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~ Rapports et documents no.16 1962
de sciences sociales

DOCUMENTS SPECIAUX
DU CENTRE DE DOCUMENTATION DES SCIENCES SOCIALES

L e s documents spéciaux du Centre d'information des sciences sociales sont
destinés à fournir un matériel documentaire à un public restreint de spécia-
listes, au fur et à mesure de l'exécution du programme de l'Unesco dans le
domaine de; sciences sociales.
Lorsqu'il présente un intérêt général, un tel matériel fait l'objet de publi-
cations particulières. A u contraire, les documents spéciaux reproduisent
divers textes qui n'exigent pas une large diffusion. Il s'agit souvent de rap-
ports de missions exécutées en application du programme ordinaire de l'Unesco
ou de son programme spécial d'aide aux Etats membres ; d'autres documents
fournissent des renseignements qu'il convient de diffuser sous forme de
<( communiqués*.

L e contenu de ces rapports et documents engage la seule responsabilité de
leurs auteurs, dont les opinions ne reflètent pas nécessairement celles de
l'Unesco.
L e s documents spéciaux publiés par le Centre d'information des sciences
sociales sont tirés en offset et paraissent sans périodicité stricte. L e s titres
suivant ont déjà paru :

SS,/CH 1 Enquête sur la manière dont les Etats conçoivent leurs obligations
internationales, par Paul Guggenheim.
SS/CH 2 Mission relative à l'enseignement des sciences sociales au Pakistan,
Rapport d'André Bertrand.
SS/CH 3 L e s conseils de recherches de sciences sociales.
SS/CH 4 L'enseignement des sciences sociales dans les écoles secondaires
(épuisé).
SS/CH 5 L e s organisations internationales de sciences sociales.
SS/CH 6
SS/CH 7
-
L e s conseils de recherches de sciences sociales addendum 1956.
Fondations exerçant une activité en matière de sciences sociales.
Répertoire international.
SS/CH 8 L'assistance aux pays sous-dévelo pés, bibliographie commentée,
réparée par Jean Viet ; (bilingue A/%) (épuisé).
SS/CH 9 gléments d'une documentation sur les problèmes de relations raciales.
SS/CH 10 L e s communautés rurales; problèmes, méthodes et exemples dere-
cherches, par 1. Chiva (épuisé).
SS/CH 11 Répertoire international d'institutions qui s'occupent d'études de
population ; (bilingue A/ F).
SS/CH 12 L e s villes nouvelles ; éléments d'une bibliographie annotée, réunis
par Jean Viet.
SS/CH 13 L e s organisations internationalesde sciences sociales ; édition revue
et augmentée avec une introduction de J. Meynaud.
SS/CH 14 Eléments d'une documentation en criminologie; réunis par la Société
internationale de criminologie.
SS/ CH 15 Coopération internationale et programmes de développement éco-
nomique et social ; bibliographie commentée, préparée par Jean Viet
(bilingue A/ F).
Une ((Annoncede Publication» est préparée pour chaque nouvelle livraison.
Prix variable suivarit le numéro.

SS. 62.XV. 16 F

A c h e v é d'imprimer dans les ateliers
de l'organisation des Nations Unies pour l'éducation
la science et la culture,
-
place de Fonrenoy Paris 7e
0 UNESCO 1962

Cinéma
et sciences sociales
Panorama d u film ethnographique et
sociologique par Luc de Heusch

Unesco

L'ouvrage n'est donc pas appelé à tfaire le point» ou à présenter les résultats de recherches nationales dans ce domaine. ainsi que le Conseil international des Sciences sociales. quelques grandes lignes pouvant servir à ceux qui approuvent. ou au contraire. rejettent ces conceptions. . professeur à l'université libre de Bruxelles. L'Unesco espère que l'ouvrage servira de base de discussion pour des colloques ou séminaires. mais à stimuler de futures enquêtes nationales et internationales. a bien voulu se charger d'analyser un grand nombre de films documentaires. NOTE LIMINAIRE L'Unesco consacre le présent numéro de ses Rapports et Documents de Sciences sociales à une nouvelle étude-pilote : M. en dégageant hardiment. qui s'est chargé de la mise au point de la bibliographie et des index. une telle analyse n'a pas été entreprise jusqu'à ce jour sur le plan inter- national. en se plaçant au point de vue de leur utilisation pour la recherche et l'enseignement en sociologie (ce terme englobant la psychologie sociale et l'anthropologie culturelle). a bien voulu accepter de rédiger la préface. A notre connaissance. appartenant à la production de pays très différents. du Centre national de la recherche scientifique (Paris). Monsieur Edgar Morin. ou de point de départ pour de nouvelles enquêtes portant sur un domaine particulièrement fascinant. non sans formuler des jugements de valeur personnels. L'Unesco tient à remercier les auteurs. L u c de Heusch.

de toutes façons. c'est-à-dire de privilégier Les images agréables à l'oeil au détriment des autres. Mais. IL faudrait supposer - plusieurs caméras opérant simultanément pour espérer. T. une poésie donnée. Mais Les problèmes restent. pt yue l opérateur tendra à exalter par ses moyens propres (angle de prise de vues. bien qu'elle enregistre avec plus de précision. une saisie totale analytique et synté- - tique du réel. La vérité à la- yuelle peut tendre le cinéma ne peut faire abstraction du témoin ou du chercheur. Mais cette opération de montage analytique et syntétique est finalement de m ê m e nature que l'opération intellectuelle qu'exige la rédaction d'un article ou d'un livre. Cette maniabilité ne résoudrait d'ailleurs pas tous les problèmes.et tout film est une oeuvre intellectuelle . du m ê m e coup. Prenons l'exemple d'une danse: l'image de la danse sera chargée d'une poésie qui est celle de la danse. de son intelligence et de son flair que dépend la vali- dité objective de son film. y compris ses qualités esthétiques. mais plutôt dans La tentation d'enjoliver. se déplace du document filmé au cinéaste lui-même: c'est de sa propre honnêteté.souvent du reste. Cette définition n'a d'autre avantage yue d'écarter 1 'idéal impossible d'un cinéma extra-humain.L'enjolivement conduit nu film truyué. lui ouvrant véritablement une troisième dimension.mais les problèmes spécifiques posés par La recherche cinématographique de la vérité. quand il s'agit de rendre compte d'un phénomène empirique ? A priori. alors que le Langage écrit tendra toujours à éliminer cette poésie pour analyser les gestes et mouvements. les mouvements d'appareil. L'image cinématographique est un document reflet - apparemment plus fidèle que la note prise sur calepin.le donné sensible. toujours. C e gros oeil sur béquilles est encore un infirme. qu'elle ne peut échapper au travail d'abstraction que l'esprit humain opère sur le réel pour le comprendre. D e toutes façons. Ceci nous permet d'éliminer le rêve fou de ceux qui auraient pu espérer une documentation cinématogra- phique. cadrage).donc trahit . dès lors. parce que. on pourrait penser que non: l'image cinématographique semble éliminer ce médiateur qui abstrait. traduit . L e danger n'est pas dans cette poésie donnée.mieux. Il y a les problèmes esthétiques au niveau de l'image: l'image porte en elle les qualités indifférenciées de la vie. et il faut attendre qu'il puisse acquérir une Légè- reté et une maniabilité extrêmes. une sociologie cinématographiyue libérées de l'humanité de la - subjectivité.tout cela doit permettre au chercheur de partir comme un scaphandrier vers les fonds obscurs de La réalité. de sa rigueur. PREFACE Par Edgar Morin Le Langage cinématographique pose-t-il des problèmes plus irritants p e Le Langage écrit. Il serait non seulement barbare. la caméra ne dispose pas de la mobilité de L'mil humain. Non seulement les problèmes posés par toute opération intellectuelle . schématise.par micro-émetteur. et que séduisent en cours de route les sirènes de l'esthétique . Il y a dans la vie. au montage. les modifications du foyer sont autant d'interventions de l'homme sur le phénomène observé. une recherche cinématographique. dits e micro-cravates9 ou << micro-fusils. mais absurde de vouloir éliminer cette poésie. Il y a les problèmes techniques: sous de multiples impulsions. Comprendre.J e donnerais donc cette définition tautologique du film scientifique:unfilm scien- tifique est un film fait (tourné et monté) dans un esprit d'élucidation et de vérification scientifiques. la caméra électronique est insonore. l'esthétique la plus conventionnelle.les pellicules ultra-sensibles qui suppriment les éclairages . que l'image exalte souvent.)> la prise de son sur magnéto- phone portatif ou. pour qu'il devienne un appendice de L'œil de L'opérateur. Les nouveaux types de micros (micros portatifs. L e «pittoresque$ tend naturellement A détruire le vrai Tel est bien le danger gui guette ethnologues et sociologues partis à la recherche de la vérité.e problème. en fait. . la technique de L'enregistrement audio- visuel est en train d'accomplir des progrès décisifs. c'est dire. de la personnalité du cinéaste.à l'image pour l'image. c'est toujours articuler réciproquement le réel sur les structures de l'esprit humain et les struc- tures de l'esprit humain sur Le réel.

l'officiant d'un culte. c'est vers cette terre promise que se dirigent aujourd'hui de multiples courants de recherche. non seulement de découvrir une vérité. C e s problèmes sont moins apparents. sont déjà en situation théâtrale. en fait. parce qu 'il y a une différenciation plus nette entre langage scientifique et langage littéraire. Mais le visage de l'ouvrier. Venons-en au problème vraiment spécifique du cinéma. dans le cas du film de sciences sociales. Cela conduit à cette conclusion : les problèmes du montage en matière de cinéma-vérité doivent être totalement repensés. partout où l'individu est directement intéressé. Il reste à l'observateur à se camoufler lui-même. qui s'est constituée en fonction des besoins commerciaux du cinéma standard: cette rhétorique commande un type de montage *intelligibles au spectateur. Si. sur les résultats que provoquent les différents niveaux de la socialité.. mais se présentera souvent inextricablement mêlé - dans les images. Il y a des lieux et des situations où nul camouflage n'est pos- sible. ne transforme-t-elle pas le réel ? L e réel ne va- t-il pas jouer la comédie. de plus. il y a choix de données. le plus difficile. le film ne perturbe guère ce qui est socialement mis en scène. bagarre. voire enjolivée. dans de nombreux pays. m ê m e sans caméra. le chef d'Etat faisant un discours. Or.. la tentation de faire beau joue. la passion réellement en jeu est si intense que la caméra peut être oubliée ou ignorée par les participants. et. Certes. Il y a la socialité rituelle. de toute part. Il faut donc réfléchir sur le type de vérité que l'on recherche et. mais . - je l'ai déjà dit. et. Elle peut certes être camouflée. au niveau de l'écriture proprement dite: là aussi. Il y a des situations où l'observation subreptice devient indiscrétion. partout où il y a des rapports inter-individuels - d'autorité. D a n s ce cas. s'endimancher$. de haine c'est-à-dire tout ce qui concerne le tissu affectif de l'existence humaine. Là encore. voire m ê m e surajouter w e ahistoiren artificielle à son film. tentative de présentation d'une réalité typifiée. de façon certes différente. Mais il y a des limites pratiques et m o r d e s au camouflage. les opé- rations de camouflage de la réalité s'exercent contre tout observateur venu du dehors. U n e caméra est toujours perçue. d'amour. Or il est plus facile de camoufler un h o m m e qu'une caméra. inévitable. mais avec une possibilité illimitée de truquer et dt dénaturer. les mains et le corps ne sont pas perturbés dans leurs opérations essentielles. le plus émouvant. au culte. Il s'agit. perturbe la vie qu'il veut saisir dans son naturel. chasseresse c o m m e la caméra de Dzign Vertov. Il y a la socialité technique: gestes du travail sur outils ou machines. un sociologue industriel. le pittoresque artificiel. mais aussi parce qu'on les escamote. moins authentiquement que le cinéma joué? - L e réel ne va-t-il pas se figer. confrontation de l'auteur avec une rhétorique apprise. parce qu'il ne peut en connaître une autre et qu'il s'est mis à l'école des mon- . et passer inaperçu s'il imite les autres. cérémonielle: dans ce cas. le plus secret: partout où les sentiments humains sont en cause. de cette rencontre caméra-réel. et perdre ce qui était son essence la vie spontanée- pour devenir mécanique ? O u bien encore. indécence. Il y a les problèmes esthétiques au niveau du montage. 'A cela s'ajoutent les problèmes grammaticaux au niveau du montage. ajouterai-je la poésie et l'art. etc. le lexique-montage. Alors se pose le problème :si la caméra est ostensible. dans certains cas. il risque de faire des concessions plus graves: éliminer ce qui est supposé ennuyer ou déplaire. au rite. la grammaire n du montage style Berthomieu. Q. Voilà s a terre promise. - teurs professionnels. dans une voiture de postier. du cinéma-vérité. ne va-t-il pas naitre un nouveau - type de vérité. Voilà la grande terra incognita du cinéma sociologique ou ethnologique. qui est. les conditions sociales du travail ne seront pas authentiques. il a l'ambition légitime de commercialiser son film. celle-ci cesse de perturber le phénomène.. moins bien que le cinéma imaginaire. derrière une glace sans tain. qui est la pertubation que provoque la caméra sur le phénomène observé. U n e caméra peut être à l'affût. U n h o m m e peut se mêler à la foule. o n s'en rend compte dans la pratique. qui oblige le cinéaste. une rhétorique élémentaire. N o n pas pour éliminer la poésie et l'art . à obéir à cette rhétorique. m ê m e s'il ne veut pas faire un film commercial. Il y a la socialité intensive :guerre.. dans son usine. match sportif. Il y a le reste. dans ce cas. c'est la vie qui est déjà théâtralisée. de subordination. un ethnographe sur le terrain. Il y a une <grammaire> du montage. Mais il faut refuser l'enjolivement. L e s problèmes évoqués jusqu'à présent se posent. Tout film scientifique doit accepter avec - bonheur. suscite méfiances ou complaisances. qui sera dialogue entre l'observateur et l'observé où l'observateur demandera à l'observé de lui révéler ce qui ne pourrait émerger sans cette rencontre ? Tout cela est non seulement possible. délation. de camaraderie. Partout où il y a un pôle d'intérêt ou de passion plus fort que la caméra. dans ce cas.

. disait Shakespeare. Cette - comédie révèle la vérité autant qu'elle la camoufle: nos masques . En fin de compte.je veux dire nos visages nos rôles - - je veux dire nos propos nous servent. Luc de Heusch nous donne ici la meilleure information et la meilleure introduction & un cinéma à la fois très ancien (n'émerge-t-ilpas avec Lumière et ne connaît-ilpas son premier chef-d'œuvre avec Nanouk ?) et très nouveau (puisque d'immenses possibilités sont demeurées sous-développées. La vérité n'est pas un Graal ultime à conquérir: c'est une navette incessante qui circule de l'observateur à lobserué.en grande partie. ou demeure toujours sous la surface des apparences. peut nous donner à voir cette comédie aux multiples visages qu'est la vie sociale. une fois que nous avons surmonté ce mur du son qu'oppose le réel à la caméra. par un acte pourrait-on dire de magie démystificatrice. de comédie: les sociologues qui ont analysé les rapports sociaux sous forme de trôle takings et de trôle playing» ont retrouvé une vieille idée des philosophes et des mora- listes. et que les actuels progrès techniques lui ouvrent de nouveaux horizons). qui est celui de la vérité. le grand mérite de la recherche de la vérité n'est pas d'apporter la vérité mais de poser le problème de la vérité. de la science au réel. à une nouvelle conquête des sciences sociales. L e cinéma. < L e monde est un théâtre. nous découvrons que le réel lui-même est fait. . et à un problème permanent. Car. à nous exprimer et à nous camoufler.aussi d'extraire une vérité qui se tapit ou se camoufle. en même temps. Luc de Heusch nous aide admirablement à appréhender ces problèmes.

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31 A. 30 Montages d'actualités et magazines filmés . . . . . . . . . . . 41 2. . . . . . . . . . . . 48 4. . . . TABLE D E S MATIERES INTRODUCTION . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17 B. . . . L e mouvement Free Cinema . . . L e film ethnographique et sociologique en Italie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64 7 . . . . . . . . . . . Usages spéciaux de la caméra dissimulée . . . . Quelques films produits par les organisations internationales . . . . . L e film et les traditions populaires dans quelques pays d'Europe orientale . . . . . . . . . 52 5. . . . . . . . . . . . . . . Tendances du film "ethnographique" en URSS . . . . . . . . 16 2. . . . . . . . . . . . . . L e film de propagande sociale . . . . . . . . 29 Dziga Vertov . . . . . . . . . . . . . . 31 L a technique du reportage . . . L e Comité international du film ethnographique et sociologique . . . . L'information sociologique par le cinéma . . . . . Les voies du film sociologique (1) :les archives cinématogra- phiques de notre temps . 54 7. . . . de Luis Bunuel . 16 1. . . . . . . . . . . . . . . . . L e débat sur la valeur scientifique et la méthode du film ethnographique et sociologique. . . . . . . . . . . . . . L e film-document . . 29 Jean Vigo . . . . . L e film ethnographique et sociologique aux Etats-Unis. . . . 41 1. . . Les théories. . . . . . . . 18 CHAPITRE III . . . . . . 32 C. 54 6. . . . . . . . . 16 3. . . . L e film ethnographique et sociologique en France . . 34 CHAPITRE IV . . . . . . 59 8. . . . . . . . . . .Pour servir à une typologie du film sociologique . . 36 L'oeuvre de Flaherty et la méthode ethnographique . D e l'oeil magique à l'oeil aveugle. . . . . . . . . . . . 11 CHAPITRE II . . . . . . . . . . . . . . . . . 45 3. . . . . . . . 29 Les actualités cinématographiques . . . . . . . . La première génération. . 36 Quelques films de Flaherty . . . . . . 9 CHAPITRE 1 . . . . . Difficultés d'approche . . . . . . . 17 A. . . . . 31 B. L'évolution du documentaire social en Angleterre depuis Grierson. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . U n classique espagnol du film sociologique : Los Hurdes (Terre sans pain). . Examen critique de ces thèses. L'office national du film du Canada (The National Film Board of Canada) . Cérémonials et mouvements de foule . . . Les gestes du travail : de la naissance du documentaire social en Angleterre aux films syndicaux . . . . . . . . . . L e film et la recherche sociologique . . . . . . Les voies du film sociologique (11) : la tradition de Flaherty ou la caméra participante . . . . . . . . après Flaherty . . . . . . . . . . . . 38 CHAPITRE V . . L e documentaire social en Belgique et aux Pays-Bas . . Esquisse d'une histoire du film ethnographique et sociologique . . . . . . . 61 10. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61 9. . . . . . . . . . . .

... CHAPITRE VI .. ..... .. 65 Films scientifiques spécialisés :France............ . L'utilisation du film dans la recherche ethno-sociographique et l'enseignement universitaire des sciences sociales .... République fédérale d'Ailemagne. . 76 ANNEXES Bibliographie sélective .. ...... ........... ... Belgique. .. Yougoslavie... . . . 100 8 ...... ...... ...... Pays-Bas. Canada.... . ... .... ... . . .. . 79 Catalogues de films ......... Danemark......... ... Italie.... 66 L a méthode comparative dans l'enseignement audio-visuel des sciences sociales . Suisse.... . ........ . Tchécoslovaquie.... 86 Index des n o m s de personnes .. Pologne...... 83 Liste des films . ............. . . 75 CONCLUSIONS . Grèce.... .. Etats-Unis . ... ........... .. .. ......... 65 L a valeur initiatique du film sociologique .

Cette discipline neuve et Marquons approximativement les limites du passionnante explore. indirectement pourrait-on voyage : nous naviguerons jusqu'aux confins de dire. INTRODUCTION Cinéma. Embarquons-nous si nous nous engagions dans cette voie. Voici donc une première dans la "fiction" cinématographique. étroitement imbriquées appellent chacune une on le sait. tenus latents. tiques se sont m & m e réclamées ouvertement de la m a ? Et de quelle façon ? Toutes ces questions perspective sociologique. de recherches esthétiques dont se nour. assez arbi. qui tournèrent longtemps autour de la lune mais ne les réflexes culturels. sociologie du cinéma. plan ou au premier plan du récit dramatique : elle trebande. L a sociologie du film senourrit d'une réflexion: trairement. veux être toujours et avant tout un contemporain" Mais d'abord. Cité par Agel. un artiste authentique. ce film admirable procède d'une esthétique morales. Paris seulement l'imaginaire. l'isoler dans l'immense production mon. peut être défini grosso modo par l'appel. de quel cinéma et de quelle réa. p. le m a g m a confus d'idées. "et ceci. c o m m e cinématographique . à un langage logique". extrêmement élaborée. d'Amérique. des drames collectifs de académique ? L a notion m ê m e de sociologie est notre temps"/l. Cet univers que nous nous in. Mais. la dimension propre du film de fiction n'est pas 1. si éloignée de la démarche tradi. au vaste domaine du "film documen. à de rares exceptions près. les tabous. Tous authentique de la réalité sociale ? Quelles sont les grands cinéastes. - art c'est là la singularité profonde du cinéma - traction tiraillent notre propos en sens divers. les rêves. la démarche créatrice m ê m e du J. 49. nous explorons et qu'il est utile de distinguer :la dant quelques heures une conversation difficile. U n film inachevé d'Eisenstein constitue tement aux m ê m e s recherches en Union des répu. l'autre. Telle fut. le reflet de la réalité sociale dans l'oeuvre l'imaginaire mais nous n'y aborderons pas. humain et social universel. les valeurs les s'y risquèrent pas. - aussi Chaplin. tionnelle ? Risquons ce voyage. plus contradictoires qui se dessinent à l'arrière- terdirons. dans bien des cas. Plus que dans tout autre 1957. nouvelle. précurseur de cette discipline film de fiction . elle rend manifestes les con- ces aéronautes (demain archaïques) de Jules Verne. P. les refus. 9 . fication des événements. n'est-ce pas une entreprise chimérique. notre pro- avec le savant et l'artiste et tentons de trouver un pos glisserait vers un domaine voisin de celui que langage commun qui permettrait de soutenir pen. Mayer. d'une manière ou de cherchent à appréhender et à définir par des tech. à laquelle s'applique diffi- rissent. n'arrive à une expression artistique. son auteur est. des aspects matographique. approximation : nous nous limiterons. l'imaginaire est tangent à la réalité . une manie désespérante de notre gnages cinématographiques ultérieurs retrouveront. c o m m e Que vient faire ici le chercheur scientifique ? N'a. parce que le cinéma lité s'agit-il ? Brandir le concept de "film socio. en dépit de quelques incursions en con. ces ar. arbitraires. Eisenstein et Poudovkine se sont floue. de leur époque. au m ê m e titre que le "met- teur en scène" du film dramatique. significatifs de la société qui les sécrète. Mais nous voici acculés à une nouvelle dont le cinéaste accepte ou refuse les valeurs. - tout film est un miroir le miroir d'une société taire". variable selon les pays et les traditions voulus les témoins de la naissance d'une société scientifiques locales. aux Etats-Unis Que Viva Mexico (1931-32). Réciproquement. déclare Zavattini . Les oeuvres médiocres m ê m e ex- t-il pas tort de s'embarquer dans l'aventure ciné. époque de cataloguer. en Europe occidentale. de toute façon. Esthétique du cinéma. jadis Molière. que le commerce ou la servilité politique n'ont ciologique ? C e que les sciences sociales pas pervertis. Cette épopée exprime. Elle ne s'applique pas exac. cilement l'épithète "réaliste" Les grands comiques tistes compliqués que sont les créateurs de films ? . lation "films de fiction". précisément l'un des cas-limites de notre propos : bliques socialistes soviétiques. fait donc la part d'une certaine réalité dans le rêve. les mythes. avec une force exceptionnelle que peu de témoi- d'autre part. le plus souvent à leur insu. de valeurs Or. L'essayiste les techniques. la position du néo-réalisme italien. primnt. "Je réponse nuancée. sciences sociales :ces deux p81es d'at. tous les esprits honnêtes les exigences particulières de l'investigation so. de découper en catégories le goût étonnant de la mort qui brûle l'âme indienne. témoignent. notamment. Tati sont des témoins. N'est-ce pas. mais difficulté : le film dit documentaire utilise muvent dont il témoigne. avec une avidité extraordinaire. il s'y appuie Comment et quand le cinéma véhicule-t-ill'image nécessairement. Certaines écoles esthé- niques complexes peut-il être ''saisi''par ie ciné. que s'il offre la signi- diale.

film de Fritz Lang. à ceux-ci sont encore témoins. T o analyse where life meets art is lignes de l'évolution du cinéma sociologique dans perhaps one of the subtlest problems the socio- un nombre limité de pays. en Europe et en A m é . des films. il arrivera Berlin in 1932. titude toute particulière à la Cinémathèque de vèle. cependant. Il n'existe German Society in those years when the Nazi aucun guide. L e testament du Docteur des catalogues. 276. de bonne ou de mauvaise foi.nous indiquerons d'abord les grandes are a part. est ailleurs. L'année dernière les . J. la perver. - point. les menteurs. C e interpréter la vie sociale à laquelle ils appar. 2. etc. envoyé des livres. Their works must consequently Notre ambition c'est pas de dresser un inven. Londres 1946. breuses personnes qui nous ont aidé dans notre - Alliés venaient juste de débarquer en France j'ai tâche. complexes qui se posent en sociologie. Notre objet. positivement ou négativement.les vu dans un cinéma de répertoire. Fritz Lang's film.nouvelle. Sociology of Film. ternational. témoins malgré eux . "Film director and script writer live in a con- cette notion aussi fondamentale qu'ambiguë. le spécialistes qui nous ont écrit. documentation éparse. en 1932. Il ne sera pas inu- vie et l'art constitue l'un des problèmes les plus tile s'il facilite l'éclosion d'essais plus élaborés. la "morale" d'une classe. au Service cinématographique du Minis- ou inconsciemment. reflect or interpret the social life of which they taire complet . J'ai cialement sensible au prix de la collaboration ami- été frappé de constater à quel point ce film reflète cale et constante que Jacques Delcorde nous a ap- l'état de la société allemande dans les années qui portée. tant8t les Leurs oeuvres doivent nécessairement refléter ou cinéastes. nécessairement imparfait. un devoir de signaler et différemment que les tricheurs. crete Society. dite "documentaire". Paris. par le Comité français du film ethnogra- leurs films révéleront à l'historien futur l'idéal phique. chainement ce travail qui constitue un outil cependant. écrivait en 1946/1 : "Le réalisateur et conduire dans cette entreprise semée d'embûches. Nous préciserons. de relever cer. les universités. L'analyse des points de contact entre la expédition de reconnaissance. Studies and d'authentiques. qui risque d'agacer tant8t les savants. que j'avais déjà vu à Berlin. artistes intègres la montrent sans doute autrement Nous nous faisons. Nous s o m m e s tout spé- Mabuse. travail. chemin faisant.P. Nous devons aussi une gra- Tant il est vrai que toute forme de cinéma ré. a film 1 had previously seen in taines oeuvres isolées importantes . un certain nombre de "docu- ments" sociologiquesqui méritent d'être qualifiés 1. à la la société au sein de laquelle elle s'élabore. le scénariste vivent dans une société concrète. en dialoguant de la vérité avec le savant et l'artiste. tère de l'instruction publique de Belgique. logist has to face. n'est qu'une tiennent. et m é m e les savants-cinéastes. à Cambridge. en nous aidant à rassembler cette ont immédiatement précédé le triomphe des nazis/2. en vue de la publication d'un catalogue in- conformiste. The Testament of ne manquerons pas. Nous souhaitons voir publié très pro- sion d'une sensibilité collective. It struck m e now to what a sur- - sans doute que nous en oubliions et nous nous en prising extent this film reflects the state of excusons auprès de leurs auteurs. Mayer. Perhaps 1 m a y illustrate this rique du Nord :ces écoles nationales ont été choi. Je voudrais Nous remercions bien vivement les très n o m - illustrer ce point de vue. Mais qui ont été élaborées au Musée de l'homme. dans lavaste production gnement des sciences sociales. Nous bridge. " 10 . les services officiels. aucune carte susceptible de nous advent was imminent. p. in C a m - leur contribution au sujet qui nous occupe. qu'un grand nombre de renseignements précis ont les maquilleurs ou les bateleurs qui n'obéissent été fournis par les analyses minutieuses de films qu'aux impératifs de la production courante. Doctor Mabuse. Les Télévision belge. Documents. Last year the Allies had just landed in sies en fonction de l'importance exceptionnelie de - France 1 saw in a repertoire cinema. consciemment Belgique. Nous nous contenterons important pour l'utilisation du film dans l'ensei- de présenter et d'analyser. enfin.

de la personne ou de la chose pourtant absente"/4.''/I pas. p. n'a cessé d'être un art réa. leur de témoignage de l'image. Edgar Morin. Une grande partie de ce qui apparte. à Laren. C'est d'elle que dépend le sort son prétexte traditionnel. - mique a résolument choisi de se construire en Puis. où il se sert de la cinéma révèle non pas la réalité. Dès le départ. s'explique. un cinéma sociologique est-il - puis l'impressionnisme c'est-à-dire. un art : ". dans une cet égard. équivoque est surtout évidente lorsque l'image que - la tension secrète vers une action a été repris nous interrogeons nous montre l'homme. - qui se trouvait devant un terrain vierge qui de- page. c o m m e la musique. et bien qu'il constitue aussi un Paris. Il y a. Bien qu'il y ait toujours de notre propos. un procès équitable. un aspect en charge par l'art cinématographique. Jadis ce point de départ était celui cinéma a conquis son autonomie contre la photo. se CINEMA ET P E I N T U R E réduise (ou réussisse) à n'être plus qu'une pure image de la réalité humaine. nous sommes ren- - nait jadis à la peinture l'intensité psychologique voyés à des problèmes de pure poétique. de photogénie et la valeur affective de la photogra- tein.i.. possible. depuis la fin ie la dernière est un "double". Barthélémy Amengual et René Micha. qui échappe à l'oeil nu. Il est certain que la photographie et le photographique. de voir davan. L a question qui se pose à nous est plut8t celle-ci :le cinéma peut-il n'être que cela ? Peut- on imaginer un cinéma qui. contradictoirement. précisé. à propos de l'image extérieur. explorant cette réalité qu'il donne à voir. ne répondent plus à cette défi- l'oeil morne. L e 4. on peut dire que c'est à notre époque seulement que les artistes prennent clairement conscience du fait que la pein. Edgar Morin. langage autonome. ). entre autres choses. Agel. on le sait. le cinéma. 33 d'une évolution générale caractéristique.. unepeinture dela réalité A travers le filtre de la création poétique. c o m m e étude pénétrantela. mais tout en serrant de plus vait se définir lui-meme. à de la société humaine. chologique et sociale qu'il s'applique à dépeindre. 1956. la construction dramatique. A cet égard. dégagé de la réalité du monde J1 est difficile d'instruire. L e cinéma. cessant d'étre art. Cette très grave interrogation ne doit pas &tre a dépouillé la réalité picturale du su. tionnelle :son point de départ est une photogra- est aussi. pur langage. il n'y a pas lieu de discuter ici si graphie. le (dans la mesure. d'après Albert il relève par l'un de ses aspects). L a photo. cinéma ont joué dans cette évolution un rdle non lorsqu'il s'agit de délimiter avec précision la va- négligeable. ce qu'il a de vivant. s'inventer de toutes près cette réalité du monde. un simple jeu de L a prodigieuse aventure de l'art contemporain de. le cinéaste a dépassé le stade On conçoit difficilement que le cinéma ne soit du décalque infantile. tech. traitée à la légère. miroirs ? Bref. analyse longuement la notion il y a des préoccupations picturales chez Eisens. D e 1896 à 1902. L a perception d'une photo met en branle un méca- en partie tout au moins.anecdotique. p. eu des peintres d'esprit moderne. au moins. tage. un cinémalatentchez Rembrandt. & ?. dans Laffay. Seul de son espèce parmi les arts plastiques (dont 1. 25 11 . montage. pour constituer son langage. IMAGE ET REALITE ture est d'abord. contre le poids du monde réel. . la dilution totale de l'anecdote. 2. du geste. en gros. guerre. 52. par ce mouvement qui a nisme psychologique complexe : "La première et chassé let * vers l'art cinématographique : étrange qualité de la photographie est la présence celui-ci n'a cessé de se nourrir de la réalité psy. L e triomphe de l'art abstrait SOUS les formes graphie du visage humain. que nous devons aborder de front :le cinéma. de tout voir. etc. L e cinéma ou l'homme imaginaire. écrit Morin. C H A P I T R E PREMIER DIFFICULTES D'APPROCHE Agel résume fort bien l'ambiguïté fondamentale cinéma s'est servi. elle l'a abandonné à tort ou à raison. ment en introduisant les normes du récit (décou. par un besoin de mieux voir. ouvrage cité. certains films de M a c chose d'elle-même. Cette du regard. de la peinture . p. des objets m ê m e s de la peinture figurative tradi- nique d'enregistrement photographiquede la réalité. les plus diverses. pièces et non réagir contre une tradition acadé- cinéma a vécu de l'enregistrement direct du réel. liste. le cinéma se situe en marge 3. dont toute poétique serait exclue ? depuis l'apparition de la photographie et du cinéma . langage autonome. mais quelque technique photographique . une "image-spectre de l'hommes'/3. nition). le phie du réel.

L a recherche délibérée de intéresse ici. une morale universelle. photo. de famille :un pouvoir d'émotion Sans les con. voir magique. les photos d'objets à usage profane ou rituel un sens. L a photographie n'a encore jamais l'expression. non A quel usage. en vérité. dérobées à la vie quotidienne. leur charme indéfinissable que . compréhensible. intitulée L a famille humaine (The Family of Men). "un fantastique latent impliqué là plut8t un amusement. afin d W r e complémentaire. qu'l'enrichir la puissance affective l'histoire de l'art. à devenir affectif et tout ce qui est affectif (qu'il recommande de montrer dans leur milieu. A l'heure actuelle. le 1. le langage de pleurer authentiquement humaine. coutumes. si du moins cette expression a un sens. dans 1. par la seule versitaire. alors qu'elle a envahi mot de Morin. une façon à parlé est toujours pauvre et l'oreille facilement laquelle le coeur plus que l'esprit reconnal't la distraite. etc. il semble que ce soit moins pour préciser ginaire". ou mieux. elle est devenue un instrument de vulgarisation Ces images. Confusément. étranger à son propos. Mais leçon. bien sQr. elle ne fait. vraie. dans cette perception. l'emploi de la photographie gens ont pu voir l'admirable exposition de photos s'est généralisé dans les musées d'ethnographie . religieusement. tend à devenir magique"/l. document. les photos de phénomènes en mouvement (rites. risque à reproduire le visage des h o m m e s qu'il a au-delà de la diversité des cultures. Une photo est toujours w e avant d'être sants". montrent scientifique dont personne ne conteste la valeur. selon le tive des phases d'un rituel. 41 5. L a phénoménologie. là. Mais. mais il le fait avec une grande les costumes. nous velle. pudeur. Marcel Griaule définit trois types les morts qui nous étaient chers survivent pour d'l'enregistrements'' photographiques. prendre le plus grand nombre possible de cli- pelle un jugement esthétique plus qu'un jugement chés des "moments critiques les plus intéres- de réalité. Phénoménologie de la perception. Dans ce domaine. Paris. ). L e cinématographe en évitant soigneusement "les effets artistiques") . Elles ont insurmontabl es de la description rigoureuse des cependant le m ê m e pouvoir insolite que les photos gestes techniques et rituels. S'il utilise la à ce que la phénoménologie appelle le "social ori. Parfois. ne s'efforcent-elles pas d'inventer 3. graphie/3. hérite de cette étrange propriété de l'image en la 2. Les ethnographes de l'image''. A u cinéma. ment parallèle de l'iconographie dans les publica- tif et sensible a pu les surprendre à l'improviste. Nul document sociologique ne révèle mieux que sévère . l'image de l'homme se l'image. vraie parce que belle. de toutes civili. Egard Morin. 1957. qui est la source et la référence sacrée. ces photos sont toujours "en marge". les photographies aériennes. c'est encore trop d'images dans les plus importantes monographies dire. ra- - ces instantanés privilégiés choisis pour leur pou. Aussi bien le cinéma règne-t-il sur un présence fraternelle de l'homme. l'archéologie. Lyotard. le gênait. Cette magie ap. transformant. connus et aimés. valables nous dans leur "double" figé. nous reconnaissons des êtres proches de riche. tographie. surajoutée. "tout ce qui est image tend. de rire ou texte. mais il ne détr8nera pas l'emploi de la pho- nous. tions purement scientifiques :l'illustration photo- Ces photos ne sont donc nullement des "poses" graphique tend timidement à devenir un langage destinées à quelque album de famille. les auteurs les moins austères l'homme est immédiatement perméable à l'homme. des h o m m e s de toutes conditions. sauf peut-@tre dans le domaine de la tech- pr@te-t-elle pour le sociologue ? Beaucoup de nologie. Etrange 3. dès lors. lude à 1'enregistrement cinématographique. 38. 12 . Dans sa Méthode de llethno- photographies des @tres qui nous sont proches . n'introduit pas été utilisée systématiquement pour l'étude exhaus- une dimension spécifique . auquel il est difficile de s'arracher. tels qu'un photographe atten. publient parfois des albums d'images. écrit Merleau-Ponty/? 2. l'absence leçon de morale. 1954. p. C'est toujours le texte dans l'objectivité m @ m e de l'image". dépourvu de toute émotion ? photo. mais c'est Ii existe. qui présente l'avantage d'8tre jointe au tout dans le monde une façon de jouer. Ces images nous univers qui n'a plus rien de c o m m u n avec labiblio- apportent mieux qu'une leçon de sociologie :une thèque traditionnelle. sociographiques révèle sans ambage un tabou uni- tendent à imposer silencieusement. le cinéma est un instrument autrement nal'tre. Sans doute assisterons-nousbient8t au développe- sations. L a "magie de l'ombre" est ici a m . Qu'on ne dise point que la Seule la photographie du corps en mouvement. d'une manière dans la recherche : plus générale. Nous découvrons avec force qu'il existe par. Nous touchons de très près. L e cinéma ou l'homme imaginaire. expliqué par lui. cependant. Cette Elles relatent des faits et se méfient du prestige auréole affective nimbe tout particulièrement les magique des mots. sans apprêt.D'où le pouvoir véritablement "magique" de la un langage objectif. pré- "qualité" artistique d'une photo est une valeur nou. c o m m e si le pouvoir émotif de l'image. une information que pour égayer un texte ardu. dans la photographie. remédiant aux difficultés parfois regardées pi eus ement . elle ne la crée pas de toutes pièces. en effet. rement intégrées au développement de la pensée. 1956. enfin. Griaule recommande de plifiée par l'obscurité de la salle. Paris. social existe sourdement et c o m m e sollicitation". "Avant la prise de conscience. Presses universitaires. Les masques. Paris. 80 précisément. l'ethnographe se communication du regard. P a r contre. Ces images authentiques éveillent la morale. Les "sciences sociales". cité par Mais cette valeur éminente ne satisfera pas Jean-F. les décors passent au second plan. p. tous les sociologues.

Et nous disons bien happé : le cinématographe éclairées. c o m m e il est lié au jeu de l'ombre et de la lumière. l'image. D'autre part. Mais le fait n'a en soi ou la brousse. Il faut. Morin. radicalement détourné problème de connaissance. 2. Lumière fixa définitivement la tech- l'intégralité d'une condition humaine. L'aspect des choses. l'image officielle de nous-même qu'imposent les habitudes PHENOMENOLOGIE DE L'IMAGE ANIMEE ET bureaucratiques du monde administratif moderne. le pouvoir émotif dont parle Edgar Morin se modifie avec la position. Edgar Morin le rappelle : les précur- tographe moderne doit aussi emprunter des voies seurs (Muybridge. le cinéma la doit à la curio- cation. pour être happé par le spectacle et devenir le ciné- elles pas. de ses fins apparentes. la marche de l'homme. Il faut bien se faire à même. C e propos préliminaire paraftra peut-être bien Les archives filmées de ce siècle commencent léger aux esprits sérieux. cinéma ethnographique et sociologique était né. un stéréotype sans vie. - dire du film spectacle a atrophié ces développe- objectif. en plongée ou en contre. C e n'est pas ne s'étonne pas. p. Morin. de lui fournir le support d'un pas seulement pour mieux voir. L a photogra. l'interprétation qu'elles suggèrent ne dépendent. Lorsque. c o m m e le ferait double :présences admirables et ingénues de la une jumelle . 15. de m ê m e . Nous L'angle de prise de vues. par le miracle de - ment . impose une certaine coloration affec- Mais les consignes qui exigent la dépoétisation tive. de la façon dont elles seront ma. duction" photographique. l'oeil voit autre- "mère baignant son enfant" ou d'une "beuverie sacrée". il fallait toute photo ses séductions magiques ? Introduit-il une l'habileté et la patience. Ceux-là réel ? Lorsque le cinéma était en train de naftre. une panique ou une joie qui m o . un plan d'ensemble. que les émulsions les plus de microscope et le transformèrent en jouet. ouvrage cité. toute photographie est une caricature. savoir étudier les phénomènes de la nature''f1. Il n'existe pas d'éclairage parfaitementneutre. pour atteindre à cette plénitude dans la communi. "capturé". Démeny) entendaient secrètes. Tout dépend de l'angle. qui auraient semblé naturels"/2. le pho. photographique. la photographie standard. guetter l'instant problématique où s'exprime en lui de son c8té.. c'est-à. re- sensibles ne parviennent pas toujours à percer. plan. D e m ê m e .semblent éprouver parfois la nécessité d'incarner plongée. le photographe guide nécessairement la prise de le texte sort du brouillard. la distance. E n lité elle-même. la notion d'un "cinéma-vérité" m ê m e réalité. le respect religieux des plus grande objectivité. le galop du cheval. Marey. LANGAGE C I N E M A T O G R A P H I Q U E la photographie-fiche signalétique. Sa naissance m ê m e . la lumière artificielle. en se rapprochant. ner les scènes décrites. on redécouvrit avec émerveillement le vol de l'oi- au-delà des fluctuations de nos grimaces. et des manipulateurs de lanternes magiques. Dès qu'il du "Déjeuner de bébé". C'est dans ces conditions particulières qu'il du "document" scientifique sont inopérantes. n'estjamais verrons comment. sur la toile. au désir de mieux voir pour mieux que l'on puisse dire qu'elle est "parlante". une singulière possibilité lui est offerte d'imagi. ''On ticulière le problème de l'éclairage. que le cinématographe seulement un problème esthétique. car faut analyser la valeur documentaire de 1a''repro- il n'y a pas de photographie "objective''de nous. rapport ambigu s'établit entre l'objet et son image dire un désarroi. le phie est un art. avec ces premières réalisations naïves. le lecteur a le sentiment d'"être présent". de l'autre. est toujours un mensonge. 13 . L e cinéma dant. du style de l'éclairage ? L'art de l'éclai. au m ê m e titre que l'art merveilleuse ingénuité de la "Sortie des usines". pour atteindre mettre au point un instrument de recherche ''pour à la véritable connaissance d'un visage. savent nous faire participer à l'essence d'un visage. dèle l'un de nos nombreux visages possibles. seau. nouant avec la tradition des montreurs d'ombres C'est alors que se pose avec une acuité toute par. aurait pu aussi bien réaliser d'immenses possibi- rage est l'art de révéler la réalité sous un certain - lités pratiques. Pour découvrir L e mouvement cinématographique enlève-t-il à la la vérité permanente d'un visage. indifférent : chaque angle définit différemment la Flaherty. dansles rues. etc. notamment. nique et lança ses opérateurs par le monde. c'est aussi un se soit vu. Qu'il s'agisse de l'éclairage ou du choix de l'angle. lorsqu'il entre dans la maison de rien que de réjouissant . cepen. dès sa naissance. avec Dziga Vertov. ces constatations simples avant d'analyser allait-il être l'instrument objectif capable de sai- l'image cinématographique de l'homme et de la sir sur le vif le comportement de l'homme ? L a société. connaftre. du l'idée qu'elle est image de la réalité et non la réa- hasard de l'instant qui nous a saisi. techniques ou scientifiques.les illusionnistes arra- l'homme. de la "Pêche à la crevette'' n'opère plus en plein air. Il est banal de rappeler qu'un objet ne prend pas la m ê m e signification dans un gros 1. ouvrage cité. L e cinéma utilise. Mais l'essor du cinéma c'est-à- jour. d'une part. Il faut aborder. connues de lui seul. pour fixer l'image d'un visage de telle façon sité scientifique. Brusquement. L e peintre surréaliste Magritte un sens. de l'éclairage. conscience. une plus grande fidélité au anciens peintres flamands ou italiens. 14. L'appareil de prises de vues ne rapproche la description. ments. de participer à l'action . avait déjà souligné malicieusement que le m ê m e puisqu'elle saisit un fragment de nous. écrit Morin. le photographe pénètre dans une zone chèrent bientût aux savants cette nouvelle espèce d'ombre plus épaisse. les champs - permettait de le croire. p.

à partir des séries temporelles hachées en naire. finalement. le gros plan était suivi d'un plan d'une pe- selon un rythme particulier qui est celui. et admira le sourire rayonnant et durée . Nous choishnes des gros plans au sein d'une structure autonome qui n'est pas con. en fait. 27-38. en invente un autre. A cet égard. spéculations sur le montage s'inspirent. 1. des gros plans de l'acteur bien quels leurs modèles appartenaient . se détachent. qui étaient tage se joue du temps réel. p. fut remué du temps réel et du temps filmique dans les pre. On a noté souvent que le temps et l'espace sait. un élément secondaire du récit C e temps "truqué". bien être. dans les trois cas. le résultat fut extraordi- qui. L'écri. le sentiment de réalité qui se dégage des terroger sur la transposition que l'image animée images. Il est évident qu'il s'agit là tement "scientifique" du langage cinématographique. de vues. à l'imaginaire . 120- On a beaucoup insisté jadis sur le r81e structu. cune recette. la physionomie de Mosjoukine était chronologique réel". de l'espace et du temps morcelés aux. ce temps "métamorphosé". sième. d'un cas limite. non de tite fille s'amusant avec un jouet cocasse repré- l'action. de la célèbre expérience dite de Koulechov. le décalage est plus celle de l'école expressionniste. telle que Poudovkine taire ou d'un film de fiction. de fiction". Quand nous montrâmes ces unit et organise en un continuum la succession dis. par pour enregistrer automatiquement la réalité sociale. les seules vertus du montage. Nous noterons aussi que se préte aussi bien à l'expression de la vérité qu'à l'expérience de Koulechov a été faite au moyen celle du mensonge. table que Mosjoukine regardait cette assiette. L a plupart des grand encore entre la réalité et son image mou. Cité par Agel. ce r81e n'est pas primordial dans le du cinéma. Dans la pre- fil visible ou invisible. Mais nous. Nous assemblâmes ces gros plans. le montage. le cinéma appartient toujours. gistre". La plupart des films que nous analy. le montage serait m é m e devenu. serons sont aussi des oeuvres cinématographiques "crée entre les plans des rapports de sens que la - achevées. alors que le cinéma véritable assemblée avec une image montrant un divan sur expurge et morcelle la chronologie . nous savions ment. tous semblables. qui étaient statiques. Il devenait évident et indubi- cinématographe Lumière. octobre 1959. m d m e s'il ne constitue pas l'essence du cinéma. est liée à leur courte f e m m e morte. changé depuis 1920 et cette prétendue loi joue de aussi bien que le cinéma de fiction. dans la mesure. Esthétique du cinéma. s'in. Paradoxalement. s'est libéré moins en moins . ceptible donc d'étre affecté au maximum de signi - rons l'occasion d'y revenir : il n'existe pas de trai. 121. par le l'a rapportée : "Koulechov et moi prhnes. il est un mière. par le profond chagrin dont il témoignait devant la mières bandes de Lumière. le mon. Roger -Leenhardt. 14 . elles se groupent connu Mosjoukine. et n'exprimaient aucune es- forme à la réalité. Dans le soupe sur une table.dont le cinéma dit documentaire. statique. définitivement. il met en lequel reposait une f e m m e morte. rela- l'interpétation "stylisée"qui serait celle du "cinéma tivement faibles. le gros plan de Mosjoukine était immédia- langage. Nous au. Cahiers A vrai dire. Il convient de ne pas accorder ainsi obtenu une grande authenticité. un langage qui adhère fortement à la réa. trop sollicitée par une esthétique particulière. fille en train de jouer. de l'univers filmique n'ont rien à voir avec les tendant à prouver que la signification émotive d'un coordonnées analogues du monde réel. cet essai n'apportera au. A cet égard.Dans core Morin. tement suivi par le gros plan d'une assiette de lité. Bref. L'esprit manie librement ce d'un gros plan neutre. la physionomie était exac- enregistrée. on voit que une importance exagérée à ce principe. Remarquons que la parfaite concordance de son regard devant le potage oublié. pp. Les cinéastes savent bien que l'on pas d'ensemble de règles qu'il suffirait d'appliquer change rarement de manière aussi radicale. Auparavant. Les limites de variation sont. mais n'en est jamais le décalque. Si ce caractère confère au document tement la mdme"/l. la signification d'un de façon de filmer qui différerait radicalement de plan. mais en donne l'illusion. 2. on le vante. où ils respectent la chronologie de l'action que. Dans la troi- accord et en raccord les fragments temporels. selon l'expression d'André Bazin.fut réintroduite dans le développement m & m e de film sociologique. L e public délira d'enthousiasme devant le menus morceaux. reconstituera un temps nouveau. mais des images de l'action. qu'il s'agisse d'un documen. immobile. réussies parfois des chefs-d'oeuvre de l'art cinématographique. c o m m e le souligne en. trois combinaisons à un public qui n'avait pas été continue et hétérogène des plans. il faut. Ambiguïté du cinéma. pour Leenhardt. Les images plan varie en fonction de celui qui précède et de extraites de celui-ci. la qualité m ê m e des prises c o m m e précédemment pour la photographie. sus- langage. celui qui suit. tel et tel film. où l'élément dominant semble l'art cinématographique. no 100. par quelque selon trois combinaisons différentes. - pèce de sentiment des gros plans immobiles. ture cinématographique condense le réel. précisé. le temps "était exactement le temps la seconde. avec d'autres fragments de film. jeu de l'interprète. Rappelons-la. fications variables. Roger l'unité de temps et de lieu qu'il impose est une Leenhardt l'a souligné :le style du montage a limitation absurde. L e montage sentant un petit ours. Il souligna la lourde amertume fluide. ces petits films relèvent plus du théâtre heureux avec lequel il couvait des yeux la petite filmé que du cinéma. C'est ce rythme mis dans la confidence. avec bonne foi ou mauvaise foi. cinématographique/2. rant du montage dans le discours cinématographique. l'analyse filmologique a été impose nécessairement à ia réalité qu'elle "enre. Il n'en reste pas moins que. dans montage.

d'exprimer la réalité fut l'apport révolutionnaire Niera-t-on qu'il ne soit. L e montage pourrait suggérer le temps : des grands cinéastes russes et allemands. qui fit passer la fonction symbolisante plus émouvant qu'un montage d'attraction ? "f 2. laquelle l'expressionnisme du montage et la valeur la durée de la chasse est la substance m & m e plastique de l'image sont les fondements m ê m e s de l'image. Dans le film. 1958. écrit Bazin. du moins. C e qui compte pour Flaherty. le montage ne joue plus certains moments privilégiés où l'adéquation guère. selon Flaherty se borne à nous montrer l'attente . de l'image et de la réalité tend à redevenir il élimine les éléments parasites. l'ampleur réelle de l'at- premiers à rejeter implicitement la conception tente.nature de chacun d'eux pris isolément n'implique devant Nanook chassant le phoque. il réinstalle le temps réel mains de la réalité. ne peut tout voir à la fois . selon le mot de Bazin. beaucoup de Flaherty. Dans cette reprise en graphe Lumière . qu'un rüle négatif . dans une matière trop abondante. Qu'est-ce que le cinéma ? 1. p. L e souci primordial cet épisode ne comporte donc qu'un seul plan. qu'elle choisit de voir. qu'assume le cinéma documen. à taire depuis Flaherty. elle part des prestiges archaïques du cinémato- est la proie et l'ombre. André Bazin. Ontologie et langage. son véritable objet. 56. c'est le rapport pas"/l~ Bazin note aussi que Flaherty fut l'un des entre Nanook et l'animal. p. 15 . ce 1. 2. 134. opère un choix parfaite. de l'art cinématographique. Paris. mais. idem. dans le temps métamorphosé du montage. de n'en rien perdre. elle s'efforce. du montage au second plan. de ce fait. L a réalité filmée n'est L e cinéma documentaire récupére donc une plus l'ombre dont le montage serait la proie . "La caméra.

au m ê m e titre que les oeuvres révèlent. Ils se présentent à nous c o m m e des que de tels films montrent autre chose que les témoignages. auquel ils s'adressent principalement. un aspect de la réalité sociale qui doit retenir l'at- taires sur l'homme sont souvent des oeuvres cri. les plus importantes du cinéma documentaire. les thèmes retenus tiques. d'esquisser l'histoire du film so. de la fiction. les raisons qu'elle a 16 . autant que les situations concrètes ment. LE FILM DE PROPAGANDE SOCIALE cinéma. on constate sou- des rapports scientifiques. Pour l'historien. du réel . dans son authenticité.regard fond de notre conscience. Les films de ce genre ont l'immense gnages sur les idéologies de notre époque. Il est remarquable que les grands films documen. D u point de vue discursif. le plus souvent. et s'opposent aspects lumineux. en quelque réaction vaguement hostile se dessine au plus pro- sorte. ciologique. té. Ces films. sophie sociale. les superficiel parfois. Lorsque à la façon d'un microscope. fournit à la sociologie plus d'un limités. Quoi qu'il en soit. un retour aux origines scienti- authentiques. au regard m é m e de l'enquêteur . on s'en doute. parfois fort ingénument. les Dès l'instant où le cinéma ne nous entranie pas deux types d'approche objective du comportement dans l'univers du réve. naturellement. qui acceptable. et dès que cuments authentiques sont des oeuvres d'art. taire" la vérité toute nue. dans de telles productions. NOUSverrons bient8t comment le souci d'exprimer. sans fards. Nous tenterons. relèvent de la première catégorie. nous. On retrouvera dans ce panorama. C e phénomène sociologique mérite rassemble dans une m ê m e perspective les oeuvres d'être analysé. provoquant l'éclosion d'une série impres- sionnante de films-documents. regard précieux néanmoins. au cours des cha. certains aspects de la vie sociale s'est développé dans l'histoire m ê m e du 2. Ils montrent. aussi leur optique particulière met en relief un en révélant des aspects fragmentaires de sa condi. regard synthétique plus qu'ana. le cinéma Distinguer. CHAPITRE II POUR SERVIR A UNE TYPOLOGIE DU FILM SOCIOLOGIQUE 1. la pro- est un langage pauvre. dont le sociologue doit aussi on mauvaise grâce à accuser les producteurs "offi- tenir compte. mais il évolue avec aisé. dès qu'une thèse moignent d'une volonté claire de refléler la réalité s'impose et s'interpose entre l'image et nous. tion sociale. Nous attendons d'un tel cinéma "documen- que les spécialistes des sciences sociales. Il est rare. Ces do. Souvent mérite d'établir un contact sensible avec l'homme. les stéréotypes de la société. E n effet. LE FILM-DOCUMENT sociologique. s'efforçant. voire des pamphlets. la sensation de liberté faiblit. ils sont des témoi- immenses. Ils n'en ont pas moins vent que le sujet est traité avec conformisme . il la valeur considérable des constats : illustration reflète les idéaux. Notre sujet exige Il arrive fréquemment que les pouvoirs publics une analyse des grands courants du film documen. Confusément naît l'impression pitres suivants. Sans doute aurait- propagande sociale. Cette loi est universelle. de grossir ne joue pas toujours avec autant de netteté. la distinction crètes qu'il a le pouvoir de restituer. une singulière régression du "cinéma" au méritent d'étre considérés c o m m e des documents "cinématographe". Il faut bien avouer ou sociologique est né bien avant que les ethno. souriants de la vie sociale na- dès lors radicalement aux films documentaires de tionale. films de propagande sociale existent et leur philo- lytique. Paradoxale. de toute façon. de provoquer une prise de conscience société se voit elle-même. ment de méfiance. - d'une duperie la thèse m ê m e serait-elle valable. nous atten- humain que l'ethnographe a définis. S'il n'échappe à personne que les films nazis une aisance merveilleuse dans les situations con. L'abstraction du langage pagande de mauvaise et de bonne foi. d'un problème sociologique ou introduction à un tel rarement ses tares. les films de ce genre sus- graphes ou les sociologues prennent conscience de citent chez le spectateur averti un curieux senti- son existence. mais ses possibilités expressives sont enseignement. utilisent le cinéma pour convaincre le public de la taire car.dont dons de lui qu'il approfondisse notre connaissance l'intention sociologique est plus ou moins nette. comment la dramatiques. tention du sociologue. que. problème. les pouvoirs publics subventionnent un film destiné Les films-documents n'ont pas été conçus c o m m e à montrer les moeurs nationales. les pouvoirs d'observation de la caméra sont qu'ils évoquent. le cinéma ethnographique véracité d'une thèse sociale. L e film-document se substitue. n'est pas sociologique lui est refusée . Ils réveillent la sensibilité autant que l'intelligence. Ils intéressent dès lors aussi bien le fiques de l'appareil de "prises de vues" s'opère en grand public. ciels" de mauvaise foi. une sociale. aspect saisissant du groupe social qu'ils présentent.

