information ethnographique du grand public le champ de leurs recherches aux genres que la par le film qui préoccupe surtout les auteurs . in L e cinéma fait les impuretés du langage. trouvée confrontée. Les membres de ce groupe de fiction. Cahiers du Centre de documentation. saine. en-deçà du ne se limite pas aux cultures "exotiques" mais en- "documentaire''structuré. méritent de rete. que inventaire des films "ethnographiques" produits nous devons agir pour armer les jeunes en Francef 4. et eux seuls. L'idée m ê m e de cette hiérar. D e m ê m e c'est l'objet ethnogra- que le cinéma tire son formidable pouvoir de phique qui a retenu l'attention du Comité français persuasion. "sans chercher domaine prématurément à opérer un classement par ordre d'intérét''.. à coup sûr. 205 çoivent pas toujours clairement les limites parce 2. "Il semble étonnant. Institut de sociologie Solvay. dans beaucoup de pays. onbekendheid met de meest elementaire nique. en tant qu'instrument méca. Les archives que scientifique avec laquelle. On aperçoit la singularité du film sociologique borés. no 15. on peut enfin croire films existants. réalisé par l'ethnographe m é m e . un détecteur privilégié . dont si sou. et dont le thème est la chie des genres selon leur angle d'incidence avec culture humaine. porte presque toujours sur ie donné sur la valeur des films c o m m e instruments cinéma en tant qu'art du récit limité aux films de d'enseignement. l'évidence des documents. L'information sociologique par le cinéma.

peuples de l'URSS dominent les préoccupations des servation privilégié de l'ethnographie. aussi son attention sur l'"étude de tous les groupes phique est appliquée aussi bien à l'étude des com. le terme jours de l'ethnographie considérée m m m e une ethnographie désigne "l'ensemble des sciences science historique. "par le terme de folklore on ne sous-entend ethnographique de la culture et du mode de vie des que la littérature orale". Pour aussi bien la paysannerie kolkhozienne que les les savants soviétiques. munautés européennes qu'à celles des peuples pour les chercheurs soviétiques. pour la science russe. Par exemple. fut longtemps limité aux peuples co. 1960. autres sciences sociales.D e telles études sont celle des Australiens ou des Mélanésiens. films sociologiques ceux dont le sujet est "l'étude graphique et sociologiqueff. 4. relèvent pas de l'ethnographie"/Z.recensés relèvent de la rubrique sociologie. les études de M. le professeur Tolstov la description des phénomènes sociaux relève tou- déclarait que. S. de l'ethnographie générale. Ceci revient à dire que. on peut dire. accord des savants de tous les pays sur l'universalité de la méthode ethnographique. Les "ethnographes" soviétiques étudient c o m m e l'étude des sociétés sans machinisme. d'autres pays de l'Europe de l'est et surtout dans sur le fait que les processus d'acculturation des les pays slaves"/l. mais aussi planifiée et systématiquett/4. pologiques et ethnologiques. c o m m e des sociographes ou sociologues. sans objet en URSS. ce qu'on appelle en Occident la recherche sociolo- en France. qui est floue (et qui n'empêche pas que de sociologique qu'à ce qui les sépare) soit en train tels films soient analysés sous le titre générique de triompher. Terentieva. Paris. dentale. L. édité à Moscou. mais porte en France c o m m e en Italie. Il n'est pas douteux. jours plus largement ce terme dans ce sens. tous les aspects nal des sciences anthropologiques et ethnolo- du problème peuvent &tre transposés aux autres giques. Sociologie du milieu rural. Si l'ethnographie soviétique qui traitent des particularités spécifiques de la ne semble pas embrasser l'ensemble des sciences culture et du mode de vie des peuples. délégation soviétique au VIe Congrès internatio- ception du film "ethnographique". Reflétant phique a élargi. Catalogue cité. l'intérét et la con. on emploie tou. p. français ou nigérien. Kroupianskaia. Cette distinc- sible à ce qui unit les diverses branches du savoir tion. depuis quelquetemps. pour la plupart des cher. son champ d'inves. des frontières de l'ethnographie et des 2. 60. que cette description soit qualifiée d'ethnographique 6. qu'il s'a. qu'il dant. impératifs cinématographiques ou scientifiques que chap. cheurs. 4. Etude citée. L'étude des "traditions tend à se confondre avec les divers domaines de populaires" ou "folklore" fait partie intégrante. au niveau de y a. des groupes humains dans les civilisations qui ne Il semble que ce point de vue unitaire (plus sen. les frontières entre l'ethnologie et la propres aux sociétés industrielles ou aux sociétés sociologie n'ont jamais été rigoureuses en France en voie d'industrialisation se considèrent assez et cette conception large prédomine actuellement. non seulement celle des ouvriers s'est déployée en URSS d'une façon plus peuples russe. depuis 1959. plus en plus large de la vie sociale.1. Tolstov. Communications de la délégation soviétique au remment une tribu africaine ou une communauté VIe Congrès international des sciences anthro- paysanne flamande ou bretonne. fréquemment non c o m m e des ethnographes mais puisque le Comité international du film ethnogra. niaqu'un intér&t secondaire pour l'objet que nous Problèmes essentiels de l'étude ethnographique nous proposons. sociaux de la population". ukrainien ou biélorusse. englobant m & m e la civilisation in. Les principaux problèmes théo- Il est certain aussi que. nouvelle école ethnographique russe ne limite plus lonisés. à Paris. la méthode ethnogra. V. ouvriers des fermes d'Etat. Les savants occidentaux qui Lauwe. par le film. 1958. Chombart de ou de sociographique. Mais on discute.S'il est vrai que le champ d'ob. de manière plus restric. en fait. le Catalogue des tigation aux diverses sciences sociales et adopté films ethnographiques français définit c o m m e l'appellation "Comité international du film ethno. 1. Communications de la plus spécialement sur l'usage. en Europe ethnographesj3. A s'attachent à l'étude des phénomènes sociaux vrai dire. semble qu'en Europe orientale. L a description. aussi bien en Europe occidentale de "films ethnographiques français"). l'objet de l'ethnographie peut &tre indiffé. édité à Moscou. 27 . alors plus souvent qualifiées de "sociographiques" en que le terme ethnographie a une portéesociologique Europe occidentale. sociales. d'un quartier ouvrier ne fait pas appel à d'autres 5. Potapov. considérée gique. L. logie rurale/ ou de la sociologieurbainele. Au science en expansion. Si notre attention s'est portée des peuples de l'URSS. cependant. où la sociologie est une grès international des sciences anthropologiques branche de la philosophie marxiste-léniniste et où et ethnologiques. C e rapport souligne le fait que la occidentale. Cepen- dustrielle. p. où elles relèvent de la-socio- très générale. Ce débat académique 3. Henri Mendras. cependant. riques de l'ethnographie soviétique moderne. il est vrai aussi que. C'est ainsi qu'au 6e Con. l'ethnographie africains ou océaniens. spécialement en Europe occi. cet usage courant en France. sciences sociales.P. IV. Depuis 1950. ses investigations à la vie paysanne. recouvrant un secteur de cours de ces dernières années. direction de Georges Gurvitch T. de son c8té. dans Une autre étude soviétique insiste. 1960. "l'étude tive. que c'est une gisse des peuples européens ou non européens. Traité de sociologie publié sous la celle d'un village chinois. en Europe et en Amérique.

temps. en "ethnographie" n'est jamais un instrumentrigide graphie et la sociographie. c'est sans cuments filmés sur la condition sociale de l'homme. les distinctions académiques entre l'ethno. selon la perspective ethnographique a été. perte de contact avec l'homme . américains. née. Une appelé. de ces dernièresannées. fait appel à un plus grand appareil A cet égard. Ce contact direct et continu avec les informateurs. l'ethnologie mais plutdt un aide-mémoire. plus complexes que les communautés actuel. les groupes humains que réunit la civi. brisant les anciennes pour les expériences concrètes. immédiat avec l'homme que la caméra rétablit est rogatoires doublés d'observations directes. U n sourire. avant m @ m e tence. Cette relation "face à face'' (face to face) que les sociologues ne se soucient de l'utilisation c o m m e disent les Anglais. ce qui demeure spéci. res- rurales auxquelles. Aux Etats-Unis. implique un contact de la caméra et de l'existence du film. au cours Sur le plan de l'enquête. toujours uniques. la crispation d'un visage. et parfois démentielle. aiors que ie questionnaire utilisé rique. les études d'an. en milieu urbain ments importantsde la communicationsociologique. voire bien aux sociétés exotiques qu'aux villes et villages énigmatique. le plus souvent. le plus grand nombre de do- fique de l'approche ethnographique. par exemple. le langage utilisé thropologie sociale ou culturelle s'appliquent aussi par la "sociologie" est volontiers abstrait. à devenir l'un des 616- enquête sociographique typique. enseveli sous les arides traités que nous sommes tionnaires systématiques traités statistiquement tous coupables d'écrire. de toute évidence. le film apparaît d'ores et déjà c o m m e statistique . d'une "situation coloniale". d'une part. 28 . des inter. de tout blit entre lui et les hommes dont il partage l'exis. un contrepoids salutaire à l'expansion désordon- lisation industrielle sont beaucoup plus étendus. l'ethnographe tituent à l'écran la présence sensible de l'homme classique a affaire. frontières universitaires établies jadis sur des Ce type d'approche explique sans doute pourquoi bases empiriques liées à l'existence. sont de moins en les études du premier type souffrent souvent d'une moins rigides. du jargon sociologique plus denses. cette approche humaine qu'il observe. la relationhumaineétroitequi s'éta. parfois m e m e incompréhensible. en ''socioiogie". sur une ce sont les recherches ethnographiquestradition- grande partie du globe. - nelles disons exotiques qui ont fourni. doute la communion de l'enquêteur avec la culture Mais curieusement. C'est pourquoi aussi et la sociologie. . O n peut dire que partout les sciences alors que l'ethnographe marque une vive préférence sociales cherchentleur unité. D'où l'importance des ques.l'enquête c o m m e au niveau de la spéculation théo. d'autre part. celle du cinéma documentaire.

celle qui plongée de la caméra dans les eaux profondes de entend bannir du cinéma "tout ce qui n'a pas été la vie sociale. ne résulte nullement de l'applica- saisi sur le vif". Jean Vigo. échecs de cette dthode : "Vertov et son opérateur faute de quoi il conviendrait de renoncer à la Kaufmann purent enregistrer sans trop de peine "valeur document" d'un tel cinéma. vingt- cinq ans après les manifestes des Kinoks'1/2. au départ. lement à se dissimuler : elle cherche seulement à de nos jours. celle du Ciné-Oeil lorsque. réalisé en fait. Vigo entend dire quelque chose à propos de aussi sensible. On aperçoit révéla incapable de remplir son r81e d'oeil. CHAPITRE III L E S VOIES DU FILM SOCIOLOGIQUE (1) LES ARCHIVES CINEMATOGRAPHIQUES traditionnelles. le cinéaste-scaphandre qui plonge C e n'est pas un ethnologue.après approche. Voir texte intégral in Positif. Encore faut-il préciser tique. Colombier. Il est intéressant de participe à une action continue et ne cherche nul- noter que cette théorie rejoint celle que défendent. Vertov. manifestations. s'embusquer dans un buisson et utiliser les télé. la Pravda (Cinéma-Vérité). d'un certain nombre de servitudes numéro spécial consacré à Vigo. un pamphlet orateurs. Création encore hypothétique. en partie au moins. se réclame d'une théorie semblable à ments de la mise en scène (éclairage. est très discrète. Or. lité de l'analyse. mais d'une nouvelle Opérateur d'actualités. dont Rouch et Morin auront été les 4. Paris 1949. etc. initiateurs. 1. dicap du reportage traditionnel. acteurs. et l'équipement encore portatif. au théâtre du Vieux- du cinéaste ne doit intervenir qu'au niveau du mon. etc satirique et son film était. avec A propos de Nice. Pour un nouveau Cinéma-Vérité. Mais. le journal filmé Kino Si la méthode est toujours celle du reportage. L a caméra 16 m m . -geses lettres de noblesse. aura été surpris par l'appareil''. 2. caméra de Rouch tente de définir des personnages. les 5. le plus grand han- pour qui la non-participation du cinéaste. qui dirigeait. Dès lors. il recommande. de surprendre tous les personnages sur le vif. Mais Vigo avait les sujets habituels des actualités : cérémonies. protester contre oeil humain. qui le premier formula la que ce renouvellement du Cinéma-Vérité. Observateur. 29 . c o m m e Ver- tage. ou des sujets particuliers. la Révolution d'octobre. une famille en pleurs sur une tombe. no 506. présentant son premier maquillage. selon le mot de Georges Sadoul/! tion des théories de Vertov. ou m e m e le travail. France- obstacles techniques du Ciné-Oeil. des origines ànos jours. Cette part de sub- trop absorbés par un spectacle pour remarquer jectivité distingue précisément ce que Vigo appelle l'opérateur? Mais. meetings. L a caméra de 16 m m . Dziga Vertov. 47. à Paris. l'intervention créatrice film. jeu conscient ne peut être toléré (et) le personnage ment restreinte. 172 et sq. studios. si elle n'est DE NOTRE T E M P S pas précisément invisible. p. mai 1953. la vision fragmentée qu'il impose. la caméra se court et des actualités de la semaine''.^. d'autre Oeil est subordonnée à l'invention d'une caméra part. sports. Morin. Il fallut combien cette position est nuancée : elle prétend. selon objectifs des films de fauves pour saisir. précisément. selonsespropres termes. constituent les exigences fondamen. L e nouveau Ci. Sadoul note avec beaucoup de finesse les tov. mobile et peu encombrante qu'un cette réalité. no 7. Histoire d'un art. L e cinéma Il faut revoir la dernière partie de ce jugement. c'est pourquoi l'le L'application de cette technique était obligatoire. dans un milieu réel"/3. un certain nombre d'ethnographes ne pas gêner. en adoptant ce maté. son effa. il faut refuser tous les élé. néma-Vérité. Kinoks : fans de cinéma (nom donné à l'école utilisé notamment par les reporters de la télévi. de Vertov). sion. tales de l'authenticité sociologique. la caméra est un oeil. riel ultra-léger. a permis de vaincre. Cité par Henri Agel. Morin a raison de souligner que ''le grand L a tradition de Dziga Vertov mérite de Jean Rouch est d'avoir défini un nouveau type de cinéaste. Jamais peut- étre les impératifs illusoires de la doctrine radicale Jean Vigo du réalisme cinématographique ne furent systéma- tisés aussi fermement que par l'école de Vertov : L'un des plus grands poètes du cinéma français. s'est débarrassé. préconisée par Dziga Vertov . Georges Sadoul. Il veut s'engager. capter des situations authentiques. L a réalisation du vrai Cinéma. A propos de Nice (1929). cette théorie extrémiste du film sociologique. c'est la superficia- cement absolu. Esthétique du cinéma. quand ils voulurent étudier les "le documentaire social" du "documentaire tout sentiments. ). par une méthode stricte qui s'apparente à celle qui est exemple. que nous tenterons de définir plus loin. 14 janvier 1960. tente de donner au repor. mais un cinéaste sovié. tels que des enfants l'un point de vue do~umenté"/~.

fois) ou l'enthousiasme. ). l'on voit que le film de reportage aussi personnellement. un ouvrier traverser une rue. l'identification ou le refus ? L a communication par l'image n'est jamais pure- Les actualités cinématographiques ment intellectuelle. Il une charge affective différente. si possible. dans expérience. jeté en pâ. Sibérie. Et l'on constate alors que ce "document au- grandes catastrophes. Clausse. Les rythmes lents un "commentaire descriptif et non interprétatif ou de la vie sociale. et Dès lors. L'actualité cinématographique ficiel et cérémoniel de la vie politique. le commentaire maintiennent reportage. dans la signification sociologique). mais il estime que le inspire. Si val. exemple. p.llincroyable spectacle d'un carnaval. naftre que les nombreuses sociologies qui s'af- frontent aujourd'hui dans le monde uniwrsitaire du journalisme. etc. la vie quotidienne leur échappent. Clausse. exclut toute relation circonstanciée. ture au regard. mentateur adopte le ton agressif de la propagande née. giques de première grandeur lui échappent. pris sur le vif dans une petite ville de rarement. perception de la m é m e image. au m é m e titre que la célèbre expérience l'homme". une découverte de ce qui se leur environnement. qui met en valeur les altérations pro- cette vaste mémoire extérieure à l'humanité que fondes que divers commentaires apportent à la l'écriture avait permis jadis de constituer et cons. la seconde fois. leurs conséquences. le r81e décisif du commentaire hautement conventionnels de la vie cérémonielle en donnant à ces images rigoureusement identiques (défilés militaires. les phénomènes sociaux titre d'amusement. est aussi le principe du film de sure où la parole. la mode. Il veut faire. Quant aux événements véritables auxquels anti-communiste . Sommes -nous ici réellement en présence hypothèse appelle quelques réserves. cinéma n'en demeure pas moins un moyen d'infor- Cette saisie directe du réel. Roger Clausse. dans laquelle on voit mesure où leur thème de prédilection semble étre.. p. la comédie dans l'effort d'information. Reprenant trois Les actualités nous présentent le plus souvent fois la m é m e image banale (dépourvue en soi de une vision très imparfaite d'une époque. à proprement parler. M . Roger Clausse.. la troisième fois. l'actualité s'intéresse. par exemple. elle saisit sur le vif l'événement "his. théoriquement. Sans doute. Solvay. selon le mot de M. Cependant.Journal" d'actualités relève. semblables à eux m é m es pendant n'éveille aucun intérét . commémorations. Tant il est vrai que le film sonore constitue déroule : un assassinat politique. Institut de sociologie. cet univers de masques 1960. il est douteux que le I I . L'information visuelle n'est-elle constituent autant de "points de Vue" plus ou moins pas plut8t porteuse de valeurs ? N'appelle-t-elle bien documentés. ni encore moins celui de ses participants. "le procès d'un certain monde". de leurs développements et de masques et les r61eç sociaux ? Il faut bien recon. etc. de cache derrière les apparences. compte tenu. et de mascarades révèle d'une certaine façon (que 2. 14 ). les événements sociolo. c o m m e l'estime M. le rire (par- saisir le réel. 1. 138. temps. les historiens de l'avenir auront à apprécier). le l'érotisme. à partout dans le monde. au sens rigoureux du terme. d'une civilisation. 137. /' visuelle de Koulechov (voir p. Bruxelles. ce qui est fait pour être vu. sont indissolublement liés. 30 . m é m e . sans participation ni mation. de m ê m e qu'elles ne saisissent que l'aspect super. je pense que l'intérét historique bien que l'actualité cinématographique doivent être des actualités réside moins dans le faitbrut qu'elles analysés du point de vue sociologique avec d'infinies évoquent que dans les éléments secondaires de la précautions . l'image dans le domaine de la rationalité.Cette cette encyclopédie de l'expérience humaine. le com- une très longue période dans une civilisation don. L a première s'agit moins d'événements historiques que de rites fois. c o m m e il le dit lui. autant de façons différentes de pas la communion ou la réprobation. derrière les leurs antécédents. mais thentique". fait officielle. tualités. le style des gestes. . Parfois. d'autre part. l'air du fantastique. idem. l'actualité se définit par de la foule et du pouvoir. Mais la démarche sociologique n'est-elle pas une "la relation pure et simple des faits saisis dans prise de conscience. l'auteur montre. le commentaire est parfaitement neutre. où la bétise. Cette loppée. in L e Cinéma. la théorie du Cinéma-Vérité. les niste. ils sont de deux ordres : le ton adopté s'inspire de la philosophie c o m m u - les grandes futilités mondaines. l'argent et la mort composent un ballet style d'une époque. une structure audio-visuelle dont tous les éléments D'une manière générale. dans la m e - mise en scène. "dans dans un reportage intitulé Lettres de Sibérie. d'une part. qui n'est souvent qu'une actualité déve. on l'a vu. est perçu par l'oeil chaque fois différem- torique" extraordinaire au moment m é m e où il se ment. Il est inté- de documents sociologiques privilégiés ? Quelle ressant d'évoquer ici l'expérience curieuse à la- est la valeur historique de cette informationvisuelle quelle s'est livré le cinéaste français Kris Marker. - quasi religieux. On observera aussi que la brièveté m é m e des le ''pointde vue'' de ce reportage n'est-il pas tout diverses séquences qui composent un journal d'ac- à fait le point de vue des organisateurs du carna. l'information est. qui s'inscrit. mérite de devenir titue encore chaque jour pour l'enrichissement de classique. ces documents précieux doivent etre vie sociale qu'elles enregistrent ingénument : par soumis par le sociologue à une critique historique. social. au contraire. le rapport Certes. Clausse ne le conteste pas et admet qu'"à l'écran la notion classique d'objec- L'expérience des actualités cinématographiques tivité a perdu son sens" .

L'URSS a tenté aussi d'écrire. le attentive . témoignages. mense pays en armes et de mettre en valeur l'ef- néralement. 2. ) qui survit en marge d'une cédé pour restituer ironiquement l'atmosphère de vie publique de style occidental. 137. A une époque plus récente. C'est en URSS. pour son pur plaisir. car ils se présentent c o m m e des formule fut reprise pendant quelques années après monographies historiques composées de documents la seconde guerre mondiale (de 1946 à 1949) par "authentiques" : ce sont les films constitués par la Revue mensuelle filmée intitulée This Modern un montage d'actualités anciennes dont la réunion Age (Temps modernes). qui se déroulent de la première guerre mondiale (réalisation de selon un canevas prévu. L e vaste domaine du cérémonial est le champ graphié par les caméramen combattants de 1'Army d'application idéal du reportage cinématographique. Il faut citer aussi. Mais il faut bien reconnai'tre qu'il l'histoire d'un jour de guerre. développée. 470. En fiée. gestes cérémoniels et les gestes du travail. le magazine filmé. dans le meilleur style de Vigo :Histoire grandes séries de thèmes caractérisent le repor- du soldat inconnu (réalisée en 1932. les longs reportages de guerre utilisant les documents A. les 1959). Cérémonial et mouvement de foule authentiques filmés sur le front m e m e . L e reportage n'est souvent qu'une actualité ampli- fiques). etc. selon la technique des opéra- sembla dans un montage mordant des actualités de teurs d'actualités. graphie historique. L'un ainsi. leurs ou certains traits culturels. dont la ciologique m & m e dont ils reflètent certaines va. Henri Storck ras. à partir d'archives filmées. Ici la caméra peut réellement décrire en profon- titue. par le cinéma. la vie du pays tout ne s'agit là que d'un idéal d'objectivité très rare. En Angle- terre encore. que les pre. les archives cinématographiques L a technique du reportage servirent à une synthèse hi storique de la période 1919-1939. cette notre sujet. archives filmées de notre temps devra prendre par leur assemblage. Il constitue un ensemble d'images Belgique. Paul Rotha journalistique à la connaissance d'une grande na- s'est servi abondamment d'archives filmées pour tion apporte au spectateur des témoignages frag- évoquer le paradoxe mondial de la faim dans un mentaires qui éveillent la curiosité sociologique. (cérémonie du thé. elle apparart c o m m e un enregistreur mer- sur la bataille de la S o m m e (The battle of the Somme. ouvrage cité. Mac Dowall et Geoffrey Malin). références concret pour une information plus ment les conséquences économiques de la guerre nuancée. une vue cavalière de llim- garde que ces documents "authentiques" sont. le 13 juin 1942 : ce jour-là. afin de fournir à la mémoire un cadre de dans ce dernier film il expose plus particulière. images excellentes sur la vie sociale traditionnelle en France. En Angleterre. tel film ne fournit jamais que des informations Sous l'influence de Vertov. etc. gé. et la confrontation n'avaient pas été prévues initia.Kellogg). Esther Choub réalisa sommaires par rapport au reportage écrit. entier. The peaceful Years (Les années paci. sonorisée en tage sociologique :les mouvements de foule. 1958.didactique"/l. monde qui regorge de ressources gaspillées : Ces images décrivent moins le Japon contemporain World of Plenty (Un monde d'abondance. ces trèrent les scènes les plus capables de constituer. film produit en 1948 par Peter Baylis. L a Russie de des meilleurs films de la série This Modern Age Nicolas II et de Tolstoï (1928). L a prise de Berlin (1946). sans intervention du cinéaste 1928 (pacteBriand. L e magazine cinématographique n'échappe pas lement. Roger Clausse. par le producteur Louis de Rochemont . formule fut lancée aux Etats-Unis. dans ce milieu so. phères. L a chute des est consacré au Japon. sous le titre général March of Time (La marche du temps). "1 50 opérateurs enregis- L'historien qui examinera. devant et pour la foule J. E n Angleterre. notamment Desert Victory (La victoire du désert. veilleusement fidèle des passions collectives ou 1916). Film Unit (Grande-Bretagne). tout à fait aux limitations du film d'actualités : un miers montages d'actualités firent leur apparition. 1943). E n URSS. Jeanne et Charles Ford. Trois brillante. Paris. Montages d'actualités et magazines filmés il fit réaliser une série de reportages qui compor- taient aussi bien des documents d'archives que Un type de films intéresse tout particulièrement des prises de vues inédites. B. selon René ment atteint. et les plans de redressement projetés. Nicole Védrès a utilisé le m & m e pro. Cette introduction Paris 1900 (1946-47). "prises sur le vif". qu'il faudra situer un C e film se rapproche d'un second type de mono- jour. semble-t-il.de 1934 à 1943. des fort qu'il fournissait dans tous les domaines"/2. p. si la caméra n'est pas ignorée des cinéaste Reismann a utilisé les bandes tournées "acteurs" qui accomplissent la cérémonie. 1943). C e film célèbre cons. en quelque sorte. avec le recul du temps. p. Il en fit une satire dans le déroulement des événements filmés.photo. IV. Histoire encyclopédique du cinéma. 1946) . des témoignages partiaux . C e panorama contient des Romanov (1927). qui fut présenté au public anglais au cours des gestes rituels stéréotypés. la réplique du reportage deur . 31 . et qu'elles ne suggèrent excellemment des atmos- The World is rich (Le monde est riche. dans un siècle. dans la m ê m e catégorie. cependant. on au front par les opérateurs soviétiques et les opé- rateurs allemands dans un film fort remaraué : 1.

dans sa seconde partie. et particuliè. montre le roi George VI recevant le salut existant entre deux styles religieux. bien ou mal filmées. en principe. passionnée . Dans la notation "sur le vif" des grands Sans doute la liste des reportages relatifs aux mouvements populaires souvent liés au cérémo. Mais la volonté d'élaboration esthétique du le m e m e plan un admirable reportage rigoureuse. par l'exemple m ê m e des cultes de possession. Crierson. l'un en France m ê m e . un té. au cours d'une mission au Ghana. entre ce film et le précédent plus d'un point c o m - ronnement de la reine d'Angleterre.m ê m etitre. (1954). de 32 . Deux films importants émergent. lepouvoir étonnant de l'image : syndicaux ce rapport quasi scientifique. matographique. tout se passant. Bien des représen- vement au coeur du phénomène religieux. Aucune description écrite ne des nouveaux Etats du X X e siècle. c o m m e si la caméra était constituent des documents sociologiques importants. c o m m e dans temps pour se livrer au jeu tragico-burlesque d'un l'actualité. du culte européen. gestes religieux est-elle déjà importante et nous nial . L'intérêt historique (NationalFilm Board of Canada). L a caméra. 1958). singulier :la gorge se serre et l'émotion colore SOUS l'impulsion du cinéaste-théoricien John fortement la perception des images. le re. A la vision de ce des gestes techniques et professionnels. note les mouvements de l'émotion de M. Filgate. la caméra note la vie sociale l'un des hauts-lieux de la chrétienté en Amérique spontanée . constitue. for Ghana (La liberté pour le Ghana). L e premier. Nous tenterons d'illustrer ce pro- çais. l'altérer. des thérapeutiques psycho- réalisé par la maison Pathé. moignage direct sur le pélerinage et les i m m e r - sions rituelles qui se déroulent dans ce haut-lieu B.peut €!tre assuré au moins qu'elle n'influence pas Jean Rouch. Ils pourraient ainsi être corrigées par la vision ciné- ont été réalisés tous deux par des cinéastes fran. présenté avec une honnêteté absolue. car cueillement ou l'excitation mystique des partici. où. film est ici généralement beaucoup plus importante ment scientifique tourné par l'ethnographe-cinéaste que dans l'enregistrement du cérémonial. que la description d'un rituel. mêlée à la foule. L a caméra a enregistré aussi la naissance chisme chrétiens. séquences liturgiques qui. 50). documentaire social en Angleterre aux films vant l'homme dénudé. toujours bou. insoutenable. On saisit ici. Dans la banlieue d'Accra des rigide par un code rituel. sans esprit partisan. de Georges Rouquier cinéma dans l'enseignement des sciences sociales. les divers reportages du cou. la conception africaine. siblement ce que le culte africain peut avoir de tionnelle. en fait. en fait. dont l'étude c o m - authentiquement religieux. à l'intériorisation et au maso- 1956. inspiré par la tradition parle. L e déchafhe- en 1949 . délirante. dans une cinémathèque spécialisée. mun. l'intervention du cinéaste) est espèce de pitié sauvage devant cette incroyable constitué par le monde du travail. nées de la lecture. en leur comportement fixé de manière plus ou moins 1954 :Mai'tresfous. qui a presque toujours h o m m e s et des f e m m e s se réunissent de temps en une valeur sacrée. Nkruhmah émergeant de la foule foi populaires (Les Pélerins. en dévoilant un aspect tragique. Il existe deux enregistrements cinéma. portant tous deux plonge le spectateur au coeur m ê m e du sacré. Il y a Citons. l'autre en Afrique. la caméra est c o m m e noyée dans la foule n'avons pas l'ambition d'en dresser l'inventaire. tout l e . de. le 31 mai au recueillement. les cortèges bariolés. il se passe un phénomène ticulièrement l'école documentaire britannique qui. cette tension m ê m e des acteurs et Les films dits ethnographiques abondent en la confusion générale facilitent l'enregistrement. qui tient autant du ballet que de la prise brutal. L a science des religions aurait beaucoup à gagner Il faut citer dans une catégorie particulière les à rassembler. notamment. nouveau culte de possession (voir p. parfois horribles. produit en Dans la production de l'Office canadien du film 1957 par le Ghana Film Unit. notamment les saurait rendre sensibles à ce point ces oppositions cérémonies d'indépendance du Ghana. rien n'est aussi difficile à interpréter à la lecture pants permettent à la caméra de se glisser furti. bien que L e second domaine auquel s'applique le plus aisé- - le film ait été supervisé il est important de le ment la technique du reportage sociologique (ex- - noter par un conseiller religieux. parée serait assurément du plus haut intérêt. dissimulée. reportages qui s'attachent à décrire des rituels tous ces documents disparates. s'illustra dans cette voie à partir de leversantes. de sujets religieux ou para-religieux. C'est par- film assurément objectif. elle décrit. Il s'agit. par l'univers concentration de souffrances. d'un enseignement . invisible et indiscrète. L a comparaison tographiques de cette cérémonie. sociologiques. pos dans le chapitre consacré à l'utilisation du Lourdes et ses miracles. le second film montre la cérémonie à ment dionysiaque africain s'oppose radicalement laquelle prit part la reine Elisabeth II. mieux que ne le font les du nord. sans tations mentales incorrectes. réalisé par Terry en mettant en valeur les différences fondamentales Bishop. E n Angleterre encore. Il faut situer sur 1930. L'un illustre la conception occidentale. Ici la ferveur. Les gestes du travail :de la naissance du de la chrétienté contemporaine. suscite une cluant. nous retiendrons de ce dernier film est considérable : en marge du encore un reportage de Terence M a c Cartney - cérémonial officiel. sur le pélerinage à l'Oratoire St Joseph. mentaire britannique. l'autre rement England has a Queen (Elisabeth est reine). souvent mots. presque d'armes. c'est ainsi qu'elle atténue sen- ment d'une extraordinaire parade militaire tradi. les bals populaires. Leur confrontation comporte plus Trooping the Colour note fidèlement le déroule. Freedom structurelles fondamentales.

1'exploration cinématographique ateliers présentent de grandes difficultés tech. 59). les organisations syndicales. O n tuait alors une audace et une grande nouveauté. produit social entre dans l'histoire du cinéma c o m m e genre par le Deutscher Gewerkschaftsbund (Deuxjeunes particulier. se situe à la limite ciologique. de surprendre d'une conception infiniment plus riche du film so- sur le vif. à selon Rotha. Ces films sont généralement produits par de ses premières lettres de noblesse. fournit à l'histoire du et l'action syndicale dans la Ruhr). Ces diens traitant des m ê m e s problèmes (voir p. Ces films. syndicale) . Le Nanook de Flaherty la paix et la liberté" (introduction du catalogue. selon le mot de Georges Sadoul/l. en 1929. peu après 1940. le plus souvent. ___ maintains the World). mais il consti. une pléiade de (la forrnation d'une filiale syndicale)14. collaboration du Canadian Trade Union Movement Autour de Grierson producteur. dans deux monographiestechnologiques exemplaires : Nous évoquerons plus loin d'autres films cana- L e tonnelier (1942) et L e charron (1943). 286. Ce genre. la collaboration effective des frontière du reportage et relèvent. 1955 (Unconflit du ciel. se posent en particulier. Canada. International Labour Film. le cinéaste inscrit. titre d'exemple Sie bewegt die Welt (Labour vail de la pêche au hareng dans la m e r du Nord. L e monde du tra. produit par l'Office national du film. A world survey of dans l'intimité des êtres. films consacrés au travail dans les usines et les Aujourd'hui. Film. tional des films du travailj3. Ein ganz veine fut assez rapidement tarie. L e prétexte de et s'apparentent parfois au film de fiction.. l'intervention tique du travail qu'aux problèmes sociaux qu'il du cinéaste se borne à circonscrire la réalité. qui n'est autre fragments de reportage . dès lors. Canada. Drifters. O n se fera une idée de cette extension en Grierson opéra une espèce de révolution dans le consultant le catalogue édité par l'Institut interna- cinéma en montrant en séance publique. Mais cette 1'1-G Bergbau (Syndicat des mineurs) . produit pour cinéma quelques oeuvres importantes. Il trouve un très grand nombre de réalisations dont apporta sur les écrans "une sorte d'exotisme so. En France et en Belgique. Dans le cas qui nous ment et souverainement à la collaboration du tra- occupe. International décrire avec clarté et probité le travail artisanal Labour Film Institute. Mais. Drifters était la pêche au hareng. de prétexte à des République fédérale d'Allemagne. hommes et. le premier relèvent plus en rien de la catégorie du reportage film "documentaire" européen. Esthétique du cinéma. pose.qu'il cesse. Il faut noter aussi que les velles que propose la caméra participante. à peu près à Cité par Roger Manvell. "porta modestement à l'écran le tra.Du kannst talents se groupent. vers le monde paysan. qui ne au temps du cinéma muet. 38) et Drifters dotent le film sociologique p. Ce genre. avec le duit par Agel. L e domaine du "film du travail" plexes. Georges Rouquier et Henri Storck renouvelèrent. pour cinématographique. gewohnlicher Tag ( U n jour c o m m e les autres). VII).avecla avaient dQ déployer"/2. produit pour le l'homme était exclue. vail industriel servit. Aussi bien faut-il noter une construction filmique toute personnelle. les problèmes d'éclairage. du courage qu'ils 1950. les que les gestes du travail se prêtent fort aisément images qu'il emprunte à la réalité sociale. l'approche du "documentaire ' - Georges Sadoul. Ils se tournèrent tous deux. Nous citerons. des gestes du travail industriel a perdu son charme niques . 1952. quoi qu'il en soit. Très à la participation consciente de l'"acteur" au récit souvent aussi le cinéaste demande et obtient. Rameradschaft (Fraternité). àvrai dire. 33 . "L. que nous définirons au cours du pro- de deux méthodes d'approche : le reportage et la chain chapitre. elles font appel délibéré- que la trame m ê m e du rite. l'activité syndicale ou du mouvement coopératif. Nous aujourd'hui sa frarcheur initiale . L'ouvrier se s'est élargi considérablement depuis quelques an- m u e alors en acteur et obéit à une certaine mise nées . Drifters.toute évidence.41). 1956. p. produit par la Wiener Arbei- Les gens étaient amenés à se rendre compte. ouvrage cité. les prises de vues doivent se con. Nous évoquerons son évolution en An. 98. Ce sujet a perdu s'adressent à des professionnels spécialisés. qu'un hareng sur du mouvement ouvrier du Autriche) . p. le but est de faire connai'treles divers aspects de cial''. (voirp. pro. en évoquant les ouvertures nou- caméra participante. Autriche.e film est une arme dans le combat pour le pain. dans propre vie quotidienne. artistes découvrent la signification de l'activité gleterre m ê m e (voir p. Ces films se situent donc à la ces prises de vues. né de l'ob. E n outre. social''. nicht abseits stehen (Tu ne peux rester à l'écart). GEG (Association des coopératives allemandes) . une école et un style documen. travailleurs. le travail de la mine du désir de les magnifier. Rouquier devait films for Labour Audiences. nous nous écartons considérablement du vailleur que la caméra transforme en acteur de sa reportage pur et simple . 1954 (histoire des conquêtes bablement pour la première fois. terkammer. esthétique initial. Bruxelles. les évoquons ici pour la clarté de l'exposé. p. 45 désir de pénétrer. en fait.République servation pure et simple des gestes du travail et fédérale d'Allemagne (La vie. les cinéastes s'intéressent moins à la poé- en scène. éventuellement. taires bien caractérisés naissent : le documentaire République fédérale d'Allemagne. au-delà des gestes du travail. Strike in town leur assiette n'était pas une chose qui tombait du (La ville en grève). nement cinématographique. Local 100. souvent com. Paul Rotha insiste sur l'importance de cet évé. mais le résultat du labeur physique d'autres travail dans l'industrie du bois) . repro- la m ê m e époque. 1 YS4 (Lemouve - jeux formels dont toute connaissance véritable de ment coopératif en Allemagne). oeuvres très élaborées ne contiennent plus que des former à un scénario préexistant.

Unpetit spéciale à un film tchèque appartenant à cette caté- coin de parapluie. n'est plus qu'un passant qui celle qui éclata en 1889 dans une usine d'allumettes) . de (voir p. rue de Lombaxd. de Jean Cette technique pose un problème moral extrê- Brismée. ou le film danois Man burde Tage sig Margaret Thompson. le film ne peut être projeté que devant des D'autre part. pro. Institut international des films du travail. montre la guérison lente d'une f e m m e at- C. gique a tenu à souligner. L a caméra dissimulée viole. l'homme. C o si no O n% mysif (Ainsi les enfants nous ouvrière.s Faglige Landsorganisasjon court. d'autre part. Norvège. C e test sans doute With these Hands (Avec ces mains-là). (19591. pendant une période à Hambourg en 1954. méditant sur la grande lutte syndicale de déontologie de ce type de films doit être rigoureu- 1909). 34 . cependant attentivement un cas privilégié de l'ob- 1954(Le syndicat sur le plan régional et national). Ce film est le résultat de cation destinés à améliorer la productivité ou à deux ans d'observations patientes au moyen de ca- réduire les accidents professionnels . Usages spéciaux de la caméra dissimulée teinte de troubles mentaux et soignée au California's Metropolitan Hospital (réalisation :Jack Glenn).l'une des grèves pressionnistes. d'une part.Gryr 1 Norden (L'aubedans le nord). voient). il faut englober aussi les films d'édu. mais ces méras et de micros dissimulés .l'un des plus remarquables est de psychodrame dirigé par une monitrice. L e film belge Passion des hommes. (Les prises de vues eurent lieu dans de dame. notations furtives. cependant été souvent appliqué sans dommage à U n certain nombre de films traitent des pro. cessent d'être le sujet du reportage. cet univers décousu. amor- Vi Var Nagra M a n (Nous n'étions qu'une poignée cer un dialogue. les films syn. dépeint un syndicat de de ceux qu'elle surprend et guette. citons :Activity Croup The- (Thérapeutiquede groupe). ignorent qu'on les filme). 26. s'engager résolument dans la voie d'hommes). servation cinématographique au moyen de la caméra Depuis 1921. quiévoque les conflits surgissant fréquemment entre les ou- vriers et les contremaftres. Dans le domaine voisin de la psychia- d'Europe a organisé à Rouen. L e premier cours de séances de thérapeutique collective. 1947) et Growing l'homme et du travail dans l'entreprise moderne" up with other Peoples (Grandir avec les autres). L e festival international des films du travail eut lieu spectateur peut suivre ainsi. de deux ans. Lorsque la cérémonie ou le travail. film. erre à la poursuite d'un objet qui se dérobe (Union des syndicats norvégiens) (ce film relate. les coopératives suédoises ont pro. 83-84). Aux Etats-Unis. au multiplient depuis quelques années. 1952). en 1'American Federation of Labor et le Congress of effet. l'observation des groupes d'enfants. produit en 1950 pour le Jewish Board of Guardians. Dans la production scienti- af det (Il faut faire quelque chose. les films anglais Learning by experience canadienne intitulée "Etude en six chapitres de (L'enseignement par l'expérience. filmé tente de découvrir la façon dont les enfants produit en 1950 par l'International Ladies'Garment soumis à l'expérience se représentent le monde Worker Union (Histoiredu syndicat des vêtements des adultes. un premier trie. l'évolution caractérielle des garçons le troisième à Oslo en 1960/1. les gestes du travail. L a caméra ob- pératif en France. un studio spécialement aménagé à cet effet). fuit et il faut. à fleur de peau . holm. il montre le com- thèmes se situent en marge de notre sujet. au cours d'une espèce logue pp. E n Belgique se dé. l'ombre) . non participante : l'utilisation de la caméra cachée. Voir rapport du Troisième Festival internatio- mènes sociaux par la caméra s'amenuisent consi. le second à Vienne en 1957. duit 250 films par le truchement de Nordisk Tone. vue à travers les yeux d'un vieux mili. à l'observation du foule. par blèmes humains du travail. de Dimitrij Plichta (1959). Suède. telle la belle série exemple. Dès que nous quittons le domaine que définissent L e procédé de la caméra invisible a été appliqué le cérémonial et les passions collectives de la parfois. et Visages de la coopération gorie. Bruxelles. que le jury du Premier Festival Vandervelde. le Conseil des fédérationsindustrielles spécialistes. nal du fiim du travail. Stock- dérablement. produit par sement définie. les possibilités de saisie directe des phéno. 22-27 mai 1960. im- dans un style semi-documentaire. vision de S. mentionnons aussi Out of Darkness (Hors de festival international du film industriel. Slavson.R. Citons. American at Work (Musicians). dans les plus fameuses de l'histoire sociale norvégienne. c'est-à-dire un ensemble de gestes stéréotypés. L a tant. produit en 1953 par C B S Public Affairs. Suivant l'accord roulent périodiquement les Journées internationales passé entre les auteurs et les parents des enfants du film au service de l'industrie et du travail. Il y a lieu d'examiner triarefiirbundet (Syndicat de la métallurgie). Citons aussi un film fran. 1. aux Etats-Unis. de la caméra participante. sous la super- "du travail". qui évoque l'histoire du mouvement coo. 59 ). de manière délibérée la personnalité morale Industrial Organizations. la caméra voleuse. celui-ci tourne duit par 1'Arbeiderne. Les portement spontané d'un groupe de jeunes garçons confrontations de films consacrés au travail se mal adaptés. produit par l'Institut Emile mement grave. est un document historique sur la international du film ethnographique et sociolo- classe ouvrière belge. et du groupe qu'ils constituent. produit pour le Svenska Metallindus. en accordant une mention çais humoristique sur la sécurité sociale. souffrant de troubles émotifs. en 1960. filmés. sans cesse : bribes de vie. ce film. pour apprendre à le connaître. Dans les films dits = fique des Etats-Unis. Ce procédé a musiciens aux Etats-Unis. serve les réactions d'un groupe d'enfants (qui dicaux sont particulièrement nombreux (voir cata.

