Vous êtes sur la page 1sur 106

%

!!
pp
. * A
~ Rapports et documents no.16 1962
de sciences sociales

DOCUMENTS SPECIAUX
DU CENTRE DE DOCUMENTATION DES SCIENCES SOCIALES

L e s documents spéciaux du Centre d'information des sciences sociales sont
destinés à fournir un matériel documentaire à un public restreint de spécia-
listes, au fur et à mesure de l'exécution du programme de l'Unesco dans le
domaine de; sciences sociales.
Lorsqu'il présente un intérêt général, un tel matériel fait l'objet de publi-
cations particulières. A u contraire, les documents spéciaux reproduisent
divers textes qui n'exigent pas une large diffusion. Il s'agit souvent de rap-
ports de missions exécutées en application du programme ordinaire de l'Unesco
ou de son programme spécial d'aide aux Etats membres ; d'autres documents
fournissent des renseignements qu'il convient de diffuser sous forme de
<( communiqués*.

L e contenu de ces rapports et documents engage la seule responsabilité de
leurs auteurs, dont les opinions ne reflètent pas nécessairement celles de
l'Unesco.
L e s documents spéciaux publiés par le Centre d'information des sciences
sociales sont tirés en offset et paraissent sans périodicité stricte. L e s titres
suivant ont déjà paru :

SS,/CH 1 Enquête sur la manière dont les Etats conçoivent leurs obligations
internationales, par Paul Guggenheim.
SS/CH 2 Mission relative à l'enseignement des sciences sociales au Pakistan,
Rapport d'André Bertrand.
SS/CH 3 L e s conseils de recherches de sciences sociales.
SS/CH 4 L'enseignement des sciences sociales dans les écoles secondaires
(épuisé).
SS/CH 5 L e s organisations internationales de sciences sociales.
SS/CH 6
SS/CH 7
-
L e s conseils de recherches de sciences sociales addendum 1956.
Fondations exerçant une activité en matière de sciences sociales.
Répertoire international.
SS/CH 8 L'assistance aux pays sous-dévelo pés, bibliographie commentée,
réparée par Jean Viet ; (bilingue A/%) (épuisé).
SS/CH 9 gléments d'une documentation sur les problèmes de relations raciales.
SS/CH 10 L e s communautés rurales; problèmes, méthodes et exemples dere-
cherches, par 1. Chiva (épuisé).
SS/CH 11 Répertoire international d'institutions qui s'occupent d'études de
population ; (bilingue A/ F).
SS/CH 12 L e s villes nouvelles ; éléments d'une bibliographie annotée, réunis
par Jean Viet.
SS/CH 13 L e s organisations internationalesde sciences sociales ; édition revue
et augmentée avec une introduction de J. Meynaud.
SS/CH 14 Eléments d'une documentation en criminologie; réunis par la Société
internationale de criminologie.
SS/ CH 15 Coopération internationale et programmes de développement éco-
nomique et social ; bibliographie commentée, préparée par Jean Viet
(bilingue A/ F).
Une ((Annoncede Publication» est préparée pour chaque nouvelle livraison.
Prix variable suivarit le numéro.

SS. 62.XV. 16 F

A c h e v é d'imprimer dans les ateliers
de l'organisation des Nations Unies pour l'éducation
la science et la culture,
-
place de Fonrenoy Paris 7e
0 UNESCO 1962

Cinéma
et sciences sociales
Panorama d u film ethnographique et
sociologique par Luc de Heusch

Unesco

a bien voulu se charger d'analyser un grand nombre de films documentaires. ou au contraire. professeur à l'université libre de Bruxelles. . non sans formuler des jugements de valeur personnels. Monsieur Edgar Morin. ainsi que le Conseil international des Sciences sociales. L'Unesco espère que l'ouvrage servira de base de discussion pour des colloques ou séminaires. A notre connaissance. ou de point de départ pour de nouvelles enquêtes portant sur un domaine particulièrement fascinant. NOTE LIMINAIRE L'Unesco consacre le présent numéro de ses Rapports et Documents de Sciences sociales à une nouvelle étude-pilote : M. L u c de Heusch. en dégageant hardiment. quelques grandes lignes pouvant servir à ceux qui approuvent. L'Unesco tient à remercier les auteurs. appartenant à la production de pays très différents. du Centre national de la recherche scientifique (Paris). une telle analyse n'a pas été entreprise jusqu'à ce jour sur le plan inter- national. rejettent ces conceptions. L'ouvrage n'est donc pas appelé à tfaire le point» ou à présenter les résultats de recherches nationales dans ce domaine. a bien voulu accepter de rédiger la préface. mais à stimuler de futures enquêtes nationales et internationales. qui s'est chargé de la mise au point de la bibliographie et des index. en se plaçant au point de vue de leur utilisation pour la recherche et l'enseignement en sociologie (ce terme englobant la psychologie sociale et l'anthropologie culturelle).

du m ê m e coup.J e donnerais donc cette définition tautologique du film scientifique:unfilm scien- tifique est un film fait (tourné et monté) dans un esprit d'élucidation et de vérification scientifiques. une saisie totale analytique et synté- - tique du réel.à l'image pour l'image. Il y a les problèmes esthétiques au niveau de l'image: l'image porte en elle les qualités indifférenciées de la vie. dits e micro-cravates9 ou << micro-fusils. les mouvements d'appareil. pour qu'il devienne un appendice de L'œil de L'opérateur. en fait. T. Mais.les pellicules ultra-sensibles qui suppriment les éclairages . traduit . L'image cinématographique est un document reflet - apparemment plus fidèle que la note prise sur calepin. la technique de L'enregistrement audio- visuel est en train d'accomplir des progrès décisifs. IL faudrait supposer - plusieurs caméras opérant simultanément pour espérer. les modifications du foyer sont autant d'interventions de l'homme sur le phénomène observé. que l'image exalte souvent. Les nouveaux types de micros (micros portatifs. lui ouvrant véritablement une troisième dimension. pt yue l opérateur tendra à exalter par ses moyens propres (angle de prise de vues. . L e danger n'est pas dans cette poésie donnée.souvent du reste.e problème. Il y a dans la vie. l'esthétique la plus conventionnelle. au montage. C e gros oeil sur béquilles est encore un infirme. de son intelligence et de son flair que dépend la vali- dité objective de son film. de la personnalité du cinéaste. c'est-à-dire de privilégier Les images agréables à l'oeil au détriment des autres. qu'elle ne peut échapper au travail d'abstraction que l'esprit humain opère sur le réel pour le comprendre. une poésie donnée. La vérité à la- yuelle peut tendre le cinéma ne peut faire abstraction du témoin ou du chercheur.et tout film est une oeuvre intellectuelle .le donné sensible. cadrage). Il serait non seulement barbare. une recherche cinématographique.mais les problèmes spécifiques posés par La recherche cinématographique de la vérité. se déplace du document filmé au cinéaste lui-même: c'est de sa propre honnêteté. c'est toujours articuler réciproquement le réel sur les structures de l'esprit humain et les struc- tures de l'esprit humain sur Le réel. PREFACE Par Edgar Morin Le Langage cinématographique pose-t-il des problèmes plus irritants p e Le Langage écrit. mais absurde de vouloir éliminer cette poésie. alors que le Langage écrit tendra toujours à éliminer cette poésie pour analyser les gestes et mouvements. toujours. une sociologie cinématographiyue libérées de l'humanité de la - subjectivité. Il y a les problèmes techniques: sous de multiples impulsions. Mais cette opération de montage analytique et syntétique est finalement de m ê m e nature que l'opération intellectuelle qu'exige la rédaction d'un article ou d'un livre. D e toutes façons. Comprendre.donc trahit . c'est dire. on pourrait penser que non: l'image cinématographique semble éliminer ce médiateur qui abstrait. mais plutôt dans La tentation d'enjoliver. Prenons l'exemple d'une danse: l'image de la danse sera chargée d'une poésie qui est celle de la danse. Cette définition n'a d'autre avantage yue d'écarter 1 'idéal impossible d'un cinéma extra-humain. L e «pittoresque$ tend naturellement A détruire le vrai Tel est bien le danger gui guette ethnologues et sociologues partis à la recherche de la vérité. quand il s'agit de rendre compte d'un phénomène empirique ? A priori.tout cela doit permettre au chercheur de partir comme un scaphandrier vers les fonds obscurs de La réalité.par micro-émetteur.)> la prise de son sur magnéto- phone portatif ou. de toutes façons.L'enjolivement conduit nu film truyué. parce que. la caméra ne dispose pas de la mobilité de L'mil humain. de sa rigueur. bien qu'elle enregistre avec plus de précision.mieux. Mais Les problèmes restent. dès lors. Ceci nous permet d'éliminer le rêve fou de ceux qui auraient pu espérer une documentation cinématogra- phique. Non seulement les problèmes posés par toute opération intellectuelle . la caméra électronique est insonore. et que séduisent en cours de route les sirènes de l'esthétique . y compris ses qualités esthétiques. Cette maniabilité ne résoudrait d'ailleurs pas tous les problèmes. schématise. et il faut attendre qu'il puisse acquérir une Légè- reté et une maniabilité extrêmes.

'A cela s'ajoutent les problèmes grammaticaux au niveau du montage. c'est la vie qui est déjà théâtralisée. L e s problèmes évoqués jusqu'à présent se posent. tentative de présentation d'une réalité typifiée. Mais il faut refuser l'enjolivement. dans une voiture de postier. une rhétorique élémentaire. le film ne perturbe guère ce qui est socialement mis en scène. mais . suscite méfiances ou complaisances. Tout film scientifique doit accepter avec - bonheur. mais se présentera souvent inextricablement mêlé - dans les images. de camaraderie. au culte. perturbe la vie qu'il veut saisir dans son naturel. Cela conduit à cette conclusion : les problèmes du montage en matière de cinéma-vérité doivent être totalement repensés. moins authentiquement que le cinéma joué? - L e réel ne va-t-il pas se figer. Il y a des situations où l'observation subreptice devient indiscrétion. Or. Il y a la socialité rituelle. qui oblige le cinéaste. chasseresse c o m m e la caméra de Dzign Vertov. la grammaire n du montage style Berthomieu. la tentation de faire beau joue. N o n pas pour éliminer la poésie et l'art . à obéir à cette rhétorique. qui sera dialogue entre l'observateur et l'observé où l'observateur demandera à l'observé de lui révéler ce qui ne pourrait émerger sans cette rencontre ? Tout cela est non seulement possible. voire enjolivée. du cinéma-vérité. Il y a la socialité technique: gestes du travail sur outils ou machines. un ethnographe sur le terrain. d'amour. parce qu 'il y a une différenciation plus nette entre langage scientifique et langage littéraire.. Il y a la socialité intensive :guerre. au niveau de l'écriture proprement dite: là aussi. délation. Partout où il y a un pôle d'intérêt ou de passion plus fort que la caméra. Il y a les problèmes esthétiques au niveau du montage. etc. Alors se pose le problème :si la caméra est ostensible. le chef d'Etat faisant un discours. il a l'ambition légitime de commercialiser son film. ajouterai-je la poésie et l'art. confrontation de l'auteur avec une rhétorique apprise. la passion réellement en jeu est si intense que la caméra peut être oubliée ou ignorée par les participants. inévitable. un sociologue industriel. D a n s ce cas. en fait. Q. et passer inaperçu s'il imite les autres. dans ce cas. dans ce cas. le plus émouvant. de toute part. Voilà s a terre promise. et. derrière une glace sans tain. dans de nombreux pays. les conditions sociales du travail ne seront pas authentiques. Elle peut certes être camouflée.. m ê m e sans caméra. il y a choix de données. indécence. m ê m e s'il ne veut pas faire un film commercial. de cette rencontre caméra-réel. le lexique-montage. U n e caméra est toujours perçue. Mais il y a des limites pratiques et m o r d e s au camouflage. Il s'agit. et perdre ce qui était son essence la vie spontanée- pour devenir mécanique ? O u bien encore. dans son usine. partout où l'individu est directement intéressé. - teurs professionnels. ne va-t-il pas naitre un nouveau - type de vérité. de plus. match sportif. qui est la pertubation que provoque la caméra sur le phénomène observé. Il y a une <grammaire> du montage. voire m ê m e surajouter w e ahistoiren artificielle à son film. Mais le visage de l'ouvrier. de haine c'est-à-dire tout ce qui concerne le tissu affectif de l'existence humaine. Il faut donc réfléchir sur le type de vérité que l'on recherche et. Là encore. mais aussi parce qu'on les escamote. Si. le pittoresque artificiel. Il y a le reste. il risque de faire des concessions plus graves: éliminer ce qui est supposé ennuyer ou déplaire. s'endimancher$. qui s'est constituée en fonction des besoins commerciaux du cinéma standard: cette rhétorique commande un type de montage *intelligibles au spectateur. de subordination. c'est vers cette terre promise que se dirigent aujourd'hui de multiples courants de recherche. Venons-en au problème vraiment spécifique du cinéma. partout où il y a des rapports inter-individuels - d'autorité. mais avec une possibilité illimitée de truquer et dt dénaturer. dans certains cas. le plus secret: partout où les sentiments humains sont en cause. non seulement de découvrir une vérité. dans le cas du film de sciences sociales. ne transforme-t-elle pas le réel ? L e réel ne va- t-il pas jouer la comédie. U n e caméra peut être à l'affût. U n h o m m e peut se mêler à la foule. moins bien que le cinéma imaginaire.. cérémonielle: dans ce cas. Voilà la grande terra incognita du cinéma sociologique ou ethnologique. de façon certes différente. les mains et le corps ne sont pas perturbés dans leurs opérations essentielles. au rite. sont déjà en situation théâtrale. qui est. Or il est plus facile de camoufler un h o m m e qu'une caméra. o n s'en rend compte dans la pratique. Certes. le plus difficile. sur les résultats que provoquent les différents niveaux de la socialité. et. C e s problèmes sont moins apparents. Il y a des lieux et des situations où nul camouflage n'est pos- sible. parce qu'il ne peut en connaître une autre et qu'il s'est mis à l'école des mon- .. celle-ci cesse de perturber le phénomène. Il reste à l'observateur à se camoufler lui-même. bagarre. - je l'ai déjà dit. l'officiant d'un culte. les opé- rations de camouflage de la réalité s'exercent contre tout observateur venu du dehors.

. ou demeure toujours sous la surface des apparences. de comédie: les sociologues qui ont analysé les rapports sociaux sous forme de trôle takings et de trôle playing» ont retrouvé une vieille idée des philosophes et des mora- listes. par un acte pourrait-on dire de magie démystificatrice. nous découvrons que le réel lui-même est fait. Luc de Heusch nous aide admirablement à appréhender ces problèmes. à nous exprimer et à nous camoufler. La vérité n'est pas un Graal ultime à conquérir: c'est une navette incessante qui circule de l'observateur à lobserué. et que les actuels progrès techniques lui ouvrent de nouveaux horizons). peut nous donner à voir cette comédie aux multiples visages qu'est la vie sociale. L e cinéma. En fin de compte.je veux dire nos visages nos rôles - - je veux dire nos propos nous servent. de la science au réel. et à un problème permanent.. à une nouvelle conquête des sciences sociales. une fois que nous avons surmonté ce mur du son qu'oppose le réel à la caméra. Luc de Heusch nous donne ici la meilleure information et la meilleure introduction & un cinéma à la fois très ancien (n'émerge-t-ilpas avec Lumière et ne connaît-ilpas son premier chef-d'œuvre avec Nanouk ?) et très nouveau (puisque d'immenses possibilités sont demeurées sous-développées.en grande partie. le grand mérite de la recherche de la vérité n'est pas d'apporter la vérité mais de poser le problème de la vérité. Car. en même temps. qui est celui de la vérité. < L e monde est un théâtre. Cette - comédie révèle la vérité autant qu'elle la camoufle: nos masques .aussi d'extraire une vérité qui se tapit ou se camoufle. disait Shakespeare.

. . . 41 1. . . . . . . . . . D e l'oeil magique à l'oeil aveugle. 31 B. . . . . . . . . . . . L'office national du film du Canada (The National Film Board of Canada) . 31 L a technique du reportage . . . 29 Dziga Vertov . . . . Les voies du film sociologique (1) :les archives cinématogra- phiques de notre temps . . . . L e documentaire social en Belgique et aux Pays-Bas . . . 36 Quelques films de Flaherty . . . L e film de propagande sociale . . . . . . . . 9 CHAPITRE 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . de Luis Bunuel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41 2. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59 8. . 16 1. La première génération. . . . . . . . . . 54 7. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Examen critique de ces thèses. . . TABLE D E S MATIERES INTRODUCTION . . L e mouvement Free Cinema . . . . . . . . . . 29 Jean Vigo . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29 Les actualités cinématographiques . . . . . . . . . . Quelques films produits par les organisations internationales . . . . 38 CHAPITRE V . . L e Comité international du film ethnographique et sociologique . . Les voies du film sociologique (11) : la tradition de Flaherty ou la caméra participante . . . . . . . . . 16 3. . . . . . . L e film ethnographique et sociologique en Italie . . . . . . 64 7 . . . . . . . . . . 18 CHAPITRE III . . . . . . . . . . . après Flaherty . . . . . . . 31 A. . . . . . . . . . . . . . . . . . Usages spéciaux de la caméra dissimulée . . . . . L e film ethnographique et sociologique en France . . . . . . . . . . . . Difficultés d'approche . . 48 4. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . L'évolution du documentaire social en Angleterre depuis Grierson. . . Cérémonials et mouvements de foule . . . . 17 A. . . . . . . . . . .Pour servir à une typologie du film sociologique . . . . 17 B. . . . . U n classique espagnol du film sociologique : Los Hurdes (Terre sans pain). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54 6. . 34 CHAPITRE IV . 16 2. . . . 45 3. . 11 CHAPITRE II . . . . . . . Les théories. . . . . . . . . 36 L'oeuvre de Flaherty et la méthode ethnographique . . . . . . . Tendances du film "ethnographique" en URSS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Les gestes du travail : de la naissance du documentaire social en Angleterre aux films syndicaux . . . 30 Montages d'actualités et magazines filmés . Esquisse d'une histoire du film ethnographique et sociologique . 61 10. L e film et la recherche sociologique . . . 32 C. . . . . . . . . L'information sociologique par le cinéma . . . . . . 52 5. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61 9. . . . . . . . L e film et les traditions populaires dans quelques pays d'Europe orientale . . . . L e film-document . . . . . . L e film ethnographique et sociologique aux Etats-Unis. L e débat sur la valeur scientifique et la méthode du film ethnographique et sociologique.

......... ...... 65 Films scientifiques spécialisés :France.... Suisse.. ... .. . . Italie...... .. . . 65 L a valeur initiatique du film sociologique . Etats-Unis ... .. . République fédérale d'Ailemagne.... ....... Grèce... ..... Danemark.. ..... .. Belgique.... Yougoslavie...... ......... . . .. ..... 66 L a méthode comparative dans l'enseignement audio-visuel des sciences sociales ... .... ..... Canada. ... Pologne. .. ............. .... ... L'utilisation du film dans la recherche ethno-sociographique et l'enseignement universitaire des sciences sociales . Pays-Bas... 79 Catalogues de films ... CHAPITRE VI ..... ... 86 Index des n o m s de personnes .. 83 Liste des films .......... Tchécoslovaquie.. ..... ... 100 8 ... .. 76 ANNEXES Bibliographie sélective . .. . ........ .... 75 CONCLUSIONS .......

n'est-ce pas une entreprise chimérique. c o m m e Que vient faire ici le chercheur scientifique ? N'a. Telle fut. primnt. au m ê m e titre que le "met- teur en scène" du film dramatique. la position du néo-réalisme italien. d'Amérique. si éloignée de la démarche tradi. témoignent. jadis Molière. Mayer. aux Etats-Unis Que Viva Mexico (1931-32). déclare Zavattini . Cet univers que nous nous in. l'isoler dans l'immense production mon. que s'il offre la signi- diale. L a sociologie du film senourrit d'une réflexion: trairement. "et ceci. Esthétique du cinéma. de valeurs Or. Mais nous voici acculés à une nouvelle dont le cinéaste accepte ou refuse les valeurs. variable selon les pays et les traditions voulus les témoins de la naissance d'une société scientifiques locales. L'essayiste les techniques. de recherches esthétiques dont se nour. Les oeuvres médiocres m ê m e ex- t-il pas tort de s'embarquer dans l'aventure ciné. Plus que dans tout autre 1957. le m a g m a confus d'idées. Embarquons-nous si nous nous engagions dans cette voie. N'est-ce pas. plus contradictoires qui se dessinent à l'arrière- terdirons. que le commerce ou la servilité politique n'ont ciologique ? C e que les sciences sociales pas pervertis. ces ar. époque de cataloguer. Réciproquement. peut être défini grosso modo par l'appel. arbitraires. fication des événements. Tati sont des témoins. avec une force exceptionnelle que peu de témoi- d'autre part. précurseur de cette discipline film de fiction . en dépit de quelques incursions en con. un artiste authentique. d'une manière ou de cherchent à appréhender et à définir par des tech. c o m m e cinématographique . sciences sociales :ces deux p81es d'at. Elle ne s'applique pas exac. les tabous. Cette épopée exprime. assez arbi. - art c'est là la singularité profonde du cinéma - traction tiraillent notre propos en sens divers. Certaines écoles esthé- niques complexes peut-il être ''saisi''par ie ciné. plan ou au premier plan du récit dramatique : elle trebande. à de rares exceptions près. son auteur est. de leur époque. parce que le cinéma lité s'agit-il ? Brandir le concept de "film socio. le plus souvent à leur insu. p. tionnelle ? Risquons ce voyage. en Europe occidentale. la dimension propre du film de fiction n'est pas 1. n'arrive à une expression artistique. les mythes. P. dans bien des cas. INTRODUCTION Cinéma. les refus. une manie désespérante de notre gnages cinématographiques ultérieurs retrouveront. notre pro- avec le savant et l'artiste et tentons de trouver un pos glisserait vers un domaine voisin de celui que langage commun qui permettrait de soutenir pen. l'imaginaire est tangent à la réalité . cilement l'épithète "réaliste" Les grands comiques tistes compliqués que sont les créateurs de films ? . significatifs de la société qui les sécrète. veux être toujours et avant tout un contemporain" Mais d'abord. extrêmement élaborée. indirectement pourrait-on voyage : nous naviguerons jusqu'aux confins de dire. des drames collectifs de académique ? L a notion m ê m e de sociologie est notre temps"/l. de quel cinéma et de quelle réa. précisément l'un des cas-limites de notre propos : bliques socialistes soviétiques. notamment. Tous authentique de la réalité sociale ? Quelles sont les grands cinéastes. Cité par Agel. Mais. Cette discipline neuve et Marquons approximativement les limites du passionnante explore. étroitement imbriquées appellent chacune une on le sait. les valeurs les s'y risquèrent pas. il s'y appuie Comment et quand le cinéma véhicule-t-ill'image nécessairement. Voici donc une première dans la "fiction" cinématographique. les rêves. à laquelle s'applique diffi- rissent. elle rend manifestes les con- ces aéronautes (demain archaïques) de Jules Verne. Eisenstein et Poudovkine se sont floue. à un langage logique". nouvelle. approximation : nous nous limiterons. le reflet de la réalité sociale dans l'oeuvre l'imaginaire mais nous n'y aborderons pas. humain et social universel. mais difficulté : le film dit documentaire utilise muvent dont il témoigne. qui tournèrent longtemps autour de la lune mais ne les réflexes culturels. au vaste domaine du "film documen. 9 . fait donc la part d'une certaine réalité dans le rêve. de toute façon. U n film inachevé d'Eisenstein constitue tement aux m ê m e s recherches en Union des répu. l'autre. nous explorons et qu'il est utile de distinguer :la dant quelques heures une conversation difficile. Paris seulement l'imaginaire. sociologie du cinéma. de découper en catégories le goût étonnant de la mort qui brûle l'âme indienne. tous les esprits honnêtes les exigences particulières de l'investigation so. - tout film est un miroir le miroir d'une société taire". la démarche créatrice m ê m e du J. "Je réponse nuancée. tiques se sont m & m e réclamées ouvertement de la m a ? Et de quelle façon ? Toutes ces questions perspective sociologique. tenus latents. ce film admirable procède d'une esthétique morales. lation "films de fiction". des aspects matographique. 49. - aussi Chaplin. avec une avidité extraordinaire.

de bonne ou de mauvaise foi. "Film director and script writer live in a con- cette notion aussi fondamentale qu'ambiguë. complexes qui se posent en sociologie. qui risque d'agacer tant8t les savants. Fritz Lang's film. Il n'existe German Society in those years when the Nazi aucun guide. le scénariste vivent dans une société concrète. film de Fritz Lang. de relever cer.nouvelle. Sociology of Film. à la la société au sein de laquelle elle s'élabore. à ceux-ci sont encore témoins. Nous souhaitons voir publié très pro- sion d'une sensibilité collective.P. Documents. la "morale" d'une classe. en 1932. Studies and d'authentiques. ternational. L'analyse des points de contact entre la expédition de reconnaissance. L e testament du Docteur des catalogues. a film 1 had previously seen in taines oeuvres isolées importantes . " 10 . Nous s o m m e s tout spé- Mabuse. n'est qu'une tiennent. in C a m - leur contribution au sujet qui nous occupe. Londres 1946. enfin. est ailleurs. il arrivera Berlin in 1932. Nous préciserons. chemin faisant. breuses personnes qui nous ont aidé dans notre - Alliés venaient juste de débarquer en France j'ai tâche. par le Comité français du film ethnogra- leurs films révéleront à l'historien futur l'idéal phique. Their works must consequently Notre ambition c'est pas de dresser un inven. les universités. documentation éparse. un devoir de signaler et différemment que les tricheurs. qu'un grand nombre de renseignements précis ont les maquilleurs ou les bateleurs qui n'obéissent été fournis par les analyses minutieuses de films qu'aux impératifs de la production courante. travail. artistes intègres la montrent sans doute autrement Nous nous faisons. dite "documentaire". des films. Notre objet. la perver. T o analyse where life meets art is lignes de l'évolution du cinéma sociologique dans perhaps one of the subtlest problems the socio- un nombre limité de pays. J'ai cialement sensible au prix de la collaboration ami- été frappé de constater à quel point ce film reflète cale et constante que Jacques Delcorde nous a ap- l'état de la société allemande dans les années qui portée. que j'avais déjà vu à Berlin. 2. p. tant8t les Leurs oeuvres doivent nécessairement refléter ou cinéastes. chainement ce travail qui constitue un outil cependant. crete Society. L'année dernière les . Les Télévision belge. Last year the Allies had just landed in sies en fonction de l'importance exceptionnelie de - France 1 saw in a repertoire cinema. en vue de la publication d'un catalogue in- conformiste. en Europe et en A m é . dans lavaste production gnement des sciences sociales. au Service cinématographique du Minis- ou inconsciemment. Je voudrais Nous remercions bien vivement les très n o m - illustrer ce point de vue. et m é m e les savants-cinéastes. Perhaps 1 m a y illustrate this rique du Nord :ces écoles nationales ont été choi.les vu dans un cinéma de répertoire. - point. etc. en dialoguant de la vérité avec le savant et l'artiste. Nous devons aussi une gra- Tant il est vrai que toute forme de cinéma ré.nous indiquerons d'abord les grandes are a part. It struck m e now to what a sur- - sans doute que nous en oubliions et nous nous en prising extent this film reflects the state of excusons auprès de leurs auteurs. cependant. J. envoyé des livres. en nous aidant à rassembler cette ont immédiatement précédé le triomphe des nazis/2. les services officiels. Mais qui ont été élaborées au Musée de l'homme. Il ne sera pas inu- vie et l'art constitue l'un des problèmes les plus tile s'il facilite l'éclosion d'essais plus élaborés. les menteurs. Doctor Mabuse. nécessairement imparfait. Nous nous contenterons important pour l'utilisation du film dans l'ensei- de présenter et d'analyser. aucune carte susceptible de nous advent was imminent. Mayer. tère de l'instruction publique de Belgique. écrivait en 1946/1 : "Le réalisateur et conduire dans cette entreprise semée d'embûches. témoins malgré eux . The Testament of ne manquerons pas. reflect or interpret the social life of which they taire complet . le spécialistes qui nous ont écrit. logist has to face. un certain nombre de "docu- ments" sociologiquesqui méritent d'être qualifiés 1. Paris. titude toute particulière à la Cinémathèque de vèle. à Cambridge. C e interpréter la vie sociale à laquelle ils appar. 276. positivement ou négativement. consciemment Belgique. Nous bridge.

langage autonome. unepeinture dela réalité A travers le filtre de la création poétique. Seul de son espèce parmi les arts plastiques (dont 1. 1956. mais quelque technique photographique . Cette du regard. . c o m m e la musique. d'après Albert il relève par l'un de ses aspects). contradictoirement. tech. Agel. L e triomphe de l'art abstrait SOUS les formes graphie du visage humain. il n'y a pas lieu de discuter ici si graphie. le cinéaste a dépassé le stade On conçoit difficilement que le cinéma ne soit du décalque infantile. un cinéma sociologique est-il - puis l'impressionnisme c'est-à-dire. D e 1896 à 1902. Edgar Morin. ). tionnelle :son point de départ est une photogra- est aussi. eu des peintres d'esprit moderne. précisé. un cinémalatentchez Rembrandt. en gros. Il y a. L e cinéma. le cinéma se situe en marge 3. cinéma ont joué dans cette évolution un rdle non lorsqu'il s'agit de délimiter avec précision la va- négligeable. explorant cette réalité qu'il donne à voir. des objets m ê m e s de la peinture figurative tradi- nique d'enregistrement photographiquede la réalité. analyse longuement la notion il y a des préoccupations picturales chez Eisens.''/I pas. Il est certain que la photographie et le photographique. s'inventer de toutes près cette réalité du monde. un procès équitable. par un besoin de mieux voir. le (dans la mesure. L e cinéma ou l'homme imaginaire. ment en introduisant les normes du récit (décou. L e 4. p. langage autonome. et bien qu'il constitue aussi un Paris. dans Laffay. on peut dire que c'est à notre époque seulement que les artistes prennent clairement conscience du fait que la pein. liste. de la peinture . tage. miroirs ? Bref. chologique et sociale qu'il s'applique à dépeindre. leur de témoignage de l'image. un simple jeu de L a prodigieuse aventure de l'art contemporain de. à Laren. on le sait.anecdotique. guerre. Jadis ce point de départ était celui cinéma a conquis son autonomie contre la photo. Une grande partie de ce qui apparte. 25 11 . Dès le départ. un aspect en charge par l'art cinématographique. s'explique. 2. le cinéma. pur langage. dans une cet égard. du geste. se CINEMA ET P E I N T U R E réduise (ou réussisse) à n'être plus qu'une pure image de la réalité humaine. ouvrage cité.. contre le poids du monde réel. elle l'a abandonné à tort ou à raison. Cette très grave interrogation ne doit pas &tre a dépouillé la réalité picturale du su. entre autres choses. le phie du réel. les plus diverses. p. - qui se trouvait devant un terrain vierge qui de- page. de photogénie et la valeur affective de la photogra- tein.. L a perception d'une photo met en branle un méca- en partie tout au moins. nous sommes ren- - nait jadis à la peinture l'intensité psychologique voyés à des problèmes de pure poétique.i. où il se sert de la cinéma révèle non pas la réalité. certains films de M a c chose d'elle-même. possible. Bien qu'il y ait toujours de notre propos. L a photo. mais tout en serrant de plus vait se définir lui-meme. une "image-spectre de l'hommes'/3. ce qu'il a de vivant. cessant d'étre art. nition). de tout voir. dégagé de la réalité du monde J1 est difficile d'instruire. C H A P I T R E PREMIER DIFFICULTES D'APPROCHE Agel résume fort bien l'ambiguïté fondamentale cinéma s'est servi. écrit Morin. à propos de l'image extérieur. etc. n'a cessé d'être un art réa. c o m m e étude pénétrantela. de la personne ou de la chose pourtant absente"/4. ne répondent plus à cette défi- l'oeil morne. traitée à la légère. au moins. la dilution totale de l'anecdote. équivoque est surtout évidente lorsque l'image que - la tension secrète vers une action a été repris nous interrogeons nous montre l'homme. à de la société humaine. dont toute poétique serait exclue ? depuis l'apparition de la photographie et du cinéma . 33 d'une évolution générale caractéristique. montage. - mique a résolument choisi de se construire en Puis. p. Edgar Morin. un art : ". que nous devons aborder de front :le cinéma. IMAGE ET REALITE ture est d'abord. de voir davan. C'est d'elle que dépend le sort son prétexte traditionnel. la construction dramatique. pour constituer son langage. A cet égard. 52. pièces et non réagir contre une tradition acadé- cinéma a vécu de l'enregistrement direct du réel. L a question qui se pose à nous est plut8t celle-ci :le cinéma peut-il n'être que cela ? Peut- on imaginer un cinéma qui. & ?. Barthélémy Amengual et René Micha. qui échappe à l'oeil nu. par ce mouvement qui a nisme psychologique complexe : "La première et chassé let * vers l'art cinématographique : étrange qualité de la photographie est la présence celui-ci n'a cessé de se nourrir de la réalité psy. depuis la fin ie la dernière est un "double".

l'absence leçon de morale. social existe sourdement et c o m m e sollicitation". une morale universelle. qui présente l'avantage d'8tre jointe au tout dans le monde une façon de jouer. L a photographie n'a encore jamais l'expression. transformant. C'est toujours le texte dans l'objectivité m @ m e de l'image". surajoutée. l'image de l'homme se l'image. Dans sa Méthode de llethno- photographies des @tres qui nous sont proches . 80 précisément. le gênait. sans apprêt. étranger à son propos. l'archéologie. auquel il est difficile de s'arracher. A l'heure actuelle. prendre le plus grand nombre possible de cli- pelle un jugement esthétique plus qu'un jugement chés des "moments critiques les plus intéres- de réalité. Paris. tions purement scientifiques :l'illustration photo- Ces photos ne sont donc nullement des "poses" graphique tend timidement à devenir un langage destinées à quelque album de famille. de rire ou texte. Confusément. Mais leçon. Ces images nous univers qui n'a plus rien de c o m m u n avec labiblio- apportent mieux qu'une leçon de sociologie :une thèque traditionnelle. L a recherche délibérée de intéresse ici. qu'l'enrichir la puissance affective l'histoire de l'art. Marcel Griaule définit trois types les morts qui nous étaient chers survivent pour d'l'enregistrements'' photographiques. écrit Merleau-Ponty/? 2. dérobées à la vie quotidienne. rement intégrées au développement de la pensée. elle ne la crée pas de toutes pièces. qui est la source et la référence sacrée. vraie parce que belle. connus et aimés. afin d W r e complémentaire. pudeur. ces photos sont toujours "en marge". Nul document sociologique ne révèle mieux que sévère . L e cinéma ou l'homme imaginaire. c'est encore trop d'images dans les plus importantes monographies dire. il semble que ce soit moins pour préciser ginaire". par la seule versitaire. Les "sciences sociales". Nous touchons de très près. cité par Mais cette valeur éminente ne satisfera pas Jean-F. L a phénoménologie. Cette Elles relatent des faits et se méfient du prestige auréole affective nimbe tout particulièrement les magique des mots. 41 5. "Avant la prise de conscience. d'une manière dans la recherche : plus générale. religieusement. Parfois. Etrange 3. ra- - ces instantanés privilégiés choisis pour leur pou. risque à reproduire le visage des h o m m e s qu'il a au-delà de la diversité des cultures. Mais. mais il ne détr8nera pas l'emploi de la pho- nous. document. sauf peut-@tre dans le domaine de la tech- pr@te-t-elle pour le sociologue ? Beaucoup de nologie. une façon à parlé est toujours pauvre et l'oreille facilement laquelle le coeur plus que l'esprit reconnal't la distraite. voir magique. Les masques. alors qu'elle a envahi mot de Morin. S'il utilise la à ce que la phénoménologie appelle le "social ori. "tout ce qui est image tend. coutumes. Elles ont insurmontabl es de la description rigoureuse des cependant le m ê m e pouvoir insolite que les photos gestes techniques et rituels. sociographiques révèle sans ambage un tabou uni- tendent à imposer silencieusement. 1956. nous reconnaissons des êtres proches de riche. ). ment parallèle de l'iconographie dans les publica- tif et sensible a pu les surprendre à l'improviste. ou mieux. de famille :un pouvoir d'émotion Sans les con. mais il le fait avec une grande les costumes. l'ethnographe se communication du regard. lude à 1'enregistrement cinématographique. les photos de phénomènes en mouvement (rites. 1954. à devenir affectif et tout ce qui est affectif (qu'il recommande de montrer dans leur milieu. Presses universitaires. expliqué par lui. dans cette perception. vraie. p. 12 . 38. selon le tive des phases d'un rituel. pré- "qualité" artistique d'une photo est une valeur nou. montrent scientifique dont personne ne conteste la valeur. remédiant aux difficultés parfois regardées pi eus ement . Les ethnographes de l'image''. p. dépourvu de toute émotion ? photo. intitulée L a famille humaine (The Family of Men). le langage de pleurer authentiquement humaine. les décors passent au second plan. enfin. ne s'efforcent-elles pas d'inventer 3. dans la photographie. A u cinéma. Phénoménologie de la perception. tend à devenir magique"/l. en effet. tous les sociologues. le 1. Dans ce domaine. Sans doute assisterons-nousbient8t au développe- sations. tels qu'un photographe atten. nous velle. Nous découvrons avec force qu'il existe par. L a "magie de l'ombre" est ici a m . mais c'est Ii existe. leur charme indéfinissable que . Une photo est toujours w e avant d'être sants". les photos d'objets à usage profane ou rituel un sens. L e cinématographe en évitant soigneusement "les effets artistiques") .D'où le pouvoir véritablement "magique" de la un langage objectif. c o m m e si le pouvoir émotif de l'image. Qu'on ne dise point que la Seule la photographie du corps en mouvement. 1957. si du moins cette expression a un sens. Egard Morin. "un fantastique latent impliqué là plut8t un amusement. Cette magie ap. bien sQr. photo. Ces images authentiques éveillent la morale. les auteurs les moins austères l'homme est immédiatement perméable à l'homme. Paris. tographie. dès lors. hérite de cette étrange propriété de l'image en la 2. en vérité. Paris. de toutes civili. elle est devenue un instrument de vulgarisation Ces images. les photographies aériennes. P a r contre. compréhensible. elle ne fait. non A quel usage. n'introduit pas été utilisée systématiquement pour l'étude exhaus- une dimension spécifique . Lyotard. cependant. des h o m m e s de toutes conditions. Aussi bien le cinéma règne-t-il sur un présence fraternelle de l'homme. publient parfois des albums d'images. graphie/3. là. une information que pour égayer un texte ardu. Griaule recommande de plifiée par l'obscurité de la salle. le cinéma est un instrument autrement nal'tre. l'emploi de la photographie gens ont pu voir l'admirable exposition de photos s'est généralisé dans les musées d'ethnographie . dans 1. valables nous dans leur "double" figé. etc.

Morin. la notion d'un "cinéma-vérité" m ê m e réalité. lorsqu'il entre dans la maison de rien que de réjouissant . Et nous disons bien happé : le cinématographe éclairées. dès sa naissance. le pho. le respect religieux des plus grande objectivité. aurait pu aussi bien réaliser d'immenses possibi- rage est l'art de révéler la réalité sous un certain - lités pratiques. de ses fins apparentes. la distance. est toujours un mensonge. Lumière fixa définitivement la tech- l'intégralité d'une condition humaine. Mais le fait n'a en soi ou la brousse. Morin. Edgar Morin le rappelle : les précur- tographe moderne doit aussi emprunter des voies seurs (Muybridge. de participer à l'action . une panique ou une joie qui m o . Marey. de l'éclairage. C'est dans ces conditions particulières qu'il du "document" scientifique sont inopérantes. L'aspect des choses. duction" photographique. une plus grande fidélité au anciens peintres flamands ou italiens. impose une certaine coloration affec- Mais les consignes qui exigent la dépoétisation tive. techniques ou scientifiques. pour atteindre mettre au point un instrument de recherche ''pour à la véritable connaissance d'un visage. L e cinéma dant. radicalement détourné problème de connaissance. un plan d'ensemble. etc. p. il fallait toute photo ses séductions magiques ? Introduit-il une l'habileté et la patience. seau.. par le miracle de - ment . Il faut. de la "Pêche à la crevette'' n'opère plus en plein air. sur la toile. Il faut bien se faire à même. rapport ambigu s'établit entre l'objet et son image dire un désarroi. Pour découvrir L e mouvement cinématographique enlève-t-il à la la vérité permanente d'un visage. E n lité elle-même. et des manipulateurs de lanternes magiques. plan. de m ê m e . en se rapprochant. 2. d'une part. savent nous faire participer à l'essence d'un visage. "capturé". Qu'il s'agisse de l'éclairage ou du choix de l'angle. L e cinéma utilise. en plongée ou en contre. D'autre part. le galop du cheval. ner les scènes décrites. le phie est un art. au désir de mieux voir pour mieux que l'on puisse dire qu'elle est "parlante". un stéréotype sans vie. nique et lança ses opérateurs par le monde.les illusionnistes arra- l'homme. de lui fournir le support d'un pas seulement pour mieux voir. le lecteur a le sentiment d'"être présent". pour fixer l'image d'un visage de telle façon sité scientifique. indifférent : chaque angle définit différemment la Flaherty. Ceux-là réel ? Lorsque le cinéma était en train de naftre. - dire du film spectacle a atrophié ces développe- objectif. l'interprétation qu'elles suggèrent ne dépendent. 14. de la façon dont elles seront ma. Il est banal de rappeler qu'un objet ne prend pas la m ê m e signification dans un gros 1. la marche de l'homme. ouvrage cité. nouant avec la tradition des montreurs d'ombres C'est alors que se pose avec une acuité toute par. Tout dépend de l'angle. le pouvoir émotif dont parle Edgar Morin se modifie avec la position. C e n'est pas ne s'étonne pas. re- sensibles ne parviennent pas toujours à percer. qui auraient semblé naturels"/2. connues de lui seul. l'oeil voit autre- "mère baignant son enfant" ou d'une "beuverie sacrée". notamment. ces constatations simples avant d'analyser allait-il être l'instrument objectif capable de sai- l'image cinématographique de l'homme et de la sir sur le vif le comportement de l'homme ? L a société. connaftre. la lumière artificielle. avait déjà souligné malicieusement que le m ê m e puisqu'elle saisit un fragment de nous. le cinéma la doit à la curio- cation. ments. toute photographie est une caricature. Lorsque. ''On ticulière le problème de l'éclairage. Mais l'essor du cinéma c'est-à- jour. du style de l'éclairage ? L'art de l'éclai. pour être happé par le spectacle et devenir le ciné- elles pas. guetter l'instant problématique où s'exprime en lui de son c8té. c'est-à. le photographe pénètre dans une zone chèrent bientût aux savants cette nouvelle espèce d'ombre plus épaisse. D e m ê m e . avec ces premières réalisations naïves. p. L e peintre surréaliste Magritte un sens. que les émulsions les plus de microscope et le transformèrent en jouet. LANGAGE C I N E M A T O G R A P H I Q U E la photographie-fiche signalétique. car faut analyser la valeur documentaire de 1a''repro- il n'y a pas de photographie "objective''de nous. 15. Sa naissance m ê m e . l'image officielle de nous-même qu'imposent les habitudes PHENOMENOLOGIE DE L'IMAGE ANIMEE ET bureaucratiques du monde administratif moderne. Il faut aborder. avec Dziga Vertov. C e propos préliminaire paraftra peut-être bien Les archives filmées de ce siècle commencent léger aux esprits sérieux. de l'autre. du l'idée qu'elle est image de la réalité et non la réa- hasard de l'instant qui nous a saisi. les champs - permettait de le croire. c'est aussi un se soit vu. Brusquement. savoir étudier les phénomènes de la nature''f1. c o m m e il est lié au jeu de l'ombre et de la lumière. 13 . le photographe guide nécessairement la prise de le texte sort du brouillard. Il n'existe pas d'éclairage parfaitementneutre. photographique. c o m m e le ferait double :présences admirables et ingénues de la une jumelle . cepen. n'estjamais verrons comment. la photographie standard. cinéma ethnographique et sociologique était né. Démeny) entendaient secrètes. on redécouvrit avec émerveillement le vol de l'oi- au-delà des fluctuations de nos grimaces. L'appareil de prises de vues ne rapproche la description. écrit Morin. dèle l'un de nos nombreux visages possibles. pour atteindre à cette plénitude dans la communi. conscience. que le cinématographe seulement un problème esthétique. Nous L'angle de prise de vues. dansles rues. Dès qu'il du "Déjeuner de bébé". l'image. une singulière possibilité lui est offerte d'imagi. ouvrage cité. L a photogra. au m ê m e titre que l'art merveilleuse ingénuité de la "Sortie des usines".semblent éprouver parfois la nécessité d'incarner plongée.

Les cinéastes savent bien que l'on pas d'ensemble de règles qu'il suffirait d'appliquer change rarement de manière aussi radicale. fications variables. où ils respectent la chronologie de l'action que. la signification d'un de façon de filmer qui différerait radicalement de plan. de la célèbre expérience dite de Koulechov. L e montage sentant un petit ours. la physionomie était exac- enregistrée. cet essai n'apportera au. finalement. Dans la pre- fil visible ou invisible. et n'exprimaient aucune es- forme à la réalité. Il est évident qu'il s'agit là tement "scientifique" du langage cinématographique. statique. Nous noterons aussi que se préte aussi bien à l'expression de la vérité qu'à l'expérience de Koulechov a été faite au moyen celle du mensonge. Nous au. tel et tel film.Dans core Morin. Paradoxalement. alors que le cinéma véritable assemblée avec une image montrant un divan sur expurge et morcelle la chronologie . et admira le sourire rayonnant et durée . 120- On a beaucoup insisté jadis sur le r81e structu. réussies parfois des chefs-d'oeuvre de l'art cinématographique. Mais nous. Bref. gistre". tous semblables. Les images plan varie en fonction de celui qui précède et de extraites de celui-ci. Rappelons-la. se détachent. ceptible donc d'étre affecté au maximum de signi - rons l'occasion d'y revenir : il n'existe pas de trai. qu'il s'agisse d'un documen. de l'univers filmique n'ont rien à voir avec les tendant à prouver que la signification émotive d'un coordonnées analogues du monde réel. un langage qui adhère fortement à la réa. rant du montage dans le discours cinématographique.dont le cinéma dit documentaire. qui étaient tage se joue du temps réel. sième. par le l'a rapportée : "Koulechov et moi prhnes. selon l'expression d'André Bazin. C'est ce rythme mis dans la confidence. L e public délira d'enthousiasme devant le menus morceaux. où l'élément dominant semble l'art cinématographique. bien être. par quelque selon trois combinaisons différentes. telle que Poudovkine taire ou d'un film de fiction. Il devenait évident et indubi- cinématographe Lumière. A cet égard. s'est libéré moins en moins . des gros plans de l'acteur bien quels leurs modèles appartenaient . m d m e s'il ne constitue pas l'essence du cinéma. rela- l'interpétation "stylisée"qui serait celle du "cinéma tivement faibles. ture cinématographique condense le réel. Esthétique du cinéma. Roger -Leenhardt. Nous assemblâmes ces gros plans. L'écri. le mon. Si ce caractère confère au document tement la mdme"/l. 1. par pour enregistrer automatiquement la réalité sociale.fut réintroduite dans le développement m & m e de film sociologique. 2. cinématographique/2. d'un cas limite. cune recette. table que Mosjoukine regardait cette assiette. fut remué du temps réel et du temps filmique dans les pre. Cité par Agel. Roger l'unité de temps et de lieu qu'il impose est une Leenhardt l'a souligné :le style du montage a limitation absurde. qui étaient statiques. à l'imaginaire . A cet égard. trois combinaisons à un public qui n'avait pas été continue et hétérogène des plans. octobre 1959. la physionomie de Mosjoukine était chronologique réel". dans montage. par le profond chagrin dont il témoignait devant la mières bandes de Lumière. dans la mesure. Il n'en reste pas moins que. ce r81e n'est pas primordial dans le du cinéma. 14 . définitivement. il met en lequel reposait une f e m m e morte. le cinéma appartient toujours. Nous choishnes des gros plans au sein d'une structure autonome qui n'est pas con. mais n'en est jamais le décalque. p. serons sont aussi des oeuvres cinématographiques "crée entre les plans des rapports de sens que la - achevées. 121. le sentiment de réalité qui se dégage des terroger sur la transposition que l'image animée images. précisé. le résultat fut extraordi- qui. elles se groupent connu Mosjoukine. jeu de l'interprète. On a noté souvent que le temps et l'espace sait. le décalage est plus celle de l'école expressionniste. Dans la troi- accord et en raccord les fragments temporels. de vues. L a plupart des grand encore entre la réalité et son image mou. il est un mière. Quand nous montrâmes ces unit et organise en un continuum la succession dis. celui qui suit. Les limites de variation sont. ce temps "métamorphosé". Ambiguïté du cinéma. tement suivi par le gros plan d'une assiette de lité. Dans le soupe sur une table. Auparavant. mais des images de l'action. il faut. en fait. - pèce de sentiment des gros plans immobiles. immobile. le gros plan était suivi d'un plan d'une pe- selon un rythme particulier qui est celui. l'analyse filmologique a été impose nécessairement à ia réalité qu'elle "enre. changé depuis 1920 et cette prétendue loi joue de aussi bien que le cinéma de fiction. Cahiers A vrai dire. on voit que une importance exagérée à ce principe. spéculations sur le montage s'inspirent. de l'espace et du temps morcelés aux. fille en train de jouer. La plupart des films que nous analy. trop sollicitée par une esthétique particulière. Remarquons que la parfaite concordance de son regard devant le potage oublié. pour Leenhardt. s'in. la qualité m ê m e des prises c o m m e précédemment pour la photographie. dans les trois cas. L'esprit manie librement ce d'un gros plan neutre. ces petits films relèvent plus du théâtre heureux avec lequel il couvait des yeux la petite filmé que du cinéma. est liée à leur courte f e m m e morte. le montage. c o m m e le souligne en. à partir des séries temporelles hachées en naire. le temps "était exactement le temps la seconde. non de tite fille s'amusant avec un jouet cocasse repré- l'action. un élément secondaire du récit C e temps "truqué". avec d'autres fragments de film. no 100. nous savions ment. on le vante. 27-38. les seules vertus du montage. le montage serait m é m e devenu. de fiction". avec bonne foi ou mauvaise foi. reconstituera un temps nouveau. en invente un autre. mais en donne l'illusion. Il souligna la lourde amertume fluide. Il convient de ne pas accorder ainsi obtenu une grande authenticité. le gros plan de Mosjoukine était immédia- langage. pp. sus- langage.

c'est le rapport pas"/l~ Bazin note aussi que Flaherty fut l'un des entre Nanook et l'animal. L a réalité filmée n'est L e cinéma documentaire récupére donc une plus l'ombre dont le montage serait la proie . du montage au second plan. C e qui compte pour Flaherty. qu'un rüle négatif . "La caméra. dans une matière trop abondante. de ce fait. selon Flaherty se borne à nous montrer l'attente . ce 1. selon le mot de Bazin. Paris. 56. opère un choix parfaite. Dans cette reprise en graphe Lumière . de l'image et de la réalité tend à redevenir il élimine les éléments parasites.nature de chacun d'eux pris isolément n'implique devant Nanook chassant le phoque. de l'art cinématographique. écrit Bazin. 1958. Dans le film. L e montage pourrait suggérer le temps : des grands cinéastes russes et allemands. laquelle l'expressionnisme du montage et la valeur la durée de la chasse est la substance m & m e plastique de l'image sont les fondements m ê m e s de l'image. qui fit passer la fonction symbolisante plus émouvant qu'un montage d'attraction ? "f 2. idem. mais. p. le montage ne joue plus certains moments privilégiés où l'adéquation guère. du moins. l'ampleur réelle de l'at- premiers à rejeter implicitement la conception tente. de n'en rien perdre. beaucoup de Flaherty. qu'assume le cinéma documen. elle s'efforce. d'exprimer la réalité fut l'apport révolutionnaire Niera-t-on qu'il ne soit. à taire depuis Flaherty. qu'elle choisit de voir. Qu'est-ce que le cinéma ? 1. ne peut tout voir à la fois . p. il réinstalle le temps réel mains de la réalité. 15 . L e souci primordial cet épisode ne comporte donc qu'un seul plan. Ontologie et langage. elle part des prestiges archaïques du cinémato- est la proie et l'ombre. 2. André Bazin. dans le temps métamorphosé du montage. 134. son véritable objet.

S'il n'échappe à personne que les films nazis une aisance merveilleuse dans les situations con. ciologique. L e film-document se substitue. un retour aux origines scienti- authentiques. les raisons qu'elle a 16 . dans son authenticité. Sans doute aurait- propagande sociale. on s'en doute. Notre sujet exige Il arrive fréquemment que les pouvoirs publics une analyse des grands courants du film documen. en quelque réaction vaguement hostile se dessine au plus pro- sorte. Cette loi est universelle. té. une singulière régression du "cinéma" au méritent d'étre considérés c o m m e des documents "cinématographe". au regard m é m e de l'enquêteur . Nous attendons d'un tel cinéma "documen- que les spécialistes des sciences sociales. regard précieux néanmoins. Ils intéressent dès lors aussi bien le fiques de l'appareil de "prises de vues" s'opère en grand public. ment de méfiance. il la valeur considérable des constats : illustration reflète les idéaux. Les films de ce genre ont l'immense gnages sur les idéologies de notre époque. LE FILM-DOCUMENT sociologique. que. On retrouvera dans ce panorama. de provoquer une prise de conscience société se voit elle-même. certains aspects de la vie sociale s'est développé dans l'histoire m ê m e du 2. autant que les situations concrètes ment. Il est remarquable que les grands films documen. Lorsque à la façon d'un microscope. E n effet. une sociale. souriants de la vie sociale na- dès lors radicalement aux films documentaires de tionale. dès qu'une thèse moignent d'une volonté claire de refléler la réalité s'impose et s'interpose entre l'image et nous. Confusément naît l'impression pitres suivants. comment la dramatiques. qui acceptable. CHAPITRE II POUR SERVIR A UNE TYPOLOGIE DU FILM SOCIOLOGIQUE 1. de grossir ne joue pas toujours avec autant de netteté. au cours des cha. parfois fort ingénument. Ils montrent. la pro- est un langage pauvre. Paradoxale. ciels" de mauvaise foi. dont le sociologue doit aussi on mauvaise grâce à accuser les producteurs "offi- tenir compte. les pouvoirs d'observation de la caméra sont qu'ils évoquent. sophie sociale. nous. ils sont des témoi- immenses. Ces films. le cinéma ethnographique véracité d'une thèse sociale. nous atten- humain que l'ethnographe a définis. du réel . mais il évolue avec aisé. Ils se présentent à nous c o m m e des que de tels films montrent autre chose que les témoignages. les stéréotypes de la société. on constate sou- des rapports scientifiques. d'esquisser l'histoire du film so. Souvent mérite d'établir un contact sensible avec l'homme. tention du sociologue. provoquant l'éclosion d'une série impres- sionnante de films-documents. n'est pas sociologique lui est refusée . Ces do. les superficiel parfois. Quoi qu'il en soit. L'abstraction du langage pagande de mauvaise et de bonne foi. relèvent de la première catégorie. les pouvoirs publics subventionnent un film destiné Les films-documents n'ont pas été conçus c o m m e à montrer les moeurs nationales. s'efforçant. problème. NOUSverrons bient8t comment le souci d'exprimer. - d'une duperie la thèse m ê m e serait-elle valable. les Dès l'instant où le cinéma ne nous entranie pas deux types d'approche objective du comportement dans l'univers du réve. LE FILM DE PROPAGANDE SOCIALE cinéma. D u point de vue discursif. Il faut bien avouer ou sociologique est né bien avant que les ethno. tion sociale. et s'opposent aspects lumineux. aspect saisissant du groupe social qu'ils présentent. la distinction crètes qu'il a le pouvoir de restituer. un aspect de la réalité sociale qui doit retenir l'at- taires sur l'homme sont souvent des oeuvres cri. et dès que cuments authentiques sont des oeuvres d'art. les films de ce genre sus- graphes ou les sociologues prennent conscience de citent chez le spectateur averti un curieux senti- son existence. le cinéma Distinguer. voire des pamphlets. Ils réveillent la sensibilité autant que l'intelligence. fournit à la sociologie plus d'un limités. sans fards. C e phénomène sociologique mérite rassemble dans une m ê m e perspective les oeuvres d'être analysé. les plus importantes du cinéma documentaire. films de propagande sociale existent et leur philo- lytique. utilisent le cinéma pour convaincre le public de la taire car. Pour l'historien. Ils n'en ont pas moins vent que le sujet est traité avec conformisme . mais ses possibilités expressives sont enseignement. les thèmes retenus tiques.dont dons de lui qu'il approfondisse notre connaissance l'intention sociologique est plus ou moins nette. la sensation de liberté faiblit. Nous tenterons.regard fond de notre conscience. de la fiction. aussi leur optique particulière met en relief un en révélant des aspects fragmentaires de sa condi. le plus souvent. regard synthétique plus qu'ana. taire" la vérité toute nue. dans de telles productions. auquel ils s'adressent principalement. Il est rare. au m ê m e titre que les oeuvres révèlent. naturellement. de toute façon. d'un problème sociologique ou introduction à un tel rarement ses tares.