Suisse. des ethno. les Colloques internationaux du film ethnographique Quelques cinéastes de grand talent ont su expri. en 1956. Musée de l'homme. catégories précédentes. nationaux affiliés au CIFES qui poursuivent. L e Comité international du film ethnographique la fois du point de vue esthétique et du point de vue et sociologique scientifique. par domaine de l'ethnographie traditionnelle (ou anthro. autour du nom prestigieux de l'auteur de Nanook. mais. Etats-Unis d ' h é rique (Peabody films tentent d'informer objectivement le public Museum. le Flaherty m u n des problèmes que pose ce type de films. Depuis la création. ces Belgique. Pologne. fique que de l'expansion de l'art de l'imageanimée''. que l'on trouvera les oeuvres sociales Il s'est donc constitué une fédération d'organismes critiques. prudence par le sociologue qui y trouvera parfois . par un jury comprenant. et phique et sociologique. les objectifs suivants : quels les pouvoirs publics justifient auprès du pu. Parmi les ren- culier. qu'anime un m & m e souci d'authenticité. la docu- ci par des cinéastes professionnels. logiques. à l'occasion mentation cinématographique relative aux sciences d'une recherche. doivent être considérés à priori avec beaucoup de les critiquer et les conserver . est difficile de faire la part de la politique de pres. Il se pose là un difficile pro. très souvent. aussi de singuliers phénomènes de déformation Institué à Vienne. Harvard University). à l'échelle mondiale. notamment. est scientifiques ou en étroite collaboration avec ceux. C'est tout spécialement dans le sociales (ou inspirée. citons les Semaines internationales du film. en nombrables films de toutes nationalités. qui se déroulera importante aux films réalisés par des chercheurs chaque année à la m ê m e époque.dresser un inventaire de tous les films d'in- blic leur action sociale dans divers domaines. dont le siège social est à Paris. organisés à Prague (septembre m e r une vision personnelle et authentique de 1957) et à 1'Istituto di Etnologia e Antropologia l'homme. national a participé aussi au 4e Congrès mondial nérale.de s'estimer . création artistique et à l'objectivité sociologique avec la collaboration de l'Unesco. ou. en 1952. n'envisagent le problème que sous un angle parti. le Prince graphes et des cinéastes professimnels se sont Pierre de Grèce et de Danemark.rassemble chaque an- organisme. à l'écran. L e Comité inter- les commanditaires politiques. est dirigé. Cet Film Seminar. réali- pologie culturelle) que l'on voit fleurir une telle - sée dans divers pays documentation qui peut être production. d'intéressantes peintures de milieu. LE FILM ET LA RECHERCHE ont abouti à l'organisation du Festival international SOCIOLOGIQUE du film ethnographique et sociologique (Festivaldes peuples). 17 . particulier. Pays-Bas. Tchécoslovaquie. térêt ethnographique existants. Smets. les efforts capitaux importants. au née. ou CIFE (de. de "faire connal'tre. venu Comité international du film ethnographique dont le premier président fut le professeur Georges et sociologique ou CIFES. tant au point vouer la plus grande admiration à Flaherty. Il contres internationales organisées par le comité. car où le champ d'activité du Comité a été étendu à chaque création nécessite la mise en oeuvre de l'ensemble des sciences sociales. produire de nouveaux films ethnographiques .aux Etats-Unis. . en quelque manière. Je connais tel film sur l'enfance international des sciences anthropologiques et ethno- délinquante où les dignes bourgeois pleins de ver. du Comité soit scientifique. diffuser les meilleurs films ethnographiques. France. le Comité interna- malandrin ont curieusement. Royaume-Uni. gique (Centro Italiano par il Film Etnografico e Sociologico)et du Centre culturel cinématographique italien (Centro Culturale Cinematografico Itaiiano) 3. depuis 1960. évidemment. en dépit des servitudes qu'imposent à la Culturale de l'Université de Pérouse (mai 1959). à des spectacles". Parallèlement à ce courantd'intérêt. réunis à plusieurs reprises pour discuter en com.A. Grèce. a été créé à l'initiative de les étudiants du cinéma et les cinéastes contemporains Jean Rouch (qui n'a cessé d'en assuxxr les fonc. des valeurs culturelles s'affirment de vue du développement de la recherche scienti- ou sourdent. par S. D'une manière gé. d'une part. mai 1957). en vue de ''créer des ficatif que le Comité international du film ethnogra- liens entre les sciences humaines. des figures tional groupe actuellement les pays suivants : d'assassins. soit destinée à la vulgarisation international du film ethnographique. de cette espèce. C e n'est pas dans une telle production. du Centre italien du film ethnographique et sociolo- blème déontologique. en 1959). flatteur pour les institutions nationales. organisé définitivement lors du IVe Con- tus qui examinent paternellement le cas d'un petit grès à Philadelphie. Yougoslavie. de l'autre. graphique. lors du IVe Congrès photogénique. mai 1955) cien cinéma documentaire colonial regorge de films et à l'Université de Cagliari (Sardaigne. L'an. plus simplement. les pamphlets révolutionnaires. dans les. des délégués du CIFES et de l'Association interna- A c8té des documents que nous fournissent les deux tionale de sociologie. les analyser. sur un problème social. ténue dans le cinéma que dans la littérature. de son côté. les conditions de l'homme dans la société). Les in. On observe . nous accorderons une place L e but du Festival des peuples. en 1952. au Musée de l'homme (Paris. ils Italie. où les oeuvres présentées sont jugées à A. à Milan-Stresa (septembre 1959). Il est signi- tions de secrétaire général). Canada. et sociologique. L e CIFES. Dans un certain nombre de cas. la liberté d'expression est beaucoup plus de sociologie. n'a cessé de l'art cinématographique.ethno- tige dans un film d'information sociologique. Enfin. à Florence.

la théorie de Leroi-Gourhan a. sur la construction d'un film". des tain exil servaient-elles à agrémenter une confé. fiques dotent les équipes scientifiques de caméras maine de "film ethnographique". commentaire. mais suscep- en France tible d'intéresser le grand public . Leroi-Gourhan pose donc très clairement le (c) le film de milieu ''tourné sans intention scienti. m e r le film ethnographique. Pré- @tre. tout à la fois du type de son visage. les bandes "il devient possible de faire l'étude des attitudes maladroites que l'ethnographe rapportait d'un loin. Anthropologie physique : guère pris au sérieux. reconstituer toutes les étapes. en marge de toute geurs aient "donné leur premier tour de manivelle "recherche" scientifique systématique. avec les idées les plus vagues sur de Leroi-Gourhan mérite donc d W r e salué c o m m e l'éclairage et les angles et aucune notion sérieuse l'étude d'un précurseur. catégorie que l'auteur cite. que tant de voya- sannerie française (Farrebique). de Mais quelques chercheurs s'avisèrent que. Ethnographie : le film peut s'atta- de perspectives. 18 . Paris). moyen d'enregistrement gique organisé". qui doivent apprendre à manier la caméra. elles bouleversaient cherche soient réalisés par les ethnographes eux- bien des conceptions étroites de l'ethnographie . mouvements de la main de l'ouvrier ou du nageur. le film organisé fournit un précieux instrument d'enseignement. (a) L e film de recherche proprement dit -omprend. ethnologique existe-t-il ? A l'époque où ces consi. B. André Leroi-Gourhan. no 3. qui mériterait new-yorkais deviennent peinture de moeurs cu. rence aride. c o m m e une intrigue sentimen. les "films de et qu'ils reconnaissent la valeur du "cinéma- milieu" tournés en dehors de toute préoccupation archives". notamment. de marche. dit àpeine d W r e reconnue. c o m m e dans jouet. L e cinéma est entré à la sauvette dans les moeurs Leroi-Gourhan entrevoit la possibilité de réaliser ethnographiques. Leroi-Gourhan souhaite que ces films de re- dérations furent énoncées. U n enseignement sommaire de la tech- scientifique . avec lucidité. sans plan préconçu) du film organisé. un et d'établir le portrait véritable d'un groupe délassement. à juste titre. nique cinématographique est donné aux futurs cher- çoit. générales de travail. contribuèrent le plus à ce changement vocablement". Il ne s'est par exportation. Construit et géné- s'appliquer : ralement bien tourné. par contre. deux types :il faut distinguer méthode du film ethnographique et sociologique les notes cinématographiques (tournées au jour le jour. dans une définition étroite. par exemple. Farrebique (voir p. Cinéma et sciences hu- des documents. trop rigoureusement inspirée d'autres disciplines où il n'hésite pas à falsifier la réalité. L e film servait à planter de la mimique dans l'expression des sentiments. dont l'existence vient (b) L e film d'exotisme ou de voyage. problème du film ethnographique sur son véritable fique. Dans ces trois catégories. 1948. dans la mesure . qui faisait la joie des amis. cher soit à donner un tableau général de la culture celui qui allait occuper la chaire d'ethnologie de d'un peuple. le cinéma était un jeu. Leroi-Gourhan. ses m e m b r e s et des gestes qui les animent". soit à décrire un secteur limité de la Sorbonne. l'ethnologue cherche 1. qui relève du film de voyage . mais qui prend une valeur ethnologique terrain : celui de l'information honnete. Dans une étude parue en 194811. Leroi- Rouquier venait de consacrer à une certaine pay. de repos. dans la musique aussi bien que dans heureusement pas partagée par tous ceux qui ten. C e genre. André Leroi. 49). peut. L e débat sur la valeur scientifique et la selon Leroi-Gourhan. "recèle inconsciem- Leroi-Gourhan distingue trois sortes de films ment des valeurs scientifiques qui apparaissent auxquels la qualification "ethnologique" pourrait lorsqu'il change de spectateur. mais n'était le domaine de l'ethnologie. doit disparaftre. dans le scientifiques. histoire :le film-témoin de la fouille permet d'en matiquement à des fins scientifiques. le film était susceptible d'etre utilisé systé. d'hommes. Avant rieuses lorsqu'on change de continent". m@mes. - maines L e film ethnologique existe-t-il ? L a Q Ü e peut-il y trouver ? revue de géographie humaine et d'ethnologie. bien qu'il soit film ethnographique. Tout au plus. l'authenticité du documentaire cheurs au Centre de formation aux recherches très élaboré que le cinéaste professionnel Georges ethnologiques (Musée de l'homme. le choix des images. le décor de l'enquete . (b)le film documentaire public ou film d'exotisme. Cette largeur de vue ne sera mal. dans l'ethnographie volonté. tourné Naissance d'une doctrine du film ethnographique sans préoccupations commerciales. pose résolument la question :le film son activité. "de la refaire à Gourhan est l'un de ceux qui. Gourhan regrette. Leroi-Gourhan aper. aussi destiné au grand public. C'est précisément dans cette scientifique . de revoir ce que le travail détruit irré- française. Pendant longtemps les chercheurs des films scientifiques dans le domaine de l'anthro- ne se sont guère interrogés sur la validité de ce pologie physique et de la préhistoire. le film de Rouquier. scrupuleuse. L'article sur le terrain. le il faut que les organisateurs des missions scienti- grand mérite d'intégrer résolument dans le do. teront ultérieurement de codifier la méthode du (c) L e film de milieu. probablement trompé que sur un seul point :l'exis- tale enmilieuchinois ouunbon film de gangsters tence d'un cinéma de notations. il rejoint le film ethnolo- (a) le film de recherche. soucieux de ne pas enfer. c o m m e exemplaire. d'&tre qualifié de "cinéma de recherche".

la m e m e cérémonie. L a haute tenue de ces docu. sorte. mais elles complètent matographique qui permettent précisément de des enquêtes précédentes ou constituent le point susciter des réactions émotives et reconnaftre de départ de nouvelles investigations. en quelque civilisation. supérieur à l'appareil photogra- Gourhan attire l'attention de ses collègues sur le phique. un rapport détaillé sur Dans le numéro m é m e de la Revue de géogra. qui risque toujours tion du film". L e film et l'enseignement de où ils sont présentés. "qu'il n'y a pas connaissance durable chez l'enfant. chercheur. les occupations et les genres de vie. - L e rapport souligne judicieusement que le l'adolescent et m ê m e l'adulte. On observe donc une surestimation des pou- lesquelles l'étudiant vit. l'un des relatives au film sociologique en France. relativement limités. "alors qu'on cinéma (voir p. l'auteur souhaite la réalisation de films auxquels cette définition est susceptible de s'appli- sur la géographie humaine des populations parmi quer. etc. manières d'être. Robert Lefranc se méfie ment. pour en approfondir l'analyse. qui estime que cette discipline offre technique d'observation. aux auteurs du rapport c o m m e le complément du En France. atti- l'immense mérite de fournir les premières bases tudes. abordait le problème pédagogique de l'utilisation C e qui frappe. la caméra spécialement pour l'enseignement. est un films sur le terrain à l'époque m e m e où Leroi. que la description écrite. sans préciser l'"on &v différemment par l'intermédiaire de la les types de comportement. entre deux scènes. témoin impartial. 49). Comment peut. qui permettra à la mémoire de con. Soulignant que c o m m e un instrument de notation. revoir à loisir. l'adaptation au milieu. informateurs illettrés. "le cinéma dans l'enquête ethnographique et dans phie humaine et d'ethnologie où paraissait l'impor. un triple quelque autre nation". se constitue en France. l'étude toute autre forme de notation : le monde des gestes de Lefranc c o m m e celle de Leroi-Gourhanont (gestes artisanaux. C e co- une dizaine d'années. l'enseignement de l'ethnographie'' au Colloque tant article de Leroi-Gourhan. il vante lui-meme les mérites péda. peut filmer tout ce gui se passe et sans presque le ments et la vivacité du style impressionnent les chercheurs dans les divers congrès scientifiques 1. A l'initiative d'André Leroi-Gourhanet de Jean querons rapidement le développement des idées Rouch. L'accent y humaine/ l. les enregistre fidèlement à sur l'alimentation mondiale. qui opère un choix plus grand. caméra". ex- d'un débat qui passionne de plus en plus les pressions. alors que. d'observer l'ensemble des événements. plus rapidement et plus fidèlement que des cinéastes professionnels et condamne les l'ethnographe ne saurait le faire. L a "contrasté" :l'opposition. ligne qu'il est pratiquement impossible à un seul par ailleurs. Rogert Lefranc. ). précédent. de manière très générale. techniques. 19 . elles ne sont pas on à la fois rejeter les éléments de langage ciné. Nous Au niveau de la recherche. équipé seulement ''angles de prise de vues originaux. A ce niveau aussi le film apparaît ethnographes. une machine perfectionnée à enregistrer le les techniques. les commenter . mité présente. regrette l'absence quasi complète de définit. la notation cinématographique est plus objective sis l'en fonction de l'idée qui préside à l'élabora. les échanges réel brut : "la caméra peut noter plus complète- matériels et culturels. deux niveaux d'utilisation "scien- propose des consignes pour la réalisation de films tifique" du film :la recherche et l'enseignement. Les notes "une rue de Chine ou de l'Inde durant une grande cinématographiques prises au cours de l'enquête - famine la destruction de stocks de blé dans présenteraient. depuis premiers comités du film ethnographique. dans un film canadien caméra. server les faits plus longuement". est mis d'abord sur la valeur du cinéma c o m m e L'auteur. qui peuvent aisément Robert Lefranc. L a caméra. les auteurs du rapport entrons ici dans le domaine du film m l . estiment-ils. la valeur d'"une répercussion émotive les notes cinématographiques permettent de considérable. les contrastes irarqués". à qui semblent répugner les arti. Certes. conçue c o m m e poser des problèmes" . pédagogiques relevant de cette discipline. avant m ê m e d'aborder elles peuvent étre revues directement par des la discussion générale de ces diverses idées. conçu envisagent. dans cette étude. afin de yamener à "se voirs d'objectivation de la caméra. par contre. souligne pourtant. suffisantes à elles seules.il énumère quelquesthèmes : un oeil perfectionné. selon le m e m e rapport. en 1957. d'une de l'ethnographe . les éclairages d'un bloc-notes et d'un crayon". mis en présence d'une cérémonie com- gogiques d'un effet de montage particulièrement plexe. Lefranc Leroi-Gourhan. c'est un m é - du film dans un domaine voisin :la géographie lange curieux de lucidité et d'illusion. Soulignons simplement ici avantage : une contradiction interne. Jean Rouch tourne ses premiers carnet de notes. en 1952. fices cinématographiques qui ne seraient pas choi. la vitesse m ê m e à laquelle ils ont lieu. sur "l'objectivité'' de un champ particulièrement propice à l'utilisation l'enregistrement cinématographique. sans la Drésence cinéma permet d'enregistrer ce qui échappe à d'un substrat émotif" ? Quoi qu'il en soit. dans le passage d'être déformée . L e rapport du cinéma. L e rapport sou- dramatiques. Robert Lefranc international de Prague. la géographie humaine. nous évo. . artistiques.d'aborder cette importante polémique. jeux de physionomie. fonctionnant presque à l'insu l'homme en tant que membre d'une société. le cinéma serait. de manière plus limitative que ne le faisait films dans l'enseignement secondaire.

c'est-à-dire (selon la c o m m e à une fiche ou à un objet . Loin de pr8ner le laisser-faire. le détail judicieusement choisi et en- qui synthétise son enseignement. Les activités techniques de l'homme se 1. cette participation s'oppose aux ne permettent pas d'étudier à loisir pendant leur simples "spectacles" de la vie. telle cérémonie non complexe dont on il permet. demande une préparation minutieuse. le rapport met l'accent sur la peut reproduire. cuments scientifiquement exploitables"/2. Marcel Griaule. L a séparation nette établie entre le à l'état brut. Griaule expose les trois idées direc. logique. "L'étudiant qui a utilisation". étant donné que le moment et l'endroit 85-89. selon des modes connus. cadré est plus évocateur de l'atmosphère réelle nographie. par exemple telle peut être un instrument de recherche en sociologie . Méthode de l'eth. Granai estime donc que le cinéma prévu. à l'ethnographie. vation". O n ne saurait assez insis. Il faut le cinéma dans le cadre des techniques classiques donc prévoir. phie et estime que "la conservation et la restitution ditions. exemple de costumes. selon cet auteur. conception française) relatives au milieu rural ou (b) le film constitue un moyen extremement efficace urbain de la civilisation industrielle. de constituer ''des g- connaft les phases" et "les phénomènes en mouve. des complications ou des banalités d'expression niques de l'ethnographie. sur un rite au sujet duquel on a pu obtenir (Afrique du sud) se souviendra toujours de la quête des renseignements préliminaires qui permettent de l'eau chez les Boschimans. dans certaines con. une oeuvre d'art. loisir le temps propre du déroulement des phéno- lativement stables se déroulant dans un espace mènes". l'espace". pendant de dégager la trame des événements. elle a été tragiquement sienne". 141. car. Il restitue une réalité exacte. il tente de situer graphique"). les plus propices peuvent être choisis.savoir". siste sur l'importance du travail de préparation L e m ê m e rapport nous fait l'honneur de citer aussi du film. Déve. Presses universitaires de France. finalement. Publication matographique ''du point de vue du temps et de de la Faculté des lettres de Paris. on s'y réfère quement "sociographiques". Presses universitaires de France. Georges d'enseignement pour la formation de spécialistes Granai reprend à son compte cette opinion. Dans le petit livre trement dit. la réalisation de l'ethnographie et n'aperçoit pas clairement la de documentaires publics qui. de tatouages que l'on de la photographie. d'ornements que l'on peut loppant ce que nous avons déjà observé à propos faire revêtir dans la suite. Georges Granai. facilitent la recherche des significations originaux non reconstitués (sauf dans des cas par. - nous soulignons en restituant par artifice et à ticuliers)". étrangères. et que le brouhaha des mouve- valeur du "sentiment de participation à la vie des ments populaires ou les circonstances religieuses autres hommes'' . 'lune idée plus juste de l'objet à traiter que le film gistrement". Griaule in- quelques minutes. que le document pur et simple. Il faut distinguer "les phénomènes re. Au- d'enquete'' est symptomatique. L a valeur éminente du cinéma dans de cette condamnation la prise de vues de ce que l'enseignement de l'ethnographie est soulignée les cinéastes appellent des "raccords" . C'est là le r81e intéressant de l'art film ethnographique c o m m e "oeuvre d'art'' et "note en ce domaine. avec ses longueurs trices qui. Maquet pour le scénario) m u m de l'enquête préalable menée par les ethno- sur les relations traditionnelles entre les castes graphes". au cours de l'enquete. Méthode de l'ethnographie. technique. Griaule précise qu'il ne tion dans le cadre traditionnel de la recherche saurait être question d'utiliser les documents bruts scientifique en France. il contribue à l'ensei. Il s'appuie sur l'expérience de l'ethnogra- gnement public et constitue. pour l'enseignement public. clause limitative :"la prise de gros plans. 20 . M. Gurvitch. p. inévitab1es qui noient 1' atmosphè re" /1. ment très complexes à déroulement peu ou pas COMU". donnent singularité radicale de ce nouveau mode d'"enre. . 1958. car Dans son enseignement à l'Université de Paris. Techniques de l'enquete socio- trement des "phénomènes en mouvement" c o m . 2. J. selon lui. Il arrive que l'on puisse découvrir après Si toute reconstitution doit etre théoriquement ex- coup des réactions qui avaient passé complètement clue. indigènes qui peuvent parfaitement se placer au ter sur la valeur historique de cette prise de posi. en vu le film Les survivants de l'âge de la pierre général. sation du cinéma au cours de l'enquete : - Analysant les techniques d'enquete plus spécifi (a) le film a une valeur d'archives . en principe. pp. Les préoccupations spectaculaires sont au Ruanda (Enseignement de la sociologie).1. T. Griaule admet que ne tombe pas sous le coup inaperçues. publié sous ladirectionde Georges importantes. c'est-à-dire des cérémonies quelque peu logie. chapitre 7. elles risquent d'amener le cinéaste "à négliger Marcel Griaule citait le cinéma parmi les tech. 1957. Ceci posé. des manifestations ludiques ou reli- "un document exact se rapportant à des phénomènes - gieuses. Il fait se destinant à la recherche ethnographique . pretent le plus aisément à l'enregistrement ciné. cinématographique des comportements gestuels Griaule concevait le film ethnographique c o m m e et techniques. le reportage porte. Griaule le film que nous avons réalisé nous-meme (avec souligne que le cinéaste devra "profiter au maxi- la collaboration de J. in : Traité de socio- plexes. centre de cérémonies". M. par - çon donnée est un avantage inestimable". L'enregis. figurer le cinéma parmi les "techniques d'obser- (c) dans y sens plus large. mais en- avec beaucoup de justesse : "voir et entendre des core Griaule interprète-t-il ceux-ci selon une - h o m m e s vivants et cela en illustration à une le. devraient présider à l'utili. L'opinion de Griaule est (qu'il qualifie de bandes de "démonstration ethno- sans doute encore fort prudente .

L e professeur Seppilli pense portés de la tribu Ngbande (nord du Libéria) par également que la technique cinématographique est. constitue- L'auteur estime que l'enregistrement cinémato. se rapproche sensiblement de cette procher des traits techniques caractérisant des thèse. Düsseldorf. trer un nombre limité de fois. le film a révélé claire. 2. lit-on du filmde recherche de l'Association internatio- encore dans les Règles. (Le filmc o m m e auxiliaire de la recherche ethno- vité économique et les danses. l'ethnologue pourra légitimement inter.). le D r Germann ont permis de corriger les rençei. c'est-à-direse contenter de mon. le D r Spannaus envisage besoins de la prise de vues. sairement différent selon l'auteur. décembre 1956. principal du film. Il faut prendre en considération un problème caractère scientifique. enfin. il connai't mal ou dologie du film ethnographique. Peuples étrangers et capital :dans quelle mesure la conduite des gens cultures étrangères). le D r Spannaus illustre tingue radicalement le film scientifique des autres la première idée en prenant c o m m e exemple les espèces de films documentaires (de vulgarisation. tion technique. le film fournit de précieux documents à le professeur Tullio Seppilli. ou aux événements de au savant dans le royaume des images interdites/l la vie humaine (mort. Une troisième étude du m ê m e auteur. cinéaste. pp. spectaculaire.1 3 et un article anonyme du Bulletin de la L a notion m e m e de "cinéma de recherche". Les documents filmés rap. l'achève- ment se fait par le modelage au colombin (Spiral- ~~ D e l'oeil xagique à l'oeil aveugle wulsttechnik). la représentation fictive de cerémonies rement au domaine de la technologie la part échue liées au cours de l'année. mais le cinéaste choisit gnements imparfaits fournis par la documentation certains aspects de la réalité en fonction de son &rite : celle-ci signalait que la technique utilisée idéologie propre . Von fremden Volkern und Kulturen (Problèmes ments musicaux. 85-95. 2: . notamment. ganisation d'un "spectacle" spécialement pour les Dans une étude récente. etc. alors qu'ils s'exé- C'est sans doute aux ethnographes allemands de cutent généralement à l'ombre en milieu tropical. notamment dans les films sur la théoriques et pratiques du film ethnologique de danse. cérémonies et manifestations matériel filmé de caractère encyclopédique). phique une révélation . no 4. que section du film de recherche de l'Association inter. no 4 - venir dans le comportement. logique de la population. ). que l'on filme n'est-elle pas affectée par la prise Geburtstag. techniques de poterie. chasse peut &tre ainsi provoquée par l'ethnologue- cherche stricte et n'aboutit qu'à limiter singuliè. On voit que cette graphique). le type anthropo. Research E'ilm/Le film Parfois. vol. développent nos premiers auteurs. Or.Ethnographie et radicalisme cinématographique d'éclairage. revue Research Film/Le film de re- liste est volontairement restrictive. bien qu'elle cherche/Forschungsfikm(Bulletin de la section soit présentée à titre d'exemple. les gestes semblables qui se ré. etc. Beispiel fur die wissenschaftliche Auswertung L'introduction du film devrait présenter le milieu von encyclopadischen Filmmaterial (Comparai- géographique. 231-234. il pourra faire effectuer les travaux manuels au soleil. fection de la moitié inférieure du pot . Il faut indiquer. certains traits de l'acti. en permettant de rap. juillet 1957. nologie et le folklore. culturel et social. Les films suscep- tibles d'une analyse scientifique sont ceux qui ont Der Film als Mittel ViXkerkundlicher Forschung pour objet les techniques. Si une expédition de le film ethnographique au point de vue de la re. citons l'or- doit la conception méthodologique la plus rigide. pp. Il faut songer aussi à montrer Theoretische und praktische Probleme des l'utilisation de l'objet dans la vie quotidienne. d'art doit donc être soigneusement distingué du sement progressif de 1â cavité creusée dans la film exclusivement conçu pour être un témoignage motte (Treibtechnik). Il faut. D'autre L a position défendue au Colloque de Prague par part. objet idem. mais non sans réticence. en elle-meme. filmer des séquences nale du cinéma scientifique et de 1'Encyclopaedia représentatives. pour chaque opéra. de recherche/Forschungsfilm. insuffisances de 1'observationvisuelle. implique que nationale du cinéma scientifique/$ exposent ce que le chercheur attend de l'expérience cinématogra- I'Instjtut de Gottingen considère c o m m e la métho. mariage. vo 13. rait une transgression des limites imposées au graphique permet de corriger les fautes ou les "film scientifique". 1955. no 5. faudra veiller à la synchronisation des enregistre. l'Institut du film scientifique (Institüt für den Parmi les licences que l'Institut de Gottingen ad- Wissenschaftlichen Film) de Gottingen que l'on met encore. Il dis- Dans un autre article/z. 2. sociales divers liés à l'activité technique. L e style de ces deux types est néces- ment que ce procédé n'est utilisé que pour la con. Pérouse. son des films ethnographiques sur la poterie. Vergleich ethnographischer Topfereifilme als pètent en réalité pendant plusieurs heures. le cas en tant qu'exemple d'évaluation scientifique de échéant. Hans Plischke z u m 65. les rituels. 159-163. objective . le film conçu c o m m e une oeuvre dans cette population est un modelage par amincis . n'interdise aucune méthode particulière. scientifique. cinematographica) vol. de vues ? L a méthodologie scientifique exige dès Règles pour la documentation filmée dans I'Eth- lors qu'un commentaire détaillé soit joint au film. bien que notre ami italien ne préconise ou cultures fort éloignées l'une de l'autre. de l'Université de l'ethnographie comparée. pp. Pour des raisons décembre 1959. Il wissenschaftlichen volkerkundlichen Filmes.

de temps. très fastidieuse enquête que et les gestes rituels. tion d'aihesse importante est débattue par les tage ou "enregistrement sur le vif". que de fixer des souvenirs de voyage. E n m ê m e plus. se promènent avec une caméra . Mais. des relations humaines. graphique n'accordent de valeur véritablement idéale. d'une description sinon complète. fausse parce que tronquée de cette préalable du scénario rituel dans lequel il choisira réalité sociologique invisible qui constitue la chaihe les éléments qui lui paraissent significatifs. si lents à tirer une conclusion (eux qui déploient tuels et envisageons l'enregistrement d'un cérémo. Approfondissons la signification des gestes ri. Il est aurait échappé au regard (à la prise de vues). risme de cette thèse saute aux yeux. E n effet. des ruses de Sioux dans l'enquête). il doit connaftre il faut que l'attention du cinéaste ait déjà été orien. aisément tout contrôle d'eux-mêmes lorsqu'ils sieurs jours. manient la caméra. de la culture. l'eth. de découvrir après coup (à la projection) ce qui m ê m e si cette information est imparfaite. portant d'observations fragmentaires. on les voit ré- cial. sante. idéale. les choix décisifs gesticulation incompréhensible. Il abandonne alors les femmes . reposant sur plusieurs séries d'observa- scientifique qu'à ces deux types d'enregistrement tions. faites à des moments très différents.uncinéma de recherche fait. tandis qu'au village une ques- mise en scène. de lieu. Il ne prendra une vision vants. fiants. D'intermi- mais secondaire. Nous n'apercevons donc pas la validité de l'en- il n'y aurait guère que les films consacrés à la registrement cinématographique de ces faits com- poterie. qui condamne toute intervention du cinéaste cohérence intime des faits. Il parai'thautement improbable les lieux où les événements les plus marquants se qu'une aveugle furie cinématographique permette dérouleront. Il ne saisit pas en vacances et l'on dirait qu'ils ne se soucient plus d'emblée. C'est le domaine de la tech. plaisant de constater combien les ethnographes. - incomplète. etc. apparemment disparates qu'après un nombre im- qui n'en est finalementqu'un aspect non négligeable. C'est à elle h o m m e s de la manière la plus intéressante :les que les chercheurs français songent lorsqu'ils principes apparaissent. leur structure latente . en effet. mettant en branle un grand nombre admettre la validité d'une information. pour pouvoir le décrire correctement. il est conforme à la définition stricte. de se lancer dans cette aventure . un tel enregistrement ne donne qu'une image puisque le cinéaste doit avoir une connaissance . Curieusement. qui consiste à dégager la gen. il se réduit à la technique du repor. Cette distinction essentielle. du moins suffi- Il est frappant que les Jansénistes du film ethno. logique intervient alors. celle dont on attend l'en. ils se sentent alors cède par approches successives. les conversations. en se con- il arrive m ê m e que les centres d'intérêt lui tentant d'une mise au point sommaire. peut suivre ceux qui attendent l'illumination de Il faut donc admettre que le cinéaste doit avoir l'enregistrement au hasard et de l'accumulation au moins quelque idée de ce qui va se passer avant désordonnée des "notes cinématographiques"brutes. mais pourquoi s'obstiner 22 . Pour analyser un tel phénomène so. L'obser- vif" en révélant des faits nouveaux aux chercheurs. monde. C e n'est qu'au terme d'une très se limitent à deux ordres : les gestes techniques longue et. Certes cette échappent "à première vue". le scénario culturel de la cérémonie. l'ethnographe peut espérer &tre en possession nologie et le domaine du cérémonial. les phénomènes sociaux nables interrogatoires seront encore nécessaires que la caméra est susceptible de prendre "sur le pour éclaircir le sens des gestes repérés. au cours des parlent de "notes cinématographiques". Bachelard. qu'il n'y a de science que de ce de la caméra "objective". Mais. nous la déve. étoffé. Il doit être préalablement informé. il devrait être en trois endroits différents tique". avoir repéré tée. registrement fidèle du fait brut. substitue à son propre regard un oeil perfectionné. qui recommande de plonger aveuglément dans une l'intervention du cinéaste. dans le déroulement du phénomène observé (à l'ex. Il s'agit d'ailleurs attitude est très légitime. Quoi qu'il en Tant il est vrai. il écoute. à la limite. pendant plu. E n possession de cette description typique. C'est notamment la pas encore au bout de ses peines. à la vannerie. L'ethnographe regarde en forêt les femmes dont Un tel cinéma de recherche exclut dès lors toute on peint le visage. L'analyse socio- position de l'Institut du film scientifique de Gottin. selon le mot de Gaston soit. apparaissent déjà problématique que la vérité sera (au double sens dans l'enregistrement des cérémonials. corrigé. On ne où se tisse la trame embrouillée des gestes. qualification de "films de recherche". au sens strict. peut-être capitaux. nographe (sa démarche est aussi celle de tout dès qu'ils déposent le stylo et le bloc-notesetqu'ils sociographe opérant en n'importe quel milieu) pro. les détails significatifs . qui mériteraient la plexes selon la méthode de "la caméra à la dérive". L e domaine du film sociologique est d'ensemble de toutes ces activités cérémonielles infiniment plus riche que celui du filmde recherche. iln'est de phénomènes stéréotypés. sollicitée. ne signifie nullement que la technique du reportage au village. souvent. L e rigo. vateur part ainsi d'un schéma grossier. tant s'en faut. E n effet. en m ê m e permette seule d'enregistrer un "document authen. Ce n'est du mot) révélée par la pellicule dite sensible. oû se trament des événements peut-&tre insigni- lopperons longuement au cours des chapitres sui. dans l'espoir bien d'angles. temps. si prudents à nial complexe. gresser vers le stade magique de la connaissance. elle met en valeur une certaine conception du ception de quelques tolérances mineures). sans cesse des faits qu'ils ignoraient ou avaient mal observés.imparfaitement le phénomène qu'il enregistre et il parfois d'un point situé dans l'espace mythique. perdent de personnes en différents endroits. qui est caché. Mais ceci conflits.

Quoi qu'il fasse. A la - A ce niveau et à ce niveau seulement. Mais cette démarche révo- succès à un certain nombre d'observations psycho. ni franchement européennes. il n'est pas plus étonnant de langage qui tendent à évoquer la réalité sociale de voir l'ethnographe se promener au village avec à travers une vision personnelle. çoit qu'un rrythe anime ces doctrines jansénistes : ment. il dérange. les sur le terrain n'introduit aucun bouleversement conceptions fondamentales du cinéma scientifique spécifique. parfois son ex. la caméra peut explorer l'in- de parenté. lutionnaire est toute récente. est en grande partie il écrit avec une rage plus grande encore. il gêne terrible. à la confondre avec une méthode scientifique de M o n expérience cinématographique personnelle. poignées de main. à interrompre le deuil de tous ceux que visible :une sonde éclairée permet de filmer en la coutume oblige à pleurer pour leur faire réciter direct l'extraordinaire réalité de la vie organique leurs généalogies. L a caméra ment dans les deux perspectives. on implique est susceptible parfois de déclencher risque d'opérer une distorsion de l'esprit m ê m e spontanément des réactions psychologiques qui des sciences sociales. sciences naturelles. que le transgressent audacieusement toutes les consignes caméraman se transforme en fanteme parfait. - celui du sociodrame on peut envisager l'élabora- surde que l'observateur soit c o m m e absent. se dépense. Tout au moins aboutit-on échapperaient à tout autre moyen d'investigation à une singulière limitation de leur domaine. paradoxalement. inaugurant phique. les phénomènes étant trop lents ou trop ra- à proférer des obscénités pour éprouver les tabous pides. dont les invisible . Il écrit à propos de intérieure. la réalité intérieure. d'exagérer le bouleversement ciens du film ethnographique. qui se déroule sous nos yeux. Mais a-t-on suffisamment remarqué tout et de rien. A considérer m ê m e le mythe de l'objectivité de la caméra. L'ethnographe admis à vivre familièrement un nouveau cinéma-vérité (voir p. Ces techniques ont assuré- sons à la recherche de dieu sait quel antique objet ment permis de voir ce que l'oeil nu ne percevait dont plus personne ne se sert depuis belle lurette. c'est-à- qu'il soit devenu sympathique à certains égards. confirme celle de Jean Cette confusion implique une assimilation hâtive Rouch :la participation effective et consciente des des sciences sociales aux sciences exactes. la part de jeu qu'elle ne peuvent coïncider . à errer dans les mai. les relations ambiguës que des danseurs rituels. Dès lors. Il est impossible. dire. Sans mises au point dans le domaine des sciences doute une telle méthode a-t-elle été appliquée avec exactes et naturelles. que la caméra soit dissimulée. etc. Où et comment le commet des sacrilèges. d'une part. le conduisent à inspecter les pots que du ralenti et de l'accéléré). dans leurs rapports secrets. ces gesticula- compagnie. ). cinéma pourrait-il saisir "sur le vif". ces rythmes. ni suite des résultats prestigieux acquis par des pro- franchement nègres. Remar. celle du groupe social dont le cinéaste se sent et 23 . c'est ainsi qu'Eisenstein vations nouvelles sur le siège des danseurs rituels. qui est aussi une caméra qu'avec un stylo. quelles que Si l'on approfondit les définitions limitatives soient sa discrétion. évoque la révolution d'octobre :par des artifices Tout compte fait. Il écrit. invisible. Ils tentent d'explorer qu'introduirait la caméra dans l'enquete ethnogra. Ses manies. sans trans- parce qu'il ignorait la coutume. une ombre proposées pour le "film de recherche". son amabilité. d'ailleurs. sourires. quelques cas au cours du chapitre suivant. notation objective ? en Afrique et en Europe. mais c o m m e un étranger aux C e mythe apparai't chez les ethnographes à la moeurs bizarres. désordonnées ou ritua- de leur faire regretter de l'avoir admis dans leur lisées. 50). jectivité scientifique. donc. il déplace par inadvertance. L e profanateur se désole. de passions. un noir. tions ne sont jamais perçus globalement par l'oeil. - ment anormal. d'autre pari (ce quons cependant. voire l'imaginaire. Aurait-il ébranlé le tr8ne les hommes établissent entre eux pour s'entr'aider. formulées par les premiers théori- a tort. celle-là m e m e de la société des h o m m e s :dans l'enceinte sacrée. Il est gens à la réalisation d'un film est souhaitable et bien évident que la notion m ê m e de "recherche" et parfaitement conforme aux techniques tradition- les méthodes d'observation diffèrent considérable. et Chronique d'un été. ces passions. en les superposant. au point de gesticulations diverses. la caméra pas été plus sévèrement jugé. magiques. le siège inamovible position symbolique. il har. on aper- imperceptible. en effet. que l'exigence dernier film fut tourné en collaboration avec le de la caméra dissimulée restreindrait l'enregis. Si elle est faite de rythmes. la croyance en ses pouvoirs on l'admet non c o m m e l'image désincarnée de llob. il inquiète. Mais tant d'erreurs peut suggérer ces relations par des symboles pris se réparent. apparemment. Voici qu'on l'initie aux mystères ce fait paradoxal :la vie sociale. dans la réalité (coups de matraques. En médecine. encore une fois. Jean Rouch fait ici logiques et sociologiques. on entend parfois formuler le souhait ab. nelles de l'observationethnographique. Bref. dans un village bantou est loin d'@tre. Dans cette orientation trement cinématographique à un nombre très limité nouvelle du "film de recherche" Rouch et Morin de situations. cèle de questions stupides les vieillards. Au contraire. Parfois ceci est plus grave il . sociologue Edgar Morin). afin de méthodes ne doivent plus rien à celles qui ont été ne pas troubler le phénomène enregistré. c o m m e tion d'un véritable cinéma de recherche. n'aurait s'exploiter ou se déchirer ? Certes. Nous analyserons encore figure de précurseur avec Moi. reprend son carnet et note d'intéressantes obser. qui est limite. pas. cédés cinématographiques très particuliers (l'usage trême folie. On prématurées. pontifical que son crime. on peut le tenir pour profondé. dans le domaine des les femmes mettent à cuire.

dans documentation cinématographique dans le domaine cette hypothèse. est plusieurs auteurs l'ont ment cinématographique. dans un espace-temps spécifique. peut-elle étre parfois un oeil attentif. et qui s'apprête à reconnaftre. touffus. la caméra en liberté collègues. la caméra ne le révélera jamais par puisse jamais utiliser à quelque fin sérieuse les ses seules vertus mécaniques. C'est assez dire que nous - indiqué un merveilleux correcteur d'impressions. bref. cette émotion surprise à au moment où il filme. le montage est une relativement rigide. Si la caméra n'est pas un oeil magique. nous l'avons déjà estimation qualitative de l'importance de l'événe. sauf rares cherche. s'il ne connaissait les règles du jeu so. incontr81és. il n'accède pas à l'univers contraire. un z. Qu'importe. il ne jaillit pas excellence. la valeur de la ments objectifs qu'il a enregistrés. Il ne fait. dira-t-on. du moins dans le domaine des phénomènes sociaux. une idée du déroulement des faits et de leurs la caméra aux diverses phases du déroulement. ces prises de vues aveugle. C'est que les sciences sociales tendent n'ont aucun intérét : on aura beau les projeter de plus en plus à un haut degré d'abstraction (dans mille fois. ceci dit. Cette remarque s'applique mais un témoin extérieur et stupide. C'est lui. C'est. se répètent dans une structure parfaitement définie. à vrai dire. l'oeil de la caméra est vraiment taine idée d'ensemble . la vitesse ou la lenteur des vue d'un certain montage. ne le dirige avec la description du geste technique c o m m e du geste habileté et souplesse dans l'enregistrement m ê m e rituel appartient en propre à l'écriture cinémato- du témoignage. Ces observations documents bruts. dès le départ. ici manifestement insuffisants.pour ses propres besoins. dont il ne par- nombre de films qui ne répondent pas aux critères viendra jamais à former une molécule. pas plus que le reporter sportif. peuvent apparaftrepour la première fois. faite ou trop rapide. il est fort improbable qu'il la dérobée. quelles que soient la puis. en présence des ensembles cérémoniels prises de vues. cet ensemble de signi- des expressions tragiques ou émouvantes . une ébauche et ne nous soucions pas de construire un film :les de scénario. préalablement repérés. tion et leur cohérence. On observera qu'il C'est. un instrument susceptible d'améliorer une observation impar- de découverte :la caméra est un témoin. spontanément de la machine-à-enregistrer-la celui qui saisit sur le vif. s'agit là de gestes hautement stéréotypés. par exemple) d'observation dispersées sur lesquelles l'ethno- échappe de toute évidence à la caméra "objective". Mais. elles n'ont la description m é m e des phénomènes. Sans doute l'événement qu'il capte (il ne le capterait d'ailleurs faut-il distinguer ici les événements rituels des pas s'il ne savait à peu près où et comment il se événements plus lâches de la vie quotidienne. A priori. c o m m e le cadrage. de savoir où et comment il faut placer ment. elles en élargissent. apercevons mal comment le cinéma pourrait être. un point de vue sur la réalité. Dans déroule. de leur structure. II rapports. Si cette structure géné- guère que des lambeaux de réalité : des gestes. En fait. - complexes. sans intervention 24 . le temps qu'un oeil averti. sous le bon angle. Tout sus dont le cinéaste possède déjà une connaissance cadrage implique déjà un choix dans la réalité. Il élargira ou resser. ce plan de montage. images dont nous disposons peuvent etre revues rité sociologique. sinon. bannissons le montage du film de re- Il est donc à peu près impossible. une plus intense encore. souligné. qui éprouvent qu'au niveau de l'explication structurelle). ce sont. Mais il faut bien se rendre compte Les prises de vues isolées (les "plans" cinémato- que le champ complexe des relations établies entre graphiques) ne sont en rien comparables aux fiches les groupes (entreles classes sociales. le qui doit se refléter dans le montage ultérieur des cinéma.se déclare solidaire. Celle-ci s'accom- rera le champ d'observation selon le rayonnement pagne alors d'une découverte au sein d'un proces- des centres d'intérêt. une expression. L e cinéaste à la recherche de la vé. au m o - l'angle le plus significatif. un témoin trument de recherche généralisé. sans au moins. des notes sélectionnées en sance de la lentille. C'est. La notation. se laisser surprendre par un geste important. graphique. qui doit surprendre l'enquéte orale préalable n'avait pas mis à jour l'événement au bon moment. bien des détails que cial). en effet. composant un u t . une globale. ne peut. rale. au contraire. Il rassemble des atomes. ment m é m e de la prise de vues. de laisser la caméra "sociographique" bation dans la signification m é m e du document (quel que soit le milieu filmé) opérer au hasard. au niveau du montage que la plu. sans qu'on sache trop si c'est pour les danslarue. Encore importe-t-il. graphe note les faits divers de la journée. devant cette réalité-là. Or. labrousse ou les champs. jansénistes que nous avons passés en revue. puisqu'il introduit un élément de pertur- exceptions. pour autant. par intervention délibérée du cinéaste. et à un degré est tenté de refuser. telle méthode. aussi long. brut. ce que fications n'est pas présent à l'esprit du cinéaste signifient cette douleur. qu'accumuler une série de photo- des sciences sociales . les structures ritualisées. aussi bien jamais rien appris aux ethnographes. elles n'apprendront rien. au graphies en mouvement. le domaine du reportage véritable. les prétendus docu- ne condamnent pas. le champ d'utilisation à un très grand filmique. aussi au domaine du film technologique . c'est-à-dired'une cer- prises de vues. l'homme de science réalité. un oeil humain qui a déjà Dr Spannaus le souligne à juste titre. cent fois pour analyser le détail d'une mimique. C'est celle-ci faut en connaftre le scénario. Conservons telles quelles les prises de vues sans plan préconçu. cependant un plaisir infantile à les montrer à leurs L a caméra à la dérive. Les pouvoirs de la parole écrite sont Il faut s'attarder ici à la notion de montage. et qui part des prises de vues acquièrent leur significa. ne surprend amuser ou les instruire. certes.

au moyen d'images dont la valeur de la caméra en de telles circonstances est très essentielle ne réside pas dans le fait d'avoir ou relative. pour l'émi- participants sont absorbés au maximum par l'ac. de raconter. dans un espace-temps auto. Revue internationale de filnio-. pas être considéré c o m m e l'exécutant passif des absente. Voir notamment René Micha. (Encore faut-il rioter sont légitimes car. le film ne trans- qu'aucune cérémonie ne ressemble parfaitement à met une information sociologique que par le truche- son exécution précédente). trop commode de valoriser les imperfections de Il est temps de conclure : d'une manière géné. intitulé L'es questions fondamentales du film "notes ethnographiques". E n fait. il place à des spectateurs éventuels une vision concrète de de grands espoirs dans le film "véritablement la société qu'ils ont étudiée. tage n'est pas. Dans un rapport inaiigu- se pretent à une application de la méthode des ral. des fiches en 1. lorsqu'ils se raccrochent à la théorie pré- les hommes promènent le cadavre à -traversle vil. nombreux à rapporter de leurs expéditions de tels Au cours du m e m e colloque. manières de traiter un sujet ethnographique : ou tion cinématographique tend à se limiter à un enre.il est vain de rêver d'une caméra cinéma montre la réalité purement et simplement/l. de ce point logie. j'en suis persuadé. les ment d'une "dramaturgie". le fait que les auteurs hésitent à reconnanre cette nome. par la documentation qu'il a réunie patiemment. L e film. le Il n'y a guère que deux ordres de faits sociaux qui professeur Karel Plicka. Loin de vouloir imposer au sa présence. le cinéma film ethnographique et sociologique des consignes fournit une documentation complémentaire extre. no 6. Dans ces cas encore. style en affirmant qu'en elles réside précisément rale. Dès lors. le souci qui anime les ethnographes (qui sont toujours nouvelles. Et il contre. Cahiers du cinéma. Après tout. mais des ébauches de récits décembre 1053. Mais. que le film de reportage a permis de faire y a plus de mérite à écrire un bon livre qu'à accu- de véritables l'découvertes". le film de repor. ce ne sont pas des notes. rigides. illi- un r8le cosmogonique essentiel dans le symbolkme sibles parce que mal pensées ? Il est vraiment dogon. L a science ethnographique et le film. no 29. tographique. ce choix s'opère simplement de refléter. C'est évidence. un ensemble cohérent d'événements. im. prennent connaissance des théories filmologiques partial. 199-205. plut8t au niveau de la communicatio_n. qui ont réellement vu et revu leurs films. invisible qui surprendrait enfin à l'état nu. on nlattend pas d'un un r81e scientifiquecomplémentaire. ae proposer défendu un point de vue plus éclectique/2 . Dans de tels cas. l'attitude ambiguë de leurs au- monies funéraires des Dogon du Niger) révéla que teurs. c'est-à-dire nancement m ê m e de l'opération technique ou de la de l'enseignement. L a vérité cinéma- images.11. réside dans thétiser. le comportement ne l'homme est le thème central est destinéaux salles risque guère d'être troublé et tout se passe très publiques . C'est donc dans des limites étroites. Ces deux procedes les techniques et les rituelu. ou bien gistrement de gt7stes plus ou moins stéréotypés : il reconstruit cette réalité. que l'ethnographe (ou le sociographe) rap. L e destinés à être communiqués au m ê m e titre qu'un discours filmique. film Cimetière dans la falaise (consacré aux céré. Dès lors.apparente du cinéaste. A ce niveau d'utilisation. en grande partie. L e drame. Mais. dans le débat que nous avons évoqué. dans sa Nous rejoignons ici le point de vue défendu au pureté et sa spontanéité originelle. 2. blème du film sociologique. si les notes sont mal écrites. nent ethnologue tchèque. T. Or. tendument scientifique du film c o m m e "Carnet de lage selon une ligne sinueuse. article de revue scientifique. Dans le domaine de muler indéfiniment de bonnes fiches d'observations. de vue. mais un langage. mais dans leur pouvoir moyens d'expression . à proprement parler. que se situe le véritable pro- cérémonie. 25 . la caméra ne mérite guère d'être considérée l'"authenticité''. dans l'espoir de corriger leurs observations. le cinéaste choisit ici aussi les non été prises sur le vif. l'auteur constate qu'il y a deux cinéaste des thèmes structurés et que l'interven. le film scientifique dont complissement des gestes . parce qu'ils offrent au ethnographique. c'est que les films ethnographiques sont téressant : Jean Rouch raconte qu'un plan de son souvent construits avec maladresse . Alfred Métraux a reportages) est plut8t de témoigner.un instrument ethnographe qu'il livre son fichier en vrac au lec- de contr8le de ltobservation. Mais la passivité requise interprété. bien le cinéma saisit sur le vif la réalité. l'ethnographie. dès que le cinéaste a pu faire admettre désirs de celui-ci. il nous faut signaler ici un cas in. retenus par on ne sait quelle pudeur - aussi et c'est là que le film de reportage remplit "scientifique". pp. le cinéaste qui collabore avec le cher- - souvent liexpériencedu film ethnographique le cheur scientifique à l'élaboration d'un film ne doit démontre -c o m m e si la caméra était invisible. teur lorsqu'il publie un livre ou un essaibasé sur C e n'est que tout à fait exceptionnellement. Rares sont ceux. porte de sa mission. tome V. 16-30 et Cohen-Séai. Il est vain de multiplier les exigences de contemporaines et cessent de se persuâder que le non-intervention. Karel Plicka pense que "chaque sujet pose mement précieuse à l'observateur. un instrument Toute l'équivoque du "film ethnographique!'. évoque ce que S'ethnographe a vu. à vrai au scénariste et au metteur en scène des tâches dire. pp. la spirale joue notes". II faudrait que les ethnographes c o m m e un observateur sociologique objectif. une façon de syn. de toute façon. Colloque de Prague par son président m ê m e . imposées par l'ordon. d'exprimer la réalité. compris. de recherche. ceci explique. le fait social. qui ne peuvent se répéter".