35 . (Pour le plus grand avantage de tous). Il est ne visent pas de but scientifique. Les films ainsi réalisés Untel procédé appelle déjà certaines réserves. des relations humaines. C'est sur la voie de l'espionnage. afin d'étudier sur le vif le problème usefulness). et l'on ne voit que trop ainsi que la société Chase Manhattan fit enregis. au moyen d'une caméra cachée. bien comment ce moyen d'investigation pourrait ser- trer.mais ils apportent difficilede décider à quel moment la caméra se situe au sociologue des documents intéressants. les relations vir à des fins policières peu recommandables.comportement des clients d'une grande entreprise sociales au sein d'une grande banque (For greaier commerciale.

Or. prend figure rie du reportage pur et simple dont nous avons d'homme. J. avec 1. Il y a dans ces grands documen- tive. publicitaire dans la baie d'Hudson. ouvrage cité. 280. tourne pour une oeuvre d'art empreinte de rationalité. un instrument peu sans tricherie ni artifice. il n'a pas vu L'oeuvre de Flaherty et la méthode ethnographique exactement ceci et cela qu'il montre. à ce niveau. du montrent quelques hommes se mouvant dans le paysan. un h o m m e au sourire inoubliable. il recherche ia communion. c o m m e l'essai littéraire. portrait sociologique qu'il entreprend. cette fois. particuliers. s'élabore plus à la prise de vues et au décou. Nanook. les bonnes rela. L e héros de ce tions commencent malheureusement à se gâter film. L'authenticité d'un tel film dit "documen. rbles sont authentiques. il était aussi le l'avons vu plus haut. discours filmique est constitué par une série de D e cet art dont il a inventé la néthode. qui renonce l'imege impose avec force le sentiment de réalité. tout un univers. Il a sim- viction est plus ou moins grand selon l'art du ci. un trap- invente avec la collaboration d'acteurs dont les peur-prospecteur américain d'origine irlandaise. un ton qui ne ressemble nication . sou- Or. etc. la monographie. c'est une tenta- tenir la collaboration effective des hommes dont le tive en vue d'opérer une généralisation à partir de cinéaste veut exprimer les passions. un premier acteur bénévole exprimant volontairement.mais de re. Cet les sociologues hésitent à voir autre chose dans h o m m e inconnu devint selon le mot de Sadoul. Robert propositions affirmatives. L e film ainsi conçu est plus que morale. de capter dans sa pure n'agitent pas les concepts de structure. est plutbt comparable au discours élaboré que les sociologues-écrivainsnous proposent. L e film docu. un portrait mentaire. de fonc- spontanéité idéale la réalité ''brute''. 36 . Il ciété à travers quelques visages exemplaires . est à la fois description et essai de commu. L e film. Flaherty observe minutieusement Nanook tenté de circonscrire le domaine relativement et sa famille. Mais pour appréhender la réalité sociale consiste à ob. le livre. Flaherty ne suit pas Nanook à la trace. humaine. la réalité qu'aux vertus expressives du montage. à la construction du film. CHAPITRE IV L E S VOIES DU FILM SOCIOLOGIQUE (II) LA TRADITION DE FLAHERTY OU LA un talent variable. il engage avec lui un dia- télescope sur un problème de géométrie. la vérité. tion. dont et les soucis. de vérité. aux faux prestiges de la caméra objective et du Les grands documentaires sociaux que l'histoire reportage "saisi sur le vif". en soi. où l'Esquimau. sa propre condition adapté à la découverte automatique de la vérité d'homme. ils suggèrent page qu'au montage. dans logue. c o m m e une Il s'est avéré depuis une trentaine d'années qu'une oeuvre de synthèse. Or. au terme de leurs recherches. puisque cette façon est un langage qu'il moyenne d'une enqu&te ethnographique). taires un accent de vérité. à tra- lors. ils ne s'agit plus. était un Esquimau c o m m e tant entre les sociologues et les cinéastes. apparalï. un film Dès que l'on évoque cette idée. non le pur reflet de la réalité. p. il lui demande de collaborer étroitement au l'espoir de voir surgir un théorème. ni calomnie. pendant quinze mois (la durée montre. nous héros d'une véritable épopée"/l . les hommes deviennent du cinéma a retenus résument le destin d'une so- les acteurs de leur propre condition authentique. Flaherty demeure le maftre inégalé. L e film. Il n'a pas toujours vu ces choses de la façon dont il les D e 1920 à 1921. Cette limité. après avoir été adopté par eux. C'est un peu c o m m e si l'on braquait un en chasseur d'images . le film est autre chose qu'un livre . plifié le langage en accordant plus d'importance à néaste. L e documentaire est une répondant au n o m de Flaherty. L e h u m aine. aucun langage (qu'il soit fait d'images ou de cieux avant tout de témoigner de la condition paroles) ne garantit a priori. . une oeuvre expressive mettant méthode bien plus féconde que celle de Dziga Vertov en jeu toutes les ressources de l'observation. maison de fourrures françaises. avec laquelle s'exprirre un esprit indépendant. oeil aveugle ou. ni l'épouvantail des statistiques . dès petit espace qu'ils habitent réellement et. au fond. les travaux quelques événements concrets. entièrement de la bonne tout en annexant la technique du film de fiction. le dialogue en rien à celui des discours de propagande : ni avec la caméra. sortant de l'anonymat. C'est que d'autres. Sadoul. CAMERA PARTICIPANTE L e film. ils chercher la participation active de l'ouvrier. foi du réalisateur qui affirme. ''le le cinéma qu'un instrument de recherche. Dans cette perspective. le plus souvent. Revillon. en tout cas. dont le pouvoir de con. mais la ferveur discrete jamais un langage. dès qu'il cesse de relever de la catégo. vers ces images démunies d'artifice. taire" dépend. à travers son oeuvre :voici ce que j'ai vu. dans cette perspec. c'est.

qui ont cessé de se manifester). sur la néces. travail. en oncle maternel. d'interroger. ont été "reconstituées" ou non. ce jeu permet seul d'apporter un té- à la vie sociale. les mouvements de foule. rage"/4. VII. Griaule. pourquoi lui recommanderait -on vivement "reconstituées". tuations/3. p. (c'est-à-dired'une technique qui interdit toute in- dans le style défini par Flaherty. 1958. approfondir ou introduire cas particuliers"/ 5. mais en cela ne réside pas l'essentiel de son graphes. que la "reconstitution" pouvait sité de parler. reportage pur et simple. qui cite ce type d'enquête c o m m e exem- plaire de l'observation participante. D'ailleurs. Dans les techniques dramatiques utili. J'ai moi-même utilisé une technique 5. pu- enquêtés. éclairer. il n'est que très rarement nous l'avons gique. traire. Paris. dans la seconde. - cepter résolument la part de reconstitution disons trouvent leur équivalent dans le domaine de l'enre. dans son cours d'ethnographie. Puis Flaherty bâtit un scénario. pour être tolérée du point de vue scientifique "dans des compléter. Sans doute ne faudrait-il pas forcer ce chef-d'oeuvre de probité. provoque des réactions. tant8t en gendre. note que le 1. les possibilités du reportage pur et simple formé en acteur. le problème de l'au- force m ê m e de s'y intégrer. les interrelations qui le lient à son entou. L e bien des choses silencieusement. tion radicale au cinéma-vérité de Vertov. mérite d'être tervention. c o m m e l'observation directe et l'enquête orale ou ciellement. le cadre d'un récit préétabli qu'il présente artifi. Cette d'étudier la langue du peuple qu'il étudie ?). "le 2. Il obtient. en frère aîné. Marcel Griaule. ethnographiques. L'ethnographe ou le sociographe observe - vu un moment m é m e de cette connaissance. Méthode de l'ethnographie. la à m e s "acteurs" bénévoles de tenir une série de participation consciente de Nanook. L e appellation couvre tout ce qui ne ressortit pas au chercheur participe donc à la vie du groupe. Marcel Griaule ad- tait. de son &té. Je m e suis aperçu que cette technique d'inves- velle méthode et un nouveau style documentaire tigation. expérimentale. dont la mise en scène cinématographique qui ne se fondent que très partiellement sur les m'avait donné l'idée. ouvrage cité. moignage cinématographique approfondi. p. répond. ouvrage cité. suscite. Ceci est une action en retour de la tech- Flaherty entendait avant tout apporter un témoi. L e cinéma est avec l'homme. dès qu'il tente un effort de pénétra. Au con- pose des questions auxquelles un informateur. (Seule l'oeuvre récente de Jean tion et cherche à établir une relation approfondie Rouch fait exception à cette règle). s'ef. p. amusait beaucoup m e s infor- ressources limitées du reportage.trans. de susciter des si. toute enquête sociolo. dialogue. d'autres moyens. Mais ce paradoxe caractérise. Mais on ne se rend la comparaison. 148. ment limitées :le cérémonial . 142. peu gênante . de Nyla. Granai. sées notamment par les disciples de Moreno. et de leurs enfants. les gestes du vateur devient réellement "metteur en scène". le jeu. fondant ainsi les thode utilisée par Flaherty (puisque le terme deux approches du phénomène humain . l'une passive. l'autre active. s'efforce de créer. historiques. quant à lui. ces deux méthodes verser radicalement cette proportion. en M. Granai. 1957. dans la reconstitution ne s'applique qu'à des phénomènes première. film est un témoignage synthétique. nique cinématographique sur la technique de l'en- gnage authentique. M . elle participe doxalement. Aucun ethnographe n'a récusé quête m ê m e . Or. Bien des ethno- bée. Il invente. afin de mettre rapidement à jour ou un romancier inventerait un roman. ni dans l'autre. c o m m e l'on dit souvent. C'est la méthode que thenticité ne se pose pas en ces termes. d'interviewer. mateurs. 142. caméra n'interroge vraiment : elle porte témoi- Tel est le paradoxe du film ethnographique et gnage sur une situation connue. Artiste intègre. Gurvitch. Nous pensons qu'il faut ren- l'observation directe/a. blié sous la direction de G. cependant. déjà analysée par sociologique. sujet ne raconte pas sa situation. c'est-à-direpar plans. 37 . Ni dans un cas. la selon les consignes d'un metteur en scène. chap. sa rôles arbitraires :ils devaient se comporter tant8t femme. - plus exactement la part de jeu qui définit la m é - gistrement cinématographique. Nul puriste de l'observation directe ne lui dération c o m m e "films ethnographiques'' les contestera le droit d'engager des conversations oeuvres très élaborées où les scènes seraient (sinon. Granai appelle l'"observation participante". Nanook interprète "mise en scène" liée à ia caméra participante) ne le r8le de Nanook :il s'exprime lui-même. dans sont pas exactement des moyens d'investigation. Georges Granai. le concours effectif. Je proposais pour le tournage du film. les m ê m e s ethnographes ne savent pas toujours fondée sur la communication de l'observateur et de très exactelnent quels sont les films dont les scènes ceux qu'il observe/l. - l'on sait . la caméra se fait discrète. c o m m e moyen d'investigation des c o m m e un ethnographe rédigerait une monographie r8les familiaux. en opposi. par fragments. Para- sible. refusent de prendre en consi- travail. Techniques de l'enquête socio- sociologue participe aux situations collectives des logique. au cours d'enquetes ethnographique. où l'obser. une nou. p. grâce aux auxiliaires qui l'assistent dans 3. etc. mettait. voire à la déro. ce que l'on veut bien y réfléchir. Or. 4. qui sont. in Traité de sociologie. insis. Il faut ac- fondamentales. puisque les deux types d'enregis- pas toujours clairement compte que Nanook est trement cinématographique (le reportage et la bâti c o m m e un film de fiction. Griaule. à peine vi. La caméra participante. l'ensemble des relations de parenté.attitude résume toute la déontologie de la recherche ludique semblable en Afrique. toute direction d'acteurs) sont relative- comparée à la technique du sociodrame. Paris. si une façon de rapporter ce que l'on a vu. Granai. il la joue et res.

le cinéaste se la première fois de sa vie. Les descriptions techniques. chette sur un animal de neige. le propos du film. son domaine. accourus à la lourde machinerie du cinéma n'étouffe-t-ellepas rescousse. dès lors. s'applique à la vie sociale fluide. les moyens psychologiques àmettre liers" de 1' enregistrement cinématographique. notre â m e siens à se réfugier dans un igloo abandonné. leurs enfants. présence m @ m e de la caméra. Comment. la chasse au morse. L'art de Flaherty consiste aussi à couler sa description ethnographiquedans les grands rythmes C e film est un portrait de famille :voici Nanook. rement de la création artistique et qu'il est témé. à chaque halte provi- C'est là un problème complexe. L e cinéaste intervient ici c o m m e un régulateur. gation. L a preuve n'en est-elle pas que. il opère un choix. pour Dans notre propre civilisation. retombe. noir et blanc. d'une société tanée appelle une technique d'enregistrement ciné. Nanook y lance son harpon et une mise en scène rigide. Il n'y a pas de recette "scientifique" qui se déshabille et se glisse sous les peaux. navigateurs. suppression de cette tension artificielle. L a vie cette spontanéité m @ m e qu'elle est censée révéler ? est une longue errance et. Nanook dérape sur la glace. le m & m e méca. le village de Safuné. la condition de vues. toujours caché. d'un art : l'art de resti. 50). Les chiens de l'attelage par- qu'évoquait Edgar Morin :"NOUSréagissons sou. écoute. tagent la vie rude de l'homme. le cabotinage. rents. ici. qui a rites. il construit l'igloo. qui oblige Nanook et les découvrir. ). avec une extraordinaire jubilation. sa femme. au phoque. un ensemble signifiant tire à en perdre haleine sur la corde que déroule. leurs chiens. en effet. Nanook.l'une muette (38 trastent avec la rigidité et le conformisme des min. trecoupées de notations tendres ou familières : tuer la vie par les vertus du dialogue humain qui Nanook apprend à son jeune fils à lancer une flé- s'engage entre le cinéaste et ses l'acteurs'' impro. Seul Nous avons commenté précédemment la dialectique un trou minuscule signale la présence de l'animal de ce paradoxe : c'est que le rituel constitue déjà sous la banquise. dans l'archipel des la première réaction à une question. en effet. déployant dans la navi- matographique particulièrement lourde. Cette voie neuve (inconnue des sciences ethnographique de la vie quotidienne des Samoans. ensevelis appelés devant un appareil de photos et de prises sous la neige. 46. est une scène extraordinaire. que la caméra démarque. Il scènes âpres de la lutte pour l'existence. Il peut paraRre étrange que la vie sociale spon. non cristallisée. masque. réduit à l'essentiel. happé par le trou. un gramophone. Nanook est aussi constructeur. sont en- s'agit bien. héros du premier film ethnographique. été synchronisée postérieurement (1925). exactes et naturelles). naturels et vitaux :vérité et poésie sont les deux le plus extraordinaire sourire de l'histoire du ciné- pbles de son oeuvre. née de la 1 h. il veut heurte à cette géne particulière de l"'acteur".propre. l'animal blessé. la triomphe enfin avec l'aide des siens. à nos yeux et ceux d'autrui. rire ou la dignité"/l. Nanook of the North (Nanook l'esquimau) : il vie dont la fluidité et la richesse émotive con. Nyla. qui s'acharnent à survivre. L'intimité familiale. contre l'invisible et l'épopée c8toie la farce. Mais (1923-1924) dans le Pacifique. sit8t que les chiens passeront la nuit dehors. L a capturedu phoque rituelle. lorsqu'il dans sa fuite. Tout son effet psychologique tend à la 2. résiste. nisme de défense peut engendrer l'exhibitionnisme.. est aussi le symbole m & m e de toute civilisation. la maison de neige. ceux que requiert l'enquéte ethnographique tradi- - et non l'esprit du film dit de fiction ? L e but du tionnelle. les aspects - les plus significatifs de la vie quotidienne cette 1. 1. Par contre. A l'inverse. l'autre légèrement plus longue. alors inavouée. les raire de prétendre résoudre scientifiquement. existe deux versions du film.. basée sur la confiance réciproque. de lave son bébé en crachant sur une peau. jeu est de montrer. L a chasse est la lutte sans les lourdes interventions de la mise en scène. 38 . L a progression épique du film pouvait nous arracher notre masque socialisé et s'achève par une temp&te. Moana est une longue description tation. alors que. 35 mm. D e toute façon. Nyla permette à coup sQr d'engager ce dialogue. c o m m e si la caméra extra-lucide leurs querelles. précisément. en fragmentant les gestes pour mieux les soumettre Quelques films de Flahertp à l'enregistrement cinématographique. notre masque le plus hypocrite : le sou. 45. la famille mange. Flaherty quitte le Grand Nord et passe deux ans nant celles qu'altèrent les déviations du jeu. Parmi les diverses prises de la m é m e scène. p. Nanook dégeler 1'interlocuteur. l'abri d'une nuit. en oeuvre ne diffèrent pas fondamentalement de Faut-il préciser que Flaherty utilise la méthode . Moana of the South Seas (Moana des mers du sud). qui intervient dans vent. muet. Il choisit les Tles il peut aussi s'assigner c o m m e tâche de surprendre Samoa. Il se redresse. dans une structure cohérente. ouverte par Rouch et Morin. dont les fiançailles heureuses de Fa'angase et de et dont le principe se trouve en germe dans l'inter- view. ma. soire. peu significatifs. c o m m e s'il allait &tre le reportage ne saisit que des lambeaux incohé. Tel est. C e film est l'épopée d'un homme. 1923-24. élimi. sera discutée ultérieurement (voir p. à une sollici. ces masques de la vie sociale. les événements sociaux rigides (vie une intelligence merveilleuse. nous "posons". qui relève entiè. visés. c'est-à-dire ajustons un humaine sont des conqu&tes dont l'animal est exclu. constituent les "cas particu. manger le disque. L e cinéma ou l'homme imaginaire. cérémonielle) peuvent &tre notés au vol. la p&che.

capture d'un crabe palmiste enfumé dans qui estime que l'auteur sacrifie à l'esthétique dans sa cachette. au large de l'Irlande occidentale. etc. Flaherty Cette introduction. qui acceptera fi. préparation de serait injuste. Les fiancés dansent. L'attitude caracté. un ton âpre. corail. Nous un requin. Flaherty sant sur un lit de pierres. Du haut de la falaise. cet extraordi- les danses traditionnelles. W. Ils sont seuls à des bars. Murnau vieillard. cuisson des tubercules de taro abandonnée à elle-même. Ru fil des tra- vaux et des jours. Matahi nage tin. nous assistons à la culture du 4. que l'héroïne supporte vail. à l'uti. Fa'angase à son tour est paré en vue de son pro. enfin. à la pêche au harpon. Goldman et Frances Flaherty tion des vêtements en tapa. L'histoire drama. graphiques opposées. l'oint d'huile de palme. le petit garçon N é de la fusion de deux conceptions cinémato. d'une tortue de mer. on sert le kava. - la lutte acharnée contre le sol rocailleux une lutte qu'on hésite à désigner du terme banal d'"agricu1- ture". Les personnages le tatouage douloureux. ce film contient des aspects Vaincu cette fois par la mer. dès lors. Il n'y a. le père rentre à la documentaires marginaux d'une grande beauté : la maison avec les siens. la femme ré- 3 5 m m . nouveau. Moana et Fa'angase dansent de L e père et ses compagnons reviennent de la pêche. qui en acheva seul la réalisation. Voici la préparation d'un champ de pommes 3. Dans la ligne épique de Nanook. son lamment. repo- Murnau. Tabu. est suivie d'une séquence consacrée à la victoire morale de l'homme sur la douleur physique. physique contre la nature. tandis que le petit garçon pêche au fiancée Reri se déroule cependant dans un cadre lancer du haut d'une falaise. Il se fait tatouer par trois hommes . 28. Moana est l'un des grands axes de l'art de Flaherty. aux iles Touamotou d'un deuxième requin . dont le thème est l'ali. dans la tempête. version anglaise. noir et blanc. L e canot est jeté à terre et brisé . s'échapper. l'ani- sommes encore dans cette Polynésie apparemment mal harponné tord le fer qui l'a blessé et réussit à heureuse. authentiques sont Michael. consommation cette oeuvre "monumentale". Au cours d'une poursuite en mer. sa mère. Mais leprêtre la maison cette nuit. Jeux de Michael et travaux de la mère à la maison. L a lutte douleur. min. lisation de l'arbre à pain. 35 m m . 1934. ils guettent tous deux l'horizon. elle va chercher la terre arable dans les crevasses . C e dernier intermède introduit la à Sadoul. Après l'"agriculture". la lutte à coups de harpons et Bora Bora. U n canot à quatre rames s'approche ment rousseauiste de Flaherty. constituent les thèmes de la qua. menacée par la m e r fu- au moyen de pierres chaudes. proclame Reri interdite. version anglaise. pêche. 1928-31. à Réalisation :Robert Flaherty . Rien de plus nonchalant que le fil ondo. dont la poésie se nourrit de simplicité. aidée du petit garçon et d'un avec F. à la capture d'un sanglier au piège. durera. l'évocation du grand trième partie : Fa'angase orne Moana de fleurs et triompheprimitif de l'homme désarmé ou mal armé. de terre : le père casse des pierres. source de corruption pour les mondes archaïques. mérite d'être notée. L a mère est parti à la recherche de Reri. de n'y voir qu'un prolon- la teinture qui doit pénétrer dans la chair. U n petit garçon cueille des noix de coco. un prêtre ties. emmène sa fiancée. Il aperçoit au large ethnographique rigoureusement authentique. montage :John la préparation des fibres végétales pour la confec. Désespéré. L e père prépare la doris endommagée tique des amours contrariées de Matahi et de sa par la tempete. 1 h. gère à notre propos : les exigences de la religion la mère et le petit garçon en surveillent les péripé- brisent le bonheur de ce couple uni . tandis que l'enfant dort. deux jours. L a mère et le fils les aident à accoster. noir et blanc. qui s'accordait si bien avec le tempéra. et sa mère récupèrent les harpons et les avirons. l'homme et de la nature comporte à la fois des 39 . C'est aussi un merveilleux poème bucolique. beignets de poisson. et à arracher le filet aux vagues. des marchands de perles. m e r démontée. L a mère et l'enfant affronte avec innocence la civilisation abâtardie préparent l'huile extraite du foie. L'intrigue sentimentale est étran. 1 h. où il pêcheurs reprennent la mer. cette fois. la pêche. Des bancs de requins passent au large et les L e couple se réfugie dans une rle étrangère. naire document sur les rapports élémentaires de ristique de Flaherty devant la civilisation moderne. dans une yant de ce scénario ethnographique exemplaire.la jeune et belle Moana fournissent le prétexte. n'en déplaise de poisson cru. nulle froideur dans cet hymne au labeur troisième partie du film. chain mariage. L e bateau qui à sa poursuite et se noie derrière le bateau qui est la proie de vagues énormes tente de rentrer. "tabou". dans des hottes ils la transportent Dans ce film où il est difficile de faire la part de vers cet extraordinaire "champ" de varechs. dans la grands scène du tatouage. L e requin est enfin amené à terre et dépecé. sacrifie davantage à la fiction. la navigation traditionnelle. père. Après gement de la vision de Rousseau. Matahi l'enlève. L e lendemain m a - nalement de le rejoindre. veille. qui donne au film dès le départ exalte ici. L a présence de la m e r domine la C e film est peut-être le chef-d'oeuvre de Flaherty seconde partie du film : tempête sur les récifs de et nous sommes loin de partager l'avis de Sadoul. boisson cérémonielle. pêcheur et chasseur de requins. etc. M a n of Aran (L'homme d'Aran).. suc. des crustés dans une petite Tle rocailleuse et inculte. insensé d'une poignée d'hommes et de femmes in- mentation :préparation de la farine de coco. cédant à la rude épopée arctique. L a beauté et la rieuse. 1 5 taro. un jeune pêcheur. réalisé en collaboration colte des varechs . la baignade.

sont les classiques du film description fidèle d'un milieu social. le travail. l'épopée qu'ils vivent. qui n'épuisent nullement simplicité. les sont le jouet de la tempête. les angoisses. constituent l'un caractéristique de sa méthode de travail. qui est des phénomènes les plus remarquablesde l'histoire véritablement celle d'un ethnographe soucieux de du cinéma documentaire. mects directs ou indirects dans l'école documen- tion d'exposition. la soumission ethnographique et sociologique. aux Etats-Unis. tique des h o m m e s d'Aran. joies. tage. avec Ces quatre films. Flaherty passa deux ans dans taire anglaise. s'intégrer à la communauté dont il entend décrire. Rarement la l'oeuvre de Flaherty. a atteint une telle perfec. qui racontent. en re- néaste n'altère en rien le comportement authen. Leurs prolonge- du cinéaste à sonpropos. 1Vle d'Aran :il est intéressant de noter ce trait aux Pays-Bas. fusant tout crédit au pittoresque. ainsi qu'en France. 40 . les raisons de vivre.scènes jouées et des scènes qui relèvent du repor. filmées au moment m ê m e oii les pêcheurs en parfaite connaissance de cause. L'intervention du ci. en Belgique.

L e documentaire documentaire social. p. Car enfin Flaherty teur de l'école : le premier objectif était d'exalter n'est pas un théoricien et il n'a jamais proposé en le travail humain et ses vertus civiques . 1934) dont une nouvelle version porte de Flaherty. Londres. à la façon des naval. guidance. Sadoul. un poète que fascine un certain déploie la bannière Free Cinema pour marquer aspect de la condition humaine. Rotha a exprimé ses conceptions du consciencieuse". CHAPITRE V ESQUISSE D'UNE HISTOIRE DU FILM ETHNOGRAPHIQUE ET SOCIOLOGIQUE 1. cessité de la vision poétique/3. Documentary art Film. selon Rotha. L'un des chefs de file de la première école do. l'anima. Grierson. Deux tempéraments s'opposent ici :Rotha est un pendant que. 45. civil rights. il semble lui faire grief reproche à l'école documentaire britannique de de s'&tre limité au thème du combat primitif de n'avoir pas pleinement réalisé latâche qu'elle s'était l'homme contre la nature. Il nous paraît ce. dit encore Rotha. ira beaucoup plus loin. Cité par Agel. vers une formule didactique :il veut apprendre aux 4. il faut mentionner :Shipyard (Chantier technologique des gestes du travail. sa philosophie. contribuèrent à l'éclosion du film socio. le titre Great Cargoes. la conquête de l'objectivité. dans ces deux voies conjuguées. Ces jeunes cinéastes Nanook. jamais le pouvoir de conviction de l'auteur de ciel. 1936. n'était pas de procéder à un inventaire Paul Rotha. Docteur en philosophie de Glasgow. Des ambitions sociologiques et artistiques vaille au chantier naval . penchent sur les problèmes économiques et sociaux Il faut probablement faire sienne l'appréciation de la civilisation industrielle. etc. ouvrage cité. p. tout en insistant sur la né. il n'y a pas de place pour ce genre de do- finalité morale et sociologique du documentaire cumentaire "idyllique" ou "d'évasion''. Force est de re- son opposition à la vision conventionnelle de la connal'trequ'aucun documentariste anglais n'eut société à laquelle aboutit un certain cinéma offi. 3.42 ). Documentary art Film. Esthétique du cinéma. assignée. citoyens britanniques le fonctionnzment de l'Etat. Grierson est peut-&tre. selon pendance des diverses activités commerciales. régime de la grande propriété terrienne dont sont cupé de rigueur scientifique dans l'élaboration du victimes les paysans de iifle)/5. Mais il propose une vi- EN ANGLETERRE DEPUIS GRIERSON sion sociologique assez académique. 41 . le second exemple sa formule. à la suite de les rubriques : Business and economics. son style. Il reconnaît les mérites L'empreinte du cinéma soviétique (avecson goût pour de Flahere.Sadoul tique" de la vie sociale . Flaherty nouvelle école documentaire britannique. mais il a tort de d'Agel. fit des recherches sur le r8le social de la celui qui a été le plus fidèle à l'esprit d'objectivité presse et de la radio au Centre de recherches sociologique pr8né par Grierson . vers l'"observation directe et Théoricien. qui vint tourner en Angleterre un pa. civics. cumentaire. political education. idyllique. dans la civilisation indus- préoccupée des effets esthétiques superficiels. Documentary art Film/4. objectif était de magnifier "l'inconsciente beauté de Rotha a raison de souhaiter que les cinéastes se l'effort physique" qui se déploie dans le travailja. avant tout. l'auteur de M a n of Aran ait passé sous silence le pour notre propos. D e logique. se sont pénétrés de manière beaucoup plus intense de la grande leçon d'humanité de Flaherty. 1936. C e procès domine cependant la pensée de Grierson. que Grierson était fort préoc. 120. alors que. L'EVOLUTION DU DOCUMENTAIRE SOCIAL la structure de la société. qui estime que les oeuvres de la première reprocher à Flaherty d'avoir choisi des thèmes école documentaire anglaise "offrent un ensemble "anachroniques" (Rotha regrette notamment que assez terne". documentaire social dans un livre important : ment) des recherches purement formelles du début/l. mais critique sa conception "roman- les problèmes sociaux)fut aussitrès profonde. ignore l'analyse sociale. les affranchissant (très relative. le cinéaste et théoricien Paul Rotha. et Rising Tide (Marée plus hautes les animaient (voir p. 287. de tous les membres de l'équipe. L a trielle. Grierson lui-même. Mais il est intéressant de noter. 1935) dont le sujet est la construction d'un ethnographes qui étudient la poterie en filmant un navire et les réactions de la petite ville qui tra- potier. il s'oriente m & m e Rockefeller. extensions des docks à Southampton et l'interdé- fut profonde et orienta les cinéastes anglais. Londres. 1. d'intention nous paraft injuste. que nous re- trouverons aux Etats-Unis dans de très nombreux L a première génération films classés dans les catalogues des universités et des maisons de distribution spécialisées sous L e but des cinéastes anglais qui. et de s'être trop dans le monde moderne. 5. L'influence montante. celle qui est. 2. qui montre les nouvelles norama industriel intitulé Industrial Britain (1933). la rationaliste qui veut expliquer la société . p.

Cependant, cette première école documentaire il faut citer Housing Problems (1935), le film
compte quelques maftres. Tel Basil Wright, dont qu'Elton et Anstey ont consacré au problème des
toutes les histoires du cinéma citent une étude poé- taudis. Les auteurs apparaissent ici c o m m e les
tique sur Ceylan, Song of Ceylon (1935), un film précurseurs du style typique de la télévision :ils
qui, pour la première fois, montre, dans un savant utilisent, notamment, la technique de l'interview,
contraste, la coexistence d'une civilisation pré- que Rouquier emploiera également en France, dans
machiniste et de la civilisation occidentale. L a la première partie de Lourdes et ses miracles
première partie du film est consacrée à la religion (voir p. 49).
bouddhique : célébration de rites religieux sur la Toute l'école britannique semble avoir admiré
plus haute montagne de l'ne, d'où, selon la tradi- l'oeuvre de Flaherty, mais un certain nombre de
tion, le Bouddha effectua son ascension mystique. cinéastes seulement ont tenté des études sociales
L a seconde partie décrit, dans le style typique de approfondies au moyen de la caméra participante,
l'école britannique, les métiers et les industries ; après les essais impressionnistes des premiers
la troisième partie oppose à la sérénité des deux réalisateurs, groupés autour de Grierson. Il faut
premières la fièvre de l'activité commerciale m o - remarquer, avec Roger Manvell, que, jusqu'en
derne ; la dernière partie décrit la persistance du 1935 au moins "les réalisateurs de Grierson furent
style de vie traditionnel. Les Anglais considèrent plus intéressés par l'interprétation artistique des
ce film, dont le contenu s'inspire d'une description thèmes industriels que par l'exposition des pro-
de l'lie faite vers 1680, par Robert Knox, c o m m e blèmes sociaux qu'ils posaient, alors que Rotha
l'une des plus importantes oeuvres documentaires s'intéressait à la propagande"/l. L e point de vue
de la première époque. Produit par l'Empire Tea social très particulier de Rotha, qui écrivait, en
Marketing Board, il s'apparente plus aux essais 1936, qu'il est urgent d'intéresser le public aux
impressionnistes qu'à la véritable tradition du problèmes nationaux et internationaux/2, allait
film sociologique. D e ce point de vue, son princi- triompher dans le nouveau cinéma documentaire
pal mérite réside dans le fait qu'il constitue l'une qui prolonge l'école de Grierson en Angleterre,
des premières tentatives (mais bien superficielle pendant la seconde guerre mondiale. Harry Watt,
encore) pour montrer la coexistence de deux dont le n o m a déjà été cité, est probablement l'ini-
cultures. tiateur d'un mouvement qui allait porter quelques
Au générique de la plupart des films documen- documentaristes à utiliser pleinement les ressources
taires marquants de cette époque, en Angleterre, du film de fiction à seule fin de dépeindre fidèle-
on retrouve le n o m de Grierson c o m m e producteur. ment la vie quotidienne et les devoirs des groupe-
C'est lui qui confia notamment à Cavalcanti la réa- ments militaires ou paramilitaires créés pour la
lisation de Coal Face (1936), une étude sur la mine défense de la nation assiégée. Son moyen métrage
et la vie des ouvriers mineurs, l'un des premiers Target for Tonight (1941), qui raconte l'histoire
documents sur ce sujet et l'une des oeuvres les d'un raid de bombardement sur l'Allemagne, fut,
plus importantes du mouvement. Cavalcanti, à son selon Rotha "le premier à dépeindre les courants
tour, fut le producteur d'un film de Harry Watt : humains profonds de la guerre sur une échelle que
North Sea (mer du Nord, 1938). C e film est une le documentaire n'avait pas encore connue aupara-
reconstitution des nombreux incidents qui mar- vant"/3. L a personnalité la plus importante de
quèrent la grande tempete de 1937. Il s'agit tou- cette époque est Humphrey Jennings, dont le tem-
jours de noter les gestes du travail, l'effort de pérament lyrique et les dons d'observation remar-
l'homme, la lutte conquérante contre la matière quables se manifestent avec force dans un long
ou la nature. North Sea s'attache notamment à dé- métrage :Fires were started (1943), qui décrit
crire comment les services radiophoniques sauve- le travail de 1'Auxiliary Fire Service au fil d'une
gardent la vie des marins. Mais ce film s'écarte journée d'alerte. L a formule utilisée ici par
des données traditionnelles du genre créé par Jennings nous situe à la limite m é m e du documen-
Grierson par l'utilisation d'"acteurs" et l'exposi- taire et du film de fiction ; il reconstitue une
tion d'une ''histoire''. Harry Watt avait déjà amorcé
ce style nouveau dans Night Mail (Courrierde nuit), 1. "Grierson's directors were more interested in
un film qu'il signa avec Basil Wright (1936). Pro- the artistic treatment of industry than in the
duit c o m m e le film précédent par le General Post social problems involved, whereas Rotha was
Office, dont le Film Unit fut l'un des principaux becoming interested in propaganda. I' Roger
centres de production documentaire de l'époque, Manvell, Film, revised and enlarged edition,
Night Mail conte le voyage nocturne du train spé- Londres 1946, p. 105.
cial qui assure la liaison postale entre Londres 2. Paul Rotha, Documentary art Film, 1936, p. 38.
et Glasgow ; les employés de la poste trient, re- 3. "The first to depict the human undercurrents of
çoivent et expédient le courrier au cours du voyage war on a scale which documentary had not
meme. Le document sociologique est ici la matière previously attempted." Cité dans Films for
première d'une poétique visuelle et sonore qui uti- Television from Britain, Central Office of
lise les éléments rythmiques du voyage. Supervisé Information, 1958, p. 36. Harry Watt tourna
par Grierson, ce film constitue également lkn des en 1946 un grand film semi-documentaire en
classiques de l'école documentaire britannique. Australie : 'The Overlanders (La route est
Parmi les oeuvres marquantes de cette époque, ouverte).

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atmosphère sociale, le travail routinier de la sta- colonisateur (un Commissaire de district) et colo-
tion de pompiers, dans l'attente de l'alerte qui, le nisée, la résistance de certains milieux tradition-
soir, mobilise toutes les énergies : nulle intrigue nels, qui combattent les initiatives des Africains
ne détourne l'attention du sujet principal, qui est occidentalisés en faveur du progrès technique.
lapeintured'un milieu. L e film, cependant, obéit à Mais il y a encore un thème secret, dont l'intéret
une progression dramatiquetrès sûre, dont l'apo- sociologique est considérable dans l'optique de la
théose est un incendie au cours duquel périt unmembre colonisation ; à l'insu de son auteur, le film révèle
de l'équipe. Jennings a très bien su exploiter, dans la une vision quelque peu naïve des cultures africaines
tradition de Flaherty, la structuredramatique de la et du progrès technique. Voici l'argument :quelques
réalité la plus authentique ; dans ces "films de fiction" Africains évolués, hommes et femmes, désirent
issus directement de latradition du film documentaire construire une maternité dont la gestion sera con-
dont ils conserventle style, les héros sont anonymes, fiée à une sage-femme noire. L e Commissaire de
quotidiens, discrets et tout proches de nous : leur district, sollicité, promet de mettre lcs moyens
drame est collectif.E n 1941, Jennings évoque l'Angle- techniques à la disposition du village, 2 condition
terre en guerre dans Listen to Britain. L e dernier que les autorités traditionnelles marquent leur
filmde Jennings, dix ans plus tard, est un Portrait de accord. L e village travaille spontanément avec
famille (Family portrait) de la nation anglaise enthousiasme à la construction (ceci est l'un des
(1951)., C e court métrage évoque des pages d'his- premiers documents historiques intéressants sur
toire, des noms célèbres, mais il s'attache surtout ce que l'on appelle aujourd'hui "l'investissement
à définir, tant8t avec gravité, tant8t avec humour, humain"), mais une partie des conseillers refusent
l'esprit de tout un peuple. Sans doute le portrait leur concours. Ils tentent de "saboter" l'oeuvre
sociologique glisse-t-ildangereusement ici vers commune entreprise, avec la complicité de la so-
un genre qui ne nous concerne pas ici : le film ciété masquée des hommes, présentée c o m m e
moralisateur. O n peut se demander, évidemment, l'élément réactionnaire de la tribu. L a nuit m ê m e
s'il est possible de parler de la société, ou d'en où la sage-femme veille au chevet de la première
montrer certains aspects, sans éveiller automati- parturiente, en compagnie d'une jeune intellectuelle
quement la sensibilité morale. L e film sociologique noire, des masques grotesques surgissent dans une
authentiquen'est-il pas nécessairement le véhicule vision de cauchemar, s'efforçant d'épouvanter les
d'émotions et d'idées ? Toute enquete sociale ne trois femmes terrorisées. Mais la jeune évoluée
débouche-t-elle pas finalement sur la critique ou ne perd pas son sang-froid et elle jette de l'eau
l'apologie des valeurs sociales ? L e film sociolo- bouillante sur le premier h o m m e masqué qui pé-
gique ne peut être qu'interrogation, mise en ques- nètre dans l'infirmerie ; cette intervention éner-
tion, ou communion. Il défend l'ordre établi, le gique met en fuite les forces réactionnaires :
-
justifie ou le dénonce. Flaherty est le frère de triomphe de la science et du rationalisme sur les
Nanook, il admire la culture esquimau et le dit préjugés ancestraux... Ce scénario appelle évi-
sans restriction. L2aténacité, le goût de la liberté demment, du point de vue ethnographique, les plus
du peuple anglais émeuvent profondément Jennings, expresses réserves. D'un point de vue général,
et il le dit avec simplicité. Sa démarche est sin- JeanRouch s'élevait avec force, lors des premières
cère et l'auto-portrait collectif qu'il tente ne doit rencontres internationales consacrées au cinéma
rien à la propagande nationaliste. Si toutes les en Afrique Noire (Bruxelles, 1958), contre le pa-
oeuvres de bonne foi méritent d'être examinées ternalisme évident qui anime tant de films d'édu-
attentivement par le sociologue, il est fort diffi- cation de base tournés en Afrique par les Européens
cile d'établir en cette matière une déontologie ri- pour les Africains. L e s auteurs d'un certainnombre
goureuse. Des cinéastes ont été amenés, dans de films d'éducation sanitaire, en particulier, se
tous les pays coloniaux, à prendre directement ou croient obligés de dénigrer et de ridiculiser la
indirectement le parti de la colonisation. L a plu- culture africaine traditionnelle, qu'ils connaissent
part des services cinématographiques d'outre -mer généralement fort mal, dans la louable intention
ont été des bureaux de propagande politique et so- de contribuer au progrès technique. Est-il indis-
ciale, parfois SOUS le couvert de l'éducation de pensable, se demandait Rouch, d e créer chez les
base. Voici par exemple Daybreak in Udi (L'aube Africains un complexe d'infériorité devant leur
à Udi, 1948), un film de Terry Bishop, qui fut fort propre culture ? Ainsi l'on aperçoit indirectement,
remarqué en son temps, puisqu'il obtint, pour la à travers le prisme de ce genre de films, ce que
spontanéité du jeu des acteurs africains non pro- fut la "situation coloniale"/l. Si les productions
fessionnels, deux flatteuses distinctions : ilward coloniales réfléchissent avec ingénuité l'image du
of the American Academy of Motion Pictures colonisateur, il arrive que celui-ci tente un auto-
(Hollywood)et British Film Academy Award for portrait à l'usage des colonisés. A ce titre, un
the Best Specialized Film, en 1949. C e film de film d'l'éducation de base" du Colonial Film LTnit,
court métrage dont l'action est imaginaire, illustre M r . English at Iiome- (1940)est un document so-
divers incidents qui se sont produits il y a quelques ciologique étonnant : ce film évoque, à ltusagedes
années dans la tribu des Abajas Ibos, du district
d'Udi, en Nigeria. Son propos est de souligner les 1. Rencontres internationales : L e cinema et
difficultés psychologiques du développement com- l'Afrique au sud du Sahara. Exposition de
munautaire. Il montre les relations entre Bruxelles, 1958, Rapport général, p. II.