Il est signi- tions de secrétaire général).aux Etats-Unis.A. où les oeuvres présentées sont jugées à A. France. de "faire connal'tre. national a participé aussi au 4e Congrès mondial nérale. prudence par le sociologue qui y trouvera parfois . ou CIFE (de. à Florence.dresser un inventaire de tous les films d'in- blic leur action sociale dans divers domaines. mai 1957). de son côté. de cette espèce. térêt ethnographique existants. Il contres internationales organisées par le comité. et sociologique. Etats-Unis d ' h é rique (Peabody films tentent d'informer objectivement le public Museum. la docu- ci par des cinéastes professionnels. évidemment. est dirigé. particulier. par domaine de l'ethnographie traditionnelle (ou anthro. en quelque manière. organisé définitivement lors du IVe Con- tus qui examinent paternellement le cas d'un petit grès à Philadelphie. D'une manière gé. Enfin. plus simplement. les analyser. nous accorderons une place L e but du Festival des peuples. sur un problème social. d'intéressantes peintures de milieu. tant au point vouer la plus grande admiration à Flaherty. L e Comité inter- les commanditaires politiques. aussi de singuliers phénomènes de déformation Institué à Vienne.de s'estimer . mai 1955) cien cinéma documentaire colonial regorge de films et à l'Université de Cagliari (Sardaigne. soit destinée à la vulgarisation international du film ethnographique. ou. ténue dans le cinéma que dans la littérature. n'a cessé de l'art cinématographique. au née. ces Belgique. des délégués du CIFES et de l'Association interna- A c8té des documents que nous fournissent les deux tionale de sociologie. et phique et sociologique. en vue de ''créer des ficatif que le Comité international du film ethnogra- liens entre les sciences humaines. les Colloques internationaux du film ethnographique Quelques cinéastes de grand talent ont su expri. car où le champ d'activité du Comité a été étendu à chaque création nécessite la mise en oeuvre de l'ensemble des sciences sociales. Harvard University). en dépit des servitudes qu'imposent à la Culturale de l'Université de Pérouse (mai 1959). est scientifiques ou en étroite collaboration avec ceux. organisés à Prague (septembre m e r une vision personnelle et authentique de 1957) et à 1'Istituto di Etnologia e Antropologia l'homme. Dans un certain nombre de cas. des valeurs culturelles s'affirment de vue du développement de la recherche scienti- ou sourdent. Pologne. C'est tout spécialement dans le sociales (ou inspirée. L e Comité international du film ethnographique la fois du point de vue esthétique et du point de vue et sociologique scientifique. Smets. fique que de l'expansion de l'art de l'imageanimée''. de l'autre. Depuis la création. Je connais tel film sur l'enfance international des sciences anthropologiques et ethno- délinquante où les dignes bourgeois pleins de ver. On observe . très souvent. C e n'est pas dans une telle production. des figures tional groupe actuellement les pays suivants : d'assassins. mais. création artistique et à l'objectivité sociologique avec la collaboration de l'Unesco. flatteur pour les institutions nationales. en nombrables films de toutes nationalités. Tchécoslovaquie. en 1952. du Centre italien du film ethnographique et sociolo- blème déontologique.rassemble chaque an- organisme. lors du IVe Congrès photogénique. par S. notamment. venu Comité international du film ethnographique dont le premier président fut le professeur Georges et sociologique ou CIFES. à des spectacles". qui se déroulera importante aux films réalisés par des chercheurs chaque année à la m ê m e époque. catégories précédentes. réali- pologie culturelle) que l'on voit fleurir une telle - sée dans divers pays documentation qui peut être production. gique (Centro Italiano par il Film Etnografico e Sociologico)et du Centre culturel cinématographique italien (Centro Culturale Cinematografico Itaiiano) 3. logiques. par un jury comprenant. qu'anime un m & m e souci d'authenticité. depuis 1960. en 1952. Yougoslavie. est difficile de faire la part de la politique de pres. Parmi les ren- culier. du Comité soit scientifique. que l'on trouvera les oeuvres sociales Il s'est donc constitué une fédération d'organismes critiques. à Milan-Stresa (septembre 1959). d'une part. citons les Semaines internationales du film. dans les. L'an. réunis à plusieurs reprises pour discuter en com. à l'échelle mondiale. doivent être considérés à priori avec beaucoup de les critiquer et les conserver . Cet Film Seminar. les objectifs suivants : quels les pouvoirs publics justifient auprès du pu. les pamphlets révolutionnaires. le Prince graphes et des cinéastes professimnels se sont Pierre de Grèce et de Danemark. en 1956. Royaume-Uni. produire de nouveaux films ethnographiques . a été créé à l'initiative de les étudiants du cinéma et les cinéastes contemporains Jean Rouch (qui n'a cessé d'en assuxxr les fonc. à l'écran. diffuser les meilleurs films ethnographiques. nationaux affiliés au CIFES qui poursuivent. graphique. L e CIFES. en 1959). Grèce. des ethno. les conditions de l'homme dans la société). la liberté d'expression est beaucoup plus de sociologie. Pays-Bas.ethno- tige dans un film d'information sociologique. . Les in. 17 . Suisse. le Flaherty m u n des problèmes que pose ce type de films. le Comité interna- malandrin ont curieusement. Parallèlement à ce courantd'intérêt. autour du nom prestigieux de l'auteur de Nanook. au Musée de l'homme (Paris. ils Italie. les efforts capitaux importants. Musée de l'homme. dont le siège social est à Paris. Canada. Il se pose là un difficile pro. LE FILM ET LA RECHERCHE ont abouti à l'organisation du Festival international SOCIOLOGIQUE du film ethnographique et sociologique (Festivaldes peuples). à l'occasion mentation cinématographique relative aux sciences d'une recherche. n'envisagent le problème que sous un angle parti.

mais suscep- en France tible d'intéresser le grand public . pose résolument la question :le film son activité. aussi destiné au grand public. contribuèrent le plus à ce changement vocablement". Tout au plus. le film organisé fournit un précieux instrument d'enseignement. tout à la fois du type de son visage. générales de travail. Dans une étude parue en 194811. le film de Rouquier. C'est précisément dans cette scientifique . c o m m e dans jouet. dans le scientifiques. dit àpeine d W r e reconnue. avec lucidité. Leroi-Gourhan souhaite que ces films de re- dérations furent énoncées. moyen d'enregistrement gique organisé". reconstituer toutes les étapes. C e genre. Gourhan regrette. (a) L e film de recherche proprement dit -omprend. le cinéma était un jeu. bien qu'il soit film ethnographique. qui relève du film de voyage . problème du film ethnographique sur son véritable fique. dont l'existence vient (b) L e film d'exotisme ou de voyage. doit disparaftre. "recèle inconsciem- Leroi-Gourhan distingue trois sortes de films ment des valeurs scientifiques qui apparaissent auxquels la qualification "ethnologique" pourrait lorsqu'il change de spectateur. notamment. catégorie que l'auteur cite. c o m m e exemplaire. cher soit à donner un tableau général de la culture celui qui allait occuper la chaire d'ethnologie de d'un peuple. le film était susceptible d'etre utilisé systé. 18 . mais n'était le domaine de l'ethnologie. fiques dotent les équipes scientifiques de caméras maine de "film ethnographique". (b)le film documentaire public ou film d'exotisme. dans une définition étroite. L e débat sur la valeur scientifique et la selon Leroi-Gourhan. L'article sur le terrain. d'hommes. deux types :il faut distinguer méthode du film ethnographique et sociologique les notes cinématographiques (tournées au jour le jour. soucieux de ne pas enfer. m@mes. l'ethnologue cherche 1. Leroi- Rouquier venait de consacrer à une certaine pay. nique cinématographique est donné aux futurs cher- çoit. Farrebique (voir p. de Mais quelques chercheurs s'avisèrent que. Leroi-Gourhan. sans plan préconçu) du film organisé. peut. 1948. qui mériterait new-yorkais deviennent peinture de moeurs cu. les bandes "il devient possible de faire l'étude des attitudes maladroites que l'ethnographe rapportait d'un loin. d'&tre qualifié de "cinéma de recherche". Construit et géné- s'appliquer : ralement bien tourné. Pré- @tre. sur la construction d'un film". Leroi-Gourhan aper. par contre. tourné Naissance d'une doctrine du film ethnographique sans préoccupations commerciales. scrupuleuse. André Leroi-Gourhan. Leroi-Gourhan pose donc très clairement le (c) le film de milieu ''tourné sans intention scienti. les "films de et qu'ils reconnaissent la valeur du "cinéma- milieu" tournés en dehors de toute préoccupation archives". teront ultérieurement de codifier la méthode du (c) L e film de milieu. de repos. commentaire. ethnologique existe-t-il ? A l'époque où ces consi. un et d'établir le portrait véritable d'un groupe délassement. Paris). soit à décrire un secteur limité de la Sorbonne. le choix des images. Avant rieuses lorsqu'on change de continent". à juste titre. le il faut que les organisateurs des missions scienti- grand mérite d'intégrer résolument dans le do. de marche. probablement trompé que sur un seul point :l'exis- tale enmilieuchinois ouunbon film de gangsters tence d'un cinéma de notations. L e cinéma est entré à la sauvette dans les moeurs Leroi-Gourhan entrevoit la possibilité de réaliser ethnographiques. mouvements de la main de l'ouvrier ou du nageur. le décor de l'enquete . - maines L e film ethnologique existe-t-il ? L a Q Ü e peut-il y trouver ? revue de géographie humaine et d'ethnologie. que tant de voya- sannerie française (Farrebique). dans la mesure . Cette largeur de vue ne sera mal. qui faisait la joie des amis. l'authenticité du documentaire cheurs au Centre de formation aux recherches très élaboré que le cinéaste professionnel Georges ethnologiques (Musée de l'homme. 49). Dans ces trois catégories. rence aride. qui doivent apprendre à manier la caméra. en marge de toute geurs aient "donné leur premier tour de manivelle "recherche" scientifique systématique. Anthropologie physique : guère pris au sérieux. no 3. mais qui prend une valeur ethnologique terrain : celui de l'information honnete. dans l'ethnographie volonté. avec les idées les plus vagues sur de Leroi-Gourhan mérite donc d W r e salué c o m m e l'éclairage et les angles et aucune notion sérieuse l'étude d'un précurseur. elles bouleversaient cherche soient réalisés par les ethnographes eux- bien des conceptions étroites de l'ethnographie . trop rigoureusement inspirée d'autres disciplines où il n'hésite pas à falsifier la réalité. ses m e m b r e s et des gestes qui les animent". m e r le film ethnographique. B. dans la musique aussi bien que dans heureusement pas partagée par tous ceux qui ten. il rejoint le film ethnolo- (a) le film de recherche. "de la refaire à Gourhan est l'un de ceux qui. Pendant longtemps les chercheurs des films scientifiques dans le domaine de l'anthro- ne se sont guère interrogés sur la validité de ce pologie physique et de la préhistoire. Il ne s'est par exportation. U n enseignement sommaire de la tech- scientifique . Cinéma et sciences hu- des documents. L e film servait à planter de la mimique dans l'expression des sentiments. de revoir ce que le travail détruit irré- française. des tain exil servaient-elles à agrémenter une confé. André Leroi. par exemple. la théorie de Leroi-Gourhan a. histoire :le film-témoin de la fouille permet d'en matiquement à des fins scientifiques. Ethnographie : le film peut s'atta- de perspectives. c o m m e une intrigue sentimen.

la caméra spécialement pour l'enseignement. mis en présence d'une cérémonie com- gogiques d'un effet de montage particulièrement plexe. mais elles complètent matographique qui permettent précisément de des enquêtes précédentes ou constituent le point susciter des réactions émotives et reconnaftre de départ de nouvelles investigations. les éclairages d'un bloc-notes et d'un crayon". conçue c o m m e poser des problèmes" . Robert Lefranc international de Prague. Robert Lefranc se méfie ment. sans préciser l'"on &v différemment par l'intermédiaire de la les types de comportement. c'est un m é - du film dans un domaine voisin :la géographie lange curieux de lucidité et d'illusion. - L e rapport souligne judicieusement que le l'adolescent et m ê m e l'adulte. suffisantes à elles seules. en quelque civilisation. A l'initiative d'André Leroi-Gourhanet de Jean querons rapidement le développement des idées Rouch. l'auteur souhaite la réalisation de films auxquels cette définition est susceptible de s'appli- sur la géographie humaine des populations parmi quer. Lefranc Leroi-Gourhan. dans un film canadien caméra. sorte. On observe donc une surestimation des pou- lesquelles l'étudiant vit. témoin impartial. relativement limités. abordait le problème pédagogique de l'utilisation C e qui frappe. . A ce niveau aussi le film apparaît ethnographes. jeux de physionomie. depuis premiers comités du film ethnographique. Jean Rouch tourne ses premiers carnet de notes. peut filmer tout ce gui se passe et sans presque le ments et la vivacité du style impressionnent les chercheurs dans les divers congrès scientifiques 1. les enregistre fidèlement à sur l'alimentation mondiale. ex- d'un débat qui passionne de plus en plus les pressions. qui opère un choix plus grand. Les notes "une rue de Chine ou de l'Inde durant une grande cinématographiques prises au cours de l'enquête - famine la destruction de stocks de blé dans présenteraient. artistiques. L a haute tenue de ces docu. il vante lui-meme les mérites péda. l'adaptation au milieu. d'observer l'ensemble des événements. est un films sur le terrain à l'époque m e m e où Leroi. de manière plus limitative que ne le faisait films dans l'enseignement secondaire. les auteurs du rapport entrons ici dans le domaine du film m l . 49). mité présente. les commenter . l'un des relatives au film sociologique en France. la valeur d'"une répercussion émotive les notes cinématographiques permettent de considérable. "alors qu'on cinéma (voir p. pour en approfondir l'analyse. caméra". Soulignant que c o m m e un instrument de notation. chercheur. "qu'il n'y a pas connaissance durable chez l'enfant. la m e m e cérémonie. en 1952. Comment peut. l'étude toute autre forme de notation : le monde des gestes de Lefranc c o m m e celle de Leroi-Gourhanont (gestes artisanaux. d'une de l'ethnographe . qui estime que cette discipline offre technique d'observation. dans le passage d'être déformée . "le cinéma dans l'enquête ethnographique et dans phie humaine et d'ethnologie où paraissait l'impor. L e rapport du cinéma. fonctionnant presque à l'insu l'homme en tant que membre d'une société. 19 . etc. de manière très générale. revoir à loisir.d'aborder cette importante polémique. manières d'être. pédagogiques relevant de cette discipline. en 1957. server les faits plus longuement". atti- l'immense mérite de fournir les premières bases tudes. L a "contrasté" :l'opposition. l'enseignement de l'ethnographie'' au Colloque tant article de Leroi-Gourhan. une machine perfectionnée à enregistrer le les techniques. plus rapidement et plus fidèlement que des cinéastes professionnels et condamne les l'ethnographe ne saurait le faire. alors que. Certes. aux auteurs du rapport c o m m e le complément du En France. la notation cinématographique est plus objective sis l'en fonction de l'idée qui préside à l'élabora. qui risque toujours tion du film". L e film et l'enseignement de où ils sont présentés. à qui semblent répugner les arti. nous évo. qui peuvent aisément Robert Lefranc. est mis d'abord sur la valeur du cinéma c o m m e L'auteur. un rapport détaillé sur Dans le numéro m é m e de la Revue de géogra. entre deux scènes. Soulignons simplement ici avantage : une contradiction interne. informateurs illettrés. les occupations et les genres de vie. Nous Au niveau de la recherche. un triple quelque autre nation". les échanges réel brut : "la caméra peut noter plus complète- matériels et culturels. que la description écrite. se constitue en France. la vitesse m ê m e à laquelle ils ont lieu. sur "l'objectivité'' de un champ particulièrement propice à l'utilisation l'enregistrement cinématographique.il énumère quelquesthèmes : un oeil perfectionné. regrette l'absence quasi complète de définit. souligne pourtant. par contre. Rogert Lefranc. la géographie humaine. qui permettra à la mémoire de con. techniques. fices cinématographiques qui ne seraient pas choi. les contrastes irarqués". ). selon le m e m e rapport. supérieur à l'appareil photogra- Gourhan attire l'attention de ses collègues sur le phique. estiment-ils. dans cette étude. sans la Drésence cinéma permet d'enregistrer ce qui échappe à d'un substrat émotif" ? Quoi qu'il en soit. L a caméra. deux niveaux d'utilisation "scien- propose des consignes pour la réalisation de films tifique" du film :la recherche et l'enseignement. équipé seulement ''angles de prise de vues originaux. avant m ê m e d'aborder elles peuvent étre revues directement par des la discussion générale de ces diverses idées. elles ne sont pas on à la fois rejeter les éléments de langage ciné. L'accent y humaine/ l. précédent. le cinéma serait. ligne qu'il est pratiquement impossible à un seul par ailleurs. afin de yamener à "se voirs d'objectivation de la caméra. C e co- une dizaine d'années. L e rapport sou- dramatiques. conçu envisagent.

c'est-à-dire (selon la c o m m e à une fiche ou à un objet . Publication matographique ''du point de vue du temps et de de la Faculté des lettres de Paris. car Dans son enseignement à l'Université de Paris. "L'étudiant qui a utilisation". L a séparation nette établie entre le à l'état brut. conception française) relatives au milieu rural ou (b) le film constitue un moyen extremement efficace urbain de la civilisation industrielle. - nous soulignons en restituant par artifice et à ticuliers)". clause limitative :"la prise de gros plans. au cours de l'enquete. 20 . finalement. étant donné que le moment et l'endroit 85-89. de constituer ''des g- connaft les phases" et "les phénomènes en mouve. par - çon donnée est un avantage inestimable". . cuments scientifiquement exploitables"/2. elles risquent d'amener le cinéaste "à négliger Marcel Griaule citait le cinéma parmi les tech. exemple de costumes. la réalisation de l'ethnographie et n'aperçoit pas clairement la de documentaires publics qui. Il s'appuie sur l'expérience de l'ethnogra- gnement public et constitue. avec ses longueurs trices qui. le rapport met l'accent sur la peut reproduire. J. 1957. Presses universitaires de France. logique. telle cérémonie non complexe dont on il permet. Maquet pour le scénario) m u m de l'enquête préalable menée par les ethno- sur les relations traditionnelles entre les castes graphes". 141. cadré est plus évocateur de l'atmosphère réelle nographie. étrangères. selon des modes connus. 'lune idée plus juste de l'objet à traiter que le film gistrement". L'opinion de Griaule est (qu'il qualifie de bandes de "démonstration ethno- sans doute encore fort prudente . phie et estime que "la conservation et la restitution ditions. Georges d'enseignement pour la formation de spécialistes Granai reprend à son compte cette opinion. in : Traité de socio- plexes. que le document pur et simple. en vu le film Les survivants de l'âge de la pierre général. Dans le petit livre trement dit. et que le brouhaha des mouve- valeur du "sentiment de participation à la vie des ments populaires ou les circonstances religieuses autres hommes'' . Gurvitch. C'est là le r81e intéressant de l'art film ethnographique c o m m e "oeuvre d'art'' et "note en ce domaine. p. Déve. chapitre 7. elle a été tragiquement sienne".1. 1958. il tente de situer graphique"). pendant de dégager la trame des événements. les plus propices peuvent être choisis. une oeuvre d'art.savoir". centre de cérémonies". loisir le temps propre du déroulement des phéno- lativement stables se déroulant dans un espace mènes". facilitent la recherche des significations originaux non reconstitués (sauf dans des cas par. mais en- avec beaucoup de justesse : "voir et entendre des core Griaule interprète-t-il ceux-ci selon une - h o m m e s vivants et cela en illustration à une le. Georges Granai. donnent singularité radicale de ce nouveau mode d'"enre. Les activités techniques de l'homme se 1. il contribue à l'ensei. selon cet auteur. O n ne saurait assez insis. ment très complexes à déroulement peu ou pas COMU". on s'y réfère quement "sociographiques". L'enregis. inévitab1es qui noient 1' atmosphè re" /1. Loin de pr8ner le laisser-faire. Griaule le film que nous avons réalisé nous-meme (avec souligne que le cinéaste devra "profiter au maxi- la collaboration de J. d'ornements que l'on peut loppant ce que nous avons déjà observé à propos faire revêtir dans la suite. demande une préparation minutieuse. en principe. Marcel Griaule. pp. Griaule in- quelques minutes. Techniques de l'enquete socio- trement des "phénomènes en mouvement" c o m . figurer le cinéma parmi les "techniques d'obser- (c) dans y sens plus large. siste sur l'importance du travail de préparation L e m ê m e rapport nous fait l'honneur de citer aussi du film. Il fait se destinant à la recherche ethnographique . Méthode de l'eth. 2. Il faut le cinéma dans le cadre des techniques classiques donc prévoir. Ceci posé. Granai estime donc que le cinéma prévu. des manifestations ludiques ou reli- "un document exact se rapportant à des phénomènes - gieuses. Au- d'enquete'' est symptomatique. Griaule précise qu'il ne tion dans le cadre traditionnel de la recherche saurait être question d'utiliser les documents bruts scientifique en France. des complications ou des banalités d'expression niques de l'ethnographie. sur un rite au sujet duquel on a pu obtenir (Afrique du sud) se souviendra toujours de la quête des renseignements préliminaires qui permettent de l'eau chez les Boschimans. publié sous ladirectionde Georges importantes. Il arrive que l'on puisse découvrir après Si toute reconstitution doit etre théoriquement ex- coup des réactions qui avaient passé complètement clue. M. le reportage porte. sation du cinéma au cours de l'enquete : - Analysant les techniques d'enquete plus spécifi (a) le film a une valeur d'archives . Il faut distinguer "les phénomènes re. le détail judicieusement choisi et en- qui synthétise son enseignement. technique. car. Méthode de l'ethnographie. dans certaines con. Les préoccupations spectaculaires sont au Ruanda (Enseignement de la sociologie). de tatouages que l'on de la photographie. à l'ethnographie. cette participation s'oppose aux ne permettent pas d'étudier à loisir pendant leur simples "spectacles" de la vie. cinématographique des comportements gestuels Griaule concevait le film ethnographique c o m m e et techniques. devraient présider à l'utili. L a valeur éminente du cinéma dans de cette condamnation la prise de vues de ce que l'enseignement de l'ethnographie est soulignée les cinéastes appellent des "raccords" . c'est-à-dire des cérémonies quelque peu logie. T. M. selon lui. Griaule admet que ne tombe pas sous le coup inaperçues. pour l'enseignement public. Presses universitaires de France. indigènes qui peuvent parfaitement se placer au ter sur la valeur historique de cette prise de posi. pretent le plus aisément à l'enregistrement ciné. l'espace". Il restitue une réalité exacte. Griaule expose les trois idées direc. vation". par exemple telle peut être un instrument de recherche en sociologie .

fection de la moitié inférieure du pot . c'est-à-direse contenter de mon. chasse peut &tre ainsi provoquée par l'ethnologue- cherche stricte et n'aboutit qu'à limiter singuliè. constitue- L'auteur estime que l'enregistrement cinémato. juillet 1957. 85-95. l'Institut du film scientifique (Institüt für den Parmi les licences que l'Institut de Gottingen ad- Wissenschaftlichen Film) de Gottingen que l'on met encore. que l'on filme n'est-elle pas affectée par la prise Geburtstag. mais le cinéaste choisit gnements imparfaits fournis par la documentation certains aspects de la réalité en fonction de son &rite : celle-ci signalait que la technique utilisée idéologie propre . nologie et le folklore. se rapproche sensiblement de cette procher des traits techniques caractérisant des thèse. culturel et social. de vues ? L a méthodologie scientifique exige dès Règles pour la documentation filmée dans I'Eth- lors qu'un commentaire détaillé soit joint au film. pp. Vergleich ethnographischer Topfereifilme als pètent en réalité pendant plusieurs heures. décembre 1956. en elle-meme. notamment dans les films sur la théoriques et pratiques du film ethnologique de danse. Si une expédition de le film ethnographique au point de vue de la re. l'achève- ment se fait par le modelage au colombin (Spiral- ~~ D e l'oeil xagique à l'oeil aveugle wulsttechnik). le D r Spannaus envisage besoins de la prise de vues. il pourra faire effectuer les travaux manuels au soleil. sairement différent selon l'auteur. le cas en tant qu'exemple d'évaluation scientifique de échéant. ). Pérouse. Il wissenschaftlichen volkerkundlichen Filmes. l'ethnologue pourra légitimement inter. 231-234. Il faut songer aussi à montrer Theoretische und praktische Probleme des l'utilisation de l'objet dans la vie quotidienne. objective . Une troisième étude du m ê m e auteur. alors qu'ils s'exé- C'est sans doute aux ethnographes allemands de cutent généralement à l'ombre en milieu tropical. 2. le D r Germann ont permis de corriger les rençei. rait une transgression des limites imposées au graphique permet de corriger les fautes ou les "film scientifique". d'art doit donc être soigneusement distingué du sement progressif de 1â cavité creusée dans la film exclusivement conçu pour être un témoignage motte (Treibtechnik). Düsseldorf. Les films suscep- tibles d'une analyse scientifique sont ceux qui ont Der Film als Mittel ViXkerkundlicher Forschung pour objet les techniques. que section du film de recherche de l'Association inter. son des films ethnographiques sur la poterie. ganisation d'un "spectacle" spécialement pour les Dans une étude récente. Les documents filmés rap. logique de la population. les rituels. Il dis- Dans un autre article/z. Il faut indiquer. pp. 159-163. etc. Hans Plischke z u m 65. Peuples étrangers et capital :dans quelle mesure la conduite des gens cultures étrangères). Research E'ilm/Le film Parfois. développent nos premiers auteurs. Pour des raisons décembre 1959. trer un nombre limité de fois. Il faut prendre en considération un problème caractère scientifique. scientifique. principal du film. mariage. 1955. mais non sans réticence. le film fournit de précieux documents à le professeur Tullio Seppilli. Von fremden Volkern und Kulturen (Problèmes ments musicaux. no 4 - venir dans le comportement. il connai't mal ou dologie du film ethnographique. le film a révélé claire. en permettant de rap. (Le filmc o m m e auxiliaire de la recherche ethno- vité économique et les danses. cérémonies et manifestations matériel filmé de caractère encyclopédique). On voit que cette graphique). Beispiel fur die wissenschaftliche Auswertung L'introduction du film devrait présenter le milieu von encyclopadischen Filmmaterial (Comparai- géographique. bien qu'elle cherche/Forschungsfikm(Bulletin de la section soit présentée à titre d'exemple. techniques de poterie. notamment. enfin. spectaculaire. pp.). L e professeur Seppilli pense portés de la tribu Ngbande (nord du Libéria) par également que la technique cinématographique est. vol. D'autre L a position défendue au Colloque de Prague par part. L e style de ces deux types est néces- ment que ce procédé n'est utilisé que pour la con. objet idem. 2. bien que notre ami italien ne préconise ou cultures fort éloignées l'une de l'autre. ou aux événements de au savant dans le royaume des images interdites/l la vie humaine (mort. la représentation fictive de cerémonies rement au domaine de la technologie la part échue liées au cours de l'année. de recherche/Forschungsfilm. lit-on du filmde recherche de l'Association internatio- encore dans les Règles. vo 13. implique que nationale du cinéma scientifique/$ exposent ce que le chercheur attend de l'expérience cinématogra- I'Instjtut de Gottingen considère c o m m e la métho. le type anthropo. sociales divers liés à l'activité technique. n'interdise aucune méthode particulière. filmer des séquences nale du cinéma scientifique et de 1'Encyclopaedia représentatives. Or. faudra veiller à la synchronisation des enregistre. cinéaste. le film conçu c o m m e une oeuvre dans cette population est un modelage par amincis . cinematographica) vol. pour chaque opéra. le D r Spannaus illustre tingue radicalement le film scientifique des autres la première idée en prenant c o m m e exemple les espèces de films documentaires (de vulgarisation. revue Research Film/Le film de re- liste est volontairement restrictive. insuffisances de 1'observationvisuelle.Ethnographie et radicalisme cinématographique d'éclairage. 2: . les gestes semblables qui se ré. citons l'or- doit la conception méthodologique la plus rigide. no 5. no 4. etc. tion technique. de l'Université de l'ethnographie comparée. phique une révélation . Il faut.1 3 et un article anonyme du Bulletin de la L a notion m e m e de "cinéma de recherche". certains traits de l'acti.

qui mériteraient la plexes selon la méthode de "la caméra à la dérive". sans cesse des faits qu'ils ignoraient ou avaient mal observés. Certes cette échappent "à première vue". à la vannerie. elle met en valeur une certaine conception du ception de quelques tolérances mineures). l'ethnographe peut espérer &tre en possession nologie et le domaine du cérémonial. L e domaine du film sociologique est d'ensemble de toutes ces activités cérémonielles infiniment plus riche que celui du filmde recherche. qui est caché. celle dont on attend l'en. L'ethnographe regarde en forêt les femmes dont Un tel cinéma de recherche exclut dès lors toute on peint le visage. sollicitée. ne signifie nullement que la technique du reportage au village. du moins suffi- Il est frappant que les Jansénistes du film ethno. à la limite. le scénario culturel de la cérémonie. au sens strict. reposant sur plusieurs séries d'observa- scientifique qu'à ces deux types d'enregistrement tions. gresser vers le stade magique de la connaissance. aisément tout contrôle d'eux-mêmes lorsqu'ils sieurs jours. tant s'en faut. Ce n'est du mot) révélée par la pellicule dite sensible. si lents à tirer une conclusion (eux qui déploient tuels et envisageons l'enregistrement d'un cérémo. qui recommande de plonger aveuglément dans une l'intervention du cinéaste. monde. apparemment disparates qu'après un nombre im- qui n'en est finalementqu'un aspect non négligeable. graphique n'accordent de valeur véritablement idéale. il devrait être en trois endroits différents tique". tion d'aihesse importante est débattue par les tage ou "enregistrement sur le vif". mais pourquoi s'obstiner 22 . manient la caméra. iln'est de phénomènes stéréotypés. Cette distinction essentielle. registrement fidèle du fait brut. selon le mot de Gaston soit. fiants. que de fixer des souvenirs de voyage. plaisant de constater combien les ethnographes. Quoi qu'il en Tant il est vrai. corrigé. au cours des parlent de "notes cinématographiques". D'intermi- mais secondaire. des relations humaines. en se con- il arrive m ê m e que les centres d'intérêt lui tentant d'une mise au point sommaire. qu'il n'y a de science que de ce de la caméra "objective". il écoute. de se lancer dans cette aventure . avoir repéré tée. qui consiste à dégager la gen. peut-être capitaux. ils se sentent alors cède par approches successives. en m ê m e permette seule d'enregistrer un "document authen. idéale. C e n'est qu'au terme d'une très se limitent à deux ordres : les gestes techniques longue et. de découvrir après coup (à la projection) ce qui m ê m e si cette information est imparfaite. Nous n'apercevons donc pas la validité de l'en- il n'y aurait guère que les films consacrés à la registrement cinématographique de ces faits com- poterie. il se réduit à la technique du repor. mettant en branle un grand nombre admettre la validité d'une information. Il est aurait échappé au regard (à la prise de vues). on les voit ré- cial. L'obser- vif" en révélant des faits nouveaux aux chercheurs. les choix décisifs gesticulation incompréhensible. tandis qu'au village une ques- mise en scène. nous la déve. C'est à elle h o m m e s de la manière la plus intéressante :les que les chercheurs français songent lorsqu'ils principes apparaissent. peut suivre ceux qui attendent l'illumination de Il faut donc admettre que le cinéaste doit avoir l'enregistrement au hasard et de l'accumulation au moins quelque idée de ce qui va se passer avant désordonnée des "notes cinématographiques"brutes. Il doit être préalablement informé. Pour analyser un tel phénomène so. apparaissent déjà problématique que la vérité sera (au double sens dans l'enregistrement des cérémonials. On ne où se tisse la trame embrouillée des gestes. oû se trament des événements peut-&tre insigni- lopperons longuement au cours des chapitres sui. L e rigo. E n effet. C'est notamment la pas encore au bout de ses peines. pour pouvoir le décrire correctement. Mais ceci conflits. Il parai'thautement improbable les lieux où les événements les plus marquants se qu'une aveugle furie cinématographique permette dérouleront. L'analyse socio- position de l'Institut du film scientifique de Gottin. très fastidieuse enquête que et les gestes rituels. il est conforme à la définition stricte. l'eth. E n possession de cette description typique. il doit connaftre il faut que l'attention du cinéaste ait déjà été orien. de la culture. fausse parce que tronquée de cette préalable du scénario rituel dans lequel il choisira réalité sociologique invisible qui constitue la chaihe les éléments qui lui paraissent significatifs. E n m ê m e plus. un tel enregistrement ne donne qu'une image puisque le cinéaste doit avoir une connaissance .uncinéma de recherche fait. Bachelard. Curieusement. les détails significatifs . Il abandonne alors les femmes . Approfondissons la signification des gestes ri. Mais. pendant plu. substitue à son propre regard un oeil perfectionné. faites à des moments très différents. leur structure latente . souvent. qualification de "films de recherche". Il ne saisit pas en vacances et l'on dirait qu'ils ne se soucient plus d'emblée. Il s'agit d'ailleurs attitude est très légitime. risme de cette thèse saute aux yeux. logique intervient alors. perdent de personnes en différents endroits. de lieu. portant d'observations fragmentaires. E n effet.imparfaitement le phénomène qu'il enregistre et il parfois d'un point situé dans l'espace mythique. en effet. se promènent avec une caméra . temps. dans l'espoir bien d'angles. sante. nographe (sa démarche est aussi celle de tout dès qu'ils déposent le stylo et le bloc-notesetqu'ils sociographe opérant en n'importe quel milieu) pro. les phénomènes sociaux nables interrogatoires seront encore nécessaires que la caméra est susceptible de prendre "sur le pour éclaircir le sens des gestes repérés. - incomplète. les conversations. d'une description sinon complète. etc. C'est le domaine de la tech. vateur part ainsi d'un schéma grossier. Mais. si prudents à nial complexe. Il ne prendra une vision vants. dans le déroulement du phénomène observé (à l'ex. des ruses de Sioux dans l'enquête). de temps. étoffé. qui condamne toute intervention du cinéaste cohérence intime des faits.

le conduisent à inspecter les pots que du ralenti et de l'accéléré). donc. d'exagérer le bouleversement ciens du film ethnographique. L'ethnographe admis à vivre familièrement un nouveau cinéma-vérité (voir p. la part de jeu qu'elle ne peuvent coïncider . Au contraire. à errer dans les mai. A la - A ce niveau et à ce niveau seulement. cinéma pourrait-il saisir "sur le vif". parfois son ex. Dès lors. 50). il har. çoit qu'un rrythe anime ces doctrines jansénistes : ment. Ces techniques ont assuré- sons à la recherche de dieu sait quel antique objet ment permis de voir ce que l'oeil nu ne percevait dont plus personne ne se sert depuis belle lurette. la caméra peut explorer l'in- de parenté. une ombre proposées pour le "film de recherche". celle du groupe social dont le cinéaste se sent et 23 . dans leurs rapports secrets. ces rythmes. qui est limite. lutionnaire est toute récente. Quoi qu'il fasse. sans trans- parce qu'il ignorait la coutume. inaugurant phique. la croyance en ses pouvoirs on l'admet non c o m m e l'image désincarnée de llob. la caméra pas été plus sévèrement jugé. dans la réalité (coups de matraques. et Chronique d'un été. dans le domaine des les femmes mettent à cuire. mais c o m m e un étranger aux C e mythe apparai't chez les ethnographes à la moeurs bizarres. il n'est pas plus étonnant de langage qui tendent à évoquer la réalité sociale de voir l'ethnographe se promener au village avec à travers une vision personnelle. En médecine. Parfois ceci est plus grave il . à interrompre le deuil de tous ceux que visible :une sonde éclairée permet de filmer en la coutume oblige à pleurer pour leur faire réciter direct l'extraordinaire réalité de la vie organique leurs généalogies. magiques. à la confondre avec une méthode scientifique de M o n expérience cinématographique personnelle. désordonnées ou ritua- de leur faire regretter de l'avoir admis dans leur lisées. que le transgressent audacieusement toutes les consignes caméraman se transforme en fanteme parfait. cédés cinématographiques très particuliers (l'usage trême folie. on aper- imperceptible. jectivité scientifique. sciences naturelles. cèle de questions stupides les vieillards. Il est impossible. pas. n'aurait s'exploiter ou se déchirer ? Certes. Remar. Il écrit à propos de intérieure. au point de gesticulations diverses. son amabilité. notation objective ? en Afrique et en Europe. Jean Rouch fait ici logiques et sociologiques. paradoxalement. que l'exigence dernier film fut tourné en collaboration avec le de la caméra dissimulée restreindrait l'enregis. on entend parfois formuler le souhait ab. en effet. Nous analyserons encore figure de précurseur avec Moi. - ment anormal. dont les invisible . Ses manies. voire l'imaginaire. dire. Tout au moins aboutit-on échapperaient à tout autre moyen d'investigation à une singulière limitation de leur domaine. d'ailleurs. Mais a-t-on suffisamment remarqué tout et de rien. il inquiète. sociologue Edgar Morin). la réalité intérieure. celle-là m e m e de la société des h o m m e s :dans l'enceinte sacrée. qui se déroule sous nos yeux. les sur le terrain n'introduit aucun bouleversement conceptions fondamentales du cinéma scientifique spécifique. Il écrit. Ils tentent d'explorer qu'introduirait la caméra dans l'enquete ethnogra. est en grande partie il écrit avec une rage plus grande encore. etc. Aurait-il ébranlé le tr8ne les hommes établissent entre eux pour s'entr'aider. L a caméra ment dans les deux perspectives. confirme celle de Jean Cette confusion implique une assimilation hâtive Rouch :la participation effective et consciente des des sciences sociales aux sciences exactes. ni franchement européennes. afin de méthodes ne doivent plus rien à celles qui ont été ne pas troubler le phénomène enregistré. ces gesticula- compagnie. nelles de l'observationethnographique. Mais tant d'erreurs peut suggérer ces relations par des symboles pris se réparent. quelles que Si l'on approfondit les définitions limitatives soient sa discrétion. un noir. d'une part. invisible. ). en les superposant. Mais cette démarche révo- succès à un certain nombre d'observations psycho. Sans mises au point dans le domaine des sciences doute une telle méthode a-t-elle été appliquée avec exactes et naturelles. encore une fois. on peut le tenir pour profondé. Si elle est faite de rythmes. Il est gens à la réalisation d'un film est souhaitable et bien évident que la notion m ê m e de "recherche" et parfaitement conforme aux techniques tradition- les méthodes d'observation diffèrent considérable. c'est-à- qu'il soit devenu sympathique à certains égards. poignées de main. ces passions. on implique est susceptible parfois de déclencher risque d'opérer une distorsion de l'esprit m ê m e spontanément des réactions psychologiques qui des sciences sociales. quelques cas au cours du chapitre suivant. évoque la révolution d'octobre :par des artifices Tout compte fait. c'est ainsi qu'Eisenstein vations nouvelles sur le siège des danseurs rituels. c o m m e tion d'un véritable cinéma de recherche. pontifical que son crime. dans un village bantou est loin d'@tre. sourires. A considérer m ê m e le mythe de l'objectivité de la caméra. apparemment. Où et comment le commet des sacrilèges. tions ne sont jamais perçus globalement par l'oeil. reprend son carnet et note d'intéressantes obser. de passions. il déplace par inadvertance. que la caméra soit dissimulée. Voici qu'on l'initie aux mystères ce fait paradoxal :la vie sociale. d'autre pari (ce quons cependant. il gêne terrible. qui est aussi une caméra qu'avec un stylo. L e profanateur se désole. les phénomènes étant trop lents ou trop ra- à proférer des obscénités pour éprouver les tabous pides. se dépense. Bref. formulées par les premiers théori- a tort. On prématurées. le siège inamovible position symbolique. Dans cette orientation trement cinématographique à un nombre très limité nouvelle du "film de recherche" Rouch et Morin de situations. ni suite des résultats prestigieux acquis par des pro- franchement nègres. il dérange. les relations ambiguës que des danseurs rituels. - celui du sociodrame on peut envisager l'élabora- surde que l'observateur soit c o m m e absent.

la caméra ne le révélera jamais par puisse jamais utiliser à quelque fin sérieuse les ses seules vertus mécaniques. cet ensemble de signi- des expressions tragiques ou émouvantes . ne peut. Celle-ci s'accom- rera le champ d'observation selon le rayonnement pagne alors d'une découverte au sein d'un proces- des centres d'intérêt. sous le bon angle. au graphies en mouvement. ici manifestement insuffisants. ce que fications n'est pas présent à l'esprit du cinéaste signifient cette douleur. incontr81és. au m o - l'angle le plus significatif. s'agit là de gestes hautement stéréotypés. un oeil humain qui a déjà Dr Spannaus le souligne à juste titre. ce sont. Si la caméra n'est pas un oeil magique. les prétendus docu- ne condamnent pas. préalablement repérés. aussi long. C'est assez dire que nous - indiqué un merveilleux correcteur d'impressions. le qui doit se refléter dans le montage ultérieur des cinéma. cependant un plaisir infantile à les montrer à leurs L a caméra à la dérive. On observera qu'il C'est. dont il ne par- nombre de films qui ne répondent pas aux critères viendra jamais à former une molécule. au niveau du montage que la plu. nous l'avons déjà estimation qualitative de l'importance de l'événe. il ne jaillit pas excellence. il n'accède pas à l'univers contraire. tion et leur cohérence. la caméra en liberté collègues. qui éprouvent qu'au niveau de l'explication structurelle). labrousse ou les champs. une plus intense encore. cette émotion surprise à au moment où il filme. - complexes. du moins dans le domaine des phénomènes sociaux. s'il ne connaissait les règles du jeu so. telle méthode. Si cette structure géné- guère que des lambeaux de réalité : des gestes. Or. En fait. le montage est une relativement rigide. L e cinéaste à la recherche de la vé. touffus. sans qu'on sache trop si c'est pour les danslarue. qu'accumuler une série de photo- des sciences sociales . Sans doute l'événement qu'il capte (il ne le capterait d'ailleurs faut-il distinguer ici les événements rituels des pas s'il ne savait à peu près où et comment il se événements plus lâches de la vie quotidienne. le temps qu'un oeil averti. Cette remarque s'applique mais un témoin extérieur et stupide. et qui part des prises de vues acquièrent leur significa. de laisser la caméra "sociographique" bation dans la signification m é m e du document (quel que soit le milieu filmé) opérer au hasard. sans intervention 24 . faite ou trop rapide. est plusieurs auteurs l'ont ment cinématographique. ne surprend amuser ou les instruire. un point de vue sur la réalité. graphique. sinon. cent fois pour analyser le détail d'une mimique. l'oeil de la caméra est vraiment taine idée d'ensemble . Il ne fait. Qu'importe. une expression. pas plus que le reporter sportif. c o m m e le cadrage.pour ses propres besoins. peut-elle étre parfois un oeil attentif. le domaine du reportage véritable. Conservons telles quelles les prises de vues sans plan préconçu. se répètent dans une structure parfaitement définie. à vrai dire. au contraire. il est fort improbable qu'il la dérobée. pour autant. A priori. les structures ritualisées. puisqu'il introduit un élément de pertur- exceptions. spontanément de la machine-à-enregistrer-la celui qui saisit sur le vif. rale. elles n'ont la description m é m e des phénomènes. dira-t-on. Mais il faut bien se rendre compte Les prises de vues isolées (les "plans" cinémato- que le champ complexe des relations établies entre graphiques) ne sont en rien comparables aux fiches les groupes (entreles classes sociales. Tout sus dont le cinéaste possède déjà une connaissance cadrage implique déjà un choix dans la réalité. II rapports. ment m é m e de la prise de vues. souligné. ces prises de vues aveugle. C'est. des notes sélectionnées en sance de la lentille. bannissons le montage du film de re- Il est donc à peu près impossible. une globale. elles en élargissent. une ébauche et ne nous soucions pas de construire un film :les de scénario. peuvent apparaftrepour la première fois. la valeur de la ments objectifs qu'il a enregistrés. en effet. bref.se déclare solidaire. certes. images dont nous disposons peuvent etre revues rité sociologique. quelles que soient la puis. C'est lui. Il élargira ou resser. ce plan de montage. et à un degré est tenté de refuser. sans au moins. aussi bien jamais rien appris aux ethnographes. composant un u t . Les pouvoirs de la parole écrite sont Il faut s'attarder ici à la notion de montage. C'est. apercevons mal comment le cinéma pourrait être. dans documentation cinématographique dans le domaine cette hypothèse. Ces observations documents bruts. aussi au domaine du film technologique . un z. une idée du déroulement des faits et de leurs la caméra aux diverses phases du déroulement. par intervention délibérée du cinéaste. se laisser surprendre par un geste important. de leur structure. bien des détails que cial). un instrument susceptible d'améliorer une observation impar- de découverte :la caméra est un témoin. dès le départ. C'est celle-ci faut en connaftre le scénario. graphe note les faits divers de la journée. Il rassemble des atomes. ne le dirige avec la description du geste technique c o m m e du geste habileté et souplesse dans l'enregistrement m ê m e rituel appartient en propre à l'écriture cinémato- du témoignage. dans un espace-temps spécifique. la vitesse ou la lenteur des vue d'un certain montage. un témoin trument de recherche généralisé. par exemple) d'observation dispersées sur lesquelles l'ethno- échappe de toute évidence à la caméra "objective". Encore importe-t-il. qui doit surprendre l'enquéte orale préalable n'avait pas mis à jour l'événement au bon moment. brut. ceci dit. Dans déroule. en présence des ensembles cérémoniels prises de vues. elles n'apprendront rien. La notation. de savoir où et comment il faut placer ment. sauf rares cherche. le champ d'utilisation à un très grand filmique. c'est-à-dired'une cer- prises de vues. C'est que les sciences sociales tendent n'ont aucun intérét : on aura beau les projeter de plus en plus à un haut degré d'abstraction (dans mille fois. l'homme de science réalité. et qui s'apprête à reconnaftre. jansénistes que nous avons passés en revue. devant cette réalité-là. Mais.

par la documentation qu'il a réunie patiemment. article de revue scientifique. pour l'émi- participants sont absorbés au maximum par l'ac. le film scientifique dont complissement des gestes . L a science ethnographique et le film. Revue internationale de filnio-. compris. d'exprimer la réalité. de vue. le souci qui anime les ethnographes (qui sont toujours nouvelles. de recherche. j'en suis persuadé. le Il n'y a guère que deux ordres de faits sociaux qui professeur Karel Plicka. l'attitude ambiguë de leurs au- monies funéraires des Dogon du Niger) révéla que teurs. que l'ethnographe (ou le sociographe) rap. c'est que les films ethnographiques sont téressant : Jean Rouch raconte qu'un plan de son souvent construits avec maladresse . nombreux à rapporter de leurs expéditions de tels Au cours du m e m e colloque. que le film de reportage a permis de faire y a plus de mérite à écrire un bon livre qu'à accu- de véritables l'découvertes". mais un langage. retenus par on ne sait quelle pudeur - aussi et c'est là que le film de reportage remplit "scientifique". pp. pas être considéré c o m m e l'exécutant passif des absente. A ce niveau d'utilisation. no 29. le cinéma film ethnographique et sociologique des consignes fournit une documentation complémentaire extre. teur lorsqu'il publie un livre ou un essaibasé sur C e n'est que tout à fait exceptionnellement. tage n'est pas. dès que le cinéaste a pu faire admettre désirs de celui-ci.apparente du cinéaste.il est vain de rêver d'une caméra cinéma montre la réalité purement et simplement/l. Voir notamment René Micha. L e drame. style en affirmant qu'en elles réside précisément rale. parce qu'ils offrent au ethnographique. tome V. Dès lors. de toute façon. que se situe le véritable pro- cérémonie. pp. imposées par l'ordon. Loin de vouloir imposer au sa présence. la caméra ne mérite guère d'être considérée l'"authenticité''. Rares sont ceux. il place à des spectateurs éventuels une vision concrète de de grands espoirs dans le film "véritablement la société qu'ils ont étudiée. plut8t au niveau de la communicatio_n. porte de sa mission. ce ne sont pas des notes. 16-30 et Cohen-Séai. trop commode de valoriser les imperfections de Il est temps de conclure : d'une manière géné. C'est évidence. ceci explique. une façon de syn. T. ce choix s'opère simplement de refléter. on nlattend pas d'un un r81e scientifiquecomplémentaire. Mais la passivité requise interprété. tendument scientifique du film c o m m e "Carnet de lage selon une ligne sinueuse. mais dans leur pouvoir moyens d'expression . dans un espace-temps auto. L a vérité cinéma- images. ou bien gistrement de gt7stes plus ou moins stéréotypés : il reconstruit cette réalité. le fait social. de raconter. 199-205.un instrument ethnographe qu'il livre son fichier en vrac au lec- de contr8le de ltobservation. bien le cinéma saisit sur le vif la réalité. qui ne peuvent se répéter". au moyen d'images dont la valeur de la caméra en de telles circonstances est très essentielle ne réside pas dans le fait d'avoir ou relative. 2. Il est vain de multiplier les exigences de contemporaines et cessent de se persuâder que le non-intervention. Dans de tels cas. le cinéaste choisit ici aussi les non été prises sur le vif. dans sa Nous rejoignons ici le point de vue défendu au pureté et sa spontanéité originelle. L e destinés à être communiqués au m ê m e titre qu'un discours filmique. le film de repor. le cinéaste qui collabore avec le cher- - souvent liexpériencedu film ethnographique le cheur scientifique à l'élaboration d'un film ne doit démontre -c o m m e si la caméra était invisible. à proprement parler. un instrument Toute l'équivoque du "film ethnographique!'. dans le débat que nous avons évoqué. (Encore faut-il rioter sont légitimes car. C'est donc dans des limites étroites. qui ont réellement vu et revu leurs films. l'auteur constate qu'il y a deux cinéaste des thèmes structurés et que l'interven. évoque ce que S'ethnographe a vu. E n fait. prennent connaissance des théories filmologiques partial. de ce point logie. des fiches en 1. intitulé L'es questions fondamentales du film "notes ethnographiques". en grande partie. Dans ces cas encore. Dès lors. un ensemble cohérent d'événements. lorsqu'ils se raccrochent à la théorie pré- les hommes promènent le cadavre à -traversle vil. il nous faut signaler ici un cas in. Colloque de Prague par son président m ê m e . tographique. nent ethnologue tchèque. ae proposer défendu un point de vue plus éclectique/2 . rigides. le comportement ne l'homme est le thème central est destinéaux salles risque guère d'être troublé et tout se passe très publiques . le fait que les auteurs hésitent à reconnanre cette nome. Cahiers du cinéma. Et il contre. réside dans thétiser. 25 . L e film. c'est-à-dire nancement m ê m e de l'opération technique ou de la de l'enseignement. dans l'espoir de corriger leurs observations. si les notes sont mal écrites.11. Après tout. Or. blème du film sociologique. Ces deux procedes les techniques et les rituelu. l'ethnographie. Mais. invisible qui surprendrait enfin à l'état nu. Dans un rapport inaiigu- se pretent à une application de la méthode des ral. Dans le domaine de muler indéfiniment de bonnes fiches d'observations. le film ne trans- qu'aucune cérémonie ne ressemble parfaitement à met une information sociologique que par le truche- son exécution précédente). Mais. manières de traiter un sujet ethnographique : ou tion cinématographique tend à se limiter à un enre. no 6. im. la spirale joue notes". II faudrait que les ethnographes c o m m e un observateur sociologique objectif. Karel Plicka pense que "chaque sujet pose mement précieuse à l'observateur. Alfred Métraux a reportages) est plut8t de témoigner. film Cimetière dans la falaise (consacré aux céré. mais des ébauches de récits décembre 1053. à vrai au scénariste et au metteur en scène des tâches dire. illi- un r8le cosmogonique essentiel dans le symbolkme sibles parce que mal pensées ? Il est vraiment dogon. les ment d'une "dramaturgie".

A. cependant. L e champ géographique couvert par consciences". anthropologische films (Liste provisoire des tique lorsqu'ils tiennent que le cinéma est un ~ films ethnologiques néerlandais. réalisé par l'ethnographe m é m e . so. dis- tions archafques et la nécessité d'en capter l'image tinct de l'Association internationale du cinéma avant qu'elles ne disparaissent.. puisque aussi bien c'est eux. Aux Pays-Bas. puisqu'il Il semble bien qu'il n'existe pas. une globe la civilisation européenne. Institut de sociologie Solvay. ne couvre qu'un champ social. et dont le thème est la chie des genres selon leur angle d'incidence avec culture humaine. Cela explique requiert la collaboration étroite de l'ethnographie'' que l'historien et. Ir. Cahiers du Centre de documentation. p. le moraliste et le et de ce que l'on pourrait appeler "l'art du film". Voorlopige lijst van Nederlandse cultureel- qu'ils sont victimes d'une singulière illustion d'op. et eux seuls. en analysant un certain nombre L'équivoque grave. à l'abri de toutes l'enseignement du cinéma". L a position analy- en scène. cette analyse est plus vaste. produits généralement par l'in- ce que l'on voit. déplorent "l'ignorance des principes les plus 616- Il s'ensuit que le film serait d'autant plus conforme mentaires de l'ethnol~gie''/~. trouvée confrontée. 4.scientifique". Alfred Métraux nisme international spécialisé.. On aperçoit la singularité du film sociologique borés. Bruxelles d'observation très étroit. sur la brèche du film ethnographique lorsqu'il a fait un premier où s'engouffrent toutes les propagandes. U n avis est ciologie. nous constituons ainsi pour les générations futures il entretient des rapports étroits. à Vereniging voor de Wetenschappelijke film. 3. L'idée m ê m e de cette hiérar. "Il semble étonnant. "sans chercher domaine prématurément à opérer un classement par ordre d'intérét''. Plusieurs films façon d'enregistrer la vie qui ne vise à aucune ar- ticulation cinématographique. tional du film ethnographique et sociologique. bien plus Utrecht 1957. fondamentale. 205 çoivent pas toujours clairement les limites parce 2. que l'étude du fait cinématographique. un cinéma brut. qui vicie la valeur à ia "vérité" qu'il récuserait ia fiction et sa mise de ce matériel documentaire. Départe - ment de l'information. C'est ici m é m e . note de travail a donc pris en considération tous les Delvaux/l. onbekendheid met de meest elementaire nique. D e m ê m e c'est l'objet ethnogra- que le cinéma tire son formidable pouvoir de phique qui a retenu l'attention du Comité français persuasion. souvent la caméra. que inventaire des films "ethnographiques" produits nous devons agir pour armer les jeunes en Francef 4. le Comité interna- met l'accent sur la fragilité actuelle des civilisa.. Nederlandse oeil perfectionné. Il n'est que rarement. . de films ethnologiques néerlandais. 26 . dans beaucoup de pays. 1960. . méritent de rete. films néerlandais qui traitent de l'homme et de sa sous quelque optique qu'on l'aborde (histoire. dans le vaste courant du cinéma scientifique. méthodologique que nous avons soulevé/Z. on peut enfin croire films existants. Il faut tenir compte d'un certain nombre de lités. et qu'on y retrouverait ia réalité "prise tique du groupe néerlandais nous paraft la plus sur le vif". Finis les mensonges. Delvaux : "Principes et méthodologie de m a sociologique "de recherche". culture dans les pays non occidentaux. m é m e lorsqu'ils singularité se reflète dans l'existence d'un orga- comportent des épisodes joués. au problème vent tant d'éminents savants sont victimes lors. 1. Mais il estime aussi que les films éla. dont les savants n'aper. porte presque toujours sur ie donné sur la valeur des films c o m m e instruments cinéma en tant qu'art du récit limité aux films de d'enseignement. morale).Cette nir l'attention des ethnographes. saine. Catalogue des films ethnographiques français. destinés au grand public. en tant qu'instrument méca. in L e cinéma fait les impuretés du langage. est aveugle ou stupide devant le phéno. seront sans doute consultées et étudiées "par des la section d'anthropologie culturelle de l'Associa- méthodes dont nous n'avons encore qu'une idée tion néerlandaise du cinéma scientifique s'est confuse". son filmant sans idées préconçues. Il s'agit essentiellement de por- la réalité repose sur l'ignorance des conditions de ter un jugement sur la qualité de cette information. L e groupe écoles secondaires. ils fiction rend le plus indépendants de la réalité vécue. Les membres de ce groupe de fiction. les actua. Unesco 1955. L a notion d'un ciné. " mène social. L'in- qu'ils découvrent ingénumentles vertus "objectives" troduction du document dont il s'agit fait remarquer de la caméra. sociologue croient toucher à l'essentiel en limitant C'est l'information ethnographique du grand public le champ de leurs recherches aux genres que la par le film qui préoccupe surtout les auteurs . Delvaux la dénonce avec force dans judicieusement que l'adoption d'un critère trop ri- une étude qui tend à promouvoir l'enseignement goureux aurait conduit les examinateurs à ne rete- des principes de l'art cinématographique dans les nir qu'un nombre fort limité de films. volkenkundige beginselen. no 15. travail estiment qu'"un bon film ethnographique qui semblent véhiculer l'imaginaire. vrai dire. en-deçà du ne se limite pas aux cultures "exotiques" mais en- "documentaire''structuré. la création cinématographique : bien plus :c'est non de séparer les films scientifiques des films de cette confusion soigneusement entretenue non scientifiques. l'évidence des documents. L'information sociologique par le cinéma. à coup sûr. dustrie cinématographique. dont si sou. Les archives que scientifique avec laquelle. un détecteur privilégié .

qu'il s'a. en Europe ethnographesj3. S. Terentieva. Les savants occidentaux qui Lauwe. il est vrai aussi que. V. aussi son attention sur l'"étude de tous les groupes phique est appliquée aussi bien à l'étude des com.D e telles études sont celle des Australiens ou des Mélanésiens. tous les aspects nal des sciences anthropologiques et ethnolo- du problème peuvent &tre transposés aux autres giques. fut longtemps limité aux peuples co. Ce débat académique 3. ce qu'on appelle en Occident la recherche sociolo- en France. Au science en expansion. peuples de l'URSS dominent les préoccupations des servation privilégié de l'ethnographie. 1960. sans objet en URSS. 4. Pour aussi bien la paysannerie kolkhozienne que les les savants soviétiques. édité à Moscou. le Catalogue des tigation aux diverses sciences sociales et adopté films ethnographiques français définit c o m m e l'appellation "Comité international du film ethno. délégation soviétique au VIe Congrès internatio- ception du film "ethnographique". p. Ceci revient à dire que. Par exemple. C e rapport souligne le fait que la occidentale. à Paris. Kroupianskaia. le terme jours de l'ethnographie considérée m m m e une ethnographie désigne "l'ensemble des sciences science historique. qui est floue (et qui n'empêche pas que de sociologique qu'à ce qui les sépare) soit en train tels films soient analysés sous le titre générique de triompher. spécialement en Europe occi. autres sciences sociales.P. où elles relèvent de la-socio- très générale. p. d'autres pays de l'Europe de l'est et surtout dans sur le fait que les processus d'acculturation des les pays slaves"/l. Henri Mendras. l'intérét et la con. pologiques et ethnologiques. français ou nigérien. édité à Moscou. cet usage courant en France. 1958. Cette distinc- sible à ce qui unit les diverses branches du savoir tion. qu'il dant. ukrainien ou biélorusse. d'un quartier ouvrier ne fait pas appel à d'autres 5. dentale. on peut dire. 4. dans Une autre étude soviétique insiste. munautés européennes qu'à celles des peuples pour les chercheurs soviétiques. en Europe et en Amérique. sociales. sociaux de la population". les études de M. depuis 1959. Si notre attention s'est portée des peuples de l'URSS. logie rurale/ ou de la sociologieurbainele. Chombart de ou de sociographique.S'il est vrai que le champ d'ob. de manière plus restric. le professeur Tolstov la description des phénomènes sociaux relève tou- déclarait que. englobant m & m e la civilisation in. on emploie tou. la méthode ethnogra. "par le terme de folklore on ne sous-entend ethnographique de la culture et du mode de vie des que la littérature orale". aussi bien en Europe occidentale de "films ethnographiques français"). L a description. par le film. considérée gique. direction de Georges Gurvitch T. mais porte en France c o m m e en Italie. ses investigations à la vie paysanne. Communications de la délégation soviétique au remment une tribu africaine ou une communauté VIe Congrès international des sciences anthro- paysanne flamande ou bretonne. IV. son champ d'inves. 27 . nouvelle école ethnographique russe ne limite plus lonisés. 60. Potapov. Les principaux problèmes théo- Il est certain aussi que. A s'attachent à l'étude des phénomènes sociaux vrai dire. Depuis 1950. Traité de sociologie publié sous la celle d'un village chinois. que c'est une gisse des peuples européens ou non européens.recensés relèvent de la rubrique sociologie. L. L. Mais on discute. alors plus souvent qualifiées de "sociographiques" en que le terme ethnographie a une portéesociologique Europe occidentale. riques de l'ethnographie soviétique moderne. des groupes humains dans les civilisations qui ne Il semble que ce point de vue unitaire (plus sen. sciences sociales. que cette description soit qualifiée d'ethnographique 6. C'est ainsi qu'au 6e Con. recouvrant un secteur de cours de ces dernières années. en fait. accord des savants de tous les pays sur l'universalité de la méthode ethnographique. jours plus largement ce terme dans ce sens. de son c8té. Sociologie du milieu rural. mais aussi planifiée et systématiquett/4. Les "ethnographes" soviétiques étudient c o m m e l'étude des sociétés sans machinisme. impératifs cinématographiques ou scientifiques que chap.1. l'ethnographie africains ou océaniens. Catalogue cité. 1. L'étude des "traditions tend à se confondre avec les divers domaines de populaires" ou "folklore" fait partie intégrante. les frontières entre l'ethnologie et la propres aux sociétés industrielles ou aux sociétés sociologie n'ont jamais été rigoureuses en France en voie d'industrialisation se considèrent assez et cette conception large prédomine actuellement. pour la science russe. niaqu'un intér&t secondaire pour l'objet que nous Problèmes essentiels de l'étude ethnographique nous proposons. pour la plupart des cher. cheurs. Communications de la plus spécialement sur l'usage. cependant. des frontières de l'ethnographie et des 2. Si l'ethnographie soviétique qui traitent des particularités spécifiques de la ne semble pas embrasser l'ensemble des sciences culture et du mode de vie des peuples. où la sociologie est une grès international des sciences anthropologiques branche de la philosophie marxiste-léniniste et où et ethnologiques. Reflétant phique a élargi. plus en plus large de la vie sociale. de l'ethnographie générale. au niveau de y a. relèvent pas de l'ethnographie"/Z. l'objet de l'ethnographie peut &tre indiffé. Etude citée. non seulement celle des ouvriers s'est déployée en URSS d'une façon plus peuples russe. Il n'est pas douteux. cependant. 1960. depuis quelquetemps. c o m m e des sociographes ou sociologues. "l'étude tive. fréquemment non c o m m e des ethnographes mais puisque le Comité international du film ethnogra. films sociologiques ceux dont le sujet est "l'étude graphique et sociologiqueff. Paris. ouvriers des fermes d'Etat. Cepen- dustrielle. semble qu'en Europe orientale. Tolstov.