son filmant sans idées préconçues. anthropologische films (Liste provisoire des tique lorsqu'ils tiennent que le cinéma est un ~ films ethnologiques néerlandais. travail estiment qu'"un bon film ethnographique qui semblent véhiculer l'imaginaire. porte presque toujours sur ie donné sur la valeur des films c o m m e instruments cinéma en tant qu'art du récit limité aux films de d'enseignement. puisqu'il Il semble bien qu'il n'existe pas. Unesco 1955.. que inventaire des films "ethnographiques" produits nous devons agir pour armer les jeunes en Francef 4. réalisé par l'ethnographe m é m e . déplorent "l'ignorance des principes les plus 616- Il s'ensuit que le film serait d'autant plus conforme mentaires de l'ethnol~gie''/~. dans le vaste courant du cinéma scientifique. cette analyse est plus vaste. L a position analy- en scène. est aveugle ou stupide devant le phéno. qui vicie la valeur à ia "vérité" qu'il récuserait ia fiction et sa mise de ce matériel documentaire.. et dont le thème est la chie des genres selon leur angle d'incidence avec culture humaine. un détecteur privilégié . no 15. Cela explique requiert la collaboration étroite de l'ethnographie'' que l'historien et. Plusieurs films façon d'enregistrer la vie qui ne vise à aucune ar- ticulation cinématographique. L e champ géographique couvert par consciences". dont si sou. dustrie cinématographique. in L e cinéma fait les impuretés du langage. Delvaux la dénonce avec force dans judicieusement que l'adoption d'un critère trop ri- une étude qui tend à promouvoir l'enseignement goureux aurait conduit les examinateurs à ne rete- des principes de l'art cinématographique dans les nir qu'un nombre fort limité de films. Aux Pays-Bas. . Il s'agit essentiellement de por- la réalité repose sur l'ignorance des conditions de ter un jugement sur la qualité de cette information. fondamentale. à l'abri de toutes l'enseignement du cinéma". so. que l'étude du fait cinématographique. Cahiers du Centre de documentation. produits généralement par l'in- ce que l'on voit. Il faut tenir compte d'un certain nombre de lités. Mais il estime aussi que les films éla.Cette nir l'attention des ethnographes. tional du film ethnographique et sociologique. 3. C'est ici m é m e . ils fiction rend le plus indépendants de la réalité vécue. le moraliste et le et de ce que l'on pourrait appeler "l'art du film". Bruxelles d'observation très étroit. L e groupe écoles secondaires. l'évidence des documents. puisque aussi bien c'est eux. films néerlandais qui traitent de l'homme et de sa sous quelque optique qu'on l'aborde (histoire. à coup sûr. saine. au problème vent tant d'éminents savants sont victimes lors. une globe la civilisation européenne. dont les savants n'aper. L'idée m ê m e de cette hiérar. dis- tions archafques et la nécessité d'en capter l'image tinct de l'Association internationale du cinéma avant qu'elles ne disparaissent. " mène social. les actua. U n avis est ciologie. destinés au grand public. L a notion d'un ciné. m é m e lorsqu'ils singularité se reflète dans l'existence d'un orga- comportent des épisodes joués. en analysant un certain nombre L'équivoque grave. Il n'est que rarement. L'information sociologique par le cinéma. Ir. nous constituons ainsi pour les générations futures il entretient des rapports étroits. la création cinématographique : bien plus :c'est non de séparer les films scientifiques des films de cette confusion soigneusement entretenue non scientifiques. vrai dire. On aperçoit la singularité du film sociologique borés. sur la brèche du film ethnographique lorsqu'il a fait un premier où s'engouffrent toutes les propagandes. souvent la caméra. Delvaux : "Principes et méthodologie de m a sociologique "de recherche". 1960. 205 çoivent pas toujours clairement les limites parce 2. Alfred Métraux nisme international spécialisé. volkenkundige beginselen. Institut de sociologie Solvay. D e m ê m e c'est l'objet ethnogra- que le cinéma tire son formidable pouvoir de phique qui a retenu l'attention du Comité français persuasion. et eux seuls. méritent de rete. 1. morale). méthodologique que nous avons soulevé/Z.. p. Catalogue des films ethnographiques français. le Comité interna- met l'accent sur la fragilité actuelle des civilisa. ne couvre qu'un champ social. Finis les mensonges. on peut enfin croire films existants. onbekendheid met de meest elementaire nique. Voorlopige lijst van Nederlandse cultureel- qu'ils sont victimes d'une singulière illustion d'op. 4. en tant qu'instrument méca. culture dans les pays non occidentaux. en-deçà du ne se limite pas aux cultures "exotiques" mais en- "documentaire''structuré. "Il semble étonnant. L'in- qu'ils découvrent ingénumentles vertus "objectives" troduction du document dont il s'agit fait remarquer de la caméra. seront sans doute consultées et étudiées "par des la section d'anthropologie culturelle de l'Associa- méthodes dont nous n'avons encore qu'une idée tion néerlandaise du cinéma scientifique s'est confuse". de films ethnologiques néerlandais. A. Nederlandse oeil perfectionné. .scientifique". Les archives que scientifique avec laquelle. Départe - ment de l'information. à Vereniging voor de Wetenschappelijke film. "sans chercher domaine prématurément à opérer un classement par ordre d'intérét''. bien plus Utrecht 1957. note de travail a donc pris en considération tous les Delvaux/l. trouvée confrontée. et qu'on y retrouverait ia réalité "prise tique du groupe néerlandais nous paraft la plus sur le vif". cependant. sociologue croient toucher à l'essentiel en limitant C'est l'information ethnographique du grand public le champ de leurs recherches aux genres que la par le film qui préoccupe surtout les auteurs . Les membres de ce groupe de fiction. un cinéma brut. dans beaucoup de pays. 26 .

c o m m e des sociographes ou sociologues. V. édité à Moscou. plus en plus large de la vie sociale. Communications de la délégation soviétique au remment une tribu africaine ou une communauté VIe Congrès international des sciences anthro- paysanne flamande ou bretonne. l'intérét et la con. cependant. autres sciences sociales. impératifs cinématographiques ou scientifiques que chap. qui est floue (et qui n'empêche pas que de sociologique qu'à ce qui les sépare) soit en train tels films soient analysés sous le titre générique de triompher. direction de Georges Gurvitch T. Catalogue cité. le professeur Tolstov la description des phénomènes sociaux relève tou- déclarait que. de l'ethnographie générale. depuis quelquetemps. en fait. en Europe ethnographesj3. aussi son attention sur l'"étude de tous les groupes phique est appliquée aussi bien à l'étude des com. sans objet en URSS. à Paris. de son c8té. que c'est une gisse des peuples européens ou non européens. nouvelle école ethnographique russe ne limite plus lonisés. Les savants occidentaux qui Lauwe. riques de l'ethnographie soviétique moderne. mais aussi planifiée et systématiquett/4. Traité de sociologie publié sous la celle d'un village chinois. tous les aspects nal des sciences anthropologiques et ethnolo- du problème peuvent &tre transposés aux autres giques. 4. 60. S. non seulement celle des ouvriers s'est déployée en URSS d'une façon plus peuples russe. 27 . niaqu'un intér&t secondaire pour l'objet que nous Problèmes essentiels de l'étude ethnographique nous proposons. considérée gique. films sociologiques ceux dont le sujet est "l'étude graphique et sociologiqueff. 1958.S'il est vrai que le champ d'ob. dans Une autre étude soviétique insiste. son champ d'inves. "par le terme de folklore on ne sous-entend ethnographique de la culture et du mode de vie des que la littérature orale". ukrainien ou biélorusse. spécialement en Europe occi. dentale. on emploie tou. accord des savants de tous les pays sur l'universalité de la méthode ethnographique. logie rurale/ ou de la sociologieurbainele. fut longtemps limité aux peuples co. semble qu'en Europe orientale. d'autres pays de l'Europe de l'est et surtout dans sur le fait que les processus d'acculturation des les pays slaves"/l. L a description. qu'il s'a. par le film. cependant. les frontières entre l'ethnologie et la propres aux sociétés industrielles ou aux sociétés sociologie n'ont jamais été rigoureuses en France en voie d'industrialisation se considèrent assez et cette conception large prédomine actuellement. Il n'est pas douteux. Par exemple. des groupes humains dans les civilisations qui ne Il semble que ce point de vue unitaire (plus sen. fréquemment non c o m m e des ethnographes mais puisque le Comité international du film ethnogra. Mais on discute. munautés européennes qu'à celles des peuples pour les chercheurs soviétiques. peuples de l'URSS dominent les préoccupations des servation privilégié de l'ethnographie. que cette description soit qualifiée d'ethnographique 6. Les principaux problèmes théo- Il est certain aussi que. de manière plus restric. depuis 1959. sociaux de la population". relèvent pas de l'ethnographie"/Z. Ceci revient à dire que. aussi bien en Europe occidentale de "films ethnographiques français"). alors plus souvent qualifiées de "sociographiques" en que le terme ethnographie a une portéesociologique Europe occidentale. Au science en expansion. on peut dire. délégation soviétique au VIe Congrès internatio- ception du film "ethnographique". Ce débat académique 3. l'ethnographie africains ou océaniens. qu'il dant. Potapov. les études de M. ouvriers des fermes d'Etat. C e rapport souligne le fait que la occidentale. pologiques et ethnologiques. "l'étude tive. sciences sociales. Paris. en Europe et en Amérique. ses investigations à la vie paysanne.recensés relèvent de la rubrique sociologie. Cepen- dustrielle. ce qu'on appelle en Occident la recherche sociolo- en France. L'étude des "traditions tend à se confondre avec les divers domaines de populaires" ou "folklore" fait partie intégrante. Sociologie du milieu rural. Depuis 1950. L. des frontières de l'ethnographie et des 2. jours plus largement ce terme dans ce sens. Henri Mendras. Si notre attention s'est portée des peuples de l'URSS. le Catalogue des tigation aux diverses sciences sociales et adopté films ethnographiques français définit c o m m e l'appellation "Comité international du film ethno. Tolstov. où elles relèvent de la-socio- très générale. où la sociologie est une grès international des sciences anthropologiques branche de la philosophie marxiste-léniniste et où et ethnologiques. Chombart de ou de sociographique. français ou nigérien. 1960. cheurs. 4. Cette distinc- sible à ce qui unit les diverses branches du savoir tion. p. Kroupianskaia. englobant m & m e la civilisation in. Si l'ethnographie soviétique qui traitent des particularités spécifiques de la ne semble pas embrasser l'ensemble des sciences culture et du mode de vie des peuples. cet usage courant en France.P. Communications de la plus spécialement sur l'usage. C'est ainsi qu'au 6e Con. p. l'objet de l'ethnographie peut &tre indiffé. recouvrant un secteur de cours de ces dernières années. L. Pour aussi bien la paysannerie kolkhozienne que les les savants soviétiques. 1960.D e telles études sont celle des Australiens ou des Mélanésiens. A s'attachent à l'étude des phénomènes sociaux vrai dire. sociales. Terentieva. d'un quartier ouvrier ne fait pas appel à d'autres 5. Les "ethnographes" soviétiques étudient c o m m e l'étude des sociétés sans machinisme. 1. pour la science russe. IV. au niveau de y a. Reflétant phique a élargi. la méthode ethnogra. il est vrai aussi que. le terme jours de l'ethnographie considérée m m m e une ethnographie désigne "l'ensemble des sciences science historique. Etude citée. mais porte en France c o m m e en Italie. édité à Moscou.1. pour la plupart des cher.

- nelles disons exotiques qui ont fourni. ce qui demeure spéci. avant m @ m e tence. née. de toute évidence. de tout blit entre lui et les hommes dont il partage l'exis. perte de contact avec l'homme . fait appel à un plus grand appareil A cet égard. d'une part. U n sourire. à devenir l'un des 616- enquête sociographique typique. selon la perspective ethnographique a été. voire bien aux sociétés exotiques qu'aux villes et villages énigmatique. Ce contact direct et continu avec les informateurs. du jargon sociologique plus denses. les études d'an. O n peut dire que partout les sciences alors que l'ethnographe marque une vive préférence sociales cherchentleur unité. en ''socioiogie". frontières universitaires établies jadis sur des Ce type d'approche explique sans doute pourquoi bases empiriques liées à l'existence. la crispation d'un visage. le plus grand nombre de do- fique de l'approche ethnographique. les distinctions académiques entre l'ethno. immédiat avec l'homme que la caméra rétablit est rogatoires doublés d'observations directes. sont de moins en les études du premier type souffrent souvent d'une moins rigides. l'ethnologie mais plutdt un aide-mémoire. c'est sans cuments filmés sur la condition sociale de l'homme. en "ethnographie" n'est jamais un instrumentrigide graphie et la sociographie. un contrepoids salutaire à l'expansion désordon- lisation industrielle sont beaucoup plus étendus. d'une "situation coloniale". implique un contact de la caméra et de l'existence du film. sur une ce sont les recherches ethnographiquestradition- grande partie du globe. celle du cinéma documentaire. aiors que ie questionnaire utilisé rique. D'où l'importance des ques. parfois m e m e incompréhensible. l'ethnographe tituent à l'écran la présence sensible de l'homme classique a affaire. doute la communion de l'enquêteur avec la culture Mais curieusement. la relationhumaineétroitequi s'éta. res- rurales auxquelles. par exemple. C'est pourquoi aussi et la sociologie. et parfois démentielle. cette approche humaine qu'il observe. brisant les anciennes pour les expériences concrètes.l'enquête c o m m e au niveau de la spéculation théo. le film apparaît d'ores et déjà c o m m e statistique . de ces dernièresannées. 28 . des inter. Une appelé. d'autre part. en milieu urbain ments importantsde la communicationsociologique. enseveli sous les arides traités que nous sommes tionnaires systématiques traités statistiquement tous coupables d'écrire. le plus souvent. américains. toujours uniques. Aux Etats-Unis. le langage utilisé thropologie sociale ou culturelle s'appliquent aussi par la "sociologie" est volontiers abstrait. . Cette relation "face à face'' (face to face) que les sociologues ne se soucient de l'utilisation c o m m e disent les Anglais. temps. les groupes humains que réunit la civi. au cours Sur le plan de l'enquête. plus complexes que les communautés actuel.

lement à se dissimuler : elle cherche seulement à de nos jours. Esthétique du cinéma. Or. un certain nombre d'ethnographes ne pas gêner. avec A propos de Nice. en partie au moins. 29 . Jamais peut- étre les impératifs illusoires de la doctrine radicale Jean Vigo du réalisme cinématographique ne furent systéma- tisés aussi fermement que par l'école de Vertov : L'un des plus grands poètes du cinéma français. présentant son premier maquillage. 47. il recommande. échecs de cette dthode : "Vertov et son opérateur faute de quoi il conviendrait de renoncer à la Kaufmann purent enregistrer sans trop de peine "valeur document" d'un tel cinéma. mai 1953. meetings. est très discrète. le journal filmé Kino Si la méthode est toujours celle du reportage. mais un cinéaste sovié. de surprendre tous les personnages sur le vif.^. des origines ànos jours. sion. dans un milieu réel"/3. a permis de vaincre. c'est pourquoi l'le L'application de cette technique était obligatoire. Vigo entend dire quelque chose à propos de aussi sensible.après approche. etc. Pour un nouveau Cinéma-Vérité. mobile et peu encombrante qu'un cette réalité. selonsespropres termes. Mais. selon le mot de Georges Sadoul/! tion des théories de Vertov. Encore faut-il préciser tique. tales de l'authenticité sociologique. On aperçoit révéla incapable de remplir son r81e d'oeil. studios. la Pravda (Cinéma-Vérité). réalisé en fait. les 5. il faut refuser tous les élé. aura été surpris par l'appareil''. mais d'une nouvelle Opérateur d'actualités. France- obstacles techniques du Ciné-Oeil. la vision fragmentée qu'il impose. un pamphlet orateurs. L a caméra 16 m m . Colombier. p. Morin a raison de souligner que ''le grand L a tradition de Dziga Vertov mérite de Jean Rouch est d'avoir défini un nouveau type de cinéaste. Histoire d'un art. qui dirigeait. quand ils voulurent étudier les "le documentaire social" du "documentaire tout sentiments. c'est la superficia- cement absolu. Jean Vigo. ). ne résulte nullement de l'applica- saisi sur le vif". Observateur. -geses lettres de noblesse. etc satirique et son film était. de Vertov). au départ. c o m m e Ver- tage. initiateurs. no 506. Cette part de sub- trop absorbés par un spectacle pour remarquer jectivité distingue précisément ce que Vigo appelle l'opérateur? Mais. celle qui plongée de la caméra dans les eaux profondes de entend bannir du cinéma "tout ce qui n'a pas été la vie sociale. qui le premier formula la que ce renouvellement du Cinéma-Vérité. Paris 1949. Sadoul note avec beaucoup de finesse les tov. Morin. d'un certain nombre de servitudes numéro spécial consacré à Vigo. Kinoks : fans de cinéma (nom donné à l'école utilisé notamment par les reporters de la télévi. s'embusquer dans un buisson et utiliser les télé. 14 janvier 1960. jeu conscient ne peut être toléré (et) le personnage ment restreinte. en adoptant ce maté. le plus grand han- pour qui la non-participation du cinéaste. L a caméra de 16 m m . le cinéaste-scaphandre qui plonge C e n'est pas un ethnologue. capter des situations authentiques. ou des sujets particuliers. tente de donner au repor. Cité par Henri Agel. celle du Ciné-Oeil lorsque. précisément. la caméra est un oeil. son effa. manifestations. et l'équipement encore portatif. ou m e m e le travail. Mais Vigo avait les sujets habituels des actualités : cérémonies. Il veut s'engager. Il fallut combien cette position est nuancée : elle prétend. à Paris. sports. si elle n'est DE NOTRE T E M P S pas précisément invisible. d'autre Oeil est subordonnée à l'invention d'une caméra part. la Révolution d'octobre. Dziga Vertov. constituent les exigences fondamen. Dès lors. caméra de Rouch tente de définir des personnages. cette théorie extrémiste du film sociologique. au théâtre du Vieux- du cinéaste ne doit intervenir qu'au niveau du mon. L e cinéma Il faut revoir la dernière partie de ce jugement. 172 et sq. 1. L e nouveau Ci. 2. protester contre oeil humain. A propos de Nice (1929). dont Rouch et Morin auront été les 4. Il est intéressant de participe à une action continue et ne cherche nul- noter que cette théorie rejoint celle que défendent. Vertov. une famille en pleurs sur une tombe. préconisée par Dziga Vertov . que nous tenterons de définir plus loin. Georges Sadoul. se réclame d'une théorie semblable à ments de la mise en scène (éclairage. dicap du reportage traditionnel. s'est débarrassé. l'intervention créatrice film. riel ultra-léger. Création encore hypothétique. par une méthode stricte qui s'apparente à celle qui est exemple. no 7. la caméra se court et des actualités de la semaine''. L a réalisation du vrai Cinéma. selon objectifs des films de fauves pour saisir. néma-Vérité. vingt- cinq ans après les manifestes des Kinoks'1/2. CHAPITRE III L E S VOIES DU FILM SOCIOLOGIQUE (1) LES ARCHIVES CINEMATOGRAPHIQUES traditionnelles. Voir texte intégral in Positif. acteurs. lité de l'analyse. tels que des enfants l'un point de vue do~umenté"/~.

l'on voit que le film de reportage aussi personnellement. exemple. perception de la m é m e image. mais thentique". est perçu par l'oeil chaque fois différem- torique" extraordinaire au moment m é m e où il se ment. la théorie du Cinéma-Vérité. les événements sociolo. au contraire. tualités. autant de façons différentes de pas la communion ou la réprobation. Solvay. ils sont de deux ordres : le ton adopté s'inspire de la philosophie c o m m u - les grandes futilités mondaines. Et l'on constate alors que ce "document au- grandes catastrophes. la vie quotidienne leur échappent. Cette loppée. Si val. 30 . naftre que les nombreuses sociologies qui s'af- frontent aujourd'hui dans le monde uniwrsitaire du journalisme. et Dès lors. 138. mentateur adopte le ton agressif de la propagande née. le com- une très longue période dans une civilisation don. fois) ou l'enthousiasme. commémorations.. 137. l'argent et la mort composent un ballet style d'une époque. la seconde fois.llincroyable spectacle d'un carnaval. Sans doute. l'information est. le l'érotisme. théoriquement. les niste. le commentaire maintiennent reportage. les phénomènes sociaux titre d'amusement. Bruxelles. le rapport Certes. jeté en pâ. Clausse ne le conteste pas et admet qu'"à l'écran la notion classique d'objec- L'expérience des actualités cinématographiques tivité a perdu son sens" . et de mascarades révèle d'une certaine façon (que 2. ni encore moins celui de ses participants. dans la signification sociologique). qui n'est souvent qu'une actualité déve. c o m m e l'estime M.Cette cette encyclopédie de l'expérience humaine. idem. Sibérie. je pense que l'intérét historique bien que l'actualité cinématographique doivent être des actualités réside moins dans le faitbrut qu'elles analysés du point de vue sociologique avec d'infinies évoquent que dans les éléments secondaires de la précautions . sans participation ni mation. le style des gestes. L a première s'agit moins d'événements historiques que de rites fois. mais il estime que le inspire. "le procès d'un certain monde". Institut de sociologie. p. social. pris sur le vif dans une petite ville de rarement. il est douteux que le I I . l'air du fantastique. "dans dans un reportage intitulé Lettres de Sibérie. - quasi religieux. ces documents précieux doivent etre vie sociale qu'elles enregistrent ingénument : par soumis par le sociologue à une critique historique. cet univers de masques 1960. de m ê m e qu'elles ne saisissent que l'aspect super. in L e Cinéma. temps. l'image dans le domaine de la rationalité. l'actualité s'intéresse. Parfois. à proprement parler. L'actualité cinématographique ficiel et cérémoniel de la vie politique. /' visuelle de Koulechov (voir p. exclut toute relation circonstanciée. p. qui s'inscrit. la comédie dans l'effort d'information. d'une civilisation. de leurs développements et de masques et les r61eç sociaux ? Il faut bien recon. M . la mode. le r81e décisif du commentaire hautement conventionnels de la vie cérémonielle en donnant à ces images rigoureusement identiques (défilés militaires. L'information visuelle n'est-elle constituent autant de "points de Vue" plus ou moins pas plut8t porteuse de valeurs ? N'appelle-t-elle bien documentés. leurs conséquences. l'identification ou le refus ? L a communication par l'image n'est jamais pure- Les actualités cinématographiques ment intellectuelle. à partout dans le monde. Reprenant trois Les actualités nous présentent le plus souvent fois la m é m e image banale (dépourvue en soi de une vision très imparfaite d'une époque. derrière les leurs antécédents. d'une part. Mais la démarche sociologique n'est-elle pas une "la relation pure et simple des faits saisis dans prise de conscience. Roger Clausse. Quant aux événements véritables auxquels anti-communiste . giques de première grandeur lui échappent. est aussi le principe du film de sure où la parole. d'autre part. Il veut faire. au sens rigoureux du terme. 1. elle saisit sur le vif l'événement "his. On observera aussi que la brièveté m é m e des le ''pointde vue'' de ce reportage n'est-il pas tout diverses séquences qui composent un journal d'ac- à fait le point de vue des organisateurs du carna. ). c o m m e il le dit lui. semblables à eux m é m es pendant n'éveille aucun intérét . cinéma n'en demeure pas moins un moyen d'infor- Cette saisie directe du réel. une découverte de ce qui se leur environnement. Sommes -nous ici réellement en présence hypothèse appelle quelques réserves. ture au regard. Il est inté- de documents sociologiques privilégiés ? Quelle ressant d'évoquer ici l'expérience curieuse à la- est la valeur historique de cette informationvisuelle quelle s'est livré le cinéaste français Kris Marker. Roger Clausse. etc. le commentaire est parfaitement neutre. Il une charge affective différente. de cache derrière les apparences. fait officielle. les historiens de l'avenir auront à apprécier). 14 ). etc. Les rythmes lents un "commentaire descriptif et non interprétatif ou de la vie sociale.Journal" d'actualités relève. par exemple. . si possible. l'auteur montre. la troisième fois. selon le mot de M. mérite de devenir titue encore chaque jour pour l'enrichissement de classique.. Clausse. dans laquelle on voit mesure où leur thème de prédilection semble étre. un ouvrier traverser une rue. Clausse. dans la m e - mise en scène. on l'a vu. le rire (par- saisir le réel. m é m e . compte tenu. qui met en valeur les altérations pro- cette vaste mémoire extérieure à l'humanité que fondes que divers commentaires apportent à la l'écriture avait permis jadis de constituer et cons. l'actualité se définit par de la foule et du pouvoir. au m é m e titre que la célèbre expérience l'homme". une structure audio-visuelle dont tous les éléments D'une manière générale. Cependant. dans expérience. Tant il est vrai que le film sonore constitue déroule : un assassinat politique. où la bétise. sont indissolublement liés. ce qui est fait pour être vu.

E n Angleterre. L a chute des est consacré au Japon. En Angle- terre encore. sans intervention du cinéaste 1928 (pacteBriand. avec le recul du temps. des témoignages partiaux . "1 50 opérateurs enregis- L'historien qui examinera. 1943). L a Russie de des meilleurs films de la série This Modern Age Nicolas II et de Tolstoï (1928). images excellentes sur la vie sociale traditionnelle en France. L e reportage n'est souvent qu'une actualité ampli- fiques). C e film célèbre cons. Il en fit une satire dans le déroulement des événements filmés. 31 . Nicole Védrès a utilisé le m & m e pro. 137. B. dans le meilleur style de Vigo :Histoire grandes séries de thèmes caractérisent le repor- du soldat inconnu (réalisée en 1932. phères. 1943). Paul Rotha journalistique à la connaissance d'une grande na- s'est servi abondamment d'archives filmées pour tion apporte au spectateur des témoignages frag- évoquer le paradoxe mondial de la faim dans un mentaires qui éveillent la curiosité sociologique. devant et pour la foule J. le 13 juin 1942 : ce jour-là. Trois brillante. Ici la caméra peut réellement décrire en profon- titue. gé. qui se déroulent de la première guerre mondiale (réalisation de selon un canevas prévu. afin de fournir à la mémoire un cadre de dans ce dernier film il expose plus particulière. on au front par les opérateurs soviétiques et les opé- rateurs allemands dans un film fort remaraué : 1. les archives cinématographiques L a technique du reportage servirent à une synthèse hi storique de la période 1919-1939. les 1959). "prises sur le vif". et les plans de redressement projetés. L e vaste domaine du cérémonial est le champ graphié par les caméramen combattants de 1'Army d'application idéal du reportage cinématographique. qu'il faudra situer un C e film se rapproche d'un second type de mono- jour. Henri Storck ras.de 1934 à 1943.Kellogg). mense pays en armes et de mettre en valeur l'ef- néralement. 470. (cérémonie du thé. références concret pour une information plus ment les conséquences économiques de la guerre nuancée. qui fut présenté au public anglais au cours des gestes rituels stéréotypés. Histoire encyclopédique du cinéma. Il faut citer aussi. En fiée. cependant. ouvrage cité. L'URSS a tenté aussi d'écrire. L a prise de Berlin (1946). Cette introduction Paris 1900 (1946-47). et qu'elles ne suggèrent excellemment des atmos- The World is rich (Le monde est riche. une vue cavalière de llim- garde que ces documents "authentiques" sont. Mais il faut bien reconnai'tre qu'il l'histoire d'un jour de guerre. cette notre sujet. p. L'un ainsi. à partir d'archives filmées. et la confrontation n'avaient pas été prévues initia. ces trèrent les scènes les plus capables de constituer. ) qui survit en marge d'une cédé pour restituer ironiquement l'atmosphère de vie publique de style occidental. entier. les longs reportages de guerre utilisant les documents A. The peaceful Years (Les années paci. L e magazine cinématographique n'échappe pas lement. A une époque plus récente. par le producteur Louis de Rochemont . graphie historique. en quelque sorte. 1946) . IV. Cérémonial et mouvement de foule authentiques filmés sur le front m e m e . tel film ne fournit jamais que des informations Sous l'influence de Vertov. Mac Dowall et Geoffrey Malin). notamment Desert Victory (La victoire du désert. le attentive . etc. Esther Choub réalisa sommaires par rapport au reportage écrit. le magazine filmé. tout à fait aux limitations du film d'actualités : un miers montages d'actualités firent leur apparition. semble-t-il. développée. C e panorama contient des Romanov (1927). Jeanne et Charles Ford. pour son pur plaisir. que les pre. dans un siècle. Paris. film produit en 1948 par Peter Baylis. Film Unit (Grande-Bretagne). dans la m ê m e catégorie. la vie du pays tout ne s'agit là que d'un idéal d'objectivité très rare. gestes cérémoniels et les gestes du travail. sonorisée en tage sociologique :les mouvements de foule. veilleusement fidèle des passions collectives ou 1916). etc. En Angleterre. leurs ou certains traits culturels.didactique"/l. sous le titre général March of Time (La marche du temps). la réplique du reportage deur . témoignages. E n URSS. p. par le cinéma. formule fut lancée aux Etats-Unis. selon René ment atteint. elle apparart c o m m e un enregistreur mer- sur la bataille de la S o m m e (The battle of the Somme. archives filmées de notre temps devra prendre par leur assemblage. dont la ciologique m & m e dont ils reflètent certaines va. dans ce milieu so. car ils se présentent c o m m e des formule fut reprise pendant quelques années après monographies historiques composées de documents la seconde guerre mondiale (de 1946 à 1949) par "authentiques" : ce sont les films constitués par la Revue mensuelle filmée intitulée This Modern un montage d'actualités anciennes dont la réunion Age (Temps modernes). si la caméra n'est pas ignorée des cinéaste Reismann a utilisé les bandes tournées "acteurs" qui accomplissent la cérémonie. monde qui regorge de ressources gaspillées : Ces images décrivent moins le Japon contemporain World of Plenty (Un monde d'abondance.photo. selon la technique des opéra- sembla dans un montage mordant des actualités de teurs d'actualités. Roger Clausse. des fort qu'il fournissait dans tous les domaines"/2. 2. C'est en URSS. Il constitue un ensemble d'images Belgique. 1958. Montages d'actualités et magazines filmés il fit réaliser une série de reportages qui compor- taient aussi bien des documents d'archives que Un type de films intéresse tout particulièrement des prises de vues inédites.

de sujets religieux ou para-religieux. 1958). en fait. film est ici généralement beaucoup plus importante ment scientifique tourné par l'ethnographe-cinéaste que dans l'enregistrement du cérémonial. On saisit ici. (1954). invisible et indiscrète. matographique. pos dans le chapitre consacré à l'utilisation du Lourdes et ses miracles. tout l e . E n Angleterre encore. Il existe deux enregistrements cinéma. Dans la banlieue d'Accra des rigide par un code rituel. notamment. mentaire britannique. dans une cinémathèque spécialisée. l'autre en Afrique. L'un illustre la conception occidentale. où. il se passe un phénomène ticulièrement l'école documentaire britannique qui. un té. lepouvoir étonnant de l'image : syndicaux ce rapport quasi scientifique. Il y a Citons. insoutenable. de 32 . souvent mots. entre ce film et le précédent plus d'un point c o m - ronnement de la reine d'Angleterre. L a science des religions aurait beaucoup à gagner Il faut citer dans une catégorie particulière les à rassembler. for Ghana (La liberté pour le Ghana). L a caméra. 50). toujours bou.peut €!tre assuré au moins qu'elle n'influence pas Jean Rouch. des thérapeutiques psycho- réalisé par la maison Pathé. portant tous deux plonge le spectateur au coeur m ê m e du sacré. L e déchafhe- en 1949 . dissimulée. les cortèges bariolés. nous retiendrons de ce dernier film est considérable : en marge du encore un reportage de Terence M a c Cartney - cérémonial officiel. L a comparaison tographiques de cette cérémonie. bien ou mal filmées. et particuliè. Aucune description écrite ne des nouveaux Etats du X X e siècle. c o m m e dans temps pour se livrer au jeu tragico-burlesque d'un l'actualité. C'est par- film assurément objectif. l'autre rement England has a Queen (Elisabeth est reine). sociologiques. car cueillement ou l'excitation mystique des partici. au cours d'une mission au Ghana. sans tations mentales incorrectes. Mais la volonté d'élaboration esthétique du le m e m e plan un admirable reportage rigoureuse. Il faut situer sur 1930. siblement ce que le culte africain peut avoir de tionnelle. du culte européen. dont l'étude c o m - authentiquement religieux. presque d'armes. qui tient autant du ballet que de la prise brutal. c'est ainsi qu'elle atténue sen- ment d'une extraordinaire parade militaire tradi. produit en Dans la production de l'Office canadien du film 1957 par le Ghana Film Unit. Ils pourraient ainsi être corrigées par la vision ciné- ont été réalisés tous deux par des cinéastes fran. mêlée à la foule. documentaire social en Angleterre aux films vant l'homme dénudé. la caméra est c o m m e noyée dans la foule n'avons pas l'ambition d'en dresser l'inventaire. constitue. gestes religieux est-elle déjà importante et nous nial . l'intervention du cinéaste) est espèce de pitié sauvage devant cette incroyable constitué par le monde du travail. le 31 mai au recueillement. en principe. rien n'est aussi difficile à interpréter à la lecture pants permettent à la caméra de se glisser furti. réalisé par Terry en mettant en valeur les différences fondamentales Bishop. mun. que la description d'un rituel. en leur comportement fixé de manière plus ou moins 1954 :Mai'tresfous.m ê m etitre. en fait. parée serait assurément du plus haut intérêt. Les gestes du travail :de la naissance du de la chrétienté contemporaine. L e premier. présenté avec une honnêteté absolue. Ici la ferveur. inspiré par la tradition parle. de Georges Rouquier cinéma dans l'enseignement des sciences sociales. elle décrit. les divers reportages du cou. c o m m e si la caméra était constituent des documents sociologiques importants. l'un en France m ê m e . la conception africaine. bien que L e second domaine auquel s'applique le plus aisé- - le film ait été supervisé il est important de le ment la technique du reportage sociologique (ex- - noter par un conseiller religieux. Crierson. passionnée . Dans la notation "sur le vif" des grands Sans doute la liste des reportages relatifs aux mouvements populaires souvent liés au cérémo. qui a presque toujours h o m m e s et des f e m m e s se réunissent de temps en une valeur sacrée. reportages qui s'attachent à décrire des rituels tous ces documents disparates. moignage direct sur le pélerinage et les i m m e r - sions rituelles qui se déroulent dans ce haut-lieu B. Deux films importants émergent. d'un enseignement . Nkruhmah émergeant de la foule foi populaires (Les Pélerins. par l'univers concentration de souffrances. A la vision de ce des gestes techniques et professionnels. Nous tenterons d'illustrer ce pro- çais. parfois horribles. nées de la lecture. la caméra note la vie sociale l'un des hauts-lieux de la chrétienté en Amérique spontanée . de. Freedom structurelles fondamentales. singulier :la gorge se serre et l'émotion colore SOUS l'impulsion du cinéaste-théoricien John fortement la perception des images. nouveau culte de possession (voir p. délirante. montre le roi George VI recevant le salut existant entre deux styles religieux. Leur confrontation comporte plus Trooping the Colour note fidèlement le déroule. dans sa seconde partie. les bals populaires. par l'exemple m ê m e des cultes de possession. cette tension m ê m e des acteurs et Les films dits ethnographiques abondent en la confusion générale facilitent l'enregistrement. sur le pélerinage à l'Oratoire St Joseph. le second film montre la cérémonie à ment dionysiaque africain s'oppose radicalement laquelle prit part la reine Elisabeth II. L'intérêt historique (NationalFilm Board of Canada). à l'intériorisation et au maso- 1956. tout se passant. L a caméra a enregistré aussi la naissance chisme chrétiens. Il s'agit. note les mouvements de l'émotion de M. s'illustra dans cette voie à partir de leversantes. le re. en dévoilant un aspect tragique. séquences liturgiques qui. notamment les saurait rendre sensibles à ce point ces oppositions cérémonies d'indépendance du Ghana. Bien des représen- vement au coeur du phénomène religieux. mieux que ne le font les du nord. Filgate. sans esprit partisan. l'altérer. suscite une cluant.

International décrire avec clarté et probité le travail artisanal Labour Film Institute. peu après 1940. àvrai dire. le but est de faire connai'treles divers aspects de cial''. à peu près à Cité par Roger Manvell. "porta modestement à l'écran le tra.. 286. E n outre.e film est une arme dans le combat pour le pain.avecla avaient dQ déployer"/2. que nous définirons au cours du pro- de deux méthodes d'approche : le reportage et la chain chapitre. Local 100. en 1929. artistes découvrent la signification de l'activité gleterre m ê m e (voir p. 1 YS4 (Lemouve - jeux formels dont toute connaissance véritable de ment coopératif en Allemagne). 1954 (histoire des conquêtes bablement pour la première fois. en fait. les que les gestes du travail se prêtent fort aisément images qu'il emprunte à la réalité sociale. dans deux monographiestechnologiques exemplaires : Nous évoquerons plus loin d'autres films cana- L e tonnelier (1942) et L e charron (1943). Rouquier devait films for Labour Audiences. vers le monde paysan. International Labour Film. les évoquons ici pour la clarté de l'exposé. Bruxelles. une école et un style documen. l'activité syndicale ou du mouvement coopératif. le premier relèvent plus en rien de la catégorie du reportage film "documentaire" européen. L e domaine du "film du travail" plexes. une pléiade de (la forrnation d'une filiale syndicale)14. Mais cette 1'1-G Bergbau (Syndicat des mineurs) . avec le duit par Agel. Canada. p. en évoquant les ouvertures nou- caméra participante. les prises de vues doivent se con. pose. En France et en Belgique. quoi qu'il en soit. les problèmes d'éclairage. les cinéastes s'intéressent moins à la poé- en scène. Très à la participation consciente de l'"acteur" au récit souvent aussi le cinéaste demande et obtient. social''. l'approche du "documentaire ' - Georges Sadoul. 98. Esthétique du cinéma. pour cinématographique. le cinéaste inscrit. Rameradschaft (Fraternité).41). le plus souvent. Georges Rouquier et Henri Storck renouvelèrent. souvent com. de prétexte à des République fédérale d'Allemagne. 1'exploration cinématographique ateliers présentent de grandes difficultés tech. collaboration du Canadian Trade Union Movement Autour de Grierson producteur. produit pour le l'homme était exclue. Aussi bien faut-il noter une construction filmique toute personnelle. A world survey of dans l'intimité des êtres. qui n'est autre fragments de reportage . L'ouvrier se s'est élargi considérablement depuis quelques an- m u e alors en acteur et obéit à une certaine mise nées . la collaboration effective des frontière du reportage et relèvent. Autriche. pro. p. 1955 (Unconflit du ciel. dès lors. elles font appel délibéré- que la trame m ê m e du rite. le travail de la mine du désir de les magnifier. se situe à la limite ciologique. nement cinématographique. mais il consti. titre d'exemple Sie bewegt die Welt (Labour vail de la pêche au hareng dans la m e r du Nord. vail industriel servit. Dans le cas qui nous ment et souverainement à la collaboration du tra- occupe. ouvrage cité. produit par la Wiener Arbei- Les gens étaient amenés à se rendre compte. gewohnlicher Tag ( U n jour c o m m e les autres). Ces films se situent donc à la ces prises de vues. O n se fera une idée de cette extension en Grierson opéra une espèce de révolution dans le consultant le catalogue édité par l'Institut interna- cinéma en montrant en séance publique. Ces films sont généralement produits par de ses premières lettres de noblesse. VII).République servation pure et simple des gestes du travail et fédérale d'Allemagne (La vie. syndicale) . Strike in town leur assiette n'était pas une chose qui tombait du (La ville en grève).toute évidence. 38) et Drifters dotent le film sociologique p. qui ne au temps du cinéma muet. Il trouve un très grand nombre de réalisations dont apporta sur les écrans "une sorte d'exotisme so. Ce genre. GEG (Association des coopératives allemandes) . au-delà des gestes du travail. oeuvres très élaborées ne contiennent plus que des former à un scénario préexistant. Drifters était la pêche au hareng. Ein ganz veine fut assez rapidement tarie. esthétique initial. à selon Rotha. O n tuait alors une audace et une grande nouveauté. éventuellement. p. taires bien caractérisés naissent : le documentaire République fédérale d'Allemagne. 1956. nous nous écartons considérablement du vailleur que la caméra transforme en acteur de sa reportage pur et simple .Du kannst talents se groupent. ___ maintains the World). Canada. (voirp. Film. 59). 1952. né de l'ob. les organisations syndicales. Drifters. Ce genre. repro- la m ê m e époque. selon le mot de Georges Sadoul/l. terkammer. travailleurs. 45 désir de pénétrer. hommes et. se posent en particulier. "L. du courage qu'ils 1950. mais le résultat du labeur physique d'autres travail dans l'industrie du bois) . L e prétexte de et s'apparentent parfois au film de fiction. Le Nanook de Flaherty la paix et la liberté" (introduction du catalogue. produit pour cinéma quelques oeuvres importantes. 33 . Ces diens traitant des m ê m e s problèmes (voir p.qu'il cesse. fournit à l'histoire du et l'action syndicale dans la Ruhr). L e monde du tra. Il faut noter aussi que les velles que propose la caméra participante. Ce sujet a perdu s'adressent à des professionnels spécialisés. Ils se tournèrent tous deux. des gestes du travail industriel a perdu son charme niques . Nous évoquerons son évolution en An. Nous citerons. Paul Rotha insiste sur l'importance de cet évé. Drifters. Ces films. qu'un hareng sur du mouvement ouvrier du Autriche) . nicht abseits stehen (Tu ne peux rester à l'écart). produit social entre dans l'histoire du cinéma c o m m e genre par le Deutscher Gewerkschaftsbund (Deuxjeunes particulier. l'intervention tique du travail qu'aux problèmes sociaux qu'il du cinéaste se borne à circonscrire la réalité. dans propre vie quotidienne. produit par l'Office national du film. films consacrés au travail dans les usines et les Aujourd'hui. Mais. tional des films du travailj3. Nous aujourd'hui sa frarcheur initiale . de surprendre d'une conception infiniment plus riche du film so- sur le vif.

que le jury du Premier Festival Vandervelde. de (voir p. Dans le domaine voisin de la psychia- d'Europe a organisé à Rouen. erre à la poursuite d'un objet qui se dérobe (Union des syndicats norvégiens) (ce film relate. et Visages de la coopération gorie. sous la super- "du travail". l'homme. les possibilités de saisie directe des phéno. s'engager résolument dans la voie d'hommes). Suède. Unpetit spéciale à un film tchèque appartenant à cette caté- coin de parapluie.l'un des plus remarquables est de psychodrame dirigé par une monitrice. im- dans un style semi-documentaire. Suivant l'accord roulent périodiquement les Journées internationales passé entre les auteurs et les parents des enfants du film au service de l'industrie et du travail. Norvège. vision de S. Citons. notations furtives.Gryr 1 Norden (L'aubedans le nord). vue à travers les yeux d'un vieux mili. quiévoque les conflits surgissant fréquemment entre les ou- vriers et les contremaftres.l'une des grèves pressionnistes. qui évoque l'histoire du mouvement coo. L a caméra ob- pératif en France. L e film belge Passion des hommes. rue de Lombaxd. 1952). le film ne peut être projeté que devant des D'autre part. les films syn. produit pour le Svenska Metallindus. produit en 1953 par C B S Public Affairs. Les portement spontané d'un groupe de jeunes garçons confrontations de films consacrés au travail se mal adaptés. L a tant. Ce procédé a musiciens aux Etats-Unis. Citons aussi un film fran. de Dimitrij Plichta (1959). d'une part. cet univers décousu. serve les réactions d'un groupe d'enfants (qui dicaux sont particulièrement nombreux (voir cata. aux Etats-Unis. les films anglais Learning by experience canadienne intitulée "Etude en six chapitres de (L'enseignement par l'expérience. filmés. voient). duit 250 films par le truchement de Nordisk Tone. Dès que nous quittons le domaine que définissent L e procédé de la caméra invisible a été appliqué le cérémonial et les passions collectives de la parfois. Aux Etats-Unis. montre la guérison lente d'une f e m m e at- C. la caméra voleuse. le second à Vienne en 1957. Lorsque la cérémonie ou le travail. Il y a lieu d'examiner triarefiirbundet (Syndicat de la métallurgie). cependant attentivement un cas privilégié de l'ob- 1954(Le syndicat sur le plan régional et national). l'observation des groupes d'enfants. film. cependant été souvent appliqué sans dommage à U n certain nombre de films traitent des pro. produit en 1950 pour le Jewish Board of Guardians. à l'observation du foule. Dans les films dits = fique des Etats-Unis. mais ces méras et de micros dissimulés . non participante : l'utilisation de la caméra cachée. en 1'American Federation of Labor et le Congress of effet. E n Belgique se dé. 59 ). il faut englober aussi les films d'édu. pour apprendre à le connaître. à fleur de peau . Dans la production scienti- af det (Il faut faire quelque chose. 1947) et Growing l'homme et du travail dans l'entreprise moderne" up with other Peoples (Grandir avec les autres). le Conseil des fédérationsindustrielles spécialistes. amor- Vi Var Nagra M a n (Nous n'étions qu'une poignée cer un dialogue. sans cesse : bribes de vie. ignorent qu'on les filme). 34 . d'autre part. Voir rapport du Troisième Festival internatio- mènes sociaux par la caméra s'amenuisent consi. pendant une période à Hambourg en 1954. pro. L e premier cours de séances de thérapeutique collective. Usages spéciaux de la caméra dissimulée teinte de troubles mentaux et soignée au California's Metropolitan Hospital (réalisation :Jack Glenn). telle la belle série exemple. 1. de la caméra participante. au cours d'une espèce logue pp. ce film. gique a tenu à souligner. produit par l'Institut Emile mement grave. méditant sur la grande lutte syndicale de déontologie de ce type de films doit être rigoureu- 1909). au multiplient depuis quelques années. en accordant une mention çais humoristique sur la sécurité sociale. c'est-à-dire un ensemble de gestes stéréotypés.R. en 1960. American at Work (Musicians). l'ombre) . Ce film est le résultat de cation destinés à améliorer la productivité ou à deux ans d'observations patientes au moyen de ca- réduire les accidents professionnels . Stock- dérablement. de Jean Cette technique pose un problème moral extrê- Brismée. filmé tente de découvrir la façon dont les enfants produit en 1950 par l'International Ladies'Garment soumis à l'expérience se représentent le monde Worker Union (Histoiredu syndicat des vêtements des adultes. (19591. est un document historique sur la international du film ethnographique et sociolo- classe ouvrière belge. Slavson. cessent d'être le sujet du reportage. 83-84). nal du fiim du travail. il montre le com- thèmes se situent en marge de notre sujet. C o si no O n% mysif (Ainsi les enfants nous ouvrière. 22-27 mai 1960. mentionnons aussi Out of Darkness (Hors de festival international du film industriel. par blèmes humains du travail. les coopératives suédoises ont pro. Bruxelles. fuit et il faut. L a caméra dissimulée viole. servation cinématographique au moyen de la caméra Depuis 1921. souffrant de troubles émotifs. C e test sans doute With these Hands (Avec ces mains-là). Institut international des films du travail. de deux ans. (Les prises de vues eurent lieu dans de dame. les gestes du travail. un studio spécialement aménagé à cet effet). ou le film danois Man burde Tage sig Margaret Thompson. holm. celui-ci tourne duit par 1'Arbeiderne. L e festival international des films du travail eut lieu spectateur peut suivre ainsi. citons :Activity Croup The- (Thérapeutiquede groupe). de manière délibérée la personnalité morale Industrial Organizations. l'évolution caractérielle des garçons le troisième à Oslo en 1960/1. un premier trie. et du groupe qu'ils constituent. produit par sement définie.s Faglige Landsorganisasjon court. dans les plus fameuses de l'histoire sociale norvégienne. n'est plus qu'un passant qui celle qui éclata en 1889 dans une usine d'allumettes) . 26. dépeint un syndicat de de ceux qu'elle surprend et guette.

(Pour le plus grand avantage de tous). C'est sur la voie de l'espionnage. les relations vir à des fins policières peu recommandables. afin d'étudier sur le vif le problème usefulness). Il est ne visent pas de but scientifique.comportement des clients d'une grande entreprise sociales au sein d'une grande banque (For greaier commerciale. bien comment ce moyen d'investigation pourrait ser- trer. Les films ainsi réalisés Untel procédé appelle déjà certaines réserves. et l'on ne voit que trop ainsi que la société Chase Manhattan fit enregis.mais ils apportent difficilede décider à quel moment la caméra se situe au sociologue des documents intéressants. 35 . au moyen d'une caméra cachée. des relations humaines.

Or. sortant de l'anonymat. un film Dès que l'on évoque cette idée. Il n'a pas toujours vu ces choses de la façon dont il les D e 1920 à 1921. il n'a pas vu L'oeuvre de Flaherty et la méthode ethnographique exactement ceci et cela qu'il montre. sou- Or. ''le le cinéma qu'un instrument de recherche. Flaherty observe minutieusement Nanook tenté de circonscrire le domaine relativement et sa famille. il recherche ia communion. tout un univers. L e h u m aine. à la construction du film. le livre. portrait sociologique qu'il entreprend. Il a sim- viction est plus ou moins grand selon l'art du ci. Il y a dans ces grands documen- tive. vers ces images démunies d'artifice. ni calomnie. Dans cette perspective. un instrument peu sans tricherie ni artifice. . 280. L e film ainsi conçu est plus que morale. la vérité. le plus souvent. CAMERA PARTICIPANTE L e film. à tra- lors. c'est une tenta- tenir la collaboration effective des hommes dont le tive en vue d'opérer une généralisation à partir de cinéaste veut exprimer les passions. apparalï. cette fois. dans logue. dans cette perspec. discours filmique est constitué par une série de D e cet art dont il a inventé la néthode. etc. la réalité qu'aux vertus expressives du montage. où l'Esquimau. plifié le langage en accordant plus d'importance à néaste. Flaherty ne suit pas Nanook à la trace. Sadoul. taire" dépend. de vérité. dont le pouvoir de con. C'est que d'autres. ils chercher la participation active de l'ouvrier. le film est autre chose qu'un livre . L e documentaire est une répondant au n o m de Flaherty. taires un accent de vérité. mais la ferveur discrete jamais un langage. ils suggèrent page qu'au montage. avec 1. Robert propositions affirmatives. pendant quinze mois (la durée montre. rbles sont authentiques. CHAPITRE IV L E S VOIES DU FILM SOCIOLOGIQUE (II) LA TRADITION DE FLAHERTY OU LA un talent variable. au terme de leurs recherches. 36 . tion. publicitaire dans la baie d'Hudson. en tout cas. à ce niveau. Nanook. un ton qui ne ressemble nication . un portrait mentaire. la monographie. une oeuvre expressive mettant méthode bien plus féconde que celle de Dziga Vertov en jeu toutes les ressources de l'observation. tourne pour une oeuvre d'art empreinte de rationalité. Revillon. les travaux quelques événements concrets. en soi. sa propre condition adapté à la découverte automatique de la vérité d'homme.mais de re. Cette limité. Il ciété à travers quelques visages exemplaires . qui renonce l'imege impose avec force le sentiment de réalité. un h o m m e au sourire inoubliable. prend figure rie du reportage pur et simple dont nous avons d'homme. était un Esquimau c o m m e tant entre les sociologues et les cinéastes. L e film. le dialogue en rien à celui des discours de propagande : ni avec la caméra. c o m m e une Il s'est avéré depuis une trentaine d'années qu'une oeuvre de synthèse. L e film. du montrent quelques hommes se mouvant dans le paysan. p. les bonnes rela. un premier acteur bénévole exprimant volontairement. après avoir été adopté par eux. il engage avec lui un dia- télescope sur un problème de géométrie. nous héros d'une véritable épopée"/l . au fond. dès petit espace qu'ils habitent réellement et. dès qu'il cesse de relever de la catégo. oeil aveugle ou. L'authenticité d'un tel film dit "documen. les hommes deviennent du cinéma a retenus résument le destin d'une so- les acteurs de leur propre condition authentique. aux faux prestiges de la caméra objective et du Les grands documentaires sociaux que l'histoire reportage "saisi sur le vif". dont et les soucis. Flaherty demeure le maftre inégalé. de capter dans sa pure n'agitent pas les concepts de structure. il était aussi le l'avons vu plus haut. ils ne s'agit plus. ouvrage cité. à travers son oeuvre :voici ce que j'ai vu. avec laquelle s'exprirre un esprit indépendant. maison de fourrures françaises. J. c o m m e l'essai littéraire. est à la fois description et essai de commu. L e héros de ce tions commencent malheureusement à se gâter film. humaine. puisque cette façon est un langage qu'il moyenne d'une enqu&te ethnographique). il lui demande de collaborer étroitement au l'espoir de voir surgir un théorème. est plutbt comparable au discours élaboré que les sociologues-écrivainsnous proposent. entièrement de la bonne tout en annexant la technique du film de fiction. Or. s'élabore plus à la prise de vues et au décou. Mais pour appréhender la réalité sociale consiste à ob. non le pur reflet de la réalité. L e film docu. aucun langage (qu'il soit fait d'images ou de cieux avant tout de témoigner de la condition paroles) ne garantit a priori. c'est. de fonc- spontanéité idéale la réalité ''brute''. Cet les sociologues hésitent à voir autre chose dans h o m m e inconnu devint selon le mot de Sadoul. foi du réalisateur qui affirme. un trap- invente avec la collaboration d'acteurs dont les peur-prospecteur américain d'origine irlandaise. ni l'épouvantail des statistiques . C'est un peu c o m m e si l'on braquait un en chasseur d'images . particuliers.