Africains, la vie quotidienne d'un artisan anglais camions semblables à celui-ci roulent vers la ca-
et de sa famille pendant la guerre. pitale. L e marché de Covent Garden. Les m a r -
chands préparent les étalages, tandis que l'on
L e mouvement Free Cinema décharge les camions. D e temps en temps, les
h o m m e s s'arrétent pour boire une tasse de thé,
Un groupe de jeunes cinéastes a tenté à Londres, bavarder. O n ouvre les caisses de fleurs, on fait
de 1956 à 1960, de renouveler l'approche cinéma- reluire les pommes. L e déchargement est terminé ;
tographique de l'homme et de la société et d'insuf- quelques jeunes gens vont casser la croûte au bar
fler au documentaire britannique un regain de vita- voisin. L a caméra fouille les visages, surprend
lité. Ils défendent un Free Cinéma, protestent en très gros plans les rires, les échanges de plai-
contre la vision sclérosée de la société britannique, santeries, les gestes insignifiants. Quelques-uns
imposée par l'industrie cinématographique et la s'endorment, le café se vide, le jour approche.
tradition documentaire née en 1930. Ces créateurs Les détaillants arrivent, hésitent, marchandent.
sont avant tout des poètes, mais des poètes sou- U n gros h o m m e habillé avec soin, l'oeil aigu,
cieux d'apporter de nouvelles études sociales, de passe des commandes, un bloc-notes à la main.
nouveaux témoignages, plus amers, plus mordants, U n petit commerçant charge un chariot qu'il
plus émus. Ils veulent rétablir le contact direct pousse jusqu'à sa camionnette. Discrets, effacés,
avec la vie, abandonner définitivement les jeux un peu tristes, voici les petits marchands ambu-
d'esthète, approfondir la vision, non seulement lants, qui hésitent longtemps avant d'acheter, car
scruter l'homme, mais encore lui laisser la pa- ils sont pauvres. Parmi eux, quelques très émou-
role, s'effacer devant lui. Cette démarche exigeante vants personnages :les petites vieilles, marchandes
a fourni au cinéma sociologique quelques-unes de de fleurs depuis un demi-siècle. Des sectes reli-
ses oeuvres les plus attachantes. L e mouvement gieuses aussi viennent s'approvisionner à Covent
s'est manifesté jusqu'en 1959 par des présentations Garden. L a foule, les chariots, l'encombrement
de films au National Film Theatre et par la réali- des voitures, l'animation dans les cafés voisins
sation de quelques films indépendants, dont le plus envahis par les clients. L a caméra observe atten-
important nous parait être Every Day Except tivement les visages, les gestes banals. Covent
Christmas, (Tous les jours, sauf Noël) de Lindsay Garden, à présent, est envahi par la foule des
Anderson, le talent le plus accompli de cette poi- petites gens ; ménagères, clochards, marchands
gnée de novateurs. Dans une interview au journal ambulants. Les plus pauvres ramassent çà et là
Les lettres françaises, Anderson déclarait qu'il des fruits, des légumes avariés. Les camions
rehisait "l'irresponsabilité sociale de l'esthète chargés de cageots vides repartent vers les quatre
pur'' aussi bien que "la propagande philistine des coins de l'Angleterre.
soi-disant "réalistes socialistes". ''Une vraie C e document sensible, construit, élaboré avec
oeuvre d'art, poursuit-il, implique une significa- autant de soin que de chaleur, avec la participa-
tion sociale, mais, par contre, j'estime qu'aucun tion d'Alite,. George, Bill, etc. (ces h o m m e s et
film "social" ne peut avoir de véritable valeur s'il ces femmes qui nourrissent le ventre géant de
n'est pas aussi une oeuvre d'art"/l. Son inspira- Londres) doit beaucoup à la caméra mrveilleuse-
tion est proche de celle de Jennings, qu'il ne renie ment souple de Walter Lassaly, dont le n o m figure
pas. Anderson recherche de préférence la colla- aussi au générique des films de Reisz.Cette grande
boration des h o m m e s dont il veut décrire la condi- fresque ethnographique, dont pas un visage n'est
tion :''... il est étonnant, déclare-t-il encore, de indifférent, ce merveilleux chant, renouvelle l'ap-
voir combien de "gens ordinaires" ( m é m e en An- proche de l'homme quotidien, de l'homme sans
gleterre !)peuvent se conduire d'une façon naturelle histoire, partagé entre le travail et le repos. L e
devant une caméra, quand ils sentent qu'ils peuvent film révèle une espèce de gentillesse et de dignité
vous faire confiance". Anderson et Reisz croient à fondamentales dans les rapports humains. Nous
l'importance et à la signification de la vie quoti- s o m m e s loin de la structure dramatique du récit
dienne, à l'importance de l'individu. Ils ont effec- cher à Flaherty, mais le film ne cesse d'évoquer
tué tous deux une exploration sociologique singuliè- son climat, sa méthode. C e qu'il y a de plus neuf
rement importante, rompant délibérément avec dans l'approche d'Anderson et, en général, dans
tous les pontifs du documentaire social traditionnel. le Free Cinema, c'est l'exploration du visage en
Every Day Except Christmas, (Anderson, 1957) liberté.
peint la vie des h o m m e s qui fréquentent le grand On doit encore à Lindsay Anderson, avec la col-
marché matinal londonien de Covent Garden vie - laboration de Guy Brenton, Thursday Children (Les
qui se ranime toutes les nuits depuis des siècles, enfants du jeudi, 1954) une fort jolie étude sur l'édu-
sauf le jour de Noël. L e film est dédié "affectueu- cation des enfants à l'école des sourds-muets de
sement à M i c e et George et Bill et Sid et Alan et Margate ; la caméra surprend l'éclosion de lacons-
George et Derek et Bill et tous les autres". Quelque cience et du dialogue, l'initiation, par le jeu, au
part, loin de Londres, dans un hangar, des h o m m e s monde social. Une intimité nal't, un système de
achèvent de charger un camion qui s'enfonce dans communications s'établit :les choses, enfin, ac-
la nuit; chargé de vivres, de fleurs, à l'heure oh quièrent des noms. L a scbne finale, où les petits
le speaker de la BBC souhaite bonne nuit aux ci-
toyens anglais. D e tous les coins d'Angleterre, des 1. Les lettres françaises, 7-13 mai 1960.

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un Luna-park.au vaincre l'inertie des pouvoirs publics. dramatique. Nice d'une ampleur considérable et dont les conséquences Time. la presse en parla vie quotidienne. jouant. de deux sourds-muets. 1956). en marge de très vif qui fasse surgir une horreur concrète dans notre étude. produit par la Société nationate richesse des documents sonores (dialogues enre. le "prix de la recherche de l'expres. Indépendance belge. est à la fois un constat gistrés en direct) est remarquable. en grande partie. sourds prennent le thé. "C'est ainsi qu'en 1937. en. C'est pourquoi le premier film de Reisz fortes. Voici. au coeur de la bouleversantes furent efficaces. L e film de cri- club de jeunes gens dans le célèbre quartier de tique sociale peut évidemment fort difficilement Londres. Il faut citer encore. crispé par l'insondable misère. L e sociologue Henri Janne com- ciente du cinéaste et des protagonistes''(Florence. il fut présenté lors de l'histoire du cinéma documentaire. d'une caméra dissimulée (voir p. en partie. dansant. car on peut la première séance publique de Free Cinema (1956). (1959). Borinage. 1957. sont sation profonde chez ceux qui en prennent connais- loin d'être des oeuvres aussi significatives que sance . C e film est célèbre dans du British Film Institute . de la reconstruction. moyen métrage consacré aux loisirs d'un par des acteurs professionnels. A cet égard. L e film. Nous de notre temps : comment se comporter avec les touchons ici à une difficulté majeure. C o m m e dans sociologique et un film d'action sociale en faveur Every Day except Christmas. dont Storck teur. dans toute l'acception du mot. réalisé en 16 m m . 45 . il n'épargne ET AUX PAYS-BAS rien . du m é m e au. Les images portrait amical d'une communauté. au pied des terrils. étude sur un dancing populaire. En 1933. pour ou contre la peine de mort. auquel les Belges croyaient avoir apporté une so- sion de la vérité humaine par la collaboration cons. doit avoir fait au préalable l'analyse de la menta- lité du public bourgeois. dont Lorenza Mazzetti dé. suit néanmoins le L'oeuvre de Flaherty exerce une influence profonde sur l'un des pionniers du cinéma documentaire 1. L a pêche aux harengs (1930). un portrait authentique de la jeunesse ouvrière menée au moyen de la caméra participante. La Société nationale des habitations à bon mar- crit avec tendresse l'isolement au sein d'un monde ché l'a bien compris : elle a confié à Henri Storck indifférent ou hostile. parce que tout son film est conçu pour produire le "choc" du concret auquel 2. qui constitue l'un dans le pays houiller. L e film est joiié. montre les dures conditions permet pas). Henri Storck.34 ). le spectateur. malgré de vastes en- L a caméra participante semble être la marque quêtes sociales. contemporain de Drifters de Grierson. menta le film dans un grand quotidien/l : 1959). Impitoyable. pays de rêve). l'on trouve les la caméra participante . tourné presque entièrement au moyen sont. d'habitations à bon marché. Les jeunes gens discutent fort à - son témoignage en l'occurrence. Il d'existence des mineurs belges après une grève faut noter que les auteurs ont utilisé le plus sou. un travail de propagande d'une persévérance in- y joue un r8le marginal. or. C'est cependant au m ê m e contestable. de quelques problèmes priétaires qu'enrichit la location des taudis. Maisons de la misère (1937)le ramène n'a pas la pénétration du second. de l'enquête filmée. après la classe. grâce à un subside du Fonds expérimental Joris Ivens. et peut-8tre filles. et M o m m a don't allow. au Premier et l'opinion publique fit pression sur le Parlement Festival international du film ethnographique et qui s'inquiéta enfin sérieusemeni d'un problème sociologique. nous avons réelle. Le cinéaste de Londres : Together (Ensemble. lui inspire ses oeuvres les plus simple. Storck. on trouve peu de personnes qui ima- mouvement que se rattache le reportage nocturne ginent que les "taudis" constituent un fléau social de Tanner et Goretta sur Piccadilly Street. Et il n'a servi à rien de publier des statistiques : il faut noter que les reportages O Dreamland. Maisons anglaise en liberté. lution définitive. aux limites du film social. W e are the Lambeth's Boys taudis surpeuplés. un documentaire romancé sur la vie la conscience des individus. est presque O Dreamland (Oh. à Margate. L a de la misère. est un reportage mordant et inquiétant sur ignorait à cette époque les conceptions. malgré les efforts des pouvoirs dominante de ce qui fut pendant trois ans le Free publics et d'institutions semi-publiques. C e film a obtenu. effroyables. L a condition sociale de l'homme pré- vent la technique superficielle du reportage pur et occupe Storck. fin. L'un des premiers films de inoubliable. dans ce pays producteur de des exemples les plus achevés de l'utilisation de richesses où. est belge. malgré Cinema. avec la collaboration de Tony dont l'action est. dans un quartier populaire la réalisation d'un film sur les taudis. de Reisz. parlant. n'éveillant aucune sen- d'Anderson. par l'inouïe déchéance humaine. C e film fut tourné en il réalise en collaboration avec le néerlandais 16 m m . 8 décembre 1937. les riches pro- l'aise. jouée par les Richardson : M o m m a don't allow (Maman _____ ne le ouvriers eux-mêmes. il faut produire un "choc" psychologique Lambeth's Boys. L e style semble parfois influencé par faire "participer" à l'action ceux qu'il accable de la télévision. LE DOCUMENTAIRE SOCIAL EN BELGIQUE nous faisions allusion. L e film se proposait de ment affaire à un portrait psycho-sociologique. le considérer c o m m e l'un des premiers pamphlets Karel Reisz a débuté avec un film expérimental sociaux tournés en Europe occidentale. L a technique du reportage. ce sont des choses mortes. devant la caméra. du Ciné-oeil. pour rompre la barrière de l'ignorance Every Day except Christmas ou W e are the volontaire.

jamais vues à l'écran. C e très beau film est contemporain du Farre- phique et sociale". le bétail rentre des prairies parmi les études sociologiques destinées au grand mouillées. taudis projetée à la face de nous tous. Les betteraves conservées sur les champs. L e film de Storck est malheu- de Wavrin avait réalisé. L e bétail quitte l'étable d'hiver et est rendu (arts. le marquis souci d'authenticité. ce film L'hiver. L'été. Cité par René Jeanne et Charles Ford. ce film dont les images sont d'une L e film est composé c o m m e un grand et lent poème qualité exceptionnelle. L e repos des vieux qui teur. des graphique réalisée par le cinéaste suisse Henry animaux. humaine dans les cultures traditionnelles de totalement inconnue. cita. VI). & reusement accompagné d'un commentaire didac- pays du scalp. Trop souvent ignoré des historiens du cinéma. lec. c'est l'homme qui est le centre de gravité du film. Citons : Wagenia (1951). Ils s'at- mier sillon. un voyageur dilettante. comporte une partie ethno- de la nature. spécialiste des populations du Kivu. C'est l'indignité des graines. l'ancienne colonie du Congo. L e pre. L a première neige tombe. p. Bakuba (1952). à la fois proche marquables. Mangbetu (1954). L a saison des pommes de terre et des betteraves. Les se. bique de Rouquier (voir p. sont destinés plus spécialement après le travail. L a taille des arbres. des images. Ces Les images. que l'on découvre brusque. Les jeunes au café.déroulement du document jusqu'au bout. 46 . L e beau film africain de Charles Noces paysannes. écrivit Rotha à son propos/ 1. le jour de E n 1935. Storck fait le montage des images que Carnaval. L'orage ravage Orchestre Mangbetu (1954). pommes tachent à montrer. L e réveil de la ferme. L a communion trouvera dans ces bandes aucun effort de pénétra- solennelle des enfants. mailles d'automne . le triage des semis de pommes de terre. L a récolte. produits beauté tout à fait exceptionnelle. dans un style photographique de terre. Le jeu de l'acceptions''. c o m m e moi-meme. J'ai réalisé deux études filmées au cours de Tout est trempé. le précurseur des films d'explora. qui inconsciemment attendent la mort. de producteur délégué. de vivre à 15 k m de cette activité secrète. des plantes constituent autant de thèmes Brandt. la paille empilée dans la grange concerne donc qu'indirectement notre propos. Les mains sont graissées pour à l'enseignement universitaire (voir chap. pour la protection des film ethnographique et sociologique (le thème en h o m m e s et des bêtes. Mais on ne à la liberté. rique du sud (bassindu Haut-Amazone). équivalents. l'excellent opérateur Fernhout avait rapportées de la grossesse des animaux. dans les silos. Les feux de la Saint Jean. envahies par le brouillard. Daniel Biebuyck. la naissance des poussins. s'inscrit. à la cave. techniques. servent 1. sous le patronage les travaux et les jours au fil des quatre saisons. L a naissance et la mort pré. du Roi Léopold. qu'inspire le m ê m e Dans ce genre. Terres brûlées (1937). avec la collaboration scientifique d'un lyriques identiques. le séchage des vêtements à la ferme Afrique centrale. Henri Storck joue un r81e important. Les travaux à l'intérieur 2. Mon être protégées du froid et de l'humidité. Dans l'abondante production belge relative à Voici le plan du film. quisse la symbiose du monde animal et de la société din. il faut citer les rites du pangolin. ethnographe professionnel belge. l'Afrique bantoue. 330. Paris. vous. tique dont le ton ne correspond guère au lyrisme tion concernant les populations archaïques d'Amé. tournés en Belgique : ''filmde découverte géogra. et lointain. film Gestes du repas (1958). danses. Produit par la Fonda- Bruxelles : Symphonie paysanne (1941-44) déroule tion internationale scientifique. le film qui porte ce nom est l'un son champ. musique). tion de la vie sociale. dans l'achèvement du plus maine du témoignage sociologique est probablement important documentaire de long métrage qui ait le long documentaire qu'il a consacré à la vie des jamais été tourné sur la faune du Congo : E s paysans flamands et wallons de la région braban. L a Toussaint public. au grenier : l'aération des est captivé par son rythme. m e s recherches ethnographiques au Congo. du cinéma parlant. lancée par le Comité international du de Notre-Dame de Montaigu. Dekeukeleire. un champ de blé. L e film es- c'est son incessant labeur . documentaires de propagande coloniale. les semailles (blé. cartes. parce qu'il de la ferme. L e jeune paysan.49). L e pélerinage en l'honneur nale filmée. seigneurs de la forêt (1958 . du superficie1s)i des traditions culturelles bantoues veau. quelques aspects (malheureusement maturée du poulain . en qualité L e chef-d'oeuvre d'Henri Storck/2 dans le do. Les plaisirs de l'hiver. Intrusion des enfants masqués. Mariage et fécondité. le fumage. L e décrottage des par l'Institut pour la recherche scientifique en chaussures. betteraves). inspecte les germes qui annoncent la des premiers films ethnographiques importants saison nouvelle. sont ici d'une films (Fête chez les Hamba et Ruanda). 1958. relève plus L'automne. L a terre est nourrie de fumier. quelques films de rallèles de la nature et de la vie humaine : Gérard D e Boe méritent d'etre distingués des L e printemps. L a mort du vieux paysan. dans 1'Ile de Pâques . L a fécondité. l'homme travaille dans la boue. et l'on s'étonne. Histoire à nourrir le bétail. L'attente confiante de l'hiver. avait été suggéré par Henri Storck). par contre. entre 1925 et 1930. le fanage. L'abattage d'un arbre. à quelques kilomètres au nord et au sud de Sielmann et Henry Brandt). L a fin des travaux de récolte : le du film de voyage que du film ethnographique et ne grain est battu.basé sur les rythmes pa. L a fenaison. réalisation Heinz çonne. Parmi les scènes les plus re- ment c o m m e un monde exotique. Premier chapitre d'une enquête internatio- et le culte des morts. où la vie et la mort des hommes. un peu apprêté. Et cependant.

qui se sont prêtés au cérémonial cinéma. Il est conçu c o m m e une chronique : la "mise en scène" ne risquent guère d'altérer. II se présente c o m m e un exposé tenté de situer. un long métrage ému. cantines. Cleinge réussit à établir un contact L e film exalte l'effort des collectivités paysannes chaleureux avec ces hommes et ces femmes au installées par le gouvernement sur les terres que n o m de qui le filmparle. d'un simple reportage sur la célèbre car ces chants lyriques dont le travail de l'homme danse des Gilles. Il ne s'agit pas. appel aux hommes. d'agir politiquement sont les dépositaires de la tradition et des rites. Ces chefs-d'oeuvre importante. leurs propriétaires laissent improductives. binchoise. Paul Meyer revint tourner au Borinage. sur les esprits. aux femmes et aux enfants de chaque jour à la m ê m e heure. . dans pour la lutte des classes/l. p. tant par son souci analytique que par du cinéma documentaire ont exercé une grande in- les qualités de la réalisation. pos- provisoires les lieux m ê m e s où l'on mange : res. 1. dont le tographique. la solitude de ceux qui. com. le premier relations sociales fondamentales dans un milieu est un hymne au travail gigantesque entrepris pour - déterminé des gestes qui trahissent une condi. ____ s'envole la fleur maigre (1960). se caractérise toujours par la détente et la joie : Meyer est aussi l'auteur d'un court métrage qui on finit par rire. neurs étrangers (italiens principalement). ne dif- la sociét 6 belge. Meyer ger). Noël. en vue une communauté entière s'exprime par le truche. sa caméra ment parler. Zuiderzee (1930) et N e w Earth (1934) ra- familiers. des ment construit. tants belges. une production abondante pal. des bourgeois. au siècle passé (Klinkaert. de défendre leur oeuvre.es rythmes alimentaires de la féraient guère des aspects du Rorinage que Storck journée. 333. m ê m e aux repas d'enterrement. Il s'efforce de provo- l'intimité des maisons bourgeoises. s'inscrit plus authentique très étonnant de la petite bourgeoisie nettement dans cette perspective révolutionnaire. industriel désolé. satirico-ethnographique est consacré aux gestes un organisme officiel de production de montrer à quotidiens les plus simples et les plus graves l'écran l'intégration sociale des enfants des mi- (l'homme passe un huitième de la journée à man. taurants. enterrement. dans un récit dramatique.45). Cité par René Jeanne et Charles Ford. ils ne Binche. que j'avais première grandeur du cinéma mondial. résument un destin. dan. par le truchement d'une fiction qui fait moeurs alimentaires. Jacques Delcorde pour le scénario) un portrait de le décor lugubre dans lequel ils vivaient. 47 . Manger pour vivre et vivre pour man. la chronique des enfants du Borinage. le film est un poème visuel dont l'achè- L e domaine des traditions dites folkloriques a vement du grand barrage constitue le thème princi- vu éclore. de Jean Cleinge (1954). assécher cette m e r intérieure qui donne son titre tion. véritable zone de sous-dévelop- ger. Nous avons ment économique". sur les pour un temps plus ou moins long. Il était chargé par du cinéma parlant. L e commentaire dit "nous". se rattachent qu'occasionnellement à notre propos. il déclare lui-même à l'époque du Carnaval. qui situe ce document dur. dans les cantines d'usine. N e w Earth montre l'étape finale et l'occupa- et de valeur inégale.figure de se sont imaginé. Quelques scènes ont été surprises sur Meyer tourna alors pour son propre compte. les conditions Les ouvriers et les paysans qui se sont pretés de travail du prolétariat flamand dans une brique- à ce jeu sociologique très élaboré l'ont fait avec terie. en le vif. 1958. Ivens révèle. de l'année et de la vie humaine s'entre. tourné Ces scènes de la vie privée constituent un portrait pour les Républicains espagnols. J'ai voulu tenter (avec la collaboration de découvrit que la condition sociale de ces hommes. cette vision globale des objectif. parce que condamnée au dépérisse- munion solennelle. des études sociales. Cependant. 1956). qui se déploie c o m m e dans l'ombre. manger vite. au travers desquels s'expriment les content la conquête du sol sur la m e r . chez ceux qui quer des prises de conscience. Cleinge procède à une véritable fournit les strophes ne constituent pas. domine le réalisé purement et simplement un reportage. mais la plupart d'entre elles ont été patiem. Nous l'avons trouvé associé faut préciser un point important : je n'ai demandé à celui de Storck au générique de Borinage (voir à ces hommes et à ces femmes que des gestes p. toute indépendance. dans un paysage chantiers. àl'arrière-plandes réjouissancespubliques entend faire un cinéma engagé . L e phénomène de commensalité authentique pement au coeur d'une nation que l'on dit prospère. à propre- enquete ethnographique dans la ville . sède un accent de vérité tout à fait exceptionnel. vingt. Il raconte Nous avons retenu tout particulièrement les grands "la première journée d'une famille italienne dans événements alimentaires de la vie familiale bour. Terre d'Espagne (1937). L a monographie filmée laplus tion des terres par les paysans. une telle bonne grâce que beaucoup de personnes Aux Pays-Bas. sont condamnés à toutes nationalités que la misère oblige à se fixer. en voyant le film. savam- ment jouées par des ouvriers. en Belgique. . L. au cours de la guerre ment de cette voix. en effet. de ses films qu'ils doivent pouvoir servir d'armes plexe. Histoire cinq ans après Storck et Ivens. joué par les immigrants : uéjà paysans. Nouvel an). intègre et accusateur Les gestes du repas présentent le grand avantage parmi les oeuvres les plus importantes tournées d'être de véritables réflexes que les consignes de en Belgique. évoque. le n o m de Joris Ivens. Nous avons transformé en studios titre est repris d'un poème de Quasimodo. salles de ferme. cuisines. . une région de plus en plus délaissée par ses habi- geoise et paysanne (mariage. L e film. Il documentaire social. une activité sociale com. et Ivens avaient montrés sans ménagement en 1933. est Carnaval de fluence sur les documentaristes européens . au film . croisent.

Samivel. n'accepte pas Paris. dont les auteurs analysent. ce choix singulièrement première école documentaire britannique. cinéma au long cours. logue. 1931) . LE FILM ETHNOGRAPHIQUE ET consacré un essai. L a production documentaire néerlandaise ré. pour un certain exotisme social. à ce propos. sociologique secondaire. - Voorlopige li"ist van Nederlandse cultureel anthropologische films. phlet politique. cette "ethnographie" de l'Europe se confondrait Département de l'information. un exo- possessions néerlandaises ont été analysés par la tisme interne. Jean Thévenot. no 15. section d'anthropologie culturelle de l'Association D'autre part. dans la mine. L e m @ m e réalisateur contenu et une appréciation scientifique. :Honger (La faim). et deux films "réalistes" d'un au- cente fournit un certain nombre de films d'intérêt teur qui joua un grand r81e dans l'avant-garde. nouveaux : des pécheurs bretons tiennent ici le r81e L a m e r est un leit-motiv du cinéma néerlandais.49). et esthétiques.civile. isolée.c o m m e celle de Haanstra documentaire social nart sous le signe de la mer. Ainsi donc en France. qui ra- nation vivait les moments les plus dramatiques de conte la première descente. Mais ce genre. rompant Horst :des navires quittent leur port d'attache et délibérément avec les recherches esthétiques pré- vont p@cher le hareng en m e r du Nord . Dans la Chine. rassemble devant les L'histoire du documentaire social en France magasins vides. avec un reportage population famélique. à propos du dernier de ces films. Pour certains chercheurs européens. du Sahara en auto-chenille. il recouvre prin. 1957. avec le con. ou le film de Yannick souligne brutalement le contraste de la richesse et Bellon sur la vie des ramasseurs de goémons et de la misère. dans une Liste plorat ion apparaissent peu avant avec L a traversée provisoire des films ethnologiques néerlandais/1. ne nous retiendra pas ici/3. Utrecht. qui tend à rallier un nombre Cinéma d'exploration. le Comité du film ethnographique a existant sur l'Afrique d'avant les routes". comportant une analyse rapide du reportage sur les Vendanges. w- polders. mais on y typé. une commence. par exemple. de Paul Castelnau (1923). partagé par les territoires d'outre-mer ou dans les anciennes Flaherty. Belgique avec la Pêche au hareng de Storck. produit par la Fédération - civilisation industrielle se marque dans le Cata- syndicale mondiale (1954). le L'oeuvre de van der Horst.Il SOCIOLOGIQUE EN FRANCE convient cependant de citer. Il décrit rapidement. Sans doute L'un des plus extraordinaires reportages qui s'agit-il là de documents concernant un mode de aient jamais été réalisés est un film de Rudi vie archaïque au sein du monde moderne. Unesco. de son c8té. tourné clandestinement aux Pays-Bas n'en est assurément plus de m @ m e du film de Henri vers la fin de la guerre. André F. de Georges Lacombe sur les chiffonniers de Paris. Georges Rouquier avait réalisé un de 106 films. C'est le spectre jeunes mineurs. dans ce travail. ronéo- - cipalement. Liotard. Mais il Hornecker. proches de celles qui caractérisent la peut-étre pour les autres. la pose et cédentes d'Epstein. c o m m e d'une m e r intérieure appelée à disparaître : en Angleterre avec Drifters de Grierson et en zee was niet meer (Etla m e r n'était plus. la Fabiani. retrouve aussi des films concernant les sociétés Catalogue des films ethnographiques français. 1950. - française vers la sociographie c'est-à-dire la naire contre les Japonais : 400 millions (1939). montre la récolte des goémons dans une fle de la cours de la population des régions bordant la m e r côte bretonne. de cinq son histoire. propre à notre société. les films traitant des sociétés africaines ou océaniennes. de Herman van der (La m e r des corbeaux. de galets dans une B e bretonne (no 76). dans d'interminables queues. un film qui évoque la récupération des ans plus tard par Yannick Bellon (voir p. la so- ciété très traditionaliste des pécheurs riverains - Vran est un documentaire sur la vie des pêcheurs de la m ê m e région. 1955. Notons tournera plus tard deux études technologiques tout de suite que le terme "ethnographique" doit @tre entendu ici au sens large . poème lyrique et pam. 1956). Il faut citer Het schot is Jean Epstein : Finis Terrae (1928) et Mor-Vran te boord (Jetons les filets). auquel Jean Thévenot a 3. Cette ouverture de l'ethnographie un important reportage sur le combat révolution. L a zone (1927). de Léon Poirier (1926). une liste Dès 1929. 48 . Mais un point de vue. Finis Terrae Bert Haanstra a réalisé. introduisent un ton et un style la remontée des filets dériveurs (1953). Les h o m m e s de la nuit (no 78). ces films. d'une certaine façon pour Epstein. l'appréciation du Catalogue des films Sous le titre Catalogue des films ethnographiques ethnographiques français : "meilleur témoignage français/z. avec l'aide de l'Unesco. Ivens tourne cette limitation. m e m e qu'ils jouent dans la vie. si je ne m e trompe. d'avant 1940. et à sucre au Brésil (na 56). -. montre la condition sociale des un film sur le travail dans une plantation de canne travaiïleurs riverains de sept grands fleuves. au moment où. Ce thème sera repris vingt-cinq d'Ysse1. restent cependant dominées par des préoccupations Sans doute. description de groupes humains appartenant à la L e chant des fleuves. concordant procède-t-il à la fois d'une recherche Les films d'intérêt ethnographique tournés dans de la vérité humaine et d'un goM. publié en 1955. et L a croisière noire. Cahiers du centre de documentation. de la faim qui r8de partout. de plus en plus grand de savants. les premiers films français d'ex- néerlandaise du cinéma scientifique. européennes. avec le "folklore" ou les "traditions populaires".

long métrage la caméra participante. une enquête de style "télévision" auprès de per. aux as- eux-memes. dans le domaine Borsouislq et A. 1958. tologie et langage. p. Mais il a surtout signé deux longs métrages reportages un peu hâtifs.46 )et U n jour dans une grande famille sage des taureaux en Castille et en Andalousie . caines. no 3. bandes d'actualités ainsi que des archives icono- rie européenne comportent déjà trois films tout à graphiques. consacrée à l'école d'entrafhement des fusi. nationale empechent d'atteindre la Terre promise Farrebique. L a m ê m e revue a blème de l'annihilation de la personnalité indivi. Myriam Gourhan. 1948. les reportages de Jean-François Reichen. Lourdes et ses miracles émigrants juifs que les jeux de la diplomatie inter- (1954). L e film ethnologique existe-t- la guerre relève de la sociologie de la vie militaire il ? La revue de géographie humaine et d'ethno- et pose à la conscience morale le très grave pro. Eygalières commune de France (1957) être le documentaire tragique d'Alain Resnais : d'André Vetusto (1'élection et les activités d'un Nuit et brouillard (1955). du racisme n'atteint la perfection de cet exposé Dans un film bouleversant. 65-70. mais encore les ethnographes profession- liers marins : Marines (1957). est l'un des (Descriptiond'un combat. Farrebique marque. Aucun traité philosophique sur le délire crise du logement (1955). des bandes tournées par des amateurs. Resnais nous impose de témoigne de la misère des quelques ouvriers qui revivre physiquement le plus incroyable supplice vivent avec les patrons dans l'unique ferme de collectif que l'homme ait inventé. ~ exemples les plus remarquables de l'utilisation de L a course de taureaux (1951). le film constitue i3 la fois une rétro- fait proches par le style: Farrebique pour la spective de l'art tauromachique et une étude fouillée France. 2. qui racontent du commentaire de Michel Leiris. de Yannick Bellon. ''une sorte de som. mais très vifs et com- qui sont des oeuvres sociologiques capitales :une mentés avec brio. didactique de Pierre Braunberger. étude sur la paysannerie archaïque de la région du qui sacrifie à la littérature. de plus en plus souvent. C e film. Bazin/2. Pour le profësseur Leroi. D e son c8té. entièrement joué par les paysans analytique. s'achève par une évocation du style des grands Nous avons commenté déjà cet autre film de toréadors. des ~ (1943). apprennent à manier tant sur la plasticité mentale de l'homme et l'apprentissage des réflexes conditionnés en vue de 1. illustre excellemment ethnologique (film de milieu). naïve que l'Occident se faisait des cultures afri- lente. 1961). de l'image atteint ici une sorte de paroxysme. Eli Lotar et Jacques Prévert révèlent la condition désespérante de l'homme dans la banlieue L e film ethnographique africain parisienne. donné un compte rendu du film dans son pre- duelle dans un groupe social artificiel. On lira une Rouquier lui-même. L'oeuvre maftresse du film historique est peut- pervision. Il rapporte de Chine (Un dimanche à Pékin. sous le titre Qu'est-ce L a tradition de Rouquier se poursuit avec le que le cinéma ? . Utilisant des cument pur". pp. Il s'agit d'un constat. Lafont. Son dernier film sur Israël. pour la richesse de la documentation et la qualité sonnes "miraculeusement" guéries. critique superbe de ce film (des réflexions éton- conde est un reportage douloureux sur le pélerinage nantes sur la représentation de la u t à l'écran) et les immersions rituelles. est un constat tragique. il croate. dé. portrait d'une famille. dans le livre qui réunit.63).exemplaires : L e tonnelier (1942). un genre différent. le film service de l'éthique se révèle ici d'une prodigieuse que de Wever a consacré aux taudis de Paris. du point de vue niale sont nombreux. reflétant souvent la vision qui nous occupe ici. L e charron 1956). nels. la monographie ethnographique met"/l. Rouquier. E n marge de ces films français qui décrivent la L a production documentaire française relative à France. L e plus remarquable. C e document inquié. Utilisant des photos. Symphonie paysanne. Non seu- bach s'attachent aux aspects insolites de la société lement les films de voyage et de propagande colo- américaine. contient un excellent sud-ouest. André Bazin. (1955) dont l'auteur de Farrebique a assuré la su. 49 . 107. Les archives filmées de la paysanne. camps de concentration nazis. Leroi-Gourhan. Farrebique (1946). L e pouvoir affectif la-mer). L a se. de Sibérie (Lettre de Sibérie. pects multiples :la tauromachie. Exemplaire dans cette catégorie. de l'élevage et du dres- (voirp. est une étude de moeurs vio. n'en est pas moins à ses yeux "du do. Qu'est-ce que le cinéma ? 1. Les pélerins de la m e r (1957). s'attachant à un sujet précis. Goémons (1948). Aubervilliers (1941) magistral. et une monographie montage d'actualités sur la tragique odyssée des de sociologie religieuse. 32 ). le prix réservé leur aventure au cours d'une interview menée par à la meilleure monographie filmée. actualités. Paris. de Jean-Claude Sée cet admirable film de montage decrit l'horreur des (le pélerinage des gitans aux Saintes-Maries-de. course de taureaux obtint au Premier Festival L e film comporte deux parties : la première est international du film ethnographique et sociologique. l'Afrique est particulièrement abondante. k a efficacité. L e cinéma au l'ne bretonne de Béni-Gué. Au- crit la vie des ramasseurs de plantes marines et delà de toute dialectique. Lourdes et ses miracles (voir p. 50. logie. pour le monde slave (voir p. les meilleurs articles d'André film de Jacques Demy. On- gent. p. des conseil municipal dans les Bouches-du-Rhbne). pour la Belgique des phases de la corrida. 1958). mier numéro. L e sabotier du Val de Loire. Kris Marker est un voyageur sensible et intelli.

"ce qui apparais- publié par l'Unesco. un ethnologue-cinéaste éliminer tout préjugé.en effet. se sont mis le plus souvent au service d'une pro- buèrent beaucoup à attirer l'attention des milieux pagande inefficace ou malencontreuse. pp. dans l'histoire du cinéma fran. Bruxelles. Il a dénoncé poétique inné du cinéma. d'autre part. leur force dramatique. un phénomène exceptionnel. Si les premiers films de Rouch étaient des. Il n'entend des hommes noirs. scientifiques l'ont amené à étudier les grandes mi- de manger. Nous n'avons pas l'ambition sait un peu c o m m e une injure à l'Afrique''. en 1948. chant bucolique. leurs rites. Flaherty le trappeur. vivants. se sent à Il ouvre les yeux sur l'industrialisationde l'Afrique. leur cul- merciales :Les fils de l'eau (1955). ration. Rouch balaie de l'écran le concept de vers la &te. Les grands spécialisés sur l'importance des archives filmées problèmes sociaux. nos jours. soucieux de la santé physique et nouvelle. Voici enfin une méthode originale d'approche sociologique. un noir (1958). à un cinéaste qui prend tout à fait au sérieux la vie mi-chemin du réel et de l'imaginaire. un fait 1958. Rencontres internationales. de bonne ou de mauvaise foi. d'oh qu'il vienne. 50 . l'aise chez eux.la caméra de 16 mm et rapportent de leurs séjours caractéristique :un film tourné au Ghana. dans une intervention L e cinéma et l'Afrique au sud du Sahara. les autres se transforment caines mal comprises ont fait l'objet de films très rapidement au contact de la civilisation indus. rectement en Afrique pour les pouvoirs publics. échappe à cette critique. par ailleurs. Moi. de trielle. disparaissent. Flaherty. leur culture traditionnelle pour une expression de l'état "primi. vent avec violence devant ces films qui pourraient graphie (voir chapitre11 B). 1. 19) dont les quali. pas. premiers films tournés en 16 mm constituaient que les cinéastes. Rouch cite à ce propos. L e souffle de l'authenticité donnait enfin Les fils de l'eau. il s'amuse de ce qui amuse les ment. l'Afrique traditionnelle. avec force le manque de sincérité du cinéma de engagé dans l'étude des populations du Niger. le Ghana et la Cbte d'Ivoire notam- sauvagerie. et un long métrage. consacrées au cinéma africain. 92-94. "folkloriques''qui agacent prodigieusement. Les séquences les plus importantes Les Africains en ont assez d'étre taxés de primi- furent agrandies en 35 mm et Jean Rouch présenta tifs. Ils se veulent et ils sont nos contempo- trage réalisé en dehors de toutes les normes com. qu'à la valeur des symboles. de ses problèmes. Braunberger. Expo- faite aux Rencontres internationales de Bruxelles sition universelle et internationale. d'étre montrés à l'écran c o m m e des fossiles au grand public un film documentaire de long m é . çais. alors que les traditions afri- effet. des gens nus. rains. ses recherches Il note en ami leur façon de marcher. Ils ne récusent pas. en effet. faire croire à un public moderne qu'ils n'ont pas leur frarcheur furent remarquées par le producteur encore accédé au monde "civilisé" contemporain. moralisatrice leurs dieux. Rouch lui voue la plus grande admi. d'enterrer les morts. mais ils redoutent que l'image les débuts dans le cinéma furent tout aussi margi. Rouch admet une place de première importance dans le nouvel cette contradiction inconfortable et soutient que art cinématographique français : Jean Rouch. respecte sans arrière-pensée pas recommencer éternellement Nanook ou Moana. Il connal'tl'extréme susceptibilité du public ment extraordinaire qui intéresse à la fois la so- africain à toute information qui pourrait faire pas. aussi de savoir ce que les Africains pensent de ses Maftres fous. il est sensible à grations de travailleurs déshérités venus du Niger leur humour. des études filmées dont la qualité s'améliore fut l'une des causes des événements violents dont chaque année. au cours de ces rencontres. qu'il faudrait ajouter au Catalogue montrait. avait trouvé dans l'eth. Il faut reconnai'tre. Mais nous devons analyser nographe-cinéaste se trouve dès lors dans une attentivement l'oeuvre de celui qui fut l'initiateur situation difficile "car il se trouve coincé entre de ce mouvement scientifique. Jean Rouch. Ces préoccupations se reflètent dans deux h o m m e s qu'il montre. Il ne s'agit plus d'administrateurs colo. L e goQt très vif l'idée que les Africains doivent exprimer eux- de la recherche sociologique s'allie en lui au sens m e m e s leur propre culture à l'écran. Mais Rouch a voulu témoigner aussi de l'Afrique niaux paternels. Ceux-ci réagissent sou- tinés essentiellement à l'enseignement de l'ethno. mission. travaillant directement ou indi- d'excellents reportages (voir p. les transformations de l'homme. ses l'époque coloniale. dont ture ancestrale. L'eth- de le compléter ici. et il a mis au point morale des populations "indigènes". avec le plus de chaleur. Beaucoup de films ont été tournés est issu le mouvement d'indépendance. déjà cité (voir p32 )est un docu- films. Mal'tres fous la chasse difficile à l'hippopotame. les unes. l'Africain devant le film ethnogra- - tif" de l'homme ce que de toute évidence ellen'est phique. occidentaux épris d'ethnographie ne soit mal inter- nographe cinéaste français son descendant spirituel prétée par un public plus sensible aux apparences le plus direct. se fait grave avec eux dans films importants :un court métrage. économiques n'ont pas été des civilisations dites "archaïques" . de s'asseoir. le cinéma ethnographique doit provoquer une dé- mystification : il ne peut se nourrir que de vérité. adore leur merveilleuse fantaisie. tout en conquérant deux mondes qui se heurtent"/l. Ethnographe professionnel. l'ethnographie et la ser. ciologie des religions. l'un de ceux qui ont défendu Rouch constitue. souvent desséchée qu'en proposent les cinéastes naux. en abordés à l'écran. tés cinématographiques et scientifiques contri. Il s'inquiète (1957). Rouch est. Ce film depuis 1955. hymne à corps à un cinéma africain pur de toute compro. les Africains. Jean Rouch.