parfois m e m e incompréhensible. O n peut dire que partout les sciences alors que l'ethnographe marque une vive préférence sociales cherchentleur unité. en ''socioiogie". aiors que ie questionnaire utilisé rique. les groupes humains que réunit la civi. sur une ce sont les recherches ethnographiquestradition- grande partie du globe. plus complexes que les communautés actuel. un contrepoids salutaire à l'expansion désordon- lisation industrielle sont beaucoup plus étendus. née. au cours Sur le plan de l'enquête. le plus souvent. U n sourire. immédiat avec l'homme que la caméra rétablit est rogatoires doublés d'observations directes. et parfois démentielle. 28 . d'une part. d'autre part. toujours uniques. voire bien aux sociétés exotiques qu'aux villes et villages énigmatique. D'où l'importance des ques. Une appelé. l'ethnographe tituent à l'écran la présence sensible de l'homme classique a affaire. . C'est pourquoi aussi et la sociologie. en milieu urbain ments importantsde la communicationsociologique. des inter. les distinctions académiques entre l'ethno. par exemple. le plus grand nombre de do- fique de l'approche ethnographique. c'est sans cuments filmés sur la condition sociale de l'homme. selon la perspective ethnographique a été. du jargon sociologique plus denses. le langage utilisé thropologie sociale ou culturelle s'appliquent aussi par la "sociologie" est volontiers abstrait. en "ethnographie" n'est jamais un instrumentrigide graphie et la sociographie. les études d'an. la crispation d'un visage. de tout blit entre lui et les hommes dont il partage l'exis. de ces dernièresannées. le film apparaît d'ores et déjà c o m m e statistique . temps. d'une "situation coloniale". res- rurales auxquelles. à devenir l'un des 616- enquête sociographique typique. perte de contact avec l'homme . avant m @ m e tence. enseveli sous les arides traités que nous sommes tionnaires systématiques traités statistiquement tous coupables d'écrire. Aux Etats-Unis. celle du cinéma documentaire. doute la communion de l'enquêteur avec la culture Mais curieusement. américains. - nelles disons exotiques qui ont fourni.l'enquête c o m m e au niveau de la spéculation théo. fait appel à un plus grand appareil A cet égard. Ce contact direct et continu avec les informateurs. ce qui demeure spéci. implique un contact de la caméra et de l'existence du film. de toute évidence. cette approche humaine qu'il observe. la relationhumaineétroitequi s'éta. Cette relation "face à face'' (face to face) que les sociologues ne se soucient de l'utilisation c o m m e disent les Anglais. brisant les anciennes pour les expériences concrètes. l'ethnologie mais plutdt un aide-mémoire. frontières universitaires établies jadis sur des Ce type d'approche explique sans doute pourquoi bases empiriques liées à l'existence. sont de moins en les études du premier type souffrent souvent d'une moins rigides.

se réclame d'une théorie semblable à ments de la mise en scène (éclairage. néma-Vérité. un pamphlet orateurs. vingt- cinq ans après les manifestes des Kinoks'1/2. en partie au moins. Sadoul note avec beaucoup de finesse les tov.^. L e nouveau Ci. Or. Histoire d'un art. tels que des enfants l'un point de vue do~umenté"/~. constituent les exigences fondamen. capter des situations authentiques. qui le premier formula la que ce renouvellement du Cinéma-Vérité. il recommande. L a caméra 16 m m . mais un cinéaste sovié. Kinoks : fans de cinéma (nom donné à l'école utilisé notamment par les reporters de la télévi. Mais Vigo avait les sujets habituels des actualités : cérémonies. Encore faut-il préciser tique. la caméra est un oeil. au départ. préconisée par Dziga Vertov . ou des sujets particuliers. une famille en pleurs sur une tombe. qui dirigeait. de surprendre tous les personnages sur le vif. riel ultra-léger. la vision fragmentée qu'il impose. Colombier. mais d'une nouvelle Opérateur d'actualités. quand ils voulurent étudier les "le documentaire social" du "documentaire tout sentiments. l'intervention créatrice film.après approche. et l'équipement encore portatif. aura été surpris par l'appareil''. si elle n'est DE NOTRE T E M P S pas précisément invisible. est très discrète. le plus grand han- pour qui la non-participation du cinéaste. mobile et peu encombrante qu'un cette réalité. Il veut s'engager. ou m e m e le travail. protester contre oeil humain. 1. Pour un nouveau Cinéma-Vérité. tente de donner au repor. c o m m e Ver- tage. Création encore hypothétique. lité de l'analyse. que nous tenterons de définir plus loin. dans un milieu réel"/3. jeu conscient ne peut être toléré (et) le personnage ment restreinte. Morin a raison de souligner que ''le grand L a tradition de Dziga Vertov mérite de Jean Rouch est d'avoir défini un nouveau type de cinéaste. le cinéaste-scaphandre qui plonge C e n'est pas un ethnologue. présentant son premier maquillage. Mais. Il fallut combien cette position est nuancée : elle prétend. s'embusquer dans un buisson et utiliser les télé. Vigo entend dire quelque chose à propos de aussi sensible. avec A propos de Nice. Cité par Henri Agel. On aperçoit révéla incapable de remplir son r81e d'oeil. échecs de cette dthode : "Vertov et son opérateur faute de quoi il conviendrait de renoncer à la Kaufmann purent enregistrer sans trop de peine "valeur document" d'un tel cinéma. Morin. manifestations. d'autre Oeil est subordonnée à l'invention d'une caméra part. ). caméra de Rouch tente de définir des personnages. Jean Vigo. précisément. Dès lors. celle qui plongée de la caméra dans les eaux profondes de entend bannir du cinéma "tout ce qui n'a pas été la vie sociale. lement à se dissimuler : elle cherche seulement à de nos jours. a permis de vaincre. A propos de Nice (1929). en adoptant ce maté. un certain nombre d'ethnographes ne pas gêner. les 5. de Vertov). selon le mot de Georges Sadoul/! tion des théories de Vertov. la caméra se court et des actualités de la semaine''. il faut refuser tous les élé. initiateurs. la Révolution d'octobre. studios. celle du Ciné-Oeil lorsque. réalisé en fait. des origines ànos jours. p. Voir texte intégral in Positif. 14 janvier 1960. Esthétique du cinéma. ne résulte nullement de l'applica- saisi sur le vif". acteurs. L e cinéma Il faut revoir la dernière partie de ce jugement. L a caméra de 16 m m . L a réalisation du vrai Cinéma. 2. Vertov. dicap du reportage traditionnel. son effa. la Pravda (Cinéma-Vérité). à Paris. etc satirique et son film était. Observateur. tales de l'authenticité sociologique. selon objectifs des films de fauves pour saisir. France- obstacles techniques du Ciné-Oeil. d'un certain nombre de servitudes numéro spécial consacré à Vigo. 172 et sq. no 7. cette théorie extrémiste du film sociologique. c'est la superficia- cement absolu. mai 1953. Georges Sadoul. no 506. au théâtre du Vieux- du cinéaste ne doit intervenir qu'au niveau du mon. Dziga Vertov. le journal filmé Kino Si la méthode est toujours celle du reportage. s'est débarrassé. sports. etc. Paris 1949. 29 . c'est pourquoi l'le L'application de cette technique était obligatoire. CHAPITRE III L E S VOIES DU FILM SOCIOLOGIQUE (1) LES ARCHIVES CINEMATOGRAPHIQUES traditionnelles. -geses lettres de noblesse. dont Rouch et Morin auront été les 4. Cette part de sub- trop absorbés par un spectacle pour remarquer jectivité distingue précisément ce que Vigo appelle l'opérateur? Mais. 47. Il est intéressant de participe à une action continue et ne cherche nul- noter que cette théorie rejoint celle que défendent. selonsespropres termes. par une méthode stricte qui s'apparente à celle qui est exemple. sion. meetings. Jamais peut- étre les impératifs illusoires de la doctrine radicale Jean Vigo du réalisme cinématographique ne furent systéma- tisés aussi fermement que par l'école de Vertov : L'un des plus grands poètes du cinéma français.

M . derrière les leurs antécédents. à proprement parler. les phénomènes sociaux titre d'amusement. L'actualité cinématographique ficiel et cérémoniel de la vie politique. in L e Cinéma. - quasi religieux. dans laquelle on voit mesure où leur thème de prédilection semble étre. Les rythmes lents un "commentaire descriptif et non interprétatif ou de la vie sociale. au m é m e titre que la célèbre expérience l'homme". qui s'inscrit. l'identification ou le refus ? L a communication par l'image n'est jamais pure- Les actualités cinématographiques ment intellectuelle. . 14 ). la troisième fois. d'une civilisation. le commentaire est parfaitement neutre. fait officielle. Bruxelles. temps. "dans dans un reportage intitulé Lettres de Sibérie. Il une charge affective différente. d'autre part. Cette loppée. Mais la démarche sociologique n'est-elle pas une "la relation pure et simple des faits saisis dans prise de conscience. p. elle saisit sur le vif l'événement "his. il est douteux que le I I . autant de façons différentes de pas la communion ou la réprobation. Solvay. Il veut faire. Sans doute. théoriquement. le style des gestes. et de mascarades révèle d'une certaine façon (que 2. sont indissolublement liés. un ouvrier traverser une rue. Et l'on constate alors que ce "document au- grandes catastrophes. ni encore moins celui de ses participants. dans expérience. le r81e décisif du commentaire hautement conventionnels de la vie cérémonielle en donnant à ces images rigoureusement identiques (défilés militaires. qui met en valeur les altérations pro- cette vaste mémoire extérieure à l'humanité que fondes que divers commentaires apportent à la l'écriture avait permis jadis de constituer et cons. L a première s'agit moins d'événements historiques que de rites fois. p. le l'érotisme. l'actualité se définit par de la foule et du pouvoir. commémorations. /' visuelle de Koulechov (voir p. on l'a vu. la théorie du Cinéma-Vérité. sans participation ni mation.. la comédie dans l'effort d'information. dans la m e - mise en scène. dans la signification sociologique). mais il estime que le inspire. le commentaire maintiennent reportage. où la bétise.. de leurs développements et de masques et les r61eç sociaux ? Il faut bien recon. les niste. ture au regard. les événements sociolo. etc. qui n'est souvent qu'une actualité déve. c o m m e l'estime M.Journal" d'actualités relève. d'une part. exclut toute relation circonstanciée. 30 . 137. giques de première grandeur lui échappent.Cette cette encyclopédie de l'expérience humaine. social. au sens rigoureux du terme. l'image dans le domaine de la rationalité. ce qui est fait pour être vu. est aussi le principe du film de sure où la parole.llincroyable spectacle d'un carnaval. de m ê m e qu'elles ne saisissent que l'aspect super. selon le mot de M. je pense que l'intérét historique bien que l'actualité cinématographique doivent être des actualités réside moins dans le faitbrut qu'elles analysés du point de vue sociologique avec d'infinies évoquent que dans les éléments secondaires de la précautions . Cependant. Reprenant trois Les actualités nous présentent le plus souvent fois la m é m e image banale (dépourvue en soi de une vision très imparfaite d'une époque. Roger Clausse. Sibérie. mais thentique". Tant il est vrai que le film sonore constitue déroule : un assassinat politique. cet univers de masques 1960. l'information est. et Dès lors. est perçu par l'oeil chaque fois différem- torique" extraordinaire au moment m é m e où il se ment. exemple. jeté en pâ. semblables à eux m é m es pendant n'éveille aucun intérét . le com- une très longue période dans une civilisation don. perception de la m é m e image. une découverte de ce qui se leur environnement. le rapport Certes. l'air du fantastique. leurs conséquences. 1. compte tenu. les historiens de l'avenir auront à apprécier). Il est inté- de documents sociologiques privilégiés ? Quelle ressant d'évoquer ici l'expérience curieuse à la- est la valeur historique de cette informationvisuelle quelle s'est livré le cinéaste français Kris Marker. Roger Clausse. la seconde fois. Clausse. L'information visuelle n'est-elle constituent autant de "points de Vue" plus ou moins pas plut8t porteuse de valeurs ? N'appelle-t-elle bien documentés. Quant aux événements véritables auxquels anti-communiste . l'auteur montre. ces documents précieux doivent etre vie sociale qu'elles enregistrent ingénument : par soumis par le sociologue à une critique historique. Si val. Parfois. naftre que les nombreuses sociologies qui s'af- frontent aujourd'hui dans le monde uniwrsitaire du journalisme. l'argent et la mort composent un ballet style d'une époque. On observera aussi que la brièveté m é m e des le ''pointde vue'' de ce reportage n'est-il pas tout diverses séquences qui composent un journal d'ac- à fait le point de vue des organisateurs du carna. de cache derrière les apparences. pris sur le vif dans une petite ville de rarement. par exemple. "le procès d'un certain monde". mentateur adopte le ton agressif de la propagande née. le rire (par- saisir le réel. la vie quotidienne leur échappent. etc. c o m m e il le dit lui. ils sont de deux ordres : le ton adopté s'inspire de la philosophie c o m m u - les grandes futilités mondaines. au contraire. à partout dans le monde. Institut de sociologie. la mode. Sommes -nous ici réellement en présence hypothèse appelle quelques réserves. l'on voit que le film de reportage aussi personnellement. une structure audio-visuelle dont tous les éléments D'une manière générale. ). fois) ou l'enthousiasme. 138. l'actualité s'intéresse. Clausse ne le conteste pas et admet qu'"à l'écran la notion classique d'objec- L'expérience des actualités cinématographiques tivité a perdu son sens" . m é m e . tualités. cinéma n'en demeure pas moins un moyen d'infor- Cette saisie directe du réel. Clausse. si possible. idem. mérite de devenir titue encore chaque jour pour l'enrichissement de classique.

archives filmées de notre temps devra prendre par leur assemblage. Ici la caméra peut réellement décrire en profon- titue. 137. et la confrontation n'avaient pas été prévues initia. film produit en 1948 par Peter Baylis. 470. le magazine filmé. L'URSS a tenté aussi d'écrire. monde qui regorge de ressources gaspillées : Ces images décrivent moins le Japon contemporain World of Plenty (Un monde d'abondance. afin de fournir à la mémoire un cadre de dans ce dernier film il expose plus particulière. IV. L'un ainsi. qui se déroulent de la première guerre mondiale (réalisation de selon un canevas prévu. semble-t-il. mense pays en armes et de mettre en valeur l'ef- néralement. les longs reportages de guerre utilisant les documents A. car ils se présentent c o m m e des formule fut reprise pendant quelques années après monographies historiques composées de documents la seconde guerre mondiale (de 1946 à 1949) par "authentiques" : ce sont les films constitués par la Revue mensuelle filmée intitulée This Modern un montage d'actualités anciennes dont la réunion Age (Temps modernes). en quelque sorte. Histoire encyclopédique du cinéma. C'est en URSS. Trois brillante. p. et qu'elles ne suggèrent excellemment des atmos- The World is rich (Le monde est riche. Il en fit une satire dans le déroulement des événements filmés. témoignages. B. sans intervention du cinéaste 1928 (pacteBriand. Cérémonial et mouvement de foule authentiques filmés sur le front m e m e . images excellentes sur la vie sociale traditionnelle en France. une vue cavalière de llim- garde que ces documents "authentiques" sont. Roger Clausse. avec le recul du temps. pour son pur plaisir. 2. En Angleterre. leurs ou certains traits culturels. selon la technique des opéra- sembla dans un montage mordant des actualités de teurs d'actualités.Kellogg). devant et pour la foule J. 1958. Mais il faut bien reconnai'tre qu'il l'histoire d'un jour de guerre. à partir d'archives filmées. dans la m ê m e catégorie. des témoignages partiaux . qu'il faudra situer un C e film se rapproche d'un second type de mono- jour. ces trèrent les scènes les plus capables de constituer. dont la ciologique m & m e dont ils reflètent certaines va. si la caméra n'est pas ignorée des cinéaste Reismann a utilisé les bandes tournées "acteurs" qui accomplissent la cérémonie. L e vaste domaine du cérémonial est le champ graphié par les caméramen combattants de 1'Army d'application idéal du reportage cinématographique. The peaceful Years (Les années paci. gé. A une époque plus récente. Montages d'actualités et magazines filmés il fit réaliser une série de reportages qui compor- taient aussi bien des documents d'archives que Un type de films intéresse tout particulièrement des prises de vues inédites. Mac Dowall et Geoffrey Malin). E n URSS. L a chute des est consacré au Japon. Il constitue un ensemble d'images Belgique. sonorisée en tage sociologique :les mouvements de foule. ouvrage cité. des fort qu'il fournissait dans tous les domaines"/2. "prises sur le vif". la vie du pays tout ne s'agit là que d'un idéal d'objectivité très rare. L a Russie de des meilleurs films de la série This Modern Age Nicolas II et de Tolstoï (1928). entier. graphie historique. ) qui survit en marge d'une cédé pour restituer ironiquement l'atmosphère de vie publique de style occidental. dans ce milieu so. le attentive . En fiée. références concret pour une information plus ment les conséquences économiques de la guerre nuancée. les 1959). Nicole Védrès a utilisé le m & m e pro. les archives cinématographiques L a technique du reportage servirent à une synthèse hi storique de la période 1919-1939. sous le titre général March of Time (La marche du temps). Paris. cette notre sujet. dans un siècle. (cérémonie du thé. la réplique du reportage deur . phères. 1943). Paul Rotha journalistique à la connaissance d'une grande na- s'est servi abondamment d'archives filmées pour tion apporte au spectateur des témoignages frag- évoquer le paradoxe mondial de la faim dans un mentaires qui éveillent la curiosité sociologique. Film Unit (Grande-Bretagne). 31 . Henri Storck ras. E n Angleterre. elle apparart c o m m e un enregistreur mer- sur la bataille de la S o m m e (The battle of the Somme. par le cinéma. tout à fait aux limitations du film d'actualités : un miers montages d'actualités firent leur apparition. qui fut présenté au public anglais au cours des gestes rituels stéréotypés. C e film célèbre cons. on au front par les opérateurs soviétiques et les opé- rateurs allemands dans un film fort remaraué : 1. formule fut lancée aux Etats-Unis. veilleusement fidèle des passions collectives ou 1916). selon René ment atteint. Il faut citer aussi. En Angle- terre encore. par le producteur Louis de Rochemont . etc. L a prise de Berlin (1946). tel film ne fournit jamais que des informations Sous l'influence de Vertov. Esther Choub réalisa sommaires par rapport au reportage écrit.photo. Jeanne et Charles Ford. p.de 1934 à 1943.didactique"/l. L e magazine cinématographique n'échappe pas lement. le 13 juin 1942 : ce jour-là. cependant. et les plans de redressement projetés. C e panorama contient des Romanov (1927). dans le meilleur style de Vigo :Histoire grandes séries de thèmes caractérisent le repor- du soldat inconnu (réalisée en 1932. L e reportage n'est souvent qu'une actualité ampli- fiques). 1943). gestes cérémoniels et les gestes du travail. Cette introduction Paris 1900 (1946-47). "1 50 opérateurs enregis- L'historien qui examinera. notamment Desert Victory (La victoire du désert. 1946) . développée. etc. que les pre.

les bals populaires. présenté avec une honnêteté absolue. gestes religieux est-elle déjà importante et nous nial . l'autre rement England has a Queen (Elisabeth est reine). Filgate. insoutenable. Aucune description écrite ne des nouveaux Etats du X X e siècle. mêlée à la foule. L e premier. la caméra note la vie sociale l'un des hauts-lieux de la chrétienté en Amérique spontanée . entre ce film et le précédent plus d'un point c o m - ronnement de la reine d'Angleterre. Il existe deux enregistrements cinéma. passionnée . Les gestes du travail :de la naissance du de la chrétienté contemporaine. qui tient autant du ballet que de la prise brutal. Freedom structurelles fondamentales. bien ou mal filmées. parfois horribles. parée serait assurément du plus haut intérêt. en leur comportement fixé de manière plus ou moins 1954 :Mai'tresfous. E n Angleterre encore. matographique. la conception africaine. Crierson. par l'univers concentration de souffrances. Nous tenterons d'illustrer ce pro- çais. sociologiques. for Ghana (La liberté pour le Ghana). nous retiendrons de ce dernier film est considérable : en marge du encore un reportage de Terence M a c Cartney - cérémonial officiel. tout se passant. au cours d'une mission au Ghana. c'est ainsi qu'elle atténue sen- ment d'une extraordinaire parade militaire tradi. que la description d'un rituel. bien que L e second domaine auquel s'applique le plus aisé- - le film ait été supervisé il est important de le ment la technique du reportage sociologique (ex- - noter par un conseiller religieux. la caméra est c o m m e noyée dans la foule n'avons pas l'ambition d'en dresser l'inventaire. nées de la lecture. l'intervention du cinéaste) est espèce de pitié sauvage devant cette incroyable constitué par le monde du travail. 1958). de. L'un illustre la conception occidentale. L e déchafhe- en 1949 . elle décrit. du culte européen. film est ici généralement beaucoup plus importante ment scientifique tourné par l'ethnographe-cinéaste que dans l'enregistrement du cérémonial. dans sa seconde partie. sans tations mentales incorrectes. sur le pélerinage à l'Oratoire St Joseph. Il s'agit. à l'intériorisation et au maso- 1956.m ê m etitre. en principe. L'intérêt historique (NationalFilm Board of Canada). par l'exemple m ê m e des cultes de possession. A la vision de ce des gestes techniques et professionnels. tout l e . cette tension m ê m e des acteurs et Les films dits ethnographiques abondent en la confusion générale facilitent l'enregistrement. Nkruhmah émergeant de la foule foi populaires (Les Pélerins. suscite une cluant. l'un en France m ê m e . de Georges Rouquier cinéma dans l'enseignement des sciences sociales. rien n'est aussi difficile à interpréter à la lecture pants permettent à la caméra de se glisser furti. car cueillement ou l'excitation mystique des partici. où. c o m m e si la caméra était constituent des documents sociologiques importants. Il faut situer sur 1930. Dans la banlieue d'Accra des rigide par un code rituel. il se passe un phénomène ticulièrement l'école documentaire britannique qui. documentaire social en Angleterre aux films vant l'homme dénudé. Mais la volonté d'élaboration esthétique du le m e m e plan un admirable reportage rigoureuse. L a comparaison tographiques de cette cérémonie.peut €!tre assuré au moins qu'elle n'influence pas Jean Rouch. Deux films importants émergent. dissimulée. Il y a Citons. en fait. notamment. nouveau culte de possession (voir p. constitue. On saisit ici. Bien des représen- vement au coeur du phénomène religieux. lepouvoir étonnant de l'image : syndicaux ce rapport quasi scientifique. le second film montre la cérémonie à ment dionysiaque africain s'oppose radicalement laquelle prit part la reine Elisabeth II. produit en Dans la production de l'Office canadien du film 1957 par le Ghana Film Unit. séquences liturgiques qui. pos dans le chapitre consacré à l'utilisation du Lourdes et ses miracles. L a caméra a enregistré aussi la naissance chisme chrétiens. les divers reportages du cou. L a science des religions aurait beaucoup à gagner Il faut citer dans une catégorie particulière les à rassembler. (1954). en fait. le 31 mai au recueillement. Ici la ferveur. dans une cinémathèque spécialisée. singulier :la gorge se serre et l'émotion colore SOUS l'impulsion du cinéaste-théoricien John fortement la perception des images. L a caméra. réalisé par Terry en mettant en valeur les différences fondamentales Bishop. s'illustra dans cette voie à partir de leversantes. de sujets religieux ou para-religieux. mieux que ne le font les du nord. un té. les cortèges bariolés. toujours bou. dont l'étude c o m - authentiquement religieux. l'autre en Afrique. Leur confrontation comporte plus Trooping the Colour note fidèlement le déroule. portant tous deux plonge le spectateur au coeur m ê m e du sacré. le re. c o m m e dans temps pour se livrer au jeu tragico-burlesque d'un l'actualité. montre le roi George VI recevant le salut existant entre deux styles religieux. siblement ce que le culte africain peut avoir de tionnelle. d'un enseignement . notamment les saurait rendre sensibles à ce point ces oppositions cérémonies d'indépendance du Ghana. l'altérer. presque d'armes. mun. et particuliè. note les mouvements de l'émotion de M. invisible et indiscrète. sans esprit partisan. Ils pourraient ainsi être corrigées par la vision ciné- ont été réalisés tous deux par des cinéastes fran. reportages qui s'attachent à décrire des rituels tous ces documents disparates. C'est par- film assurément objectif. Dans la notation "sur le vif" des grands Sans doute la liste des reportages relatifs aux mouvements populaires souvent liés au cérémo. de 32 . en dévoilant un aspect tragique. mentaire britannique. délirante. moignage direct sur le pélerinage et les i m m e r - sions rituelles qui se déroulent dans ce haut-lieu B. qui a presque toujours h o m m e s et des f e m m e s se réunissent de temps en une valeur sacrée. inspiré par la tradition parle. souvent mots. 50). des thérapeutiques psycho- réalisé par la maison Pathé.

VII). L e monde du tra. p. Drifters était la pêche au hareng. vail industriel servit.Du kannst talents se groupent. A world survey of dans l'intimité des êtres. hommes et. E n outre. O n se fera une idée de cette extension en Grierson opéra une espèce de révolution dans le consultant le catalogue édité par l'Institut interna- cinéma en montrant en séance publique. Drifters. les que les gestes du travail se prêtent fort aisément images qu'il emprunte à la réalité sociale. le but est de faire connai'treles divers aspects de cial''. qui ne au temps du cinéma muet. né de l'ob. dès lors. Esthétique du cinéma. qui n'est autre fragments de reportage . 1954 (histoire des conquêtes bablement pour la première fois. du courage qu'ils 1950. Aussi bien faut-il noter une construction filmique toute personnelle. selon le mot de Georges Sadoul/l.qu'il cesse. en fait. Il trouve un très grand nombre de réalisations dont apporta sur les écrans "une sorte d'exotisme so. pro.. ___ maintains the World). taires bien caractérisés naissent : le documentaire République fédérale d'Allemagne. titre d'exemple Sie bewegt die Welt (Labour vail de la pêche au hareng dans la m e r du Nord. Ils se tournèrent tous deux. terkammer. le travail de la mine du désir de les magnifier. Très à la participation consciente de l'"acteur" au récit souvent aussi le cinéaste demande et obtient. àvrai dire. oeuvres très élaborées ne contiennent plus que des former à un scénario préexistant. Georges Rouquier et Henri Storck renouvelèrent. en 1929. les problèmes d'éclairage. En France et en Belgique. O n tuait alors une audace et une grande nouveauté. Paul Rotha insiste sur l'importance de cet évé.41). le plus souvent. Autriche. International Labour Film. elles font appel délibéré- que la trame m ê m e du rite. quoi qu'il en soit. 1'exploration cinématographique ateliers présentent de grandes difficultés tech. fournit à l'histoire du et l'action syndicale dans la Ruhr). 33 . 45 désir de pénétrer. p. Local 100. produit par la Wiener Arbei- Les gens étaient amenés à se rendre compte. (voirp. les cinéastes s'intéressent moins à la poé- en scène. avec le duit par Agel. produit par l'Office national du film. mais le résultat du labeur physique d'autres travail dans l'industrie du bois) . se situe à la limite ciologique. Mais cette 1'1-G Bergbau (Syndicat des mineurs) . collaboration du Canadian Trade Union Movement Autour de Grierson producteur. l'activité syndicale ou du mouvement coopératif. L e prétexte de et s'apparentent parfois au film de fiction.e film est une arme dans le combat pour le pain. Nous évoquerons son évolution en An. Strike in town leur assiette n'était pas une chose qui tombait du (La ville en grève). repro- la m ê m e époque. travailleurs. Le Nanook de Flaherty la paix et la liberté" (introduction du catalogue. 1956. vers le monde paysan. souvent com. 1952. International décrire avec clarté et probité le travail artisanal Labour Film Institute. produit pour le l'homme était exclue. le premier relèvent plus en rien de la catégorie du reportage film "documentaire" européen. Film. Canada. l'intervention tique du travail qu'aux problèmes sociaux qu'il du cinéaste se borne à circonscrire la réalité. Ces films. le cinéaste inscrit. la collaboration effective des frontière du reportage et relèvent. nous nous écartons considérablement du vailleur que la caméra transforme en acteur de sa reportage pur et simple . 98. Ce genre. Ce sujet a perdu s'adressent à des professionnels spécialisés. "porta modestement à l'écran le tra. à selon Rotha. social''. Rouquier devait films for Labour Audiences. p. les organisations syndicales. 1 YS4 (Lemouve - jeux formels dont toute connaissance véritable de ment coopératif en Allemagne). que nous définirons au cours du pro- de deux méthodes d'approche : le reportage et la chain chapitre. l'approche du "documentaire ' - Georges Sadoul. de surprendre d'une conception infiniment plus riche du film so- sur le vif. des gestes du travail industriel a perdu son charme niques . 286. mais il consti. tional des films du travailj3. GEG (Association des coopératives allemandes) . Il faut noter aussi que les velles que propose la caméra participante. une école et un style documen. produit social entre dans l'histoire du cinéma c o m m e genre par le Deutscher Gewerkschaftsbund (Deuxjeunes particulier. les prises de vues doivent se con. pose. les évoquons ici pour la clarté de l'exposé.avecla avaient dQ déployer"/2. qu'un hareng sur du mouvement ouvrier du Autriche) . Drifters. gewohnlicher Tag ( U n jour c o m m e les autres). Ce genre. nement cinématographique. L e domaine du "film du travail" plexes. ouvrage cité. dans propre vie quotidienne. peu après 1940. une pléiade de (la forrnation d'une filiale syndicale)14.République servation pure et simple des gestes du travail et fédérale d'Allemagne (La vie. à peu près à Cité par Roger Manvell. Dans le cas qui nous ment et souverainement à la collaboration du tra- occupe. produit pour cinéma quelques oeuvres importantes. de prétexte à des République fédérale d'Allemagne.toute évidence. syndicale) . 38) et Drifters dotent le film sociologique p. se posent en particulier. Nous citerons. Nous aujourd'hui sa frarcheur initiale . au-delà des gestes du travail. pour cinématographique. "L. Canada. artistes découvrent la signification de l'activité gleterre m ê m e (voir p. 1955 (Unconflit du ciel. Ces films sont généralement produits par de ses premières lettres de noblesse. en évoquant les ouvertures nou- caméra participante. Rameradschaft (Fraternité). Ein ganz veine fut assez rapidement tarie. dans deux monographiestechnologiques exemplaires : Nous évoquerons plus loin d'autres films cana- L e tonnelier (1942) et L e charron (1943). L'ouvrier se s'est élargi considérablement depuis quelques an- m u e alors en acteur et obéit à une certaine mise nées . 59). esthétique initial. Mais. Ces films se situent donc à la ces prises de vues. nicht abseits stehen (Tu ne peux rester à l'écart). éventuellement. Bruxelles. films consacrés au travail dans les usines et les Aujourd'hui. Ces diens traitant des m ê m e s problèmes (voir p.

Unpetit spéciale à un film tchèque appartenant à cette caté- coin de parapluie. de la caméra participante. mais ces méras et de micros dissimulés . Dans les films dits = fique des Etats-Unis. l'observation des groupes d'enfants. duit 250 films par le truchement de Nordisk Tone. C e test sans doute With these Hands (Avec ces mains-là). l'homme. Citons aussi un film fran. L a caméra dissimulée viole. les films anglais Learning by experience canadienne intitulée "Etude en six chapitres de (L'enseignement par l'expérience. il faut englober aussi les films d'édu. l'ombre) . que le jury du Premier Festival Vandervelde. pour apprendre à le connaître. Bruxelles. produit pour le Svenska Metallindus. non participante : l'utilisation de la caméra cachée. le second à Vienne en 1957. nal du fiim du travail. Institut international des films du travail. de deux ans. est un document historique sur la international du film ethnographique et sociolo- classe ouvrière belge.l'un des plus remarquables est de psychodrame dirigé par une monitrice. Citons. Norvège. n'est plus qu'un passant qui celle qui éclata en 1889 dans une usine d'allumettes) . un premier trie. par blèmes humains du travail. Slavson. Suède. souffrant de troubles émotifs. Les portement spontané d'un groupe de jeunes garçons confrontations de films consacrés au travail se mal adaptés. mentionnons aussi Out of Darkness (Hors de festival international du film industriel. American at Work (Musicians).R. vue à travers les yeux d'un vieux mili.Gryr 1 Norden (L'aubedans le nord). amor- Vi Var Nagra M a n (Nous n'étions qu'une poignée cer un dialogue. notations furtives.s Faglige Landsorganisasjon court. ce film. Lorsque la cérémonie ou le travail. d'une part. 1. 34 . 1947) et Growing l'homme et du travail dans l'entreprise moderne" up with other Peoples (Grandir avec les autres). Aux Etats-Unis. fuit et il faut. (19591. L a tant. produit en 1953 par C B S Public Affairs. les gestes du travail. la caméra voleuse. montre la guérison lente d'une f e m m e at- C. pendant une période à Hambourg en 1954. les films syn. en accordant une mention çais humoristique sur la sécurité sociale. c'est-à-dire un ensemble de gestes stéréotypés. à fleur de peau . voient). Voir rapport du Troisième Festival internatio- mènes sociaux par la caméra s'amenuisent consi. Dès que nous quittons le domaine que définissent L e procédé de la caméra invisible a été appliqué le cérémonial et les passions collectives de la parfois. sans cesse : bribes de vie. l'évolution caractérielle des garçons le troisième à Oslo en 1960/1. sous la super- "du travail". L a caméra ob- pératif en France. serve les réactions d'un groupe d'enfants (qui dicaux sont particulièrement nombreux (voir cata. produit en 1950 pour le Jewish Board of Guardians. dans les plus fameuses de l'histoire sociale norvégienne. et du groupe qu'ils constituent. produit par sement définie. 59 ). en 1'American Federation of Labor et le Congress of effet. citons :Activity Croup The- (Thérapeutiquede groupe). im- dans un style semi-documentaire. il montre le com- thèmes se situent en marge de notre sujet. les coopératives suédoises ont pro.l'une des grèves pressionnistes. méditant sur la grande lutte syndicale de déontologie de ce type de films doit être rigoureu- 1909). Dans la production scienti- af det (Il faut faire quelque chose. cependant attentivement un cas privilégié de l'ob- 1954(Le syndicat sur le plan régional et national). un studio spécialement aménagé à cet effet). 22-27 mai 1960. qui évoque l'histoire du mouvement coo. L e premier cours de séances de thérapeutique collective. celui-ci tourne duit par 1'Arbeiderne. aux Etats-Unis. 26. de manière délibérée la personnalité morale Industrial Organizations. filmés. au multiplient depuis quelques années. dépeint un syndicat de de ceux qu'elle surprend et guette. Ce film est le résultat de cation destinés à améliorer la productivité ou à deux ans d'observations patientes au moyen de ca- réduire les accidents professionnels . de Jean Cette technique pose un problème moral extrê- Brismée. les possibilités de saisie directe des phéno. gique a tenu à souligner. pro. servation cinématographique au moyen de la caméra Depuis 1921. produit par l'Institut Emile mement grave. Il y a lieu d'examiner triarefiirbundet (Syndicat de la métallurgie). cessent d'être le sujet du reportage. au cours d'une espèce logue pp. (Les prises de vues eurent lieu dans de dame. E n Belgique se dé. vision de S. Dans le domaine voisin de la psychia- d'Europe a organisé à Rouen. L e festival international des films du travail eut lieu spectateur peut suivre ainsi. Stock- dérablement. en 1960. rue de Lombaxd. telle la belle série exemple. ignorent qu'on les filme). L e film belge Passion des hommes. Usages spéciaux de la caméra dissimulée teinte de troubles mentaux et soignée au California's Metropolitan Hospital (réalisation :Jack Glenn). cet univers décousu. cependant été souvent appliqué sans dommage à U n certain nombre de films traitent des pro. 1952). d'autre part. erre à la poursuite d'un objet qui se dérobe (Union des syndicats norvégiens) (ce film relate. à l'observation du foule. quiévoque les conflits surgissant fréquemment entre les ou- vriers et les contremaftres. le film ne peut être projeté que devant des D'autre part. film. holm. Ce procédé a musiciens aux Etats-Unis. s'engager résolument dans la voie d'hommes). de (voir p. de Dimitrij Plichta (1959). et Visages de la coopération gorie. filmé tente de découvrir la façon dont les enfants produit en 1950 par l'International Ladies'Garment soumis à l'expérience se représentent le monde Worker Union (Histoiredu syndicat des vêtements des adultes. 83-84). Suivant l'accord roulent périodiquement les Journées internationales passé entre les auteurs et les parents des enfants du film au service de l'industrie et du travail. le Conseil des fédérationsindustrielles spécialistes. C o si no O n% mysif (Ainsi les enfants nous ouvrière. ou le film danois Man burde Tage sig Margaret Thompson.

et l'on ne voit que trop ainsi que la société Chase Manhattan fit enregis. des relations humaines. C'est sur la voie de l'espionnage. bien comment ce moyen d'investigation pourrait ser- trer.mais ils apportent difficilede décider à quel moment la caméra se situe au sociologue des documents intéressants. les relations vir à des fins policières peu recommandables. Les films ainsi réalisés Untel procédé appelle déjà certaines réserves. (Pour le plus grand avantage de tous). au moyen d'une caméra cachée.comportement des clients d'une grande entreprise sociales au sein d'une grande banque (For greaier commerciale. 35 . Il est ne visent pas de but scientifique. afin d'étudier sur le vif le problème usefulness).

à la construction du film. Dans cette perspective. oeil aveugle ou. Cette limité. mais la ferveur discrete jamais un langage. C'est que d'autres. un portrait mentaire. particuliers. portrait sociologique qu'il entreprend. L e film. rbles sont authentiques. c'est. la monographie. les hommes deviennent du cinéma a retenus résument le destin d'une so- les acteurs de leur propre condition authentique. Il a sim- viction est plus ou moins grand selon l'art du ci. en soi. à tra- lors. ils chercher la participation active de l'ouvrier. aucun langage (qu'il soit fait d'images ou de cieux avant tout de témoigner de la condition paroles) ne garantit a priori. apparalï. discours filmique est constitué par une série de D e cet art dont il a inventé la néthode. CAMERA PARTICIPANTE L e film. était un Esquimau c o m m e tant entre les sociologues et les cinéastes. du montrent quelques hommes se mouvant dans le paysan. un ton qui ne ressemble nication . 36 . Il n'a pas toujours vu ces choses de la façon dont il les D e 1920 à 1921. ni calomnie. maison de fourrures françaises. dès qu'il cesse de relever de la catégo. c o m m e une Il s'est avéré depuis une trentaine d'années qu'une oeuvre de synthèse. dont et les soucis. 280. Il y a dans ces grands documen- tive. L e h u m aine. avec laquelle s'exprirre un esprit indépendant. Il ciété à travers quelques visages exemplaires . un trap- invente avec la collaboration d'acteurs dont les peur-prospecteur américain d'origine irlandaise. p. il lui demande de collaborer étroitement au l'espoir de voir surgir un théorème. les bonnes rela. il était aussi le l'avons vu plus haut. un h o m m e au sourire inoubliable. un premier acteur bénévole exprimant volontairement. sou- Or. tion. à travers son oeuvre :voici ce que j'ai vu. dans logue. au terme de leurs recherches. après avoir été adopté par eux. de vérité. les travaux quelques événements concrets. tourne pour une oeuvre d'art empreinte de rationalité. dès petit espace qu'ils habitent réellement et. L e documentaire est une répondant au n o m de Flaherty. foi du réalisateur qui affirme. sa propre condition adapté à la découverte automatique de la vérité d'homme. J. ils ne s'agit plus. Revillon. la réalité qu'aux vertus expressives du montage.mais de re. nous héros d'une véritable épopée"/l . c o m m e l'essai littéraire. sortant de l'anonymat. ni l'épouvantail des statistiques . publicitaire dans la baie d'Hudson. de fonc- spontanéité idéale la réalité ''brute''. L e film. non le pur reflet de la réalité. L e film ainsi conçu est plus que morale. le plus souvent. la vérité. est à la fois description et essai de commu. cette fois. s'élabore plus à la prise de vues et au décou. le dialogue en rien à celui des discours de propagande : ni avec la caméra. un film Dès que l'on évoque cette idée. dont le pouvoir de con. Or. en tout cas. avec 1. Flaherty demeure le maftre inégalé. une oeuvre expressive mettant méthode bien plus féconde que celle de Dziga Vertov en jeu toutes les ressources de l'observation. entièrement de la bonne tout en annexant la technique du film de fiction. taires un accent de vérité. Robert propositions affirmatives. tout un univers. de capter dans sa pure n'agitent pas les concepts de structure. C'est un peu c o m m e si l'on braquait un en chasseur d'images . il n'a pas vu L'oeuvre de Flaherty et la méthode ethnographique exactement ceci et cela qu'il montre. Sadoul. un instrument peu sans tricherie ni artifice. au fond. à ce niveau. L'authenticité d'un tel film dit "documen. etc. aux faux prestiges de la caméra objective et du Les grands documentaires sociaux que l'histoire reportage "saisi sur le vif". Or. ''le le cinéma qu'un instrument de recherche. Nanook. L e héros de ce tions commencent malheureusement à se gâter film. dans cette perspec. L e film docu. taire" dépend. plifié le langage en accordant plus d'importance à néaste. puisque cette façon est un langage qu'il moyenne d'une enqu&te ethnographique). humaine. est plutbt comparable au discours élaboré que les sociologues-écrivainsnous proposent. où l'Esquimau. prend figure rie du reportage pur et simple dont nous avons d'homme. le livre. ouvrage cité. il engage avec lui un dia- télescope sur un problème de géométrie. ils suggèrent page qu'au montage. Flaherty ne suit pas Nanook à la trace. vers ces images démunies d'artifice. Flaherty observe minutieusement Nanook tenté de circonscrire le domaine relativement et sa famille. . CHAPITRE IV L E S VOIES DU FILM SOCIOLOGIQUE (II) LA TRADITION DE FLAHERTY OU LA un talent variable. Mais pour appréhender la réalité sociale consiste à ob. le film est autre chose qu'un livre . Cet les sociologues hésitent à voir autre chose dans h o m m e inconnu devint selon le mot de Sadoul. qui renonce l'imege impose avec force le sentiment de réalité. pendant quinze mois (la durée montre. il recherche ia communion. c'est une tenta- tenir la collaboration effective des hommes dont le tive en vue d'opérer une généralisation à partir de cinéaste veut exprimer les passions.

elle participe doxalement. ont été "reconstituées" ou non.trans. Méthode de l'ethnographie. dans son cours d'ethnographie. qui cite ce type d'enquête c o m m e exem- plaire de l'observation participante. c'est-à-direpar plans. Il faut ac- fondamentales. Il obtient. Au con- pose des questions auxquelles un informateur. ouvrage cité. sa rôles arbitraires :ils devaient se comporter tant8t femme. (c'est-à-dired'une technique qui interdit toute in- dans le style défini par Flaherty. puisque les deux types d'enregis- pas toujours clairement compte que Nanook est trement cinématographique (le reportage et la bâti c o m m e un film de fiction. c o m m e moyen d'investigation des c o m m e un ethnographe rédigerait une monographie r8les familiaux. tuations/3. que la "reconstitution" pouvait sité de parler. Paris. pu- enquêtés. le problème de l'au- force m ê m e de s'y intégrer. les possibilités du reportage pur et simple formé en acteur. pourquoi lui recommanderait -on vivement "reconstituées". où l'obser. 148. il n'est que très rarement nous l'avons gique. quant à lui. les m ê m e s ethnographes ne savent pas toujours fondée sur la communication de l'observateur et de très exactelnent quels sont les films dont les scènes ceux qu'il observe/l. Cette d'étudier la langue du peuple qu'il étudie ?). dans la seconde. déjà analysée par sociologique. Nous pensons qu'il faut ren- l'observation directe/a. p. les interrelations qui le lient à son entou. au cours d'enquetes ethnographique. les gestes du vateur devient réellement "metteur en scène". Gurvitch. grâce aux auxiliaires qui l'assistent dans 3. le concours effectif. chap. d'autres moyens. - cepter résolument la part de reconstitution disons trouvent leur équivalent dans le domaine de l'enre. refusent de prendre en consi- travail. provoque des réactions. tion radicale au cinéma-vérité de Vertov. etc. les mouvements de foule. historiques. Granai. voire à la déro. Or. le cadre d'un récit préétabli qu'il présente artifi. travail. s'ef. note que le 1. nique cinématographique sur la technique de l'en- gnage authentique. mateurs. cependant. toute enquête sociolo. Or. ni dans l'autre. C'est la méthode que thenticité ne se pose pas en ces termes. le jeu. L e appellation couvre tout ce qui ne ressortit pas au chercheur participe donc à la vie du groupe. toute direction d'acteurs) sont relative- comparée à la technique du sociodrame. (Seule l'oeuvre récente de Jean tion et cherche à établir une relation approfondie Rouch fait exception à cette règle). d'interroger. de son &té. dès qu'il tente un effort de pénétra. la selon les consignes d'un metteur en scène. L e bien des choses silencieusement. Sans doute ne faudrait-il pas forcer ce chef-d'oeuvre de probité. c o m m e l'observation directe et l'enquête orale ou ciellement. Je m e suis aperçu que cette technique d'inves- velle méthode et un nouveau style documentaire tigation. en M. la à m e s "acteurs" bénévoles de tenir une série de participation consciente de Nanook. Artiste intègre. afin de mettre rapidement à jour ou un romancier inventerait un roman. Marcel Griaule. p. s'efforce de créer. blié sous la direction de G. p. en oncle maternel. tant8t en gendre. insis. D'ailleurs. ce que l'on veut bien y réfléchir. 4. Nanook interprète "mise en scène" liée à ia caméra participante) ne le r8le de Nanook :il s'exprime lui-même. traire. dont la mise en scène cinématographique qui ne se fondent que très partiellement sur les m'avait donné l'idée. ouvrage cité. Granai. Griaule. en opposi. Para- sible. approfondir ou introduire cas particuliers"/ 5. il la joue et res. Griaule. en frère aîné. L'ethnographe ou le sociographe observe - vu un moment m é m e de cette connaissance. moignage cinématographique approfondi. et de leurs enfants. Il invente. M . qui ont cessé de se manifester). fondant ainsi les thode utilisée par Flaherty (puisque le terme deux approches du phénomène humain . Techniques de l'enquête socio- sociologue participe aux situations collectives des logique. une nou. répond. Marcel Griaule ad- tait. Granai. à peine vi. rage"/4. mérite d'être tervention. sées notamment par les disciples de Moreno. suscite. par fragments. Mais ce paradoxe caractérise. qui sont. dans la reconstitution ne s'applique qu'à des phénomènes première. ment limitées :le cérémonial . Nul puriste de l'observation directe ne lui dération c o m m e "films ethnographiques'' les contestera le droit d'engager des conversations oeuvres très élaborées où les scènes seraient (sinon. Mais on ne se rend la comparaison. pour être tolérée du point de vue scientifique "dans des compléter. 37 . ces deux méthodes verser radicalement cette proportion. expérimentale. mais en cela ne réside pas l'essentiel de son graphes. dans sont pas exactement des moyens d'investigation. "le 2. Paris. Granai appelle l'"observation participante".attitude résume toute la déontologie de la recherche ludique semblable en Afrique. peu gênante . c o m m e l'on dit souvent. 142. J'ai moi-même utilisé une technique 5. 1957. mettait. L e cinéma est avec l'homme. Ni dans un cas. VII. Georges Granai. sur la néces. ce jeu permet seul d'apporter un té- à la vie sociale. si une façon de rapporter ce que l'on a vu. - plus exactement la part de jeu qui définit la m é - gistrement cinématographique. reportage pur et simple. caméra n'interroge vraiment : elle porte témoi- Tel est le paradoxe du film ethnographique et gnage sur une situation connue. 1958. ethnographiques. 142. film est un témoignage synthétique. p. éclairer. Je proposais pour le tournage du film. amusait beaucoup m e s infor- ressources limitées du reportage. de Nyla. Aucun ethnographe n'a récusé quête m ê m e . sujet ne raconte pas sa situation. Dans les techniques dramatiques utili. La caméra participante. - l'on sait . Puis Flaherty bâtit un scénario. in Traité de sociologie. de susciter des si. la caméra se fait discrète. l'une passive. d'interviewer. Bien des ethno- bée. l'autre active. l'ensemble des relations de parenté. Ceci est une action en retour de la tech- Flaherty entendait avant tout apporter un témoi. dialogue.

dans une structure cohérente. dès lors. C e film est l'épopée d'un homme. rire ou la dignité"/l. alors inavouée. s'applique à la vie sociale fluide. héros du premier film ethnographique. L'intimité familiale. 50). l'abri d'une nuit. peu significatifs. que la caméra démarque. il opère un choix. toujours caché. existe deux versions du film. chette sur un animal de neige. notre â m e siens à se réfugier dans un igloo abandonné.. un ensemble signifiant tire à en perdre haleine sur la corde que déroule. est aussi le symbole m & m e de toute civilisation. visés. leurs chiens. constituent les "cas particu. c'est-à-dire ajustons un humaine sont des conqu&tes dont l'animal est exclu. Il n'y a pas de recette "scientifique" qui se déshabille et se glisse sous les peaux. Il scènes âpres de la lutte pour l'existence. d'une société tanée appelle une technique d'enregistrement ciné. le cinéaste se la première fois de sa vie. Moana est une longue description tation. les raire de prétendre résoudre scientifiquement. accourus à la lourde machinerie du cinéma n'étouffe-t-ellepas rescousse. la triomphe enfin avec l'aide des siens. un gramophone. la chasse au morse. manger le disque. dont les fiançailles heureuses de Fa'angase et de et dont le principe se trouve en germe dans l'inter- view. l'autre légèrement plus longue. c o m m e si la caméra extra-lucide leurs querelles. ensevelis appelés devant un appareil de photos et de prises sous la neige. p. été synchronisée postérieurement (1925). résiste. c o m m e s'il allait &tre le reportage ne saisit que des lambeaux incohé. Nyla permette à coup sQr d'engager ce dialogue. est une scène extraordinaire. Il peut paraRre étrange que la vie sociale spon. ceux que requiert l'enquéte ethnographique tradi- - et non l'esprit du film dit de fiction ? L e but du tionnelle. d'un art : l'art de resti. qui oblige Nanook et les découvrir. L'art de Flaherty consiste aussi à couler sa description ethnographiquedans les grands rythmes C e film est un portrait de famille :voici Nanook. contre l'invisible et l'épopée c8toie la farce. il construit l'igloo. sa femme. réduit à l'essentiel. suppression de cette tension artificielle. à une sollici. lorsqu'il dans sa fuite. le cabotinage. il veut heurte à cette géne particulière de l"'acteur". Nanook est aussi constructeur. 45. sont en- s'agit bien. les moyens psychologiques àmettre liers" de 1' enregistrement cinématographique. le m & m e méca. en effet. nisme de défense peut engendrer l'exhibitionnisme. en fragmentant les gestes pour mieux les soumettre Quelques films de Flahertp à l'enregistrement cinématographique. sera discutée ultérieurement (voir p. L a capturedu phoque rituelle. Nanook of the North (Nanook l'esquimau) : il vie dont la fluidité et la richesse émotive con. les aspects - les plus significatifs de la vie quotidienne cette 1. nous "posons". Nanook. D e toute façon. Tout son effet psychologique tend à la 2. tagent la vie rude de l'homme. rents. exactes et naturelles).. Flaherty quitte le Grand Nord et passe deux ans nant celles qu'altèrent les déviations du jeu. Il se redresse. 1923-24. Il choisit les Tles il peut aussi s'assigner c o m m e tâche de surprendre Samoa. masque. ma. la maison de neige. L a chasse est la lutte sans les lourdes interventions de la mise en scène. en effet. Cette voie neuve (inconnue des sciences ethnographique de la vie quotidienne des Samoans. en oeuvre ne diffèrent pas fondamentalement de Faut-il préciser que Flaherty utilise la méthode . naturels et vitaux :vérité et poésie sont les deux le plus extraordinaire sourire de l'histoire du ciné- pbles de son oeuvre. son domaine. basée sur la confiance réciproque. sit8t que les chiens passeront la nuit dehors.l'une muette (38 trastent avec la rigidité et le conformisme des min. pour Dans notre propre civilisation. cérémonielle) peuvent &tre notés au vol. de lave son bébé en crachant sur une peau. Nanook dégeler 1'interlocuteur. l'animal blessé.propre. qui s'acharnent à survivre. Nyla. au phoque. trecoupées de notations tendres ou familières : tuer la vie par les vertus du dialogue humain qui Nanook apprend à son jeune fils à lancer une flé- s'engage entre le cinéaste et ses l'acteurs'' impro. Nanook y lance son harpon et une mise en scène rigide. 1. retombe. 46. la p&che. avec une extraordinaire jubilation. la famille mange. non cristallisée. Seul Nous avons commenté précédemment la dialectique un trou minuscule signale la présence de l'animal de ce paradoxe : c'est que le rituel constitue déjà sous la banquise. rement de la création artistique et qu'il est témé. L e cinéma ou l'homme imaginaire. précisément. les événements sociaux rigides (vie une intelligence merveilleuse. soire. L a progression épique du film pouvait nous arracher notre masque socialisé et s'achève par une temp&te. Tel est. 35 mm. A l'inverse. noir et blanc. le propos du film. happé par le trou. élimi. à chaque halte provi- C'est là un problème complexe. ). leurs enfants. présence m @ m e de la caméra. Parmi les diverses prises de la m é m e scène. L e cinéaste intervient ici c o m m e un régulateur. le village de Safuné. ici. Comment. L a vie cette spontanéité m @ m e qu'elle est censée révéler ? est une longue errance et. jeu est de montrer. Par contre. muet. Moana of the South Seas (Moana des mers du sud). alors que. Les descriptions techniques. née de la 1 h. dans l'archipel des la première réaction à une question. la condition de vues. qui a rites. Nanook dérape sur la glace. écoute. notre masque le plus hypocrite : le sou. L a preuve n'en est-elle pas que. déployant dans la navi- matographique particulièrement lourde. Mais (1923-1924) dans le Pacifique. navigateurs. qui intervient dans vent. Les chiens de l'attelage par- qu'évoquait Edgar Morin :"NOUSréagissons sou. ouverte par Rouch et Morin. 38 . ces masques de la vie sociale. gation. qui relève entiè. à nos yeux et ceux d'autrui.

un ton âpre. - la lutte acharnée contre le sol rocailleux une lutte qu'on hésite à désigner du terme banal d'"agricu1- ture". C e dernier intermède introduit la à Sadoul. enfin. L e père prépare la doris endommagée tique des amours contrariées de Matahi et de sa par la tempete. L'attitude caracté. à la capture d'un sanglier au piège. Jeux de Michael et travaux de la mère à la maison. Goldman et Frances Flaherty tion des vêtements en tapa. cédant à la rude épopée arctique. Fa'angase à son tour est paré en vue de son pro. nouveau. elle va chercher la terre arable dans les crevasses . Mais leprêtre la maison cette nuit. durera. la navigation traditionnelle. Du haut de la falaise. U n canot à quatre rames s'approche ment rousseauiste de Flaherty. Flaherty Cette introduction. Après gement de la vision de Rousseau.la jeune et belle Moana fournissent le prétexte. qui s'accordait si bien avec le tempéra. L a mère est parti à la recherche de Reri. menacée par la m e r fu- au moyen de pierres chaudes. lisation de l'arbre à pain. de terre : le père casse des pierres. dont le thème est l'ali. son lamment. beignets de poisson. C'est aussi un merveilleux poème bucolique. que l'héroïne supporte vail. L e canot est jeté à terre et brisé . graphiques opposées. sacrifie davantage à la fiction. montage :John la préparation des fibres végétales pour la confec. mérite d'être notée. Matahi nage tin. d'une tortue de mer. repo- Murnau. cette fois. on sert le kava. Ru fil des tra- vaux et des jours. ils guettent tous deux l'horizon. Nous un requin. veille. des marchands de perles. sa mère. Des bancs de requins passent au large et les L e couple se réfugie dans une rle étrangère. dès lors. 1 5 taro. Rien de plus nonchalant que le fil ondo. corail. insensé d'une poignée d'hommes et de femmes in- mentation :préparation de la farine de coco. tandis que le petit garçon pêche au fiancée Reri se déroule cependant dans un cadre lancer du haut d'une falaise. qui donne au film dès le départ exalte ici. Au cours d'une poursuite en mer. deux jours. un jeune pêcheur. L a mère et le fils les aident à accoster. cuisson des tubercules de taro abandonnée à elle-même. au large de l'Irlande occidentale. etc. Il se fait tatouer par trois hommes . 1 h. Moana et Fa'angase dansent de L e père et ses compagnons reviennent de la pêche. suc. tandis que l'enfant dort. authentiques sont Michael. Il n'y a. Voici la préparation d'un champ de pommes 3. pêche. qui acceptera fi. L e bateau qui à sa poursuite et se noie derrière le bateau qui est la proie de vagues énormes tente de rentrer.. à la pêche au harpon. l'homme et de la nature comporte à la fois des 39 . etc. l'oint d'huile de palme. Les personnages le tatouage douloureux. le petit garçon N é de la fusion de deux conceptions cinémato. nous assistons à la culture du 4. gère à notre propos : les exigences de la religion la mère et le petit garçon en surveillent les péripé- brisent le bonheur de ce couple uni . et sa mère récupèrent les harpons et les avirons. aidée du petit garçon et d'un avec F. la femme ré- 3 5 m m . à l'uti. 28. chain mariage. naire document sur les rapports élémentaires de ristique de Flaherty devant la civilisation moderne. dans la grands scène du tatouage. de n'y voir qu'un prolon- la teinture qui doit pénétrer dans la chair. des crustés dans une petite Tle rocailleuse et inculte. proclame Reri interdite. consommation cette oeuvre "monumentale". L e requin est enfin amené à terre et dépecé. "tabou". emmène sa fiancée. l'ani- sommes encore dans cette Polynésie apparemment mal harponné tord le fer qui l'a blessé et réussit à heureuse. 1 h. est suivie d'une séquence consacrée à la victoire morale de l'homme sur la douleur physique. Matahi l'enlève. nulle froideur dans cet hymne au labeur troisième partie du film. cet extraordi- les danses traditionnelles. M a n of Aran (L'homme d'Aran). Moana est l'un des grands axes de l'art de Flaherty. 1934. L a lutte douleur. L a beauté et la rieuse. U n petit garçon cueille des noix de coco. Ils sont seuls à des bars. physique contre la nature. noir et blanc. la lutte à coups de harpons et Bora Bora. où il pêcheurs reprennent la mer. préparation de serait injuste. et à arracher le filet aux vagues. m e r démontée. 35 m m . Après l'"agriculture". dont la poésie se nourrit de simplicité. dans une yant de ce scénario ethnographique exemplaire. Tabu. min. capture d'un crabe palmiste enfumé dans qui estime que l'auteur sacrifie à l'esthétique dans sa cachette. Dans la ligne épique de Nanook. s'échapper. noir et blanc. à Réalisation :Robert Flaherty . version anglaise. n'en déplaise de poisson cru. W. Il aperçoit au large ethnographique rigoureusement authentique. ce film contient des aspects Vaincu cette fois par la mer. constituent les thèmes de la qua. pêcheur et chasseur de requins. le père rentre à la documentaires marginaux d'une grande beauté : la maison avec les siens. source de corruption pour les mondes archaïques. L e lendemain m a - nalement de le rejoindre. L a mère et l'enfant affronte avec innocence la civilisation abâtardie préparent l'huile extraite du foie. Les fiancés dansent. L'intrigue sentimentale est étran. la pêche. qui en acheva seul la réalisation. aux iles Touamotou d'un deuxième requin . l'évocation du grand trième partie : Fa'angase orne Moana de fleurs et triompheprimitif de l'homme désarmé ou mal armé. un prêtre ties. boisson cérémonielle. Murnau vieillard. dans la tempête. version anglaise. la baignade. 1928-31. Flaherty sant sur un lit de pierres. L a présence de la m e r domine la C e film est peut-être le chef-d'oeuvre de Flaherty seconde partie du film : tempête sur les récifs de et nous sommes loin de partager l'avis de Sadoul. L'histoire drama. réalisé en collaboration colte des varechs . Désespéré. dans des hottes ils la transportent Dans ce film où il est difficile de faire la part de vers cet extraordinaire "champ" de varechs. père.

joies. les angoisses. la soumission ethnographique et sociologique. L'intervention du ci. le travail. aux Etats-Unis. tique des h o m m e s d'Aran. les raisons de vivre. qui n'épuisent nullement simplicité. l'épopée qu'ils vivent. 1Vle d'Aran :il est intéressant de noter ce trait aux Pays-Bas. s'intégrer à la communauté dont il entend décrire.scènes jouées et des scènes qui relèvent du repor. avec Ces quatre films. tage. les sont le jouet de la tempête. Leurs prolonge- du cinéaste à sonpropos. constituent l'un caractéristique de sa méthode de travail. sont les classiques du film description fidèle d'un milieu social. qui est des phénomènes les plus remarquablesde l'histoire véritablement celle d'un ethnographe soucieux de du cinéma documentaire. ainsi qu'en France. mects directs ou indirects dans l'école documen- tion d'exposition. filmées au moment m ê m e oii les pêcheurs en parfaite connaissance de cause. en re- néaste n'altère en rien le comportement authen. Flaherty passa deux ans dans taire anglaise. qui racontent. a atteint une telle perfec. fusant tout crédit au pittoresque. 40 . Rarement la l'oeuvre de Flaherty. en Belgique.

le cinéaste et théoricien Paul Rotha. etc. Rotha a exprimé ses conceptions du consciencieuse". 41 . sa philosophie. vers une formule didactique :il veut apprendre aux 4. L'influence montante. D e logique. n'était pas de procéder à un inventaire Paul Rotha. jamais le pouvoir de conviction de l'auteur de ciel. il faut mentionner :Shipyard (Chantier technologique des gestes du travail. Documentary art Film. 287. Londres. Force est de re- son opposition à la vision conventionnelle de la connal'trequ'aucun documentariste anglais n'eut société à laquelle aboutit un certain cinéma offi. la conquête de l'objectivité. le titre Great Cargoes. 1. political education. Docteur en philosophie de Glasgow. 120. L e documentaire documentaire social. la rationaliste qui veut expliquer la société . il s'oriente m & m e Rockefeller. le second exemple sa formule. fit des recherches sur le r8le social de la celui qui a été le plus fidèle à l'esprit d'objectivité presse et de la radio au Centre de recherches sociologique pr8né par Grierson . Esthétique du cinéma.Sadoul tique" de la vie sociale . Grierson est peut-&tre. citoyens britanniques le fonctionnzment de l'Etat. guidance. Car enfin Flaherty teur de l'école : le premier objectif était d'exalter n'est pas un théoricien et il n'a jamais proposé en le travail humain et ses vertus civiques . qui vint tourner en Angleterre un pa. cumentaire. selon Rotha. à la façon des naval. qui montre les nouvelles norama industriel intitulé Industrial Britain (1933). p. et de s'être trop dans le monde moderne. son style. un poète que fascine un certain déploie la bannière Free Cinema pour marquer aspect de la condition humaine. dans ces deux voies conjuguées. Sadoul. objectif était de magnifier "l'inconsciente beauté de Rotha a raison de souhaiter que les cinéastes se l'effort physique" qui se déploie dans le travailja. CHAPITRE V ESQUISSE D'UNE HISTOIRE DU FILM ETHNOGRAPHIQUE ET SOCIOLOGIQUE 1. mais il a tort de d'Agel. alors que. 1936. p. 2. 5. Flaherty nouvelle école documentaire britannique. ignore l'analyse sociale. Grierson. C e procès domine cependant la pensée de Grierson. l'auteur de M a n of Aran ait passé sous silence le pour notre propos. selon pendance des diverses activités commerciales. idyllique. tout en insistant sur la né. celle qui est. L'un des chefs de file de la première école do. Il reconnaît les mérites L'empreinte du cinéma soviétique (avecson goût pour de Flahere.42 ). ira beaucoup plus loin. régime de la grande propriété terrienne dont sont cupé de rigueur scientifique dans l'élaboration du victimes les paysans de iifle)/5. à la suite de les rubriques : Business and economics. contribuèrent à l'éclosion du film socio. L'EVOLUTION DU DOCUMENTAIRE SOCIAL la structure de la société. assignée. d'intention nous paraft injuste. que Grierson était fort préoc. l'anima. Ces jeunes cinéastes Nanook. mais critique sa conception "roman- les problèmes sociaux)fut aussitrès profonde. les affranchissant (très relative. Londres. penchent sur les problèmes économiques et sociaux Il faut probablement faire sienne l'appréciation de la civilisation industrielle. Mais il est intéressant de noter. Deux tempéraments s'opposent ici :Rotha est un pendant que. Documentary art Film. 3. il n'y a pas de place pour ce genre de do- finalité morale et sociologique du documentaire cumentaire "idyllique" ou "d'évasion''. Grierson lui-même. vers l'"observation directe et Théoricien. civics. 1934) dont une nouvelle version porte de Flaherty. de tous les membres de l'équipe. dans la civilisation indus- préoccupée des effets esthétiques superficiels. Mais il propose une vi- EN ANGLETERRE DEPUIS GRIERSON sion sociologique assez académique. qui estime que les oeuvres de la première reprocher à Flaherty d'avoir choisi des thèmes école documentaire anglaise "offrent un ensemble "anachroniques" (Rotha regrette notamment que assez terne". Cité par Agel. civil rights. 45. avant tout. se sont pénétrés de manière beaucoup plus intense de la grande leçon d'humanité de Flaherty. ouvrage cité. cessité de la vision poétique/3. il semble lui faire grief reproche à l'école documentaire britannique de de s'&tre limité au thème du combat primitif de n'avoir pas pleinement réalisé latâche qu'elle s'était l'homme contre la nature. 1935) dont le sujet est la construction d'un ethnographes qui étudient la poterie en filmant un navire et les réactions de la petite ville qui tra- potier. 1936. extensions des docks à Southampton et l'interdé- fut profonde et orienta les cinéastes anglais. et Rising Tide (Marée plus hautes les animaient (voir p. Des ambitions sociologiques et artistiques vaille au chantier naval . Il nous paraît ce. Documentary art Film/4. p. L a trielle. documentaire social dans un livre important : ment) des recherches purement formelles du début/l. que nous re- trouverons aux Etats-Unis dans de très nombreux L a première génération films classés dans les catalogues des universités et des maisons de distribution spécialisées sous L e but des cinéastes anglais qui. dit encore Rotha.