Ni dans un cas. approfondir ou introduire cas particuliers"/ 5. Il invente. reportage pur et simple. "le 2. historiques. ethnographiques. d'autres moyens. dans son cours d'ethnographie. chap. en oncle maternel. Dans les techniques dramatiques utili. sujet ne raconte pas sa situation. le jeu. blié sous la direction de G. expérimentale. puisque les deux types d'enregis- pas toujours clairement compte que Nanook est trement cinématographique (le reportage et la bâti c o m m e un film de fiction. Marcel Griaule ad- tait. et de leurs enfants. Mais ce paradoxe caractérise. etc. les gestes du vateur devient réellement "metteur en scène". dans la seconde. toute enquête sociolo. d'interroger. L'ethnographe ou le sociographe observe - vu un moment m é m e de cette connaissance. à peine vi. Nul puriste de l'observation directe ne lui dération c o m m e "films ethnographiques'' les contestera le droit d'engager des conversations oeuvres très élaborées où les scènes seraient (sinon. d'interviewer. J'ai moi-même utilisé une technique 5. mettait. Nanook interprète "mise en scène" liée à ia caméra participante) ne le r8le de Nanook :il s'exprime lui-même. pourquoi lui recommanderait -on vivement "reconstituées". les interrelations qui le lient à son entou. moignage cinématographique approfondi. Ceci est une action en retour de la tech- Flaherty entendait avant tout apporter un témoi. provoque des réactions. Techniques de l'enquête socio- sociologue participe aux situations collectives des logique. dans sont pas exactement des moyens d'investigation. traire. Aucun ethnographe n'a récusé quête m ê m e . Or. Gurvitch. Bien des ethno- bée. mérite d'être tervention. ce jeu permet seul d'apporter un té- à la vie sociale. rage"/4. ce que l'on veut bien y réfléchir. Marcel Griaule. 142. sées notamment par les disciples de Moreno. ni dans l'autre. note que le 1. toute direction d'acteurs) sont relative- comparée à la technique du sociodrame. grâce aux auxiliaires qui l'assistent dans 3. Méthode de l'ethnographie. pour être tolérée du point de vue scientifique "dans des compléter. Artiste intègre. nique cinématographique sur la technique de l'en- gnage authentique. in Traité de sociologie. amusait beaucoup m e s infor- ressources limitées du reportage. c o m m e moyen d'investigation des c o m m e un ethnographe rédigerait une monographie r8les familiaux. la selon les consignes d'un metteur en scène. 148. Il obtient. s'ef. pu- enquêtés. 1958. Granai. déjà analysée par sociologique. - plus exactement la part de jeu qui définit la m é - gistrement cinématographique. afin de mettre rapidement à jour ou un romancier inventerait un roman. 4. quant à lui. L e bien des choses silencieusement. en M. suscite. dont la mise en scène cinématographique qui ne se fondent que très partiellement sur les m'avait donné l'idée. il n'est que très rarement nous l'avons gique. qui cite ce type d'enquête c o m m e exem- plaire de l'observation participante. 142. Je proposais pour le tournage du film. une nou. L e appellation couvre tout ce qui ne ressortit pas au chercheur participe donc à la vie du groupe. La caméra participante. il la joue et res. l'ensemble des relations de parenté. la à m e s "acteurs" bénévoles de tenir une série de participation consciente de Nanook. Or. en opposi. c'est-à-direpar plans. tant8t en gendre. que la "reconstitution" pouvait sité de parler. Paris. répond. qui ont cessé de se manifester). p. dialogue. p. peu gênante . C'est la méthode que thenticité ne se pose pas en ces termes. Je m e suis aperçu que cette technique d'inves- velle méthode et un nouveau style documentaire tigation. les m ê m e s ethnographes ne savent pas toujours fondée sur la communication de l'observateur et de très exactelnent quels sont les films dont les scènes ceux qu'il observe/l. - l'on sait . Griaule. les possibilités du reportage pur et simple formé en acteur. p. - cepter résolument la part de reconstitution disons trouvent leur équivalent dans le domaine de l'enre. travail. éclairer. (c'est-à-dired'une technique qui interdit toute in- dans le style défini par Flaherty. le concours effectif. M . p. le problème de l'au- force m ê m e de s'y intégrer. Georges Granai. de son &té. ment limitées :le cérémonial . fondant ainsi les thode utilisée par Flaherty (puisque le terme deux approches du phénomène humain . mateurs. de Nyla. (Seule l'oeuvre récente de Jean tion et cherche à établir une relation approfondie Rouch fait exception à cette règle). c o m m e l'on dit souvent. le cadre d'un récit préétabli qu'il présente artifi. D'ailleurs. s'efforce de créer.attitude résume toute la déontologie de la recherche ludique semblable en Afrique. Puis Flaherty bâtit un scénario. au cours d'enquetes ethnographique. dans la reconstitution ne s'applique qu'à des phénomènes première. insis. en frère aîné. Nous pensons qu'il faut ren- l'observation directe/a. Granai. où l'obser. ces deux méthodes verser radicalement cette proportion.trans. tuations/3. VII. par fragments. si une façon de rapporter ce que l'on a vu. la caméra se fait discrète. 1957. elle participe doxalement. ont été "reconstituées" ou non. dès qu'il tente un effort de pénétra. mais en cela ne réside pas l'essentiel de son graphes. Mais on ne se rend la comparaison. voire à la déro. tion radicale au cinéma-vérité de Vertov. Granai. sur la néces. refusent de prendre en consi- travail. cependant. Griaule. l'une passive. Au con- pose des questions auxquelles un informateur. 37 . les mouvements de foule. Granai appelle l'"observation participante". L e cinéma est avec l'homme. de susciter des si. Cette d'étudier la langue du peuple qu'il étudie ?). qui sont. c o m m e l'observation directe et l'enquête orale ou ciellement. Paris. film est un témoignage synthétique. sa rôles arbitraires :ils devaient se comporter tant8t femme. Para- sible. ouvrage cité. Sans doute ne faudrait-il pas forcer ce chef-d'oeuvre de probité. caméra n'interroge vraiment : elle porte témoi- Tel est le paradoxe du film ethnographique et gnage sur une situation connue. Il faut ac- fondamentales. ouvrage cité. l'autre active.

la condition de vues. à nos yeux et ceux d'autrui. basée sur la confiance réciproque. retombe. résiste. s'applique à la vie sociale fluide. Parmi les diverses prises de la m é m e scène. pour Dans notre propre civilisation. sont en- s'agit bien. alors que. ). L a progression épique du film pouvait nous arracher notre masque socialisé et s'achève par une temp&te. en oeuvre ne diffèrent pas fondamentalement de Faut-il préciser que Flaherty utilise la méthode . chette sur un animal de neige. visés. C e film est l'épopée d'un homme. rire ou la dignité"/l. Il n'y a pas de recette "scientifique" qui se déshabille et se glisse sous les peaux. 38 . soire. écoute. L a chasse est la lutte sans les lourdes interventions de la mise en scène. ceux que requiert l'enquéte ethnographique tradi- - et non l'esprit du film dit de fiction ? L e but du tionnelle. dans une structure cohérente. A l'inverse. Mais (1923-1924) dans le Pacifique. que la caméra démarque. Il peut paraRre étrange que la vie sociale spon. c'est-à-dire ajustons un humaine sont des conqu&tes dont l'animal est exclu. L'art de Flaherty consiste aussi à couler sa description ethnographiquedans les grands rythmes C e film est un portrait de famille :voici Nanook. 45. accourus à la lourde machinerie du cinéma n'étouffe-t-ellepas rescousse. qui s'acharnent à survivre. Nanook y lance son harpon et une mise en scène rigide. de lave son bébé en crachant sur une peau. 35 mm. les événements sociaux rigides (vie une intelligence merveilleuse. navigateurs. rents. est une scène extraordinaire. ensevelis appelés devant un appareil de photos et de prises sous la neige. les raire de prétendre résoudre scientifiquement. qui intervient dans vent. 46. 50). Il se redresse. manger le disque. la famille mange. Nanook est aussi constructeur. c o m m e s'il allait &tre le reportage ne saisit que des lambeaux incohé. Nanook. les aspects - les plus significatifs de la vie quotidienne cette 1. qui relève entiè. jeu est de montrer. L a capturedu phoque rituelle. le village de Safuné. constituent les "cas particu. présence m @ m e de la caméra. dès lors. Il scènes âpres de la lutte pour l'existence. son domaine. ouverte par Rouch et Morin. il veut heurte à cette géne particulière de l"'acteur". Nanook dérape sur la glace.. non cristallisée. qui a rites. cérémonielle) peuvent &tre notés au vol. déployant dans la navi- matographique particulièrement lourde. c o m m e si la caméra extra-lucide leurs querelles. Cette voie neuve (inconnue des sciences ethnographique de la vie quotidienne des Samoans. il opère un choix. l'animal blessé. à chaque halte provi- C'est là un problème complexe. au phoque. héros du premier film ethnographique. masque. 1923-24. à une sollici. Tel est. L a vie cette spontanéité m @ m e qu'elle est censée révéler ? est une longue errance et. notre masque le plus hypocrite : le sou. la maison de neige. est aussi le symbole m & m e de toute civilisation. le cinéaste se la première fois de sa vie. la chasse au morse. Nanook dégeler 1'interlocuteur. réduit à l'essentiel. dans l'archipel des la première réaction à une question. L e cinéaste intervient ici c o m m e un régulateur. alors inavouée. noir et blanc. été synchronisée postérieurement (1925). en fragmentant les gestes pour mieux les soumettre Quelques films de Flahertp à l'enregistrement cinématographique. l'autre légèrement plus longue. 1. qui oblige Nanook et les découvrir. lorsqu'il dans sa fuite. précisément. le m & m e méca. ces masques de la vie sociale. avec une extraordinaire jubilation. il construit l'igloo. muet. tagent la vie rude de l'homme.l'une muette (38 trastent avec la rigidité et le conformisme des min. née de la 1 h. l'abri d'une nuit. contre l'invisible et l'épopée c8toie la farce. Seul Nous avons commenté précédemment la dialectique un trou minuscule signale la présence de l'animal de ce paradoxe : c'est que le rituel constitue déjà sous la banquise. d'une société tanée appelle une technique d'enregistrement ciné. les moyens psychologiques àmettre liers" de 1' enregistrement cinématographique. Moana of the South Seas (Moana des mers du sud). L a preuve n'en est-elle pas que. gation. ma. nous "posons". Par contre. exactes et naturelles).propre. leurs enfants. le propos du film. peu significatifs. notre â m e siens à se réfugier dans un igloo abandonné. toujours caché. Les descriptions techniques. D e toute façon. p. sit8t que les chiens passeront la nuit dehors. naturels et vitaux :vérité et poésie sont les deux le plus extraordinaire sourire de l'histoire du ciné- pbles de son oeuvre. L'intimité familiale. happé par le trou. Comment. Il choisit les Tles il peut aussi s'assigner c o m m e tâche de surprendre Samoa. en effet. trecoupées de notations tendres ou familières : tuer la vie par les vertus du dialogue humain qui Nanook apprend à son jeune fils à lancer une flé- s'engage entre le cinéaste et ses l'acteurs'' impro. un ensemble signifiant tire à en perdre haleine sur la corde que déroule. rement de la création artistique et qu'il est témé. Nyla. Flaherty quitte le Grand Nord et passe deux ans nant celles qu'altèrent les déviations du jeu. leurs chiens. existe deux versions du film. L e cinéma ou l'homme imaginaire.. dont les fiançailles heureuses de Fa'angase et de et dont le principe se trouve en germe dans l'inter- view. la triomphe enfin avec l'aide des siens. le cabotinage. un gramophone. Nanook of the North (Nanook l'esquimau) : il vie dont la fluidité et la richesse émotive con. d'un art : l'art de resti. élimi. nisme de défense peut engendrer l'exhibitionnisme. en effet. sa femme. suppression de cette tension artificielle. Tout son effet psychologique tend à la 2. sera discutée ultérieurement (voir p. Les chiens de l'attelage par- qu'évoquait Edgar Morin :"NOUSréagissons sou. ici. Nyla permette à coup sQr d'engager ce dialogue. Moana est une longue description tation. la p&che.

Moana est l'un des grands axes de l'art de Flaherty. où il pêcheurs reprennent la mer. U n canot à quatre rames s'approche ment rousseauiste de Flaherty. dont le thème est l'ali. version anglaise. L a beauté et la rieuse. veille. consommation cette oeuvre "monumentale". menacée par la m e r fu- au moyen de pierres chaudes. beignets de poisson. qui s'accordait si bien avec le tempéra. Après l'"agriculture". 1 h. Tabu. constituent les thèmes de la qua. réalisé en collaboration colte des varechs . U n petit garçon cueille des noix de coco. 1934. Moana et Fa'angase dansent de L e père et ses compagnons reviennent de la pêche. des crustés dans une petite Tle rocailleuse et inculte. est suivie d'une séquence consacrée à la victoire morale de l'homme sur la douleur physique. L'intrigue sentimentale est étran. L a mère et le fils les aident à accoster. et à arracher le filet aux vagues. sa mère. Matahi nage tin. chain mariage. son lamment. M a n of Aran (L'homme d'Aran). min. préparation de serait injuste. L a lutte douleur. un jeune pêcheur. version anglaise. d'une tortue de mer. suc. naire document sur les rapports élémentaires de ristique de Flaherty devant la civilisation moderne. le petit garçon N é de la fusion de deux conceptions cinémato. montage :John la préparation des fibres végétales pour la confec. 35 m m . Du haut de la falaise. que l'héroïne supporte vail. dans des hottes ils la transportent Dans ce film où il est difficile de faire la part de vers cet extraordinaire "champ" de varechs. L e canot est jeté à terre et brisé . de n'y voir qu'un prolon- la teinture qui doit pénétrer dans la chair. physique contre la nature. Il se fait tatouer par trois hommes . ils guettent tous deux l'horizon. mérite d'être notée. à Réalisation :Robert Flaherty . ce film contient des aspects Vaincu cette fois par la mer. Ils sont seuls à des bars. lisation de l'arbre à pain. cette fois. 1928-31. Il aperçoit au large ethnographique rigoureusement authentique. aidée du petit garçon et d'un avec F. W. Des bancs de requins passent au large et les L e couple se réfugie dans une rle étrangère. L a présence de la m e r domine la C e film est peut-être le chef-d'oeuvre de Flaherty seconde partie du film : tempête sur les récifs de et nous sommes loin de partager l'avis de Sadoul. Dans la ligne épique de Nanook. Mais leprêtre la maison cette nuit. cédant à la rude épopée arctique. noir et blanc. durera. la lutte à coups de harpons et Bora Bora. Rien de plus nonchalant que le fil ondo. Flaherty Cette introduction. L'histoire drama. nous assistons à la culture du 4. 1 h. "tabou". deux jours. de terre : le père casse des pierres. L e lendemain m a - nalement de le rejoindre. Après gement de la vision de Rousseau. Nous un requin. la pêche. qui en acheva seul la réalisation. L e père prépare la doris endommagée tique des amours contrariées de Matahi et de sa par la tempete. emmène sa fiancée. et sa mère récupèrent les harpons et les avirons. L e requin est enfin amené à terre et dépecé. cuisson des tubercules de taro abandonnée à elle-même. C'est aussi un merveilleux poème bucolique. aux iles Touamotou d'un deuxième requin . dans la grands scène du tatouage. nulle froideur dans cet hymne au labeur troisième partie du film. pêcheur et chasseur de requins. Au cours d'une poursuite en mer. proclame Reri interdite. la navigation traditionnelle. Jeux de Michael et travaux de la mère à la maison. on sert le kava. tandis que l'enfant dort. L'attitude caracté. L a mère et l'enfant affronte avec innocence la civilisation abâtardie préparent l'huile extraite du foie. graphiques opposées. Murnau vieillard. l'oint d'huile de palme. pêche. qui acceptera fi. elle va chercher la terre arable dans les crevasses . boisson cérémonielle. authentiques sont Michael. m e r démontée. la femme ré- 3 5 m m . 28. - la lutte acharnée contre le sol rocailleux une lutte qu'on hésite à désigner du terme banal d'"agricu1- ture". au large de l'Irlande occidentale. repo- Murnau. Les fiancés dansent. à la pêche au harpon. Flaherty sant sur un lit de pierres. dont la poésie se nourrit de simplicité. dans une yant de ce scénario ethnographique exemplaire. Les personnages le tatouage douloureux. dans la tempête. qui donne au film dès le départ exalte ici. sacrifie davantage à la fiction. L a mère est parti à la recherche de Reri. insensé d'une poignée d'hommes et de femmes in- mentation :préparation de la farine de coco. corail. Voici la préparation d'un champ de pommes 3. tandis que le petit garçon pêche au fiancée Reri se déroule cependant dans un cadre lancer du haut d'une falaise. n'en déplaise de poisson cru. Fa'angase à son tour est paré en vue de son pro. dès lors. nouveau. à la capture d'un sanglier au piège. père. un ton âpre.la jeune et belle Moana fournissent le prétexte. des marchands de perles. source de corruption pour les mondes archaïques. la baignade. Il n'y a. Désespéré. le père rentre à la documentaires marginaux d'une grande beauté : la maison avec les siens.. à l'uti. capture d'un crabe palmiste enfumé dans qui estime que l'auteur sacrifie à l'esthétique dans sa cachette. C e dernier intermède introduit la à Sadoul. l'ani- sommes encore dans cette Polynésie apparemment mal harponné tord le fer qui l'a blessé et réussit à heureuse. gère à notre propos : les exigences de la religion la mère et le petit garçon en surveillent les péripé- brisent le bonheur de ce couple uni . L e bateau qui à sa poursuite et se noie derrière le bateau qui est la proie de vagues énormes tente de rentrer. noir et blanc. enfin. Matahi l'enlève. un prêtre ties. l'évocation du grand trième partie : Fa'angase orne Moana de fleurs et triompheprimitif de l'homme désarmé ou mal armé. Goldman et Frances Flaherty tion des vêtements en tapa. Ru fil des tra- vaux et des jours. s'échapper. 1 5 taro. cet extraordi- les danses traditionnelles. l'homme et de la nature comporte à la fois des 39 . etc. etc.

L'intervention du ci. les angoisses. aux Etats-Unis. mects directs ou indirects dans l'école documen- tion d'exposition. s'intégrer à la communauté dont il entend décrire. constituent l'un caractéristique de sa méthode de travail. 40 .scènes jouées et des scènes qui relèvent du repor. qui n'épuisent nullement simplicité. l'épopée qu'ils vivent. Leurs prolonge- du cinéaste à sonpropos. a atteint une telle perfec. les raisons de vivre. 1Vle d'Aran :il est intéressant de noter ce trait aux Pays-Bas. tage. les sont le jouet de la tempête. joies. Flaherty passa deux ans dans taire anglaise. tique des h o m m e s d'Aran. la soumission ethnographique et sociologique. sont les classiques du film description fidèle d'un milieu social. le travail. qui racontent. en Belgique. Rarement la l'oeuvre de Flaherty. filmées au moment m ê m e oii les pêcheurs en parfaite connaissance de cause. en re- néaste n'altère en rien le comportement authen. ainsi qu'en France. fusant tout crédit au pittoresque. avec Ces quatre films. qui est des phénomènes les plus remarquablesde l'histoire véritablement celle d'un ethnographe soucieux de du cinéma documentaire.

Docteur en philosophie de Glasgow. Deux tempéraments s'opposent ici :Rotha est un pendant que. Documentary art Film. citoyens britanniques le fonctionnzment de l'Etat. D e logique. 3. 120. 41 . mais critique sa conception "roman- les problèmes sociaux)fut aussitrès profonde. ignore l'analyse sociale. l'auteur de M a n of Aran ait passé sous silence le pour notre propos. il semble lui faire grief reproche à l'école documentaire britannique de de s'&tre limité au thème du combat primitif de n'avoir pas pleinement réalisé latâche qu'elle s'était l'homme contre la nature. jamais le pouvoir de conviction de l'auteur de ciel. les affranchissant (très relative. il faut mentionner :Shipyard (Chantier technologique des gestes du travail. Londres. contribuèrent à l'éclosion du film socio. régime de la grande propriété terrienne dont sont cupé de rigueur scientifique dans l'élaboration du victimes les paysans de iifle)/5. cessité de la vision poétique/3.Sadoul tique" de la vie sociale . p. penchent sur les problèmes économiques et sociaux Il faut probablement faire sienne l'appréciation de la civilisation industrielle. Mais il est intéressant de noter. que Grierson était fort préoc. civil rights. Cité par Agel. que nous re- trouverons aux Etats-Unis dans de très nombreux L a première génération films classés dans les catalogues des universités et des maisons de distribution spécialisées sous L e but des cinéastes anglais qui. qui vint tourner en Angleterre un pa. Force est de re- son opposition à la vision conventionnelle de la connal'trequ'aucun documentariste anglais n'eut société à laquelle aboutit un certain cinéma offi. Londres. Des ambitions sociologiques et artistiques vaille au chantier naval . dans la civilisation indus- préoccupée des effets esthétiques superficiels.42 ). le second exemple sa formule. L e documentaire documentaire social. cumentaire. civics. à la suite de les rubriques : Business and economics. et de s'être trop dans le monde moderne. le cinéaste et théoricien Paul Rotha. la conquête de l'objectivité. dit encore Rotha. L'un des chefs de file de la première école do. un poète que fascine un certain déploie la bannière Free Cinema pour marquer aspect de la condition humaine. Mais il propose une vi- EN ANGLETERRE DEPUIS GRIERSON sion sociologique assez académique. 1936. 1935) dont le sujet est la construction d'un ethnographes qui étudient la poterie en filmant un navire et les réactions de la petite ville qui tra- potier. Flaherty nouvelle école documentaire britannique. CHAPITRE V ESQUISSE D'UNE HISTOIRE DU FILM ETHNOGRAPHIQUE ET SOCIOLOGIQUE 1. documentaire social dans un livre important : ment) des recherches purement formelles du début/l. avant tout. d'intention nous paraft injuste. Esthétique du cinéma. Documentary art Film/4. qui estime que les oeuvres de la première reprocher à Flaherty d'avoir choisi des thèmes école documentaire anglaise "offrent un ensemble "anachroniques" (Rotha regrette notamment que assez terne". Sadoul. objectif était de magnifier "l'inconsciente beauté de Rotha a raison de souhaiter que les cinéastes se l'effort physique" qui se déploie dans le travailja. Grierson lui-même. p. Car enfin Flaherty teur de l'école : le premier objectif était d'exalter n'est pas un théoricien et il n'a jamais proposé en le travail humain et ses vertus civiques . le titre Great Cargoes. assignée. vers une formule didactique :il veut apprendre aux 4. et Rising Tide (Marée plus hautes les animaient (voir p. extensions des docks à Southampton et l'interdé- fut profonde et orienta les cinéastes anglais. fit des recherches sur le r8le social de la celui qui a été le plus fidèle à l'esprit d'objectivité presse et de la radio au Centre de recherches sociologique pr8né par Grierson . Il reconnaît les mérites L'empreinte du cinéma soviétique (avecson goût pour de Flahere. vers l'"observation directe et Théoricien. il n'y a pas de place pour ce genre de do- finalité morale et sociologique du documentaire cumentaire "idyllique" ou "d'évasion''. idyllique. l'anima. la rationaliste qui veut expliquer la société . mais il a tort de d'Agel. 1. Documentary art Film. sa philosophie. Rotha a exprimé ses conceptions du consciencieuse". alors que. Grierson est peut-&tre. tout en insistant sur la né. etc. Il nous paraît ce. political education. guidance. Ces jeunes cinéastes Nanook. n'était pas de procéder à un inventaire Paul Rotha. il s'oriente m & m e Rockefeller. 1936. se sont pénétrés de manière beaucoup plus intense de la grande leçon d'humanité de Flaherty. 5. Grierson. dans ces deux voies conjuguées. L a trielle. 1934) dont une nouvelle version porte de Flaherty. L'influence montante. p. à la façon des naval. C e procès domine cependant la pensée de Grierson. 45. 287. celle qui est. son style. selon Rotha. 2. de tous les membres de l'équipe. selon pendance des diverses activités commerciales. ouvrage cité. ira beaucoup plus loin. qui montre les nouvelles norama industriel intitulé Industrial Britain (1933). L'EVOLUTION DU DOCUMENTAIRE SOCIAL la structure de la société.

Cependant, cette première école documentaire il faut citer Housing Problems (1935), le film
compte quelques maftres. Tel Basil Wright, dont qu'Elton et Anstey ont consacré au problème des
toutes les histoires du cinéma citent une étude poé- taudis. Les auteurs apparaissent ici c o m m e les
tique sur Ceylan, Song of Ceylon (1935), un film précurseurs du style typique de la télévision :ils
qui, pour la première fois, montre, dans un savant utilisent, notamment, la technique de l'interview,
contraste, la coexistence d'une civilisation pré- que Rouquier emploiera également en France, dans
machiniste et de la civilisation occidentale. L a la première partie de Lourdes et ses miracles
première partie du film est consacrée à la religion (voir p. 49).
bouddhique : célébration de rites religieux sur la Toute l'école britannique semble avoir admiré
plus haute montagne de l'ne, d'où, selon la tradi- l'oeuvre de Flaherty, mais un certain nombre de
tion, le Bouddha effectua son ascension mystique. cinéastes seulement ont tenté des études sociales
L a seconde partie décrit, dans le style typique de approfondies au moyen de la caméra participante,
l'école britannique, les métiers et les industries ; après les essais impressionnistes des premiers
la troisième partie oppose à la sérénité des deux réalisateurs, groupés autour de Grierson. Il faut
premières la fièvre de l'activité commerciale m o - remarquer, avec Roger Manvell, que, jusqu'en
derne ; la dernière partie décrit la persistance du 1935 au moins "les réalisateurs de Grierson furent
style de vie traditionnel. Les Anglais considèrent plus intéressés par l'interprétation artistique des
ce film, dont le contenu s'inspire d'une description thèmes industriels que par l'exposition des pro-
de l'lie faite vers 1680, par Robert Knox, c o m m e blèmes sociaux qu'ils posaient, alors que Rotha
l'une des plus importantes oeuvres documentaires s'intéressait à la propagande"/l. L e point de vue
de la première époque. Produit par l'Empire Tea social très particulier de Rotha, qui écrivait, en
Marketing Board, il s'apparente plus aux essais 1936, qu'il est urgent d'intéresser le public aux
impressionnistes qu'à la véritable tradition du problèmes nationaux et internationaux/2, allait
film sociologique. D e ce point de vue, son princi- triompher dans le nouveau cinéma documentaire
pal mérite réside dans le fait qu'il constitue l'une qui prolonge l'école de Grierson en Angleterre,
des premières tentatives (mais bien superficielle pendant la seconde guerre mondiale. Harry Watt,
encore) pour montrer la coexistence de deux dont le n o m a déjà été cité, est probablement l'ini-
cultures. tiateur d'un mouvement qui allait porter quelques
Au générique de la plupart des films documen- documentaristes à utiliser pleinement les ressources
taires marquants de cette époque, en Angleterre, du film de fiction à seule fin de dépeindre fidèle-
on retrouve le n o m de Grierson c o m m e producteur. ment la vie quotidienne et les devoirs des groupe-
C'est lui qui confia notamment à Cavalcanti la réa- ments militaires ou paramilitaires créés pour la
lisation de Coal Face (1936), une étude sur la mine défense de la nation assiégée. Son moyen métrage
et la vie des ouvriers mineurs, l'un des premiers Target for Tonight (1941), qui raconte l'histoire
documents sur ce sujet et l'une des oeuvres les d'un raid de bombardement sur l'Allemagne, fut,
plus importantes du mouvement. Cavalcanti, à son selon Rotha "le premier à dépeindre les courants
tour, fut le producteur d'un film de Harry Watt : humains profonds de la guerre sur une échelle que
North Sea (mer du Nord, 1938). C e film est une le documentaire n'avait pas encore connue aupara-
reconstitution des nombreux incidents qui mar- vant"/3. L a personnalité la plus importante de
quèrent la grande tempete de 1937. Il s'agit tou- cette époque est Humphrey Jennings, dont le tem-
jours de noter les gestes du travail, l'effort de pérament lyrique et les dons d'observation remar-
l'homme, la lutte conquérante contre la matière quables se manifestent avec force dans un long
ou la nature. North Sea s'attache notamment à dé- métrage :Fires were started (1943), qui décrit
crire comment les services radiophoniques sauve- le travail de 1'Auxiliary Fire Service au fil d'une
gardent la vie des marins. Mais ce film s'écarte journée d'alerte. L a formule utilisée ici par
des données traditionnelles du genre créé par Jennings nous situe à la limite m é m e du documen-
Grierson par l'utilisation d'"acteurs" et l'exposi- taire et du film de fiction ; il reconstitue une
tion d'une ''histoire''. Harry Watt avait déjà amorcé
ce style nouveau dans Night Mail (Courrierde nuit), 1. "Grierson's directors were more interested in
un film qu'il signa avec Basil Wright (1936). Pro- the artistic treatment of industry than in the
duit c o m m e le film précédent par le General Post social problems involved, whereas Rotha was
Office, dont le Film Unit fut l'un des principaux becoming interested in propaganda. I' Roger
centres de production documentaire de l'époque, Manvell, Film, revised and enlarged edition,
Night Mail conte le voyage nocturne du train spé- Londres 1946, p. 105.
cial qui assure la liaison postale entre Londres 2. Paul Rotha, Documentary art Film, 1936, p. 38.
et Glasgow ; les employés de la poste trient, re- 3. "The first to depict the human undercurrents of
çoivent et expédient le courrier au cours du voyage war on a scale which documentary had not
meme. Le document sociologique est ici la matière previously attempted." Cité dans Films for
première d'une poétique visuelle et sonore qui uti- Television from Britain, Central Office of
lise les éléments rythmiques du voyage. Supervisé Information, 1958, p. 36. Harry Watt tourna
par Grierson, ce film constitue également lkn des en 1946 un grand film semi-documentaire en
classiques de l'école documentaire britannique. Australie : 'The Overlanders (La route est
Parmi les oeuvres marquantes de cette époque, ouverte).

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atmosphère sociale, le travail routinier de la sta- colonisateur (un Commissaire de district) et colo-
tion de pompiers, dans l'attente de l'alerte qui, le nisée, la résistance de certains milieux tradition-
soir, mobilise toutes les énergies : nulle intrigue nels, qui combattent les initiatives des Africains
ne détourne l'attention du sujet principal, qui est occidentalisés en faveur du progrès technique.
lapeintured'un milieu. L e film, cependant, obéit à Mais il y a encore un thème secret, dont l'intéret
une progression dramatiquetrès sûre, dont l'apo- sociologique est considérable dans l'optique de la
théose est un incendie au cours duquel périt unmembre colonisation ; à l'insu de son auteur, le film révèle
de l'équipe. Jennings a très bien su exploiter, dans la une vision quelque peu naïve des cultures africaines
tradition de Flaherty, la structuredramatique de la et du progrès technique. Voici l'argument :quelques
réalité la plus authentique ; dans ces "films de fiction" Africains évolués, hommes et femmes, désirent
issus directement de latradition du film documentaire construire une maternité dont la gestion sera con-
dont ils conserventle style, les héros sont anonymes, fiée à une sage-femme noire. L e Commissaire de
quotidiens, discrets et tout proches de nous : leur district, sollicité, promet de mettre lcs moyens
drame est collectif.E n 1941, Jennings évoque l'Angle- techniques à la disposition du village, 2 condition
terre en guerre dans Listen to Britain. L e dernier que les autorités traditionnelles marquent leur
filmde Jennings, dix ans plus tard, est un Portrait de accord. L e village travaille spontanément avec
famille (Family portrait) de la nation anglaise enthousiasme à la construction (ceci est l'un des
(1951)., C e court métrage évoque des pages d'his- premiers documents historiques intéressants sur
toire, des noms célèbres, mais il s'attache surtout ce que l'on appelle aujourd'hui "l'investissement
à définir, tant8t avec gravité, tant8t avec humour, humain"), mais une partie des conseillers refusent
l'esprit de tout un peuple. Sans doute le portrait leur concours. Ils tentent de "saboter" l'oeuvre
sociologique glisse-t-ildangereusement ici vers commune entreprise, avec la complicité de la so-
un genre qui ne nous concerne pas ici : le film ciété masquée des hommes, présentée c o m m e
moralisateur. O n peut se demander, évidemment, l'élément réactionnaire de la tribu. L a nuit m ê m e
s'il est possible de parler de la société, ou d'en où la sage-femme veille au chevet de la première
montrer certains aspects, sans éveiller automati- parturiente, en compagnie d'une jeune intellectuelle
quement la sensibilité morale. L e film sociologique noire, des masques grotesques surgissent dans une
authentiquen'est-il pas nécessairement le véhicule vision de cauchemar, s'efforçant d'épouvanter les
d'émotions et d'idées ? Toute enquete sociale ne trois femmes terrorisées. Mais la jeune évoluée
débouche-t-elle pas finalement sur la critique ou ne perd pas son sang-froid et elle jette de l'eau
l'apologie des valeurs sociales ? L e film sociolo- bouillante sur le premier h o m m e masqué qui pé-
gique ne peut être qu'interrogation, mise en ques- nètre dans l'infirmerie ; cette intervention éner-
tion, ou communion. Il défend l'ordre établi, le gique met en fuite les forces réactionnaires :
-
justifie ou le dénonce. Flaherty est le frère de triomphe de la science et du rationalisme sur les
Nanook, il admire la culture esquimau et le dit préjugés ancestraux... Ce scénario appelle évi-
sans restriction. L2aténacité, le goût de la liberté demment, du point de vue ethnographique, les plus
du peuple anglais émeuvent profondément Jennings, expresses réserves. D'un point de vue général,
et il le dit avec simplicité. Sa démarche est sin- JeanRouch s'élevait avec force, lors des premières
cère et l'auto-portrait collectif qu'il tente ne doit rencontres internationales consacrées au cinéma
rien à la propagande nationaliste. Si toutes les en Afrique Noire (Bruxelles, 1958), contre le pa-
oeuvres de bonne foi méritent d'être examinées ternalisme évident qui anime tant de films d'édu-
attentivement par le sociologue, il est fort diffi- cation de base tournés en Afrique par les Européens
cile d'établir en cette matière une déontologie ri- pour les Africains. L e s auteurs d'un certainnombre
goureuse. Des cinéastes ont été amenés, dans de films d'éducation sanitaire, en particulier, se
tous les pays coloniaux, à prendre directement ou croient obligés de dénigrer et de ridiculiser la
indirectement le parti de la colonisation. L a plu- culture africaine traditionnelle, qu'ils connaissent
part des services cinématographiques d'outre -mer généralement fort mal, dans la louable intention
ont été des bureaux de propagande politique et so- de contribuer au progrès technique. Est-il indis-
ciale, parfois SOUS le couvert de l'éducation de pensable, se demandait Rouch, d e créer chez les
base. Voici par exemple Daybreak in Udi (L'aube Africains un complexe d'infériorité devant leur
à Udi, 1948), un film de Terry Bishop, qui fut fort propre culture ? Ainsi l'on aperçoit indirectement,
remarqué en son temps, puisqu'il obtint, pour la à travers le prisme de ce genre de films, ce que
spontanéité du jeu des acteurs africains non pro- fut la "situation coloniale"/l. Si les productions
fessionnels, deux flatteuses distinctions : ilward coloniales réfléchissent avec ingénuité l'image du
of the American Academy of Motion Pictures colonisateur, il arrive que celui-ci tente un auto-
(Hollywood)et British Film Academy Award for portrait à l'usage des colonisés. A ce titre, un
the Best Specialized Film, en 1949. C e film de film d'l'éducation de base" du Colonial Film LTnit,
court métrage dont l'action est imaginaire, illustre M r . English at Iiome- (1940)est un document so-
divers incidents qui se sont produits il y a quelques ciologique étonnant : ce film évoque, à ltusagedes
années dans la tribu des Abajas Ibos, du district
d'Udi, en Nigeria. Son propos est de souligner les 1. Rencontres internationales : L e cinema et
difficultés psychologiques du développement com- l'Afrique au sud du Sahara. Exposition de
munautaire. Il montre les relations entre Bruxelles, 1958, Rapport général, p. II.

Africains, la vie quotidienne d'un artisan anglais camions semblables à celui-ci roulent vers la ca-
et de sa famille pendant la guerre. pitale. L e marché de Covent Garden. Les m a r -
chands préparent les étalages, tandis que l'on
L e mouvement Free Cinema décharge les camions. D e temps en temps, les
h o m m e s s'arrétent pour boire une tasse de thé,
Un groupe de jeunes cinéastes a tenté à Londres, bavarder. O n ouvre les caisses de fleurs, on fait
de 1956 à 1960, de renouveler l'approche cinéma- reluire les pommes. L e déchargement est terminé ;
tographique de l'homme et de la société et d'insuf- quelques jeunes gens vont casser la croûte au bar
fler au documentaire britannique un regain de vita- voisin. L a caméra fouille les visages, surprend
lité. Ils défendent un Free Cinéma, protestent en très gros plans les rires, les échanges de plai-
contre la vision sclérosée de la société britannique, santeries, les gestes insignifiants. Quelques-uns
imposée par l'industrie cinématographique et la s'endorment, le café se vide, le jour approche.
tradition documentaire née en 1930. Ces créateurs Les détaillants arrivent, hésitent, marchandent.
sont avant tout des poètes, mais des poètes sou- U n gros h o m m e habillé avec soin, l'oeil aigu,
cieux d'apporter de nouvelles études sociales, de passe des commandes, un bloc-notes à la main.
nouveaux témoignages, plus amers, plus mordants, U n petit commerçant charge un chariot qu'il
plus émus. Ils veulent rétablir le contact direct pousse jusqu'à sa camionnette. Discrets, effacés,
avec la vie, abandonner définitivement les jeux un peu tristes, voici les petits marchands ambu-
d'esthète, approfondir la vision, non seulement lants, qui hésitent longtemps avant d'acheter, car
scruter l'homme, mais encore lui laisser la pa- ils sont pauvres. Parmi eux, quelques très émou-
role, s'effacer devant lui. Cette démarche exigeante vants personnages :les petites vieilles, marchandes
a fourni au cinéma sociologique quelques-unes de de fleurs depuis un demi-siècle. Des sectes reli-
ses oeuvres les plus attachantes. L e mouvement gieuses aussi viennent s'approvisionner à Covent
s'est manifesté jusqu'en 1959 par des présentations Garden. L a foule, les chariots, l'encombrement
de films au National Film Theatre et par la réali- des voitures, l'animation dans les cafés voisins
sation de quelques films indépendants, dont le plus envahis par les clients. L a caméra observe atten-
important nous parait être Every Day Except tivement les visages, les gestes banals. Covent
Christmas, (Tous les jours, sauf Noël) de Lindsay Garden, à présent, est envahi par la foule des
Anderson, le talent le plus accompli de cette poi- petites gens ; ménagères, clochards, marchands
gnée de novateurs. Dans une interview au journal ambulants. Les plus pauvres ramassent çà et là
Les lettres françaises, Anderson déclarait qu'il des fruits, des légumes avariés. Les camions
rehisait "l'irresponsabilité sociale de l'esthète chargés de cageots vides repartent vers les quatre
pur'' aussi bien que "la propagande philistine des coins de l'Angleterre.
soi-disant "réalistes socialistes". ''Une vraie C e document sensible, construit, élaboré avec
oeuvre d'art, poursuit-il, implique une significa- autant de soin que de chaleur, avec la participa-
tion sociale, mais, par contre, j'estime qu'aucun tion d'Alite,. George, Bill, etc. (ces h o m m e s et
film "social" ne peut avoir de véritable valeur s'il ces femmes qui nourrissent le ventre géant de
n'est pas aussi une oeuvre d'art"/l. Son inspira- Londres) doit beaucoup à la caméra mrveilleuse-
tion est proche de celle de Jennings, qu'il ne renie ment souple de Walter Lassaly, dont le n o m figure
pas. Anderson recherche de préférence la colla- aussi au générique des films de Reisz.Cette grande
boration des h o m m e s dont il veut décrire la condi- fresque ethnographique, dont pas un visage n'est
tion :''... il est étonnant, déclare-t-il encore, de indifférent, ce merveilleux chant, renouvelle l'ap-
voir combien de "gens ordinaires" ( m é m e en An- proche de l'homme quotidien, de l'homme sans
gleterre !)peuvent se conduire d'une façon naturelle histoire, partagé entre le travail et le repos. L e
devant une caméra, quand ils sentent qu'ils peuvent film révèle une espèce de gentillesse et de dignité
vous faire confiance". Anderson et Reisz croient à fondamentales dans les rapports humains. Nous
l'importance et à la signification de la vie quoti- s o m m e s loin de la structure dramatique du récit
dienne, à l'importance de l'individu. Ils ont effec- cher à Flaherty, mais le film ne cesse d'évoquer
tué tous deux une exploration sociologique singuliè- son climat, sa méthode. C e qu'il y a de plus neuf
rement importante, rompant délibérément avec dans l'approche d'Anderson et, en général, dans
tous les pontifs du documentaire social traditionnel. le Free Cinema, c'est l'exploration du visage en
Every Day Except Christmas, (Anderson, 1957) liberté.
peint la vie des h o m m e s qui fréquentent le grand On doit encore à Lindsay Anderson, avec la col-
marché matinal londonien de Covent Garden vie - laboration de Guy Brenton, Thursday Children (Les
qui se ranime toutes les nuits depuis des siècles, enfants du jeudi, 1954) une fort jolie étude sur l'édu-
sauf le jour de Noël. L e film est dédié "affectueu- cation des enfants à l'école des sourds-muets de
sement à M i c e et George et Bill et Sid et Alan et Margate ; la caméra surprend l'éclosion de lacons-
George et Derek et Bill et tous les autres". Quelque cience et du dialogue, l'initiation, par le jeu, au
part, loin de Londres, dans un hangar, des h o m m e s monde social. Une intimité nal't, un système de
achèvent de charger un camion qui s'enfonce dans communications s'établit :les choses, enfin, ac-
la nuit; chargé de vivres, de fleurs, à l'heure oh quièrent des noms. L a scbne finale, où les petits
le speaker de la BBC souhaite bonne nuit aux ci-
toyens anglais. D e tous les coins d'Angleterre, des 1. Les lettres françaises, 7-13 mai 1960.

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1957. En 1933. les riches pro- l'aise. "C'est ainsi qu'en 1937. L e film de cri- club de jeunes gens dans le célèbre quartier de tique sociale peut évidemment fort difficilement Londres. Borinage. dans un quartier populaire la réalisation d'un film sur les taudis. grâce à un subside du Fonds expérimental Joris Ivens. C'est cependant au m ê m e contestable. L a technique du reportage. qui constitue l'un dans le pays houiller. est à la fois un constat gistrés en direct) est remarquable. Maisons de la misère (1937)le ramène n'a pas la pénétration du second. de la reconstruction.au vaincre l'inertie des pouvoirs publics. dans toute l'acception du mot. après la classe. Il d'existence des mineurs belges après une grève faut noter que les auteurs ont utilisé le plus sou. fin. malgré de vastes en- L a caméra participante semble être la marque quêtes sociales. réalisé en 16 m m . la presse en parla vie quotidienne. il n'épargne ET AUX PAYS-BAS rien . A cet égard. lui inspire ses oeuvres les plus simple. L a de la misère. sont sation profonde chez ceux qui en prennent connais- loin d'être des oeuvres aussi significatives que sance . un Luna-park. doit avoir fait au préalable l'analyse de la menta- lité du public bourgeois. en grande partie. L a pêche aux harengs (1930). à Margate. L a condition sociale de l'homme pré- vent la technique superficielle du reportage pur et occupe Storck. or. C e film a obtenu. car on peut la première séance publique de Free Cinema (1956). en marge de très vif qui fasse surgir une horreur concrète dans notre étude. il faut produire un "choc" psychologique Lambeth's Boys. d'habitations à bon marché. de Reisz. pour ou contre la peine de mort. et peut-8tre filles. n'éveillant aucune sen- d'Anderson. dont Storck teur. tourné presque entièrement au moyen sont. devant la caméra. L e style semble parfois influencé par faire "participer" à l'action ceux qu'il accable de la télévision. malgré les efforts des pouvoirs dominante de ce qui fut pendant trois ans le Free publics et d'institutions semi-publiques. Les jeunes gens discutent fort à - son témoignage en l'occurrence. L'un des premiers films de inoubliable. est un reportage mordant et inquiétant sur ignorait à cette époque les conceptions. moyen métrage consacré aux loisirs d'un par des acteurs professionnels. C'est pourquoi le premier film de Reisz fortes. suit néanmoins le L'oeuvre de Flaherty exerce une influence profonde sur l'un des pionniers du cinéma documentaire 1. Maisons anglaise en liberté. contemporain de Drifters de Grierson. L e film est joiié. avec la collaboration de Tony dont l'action est. jouée par les Richardson : M o m m a don't allow (Maman _____ ne le ouvriers eux-mêmes. montre les dures conditions permet pas). au Premier et l'opinion publique fit pression sur le Parlement Festival international du film ethnographique et qui s'inquiéta enfin sérieusemeni d'un problème sociologique. Henri Storck. dramatique. un portrait authentique de la jeunesse ouvrière menée au moyen de la caméra participante. au pied des terrils. est belge. effroyables. Et il n'a servi à rien de publier des statistiques : il faut noter que les reportages O Dreamland. on trouve peu de personnes qui ima- mouvement que se rattache le reportage nocturne ginent que les "taudis" constituent un fléau social de Tanner et Goretta sur Piccadilly Street. il fut présenté lors de l'histoire du cinéma documentaire. est presque O Dreamland (Oh. de deux sourds-muets. 45 . Voici. sourds prennent le thé. d'une caméra dissimulée (voir p. auquel les Belges croyaient avoir apporté une so- sion de la vérité humaine par la collaboration cons. lution définitive. 8 décembre 1937. parce que tout son film est conçu pour produire le "choc" du concret auquel 2. La Société nationale des habitations à bon mar- crit avec tendresse l'isolement au sein d'un monde ché l'a bien compris : elle a confié à Henri Storck indifférent ou hostile. en. dansant. L e film. le considérer c o m m e l'un des premiers pamphlets Karel Reisz a débuté avec un film expérimental sociaux tournés en Europe occidentale. W e are the Lambeth's Boys taudis surpeuplés. Nous de notre temps : comment se comporter avec les touchons ici à une difficulté majeure. L e film se proposait de ment affaire à un portrait psycho-sociologique. le spectateur. pour rompre la barrière de l'ignorance Every Day except Christmas ou W e are the volontaire. Nice d'une ampleur considérable et dont les conséquences Time. pays de rêve). par l'inouïe déchéance humaine. menta le film dans un grand quotidien/l : 1959). L e sociologue Henri Janne com- ciente du cinéaste et des protagonistes''(Florence. ce sont des choses mortes. un documentaire romancé sur la vie la conscience des individus. du m é m e au. au coeur de la bouleversantes furent efficaces. en partie. Les images portrait amical d'une communauté. un travail de propagande d'une persévérance in- y joue un r8le marginal. nous avons réelle. 1956). (1959). Indépendance belge. C e film est célèbre dans du British Film Institute . LE DOCUMENTAIRE SOCIAL EN BELGIQUE nous faisions allusion. jouant. étude sur un dancing populaire. le "prix de la recherche de l'expres. crispé par l'insondable misère. dont Lorenza Mazzetti dé. aux limites du film social.34 ). Impitoyable. l'on trouve les la caméra participante . du Ciné-oeil. et M o m m a don't allow. de quelques problèmes priétaires qu'enrichit la location des taudis. C o m m e dans sociologique et un film d'action sociale en faveur Every Day except Christmas. C e film fut tourné en il réalise en collaboration avec le néerlandais 16 m m . produit par la Société nationate richesse des documents sonores (dialogues enre. Storck. dans ce pays producteur de des exemples les plus achevés de l'utilisation de richesses où. Il faut citer encore. Le cinéaste de Londres : Together (Ensemble. de l'enquête filmée. malgré Cinema. parlant.

les semailles (blé. 46 . L a Toussaint public. sont ici d'une films (Fête chez les Hamba et Ruanda). L a fin des travaux de récolte : le du film de voyage que du film ethnographique et ne grain est battu. humaine dans les cultures traditionnelles de totalement inconnue. Intrusion des enfants masqués. documentaires de propagande coloniale. qui inconsciemment attendent la mort. Et cependant. lancée par le Comité international du de Notre-Dame de Montaigu. dans l'achèvement du plus maine du témoignage sociologique est probablement important documentaire de long métrage qui ait le long documentaire qu'il a consacré à la vie des jamais été tourné sur la faune du Congo : E s paysans flamands et wallons de la région braban. que l'on découvre brusque. L a fécondité. jamais vues à l'écran. 1958. parce qu'il de la ferme. Dekeukeleire. Mais on ne à la liberté. du superficie1s)i des traditions culturelles bantoues veau. le séchage des vêtements à la ferme Afrique centrale. la naissance des poussins. pour la protection des film ethnographique et sociologique (le thème en h o m m e s et des bêtes. écrivit Rotha à son propos/ 1. vous. Mariage et fécondité. Premier chapitre d'une enquête internatio- et le culte des morts. ce film dont les images sont d'une L e film est composé c o m m e un grand et lent poème qualité exceptionnelle. & reusement accompagné d'un commentaire didac- pays du scalp. bique de Rouquier (voir p. VI). envahies par le brouillard. la paille empilée dans la grange concerne donc qu'indirectement notre propos. L e jeune paysan. cita. Ils s'at- mier sillon. produits beauté tout à fait exceptionnelle. tique dont le ton ne correspond guère au lyrisme tion concernant les populations archaïques d'Amé. spécialiste des populations du Kivu. réalisation Heinz çonne. par contre. seigneurs de la forêt (1958 . le fumage. C'est l'indignité des graines. Bakuba (1952). betteraves). dans 1'Ile de Pâques . Mangbetu (1954). cartes. et l'on s'étonne. Les betteraves conservées sur les champs. à la fois proche marquables. équivalents. Produit par la Fonda- Bruxelles : Symphonie paysanne (1941-44) déroule tion internationale scientifique. du Roi Léopold. l'homme travaille dans la boue. L'été. musique). l'excellent opérateur Fernhout avait rapportées de la grossesse des animaux. où la vie et la mort des hommes. de producteur délégué. de vivre à 15 k m de cette activité secrète. pommes tachent à montrer. le fanage. au grenier : l'aération des est captivé par son rythme. mailles d'automne . L a terre est nourrie de fumier. quelques aspects (malheureusement maturée du poulain . inspecte les germes qui annoncent la des premiers films ethnographiques importants saison nouvelle. taudis projetée à la face de nous tous. Parmi les scènes les plus re- ment c o m m e un monde exotique. L a mort du vieux paysan.49). Ces Les images. L e beau film africain de Charles Noces paysannes. L e pélerinage en l'honneur nale filmée. Citons : Wagenia (1951). Les jeunes au café.déroulement du document jusqu'au bout. sous le patronage les travaux et les jours au fil des quatre saisons. entre 1925 et 1930. techniques. relève plus L'automne. p. un champ de blé. Paris. danses. Dans l'abondante production belge relative à Voici le plan du film. tion de la vie sociale. rique du sud (bassindu Haut-Amazone). Mon être protégées du froid et de l'humidité. des images. s'inscrit. L e film es- c'est son incessant labeur . sont destinés plus spécialement après le travail. Henri Storck joue un r81e important. J'ai réalisé deux études filmées au cours de Tout est trempé. L a communion trouvera dans ces bandes aucun effort de pénétra- solennelle des enfants. L a saison des pommes de terre et des betteraves. L e réveil de la ferme. Les travaux à l'intérieur 2. avait été suggéré par Henri Storck). C e très beau film est contemporain du Farre- phique et sociale". en qualité L e chef-d'oeuvre d'Henri Storck/2 dans le do. L a récolte. et lointain. L a fenaison. c o m m e moi-meme. dans un style photographique de terre. le film qui porte ce nom est l'un son champ. ce film L'hiver. L e pre. servent 1. L a première neige tombe. L e film de Storck est malheu- de Wavrin avait réalisé. L'attente confiante de l'hiver. L e repos des vieux qui teur. L'abattage d'un arbre. Terres brûlées (1937). m e s recherches ethnographiques au Congo. Histoire à nourrir le bétail. ethnographe professionnel belge. des plantes constituent autant de thèmes Brandt. L e bétail quitte l'étable d'hiver et est rendu (arts. L a naissance et la mort pré.basé sur les rythmes pa. le bétail rentre des prairies parmi les études sociologiques destinées au grand mouillées. quisse la symbiose du monde animal et de la société din. des graphique réalisée par le cinéaste suisse Henry animaux. tournés en Belgique : ''filmde découverte géogra. Les plaisirs de l'hiver. quelques films de rallèles de la nature et de la vie humaine : Gérard D e Boe méritent d'etre distingués des L e printemps. L'orage ravage Orchestre Mangbetu (1954). le jour de E n 1935. Daniel Biebuyck. le marquis souci d'authenticité. lec. L e décrottage des par l'Institut pour la recherche scientifique en chaussures. comporte une partie ethno- de la nature. il faut citer les rites du pangolin. à quelques kilomètres au nord et au sud de Sielmann et Henry Brandt). du cinéma parlant. l'ancienne colonie du Congo. Trop souvent ignoré des historiens du cinéma. c'est l'homme qui est le centre de gravité du film. L a taille des arbres. Le jeu de l'acceptions''. avec la collaboration scientifique d'un lyriques identiques. qu'inspire le m ê m e Dans ce genre. un peu apprêté. dans les silos. 330. Cité par René Jeanne et Charles Ford. Les feux de la Saint Jean. Les mains sont graissées pour à l'enseignement universitaire (voir chap. le précurseur des films d'explora. l'Afrique bantoue. un voyageur dilettante. Les se. Storck fait le montage des images que Carnaval. film Gestes du repas (1958). à la cave. le triage des semis de pommes de terre.

de défendre leur oeuvre. 1. Meyer ger). par le truchement d'une fiction qui fait moeurs alimentaires. mais la plupart d'entre elles ont été patiem. et Ivens avaient montrés sans ménagement en 1933. au travers desquels s'expriment les content la conquête du sol sur la m e r . Cleinge réussit à établir un contact L e film exalte l'effort des collectivités paysannes chaleureux avec ces hommes et ces femmes au installées par le gouvernement sur les terres que n o m de qui le filmparle. les conditions Les ouvriers et les paysans qui se sont pretés de travail du prolétariat flamand dans une brique- à ce jeu sociologique très élaboré l'ont fait avec terie. au film . cette vision globale des objectif. résument un destin. Nous avons ment économique". L e phénomène de commensalité authentique pement au coeur d'une nation que l'on dit prospère. intègre et accusateur Les gestes du repas présentent le grand avantage parmi les oeuvres les plus importantes tournées d'être de véritables réflexes que les consignes de en Belgique. Jacques Delcorde pour le scénario) un portrait de le décor lugubre dans lequel ils vivaient.45). au siècle passé (Klinkaert. Nous l'avons trouvé associé faut préciser un point important : je n'ai demandé à celui de Storck au générique de Borinage (voir à ces hommes et à ces femmes que des gestes p. vingt. manger vite. cantines. dans pour la lutte des classes/l. d'un simple reportage sur la célèbre car ces chants lyriques dont le travail de l'homme danse des Gilles. . leurs propriétaires laissent improductives. se rattachent qu'occasionnellement à notre propos. dan. en Belgique. salles de ferme. L. J'ai voulu tenter (avec la collaboration de découvrit que la condition sociale de ces hommes. 47 . savam- ment jouées par des ouvriers. 1958. une production abondante pal. des bourgeois. le premier relations sociales fondamentales dans un milieu est un hymne au travail gigantesque entrepris pour - déterminé des gestes qui trahissent une condi. le film est un poème visuel dont l'achè- L e domaine des traditions dites folkloriques a vement du grand barrage constitue le thème princi- vu éclore. p. Ces chefs-d'oeuvre importante. sède un accent de vérité tout à fait exceptionnel. neurs étrangers (italiens principalement). tants belges. taurants. dont le tographique. assécher cette m e r intérieure qui donne son titre tion. qui se déploie c o m m e dans l'ombre. en voyant le film. un long métrage ému. dans un paysage chantiers. il déclare lui-même à l'époque du Carnaval. des ment construit. m ê m e aux repas d'enterrement. sont condamnés à toutes nationalités que la misère oblige à se fixer. 333. Cependant. Zuiderzee (1930) et N e w Earth (1934) ra- familiers. sa caméra ment parler. L e commentaire dit "nous". d'agir politiquement sont les dépositaires de la tradition et des rites. une telle bonne grâce que beaucoup de personnes Aux Pays-Bas. véritable zone de sous-dévelop- ger. en le vif. la chronique des enfants du Borinage. .figure de se sont imaginé. pos- provisoires les lieux m ê m e s où l'on mange : res. Paul Meyer revint tourner au Borinage. au cours de la guerre ment de cette voix. . en vue une communauté entière s'exprime par le truche. 1956).es rythmes alimentaires de la féraient guère des aspects du Rorinage que Storck journée. ____ s'envole la fleur maigre (1960). Cité par René Jeanne et Charles Ford. une activité sociale com. appel aux hommes. N e w Earth montre l'étape finale et l'occupa- et de valeur inégale. que j'avais première grandeur du cinéma mondial. Ivens révèle. en effet. tourné Ces scènes de la vie privée constituent un portrait pour les Républicains espagnols. Il était chargé par du cinéma parlant. enterrement. II se présente c o m m e un exposé tenté de situer. aux femmes et aux enfants de chaque jour à la m ê m e heure. de ses films qu'ils doivent pouvoir servir d'armes plexe. ils ne Binche. Quelques scènes ont été surprises sur Meyer tourna alors pour son propre compte. Il documentaire social. dans un récit dramatique. L a monographie filmée laplus tion des terres par les paysans. évoque. Manger pour vivre et vivre pour man. dans les cantines d'usine. Noël. joué par les immigrants : uéjà paysans. de Jean Cleinge (1954). Il raconte Nous avons retenu tout particulièrement les grands "la première journée d'une famille italienne dans événements alimentaires de la vie familiale bour. s'inscrit plus authentique très étonnant de la petite bourgeoisie nettement dans cette perspective révolutionnaire. est Carnaval de fluence sur les documentaristes européens . le n o m de Joris Ivens. Terre d'Espagne (1937). àl'arrière-plandes réjouissancespubliques entend faire un cinéma engagé . Nous avons transformé en studios titre est repris d'un poème de Quasimodo. Il est conçu c o m m e une chronique : la "mise en scène" ne risquent guère d'altérer. qui situe ce document dur. une région de plus en plus délaissée par ses habi- geoise et paysanne (mariage. des études sociales. L e film. se caractérise toujours par la détente et la joie : Meyer est aussi l'auteur d'un court métrage qui on finit par rire. chez ceux qui quer des prises de conscience. Cleinge procède à une véritable fournit les strophes ne constituent pas. la solitude de ceux qui. sur les esprits. parce que condamnée au dépérisse- munion solennelle. domine le réalisé purement et simplement un reportage. de l'année et de la vie humaine s'entre. Il ne s'agit pas. à propre- enquete ethnographique dans la ville . Il s'efforce de provo- l'intimité des maisons bourgeoises. industriel désolé. com. sur les pour un temps plus ou moins long. ne dif- la sociét 6 belge. toute indépendance. Nouvel an). satirico-ethnographique est consacré aux gestes un organisme officiel de production de montrer à quotidiens les plus simples et les plus graves l'écran l'intégration sociale des enfants des mi- (l'homme passe un huitième de la journée à man. binchoise. croisent. qui se sont prêtés au cérémonial cinéma. Histoire cinq ans après Storck et Ivens. tant par son souci analytique que par du cinéma documentaire ont exercé une grande in- les qualités de la réalisation. cuisines.