24 septembre 1959. possession) selon un rituel précis. tan- mule originale de film-enquête. Rouch estime de la bonne foi du cinéaste. au cours duquel il dis- génération africaine. Trois acteurs africains racontent est m a méthode. ce qu'ils voudraient ficiellement une petite communauté. les Haouka ont osé risquer ici. Nous sommes à Accra. devenait une véritable psychanalyse. Rouch condition authentique . à laquelle il avait h o m m e s sont sujets à ces crises violentes qui se participé et d'où il était revenu amer et solitaire. gonistes. ouvriers ou commerçants. peu partout (sous des formes différentes) le contact Dans cette voie originale où la caméra partici- brutal de la civilisation machiniste et de la civili. sans aucune mise mais qui ne cesse jamais d'être la description en scène. voici Edward G. lors. détendus et vérité psychologique que le mensonge : tout dépend souriants. qui vivent. les rêves. au cours de leur crise violente. L e "Gouverneurttet le "Général" orga. Apaisés par la crise ponsabilité de leur récit imaginaire. Ils se re- plus divers de l'ancienne hiérarchie coloniale bri. qu'il est en train d'enregistrer. L a L e m m y Caution. C'est ainsi qu'au cours tannique : gouverneur. L e cinéma. l'ethnographe perturbe la vie nisme. enregistre des extases. où nous retrou. etc. leurs espoirs dans une situation irréelle : ici celle d'un monde et leurs désillusions. au cours desquelles les diable dans le film ethnographique : "Dès qu'il possédés s'identifient aux dieux nouveaux du machi. Robinson. dont on sage de la description ethnographique objective à boit le sang. France- qui se situe à la frontière du désir et de la réalité. où les acteurs sation africaine traditionnelle. Observateur. Dans Moi. ) lement est surveillé par celui qu'on appelle sont des "reconstitutions". du lycée d'Abidjan transforma radicalement. film de long métrage. une quotidienne. voici Eddie Constantineou 1935. général. tous les éléments "l'homme tranquille". Rouch tente ici une for. (1961). en connaissance de cause. oùle culte ap. situations latentes se cristallisaient : "Tel qui était émigrés en Côte d'Ivoire. cours du tournage. ils se sont choisi un surnom : les émigrants originaires du Niger. qui parlent toujours de leur 1.Celle. cette ombre (dont Rouch souligne les effets lénifiants). les de leur vie quotidienne. Je ne m e cachais pas pour les suivre. Rouch est allé plus loin Mais il touche aussi. Il s'est répandu au Ghana vers tifie à un grand boxeur . L e film est centré sur Cons- tragico-burlesque au cours duquel les Haouka tantine et Robinson. pante et le reportage fusionnent. - tesse qu'on affectait forme secrète du racisme dégénérait rapidement en une hostilité ouverte". l'enregistrement à la sauvette qu'il avait utilisé précédemment presque exclusivement. agent de la police fédérale. les acteurs jouaient devant l'appareil leur existence tion problématique de l'h8pital psychiatrique. Interview recueillie par Jean Carta. nement". le pas- loué des taxis pour s'y rendre. visite chez la prostituée Dorothy Lamour. L a pyramide humaine de Denis Marion "à un des problèmes les plus m é . au Moi. un Noir. tribua lui-m&me des r8les fictifs. s'iden- parut vers 1927.. baignent dans un climat d'authenticité. crise de possession se présente ici c o m m e un jeu Dorothy Lamour. de ses acteurs authentiques. dans la banlieue d'Accra . c'est "le contre-seing" nisent. le déroulement des crises de en scène se contente de fixer les grandes lignes possession collective qui constituent l'essentiel de d'un canevas dramatique. C e reportage. est le pre. des "con. celui des rapports de relations interraciales dans la classe de première b la démence et du mysticisme". braque sa caméra. dès le quartier prolétarien d'Abidjan. Sa seule garantie. gardent vivre et se jugent. ce guident plus le metteur en scène qu'ils ne se film étonnant E t en cause ce que le sociologue laissent guider par lui (singulière synthèse du ciné- français Balandier a appelé "la situation coloniale". capitale du pays. la mentalité raciste des prota- mier document sérieux sur les soucis. très grave crise intérieure : celle que provoque un Nous étions complices". sans l'interven. Rouch reconnart que sa Haouka rentrent chez eux àlanuit tombante et nous technique permet aussi bien l'expression de la les retrouvons le lendemain au travail. 51 . Sans nul doute. L a cérémonie a lieu un di. Des vons les Nigériens des premiers films de Rouch. ce qu'ils ont fait. - il met en scène des situations à la fois imaginaires L e film réconcilia les deux groupes hostiles. Ils ont un nom. un Noir. qui aime la boxe. d'un tournage Robinson insista pour que le film conducteur de locomotive. "Telle et authentiques. un psychodrame/l. caporal de garde. Tarzan. brutalement. selon la remarque pertinente encore avec son dernier film. la description du contenu subjectif des consciences. les eux-memes librement l'action qu'ils ont improvi- Haouka. amoureux de Nadine le lui avouait d'un coup. dont le dérou. ce qu'ils font. Rouch a manche. Je la mets être. Cette étude imaginaire et vraie sur les connus et les plus irritants. Les membres se recrutent surtout parmi sée. Des femmes et des évoque la guerre d'Indochine. Rouch réunit des étudiants blancs et noirs les contradictions psychologiques de la nouvelle dans un sociodrame filmé. constituent une thérapeutique efficace. Les acteurs commentent l'activité religieuse d'une secte récente. Rouch admet la part du que ces crises religieuses. Un chien. L e metteur fard. manifestent (comme toujours dans les cultes de Si tous les épisodes "oniriques" (match de boxe. ci permet aux initiés de surmonter. selon les termes s'identifient avec frénésie aux personnages les m ê m e s de Rouch. d'une race à l'autre. Il montre sans fidèle de la société africaine urbaine. psychopathologie. oeil et du film de fiction). . conclut Rouch :je rassemble arti- eux-memes ce qu'ils sont. Nous sommes à Treichville. L a trame du récit est inven- tée par les acteurs. ils évoluent dans un univers tourne les premiers films africains. est sacrifié devant "l'autel du Gouver. le ton de stricte poli- reportage. etc. dit-il. qui assument la res- férences de la table ronde". Abandonnant le dis que.

la plus importante des enquétes habiles arrachent à leur contexte social d'admi- sociologiques filmées jamais entreprises. Cette méthode exige de la patience. entachées d'exhibitionnisme. encore que leurs oeuvres manquent sans ambage : "L'aventure n'a pas de place dans de profondeur psychologique et sociologique. mais. véritables secrets initiatiques. depuis une dizaine d'années. une série de mécanismes psychologiques insoup. un h o m m e qui grande valeur à la première réactionde ses acteurs. L e premier s'intéresse uni- propre destin. qui affiche quelques réalisateurs ont tenté de montrer l'Afrique un certain mépris pour ces bateleurs. J'obtiens un film Delavignette (réalisé en C8te-d'Ivoire). Paris. afin de ne pas gêner les acteurs. 52 . de scénario ou de dialogues. du rêve. Les premiers résultats de cette ré. Il n'y avait pas. vient de tourner à Paris avec Edgar Morin. prise faussement culturelle et exclusivement c o m - tude typique de refus. artificiel. non pas l'obstacle à l'expression d'hommes ritent d'etre considérés c o m m e des documents qui avaient quelque chose à faire ou à dire. thentiques. A u besoin noirs (1948). destiné à cultiver dans le grand public la placé dans un climat de confiance absolue. ils jettent ment banales. Sur les tréteaux où ils montrent un long temps d'acclimatation devant la caméra . merciale est basée sur le prestige mythique de mier mouvement devant tout appareilphotographique. à un moment impré. U n phénomène curieux caracté- la lourdeur de la machinerie cinématographique . ginaire" qui nourrit cette duperie intellectuelle . ou simple. mais au contrairele témoin indispensable qui motivait cette expression"/l. de "pause'' qui est notre pre. Cette entre- l'acteur cesse alors de s'enfermer dans cette atti. qu'unprocessus de libérationse déclenche : de se trouver en une telle compagnie. L a tension dra- l'évolution des relations entre ces Africains. un Noir et L a pyramide humaine ouvrent (1947). Je la regarde évoluer. l'expé- rience semble prouver "que la caméra pouvait Maints chefs-d'oeuvre de l'école néo-réaliste m é - étre. en 16 m m l'initiation de trois blancs aux rites et croyances couleur. méro de cirque. in Cahiers trage de fiction de Georges Régnier. L e seul inconvénient de cette méthode est l'image fidèle de la réalité. métrages de Jacques Dupont. l'autre en utilisant des micros-cravates. Dans de grandes officines spécialisées. ni Nanook ni Moana n'y ont place : ils rougiraient visible. que l'équipe technique soit la plus ré. octobre 1960. les Peuls. n'importe quel h o m m e . telle analyse dépasserait le cadre de notre propos. Jean Rouch. pas des ethnographes. ceux qui ont le montage interviendra pour opérer un choix dans fait de l'exploration une profession se parent des les temps morts. sensuel. LE FILM ETHNOGRAPHIQUE ET donc une méthode révolutionnaire . (prin- "recherche" sociologique. les Bamoun).sans racisme. qui n'étaient à proprement parler. rise la récente production italienne dans ce domaine : dans Chronique d'un été. quement aux sociétés exotiques. les Kirdi. L a pyramide humaine. Rouch emploie 4.ou à guider ce pu- un moment où l'homme. éliminer les réactions non au. un incomparable stimulant". quilaissent toute est une expression cinématographique authentique liberté de mouvement à l'acteur en quete de son de la réalité sociale. non significatives. 11 serait injuste de ne pas mentionner ici le long m é . C'est "l'homme ima- un déchet considérable dans le métrage tourné . le film encore inédit qu'il on a vu proliférer. U n grand ethnographe français. A u pays des Pygmées (1947) (les Ba-Binga une voie originale. est une vaste entreprise de falsification. les Bamiléké. aux yeux les images broyées de la réalité. L a grande case (1951). documents . Rouch décrit lui-méme L a pyramide hu. sociologiques sur la condition de vie du peuple ita- au contraire. lien après la deuxième guerre mondiale. méras :la caméra n'était pas un obstacle à l'ex- pression. un long métrage documentaire de maine c o m m e un film expérimental : "Pendant Pierre-Dominique Gaisseau (1953). car le cinéaste ignore cipes d'organisation politique et sociale de quelques cette fois ce qui va se passer . à Dans une telle perspective. se donne en spectacle. Rouch accorde une quelques exceptions brillantes près. Paysans du cinéma. L'explorateur contemporain est. il arrive nostalgie des paradis primitifs. voyage pour monter un nu- au premier jet. au film de du Moyen-Congo). Européens et Européennes. il ten. qui raconte trois semaines fut ainsi réalisé enmuet. violent. Rouch lutte désespér é m ent contre "documentaires". ne furent pas admis aux mais une improvisation continuelle devant les ca. un document cinématographique montrant religieuses des T o m a de Guinée. blic dans un monde onirique. où des opérateurs cente expérience. foret sacrée. lapoudre E n marge du film ethnographique scientifique. deux genres radicalement différents. no 112. 1. mais les explorateurs. con. d'après le roman du gouverneur je provoque cette évolution. mais il arrive brusquement. Mais l'un problème agaçant de l'enregistrement du son direct". matique du récit n'altère jamais l'authenticité des caines. déclarait avec honneteté. spécifique. Afri. astucieusement présenté c o m m e secrète. Il faut évoquer aussi & çonnés. l'exploration. il met en branle populations du Cameroun. Il faut. révèle devant la caméra sa personnalité profonde. les courts pirandellien". leurs films garantis "authentiques". étrange. Pirogues sur l'Ogoué Moi. rables images qui entreront dans un montage trom- firment l'enseignement de la Pyramide humaine : peur. la caméra est S O C I O L O G I Q U E EN ITALIE délibérément utilisée c o m m e catalyseur . plumes de paon de la connaissance et font la roue. qui tous deux tera de résoudre de manière plus satisfaisante "le se parent des séductions de la vérité. duite possible. que nous limitons arbitrairement aux films dits improvisateurs. Mais une cependant.

53 . A la première heure situation sociale archaïque du sud du pays. dont le tempéra. comment on poursuit l'espadon et com. Dans la logette enLuCanie. Tel du jour. une prostituée attend . 1959). attachée aux traditions auras-tu le courage de juger son existence de petit nationales. dont il décrit avec beaucoup de finesse dans presque chaque ville d'Italie on trouve un dor. ces femmes tra- ment est plus vif. Lorsque les Zitelle. thème assez extraordinaire avait déjà fait l'objet En face des longs métrages d'exploration qu'ins. d'une manière quasi allégorique. Baldi adopte résolument international du film ethnographiqueet sociologique. non loin de la Via Appia . discute le prix. la Via dei Cessati Spiriti est faite de bara- refuge ? Quel est le destin qui les a conduits à quements. les pélerins se rassemblent devant le Luigi Di Gianni. C'est permis ici une peinture satisfaisante. Michele tuaire. ses démB1és avec sa mère. L e premier film décrit d'antiques ces jeunes filles sont chargées de chanter la pas- rites magiques. le sion du Christ dans une atmosphère de fièvre col- second montre. selon une tradition Vedove (La maison des veuves). entre . Les gens des Abruzzes italienne aligne des courts métrages sérieux. 3. quable dans Vigilia di mezza estate (Les feux de la Saint-Jean. sur un rythme vision. la lutte contre l'analphabétisme : Cristo propre douleur. à faire con. Une sanglante péche au thon. il raconte aussi ce qu'est année. femmes. complaintedes vieillesfilles. 19551. cours de laquelle les habitants jouent le drame de solitaires. Luciano et la Casa delle ment on le capture au harpon. 1959)est un reportage 1955. le sacrés le plus souvent à de dures réalités natio. on utilise des mulets Il les enregistre en son direct. primé au Premier Festival dans le court métrage. L a qualité du style est remar. L a technique du reportage n'aurait guère l'alfabeto (L'alphabet ne suffit pas.la profession d'ethnographe . réalisés en 1960.hurlant leur l'Italie. se dirigent vers le sanctuaire du Mont Aurore. Les couleurs. Les jeunes documen. Baldi perfectionne très ancienne. 1952) . Cataldo. Mare (Paysans de la mer. Dans le prologue. (Le Christ ne s'est pas Dans Via dei Cessati Spiriti. (Il faut noter que ce chemin . 1959). réalisé la m B m e arreté à Eboli. la production documentaire Giacomo Pozzi Bellini). con. incapables d'aimer. absurde et désespérée d'un petit les pélerins se précipitent dans l'entrée du sanc- village dans la m ê m e région. d'unetrès vieille technique méditerranéenne : eux-memes. 1955). films. 1959). d'un excellent film. qui transparaft dans ses deux derniers nerveux. en télévision . dans un état de surexcitation. Ils défilent devant l'image de la Sainte Gandin raconte comment s'effectue. il a 23 ans et habite Via dei Capellari à Rome. Sulfatara (1955) montre la vie dif. York. le visage d'une femme dont le métier est de faire ficile des ouvriers travaillant dans les mines de 1'amour. toujours vivaces en Lucanie. septembre toir payant. étrange film-confession : Luciano est un jeune vo- Gian Luigi Polidoro s'attache. sont d'une beauté exceptionnelle (Parabole d'or. Baldi aborde un sujet audacieux : la pros- là-bas l'éducation de base : Non basta soltanto titution. Luciano raconte Gian Vittorio Baldi. L u tempu di li pisci spata (Le temps de la Baldi possède une grande expérience de la télé- pêche à l'espadon. quelqu'un se pré- de Pasqua in Sicilia (1954) est la procession au sente. mais peut.se sont retirées. Parabolo d'Oro en particulier. leur solitude dramatique. voleur. Quels sont les gens qui y cherchent 1959 . a consacré plusieurs reportages vaillent de 20 à 24 h. 1954). dans le style de la montre en d'éblouissantes images la survivance. l'auteur invite le spectateur à naî'tre quelques aspects de la vie de la colonie ita. du sanctuaire. le parti pris de l'interview. en quelques endroits de l'ne. face au spectateur. maison. dans le sud de Trinité. . une espérance obstinée". Il pianto delle zitelle (La 1. . 1958). hommes indifférents. non si è fermato a Eboli. à San c'est-à-dire les petites vierges (dialecte local) . Lévi-Strauss. dQ à pire cet esprit douteux. l'auteur de Magia Lucana (Magie sanctuaire creusé dans le rocher. dans Paese leur . ai: large désinvolture apparente à une science consommée de la cûte sicilienne est le sujet de Contadini del de l'image et de la mise en scène. qui se déroule dans les environs de Rome. sa jeunesse misérable.tous la vie misérable. Luciano est un pour moissonner et battre le blé.Btre auras-tu honte de découvrir L a personnalité la plus attachante de la jeune en lui une patience infinie. L e pélerinage réunit des nales dépourvues d'exotisme. poids des semaines ou des mois perdus en au village de Vallepietra. elle pèse sur le travail efficace du Trinité. elle en est seulement sur un pélerinage célèbre en l'honneur de la Sainte une servitude. 1958)et Nascita et morte ne1 meridione. devant chaque cette solitude ? Vittorio de Seta. un courage tenace de éCole documentaire italienne est incontestablement vivre. Pour la première la mort et de la résurrection du Christ pendant la fois dans l'histoire du cinéma. "/ 1. pénétrer dans l'intimité de son héros : "Peut-être lienne de New. lective. dans les eaux qui baignentla Calabre son style. la caméra fouille semaine sainte. apparaissent bientût les Zitelle. cer- taristes se sont intéressés particulièrement à la tains ont cheminé trois jours. C1. jour de la Sainte Trinité. D e son cûté. San Cataldo (Naissance et mort dans le sud. L e thème hommes de condition modeste . L e cinéaste encore l'univers des hommes déshérités qu'aborde est parvenu à obtenir le concours de quelques Vancinidans Uomini soli (Leshommes seuls. il laisse ses personnages s'expliquer Sicile. leurs clients sont des remarquables à l'ethnographie sicilienne. décrit. Paris. d'America (Pays d'Amérique. p. qui allie paradoxalement la plus grande et la Sicile. Tristes tropiques. soufre. portant le m ê m e titre. milliers d'hommes et de femmes misérables . 1958). l'attente et le renoncement : Rome.. face à la caméra.

trois jeunes se trouve une maison à quatre étages. sans se déshabiller. d'autre poète. à l'intérieur d'une demeure. Manahatta. sou- cieux de témoigner avec efficacité des problèmes de la vie sociale. fut l'un des prin- SOCIOLOGIQUE cipaux animateurs de ce mouvement . Quelques-unestricotent. qui les français et que le film fut édité en France condamne souvent à une description sociologique (voir p. portée au cimetière dans une auge . Ainsi. En dépit de ce handi.. Cette année-là. C e film est le portrait cruel d'une New York. de développer SOCIOLOGIQUE AUX ETATS-UNIS A P R E S sérieusement le sujet traité. au coeur de Rome. Espagne 1960). description de la vie nomade des éleveurs ressant de noter que plusieurs de ces films ont été de la steppe asiatique. c'est que les auteurs en sont soient prisonniers d'un métrage arbitraire. Il vit avec une jeune femme. l'ensemble de la production italienne présen- tée lors du Premier Festival international du film E n marge de la révolution opérée par Flaherty. une famille se n'ont plus de parents et vivent seules. Il chante : "Amour. ". Il rien gagné . Bninatto (qui lutta en Sicile. Elles seul batiment luxueux des Hurdes .11 Les h o m m e s et les femmes à qui Baldi s'attache ne nous a malheureusement pas été donné de voir vivent (ou s'apprétent à mourir) en marge de la ce film. hanté par la nuit et la tragédie de la solitude. la rivière Casa delle Vedove (La maison des veuves) nous est à sec et il se forme des mares où pullulent les entralhe au Vico10 delle Ceste. qu'il vit à Londres vers 1935. Grass (Pâturages) d'Erne& Schoedsack et Merian D u point de vue qui nous intéresse ici. où treize crétins .avec la police. en 1922. anophèles. un cinéma réaliste. UN CLASSIQUE E S P A G N O L DU FILM tier de photographe depuis 1907. un très court film expérimental sur d'Andalousie. Bunuel. il est inté. sommaire. d'abord de litière . de Storck et Ivens.. En effet. Toutes les journées contre l'inertie des pouvoirs publics) un film- sont semblables. part. ils revien- glisse dans les maisons par les fenétres ouvertes. des h o m m e s nique : c'est la nuit qu'il commence à vivre . il ne fit pas immédiatement école. la question se pose chose l'intéresse dans la vie : manger. sans avoir fait les poches des ivrognes qu'il rencontre. il déclare gentiment qu'une seule groupement "humain" ? Kélas. FLAHERTY cap. quand il fait trop froid. L'auteur s'efface devant elles et. ils sont c o m m e exilés. attaqué par les abeilles . un cesse de l'argent? Que faire ? Il décrit sa tech. mage. quelques semaines plus tard. de créer. Paolo à l'église. des h o m m e s cherchent du fumier dans rentre chez lui à l'aube. presque apparut d'une telle qualité que le jury la distingua contemporaine de Nanook. Sa femme et sa mère lui demandent sans fille atteinte de gingivite agonise sur la route . les montagnes arides ner. oubliés ou perdus Bunuel. il fut impres- sionné par les films de la première école Los Hurdes (Terre sans pain). les usages de la distribution ont imposé aux producteurs le film d'une dizaine de minutes. ethnographique et sociologique (Festivaldes peuples) une oeuvre ethnographique importante. inspiré du poème de Walt communauté qui vit tragiquement isolée et ignorée Whitman. cette belle monographie relative à la tauro- machie. aux c8tés de Dolci. L a course de taureaux. Elles achètent un litre de lait et du fro. de Luis Bunuel documentaire britannique. Mais les réalisations qui verront ie jour En 1936. apporte-moi le soir . transmetteurs de malaria . elles évoquent cette "fin de partie". en été. amour. LE FILM ETHNOGRAPHIQUE ET temps interdit. Paul Strand avait commencé par tour- dans la région des Hurdes. avec un ami italien. aux Etats-Unis. Il est évident qu'une telle limitationde 6. S'agit-il encore d'un pendante en Amérique date de 1934. une petite un bébé.. Genève (Notes sur l'émigration. Cependant. Jacinto Esteva. réalisés sous le patronage du Centro Italiano per Mais Flaherty n'eut pas de successeur i m m é - il Film etnografico et sociologico. réalisait un style plus direct. 54 . 1'Eglise est le elles ? Quelques-unes travaillent encore.49 ). il semble diat . des feuilles sèches qui serviront oiseaux qui se réveillent. au coeur de leur propre société. Comment couche dans le m ê m e lit. Cooper. parallèlement en Amérique se caractériseront par tion pour Borinage. entre 1934 professionnels et les chercheurs scientifiques se et 1940. Des enfants dégue- voler. à Ia recherche de travail . Là. salué par le vacarme des la montagne. L'essor véritable de la production indé- du reste de l'Espagne. moins prisonnier de formules un film âpre sur la dégénérescence de l'homme esthétiques. passent-elles la journée ? Elles restent étendues U n jeune espagnol. qui ne cachait pas son admira. qui exerçait le m é - 5. dront. Baldi est ungrand A l'émigration espagnole appartient. vient de réa- sur leur lit et. enquête sur les ouvriers espagnols émigrés à à tour de r8le. Si nous en avons Il est regrettable que les "documentaristes" italiens parlé précédemment. qui lui a donné nillés et rachitiques se rendent à l'école. elles vont liser courageusement. la jeune fille morte sur la route est trans- vieilles femmes achèvent leur existence. que l'on dit inspiré du chef-d'oeuvre de société . il n'y a ni fenétre ni chemi&e . il se émigrent. Que font. boire et ici avec une extrême gravité. âne meurt. c o m m e qu'une collaboration féconde entre les cinéastes Grierson en Angleterre. dans bien des cas. vit le jour en 1925 : collectivement en l'honorant d'une mention spéciale. une pléiade de jeunes cinéastes tentèrent soit amorcée en Italie. Paul Strand.

un bal d'invertis. pour prétexte la résistance qu'oppose aux soins Il est intéressant de noter que les deux films de médicaux la population indienne d'un petit village Pare Lorentz. L e film vités vers 1940. associé à celui de Willard Van 1938-39. réalisé par Herbert Kline. le futur auteur de Forgotten Village. (Le r81e est interprété par une actrice. L'année suivante de ce fait. apparaft dans la production américaine. la guerre d'Espagne. à l'Espagne. nous nous trouvons en pré- L'équipe du N e w York Kin0 fonde avec Paul Strand. 1938). les bars. en 1950. The Land. divorcée. à tra- tant aux Etats-Unis . Joseph Strick. les pensées d'une jeune contient des documents historiques remarquables. People of Cumberland. en marge des A la m ê m e époque. et l'on est frappé sols. Heart of Spain (Le coeur de The Quiet One (Le garçon tranquille) est. tous égards. Weiler. au générique de l'un des premiers films un groupe de jeunes esprits libres. Nous retrouvons encore le n o m a été distribué aux Etats-Unis et en Europe vers de Ralph Steiner. traite de la rééducation des soldats mutilés collabore aussi avec Ben Maddow et avec un scé- et de leur retour au front. 1960. Hurwitz et Ralph Steiner) la photographie du film Après la seconde guerre mondiale. rément avec le style conventionnel des films de C'est à la m ê m e époque (vers 1940) que Flaherty fiction. le film porte le titre Wave (Le révolté d'Alvarado). L'Express. beaux-arts. 1935). en collaboration avec Ralph Steiner. N e w York Times. en 1938-1939. 11 décrit. dirigés par Fred Zinneman. 1939) l'appellation N e w York Kino. cependant. sont les L e mouvement Frontier Films cessa ses acti- pêcheurs m ê m e s de la baie de Vera Cruz. taire dramatique dont le sujet n'est pas moins dur dirigea cette réalisation. à un documen- qui faisait partie de ce groupe d'amis fervents. évangélique. la F a r m Security Administration. il réa. et amer : The Savage Eye (L'oeil sauvage.Ce h o m m e s et les femmes malades de solitude. écrit Toung et l'entraînement de l'armée rouge. une église Films . L e révolté l'initiative d'un musicien célèbre. dus à l'opérateur Harry Durham. Il dirige (avec Leo produit par 1'American Institute of Planners. il tint l'affiche pendant six vers un cas particulier. C e documen. The Wave. The de long métrage à Mexico . selon le mot de populaire du Tennessee (Highlander Folk School) : Morvan Lebesquel2. en aux Etats-Unis . Frontier Films quartier noir de N e w York. L e film connut un succès impor. civique. sence d'une prolifération extravagante de films en 1937. L a caméra cinématographiques SOUS la bannière de Frontier explore avec cruauté les rues. dans les régions de l'ouest. Dans le domaine de l'éducation stigmatise la destruction sauvage des forêts. Dyke. "Frontier (voir chapitre VI. au cours de ces dernières années. un scénario de John Steinbeck (1941). groupés sous consacrés à l'urbanisme : The City (Laville. ce film est un core un film sur la résistance chinoise à l'invasion document psychologique et sociologique sur les japonaise : China strikes back (la Chine réagit).H. Pare Lorentz hollywoodienne. qui fut 1. tours. un film important. The Plow that breaks the Plain et mexicain. nariste très connu. assisté de Herbert Kline. à N e w York. L a film. apparaft c o m m e le résultat Elie Kazan fit aussi ses premières expériences d'une froide recherche scientifique/l. dont le n o m évoque les nouveaux espaces. milieu. Frontier Films produit en. un long docu- L a première réalisation de ce mouvement d'action mentaire romancé dont le sujet difficile est la cure sociale par le cinéma fut un film de montage sur de rééducation d'un jeune garçon noir inadapté. furent commandités par une adminis. Il est 2. d'après tee) . Les acteurs. Morvan Lebesque. un court métrage sur une école témoignages sur notre "nudité". jugé trop pessimiste pour être diffusé. au fil d'une année. ler juin 1961. et l'atmos- produit un second film sur l'Espagne : Return to phère de l'école spécialisée de Wiltwyck. 1938). Barbara Baxley). 7 juin. A. E n 1939. Sidney Meyers réalise. 48 ). la vie quotidienne du semaines à N e w York. L e film a sionnels et non professionnels. 55 . usages de la production courante. Réalisé avec des moyens de fortune. et le titre français. Kline mérite d'&tre considéré réalisa pour le Ministère de l'agriculture un film sur la dégradation des sols. Ces films taire véritable traite du problème de l'érosion des restent peu nombreux. légèrement antérieur à l'oeuvre importante caméra s'attache à suivre dans ses moindres dé- qu'Ivens a consacrée au m ê m e sujet (voir p.Paul Strand tourne le premier documentaire social remarquable aussi que le film de Paul Strand. Paul Strand rejoint ensuite. Carlos Chavez. un critique américain. à anglais. Paul Rotha le signale sous le titre qui dirigeait à cette époque le département des Pescados (Production et photographie Paul Strand). Il comporte d'intéressantes notations The River. une nouvelle de Pare Lorentz :The Plow that breaks the Plain vague de documentaires sociologiques de valeur (La charrue qui brise la terre. le scénario s'inspire directement basant le récit sur la description authentique d'un d'une enquête effectuée par une commission d'in. contribuèrent à renouveler l'approche sociologique un long métrage de fiction sur les libertés civiques au cinéma. A ce titre. Harlem. 13). lage oublié). Films". d'Alvarado . sur la vie quotidienne des Indiens et rompt délibé- tration publique. il est connu aussi sous le titre le Ministère mexicain de l'éducation nationale. ait été produit pour espagnol Redes . Henri Cartier-Bresson. une coopérative de production. L e travail des cinéastes. Paul Strand et Leo Hurwitz Parmi les films "de fiction'' américains qui tournent ensemble Native Land (Pays natal. la distribution associe des acteurs profes. par contre. 1960). dans The River (La rivière). Meyers Life - . face à l'immense production (1936). apporte autant de lisa. sur Mao-Tsé. il faut citer The Forgotten Village (Le vil- vestigation du Sénat (La Follette-ThomasCommit.

pas le quartier noir : l'achat de whisky oule désir d'une trop de difficultés à convaincre ses sponsors offi. qui vise deux thèmes :la sage-femme accouche sans diffi- à enseigner aux populations noires du sud des culté une m è r e à l'esprit coopératif. symbole de suivant son enquete. abandonnant les autres parturientes aux L'oeuvre attachante de George C. tique. Stoney raconte comment. elle parvient à tives à la grossesse et à l'accouchement. Il observa ainsi que les sages-femmes pré- tenus par de véritables travailleurs. se faire accompagner par le médecin blanc officiel. Elle s'occupe Etats-Unis les règles d'hygiène élémentaires rela.. la clientèle des situer cette oeuvre remarquable dans le domaine f e m m e s habituées à respecter les règles de l'hy- du documentaire. des "femmes extraordinaires qui. Il y a beaucoup de ten.Ii explique qu'au moment où son film lement de son travciil. Stoney se accoucheuses les moins compétentes . Il n'eut . nariste Michael Wilson se rendit sur les lieux afin de capter l'entière confiance de ses informa- m e m e s de la grève. Les confi- celles-ci ont conservé un parfum archaïque. en fait. fallut capter sa confiance absolue. en devenu un témoignage émouvant sur les relations faisant appel à une technique scientifique inconnue humaines dans les communautés noires du sud . une sage-femme susceptible présente. luttaient pour accomplir un travail vital. "extraordinary w o m e n Who. produit par les médecins blancs et la pratique. d'une manière générale. dans la plus grande intimité. U n film de fiction. Les travailleurs mexi . il se trouver la vedette. le ignorance. cinématographique d'un problème social. la rapproche davantage de ce qu'on appelle en Europe mortalité infantile est plus forte chez les f e m m e s le "documentaire social". de sages-femmes noires. cherches préliminaires furent menées avec autant 2. Il Stoney a consacré un article à l'enquete socio. Il est arracher à la mort l'enfant né prématurément. sages-femmes à travers le pays. de la tradition archaïque :la couveuse. en pour- L e sourire de cette grosse nourrice. Ces longues re. est aussi inoubliable sages-femmes noires évoluèrent. relève du m é m e esprit nouveau : noir de la valeur des techniques modernes d'accou- Salt of the Earth (Le sel de la terre). C e film d'éducation sanitaire dépasse Stoney construisit dès lors son film autour de considérablement son propos didactique. and Who needed help''. ses vues simplistes sur les la Mère africaine éternelle. L e film a été réalisé avec l'assistance technique contre un adversaire plus fort qu'elles-memes. Ceci cons. dont la sage-femme est chargée de trans. ensuite d'une ''mauvaise" mère . Il faut donc féraient. Biberman. . présenter des situations réelles. Il perdit son que le sourire de Nanook. afin de pouvoir logique exemplaire qu'il effectua pour préparer assister. une grève à une sage-femme noire. logique. à la limite du film de fiction. du sud étaient mis au monde par des vieilles f e m m e s suscitant au début la méfiance des Blancs. Film :Book 1. Il en con- de manière tout à fait indépendante par Herbert clut que la meilleure façon de convaincre le public J. en dépit de leur sance d'un petit h o m m e .c o m m e l'un des précurseurs de la nouvelle école existant entre les prescriptions officielles imposées réaliste américaine. Il fallut titue c o m m e l'arrière-plan discret du film . utilisant des techniques archaïques. il découvrit plus bouleversantes de ce beau film est la nais. en effet. L'une des scènes les attitude condescendante à leur égard. par le Medical Audio-Visual Institute Mary Cooley. pour Btre con- cruelle éclata dans l'industrie minière. l'accoucheuse noire de Georgie. . L e yeux. sabilité des accidents dans l'esprit des gens tival international du film ethnographique et socio. Stoney raconte aussi c o m - a été mis en chantier la majorité des enfants noirs ment la barrière de couleur complique son enquete. appliqué les règles fondamentales de l'enquete ditions de travail accordées par les autres c o m . ignorance. femme. con. Il est cains étaient l'objet d'une discrimination ethnique remarquable qu'au cours de son enquete Stoney ait et le syndicat local se battait pour obtenir les con. Mais progressivement les Blancs ciels de la nécessité de prendre des contacts per- sonnels et d'observer le comportement réel des 1. il n'y a que deux raisons de se promener dans sujet le passionnait depuis toujours. négligées :celles-ci sont censées porter rralheur dresse dans Al1 m y Babies (Tous m e s bébés. George Stoney : Ail m y Babies : Research. Stoney dit qu'elle est 1'8tre humain of the Association of American Medical Colleges. dences du cinéaste sur la construction dramatique trastant avec la sécheresse des rapports qui tendent du film méritent d'être lues attentivement par tous à s'établir entre les ddecins et les patients dans les h o m m e s de science qu'intéresse l'expression une certaine médecine bureaucratique. tifique du film. en prenant soin de ne pas son prétexte fut un problème de sécurité. Y. L e scé. for all their de soin qu'une véritable étude sociographique . le film devait etre parfaitement authen- City (Nouveau-Mexique). Il est basé chement était de confier le r81e principal du film sur des faits réels : en janvier 1952. filméesans faussepudeur. L a plupart des r8les furent trices. c o m m e une apologie dela science de plaire à la fois au public noir et à la commis- moderne. à klver vaincant. 56 . il rendit visite à un grand nombre pagnies minières. D e les auspices du Département de la santé publique celle dont il fit la star du film. Cette grève dura plus d'un an . 1959. le plus admirable qu'il ait jamais rencontré. E n outre. ethnographique . 1952) et les sages-femmes endossent toujours la respon- qui obtint le prix spécial du jury au Premier Fes. des de deux sages-femmes qualifiées et produit sous f e m m e s qui avaient besoin de notre aide"/2. simples. A leurs illettrées. au dérou- son film/l. were struggling to do a vital job cinéaste apprit ainsi à connal'trel'écart considérable against tremendous odds. giène. sion officielle qui assumait la responsabilité scien- mettre les rudiments aux autres f e m m e s noires. N.

il y a teurs. mais s'efforcer de les accor- D. inspirée de cas réels. chbmeurs irré. Rendre la réalitépassionnante et significative. écrit-il. Il faut laisser vivre librement les gens la collaboration scientifique du D r Frederic que l'on veut décrire. en évitant de tomber dans Nebraska. écrit-il. Les difficultés techniques du tournage dans présentant de latribu Zoulou. la sociologie doit étre la plate-forme de départ. dans une petite communauté rurale. exprime la m é m e confiance. écrit Rogosin. dont la propre personnalité cul- librement. Rogosin pose en termes parfaite- le savoir. parmi dramatique préétablie. un film de long métrage qui 3. to make a constitue un témoignage capital sur le racisme en true national hero of a Nebraska farmer. nous l'avons vu. observations. film-enquête sur les différente de la réalisation normale d'un film de alcooliques déclassés qui échouent dans le célèbre fiction. dans les bars. no 21. accompliraient libre. peuvent certain nombre d'images furent prises au moyen atteindreleslimites del'expression émotive. Mais. Mark Sufrin. à N e w York. dans leur argot. mer. L e film a été réalisé avec tistique. L a de son c8té. où il Rogosin. où la mort bient8t les sur. Rouch. tage sur les mines. la réalité dans une forme dramatique susceptible vices au cinéaste. mais m é m e technique fut utilisée parfois dans les bars. Rogosin insiste sur l'"importance Stoney est encore l'auteur de Palmour Street. à l'expres- devant la caméra. est de pénétrer profondément dans l'intimité d'un borateurs du film. poursuit-il. collectif. L e les Zoulous. s'affirmera essentiellement dans le film fut réalisé avec une équipe réduite. d'attirer l'attention des professionnelle de Mrs Mary. mon. sous prétexte d'un repor. faire un héros national authentique d'un fermier du trer ces vies sans but. souligne-t-ilencore. faits. factuai representation". où les r8les sont confiés à des acteurs quartier new yorkais. jouant leur propre r8le. forment de petits clans. explique ce qu'est milieu particulier. non professionnel est le symbole du groupe auquel versations. M r s Mary et ses patientes acceptèrent de jouer mais il faut viser. de l'étude préliminaire du su- qui s'attache à un autre aspect de la vie des Noirs jet" . a Harlem taxi driver". 57 . s'efforce davantage d'explorer les personnalités Mais des scènes importantes exigeaient la colla. logue of staie. turelle n'est pas annihilée par la qualité m é m e ment les gestes familiers. toute tentative en vue d'en détaillertousles aspects Parfaitement intégré dans la communauté noire ne peut qu'aboutir à un catalogue sans qu'il avait choisi de décrire sous un angle très signification"/2. ducteur de taxi de Harlem"/3. avec les ressources et les herty qui les anime l'un et l'autre. Il fut décidé que les ac. obtint au is so vast that any attempt to detail is entirety Premier Festival des peuples le prix réservé au would result in nothing than a meaningless cata- meilleur film sur la société moderne. est si vaste que par le Comité scientifique responsable du film. ment les parents peuvent-ils aider leurs enfants à c'est-à-direà une interprétation personnelle des affronter les rigueurs de la vie ? Dans Proud Years. où le scénario est essentiellement prendra. est. N e w York. Filming a skid row. C e document étonnant. "The total reality of a community or a Society sans précédent dans l'histoire du cinéma. Participant étroitement à la vie de frapper l'imagination. de boration effective des "acteurs" et il fallut com- poser avec leur caractère instable. s'exprimeraient des acteurs-nés. groupent. une nouvelle dignité. voleurs sans envergure. L e visage de l'acteur L'enquéte préliminaire dura plusieurs mois : con. il tente m ê m e . Pour échapper à la solitude. M o n but. très m o . leurs problèmes. Mark Sufrin. d'un mineur de Pennsylvanie. sion poétique. mais suivant une ligne d'acteur. alcooliques. choisis dans le milieu. r81e qu'il assume devant la caméra c o m m e un re- bile. est radicalement avec On the Bowery (19561. sans compter 1. d'une caméra dissimulée dans une voiture. de mouler film et rendirent. Rogosin pense qu'un acteur-né. cette étape. C'est l'esprit m é m e de Fla- la sociologie urbaine. un processus ar- leurs soucis quotidiens. aboutir à une généralisation de l'expérience vécue. Mrs Mary lui avait indiqué comment ment clairs le problème du film sociologique : "La transposer simplement les 118 exigencesimposees réalité sociale totale. Film Culture. 2. les démélés avec la police. d'un con- les pièges de la sentimentalitéet de la complaisance. Cette dé- Lionel Rogosin aborde le monde du désespoir marche. à titre gracieux. dans chaque société. Stoney montre les vieilles gens. Rogosin est convaincu la rue. éprouvèrent un intérêt é m u pour le sujet m é m e du cinéaste tente ici. M a méthode m e permet d'ex- the Bowery : un refuge pour des hommes sans abri plorer la personnalité réelle de l'acteur non pro- et sans amis. "Je désire don- limites du cinéma ? Il fallut individualiser le drame ner à l'homme. de la préparation. Sans vailleurs noirs. de toute évidence. fessionnel et de rechercher les moyens de l'expri- tituées. il appartient. Zeman et du personnel du H o m e hébraïque pour der avec les thèmes que le metteur en scène dé- vieillards et infirmes. L e Pennsylvania coalminer. Stoney élabora son autres peuples sur la condition misérable des tra- scénario au contact de la routine quotidienne. est nécessaire pour du sud. Comment effectuer cette plongée dans celle de Jean Rouch. L'un des colla. U n que des amateurs. de son propre aveu. individuelles . pros. "1 want to give m a n a new dignity. a Afrique du sud : C o m e back Africa (1959). débiles mentaux. le cinéaste se mua en ethnographe. écrit Rogosin. Lionel Rogosin se rend ensuite en Afrique du sud. s'attacher à quelques personnalités. de menus ser. c o m m e Flaherty. couvre dans leur comportement méme. The Making of "Come back Africa" tourne clandestinement. C o m . 11 refusecette vue "documentaire" . particulier. On voit que cette approche est voisine de ductibles/l. ils se l'oeuvre d'un écrivain. professionnels. furent considérables.

