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Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines Année Universitaire 2014-2015

Préparation à l’Agrégation interne de Mathématiques


P. Gabriel

Analyse numérique : Correction du TD

1 Approximations d’un réel par une suite

Exercice 1 - Vitesse de convergence


un+1
Chacune de ces suites converge vers 0. Il suffit de calculer la limite de un .

Exercice 2 - Méthode d’Archimède et accélération de Richardson

1. En utilisant le développement limité :

x3
sin(x) = x − + o(x3 ),
3!
on obtient le développement asymptotique :

π3 1 1
un = π − 2n
+ o( 2n )
3! 2 2
π3 1
et π − un ∼ 3! 22n . Cette suite converge donc vers π et la convergence est géométrique de raison
1
4.
2. En utilisant le procédé de Richardson, on accélère la convergence de cette suite en posant :
4un+1 − un
∀n > 1, vn = .
3
En poussant le développement limité précédent un peu plus loin, on a :

x3 x5
sin(x) = x − + + o(x5 ),
3! 5!
et le développement asymptotique :

π3 1 π5 1 1
un = π − 2n
+ 4n
+ o( 4n ),
3! 2 5! 2 2
qui donne (après calculs) :
π5 3 1 1
vn = π − 4n
+ o( 4n ).
5! 4 2 2
π5 3 1
On obtient alors π − vn ∼ 5! 4 24n . Cette suite converge donc vers π et la convergence est
1
géométrique de raison 16 .
3. On a q
π
1 − sin2

π 1−
 π  1 − cos 
2n 2n
sin2 n+1 = = .
2 2 2
On en déduit la formule demandée.

1
Exercice 3 - Série et accélération de convergence
1. On sait que la suite (un ) converge vers e.
La formule de Taylor-Lagrange nous dit que pour tout n > 1, il existe un réel cn ∈]0; 1[ tel que :
ecn
e − un = (1)
(n + 1)!
ce qui donne :
e − un+1 1 ecn+1 1
0< = c
< e→0
e − un n+2 e n n+2
et la convergence est rapide.
2. On a : vn − e > 0 (par exemple, on montre facilement que (vn ) décroissante et tend vers e). De
plus, on a d’après (1) :
1
< e − un
(n + 1)!
donc
1 1 1
vn − e < − =
n · n! (n + 1)! n · (n + 1)!
Ainsi
1
0 < vn − e <
n · (n + 1)!
D’où
vn − e 1
0< < → 0.
e − un n

2 Résolution d’équations f (x) = 0

Exercice 4 - Point fixe


1. La fonction f étant continue sur I et f (I) ⊂ I, on déduit que f admet au moins un point
fixe. En effet, la fonction g définie sur I par g(x) = f (x) − x étant continue sur I avec g(a) =
f (a) − a > 0 et g(b) = f (b) − b 6 0 (puisque f (a) et f (b) sont dans I = [a; b]), le théorème des
valeurs intermédiaires nous dit qu’elle s’annule sur I. De plus l’hypothèse −1 < f 0 < 1 entraîne
g 0 = f 0 − 1 < 0 sur I, c’est-à-dire que g est strictement décroissante sur I donc injective sur I,
et la solution l de g(x) = 0 sur I est unique. Ce réel l est l’unique point fixe de f sur I.
2. (a) Le théorème des accroissements finis nous permet d’écrire un+1 − l = f (un ) − f (l) = (un −
l)f 0 (cn ) avec cn strictement compris entre un et l. Comme |f 0 | < 1 sur I et f de classe C 1
sur I = [a, b], on peut trouver 0 < C < 1 tel que |f 0 | < C sur I. Ainsi,
|un+1 − l| 6 C|un − l|, avec C < 1.
Ceci nous assure la convergence de (un ) vers l.
(b) Si u0 6= l alors un 6= l pour tout n ∈ N. En effet, le résultat est vrai pour n = 0. En le
supposant vrai pour n > 0, et en utilisant à nouveau un+1 − l = f (un ) − f (l) = (un −
l)f 0 (cn ) avec cn strictement compris entre un et l et f 0 (cn ) 6= 0, on obtient un+1 6= l. Le
développement limité qui précède nous permet également de déduire que (f 0 étant continue
sur I)
un+1 − l
= f 0 (cn ) → f 0 (l) ∈] − 1; 1[,
un − l
(on a bien cn → l car un → l et cn est compris entre un et l) ce qui implique que la suite u
converge géométriquement de rapport |f 0 (l)|.
Dans cette situation, on dit que l est un point fixe attractif de f .

2
(c) La formule de Taylor-Lagrange à l’ordre r permet d’écrire que :

f (r) (cn )
un+1 − l = f (un ) − f (l) = (un − l)r
r!
avec cn strictement compris entre un et l, ce qui entraîne un 6= l pour tout n > 0 (par
récurrence) et :
un+1 − l f (r) (l)
lim = ∈]0, 1[.
(un − l)r r!
Ainsi la convergence est d’ordre r.

Exercice 5 - Méthode de Newton

1. Le théorème des valeurs intermédiaires nous dit que l’équation g(x) = 0 a au moins une solution
dans I et l’hypothèse g 0 (x) 6= 0 pour tout x ∈ I avec g 0 continue nous dit que g 0 > 0 sur I ou
g 0 < 0 sur I (théorème des valeurs intermédiaires pour g 0 ) ce qui implique que g est strictement
monotone, donc injective sur I. Cette solution est donc unique. On la note l.
g(x)
2. Le réel l est l’unique point fixe dans I de la fonction f définie sur I par f (x) = x − g 0 (x) .
Cette fonction est de classe C 2 sur I avec
g(x)g 00 (x)
f 0 (x) = .
(g 0 (x))2

De g(l) = 0, on déduit que f 0 (l) = 0 et :

f 0 (x) g(x) g 00 (x) g 00 (l)


f 00 (l) = lim = lim 0 2
= 0 6= 0.
x→l x − l x→l x − l (g (x)) g (l)

3. (a) Par continuité de f 00 , on peut trouver un voisinage J de l tel que f 00 (x) 6= 0 pour tout x ∈ J
et η supx∈I |f 00 (x)| < 1.
(b) La formule de Taylor-Lagrange à l’ordre 2 permet d’écrire que :

f 00 (cn )
un+1 − l = f (un ) − f (l) = (un − l)2 .
2
avec cn strictement compris entre un et l et f 00 (cn ) 6= 0, ce qui entraîne un 6= l pour tout
n > 0 (par récurrence) et encore par récurrence, puisque |u0 − l| < η, on a |un − l| < 2ηn .
Ceci assure la convergence de (un ) vers l. Enfin, on a aussi :

un+1 − l f 00 (l) g 00 (l)


lim = = 6= 0
n→+∞ (un − l)2 2 2g 0 (l)

ce qui implique que la convergence de la suite u est d’ordre 2.

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