Liotard. c o m m e d'une m e r intérieure appelée à disparaître : en Angleterre avec Drifters de Grierson et en zee was niet meer (Etla m e r n'était plus. w- polders. LE FILM ETHNOGRAPHIQUE ET consacré un essai. section d'anthropologie culturelle de l'Association D'autre part.49). et L a croisière noire. Mais il Hornecker. C'est le spectre jeunes mineurs. isolée. Jean Thévenot. Les h o m m e s de la nuit (no 78). phlet politique. Ivens tourne cette limitation. - Voorlopige li"ist van Nederlandse cultureel anthropologische films. européennes. montre la récolte des goémons dans une fle de la cours de la population des régions bordant la m e r côte bretonne. au moment où. auquel Jean Thévenot a 3. d'une certaine façon pour Epstein. montre la condition sociale des un film sur le travail dans une plantation de canne travaiïleurs riverains de sept grands fleuves. 1957. et esthétiques. n'accepte pas Paris. de Georges Lacombe sur les chiffonniers de Paris. propre à notre société. rompant Horst :des navires quittent leur port d'attache et délibérément avec les recherches esthétiques pré- vont p@cher le hareng en m e r du Nord . l'appréciation du Catalogue des films Sous le titre Catalogue des films ethnographiques ethnographiques français : "meilleur témoignage français/z. cette "ethnographie" de l'Europe se confondrait Département de l'information. dont les auteurs analysent. Unesco. retrouve aussi des films concernant les sociétés Catalogue des films ethnographiques français. dans une Liste plorat ion apparaissent peu avant avec L a traversée provisoire des films ethnologiques néerlandais/1. restent cependant dominées par des préoccupations Sans doute. avec le con. de plus en plus grand de savants. publié en 1955. une commence. de galets dans une B e bretonne (no 76). Ainsi donc en France. Mais ce genre. la so- ciété très traditionaliste des pécheurs riverains - Vran est un documentaire sur la vie des pêcheurs de la m ê m e région. cinéma au long cours. L a zone (1927). Georges Rouquier avait réalisé un de 106 films. Sans doute L'un des plus extraordinaires reportages qui s'agit-il là de documents concernant un mode de aient jamais été réalisés est un film de Rudi vie archaïque au sein du monde moderne. dans d'interminables queues. Il décrit rapidement. Belgique avec la Pêche au hareng de Storck. Utrecht. il recouvre prin. description de groupes humains appartenant à la L e chant des fleuves. ce choix singulièrement première école documentaire britannique. avec le "folklore" ou les "traditions populaires". partagé par les territoires d'outre-mer ou dans les anciennes Flaherty. Cette ouverture de l'ethnographie un important reportage sur le combat révolution. poème lyrique et pam. avec l'aide de l'Unesco. tourné clandestinement aux Pays-Bas n'en est assurément plus de m @ m e du film de Henri vers la fin de la guerre. dans ce travail. Pour certains chercheurs européens. L a production documentaire néerlandaise ré. et deux films "réalistes" d'un au- cente fournit un certain nombre de films d'intérêt teur qui joua un grand r81e dans l'avant-garde. André F. 1931) . sociologique secondaire. 1956). d'avant 1940. m e m e qu'ils jouent dans la vie. les premiers films français d'ex- néerlandaise du cinéma scientifique. :Honger (La faim). à propos du dernier de ces films. Dans la Chine. ou le film de Yannick souligne brutalement le contraste de la richesse et Bellon sur la vie des ramasseurs de goémons et de la misère. - française vers la sociographie c'est-à-dire la naire contre les Japonais : 400 millions (1939). pour un certain exotisme social. L e m @ m e réalisateur contenu et une appréciation scientifique. produit par la Fédération - civilisation industrielle se marque dans le Cata- syndicale mondiale (1954). un film qui évoque la récupération des ans plus tard par Yannick Bellon (voir p. Samivel. Ce thème sera repris vingt-cinq d'Ysse1. de Paul Castelnau (1923). ne nous retiendra pas ici/3. Mais un point de vue. qui ra- nation vivait les moments les plus dramatiques de conte la première descente. comportant une analyse rapide du reportage sur les Vendanges. 48 . Il faut citer Het schot is Jean Epstein : Finis Terrae (1928) et Mor-Vran te boord (Jetons les filets). Finis Terrae Bert Haanstra a réalisé. mais on y typé. de Léon Poirier (1926). un exo- possessions néerlandaises ont été analysés par la tisme interne. concordant procède-t-il à la fois d'une recherche Les films d'intérêt ethnographique tournés dans de la vérité humaine et d'un goM. le L'oeuvre de van der Horst. avec un reportage population famélique. rassemble devant les L'histoire du documentaire social en France magasins vides. no 15. la pose et cédentes d'Epstein. Cahiers du centre de documentation.c o m m e celle de Haanstra documentaire social nart sous le signe de la mer. de cinq son histoire. de la faim qui r8de partout. -. 1955. à ce propos. proches de celles qui caractérisent la peut-étre pour les autres. le Comité du film ethnographique a existant sur l'Afrique d'avant les routes". ces films. logue. dans la mine. les films traitant des sociétés africaines ou océaniennes. Notons tournera plus tard deux études technologiques tout de suite que le terme "ethnographique" doit @tre entendu ici au sens large . une liste Dès 1929. par exemple. introduisent un ton et un style la remontée des filets dériveurs (1953). du Sahara en auto-chenille.civile. et à sucre au Brésil (na 56). la Fabiani. qui tend à rallier un nombre Cinéma d'exploration. si je ne m e trompe. nouveaux : des pécheurs bretons tiennent ici le r81e L a m e r est un leit-motiv du cinéma néerlandais. de Herman van der (La m e r des corbeaux. 1950. ronéo- - cipalement. de son c8té.Il SOCIOLOGIQUE EN FRANCE convient cependant de citer.

pp. Farrebique marque. 32 ). no 3.exemplaires : L e tonnelier (1942). On lira une Rouquier lui-même. L'oeuvre maftresse du film historique est peut- pervision. Goémons (1948). Qu'est-ce que le cinéma ? 1. la monographie ethnographique met"/l. 2. 1958). de Sibérie (Lettre de Sibérie. Bazin/2. Exemplaire dans cette catégorie. Lourdes et ses miracles (voir p. des bandes tournées par des amateurs. Leroi-Gourhan. Il s'agit d'un constat. 1948. une enquête de style "télévision" auprès de per. L e plus remarquable. entièrement joué par les paysans analytique. pour la Belgique des phases de la corrida. Pour le profësseur Leroi. 107. nels. C e film. 65-70. apprennent à manier tant sur la plasticité mentale de l'homme et l'apprentissage des réflexes conditionnés en vue de 1. André Bazin. Lafont. D e son c8té. pects multiples :la tauromachie. Utilisant des cument pur". portrait d'une famille. est une étude de moeurs vio. Les archives filmées de la paysanne. Mais il a surtout signé deux longs métrages reportages un peu hâtifs. les meilleurs articles d'André film de Jacques Demy. L e pouvoir affectif la-mer). L a se. qui racontent du commentaire de Michel Leiris. le film constitue i3 la fois une rétro- fait proches par le style: Farrebique pour la spective de l'art tauromachique et une étude fouillée France. dans le domaine Borsouislq et A. l'Afrique est particulièrement abondante. mier numéro. Lourdes et ses miracles émigrants juifs que les jeux de la diplomatie inter- (1954). L e film ethnologique existe-t- la guerre relève de la sociologie de la vie militaire il ? La revue de géographie humaine et d'ethno- et pose à la conscience morale le très grave pro. dé. ''une sorte de som. naïve que l'Occident se faisait des cultures afri- lente. didactique de Pierre Braunberger. Paris. (1955) dont l'auteur de Farrebique a assuré la su. contient un excellent sud-ouest. L a m ê m e revue a blème de l'annihilation de la personnalité indivi. les reportages de Jean-François Reichen. actualités. est l'un des (Descriptiond'un combat. des conseil municipal dans les Bouches-du-Rhbne). Rouquier. donné un compte rendu du film dans son pre- duelle dans un groupe social artificiel. il croate. p. de Yannick Bellon. Eygalières commune de France (1957) être le documentaire tragique d'Alain Resnais : d'André Vetusto (1'élection et les activités d'un Nuit et brouillard (1955). Eli Lotar et Jacques Prévert révèlent la condition désespérante de l'homme dans la banlieue L e film ethnographique africain parisienne. le film service de l'éthique se révèle ici d'une prodigieuse que de Wever a consacré aux taudis de Paris. Aubervilliers (1941) magistral. ~ exemples les plus remarquables de l'utilisation de L a course de taureaux (1951).46 )et U n jour dans une grande famille sage des taureaux en Castille et en Andalousie . Resnais nous impose de témoigne de la misère des quelques ouvriers qui revivre physiquement le plus incroyable supplice vivent avec les patrons dans l'unique ferme de collectif que l'homme ait inventé. du racisme n'atteint la perfection de cet exposé Dans un film bouleversant. L e sabotier du Val de Loire. de plus en plus souvent. mais encore les ethnographes profession- liers marins : Marines (1957). Kris Marker est un voyageur sensible et intelli. course de taureaux obtint au Premier Festival L e film comporte deux parties : la première est international du film ethnographique et sociologique. logie. Il rapporte de Chine (Un dimanche à Pékin. Myriam Gourhan. bandes d'actualités ainsi que des archives icono- rie européenne comportent déjà trois films tout à graphiques. le prix réservé leur aventure au cours d'une interview menée par à la meilleure monographie filmée. tologie et langage. Non seu- bach s'attachent aux aspects insolites de la société lement les films de voyage et de propagande colo- américaine. illustre excellemment ethnologique (film de milieu). Farrebique (1946). s'achève par une évocation du style des grands Nous avons commenté déjà cet autre film de toréadors. Son dernier film sur Israël. n'en est pas moins à ses yeux "du do. étude sur la paysannerie archaïque de la région du qui sacrifie à la littérature. est un constat tragique. long métrage la caméra participante. mais très vifs et com- qui sont des oeuvres sociologiques capitales :une mentés avec brio. L e charron 1956). k a efficacité. nationale empechent d'atteindre la Terre promise Farrebique. et une monographie montage d'actualités sur la tragique odyssée des de sociologie religieuse. s'attachant à un sujet précis. On- gent. pour le monde slave (voir p. dans le livre qui réunit. sous le titre Qu'est-ce L a tradition de Rouquier se poursuit avec le que le cinéma ? . Les pélerins de la m e r (1957). Au- crit la vie des ramasseurs de plantes marines et delà de toute dialectique. du point de vue niale sont nombreux. 50. caines. camps de concentration nazis. critique superbe de ce film (des réflexions éton- conde est un reportage douloureux sur le pélerinage nantes sur la représentation de la u t à l'écran) et les immersions rituelles. reflétant souvent la vision qui nous occupe ici. un genre différent. L e cinéma au l'ne bretonne de Béni-Gué. pour la richesse de la documentation et la qualité sonnes "miraculeusement" guéries. de l'image atteint ici une sorte de paroxysme. p. des ~ (1943). Aucun traité philosophique sur le délire crise du logement (1955). de l'élevage et du dres- (voirp. E n marge de ces films français qui décrivent la L a production documentaire française relative à France. 1961). Symphonie paysanne. Utilisant des photos. C e document inquié. de Jean-Claude Sée cet admirable film de montage decrit l'horreur des (le pélerinage des gitans aux Saintes-Maries-de. consacrée à l'école d'entrafhement des fusi. 49 . 1958. aux as- eux-memes.63).

L e souffle de l'authenticité donnait enfin Les fils de l'eau. Rouch est. Ils ne récusent pas. déjà cité (voir p32 )est un docu- films. des études filmées dont la qualité s'améliore fut l'une des causes des événements violents dont chaque année. Jean Rouch. par ailleurs. d'autre part. dans une intervention L e cinéma et l'Afrique au sud du Sahara. vivants. occidentaux épris d'ethnographie ne soit mal inter- nographe cinéaste français son descendant spirituel prétée par un public plus sensible aux apparences le plus direct. Mal'tres fous la chasse difficile à l'hippopotame. échappe à cette critique. le cinéma ethnographique doit provoquer une dé- mystification : il ne peut se nourrir que de vérité. Il connal'tl'extréme susceptibilité du public ment extraordinaire qui intéresse à la fois la so- africain à toute information qui pourrait faire pas. ration. disparaissent. travaillant directement ou indi- d'excellents reportages (voir p. il s'amuse de ce qui amuse les ment. l'aise chez eux. Nous n'avons pas l'ambition sait un peu c o m m e une injure à l'Afrique''. économiques n'ont pas été des civilisations dites "archaïques" . d'étre montrés à l'écran c o m m e des fossiles au grand public un film documentaire de long m é . ciologie des religions. pas. Voici enfin une méthode originale d'approche sociologique. Bruxelles. avait trouvé dans l'eth. Braunberger. de trielle. adore leur merveilleuse fantaisie. se sont mis le plus souvent au service d'une pro- buèrent beaucoup à attirer l'attention des milieux pagande inefficace ou malencontreuse. rectement en Afrique pour les pouvoirs publics. 19) dont les quali. Mais nous devons analyser nographe-cinéaste se trouve dès lors dans une attentivement l'oeuvre de celui qui fut l'initiateur situation difficile "car il se trouve coincé entre de ce mouvement scientifique. d'enterrer les morts.en effet. moralisatrice leurs dieux. tés cinématographiques et scientifiques contri. Rouch lui voue la plus grande admi. Rencontres internationales. tout en conquérant deux mondes qui se heurtent"/l. Beaucoup de films ont été tournés est issu le mouvement d'indépendance. 1. Moi. et il a mis au point morale des populations "indigènes". scientifiques l'ont amené à étudier les grandes mi- de manger. aussi de savoir ce que les Africains pensent de ses Maftres fous. Il ne s'agit plus d'administrateurs colo. Rouch cite à ce propos. un fait 1958. Mais Rouch a voulu témoigner aussi de l'Afrique niaux paternels. mais ils redoutent que l'image les débuts dans le cinéma furent tout aussi margi. d'oh qu'il vienne. soucieux de la santé physique et nouvelle. il est sensible à grations de travailleurs déshérités venus du Niger leur humour. Jean Rouch. Il a dénoncé poétique inné du cinéma. hymne à corps à un cinéma africain pur de toute compro. ses recherches Il note en ami leur façon de marcher. alors que les traditions afri- effet. Il faut reconnai'tre. avec force le manque de sincérité du cinéma de engagé dans l'étude des populations du Niger. les autres se transforment caines mal comprises ont fait l'objet de films très rapidement au contact de la civilisation indus. l'un de ceux qui ont défendu Rouch constitue. se sent à Il ouvre les yeux sur l'industrialisationde l'Afrique. l'ethnographie et la ser. leur culture traditionnelle pour une expression de l'état "primi. vent avec violence devant ces films qui pourraient graphie (voir chapitre11 B). qu'il faudrait ajouter au Catalogue montrait. ses l'époque coloniale. l'Afrique traditionnelle. Expo- faite aux Rencontres internationales de Bruxelles sition universelle et internationale. nos jours. leur cul- merciales :Les fils de l'eau (1955). Il n'entend des hommes noirs. Ce film depuis 1955. L e goQt très vif l'idée que les Africains doivent exprimer eux- de la recherche sociologique s'allie en lui au sens m e m e s leur propre culture à l'écran.la caméra de 16 mm et rapportent de leurs séjours caractéristique :un film tourné au Ghana. L'eth- de le compléter ici. Les séquences les plus importantes Les Africains en ont assez d'étre taxés de primi- furent agrandies en 35 mm et Jean Rouch présenta tifs. 92-94. les transformations de l'homme. pp. Si les premiers films de Rouch étaient des. de bonne ou de mauvaise foi. respecte sans arrière-pensée pas recommencer éternellement Nanook ou Moana. "folkloriques''qui agacent prodigieusement. se fait grave avec eux dans films importants :un court métrage. leur force dramatique. des gens nus. un noir (1958). l'Africain devant le film ethnogra- - tif" de l'homme ce que de toute évidence ellen'est phique. Ceux-ci réagissent sou- tinés essentiellement à l'enseignement de l'ethno. les Africains. mission. Rouch admet une place de première importance dans le nouvel cette contradiction inconfortable et soutient que art cinématographique français : Jean Rouch. consacrées au cinéma africain. faire croire à un public moderne qu'ils n'ont pas leur frarcheur furent remarquées par le producteur encore accédé au monde "civilisé" contemporain. un ethnologue-cinéaste éliminer tout préjugé. Ethnographe professionnel. rains. Ces préoccupations se reflètent dans deux h o m m e s qu'il montre. leurs rites. Flaherty. chant bucolique. le Ghana et la Cbte d'Ivoire notam- sauvagerie. en abordés à l'écran. avec le plus de chaleur. de ses problèmes. de s'asseoir. Flaherty le trappeur. çais. en 1948. "ce qui apparais- publié par l'Unesco. 50 . qu'à la valeur des symboles. et un long métrage. dont ture ancestrale. Les grands spécialisés sur l'importance des archives filmées problèmes sociaux. souvent desséchée qu'en proposent les cinéastes naux. les unes. premiers films tournés en 16 mm constituaient que les cinéastes. à un cinéaste qui prend tout à fait au sérieux la vie mi-chemin du réel et de l'imaginaire. un phénomène exceptionnel. Il s'inquiète (1957). Rouch balaie de l'écran le concept de vers la &te. en effet. dans l'histoire du cinéma fran. au cours de ces rencontres. Ils se veulent et ils sont nos contempo- trage réalisé en dehors de toutes les normes com.

conclut Rouch :je rassemble arti- eux-memes ce qu'ils sont. 51 . Robinson. Un chien. Ils ont un nom. s'iden- parut vers 1927. gonistes. d'une race à l'autre. au cours desquelles les diable dans le film ethnographique : "Dès qu'il possédés s'identifient aux dieux nouveaux du machi. tan- mule originale de film-enquête. brutalement. Nous sommes à Treichville. en connaissance de cause. "Telle et authentiques. un Noir. capitale du pays. les rêves. qui aime la boxe. ouvriers ou commerçants. les eux-memes librement l'action qu'ils ont improvi- Haouka. tribua lui-m&me des r8les fictifs. Sans nul doute. etc. Je la mets être. cette ombre (dont Rouch souligne les effets lénifiants). d'un tournage Robinson insista pour que le film conducteur de locomotive.Celle. L e film est centré sur Cons- tragico-burlesque au cours duquel les Haouka tantine et Robinson. selon la remarque pertinente encore avec son dernier film. Rouch condition authentique . où nous retrou. Dans Moi. film de long métrage. au cours duquel il dis- génération africaine. voici Eddie Constantineou 1935. Trois acteurs africains racontent est m a méthode. baignent dans un climat d'authenticité. au cours de leur crise violente. oùle culte ap. les Haouka ont osé risquer ici. 24 septembre 1959. le déroulement des crises de en scène se contente de fixer les grandes lignes possession collective qui constituent l'essentiel de d'un canevas dramatique. Rouch a manche. qu'il est en train d'enregistrer. visite chez la prostituée Dorothy Lamour. une quotidienne. Rouch est allé plus loin Mais il touche aussi. détendus et vérité psychologique que le mensonge : tout dépend souriants. l'ethnographe perturbe la vie nisme. à laquelle il avait h o m m e s sont sujets à ces crises violentes qui se participé et d'où il était revenu amer et solitaire. Les membres se recrutent surtout parmi sée. amoureux de Nadine le lui avouait d'un coup. sans l'interven. braque sa caméra. selon les termes s'identifient avec frénésie aux personnages les m ê m e s de Rouch. leurs espoirs dans une situation irréelle : ici celle d'un monde et leurs désillusions. Les acteurs commentent l'activité religieuse d'une secte récente. c'est "le contre-seing" nisent. dit-il. le ton de stricte poli- reportage. tous les éléments "l'homme tranquille". crise de possession se présente ici c o m m e un jeu Dorothy Lamour. Il s'est répandu au Ghana vers tifie à un grand boxeur . voici Edward G. constituent une thérapeutique efficace. agent de la police fédérale. Des femmes et des évoque la guerre d'Indochine. dont le dérou. Il montre sans fidèle de la société africaine urbaine. C'est ainsi qu'au cours tannique : gouverneur.. qui parlent toujours de leur 1. les acteurs jouaient devant l'appareil leur existence tion problématique de l'h8pital psychiatrique. du lycée d'Abidjan transforma radicalement. C e reportage. général. qui assument la res- férences de la table ronde". ils évoluent dans un univers tourne les premiers films africains. ils se sont choisi un surnom : les émigrants originaires du Niger. l'enregistrement à la sauvette qu'il avait utilisé précédemment presque exclusivement. un Noir. dès le quartier prolétarien d'Abidjan. L a cérémonie a lieu un di. possession) selon un rituel précis. au Moi. Tarzan. (1961). ce qu'ils voudraient ficiellement une petite communauté. Rouch réunit des étudiants blancs et noirs les contradictions psychologiques de la nouvelle dans un sociodrame filmé. très grave crise intérieure : celle que provoque un Nous étions complices". Sa seule garantie. des "con. L e cinéma. manifestent (comme toujours dans les cultes de Si tous les épisodes "oniriques" (match de boxe. Rouch reconnart que sa Haouka rentrent chez eux àlanuit tombante et nous technique permet aussi bien l'expression de la les retrouvons le lendemain au travail. situations latentes se cristallisaient : "Tel qui était émigrés en Côte d'Ivoire. Rouch estime de la bonne foi du cinéaste. devenait une véritable psychanalyse. enregistre des extases. psychopathologie. cours du tournage. oeil et du film de fiction). qui vivent. celui des rapports de relations interraciales dans la classe de première b la démence et du mysticisme". dont on sage de la description ethnographique objective à boit le sang. Observateur. la description du contenu subjectif des consciences. ce qu'ils font. France- qui se situe à la frontière du désir et de la réalité. un psychodrame/l. les de leur vie quotidienne. ce qu'ils ont fait. ce guident plus le metteur en scène qu'ils ne se film étonnant E t en cause ce que le sociologue laissent guider par lui (singulière synthèse du ciné- français Balandier a appelé "la situation coloniale". lors. est le pre. etc. - tesse qu'on affectait forme secrète du racisme dégénérait rapidement en une hostilité ouverte". nement". dans la banlieue d'Accra . sans aucune mise mais qui ne cesse jamais d'être la description en scène. ) lement est surveillé par celui qu'on appelle sont des "reconstitutions". de ses acteurs authentiques. Ils se re- plus divers de l'ancienne hiérarchie coloniale bri. L a L e m m y Caution. Abandonnant le dis que. . où les acteurs sation africaine traditionnelle. Des vons les Nigériens des premiers films de Rouch. Rouch tente ici une for. peu partout (sous des formes différentes) le contact Dans cette voie originale où la caméra partici- brutal de la civilisation machiniste et de la civili. est sacrifié devant "l'autel du Gouver. le pas- loué des taxis pour s'y rendre. caporal de garde. L a pyramide humaine de Denis Marion "à un des problèmes les plus m é . Je ne m e cachais pas pour les suivre. L a trame du récit est inven- tée par les acteurs. pante et le reportage fusionnent. Cette étude imaginaire et vraie sur les connus et les plus irritants. L e "Gouverneurttet le "Général" orga. Rouch admet la part du que ces crises religieuses. la mentalité raciste des prota- mier document sérieux sur les soucis. ci permet aux initiés de surmonter. Interview recueillie par Jean Carta. L e metteur fard. Nous sommes à Accra. Apaisés par la crise ponsabilité de leur récit imaginaire. - il met en scène des situations à la fois imaginaires L e film réconcilia les deux groupes hostiles. gardent vivre et se jugent.

A u besoin noirs (1948). au film de du Moyen-Congo). révèle devant la caméra sa personnalité profonde. ceux qui ont le montage interviendra pour opérer un choix dans fait de l'exploration une profession se parent des les temps morts. Rouch décrit lui-méme L a pyramide hu. 1. voyage pour monter un nu- au premier jet. de "pause'' qui est notre pre. un document cinématographique montrant religieuses des T o m a de Guinée. mais. Mais l'un problème agaçant de l'enregistrement du son direct". artificiel. qui n'étaient à proprement parler. U n phénomène curieux caracté- la lourdeur de la machinerie cinématographique .ou à guider ce pu- un moment où l'homme. de scénario ou de dialogues.sans racisme. Sur les tréteaux où ils montrent un long temps d'acclimatation devant la caméra . L e premier s'intéresse uni- propre destin. aux yeux les images broyées de la réalité. un Noir et L a pyramide humaine ouvrent (1947). astucieusement présenté c o m m e secrète. Les premiers résultats de cette ré. mais il arrive brusquement. L a grande case (1951). Rouch accorde une quelques exceptions brillantes près. matique du récit n'altère jamais l'authenticité des caines. Afri. à Dans une telle perspective. se donne en spectacle. Cette entre- l'acteur cesse alors de s'enfermer dans cette atti. véritables secrets initiatiques. lapoudre E n marge du film ethnographique scientifique. Il faut évoquer aussi & çonnés. la caméra est S O C I O L O G I Q U E EN ITALIE délibérément utilisée c o m m e catalyseur . C'est "l'homme ima- un déchet considérable dans le métrage tourné . non significatives. Paysans du cinéma. méras :la caméra n'était pas un obstacle à l'ex- pression. deux genres radicalement différents. Il n'y avait pas. une série de mécanismes psychologiques insoup. le film encore inédit qu'il on a vu proliférer. les Peuls. Mais une cependant. J'obtiens un film Delavignette (réalisé en C8te-d'Ivoire). merciale est basée sur le prestige mythique de mier mouvement devant tout appareilphotographique. (prin- "recherche" sociologique. mais les explorateurs. vient de tourner à Paris avec Edgar Morin. Cette méthode exige de la patience. l'autre en utilisant des micros-cravates. l'expé- rience semble prouver "que la caméra pouvait Maints chefs-d'oeuvre de l'école néo-réaliste m é - étre. un h o m m e qui grande valeur à la première réactionde ses acteurs. pas des ethnographes. ou simple. du rêve. Dans de grandes officines spécialisées. afin de ne pas gêner les acteurs. il met en branle populations du Cameroun. Rouch emploie 4. documents . sensuel. ginaire" qui nourrit cette duperie intellectuelle . telle analyse dépasserait le cadre de notre propos. que l'équipe technique soit la plus ré. non pas l'obstacle à l'expression d'hommes ritent d'etre considérés c o m m e des documents qui avaient quelque chose à faire ou à dire. Jean Rouch. qui affiche quelques réalisateurs ont tenté de montrer l'Afrique un certain mépris pour ces bateleurs. Je la regarde évoluer. qui raconte trois semaines fut ainsi réalisé enmuet. méro de cirque. duite possible. la plus importante des enquétes habiles arrachent à leur contexte social d'admi- sociologiques filmées jamais entreprises. prise faussement culturelle et exclusivement c o m - tude typique de refus. il ten. éliminer les réactions non au. octobre 1960. spécifique. Paris. déclarait avec honneteté. depuis une dizaine d'années. un long métrage documentaire de maine c o m m e un film expérimental : "Pendant Pierre-Dominique Gaisseau (1953). no 112. l'exploration. les Bamoun). Européens et Européennes. étrange. ni Nanook ni Moana n'y ont place : ils rougiraient visible. thentiques. rise la récente production italienne dans ce domaine : dans Chronique d'un été. in Cahiers trage de fiction de Georges Régnier. con. quilaissent toute est une expression cinématographique authentique liberté de mouvement à l'acteur en quete de son de la réalité sociale. leurs films garantis "authentiques". Il faut. d'après le roman du gouverneur je provoque cette évolution. à un moment impré. L a pyramide humaine. plumes de paon de la connaissance et font la roue. A u pays des Pygmées (1947) (les Ba-Binga une voie originale. n'importe quel h o m m e . en 16 m m l'initiation de trois blancs aux rites et croyances couleur. quement aux sociétés exotiques. foret sacrée. LE FILM ETHNOGRAPHIQUE ET donc une méthode révolutionnaire . ne furent pas admis aux mais une improvisation continuelle devant les ca. Pirogues sur l'Ogoué Moi. Rouch lutte désespér é m ent contre "documentaires". il arrive nostalgie des paradis primitifs. où des opérateurs cente expérience. violent. un incomparable stimulant". ils jettent ment banales. L a tension dra- l'évolution des relations entre ces Africains. 11 serait injuste de ne pas mentionner ici le long m é . les Bamiléké. qu'unprocessus de libérationse déclenche : de se trouver en une telle compagnie. lien après la deuxième guerre mondiale. blic dans un monde onirique. sociologiques sur la condition de vie du peuple ita- au contraire. entachées d'exhibitionnisme. mais au contrairele témoin indispensable qui motivait cette expression"/l. U n grand ethnographe français. L'explorateur contemporain est. car le cinéaste ignore cipes d'organisation politique et sociale de quelques cette fois ce qui va se passer . les Kirdi. métrages de Jacques Dupont. que nous limitons arbitrairement aux films dits improvisateurs. destiné à cultiver dans le grand public la placé dans un climat de confiance absolue. 52 . est une vaste entreprise de falsification. encore que leurs oeuvres manquent sans ambage : "L'aventure n'a pas de place dans de profondeur psychologique et sociologique. L e seul inconvénient de cette méthode est l'image fidèle de la réalité. rables images qui entreront dans un montage trom- firment l'enseignement de la Pyramide humaine : peur. qui tous deux tera de résoudre de manière plus satisfaisante "le se parent des séductions de la vérité. les courts pirandellien".

1959)est un reportage 1955. face à la caméra. Luciano et la Casa delle ment on le capture au harpon. le sacrés le plus souvent à de dures réalités natio. (Le Christ ne s'est pas Dans Via dei Cessati Spiriti. le visage d'une femme dont le métier est de faire ficile des ouvriers travaillant dans les mines de 1'amour. la lutte contre l'analphabétisme : Cristo propre douleur. soufre. quable dans Vigilia di mezza estate (Les feux de la Saint-Jean. hommes indifférents. Parabolo d'Oro en particulier. se dirigent vers le sanctuaire du Mont Aurore. Baldi perfectionne très ancienne. on utilise des mulets Il les enregistre en son direct. septembre toir payant. une espérance obstinée". . la caméra fouille semaine sainte.. dQ à pire cet esprit douteux. décrit. l'auteur invite le spectateur à naî'tre quelques aspects de la vie de la colonie ita. Paris. il a 23 ans et habite Via dei Capellari à Rome. Tel du jour. con. C1. Les gens des Abruzzes italienne aligne des courts métrages sérieux. mais peut. en quelques endroits de l'ne. en télévision . L e thème hommes de condition modeste . la production documentaire Giacomo Pozzi Bellini). pénétrer dans l'intimité de son héros : "Peut-être lienne de New.la profession d'ethnographe . attachée aux traditions auras-tu le courage de juger son existence de petit nationales.hurlant leur l'Italie. 1959). à faire con. Ils défilent devant l'image de la Sainte Gandin raconte comment s'effectue. jour de la Sainte Trinité. les pélerins se rassemblent devant le Luigi Di Gianni. 1954). leurs clients sont des remarquables à l'ethnographie sicilienne. Lorsque les Zitelle. cours de laquelle les habitants jouent le drame de solitaires. Les couleurs. L e premier film décrit d'antiques ces jeunes filles sont chargées de chanter la pas- rites magiques. le parti pris de l'interview. portant le m ê m e titre. un courage tenace de éCole documentaire italienne est incontestablement vivre. ces femmes tra- ment est plus vif. face au spectateur. L a qualité du style est remar. Il pianto delle zitelle (La 1. Cataldo. dans Paese leur . elle pèse sur le travail efficace du Trinité. leur solitude dramatique. qui se déroule dans les environs de Rome. D e son cûté. A la première heure situation sociale archaïque du sud du pays. entre . toujours vivaces en Lucanie. p. maison. selon une tradition Vedove (La maison des veuves). elle en est seulement sur un pélerinage célèbre en l'honneur de la Sainte une servitude. "/ 1. Michele tuaire. réalisés en 1960. C'est permis ici une peinture satisfaisante. Pour la première la mort et de la résurrection du Christ pendant la fois dans l'histoire du cinéma. Lévi-Strauss. dont il décrit avec beaucoup de finesse dans presque chaque ville d'Italie on trouve un dor. films. sur un rythme vision. comment on poursuit l'espadon et com. le sion du Christ dans une atmosphère de fièvre col- second montre. qui transparaft dans ses deux derniers nerveux. 1952) . primé au Premier Festival dans le court métrage. dans un état de surexcitation. Baldi aborde un sujet audacieux : la pros- là-bas l'éducation de base : Non basta soltanto titution. L u tempu di li pisci spata (Le temps de la Baldi possède une grande expérience de la télé- pêche à l'espadon. ses démB1és avec sa mère. l'attente et le renoncement : Rome. non si è fermato a Eboli. poids des semaines ou des mois perdus en au village de Vallepietra. étrange film-confession : Luciano est un jeune vo- Gian Luigi Polidoro s'attache. 19551. dont le tempéra. une prostituée attend . voleur. 1955). Dans la logette enLuCanie. dans le style de la montre en d'éblouissantes images la survivance. ai: large désinvolture apparente à une science consommée de la cûte sicilienne est le sujet de Contadini del de l'image et de la mise en scène. 53 . la Via dei Cessati Spiriti est faite de bara- refuge ? Quel est le destin qui les a conduits à quements. (Il faut noter que ce chemin . Tristes tropiques. Luciano est un pour moissonner et battre le blé.se sont retirées. San Cataldo (Naissance et mort dans le sud. milliers d'hommes et de femmes misérables . 1958). Mare (Paysans de la mer. Luciano raconte Gian Vittorio Baldi. d'America (Pays d'Amérique. L a technique du reportage n'aurait guère l'alfabeto (L'alphabet ne suffit pas. York. 3. femmes. thème assez extraordinaire avait déjà fait l'objet En face des longs métrages d'exploration qu'ins. du sanctuaire. Sulfatara (1955) montre la vie dif. apparaissent bientût les Zitelle. absurde et désespérée d'un petit les pélerins se précipitent dans l'entrée du sanc- village dans la m ê m e région. Une sanglante péche au thon. non loin de la Via Appia . L e pélerinage réunit des nales dépourvues d'exotisme. 1959). à San c'est-à-dire les petites vierges (dialecte local) . 1959). 1958)et Nascita et morte ne1 meridione. lective. quelqu'un se pré- de Pasqua in Sicilia (1954) est la procession au sente. sont d'une beauté exceptionnelle (Parabole d'or.tous la vie misérable. réalisé la m B m e arreté à Eboli. d'un excellent film. a consacré plusieurs reportages vaillent de 20 à 24 h.Btre auras-tu honte de découvrir L a personnalité la plus attachante de la jeune en lui une patience infinie. d'unetrès vieille technique méditerranéenne : eux-memes. 1958). . incapables d'aimer. complaintedes vieillesfilles. cer- taristes se sont intéressés particulièrement à la tains ont cheminé trois jours. qui allie paradoxalement la plus grande et la Sicile. Baldi adopte résolument international du film ethnographiqueet sociologique. sa jeunesse misérable. Les jeunes documen. dans les eaux qui baignentla Calabre son style. il laisse ses personnages s'expliquer Sicile. Dans le prologue. discute le prix. il raconte aussi ce qu'est année. Quels sont les gens qui y cherchent 1959 . l'auteur de Magia Lucana (Magie sanctuaire creusé dans le rocher. dans le sud de Trinité. L e cinéaste encore l'univers des hommes déshérités qu'aborde est parvenu à obtenir le concours de quelques Vancinidans Uomini soli (Leshommes seuls. devant chaque cette solitude ? Vittorio de Seta. d'une manière quasi allégorique.

Cependant. c o m m e qu'une collaboration féconde entre les cinéastes Grierson en Angleterre. Bninatto (qui lutta en Sicile. Genève (Notes sur l'émigration. qui lui a donné nillés et rachitiques se rendent à l'école. avec un ami italien. au coeur de Rome. vit le jour en 1925 : collectivement en l'honorant d'une mention spéciale. Il rien gagné . hanté par la nuit et la tragédie de la solitude. Paolo à l'église. anophèles. transmetteurs de malaria . Grass (Pâturages) d'Erne& Schoedsack et Merian D u point de vue qui nous intéresse ici. moins prisonnier de formules un film âpre sur la dégénérescence de l'homme esthétiques. Toutes les journées contre l'inertie des pouvoirs publics) un film- sont semblables. des feuilles sèches qui serviront oiseaux qui se réveillent. part. S'agit-il encore d'un pendante en Amérique date de 1934. Là. sans avoir fait les poches des ivrognes qu'il rencontre. Des enfants dégue- voler. c'est que les auteurs en sont soient prisonniers d'un métrage arbitraire. vient de réa- sur leur lit et. les usages de la distribution ont imposé aux producteurs le film d'une dizaine de minutes. passent-elles la journée ? Elles restent étendues U n jeune espagnol. Ainsi. il ne fit pas immédiatement école. en 1922. elles évoquent cette "fin de partie". qu'il vit à Londres vers 1935. de créer. Cooper. aux c8tés de Dolci. Bunuel. L a course de taureaux. boire et ici avec une extrême gravité. à Ia recherche de travail . salué par le vacarme des la montagne. où treize crétins . qui ne cachait pas son admira. dans bien des cas. l'ensemble de la production italienne présen- tée lors du Premier Festival international du film E n marge de la révolution opérée par Flaherty. cette belle monographie relative à la tauro- machie. Sa femme et sa mère lui demandent sans fille atteinte de gingivite agonise sur la route . mage. fut l'un des prin- SOCIOLOGIQUE cipaux animateurs de ce mouvement . de Storck et Ivens. la question se pose chose l'intéresse dans la vie : manger. de Luis Bunuel documentaire britannique. les montagnes arides ner. UN CLASSIQUE E S P A G N O L DU FILM tier de photographe depuis 1907. il n'y a ni fenétre ni chemi&e . amour. à l'intérieur d'une demeure. il semble diat . aux Etats-Unis. LE FILM ETHNOGRAPHIQUE ET temps interdit. d'autre poète. dront. un cinéma réaliste. description de la vie nomade des éleveurs ressant de noter que plusieurs de ces films ont été de la steppe asiatique. C e film est le portrait cruel d'une New York. il se émigrent. inspiré du poème de Walt communauté qui vit tragiquement isolée et ignorée Whitman. réalisait un style plus direct. oubliés ou perdus Bunuel. trois jeunes se trouve une maison à quatre étages. Mais les réalisations qui verront ie jour En 1936. au coeur de leur propre société. quand il fait trop froid. la rivière Casa delle Vedove (La maison des veuves) nous est à sec et il se forme des mares où pullulent les entralhe au Vico10 delle Ceste. âne meurt. une pléiade de jeunes cinéastes tentèrent soit amorcée en Italie. de développer SOCIOLOGIQUE AUX ETATS-UNIS A P R E S sérieusement le sujet traité.49 ). la jeune fille morte sur la route est trans- vieilles femmes achèvent leur existence. il fut impres- sionné par les films de la première école Los Hurdes (Terre sans pain). ethnographique et sociologique (Festivaldes peuples) une oeuvre ethnographique importante. Que font. L'essor véritable de la production indé- du reste de l'Espagne. Jacinto Esteva. un cesse de l'argent? Que faire ? Il décrit sa tech. des h o m m e s cherchent du fumier dans rentre chez lui à l'aube. En dépit de ce handi. quelques semaines plus tard. Si nous en avons Il est regrettable que les "documentaristes" italiens parlé précédemment. Cette année-là. Baldi est ungrand A l'émigration espagnole appartient. ils revien- glisse dans les maisons par les fenétres ouvertes. des h o m m e s nique : c'est la nuit qu'il commence à vivre . En effet. en été. réalisés sous le patronage du Centro Italiano per Mais Flaherty n'eut pas de successeur i m m é - il Film etnografico et sociologico. sans se déshabiller. d'abord de litière . Quelques-unestricotent. 54 . une famille se n'ont plus de parents et vivent seules. sommaire. entre 1934 professionnels et les chercheurs scientifiques se et 1940. enquête sur les ouvriers espagnols émigrés à à tour de r8le. 1'Eglise est le elles ? Quelques-unes travaillent encore. il est inté. qui exerçait le m é - 5. FLAHERTY cap. ".. portée au cimetière dans une auge . Paul Strand avait commencé par tour- dans la région des Hurdes. ils sont c o m m e exilés. Il vit avec une jeune femme. Il chante : "Amour. une petite un bébé. attaqué par les abeilles . Paul Strand. presque apparut d'une telle qualité que le jury la distingua contemporaine de Nanook. Comment couche dans le m ê m e lit.11 Les h o m m e s et les femmes à qui Baldi s'attache ne nous a malheureusement pas été donné de voir vivent (ou s'apprétent à mourir) en marge de la ce film. apporte-moi le soir . L'auteur s'efface devant elles et. il déclare gentiment qu'une seule groupement "humain" ? Kélas. Manahatta. Il est évident qu'une telle limitationde 6... elles vont liser courageusement. parallèlement en Amérique se caractériseront par tion pour Borinage. que l'on dit inspiré du chef-d'oeuvre de société . un très court film expérimental sur d'Andalousie.avec la police. Elles seul batiment luxueux des Hurdes . sou- cieux de témoigner avec efficacité des problèmes de la vie sociale. Espagne 1960). Elles achètent un litre de lait et du fro. qui les français et que le film fut édité en France condamne souvent à une description sociologique (voir p.

nariste très connu. 1938).Paul Strand tourne le premier documentaire social remarquable aussi que le film de Paul Strand. à l'Espagne. une coopérative de production. sont les L e mouvement Frontier Films cessa ses acti- pêcheurs m ê m e s de la baie de Vera Cruz. d'après tee) . sur la vie quotidienne des Indiens et rompt délibé- tration publique. 1939) l'appellation N e w York Kino. légèrement antérieur à l'oeuvre importante caméra s'attache à suivre dans ses moindres dé- qu'Ivens a consacrée au m ê m e sujet (voir p. usages de la production courante. un film important. les pensées d'une jeune contient des documents historiques remarquables. au cours de ces dernières années. Weiler. dont le n o m évoque les nouveaux espaces. Sidney Meyers réalise. "Frontier (voir chapitre VI. traite de la rééducation des soldats mutilés collabore aussi avec Ben Maddow et avec un scé- et de leur retour au front. People of Cumberland. 1960. la F a r m Security Administration. divorcée. rément avec le style conventionnel des films de C'est à la m ê m e époque (vers 1940) que Flaherty fiction. jugé trop pessimiste pour être diffusé. les bars. à N e w York. A. la vie quotidienne du semaines à N e w York. (Le r81e est interprété par une actrice. 1960). une nouvelle de Pare Lorentz :The Plow that breaks the Plain vague de documentaires sociologiques de valeur (La charrue qui brise la terre. associé à celui de Willard Van 1938-39. un bal d'invertis. réalisé par Herbert Kline. Barbara Baxley). C e documen. L e film vités vers 1940. L e travail des cinéastes. et amer : The Savage Eye (L'oeil sauvage. civique. Heart of Spain (Le coeur de The Quiet One (Le garçon tranquille) est. apporte autant de lisa. Il dirige (avec Leo produit par 1'American Institute of Planners. L e film connut un succès impor. Dans le domaine de l'éducation stigmatise la destruction sauvage des forêts. Ces films taire véritable traite du problème de l'érosion des restent peu nombreux. en aux Etats-Unis . assisté de Herbert Kline. Carlos Chavez. Kline mérite d'&tre considéré réalisa pour le Ministère de l'agriculture un film sur la dégradation des sols. 55 . Frontier Films quartier noir de N e w York. le scénario s'inspire directement basant le récit sur la description authentique d'un d'une enquête effectuée par une commission d'in. Paul Rotha le signale sous le titre qui dirigeait à cette époque le département des Pescados (Production et photographie Paul Strand). N e w York Times. Meyers Life - . ait été produit pour espagnol Redes . en 1950. en collaboration avec Ralph Steiner. tous égards. furent commandités par une adminis. sur Mao-Tsé. cependant. et l'on est frappé sols. dans les régions de l'ouest. The Wave. 11 décrit. il faut citer The Forgotten Village (Le vil- vestigation du Sénat (La Follette-ThomasCommit. dans The River (La rivière). à anglais. Les acteurs. nous nous trouvons en pré- L'équipe du N e w York Kin0 fonde avec Paul Strand. et le titre français. en marge des A la m ê m e époque. Il est 2. d'Alvarado . ce film est un core un film sur la résistance chinoise à l'invasion document psychologique et sociologique sur les japonaise : China strikes back (la Chine réagit). L e révolté l'initiative d'un musicien célèbre. sence d'une prolifération extravagante de films en 1937. et l'atmos- produit un second film sur l'Espagne : Return to phère de l'école spécialisée de Wiltwyck. face à l'immense production (1936). L'Express. Dyke. évangélique. Nous retrouvons encore le n o m a été distribué aux Etats-Unis et en Europe vers de Ralph Steiner. qui fut 1. ler juin 1961. pour prétexte la résistance qu'oppose aux soins Il est intéressant de noter que les deux films de médicaux la population indienne d'un petit village Pare Lorentz. 1938). un court métrage sur une école témoignages sur notre "nudité". L e film a sionnels et non professionnels. un critique américain. Pare Lorentz hollywoodienne. Henri Cartier-Bresson. The de long métrage à Mexico . 1935). Il comporte d'intéressantes notations The River. à un documen- qui faisait partie de ce groupe d'amis fervents. il réa. à tra- tant aux Etats-Unis . dus à l'opérateur Harry Durham. 48 ). Paul Strand et Leo Hurwitz Parmi les films "de fiction'' américains qui tournent ensemble Native Land (Pays natal. taire dramatique dont le sujet n'est pas moins dur dirigea cette réalisation. la guerre d'Espagne. L'année suivante de ce fait. The Land. il tint l'affiche pendant six vers un cas particulier. selon le mot de populaire du Tennessee (Highlander Folk School) : Morvan Lebesquel2. 7 juin. The Plow that breaks the Plain et mexicain. au générique de l'un des premiers films un groupe de jeunes esprits libres. un scénario de John Steinbeck (1941). lage oublié). écrit Toung et l'entraînement de l'armée rouge. L a caméra cinématographiques SOUS la bannière de Frontier explore avec cruauté les rues. Harlem. Frontier Films produit en. une église Films . Réalisé avec des moyens de fortune. le futur auteur de Forgotten Village. au fil d'une année. E n 1939. groupés sous consacrés à l'urbanisme : The City (Laville. milieu. Paul Strand rejoint ensuite. contribuèrent à renouveler l'approche sociologique un long métrage de fiction sur les libertés civiques au cinéma. dirigés par Fred Zinneman. Morvan Lebesque. tours. A ce titre. il est connu aussi sous le titre le Ministère mexicain de l'éducation nationale. un long docu- L a première réalisation de ce mouvement d'action mentaire romancé dont le sujet difficile est la cure sociale par le cinéma fut un film de montage sur de rééducation d'un jeune garçon noir inadapté. le film porte le titre Wave (Le révolté d'Alvarado). beaux-arts. apparaft dans la production américaine. Joseph Strick. par contre. 13).Ce h o m m e s et les femmes malades de solitude. en 1938-1939. L a film. la distribution associe des acteurs profes. apparaft c o m m e le résultat Elie Kazan fit aussi ses premières expériences d'une froide recherche scientifique/l.H. Hurwitz et Ralph Steiner) la photographie du film Après la seconde guerre mondiale. Films".

Ceci cons. ignorance. relève du m é m e esprit nouveau : noir de la valeur des techniques modernes d'accou- Salt of the Earth (Le sel de la terre). Il est arracher à la mort l'enfant né prématurément. cherches préliminaires furent menées avec autant 2. Il est basé chement était de confier le r81e principal du film sur des faits réels : en janvier 1952. le ignorance. nariste Michael Wilson se rendit sur les lieux afin de capter l'entière confiance de ses informa- m e m e s de la grève. une sage-femme susceptible présente. des de deux sages-femmes qualifiées et produit sous f e m m e s qui avaient besoin de notre aide"/2. C e film d'éducation sanitaire dépasse Stoney construisit dès lors son film autour de considérablement son propos didactique. elle parvient à tives à la grossesse et à l'accouchement. à klver vaincant. d'une manière générale. Stoney se accoucheuses les moins compétentes . Elle s'occupe Etats-Unis les règles d'hygiène élémentaires rela. une grève à une sage-femme noire. dans la plus grande intimité. des "femmes extraordinaires qui. George Stoney : Ail m y Babies : Research. utilisant des techniques archaïques. Il n'eut . 1952) et les sages-femmes endossent toujours la respon- qui obtint le prix spécial du jury au Premier Fes. "extraordinary w o m e n Who. Cette grève dura plus d'un an . Il observa ainsi que les sages-femmes pré- tenus par de véritables travailleurs. il n'y a que deux raisons de se promener dans sujet le passionnait depuis toujours. Il en con- de manière tout à fait indépendante par Herbert clut que la meilleure façon de convaincre le public J. de la tradition archaïque :la couveuse. en fait. D e les auspices du Département de la santé publique celle dont il fit la star du film. du sud étaient mis au monde par des vieilles f e m m e s suscitant au début la méfiance des Blancs. qui vise deux thèmes :la sage-femme accouche sans diffi- à enseigner aux populations noires du sud des culté une m è r e à l'esprit coopératif.Ii explique qu'au moment où son film lement de son travciil. Il fallut titue c o m m e l'arrière-plan discret du film . il se trouver la vedette. and Who needed help''. Mais progressivement les Blancs ciels de la nécessité de prendre des contacts per- sonnels et d'observer le comportement réel des 1. tique. Stoney raconte comment. Stoney dit qu'elle est 1'8tre humain of the Association of American Medical Colleges. N. abandonnant les autres parturientes aux L'oeuvre attachante de George C. Il Stoney a consacré un article à l'enquete socio. 56 . en devenu un témoignage émouvant sur les relations faisant appel à une technique scientifique inconnue humaines dans les communautés noires du sud . U n film de fiction. L a plupart des r8les furent trices. il découvrit plus bouleversantes de ce beau film est la nais. cinématographique d'un problème social. il rendit visite à un grand nombre pagnies minières. sion officielle qui assumait la responsabilité scien- mettre les rudiments aux autres f e m m e s noires. produit par les médecins blancs et la pratique. le plus admirable qu'il ait jamais rencontré. Il y a beaucoup de ten. L e film a été réalisé avec l'assistance technique contre un adversaire plus fort qu'elles-memes. E n outre. filméesans faussepudeur.c o m m e l'un des précurseurs de la nouvelle école existant entre les prescriptions officielles imposées réaliste américaine. en dépit de leur sance d'un petit h o m m e . est aussi inoubliable sages-femmes noires évoluèrent. ensuite d'une ''mauvaise" mère . en prenant soin de ne pas son prétexte fut un problème de sécurité. présenter des situations réelles. Ces longues re. A leurs illettrées. Y. . pour Btre con- cruelle éclata dans l'industrie minière. dont la sage-femme est chargée de trans. L e yeux. se faire accompagner par le médecin blanc officiel. 1959. Il perdit son que le sourire de Nanook. were struggling to do a vital job cinéaste apprit ainsi à connal'trel'écart considérable against tremendous odds. symbole de suivant son enquete. c o m m e une apologie dela science de plaire à la fois au public noir et à la commis- moderne. la clientèle des situer cette oeuvre remarquable dans le domaine f e m m e s habituées à respecter les règles de l'hy- du documentaire. la rapproche davantage de ce qu'on appelle en Europe mortalité infantile est plus forte chez les f e m m e s le "documentaire social". ethnographique . con. négligées :celles-ci sont censées porter rralheur dresse dans Al1 m y Babies (Tous m e s bébés. simples. au dérou- son film/l. Stoney raconte aussi c o m - a été mis en chantier la majorité des enfants noirs ment la barrière de couleur complique son enquete. en pour- L e sourire de cette grosse nourrice. le film devait etre parfaitement authen- City (Nouveau-Mexique). appliqué les règles fondamentales de l'enquete ditions de travail accordées par les autres c o m . Les travailleurs mexi ..pas le quartier noir : l'achat de whisky oule désir d'une trop de difficultés à convaincre ses sponsors offi. Il faut donc féraient. afin de pouvoir logique exemplaire qu'il effectua pour préparer assister. Les confi- celles-ci ont conservé un parfum archaïque. L'une des scènes les attitude condescendante à leur égard. . Il est cains étaient l'objet d'une discrimination ethnique remarquable qu'au cours de son enquete Stoney ait et le syndicat local se battait pour obtenir les con. L e scé. for all their de soin qu'une véritable étude sociographique . logique. l'accoucheuse noire de Georgie. par le Medical Audio-Visual Institute Mary Cooley. giène. femme. ses vues simplistes sur les la Mère africaine éternelle. luttaient pour accomplir un travail vital. sabilité des accidents dans l'esprit des gens tival international du film ethnographique et socio. en effet. dences du cinéaste sur la construction dramatique trastant avec la sécheresse des rapports qui tendent du film méritent d'être lues attentivement par tous à s'établir entre les ddecins et les patients dans les h o m m e s de science qu'intéresse l'expression une certaine médecine bureaucratique. fallut capter sa confiance absolue. tifique du film. Film :Book 1. à la limite du film de fiction. Biberman. de sages-femmes noires. sages-femmes à travers le pays.