d'éclairer pendant plusieurs jours une girafe blessée d'une l'opinion publique de son pays sur les véritables flèche empoisonnée. un ont été prises sur le vif. une série de John Marshall et Bob Gardner (1956). O00 sénateur Humphrey (Primary) . L e film est de la girafe. dignité de l'homme qui tue sans cruauté. L'invention dramatique du Rouch. John Marshall impressionna plus de 500. abondant. destinés qui renoue avec la grande tradition épique de essentiellement à la télévision. après une très longue errance . inté. une sont nombreuses. racontée sans emphase. s'est vu décerner. ment. L a plus envoûtante. sa tech. en 1951-52 et en la première campagne électorale qui l'opposait au 1955. L e thème du film est la chasse. ce n'en est pas moins l'un des . au niveau du montage est prépondérante. triomphe primitif de l'homme sur la nature". Cette institutionspé. Les chasseurs l'ont rejoint enfin chaque jour . trage. T A Ils suivent ainsi pas à pas les personnages auxquels Hunters. un cameraman et un ingénieur du son. chimérique et senti- remarquables de ce matériel exceptionnellement mental. Les sulte d'un montage judicieux. divers aspects d'une situation. de l'aveu m ê m e de son auteur. Cet événement constitue la problèpes économiques et sociaux qui se posent ligne dramatique du film. dans l'espoir de ticiper aussi à la vaine tension dramatique d'une constituer les archives filmées complètes de la course automobile en vivant plusieurs heures aux tribu Kung du sud-ouest africain. Quatre hommes poursuivent beaucoup de courage et de lucidité. à juste titre. vécue aux c8tés des chasseurs. Cette équipe comprend ral des oeuvres les plus marquantes. Rogosin utilise une technique qu'il appelle se défend à coups de sabot. Il se borne à indiquer le thème mal. resse essentiellement l'enseignement de 1'anthro. aient été dirigés. L'activité du Film Study Center rattaché au Plusieurs autres films sur les Boschimans sont en Peabody Museum de l'Université Harvard. de reportage. mais les répétitions préalables de vues. sa signification. c o m m e siblement. Il y a. pai- général de chaque scène. Gardner dans cette recherche passionnée de la forme "la et Marshall ouvrent ainsi une voie nouvelle au film plus libre possible". le scénario fut élaboré avec le con. dans ce dénoue- "le dialogue spontané contrûlé" (controlled. dont ils approfondissentles ressources. Pour les enregistrements sent ils le harcèlent de leurs javelots et la girafe sonores. une quéte acharnée de la nourri.faire de la caméra un instrument de psychanalyse parties de chasse distinctes. pour vivre. notamment Leacock (quifut l'opérateur de Flaherty). 73). Privés cours de tournage des répétitions artificielles qui de scénario. la plus proche de la vérité. cours de montage au Film Study Center. qui utilisait un scénario minutieux au départ et afin d'obtenir deux angles différents et d'éviter intervenait dans la direction des acteurs. En effet. teurs ont réussi à filmer de la manière la plus Au cours de diverses missions anthropologiques familière l'actuel président Kennedy au cours de chez les Boschimans du Kalahari. mobile de la caméra passe-partout. L a plupart des scènes précisément. The Hunters. au départ. car il s'agit de découvrir. les cinéastes n'auraient vraisemblable- ticité du dialogue. c8tés de l'un des participants (Onthe Post). du producteur Bob Drew. dont la photographie en 16 mm n'est pas Pennebaker et Maysiles. O n le voit. montage n'altère en rien l'authenticité des prises tion des "acteurs" . celle qui ments sociologiques les plus importants sur la fournit au film son climax. ils nous font par- pieds de pellicule Kodachrome. s'échelonnant sur collective. c'est l'histoire. ils s'attachent et se maintiennent en prise directe d'une grande et terrible chasse à la girafe chez sur la vie. les réalisa- ture. trage considérable. les mots les plus justes. Si C o m e back Africa ne constitue pas une période de cinq ans. C e long m é . dans continuité fictive mais plausible. Chaque la méthode utilisée diffère de celle de Flaherty. sous la direction Nanook et trouve sa place dans ce panorama géné. L e grand magazine Time Incorporated assure pologie culturelle (voir p. le financement d'une jeune équipe de réalisateurs cialisée a produit un film important. L'animal meurt debout. tout à fait inhabituel. sans que les acteurs documentaire. dont la structure est en Amérique latine (Venezuela et Cuba). scène est enregistrée au moyen de deux caméras. L'intervention créatrice de l'interview et celle du documentaire classique. Pour saisir sur le vif les toujours parfaite. (Filmakers) qui a réalisé. à Florence. un film de films sur des thèmes sociaux brûlants. Il introduit simplement un temps. ces réalisateurs le Grand Prix du Festival des peuples. travaillent par petites équipes de deux techniciens en 1959 "pour sa probité dans la représentation du solidaires. Grâce à cette technique extrêmement les Boschimans. c'est-à-dire sans direction précise risqueraient de rompre la spontanéité et l'authen. Les réa- beaucoup plus riche et plus complexe que celle d'un lisateurs utilisent ici parallèlement la technique reportage pur et simple. d'un "choix royal" documents cinématographiques bruts esquissent opéré par Bob Gardner parmi les éléments les plus ici le portrait d'un homme. est la mort affreuse condition du prolétariat sud-africain. The Hunters ré. avec nique. à la trace. engourdi une synthèse des difficultés que les Noirs affrontent par le poison. cette grande chasse est à la fois réelle et idéale . le r81e créateur ac. à pré- cours de deux Africains. perdu dans une immense foire aux illusions. ment pas pu aboutir à un résultat aussi remarquable cordé à "l'acteur" amateur est considérable dans s'ils n'avaient eu la possibilité de tourner un m é - cette expression nouvelle de la réalité sociale. en 16 mm. le récit se compose de scènes empruntées à des 58 . spon. Dans "Yanki no'' l'équipe Filmakers tente. Il laisse ainsi. On voit en quoi le feu de l'action. une extraordinaire dignité : dignité de l'ani- taneous dialogue). une grande part d'initiative à l'improvisa.

en France. un aux Pays-Bas. l'intimité de quatre L'un des buts essentiels de l'Office est deproduire familles appartenant à la classe moyenne paysanne des films "qui soient un reflet de la vie et de la en Inde. dans le style "télévi- organisme national de production. conçu d'une manière originale et CANADA (THE NATIONAL FILM BOARD rigoureusement scientifique par Tan MacNeill. de niveau universitaire. exerçant son ment notre sujet : elle s'intitule Comparaisons (Comparisons).Tacques Bobet. grâce à la demande sont d'un naturel remarquable. 11 faut citer encore une troisième série de films ment féministe : L'essor féminin (Women on the de 16 mm. rarement resque . que nous re- l'entreprise moderne. égale. L e film est introduit. Marcel Rioux (Canada) pour la version lèbre producteur anglais Grierson fut invité par le française:Four Families (Quatreenfants du monde). sociologique américaine (Margaret Mead. sur un thynssembly Line). L e vice-président (The Vice-President). Nous ne retiendrons ici que pante . il comparera quelques aspects du christianisme.l'un des plus importantscentresmondiaux tient de l'improvisation. L a les sentiments authentiques des hommes très divers m ê m e série Comparisons contient encore une étude dont ils tiennent le rble. scientifique régional. L e film illustre les concep- lisée du format 16 mm et la fréquente participation tions anthropologiques typiques de l'école psycho- d'acteurs professionnels à l'action dramatique. au Japon. Ces films sont donc soi. le personnage principal plusieurs chapitres de l'homme et du travail dans du film est un bébé d'un an environ. travaillait avec la collaboration d'un conseiller pales de cette production sont l'utilisation généra. un ensemblede du père et de la mère à l'égard des enfants varie films sociaux en 16 m m destinés à la télévision. Gouvernement canadien à mettre sur pied un grand 1959. en soit plus mince. produit par . souvent émouvantes. trèsbelles.On sensiblement dans ces quatre échantillons de civi- y trouve notamment plusieurs films concernant la lisation. Dès lors. elles sont utilisées avec rigueur au ser- utilisée en Europe . Chaque cinéaste de la télévision. C e film. il faut citer aussi un ingénieux montage sera commenté par Arnold Toynbee (FourReligions). Rapport annuel de l'ONF. leur but est de provoquer chez vice d'un propos scientifique qui réussit toujours le spectateur une prise de conscience. de l'hindouisme et de l'Islam. orientant différemment l'attitude des sociologie du travail . sont uniformes dans un milieu social homo- documentation honnete sur les problèmes sociaux gène et tendent à créer une personnalité culturelle actuels du Canada. intitulée "Silhouettes canadiennes" March). Parmi les "séries" qui intéressent pius cation. intéresse spéciale. Les enfants considérablement multipliés. en six parties sur la sociologie des quartiers sub- gneusement construits c o m m e autant de petits films urbains (Suburban Living : Six Solutions). tant les nouvelles solutions proposées par l'urba- sociologique dont les résonances affectives sont nisme au Canada.Les images. les films de caractère sociologique se sont délicatesse de cette tâche difficile. en Suède. est en préparation : avec l'acteur principal de la pPrsonnalité du héros. obtint (Faces of Canada). à l'usage du grand public. L'ouvrier qualifié (TheSkilled thème sociologique précis. C e fut l'origine sion" par une interview du superviseurscientifique . glaise. U n autre série. Des do- pensée canadiennes"/l. William Novik et John Buss) se sont tirés avec années. L'OFFICE NATIONAL D U FILM DU fort intéressant. avec une rare acuité. L e contremaftre ouvre de nouvelles perspectives dans le domaine (TLe General Foreman). et présent. Parmi ceux-ci. il est remarquable de constater à quel point quelques aspects très particuliers de cette activité les quatre cinéastes (Richard Gilbert. sous OF CANADA) le contrble de deux anthropologues bien connus. - à forcer l'attention en dépit de la complexité de les thèses les plus contradictoires sur les pro. d'un ton très libre. qui est sans doute exposée en termes trop blèmes humains du travail sont émises dans ces simplistes. LAa chaîne (The manon leçon en images. en Grande-Bretagne. U n autre film. du National film board of Canada (Office national celui-ci commente ensuite. le cé. Les deux caractéristiques princi. est le portrait d'un h o m m e simple. d'actualités retraçant l'histoire agitée du mouve. Fali Bilimo- créatrice considérable . C e film est films par des acteurs professionnels qui traduisent destiné tout particulièrement à la télévision. confron- de fiction centrés sur un problème de la vie psycho. intéressant cette spécialiste de la psychologie industrielle discute fois l'histoire des religions.7. très vives. qui du film). Dans la dernière partie du film. quatre séquences qui pré- de production de films documentaires de qualité. Ralph bien que le point de vue "documentaire" domine Linton et Abraham Kardiner) : les techniques d'édu- toujours. un "caractère national". Chacun de ces films trèû brefs ment destinée à la télévision. sentent. Margaret Mead (Etats-Unis)pour la version an- Au début de la deuxième guerre mondiale. ne sacrifient jamais au pitto- La formule de ces films est intéressante. 59 . au Canada. L e comportement "Temps présent" (World in action). Parmi les oeuvres intéressantes de la série Temps du bouddhisme. Worker). bien que l'intérêt sociologique le prix Eurovision en 1959. &Chef de départemst du film sociologique : il constitue une véritable (The Department Manager). O n y trouve un film sociologique 1. L'ONF dispose d'un très cuments aussi difficiles à enregistrer exigeaient vaste réseau de diffusion. 1958-59. particulièrement celles de la première en- spécialement notre sujet (car elles fournissent une fance. au cours de ces dernières ria. tant à l'intérieur du naturellement l'utilisation de la caméra partici- pays qu'à l'étranger. cette étude en enfants. citons de base. la thèse. par exemple. qui comporte six films trouvons dans les quatre milieux étudiés. voire d'autres régions). C e film (1058) : L'employé (The Clerk).

m é . autre "film dramatique" de moyen métrage (égale- vons l'excellent Strike in Town (La ville en grève) ment en 16 mm). 000 h o m m e s aussi passionnés que futiles. ritent de retenir l'attention (1960). cusé. d'après un roman d'Hervé Biron. il est résolu par voie d'arbitrage. Mais il est frappant de Colin L o w et Wolf Koenig évoquant. - Klondike au début du siècle recherche démente sont souvent plus convaincants que des acteurs pro- d'un bonheur chimérique qui amena à Dawson City fessionnels. c'est ainsi que Fernand Dansereau l$emploiedans Pays neuf (un moyen métrage de 60 . 1960). pied à cette fin. à la suite de la crise est aussi l'auteur d'un reportage sur l'un des lieux économique mondiale. la travail. Nous avons déjà observé que les réalisateurs de 1'ONF aiment utiliser la technique de l'affabula- tion romanesque pour aborder les thèmes sociaux les plus divers . pour des films-débats (par exemple phies sur de nombreux sujets sociologiques parti. Les réalisateurs canadiens de pélerinage les plus célèbres de l'Amérique du utilisent volontiers les acteurs professionnels. scénario et réalisation de enregistre un conflit du travail et la manière dont Bernard Devlin. la vie quotidienne d'une famille de Leslie M c Farlaine (1 955). sa réalisation exigea trois ans de bec. s'oppose la con. nière" et décrire "comment naissent et s'édifient porte un grand nombre de films spécialisés.C'est unportrait Quelle que soit la formule du film. Ici aussi. Son héros est un Canadien français. non nord. Nous nous contenterons de signaler ici le cadre de l'économie nord-amérhaine". A la table but du film : "Comment vit-on à la campagne construction dramatique de ce film. tout l'effort satirique des loisirs de la société canadienne qu'es. la ruée vers l'or du appartenant au milieu que le cinéaste veut décrire. n'intro- Les qualités humoristiques d'un reportage de duit aucune part "fictive" dans The Back-Breaking Gilles Groux et Michel Brault.métier :le photographe. intitulé de la récolte du tabac dans l'Ontario. dont le but didactique est plus ac- spécialement. L a rive cependant que les cinéastes canadiens utilisent ville abandonnée ne compte plus aujourd'hui que la formule "documentaire" de la caméra partici- 500 habitants. représentatif d'un groupe ethnique minoritaire qui matiquement au cours du prochain chapitre (voir ''cherche de plus en plus à se tailler une place dans p. etc. au service d'un point de vue City of Gold (Capitale de l'or. auxquels doit faire face le cultivateur ? '' Breaking Leaf (destiné à la télévision). L a caméra Les brnlés (16 mm. 1958). Strike in Town (La (1958). l'Oratoire St Joseph (Montréal):Les pélerins seulement pour ce genre de films. la propriété trans- évitée de justesse dans une fabrique de meubles. dont les Parfois le thème sociologique fait l'objet d'un protagonistes sont d'authentiques ouvriers agricoles - véritable film de fiction de long métrage tel ce venus s'embaucher pour le dur travail saisonnier "film dramatique" de près de deux heures. sciences sociales : nous les envisagerons systé. pour dessiner le "profil de l'éclusier. quelques oeuvres mrquantes. nerie canadienne moderne dans la province de Qué- tographiques . il vise à fixer l'image authentique d'un sportive d'un genre inhabituel :une course sur la peuple. Le film évoque. le beau film documentaire est fort valable. interprété aujourd'hui ? Ou en est l'agriculture au Canada par des acteurs professionnels. de l'Office national du film est d'esprit "documen- quissent les auteurs & propos d'une compétition taire" . Cette technique. L'ONF produit des monogra. (1959). le cultivateur soucieux de conserver sur un "suspense". parmi celles-ci. Terence M c Cartney-Filgate les territoires de l'Abitibi. 11 ar- 30. au moyen de constater que des acteurs amateurs malhabiles. sus. Les images du 1958) qui reconstitue. la f e m m e de ménage. l'avons vu. Michel Brault des entreprises cinématographiques collectives les sera le "cameraman" habile de Jean Rouch et Edgar plus remarquables qui aient jamais été mises sur Morin dans Chronique d'un été. sont grande marche colonisatrice des années 30 dans d'une grande beauté. à travers une histoire fic- tive. Terence M c Cartney. au cours de laquelle les coureurs portent plus libres de l'art cinématographique. rele. dans la chaleur étouffante de l'été. 71). C'est l'une des raquettes aux pieds. à l'époque de la moisson. et The Back-Breaking rurale du Canada français dans L e mai'tre du Pérou - Leaf (La feuille qui vous rompt le dos. de Terence M c Cartney-Filgate. nous (Pilgrimage. sur les lieux mêmes. il faut distinguer tout prise moderne). l'homme d'affaires que passionne l'aventure mi- L a production de l'Office national du film com. C e film constitue l'une des rares pante . le chauffeur de taxi. de son c8té. tout en encourageant les manifestations les neige. court métrage de fiction construit de Québec. mais aussi. le témoignage social est le véri- entre les délégués patronaux et syndicaux. dans un films consacrés aux problèmes du travail. dans la province ville en grève). ces villes-frontières qui abondent maintenant dans ceptibles d'étre utilisés dans l'enseignement des le Québec". E n France. mise de père en fils. dans L a battaison recherches patientes. montre comment une grève est dans la famille le "vieux bien". la fiction n'est comment s'effectue la procédure de conciliation qu'un prétexte. ceux qui traitent des divers emplois dans l'entre- culiers . m ê m e iorsqu'ils "jouent vrai". Raquetteurs. Parmi les nombreux L e m é m e cinéaste s'attache à décrire. 1957). les difficultés qu'affronte. de photographies anciennes. c'est ainsi que Wolf Koenig décrit la paysan- utilisations cinématographiques des archives pho. pour la perfection de sa réalisation. français et quels sont les principaux problèmes ception rigoureusement documentaire de The Back. Leaf (voir plus haut). fiction en 16 mm).

D e n o m - mis aux chercheurs soviétiques d'entreprendre une breux films ont été consacrés aux danses paysannes. au moins par sa volonté historiciste. sionnel. 1953) . dans le concept "ethnographie". par thématique. anime les chercheurs d'Europe occidentale. Azerbaïdjan). et le présent du peuple ouzbek. V. en Hongrie. laire. en Ukraine ORIENTALE occidentale. un ethnographiques engagées dans des recherches chef-d'oeuvre incontesté à la modernisation de ''surie terrain'' comprennent un cinéaste profes- l'équipement des campagnes. est très vif en l'industrie pétrolière est plus récente. L a steppe aride (réalisateur :Tomberg) montre la vie sociale de la plus grande ferme Nous avons vu que les savants soviétiques englobent dIEtat d'URSS vouée à la culture du coton (le cycle radicalement. proche. Problèmes essentiels de l'étude ethnographique posée pour l'analyse des sociétés africaines en des peuples de l'URSS. Ces diffé. Moscou 1960. Les ethnographes. "ethnographique" diffère sensiblement de celle qui boré des images et du récit ne permet guère d'in. 61 . de l'expédition. qui doit est une monographie régionale confrontant le passé son essor à la Révolution d'octobre. pour les traditions qu'on appellerait "folklo- sur les ouvriers du pétrole en Turkménistan. de 2. dans le m & m e esprit. le passage et ethnologiques. sez la prédilection du cinéma soviétique pour les Si les films "ethnographiques" soviétiques thèmes sociaux dans les films de fiction. exceptionnel- récente sont malheureusement d'un style fort con. étude de sociologie dynamique. qui ten- républiques asiatiques : L'histoire des travailleurs tèrent de cristalliser un moment précis de l'his- du pétrole de la Caspienne (réalisateur :R. est l'un des premiers docu. Paris. Terentieva. notamment à Bakou et à Borislav. Kroupianskaia. TENDANCES DU FILM "ETHNOGRAPHIQUE" du stade nomade à la civilisation industrielle au EN URSS Kazakstan. l'accélération de l'histoire dans la patrie de Tamer- mations de la société. en rentes étapes du développement industriel ont per. en Yougoslavie. en Pologne. aux propres à chaque région dans un processus de déve- loppement/2. qui le filmde voyage constitue un genre récréatif Il en est de m ê m e del'oeuvre maîtresse de Dovjenko. ments sociaux. l'ukrainienne et la po. Citons quelques films tournés dans les 150 opérateurs dispersés dans le pays. en 1929. Documentary Film. On connaît as. le cinéma soviétique exalte cepen- min de la vie (1931). qui tient en quelque sorte le journal filmé Bien que le réalisateur fasse jouer de vrais pay. Bulgarie. Victor Turin consacrait àla ou de The Hunters (voir p. distinct. orientale. L e che. du film ethnographique chaïque. L a ligne générale. dominé également par des préoccu. aux rites archaïques du mariage. lement nombreux. Les films de propagande sociale et d'ins. n'ont cessé de fournir l'essentiel de la le 13 juin 1942. p. Cette perspective analytique se rap. Safarov. c o m m e les cinéastes. Eisenstein consacrait. l'effort toute spéciale à Un jour de guerre en URSS. Potapov. que leur statut technique soit ou non ar. Turkménistan (réalisateur : M. - toire globale d'un peuple extraordinaire saisie AzerbaFdjan. - chasse au tigre (réalisateur : Gouline).8. Selon Paul destinée à enrichir les jardins zoologiques : L a Rotha/l ce fut le premier film qui définît claire. est très nette aussi dans un long documentaire sur accordent un intérêt tout particulier aux transfor. L. Mais cette conception du film sans. Cette conception. la vie des travailleurs et semble de la vie culturelle de tous les peuples sans des chercheurs scientifiques). pations st ylistiques : Turksib (1929). situant les ccutumes aux chants. Les travailleurs du pétrole au de ce que l'onpourraitappelerl'instant sociologique. distingué. cinéma. truction qui caractérisent la production soviétique Parmi les reportages de guerre. LE FILM ET LES TRADITIONS POPULAIRES particulièrement à la culture des ouvriers du pé. Les grands travaux industriels. qui évoque également le problème U n petit film tout à fait remarquable doit être de la collectivisation du sol en URSS. le merveilleux film de Nicolas Ekk. 1. L. exception. pour tégrer ce film dans la catégorie des "documentaires". celle que le sociologue français Balandier a pro. Les ethnographes soviétiques se sont intéressés 9. il faut accorder une attention ventionnel. de la récolte en 1958. L'intérêt des documentaristes pour la culture popu- lonaise. car il trouve sa place à c8té de Nanook A la m ê m e époque. A cet marquent une prédilection nette pour les change- égard. Des études ethnographiques ont porté aussi. C o m m u - transition. Carmen. 101. Mei) . consazée ment l'approche documentaire dans le cinéma so. dant aussi la valeur des traditions artistiques po- ments cinématographiques romancés sur l'enfance pulaires. DANS QUELQUES PAYS D'EUROPE trole. à la capture des tigres et des léopards en Sibérie viétique. l'en. l'admirable style expressionniste très éla. tourné collectif. où riques" en Europe occidentale. nications de la délégation soviétique au VIe Con- Pensées joyeuses (réalisateurs : Medvedkin et grès internationaldes sciences anthropologiques Abusentov) décrit. typiquement soviétique.58) parmi les reportages construction d'un chemin de fer en Asie centrale de chasse les plus remarquables de l'histoire du un film épique. Signalons aussi que beaucoup d'équipes délinquante. un jour parmi tant d'autres. Cette préoccupation marque lan :Visitons l'Ouzbekistan(réa1isateur : Kayunov) très fortement le cinéma russe classique. Bakou et ses citoyens (réalisateur :L. L a terre (1930). en Roumanie. Il s'agit ici d'une chasse de type moderne. Tchécoslovaquie. où un mode de vie original s'est formé au contact de deux cultures.

son enthousiasme devant la ''culture'' fesseur Plicka m e parart traduire de la manière la populaire. On d'équivalent en Occident. trop facile. des hommes et aussi que Karel Plicka est l'auteur d'un reportage des femmes au sourire stéréotypé. elle ne m e paraft pas basée sur un éloge du savant tchèque des préoccupations sociales pur et simple de la tradition paysanne et des cul. Sou- Tous ces films constituent d'intéressantes archives lignons que la date m é m e de ce film (1933) mérite cinématographiques et l'ethnographe des traditions qu'on le considère c o m m e l'oeuvre d'un précurseur populaires s'y intéressera d'autant plus que les po. est un moyen métrage. tel le film pénétrant et chaleu. c'est trop souvent la valeur pittoresque des cou. en construisant une poé- nents spécialistes de la musique slovaque. rarement à partir de gestes qui constituent déjà en tional du film ethnographique et sociologique. L a structure esthétique teront difficilementaux transformationsqu'imposent. qui réalise alors un film touris. en Les diverses écoles documentaristes occidentales fait. cette attitude risquerait. malheureusement. en effet. ception esthétique. de l'inventioncollectives. par une idéologie officielle assez noter ce qui sépare la conception "ethnographique" complexe . il voie indiquée par Plicka exaltent. qu'un certain chementde films qui sont eux-mémesdes recherches nombre d'éléments de la tradition populaire seule. à la catégorie des films sur l'art.. L'optimisme A cet égard. de communier. d'enregistrer ces traditions esthétiques qui résis- de N e w York au Mississipi). Karel Plicka est aussi l'auteur cinématographique spécialisée est encouragée. plupart de ces films "ethnographiques" exaltent. forme du peuple slovaque selon le rythme de la n'ont pas SU préserver au m é m e degré cet héritage nature. le temps des chants et des danses. Notons montrer qu'un peuple du dimanche. du film ethnographique. Son auteur l'a construit pulations rurales d'Europe occidentale. tique à partir des gestes apparemment anodins. 1933. esthétiques. les minorités eth. de composer une "sympho. m e r à l'écran.). 1941). des rites d'étre taxée de réactionnaire. le pro. typique de l'Europe orientale. L a le produit de la sensibilité. aux jeux de ses enfants et de ses avec la vie quotidienne. si l'on collectifs. davantage c o m m e une symphonie. damment de l'école documentaire anglaise. m e paraft que ce choix a été fait. humeur ne finisse par lasser à l'écran. au carnaval de Binche. aux travaux de la moisson. C'est le temps tures régionales . Dès 1928. (Sur les traces des Slovaques.. vice-président du Comité interna. Il semble. dans cette pers. Il laires sont entièrement joués en studio (j'ai vu fut l'un des fondateurs de la Faculté du film (FAMU) ainsi un certain nombre de ''nocespaysannes" peu de Prague. d'évoquer une paysannerie d'opérette. à quelques exceptions peut regretter l'impression d'artificiel qui se dé- remarquables près. pour le cinéaste. les cinéastes tchèques qui suivront la ment sont jugés valables sur le plan "culturel". D u point de vue sociologique. L'ouvrier et le défende le droit pour l'ethnographe-cinéasted'ex. selon un critère esthétique. ce pionnier avait réalisé un convaincantes. eux-memes des oeuvres d'art. Plicka est l'un des premiers à avoir tenté d'expri- tumes (et non leur sens profond) qui retient l'atten. Cette production des gens simples. quel qu'ait été le souci scientifique film sur les jeux pastoraux du centre et du nord de d'authenticité qui a présidé à ces entreprises). en de L'éternelle chanson (VkCna Pisefi. elles ont conservé leurs cifiquement cinématographique. d'une telle con- traits culturels particuliers . consciemmentou dans la culture populaire régionale. le film s'agit. crains qu'un certain parti-pris constant de bonne des rites joyeux. On la Slovaquie :Hry Slovenské Mladeie (Jeux de la en arrive trop souvent. des danses. C e n'est pas le lieu d'engager ici un débat collectif. qui passionne Karel Plicka. du cinéaste. On n'en trouve guère qui n'atteint que la superficie des faits sociaux. paysan dansent et chantent rarement dans les meil- primer la culture de son peuple par le truchement leures oeuvres du cinéma occidental (tout au plus de sa sensibilité artistique propre (voir p.carnavals. gage d'un certain nombre de films qu'inspire visi- reux que Jean Cleinge et Gérard D e Boe ont consacré. et indépen- tion du cinéaste. Il sifflotent-t-ils. bref à tout ce qui. D'une certaine façon. Je nie visuelle" en se servant des chants. Il faut Europe orientale. phique c o m m e une "dramaturgie" (voir p. de L a terre qui chante illustre la conception théo- dans les modes de vie traditionnels donne couleurs rique de l'auteur. qu'il considère lui-même c o m m e un graphiques'' consacfi s aux traditions populaires poème cinématographique dédié au peuple slovaque. la vie tique et non un film sociologique. 70). diens de la vie collective. soit un aspect de l'art populaire se sont davantage penchées sur les aspects quoti- et l'on comprend dès lors que l'un des plus émi. en effet. Mais son film le plus important ments archéologiques coupés de toute réalité vivante. du point de vue d'une poétique spé- niques sont nombreuses . Parfois m é m e ces films en Belgique. blement cet état d'esprit. dans cette voie. au fond. E n Europe orientale. symbolisant la vie multi- intégrées dans la civilisation industrielle atone. "ethnographique" appartient souvent. Pourquoi s'obstiner à ne jeunes gens. 62 . en Europe orientale. Karel Plicka "ethnographiques" consacrés aux traditions popu- est à la fois un savant musicologue et un artiste. apparaft c o m m e inconsciemment. Par le tru- étudie les thèmes abordés à l'écran. orientale. à des docu- jeunesse slovaque). 76). risquent d'enfermer le cinéma ethnogra- plus explicite une conception du film ethnographique phique dans une formule trop étroite. sans rapport à ses chants. qui envisage le film ethnogra- et style particuliers à un mode de vie régional. soit la E e . guindés dans tourné aux Etats-Unis en 1935 : Z a Slovaky z New leurs beaux atours 3 Sans doute est-il important Yorku do Mississipi). propres à l'école de Grierson. l'oeuvre cinématographique du pro. ce qui. aux métiers d'art. libre. et fesseur Plicka. Z e m Spieva (La terre qui On pourrait reprocher aussi à tant de films "ethno- chante). en Europe pective. sur la validité.

de Drago Chloupek et A. Nad djikov. 1947). Zbigniew Bochenek (1959). les sage. 1956). SorbischeHochzeit (Lemariage A coté du film ethnographique de ce premier Sorbe) de Kaden (Républiquedémocratique allemande) type. die de milieu avec U n jour dans une grande famille c. tis- Europe occidentale c o m m e en Europe orientale. les réunions de la société des h o m m e s (Slovaquie) (Tchécoslovaquie. de V5clav KaSlfk communautaires anciens ont toujours cours. c'est un tableau unique d'une communauté de Jindrich Ferenc (Tchécoslovaquie. à la lutte contre la maladie. 1957) . les sacrés aux danses et à la musique populaires sont rites magiques de pêche. après la moisson . ristique de style impressionniste) . on croate. Nunt5 ciobgneasca solidaires des hommes et des femmes : la lessive. Kallweit. Bulgarie. où les paysans des peuples. Bien que la pêche soit nombreux. Citons le film quelques films. la foire ou gements sociaux intervenus pour améliorer les le marché populaire fournissent le thème de conditions de vie jugées archaïques. les centres d'intéret. 1945) . printemps en Carniole blanche) (Slovénie)(Yougos- 1955). Outre les films de K. Retenons quelquestitres :Lidé Pod Snehem sur un milieu déterminé. La production polonaise (Oesgens sous laneige) de Vladimir Sis (Valachie) fournit encore deux exemples intéressants : Gdzies (Tchécoslovaquie. les ne peuvent être négligées dans l'analysedes thèmes femmes revêtent aujourd'hui encore leurs beaux sociologiques retenus par les diverses écoles habits de fête . tient à la Saint Michel. Ce dernier film grands courants. 1958) (une cet intéressant filni technologique de F. on suit les travaux zimierzBorowik (Pologne. citons : actuellement motorisée. une région montagneuse.d v Beli Krajini (Le et l'analphabétisme chez les Tziganes (Upre Roma. le filage col- Nevesta le jemiji slovo (Jeune fiancée. Hoffman et E. puis le lever jusqu'au coucher. Raran (Kde mele vitr. campagne hongroise). 1956). la préparation de la chaîne pour le tissage. Dans le domaine des coutumes régionales. il y a fort vitch (Hongrie. 1949) . e. 1947) . Svatba na les aspects les plus divers de la célèbre "zadruga" Moravském Slov&+ (Mariageen Moravie slovaque) croate . C o m m e moud levent. à la vie paysanne la civilisation adieux) (Yougoslavie. Gabryelski (Pologne). de son cBté. la réception d'un nou- b. qui fut distingué au Premier Festival des région centrale de la Pologne. en Tchécoslova. un langage plus libre. Gerasimov. nomiques et les réjouissances religieuses. 1957). décrit un village dans dislav 'Delong(Tchécoslovaquie. de Tamas Bano. Skorzewski (Pologne. partiellement détruites par une tempête. 1958) . boissellerie. Les rites agraires. naval). veau membre au sein de cette association. reportage humo- et L. (Noces pastorales) de Ion Rodan (Roumanie. 1949) quie encore. la préparation du lin. L a (Tchécoslovaquie. Slatki Fleiti (Douces flûtes) longtemps déjà. de J. Yougoslavie. Plicka. le filmillustre fort bien les liens documentaires. de Stanislas Gre- dans un des vieux moulins abandonnés de Slovaquie. la misère (Moravie Slovaque) .bon gré mal gré. de Vâclav Kaglik (Tchécoslovaquie. tous les spécialistes del'histolrede l'art et de latech. de J. Nous tenterons seulement dlindiquer les la société paysanne archafque. Pukanski munauté traditionnelle de pêcheurs au début de ce Kolari (Lescharrons de Pukanec)de Vlado Bahna siècle. Dansla catégorie des métiers Zielonym Baltykiem (Au bord de la verte Baltique) anciens. L'intention profonde des oeuvres apparte. notre propos : les films qui insistent sur les chan. dont les récoltes sont l'histoiredes broderies bulgares (réalisationS. de LudvfkBaran et Vla. lavie. une remarquable étude approfon- de K. Onle voit en de charme d'un artisanat traditionnel (filage. bowski (Pologne) :un antique marché urbain de la Ce film. le carnaval. fais tes lectif. familiale étendue. vivant en économie fermée. Pom1a. le labourage. la philosophie socialeparti. dans logue. citons :Huta zprzed Stulat (Unefonderie de de T. parmi lesquels : FaSank (Le car- que Dimitrij Plichta a consacré. 63 . qui montre ce que fut le travail du meunier (Sur le chemin de Studzianna). le marché se culière de l'auteur ou de la société dans laquelle il vit. Rêves brodés. Quelques études cinématographiques portent nologie. ce film touchant montre à Kurpie.1948). Tavasz. sépare ce qui semble digne d'être conservé et ce Karuzela lowicka (Le carrousel de Lowicz) de qu'il faut abolir dans la tradition populaire. une autre catégorie d'oeuvres intéressent (minoritéserbe de la frontière polonaise). Ecserilakodalom (Les industrielle. un centre important de pélerinage .1953). De- Wesele na Bukovinie (Noces en Bukovine)de Wlod. dans le village de Mraclin (dans la noces paysannes :Wesele I<urpiowskie .Topal. évoque ce que fut la vie d'une com- cent ans. certains de ces usages Valasské tance (Danses vala*s). Gabryelski (Pologne.(Lesnoces région de Touropolye). D o Studziannej 1959).1948) . d. Zima mora umreti (L'hiver doit mou- nant à ce second type est parfois ambiguë. constituant en studioune noce traditionnelle dans la moins conventionnel. Tel J. z Lidovfch Motivu (Tissus pod Turbaozem (Quelque part sur le Turbacz] de et impressions populaires). 1948) . c o m m e - rir): les coutunies du carnaval aux environs de la si leur propos se situait A la frontière indécise qui ville de Ptuj en Slovénie (Yougoslavie. jouets). étroits qui existaient jadis entre les échanges éco- Il nous est impossible d'esquisser ici un cata. Mais peut -être faudrait-il trouver noces d'Ecser. y fut présenté c o m m e un témoignage d'une villages voisins viennent vendre les produits pleins situationéconomico-socialepérimée. Les films sur les métiers anciens intéresseront esquisse de monographie régionale. constituée en corporation. Réa- notera une nette prédilection pour le thème des lisé en 1933. Studzianna est aussi incidences idéolcgiques. de Laszlo Kalmar (Hongrie)(ballet re- des formules nouvelles. 1947) . mérite donc d'être considéré aussi c o m m e une a. Kostov (Bulgarie. a produit. Les films d'intérêt ethno-musicologique con. Granec journée de fête dans un village.

l'éducation sanitaire. On assiste. pendant. sans emphase. enfin. Sheers. prouvé avec Ail m y Babies (voir p. George Stoney l'a communauté". les "grands sentiments" rapproché des oeuvres analogues de Storck. vaillante et jolie infirmière Maria). Dans quelques pays. coucher de la "grande famille". 56) . une fois de plus. dont une face est la Thaïlande. que l'Unesco a établi un l'enfancedélinquante (Aucarrefourde lavie. de milieu est la campagne d'éducation de base . on sait que c'est dans cette région. L e film comprend plu- les films produits jusqu'à ce jour par les institu. et dont manifestement la sonne ne doute que l'idéal qui anime I'OMS ne soit seule ambition fut d'8tre un témoignage honnete noble. Voici. ce- mier Festival des peuples. sieurs volets . Dickinson et J. ce film muet. domaine fiction de Henri Storck. L e film est. ganisme officiel de production entend secrètement sation scientifique. 1949). témoigner. paludisme en Nigeria . l'autre le Mexique la naissance d'une ville nouvelle autour d'une gi- (productionUnesco) . mais il semble bien difficile d'exprimer à ne sacrifiant rien au pittoresque. tés des missions internationales dans le monde . 64 . Per- des paysans-acteurs. importe-t-il de placer au second plan le souci de ces diverses catégories de films sont produites propagande qui indispose le spectateur. consacré au problème de des Indiens Tarasques. en général. le la recherche dans un centre atomique et la néces- titre en est (on ne sait trop pourquoi) : Je suis un sité d'un contr8le international de l'énergie nuclé- h o m m e (World without end. de lui-meme. selon la tradition). L a documentation ethnogra. important centre régional d'éducation de base pour Signalons que le service cinématographique de l'Amérique latine. de montrer la réalité avec simplicité. Dans le domaine particulier de une grande famille croate fut distingué. il n'est pas impossible. C. Les auteurs principaux de cette fait. mérite d'etre l'écran. Nous loppées ? C o m m e n t cet éloge de soi-méme ne l'étudierons au cours du prochain chapitre. titueront un jour des archives susceptibles d'inté- vaincant :le célèbre cinéaste anglais s'est attaché resser les historiens des grandes institutions ici à un pensum cinématographique qui permet internationales. U n jourdans internationales. L'intention sociologique qui anima le Service 10. (Italie). serait-il pas irritant ? D'autant plus qu'il utilise narcissiquement les grands idéaux. Si cette aujourd'hui par un ou plusieurs centres d'Etat qui préoccupation domine. avec la participation active assistance à des villages isolés en Birmanie. les repas dans les d'apercevoir certains aspects de la condition so- champs et dans la ferme (les f e m m e s mangent de. encore Dans la plupart des pays d'Europe orientale. 1958). le prétexte de cette peinture gantesque installation hydro-électrique (Canada). "pour sa chaleur hu. de l'excellence de l'ac- on trouve en marge des réalisations destinées au tion de ses fonctionnaires autant (sinon plus) que grand public une production en 16 m m destinéeplus de la condition sociale des populations sous-déve- spécialement aux chercheurs scientifiques. en aire (Norvège). Q U E L Q U E S FILMS PRODUITS PAR L E S cinématographique des Nations Unies lorsqu'il mit ORGANISATIONS INTERNATIONALES en chantier :Power A m o n g M e n (Maftre du destin) est peu claire. selon les conceptions techniques modernes (Haïti). au planter la jeune. un tableau Que les éditeurs de cet ouvrage m e pardonnent : cosmopolite de la société. en France. et de Rouquier. C e document re. sont Thorold les missions de l'ONU. une apologie de l'action sociale entreprise par oeuvre. où la simplicité d'exposition et la ten. 1953). tourné il y a mation de jeunes médecins qui prodigueront leur presque trente ans.le pétrissage de la farine. ne serait-ce pas que llor- se consacrent au film documentaire ou de vulgari. le second volet du film expose la lutte contre le marquable. l'ONU filme régulièrement les principales activi- People like Maria (Des milliers c o m m e Maria. de la civilisation :la reconstruction après laguerre bien décevants. lisations de l'ONU. le troisième montre la for- dresse vont de pair. qui aurait dQ Btre épique. cependant. ciale des Incas de Bolivie (chez qui tente de s'im- bout. il faut citer un court métrage de sante . Parmi les meilleures rea- phique de Autour de Patzcuaro (1952) est intéres. Basil Wright et Paul Rotha colla. il tente de symboliser quatre phases tions internationales m e paraissent. production de l'Organisation mondiale de la ces magazines d'actualités (screen-magazine)cons- santé (réalisation : Harry Watt) n'est guère con. en qui président à l'action sociale des instances Belgique. au Pre. maine et sa probité dans la description d'une c'est-à-dire avec efficacité . la réorganisation d'une économie archaïque borèrent à la réalisation d'un diptyque arbitraire.