Cependant, cette première école documentaire il faut citer Housing Problems (1935), le film
compte quelques maftres. Tel Basil Wright, dont qu'Elton et Anstey ont consacré au problème des
toutes les histoires du cinéma citent une étude poé- taudis. Les auteurs apparaissent ici c o m m e les
tique sur Ceylan, Song of Ceylon (1935), un film précurseurs du style typique de la télévision :ils
qui, pour la première fois, montre, dans un savant utilisent, notamment, la technique de l'interview,
contraste, la coexistence d'une civilisation pré- que Rouquier emploiera également en France, dans
machiniste et de la civilisation occidentale. L a la première partie de Lourdes et ses miracles
première partie du film est consacrée à la religion (voir p. 49).
bouddhique : célébration de rites religieux sur la Toute l'école britannique semble avoir admiré
plus haute montagne de l'ne, d'où, selon la tradi- l'oeuvre de Flaherty, mais un certain nombre de
tion, le Bouddha effectua son ascension mystique. cinéastes seulement ont tenté des études sociales
L a seconde partie décrit, dans le style typique de approfondies au moyen de la caméra participante,
l'école britannique, les métiers et les industries ; après les essais impressionnistes des premiers
la troisième partie oppose à la sérénité des deux réalisateurs, groupés autour de Grierson. Il faut
premières la fièvre de l'activité commerciale m o - remarquer, avec Roger Manvell, que, jusqu'en
derne ; la dernière partie décrit la persistance du 1935 au moins "les réalisateurs de Grierson furent
style de vie traditionnel. Les Anglais considèrent plus intéressés par l'interprétation artistique des
ce film, dont le contenu s'inspire d'une description thèmes industriels que par l'exposition des pro-
de l'lie faite vers 1680, par Robert Knox, c o m m e blèmes sociaux qu'ils posaient, alors que Rotha
l'une des plus importantes oeuvres documentaires s'intéressait à la propagande"/l. L e point de vue
de la première époque. Produit par l'Empire Tea social très particulier de Rotha, qui écrivait, en
Marketing Board, il s'apparente plus aux essais 1936, qu'il est urgent d'intéresser le public aux
impressionnistes qu'à la véritable tradition du problèmes nationaux et internationaux/2, allait
film sociologique. D e ce point de vue, son princi- triompher dans le nouveau cinéma documentaire
pal mérite réside dans le fait qu'il constitue l'une qui prolonge l'école de Grierson en Angleterre,
des premières tentatives (mais bien superficielle pendant la seconde guerre mondiale. Harry Watt,
encore) pour montrer la coexistence de deux dont le n o m a déjà été cité, est probablement l'ini-
cultures. tiateur d'un mouvement qui allait porter quelques
Au générique de la plupart des films documen- documentaristes à utiliser pleinement les ressources
taires marquants de cette époque, en Angleterre, du film de fiction à seule fin de dépeindre fidèle-
on retrouve le n o m de Grierson c o m m e producteur. ment la vie quotidienne et les devoirs des groupe-
C'est lui qui confia notamment à Cavalcanti la réa- ments militaires ou paramilitaires créés pour la
lisation de Coal Face (1936), une étude sur la mine défense de la nation assiégée. Son moyen métrage
et la vie des ouvriers mineurs, l'un des premiers Target for Tonight (1941), qui raconte l'histoire
documents sur ce sujet et l'une des oeuvres les d'un raid de bombardement sur l'Allemagne, fut,
plus importantes du mouvement. Cavalcanti, à son selon Rotha "le premier à dépeindre les courants
tour, fut le producteur d'un film de Harry Watt : humains profonds de la guerre sur une échelle que
North Sea (mer du Nord, 1938). C e film est une le documentaire n'avait pas encore connue aupara-
reconstitution des nombreux incidents qui mar- vant"/3. L a personnalité la plus importante de
quèrent la grande tempete de 1937. Il s'agit tou- cette époque est Humphrey Jennings, dont le tem-
jours de noter les gestes du travail, l'effort de pérament lyrique et les dons d'observation remar-
l'homme, la lutte conquérante contre la matière quables se manifestent avec force dans un long
ou la nature. North Sea s'attache notamment à dé- métrage :Fires were started (1943), qui décrit
crire comment les services radiophoniques sauve- le travail de 1'Auxiliary Fire Service au fil d'une
gardent la vie des marins. Mais ce film s'écarte journée d'alerte. L a formule utilisée ici par
des données traditionnelles du genre créé par Jennings nous situe à la limite m é m e du documen-
Grierson par l'utilisation d'"acteurs" et l'exposi- taire et du film de fiction ; il reconstitue une
tion d'une ''histoire''. Harry Watt avait déjà amorcé
ce style nouveau dans Night Mail (Courrierde nuit), 1. "Grierson's directors were more interested in
un film qu'il signa avec Basil Wright (1936). Pro- the artistic treatment of industry than in the
duit c o m m e le film précédent par le General Post social problems involved, whereas Rotha was
Office, dont le Film Unit fut l'un des principaux becoming interested in propaganda. I' Roger
centres de production documentaire de l'époque, Manvell, Film, revised and enlarged edition,
Night Mail conte le voyage nocturne du train spé- Londres 1946, p. 105.
cial qui assure la liaison postale entre Londres 2. Paul Rotha, Documentary art Film, 1936, p. 38.
et Glasgow ; les employés de la poste trient, re- 3. "The first to depict the human undercurrents of
çoivent et expédient le courrier au cours du voyage war on a scale which documentary had not
meme. Le document sociologique est ici la matière previously attempted." Cité dans Films for
première d'une poétique visuelle et sonore qui uti- Television from Britain, Central Office of
lise les éléments rythmiques du voyage. Supervisé Information, 1958, p. 36. Harry Watt tourna
par Grierson, ce film constitue également lkn des en 1946 un grand film semi-documentaire en
classiques de l'école documentaire britannique. Australie : 'The Overlanders (La route est
Parmi les oeuvres marquantes de cette époque, ouverte).

42

atmosphère sociale, le travail routinier de la sta- colonisateur (un Commissaire de district) et colo-
tion de pompiers, dans l'attente de l'alerte qui, le nisée, la résistance de certains milieux tradition-
soir, mobilise toutes les énergies : nulle intrigue nels, qui combattent les initiatives des Africains
ne détourne l'attention du sujet principal, qui est occidentalisés en faveur du progrès technique.
lapeintured'un milieu. L e film, cependant, obéit à Mais il y a encore un thème secret, dont l'intéret
une progression dramatiquetrès sûre, dont l'apo- sociologique est considérable dans l'optique de la
théose est un incendie au cours duquel périt unmembre colonisation ; à l'insu de son auteur, le film révèle
de l'équipe. Jennings a très bien su exploiter, dans la une vision quelque peu naïve des cultures africaines
tradition de Flaherty, la structuredramatique de la et du progrès technique. Voici l'argument :quelques
réalité la plus authentique ; dans ces "films de fiction" Africains évolués, hommes et femmes, désirent
issus directement de latradition du film documentaire construire une maternité dont la gestion sera con-
dont ils conserventle style, les héros sont anonymes, fiée à une sage-femme noire. L e Commissaire de
quotidiens, discrets et tout proches de nous : leur district, sollicité, promet de mettre lcs moyens
drame est collectif.E n 1941, Jennings évoque l'Angle- techniques à la disposition du village, 2 condition
terre en guerre dans Listen to Britain. L e dernier que les autorités traditionnelles marquent leur
filmde Jennings, dix ans plus tard, est un Portrait de accord. L e village travaille spontanément avec
famille (Family portrait) de la nation anglaise enthousiasme à la construction (ceci est l'un des
(1951)., C e court métrage évoque des pages d'his- premiers documents historiques intéressants sur
toire, des noms célèbres, mais il s'attache surtout ce que l'on appelle aujourd'hui "l'investissement
à définir, tant8t avec gravité, tant8t avec humour, humain"), mais une partie des conseillers refusent
l'esprit de tout un peuple. Sans doute le portrait leur concours. Ils tentent de "saboter" l'oeuvre
sociologique glisse-t-ildangereusement ici vers commune entreprise, avec la complicité de la so-
un genre qui ne nous concerne pas ici : le film ciété masquée des hommes, présentée c o m m e
moralisateur. O n peut se demander, évidemment, l'élément réactionnaire de la tribu. L a nuit m ê m e
s'il est possible de parler de la société, ou d'en où la sage-femme veille au chevet de la première
montrer certains aspects, sans éveiller automati- parturiente, en compagnie d'une jeune intellectuelle
quement la sensibilité morale. L e film sociologique noire, des masques grotesques surgissent dans une
authentiquen'est-il pas nécessairement le véhicule vision de cauchemar, s'efforçant d'épouvanter les
d'émotions et d'idées ? Toute enquete sociale ne trois femmes terrorisées. Mais la jeune évoluée
débouche-t-elle pas finalement sur la critique ou ne perd pas son sang-froid et elle jette de l'eau
l'apologie des valeurs sociales ? L e film sociolo- bouillante sur le premier h o m m e masqué qui pé-
gique ne peut être qu'interrogation, mise en ques- nètre dans l'infirmerie ; cette intervention éner-
tion, ou communion. Il défend l'ordre établi, le gique met en fuite les forces réactionnaires :
-
justifie ou le dénonce. Flaherty est le frère de triomphe de la science et du rationalisme sur les
Nanook, il admire la culture esquimau et le dit préjugés ancestraux... Ce scénario appelle évi-
sans restriction. L2aténacité, le goût de la liberté demment, du point de vue ethnographique, les plus
du peuple anglais émeuvent profondément Jennings, expresses réserves. D'un point de vue général,
et il le dit avec simplicité. Sa démarche est sin- JeanRouch s'élevait avec force, lors des premières
cère et l'auto-portrait collectif qu'il tente ne doit rencontres internationales consacrées au cinéma
rien à la propagande nationaliste. Si toutes les en Afrique Noire (Bruxelles, 1958), contre le pa-
oeuvres de bonne foi méritent d'être examinées ternalisme évident qui anime tant de films d'édu-
attentivement par le sociologue, il est fort diffi- cation de base tournés en Afrique par les Européens
cile d'établir en cette matière une déontologie ri- pour les Africains. L e s auteurs d'un certainnombre
goureuse. Des cinéastes ont été amenés, dans de films d'éducation sanitaire, en particulier, se
tous les pays coloniaux, à prendre directement ou croient obligés de dénigrer et de ridiculiser la
indirectement le parti de la colonisation. L a plu- culture africaine traditionnelle, qu'ils connaissent
part des services cinématographiques d'outre -mer généralement fort mal, dans la louable intention
ont été des bureaux de propagande politique et so- de contribuer au progrès technique. Est-il indis-
ciale, parfois SOUS le couvert de l'éducation de pensable, se demandait Rouch, d e créer chez les
base. Voici par exemple Daybreak in Udi (L'aube Africains un complexe d'infériorité devant leur
à Udi, 1948), un film de Terry Bishop, qui fut fort propre culture ? Ainsi l'on aperçoit indirectement,
remarqué en son temps, puisqu'il obtint, pour la à travers le prisme de ce genre de films, ce que
spontanéité du jeu des acteurs africains non pro- fut la "situation coloniale"/l. Si les productions
fessionnels, deux flatteuses distinctions : ilward coloniales réfléchissent avec ingénuité l'image du
of the American Academy of Motion Pictures colonisateur, il arrive que celui-ci tente un auto-
(Hollywood)et British Film Academy Award for portrait à l'usage des colonisés. A ce titre, un
the Best Specialized Film, en 1949. C e film de film d'l'éducation de base" du Colonial Film LTnit,
court métrage dont l'action est imaginaire, illustre M r . English at Iiome- (1940)est un document so-
divers incidents qui se sont produits il y a quelques ciologique étonnant : ce film évoque, à ltusagedes
années dans la tribu des Abajas Ibos, du district
d'Udi, en Nigeria. Son propos est de souligner les 1. Rencontres internationales : L e cinema et
difficultés psychologiques du développement com- l'Afrique au sud du Sahara. Exposition de
munautaire. Il montre les relations entre Bruxelles, 1958, Rapport général, p. II.

Africains, la vie quotidienne d'un artisan anglais camions semblables à celui-ci roulent vers la ca-
et de sa famille pendant la guerre. pitale. L e marché de Covent Garden. Les m a r -
chands préparent les étalages, tandis que l'on
L e mouvement Free Cinema décharge les camions. D e temps en temps, les
h o m m e s s'arrétent pour boire une tasse de thé,
Un groupe de jeunes cinéastes a tenté à Londres, bavarder. O n ouvre les caisses de fleurs, on fait
de 1956 à 1960, de renouveler l'approche cinéma- reluire les pommes. L e déchargement est terminé ;
tographique de l'homme et de la société et d'insuf- quelques jeunes gens vont casser la croûte au bar
fler au documentaire britannique un regain de vita- voisin. L a caméra fouille les visages, surprend
lité. Ils défendent un Free Cinéma, protestent en très gros plans les rires, les échanges de plai-
contre la vision sclérosée de la société britannique, santeries, les gestes insignifiants. Quelques-uns
imposée par l'industrie cinématographique et la s'endorment, le café se vide, le jour approche.
tradition documentaire née en 1930. Ces créateurs Les détaillants arrivent, hésitent, marchandent.
sont avant tout des poètes, mais des poètes sou- U n gros h o m m e habillé avec soin, l'oeil aigu,
cieux d'apporter de nouvelles études sociales, de passe des commandes, un bloc-notes à la main.
nouveaux témoignages, plus amers, plus mordants, U n petit commerçant charge un chariot qu'il
plus émus. Ils veulent rétablir le contact direct pousse jusqu'à sa camionnette. Discrets, effacés,
avec la vie, abandonner définitivement les jeux un peu tristes, voici les petits marchands ambu-
d'esthète, approfondir la vision, non seulement lants, qui hésitent longtemps avant d'acheter, car
scruter l'homme, mais encore lui laisser la pa- ils sont pauvres. Parmi eux, quelques très émou-
role, s'effacer devant lui. Cette démarche exigeante vants personnages :les petites vieilles, marchandes
a fourni au cinéma sociologique quelques-unes de de fleurs depuis un demi-siècle. Des sectes reli-
ses oeuvres les plus attachantes. L e mouvement gieuses aussi viennent s'approvisionner à Covent
s'est manifesté jusqu'en 1959 par des présentations Garden. L a foule, les chariots, l'encombrement
de films au National Film Theatre et par la réali- des voitures, l'animation dans les cafés voisins
sation de quelques films indépendants, dont le plus envahis par les clients. L a caméra observe atten-
important nous parait être Every Day Except tivement les visages, les gestes banals. Covent
Christmas, (Tous les jours, sauf Noël) de Lindsay Garden, à présent, est envahi par la foule des
Anderson, le talent le plus accompli de cette poi- petites gens ; ménagères, clochards, marchands
gnée de novateurs. Dans une interview au journal ambulants. Les plus pauvres ramassent çà et là
Les lettres françaises, Anderson déclarait qu'il des fruits, des légumes avariés. Les camions
rehisait "l'irresponsabilité sociale de l'esthète chargés de cageots vides repartent vers les quatre
pur'' aussi bien que "la propagande philistine des coins de l'Angleterre.
soi-disant "réalistes socialistes". ''Une vraie C e document sensible, construit, élaboré avec
oeuvre d'art, poursuit-il, implique une significa- autant de soin que de chaleur, avec la participa-
tion sociale, mais, par contre, j'estime qu'aucun tion d'Alite,. George, Bill, etc. (ces h o m m e s et
film "social" ne peut avoir de véritable valeur s'il ces femmes qui nourrissent le ventre géant de
n'est pas aussi une oeuvre d'art"/l. Son inspira- Londres) doit beaucoup à la caméra mrveilleuse-
tion est proche de celle de Jennings, qu'il ne renie ment souple de Walter Lassaly, dont le n o m figure
pas. Anderson recherche de préférence la colla- aussi au générique des films de Reisz.Cette grande
boration des h o m m e s dont il veut décrire la condi- fresque ethnographique, dont pas un visage n'est
tion :''... il est étonnant, déclare-t-il encore, de indifférent, ce merveilleux chant, renouvelle l'ap-
voir combien de "gens ordinaires" ( m é m e en An- proche de l'homme quotidien, de l'homme sans
gleterre !)peuvent se conduire d'une façon naturelle histoire, partagé entre le travail et le repos. L e
devant une caméra, quand ils sentent qu'ils peuvent film révèle une espèce de gentillesse et de dignité
vous faire confiance". Anderson et Reisz croient à fondamentales dans les rapports humains. Nous
l'importance et à la signification de la vie quoti- s o m m e s loin de la structure dramatique du récit
dienne, à l'importance de l'individu. Ils ont effec- cher à Flaherty, mais le film ne cesse d'évoquer
tué tous deux une exploration sociologique singuliè- son climat, sa méthode. C e qu'il y a de plus neuf
rement importante, rompant délibérément avec dans l'approche d'Anderson et, en général, dans
tous les pontifs du documentaire social traditionnel. le Free Cinema, c'est l'exploration du visage en
Every Day Except Christmas, (Anderson, 1957) liberté.
peint la vie des h o m m e s qui fréquentent le grand On doit encore à Lindsay Anderson, avec la col-
marché matinal londonien de Covent Garden vie - laboration de Guy Brenton, Thursday Children (Les
qui se ranime toutes les nuits depuis des siècles, enfants du jeudi, 1954) une fort jolie étude sur l'édu-
sauf le jour de Noël. L e film est dédié "affectueu- cation des enfants à l'école des sourds-muets de
sement à M i c e et George et Bill et Sid et Alan et Margate ; la caméra surprend l'éclosion de lacons-
George et Derek et Bill et tous les autres". Quelque cience et du dialogue, l'initiation, par le jeu, au
part, loin de Londres, dans un hangar, des h o m m e s monde social. Une intimité nal't, un système de
achèvent de charger un camion qui s'enfonce dans communications s'établit :les choses, enfin, ac-
la nuit; chargé de vivres, de fleurs, à l'heure oh quièrent des noms. L a scbne finale, où les petits
le speaker de la BBC souhaite bonne nuit aux ci-
toyens anglais. D e tous les coins d'Angleterre, des 1. Les lettres françaises, 7-13 mai 1960.

44

grâce à un subside du Fonds expérimental Joris Ivens. en grande partie. sourds prennent le thé. le considérer c o m m e l'un des premiers pamphlets Karel Reisz a débuté avec un film expérimental sociaux tournés en Europe occidentale. de l'enquête filmée. en. d'une caméra dissimulée (voir p. pays de rêve). après la classe. la presse en parla vie quotidienne. 1957. L e film se proposait de ment affaire à un portrait psycho-sociologique. lui inspire ses oeuvres les plus simple. jouée par les Richardson : M o m m a don't allow (Maman _____ ne le ouvriers eux-mêmes. C'est pourquoi le premier film de Reisz fortes. (1959). Storck. dramatique. il faut produire un "choc" psychologique Lambeth's Boys. Maisons de la misère (1937)le ramène n'a pas la pénétration du second. En 1933. le "prix de la recherche de l'expres. lution définitive. étude sur un dancing populaire. dans ce pays producteur de des exemples les plus achevés de l'utilisation de richesses où. Il faut citer encore. et M o m m a don't allow. auquel les Belges croyaient avoir apporté une so- sion de la vérité humaine par la collaboration cons. parce que tout son film est conçu pour produire le "choc" du concret auquel 2. Le cinéaste de Londres : Together (Ensemble. Nice d'une ampleur considérable et dont les conséquences Time. La Société nationale des habitations à bon mar- crit avec tendresse l'isolement au sein d'un monde ché l'a bien compris : elle a confié à Henri Storck indifférent ou hostile. d'habitations à bon marché. de Reisz. A cet égard. malgré Cinema. nous avons réelle. C e film est célèbre dans du British Film Institute . du Ciné-oeil. L a de la misère. L e film de cri- club de jeunes gens dans le célèbre quartier de tique sociale peut évidemment fort difficilement Londres. est belge. crispé par l'insondable misère. dont Storck teur. un travail de propagande d'une persévérance in- y joue un r8le marginal. il fut présenté lors de l'histoire du cinéma documentaire. Et il n'a servi à rien de publier des statistiques : il faut noter que les reportages O Dreamland. produit par la Société nationate richesse des documents sonores (dialogues enre. doit avoir fait au préalable l'analyse de la menta- lité du public bourgeois. C e film a obtenu. tourné presque entièrement au moyen sont. est à la fois un constat gistrés en direct) est remarquable. sont sation profonde chez ceux qui en prennent connais- loin d'être des oeuvres aussi significatives que sance . avec la collaboration de Tony dont l'action est. 1956). C e film fut tourné en il réalise en collaboration avec le néerlandais 16 m m . Impitoyable. malgré les efforts des pouvoirs dominante de ce qui fut pendant trois ans le Free publics et d'institutions semi-publiques. de la reconstruction. L'un des premiers films de inoubliable. au Premier et l'opinion publique fit pression sur le Parlement Festival international du film ethnographique et qui s'inquiéta enfin sérieusemeni d'un problème sociologique. C o m m e dans sociologique et un film d'action sociale en faveur Every Day except Christmas. moyen métrage consacré aux loisirs d'un par des acteurs professionnels. ce sont des choses mortes. par l'inouïe déchéance humaine. Nous de notre temps : comment se comporter avec les touchons ici à une difficulté majeure. Les images portrait amical d'une communauté. est un reportage mordant et inquiétant sur ignorait à cette époque les conceptions. aux limites du film social. pour ou contre la peine de mort. de quelques problèmes priétaires qu'enrichit la location des taudis. jouant. contemporain de Drifters de Grierson. du m é m e au. à Margate. est presque O Dreamland (Oh. Maisons anglaise en liberté. en marge de très vif qui fasse surgir une horreur concrète dans notre étude. l'on trouve les la caméra participante . on trouve peu de personnes qui ima- mouvement que se rattache le reportage nocturne ginent que les "taudis" constituent un fléau social de Tanner et Goretta sur Piccadilly Street. Indépendance belge. au coeur de la bouleversantes furent efficaces. pour rompre la barrière de l'ignorance Every Day except Christmas ou W e are the volontaire. dont Lorenza Mazzetti dé. il n'épargne ET AUX PAYS-BAS rien . L e film est joiié. 45 . L a condition sociale de l'homme pré- vent la technique superficielle du reportage pur et occupe Storck. L a pêche aux harengs (1930). réalisé en 16 m m . effroyables. Henri Storck. qui constitue l'un dans le pays houiller. car on peut la première séance publique de Free Cinema (1956). en partie. 8 décembre 1937. suit néanmoins le L'oeuvre de Flaherty exerce une influence profonde sur l'un des pionniers du cinéma documentaire 1. Il d'existence des mineurs belges après une grève faut noter que les auteurs ont utilisé le plus sou. Voici. LE DOCUMENTAIRE SOCIAL EN BELGIQUE nous faisions allusion. le spectateur. au pied des terrils. W e are the Lambeth's Boys taudis surpeuplés. dansant. les riches pro- l'aise. n'éveillant aucune sen- d'Anderson. L e film. parlant. un documentaire romancé sur la vie la conscience des individus. Borinage. montre les dures conditions permet pas). dans un quartier populaire la réalisation d'un film sur les taudis. menta le film dans un grand quotidien/l : 1959). de deux sourds-muets. un Luna-park.au vaincre l'inertie des pouvoirs publics. or. un portrait authentique de la jeunesse ouvrière menée au moyen de la caméra participante.34 ). devant la caméra. L e sociologue Henri Janne com- ciente du cinéaste et des protagonistes''(Florence. C'est cependant au m ê m e contestable. L a technique du reportage. "C'est ainsi qu'en 1937. L e style semble parfois influencé par faire "participer" à l'action ceux qu'il accable de la télévision. dans toute l'acception du mot. malgré de vastes en- L a caméra participante semble être la marque quêtes sociales. Les jeunes gens discutent fort à - son témoignage en l'occurrence. et peut-8tre filles. fin.

Ces Les images. un champ de blé. pommes tachent à montrer. le marquis souci d'authenticité. Parmi les scènes les plus re- ment c o m m e un monde exotique. L a fécondité. L a première neige tombe. entre 1925 et 1930. L a fenaison. servent 1. en qualité L e chef-d'oeuvre d'Henri Storck/2 dans le do. L'attente confiante de l'hiver. s'inscrit. C e très beau film est contemporain du Farre- phique et sociale". L a Toussaint public. Mais on ne à la liberté. L a fin des travaux de récolte : le du film de voyage que du film ethnographique et ne grain est battu. produits beauté tout à fait exceptionnelle. Dans l'abondante production belge relative à Voici le plan du film. lec. du cinéma parlant. Premier chapitre d'une enquête internatio- et le culte des morts. envahies par le brouillard. rique du sud (bassindu Haut-Amazone). humaine dans les cultures traditionnelles de totalement inconnue.49). L e film es- c'est son incessant labeur . m e s recherches ethnographiques au Congo. un peu apprêté. la naissance des poussins. sont destinés plus spécialement après le travail. des graphique réalisée par le cinéaste suisse Henry animaux. quisse la symbiose du monde animal et de la société din. équivalents. à quelques kilomètres au nord et au sud de Sielmann et Henry Brandt). dans 1'Ile de Pâques . L e pre. le triage des semis de pommes de terre. Les travaux à l'intérieur 2. betteraves). Mangbetu (1954). Mariage et fécondité. C'est l'indignité des graines. 330. Trop souvent ignoré des historiens du cinéma. comporte une partie ethno- de la nature. lancée par le Comité international du de Notre-Dame de Montaigu. inspecte les germes qui annoncent la des premiers films ethnographiques importants saison nouvelle. des images. du Roi Léopold. des plantes constituent autant de thèmes Brandt. L a naissance et la mort pré. L'abattage d'un arbre. avec la collaboration scientifique d'un lyriques identiques. écrivit Rotha à son propos/ 1. 46 . du superficie1s)i des traditions culturelles bantoues veau. Cité par René Jeanne et Charles Ford. que l'on découvre brusque. le jour de E n 1935. dans l'achèvement du plus maine du témoignage sociologique est probablement important documentaire de long métrage qui ait le long documentaire qu'il a consacré à la vie des jamais été tourné sur la faune du Congo : E s paysans flamands et wallons de la région braban. VI). les semailles (blé. le bétail rentre des prairies parmi les études sociologiques destinées au grand mouillées. sous le patronage les travaux et les jours au fil des quatre saisons. ethnographe professionnel belge. danses. l'homme travaille dans la boue. qu'inspire le m ê m e Dans ce genre. Le jeu de l'acceptions''. Et cependant. et lointain. l'Afrique bantoue. J'ai réalisé deux études filmées au cours de Tout est trempé. Les plaisirs de l'hiver. L a mort du vieux paysan. 1958. tique dont le ton ne correspond guère au lyrisme tion concernant les populations archaïques d'Amé. L'été. qui inconsciemment attendent la mort. le fumage. où la vie et la mort des hommes. Storck fait le montage des images que Carnaval. L e bétail quitte l'étable d'hiver et est rendu (arts. mailles d'automne . par contre. Terres brûlées (1937). Bakuba (1952). L e repos des vieux qui teur. Daniel Biebuyck. pour la protection des film ethnographique et sociologique (le thème en h o m m e s et des bêtes. bique de Rouquier (voir p. cartes. le film qui porte ce nom est l'un son champ. documentaires de propagande coloniale. le précurseur des films d'explora. réalisation Heinz çonne. seigneurs de la forêt (1958 . film Gestes du repas (1958). L a saison des pommes de terre et des betteraves. de producteur délégué. Les mains sont graissées pour à l'enseignement universitaire (voir chap. Henri Storck joue un r81e important. L e réveil de la ferme. L'orage ravage Orchestre Mangbetu (1954). L a terre est nourrie de fumier. avait été suggéré par Henri Storck). L a taille des arbres. taudis projetée à la face de nous tous. L a récolte. Les feux de la Saint Jean. la paille empilée dans la grange concerne donc qu'indirectement notre propos. Les betteraves conservées sur les champs. L e jeune paysan. tion de la vie sociale. ce film dont les images sont d'une L e film est composé c o m m e un grand et lent poème qualité exceptionnelle. il faut citer les rites du pangolin. au grenier : l'aération des est captivé par son rythme. L e film de Storck est malheu- de Wavrin avait réalisé. un voyageur dilettante. vous. Les se. l'ancienne colonie du Congo. dans un style photographique de terre. à la fois proche marquables. sont ici d'une films (Fête chez les Hamba et Ruanda). L e beau film africain de Charles Noces paysannes. quelques films de rallèles de la nature et de la vie humaine : Gérard D e Boe méritent d'etre distingués des L e printemps. L e décrottage des par l'Institut pour la recherche scientifique en chaussures. c'est l'homme qui est le centre de gravité du film. parce qu'il de la ferme. Histoire à nourrir le bétail. c o m m e moi-meme.basé sur les rythmes pa. musique). L a communion trouvera dans ces bandes aucun effort de pénétra- solennelle des enfants. relève plus L'automne. le séchage des vêtements à la ferme Afrique centrale. Paris. de vivre à 15 k m de cette activité secrète. Dekeukeleire. dans les silos. jamais vues à l'écran. le fanage. cita.déroulement du document jusqu'au bout. ce film L'hiver. et l'on s'étonne. spécialiste des populations du Kivu. techniques. à la cave. Citons : Wagenia (1951). L e pélerinage en l'honneur nale filmée. Ils s'at- mier sillon. Mon être protégées du froid et de l'humidité. & reusement accompagné d'un commentaire didac- pays du scalp. l'excellent opérateur Fernhout avait rapportées de la grossesse des animaux. tournés en Belgique : ''filmde découverte géogra. Intrusion des enfants masqués. p. Les jeunes au café. quelques aspects (malheureusement maturée du poulain . Produit par la Fonda- Bruxelles : Symphonie paysanne (1941-44) déroule tion internationale scientifique.

Ivens révèle. ils ne Binche. Nous avons ment économique". manger vite. cantines. Il raconte Nous avons retenu tout particulièrement les grands "la première journée d'une famille italienne dans événements alimentaires de la vie familiale bour. en voyant le film. qui se déploie c o m m e dans l'ombre. parce que condamnée au dépérisse- munion solennelle. L e film. ____ s'envole la fleur maigre (1960). leurs propriétaires laissent improductives. Il ne s'agit pas. vingt. véritable zone de sous-dévelop- ger. Quelques scènes ont été surprises sur Meyer tourna alors pour son propre compte. d'agir politiquement sont les dépositaires de la tradition et des rites. des bourgeois. L. au travers desquels s'expriment les content la conquête du sol sur la m e r . Cependant. une région de plus en plus délaissée par ses habi- geoise et paysanne (mariage. dont le tographique. Nous l'avons trouvé associé faut préciser un point important : je n'ai demandé à celui de Storck au générique de Borinage (voir à ces hommes et à ces femmes que des gestes p. sur les esprits. s'inscrit plus authentique très étonnant de la petite bourgeoisie nettement dans cette perspective révolutionnaire. p. Meyer ger). en vue une communauté entière s'exprime par le truche. dans les cantines d'usine. Paul Meyer revint tourner au Borinage. à propre- enquete ethnographique dans la ville . chez ceux qui quer des prises de conscience. 333. une production abondante pal. satirico-ethnographique est consacré aux gestes un organisme officiel de production de montrer à quotidiens les plus simples et les plus graves l'écran l'intégration sociale des enfants des mi- (l'homme passe un huitième de la journée à man. com. binchoise. une telle bonne grâce que beaucoup de personnes Aux Pays-Bas. Il s'efforce de provo- l'intimité des maisons bourgeoises. ne dif- la sociét 6 belge. les conditions Les ouvriers et les paysans qui se sont pretés de travail du prolétariat flamand dans une brique- à ce jeu sociologique très élaboré l'ont fait avec terie. qui se sont prêtés au cérémonial cinéma. assécher cette m e r intérieure qui donne son titre tion. II se présente c o m m e un exposé tenté de situer. en effet. mais la plupart d'entre elles ont été patiem. N e w Earth montre l'étape finale et l'occupa- et de valeur inégale. taurants. . J'ai voulu tenter (avec la collaboration de découvrit que la condition sociale de ces hommes. salles de ferme. L e commentaire dit "nous". Cité par René Jeanne et Charles Ford. d'un simple reportage sur la célèbre car ces chants lyriques dont le travail de l'homme danse des Gilles. Il documentaire social. sont condamnés à toutes nationalités que la misère oblige à se fixer. Cleinge procède à une véritable fournit les strophes ne constituent pas. et Ivens avaient montrés sans ménagement en 1933. . sède un accent de vérité tout à fait exceptionnel. pos- provisoires les lieux m ê m e s où l'on mange : res. de l'année et de la vie humaine s'entre. au siècle passé (Klinkaert. de ses films qu'ils doivent pouvoir servir d'armes plexe. se caractérise toujours par la détente et la joie : Meyer est aussi l'auteur d'un court métrage qui on finit par rire.figure de se sont imaginé. le film est un poème visuel dont l'achè- L e domaine des traditions dites folkloriques a vement du grand barrage constitue le thème princi- vu éclore. tant par son souci analytique que par du cinéma documentaire ont exercé une grande in- les qualités de la réalisation.45). Zuiderzee (1930) et N e w Earth (1934) ra- familiers. neurs étrangers (italiens principalement). tourné Ces scènes de la vie privée constituent un portrait pour les Républicains espagnols. Ces chefs-d'oeuvre importante. savam- ment jouées par des ouvriers. évoque. L a monographie filmée laplus tion des terres par les paysans. croisent. sur les pour un temps plus ou moins long. des ment construit. Cleinge réussit à établir un contact L e film exalte l'effort des collectivités paysannes chaleureux avec ces hommes et ces femmes au installées par le gouvernement sur les terres que n o m de qui le filmparle. par le truchement d'une fiction qui fait moeurs alimentaires. Jacques Delcorde pour le scénario) un portrait de le décor lugubre dans lequel ils vivaient.es rythmes alimentaires de la féraient guère des aspects du Rorinage que Storck journée. m ê m e aux repas d'enterrement. cette vision globale des objectif. une activité sociale com. Il était chargé par du cinéma parlant. L e phénomène de commensalité authentique pement au coeur d'une nation que l'on dit prospère. Terre d'Espagne (1937). en Belgique. est Carnaval de fluence sur les documentaristes européens . Il est conçu c o m m e une chronique : la "mise en scène" ne risquent guère d'altérer. le premier relations sociales fondamentales dans un milieu est un hymne au travail gigantesque entrepris pour - déterminé des gestes qui trahissent une condi. un long métrage ému. àl'arrière-plandes réjouissancespubliques entend faire un cinéma engagé . joué par les immigrants : uéjà paysans. qui situe ce document dur. cuisines. la solitude de ceux qui. en le vif. Histoire cinq ans après Storck et Ivens. se rattachent qu'occasionnellement à notre propos. dans un paysage chantiers. Manger pour vivre et vivre pour man. le n o m de Joris Ivens. tants belges. domine le réalisé purement et simplement un reportage. intègre et accusateur Les gestes du repas présentent le grand avantage parmi les oeuvres les plus importantes tournées d'être de véritables réflexes que les consignes de en Belgique. résument un destin. dans pour la lutte des classes/l. appel aux hommes. dan. . au film . 47 . aux femmes et aux enfants de chaque jour à la m ê m e heure. enterrement. il déclare lui-même à l'époque du Carnaval. au cours de la guerre ment de cette voix. que j'avais première grandeur du cinéma mondial. dans un récit dramatique. sa caméra ment parler. la chronique des enfants du Borinage. de défendre leur oeuvre. industriel désolé. Noël. toute indépendance. 1956). de Jean Cleinge (1954). Nous avons transformé en studios titre est repris d'un poème de Quasimodo. des études sociales. Nouvel an). 1958. 1.

Les h o m m e s de la nuit (no 78). sociologique secondaire. L a production documentaire néerlandaise ré. rassemble devant les L'histoire du documentaire social en France magasins vides. au moment où. logue. Ainsi donc en France. avec l'aide de l'Unesco. Georges Rouquier avait réalisé un de 106 films. Sans doute L'un des plus extraordinaires reportages qui s'agit-il là de documents concernant un mode de aient jamais été réalisés est un film de Rudi vie archaïque au sein du monde moderne. C'est le spectre jeunes mineurs.c o m m e celle de Haanstra documentaire social nart sous le signe de la mer. section d'anthropologie culturelle de l'Association D'autre part. description de groupes humains appartenant à la L e chant des fleuves. comportant une analyse rapide du reportage sur les Vendanges. les films traitant des sociétés africaines ou océaniennes. dont les auteurs analysent. 1956). isolée. w- polders. la so- ciété très traditionaliste des pécheurs riverains - Vran est un documentaire sur la vie des pêcheurs de la m ê m e région. c o m m e d'une m e r intérieure appelée à disparaître : en Angleterre avec Drifters de Grierson et en zee was niet meer (Etla m e r n'était plus. ces films. ce choix singulièrement première école documentaire britannique. une liste Dès 1929. montre la récolte des goémons dans une fle de la cours de la population des régions bordant la m e r côte bretonne. L e m @ m e réalisateur contenu et une appréciation scientifique. restent cependant dominées par des préoccupations Sans doute. ne nous retiendra pas ici/3. L a zone (1927). publié en 1955. Mais un point de vue. André F. concordant procède-t-il à la fois d'une recherche Les films d'intérêt ethnographique tournés dans de la vérité humaine et d'un goM. ronéo- - cipalement. de cinq son histoire. Cette ouverture de l'ethnographie un important reportage sur le combat révolution. Notons tournera plus tard deux études technologiques tout de suite que le terme "ethnographique" doit @tre entendu ici au sens large . si je ne m e trompe. partagé par les territoires d'outre-mer ou dans les anciennes Flaherty. montre la condition sociale des un film sur le travail dans une plantation de canne travaiïleurs riverains de sept grands fleuves. le L'oeuvre de van der Horst. Utrecht. européennes.Il SOCIOLOGIQUE EN FRANCE convient cependant de citer. Dans la Chine. avec un reportage population famélique. no 15. Ce thème sera repris vingt-cinq d'Ysse1. Liotard. 1955. 1950. -. retrouve aussi des films concernant les sociétés Catalogue des films ethnographiques français. Unesco. avec le "folklore" ou les "traditions populaires". 48 . de la faim qui r8de partout. à ce propos. de Georges Lacombe sur les chiffonniers de Paris. dans la mine. cinéma au long cours. - Voorlopige li"ist van Nederlandse cultureel anthropologische films. Ivens tourne cette limitation. rompant Horst :des navires quittent leur port d'attache et délibérément avec les recherches esthétiques pré- vont p@cher le hareng en m e r du Nord . nouveaux : des pécheurs bretons tiennent ici le r81e L a m e r est un leit-motiv du cinéma néerlandais. dans une Liste plorat ion apparaissent peu avant avec L a traversée provisoire des films ethnologiques néerlandais/1. de Paul Castelnau (1923). de plus en plus grand de savants. m e m e qu'ils jouent dans la vie. la Fabiani.civile. Pour certains chercheurs européens. un film qui évoque la récupération des ans plus tard par Yannick Bellon (voir p. une commence. Belgique avec la Pêche au hareng de Storck. qui tend à rallier un nombre Cinéma d'exploration. par exemple. l'appréciation du Catalogue des films Sous le titre Catalogue des films ethnographiques ethnographiques français : "meilleur témoignage français/z. de Léon Poirier (1926). de galets dans une B e bretonne (no 76). il recouvre prin. les premiers films français d'ex- néerlandaise du cinéma scientifique. Mais il Hornecker. Jean Thévenot. Cahiers du centre de documentation. qui ra- nation vivait les moments les plus dramatiques de conte la première descente. Il décrit rapidement. pour un certain exotisme social. d'avant 1940. proches de celles qui caractérisent la peut-étre pour les autres. produit par la Fédération - civilisation industrielle se marque dans le Cata- syndicale mondiale (1954). d'une certaine façon pour Epstein. ou le film de Yannick souligne brutalement le contraste de la richesse et Bellon sur la vie des ramasseurs de goémons et de la misère. 1931) . :Honger (La faim). et à sucre au Brésil (na 56). et L a croisière noire. dans ce travail. poème lyrique et pam. tourné clandestinement aux Pays-Bas n'en est assurément plus de m @ m e du film de Henri vers la fin de la guerre. de Herman van der (La m e r des corbeaux. de son c8té. 1957. Il faut citer Het schot is Jean Epstein : Finis Terrae (1928) et Mor-Vran te boord (Jetons les filets). auquel Jean Thévenot a 3.49). Finis Terrae Bert Haanstra a réalisé. le Comité du film ethnographique a existant sur l'Afrique d'avant les routes". propre à notre société. à propos du dernier de ces films. Mais ce genre. phlet politique. dans d'interminables queues. et esthétiques. cette "ethnographie" de l'Europe se confondrait Département de l'information. - française vers la sociographie c'est-à-dire la naire contre les Japonais : 400 millions (1939). introduisent un ton et un style la remontée des filets dériveurs (1953). Samivel. n'accepte pas Paris. un exo- possessions néerlandaises ont été analysés par la tisme interne. LE FILM ETHNOGRAPHIQUE ET consacré un essai. avec le con. et deux films "réalistes" d'un au- cente fournit un certain nombre de films d'intérêt teur qui joua un grand r81e dans l'avant-garde. la pose et cédentes d'Epstein. du Sahara en auto-chenille. mais on y typé.

le film service de l'éthique se révèle ici d'une prodigieuse que de Wever a consacré aux taudis de Paris. L a m ê m e revue a blème de l'annihilation de la personnalité indivi. E n marge de ces films français qui décrivent la L a production documentaire française relative à France. actualités. mais très vifs et com- qui sont des oeuvres sociologiques capitales :une mentés avec brio. pects multiples :la tauromachie. Mais il a surtout signé deux longs métrages reportages un peu hâtifs. de Sibérie (Lettre de Sibérie. On- gent. Farrebique marque. didactique de Pierre Braunberger. André Bazin. naïve que l'Occident se faisait des cultures afri- lente. ~ exemples les plus remarquables de l'utilisation de L a course de taureaux (1951). 107. 1961). Pour le profësseur Leroi. le prix réservé leur aventure au cours d'une interview menée par à la meilleure monographie filmée. consacrée à l'école d'entrafhement des fusi. course de taureaux obtint au Premier Festival L e film comporte deux parties : la première est international du film ethnographique et sociologique. Il rapporte de Chine (Un dimanche à Pékin. D e son c8té. contient un excellent sud-ouest. Son dernier film sur Israël. Lourdes et ses miracles émigrants juifs que les jeux de la diplomatie inter- (1954). une enquête de style "télévision" auprès de per. étude sur la paysannerie archaïque de la région du qui sacrifie à la littérature. L'oeuvre maftresse du film historique est peut- pervision. Resnais nous impose de témoigne de la misère des quelques ouvriers qui revivre physiquement le plus incroyable supplice vivent avec les patrons dans l'unique ferme de collectif que l'homme ait inventé. un genre différent. de plus en plus souvent. nels. Farrebique (1946). il croate. pp. du racisme n'atteint la perfection de cet exposé Dans un film bouleversant. logie. de l'image atteint ici une sorte de paroxysme. l'Afrique est particulièrement abondante. 49 . On lira une Rouquier lui-même. L e plus remarquable. reflétant souvent la vision qui nous occupe ici. Utilisant des photos. Symphonie paysanne. mier numéro. Qu'est-ce que le cinéma ? 1. Aucun traité philosophique sur le délire crise du logement (1955). Goémons (1948). Au- crit la vie des ramasseurs de plantes marines et delà de toute dialectique. 50. L a se. L e sabotier du Val de Loire. dans le domaine Borsouislq et A. Lafont. caines. no 3. 1948. Kris Marker est un voyageur sensible et intelli. pour la Belgique des phases de la corrida. s'achève par une évocation du style des grands Nous avons commenté déjà cet autre film de toréadors. 1958. pour la richesse de la documentation et la qualité sonnes "miraculeusement" guéries. le film constitue i3 la fois une rétro- fait proches par le style: Farrebique pour la spective de l'art tauromachique et une étude fouillée France. bandes d'actualités ainsi que des archives icono- rie européenne comportent déjà trois films tout à graphiques. k a efficacité. n'en est pas moins à ses yeux "du do. est un constat tragique. nationale empechent d'atteindre la Terre promise Farrebique. et une monographie montage d'actualités sur la tragique odyssée des de sociologie religieuse. qui racontent du commentaire de Michel Leiris. ''une sorte de som. 2. la monographie ethnographique met"/l. L e charron 1956). aux as- eux-memes. p. du point de vue niale sont nombreux. Il s'agit d'un constat. Non seu- bach s'attachent aux aspects insolites de la société lement les films de voyage et de propagande colo- américaine.63). 65-70. de Yannick Bellon. L e cinéma au l'ne bretonne de Béni-Gué. Utilisant des cument pur". L e film ethnologique existe-t- la guerre relève de la sociologie de la vie militaire il ? La revue de géographie humaine et d'ethno- et pose à la conscience morale le très grave pro. illustre excellemment ethnologique (film de milieu). 1958). Eli Lotar et Jacques Prévert révèlent la condition désespérante de l'homme dans la banlieue L e film ethnographique africain parisienne. Paris. dé. Rouquier. Lourdes et ses miracles (voir p. s'attachant à un sujet précis. Myriam Gourhan. Aubervilliers (1941) magistral. pour le monde slave (voir p. dans le livre qui réunit. C e film. de Jean-Claude Sée cet admirable film de montage decrit l'horreur des (le pélerinage des gitans aux Saintes-Maries-de. Leroi-Gourhan.exemplaires : L e tonnelier (1942). les reportages de Jean-François Reichen. est l'un des (Descriptiond'un combat. entièrement joué par les paysans analytique. L e pouvoir affectif la-mer). sous le titre Qu'est-ce L a tradition de Rouquier se poursuit avec le que le cinéma ? . de l'élevage et du dres- (voirp. des bandes tournées par des amateurs. des ~ (1943). 32 ). tologie et langage. donné un compte rendu du film dans son pre- duelle dans un groupe social artificiel. C e document inquié. p. Les pélerins de la m e r (1957). est une étude de moeurs vio. long métrage la caméra participante. portrait d'une famille. Eygalières commune de France (1957) être le documentaire tragique d'Alain Resnais : d'André Vetusto (1'élection et les activités d'un Nuit et brouillard (1955). les meilleurs articles d'André film de Jacques Demy. Exemplaire dans cette catégorie. Les archives filmées de la paysanne. des conseil municipal dans les Bouches-du-Rhbne). camps de concentration nazis.46 )et U n jour dans une grande famille sage des taureaux en Castille et en Andalousie . Bazin/2. apprennent à manier tant sur la plasticité mentale de l'homme et l'apprentissage des réflexes conditionnés en vue de 1. mais encore les ethnographes profession- liers marins : Marines (1957). critique superbe de ce film (des réflexions éton- conde est un reportage douloureux sur le pélerinage nantes sur la représentation de la u t à l'écran) et les immersions rituelles. (1955) dont l'auteur de Farrebique a assuré la su.