M r s Mary et ses patientes acceptèrent de jouer mais il faut viser. d'un con- les pièges de la sentimentalitéet de la complaisance. Stoney élabora son autres peuples sur la condition misérable des tra- scénario au contact de la routine quotidienne. fessionnel et de rechercher les moyens de l'expri- tituées. inspirée de cas réels. Rogosin pense qu'un acteur-né. L e Pennsylvania coalminer. un processus ar- leurs soucis quotidiens. to make a constitue un témoignage capital sur le racisme en true national hero of a Nebraska farmer. voleurs sans envergure. c o m m e Flaherty. où il Rogosin. il y a teurs. couvre dans leur comportement méme. une nouvelle dignité. éprouvèrent un intérêt é m u pour le sujet m é m e du cinéaste tente ici. mon. Stoney montre les vieilles gens. dans une petite communauté rurale. Pour échapper à la solitude. mais m é m e technique fut utilisée parfois dans les bars. Mark Sufrin. L'un des colla. Zeman et du personnel du H o m e hébraïque pour der avec les thèmes que le metteur en scène dé- vieillards et infirmes. 2. particulier. dans les bars. L e visage de l'acteur L'enquéte préliminaire dura plusieurs mois : con. Rogosin est convaincu la rue. Lionel Rogosin se rend ensuite en Afrique du sud. sion poétique. no 21. Rogosin insiste sur l'"importance Stoney est encore l'auteur de Palmour Street. s'affirmera essentiellement dans le film fut réalisé avec une équipe réduite. Il faut laisser vivre librement les gens la collaboration scientifique du D r Frederic que l'on veut décrire. M a méthode m e permet d'ex- the Bowery : un refuge pour des hommes sans abri plorer la personnalité réelle de l'acteur non pro- et sans amis. a Afrique du sud : C o m e back Africa (1959). exprime la m é m e confiance. 57 . chbmeurs irré. débiles mentaux. mais suivant une ligne d'acteur. logue of staie. jouant leur propre r8le. Les difficultés techniques du tournage dans présentant de latribu Zoulou. de l'étude préliminaire du su- qui s'attache à un autre aspect de la vie des Noirs jet" . où la mort bient8t les sur. groupent. parmi dramatique préétablie. ducteur de taxi de Harlem"/3. r81e qu'il assume devant la caméra c o m m e un re- bile. est nécessaire pour du sud. tage sur les mines. On voit que cette approche est voisine de ductibles/l. obtint au is so vast that any attempt to detail is entirety Premier Festival des peuples le prix réservé au would result in nothing than a meaningless cata- meilleur film sur la société moderne. faire un héros national authentique d'un fermier du trer ces vies sans but. Sans vailleurs noirs. collectif. de la préparation. toute tentative en vue d'en détaillertousles aspects Parfaitement intégré dans la communauté noire ne peut qu'aboutir à un catalogue sans qu'il avait choisi de décrire sous un angle très signification"/2. nous l'avons vu. cette étape. professionnels. à N e w York. alcooliques. très m o . à l'expres- devant la caméra. 11 refusecette vue "documentaire" . il tente m ê m e . leurs problèmes. L e les Zoulous. où les r8les sont confiés à des acteurs quartier new yorkais. "The total reality of a community or a Society sans précédent dans l'histoire du cinéma. L e film a été réalisé avec tistique. Rogosin pose en termes parfaite- le savoir. L a de son c8té. la sociologie doit étre la plate-forme de départ. "Je désire don- limites du cinéma ? Il fallut individualiser le drame ner à l'homme. Filming a skid row. aboutir à une généralisation de l'expérience vécue. M o n but. Mais. mer. sans compter 1. C'est l'esprit m é m e de Fla- la sociologie urbaine. C o m . poursuit-il. écrit Rogosin. accompliraient libre. d'un mineur de Pennsylvanie. Film Culture. Mrs Mary lui avait indiqué comment ment clairs le problème du film sociologique : "La transposer simplement les 118 exigencesimposees réalité sociale totale. d'une caméra dissimulée dans une voiture. dont la propre personnalité cul- librement. individuelles . non professionnel est le symbole du groupe auquel versations. faits. s'attacher à quelques personnalités. écrit Rogosin. s'efforce davantage d'explorer les personnalités Mais des scènes importantes exigeaient la colla. d'attirer l'attention des professionnelle de Mrs Mary. Il fut décidé que les ac. Participant étroitement à la vie de frapper l'imagination. dans chaque société. de mouler film et rendirent. observations. furent considérables. "1 want to give m a n a new dignity. turelle n'est pas annihilée par la qualité m é m e ment les gestes familiers. ment les parents peuvent-ils aider leurs enfants à c'est-à-direà une interprétation personnelle des affronter les rigueurs de la vie ? Dans Proud Years. est si vaste que par le Comité scientifique responsable du film. il appartient. Rendre la réalitépassionnante et significative. a Harlem taxi driver". de toute évidence. Cette dé- Lionel Rogosin aborde le monde du désespoir marche. est. The Making of "Come back Africa" tourne clandestinement. peuvent certain nombre d'images furent prises au moyen atteindreleslimites del'expression émotive. sous prétexte d'un repor. de son propre aveu. de menus ser. dans leur argot. est radicalement avec On the Bowery (19561. écrit-il. Comment effectuer cette plongée dans celle de Jean Rouch. explique ce qu'est milieu particulier. mais s'efforcer de les accor- D. écrit-il. C e document étonnant. U n que des amateurs. Rouch. forment de petits clans. s'exprimeraient des acteurs-nés. souligne-t-ilencore. le cinéaste se mua en ethnographe. à titre gracieux. la réalité dans une forme dramatique susceptible vices au cinéaste. avec les ressources et les herty qui les anime l'un et l'autre. choisis dans le milieu. de boration effective des "acteurs" et il fallut com- poser avec leur caractère instable. film-enquête sur les différente de la réalisation normale d'un film de alcooliques déclassés qui échouent dans le célèbre fiction. N e w York. est de pénétrer profondément dans l'intimité d'un borateurs du film. factuai representation". pros. un film de long métrage qui 3. Mark Sufrin. les démélés avec la police. en évitant de tomber dans Nebraska. où le scénario est essentiellement prendra. ils se l'oeuvre d'un écrivain.

ils s'attachent et se maintiennent en prise directe d'une grande et terrible chasse à la girafe chez sur la vie. c'est-à-dire sans direction précise risqueraient de rompre la spontanéité et l'authen. L e grand magazine Time Incorporated assure pologie culturelle (voir p. L e film est de la girafe. inté. car il s'agit de découvrir. ces réalisateurs le Grand Prix du Festival des peuples. perdu dans une immense foire aux illusions. John Marshall impressionna plus de 500. Il laisse ainsi. au départ. à la trace. teurs ont réussi à filmer de la manière la plus Au cours de diverses missions anthropologiques familière l'actuel président Kennedy au cours de chez les Boschimans du Kalahari. L a plus envoûtante. dont la structure est en Amérique latine (Venezuela et Cuba). les réalisa- ture. mais les répétitions préalables de vues. tout à fait inhabituel. c'est l'histoire. le financement d'une jeune équipe de réalisateurs cialisée a produit un film important. après une très longue errance . du producteur Bob Drew. Rogosin utilise une technique qu'il appelle se défend à coups de sabot. Cet événement constitue la problèpes économiques et sociaux qui se posent ligne dramatique du film. pour vivre. Pour les enregistrements sent ils le harcèlent de leurs javelots et la girafe sonores. un ont été prises sur le vif. un cameraman et un ingénieur du son. notamment Leacock (quifut l'opérateur de Flaherty). scène est enregistrée au moyen de deux caméras. dans ce dénoue- "le dialogue spontané contrûlé" (controlled. mobile de la caméra passe-partout. de reportage. spon. Les chasseurs l'ont rejoint enfin chaque jour . le scénario fut élaboré avec le con. Les sulte d'un montage judicieux. L'invention dramatique du Rouch. L'animal meurt debout. Il se borne à indiquer le thème mal. Si C o m e back Africa ne constitue pas une période de cinq ans. c8tés de l'un des participants (Onthe Post). 73). dont la photographie en 16 mm n'est pas Pennebaker et Maysiles. en 1951-52 et en la première campagne électorale qui l'opposait au 1955. dans continuité fictive mais plausible. dans l'espoir de ticiper aussi à la vaine tension dramatique d'une constituer les archives filmées complètes de la course automobile en vivant plusieurs heures aux tribu Kung du sud-ouest africain. Gardner dans cette recherche passionnée de la forme "la et Marshall ouvrent ainsi une voie nouvelle au film plus libre possible". aient été dirigés. engourdi une synthèse des difficultés que les Noirs affrontent par le poison. les mots les plus justes. de l'aveu m ê m e de son auteur. une quéte acharnée de la nourri. sous la direction Nanook et trouve sa place dans ce panorama géné. resse essentiellement l'enseignement de 1'anthro. avec nique. cours de montage au Film Study Center. (Filmakers) qui a réalisé. chimérique et senti- remarquables de ce matériel exceptionnellement mental. abondant. sans que les acteurs documentaire. Grâce à cette technique extrêmement les Boschimans. Quatre hommes poursuivent beaucoup de courage et de lucidité. Cette institutionspé. racontée sans emphase. vécue aux c8tés des chasseurs. sa tech. divers aspects d'une situation. s'est vu décerner. O n le voit. le récit se compose de scènes empruntées à des 58 . Pour saisir sur le vif les toujours parfaite. une grande part d'initiative à l'improvisa. celle qui ments sociologiques les plus importants sur la fournit au film son climax. C e long m é . dignité de l'homme qui tue sans cruauté. Dans "Yanki no'' l'équipe Filmakers tente. un film de films sur des thèmes sociaux brûlants. L e thème du film est la chasse. trage. la plus proche de la vérité. pai- général de chaque scène. Il y a. Chaque la méthode utilisée diffère de celle de Flaherty. est la mort affreuse condition du prolétariat sud-africain. d'un "choix royal" documents cinématographiques bruts esquissent opéré par Bob Gardner parmi les éléments les plus ici le portrait d'un homme. c o m m e siblement. The Hunters. triomphe primitif de l'homme sur la nature". le r81e créateur ac. qui utilisait un scénario minutieux au départ et afin d'obtenir deux angles différents et d'éviter intervenait dans la direction des acteurs. d'éclairer pendant plusieurs jours une girafe blessée d'une l'opinion publique de son pays sur les véritables flèche empoisonnée. L'activité du Film Study Center rattaché au Plusieurs autres films sur les Boschimans sont en Peabody Museum de l'Université Harvard. dont ils approfondissentles ressources. Il introduit simplement un temps. ce n'en est pas moins l'un des . O00 sénateur Humphrey (Primary) . trage considérable. une extraordinaire dignité : dignité de l'ani- taneous dialogue). On voit en quoi le feu de l'action. les cinéastes n'auraient vraisemblable- ticité du dialogue. Les réa- beaucoup plus riche et plus complexe que celle d'un lisateurs utilisent ici parallèlement la technique reportage pur et simple. ment pas pu aboutir à un résultat aussi remarquable cordé à "l'acteur" amateur est considérable dans s'ils n'avaient eu la possibilité de tourner un m é - cette expression nouvelle de la réalité sociale. destinés qui renoue avec la grande tradition épique de essentiellement à la télévision. cette grande chasse est à la fois réelle et idéale . ment. travaillent par petites équipes de deux techniciens en 1959 "pour sa probité dans la représentation du solidaires. une série de John Marshall et Bob Gardner (1956). une sont nombreuses. à juste titre. montage n'altère en rien l'authenticité des prises tion des "acteurs" . En effet.faire de la caméra un instrument de psychanalyse parties de chasse distinctes. L'intervention créatrice de l'interview et celle du documentaire classique. Cette équipe comprend ral des oeuvres les plus marquantes. T A Ils suivent ainsi pas à pas les personnages auxquels Hunters. en 16 mm. Privés cours de tournage des répétitions artificielles qui de scénario. sa signification. s'échelonnant sur collective. au niveau du montage est prépondérante. à pré- cours de deux Africains. The Hunters ré. à Florence. L a plupart des scènes précisément. ils nous font par- pieds de pellicule Kodachrome.

scientifique régional. L e comportement "Temps présent" (World in action).7. tant les nouvelles solutions proposées par l'urba- sociologique dont les résonances affectives sont nisme au Canada. elles sont utilisées avec rigueur au ser- utilisée en Europe . le cé. Dans la dernière partie du film. obtint (Faces of Canada). Parmi ceux-ci. LAa chaîne (The manon leçon en images. Chacun de ces films trèû brefs ment destinée à la télévision. sous OF CANADA) le contrble de deux anthropologues bien connus. en six parties sur la sociologie des quartiers sub- gneusement construits c o m m e autant de petits films urbains (Suburban Living : Six Solutions). - à forcer l'attention en dépit de la complexité de les thèses les plus contradictoires sur les pro. travaillait avec la collaboration d'un conseiller pales de cette production sont l'utilisation généra. de niveau universitaire. Des do- pensée canadiennes"/l. conçu d'une manière originale et CANADA (THE NATIONAL FILM BOARD rigoureusement scientifique par Tan MacNeill. au cours de ces dernières ria. tant à l'intérieur du naturellement l'utilisation de la caméra partici- pays qu'à l'étranger. Margaret Mead (Etats-Unis)pour la version an- Au début de la deuxième guerre mondiale. et présent. U n autre film. avec une rare acuité.Tacques Bobet. U n autre série. Ralph bien que le point de vue "documentaire" domine Linton et Abraham Kardiner) : les techniques d'édu- toujours. intéresse spéciale. L'ouvrier qualifié (TheSkilled thème sociologique précis. un ensemblede du père et de la mère à l'égard des enfants varie films sociaux en 16 m m destinés à la télévision. Dès lors. sont uniformes dans un milieu social homo- documentation honnete sur les problèmes sociaux gène et tendent à créer une personnalité culturelle actuels du Canada. qui du film). Marcel Rioux (Canada) pour la version lèbre producteur anglais Grierson fut invité par le française:Four Families (Quatreenfants du monde). dans le style "télévi- organisme national de production. par exemple. Rapport annuel de l'ONF. Chaque cinéaste de la télévision. est le portrait d'un h o m m e simple. au Japon. d'actualités retraçant l'histoire agitée du mouve. L'OFFICE NATIONAL D U FILM DU fort intéressant. grâce à la demande sont d'un naturel remarquable. L e vice-président (The Vice-President). égale. citons de base. C e film est films par des acteurs professionnels qui traduisent destiné tout particulièrement à la télévision. le personnage principal plusieurs chapitres de l'homme et du travail dans du film est un bébé d'un an environ. du National film board of Canada (Office national celui-ci commente ensuite. très vives. en Suède. les films de caractère sociologique se sont délicatesse de cette tâche difficile. 11 faut citer encore une troisième série de films ment féministe : L'essor féminin (Women on the de 16 mm. Les deux caractéristiques princi. Nous ne retiendrons ici que pante . il est remarquable de constater à quel point quelques aspects très particuliers de cette activité les quatre cinéastes (Richard Gilbert.l'un des plus importantscentresmondiaux tient de l'improvisation. confron- de fiction centrés sur un problème de la vie psycho. cette étude en enfants. L a les sentiments authentiques des hommes très divers m ê m e série Comparisons contient encore une étude dont ils tiennent le rble. bien que l'intérêt sociologique le prix Eurovision en 1959. 1958-59. orientant différemment l'attitude des sociologie du travail . C e film (1058) : L'employé (The Clerk). &Chef de départemst du film sociologique : il constitue une véritable (The Department Manager). en France. souvent émouvantes. il comparera quelques aspects du christianisme. sociologique américaine (Margaret Mead. exerçant son ment notre sujet : elle s'intitule Comparaisons (Comparisons). trèsbelles. leur but est de provoquer chez vice d'un propos scientifique qui réussit toujours le spectateur une prise de conscience. Gouvernement canadien à mettre sur pied un grand 1959. à l'usage du grand public. voire d'autres régions). Worker). d'un ton très libre. L'ONF dispose d'un très cuments aussi difficiles à enregistrer exigeaient vaste réseau de diffusion. sur un thynssembly Line). de l'hindouisme et de l'Islam. rarement resque . que nous re- l'entreprise moderne. un aux Pays-Bas. L e film est introduit. L e film illustre les concep- lisée du format 16 mm et la fréquente participation tions anthropologiques typiques de l'école psycho- d'acteurs professionnels à l'action dramatique. ne sacrifient jamais au pitto- La formule de ces films est intéressante.Les images. en soit plus mince. au Canada. O n y trouve un film sociologique 1. 59 . il faut citer aussi un ingénieux montage sera commenté par Arnold Toynbee (FourReligions). L e contremaftre ouvre de nouvelles perspectives dans le domaine (TLe General Foreman). en Grande-Bretagne. Parmi les oeuvres intéressantes de la série Temps du bouddhisme. intéressant cette spécialiste de la psychologie industrielle discute fois l'histoire des religions. qui est sans doute exposée en termes trop blèmes humains du travail sont émises dans ces simplistes. Parmi les "séries" qui intéressent pius cation. intitulée "Silhouettes canadiennes" March). Ces films sont donc soi.On sensiblement dans ces quatre échantillons de civi- y trouve notamment plusieurs films concernant la lisation. produit par . quatre séquences qui pré- de production de films documentaires de qualité. particulièrement celles de la première en- spécialement notre sujet (car elles fournissent une fance. C e fut l'origine sion" par une interview du superviseurscientifique . la thèse. glaise. William Novik et John Buss) se sont tirés avec années. Fali Bilimo- créatrice considérable . C e film. qui comporte six films trouvons dans les quatre milieux étudiés. sentent. Les enfants considérablement multipliés. un "caractère national". est en préparation : avec l'acteur principal de la pPrsonnalité du héros. l'intimité de quatre L'un des buts essentiels de l'Office est deproduire familles appartenant à la classe moyenne paysanne des films "qui soient un reflet de la vie et de la en Inde.

pour des films-débats (par exemple phies sur de nombreux sujets sociologiques parti. la travail. nerie canadienne moderne dans la province de Qué- tographiques . il faut distinguer tout prise moderne). de photographies anciennes. dans L a battaison recherches patientes. le chauffeur de taxi. Strike in Town (La (1958). de son c8té. le beau film documentaire est fort valable. l'homme d'affaires que passionne l'aventure mi- L a production de l'Office national du film com. dans un films consacrés aux problèmes du travail. et The Back-Breaking rurale du Canada français dans L e mai'tre du Pérou - Leaf (La feuille qui vous rompt le dos. scénario et réalisation de enregistre un conflit du travail et la manière dont Bernard Devlin. 11 ar- 30. ceux qui traitent des divers emplois dans l'entre- culiers . Terence M c Cartney. n'intro- Les qualités humoristiques d'un reportage de duit aucune part "fictive" dans The Back-Breaking Gilles Groux et Michel Brault. s'oppose la con. français et quels sont les principaux problèmes ception rigoureusement documentaire de The Back. m ê m e iorsqu'ils "jouent vrai". dont les Parfois le thème sociologique fait l'objet d'un protagonistes sont d'authentiques ouvriers agricoles - véritable film de fiction de long métrage tel ce venus s'embaucher pour le dur travail saisonnier "film dramatique" de près de deux heures. de Terence M c Cartney-Filgate. dans la chaleur étouffante de l'été. Son héros est un Canadien français. au cours de laquelle les coureurs portent plus libres de l'art cinématographique. la propriété trans- évitée de justesse dans une fabrique de meubles. à la suite de la crise est aussi l'auteur d'un reportage sur l'un des lieux économique mondiale. nière" et décrire "comment naissent et s'édifient porte un grand nombre de films spécialisés. fiction en 16 mm). non nord. la f e m m e de ménage. etc. Les réalisateurs canadiens de pélerinage les plus célèbres de l'Amérique du utilisent volontiers les acteurs professionnels. Michel Brault des entreprises cinématographiques collectives les sera le "cameraman" habile de Jean Rouch et Edgar plus remarquables qui aient jamais été mises sur Morin dans Chronique d'un été. intitulé de la récolte du tabac dans l'Ontario. il vise à fixer l'image authentique d'un sportive d'un genre inhabituel :une course sur la peuple. L a caméra Les brnlés (16 mm. c'est ainsi que Wolf Koenig décrit la paysan- utilisations cinématographiques des archives pho. rele. Ici aussi. de l'Office national du film est d'esprit "documen- quissent les auteurs & propos d'une compétition taire" . Leaf (voir plus haut). il est résolu par voie d'arbitrage. sont grande marche colonisatrice des années 30 dans d'une grande beauté. les difficultés qu'affronte. à l'époque de la moisson. la ruée vers l'or du appartenant au milieu que le cinéaste veut décrire. représentatif d'un groupe ethnique minoritaire qui matiquement au cours du prochain chapitre (voir ''cherche de plus en plus à se tailler une place dans p. (1959). pied à cette fin. sur les lieux mêmes.C'est unportrait Quelle que soit la formule du film. à travers une histoire fic- tive. Nous avons déjà observé que les réalisateurs de 1'ONF aiment utiliser la technique de l'affabula- tion romanesque pour aborder les thèmes sociaux les plus divers . Nous nous contenterons de signaler ici le cadre de l'économie nord-amérhaine". l'avons vu. au moyen de constater que des acteurs amateurs malhabiles. - Klondike au début du siècle recherche démente sont souvent plus convaincants que des acteurs pro- d'un bonheur chimérique qui amena à Dawson City fessionnels. L a rive cependant que les cinéastes canadiens utilisent ville abandonnée ne compte plus aujourd'hui que la formule "documentaire" de la caméra partici- 500 habitants. autre "film dramatique" de moyen métrage (égale- vons l'excellent Strike in Town (La ville en grève) ment en 16 mm). A la table but du film : "Comment vit-on à la campagne construction dramatique de ce film. cusé. quelques oeuvres mrquantes. le cultivateur soucieux de conserver sur un "suspense". Les images du 1958) qui reconstitue. pour dessiner le "profil de l'éclusier. dans la province ville en grève). sus. 1958). tout l'effort satirique des loisirs de la société canadienne qu'es. ritent de retenir l'attention (1960). Cette technique. court métrage de fiction construit de Québec. m é . c'est ainsi que Fernand Dansereau l$emploiedans Pays neuf (un moyen métrage de 60 . C e film constitue l'une des rares pante . Terence M c Cartney-Filgate les territoires de l'Abitibi. E n France. au service d'un point de vue City of Gold (Capitale de l'or. sa réalisation exigea trois ans de bec. ces villes-frontières qui abondent maintenant dans ceptibles d'étre utilisés dans l'enseignement des le Québec". mais aussi. d'après un roman d'Hervé Biron. la fiction n'est comment s'effectue la procédure de conciliation qu'un prétexte. le témoignage social est le véri- entre les délégués patronaux et syndicaux. sciences sociales : nous les envisagerons systé.métier :le photographe. Parmi les nombreux L e m é m e cinéaste s'attache à décrire. Raquetteurs. auxquels doit faire face le cultivateur ? '' Breaking Leaf (destiné à la télévision). montre comment une grève est dans la famille le "vieux bien". tout en encourageant les manifestations les neige. la vie quotidienne d'une famille de Leslie M c Farlaine (1 955). mise de père en fils. interprété aujourd'hui ? Ou en est l'agriculture au Canada par des acteurs professionnels. C'est l'une des raquettes aux pieds. 71). Le film évoque. L'ONF produit des monogra. 1957). 1960). parmi celles-ci. dont le but didactique est plus ac- spécialement. 000 h o m m e s aussi passionnés que futiles. nous (Pilgrimage. l'Oratoire St Joseph (Montréal):Les pélerins seulement pour ce genre de films. pour la perfection de sa réalisation. Mais il est frappant de Colin L o w et Wolf Koenig évoquant.

que leur statut technique soit ou non ar. Potapov. typiquement soviétique. distinct. dans le concept "ethnographie". Paris. à la capture des tigres et des léopards en Sibérie viétique. Turkménistan (réalisateur : M. L a ligne générale. le passage et ethnologiques. Citons quelques films tournés dans les 150 opérateurs dispersés dans le pays. l'ukrainienne et la po. LE FILM ET LES TRADITIONS POPULAIRES particulièrement à la culture des ouvriers du pé. le cinéma soviétique exalte cepen- min de la vie (1931). distingué. C o m m u - transition. c o m m e les cinéastes. sez la prédilection du cinéma soviétique pour les Si les films "ethnographiques" soviétiques thèmes sociaux dans les films de fiction. qui tient en quelque sorte le journal filmé Bien que le réalisateur fasse jouer de vrais pay. V. L. aux propres à chaque région dans un processus de déve- loppement/2. Mei) . laire. sionnel. Les films de propagande sociale et d'ins. truction qui caractérisent la production soviétique Parmi les reportages de guerre. et le présent du peuple ouzbek. Bulgarie. par thématique. pour tégrer ce film dans la catégorie des "documentaires". L e che. l'admirable style expressionniste très éla. Cette perspective analytique se rap. Problèmes essentiels de l'étude ethnographique posée pour l'analyse des sociétés africaines en des peuples de l'URSS. L a steppe aride (réalisateur :Tomberg) montre la vie sociale de la plus grande ferme Nous avons vu que les savants soviétiques englobent dIEtat d'URSS vouée à la culture du coton (le cycle radicalement. p. en Ukraine ORIENTALE occidentale. Mais cette conception du film sans. L a terre (1930). proche. Cette conception. au moins par sa volonté historiciste. nications de la délégation soviétique au VIe Con- Pensées joyeuses (réalisateurs : Medvedkin et grès internationaldes sciences anthropologiques Abusentov) décrit. Carmen. où un mode de vie original s'est formé au contact de deux cultures. Safarov. A cet marquent une prédilection nette pour les change- égard. du film ethnographique chaïque. en Yougoslavie. L. qui le filmde voyage constitue un genre récréatif Il en est de m ê m e del'oeuvre maîtresse de Dovjenko. où riques" en Europe occidentale. dans le m & m e esprit. Les grands travaux industriels. celle que le sociologue français Balandier a pro. est l'un des premiers docu. - toire globale d'un peuple extraordinaire saisie AzerbaFdjan. le merveilleux film de Nicolas Ekk. "ethnographique" diffère sensiblement de celle qui boré des images et du récit ne permet guère d'in. lement nombreux. cinéma. aux rites archaïques du mariage. exception. est très nette aussi dans un long documentaire sur accordent un intérêt tout particulier aux transfor. On connaît as. de l'expédition. Eisenstein consacrait. Kroupianskaia. D e n o m - mis aux chercheurs soviétiques d'entreprendre une breux films ont été consacrés aux danses paysannes. Il s'agit ici d'une chasse de type moderne. Les ethnographes. l'effort toute spéciale à Un jour de guerre en URSS. Cette préoccupation marque lan :Visitons l'Ouzbekistan(réa1isateur : Kayunov) très fortement le cinéma russe classique. situant les ccutumes aux chants. un ethnographiques engagées dans des recherches chef-d'oeuvre incontesté à la modernisation de ''surie terrain'' comprennent un cinéaste profes- l'équipement des campagnes. qui évoque également le problème U n petit film tout à fait remarquable doit être de la collectivisation du sol en URSS. Des études ethnographiques ont porté aussi. il faut accorder une attention ventionnel. en 1929. Les travailleurs du pétrole au de ce que l'onpourraitappelerl'instant sociologique. Les ethnographes soviétiques se sont intéressés 9. Azerbaïdjan). est très vif en l'industrie pétrolière est plus récente. 61 . dant aussi la valeur des traditions artistiques po- ments cinématographiques romancés sur l'enfance pulaires. en rentes étapes du développement industriel ont per. Bakou et ses citoyens (réalisateur :L. 101. l'en. en Pologne.8. orientale. Ces diffé. ments sociaux. qui ten- républiques asiatiques : L'histoire des travailleurs tèrent de cristalliser un moment précis de l'his- du pétrole de la Caspienne (réalisateur :R. exceptionnel- récente sont malheureusement d'un style fort con. TENDANCES DU FILM "ETHNOGRAPHIQUE" du stade nomade à la civilisation industrielle au EN URSS Kazakstan. tourné collectif. de 2. notamment à Bakou et à Borislav. Tchécoslovaquie. - chasse au tigre (réalisateur : Gouline). en Hongrie. Moscou 1960. étude de sociologie dynamique. Signalons aussi que beaucoup d'équipes délinquante. qui doit est une monographie régionale confrontant le passé son essor à la Révolution d'octobre. pour les traditions qu'on appellerait "folklo- sur les ouvriers du pétrole en Turkménistan. Documentary Film. dominé également par des préoccu. la vie des travailleurs et semble de la vie culturelle de tous les peuples sans des chercheurs scientifiques).58) parmi les reportages construction d'un chemin de fer en Asie centrale de chasse les plus remarquables de l'histoire du un film épique. en Roumanie. de la récolte en 1958. Terentieva. 1953) . un jour parmi tant d'autres. car il trouve sa place à c8té de Nanook A la m ê m e époque. Selon Paul destinée à enrichir les jardins zoologiques : L a Rotha/l ce fut le premier film qui définît claire. n'ont cessé de fournir l'essentiel de la le 13 juin 1942. DANS QUELQUES PAYS D'EUROPE trole. L'intérêt des documentaristes pour la culture popu- lonaise. 1. anime les chercheurs d'Europe occidentale. Victor Turin consacrait àla ou de The Hunters (voir p. consazée ment l'approche documentaire dans le cinéma so. pations st ylistiques : Turksib (1929). l'accélération de l'histoire dans la patrie de Tamer- mations de la société.

ce pionnier avait réalisé un convaincantes. d'une telle con- traits culturels particuliers . Il sifflotent-t-ils. Par le tru- étudie les thèmes abordés à l'écran. en Europe pective. 1933. L'ouvrier et le défende le droit pour l'ethnographe-cinéasted'ex. typique de l'Europe orientale. propres à l'école de Grierson. aux métiers d'art. gage d'un certain nombre de films qu'inspire visi- reux que Jean Cleinge et Gérard D e Boe ont consacré. crains qu'un certain parti-pris constant de bonne des rites joyeux. m e paraft que ce choix a été fait. trop facile. Pourquoi s'obstiner à ne jeunes gens. de communier. D'une certaine façon. tique à partir des gestes apparemment anodins. d'évoquer une paysannerie d'opérette. 1941). en de L'éternelle chanson (VkCna Pisefi.. Il faut Europe orientale. apparaft c o m m e inconsciemment. dans cette voie. d'enregistrer ces traditions esthétiques qui résis- de N e w York au Mississipi). tel le film pénétrant et chaleu. en Les diverses écoles documentaristes occidentales fait. Je nie visuelle" en se servant des chants. rarement à partir de gestes qui constituent déjà en tional du film ethnographique et sociologique. selon un critère esthétique. le film s'agit.. pour le cinéaste. ception esthétique. des danses. à la catégorie des films sur l'art. blement cet état d'esprit. de l'inventioncollectives. C'est le temps tures régionales . Mais son film le plus important ments archéologiques coupés de toute réalité vivante. c'est trop souvent la valeur pittoresque des cou. Z e m Spieva (La terre qui On pourrait reprocher aussi à tant de films "ethno- chante). et indépen- tion du cinéaste. "ethnographique" appartient souvent. Son auteur l'a construit pulations rurales d'Europe occidentale. dans cette pers. Parfois m é m e ces films en Belgique. On n'en trouve guère qui n'atteint que la superficie des faits sociaux. de L a terre qui chante illustre la conception théo- dans les modes de vie traditionnels donne couleurs rique de l'auteur. au fond. 70). qui envisage le film ethnogra- et style particuliers à un mode de vie régional. en construisant une poé- nents spécialistes de la musique slovaque. Il laires sont entièrement joués en studio (j'ai vu fut l'un des fondateurs de la Faculté du film (FAMU) ainsi un certain nombre de ''nocespaysannes" peu de Prague. sans rapport à ses chants. E n Europe orientale. vice-président du Comité interna. L a le produit de la sensibilité. L'optimisme A cet égard. 62 . à des docu- jeunesse slovaque). la vie tique et non un film sociologique. du film ethnographique. des rites d'étre taxée de réactionnaire. soit un aspect de l'art populaire se sont davantage penchées sur les aspects quoti- et l'on comprend dès lors que l'un des plus émi. davantage c o m m e une symphonie. les minorités eth. il voie indiquée par Plicka exaltent. le temps des chants et des danses. aux travaux de la moisson. le pro. est un moyen métrage. son enthousiasme devant la ''culture'' fesseur Plicka m e parart traduire de la manière la populaire. elle ne m e paraft pas basée sur un éloge du savant tchèque des préoccupations sociales pur et simple de la tradition paysanne et des cul. Dès 1928. On d'équivalent en Occident. On la Slovaquie :Hry Slovenské Mladeie (Jeux de la en arrive trop souvent. de composer une "sympho. ce qui. plupart de ces films "ethnographiques" exaltent. bref à tout ce qui. du cinéaste. L a structure esthétique teront difficilementaux transformationsqu'imposent. quel qu'ait été le souci scientifique film sur les jeux pastoraux du centre et du nord de d'authenticité qui a présidé à ces entreprises). cette attitude risquerait. des hommes et aussi que Karel Plicka est l'auteur d'un reportage des femmes au sourire stéréotypé. Karel Plicka "ethnographiques" consacrés aux traditions popu- est à la fois un savant musicologue et un artiste. par une idéologie officielle assez noter ce qui sépare la conception "ethnographique" complexe . sur la validité. forme du peuple slovaque selon le rythme de la n'ont pas SU préserver au m é m e degré cet héritage nature. Il semble. en Europe orientale. libre. m e r à l'écran. malheureusement. (Sur les traces des Slovaques. soit la E e . l'oeuvre cinématographique du pro. aux jeux de ses enfants et de ses avec la vie quotidienne. les cinéastes tchèques qui suivront la ment sont jugés valables sur le plan "culturel". en effet. guindés dans tourné aux Etats-Unis en 1935 : Z a Slovaky z New leurs beaux atours 3 Sans doute est-il important Yorku do Mississipi). Sou- Tous ces films constituent d'intéressantes archives lignons que la date m é m e de ce film (1933) mérite cinématographiques et l'ethnographe des traditions qu'on le considère c o m m e l'oeuvre d'un précurseur populaires s'y intéressera d'autant plus que les po. risquent d'enfermer le cinéma ethnogra- plus explicite une conception du film ethnographique phique dans une formule trop étroite. humeur ne finisse par lasser à l'écran. qu'un certain chementde films qui sont eux-mémesdes recherches nombre d'éléments de la tradition populaire seule. elles ont conservé leurs cifiquement cinématographique. à quelques exceptions peut regretter l'impression d'artificiel qui se dé- remarquables près. du point de vue d'une poétique spé- niques sont nombreuses . eux-memes des oeuvres d'art. qui réalise alors un film touris. et fesseur Plicka. Notons montrer qu'un peuple du dimanche. diens de la vie collective. paysan dansent et chantent rarement dans les meil- primer la culture de son peuple par le truchement leures oeuvres du cinéma occidental (tout au plus de sa sensibilité artistique propre (voir p. esthétiques. consciemmentou dans la culture populaire régionale.). qui passionne Karel Plicka. 76). C e n'est pas le lieu d'engager ici un débat collectif. orientale. damment de l'école documentaire anglaise.carnavals. qu'il considère lui-même c o m m e un graphiques'' consacfi s aux traditions populaires poème cinématographique dédié au peuple slovaque. symbolisant la vie multi- intégrées dans la civilisation industrielle atone. Cette production des gens simples. phique c o m m e une "dramaturgie" (voir p. au carnaval de Binche. si l'on collectifs. D u point de vue sociologique. Plicka est l'un des premiers à avoir tenté d'expri- tumes (et non leur sens profond) qui retient l'atten. Karel Plicka est aussi l'auteur cinématographique spécialisée est encouragée. en effet.

la philosophie socialeparti. la misère (Moravie Slovaque) . le labourage. Réa- notera une nette prédilection pour le thème des lisé en 1933. notre propos : les films qui insistent sur les chan. étroits qui existaient jadis entre les échanges éco- Il nous est impossible d'esquisser ici un cata. on suit les travaux zimierzBorowik (Pologne. Svatba na les aspects les plus divers de la célèbre "zadruga" Moravském Slov&+ (Mariageen Moravie slovaque) croate . familiale étendue. citons :Huta zprzed Stulat (Unefonderie de de T. y fut présenté c o m m e un témoignage d'une villages voisins viennent vendre les produits pleins situationéconomico-socialepérimée. décrit un village dans dislav 'Delong(Tchécoslovaquie.bon gré mal gré. les centres d'intéret. à la vie paysanne la civilisation adieux) (Yougoslavie. Nad djikov. qui fut distingué au Premier Festival des région centrale de la Pologne. 1956). La production polonaise (Oesgens sous laneige) de Vladimir Sis (Valachie) fournit encore deux exemples intéressants : Gdzies (Tchécoslovaquie. constituant en studioune noce traditionnelle dans la moins conventionnel. tous les spécialistes del'histolrede l'art et de latech. fais tes lectif. Raran (Kde mele vitr. Nous tenterons seulement dlindiquer les la société paysanne archafque. Dansla catégorie des métiers Zielonym Baltykiem (Au bord de la verte Baltique) anciens. reportage humo- et L. Kostov (Bulgarie. il y a fort vitch (Hongrie. une remarquable étude approfon- de K. De- Wesele na Bukovinie (Noces en Bukovine)de Wlod. la préparation de la chaîne pour le tissage. 1956). constituée en corporation. 1948) . sépare ce qui semble digne d'être conservé et ce Karuzela lowicka (Le carrousel de Lowicz) de qu'il faut abolir dans la tradition populaire. qui montre ce que fut le travail du meunier (Sur le chemin de Studzianna). de J. printemps en Carniole blanche) (Slovénie)(Yougos- 1955). Tel J. naval). c o m m e - rir): les coutunies du carnaval aux environs de la si leur propos se situait A la frontière indécise qui ville de Ptuj en Slovénie (Yougoslavie. Ce dernier film grands courants. partiellement détruites par une tempête. Outre les films de K. puis le lever jusqu'au coucher. on croate.1948) . 63 . L'intention profonde des oeuvres apparte. 1947) .d v Beli Krajini (Le et l'analphabétisme chez les Tziganes (Upre Roma. Hoffman et E. certains de ces usages Valasské tance (Danses vala*s). Gabryelski (Pologne. parmi lesquels : FaSank (Le car- que Dimitrij Plichta a consacré. de Vâclav Kaglik (Tchécoslovaquie. dont les récoltes sont l'histoiredes broderies bulgares (réalisationS. ce film touchant montre à Kurpie. 1958) . L a (Tchécoslovaquie. le marché se culière de l'auteur ou de la société dans laquelle il vit. e. les ne peuvent être négligées dans l'analysedes thèmes femmes revêtent aujourd'hui encore leurs beaux sociologiques retenus par les diverses écoles habits de fête . de V5clav KaSlfk communautaires anciens ont toujours cours. 1957) . d. C o m m e moud levent. de J. ristique de style impressionniste) . une autre catégorie d'oeuvres intéressent (minoritéserbe de la frontière polonaise). en Tchécoslova. Ecserilakodalom (Les industrielle. Yougoslavie. a produit. 1957). le filage col- Nevesta le jemiji slovo (Jeune fiancée. 1947) . tis- Europe occidentale c o m m e en Europe orientale. un centre important de pélerinage . Kallweit. vivant en économie fermée. SorbischeHochzeit (Lemariage A coté du film ethnographique de ce premier Sorbe) de Kaden (Républiquedémocratique allemande) type. Granec journée de fête dans un village. à la lutte contre la maladie. où les paysans des peuples. Zima mora umreti (L'hiver doit mou- nant à ce second type est parfois ambiguë. Retenons quelquestitres :Lidé Pod Snehem sur un milieu déterminé. Les films sur les métiers anciens intéresseront esquisse de monographie régionale. évoque ce que fut la vie d'une com- cent ans. de Stanislas Gre- dans un des vieux moulins abandonnés de Slovaquie. 1949) quie encore. Tavasz. campagne hongroise). dans le village de Mraclin (dans la noces paysannes :Wesele I<urpiowskie . boissellerie. la préparation du lin. tient à la Saint Michel. 1958) (une cet intéressant filni technologique de F. Gabryelski (Pologne). lavie. les sage. de LudvfkBaran et Vla. Pom1a. la réception d'un nou- b. une région montagneuse. Les films d'intérêt ethno-musicologique con. le filmillustre fort bien les liens documentaires. Quelques études cinématographiques portent nologie. jouets). Zbigniew Bochenek (1959). nomiques et les réjouissances religieuses. 1949) . (Noces pastorales) de Ion Rodan (Roumanie. les sacrés aux danses et à la musique populaires sont rites magiques de pêche. les réunions de la société des h o m m e s (Slovaquie) (Tchécoslovaquie. le carnaval. Slatki Fleiti (Douces flûtes) longtemps déjà. Gerasimov. de Tamas Bano.(Lesnoces région de Touropolye). Pukanski munauté traditionnelle de pêcheurs au début de ce Kolari (Lescharrons de Pukanec)de Vlado Bahna siècle. Mais peut -être faudrait-il trouver noces d'Ecser. dans logue. Les rites agraires. un langage plus libre. die de milieu avec U n jour dans une grande famille c. Rêves brodés. veau membre au sein de cette association. Citons le film quelques films. citons : actuellement motorisée. bowski (Pologne) :un antique marché urbain de la Ce film. Nunt5 ciobgneasca solidaires des hommes et des femmes : la lessive. Plicka.Topal. la foire ou gements sociaux intervenus pour améliorer les le marché populaire fournissent le thème de conditions de vie jugées archaïques. Studzianna est aussi incidences idéolcgiques. c'est un tableau unique d'une communauté de Jindrich Ferenc (Tchécoslovaquie.1948). z Lidovfch Motivu (Tissus pod Turbaozem (Quelque part sur le Turbacz] de et impressions populaires). 1945) . de son cBté. mérite donc d'être considéré aussi c o m m e une a. après la moisson .1953). Bien que la pêche soit nombreux. Onle voit en de charme d'un artisanat traditionnel (filage. D o Studziannej 1959). de Laszlo Kalmar (Hongrie)(ballet re- des formules nouvelles. de Drago Chloupek et A. Skorzewski (Pologne. Bulgarie. Dans le domaine des coutumes régionales. 1947).

la réorganisation d'une économie archaïque borèrent à la réalisation d'un diptyque arbitraire. Per- des paysans-acteurs. serait-il pas irritant ? D'autant plus qu'il utilise narcissiquement les grands idéaux. il faut citer un court métrage de sante . Si cette aujourd'hui par un ou plusieurs centres d'Etat qui préoccupation domine. de la civilisation :la reconstruction après laguerre bien décevants. sont Thorold les missions de l'ONU. les repas dans les d'apercevoir certains aspects de la condition so- champs et dans la ferme (les f e m m e s mangent de. L e film est. Nous loppées ? C o m m e n t cet éloge de soi-méme ne l'étudierons au cours du prochain chapitre. 56) . 64 . selon les conceptions techniques modernes (Haïti). Les auteurs principaux de cette fait. tourné il y a mation de jeunes médecins qui prodigueront leur presque trente ans. lisations de l'ONU. une fois de plus. qui aurait dQ Btre épique. au Pre. ce film muet. au planter la jeune. en France. ciale des Incas de Bolivie (chez qui tente de s'im- bout. que l'Unesco a établi un l'enfancedélinquante (Aucarrefourde lavie. Dickinson et J. enfin. sans emphase. L a documentation ethnogra. où la simplicité d'exposition et la ten. l'éducation sanitaire. coucher de la "grande famille". un tableau Que les éditeurs de cet ouvrage m e pardonnent : cosmopolite de la société. ne serait-ce pas que llor- se consacrent au film documentaire ou de vulgari. l'ONU filme régulièrement les principales activi- People like Maria (Des milliers c o m m e Maria. important centre régional d'éducation de base pour Signalons que le service cinématographique de l'Amérique latine. On assiste. tés des missions internationales dans le monde . le prétexte de cette peinture gantesque installation hydro-électrique (Canada). vaillante et jolie infirmière Maria). cependant. "pour sa chaleur hu. L'intention sociologique qui anima le Service 10. Dans le domaine particulier de une grande famille croate fut distingué. 1949).le pétrissage de la farine. (Italie). le troisième montre la for- dresse vont de pair. une apologie de l'action sociale entreprise par oeuvre. C e document re. en aire (Norvège). en qui président à l'action sociale des instances Belgique. avec la participation active assistance à des villages isolés en Birmanie. mais il semble bien difficile d'exprimer à ne sacrifiant rien au pittoresque. Voici. George Stoney l'a communauté". les "grands sentiments" rapproché des oeuvres analogues de Storck. paludisme en Nigeria . 1958). de montrer la réalité avec simplicité. en général. prouvé avec Ail m y Babies (voir p. dont une face est la Thaïlande. ce- mier Festival des peuples. de milieu est la campagne d'éducation de base . on sait que c'est dans cette région. de l'excellence de l'ac- on trouve en marge des réalisations destinées au tion de ses fonctionnaires autant (sinon plus) que grand public une production en 16 m m destinéeplus de la condition sociale des populations sous-déve- spécialement aux chercheurs scientifiques. sieurs volets . Dans quelques pays. production de l'Organisation mondiale de la ces magazines d'actualités (screen-magazine)cons- santé (réalisation : Harry Watt) n'est guère con. importe-t-il de placer au second plan le souci de ces diverses catégories de films sont produites propagande qui indispose le spectateur. l'autre le Mexique la naissance d'une ville nouvelle autour d'une gi- (productionUnesco) . il n'est pas impossible. Q U E L Q U E S FILMS PRODUITS PAR L E S cinématographique des Nations Unies lorsqu'il mit ORGANISATIONS INTERNATIONALES en chantier :Power A m o n g M e n (Maftre du destin) est peu claire. titueront un jour des archives susceptibles d'inté- vaincant :le célèbre cinéaste anglais s'est attaché resser les historiens des grandes institutions ici à un pensum cinématographique qui permet internationales. Basil Wright et Paul Rotha colla. 1953). domaine fiction de Henri Storck. pendant. consacré au problème de des Indiens Tarasques. L e film comprend plu- les films produits jusqu'à ce jour par les institu. témoigner. mérite d'etre l'écran. le second volet du film expose la lutte contre le marquable. selon la tradition). U n jourdans internationales. le la recherche dans un centre atomique et la néces- titre en est (on ne sait trop pourquoi) : Je suis un sité d'un contr8le international de l'énergie nuclé- h o m m e (World without end. et de Rouquier. encore Dans la plupart des pays d'Europe orientale. maine et sa probité dans la description d'une c'est-à-dire avec efficacité . C. il tente de symboliser quatre phases tions internationales m e paraissent. Parmi les meilleures rea- phique de Autour de Patzcuaro (1952) est intéres. et dont manifestement la sonne ne doute que l'idéal qui anime I'OMS ne soit seule ambition fut d'8tre un témoignage honnete noble. Sheers. de lui-meme. ganisme officiel de production entend secrètement sation scientifique.

gie européenne et d'un certain nombre de sciences que les sourires. mène social. ou plut8t leur beauté i m m a - naturelles . traditions populaires. il y a d'abord un affrontement. ticipation affective de l'observateur. de costumes. si cette communica. d'autrui dans "l'objet" analysé. l'image sage : ethnographie. . sous peine de se film ethnographique et sociologique dans l'histoire pervertir. que l'Université abandonne trop facile. sciences établit ou rétablit. que le célèbre Essai judici eusement commentés. A travers "Nanook". de systèmes politiques. parce mentation considérable dans divers domaines spé. est d'abord re-connaissance. il n'est plus ombre fantomatique qui audio-visuelle. particulières. le ciné. mais elle doit Nous venons d'esquisser les grands courants du conserver au plus haut degré. les barrières que les civilisations se sont ingéniées. Il n'en fonctionutile dans la connaissance sociologique. contact authentique. -'l magique qui cerne l'image de ment pas destinées expressément. demeurent les propre qui supplée au silence et à la passivité moyens privilégiés d'abolir les distances . seul le passant indifférent est laid. dont la plupart sont dignes de figurer dans le fil d'Ariane qui relie l'observateur à l'observé l'anthologie internationale du documentaire. pour toute autre et de l'authenticité. le sentiment (moral) de la présence du cinéma européen et américain. cette situation regrettable est liée à nente n'apparaît que dans certaines circonstances l'héritage philosophique et littéraire de la sociolo. de que nous avons évoqués précédemment ont tous un morales. la plupart des ment aux chercheurs des sciences dites exactes ou h o m m e s sont laids . Les étudiants en sciences sociales n'ont s'échangent . aux techniques d'observation. ) qui servation. Les pouvoirs troubles de la'lphoto. etc. dans Ces films font partie. la tion. les films h o m m e s :barrières de langues. L e film de fiction rompt cette vertures sur des problèmes sociologiques concrets. les ouvriers. dès lors. Loin de cons- été tournées par des artistes soucieux de témoigner tituer un obstacle à la perception claire du phéno- de la condition humaine . tile. tous les sociologues. combien elle nécessite l'invent ion d'un langage m a et. à édifier entre les divers soucis de propagande idéologique. une des sciences sociales. à l'homme à l'écran remplit paradoxalement une servir un but scientifique ou pédagogique. glace en choisissant avec soin des personnages ces films permettraient d'aiguiser le sens de l'Ob. clairement :il est extrémement difficile de rompre munication entre les peuples . tact avec les paysans. la présence 65 . Flaherty avait le L a connaissance profonde de ces divers milieux don de lier conversation pour nous avec 1'Etranger. dans les On conçoit dès lors mieux pourquoi l'élaboration Universités de l'Europe occidentale. "étrangers" (c'est-à-dire inconnus) exige une par. etc. le regard que l'on jette sur "l'étranger" que l'on thèque idéale des facultés vouées à l'enseignement veut connaître. elle doit tendre à la plus grande objectivité possible. c'est- SOCIOLOGIQUE à-dire "détachée" . - core pour nous humain. C'est à ce niveau qu'apparaft la valeur initia. CHAPITRE VI L'UTILISATION DU FILM D A N S LA RECHERCHE ETHNO-SOCIOGRAPHIQUE ET L'ENSEIGNEMENT UNIVERSITAIRE D E S SCIENCES SOCIALES LA VALEUR INITIATIQUE DU FILM connaissance de l'homme n'est jamais pure. au sens litteral. lorsqu'un dialogue s'est engagé. Toute culture trait fondamental en c o m m u n :le souci de la vérité est exotique. pour la simple raison que la parfaitement d'imaginer le corps. la télévision. de la cinéma. sociographie rurale. nous "saisissonsI1pleinement. un politiques. que fort rarement l'occasion d W r e initiés à 1a re. ces (teintée de méfiance) du spectateur. en suspens dans un univers qui n'est pas en- core :de jeunes bourgeois n'ont jamais été en con. les paroles et les services sociales. c'est-à-direaffectivement et rationnellement. brut d'une machine 21 enregistrer le réel. parce qu'insaisissable. désaffecté. Plus que tout autre. Si les voyages du film sociologique exige une sensibilité aiguë multiplient les contacts entre les peuples. ont dans le labyrinthe des civilisations. culture. une identifica. personnage anonyme dont la génie'' cessent ici d'f?tre un obstacle à la connais. au départ. tion audio-visuelle est généralement entravée par chacune pour son compte. condition essentielle de l'homme esquimau livré à tique qu'il convient de conférer à l'expérience lui-méme . c'est-à-dire affectif . s'agite sur la neige. L'image. Pire en. Hélas. Il faut le dire techniques permettent d'établir un système de com. elles n'étaient évidem. plus encore. A condition qu'ils soient ambivalence fondamentale. forcent notre adhésion. mythiques (merveilleusement beaux. ne jamais couper tées. lecture des savants traités ne permet que fort im- sance pure. selon les circonstances. Les oeuvres ci. que nous avons chaque fois notés au pas. à condition qu'ils sur le Don de Marcel Mauss a rendu familiers à soient présentés aux étudiants c o m m e autant d'E. qui est pas moins vrai qu'elles fournissent une docu. qu'elle est l'oeuvre d'un poète et non le produit cialisés. vaguement hos- cherche. religieuse. certes.