CHAPITRE VI L'UTILISATION DU FILM D A N S LA RECHERCHE ETHNO-SOCIOGRAPHIQUE ET L'ENSEIGNEMENT UNIVERSITAIRE D E S SCIENCES SOCIALES LA VALEUR INITIATIQUE DU FILM connaissance de l'homme n'est jamais pure. la tion. contact authentique. condition essentielle de l'homme esquimau livré à tique qu'il convient de conférer à l'expérience lui-méme . plus encore. sous peine de se film ethnographique et sociologique dans l'histoire pervertir. le sentiment (moral) de la présence du cinéma européen et américain. "étrangers" (c'est-à-dire inconnus) exige une par. au départ. A condition qu'ils soient ambivalence fondamentale. Les pouvoirs troubles de la'lphoto. le ciné. ces (teintée de méfiance) du spectateur. Les oeuvres ci. mais elle doit Nous venons d'esquisser les grands courants du conserver au plus haut degré. cette situation regrettable est liée à nente n'apparaît que dans certaines circonstances l'héritage philosophique et littéraire de la sociolo. est d'abord re-connaissance. un politiques. ou plut8t leur beauté i m m a - naturelles . elles n'étaient évidem. Loin de cons- été tournées par des artistes soucieux de témoigner tituer un obstacle à la perception claire du phéno- de la condition humaine . glace en choisissant avec soin des personnages ces films permettraient d'aiguiser le sens de l'Ob. c'est-à-direaffectivement et rationnellement. Il faut le dire techniques permettent d'établir un système de com. tion audio-visuelle est généralement entravée par chacune pour son compte. de que nous avons évoqués précédemment ont tous un morales. personnage anonyme dont la génie'' cessent ici d'f?tre un obstacle à la connais. de costumes. à l'homme à l'écran remplit paradoxalement une servir un but scientifique ou pédagogique. forcent notre adhésion. Hélas. Flaherty avait le L a connaissance profonde de ces divers milieux don de lier conversation pour nous avec 1'Etranger. en suspens dans un univers qui n'est pas en- core :de jeunes bourgeois n'ont jamais été en con. religieuse. ne jamais couper tées. que nous avons chaque fois notés au pas. de la cinéma. à édifier entre les divers soucis de propagande idéologique. A travers "Nanook". mène social. si cette communica. Toute culture trait fondamental en c o m m u n :le souci de la vérité est exotique. il y a d'abord un affrontement. c'est- SOCIOLOGIQUE à-dire "détachée" . à condition qu'ils sur le Don de Marcel Mauss a rendu familiers à soient présentés aux étudiants c o m m e autant d'E. une des sciences sociales. L'image. ticipation affective de l'observateur. dans les On conçoit dès lors mieux pourquoi l'élaboration Universités de l'Europe occidentale. Il n'en fonctionutile dans la connaissance sociologique. d'autrui dans "l'objet" analysé. combien elle nécessite l'invent ion d'un langage m a et. parce mentation considérable dans divers domaines spé. les films h o m m e s :barrières de langues. que fort rarement l'occasion d W r e initiés à 1a re. tous les sociologues. la plupart des ment aux chercheurs des sciences dites exactes ou h o m m e s sont laids . sciences établit ou rétablit. parce qu'insaisissable. etc. pour toute autre et de l'authenticité. brut d'une machine 21 enregistrer le réel. gie européenne et d'un certain nombre de sciences que les sourires. seul le passant indifférent est laid. mythiques (merveilleusement beaux. clairement :il est extrémement difficile de rompre munication entre les peuples . pour la simple raison que la parfaitement d'imaginer le corps. s'agite sur la neige. - core pour nous humain. lorsqu'un dialogue s'est engagé. etc. L e film de fiction rompt cette vertures sur des problèmes sociologiques concrets. ) qui servation. que l'Université abandonne trop facile. C'est à ce niveau qu'apparaft la valeur initia. dont la plupart sont dignes de figurer dans le fil d'Ariane qui relie l'observateur à l'observé l'anthologie internationale du documentaire. vaguement hos- cherche. que le célèbre Essai judici eusement commentés. elle doit tendre à la plus grande objectivité possible. c'est-à-dire affectif . lecture des savants traités ne permet que fort im- sance pure. -'l magique qui cerne l'image de ment pas destinées expressément. les ouvriers. la télévision. Pire en. les barrières que les civilisations se sont ingéniées. la présence 65 . particulières. dès lors. ont dans le labyrinthe des civilisations. le regard que l'on jette sur "l'étranger" que l'on thèque idéale des facultés vouées à l'enseignement veut connaître. il n'est plus ombre fantomatique qui audio-visuelle. Les étudiants en sciences sociales n'ont s'échangent . les paroles et les services sociales. traditions populaires. culture. désaffecté. tile. l'image sage : ethnographie. aux techniques d'observation. tact avec les paysans. nous "saisissonsI1pleinement. qui est pas moins vrai qu'elles fournissent une docu. dans Ces films font partie. demeurent les propre qui supplée au silence et à la passivité moyens privilégiés d'abolir les distances . . qu'elle est l'oeuvre d'un poète et non le produit cialisés. Si les voyages du film sociologique exige une sensibilité aiguë multiplient les contacts entre les peuples. une identifica. de systèmes politiques. certes. selon les circonstances. au sens litteral. Plus que tout autre. sociographie rurale.

sur la chasse à l'hippopotame lequel peu de films marquants ont été spécialement chez les Sorko (Bataille sur le grand fleuve. sur la circoncision chez les Songhaï (La nir compte ici que du niveau universitaire. que Volta. les types de films réalisés dans divers domaines. sur les danses de possession au Niger (Leshommes nelle de l'abondante production de l'Office national qui font la pluie. aux Etats-Unis un certain l'Afrique est leur principal champ d'activité. Ses premiers reportages sur les funé- "culturel") . du film sociologique dans la production documen- gique. elles éditent des films destinés aux railles chez les Dogon (Cimetière dans la falaise.mm) est champ de l'ethnographie (ou anthropologie cultu. Nous nous efforcerons de définir d'universités. C'est l'un - fique est particulièrement vif. il est particulièrement importants au point de vue de l'art rare que les chercheurs aient utilisé eux-mémes cinématographique ont été agrandis en 35 mm. films réalisés en 16 mm s'adressent aux écoles. quelquesfilms de 16 mm Dans les autres domaines de la sociologie. gieuse africaine et son symbolisme cosmique. pour circoncision. gnement primaire et secondaire. Ces organismes ne ras. dans l'espoir que des catalogues bibliothèques par des cinémathèques. Il s'agit d'en. Nous ne pouvons te. et s'instituent m é m e producteurs de tels films . 1950). tographique dans les universités et les instituts taux mettent des films à la disposition de l'ensei. Réciproquement. 1949). c o m m e nous nous sommes efforcés de le faire au semblent malheureusement que fort rarement les cours du chapitre précédent. longs métrages de Rouch.réelle. mais ils se sou- cient beaucoup plus rarement de doter les univer. le cas de certains films de Jean Rouch. Nous nous 66 . Nous signalerons au passage ceux la bibliothèque. le cinéma pour illustrer leurs travaux ou porter afin d'étre présentés au grand public. les chercheurs. sont L a plupart des films que nous aurons à examiner les classiques du genre . C e document liste exhaustive. que nous possédions sur la royauté magico-reli- ments audio-visuels disponibles pour l'enseigne. étre réduits en 16 mm et utilisés pour le circuit L e plus souvent. les rites complexes d'intronisation du nou- nous n'avons pas la prétention de constituer une veau souverain sacré (Moro Naba). quand ils existent. divers niveaux pédagogiques. L a lecture seule. d'autre part. Il n'existe faut-il des très rares témoignages cinématographiques le dire ? . cependant. l'enquéte ethnographique sur le terrain exotique . 1950). Notre but est de présenter un précis et circonstancié prouve combien. 1952). inté- secteur commercial. naturellement. éducatif. -les films réalisés spécifiquement pour l'en. Il n'est pas Aussi bien ces notes se contenteront-elles de dé- question de remplacer purement et simplement les fricher le terrain. à un public restreint plus mé. Celle-ci. Rappelons. d'instituts se sont déjà engagés ré. l'un attentif à l'objectivité du sujet traité qu'au style des meilleurs spécialistes des Mossi de Haute- m é m e du film. de plus en plus nom- Etats-Unis se sont occasionnellement associées à breux. encore une fois. Songhay (Les magiciens de Wanzerbé. seignement supérieur. tournés en 16 mm et logique comparative. solument dans cette voie. les modes d'organisation de la production cinéma- rét. les scientifique .aucun recensement complet des docu. en principe. connaissance sociologique profonde. Les ment des sciences sociales ou pour l'étude socio. E n principe. les services gouvernemen. qui existent déjà. fonde la pu mener cette tâche à bien. consacré à l'histoire chefs-d'oeuvre du film ethnographique et sociolo. C'est témoignage au cours d'une recherche. Récemment (1960) Rouch a fil- destinés.au Canada. U n certain nombre de musées. FILMS SCIENTIFIQUES SPECIALISES sités du matériel audio-visuel nécessaire à l'en- seignement supérieur. aux clubs et aux associations privées. la distinction entre le secteur culturel éducatif L a première catégorie couvre surtout le vaste (16 mm) et le secteur commercial (35. complets pourront bient8t étre mis à la disposition visager la création d'une cinémathèque à c8té de des professeurs. Il faut rappeler ici la qualité exception. Nous nous L a seconde catégorie ne contient encore qu'un efforcerons aussi d'indiquer. Rappelons relle). sur les indications de Dominique Zahan. dans cer- échantillonnage de cette production spécialisée tains cas. particulièrement nette aux Etats-Unis. utilisent une caméra de 16 mm au cours de la production de véritables films sociologiques. naturellement. O n trouve. scientifiques. la description littéraire cède avantageu- dans divers pays où l'intérét pour le film scienti. A cet égard. L e Comité international du agrandis en 35 mm pour la distribution commerciale film ethnographique et sociologique n'a pas encore ont été analysés précédemment. Ils sont les ethnographes. Ils s'intéressent à deux types resse aussi l'enseignement des sciences sociales. 1949).le chercheur est cinéaste-amateur. c'est-à-dire la sociographie des peuples cependant que tous les films de 35 mm peuvent sans machinisme ou en voie d'industrialisation. Jean nombre de maisons de production spécialisées dans Rouch fut l'initiateurde ce mouvement important l'important secteur 16 mm (considéré c o m m e (voir p. Dans divers pays. Quelques universités aux 1. E n France. nombre relativement limité de films dignes d'inté. réalisés. 19). de films spécialisés dont nous avons à tenir compte Sans doute la frontière entre les deux domaines à présent : (commercial et non commercial) est-elle parfois -les films réalisés au cours d'une recherche difficile à tracer. la haute magie chez les du film. faute de ressources. ils sont connus de tous dans ce chapitre ont été tournés en 16 m m . sement le pas à la description filmique. ou m é m e simplement les bons films du taire commerciale.

d'lgor de Garine (1960). "reconstitution''. rigoureusement écrit à ce sujet le professeur Leroi -Gourhan. couleurs. p. C e qui est remarquable. C e film a été ultérieure. A u cours de la m & m e mission scientifique. dont le siège est fixé à aux recherches ethnologiques prévu au. Cet organisme a patronné la leur collaboration:Les fils de l'éléphant (Bambara production de m o n film Gestes du repas (voir p. l'Institut de sociologie Solvay. Celle-ci pour la moisson (Sahara algéro-marocain). fiques. cinéaste a été acceptéparla sociétédont il témoigne. prise de vues et d'enregistrement. scientifique. l'université. Maquet. les films nouveaux ou an. L e film (Ruanda. (L'ethnographeDaniel Biebuyck fut l'un m a fort bien équipé pour la projection en 16 et 35 des conseillers scientifiques). aux gie de l'Afrique centrale. celui-ci tut pour la recherche scientifique en Afrique cen- met à la disposition des chercheurs qui rapportent trale (IRSRC) m'a permis de réaliser.Afrique noire demande de m o n collègue Jacques J. asso- découpage et de prises de vues"/l. un projet complet de réalisation. 1'Insti- Comité français du film ethnographique . dans la société des hommes. elle a réellement conféré le grade no 15). ou devant le grand public. semblable en cela à celle de tous les comi.46) du Soudan) d'Anne Philipe et Viviana P%ques D'autre part. se déroule selon un découpage préétabli. relevant non seulement de l'ethnographie tait sur le rythme du déroulement. a réalisé plusieurs films d'intérêt traditionnelle du pays. Musée de Bruxelles. Or. en 16 mm. ces prises de vues n'ont pas été tour- hommes de la baleine. rigoureu- phique. Les seigneurs de la examens de sortie. j'ai obtenu que le rituel d'admis- ment distribué commercialement en 35 mm. 48. de se préoccupe notamment de promouvoir l'utilisa- Bernard et Dominique Champault (1953) . travaille en étroite collaboration avec le avec des moyens beaucoup plus modestes. consacré à la zoologie et à l'ethnolo- stagiaires apprennent l'essentiel du métier et. à la E n Afrique. 2. la père. trage en cinémascope-couleurs. la place de son de la sociologie. L'enseignement des techniques cinémato. Sacrifices une Commission du cinéma scientifique. des meilleurs spécialistes de la structure sociale P. à Paris. Ceci tend à exotique mais aussi de la sociologie du monde con. de L e Moal boration avec les chercheurs scientifiques de (1960). l'université libre de Bruxelles. considérée c o m m e parfaitement valable pour le tifique : régulièrement. tué quelque temps auparavant par un éléphant. Par ailleurs. naturellement. dont le chef. nouvel initié . à la disposition des cinéastes travaillant en colla- Les masques de feuilles chez les Bobo. dans le cycle traditionnel de l'enseignement là. la Fondation interna- graphiques est obligatoire au stage de formation tionale scientifique (FIS). 16 m m . le mouve. au schéma de tés nationaux affiliés au Comité international du l'initiation. à laquelle j'avais été précédemment la technique archaïque. l'un (IFAN)possède une section ciné-son. tourné au Ruanda un film d'un genre différent. qui prenait. de (1953) : L e temps du caméléon (la céréinonie d'ini. D e son côté. c'est quecette film ethnographique et sociologique (CIFES). L'Université a acquis du matériel de études sur la notion de prestige dans une tribu pas. royaume situé dans la région des Grands-Lacs. tiation des jeunes gens chez les Coniagui de Guinée). E n Belgique. L e Musée de ciait étroitement cinéastes et chercheurs scienti- l'homme. lorsque le le Catalogue des films ethnographiques français. prouver que la technique de la caméra participante temporain. possibilité de suivre de près. des séances publiques de films d'in- sés par des ethnographes professionnels ou avec térêt sociologique. la seule rrodification importante por- ciens. tion du cinéma au cours des recherches sociogra- H o m m e s du Logone et Gourouna (remarquables phiques. qui est doté d'un Département du ciné. est entièrement construit c o m m e un film de phique organise périodiquement. monteur pour les travaux d'achèvement. cérémonie dont je contrôlais le déroulement a été s'exerce aussi dans le domaine de la critique scien. nées à la sauvette . 67 . l'Institut français d'. à Paris. du moins. D e cette activité est né m ê m e dans les cas les plus critiques. Les Hamba m'ont autorisé notamment à tel le remarquable reportage de Mario Ruspoli sur filmer les cérémonies secrètes de la société des la dangereuse chasse A la baleine pratiquée. à l'est du Congo. sur un sujet forêt (réalisateurs : Sielmann et Brandt). qui comprend de Robert et Monique Cessain (1957) . consacrée à la vie quotidienne et cérémonielle d'une tain nombre de films réalisés par des voyageurs tribu bantoue du Nord-Kasaï : F&te chez les H a m b a intègres reçoivent aussi le patronage du Comité . sion d'un nouveau membre soit fragmenté et qu'il L'activité du Comité français du film ethnogra. Potentier. une longue monographie filmée.bornerons à citer encore ici quelques films réali. un film de leur expédition un matériel de montage au cours de deux années de recherches ethnogra- et de sonorisation et leur fournit l'assistance d'un phiques au Congo. Massa. (1955). L e Ruanda est un petit technologique en 16 mm. au large des Açores : Les initié. 1955). sont présentés devant des spécialistes peut se substituer au reportage pur et simple. en collaboration avec l'Institut national de cinématographie 1. j'ai ment du film dit "ethnographique". Si le film n'est pas utilisé à l'université de "nkumi" à m o n ami Djowo. a produit en 1959 un film de long m é - l'homme. qui a connu un succès mondial. en 1959. le Comité belge du film ethnogra. étude citée. mais mm. ont à composer. a créé. "Sans devenir professionnels. sement conforme.les scientifique. Cette qui se déroule devant eux. qui sera mis torale du Nord Cameroun). selon hommes. ce jour m ê m e . un Séminaire du film et du cinéma. U n cer. publié en 1955 par l'Unesco (Cahiers du Centre de L a cérémonie que j'évoque ici nlest nullement une documentation du Département de l'information. les étudiants ont. Leroi-Gourhan.

le situe dans son contexte vivant. réalisés en 16 mm. Biebuyck. à Java. la disper- comporte déjà. de Leyde (Rijksmuseum voor Volkenkunde) a réa- venir n'en disparaisse. 1940. qui fut brillante malgré ses in. quatre-vingts films environ . à seigneurs de la foret. Maquet. E n Suisse encore. Il existe. Henry Brandt est aussi le réali- permet aux éducateurs d'apprécier la valeur scien. son conseil- daises. entre 1922 et Gottingen. d'Utrecht. princi. qui raconte le voyage d'un domestique. ce film est spécifiquement des. festivités popu. Depuis 1941. analyse di disparu.gestuel . à travers un récit fictif. sateur de la partie ethnographique du grand film tifique d'une cinquantaine de films relatifs. sité de Pennsylvanie. E n Dans le domaine du "folklore" (dans l'acception Europe occidentale. 68 . thèque de la Fondation contient aussi quelques films L e Ruanda ancien/l. l'agriculture et de la construction de la maison .. dont l'authenticité serait science). Il semble que le filmtechno- teur. la collection est importente. ternationale scientifique (voir p. un réalisateur de talent. mais un seul concerne la sociologie sociaux typiques. le film chez les siens (contraste de la vie citadine et de la anime l'objet. Pays-Bas. J. Brandt réalisa en 16 m m . Il Signalons aussi que le Musée national d'ethnologie nous a paru intéressant de fixer. magnifiquement parés et mquillés. Amsterdam). et 'N Walibene (1956). à Sumatra. Une centaine de films ont été produits nale. et rentre matographique de l'exposition d'objets . par excellence. de longueur fort diverse. le travail de l'indigo). Henry qualité photographique est malheureusement insuf. en outre. Nous ne citerons ici que trois films du ler scientifique était l'ethnographe belge Daniel biologiste Peter Creutzberg. en Sierra Leone . produit par la Fondation in- Surinam et autres anciennes possessions néerlan. L'unité de production de la tiné à l'enseignement supérieur. le complément ciné- m a r a . Citons Techniques soudanaises (la forge. des sourds-muets. Mangrove II (1956). 43. expression m e m e de la culture natio. dans la perspective de l'ethnographie scientifique. qui plus belles filles. les traits saillants de la lisé des films de montage à partir des actualités société ruandaise précoloniale (environ 1900). a été conçu c o m m e une illustration est actuellement en voie de disparition. qui 1. dominée par une aristocratie minoritaire graphie du pays (Leyde. cette belle organisation n'a occidentale de ce terme). d'abord. Fondation occupe une vingtaine de personnes. dans ce format. avant que le sou. il quitte Freetown. se elle s'est concrétisée dans une liste provisoire des dandinent en souriant durant des heures devant les films ethnologiques néerlandais (voir p. étude technolo. nomades du soleil (Bororo. hommes. L e s palement. Son siège se trouve à l'université aléatoire . aux Pays-Bas une impor- préter devant la caméra. s'intéresse très activement au film c o m m e tech- gique sur la construction d'un canot dans la région nique muséographique. le tissage. troisième film du m e m e au. qui d'ailleurs sont loin d'avoir Stervende Taal (La langue qui meurt). Il ne s'agit donc nulle. beaux films d'ethnographie scientifique : Les laires. l'un des plus fisante). 16 mm. puisqu'elle comporte deux volets :la sécheresse. le mi- bandes. de gique au cours de missions scientifiques au Soudan. le Musée de la vie wal. d'analogue que l'Institut du film scientifique de lonne (Liège) a réalisé en 35 m m . marchés. Ka. en de Freetown. néerlandais : Mangrove 1 (1956). festivités. écrit par fixé par M g r van Beel . à l'Indonésie. logique soit. processions. 67) . 1947 et 1949. Utrecht. le professeur Jean Gabus. Cette seconde partie contient l'un des moments les plus extraordinaires du ciné- 3. Nous avons signalé déjà l'activité m a ethnographique :la @te Gerewol est un concours critique de la section d'anthropologie culturelle de de beauté au cours duquel les plus beaux jeunes l'Association néerlandaise du cinéma scientifique . les films sont tournés en des dernières tribus de Peuls nomades. et particulièrement appréciés par les spécialistes directeur du Musée d'ethnographie de Neuchâtel. à cette fin.fiction . une centaine de sion des familles dans la savane. la réunion de la tribu. L a filmo- de son livre L e système des relations sociales. 1954). qui détient les grands troupeaux de vaches. Stichting Film en Wetenschap (Fondation film et ment d'un film historique. tel qu'il a été de la société ruandaise. L e scénario. ce mode de communication J. afin de témoigner d'une tante fondation d'Etat qui se consacre exclusive- culture ancienne. les grandes courtes. constitue une ouverture du musée (qui risque de L a section d'anthropologie culturelle de 1'ASSO- ciation néerlandaise du cinéma scientifique. des films d'intérdt technolo- description attentive des méthodes de pêche. groupe des représen- aléas de la condition paysanne dans une société tants des principaux musées et instituts d'ethno- féodale. produits par 1'Unive r - étude sociologique. L e film 16 m m . le récit évoque des situations et des conflits depuis 1950. en dépit des transformations actuelles langage _ . cérémonies di. ment à la production de films scientifiques :la justices et ses iniquités. ces bandes constituent de précieux documents d'archives (leur 4. Paru dans Annales du Musée royal du Congo poursuit la critique systématique des films en vue belge. E n Suisse. Complément imagé d'une sociologiques américains. certaines très racle des pluies. où il travaille. consacré àl'une verses. au Niger. scientifique en cinémascope et en couleurs. consacrés aux métiers. il évoque. vie rurale en Sierra Leone). les d'éclairer les pédagogues. cinématographiques tournées en Indonésie entre Nous avons demandé à ceux qui connaissaient en. ensuite. Tervuren 1954. core les r8les sociaux traditionnels de les e r . Il a réalisé lui-meme.

films au cours de diverses missions ethnographiques 37). L e m & m e réalisateur avait consacré. Congo es-belge. L e Musée national d'ethnographie le Dr A.ne présenter qu'un aspect fossilisé de la société) historique comporte des montages d'actualités et vers la vie. 1960. ré. d'Elisabeth Pauli (Ethiopie. et scientifique a réalisé. 1954 (Les cara- sont rigoureusement réservés à l'enseignement vanes tibétaines. 1954-55). slave du film ethnographique. mais l'Institut est autorisé Ceremonies. ces films sont des docu- film scientifique de Gottingen (Institut fiir Wissen. Dans le comité direc- teur de l'encyclopédie. L'Institut publie une phiques. on trouve quelques sujets qui concernentplus Filme.E. l'Encyclopédie comptait environ soixante. Malheureusement. 1957 (Le Dalaï L a m a du Tibet bénit à tirer un "duplicating-négatif" et une copie six mille Tibétains à Kalimpong . de Leyde (Pays-Bas) et le de Copenhague constitue des archives cinématogra- D r Plischke. de Danemark : They were Kaffirs (1957). cérémonie boud- lavande pour les nécessités de la diffusion . notamment. Certaines bandes sont très courtes (2 danses msquées du Nouvel A n au Sikkim) . O n consultera utilement le Catalogue de 1'Ins. Grèce. réalisé en Afghanistan au E n 1958. des interviews d'hommes célèbres. Gottingen. E n dehors cherche de l'Association internationale du cinéma de l'ethnographie nationale. O n y trouve. 1943. scientifique important. d'in- grandes catégories. ments pour l'étude comparée et l'enseignement des schaftlichen Film)défend. section nationale du nématographique (Encyclopaediacinematographica) CIFES. L a rubrique Film. il faut citer un film scientifique et de 1'Encyclopaedia cinematographica. muet) revue internationale consacrée au film de recherche consacrée à un métier qui disparaft : le couvreur - dans tous les domaines : Research Film L e film de toits de plomb (réalisation Aage Rothenborg. en 35 m m . Toda) . sous les rubriques "Ethnologie" et "Volks. A. nous l'avons vu. Les cinéastes sont groupés au sein du Comité yougo- films disponibles composent une Encyclopédie ci. le tir à l'arc au Bhoutan. conformes aux direc. 1. un nombre considérable de films ethnologiques. on y trouve m & m e une - t6 ristiques techniques du nionde indo européen bibliographie du sujet évoqué dans le film. térêt technologique. vend et loue des copies en 16 m m . Il faut d'un film consacré à trois communautés musul- signaler que l'Institut a distribué. 21). les supérieur. L'Institut de cinématographie culturelle intégrés à 1'Encyclopaedia. Müller (Ekonda. 7. cours de la mission du Prince Pierre de Grèce et quinze films ethnologiques. L'Institut des traditions conception rigoriste du film ethnographique (voir populaires de Ljubljana. 1954 (Les danses masquées films bruts rapportés par le chercheur scientifique. aucun musée d'eth. Les ethnographes- taire. L'Institut effectue le montage des nese Masked Dances. Butha- ou 3 minutes). 1954 (Le travail accompli titut.W. oriental de 1IUniversité de Florence. dès 1930.A. un reportage L'histoire figure parmi les sciences sociales retenues par l'Institut . République fédérale d'Allemagne. la tival des peuples. Central Asia. 1936. trale) . Cet ex- tives de l'Institut. Trouwborst (Urundi. par le professeur Gavazzi. notamment. 1958). Ces archaïque. "éditée" par le D r G. Institut für den Wissenschaftlichen spécialement la géographie humaine. il est l'auteur les moulins à vent en Frise orientale. en outre. où il reçut le prix de l'Institut danse ou la musique. 1949 (Le rituel de mise à I_ - et E. manes en Thrace (Turkey in Greece. des films scientifiques en 16 mm. à Pedong) . la vie rituelle. du Nouvel A n au Bhoutan. Gesamtverzeichnis der Wissenschaftlichen phie. qui apparaissent dans le catalogue sans être 8. Kauffmann (expéditionen Assam. très intéressante initiative : chaque film est accom. à prouver qile les Kaffirs ont conservé les carac- digée par l'auteur du film . un film aux potiers du Jutland. L'Institut (Ratha Jothra) au Bihar. c'est aussi une démonstration ethnologique tendant pagné d'une brochure explicative très soignée. dans L e Prince Pierre de Grèce s'est aussi intéres- le domaine qui nous occupe. telles qu'elles ont été définies cellent document constitue un inventaire systéma- par le D r Spannaus (voir p. mort du veau et le banquet sacrificiel chez les 53). ont été tournés. Cette publication 1954). voué au film de bore notamment le D r Kuret. 69 . Sulzmann Toda Calf Sacrifice. Tous ces films. Wolf. en Inde. T w o Indian Religious propriété de l'auteur. 1958) d'E. nographie européen ne possède encore la cinéma- thèque idéale dont notre essai tente d'indiquer les 6. en Slovénie. généralement muets. Citons une longue étude (16 m m . Cet important organisme. dhique à Bodh Gaga et Kalimpong) . L'Institut du l'université de Zagreb . un petit film sur sé à l'ethnographie européenne . Quelques films très courts. 21). C e film fut distingué au Premier Fes- films concernent généralement la technologie. Il faut signaler une tique des techniques utilisées par les Kaffirs . de Gottingen. Yougoslavie. réalise lui-même des films . par les moines du Monas- en accord avec lui. L e négatif original reste la tère de Sakyong. en est le bulletin officiel de la section du film de re. on trouve deux ethnographes. - de recherche Forschungsfilm. Danemark. F&te du char les copies sont louées ou vendues. de l'Institut d'ethnologie de 5. Il faut citer tout particulièrement : The d'A. la documentation cinématographique SAR le Prince de Grèce a réalisé plusieurs de H. Gerbrands. auquel colla- p. produit également recherche ou d'enseignement de niveau universi. 1952. sous la rubrique géogra. Danish Expedition to Asia. une techniques traditionnelles. par la troisième expédition danoise en Asie cen- kubde"/l. en Asie.

ce document civilisation contemporaine ne sauraient être élimi- d'une valeur inestimable pour l'histoire des reli. qui assume mentaires ou de vulgarisation scientifique. Nous avons commenté de la science des religions. en s'accompagnant de film et la photographie dans le folklore". (Anastenaria). etc. En marge des films d'intérêt sociolo. aux malades qui effectuent en foule une pro. L'un de ses anciens assistants. c o m m e le film grec précédent. a-t-il utilisé fort sagement L e rapport présenté par Zophia Szyfelbejn (de la technique du reportage. "Les éléments de la prit rigoureusement scientifique.sur une coutume religieuse dont les racines à des amateurs quelques films intéressants. L e professeur Plicka Valentin. spécialisés dans la production de films de versité de Poznan) fut l'un des premiers à utiliser le film c o m m e instrument d'observation ethnogra. de l'oeuvre cinématographique du professeur Plicka religieux dans une église catholique. graphie". et de ses disciples . Nous avons évoqué est un qui relève. Les ethnographes tchèques. mais l'on doit sciences. L e conseil de direction du danses et les chants populaires de la Slovaquie Comité polonais du film ethnographique groupe des occidentale. avec l'assistance d'un camera. où se souligne également l'extrême diversité de "l'ethno- pratique la purification des membres de la secte. pour 1'Ins- voire impossibles à décrire correctement dans une titut de Bratislava. L e bedeau confectionne fut l'un des fondateurs de la Faculté du film de des objets en cire représentant des coeurs. figurines de cire au bedeau. patron de la santé. jambes. permettant une analyse plus attentive de certains en 1957. C e film constitue l'un des rares L e Comité polonais du film ethnographique se documents cinématographiques parfaitement au. gique produits pour le grand public à des fins docu. il en nationaux traitant de ce thème. ficultés d'ailleurs :la cérémonie se déroule d'abord au n o m du Comité polonais du film ethnographique. des dents. L a caméra enregistre. de disparition. des Prague (FAMU). A cette - Ethnographie de l'Institut d'histoire de la époque. la So. Il les prête. A la fin du rite. le Comité entend accorder un film que Rouch a consacré au culte de la posses. culture matérielle de l'Académie polonaise des saient guère au film ethnographique. au prix de bien des dif. donne également différents est emprunté à un chant liturgique (Nous attendons enseignements techniques à la Faculté du film ta grâce. est pratiqué de nos jours dans les villages de M a . un peuple de malades destinée tant au grand public qu'aux spécialistes implore la grâce du Seigneur. accordent une importance consi- une série de films scientifiques de 16 mm. l'université de Varsovie) au colloque de Prague. C'est gestes et les attitudes. propose d'autres objectifs encore :l'enseignement thentiques (tant par le son que pour l'image) sur des techniques cinématographiquesaux ethnographes. 1. l'établissement d'un catalogue de films ethnogra- cédoine. Prague les "principes de la documentation par le cession autour de l'autel. (suggestions des ethnographes aux cinéastes). Dans un vil. Les instituts pour l'étude des traditions popu- man. sans que les acteurs soient dirigés. déclare ce rap- gions. 9. tous éléments difficiles. dans son pays la présidence du Comité du film ciété polonaise ethnographique/1 a mis en chantier ethnographique. Tchécoslovaquie. Créée sous les auspices de la section IV - phique. Les auteurs ont voulu définir par l'image laires (UDLT)de Prague et de Bratislava poss&dent l'atmosphère générale. ainsi qu'en 1956 le D r Baran entreprit. C e cours cantiques. U n tel phénomène excluait naturellement phiques polonais. Les films "ethnographiques" en 35 mm destinés sionnels. Cependant. les fidèles rendent les est rattaché à la chaire d'ethnographie. Parmi ces reportages. mérite d'être comparé attentivement au port. nés en faveur d'anachronismes''. la ferveur collective. Dans le secteur purement scientifique au grand public sont produits par les deux studios encore. tant être ni jouée ni simulée. dont le titre ethnographe et cinéaste. C'est à Prague que fut organisé. qui embrasse les traditions populaires l'immolation des animaux sacrés et la danse exta. avant la seconde guerre mondiale. scientifique et artistique. aussi bien que les manifestations de la civilisation tique sur le feu ("pyrovassia"). cette production en 35 mm est lage situé au nord de Varsovie. tels plongent dans l'antiquité :L a marche sur le feu ceux de Tadeusz Jankowski. le rassemblement et la conser- toute mise en scène . Conçu dans un es. chercheurs scientifiques et des cinéastes profes. populaire contemporaine. membre du CIFES. la participation de la Société aux réalisations des qui prolonge vraisemblablement sous une forme centres officiels de production cinématographique chrétienne les mystères dionysiaques de Thrace. enseigne à l'université de oeufs. l'un des plus importants colloques inter- phénomènes sociaux. Ce film. interdit aux profanes. les leur propre centre de production en 16 m m . L e D r Baran. aussi le double aspect. 70 . 1 O. intérêt tout spécial aux éléments culturels en voie sion en Afrique occidentale (Mal'tresfous). le jour de la Saint des traditions populaires. (FAMU). Seigneur). C e rite singulier. Roussos Coundouros. dans un lieu sacré. a été réalisé en 1959 par Hali. deux films en 16 mm sur les monographie littéraire. polonais qu'étrangers. dans dérable à l'utilisation du cinéma dans la recherche l'intention de réunir des documents pris sur le vif et l'enseignement. Aussi bien l'auteur. sous l'impulsion du professeur Plicka. un rite magico. Pologne. le phénomène de la possession. les cinéastes professionnels ne s'intéres. na et JacekOledzki. contre des le D r Ludvik Baran. le professeur Eugeniuz Frankowski (Uni. ces travaux précédemment. l'extase religieuse ne peut vation des films ethnographiques existants.

du m é m e réalisateur. dlorigine britannique. Une série de films est le conseiller du film . les sociologues ont amorcé une nue). The Sceptre and the Mace d'un esquimau. consa. 1949) de James par le studio des films documentaires de Prague. On y trouvera. Citons l'étude de John Feeney ing of the Parliament. thropologie culturelle. avec la collaboration du National Museum le style "télévision" (The Nature of Work. Signalons qu'il s'est constitué au Canada. vista Internazionale del Film Etnografico e Socio. dans l'enseignement de l'an- a été édité le premier numéro de la Revue interna. de valeur inégale. dans la m & m e catégorie. les chants populaires ont été consacrée aux peuples de la c8te atlantique (Peoples recueillis par un musicologue. très bon explique le r81e dévolu à la Couronne dans le sys- document technologique sur la chassç~. L e Centre italien du film ethnographique of the Potlatch (l'acculturation des Indiens de la et sociologique (Centro Italiano per il Film Etno. à la formule qu'inaugure tionale du film ethnographique et sociologique (Ri. People 11. en dépit de l'adaptation respectivement. 1947) (les descendants des pionniers de la du Centre.pendant les tème politique canadien. que dirige le profes. phique et sociologique. le film Four Families (Quatre enfants du monde). L e monde of Canada (la religion d'une tribu iroquoise fidèle du travail) a été produite par l'Office national du 71 . Il existe aussi des films concernant les eth- intéressante tentative de collaboration avec les do. Father to Son (De père en fils. 1951) Luigi Di Gianni consacré aux survivances magiques (la famille Valin. 1958). à l'organisation du Premier Festival des peuples. A cette occasion convient d'accorder. notamment. 1950). de Julian Biggs (le conflit des géné- sociales. réalisés dans Wargon. 12. la caméra enregistre le cérémonial croyances. 1958. ce numéro constituait le cata. l'enfant esquimau (Angotee. Le Centre a contribué aussi Canada et 1'American Library of Congress. S. Celui-ci a organisé. commentaire et la supervision scientifique (voir logue du Festival. la qualité de cette E n marge de l'ethnographie.59) s'adresse. i957). Angoti. les étudiants en information est telle qu'elle rendra les plus grands sciences politiques verront avec intéret Marée au services à l'enseignement universitaire des sciences Ghana (1958). Nous avons commenté déjà l'importance qu'il qui a eu lieu à Florence. Les films concernantles problèmes à la vie économique moderne) . Pierres vives (The Living Stone. 1959) complexe. une p. l'Institut d'ethnologie et d'anthropologie culturelle réalisé lors de la mission ethno-musicologique de l'université de Pérouse.vulgarisation scientifique. depuis sa naissance jusqu'à l'%ge (Le sceptre et la masse. Au pays des jours sion de la visite de la Reine Elisabeth au Canada. L'abondance de la matière nous oblige à rations dans l'Afrique bouleversée. Il faut situer. of the Maritimes). de la série Comparaisons :deux anthropologues logico/InternationalJournal of Ethnographic and (Margaret Mead et Marcel Rioux)en assurent le Sociological Film) . 1955) commente les règles of an Eskimo boy. analyse rapide d'une trentaine de documentaires sous la présidence du professeur Rioux. l'avenir et la tenter une première classification. puis huit générations dans la ferme ancestrale. Nova Scotia (Chants de la Nouvelle-Ecosse. 1952). en 1958. Ethnographie the West Indies. C'est ainsi que le scénario du film de Vancouver) . 1949) (pour la première fois sur l'art esquimau dans ses rapports avec les dans l'histoire. Au sein a rendu célèbre en sociologie . Sciences politiques en général. tradition). Par- mi les nombreux films. Economie sociale. fermiers et pécheurs) . 59). un impor. Canada. C. d'origine française. tion canadienne du Comité international du film ethnographique et sociologique. Romano Calisi. Sociologie du travail crés aux Indiens. 1954 (le quartier chinois de de l'Italie. à Prague et à Bratislava à la tradition ancestrale. une série de quatre films intitulée N e w Nation in A. tiques canadiennes : Session parlementaire (Open- nel des Esquimaux. de Doug Wilkinson (lavie du jeu parlementaire . Ernesto di Martino était dans la région de Québec). qui marque l'ou- réalisé avec la collaboration scientifique de James verture du Parlement) . Citons :The Acadians (Les Aca- U n certain nombre de films ont reçu le patronage diens. d'Helen Creighton pour le National Museum of seur Tullio Seppilli. réalisé par Allan Une série de six films remarquables. il faut retenir : L a r a n d e maison (The Longhouse People. au grand public cultivé (notamment par le truchement de la télévision) . Plusieurs films illustrent les institutions poli- Plusieurs films illustrent le mode de vie tradition. une sec- italiens réalisés au cours des dix dernières années. réalisé à l'occa- adulte) . avec la collaboration de film sur le folklore musical de la m & m e région. en 1959. ce qu'elle est deve- de cet organisme. quatre mois que dure la saison la moins Bpre. Nouvelle-Ecosse. cialiste. Beveridge (l'acculturation des Indiens Getikshan et Tsimshian de la Colombie britannique) . Colombie britannique que l'institution du potlatch grafico e Sociologico) est affilié au CIFES. Les riverains de de la société moderne sont généralement produits la Skeena (Peoples of the Skeena. Songs of tant colloque international sur le film ethnogra. nies française et chinoise établies au Canada : cumentaristes qu'intéressent les problèmes sociaux Chinese Canadians. sans fin (Land of the Long Day.Story (Règlements des débats. 1952). Diego Carpitella. établie de- en Lucanie (Magia Lucana) a été écrit par un spé. L'importante production sociologique de l'Office national du film (voir p. Parliamentary Procedure Houston . B.