Jean Rouch. l'Africain devant le film ethnogra- - tif" de l'homme ce que de toute évidence ellen'est phique. ses recherches Il note en ami leur façon de marcher. consacrées au cinéma africain. travaillant directement ou indi- d'excellents reportages (voir p. se sent à Il ouvre les yeux sur l'industrialisationde l'Afrique. dans l'histoire du cinéma fran. avait trouvé dans l'eth. d'oh qu'il vienne. les autres se transforment caines mal comprises ont fait l'objet de films très rapidement au contact de la civilisation indus. et il a mis au point morale des populations "indigènes". en 1948. Bruxelles. Flaherty. d'étre montrés à l'écran c o m m e des fossiles au grand public un film documentaire de long m é . au cours de ces rencontres. 50 . Il connal'tl'extréme susceptibilité du public ment extraordinaire qui intéresse à la fois la so- africain à toute information qui pourrait faire pas. des études filmées dont la qualité s'améliore fut l'une des causes des événements violents dont chaque année. leur cul- merciales :Les fils de l'eau (1955). d'enterrer les morts. Flaherty le trappeur. Beaucoup de films ont été tournés est issu le mouvement d'indépendance. disparaissent. adore leur merveilleuse fantaisie. Il a dénoncé poétique inné du cinéma. occidentaux épris d'ethnographie ne soit mal inter- nographe cinéaste français son descendant spirituel prétée par un public plus sensible aux apparences le plus direct. l'aise chez eux. Rouch lui voue la plus grande admi. Ces préoccupations se reflètent dans deux h o m m e s qu'il montre. faire croire à un public moderne qu'ils n'ont pas leur frarcheur furent remarquées par le producteur encore accédé au monde "civilisé" contemporain. pp. 92-94. par ailleurs. Rencontres internationales. déjà cité (voir p32 )est un docu- films.en effet. en abordés à l'écran. leur culture traditionnelle pour une expression de l'état "primi. se fait grave avec eux dans films importants :un court métrage. Il s'inquiète (1957). Nous n'avons pas l'ambition sait un peu c o m m e une injure à l'Afrique''. alors que les traditions afri- effet. vivants. un phénomène exceptionnel. Braunberger. Rouch est. Jean Rouch. respecte sans arrière-pensée pas recommencer éternellement Nanook ou Moana. mission. L'eth- de le compléter ici. Ce film depuis 1955. des gens nus. Ils se veulent et ils sont nos contempo- trage réalisé en dehors de toutes les normes com. vent avec violence devant ces films qui pourraient graphie (voir chapitre11 B). çais. L e goQt très vif l'idée que les Africains doivent exprimer eux- de la recherche sociologique s'allie en lui au sens m e m e s leur propre culture à l'écran. un fait 1958. il est sensible à grations de travailleurs déshérités venus du Niger leur humour. avec le plus de chaleur. le Ghana et la Cbte d'Ivoire notam- sauvagerie. Rouch balaie de l'écran le concept de vers la &te. tés cinématographiques et scientifiques contri. Mais Rouch a voulu témoigner aussi de l'Afrique niaux paternels. nos jours. ciologie des religions. 1. ration. en effet. souvent desséchée qu'en proposent les cinéastes naux. à un cinéaste qui prend tout à fait au sérieux la vie mi-chemin du réel et de l'imaginaire. un noir (1958). avec force le manque de sincérité du cinéma de engagé dans l'étude des populations du Niger. Moi. l'Afrique traditionnelle. "folkloriques''qui agacent prodigieusement. L e souffle de l'authenticité donnait enfin Les fils de l'eau. qu'à la valeur des symboles. Mais nous devons analyser nographe-cinéaste se trouve dès lors dans une attentivement l'oeuvre de celui qui fut l'initiateur situation difficile "car il se trouve coincé entre de ce mouvement scientifique. Les grands spécialisés sur l'importance des archives filmées problèmes sociaux. l'un de ceux qui ont défendu Rouch constitue. Mal'tres fous la chasse difficile à l'hippopotame. moralisatrice leurs dieux. mais ils redoutent que l'image les débuts dans le cinéma furent tout aussi margi. premiers films tournés en 16 mm constituaient que les cinéastes. il s'amuse de ce qui amuse les ment. Rouch admet une place de première importance dans le nouvel cette contradiction inconfortable et soutient que art cinématographique français : Jean Rouch. Ils ne récusent pas. Il ne s'agit plus d'administrateurs colo. dont ture ancestrale. Si les premiers films de Rouch étaient des. dans une intervention L e cinéma et l'Afrique au sud du Sahara. de trielle. les unes. Il faut reconnai'tre. qu'il faudrait ajouter au Catalogue montrait. soucieux de la santé physique et nouvelle. Expo- faite aux Rencontres internationales de Bruxelles sition universelle et internationale. leurs rites. économiques n'ont pas été des civilisations dites "archaïques" . Les séquences les plus importantes Les Africains en ont assez d'étre taxés de primi- furent agrandies en 35 mm et Jean Rouch présenta tifs. et un long métrage.la caméra de 16 mm et rapportent de leurs séjours caractéristique :un film tourné au Ghana. Ceux-ci réagissent sou- tinés essentiellement à l'enseignement de l'ethno. pas. l'ethnographie et la ser. de ses problèmes. hymne à corps à un cinéma africain pur de toute compro. aussi de savoir ce que les Africains pensent de ses Maftres fous. tout en conquérant deux mondes qui se heurtent"/l. Voici enfin une méthode originale d'approche sociologique. leur force dramatique. un ethnologue-cinéaste éliminer tout préjugé. rains. scientifiques l'ont amené à étudier les grandes mi- de manger. les transformations de l'homme. Rouch cite à ce propos. de bonne ou de mauvaise foi. se sont mis le plus souvent au service d'une pro- buèrent beaucoup à attirer l'attention des milieux pagande inefficace ou malencontreuse. chant bucolique. échappe à cette critique. rectement en Afrique pour les pouvoirs publics. le cinéma ethnographique doit provoquer une dé- mystification : il ne peut se nourrir que de vérité. Il n'entend des hommes noirs. 19) dont les quali. "ce qui apparais- publié par l'Unesco. d'autre part. de s'asseoir. les Africains. Ethnographe professionnel. ses l'époque coloniale.

ce guident plus le metteur en scène qu'ils ne se film étonnant E t en cause ce que le sociologue laissent guider par lui (singulière synthèse du ciné- français Balandier a appelé "la situation coloniale". l'ethnographe perturbe la vie nisme. Rouch condition authentique . Rouch réunit des étudiants blancs et noirs les contradictions psychologiques de la nouvelle dans un sociodrame filmé. L a trame du récit est inven- tée par les acteurs. Cette étude imaginaire et vraie sur les connus et les plus irritants. Ils se re- plus divers de l'ancienne hiérarchie coloniale bri. tribua lui-m&me des r8les fictifs.Celle. France- qui se situe à la frontière du désir et de la réalité. tous les éléments "l'homme tranquille". une quotidienne. les eux-memes librement l'action qu'ils ont improvi- Haouka. Rouch estime de la bonne foi du cinéaste. etc. gardent vivre et se jugent. dont le dérou. qui assument la res- férences de la table ronde". cours du tournage. Abandonnant le dis que. baignent dans un climat d'authenticité. Ils ont un nom. Rouch tente ici une for. d'une race à l'autre. "Telle et authentiques. selon les termes s'identifient avec frénésie aux personnages les m ê m e s de Rouch. les acteurs jouaient devant l'appareil leur existence tion problématique de l'h8pital psychiatrique. brutalement. psychopathologie. en connaissance de cause. caporal de garde. sans aucune mise mais qui ne cesse jamais d'être la description en scène. C'est ainsi qu'au cours tannique : gouverneur. possession) selon un rituel précis. la mentalité raciste des prota- mier document sérieux sur les soucis. Les membres se recrutent surtout parmi sée. s'iden- parut vers 1927. Nous sommes à Treichville. où les acteurs sation africaine traditionnelle. enregistre des extases. dans la banlieue d'Accra . Je la mets être. Trois acteurs africains racontent est m a méthode. situations latentes se cristallisaient : "Tel qui était émigrés en Côte d'Ivoire. ils évoluent dans un univers tourne les premiers films africains. sans l'interven. L e cinéma. L e metteur fard. L e "Gouverneurttet le "Général" orga. lors. Robinson. . Je ne m e cachais pas pour les suivre. (1961). Observateur. pante et le reportage fusionnent. visite chez la prostituée Dorothy Lamour. dès le quartier prolétarien d'Abidjan. Rouch reconnart que sa Haouka rentrent chez eux àlanuit tombante et nous technique permet aussi bien l'expression de la les retrouvons le lendemain au travail. qui aime la boxe. général. 24 septembre 1959. où nous retrou. les de leur vie quotidienne. amoureux de Nadine le lui avouait d'un coup. ouvriers ou commerçants. qu'il est en train d'enregistrer. les Haouka ont osé risquer ici. d'un tournage Robinson insista pour que le film conducteur de locomotive. L e film est centré sur Cons- tragico-burlesque au cours duquel les Haouka tantine et Robinson. est sacrifié devant "l'autel du Gouver. Rouch est allé plus loin Mais il touche aussi. au cours desquelles les diable dans le film ethnographique : "Dès qu'il possédés s'identifient aux dieux nouveaux du machi. celui des rapports de relations interraciales dans la classe de première b la démence et du mysticisme". Un chien. Des femmes et des évoque la guerre d'Indochine. est le pre. - tesse qu'on affectait forme secrète du racisme dégénérait rapidement en une hostilité ouverte". cette ombre (dont Rouch souligne les effets lénifiants). dit-il. braque sa caméra. dont on sage de la description ethnographique objective à boit le sang. un psychodrame/l. peu partout (sous des formes différentes) le contact Dans cette voie originale où la caméra partici- brutal de la civilisation machiniste et de la civili. voici Eddie Constantineou 1935. ) lement est surveillé par celui qu'on appelle sont des "reconstitutions". Il s'est répandu au Ghana vers tifie à un grand boxeur . c'est "le contre-seing" nisent. un Noir. - il met en scène des situations à la fois imaginaires L e film réconcilia les deux groupes hostiles. oeil et du film de fiction). oùle culte ap. ci permet aux initiés de surmonter. Interview recueillie par Jean Carta. ce qu'ils ont fait. un Noir. L a pyramide humaine de Denis Marion "à un des problèmes les plus m é . film de long métrage. Nous sommes à Accra. conclut Rouch :je rassemble arti- eux-memes ce qu'ils sont. Sa seule garantie. ce qu'ils voudraient ficiellement une petite communauté. qui vivent. gonistes. Sans nul doute. la description du contenu subjectif des consciences. manifestent (comme toujours dans les cultes de Si tous les épisodes "oniriques" (match de boxe. nement". voici Edward G. le ton de stricte poli- reportage. au cours duquel il dis- génération africaine. ce qu'ils font. Rouch admet la part du que ces crises religieuses. Rouch a manche. L a L e m m y Caution. des "con. agent de la police fédérale. au Moi. Apaisés par la crise ponsabilité de leur récit imaginaire. les rêves. qui parlent toujours de leur 1. etc. Tarzan. crise de possession se présente ici c o m m e un jeu Dorothy Lamour. de ses acteurs authentiques. le déroulement des crises de en scène se contente de fixer les grandes lignes possession collective qui constituent l'essentiel de d'un canevas dramatique. L a cérémonie a lieu un di. Des vons les Nigériens des premiers films de Rouch. C e reportage. au cours de leur crise violente. le pas- loué des taxis pour s'y rendre. leurs espoirs dans une situation irréelle : ici celle d'un monde et leurs désillusions. Les acteurs commentent l'activité religieuse d'une secte récente. 51 . très grave crise intérieure : celle que provoque un Nous étions complices". ils se sont choisi un surnom : les émigrants originaires du Niger. constituent une thérapeutique efficace. à laquelle il avait h o m m e s sont sujets à ces crises violentes qui se participé et d'où il était revenu amer et solitaire. l'enregistrement à la sauvette qu'il avait utilisé précédemment presque exclusivement. Dans Moi.. tan- mule originale de film-enquête. détendus et vérité psychologique que le mensonge : tout dépend souriants. selon la remarque pertinente encore avec son dernier film. Il montre sans fidèle de la société africaine urbaine. capitale du pays. devenait une véritable psychanalyse. du lycée d'Abidjan transforma radicalement.

J'obtiens un film Delavignette (réalisé en C8te-d'Ivoire). qui tous deux tera de résoudre de manière plus satisfaisante "le se parent des séductions de la vérité. in Cahiers trage de fiction de Georges Régnier. octobre 1960. Afri. du rêve. un document cinématographique montrant religieuses des T o m a de Guinée. un Noir et L a pyramide humaine ouvrent (1947). L a grande case (1951). que nous limitons arbitrairement aux films dits improvisateurs. Il n'y avait pas. deux genres radicalement différents. 11 serait injuste de ne pas mentionner ici le long m é . quilaissent toute est une expression cinématographique authentique liberté de mouvement à l'acteur en quete de son de la réalité sociale. astucieusement présenté c o m m e secrète. U n grand ethnographe français. blic dans un monde onirique. Je la regarde évoluer. non significatives. Mais une cependant. mais au contrairele témoin indispensable qui motivait cette expression"/l. de "pause'' qui est notre pre. le film encore inédit qu'il on a vu proliférer. C'est "l'homme ima- un déchet considérable dans le métrage tourné . véritables secrets initiatiques. L e seul inconvénient de cette méthode est l'image fidèle de la réalité. un incomparable stimulant". Rouch accorde une quelques exceptions brillantes près. Européens et Européennes. foret sacrée. Pirogues sur l'Ogoué Moi. Cette entre- l'acteur cesse alors de s'enfermer dans cette atti. voyage pour monter un nu- au premier jet. Il faut évoquer aussi & çonnés. qui raconte trois semaines fut ainsi réalisé enmuet. l'exploration. que l'équipe technique soit la plus ré. un long métrage documentaire de maine c o m m e un film expérimental : "Pendant Pierre-Dominique Gaisseau (1953). 52 . les courts pirandellien". Dans de grandes officines spécialisées. les Kirdi. l'autre en utilisant des micros-cravates. entachées d'exhibitionnisme. Rouch lutte désespér é m ent contre "documentaires". lien après la deuxième guerre mondiale. la caméra est S O C I O L O G I Q U E EN ITALIE délibérément utilisée c o m m e catalyseur . méras :la caméra n'était pas un obstacle à l'ex- pression. L e premier s'intéresse uni- propre destin. les Peuls. Cette méthode exige de la patience. la plus importante des enquétes habiles arrachent à leur contexte social d'admi- sociologiques filmées jamais entreprises. plumes de paon de la connaissance et font la roue. Paris. prise faussement culturelle et exclusivement c o m - tude typique de refus. un h o m m e qui grande valeur à la première réactionde ses acteurs. Mais l'un problème agaçant de l'enregistrement du son direct". mais les explorateurs. de scénario ou de dialogues. rise la récente production italienne dans ce domaine : dans Chronique d'un été. documents . en 16 m m l'initiation de trois blancs aux rites et croyances couleur.sans racisme. sensuel. il met en branle populations du Cameroun. éliminer les réactions non au. spécifique. Jean Rouch. ne furent pas admis aux mais une improvisation continuelle devant les ca. ou simple. matique du récit n'altère jamais l'authenticité des caines. vient de tourner à Paris avec Edgar Morin. Paysans du cinéma. pas des ethnographes. les Bamiléké. se donne en spectacle. Rouch emploie 4. no 112. qu'unprocessus de libérationse déclenche : de se trouver en une telle compagnie. lapoudre E n marge du film ethnographique scientifique. L'explorateur contemporain est. LE FILM ETHNOGRAPHIQUE ET donc une méthode révolutionnaire . ceux qui ont le montage interviendra pour opérer un choix dans fait de l'exploration une profession se parent des les temps morts. métrages de Jacques Dupont. thentiques. non pas l'obstacle à l'expression d'hommes ritent d'etre considérés c o m m e des documents qui avaient quelque chose à faire ou à dire.ou à guider ce pu- un moment où l'homme. car le cinéaste ignore cipes d'organisation politique et sociale de quelques cette fois ce qui va se passer . une série de mécanismes psychologiques insoup. les Bamoun). quement aux sociétés exotiques. Sur les tréteaux où ils montrent un long temps d'acclimatation devant la caméra . aux yeux les images broyées de la réalité. U n phénomène curieux caracté- la lourdeur de la machinerie cinématographique . ni Nanook ni Moana n'y ont place : ils rougiraient visible. l'expé- rience semble prouver "que la caméra pouvait Maints chefs-d'oeuvre de l'école néo-réaliste m é - étre. telle analyse dépasserait le cadre de notre propos. au film de du Moyen-Congo). qui n'étaient à proprement parler. destiné à cultiver dans le grand public la placé dans un climat de confiance absolue. (prin- "recherche" sociologique. n'importe quel h o m m e . mais il arrive brusquement. où des opérateurs cente expérience. L a pyramide humaine. leurs films garantis "authentiques". 1. ils jettent ment banales. L a tension dra- l'évolution des relations entre ces Africains. mais. il arrive nostalgie des paradis primitifs. Les premiers résultats de cette ré. violent. A u pays des Pygmées (1947) (les Ba-Binga une voie originale. d'après le roman du gouverneur je provoque cette évolution. afin de ne pas gêner les acteurs. ginaire" qui nourrit cette duperie intellectuelle . A u besoin noirs (1948). à un moment impré. qui affiche quelques réalisateurs ont tenté de montrer l'Afrique un certain mépris pour ces bateleurs. il ten. duite possible. encore que leurs oeuvres manquent sans ambage : "L'aventure n'a pas de place dans de profondeur psychologique et sociologique. artificiel. à Dans une telle perspective. sociologiques sur la condition de vie du peuple ita- au contraire. rables images qui entreront dans un montage trom- firment l'enseignement de la Pyramide humaine : peur. depuis une dizaine d'années. étrange. Rouch décrit lui-méme L a pyramide hu. con. est une vaste entreprise de falsification. méro de cirque. déclarait avec honneteté. Il faut. merciale est basée sur le prestige mythique de mier mouvement devant tout appareilphotographique. révèle devant la caméra sa personnalité profonde.

Baldi perfectionne très ancienne. un courage tenace de éCole documentaire italienne est incontestablement vivre. Paris. réalisé la m B m e arreté à Eboli. cer- taristes se sont intéressés particulièrement à la tains ont cheminé trois jours. ses démB1és avec sa mère. d'America (Pays d'Amérique. pénétrer dans l'intimité de son héros : "Peut-être lienne de New. quable dans Vigilia di mezza estate (Les feux de la Saint-Jean. Mare (Paysans de la mer.se sont retirées. qui allie paradoxalement la plus grande et la Sicile. C1. qui se déroule dans les environs de Rome. décrit. L u tempu di li pisci spata (Le temps de la Baldi possède une grande expérience de la télé- pêche à l'espadon. Lorsque les Zitelle. ces femmes tra- ment est plus vif. attachée aux traditions auras-tu le courage de juger son existence de petit nationales. 1959). le parti pris de l'interview. l'auteur de Magia Lucana (Magie sanctuaire creusé dans le rocher. L e pélerinage réunit des nales dépourvues d'exotisme. San Cataldo (Naissance et mort dans le sud. cours de laquelle les habitants jouent le drame de solitaires. il raconte aussi ce qu'est année. en quelques endroits de l'ne. soufre. D e son cûté. face au spectateur. Luciano est un pour moissonner et battre le blé. maison. se dirigent vers le sanctuaire du Mont Aurore. ai: large désinvolture apparente à une science consommée de la cûte sicilienne est le sujet de Contadini del de l'image et de la mise en scène. Les jeunes documen.hurlant leur l'Italie. 1959). il laisse ses personnages s'expliquer Sicile. dans Paese leur . Dans la logette enLuCanie.la profession d'ethnographe . dQ à pire cet esprit douteux. portant le m ê m e titre. p. la production documentaire Giacomo Pozzi Bellini). non loin de la Via Appia . l'attente et le renoncement : Rome. L e premier film décrit d'antiques ces jeunes filles sont chargées de chanter la pas- rites magiques. quelqu'un se pré- de Pasqua in Sicilia (1954) est la procession au sente. Dans le prologue. d'un excellent film. le sion du Christ dans une atmosphère de fièvre col- second montre. Il pianto delle zitelle (La 1. Les couleurs. septembre toir payant. le visage d'une femme dont le métier est de faire ficile des ouvriers travaillant dans les mines de 1'amour. jour de la Sainte Trinité. Les gens des Abruzzes italienne aligne des courts métrages sérieux. une espérance obstinée". C'est permis ici une peinture satisfaisante. selon une tradition Vedove (La maison des veuves). 1959)est un reportage 1955. a consacré plusieurs reportages vaillent de 20 à 24 h. . sur un rythme vision. réalisés en 1960. dans un état de surexcitation. L a technique du reportage n'aurait guère l'alfabeto (L'alphabet ne suffit pas. 1959). Sulfatara (1955) montre la vie dif.Btre auras-tu honte de découvrir L a personnalité la plus attachante de la jeune en lui une patience infinie. (Le Christ ne s'est pas Dans Via dei Cessati Spiriti. Tel du jour. A la première heure situation sociale archaïque du sud du pays. lective. "/ 1. d'une manière quasi allégorique. sa jeunesse misérable.tous la vie misérable. . en télévision . poids des semaines ou des mois perdus en au village de Vallepietra. incapables d'aimer. dans le sud de Trinité. sont d'une beauté exceptionnelle (Parabole d'or. Parabolo d'Oro en particulier. 1954). thème assez extraordinaire avait déjà fait l'objet En face des longs métrages d'exploration qu'ins. discute le prix. le sacrés le plus souvent à de dures réalités natio. Baldi aborde un sujet audacieux : la pros- là-bas l'éducation de base : Non basta soltanto titution. films. L e thème hommes de condition modeste . Michele tuaire. 19551. la lutte contre l'analphabétisme : Cristo propre douleur. Ils défilent devant l'image de la Sainte Gandin raconte comment s'effectue. la Via dei Cessati Spiriti est faite de bara- refuge ? Quel est le destin qui les a conduits à quements. dans le style de la montre en d'éblouissantes images la survivance. à San c'est-à-dire les petites vierges (dialecte local) . voleur. con. Luciano raconte Gian Vittorio Baldi. York. 53 . d'unetrès vieille technique méditerranéenne : eux-memes. hommes indifférents. Pour la première la mort et de la résurrection du Christ pendant la fois dans l'histoire du cinéma. 1958). (Il faut noter que ce chemin . du sanctuaire. Lévi-Strauss. mais peut. 1955). la caméra fouille semaine sainte. dans les eaux qui baignentla Calabre son style. l'auteur invite le spectateur à naî'tre quelques aspects de la vie de la colonie ita. L e cinéaste encore l'univers des hommes déshérités qu'aborde est parvenu à obtenir le concours de quelques Vancinidans Uomini soli (Leshommes seuls. 1952) . Quels sont les gens qui y cherchent 1959 . complaintedes vieillesfilles. Cataldo. une prostituée attend . on utilise des mulets Il les enregistre en son direct. absurde et désespérée d'un petit les pélerins se précipitent dans l'entrée du sanc- village dans la m ê m e région. elle en est seulement sur un pélerinage célèbre en l'honneur de la Sainte une servitude. leur solitude dramatique. qui transparaft dans ses deux derniers nerveux. milliers d'hommes et de femmes misérables . L a qualité du style est remar. 1958). primé au Premier Festival dans le court métrage.. Une sanglante péche au thon. comment on poursuit l'espadon et com. apparaissent bientût les Zitelle. à faire con. devant chaque cette solitude ? Vittorio de Seta. Tristes tropiques. étrange film-confession : Luciano est un jeune vo- Gian Luigi Polidoro s'attache. 1958)et Nascita et morte ne1 meridione. Baldi adopte résolument international du film ethnographiqueet sociologique. entre . 3. non si è fermato a Eboli. il a 23 ans et habite Via dei Capellari à Rome. les pélerins se rassemblent devant le Luigi Di Gianni. leurs clients sont des remarquables à l'ethnographie sicilienne. dont le tempéra. face à la caméra. elle pèse sur le travail efficace du Trinité. toujours vivaces en Lucanie. femmes. dont il décrit avec beaucoup de finesse dans presque chaque ville d'Italie on trouve un dor. Luciano et la Casa delle ment on le capture au harpon.

il est inté. des h o m m e s nique : c'est la nuit qu'il commence à vivre . Si nous en avons Il est regrettable que les "documentaristes" italiens parlé précédemment. Cooper. une pléiade de jeunes cinéastes tentèrent soit amorcée en Italie. ethnographique et sociologique (Festivaldes peuples) une oeuvre ethnographique importante. 1'Eglise est le elles ? Quelques-unes travaillent encore. âne meurt. il ne fit pas immédiatement école. parallèlement en Amérique se caractériseront par tion pour Borinage. L'essor véritable de la production indé- du reste de l'Espagne. aux c8tés de Dolci. Cependant. c o m m e qu'une collaboration féconde entre les cinéastes Grierson en Angleterre. Il vit avec une jeune femme. inspiré du poème de Walt communauté qui vit tragiquement isolée et ignorée Whitman. elles évoquent cette "fin de partie". dront. il semble diat . une famille se n'ont plus de parents et vivent seules. des h o m m e s cherchent du fumier dans rentre chez lui à l'aube. qui ne cachait pas son admira. Elles achètent un litre de lait et du fro. un très court film expérimental sur d'Andalousie. ils sont c o m m e exilés. qui exerçait le m é - 5. il se émigrent.49 ). où treize crétins . Là. En dépit de ce handi. la question se pose chose l'intéresse dans la vie : manger. Bunuel.. UN CLASSIQUE E S P A G N O L DU FILM tier de photographe depuis 1907. Espagne 1960).11 Les h o m m e s et les femmes à qui Baldi s'attache ne nous a malheureusement pas été donné de voir vivent (ou s'apprétent à mourir) en marge de la ce film. avec un ami italien. qui les français et que le film fut édité en France condamne souvent à une description sociologique (voir p. qui lui a donné nillés et rachitiques se rendent à l'école. qu'il vit à Londres vers 1935. sommaire. Elles seul batiment luxueux des Hurdes . boire et ici avec une extrême gravité. description de la vie nomade des éleveurs ressant de noter que plusieurs de ces films ont été de la steppe asiatique. de Storck et Ivens. en été. Des enfants dégue- voler. que l'on dit inspiré du chef-d'oeuvre de société . FLAHERTY cap. moins prisonnier de formules un film âpre sur la dégénérescence de l'homme esthétiques. les montagnes arides ner. En effet. d'abord de litière . les usages de la distribution ont imposé aux producteurs le film d'une dizaine de minutes.avec la police. Paolo à l'église. entre 1934 professionnels et les chercheurs scientifiques se et 1940. part. c'est que les auteurs en sont soient prisonniers d'un métrage arbitraire. Cette année-là. vit le jour en 1925 : collectivement en l'honorant d'une mention spéciale. la jeune fille morte sur la route est trans- vieilles femmes achèvent leur existence. de développer SOCIOLOGIQUE AUX ETATS-UNIS A P R E S sérieusement le sujet traité. enquête sur les ouvriers espagnols émigrés à à tour de r8le. réalisait un style plus direct. un cinéma réaliste. Baldi est ungrand A l'émigration espagnole appartient. L a course de taureaux. anophèles. S'agit-il encore d'un pendante en Amérique date de 1934. Ainsi. Quelques-unestricotent. Genève (Notes sur l'émigration. ". LE FILM ETHNOGRAPHIQUE ET temps interdit. des feuilles sèches qui serviront oiseaux qui se réveillent. Mais les réalisations qui verront ie jour En 1936. Paul Strand. sans se déshabiller. hanté par la nuit et la tragédie de la solitude. presque apparut d'une telle qualité que le jury la distingua contemporaine de Nanook. d'autre poète. dans bien des cas. Paul Strand avait commencé par tour- dans la région des Hurdes. salué par le vacarme des la montagne. au coeur de Rome. sou- cieux de témoigner avec efficacité des problèmes de la vie sociale. transmetteurs de malaria . Il est évident qu'une telle limitationde 6. elles vont liser courageusement. C e film est le portrait cruel d'une New York. de Luis Bunuel documentaire britannique. à l'intérieur d'une demeure. quelques semaines plus tard. la rivière Casa delle Vedove (La maison des veuves) nous est à sec et il se forme des mares où pullulent les entralhe au Vico10 delle Ceste. en 1922. Toutes les journées contre l'inertie des pouvoirs publics) un film- sont semblables.. au coeur de leur propre société.. aux Etats-Unis. Grass (Pâturages) d'Erne& Schoedsack et Merian D u point de vue qui nous intéresse ici. fut l'un des prin- SOCIOLOGIQUE cipaux animateurs de ce mouvement . portée au cimetière dans une auge . l'ensemble de la production italienne présen- tée lors du Premier Festival international du film E n marge de la révolution opérée par Flaherty. trois jeunes se trouve une maison à quatre étages. Bninatto (qui lutta en Sicile. ils revien- glisse dans les maisons par les fenétres ouvertes. oubliés ou perdus Bunuel. amour. mage. Manahatta. apporte-moi le soir . il déclare gentiment qu'une seule groupement "humain" ? Kélas. cette belle monographie relative à la tauro- machie. Sa femme et sa mère lui demandent sans fille atteinte de gingivite agonise sur la route . réalisés sous le patronage du Centro Italiano per Mais Flaherty n'eut pas de successeur i m m é - il Film etnografico et sociologico. il fut impres- sionné par les films de la première école Los Hurdes (Terre sans pain). Jacinto Esteva. quand il fait trop froid. Comment couche dans le m ê m e lit. il n'y a ni fenétre ni chemi&e . Il rien gagné . L'auteur s'efface devant elles et. Il chante : "Amour. un cesse de l'argent? Que faire ? Il décrit sa tech. Que font. à Ia recherche de travail . une petite un bébé. 54 . sans avoir fait les poches des ivrognes qu'il rencontre. passent-elles la journée ? Elles restent étendues U n jeune espagnol. attaqué par les abeilles . de créer. vient de réa- sur leur lit et.

à anglais. les pensées d'une jeune contient des documents historiques remarquables. nous nous trouvons en pré- L'équipe du N e w York Kin0 fonde avec Paul Strand. traite de la rééducation des soldats mutilés collabore aussi avec Ben Maddow et avec un scé- et de leur retour au front. à l'Espagne. d'Alvarado . Weiler. au fil d'une année. 48 ). Harlem. groupés sous consacrés à l'urbanisme : The City (Laville. en marge des A la m ê m e époque. L e film vités vers 1940. Paul Strand rejoint ensuite. cependant. en aux Etats-Unis . dus à l'opérateur Harry Durham. la guerre d'Espagne. une nouvelle de Pare Lorentz :The Plow that breaks the Plain vague de documentaires sociologiques de valeur (La charrue qui brise la terre. "Frontier (voir chapitre VI. ler juin 1961. civique. à tra- tant aux Etats-Unis . 13). (Le r81e est interprété par une actrice. Il dirige (avec Leo produit par 1'American Institute of Planners. à un documen- qui faisait partie de ce groupe d'amis fervents. et l'on est frappé sols. 1960. taire dramatique dont le sujet n'est pas moins dur dirigea cette réalisation. sence d'une prolifération extravagante de films en 1937. lage oublié). Heart of Spain (Le coeur de The Quiet One (Le garçon tranquille) est. et amer : The Savage Eye (L'oeil sauvage. qui fut 1. un scénario de John Steinbeck (1941).Paul Strand tourne le premier documentaire social remarquable aussi que le film de Paul Strand. L a caméra cinématographiques SOUS la bannière de Frontier explore avec cruauté les rues. apparaft dans la production américaine. par contre.Ce h o m m e s et les femmes malades de solitude. dirigés par Fred Zinneman. 1938). ce film est un core un film sur la résistance chinoise à l'invasion document psychologique et sociologique sur les japonaise : China strikes back (la Chine réagit). apparaft c o m m e le résultat Elie Kazan fit aussi ses premières expériences d'une froide recherche scientifique/l.H. sur Mao-Tsé. au cours de ces dernières années. légèrement antérieur à l'oeuvre importante caméra s'attache à suivre dans ses moindres dé- qu'Ivens a consacrée au m ê m e sujet (voir p. et le titre français. 55 . Sidney Meyers réalise. à N e w York. L e film a sionnels et non professionnels. écrit Toung et l'entraînement de l'armée rouge. pour prétexte la résistance qu'oppose aux soins Il est intéressant de noter que les deux films de médicaux la population indienne d'un petit village Pare Lorentz. la F a r m Security Administration. Kline mérite d'&tre considéré réalisa pour le Ministère de l'agriculture un film sur la dégradation des sols. Frontier Films produit en. il faut citer The Forgotten Village (Le vil- vestigation du Sénat (La Follette-ThomasCommit. le futur auteur de Forgotten Village. Ces films taire véritable traite du problème de l'érosion des restent peu nombreux. A ce titre. L'Express. 11 décrit. Hurwitz et Ralph Steiner) la photographie du film Après la seconde guerre mondiale. selon le mot de populaire du Tennessee (Highlander Folk School) : Morvan Lebesquel2. Dans le domaine de l'éducation stigmatise la destruction sauvage des forêts. assisté de Herbert Kline. Pare Lorentz hollywoodienne. évangélique. un film important. Meyers Life - . le scénario s'inspire directement basant le récit sur la description authentique d'un d'une enquête effectuée par une commission d'in. Il est 2. Nous retrouvons encore le n o m a été distribué aux Etats-Unis et en Europe vers de Ralph Steiner. et l'atmos- produit un second film sur l'Espagne : Return to phère de l'école spécialisée de Wiltwyck. dans The River (La rivière). jugé trop pessimiste pour être diffusé. il tint l'affiche pendant six vers un cas particulier. ait été produit pour espagnol Redes . tous égards. une coopérative de production. 1939) l'appellation N e w York Kino. en collaboration avec Ralph Steiner. C e documen. un critique américain. Films". L'année suivante de ce fait. People of Cumberland. Réalisé avec des moyens de fortune. Joseph Strick. en 1938-1939. N e w York Times. réalisé par Herbert Kline. un long docu- L a première réalisation de ce mouvement d'action mentaire romancé dont le sujet difficile est la cure sociale par le cinéma fut un film de montage sur de rééducation d'un jeune garçon noir inadapté. Henri Cartier-Bresson. face à l'immense production (1936). The Wave. il réa. 1938). nariste très connu. le film porte le titre Wave (Le révolté d'Alvarado). furent commandités par une adminis. dont le n o m évoque les nouveaux espaces. rément avec le style conventionnel des films de C'est à la m ê m e époque (vers 1940) que Flaherty fiction. les bars. 7 juin. Les acteurs. Dyke. en 1950. une église Films . L e film connut un succès impor. beaux-arts. Paul Strand et Leo Hurwitz Parmi les films "de fiction'' américains qui tournent ensemble Native Land (Pays natal. Paul Rotha le signale sous le titre qui dirigeait à cette époque le département des Pescados (Production et photographie Paul Strand). contribuèrent à renouveler l'approche sociologique un long métrage de fiction sur les libertés civiques au cinéma. sont les L e mouvement Frontier Films cessa ses acti- pêcheurs m ê m e s de la baie de Vera Cruz. milieu. un bal d'invertis. Barbara Baxley). tours. L e travail des cinéastes. 1960). 1935). The de long métrage à Mexico . d'après tee) . The Land. un court métrage sur une école témoignages sur notre "nudité". L e révolté l'initiative d'un musicien célèbre. associé à celui de Willard Van 1938-39. Il comporte d'intéressantes notations The River. dans les régions de l'ouest. Frontier Films quartier noir de N e w York. L a film. au générique de l'un des premiers films un groupe de jeunes esprits libres. la vie quotidienne du semaines à N e w York. A. sur la vie quotidienne des Indiens et rompt délibé- tration publique. divorcée. usages de la production courante. Morvan Lebesque. The Plow that breaks the Plain et mexicain. E n 1939. Carlos Chavez. il est connu aussi sous le titre le Ministère mexicain de l'éducation nationale. la distribution associe des acteurs profes. apporte autant de lisa.

il rendit visite à un grand nombre pagnies minières. en dépit de leur sance d'un petit h o m m e . il découvrit plus bouleversantes de ce beau film est la nais. ses vues simplistes sur les la Mère africaine éternelle.Ii explique qu'au moment où son film lement de son travciil. à la limite du film de fiction. dont la sage-femme est chargée de trans. des "femmes extraordinaires qui. des de deux sages-femmes qualifiées et produit sous f e m m e s qui avaient besoin de notre aide"/2. le film devait etre parfaitement authen- City (Nouveau-Mexique). la clientèle des situer cette oeuvre remarquable dans le domaine f e m m e s habituées à respecter les règles de l'hy- du documentaire. dences du cinéaste sur la construction dramatique trastant avec la sécheresse des rapports qui tendent du film méritent d'être lues attentivement par tous à s'établir entre les ddecins et les patients dans les h o m m e s de science qu'intéresse l'expression une certaine médecine bureaucratique. ethnographique . sages-femmes à travers le pays. for all their de soin qu'une véritable étude sociographique . Stoney raconte aussi c o m - a été mis en chantier la majorité des enfants noirs ment la barrière de couleur complique son enquete. relève du m é m e esprit nouveau : noir de la valeur des techniques modernes d'accou- Salt of the Earth (Le sel de la terre). were struggling to do a vital job cinéaste apprit ainsi à connal'trel'écart considérable against tremendous odds. C e film d'éducation sanitaire dépasse Stoney construisit dès lors son film autour de considérablement son propos didactique. au dérou- son film/l. logique. une sage-femme susceptible présente. N. Il est arracher à la mort l'enfant né prématurément. 56 . Elle s'occupe Etats-Unis les règles d'hygiène élémentaires rela. appliqué les règles fondamentales de l'enquete ditions de travail accordées par les autres c o m . Il y a beaucoup de ten. Stoney se accoucheuses les moins compétentes . ignorance. Il est cains étaient l'objet d'une discrimination ethnique remarquable qu'au cours de son enquete Stoney ait et le syndicat local se battait pour obtenir les con. de la tradition archaïque :la couveuse. sion officielle qui assumait la responsabilité scien- mettre les rudiments aux autres f e m m e s noires. Biberman. il se trouver la vedette. E n outre. tique. pour Btre con- cruelle éclata dans l'industrie minière. Il observa ainsi que les sages-femmes pré- tenus par de véritables travailleurs.pas le quartier noir : l'achat de whisky oule désir d'une trop de difficultés à convaincre ses sponsors offi. Il est basé chement était de confier le r81e principal du film sur des faits réels : en janvier 1952. est aussi inoubliable sages-femmes noires évoluèrent. la rapproche davantage de ce qu'on appelle en Europe mortalité infantile est plus forte chez les f e m m e s le "documentaire social". Mais progressivement les Blancs ciels de la nécessité de prendre des contacts per- sonnels et d'observer le comportement réel des 1. Il en con- de manière tout à fait indépendante par Herbert clut que la meilleure façon de convaincre le public J. elle parvient à tives à la grossesse et à l'accouchement. simples. Il Stoney a consacré un article à l'enquete socio. Il perdit son que le sourire de Nanook. Stoney raconte comment. en prenant soin de ne pas son prétexte fut un problème de sécurité. cherches préliminaires furent menées avec autant 2. George Stoney : Ail m y Babies : Research. Y. de sages-femmes noires. Il fallut titue c o m m e l'arrière-plan discret du film . en effet. tifique du film. Il n'eut . nariste Michael Wilson se rendit sur les lieux afin de capter l'entière confiance de ses informa- m e m e s de la grève. Les travailleurs mexi . se faire accompagner par le médecin blanc officiel. L'une des scènes les attitude condescendante à leur égard. symbole de suivant son enquete. présenter des situations réelles. D e les auspices du Département de la santé publique celle dont il fit la star du film. le plus admirable qu'il ait jamais rencontré. produit par les médecins blancs et la pratique. Il faut donc féraient. par le Medical Audio-Visual Institute Mary Cooley.c o m m e l'un des précurseurs de la nouvelle école existant entre les prescriptions officielles imposées réaliste américaine. d'une manière générale. femme. abandonnant les autres parturientes aux L'oeuvre attachante de George C. en fait. L a plupart des r8les furent trices. ensuite d'une ''mauvaise" mère . L e film a été réalisé avec l'assistance technique contre un adversaire plus fort qu'elles-memes. c o m m e une apologie dela science de plaire à la fois au public noir et à la commis- moderne. du sud étaient mis au monde par des vieilles f e m m e s suscitant au début la méfiance des Blancs. afin de pouvoir logique exemplaire qu'il effectua pour préparer assister. "extraordinary w o m e n Who. con. qui vise deux thèmes :la sage-femme accouche sans diffi- à enseigner aux populations noires du sud des culté une m è r e à l'esprit coopératif. sabilité des accidents dans l'esprit des gens tival international du film ethnographique et socio. Film :Book 1. cinématographique d'un problème social. le ignorance. en devenu un témoignage émouvant sur les relations faisant appel à une technique scientifique inconnue humaines dans les communautés noires du sud . giène. 1959. il n'y a que deux raisons de se promener dans sujet le passionnait depuis toujours. luttaient pour accomplir un travail vital. fallut capter sa confiance absolue. négligées :celles-ci sont censées porter rralheur dresse dans Al1 m y Babies (Tous m e s bébés. U n film de fiction. Ces longues re. and Who needed help''. Cette grève dura plus d'un an . A leurs illettrées. utilisant des techniques archaïques. L e yeux. . 1952) et les sages-femmes endossent toujours la respon- qui obtint le prix spécial du jury au Premier Fes. filméesans faussepudeur. L e scé. Les confi- celles-ci ont conservé un parfum archaïque.. Ceci cons. dans la plus grande intimité. en pour- L e sourire de cette grosse nourrice. . à klver vaincant. l'accoucheuse noire de Georgie. une grève à une sage-femme noire. Stoney dit qu'elle est 1'8tre humain of the Association of American Medical Colleges.

Rendre la réalitépassionnante et significative. est nécessaire pour du sud. très m o . peuvent certain nombre d'images furent prises au moyen atteindreleslimites del'expression émotive. non professionnel est le symbole du groupe auquel versations. de boration effective des "acteurs" et il fallut com- poser avec leur caractère instable. pros. sans compter 1. M o n but. accompliraient libre. mais s'efforcer de les accor- D. d'une caméra dissimulée dans une voiture. il y a teurs. "The total reality of a community or a Society sans précédent dans l'histoire du cinéma. Rouch. s'exprimeraient des acteurs-nés. Mais. Il fut décidé que les ac. c o m m e Flaherty. un processus ar- leurs soucis quotidiens. faits. aboutir à une généralisation de l'expérience vécue. logue of staie. est radicalement avec On the Bowery (19561. choisis dans le milieu. il tente m ê m e . factuai representation". "1 want to give m a n a new dignity. écrit Rogosin. 11 refusecette vue "documentaire" . dans les bars. Film Culture. dont la propre personnalité cul- librement. obtint au is so vast that any attempt to detail is entirety Premier Festival des peuples le prix réservé au would result in nothing than a meaningless cata- meilleur film sur la société moderne. individuelles . ils se l'oeuvre d'un écrivain. débiles mentaux. 57 . de menus ser. de son propre aveu. Il faut laisser vivre librement les gens la collaboration scientifique du D r Frederic que l'on veut décrire. tage sur les mines. L'un des colla. exprime la m é m e confiance. forment de petits clans. dans leur argot. souligne-t-ilencore. d'un con- les pièges de la sentimentalitéet de la complaisance. U n que des amateurs. Comment effectuer cette plongée dans celle de Jean Rouch. L e Pennsylvania coalminer. jouant leur propre r8le. écrit Rogosin. a Harlem taxi driver". Pour échapper à la solitude. r81e qu'il assume devant la caméra c o m m e un re- bile. s'efforce davantage d'explorer les personnalités Mais des scènes importantes exigeaient la colla. d'un mineur de Pennsylvanie. à l'expres- devant la caméra. mon. où le scénario est essentiellement prendra. Rogosin est convaincu la rue. Rogosin insiste sur l'"importance Stoney est encore l'auteur de Palmour Street. On voit que cette approche est voisine de ductibles/l. cette étape. parmi dramatique préétablie. éprouvèrent un intérêt é m u pour le sujet m é m e du cinéaste tente ici. alcooliques. Rogosin pose en termes parfaite- le savoir. Filming a skid row. une nouvelle dignité. explique ce qu'est milieu particulier. film-enquête sur les différente de la réalisation normale d'un film de alcooliques déclassés qui échouent dans le célèbre fiction. C e document étonnant. Mark Sufrin. où les r8les sont confiés à des acteurs quartier new yorkais. N e w York. Les difficultés techniques du tournage dans présentant de latribu Zoulou. de l'étude préliminaire du su- qui s'attache à un autre aspect de la vie des Noirs jet" . dans une petite communauté rurale. sion poétique. professionnels. à titre gracieux. de toute évidence. les démélés avec la police. no 21. C'est l'esprit m é m e de Fla- la sociologie urbaine. Zeman et du personnel du H o m e hébraïque pour der avec les thèmes que le metteur en scène dé- vieillards et infirmes. la sociologie doit étre la plate-forme de départ. est de pénétrer profondément dans l'intimité d'un borateurs du film. Participant étroitement à la vie de frapper l'imagination. Stoney élabora son autres peuples sur la condition misérable des tra- scénario au contact de la routine quotidienne. Stoney montre les vieilles gens. le cinéaste se mua en ethnographe. la réalité dans une forme dramatique susceptible vices au cinéaste. to make a constitue un témoignage capital sur le racisme en true national hero of a Nebraska farmer. écrit-il. particulier. L e film a été réalisé avec tistique. est. a Afrique du sud : C o m e back Africa (1959). L a de son c8té. de la préparation. inspirée de cas réels. 2. Lionel Rogosin se rend ensuite en Afrique du sud. d'attirer l'attention des professionnelle de Mrs Mary. à N e w York. faire un héros national authentique d'un fermier du trer ces vies sans but. toute tentative en vue d'en détaillertousles aspects Parfaitement intégré dans la communauté noire ne peut qu'aboutir à un catalogue sans qu'il avait choisi de décrire sous un angle très signification"/2. L e visage de l'acteur L'enquéte préliminaire dura plusieurs mois : con. Mrs Mary lui avait indiqué comment ment clairs le problème du film sociologique : "La transposer simplement les 118 exigencesimposees réalité sociale totale. dans chaque société. M a méthode m e permet d'ex- the Bowery : un refuge pour des hommes sans abri plorer la personnalité réelle de l'acteur non pro- et sans amis. groupent. M r s Mary et ses patientes acceptèrent de jouer mais il faut viser. ducteur de taxi de Harlem"/3. couvre dans leur comportement méme. mais m é m e technique fut utilisée parfois dans les bars. nous l'avons vu. Sans vailleurs noirs. mer. "Je désire don- limites du cinéma ? Il fallut individualiser le drame ner à l'homme. Rogosin pense qu'un acteur-né. chbmeurs irré. L e les Zoulous. furent considérables. où il Rogosin. turelle n'est pas annihilée par la qualité m é m e ment les gestes familiers. Mark Sufrin. Cette dé- Lionel Rogosin aborde le monde du désespoir marche. sous prétexte d'un repor. avec les ressources et les herty qui les anime l'un et l'autre. observations. où la mort bient8t les sur. écrit-il. un film de long métrage qui 3. poursuit-il. collectif. leurs problèmes. ment les parents peuvent-ils aider leurs enfants à c'est-à-direà une interprétation personnelle des affronter les rigueurs de la vie ? Dans Proud Years. s'affirmera essentiellement dans le film fut réalisé avec une équipe réduite. The Making of "Come back Africa" tourne clandestinement. voleurs sans envergure. est si vaste que par le Comité scientifique responsable du film. de mouler film et rendirent. C o m . mais suivant une ligne d'acteur. en évitant de tomber dans Nebraska. fessionnel et de rechercher les moyens de l'expri- tituées. il appartient. s'attacher à quelques personnalités.

c o m m e siblement. On voit en quoi le feu de l'action.faire de la caméra un instrument de psychanalyse parties de chasse distinctes. Si C o m e back Africa ne constitue pas une période de cinq ans. notamment Leacock (quifut l'opérateur de Flaherty). à pré- cours de deux Africains. un ont été prises sur le vif. C e long m é . Il introduit simplement un temps. est la mort affreuse condition du prolétariat sud-africain. sa tech. Dans "Yanki no'' l'équipe Filmakers tente. s'échelonnant sur collective. dans ce dénoue- "le dialogue spontané contrûlé" (controlled. abondant. T A Ils suivent ainsi pas à pas les personnages auxquels Hunters. Privés cours de tournage des répétitions artificielles qui de scénario. Rogosin utilise une technique qu'il appelle se défend à coups de sabot. une quéte acharnée de la nourri. sous la direction Nanook et trouve sa place dans ce panorama géné. scène est enregistrée au moyen de deux caméras. dans l'espoir de ticiper aussi à la vaine tension dramatique d'une constituer les archives filmées complètes de la course automobile en vivant plusieurs heures aux tribu Kung du sud-ouest africain. L a plus envoûtante. L e grand magazine Time Incorporated assure pologie culturelle (voir p. L'activité du Film Study Center rattaché au Plusieurs autres films sur les Boschimans sont en Peabody Museum de l'Université Harvard. de reportage. une grande part d'initiative à l'improvisa. O n le voit. triomphe primitif de l'homme sur la nature". aient été dirigés. John Marshall impressionna plus de 500. Cette équipe comprend ral des oeuvres les plus marquantes. Les sulte d'un montage judicieux. Grâce à cette technique extrêmement les Boschimans. engourdi une synthèse des difficultés que les Noirs affrontent par le poison. perdu dans une immense foire aux illusions. Quatre hommes poursuivent beaucoup de courage et de lucidité. Cet événement constitue la problèpes économiques et sociaux qui se posent ligne dramatique du film. au niveau du montage est prépondérante. un cameraman et un ingénieur du son. trage considérable. s'est vu décerner. travaillent par petites équipes de deux techniciens en 1959 "pour sa probité dans la représentation du solidaires. celle qui ments sociologiques les plus importants sur la fournit au film son climax. trage. Il laisse ainsi. en 1951-52 et en la première campagne électorale qui l'opposait au 1955. Il y a. dont la structure est en Amérique latine (Venezuela et Cuba). ils nous font par- pieds de pellicule Kodachrome. teurs ont réussi à filmer de la manière la plus Au cours de diverses missions anthropologiques familière l'actuel président Kennedy au cours de chez les Boschimans du Kalahari. un film de films sur des thèmes sociaux brûlants. Pour saisir sur le vif les toujours parfaite. Il se borne à indiquer le thème mal. spon. le r81e créateur ac. une extraordinaire dignité : dignité de l'ani- taneous dialogue). ment. dont ils approfondissentles ressources. sans que les acteurs documentaire. montage n'altère en rien l'authenticité des prises tion des "acteurs" . de l'aveu m ê m e de son auteur. O00 sénateur Humphrey (Primary) . mobile de la caméra passe-partout. du producteur Bob Drew. dignité de l'homme qui tue sans cruauté. L'intervention créatrice de l'interview et celle du documentaire classique. à juste titre. ils s'attachent et se maintiennent en prise directe d'une grande et terrible chasse à la girafe chez sur la vie. The Hunters. d'un "choix royal" documents cinématographiques bruts esquissent opéré par Bob Gardner parmi les éléments les plus ici le portrait d'un homme. mais les répétitions préalables de vues. ment pas pu aboutir à un résultat aussi remarquable cordé à "l'acteur" amateur est considérable dans s'ils n'avaient eu la possibilité de tourner un m é - cette expression nouvelle de la réalité sociale. Les réa- beaucoup plus riche et plus complexe que celle d'un lisateurs utilisent ici parallèlement la technique reportage pur et simple. après une très longue errance . ce n'en est pas moins l'un des . le scénario fut élaboré avec le con. (Filmakers) qui a réalisé. cours de montage au Film Study Center. destinés qui renoue avec la grande tradition épique de essentiellement à la télévision. le récit se compose de scènes empruntées à des 58 . au départ. à la trace. L a plupart des scènes précisément. Les chasseurs l'ont rejoint enfin chaque jour . Cette institutionspé. L'invention dramatique du Rouch. c'est l'histoire. une sont nombreuses. tout à fait inhabituel. racontée sans emphase. ces réalisateurs le Grand Prix du Festival des peuples. vécue aux c8tés des chasseurs. pai- général de chaque scène. le financement d'une jeune équipe de réalisateurs cialisée a produit un film important. c8tés de l'un des participants (Onthe Post). qui utilisait un scénario minutieux au départ et afin d'obtenir deux angles différents et d'éviter intervenait dans la direction des acteurs. une série de John Marshall et Bob Gardner (1956). à Florence. les réalisa- ture. avec nique. Pour les enregistrements sent ils le harcèlent de leurs javelots et la girafe sonores. en 16 mm. inté. les mots les plus justes. chimérique et senti- remarquables de ce matériel exceptionnellement mental. les cinéastes n'auraient vraisemblable- ticité du dialogue. cette grande chasse est à la fois réelle et idéale . The Hunters ré. L e thème du film est la chasse. Gardner dans cette recherche passionnée de la forme "la et Marshall ouvrent ainsi une voie nouvelle au film plus libre possible". L'animal meurt debout. resse essentiellement l'enseignement de 1'anthro. la plus proche de la vérité. d'éclairer pendant plusieurs jours une girafe blessée d'une l'opinion publique de son pays sur les véritables flèche empoisonnée. 73). dont la photographie en 16 mm n'est pas Pennebaker et Maysiles. sa signification. pour vivre. dans continuité fictive mais plausible. car il s'agit de découvrir. En effet. divers aspects d'une situation. Chaque la méthode utilisée diffère de celle de Flaherty. c'est-à-dire sans direction précise risqueraient de rompre la spontanéité et l'authen. L e film est de la girafe.

qui est sans doute exposée en termes trop blèmes humains du travail sont émises dans ces simplistes. Rapport annuel de l'ONF. L e film illustre les concep- lisée du format 16 mm et la fréquente participation tions anthropologiques typiques de l'école psycho- d'acteurs professionnels à l'action dramatique. il comparera quelques aspects du christianisme. William Novik et John Buss) se sont tirés avec années. Chaque cinéaste de la télévision. orientant différemment l'attitude des sociologie du travail .On sensiblement dans ces quatre échantillons de civi- y trouve notamment plusieurs films concernant la lisation. en Grande-Bretagne. d'un ton très libre. Ralph bien que le point de vue "documentaire" domine Linton et Abraham Kardiner) : les techniques d'édu- toujours. et présent. Les deux caractéristiques princi. L'ouvrier qualifié (TheSkilled thème sociologique précis. grâce à la demande sont d'un naturel remarquable. Dès lors. Parmi les oeuvres intéressantes de la série Temps du bouddhisme. scientifique régional. bien que l'intérêt sociologique le prix Eurovision en 1959. Marcel Rioux (Canada) pour la version lèbre producteur anglais Grierson fut invité par le française:Four Families (Quatreenfants du monde). un "caractère national". L'OFFICE NATIONAL D U FILM DU fort intéressant. au cours de ces dernières ria. sociologique américaine (Margaret Mead. souvent émouvantes. rarement resque . tant les nouvelles solutions proposées par l'urba- sociologique dont les résonances affectives sont nisme au Canada. Parmi ceux-ci. que nous re- l'entreprise moderne. - à forcer l'attention en dépit de la complexité de les thèses les plus contradictoires sur les pro. citons de base. Worker). un aux Pays-Bas. sous OF CANADA) le contrble de deux anthropologues bien connus. de l'hindouisme et de l'Islam.Les images. en soit plus mince. C e film. du National film board of Canada (Office national celui-ci commente ensuite. trèsbelles. cette étude en enfants. la thèse. à l'usage du grand public. dans le style "télévi- organisme national de production. en France. ne sacrifient jamais au pitto- La formule de ces films est intéressante. quatre séquences qui pré- de production de films documentaires de qualité. sur un thynssembly Line). L'ONF dispose d'un très cuments aussi difficiles à enregistrer exigeaient vaste réseau de diffusion. L a les sentiments authentiques des hommes très divers m ê m e série Comparisons contient encore une étude dont ils tiennent le rble. C e film est films par des acteurs professionnels qui traduisent destiné tout particulièrement à la télévision. Des do- pensée canadiennes"/l. Nous ne retiendrons ici que pante . le personnage principal plusieurs chapitres de l'homme et du travail dans du film est un bébé d'un an environ. en six parties sur la sociologie des quartiers sub- gneusement construits c o m m e autant de petits films urbains (Suburban Living : Six Solutions). égale. par exemple. avec une rare acuité. Chacun de ces films trèû brefs ment destinée à la télévision. Ces films sont donc soi. voire d'autres régions). L e vice-président (The Vice-President). L e comportement "Temps présent" (World in action). les films de caractère sociologique se sont délicatesse de cette tâche difficile. U n autre film. Parmi les "séries" qui intéressent pius cation. 59 .l'un des plus importantscentresmondiaux tient de l'improvisation. elles sont utilisées avec rigueur au ser- utilisée en Europe . produit par . qui du film). sont uniformes dans un milieu social homo- documentation honnete sur les problèmes sociaux gène et tendent à créer une personnalité culturelle actuels du Canada. obtint (Faces of Canada). Gouvernement canadien à mettre sur pied un grand 1959. L e film est introduit. LAa chaîne (The manon leçon en images. qui comporte six films trouvons dans les quatre milieux étudiés. particulièrement celles de la première en- spécialement notre sujet (car elles fournissent une fance. Dans la dernière partie du film. exerçant son ment notre sujet : elle s'intitule Comparaisons (Comparisons). le cé. 11 faut citer encore une troisième série de films ment féministe : L'essor féminin (Women on the de 16 mm. Fali Bilimo- créatrice considérable . Margaret Mead (Etats-Unis)pour la version an- Au début de la deuxième guerre mondiale. il est remarquable de constater à quel point quelques aspects très particuliers de cette activité les quatre cinéastes (Richard Gilbert. &Chef de départemst du film sociologique : il constitue une véritable (The Department Manager). tant à l'intérieur du naturellement l'utilisation de la caméra partici- pays qu'à l'étranger. U n autre série. intitulée "Silhouettes canadiennes" March). glaise.7. de niveau universitaire. O n y trouve un film sociologique 1. l'intimité de quatre L'un des buts essentiels de l'Office est deproduire familles appartenant à la classe moyenne paysanne des films "qui soient un reflet de la vie et de la en Inde. 1958-59. conçu d'une manière originale et CANADA (THE NATIONAL FILM BOARD rigoureusement scientifique par Tan MacNeill. Les enfants considérablement multipliés. un ensemblede du père et de la mère à l'égard des enfants varie films sociaux en 16 m m destinés à la télévision. intéressant cette spécialiste de la psychologie industrielle discute fois l'histoire des religions. C e fut l'origine sion" par une interview du superviseurscientifique . est en préparation : avec l'acteur principal de la pPrsonnalité du héros. travaillait avec la collaboration d'un conseiller pales de cette production sont l'utilisation généra. est le portrait d'un h o m m e simple. L e contremaftre ouvre de nouvelles perspectives dans le domaine (TLe General Foreman). confron- de fiction centrés sur un problème de la vie psycho. il faut citer aussi un ingénieux montage sera commenté par Arnold Toynbee (FourReligions). leur but est de provoquer chez vice d'un propos scientifique qui réussit toujours le spectateur une prise de conscience. au Japon. au Canada. en Suède. intéresse spéciale.Tacques Bobet. d'actualités retraçant l'histoire agitée du mouve. C e film (1058) : L'employé (The Clerk). sentent. très vives.