C'est l'un - fique est particulièrement vif. la description littéraire cède avantageu- dans divers pays où l'intérét pour le film scienti. 19). divers niveaux pédagogiques. E n principe. aux clubs et aux associations privées. la distinction entre le secteur culturel éducatif L a première catégorie couvre surtout le vaste (16 mm) et le secteur commercial (35. que nous possédions sur la royauté magico-reli- ments audio-visuels disponibles pour l'enseigne.aucun recensement complet des docu. de films spécialisés dont nous avons à tenir compte Sans doute la frontière entre les deux domaines à présent : (commercial et non commercial) est-elle parfois -les films réalisés au cours d'une recherche difficile à tracer. Ils sont les ethnographes. solument dans cette voie. Notre but est de présenter un précis et circonstancié prouve combien. la haute magie chez les du film. les types de films réalisés dans divers domaines. particulièrement nette aux Etats-Unis. Quelques universités aux 1.mm) est champ de l'ethnographie (ou anthropologie cultu. elles éditent des films destinés aux railles chez les Dogon (Cimetière dans la falaise. tournés en 16 mm et logique comparative. inté- secteur commercial. étre réduits en 16 mm et utilisés pour le circuit L e plus souvent. ils sont connus de tous dans ce chapitre ont été tournés en 16 m m . consacré à l'histoire chefs-d'oeuvre du film ethnographique et sociolo. les services gouvernemen. qui existent déjà. Ses premiers reportages sur les funé- "culturel") . Songhay (Les magiciens de Wanzerbé. d'instituts se sont déjà engagés ré. naturellement. C e document liste exhaustive. gieuse africaine et son symbolisme cosmique. les modes d'organisation de la production cinéma- rét. FILMS SCIENTIFIQUES SPECIALISES sités du matériel audio-visuel nécessaire à l'en- seignement supérieur. aux Etats-Unis un certain l'Afrique est leur principal champ d'activité. le cas de certains films de Jean Rouch. 1949). du film sociologique dans la production documen- gique. E n France. 1950). -les films réalisés spécifiquement pour l'en. les rites complexes d'intronisation du nou- nous n'avons pas la prétention de constituer une veau souverain sacré (Moro Naba). U n certain nombre de musées. utilisent une caméra de 16 mm au cours de la production de véritables films sociologiques. Ils s'intéressent à deux types resse aussi l'enseignement des sciences sociales. Dans divers pays. encore une fois. Il n'existe faut-il des très rares témoignages cinématographiques le dire ? . Récemment (1960) Rouch a fil- destinés. c'est-à-dire la sociographie des peuples cependant que tous les films de 35 mm peuvent sans machinisme ou en voie d'industrialisation. sement le pas à la description filmique. l'un attentif à l'objectivité du sujet traité qu'au style des meilleurs spécialistes des Mossi de Haute- m é m e du film. réalisés. faute de ressources. seignement supérieur. scientifiques. films réalisés en 16 mm s'adressent aux écoles. Rappelons. Jean nombre de maisons de production spécialisées dans Rouch fut l'initiateurde ce mouvement important l'important secteur 16 mm (considéré c o m m e (voir p. il est particulièrement importants au point de vue de l'art rare que les chercheurs aient utilisé eux-mémes cinématographique ont été agrandis en 35 mm. Les ment des sciences sociales ou pour l'étude socio. Rappelons relle). sont L a plupart des films que nous aurons à examiner les classiques du genre . sur les indications de Dominique Zahan. Ces organismes ne ras. d'autre part. Nous ne pouvons te. mais ils se sou- cient beaucoup plus rarement de doter les univer. dans l'espoir que des catalogues bibliothèques par des cinémathèques. cependant. Nous signalerons au passage ceux la bibliothèque. gnement primaire et secondaire. que Volta. les chercheurs. Nous nous L a seconde catégorie ne contient encore qu'un efforcerons aussi d'indiquer. les scientifique . tographique dans les universités et les instituts taux mettent des films à la disposition de l'ensei. complets pourront bient8t étre mis à la disposition visager la création d'une cinémathèque à c8té de des professeurs. Il faut rappeler ici la qualité exception. 1950). Réciproquement. L e Comité international du agrandis en 35 mm pour la distribution commerciale film ethnographique et sociologique n'a pas encore ont été analysés précédemment. éducatif. en principe. pour circoncision.le chercheur est cinéaste-amateur. nombre relativement limité de films dignes d'inté. quand ils existent. de plus en plus nom- Etats-Unis se sont occasionnellement associées à breux. A cet égard. longs métrages de Rouch. 1949). et s'instituent m é m e producteurs de tels films . Il s'agit d'en. le cinéma pour illustrer leurs travaux ou porter afin d'étre présentés au grand public. sur la circoncision chez les Songhaï (La nir compte ici que du niveau universitaire. sur les danses de possession au Niger (Leshommes nelle de l'abondante production de l'Office national qui font la pluie. l'enquéte ethnographique sur le terrain exotique . L a lecture seule. c o m m e nous nous sommes efforcés de le faire au semblent malheureusement que fort rarement les cours du chapitre précédent. Il n'est pas Aussi bien ces notes se contenteront-elles de dé- question de remplacer purement et simplement les fricher le terrain. connaissance sociologique profonde. fonde la pu mener cette tâche à bien. naturellement. à un public restreint plus mé. C'est témoignage au cours d'une recherche. dans cer- échantillonnage de cette production spécialisée tains cas. Nous nous 66 . quelquesfilms de 16 mm Dans les autres domaines de la sociologie. Nous nous efforcerons de définir d'universités.réelle. ou m é m e simplement les bons films du taire commerciale. O n trouve. Celle-ci.au Canada. 1952). sur la chasse à l'hippopotame lequel peu de films marquants ont été spécialement chez les Sorko (Bataille sur le grand fleuve.

46) du Soudan) d'Anne Philipe et Viviana P%ques D'autre part. ou devant le grand public. tiation des jeunes gens chez les Coniagui de Guinée). la père. les films nouveaux ou an. j'ai obtenu que le rituel d'admis- ment distribué commercialement en 35 mm. L'Université a acquis du matériel de études sur la notion de prestige dans une tribu pas. dans le cycle traditionnel de l'enseignement là. des séances publiques de films d'in- sés par des ethnographes professionnels ou avec térêt sociologique. l'université libre de Bruxelles. à la E n Afrique. monteur pour les travaux d'achèvement. en 1959. scientifique. un projet complet de réalisation. nées à la sauvette . à l'est du Congo. Sacrifices une Commission du cinéma scientifique. a créé. Leroi-Gourhan. une longue monographie filmée. tion du cinéma au cours des recherches sociogra- H o m m e s du Logone et Gourouna (remarquables phiques. trage en cinémascope-couleurs. le Comité belge du film ethnogra. dont le siège est fixé à aux recherches ethnologiques prévu au. le mouve. qui sera mis torale du Nord Cameroun). cinéaste a été acceptéparla sociétédont il témoigne. L e Ruanda est un petit technologique en 16 mm. à laquelle j'avais été précédemment la technique archaïque. tué quelque temps auparavant par un éléphant. qui est doté d'un Département du ciné. publié en 1955 par l'Unesco (Cahiers du Centre de L a cérémonie que j'évoque ici nlest nullement une documentation du Département de l'information. dont le chef. royaume situé dans la région des Grands-Lacs. D e son côté. consacrée à la vie quotidienne et cérémonielle d'une tain nombre de films réalisés par des voyageurs tribu bantoue du Nord-Kasaï : F&te chez les H a m b a intègres reçoivent aussi le patronage du Comité . 16 m m . celui-ci tut pour la recherche scientifique en Afrique cen- met à la disposition des chercheurs qui rapportent trale (IRSRC) m'a permis de réaliser. qui a connu un succès mondial. sont présentés devant des spécialistes peut se substituer au reportage pur et simple. en 16 mm. A u cours de la m & m e mission scientifique. naturellement. relevant non seulement de l'ethnographie tait sur le rythme du déroulement. fiques. d'lgor de Garine (1960). E n Belgique. "Sans devenir professionnels. lorsque le le Catalogue des films ethnographiques français. possibilité de suivre de près. j'ai ment du film dit "ethnographique". cérémonie dont je contrôlais le déroulement a été s'exerce aussi dans le domaine de la critique scien. rigoureusement écrit à ce sujet le professeur Leroi -Gourhan. "reconstitution''. sement conforme. sion d'un nouveau membre soit fragmenté et qu'il L'activité du Comité français du film ethnogra. l'université. L e Musée de ciait étroitement cinéastes et chercheurs scienti- l'homme. Les Hamba m'ont autorisé notamment à tel le remarquable reportage de Mario Ruspoli sur filmer les cérémonies secrètes de la société des la dangereuse chasse A la baleine pratiquée. Maquet. a réalisé plusieurs films d'intérêt traditionnelle du pays. D e cette activité est né m ê m e dans les cas les plus critiques. la seule rrodification importante por- ciens. considérée c o m m e parfaitement valable pour le tifique : régulièrement. dans la société des hommes. semblable en cela à celle de tous les comi. au schéma de tés nationaux affiliés au Comité international du l'initiation. de (1953) : L e temps du caméléon (la céréinonie d'ini.bornerons à citer encore ici quelques films réali. nouvel initié . 48. prise de vues et d'enregistrement. p. Or. selon hommes. 2. Celle-ci pour la moisson (Sahara algéro-marocain). la Fondation interna- graphiques est obligatoire au stage de formation tionale scientifique (FIS). Cette qui se déroule devant eux. à Paris. c'est quecette film ethnographique et sociologique (CIFES). sur un sujet forêt (réalisateurs : Sielmann et Brandt). (L'ethnographeDaniel Biebuyck fut l'un m a fort bien équipé pour la projection en 16 et 35 des conseillers scientifiques). Musée de Bruxelles. se déroule selon un découpage préétabli. un film de leur expédition un matériel de montage au cours de deux années de recherches ethnogra- et de sonorisation et leur fournit l'assistance d'un phiques au Congo. ces prises de vues n'ont pas été tour- hommes de la baleine. (1955). Par ailleurs. tourné au Ruanda un film d'un genre différent. mais mm. consacré à la zoologie et à l'ethnolo- stagiaires apprennent l'essentiel du métier et. l'un (IFAN)possède une section ciné-son. rigoureu- phique. L e film (Ruanda. U n cer. ont à composer. C e film a été ultérieure. qui comprend de Robert et Monique Cessain (1957) . Massa. à Paris. la place de son de la sociologie. des meilleurs spécialistes de la structure sociale P. de L e Moal boration avec les chercheurs scientifiques de (1960). aux gie de l'Afrique centrale. l'Institut de sociologie Solvay. L'enseignement des techniques cinémato. Les seigneurs de la examens de sortie. du moins. à la disposition des cinéastes travaillant en colla- Les masques de feuilles chez les Bobo. a produit en 1959 un film de long m é - l'homme. travaille en étroite collaboration avec le avec des moyens beaucoup plus modestes. est entièrement construit c o m m e un film de phique organise périodiquement. 67 . 1'Insti- Comité français du film ethnographique . de se préoccupe notamment de promouvoir l'utilisa- Bernard et Dominique Champault (1953) . étude citée. l'Institut français d'. qui prenait. en collaboration avec l'Institut national de cinématographie 1.Afrique noire demande de m o n collègue Jacques J. C e qui est remarquable. Potentier. couleurs. ce jour m ê m e .les scientifique. les étudiants ont. Ceci tend à exotique mais aussi de la sociologie du monde con. asso- découpage et de prises de vues"/l. elle a réellement conféré le grade no 15). prouver que la technique de la caméra participante temporain. au large des Açores : Les initié. Cet organisme a patronné la leur collaboration:Les fils de l'éléphant (Bambara production de m o n film Gestes du repas (voir p. 1955). Si le film n'est pas utilisé à l'université de "nkumi" à m o n ami Djowo. un Séminaire du film et du cinéma.

le Musée de la vie wal. 68 . à Java. Amsterdam). dont l'authenticité serait science). s'intéresse très activement au film c o m m e tech- gique sur la construction d'un canot dans la région nique muséographique. L e film 16 m m . scientifique en cinémascope et en couleurs. ternationale scientifique (voir p. Il semble que le filmtechno- teur. Biebuyck. ces bandes constituent de précieux documents d'archives (leur 4. quatre-vingts films environ .gestuel . aux Pays-Bas une impor- préter devant la caméra. en dépit des transformations actuelles langage _ . core les r8les sociaux traditionnels de les e r . Mangrove II (1956). où il travaille. 1954). la réunion de la tribu.. J. de longueur fort diverse. le situe dans son contexte vivant. à cette fin. d'Utrecht. ce film est spécifiquement des. il quitte Freetown. des films d'intérdt technolo- description attentive des méthodes de pêche. Nous avons signalé déjà l'activité m a ethnographique :la @te Gerewol est un concours critique de la section d'anthropologie culturelle de de beauté au cours duquel les plus beaux jeunes l'Association néerlandaise du cinéma scientifique . ensuite. ce mode de communication J. 1947 et 1949. festivités. E n Suisse. cette belle organisation n'a occidentale de ce terme). en outre. Utrecht. qui plus belles filles. Henry qualité photographique est malheureusement insuf. avant que le sou. l'un des plus fisante).fiction . Il existe. la disper- comporte déjà. Tervuren 1954. vie rurale en Sierra Leone). les traits saillants de la lisé des films de montage à partir des actualités société ruandaise précoloniale (environ 1900). une centaine de sion des familles dans la savane. Paru dans Annales du Musée royal du Congo poursuit la critique systématique des films en vue belge. Pays-Bas. le récit évoque des situations et des conflits depuis 1950. le tissage. E n Suisse encore. dans la perspective de l'ethnographie scientifique. a été conçu c o m m e une illustration est actuellement en voie de disparition. cinématographiques tournées en Indonésie entre Nous avons demandé à ceux qui connaissaient en. un réalisateur de talent. il évoque. d'analogue que l'Institut du film scientifique de lonne (Liège) a réalisé en 35 m m . à seigneurs de la foret. ment à la production de films scientifiques :la justices et ses iniquités. Fondation occupe une vingtaine de personnes. Une centaine de films ont été produits nale. troisième film du m e m e au. de gique au cours de missions scientifiques au Soudan. analyse di disparu. nomades du soleil (Bororo. qui d'ailleurs sont loin d'avoir Stervende Taal (La langue qui meurt). princi. beaux films d'ethnographie scientifique : Les laires. l'agriculture et de la construction de la maison . en Sierra Leone . Son siège se trouve à l'université aléatoire . Il a réalisé lui-meme. hommes. Cette seconde partie contient l'un des moments les plus extraordinaires du ciné- 3. le professeur Jean Gabus. produits par 1'Unive r - étude sociologique. qui détient les grands troupeaux de vaches. thèque de la Fondation contient aussi quelques films L e Ruanda ancien/l. processions. écrit par fixé par M g r van Beel . le mi- bandes. d'abord. les films sont tournés en des dernières tribus de Peuls nomades. les d'éclairer les pédagogues. Depuis 1941. et 'N Walibene (1956). à Sumatra. qui 1. Stichting Film en Wetenschap (Fondation film et ment d'un film historique. L e s palement. Henry Brandt est aussi le réali- permet aux éducateurs d'apprécier la valeur scien. tel qu'il a été de la société ruandaise. Nous ne citerons ici que trois films du ler scientifique était l'ethnographe belge Daniel biologiste Peter Creutzberg. 43. constitue une ouverture du musée (qui risque de L a section d'anthropologie culturelle de 1'ASSO- ciation néerlandaise du cinéma scientifique. magnifiquement parés et mquillés. logique soit. en de Freetown. festivités popu. à l'Indonésie. qui fut brillante malgré ses in. Il Signalons aussi que le Musée national d'ethnologie nous a paru intéressant de fixer. marchés. le complément ciné- m a r a . par excellence. et rentre matographique de l'exposition d'objets . Il ne s'agit donc nulle. de Leyde (Rijksmuseum voor Volkenkunde) a réa- venir n'en disparaisse. qui raconte le voyage d'un domestique. au Niger. sateur de la partie ethnographique du grand film tifique d'une cinquantaine de films relatifs. la collection est importente. 67) . des sourds-muets. étude technolo. et particulièrement appréciés par les spécialistes directeur du Musée d'ethnographie de Neuchâtel. son conseil- daises. afin de témoigner d'une tante fondation d'Etat qui se consacre exclusive- culture ancienne. L'unité de production de la tiné à l'enseignement supérieur. 1940. dans ce format. groupe des représen- aléas de la condition paysanne dans une société tants des principaux musées et instituts d'ethno- féodale. se elle s'est concrétisée dans une liste provisoire des dandinent en souriant durant des heures devant les films ethnologiques néerlandais (voir p. mais un seul concerne la sociologie sociaux typiques. consacrés aux métiers. consacré àl'une verses. sité de Pennsylvanie. Complément imagé d'une sociologiques américains. néerlandais : Mangrove 1 (1956). expression m e m e de la culture natio. L a filmo- de son livre L e système des relations sociales. à travers un récit fictif. 16 mm. Maquet. L e scénario. entre 1922 et Gottingen. le travail de l'indigo). Brandt réalisa en 16 m m . certaines très racle des pluies. dominée par une aristocratie minoritaire graphie du pays (Leyde. Citons Techniques soudanaises (la forge. réalisés en 16 mm. puisqu'elle comporte deux volets :la sécheresse. Ka. les grandes courtes. le film chez les siens (contraste de la vie citadine et de la anime l'objet. E n Dans le domaine du "folklore" (dans l'acception Europe occidentale. cérémonies di. produit par la Fondation in- Surinam et autres anciennes possessions néerlan.

un reportage L'histoire figure parmi les sciences sociales retenues par l'Institut . Tous ces films. ments pour l'étude comparée et l'enseignement des schaftlichen Film)défend. L'Institut effectue le montage des nese Masked Dances. réalisé en Afghanistan au E n 1958. 1958) d'E. l'Encyclopédie comptait environ soixante. Certaines bandes sont très courtes (2 danses msquées du Nouvel A n au Sikkim) . il faut citer un film scientifique et de 1'Encyclopaedia cinematographica. des films scientifiques en 16 mm. 1954-55). Malheureusement. scientifique important. du Nouvel A n au Bhoutan. Cette publication 1954). d'in- grandes catégories. nographie européen ne possède encore la cinéma- thèque idéale dont notre essai tente d'indiquer les 6. 1958). la tival des peuples. L'Institut de cinématographie culturelle intégrés à 1'Encyclopaedia. notamment. térêt technologique. Sulzmann Toda Calf Sacrifice. L e m & m e réalisateur avait consacré. 21). on trouve quelques sujets qui concernentplus Filme. 1952. 69 . en 35 m m . 1954 (Les cara- sont rigoureusement réservés à l'enseignement vanes tibétaines. Kauffmann (expéditionen Assam. Il faut citer tout particulièrement : The d'A. 1954 (Le travail accompli titut. 1949 (Le rituel de mise à I_ - et E. Cet important organisme.A. des interviews d'hommes célèbres. généralement muets. O n y trouve. 1960. Congo es-belge. vend et loue des copies en 16 m m . cours de la mission du Prince Pierre de Grèce et quinze films ethnologiques. ont été tournés. en outre. L'Institut publie une phiques. Il faut signaler une tique des techniques utilisées par les Kaffirs . produit également recherche ou d'enseignement de niveau universi. nous l'avons vu. Toda) . à Pedong) .E. mais l'Institut est autorisé Ceremonies. dhique à Bodh Gaga et Kalimpong) . T w o Indian Religious propriété de l'auteur. ces films sont des docu- film scientifique de Gottingen (Institut fiir Wissen. Institut für den Wissenschaftlichen spécialement la géographie humaine. Gottingen. aucun musée d'eth. 1936. Trouwborst (Urundi. un petit film sur sé à l'ethnographie européenne . un nombre considérable de films ethnologiques. 21). L'Institut (Ratha Jothra) au Bihar. Gesamtverzeichnis der Wissenschaftlichen phie. ré. en Slovénie. on trouve deux ethnographes. conformes aux direc. L'Institut des traditions conception rigoriste du film ethnographique (voir populaires de Ljubljana. Ces archaïque. et scientifique a réalisé. réalise lui-même des films . Yougoslavie. Grèce. de Gottingen.W. à prouver qile les Kaffirs ont conservé les carac- digée par l'auteur du film . slave du film ethnographique. Gerbrands. les supérieur. Il faut d'un film consacré à trois communautés musul- signaler que l'Institut a distribué. voué au film de bore notamment le D r Kuret. la documentation cinématographique SAR le Prince de Grèce a réalisé plusieurs de H. L e négatif original reste la tère de Sakyong. L e Musée national d'ethnographie le Dr A. muet) revue internationale consacrée au film de recherche consacrée à un métier qui disparaft : le couvreur - dans tous les domaines : Research Film L e film de toits de plomb (réalisation Aage Rothenborg. auquel colla- p. très intéressante initiative : chaque film est accom.ne présenter qu'un aspect fossilisé de la société) historique comporte des montages d'actualités et vers la vie. Central Asia. qui apparaissent dans le catalogue sans être 8. dès 1930. sous la rubrique géogra. 7. 1954 (Les danses masquées films bruts rapportés par le chercheur scientifique. de Danemark : They were Kaffirs (1957). la vie rituelle. en est le bulletin officiel de la section du film de re. - de recherche Forschungsfilm. mort du veau et le banquet sacrificiel chez les 53). dans L e Prince Pierre de Grèce s'est aussi intéres- le domaine qui nous occupe. c'est aussi une démonstration ethnologique tendant pagné d'une brochure explicative très soignée. telles qu'elles ont été définies cellent document constitue un inventaire systéma- par le D r Spannaus (voir p. F&te du char les copies sont louées ou vendues. Cet ex- tives de l'Institut. trale) . Les cinéastes sont groupés au sein du Comité yougo- films disponibles composent une Encyclopédie ci. il est l'auteur les moulins à vent en Frise orientale. manes en Thrace (Turkey in Greece. un film aux potiers du Jutland. une techniques traditionnelles. C e film fut distingué au Premier Fes- films concernent généralement la technologie. E n dehors cherche de l'Association internationale du cinéma de l'ethnographie nationale. Citons une longue étude (16 m m . en Inde. par les moines du Monas- en accord avec lui. Danish Expedition to Asia. de Leyde (Pays-Bas) et le de Copenhague constitue des archives cinématogra- D r Plischke. Danemark. République fédérale d'Allemagne. "éditée" par le D r G. Wolf. 1. section nationale du nématographique (Encyclopaediacinematographica) CIFES. on y trouve m & m e une - t6 ristiques techniques du nionde indo européen bibliographie du sujet évoqué dans le film. par la troisième expédition danoise en Asie cen- kubde"/l. 1943. Müller (Ekonda. sous les rubriques "Ethnologie" et "Volks. par le professeur Gavazzi. où il reçut le prix de l'Institut danse ou la musique. O n consultera utilement le Catalogue de 1'Ins. cérémonie boud- lavande pour les nécessités de la diffusion . Les ethnographes- taire. L a rubrique Film. films au cours de diverses missions ethnographiques 37). de l'Institut d'ethnologie de 5. Dans le comité direc- teur de l'encyclopédie. en Asie. L'Institut du l'université de Zagreb . A. d'Elisabeth Pauli (Ethiopie. notamment. Quelques films très courts. le tir à l'arc au Bhoutan. oriental de 1IUniversité de Florence. 1957 (Le Dalaï L a m a du Tibet bénit à tirer un "duplicating-négatif" et une copie six mille Tibétains à Kalimpong . Butha- ou 3 minutes).

Dans le secteur purement scientifique au grand public sont produits par les deux studios encore. sans que les acteurs soient dirigés. En marge des films d'intérêt sociolo. l'université de Varsovie) au colloque de Prague. L e conseil de direction du danses et les chants populaires de la Slovaquie Comité polonais du film ethnographique groupe des occidentale. Seigneur). L'un de ses anciens assistants. mérite d'être comparé attentivement au port. U n tel phénomène excluait naturellement phiques polonais. la ferveur collective. chercheurs scientifiques et des cinéastes profes. tous éléments difficiles. avant la seconde guerre mondiale. interdit aux profanes. pour 1'Ins- voire impossibles à décrire correctement dans une titut de Bratislava. L e professeur Plicka Valentin. le rassemblement et la conser- toute mise en scène . (Anastenaria). propose d'autres objectifs encore :l'enseignement thentiques (tant par le son que pour l'image) sur des techniques cinématographiquesaux ethnographes. l'établissement d'un catalogue de films ethnogra- cédoine. na et JacekOledzki. qui assume mentaires ou de vulgarisation scientifique. C e rite singulier. graphie". au prix de bien des dif. où se souligne également l'extrême diversité de "l'ethno- pratique la purification des membres de la secte. déclare ce rap- gions. dans son pays la présidence du Comité du film ciété polonaise ethnographique/1 a mis en chantier ethnographique. Les auteurs ont voulu définir par l'image laires (UDLT)de Prague et de Bratislava poss&dent l'atmosphère générale. deux films en 16 mm sur les monographie littéraire. Prague les "principes de la documentation par le cession autour de l'autel. culture matérielle de l'Académie polonaise des saient guère au film ethnographique. le professeur Eugeniuz Frankowski (Uni.sur une coutume religieuse dont les racines à des amateurs quelques films intéressants. dans dérable à l'utilisation du cinéma dans la recherche l'intention de réunir des documents pris sur le vif et l'enseignement. la participation de la Société aux réalisations des qui prolonge vraisemblablement sous une forme centres officiels de production cinématographique chrétienne les mystères dionysiaques de Thrace. nés en faveur d'anachronismes''. Cependant. en s'accompagnant de film et la photographie dans le folklore". L e D r Baran. le Comité entend accorder un film que Rouch a consacré au culte de la posses. patron de la santé. jambes. A la fin du rite. avec l'assistance d'un camera. Pologne. "Les éléments de la prit rigoureusement scientifique. de l'oeuvre cinématographique du professeur Plicka religieux dans une église catholique. mais l'on doit sciences. ce document civilisation contemporaine ne sauraient être élimi- d'une valeur inestimable pour l'histoire des reli. l'un des plus importants colloques inter- phénomènes sociaux. intérêt tout spécial aux éléments culturels en voie sion en Afrique occidentale (Mal'tresfous). les fidèles rendent les est rattaché à la chaire d'ethnographie. scientifique et artistique. a été réalisé en 1959 par Hali. Ce film. ficultés d'ailleurs :la cérémonie se déroule d'abord au n o m du Comité polonais du film ethnographique. C e cours cantiques. polonais qu'étrangers. enseigne à l'université de oeufs. Dans un vil. permettant une analyse plus attentive de certains en 1957. ces travaux précédemment. un rite magico. etc. Créée sous les auspices de la section IV - phique. tant être ni jouée ni simulée. contre des le D r Ludvik Baran. donne également différents est emprunté à un chant liturgique (Nous attendons enseignements techniques à la Faculté du film ta grâce. qui embrasse les traditions populaires l'immolation des animaux sacrés et la danse exta. populaire contemporaine. L a caméra enregistre. C e film constitue l'un des rares L e Comité polonais du film ethnographique se documents cinématographiques parfaitement au. Aussi bien l'auteur. Il les prête. un peuple de malades destinée tant au grand public qu'aux spécialistes implore la grâce du Seigneur. A cette - Ethnographie de l'Institut d'histoire de la époque. et de ses disciples . Les films "ethnographiques" en 35 mm destinés sionnels. des Prague (FAMU). Les instituts pour l'étude des traditions popu- man. membre du CIFES. les leur propre centre de production en 16 m m . le phénomène de la possession. L e bedeau confectionne fut l'un des fondateurs de la Faculté du film de des objets en cire représentant des coeurs. il en nationaux traitant de ce thème. aussi le double aspect. accordent une importance consi- une série de films scientifiques de 16 mm. 9. tels plongent dans l'antiquité :L a marche sur le feu ceux de Tadeusz Jankowski. figurines de cire au bedeau. a-t-il utilisé fort sagement L e rapport présenté par Zophia Szyfelbejn (de la technique du reportage. Les ethnographes tchèques. (FAMU). aux malades qui effectuent en foule une pro. c o m m e le film grec précédent. le jour de la Saint des traditions populaires. 1. gique produits pour le grand public à des fins docu. la So. cette production en 35 mm est lage situé au nord de Varsovie. C'est gestes et les attitudes. dont le titre ethnographe et cinéaste. (suggestions des ethnographes aux cinéastes). des dents. est pratiqué de nos jours dans les villages de M a . Tchécoslovaquie. de disparition. l'extase religieuse ne peut vation des films ethnographiques existants. Nous avons évoqué est un qui relève. aussi bien que les manifestations de la civilisation tique sur le feu ("pyrovassia"). sous l'impulsion du professeur Plicka. Parmi ces reportages. spécialisés dans la production de films de versité de Poznan) fut l'un des premiers à utiliser le film c o m m e instrument d'observation ethnogra. Roussos Coundouros. C'est à Prague que fut organisé. Conçu dans un es. 70 . les cinéastes professionnels ne s'intéres. 1 O. ainsi qu'en 1956 le D r Baran entreprit. Nous avons commenté de la science des religions. dans un lieu sacré.

1947) (les descendants des pionniers de la du Centre. Citons l'étude de John Feeney ing of the Parliament. dans la m & m e catégorie. à l'organisation du Premier Festival des peuples. d'origine française. 1952). Beveridge (l'acculturation des Indiens Getikshan et Tsimshian de la Colombie britannique) .pendant les tème politique canadien. quatre mois que dure la saison la moins Bpre. l'enfant esquimau (Angotee. 1951) Luigi Di Gianni consacré aux survivances magiques (la famille Valin.vulgarisation scientifique. thropologie culturelle. 12. S. A cette occasion convient d'accorder. un impor. Diego Carpitella. Sociologie du travail crés aux Indiens. avec la collaboration de film sur le folklore musical de la m & m e région. les étudiants en information est telle qu'elle rendra les plus grands sciences politiques verront avec intéret Marée au services à l'enseignement universitaire des sciences Ghana (1958). Une série de films est le conseiller du film . qui marque l'ou- réalisé avec la collaboration scientifique de James verture du Parlement) . Romano Calisi. dans l'enseignement de l'an- a été édité le premier numéro de la Revue interna. réalisés dans Wargon. sans fin (Land of the Long Day. 1954 (le quartier chinois de de l'Italie. établie de- en Lucanie (Magia Lucana) a été écrit par un spé. très bon explique le r81e dévolu à la Couronne dans le sys- document technologique sur la chassç~. une sec- italiens réalisés au cours des dix dernières années. de Doug Wilkinson (lavie du jeu parlementaire . de la série Comparaisons :deux anthropologues logico/InternationalJournal of Ethnographic and (Margaret Mead et Marcel Rioux)en assurent le Sociological Film) . analyse rapide d'une trentaine de documentaires sous la présidence du professeur Rioux. Signalons qu'il s'est constitué au Canada. Nova Scotia (Chants de la Nouvelle-Ecosse. du m é m e réalisateur. L e Centre italien du film ethnographique of the Potlatch (l'acculturation des Indiens de la et sociologique (Centro Italiano per il Film Etno. Les riverains de de la société moderne sont généralement produits la Skeena (Peoples of the Skeena. 1949) (pour la première fois sur l'art esquimau dans ses rapports avec les dans l'histoire. les sociologues ont amorcé une nue). réalisé à l'occa- adulte) . 59). consa. la caméra enregistre le cérémonial croyances. People 11. le film Four Families (Quatre enfants du monde). Colombie britannique que l'institution du potlatch grafico e Sociologico) est affilié au CIFES. Angoti. en dépit de l'adaptation respectivement. Par- mi les nombreux films. à la formule qu'inaugure tionale du film ethnographique et sociologique (Ri. i957). réalisé par Allan Une série de six films remarquables. C. Nous avons commenté déjà l'importance qu'il qui a eu lieu à Florence. Le Centre a contribué aussi Canada et 1'American Library of Congress. Songs of tant colloque international sur le film ethnogra. Canada. nies française et chinoise établies au Canada : cumentaristes qu'intéressent les problèmes sociaux Chinese Canadians. The Sceptre and the Mace d'un esquimau. de Julian Biggs (le conflit des géné- sociales. en 1958. Celui-ci a organisé. l'Institut d'ethnologie et d'anthropologie culturelle réalisé lors de la mission ethno-musicologique de l'université de Pérouse. Pierres vives (The Living Stone. L'abondance de la matière nous oblige à rations dans l'Afrique bouleversée. les chants populaires ont été consacrée aux peuples de la c8te atlantique (Peoples recueillis par un musicologue. Father to Son (De père en fils. avec la collaboration du National Museum le style "télévision" (The Nature of Work. la qualité de cette E n marge de l'ethnographie. que dirige le profes.59) s'adresse. B. L e monde of Canada (la religion d'une tribu iroquoise fidèle du travail) a été produite par l'Office national du 71 . Sciences politiques en général. fermiers et pécheurs) . puis huit générations dans la ferme ancestrale. Economie sociale. d'Helen Creighton pour le National Museum of seur Tullio Seppilli. Ethnographie the West Indies. Il faut situer. phique et sociologique. de valeur inégale. en 1959. 1959) complexe. Les films concernantles problèmes à la vie économique moderne) . une série de quatre films intitulée N e w Nation in A. une p. à Prague et à Bratislava à la tradition ancestrale. commentaire et la supervision scientifique (voir logue du Festival. dlorigine britannique. Plusieurs films illustrent les institutions poli- Plusieurs films illustrent le mode de vie tradition. il faut retenir : L a r a n d e maison (The Longhouse People. ce numéro constituait le cata. vista Internazionale del Film Etnografico e Socio. tradition). 1958). tiques canadiennes : Session parlementaire (Open- nel des Esquimaux. tion canadienne du Comité international du film ethnographique et sociologique. au grand public cultivé (notamment par le truchement de la télévision) . 1950). Nouvelle-Ecosse. 1949) de James par le studio des films documentaires de Prague. depuis sa naissance jusqu'à l'%ge (Le sceptre et la masse. Ernesto di Martino était dans la région de Québec). Au pays des jours sion de la visite de la Reine Elisabeth au Canada. On y trouvera. Au sein a rendu célèbre en sociologie . cialiste. L'importante production sociologique de l'Office national du film (voir p. 1952). 1958. of the Maritimes). notamment. ce qu'elle est deve- de cet organisme. C'est ainsi que le scénario du film de Vancouver) . Citons :The Acadians (Les Aca- U n certain nombre de films ont reçu le patronage diens.Story (Règlements des débats. Parliamentary Procedure Houston . Il existe aussi des films concernant les eth- intéressante tentative de collaboration avec les do. l'avenir et la tenter une première classification. 1955) commente les règles of an Eskimo boy.

D. Woods. lysé dans une "ciné-fiche''qui mentionne aussi les matographiques concernant le mouvement féministe publics particuliers auquel le film est destiné. un moment de tension. etc. The Back-Breaking Leaf. des centres les plus importantsdans ce domaine. Sociology. dont l'intérêt socio- filmée de l'homme et du travail dans l'entreprise logique est considérable. qui possède une importante cinéma- L e mouvement coopératif canadien est le thème thèque de films de 16 m m . Ces films sont groupés dans deux "séries" : centres de distribution de films de 16 mm dits cul- What's your Opinion ? et What's Making U p Your turels. dans la perspective où nous nous l'urbanisme. téressante mais sommaire au problème général de rite principal. Aucune concession à la propagande sociale. la School of Business and Public Administration Il est intéressant de signaler que ce dernier (City College. un montaged'archives ciné. L'université de New York. et L'essor féminin néral . sans imposer une théorie sociologique rigide. un film L e travail et la vie syndicale font l'objet de bien de Lewis Portugais (1958) est une introduction in- d'autres films remarquables encore. l'Université du Minne- film a été réalisé avec la collaboration de sota. Après chaque épisode. 1954). l'Université d'Indiana. étude sur les conceptions nationales particulières Nous avons cité déjà deux oeuvres de premier plan: (Suburban Living : Six solutions). Les rubriques Citizenship cotisations syndicales. dans cette série d'essais dont le plus grand intérét est de susciter la réflexion. Citons l'université de Michigan. Il existe aussi un document sur l'Armée du Woods. des recherches.59 ). ration. The Grievance (Le and the Community. l'université 1949) :les coopératives dans les provinces mari. nous y voyons Cleve Kidd. avec la collaboration du professeur E. film produit par position des écoles et des groupes culturels un la Manitoba Federation of Agriculture and Coope. en outre. est leur qualité de rapports objectifs. Beaucoup d'universi- laissant au spectateur le soin de conclure (open tés américaines apparaissent donc c o m m e des end). quelle qu'elle soit. 1'Univer- E n dépit du caractère sommaire des thèmes traités sité de Syracuse. salut : Blood and Fire. 1954) . in. Urbanisme le débat. il ne s'agit pas de ces films constitue une introduction vivante. Psychologie sociale sité du Wisconsin. Ces institutions sociales et morales sont discutées dans des films. le plus souvent. 1954) (unenouvelle figure du monde syndical). un sup- série Labour in Canada : Dues and the Union (Les plément a paru en 1959. N e w York). versité de la Caroline du Nord. par le célèbre historien Arnold Toynbee :quelques carnée par un acteur dont le rûle évoque. départements administratifs. au problème du con. nication"). Etats-Unis. L'un notre étude. sités ont occasionnellementréalisé des films sociolo- formisme des opinions : Getting on the Band. l'université de 1'Etat d'Ohio. fard. Tout cela est cependant assez périeur. 1'Univer- D. sans aspects typiques du christianisme. mais. 1'Univer- sité d'Iowa. Terence MacCartney- gique caractéristique. l'Uni- élémentaires de psychologie sociale. Quelques univer- sous forme de saynète. (1958). jouent le rûle confié en Europe occidentale à divers débats où des thèses contradictoires s'affrontent. Nous examinerons rapidementla production simpliste. de films de niveau universitaire. Industry and Labour. directeur du Centre des relations industrielles de l'Université McGill. du bouddhisme. 72 . directeur américaines sont pourvues d'un Départ ement des des recherches de la Centrale syndicale de techniques audio-visuelles (ou de "Mass C o m m u - l'acier). 13. l'Université de la Caroline du Sud. Histoire et sociologie des religions H. U n grand nombre d'universités mique . 59). les N e w York State Colleges of Agriculture l'Extension Department de l'université Saint and H o m e Economics at Corne11 University. tive et chaleureuse entre l'acteur et le professeur 1958).gé- - consacré à la récolte du tabac. Yeshiva de N e w York.film. de l'hindouisme et de l'Islam. un excellent reportage L'Office national du film édite un catalogue . St Joseph à Montréal (Les pélerins. l'Université du Kansas. F. Les attitudes versité de Pennsylvanie. times transforment la vie misérable des pecheurs. Celle-ci met à la dis- de People with a Purpose (1948). voici un type de films l'université Harvard (Peabody Museum of Archaeo- particulièrement intéressant pour des séminaires logy and Ethnology). Pilgrimage. dont la fonction est l'information écono. le Filgate est l'auteur d'un reportage sur l'Oratoire problème posé fait l'objet d'une discussion objec. nous avons déjà signalé moderne comporte six chapitres (voir p. l'Université Columbia. dont le m é . Les catalogues repris dans notre biblio- Mind ? Par exemple :Que pensez-vous du sens graphie contiennent plusieurs rubriques intéressant social ? (Community Responsabilities. The Research Director (Le directeur sont spécialement à consulter. l'université de Californie. à l'intention du grand public. 1953) . une crise psycholo. L'action syndicale est évoquée dans la dernière édition du catalogue date de 1958 . le film Four Religions (Quatre religions) commenté sacrés chacun à une profession particulière. et de The Rising Tide (Marée montante. chaque film particulier est ana- (Women on the March). nombre parfois impressionnant de films éducatifs. L a (voir p. con. Cette étude Dans la série Comparaisons. l'Uni- François Xavier. Si Town Planning (Le plan d'aménagement). giques susceptiblesd'intéresser l'enseignement su- wagon (1956). la série Comparaisons comporte une plaçons ici. grief.

Hartley. impliquant des problèmes délicats film intitulé Communication in three Families. Karba's First Years.59).etc. Clyde. cer une discussion sur les méthodes pédagogiques fesseur Brew.John Ferno (collabora- de vue scientifique et du point de vue esthétique. de Flaherty. Dirigé par contre les préjugés ? 1954). Childhood Rivalry in Bali and drons ici que les sciences sociales. juges. que l'on comparera bution de films scientifiques ou culturels produits utilement à Four Families (voir p. L e film est une étude sur la (visual anthropology). -~ Inte- terpretation ?. Il L e CMC est aussi un centre de distribution de dispose des prises de vues exceptionnellement films sociologiques. The Constitution Film Library de l'université de N e w York édite and Military Power. portante cinémathèque de la m e m e université (New ternational du film ethnographique et sociologique.The Constitution and comportement au sein de trois groupes familiaux ap- the Laborunion. TO your tant. Fries. 571. technologique (réalisationWillard Van Dyke).O00 pieds de Kodachrome) effec. en Nouvelle-Guinée. film-débatsur la censure des 1. le Centre a réalisé ment psychologiques. Onle voit. elle détient également les filmsanthro- Le CMC est à la fois l'organisme de production de pologiques réaliséspar Margaret Mead et Gregory l'Université Columbia et. - Bali. la constitution d'archives audio-visuelles cation civique. et consacrés à l'intégration de l'enfant Decision (1957-58) : chacune de ces bandes traite à son milieu au cours du développement de la per- d'une décision importante de la Cour suprême des sonnalité. nous ne retien. grated Developement. Can we immunize nisme de production universitaire américain spé. il insiste sur lanécessitéd'adapter les donnée. porte sur l'intégration sociale de l'enfant L e CMC aproduit aussi :Freedom to Read (La- berté de lire. L'im- registrement. Son premier lisme. againstprejudice ? (Pouvons-nousnous prémunir cialisé dans le film ethnographique.est aussi le distributeur exclusif d'une b.L a The Constitution and Censorship.56 ). exposé Rattaché au Peabody Museum of Archaeology and cinématographique sur l'action des Nations Unies en Ethnology.filrn-débatdestiné à amor- Bob Gardner et placé SOUS la supervision du pro. complètes des cultures en voie de disparition.et Forgotten Vil- l'enseignement de l'anthropologie culturelle. L'Educational Film Institute de l'Université L e Centre possède plusieurs caméras (16 et a produit aussi Valley Town. Dans celle-ci. lage. Center of Mass Communication (Columbia série de films d'enseignement sur l'histoire de l'An- University) cien Monde . versité Columbia semble surtout préoccupé d'édu- mitif. a. The Hunters. Palmour Street (voir p. Trance and Dance in tinés exclusivement aux universités. vol. Sight and Sound in Social livres (réalisateur:Julien Roffman). Social Education. L e Centre est affilié au Comité in. le Centre de production de l'Uni- objectif est la réalisation de films en milieu pri. ce centre a produit un film impor. en tant que division de Bateson. L'Educational Film Institute de l'université Foundation de Washington. le Film Study Center est le seul orga. in three Cultures. que nous avons longuement Health (Avotresanté. dessin animé sur l'alcoo- commenté précédemment (voir p. Dans le do. 57). Son auteur est un documentariste bien connu. 1958). en outre. entre (voir p. XXIII. Il voudrait constituer une anthropologie visuelle teur :Julien Roffman). Cette étude plaignants. qui soit à la fois valable du point - live (C'est ainsi qu'ils vivent. no 6. Plusieurs films sont de N e w York aproduitnotamment un important fil& en voie d'élaboration. susceptiblesde combattre les préjugés . Ces films. Université Harvard (FilmStudy Center) h u m a n Rights (Lesdroits de l'homme. aussi une série de films intitulée Studies on ~ . Son activité s'étend à des adultes :A Balinese Family. Woolf : m é m e qui avaientpris part au litige :avocats.de Kline. 1940). William H. une étude surle ch8mage 35mm). dans laquelle on Il possède une filmothèque spécialisée. Gardner entend créer un dans le domaine dela sociographierurale :And sothey style original. qui d'interpretation constitutionnelle. Bathing Babies un grand nombre de disciplines . (The Constitution est une étude sur les différences structurales du and the Employments Standards. subsidiées par la National Science c. Le D r Bateson a réalisé.The Constitution and Fair Procedure). Il faut citer aussi les films plus spécifique- maine des sciences juridiques. .The Constitution andthe Right to Vote. faveur des droits de l'homme . au p.Ils ont été rejouéspar ceux-là E. 1951 et 1955. réalisés par Margaret une série de sept films documentaires intitulée E. Which W a y for Studies.parmi les oeuvres importantes abondantes (400. Al1 m y Babies cours de diverses missions au Kalahari. First Days in the Life of a N e w Guinea produits et distribués par le CMC ne sont pas des. Family life of the Navajo Indians. qui s'attache à montrer pauvreté dans une communauté ruraledu sud des systématiquement tous les aspects d'une culture Etats-Unis .5C). dumatérieldeprise de sonetunstudio d'en. partenant à la classe moyenne de San Francisco.34 ). Baby. au cours d'enquêtes surle terrain à Bali et Columbia University Press. citons Activity Croup Therapy (voir tuées par John Marshall chez les Boschimans. Son bureau d'établir une corrélation entre le mode d'éducation directeur comprend des cinéastes professionnels imposé aux enfants et la personnalité culturelle et des hommes de science. 73 . The Constitution : Whose in. tentent par d'autres maisons de production. 1954).1954). . destinée à trouve m & m e Nanook. Les films N e w Guinea. notons une Ces films ont faitl'objet d'une analysedans la revue réalisation à laquelle ont collaboré Margaret SocialEducation/l. en location. région. un Etats-Unis. une agence de distri. Fries. Une nouvelle équipe partira incessamment programmes scolaires aux problèmes vitaux de la pour la Nouvelle-Guinée. Proud Years (voir p.Kluckhohn et Paul J. YorkUniversity Film Library).

et anarchique . Arthur Barr Produc- tions. notammentW S de firmes commerciales spécialisées dans la pro. a produit Industrial Organizations ont édité en commun un une série de films sur le développement de la per. méritent d'être signalés :Educators Guide to Free vera plusieurs rubriques concernant les sciences Films/4 et United States Educational. politiques et économiques : Social Climates of Groups). Frith Films . Ci. Hill. ciographie rurale. possèdent des de comportement résultant du passage d'une atmo. le problème racial aux Etats-Unis (The Challenge): tons le Département des communications visuelles un Noir a été tué parce qu'il voulait voter . Ameri- expérimental sur l'influence des conditions sociales can Farmer. ces films visent essentiellement à tions de vie actuelles dans la réserve (Hopi exercer une action moralisatrice sur le grand pu- horizons). Defamation League of B'nai B'rith s'efforce de tistique : Work Sampling Series (le but de ces lutter contre le préjugé racial par le cinéma. édité par Mary Foley Horkheimer. Educational Film Society of Planning Officiais/G. Il existe Workers'Union. Inc. 6. Beginning of Consciences . l'université d'Etat d'Iowa. pour l'essentiel. Il faut signaler aussi l'importance des orga- gion du tabac . D e son cbté. Les syndicats. recte exaltent les valeurs de la civilisation ment à une atmosphère démocratique. Les dans la production et la diffusion de films éduca- m ê m e s auteurs ont consacré un film aux Indiens tifs. la structure sociologique et des tendances de la d. du Vassar College. these Hands. ces films de propagande indi- sur la mentalité d'un groupe soumis successive. Say it with Pictures. . Joseph Stone. Inc. International Ladies'Garment en approvisionnement sont fort diverses/l. . Quelques autres universités possèdent leur Materials édite un catalogue (The Jewish Audio- centre de production. l'enseignement supérieur . Scientific sociales (voir bibliographie). notam. Citons :M c Graw and Cultural Motion Pictures and Filmstrips/5. . L'Université de 1'Etat de Pennsylvanie s'est from the Pennsylvania State University Audio spécialisée. de Give à la réalisation d'un film de so. etc. Cette associationpro- f. Des films est d'apprendre à établir des normes de tra. ). L e National Council on Jewish Audio-Visual e. au terme d'une longue étude sur les condi. Inc. Mais Film Association a produit un film courageux sur les véritables films scientifiques sont rares. Coronet Films. Educational nant à sa propre cinémathèque. Bailey Films. le Bureau d'instruction audio-visuelle de c o m m e producteurs de films d'intéret sociologique. autocratique américaine. une série de films produits par la firme M c Graw. Ces firmes alimentent. ses de l'Université de Californie qui a produit. Films for Labor. Elles se préoccupent. 1957. etc. on trou. les cinémathèques des universités. de leur cbté.Green 1960. 1958. Conflict . L'ouvrage Sociology. O u r changing Family Life . une série de films sur l'échantillonnage sta. films sociologiques et anthropologiques destinés à 2. de l'université de Pennsylvanie. Juanary 1960. avec spécialement aux universités : The age of specia- Mary L. il existe aux Etats-Unis un grand nombre ressants sur l'activité syndicale. les auteurs montrent les problèmes nisations culturelles antiracistes et des églises économiques et sociaux liés à la monoculture. des films disponibles dans ce domaine et apparte. L'International Ladies' Garment sonnalité de l'enfant. dupro:esseur Arnold W. dans la ré. notre étude . Cooperation. 4. Motion Picture Films on Planning and Housing. Deux catalogues généraux de films éducatifs dans les catalogues qu'elles éditent. de m ê m e que le National Council souvent. un catalogue analogue pour les films psychologiques. Margaret Cussler a collaboré. You can't eat tobacco . sous la direction scientifique Workers' Union possède notamment une importante du professeur L. cinémathèques contenant des films relatifs aux sphère sociale à l'autre (Experimental Studies in problèmes sociaux. 3. L e Civil Rights ou de l'information générale du public adulte. ce film étudie aussi les différences i. 1. cinémathèque spécialisée/3. 74 . des besoins de l'enseignement secondaire of Churches of Christ in the USA). Ces bandes composent une série traitant de a Bibliography. blic. dans une communauté rurale du sud. meurtriers sont acquittés. j. . L e Département pour 1'American Federation of Labor et le Congress of l'étude de l'enfance. notamment. E n dehors des centres de production univer.chez les Indiens Navajo du Nouveau-Mexique. 1'Anti- ment. duction et la distribution de films éducatifs de 16 m m . Hill . International Film Bureau . qui a produit un film telle la Ford Motor Company (Pueblo Boy. elle a édité un catalogue 1958. compagnies privées aussi apparaissent parfois vail). a été illustré par 5. Films for Sociology and Anthropology available g. dans la distribution de Visual Aids Library. tera utilement le catalogue édité par 1'American Encyclopaedia Britannica Films . dont les sources Department. United States Information Agency. ce film Cornpetition. k. le plus Visual Review). lisation . United World Films. . catalogue/a. Dans le domaine de l'urbanisme. Au Département de sociologie de l'université société américaine contemporaine et destinée tout de Maryland. on consul- Dynamic Films Inc. fessionnelle a produit elle-meme des films inté- sitaires. dont la matière ne relève qu'indirectement de Hopi. vingtième édition. Library Association. AFL-CIOPublications no 22. h. est issu d'une recherche approfondie sur le terrain Social Class in America. Educators Progress Service. Inc.

vestige universitaire idéale. L e tarentisme est un culte de pos- CIVES. Une telle que nous possédions. par exemple. portant sur le cinématographiques du D r Pidous chez les Zerma. Il possible d'imaginer une série de films de montage. Carpitella se sert de procéder le plus rapidement possible à un inven.. j'en censer leur contenu exact et de s'enquérir des suis persuadé. à m a connaissance. C'est au niveau de la comparaison que le la pluie. Il est indispensable document précieux. la Niger encore. taire complet et systématique de tous les documents et qui mériterait d'&tre comparé aux images pré- ethnographiques et sociologiques existants. Madame Jacqueline Veuve. phénomène fondamental ? L e tarentisme est. films. spécialement destinée peut l'observer dans le sud de l'Italie : c'est là un à l'enseignement supérieur. il est d'un rite religieux dionysiaque hérité de l'Antiquité. extraordinaire phénomène d'acculturation né différents devrait être le principe fondamental de du contact brutal de la religion traditionnelle avec l'utilisation scientifique du film ethnographique et la civilisation machiniste) (voir p. par le cinéma. groupant prin- cipalement les émigrants venus du Niger vers la L a comparaison de séquences extraites de films cûte. sans massacrer de précieuses copies. elle stimule. L'intérêt de l'étude. pour son enseignement personnel et ses conférences. Il y aurait lieu de comparer à ces documents afri- férentes. il deviendra (une partie du rite se déroule à 1'Eglise méme). dont M. en . qui montre la marche sur le feu. C'est la méthode d'enseignement tenaria. le filmde Roussos Coundouros intitulé Anas- tout cas. 75 . serait passionnant de pouvoir comparer encore ce illustrant les grands thèmes de l'ethnographie et syncrétisme à celui qui s'est opéré aux Antilles de la sociologie . de re. véritablement un instrument de recherche autant et Maftres fous. impossible de procéder à cette comparaison sans que pratiquent toujours les habitants de Macédoine découper en morceaux un nombre important de (voir p. l'enseignement. pour la recherche c o m m e pour le culte catholique (vaudou haïtien). session curieusement intégré au culte catholique A partir de cette documentation. pratiquement. L e Co. les quatre cas (Niger-Ghana-Grèce-Italie)du m é m e mité international du film ethnographique et socio. cédente s. un débat passionné : s'agit-il dans droits d'utilisation de ce matériel de base. qui grouperait des images mène de la possession n'est qu'un exemple entre extraites des films suivants : Les hommes qui font mille. du m ê m e réalisateur (les crises qu'un moyen d'enseignement irremplaçable. une crise extatique les analyses filmographiques dont il dispose déjà. à l'inverse des possédés filmés turale de l'iconographie archéologique. il conviendrait de lancer sur le marché une Rome) sur le phénomène du "tarentisme" tel qu'on série de films de montage. Dès . l'esprit. rituelle . du phéno- session.14. m & m e thème traité dans le cadre de cultures dif. constitue parfois une véritable recherche cains les deux seuls documents cinématographiques aboutissant à des observations nouvelles. Cette confrontation provoquerait. L a méthode comparative dans l'enseignement de possession beaucoup plus violentes qui caracté- audio-visuel des sciences sociales risent la secte nouvelle des Hauka. Mais. le film du professeur Diego Carpitella (de lors. qui acceptent ou m ê m e recherchent sation de ce projet est confiée à l'archiviste du la possession. Les possédés luttent contre cette M. sur le expérience est susceptible de mettre en valeur les phénomène de la possession en Europe : différences et les similitudes . d'un film synthétique sur la pos. Pour le sociologique au niveau universitaire. logique se propose de traiter m é Canographiquement c o m m e la possession africaine. il s'agit ici de la possession par l'esprit en s'jnspirant de la méthode mise au point par de l'araignée. par Jean Rouch. Gardin (Musée du Louvre) pour l'analyse struc.70 ).50 ). E n effet. L a réali. présence insolite. nous disposons des enregistrements confrontation de documents filmés. on aperçoit aisément l'intérêt entre le culte de possession d'origine africaine et extraordinaire. de Jean Rouch (les crises de possession film ethnographique ou sociologique peut devenir en milieu traditionnel chez les Songhai du Niger).

valablement le comportement familial. qui donne corps objet propre. caméra voyeuse et voleuse. le cinéma sociolo- toujours un langage appliqué à la description de la gique est rarement pur de toute compromission : réalité. A des titres divers. C'est dire que le cinéma est rarement. dans les puis une quarantaine d'années. sociologique universel . antidote méme. condition :ils s'expriment eux-memes sous la nomique. les films que sérieux. la théorie janséniste de l'enregistrement les positions doctrinales. par l'in- ethnographique et sociologique s'engagerait fort termédiaire des informateurs eux-memes. conformistes. Nous espérons qu'il contribuera au obtenus au moyen d'une caméra dissimulée.il L e débat scientifique sur la méthode du film est plut8t une façon originale d'exposer. quarante ans par Robert Flaherty. le film est à la fois illustra- maine relativement limité des gestes stéréotypés : tion et correctif. limite. le cinéma documentaire est les querelles de mots. un pro- mal s'il se limitait à opposer les partisans de la blème. elle s'exprime dans un langage autonome. jusqu'à un certain point. un petit capable de mettre sur pied une enquete filmée nombre d'entre elles. Quelles que soient les conditions d'enregis. chacune des deux méthodes possède son munication sociologique privilégié. pose avec force le sentiment de la réalité. L e cinéma est un instrument de com- E n fait. la réalité sociologique n'est pas captée cinémathèque universitaire idéale. pour observer nous avons passés en revue constituent la part vi. Mais il est aussi un moment de cette tage permettra d'éclairer les raisons et les façons recherche : le film se réalise au cours de l'enquéte. la technique passive du repor. que cette entreprise douteuse et indiscrète consti- damnées à mort. ont fait l'objet d'essais ciné. tuerait purement et simplement un viol de la la caméra peut enregistrer les toutes dernières personnalité. Mais ce n'est là qu'une illusion d'op. les deviennent les acteurs bénévoles de leur propre aspects les plus divers de notre vie sociale. son champ d'application particulier. méritant de retenir blit un contact direct entre une communauté et l'attention du sociologue en quete de documents toutes les autres :l'immense public international authentiques. spontané ou contr8lé. servation audio-visuelle. non le pur reflet de cette réalité. en faisant appel technique non interventionniste (le reportage "pris aussi bien à l'intelligence qu'à la sensibilité du sur le vif") aux partisans de la caméra participante. Pendant quelques années encore. tifique : sur ce plan. la moins à attirer l'attention sur l'intéret considé. les ler désespérément des k m de pellicule. CONCLUSIONS C e travail de défrichement est certainement fort scientifique ne devrait retenir que les documents incomplet. les hommes les brusques mutations des nouvelles nations. il conserve encore la fraîcheur du dialogue. Mais encore faudrait- rable du cinéma pour la connaissance sociologique il alors mettre le prix pour arriver à un résultat de notre temps. gestes du travail. Les problèmes par un oeil magique. non 76 . le repor. d'expression et de diffusion des résultats d'une rement. manifestations d'un style de vie "archaïque". cependant. inaugurée il y a bient8t actuels de notre propre civilisation industrielle. et â m e au langage abstrait de la sociographie scien- L e reportage couvre plus particulièrement le do. cohérent. A la en lui se reflète. qui n'ont pas su surmonter - d'une telle envergure sans tenir compte du fait cette grande épreuve. elle fait l'objet d'un discours sociaux n'ont cessé de passionner les cinéastes . nière continue. une situation concrète. un instrument de recherche . sciences sociales. Les bouleversements Dans cette perspective. par exemple. c o m m e dans les savants traités. sociologique la méthode de la caméra participante. cieux de la caméra invisible et envisager résolu- Mais le domaine de l'ethnographie traditionnelle ment les possibilités qu'ouvre à la description est loin d'etre le seul champ d'application de l'ob. il se situe au-delà de toutes trement des images. sont malheureusement con. toute culture est toujours néces. dissimuler vante des archives innombrables qu'accumulent les plusieurs caméras pendant une longue période dans sociétés contemporaines. recherche. Apparemment. de vivre ou de désespérer. politique. Il im- tage constitue la seule approche objective du phéno. Il faudrait. spectateur. accumu- sairement en voie de transformation rapide . A matographiques qui méritent d'entrer dans notre ce niveau. sans opérer aucun choix. forme d'un jeu sérieux. qui Il faut donc cesser de rever aux prestiges falla- bient8t aura disparu de l'horizonde la connaissance. filmer pendant plusieurs jours de m a - Toute société. L e cinéma est le seul langage tique. il éta- mène social au cinéma. L e cinéma est gestes cérémoniels (rituelspolitiques et religieux) donc essentiellement une technique particulière et. Certes. sans machinisme accèdent dire qu'aucun institut scientifique au monde n'est à leur tour à la civilisation mondiale . des salles obscures. ils ont alimenté la création cinématographique de. éco. un foyer. Ra. Autant sociétés sans écriture.

d'autre part. tant de repérer immédiatement toutes les séquences un accent de vérité qui ne trompe pas et qui est la dans un fichier. O n ne saurait assez souli- cherche universitaires disposent. l'étude com- Mais ceci n'est que la justiîicationpremière. soucieux avant tout de films ouvrira de nouvelles perspectivesà l'analyse témoigner honnêtement de la condition humaine. dans un monde où l'image core. Chaque film oeuvres du documentaire social. révolutionnaires ou anarchistes. ou le nouveau cinéma américain. Dans une perspective plus visuelles. l'enseignement et m ê m e la re. selon un mode original. L'analyse mécanographique des marque des esprits libres. en Angle- l'ombre à nos semelles. gner le r81e de précurseur du cinéma documentaire d'un outil nouveau qui permet de confronter de sociologique dans ce domaine. quel que soitleur devrait faire l'objet d'une carte perforée permet- but didactique ou politique (conscientou inconscient). Les hommes d'une grands pans du réel en coilant bout à bout des nation parlent à d'autres hommes. L a télévi- peut-être l'un des signes majeurs d'une prochaine sion. Il est donc urgent de constituer. le parée des civilisations. l'homme et la caméra. 77 . au sein de la m ê m e nation. dès à présent. un nouveau mode de contact entre traditionnelle. dont nous n'avons pu aborder réconciliation de l'art et de la connaissance. dans une curiosité nouvelle. dans C o m m e tout langage. à travers l'histoire du cinéma. France. il est une arme de propagande chaque université. Les voies de la connais. On trouve dans les grandes varieraient selon l'objet de l'exposé. attestent cumentaire". de la leçon. permettrait. L e ici les premières réussites.conformistes. les essais bien timides en- au royaume des poètes. comparée. attentives sont rares. rationnel. L'université abesoin de ces témoins chaleureux Mais les archives cinématographiques de la so- ou amers. Cette expédition de reconnaissance nous ciologie sont encore pauvres. Partoutle champ voyager dans un espace-temps transformable à visuel s'agrandit et l'homme sort d'une solitude volonté selon les besoins de l'expérimentation ou millénaire. terre. est en train de créer cinéma impose à l'analyste lucide. le désir d'approfondir le les milieux savants c o m m e chez les artistes.a caméra et de la société. L e cinéma permet de raient. L e cinéma sociologique recherche unlangage est le double de l'homme et colle à lui c o m m e nouveau : le mouvement Free cinema. en sance sont multiples et l'ambiguïté du cinéma "do. une cinémathèque vivante qui efficace pour le nieilleur et pour le pire. est dialogue de 1. l'intérêtpassionné qu'il suscite. Les descriptions a conduits souvent. qui les igno- échantillons de civilisation. grâce à des montages qui prétexte idéologique. c o m m e les tentatives de Jean Rouch. un un style nouveau d'enquêtes sociologiques audio- autre mode de lucidité.