L'un notre étude. 13. la série Comparaisons comporte une plaçons ici. tive et chaleureuse entre l'acteur et le professeur 1958). L a (voir p. salut : Blood and Fire. téressante mais sommaire au problème général de rite principal. départements administratifs. U n grand nombre d'universités mique . Celle-ci met à la dis- de People with a Purpose (1948). Nous examinerons rapidementla production simpliste. des centres les plus importantsdans ce domaine. St Joseph à Montréal (Les pélerins. de films de niveau universitaire. un excellent reportage L'Office national du film édite un catalogue . etc. Ces films sont groupés dans deux "séries" : centres de distribution de films de 16 mm dits cul- What's your Opinion ? et What's Making U p Your turels. nication"). un film L e travail et la vie syndicale font l'objet de bien de Lewis Portugais (1958) est une introduction in- d'autres films remarquables encore. Quelques univer- sous forme de saynète.D. est leur qualité de rapports objectifs. ration. Industry and Labour. L'université de New York. 1954) (unenouvelle figure du monde syndical).gé- - consacré à la récolte du tabac. l'Université de la Caroline du Sud. qui possède une importante cinéma- L e mouvement coopératif canadien est le thème thèque de films de 16 m m . mais. Woods. l'Université du Kansas. un montaged'archives ciné. en outre. Psychologie sociale sité du Wisconsin. la School of Business and Public Administration Il est intéressant de signaler que ce dernier (City College. fard. nous y voyons Cleve Kidd. L'action syndicale est évoquée dans la dernière édition du catalogue date de 1958 . voici un type de films l'université Harvard (Peabody Museum of Archaeo- particulièrement intéressant pour des séminaires logy and Ethnology). l'Université Columbia. 1'Univer- D. times transforment la vie misérable des pecheurs. Ces institutions sociales et morales sont discutées dans des films. Il existe aussi un document sur l'Armée du Woods. à l'intention du grand public. Yeshiva de N e w York. des recherches. sités ont occasionnellementréalisé des films sociolo- formisme des opinions : Getting on the Band. Sociology. (1958). The Research Director (Le directeur sont spécialement à consulter. dans cette série d'essais dont le plus grand intérét est de susciter la réflexion. dont l'intérêt socio- filmée de l'homme et du travail dans l'entreprise logique est considérable. 1'Univer- sité d'Iowa. nous avons déjà signalé moderne comporte six chapitres (voir p. les N e w York State Colleges of Agriculture l'Extension Department de l'université Saint and H o m e Economics at Corne11 University. 1954). Beaucoup d'universi- laissant au spectateur le soin de conclure (open tés américaines apparaissent donc c o m m e des end). directeur du Centre des relations industrielles de l'Université McGill. The Grievance (Le and the Community. de l'hindouisme et de l'Islam. au problème du con. un sup- série Labour in Canada : Dues and the Union (Les plément a paru en 1959. directeur américaines sont pourvues d'un Départ ement des des recherches de la Centrale syndicale de techniques audio-visuelles (ou de "Mass C o m m u - l'acier). sans aspects typiques du christianisme. Urbanisme le débat. l'Uni- élémentaires de psychologie sociale. 1'Univer- E n dépit du caractère sommaire des thèmes traités sité de Syracuse. F. et de The Rising Tide (Marée montante. le Filgate est l'auteur d'un reportage sur l'Oratoire problème posé fait l'objet d'une discussion objec. Aucune concession à la propagande sociale. film produit par position des écoles et des groupes culturels un la Manitoba Federation of Agriculture and Coope. nombre parfois impressionnant de films éducatifs. in. dont la fonction est l'information écono. Les attitudes versité de Pennsylvanie. le plus souvent. Après chaque épisode. l'Université d'Indiana. Terence MacCartney- gique caractéristique. il ne s'agit pas de ces films constitue une introduction vivante. 1953) . avec la collaboration du professeur E. versité de la Caroline du Nord. par le célèbre historien Arnold Toynbee :quelques carnée par un acteur dont le rûle évoque. une crise psycholo. dans la perspective où nous nous l'urbanisme. 1954) . dont le m é . Si Town Planning (Le plan d'aménagement). Tout cela est cependant assez périeur. Citons l'université de Michigan. 59). Les rubriques Citizenship cotisations syndicales. quelle qu'elle soit. étude sur les conceptions nationales particulières Nous avons cité déjà deux oeuvres de premier plan: (Suburban Living : Six solutions). Histoire et sociologie des religions H. Etats-Unis. 72 .film. chaque film particulier est ana- (Women on the March). con. un moment de tension. Pilgrimage. l'université de 1'Etat d'Ohio. The Back-Breaking Leaf.59 ). l'Uni- François Xavier. lysé dans une "ciné-fiche''qui mentionne aussi les matographiques concernant le mouvement féministe publics particuliers auquel le film est destiné. le film Four Religions (Quatre religions) commenté sacrés chacun à une profession particulière. du bouddhisme. N e w York). et L'essor féminin néral . jouent le rûle confié en Europe occidentale à divers débats où des thèses contradictoires s'affrontent. Les catalogues repris dans notre biblio- Mind ? Par exemple :Que pensez-vous du sens graphie contiennent plusieurs rubriques intéressant social ? (Community Responsabilities. sans imposer une théorie sociologique rigide. giques susceptiblesd'intéresser l'enseignement su- wagon (1956). l'Université du Minne- film a été réalisé avec la collaboration de sota. Cette étude Dans la série Comparaisons. grief. l'université 1949) :les coopératives dans les provinces mari. l'université de Californie.

en tant que division de Bateson. destinée à trouve m & m e Nanook. le Film Study Center est le seul orga. The Hunters. citons Activity Croup Therapy (voir tuées par John Marshall chez les Boschimans. vol. Plusieurs films sont de N e w York aproduitnotamment un important fil& en voie d'élaboration.34 ). technologique (réalisationWillard Van Dyke).etc.56 ). dumatérieldeprise de sonetunstudio d'en.Ils ont été rejouéspar ceux-là E. région. First Days in the Life of a N e w Guinea produits et distribués par le CMC ne sont pas des. - Bali. Il voudrait constituer une anthropologie visuelle teur :Julien Roffman). Son activité s'étend à des adultes :A Balinese Family. Onle voit. une étude surle ch8mage 35mm). L e film est une étude sur la (visual anthropology). XXIII. Hartley. qui d'interpretation constitutionnelle.parmi les oeuvres importantes abondantes (400. la constitution d'archives audio-visuelles cation civique. Which W a y for Studies. Social Education. et consacrés à l'intégration de l'enfant Decision (1957-58) : chacune de ces bandes traite à son milieu au cours du développement de la per- d'une décision importante de la Cour suprême des sonnalité. Dirigé par contre les préjugés ? 1954). complètes des cultures en voie de disparition. Son premier lisme. au cours d'enquêtes surle terrain à Bali et Columbia University Press. Karba's First Years. que l'on comparera bution de films scientifiques ou culturels produits utilement à Four Families (voir p. en location. susceptiblesde combattre les préjugés . Une nouvelle équipe partira incessamment programmes scolaires aux problèmes vitaux de la pour la Nouvelle-Guinée. 73 . entre (voir p.L a The Constitution and Censorship. il insiste sur lanécessitéd'adapter les donnée. Cette étude plaignants.The Constitution and Fair Procedure). in three Cultures. ce centre a produit un film impor. Dans celle-ci.John Ferno (collabora- de vue scientifique et du point de vue esthétique. (The Constitution est une étude sur les différences structurales du and the Employments Standards. juges. Les films N e w Guinea. de Flaherty. aussi une série de films intitulée Studies on ~ . impliquant des problèmes délicats film intitulé Communication in three Families. L e Centre est affilié au Comité in. Fries. L'Educational Film Institute de l'université Foundation de Washington. 1940). le Centre a réalisé ment psychologiques. réalisés par Margaret une série de sept films documentaires intitulée E. Son auteur est un documentariste bien connu.5C). Family life of the Navajo Indians. Can we immunize nisme de production universitaire américain spé. William H. film-débatsur la censure des 1. versité Columbia semble surtout préoccupé d'édu- mitif. 1951 et 1955.1954). Il faut citer aussi les films plus spécifique- maine des sciences juridiques. TO your tant. qui s'attache à montrer pauvreté dans une communauté ruraledu sud des systématiquement tous les aspects d'une culture Etats-Unis . .O00 pieds de Kodachrome) effec. qui soit à la fois valable du point - live (C'est ainsi qu'ils vivent. no 6. elle détient également les filmsanthro- Le CMC est à la fois l'organisme de production de pologiques réaliséspar Margaret Mead et Gregory l'Université Columbia et. faveur des droits de l'homme . . partenant à la classe moyenne de San Francisco. que nous avons longuement Health (Avotresanté. L'Educational Film Institute de l'Université L e Centre possède plusieurs caméras (16 et a produit aussi Valley Town.The Constitution and comportement au sein de trois groupes familiaux ap- the Laborunion.est aussi le distributeur exclusif d'une b. againstprejudice ? (Pouvons-nousnous prémunir cialisé dans le film ethnographique. The Constitution Film Library de l'université de N e w York édite and Military Power. porte sur l'intégration sociale de l'enfant L e CMC aproduit aussi :Freedom to Read (La- berté de lire. Sight and Sound in Social livres (réalisateur:Julien Roffman). Childhood Rivalry in Bali and drons ici que les sciences sociales. en Nouvelle-Guinée. Center of Mass Communication (Columbia série de films d'enseignement sur l'histoire de l'An- University) cien Monde .Kluckhohn et Paul J. Fries. en outre. dessin animé sur l'alcoo- commenté précédemment (voir p. Baby. tentent par d'autres maisons de production. lage. Proud Years (voir p. Ces films. subsidiées par la National Science c. grated Developement.59). notons une Ces films ont faitl'objet d'une analysedans la revue réalisation à laquelle ont collaboré Margaret SocialEducation/l.The Constitution andthe Right to Vote. a. Trance and Dance in tinés exclusivement aux universités.de Kline. une agence de distri. Il L e CMC est aussi un centre de distribution de dispose des prises de vues exceptionnellement films sociologiques.filrn-débatdestiné à amor- Bob Gardner et placé SOUS la supervision du pro. cer une discussion sur les méthodes pédagogiques fesseur Brew. dans laquelle on Il possède une filmothèque spécialisée. The Constitution : Whose in. Woolf : m é m e qui avaientpris part au litige :avocats. Palmour Street (voir p. exposé Rattaché au Peabody Museum of Archaeology and cinématographique sur l'action des Nations Unies en Ethnology.et Forgotten Vil- l'enseignement de l'anthropologie culturelle. Clyde. Dans le do. 571. 1958). L'im- registrement. 1954). -~ Inte- terpretation ?. Le D r Bateson a réalisé. 57). Al1 m y Babies cours de diverses missions au Kalahari. Bathing Babies un grand nombre de disciplines . Université Harvard (FilmStudy Center) h u m a n Rights (Lesdroits de l'homme. Gardner entend créer un dans le domaine dela sociographierurale :And sothey style original. le Centre de production de l'Uni- objectif est la réalisation de films en milieu pri. Son bureau d'établir une corrélation entre le mode d'éducation directeur comprend des cinéastes professionnels imposé aux enfants et la personnalité culturelle et des hommes de science. YorkUniversity Film Library). au p. portante cinémathèque de la m e m e université (New ternational du film ethnographique et sociologique. nous ne retien. un Etats-Unis.

International Film Bureau . une série de films sur l'échantillonnage sta. k. cinémathèques contenant des films relatifs aux sphère sociale à l'autre (Experimental Studies in problèmes sociaux. qui a produit un film telle la Ford Motor Company (Pueblo Boy. Educational Film Society of Planning Officiais/G. Mais Film Association a produit un film courageux sur les véritables films scientifiques sont rares. these Hands. Hill . notammentW S de firmes commerciales spécialisées dans la pro. sous la direction scientifique Workers' Union possède notamment une importante du professeur L. dont les sources Department. . ). on trou. ce film étudie aussi les différences i. dont la matière ne relève qu'indirectement de Hopi. L'International Ladies' Garment sonnalité de l'enfant. . Hill. avec spécialement aux universités : The age of specia- Mary L. des besoins de l'enseignement secondaire of Churches of Christ in the USA). . dans la ré. 1'Anti- ment. Arthur Barr Produc- tions. Ci. Margaret Cussler a collaboré. Inc. Quelques autres universités possèdent leur Materials édite un catalogue (The Jewish Audio- centre de production. Les dans la production et la diffusion de films éduca- m ê m e s auteurs ont consacré un film aux Indiens tifs. L e National Council on Jewish Audio-Visual e. E n dehors des centres de production univer. dans la distribution de Visual Aids Library. méritent d'être signalés :Educators Guide to Free vera plusieurs rubriques concernant les sciences Films/4 et United States Educational. le problème racial aux Etats-Unis (The Challenge): tons le Département des communications visuelles un Noir a été tué parce qu'il voulait voter . lisation . blic. tera utilement le catalogue édité par 1'American Encyclopaedia Britannica Films . Il faut signaler aussi l'importance des orga- gion du tabac . ce film Cornpetition. l'enseignement supérieur . j.chez les Indiens Navajo du Nouveau-Mexique. Deux catalogues généraux de films éducatifs dans les catalogues qu'elles éditent. L'ouvrage Sociology. politiques et économiques : Social Climates of Groups). de leur cbté. 1958. ces films de propagande indi- sur la mentalité d'un groupe soumis successive. ciographie rurale. Frith Films . Films for Labor. catalogue/a. de m ê m e que le National Council souvent. pour l'essentiel. Au Département de sociologie de l'université société américaine contemporaine et destinée tout de Maryland. h. Beginning of Consciences . O u r changing Family Life . les auteurs montrent les problèmes nisations culturelles antiracistes et des églises économiques et sociaux liés à la monoculture. AFL-CIOPublications no 22. Coronet Films. Bailey Films. Educators Progress Service. L e Département pour 1'American Federation of Labor et le Congress of l'étude de l'enfance. Dans le domaine de l'urbanisme. Motion Picture Films on Planning and Housing. Ameri- expérimental sur l'influence des conditions sociales can Farmer. L e Civil Rights ou de l'information générale du public adulte. elle a édité un catalogue 1958. International Ladies'Garment en approvisionnement sont fort diverses/l. Educational nant à sa propre cinémathèque. Cooperation. a produit Industrial Organizations ont édité en commun un une série de films sur le développement de la per. vingtième édition. United States Information Agency. le plus Visual Review). 1957. Library Association. Inc. duction et la distribution de films éducatifs de 16 m m . notamment. recte exaltent les valeurs de la civilisation ment à une atmosphère démocratique. possèdent des de comportement résultant du passage d'une atmo. dupro:esseur Arnold W. le Bureau d'instruction audio-visuelle de c o m m e producteurs de films d'intéret sociologique. compagnies privées aussi apparaissent parfois vail). Say it with Pictures. D e son cbté. L'Université de 1'Etat de Pennsylvanie s'est from the Pennsylvania State University Audio spécialisée. Conflict . de l'université de Pennsylvanie. est issu d'une recherche approfondie sur le terrain Social Class in America. 74 . on consul- Dynamic Films Inc. Les syndicats. cinémathèque spécialisée/3. 6. autocratique américaine. etc. Inc. etc. films sociologiques et anthropologiques destinés à 2. du Vassar College. fessionnelle a produit elle-meme des films inté- sitaires. notam. Citons :M c Graw and Cultural Motion Pictures and Filmstrips/5. a été illustré par 5. . Ces bandes composent une série traitant de a Bibliography. édité par Mary Foley Horkheimer. 4. Films for Sociology and Anthropology available g. Cette associationpro- f. Joseph Stone. il existe aux Etats-Unis un grand nombre ressants sur l'activité syndicale. 3. et anarchique . la structure sociologique et des tendances de la d. Des films est d'apprendre à établir des normes de tra. meurtriers sont acquittés. You can't eat tobacco . Juanary 1960. Ces firmes alimentent. une série de films produits par la firme M c Graw.Green 1960. Defamation League of B'nai B'rith s'efforce de tistique : Work Sampling Series (le but de ces lutter contre le préjugé racial par le cinéma. les cinémathèques des universités. Il existe Workers'Union. notre étude . de Give à la réalisation d'un film de so. l'université d'Etat d'Iowa. United World Films. . Inc. dans une communauté rurale du sud. au terme d'une longue étude sur les condi. Scientific sociales (voir bibliographie). ses de l'Université de Californie qui a produit. un catalogue analogue pour les films psychologiques. ces films visent essentiellement à tions de vie actuelles dans la réserve (Hopi exercer une action moralisatrice sur le grand pu- horizons). 1. Elles se préoccupent. des films disponibles dans ce domaine et apparte.

il deviendra (une partie du rite se déroule à 1'Eglise méme). L e Co. l'enseignement. constitue parfois une véritable recherche cains les deux seuls documents cinématographiques aboutissant à des observations nouvelles. sur le expérience est susceptible de mettre en valeur les phénomène de la possession en Europe : différences et les similitudes . présence insolite. on aperçoit aisément l'intérêt entre le culte de possession d'origine africaine et extraordinaire. C'est la méthode d'enseignement tenaria. Madame Jacqueline Veuve. Carpitella se sert de procéder le plus rapidement possible à un inven. portant sur le cinématographiques du D r Pidous chez les Zerma. Mais. C'est au niveau de la comparaison que le la pluie.70 ). L a méthode comparative dans l'enseignement de possession beaucoup plus violentes qui caracté- audio-visuel des sciences sociales risent la secte nouvelle des Hauka. logique se propose de traiter m é Canographiquement c o m m e la possession africaine. qui montre la marche sur le feu. Cette confrontation provoquerait. en . pour la recherche c o m m e pour le culte catholique (vaudou haïtien). phénomène fondamental ? L e tarentisme est. spécialement destinée peut l'observer dans le sud de l'Italie : c'est là un à l'enseignement supérieur. Il possible d'imaginer une série de films de montage. à l'inverse des possédés filmés turale de l'iconographie archéologique. Il est indispensable document précieux. elle stimule. dont M. nous disposons des enregistrements confrontation de documents filmés. L a réali. impossible de procéder à cette comparaison sans que pratiquent toujours les habitants de Macédoine découper en morceaux un nombre important de (voir p. Une telle que nous possédions. L'intérêt de l'étude. de re. il conviendrait de lancer sur le marché une Rome) sur le phénomène du "tarentisme" tel qu'on série de films de montage.50 ). Gardin (Musée du Louvre) pour l'analyse struc. l'esprit. à m a connaissance. L e tarentisme est un culte de pos- CIVES. les quatre cas (Niger-Ghana-Grèce-Italie)du m é m e mité international du film ethnographique et socio. de Jean Rouch (les crises de possession film ethnographique ou sociologique peut devenir en milieu traditionnel chez les Songhai du Niger).. Il y aurait lieu de comparer à ces documents afri- férentes. il s'agit ici de la possession par l'esprit en s'jnspirant de la méthode mise au point par de l'araignée. m & m e thème traité dans le cadre de cultures dif. le film du professeur Diego Carpitella (de lors. par exemple. pour son enseignement personnel et ses conférences. j'en censer leur contenu exact et de s'enquérir des suis persuadé. 75 . Pour le sociologique au niveau universitaire. serait passionnant de pouvoir comparer encore ce illustrant les grands thèmes de l'ethnographie et syncrétisme à celui qui s'est opéré aux Antilles de la sociologie . il est d'un rite religieux dionysiaque hérité de l'Antiquité. groupant prin- cipalement les émigrants venus du Niger vers la L a comparaison de séquences extraites de films cûte. E n effet. taire complet et systématique de tous les documents et qui mériterait d'&tre comparé aux images pré- ethnographiques et sociologiques existants. qui grouperait des images mène de la possession n'est qu'un exemple entre extraites des films suivants : Les hommes qui font mille. Dès . session curieusement intégré au culte catholique A partir de cette documentation. pratiquement. le filmde Roussos Coundouros intitulé Anas- tout cas. la Niger encore. extraordinaire phénomène d'acculturation né différents devrait être le principe fondamental de du contact brutal de la religion traditionnelle avec l'utilisation scientifique du film ethnographique et la civilisation machiniste) (voir p. du m ê m e réalisateur (les crises qu'un moyen d'enseignement irremplaçable. rituelle . cédente s. sans massacrer de précieuses copies.14. qui acceptent ou m ê m e recherchent sation de ce projet est confiée à l'archiviste du la possession. véritablement un instrument de recherche autant et Maftres fous. du phéno- session. vestige universitaire idéale. par Jean Rouch. un débat passionné : s'agit-il dans droits d'utilisation de ce matériel de base. d'un film synthétique sur la pos. Les possédés luttent contre cette M. films. une crise extatique les analyses filmographiques dont il dispose déjà. par le cinéma.

politique. Mais il est aussi un moment de cette tage permettra d'éclairer les raisons et les façons recherche : le film se réalise au cours de l'enquéte. Mais encore faudrait- rable du cinéma pour la connaissance sociologique il alors mettre le prix pour arriver à un résultat de notre temps. L e cinéma est gestes cérémoniels (rituelspolitiques et religieux) donc essentiellement une technique particulière et. cependant. la théorie janséniste de l'enregistrement les positions doctrinales. accumu- sairement en voie de transformation rapide . en faisant appel technique non interventionniste (le reportage "pris aussi bien à l'intelligence qu'à la sensibilité du sur le vif") aux partisans de la caméra participante. recherche. Quelles que soient les conditions d'enregis. tifique : sur ce plan. le cinéma documentaire est les querelles de mots. le cinéma sociolo- toujours un langage appliqué à la description de la gique est rarement pur de toute compromission : réalité. qui Il faut donc cesser de rever aux prestiges falla- bient8t aura disparu de l'horizonde la connaissance. pour observer nous avons passés en revue constituent la part vi. chacune des deux méthodes possède son munication sociologique privilégié. non 76 . il se situe au-delà de toutes trement des images. Apparemment. Nous espérons qu'il contribuera au obtenus au moyen d'une caméra dissimulée. conformistes.il L e débat scientifique sur la méthode du film est plut8t une façon originale d'exposer. qui n'ont pas su surmonter - d'une telle envergure sans tenir compte du fait cette grande épreuve. éco. par exemple. un instrument de recherche . cieux de la caméra invisible et envisager résolu- Mais le domaine de l'ethnographie traditionnelle ment les possibilités qu'ouvre à la description est loin d'etre le seul champ d'application de l'ob. que cette entreprise douteuse et indiscrète consti- damnées à mort. il éta- mène social au cinéma. caméra voyeuse et voleuse. Pendant quelques années encore. dissimuler vante des archives innombrables qu'accumulent les plusieurs caméras pendant une longue période dans sociétés contemporaines. il conserve encore la fraîcheur du dialogue. quarante ans par Robert Flaherty. manifestations d'un style de vie "archaïque". spontané ou contr8lé. elle s'exprime dans un langage autonome. CONCLUSIONS C e travail de défrichement est certainement fort scientifique ne devrait retenir que les documents incomplet. A la en lui se reflète. sans machinisme accèdent dire qu'aucun institut scientifique au monde n'est à leur tour à la civilisation mondiale . C'est dire que le cinéma est rarement. une situation concrète. et â m e au langage abstrait de la sociographie scien- L e reportage couvre plus particulièrement le do. Ra. Les problèmes par un oeil magique. tuerait purement et simplement un viol de la la caméra peut enregistrer les toutes dernières personnalité. les hommes les brusques mutations des nouvelles nations. spectateur. non le pur reflet de cette réalité. un petit capable de mettre sur pied une enquete filmée nombre d'entre elles. gestes du travail. jusqu'à un certain point. qui donne corps objet propre. ils ont alimenté la création cinématographique de. inaugurée il y a bient8t actuels de notre propre civilisation industrielle. sociologique universel . un pro- mal s'il se limitait à opposer les partisans de la blème. un foyer. méritant de retenir blit un contact direct entre une communauté et l'attention du sociologue en quete de documents toutes les autres :l'immense public international authentiques. elle fait l'objet d'un discours sociaux n'ont cessé de passionner les cinéastes . Certes. L e cinéma est un instrument de com- E n fait. dans les puis une quarantaine d'années. Autant sociétés sans écriture. Les bouleversements Dans cette perspective. Mais ce n'est là qu'une illusion d'op. la moins à attirer l'attention sur l'intéret considé. forme d'un jeu sérieux. servation audio-visuelle. son champ d'application particulier. A matographiques qui méritent d'entrer dans notre ce niveau. des salles obscures. filmer pendant plusieurs jours de m a - Toute société. les deviennent les acteurs bénévoles de leur propre aspects les plus divers de notre vie sociale. sociologique la méthode de la caméra participante. limite. par l'in- ethnographique et sociologique s'engagerait fort termédiaire des informateurs eux-memes. nière continue. toute culture est toujours néces. d'expression et de diffusion des résultats d'une rement. le film est à la fois illustra- maine relativement limité des gestes stéréotypés : tion et correctif. Il faudrait. ont fait l'objet d'essais ciné. valablement le comportement familial. L e cinéma est le seul langage tique. de vivre ou de désespérer. cohérent. les ler désespérément des k m de pellicule. la réalité sociologique n'est pas captée cinémathèque universitaire idéale. condition :ils s'expriment eux-memes sous la nomique. sciences sociales. antidote méme. sont malheureusement con. pose avec force le sentiment de la réalité. Il im- tage constitue la seule approche objective du phéno. c o m m e dans les savants traités. les films que sérieux. le repor. la technique passive du repor. sans opérer aucun choix. A des titres divers.

Partoutle champ voyager dans un espace-temps transformable à visuel s'agrandit et l'homme sort d'une solitude volonté selon les besoins de l'expérimentation ou millénaire. est dialogue de 1. c o m m e les tentatives de Jean Rouch. permettrait. qui les igno- échantillons de civilisation. tant de repérer immédiatement toutes les séquences un accent de vérité qui ne trompe pas et qui est la dans un fichier. France. l'enseignement et m ê m e la re. un un style nouveau d'enquêtes sociologiques audio- autre mode de lucidité. ou le nouveau cinéma américain. gner le r81e de précurseur du cinéma documentaire d'un outil nouveau qui permet de confronter de sociologique dans ce domaine. Les hommes d'une grands pans du réel en coilant bout à bout des nation parlent à d'autres hommes. comparée. dans C o m m e tout langage. Chaque film oeuvres du documentaire social. un nouveau mode de contact entre traditionnelle. dans une curiosité nouvelle. de la leçon. l'intérêtpassionné qu'il suscite. révolutionnaires ou anarchistes. Les voies de la connais. L e cinéma permet de raient. rationnel. les essais bien timides en- au royaume des poètes. d'autre part. en sance sont multiples et l'ambiguïté du cinéma "do. 77 . soucieux avant tout de films ouvrira de nouvelles perspectivesà l'analyse témoigner honnêtement de la condition humaine. à travers l'histoire du cinéma. Cette expédition de reconnaissance nous ciologie sont encore pauvres. le parée des civilisations. attentives sont rares. l'étude com- Mais ceci n'est que la justiîicationpremière. une cinémathèque vivante qui efficace pour le nieilleur et pour le pire. L e ici les premières réussites. Il est donc urgent de constituer. l'homme et la caméra. au sein de la m ê m e nation. le désir d'approfondir le les milieux savants c o m m e chez les artistes. il est une arme de propagande chaque université. Les descriptions a conduits souvent. grâce à des montages qui prétexte idéologique. L'université abesoin de ces témoins chaleureux Mais les archives cinématographiques de la so- ou amers. en Angle- l'ombre à nos semelles. est en train de créer cinéma impose à l'analyste lucide. dès à présent. dont nous n'avons pu aborder réconciliation de l'art et de la connaissance. L a télévi- peut-être l'un des signes majeurs d'une prochaine sion. Dans une perspective plus visuelles. On trouve dans les grandes varieraient selon l'objet de l'exposé. L e cinéma sociologique recherche unlangage est le double de l'homme et colle à lui c o m m e nouveau : le mouvement Free cinema. L'analyse mécanographique des marque des esprits libres. attestent cumentaire". O n ne saurait assez souli- cherche universitaires disposent.a caméra et de la société. quel que soitleur devrait faire l'objet d'une carte perforée permet- but didactique ou politique (conscientou inconscient). terre. selon un mode original.conformistes. dans un monde où l'image core.

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Régie gouvernementale du di cortometraggi educativi e culturali. no 1. W. ) 48 p. AB SVENSK FILMINDUSTRI. POLOGNE 66. Orient A survey of films 71. d. Filmkatalogus 1960. UNITED NATIONS. R o m a cinéma en Pologne à Paris. Stockholm. STICHTING FILM EN WETENSCHAF' UNI- Information. Stockholm. 85 . H O L M E S . 59.65. Utrecht 60. X. Department of Public 69. ORIENT XIV. 56 p. (Comité international du cinéma d'enseignement et de la culture). N e w VERSITAIRE FILM (Fondation Film et York (s. 66 p. London. Repertorio 70. XII.B A S 68. 107 p. Films polonais. ITALIE XIII. Skol-och Bild- ningsfilm Catalog for lasaret 1959. Svensk Skoifiim och Bildningsfilm. AB SVENSK FILMINDUSTRI. United Nations Films. Voorlopige Lijst van Nederlandse Cultureel-Anthropologische Film (Liste provisoire des films ethnologiques néerlandais). The British Film Institute. XI. produced in countries of Arab and Asian Culture. Utrecht 57. S U E D E - 67. Trimestriel). FILM POLSKI. Paris 54. 51. N E D E R L A N D S E VERENIGING VOOR DE WETENSCHAPPELIJKE FILM (Assoc. du cinéma scient.196O. néerland. CIDALC.). P A Y S . 88 p. (Period. 72. Science).

Antilles anglaises (Les)New Nations 1958 National Film Board of Canada/Office natio- in the West Indies (bil. American at W o r k AFL-CIO (USA) (L'Américain au travail) 6.) 14. Bakuba 1952 Gerard D e Boe 1. Activity Group Therapy 1950 Jewish Board of Guardians (Thérapeutique de groupe) (S. Back-Breaking Leaf (The) 1960 National Film Board of Canada / Office natio- (La feuille qui vous rompt le dos) nal du film du Canada 18. Safarov (Bakou et ses citoyens) 19. Autour de Patzcuaro/Introduction to 1952 Unesco Crefal/Tierra y Poblacion (tril. On peut consul- ter le texte consacré à chaque film au moyen de l'index des cinéastes. Anastenaria Roussos Coundouros (La marche sur le feu) 8. American F a r m e r Ford Motor Company (Le fermier américain) 7. B a h et Bakintzy L. Acadians (The) 1947 National Film Board of Canada/Office natio- (Les Acadiens) nal du film du Canada 2. dont il n'est pas certain qu'une autre version existe.) nal du film du Canada 11. Aubervilliers 1947 Eli Lotar et Jacques Prévert 13. Age of Specialisation (The) 1952 M c Graw-Hill (Le siècle de la spécialisation) 4. 86 . Pour les films dont il est prouvé qu'il existe une autre version linguistique. A u pays du scalp 1925-30 Marquis de Wavrin 16. Al1 m y babies 1952 George C. A u carrefour de la vie/Crossroads 1949 Henri Storck (ONU) of life (bil. And so they live 1940 John Ferno et Julien Roffman (C'est ainsi qu'ils vivent) 9. A u pays des Pygmées 1947 Jacques Dupont 15. l'enfant esquimau) National Film Board of Canada / Office natio- nal du film du Canada 10. story of an Eskimo boy 1952 Doug Wilkinson (hgoti. Pour tous les films non français. le titre original est suivi d'une traduction libre en langue française (entre parenthèses). Stoney (Tous m e s bébés) 5. A propos de Nice 1929 Jean Vigo 12.R. Angotee.) 17. et firmes ou organisations productrices (à défaut de ceux-ci au moyen du titre). celle-ci est spécialement indiquée. Slavson) 3. LISTE DES FILMS/~ Titre du film Année de Réalisateur ou produc€ion producteur 1.

Brûlés (Les) 1958 Bernard Devlin 32. Battaison (La) 1959 Wolf Koenig 24. Buthanese Masked Dances 1954 Prince Pierre de Grèce (Les danses masquées bouthanaises) 33. Topaldjikov (RBvesbrodés) 31. Blytaekkerenden 1954 Aage Rothenborg (Le couvreur de toits de plomb) 28. B. Chinese Canadians 1954 National Film Board of Canada/ - (Vancouver L a nouvelle patrie d'un Chinois) Office national du film du Canada 87 . Can we immunize against prejudice ? 1954 Center of Mass Communication (Pouvons-nousnous prémunir contre (Columbia University les préjugés ?) 34.2o. Bode smiluj Sie nad nami 1959 Halina et Jacek Oledzki (Nous attendons ta grâce.) 22. Beginning of Consciences M c Graw-Hill (L'éveil des consciences) 26. Casa delle Vedove (La) 1960 Gian-Vittorio Baldi (La maison des veuves) 36. Bataille sur le grand fleuve/ 1950 Jean Rouch Hippopotamus hunt on the Niger (bil. Carnaval de Binche 1954 Jean Cleinge 35. Berlin 1945 Reismann (La prise de Berlin) 27. Central Asia 1954 Prince Pierre de Grèce (L'Asie centrale) 37. Seigneur) 3O. Balinese Famfiy (A) Margaret Mead et Gregory Bateson (Famille balinaise) 21. Charron (Le) 1943 Georges Rouquier 40. Brodirani me& 1956 S. B orinage 1933 Henri Storck et Joris Ivens 29. Chant du fleuve (Le) 1954 Joris Ivens (Fédération syndicale mondiale) 39. Mac Dowall and (La bataille de la Somme) Geoffrey Malin 2 5. Battle of the S o m m e (The) 1916 J. Challenge (The) 1957 Civil Rights Film Association (La revendication) (USA) 3 8. Bathing Babies in three Cultures Gregory Bateson (Le bain des bébés dans trois types de civilisation) 23. Childhood Rivalry in Bali and New Guinea Gregory Bateson (La rivalité enfantine à Bali et en Nouvelle-Guinée) 41.

conflit) 63. Constitution and the Labour Union (The) 1957 do (La constitution et l'union du travail) 56. China strikes back 1940 Frontier Films (La Chine riposte) 43. Constitution and Fair procedure (The) 1957 do (La constitution et les débats loyaux) 60. Cooperation. Constitution and Censorship (The) 1957 Center of Mass Communication (La constitution et la censure) (Columbia University) 54. C o m e Back Africa 1959 Grierson et Cavalcanti (Reviens Afrique) 51. City (The) 1939 Ralph Steiner et (La cité) Willard Van Dyke 47. rivalité.42. Constitution and Military Power (The) 1957 do (La constitution et le pouvoir militaire) 58. Clerk (The) 1958 National Film Board of Canada/Office natio- (L'employé) nal du film du Canada(Co1in L o w and Wolf Koenig) 49. Constitution and the Employment 1958 do Standards (The) (La constitution et les normes d'emploi) 55. Circoncision (La) 1949 Jean Rouch 46. City of Gold 1957 National Film Board of Canada (Capitale de l'or) (Colin L o w and Wolf Koenig 48. Conflict M c Graw-Hill (collaboration. Constitution and the Right to Vote (The) 1957 do (La constitution et le droit de vote) 57. C ommunity R e sponsabilities 1954 National Film Board of Canada/ Office natio- (Que pensez-vous du sens social ?) nal du film du Canada 53. Constitution :Whose interpretation ? (The) 1957 do (La constitution : qui en est l'interprète ?) 59. Chronique d'un été 1961 Jean Rouch et Edgar Morin 44. Contrat de travail/Local 100 (bil. Cimetière dans la falaise 1952 Jean Rouch 45. C o si O nas mysli 1959 Dimitrij Plichta ( C o m m e les enfants nous voient) 88 . Communication in three Families Gregory Bateson (Le comportement de trois familles) 52. Competition.) 1950 National Film Board of CanaddOffice natio- nal du film du Canada 62. Contadini del Mare 1955 Vittorio de Seta (Paysans de la mer) 61. Coal Face 1936 National Film Board of Canada / Office natio- (La gueule noire) nal du film du Canada 50.

Every day except Christmas 1957 Lindsay Anderson (Tous les jours sauf Noël) 89 . Crise du logement (La) 1955 D e Wever 66. Gerasimov (Unjour dans une grande famille croate) 69. Déjà s'envole la fleur maigre 1960 Paul Meyer 72. D o Studziannej Stanislas Grebowski (Sur le chemin de Studzianna) 78. Drifters 1929 Grierson (Ala dérive) 79. Croisière noire 1926 Léon Poirier 68. Dien Voïny 1942 (SovexportfilmMoscou) (Un jour de guerre en URSS) 76.) du film du Canada (Jacques Bobet) 85.64. Dimanche à Pékin (Un) 1956 Khris Marker 77. Description d'un combat 1961 Khris Marker 74. Cristo non si e fermato a Eboli 1952 Michele Gandin (Le Christ ne s'est pas arr&té à Eboli) 67. Ecçeri lakodalom Laszlo Kalmar (Noces d'Ecser (Les)) 82. Course de taureaux (La) 1951 Pierre Braunberger Myriam Borsoutsky A. E n de zee was niet meer 1956 Bert Haanstra (Etla m e r n'était plus) 83. Department Manager (The) 1958 National Film Board of Canada /Office natio- (Le chef de département) nal du film du Canada 73. Desert Victory 1943 Roy Boulting (La victoire du désert) 75. D u kannst nicht abseits stehen 1952 DeutsCher Gewerkschaftsbund (Tu ne peux rester à l'écart) 81. Dan u jednoj velikoj hrvatskoj porodici 1933 Drago Chloupek et A. England has a Queen (Pathé) (Elisabeth est Reine) 84. Lafont 65. Dues and the Union 1953 National Film Board of Canada /Office natio- (Les cotisations syndicales) nal du film du Canada 80. Daybreak in Udi 1948 Terry Bishop (L'aube à Udi) 71. Essor féminin (L')/Women in the National Film Board of Canada/Office national March (bil. Danish Expedition to Asia 1954 Prince Pierre de Grèce (L'expédition danoise en Asie) 70.

Forgotten Village (The) 1941 Herbert Kline (Le village oublié) (D'après scénario de John Steinbeck) 101. Fils de l'eau (Les) 1955 Jean Rouch 96. Freedom to read 1954 Center of M a s s Communication (La liberté de lire) Columbia University (Julien Roffman) 105. Experimental Studies in social climates Université d'Iowa of groups (Etudes expérimentales concernant le climat social des groupes) 88. Fbte chez les H a m b a 1955 Luc de Heusch 94. First days of a life of a N e w Guinea Gregory Bateson Baby (Les premiers jours d'un bébé de la Nouvelle-Guinée) 99. Fries (La vie de famille des Indiens de Navajo) Clyde Kluckhohn et Paul J. Eygalières. Gdzies pod Turbaczem 1959 Zbigniew Bochenek (Quelque part sur le Turbacz) 90 . Family Portrait 1951 Humphrey Jennings (Portrait de famille) 91. Fires were started 1943 Humphrey Jennings (Les feux s'allumèrent) 98.) national du film du Canada 8 7. Family Life of Navajo Indians Margaret E. c o m m u n e de France 1957 André Vetusto 89. Four Religions National Film Board of Canada / Office (Quatre religions) national du film du Canada 103.86. Woolf 9o. Farrebique 1946 Georges Rouquier 92. Finis Terrae 1928 Jean Epstein 97. Exil en banlieue : six solutions/ National Film Board of Canada / Of€ice Suburban living :six solutions (bil. Freedom for Ghana 1957 Ghana Film Unit (La liberté pour le Ghana) 104. Ganz gewohnlicher Tag (Ein) 1954 République fédérale d'Allemagne (Un jour c o m m e les autres) 106. For@t sacrée (La) 1953 Pierre et Dominique Gaisseau 100. Fils de l'éléphant (Les) 1953 Anne Philippe et Viviane Pâques 95. Faiank 1949 Vaci& KaSlik (Le carnaval) 93. Four Families 1959 Ian M c Neill (Quatre enfants du monde) Richard Gilbert Fali Bilimoria William Novik John Buss 102.

Hutaz przed stu lab 1956 J. Honger 1945 Rudi Hornecker (La faim) 124. Growing up with other peoples Margaret Thompson (Grandir avec les autres) 119. Golodnaia SteG 1958 Tomberg (La steppe aride) 113. Gabryelski (Une fonderie de cent ans) 129. Grass 1923 Ernest Schoedsack et (Pâturages) Merian Cooper 116. Grande case (La) 1951 Jacques Dupont 115. Histoire du soldat inconnu 1932 Henri Storck 120. Ile de Pâques (LI) 1935 Henri Storck et John Fernhout 130. Industrial Britain 1933 Robert Flaherty - (La grande Bretagne industrielle) 91 . Goémons 1942 Yannick Bellon 112. Getting on the Bandwagon 1956 National Film Board of Canada / Office na- (Conformisme et instinct grégaire) tional du film du Canada 111. General Foreman (The) 1958 National Film Board of Canada / Office na- (Le contremaftre) tional du film du Canada 108. Generalnaya liniya 1929 Eisenstein (La ligne générale) 109. H o m m e s de la nuit (Les) 1951 Henri Fabiani 122. de Cive (Les horizons des Hopi) 126. Gestes du repas 1952 Luc de Heusch 11O. Gourouna 1960 Igor de Garine 114. Hopi Horizons Mary L. Gryr 1 Norden Arbeidernes Faglige (L'aube dans le nord) Landsorganisasjon 118. Grief (Le) 1954 National Film Board of Canada / Office national du film du Canada 117. H o m m e s qui font la pluie (Les) 1950 Jean Rouch 123.107. Hry slovenske mladeze 1928 Karel Plicka (Jeux de la jeunesse slovaque) 127. H o m m e s de la baleine (Les) Mario Ruspoli 121. Housing Problems 1935 Elton et Anstey (Les problèmes du logement) 125. Hunters (The) 1956 JohnMarshal et Bob Gardner (Les chasseurs) 122.