à l'époque de la moisson. dans un films consacrés aux problèmes du travail. c'est ainsi que Wolf Koenig décrit la paysan- utilisations cinématographiques des archives pho. parmi celles-ci. il faut distinguer tout prise moderne). dans la chaleur étouffante de l'été. L'ONF produit des monogra. scénario et réalisation de enregistre un conflit du travail et la manière dont Bernard Devlin. etc. Les réalisateurs canadiens de pélerinage les plus célèbres de l'Amérique du utilisent volontiers les acteurs professionnels. ritent de retenir l'attention (1960). montre comment une grève est dans la famille le "vieux bien". la propriété trans- évitée de justesse dans une fabrique de meubles. tout l'effort satirique des loisirs de la société canadienne qu'es. A la table but du film : "Comment vit-on à la campagne construction dramatique de ce film. Parmi les nombreux L e m é m e cinéaste s'attache à décrire. sur les lieux mêmes. il vise à fixer l'image authentique d'un sportive d'un genre inhabituel :une course sur la peuple. Les images du 1958) qui reconstitue. l'Oratoire St Joseph (Montréal):Les pélerins seulement pour ce genre de films. court métrage de fiction construit de Québec. représentatif d'un groupe ethnique minoritaire qui matiquement au cours du prochain chapitre (voir ''cherche de plus en plus à se tailler une place dans p. la f e m m e de ménage. nous (Pilgrimage. C'est l'une des raquettes aux pieds. n'intro- Les qualités humoristiques d'un reportage de duit aucune part "fictive" dans The Back-Breaking Gilles Groux et Michel Brault. (1959). à travers une histoire fic- tive. Cette technique. L a caméra Les brnlés (16 mm. Terence M c Cartney. de son c8té. m ê m e iorsqu'ils "jouent vrai". pied à cette fin. dans la province ville en grève).C'est unportrait Quelle que soit la formule du film. fiction en 16 mm). les difficultés qu'affronte. quelques oeuvres mrquantes. cusé. le beau film documentaire est fort valable. Raquetteurs. 11 ar- 30. de l'Office national du film est d'esprit "documen- quissent les auteurs & propos d'une compétition taire" . à la suite de la crise est aussi l'auteur d'un reportage sur l'un des lieux économique mondiale. sciences sociales : nous les envisagerons systé. dans L a battaison recherches patientes. au moyen de constater que des acteurs amateurs malhabiles. le témoignage social est le véri- entre les délégués patronaux et syndicaux. d'après un roman d'Hervé Biron. Strike in Town (La (1958). nière" et décrire "comment naissent et s'édifient porte un grand nombre de films spécialisés. nerie canadienne moderne dans la province de Qué- tographiques . Son héros est un Canadien français. sa réalisation exigea trois ans de bec. dont le but didactique est plus ac- spécialement. Terence M c Cartney-Filgate les territoires de l'Abitibi. c'est ainsi que Fernand Dansereau l$emploiedans Pays neuf (un moyen métrage de 60 . la vie quotidienne d'une famille de Leslie M c Farlaine (1 955). mise de père en fils. le chauffeur de taxi. pour dessiner le "profil de l'éclusier. pour des films-débats (par exemple phies sur de nombreux sujets sociologiques parti. 1957). autre "film dramatique" de moyen métrage (égale- vons l'excellent Strike in Town (La ville en grève) ment en 16 mm). Nous nous contenterons de signaler ici le cadre de l'économie nord-amérhaine". L a rive cependant que les cinéastes canadiens utilisent ville abandonnée ne compte plus aujourd'hui que la formule "documentaire" de la caméra partici- 500 habitants. l'avons vu. C e film constitue l'une des rares pante . sus. Le film évoque. sont grande marche colonisatrice des années 30 dans d'une grande beauté. la travail. il est résolu par voie d'arbitrage. l'homme d'affaires que passionne l'aventure mi- L a production de l'Office national du film com. s'oppose la con. la ruée vers l'or du appartenant au milieu que le cinéaste veut décrire. auxquels doit faire face le cultivateur ? '' Breaking Leaf (destiné à la télévision). français et quels sont les principaux problèmes ception rigoureusement documentaire de The Back. dont les Parfois le thème sociologique fait l'objet d'un protagonistes sont d'authentiques ouvriers agricoles - véritable film de fiction de long métrage tel ce venus s'embaucher pour le dur travail saisonnier "film dramatique" de près de deux heures. intitulé de la récolte du tabac dans l'Ontario. au cours de laquelle les coureurs portent plus libres de l'art cinématographique. tout en encourageant les manifestations les neige. la fiction n'est comment s'effectue la procédure de conciliation qu'un prétexte. Nous avons déjà observé que les réalisateurs de 1'ONF aiment utiliser la technique de l'affabula- tion romanesque pour aborder les thèmes sociaux les plus divers . le cultivateur soucieux de conserver sur un "suspense". Leaf (voir plus haut).métier :le photographe. E n France. ces villes-frontières qui abondent maintenant dans ceptibles d'étre utilisés dans l'enseignement des le Québec". mais aussi. de photographies anciennes. interprété aujourd'hui ? Ou en est l'agriculture au Canada par des acteurs professionnels. ceux qui traitent des divers emplois dans l'entre- culiers . 71). au service d'un point de vue City of Gold (Capitale de l'or. Ici aussi. 1960). de Terence M c Cartney-Filgate. 1958). - Klondike au début du siècle recherche démente sont souvent plus convaincants que des acteurs pro- d'un bonheur chimérique qui amena à Dawson City fessionnels. Mais il est frappant de Colin L o w et Wolf Koenig évoquant. non nord. m é . et The Back-Breaking rurale du Canada français dans L e mai'tre du Pérou - Leaf (La feuille qui vous rompt le dos. Michel Brault des entreprises cinématographiques collectives les sera le "cameraman" habile de Jean Rouch et Edgar plus remarquables qui aient jamais été mises sur Morin dans Chronique d'un été. pour la perfection de sa réalisation. 000 h o m m e s aussi passionnés que futiles. rele.

qui évoque également le problème U n petit film tout à fait remarquable doit être de la collectivisation du sol en URSS. au moins par sa volonté historiciste. où riques" en Europe occidentale. car il trouve sa place à c8té de Nanook A la m ê m e époque. Bakou et ses citoyens (réalisateur :L. - chasse au tigre (réalisateur : Gouline). dominé également par des préoccu. dant aussi la valeur des traditions artistiques po- ments cinématographiques romancés sur l'enfance pulaires. 61 . qui tient en quelque sorte le journal filmé Bien que le réalisateur fasse jouer de vrais pay. Turkménistan (réalisateur : M. DANS QUELQUES PAYS D'EUROPE trole. Citons quelques films tournés dans les 150 opérateurs dispersés dans le pays. "ethnographique" diffère sensiblement de celle qui boré des images et du récit ne permet guère d'in. Cette perspective analytique se rap. Il s'agit ici d'une chasse de type moderne. 1953) . Safarov. est très vif en l'industrie pétrolière est plus récente. un jour parmi tant d'autres. en Hongrie. l'accélération de l'histoire dans la patrie de Tamer- mations de la société. c o m m e les cinéastes. le cinéma soviétique exalte cepen- min de la vie (1931). distingué. en Yougoslavie. L a terre (1930). proche. Les ethnographes soviétiques se sont intéressés 9. Mais cette conception du film sans. On connaît as. 1. distinct. qui ten- républiques asiatiques : L'histoire des travailleurs tèrent de cristalliser un moment précis de l'his- du pétrole de la Caspienne (réalisateur :R. Signalons aussi que beaucoup d'équipes délinquante. lement nombreux. dans le m & m e esprit. étude de sociologie dynamique. Mei) . Des études ethnographiques ont porté aussi. Les ethnographes. Potapov. L e che. en rentes étapes du développement industriel ont per. Victor Turin consacrait àla ou de The Hunters (voir p. l'admirable style expressionniste très éla. Problèmes essentiels de l'étude ethnographique posée pour l'analyse des sociétés africaines en des peuples de l'URSS. exception. sez la prédilection du cinéma soviétique pour les Si les films "ethnographiques" soviétiques thèmes sociaux dans les films de fiction. pations st ylistiques : Turksib (1929). qui le filmde voyage constitue un genre récréatif Il en est de m ê m e del'oeuvre maîtresse de Dovjenko. Cette conception. l'effort toute spéciale à Un jour de guerre en URSS. en Pologne. Terentieva. dans le concept "ethnographie".58) parmi les reportages construction d'un chemin de fer en Asie centrale de chasse les plus remarquables de l'histoire du un film épique. aux propres à chaque région dans un processus de déve- loppement/2. à la capture des tigres et des léopards en Sibérie viétique. l'en. pour tégrer ce film dans la catégorie des "documentaires". Moscou 1960. sionnel. L. celle que le sociologue français Balandier a pro. Kroupianskaia. n'ont cessé de fournir l'essentiel de la le 13 juin 1942. et le présent du peuple ouzbek. Azerbaïdjan). V. par thématique. il faut accorder une attention ventionnel. en Roumanie. truction qui caractérisent la production soviétique Parmi les reportages de guerre. TENDANCES DU FILM "ETHNOGRAPHIQUE" du stade nomade à la civilisation industrielle au EN URSS Kazakstan. ments sociaux. LE FILM ET LES TRADITIONS POPULAIRES particulièrement à la culture des ouvriers du pé. cinéma. consazée ment l'approche documentaire dans le cinéma so. D e n o m - mis aux chercheurs soviétiques d'entreprendre une breux films ont été consacrés aux danses paysannes. L. Ces diffé. de 2. Tchécoslovaquie. le merveilleux film de Nicolas Ekk. en Ukraine ORIENTALE occidentale. en 1929. Les films de propagande sociale et d'ins. Bulgarie. pour les traditions qu'on appellerait "folklo- sur les ouvriers du pétrole en Turkménistan. typiquement soviétique. laire. où un mode de vie original s'est formé au contact de deux cultures. Documentary Film. 101. L a steppe aride (réalisateur :Tomberg) montre la vie sociale de la plus grande ferme Nous avons vu que les savants soviétiques englobent dIEtat d'URSS vouée à la culture du coton (le cycle radicalement. Cette préoccupation marque lan :Visitons l'Ouzbekistan(réa1isateur : Kayunov) très fortement le cinéma russe classique. anime les chercheurs d'Europe occidentale. le passage et ethnologiques. l'ukrainienne et la po. qui doit est une monographie régionale confrontant le passé son essor à la Révolution d'octobre. Les grands travaux industriels. Selon Paul destinée à enrichir les jardins zoologiques : L a Rotha/l ce fut le premier film qui définît claire. Carmen. est l'un des premiers docu. C o m m u - transition. Paris. p. L a ligne générale. un ethnographiques engagées dans des recherches chef-d'oeuvre incontesté à la modernisation de ''surie terrain'' comprennent un cinéaste profes- l'équipement des campagnes. que leur statut technique soit ou non ar. Les travailleurs du pétrole au de ce que l'onpourraitappelerl'instant sociologique. exceptionnel- récente sont malheureusement d'un style fort con. de l'expédition. nications de la délégation soviétique au VIe Con- Pensées joyeuses (réalisateurs : Medvedkin et grès internationaldes sciences anthropologiques Abusentov) décrit.8. du film ethnographique chaïque. orientale. L'intérêt des documentaristes pour la culture popu- lonaise. situant les ccutumes aux chants. tourné collectif. A cet marquent une prédilection nette pour les change- égard. - toire globale d'un peuple extraordinaire saisie AzerbaFdjan. de la récolte en 1958. notamment à Bakou et à Borislav. est très nette aussi dans un long documentaire sur accordent un intérêt tout particulier aux transfor. aux rites archaïques du mariage. Eisenstein consacrait. la vie des travailleurs et semble de la vie culturelle de tous les peuples sans des chercheurs scientifiques).

damment de l'école documentaire anglaise. qu'un certain chementde films qui sont eux-mémesdes recherches nombre d'éléments de la tradition populaire seule. (Sur les traces des Slovaques. 70). qui passionne Karel Plicka. propres à l'école de Grierson. E n Europe orientale. bref à tout ce qui. trop facile. risquent d'enfermer le cinéma ethnogra- plus explicite une conception du film ethnographique phique dans une formule trop étroite. pour le cinéaste. les minorités eth. en Europe orientale. en effet. m e r à l'écran. si l'on collectifs. Sou- Tous ces films constituent d'intéressantes archives lignons que la date m é m e de ce film (1933) mérite cinématographiques et l'ethnographe des traditions qu'on le considère c o m m e l'oeuvre d'un précurseur populaires s'y intéressera d'autant plus que les po. la vie tique et non un film sociologique. aux métiers d'art. de l'inventioncollectives. apparaft c o m m e inconsciemment. en Les diverses écoles documentaristes occidentales fait. crains qu'un certain parti-pris constant de bonne des rites joyeux. L'ouvrier et le défende le droit pour l'ethnographe-cinéasted'ex. du cinéaste. cette attitude risquerait. L'optimisme A cet égard. esthétiques. Son auteur l'a construit pulations rurales d'Europe occidentale. selon un critère esthétique. D'une certaine façon. au fond. le temps des chants et des danses. d'enregistrer ces traditions esthétiques qui résis- de N e w York au Mississipi). ce qui. en de L'éternelle chanson (VkCna Pisefi. elles ont conservé leurs cifiquement cinématographique. libre. de communier. 1941). le pro. 62 . de composer une "sympho. d'évoquer une paysannerie d'opérette. consciemmentou dans la culture populaire régionale. 76). 1933. m e paraft que ce choix a été fait. Cette production des gens simples. en construisant une poé- nents spécialistes de la musique slovaque. C e n'est pas le lieu d'engager ici un débat collectif. sur la validité. sans rapport à ses chants. l'oeuvre cinématographique du pro. qu'il considère lui-même c o m m e un graphiques'' consacfi s aux traditions populaires poème cinématographique dédié au peuple slovaque. D u point de vue sociologique. malheureusement. au carnaval de Binche. ce pionnier avait réalisé un convaincantes. Plicka est l'un des premiers à avoir tenté d'expri- tumes (et non leur sens profond) qui retient l'atten. L a structure esthétique teront difficilementaux transformationsqu'imposent.. Il semble.. et fesseur Plicka. Il laires sont entièrement joués en studio (j'ai vu fut l'un des fondateurs de la Faculté du film (FAMU) ainsi un certain nombre de ''nocespaysannes" peu de Prague. c'est trop souvent la valeur pittoresque des cou. gage d'un certain nombre de films qu'inspire visi- reux que Jean Cleinge et Gérard D e Boe ont consacré. en Europe pective. Il faut Europe orientale. est un moyen métrage. C'est le temps tures régionales . Z e m Spieva (La terre qui On pourrait reprocher aussi à tant de films "ethno- chante). le film s'agit. par une idéologie officielle assez noter ce qui sépare la conception "ethnographique" complexe . de L a terre qui chante illustre la conception théo- dans les modes de vie traditionnels donne couleurs rique de l'auteur. soit la E e . du point de vue d'une poétique spé- niques sont nombreuses . "ethnographique" appartient souvent. d'une telle con- traits culturels particuliers . Pourquoi s'obstiner à ne jeunes gens. aux travaux de la moisson. à la catégorie des films sur l'art. Mais son film le plus important ments archéologiques coupés de toute réalité vivante. L a le produit de la sensibilité.). On la Slovaquie :Hry Slovenské Mladeie (Jeux de la en arrive trop souvent. blement cet état d'esprit. symbolisant la vie multi- intégrées dans la civilisation industrielle atone. On d'équivalent en Occident. du film ethnographique. dans cette voie. il voie indiquée par Plicka exaltent. diens de la vie collective. qui envisage le film ethnogra- et style particuliers à un mode de vie régional. dans cette pers. davantage c o m m e une symphonie. soit un aspect de l'art populaire se sont davantage penchées sur les aspects quoti- et l'on comprend dès lors que l'un des plus émi. forme du peuple slovaque selon le rythme de la n'ont pas SU préserver au m é m e degré cet héritage nature. des rites d'étre taxée de réactionnaire. et indépen- tion du cinéaste. à quelques exceptions peut regretter l'impression d'artificiel qui se dé- remarquables près. rarement à partir de gestes qui constituent déjà en tional du film ethnographique et sociologique. paysan dansent et chantent rarement dans les meil- primer la culture de son peuple par le truchement leures oeuvres du cinéma occidental (tout au plus de sa sensibilité artistique propre (voir p. des danses. typique de l'Europe orientale. vice-président du Comité interna. aux jeux de ses enfants et de ses avec la vie quotidienne. quel qu'ait été le souci scientifique film sur les jeux pastoraux du centre et du nord de d'authenticité qui a présidé à ces entreprises). phique c o m m e une "dramaturgie" (voir p. Parfois m é m e ces films en Belgique. Dès 1928. guindés dans tourné aux Etats-Unis en 1935 : Z a Slovaky z New leurs beaux atours 3 Sans doute est-il important Yorku do Mississipi). Notons montrer qu'un peuple du dimanche. orientale. Je nie visuelle" en se servant des chants. tique à partir des gestes apparemment anodins. Karel Plicka "ethnographiques" consacrés aux traditions popu- est à la fois un savant musicologue et un artiste. plupart de ces films "ethnographiques" exaltent. les cinéastes tchèques qui suivront la ment sont jugés valables sur le plan "culturel". humeur ne finisse par lasser à l'écran. en effet. qui réalise alors un film touris. On n'en trouve guère qui n'atteint que la superficie des faits sociaux. des hommes et aussi que Karel Plicka est l'auteur d'un reportage des femmes au sourire stéréotypé. Il sifflotent-t-ils.carnavals. eux-memes des oeuvres d'art. Par le tru- étudie les thèmes abordés à l'écran. Karel Plicka est aussi l'auteur cinématographique spécialisée est encouragée. elle ne m e paraft pas basée sur un éloge du savant tchèque des préoccupations sociales pur et simple de la tradition paysanne et des cul. son enthousiasme devant la ''culture'' fesseur Plicka m e parart traduire de la manière la populaire. à des docu- jeunesse slovaque). tel le film pénétrant et chaleu. ception esthétique.

1947) . une région montagneuse. 1957). le filmillustre fort bien les liens documentaires. où les paysans des peuples. printemps en Carniole blanche) (Slovénie)(Yougos- 1955). z Lidovfch Motivu (Tissus pod Turbaozem (Quelque part sur le Turbacz] de et impressions populaires). de LudvfkBaran et Vla. 1958) (une cet intéressant filni technologique de F. Dansla catégorie des métiers Zielonym Baltykiem (Au bord de la verte Baltique) anciens. notre propos : les films qui insistent sur les chan. c'est un tableau unique d'une communauté de Jindrich Ferenc (Tchécoslovaquie. campagne hongroise).d v Beli Krajini (Le et l'analphabétisme chez les Tziganes (Upre Roma. mérite donc d'être considéré aussi c o m m e une a. Outre les films de K. une remarquable étude approfon- de K. veau membre au sein de cette association. Hoffman et E. Zbigniew Bochenek (1959). 1945) . de Stanislas Gre- dans un des vieux moulins abandonnés de Slovaquie. Studzianna est aussi incidences idéolcgiques. 63 . naval). la foire ou gements sociaux intervenus pour améliorer les le marché populaire fournissent le thème de conditions de vie jugées archaïques. a produit. e. fais tes lectif. de Laszlo Kalmar (Hongrie)(ballet re- des formules nouvelles. ristique de style impressionniste) . citons :Huta zprzed Stulat (Unefonderie de de T. SorbischeHochzeit (Lemariage A coté du film ethnographique de ce premier Sorbe) de Kaden (Républiquedémocratique allemande) type. Tavasz. de Drago Chloupek et A. Kostov (Bulgarie. Gabryelski (Pologne). 1958) . Raran (Kde mele vitr. étroits qui existaient jadis entre les échanges éco- Il nous est impossible d'esquisser ici un cata. (Noces pastorales) de Ion Rodan (Roumanie. Plicka. Ecserilakodalom (Les industrielle. les sacrés aux danses et à la musique populaires sont rites magiques de pêche. Les films sur les métiers anciens intéresseront esquisse de monographie régionale. Slatki Fleiti (Douces flûtes) longtemps déjà.(Lesnoces région de Touropolye). Rêves brodés. 1956). de Vâclav Kaglik (Tchécoslovaquie. Retenons quelquestitres :Lidé Pod Snehem sur un milieu déterminé. de J. Pukanski munauté traditionnelle de pêcheurs au début de ce Kolari (Lescharrons de Pukanec)de Vlado Bahna siècle. De- Wesele na Bukovinie (Noces en Bukovine)de Wlod. puis le lever jusqu'au coucher. dont les récoltes sont l'histoiredes broderies bulgares (réalisationS. Citons le film quelques films. 1957) . qui fut distingué au Premier Festival des région centrale de la Pologne. certains de ces usages Valasské tance (Danses vala*s). bowski (Pologne) :un antique marché urbain de la Ce film. les réunions de la société des h o m m e s (Slovaquie) (Tchécoslovaquie. D o Studziannej 1959). Quelques études cinématographiques portent nologie. on suit les travaux zimierzBorowik (Pologne. tient à la Saint Michel. la préparation de la chaîne pour le tissage. qui montre ce que fut le travail du meunier (Sur le chemin de Studzianna). 1956). Granec journée de fête dans un village. jouets). de V5clav KaSlfk communautaires anciens ont toujours cours. la réception d'un nou- b. c o m m e - rir): les coutunies du carnaval aux environs de la si leur propos se situait A la frontière indécise qui ville de Ptuj en Slovénie (Yougoslavie. Bulgarie. il y a fort vitch (Hongrie. de J. Mais peut -être faudrait-il trouver noces d'Ecser. de son cBté. 1949) .1948). on croate.Topal. y fut présenté c o m m e un témoignage d'une villages voisins viennent vendre les produits pleins situationéconomico-socialepérimée. la misère (Moravie Slovaque) . à la vie paysanne la civilisation adieux) (Yougoslavie. Les rites agraires.1948) . après la moisson . Tel J. Nunt5 ciobgneasca solidaires des hommes et des femmes : la lessive. partiellement détruites par une tempête. sépare ce qui semble digne d'être conservé et ce Karuzela lowicka (Le carrousel de Lowicz) de qu'il faut abolir dans la tradition populaire. dans logue. les centres d'intéret. Skorzewski (Pologne. constituant en studioune noce traditionnelle dans la moins conventionnel. d. Pom1a. vivant en économie fermée. Gabryelski (Pologne. 1947). tous les spécialistes del'histolrede l'art et de latech. Kallweit. Zima mora umreti (L'hiver doit mou- nant à ce second type est parfois ambiguë. tis- Europe occidentale c o m m e en Europe orientale. parmi lesquels : FaSank (Le car- que Dimitrij Plichta a consacré. citons : actuellement motorisée. le carnaval. 1949) quie encore. les sage. évoque ce que fut la vie d'une com- cent ans. Onle voit en de charme d'un artisanat traditionnel (filage. le labourage. nomiques et les réjouissances religieuses. familiale étendue. C o m m e moud levent. ce film touchant montre à Kurpie. le marché se culière de l'auteur ou de la société dans laquelle il vit. un centre important de pélerinage . die de milieu avec U n jour dans une grande famille c. La production polonaise (Oesgens sous laneige) de Vladimir Sis (Valachie) fournit encore deux exemples intéressants : Gdzies (Tchécoslovaquie. de Tamas Bano. Dans le domaine des coutumes régionales. Les films d'intérêt ethno-musicologique con. le filage col- Nevesta le jemiji slovo (Jeune fiancée. 1948) . Bien que la pêche soit nombreux. un langage plus libre. Ce dernier film grands courants. dans le village de Mraclin (dans la noces paysannes :Wesele I<urpiowskie . à la lutte contre la maladie. constituée en corporation. reportage humo- et L. L'intention profonde des oeuvres apparte. Nous tenterons seulement dlindiquer les la société paysanne archafque.1953). Yougoslavie. Gerasimov. décrit un village dans dislav 'Delong(Tchécoslovaquie. 1947) . en Tchécoslova. L a (Tchécoslovaquie. la philosophie socialeparti. les ne peuvent être négligées dans l'analysedes thèmes femmes revêtent aujourd'hui encore leurs beaux sociologiques retenus par les diverses écoles habits de fête . Réa- notera une nette prédilection pour le thème des lisé en 1933. boissellerie. une autre catégorie d'oeuvres intéressent (minoritéserbe de la frontière polonaise). la préparation du lin. lavie. Svatba na les aspects les plus divers de la célèbre "zadruga" Moravském Slov&+ (Mariageen Moravie slovaque) croate . Nad djikov.bon gré mal gré.

en général. Si cette aujourd'hui par un ou plusieurs centres d'Etat qui préoccupation domine. au Pre. le troisième montre la for- dresse vont de pair. et dont manifestement la sonne ne doute que l'idéal qui anime I'OMS ne soit seule ambition fut d'8tre un témoignage honnete noble. avec la participation active assistance à des villages isolés en Birmanie. prouvé avec Ail m y Babies (voir p. une fois de plus. 64 . qui aurait dQ Btre épique. où la simplicité d'exposition et la ten. ciale des Incas de Bolivie (chez qui tente de s'im- bout. ce film muet. On assiste. cependant. ganisme officiel de production entend secrètement sation scientifique. tés des missions internationales dans le monde . et de Rouquier. de la civilisation :la reconstruction après laguerre bien décevants. Dans quelques pays. la réorganisation d'une économie archaïque borèrent à la réalisation d'un diptyque arbitraire. Voici. L'intention sociologique qui anima le Service 10. il tente de symboliser quatre phases tions internationales m e paraissent. on sait que c'est dans cette région. George Stoney l'a communauté". en France. 1958). Dickinson et J. C. coucher de la "grande famille". Les auteurs principaux de cette fait. témoigner. lisations de l'ONU. l'autre le Mexique la naissance d'une ville nouvelle autour d'une gi- (productionUnesco) . mérite d'etre l'écran. serait-il pas irritant ? D'autant plus qu'il utilise narcissiquement les grands idéaux. L e film est. sieurs volets . Sheers. une apologie de l'action sociale entreprise par oeuvre. tourné il y a mation de jeunes médecins qui prodigueront leur presque trente ans. Basil Wright et Paul Rotha colla. il n'est pas impossible. consacré au problème de des Indiens Tarasques. 56) . au planter la jeune. sont Thorold les missions de l'ONU. de lui-meme. le la recherche dans un centre atomique et la néces- titre en est (on ne sait trop pourquoi) : Je suis un sité d'un contr8le international de l'énergie nuclé- h o m m e (World without end. de l'excellence de l'ac- on trouve en marge des réalisations destinées au tion de ses fonctionnaires autant (sinon plus) que grand public une production en 16 m m destinéeplus de la condition sociale des populations sous-déve- spécialement aux chercheurs scientifiques. ne serait-ce pas que llor- se consacrent au film documentaire ou de vulgari. de milieu est la campagne d'éducation de base . que l'Unesco a établi un l'enfancedélinquante (Aucarrefourde lavie. titueront un jour des archives susceptibles d'inté- vaincant :le célèbre cinéaste anglais s'est attaché resser les historiens des grandes institutions ici à un pensum cinématographique qui permet internationales. L e film comprend plu- les films produits jusqu'à ce jour par les institu. Parmi les meilleures rea- phique de Autour de Patzcuaro (1952) est intéres. l'éducation sanitaire. encore Dans la plupart des pays d'Europe orientale. les "grands sentiments" rapproché des oeuvres analogues de Storck. selon les conceptions techniques modernes (Haïti). Q U E L Q U E S FILMS PRODUITS PAR L E S cinématographique des Nations Unies lorsqu'il mit ORGANISATIONS INTERNATIONALES en chantier :Power A m o n g M e n (Maftre du destin) est peu claire. Nous loppées ? C o m m e n t cet éloge de soi-méme ne l'étudierons au cours du prochain chapitre. 1953). l'ONU filme régulièrement les principales activi- People like Maria (Des milliers c o m m e Maria. sans emphase. en qui président à l'action sociale des instances Belgique. L a documentation ethnogra. de montrer la réalité avec simplicité. "pour sa chaleur hu. dont une face est la Thaïlande. les repas dans les d'apercevoir certains aspects de la condition so- champs et dans la ferme (les f e m m e s mangent de. Dans le domaine particulier de une grande famille croate fut distingué. maine et sa probité dans la description d'une c'est-à-dire avec efficacité . il faut citer un court métrage de sante . paludisme en Nigeria . ce- mier Festival des peuples. importe-t-il de placer au second plan le souci de ces diverses catégories de films sont produites propagande qui indispose le spectateur. domaine fiction de Henri Storck. important centre régional d'éducation de base pour Signalons que le service cinématographique de l'Amérique latine. selon la tradition). mais il semble bien difficile d'exprimer à ne sacrifiant rien au pittoresque. pendant. vaillante et jolie infirmière Maria). (Italie). Per- des paysans-acteurs.le pétrissage de la farine. le second volet du film expose la lutte contre le marquable. enfin. C e document re. en aire (Norvège). le prétexte de cette peinture gantesque installation hydro-électrique (Canada). U n jourdans internationales. 1949). un tableau Que les éditeurs de cet ouvrage m e pardonnent : cosmopolite de la société. production de l'Organisation mondiale de la ces magazines d'actualités (screen-magazine)cons- santé (réalisation : Harry Watt) n'est guère con.

c'est-à-direaffectivement et rationnellement. Il n'en fonctionutile dans la connaissance sociologique. clairement :il est extrémement difficile de rompre munication entre les peuples . parce mentation considérable dans divers domaines spé. dans Ces films font partie. personnage anonyme dont la génie'' cessent ici d'f?tre un obstacle à la connais. à l'homme à l'écran remplit paradoxalement une servir un but scientifique ou pédagogique. selon les circonstances. cette situation regrettable est liée à nente n'apparaît que dans certaines circonstances l'héritage philosophique et littéraire de la sociolo. lecture des savants traités ne permet que fort im- sance pure. mythiques (merveilleusement beaux. CHAPITRE VI L'UTILISATION DU FILM D A N S LA RECHERCHE ETHNO-SOCIOGRAPHIQUE ET L'ENSEIGNEMENT UNIVERSITAIRE D E S SCIENCES SOCIALES LA VALEUR INITIATIQUE DU FILM connaissance de l'homme n'est jamais pure. tile. brut d'une machine 21 enregistrer le réel. si cette communica. ticipation affective de l'observateur. parce qu'insaisissable. un politiques. elle doit tendre à la plus grande objectivité possible. de que nous avons évoqués précédemment ont tous un morales. Pire en. pour la simple raison que la parfaitement d'imaginer le corps. Plus que tout autre. les paroles et les services sociales. d'autrui dans "l'objet" analysé. condition essentielle de l'homme esquimau livré à tique qu'il convient de conférer à l'expérience lui-méme . de systèmes politiques. Toute culture trait fondamental en c o m m u n :le souci de la vérité est exotique. il n'est plus ombre fantomatique qui audio-visuelle. la présence 65 . Les pouvoirs troubles de la'lphoto. plus encore. dès lors. L'image. au sens litteral. une identifica. que fort rarement l'occasion d W r e initiés à 1a re. que l'Université abandonne trop facile. . gie européenne et d'un certain nombre de sciences que les sourires. certes. A travers "Nanook". les ouvriers. religieuse. sociographie rurale. -'l magique qui cerne l'image de ment pas destinées expressément. "étrangers" (c'est-à-dire inconnus) exige une par. Hélas. à édifier entre les divers soucis de propagande idéologique. sous peine de se film ethnographique et sociologique dans l'histoire pervertir. ont dans le labyrinthe des civilisations. à condition qu'ils sur le Don de Marcel Mauss a rendu familiers à soient présentés aux étudiants c o m m e autant d'E. nous "saisissonsI1pleinement. dans les On conçoit dès lors mieux pourquoi l'élaboration Universités de l'Europe occidentale. ou plut8t leur beauté i m m a - naturelles . le sentiment (moral) de la présence du cinéma européen et américain. tous les sociologues. qui est pas moins vrai qu'elles fournissent une docu. c'est-à-dire affectif . seul le passant indifférent est laid. Loin de cons- été tournées par des artistes soucieux de témoigner tituer un obstacle à la perception claire du phéno- de la condition humaine . le ciné. contact authentique. la tion. tion audio-visuelle est généralement entravée par chacune pour son compte. glace en choisissant avec soin des personnages ces films permettraient d'aiguiser le sens de l'Ob. est d'abord re-connaissance. ) qui servation. Les étudiants en sciences sociales n'ont s'échangent . s'agite sur la neige. particulières. forcent notre adhésion. ces (teintée de méfiance) du spectateur. la télévision. le regard que l'on jette sur "l'étranger" que l'on thèque idéale des facultés vouées à l'enseignement veut connaître. vaguement hos- cherche. il y a d'abord un affrontement. L e film de fiction rompt cette vertures sur des problèmes sociologiques concrets. A condition qu'ils soient ambivalence fondamentale. combien elle nécessite l'invent ion d'un langage m a et. mène social. ne jamais couper tées. culture. de costumes. etc. Les oeuvres ci. l'image sage : ethnographie. en suspens dans un univers qui n'est pas en- core :de jeunes bourgeois n'ont jamais été en con. etc. mais elle doit Nous venons d'esquisser les grands courants du conserver au plus haut degré. que nous avons chaque fois notés au pas. désaffecté. les films h o m m e s :barrières de langues. C'est à ce niveau qu'apparaft la valeur initia. Il faut le dire techniques permettent d'établir un système de com. aux techniques d'observation. Si les voyages du film sociologique exige une sensibilité aiguë multiplient les contacts entre les peuples. demeurent les propre qui supplée au silence et à la passivité moyens privilégiés d'abolir les distances . qu'elle est l'oeuvre d'un poète et non le produit cialisés. traditions populaires. les barrières que les civilisations se sont ingéniées. elles n'étaient évidem. la plupart des ment aux chercheurs des sciences dites exactes ou h o m m e s sont laids . pour toute autre et de l'authenticité. de la cinéma. sciences établit ou rétablit. dont la plupart sont dignes de figurer dans le fil d'Ariane qui relie l'observateur à l'observé l'anthologie internationale du documentaire. c'est- SOCIOLOGIQUE à-dire "détachée" . Flaherty avait le L a connaissance profonde de ces divers milieux don de lier conversation pour nous avec 1'Etranger. - core pour nous humain. une des sciences sociales. tact avec les paysans. que le célèbre Essai judici eusement commentés. lorsqu'un dialogue s'est engagé. au départ.

1952). naturellement. aux Etats-Unis un certain l'Afrique est leur principal champ d'activité. le cinéma pour illustrer leurs travaux ou porter afin d'étre présentés au grand public. gnement primaire et secondaire. L a lecture seule. sur la circoncision chez les Songhaï (La nir compte ici que du niveau universitaire. 1949). faute de ressources.réelle. -les films réalisés spécifiquement pour l'en. mais ils se sou- cient beaucoup plus rarement de doter les univer. les chercheurs. du film sociologique dans la production documen- gique. pour circoncision. Quelques universités aux 1. le cas de certains films de Jean Rouch. C'est l'un - fique est particulièrement vif. Il faut rappeler ici la qualité exception. C'est témoignage au cours d'une recherche. sur les danses de possession au Niger (Leshommes nelle de l'abondante production de l'Office national qui font la pluie. complets pourront bient8t étre mis à la disposition visager la création d'une cinémathèque à c8té de des professeurs. A cet égard. les types de films réalisés dans divers domaines. naturellement. d'autre part. à un public restreint plus mé. 1950). Nous nous L a seconde catégorie ne contient encore qu'un efforcerons aussi d'indiquer. elles éditent des films destinés aux railles chez les Dogon (Cimetière dans la falaise. 19). l'enquéte ethnographique sur le terrain exotique . films réalisés en 16 mm s'adressent aux écoles. d'instituts se sont déjà engagés ré. Songhay (Les magiciens de Wanzerbé. Nous nous efforcerons de définir d'universités. étre réduits en 16 mm et utilisés pour le circuit L e plus souvent.mm) est champ de l'ethnographie (ou anthropologie cultu. solument dans cette voie. Il n'est pas Aussi bien ces notes se contenteront-elles de dé- question de remplacer purement et simplement les fricher le terrain. dans cer- échantillonnage de cette production spécialisée tains cas. sur la chasse à l'hippopotame lequel peu de films marquants ont été spécialement chez les Sorko (Bataille sur le grand fleuve. encore une fois. ou m é m e simplement les bons films du taire commerciale. c'est-à-dire la sociographie des peuples cependant que tous les films de 35 mm peuvent sans machinisme ou en voie d'industrialisation. que Volta. qui existent déjà. E n France. il est particulièrement importants au point de vue de l'art rare que les chercheurs aient utilisé eux-mémes cinématographique ont été agrandis en 35 mm. Ses premiers reportages sur les funé- "culturel") . Rappelons. cependant. aux clubs et aux associations privées. sur les indications de Dominique Zahan. Jean nombre de maisons de production spécialisées dans Rouch fut l'initiateurde ce mouvement important l'important secteur 16 mm (considéré c o m m e (voir p. Il s'agit d'en. Ces organismes ne ras. Nous ne pouvons te. Les ment des sciences sociales ou pour l'étude socio. en principe. les scientifique . tographique dans les universités et les instituts taux mettent des films à la disposition de l'ensei. la haute magie chez les du film. consacré à l'histoire chefs-d'oeuvre du film ethnographique et sociolo. seignement supérieur. quelquesfilms de 16 mm Dans les autres domaines de la sociologie. les rites complexes d'intronisation du nou- nous n'avons pas la prétention de constituer une veau souverain sacré (Moro Naba). Dans divers pays. inté- secteur commercial. fonde la pu mener cette tâche à bien. sont L a plupart des films que nous aurons à examiner les classiques du genre . C e document liste exhaustive. de films spécialisés dont nous avons à tenir compte Sans doute la frontière entre les deux domaines à présent : (commercial et non commercial) est-elle parfois -les films réalisés au cours d'une recherche difficile à tracer. c o m m e nous nous sommes efforcés de le faire au semblent malheureusement que fort rarement les cours du chapitre précédent. éducatif. connaissance sociologique profonde. Ils sont les ethnographes. la distinction entre le secteur culturel éducatif L a première catégorie couvre surtout le vaste (16 mm) et le secteur commercial (35. FILMS SCIENTIFIQUES SPECIALISES sités du matériel audio-visuel nécessaire à l'en- seignement supérieur. et s'instituent m é m e producteurs de tels films . Ils s'intéressent à deux types resse aussi l'enseignement des sciences sociales. longs métrages de Rouch. dans l'espoir que des catalogues bibliothèques par des cinémathèques. nombre relativement limité de films dignes d'inté. réalisés. gieuse africaine et son symbolisme cosmique. que nous possédions sur la royauté magico-reli- ments audio-visuels disponibles pour l'enseigne. Rappelons relle). O n trouve. Nous signalerons au passage ceux la bibliothèque. les modes d'organisation de la production cinéma- rét. divers niveaux pédagogiques. Notre but est de présenter un précis et circonstancié prouve combien. U n certain nombre de musées.aucun recensement complet des docu. de plus en plus nom- Etats-Unis se sont occasionnellement associées à breux. sement le pas à la description filmique. Celle-ci. 1950). 1949). scientifiques. Récemment (1960) Rouch a fil- destinés. la description littéraire cède avantageu- dans divers pays où l'intérét pour le film scienti. L e Comité international du agrandis en 35 mm pour la distribution commerciale film ethnographique et sociologique n'a pas encore ont été analysés précédemment. particulièrement nette aux Etats-Unis. quand ils existent. ils sont connus de tous dans ce chapitre ont été tournés en 16 m m . les services gouvernemen. l'un attentif à l'objectivité du sujet traité qu'au style des meilleurs spécialistes des Mossi de Haute- m é m e du film.le chercheur est cinéaste-amateur. E n principe. Nous nous 66 . Réciproquement. Il n'existe faut-il des très rares témoignages cinématographiques le dire ? .au Canada. tournés en 16 mm et logique comparative. utilisent une caméra de 16 mm au cours de la production de véritables films sociologiques.

Celle-ci pour la moisson (Sahara algéro-marocain). consacré à la zoologie et à l'ethnolo- stagiaires apprennent l'essentiel du métier et. prise de vues et d'enregistrement. elle a réellement conféré le grade no 15). aux gie de l'Afrique centrale. prouver que la technique de la caméra participante temporain. c'est quecette film ethnographique et sociologique (CIFES). j'ai ment du film dit "ethnographique". fiques. "Sans devenir professionnels. l'université. a produit en 1959 un film de long m é - l'homme. ont à composer. 1'Insti- Comité français du film ethnographique . cérémonie dont je contrôlais le déroulement a été s'exerce aussi dans le domaine de la critique scien. (L'ethnographeDaniel Biebuyck fut l'un m a fort bien équipé pour la projection en 16 et 35 des conseillers scientifiques). à Paris. de se préoccupe notamment de promouvoir l'utilisa- Bernard et Dominique Champault (1953) . Musée de Bruxelles. rigoureu- phique. dont le siège est fixé à aux recherches ethnologiques prévu au.les scientifique. se déroule selon un découpage préétabli. dont le chef. L e film (Ruanda. L e Ruanda est un petit technologique en 16 mm. à Paris. Or. au large des Açores : Les initié. Maquet. couleurs. Par ailleurs. en 16 mm. "reconstitution''. 16 m m . Ceci tend à exotique mais aussi de la sociologie du monde con. l'université libre de Bruxelles. Cet organisme a patronné la leur collaboration:Les fils de l'éléphant (Bambara production de m o n film Gestes du repas (voir p. tué quelque temps auparavant par un éléphant. nouvel initié . en collaboration avec l'Institut national de cinématographie 1. étude citée. 48. nées à la sauvette . sement conforme. D e son côté. de L e Moal boration avec les chercheurs scientifiques de (1960). un film de leur expédition un matériel de montage au cours de deux années de recherches ethnogra- et de sonorisation et leur fournit l'assistance d'un phiques au Congo. C e film a été ultérieure. (1955). à l'est du Congo. à la disposition des cinéastes travaillant en colla- Les masques de feuilles chez les Bobo. Cette qui se déroule devant eux. l'un (IFAN)possède une section ciné-son. les étudiants ont. monteur pour les travaux d'achèvement. possibilité de suivre de près. les films nouveaux ou an. L'enseignement des techniques cinémato. consacrée à la vie quotidienne et cérémonielle d'une tain nombre de films réalisés par des voyageurs tribu bantoue du Nord-Kasaï : F&te chez les H a m b a intègres reçoivent aussi le patronage du Comité . U n cer. a créé. Leroi-Gourhan. a réalisé plusieurs films d'intérêt traditionnelle du pays. la place de son de la sociologie. en 1959. une longue monographie filmée. sur un sujet forêt (réalisateurs : Sielmann et Brandt). rigoureusement écrit à ce sujet le professeur Leroi -Gourhan. A u cours de la m & m e mission scientifique. un Séminaire du film et du cinéma. le mouve. j'ai obtenu que le rituel d'admis- ment distribué commercialement en 35 mm. dans le cycle traditionnel de l'enseignement là. relevant non seulement de l'ethnographie tait sur le rythme du déroulement. 2. qui comprend de Robert et Monique Cessain (1957) . travaille en étroite collaboration avec le avec des moyens beaucoup plus modestes. considérée c o m m e parfaitement valable pour le tifique : régulièrement. trage en cinémascope-couleurs. sont présentés devant des spécialistes peut se substituer au reportage pur et simple. l'Institut français d'.Afrique noire demande de m o n collègue Jacques J. p. d'lgor de Garine (1960). E n Belgique. semblable en cela à celle de tous les comi. au schéma de tés nationaux affiliés au Comité international du l'initiation. sion d'un nouveau membre soit fragmenté et qu'il L'activité du Comité français du film ethnogra. à la E n Afrique. à laquelle j'avais été précédemment la technique archaïque. celui-ci tut pour la recherche scientifique en Afrique cen- met à la disposition des chercheurs qui rapportent trale (IRSRC) m'a permis de réaliser.bornerons à citer encore ici quelques films réali. Massa. ce jour m ê m e . Potentier. ou devant le grand public. la seule rrodification importante por- ciens. Si le film n'est pas utilisé à l'université de "nkumi" à m o n ami Djowo. mais mm. dans la société des hommes. 1955). tourné au Ruanda un film d'un genre différent. tiation des jeunes gens chez les Coniagui de Guinée). qui est doté d'un Département du ciné. tion du cinéma au cours des recherches sociogra- H o m m e s du Logone et Gourouna (remarquables phiques. C e qui est remarquable. royaume situé dans la région des Grands-Lacs. Les seigneurs de la examens de sortie.46) du Soudan) d'Anne Philipe et Viviana P%ques D'autre part. Sacrifices une Commission du cinéma scientifique. naturellement. L'Université a acquis du matériel de études sur la notion de prestige dans une tribu pas. publié en 1955 par l'Unesco (Cahiers du Centre de L a cérémonie que j'évoque ici nlest nullement une documentation du Département de l'information. L e Musée de ciait étroitement cinéastes et chercheurs scienti- l'homme. qui sera mis torale du Nord Cameroun). des séances publiques de films d'in- sés par des ethnographes professionnels ou avec térêt sociologique. l'Institut de sociologie Solvay. qui prenait. cinéaste a été acceptéparla sociétédont il témoigne. D e cette activité est né m ê m e dans les cas les plus critiques. lorsque le le Catalogue des films ethnographiques français. un projet complet de réalisation. asso- découpage et de prises de vues"/l. du moins. le Comité belge du film ethnogra. de (1953) : L e temps du caméléon (la céréinonie d'ini. selon hommes. des meilleurs spécialistes de la structure sociale P. 67 . qui a connu un succès mondial. ces prises de vues n'ont pas été tour- hommes de la baleine. scientifique. est entièrement construit c o m m e un film de phique organise périodiquement. la père. la Fondation interna- graphiques est obligatoire au stage de formation tionale scientifique (FIS). Les Hamba m'ont autorisé notamment à tel le remarquable reportage de Mario Ruspoli sur filmer les cérémonies secrètes de la société des la dangereuse chasse A la baleine pratiquée.

festivités popu. tel qu'il a été de la société ruandaise. dont l'authenticité serait science). ce mode de communication J. et rentre matographique de l'exposition d'objets . Il a réalisé lui-meme. qui fut brillante malgré ses in. à travers un récit fictif. Cette seconde partie contient l'un des moments les plus extraordinaires du ciné- 3. marchés. avant que le sou. étude technolo. dominée par une aristocratie minoritaire graphie du pays (Leyde. sateur de la partie ethnographique du grand film tifique d'une cinquantaine de films relatifs. constitue une ouverture du musée (qui risque de L a section d'anthropologie culturelle de 1'ASSO- ciation néerlandaise du cinéma scientifique. la collection est importente. Biebuyck. qui détient les grands troupeaux de vaches. de gique au cours de missions scientifiques au Soudan. et 'N Walibene (1956). une centaine de sion des familles dans la savane. J. consacré àl'une verses. il quitte Freetown. magnifiquement parés et mquillés. le tissage. 1954). thèque de la Fondation contient aussi quelques films L e Ruanda ancien/l. ternationale scientifique (voir p. dans la perspective de l'ethnographie scientifique. 1940.. L a filmo- de son livre L e système des relations sociales. le travail de l'indigo). puisqu'elle comporte deux volets :la sécheresse. les traits saillants de la lisé des films de montage à partir des actualités société ruandaise précoloniale (environ 1900). à cette fin. ce film est spécifiquement des. et particulièrement appréciés par les spécialistes directeur du Musée d'ethnographie de Neuchâtel. Nous avons signalé déjà l'activité m a ethnographique :la @te Gerewol est un concours critique de la section d'anthropologie culturelle de de beauté au cours duquel les plus beaux jeunes l'Association néerlandaise du cinéma scientifique . entre 1922 et Gottingen. d'Utrecht. Maquet. beaux films d'ethnographie scientifique : Les laires. scientifique en cinémascope et en couleurs. a été conçu c o m m e une illustration est actuellement en voie de disparition. Une centaine de films ont été produits nale. en outre. nomades du soleil (Bororo. à l'Indonésie. l'agriculture et de la construction de la maison . de longueur fort diverse. s'intéresse très activement au film c o m m e tech- gique sur la construction d'un canot dans la région nique muséographique. produit par la Fondation in- Surinam et autres anciennes possessions néerlan. logique soit.fiction . hommes. le film chez les siens (contraste de la vie citadine et de la anime l'objet. ensuite. Il Signalons aussi que le Musée national d'ethnologie nous a paru intéressant de fixer.gestuel . en de Freetown. expression m e m e de la culture natio. écrit par fixé par M g r van Beel . le Musée de la vie wal. le professeur Jean Gabus. en dépit des transformations actuelles langage _ . princi. vie rurale en Sierra Leone). Henry Brandt est aussi le réali- permet aux éducateurs d'apprécier la valeur scien. festivités. réalisés en 16 mm. à seigneurs de la foret. troisième film du m e m e au. d'abord. par excellence. 16 mm. ces bandes constituent de précieux documents d'archives (leur 4. Son siège se trouve à l'université aléatoire . Fondation occupe une vingtaine de personnes. des sourds-muets. l'un des plus fisante). le mi- bandes. de Leyde (Rijksmuseum voor Volkenkunde) a réa- venir n'en disparaisse. L e film 16 m m . aux Pays-Bas une impor- préter devant la caméra. au Niger. Mangrove II (1956). à Sumatra. sité de Pennsylvanie. Il ne s'agit donc nulle. ment à la production de films scientifiques :la justices et ses iniquités. cette belle organisation n'a occidentale de ce terme). le situe dans son contexte vivant. Tervuren 1954. son conseil- daises. Pays-Bas. à Java. L e scénario. 68 . cérémonies di. Henry qualité photographique est malheureusement insuf. mais un seul concerne la sociologie sociaux typiques. 67) . les d'éclairer les pédagogues. la disper- comporte déjà. E n Suisse encore. Il semble que le filmtechno- teur. Brandt réalisa en 16 m m . en Sierra Leone . les films sont tournés en des dernières tribus de Peuls nomades. cinématographiques tournées en Indonésie entre Nous avons demandé à ceux qui connaissaient en. qui raconte le voyage d'un domestique. où il travaille. analyse di disparu. certaines très racle des pluies. 43. néerlandais : Mangrove 1 (1956). L e s palement. la réunion de la tribu. quatre-vingts films environ . Amsterdam). qui plus belles filles. groupe des représen- aléas de la condition paysanne dans une société tants des principaux musées et instituts d'ethno- féodale. Nous ne citerons ici que trois films du ler scientifique était l'ethnographe belge Daniel biologiste Peter Creutzberg. un réalisateur de talent. E n Dans le domaine du "folklore" (dans l'acception Europe occidentale. les grandes courtes. qui d'ailleurs sont loin d'avoir Stervende Taal (La langue qui meurt). Stichting Film en Wetenschap (Fondation film et ment d'un film historique. consacrés aux métiers. 1947 et 1949. il évoque. Utrecht. afin de témoigner d'une tante fondation d'Etat qui se consacre exclusive- culture ancienne. Paru dans Annales du Musée royal du Congo poursuit la critique systématique des films en vue belge. Il existe. Ka. le complément ciné- m a r a . Citons Techniques soudanaises (la forge. qui 1. produits par 1'Unive r - étude sociologique. dans ce format. se elle s'est concrétisée dans une liste provisoire des dandinent en souriant durant des heures devant les films ethnologiques néerlandais (voir p. Depuis 1941. des films d'intérdt technolo- description attentive des méthodes de pêche. processions. Complément imagé d'une sociologiques américains. L'unité de production de la tiné à l'enseignement supérieur. d'analogue que l'Institut du film scientifique de lonne (Liège) a réalisé en 35 m m . le récit évoque des situations et des conflits depuis 1950. core les r8les sociaux traditionnels de les e r . E n Suisse.

21). en Slovénie. cours de la mission du Prince Pierre de Grèce et quinze films ethnologiques. O n y trouve. manes en Thrace (Turkey in Greece. Tous ces films. Danish Expedition to Asia. produit également recherche ou d'enseignement de niveau universi. vend et loue des copies en 16 m m . de Leyde (Pays-Bas) et le de Copenhague constitue des archives cinématogra- D r Plischke. 1954 (Les cara- sont rigoureusement réservés à l'enseignement vanes tibétaines. Gerbrands. Müller (Ekonda. Butha- ou 3 minutes). A. L'Institut effectue le montage des nese Masked Dances. 1958) d'E. où il reçut le prix de l'Institut danse ou la musique. Ces archaïque. trale) . L'Institut du l'université de Zagreb . Il faut citer tout particulièrement : The d'A. voué au film de bore notamment le D r Kuret. très intéressante initiative : chaque film est accom. on y trouve m & m e une - t6 ristiques techniques du nionde indo européen bibliographie du sujet évoqué dans le film. Grèce. le tir à l'arc au Bhoutan. L e négatif original reste la tère de Sakyong. 1. Dans le comité direc- teur de l'encyclopédie. un petit film sur sé à l'ethnographie européenne . réalise lui-même des films . L'Institut publie une phiques. 69 . sous la rubrique géogra. Les cinéastes sont groupés au sein du Comité yougo- films disponibles composent une Encyclopédie ci. d'Elisabeth Pauli (Ethiopie. Sulzmann Toda Calf Sacrifice. Gottingen. C e film fut distingué au Premier Fes- films concernent généralement la technologie. une techniques traditionnelles. on trouve quelques sujets qui concernentplus Filme. 1954-55). Congo es-belge. Cet ex- tives de l'Institut. et scientifique a réalisé. scientifique important. à Pedong) . 1936. auquel colla- p. par le professeur Gavazzi. en Inde.ne présenter qu'un aspect fossilisé de la société) historique comporte des montages d'actualités et vers la vie. ré. "éditée" par le D r G. d'in- grandes catégories. Kauffmann (expéditionen Assam. L e Musée national d'ethnographie le Dr A. réalisé en Afghanistan au E n 1958. Il faut d'un film consacré à trois communautés musul- signaler que l'Institut a distribué. T w o Indian Religious propriété de l'auteur. de Danemark : They were Kaffirs (1957). L'Institut des traditions conception rigoriste du film ethnographique (voir populaires de Ljubljana. mais l'Institut est autorisé Ceremonies. la tival des peuples. généralement muets. les supérieur. il est l'auteur les moulins à vent en Frise orientale. de l'Institut d'ethnologie de 5. Certaines bandes sont très courtes (2 danses msquées du Nouvel A n au Sikkim) . la vie rituelle. par la troisième expédition danoise en Asie cen- kubde"/l. 1954 (Les danses masquées films bruts rapportés par le chercheur scientifique. dès 1930. films au cours de diverses missions ethnographiques 37). O n consultera utilement le Catalogue de 1'Ins. des interviews d'hommes célèbres. la documentation cinématographique SAR le Prince de Grèce a réalisé plusieurs de H. nous l'avons vu. un film aux potiers du Jutland. ces films sont des docu- film scientifique de Gottingen (Institut fiir Wissen. Wolf. dhique à Bodh Gaga et Kalimpong) . il faut citer un film scientifique et de 1'Encyclopaedia cinematographica. notamment. Malheureusement. 1960. 1949 (Le rituel de mise à I_ - et E. L e m & m e réalisateur avait consacré. oriental de 1IUniversité de Florence. conformes aux direc. c'est aussi une démonstration ethnologique tendant pagné d'une brochure explicative très soignée. en est le bulletin officiel de la section du film de re. un nombre considérable de films ethnologiques. E n dehors cherche de l'Association internationale du cinéma de l'ethnographie nationale. slave du film ethnographique. nographie européen ne possède encore la cinéma- thèque idéale dont notre essai tente d'indiquer les 6. Yougoslavie. cérémonie boud- lavande pour les nécessités de la diffusion . aucun musée d'eth. l'Encyclopédie comptait environ soixante. 1952. en Asie. Toda) . Il faut signaler une tique des techniques utilisées par les Kaffirs . un reportage L'histoire figure parmi les sciences sociales retenues par l'Institut . Danemark. telles qu'elles ont été définies cellent document constitue un inventaire systéma- par le D r Spannaus (voir p. Les ethnographes- taire. 1958). en 35 m m . des films scientifiques en 16 mm. en outre. 1957 (Le Dalaï L a m a du Tibet bénit à tirer un "duplicating-négatif" et une copie six mille Tibétains à Kalimpong .E. 21). L'Institut de cinématographie culturelle intégrés à 1'Encyclopaedia. Gesamtverzeichnis der Wissenschaftlichen phie. 7. Quelques films très courts. 1943. République fédérale d'Allemagne. mort du veau et le banquet sacrificiel chez les 53). qui apparaissent dans le catalogue sans être 8. 1954 (Le travail accompli titut. ments pour l'étude comparée et l'enseignement des schaftlichen Film)défend. Central Asia. dans L e Prince Pierre de Grèce s'est aussi intéres- le domaine qui nous occupe.W. à prouver qile les Kaffirs ont conservé les carac- digée par l'auteur du film . Cette publication 1954). sous les rubriques "Ethnologie" et "Volks. Citons une longue étude (16 m m . du Nouvel A n au Bhoutan. Trouwborst (Urundi. F&te du char les copies sont louées ou vendues. de Gottingen. muet) revue internationale consacrée au film de recherche consacrée à un métier qui disparaft : le couvreur - dans tous les domaines : Research Film L e film de toits de plomb (réalisation Aage Rothenborg. Cet important organisme. L a rubrique Film. par les moines du Monas- en accord avec lui. on trouve deux ethnographes. térêt technologique. ont été tournés. section nationale du nématographique (Encyclopaediacinematographica) CIFES. notamment.A. Institut für den Wissenschaftlichen spécialement la géographie humaine. L'Institut (Ratha Jothra) au Bihar. - de recherche Forschungsfilm.

En marge des films d'intérêt sociolo. ce document civilisation contemporaine ne sauraient être élimi- d'une valeur inestimable pour l'histoire des reli. sous l'impulsion du professeur Plicka. chercheurs scientifiques et des cinéastes profes. A la fin du rite. C e film constitue l'un des rares L e Comité polonais du film ethnographique se documents cinématographiques parfaitement au. intérêt tout spécial aux éléments culturels en voie sion en Afrique occidentale (Mal'tresfous). membre du CIFES. de disparition. patron de la santé. (Anastenaria). Nous avons commenté de la science des religions. (suggestions des ethnographes aux cinéastes). populaire contemporaine. où se souligne également l'extrême diversité de "l'ethno- pratique la purification des membres de la secte. tels plongent dans l'antiquité :L a marche sur le feu ceux de Tadeusz Jankowski. Dans un vil. c o m m e le film grec précédent. des Prague (FAMU). les leur propre centre de production en 16 m m . 1. un rite magico. a été réalisé en 1959 par Hali. jambes. spécialisés dans la production de films de versité de Poznan) fut l'un des premiers à utiliser le film c o m m e instrument d'observation ethnogra. l'université de Varsovie) au colloque de Prague. la So. ficultés d'ailleurs :la cérémonie se déroule d'abord au n o m du Comité polonais du film ethnographique. L a caméra enregistre. 70 . qui embrasse les traditions populaires l'immolation des animaux sacrés et la danse exta. L e conseil de direction du danses et les chants populaires de la Slovaquie Comité polonais du film ethnographique groupe des occidentale. etc. 1 O. gique produits pour le grand public à des fins docu. C e cours cantiques. des dents. dont le titre ethnographe et cinéaste. pour 1'Ins- voire impossibles à décrire correctement dans une titut de Bratislava. il en nationaux traitant de ce thème. donne également différents est emprunté à un chant liturgique (Nous attendons enseignements techniques à la Faculté du film ta grâce. Il les prête. polonais qu'étrangers. C'est gestes et les attitudes.sur une coutume religieuse dont les racines à des amateurs quelques films intéressants. tous éléments difficiles. "Les éléments de la prit rigoureusement scientifique. est pratiqué de nos jours dans les villages de M a . a-t-il utilisé fort sagement L e rapport présenté par Zophia Szyfelbejn (de la technique du reportage. sans que les acteurs soient dirigés. ces travaux précédemment. Créée sous les auspices de la section IV - phique. enseigne à l'université de oeufs. les fidèles rendent les est rattaché à la chaire d'ethnographie. Cependant. (FAMU). L e bedeau confectionne fut l'un des fondateurs de la Faculté du film de des objets en cire représentant des coeurs. avec l'assistance d'un camera. le jour de la Saint des traditions populaires. na et JacekOledzki. propose d'autres objectifs encore :l'enseignement thentiques (tant par le son que pour l'image) sur des techniques cinématographiquesaux ethnographes. Dans le secteur purement scientifique au grand public sont produits par les deux studios encore. la ferveur collective. A cette - Ethnographie de l'Institut d'histoire de la époque. permettant une analyse plus attentive de certains en 1957. dans dérable à l'utilisation du cinéma dans la recherche l'intention de réunir des documents pris sur le vif et l'enseignement. les cinéastes professionnels ne s'intéres. Parmi ces reportages. l'un des plus importants colloques inter- phénomènes sociaux. graphie". la participation de la Société aux réalisations des qui prolonge vraisemblablement sous une forme centres officiels de production cinématographique chrétienne les mystères dionysiaques de Thrace. Conçu dans un es. qui assume mentaires ou de vulgarisation scientifique. Pologne. L e professeur Plicka Valentin. Aussi bien l'auteur. le rassemblement et la conser- toute mise en scène . Roussos Coundouros. interdit aux profanes. contre des le D r Ludvik Baran. Les instituts pour l'étude des traditions popu- man. C e rite singulier. figurines de cire au bedeau. L e D r Baran. le phénomène de la possession. un peuple de malades destinée tant au grand public qu'aux spécialistes implore la grâce du Seigneur. ainsi qu'en 1956 le D r Baran entreprit. culture matérielle de l'Académie polonaise des saient guère au film ethnographique. Les ethnographes tchèques. le professeur Eugeniuz Frankowski (Uni. Nous avons évoqué est un qui relève. Seigneur). déclare ce rap- gions. aussi le double aspect. Prague les "principes de la documentation par le cession autour de l'autel. l'extase religieuse ne peut vation des films ethnographiques existants. Les auteurs ont voulu définir par l'image laires (UDLT)de Prague et de Bratislava poss&dent l'atmosphère générale. au prix de bien des dif. L'un de ses anciens assistants. 9. de l'oeuvre cinématographique du professeur Plicka religieux dans une église catholique. cette production en 35 mm est lage situé au nord de Varsovie. aussi bien que les manifestations de la civilisation tique sur le feu ("pyrovassia"). Les films "ethnographiques" en 35 mm destinés sionnels. aux malades qui effectuent en foule une pro. tant être ni jouée ni simulée. U n tel phénomène excluait naturellement phiques polonais. le Comité entend accorder un film que Rouch a consacré au culte de la posses. en s'accompagnant de film et la photographie dans le folklore". deux films en 16 mm sur les monographie littéraire. avant la seconde guerre mondiale. dans son pays la présidence du Comité du film ciété polonaise ethnographique/1 a mis en chantier ethnographique. Ce film. Tchécoslovaquie. C'est à Prague que fut organisé. mais l'on doit sciences. dans un lieu sacré. mérite d'être comparé attentivement au port. accordent une importance consi- une série de films scientifiques de 16 mm. l'établissement d'un catalogue de films ethnogra- cédoine. et de ses disciples . scientifique et artistique. nés en faveur d'anachronismes''.