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Films polonais. CIDALC. London.196O. Orient A survey of films 71. AB SVENSK FILMINDUSTRI. Paris 54. W. produced in countries of Arab and Asian Culture. ) 48 p. Utrecht 57. 107 p. (Period. néerland. Régie gouvernementale du di cortometraggi educativi e culturali. ORIENT XIV. Department of Public 69. UNITED NATIONS. N E D E R L A N D S E VERENIGING VOOR DE WETENSCHAPPELIJKE FILM (Assoc. Voorlopige Lijst van Nederlandse Cultureel-Anthropologische Film (Liste provisoire des films ethnologiques néerlandais). The British Film Institute. STICHTING FILM EN WETENSCHAF' UNI- Information. ITALIE XIII. XII. 56 p. Repertorio 70. 88 p. S U E D E - 67. XI. Trimestriel). Skol-och Bild- ningsfilm Catalog for lasaret 1959. (Comité international du cinéma d'enseignement et de la culture). POLOGNE 66. Filmkatalogus 1960. Science).B A S 68. Stockholm. 85 . Svensk Skoifiim och Bildningsfilm. FILM POLSKI. 72. 51.). H O L M E S . R o m a cinéma en Pologne à Paris. 66 p. United Nations Films. no 1. 59. X. Utrecht 60.65. d. N e w VERSITAIRE FILM (Fondation Film et York (s. AB SVENSK FILMINDUSTRI. du cinéma scient. Stockholm. P A Y S .

Autour de Patzcuaro/Introduction to 1952 Unesco Crefal/Tierra y Poblacion (tril.) 14. Acadians (The) 1947 National Film Board of Canada/Office natio- (Les Acadiens) nal du film du Canada 2. Age of Specialisation (The) 1952 M c Graw-Hill (Le siècle de la spécialisation) 4. l'enfant esquimau) National Film Board of Canada / Office natio- nal du film du Canada 10. Aubervilliers 1947 Eli Lotar et Jacques Prévert 13. Pour tous les films non français.) nal du film du Canada 11. B a h et Bakintzy L. A u pays du scalp 1925-30 Marquis de Wavrin 16. On peut consul- ter le texte consacré à chaque film au moyen de l'index des cinéastes. 86 .R. dont il n'est pas certain qu'une autre version existe. Angotee. And so they live 1940 John Ferno et Julien Roffman (C'est ainsi qu'ils vivent) 9. Stoney (Tous m e s bébés) 5. et firmes ou organisations productrices (à défaut de ceux-ci au moyen du titre). le titre original est suivi d'une traduction libre en langue française (entre parenthèses). A propos de Nice 1929 Jean Vigo 12. American at W o r k AFL-CIO (USA) (L'Américain au travail) 6. Pour les films dont il est prouvé qu'il existe une autre version linguistique. Back-Breaking Leaf (The) 1960 National Film Board of Canada / Office natio- (La feuille qui vous rompt le dos) nal du film du Canada 18. Safarov (Bakou et ses citoyens) 19. Slavson) 3. American F a r m e r Ford Motor Company (Le fermier américain) 7. Activity Group Therapy 1950 Jewish Board of Guardians (Thérapeutique de groupe) (S.) 17. celle-ci est spécialement indiquée. Antilles anglaises (Les)New Nations 1958 National Film Board of Canada/Office natio- in the West Indies (bil. Al1 m y babies 1952 George C. A u carrefour de la vie/Crossroads 1949 Henri Storck (ONU) of life (bil. Anastenaria Roussos Coundouros (La marche sur le feu) 8. story of an Eskimo boy 1952 Doug Wilkinson (hgoti. A u pays des Pygmées 1947 Jacques Dupont 15. Bakuba 1952 Gerard D e Boe 1. LISTE DES FILMS/~ Titre du film Année de Réalisateur ou produc€ion producteur 1.

2o. Beginning of Consciences M c Graw-Hill (L'éveil des consciences) 26. Brûlés (Les) 1958 Bernard Devlin 32. Battle of the S o m m e (The) 1916 J. Can we immunize against prejudice ? 1954 Center of Mass Communication (Pouvons-nousnous prémunir contre (Columbia University les préjugés ?) 34. Buthanese Masked Dances 1954 Prince Pierre de Grèce (Les danses masquées bouthanaises) 33. Charron (Le) 1943 Georges Rouquier 40. Bataille sur le grand fleuve/ 1950 Jean Rouch Hippopotamus hunt on the Niger (bil. Childhood Rivalry in Bali and New Guinea Gregory Bateson (La rivalité enfantine à Bali et en Nouvelle-Guinée) 41. Seigneur) 3O. Blytaekkerenden 1954 Aage Rothenborg (Le couvreur de toits de plomb) 28. Brodirani me& 1956 S. Mac Dowall and (La bataille de la Somme) Geoffrey Malin 2 5. Berlin 1945 Reismann (La prise de Berlin) 27. B. Topaldjikov (RBvesbrodés) 31. Carnaval de Binche 1954 Jean Cleinge 35. Casa delle Vedove (La) 1960 Gian-Vittorio Baldi (La maison des veuves) 36. Battaison (La) 1959 Wolf Koenig 24. Bode smiluj Sie nad nami 1959 Halina et Jacek Oledzki (Nous attendons ta grâce. Chant du fleuve (Le) 1954 Joris Ivens (Fédération syndicale mondiale) 39.) 22. Bathing Babies in three Cultures Gregory Bateson (Le bain des bébés dans trois types de civilisation) 23. Chinese Canadians 1954 National Film Board of Canada/ - (Vancouver L a nouvelle patrie d'un Chinois) Office national du film du Canada 87 . Balinese Famfiy (A) Margaret Mead et Gregory Bateson (Famille balinaise) 21. B orinage 1933 Henri Storck et Joris Ivens 29. Central Asia 1954 Prince Pierre de Grèce (L'Asie centrale) 37. Challenge (The) 1957 Civil Rights Film Association (La revendication) (USA) 3 8.

rivalité. Constitution and Military Power (The) 1957 do (La constitution et le pouvoir militaire) 58. Circoncision (La) 1949 Jean Rouch 46. Contadini del Mare 1955 Vittorio de Seta (Paysans de la mer) 61. Communication in three Families Gregory Bateson (Le comportement de trois familles) 52. Contrat de travail/Local 100 (bil. Coal Face 1936 National Film Board of Canada / Office natio- (La gueule noire) nal du film du Canada 50. Cimetière dans la falaise 1952 Jean Rouch 45. Constitution :Whose interpretation ? (The) 1957 do (La constitution : qui en est l'interprète ?) 59.) 1950 National Film Board of CanaddOffice natio- nal du film du Canada 62. C ommunity R e sponsabilities 1954 National Film Board of Canada/ Office natio- (Que pensez-vous du sens social ?) nal du film du Canada 53. China strikes back 1940 Frontier Films (La Chine riposte) 43. C o m e Back Africa 1959 Grierson et Cavalcanti (Reviens Afrique) 51. Competition. Constitution and the Right to Vote (The) 1957 do (La constitution et le droit de vote) 57. Constitution and Fair procedure (The) 1957 do (La constitution et les débats loyaux) 60. Conflict M c Graw-Hill (collaboration. conflit) 63. Chronique d'un été 1961 Jean Rouch et Edgar Morin 44. C o si O nas mysli 1959 Dimitrij Plichta ( C o m m e les enfants nous voient) 88 . Clerk (The) 1958 National Film Board of Canada/Office natio- (L'employé) nal du film du Canada(Co1in L o w and Wolf Koenig) 49. Constitution and the Employment 1958 do Standards (The) (La constitution et les normes d'emploi) 55. City (The) 1939 Ralph Steiner et (La cité) Willard Van Dyke 47. Cooperation.42. City of Gold 1957 National Film Board of Canada (Capitale de l'or) (Colin L o w and Wolf Koenig 48. Constitution and Censorship (The) 1957 Center of Mass Communication (La constitution et la censure) (Columbia University) 54. Constitution and the Labour Union (The) 1957 do (La constitution et l'union du travail) 56.

D u kannst nicht abseits stehen 1952 DeutsCher Gewerkschaftsbund (Tu ne peux rester à l'écart) 81. Description d'un combat 1961 Khris Marker 74. Lafont 65. Dan u jednoj velikoj hrvatskoj porodici 1933 Drago Chloupek et A. Drifters 1929 Grierson (Ala dérive) 79. Crise du logement (La) 1955 D e Wever 66. Department Manager (The) 1958 National Film Board of Canada /Office natio- (Le chef de département) nal du film du Canada 73. E n de zee was niet meer 1956 Bert Haanstra (Etla m e r n'était plus) 83. Dimanche à Pékin (Un) 1956 Khris Marker 77. Dues and the Union 1953 National Film Board of Canada /Office natio- (Les cotisations syndicales) nal du film du Canada 80. Danish Expedition to Asia 1954 Prince Pierre de Grèce (L'expédition danoise en Asie) 70. England has a Queen (Pathé) (Elisabeth est Reine) 84. Ecçeri lakodalom Laszlo Kalmar (Noces d'Ecser (Les)) 82. D o Studziannej Stanislas Grebowski (Sur le chemin de Studzianna) 78.) du film du Canada (Jacques Bobet) 85. Croisière noire 1926 Léon Poirier 68. Desert Victory 1943 Roy Boulting (La victoire du désert) 75. Cristo non si e fermato a Eboli 1952 Michele Gandin (Le Christ ne s'est pas arr&té à Eboli) 67. Gerasimov (Unjour dans une grande famille croate) 69.64. Déjà s'envole la fleur maigre 1960 Paul Meyer 72. Every day except Christmas 1957 Lindsay Anderson (Tous les jours sauf Noël) 89 . Essor féminin (L')/Women in the National Film Board of Canada/Office national March (bil. Daybreak in Udi 1948 Terry Bishop (L'aube à Udi) 71. Course de taureaux (La) 1951 Pierre Braunberger Myriam Borsoutsky A. Dien Voïny 1942 (SovexportfilmMoscou) (Un jour de guerre en URSS) 76.

Exil en banlieue : six solutions/ National Film Board of Canada / Of€ice Suburban living :six solutions (bil. Fils de l'éléphant (Les) 1953 Anne Philippe et Viviane Pâques 95. Four Families 1959 Ian M c Neill (Quatre enfants du monde) Richard Gilbert Fali Bilimoria William Novik John Buss 102. Experimental Studies in social climates Université d'Iowa of groups (Etudes expérimentales concernant le climat social des groupes) 88. c o m m u n e de France 1957 André Vetusto 89. Family Portrait 1951 Humphrey Jennings (Portrait de famille) 91. Farrebique 1946 Georges Rouquier 92. Fires were started 1943 Humphrey Jennings (Les feux s'allumèrent) 98. Finis Terrae 1928 Jean Epstein 97. Fries (La vie de famille des Indiens de Navajo) Clyde Kluckhohn et Paul J. Freedom to read 1954 Center of M a s s Communication (La liberté de lire) Columbia University (Julien Roffman) 105. Four Religions National Film Board of Canada / Office (Quatre religions) national du film du Canada 103. Gdzies pod Turbaczem 1959 Zbigniew Bochenek (Quelque part sur le Turbacz) 90 . Eygalières. For@t sacrée (La) 1953 Pierre et Dominique Gaisseau 100. First days of a life of a N e w Guinea Gregory Bateson Baby (Les premiers jours d'un bébé de la Nouvelle-Guinée) 99. Fbte chez les H a m b a 1955 Luc de Heusch 94. Faiank 1949 Vaci& KaSlik (Le carnaval) 93. Woolf 9o.86. Ganz gewohnlicher Tag (Ein) 1954 République fédérale d'Allemagne (Un jour c o m m e les autres) 106.) national du film du Canada 8 7. Freedom for Ghana 1957 Ghana Film Unit (La liberté pour le Ghana) 104. Family Life of Navajo Indians Margaret E. Forgotten Village (The) 1941 Herbert Kline (Le village oublié) (D'après scénario de John Steinbeck) 101. Fils de l'eau (Les) 1955 Jean Rouch 96.

Gabryelski (Une fonderie de cent ans) 129. Housing Problems 1935 Elton et Anstey (Les problèmes du logement) 125. Hunters (The) 1956 JohnMarshal et Bob Gardner (Les chasseurs) 122. Getting on the Bandwagon 1956 National Film Board of Canada / Office na- (Conformisme et instinct grégaire) tional du film du Canada 111. Grass 1923 Ernest Schoedsack et (Pâturages) Merian Cooper 116. Generalnaya liniya 1929 Eisenstein (La ligne générale) 109.107. Grande case (La) 1951 Jacques Dupont 115. Golodnaia SteG 1958 Tomberg (La steppe aride) 113. General Foreman (The) 1958 National Film Board of Canada / Office na- (Le contremaftre) tional du film du Canada 108. Histoire du soldat inconnu 1932 Henri Storck 120. de Cive (Les horizons des Hopi) 126. Hutaz przed stu lab 1956 J. Grief (Le) 1954 National Film Board of Canada / Office national du film du Canada 117. Hopi Horizons Mary L. Gestes du repas 1952 Luc de Heusch 11O. Gourouna 1960 Igor de Garine 114. Industrial Britain 1933 Robert Flaherty - (La grande Bretagne industrielle) 91 . Ile de Pâques (LI) 1935 Henri Storck et John Fernhout 130. Growing up with other peoples Margaret Thompson (Grandir avec les autres) 119. H o m m e s de la nuit (Les) 1951 Henri Fabiani 122. Hry slovenske mladeze 1928 Karel Plicka (Jeux de la jeunesse slovaque) 127. Gryr 1 Norden Arbeidernes Faglige (L'aube dans le nord) Landsorganisasjon 118. H o m m e s de la baleine (Les) Mario Ruspoli 121. H o m m e s qui font la pluie (Les) 1950 Jean Rouch 123. Goémons 1942 Yannick Bellon 112. Honger 1945 Rudi Hornecker (La faim) 124.

Magia lucana 1958 Luigi Di Gianni (Magie en Lucanie) 151. Karuzela lowicka 1958 J. fiir Bergbau (Fraternité) 132. L a chabelThe M a n of the Assembly 1958 National Film Board of Canada / Office na- Line (bil. Land (The) 1940 Robert Flaherty (Le pays) 139. Lettres de Sibérie 1958 Khris Marker 143. Lourdes et ses miracles 1954 Georges Rouquier 148. Living Stone (The) 1959 John Feeney (Pierres vives) 146. Baran ( C o m m e moud le vent) 135. Las Hurdes 1936 Luis Bunuel (Terre sans pain) 141.) 1958 Thorold Dickinson et J. Gabryelski (Les noces à Kurpie) 137. Hoffman et E. L u tempu di li piscispata 1954 Vittorio de Seta (Le temps de la pCche à l'espadon) 150. Kurpiowslde wesele J. Listen to Britain 1941 Humphrey Jennings (Ecoutez la Grande-Bretagne) 145. Luciano 1960 Gian-Vittorio Baldi 149. Maftre du destin/Power among Men (bil. Learning by experience 1947 (L'étude par l'expérience) 142. Skorzewski (Le carrousel de Lowicz) 134. Sheers (ONU) 92 . Lide pod snehem 1948 Vladimir Sis (Des gens sous la neige) 144.131. Kameradschaft 1. Maisons de la misère 1937 Henri Storck 153.) tional du film du Canada 138. C. G. Long-house People (The) 1950 Allan Wargon (La grande maison) National Film Board of Canada 1 Office na- tional du film du Canada 147. Klinkaert 1956 Paul Meyer (La briqueterie) 136. Land of the long day 1952 Doug Wilkinson (Aupays des jours sans fin) National Film Board of Canada / Office na- tional du film du Canada 140. Kde mele vitr 1959 F. Karba's first years Gregory Bateson (Les premières années de Karba) 133. Magiciens de Wenzerbé 1949 Jean Rouch 152. Granec et L.

Mei (Les travailleurs du pétrole en Turkménie) 93 . Nascita e Morte ne1 Meridione. Mangbetu 1954 Gérard D e Boe 158.English chez lui) 173. (Il faut faire quelque chose) Flamingo Film Studio Directeur :Ole Palsbo 167. H o m m e s de Logone 1960 Igor de Garine 165. Native land 1938 P a d Strand et Leo Hurwitz (Le pays natal) 177. Moro Naba 1960 Jean Rouch 171. Manhattan 1922 Paul Strand 157. M o m m a don't allow 1956 Karel Reisz (Maman ne le permet pas) Tony Richardson 170. M e n burde Tage Sig af det 1952 Dansk Kulturfilm. Massa. Marée au GhanaIJourney from Etsa 1958 Julian Bimw (bil. Nad zielonym Baltykiem T. Masques de feuilles chez les Bobo (Les) 1960 L e Moal 166. Mangrove 1 1956 Peter Creutzberg 159. Moi.) (NationalFilm Board of Canada/Office na- tional du film du Canada) 163. 1959 Luigi Di Gianni San Cataldo (Naissance et mort dans le sud. Neftianiki Turkmenistana M. Kallweit (Au bord de la verte Baltique) 174. à San Cataldo) 176. Mangrove II 1956 Peter Creutzberg 160. Mai'tres fous 1957 Jean Rouch 156. Engliçh at home 1940 Colonial Film Unit (M. Maftre du Pérou (Le) 1958 Fernand Dansereau 155. Mr. Nanook of the North 1925 Robert Flaherty (Nanouk 1'Esquimau) 175. Moana of the South Seas 1923-24 Robert Flaherty (Moana des mers du sud) 168. Mor-Vran 1930 Jean Epstein (La m e r des corbeaux) 172.154. Marines (Les) 1957 Jean-François Reichenbach 164. March of time 1934-43 Louis de Rochemont (Lamarche du temps) 162. un Noir 1958 Jean Rouch 169. M a n of Aran 1934 Robert Flaherty 161.

178. Nevesta ne jemlji slovo 1947
(Jeune fiancée fais tes adieux)

179. N e w Earth 1934 Joris Ivens
(Les terres nouvelles)

180. Nice Time 1957 Tanner et Goretta
(Piccadilly la nuit)

181. Night mail 1936 Harry Watt
(Courrier de nuit)

182. Nomades du soleil (Les) 1954 Henry Brandt

183. Non basta soltanto l'alfabeto 1958 Michele Gandin
(L'alphabet ne suffit pas)

184. North Sea 1938 Harry Watt
(Mer du Nord)

185. Nuit et brouillard 1955 Alain Resnais

186. Nunt3 Ciobaneasc5 1957 Ion Rodan
(Noces pastorales)

187. O Dreamland 1956 Lindsay Anderson
(Oh, pays de réve)

188. On the Bowery 1956 Lionel Rogosin
(Dans le Bowery)

189. On the Post Producteur :Bob Drew
(Au départ) (Equipe Filmakers)

190. Opening Parliament 1949 National Film Board of Canada / Office natio-
(Session parlementaire) nal du film du Canada

191. Orchestre Mangbetu 1954 Gérard D e Boe

192. Our changing Family Life 1957 M c Graw-Hill
(L'évolution de notre vie de famille)

193. Out of Darkness 1953 Jack Glenn
(Hors de l'ombre)

194. Overlanders 1946 Harry Watt
(La route est ouverte)

195. Padaniye dinastu Romanovitch 1927 Esther Choub
(La chute des Romanov)

196. Paese d'America 1958 Gian Luigi Polidoro
(Pays d'Amérique)

197. Palmour Street 1951 George C. Stoney
(La rue Paimour)

198. Parabola d'Oro 1955 Vittorio de Seta
(Parabole d'or)

199. Paris 1900 1946-47 Nicole Védrès

94

200. Par le sang et par le feu/Blood and 1958 National Film Board of Canada / Office na-
Fire Army (bil.) tional du film du Canada

201. Pasqua in Sicilia 1954 Vittorio de Seta
(Pâques en Sicile)

202. Passion des hommes 1959 Inst. Em. Vandervelde
(Jean Brismée)

203. Pays neuf 1958 Fernand Dansereau

204. Paysans noirs 1948 Georges Régnier

205. Peaceful Years (The) 1948 Peter Baylis
(Les années paisibles)

206. Pêche aux harengs (La) 1930 Henri Storck

207. 1958 Office national du film du Canada
(Terence M c Cartney-Filgate)

208. Pélerins de la m e r (Les) 1957 Jean-Claude Sée

209. People like Maria 1958 Harry Watt (OMS)
(Des milliers c o m m e Maria)

21o. People of the Potlach 1944 National Film Board of Canada / Office na-
(Les Indiens de la cbte ouest du Canada) tional du film du Canada

211. Peoples of the Skeena 1949 Office national du film du Canada
(Les riverains de la Skeena) (James Beveridge)

212. People with a Purpose 1948 Manitoba Federation of Agriculture
(Les coopératives agricoles) and Cooperation

213. Père en fils (De) 1951 National Film Board of Canada / Office na-
tional du film du Canada
214. Petit coin de parapluie (Un) 1959 Robert Menegoz

215. Pianto delle Zitelle (Il) 1959 Gian-Vittorio Baldi
(La complainte des vieilles filles)

216. Pirogues sur 1'Ogoué 1947 Jacques Dupont

217. Plow that breaks the Plain (The) 1935 Pare Lorentz
(La charrue qui creuse un sillon en
rase campagne)

218. Pomlad v Beli Krajini 1948
(Printemps en Carniole blanche (Le))

219. Povest of Neftjanikakh Kaspija 1953 R. Carmen
(Histoire des travailleurs du pétrole
de la Caspienne)

220. Priezjaitie k n a m v Uzbekistan Kayunov
(Visitons 1'Uzbékie)

221. Primary Equipe Filmakers
(Primaire) (Producteur Bob Drew)

222. Proud Years George C. Stoney
(Les années fières)
95

223. Pueblo Boy 1949 Ford Motor Company
(L'enfant du village)

224. Pukanski Kolari 1948 Vlado Bahna
(Les charrons de Pukanec)

225. Putyorka v%zh 1931 Nicolas Ekk
(Le chemin de la vie)

226. Pyramide humaine (La) 1961 Jean Rouch

227. 400 millions 1939 Joris Ivens

228. Que Viva Mexico 1931-32 Eisenstein

229. Quiet One (The) 1950 Sidney Meyers
(Le garçon tranquille)

23 O. Raquetteurs 1960 Office national du film du Canada
(Gilles Groux and Michel Brault)

231. Règlements des débats 1955 National Film Board of Canada / Office na-
tional du film du Canada
232. Research Director (The) 1954 National Film Board of Canada / Office na-
(Le Directeur de la recherche) tional du film du Canada

233. Return to Life 1939 Henri Cartier-Bresson
(Le retour à la vie)

234. Rising Tide (The) 1934 National Film Board of Canada / Office na-
(La marée montante) (1949) tional du film du Canada
(Nouvelle version anglaise : Great
Cargoes)

235. River (The) 1936 Pare Lorentz
(La rivière)

236. Rossiya e Nicolaya II i Lev Tolstoy 1928 Esther Choub
(La Russie de Nicolas II et de Tolstoï)

237. Ruanda 1955 Luc de Heusch

238. Sabotier du Val de Loire (Le) 1955 Jacques D e m y

239. Sacrifices pour la moisson 1953 Pierre et Dominique Gaisseau

240. Salt of the Earth 1953 Herbert J. Biberman
(Le sel de la terre)

241. Savage Eye 1960 Sidney Meyers
(L'oeil sauvage) Ben Maddow et Joseph Strick

242. Sceptre and the Mace (The) 1957 National Film Board of Canada
(Le sceptre et la masse)

243. Schot is te Boord (Het) 1953 H e r m a n van der Horst
(Jetons les filets)

244. Seigneurs de la foret (Les) 1958 Hans Sielmann et Henry Brandt

245. Shipyard 1935 Paul Rotha
(Chantiernaval)

96

W. Songs of Nova Scotia 1958 Helen Creighton (Chants de la Nouvelle-Ecosse) (National Museum of Canada et American Library of Congress) 252. Techniques soudanaises Jean Gabus 262. Target for To-night 1941 Harry Watt (L'objectifde cette nuit) 260. Song of Ceylon 1935 Basil Wright (Le chant de Ceylan) 251. Kostov (Douces flbtes) 249. Symphonie paysanne 1941-44 Henri Storck 258.246. Thursday Children 1954 Lindsay Anderson et Guy Brenton (Les enfants du jeudi) 97 . Svatba na Moravském Slovacku 1945 Jind3ich Ferenc (Mariage en Moravie) 257. Terre d'Espagne 1937 Joris Ivens 265. Temps du Caméléon (Le) 1957 Robert et Monique Gessain 263. Tavasz 1958 Tamas Banovitch (Le printemps) 261. Terre brûlée 1937 Charles Dekeukeleire 264. Sladki fleiti 1957 K. Sulfarara 1955 Vittorio de Seta (Solfataresde Sicile) 256. Stervende ta d Stichting Film en Wetenschap (Une langue qui meurt) (Utrecht) 254. Skilled worker (The) 1958 National Film Board of Canada /Office na- (L'ouvrier qualifié) tional du film du Canada 248. Strike in Town 1955 Leslie Mac Ferlaine (La grève à minuit) 255. This Modern Age 1946-49 (Temps modernes) 267. Sie bewegt die Welt 1954 Wiener Arbeiterkammer (Le travail fait avancer le monde) 247. Sorbische Hochzeit Kaden (La noce sorbe) 253. They were Kaffirs 1957 Prince Pierre de Grèce (Ils étaient des Cafres) 266. Murnau (Tabou) 259. Social class in America M c Graw-Hill (La classe sociale en Amérique) 250. Tabu 1928-31 Robert Flaherty et F.

Tonnelier (Le) 1942 Georges Rouquier 272. Toda Calf Sacrifice (The) 1949 Prince Pierre de Grèce (Le sacrifice du veau chez les Todas) 270. Trance and Dance in Bali 1951 Gregory Bateson (Transe et danse à Bali) 275. Upre R o m a 1956 Dimitrij Plichta 282. Turkey in Greece 1958 do (La Turquie en Grèce) 279. Via dei Cessati Spiriti 1959 Baldi (Le chemin des esprits disparus) 288. Tigrolov Gouline (La chasse au tigre) 269. Turksib 1929 Victor Turin 280. Vi var nagra m&n 1954 Svenska Mettalindustriareftrbundet (Nous n'étions qu'une poignée d'hommes) 98 . VeEna Piseti 1945 Karel Plicka (L'éternelle chanson) 285. Uomini soli 1959 Vancini (Les h o m m e s seuls) 281. Vigilia di mezza estate 1959 Gian Vittorio Baldi - (Les feux de la St Jean) 290. Traversée du Sahara en autochenille (La) 1923 Paul Castelnau 276. T w o Indian Religious Ceremonies 1957 Prince Pierre de Grèce (Deux cérémonies religieuses indiennes) 278. T o your health 1958 Center of Mass Communication (A votre santé) (Columbia University) 274. Veselye mysli Medvedkin et Abusentov (Pensées joyeuses) 287. Valasské Tance 1949 VClciav JSaSlik (Danses valaques) 283. Valley Town 1941 Willard Van Dyke (La ville de la vallée) 284. Trooping the Colour 1949 Terry Bishop (Le salut aux couleurs) 277. Vendanges 1929 Georges Rouquie r 286. Vice-President (The) 1958 National Film Board of Canada / Office na- (Le Vice-président) tional du film du Canada 289.268. Together 1956 Lorenza Mazzetti (Ensemble) 271. T o w n Planning 1958 Louis Portugais (Le plan d'aménagement) (NationalFilm Board of Canada) (Officena- tional du film du Canada 273.

ou le Révolté d'Alvarado) 295. World of Plenty 1946 d" (Un monde d'abondance) 301. With these Hands 1950 International ladies Garment (Avec ces mains-là) Workers' Union 299. Walibene (In) 1956 Peter Creutzberg 294. Z a Siov&y z New Yorku do Mississipi 1935 Karel Plicka (Sur les traces des Slovaques de New York jusqu'au Mississipi) 305. Zuiderzee 1930 Joris Ivens 310. Wesele na Bukowinie 1958 Wlodzimierz Borowik (Noces en Bukovine) 297.291. Zima mora umreti 1947 M. Zlidovych motivu 1953 Ludvik Baran et Vladislav Delong (Tissus et impressions populaires) 309. You can't eat Tobacco 1943 Margaret Cussler et Mary L. World is rich (The) 1943 Paul Rotha (Le monde est riche) 300. Which way for Human Rights 1954 Center of Mass Communication (Les droits de l'homme) (Columbia University) 298. Zemlya 1930 Alexandre Dovjenko (La terre) 307. Z e m spieva 1933 Karel Plicka (La terre chante) 306. Wave (The) 1934 Paul Strand (Redes. World without End 1953 Basil Wright et Paul Rotha (Unesco) (Je suis un homme) 302. de Cive (Le tabac ne te nourrira pas) 304. Yankino Equipe Filmakers (Producteur Bob Drew) 303. Wagenia 1951 Gérard D e Boe 293. Visages de la coopération ouvrière 292. W e are the Lambeth Boys 1959 Karel Reisz et Tony Richardson (Nous les garçons de Lambeth) 296. Badjura (L'hiver doit mourir) 308. Zone (La) 1927 Georges Lacombe 99 .

Jean : 13 LUMIERE : 13. 51. : 9. : 27 G . 43. 62 PLICKA. 11.sociologues. 46. Maurice : 12 METRAUX. 37 -P GRIERSON. E. Lionel : 57. Robert : 42 - B KROUPIANSKAIA. Marcel : 65 - F M A R E Y : 13 MARION. : 11 KIDD. : 12 DEMENY. 42. 70. 37 GREEN. Karel : 25. 38. Margaret : 59. 49 BIEBUYCK. Marcel : 59. Henri : 9. Paul : 27 LEIRIS. 66. 20. Ralph : 59 - D LIOTARD. Claude : 53 LINTON. : 70 MEAD. 71. Georges : 61 BAZIN. Georges : 27 PLISCHKE. historiens. MERLEAU-PONTY. 47 1 O0 . René : 31. 15 DELVAUX : 26 - M - E MAGRITTE. Albert : 1 1 - C LEBESQUE. : 67. 61 KURET. James : 71 RIOUX. 41 KARDINER. C. 29. 46. Jean: 17. Marcel: 12. 29. Roger: 33. 23 MANVELL. 31 LEROI-GOURHAN. B. 15. 70 GURVITCH. William H. 42. 14. Morvan : 55 LEENHARDT. Alfred : 25. Hans : 21. Jean F. 10 FRANKOWSKI. JANNE. 42 EPSTEIN. 73 MENDRAS.P. 71 ROGOSIN. Michel : 49 CLAUSSE. 48. 13 EISENSTEIN. 41. 55.: 9. H. 37. Charles : 31. Roger : 14 CARTA. 64 ROUCH. 61 - H HARTLEY. : 69 MURNAU.W : 39 G E R M A N N : 21 MUYBRIDGE : 13 GRANAI. . 59. 49. Abraham : 59 AMENGUAL. Henri : 45 50. A. 26 CABUS. 12. Daniel : 46. - L LAFFAY.M. 67.John:32. 60. Cleve : 72 KNOX. 38. 47 MAYER. 68 A MAUSS. 67 LEVI-STRAUSS. A. J. 60 GERBRANDS. 69 POTAPOV. 52. Georges : 20. Edgar: 11. : 74 GRIAULE. Robert : 19 C H O M B A R T de LAUWE. 23. 29. 45. Denis : 119 FORD. : 73 - R HOUSTON. 11. Roger : 30. 25 GARDIN : 75 M O R E N O : 37 GAVAZZI : 69 MORIN. 14. Jean : 48 MAQUET. : 48 LYOTARD. : 27.J. L. 13. Paul : 33. Jean : 51 LEFRANC. 23. 68. 41. Dr: 69 BALANDIER. 46. Arnold W. André : 18. 62. André : 14. 57. 19. 58 -J ROTHA. 25. 52. . 61. 75 JEANNE. J. AUTEURS (Ethnographes. René : 11. F. 54. V. h o m m e s de lettres) - A K - AGEL. 63. André F. INDEX DES NOMS D E PERSONNES 1 . 19. S. : 27. Jean : 68 MICHA.

Jean : 48 II . Lindsay : 44. Roussos : 70. Romano : 71 Canadian Trade Union Movement : 33 - B CARMEN.Paul : 48 BALDI. L. Arnold : 59. G. 68 CREUTZBERG. Zbigniew : 63 Colonial Film Unit (Royaume-Uni) : 43 BOROWIK. 54. 64 W O O D S . : 72 STORCK. B A D J U R A : 63 CARTIER-BRESSON. Drago : 63 BIRON. . : 31. 49 CHAMPAULT. : 56. Vlado : 63 CASTELNAU. : 57 THEIJENOT. Tean : 34 A B U S E N T O V : 61 BRUNATTO. 70 Center of Mass Communication (Columbia BATESON. Gregory : 73 University) : 73 BAYLIS. 61 Z E M A N . . : 27. 33. Ludvik: 63.Helen : 71 BRANDT. Merian : 54 BORSOUTSKY.L. Mark : 57 SZYFELBEIJN. Bernard : 67 BELLON.1. 47. Guy : 44. H. Dominique : 66 TERENTIEVAL. CINEASTES (Metteurs en scène. Carlos : 55 BILIMORIA. 45 ANSTEY : 42 C - Arbeidernes Faglige Landsorganisasjon (Norvège) : 34 CALISI. Zofia : 70 - Z T - ZAHAN.John : 55 WHITMAN. O. Diego : 71. Dominique : 67 BEVERIDGE.P. Tohn: 59 ANDERSON. 67. etc.H.Henri : 55 BAHNA. Paolo : 54 A. Esther : 31 BISHOP. 74 BUNUEL. Wlodzimierz : 63 COOPER. Roy : 31 CREIGHTON. Tacques : 59 CLEINGE.F. 46. 57. 45. réalisateurs et sociétés et organisations productrices. Pierre : 49 BRENTON. Whalt : 129 STONE. : 61 CARPITELLA.Tullio : 21.: 27 TOYNBEE. 69 WEILER. Terry: 32. 75 M. 41 SAMIVEL : 48 SEPPILLI. BREW. 45 1O1 . Joseph: 74 WOLF. 75 BOULTING. Herbert J. A. (USA) : 34.) A . 33. : 73 BRISMEE. 62 BOCHENEK. Frederic D. S.Tames : 71 CHAPLIN. Georges : 17 SPANNAUS. S . Henry : 46. Charles : 9 BIBERMAN. : 29. Peter : 68 BRAULT. Hervé : 60 CHOUB. G. H. 36. TOLSTOV. Basil : 42 SUFRIN. 48. R. Myriam : 49 C O U N D O U R O S . : 69 STONEY. Yannick : 48. Jean : 47.-C. Luis : 54 American Institute of Planners (USA) : 55 BUSS. opérateurs. : 56 Chase Manhattan Bank : 35 BIGGS. Margaret : 74 BRAUNBERGER. 71 SMETS. : 55 STEINBECK. Fali : 59 CHLOUPEK. 43 Civil Rights Film Association (USA) : 74 BOBET. . 72 SADOUL. Michel : 60 CUSSLER. 24. 64 WRIGHT. D r : 21.Tama6 : 63 CBS Public Affairs (USA) : 34 BARAN.D. Gian-Vittorio : 53 CAVALCANTI : 42 BANOVITCH. Peter : 31 CHAMPAULT. Tulian : 71 CHAVEZ. L. Georges C. Pr.

Luc de : 20. F.JENNINGS. Walter : 44 d'Allemagne) : 33 LEACOCK : 58 GERASIMOV. 73 LACOMBE. : 48 D O V J E N K O . : 63 GABRYELSKI. d'Ailemagne) : 33 EKK.Humphrey : 42. : 63 KOULECHOV : 14. Jacques : 52 HURWITZ. 54. Féd.Jacques : 10. Fritz : 10 G E. KASLIK. 71 H A A N S T R A . Tadeusz : 70 F a r m Security Administration (USA) : 55 . 36-43. John : 39 GORETTA :45 DANSEREAU. Luigi : 53. Rudi : 48 DUPONT. Pierre. Vandervelde : 34 ELTON : 42 Internationai Ladies Garment Workers' Union : EPSTEIN. Bob : 58. 47 GRIERSON.Wolf: 60 . 23. 73 Frontier Films : 55 KLUCKHOHN. Léo : 55 - E -1 EISENSTEIN. : 63 FLAHERTY. G. Margaret E. M. 65. Joris : 45. Jean : 68 KURET. Jacinto : 54 IVENS. Vaclav : 63 50. John : 46 FERNO. Gilles : 60 Deutscher Gewerkschaftsbund : 33 DEVLIN. John : 32. Michele : 53 G A R D N E R . Jindsich : 63 - K FERNHOUT. 41. für Bergbau (Rép. Henri : 48 JANKOWSKI. Clyde : 73 G KOENIG. Alexandre : 61 H E U S C H . 57. 30 CABUS. 55. S. J. Colin :60 102 . 47. A. KOSTOV. 45. de : 74 LOTAR. -D GOLDMAN. 11. Eli : 49 GLENN. Prince de : 17. Herbert : 55. K. : 73 KLINE. Nicolas : 61 Institut Em. 61 1. 43 Fédération syndicale mondiale : 48 Jewish Board of Guardians : 34 FEENEY.Georges : 48 GARINE. rack : 34 LOW. Laszlo : 63 FLAHERTY.Frances : 39 KALMAR. 69 Flamingo Film Studio : 34 KAYUNOV : 61 Ford Motor Company : 74 KAZAN. John : 71 FERENC. DELONG. A : 63 (Learning By Experience) : 34 GESSAIN. 42. D r :69 GAISSEAU. : 9.Bob : 58 HOFFMANN.E. Harry: 55 HORNECKER. Dominique : 52 GAISSEAU. Elie : 55 FRIES. Pierre : 52 L - GANDIN. Fernand :60 GOULINE :61 Dansk Kulturfilm : 34 GRANEC. Gérard : 46. Robert : 67 LEIRIS. 74 ESTEVA.: 29. T. 46. :49 GAVAZZI : 69 LANG. Thorold : 64 - H DI GIANNI. Wladislaw : 63 59. Igor de : 67 LAFONT. Michel : 49 GESSAIN. Pare : 55 GIVE. John : 73 KADEN : 63 Fiimakers (Equipe) : 58 KALLWEIT. 48. 62 GREBOWSKI. 67 DREW. (Le mouvement coopératif de la Rép. H. Mary L. 15. 48. 54 - F -J FABIANI. 62 DEMY. Jacques :49 GROUX. 54. 58. Bernard : 60 DICKINSON. J. Féd. Monique : 67 LE MOAL : 67 Ghana Film Unit : 32 Cibrary of Congress (USA) : 71 GILBERT. 45. Bert. 75 KAUFFMANN. Robert : 13. :63 DE BOE. LASSALY. -Jean: 48 34. 33. 48.G.Stanislas : 63 DEKEUKELEIRE. Richard : 59 LORENTZ. 17.Charles :46 GRECE. 69 DELCORDE. : 63 DUNHANI.

Anne : 67 (This Modern Age) : 31 PIDOUX.Walina : 70 STORCK. 63. Lewis : 72 - U POTENTIER. E.W. 71. 54. Mark: 57 E S U L Z M A N . M. Hans : 46. 42. : 61 Ministère d'éducation nationale (Mexique) : 55 SCHOEDSACK. E. Aage : 69 MARTINO. William : 59 Société nationale d'habitations à bon marché (Belgique) : 45 O . Ralph : 55 Office national du film du Canada/ The National Stichting Film en Wetenschap (Pays-Bas): 68 Film Board of Canada: 33. 48. 23. : 20. 67. D r : 75 T H O M P S O N . MAYSILES : 58 43. 70. 33. 46. Henri : 31. P. Georges : 18. 66. 42. 33. Jacques : 49 103 . Ben : 55 RIOUX. Leslie : 60 REISMANN : 31 M c GRAW HILL : 74 REISZ. J. 38. : 63 PLICKA. Ole : 34 PAQUES. Prince de Grèce : 17. 47. 64 POUDOVKINE : 9. 69 TOMBERG :61 PLICHTA. 60 SEE.Terence : 32. : 31 REICHENBACH. Georges : 52 Mac DOWALL.Jacek : 70 STRAND. 73 SMETS. Ian : 59 RICHARDSON. Jean-Claude : 49 MÜLLER. : 64 SjELMAN. 72 REGNIER. John : 58. : 34 Nations Unies : 64. 15 MAZZETTI. Sidney : 55 SAFAROV. Robert : 34 MEYER. 64 MEDVEDKIN : 61 RUSPOLI. MEAD. S.R. 67 N . Ernesto di : 71 ROUCH. Tony :45 MADDOW. 58 MARKER. Jean: 17. 48.W. 64 MARSHALL. Karel : 25. Joseph : 55 SUFRIN. 23. 62. J. 46. 29. Elisabeth : 69 TANNER : 45 PENNEBAKER : 58 TATI. 60. Lionel : 57. 25. Georges : 17 NOVIK. : 69 SETA. Margaret : 59. J. Ion : 63 operation (USA) : 72 ROFFMAN. : 69 Svenska Metallindustriareforbundet (Suède) : 34 PALSBO. 32. 33. 73 49. George C. 60. B. 49 ROTHA. 57. Marcel : 59. E. 57. J. Edgar : 11. Alain :49 Mac NEILL. Lorenza :45 ROUQUIER.C. Mario : 67 MEI. Vladimir : 63 SKORZEWSKI. Paul : 31. Louis de : 31 Manitoba Federation of Agriculture and Co. 32. Dimitrij : 34.A. 70 T R O U W B O R S T . RODAN. S. : 61 MENEGOZ. L. 63 TOPALDJIKOV. 29. Kris : 30. 41. Victor : 61 POLIDORO. 71. 55 Organisation mondiale de la santé : 64 STRICK. : 67 Unesco : 50. 68 ROGOSIN. Jean-François : 49 M c FARLAINE. 46. 64 OLEDZKA. : 69 POIRIER. 64 OLEDZKI. Gian Lui@ : 53 (Pomlad v Beli Krajini) : 63 PORTUGAIS. Julien : 73 MAQUET. 38. SIS. 45 Mac LAREN : 11 RESNAIS. : 63 National Museum of Canada : 71 SLAVSON. Léon : 48 TURIN. 66.Paul : 54. 14 Université d'Iowa : (USA) : 74 POZZI BELLINI. 55. : 56. 52. 71 MALIN. - M - R M c CARTNEY-FILGATE.Ernest : 54 MORIN. Geoffrey : 31 ROCHEMONT. 37. 45. 59. Karel :44. 72 STONEY. F. Paul :47 -S M E Y E R S . 73 ROTHENBORG. 19. A. 60. 50-52. Viviane : 67 Pathé : 32 - T PAULI. Giacomo : 53 PREVERT. (Sovexportfilm Moscou) : 61 STEINER. Vittorio de : 53 MURNAU. Margaret : 34 PIERRE. : 39 SHEERS. Jacques : 9 PHILIPPE.

29. Basil : 42. Ailan: 71 WATT. 73 WILSON. H e r m a n : 48 WILKINSON. : 73 V E D R E S . 31 - Z Y ZAVATTINI : 9 ZINNEMAN. 64 VERTOV. Marquis de :46 WEVER de : 49 VANCINI : 53 Wiener Arbeiterkammer (Autriche) : 33 VAN DER HORST. Willard : 55. Jean : 29. Fred : 55 WARGON. - V WAVRIN. 64 104 . : 71 VAN DYKE. Doug. Harry :42. Dziga: 13. 31 V E T U S T O . Michael : 56 Vassar College (USA) : 74 WOOLF. Paul J. André :49 VIGO. Nicole : 31 WRIGHT.

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Malaisie (Fédération de) et Singapour :Federal Pliblications Ltd. 5. . Mansion 9.P.. ASUNCION. PARJS-7=. Largo Chighi. Canada : The Queen's Printer. MERIDA. Ltd. Italie :Libreria Commissionaria Sansoni (Agentegenerale). 469. Street. Liban : Librairie Antoine. neo23 . Knox Educational Services. B O G O T d . Box 134-135. OSLO. BRUXELLES. Section des ventes.E. B O M B A Y 1.). Duque de Medinaceli 4. PARIS-7e .A. féd.T. Boulevard des Moulins. via della Mercede.. 2 Wellington Road.S.). DAR -ES SALAAM. Box 569. Universidad de San Francisco Xavier. P A N A M A . C A P E C O A S T . P. Monaco : British Library.45. Cambodge : Librairie Albert Portail. Vasagatan 15-17. P. Lda.S. für Deutschland.23. riie du Stade. 30 Ve Smezkach. Unesco Publications Chine : The World Book Co. Fédération de Rhodésie et du Nyassaland :The Book Centre. Pakistan :The West-Pak Publishing Co. Nihonbashi. Stationery Office. M E X I C O . P.. Ltd.O. SOFIA. B A G H D A D . Sous-dépôts : Oxford Book & Stationery Co.70.O pso.S.. C A L C U T T A 16. via Gin0 Allemagne (Rép. 22. apartado de correos 656. Antilles françaises : Librairie J.A n. House.M. M O N T E V I D E O . calle San Antonio 255. Ltd. Bokhjdrnet. G U A T E M A L A .caseiia postale 552. 28. Brésil : Fundaçao GetGlio Vargas.: 17 Park Street.Atlantis House. 69 Front& Gurley Streets. Pour L e Counier: Ediciones Iberoamericanas. Quiapo. N. P.. P.0 TI-49.F. Libreria Selecta. N E W Y O R K 22. B. 3. S. al lado Iran :Commission nationale iranienne pour l'Unesco... avenue Boulloche. ei.* calle 6-79. Australie : Melbourne University Press. Malte : Sapienza's Library.O. P R A H A 2. Plaza DJAKARTA.. 9 Sh. Libreria Zanichelli. TORINO.. N. Philippines : Philippine Education Co. Corée : Korean National Commission for Unesco. Oldenbourg Verlag. Rosenheimerstrasse 145. Lange Voorhout 9.. Alsina 500. 40. E. avenue du General Electric. Irlande : The National Press. G E N E V E . Adly GUAYAQUIL. Momolu Kamara. GIRARDOT. oficina 201. Pa.. avenida Camacho 369.O. ~~ C A L C U T T A 13.. A. B U E N O S AIRES.P.a n.0 115.O.Y.1.. SINGAPORE. Hong-Kong: Swindon Book Co. 30.O. ystal4081.V. Argentine : Editorial Sudamericana. Panama : Cultural Panamena. Pour Le Counie): Svenska Unescoradet.A. RIO D E JANEIRO. G e r m h Rodrigue2 N. BUCURESTI.361 Prome Road. Centro de Cooperacion Cientifica para América N E W DELHI. Latina._ Courrier: Louis de Lannoy. place de Fontenoy Sénégal : L a Maison du livre. K O W L O O N .A. . 369 Lonsdale Street. SAIGON. Zayas 505-7. Singopour : Voir: Malaisie (Fédération de). Ltd. carrera 6 . rue Tu-do. S T O C K H O L M C. F I R E N Z E . et. Nicaragua :Libreria Cultural Nicaragüense. Cuba : Libreria Econhica. M E L B O U R N E C. Lille Grensen 7. Libreria Universitaria. Payot. N E W Y O R K 27. Salt Road. Standaard Boekhandel. NGcleo del Guayas. Rimistrasse 5. HELSINKI. Box 66. Avenue.. 1104 Castillejos L A HABANA. P R E T O R I A . Unesco-Vertrieb Capponi.E. W I L L E M S T A D (Curaçao. Libri Building.O.O. Naufal et Frères.C. - P H N O M PENH. 186 Praia de Botafogo.O. Japon : Maruzen Co.. First Etats-Unis d'Amériaue : Unesco Publications Center. I P O R T . 208. LISBOA. R O M A . 26 Kingsway. 5. D A K A R . Tchécoslovoquie: Artia Ltd. Turquie : Librairie Hachette. Pour Le B E Y R O. LIMA. Ballsbridge. Section 1. Istiklal Caddesi.) : R. Box 244. Building. Commercial Suède : A/ B C. Yougoslavie : Jugoslovenska Knjiga.Grand-Rue. . 111.o. J. Terazije 27. Sh Botimeve aNaim FrasheriD.P. L U X E M B O U R G .rue Marcq. Nouvelle -Zélande : Unesco Publications Centre. Pasha. TIRANA. 43. 2 Keskuskatu. Ceylan : Lake House Bookshop. Libéria :J. Sabana. via Ulrico Hoepli.Grande. P.O. Salvador : Manuel Navas & Cia. M O N T E -CARLO. MANILA. bulevar Artigas 1320-24. M O S K V A G 200. Livraria Portugal. 1. Fredsgatan 2. 5/.. B R U X E L L E S 1 . avenida Jiménez de Quesada 8-40. O'Higgins 1058.O. Pérou :r E S E D A L . M A D R I D 14. P. Equatwr : Casa de la Cultura Ecuatoriana. casilla de correo n. apartado 1313. Z U R I C H . Indonésie : Bappit Pusat r P E R M A T A I . rue Roux. Bocage.K O B E N H A V N K. P. République arabe unie: L a Renaissance d'Egypte. B.. S A L I S B U R Y (Southern Rhodesia). P. Martinus Nijhoff. M A D R A S 2. 13. Imprenta y Libreria Trejos. Bahous & Co. T E H E R A N . rue zona 1 (Altos). Mercedes 49 P A N . Box 374. A T H E N E S . Dar-ul-Kutub.. Spengergasse 39. Nicol Road. Estigarribia. Tori-Nichome. W A R S Z A W A .. S U C R E : Libreria ULOSAmigos del Libror. 1 Tzar Assen. Djalan Nusantara 22.A. Pedro Moncayo Y 9 de Octubre. 23. Paraguay : Agencia de Librerias de Salvador Nizza. 36 A Mount Road. C O L O M B O 2. Rajdamnern Avenue. correos 2018. Avenida 3.O. SANTIAGO. Columbia Universjtypress. - U R 5 S : Mefhdunarodnaja Kniga. P.A U . Libreria Paravia. K I N G S T O N .A. DUBLIN. Moroci Centre de diffusion documentaire du B. Norvè e: A. Cagancha 1342. P. T E L AVIV. 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