Luciano 1960 Gian-Vittorio Baldi 149. Kurpiowslde wesele J. Baran ( C o m m e moud le vent) 135. L a chabelThe M a n of the Assembly 1958 National Film Board of Canada / Office na- Line (bil. Klinkaert 1956 Paul Meyer (La briqueterie) 136. Magia lucana 1958 Luigi Di Gianni (Magie en Lucanie) 151. Kameradschaft 1. Long-house People (The) 1950 Allan Wargon (La grande maison) National Film Board of Canada 1 Office na- tional du film du Canada 147. Magiciens de Wenzerbé 1949 Jean Rouch 152. Learning by experience 1947 (L'étude par l'expérience) 142. Living Stone (The) 1959 John Feeney (Pierres vives) 146. Hoffman et E. Land (The) 1940 Robert Flaherty (Le pays) 139.) 1958 Thorold Dickinson et J. fiir Bergbau (Fraternité) 132. C. L u tempu di li piscispata 1954 Vittorio de Seta (Le temps de la pCche à l'espadon) 150. Gabryelski (Les noces à Kurpie) 137. Lourdes et ses miracles 1954 Georges Rouquier 148. Granec et L. Karba's first years Gregory Bateson (Les premières années de Karba) 133. Maisons de la misère 1937 Henri Storck 153.131. Karuzela lowicka 1958 J. Lide pod snehem 1948 Vladimir Sis (Des gens sous la neige) 144. Lettres de Sibérie 1958 Khris Marker 143. Sheers (ONU) 92 . Las Hurdes 1936 Luis Bunuel (Terre sans pain) 141. Skorzewski (Le carrousel de Lowicz) 134. Maftre du destin/Power among Men (bil. G. Kde mele vitr 1959 F.) tional du film du Canada 138. Land of the long day 1952 Doug Wilkinson (Aupays des jours sans fin) National Film Board of Canada / Office na- tional du film du Canada 140. Listen to Britain 1941 Humphrey Jennings (Ecoutez la Grande-Bretagne) 145.

Moro Naba 1960 Jean Rouch 171. Moi. Nad zielonym Baltykiem T. Massa.) (NationalFilm Board of Canada/Office na- tional du film du Canada) 163. (Il faut faire quelque chose) Flamingo Film Studio Directeur :Ole Palsbo 167.154.English chez lui) 173. M a n of Aran 1934 Robert Flaherty 161. Mr. 1959 Luigi Di Gianni San Cataldo (Naissance et mort dans le sud. Nascita e Morte ne1 Meridione. Mangrove II 1956 Peter Creutzberg 160. Maftre du Pérou (Le) 1958 Fernand Dansereau 155. Mangrove 1 1956 Peter Creutzberg 159. Masques de feuilles chez les Bobo (Les) 1960 L e Moal 166. M o m m a don't allow 1956 Karel Reisz (Maman ne le permet pas) Tony Richardson 170. Engliçh at home 1940 Colonial Film Unit (M. March of time 1934-43 Louis de Rochemont (Lamarche du temps) 162. Native land 1938 P a d Strand et Leo Hurwitz (Le pays natal) 177. Mangbetu 1954 Gérard D e Boe 158. Marines (Les) 1957 Jean-François Reichenbach 164. Mor-Vran 1930 Jean Epstein (La m e r des corbeaux) 172. Moana of the South Seas 1923-24 Robert Flaherty (Moana des mers du sud) 168. un Noir 1958 Jean Rouch 169. Nanook of the North 1925 Robert Flaherty (Nanouk 1'Esquimau) 175. Neftianiki Turkmenistana M. Mai'tres fous 1957 Jean Rouch 156. M e n burde Tage Sig af det 1952 Dansk Kulturfilm. Mei (Les travailleurs du pétrole en Turkménie) 93 . Marée au GhanaIJourney from Etsa 1958 Julian Bimw (bil. H o m m e s de Logone 1960 Igor de Garine 165. à San Cataldo) 176. Kallweit (Au bord de la verte Baltique) 174. Manhattan 1922 Paul Strand 157.

178. Nevesta ne jemlji slovo 1947
(Jeune fiancée fais tes adieux)

179. N e w Earth 1934 Joris Ivens
(Les terres nouvelles)

180. Nice Time 1957 Tanner et Goretta
(Piccadilly la nuit)

181. Night mail 1936 Harry Watt
(Courrier de nuit)

182. Nomades du soleil (Les) 1954 Henry Brandt

183. Non basta soltanto l'alfabeto 1958 Michele Gandin
(L'alphabet ne suffit pas)

184. North Sea 1938 Harry Watt
(Mer du Nord)

185. Nuit et brouillard 1955 Alain Resnais

186. Nunt3 Ciobaneasc5 1957 Ion Rodan
(Noces pastorales)

187. O Dreamland 1956 Lindsay Anderson
(Oh, pays de réve)

188. On the Bowery 1956 Lionel Rogosin
(Dans le Bowery)

189. On the Post Producteur :Bob Drew
(Au départ) (Equipe Filmakers)

190. Opening Parliament 1949 National Film Board of Canada / Office natio-
(Session parlementaire) nal du film du Canada

191. Orchestre Mangbetu 1954 Gérard D e Boe

192. Our changing Family Life 1957 M c Graw-Hill
(L'évolution de notre vie de famille)

193. Out of Darkness 1953 Jack Glenn
(Hors de l'ombre)

194. Overlanders 1946 Harry Watt
(La route est ouverte)

195. Padaniye dinastu Romanovitch 1927 Esther Choub
(La chute des Romanov)

196. Paese d'America 1958 Gian Luigi Polidoro
(Pays d'Amérique)

197. Palmour Street 1951 George C. Stoney
(La rue Paimour)

198. Parabola d'Oro 1955 Vittorio de Seta
(Parabole d'or)

199. Paris 1900 1946-47 Nicole Védrès

94

200. Par le sang et par le feu/Blood and 1958 National Film Board of Canada / Office na-
Fire Army (bil.) tional du film du Canada

201. Pasqua in Sicilia 1954 Vittorio de Seta
(Pâques en Sicile)

202. Passion des hommes 1959 Inst. Em. Vandervelde
(Jean Brismée)

203. Pays neuf 1958 Fernand Dansereau

204. Paysans noirs 1948 Georges Régnier

205. Peaceful Years (The) 1948 Peter Baylis
(Les années paisibles)

206. Pêche aux harengs (La) 1930 Henri Storck

207. 1958 Office national du film du Canada
(Terence M c Cartney-Filgate)

208. Pélerins de la m e r (Les) 1957 Jean-Claude Sée

209. People like Maria 1958 Harry Watt (OMS)
(Des milliers c o m m e Maria)

21o. People of the Potlach 1944 National Film Board of Canada / Office na-
(Les Indiens de la cbte ouest du Canada) tional du film du Canada

211. Peoples of the Skeena 1949 Office national du film du Canada
(Les riverains de la Skeena) (James Beveridge)

212. People with a Purpose 1948 Manitoba Federation of Agriculture
(Les coopératives agricoles) and Cooperation

213. Père en fils (De) 1951 National Film Board of Canada / Office na-
tional du film du Canada
214. Petit coin de parapluie (Un) 1959 Robert Menegoz

215. Pianto delle Zitelle (Il) 1959 Gian-Vittorio Baldi
(La complainte des vieilles filles)

216. Pirogues sur 1'Ogoué 1947 Jacques Dupont

217. Plow that breaks the Plain (The) 1935 Pare Lorentz
(La charrue qui creuse un sillon en
rase campagne)

218. Pomlad v Beli Krajini 1948
(Printemps en Carniole blanche (Le))

219. Povest of Neftjanikakh Kaspija 1953 R. Carmen
(Histoire des travailleurs du pétrole
de la Caspienne)

220. Priezjaitie k n a m v Uzbekistan Kayunov
(Visitons 1'Uzbékie)

221. Primary Equipe Filmakers
(Primaire) (Producteur Bob Drew)

222. Proud Years George C. Stoney
(Les années fières)
95

223. Pueblo Boy 1949 Ford Motor Company
(L'enfant du village)

224. Pukanski Kolari 1948 Vlado Bahna
(Les charrons de Pukanec)

225. Putyorka v%zh 1931 Nicolas Ekk
(Le chemin de la vie)

226. Pyramide humaine (La) 1961 Jean Rouch

227. 400 millions 1939 Joris Ivens

228. Que Viva Mexico 1931-32 Eisenstein

229. Quiet One (The) 1950 Sidney Meyers
(Le garçon tranquille)

23 O. Raquetteurs 1960 Office national du film du Canada
(Gilles Groux and Michel Brault)

231. Règlements des débats 1955 National Film Board of Canada / Office na-
tional du film du Canada
232. Research Director (The) 1954 National Film Board of Canada / Office na-
(Le Directeur de la recherche) tional du film du Canada

233. Return to Life 1939 Henri Cartier-Bresson
(Le retour à la vie)

234. Rising Tide (The) 1934 National Film Board of Canada / Office na-
(La marée montante) (1949) tional du film du Canada
(Nouvelle version anglaise : Great
Cargoes)

235. River (The) 1936 Pare Lorentz
(La rivière)

236. Rossiya e Nicolaya II i Lev Tolstoy 1928 Esther Choub
(La Russie de Nicolas II et de Tolstoï)

237. Ruanda 1955 Luc de Heusch

238. Sabotier du Val de Loire (Le) 1955 Jacques D e m y

239. Sacrifices pour la moisson 1953 Pierre et Dominique Gaisseau

240. Salt of the Earth 1953 Herbert J. Biberman
(Le sel de la terre)

241. Savage Eye 1960 Sidney Meyers
(L'oeil sauvage) Ben Maddow et Joseph Strick

242. Sceptre and the Mace (The) 1957 National Film Board of Canada
(Le sceptre et la masse)

243. Schot is te Boord (Het) 1953 H e r m a n van der Horst
(Jetons les filets)

244. Seigneurs de la foret (Les) 1958 Hans Sielmann et Henry Brandt

245. Shipyard 1935 Paul Rotha
(Chantiernaval)

96

Terre brûlée 1937 Charles Dekeukeleire 264. Target for To-night 1941 Harry Watt (L'objectifde cette nuit) 260. Symphonie paysanne 1941-44 Henri Storck 258. Social class in America M c Graw-Hill (La classe sociale en Amérique) 250. Techniques soudanaises Jean Gabus 262. Sladki fleiti 1957 K. Temps du Caméléon (Le) 1957 Robert et Monique Gessain 263. Tavasz 1958 Tamas Banovitch (Le printemps) 261.246. Song of Ceylon 1935 Basil Wright (Le chant de Ceylan) 251. They were Kaffirs 1957 Prince Pierre de Grèce (Ils étaient des Cafres) 266. Tabu 1928-31 Robert Flaherty et F.W. Sorbische Hochzeit Kaden (La noce sorbe) 253. Sulfarara 1955 Vittorio de Seta (Solfataresde Sicile) 256. This Modern Age 1946-49 (Temps modernes) 267. Songs of Nova Scotia 1958 Helen Creighton (Chants de la Nouvelle-Ecosse) (National Museum of Canada et American Library of Congress) 252. Murnau (Tabou) 259. Kostov (Douces flbtes) 249. Strike in Town 1955 Leslie Mac Ferlaine (La grève à minuit) 255. Skilled worker (The) 1958 National Film Board of Canada /Office na- (L'ouvrier qualifié) tional du film du Canada 248. Terre d'Espagne 1937 Joris Ivens 265. Svatba na Moravském Slovacku 1945 Jind3ich Ferenc (Mariage en Moravie) 257. Sie bewegt die Welt 1954 Wiener Arbeiterkammer (Le travail fait avancer le monde) 247. Thursday Children 1954 Lindsay Anderson et Guy Brenton (Les enfants du jeudi) 97 . Stervende ta d Stichting Film en Wetenschap (Une langue qui meurt) (Utrecht) 254.

Upre R o m a 1956 Dimitrij Plichta 282. Veselye mysli Medvedkin et Abusentov (Pensées joyeuses) 287. Together 1956 Lorenza Mazzetti (Ensemble) 271. Valasské Tance 1949 VClciav JSaSlik (Danses valaques) 283. VeEna Piseti 1945 Karel Plicka (L'éternelle chanson) 285. Valley Town 1941 Willard Van Dyke (La ville de la vallée) 284. Tigrolov Gouline (La chasse au tigre) 269. Turkey in Greece 1958 do (La Turquie en Grèce) 279. T o w n Planning 1958 Louis Portugais (Le plan d'aménagement) (NationalFilm Board of Canada) (Officena- tional du film du Canada 273. Vice-President (The) 1958 National Film Board of Canada / Office na- (Le Vice-président) tional du film du Canada 289. Trooping the Colour 1949 Terry Bishop (Le salut aux couleurs) 277. Traversée du Sahara en autochenille (La) 1923 Paul Castelnau 276. Vigilia di mezza estate 1959 Gian Vittorio Baldi - (Les feux de la St Jean) 290. Turksib 1929 Victor Turin 280. Toda Calf Sacrifice (The) 1949 Prince Pierre de Grèce (Le sacrifice du veau chez les Todas) 270. Trance and Dance in Bali 1951 Gregory Bateson (Transe et danse à Bali) 275. Vi var nagra m&n 1954 Svenska Mettalindustriareftrbundet (Nous n'étions qu'une poignée d'hommes) 98 . Via dei Cessati Spiriti 1959 Baldi (Le chemin des esprits disparus) 288. T w o Indian Religious Ceremonies 1957 Prince Pierre de Grèce (Deux cérémonies religieuses indiennes) 278. T o your health 1958 Center of Mass Communication (A votre santé) (Columbia University) 274. Vendanges 1929 Georges Rouquie r 286.268. Tonnelier (Le) 1942 Georges Rouquier 272. Uomini soli 1959 Vancini (Les h o m m e s seuls) 281.

Z e m spieva 1933 Karel Plicka (La terre chante) 306. Visages de la coopération ouvrière 292. Wesele na Bukowinie 1958 Wlodzimierz Borowik (Noces en Bukovine) 297. ou le Révolté d'Alvarado) 295. World without End 1953 Basil Wright et Paul Rotha (Unesco) (Je suis un homme) 302. Which way for Human Rights 1954 Center of Mass Communication (Les droits de l'homme) (Columbia University) 298. W e are the Lambeth Boys 1959 Karel Reisz et Tony Richardson (Nous les garçons de Lambeth) 296. Badjura (L'hiver doit mourir) 308. With these Hands 1950 International ladies Garment (Avec ces mains-là) Workers' Union 299. You can't eat Tobacco 1943 Margaret Cussler et Mary L. Yankino Equipe Filmakers (Producteur Bob Drew) 303. Zemlya 1930 Alexandre Dovjenko (La terre) 307. Zlidovych motivu 1953 Ludvik Baran et Vladislav Delong (Tissus et impressions populaires) 309. de Cive (Le tabac ne te nourrira pas) 304.291. Z a Siov&y z New Yorku do Mississipi 1935 Karel Plicka (Sur les traces des Slovaques de New York jusqu'au Mississipi) 305. Wave (The) 1934 Paul Strand (Redes. Wagenia 1951 Gérard D e Boe 293. Zone (La) 1927 Georges Lacombe 99 . World of Plenty 1946 d" (Un monde d'abondance) 301. Zima mora umreti 1947 M. Walibene (In) 1956 Peter Creutzberg 294. World is rich (The) 1943 Paul Rotha (Le monde est riche) 300. Zuiderzee 1930 Joris Ivens 310.

Robert : 19 C H O M B A R T de LAUWE. 26 CABUS. Georges : 27 PLISCHKE. 42. James : 71 RIOUX. 60. Daniel : 46. 51. 20. 19. C. 46. Dr: 69 BALANDIER. 63. Marcel : 65 - F M A R E Y : 13 MARION. 25. 62 PLICKA. 31 LEROI-GOURHAN. 10 FRANKOWSKI. André : 14. 15 DELVAUX : 26 - M - E MAGRITTE. Ralph : 59 - D LIOTARD. 37 -P GRIERSON. : 12 DEMENY. 69 POTAPOV. 61 KURET. 70. Marcel: 12.: 9. 67 LEVI-STRAUSS. : 73 - R HOUSTON. J. : 27. 15. JANNE. 29. 13. - L LAFFAY. 66. Roger: 33. 73 MENDRAS. André : 18. 64 ROUCH. : 9. Abraham : 59 AMENGUAL. . 43. 48. 38. H. Cleve : 72 KNOX. 52. 14. 55. 23. E. Jean F. 42 EPSTEIN. 11. 42. 46. 37 GREEN. 75 JEANNE. Claude : 53 LINTON. 62.J. 38. 60 GERBRANDS. 12. : 27. J. Roger : 30.John:32. 37. Karel : 25. Albert : 1 1 - C LEBESQUE. Paul : 27 LEIRIS. . : 69 MURNAU. Jean : 48 MAQUET. Alfred : 25. Roger : 14 CARTA. S. 54. A. 41 KARDINER. 58 -J ROTHA. 14. 71. Maurice : 12 METRAUX. B. William H. Paul : 33. Michel : 49 CLAUSSE. L. 67. V. 61 - H HARTLEY. Jean : 51 LEFRANC. Charles : 31. René : 11. 23.P. Edgar: 11. 71 ROGOSIN. 23 MANVELL. Georges : 20. 19. : 74 GRIAULE. 49. INDEX DES NOMS D E PERSONNES 1 . 49 BIEBUYCK. 59. 13 EISENSTEIN. Morvan : 55 LEENHARDT. Arnold W. Marcel : 59. historiens. 25 GARDIN : 75 M O R E N O : 37 GAVAZZI : 69 MORIN.M. 68. 57. Jean: 17. Denis : 119 FORD. 29. Henri : 9. : 48 LYOTARD. René : 31. Robert : 42 - B KROUPIANSKAIA.sociologues. Georges : 61 BAZIN. 41. : 27 G . 47 1 O0 . Margaret : 59. 45. Henri : 45 50. A. 70 GURVITCH.W : 39 G E R M A N N : 21 MUYBRIDGE : 13 GRANAI. Jean : 68 MICHA. Jean : 13 LUMIERE : 13. 52. : 70 MEAD. Hans : 21. 61. 29. AUTEURS (Ethnographes. h o m m e s de lettres) - A K - AGEL. MERLEAU-PONTY. André F. 11. 41. : 67. Lionel : 57. 47 MAYER. : 11 KIDD. F. 46. 68 A MAUSS.

P. .Henri : 55 BAHNA.Tama6 : 63 CBS Public Affairs (USA) : 34 BARAN.Tames : 71 CHAPLIN. Tulian : 71 CHAVEZ. : 57 THEIJENOT. O. Georges C. Jean : 47. Romano : 71 Canadian Trade Union Movement : 33 - B CARMEN. 64 WRIGHT. : 31. Mark : 57 SZYFELBEIJN. : 61 CARPITELLA. Joseph: 74 WOLF. G. Drago : 63 BIRON. S . 72 SADOUL. 45. Terry: 32.1. : 69 STONEY. B A D J U R A : 63 CARTIER-BRESSON. 70 Center of Mass Communication (Columbia BATESON. Luis : 54 American Institute of Planners (USA) : 55 BUSS. : 72 STORCK.L. A. 47. : 56. 36.Helen : 71 BRANDT. 75 BOULTING. Bernard : 67 BELLON. Margaret : 74 BRAUNBERGER. Fali : 59 CHLOUPEK. 67. : 55 STEINBECK.F. : 73 BRISMEE. 64 W O O D S . 69 WEILER. Peter : 31 CHAMPAULT. 33. Herbert J.H. etc.Tullio : 21. Esther : 31 BISHOP. 43 Civil Rights Film Association (USA) : 74 BOBET. 62 BOCHENEK. 68 CREUTZBERG. (USA) : 34. Tean : 34 A B U S E N T O V : 61 BRUNATTO. Pierre : 49 BRENTON. Whalt : 129 STONE. H. Basil : 42 SUFRIN. 45 ANSTEY : 42 C - Arbeidernes Faglige Landsorganisasjon (Norvège) : 34 CALISI. 75 M. Gregory : 73 University) : 73 BAYLIS.-C. Diego : 71. : 29. 74 BUNUEL.Paul : 48 BALDI. CINEASTES (Metteurs en scène. Roussos : 70. Carlos : 55 BILIMORIA. Georges : 17 SPANNAUS. : 27. Henry : 46. Hervé : 60 CHOUB. Tohn: 59 ANDERSON. . D r : 21. 48. Peter : 68 BRAULT. Frederic D.: 27 TOYNBEE. Guy : 44. 49 CHAMPAULT. Pr. Myriam : 49 C O U N D O U R O S . . 54.John : 55 WHITMAN. Roy : 31 CREIGHTON. Wlodzimierz : 63 COOPER. H.Jean : 48 II . 24. G. : 56 Chase Manhattan Bank : 35 BIGGS. Charles : 9 BIBERMAN. 33. Lindsay : 44. opérateurs. TOLSTOV. Ludvik: 63. Paolo : 54 A. BREW. 61 Z E M A N . Gian-Vittorio : 53 CAVALCANTI : 42 BANOVITCH. Arnold : 59. R.) A . S. L. Dominique : 66 TERENTIEVAL. Tacques : 59 CLEINGE. Zofia : 70 - Z T - ZAHAN. 71 SMETS. L. 41 SAMIVEL : 48 SEPPILLI. Vlado : 63 CASTELNAU.D. Dominique : 67 BEVERIDGE. 57. Zbigniew : 63 Colonial Film Unit (Royaume-Uni) : 43 BOROWIK. réalisateurs et sociétés et organisations productrices. Merian : 54 BORSOUTSKY. Yannick : 48. Michel : 60 CUSSLER. 45 1O1 . 46.

Tadeusz : 70 F a r m Security Administration (USA) : 55 . Pierre : 52 L - GANDIN. 30 CABUS. Prince de : 17. Jean : 68 KURET. 61 1. 45. Alexandre : 61 H E U S C H . de : 74 LOTAR. 74 ESTEVA. Eli : 49 GLENN. 33.Charles :46 GRECE. Elie : 55 FRIES. 46. DELONG. 42. : 9. Fritz : 10 G E. Vaclav : 63 50. 54 - F -J FABIANI.: 29. Robert : 67 LEIRIS. Luigi : 53.G. John : 39 GORETTA :45 DANSEREAU. (Le mouvement coopératif de la Rép. John : 73 KADEN : 63 Fiimakers (Equipe) : 58 KALLWEIT. 62 DEMY. John : 71 FERENC. F.Georges : 48 GARINE. 65. LASSALY. 54. M. Thorold : 64 - H DI GIANNI. H. Dominique : 52 GAISSEAU. Mary L. 57. Gilles : 60 Deutscher Gewerkschaftsbund : 33 DEVLIN. 43 Fédération syndicale mondiale : 48 Jewish Board of Guardians : 34 FEENEY. 73 Frontier Films : 55 KLUCKHOHN. 48. D r :69 GAISSEAU.E. Léo : 55 - E -1 EISENSTEIN. 69 DELCORDE.Bob : 58 HOFFMANN. 23. 55. Bob : 58. : 63 FLAHERTY. 73 LACOMBE. Michel : 49 GESSAIN. 11. Pare : 55 GIVE. 58. 67 DREW. 48. :49 GAVAZZI : 69 LANG. Luc de : 20. John : 32. 36-43. 75 KAUFFMANN.JENNINGS. Michele : 53 G A R D N E R . Henri : 48 JANKOWSKI. für Bergbau (Rép.Stanislas : 63 DEKEUKELEIRE. T. Colin :60 102 . Margaret E.Humphrey : 42.Wolf: 60 . Wladislaw : 63 59. d'Ailemagne) : 33 EKK. Robert : 13. -Jean: 48 34. Bernard : 60 DICKINSON. 48. Joris : 45. rack : 34 LOW. Bert. 71 H A A N S T R A . KASLIK. 17. Vandervelde : 34 ELTON : 42 Internationai Ladies Garment Workers' Union : EPSTEIN. 15. : 63 KOULECHOV : 14.Frances : 39 KALMAR. -D GOLDMAN. A : 63 (Learning By Experience) : 34 GESSAIN. 45. Jacinto : 54 IVENS. Clyde : 73 G KOENIG. 41. 62 GREBOWSKI. Laszlo : 63 FLAHERTY. Herbert : 55. Richard : 59 LORENTZ. Jacques : 52 HURWITZ. : 63 DUNHANI. 47 GRIERSON. : 73 KLINE. : 48 D O V J E N K O . K. Rudi : 48 DUPONT. A. Féd. Jindsich : 63 - K FERNHOUT. : 63 GABRYELSKI. J. John : 46 FERNO. 69 Flamingo Film Studio : 34 KAYUNOV : 61 Ford Motor Company : 74 KAZAN. KOSTOV. Igor de : 67 LAFONT. Gérard : 46. G. Pierre. J. 47. Fernand :60 GOULINE :61 Dansk Kulturfilm : 34 GRANEC. Harry: 55 HORNECKER.Jacques : 10. :63 DE BOE. Monique : 67 LE MOAL : 67 Ghana Film Unit : 32 Cibrary of Congress (USA) : 71 GILBERT. Walter : 44 d'Allemagne) : 33 LEACOCK : 58 GERASIMOV. S. Jacques :49 GROUX. Féd. Nicolas : 61 Institut Em. 54.

Joseph : 55 SUFRIN. Ernesto di : 71 ROUCH. 55 Organisation mondiale de la santé : 64 STRICK. Jacques : 49 103 .Terence : 32. Alain :49 Mac NEILL. 64 OLEDZKA. : 61 MENEGOZ. Paul : 31. Léon : 48 TURIN. Anne : 67 (This Modern Age) : 31 PIDOUX. 60. 54. 71.Walina : 70 STORCK. S. Tony :45 MADDOW. Georges : 18. P. William : 59 Société nationale d'habitations à bon marché (Belgique) : 45 O . Paul :47 -S M E Y E R S . 46. Lewis : 72 - U POTENTIER. 19.Paul : 54. : 67 Unesco : 50. 23. Jean: 17. 57. : 56. Prince de Grèce : 17. 64 MEDVEDKIN : 61 RUSPOLI. Ion : 63 operation (USA) : 72 ROFFMAN. 46. 72 STONEY. Jean-François : 49 M c FARLAINE.Jacek : 70 STRAND. E. : 20. 41. Ian : 59 RICHARDSON. B. (Sovexportfilm Moscou) : 61 STEINER. 64 POUDOVKINE : 9. 71. Ole : 34 PAQUES. RODAN. 48. 68 ROGOSIN. 64 MARSHALL.W. 25. Margaret : 59. Margaret : 34 PIERRE. Gian Lui@ : 53 (Pomlad v Beli Krajini) : 63 PORTUGAIS. 33. : 31 REICHENBACH. Henri : 31. Leslie : 60 REISMANN : 31 M c GRAW HILL : 74 REISZ. : 61 Ministère d'éducation nationale (Mexique) : 55 SCHOEDSACK. - M - R M c CARTNEY-FILGATE. 62. : 63 National Museum of Canada : 71 SLAVSON. Viviane : 67 Pathé : 32 - T PAULI. Victor : 61 POLIDORO. Karel :44. 32. J. Robert : 34 MEYER. 42. Jacques : 9 PHILIPPE. Mario : 67 MEI. 73 SMETS. 45. : 69 Svenska Metallindustriareforbundet (Suède) : 34 PALSBO. 59. 47.R. MAYSILES : 58 43. 60 SEE. 45 Mac LAREN : 11 RESNAIS. 14 Université d'Iowa : (USA) : 74 POZZI BELLINI. 49 ROTHA. 70. : 34 Nations Unies : 64. S. 42.W.A. Louis de : 31 Manitoba Federation of Agriculture and Co. J. 67 N . 38. 58 MARKER. 50-52. Geoffrey : 31 ROCHEMONT. 71 MALIN. Karel : 25. Georges : 52 Mac DOWALL. 29. Hans : 46. 73 ROTHENBORG. F. : 64 SjELMAN. 55. 63. : 63 PLICKA. 15 MAZZETTI. 64 OLEDZKI. Georges : 17 NOVIK. Marcel : 59. Kris : 30. D r : 75 T H O M P S O N . 63 TOPALDJIKOV. L. 70 T R O U W B O R S T . Ralph : 55 Office national du film du Canada/ The National Stichting Film en Wetenschap (Pays-Bas): 68 Film Board of Canada: 33. Lionel : 57. 52. 67. 23. 29. 66. 33. : 69 SETA. Edgar : 11. E. 72 REGNIER. 60. E. Elisabeth : 69 TANNER : 45 PENNEBAKER : 58 TATI. 69 TOMBERG :61 PLICHTA. 60. 33. Vittorio de : 53 MURNAU. Ben : 55 RIOUX. Mark: 57 E S U L Z M A N . SIS. M. A. Aage : 69 MARTINO.C. 57.Ernest : 54 MORIN. 48. Sidney : 55 SAFAROV. Jean-Claude : 49 MÜLLER. J. : 39 SHEERS. : 69 POIRIER. Giacomo : 53 PREVERT. 66. MEAD. 46. 38. Vladimir : 63 SKORZEWSKI. J. 73 49. John : 58. George C. 37. Julien : 73 MAQUET. Dimitrij : 34. 32. Lorenza :45 ROUQUIER.

73 WILSON. Paul J. Willard : 55. : 71 VAN DYKE. Fred : 55 WARGON. Marquis de :46 WEVER de : 49 VANCINI : 53 Wiener Arbeiterkammer (Autriche) : 33 VAN DER HORST. Doug. 64 VERTOV. 31 - Z Y ZAVATTINI : 9 ZINNEMAN. Dziga: 13. H e r m a n : 48 WILKINSON. Basil : 42. - V WAVRIN. Harry :42. : 73 V E D R E S . 31 V E T U S T O . Ailan: 71 WATT. André :49 VIGO. Jean : 29. 64 104 . Michael : 56 Vassar College (USA) : 74 WOOLF. 29. Nicole : 31 WRIGHT.

les déplacements entrepris à des fins éducatives matériel scientif ique pour ou culturelles : l'enseignement et la recherche sortes de chèques de voyage internationaux. notamment : les BONS D E VOYAGE UNESCO. universités. aux professeurs et aux chercheurs appareils de mesure électrique les devises dont ils peuvent avoir besoin et acoustique. professeurs et étudiants d'un grand nombre de pays la possibilite de se procurer aisément le matériel de dont ils ont besoin pour leurs études ou leurs recherches I'unesco Les BONS D E L'UNESCO sont en vente permettent d'acheter : dans la plupart des Etats membres où il existe un contrôle des changes Pour de plus amples renseignements. Nous signalons l'existence du système des BONS DE L'UNESCO Afin de remédier aux difficultés d'ordre monétaire que soulèvent les achats à l'étranger les de livres. etc. le BON UNFSCO bons Les BONS DE L'UNESÇO fournissent aux écoles. l'Unesco a conçu une sorte de monnaie internationale. b) négatifs originaux et vise à écarter les difficultés de change contre-types. fournissent aux étudiants. qui entravent souvent pour tirage de ces films . du système des BONS D E L'UNESCO. contrôle. s'adresser.balances et poids. périodiques. partitions musicales. France . équipements de laboratoire.etc. directement. et pellicule vierge de 16mm. livres. dans chaque pays. ou. pour poursuivre leurs études appareils d'analyse et de ou leurs travaux à l'étranger. verrerie de laburatoire. films éducatifs sous forme de : L e B O N D E VOYAGE UNESCO. films. a) copies positives et nouvelle application contre-types.. cartes géographiques . instruments et matériel d'optique. Toutes précisions utiles sont données dans le dépliant C e s dépliants seront adressés aux personnes qui LES BONS DE L'UNESCO en feront la demande au ainsi q u e dans le dépliant Service L'UNESCO PRESENTE LE BON DE VOYAGE UNESCO des bons de l'Unesco place de Fontenoy où l'on trouvera la liste des organismes nationaux responsables de la répartition et de l'émission des bons et les banques où Paris - ceux-ci peuvent être échangés contre les devises nécersaires. au siège de 1'Grganisation. microfilms.globes terrestres. diagrammes. photocopies. à la commission nationale pour l'Unesco reproductions d'œuvres d'art. disques.

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Irak : McKenzie's Bookshop. TOKYO. Van Dorp&Co.P.F. Hoepli. ' PUBLICATIONSDE L'UNESCO : AGENTS GENERAUX Afghonistan : Panuzai Press Department. Moroci Centre de diffusion documentaire du B. caixa RABAT. P. local A. Rimistrasse 5. casilla de correo n. M A N A G U A . P A N A M A . '. Libreria Internazionale Modernissima. - U R 5 S : Mefhdunarodnaja Kniga. Street. calle de Onate 15. D. . 577. L U X E M B O U R G . Birmanie :Burma TranslationSociety.22. 30 Ve Smezkach. P. A T H E N E S . M O S K V A G 200.) . 36. Jamarque :Sangster's Book Room. S. S E O U L . Box Central 64. Box 66. Corée : Korean National Commission for Unesco. MADRID. Bocage.: 17 Park Street. S U C R E : Libreria ULOSAmigos del Libror. Yougoslavie : Jugoslovenska Knjiga. House. Standaard Boekhandel. S.S. N E W Y O R K 27. Zayas 505-7. .. Benjamin Street. C O L O M B O 2. Columbia Universjtypress. P. Duque de Medinaceli 4. Commercial Suède : A/ B C. Yegros entre BOGOTA . Ltd. Antilles françaises : Librairie J. Brésil : Fundaçao GetGlio Vargas. Libreria Buchholz Galeria.50 NF . MERIDA. Section des ventes. apartado 113. Fritzes Kungl. NGcleo del Guayas. (Ned. Philippines : Philippine Education Co. Nouvelle -Zélande : Unesco Publications Centre. riie du Stade. P. C A P E C O A S T . BUCURESTI. Finlande : Akateeminen Kirjakauppa. Antilles néerlandaises :G. Fredsgatan 2.Y. calle ViIlaflor. avenida Camacho 369. Building.Atlantis House. S. 859. RIO D E JANEIRO. N. 16. Box 149. N E W Y O R K 22.. W I L L E M S T A D (Curaçao. Monaco : British Library. Portugal :Dias &Andrade. Salvador : Manuel Navas & Cia. BRUXELLES.a n. Kauffmann.O. Ceylan : Lake House Bookshop. N. Chi I i : Editorial Universitaria.45. S T O C K H O L M C. Naufal et Frères. Tori-Nichome.O.361 Prome Road. .) : R. 23. sau/pour les périodiques: Roumanie :Cartimex. PARJS-7=. SAN SALVADOR.P.). Lille Grensen 7. P R E T O R I A ._ Courrier: Louis de Lannoy. Libéria :J. Malte : Sapienza's Library. avenida B.. avenida 7. P. G U A T E M A L A . P. Espagne : Libreria Cientifica Medinaceli. Hong-Kong: Swindon Book Co. Libreria Universitaria. für Deutschland. 1 (Victoria).. Costa Rica . Mexique : Editorial Hermes. B U D A P E S T 62. L A P A Z ..A n. B A G H D A D . T E L AVIV. 35 Allenby Road et 48 Nahlat of Education. Box 174. B E O G R A D . bulevar Artigas 1320-24. Lda.P. B O L O G N A . B. B R U X E L L E S 1 . Sh Botimeve aNaim FrasheriD.. Belgique :Office de publicité. Avenida 3. Mansion 9. Martinus Nijhoff. M E L B O U R N E C. Royal Afghan Ministry Israël :Blumstein's BookstoresLtd. Dar-ul-Kutub. 185-193. C H R I S T C H U R C H .O. Lf. ~~ C A L C U T T A 13. Malaisie (Fédération de) et Singapour :Federal Pliblications Ltd. B.V. T E H E R A N . Ltd. Boulevard des Moulins. Japon : Maruzen Co. M A D R A S 2.er piso.70.. Jordanie : Joseph 1.P. Suisse : Europa Verlag. Porticidel Pavaglione..A. L A H O R E . Libreria Zanichelli. A. CAIRO (Egypte). Italie :Libreria Commissionaria Sansoni (Agentegenerale). Vasagatan 15-17.rue Marcq.O. place de Brouckère. Viêt-nam : Librairie papeterie Xuân-Thu. Pour L e Counier: Ediciones Iberoamericanas. place de Fontenoy Sénégal : L a Maison du livre. ~~~~ U T_H . Autriche: Verlag Georg Fromme & Co. Box 134-135. C A R A C A S .. 100 Parsons Road. féd.caseiia postale 552. 1 Tzar Assen. Cuba : Libreria Econhica. Oficha de Serviciosr. SOFIA. PARIS-7e .. B. LIMA. Ltd.F R A N C E (Martinique). via Ulrico Hoepli. France : Librairie de l'Unesco. O T T A W A [Ont. 5. apartado S A N JOSE.O. AMM-AN. W A R S Z A W A .O. 186 Praia de Botafogo.A.. . Hovbokhandel. . F I R E N Z E . Rosenheimerstrasse 145. Libreria Selecta. avenida Jiménez de Quesada 8-40. 14. Guatemala : Cornision Nacional de la Unesco. K A M P A L A .A. Box 244. DAR -ES SALAAM. G e r m h Rodrigue2 N.N. 30. Quiapo.. carrera 6 . P. Rajdamnern Avenue. 469. Avenue. TAIPEH. Box 569. Norvè e: A. TORINO.. ASUNCION.(stg. du Marché. S T O C K H O L M 16.Grande.GOS... I P O R T . Box 120. Edificio Banco 25 de May0 y Mcal. Inc. Libreria Internazionale Ulrico Hoepli. 1104 Castillejos L A HABANA. Scindia House. Ballsbridge. Pérou :r E S E D A L . Libreria Paravia.K O B E N H A V N K. Unesco Publications Chine : The World Book Co. Bahous & Co.. Latina. Oficina de Representacion de Editoriales. Ethiopie : International Press Agency. C A L C U T T A 16. @. Venezuela : Libreria Politécnica. S A L I S B U R Y (Southern Rhodesia).O.Jir6n Huancavelica (calle Ortiz) 368. République arabe unie: L a Renaissance d'Egypte. 3. Pasha. Salt Road.DepartamentO de Venta de Publicaciones. P. Estigarribia. Cagancha 1342.1. Istiklal Caddesi. 41. Pakistan :The West-Pak Publishing Co. Nihonbashi.ANTWERPEN. O'Higgins 1058. Grèce: Librairie H. 5. et. Taiwan (Formosa).0 3542. Belgiëlei 151.. Libri Building. al lado Iran :Commission nationale iranienne pour l'Unesco. Road. DUBLIN. M E X I C O .PRINCE. Ignacio Mariscal. V A L L E T T A . Djalan Nusantara 22. MONROVIA. 9 Sh.A. First Etats-Unis d'Amériaue : Unesco Publications Center. 208.. Liban : Librairie Antoine. BANGKOK.Grand-Rue. Momolu Kamara. Sabana. Pour Le Courrier: Cornision Naciqnal Road.56-N Gulberg Industrial Colony. N. apartado 1313. Australie : Melbourne University Press. M A D R I D 14.P..0 TI-49. COCHABAMBA. R A N G O O N .O.S. 6. ystal4081. K I N G S T O N .. Payot. TIRANA. correos 2018. Centro de Cooperacion Cientifica para América N E W DELHI. Pour Le B E Y R O.P. SANTIAGO.o. Spengergasse 39. Aristide Briand 14-18. M O N T E V I D E O . : 17 Chittaranlan Avenue. M O N T E -CARLO. Knox Educational Services. Singopour : Voir: Malaisie (Fédération de). Imprenta y Libreria Trejos. avenue Boulloche. Kanson House.apartado de Colombie: Libreria Central. - P H N O M PENH. neo23 . Danemark :Ejnar Munksgaard. casilla de correo. 22. 100 Hackthorne casilla 10220. Stationery Office. Musée. 5/. Nicol Road.. 1742 %l. Bu garie : Raznoïznos.Box 100..rua do Carn. Ltd. Ghana : Methodist Book Depot Limited.. Pa. 28.S. Alsina 500. P.E.A.2960 Broadway. apartado nacional 83. 40. oficina 201. rue Tu-do. J. Turquie : Librairie Hachette.* calle 6-79. A. MANILA. République sud-africaine : Van Shaik's Bookstore (Pty. Fédération de Rhodésie et du Nyassaland :The Book Centre. Box 9030. (Nigeria) Bookshops. via Gin0 Allemagne (Rép. rue Roux. Nicaragua :Libreria Cultural Nicaragüense. SAIGON. Equatwr : Casa de la Cultura Ecuatoriana. K A B U L . OSLO. Box 620. Thailande : Suksapan Panit.. HELSINKI.O. Harti : Librairie a A la Caravelles. CIUDAD TRUJILLO. PaYac Kultury i Nauki.V. Uruguay : Unesco.. L O N D O N S. Ballard Estate. 1/24 Asaf Ali ISTANBUL. P R A H A 2. 7. Plaza DJAKARTA.O. Pour Le Counie): Svenska Unescoradet. M O N T E V I D E P . apartado de correos 656. Bnlivie: Libreria Selecciones. E. Ouganda : Uganda Bookshop.23.D E . Irlande : The National Press. Luxembourg :Librairie Paul Bruck.E. Box 145. Pte. 36 A Mount Road. River Valley Road. 2 Keskuskatu.V.O pso. B O M B A Y 1. N E W DELHI 1. Albanie: N. Panama : Cultural Panamena. 6 Ndrregade. Sous-dépôts : Oxford Book & Stationery Co. 1. Times House. Universidad de San Francisco Xavier. Pedro Moncayo Y 9 de Octubre.Str.0 14-32.O. B U E N O S AIRES. 26 Kingsway. Box 724.O.0 115.O. Oldenbourg Verlag. Lady Lochore Nigeria: C. R O M A . place de Fontenoy. LISBOA. 211. F O R T .26. Adly GUAYAQUIL. Beyoglu. MILANO.M. Canada : The Queen's Printer. Church Street.. Z U R I C H . Cambodge : Librairie Albert Portail. rue zona 1 (Altos). B. Tchécoslovoquie: Artia Ltd. 283. Vente en gros: Unesco.O. B O G O T d . P. 2 Wellington Road. G E N E V E . 15 rue Lavoir. Paraguay : Agencia de Librerias de Salvador Nizza. Royaume-Uni : H. 656.