L'abondance de la matière nous oblige à rations dans l'Afrique bouleversée. l'avenir et la tenter une première classification. 1947) (les descendants des pionniers de la du Centre. 1950). au grand public cultivé (notamment par le truchement de la télévision) . Father to Son (De père en fils. d'Helen Creighton pour le National Museum of seur Tullio Seppilli. Citons :The Acadians (Les Aca- U n certain nombre de films ont reçu le patronage diens. A cette occasion convient d'accorder. Romano Calisi.Story (Règlements des débats. ce numéro constituait le cata. Beveridge (l'acculturation des Indiens Getikshan et Tsimshian de la Colombie britannique) . depuis sa naissance jusqu'à l'%ge (Le sceptre et la masse. phique et sociologique.59) s'adresse. B. vista Internazionale del Film Etnografico e Socio. réalisé par Allan Une série de six films remarquables. de valeur inégale. 1955) commente les règles of an Eskimo boy. Il faut situer. de Doug Wilkinson (lavie du jeu parlementaire . Nouvelle-Ecosse. Ethnographie the West Indies. 59). Les films concernantles problèmes à la vie économique moderne) . thropologie culturelle. dans la m & m e catégorie. une sec- italiens réalisés au cours des dix dernières années. il faut retenir : L a r a n d e maison (The Longhouse People. Nova Scotia (Chants de la Nouvelle-Ecosse. réalisés dans Wargon. 1952). tion canadienne du Comité international du film ethnographique et sociologique. analyse rapide d'une trentaine de documentaires sous la présidence du professeur Rioux. Economie sociale. établie de- en Lucanie (Magia Lucana) a été écrit par un spé. Il existe aussi des films concernant les eth- intéressante tentative de collaboration avec les do. quatre mois que dure la saison la moins Bpre. en 1959. dlorigine britannique. C. Sociologie du travail crés aux Indiens. Colombie britannique que l'institution du potlatch grafico e Sociologico) est affilié au CIFES. Canada. 1958). Plusieurs films illustrent les institutions poli- Plusieurs films illustrent le mode de vie tradition. Sciences politiques en général. avec la collaboration de film sur le folklore musical de la m & m e région. avec la collaboration du National Museum le style "télévision" (The Nature of Work. en 1958. à Prague et à Bratislava à la tradition ancestrale. Celui-ci a organisé. en dépit de l'adaptation respectivement. Le Centre a contribué aussi Canada et 1'American Library of Congress. la caméra enregistre le cérémonial croyances.vulgarisation scientifique. of the Maritimes). Pierres vives (The Living Stone. cialiste. Signalons qu'il s'est constitué au Canada. une série de quatre films intitulée N e w Nation in A. nies française et chinoise établies au Canada : cumentaristes qu'intéressent les problèmes sociaux Chinese Canadians. un impor. On y trouvera. 1958. d'origine française. Parliamentary Procedure Houston . dans l'enseignement de l'an- a été édité le premier numéro de la Revue interna. le film Four Families (Quatre enfants du monde). Angoti. L'importante production sociologique de l'Office national du film (voir p. Par- mi les nombreux films. commentaire et la supervision scientifique (voir logue du Festival. sans fin (Land of the Long Day. Les riverains de de la société moderne sont généralement produits la Skeena (Peoples of the Skeena. que dirige le profes. fermiers et pécheurs) . à l'organisation du Premier Festival des peuples. Une série de films est le conseiller du film . 1952). notamment. The Sceptre and the Mace d'un esquimau. Songs of tant colloque international sur le film ethnogra. la qualité de cette E n marge de l'ethnographie. réalisé à l'occa- adulte) . 1949) (pour la première fois sur l'art esquimau dans ses rapports avec les dans l'histoire. 1959) complexe. Ernesto di Martino était dans la région de Québec). 1949) de James par le studio des films documentaires de Prague. Au sein a rendu célèbre en sociologie . les sociologues ont amorcé une nue). du m é m e réalisateur. les chants populaires ont été consacrée aux peuples de la c8te atlantique (Peoples recueillis par un musicologue. Nous avons commenté déjà l'importance qu'il qui a eu lieu à Florence. People 11. Citons l'étude de John Feeney ing of the Parliament. une p. i957). qui marque l'ou- réalisé avec la collaboration scientifique de James verture du Parlement) .pendant les tème politique canadien. 12. C'est ainsi que le scénario du film de Vancouver) . très bon explique le r81e dévolu à la Couronne dans le sys- document technologique sur la chassç~. tradition). les étudiants en information est telle qu'elle rendra les plus grands sciences politiques verront avec intéret Marée au services à l'enseignement universitaire des sciences Ghana (1958). Au pays des jours sion de la visite de la Reine Elisabeth au Canada. puis huit générations dans la ferme ancestrale. S. 1954 (le quartier chinois de de l'Italie. de Julian Biggs (le conflit des géné- sociales. ce qu'elle est deve- de cet organisme. 1951) Luigi Di Gianni consacré aux survivances magiques (la famille Valin. l'enfant esquimau (Angotee. L e monde of Canada (la religion d'une tribu iroquoise fidèle du travail) a été produite par l'Office national du 71 . à la formule qu'inaugure tionale du film ethnographique et sociologique (Ri. Diego Carpitella. de la série Comparaisons :deux anthropologues logico/InternationalJournal of Ethnographic and (Margaret Mead et Marcel Rioux)en assurent le Sociological Film) . l'Institut d'ethnologie et d'anthropologie culturelle réalisé lors de la mission ethno-musicologique de l'université de Pérouse. tiques canadiennes : Session parlementaire (Open- nel des Esquimaux. consa. L e Centre italien du film ethnographique of the Potlatch (l'acculturation des Indiens de la et sociologique (Centro Italiano per il Film Etno.

Nous examinerons rapidementla production simpliste. mais. quelle qu'elle soit. 59). L a (voir p. un sup- série Labour in Canada : Dues and the Union (Les plément a paru en 1959. l'université 1949) :les coopératives dans les provinces mari. Les rubriques Citizenship cotisations syndicales. étude sur les conceptions nationales particulières Nous avons cité déjà deux oeuvres de premier plan: (Suburban Living : Six solutions). in. l'université de 1'Etat d'Ohio. nombre parfois impressionnant de films éducatifs. Citons l'université de Michigan. N e w York). dans cette série d'essais dont le plus grand intérét est de susciter la réflexion. L'action syndicale est évoquée dans la dernière édition du catalogue date de 1958 . 1953) . 1954) . The Research Director (Le directeur sont spécialement à consulter. les N e w York State Colleges of Agriculture l'Extension Department de l'université Saint and H o m e Economics at Corne11 University. nication"). sans imposer une théorie sociologique rigide. voici un type de films l'université Harvard (Peabody Museum of Archaeo- particulièrement intéressant pour des séminaires logy and Ethnology). Industry and Labour. un moment de tension. l'Université d'Indiana. sités ont occasionnellementréalisé des films sociolo- formisme des opinions : Getting on the Band. Après chaque épisode. The Back-Breaking Leaf. L'université de New York. chaque film particulier est ana- (Women on the March). et L'essor féminin néral . ration. Terence MacCartney- gique caractéristique. jouent le rûle confié en Europe occidentale à divers débats où des thèses contradictoires s'affrontent. fard. 72 . Histoire et sociologie des religions H. Tout cela est cependant assez périeur. Psychologie sociale sité du Wisconsin. en outre.film. de films de niveau universitaire. 1954). dont la fonction est l'information écono. de l'hindouisme et de l'Islam. départements administratifs. dont l'intérêt socio- filmée de l'homme et du travail dans l'entreprise logique est considérable. l'Université du Minne- film a été réalisé avec la collaboration de sota. Les attitudes versité de Pennsylvanie. est leur qualité de rapports objectifs. l'Université du Kansas. L'un notre étude. grief. par le célèbre historien Arnold Toynbee :quelques carnée par un acteur dont le rûle évoque. con.gé- - consacré à la récolte du tabac. 1'Univer- E n dépit du caractère sommaire des thèmes traités sité de Syracuse. film produit par position des écoles et des groupes culturels un la Manitoba Federation of Agriculture and Coope. la série Comparaisons comporte une plaçons ici. la School of Business and Public Administration Il est intéressant de signaler que ce dernier (City College. Pilgrimage. F. versité de la Caroline du Nord. un excellent reportage L'Office national du film édite un catalogue . directeur américaines sont pourvues d'un Départ ement des des recherches de la Centrale syndicale de techniques audio-visuelles (ou de "Mass C o m m u - l'acier).59 ). (1958). au problème du con. un film L e travail et la vie syndicale font l'objet de bien de Lewis Portugais (1958) est une introduction in- d'autres films remarquables encore. giques susceptiblesd'intéresser l'enseignement su- wagon (1956). l'Université de la Caroline du Sud. Beaucoup d'universi- laissant au spectateur le soin de conclure (open tés américaines apparaissent donc c o m m e des end). directeur du Centre des relations industrielles de l'Université McGill. un montaged'archives ciné. le Filgate est l'auteur d'un reportage sur l'Oratoire problème posé fait l'objet d'une discussion objec. Woods. 1954) (unenouvelle figure du monde syndical). Il existe aussi un document sur l'Armée du Woods. Yeshiva de N e w York. l'Université Columbia. times transforment la vie misérable des pecheurs. des recherches. l'université de Californie. The Grievance (Le and the Community. 1'Univer- sité d'Iowa. dont le m é . Cette étude Dans la série Comparaisons. salut : Blood and Fire. il ne s'agit pas de ces films constitue une introduction vivante. 13. Sociology. nous y voyons Cleve Kidd. sans aspects typiques du christianisme. une crise psycholo. Les catalogues repris dans notre biblio- Mind ? Par exemple :Que pensez-vous du sens graphie contiennent plusieurs rubriques intéressant social ? (Community Responsabilities. Aucune concession à la propagande sociale. le plus souvent. dans la perspective où nous nous l'urbanisme. Ces institutions sociales et morales sont discutées dans des films. U n grand nombre d'universités mique . Etats-Unis. Celle-ci met à la dis- de People with a Purpose (1948). des centres les plus importantsdans ce domaine. qui possède une importante cinéma- L e mouvement coopératif canadien est le thème thèque de films de 16 m m . St Joseph à Montréal (Les pélerins. le film Four Religions (Quatre religions) commenté sacrés chacun à une profession particulière. à l'intention du grand public. nous avons déjà signalé moderne comporte six chapitres (voir p. téressante mais sommaire au problème général de rite principal. l'Uni- élémentaires de psychologie sociale. Urbanisme le débat. Ces films sont groupés dans deux "séries" : centres de distribution de films de 16 mm dits cul- What's your Opinion ? et What's Making U p Your turels. l'Uni- François Xavier.D. et de The Rising Tide (Marée montante. Si Town Planning (Le plan d'aménagement). tive et chaleureuse entre l'acteur et le professeur 1958). Quelques univer- sous forme de saynète. avec la collaboration du professeur E. du bouddhisme. lysé dans une "ciné-fiche''qui mentionne aussi les matographiques concernant le mouvement féministe publics particuliers auquel le film est destiné. 1'Univer- D. etc.

Cette étude plaignants. L e film est une étude sur la (visual anthropology). au p. tentent par d'autres maisons de production. Clyde. qui d'interpretation constitutionnelle. Son premier lisme. en outre.59). le Centre de production de l'Uni- objectif est la réalisation de films en milieu pri. . dumatérieldeprise de sonetunstudio d'en. Palmour Street (voir p. juges. Family life of the Navajo Indians. Fries.et Forgotten Vil- l'enseignement de l'anthropologie culturelle.Ils ont été rejouéspar ceux-là E. in three Cultures. notons une Ces films ont faitl'objet d'une analysedans la revue réalisation à laquelle ont collaboré Margaret SocialEducation/l. destinée à trouve m & m e Nanook. Une nouvelle équipe partira incessamment programmes scolaires aux problèmes vitaux de la pour la Nouvelle-Guinée. -~ Inte- terpretation ?.de Kline. TO your tant. Which W a y for Studies. 57). aussi une série de films intitulée Studies on ~ .filrn-débatdestiné à amor- Bob Gardner et placé SOUS la supervision du pro. L e Centre est affilié au Comité in. Bathing Babies un grand nombre de disciplines . Woolf : m é m e qui avaientpris part au litige :avocats. réalisés par Margaret une série de sept films documentaires intitulée E. une étude surle ch8mage 35mm). en location. versité Columbia semble surtout préoccupé d'édu- mitif.est aussi le distributeur exclusif d'une b. elle détient également les filmsanthro- Le CMC est à la fois l'organisme de production de pologiques réaliséspar Margaret Mead et Gregory l'Université Columbia et.O00 pieds de Kodachrome) effec. Proud Years (voir p. technologique (réalisationWillard Van Dyke). Dans celle-ci. 1940). 571.1954). no 6. qui s'attache à montrer pauvreté dans une communauté ruraledu sud des systématiquement tous les aspects d'une culture Etats-Unis . Son auteur est un documentariste bien connu. Trance and Dance in tinés exclusivement aux universités.56 ). The Hunters. dessin animé sur l'alcoo- commenté précédemment (voir p. 73 . que l'on comparera bution de films scientifiques ou culturels produits utilement à Four Families (voir p. L'Educational Film Institute de l'université Foundation de Washington. Il L e CMC est aussi un centre de distribution de dispose des prises de vues exceptionnellement films sociologiques. Université Harvard (FilmStudy Center) h u m a n Rights (Lesdroits de l'homme.The Constitution and comportement au sein de trois groupes familiaux ap- the Laborunion. Dans le do.The Constitution andthe Right to Vote. impliquant des problèmes délicats film intitulé Communication in three Families. Dirigé par contre les préjugés ? 1954). portante cinémathèque de la m e m e université (New ternational du film ethnographique et sociologique. William H. Gardner entend créer un dans le domaine dela sociographierurale :And sothey style original. le Centre a réalisé ment psychologiques. 1951 et 1955. qui soit à la fois valable du point - live (C'est ainsi qu'ils vivent. Can we immunize nisme de production universitaire américain spé. Son activité s'étend à des adultes :A Balinese Family. Baby. un Etats-Unis. 1954). subsidiées par la National Science c. L'Educational Film Institute de l'Université L e Centre possède plusieurs caméras (16 et a produit aussi Valley Town. complètes des cultures en voie de disparition. citons Activity Croup Therapy (voir tuées par John Marshall chez les Boschimans. et consacrés à l'intégration de l'enfant Decision (1957-58) : chacune de ces bandes traite à son milieu au cours du développement de la per- d'une décision importante de la Cour suprême des sonnalité. Ces films. Childhood Rivalry in Bali and drons ici que les sciences sociales. en Nouvelle-Guinée. Il voudrait constituer une anthropologie visuelle teur :Julien Roffman). 1958). a. Hartley. dans laquelle on Il possède une filmothèque spécialisée. de Flaherty. - Bali. il insiste sur lanécessitéd'adapter les donnée.L a The Constitution and Censorship. région. Il faut citer aussi les films plus spécifique- maine des sciences juridiques. Plusieurs films sont de N e w York aproduitnotamment un important fil& en voie d'élaboration. Social Education. The Constitution Film Library de l'université de N e w York édite and Military Power. . nous ne retien. en tant que division de Bateson. que nous avons longuement Health (Avotresanté. grated Developement. Center of Mass Communication (Columbia série de films d'enseignement sur l'histoire de l'An- University) cien Monde . Karba's First Years.John Ferno (collabora- de vue scientifique et du point de vue esthétique. XXIII. au cours d'enquêtes surle terrain à Bali et Columbia University Press. faveur des droits de l'homme . First Days in the Life of a N e w Guinea produits et distribués par le CMC ne sont pas des. film-débatsur la censure des 1. Fries. la constitution d'archives audio-visuelles cation civique.34 ). Sight and Sound in Social livres (réalisateur:Julien Roffman). entre (voir p. lage.parmi les oeuvres importantes abondantes (400.5C). Son bureau d'établir une corrélation entre le mode d'éducation directeur comprend des cinéastes professionnels imposé aux enfants et la personnalité culturelle et des hommes de science. (The Constitution est une étude sur les différences structurales du and the Employments Standards. ce centre a produit un film impor.Kluckhohn et Paul J. The Constitution : Whose in. exposé Rattaché au Peabody Museum of Archaeology and cinématographique sur l'action des Nations Unies en Ethnology. Onle voit. cer une discussion sur les méthodes pédagogiques fesseur Brew. porte sur l'intégration sociale de l'enfant L e CMC aproduit aussi :Freedom to Read (La- berté de lire. YorkUniversity Film Library). Al1 m y Babies cours de diverses missions au Kalahari.The Constitution and Fair Procedure). Les films N e w Guinea. partenant à la classe moyenne de San Francisco. L'im- registrement. Le D r Bateson a réalisé. susceptiblesde combattre les préjugés .etc. une agence de distri. vol. againstprejudice ? (Pouvons-nousnous prémunir cialisé dans le film ethnographique. le Film Study Center est le seul orga.

. . 1958. International Film Bureau . dans la ré. 4. Il faut signaler aussi l'importance des orga- gion du tabac . elle a édité un catalogue 1958. Frith Films . fessionnelle a produit elle-meme des films inté- sitaires. Hill . 6. ces films visent essentiellement à tions de vie actuelles dans la réserve (Hopi exercer une action moralisatrice sur le grand pu- horizons). du Vassar College. on consul- Dynamic Films Inc. L'ouvrage Sociology. avec spécialement aux universités : The age of specia- Mary L. Les dans la production et la diffusion de films éduca- m ê m e s auteurs ont consacré un film aux Indiens tifs. Dans le domaine de l'urbanisme.Green 1960. Educators Progress Service. les cinémathèques des universités. these Hands. Les syndicats. Scientific sociales (voir bibliographie). recte exaltent les valeurs de la civilisation ment à une atmosphère démocratique. Inc. dans une communauté rurale du sud. dont la matière ne relève qu'indirectement de Hopi. 3. ces films de propagande indi- sur la mentalité d'un groupe soumis successive. Inc. meurtriers sont acquittés. dans la distribution de Visual Aids Library. h. de l'université de Pennsylvanie. L'International Ladies' Garment sonnalité de l'enfant. Juanary 1960. catalogue/a. etc. notre étude . Films for Sociology and Anthropology available g. les auteurs montrent les problèmes nisations culturelles antiracistes et des églises économiques et sociaux liés à la monoculture. Beginning of Consciences . qui a produit un film telle la Ford Motor Company (Pueblo Boy. des besoins de l'enseignement secondaire of Churches of Christ in the USA). Library Association. Au Département de sociologie de l'université société américaine contemporaine et destinée tout de Maryland. Ces bandes composent une série traitant de a Bibliography. notamment. ce film étudie aussi les différences i. Inc. sous la direction scientifique Workers' Union possède notamment une importante du professeur L. Defamation League of B'nai B'rith s'efforce de tistique : Work Sampling Series (le but de ces lutter contre le préjugé racial par le cinéma. on trou. Ameri- expérimental sur l'influence des conditions sociales can Farmer. Arthur Barr Produc- tions. L e National Council on Jewish Audio-Visual e. ses de l'Université de Californie qui a produit. une série de films produits par la firme M c Graw. de Give à la réalisation d'un film de so. la structure sociologique et des tendances de la d. et anarchique . ). Il existe Workers'Union. de leur cbté. possèdent des de comportement résultant du passage d'une atmo. etc. United States Information Agency. compagnies privées aussi apparaissent parfois vail). k. United World Films. notam. E n dehors des centres de production univer. autocratique américaine. International Ladies'Garment en approvisionnement sont fort diverses/l. est issu d'une recherche approfondie sur le terrain Social Class in America. Educational nant à sa propre cinémathèque. le plus Visual Review). Bailey Films. . blic. Films for Labor. Motion Picture Films on Planning and Housing. Joseph Stone. duction et la distribution de films éducatifs de 16 m m . Citons :M c Graw and Cultural Motion Pictures and Filmstrips/5. Cooperation. lisation . tera utilement le catalogue édité par 1'American Encyclopaedia Britannica Films . Ces firmes alimentent. j. Quelques autres universités possèdent leur Materials édite un catalogue (The Jewish Audio- centre de production. Inc. Ci. cinémathèques contenant des films relatifs aux sphère sociale à l'autre (Experimental Studies in problèmes sociaux. politiques et économiques : Social Climates of Groups). une série de films sur l'échantillonnage sta. vingtième édition. Mais Film Association a produit un film courageux sur les véritables films scientifiques sont rares. un catalogue analogue pour les films psychologiques. l'université d'Etat d'Iowa. Educational Film Society of Planning Officiais/G. Coronet Films. 1957. édité par Mary Foley Horkheimer. des films disponibles dans ce domaine et apparte. D e son cbté. films sociologiques et anthropologiques destinés à 2.chez les Indiens Navajo du Nouveau-Mexique. notammentW S de firmes commerciales spécialisées dans la pro. 1'Anti- ment. 74 . AFL-CIOPublications no 22. Cette associationpro- f. Conflict . . le Bureau d'instruction audio-visuelle de c o m m e producteurs de films d'intéret sociologique. méritent d'être signalés :Educators Guide to Free vera plusieurs rubriques concernant les sciences Films/4 et United States Educational. Hill. L e Civil Rights ou de l'information générale du public adulte. L e Département pour 1'American Federation of Labor et le Congress of l'étude de l'enfance. ciographie rurale. O u r changing Family Life . au terme d'une longue étude sur les condi. Deux catalogues généraux de films éducatifs dans les catalogues qu'elles éditent. le problème racial aux Etats-Unis (The Challenge): tons le Département des communications visuelles un Noir a été tué parce qu'il voulait voter . . dupro:esseur Arnold W. il existe aux Etats-Unis un grand nombre ressants sur l'activité syndicale. a été illustré par 5. cinémathèque spécialisée/3. Margaret Cussler a collaboré. Des films est d'apprendre à établir des normes de tra. You can't eat tobacco . a produit Industrial Organizations ont édité en commun un une série de films sur le développement de la per. 1. l'enseignement supérieur . L'Université de 1'Etat de Pennsylvanie s'est from the Pennsylvania State University Audio spécialisée. pour l'essentiel. de m ê m e que le National Council souvent. Elles se préoccupent. dont les sources Department. ce film Cornpetition. Say it with Pictures.

pour son enseignement personnel et ses conférences. à l'inverse des possédés filmés turale de l'iconographie archéologique. Madame Jacqueline Veuve. il conviendrait de lancer sur le marché une Rome) sur le phénomène du "tarentisme" tel qu'on série de films de montage. une crise extatique les analyses filmographiques dont il dispose déjà. on aperçoit aisément l'intérêt entre le culte de possession d'origine africaine et extraordinaire. du m ê m e réalisateur (les crises qu'un moyen d'enseignement irremplaçable. taire complet et systématique de tous les documents et qui mériterait d'&tre comparé aux images pré- ethnographiques et sociologiques existants. vestige universitaire idéale. le filmde Roussos Coundouros intitulé Anas- tout cas. E n effet. le film du professeur Diego Carpitella (de lors. Gardin (Musée du Louvre) pour l'analyse struc. L e tarentisme est un culte de pos- CIVES. il deviendra (une partie du rite se déroule à 1'Eglise méme). nous disposons des enregistrements confrontation de documents filmés. phénomène fondamental ? L e tarentisme est. pour la recherche c o m m e pour le culte catholique (vaudou haïtien). L'intérêt de l'étude. m & m e thème traité dans le cadre de cultures dif. du phéno- session. il est d'un rite religieux dionysiaque hérité de l'Antiquité. les quatre cas (Niger-Ghana-Grèce-Italie)du m é m e mité international du film ethnographique et socio. Cette confrontation provoquerait. Une telle que nous possédions. qui montre la marche sur le feu. Dès . groupant prin- cipalement les émigrants venus du Niger vers la L a comparaison de séquences extraites de films cûte. l'esprit. C'est au niveau de la comparaison que le la pluie. de re.14.. la Niger encore. d'un film synthétique sur la pos. L a méthode comparative dans l'enseignement de possession beaucoup plus violentes qui caracté- audio-visuel des sciences sociales risent la secte nouvelle des Hauka. il s'agit ici de la possession par l'esprit en s'jnspirant de la méthode mise au point par de l'araignée. serait passionnant de pouvoir comparer encore ce illustrant les grands thèmes de l'ethnographie et syncrétisme à celui qui s'est opéré aux Antilles de la sociologie . véritablement un instrument de recherche autant et Maftres fous. C'est la méthode d'enseignement tenaria. pratiquement. session curieusement intégré au culte catholique A partir de cette documentation.50 ). extraordinaire phénomène d'acculturation né différents devrait être le principe fondamental de du contact brutal de la religion traditionnelle avec l'utilisation scientifique du film ethnographique et la civilisation machiniste) (voir p. à m a connaissance. par le cinéma. Il y aurait lieu de comparer à ces documents afri- férentes. de Jean Rouch (les crises de possession film ethnographique ou sociologique peut devenir en milieu traditionnel chez les Songhai du Niger). l'enseignement. par Jean Rouch. cédente s. qui acceptent ou m ê m e recherchent sation de ce projet est confiée à l'archiviste du la possession. 75 . Les possédés luttent contre cette M. Il possible d'imaginer une série de films de montage. présence insolite.70 ). spécialement destinée peut l'observer dans le sud de l'Italie : c'est là un à l'enseignement supérieur. sans massacrer de précieuses copies. Carpitella se sert de procéder le plus rapidement possible à un inven. constitue parfois une véritable recherche cains les deux seuls documents cinématographiques aboutissant à des observations nouvelles. par exemple. Mais. en . dont M. L a réali. rituelle . portant sur le cinématographiques du D r Pidous chez les Zerma. qui grouperait des images mène de la possession n'est qu'un exemple entre extraites des films suivants : Les hommes qui font mille. elle stimule. Il est indispensable document précieux. films. j'en censer leur contenu exact et de s'enquérir des suis persuadé. logique se propose de traiter m é Canographiquement c o m m e la possession africaine. Pour le sociologique au niveau universitaire. sur le expérience est susceptible de mettre en valeur les phénomène de la possession en Europe : différences et les similitudes . impossible de procéder à cette comparaison sans que pratiquent toujours les habitants de Macédoine découper en morceaux un nombre important de (voir p. un débat passionné : s'agit-il dans droits d'utilisation de ce matériel de base. L e Co.

gestes du travail. cependant. jusqu'à un certain point. la réalité sociologique n'est pas captée cinémathèque universitaire idéale. la théorie janséniste de l'enregistrement les positions doctrinales. sociologique universel . toute culture est toujours néces. chacune des deux méthodes possède son munication sociologique privilégié. tifique : sur ce plan. son champ d'application particulier. ont fait l'objet d'essais ciné. cieux de la caméra invisible et envisager résolu- Mais le domaine de l'ethnographie traditionnelle ment les possibilités qu'ouvre à la description est loin d'etre le seul champ d'application de l'ob. A la en lui se reflète. de vivre ou de désespérer. qui donne corps objet propre. filmer pendant plusieurs jours de m a - Toute société. Mais encore faudrait- rable du cinéma pour la connaissance sociologique il alors mettre le prix pour arriver à un résultat de notre temps. condition :ils s'expriment eux-memes sous la nomique. Quelles que soient les conditions d'enregis. Les problèmes par un oeil magique. en faisant appel technique non interventionniste (le reportage "pris aussi bien à l'intelligence qu'à la sensibilité du sur le vif") aux partisans de la caméra participante. il conserve encore la fraîcheur du dialogue. ils ont alimenté la création cinématographique de. le repor. quarante ans par Robert Flaherty. valablement le comportement familial. L e cinéma est le seul langage tique. Certes. pose avec force le sentiment de la réalité. Mais ce n'est là qu'une illusion d'op. sont malheureusement con. il éta- mène social au cinéma. limite. Autant sociétés sans écriture. accumu- sairement en voie de transformation rapide . éco. inaugurée il y a bient8t actuels de notre propre civilisation industrielle. Les bouleversements Dans cette perspective. un pro- mal s'il se limitait à opposer les partisans de la blème. dans les puis une quarantaine d'années. elle s'exprime dans un langage autonome. par l'in- ethnographique et sociologique s'engagerait fort termédiaire des informateurs eux-memes. spectateur. méritant de retenir blit un contact direct entre une communauté et l'attention du sociologue en quete de documents toutes les autres :l'immense public international authentiques. spontané ou contr8lé. un instrument de recherche . un foyer. servation audio-visuelle. le cinéma sociolo- toujours un langage appliqué à la description de la gique est rarement pur de toute compromission : réalité. manifestations d'un style de vie "archaïque". qui Il faut donc cesser de rever aux prestiges falla- bient8t aura disparu de l'horizonde la connaissance. une situation concrète. cohérent. sociologique la méthode de la caméra participante. A matographiques qui méritent d'entrer dans notre ce niveau. d'expression et de diffusion des résultats d'une rement. il se situe au-delà de toutes trement des images. les hommes les brusques mutations des nouvelles nations. la technique passive du repor. le cinéma documentaire est les querelles de mots. non le pur reflet de cette réalité. un petit capable de mettre sur pied une enquete filmée nombre d'entre elles. pour observer nous avons passés en revue constituent la part vi. caméra voyeuse et voleuse. sciences sociales. politique. forme d'un jeu sérieux. non 76 . Nous espérons qu'il contribuera au obtenus au moyen d'une caméra dissimulée. sans machinisme accèdent dire qu'aucun institut scientifique au monde n'est à leur tour à la civilisation mondiale . C'est dire que le cinéma est rarement. que cette entreprise douteuse et indiscrète consti- damnées à mort. c o m m e dans les savants traités. les ler désespérément des k m de pellicule. les films que sérieux. A des titres divers. le film est à la fois illustra- maine relativement limité des gestes stéréotypés : tion et correctif. recherche. tuerait purement et simplement un viol de la la caméra peut enregistrer les toutes dernières personnalité. L e cinéma est gestes cérémoniels (rituelspolitiques et religieux) donc essentiellement une technique particulière et. les deviennent les acteurs bénévoles de leur propre aspects les plus divers de notre vie sociale. antidote méme. conformistes. par exemple. Pendant quelques années encore. elle fait l'objet d'un discours sociaux n'ont cessé de passionner les cinéastes . Mais il est aussi un moment de cette tage permettra d'éclairer les raisons et les façons recherche : le film se réalise au cours de l'enquéte. dissimuler vante des archives innombrables qu'accumulent les plusieurs caméras pendant une longue période dans sociétés contemporaines. Ra. qui n'ont pas su surmonter - d'une telle envergure sans tenir compte du fait cette grande épreuve. L e cinéma est un instrument de com- E n fait. sans opérer aucun choix. la moins à attirer l'attention sur l'intéret considé. Il im- tage constitue la seule approche objective du phéno. des salles obscures. Apparemment. et â m e au langage abstrait de la sociographie scien- L e reportage couvre plus particulièrement le do. CONCLUSIONS C e travail de défrichement est certainement fort scientifique ne devrait retenir que les documents incomplet.il L e débat scientifique sur la méthode du film est plut8t une façon originale d'exposer. nière continue. Il faudrait.

Les voies de la connais. soucieux avant tout de films ouvrira de nouvelles perspectivesà l'analyse témoigner honnêtement de la condition humaine. l'homme et la caméra. un un style nouveau d'enquêtes sociologiques audio- autre mode de lucidité. rationnel. L'université abesoin de ces témoins chaleureux Mais les archives cinématographiques de la so- ou amers. révolutionnaires ou anarchistes. 77 . Cette expédition de reconnaissance nous ciologie sont encore pauvres. est dialogue de 1. les essais bien timides en- au royaume des poètes. d'autre part. il est une arme de propagande chaque université. Il est donc urgent de constituer. une cinémathèque vivante qui efficace pour le nieilleur et pour le pire. L e ici les premières réussites. en Angle- l'ombre à nos semelles. permettrait. au sein de la m ê m e nation. dont nous n'avons pu aborder réconciliation de l'art et de la connaissance.a caméra et de la société.conformistes. L e cinéma permet de raient. Les hommes d'une grands pans du réel en coilant bout à bout des nation parlent à d'autres hommes. dans une curiosité nouvelle. tant de repérer immédiatement toutes les séquences un accent de vérité qui ne trompe pas et qui est la dans un fichier. est en train de créer cinéma impose à l'analyste lucide. Les descriptions a conduits souvent. dès à présent. L'analyse mécanographique des marque des esprits libres. le parée des civilisations. gner le r81e de précurseur du cinéma documentaire d'un outil nouveau qui permet de confronter de sociologique dans ce domaine. On trouve dans les grandes varieraient selon l'objet de l'exposé. ou le nouveau cinéma américain. Chaque film oeuvres du documentaire social. c o m m e les tentatives de Jean Rouch. l'enseignement et m ê m e la re. qui les igno- échantillons de civilisation. selon un mode original. l'étude com- Mais ceci n'est que la justiîicationpremière. Partoutle champ voyager dans un espace-temps transformable à visuel s'agrandit et l'homme sort d'une solitude volonté selon les besoins de l'expérimentation ou millénaire. terre. attentives sont rares. grâce à des montages qui prétexte idéologique. Dans une perspective plus visuelles. dans un monde où l'image core. dans C o m m e tout langage. quel que soitleur devrait faire l'objet d'une carte perforée permet- but didactique ou politique (conscientou inconscient). France. un nouveau mode de contact entre traditionnelle. comparée. le désir d'approfondir le les milieux savants c o m m e chez les artistes. l'intérêtpassionné qu'il suscite. attestent cumentaire". O n ne saurait assez souli- cherche universitaires disposent. L a télévi- peut-être l'un des signes majeurs d'une prochaine sion. de la leçon. L e cinéma sociologique recherche unlangage est le double de l'homme et colle à lui c o m m e nouveau : le mouvement Free cinema. en sance sont multiples et l'ambiguïté du cinéma "do. à travers l'histoire du cinéma.

20 years of British Film 1925- 57. 51. Histoire du cinéma mondial des 1. "Bibliographie sur la filmo- logie considérée dans ses rapports avec les III. 30. 17. ARISTARCO. ALICATA. 47-54. Montpellier. 24. . 149 p. F. BRASILLACH. 13. 42. çaise. 1952-55. 16. - ler vol. 52. 518p. R. Unesco. H. : enquête sur l'évolution. Revue int. "Eléments pour une biblio. lytique et critique des écrits de langue fran. 58. 55. Film als Kunst. BALAZS. Les pionniers du cinéma (1897-1909). 47. 21. "Inventaire méthodique. Paris. G. . 7. Globus Verlag. 47. Der Geist des Films. M. ARTICLES sciences sociales". 6 t. Les cent visages du cinéma. REDI. LAPIERRE. BALAZS. dique du cinéma. Oder die du cinéma. 56. 14. 59. 255 p. 49. MANVELL. 48. LINDGREN. 6. Ontologie et langage. 12. 684 p. Laffont. L e cinéma muet (1895-1929). 3. C. Deutsch-6sterrei- 7. 54. London. L e cinéma et ses hommes. III. CINEMA SCIENTIFIQUE. BAYER. (Col.. 54. (Compte rendu d'une Denoël. L e cinéma américain (1895-1945). "Le cinéma etles étudeshumaines". 58. "Ambiente e società ne1 rac- 12. Sorino. BARDECE-IE.L a première guerre mondiale. CINEMA SCIENTIFIQUE. 24. BARLOW. IV. A. 12. 716 D. L e cinéma pendant la guerre (1939-1945). BOUMAN. M . J. 1946-48. F. ARISTARCO. LO DUCA. Paris. de filmologie 1. d'expression international contribuant à l'uni- II. int. 53-54. 4. R. R. 79 . the unification and the general advancement of 10. Der sichtbare Mensch. 8. 54 : 1-42. 6. II. Gottingen-Paris. déc. Der Film. M .. L e cinéma et les autres arts. VINCENT.M. "Que sais-je ?"). 14. Flamma- delle teorie del film. JEANNE. . Sup- phie générale du cinéma) (Generalbibliography plément de L a Ricerca Scientifica. touchant au cinéma et à la filmologie". 6-12 nov. Presses Univ. Wien. medium of expression to contribute towards Grasset. C. HISTOIRES GENERALES DU CINEMA cherche) (ForschungFilm). MALFREYT. 96 p. 376 p. SADOUL. Torino. 61. Qu'est-ce que le cinéma. B. cinéma (nouvelle série) no 3. du film en tant que moyen 439 p. 2e vol. ASSOCIATION INTERNATlOliWLS 3 W 5. X-329 p. d'après-guerre. VIII-217 p. ARJHEIM. 9. R.Roma. H. Einaudi. Rowolt. The Falcon Press. Graille et Castelnau. "Bibliografia".. Paris. (Research Film) (Le film de re- II. 2. L e cinéma français (1895-1929). de filmologie no 11. Knapp. C. MONOGRAPHIES. 22.M. 15. Revue du 127 p. 11. L e cinéma devient un art (1909-1920) 23. G. in : Storia origines à nos jours. ed. 573 p. the peoples of the world. of motion picture). FORD. AGEL. 4 (3). monde) III. 51 : rion. Wien. . 51. BAZIN. ANNEXES BIBLIOGRAPHIE SELECTIVE 1. chische Verlag. 5. Einaudi. postwar devefopment of film as an international 9. 47. 19. ASSOCIATION INTERNATIONALE DU 53. 48. 47 : 31-35. L'invention du cinéma (1832-1897). Esthétique du cinéma. BALCON. 1. ETUDES. 13. R. HARDY. J. Paris. VENTURINI. 2 t. Paris. Comptes rendus Bibliografia generale del cinema (Bibliogra. 52. X 371 p. J. Histoire 18. . Cinema no 135. Denoël. 98 p. 181 p. fication et au progrès général des peuples du 627 p. 3 t. Report on an investigation into 614 p. conto cinematografico". Paris : 20. II. Halle. R. 32. 57. 14. RALAZS. 17. Edizioni dell'Ateneo. 255-280. "Règles pour la documentation filmée dans l'ethnologie et le folklore". Rome. INSTRUMENTS BIBLIOGRAPHIQUES (Les volumes IV et V n'ont pas encore paru). Paris. Ch. . : VI. Histoire du chnéma parlant (1929-19451. COLPI. pendant la période 1. du VIIIe Congrès. 547 p. SADOUL. Storia delle teorie del film. G. 59 : 231-241. Histoire encyclopé. 4. ana. B. L'avant-guerre. R. Paris. thèque internationale du cinéma".E. Cahiers du centre de do- cumentation no 9. Kultur des Films. - 1945. 4 t. . Berlin. Rev. 13. Mistolre générale du cinéma. 1. du Cerf. W . Causse. B. 569 p. 6e ed. .

du 61. progrès". Urbana. N e w York. 98 p. 34 : 6O. LEENHARDT. H.Paris. 36. Maker.London. in : Rivista di Etnografia 50. 26. M. 59 : 56. L. de. 48 : 311-318. 27. London. XI-279 p. C. "Les types nationaux VUS par 41. Stockholm. The Odyssey of a Film- cinéma. EISENSTEIN. 60 : 136-149. "L'actualité cinématographique 54. 38. 65. 60 : 214-225. J. 53.H. 4 m a et de l'information visuelle.. J. J. Pariezau et Cie. 5-27 (comprend une e pensiero. 32 : 238-243. Vza Vol. HAESAERTS. G. Lumière. 39.. "Colonial cinema". 19Op. 80 . plastique à son destin social (1921-1937). 57 problemi della cultura" ("Le cinéma. J. CENTRO ITALIANO PER IL FILM ETNO. 47. P. FAURE. 47 : 93-98. "The social obligation of motion pictures". CESKY LID 2 (471. pub. Presses Bulletin de l'IDHEC no 1-5. "Cinema e società". Collins. R. Film form. de Sociol. M. 207 p. 6. de filmologie 11 (3). R. 51. Roma.. E. 52 : 226-227. III. 364p. film du travail. Problèmes sociaux. COHEN-SEAT. direction de G. Doct. 36. Faber and Faber. Paris. des films du travail. avril 59. J. Cahiers (1). CINEMATOGRAFIA EDUCATIVA. HANDEL. de filmologie 3-4. "Sociologie et filmologie". ed.. redemption of physical reality. L'us0 del fonofilm per rilievi 25.Bruxelles. 22-27 mai 60. 53. London. dans l'enseignement de 1'Eglise. FRITZ. in : L e cinéma. 61. The world of Robert Flaherty. GRIERSON. 115-133. "Cinéopse". Paris. "Le mouvement ouvrier 29. 32. J.. II. 60. F L A H E R T Y . ed. Bruxelles". informal education". KAUFMANN. Deuxièmes. educ. "Le ciné- 37. Plon. de filmologie. L'art néerlandais d'aujourd'hui. pour ou contre le Inst. 48. DEBRIX. 520 p. "Cinéma pour les Africains". Rushes 2 and 3 (l). . DAVAY. Little Brown and Cy. S. Rev. 43.. no 4. 51 GRANAI. HEUSCH.J. 58. LEBEUF. Cité du 58. Encyclopédie mensuelle d'outre-mer 62 (5). and social controversies. problème 52.Bruxelles. Commis- Social. "Le cinéma. Cahiers du cinéma 100 (17). 46. Cinema e Scienza. int. 28 CALISI. The film sense. Univ.G. S. Inst. Nature 144 (5). CENTRO INTERNAZIONALE DEL C I N E M A 51 GRIAULE. 46. BENOIT-LEVY. fait social discuté à l'Université de - march 42 déc. internat. CHARTIER. de sociol. Paris. Rev. 60. E. avril et oct. Rev. R. FEO. Duel. Solvay. and attid. in : L e cinéma. COMMISSION PONTIFICALE. L. h t . internat.Rapport du 3e festival internat. OxfordUP. KRACAUER. 45. L. Inst. Bruxelles. BOOST. 22-27 mai 60. FRIEDMAN.- L e cinéma. The theory of film T A - Bruxelles. G. 57. FULCHIGNONI. 119 p. int. de N e w York-Boston. P. "Ambiguïté du cinéma".G. ISTITUTO INTERNATIONALE PER LA Vatican. DEKEUKELEIRE. XIV (1960). ma. sept. Solvay. 33. Traité de sociologie. O. dic. CLdA??SSE. Roma. Gurvitch. "Le cinéma scientifique" dans l'effortd'information". L e cinéma et la pensée. 60.1. 60 : 226-234. "The social role of motion 59. etnog. "Films ethnographiques". 57. E v . BRAUN-LARRIEU. 40. inter. Stockholm. Int. 42. 1. O. Bruxelles. l'industrie et au travail. 54. Montréal. 28. Oct. culturel") ("The cinema as a culturalproblem"). J. sous la 31. F. de filmologie 6 (2). "Il cinema nei ter Paris. London. e sociolog. 165 p. Solvay. 63. de sociol. P. 61 . Amsterdam. Cinéma et sociologie. 44. - 48. P. BELL.A. oct. _9ev. Bruxelles. Congresso. Ch. KRACAUER. 34. gique".19Op. EDUCATIVO E C U L T U R A L E . 55. Beta Phi Mu. fait social. Problémes actuels du ciné- - 55. Film persuasion in education cinéma. fait social. int. Journées internationales du film appliqué à pictures in an interstitial area". S. 256 p. res. CRESSEY. Aspects 8 (2). 53. "Sulla utilizzazione del film nella Indiana Univ. Presses Univ. 55 :430-432. Istituto per le Scienze. fait social. des films du travail. 418 p. GOTTFURCHT. ii. XVII. educ. Numero spec. "Cinéma et sociologie".. L. Ed. Presses Univ. du Cerf. 39. "Sociological aspects of the folcloristici. del du film du travail". 27-38. EISENSTEIN. Praha. 35. ed. KRACAUER. 85 p. CRESSEY. 7. L e r61e social du 49. Dennis Dobson. 62. M. per il Inst. 59 : Paris. J. Thesis. 51. de "Cinéma et vérité sociolo- 88 p. GRIFFITH. R. 51 : 27î-282. Problèmes et mécanismes psychologiques. mai 48. "Festiyal dei Popoli". "The motion picture as Bruxelles 56. Illinois. R. L. "Cinéma et enquétes socio- 504-515. HEUSCH. 64. Rapport du 3e festival internat. L. Colonial film unit. bis logique". GRAFICO E SOCIOLOGICO. P. Fonction du cinéma. 51. of opin. cinema". de la ciné. 113 p. Inst. "Techniques de l'enquéte socio- 30. 55. "Méthode de l'ethnographie". S. Social. Hollywood". et le film". Les grandes missions du 47. bis ricerca etnografica". logiques" in : L e cinéma. Ondocumentary. S. Contact. 38. 60. 60. 9 p. T. 45. L e cinéma 18 et 23 p. Les fondements de l'art ciné. 59. 50: matographique. "Art et réalité au cinéma". sariat général à la promotion du travail. Sloan and Pearce- filmologie 7-8 (2).G. 46. de "Du bien-fondé d'un langage". bibliographie).

92. MANVELL. 94. . bis Studies". 80. Droste-Verlag. de Minuit. 44. M A R C O R E L L E S . Faber and Faber. "La verité cinématographique" . 38. H. J. 45. Cah. 71. Documentary film. 41. C. en beauté". ROTHA. LIOTARD. 4'1 : 80-87. SELLERS. C. A. de géog. ""Free Cinema" meurt ma". Microfilm Abstr. juin 58 : 45-51. -_ motion pictures in relatjon to education". LEROI-GOURHAN. Grove Press. 286 p. 85-95. Gottingen-Paris. J. 76 M A Y E R . 52. "Human relations and mass véritélllt. PLOMPEN. Düsseldorf. Kinematograph Society. 49 : 85-87.. SCHMITZ. de now. 4 (2). __---__ 58 (4). VITI-187p. 53.J. Amer. H. Reçearch film/Le film de 8'1. 240 p. 211 p. SINGER. groupe ciné-photo. LEPROHON. 81. MANDION. F. F. R81e social du cinéma (Le). Paris. R. 342 p. London. 48. 250 p. Topfereifilme als Beispiel W r die wisçer:s- 86. 104. London. L e cinéma. The social and political aspects libre"". "Der Film ais Mitlel volkeï- sociale". 49. 3 9. R. 55 : nov. . 48 : 305-310. and Faber. Probleme des wissenschaftlichen volkerkund - 82. RORD. P. . Re search Filrn/Le ~ ~~~ 84 POLIZZI. 73. Brown and Co. 78. P. 55. hum. 127 p. 51. 69. Education 81 .. 506. S. 97. Boston. "Cinéma. GRIFFITH. 58. sociales du cinéma en Angleterre". 72. et d'ethnol. Rencontres internationales : "Le cinéma et 68. MULLEN. . qua. The production of film for 77.France-Observateur. "Vergleich etnaographischer Bianco e Nero 4 (12). 91. ~~ __ G8ttingcn. POLIZZI. 48-49. Sound 68 (17).c. On fiirn technique (spec. R. SAMIVEL . de 95. de filmologie 5. STONEY. - humaines L e film ethnologique existe-t-il?" et internat. THRASFIER. de géog. "La pyramide humaine". MEADEN. ROUCH. Journal of the ter and Documents. -sept. 55 :69-78. sept. déc. Paris. opse et Ciné France. ROUCH. 50. 50. E. 254. G. SPANNAUS. 50 : 158-160. E. J. SCREEN EDUCATION. L'exotisme et le cinéma. 39. PASINETTI. A.R. wissenschaftlichen Films". GRIFFITH. du Ruanda-Urundi. 108. "Cinéma d'exploration et ethno- 70. Bruxelles 1958. P. 85. 46. 129 p. Paris. ed. Wint. Paris. B o o h 1 : I_ ___----_ at the movie makers. "Il filmc o m e mezzo d'indagine 106. Susse. France-Observateur. Penguin. Lettres françaises. SOURIAU. R. M . R. PAINLEVE. A. 56 : 159-163.66. primitive people. R. poiit. z33. London. F. P. J. Sight and 67. 93. C. G. Chavane. J. "Le film et l'enseignement de 90. 6. 14 p. . The film till mentale des peuples primitifs". F. THEVENOT. section du Congo belge et 48 : 42-51. 267 p. Mich. gande. V.H. __--^ 5 (2). du Cerf. 5'1 : 251-255. Féd. Paris. hum. 4 (lO). "Vie et mort du "Cinéma 98. Lettres françaises. E. "Film et réalité"). 52. 3. 51. Flammarion. The film as an instrument of filmde recherche/Forschungsfilm. 14 janv. in Von fremden Volkern und Bruxelles. 46. 7-13 mai 50. A. L e filmsocial aux Etats-Unis. del'Hirondelle. Exposition univ. in 88. 79-96. Montel. 276 p. REID.J. 76 MICHA. London. "Sight and Sound in Social (Le film de recherche) (Forschungsfilm). soFialiste des Ciné-clubs. J. Soc. Connaissance dumonde 1. und die Forschungsmoglichkeiten mit Hilfe des Paris. 102. 58. L e cinéma ou l'homme imaginaire. cinéma 112. R. R O W S O N . 105. P. Bianco e Nero 9 (lO). Cinema. M. 59.A. juil. PO'IVDERMAKER. "Les Noirs d'Afrique et le ciné- 75. L e langage cinématographique. int. MORIN. 48 : 51-58. R. I I Pour un nouveau "Cinéma 103. s. SPANNAUS. MANUEL. L e Ciné- Cinéma et exploration au long cours. kundlicher Fors chung". 253 p. Ei. N e w York. J. oct. L. G. "Cinéma et sciences l'Afrique au sud du Sahara". L'univers filmique. 74. 3. G. 100. R.A. 1953 : 16-30. du filmologie 2 (2). et Torino. communications : a human relations motion 79. la géographie humaine". Faber picture training series". 261 p. 25 avril 57. MORIN. 99. Society for Education in Film and Television. 1 (3).M. 45. reflet du monde. .60. 412 p. Paris. 47 : 211-216. "Il documentario in Italia". R. science et ensei. RAGGHIANTI. Overseas Education. "Theoretische und praMische Eianco e Nero 3 (9). arte figurativa. at the movies". du R. Sci. Filmmaterial". Studies 101. int.L.P. "An anthropologistloolis recherche/Forschungsfilm. SADOUL. ed. @a. 52. Rapport gén. Brit. déc. chaftliehe Auswertung von encyclopadischem chap. "The short film in Italy". Paris. Alin Harbor. Vision Press. W. London. ed. int. "Al1 niy babies : Research". of films. ed. ed. "Le cinéma et l'information 96. 60 : 15-27. aprii 38 : 467-473. MARTIN. d'ethnol. moyen dc propa. Cinéma. 301 p. M a n of Aran? London. Little. "Das Problem der Topferei 76. Einaudi. Cahiers du Cinéma 29 (5). W. gUINS0N. 109. C. 49. Gottingen social action. "Socinlogical approach to 89. POUDOVKINE. SPANN'AUS. juil. 56. MADDISON. "The filmand its social function". Newiles. LEFRANC. . "Sociology of Film". 107. London. London. Kulturen. Research Film 76 MARTLEY. MADDISON. Rianco e Nero 8 (101. London.Paris. ~~ lichen Filmes". Social Education 6 (23). Juil. "Réactions graphie". ?%?VUERMAI\ER. gnement".Paris. ROTHA. & arithropologist looks Film. Acad. filmologie 3-4. POLIZZI.

in: tion de base. Les auxiliaires visuels et l'éduca. L. 48. 18. jan. 46 : 207-209. L e cinéma pour Africains. V E R T O V . 52. F. D. VAN BEVER. VOLPICELLI. de "The Nederlands scientific Bruxelles. Paris. L a nouvelle édit. Med. 59 p. 112. L a presse. 14. film center". 113. VENTURINI. 82 . U N E S C O . 50. "Manifeste du Ciné-Oeil". W. film et la radio dans le monde d'aujourd'hui. . le Anthologie du cinéma de Marcel Lapierre. Illustration 50.110. Cahiers belges et congolais. 60. film". 114. "Origini del neorealismo" 115. VOGEL. and Biolog. 111. Col. p. Bianco e Nero 2 fe. 1 (lO). Paris. L. "The social value of the (avec bibliographie). Bianco e Nero 5 (9).

13. Inc. CANADA 21. - CLUBS. MINISTERE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE. Statens Filmcentrals Meddelel.) 26. 59 and sup. Chicago. Willmette (Illinois) 59.F. Anti-Defamation League. Cinémateca educativanacional. New York 60. Bailey Films 1960. California. HORKHEIMER. 8. ed. 83 .. EDUCATIONAL FILM LIBRARY ASSOCIATION. Gesamtverzeichnis der wissenschaft. 9.Chicago DE LA PRODUCTIVITE. FRITH FILMS. Where the title of the Catalogue contains a date no publication date is added/Lorsque le titre 11. la date de publication Labor.D. supplém. 20th ed. FILM.. AFL-CIO. 14. 299 p. 33 p. S F C FILM. C a t a l o g u e s aids and publications for physical education. DE DISTRIBUTION ET DE DOCUMENTATION 1. BUREAU OF INSTRUCTION MATERIALS. FOR JEWISH EDUCATION. B. BINAI B'RITH. 7. 59. 60-61. 27. MINISTERE DU TRAVAIL. 57 p. 75 p.M.Madrid 59. rev. tion) Hollywood. Films. Catalogue des films.M. INDIANA UNIVERSITY. Baruch School of Business. NATIONAL FILM BOARD OF CANADA. E S P A G N E Progress Service. Catalogo de la - Educational Motion Pictures 1960 Catalog. 58. films et des équipements. 24. ARTHUR BARR PRODUCTIONS. Randolph (Wisconsin) 60. AMERICAN ASSOC. Catalogue of films.Pasadena. Bruxelles 54. ad. Catalog Audio-Visual Materials. & - films Catalogue. W.Hear. 58. films non-flamme du format réduit 16 mm. DANEMARK Catalog no 30. Motion picture Films on Planning - and Housing A Bibliography. Ford Films 1960-1961. INSTITUT FUR DEN WISSENSCHAFTLICHEN 2e ed. 664 p. Chicago. EFLA Films produced by Educators. INSTITUT FUR DEN WISSENSCHAFTLICHEN (Freeman. n'est pas insérée. Sound Motion Pictures for Educational use. N e w York State College of Agriculture Film Library. 1960 Catalog Visual - Service cinématographique. M a y 58. 28. Chicago.. S. 60. 367 p. 111 p. 3. 1 o. N e w York. . Commissariat Hollywood.. MINISTERE DU TRAVAIL DE BELGIQUE. Jan. IV. ALLEMAGNE (République fédérale) 12. BELGIQUE 15. . See. Mr. III. 59-60. AMERICAN SOCIETY OF PLANNING lichen filme. 102 p. 17. l'industrie et du travail. Journées internationales du film au service de 19. Aug. sports and recreation. Catalog 1959/1. Film Divi - Gottingen 5 7. ATHLETIC INSTITUTE. Films Catalogue of 16 mm Portfolio 1. sion. CORONET FILMS. 639 p. Bruxelles 53. Audio-Visual Center. New York. 8 - 16. FEDERATION CANADIENNE D E S CINE. 112 p. Recordings. mation sheets and background material. CORNELL UNIVERSITY. FILM. Liste intégrale des films scientifiques. Educators V. Ottawa-Montreal. 25. New York. Films for ne mentionne nulle date. Inc. (issued 5. Bruxelles. ETATS-UNIS 1. Art Slide Sets for classroom use in the Chicago 6. .200~. Cornisariade extension cultural. internat. June 58. Filmstrips and Bruxelles 60.. 2. 116 p. Free cinema A portfolio of infor. Businessman. Gdttingen 60. Catalog of Motion Pictures. Audio-Visual Center. II. rev. Washington. J. OFFICIALS. FORD MOTOR Ca. Selected list of human relations films. 55 p. DIFFOR. Slides. annually). 4. 22. CITY COLLEGE.).Educa- tors Guide to Free Films. sesblad Ti1 Skoler og Foreninger (period. MINISTERIO DE EDUCACION NACIONAL. AMERICAN JEWISH C O M M I T T E E . VI. Service des 18. 12 p. général à la promotion du travail. 58-59. 23. (Study guide current publica- Copenhague 58-60. 33 p. The Jewish Audio-Visual Review 1. OFFICE BELGE POUR L'ACCROISSEMENT Public Secondary Schools and Colleges. A votre service des 58. C A T A L O G U E S DE FILMS UTILISES PAR L'AUTEUR et C E N T R E S DE PRODUCTION. N e w York. 20. Ottawa. ENCYCLOPAEDIA BRITANNICA F I L M S Inc. N e w York 44-60. 57. BAILEY FILMS Inc. Ithaca.Department of Education.

français. CM). NEW YORK UNIVERSITY. UNIVERSITY OF WISCONSIN. p. supplem. Hill. Dept. 50. INTERNATIONAL FILM BUREAU.N e w York. 1960 sion Bull. N e w York 60-. Colleges. vol. GRANDE-BRETAGNE Pictures produced by the Iowa City. 47. Catalog of 16 m m 266 p. U S Government - Films -Filmstrips Wall Charts. Announcement of 63. 400 films f r o m 20 p. Churches and Adult Study Groups. Chapel N e w York. ( M c Intyre. Dept. London 58. Films for Schools and Colleges. S Y R A C U S E UNIVERSITY. Pleskin. . 1960-1961 Catalogue 16 m m EducationalFilms 56. Sales Catalog 16 m m Sound Films. 55.29. 403 p. UNITED WORLD FILMS. Univ. Sept. no 2. of - Say it with Pictures Details and descriptions of films available to Our locals from the N. UNIVERSITY OF CALIFORNIA. Motion Pictures and Filmstrips Selected and June 58 and period. North Carolina Adult Film Project. no 15. mai 55. 23 p. Catalogue des films ethnographiques (Anderson. Chicago. Handbook of the 6 0 including teaching films by Young America. Cahiers du Centre de documentation 4 O. 69 p. FilmCata. of Kansas 7 (60). Film Catalogue. no 2. Center. Available for use abroad.O-1961. Visual Aids Library. Washington 60. Distribution 42. Education Service. of N. N e w York 60. 60. Bruxelles 1959-6O. BRITISH FILM INSTITUTE. Edu- Educational Television Motion Pictures 1960. Y E S H I V A UNIVERSITY. Audio-Visual Center. 56. Syracuse (NY). NATIONAL COUNCIL OF THE CHLJRCHES tional 16 m m Motion Pictures 1959. UNIVERSITY OF NORTH CAROLINA. Bureau of - 1960. INTERNATIONAL LABOUR FILM INSTITUTE. Catalog of Educational Motion Pictures 54. UNIVERSITY OF KANSAS. Films for Sociology and Anthropolog. Films. 36. Instructional Civics-Economics. FRANCE 3 9. 52. I N S T R U C T I O N A L Ltd. EDUCATIONAL FOUNDATION FOR VISUAL 459 p. B. UNIVERSITY OF NORTH CAROLINA. Chapel Hill. . East Lansing 351 p. MENTAL HEALTH FILM BOARD. of Cinema. 48. Inc. Carolina Exten- 30. 33. 69 p. CENTRAL FILM LIBRARY. Los 34. 57. Catalogue of Educa- 35. S. Film Library Sales Catalogue. 322. Film and Filmstrip Catalog International Labour Film Catalogue. 58. FILM CENTER Ltd. UNIVERSITY OF MINNESOTA. of Audio-Visual Education. XXXIX. 41. 322. XXXIX. Extension 60-64. G. CENTRAL OFFICE OF INFORMATION. Educ ational Department. N e w York 33 (NY)186th Street. UNIVERSITY OF SOUTHERN CALIFORNIA. Univ. Inc. 58. G. p. States Educational.Audio-Visual Angeles 61. London 52. S T A T E UNIVERSITY OF YOWA Motion VIII. 61. Albany (NY)57. of Visual Communication. VII. Sound films 1959-1960. Audio- 31. Part II :History- 45. ILGWU Film Library. 61. 62. 40 p. 49. Educational 46. 79 p. N e w York 20 p. A Guide to International Audio-Visual Aide Motion Pictures 1959-1961. OF THE 16 m m Film Rental Catalog 1959-1960. July 1. Scientific and Cultural Films for Television from Britain. NEW YORK UNIVERSITY. 76 p. London. Audio-Visual Instruction. 84 . 59. 336 p. 310 p. U S A Publications. AIDS. 250 p. 128 p. 23 D. 32 p. S Y R A C U S E UNIVERSITY. N e w York 59-60. Audio-Visual 64. London 51. INTERNATIONAL Berkeley 4. 59. Audio-Visual Center. 58. UNITED STATES. Educational Film Library Catalog 1959-1961. 214 p. Educational Films. visionnement en films (bilingues). OF CHRIST IN THE USA. KM). N e w York Jan. Bureau 32. London Spring 58. 172 p. Audio. vol. MICHIGAN STATE UNIVERSITY. Washington 59. Educational film Catalogue. of the Univ. Prof. INDIANA UNIVERSITY. IX. United 60. Information Agency. fute. M C GRAW-HILL BOOK C". U N E S C O . 51. 53. p. Chapel Hill.131 p. 30 p. 58-59. Films and Filmstrips. University Park 60. 38. catalogue of Syracuse (NY). Film Sources/Guide international pour l'appro- Bull. 44. P E N N S Y L V A N I A S T A T E UNIVERSITY. Film Catalog. 17. Inc. W O R K E R S 'UNION. B. log 196. library 1960 supplement. London Dec. Carolina Extension Bull. NATIONAL EDUCATION ASSOC. Audio-Visual Center. 177 p. Madison. UNITED WORLD FILMS. 52 p. UNIVERSITY OF NORTH CAROLINA. cational Films and Tape Recordings 1959-60 Catalog. INTERNATIONAL LADIES GARMENT Visual Materials for Schools. Sound films and filmstrips. the Science Library of the British Film Insti- 43. NEW YORK S T A T E YOUTH COMMISSION. Univ. BRITISH FILM INSTITJTE. Film Library. 37. 34 p. Text films 1959. London 60.

85 . P A Y S .65. Voorlopige Lijst van Nederlandse Cultureel-Anthropologische Film (Liste provisoire des films ethnologiques néerlandais). ITALIE XIII. FILM POLSKI. H O L M E S . 66 p. du cinéma scient. Paris 54. STICHTING FILM EN WETENSCHAF' UNI- Information. X. CIDALC. 51. ) 48 p. XII. Skol-och Bild- ningsfilm Catalog for lasaret 1959. R o m a cinéma en Pologne à Paris. Stockholm. Utrecht 57. (Period. Régie gouvernementale du di cortometraggi educativi e culturali. AB SVENSK FILMINDUSTRI. 88 p. S U E D E - 67. (Comité international du cinéma d'enseignement et de la culture). Svensk Skoifiim och Bildningsfilm. United Nations Films.196O. d. Stockholm.). The British Film Institute. UNITED NATIONS. Trimestriel). Orient A survey of films 71. XI. Utrecht 60. 56 p. no 1. Repertorio 70. 72. AB SVENSK FILMINDUSTRI. Department of Public 69.B A S 68. W. 59. ORIENT XIV. POLOGNE 66. 107 p. London. néerland. Films polonais. N E D E R L A N D S E VERENIGING VOOR DE WETENSCHAPPELIJKE FILM (Assoc. Science). produced in countries of Arab and Asian Culture. N e w VERSITAIRE FILM (Fondation Film et York (s. Filmkatalogus 1960.

A u pays du scalp 1925-30 Marquis de Wavrin 16. celle-ci est spécialement indiquée. Bakuba 1952 Gerard D e Boe 1. et firmes ou organisations productrices (à défaut de ceux-ci au moyen du titre).R. Angotee. Autour de Patzcuaro/Introduction to 1952 Unesco Crefal/Tierra y Poblacion (tril. Acadians (The) 1947 National Film Board of Canada/Office natio- (Les Acadiens) nal du film du Canada 2. Slavson) 3. American F a r m e r Ford Motor Company (Le fermier américain) 7. On peut consul- ter le texte consacré à chaque film au moyen de l'index des cinéastes.) 17. l'enfant esquimau) National Film Board of Canada / Office natio- nal du film du Canada 10. Anastenaria Roussos Coundouros (La marche sur le feu) 8. Back-Breaking Leaf (The) 1960 National Film Board of Canada / Office natio- (La feuille qui vous rompt le dos) nal du film du Canada 18. Pour tous les films non français. Activity Group Therapy 1950 Jewish Board of Guardians (Thérapeutique de groupe) (S. A u carrefour de la vie/Crossroads 1949 Henri Storck (ONU) of life (bil.) nal du film du Canada 11. Safarov (Bakou et ses citoyens) 19. A propos de Nice 1929 Jean Vigo 12. Antilles anglaises (Les)New Nations 1958 National Film Board of Canada/Office natio- in the West Indies (bil. LISTE DES FILMS/~ Titre du film Année de Réalisateur ou produc€ion producteur 1. American at W o r k AFL-CIO (USA) (L'Américain au travail) 6. Pour les films dont il est prouvé qu'il existe une autre version linguistique. And so they live 1940 John Ferno et Julien Roffman (C'est ainsi qu'ils vivent) 9. Age of Specialisation (The) 1952 M c Graw-Hill (Le siècle de la spécialisation) 4. dont il n'est pas certain qu'une autre version existe. Al1 m y babies 1952 George C. story of an Eskimo boy 1952 Doug Wilkinson (hgoti. A u pays des Pygmées 1947 Jacques Dupont 15.) 14. Aubervilliers 1947 Eli Lotar et Jacques Prévert 13. le titre original est suivi d'une traduction libre en langue française (entre parenthèses). 86 . Stoney (Tous m e s bébés) 5. B a h et Bakintzy L.

Seigneur) 3O. Charron (Le) 1943 Georges Rouquier 40.2o. Brodirani me& 1956 S. Berlin 1945 Reismann (La prise de Berlin) 27. Battaison (La) 1959 Wolf Koenig 24. Bataille sur le grand fleuve/ 1950 Jean Rouch Hippopotamus hunt on the Niger (bil. Beginning of Consciences M c Graw-Hill (L'éveil des consciences) 26. Challenge (The) 1957 Civil Rights Film Association (La revendication) (USA) 3 8. Central Asia 1954 Prince Pierre de Grèce (L'Asie centrale) 37. Bathing Babies in three Cultures Gregory Bateson (Le bain des bébés dans trois types de civilisation) 23. Topaldjikov (RBvesbrodés) 31.) 22. Buthanese Masked Dances 1954 Prince Pierre de Grèce (Les danses masquées bouthanaises) 33. Chinese Canadians 1954 National Film Board of Canada/ - (Vancouver L a nouvelle patrie d'un Chinois) Office national du film du Canada 87 . B. Chant du fleuve (Le) 1954 Joris Ivens (Fédération syndicale mondiale) 39. Brûlés (Les) 1958 Bernard Devlin 32. B orinage 1933 Henri Storck et Joris Ivens 29. Childhood Rivalry in Bali and New Guinea Gregory Bateson (La rivalité enfantine à Bali et en Nouvelle-Guinée) 41. Mac Dowall and (La bataille de la Somme) Geoffrey Malin 2 5. Casa delle Vedove (La) 1960 Gian-Vittorio Baldi (La maison des veuves) 36. Carnaval de Binche 1954 Jean Cleinge 35. Bode smiluj Sie nad nami 1959 Halina et Jacek Oledzki (Nous attendons ta grâce. Blytaekkerenden 1954 Aage Rothenborg (Le couvreur de toits de plomb) 28. Can we immunize against prejudice ? 1954 Center of Mass Communication (Pouvons-nousnous prémunir contre (Columbia University les préjugés ?) 34. Battle of the S o m m e (The) 1916 J. Balinese Famfiy (A) Margaret Mead et Gregory Bateson (Famille balinaise) 21.

conflit) 63. Cimetière dans la falaise 1952 Jean Rouch 45. Communication in three Families Gregory Bateson (Le comportement de trois familles) 52. Constitution and Military Power (The) 1957 do (La constitution et le pouvoir militaire) 58. Coal Face 1936 National Film Board of Canada / Office natio- (La gueule noire) nal du film du Canada 50. Constitution and the Employment 1958 do Standards (The) (La constitution et les normes d'emploi) 55. Competition. Cooperation.42. Conflict M c Graw-Hill (collaboration. China strikes back 1940 Frontier Films (La Chine riposte) 43. C o si O nas mysli 1959 Dimitrij Plichta ( C o m m e les enfants nous voient) 88 . C ommunity R e sponsabilities 1954 National Film Board of Canada/ Office natio- (Que pensez-vous du sens social ?) nal du film du Canada 53. C o m e Back Africa 1959 Grierson et Cavalcanti (Reviens Afrique) 51. Constitution :Whose interpretation ? (The) 1957 do (La constitution : qui en est l'interprète ?) 59. Contrat de travail/Local 100 (bil. Constitution and the Labour Union (The) 1957 do (La constitution et l'union du travail) 56. Chronique d'un été 1961 Jean Rouch et Edgar Morin 44. Clerk (The) 1958 National Film Board of Canada/Office natio- (L'employé) nal du film du Canada(Co1in L o w and Wolf Koenig) 49. Constitution and Fair procedure (The) 1957 do (La constitution et les débats loyaux) 60.) 1950 National Film Board of CanaddOffice natio- nal du film du Canada 62. City (The) 1939 Ralph Steiner et (La cité) Willard Van Dyke 47. Constitution and the Right to Vote (The) 1957 do (La constitution et le droit de vote) 57. Contadini del Mare 1955 Vittorio de Seta (Paysans de la mer) 61. City of Gold 1957 National Film Board of Canada (Capitale de l'or) (Colin L o w and Wolf Koenig 48. Constitution and Censorship (The) 1957 Center of Mass Communication (La constitution et la censure) (Columbia University) 54. rivalité. Circoncision (La) 1949 Jean Rouch 46.

Cristo non si e fermato a Eboli 1952 Michele Gandin (Le Christ ne s'est pas arr&té à Eboli) 67. Croisière noire 1926 Léon Poirier 68. Dien Voïny 1942 (SovexportfilmMoscou) (Un jour de guerre en URSS) 76. Desert Victory 1943 Roy Boulting (La victoire du désert) 75. Ecçeri lakodalom Laszlo Kalmar (Noces d'Ecser (Les)) 82. Gerasimov (Unjour dans une grande famille croate) 69. Drifters 1929 Grierson (Ala dérive) 79. Dan u jednoj velikoj hrvatskoj porodici 1933 Drago Chloupek et A. Lafont 65. England has a Queen (Pathé) (Elisabeth est Reine) 84. Daybreak in Udi 1948 Terry Bishop (L'aube à Udi) 71.64. Essor féminin (L')/Women in the National Film Board of Canada/Office national March (bil. Dimanche à Pékin (Un) 1956 Khris Marker 77. Course de taureaux (La) 1951 Pierre Braunberger Myriam Borsoutsky A. D o Studziannej Stanislas Grebowski (Sur le chemin de Studzianna) 78. Department Manager (The) 1958 National Film Board of Canada /Office natio- (Le chef de département) nal du film du Canada 73. D u kannst nicht abseits stehen 1952 DeutsCher Gewerkschaftsbund (Tu ne peux rester à l'écart) 81. Crise du logement (La) 1955 D e Wever 66. Danish Expedition to Asia 1954 Prince Pierre de Grèce (L'expédition danoise en Asie) 70. Déjà s'envole la fleur maigre 1960 Paul Meyer 72.) du film du Canada (Jacques Bobet) 85. Every day except Christmas 1957 Lindsay Anderson (Tous les jours sauf Noël) 89 . Description d'un combat 1961 Khris Marker 74. Dues and the Union 1953 National Film Board of Canada /Office natio- (Les cotisations syndicales) nal du film du Canada 80. E n de zee was niet meer 1956 Bert Haanstra (Etla m e r n'était plus) 83.

Family Portrait 1951 Humphrey Jennings (Portrait de famille) 91. Experimental Studies in social climates Université d'Iowa of groups (Etudes expérimentales concernant le climat social des groupes) 88. Forgotten Village (The) 1941 Herbert Kline (Le village oublié) (D'après scénario de John Steinbeck) 101. Ganz gewohnlicher Tag (Ein) 1954 République fédérale d'Allemagne (Un jour c o m m e les autres) 106. Freedom for Ghana 1957 Ghana Film Unit (La liberté pour le Ghana) 104. Exil en banlieue : six solutions/ National Film Board of Canada / Of€ice Suburban living :six solutions (bil. Farrebique 1946 Georges Rouquier 92. Freedom to read 1954 Center of M a s s Communication (La liberté de lire) Columbia University (Julien Roffman) 105. First days of a life of a N e w Guinea Gregory Bateson Baby (Les premiers jours d'un bébé de la Nouvelle-Guinée) 99. Family Life of Navajo Indians Margaret E. Fries (La vie de famille des Indiens de Navajo) Clyde Kluckhohn et Paul J. Faiank 1949 Vaci& KaSlik (Le carnaval) 93.86. Finis Terrae 1928 Jean Epstein 97. Gdzies pod Turbaczem 1959 Zbigniew Bochenek (Quelque part sur le Turbacz) 90 . Four Families 1959 Ian M c Neill (Quatre enfants du monde) Richard Gilbert Fali Bilimoria William Novik John Buss 102. Four Religions National Film Board of Canada / Office (Quatre religions) national du film du Canada 103.) national du film du Canada 8 7. For@t sacrée (La) 1953 Pierre et Dominique Gaisseau 100. Eygalières. Woolf 9o. c o m m u n e de France 1957 André Vetusto 89. Fils de l'eau (Les) 1955 Jean Rouch 96. Fils de l'éléphant (Les) 1953 Anne Philippe et Viviane Pâques 95. Fires were started 1943 Humphrey Jennings (Les feux s'allumèrent) 98. Fbte chez les H a m b a 1955 Luc de Heusch 94.

H o m m e s de la nuit (Les) 1951 Henri Fabiani 122. Gabryelski (Une fonderie de cent ans) 129. Goémons 1942 Yannick Bellon 112. Growing up with other peoples Margaret Thompson (Grandir avec les autres) 119. de Cive (Les horizons des Hopi) 126. H o m m e s qui font la pluie (Les) 1950 Jean Rouch 123. Gestes du repas 1952 Luc de Heusch 11O. Hunters (The) 1956 JohnMarshal et Bob Gardner (Les chasseurs) 122. Industrial Britain 1933 Robert Flaherty - (La grande Bretagne industrielle) 91 . Honger 1945 Rudi Hornecker (La faim) 124. Golodnaia SteG 1958 Tomberg (La steppe aride) 113. Hry slovenske mladeze 1928 Karel Plicka (Jeux de la jeunesse slovaque) 127. Generalnaya liniya 1929 Eisenstein (La ligne générale) 109. H o m m e s de la baleine (Les) Mario Ruspoli 121. Ile de Pâques (LI) 1935 Henri Storck et John Fernhout 130. Grass 1923 Ernest Schoedsack et (Pâturages) Merian Cooper 116. Housing Problems 1935 Elton et Anstey (Les problèmes du logement) 125. Gourouna 1960 Igor de Garine 114. Grande case (La) 1951 Jacques Dupont 115. Grief (Le) 1954 National Film Board of Canada / Office national du film du Canada 117. General Foreman (The) 1958 National Film Board of Canada / Office na- (Le contremaftre) tional du film du Canada 108. Hutaz przed stu lab 1956 J.107. Getting on the Bandwagon 1956 National Film Board of Canada / Office na- (Conformisme et instinct grégaire) tional du film du Canada 111. Histoire du soldat inconnu 1932 Henri Storck 120. Gryr 1 Norden Arbeidernes Faglige (L'aube dans le nord) Landsorganisasjon 118. Hopi Horizons Mary L.

Luciano 1960 Gian-Vittorio Baldi 149. Kurpiowslde wesele J. L a chabelThe M a n of the Assembly 1958 National Film Board of Canada / Office na- Line (bil. Las Hurdes 1936 Luis Bunuel (Terre sans pain) 141. Magiciens de Wenzerbé 1949 Jean Rouch 152. Maisons de la misère 1937 Henri Storck 153. Land of the long day 1952 Doug Wilkinson (Aupays des jours sans fin) National Film Board of Canada / Office na- tional du film du Canada 140.131. Learning by experience 1947 (L'étude par l'expérience) 142. Karuzela lowicka 1958 J. Sheers (ONU) 92 . Karba's first years Gregory Bateson (Les premières années de Karba) 133. fiir Bergbau (Fraternité) 132. Granec et L. Lide pod snehem 1948 Vladimir Sis (Des gens sous la neige) 144. Kde mele vitr 1959 F. Listen to Britain 1941 Humphrey Jennings (Ecoutez la Grande-Bretagne) 145. C. Long-house People (The) 1950 Allan Wargon (La grande maison) National Film Board of Canada 1 Office na- tional du film du Canada 147.) tional du film du Canada 138. G. Baran ( C o m m e moud le vent) 135. L u tempu di li piscispata 1954 Vittorio de Seta (Le temps de la pCche à l'espadon) 150. Klinkaert 1956 Paul Meyer (La briqueterie) 136. Skorzewski (Le carrousel de Lowicz) 134. Living Stone (The) 1959 John Feeney (Pierres vives) 146. Maftre du destin/Power among Men (bil.) 1958 Thorold Dickinson et J. Land (The) 1940 Robert Flaherty (Le pays) 139. Magia lucana 1958 Luigi Di Gianni (Magie en Lucanie) 151. Gabryelski (Les noces à Kurpie) 137. Hoffman et E. Lettres de Sibérie 1958 Khris Marker 143. Kameradschaft 1. Lourdes et ses miracles 1954 Georges Rouquier 148.

March of time 1934-43 Louis de Rochemont (Lamarche du temps) 162. M a n of Aran 1934 Robert Flaherty 161. Mr. Engliçh at home 1940 Colonial Film Unit (M. Nad zielonym Baltykiem T.English chez lui) 173. un Noir 1958 Jean Rouch 169. Maftre du Pérou (Le) 1958 Fernand Dansereau 155.) (NationalFilm Board of Canada/Office na- tional du film du Canada) 163. Nascita e Morte ne1 Meridione. Moro Naba 1960 Jean Rouch 171. Mangrove II 1956 Peter Creutzberg 160. H o m m e s de Logone 1960 Igor de Garine 165. Moi. M e n burde Tage Sig af det 1952 Dansk Kulturfilm. Manhattan 1922 Paul Strand 157. Mei (Les travailleurs du pétrole en Turkménie) 93 . M o m m a don't allow 1956 Karel Reisz (Maman ne le permet pas) Tony Richardson 170. Mor-Vran 1930 Jean Epstein (La m e r des corbeaux) 172. Mangrove 1 1956 Peter Creutzberg 159. Neftianiki Turkmenistana M. Mangbetu 1954 Gérard D e Boe 158.154. Mai'tres fous 1957 Jean Rouch 156. Nanook of the North 1925 Robert Flaherty (Nanouk 1'Esquimau) 175. Kallweit (Au bord de la verte Baltique) 174. (Il faut faire quelque chose) Flamingo Film Studio Directeur :Ole Palsbo 167. Marée au GhanaIJourney from Etsa 1958 Julian Bimw (bil. Native land 1938 P a d Strand et Leo Hurwitz (Le pays natal) 177. Masques de feuilles chez les Bobo (Les) 1960 L e Moal 166. Moana of the South Seas 1923-24 Robert Flaherty (Moana des mers du sud) 168. à San Cataldo) 176. 1959 Luigi Di Gianni San Cataldo (Naissance et mort dans le sud. Marines (Les) 1957 Jean-François Reichenbach 164. Massa.

178. Nevesta ne jemlji slovo 1947
(Jeune fiancée fais tes adieux)

179. N e w Earth 1934 Joris Ivens
(Les terres nouvelles)

180. Nice Time 1957 Tanner et Goretta
(Piccadilly la nuit)

181. Night mail 1936 Harry Watt
(Courrier de nuit)

182. Nomades du soleil (Les) 1954 Henry Brandt

183. Non basta soltanto l'alfabeto 1958 Michele Gandin
(L'alphabet ne suffit pas)

184. North Sea 1938 Harry Watt
(Mer du Nord)

185. Nuit et brouillard 1955 Alain Resnais

186. Nunt3 Ciobaneasc5 1957 Ion Rodan
(Noces pastorales)

187. O Dreamland 1956 Lindsay Anderson
(Oh, pays de réve)

188. On the Bowery 1956 Lionel Rogosin
(Dans le Bowery)

189. On the Post Producteur :Bob Drew
(Au départ) (Equipe Filmakers)

190. Opening Parliament 1949 National Film Board of Canada / Office natio-
(Session parlementaire) nal du film du Canada

191. Orchestre Mangbetu 1954 Gérard D e Boe

192. Our changing Family Life 1957 M c Graw-Hill
(L'évolution de notre vie de famille)

193. Out of Darkness 1953 Jack Glenn
(Hors de l'ombre)

194. Overlanders 1946 Harry Watt
(La route est ouverte)

195. Padaniye dinastu Romanovitch 1927 Esther Choub
(La chute des Romanov)

196. Paese d'America 1958 Gian Luigi Polidoro
(Pays d'Amérique)

197. Palmour Street 1951 George C. Stoney
(La rue Paimour)

198. Parabola d'Oro 1955 Vittorio de Seta
(Parabole d'or)

199. Paris 1900 1946-47 Nicole Védrès

94

200. Par le sang et par le feu/Blood and 1958 National Film Board of Canada / Office na-
Fire Army (bil.) tional du film du Canada

201. Pasqua in Sicilia 1954 Vittorio de Seta
(Pâques en Sicile)

202. Passion des hommes 1959 Inst. Em. Vandervelde
(Jean Brismée)

203. Pays neuf 1958 Fernand Dansereau

204. Paysans noirs 1948 Georges Régnier

205. Peaceful Years (The) 1948 Peter Baylis
(Les années paisibles)

206. Pêche aux harengs (La) 1930 Henri Storck

207. 1958 Office national du film du Canada
(Terence M c Cartney-Filgate)

208. Pélerins de la m e r (Les) 1957 Jean-Claude Sée

209. People like Maria 1958 Harry Watt (OMS)
(Des milliers c o m m e Maria)

21o. People of the Potlach 1944 National Film Board of Canada / Office na-
(Les Indiens de la cbte ouest du Canada) tional du film du Canada

211. Peoples of the Skeena 1949 Office national du film du Canada
(Les riverains de la Skeena) (James Beveridge)

212. People with a Purpose 1948 Manitoba Federation of Agriculture
(Les coopératives agricoles) and Cooperation

213. Père en fils (De) 1951 National Film Board of Canada / Office na-
tional du film du Canada
214. Petit coin de parapluie (Un) 1959 Robert Menegoz

215. Pianto delle Zitelle (Il) 1959 Gian-Vittorio Baldi
(La complainte des vieilles filles)

216. Pirogues sur 1'Ogoué 1947 Jacques Dupont

217. Plow that breaks the Plain (The) 1935 Pare Lorentz
(La charrue qui creuse un sillon en
rase campagne)

218. Pomlad v Beli Krajini 1948
(Printemps en Carniole blanche (Le))

219. Povest of Neftjanikakh Kaspija 1953 R. Carmen
(Histoire des travailleurs du pétrole
de la Caspienne)

220. Priezjaitie k n a m v Uzbekistan Kayunov
(Visitons 1'Uzbékie)

221. Primary Equipe Filmakers
(Primaire) (Producteur Bob Drew)

222. Proud Years George C. Stoney
(Les années fières)
95

223. Pueblo Boy 1949 Ford Motor Company
(L'enfant du village)

224. Pukanski Kolari 1948 Vlado Bahna
(Les charrons de Pukanec)

225. Putyorka v%zh 1931 Nicolas Ekk
(Le chemin de la vie)

226. Pyramide humaine (La) 1961 Jean Rouch

227. 400 millions 1939 Joris Ivens

228. Que Viva Mexico 1931-32 Eisenstein

229. Quiet One (The) 1950 Sidney Meyers
(Le garçon tranquille)

23 O. Raquetteurs 1960 Office national du film du Canada
(Gilles Groux and Michel Brault)

231. Règlements des débats 1955 National Film Board of Canada / Office na-
tional du film du Canada
232. Research Director (The) 1954 National Film Board of Canada / Office na-
(Le Directeur de la recherche) tional du film du Canada

233. Return to Life 1939 Henri Cartier-Bresson
(Le retour à la vie)

234. Rising Tide (The) 1934 National Film Board of Canada / Office na-
(La marée montante) (1949) tional du film du Canada
(Nouvelle version anglaise : Great
Cargoes)

235. River (The) 1936 Pare Lorentz
(La rivière)

236. Rossiya e Nicolaya II i Lev Tolstoy 1928 Esther Choub
(La Russie de Nicolas II et de Tolstoï)

237. Ruanda 1955 Luc de Heusch

238. Sabotier du Val de Loire (Le) 1955 Jacques D e m y

239. Sacrifices pour la moisson 1953 Pierre et Dominique Gaisseau

240. Salt of the Earth 1953 Herbert J. Biberman
(Le sel de la terre)

241. Savage Eye 1960 Sidney Meyers
(L'oeil sauvage) Ben Maddow et Joseph Strick

242. Sceptre and the Mace (The) 1957 National Film Board of Canada
(Le sceptre et la masse)

243. Schot is te Boord (Het) 1953 H e r m a n van der Horst
(Jetons les filets)

244. Seigneurs de la foret (Les) 1958 Hans Sielmann et Henry Brandt

245. Shipyard 1935 Paul Rotha
(Chantiernaval)

96

Techniques soudanaises Jean Gabus 262. Svatba na Moravském Slovacku 1945 Jind3ich Ferenc (Mariage en Moravie) 257. Sorbische Hochzeit Kaden (La noce sorbe) 253. Target for To-night 1941 Harry Watt (L'objectifde cette nuit) 260.W. Strike in Town 1955 Leslie Mac Ferlaine (La grève à minuit) 255. Terre d'Espagne 1937 Joris Ivens 265. Sie bewegt die Welt 1954 Wiener Arbeiterkammer (Le travail fait avancer le monde) 247. Symphonie paysanne 1941-44 Henri Storck 258. They were Kaffirs 1957 Prince Pierre de Grèce (Ils étaient des Cafres) 266. Songs of Nova Scotia 1958 Helen Creighton (Chants de la Nouvelle-Ecosse) (National Museum of Canada et American Library of Congress) 252. Kostov (Douces flbtes) 249. Murnau (Tabou) 259. Skilled worker (The) 1958 National Film Board of Canada /Office na- (L'ouvrier qualifié) tional du film du Canada 248. Thursday Children 1954 Lindsay Anderson et Guy Brenton (Les enfants du jeudi) 97 . Social class in America M c Graw-Hill (La classe sociale en Amérique) 250. Sulfarara 1955 Vittorio de Seta (Solfataresde Sicile) 256. Song of Ceylon 1935 Basil Wright (Le chant de Ceylan) 251. Sladki fleiti 1957 K. Stervende ta d Stichting Film en Wetenschap (Une langue qui meurt) (Utrecht) 254. Terre brûlée 1937 Charles Dekeukeleire 264. This Modern Age 1946-49 (Temps modernes) 267. Tabu 1928-31 Robert Flaherty et F. Temps du Caméléon (Le) 1957 Robert et Monique Gessain 263.246. Tavasz 1958 Tamas Banovitch (Le printemps) 261.

Tonnelier (Le) 1942 Georges Rouquier 272. Veselye mysli Medvedkin et Abusentov (Pensées joyeuses) 287. T o w n Planning 1958 Louis Portugais (Le plan d'aménagement) (NationalFilm Board of Canada) (Officena- tional du film du Canada 273. Turksib 1929 Victor Turin 280. Turkey in Greece 1958 do (La Turquie en Grèce) 279. Traversée du Sahara en autochenille (La) 1923 Paul Castelnau 276. Via dei Cessati Spiriti 1959 Baldi (Le chemin des esprits disparus) 288. Trance and Dance in Bali 1951 Gregory Bateson (Transe et danse à Bali) 275. Upre R o m a 1956 Dimitrij Plichta 282. Together 1956 Lorenza Mazzetti (Ensemble) 271. Vice-President (The) 1958 National Film Board of Canada / Office na- (Le Vice-président) tional du film du Canada 289. Vendanges 1929 Georges Rouquie r 286. T o your health 1958 Center of Mass Communication (A votre santé) (Columbia University) 274. VeEna Piseti 1945 Karel Plicka (L'éternelle chanson) 285. Valley Town 1941 Willard Van Dyke (La ville de la vallée) 284. Uomini soli 1959 Vancini (Les h o m m e s seuls) 281. T w o Indian Religious Ceremonies 1957 Prince Pierre de Grèce (Deux cérémonies religieuses indiennes) 278. Valasské Tance 1949 VClciav JSaSlik (Danses valaques) 283. Toda Calf Sacrifice (The) 1949 Prince Pierre de Grèce (Le sacrifice du veau chez les Todas) 270.268. Vigilia di mezza estate 1959 Gian Vittorio Baldi - (Les feux de la St Jean) 290. Trooping the Colour 1949 Terry Bishop (Le salut aux couleurs) 277. Tigrolov Gouline (La chasse au tigre) 269. Vi var nagra m&n 1954 Svenska Mettalindustriareftrbundet (Nous n'étions qu'une poignée d'hommes) 98 .

291. de Cive (Le tabac ne te nourrira pas) 304. Wagenia 1951 Gérard D e Boe 293. Zone (La) 1927 Georges Lacombe 99 . Wesele na Bukowinie 1958 Wlodzimierz Borowik (Noces en Bukovine) 297. Zuiderzee 1930 Joris Ivens 310. Zima mora umreti 1947 M. Z e m spieva 1933 Karel Plicka (La terre chante) 306. With these Hands 1950 International ladies Garment (Avec ces mains-là) Workers' Union 299. World is rich (The) 1943 Paul Rotha (Le monde est riche) 300. World without End 1953 Basil Wright et Paul Rotha (Unesco) (Je suis un homme) 302. Walibene (In) 1956 Peter Creutzberg 294. Z a Siov&y z New Yorku do Mississipi 1935 Karel Plicka (Sur les traces des Slovaques de New York jusqu'au Mississipi) 305. World of Plenty 1946 d" (Un monde d'abondance) 301. ou le Révolté d'Alvarado) 295. Yankino Equipe Filmakers (Producteur Bob Drew) 303. Zlidovych motivu 1953 Ludvik Baran et Vladislav Delong (Tissus et impressions populaires) 309. You can't eat Tobacco 1943 Margaret Cussler et Mary L. Wave (The) 1934 Paul Strand (Redes. W e are the Lambeth Boys 1959 Karel Reisz et Tony Richardson (Nous les garçons de Lambeth) 296. Which way for Human Rights 1954 Center of Mass Communication (Les droits de l'homme) (Columbia University) 298. Visages de la coopération ouvrière 292. Zemlya 1930 Alexandre Dovjenko (La terre) 307. Badjura (L'hiver doit mourir) 308.

13. 73 MENDRAS. 37 GREEN. Alfred : 25. 61 - H HARTLEY. 60 GERBRANDS. Cleve : 72 KNOX.M. Robert : 42 - B KROUPIANSKAIA. 20. 19. Jean : 48 MAQUET. Georges : 27 PLISCHKE. 37 -P GRIERSON. 46.J. Roger : 30. : 27. L. 62. 14. Lionel : 57. : 70 MEAD. 57. René : 11. : 48 LYOTARD. 49. historiens. E. 15 DELVAUX : 26 - M - E MAGRITTE. C. Georges : 61 BAZIN. 29. AUTEURS (Ethnographes. Henri : 9. 48. Jean : 51 LEFRANC. 71. S. Hans : 21. 61. 42. Marcel: 12. André F. : 11 KIDD. 66. Robert : 19 C H O M B A R T de LAUWE. 55. 68 A MAUSS. 42 EPSTEIN. 38. Jean F. 11. 41. Edgar: 11. 23 MANVELL. Jean : 13 LUMIERE : 13. Maurice : 12 METRAUX. 71 ROGOSIN. 43. 10 FRANKOWSKI. A. Paul : 33. Dr: 69 BALANDIER. : 67. 42. 41 KARDINER. 51. 70. . Claude : 53 LINTON. Albert : 1 1 - C LEBESQUE. 23. V. JANNE.: 9. INDEX DES NOMS D E PERSONNES 1 . 13 EISENSTEIN. 75 JEANNE.John:32. 47 1 O0 . 68. : 27.P. A. 59. 12. 38. 31 LEROI-GOURHAN. 46. 15. 19. : 9. 47 MAYER. J. 45. 70 GURVITCH. H. Roger : 14 CARTA. André : 18. - L LAFFAY. : 12 DEMENY. Michel : 49 CLAUSSE. MERLEAU-PONTY. 54. 49 BIEBUYCK. Roger: 33. 67 LEVI-STRAUSS. 64 ROUCH. Karel : 25. 52. Marcel : 59.W : 39 G E R M A N N : 21 MUYBRIDGE : 13 GRANAI. Georges : 20. 25. 37. René : 31. 61 KURET. h o m m e s de lettres) - A K - AGEL. 25 GARDIN : 75 M O R E N O : 37 GAVAZZI : 69 MORIN. 41. 62 PLICKA. 69 POTAPOV. 63. . 14. Morvan : 55 LEENHARDT. 58 -J ROTHA. Denis : 119 FORD. : 74 GRIAULE. André : 14. 23. 46. B. 29. 26 CABUS.sociologues. 67. Jean : 68 MICHA. Paul : 27 LEIRIS. F. : 27 G . Abraham : 59 AMENGUAL. J. 29. Ralph : 59 - D LIOTARD. Henri : 45 50. 11. Jean: 17. : 73 - R HOUSTON. 52. : 69 MURNAU. Daniel : 46. Charles : 31. Margaret : 59. Arnold W. 60. Marcel : 65 - F M A R E Y : 13 MARION. James : 71 RIOUX. William H.

S . Yannick : 48. Joseph: 74 WOLF. Pr. Zbigniew : 63 Colonial Film Unit (Royaume-Uni) : 43 BOROWIK. Michel : 60 CUSSLER. 64 WRIGHT. 69 WEILER.L. 47. : 55 STEINBECK.Paul : 48 BALDI. Bernard : 67 BELLON. R. 33. 45. Georges C. Tacques : 59 CLEINGE.) A . : 61 CARPITELLA. 24.Tames : 71 CHAPLIN. Tulian : 71 CHAVEZ. Esther : 31 BISHOP. 45 ANSTEY : 42 C - Arbeidernes Faglige Landsorganisasjon (Norvège) : 34 CALISI. : 57 THEIJENOT. Zofia : 70 - Z T - ZAHAN. : 29. 62 BOCHENEK. Arnold : 59. TOLSTOV. Gregory : 73 University) : 73 BAYLIS.D. Carlos : 55 BILIMORIA. 46. Paolo : 54 A. 74 BUNUEL. 57. 64 W O O D S . BREW. . 61 Z E M A N . Pierre : 49 BRENTON. D r : 21. Myriam : 49 C O U N D O U R O S . Fali : 59 CHLOUPEK.-C. G. Diego : 71.: 27 TOYNBEE.Tama6 : 63 CBS Public Affairs (USA) : 34 BARAN. : 56. H. Herbert J.H. Roy : 31 CREIGHTON. : 73 BRISMEE.Helen : 71 BRANDT. 36. Dominique : 66 TERENTIEVAL. 48. . : 72 STORCK. Ludvik: 63. Charles : 9 BIBERMAN. O.John : 55 WHITMAN. etc.Jean : 48 II . 72 SADOUL. 68 CREUTZBERG. 70 Center of Mass Communication (Columbia BATESON. Tean : 34 A B U S E N T O V : 61 BRUNATTO. 49 CHAMPAULT. : 69 STONEY. H. 75 BOULTING. Jean : 47. réalisateurs et sociétés et organisations productrices. L. Drago : 63 BIRON. 67. Gian-Vittorio : 53 CAVALCANTI : 42 BANOVITCH. Dominique : 67 BEVERIDGE. L. 45 1O1 . . Wlodzimierz : 63 COOPER. Romano : 71 Canadian Trade Union Movement : 33 - B CARMEN. : 56 Chase Manhattan Bank : 35 BIGGS. Luis : 54 American Institute of Planners (USA) : 55 BUSS. (USA) : 34. 71 SMETS. Basil : 42 SUFRIN. : 27. 54. A. Merian : 54 BORSOUTSKY. Vlado : 63 CASTELNAU. 33. opérateurs. Lindsay : 44. 43 Civil Rights Film Association (USA) : 74 BOBET. CINEASTES (Metteurs en scène. : 31.P. Guy : 44. 41 SAMIVEL : 48 SEPPILLI. Tohn: 59 ANDERSON.F.1. Peter : 68 BRAULT. Whalt : 129 STONE.Tullio : 21.Henri : 55 BAHNA. S. Mark : 57 SZYFELBEIJN. Henry : 46. Roussos : 70. Frederic D. Georges : 17 SPANNAUS. B A D J U R A : 63 CARTIER-BRESSON. 75 M. G. Terry: 32. Margaret : 74 BRAUNBERGER. Peter : 31 CHAMPAULT. Hervé : 60 CHOUB.

: 63 GABRYELSKI. Nicolas : 61 Institut Em. für Bergbau (Rép. 33. S. D r :69 GAISSEAU. de : 74 LOTAR. Tadeusz : 70 F a r m Security Administration (USA) : 55 . -D GOLDMAN. 61 1. 69 DELCORDE. 54. 17. K. John : 73 KADEN : 63 Fiimakers (Equipe) : 58 KALLWEIT. Fernand :60 GOULINE :61 Dansk Kulturfilm : 34 GRANEC. Walter : 44 d'Allemagne) : 33 LEACOCK : 58 GERASIMOV. 62 GREBOWSKI. John : 32.Wolf: 60 . H. G. Jacques :49 GROUX. Prince de : 17. Bert. 48. Clyde : 73 G KOENIG. 45. 47.G. KOSTOV. 45. T.Jacques : 10. John : 39 GORETTA :45 DANSEREAU.Georges : 48 GARINE. Féd. Monique : 67 LE MOAL : 67 Ghana Film Unit : 32 Cibrary of Congress (USA) : 71 GILBERT. Joris : 45. 73 LACOMBE. 48. 57. Léo : 55 - E -1 EISENSTEIN. Henri : 48 JANKOWSKI. 71 H A A N S T R A . A. 41. Michel : 49 GESSAIN. 54 - F -J FABIANI. DELONG. M. LASSALY. : 63 DUNHANI. 36-43. J. 46. Robert : 67 LEIRIS. Igor de : 67 LAFONT. Mary L. Gérard : 46. 74 ESTEVA. Wladislaw : 63 59. Luc de : 20. 67 DREW. d'Ailemagne) : 33 EKK. : 63 FLAHERTY. 65.E. : 48 D O V J E N K O . Féd. F. : 63 KOULECHOV : 14. Pierre. Elie : 55 FRIES. Jacinto : 54 IVENS. 48. John : 71 FERENC. 55. Rudi : 48 DUPONT. Michele : 53 G A R D N E R . Laszlo : 63 FLAHERTY. 23. Harry: 55 HORNECKER. -Jean: 48 34. A : 63 (Learning By Experience) : 34 GESSAIN. rack : 34 LOW. Herbert : 55. Thorold : 64 - H DI GIANNI. Pierre : 52 L - GANDIN. Bob : 58. Margaret E. Dominique : 52 GAISSEAU.JENNINGS. 43 Fédération syndicale mondiale : 48 Jewish Board of Guardians : 34 FEENEY. :63 DE BOE. 54. Pare : 55 GIVE. Vandervelde : 34 ELTON : 42 Internationai Ladies Garment Workers' Union : EPSTEIN.: 29. 75 KAUFFMANN.Humphrey : 42.Frances : 39 KALMAR. Colin :60 102 .Bob : 58 HOFFMANN. :49 GAVAZZI : 69 LANG. 30 CABUS. Fritz : 10 G E.Stanislas : 63 DEKEUKELEIRE. Robert : 13. Jacques : 52 HURWITZ. Gilles : 60 Deutscher Gewerkschaftsbund : 33 DEVLIN. : 73 KLINE. Alexandre : 61 H E U S C H . Richard : 59 LORENTZ. Jean : 68 KURET. 42. 73 Frontier Films : 55 KLUCKHOHN. Bernard : 60 DICKINSON. Jindsich : 63 - K FERNHOUT. J. Luigi : 53. John : 46 FERNO.Charles :46 GRECE. : 9. 62 DEMY. 47 GRIERSON. Vaclav : 63 50. KASLIK. Eli : 49 GLENN. 58. 11. 69 Flamingo Film Studio : 34 KAYUNOV : 61 Ford Motor Company : 74 KAZAN. 15. (Le mouvement coopératif de la Rép.

15 MAZZETTI. 60.Walina : 70 STORCK. 46. Paul : 31. 32. Alain :49 Mac NEILL. 71. S. 23. 73 49. Leslie : 60 REISMANN : 31 M c GRAW HILL : 74 REISZ. Margaret : 59. MAYSILES : 58 43. Lorenza :45 ROUQUIER. MEAD. Sidney : 55 SAFAROV. 50-52. 64 OLEDZKI. 19. M. 45 Mac LAREN : 11 RESNAIS. Jacques : 9 PHILIPPE. Lewis : 72 - U POTENTIER.Paul : 54. Ernesto di : 71 ROUCH. Anne : 67 (This Modern Age) : 31 PIDOUX. Ralph : 55 Office national du film du Canada/ The National Stichting Film en Wetenschap (Pays-Bas): 68 Film Board of Canada: 33.Terence : 32. 64 POUDOVKINE : 9. 25. 54. 71. 29. 46. : 31 REICHENBACH. P. Hans : 46. Ole : 34 PAQUES. - M - R M c CARTNEY-FILGATE.C. E. 67. Jean-Claude : 49 MÜLLER. Margaret : 34 PIERRE. 71 MALIN. : 69 SETA. : 69 POIRIER. : 69 Svenska Metallindustriareforbundet (Suède) : 34 PALSBO. 64 MEDVEDKIN : 61 RUSPOLI. 45. 66. 72 STONEY. Karel : 25.Ernest : 54 MORIN. : 20. Georges : 52 Mac DOWALL. Julien : 73 MAQUET. A. 49 ROTHA. 33. 63 TOPALDJIKOV. Léon : 48 TURIN. S. J. Vittorio de : 53 MURNAU. 55 Organisation mondiale de la santé : 64 STRICK. Geoffrey : 31 ROCHEMONT. F. Ian : 59 RICHARDSON. 52. 29. J. Dimitrij : 34. B. Mario : 67 MEI. Victor : 61 POLIDORO. 42. Tony :45 MADDOW. Ben : 55 RIOUX. 68 ROGOSIN. 67 N . : 61 Ministère d'éducation nationale (Mexique) : 55 SCHOEDSACK. 70 T R O U W B O R S T . E. 69 TOMBERG :61 PLICHTA. Aage : 69 MARTINO. 57. 41. : 56. Mark: 57 E S U L Z M A N . : 39 SHEERS. 64 OLEDZKA. Joseph : 55 SUFRIN. Edgar : 11. 55. 72 REGNIER. Elisabeth : 69 TANNER : 45 PENNEBAKER : 58 TATI.W. 62. 38. Paul :47 -S M E Y E R S . 57.A. Ion : 63 operation (USA) : 72 ROFFMAN. 60 SEE. 73 SMETS.R. RODAN. Jacques : 49 103 . Robert : 34 MEYER. Kris : 30. 63. Karel :44. 32. Gian Lui@ : 53 (Pomlad v Beli Krajini) : 63 PORTUGAIS. 23. D r : 75 T H O M P S O N . 48. Prince de Grèce : 17. Viviane : 67 Pathé : 32 - T PAULI. 66. E. Jean-François : 49 M c FARLAINE. 70. 48. Georges : 17 NOVIK. 73 ROTHENBORG. George C. 33. 46. John : 58. 14 Université d'Iowa : (USA) : 74 POZZI BELLINI. 64 MARSHALL. Louis de : 31 Manitoba Federation of Agriculture and Co. : 64 SjELMAN. : 61 MENEGOZ. : 63 National Museum of Canada : 71 SLAVSON. Georges : 18. 33. Jean: 17.Jacek : 70 STRAND. J. Henri : 31. L. 60. : 63 PLICKA. 59. 60. William : 59 Société nationale d'habitations à bon marché (Belgique) : 45 O . 38. J. : 67 Unesco : 50. 47. 37.W. Vladimir : 63 SKORZEWSKI. Giacomo : 53 PREVERT. Lionel : 57. : 34 Nations Unies : 64. 58 MARKER. Marcel : 59. SIS. (Sovexportfilm Moscou) : 61 STEINER. 42.

Paul J. Basil : 42. Dziga: 13. Willard : 55. - V WAVRIN. 64 VERTOV. Harry :42. 73 WILSON. 29. Michael : 56 Vassar College (USA) : 74 WOOLF. : 71 VAN DYKE. Nicole : 31 WRIGHT. Ailan: 71 WATT. Doug. H e r m a n : 48 WILKINSON. Marquis de :46 WEVER de : 49 VANCINI : 53 Wiener Arbeiterkammer (Autriche) : 33 VAN DER HORST. 64 104 . : 73 V E D R E S . 31 - Z Y ZAVATTINI : 9 ZINNEMAN. Jean : 29. André :49 VIGO. 31 V E T U S T O . Fred : 55 WARGON.

périodiques. Nous signalons l'existence du système des BONS DE L'UNESCO Afin de remédier aux difficultés d'ordre monétaire que soulèvent les achats à l'étranger les de livres. photocopies. universités. verrerie de laburatoire. disques. fournissent aux étudiants.. b) négatifs originaux et vise à écarter les difficultés de change contre-types. l'Unesco a conçu une sorte de monnaie internationale.balances et poids. les déplacements entrepris à des fins éducatives matériel scientif ique pour ou culturelles : l'enseignement et la recherche sortes de chèques de voyage internationaux. dans chaque pays. a) copies positives et nouvelle application contre-types. ou. Toutes précisions utiles sont données dans le dépliant C e s dépliants seront adressés aux personnes qui LES BONS DE L'UNESCO en feront la demande au ainsi q u e dans le dépliant Service L'UNESCO PRESENTE LE BON DE VOYAGE UNESCO des bons de l'Unesco place de Fontenoy où l'on trouvera la liste des organismes nationaux responsables de la répartition et de l'émission des bons et les banques où Paris - ceux-ci peuvent être échangés contre les devises nécersaires. équipements de laboratoire. qui entravent souvent pour tirage de ces films . France . films. cartes géographiques . et pellicule vierge de 16mm. contrôle. s'adresser. etc. au siège de 1'Grganisation. notamment : les BONS D E VOYAGE UNESCO. instruments et matériel d'optique. à la commission nationale pour l'Unesco reproductions d'œuvres d'art. aux professeurs et aux chercheurs appareils de mesure électrique les devises dont ils peuvent avoir besoin et acoustique. diagrammes. directement.globes terrestres. films éducatifs sous forme de : L e B O N D E VOYAGE UNESCO. du système des BONS D E L'UNESCO.etc. partitions musicales. microfilms. livres. le BON UNFSCO bons Les BONS DE L'UNESÇO fournissent aux écoles. pour poursuivre leurs études appareils d'analyse et de ou leurs travaux à l'étranger. professeurs et étudiants d'un grand nombre de pays la possibilite de se procurer aisément le matériel de dont ils ont besoin pour leurs études ou leurs recherches I'unesco Les BONS D E L'UNESCO sont en vente permettent d'acheter : dans la plupart des Etats membres où il existe un contrôle des changes Pour de plus amples renseignements.

Brésil : Fundaçao GetGlio Vargas. Kanson House. Panama : Cultural Panamena.Grand-Rue. P.rue Marcq. S. R O M A . Beyoglu. AMM-AN.O. G e r m h Rodrigue2 N. Indonésie : Bappit Pusat r P E R M A T A I . Box 134-135. L U X E M B O U R G . Quiapo. Antilles néerlandaises :G. de la Unesco en Chile.A. P R E T O R I A .1 avenida Sur 37. Sous-dépôts : Oxford Book & Stationery Co. Thailande : Suksapan Panit. BANGKOK. calle San Antonio 255. M U N C H E N 8. oficina 201. République arabe unie: L a Renaissance d'Egypte. Libreria Selecta. A. F I R E N Z E . Birmanie :Burma TranslationSociety. 99 Chungking South Road. du Marché.. avenue du General Electric. E. B U E N O S AIRES. Box 145. D. P.O. Equatwr : Casa de la Cultura Ecuatoriana.caseiia postale 552. Box 569. calle PerG 11. Musée.Atlantis House. Istiklal Caddesi.Y. B R U X E L L E S 1 . N E W Y O R K 27. Pte. Edificio Banco 25 de May0 y Mcal. M E L B O U R N E C. Unesco-Vertrieb Capponi. Fredsgatan 2.45.Y.. Yegros entre BOGOTA . Box 620. Bocage. Mercedes 49 P A N . P.PRINCE. MONROVIA. avenue Roume. HELSINKI. PARJS-7=. 2 Keskuskatu. Box 149. Pour Le Counie): Svenska Unescoradet.O. Nicaragua :Libreria Cultural Nicaragüense. Knox Educational Services. apartado 1313. 23. K A B U L . Box 174. rue Roux. Canada : The Queen's Printer. via Garibaldi. L O N D O N S. Nicol Road. Lille Grensen 7. Sabana. Scindia House. Box 724. O'Higgins 1058.V. rue zona 1 (Altos). 5/. Inc. calle de Onate 15. Standaard Boekhandel. Irlande : The National Press. K O W L O O N . 36 A Mount Road.0 115. Nouvelle -Zélande : Unesco Publications Centre. Ghana : Methodist Book Depot Limited. Moroci Centre de diffusion documentaire du B. Rimistrasse 5. 16._ Courrier: Louis de Lannoy. 1/24 Asaf Ali ISTANBUL.ANTWERPEN. ~~~~ U T_H . Boulevard des Moulins. Times House. N. Pakistan :The West-Pak Publishing Co. Columbia Universjtypress. S T O C K H O L M C. P. ...P. 30. B A G H D A D . sau/pour les périodiques: Roumanie :Cartimex. B U D A P E S T 62. République sud-africaine : Van Shaik's Bookstore (Pty. Benjamin Street. PARIS-7e . Suisse : Europa Verlag. 6 Ndrregade. C A L C U T T A 16. place de Fontenoy Sénégal : L a Maison du livre.S.P.26. Turquie : Librairie Hachette.Jir6n Huancavelica (calle Ortiz) 368. S A L I S B U R Y (Southern Rhodesia).Grande. Taiwan (Formosa). @. MANILA. C O L O M B O 2.50 NF . Box 244. Adly GUAYAQUIL. SAN SALVADOR. D A K A R . .S. J.O. 91 Harbour Street. : 17 Chittaranlan Avenue. GIRARDOT. 100 Parsons Road. Oficina de Representacion de Editoriales. avenida Jiménez de Quesada 8-40. Street. ADDIS A B A B A . Dar-ul-Kutub.. M A N A G U A . P A N A M A . Yougoslavie : Jugoslovenska Knjiga. Pologne : Osrodek Rozpowszechniania Wydawnictw Naukowych République Dominicaine : Libreria Dominicana.. R O M A . apartado S A N JOSE. Vasagatan 15-17.) . Ethiopie : International Press Agency. River Valley Road.O.. TORINO.S. Pedro Moncayo Y 9 de Octubre. CIUDAD TRUJILLO.P. SOFIA... R A N G O O N . carrera 6 . Albanie: N. 186 Praia de Botafogo. 41. 28.O. P. casilla de correo n. ASUNCION. Danemark :Ejnar Munksgaard. place de Brouckère. Hong-Kong: Swindon Book Co. Ltd. Monaco : British Library. SAIGON. Cuba : Libreria Econhica. Libreria Zanichelli. Ignacio Mariscal. Salvador : Manuel Navas & Cia. I P O R T .A n. Jamarque :Sangster's Book Room. Royaume-Uni : H..K O B E N H A V N K. Harti : Librairie a A la Caravelles. S.* calle 6-79. Grèce: Librairie H. 801 Third Street. G E N E V E . 1 (Victoria). LISBOA. '. B. 30 Ve Smezkach. Australie : Melbourne University Press. Lady Lochore Nigeria: C.23. A T H E N E S . Tanoanviko: Dar es Salaam BookshoD.) N.F. MADRID.. Pa. Finlande : Akateeminen Kirjakauppa. via Gin0 Allemagne (Rép. via Ulrico Hoepli.M. Building. 40. Box 605. 36. Commercial Suède : A/ B C. Antilles françaises : Librairie J. riie du Stade. P. Momolu Kamara. Plaza DJAKARTA. Bokhjdrnet. Lf. 25 Nathan Road. Philippines : Philippine Education Co. M O S K V A G 200. 43. Malaisie (Fédération de) et Singapour :Federal Pliblications Ltd. M A D R A S 2. Fédération de Rhodésie et du Nyassaland :The Book Centre. Portugal :Dias &Andrade.). für Deutschland. Espagne : Libreria Cientifica Medinaceli.er piso. - U R 5 S : Mefhdunarodnaja Kniga. Naufal et Frères. P. TOKYO. 13. ystal4081. Cagancha 1342. Norvè e: A. via della Mercede.). Sh Botimeve aNaim FrasheriD. Mexique : Editorial Hermes. Pour Le B E Y R O.O pso. neo23 . Tori-Nichome. bulevar Artigas 1320-24. B O M B A Y 1. Bahous & Co. P.rua do Carn. N. Box 66. Rajdamnern Avenue. 15 rue Lavoir. 69 Front& Gurley Streets. C A P E C O A S T .. Inde : Orient Longmans Ltd.T. Pour Le Courrier: Cornision Naciqnal Road. . First Etats-Unis d'Amériaue : Unesco Publications Center. avenida B.P. Belgiëlei 151.22.O. Ltd. V A L L E T T A . Church Street. DAR -ES SALAAM. L A P A Z . Ouganda : Uganda Bookshop.a n. 26 Kingsway. SANTIAGO. Belgique :Office de publicité. Zayas 505-7. B. C A R A C A S . casilla de correo. B O L O G N A . G U A T E M A L A . TIRANA. Hoepli. 1742 %l. 211. 283.A. F O R T . Avenue.C. SANTIAGO. correos 2018.. K A M P A L A . Paraguay : Agencia de Librerias de Salvador Nizza. Hongrie: Kultura. Centro de Cooperacion Cientifica para América N E W DELHI.P. de Bogota. Section des ventes.. . Libreria Universitaria. COCHABAMBA. Cambodge : Librairie Albert Portail. B.F. 577.OO . Libri Building. T E L AVIV. 14. 185-193. P R A H A 2. 208. Liban : Librairie Antoine. Box 374. Rosenheimerstrasse 145. Imprenta y Libreria Trejos. B O G O T d . Lda.E. 22. 7. ei. Bu garie : Raznoïznos. P. S.. LIMA. Corée : Korean National Commission for Unesco.1. 469. B E O G R A D . Section 1. M O N T E V I D E O . BRUXELLES.DepartamentO de Venta de Publicaciones. Venezuela : Libreria Politécnica. Fritzes Kungl.O. MILANO. M O N T E -CARLO. MERIDA. Latina. Z U R I C H . Ballsbridge. P. apartado nacional 83.. 1. S-GRAVENHAGE. Unesco Publications Chine : The World Book Co.O. N E W DELHI 1. Stationery Office. Irak : McKenzie's Bookshop. 6. C H R I S T C H U R C H . avenue Boulloche. Universidad de San Francisco Xavier.O. CAIRO (Egypte). Pour L e Counier: Ediciones Iberoamericanas. Martinus Nijhoff. P.) : R. 859. Kauffmann. L A H O R E .P. local A. K I N G S T O N . Libreria Paravia. O T T A W A [Ont. Avenida 3.. Largo Chighi.F R A N C E (Martinique). Duque de Medinaceli 4. Porticidel Pavaglione. Box Central 64. 2 Wellington Road. place de Fontenoy. apartado de correos 656.70.. N E W Y O R K 22. Aristide Briand 14-18.O. N. ' PUBLICATIONSDE L'UNESCO : AGENTS GENERAUX Afghonistan : Panuzai Press Department. Salt Road.. Mansion 9.GOS.).(stg. M E X I C O . Alsina 500. apartado 113.O. 9 Sh. PaYac Kultury i Nauki. Chi I i : Editorial Universitaria. Spengergasse 39. Bnlivie: Libreria Selecciones. - P H N O M PENH. Ltd.I.0 TI-49.N. Ceylan : Lake House Bookshop. 369 Lonsdale Street.apartado de Colombie: Libreria Central.S. DUBLIN. 1 Tzar Assen. calle ViIlaflor. W A R S Z A W A . Terazije 27. Libreria Internazionale Ulrico Hoepli. Ballard Estate. Livraria Portugal.O.Str. A. S T O C K H O L M 16. France : Librairie de l'Unesco.E. Guatemala : Cornision Nacional de la Unesco.A. caixa RABAT.. P.D E .calle 15 de Septiembre n. Argentine : Editorial Sudamericana. RIO D E JANEIRO. S U C R E : Libreria ULOSAmigos del Libror..A U . M A D R I D 14. Italie :Libreria Commissionaria Sansoni (Agentegenerale). féd. B.0 14-32.V. (Ned.A. BUCURESTI. avenida 7. 5. Road. 35 Allenby Road et 48 Nahlat of Education. Ant. Vente en gros: Unesco. 111. SPALDINGS. (Nigeria) Bookshops.0 3542. Tchécoslovoquie: Artia Ltd.. Tokyo Central.. Autriche: Verlag Georg Fromme & Co. WIEN V. S E O U L .A. NGcleo del Guayas. Libéria :J. Libreria Buchholz Galeria.361 Prome Road. Pérou :r E S E D A L . Van Dorp&Co. 1104 Castillejos L A HABANA.M. P.ys-Bas : N. Djalan Nusantara 22.: 17 Park Street. Box 9030. Ltd. Box 120.V.. Royal Afghan Ministry Israël :Blumstein's BookstoresLtd.. TAIPEH. B..O.. Uruguay : Unesco. Hovbokhandel.. T E H E R A N . Singopour : Voir: Malaisie (Fédération de). Pasha. Oldenbourg Verlag.O. 656. 100 Hackthorne casilla 10220. House. rue Tu-do. Lange Voorhout 9.56-N Gulberg Industrial Colony. M O N T E V I D E P . Oficha de Serviciosr. Viêt-nam : Librairie papeterie Xuân-Thu. W I L L E M S T A D (Curaçao. Ltd. Malte : Sapienza's Library. Libreria Internazionale Modernissima. ~~ C A L C U T T A 13. Estigarribia. . OSLO. Nihonbashi. 5. P. al lado Iran :Commission nationale iranienne pour l'Unesco. . avenida Camacho 369.2960 Broadway. 3. Jordanie : Joseph 1. et. Costa Rica .. Luxembourg :Librairie Paul Bruck. SINGAPORE. Japon : Maruzen Co. Payot.Box 100.o.